10 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Seizième jour

Le Mardi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Repoussez au loin l'Ennemi,

Donnez-nous la paix qui dure ;

Que sous Votre prévenante conduite,

nous évitions tout mal et toute erreur.

Je Vous salue Marie.

 

Dieu avait donné à Moïse les tables de la loi. Pour les placer dans un lieu convenable, il fallut construire un Tabernacle dans lequel serait déposée l'Arche d'Alliance. Cette arche construite suivant les dessins que le Seigneur en donna Lui-même, devait être d'un bois incorruptible, revêtu en dehors comme en dedans de lames d'or. Une couronne également d'un or pur l'environnait. On voyait au-dessus de l'Arche, le propitiatoire sur lequel deux Chérubins étendaient leurs ailes. Tous ces ornements étaient de l'or le plus pur. Rien n'était plus saint et plus vénéré parmi les Israélites. C'était le Dieu du Ciel qui habitait en quelque sorte sur l'Arche d'Alliance, entre les ailes des Chérubins, pour y faire entendre Ses oracles. Les enfants d'Israël n'osaient presque la regarder sous le voile qui la couvrait, et nous savons comment fut punie la témérité de cet homme qui porta la main sur ce précieux Tabernacle.

L'Arche d'Alliance était la gloire et le salut d'Israël ; elle fut toujours la terreur de ses ennemis. A son approche, on vit les murailles d'une ville forte s'écrouler, les fleuves suspendre la rapidité de leur cours, les armées ennemies obligées de prendre la fuite. Sa présence suffisait pour relever le courage abattu et pour rendre les armées du Seigneur invincibles. La maison du fidèle Obededon où l'Arche fut placée pendant trois mois, abonda de toute sorte de biens, tandis que celle d'un infidèle fut inondée de calamités. Moïse fit placer dans l'Arche, outre les tables sur lesquelles le doigt de Dieu avait gravé Sa Loi Sainte, un vase renfermant de la manne, et la verge qui avait fleuri dans les mains d'Aaron, lorsque Dieu voulut fixer dans sa famille le Sacerdoce de la Loi. En lisant tous ces détails relatifs à l'Arche d'Alliance, il est impossible d'arrêter sa pensée. Elle se porte si naturellement sur la Divine Eucharistie qu'on pourrait facilement omettre toute explication.

Nous avons aussi notre Tabernacle, notre temple, et là se trouve l'Arche véritable de la nouvelle Alliance, Jésus-Christ. Cet or pur, ce bois incorruptible, ce propitiatoire, ces Chérubins qui adorent la Majesté de Dieu, tout ne figure-t-il pas la Chair, le Corps de Jésus-Christ dont la pureté est infinie, la divinité qui habite avec toute sa plénitude dans ce Corps adorable, ou plutôt qui Lui est unie hypostatiquement ? Les Anges qui entourent le Tabernacle et adorent continuellement, avec un respect profond, la majesté du Dieu qui réside parmi nous. Tout n'est-il pas figuré par l'Arche d'Alliance ? Ici ce ne sont plus ces tables de pierre sur lesquelles était écrite la loi du Seigneur. Mais le Divin Législateur de la nouvelle Alliance qui est venu graver en traits de feu dans notre propre cœur, la loi de grâce qui est une loi d'amour. Ce n'est plus ce vase qui renfermait la manne dont l'Israélite voyageur s'était nourri dans le désert, mais la vraie manne du Chrétien, le pain dés Anges qui donné l'immortalité. Ce n'est pas ce Signe matériel qui rappelait le choix que le Seigneur avait fait d'Aaron pour le sacerdoce de l'ancienne Alliance ; mais Jésus Lui-même, le souverain Prêtre dont le Sacerdoce est éternel, suivant l'expression de Saint Paul : celui à qui il a été dit : « Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech ». O combien la réalité est au-dessus de la figure ! Néanmoins je vois dans cette même figure un grand nombre de vérités qu'il m'importe de méditer et qui me feront comprendre que la Divine Eucharistie est la gloire et la force de l'Eglise Chrétienne.

 

Premier point

La Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse et de la Vérité

 

Le Seigneur rendait Ses oracles du haut de l'Arche d'Alliance. Moïse venait consulter Dieu, et Dieu déclarait Sa Volonté qui était bientôt connue de tout le peuple. Quelle gloire et en même temps quelle consolation pour nous ! Jésus-Christ est dans le Saint Sacrement pour découvrir à Ses enfants Ses Volontés adorables. Quand le Prêtre s'est entretenu avec Lui, il monte dans la chaire de vérité ; sa parole simple et facile pénètre dans les âmes. C'est une lumière qui va visiter les intelligences les plus enveloppées de ténèbres. On dit de lui, « Un homme, par lui-même, n'a jamais parlé comme cet homme ». Sa parole est puissante, elle touche les cœurs. Si le directeur de nos consciences est venu s'entretenir avec Jésus-Christ avant d'entrer dans le Sacré Tribunal, il arrive plein de sagesse et de vérité. Comment a-t-il sondé les abîmes de ce cœur ! Qui lui a découvert ces liens secrets, ces replis cachés que l'âme dérobe à ses propres regards ! D'où est venu ce conseil plein de sagesse qui fixera l'irrésolution et montrera, d'une manière certaine, les desseins de Dieu sur une âme ! N'allez pas en chercher le principe dans les talents et le génie de l'homme. Tous les Saints vous diront qu'un entretien avec Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour, leur a communiqué ces lumières qui étonnent.

Autrefois les enfants d'Israël disaient : « Allons consulter Dieu à Silo, devant Son Tabernacle », et Dieu manifestait au peuple Sa Volonté souveraine. Eh bien ! l'Arche d'Alliance est là devant nous. Allons consulter Dieu à Silo, c'est-à-dire dans l'Eglise, au pied du Saint Tabernacle où le Divin Sauveur a fixé Sa demeure. Si nous faisons souvent de fausses démarches, si nous donnons des conseils qui sont opposés à la divine sagesse, c'est que nous avons oublié le lieu où le Seigneur rend Ses oracles. Si ceux qui gouvernent les peuples allaient consulter le Seigneur devant l'Arche du Nouveau Testament, tous les peuples marcheraient dans les voies de la sagesse et de la vérité. Vous êtes réellement, ô mon adorable Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et par là même la Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse, d'où la Vérité se fait entendre à l'âme du fidèle ! Certes, si autrefois la reine de Saba vint de loin pour admirer la sagesse du Roi Salomon, si elle s'écria ravie d'admiration : « Heureux ceux qui sont à vous ! Heureux vos serviteurs qui sont sans cesse devant vous et qui écoutent votre sagesse » ; il y a ici bien plus que le roi Salomon, c'est Jésus-Christ, la Sagesse Éternelle !...

O Eglise, sois fière du trésor que tu possèdes ! Ô enfants de l'Eglise, comprenez votre gloire ! Mon Dieu ! Comme je sens le besoin de venir souvent au pied de l'Arche Sainte pour y entendre Vos oracles ! Non, je ne passerai aucun jour de ma vie, sans venir Vous parler et recevoir, avec la docilité la plus parfaite, les oracles de Votre éternelle Vérité !...

 

Deuxième point

La Divine Eucharistie met en fuite les ennemis de notre Salut

 

Si les fleuves ont suspendu leur cours, si les murailles des villes sont tombées, si les armées ont été mises en fuite, par la seule présence de l'Arche d'Alliance, de quelles victoires l'Eglise n'est-elle pas capable, quels triomphes lui sont impossibles, avec la Sainte Eucharistie ? « Un jour, les Philistins placèrent l'Arche d'Alliance dont ils s'étaient a emparés, dans le temple de leur dieu Dagon. Or, le lendemain, s'étant levés dès la pointe du jour, ils trouvèrent Dagon qui était tombé le visage contre terre devant l'Arche du Seigneur : ils le relevèrent et le remirent à sa place. Le jour suivant, s'étant encore levés dès le matin, ils trouvèrent Dagon tombé par terre, sur le visage, devant l'Arche du Seigneur. Mais la tête et les deux mains en ayant été coupées, étaient sur le seuil de la porte, et le trône seul de Dagon était demeuré en sa place ». Quelle imposante figure de la force communiquée à l'Eglise par le Saint Sacrement ! C'est bien en présence de Jésus-Christ que l'âme s'écrie : « Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui pourra me faire trembler ? Quand des armées nombreuses se lèveraient contre moi, quand on livrerait le plus épouvantable combat, mon cœur n'en serait point effrayé, car le Seigneur m'a caché dans Son Tabernacle ; Il me protège au jour de l'affliction, en me plaçant dans le secret de son sanctuaire ».

Aujourd'hui les ennemis de l'Eglise écument de rage, leur fureur s'irrite de leur impuissance ; ils se promettent depuis longtemps une victoire qui leur échappe toujours. L'Eglise prend l'Adorable Eucharistie, elle l'élève au milieu du monde et s'écrie : « Que le Seigneur se lève, que ses ennemis soient dissipés ; que ceux qui le haïssent fuient de devant Sa Face, comme la fumée qui disparaît, comme la cire qui fond à la présence du feu. Que les justes se réjouissent en la présence de Dieu. qu'ils soient dans des transports de joie ». La puissance du Divin Sacrement est la même partout, elle met en fuite nos ennemis particuliers. Nous les trouvons bien forts et bien terribles ; ils le deviennent par notre négligence à recourir à ce précieux secours. Voilà l'Arche du Nouveau Testament ! Si les Philistins s'écriaient à l'approche de la figure : « Voici une armée de Dieux », comment les ennemis de notre salut ne seront-ils pas saisis de la même frayeur, quand nous leur opposerons l'Arche de la nouvelle Alliance ? Comment cette tentation, cette passion violente que le démon irrite pour notre perte, comment le démon lui-même résisterait-il à la toute puissance du Divin Sacrement ?

O Jésus, Vous serez mon soutien, Vous serez ma force ; je Vous placerai entre mon ennemi et moi, j'irai à Vous avant le combat ; je Vous appellerai au moment de l'attaque, et je serai victorieux. Non, jamais je n'eusse été vaincu, si j'avais compris ce que doit être pour moi la Sainte Eucharistie, si j'avais mis en elle toute ma confiance, si ma dévotion pour cet auguste Mystère eut été plus ardente et plus vive !...

 

Troisième point

La Divine Eucharistie est l'objet de l'adoration des hommes

 

L'Arche d'Alliance était considérée par les Israélites comme l'objet le plus précieux de leur culte. Ils n'en approchaient qu'avec un respect profond, elle était placée sous le voile du Sanctuaire. Elle renfermait l'urne dans laquelle se trouvait la manne. Admirable figure, s'écrie le grand Docteur Saint Bonaventure, du Très Saint-Sacrement, qui contient ce qu'il y a de plus Saint et de plus auguste dans le Ciel et sur la terre. Le voile représentait les espèces du Sacrement, l'Arche représentait le Corps de Jésus-Christ, l'urne était la figure de son Ame, et la manne de sa Divinité. Peut-on imaginer quelque chose de plus grand ? Le Corps, le Sang, l'Ame, la Divinité du Sauveur !

L'Arche d'Alliance fut toujours en grande vénération parmi le peuple d'Israël. Quand il fallut la transporter dans le temple magnifique que lui avait préparé le grand Roi Salomon, la réjouissance fut grande parmi les enfants d'Israël ; on immola des victimes sans nombre. Tout le peuple et les anciens d'Israël s'étant assemblés, les prêtres portèrent l'Arche d'Alliance du Seigneur dans le Saint des Saints ; elle fut placée sous les ailes des Chérubins, tandis que les lévites et les chantres, revêtus de robes de lin, faisaient retentir leurs cymbales, leurs psaltérions et leurs cithares, et que cent vingt prêtres sonnaient de la trompette. Tous chantaient ensemble et faisaient retentir les airs du son de leur voix, des orgues et de diverses sortes d'instruments, et l'on entendait de fort loin ce cantique : « Louez Le Seigneur, parce que Sa Miséricorde est éternelle ».

Dites les sentiments de respect profond, d'adoration, de foi et d'amour qui doivent remplir nos âmes, en présence de la Divine Eucharistie. Humilions-nous profondément, adorons cette grandeur infiniment élevée au-dessus de l'homme. Adorez, dit le Saint-Esprit, l'escabeau de ses pieds, parce qu'il est saint ! Cet escabeau des pieds de Dieu, dit Saint Augustin, c'est la Chair de Jésus-Christ, dans laquelle réside la Divinité. Ah ! Je veux être comme ces Chérubins qui étaient placés sur l'Arche de l'Ancien Testament. Vous faites éclater votre puissance, s'écriait David, vous qui êtes assis sur les Chérubins. Oui, Jésus règne ; Il est assis sur les âmes innocentes, sur les cœurs fervents, élevés comme des Chérubins par la plénitude de la Sagesse qu'Il leur communique ; Il règne sur ces âmes comme sur le trône de Sa grandeur ! Mais l'âme mondaine ne doit pas oublier que l'idole de Dagon fut abattue par la présence de l'arche. Malheur au téméraire qui voudrait allier la vanité du monde et l'amour des plaisirs, avec le Saint des Saints ; il serait frappé de mort.

Mon Dieu, qui pourra Vous louer dignement pour un si précieux Don ! Qui pourra honorer la Divine Eucharistie comme elle mérite d'être honorée ! Qui se croira digne d'en approcher ? Vous l'avez dit : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur ; celui qui n'a pas reçu son âme en vain, qui n'a jamais fait un serment faux et trompeur à son prochain. C'est Celui-là qui obtiendra du Seigneur la bénédiction, et la Miséricorde du Dieu son Sauveur lui sera accordée ». Je le veux, ô Jésus ; oui, tous les jours de ma vie je m'efforcerai de me rendre moins indigne de paraître devant Vos Saints Tabernacles, et d'adorer avec les Anges Celui dont la majesté remplit les Cieux.

 

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09 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quinzième jour

Le lundi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Remplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

La vie que mena le peuple d'Israël dans le désert avant la conquête de la terre promise, est une figure frappante de la vie chrétienne sur cette terre de pèlerinage et d'exil. Le fidèle marche vers la véritable terre promise qui est le Ciel, et sur sa route, il rencontre mille difficultés, il est exposé à mille dangers, il combat des ennemis nombreux. L'israélite voyageur manquait de pain dans la solitude du désert. Si Dieu ne fût venu à son secours, il aurait infailliblement péri. Il cria vers le Seigneur, et le Seigneur entendit sa voix. Moïse annonça au peuple qu'il verrait bientôt la gloire de Dieu. Dès le matin on vit tomber du Ciel un petit grain blanc qui couvrit la terre. C'était le pain miraculeux qui devait servir de nourriture, pendant quarante ans, aux enfants de Jacob. Ce pain fut appelé La Manne. La manne était regardée par les Juifs comme le Pain du Ciel. Ce nom lui est donné dans l'Ecriture qui l'appelle encore Pain des Anges. Les descendants d'Abraham se glorifiaient de ce que leurs pères avaient mangé ce pain miraculeux.

Il est impossible de ne pas voir dans la manne une figure du pain Eucharistique. C'est Jésus-Christ Lui-même qui établit la similitude en faisant ressortir les magnifiques privilèges de la réalité sur la ligure, de la manne chrétienne sur la manne des Juifs. « Vos pères, dit le Sauveur, ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts ; il n'en est pas ainsi du pain dont Je vous parle ; celui qui le mange vivra éternellement ». Ce principe étant une fois établi, on n'est plus surpris en lisant dans la Sainte Écriture les choses magnifiques qui sont dites de la manne, puisqu'on y découvre l'intention du Saint Esprit, qui a été de faire connaître l'excellence de la nourriture préparée par Jésus au chrétien voyageur dans le désert de cette vie. Voici ce que dit la Sagesse : « Vous avez donné à votre peuple la nourriture des Anges, et vous lui avez présenté le Pain du Ciel qui renferme tous les délices et tout ce qui peut flatter le goût. Ce pain montrait combien est grande Votre douceur envers vos enfants ».

Ne croit-on pas entendre Jésus-Christ lorsqu'il disait aux enfants de ceux qui avaient mangé la manne : « Je suis le Pain vivant descendu du Ciel. Je suis le Pain de vie. Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le Pain du Ciel, mais Mon Père vous donne le vrai Pain du Ciel, le Pain qui donne la vie au monde. Le pain que Je donnerai, c'est Ma Chair immolée pour le salut du monde. Ma Chair est véritablement une Nourriture, et Mon Sang une Boisson ». Or, si la manne fut annoncée comme un signe de la gloire du Seigneur, qui dira la gloire que Dieu manifeste par la Sainte Eucharistie ; la gloire qui revient à Jésus-Christ et qui rejaillit sur son Eglise, de l'institution de cet adorable Mystère ? Ici ce n'est plus, comme dans le désert, l'ouvrage des Anges, mais l'œuvre de Dieu même. Ce n'est pas seulement un Pain qui vient du Ciel, mais un Pain qui est incomparablement au-dessus du Ciel, puisque c'est la Chair et le Sang de Celui qui orne les Cieux de toute leur gloire. C'est donc à la Divine Eucharistie qu'il faut donner le nom du Pain des Anges, non qu'il soit fait pour eux et qu'ils doivent s'en nourrir, mais, dit le savant et pieux cardinal Hugo, parce que les hommes qui le mangent doivent devenir purs comme des Anges.

 

Premier point

La Sainte Eucharistie est le Pain destiné à nourrir le fidèle qui voyage

 

Il est certain que, semblable à la manne des Israélites, la Sainte Eucharistie est destinée à soutenir et à fortifier l'âme fidèle dans le voyage qu'elle doit faire pour arriver au Ciel. Pour marcher, il faut des forces ; il en faut bien davantage pour combattre en marchant. Lorsqu'on ne peut faire un pas sans rencontrer un ennemi, il faut du courage, de l'énergie, des efforts continuels pour avancer. Tel est notre état pendant cette vie. Or, celui qui ne mange pas perd ses forces ; il n'est propre ni au combat, ni à la fatigue du voyage. Celui qui n'a pas soin de réparer ses forces, en prenant souvent sa nourriture, les verra bientôt épuisées. Il faut encore que la nourriture soit d'autant plus substantielle que les combats sont plus multipliés et exigent une plus grande énergie.

Eh bien ! Voici le Pain des forts, c'est-à-dire le Pain qui fortifie, qui soutient dans les fatigues de la vie chrétienne et dans les combats qu'il faut livrer, tous les jours, contre les ennemis du salut. « Prenez et mangez, dit Jésus-Christ. Celui qui se condamnerait à un jeûne excessif, comment conserverait-il ses forces ? D'où vient tant de faiblesse dans un grand nombre d'âmes ? Est-il bien difficile d'en trouver la cause ? La manne n'était pas, pour les Israélites, le but du voyage, de la fatigue et des combats. Ce but c'était la terre promise, récompense de la fidélité et de la persévérance. Pour le Chrétien, la terre promise c'est le Ciel, voilà la fin vers laquelle il tend tous les jours ; voilà le terme de son voyage, la récompense de la sainteté. La Sainte Eucharistie n'est donc pas la récompense de la sainteté, c'est le moyen donné à l'homme pour qu'il devienne saint. Une sainteté commencée, par l'exemption du péché mortel, suffit pour qu'en se nourrissant du Pain Eucharistique avec foi et amour, l'âme trouve dans cette céleste nourriture le moyen de s'élever à la plus sublime perfection.

O mon Dieu, comme j'ai peu compris ces vérités ! Mille actions de grâces Vous soient rendues par toutes les créatures, ô Divin Sauveur ! Oui, une table est dressée devant moi, c'est Vous qui l'avez préparée, j'en approcherai souvent. Je recevrai avec reconnaissance et amour ce Pain Céleste qui me rendra fort contre tous mes ennemis !...

 

Deuxième point

Conditions pour manger le pain des Anges

 

Les Israélites ne tardèrent pas à se dégoûter de la manne. Ce Pain leur parut insipide, ils n'en furent plus satisfaits. Leur ingratitude envers Dieu fut telle que, dans leurs murmures contre Moïse, ils témoignèrent le regret de n'avoir plus à leur disposition les viandes grossières et les oignons de l'Egypte. Quand le cœur s'éloigne de Dieu et qu'il s'abandonne à l'amour des créatures, le Pain des enfants de Dieu n'est plus qu'une fade nourriture. Ce n'est pas assez ; ce Pain donne la mort. De six cent mille Hébreux sortis de l'Egypte sous la conduite de Moïse, Josué et Caleb seuls arrivèrent à la terre promise. Il en est ainsi parmi les Chrétiens. Le Pain des Anges ne donne pas à tous l'immortalité ; il en laisse un grand nombre dans un état de faiblesse et de langueur voisin de la mort ; pour plusieurs il se change en un véritable poison. « Les justes le reçoivent, s'écrie l'Eglise, les méchants aussi ; mais que leur sort est différent ! Pour les uns, il devient un principe de vie ; pour les autres, un principe de mort ».

Pour manger le Pain Eucharistique, il faut une disposition de Foi et d'amour qui manque à un grand nombre d'âmes. Les unes sont faibles, d'autres sont bien malades, de là le peu de fruit qu'elles retirent de cette céleste nourriture. Il y a des remèdes qui sont absolument nécessaires aux malades, avant qu'on puisse leur donner une nourriture solide. Celui qui mangerait du pain, lorsqu'il est atteint de la fièvre, ne s'exposerait-il pas à une mort à peu près certaine ? Ici j'entends Saint Ambroise qui me dit : « Votre fièvre, c'est l'amour de l'argent ; votre fièvre, c'est votre sensualité ; votre fièvre, c'est votre ambition ; votre fièvre, c'est votre colère ». O Ciel ! Il est bien grand le nombre de ceux qui mangent le Pain du Ciel avec une âme malade ! Ce malheur ne m'est-il jamais arrivé !...

Il y a des infirmités légères qui ne s'opposent pas à la réception du Divin Sacrement. Mais qui sera le juge ? L'illusion est si facile !... Je veux ne jamais me juger moi-même. Dès qu'un doute fondé sur l'état de mon âme se présentera à mon esprit, J'irai Au Voyant, j'ouvrirai mon cœur en toute simplicité, et j'obéirai. Pour éviter le malheur d'une communion coupable, je vivrai dans la ferveur et je m'efforcerai d'être tellement dévot au Saint Sacrement, que ma conscience me rendra ce consolant témoignage : Tu n'approches de l'Autel que par amour pour Jésus-Christ !...

 

Troisième point

Effets produits dans l'âme par cette Divine Nourriture

 

La manne avait un goût délicieux; en s'accommodant à la volonté de ceux qui la mangeaient, elle se changeait en tout ce qui leur plaisait. Figure admirable des effets que produit la Sainte Eucharistie dans les âmes bien préparées ! Elle a pour ces âmes toutes sortes de délices, elle les rassasie, elle contente tous leurs désirs ; elle surpasse toute la douceur des plaisirs grossiers de la terre. Un saint évêque disait : « La Divine Eucharistie a le goût de tous les Mystères, selon la Foi et la dévotion de ceux qui la reçoivent. Qu'on se représente Jésus-Christ avec toutes les grâces de Sa Divine Enfance, ou bien dans les opprobres et les tourments de Sa Passion ; ou, si l'on aime mieux, dans la gloire de Sa Résurrection et de Son Ascension. Le Fils de Dieu fera sortir de la Divine Eucharistie autant de différentes délices que l'on concevra d'images sous lesquelles une âme se plaît à contempler Jésus-Christ ».

Ames pieuses, ne l'avez-vous pas éprouvé souvent ? La Sainte Communion n'a-t-elle pas eu pour vous un attrait particulier dans les Fêtes de Noël, de l'Epiphanie, de la Passion, du Jeudi Saint, de Pâques, de l'Ascension, de Pentecôte, et ne vous semble-t-il pas qu'en ces jours solennels, vous découvrez, dans cette manne cachée, une saveur, un goût particulier que vous appelleriez volontiers le goût du Mystère ? La Sainte Eucharistie, dit encore Saint Bernard, a le goût de toutes les vertus. Quelle douceur de charité, de patience, d'humilité ? La Foi et l'espérance pénètrent dans l'âme. La Divine Pauvreté, l'aimable et céleste pureté, on les goûte délicieusement, par la communion du Corps et du Sang de Jésus-Christ. La Divine Eucharistie a le goût de Dieu, de Jésus-Christ. L'âme a ouvert, comme le dit Saint Jérôme, la bouche de son cœur, et Dieu l'a remplie ! Quel parfum, quel goût exquis de divinité dans l'intérieur du fidèle ! Comme il goûte Jésus-Christ, Ses perfections adorables, toutes les Paroles qui sont sorties de Sa bouche !... Quand le Saint-Esprit a dit : « Je serai Leur Dieu ». C'est comme s'il eut dit : « Je les rassasierai Moi-même et de Moi-même ; Je leur serai tout ce qu'ils peuvent souhaiter ; leur vie, leur salut, leur repos, la perfection de tous les biens !...O Jésus ! Manne délicieuse et cachée, me nourrir de Vous, ce sera mon unique félicité !

 

In figuris praesignatur

Cum Isaac immolatur,

Agnus paschae deputatur

Datur manna patribus.

 

D’avance il est annoncé en figures,

Lorsqu’Isaac est immolé,

L’Agneau pascal, sacrifié la manne,

Donnée à nos pères.

 

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08 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Quatorzième jour

Le Dimanche après l'Octave du Saint Sacrement

Troisième Dimanche après la Pentecôte

 

Venez Esprit Saint,

O Lumière Bienheureuse,

Venez remplir jusqu'à l'intime

le cœur de tous Vos fidèles.

Je Vous salue Marie...

 

Le Sauveur se plaint par la bouche du Prophète, de ce que personne ne se présente pour Lui offrir les consolations dont Il a besoin. « Je suis consumé de tristesse, nous dit-il. J'ai attendu un ami pour pleurer avec Moi, mais en vain. J'espérais un consolateur, Je ne l'ai pas trouvé ». Le même Prophète nous dit encore, en parlant toujours au nom de Jésus-Christ : « Dans la multitude des douleurs de Mon âme, vos consolation ont réjoui Mon Cœur ». Pourquoi ce langage qui semble présenter une contradiction ? Il est facile d'en donner la raison. Il y a une multitude d'enfants de Dieu indignes de ce beau titre, et qui non-seulement refusent au Cœur adorable de Jésus les consolations qu'Il réclame, mais encore remplissent ce Cœur d'amertume et de tristesse. Il y a aussi des fidèles que le Divin Sauveur honore du titre d'amis : « vous, vous êtes Mes Amis! » Ceux-là consolent Jésus et soulagent Son âme oppressée par la douleur.

N'est-ce pas un des plus beaux privilèges de l'amitié que de consoler un ami triste, n'est-ce pas encore son premier devoir ? Jésus-Christ a voulu avoir des amis. Il a dit, en parlant de Lazare : « Lazare Notre ami ». Et dans l'admirable discours de la Cène, il dit à ses Apôtres : « Maintenant Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, mais Mes amis ». C'est auprès d'eux qu'il viendra chercher des consolations. Voyez ce qui se passe au jardin de Gethsémani. Le Cœur de Jésus si Bon, si Tendre, si Compatissant, est tout-à-coup livré à la plus affreuse tristesse. Les Evangélistes nous disent : « Il Commença à être saisi de crainte, d'ennui, de tristesse, et d'affliction ». Dans cet état, Il vient à Ses Apôtres comme pour se consoler avec eux. Hélas ! Il les trouve endormis. Alors ce cri de douleur sortit du cœur de Jésus : « Mon âme est triste jusqu'à la mort ! » O Cœur Divin ! Ce qui Vous affligeait profondément, c'était l'ingratitude et l'endurcissement d'un grand nombre d'hommes pour lesquels le Sacrifice de Votre Vie allait devenir inutile !

Bientôt nous apercevons Jésus-Christ montant au Calvaire, chargé du bois de Sa Croix. Alors des femmes pieuses, qui pendant Ses voyages à travers la Judée et la Galilée, l'avaient suivi pour fournir de leurs propres biens à Sa nourriture et à celle des Disciples, marchent sur Ses pas, l'accompagnent jusqu'au lieu du Supplice, et lui offrent comme un dédommagement de la cruauté des bourreaux et de l'indifférence du peuple, les larmes abondantes que la piété et la compassion font couler de leurs yeux. Le Divin Sauveur les aperçoit et cherche lui-même à les consoler dans leur juste douleur. Eh bien ! Voilà nos modèles. Soyons les consolateurs de Jésus. Il est triste ; tous les jours Son Cœur adorable reçoit un grand nombre de blessures. Il cherche des amis qui pleurent avec Lui et qui consentent à partager Sa peine. Imitons les Saintes Femmes dont parle l'Évangile.

Mais que dis-je ? Dieu le Père, apercevant du haut du Ciel Son Fils unique plongé dans un océan d'amertume, n'envoya-t-Il pas un Ange, pour fortifier Son âme ? Ah ! qui refuserait d'être cet Ange ? Jésus est encore dans la solitude du Tabernacle, comme autrefois à Gethsémani. Ne soyons pas comme les Apôtres qui s'endormirent, mais soyons des Anges consolateurs. Nous le pouvons ; et si nous sommes des Amis de Jésus, si nous sommes des Siens, rien ne sera plus doux et plus consolant pour notre âme que ce ministère de consolateurs de Jésus, dans Son Divin Sacrement.

 

Premier point

Le Cœur adorable de Jésus est triste à cause des méchants

 

D'où vient la tristesse ? Sentiment pénible qui semble déchirer le Cœur et qui se répand sur tout notre être, la tristesse est produite par la contradiction. Jésus-Christ a été triste, et jamais on ne verra un Cœur plus cruellement déchiré. Que voulait le Sauveur ? Il brûlait du désir de la gloire de Son Père, de la sanctification des hommes. Que veut-Il encore, et pourquoi est-Il au milieu de nous dans la Divine Eucharistie ? Il veut y glorifier son Père et sanctifier les hommes. Or, l'opposition des Juifs et des Gentils à tout ce que demandait Jésus-Christ, pendant Sa Vie mortelle, ne la rencontre-t-Il pas tous les jours dans le cœur d'un grand nombre de Chrétiens ? Si, dans le Jardin des Oliviers, Jésus fut triste d'une tristesse mortelle, parce qu'Il voyait l'inutilité de Son Sang et de Sa Mort pour le plus grand nombre des pécheurs ; du fond du Tabernacle, du haut de l'Autel, que voit-Il en jetant les yeux sur le monde ! Le même spectacle qui affligea Son Cœur la veille de Sa Mort, ne se présente-t-il pas tous les jours à Ses yeux ?

O mon Sauveur ! Ces âmes que Vous aimez tant, oui, elles se perdent en grand nombre ; tous les jours elles tombent dans l'Enfer, ces âmes pour lesquelles Vous seriez prêt à Vous immoler encore. Voilà ce qui porte la désolation dans Votre âme ! Je Vous entends, quand je suis à Vos pieds, m'adresser cette parole touchante : « O vous qui passez devant Mon Autel, arrêtez-vous et considérez s'il existe une douleur semblable à la Mienne ». Ah ! C'en est fait, j'en prends aujourd'hui la résolution ; je viendrai souvent à Vos pieds ; ce sera en qualité d'ami et pour Vous offrir des consolations.

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus est triste à cause de Son Eglise

 

L'Eglise est l'épouse de Jésus-Christ, Il l'a acquise au prix des plus affreux tourments, au prix de Sa Vie et de Son Sang. On peut dire que l'Église, c'est tout pour Jésus-Christ. Ce que Son Cœur désire, c'est la Sainteté de Son Église, c'est sa gloire, ce sont ses triomphes dans le monde entier. Mais que voit Jésus-Christ dans cette même Eglise ? Hélas ! Un grand nombre d'enfants occupés à déchirer le sein de leur Mère !... Mon Dieu ! Que de révoltes, que de blasphèmes, quelle haine de la part des uns, et quelle froide et insultante indifférence de la part des autres ! Jésus-Christ entend Son Épouse qui s'écrie : « J'ai nourri des enfants, je les ai élevés ; de leur côté, ils m'ont accablée de mépris ».

Il voit tous les Trésors qu'Il a confiés à cette Épouse chérie, devenus inutiles pour plusieurs de ses enfants, les Sacrements négligés, profanés !... Il voit cette même Église devenue un objet de dérision pour un grand nombre d'hommes ; ses lois méprisées, son autorité insolemment niée ; son culte et ses cérémonies les plus augustes transformés en représentations coupables, ses temples souillés par l'impiété qui envahit leur enceinte, au mépris de toutes les saintes règles. O mon Sauveur, Votre Église fut-elle jamais haïe, persécutée, comme elle l'est aujourd'hui, par un grand nombre d'hommes que l'ingratitude la plus noire a poussés à devenir ses ennemis !

Eh bien ! Une parole sort du Divin Tabernacle : « Quand voudras-tu Me consoler ? Âme fidèle, Je t'appelle ; viens, c'est à toi que Je m'adresse. Vois Mon Cœur déchiré par la douleur, abreuvé d'amertume ; quand voudras-tu le consoler ? » Il a été écrit : « Dieu sera consolé dans Ses serviteurs ». Me voici, ô Cœur adorable de Jésus, c'est moi qui veux justifier la vérité de cet oracle. Vous serez consolé par ma dévotion envers le Divin Sacrement, par mon recueillement, par ma piété !... Comment refuserais-je de consoler par mon assiduité à Vous visiter, Votre Cœur abreuvé d'amertume, après que Vous avez voulu être Vous-même le consolateur de tous les affligés ?...

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus est affligé par Ses amis

 

C'est un sentiment que nous éprouvons tous les jours. Un moment de froideur, une légère offense de la part d'un ami nous cause plus de tristesse que la fureur et la haine de nos ennemis. Quand on aime beaucoup, ou sent le besoin d'être beaucoup aimé. L'amour est jaloux. Ce sentiment de jalousie qui, dans la créature, est bien souvent une injustice, est au contraire une perfection dans Dieu. Or, d'après ces principes, il est certain que le Cœur de Jésus doit demander beaucoup à Ses fidèles amis, et surtout à certaines âmes qu'Il a prévenues d'abondantes bénédictions. Mais, parmi ces âmes admises bien souvent, peut-être tous les jours, à la participation de Ses faveurs les plus signalées, nourries continuellement de Sa Chair et de Son Sang adorables, éclairées par des Lumières que le Saint Esprit n'accorde pas indistinctement à toutes les intelligences; sollicitées à chaque instant par une voix intérieure qui les invite à une plus grande fidélité, combien affligent le Cœur de Jésus !

Ne suis-je pas la cause de Votre tristesse, Divin Sauveur ? Ces imperfections de tous les jours, ces négligences dans les choses saintes, cette dissipation dans la prière, cet état d'ennui en Votre présence, ces distractions volontaires dans le lieu saint; que sais-je ! Ô mon adorable Maître ! Mille petites vanités, mille recherches de moi-même, peut-être au pied des Saints Autels, en face de Votre Divin Tabernacle ! Oh ! Comme je me sens obligé à prendre pour moi cette plainte que Vous me faites entendre : « Vous dont j'ai fait Ma sœur, ce n'est pas assez, Mon épouse, vous avez blessé Mon Cœur. Ah ! Si Mes ennemis M'accablent d'outrages, Je les supporte; mais vous, assis à Ma table où Je vous fais manger Ma Chair et boire Mon Sang, vous, m'offenser, me déplaire ! Oh ! Non, je ne devais pas m'y attendre ! »

 

C'est assez, ô Jésus !... Cœur Divin, j'ai entendu Vos plaintes et Vos gémissements ; je comprends Votre tristesse et Votre douleur. C'est assez Vous avoir déplu. Désormais je veux mériter d'être compté parmi les âmes qui Vous consolent ; et si l'on me demande pourquoi je viens si souvent Vous visiter dans ce Sacrement d'Amour, je répondrai que je veux être un des consolateurs de Jésus !

 

Jesu cor amantissimum,

Castis amicum cordibus,

Puris amandum cordibus

In corde regnes omnium.

 

Cœur aimant de Jésus,

Qui aimez les cœurs purs,

Et qui êtes aimé par ceux qui ont le cœur pur,

Régnez dans tous les cœurs.

 

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07 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Treizième jour

Le Samedi après la Fête du Sacré-Cœur

 

Venez Esprit Saint,

Venez, père des pauvres,

Venez, dispensateur des dons,

Venez, lumière de nos cœurs.

Je Vous salue Marie.


C'est par son humanité sainte que Jésus-Christ a sauvé le monde ; voilà pourquoi l'Eglise ne cesse de chanter comme expression de sa foi et de sa reconnaissance : « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme » ! La chair de Jésus-Christ a été immolée ; l'Homme-Dieu a été notre victime. Mais dans Jésus-Christ, comme dans tous les hommes, le mérite des actions extérieures venait des sentiments qui en étaient le principe. Le Corps et l'Ame du Sauveur constituaient Son Humanité Sainte. Comme dans tous les hommes, le cœur matériel communiquait le mouvement et la vie à tous les organes de ce Corps sacré ; mais aussi le cœur moral, ou la volonté, l'amour, était le principe de tous les mouvements de l'âme. Ces vérités admises, qui pourra s'étonner de voir tous les Saints, toutes les âmes véritablement éprises d'amour pour Jésus-Christ, aller droit à Son Cœur et se diriger vers Lui comme vers le centre de tout ce qu'a fait le Sauveur du monde pour le salut du genre humain ? Qui pourra s'étonner en entendant un Saint Bernard s'écrier : « Puisque nous sommes enfin arrivés au Cœur très Doux de Jésus, et qu'il est bon pour nous d'être là, prenons garde de nous en éloigner trop facilement. Oh ! Qu'il est bon, qu'il est consolant d'habiter dans ce Cœur ! Plût au Ciel que je pusse en approcher, et y fixer ma demeure, pour tous les jours de ma vie ! »

Aujourd'hui, où trouverons-nous ce Cœur divin ? Dans l'adorable Sacrement de l'Autel. Écoutons l'épouse du Cantique : « Moi je dors, mais mon cœur Veille ». S'il existe pour Jésus-Christ un état que l'on puisse comparer au sommeil, c'est bien celui dans lequel notre Foi le découvre sous les espèces Eucharistiques. Là mon Sauveur est sans mouvement, et l'immobilité est la condition de cette nouvelle vie qu'Il a voulu pour Sa Personne Divine, et dont Il s'est revêtu par amour pour nous. Mais sous cette immobilité apparente et matérielle, quel mouvement intérieur, mouvement du cœur toujours en action pour honorer Dieu et pour sauver l'homme ! Le Cœur de Jésus dans le Très Saint Sacrement est toujours en action. Il veille. Le cœur d'un père ne veille-t-il pas sur ses enfants ? Le cœur d'une mère s'est-il jamais reposé sur quelqu'un du soin d'aimer son fils ? A-t-Il jamais cherché dans l'inaction et le sommeil un délassement nécessaire, comme si l'amour maternel pouvait engendrer la lassitude ? Non, certes. Alors même que les membres fatigués réclament le repos, le cœur veille si bien que le moindre soupir d'un enfant suffit pour rendre à une mère toute son énergie et pour éloigner le sommeil de ses paupières. Que dirons-nous du Cœur de Jésus infiniment plus tendre et plus généreux que celui d'une mère ! Il veille sur nous du fond du Tabernacle. Pas un de ses enfants ne laisse échapper un soupir qu'Il ne l'entende aussitôt. Pas une larme ne coule de nos yeux, sans qu'il se hâte de nous offrir Ses consolations. Le moindre danger auquel nous sommes exposés attire Sa sollicitude. Pour augmenter notre confiance et notre dévotion envers le Cœur de Jésus dans le Saint Sacrement, méditons sur les motifs de cette confiance.

 

Premier point

Le Cœur Adorable de Jésus a été le principe de tout ce que le Sauveur a fait pour nous pendant Sa Vie mortelle

 

N'est-ce pas dans ce Cœur Divin que tous les desseins relatifs à notre Salut ont été formés ? Si, de toute éternité, les plans magnifiques de notre Rédemption ont été conçus dans le Sein de Dieu et concertés, entre les trois personnes divines, n'est-il pas certain qu'il était réservé au Cœur de Jésus de les ratifier et d'en entreprendre l'exécution ? Considérons Jésus-Christ sur la terre. Quand Il répand la Lumière de la Vérité, en prêchant au peuple qui se presse autour de Lui, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par cette Bouche Divine, publie l'Evangile et annonce les voies du Ciel ? Si le Sauveur opère des prodiges sans nombre en faveur des malheureux, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par les mains divines du Sauveur, chasse les démons, guérit les malades, ressuscite les morts ? Si le Bon Pasteur court après la brebis égarée, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui ordonne toutes Ses courses et dirige tous Ses pas ? N'est-ce pas le Cœur de Jésus qui, par les yeux du meilleur et du plus tendre des amis, pleure sur le sépulcre de Lazare, et sur l'infidèle Jérusalem ? Si la pécheresse est accueillie avec un si généreux amour, n'est-ce pas le Cœur de Jésus qui dicte ces touchantes paroles : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé » ? Si, la veille de sa mort, il institue le Sacrement de l'Eucharistie, n'est-ce pas Son Cœur adorable qui veut aimer les Siens jusqu'à la Fin ? Enfin, s'Il souffre tous les tourments de Sa Passion, si, du haut de la Croix, Il prie pour Ses ennemis, s'Il offre le Sacrifice de Sa Vie pour consommer l'œuvre de notre Rédemption, n'est-ce pas toujours Son Cœur qui agit et qui est le principe de tout ?

Divin Sauveur, comme je suis ingrat ! Quoi, ce Cœur qui m'a tant aimé est encore au milieu de nous ; Vous nous l'avez laissé dans cet Adorable Mystère, et je viens si rarement vous témoigner ma reconnaissance !

 

Deuxième point

Le Cœur de Jésus a donné naissance à l'Église

 

Toute ma gloire consiste à être enfant de l'Eglise. C'est l'Eglise que Jésus-Christ a nommée héritière de tous Ses Trésors. Par elle seule je puis arriver un jour à la souveraine béatitude. Mais cette Eglise, épouse chérie de l'Homme-Dieu, où a-t-elle pris naissance ? Qui l'a créée ? Où est son berceau ? L'Ecriture m'apprend que Dieu ayant fait le premier homme, trouva bon qu'il ne fût pas seul ; Il voulut lui donner une compagne. Alors le Seigneur envoya un sommeil à Adam, et, pendant ce sommeil, il forma la première femme d'une des côtes du premier homme. En apercevant Ève, à son réveil, Adam s'écria : « Voilà l'os de mes os, la chair de ma chair ». Saint Paul voit là un grand Mystère. Le Mystère de l'union spirituelle de Jésus-Christ avec Son Eglise. Le nouvel Adam devait nous communiquer la vie spirituelle, la vie de la grâce, par son Eglise qu'il a choisie pour Epouse et qu'il a rendue Mère de tous ceux qui vivront éternellement. « Tous, dit l'apôtre, nous sommes membres de ce Corps qui est l'Eglise ».

Eh bien ! l'Eglise est née, elle a été formée par le Côté ouvert de Jésus-Christ ; lorsque le nouvel Adam fut endormi sur la Croix du sommeil de la mort, Son Côté fut ouvert par la lance du soldat Romain, et de ce Côté ouvert, il en sortit l'Eglise, l'épouse de Jésus-Christ, notre Mère. C'est ce qui est représenté par l'Eau et le Sang qui coulèrent de la blessure du Sauveur. L'Eau représentait le Baptême, le premier des Sacrements, celui qui nous purifie et nous donne le caractère d'enfants de Dieu, et nous fait membres de l'Eglise. Le Sang représentait la Sainte Eucharistie qui est le complément et la consommation de toutes les grâces dont les autres Sacrements sont les canaux. Voilà l'Eglise ; elle reçoit sa vie et son immortalité en sortant du Cœur de Jésus-Christ, sous la figure du Sang et de l'Eau. Le Cœur de Jésus est donc le lieu de ma naissance, mon berceau ; c'est là que je suis né, que j'ai été enfanté, et, pour me donner cette naissance, Jésus a donné le Sang et la vie de Son Cœur. Ah ! Si le lieu qui nous a vu naître a pour nous tant de charmes, que doit être pour l'âme fidèle le Cœur de Jésus ! Comme elle doit le contempler souvent, trouver son bonheur à le visiter, à l'étudier, à en découvrir toutes les richesses !

 

Troisième point

Le Cœur Adorable de Jésus continue à être pour nous le principe et la source de tous les biens

 

Si, comme nous l'avons dit, le Cœur de Jésus veille continuellement pour nous dans le Sacrement adorable de nos autels, n'est-ce pas pour faire arriver la vie jusqu'aux extrémités du Corps de l'Eglise, toujours conservée, sanctifiée par Son Amour, comme le corps humain qui reçoit à chaque instant, et dans chacune de ses parties, le mouvement et la vie que lui envoie l'activité et l'action du cœur ? A chaque instant, dans Sa Vie Eucharistique, le Cœur de Jésus prie, s'offre, gémit pour nous. Qui dira les torrents de bénédictions qui en sortent pour aller inonder toutes les âmes ! Le Cœur de Jésus est le port ouvert à tous ceux qui redoutent le naufrage. C'est l'asile de tous ceux qui se trouvent délaissés. Le Cœur de Jésus est la retraite des cœurs pieux. Oh ! ils sont bien là ! « Faisons, s'écrie Saint Bonaventure, trois tentes dans les plaies de Jésus, une dans Ses mains, une dans Ses pieds, et une autre dans Son Cœur. Celle-ci sera la nôtre. Tâchons de n'en sortir jamais », Là nous parlerons à Jésus et nous serons toujours exaucés. N'y trouve-t-on pas cette source d'eau vive dont le Sauveur parlait à la Samaritaine et dont la fontaine jaillit jusqu'à la vie éternelle !

Venez, âmes pieuses, cœurs faits pour aimer. Si vous aimez les larmes et les soupirs, le Cœur de Jésus est le nid où la plaintive tourterelle fait entendre ses gémissements. Si vous êtes affamés du pain céleste, venez ; c'est là que l'innocente colombe sait trouver sa délicieuse nourriture. Si Vous êtes dégoûtés des plaisirs fades de ce monde, venez ; c'est un jardin où le parfum qu'on respiré est celui des lys que les âmes pures aiment à rencontrer au milieu des roses. Si vous cherchez le Divin Epoux qui semble s'être caché, venez; vous le trouverez dans ce cellier mystique ; Il vous enivrera du Vin qui fait germer les vierges, après vous avoir nourri du Froment délicieux qu'Il a préparé pour Ses élus. Si vous aimez le repos, venez encore au Cœur de Jésus ; c'est un lit délicieux où l'âme pure goûte les joies d'une paix inaltérable qui devient pour elle un avant-goût du Ciel !...

 

O Cor amoris victima,

Cœli perenne gaudium,

Mortalium solatium,

Mortalium spes ultima.

 

O Cœur, Victime de l'amour,

Joie éternelle du ciel,

Confort de l'homme mortel,

Seul espérance de la race humaine.

 

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06 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Douzième jour

Le Vendredi

Fête du Sacré-Cœur

 

Dieu allume en nos cœurs

Le Feu de Son Amour.

Je Vous salue Marie.

 

« Mes yeux et Mon Cœur seront toujours là ». Si le Seigneur fit autrefois cette promesse à Salomon, après qu'il eût bâti le temple de Jérusalem, comment, le Sauveur Jésus ne la renouvellerait-Il pas à chaque instant en notre faveur, Lui qui s'est donné à nous avec tant de générosité et qui a voulu habiter dans nos Saints Tabernacles, jusqu'à la fin des siècles ! Le Cœur de Jésus est là ! L'Eglise rend à ce Cœur Adorable des hommages solennels dans le monde entier. Elle veut l'honorer par un culte digne de Sa Sainteté infinie. Rien n'est plus juste et plus raisonnable. Jésus-Christ a laissé Son Cœur à Ses enfants lorsqu'Il leur a dit : « Ceci est Mon Corps ». En se donnant Lui-même, le Divin Sauveur donnait tout ce qui est dans Lui, tout ce qui constitue l'adorable personne du Verbe fait chair. Il donnait par conséquent Son Cœur !... Il faut bien le remarquer, la fête et la dévotion au Cœur Adorable de Jésus ont pour objet ce Cœur Divin considéré principalement dans la Sainte Eucharistie.

« L'Église a institué la Fête du Sacré Cœur de Jésus pour que les fidèles a honorent, avec plus de ferveur et de dévotion, la charité de Jésus-Christ instituant le Sacrement de Son Corps et de Son Sang, et en même temps pour qu'ils reçoivent des fruits plus abondants de cette Divine Charité ». Mais qui dira le trésor que possède l'Eglise en possédant le Cœur de Jésus ! Faut-il s'étonner de voir la dévotion à ce Cœur sacré répandue dans le monde entier et devenue la dévotion de toutes les âmes qui éprouvent le besoin d'aimer beaucoup, et qui ne trouvent qu'un vide immense dans l'amour de tout ce qui est créé ! Le Cœur de Jésus ! Mais y a-t-il une âme pure, une âme pénitente, une âme sensible qui n'éprouve le besoin de l'aimer et de lui être entièrement consacrée ? Qui pourrait se défendre de cette force qui nous presse, qui nous pousse vers cette céleste dévotion ? Ah ! L'âme qui connaît un peu Jésus-Christ n'oppose à cet attrait aucune résistance.

Le Cœur Adorable de Jésus est là ! Je regarde l'autel, je contemple la porte du Tabernacle, et je me dis à moi-même : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes ! Voilà ce Cœur d'un Homme-Dieu, dans Lequel habite la plénitude de la Divinité ! Voilà la Source de toutes les richesses, le Trône de la Sagesse de Dieu ! C'est le chef-d'œuvre de la toute-puissance ! Ce Cœur a été formé dans le Sein Virginal de Marie, et, pendant neuf mois, tous Ses battements étaient des élans d'amour et des actes du désir le plus violent d'honorer Dieu, et de sauver l'homme coupable. Il continue dans le Tabernacle, sur l'Autel, ce qu'Il fit dès le premier instant de l'Incarnation, et pour mettre le comble à Son Amour, Il veut prendre Son repos sur mon propre cœur, choisir ma poitrine pour Son Tabernacle, et me permettre de ne faire plus qu'une chose avec Lui, afin que les mouvements de mon cœur se confondent avec les mouvements du Sien.

Occupons-nous aujourd'hui des qualités éminentes du Cœur de Jésus, en le considérant devant nous, dans la Divine Eucharistie. Les perfections qui sont en Lui le rendent tellement agréable aux yeux de Dieu, que rien dans tout ce qui a été créé, n'est plus capable d'être l'objet de Ses complaisances. Nous allons en donner la raison.

 

Premier point

Le Cœur de Jésus est l'objet le plus cher à Dieu à cause de Son infinie Pureté

 

Dieu aime ce qui est saint. C'est par la sainteté qu'on approche de Lui. Plus un objet est saint, plus il est agréable à Dieu. Or, rien dans l'univers, dans le Ciel comme sur la terre, rien n'est pur, rien n'est Saint comme le Cœur de Jésus. Pour former le Cœur matériel du Sauveur, il a fallu le Sang de la plus pure des Vierges. L'Eglise s'écrie : « Dieu tout-puissant et éternel, Vous avez préparé, par l'opération du Saint Esprit, le corps et l'âme de la Vierge Marie, pour en faire le digne Tabernacle de Jésus-Christ Votre Fils ». Oui, la Toute-Puissance de Dieu, la Sagesse et l'Amour infinis ont préparé le corps et l'âme de Marie. Marie a été conçue sans péché. Elle a été préparée par des grâces et des privilèges inouïs ; il a fallu qu'un Ange pût dire : « Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous !... » Alors cette Vierge immaculée a fourni de son sang pour former le Cœur matériel de l'Homme-Dieu.

Mais à peine l'Ame humaine de Jésus-Christ est créée et unie à sort Corps, le Saint Esprit se communique à cette âme, et alors s'accomplit ce qu'avait vu de loin Isaïe, et ce que Jésus-Christ dira de lui-même : « Le Saint Esprit s'est reposé sur Moi. Il M'a oint d'une onction sainte ». Et de quelle onction, si ce n'est de cette onction de sainteté infinie, qui est la plus grande richesse de Dieu ? Mais cette âme humaine doit être l'âme d'un Dieu. Le Cœur de Jésus-Christ est déifié dans sa création. Il n'existe pas un instant sans être orné de cette pureté, de cette sainteté qui est en rapport avec Sa haute dignité de Cœur d'un Dieu ! La pureté, la sainteté de Dieu même, infinie, incréée ; onction divine dont le parfum, du Cœur de Jésus, se répandra sur toute Son adorable personne ! Parfum sacré qui pénètre et embaume le Cœur de Jésus par une faveur qui ne peut et ne doit être accordée qu'à Lui seul.

Ah! chantons avec l'Église : « Gratias agimus tibi... quoniam, Tu solus Sanctus, Jesu-Christe... Nous Vous rendons grâce, car Vous êtes le seul saint, Jésus-Christ ». Disons-le à Jésus : « Tous les mouvements, tous les soupirs de Votre Cœur, tous Vos sentiments et tous Vos désirs sont d'une Pureté, d'une Sainteté infinie, de la Pureté et de la Sainteté de Dieu même. Il suit de là que Dieu, en parcourant de Son regard l'immensité des Cieux, en mesurant tout l'espace occupé par la Création, ne saurait y rencontrer un objet plus précieux et plus cher à Son Cœur que le Cœur de Jésus. Ce Cœur est donc l'objet des complaisances infinies de Dieu ; il fait ses plus chères délices. Ah ! Il sera aussi mon Bien, mon Trésor, mon Tout !... Mais moi aussi je veux attirer les regards de Dieu sur moi, je veux être cher à Dieu. Je vais donc examiner mon cœur. Est-il pur ? Je travaillerai constamment à le purifier davantage. Que dis-je ? c'est Vous qui le ferez, ô Jésus ! Vous avez dit : « Heureux ceux qui sont purs par le cœur ». Eh bien Seigneur, créez dans moi ce cœur pur, et purifiez-moi jusqu'au plus intime de mon être.

 

Deuxième Point

Le Cœur de Jésus objet des complaisances de Dieu, parce que c'est le Cœur le plus aimant

 

Le cœur a été donné à l'homme pour aimer. La vie est toute dans l'amour. Aimer c'est donc notre fin. L'objet de l'amour doit être la souveraine amabilité. C'est Dieu. Ce qui est aimable, c'est la beauté et la bonté. Or, Dieu étant infiniment bon, infiniment beau, est, par là même, souverainement aimable. Hélas ! L'homme avait oublié cette vérité. Son cœur s'était détourné de Dieu ; il s'éloignait de sa fin ; ses affections se dirigeaient vers les créatures. Pour réparer ce mal et rétablir l'ordre violé par les hommes, Dieu prend un cœur d'homme. Et quand il veut envoyer sur la terre ce Feu de l'Amour qui doit faire rentrer tous les cœurs dans la voie qu'ils avaient abandonnée, il crée le cœur de Jésus.

Voilà donc, dans l'adorable mystère de l'Eucharistie, un cœur d'homme, mais d'un Homme-Dieu ! C'est le Trône de l'Amour parfait, le Siège d'une Charité immense, le Sanctuaire de Celui qui s'appelle un Feu Brûlant ; c'est le Foyer d'où s'élèvent les flammes qui vont embraser les plus grands cœurs. Madeleine, Augustin, François d'Assise, Thérèse, avaient reçu dans leur poitrine une étincelle de ce Feu Sacré !...

O prodige ! L'homme peut aimer Dieu comme Dieu mérite d'être aimé ! Parce que l'homme aime Dieu avec le Cœur de Jésus, par le Cœur de Jésus, dans le Cœur de Jésus. Mais Dieu a dit : « Moi J'aime ceux qui M'aiment ». Alors, dites si vous le pouvez, de quel Amour Dieu aime le Cœur de Jésus ? Pour le comprendre, il faudrait aussi comprendre l'impétuosité, la force, la vivacité de l'amour qui, du Cœur de Jésus, commença à s'élever jusqu'au sein de Dieu, dès le premier instant qui suivit la création de ce Cœur Adorable. Pendant les neuf mois qui suivirent sa conception dans le Sein de Marie, à la Crèche, à Nazareth, dans sa fuite en Egypte, dans le Temple, Jésus sait qu'Il n'existe en sa qualité D'homme-Dieu que pour remplacer les cœurs d'hommes qui ont refusé d'aimer Dieu, et pour embraser les cœurs que Son Père a désignés pour être Siens ! Alors quelle immensité dans cet Amour qui est venu visiter la terre Pour l'enivrer ! L'Amour Divin habitant dans ce Cœur adorable, c'est Dieu qui aime Dieu par le Cœur d'un Homme-Dieu ! Ô abîme ! Qui en sondera la profondeur !...

Eh bien ! ce prodige continue dans la Divine Eucharistie, appelée par excellence le Sacrement d'Amour. Demandez à Jésus-Christ ce qu'Il fait dans le Saint Tabernacle, Il vous répond : « Mon Coeur brûle au-dedans de Moi ». J'ai dit à mon Père : « Me Voici ! », Dieu peut-il aimer quelque chose au-dessus du Cœur de Jésus ! Et moi ! Mais Dieu est-il satisfait de mon amour pour lui ! Ah ! Seigneur ! comme je Vous ai connu bien tard§ Comme je vous ai aimé trop tard, ô amabilité infinie !

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus, objet des complaisances de Dieu, à cause de Son zèle pour la gloire de Dieu

 

A Dieu seul est dû l'honneur et la gloire. Tout ce qui existe doit contribuer à la manifestation et à la propagation de cette gloire. Hélas ! Comme cette vérité est oubliée par le plus grand nombre des hommes ! Assistons en esprit à la création du Cœur de Jésus. Ne semble-t-il pas que le Saint Esprit s'adressant à ce Cœur Divin, au moment où Il vient de le former, Lui adresse cette parole : « Rends Gloire A Dieu » ? Voici en effet ce Cœur que Dieu a trouvé, ou plutôt qu'Il a destiné de toute éternité pour le glorifier de cette gloire infinie qui est due au Souverain être et qui n'est due qu'à lui seul ! Imaginez tous les genres d'honneur, toutes les louanges, tous les témoignages de respect, toutes les adorations, jamais vous ne comprendrez la gloire que rend à Dieu le Cœur adorable de Jésus. C'est un Autel mystérieux, sur lequel brûle continuellement un parfum délicieux de louanges et d'actions de grâces qui réjouit le Cœur de Dieu ! Eternellement, Marie, les Anges et tous les élus placeront sur cet autel leurs adorations, leurs hommages les plus purs !

Le Cœur de Jésus étant un Cœur d'homme, Il a pu glorifier Dieu par le sacrifice, et par le sentiment de toutes les vertus. Sentiments d'humilité, d'obéissance, d'anéantissement... Il a pu glorifier Dieu par l'adoration et la prière. Et qui dira la gloire qui revient à Dieu de ces adorations et de ces hommages ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ n'a désiré que la gloire de son Père. Il a travaillé constamment pour procurer cette gloire. Dans le Ciel, le Cœur de Jésus loue et glorifie continuellement l'adorable Trinité. Dans la Divine Eucharistie, le Cœur de Jésus se consume en saints désirs de la gloire de son Père, et Il rend à chaque instant une gloire infinie à cette Majesté Souveraine ! Voilà donc ce qui fait du Cœur de Jésus l'objet le plus précieux aux yeux de Dieu. Mon cœur est-il pour Dieu un objet de complaisance ? Il le sera s'il ne cherche et ne désire, en toutes choses, que la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon adorable Sauveur ! j'ai le désir d'être quelque chose, et je comprends que l'on n'est en réalité que ce que l'on est devant Dieu! Or, aux yeux de Dieu l'on n'est quelque chose que par le cœur. La beauté, les richesses, le pouvoir, les talents ne sont rien ; Dieu ne peut y avoir égard, le cœur seul peut plaire à Dieu. Ah ! Je vais m'appliquer à rendre mon cœur digne de Dieu par la pureté, l'amour, le zèle pour la gloire de Dieu. Je travaillerai à rendre mon cœur semblable au Cœur de Jésus. Tous les jours, je viendrai adorer ce Cœur divin dans le Sacrement d'Amour. Je m'unirai à Lui par la conformité de mes sentiments avec les siens ; et par-dessus tout je m'efforcerai de me rendre digne de cette union mystérieuse que Jésus forme Lui-même, entre son Cœur et le cœur des Siens, par la Sainte Communion !...

 

Jesu, Patris Cor unicum,

Puris amicum mentibus,

Puris amandum cordibus,

In corde regnes omnium.

 

Jésus, Cœur unique du Père,

Ami des âmes chastes,

Amour des cœurs purs,

Régnez dans tous les cœurs.

 

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05 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Onzième jour

Le Jeudi de l'Octave du Très Saint Sacrement

 

Venez, Esprit Saint,

Assouplissez ce qui est raide,

Réchauffez ce qui est froid,

Rendez droit ce qui est faussé.

Je Vous salue Marie.

 

Pour l'instruction de ses Disciples, Jésus-Christ adressa plusieurs fois des prières à Son Père, en prenant un ton solennel qui devait faire une impression vive et salutaire sur l'esprit de ceux qui avaient le bonheur de l'entendre. Peu de temps avant que Son heure fut venue, comme Il le dit Lui-même, c'est-à-dire, le moment de Ses humiliations et de Ses souffrances, de Sa mort et de la consommation de Son Sacrifice, le Sauveur levant les yeux vers le Ciel fit entendre ces paroles qu'Il adressait à Dieu : « Mon Père, Je Vous ai glorifié sur la terre ; J'ai consommé l'ouvrage dont Vous M'aviez chargé, Vous donc maintenant, Mon Père, glorifiez-moi aussi en Vous-même de cette Gloire que J'ai eue en Vous avant que le monde ». Il est certain que Jésus-Christ voulait dire : « rendez à l'humanité sainte, dont Je suis revêtu, la gloire dont J'ai bien voulu la priver pour quelque temps ; la gloire de la Nature Divine que Je possède avec vous et en vous de toute éternité, comme étant Votre Fils unique, engendré dans Votre sein, et dans les splendeurs de la gloire ». Dans un autre endroit, Saint Jean rapporte encore cette prière de Jésus-Christ : « Maintenant Mon âme est troublée, Mon Père, glorifiez Votre Nom ». Au même temps, on entendit une voix du Ciel qui dit: « Je l'ai déjà glorifié et Je le glorifierai encore ». Jésus-Christ ajouta : « Quand J'aurai été élevé de la terre, J'attirerai tout à Moi ».

Il y a de grands mystères dans ces divers passages de l'Evangile. Arrêtons-nous sur une pensée. Au moment où la malice des hommes prépare au Divin Sauveur les tourments affreux et les ignominies de Sa Passion, Jésus-Christ demande à Son Père de glorifier Sa Sainte Humanité. Cette gloire Lui sera donnée dans le Ciel, sans doute, mais cela ne suffit pas ; le Corps de Jésus-Christ sera encore glorifié sur la terre jusqu'à la fin du monde, et c'est l'Eglise qui est chargée par Dieu le Père de donner à Jésus, présent dans l'adorable Mystère de l'Eucharistie, toute la gloire qui Lui est due ; elle Lui donnera cette Gloire, en Lui rendant un culte qui n'est dû qu'à Dieu, l'Adoration. O Eglise Catholique ! Qu'elle est belle, qu'elle est sainte, honorable, sublime. cette mission que Dieu le Père te confie, dans l'intérêt.et pour la gloire de Son Fils !

Que de motifs puissants doivent porter les fidèles à honorer le Corps de Jésus-Christ dans ce Divin Sacrement ! Et parmi ces motifs, que dirons-nous de la reconnaissance ? Il est certain que Dieu abhorre l'ingratitude ; il veut que les hommes célèbrent ses bienfaits. Il faut des monuments qui en perpétuent le souvenir. Ainsi le bienfait de la Création est célébré par la sanctification du dimanche ; la délivrance de l'Egypte, par l'oblation des premiers nés ; la solennité de Pâques, celle de la Pentecôte et plusieurs autres, avaient chez les Juifs la même fin, la reconnaissance et l'action de grâces.

L'Eglise voit aussi s'élever, à certaines distances, des monuments qui lui rappellent les grands Mystères du salut opérés par l'Incarnation, la Naissance, la Mort et la Résurrection du Sauveur. Comment aurait-elle oublié d'en élever un en l'honneur du Mystère d'Amour qui est appelé par excellence, action de grâces, Eucharistie ! Ah ! Il était bien juste que de toutes les parties de l'Univers, on entendit s'élever, à des jours marqués par l'Eglise, un concert de louanges pour offrir au Dieu d'Amour, ce tribut de reconnaissance que nous lui offrons, dans ces solennités, avec une ineffable consolation ! Eh bien ! Entrons dans les sentiments que l'Eglise s'efforce de nous inspirer, et que nos actions de grâces soient vives et sincères, pleines d'amour et d'espérance.

 

Premier point

Reconnaissance pour les grâces que l'Eglise reçoit tous les jours par la Divine Eucharistie

 

S'il est vrai, comme on ne saurait en douter, que Jésus-Christ a laissé à l'Eglise, par le Saint Sacrement, le souvenir et l'abrégé de toutes les merveilles opérées pour le salut du genre humain ; si, par cet ineffable Mystère, nous possédons bien plus qu'une grâce particulière, mais l'auteur de la grâce, la source et le principe de tout ce que Dieu a fait pour manifester à l'homme l'immensité de son amour ; si par Jésus-Christ véritablement présent sur nos autels, nous pouvons prétendre à l'honneur insigne de louer Dieu autant qu'il le mérite, de le glorifier d'une manière infinie ; si l'auteur et le consommateur de notre foi, le médiateur de la nouvelle alliance, le gage divin de notre Immortalité, se trouve en notre possession, descend jusqu'à notre bassesse ; grand Dieu ! Qui pourra jamais comprendre l'honneur que reçoit l'Eglise de cette divine présence, et les torrents de grâces qui découlent à chaque instant de cette source divine, sur cette épouse chérie du Fils de Dieu ! Mais que fera l'Eglise ! elle fera éclater sa reconnaissance par de saints transports : on l'entendra s'écrier : « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens dont Il m'a comblé ? Je le sais, ce que je dois faire, je prendrai le Calice du Salut, je l'élèverai vers le Ciel, je le porterai en triomphe, et par Lui, en Lui, avec Lui, j'exalterai l'infinie Miséricorde, et J'invoquerai dignement le Nom Du Seigneur ! » Quel est l'enfant de l'Eglise qui refusera de joindre sa voix à la voix de sa Mère ! Où est le fidèle qui voudra demeurer indifférent, sans piété, sans dévotion, pendant ces augustes solennités ! Serait-ce moi !

 

Deuxième point

Reconnaissance pour les bienfaits particuliers que nous recevons par la Divine Eucharistie

 

Si l'Eglise s'écrie dans ses hymnes ; la langue est impuissante à dire, le discours le plus éloquent n'a jamais pu exprimer combien c'est quelque chose d'ineffable d'aimer Jésus ; l'âme fidèle, en contemplant la Divine Hostie, ne dira-t-elle pas : « Non, ma langue, tu ne diras jamais ; non, ma plus, tu ne saurais écrite, ce que c'est que la Divine Eucharistie ! Qui pourra faire comprendre tout ce que j'ai reçu de bénédictions, de grâces, de miséricorde, par cet auguste Sacrement ! » Si Salomon a dit en parlant de la sagesse : « Tous les biens me sont venus avec elle, des richesses infinies l'ont Accompagnée ». Quel est le cœur qui ne répète pas ces admirables paroles, en contemplant la Divine Eucharistie ? Ici je voudrais pouvoir chanter dignement l'amour tout particulier de Jésus pour moi, amour dont les effets sont si précieux pour mon âme et si doux à mon cœur !

O Jésus ! Que de grâces signalées Vous m'avez accordées dans mes entretiens avec Vous ! Que de lumières communiquées à mon intelligence ! Que de douces paroles dites à l'oreille de mon cœur ! Que de bons et saints désirs ! Que de fortes résolutions ! Que de consolations ineffables !... Oh ! La Messe, la Sainte Communion, l'Action de grâces, quelle source inépuisable de richesses spirituelles, de dons célestes !... Laissez-moi, Seigneur, en savourer la douceur, en me nourrissant de leur souvenir ! Mon Dieu ! Quand tous les hommes se chargeraient de Vous bénir, de Vous remercier pour moi, ce serait encore trop peu !... O mes frères, dites tous avec moi, que le Seigneur est bon et que Sa Miséricorde est éternelle !

 

Troisième point

Reconnaissance comme principe de nouvelles faveurs

 

Dieu est admirable dans la conduite qu'Il tient tous les jours à l'égard des Siens. S'ils lui adressent des louanges pour reconnaître les dons qu'ils ont reçus, Il fait descendre sur eux de nouveaux bienfaits et leur renvoie ainsi par, un divin commerce, les hommages qu'Il reçoit de leur amour reconnaissant. Rien n'est plus certain ; un moyen toujours infaillible pour recevoir de nouvelles faveurs, c'est la reconnaissance et l'action de grâces pour celles qu'on a reçues. Or, dans le culte solennel que l'Eglise rend à la Divine Eucharistie, par les cérémonies augustes qu'elle a établies pour glorifier Jésus-Christ dans le Sacrement de Son Corps et de son Sang, elle se propose de demander à Son Céleste Epoux de nouveaux prodiges de Miséricorde pour tous ses enfants.

On est quelquefois étonné de certaines conversions que personne n'espérait, de certaines grâces de prédilection qui ont fait monter une âme au plus haut degré de la perfection évangélique. Ah ! Si on pouvait découvrir l'origine de ces faveurs signalées, on la trouverait dans les hommages solennels rendus à la Sainte Eucharistie dans certains jours de fête. Jésus-Christ, du haut de Son Trône, a vu couler les larmes que le chant magnifique de nos hymnes arrachait à cette âme sensible. Jésus-Christ porté dans nos rues, a aperçu ces pieux fidèles accourus sur son passage, Il a entendu leurs gémissements et leurs soupirs, Il a béni, en passant, leur maison habitée par des pécheurs ; et bientôt on a vu le loup furieux changé en brebis docile, transformé en doux agneau. Ah ! Je veux aller à Jésus, je veux être de toutes les réunions qui ont lieu devant Son Autel, je veux honorer, par ma Foi et ma reconnaissance, le Corps et le Sang de mon adorable Sauveur. Là sera toujours mon cœur, parce que j'y trouve mon unique bien, mon trésor !...

 

Bone pastor, Panis vere,

Jesu, nostri miserere,

Tu nos pasce, nos tuere,

Tu nos bona fac videre

In terra viventium.

 

Ô bon Pasteur, notre vrai Pain,

Jésus, ayez pitié de nous.

Nourrissez-nous, protégez-nous,

faites-nous voir le bonheur

Dans la terre des vivants.

 

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04 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Dixième jour

Le Mercredi dans l'Octave du Saint Sacrement

 

Venez Esprit Créateur,

Visitez l'âme de tes fidèles,

Emplissez de la grâce d'En-Haut

les cœurs que Vous avez créés.

Je Vous salue Marie.

 

Lorsque Jésus-Christ eût distribué à ses Apôtres le Pain Eucharistique et qu'Il les eût tous invité à participer au Calice Mystérieux qui renfermait Son Sang adorable, Il leur adressa ces paroles : « Quand vous ferez ces choses, vous les ferez en mémoire de Moi ». Il y a une liaison naturelle entre ces mots « En mémoire de Moi », et ceux qu'il avait dit auparavant : « Ceci est Mon Corps qui sera livré pour vous. Ceci est Mon Sang qui sera répandu pour vous, en rémission des péchés ». Saint Paul écrivant aux Corinthiens sur cet adorable Mystère, leur dit : « Toutes les fois que vous mangerez ce Pain, et que vous boirez ce Calice, vous Annoncerez la Mort du Seigneur ». Il est donc certain que Jésus-Christ, en instituant ce Sacrement d'Amour, a eu pour fin particulière la mémoire de Sa Passion. Et l'Eglise remplit parfaitement les intentions du Sauveur, puisque, dans le sacrifice de l'Autel, elle ne cesse, par ses Oraisons, par les paroles de l'Oblation Sainte, enfin par toutes les cérémonies qu'elle a instituées, de représenter vivement et de la manière la plus sensible, à tous les fidèles, la Mort et la Passion de Jésus-Christ. Saint Thomas nous dit : « Jésus-Christ a institué ce Sacrement comme un souvenir perpétuel de Sa Passion ». Et Saint Grégoire Pape, dans ses Dialogues, enseigne la même vérité dont il tire une conséquence pratique : « Nous qui célébrons le Mystère de la Passion du Seigneur, nous devons imiter ce que nous faisons ». Combien de fois n'avons-nous pas entendu, peut-être sans en pénétrer le sens, ces paroles de la liturgie : « O Dieu, qui dans cet Adorable Sacrement, nous avez laissé le souvenir de Votre Passion, accordez-nous la grâce d'honorer les Divins Mystères de Votre Corps et de Votre Sang Adorables, avec une piété telle que nous méritions d'éprouver toujours en nous-mêmes les fruits de Votre Rédemption ».

Je conclue de tout ce qui précède que l'intention de Jésus-Christ, en laissant à Son Eglise son Corps et Son Sang, sous les espèces du Pain et du Vin, comme mémorial de Sa Passion, c'est-à-dire des souffrances qu'il a endurées dans Sa Chair pour le Salut du genre humain, a été de porter ses enfants à réparer, par un culte pieux et sincère, les humiliations et les outrages, les opprobres et les mépris dont Sa Chair sacrée a été couverte, et à réparer par des hommages dignes de Lui, les injures faites à Son Corps adorable, par les Juifs et par les Gentils, à Jérusalem. C'est ce que l'Eglise a très bien compris, c'est ce qu'elle a voulu en établissant toutes les cérémonies dont nous sommes témoins et auxquelles nous avons le bonheur de participer, cérémonies qui rendent le culte catholique si magnifique et qui sont comme une sublime expression de la Foi à la présence réelle. Heureuse cette Epouse chérie de l'Homme-Dieu, si, aux outrages dont la Chair adorable du Sauveur a été l'objet de la part des Juifs et des Gentils à Jérusalem, elle n'était pas obligée de joindre le souvenir des mêmes sacrilèges renouvelés, pendant tous les siècles, par les infidèles, les incrédules, les hérétiques, et, il faut bien l'avouer, par un grand nombre de Catholiques. Or, par les hommages publics et solennels offerts à Jésus-Christ dans le Sacrement de la Divine Eucharistie, l'Eglise se propose de réparer tous ces outrages, d'expier ces abominables profanations. Elle invite tous ses enfants avenir, avec les sentiments d'une foi vive, et d'une piété affectueuse, pour louer, adorer, exalter le Sacrement d'amour, et offrir au Sauveur caché, mais vivant au milieu de nous, un tribut de louanges digne de son immense amour.

 

Premier point

Réparation des outrages faits à la Chair et au Sang de Jésus-Christ pendant Sa Passion

 

Qui jamais pourra comprendre les humiliations profondes de la Sainte Humanité de Jésus-Christ, pendant Sa Douloureuse Passion ? Qui jamais pourra sonder cet abîme d'abaissement dans lequel le Sauveur a été plongé par la malice de ses ennemis, lorsque celui qui, sans usurpation, pouvait se dire égal à Dieu, a été vendu comme un vil esclave, saisi et enchaîné comme un malfaiteur, foulé en quelque sorte sous les pieds de ceux qui s'étaient faits volontairement ses bourreaux, traîné avec mépris, à travers les rues et les places publiques de Jérusalem ; lorsque, semblable au plus vil des criminels, il a comparu devant les tribunaux des hommes les plus pervers, maudit par les uns, blasphémé par les autres ! Qui dira les outrages faits à son Corps adorable, chez Caïphe, chez Hérode, chez Pilate, sur la route et sur le sommet du Calvaire !... L'âme fidèle se représente Jésus-Christ recevant un soufflet !... Jésus-Christ vêtu de la robe des niais et des stupides... Jésus-Christ flagellé, couvert de plaies... Jésus-Christ couronné d'épines, roi de théâtre... elle voit Son Visage Divin couvert d'infâmes crachats, meurtri par les coups ; elle suit le Sauveur au Calvaire, elle aperçoit Son Sang profané sous les pieds de la multitude ; elle le contemple dépouillé de tous Ses vêtements et devenu un objet de dérision pour ses ennemis et pour tout le peuple ; elle l'aperçoit sur la Croix, percé de clous ; elle entend les blasphèmes, elle voit le coup de lance, le côté ouvert ! Et puis tout-à-coup cette âme regarde l'Autel, elle aperçoit la Divine Eucharistie ; elle s'écrie : « Ce Corps Divin conçu par une Vierge, ce Corps Sacré est là !... Jésus m'appelle, Il me dit que tout ce qu'il a souffert dans Sa Chair, Il l'a offert à Son Père pour moi, et qu'Il a chargé Son Eglise du soin de réparer, par ses hommages et ses adorations, les outrages sanglants dont Il a été abreuvé pendant Sa Passion ! ».

O Divine Eucharistique, tu me procures le bonheur inappréciable d'honorer par un culte qui n'est dû qu'à un Dieu, ce Corps qui a tant souffert pour moi, ce Sang qui a été si indignement profané !

 

Venez, prosternons-nous devant le Dieu qui nous a créés,

parce qu'il est notre Dieu et que nous sommes son peuple.

Il est le grand Roi qui s'élève au-dessus de tous les Dieux ;

Il tient dans ses mains les profondeurs de la terre et les hauteurs des montagnes.

 

Deuxième point

Réparation des outrages faits au Corps et au Sang de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement par les impies et les hérétiques

 

Il est certain que le Sacrement Adorable de l'Eucharistie a été, pour les impies et les hérétiques, une occasion d'insulter de la manière la plus révoltante l'amour infini de Jésus-Christ pour les hommes, par les outrages qu'ils ont fait sciemment et volontairement au Corps et au Sang Adorable du Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et l'on pourrait bien dire aux fidèles, en leur montrant Jésus-Christ caché sous les espèces du pain et du vin : « Il est la ruine et la résurrection d'un grand nombre !... Il est là comme un signe de contradiction ». Déjà, dans le premier siècle, alors que l'Eglise était dans la plus grande ferveur, Saint Paul se plaignait de ceux qui crucifient de nouveau le Fils de Dieu, autant qu'Il est en eux, en Le vouant à l'ignominie ». Ces paroles ne peut-on pas les appliquer aux profanateurs sacrilèges du plus Saint et du plus Auguste de nos Mystères ?

Hélas ! L'histoire de l'Eglise nous raconte une multitude de faits qui prouvent que le Sacrement d'Amour a été mille fois profané par des impies. Mais qu'avons-nous besoin de consulter les annales des siècles les plus reculés ! Qui ignore l'humiliante histoire de la grande hérésie, l'histoire du protestantisme ! Grand Dieu ! C'étaient des hommes baptisés, qui tous, dans leur enfance, avaient mangé la Chair et bu le Sang de Jésus-Christ ; et de leurs mains sacrilèges on les a vus renverser les Autels, briser les portes du Tabernacle, jeter dans la boue les Saintes Espèces, souiller les Vases sacrés Arrêtons-nous, les détails sont inutiles et ils inspirent trop d'horreur !... Encore si ces abominables profanations n'avaient pas été renouvelées par ceux qui se disaient Catholiques ! Mais l'incrédulité du dix-huitième siècle dont le souvenir est encore bien récent, que de crimes n'a-t-elle pas enfantés ! Quels épouvantables sacrilèges ! Mon Dieu ! La seule pensée fait frémir une âme chrétienne et la glace d'effroi !

Eh bien ! le culte solennel, les louanges, l'adoration, tout ce que fait l'Eglise pour honorer la Sainte Eucharistie, elle l'offre à Jésus-Christ comme une réparation de cette multitude de sacrilèges. Et moi j'ai le bonheur d'aimer Jésus-Christ, et mon Divin Sauveur me confie le soin d'honorer Son Divin Sacrement, et l'Eglise se repose sur moi pour l'accomplissement de ce devoir sacré ! Ô bonheur ! Ah ! je veux faire beaucoup !...

 

Troisième point

Réparation des outrages faits à Jésus-Christ par les Catholiques

 

Les Juifs et les Gentils de Jérusalem ne croyaient pas en Jésus-Christ ; aussi le Sauveur disait-il en mourant : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Les incrédules et les hérétiques de tous les siècles avaient perdu la Foi, et regardaient comme une folie le dogme de la présence réelle. Mais les Catholiques qui fréquentent nos Eglises croient à la présence réelle ; leur Foi n'est pas éteinte. Et cependant que d'outrages faits à notre Divin Sauveur dans cet adorable Sacrement, par ces mêmes Catholiques ! Il y a des Mystères d'iniquité qui ne seront connus qu'à la fin des temps ; on saura alors ce que Jésus-Christ a souffert, ce qu'il endure encore dans la Divine Eucharistie, de la part de ses propres enfants !

Les irrévérences dans le lieu saint ; les Messes auxquelles on ne vient que par des motifs criminels ; le luxe et la vanité se donnant en spectacle en face de l'Adorable Victime, le refus obstiné de fléchir le genou devant le Saint des Saints ; les lectures profanes, les conversations inconvenantes, quelquefois criminelles, en face des Saints Autels ; ne sont-ce pas des insultes adressées directement à Jésus-Christ dans le Saint Sacrement ? Que dirons-nous des mépris sacrilèges dont se rendent coupables un si grand nombre d'hommes, lorsqu'on porte le Saint Sacrement pour le donner en Viatique aux malades !.... Et les Communions indignes ! Qui en connaît le nombre ! Le temps de Pâques n'est-il pas une époque où le sacrilège se multiplie ? Tous ceux qui vont s'asseoir à la Table Eucharistique, ont-ils fait ce que demande Saint Paul ? Sont-ils convertis, détachés du péché mortel, contrits et humiliés, ennemis des plaisirs défendus ; se sont-ils éprouvés eux-mêmes, avant de manger ce Pain Céleste et d'approcher leurs lèvres du Calice du Salut ? Hélas ! Combien d'âmes sans Foi et sans amour, pétries de mondanité, pleines de désirs coupables, qui, par des motifs tout humains, s'obstinent à Faire les Pâques avec les disciples, oubliant le terrible anathème de l'Apôtre, et mangent et boivent leur propre jugement, parce qu'elles ne discernent pas le Corps et le Sang de Jésus-Christ d'une nourriture grossière et matérielle.

Ame fidèle, ce que l'Eglise vous demande, c'est que vous répariez, par des larmes brûlantes d'amour, ces sacrilèges nombreux : ce que Jésus-Christ attend de vous, c'est que vous dédommagiez par votre dévotion sincère, par vos hommages réitérés, Son Cœur si cruellement déchiré par l'ingratitude et la malice de ses propres enfants. Venez donc, vous les enfants de Dieu, et louez le Seigneur. Chantez avec les Anges : « Que le Nom du Seigneur soit béni ! Que l'univers entier reconnaisse qu'Il est grand et digne de toute louange !... »

 

Ecce panis angelorum,

Factus cibus viatorum,

Vere Panis filiorum

Non mittendis canibus.

 

Voici le pain des anges,

Devenu l’aliment de ceux qui sont en chemin,

Vrai Pain des enfants

A ne pas jeter aux chiens.

 

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03 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Neuvième jour

Le Mardi dans l'Octave du Saint Sacrement

 

Venez, Esprit Saint,

Lavez ce qui est souillé,

Baignez ce qui est aride,

Guérissez ce qui est blessé.

Je Vous salue Marie.

 

« Jésus-Christ était dans le monde, et le monde ne l'a pas connu. Il est venu dans Son propre héritage, et les siens ont refusé de le recevoir. La Lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas comprise. Mais Il a donné à tous ceux qui l'ont reçu, le pouvoir d'être faits enfants de Dieu Ceux-là sont nés de Dieu même.... Ils ont vu la gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. Et tous, nous avons reçu de sa plénitude ». Le monde continue à ne vouloir pas de Jésus-Christ. Il ne le connaît pas, il refuse de le connaître. Cependant Jésus-Christ vit toujours au milieu du monde, parce que là il trouve les siens, ceux que Son Père Lui a donnés. Ils ne l'ont pas choisi, c'est Lui-même qui les a choisis et qui les a placés dans sa propre maison. Cette maison c'est l'Eglise. Le Sauveur étant toujours avec elle, continue à faire pour ceux qui veulent être les dociles de Dieu, ce qu'il faisait pendant les jours de sa mortalité.

Or, que faisait le Sauveur pendant ces trente-trois ans qu'Il a passés sur la terre, et surtout pendant les dernières années de sa vie ? Il parlait et Il agissait. « Jésus, dit l'historien sacré, commença à faire et à enseigner ». Il parlait pour instruire les peuples. Lumière éternelle venue en ce monde pour éclairer les intelligences, il dissipait les ténèbres que l'erreur, la superstition et les préjugés avaient amoncelées dans l'esprit de l'homme. Il révélait à ceux qui devaient former un peuple d'adorateurs fidèles en esprit et en vérité, les ineffables Mystères qui avaient été cachés depuis le commencement du monde ; il expliquait les sublimes maximes de cette morale divine que les hommes n'auraient jamais découverte par eux-mêmes.

Que faisait le Sauveur sur la terre ? Il travaillait pour le Salut des hommes. Il répandait sur eux des torrents de bénédictions ; Il opérait des prodiges, pour créer dans l'âme de Ses Disciples, ce sentiment indestructible d'une confiance sans bornes qui devait les soutenir dans tin état de fidélité inviolable, même en présence des plus affreux supplices. Chacun de Ses actes préparait de nouveaux triomphes à Son Eglise. Il sortait de toute sa personne une vertu qui se communiquait aux âmes et qui faisait, des plus pauvres enfants d'Adam, un peuple nouveau, une Nation Sainte, une Race royale et Sacrée.

Mais le Divin Sauveur, depuis Son Ascension au Ciel, a-t-il cessé de parler et d'agir ? Qui oserait le dire ? Il suffit d'entrer dans une Eglise, de regarder l'Autel, le Sanctuaire. On croit lire sur la porte du Tabernacle cette parole sublime : « Voilà le Trône de la Sagesse ». Voilà la Maison que la Sagesse éternelle a construite pour l'habiter, allons-y avec confiance. N'entendez-vous pas cette invitation si pressante : « Venez à Moi, vous Tous qui êtes fatigué et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai. Le poids de vos péchés vous accable, la concupiscence vous fatigue, vos habitudes mauvaises vous font gémir. Eh bien ! Venez, Je soulagerai votre intelligence, en l'éclairant, votre cœur, en lui communiquant Ma propre Vie ». Les fidèles entendent cette voix, ils accourent au pied du Saint Autel, ils viennent entendre Jésus parler, recevoir ses grâces.

 

Premier Point

L'âme fidèle trouve la lumière et la vérité dans la Divine Eucharistie

 

Que d'obscurités dans notre pauvre intelligence ! Que d'incertitudes ! Combien de doutes sur notre état, sur notre conscience, sur nos devoirs, sur les déterminations à prendre dans mille circonstances ! Malheur à l'homme qui est seul ! Il n'aura pour guide que sa propre raison, et cette lumière incertaine, obscurcie à chaque instant par la fumée des passions, ne sera propre qu'à l'égarer. L'âme pénétrée d'une foi vive aperçoit dans le Saint Tabernacle, celui que le Saint Esprit appelle La Vérité. Il s'est fait notre docteur, notre maître. Je l'entends qui me dit : « Vous M'appelez votre Maître, et vous faites bien, car Je le suis en effet ; vous, vous êtes Mes Disciples ». Les Apôtres interrogeaient Jésus, et Jésus leur répondait avec bonté. Quand ce jeune homme dont parle Saint Mathieu, voulut savoir ce qu'il devait faire pour être agréable à Dieu, Jésus-Christ lui répondit. La Samaritaine lui adressa des questions, et quelle lumière admirable elle trouva dans les réponses de Jésus ! Où donc les plus grands Saints ont-ils puisé cette science du Salut, cette prudence consommée, cette sagesse qui les a rendus si utiles à leurs frères ? N'est-ce pas dans les entretiens fréquents avec Jésus-Christ caché dans le Saint Tabernacle !

Ah ! Je viendrai souvent pour Vous parler, pour Vous consulter, ô mon Adorable Maître. Je ne veux rien faire, rien entreprendre, rien décider, sans m'être auparavant entretenu avec Vous. Mon Dieu, que de lumières sortiraient du Divin Tabernacle si l'on voulait se recueillir et écouter Jésus ! N'est-ce pas pour parler à l'âme du fidèle que le Sauveur est toujours avec nous ?

 

Deuxième point

L'âme livrée à la tristesse trouve sa consolation dans la Divine Eucharistie

 

Pourquoi Jésus-Christ appelle-t-Il auprès de Lui tous ceux qui pleurent, qui souffrent, qui sont dans la douleur ? Je le comprends ; je le sais ; Il veut être le consolateur des affligés. Peut-on se rappeler sans attendrissement la veuve de Naïm et le fils qui lui est rendu ! Et vous, Marie, Marthe, je vous vois encore aux pieds de Jésus, je vous entends; vous vous écriez d'une voix entrecoupée de sanglots: Seigneur, si Vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ». Et quelle douce parole sort de la bouche de Jésus : « Votre frère ressuscitera ! » Qu'ils viennent donc arroser de leurs larmes les marches du Sanctuaire, tous ceux dont le cœur est livré à la tristesse, dont l'âme est en proie à la douleur. L'Esprit de Dieu leur dit, en leur montrant la Sainte Eucharistie : « Le Maître est là, et Il vous appelle ». Le pécheur viendra, comme Madeleine chez le Pharisien. A la vue de ses larmes , le Sauveur dira encore : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'il a beaucoup aimé ». Celui qui craint une chute prochaine criera comme les Apôtres : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons », et le calme sera rendu à ce pauvre cœur... Toutes les victimes de l'injustice du monde trouveront là un vrai consolateur, un ami plein de compassion... Aveugles, lépreux, paralytiques, tous viennent, et tous confessent qu'après avoir ouvert leur cœur à Jésus, ils sont bien.

Oui, Seigneur, quelques instants passés à Vos pieds procurent plus de consolation que tous les discours du monde, et tous les conseils de la sagesse humaine ! Oh ! Comme j'ai été aveugle, lorsque je n'ai pas vu cette vérité ! C'en est fait, désormais c'est dans Votre Sein que je répandrai les douleurs de mon âme ; je ne veux de consolateur que Vous seul.

 

Troisième Point

L'âme faible trouve la force dans la Divine Eucharistie

 

La Parole de Jésus n'est pas seulement une lumière pour l'intelligence, un doux soulagement pour le cœur ; elle est encore une nourriture substantielle qui fortifie les âmes, et les rend capables de pratiquer les plus héroïques vertus. Qui dira l'énergie, le courage, communiqué aux âmes de bonne volonté qui ont mis toute leur espérance dans la Sainte Eucharistie ! Là les plus petits des enfants de Dieu deviennent les héros du Christianisme. Demandons à Sainte Thérèse, à Saint Alphonse de Liguori, les trésors qu'ils ont puisés dans le Saint Sacrement. Demandons-le à tous les Saints. Ah ! Tous les jours on entend des plaintes amères ! La vertu est trop difficile !.. Les mauvais penchants entraînent au mal. Le monde, par ses exemples, attire, comme malgré soi ; on tombe de lassitude ; le combat est trop violent, il est trop long !... Qui parle ainsi ! Des âmes qu'on ne voit presque jamais devant le Saint Sacrement. Quoi ! avec la présence réelle, avec la Messe, s'il y a beaucoup de Chrétiens faibles et infirmes, comme ceux de l'Eglise de Corinthe ; n'est-ce pas leur éloignement de la Sainte Eucharistie qui est la cause de ces infirmités et de cette faiblesse ?

« Le Pontife que nous avons, nous dit le grand Apôtre, n'est pas tel, qu'il ne puisse compatir à nos faiblesses, car il a éprouvé comme nous toutes sortes de tentations, hormis le péché. Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d'y trouver le secours de sa grâce dans nos besoins ». L'âme qui cherche ce secours divin le trouve infailliblement dans la Sainte Eucharistie. Elle s'écrie, transportée de joie : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; qui pourrai-je donc craindre ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui pourra me faire trembler ? Quand des armées nombreuses s'élèveraient contre moi, mon cœur n'en serait point effrayé, car j'ai demandé au Seigneur une seule chose, et je la chercherai uniquement : c'est d'habiter dans sa maison, tous les jours de ma vie. Il m'a caché dans son Tabernacle ; il m'a protégé au jour de l'affliction, en me mettant dans le secret de son Sanctuaire ».

 

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02 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Huitième jour

Le Lundi dans l'Octave du Saint Sacrement

 

Venez, Esprit Saint,

Consolateur souverain,

hôte très doux de nos âmes,

adoucissante fraîcheur.

Je Vous salue Marie.

 

Le Verbe fait chair a bien voulu, pour l'amour de nous, habiter cette terre souillée par un si grand nombre de crimes. Il a été vu conversant avec les enfants des hommes, et Il a passé trente-trois ans au milieu d'eux en faisant du bien. Ce bien que le Divin Sauveur ne cessa d'opérer pendant les jours de sa mortalité, nous le connaissons parle récit que nous en ont fait les évangélistes. Partout Jésus-Christ ne se montrait aux hommes que pour faire éclater en leur faveur sa toute-puissance et son infinie miséricorde. Que de malades ses mains divines ont guéris !... Rappelons-nous les paralytiques, les aveugles, les lépreux ; voyons cette foule de malheureux, de pauvres, d'estropiés qui se pressent autour de Jésus. Ecoutons les paroles pleines de bonté qu'il adresse à chacun d'eux, et nous serons portés à répéter cette exclamation échappée à des cœurs reconnaissants: « Il a bien fait toutes choses ! »

Mais ce n'était pas pour guérir les infirmités corporelles que le Sauveur était sur la terre. L'homme était bien plus misérable dans son âme qu'il ne l'était dans son corps, et Jésus-Christ était venu pour le salut des âmes. Que n'a-t-il pas fait pour les guérir ces pauvres âmes ? Que de fatigues, que de courses, que de voyages, pour évangéliser les peuples ! Jamais Homme parla-t-il, Comme Cet Homme-Dieu, le langage de l'amour, de de la miséricorde ! Il cherche les brebis égarées de la maison d'Israël pour lesquelles Il a été envoyé. Magdeleine, la femme de Samarie, Zachée, toutes les âmes qui se sont égarées, Il les accueille avec une tendresse que rien n'égale. Il mange avec les pécheurs, Il ne veut en condamner aucun ; la femme adultère entendra cette parole : « Personne ne vous a condamnée ; ni Moi Je ne vous condamnerai ; allez, et à l'avenir ne péchez plus ». Que de larmes Il a essuyées ! Que de cœurs en proie à tous les remords et à la fièvre brûlante des passions, rendus, par une parole, à la paix et aux joies d'une bonne conscience ! Ô Jésus ! Votre douceur, votre bonté inépuisable,auraient dû attirer à vous tous les hommes. Cependant, il faut bien le dire, Jésus-Christ, pendant sa vie mortelle, s'est trouvé en face d'une multitude d'indifférents qui n'ont pas daigné s'occuper de son adorable personne. A Jérusalem, et dans toutes les villes qu'Il a visitées, combien d'hommes, surtout parmi les riches, ont entendu parler du Sauveur et des merveilles qu'Il opérait, sans vouloir le connaître ! « J'ai une ferme à visiter, un champ à cultiver ; j'ai entrepris un commerce, j'ai une famille, une épouse, des enfants; ne m'en parlez plus, je n'ai pas le temps d'aller voir cet Homme, et d'examiner ses œuvres ; ce qu'Il est, l'origine de Sa mission, la fin que Dieu s'est proposée en le montrant à la terre, ce n'est pas ce dont je m'occupe ; cessez de me parler de ces choses. Et c'est par un froid que m'importe que se termine l'examen superficiel des œuvres et de la personne de Jésus !

Le Sauveur a eu des ennemis ; certes, nous les connaissons, ces ennemis. Les écrivains sacrés nous en parlent souvent, la haine implacable des prêtres, la jalousie des Pharisiens, le mépris et la fureur de tous ceux qui voyaient leur orgueil condamné par les doctrines de Jésus-Christ, voilà ce qui a conduit, au milieu des calomnies les plus atroces et des blasphèmes les plus révoltants, le Sauveur du monde à la mort et au supplice de la Croix ! Enfin, Jésus-Christ, pendant sa vie mortelle, eut de véritables amis. Ceux qui crurent en Lui, s'attachèrent à sa personne divine. Il les aima d'un amour ardent ; ils l'aimèrent aussi. Il leur prodigua les témoignages de la plus vive affection. Demandez aux Apôtres, à Lazare, à Marie-Madeleine et à Marthe, sa sœur, combien le Cœur de Jésus était bon, compatissant, sensible ! Demandez-le à tous les Juifs qui le virent pleurer sur le tombeau de Lazare et qui s'écrièrent : « Voyez Comme Il l'aimait ! » Eh bien ! Jésus-Christ a voulu continuer de vivre parmi les hommes et de converser avec eux, quoique caché sous les espèces du Sacrement ; Il l'a voulu pour ses amis, et il a consenti à supporter, pour eux, la malice de ses ennemis, l'indifférence et la froideur du plus grand nombre des chrétiens. O amour infini !...

 

Premier point

Le Sauveur, dans Sa Vie Eucharistique, continue à supporter les outrages et les blasphèmes de ses ennemis

 

Le croirait-on, si l'expérience et l'histoire de dix-huit siècles n'en fournissaient la preuve ! Jésus a toujours eu des ennemis, il en a encore qui le poursuivent de leur haine et de leur mépris, dans la Divine Eucharistie. Du fond de son Tabernacle, il les voit, il les entend; il prie, il s'offre pour eux, et ils résistent à toutes les grâces qu'il leur offre avec une générosité incomparable ! L'Eglise était encore à son berceau, et déjà le grand Apôtre était obligé de s'élever avec véhémence contre les profanateurs du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Tous les siècles sont marqués par quelques sacrilèges particuliers, et quelques blasphèmes plus audacieux. O combien de fois la rage des ennemis de Jésus est-elle allé le chercher et l'a poursuivi jusques dans son Sanctuaire ! Aujourd'hui encore, le Corps de Jésus-Christ n'est-il pas tous les jours l'objet des plus sanglants outrages dans le grand Mystère d'amour ! Que d'impies dans le lieu saint et qui ne viennent à nos solennités que pour insulter la majesté du Dieu que nous adorons ! Que de regards criminels, que de pensées coupables ! Quel désir mille fois conçu de dérober au divin Sauveur l'hommage et les adorations de ses créatures ! Que de Messes profanées ! Combien de Communions hypocrites, sacrilèges !

O mon Dieu ! Sur Votre Autel, pendant que Vous vous immolez pour nous, n'êtes-Vous pas à chaque instant, principalement à certains jours de fête, dans les cérémonies les plus augustes du culte catholique, l'objet de mille outrages, comme autrefois sur le calvaire ! Eh bien ! Jésus-Christ consent à tout souffrir, à tout endurer, pour ses amis, pour moi !... Son inépuisable tendresse l'oblige en quelque sorte à continuer le bienfait de son adorable présence au milieu de ses ennemis les plus furieux, et, s'Il supporte leurs outrages, c'est pour que sa présence, dans la Divine Eucharistie, devienne pour moi une source de célestes bénédictions ! Oh ! Reconnaissance !... Amour !... Réparation !...

 

Deuxième point

Jésus-Christ, dans Sa Vie Eucharistique, supporte l'indifférence et la froideur du plus grand nombre des Chrétiens

 

Rien n'est sensible comme la froideur et l'indifférence, de la part de ceux que l'on aime et pour lesquels on se sacrifie. Cette peine, Jésus-Christ l'endure, pour mon amour, depuis qu'Il a institué l'adorable Sacrement de nos Autels. Pour comprendre cette vérité, il n'est pas nécessaire d'étudier la conduite des Chrétiens dans les siècles passés. Que voyons-nous aujourd'hui ? Le Sauveur est dans Son Tabernacle ; Il appelle, Il invite, Il presse, Il sollicite ; qui l'entend ? qui vient l'adorer ? Hélas ! L'immense majorité des Catholiques ignore si Jésus est là ; ou du moins, il faut l'avouer, leur conduite semble nous autoriser à le croire. On passe devant les églises mille fois par jour, quelquefois on regarde pour faire une réflexion sur l'architecture et les ornements de l'édifice ! Mais le maître de cette maison, celui qui l'habite nuit et jour ! On n'y pense pas !... Quelques-uns demeurent dans la même rue que le Sauveur, à quelques pas de Son Sanctuaire, et ils laissent écouler des semaines, des mois, peut-être des années entières, sans aller fléchir le genou devant Sa Majesté Infinie. On va partout où les affaires appellent, où les plaisirs invitent. à l'Eglise, jamais, si ce n'est quelquefois par un motif de vaine curiosité. Y a-t-il beaucoup de Catholiques coupables de cette indifférence ? Hélas ! c'est le grand nombre, principalement dans les villes ! Le commerce, l'administration, la politique, tout intéresse, tout occupe ; mais visiter Jésus-Christ, mais se souvenir de l'Amour qui le porte à demeurer constamment avec les hommes, gardez-vous bien d'en parler à cette multitude d'hommes, qui se fatiguent par ambition ou par avarice; ils n'ont pas le temps d'y penser !...

O Jésus, n'ai-je pas été, à une certaine époque de ma vie, du nombre de ces ingrats ! Si je ne le suis plus aujourd'hui, que fais-je, tous les jours, pour dédommager Votre Cœur si bon, si aimant, des outrages que vous font cette indifférence, cette froideur, cet oubli incompréhensible !...

 

Troisième point

Jésus, dans la Divine Eucharistie, continue de vivre avec ses amis

 

Oui, le Sauveur a des amis ; Il les aime, Il en est aimé. Il leur dit encore tous les jours : « Demeurez Dans Mon Amour. Mon Père vous aime, parce que vous M'aimez. Vous, vous êtes Mes amis ». C'est pour eux qu'il demeure dans le Saint Tabernacle. Il savait, en instituant cet adorable Mystère, que jusqu'à la fin du monde, Les Siens feraient leurs délices de la présence réelle, de la Communion, de la Messe ; c'est en leur faveur que tout a été fait. Là se trouve le Corps, et les aigles accourent pour se nourrir de sa substance. Suis-je un ami de Jésus ? Oh ! Oui, je le crois, car je fais mes délices de la Sainte Eucharistie. Je viens, j'adore, j'aime... J'écoute, j'interroge et j'entends ce langage du Cœur que le divin Epoux adresse à l'âme attirée par son Esprit dans cette aimable solitude ! Jésus a des amis dans Sa Vie Eucharistique. Ce sont les bons Prêtres, les Prêtres fervents ; ce sont les religieux qui goûtent en secret les ineffables délices de la vie intérieure ; ce sont les pieux laïcs, les vierges dont la vie est toute céleste, les saintes femmes qui viennent, tous les jours, arroser de leurs larmes le pavé du Sanctuaire.

Ô Sauveur ! Qui pourrait refuser l'honneur et la consolation d'être du nombre de ces Amis pour lesquels Vous avez institué ce Sacrement d'amour ! Ah ! Il Vous en a coûté beaucoup pour me procurer cet avantage ! Lorsque, après la dernière Cène, Vous prîtes du pain, et qu'ayant levé les yeux vers le Ciel, après avoir rendu grâces à Votre Père, Vous alliez prononcer les grandes et mystérieuses paroles de la Consécration, Votre regard divin pénétra dans l'avenir, toute l'histoire de l'Eglise se déroula sous Vos yeux. Vous aperçûtes tous les sacrilèges, toutes les profanations dont Votre Chair adorable et Votre Sang précieux seraient l'objet jusqu'à la fin du monde. Vous connûtes alors l'indifférence, la froideur, l'insensibilité et l'ingratitude du plus grand nombre de vos enfants ; tout autre qu'un Dieu devait reculer devant cet affreux tableau ; mais, ô amour ! Vous voyiez aussi ces Amis fidèles qui, dans leur exil, trouveraient en Vous toute leur consolation ; dans leur faiblesse, toute leur force ; Vous m'aperceviez dans ce moment, et Votre Cœur comprit tout ce que je demanderais un jour à Votre Divin Sacrement. Alors on Vous entendit prononcer ces paroles profondes : « Prenez et mangez, ceci est Mon Corps ! »

C'est donc pour Ses amis, c'est pour moi que Jésus a établi le Sacrement de Son Corps et de Son Sang, et qu'Il a accepté, par avance, tous les outrages dont les cœurs ingrats n'ont cessé de se rendre coupables. Depuis dix-huit siècles, Vous avez donc tout supporté pour m'attendre, ô mon Sauveur ! O Divine Eucharistie ! Ô Corps sacré de Jésus ! Je Vous adore ! Vivre et mourir au pied du Saint Autel, devant le Tabernacle ! Quel sort digne d'envie!

 

Adoro te devote, latens Deitas,

Quae sub his figuris vere latitas :

Tibi se cor meum totum subjicit,

Quia te contemplans totum deficit.

 

Je Vous adore dévotement, Dieu caché,

Qui sous ces apparences vraiment prenez corps,

À Vous, mon cœur tout entier se soumet,

Parce qu'à Vous contempler, tout entier il s'abandonne.

 

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01 juin 2013

Le Mois du Saint Sacrement

Le Mois du Très Saint Sacrement

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Septième jour

Dimanche dans l'Octave du Très Saint Sacrement

 

Venez Esprit-Saint,

Remplissez les coeurs de vos fidèles,

Et allumez en eux le feu de votre amour.

Je Vous salue Marie.

 

Quelques jours avant de mourir, le Sauveur voulut entrer en triomphe dans la ville de Jérusalem. Il fut accompagné des acclamations de tout le peuple, et l'air retentit de ces paroles dictées par la reconnaissance : « Gloire au fils de David. Bénédiction à Celui qui vient au Nom du Seigneur ! » A l'imitation du peuple d'Israël, l'Eglise catholique décerne un triomphe à Jésus-Christ. Pouvait-il en être autrement ? Dès là que le Divin Sauveur s'était donné à l'Eglise, qu'il lui avait laissé son corps, son sang, toute son adorable personne ; cette épouse chérie du Fils de Dieu devait être jalouse de témoigner à son céleste Epoux, son amour et sa reconnaissance, en l'environnant d'honneur et de gloire ; c'est la fin qu'elle se propose dans les hommages solennels qu'elle rend à la Divine Eucharistie. Les expositions solennelles du Saint Sacrement, les Saluts accompagnés de tout ce que la foi et la piété catholique ont pu inventer de plus touchant, les Messes chantées avec toute la pompe que déploie l'Eglise dans son admirable liturgie ; les processions où l'on porte le corps de Jésus-Christ dans lequel habite la plénitude de la Divinité, toutes ces choses n'ont pas été établies pour une autre fin. Oh ! Comme nous devons aimer en particulier les processions du Saint Sacrement !

C'est là qu'on aperçoit Jésus-Christ au milieu d'une multitude de fidèles composée de toutes les classes de la société, des grands de la terre comme des hommes de la plus humble condition ; on y voit accourir les jeunes vierges et les vieillards, l'armée et la magistrature; le casque du soldat et l'épée du conquérant y brillent à côté de la tiare du Pontife et de l'étole du prêtre ! Magnifique triomphe décerné au corps et au sang de Jésus-Christ, célébré par le chant solennel des hymnes, des cantiques, au milieu d'une harmonie ravissante, où la voix de l'homme est unie au son mélodieux de tous les instruments; triomphe dans lequel nous voyons comme une armée céleste qui s'avance au milieu des nuages formés par la vapeur de l'encens, et des flots de lumière auxquels se mêlent les fleurs aux couleurs mille fois variées, et que la main de l'innocence ne cesse de répandre sur le passage de l'homme-Dieu. Si ce triomphe irrite l'impie, il devient un vrai bonheur pour les amis de Dieu. L'âme fidèle se réjouit à la vue de cette gloire que l'Eglise rend au Rédempteur du monde, elle veut y prendre part. La foi, la reconnaissance et l'amour l'amènent partout où Jésus-Christ reçoit les hommages de ses enfants. Les triomphes du Sauveur la comblent de joie.

Mais pourquoi ce culte extérieur, ces cérémonies multipliées, cette richesse d'expressions et de sentiments dans le langage de l'Eglise ? C'était l'usage dans l'antiquité de décerner les honneurs du triomphe aux grands hommes qui, par des victoires signalées, avaient reculé les limites de l'empire et soumis les nations barbares. L'Eglise catholique décerne les honneurs du triomphe à Jésus-Christ et particulièrement à son Corps adorable, à cause des victoires que le Sauveur a remportées par son Corps sur ses puissants ennemis. Tous les jours, à l'autel, pendant l'adorable sacrifice, le prêtre répète deux fois, avant et après la Consécration, ces paroles que nous allons méditer, et qui indiquent de la manière la plus frappante, la nature des victoires dont nous parlons : « Seigneur, nous vous offrons cette Oblation sainte, pour honorer la Passion, la Résurrection et l'Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ ». Arrêtons-nous sur ces belles paroles et considérons les triomphes de Jésus-Christ dans sa chair ; notre désir d'honorer cette Chair Divine dans la Sainte Eucharistie deviendra toujours plus ardent.

 

Premier point

Jésus-Christ, par l'Immolation de Sa Chair, a triomphé du péché

 

C'est par l'effusion volontaire de son Sang, par les tourments et les douleurs de sa Chair, que le Divin Sauveur nous a lavés et purifiés de la souillure du péché. « Il s'est anéanti, nous crie l'Apôtre, en prenant la forme d'un esclave ». Et ailleurs : « Il s'est humilié jusqu'à prendre la forme d'un esclave, Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix ! » C'est donc par le supplice de la Croix, par toutes les douleurs qui ont précédé et accompagné sa mort, que Jésus-Christ nous a délivrés de la servitude du mal, et nous a mérité la grâce de paraître purs et saints devant la majesté de Dieu. Or, c'est pour le récompenser de cette victoire que « Dieu a donné à Son Fils un Nom qui est au-dessus de tous les noms, afin que tout genou fléchisse au Nom de Jésus, dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers ».

Mais cette Chair ainsi humiliée, livrée à tous les tourments que nous appelons La Passion de Jésus-Christ, cette Chair par laquelle le Dieu homme a remporté une si grande victoire, elle nous est donnée, nous la possédons ; ce Sang adorable qui a coulé du haut de la Croix sur une terre souillée par les crimes des hommes, il est là, et Dieu nous le donne. Ai-je donc la foi ? Oui, Seigneur, je le crois, votre Corps et votre Sang sont cachés sous les apparences du pain et du vin !... Mais alors de quel amour ne dois-je pas être embrasé pour cet adorable Mystère ! Quel désir immense de le glorifier ! Voilà le prix de mon salut; voilà ce Corps qui a tant souffert pour triompher du péché dont je serais encore l'esclave, sans la victoire de Jésus-Christ. O joie de l'Eglise, comme tu es raisonnable ! Ardeur, empressement, dévotion sans bornes, piété affectueuse, toutes les fois qu'il s'agit d'hommages solennels rendus au Corps et au Sang de mon Divin Rédempteur. Oh ! Quelle douce consolation pour mon âme, de voir le triomphe décerné par l'Eglise au Corps de Jésus-Christ, dans la Divine Eucharistie !

 

Deuxième point

Jésus-Christ, par la Résurrection de Sa Chair, a triomphé de la mort

 

Admirable victoire ! La mort était entrée dans le monde à la suite du péché. Tous les hommes étaient tombés dans la condamnation. Or, « Jésus-Christ, nous dit le grand Apôtre, est ressuscité pour notre justification, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qu est mort et ressuscité pour eux ». Ce n'est pas assez, Jésus-Christ est ressuscité afin de nous ressusciter nous-mêmes, par la même vertu divine qu'il a montrée dans sa Résurrection. Tel est le fruit, telle est la conséquence de la Résurrection de la Chair de Jésus-Christ, et de la gloire qu'il a plu au Sauveur de donner à son Corps dans cet ineffable Mystère ; c'est que nous ressusciterons tous, et que c'est pour nous un droit et un devoir d'attendre le jour où notre propre chair sera glorifiée, en étant rendue conforme à la chair de Jésus-Christ après sa Résurrection.

Certes, je comprends main tenant pourquoi le Sauveur a dit Lui-même : « Je Suis la résurrection et la Vie, celui qui vit et croit en Moi ne mourra pas pour toujours ». Il a dit aussi : « Je suis le Pain vivant, Je suis le Pain de Vie. Celui qui mange ce Pain ne meurt pas pour toujours ». La Divine Eucharistie est donc pour moi le gage de mon immortalité, parce qu'elle renferme cette Chair divine sortie glorieuse du Sépulcre, cette Chair par laquelle Jésus-Christ a triomphé de la mort. Eh quoi ! Le Corps adorable du Sauveur ressuscité est là sur cet autel, et j'oublierais l'éclatante victoire remportée sur la mort, par ce même Corps de l'Homme-Dieu ! O Eglise catholique ! Appelle-nous autour du trône sur lequel tu as placé l'adorable Sacrement. Nous viendrons avec joie, et, à la vue du Corps de Jésus-Christ, au souvenir de ses triomphes, nous insulterons à la mort : « Que te reste-t-il, ô Mort, de toutes tes victoires ? Tu es absorbée dans la victoire remportée par la Chair de Jésus-Christ !

Mille actions de grâces, ô mon Dieu ! Par Jésus, par la Résurrection de sa Chair, vous nous avez tous rendu victorieux de la mort! et, par la Résurrection de notre propre chair, vous nous rendrez Immortels !

 

Troisième point

Jésus-Christ, par la Glorification de Sa Chair, a triomphé du Démon

 

On vit un grand prodige dans le Ciel, au jour de l'Ascension de Jésus-Christ. La chair de l'homme devenue captive sous la loi du péché, chair avilie et dégradée jusque-là, que Dieu avait déclaré que son Esprit ne demeurerait plus avec l'homme, parce qu'il n'était que chair, cette chair divinisée dans la personne de Jésus-Christ, s'éleva, par sa propre vertu, jusqu'au séjour de la gloire de Dieu. Dans ce moment, toute la puissance que le prince des ténèbres avait obtenue par le don que l'homme lui avait fait de Lui-même, se trouva anéantie. Saint Paul nous l'apprend. « Jésus-Christ ayant dépouillé le démon du fruit de ses conquêtes, ayant brisé son sceptre, pour nous ouvrir la porte du Ciel, est entré le premier, en qualité de notre précurseur, dans le séjour de la gloire. En s'élevant dans les Cieux, il emmène avec lui une multitude de captifs qu'il a délivrés d'une prison obscure, et des ténèbres de la mort ».

Les Justes de l'ancienne Loi avaient trouvé le Ciel fermé ; il fallait la dernière victoire de Jésus-Christ, pour en ouvrir la porte. Jusqu'alors le prince de l'Enfer avait triomphé. Au moment de l'Ascension, Satan est refoulé dans l'abîme, sous les pieds du Triomphateur divin ; le passage demeure libre ; et la nature humaine, dans la personne du Sauveur, est placée au plus haut des Cieux, à la droite de la Majesté divine ! Eh bien, cette Chair adorable par laquelle Jésus-Christ a triomphé du Démon, nous la possédons dans la Divine Eucharistie. Dieu le Père nous la donne ; Jésus-Christ nous l'a laissée ; il nous la présente comme l'instrument de son éclatante victoire sur l'Enfer.

Ah ! Comme je voudrais adorer le Corps de Jésus-Christ avec les sentiments de respect profond que les Anges durent avoir pour lui, au moment de son Ascension glorieuse ! Je devrais bien davantage encore ! Car la victoire remportée sur l'Enfer par la Chair de Jésus-Christ, n'est pas pour les Anges, mais bien pour la glorification de ma propre Chair ! Qu'on me laisse adorer, glorifier, louer Jésus-Christ ! Que les airs retentissent aujourd'hui de ce cri magnifique du Prophète : « Nations, louez toutes ensemble le Seigneur !... Que le Nom du Seigneur soit béni, d'une extrémité du Monde à l'autre ».

 

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