17 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-troisième jour

Le Mardi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

Repoussez bien loin l'ennemi

Et donnez-nous vite la paix :

Qu'ainsi, sous Votre conduite,

Nous évitions tout mal.

Je Vous salue Marie.

 

Nous lisons au chapitre 7 de la 13e session du saint Concile de Trente : « Pour ce qui est de porter la Sainte Eucharistie aux malades, outre que c'est parfaitement conforme à la raison et à l'équité, on le trouve prescrit par plusieurs Conciles, et observé très anciennement dans l'Église Catholique. C'est pourquoi le Saint Concile a ordonne qu'il faut absolument retenir cette coutume si salutaire et si nécessaire. Si quelqu'un dit qu'il n'est pas permis de conserver la Sainte Eucharistie dans un lieu sacré, ou qu'il n'est pas permis de la porter avec honneur aux malades ; qu'il soit anathème ». La Divine Eucharistie portée aux malades qui sont en danger de mort prend le nom de Saint Viatique. Voilà pourquoi le prêtre qui donne la communion au malade prononce ces paroles : « Recevez le Viatique du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ ». Or, le mot « Viatique » signifie provision pour le voyage. Celui qui part et qui a l'intention de marcher longtemps serait regardé comme un insensé, s'il oubliait de faire des provisions pour son voyage. Un navire qui va traverser l'Océan ne quitte jamais le port sans être pourvu abondamment de tout ce qui est nécessaire pour la nourriture de l'équipage et des passagers. Un homme qui se propose de monter sur le sommet d'une haute montagne qui paraît presque inaccessible, s'il a tant soit peu de prévoyance, ne manque pas de prendre avec lui du pain et du vin pour soutenir ses forces. S'il agissait différemment, il s'exposerait à périr de lassitude et de faiblesse.

Nous avons tous un grand voyage à faire, c'est celui du temps à l'éternité. Tant que nous sommes dans notre corps, dit Saint Paul, nous voyageons loin de Dieu. Mais le moment arrive, l'heure va sonner, où cette âme doit briser les liens qui la retenaient captive ici-bas; il faut gravir la montagne, traverser un fleuve aux eaux écumantes et rapides, il faut s'élancer dans les profondeurs de l'éternité, paraître au pied du tribunal redoutable, devant la majesté de celui qui jugera avec équité les vivants et les morts. Certes, si jamais le courage et la force furent nécessaires, c'est bien dans ce moment suprême ! Le Prophète Elie après avoir marché pendant toute la journée, s'arrêta accablé de lassitude sous un térébinthe. Il demanda à Dieu de le faire mourir, tant il était triste, tant la vie lui paraissait amère ! Tout-à-coup il s'endormit. Pendant son sommeil, un Ange le loucha et lui dit : « Levez-vous, et mangez, car il a vous reste un grand chemin à faire ». Elie s'étant levé, vit auprès de lui un pain cuit sous la cendre et un vase d'eau; il mangea et but, et fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits, jusqu'au pied d'Horeb, la montagne de Dieu. L'âme chrétienne serait tentée de s'abandonner au découragement, lorsqu'elle considère la grandeur et la majesté infinie de celui qui va la juger. Le Démon redouble en ce moment ses efforts pour la perdre. La nature est faible, le danger est grand. Tout à coup, le Sauveur sort de Son Tabernacle ; il vient visiter Lui-même son enfant, il lui apporte avec Son Corps et Son Sang, le pain qui fortifie et qui devient son Viatique pour le dernier des combats, pour le voyage de la terre au Ciel. Gage de la bienheureuse immortalité, la Sainte Eucharistie donnée au chrétien mourant, est comme le sceau divin imprimé sur son front, le signe des Élus ; c'est l'armure la plus puissante contre les derniers traits de l'ennemi. Oh ! Qui dira la générosité de Jésus-Christ ? Qui dira le bonheur d'une âme qui reçoit avec foi et amour le Saint Viatique ?

 

Premier point

L'Amour de Jésus-Christ se donnant en Viatique

 

Quand le Disciple bien-aimé a écrit cette grande parole : « Il les aima jusqu'à la fin », ne dirait-on pas qu'il désignait ce grand acte d'amour par lequel Jésus-Christ consomme toute choses en faveur de ses amis, en venant à eux pour être lui-même leur Viatique, dans ce douloureux passage du temps à l'éternité ? Il savait, cet adorable Maître, toutes les angoisses de l'agonie, toutes les amertumes de la mort, toutes les horreurs du tombeau. Notre cœur lui était connu. Comment alors eût-il pu l'abandonner à sa faiblesse dans ce moment solennel de la mort? Non, il nous aimait trop pour cela.

Vous êtes malade, privé de la consolation d'aller avec vos frères, vous asseoir à la table sainte, attendez et ne craignez rien ; voici l'Époux, allez au devant de Lui par vos soupirs, et attirez-le chez vous par la vivacité de votre amour. Il vient. Pour vous procurer les consolations dont votre âme sera inondée, il s'expose à des outrages, à des mépris Sans nombre. Il sera insulté dans les rues qu'il lui faudra parcourir pour arriver chez vous. N'importe, il a dit à ses ministres : « Notre ami est malade, allons, nous, pour le visiter ». Encore si le Sauveur n'allait que chez ses fidèles amis ! Mais voici le sublime de l'amour. Cet impie, ce blasphémateur, cette femme scandaleuse, se trouvent au lit de la mort. La grâce a remué fortement une conscience chargée de crimes. Le prêtre a prié, il a consulté Dieu. « Oui, J'irai, dit Jésus-Christ, et Je guérirai cette âme. Déjà Ma grâce est descendue sur elle avec l'absolution. Il faut nourrir, fortifier ce pauvre cœur. O pécheur ! Tu mangeras la chair du Fils de l'Homme, tu boiras Son Sang, et tu auras la vie éternelle !... O amour incompréhensible ! ô Jésus, qui pense à cet amour ! Qui s'en occupe ! Moi, Seigneur ; oui, je Vous loue, je Vous bénis, je Vous rends grâces, je vous aime !...

 

Deuxième point

Bonheur de l'âme qui reçoit le Saint Viatique

 

Il est certains Mystères que l'on ne peut sonder, ce sont les opérations de la grâce dans quelques âmes d'élite qui ont depuis longtemps consacré à Jésus-Christ toute leur existence. Pour ces âmes, dire ce qu'elles éprouvent lorsque la voix de l'Eglise vient se faire entendre : « Partez, âme chrétienne, au Nom du Père qui vous a créée ; au Nom du Fils qui vous a rachetée ; au Nom du Saint Esprit qui vous a sanctifiée » ; c'est une chose qu'il ne faut pas tenter. Le prêtre, qui plusieurs fois dans sa vie a été chargé de porter le Saint Viatique à des âmes pures, aimantes, détachées de tout ce qui est périssable, unies à Jésus-Christ par la plus parfaite conformité de toutes les pensées et de tous les sentiments, pourrait à peine soulever un coin du voile qui cache des choses si ineffables !

Ô Jésus, ce que vous dites à cette âme lorsque Vous la visitez en ce monde pour la dernière fois ! Ce qu'elle éprouve en vous voyant entrer dans sa propre demeure où vous venez la chercher ! Qui me le fera comprendre ? C'est bien alors, que le juste s'écrie : « Vous avez consolé mon âme à proportion des tristesses de mon cœur ». Le voilà, mon Rédempteur. Un voile le cache, mais ce voile va tomber ! Venez, Jésus, encore quelques instants, et je Vous verrai face à face, et je serai rassasié de Votre Gloire. Je me représente Saint Thomas d'Aquin lorsqu'il aperçut de son lit de mort la Divine Eucharistie, et qu'il s'écria dans l'extase de son amour reconnaissant : « Jésus, que j'aperçois à travers le voile du Sacrement, accordez-moi ce que je désire avec une si grande ardeur ; faites que je Vous contemple face à face, et a que je sois éternellement heureux par la vue de votre gloire ».

On comprend alors cette parole dite par plusieurs Saints : « Je ne croyais pas qu'il fût si doux de mourir !... » Tel est donc l'effet du Saint Viatique du corps et du sang de Jésus-Christ. Il rend la mort douce, calme, heureuse ! Mon Dieu, aurai-je ce bonheur ? Peut-être non, parce qu'il peut m'arriver de mourir subitement. Eh bien ! Je vais m'occuper du Saint-Viatique. Tous les mois je consacrerai un jour pour me préparer à la mort. Ce jour là, je me représenterai ma dernière heure et Jésus-Christ venant à moi comme mon Viatique ! Je le recevrai avec les dispositions et les sentiments que je voudrais avoir au moment de mourir. Ô Jésus, mettez le comble à toutes Vos grâces, en m'accordant encore celle que je Vous demande aujourd'hui. Que je meure fortifié par cette divine nourriture qui me rendra capable de m'élever jusqu'à la montagne de Dieu !...

 

Troisième point

Accompagner le Saint Viatique

 

Quand le Sauveur était sur la terre, Il parcourait les villes et les bourgades de la Judée accompagné de Ses plus fidèles amis. On voyait, après les Apôtres, de saintes et pieuses femmes qui ne le quittaient jamais. Leur dévouement était pour le Cœur de Jésus une consolation bien douce, au milieu de l'indifférence des uns et de la malice des autres. L'Eglise veut que Jésus-Christ allant visiter ses enfants malades et les nourrir de son propre corps, reçoive les hommages et les adorations des fidèles. C'est la raison pour laquelle, le son des cloches donne le signal de cette auguste visite. La Sainte Eucharistie est portée sous un dais ; des cierges allumés, symbole de Foi et d'amour, doivent précéder le prêtre chargé de cette fonction divine. On récite des Psaumes et des Hymnes pour adorer le Dieu fait Homme caché sous le voile du Sacrement, et le son d'une clochette annonce à tous ceux qui passent, le grand Mystère de l'amour d'un Dieu.

Ici je dois examiner ma conduite passée, et voir en même temps ce que je dois promettre à mon adorable Sauveur pour l'avenir. Quel a été mon empressement et mon zèle pour accompagner Jésus-Christ porté aux malades ? Ai-je obéi à l'Eglise qui m'invitait à cet honneur par le son de la cloche ? Le respect humain, la paresse, l'indifférence ne m'ont-ils pas retenu souvent ? Hélas ! Le respect humain ! Grand Dieu, où est ma foi ? J'ai donc rougi de suivre Jésus-Christ ? Cet honneur ne l'ai-je pas abandonné à quelques pauvres enfants sans instruction et sans piété, dont la présence est devenue un objet de raillerie pour le mondain ?

Ô Jésus, qui sait s'il ne faut pas attribuer à ce respect humain, à cette indifférence, les morts subites qui privent un si grand nombre d'âmes du Saint Viatique ? Mais il en est temps encore. Je puis réparer mes négligences coupables, et par mon zèle ardent, contribuer à la gloire que l'Eglise désire Vous rendre, quand elle Vous porte chez les malades. Je Vous suivrai, Seigneur, partout où Vous irez. Le réduit obscur où se trouve le pauvre, la mansarde étroite et sale où Vous ne dédaignez pas d'entrer Vous-même, j'y entrerai avec Vous. Hélas ! Vous êtes bien souvent reçu dans ces pauvres demeures, avec une Foi plus vive, et un amour plus ardent, que celui que Vous rencontrez dans les appartements somptueux des riches du siècle !

 

Se nascens dedit socium,

convéscens in edulium,

Se móriens in prétium,

se regnans dat in præmium.

 

Enfant, Il se fait notre compagnon,

À la Cène, notre nourriture,

Au Calvaire, notre rançon,

Aux cieux, notre récompense.

 

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16 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-deuxième jour

Le Lundi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Moïse avait reçu de Dieu l'ordre de faire un candélabre destiné à être placé devant l'Arche d'Alliance. L'or le plus pur était la matière que le Seigneur avait désignée Lui-même. Le Chandelier d'or avait sept branches ; sur chacune de ces branches était une lampe qui devait brûler devant le Seigneur. Les Israélites furent invités à fournir l'huile nécessaire à l'entretien de ces lampes. Parmi les objets précieux destinés au culte que le Seigneur exigeait de son peuple, le Chandelier d'or était regardé comme un des plus beaux. Nous lisons dans l'Apocalypse : « Je fus ravi en esprit et j'entendis derrière moi une voix éclatante comme une trompette. Je me tournai pourvoir qui me parlait. Et en même temps je vis sept chandeliers d'or, et au milieu des sept chandeliers d'or quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'Homme, vêtu d'une longue robe, et ceint d'une ceinture d'or... Ses yeux paraissaient comme une flamme de feu... Lorsque je le vis je tombai à ses pieds comme mort, et il mit sa main droite sur moi, disant : « Ne crains rien, je suis le premier et le dernier. Je suis celui qui vit. J'ai été mort, mais je suis vivant dans les siècles des siècles ».

Quelqu'un pourrait-il trouver étonnant l'usage de l'Eglise qui consiste à faire brûler constamment au moins une lampe devant le Saint Tabernacle ? Cet usage dont l'origine remonte aux temps les plus reculés, l'Eglise l'a converti en loi, et aujourd'hui il faut une impossibilité manifeste ou une dispense formelle pour laisser le Très Saint Sacrement dans une paroisse ou une chapelle, sans allumer une lampe qui doit brûler la nuit comme le jour. Lorsqu'on entre dans une Eglise, cette lampe est le signe de la présence réelle, et on croit lire à sa clarté cette parole consolante : « Le Maître est là ». On voit dans plusieurs pays, notamment en Italie, sept lampes qui brûlent toujours devant le Saint-Sacrement. Ce nombre est mystérieux. Il est facile d'y voir les sept dons du Saint-Esprit, les sept Sacrements, les sept demandes de l'Oraison Dominicale, etc... David dit dans un Psaume : « Sept fois par jour j'ai chanté vos louanges ». Mais cherchons l'esprit et la signification de cet usage qui consiste à allumer des lampes devant le Très Saint Sacrement.

Notre Seigneur Jésus-Christ, en parlant de Saint Jean-Baptiste, disait aux Juifs : « Il était une lampe ardente et luisante ». Nous lisons encore dans l'Apocalypse : « Mes deux témoins sont deux chandeliers debout devant le Seigneur de la terre ». Or, n'est-il pas évident, après ces témoignages divins, que les lampes représentent les âmes justes, et que les justes sont appelés à venir devant l'adorable Eucharistie, pour y brûler continuellement du feu du divin amour ? Jean-Baptiste était une lampe ardente et luisante ; ardente par le feu de la Charité qui brûlait son cœur, luisante par la lumière de la vérité qui l'éclairait. Telle est une âme dont le Saint Esprit s'est emparé. Il la rend, comme le Saint précurseur, une lampe luisante, en la pénétrant des plus vives lumières de la Foi. Il en fait une lampe ardente, parce qu'Il répand dans elle cette vive flamme de la Charité dont Il est le principe et la source. Placez cette âme devant les sacrés Tabernacles, voilà la vraie lampe que Jésus-Christ demande. Elle brillera du plus vif éclat. Sa modestie, son recueillement, sa ferveur la rendront propre à éclairer par sa lumière, et à échauffer par son feu tous ceux qui la verront. Ces Justes ne se contentent pas de porter une lumière dans leurs mains pour éclairer ceux qui sont dans la maison, ils deviennent des lampes vivantes qui brûlent et se consument pour l'amour de Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement.

Qui n'aspirerait pas à cet honneur ! Ah ! Venez, vierges sages, préparez vos lampes, ou plutôt préparez-vous à la faveur insigne que le Divin Époux veut bien vous accorder. Il vous choisit, âmes pures, âmes de Foi, pour faire de vous les lampes de Son Sanctuaire. Soyez des candélabres d'or, vous le pouvez par la pureté de vos mœurs et la sainteté de voire vie. Demandez au Saint Esprit de garnir souvent votre lampe de l'huile mystérieuse de sa grâce, et puis, venez, le Seigneur vous attend ; et quand vous brûlerez devant le Saint Tabernacle, les fidèles en entrant dans l'Eglise s'écrieront: « Jésus est là, voyez la lampe qui brûle !... »

 

Premier point

L'Adoration perpétuelle

 

Les Eglises les plus pauvres ont au moins une lampe qui est toujours allumée à côté de l'autel où se trouve le Saint Sacrement. C'est bien peu que cette lampe, et néanmoins elle suffit ; les lois qui règlent tout ce qui a rapport au culte divin n'en exigent pas davantage. Mais y a-t-il également dans toutes les Églises, à toute heure du jour et de la nuit, une âme qui veille devant le Saint des Saints ? Cette lampe vivante ne fait elle pas défaut ? Hélas ! Laissons, pendant les longues heures de la nuit, laissons aux Anges le soin de garder le Saint Tabernacle, puisque, dans l'état actuel de la société chrétienne, il est impossible de faire autrement ; mais pendant le jour, depuis que la porte de l'église s'ouvre, dès la première heure, jusqu'au soir où elle doit être fermée, pourquoi laissons-nous aux Anges le soin d'adorer Jésus-Christ ; est-ce donc pour les Anges que Jésus-Christ réside dans le Saint-Sacrement ? Oh ! Non, mille fois non, c'est pour les hommes. Quand le prêtre a prononcé les paroles de la Consécration, c'est pour nous que le Sauveur est descendu des Cieux ; « Pour nous les hommes et pour notre Salut, il descendit du Ciel ».

Quelle honte pour une paroisse où l'on ne peut parvenir à établir l'adoration perpétuelle ! Un saint prêtre s'écriait un jour : « Je désirerais être de la nature de l'huile, pour pouvoir toujours me consumer devant le Très Saint Sacrement. Je me souviens que lorsque j'arrivais tard à Paris, et que j'allais, selon ma coutume, saluer Notre Seigneur à Notre-Dame, trouvant les portes fermées, au moins je me consolais en regardant au-dedans, au travers des fentes des portes ; et voyant des lampes allumées, je disais : « Hélas ! Que vous êtes heureuses de vous consumer toutes à la gloire de Dieu et de brûler perpétuellement ». Quelle consolation d'être le représentant de tout un peuple aux pieds de Jésus-Christ ! Quel honneur insigne, et l'on n'y pense pas !...

Il faut que je mette sérieusement la main à l'œuvre. J'ai à examiner ce que le Sauveur peut exiger de moi dans l'état, dans la condition où sa Providence m'a placé. Que puis-je faire, que dois je faire pour procurer au Saint-Sacrement une lampe vivante qui brûle toujours devant la porte du Tabernacle ? Que puis-je faire pour l'adoration perpétuelle ? Suis-je membre de cette association ? Ai-je une heure désignée pour chaque semaine ou au moins pour chaque mois ? Suis-je fidèle à l'appel, et le moindre prétexte ne me fait-il pas négliger ce devoir sacré ? Cette heure d'adoration n'est-elle pas un fardeau insupportable dont je voudrais me décharger ?.... Où est mon zèle pour la propagation de cette œuvre ! N'ai-je rien à me reprocher ? Jésus-Christ n'a-t-Il aucune plainte à m'adresser ?...

O mon Sauveur, ayez pitié de moi ! Je le confesse pour ma propre confusion, j'ai préféré jusqu'ici toutes les dévotions à celle qui a pour objet la Divine Eucharistie. Pour celle-ci je n'ai eu que de l'indifférence et du dégoût. Ah ! comme je dois reconnaître que le Saint Esprit n'a pas été mon maître ; mais bien mon imagination, mon goût naturel, mes préjugés, et mille autres principes qui n'étaient pas Dieu !...

 

Deuxième point

La visite de chaque jour

 

C'est surtout vers le soir, à l'entrée de la nuit, que l'on aime à voir cette lumière qui brille dans le Sanctuaire et qui indique la présence du divin Maître. Quel moment favorable, après les travaux, et les fatigues de la journée, après les soins donnés aux affaires, après mille agitations inséparables de la vie que l'homme mène ici-bas, quel moment favorable pour venir passer au moins un quart d'heure devant l'auguste Sacrement de nos autels ! C'est un tableau bien touchant et qu'il est encore permis de contempler dans un certain nombre de paroisses où la Foi s'est conservée plus vive et l'amour plus ardent, que celui d'un grand nombre de fidèles qui dans toutes les saisons, une heure avant que l'on ferme l'église, viennent adorer Jésus-Christ dans le Sacrement de Son Amour ! De même qu'on allume les lampes dans une maison quand la nuit approche, on voit le Sanctuaire du Dieu vivant entouré de lampes ardentes qui brûlent en l'honneur de Jésus-Christ. Les unes jettent une lumière plus vive ; celles-ci répandent plus de chaleur, suivant que l'huile dé la charité leur a été communiquée avec plus d'abondance ; mais toutes sont allumées, et la divine solitude est devenue comme la salle du trône du roi Jésus où l'on voit une multitude de lumières qui brillent en son honneur.

Suis-je une de ces lampes qui brûlent devant le trône de l'Agneau sans tache. Vous les soirs, au moins pendant un quart d'heure ? Hélas ! Que de prétextes pour me dispenser de ce devoir sacré ! Les soins donnés aux choses temporelles ne permettent pas d'aller à l'Église. Cependant, pour le mondain, c'est l'heure des plaisirs. Les enfants du siècle se préparant pour le mal, et moi je n'ai pas un quart d'heure pour l'offrir à Jésus-Christ ! Mais, ô mon Dieu, combien de fois ai-je voulu contracter cette pieuse coutume, et je suis obligé d'y renoncer parce que l'ennui s'empare de moi ; un quart d'heure, c'est un siècle ! Je ne sais ce que je dois vous dire. Ne serait-ce pas parce que ma lampe manque d'huile ? Si je ne la garnis jamais, dois-je donc être étonné de la voir éteinte ? « La Lampe de l'impie s'éteindra, dit le Seigneur ». Et ailleurs : « La lampe du juste ne s'éteindra pas même dans la Nuit ». « Une lampe qui brille sur un chandelier d'or, telle est la beauté dans la jeunesse ».

Donnez-moi Seigneur, cette beauté, afin que je devienne un ornement de Votre Temple ; oui, je veux avoir en horreur les doctrines de l'impie, je veux marcher dans les sentiers de la Justice, afin que même au milieu des tentations qui répandent le trouble et l'obscurité dans mon âme, je sois toujours devant vous une lampe qui brille sur un chandelier d'or.

 

Troisième point

Adoration Solennelle

 

L'Eglise, dans les grandes solennités, multiplie le nombre des lumières qui brillent ordinairement dans nos temples. C'est principalement lorsque le Saint Sacrement est exposé avec une grande pompe à la vénération des fidèles. On peut dire qu'il n'y a rien de touchant, rien qui porte davantage à la dévotion et à la ferveur que ces grandes fêtes en l'honneur de la Divine Eucharistie. Quand on entre dans l'Église et qu'on aperçoit sur un trône resplendissant de lumière, Jésus-Christ dans l'auguste Mystère de l'Autel, environné de fleurs, caché dans les nuages d'encens que les lévites brûlent à ses pieds, on est saisi, presque malgré soi, d'un sentiment de crainte et de respect dont il est comme impossible de se défendre. Cette exposition solennelle est quelquefois pour un seul jour, d'autres fois elle a lieu pendant plusieurs jours consécutifs. Alors il n'y a rien que ne fasse l'Eglise pour inspirer un profond respect et une dévotion sincère à l'égard de la Divine Eucharistie ; la décoration du temple, le chant des Cantiques divins, la majesté des cérémonies, tout élève l'âme et l'oblige, en quelque sorte, à s'occuper de Dieu. Mais ne faut-il pas l'avouer ? Bien souvent, si l'on excepte certaines heures du jour, l'Église est à peu près déserte, et le pasteur d'une paroisse pourrait s'écrier comme le Prophète Jérémie : Les rues de Sion versent des larmes, parce qu'elles ne voient personne qui accourt à la solennité ».

Oui, même aux offices solennels, si l'exposition du Très Saint Sacrement a lieu tout autre jour qu'un dimanche, les ministres des Autels se trouvent presque seuls, et le chant sacré de nos hymnes est répété par l'écho des voûtes d'une Eglise déserte. Hélas ! Combien de fois, principalement aux jours des quarante heures qui précèdent le Carême, jours d'expiation et de larmes pour les véritables amis de Dieu, combien de fois n'a-t-on pas vu de vastes Églises entièrement abandonnées pendant de longues heures, sans que les paroissiens aient eu seulement la pensée d'aller rendre leurs hommages à Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour ! Et dans ces mémos heures, que d'apprêts pour les repas, pour les divertissements, bien souvent pour le crime !

O mon Dieu, on se plaint des calamités qui affligent les peuples. Si quelque chose devrait étonner, ce serait bien plutôt votre patience ! L'ingratitude du plus grand nombre des Chrétiens est à son comble, et les jours de fêtes sont changés, suivant l'expression d'un Prophète, en des jours d'amertume et de deuil. Ne suis-je pas un de ces chrétiens coupables ? Quelle a été ma conduite lorsque le Saint Sacrement a été exposé solennellement dans les Eglises ? Ai-je voulu, par mon empressement et mon zèle, offrir au divin Sauveur un dédommagement pour tant d'outrages qui lui sont faits ? Et maintenant qu'est-ce que je promets Jésus-Christ, pour le Jeudi-Saint, les Quarante-Heures, l'Octave du Saint Sacrement ? Seigneur, je veux être aussi longtemps que mes devoirs le permettront , je veux être à vos pieds comme une lampe ardente et luisante !...

 

Bone pastor, Panis vere,

Jesu, nostri miserere,

Tu nos pasce, nos tuere,

Tu nos bona fac videre

in terra viventium.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai Pain,

Jésus, ayez pitié de nous.

Nourris-nous, protège-nous,

faites-nous voir le bonheur

dans la terre des vivants.

 

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15 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-et-unième jour

Le quatrième dimanche après Pentecôte

 

 

Venez Esprit Saint,

Venez, père des pauvres,

Venez, dispensateur des dons,

Venez, lumière de nos cœurs.

Je Vous salue Marie.

 

Jésus-Christ est notre modèle. Pendant les années qu'Il a passées sur la terre Il nous a donné l'exemple de toutes les vertus qu'Il demande de nous. Aussi avant de quitter le monde Il a dit à Ses Apôtres : « Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme Moi J'ai fait ». Nous savons par le témoignage de Saint Paul que les Élus parmi nous sont ceux que Dieu a prévu de toute éternité devoir être semblables à l'image de Jésus-Christ, Son Fils. Tout ce que l'amour-propre et l'amour du monde peuvent inventer pour détruire ou du moins affaiblir ces principes éternels de la morale évangélique, ne saurait prévaloir contre une vérité aussi clairement révélée ; le Ciel n'est que pour ceux qui auront travaillé à devenir les images vivantes du Sauveur. Il n'y a dans le Ciel que des portraits de Jésus-Christ. La vie chrétienne consiste donc à imiter Jésus-Christ. Mais il ne faut pas croire que ce Divin Maître se soit borné à nous instruire pendant Sa vie mortelle; nous le savons, tout est lumière, tout est enseignement dans l'Homme-Dieu. Or, Jésus-Christ doit être considéré dans Sa Vie Eucharistique. Là Il continue à être notre modèle et à nous prêcher les vertus qu'Il exige de Ses enfants et de Ses Disciples. C'est un Mystère auquel la plupart des Chrétiens pensent bien peu. Le Mystère de la Vie Eucharistique de Jésus-Christ, la vie du Sauveur dans le Saint-Sacrement. Si Jésus-Christ, comme la Foi nous l'enseigne, est vivant dans le Saint-Sacrement, je dois m'occuper de cette Vie Divine. Elle doit être pour l'âme fidèle l'objet d'une étude sérieuse et d'une contemplation habituelle. Cette vie Eucharistique du Sauveur deviendra pour le juste une source abondante de lumière. Puisque c'est toujours la vie du Verbe fait chair qui habite parmi nous plein de grâce et de vérité ».

Ce n'est pas une méditation, mais un livre entier qu'il faudrait consacrer au développement de ces vérités importantes. Comment, en effet, parviendra-t-on à dire en peu de mots tout ce que la Vie Eucharistique de Jésus-Christ nous apprend, touchant les vertus sublimes qui font toute la perfection du véritable chrétien ! Le seul acte de la Consécration, en changeant le pain et le vin au Corps et au Sang de Jésus-Christ, en détruisant la substance du pain et du vin pour ne laisser subsister que les espèces ou apparences, ne nous dit-il pas éloquemment que la conversion est un vrai miracle de la grâce, qu'elle change l'homme en détruisant le vieil Adam, pour former dans nous l'homme nouveau créé dans la justice et dans la sainteté ! Que la Sainte Communion, en faisant passer dans nous toute la substance de Jésus-Christ, nous oblige, en quelque sorte, à nous transubstantier en Lui, afin de pouvoir dire avec Saint Paul : « Ce n'est pas moi qui vis, mais Jésus-Christ qui vit en moi ». La présence de Jésus-Christ qui renferme dans la Sainte Hostie non seulement Son Corps et Son Sang, mais encore Son Ame avec tous les trésors de Sainteté qu'Elle possède, Sa Divinité avec Ses infinies perfections ; la générosité avec laquelle le Sauveur donne, par le Saint-Sacrement, tous Ses biens à l'homme, sans aucune réserve ; ne nous dit elle pas éloquemment que Dieu nous veut entièrement à Lui ; que Celui dont nous tenons tout exige que tout lui soit offert et consacré ?

L'état glorieux du Corps de Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique possédant les qualités inhérentes aux corps ressuscités ; la clarté, l'agilité, la spiritualité, l'impassibilité ; cet état qui fait que les espèces venant à se corrompre, le Corps du Sauveur n'est jamais atteint par la corruption, et que ceux qui reçoivent le Divin Sacrement, reçoivent Jésus-Christ revêtu de splendeur et de gloire ; cette condition de la vie Eucharistique ne nous apprend-elle pas que nous sommes enfants de lumière et que nous devons rejeter loin de nous les œuvres de ténèbres ? Que sans une grande pureté, un vrai désir de nous dégager toujours davantage des liens du péché et de nous avancer dans les voies du Divin Amour, nous ne devons pas approcher de la table des Saints ?

Ah ! Qu'on me laisse dire, en parlant de l'adorable Sacrement de l'Autel : « Approchez-vous, et vous serez éclairés ». Le voilà ce Soleil De Justice, comme l'appelle le prophète Malachie. Le Tabernacle, le Sanctuaire, l'Église, c'est La Cité du Soleil. Une âme qui voudra s'adonner à la contemplation du ce Mystère ineffable de l'Eucharistie trouvera toutes les vérités comme réunies sur un seul point, la Sainte Hostie ! Oui, là est un foyer de lumière d'où sont partis tous les rayons qui ont illuminé l'esprit des plus grands Saints. Ne disons plus qu'ici bas nous sommes plonges dans d'épaisses ténèbres ; ces ténèbres n'existent que pour les âmes qui ne cherchent pas la lumière. Allons au Sanctuaire, regardons l'Autel, le Tabernacle, l'Hostie, et nous serons inondés de clarté.

 

Premier point

Jésus-Christ modèle d'humilité dans Sa Vie Eucharistique

 

Jésus-Christ nous a prêché l'humilité comme une vertu essentielle au Christianisme, indispensable pour le Salut. Aussi toute Sa vie peut être présentée comme un exemple frappant de l'Humilité la plus profonde. Mais dans Sa Vie Eucharistique. le Sauveur continue à s'anéantir comme Il l'a fait dans Son Incarnation, suivant l'énergique expression de l'Apôtre. Si je cherche Jésus-Christ dans le Saint Sacrement, je le trouve renfermé dans un espace bien plus resserré que ne l'était le Sein de Marie, la Crèche, la maison de Nazareth. Je le vois plus petit que dans son berceau, puisqu'Il est renfermé sous la moindre partie de l'espèce consacrée. Jésus-Christ a mené une vie obscure et cachée dans la boutique d'un artisan ; c'est un prodige d'humilité qui ravit les âmes pieuses. Mais dans Sa Vie Eucharistique, Jésus-Christ n'est-Il pas dans l'obscurité, et trouvera-t-on un Mystère où Il se cache davantage et avec plus de soin, dérobant à nos yeux, non plus seulement Sa Divinité, comme pendant Sa Vie mortelle, mais encore Son Humanité sainte. Tout ce qu'il y a de plus grand, de plus parfait, de plus beau dans le Ciel se trouve renfermé dans la Sainte Eucharistie, et cependant nos yeux n'y découvrent rien que de très commun, un peu de pain !

Si Jésus-Christ nous a enseigné l'humilité en consentant à être délaissé, abandonné des créatures ; s'Il a permis que ses adorables perfections fussent cachées pour un grand nombre d'hommes ; dans Sa Vie Eucharistique, n'est-Il pas encore tous les jours au Saint Tabernacle, seul, inconnu du plus grand nombre des hommes, délaissé pendant des jours, des mois, et des années entières, comme cela arrive dans un grand nombre d'églises ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ a enduré, sans se plaindre et avec une patience inaltérable, tous les mépris, toutes les insultes, tous les outrages que ses ennemis Lui ont prodigués ; dans Sa Vie Eucharistique ne supporte-t-Il pas encore tous les jours les mêmes indignités ! Que fait-il pour s'en venger ? D'un mot Il pourrait terrasser ses ennemis ; ce mot Il ne le dit jamais ! Ô patience admirable ! Ô humilité incompréhensible ! Eh bien ! Voilà mon modèle. Mais comment se fait-il qu'après un si grand nombre de communions, après tant de visites au Saint-Sacrement, je conserve encore un si grand désir de paraître, d'être regardé comme quelque chose ! Comment se fait-il que je repousse avec tant de force la plus légère humiliation, et que la moindre apparence de mépris m'irrite !

Ô Jésus ! Anéanti sous les espèces du Divin Sacrement, je Vous adore avec un respect profond, et je dépose à Vos pieds toute ma fierté, tout mon orgueil ; hélas ! Il est si grand ! Jésus, doux et humble de cœur, ayez pitié de nous !

 

Deuxième point

Jésus-Christ modèle de pauvreté et d'obéissance dans Sa Vie Eucharistique

 

La pauvreté et l'obéissance sont les filles chéries de l'humilité. Elles naissent de l'humilité qui ne peut pas exister sans les enfanter. Aussi l'accompagnent-elles partout, et quand on les aperçoit, on juge de la présence de l'humilité, malgré tous les artifices que celle-ci emploie pour demeurer cachée. Jésus-Christ a été pauvre. Qui le fut jamais plus que Lui ! Pauvre dans Ses parents, pauvre dans le lieu de Sa Naissance, pauvre dans Ses occupations, pauvre pendant Sa Vie Apostolique, ne possédant rien, recevant l'aumône des saintes femmes, comme le dit saint Luc. Il a été obéissant. Saint Paul renferme tout dans ce mot sublime : « Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la Croix ». Ces exemples de pauvreté et d'obéissance, Jésus-Christ nous les donne encore dans Sa Vie Eucharistique. Là Il est pauvre. N'avoir rien à soi, ne vivre que des offrandes volontaires des hommes, dépendre de leur générosité pour le logement et tout ce qui est nécessaire a la vie ; n'avoir pas même une retraite assurée, et se voir exposé à être chassé à tous les instants du lieu que l'on habite ; n'est-ce pas le sublime de la pauvreté ?

Eh bien ! Voyez Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique. Il est logé où nous voulons, et mille fois les demeures qu'on Lui avait offertes, on les Lui enlève pour le transporter ailleurs. Les vases sacrés où notre piété renferme Son Corps et Son Sang, Lui appartiennent si peu que tous les jours on en dispose, on les change pour les faire passer à un autre usage. Qui sait si cette pièce d'argent que je tiens dans ma main n'a pas été, il y a quelques années, une coupe de calice, un ciboire ! Encore si Jésus-Christ ne se livrait qu'à des hommes pleins de foi et brûlant d'amour pour Lui ! Mais hélas ! Que d'églises abandonnées, que d'autels vermoulus, sales et couverts de poussière, que de Tabernacles sans ornements ; que d'objets employés à la célébration des plus augustes Mystères, tellement pauvres, que personne ne consentirait à les placer sur sa table ! Ô mon Dieu ! Ce sont là des vérités certaines, des faits dont il est facile d'être témoin. Et Jésus consent à cette pauvreté pour ne pas me priver du bienfait de son adorable présence !...

Cependant j'aime le superflu, j'aime ce qui est beau, riche, élégant ! Mes meubles et mes vêtements, ma table surtout annoncent que j'ai horreur de la pauvreté ! Que dirai-je maintenant de l'obéissance de Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique ? Il s'est livré à sa créature dont la volonté a sur lui un souverain empire. Oui, Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique enchaîne Sa Volonté, Sa Liberté à la volonté du prêtre. Le prêtre parle et Jésus-Christ est dans la Sainte Hostie ; le prêtre parle et Jésus-Christ va d'un lieu à un autre ; le prêtre parle et Jésus-Christ habite cette Église ; il parle et Jésus-Christ va dans une autre ; le prêtre parle et Jésus-Christ se donne à cent personnes ; il parle et Jésus-Christ ne se donne pas. Ô prodige d'amour ! Ô Mystère incompréhensible ! Un Dieu renonce à sa liberté pour se mettre à la libre disposition d'un homme, et quelquefois cet homme est un grand coupable !

C'est assez, ô mon Sauveur, c'est assez. Laissez-moi m'anéantir devant vous. Vile poussière toujours révoltée contre Votre Majesté Souveraine, j'ose encore lever mes yeux vers l'adorable Eucharistie ! Ah ! Seigneur ! Je suis confondu ! Mais vous avez encore pour moi des Miséricordes. Non, Vous ne m'abandonnerez pas !...

 

Troisième point

Jésus-Christ modèle de pureté dans Sa Vie Eucharistique

 

C'est une remarque déjà faite depuis longtemps, Jésus-Christ a souffert qu'on le calomniât en attaquant Sa Doctrine, Son obéissance aux Lois, Son respect même pour Dieu ; mais Il n'a pas voulu permettre que la calomnie pût arriver jusqu'à Sa pureté infinie. Roi des Vierges et de toutes les âmes pures, Il a voulu naître d'une Vierge ; s'Il a eu de la préférence pour l'un de Ses Apôtres, cette préférence a eu pour objet celui qui était vierge. Aussi tous les Saints l'ont reconnu, pour plaire à Jésus-Christ il faut aimer la pureté. Dans Sa Vie Eucharistique, le Divin Sauveur nous inspire le plus grand mépris et la plus grande aversion pour nos sens. En effet, Il est dans le Saint Sacrement avec tous Ses sens, et néanmoins il refuse de s'en servir ; avec la faculté de voir, d'ouïr, de parler, de goûter, de se mouvoir, Il n'en fait aucun usage. Il impose à Ses sens la privation de toutes les opérations qui leur sont naturelles. C'est ce qui résulte de la manière d'être de Jésus-Christ dans le divin Sacrement.

Or, n'est-il pas évident que le Sauveur veut m'apprendre la mortification de mes sens, qu'il désire que je devienne comme insensible aux objets extérieurs, pour n'être pas séduit par leur attrait et corrompu par leurs charmes. Ô Vie angélique produite par la Sainte Eucharistie ! Elle rend le fidèle une image vivante du Corps de Jésus-Christ caché sous les espèces sacramentelles. L'âme qui parvient à cette pureté entre dans la vie spirituelle qui la rend digne de contracter cette alliance mystérieuse par laquelle Jésus-Christ devient véritablement son Époux. « Vous êtes Ma sœur, Mon épouse ». Cette alliance que Jésus-Christ a contractée avec Son Eglise, suivant les paroles de Saint Paul, Il la contracte en particulier, par la Sainte Eucharistie, avec toutes les âmes qui veulent vivre de Sa Vie Divine, et ne faire plus qu'une seule chose avec Lui. Ô Divine Eucharistie ! Mariage sacré ! Chaste union de l'homme avec Dieu ! Qui dira tes délices ! Un seul esprit, un seul cœur, ou plutôt deux esprits et deux cœurs, l'esprit de Jésus-Christ et l'esprit de l'homme, le cœur de Jésus-Christ et le cœur de l'homme ! Ô embrassement divin qui fait couler dans l'âme pure, l'âme, l'esprit, le cœur, la vie de Jésus !...

Mais pour mériter ces faveurs, pour être introduit dans ce Cellier Mystique où le Divin Époux enivre d'un vin délicieux l'âme dont Il fait Son épouse, il faut un grand éloignement de tout ce qui est impur ; il faut que les sens soient tenus captifs par la mortification ; il faut pouvoir s'écrier dans un saint transport : « De même que mon Bien-aimé est tout à moi, moi je suis tout à Lui ». Oh ! Comme je vais travailler à devenir pur, chaste, mortifié. Divine modestie, venez orner mon front, gardez mes yeux, ma langue, mes oreilles; gardez mon cœur !...

 

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14 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

 

Vingtième jour

Le Samedi de la troisième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Faites briller en nous Votre Lumière,

Répandez l'amour dans nos cœurs,

Soutenez la faiblesse de nos corps

Par Votre éternelle vigueur !

Je Vous salue Marie

 

Dans l'admirable chapitre de l'Evangile de Saint Jean où Jésus-Christ parle de la Divine Eucharistie, nous lisons ces paroles dont la sublime profondeur doit fixer aujourd'hui notre attention : « Comme Mon Père qui est vivant M'a envoyé, et Moi Je vis à cause de Mon Père ; ainsi celui qui Me mange vivra à cause de Moi ». évidemment le Sauveur a établi une comparaison dans laquelle nous trouvons pour nous un honneur que je serais tenté d'appeler infini ; et je trouve dans cette comparaison le principe de toutes les obligations que contracte l'âme fidèle en mangeant le Pain Céleste qui lui est offert par un effet de la Charité immense de Jésus-Christ. Le Sauveur nous enseigne qu'Il a été envoyé par Son Père et qu'Il ne vit qu'à cause de Son Père. Comme Dieu, Il ne vit que par Son Père, puisqu'Il est Son Fils unique et qu'Il a été engendré de toute éternité dans les splendeurs de Sa gloire. Envoyé par Son Père, revêtu de notre nature pour procurer Sa gloire, Il ne vit que pour Son Père et en union avec Son Père. C'est une vérité que nous trouvons dans l'Evangile et qui nous est enseignée par Jésus-Christ Lui-même. « Je cherche la Gloire de Celui qui M'a envoyé ». « Je suis descendu du Ciel pour faire la Volonté de Celui qui M'a envoyé ». « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un ». « Je Vis dans Mon Père, et Mon Père vit dans Moi ». Nous pouvons donc dire que ces paroles : « Je vis par Mon Père, je vis pour mon Père, je vis avec mon Père ».

Eh bien ! Les rapports qui existent entre Jésus-Christ et Son Père, le Sauveur nous apprend qu'ils devront exister entre l'âme fidèle qui se nourrit de Sa Chair, et Sa propre personne. « De même que Je vis par Mon Père, celui qui Me mange vivra par Moi ». D'où il suit que l'union qui existe entre Jésus-Christ et Son Père est le modèle de l'union qui devra exister entre Jésus-Christ et nous. Si le Verbe, dit Saint Hilaire, s'est fait chair véritablement, et si nous recevons vraiment dans l'Eucharistie le Verbe fait chair, pourquoi ne croirons-nous pas qu'Il demeure réellement en nous ? Lui qui, en se faisant homme, s'est uni d'une manière inséparable la nature de notre chair, et qui a joint cette même nature humaine à Sa Nature Divine dans le Sacrement où Il nous communique sa chair adorable ! Et c'est ainsi que nous ne sommes qu'un tous ensemble, le Père étant dans Jésus-Christ, et Jésus-Christ étant dans nous. C'est donc un grand Mystère d'unité qui s'opère tous les jours par la Divine Eucharistie. Jésus-Christ avait dit à son Père : « Mon Père faites qu'ils soient un, comme nous sommes un ». Il avait dit encore à ses Disciples : Je suis la Vigne, vous êtes les Sarments ».

Eh bien, en instituant le Divin Sacrement de l'autel, le Sauveur donne à l'homme le moyen infaillible de réaliser cette union. Dès lors le fidèle qui se nourrit de la Chair et du Sang de Jésus-Christ, ne fait qu'une seule chose avec Jésus-Christ et avec tous ses frères unis au même chef. Il est attaché à Jésus-Christ comme le sarment à la vigne ; il reçoit le suc, la sève qui lui fait porter des fruits de bénédiction, il est vivifié par cette union. S'il en est ainsi, et personne ne sera tenté d'en douter, l'âme qui se nourrit de Jésus-Christ par Son Divin Sacrement, pourrait-elle ne pas vivre uniquement par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ et en Jésus-Christ ! Ô vie toute céleste qui glorifiera Dieu comme la vie de Jésus-Christ sur la terre l'a glorifié pendant trente-trois ans ! On pourra dire du fidèle ce que le prêtre dit à l'autel en tenant dans ses mains le Corps de Jésus-Christ : par Lui, en Lui et avec Lui, Dieu est glorifié !

 

Premier point

Celui qui mange la Chair de Jésus-Christ, vivra par Jésus-Christ

 

La Sainte Eucharistie, en nous mettant en possession de Jésus-Christ, nous communique le principe d'une vie toute divine. Le Sauveur, par cet ineffable Mystère, nous donne tout ce qu'il est, sa Chair et son Sang, son Ame et sa Divinité, et comme Il devient, par la Communion, notre propre nourriture, notre âme reçoit par cette nourriture une vie surnaturelle, la vie de Jésus-Christ, la vie de son âme, la vie de sa Divinité, donc la vie d'un Dieu. Il est impossible d'en douter ; c'est la fin que le Sauveur s'est proposée en instituant l'adorable Sacrement de l'autel. Lui qui était venu sur la terre pour former de vrais adorateurs qui adoreraient le Père en esprit et en vérité, comme Il l'adorait Lui-même, a voulu que la vie qui était dans Lui devint notre propre vie ; et comme la nourriture est destinée à donner, à entretenir la vie, et que la vie dépend de la nourriture, Il a voulu que nous fussions nourris de Sa propre substance, afin d'être Lui-même le principe et la cause de notre vie.

Ah ! je comprends cette exclamation du grand Pape Saint Grégoire : « ô Chrétien, comprends ta dignité ! » Je puis donc vivre par Jésus-Christ, comme Jésus-Christ vit par son Père. Que dis-je ? Je le dois ; Jésus-Christ le veut, Il l'exige. Mais qu'est-ce que vivre par Jésus-Christ ? C'est penser, vouloir et agir suivant l'impulsion que donne Jésus-Christ. L'âme qui vit de cette vie divine, confond ses pensées et ses jugements avec les pensées et les jugements de Jésus-Christ ; elle veut, elle désire, elle craint, elle espère, elle aime, et tous ces divers mouvements de son cœur ne sont que la répétition, si je puis m'exprimer de la sorte, des mouvements du Cœur de Jésus-Christ. Cette âme agit au dehors, en dirigeant le corps sur lequel elle exerce un souverain empire ; mais toutes ces actions extérieures commandées, dirigées par l'âme fidèle, sont des actions conformes à celles que Jésus-Christ a faites ou qu'Il aurait faites dans les circonstances où nous nous trouvons placés. Voilà comment on vit par Jésus-Christ, et tel doit être le fruit de nos communions. Suis-je du nombre de ces Saints qui peuvent dire : « Depuis que je communie, je sens que ma vie est changée en celle de Jésus-Christ, je ne vis que par Lui. Il me semble que je pense par Son esprit, que j'aime par Son cœur, que j'entends par Ses oreilles, que je vois par Ses yeux, que je parle par Sa langue, que je travaille par Ses mains ! » O Jésus ! Soutenez mon courage. Je me vois encore si éloigné de cette perfection chrétienne à laquelle m'oblige la fréquentation des Sacrements ! Oh ! que je me sens humilié !

 

Deuxième point

Celui qui mange la Chair de Jésus Christ, vivra pour Jésus-Christ

 

Vivre pour quelqu'un c'est lui rapporter tout ce que l'on fait. Un père, une mère vivent pour leurs enfants, un serviteur pour son maître, lorsque toute leur ambition est de procurer le bonheur, ceux-ci de leurs enfants, celui-là de son maître. Jésus-Christ n'a vécu que pour son Père. « Il est écrit de moi que je devais faire Votre Volonté ; c'est aussi, mon Dieu, ce que l'ai voulu, et Votre Loi est gravée au fond de mon cœur ». C'est donc en rapportant toute Sa Vie à la Gloire de Son Père, que Jésus-Christ a réparé l'injure faite par le péché à la souveraine Majesté de Dieu. Or, le Chrétien ne doit vivre que pour Jésus-Christ, pour Ses intérêts, pour Sa gloire. La gloire de Jésus-Christ consiste en ce que tous les membres de Son Corps Mystique qui est l'Eglise, lui rapportent toutes leurs actions, toute leur vie. C'est ce que les premiers Disciples de l'Evangile avaient parfaitement compris. Ils étaient ravis de joie, au milieu des opprobres, parce qu'on les jugeait dignes de souffrir pour le Nom de Jésus.

La sainteté n'est pas autre chose qu'une vie toute consacrée à la gloire de Jésus-Christ. Le désir de cette gloire a toujours été le caractère distinctif des vrais Disciples de l'Homme-Dieu. L'Eglise n'a été fondée que pour étendre le règne de Jésus et procurer sa gloire. Voilà pourquoi elle chante continuellement : « Vous êtes le Roi de Gloire, ô Christ ! Vous êtes le seul Dieu, Vous êtes les seul Très-Haut, Jésus-Christ, nous vous rendons grâce pour Votre immense Gloire ! » Or, la Sainte Eucharistie nous est donnée comme un moyen efficace de procurer la gloire de Jésus-Christ, en ne vivant plus que pour Lui. Saint Augustin en expliquant ces paroles du Sauveur : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en lui », nous dit : c'est la participation du Corps et du Sang de Jésus-Christ qui fait que celui qui mange sa chair vit pour Lui, c'est-à-dire Lui rapporte comme à son Chef la vie qu'il mène comme un de ses membres.

Il y a bien loin de cette vie divine à la vie que mènent la plupart des Chrétiens. Hélas ! Que sont aujourd'hui, pour un grand nombre de ceux qui communient, les intérêts de Jésus-Christ ! Ce qui le glorifie devient-il leur propre gloire et l'objet de leurs plus ardents désirs ? Ce qui est opposé à cette gloire, les outrages qu'Il reçoit, les humiliations dont Il est saturé dans la personne de son Eglise, tout cela occupe-t-il un grand nombre de ceux que l'on voit à la table sainte se nourrir de la chair du Sauveur ? Les tristesses de Jésus-Christ et de son Eglise pèsent-elles sur leur cœur ? Ô douleur ! On mange la chair de Jésus-Christ, on boit Son Sang, et l'on ne vit que pour soi, pour le monde, pour les créatures ! C'est ici que je dois examiner sérieusement si la communion produit en moi son effet naturel, celui de me faire vivre pour Jésus-Christ !

 

Troisième point

"Celui qui Me mange vivra avec Moi"

 

Voici ce que dit un grand Saint sur ces paroles que nous avons déjà rapportées : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en Lui : De même que si l'on joint de la cire avec d'autre cire, l'une et l'autre n'en font plus qu'une, de même aussi celui qui reçoit la Chair de Jésus-Christ, et qui boit Son Sang, n'est plus qu'un avec Lui ; parce qu'il est comme incorporé en Lui par cette divine Communion à Son Corps ; en sorte qu'il est lui-même dans Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est dans lui. Saint Augustin ajoute : Nous mangeons cette viande, et nous buvons ce divin breuvage, lorsque nous demeurons en Jésus-Christ et que Jésus-Christ demeure en nous. Celui donc qui ne demeure point en Jésus-Christ et en qui Jésus-Christ ne demeure point, ne mange point spirituellement Sa Chair, ni ne boit point spirituellement Son Sang, quoiqu'il mange visiblement le Sacrement de Son Corps et de Son Sang ; mais il le mange au contraire pour son jugement et pour sa condamnation. N'est-ce pas ce qu'a voulu nous enseigner le Sauveur par ces paroles : C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Non, la chair divine de Jésus-Christ ne sert de rien au malheureux qui communie en refusant de vivre de la vie de Jésus-Christ.

Mais qu'est-ce que vivre avec Jésus-Christ ? Nous demeurons en Lui, répond toujours le même Père, lorsque nous sommes ses membres ; et Il demeure Lui-même en nous lorsque nous sommes Son temple. C'est l'unité qui nous lie avec notre chef, et la charité est le principe de cette union. Quand le Sauveur a dit : « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un », Il a voulu que nous disions la même chose : « moi et Jésus-Christ, Jésus-Christ et moi nous ne faisons ensemble qu'une même chose ». Admirable idée que nous trouvons dans la matière même du Sacrement. Plusieurs grains de froment mêlés et confondus ensemble font un seul pain; plusieurs grains de raisin ne font dans le pressoir qu'un même vin. Ainsi Jésus-Christ devenu mon pain, ne doit faire avec moi qu'une même chose.

Lui en moi ! Moi en Lui ! ô Mystère ineffable ! Union délicieuse qui a fait le bonheur des Saints, au milieu des plus terribles épreuves de cette vie ! Union qui sera perfectionnée et consommée dans le Ciel, lorsque Dieu sera tout en tous, et toutes choses pour tous !... Ah ! Je comprends maintenant mieux que jamais tout ce qu'il y a de suave dans cette parole : « Votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ ». Non, les consolations et les douceurs de la vie chrétienne, ce sont des trésors qui ne paraissent pas ; le mondain, l'âme sensuelle n'en ont aucune idée; tout est caché en Dieu avec Jésus-Christ. Heureuse l'âme qui vit de cette vie d'union ! Pourquoi refuserais-je ce bonheur ? Il m'est offert par Jésus-Christ, courage, mon âme, romps avec le monde, avec la vanité, avec les plaisirs. Viens, jette-toi dans Jésus-Christ, plonge-toi dans cet abîme d'amour ; commence dès cette vie ce que tu es destinée à faire pendant l'éternelle durée des siècles !...

 

O memoriale mortis Domini !

Panis vivus, vitam praestans homini !

Praesta meae menti de te vivere

Et te illi semper dulce sapere.

 

O mémorial de la mort du Seigneur !

Pain vivant qui procure la vie à l'homme !

Procure à mon esprit de vivre de toi

Et de toujours savourer ta douceur.

 

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13 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-neuvième jour

Le Vendredi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit-Saint, En nos cœurs,

et envoyez du haut du Ciel

un rayon de Votre Lumière.

Je Vous salue Marie.

 

Nous lisons dans l'Apocalypse ces paroles qui renferment une promesse des plus consolantes pour nous: J'entendis une grande voix sortir du trône, disant : « Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes ; et Il demeurera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu ». Tout ce qu'on pourrait dire pour faire comprendre l'éminente dignité de nos Eglises, ne serait qu'un pâle commentaire de ces admirables paroles : « Le Tabernacle de Dieu avec les Hommes , Il demeurera avec eux ! » Lorsque le saint Patriarche Jacob s'écriait : « O que ce lieu est Terrible ! C'est véritablement la Maison de Dieu et la Porte du Ciel ! » Le Saint Esprit lui communiquait, selon la pensée de Saint Augustin, la Foi Chrétienne ; il croyait comme futures les vérités que nous croyons accomplies. Voilà pourquoi l'Eglise Catholique emploie les mêmes expressions pour imprimer dans notre cœur le respect sincère et la vénération profonde qui est due à nos temples.

Dieu voulut, dans l'ancienne Loi, un temple unique bâti à Jérusalem, et destiné à la prière et aux sacrifices. L'Ecriture nous raconte tout ce que fit le Seigneur pour donner aux Israélites une haute idée de la sainteté et de la majesté de ce lieu. Nous savons avec quel soin ce Temple appelé la Maison De Dieu, fut construit par le plus sage des rois de Juda. La richesse et la beauté de cet édifice surpassèrent tout ce qu'on avait vu jusqu'alors parmi les nations. Les enfants d'Israël en approchaient avec un profond sentiment de respect. Il était écrit : « Tremblez Devant Mon Sanctuaire, Je suis le Seigneur ». Dieu daignait y rendre sa présence sensible ; Il y faisait entendre Ses oracles, et une nuée mystérieuse était le signe de la Majesté du Seigneur qui se révélait à son peuple. Mais, comme tout ce que renfermait l'ancien Testament, ce temple n'était qu'une figure. Un honneur et un privilège bien plus grand était réservé aux hommes. C'était l'Eglise Catholique qui devait, par un vif sentiment de reconnaissance, s'écrier un jour avec vérité : « Il n'y a point d'autre nation, quelque puissante qu'elle soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle, comme notre Dieu est proche de nous ! » « Est-il donc croyable que Dieu habite avec les hommes sur la terre ? »

Je dis l'Eglise Catholique. Hélas ! Pourquoi ne pouvons-nous pas attribuer cet honneur à tous les peuples régénérés en Jésus-Christ par le baptême ? L'hérésie en rejetant le dogme de la présence réelle, et en niant le sacrifice de la nouvelle alliance, qu'a-t-elle fait de nos temples, et que sont à nos yeux ceux qu'elle a édifiés elle-même ? Qui pourrait s'empêcher de porter un regard plein de compassion et de tristesse sur nos pauvres frères égarés ! Ils se révoltent contre l'incompréhensibilité de nos Mystères, et dès lors, que peuvent-ils opposer à la dignité et à la grandeur de nos Eglises ? Que peuvent-ils comparer aux consolations ineffables qu'elles nous procurent ? Non, ils n'ont pas un temple comme le nôtre.

Passez devant ces élégants portiques et ces colonnes taillées avec art: vous pourrez bien admirer le génie d'un architecte ou le talent d'un sculpteur ; mais vous n'éprouverez aucun sentiment. Les portes mêmes de ces édifices semblent refuser de s'ouvrir pour vous permettre d'épancher votre âme en la présence de Dieu. Si vous en demandez la cause, on vous répond que ces portes sont ouvertes quand il se trouve quelqu'un dans le temple. Il n'y a donc habituellement personne dans ces demeures, quand les hommes se retirent. Oh ! Non, il n'y a personne ; et voilà pourquoi tout est froid, muet, insensible comme la pierre dont l'édifice est construit. Il en est bien autrement chez nous. Les portes de nos temples sont toujours ouvertes. Venez, pauvres, orphelins, hommes délaissés par le monde. Il y a quelqu'un ici qui vous appelle. Quand vos yeux ne rencontreront aucun de vos frères dans cette enceinte, ne la regardez pas comme une solitude ; si c'en est une, vous y trouverez toujours Celui qui s'est rendu solitaire pour l'amour de vous. N'avez-vous pas aperçu à l'entrée du sanctuaire cette lumière qui ne s'éteint jamais ? C'est le symbole de cet Amour qui veille toujours pour recevoir à chaque instant les soupirs des malheureux. Avancez sans crainte. Seul avec votre Dieu, votre âme peut répandre ses douleurs à ses pieds. Confiez à Jésus les secrets que lui seul est capable d'entendre. Pleurez, Jésus verra vos larmes, Il en sera touché, vous sortirez consolé.

 

Premier point

Nous devons respecter les églises

 

L'Eglise est le Tabernacle de Dieu. Pourquoi ? parce que Jésus-Christ est réellement dans la Sainte Eucharistie. En entrant dans l'église, le fidèle qui a véritablement la Foi, se dit à lui-même : « C'est vraiment ici La Maison de Dieu et la porte du Ciel. Si j'avais eu le bonheur de pénétrer dans l'étable de Bethléem, si Marie m'eût accordé l'honneur insigne de m'admettre dans la maison de Nazareth, et que j'eusse pu converser pendant quelques heures avec Jésus-Christ, avec quel respect profond je me serais approché de ce lieu sacré, plein de la majesté et de la sainteté d'un Dieu ! Eh bien ! Ici je trouve mon Dieu ! Il est chez lui, il me reçoit dans sa maison. Ce temple est sa propre demeure, Il a ordonné d'en ouvrir la porte, afin que je pusse y entrer. Là se trouvent en adoration une multitude d'Anges qui habitent le lieu saint, pour honorer le souverain Roi de l'univers, et former sa cour. Une voix me crie: Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas ! Ah ! Si vous le connaissiez, vous approcheriez de sa demeure avec une sainte frayeur ! Isaïe vit la majesté de Dieu, et des millions d'Anges, qui, par respect, se couvraient de leurs ailes, ne pouvant soutenir l'éclat de sa gloire ».

Mon Dieu ! Comme on y pense peu ! Oh ! Combien de Catholiques devraient s'écrier : « Ce lieu est véritablement saint, et je ne le savais pas ! » Disons plutôt que la plupart d'entre eux refusent d'y penser. On ne voit que trop souvent, s'écrie Saint Bernard, ce qu'on ne devrait voir qu'en versant des larmes amères; c'est que les Saints de l'ancien Testament ont honoré la seule figure de nos Mystères, bien plus que nous n'honorons les Mystères eux-mêmes. Car, tandis que Jacob étant au milieu d'un champ, se considéra dans Le lieu du monde le plus saint et le plus terrible ; on est souvent, au contraire, dans une église avec la même irrévérence et les mêmes égarements d'esprit, que si l'on était au milieu d'un champ. Le Dieu dont la majesté remplit nos temples, est un Dieu Caché, comme l'appelle l'Écriture ; mais pour être caché en est-Il moins avec nous ? Sa présence est-elle moins certaine !... Non, sur la terre, il n'y a rien de Saint comme nos églises. Mais alors le recueillement, le respect le plus profond, ne sont-ils pas absolument nécessaires ?

Ce respect doit être intérieur, vrai, sincère. Il se manifeste par tout l'extérieur, l'attitude la plus grave, la plus décente; une modestie, un recueillement parfait, est-ce trop pour la sainteté de nos temples ? Hélas ! que voyons-nous ! Mon Dieu, que de profanateurs dans votre maison ! Conversations, plaisanteries, occupations toutes profanes... Arrêtons-nous !... Anges de paix, vous pleurez amèrement sur l'indigne conduite d'un grand nombre d'hommes, dans le temple de notre Dieu. N'ai-je pas mille fois fait couler vos larmes ? Oh ! Comme ma conduite sera différente ! Je veux, dans votre maison, ô mon Dieu, ne voir que vous, ne penser qu'à vous, ne m'occuper que de vous !...

 

Deuxième point

Nous devons fréquenter les églises

 

Si l'Eglise est le Tabernacle de Dieu, c'est pour que les hommes soient admis en Sa présence, qu'ils puissent venir l'adorer et recevoir en même temps les plus abondantes bénédictions. Voila le Tabernacle de Dieu avec les hommes. « Ils seront son peuple, dit le Saint Esprit, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu ». C'est donc dans l'église qu'il faut chercher Dieu. Sans doute la Divinité est partout ; mais de même qu'elle se manifeste aux Élus dans le Ciel, pour les faire participer à sa gloire ; sur la terre, Dieu a choisi nos temples, pour manifester aux hommes son amour, et les combler de biens. Hélas ! Il y a bien peu d'hommes qui méditent ces vérités ! On parle d'une Église pour louer ses formes élégantes, pour faire admirer les divers ouvrages d'art qu'elle renferme, et après un long entretien, on n'a rien dit qui rappelle le Maître de la maison dont on a fait l'éloge. Ô insensibilité du cœur humain ! Que d'Eglises désertes pendant des jours entiers ! Alors même que Dieu ouvre en faveur des hommes le trésor de ses miséricordes, par la prédication de la Divine Parole, par la célébration de nos augustes Mystères ; lorsque le Saint Sacrement est exposé solennellement à l'adoration des fidèles, les Eglises ne sont-elles pas abandonnées par le plus grand nombre des hommes ? La Foi est si faible dans la plupart des âmes, qu'on verra des personnes de piété, réciter de longues prières, faire de pieuses lectures, méditer la loi de Dieu, dans une sacristie, au milieu des conversations, ou dans tout autre lieu, à quelques pas du sanctuaire, sans penser que Jésus-Christ a dit : « Ma Maison est une maison de prière ».

O Jésus ! On Vous laisse solitaire dans Votre maison ! On ne traite pas de la sorte les grands et les riches de la terre ! On est jaloux d'un regard, d'un signe, de la part de ceux qui disposent des biens périssables de ce monde ; un regard, un signe de votre part, ce n'est rien ; on n'y pense pas !... Si l'Église est devenue une solitude, j'irai souvent y goûter le repos et la paix en présence du Divin Solitaire qu'on y trouve toujours. Je veux être le compagnon fidèle de Sa retraite. Toutes les fois que je pourrai faire à l'Eglise mes exercices de piété, ce sera pour moi la plus douce consolation. Ai-je à perdre quelque chose en les faisant sous les yeux de Jésus ? Je les ferai en union avec Lui ; je le prierai de se joindre à moi, de lire, de méditer, de prier avec moi ! Oui, je veux être là, parce que j'y suis bien !

 

Troisième point

Nous devons orner les églises

 

David avait amassé de grandes richesses, pour la construction et l'ornement du temple qu'il voulait élever au Seigneur. Salomon fut choisi pour ce grand œuvre si cher au Cœur de Dieu. Les bois les plus précieux, les étoffes les plus riches, les ornements et les vases sacrés en or et en argent, tout fut employé pour décorer avec magnificence la maison de Dieu. Dès que l'Eglise Catholique fut libre, et que la fin des persécutions lui permit de sortir des catacombes, elle se hâta d'élever au Seigneur des temples magnifiques. Toujours conduite par le Saint Esprit, elle enseigna à ses enfants que tous les biens et toutes les richesses de la terre appartenant à Dieu, ils devaient regarder comme un très grand honneur, de pouvoir Lui en faire hommage. De là ces prodiges de libéralité que nous admirons dans les siècles passés, libéralité à laquelle toutes les classes de la société voulurent participer. La beauté de nos temples chrétiens, les trésors qu'ils renfermèrent, attestent la vivacité de la Foi, et la piété tendre de nos pères.

Les années de la pauvreté volontaire de Jésus-Christ sont passées. Aujourd'hui le Sauveur est dans la gloire, et Il abandonne à notre piété, le soin d'orner Sa Maison, et de décorer Ses Autels. Tous les Saints ont eu un grand zèle pour l'ornement et la décoration de nos temples, et l'Eglise, par ses lois et par sa liturgie, confond les sophismes, qu'une avarice honteuse a inventés pour jeter le blâme et le ridicule sur le zèle qui a pour objet la décoration et l'ornement de la maison de Dieu. Si je comprends bien ces choses, je me réjouirai de voir une église remarquable par son élégance, par sa propreté, puisque c'est un moyen qui dispose au respect et à la dévotion. Je me réjouirai de voir l'or et l'argent couvrir l'Autel du Sacrifice, et le Sang de Jésus-Christ contenu dans de magnifiques calices. A ce sentiment de véritable bonheur, je joindrai le désir de contribuer, autant qu'il est en moi, à la décoration de l'Église et du Sanctuaire.

Ah ! Si du moins je pouvais donner mes soins au pavé de l'Eglise ! Quoi, Seigneur, balayer Votre Maison, secouer la poussière qui couvre l'escabeau de Vos pieds, serait-ce une fonction que je pourrais mépriser ! Autrefois il fallait appartenir à l'état ecclésiastique pour avoir un pareil honneur ! Et maintenant, il n'y a plus que l'appât du gain qui détermine quelques hommes à entreprendre ce travail ! O mon divin Sauveur, dites, que voulez-Vous que je fasse, chez Vous, et pour Vous !... Mon choix est fait, comme celui du Prophète, je préfère la dernière place dans Votre Maison à tout ce qu'il y a de plus brillant sous la tente des pécheurs.

 

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12 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-huitième jour

Le jeudi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

Faites briller en nous ta lumière,

Répandez l'amour dans nos cœurs,

Que sous Votre prévenante conduite,

nous évitions tout mal et toute erreur.

Je Vous salue Marie.

 

On trouve chez tous les peuples une religion, un culte extérieur et public, des temples, des autels, des prêtres et des victimes. Un usage constant et qu'on rencontre partout dans l'antiquité fut de manger en commun la chair des victimes qui avaient été immolées. Dès les premiers temps, le père de famille présidait à la cérémonie. On le voyait rassembler ses enfants, ses domestiques, souvent même les étrangers pour prendre part à ce repas fraternel. Les païens se flattaient, dans cette circonstance, de manger avec les Dieux. Les adorateurs du vrai Dieu, plus sensés, se regardaient comme assis à la table du père commun de toutes les créatures. Jésus-Christ a consacré cet antique usage qui était pour ainsi dire une ombre du festin Eucharistique. Il a dressé un autel dont les autels anciens n'étaient que la figure. Il a voulu des prêtres pour immoler en l'honneur du Maître de l'univers, et la Victime qu'Il a désignée, toujours la même parce quelle est parfaite, doit venir, à la voix du Prêtre, se placer sur l'Autel et s'offrir elle-même, pour le Salut de la grande famille humaine. Le Sacrifice de la Nouvelle Alliance, figuré par ceux de l'ancienne Loi, doit aussi se terminer par la distribution de la Chair immolée, présentée en nourriture à toute la famille chrétienne. Il serait bien difficile de concevoir le sacrifice de la nouvelle loi séparé de la manducation de la victime. Jésus-Christ est donc sur l'Autel, non-seulement comme une Victime immolée pour le Salut du monde ; mais encore comme une viande destinée à nourrir nos âmes. C'est le Sauveur qui l'a dit, en nous adressant cette parole solennelle : « Ma Chair est véritablement une nourriture ».

Maintenant si nous cherchons le principe et la cause de cette conduite que Jésus-Christ tient à l'égard de ses Disciples, en leur livrant Son Corps Adorable et Son Sang Précieux qui furent le prix de notre Rédemption ; si nous demandons au Sauveur pourquoi Il a inventé cette merveille, pourquoi Il a établi ce Mystère incompréhensible que nous appelons la Communion, il nous répondra par cette parole d'une éloquence et d'une profondeur que rien n'égale : « Il aima les siens jusqu'à la fin », c'est-à-dire, « Il porta l'Amour qu'Il avait pour eux jusqu'aux dernières limites où Il semble que l'Amour d'un Dieu puisse atteindre ». Parmi tous les signes extérieurs inventés par les hommes pour marquer l'amour qui les unit entre eux, l'un des plus universellement reconnu, n'est-ce pas la participation à la même nourriture ? Ta table, disait un ancien, est l'entremetteuse de l'amitié. Aussi point de traité, point de fêtes, point de cérémonies d'aucune espèce sans repas. Non, jamais les hommes n'ont trouvé un signe d'union plus expressif que celui de se rapprocher pour participer en commun à la même nourriture. Jésus-Christ a voulu contracter une union intime avec ses enfants, et c'est la raison pour laquelle Il les invite à Sa table. Mais ici l'union va s'exalter jusqu'à l'amour le plus vif. Manger à la même table avec un Dieu, certes, c'est déjà un grand honneur. Eh bien ! Ce n'est pas assez pour ce Cœur brûlant d'Amour qui palpite dans la poitrine de Jésus-Christ. Il inventera quelque chose de bien plus surprenant. « Voila Ma Chair, prenez et mangez ; prenez et buvez : Voila Mon Sang ». Telle est l'invitation qu'Il nous adresse. Il se donne Lui-même, et de ses propres mains, Il veut que nous soyons nourris de sa propre substance.

Qui dira maintenant les effets merveilleux de la sainte Communion ! « Ce que le pain et le vin produisent pour le corps, nous dit le Catéchisme du Concile de Trente, l'Eucharistie le produit, mais d'une manière infiniment plus parfaite pour le Salut et pour le bien de l'âme. Ici ce n'est pas le Sacrement qui se change en notre substance, comme le pain elle vin se changent en la substance du corps. c'est nous-mêmes au contraire qui sommes changés en la nature du Sacrement. En sorte que l'on peut très bien appliquer ici ces paroles que Saint Augustin met dans la bouche de Notre Seigneur : « Je suis la nourriture des hommes faits ; croissez et vous Me mangerez ensuite. Et vous ne Me changerez point en vous, comme il arrive à la nourriture de votre corps ; mais c'est vous qui vous changerez en moi. Que si la grâce et la vérité ont été apportées par Jésus-Christ, il faut nécessairement qu'elles se répandent dans l'âme de celui qui reçoit ce Sacrement avec un cœur pur et innocent, car Notre Seigneur a dit : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang, demeure en Moi et Moi en lui ». Quiconque participe à l'Eucharistie avec Foi et avec piété, en recevant en lui le Fils de Dieu, se trouve uni à Son Corps comme membre vivant. « Celui qui Me Mange, dit le Sauveur, vivra aussi pour Moi. Le Pain que Je donnerai c'est Ma Chair pour la vie du monde. Sur quoi Saint Cyrille a fait cette remarque : « Le Verbe de Dieu, en s'unissant à sa propre chair, l'a rendue vivifiante. Il était donc convenable qu'il s'unît à nos corps d'une manière admirable, par sa Chair Sacrée et par Son Sang précieux qu'Il nous donne sous les espèces du Pain et du Vin, pour nous sanctifier et nous donner la vie ».

Quand le Prophète s'écriait : « J'ai dit, vous êtes des dieux et les enfants du Très-haut », ne semble-t-il pas qu'il ait vu les hommes assis à la table de Jésus-Christ, s'engraissant de sa divine substance et participant, par la Sainte Communion, à la Nature Divine ! La Sainte Communion a toujours fait les délices des âmes pieuses. Malheur au Chrétien qui n'a que du dégoût pour cette nourriture divine ! Il refuse le plus grand honneur que l'homme puisse recevoir sur la terre, il s'éloigne de Celui qui seul peut le rendre fort contre ses nombreux ennemis. la source des jouissances les plus pures est tarie pour lui.

 

Premier point

La Sainte Communion est pour nous un principe d'honneur

 

Lorsque Jésus-Christ disait : « Si quelqu'un M'aime, Mon Père l'aimera, nous viendrons à lui et nous établirons dans lui notre demeure ». Ne semble-t-il pas qu'il ait voulu parler de la Sainte Communion ? C'est Lui-même qui a dit : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en lui ». Or, est-il possible à Dieu même d'élever plus haut la créature ! On consacre les Eglises par beaucoup de cérémonies, de prières et d'exorcismes. On consacre les Autels sur lesquels le Saint Sacrifice doit être offert, les vases d'or et d'argent où l'on doit renfermer la Sainte Eucharistie. Rien n'est plus raisonnable, et c'est un sacrilège de profaner les temples et les vases sacrés. Mais par la Sainte Communion, nous devenons bien autre chose qu'un temple, un autel, un calice, un ciboire. Tous ces objets sont matériels. et Jésus-Christ ne contracte aucune sorte d'union avec eux. Il n'en est pas ainsi de notre corps et de notre âme. Jésus-Christ venant dans nous, les sanctifie réellement par l'union étroite qu'il contracte avec notre personne. Notre poitrine devient Son Tabernacle, notre cœur Son Trône, notre âme Son épouse. Il est tout en nous, et Son Esprit, Sa Divinité même se livrent entièrement à nous pour nous faire vivre de Sa propre vie. C'est alors que nous pouvons dire en toute vérité : « Ce n'est pas moi qui vit, mais Jésus-Christ qui vit en moi ».

Ici c'est bien plus qu'une visite, c'est une union, et l'union la plus intime que l'on puisse imaginer, celle qui résulte de la nourriture avec la personne qui mange. Notre âme se mêle en quelque sorte à la substance même de Jésus-Christ, de sorte que cette parole du Divin Sauveur : « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un », le fidèle peut la prononcer et s'écrier, au moment de la Sainte Communion, « moi et Jésus-Christ nous ne faisons qu'un » !... Le Sauveur a dit : « Je vis a cause de Mon Père, et celui qui Me mange vivra à cause de Moi ». De même que le Fils a reçu du Père l'essence, la vie, toutes les perfections, de telle sorte qu'Il est un seul et même Dieu avec le Père ; qu'Il vit, pense, veut, agit toujours avec le Père et comme le Père; de même, par la communion, le fidèle participe à la vie et aux perfections du Fils. La nourriture s'unit à celui qui la reçoit, elle devient sa substance. Par elle, le corps vit et augmente. Par la Divine Eucharistie, notre âme se mêle avec le Corps de Jésus-Christ. Ainsi le Père engendrant son Fils de toute éternité, lui communique sa propre vie. Le Fils communique cette vie divine à son humanité sainte dans l'Incarnation. Par la Communion, chaque fidèle reçoit de l'humanité sainte de Jésus-Christ cette même vie. Ô vie divine de l'âme chrétienne ! Elle a sa première origine dans le sein de Dieu le Père vivant par Lui-même et communiquant la vie à son Fils, et, par son Fils, à la chair et au sang qu'il s'est unis, et par cette chair et ce sang adorables, à la chair et au sang de ses membres, pour passer, par ce canal, jusque dans leurs cœurs.

Ô mon Dieu ! D'où me vient cet honneur ? Non, Seigneur, je ne suis pas digne !... Ô prodige d'amour ! Ô miracle de la grâce ! Le serviteur pauvre et méprisable mange la chair de son Dieu !...

 

Deuxième point

La Sainte Communion est pour nous un principe de force

 

« Celui qui Me mange demeure en Moi et Moi en lui ». Je demande ce que devient l'homme ainsi uni à un Dieu !.... Sa faiblesse naturelle n'est-elle pas changée en une force divine ! Force contre le Démon. Si l'Ange exterminateur s'arrêta devant les portes teintes du Sang de l'agneau, que ne doit pas éprouver le Démon quand il nous voit couverts du Corps et du Sang de Jésus-Christ, enveloppés en quelque sorte de cette divine substance ? Ah ! je le sais, « le Démon, comme un lion rugissant, tourne sans cesse autour de nous, cherchant à nous dévorer » Mais ce que nous savons aussi, c'est qu'il a poussé un grand cri pour confesser que la présence de l'Homme-Dieu le tourmentait. Saint Jean Chrysostôme dit : « Le Démon rugit et prend la fuite, quand il voit un Chrétien dont les lèvres sont rougies par le Sang de Jésus-Christ ». Force contre le monde. La vie est semée d'écueils. Le monde en offre à chaque pas ; la contagion du mauvais exemple, les effets pernicieux de toutes ces doctrines opposées à l'Evangile, les conseils perfides, les railleries continuelles contre les gens de bien. O mon Dieu, que d'âmes faibles succombent à chaque instant !

Où les martyrs des premiers siècles de l'Eglise allaient-ils puiser cette force étonnante qui leur faisait braver les menaces des tyrans et des persécuteurs ? C'était à la table Eucharistique. La faiblesse de l'âge, la délicatesse du sexe ne les empochait pas de devenir des héros. En revenant de la table sacrée, ils couraient au martyre. Aujourd'hui encore, d'où vient aux âmes pures et ferventes, ce courage invincible qui les rends supérieures à toute la malice et à la corruption effrayante du monde ? Il est facile de s'en convaincre. La Sainte Communion, voilà leur force ! La Sainte Communion est la lumière de l'âme. Par elle, les yeux de notre intelligence sont ouverts, nous connaissons la grandeur de Dieu et l'excellence des biens éternels ; nous connaissons le monde, la perversité de ses doctrines, les dangers qu'il nous offre et l'abîme dans lequel il pourrait nous entraîner. Alors plus de faiblesse, ni de respect humain. Comme les Disciples d'Emmaüs, le fidèle connaît Jésus, lorsque assis à sa table, il reçoit de ses mains divines, le pain descendu du Ciel. La Sainte Communion enflamme la volonté et lui communique les plus saints désirs. Jésus-Christ parle sur la roule pénible de cette vie. L'âme qui a le bonheur de l'entendre, s'écrie comme les deux Disciples : « Notre cœur n'était-il pas embrasé au dedans de nous-mêmes, tandis qu'Il nous parlait ». La Sainte Eucharistie est comme un feu qui embrase l'âme qui s'en nourrit; elle entretient et augmente l'amour.

Une âme ainsi éclairée, échauffée, a-t-elle quelque chose à craindre du monde et de ses doctrines ? Non, elle est forte comme la mort. Elle donnerait mille vies plutôt que d'abandonner Dieu ! Force contre notre propre nature. Elle est si fragile ! Hélas ! C'est bien notre cœur qui a été, suivant l'expression du Concile de Trente, brisé et affaibli. La Chair Convoite contre L'esprit, s'écrie le grand Apôtre, et l'esprit convoite contre la chair. Nous connaissons cette loi des membres qui combat contre la loi de l'esprit, pour nous rendre captifs sous la loi du péché. Hélas ! Nous pouvons bien nous écrier comme le grand Apôtre : « Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de de corps de mort ? Ce sera la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ », qui est communiquée à notre âme par la manducation de sa Chair infiniment sainte.

O mon Dieu ! Comme il est fragile ce vase dans lequel je porte ma vertu ! Mais combien de Saints qui avaient les mêmes tentations, dont les passions étaient vives, et qui ont conservé leur âme innocente et leur cœur exempt de souillure! Où puisaient-ils cette énergie et ce courage nécessaires pour dompter la chair et la réduire en servitude? Dans la Sainte Communion. O doux Jésus ! Vous avez dit : « Le Pain que Je donnerai, c'est Ma Chair pour la vie du monde ». Donnez-le Moi ce pain ; j'ai besoin de m'en nourrir continuellement pour ne jamais perdre la vie de la grâce.

 

Troisième point

La Sainte Communion est pour nous un principe de joie

 

La vie chrétienne a ses tristesses. Le Sauveur l'a dit : « Le monde se réjouira, vous, vous serez dans la tristesse ». Et, cependant, le cœur du véritable fidèle devient comme une fête continuelle. C'est qu'il y a, au milieu des tristesses inséparables de notre condition présente, un bonheur, une paix, une joie que le monde ne saurait donner, et qu'il ne connaît même pas. Quelle est la source de ce bonheur ? N'est-ce pas, pour le cœur qui est tout à Dieu, n'est-ce pas la Sainte Communion ? L'âme a des désirs, les créatures ne sauraient les rassasier ; mais voilà Jésus-Christ qui m'appelle et qui remplit mon désir en me comblant de biens ». L'âme se sent pauvre et dénuée de biens, elle entend une voix qui sort du Tabernacle : « Les Pauvres mangeront et ils seront rassasiés ; et ceux qui cherchent le Seigneur le trouveront : leurs cœurs vivront éternellement ». Que de Saints ont trouvé des torrents de consolations dans la Sainte Communion ! On les a vus éprouver les effets de cette promesse de Jésus-Christ : « Des fleuves d'Eau Vive sortiront de son coeur ». Comme ils étaient pleins de Dieu !... L'eau puisée à cette Source Divine n'est point une eau dormante, mais une eau qui coule toujours. Voilà pourquoi, de la part des Justes, ce langage expressif, cette ardeur pour le bien, ces paroles de feu qui embrasent les cœurs !

Ah ! je comprends ce cri d'amour : « Qu'ils sont aimés, grand Dieu, Vos Tabernacles, qu'ils sont aimés et chéris de mon cœur ». Mais pour que la Sainte Eucharistie produise ces heureux effets, il faut que ceux qui doivent manger à la Table du Seigneur, et être rassasiés de Sa Chair divine, soient véritablement pauvres, et du nombre de ces personnes affamées, dont parle la Sainte Vierge, qui méritent que Dieu les remplisse de Ses Biens, en même temps qu'Il renvoie vides ceux qui sont riches. Ces pauvres sont ceux qui sentent leur vide et qui Cherchent Dieu avec ardeur pour être remplis, parce que Lui seul est capable de les rassasier. Ceux là le louent véritablement, parce qu'ils sentent le besoin qu'ils ont de cette viande divine, qui est proprement la nourriture et comme la vie de leurs cœurs, mais une vie qui doit s'étendre dans tous les siècles.

 

Panis angelicus

Fit panis hominum ;

Dat panis caelicus

Figuris terminum:

O res mirabilis !

Manducat Dominum

Pauper, servus, et humilis.

 

Le Pain des anges

Devient le pain des hommes ;

Le pain du ciel met

Un terme aux symboles.

Ô chose admirable !

Il mange son Seigneur

Le pauvre, le serviteur, le petit.

 

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11 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-septième jour

Le Mercredi de la troisième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint

Vous qu'on nomme le Consolateur,

Le don du Dieu très-Haut,

La source vivante, le Feu, la Charité,

L'Onction spirituelle.

Je Vous salue Marie.

 

Écoutons le Saint Concile de Trente : « Parce que sous l'Ancien Testament, selon le témoignage de l'Apôtre Saint Paul, il n'y avait rien de parfait à cause de la faiblesse du sacerdoce lévitique, il a fallu, Dieu le Père des Miséricordes l'ordonnant ainsi, qu'il se soit levé un autre Prêtre selon l'ordre de Melchisedech, notre Seigneur Jésus-Christ, qui pût consommer et mener à perfection tout ce qui devait être sanctifié. Or, quoique notre Seigneur Dieu dût une fois s'offrir Lui-même à Dieu Son Père, en mourant sur l'autel de la Croix, pour y opérer une rédemption éternelle, néanmoins, parce que Son Sacerdoce ne devait point être éteint par sa mort : pour laisser à l'Eglise, sa chère Epouse, un sacrifice visible, tel que la nature des hommes le demande ; sacrifice qui représentât le sacrifice sanglant qui devait s'accomplir une fois sur la Croix, qui en conservât la mémoire jusqu'à la fin du monde, et qui en appliquât la vertu salutaire pour la a rémission des péchés que nous commettons tous les jours ; dans la dernière Cène, la nuit même qu'Il fût a livré, montrant qu'Il était établi Prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech, il offrit à Dieu le Père Son Corps et Son Sang sous les espèces du pain et du vin, et sous les mêmes symboles les donna à prendre à Ses Apôtres, qu'Il établissait alors prêtres du Nouveau Testament. et par paroles, « Faites ceci en mémoire de Moi », leur ordonna à eux et à leurs successeurs dans le Sacerdoce de les offrir, comme l'Eglise Catholique l'a toujours entendu et enseigné. Car, après avoir célébré l'ancienne Pâque, que les enfants d'Israël immolaient en mémoire de la sortie d'Egypte, Il établit la Pâque nouvelle, se donnant Lui-même pour être immolé par les prêtres au nom de l'Eglise sous des signes visibles, en mémoire de Son passage de ce monde à Son Père, lorsque, nous ayant racheté par l'effusion de Son Sang, Il nous arracha de la puissance des ténèbres, et nous transféra dans Son Royaume. C'est cette offrande pure, qui ne peut être souillée par l'indignité ni par la malice de ceux qui l'offrent, que le Seigneur a prédit par Malachie devoir être en tout lieu offerte à Son Nom, qui serait grand parmi les Nations. C'est la même que l'Apôtre Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, a marqué assez clairement quand il a dit : « Que ceux qui sont souillés par la participation de la table des démons, ne peuvent être participants de la table du Seigneur : entendant en l'un et en l'autre lieu par la table, l'autel. C'est elle en fin qui au temps de la nature et de la loi était figurée par diverses similitudes de sacrifices, comme renfermant tous les biens qui n'étaient que signifiés par les autres, dont elle était la consommation et la perfection ».

Il est donc certain, comme le dit le Catéchisme du Concile de Trente « Que « l'Eucharistie a été instituée non seulement afin qu'elle servit à l'âme de nourriture spirituelle pour soutenir et conserver en elle la vie de la grâce, mais encore afin que l'Eglise eût un sacrifice perpétuel pour l'expiation de nos péchés, et par le moyen duquel elle pût ramener à la Miséricorde et à la clémence, la justice et la colère de Dieu irrité par nos crimes. Nous avons une figure sensible de cette vérité dans l'Agneau Pascal, que les Israélites avaient coutume d'offrir comme sacrifice et de manger comme Sacrement. Et notre Seigneur ne pouvait pas donner une marque plus éclatante de son infinie bonté envers nous, que de nous laisser ce sacrifice visible, pour renouveler ce sacrifice sanglant qu'il était près d'offrir sur la Croix, pour en conserver la mémoire jusqu'à la fin des siècles, et pour en répandre les fruits infinis dans tout l'univers, par le moyen de son Eglise. La Divine Eucharistie n'est donc pas seulement un trésor de richesses spirituelles, où nous puisons la grâce et l'amitié de Dieu, quand nous en usons saintement ; elle a encore une vertu particulière qui fait que nous pouvons l'employer pour reconnaître les bienfaits infinis que nous avons reçus de Dieu. Or, pour comprendre combien ce sacrifice lui est agréable lorsqu'on l'offre de la manière convenable, il suffit de se rappeler les sacrifices de l'ancienne loi. Il a été dit de ceux ci : « Vous n'avez point voulu de sacrifices ni d'offrandes. Si vous aimiez les sacrifices, je vous en offrirais ; mais les holocaustes ne Vous sont point agréables. Et cependant le Seigneur les agréait, puisque l'Ecriture atteste qu'Il les a reçus en odeur de suavité, c'est-à-dire, qu'ils lui ont été réellement agréables. A combien plus forte raison ne devons-nous pas penser que Dieu aura pour agréable le sacrifice où l'on immole pour victime celui dont une voix céleste a dit deux fois : « Celui-ci est Mon Fils Bien-aimé, en qui J'ai mis Mes complaisances ? » Il faut donc que tous les fidèles soient parfaitement instruits de la vérité, afin que, lorsqu'ils assisteront au Saint Sacrifice, ils puissent méditer avec attention et avec piété les Mystères qui s'y opèrent.

« Le sacrifice qu'on offre à la messe est donc réellement le même sacrifice que celui qui a été offert sur la Croix, et c'est la même Victime, Jésus-Christ notre Seigneur, qui s'est offert une fois sur la Croix d'une manière sanglante. Car la Victime qui s'immole à la Messe ne diffère pas de celle qui fut immolée sur le Calvaire, quoique l'une soit sanglante et l'autre non sanglante. C'est donc toujours le même sacrifice, dont l'immolation se renouvelle tous les jours dans l'Eglise, depuis que notre Seigneur a dit : « Faites ceci en mémoire de Moi ». « Il n'y a non plus qu'un seul et même Prêtre dans ce sacrifice, c'est Jésus-Christ : car les ministres qui l'offrent n'agissent pas en leur propre nom. Ils représentent la personne de Jésus-Christ, lorsqu'ils consacrent Son Corps et Son Sang, comme on le voit par les paroles mêmes de la consécration, puisqu'ils ne disent pas : « Ceci est le Corps de Jésus-Christ » ; mais, « Ceci est Mon Corps » ; se mettant ainsi à la place de Jésus-Christ pour convertir la substance du pain et du vin en la substance de Son Corps et de Son Sang.

« De là il suit nécessairement, comme l'enseigne le Saint Concile de Trente, que le Sacrifice de la Messe n'est pas seulement un sacrifice de louanges et d'actions de grâces, mais encore un vrai sacrifice de propitiation, qui apaise Dieu et nous le rend favorable. Ainsi ceux qui l'offrent avec un cœur pur, pleins d'une Foi vive et d'une douleur profonde de leurs péchés, obtiendront infailliblement de Dieu, grâce et Miséricorde, et Son secours dans leurs besoins. L'odeur de cette victime Lui est si agréable, qu'Il nous accordera la grâce du repentir et le pardon de nos péchés. De là vient que l'Eglise dit dans une de ses prières solennelles que, toutes les fois qu'on célèbre la commémoration de ce sacrifice, on opère en même temps l'œuvre de notre salut ; parce que les fruits abondants du sacrifice sanglant de la Croix découlent sur nous par le sacrifice non sanglant de l'autel. Enfin la vertu de ce sacrifice ne le rend pas profitable à ceux-là seulement qui l'offrent ou qui y participent. Il est utile à tous les fidèles, soit à ceux qui vivent avec nous sur la terre, soit à ceux qui déjà sont morts dans le Seigneur, mais sans avoir suffisamment expié leurs fautes. Une tradition constante des Apôtres, nous apprend que les fruits n'en sont pas moins applicables aux morts qu'aux vivants, pour la satisfaction de leurs péchés et des peines qu'ils ont méritées, et, en général, pour l'éloignement de toutes sortes de calamités et d'afflictions. D'où il suit clairement que toutes les messes sont communes ou générales, puisqu'elles s'appliquent au bien général et au salut commun des tous les fidèles ».

Qui dira la vertu du Saint sacrifice de la Messe ? Son prix est infini, infini par le caractère du véritable Prêtre qui est Jésus-Christ ; infini par le caractère et les qualités de la Victime ; car cette Victime c'est encore Jésus. Le Saint Sacrifice de la Messe est donc la continuation, et l'extension à tous les temps et à tous les lieux du Sacrifice de la Croix, dont il ne diffère que par la seule manière d'offrir. On pourrait dire, en quelque sorte, que le Calvaire est dans tous les lieux où Jésus-Christ continue à s'offrir, puisque, suivant le langage de l'Eglise, à chaque Messe qui se célèbre, c'est l'œuvre de notre rédemption qui se renouvelle. Où est le Chrétien assez indifférent pour négliger d'assister, s'il le peut, tous les jours, à cet adorable sacrifice afin de participer à ses fruits abondants ? Ne l'oublions pas ; le Saint Sacrifice de la Messe occupe parmi toutes les œuvres de piété la place que le soleil occupe parmi tous les astres. Ô homme ! Si tu connaissais le don de Dieu !...

 

Premier point

La Messe est un Sacrifice de louanges et d'actions de grâces

 

Le Sauveur Jésus a rendu, pendant Sa vie et par Sa mort, une gloire infinie à Son Père. Il a voulu que jusqu'à la fin du monde l'homme put aussi adorer et louer Dieu d'une manière digne de Lui et proportionnée à Ses bienfaits. Comment, par sa seule vertu, l'homme pourrait-il s'élever jusqu'à Dieu, le bénir et lui rendre grâces ? Hélas ! La distance qui sépare la Souveraine Majesté de l'infinie bassesse, qui pourra la franchir ? Jésus-Christ seul, médiateur de Dieu et des hommes, peut combler ce vide immense et rapprocher le pécheur de celui qui est Saint par excellence. Eh bien ! Tous les jours, à chaque instant, quand le Prêtre monte à l'autel, la Victime Sainte est immolée en l'honneur de Dieu. Et ici je dois bien comprendre une chose qui est essentielle pour moi. C'est qu'en offrant avec l'Eglise cet adorable Sacrifice, je rends à Dieu une gloire infinie, puisque celui qui offre à l'autel est un Dieu, et que ce qui est offert c'est la Chair et le Sang d'un Dieu !... Quel bonheur inappréciable ! Je suis en possession d'un si grand bien qu'en l'offrant à Dieu, je le glorifie d'une manière digne de Lui, et quand pour reconnaître Son Amour, pour exalter Sa Bonté à mon égard, je Lui présente cette oblation sainte, je rends à la Souveraine Bonté des actions de grâces qui sont toujours en proportion avec Ses bienfaits ; je la remercie dignement, je m'acquitte dans toute la rigueur envers ce Dieu infiniment bon, et je n'ai pas à regretter de ne pouvoir offrir davantage ! Ô froideur criminelle ! Ô insensibilité coupable ! Ô négligence qui révolte ! Quoi ! Je manque la Messe par ma faute ! Ou bien j'y assiste sans Foi et sans piété, moi tout couvert et comme accablé des bienfaits de Dieu !...

 

Deuxième point

La Messe est un Sacrifice propitiatoire

 

C'est une vérité de la foi. L'Eglise l'enseigne. Elle dit anathème à celui qui ne confesse pas que l'Adorable Sacrifice de nos Autels, est un sacrifice de propitiation. Écoutons le Disciple bien-aimé : Si quelqu'un pèche, nous avons pour Avocat auprès de Dieu le Père, Jésus-Christ qui est Juste ; c'est Lui qui est la Victime de propitiation pour nos péchés ; et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux de tout le monde » Le même Apôtre nous dit encore : « Dieu a fait paraître Son Amour envers nous en envoyant Son Fils comme la Victime de propitiation pour nos péchés ». Venez donc à l'Eglise ; c'est la Maison de la propitiation. C'est là que le Dieu Miséricordieux et clément adresse tous les jours à son peuple ces paroles consolantes : « Que Mon peuple sur qui Mon Nom a été invoqué se convertisse, Je lui pardonnera ses péchés, et Je purifiera la terre où Il fait Sa demeure ». Combien d'âmes coupables devant le Seigneur ! Pourquoi oublieraient-elles cette parole consolante : « Vous Trouverez la grâce en présence de Dieu ». « A Notre Dieu Appartient La Miséricorde et la Propitiation ». Où est donc la Miséricorde et la propitiation ? Dans Jésus-Christ notre Dieu et notre Sauveur, notre Prêtre et notre Victime. Le fidèle qui entend la Messe, quelque coupable qu'il soit, n'a qu'à regarder l'Autel avec confiance. S'il adore la Sainte Victime, s'il crie comme autrefois le Prophète : « Seigneur, j'ai espéré en vous, parce que Vous êtes plein de Miséricorde. Oui, la Miséricorde c'est dans Dieu qu'on la trouve, on trouve en Lui une Rédemption abondante ; la Miséricorde se répand sur Lui comme un doux parfum. Que dis-je ! Le Sang de l'Homme-Dieu lave ses iniquités. c'est le Sang de l'Agneau sans tache immolé dès l'origine du monde. Non, en présence de l'Autel où s'immole l'Adorable Victime, le découragement n'est jamais permis; le désespoir est un crime !... Le pécheur vient avec confiance, il se plonge dans le Sang de l'Agneau, son âme devient blanche comme la neige.

O mon Dieu ! Les dettes que j'ai contractées en vers Votre Justice infinie épouvantent mon imagination. Je ne vois qu'une effroyable impossibilité de m'acquitter envers Vous !... Mais, non, c'est une erreur ! J'irai me présenter au pied du Saint Autel ; je prendrai le Calice du Salut, j'invoquerai Votre Nom, et vous rejetterez loin de moi cet amas d'iniquité, et vous l'éloignerez de moi comme le Ciel est éloigné de la terre. Je n'oublierai jamais ces paroles consolantes de l'Apôtre/ « Vous êtes maintenant en Jésus-Christ, vous qui étiez autrefois éloignés de Dieu, vous vous en êtes approchés en vertu du Sang de Jésus-Christ ».

 

Troisième point

La Messe est un Sacrifice d'impétration

 

Quand Saint Paul disait: « Par Jésus-Christ Notre Seigneur, nous nous glorifions dans l'espérance de la Gloire des enfants de Dieu et cette espérance n'est point trompeuse ». « Par Jésus-Christ Notre Seigneur, nous avons la liberté et la confiance de nous approcher de Dieu ; c'est pourquoi je vous prie de ne point perdre courage ». Quand le même Apôtre écrivait aux Ephésiens : « Mes frères, vous n'êtes plus des étrangers qui se trouvent hors de leur maison, mais vous êtes citoyens de la même cité que les Saints, et domestiques de la Maison de Dieu », pouvait-il proclamer une vérité plus consolante pour nous ? Jésus s'étant donné à nous par la Divine Eucharistie, et étant devenu notre Prêtre et notre Victime, il est certain que, par ce Sacrifice adorable, nous trouvons un accès facile auprès de Dieu, et que pouvant l'appeler notre Père, devenus membres de Sa famille, nous acquérons un droit incontestable à tous Ses biens. Ce droit nous ne pourrions l'avoir par nous-mêmes, puisque enfants de colère nous ne méritons que la malédiction. Mais par notre Prêtre et notre Victime, nous pouvons aller sans crainte, avec confiance, jusqu'au pied du Trône de la Miséricorde, et là demander, au nom de Jésus, par les mérites infinis de Son Sacrifice, tous les biens qui nous sont nécessaires.

Qui racontera les Miséricordes du Seigneur ! Qui dira les merveilles qui s'opèrent continuellement dans les âmes par la vertu du Sacrifice Eucharistique ? Que le Ciel s'ouvre, à la voix du prêtre, que des torrents de bénédictions tombent du sein de l'Amour infini sur les pauvres habitants de cette vallée de larmes, toutes les fois que les Saints Mystères sont célébrés, c'est ce dont il sera toujours impossible de douter. Si donc une âme demeure dans sa pauvreté et dans son indigence, si elle est toujours sans vertu, sans courage ; si ses ennemis demeurent toujours les maîtres et paralysent les timides efforts qu'elle tente pour revenir sincèrement à Dieu, n'en doutons pas, cette âme néglige l'assistance au saint Sacrifice ; elle ne vient pas demander par Jésus-Christ, au nom de Jésus-Christ. Le jour où tous les fidèles comprendront la vertu du Saint Sacrifice, les cataractes du Ciel seront ouvertes, un déluge de grâces inondera le monde et tous les peuples réunis comme en un seul troupeau, autour de l'Adorable Victime, entonneront le cantique de leur délivrance !

Autel saint, tu seras désormais mon unique refuge. La Messe fera mes délices. Je m'approcherai, avec confiance et avec amour, de ce Dieu qui fera descendre dans mon cœur tous les biens qu'Il m'a promis dans Sa Miséricorde.

 

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10 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Seizième jour

Le Mardi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Repoussez au loin l'Ennemi,

Donnez-nous la paix qui dure ;

Que sous Votre prévenante conduite,

nous évitions tout mal et toute erreur.

Je Vous salue Marie.

 

Dieu avait donné à Moïse les tables de la loi. Pour les placer dans un lieu convenable, il fallut construire un Tabernacle dans lequel serait déposée l'Arche d'Alliance. Cette arche construite suivant les dessins que le Seigneur en donna Lui-même, devait être d'un bois incorruptible, revêtu en dehors comme en dedans de lames d'or. Une couronne également d'un or pur l'environnait. On voyait au-dessus de l'Arche, le propitiatoire sur lequel deux Chérubins étendaient leurs ailes. Tous ces ornements étaient de l'or le plus pur. Rien n'était plus saint et plus vénéré parmi les Israélites. C'était le Dieu du Ciel qui habitait en quelque sorte sur l'Arche d'Alliance, entre les ailes des Chérubins, pour y faire entendre Ses oracles. Les enfants d'Israël n'osaient presque la regarder sous le voile qui la couvrait, et nous savons comment fut punie la témérité de cet homme qui porta la main sur ce précieux Tabernacle.

L'Arche d'Alliance était la gloire et le salut d'Israël ; elle fut toujours la terreur de ses ennemis. A son approche, on vit les murailles d'une ville forte s'écrouler, les fleuves suspendre la rapidité de leur cours, les armées ennemies obligées de prendre la fuite. Sa présence suffisait pour relever le courage abattu et pour rendre les armées du Seigneur invincibles. La maison du fidèle Obededon où l'Arche fut placée pendant trois mois, abonda de toute sorte de biens, tandis que celle d'un infidèle fut inondée de calamités. Moïse fit placer dans l'Arche, outre les tables sur lesquelles le doigt de Dieu avait gravé Sa Loi Sainte, un vase renfermant de la manne, et la verge qui avait fleuri dans les mains d'Aaron, lorsque Dieu voulut fixer dans sa famille le Sacerdoce de la Loi. En lisant tous ces détails relatifs à l'Arche d'Alliance, il est impossible d'arrêter sa pensée. Elle se porte si naturellement sur la Divine Eucharistie qu'on pourrait facilement omettre toute explication.

Nous avons aussi notre Tabernacle, notre temple, et là se trouve l'Arche véritable de la nouvelle Alliance, Jésus-Christ. Cet or pur, ce bois incorruptible, ce propitiatoire, ces Chérubins qui adorent la Majesté de Dieu, tout ne figure-t-il pas la Chair, le Corps de Jésus-Christ dont la pureté est infinie, la divinité qui habite avec toute sa plénitude dans ce Corps adorable, ou plutôt qui Lui est unie hypostatiquement ? Les Anges qui entourent le Tabernacle et adorent continuellement, avec un respect profond, la majesté du Dieu qui réside parmi nous. Tout n'est-il pas figuré par l'Arche d'Alliance ? Ici ce ne sont plus ces tables de pierre sur lesquelles était écrite la loi du Seigneur. Mais le Divin Législateur de la nouvelle Alliance qui est venu graver en traits de feu dans notre propre cœur, la loi de grâce qui est une loi d'amour. Ce n'est plus ce vase qui renfermait la manne dont l'Israélite voyageur s'était nourri dans le désert, mais la vraie manne du Chrétien, le pain dés Anges qui donné l'immortalité. Ce n'est pas ce Signe matériel qui rappelait le choix que le Seigneur avait fait d'Aaron pour le sacerdoce de l'ancienne Alliance ; mais Jésus Lui-même, le souverain Prêtre dont le Sacerdoce est éternel, suivant l'expression de Saint Paul : celui à qui il a été dit : « Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech ». O combien la réalité est au-dessus de la figure ! Néanmoins je vois dans cette même figure un grand nombre de vérités qu'il m'importe de méditer et qui me feront comprendre que la Divine Eucharistie est la gloire et la force de l'Eglise Chrétienne.

 

Premier point

La Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse et de la Vérité

 

Le Seigneur rendait Ses oracles du haut de l'Arche d'Alliance. Moïse venait consulter Dieu, et Dieu déclarait Sa Volonté qui était bientôt connue de tout le peuple. Quelle gloire et en même temps quelle consolation pour nous ! Jésus-Christ est dans le Saint Sacrement pour découvrir à Ses enfants Ses Volontés adorables. Quand le Prêtre s'est entretenu avec Lui, il monte dans la chaire de vérité ; sa parole simple et facile pénètre dans les âmes. C'est une lumière qui va visiter les intelligences les plus enveloppées de ténèbres. On dit de lui, « Un homme, par lui-même, n'a jamais parlé comme cet homme ». Sa parole est puissante, elle touche les cœurs. Si le directeur de nos consciences est venu s'entretenir avec Jésus-Christ avant d'entrer dans le Sacré Tribunal, il arrive plein de sagesse et de vérité. Comment a-t-il sondé les abîmes de ce cœur ! Qui lui a découvert ces liens secrets, ces replis cachés que l'âme dérobe à ses propres regards ! D'où est venu ce conseil plein de sagesse qui fixera l'irrésolution et montrera, d'une manière certaine, les desseins de Dieu sur une âme ! N'allez pas en chercher le principe dans les talents et le génie de l'homme. Tous les Saints vous diront qu'un entretien avec Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour, leur a communiqué ces lumières qui étonnent.

Autrefois les enfants d'Israël disaient : « Allons consulter Dieu à Silo, devant Son Tabernacle », et Dieu manifestait au peuple Sa Volonté souveraine. Eh bien ! l'Arche d'Alliance est là devant nous. Allons consulter Dieu à Silo, c'est-à-dire dans l'Eglise, au pied du Saint Tabernacle où le Divin Sauveur a fixé Sa demeure. Si nous faisons souvent de fausses démarches, si nous donnons des conseils qui sont opposés à la divine sagesse, c'est que nous avons oublié le lieu où le Seigneur rend Ses oracles. Si ceux qui gouvernent les peuples allaient consulter le Seigneur devant l'Arche du Nouveau Testament, tous les peuples marcheraient dans les voies de la sagesse et de la vérité. Vous êtes réellement, ô mon adorable Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et par là même la Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse, d'où la Vérité se fait entendre à l'âme du fidèle ! Certes, si autrefois la reine de Saba vint de loin pour admirer la sagesse du Roi Salomon, si elle s'écria ravie d'admiration : « Heureux ceux qui sont à vous ! Heureux vos serviteurs qui sont sans cesse devant vous et qui écoutent votre sagesse » ; il y a ici bien plus que le roi Salomon, c'est Jésus-Christ, la Sagesse Éternelle !...

O Eglise, sois fière du trésor que tu possèdes ! Ô enfants de l'Eglise, comprenez votre gloire ! Mon Dieu ! Comme je sens le besoin de venir souvent au pied de l'Arche Sainte pour y entendre Vos oracles ! Non, je ne passerai aucun jour de ma vie, sans venir Vous parler et recevoir, avec la docilité la plus parfaite, les oracles de Votre éternelle Vérité !...

 

Deuxième point

La Divine Eucharistie met en fuite les ennemis de notre Salut

 

Si les fleuves ont suspendu leur cours, si les murailles des villes sont tombées, si les armées ont été mises en fuite, par la seule présence de l'Arche d'Alliance, de quelles victoires l'Eglise n'est-elle pas capable, quels triomphes lui sont impossibles, avec la Sainte Eucharistie ? « Un jour, les Philistins placèrent l'Arche d'Alliance dont ils s'étaient a emparés, dans le temple de leur dieu Dagon. Or, le lendemain, s'étant levés dès la pointe du jour, ils trouvèrent Dagon qui était tombé le visage contre terre devant l'Arche du Seigneur : ils le relevèrent et le remirent à sa place. Le jour suivant, s'étant encore levés dès le matin, ils trouvèrent Dagon tombé par terre, sur le visage, devant l'Arche du Seigneur. Mais la tête et les deux mains en ayant été coupées, étaient sur le seuil de la porte, et le trône seul de Dagon était demeuré en sa place ». Quelle imposante figure de la force communiquée à l'Eglise par le Saint Sacrement ! C'est bien en présence de Jésus-Christ que l'âme s'écrie : « Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui pourra me faire trembler ? Quand des armées nombreuses se lèveraient contre moi, quand on livrerait le plus épouvantable combat, mon cœur n'en serait point effrayé, car le Seigneur m'a caché dans Son Tabernacle ; Il me protège au jour de l'affliction, en me plaçant dans le secret de son sanctuaire ».

Aujourd'hui les ennemis de l'Eglise écument de rage, leur fureur s'irrite de leur impuissance ; ils se promettent depuis longtemps une victoire qui leur échappe toujours. L'Eglise prend l'Adorable Eucharistie, elle l'élève au milieu du monde et s'écrie : « Que le Seigneur se lève, que ses ennemis soient dissipés ; que ceux qui le haïssent fuient de devant Sa Face, comme la fumée qui disparaît, comme la cire qui fond à la présence du feu. Que les justes se réjouissent en la présence de Dieu. qu'ils soient dans des transports de joie ». La puissance du Divin Sacrement est la même partout, elle met en fuite nos ennemis particuliers. Nous les trouvons bien forts et bien terribles ; ils le deviennent par notre négligence à recourir à ce précieux secours. Voilà l'Arche du Nouveau Testament ! Si les Philistins s'écriaient à l'approche de la figure : « Voici une armée de Dieux », comment les ennemis de notre salut ne seront-ils pas saisis de la même frayeur, quand nous leur opposerons l'Arche de la nouvelle Alliance ? Comment cette tentation, cette passion violente que le démon irrite pour notre perte, comment le démon lui-même résisterait-il à la toute puissance du Divin Sacrement ?

O Jésus, Vous serez mon soutien, Vous serez ma force ; je Vous placerai entre mon ennemi et moi, j'irai à Vous avant le combat ; je Vous appellerai au moment de l'attaque, et je serai victorieux. Non, jamais je n'eusse été vaincu, si j'avais compris ce que doit être pour moi la Sainte Eucharistie, si j'avais mis en elle toute ma confiance, si ma dévotion pour cet auguste Mystère eut été plus ardente et plus vive !...

 

Troisième point

La Divine Eucharistie est l'objet de l'adoration des hommes

 

L'Arche d'Alliance était considérée par les Israélites comme l'objet le plus précieux de leur culte. Ils n'en approchaient qu'avec un respect profond, elle était placée sous le voile du Sanctuaire. Elle renfermait l'urne dans laquelle se trouvait la manne. Admirable figure, s'écrie le grand Docteur Saint Bonaventure, du Très Saint-Sacrement, qui contient ce qu'il y a de plus Saint et de plus auguste dans le Ciel et sur la terre. Le voile représentait les espèces du Sacrement, l'Arche représentait le Corps de Jésus-Christ, l'urne était la figure de son Ame, et la manne de sa Divinité. Peut-on imaginer quelque chose de plus grand ? Le Corps, le Sang, l'Ame, la Divinité du Sauveur !

L'Arche d'Alliance fut toujours en grande vénération parmi le peuple d'Israël. Quand il fallut la transporter dans le temple magnifique que lui avait préparé le grand Roi Salomon, la réjouissance fut grande parmi les enfants d'Israël ; on immola des victimes sans nombre. Tout le peuple et les anciens d'Israël s'étant assemblés, les prêtres portèrent l'Arche d'Alliance du Seigneur dans le Saint des Saints ; elle fut placée sous les ailes des Chérubins, tandis que les lévites et les chantres, revêtus de robes de lin, faisaient retentir leurs cymbales, leurs psaltérions et leurs cithares, et que cent vingt prêtres sonnaient de la trompette. Tous chantaient ensemble et faisaient retentir les airs du son de leur voix, des orgues et de diverses sortes d'instruments, et l'on entendait de fort loin ce cantique : « Louez Le Seigneur, parce que Sa Miséricorde est éternelle ».

Dites les sentiments de respect profond, d'adoration, de foi et d'amour qui doivent remplir nos âmes, en présence de la Divine Eucharistie. Humilions-nous profondément, adorons cette grandeur infiniment élevée au-dessus de l'homme. Adorez, dit le Saint-Esprit, l'escabeau de ses pieds, parce qu'il est saint ! Cet escabeau des pieds de Dieu, dit Saint Augustin, c'est la Chair de Jésus-Christ, dans laquelle réside la Divinité. Ah ! Je veux être comme ces Chérubins qui étaient placés sur l'Arche de l'Ancien Testament. Vous faites éclater votre puissance, s'écriait David, vous qui êtes assis sur les Chérubins. Oui, Jésus règne ; Il est assis sur les âmes innocentes, sur les cœurs fervents, élevés comme des Chérubins par la plénitude de la Sagesse qu'Il leur communique ; Il règne sur ces âmes comme sur le trône de Sa grandeur ! Mais l'âme mondaine ne doit pas oublier que l'idole de Dagon fut abattue par la présence de l'arche. Malheur au téméraire qui voudrait allier la vanité du monde et l'amour des plaisirs, avec le Saint des Saints ; il serait frappé de mort.

Mon Dieu, qui pourra Vous louer dignement pour un si précieux Don ! Qui pourra honorer la Divine Eucharistie comme elle mérite d'être honorée ! Qui se croira digne d'en approcher ? Vous l'avez dit : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur ; celui qui n'a pas reçu son âme en vain, qui n'a jamais fait un serment faux et trompeur à son prochain. C'est Celui-là qui obtiendra du Seigneur la bénédiction, et la Miséricorde du Dieu son Sauveur lui sera accordée ». Je le veux, ô Jésus ; oui, tous les jours de ma vie je m'efforcerai de me rendre moins indigne de paraître devant Vos Saints Tabernacles, et d'adorer avec les Anges Celui dont la majesté remplit les Cieux.

 

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09 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quinzième jour

Le lundi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Remplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

La vie que mena le peuple d'Israël dans le désert avant la conquête de la terre promise, est une figure frappante de la vie chrétienne sur cette terre de pèlerinage et d'exil. Le fidèle marche vers la véritable terre promise qui est le Ciel, et sur sa route, il rencontre mille difficultés, il est exposé à mille dangers, il combat des ennemis nombreux. L'israélite voyageur manquait de pain dans la solitude du désert. Si Dieu ne fût venu à son secours, il aurait infailliblement péri. Il cria vers le Seigneur, et le Seigneur entendit sa voix. Moïse annonça au peuple qu'il verrait bientôt la gloire de Dieu. Dès le matin on vit tomber du Ciel un petit grain blanc qui couvrit la terre. C'était le pain miraculeux qui devait servir de nourriture, pendant quarante ans, aux enfants de Jacob. Ce pain fut appelé La Manne. La manne était regardée par les Juifs comme le Pain du Ciel. Ce nom lui est donné dans l'Ecriture qui l'appelle encore Pain des Anges. Les descendants d'Abraham se glorifiaient de ce que leurs pères avaient mangé ce pain miraculeux.

Il est impossible de ne pas voir dans la manne une figure du pain Eucharistique. C'est Jésus-Christ Lui-même qui établit la similitude en faisant ressortir les magnifiques privilèges de la réalité sur la ligure, de la manne chrétienne sur la manne des Juifs. « Vos pères, dit le Sauveur, ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts ; il n'en est pas ainsi du pain dont Je vous parle ; celui qui le mange vivra éternellement ». Ce principe étant une fois établi, on n'est plus surpris en lisant dans la Sainte Écriture les choses magnifiques qui sont dites de la manne, puisqu'on y découvre l'intention du Saint Esprit, qui a été de faire connaître l'excellence de la nourriture préparée par Jésus au chrétien voyageur dans le désert de cette vie. Voici ce que dit la Sagesse : « Vous avez donné à votre peuple la nourriture des Anges, et vous lui avez présenté le Pain du Ciel qui renferme tous les délices et tout ce qui peut flatter le goût. Ce pain montrait combien est grande Votre douceur envers vos enfants ».

Ne croit-on pas entendre Jésus-Christ lorsqu'il disait aux enfants de ceux qui avaient mangé la manne : « Je suis le Pain vivant descendu du Ciel. Je suis le Pain de vie. Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le Pain du Ciel, mais Mon Père vous donne le vrai Pain du Ciel, le Pain qui donne la vie au monde. Le pain que Je donnerai, c'est Ma Chair immolée pour le salut du monde. Ma Chair est véritablement une Nourriture, et Mon Sang une Boisson ». Or, si la manne fut annoncée comme un signe de la gloire du Seigneur, qui dira la gloire que Dieu manifeste par la Sainte Eucharistie ; la gloire qui revient à Jésus-Christ et qui rejaillit sur son Eglise, de l'institution de cet adorable Mystère ? Ici ce n'est plus, comme dans le désert, l'ouvrage des Anges, mais l'œuvre de Dieu même. Ce n'est pas seulement un Pain qui vient du Ciel, mais un Pain qui est incomparablement au-dessus du Ciel, puisque c'est la Chair et le Sang de Celui qui orne les Cieux de toute leur gloire. C'est donc à la Divine Eucharistie qu'il faut donner le nom du Pain des Anges, non qu'il soit fait pour eux et qu'ils doivent s'en nourrir, mais, dit le savant et pieux cardinal Hugo, parce que les hommes qui le mangent doivent devenir purs comme des Anges.

 

Premier point

La Sainte Eucharistie est le Pain destiné à nourrir le fidèle qui voyage

 

Il est certain que, semblable à la manne des Israélites, la Sainte Eucharistie est destinée à soutenir et à fortifier l'âme fidèle dans le voyage qu'elle doit faire pour arriver au Ciel. Pour marcher, il faut des forces ; il en faut bien davantage pour combattre en marchant. Lorsqu'on ne peut faire un pas sans rencontrer un ennemi, il faut du courage, de l'énergie, des efforts continuels pour avancer. Tel est notre état pendant cette vie. Or, celui qui ne mange pas perd ses forces ; il n'est propre ni au combat, ni à la fatigue du voyage. Celui qui n'a pas soin de réparer ses forces, en prenant souvent sa nourriture, les verra bientôt épuisées. Il faut encore que la nourriture soit d'autant plus substantielle que les combats sont plus multipliés et exigent une plus grande énergie.

Eh bien ! Voici le Pain des forts, c'est-à-dire le Pain qui fortifie, qui soutient dans les fatigues de la vie chrétienne et dans les combats qu'il faut livrer, tous les jours, contre les ennemis du salut. « Prenez et mangez, dit Jésus-Christ. Celui qui se condamnerait à un jeûne excessif, comment conserverait-il ses forces ? D'où vient tant de faiblesse dans un grand nombre d'âmes ? Est-il bien difficile d'en trouver la cause ? La manne n'était pas, pour les Israélites, le but du voyage, de la fatigue et des combats. Ce but c'était la terre promise, récompense de la fidélité et de la persévérance. Pour le Chrétien, la terre promise c'est le Ciel, voilà la fin vers laquelle il tend tous les jours ; voilà le terme de son voyage, la récompense de la sainteté. La Sainte Eucharistie n'est donc pas la récompense de la sainteté, c'est le moyen donné à l'homme pour qu'il devienne saint. Une sainteté commencée, par l'exemption du péché mortel, suffit pour qu'en se nourrissant du Pain Eucharistique avec foi et amour, l'âme trouve dans cette céleste nourriture le moyen de s'élever à la plus sublime perfection.

O mon Dieu, comme j'ai peu compris ces vérités ! Mille actions de grâces Vous soient rendues par toutes les créatures, ô Divin Sauveur ! Oui, une table est dressée devant moi, c'est Vous qui l'avez préparée, j'en approcherai souvent. Je recevrai avec reconnaissance et amour ce Pain Céleste qui me rendra fort contre tous mes ennemis !...

 

Deuxième point

Conditions pour manger le pain des Anges

 

Les Israélites ne tardèrent pas à se dégoûter de la manne. Ce Pain leur parut insipide, ils n'en furent plus satisfaits. Leur ingratitude envers Dieu fut telle que, dans leurs murmures contre Moïse, ils témoignèrent le regret de n'avoir plus à leur disposition les viandes grossières et les oignons de l'Egypte. Quand le cœur s'éloigne de Dieu et qu'il s'abandonne à l'amour des créatures, le Pain des enfants de Dieu n'est plus qu'une fade nourriture. Ce n'est pas assez ; ce Pain donne la mort. De six cent mille Hébreux sortis de l'Egypte sous la conduite de Moïse, Josué et Caleb seuls arrivèrent à la terre promise. Il en est ainsi parmi les Chrétiens. Le Pain des Anges ne donne pas à tous l'immortalité ; il en laisse un grand nombre dans un état de faiblesse et de langueur voisin de la mort ; pour plusieurs il se change en un véritable poison. « Les justes le reçoivent, s'écrie l'Eglise, les méchants aussi ; mais que leur sort est différent ! Pour les uns, il devient un principe de vie ; pour les autres, un principe de mort ».

Pour manger le Pain Eucharistique, il faut une disposition de Foi et d'amour qui manque à un grand nombre d'âmes. Les unes sont faibles, d'autres sont bien malades, de là le peu de fruit qu'elles retirent de cette céleste nourriture. Il y a des remèdes qui sont absolument nécessaires aux malades, avant qu'on puisse leur donner une nourriture solide. Celui qui mangerait du pain, lorsqu'il est atteint de la fièvre, ne s'exposerait-il pas à une mort à peu près certaine ? Ici j'entends Saint Ambroise qui me dit : « Votre fièvre, c'est l'amour de l'argent ; votre fièvre, c'est votre sensualité ; votre fièvre, c'est votre ambition ; votre fièvre, c'est votre colère ». O Ciel ! Il est bien grand le nombre de ceux qui mangent le Pain du Ciel avec une âme malade ! Ce malheur ne m'est-il jamais arrivé !...

Il y a des infirmités légères qui ne s'opposent pas à la réception du Divin Sacrement. Mais qui sera le juge ? L'illusion est si facile !... Je veux ne jamais me juger moi-même. Dès qu'un doute fondé sur l'état de mon âme se présentera à mon esprit, J'irai Au Voyant, j'ouvrirai mon cœur en toute simplicité, et j'obéirai. Pour éviter le malheur d'une communion coupable, je vivrai dans la ferveur et je m'efforcerai d'être tellement dévot au Saint Sacrement, que ma conscience me rendra ce consolant témoignage : Tu n'approches de l'Autel que par amour pour Jésus-Christ !...

 

Troisième point

Effets produits dans l'âme par cette Divine Nourriture

 

La manne avait un goût délicieux; en s'accommodant à la volonté de ceux qui la mangeaient, elle se changeait en tout ce qui leur plaisait. Figure admirable des effets que produit la Sainte Eucharistie dans les âmes bien préparées ! Elle a pour ces âmes toutes sortes de délices, elle les rassasie, elle contente tous leurs désirs ; elle surpasse toute la douceur des plaisirs grossiers de la terre. Un saint évêque disait : « La Divine Eucharistie a le goût de tous les Mystères, selon la Foi et la dévotion de ceux qui la reçoivent. Qu'on se représente Jésus-Christ avec toutes les grâces de Sa Divine Enfance, ou bien dans les opprobres et les tourments de Sa Passion ; ou, si l'on aime mieux, dans la gloire de Sa Résurrection et de Son Ascension. Le Fils de Dieu fera sortir de la Divine Eucharistie autant de différentes délices que l'on concevra d'images sous lesquelles une âme se plaît à contempler Jésus-Christ ».

Ames pieuses, ne l'avez-vous pas éprouvé souvent ? La Sainte Communion n'a-t-elle pas eu pour vous un attrait particulier dans les Fêtes de Noël, de l'Epiphanie, de la Passion, du Jeudi Saint, de Pâques, de l'Ascension, de Pentecôte, et ne vous semble-t-il pas qu'en ces jours solennels, vous découvrez, dans cette manne cachée, une saveur, un goût particulier que vous appelleriez volontiers le goût du Mystère ? La Sainte Eucharistie, dit encore Saint Bernard, a le goût de toutes les vertus. Quelle douceur de charité, de patience, d'humilité ? La Foi et l'espérance pénètrent dans l'âme. La Divine Pauvreté, l'aimable et céleste pureté, on les goûte délicieusement, par la communion du Corps et du Sang de Jésus-Christ. La Divine Eucharistie a le goût de Dieu, de Jésus-Christ. L'âme a ouvert, comme le dit Saint Jérôme, la bouche de son cœur, et Dieu l'a remplie ! Quel parfum, quel goût exquis de divinité dans l'intérieur du fidèle ! Comme il goûte Jésus-Christ, Ses perfections adorables, toutes les Paroles qui sont sorties de Sa bouche !... Quand le Saint-Esprit a dit : « Je serai Leur Dieu ». C'est comme s'il eut dit : « Je les rassasierai Moi-même et de Moi-même ; Je leur serai tout ce qu'ils peuvent souhaiter ; leur vie, leur salut, leur repos, la perfection de tous les biens !...O Jésus ! Manne délicieuse et cachée, me nourrir de Vous, ce sera mon unique félicité !

 

In figuris praesignatur

Cum Isaac immolatur,

Agnus paschae deputatur

Datur manna patribus.

 

D’avance il est annoncé en figures,

Lorsqu’Isaac est immolé,

L’Agneau pascal, sacrifié la manne,

Donnée à nos pères.

 

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08 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quatorzième jour

Le Dimanche après l'Octave du Saint Sacrement

Troisième Dimanche après la Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Le Sauveur se plaint par la bouche du Prophète, de ce que personne ne se présente pour Lui offrir les consolations dont Il a besoin. « Je suis consumé de tristesse, nous dit-il. J'ai attendu un ami pour pleurer avec Moi, mais en vain. J'espérais un consolateur, Je ne l'ai pas trouvé ». Le même Prophète nous dit encore, en parlant toujours au nom de Jésus-Christ : « Dans la multitude des douleurs de Mon âme, vos consolation ont réjoui Mon Cœur ». Pourquoi ce langage qui semble présenter une contradiction ? Il est facile d'en donner la raison. Il y a une multitude d'enfants de Dieu indignes de ce beau titre, et qui non-seulement refusent au Cœur adorable de Jésus les consolations qu'Il réclame, mais encore remplissent ce Cœur d'amertume et de tristesse. Il y a aussi des fidèles que le Divin Sauveur honore du titre d'amis : « vous, vous êtes Mes Amis! » Ceux-là consolent Jésus et soulagent Son âme oppressée par la douleur.

N'est-ce pas un des plus beaux privilèges de l'amitié que de consoler un ami triste, n'est-ce pas encore son premier devoir ? Jésus-Christ a voulu avoir des amis. Il a dit, en parlant de Lazare : « Lazare Notre ami ». Et dans l'admirable discours de la Cène, il dit à ses Apôtres : « Maintenant Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, mais Mes amis ». C'est auprès d'eux qu'il viendra chercher des consolations. Voyez ce qui se passe au jardin de Gethsémani. Le Cœur de Jésus si Bon, si Tendre, si Compatissant, est tout-à-coup livré à la plus affreuse tristesse. Les Evangélistes nous disent : « Il Commença à être saisi de crainte, d'ennui, de tristesse, et d'affliction ». Dans cet état, Il vient à Ses Apôtres comme pour se consoler avec eux. Hélas ! Il les trouve endormis. Alors ce cri de douleur sortit du cœur de Jésus : « Mon âme est triste jusqu'à la mort ! » O Cœur Divin ! Ce qui Vous affligeait profondément, c'était l'ingratitude et l'endurcissement d'un grand nombre d'hommes pour lesquels le Sacrifice de Votre Vie allait devenir inutile !

Bientôt nous apercevons Jésus-Christ montant au Calvaire, chargé du bois de Sa Croix. Alors des femmes pieuses, qui pendant Ses voyages à travers la Judée et la Galilée, l'avaient suivi pour fournir de leurs propres biens à Sa nourriture et à celle des Disciples, marchent sur Ses pas, l'accompagnent jusqu'au lieu du Supplice, et lui offrent comme un dédommagement de la cruauté des bourreaux et de l'indifférence du peuple, les larmes abondantes que la piété et la compassion font couler de leurs yeux. Le Divin Sauveur les aperçoit et cherche lui-même à les consoler dans leur juste douleur. Eh bien ! Voilà nos modèles. Soyons les consolateurs de Jésus. Il est triste ; tous les jours Son Cœur adorable reçoit un grand nombre de blessures. Il cherche des amis qui pleurent avec Lui et qui consentent à partager Sa peine. Imitons les Saintes Femmes dont parle l'Évangile.

Mais que dis-je ? Dieu le Père, apercevant du haut du Ciel Son Fils unique plongé dans un océan d'amertume, n'envoya-t-Il pas un Ange, pour fortifier Son âme ? Ah ! qui refuserait d'être cet Ange ? Jésus est encore dans la solitude du Tabernacle, comme autrefois à Gethsémani. Ne soyons pas comme les Apôtres qui s'endormirent, mais soyons des Anges consolateurs. Nous le pouvons ; et si nous sommes des Amis de Jésus, si nous sommes des Siens, rien ne sera plus doux et plus consolant pour notre âme que ce ministère de consolateurs de Jésus, dans Son Divin Sacrement.

 

Premier point

Le Cœur adorable de Jésus est triste à cause des méchants

 

D'où vient la tristesse ? Sentiment pénible qui semble déchirer le Cœur et qui se répand sur tout notre être, la tristesse est produite par la contradiction. Jésus-Christ a été triste, et jamais on ne verra un Cœur plus cruellement déchiré. Que voulait le Sauveur ? Il brûlait du désir de la gloire de Son Père, de la sanctification des hommes. Que veut-Il encore, et pourquoi est-Il au milieu de nous dans la Divine Eucharistie ? Il veut y glorifier son Père et sanctifier les hommes. Or, l'opposition des Juifs et des Gentils à tout ce que demandait Jésus-Christ, pendant Sa Vie mortelle, ne la rencontre-t-Il pas tous les jours dans le cœur d'un grand nombre de Chrétiens ? Si, dans le Jardin des Oliviers, Jésus fut triste d'une tristesse mortelle, parce qu'Il voyait l'inutilité de Son Sang et de Sa Mort pour le plus grand nombre des pécheurs ; du fond du Tabernacle, du haut de l'Autel, que voit-Il en jetant les yeux sur le monde ! Le même spectacle qui affligea Son Cœur la veille de Sa Mort, ne se présente-t-il pas tous les jours à Ses yeux ?

O mon Sauveur ! Ces âmes que Vous aimez tant, oui, elles se perdent en grand nombre ; tous les jours elles tombent dans l'Enfer, ces âmes pour lesquelles Vous seriez prêt à Vous immoler encore. Voilà ce qui porte la désolation dans Votre âme ! Je Vous entends, quand je suis à Vos pieds, m'adresser cette parole touchante : « O vous qui passez devant Mon Autel, arrêtez-vous et considérez s'il existe une douleur semblable à la Mienne ». Ah ! C'en est fait, j'en prends aujourd'hui la résolution ; je viendrai souvent à Vos pieds ; ce sera en qualité d'ami et pour Vous offrir des consolations.

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus est triste à cause de Son Eglise

 

L'Eglise est l'épouse de Jésus-Christ, Il l'a acquise au prix des plus affreux tourments, au prix de Sa Vie et de Son Sang. On peut dire que l'Église, c'est tout pour Jésus-Christ. Ce que Son Cœur désire, c'est la Sainteté de Son Église, c'est sa gloire, ce sont ses triomphes dans le monde entier. Mais que voit Jésus-Christ dans cette même Eglise ? Hélas ! Un grand nombre d'enfants occupés à déchirer le sein de leur Mère !... Mon Dieu ! Que de révoltes, que de blasphèmes, quelle haine de la part des uns, et quelle froide et insultante indifférence de la part des autres ! Jésus-Christ entend Son Épouse qui s'écrie : « J'ai nourri des enfants, je les ai élevés ; de leur côté, ils m'ont accablée de mépris ».

Il voit tous les Trésors qu'Il a confiés à cette Épouse chérie, devenus inutiles pour plusieurs de ses enfants, les Sacrements négligés, profanés !... Il voit cette même Église devenue un objet de dérision pour un grand nombre d'hommes ; ses lois méprisées, son autorité insolemment niée ; son culte et ses cérémonies les plus augustes transformés en représentations coupables, ses temples souillés par l'impiété qui envahit leur enceinte, au mépris de toutes les saintes règles. O mon Sauveur, Votre Église fut-elle jamais haïe, persécutée, comme elle l'est aujourd'hui, par un grand nombre d'hommes que l'ingratitude la plus noire a poussés à devenir ses ennemis !

Eh bien ! Une parole sort du Divin Tabernacle : « Quand voudras-tu Me consoler ? Âme fidèle, Je t'appelle ; viens, c'est à toi que Je m'adresse. Vois Mon Cœur déchiré par la douleur, abreuvé d'amertume ; quand voudras-tu le consoler ? » Il a été écrit : « Dieu sera consolé dans Ses serviteurs ». Me voici, ô Cœur adorable de Jésus, c'est moi qui veux justifier la vérité de cet oracle. Vous serez consolé par ma dévotion envers le Divin Sacrement, par mon recueillement, par ma piété !... Comment refuserais-je de consoler par mon assiduité à Vous visiter, Votre Cœur abreuvé d'amertume, après que Vous avez voulu être Vous-même le consolateur de tous les affligés ?...

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus est affligé par Ses amis

 

C'est un sentiment que nous éprouvons tous les jours. Un moment de froideur, une légère offense de la part d'un ami nous cause plus de tristesse que la fureur et la haine de nos ennemis. Quand on aime beaucoup, ou sent le besoin d'être beaucoup aimé. L'amour est jaloux. Ce sentiment de jalousie qui, dans la créature, est bien souvent une injustice, est au contraire une perfection dans Dieu. Or, d'après ces principes, il est certain que le Cœur de Jésus doit demander beaucoup à Ses fidèles amis, et surtout à certaines âmes qu'Il a prévenues d'abondantes bénédictions. Mais, parmi ces âmes admises bien souvent, peut-être tous les jours, à la participation de Ses faveurs les plus signalées, nourries continuellement de Sa Chair et de Son Sang adorables, éclairées par des Lumières que le Saint Esprit n'accorde pas indistinctement à toutes les intelligences; sollicitées à chaque instant par une voix intérieure qui les invite à une plus grande fidélité, combien affligent le Cœur de Jésus !

Ne suis-je pas la cause de Votre tristesse, Divin Sauveur ? Ces imperfections de tous les jours, ces négligences dans les choses saintes, cette dissipation dans la prière, cet état d'ennui en Votre présence, ces distractions volontaires dans le lieu saint; que sais-je ! Ô mon adorable Maître ! Mille petites vanités, mille recherches de moi-même, peut-être au pied des Saints Autels, en face de Votre Divin Tabernacle ! Oh ! Comme je me sens obligé à prendre pour moi cette plainte que Vous me faites entendre : « Vous dont j'ai fait Ma sœur, ce n'est pas assez, Mon épouse, vous avez blessé Mon Cœur. Ah ! Si Mes ennemis M'accablent d'outrages, Je les supporte; mais vous, assis à Ma table où Je vous fais manger Ma Chair et boire Mon Sang, vous, m'offenser, me déplaire ! Oh ! Non, je ne devais pas m'y attendre ! »

 

C'est assez, ô Jésus !... Cœur Divin, j'ai entendu Vos plaintes et Vos gémissements ; je comprends Votre tristesse et Votre douleur. C'est assez Vous avoir déplu. Désormais je veux mériter d'être compté parmi les âmes qui Vous consolent ; et si l'on me demande pourquoi je viens si souvent Vous visiter dans ce Sacrement d'Amour, je répondrai que je veux être un des consolateurs de Jésus !

 

Jesu cor amantissimum,

Castis amicum cordibus,

Puris amandum cordibus

In corde regnes omnium.

 

Cœur aimant de Jésus,

Qui aimez les cœurs purs,

Et qui êtes aimé par ceux qui ont le cœur pur,

Régnez dans tous les cœurs.

 

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