01 septembre 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Deuxième jour

Marie prédite par les prophètes

« Voici qu'une vierge concevra et enfantera » (Isaïe 7, 14).

 

Prophétie d'Isaïe citée par Saint Matthieu (14, 23).

 

C'est pourquoi, ô maison de David, le Seigneur vous donnera Lui-même un signe. Voici qu'une Vierge concevra et enfanter un Fils qui sera appelé Emmanuel, Dieu avec nous

 

Réflexion

 

Le Fils de Dieu aime si passionnément la chasteté virginale que, voyant par Sa prescience infinie avec quelle perfection Marie la posséderait. Il fut ravi de ses charmes ; aussi, comme gage de sa venue en ce monde, voulut-Il montrer d'avance cette céleste vertu admirablement unie à la maternité dans celle dont Il devait naître. – Celui qui gardera la chasteté dans l'état conjugal, aura la bénédiction de Dieu : celui qui la gardera la chasteté dans l'état conjugal, aura la bénédiction de Dieu : celui qui la gardera dans l'état de la virginité jouira d'une maternité spirituelle, à cause du grand bien qu'il pourra ainsi faire aux âmes.

 

Cette prophétie est honorable pour Marie

 

L'esprit Saint, contemplant dans le lointain des âges Son épouse future en la personne de Marie, en parle aux hommes avec complaisance. Marie est prédite conjointement avec Son Fils, dont la grandeur se reflète sur Elle. Marie est annoncée comme Vierge et Mère tout ensemble, c'est à dire comme possédant et la plus ravissante beauté, celle de de la virginité, et la plus sublime dignité, celle de la maternité divine.

 

Réflexion

 

Toute vraie grandeur, tout bien véritable découlent pour nous de notre participation à la Sainteté de Dieu, et cette participation se fait au moyen de Sa Grâce, qui produit en nous et avec nous les actes de Sa vertu : en un mot Jésus est la Vigne qui nous communique, à nous qui sommes les branches, la sève mystique de la bonne volonté. Quelle ne doit pas être notre vigilance pour ne jamais nous laisser séparer de Jésus par le péché !

 

Cette prophétie est consolante pour nous

 

Combien il est consolant, en effet, de savoir qu'une enfant de notre race déchue, que notre sœur, que Marie a toujours été l'objet de l'amour de Dieu, qu'Elle a été prédestinée à Lui être unie de parenté au premier degré, et à le faire devenir Lui-même membre de notre famille !

 

Réflexion

 

De quel amour ne devrions-nous pas être animés pour Marie. Marie choisie avant tous les siècles, prédite dans le temps, et enfin réellement établie comme le lien de notre union avec Dieu ! Non, jamais nous ne pourront trop faire pour graver en nous le souvenir de la Très Sainte Vierge, pour l'honorer, la bénir et nous rendre favorable. Tous les hommages imaginés par la piété des serviteurs de Marie sont autant de précieux moyens pour nous attacher indissolublement à la Mère du Sauveur.

 

Colloque

 

Je me prosterne en esprit devant Vous, ô Marie, Enfant éblouissante de beauté : je me réjouis et Vous félicite de l'incomparable prérogative dont le Seigneur Dieu Vous a favorisée, en Vous révélant à Ses Prophètes comme la femme merveilleuse et admirable destinée à servir de trait d'union entre Dieu et l'homme, et à réunir en elle seule toutes les grandeurs départies entre les autres pures créatures. Aussi je reconnais toute la vérité de cette parole sublime qui est tombée sur Vos lèvres : « Le Tout-Puissant à fait en Moi de grandes choses ». Pour moi, ô Marie, tout ce que je puis dire, c'est que si l'on avait du faire quelque prédiction à mon sujet, on n'aurait pu prédire qu'imperfections et misères. Aidez-moi donc, je Vous en conjure, non pas à mériter les louanges et les éloges des hommes, mais à ne pas rester du moins aussi indigne de Vos renards très purs. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Réciter le Chapelet avec une grande dévotion

Aspiration : « O Douce Reine des Prophètes, tournez Vos regards vers moi, ayez pitié de moi ».

 

Exemple

Grâce spirituelle obtenue par Marie Enfant à une femme de mauvaise vie

 

Une pauvre femme s'était mariée, il y avait vingt-sept ans, avec un athée de profession, qui avait posé comme condition à leur union l'abstention complète de tout acte religieux. Depuis son mariage, la malheureuse femme ne mettait donc plus le pied à l'église, ne priait plus, en un mot vivait à l'égal de son mari, comme si elle n'eût même pas été baptisée. Or, elle avait un fils qui, par un effet de son bon naturel et grâce aux soins d'une personnes zélée, se gardait de suivre les mauvais exemples de ses parents, et faisait espérer qu'il marcherait par une voie bien différente de la leur. Devenue veuve, sa mère continua à le scandaliser par son irréligion et le dérèglement de sa conduite. Mais plus tard, étant tombée malade, elle fut visitée par la Divine Miséricorde, en considération peut-être de son excellent fils. Sous l'étreinte du mal, elle se sentit pressée de se mettre en règle avec Dieu et, cédant aux exhortations d'une personne de piété, elle fit une Neuvaine à Marie Enfant. A la fin de cette Neuvaine, elle demanda un confesseur. Celui-ci l'aida avec beaucoup de Charité, et fit en même temps prier tout particulièrement pour elle à l'Exercice du Mois de Marie ; on était au 7 mai. Après l'avoir ainsi disposée, il lui fit faire une bonne confession de tous les désordres de sa vie. Enfin, le jour du Patronage de Saint Joseph, qui, cette année-là 1885, tombait le 26 mai, elle reçut la Sainte Communion, et résolue de réparer les scandales qu'elle avait donnés à son fils, elle renonça entièrement à ses liaisons criminelles pour embrasser une vie de pénitence et de piété. On ne saurait dire jusqu'à quel pont une conversion aussi extraordinaire excita la confiance en la protection de Marie Enfant pour ceux qui en furent témoins.

 

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31 août 2013

Le Mois de Marie Enfant

Le Mois de Marie Enfant

ou le Mois de septembre consacré à Marie la Santissima Bambina

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Courte notice sur l'origine et les progrès de la dévotion à la Vierge Enfant

 

Quelques religieuses appartenant à diverses Congrégations supprimées par Napoléon 1er, s'étaient réunies en communauté et établies à Milan. À Porta-Nuova, Vial dell'Annunciata, dans le monastère du même nom, sur l'emplacement duquel s'élève aujourd'hui le Palais d'Adda.

Ces religieuses possédaient une statue en cire de la Très Sainte Vierge Enfant. Mais comment était-elle venue en leur possession ? C'est ce qu'il n'a pas été possible d'éclaircir parfaitement. Quelques recherches ont été faites jusqu'ici à cet égard. On sait seulement par tradition qu'une de ces religieuses, personne de grande vertu, et malade depuis longtemps, la trouva un jour sur son lit, sans pouvoir se rendre compte, ni alors, ni depuis, par quelle main pieuse elle y avait été déposée : l'opinion commune est que la gracieuse statue es venue du Ciel.

Ce qu'il y a de certain, c'est que les religieuses de l'Annunciata avaient cette image de la Vierge Enfant en très grande vénération, comme l'ont attesté depuis plusieurs personnes dignes de foi, qui se rappelaient parfaitement l'avoir visitées elles-mêmes dans la petite chapelle du Couvent, où on la conservait avec un soin et un respect tout particuliers : elles ont affirmé également avoir souvent entendu de la bouche des religieuses le récit des grâces et des prodiges attribués à Marie Enfant.

Plus tard, la Communauté de Porta-Nuova étant sur le point de se dissoudre, faute de sujets, la précieuse image fut confiée à la garde du Curé de Saint Marc, D. Louis Bosisio, à condition toutefois de la remettre à quelque monastère de religieuses, chez laquelle le dépôt sacré pût être, comme autrefois l'objet du culte dont il était digne.

Mais le respectable ecclésiastique attachait trop de prix à la ravissante Madone pour s'en dessaisir de son vivant. Lorsqu'il se sentit proche de sa fin, il constitua héritières de son trésor les Sœurs de la Charité, fondées à Lovere par Sainte Bartolomée Capitanio, et chargées, à Milan, depuis quelques années, du soin des malades dans le nouvel Hôpital Ciceri.

Impossible de décrire la joie des bonnes sœurs en recevant ce saint dépôt, et le zèle dont elles furent alors animées pour l'entourer de pieux hommages. Elles le placèrent dans leur chapelle intérieure, et là, chaque année, au commencement de la Neuvaine faite en l'honneur de la Nativité de la Très Sainte Vierge, la chère statue était exposée avec plus de solennité et vénérée d'une manière particulière par la Communauté.

On raconte qu'une nuit, des malfaiteurs s'introduisirent, on ne sait comment, dans cette chapelle, pour faire main basse sur ce qu'ils rencontreraient. Attirés peut-être par l'éclat de certaines parures que portait la Sainte Enfant, ils la dépouillèrent des langes brodés d'or et de quelques autres objets de prix dont elle était ornée. Ce qui parut prodigieux, c'est que, malgré le manque absolu de respect et de précaution avec lequel ces malheureux la traitèrent, malgré l'empressement qu'ils durent mettre à perpétrer leur sacrilège larcin, la sainte image, quoique d'une matière si fragile, ne fut nullement endommagée.

Au mois d'avril 1876, ayant fondé à Milan un nouvel établissement érigé comme Maison-Mère de leur Institut, les Filles de la Charité y transportèrent la Vierge Enfant, qui, jusqu'à la fin de l'année 1878, continua à être exposée tous les ans dans leur église, à l'occasion du 8 septembre.

Mais vers ce temps là, on ne sait ni comment, ni pour quelle cause, le culte rendu à la Sainte Image étant devenu moins fervent, Marie Enfant voulu, par un signe extérieur, en manifester sa peine. Son visage, auparavant si beau, devint peu à peu tout décoloré et prit un teint jaunâtre ; dès lors, ayant perdu toute sa grâce, la chère statue ne fut plus exposée dans l'église pour la fête de la Nativité, mais simplement sur l'autel du Noviciat. Le reste de l'année, on la laissait enfermée dans sa petite caisse, où elle demeurait dans un complet oubli. Dieu le permettant ainsi pour lui faire rendre dans la suite un honneur plus éclatant.

Arriva enfin le mois de septembre de l'année 1884, époque mémorable où commença l'histoire des merveilles et des gloires de la Vierge Enfant. Ce fut, en effet, le 9 de ce moi qu'eut lieu la guérison miraculeuse d'une Novice du Couvent des Sœurs de la Charité.

Depuis lors, le culte de la Sainte Vierge Enfant s'accrut et prit des proportions extraordinaires dans l'intérieur de la Maison-Mère ; mais cette dévotion, pour ainsi dire privée et locale, était destinée à devenir publique et populaire. Deux guérisons miraculeuses, qui arrivèrent au commencement de l'année suivante, 1885, contribuèrent principalement à sa manifestation. Ces faits étant venus à la connaissance des fidèles, excitèrent parmi eux un renouvellement de ferveur et propagèrent rapidement la dévotion à Marie Enfant. La Vierge, de son côté, répondit et continue à répondre à leur confiance par une profusion de grâces, qui cause une admiration universelle.

A peine le culte de la Très Sainte Vierge Marie Enfant eut-il été remis en vigueur, que le visage de la précieuse statue recouvra, sans aucun recours humain, sa première beauté, et cette beauté toute céleste semble s'accroître chaque jour aux yeux de ceux qui la contemplent pieusement.

En 1890, la Santissima Bambina voulut se faire connaître et aimer en France, afin d'y déverser les trésors de sa tendre Bonté. Ce fut le Monastère des Carmélites Déchaussées de Laval qu'il plut à Marie de choisir pour répandre une si consolante dévotion, et la faire rayonner sur tous les points ru Royaume qui lui est consacré.

Aujourd'hui, le culte de la Vierge au berceau a pénétré en Angleterre, en Palestine, dans des pays plus lointains encore, et même en Chine.

La dévotion à Marie Enfant ne semble-t-elle pas toute providentielle à notre époque, où les ennemis de l'Eglise s'en prennent à l'enfance, et veulent à tout prix ravir à Dieu l'âme si candide de l'enfant ? Puisse cette salutaire dévotion porter en tous lieux les grâces les plus abondantes !

 

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Premier jour

Marie promise par Dieu

« Elle t'écrasera la tête » (Genèse, 3:15)

 

La promesse

 

A l'instigation du Démon, lui apparaissant sous la forme du serpent, Eve, séduite, mangea du fruit auquel Dieu avait défendu à nos premiers parents de toucher, et incita Adam à en manger aussi : la désobéissance du premier homme causa sa ruine éternelle et celle de toute sa postérité. Alors Dieu dit au démon : Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne. Elle t'écrasera la tête ». Cette femme, nous n'en pouvons douter, c'est Marie.

Réflexion : Ces paroles seront pour moi un motif puissant de pratiquer la dévotion envers Marie. En effet, si je me tiens près de Marie, si je la sers, si je l'aime, je me range par là même dans le camp opposé au démon, chef des réprouvés, et par conséquent, tant que je serai fidèle à honorer Marie et à la prier, j'aurai l'assurance de ne point succomber dans les assauts, même les plus terribles, que me livreront les puissances infernales.

 

Gloire qui résulte pour Marie d'une telle promesse

 

Marie ne devait donc exister que pour être la Mère du Sauveur, la Corédemptrice du genre humain, la dominatrice des puissances de l'Enfer, et le refuge des pécheurs, ces prérogatives la placent bien au-dessus de toutes les créatures.

Réflexion : Pour moi, si je veux avoir part à cette gloire suréminente de Marie, je dois m'accoutumer à recourir promptement à Elle, afin de résister aux tentations. Il me semble, en effet, absolument impossible que la Très Sainte Vierge refuse son assistance celui qui l'invoque ; or, l'assistance de Marie, c'est la victoire assurée.

 

Avantages que cette promesse nous a procurés à nous-mêmes

 

En promettant Marie, Dieu promettait l'exaltation suprême de notre nature ; il nous donnait l'assurance de notre réhabilitation au titre d'enfants de Dieu ; il nous rendait l'espérance certaine de notre Salut éternel.

Réflexion : Dieu promettait l'exaltation de l'homme en promettant Marie, précisément alors que l'homme, devenu pécheur, s'en montrait le plus indigne. Quand donc j'aurai eu le malheur de tomber dans quelque faute, je m'humilierai, mais, en même temps, je conserverai la confiance que Dieu, qui exalte les humbles, me retirera de l'état du péché et me donnera Sa grâce.

 

Colloque

 

O ravissante petite Marie, je me complais plus dans cette gloire ineffable dont Dieu Lui-même à voulu Vous entourer tant de siècles avant Votre apparition sur la terre, en Vous promettant au genre humain comme la Femme bénie qui devait enfanter le Sauveur. Dès ce moment, Vous avez commencé à combattre l'Ennemi infernal ; dès ce moment aussi Vous avez commencé à le vaincre. Oui, dès ces temps si reculés, Vous avez été la consolation des malheureux et l'espérance es pauvres pécheurs. Vous avez été, pendant de longs siècles, l'attente des nations, l'objet des soupirs des patriarches et de la pensée des prophètes. Oh ! Soyez bénie, et que toutes les générations s'unissent ensemble pour Vous louer et Vous célébrer à l'envi. Soyez pour moi, je Vous en prie, ce que Dieu nous a promis en Vous. Soyez mon espérance et ma consolation dans le temps, pour être ensuite ma joie et mon bonheur durant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Faire souvent des actes de confiance en la protection de Marie.

Aspiration : « O Marie, refuge des pécheurs, rendez-moi digne de vos faveurs.

 

Exemple

Guérison d'une jeune religieuse, obtenue par la dévotion à Marie Enfant

 

La jeune comtesse M.G.M., du Couvent des Ursulines de Parme, raconte ainsi comment elle fut guérie d'un mal étrange : « Dans le courant du mois d'avril 1886, je commençais à ressentir des douleurs par tout le corps. Cet état dura jusqu'au mois de juillet, époque où survinrent de fréquentes crises très violentes. Par ordre du médecin, on me transporta à la campagne, dans l'espoir que le grand air, plus frais et plus pur, me ferait du bien. Mais ce fut tout le contraire : les crises devinrent plus fortes et plus rapprochées. Alors on me ramena en ville, ou je me trouvais un peu mieux. Seulement bientôt après, aux crises vint se joindre un autre mal : je perdis presque complètement l'usage des jambes, et, par suite de l'ennui qui me gagnait de temps en temps, j'en vins même à perdre la parole. Dieu le permettant ainsi, ni les soins charitables et assidus de mes excellentes Sœurs, ni les remèdes de toutes sortes qu'on me donnait pour améliorer ma situation, ne purent m'apporter le moindre soulagement. Plusieurs Neuvaines, des triduums et d'autres prières que mes bonnes Supérieures faisaient faire à mon intention, n'eurent aucun résultat ; on comprit depuis pour quel motif, quand on toucha pour ainsi dire du doigt l'intervention de Marie Enfant dans ma guérison.

Voici le fait : Une année s'était écoulée dans les souffrances dont je viens de parler, lorsque je fus conduite à Milan pour y visiter l'images miraculeuse de Marie Enfant, vénérée dès longtemps avec une dévotion extraordinaire dans la chapelle de la Maison-Mère des Sœurs de la Charité. A mon arrivée à Milan, on me demanda si je voulais qu'on recourût à la Santissima Bambina, ou si je voulais qu'on fit pour moi quelque autre dévotion. Comme je ne pouvais m'exprimer de vive voix, je priais par signes de me donner une image de Marie Enfant ; la vue de cette image me remplit de consolation. C'était le dernier jour de juillet. On me conduisit à la sainte Chapelle, et, chose vraiment merveilleuse, entrer dans le sanctuaire et éprouver un mieux sensible, ce fut tout un. La Sainte Enfant me sembla sourire à la ferme confiance qui m'avait amenée à ses pieds ; je sentis la douce force de ce sourire, et je me tins pour assurée d'obtenir la grâce de la guérison. Je l'obtins en effet, car, depuis ce moment, le mieux s'accentua chaque jour d'avantage, si bien qu'au bout de peu de temps, je me trouvais complètement guérie. Depuis cinq ans déjà, je continue à en rendre grâces à ma très aimable bienfaitrice ». (Août 1891).

 

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19 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Exercice pour le Jeudi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

Actions de grâces

 

Allez entendre la Sainte Messe. Offrez l'adorable sacrifice et la sainte Communion, dans l'intention particulière de remercier Dieu, pour toutes les grâces qu'il vous a accordées pendant le mois du Saint Sacrement. Avant ou après la Messe, lisez attentivement les réflexions qui suivent. Enfin, terminez cet exercice par la récitation du Te Deum.

« J'ai demandé au Seigneur une seule chose, et je la rechercherai uniquement, c'est d'habiter dans la Maison de mon Dieu tous les jours de ma vie afin que je contemple les délices du Seigneur ».

Elle est bien triste cette vie qu'il faut employer entièrement à combattre. Heureuse l'âme qui connaît la Maison du Seigneur, et qui trouve ses plus chères délices dans le Sanctuaire où Jésus a fixé Sa demeure. J'ai compris cette vérité, et le Divin Sauveur m'a inondé de lumières pendant ces jours précieux consacrés à honorer la Divine Eucharistie ! Maintenant qu'il me soit permis de faire monter vers le trône de Votre Miséricorde, ô Jésus, qui êtes ma Lumière, ma Force et ma Vie, les sentiments de reconnaissance dont mon âme est pénétrée à la vue de vos bienfaits. Si le Roi-Prophète s'écriait autrefois dans l'ivresse de son amour : « Que Rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont Il m'a comblé », quels seront les transports de mon âme, à la pensée des jours pleins de délices que j'ai passés dans la méditation du grand et ineffable Mystère de nos Autels ? J'ai trouvé cette Montagne fertile, cette Montagne de Dieu où il a plu à mon Sauveur de fixer Sa Demeure. J'emprunterai à la colombe ses ailes pour m'élever, et je trouverai le lieu de mon repos, en fuyant loin du tumulte des hommes, jusqu'à la solitude du Sanctuaire.

Telle est ma résolution inébranlable. La reconnaissance me conduira devant le Dieu du Tabernacle. Aucun jour de ma vie ne s'écoulera, sans que je visite son Temple. Ma dévotion la plus chère aura pour objet la Divine Eucharistie. Je veux ce signe, ce caractère particulier des Élus et des amis de Dieu. Mon plus beau titre sera celui de serviteur dévoué du Très-Saint-Sacrement.

Ô Marie, Vierge immaculée, présentez Vous même à Votre Divin Fils ces résolutions que sa grâce m'a inspirées, ces sentiments qu'Il a gravés Lui-même dans mon cœur ; demandez-Lui qu'Il les bénisse. Bénissez-les Vous-même, et daignez m'obtenir, par Votre protection toute-puissante, la grâce de ne jamais les oublier. Amen ! Amen ! Amen !...

 

Te Deum

 

Te Deum laudámus,

Te Dóminum confitémur.

Te ætérnum Patrem,

Omnis terra venerátur.

 

Tibi omnes ángeli,

Tibi cæli et univérsæ potestátes:

Tibi chérubim et séraphim

Incessábili voce proclámant:

 

Sanctus, Sanctus, Sanctus,

Dóminus Deus Sábaoth.

Pleni sunt cæli et terra

Maiestátis glóriæ tuæ.

 

Te gloriósus apostolórum chorus,

Te prophetárum laudábilis númerus,

Te mártyrum candidátus

Laudat exércitus.

 

Te per orbem terrárum

Sancta confitétur Ecclésia,

Patrem imménsæ maiestátis;

Venerándum tuum verum et únicum Fílium;

Sanctum quoque Paráclitum Spíritum.

 

Tu rex glóriæ, Christe.

Tu Patris sempitérnus es Fílius.

Tu, ad liberándum susceptúrus hóminem,

Non horruísti Vírginis úterum.

 

Tu, devícto mortis acúleo,

Aperuísti credéntibus regna cælórum.

Tu ad déxteram Dei sedes, in glória Patris.

 

Iudex créderis esse ventúrus.

Te ergo quæ´sumus, tuis fámulis súbveni,

Quos pretióso sánguine redemísti.

Ætérna fac cum sanctis tuis in glória numerári.

 

Salvum fac pópulum tuum, Dómine,

Et bénedic hereditáti tuæ.

Et rege eos,

Et extólle illos usque in ætérnum.

 

Per síngulos dies benedícimus te;

Et laudámus nomen tuum

In sæ´culum, et in sæ´culum sæ´ culi.

 

Dignáre, Dómine,

Die isto sine peccáto nos custodíre.

Miserére nostri, Dómine,

Miserére nostri.

 

Fiat misericórdia tua,

Dómine, super nos,

Quemádmodum sperávimus in te.

In te, Dómine, sperávi:

Non confúndar in ætérnum.

 

Nous Vous louons, ô Dieu !

Nous Vous bénissons, Seigneur.

Toute la terre Vous adore,

O Père Eternel !

 

Tous les Anges,

Les Cieux et toutes les Puissances.

Les Chérubins et les Séraphins

S’écrient sans cesse devant Vous :

 

Saint, Saint, Saint est le Seigneur,

Le Dieu des armées.

Les cieux et la terre,

Sont plein de la majesté de votre gloire.

 

L’illustre chœur des Apôtres,

La vénérable multitude des Prophètes,

L’éclatante armée des Martyrs,

Célèbrent Vos louanges.

 

L’Église sainte publie Vos grandeurs,

Dans toute l’étendue de l’univers,

Ô Père dont la majesté est infinie !

Elle adore également Votre Fils unique et véritable ;

Et le Saint-Esprit consolateur.

 

Ô Christ ! Vous êtes le Roi de Gloire.

Vous êtes le Fils éternel du Père.

Pour sauver les hommes et revêtir notre nature,

Vous n’avez pas dédaigné le sein d’une Vierge.

 

Vous avez brisé l’aiguillon de la mort,

vous avez ouvert aux fidèles le royaume des cieux.

Vous êtes assis à la droite de Dieu

Dans la gloire du Père.

 

Nous croyons que Vous viendrez juger le monde.

Nous Vous supplions donc de secourir vos serviteurs,

Rachetés de Votre Sang précieux.

Mettez-nous au nombre de Vos Saints,

Pour jouir avec eux de la Gloire éternelle.

 

Sauvez Votre peuple, Seigneur,

Et versez Vos bénédictions sur votre héritage.

Conduisez Vos enfants

Et élevez-les jusque dans l’éternité bienheureuse.

 

Chaque jour nous Vous bénissons ;

Nous louons Votre Nom à jamais,

Et nous le louerons dans les siècles des siècles.

 

Daignez, Seigneur, en ce jour,

Nous préserver du péché.

Ayez pitié de nous, Seigneur, 

Ayez pitié de nous.

 

Que Votre Miséricorde, Seigneur, se répande sur nous,

Selon l’espérance que nous avons mise en Vous.

C’est en Vous, Seigneur, que j’ai espéré,

Je ne serai pas confondu à jamais.

 

Fin du Mois du Saint Sacrement

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Téléchargez l'intégralité des Méditations du Mois du Saint Sacrement (pdf) en cliquant ici

 

Prochain Mois de dévotion, le Mois de Marie Enfant, rendez-vous le 31 juillet

 

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18 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-quatrième jour

Le Mercredi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Nous lisons dans l'Ecriture Sainte ces paroles consolantes : « La Bénédiction de Dieu est comme un fleuve qui se déborde ». Il y a peu d'expressions qui soient plus souvent employées dans les Livres Saints que celles de Bénédiction, Bénir, Béni. Et dans l'Eglise rien aussi de plus usité que l'action de bénir. Voyez les Sacrements, que de bénédictions les accompagnent ! A la Messe, la bénédiction par le Signe de la Croix est répétée continuellement. L'Eglise bénit toutes choses. Enfin les fidèles sont bénis avec la Sainte Eucharistie. N'est-il pas très raisonnable de chercher la signification de ces mots : « Bénir, bénédiction ? » Il y a deux manières d'employer cette expression. Tantôt c'est l'homme qui bénit Dieu, tantôt Dieu qui bénit l'homme. Dans le premier sens dont nous n'avons pas à nous occuper ici, ce mot signifie que la créature loue Dieu, le remercie, et désire sa gloire, c'est-à-dire, que cette gloire soit connue et se propage dans le monde entier. Mais si c'est Dieu qui bénit l'homme, que faut-il entendre par les expressions déjà citées ? Ouvrons les livres saints ; l'Esprit de Dieu sera notre guide.

Dieu est arrivé au cinquième jour de la création et Il n'a encore rien béni de tout ce qu'Il a fait. Ce jour là, le cinquième, Il fait des êtres vivants, les animaux, Il les bénit. Le lendemain, le sixième jour, Il fait l'homme à son image et à sa ressemblance. Or, l'Ecriture dit : Il fit l'homme et la femme, et Il les bénit ». Voilà une première remarque bien importante et qui jette un grand jour sur cette question : Que fait Dieu quand Il bénit ? Or, si Dieu parle en bénissant, et surtout la première fois qu'il bénit, il est évident, qu'il doit dire ce que c'est que bénir. Eh bien! Dieu parle réellement. Voici les paroles de l'historien sacré : « Il les bénit et Il dit : « Croissez et multipliez-vous ». Donc, pour Dieu, bénir c'est donner un principe d'accroissement et de multiplication. La bénédiction est donc la communication de la vertu de fécondité. Quand Noé sort de l'arche, après le déluge, Dieu le bénit avec toute sa famille, et Il leur dit : « Croissez et Multipliez-vous ». C'est surtout dans l'histoire d'Abraham que nous découvrons toute la pensée de Dieu quand Il bénit. Si nous cherchons l'effet, le fruit de cette bénédiction que Dieu donne si souvent au Saint Patriarche, nous les trouverons dans cette magnifique promesse : « J'augmenterai et Je multiplierais ta race comme les étoiles du Ciel et comme le sable qui est sur le rivage de la mer ». La bénédiction d'Isaac, de Jacob, de Joseph, de tous les Patriarches, renferme toujours une promesse d'accroissement. Quand le Seigneur, après avoir mis à l'épreuve la fidélité de Job, voulut le récompenser, Il Le BéNit, et aussitôt ses enfants et ses troupeaux se multiplièrent.

Si de l'Ancien Testament nous passons au Nouveau, il nous sera facile de prouver que ces mots « Bénir, Bénédiction », quand c'est Dieu qui bénit Sa créature, ont toujours le même sens. Avant de le prouver, faisons une remarque. Dans l'ancien Testament, la terre était la figure du Ciel, les biens temporels la figure des biens spirituels. La bénédiction de Dieu promettait l'abondance des moissons, la multiplication des troupeaux. Depuis Jésus-Christ, il s'agit d'accroissement, de multiplication dans un ordre bien plus élevé, l'ordre surnaturel, les biens de la grâce, les richesses de l'âme. Voilà pourquoi Saint Paul ne parle pas comme Abraham, Isaac, Jacob, Moïse ; mais il dit la réalité dont les Saints Patriarches exprimaient la figure. Écoutons le grand Apôtre : « Béni soit Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés en Jésus-Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles pour le Ciel ».

Nous concluons de ces paroles de Saint Paul, que la Bénédiction, sous la Loi nouvelle, produit les mêmes effets que dans l'ancien Testament, mais dans un ordre de choses bien supérieur. Sainte Elisabeth dit à Marie : « Vous êtes bénie parmi toutes les femmes ». Cette bénédiction, tout le monde la comprend. C'est un accroissement, une abondance, une multiplication que l'Ange Gabriel avait déjà annoncée ; car après avoir dit : « Vous êtes bénie parmi toutes les femmes », il ajoute : « Vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous concevrez dans Votre Sein, et Vous enfanterez un Fils, a qui Vous donnerez le Nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-haut. Le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David son Père : Il Régnera éternellement sur la Maison de Jacob, et Son Règne n'aura pas point de fin ».

Voilà donc ce fils d'Abraham, le vrai Isaac par qui tous les peuples de la terre seront comblés de bénédictions. Il vient avec la bénédiction de Dieu Son Père ; quel Royaume ! Quel empire va devenir le sien !... Si Jésus-Christ multiplie les pains dans le désert, c'est en les bénissant. Au moment d'instituer la Divine Eucharistie, Il bénit le pain, et Saint Marc nous dit que ce fut en le bénissant qu'Il le distribua à Ses Disciples, et qu'Il prononça ces sublimes paroles : « Ceci est Mon Corps ». Avant de monter au Ciel, Jésus-Christ bénit solennellement ses Apôtres et tous ses Disciples. Nous connaissons les suites et les conséquences de cette bénédiction. Elle signifiait : « Croissez et multipliez-vous ». On sait aujourd'hui si le genre humain l'a reçue.

 

Premier point

Nous devons estimer la Bénédiction du Saint Sacrement

 

Il est certain que si nous avions vu Jésus-Christ de nos yeux, si nous l'avions entendu de nos oreilles et touché de nos mains, comme s'exprime le Disciple bien-aimé, nous aurions regardé comme un grand honneur de pouvoir nous prosterner aux pieds de cet Homme-Dieu, pour Lui demander Sa bénédiction. Tous les jours, nous demandons aux Prêtres et aux Religieux, mais surtout aux Évêques de nous bénir. Nous regardons comme un grand bonheur de voir le Souverain Pontife, et d'être béni par le vicaire de Jésus-Christ. Mais les Prêtres, les Évêques, le Pape lui-même, que font-ils lorsqu'ils nous bénissent ? Ils agissent comme ministres de Jésus-Christ, ils demandent à Dieu de nous bénir Lui-même. Voilà pourquoi ces formules consacrées par la Liturgie : « Que le Dieu Tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, vous Bénisse », ou bien : « Que la Bénédiction du Dieu Tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit descende sur vous ». C'est un vœu formé en notre faveur, c'est une prière qui monte au Ciel et qui attire toujours sur nous quelque grâce spéciale.

Mais la Bénédiction du Très Saint Sacrement est quelque chose de bien plus grand et que nous devons estimer davantage. Ici c'est Jésus-Christ Lui-même qui nous bénit. C'est la raison pour laquelle le prêtre, suivant les prescriptions de l'Eglise, ne doit prononcer aucune parole, lorsqu'il bénit les fidèles avec le Corps de Jésus-Christ. Après le Saint sacrifice de la Messe et la Communion, peut-on concevoir quelque chose de plus grand, une cérémonie plus auguste, que la Bénédiction du Saint Sacrement ? Quand le prophète Isaïe a vu de loin une Bénédiction au milieu de la terre, ne pourrions-nous pas dire qu'il a annoncé ce grand acte par lequel le Sauveur, dans le monde entier, bénit tous ses enfants ? Quand le grand Prêtre Melchisedech, offrant le pain et le vin, bénit le Saint Patriarche Abraham, ne Figurait-il pas le Sauveur caché sous les espèces Eucharistiques, et bénissant les fidèles qui sont les vrais enfants d'Abraham ?

Mais n'allons pas chercher des figures. Ces enfants que le Sauveur caressait en les bénissant; ces malades qu'Il bénissait, en imposant Ses mains divines sur leur tête accablée de douleur; ces saintes femmes qui tombèrent à ses pieds après la Résurrection, et voulurent être bénies ; les Apôtres et tous les Disciples, sur lesquels il éleva ses mains pour les bénir, avant de quitter la terre, ont-ils été plus honorés que nous ? Et si nous le voulons, les faveurs qui leur furent accordées, ne les recevrons-nous pas nous-mêmes ? Ah ! Si la grâce est comme un Paradis de délices dans les bénédictions. Si saint Paul nous annonce une moisson abondante dans les bénédictions. S'il est écrit que le juste sera plein des bénédictions du Seigneur, qui pourra dire ce qui est donné à l'âme fidèle quand elle est bénie par la Sainte Eucharistie ? Comment concevoir l'effet de cette parole du Sauveur quand il nous bénit : « Croissez, c'est Moi qui le veux, croissez en mérites, en vertus, en richesses spirituelles. Montez, élevez-vous, vers les collines éternelles ; multipliez vos fruits, que votre moisson soit abondante ; c'est Moi qui vous le dis, en vous bénissant. Cet accroissement, cette multiplication de tous les biens, c'est Ma bénédiction qui les donne !...

O Ciel ! je n'ai jamais bien pensé à ce trésor inépuisable de grâces et de sainteté, la Bénédiction du Très Saint Sacrement ! Désormais je l'estimerai davantage, et ma conduite prouvera que je regarde comme un très grand honneur de recevoir souvent cette bénédiction.

 

Deuxième point

Nous devons désirer la Bénédiction du Saint Sacrement

 

Plus un bien est grand, plus il est estimable, plus aussi on doit le désirer. Ce désir se manifeste par les moyens que l'on emploie et les efforts que l'on fait pour arriver à une pleine possession. Un Chrétien qui estime et qui regarde comme un grand bonheur la Bénédiction du Saint Sacrement, ne néglige rien pour la recevoir souvent. Il saisit, avec un saint empressement, toutes les occasions qui se présentent d'être béni par Jésus-Christ. L'Eglise qui connaît notre profonde misère a voulu multiplier en notre faveur les Bénédictions du Saint Sacrement. Elle nous invite à ne pas négliger ce moyen de sanctification et de Salut. Elle veut que nous soyons bénis souvent par Jésus-Christ ; et comme le Divin Sauveur a laissé à son Épouse la libre disposition de Son Corps et de Son Sang, dans le Sacrement de l'Eucharistie ; cette mère tendre et toujours riche en amour à l'égard de ses enfants, les appelle fréquemment au pied des Saints Autels, pour prier son Céleste Époux de les bénir. Tantôt c'est un office solennel qui se termine par la Bénédiction du Très Saint Sacrement ; tantôt cette Bénédiction nous est donnée en récompense de notre zèle et de notre empressement à accompagner le Saint Viatique; d'autres fois ce sont des faveurs encore plus signalées. Il nous est permis d'élever des autels sur les places publiques, dans nos rues et contre les murs de notre propre maison ; Jésus-Christ vient, Il se repose un instant sur ces autels si bien nommés, « les reposoirs », et de là le Divin Maître bénit tout un peuple, Il bénit notre famille, nos enfants !.... O amour de Jésus !...

Mais tous les hommes correspondent-ils à cet amour ! Oh ! non. On en voit un grand nombre qui sont appelés et qui ne viennent pas. L'Eglise les invite et ils refusent de se rendre aux pieds de l'adorable Sauveur. Malheureux ! il est écrit : « Il n'a pas voulu la bénédiction, elle s'éloignera de lui ». La Bénédiction de Jésus aurait ouvert le sein de la Divine Miséricorde : elle a été refusée, la Miséricorde s'éloigne. Pour moi, Seigneur Jésus, il n'en sera plus ainsi. Partout où je serai appelé pour être béni par vous, on me verra accourir avec un saint empressement. Mille fois plus heureux de recevoir, ne fût-ce que sur votre passage, la Bénédiction que Vous donnez à Vos enfants, mille fois plus heureux que si le monde ouvrait devant moi ses trésors. Bénissez-moi, Divin Sauveur, afin que j'éprouve ce que dit le Prophète : « Vous l'avez prévenu de la douceur de Vos bénédictions ». Je prends en particulier la résolution de ne jamais passer devant une Eglise sans y entrer pour Vous demander de me bénir ; et quand je quitterai le Lieu Saint, ce sera encore après Vous avoir prié de me donner Votre bénédiction, que je recevrai en esprit, et avec un vif sentiment de reconnaissance. Seigneur, je ne Vous quitte point sans que Vous m'ayez béni !

 

Troisième point

Dispositions pour recevoir la Bénédiction du Saint Sacrement

 

Qui dira les sentiments de Foi, de dévotion, de confiance et d'amour dont l'âme de Marie était pénétrée lorsqu'elle demandait à son Divin Fils de la bénir, et que Jésus plein de Tendresse pour Sa Sainte Mère, plaçait ses mains divines sur le front de cette Auguste Vierge !... Qui dira le respect profond et tous les sentiments de piété tendre, affectueuse dont furent inondés les cœurs des pasteurs de Bethléem, des mages venus de l'Orient, lorsque prosternés devant le berceau de l'Enfant-Dieu, Marie plaça les mains de Jésus sur leur front ? Je sais que l'Évangile ne raconte pas ces choses, mais est-ce une illusion de ma piété de me les représenter ! Pourquoi donc recourir à des suppositions ? Madeleine est venue chez le Pharisien, où Jésus se trouvait ; elle est tombée aux pieds du Sauveur ; Jésus l'a bénie par ces paroles : « Vos Péchés vous sont remis, votre Foi vous a sauvée ; allez en paix ». Or, pénétrons, si la chose est possible, dans l'âme sublime de Madeleine, et imaginons la joie, la reconnaissance, la dévotion de cette illustre pénitente, demandant à l'Homme-Dieu de la bénir !...

Le juste et le pécheur doivent être avides des Bénédictions de Jésus-Christ ; l'un et l'autre doivent y apporter des dispositions relatives à l'état de leur âme. Il me semble voir Jacob béni par Isaac et recevant la promesse de tous les biens que le Seigneur avait montrés de loin à Abraham. Esaü apprend cette préférence donnée à son frère. Quel désespoir ! Quelle désolation ! Mais Isaac est toujours son père; il tombe à ses pieds : « Mon Père, n'avez-vous pas réservé pour moi une bénédiction ? » et son Père le bénit. Le pécheur viendra comme Esaü, il dira à Jésus-Christ : « Seigneur, toutes Vos grâces sont-elles pour les justes ? Je m'étais éloigné de Vous, c'est vrai, mais n'avez-Vous pas réservé pour moi une bénédiction ? » Le Cœur de Jésus sera touché, et le pécheur sera béni, et il entendra dans le fond de son âme, cette parole délicieuse : « Va, Mon fils, et ne pèche plus ». Le juste vient avec une Foi vive, il se prosterne, il demande au Sauveur d'étendre Sa main, et de le toucher, et Jésus lui répond : « Mon fils, sois béni !... »

O Jésus, je préparerai mon âme, j'irai à Vous avec une vraie dévotion ; Vous me bénirez. Vous direz sur moi : « Que la rosée du Ciel inonde ton âme ; que le froment préparé pour Mes élus, que le vin délicieux dont j'enivre les vierges, Mes épouses chéries, te soient donnés avec abondance ». Et votre bénédiction deviendra la source de toutes les grâces qui devront me conduire au Salut. Amen.

 

Lauda, Sion, Salvatorem,

Lauda ducem et pastorem,

In hymnis et canticis,

 

Loue, Sion, ton Sauveur,

Loue ton chef et ton Pasteur,

Par des hymnes et des cantiques.

 

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17 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-troisième jour

Le Mardi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

Repoussez bien loin l'ennemi

Et donnez-nous vite la paix :

Qu'ainsi, sous Votre conduite,

Nous évitions tout mal.

Je Vous salue Marie.

 

Nous lisons au chapitre 7 de la 13e session du saint Concile de Trente : « Pour ce qui est de porter la Sainte Eucharistie aux malades, outre que c'est parfaitement conforme à la raison et à l'équité, on le trouve prescrit par plusieurs Conciles, et observé très anciennement dans l'Église Catholique. C'est pourquoi le Saint Concile a ordonne qu'il faut absolument retenir cette coutume si salutaire et si nécessaire. Si quelqu'un dit qu'il n'est pas permis de conserver la Sainte Eucharistie dans un lieu sacré, ou qu'il n'est pas permis de la porter avec honneur aux malades ; qu'il soit anathème ». La Divine Eucharistie portée aux malades qui sont en danger de mort prend le nom de Saint Viatique. Voilà pourquoi le prêtre qui donne la communion au malade prononce ces paroles : « Recevez le Viatique du Corps et du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ ». Or, le mot « Viatique » signifie provision pour le voyage. Celui qui part et qui a l'intention de marcher longtemps serait regardé comme un insensé, s'il oubliait de faire des provisions pour son voyage. Un navire qui va traverser l'Océan ne quitte jamais le port sans être pourvu abondamment de tout ce qui est nécessaire pour la nourriture de l'équipage et des passagers. Un homme qui se propose de monter sur le sommet d'une haute montagne qui paraît presque inaccessible, s'il a tant soit peu de prévoyance, ne manque pas de prendre avec lui du pain et du vin pour soutenir ses forces. S'il agissait différemment, il s'exposerait à périr de lassitude et de faiblesse.

Nous avons tous un grand voyage à faire, c'est celui du temps à l'éternité. Tant que nous sommes dans notre corps, dit Saint Paul, nous voyageons loin de Dieu. Mais le moment arrive, l'heure va sonner, où cette âme doit briser les liens qui la retenaient captive ici-bas; il faut gravir la montagne, traverser un fleuve aux eaux écumantes et rapides, il faut s'élancer dans les profondeurs de l'éternité, paraître au pied du tribunal redoutable, devant la majesté de celui qui jugera avec équité les vivants et les morts. Certes, si jamais le courage et la force furent nécessaires, c'est bien dans ce moment suprême ! Le Prophète Elie après avoir marché pendant toute la journée, s'arrêta accablé de lassitude sous un térébinthe. Il demanda à Dieu de le faire mourir, tant il était triste, tant la vie lui paraissait amère ! Tout-à-coup il s'endormit. Pendant son sommeil, un Ange le loucha et lui dit : « Levez-vous, et mangez, car il a vous reste un grand chemin à faire ». Elie s'étant levé, vit auprès de lui un pain cuit sous la cendre et un vase d'eau; il mangea et but, et fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits, jusqu'au pied d'Horeb, la montagne de Dieu. L'âme chrétienne serait tentée de s'abandonner au découragement, lorsqu'elle considère la grandeur et la majesté infinie de celui qui va la juger. Le Démon redouble en ce moment ses efforts pour la perdre. La nature est faible, le danger est grand. Tout à coup, le Sauveur sort de Son Tabernacle ; il vient visiter Lui-même son enfant, il lui apporte avec Son Corps et Son Sang, le pain qui fortifie et qui devient son Viatique pour le dernier des combats, pour le voyage de la terre au Ciel. Gage de la bienheureuse immortalité, la Sainte Eucharistie donnée au chrétien mourant, est comme le sceau divin imprimé sur son front, le signe des Élus ; c'est l'armure la plus puissante contre les derniers traits de l'ennemi. Oh ! Qui dira la générosité de Jésus-Christ ? Qui dira le bonheur d'une âme qui reçoit avec foi et amour le Saint Viatique ?

 

Premier point

L'Amour de Jésus-Christ se donnant en Viatique

 

Quand le Disciple bien-aimé a écrit cette grande parole : « Il les aima jusqu'à la fin », ne dirait-on pas qu'il désignait ce grand acte d'amour par lequel Jésus-Christ consomme toute choses en faveur de ses amis, en venant à eux pour être lui-même leur Viatique, dans ce douloureux passage du temps à l'éternité ? Il savait, cet adorable Maître, toutes les angoisses de l'agonie, toutes les amertumes de la mort, toutes les horreurs du tombeau. Notre cœur lui était connu. Comment alors eût-il pu l'abandonner à sa faiblesse dans ce moment solennel de la mort? Non, il nous aimait trop pour cela.

Vous êtes malade, privé de la consolation d'aller avec vos frères, vous asseoir à la table sainte, attendez et ne craignez rien ; voici l'Époux, allez au devant de Lui par vos soupirs, et attirez-le chez vous par la vivacité de votre amour. Il vient. Pour vous procurer les consolations dont votre âme sera inondée, il s'expose à des outrages, à des mépris Sans nombre. Il sera insulté dans les rues qu'il lui faudra parcourir pour arriver chez vous. N'importe, il a dit à ses ministres : « Notre ami est malade, allons, nous, pour le visiter ». Encore si le Sauveur n'allait que chez ses fidèles amis ! Mais voici le sublime de l'amour. Cet impie, ce blasphémateur, cette femme scandaleuse, se trouvent au lit de la mort. La grâce a remué fortement une conscience chargée de crimes. Le prêtre a prié, il a consulté Dieu. « Oui, J'irai, dit Jésus-Christ, et Je guérirai cette âme. Déjà Ma grâce est descendue sur elle avec l'absolution. Il faut nourrir, fortifier ce pauvre cœur. O pécheur ! Tu mangeras la chair du Fils de l'Homme, tu boiras Son Sang, et tu auras la vie éternelle !... O amour incompréhensible ! ô Jésus, qui pense à cet amour ! Qui s'en occupe ! Moi, Seigneur ; oui, je Vous loue, je Vous bénis, je Vous rends grâces, je vous aime !...

 

Deuxième point

Bonheur de l'âme qui reçoit le Saint Viatique

 

Il est certains Mystères que l'on ne peut sonder, ce sont les opérations de la grâce dans quelques âmes d'élite qui ont depuis longtemps consacré à Jésus-Christ toute leur existence. Pour ces âmes, dire ce qu'elles éprouvent lorsque la voix de l'Eglise vient se faire entendre : « Partez, âme chrétienne, au Nom du Père qui vous a créée ; au Nom du Fils qui vous a rachetée ; au Nom du Saint Esprit qui vous a sanctifiée » ; c'est une chose qu'il ne faut pas tenter. Le prêtre, qui plusieurs fois dans sa vie a été chargé de porter le Saint Viatique à des âmes pures, aimantes, détachées de tout ce qui est périssable, unies à Jésus-Christ par la plus parfaite conformité de toutes les pensées et de tous les sentiments, pourrait à peine soulever un coin du voile qui cache des choses si ineffables !

Ô Jésus, ce que vous dites à cette âme lorsque Vous la visitez en ce monde pour la dernière fois ! Ce qu'elle éprouve en vous voyant entrer dans sa propre demeure où vous venez la chercher ! Qui me le fera comprendre ? C'est bien alors, que le juste s'écrie : « Vous avez consolé mon âme à proportion des tristesses de mon cœur ». Le voilà, mon Rédempteur. Un voile le cache, mais ce voile va tomber ! Venez, Jésus, encore quelques instants, et je Vous verrai face à face, et je serai rassasié de Votre Gloire. Je me représente Saint Thomas d'Aquin lorsqu'il aperçut de son lit de mort la Divine Eucharistie, et qu'il s'écria dans l'extase de son amour reconnaissant : « Jésus, que j'aperçois à travers le voile du Sacrement, accordez-moi ce que je désire avec une si grande ardeur ; faites que je Vous contemple face à face, et a que je sois éternellement heureux par la vue de votre gloire ».

On comprend alors cette parole dite par plusieurs Saints : « Je ne croyais pas qu'il fût si doux de mourir !... » Tel est donc l'effet du Saint Viatique du corps et du sang de Jésus-Christ. Il rend la mort douce, calme, heureuse ! Mon Dieu, aurai-je ce bonheur ? Peut-être non, parce qu'il peut m'arriver de mourir subitement. Eh bien ! Je vais m'occuper du Saint-Viatique. Tous les mois je consacrerai un jour pour me préparer à la mort. Ce jour là, je me représenterai ma dernière heure et Jésus-Christ venant à moi comme mon Viatique ! Je le recevrai avec les dispositions et les sentiments que je voudrais avoir au moment de mourir. Ô Jésus, mettez le comble à toutes Vos grâces, en m'accordant encore celle que je Vous demande aujourd'hui. Que je meure fortifié par cette divine nourriture qui me rendra capable de m'élever jusqu'à la montagne de Dieu !...

 

Troisième point

Accompagner le Saint Viatique

 

Quand le Sauveur était sur la terre, Il parcourait les villes et les bourgades de la Judée accompagné de Ses plus fidèles amis. On voyait, après les Apôtres, de saintes et pieuses femmes qui ne le quittaient jamais. Leur dévouement était pour le Cœur de Jésus une consolation bien douce, au milieu de l'indifférence des uns et de la malice des autres. L'Eglise veut que Jésus-Christ allant visiter ses enfants malades et les nourrir de son propre corps, reçoive les hommages et les adorations des fidèles. C'est la raison pour laquelle, le son des cloches donne le signal de cette auguste visite. La Sainte Eucharistie est portée sous un dais ; des cierges allumés, symbole de Foi et d'amour, doivent précéder le prêtre chargé de cette fonction divine. On récite des Psaumes et des Hymnes pour adorer le Dieu fait Homme caché sous le voile du Sacrement, et le son d'une clochette annonce à tous ceux qui passent, le grand Mystère de l'amour d'un Dieu.

Ici je dois examiner ma conduite passée, et voir en même temps ce que je dois promettre à mon adorable Sauveur pour l'avenir. Quel a été mon empressement et mon zèle pour accompagner Jésus-Christ porté aux malades ? Ai-je obéi à l'Eglise qui m'invitait à cet honneur par le son de la cloche ? Le respect humain, la paresse, l'indifférence ne m'ont-ils pas retenu souvent ? Hélas ! Le respect humain ! Grand Dieu, où est ma foi ? J'ai donc rougi de suivre Jésus-Christ ? Cet honneur ne l'ai-je pas abandonné à quelques pauvres enfants sans instruction et sans piété, dont la présence est devenue un objet de raillerie pour le mondain ?

Ô Jésus, qui sait s'il ne faut pas attribuer à ce respect humain, à cette indifférence, les morts subites qui privent un si grand nombre d'âmes du Saint Viatique ? Mais il en est temps encore. Je puis réparer mes négligences coupables, et par mon zèle ardent, contribuer à la gloire que l'Eglise désire Vous rendre, quand elle Vous porte chez les malades. Je Vous suivrai, Seigneur, partout où Vous irez. Le réduit obscur où se trouve le pauvre, la mansarde étroite et sale où Vous ne dédaignez pas d'entrer Vous-même, j'y entrerai avec Vous. Hélas ! Vous êtes bien souvent reçu dans ces pauvres demeures, avec une Foi plus vive, et un amour plus ardent, que celui que Vous rencontrez dans les appartements somptueux des riches du siècle !

 

Se nascens dedit socium,

convéscens in edulium,

Se móriens in prétium,

se regnans dat in præmium.

 

Enfant, Il se fait notre compagnon,

À la Cène, notre nourriture,

Au Calvaire, notre rançon,

Aux cieux, notre récompense.

 

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16 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-deuxième jour

Le Lundi de la quatrième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Moïse avait reçu de Dieu l'ordre de faire un candélabre destiné à être placé devant l'Arche d'Alliance. L'or le plus pur était la matière que le Seigneur avait désignée Lui-même. Le Chandelier d'or avait sept branches ; sur chacune de ces branches était une lampe qui devait brûler devant le Seigneur. Les Israélites furent invités à fournir l'huile nécessaire à l'entretien de ces lampes. Parmi les objets précieux destinés au culte que le Seigneur exigeait de son peuple, le Chandelier d'or était regardé comme un des plus beaux. Nous lisons dans l'Apocalypse : « Je fus ravi en esprit et j'entendis derrière moi une voix éclatante comme une trompette. Je me tournai pourvoir qui me parlait. Et en même temps je vis sept chandeliers d'or, et au milieu des sept chandeliers d'or quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'Homme, vêtu d'une longue robe, et ceint d'une ceinture d'or... Ses yeux paraissaient comme une flamme de feu... Lorsque je le vis je tombai à ses pieds comme mort, et il mit sa main droite sur moi, disant : « Ne crains rien, je suis le premier et le dernier. Je suis celui qui vit. J'ai été mort, mais je suis vivant dans les siècles des siècles ».

Quelqu'un pourrait-il trouver étonnant l'usage de l'Eglise qui consiste à faire brûler constamment au moins une lampe devant le Saint Tabernacle ? Cet usage dont l'origine remonte aux temps les plus reculés, l'Eglise l'a converti en loi, et aujourd'hui il faut une impossibilité manifeste ou une dispense formelle pour laisser le Très Saint Sacrement dans une paroisse ou une chapelle, sans allumer une lampe qui doit brûler la nuit comme le jour. Lorsqu'on entre dans une Eglise, cette lampe est le signe de la présence réelle, et on croit lire à sa clarté cette parole consolante : « Le Maître est là ». On voit dans plusieurs pays, notamment en Italie, sept lampes qui brûlent toujours devant le Saint-Sacrement. Ce nombre est mystérieux. Il est facile d'y voir les sept dons du Saint-Esprit, les sept Sacrements, les sept demandes de l'Oraison Dominicale, etc... David dit dans un Psaume : « Sept fois par jour j'ai chanté vos louanges ». Mais cherchons l'esprit et la signification de cet usage qui consiste à allumer des lampes devant le Très Saint Sacrement.

Notre Seigneur Jésus-Christ, en parlant de Saint Jean-Baptiste, disait aux Juifs : « Il était une lampe ardente et luisante ». Nous lisons encore dans l'Apocalypse : « Mes deux témoins sont deux chandeliers debout devant le Seigneur de la terre ». Or, n'est-il pas évident, après ces témoignages divins, que les lampes représentent les âmes justes, et que les justes sont appelés à venir devant l'adorable Eucharistie, pour y brûler continuellement du feu du divin amour ? Jean-Baptiste était une lampe ardente et luisante ; ardente par le feu de la Charité qui brûlait son cœur, luisante par la lumière de la vérité qui l'éclairait. Telle est une âme dont le Saint Esprit s'est emparé. Il la rend, comme le Saint précurseur, une lampe luisante, en la pénétrant des plus vives lumières de la Foi. Il en fait une lampe ardente, parce qu'Il répand dans elle cette vive flamme de la Charité dont Il est le principe et la source. Placez cette âme devant les sacrés Tabernacles, voilà la vraie lampe que Jésus-Christ demande. Elle brillera du plus vif éclat. Sa modestie, son recueillement, sa ferveur la rendront propre à éclairer par sa lumière, et à échauffer par son feu tous ceux qui la verront. Ces Justes ne se contentent pas de porter une lumière dans leurs mains pour éclairer ceux qui sont dans la maison, ils deviennent des lampes vivantes qui brûlent et se consument pour l'amour de Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement.

Qui n'aspirerait pas à cet honneur ! Ah ! Venez, vierges sages, préparez vos lampes, ou plutôt préparez-vous à la faveur insigne que le Divin Époux veut bien vous accorder. Il vous choisit, âmes pures, âmes de Foi, pour faire de vous les lampes de Son Sanctuaire. Soyez des candélabres d'or, vous le pouvez par la pureté de vos mœurs et la sainteté de voire vie. Demandez au Saint Esprit de garnir souvent votre lampe de l'huile mystérieuse de sa grâce, et puis, venez, le Seigneur vous attend ; et quand vous brûlerez devant le Saint Tabernacle, les fidèles en entrant dans l'Eglise s'écrieront: « Jésus est là, voyez la lampe qui brûle !... »

 

Premier point

L'Adoration perpétuelle

 

Les Eglises les plus pauvres ont au moins une lampe qui est toujours allumée à côté de l'autel où se trouve le Saint Sacrement. C'est bien peu que cette lampe, et néanmoins elle suffit ; les lois qui règlent tout ce qui a rapport au culte divin n'en exigent pas davantage. Mais y a-t-il également dans toutes les Églises, à toute heure du jour et de la nuit, une âme qui veille devant le Saint des Saints ? Cette lampe vivante ne fait elle pas défaut ? Hélas ! Laissons, pendant les longues heures de la nuit, laissons aux Anges le soin de garder le Saint Tabernacle, puisque, dans l'état actuel de la société chrétienne, il est impossible de faire autrement ; mais pendant le jour, depuis que la porte de l'église s'ouvre, dès la première heure, jusqu'au soir où elle doit être fermée, pourquoi laissons-nous aux Anges le soin d'adorer Jésus-Christ ; est-ce donc pour les Anges que Jésus-Christ réside dans le Saint-Sacrement ? Oh ! Non, mille fois non, c'est pour les hommes. Quand le prêtre a prononcé les paroles de la Consécration, c'est pour nous que le Sauveur est descendu des Cieux ; « Pour nous les hommes et pour notre Salut, il descendit du Ciel ».

Quelle honte pour une paroisse où l'on ne peut parvenir à établir l'adoration perpétuelle ! Un saint prêtre s'écriait un jour : « Je désirerais être de la nature de l'huile, pour pouvoir toujours me consumer devant le Très Saint Sacrement. Je me souviens que lorsque j'arrivais tard à Paris, et que j'allais, selon ma coutume, saluer Notre Seigneur à Notre-Dame, trouvant les portes fermées, au moins je me consolais en regardant au-dedans, au travers des fentes des portes ; et voyant des lampes allumées, je disais : « Hélas ! Que vous êtes heureuses de vous consumer toutes à la gloire de Dieu et de brûler perpétuellement ». Quelle consolation d'être le représentant de tout un peuple aux pieds de Jésus-Christ ! Quel honneur insigne, et l'on n'y pense pas !...

Il faut que je mette sérieusement la main à l'œuvre. J'ai à examiner ce que le Sauveur peut exiger de moi dans l'état, dans la condition où sa Providence m'a placé. Que puis-je faire, que dois je faire pour procurer au Saint-Sacrement une lampe vivante qui brûle toujours devant la porte du Tabernacle ? Que puis-je faire pour l'adoration perpétuelle ? Suis-je membre de cette association ? Ai-je une heure désignée pour chaque semaine ou au moins pour chaque mois ? Suis-je fidèle à l'appel, et le moindre prétexte ne me fait-il pas négliger ce devoir sacré ? Cette heure d'adoration n'est-elle pas un fardeau insupportable dont je voudrais me décharger ?.... Où est mon zèle pour la propagation de cette œuvre ! N'ai-je rien à me reprocher ? Jésus-Christ n'a-t-Il aucune plainte à m'adresser ?...

O mon Sauveur, ayez pitié de moi ! Je le confesse pour ma propre confusion, j'ai préféré jusqu'ici toutes les dévotions à celle qui a pour objet la Divine Eucharistie. Pour celle-ci je n'ai eu que de l'indifférence et du dégoût. Ah ! comme je dois reconnaître que le Saint Esprit n'a pas été mon maître ; mais bien mon imagination, mon goût naturel, mes préjugés, et mille autres principes qui n'étaient pas Dieu !...

 

Deuxième point

La visite de chaque jour

 

C'est surtout vers le soir, à l'entrée de la nuit, que l'on aime à voir cette lumière qui brille dans le Sanctuaire et qui indique la présence du divin Maître. Quel moment favorable, après les travaux, et les fatigues de la journée, après les soins donnés aux affaires, après mille agitations inséparables de la vie que l'homme mène ici-bas, quel moment favorable pour venir passer au moins un quart d'heure devant l'auguste Sacrement de nos autels ! C'est un tableau bien touchant et qu'il est encore permis de contempler dans un certain nombre de paroisses où la Foi s'est conservée plus vive et l'amour plus ardent, que celui d'un grand nombre de fidèles qui dans toutes les saisons, une heure avant que l'on ferme l'église, viennent adorer Jésus-Christ dans le Sacrement de Son Amour ! De même qu'on allume les lampes dans une maison quand la nuit approche, on voit le Sanctuaire du Dieu vivant entouré de lampes ardentes qui brûlent en l'honneur de Jésus-Christ. Les unes jettent une lumière plus vive ; celles-ci répandent plus de chaleur, suivant que l'huile dé la charité leur a été communiquée avec plus d'abondance ; mais toutes sont allumées, et la divine solitude est devenue comme la salle du trône du roi Jésus où l'on voit une multitude de lumières qui brillent en son honneur.

Suis-je une de ces lampes qui brûlent devant le trône de l'Agneau sans tache. Vous les soirs, au moins pendant un quart d'heure ? Hélas ! Que de prétextes pour me dispenser de ce devoir sacré ! Les soins donnés aux choses temporelles ne permettent pas d'aller à l'Église. Cependant, pour le mondain, c'est l'heure des plaisirs. Les enfants du siècle se préparant pour le mal, et moi je n'ai pas un quart d'heure pour l'offrir à Jésus-Christ ! Mais, ô mon Dieu, combien de fois ai-je voulu contracter cette pieuse coutume, et je suis obligé d'y renoncer parce que l'ennui s'empare de moi ; un quart d'heure, c'est un siècle ! Je ne sais ce que je dois vous dire. Ne serait-ce pas parce que ma lampe manque d'huile ? Si je ne la garnis jamais, dois-je donc être étonné de la voir éteinte ? « La Lampe de l'impie s'éteindra, dit le Seigneur ». Et ailleurs : « La lampe du juste ne s'éteindra pas même dans la Nuit ». « Une lampe qui brille sur un chandelier d'or, telle est la beauté dans la jeunesse ».

Donnez-moi Seigneur, cette beauté, afin que je devienne un ornement de Votre Temple ; oui, je veux avoir en horreur les doctrines de l'impie, je veux marcher dans les sentiers de la Justice, afin que même au milieu des tentations qui répandent le trouble et l'obscurité dans mon âme, je sois toujours devant vous une lampe qui brille sur un chandelier d'or.

 

Troisième point

Adoration Solennelle

 

L'Eglise, dans les grandes solennités, multiplie le nombre des lumières qui brillent ordinairement dans nos temples. C'est principalement lorsque le Saint Sacrement est exposé avec une grande pompe à la vénération des fidèles. On peut dire qu'il n'y a rien de touchant, rien qui porte davantage à la dévotion et à la ferveur que ces grandes fêtes en l'honneur de la Divine Eucharistie. Quand on entre dans l'Église et qu'on aperçoit sur un trône resplendissant de lumière, Jésus-Christ dans l'auguste Mystère de l'Autel, environné de fleurs, caché dans les nuages d'encens que les lévites brûlent à ses pieds, on est saisi, presque malgré soi, d'un sentiment de crainte et de respect dont il est comme impossible de se défendre. Cette exposition solennelle est quelquefois pour un seul jour, d'autres fois elle a lieu pendant plusieurs jours consécutifs. Alors il n'y a rien que ne fasse l'Eglise pour inspirer un profond respect et une dévotion sincère à l'égard de la Divine Eucharistie ; la décoration du temple, le chant des Cantiques divins, la majesté des cérémonies, tout élève l'âme et l'oblige, en quelque sorte, à s'occuper de Dieu. Mais ne faut-il pas l'avouer ? Bien souvent, si l'on excepte certaines heures du jour, l'Église est à peu près déserte, et le pasteur d'une paroisse pourrait s'écrier comme le Prophète Jérémie : Les rues de Sion versent des larmes, parce qu'elles ne voient personne qui accourt à la solennité ».

Oui, même aux offices solennels, si l'exposition du Très Saint Sacrement a lieu tout autre jour qu'un dimanche, les ministres des Autels se trouvent presque seuls, et le chant sacré de nos hymnes est répété par l'écho des voûtes d'une Eglise déserte. Hélas ! Combien de fois, principalement aux jours des quarante heures qui précèdent le Carême, jours d'expiation et de larmes pour les véritables amis de Dieu, combien de fois n'a-t-on pas vu de vastes Églises entièrement abandonnées pendant de longues heures, sans que les paroissiens aient eu seulement la pensée d'aller rendre leurs hommages à Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour ! Et dans ces mémos heures, que d'apprêts pour les repas, pour les divertissements, bien souvent pour le crime !

O mon Dieu, on se plaint des calamités qui affligent les peuples. Si quelque chose devrait étonner, ce serait bien plutôt votre patience ! L'ingratitude du plus grand nombre des Chrétiens est à son comble, et les jours de fêtes sont changés, suivant l'expression d'un Prophète, en des jours d'amertume et de deuil. Ne suis-je pas un de ces chrétiens coupables ? Quelle a été ma conduite lorsque le Saint Sacrement a été exposé solennellement dans les Eglises ? Ai-je voulu, par mon empressement et mon zèle, offrir au divin Sauveur un dédommagement pour tant d'outrages qui lui sont faits ? Et maintenant qu'est-ce que je promets Jésus-Christ, pour le Jeudi-Saint, les Quarante-Heures, l'Octave du Saint Sacrement ? Seigneur, je veux être aussi longtemps que mes devoirs le permettront , je veux être à vos pieds comme une lampe ardente et luisante !...

 

Bone pastor, Panis vere,

Jesu, nostri miserere,

Tu nos pasce, nos tuere,

Tu nos bona fac videre

in terra viventium.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai Pain,

Jésus, ayez pitié de nous.

Nourris-nous, protège-nous,

faites-nous voir le bonheur

dans la terre des vivants.

 

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15 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Vingt-et-unième jour

Le quatrième dimanche après Pentecôte

 

 

Venez Esprit Saint,

Venez, père des pauvres,

Venez, dispensateur des dons,

Venez, lumière de nos cœurs.

Je Vous salue Marie.

 

Jésus-Christ est notre modèle. Pendant les années qu'Il a passées sur la terre Il nous a donné l'exemple de toutes les vertus qu'Il demande de nous. Aussi avant de quitter le monde Il a dit à Ses Apôtres : « Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme Moi J'ai fait ». Nous savons par le témoignage de Saint Paul que les Élus parmi nous sont ceux que Dieu a prévu de toute éternité devoir être semblables à l'image de Jésus-Christ, Son Fils. Tout ce que l'amour-propre et l'amour du monde peuvent inventer pour détruire ou du moins affaiblir ces principes éternels de la morale évangélique, ne saurait prévaloir contre une vérité aussi clairement révélée ; le Ciel n'est que pour ceux qui auront travaillé à devenir les images vivantes du Sauveur. Il n'y a dans le Ciel que des portraits de Jésus-Christ. La vie chrétienne consiste donc à imiter Jésus-Christ. Mais il ne faut pas croire que ce Divin Maître se soit borné à nous instruire pendant Sa vie mortelle; nous le savons, tout est lumière, tout est enseignement dans l'Homme-Dieu. Or, Jésus-Christ doit être considéré dans Sa Vie Eucharistique. Là Il continue à être notre modèle et à nous prêcher les vertus qu'Il exige de Ses enfants et de Ses Disciples. C'est un Mystère auquel la plupart des Chrétiens pensent bien peu. Le Mystère de la Vie Eucharistique de Jésus-Christ, la vie du Sauveur dans le Saint-Sacrement. Si Jésus-Christ, comme la Foi nous l'enseigne, est vivant dans le Saint-Sacrement, je dois m'occuper de cette Vie Divine. Elle doit être pour l'âme fidèle l'objet d'une étude sérieuse et d'une contemplation habituelle. Cette vie Eucharistique du Sauveur deviendra pour le juste une source abondante de lumière. Puisque c'est toujours la vie du Verbe fait chair qui habite parmi nous plein de grâce et de vérité ».

Ce n'est pas une méditation, mais un livre entier qu'il faudrait consacrer au développement de ces vérités importantes. Comment, en effet, parviendra-t-on à dire en peu de mots tout ce que la Vie Eucharistique de Jésus-Christ nous apprend, touchant les vertus sublimes qui font toute la perfection du véritable chrétien ! Le seul acte de la Consécration, en changeant le pain et le vin au Corps et au Sang de Jésus-Christ, en détruisant la substance du pain et du vin pour ne laisser subsister que les espèces ou apparences, ne nous dit-il pas éloquemment que la conversion est un vrai miracle de la grâce, qu'elle change l'homme en détruisant le vieil Adam, pour former dans nous l'homme nouveau créé dans la justice et dans la sainteté ! Que la Sainte Communion, en faisant passer dans nous toute la substance de Jésus-Christ, nous oblige, en quelque sorte, à nous transubstantier en Lui, afin de pouvoir dire avec Saint Paul : « Ce n'est pas moi qui vis, mais Jésus-Christ qui vit en moi ». La présence de Jésus-Christ qui renferme dans la Sainte Hostie non seulement Son Corps et Son Sang, mais encore Son Ame avec tous les trésors de Sainteté qu'Elle possède, Sa Divinité avec Ses infinies perfections ; la générosité avec laquelle le Sauveur donne, par le Saint-Sacrement, tous Ses biens à l'homme, sans aucune réserve ; ne nous dit elle pas éloquemment que Dieu nous veut entièrement à Lui ; que Celui dont nous tenons tout exige que tout lui soit offert et consacré ?

L'état glorieux du Corps de Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique possédant les qualités inhérentes aux corps ressuscités ; la clarté, l'agilité, la spiritualité, l'impassibilité ; cet état qui fait que les espèces venant à se corrompre, le Corps du Sauveur n'est jamais atteint par la corruption, et que ceux qui reçoivent le Divin Sacrement, reçoivent Jésus-Christ revêtu de splendeur et de gloire ; cette condition de la vie Eucharistique ne nous apprend-elle pas que nous sommes enfants de lumière et que nous devons rejeter loin de nous les œuvres de ténèbres ? Que sans une grande pureté, un vrai désir de nous dégager toujours davantage des liens du péché et de nous avancer dans les voies du Divin Amour, nous ne devons pas approcher de la table des Saints ?

Ah ! Qu'on me laisse dire, en parlant de l'adorable Sacrement de l'Autel : « Approchez-vous, et vous serez éclairés ». Le voilà ce Soleil De Justice, comme l'appelle le prophète Malachie. Le Tabernacle, le Sanctuaire, l'Église, c'est La Cité du Soleil. Une âme qui voudra s'adonner à la contemplation du ce Mystère ineffable de l'Eucharistie trouvera toutes les vérités comme réunies sur un seul point, la Sainte Hostie ! Oui, là est un foyer de lumière d'où sont partis tous les rayons qui ont illuminé l'esprit des plus grands Saints. Ne disons plus qu'ici bas nous sommes plonges dans d'épaisses ténèbres ; ces ténèbres n'existent que pour les âmes qui ne cherchent pas la lumière. Allons au Sanctuaire, regardons l'Autel, le Tabernacle, l'Hostie, et nous serons inondés de clarté.

 

Premier point

Jésus-Christ modèle d'humilité dans Sa Vie Eucharistique

 

Jésus-Christ nous a prêché l'humilité comme une vertu essentielle au Christianisme, indispensable pour le Salut. Aussi toute Sa vie peut être présentée comme un exemple frappant de l'Humilité la plus profonde. Mais dans Sa Vie Eucharistique. le Sauveur continue à s'anéantir comme Il l'a fait dans Son Incarnation, suivant l'énergique expression de l'Apôtre. Si je cherche Jésus-Christ dans le Saint Sacrement, je le trouve renfermé dans un espace bien plus resserré que ne l'était le Sein de Marie, la Crèche, la maison de Nazareth. Je le vois plus petit que dans son berceau, puisqu'Il est renfermé sous la moindre partie de l'espèce consacrée. Jésus-Christ a mené une vie obscure et cachée dans la boutique d'un artisan ; c'est un prodige d'humilité qui ravit les âmes pieuses. Mais dans Sa Vie Eucharistique, Jésus-Christ n'est-Il pas dans l'obscurité, et trouvera-t-on un Mystère où Il se cache davantage et avec plus de soin, dérobant à nos yeux, non plus seulement Sa Divinité, comme pendant Sa Vie mortelle, mais encore Son Humanité sainte. Tout ce qu'il y a de plus grand, de plus parfait, de plus beau dans le Ciel se trouve renfermé dans la Sainte Eucharistie, et cependant nos yeux n'y découvrent rien que de très commun, un peu de pain !

Si Jésus-Christ nous a enseigné l'humilité en consentant à être délaissé, abandonné des créatures ; s'Il a permis que ses adorables perfections fussent cachées pour un grand nombre d'hommes ; dans Sa Vie Eucharistique, n'est-Il pas encore tous les jours au Saint Tabernacle, seul, inconnu du plus grand nombre des hommes, délaissé pendant des jours, des mois, et des années entières, comme cela arrive dans un grand nombre d'églises ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ a enduré, sans se plaindre et avec une patience inaltérable, tous les mépris, toutes les insultes, tous les outrages que ses ennemis Lui ont prodigués ; dans Sa Vie Eucharistique ne supporte-t-Il pas encore tous les jours les mêmes indignités ! Que fait-il pour s'en venger ? D'un mot Il pourrait terrasser ses ennemis ; ce mot Il ne le dit jamais ! Ô patience admirable ! Ô humilité incompréhensible ! Eh bien ! Voilà mon modèle. Mais comment se fait-il qu'après un si grand nombre de communions, après tant de visites au Saint-Sacrement, je conserve encore un si grand désir de paraître, d'être regardé comme quelque chose ! Comment se fait-il que je repousse avec tant de force la plus légère humiliation, et que la moindre apparence de mépris m'irrite !

Ô Jésus ! Anéanti sous les espèces du Divin Sacrement, je Vous adore avec un respect profond, et je dépose à Vos pieds toute ma fierté, tout mon orgueil ; hélas ! Il est si grand ! Jésus, doux et humble de cœur, ayez pitié de nous !

 

Deuxième point

Jésus-Christ modèle de pauvreté et d'obéissance dans Sa Vie Eucharistique

 

La pauvreté et l'obéissance sont les filles chéries de l'humilité. Elles naissent de l'humilité qui ne peut pas exister sans les enfanter. Aussi l'accompagnent-elles partout, et quand on les aperçoit, on juge de la présence de l'humilité, malgré tous les artifices que celle-ci emploie pour demeurer cachée. Jésus-Christ a été pauvre. Qui le fut jamais plus que Lui ! Pauvre dans Ses parents, pauvre dans le lieu de Sa Naissance, pauvre dans Ses occupations, pauvre pendant Sa Vie Apostolique, ne possédant rien, recevant l'aumône des saintes femmes, comme le dit saint Luc. Il a été obéissant. Saint Paul renferme tout dans ce mot sublime : « Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la Croix ». Ces exemples de pauvreté et d'obéissance, Jésus-Christ nous les donne encore dans Sa Vie Eucharistique. Là Il est pauvre. N'avoir rien à soi, ne vivre que des offrandes volontaires des hommes, dépendre de leur générosité pour le logement et tout ce qui est nécessaire a la vie ; n'avoir pas même une retraite assurée, et se voir exposé à être chassé à tous les instants du lieu que l'on habite ; n'est-ce pas le sublime de la pauvreté ?

Eh bien ! Voyez Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique. Il est logé où nous voulons, et mille fois les demeures qu'on Lui avait offertes, on les Lui enlève pour le transporter ailleurs. Les vases sacrés où notre piété renferme Son Corps et Son Sang, Lui appartiennent si peu que tous les jours on en dispose, on les change pour les faire passer à un autre usage. Qui sait si cette pièce d'argent que je tiens dans ma main n'a pas été, il y a quelques années, une coupe de calice, un ciboire ! Encore si Jésus-Christ ne se livrait qu'à des hommes pleins de foi et brûlant d'amour pour Lui ! Mais hélas ! Que d'églises abandonnées, que d'autels vermoulus, sales et couverts de poussière, que de Tabernacles sans ornements ; que d'objets employés à la célébration des plus augustes Mystères, tellement pauvres, que personne ne consentirait à les placer sur sa table ! Ô mon Dieu ! Ce sont là des vérités certaines, des faits dont il est facile d'être témoin. Et Jésus consent à cette pauvreté pour ne pas me priver du bienfait de son adorable présence !...

Cependant j'aime le superflu, j'aime ce qui est beau, riche, élégant ! Mes meubles et mes vêtements, ma table surtout annoncent que j'ai horreur de la pauvreté ! Que dirai-je maintenant de l'obéissance de Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique ? Il s'est livré à sa créature dont la volonté a sur lui un souverain empire. Oui, Jésus-Christ dans Sa Vie Eucharistique enchaîne Sa Volonté, Sa Liberté à la volonté du prêtre. Le prêtre parle et Jésus-Christ est dans la Sainte Hostie ; le prêtre parle et Jésus-Christ va d'un lieu à un autre ; le prêtre parle et Jésus-Christ habite cette Église ; il parle et Jésus-Christ va dans une autre ; le prêtre parle et Jésus-Christ se donne à cent personnes ; il parle et Jésus-Christ ne se donne pas. Ô prodige d'amour ! Ô Mystère incompréhensible ! Un Dieu renonce à sa liberté pour se mettre à la libre disposition d'un homme, et quelquefois cet homme est un grand coupable !

C'est assez, ô mon Sauveur, c'est assez. Laissez-moi m'anéantir devant vous. Vile poussière toujours révoltée contre Votre Majesté Souveraine, j'ose encore lever mes yeux vers l'adorable Eucharistie ! Ah ! Seigneur ! Je suis confondu ! Mais vous avez encore pour moi des Miséricordes. Non, Vous ne m'abandonnerez pas !...

 

Troisième point

Jésus-Christ modèle de pureté dans Sa Vie Eucharistique

 

C'est une remarque déjà faite depuis longtemps, Jésus-Christ a souffert qu'on le calomniât en attaquant Sa Doctrine, Son obéissance aux Lois, Son respect même pour Dieu ; mais Il n'a pas voulu permettre que la calomnie pût arriver jusqu'à Sa pureté infinie. Roi des Vierges et de toutes les âmes pures, Il a voulu naître d'une Vierge ; s'Il a eu de la préférence pour l'un de Ses Apôtres, cette préférence a eu pour objet celui qui était vierge. Aussi tous les Saints l'ont reconnu, pour plaire à Jésus-Christ il faut aimer la pureté. Dans Sa Vie Eucharistique, le Divin Sauveur nous inspire le plus grand mépris et la plus grande aversion pour nos sens. En effet, Il est dans le Saint Sacrement avec tous Ses sens, et néanmoins il refuse de s'en servir ; avec la faculté de voir, d'ouïr, de parler, de goûter, de se mouvoir, Il n'en fait aucun usage. Il impose à Ses sens la privation de toutes les opérations qui leur sont naturelles. C'est ce qui résulte de la manière d'être de Jésus-Christ dans le divin Sacrement.

Or, n'est-il pas évident que le Sauveur veut m'apprendre la mortification de mes sens, qu'il désire que je devienne comme insensible aux objets extérieurs, pour n'être pas séduit par leur attrait et corrompu par leurs charmes. Ô Vie angélique produite par la Sainte Eucharistie ! Elle rend le fidèle une image vivante du Corps de Jésus-Christ caché sous les espèces sacramentelles. L'âme qui parvient à cette pureté entre dans la vie spirituelle qui la rend digne de contracter cette alliance mystérieuse par laquelle Jésus-Christ devient véritablement son Époux. « Vous êtes Ma sœur, Mon épouse ». Cette alliance que Jésus-Christ a contractée avec Son Eglise, suivant les paroles de Saint Paul, Il la contracte en particulier, par la Sainte Eucharistie, avec toutes les âmes qui veulent vivre de Sa Vie Divine, et ne faire plus qu'une seule chose avec Lui. Ô Divine Eucharistie ! Mariage sacré ! Chaste union de l'homme avec Dieu ! Qui dira tes délices ! Un seul esprit, un seul cœur, ou plutôt deux esprits et deux cœurs, l'esprit de Jésus-Christ et l'esprit de l'homme, le cœur de Jésus-Christ et le cœur de l'homme ! Ô embrassement divin qui fait couler dans l'âme pure, l'âme, l'esprit, le cœur, la vie de Jésus !...

Mais pour mériter ces faveurs, pour être introduit dans ce Cellier Mystique où le Divin Époux enivre d'un vin délicieux l'âme dont Il fait Son épouse, il faut un grand éloignement de tout ce qui est impur ; il faut que les sens soient tenus captifs par la mortification ; il faut pouvoir s'écrier dans un saint transport : « De même que mon Bien-aimé est tout à moi, moi je suis tout à Lui ». Oh ! Comme je vais travailler à devenir pur, chaste, mortifié. Divine modestie, venez orner mon front, gardez mes yeux, ma langue, mes oreilles; gardez mon cœur !...

 

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14 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

 

Vingtième jour

Le Samedi de la troisième semaine après l'Octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Faites briller en nous Votre Lumière,

Répandez l'amour dans nos cœurs,

Soutenez la faiblesse de nos corps

Par Votre éternelle vigueur !

Je Vous salue Marie

 

Dans l'admirable chapitre de l'Evangile de Saint Jean où Jésus-Christ parle de la Divine Eucharistie, nous lisons ces paroles dont la sublime profondeur doit fixer aujourd'hui notre attention : « Comme Mon Père qui est vivant M'a envoyé, et Moi Je vis à cause de Mon Père ; ainsi celui qui Me mange vivra à cause de Moi ». évidemment le Sauveur a établi une comparaison dans laquelle nous trouvons pour nous un honneur que je serais tenté d'appeler infini ; et je trouve dans cette comparaison le principe de toutes les obligations que contracte l'âme fidèle en mangeant le Pain Céleste qui lui est offert par un effet de la Charité immense de Jésus-Christ. Le Sauveur nous enseigne qu'Il a été envoyé par Son Père et qu'Il ne vit qu'à cause de Son Père. Comme Dieu, Il ne vit que par Son Père, puisqu'Il est Son Fils unique et qu'Il a été engendré de toute éternité dans les splendeurs de Sa gloire. Envoyé par Son Père, revêtu de notre nature pour procurer Sa gloire, Il ne vit que pour Son Père et en union avec Son Père. C'est une vérité que nous trouvons dans l'Evangile et qui nous est enseignée par Jésus-Christ Lui-même. « Je cherche la Gloire de Celui qui M'a envoyé ». « Je suis descendu du Ciel pour faire la Volonté de Celui qui M'a envoyé ». « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un ». « Je Vis dans Mon Père, et Mon Père vit dans Moi ». Nous pouvons donc dire que ces paroles : « Je vis par Mon Père, je vis pour mon Père, je vis avec mon Père ».

Eh bien ! Les rapports qui existent entre Jésus-Christ et Son Père, le Sauveur nous apprend qu'ils devront exister entre l'âme fidèle qui se nourrit de Sa Chair, et Sa propre personne. « De même que Je vis par Mon Père, celui qui Me mange vivra par Moi ». D'où il suit que l'union qui existe entre Jésus-Christ et Son Père est le modèle de l'union qui devra exister entre Jésus-Christ et nous. Si le Verbe, dit Saint Hilaire, s'est fait chair véritablement, et si nous recevons vraiment dans l'Eucharistie le Verbe fait chair, pourquoi ne croirons-nous pas qu'Il demeure réellement en nous ? Lui qui, en se faisant homme, s'est uni d'une manière inséparable la nature de notre chair, et qui a joint cette même nature humaine à Sa Nature Divine dans le Sacrement où Il nous communique sa chair adorable ! Et c'est ainsi que nous ne sommes qu'un tous ensemble, le Père étant dans Jésus-Christ, et Jésus-Christ étant dans nous. C'est donc un grand Mystère d'unité qui s'opère tous les jours par la Divine Eucharistie. Jésus-Christ avait dit à son Père : « Mon Père faites qu'ils soient un, comme nous sommes un ». Il avait dit encore à ses Disciples : Je suis la Vigne, vous êtes les Sarments ».

Eh bien, en instituant le Divin Sacrement de l'autel, le Sauveur donne à l'homme le moyen infaillible de réaliser cette union. Dès lors le fidèle qui se nourrit de la Chair et du Sang de Jésus-Christ, ne fait qu'une seule chose avec Jésus-Christ et avec tous ses frères unis au même chef. Il est attaché à Jésus-Christ comme le sarment à la vigne ; il reçoit le suc, la sève qui lui fait porter des fruits de bénédiction, il est vivifié par cette union. S'il en est ainsi, et personne ne sera tenté d'en douter, l'âme qui se nourrit de Jésus-Christ par Son Divin Sacrement, pourrait-elle ne pas vivre uniquement par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ et en Jésus-Christ ! Ô vie toute céleste qui glorifiera Dieu comme la vie de Jésus-Christ sur la terre l'a glorifié pendant trente-trois ans ! On pourra dire du fidèle ce que le prêtre dit à l'autel en tenant dans ses mains le Corps de Jésus-Christ : par Lui, en Lui et avec Lui, Dieu est glorifié !

 

Premier point

Celui qui mange la Chair de Jésus-Christ, vivra par Jésus-Christ

 

La Sainte Eucharistie, en nous mettant en possession de Jésus-Christ, nous communique le principe d'une vie toute divine. Le Sauveur, par cet ineffable Mystère, nous donne tout ce qu'il est, sa Chair et son Sang, son Ame et sa Divinité, et comme Il devient, par la Communion, notre propre nourriture, notre âme reçoit par cette nourriture une vie surnaturelle, la vie de Jésus-Christ, la vie de son âme, la vie de sa Divinité, donc la vie d'un Dieu. Il est impossible d'en douter ; c'est la fin que le Sauveur s'est proposée en instituant l'adorable Sacrement de l'autel. Lui qui était venu sur la terre pour former de vrais adorateurs qui adoreraient le Père en esprit et en vérité, comme Il l'adorait Lui-même, a voulu que la vie qui était dans Lui devint notre propre vie ; et comme la nourriture est destinée à donner, à entretenir la vie, et que la vie dépend de la nourriture, Il a voulu que nous fussions nourris de Sa propre substance, afin d'être Lui-même le principe et la cause de notre vie.

Ah ! je comprends cette exclamation du grand Pape Saint Grégoire : « ô Chrétien, comprends ta dignité ! » Je puis donc vivre par Jésus-Christ, comme Jésus-Christ vit par son Père. Que dis-je ? Je le dois ; Jésus-Christ le veut, Il l'exige. Mais qu'est-ce que vivre par Jésus-Christ ? C'est penser, vouloir et agir suivant l'impulsion que donne Jésus-Christ. L'âme qui vit de cette vie divine, confond ses pensées et ses jugements avec les pensées et les jugements de Jésus-Christ ; elle veut, elle désire, elle craint, elle espère, elle aime, et tous ces divers mouvements de son cœur ne sont que la répétition, si je puis m'exprimer de la sorte, des mouvements du Cœur de Jésus-Christ. Cette âme agit au dehors, en dirigeant le corps sur lequel elle exerce un souverain empire ; mais toutes ces actions extérieures commandées, dirigées par l'âme fidèle, sont des actions conformes à celles que Jésus-Christ a faites ou qu'Il aurait faites dans les circonstances où nous nous trouvons placés. Voilà comment on vit par Jésus-Christ, et tel doit être le fruit de nos communions. Suis-je du nombre de ces Saints qui peuvent dire : « Depuis que je communie, je sens que ma vie est changée en celle de Jésus-Christ, je ne vis que par Lui. Il me semble que je pense par Son esprit, que j'aime par Son cœur, que j'entends par Ses oreilles, que je vois par Ses yeux, que je parle par Sa langue, que je travaille par Ses mains ! » O Jésus ! Soutenez mon courage. Je me vois encore si éloigné de cette perfection chrétienne à laquelle m'oblige la fréquentation des Sacrements ! Oh ! que je me sens humilié !

 

Deuxième point

Celui qui mange la Chair de Jésus Christ, vivra pour Jésus-Christ

 

Vivre pour quelqu'un c'est lui rapporter tout ce que l'on fait. Un père, une mère vivent pour leurs enfants, un serviteur pour son maître, lorsque toute leur ambition est de procurer le bonheur, ceux-ci de leurs enfants, celui-là de son maître. Jésus-Christ n'a vécu que pour son Père. « Il est écrit de moi que je devais faire Votre Volonté ; c'est aussi, mon Dieu, ce que l'ai voulu, et Votre Loi est gravée au fond de mon cœur ». C'est donc en rapportant toute Sa Vie à la Gloire de Son Père, que Jésus-Christ a réparé l'injure faite par le péché à la souveraine Majesté de Dieu. Or, le Chrétien ne doit vivre que pour Jésus-Christ, pour Ses intérêts, pour Sa gloire. La gloire de Jésus-Christ consiste en ce que tous les membres de Son Corps Mystique qui est l'Eglise, lui rapportent toutes leurs actions, toute leur vie. C'est ce que les premiers Disciples de l'Evangile avaient parfaitement compris. Ils étaient ravis de joie, au milieu des opprobres, parce qu'on les jugeait dignes de souffrir pour le Nom de Jésus.

La sainteté n'est pas autre chose qu'une vie toute consacrée à la gloire de Jésus-Christ. Le désir de cette gloire a toujours été le caractère distinctif des vrais Disciples de l'Homme-Dieu. L'Eglise n'a été fondée que pour étendre le règne de Jésus et procurer sa gloire. Voilà pourquoi elle chante continuellement : « Vous êtes le Roi de Gloire, ô Christ ! Vous êtes le seul Dieu, Vous êtes les seul Très-Haut, Jésus-Christ, nous vous rendons grâce pour Votre immense Gloire ! » Or, la Sainte Eucharistie nous est donnée comme un moyen efficace de procurer la gloire de Jésus-Christ, en ne vivant plus que pour Lui. Saint Augustin en expliquant ces paroles du Sauveur : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en lui », nous dit : c'est la participation du Corps et du Sang de Jésus-Christ qui fait que celui qui mange sa chair vit pour Lui, c'est-à-dire Lui rapporte comme à son Chef la vie qu'il mène comme un de ses membres.

Il y a bien loin de cette vie divine à la vie que mènent la plupart des Chrétiens. Hélas ! Que sont aujourd'hui, pour un grand nombre de ceux qui communient, les intérêts de Jésus-Christ ! Ce qui le glorifie devient-il leur propre gloire et l'objet de leurs plus ardents désirs ? Ce qui est opposé à cette gloire, les outrages qu'Il reçoit, les humiliations dont Il est saturé dans la personne de son Eglise, tout cela occupe-t-il un grand nombre de ceux que l'on voit à la table sainte se nourrir de la chair du Sauveur ? Les tristesses de Jésus-Christ et de son Eglise pèsent-elles sur leur cœur ? Ô douleur ! On mange la chair de Jésus-Christ, on boit Son Sang, et l'on ne vit que pour soi, pour le monde, pour les créatures ! C'est ici que je dois examiner sérieusement si la communion produit en moi son effet naturel, celui de me faire vivre pour Jésus-Christ !

 

Troisième point

"Celui qui Me mange vivra avec Moi"

 

Voici ce que dit un grand Saint sur ces paroles que nous avons déjà rapportées : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en Lui : De même que si l'on joint de la cire avec d'autre cire, l'une et l'autre n'en font plus qu'une, de même aussi celui qui reçoit la Chair de Jésus-Christ, et qui boit Son Sang, n'est plus qu'un avec Lui ; parce qu'il est comme incorporé en Lui par cette divine Communion à Son Corps ; en sorte qu'il est lui-même dans Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est dans lui. Saint Augustin ajoute : Nous mangeons cette viande, et nous buvons ce divin breuvage, lorsque nous demeurons en Jésus-Christ et que Jésus-Christ demeure en nous. Celui donc qui ne demeure point en Jésus-Christ et en qui Jésus-Christ ne demeure point, ne mange point spirituellement Sa Chair, ni ne boit point spirituellement Son Sang, quoiqu'il mange visiblement le Sacrement de Son Corps et de Son Sang ; mais il le mange au contraire pour son jugement et pour sa condamnation. N'est-ce pas ce qu'a voulu nous enseigner le Sauveur par ces paroles : C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Non, la chair divine de Jésus-Christ ne sert de rien au malheureux qui communie en refusant de vivre de la vie de Jésus-Christ.

Mais qu'est-ce que vivre avec Jésus-Christ ? Nous demeurons en Lui, répond toujours le même Père, lorsque nous sommes ses membres ; et Il demeure Lui-même en nous lorsque nous sommes Son temple. C'est l'unité qui nous lie avec notre chef, et la charité est le principe de cette union. Quand le Sauveur a dit : « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un », Il a voulu que nous disions la même chose : « moi et Jésus-Christ, Jésus-Christ et moi nous ne faisons ensemble qu'une même chose ». Admirable idée que nous trouvons dans la matière même du Sacrement. Plusieurs grains de froment mêlés et confondus ensemble font un seul pain; plusieurs grains de raisin ne font dans le pressoir qu'un même vin. Ainsi Jésus-Christ devenu mon pain, ne doit faire avec moi qu'une même chose.

Lui en moi ! Moi en Lui ! ô Mystère ineffable ! Union délicieuse qui a fait le bonheur des Saints, au milieu des plus terribles épreuves de cette vie ! Union qui sera perfectionnée et consommée dans le Ciel, lorsque Dieu sera tout en tous, et toutes choses pour tous !... Ah ! Je comprends maintenant mieux que jamais tout ce qu'il y a de suave dans cette parole : « Votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ ». Non, les consolations et les douceurs de la vie chrétienne, ce sont des trésors qui ne paraissent pas ; le mondain, l'âme sensuelle n'en ont aucune idée; tout est caché en Dieu avec Jésus-Christ. Heureuse l'âme qui vit de cette vie d'union ! Pourquoi refuserais-je ce bonheur ? Il m'est offert par Jésus-Christ, courage, mon âme, romps avec le monde, avec la vanité, avec les plaisirs. Viens, jette-toi dans Jésus-Christ, plonge-toi dans cet abîme d'amour ; commence dès cette vie ce que tu es destinée à faire pendant l'éternelle durée des siècles !...

 

O memoriale mortis Domini !

Panis vivus, vitam praestans homini !

Praesta meae menti de te vivere

Et te illi semper dulce sapere.

 

O mémorial de la mort du Seigneur !

Pain vivant qui procure la vie à l'homme !

Procure à mon esprit de vivre de toi

Et de toujours savourer ta douceur.

 

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13 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-neuvième jour

Le Vendredi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit-Saint, En nos cœurs,

et envoyez du haut du Ciel

un rayon de Votre Lumière.

Je Vous salue Marie.

 

Nous lisons dans l'Apocalypse ces paroles qui renferment une promesse des plus consolantes pour nous: J'entendis une grande voix sortir du trône, disant : « Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes ; et Il demeurera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu ». Tout ce qu'on pourrait dire pour faire comprendre l'éminente dignité de nos Eglises, ne serait qu'un pâle commentaire de ces admirables paroles : « Le Tabernacle de Dieu avec les Hommes , Il demeurera avec eux ! » Lorsque le saint Patriarche Jacob s'écriait : « O que ce lieu est Terrible ! C'est véritablement la Maison de Dieu et la Porte du Ciel ! » Le Saint Esprit lui communiquait, selon la pensée de Saint Augustin, la Foi Chrétienne ; il croyait comme futures les vérités que nous croyons accomplies. Voilà pourquoi l'Eglise Catholique emploie les mêmes expressions pour imprimer dans notre cœur le respect sincère et la vénération profonde qui est due à nos temples.

Dieu voulut, dans l'ancienne Loi, un temple unique bâti à Jérusalem, et destiné à la prière et aux sacrifices. L'Ecriture nous raconte tout ce que fit le Seigneur pour donner aux Israélites une haute idée de la sainteté et de la majesté de ce lieu. Nous savons avec quel soin ce Temple appelé la Maison De Dieu, fut construit par le plus sage des rois de Juda. La richesse et la beauté de cet édifice surpassèrent tout ce qu'on avait vu jusqu'alors parmi les nations. Les enfants d'Israël en approchaient avec un profond sentiment de respect. Il était écrit : « Tremblez Devant Mon Sanctuaire, Je suis le Seigneur ». Dieu daignait y rendre sa présence sensible ; Il y faisait entendre Ses oracles, et une nuée mystérieuse était le signe de la Majesté du Seigneur qui se révélait à son peuple. Mais, comme tout ce que renfermait l'ancien Testament, ce temple n'était qu'une figure. Un honneur et un privilège bien plus grand était réservé aux hommes. C'était l'Eglise Catholique qui devait, par un vif sentiment de reconnaissance, s'écrier un jour avec vérité : « Il n'y a point d'autre nation, quelque puissante qu'elle soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle, comme notre Dieu est proche de nous ! » « Est-il donc croyable que Dieu habite avec les hommes sur la terre ? »

Je dis l'Eglise Catholique. Hélas ! Pourquoi ne pouvons-nous pas attribuer cet honneur à tous les peuples régénérés en Jésus-Christ par le baptême ? L'hérésie en rejetant le dogme de la présence réelle, et en niant le sacrifice de la nouvelle alliance, qu'a-t-elle fait de nos temples, et que sont à nos yeux ceux qu'elle a édifiés elle-même ? Qui pourrait s'empêcher de porter un regard plein de compassion et de tristesse sur nos pauvres frères égarés ! Ils se révoltent contre l'incompréhensibilité de nos Mystères, et dès lors, que peuvent-ils opposer à la dignité et à la grandeur de nos Eglises ? Que peuvent-ils comparer aux consolations ineffables qu'elles nous procurent ? Non, ils n'ont pas un temple comme le nôtre.

Passez devant ces élégants portiques et ces colonnes taillées avec art: vous pourrez bien admirer le génie d'un architecte ou le talent d'un sculpteur ; mais vous n'éprouverez aucun sentiment. Les portes mêmes de ces édifices semblent refuser de s'ouvrir pour vous permettre d'épancher votre âme en la présence de Dieu. Si vous en demandez la cause, on vous répond que ces portes sont ouvertes quand il se trouve quelqu'un dans le temple. Il n'y a donc habituellement personne dans ces demeures, quand les hommes se retirent. Oh ! Non, il n'y a personne ; et voilà pourquoi tout est froid, muet, insensible comme la pierre dont l'édifice est construit. Il en est bien autrement chez nous. Les portes de nos temples sont toujours ouvertes. Venez, pauvres, orphelins, hommes délaissés par le monde. Il y a quelqu'un ici qui vous appelle. Quand vos yeux ne rencontreront aucun de vos frères dans cette enceinte, ne la regardez pas comme une solitude ; si c'en est une, vous y trouverez toujours Celui qui s'est rendu solitaire pour l'amour de vous. N'avez-vous pas aperçu à l'entrée du sanctuaire cette lumière qui ne s'éteint jamais ? C'est le symbole de cet Amour qui veille toujours pour recevoir à chaque instant les soupirs des malheureux. Avancez sans crainte. Seul avec votre Dieu, votre âme peut répandre ses douleurs à ses pieds. Confiez à Jésus les secrets que lui seul est capable d'entendre. Pleurez, Jésus verra vos larmes, Il en sera touché, vous sortirez consolé.

 

Premier point

Nous devons respecter les églises

 

L'Eglise est le Tabernacle de Dieu. Pourquoi ? parce que Jésus-Christ est réellement dans la Sainte Eucharistie. En entrant dans l'église, le fidèle qui a véritablement la Foi, se dit à lui-même : « C'est vraiment ici La Maison de Dieu et la porte du Ciel. Si j'avais eu le bonheur de pénétrer dans l'étable de Bethléem, si Marie m'eût accordé l'honneur insigne de m'admettre dans la maison de Nazareth, et que j'eusse pu converser pendant quelques heures avec Jésus-Christ, avec quel respect profond je me serais approché de ce lieu sacré, plein de la majesté et de la sainteté d'un Dieu ! Eh bien ! Ici je trouve mon Dieu ! Il est chez lui, il me reçoit dans sa maison. Ce temple est sa propre demeure, Il a ordonné d'en ouvrir la porte, afin que je pusse y entrer. Là se trouvent en adoration une multitude d'Anges qui habitent le lieu saint, pour honorer le souverain Roi de l'univers, et former sa cour. Une voix me crie: Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas ! Ah ! Si vous le connaissiez, vous approcheriez de sa demeure avec une sainte frayeur ! Isaïe vit la majesté de Dieu, et des millions d'Anges, qui, par respect, se couvraient de leurs ailes, ne pouvant soutenir l'éclat de sa gloire ».

Mon Dieu ! Comme on y pense peu ! Oh ! Combien de Catholiques devraient s'écrier : « Ce lieu est véritablement saint, et je ne le savais pas ! » Disons plutôt que la plupart d'entre eux refusent d'y penser. On ne voit que trop souvent, s'écrie Saint Bernard, ce qu'on ne devrait voir qu'en versant des larmes amères; c'est que les Saints de l'ancien Testament ont honoré la seule figure de nos Mystères, bien plus que nous n'honorons les Mystères eux-mêmes. Car, tandis que Jacob étant au milieu d'un champ, se considéra dans Le lieu du monde le plus saint et le plus terrible ; on est souvent, au contraire, dans une église avec la même irrévérence et les mêmes égarements d'esprit, que si l'on était au milieu d'un champ. Le Dieu dont la majesté remplit nos temples, est un Dieu Caché, comme l'appelle l'Écriture ; mais pour être caché en est-Il moins avec nous ? Sa présence est-elle moins certaine !... Non, sur la terre, il n'y a rien de Saint comme nos églises. Mais alors le recueillement, le respect le plus profond, ne sont-ils pas absolument nécessaires ?

Ce respect doit être intérieur, vrai, sincère. Il se manifeste par tout l'extérieur, l'attitude la plus grave, la plus décente; une modestie, un recueillement parfait, est-ce trop pour la sainteté de nos temples ? Hélas ! que voyons-nous ! Mon Dieu, que de profanateurs dans votre maison ! Conversations, plaisanteries, occupations toutes profanes... Arrêtons-nous !... Anges de paix, vous pleurez amèrement sur l'indigne conduite d'un grand nombre d'hommes, dans le temple de notre Dieu. N'ai-je pas mille fois fait couler vos larmes ? Oh ! Comme ma conduite sera différente ! Je veux, dans votre maison, ô mon Dieu, ne voir que vous, ne penser qu'à vous, ne m'occuper que de vous !...

 

Deuxième point

Nous devons fréquenter les églises

 

Si l'Eglise est le Tabernacle de Dieu, c'est pour que les hommes soient admis en Sa présence, qu'ils puissent venir l'adorer et recevoir en même temps les plus abondantes bénédictions. Voila le Tabernacle de Dieu avec les hommes. « Ils seront son peuple, dit le Saint Esprit, et Dieu au milieu d'eux sera leur Dieu ». C'est donc dans l'église qu'il faut chercher Dieu. Sans doute la Divinité est partout ; mais de même qu'elle se manifeste aux Élus dans le Ciel, pour les faire participer à sa gloire ; sur la terre, Dieu a choisi nos temples, pour manifester aux hommes son amour, et les combler de biens. Hélas ! Il y a bien peu d'hommes qui méditent ces vérités ! On parle d'une Église pour louer ses formes élégantes, pour faire admirer les divers ouvrages d'art qu'elle renferme, et après un long entretien, on n'a rien dit qui rappelle le Maître de la maison dont on a fait l'éloge. Ô insensibilité du cœur humain ! Que d'Eglises désertes pendant des jours entiers ! Alors même que Dieu ouvre en faveur des hommes le trésor de ses miséricordes, par la prédication de la Divine Parole, par la célébration de nos augustes Mystères ; lorsque le Saint Sacrement est exposé solennellement à l'adoration des fidèles, les Eglises ne sont-elles pas abandonnées par le plus grand nombre des hommes ? La Foi est si faible dans la plupart des âmes, qu'on verra des personnes de piété, réciter de longues prières, faire de pieuses lectures, méditer la loi de Dieu, dans une sacristie, au milieu des conversations, ou dans tout autre lieu, à quelques pas du sanctuaire, sans penser que Jésus-Christ a dit : « Ma Maison est une maison de prière ».

O Jésus ! On Vous laisse solitaire dans Votre maison ! On ne traite pas de la sorte les grands et les riches de la terre ! On est jaloux d'un regard, d'un signe, de la part de ceux qui disposent des biens périssables de ce monde ; un regard, un signe de votre part, ce n'est rien ; on n'y pense pas !... Si l'Église est devenue une solitude, j'irai souvent y goûter le repos et la paix en présence du Divin Solitaire qu'on y trouve toujours. Je veux être le compagnon fidèle de Sa retraite. Toutes les fois que je pourrai faire à l'Eglise mes exercices de piété, ce sera pour moi la plus douce consolation. Ai-je à perdre quelque chose en les faisant sous les yeux de Jésus ? Je les ferai en union avec Lui ; je le prierai de se joindre à moi, de lire, de méditer, de prier avec moi ! Oui, je veux être là, parce que j'y suis bien !

 

Troisième point

Nous devons orner les églises

 

David avait amassé de grandes richesses, pour la construction et l'ornement du temple qu'il voulait élever au Seigneur. Salomon fut choisi pour ce grand œuvre si cher au Cœur de Dieu. Les bois les plus précieux, les étoffes les plus riches, les ornements et les vases sacrés en or et en argent, tout fut employé pour décorer avec magnificence la maison de Dieu. Dès que l'Eglise Catholique fut libre, et que la fin des persécutions lui permit de sortir des catacombes, elle se hâta d'élever au Seigneur des temples magnifiques. Toujours conduite par le Saint Esprit, elle enseigna à ses enfants que tous les biens et toutes les richesses de la terre appartenant à Dieu, ils devaient regarder comme un très grand honneur, de pouvoir Lui en faire hommage. De là ces prodiges de libéralité que nous admirons dans les siècles passés, libéralité à laquelle toutes les classes de la société voulurent participer. La beauté de nos temples chrétiens, les trésors qu'ils renfermèrent, attestent la vivacité de la Foi, et la piété tendre de nos pères.

Les années de la pauvreté volontaire de Jésus-Christ sont passées. Aujourd'hui le Sauveur est dans la gloire, et Il abandonne à notre piété, le soin d'orner Sa Maison, et de décorer Ses Autels. Tous les Saints ont eu un grand zèle pour l'ornement et la décoration de nos temples, et l'Eglise, par ses lois et par sa liturgie, confond les sophismes, qu'une avarice honteuse a inventés pour jeter le blâme et le ridicule sur le zèle qui a pour objet la décoration et l'ornement de la maison de Dieu. Si je comprends bien ces choses, je me réjouirai de voir une église remarquable par son élégance, par sa propreté, puisque c'est un moyen qui dispose au respect et à la dévotion. Je me réjouirai de voir l'or et l'argent couvrir l'Autel du Sacrifice, et le Sang de Jésus-Christ contenu dans de magnifiques calices. A ce sentiment de véritable bonheur, je joindrai le désir de contribuer, autant qu'il est en moi, à la décoration de l'Église et du Sanctuaire.

Ah ! Si du moins je pouvais donner mes soins au pavé de l'Eglise ! Quoi, Seigneur, balayer Votre Maison, secouer la poussière qui couvre l'escabeau de Vos pieds, serait-ce une fonction que je pourrais mépriser ! Autrefois il fallait appartenir à l'état ecclésiastique pour avoir un pareil honneur ! Et maintenant, il n'y a plus que l'appât du gain qui détermine quelques hommes à entreprendre ce travail ! O mon divin Sauveur, dites, que voulez-Vous que je fasse, chez Vous, et pour Vous !... Mon choix est fait, comme celui du Prophète, je préfère la dernière place dans Votre Maison à tout ce qu'il y a de plus brillant sous la tente des pécheurs.

 

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12 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dix-huitième jour

Le jeudi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

Faites briller en nous ta lumière,

Répandez l'amour dans nos cœurs,

Que sous Votre prévenante conduite,

nous évitions tout mal et toute erreur.

Je Vous salue Marie.

 

On trouve chez tous les peuples une religion, un culte extérieur et public, des temples, des autels, des prêtres et des victimes. Un usage constant et qu'on rencontre partout dans l'antiquité fut de manger en commun la chair des victimes qui avaient été immolées. Dès les premiers temps, le père de famille présidait à la cérémonie. On le voyait rassembler ses enfants, ses domestiques, souvent même les étrangers pour prendre part à ce repas fraternel. Les païens se flattaient, dans cette circonstance, de manger avec les Dieux. Les adorateurs du vrai Dieu, plus sensés, se regardaient comme assis à la table du père commun de toutes les créatures. Jésus-Christ a consacré cet antique usage qui était pour ainsi dire une ombre du festin Eucharistique. Il a dressé un autel dont les autels anciens n'étaient que la figure. Il a voulu des prêtres pour immoler en l'honneur du Maître de l'univers, et la Victime qu'Il a désignée, toujours la même parce quelle est parfaite, doit venir, à la voix du Prêtre, se placer sur l'Autel et s'offrir elle-même, pour le Salut de la grande famille humaine. Le Sacrifice de la Nouvelle Alliance, figuré par ceux de l'ancienne Loi, doit aussi se terminer par la distribution de la Chair immolée, présentée en nourriture à toute la famille chrétienne. Il serait bien difficile de concevoir le sacrifice de la nouvelle loi séparé de la manducation de la victime. Jésus-Christ est donc sur l'Autel, non-seulement comme une Victime immolée pour le Salut du monde ; mais encore comme une viande destinée à nourrir nos âmes. C'est le Sauveur qui l'a dit, en nous adressant cette parole solennelle : « Ma Chair est véritablement une nourriture ».

Maintenant si nous cherchons le principe et la cause de cette conduite que Jésus-Christ tient à l'égard de ses Disciples, en leur livrant Son Corps Adorable et Son Sang Précieux qui furent le prix de notre Rédemption ; si nous demandons au Sauveur pourquoi Il a inventé cette merveille, pourquoi Il a établi ce Mystère incompréhensible que nous appelons la Communion, il nous répondra par cette parole d'une éloquence et d'une profondeur que rien n'égale : « Il aima les siens jusqu'à la fin », c'est-à-dire, « Il porta l'Amour qu'Il avait pour eux jusqu'aux dernières limites où Il semble que l'Amour d'un Dieu puisse atteindre ». Parmi tous les signes extérieurs inventés par les hommes pour marquer l'amour qui les unit entre eux, l'un des plus universellement reconnu, n'est-ce pas la participation à la même nourriture ? Ta table, disait un ancien, est l'entremetteuse de l'amitié. Aussi point de traité, point de fêtes, point de cérémonies d'aucune espèce sans repas. Non, jamais les hommes n'ont trouvé un signe d'union plus expressif que celui de se rapprocher pour participer en commun à la même nourriture. Jésus-Christ a voulu contracter une union intime avec ses enfants, et c'est la raison pour laquelle Il les invite à Sa table. Mais ici l'union va s'exalter jusqu'à l'amour le plus vif. Manger à la même table avec un Dieu, certes, c'est déjà un grand honneur. Eh bien ! Ce n'est pas assez pour ce Cœur brûlant d'Amour qui palpite dans la poitrine de Jésus-Christ. Il inventera quelque chose de bien plus surprenant. « Voila Ma Chair, prenez et mangez ; prenez et buvez : Voila Mon Sang ». Telle est l'invitation qu'Il nous adresse. Il se donne Lui-même, et de ses propres mains, Il veut que nous soyons nourris de sa propre substance.

Qui dira maintenant les effets merveilleux de la sainte Communion ! « Ce que le pain et le vin produisent pour le corps, nous dit le Catéchisme du Concile de Trente, l'Eucharistie le produit, mais d'une manière infiniment plus parfaite pour le Salut et pour le bien de l'âme. Ici ce n'est pas le Sacrement qui se change en notre substance, comme le pain elle vin se changent en la substance du corps. c'est nous-mêmes au contraire qui sommes changés en la nature du Sacrement. En sorte que l'on peut très bien appliquer ici ces paroles que Saint Augustin met dans la bouche de Notre Seigneur : « Je suis la nourriture des hommes faits ; croissez et vous Me mangerez ensuite. Et vous ne Me changerez point en vous, comme il arrive à la nourriture de votre corps ; mais c'est vous qui vous changerez en moi. Que si la grâce et la vérité ont été apportées par Jésus-Christ, il faut nécessairement qu'elles se répandent dans l'âme de celui qui reçoit ce Sacrement avec un cœur pur et innocent, car Notre Seigneur a dit : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang, demeure en Moi et Moi en lui ». Quiconque participe à l'Eucharistie avec Foi et avec piété, en recevant en lui le Fils de Dieu, se trouve uni à Son Corps comme membre vivant. « Celui qui Me Mange, dit le Sauveur, vivra aussi pour Moi. Le Pain que Je donnerai c'est Ma Chair pour la vie du monde. Sur quoi Saint Cyrille a fait cette remarque : « Le Verbe de Dieu, en s'unissant à sa propre chair, l'a rendue vivifiante. Il était donc convenable qu'il s'unît à nos corps d'une manière admirable, par sa Chair Sacrée et par Son Sang précieux qu'Il nous donne sous les espèces du Pain et du Vin, pour nous sanctifier et nous donner la vie ».

Quand le Prophète s'écriait : « J'ai dit, vous êtes des dieux et les enfants du Très-haut », ne semble-t-il pas qu'il ait vu les hommes assis à la table de Jésus-Christ, s'engraissant de sa divine substance et participant, par la Sainte Communion, à la Nature Divine ! La Sainte Communion a toujours fait les délices des âmes pieuses. Malheur au Chrétien qui n'a que du dégoût pour cette nourriture divine ! Il refuse le plus grand honneur que l'homme puisse recevoir sur la terre, il s'éloigne de Celui qui seul peut le rendre fort contre ses nombreux ennemis. la source des jouissances les plus pures est tarie pour lui.

 

Premier point

La Sainte Communion est pour nous un principe d'honneur

 

Lorsque Jésus-Christ disait : « Si quelqu'un M'aime, Mon Père l'aimera, nous viendrons à lui et nous établirons dans lui notre demeure ». Ne semble-t-il pas qu'il ait voulu parler de la Sainte Communion ? C'est Lui-même qui a dit : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi et Moi en lui ». Or, est-il possible à Dieu même d'élever plus haut la créature ! On consacre les Eglises par beaucoup de cérémonies, de prières et d'exorcismes. On consacre les Autels sur lesquels le Saint Sacrifice doit être offert, les vases d'or et d'argent où l'on doit renfermer la Sainte Eucharistie. Rien n'est plus raisonnable, et c'est un sacrilège de profaner les temples et les vases sacrés. Mais par la Sainte Communion, nous devenons bien autre chose qu'un temple, un autel, un calice, un ciboire. Tous ces objets sont matériels. et Jésus-Christ ne contracte aucune sorte d'union avec eux. Il n'en est pas ainsi de notre corps et de notre âme. Jésus-Christ venant dans nous, les sanctifie réellement par l'union étroite qu'il contracte avec notre personne. Notre poitrine devient Son Tabernacle, notre cœur Son Trône, notre âme Son épouse. Il est tout en nous, et Son Esprit, Sa Divinité même se livrent entièrement à nous pour nous faire vivre de Sa propre vie. C'est alors que nous pouvons dire en toute vérité : « Ce n'est pas moi qui vit, mais Jésus-Christ qui vit en moi ».

Ici c'est bien plus qu'une visite, c'est une union, et l'union la plus intime que l'on puisse imaginer, celle qui résulte de la nourriture avec la personne qui mange. Notre âme se mêle en quelque sorte à la substance même de Jésus-Christ, de sorte que cette parole du Divin Sauveur : « Moi et Mon Père nous ne sommes qu'un », le fidèle peut la prononcer et s'écrier, au moment de la Sainte Communion, « moi et Jésus-Christ nous ne faisons qu'un » !... Le Sauveur a dit : « Je vis a cause de Mon Père, et celui qui Me mange vivra à cause de Moi ». De même que le Fils a reçu du Père l'essence, la vie, toutes les perfections, de telle sorte qu'Il est un seul et même Dieu avec le Père ; qu'Il vit, pense, veut, agit toujours avec le Père et comme le Père; de même, par la communion, le fidèle participe à la vie et aux perfections du Fils. La nourriture s'unit à celui qui la reçoit, elle devient sa substance. Par elle, le corps vit et augmente. Par la Divine Eucharistie, notre âme se mêle avec le Corps de Jésus-Christ. Ainsi le Père engendrant son Fils de toute éternité, lui communique sa propre vie. Le Fils communique cette vie divine à son humanité sainte dans l'Incarnation. Par la Communion, chaque fidèle reçoit de l'humanité sainte de Jésus-Christ cette même vie. Ô vie divine de l'âme chrétienne ! Elle a sa première origine dans le sein de Dieu le Père vivant par Lui-même et communiquant la vie à son Fils, et, par son Fils, à la chair et au sang qu'il s'est unis, et par cette chair et ce sang adorables, à la chair et au sang de ses membres, pour passer, par ce canal, jusque dans leurs cœurs.

Ô mon Dieu ! D'où me vient cet honneur ? Non, Seigneur, je ne suis pas digne !... Ô prodige d'amour ! Ô miracle de la grâce ! Le serviteur pauvre et méprisable mange la chair de son Dieu !...

 

Deuxième point

La Sainte Communion est pour nous un principe de force

 

« Celui qui Me mange demeure en Moi et Moi en lui ». Je demande ce que devient l'homme ainsi uni à un Dieu !.... Sa faiblesse naturelle n'est-elle pas changée en une force divine ! Force contre le Démon. Si l'Ange exterminateur s'arrêta devant les portes teintes du Sang de l'agneau, que ne doit pas éprouver le Démon quand il nous voit couverts du Corps et du Sang de Jésus-Christ, enveloppés en quelque sorte de cette divine substance ? Ah ! je le sais, « le Démon, comme un lion rugissant, tourne sans cesse autour de nous, cherchant à nous dévorer » Mais ce que nous savons aussi, c'est qu'il a poussé un grand cri pour confesser que la présence de l'Homme-Dieu le tourmentait. Saint Jean Chrysostôme dit : « Le Démon rugit et prend la fuite, quand il voit un Chrétien dont les lèvres sont rougies par le Sang de Jésus-Christ ». Force contre le monde. La vie est semée d'écueils. Le monde en offre à chaque pas ; la contagion du mauvais exemple, les effets pernicieux de toutes ces doctrines opposées à l'Evangile, les conseils perfides, les railleries continuelles contre les gens de bien. O mon Dieu, que d'âmes faibles succombent à chaque instant !

Où les martyrs des premiers siècles de l'Eglise allaient-ils puiser cette force étonnante qui leur faisait braver les menaces des tyrans et des persécuteurs ? C'était à la table Eucharistique. La faiblesse de l'âge, la délicatesse du sexe ne les empochait pas de devenir des héros. En revenant de la table sacrée, ils couraient au martyre. Aujourd'hui encore, d'où vient aux âmes pures et ferventes, ce courage invincible qui les rends supérieures à toute la malice et à la corruption effrayante du monde ? Il est facile de s'en convaincre. La Sainte Communion, voilà leur force ! La Sainte Communion est la lumière de l'âme. Par elle, les yeux de notre intelligence sont ouverts, nous connaissons la grandeur de Dieu et l'excellence des biens éternels ; nous connaissons le monde, la perversité de ses doctrines, les dangers qu'il nous offre et l'abîme dans lequel il pourrait nous entraîner. Alors plus de faiblesse, ni de respect humain. Comme les Disciples d'Emmaüs, le fidèle connaît Jésus, lorsque assis à sa table, il reçoit de ses mains divines, le pain descendu du Ciel. La Sainte Communion enflamme la volonté et lui communique les plus saints désirs. Jésus-Christ parle sur la roule pénible de cette vie. L'âme qui a le bonheur de l'entendre, s'écrie comme les deux Disciples : « Notre cœur n'était-il pas embrasé au dedans de nous-mêmes, tandis qu'Il nous parlait ». La Sainte Eucharistie est comme un feu qui embrase l'âme qui s'en nourrit; elle entretient et augmente l'amour.

Une âme ainsi éclairée, échauffée, a-t-elle quelque chose à craindre du monde et de ses doctrines ? Non, elle est forte comme la mort. Elle donnerait mille vies plutôt que d'abandonner Dieu ! Force contre notre propre nature. Elle est si fragile ! Hélas ! C'est bien notre cœur qui a été, suivant l'expression du Concile de Trente, brisé et affaibli. La Chair Convoite contre L'esprit, s'écrie le grand Apôtre, et l'esprit convoite contre la chair. Nous connaissons cette loi des membres qui combat contre la loi de l'esprit, pour nous rendre captifs sous la loi du péché. Hélas ! Nous pouvons bien nous écrier comme le grand Apôtre : « Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de de corps de mort ? Ce sera la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ », qui est communiquée à notre âme par la manducation de sa Chair infiniment sainte.

O mon Dieu ! Comme il est fragile ce vase dans lequel je porte ma vertu ! Mais combien de Saints qui avaient les mêmes tentations, dont les passions étaient vives, et qui ont conservé leur âme innocente et leur cœur exempt de souillure! Où puisaient-ils cette énergie et ce courage nécessaires pour dompter la chair et la réduire en servitude? Dans la Sainte Communion. O doux Jésus ! Vous avez dit : « Le Pain que Je donnerai, c'est Ma Chair pour la vie du monde ». Donnez-le Moi ce pain ; j'ai besoin de m'en nourrir continuellement pour ne jamais perdre la vie de la grâce.

 

Troisième point

La Sainte Communion est pour nous un principe de joie

 

La vie chrétienne a ses tristesses. Le Sauveur l'a dit : « Le monde se réjouira, vous, vous serez dans la tristesse ». Et, cependant, le cœur du véritable fidèle devient comme une fête continuelle. C'est qu'il y a, au milieu des tristesses inséparables de notre condition présente, un bonheur, une paix, une joie que le monde ne saurait donner, et qu'il ne connaît même pas. Quelle est la source de ce bonheur ? N'est-ce pas, pour le cœur qui est tout à Dieu, n'est-ce pas la Sainte Communion ? L'âme a des désirs, les créatures ne sauraient les rassasier ; mais voilà Jésus-Christ qui m'appelle et qui remplit mon désir en me comblant de biens ». L'âme se sent pauvre et dénuée de biens, elle entend une voix qui sort du Tabernacle : « Les Pauvres mangeront et ils seront rassasiés ; et ceux qui cherchent le Seigneur le trouveront : leurs cœurs vivront éternellement ». Que de Saints ont trouvé des torrents de consolations dans la Sainte Communion ! On les a vus éprouver les effets de cette promesse de Jésus-Christ : « Des fleuves d'Eau Vive sortiront de son coeur ». Comme ils étaient pleins de Dieu !... L'eau puisée à cette Source Divine n'est point une eau dormante, mais une eau qui coule toujours. Voilà pourquoi, de la part des Justes, ce langage expressif, cette ardeur pour le bien, ces paroles de feu qui embrasent les cœurs !

Ah ! je comprends ce cri d'amour : « Qu'ils sont aimés, grand Dieu, Vos Tabernacles, qu'ils sont aimés et chéris de mon cœur ». Mais pour que la Sainte Eucharistie produise ces heureux effets, il faut que ceux qui doivent manger à la Table du Seigneur, et être rassasiés de Sa Chair divine, soient véritablement pauvres, et du nombre de ces personnes affamées, dont parle la Sainte Vierge, qui méritent que Dieu les remplisse de Ses Biens, en même temps qu'Il renvoie vides ceux qui sont riches. Ces pauvres sont ceux qui sentent leur vide et qui Cherchent Dieu avec ardeur pour être remplis, parce que Lui seul est capable de les rassasier. Ceux là le louent véritablement, parce qu'ils sentent le besoin qu'ils ont de cette viande divine, qui est proprement la nourriture et comme la vie de leurs cœurs, mais une vie qui doit s'étendre dans tous les siècles.

 

Panis angelicus

Fit panis hominum ;

Dat panis caelicus

Figuris terminum:

O res mirabilis !

Manducat Dominum

Pauper, servus, et humilis.

 

Le Pain des anges

Devient le pain des hommes ;

Le pain du ciel met

Un terme aux symboles.

Ô chose admirable !

Il mange son Seigneur

Le pauvre, le serviteur, le petit.

 

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