25 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-sixième jour

Derniers jours

 

Prélude : Le visage de Dominique s'est transfiguré : il y a déjà un reflet du ciel sur ces nobles traits, empreints de recueillement et de joie.

 

Réflexions

 

L'œuvre du grand patriarche était accomplie. Le petit grain semé avec larmes dans le Languedoc avait levé, il était devenu un vigoureux arbuste, qui, transplanté à Rome, en terre favorable, avait grandi et couvrait maintenant, arbre immense, de ses rameaux protecteurs, le monde entier. Pendant cinq ans, Dieu qui prélude souvent en ce monde aux récompenses éternelles de ses bons ouvriers, avait donné à Dominique cette grande consolation d'assister à l'affermissement de son Ordre, désormais immortel sous la garde de Jésus Christ.

Nouveau Siméon, le fondateur pouvait chanter son Nunc dimittis, parce que ses yeux avaient vu le Christ glorifié et la lumière des nations éclairant l'univers par les fils que Dieu lui donna en si grande multitude. D'autre part, il avait faim et soif du ciel, son âme soupirait après les clartés de la vision béatifique, son cœur avait besoin d'amour infini, et tout son être respirait à la possession divine. Sans doute, ses enfants l'entouraient de beaucoup d'affection, mais l'écho de sa pensée intime résonnait dans d'autres régions que les limites terrestres : Jésus qu'il avait connu et aimé, qu'il avait fait connaître et aimer, Jésus ne se révèle à découvert qu'au ciel, les voiles du sacrement irritaient l'amour de Dominique ; Marie, la reine du très Saint Rosaire, lui avait souvent dévoilé quelque chose de sa maternelle splendeur, mais elle disparaissait vite et le grand prédicateur avait besoin de se jeter à ses pieds dans une contemplation éternelle ; plusieurs de ses fils et de ses compagnons d'apostolat l'attendaient là haut, il voulait partir !

Qui dira ce qu'est cette nostalgie du ciel, s'il ne l'a éprouvée ? Plus rien n'attache à la terre les âmes qui en sont glorieusement atteintes : elles soupirent sans cesse, une tristesse douce fait le fond de leur vie et transpire jus que dans leur extérieur, leurs entretiens sont du ciel, et leur conversation n'en sort pas. Pour un peu, dans l'intimité du moins, elles diraient volontiers, si leur humilité ne les empêchait : « Comme la terre me paraît vile, j'ai vu le ciel ! »

 

Pratique : Entretenir dans son âme, spécialement dans les temps d'épreuves, les saints désirs du ciel.

Invocation : Saint Dominique, vous qu'un ange a appelé au ciel, priez pour nous !

 

Trait historique

L'appel du Ciel

 

Avant de quitter Bologne, Dominique reçut de Dieu l'avis que son exil touchait à son terme. Le bienheureux Jourdain de Saxe raconte qu'un jour qu'il était en prière et soupirait ardemment, comme saint Paul, après la dissolution de son corps, Dominique se sentit saisi d'une puissante émotion et d'un irrésistible désir de voir Dieu. Jourdain, un jeune homme d'une beauté ravissante, lui apparut, et, le nommant avec une douceur infinie, lui dit : « Dominique, mon bien-aimé, viens dans la joie, viens aux noces que je t'ai préparées, viens ». Il connut en même temps l'époque précise du rendez-vous et on remarqua chez lui un changement joyeux, qui indiquait la fin de toute tristesse. À quelques jours de là, étant allé voir quelques étudiants et quelques élèves de l'Université de Bologne qu'il affectionnait, il parla avec sa gaîté ordinaire, les exhortant au mépris du monde et à la pensée de la mort. Puis, se levant pour les quitter, il leur fit cet adieu : « Mes chers amis, vous me voyez maintenant en bonne santé ; mais, avant que vienne l'Assomption de Notre Dame, je serai enlevé de cette vie mortelle ». Cette annonce surprit beaucoup, rien en lui n’annonçait l'affaiblissement prochain de ses forces, et son esprit était plus mâle que jamais. (Vie de saint Dominique, par divers auteurs).

 

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24 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-cinquième jour

À Bologne

 

Prélude : Représentons-nous Dominique debout, au milieu de l'assemblée de ses chers fils, les représentants de l'ordre entier réunis à Bologne, et leur faisant une exhortation qui est comme le testament de son grand cœur.

 

Réflexions

 

Ce fut à la Pentecôte de 1221 que Dominique réunit pour la deuxième et dernière fois le chapitre général des Frères Prêcheurs. Celui qui avait suivi si fidèlement l'action du Saint Esprit, le poussant dans la carrière apostolique, semble avoir voulu abriter sous la protection spéciale du Saint Esprit l'héritage de zèle qu'il allait laisser à sa postérité. Il se leva au milieu des disciples, comme autrefois Pierre debout au milieu des apôtres, et ce Cénacle entendit vibrer les dernières exhortations de cette grande âme.

J'aime à me représenter ce spectacle. Dominique semble transfiguré par l'approche du ciel, qui projette déjà sur son mâle visage quelques rayons de l'immortalité. Jamais, il ne parla comme il parle. Ses fils, émus, ravis, transportés, regardent leur père et recueillent avidement chacune des paroles qui tombent de ses lèvres, comme on recueille les moindres parcelles d'un trésor qui va tarir. C'est le testament d'un père qui va mourir, et ceux qui seront tantôt orphelins écoutent avec une filiale émotion ses dernières volontés. Ô Dominique, révélez-nous quelque chose de vos sublimes accents, communiquez-nous quelque chose de ce feu ardent que votre discours alluma dans le cœur de vos disciples, afin que nous soyons dignes de porter votre nom et d'appartenir à votre sainte famille !

Après avoir exposé l'état florissant de l'ordre en diverses contrées, le saint proposa de l'étendre plus loin. Il divisa dès lors ses frères en huit provinces, et, comme la Hongrie et l'Angleterre ne comptaient point encore de couvents de son ordre, Dominique envoya deux apôtres du sein même du chapitre général. Par la Hongrie, le saint réalisait son rêve, celui de se rapprocher, au moins par les siens, de ces royaumes idolâtres où il avait tant désiré de prêcher le nom de Jésus-Christ, et où ses fils recueillirent bientôt une moisson de palmes sanglantes, en confessant la foi. Par la mission d'Angleterre, il achevait de prendre possession de l'Europe, et le vœu de ce cœur grand comme le monde était satisfait.

Dans son discours, le grand patriarche exhorta les frères à l'étude de la science sacrée, afin qu'ils s'élevassent à la hauteur de la mission imposée par le nom et l'état de Prêcheurs. Il leur rappela que les papes les avaient recommandés à la bienveillance de l’Église universelle, ce qui semblait les placer sous la direction toute spéciale du vicaire de Jésus-Christ. Il leur montra qu'ils étaient des ouvriers désignés pour travailler à la gloire de Dieu et au salut des âmes, et ce but, conclut-il en insistant sur ce point capital, ne pouvait être atteint sans une soigneuse étude des divines Ecritures. Il enjoignit donc à tous les Prêcheurs de s'appliquer sans cesse à l'étude de la théologie, et de porter toujours avec eux les Evangiles et les Épitres.

« Appliquons-nous, dit-il en terminant, appliquons-nous avec énergie, aux grandes actions que Dieu demande de nous ! » Paroles et conseil d'un héros !

 

Pratique : Ne pas reculer devant la grandeur ou la difficulté des entreprises que Dieu propose à notre zèle pour sa gloire.

Invocation : Saint Dominique, notre auguste père, priez pour nous !

 

Trait historique

La confusion du démon

 

Deux frères, se rendant à Bologne, rencontrèrent sur leur route un homme qui les joignit, et chercha à lier conversation avec eux. Il s'informa du but de leur voyage, et entendant parler du prochain chapitre : « Quelle est, dit-il, la grande affaire dont vous allez vous occuper ? - De l'établissement de nos frères dans de nouveaux pays, répondit l'un des deux voyageurs ; l'Angleterre et la Hongrie sont parmi les contrées proposées. - Et la Grèce aussi ? dit l'étranger, et l'Allemagne encore ? - Oui, répliqua le frère, on dit que nous serons bientôt répandus dans toutes ces contrées ». Alors, l'étranger jeta un cri plein d'angoisse et s'écria : « Votre Ordre est ma confusion ». Il s'élança aussitôt dans les airs et disparut. Les frères reconnurent la voix du grand ennemi de l'homme, contraint de rendre témoignage du pouvoir que les serviteurs de Dieu exerçaient contre lui. (Traduit de l'anglais, par l'abbé Chirat).

 

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23 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-quatrième jour

Une dernière fois à Rome

 

Prélude. - Représentons-nous le saint patriarche, entrant, pour la dernière fois, dans cette Ville Reine, où son cœur et sa foi l'ont si souvent amené, et entrons dans ses sentiments de vénération pour Rome, où siège l'interprète infaillible de la vérité sur la terre.

 

Réflexions

 

L'éloquent restaurateur de l'Ordre Dominicain en France l'a dit, avec un accent ému, dont rien n'égalerait l'incomparable autorité :

« Avec la création du Tiers Ordre, la carrière de Dominique était achevée. Il ne lui restait plus qu'à faire ses adieux à tout ce qu'il avait aimé sur la terre, et Rome occupait sans doute la première place dans ses affections. C'est là qu'il était venu avec Azevedo, son premier ami, lorsque sa vie publique n'était point encore commencée ; là qu'il était retourné pour obtenir l'approbation et la confirmation de son ordre ; là qu'il avait édifié Saint Sixte et Sainte Sabine, planté le centre de son ordre, exercé la charge de maître du sacré palais, obtenu la confiance de deux grands papes, ressuscité trois morts, et vu s'élever jusqu'au triomphe la vénération que le peuple avait pour lui ; là que résidait dans une infaillible majesté le vicaire de Celui qu'il avait aimé et servi tous les jours de sa vie. Pouvait-il mourir sans avoir reçu de lui une dernière bénédiction ? Pouvait-il fermer les yeux sans les avoir jetés encore une fois sur les collines de la sainte cité ? Pouvait- il croiser ses mains pour jamais avant d'avoir offert un sacrifice suprême sur les autels des apôtres Pierre et Paul ? Pouvait-il livrer ses pieds à l'immobilité avant d'avoir foulé, pour n'y plus revenir, les sentiers de l'Aventin et du Cælius ? Rome ouvrit donc une sixième fois ses entrailles de mère au grand homme qu'elle avait enfanté dans sa vieillesse, et qui devait lui susciter des fils et des fidèles, jusqu'en des mondes dont le nom n'était pas encore connu. Honorius III lui donna, dans plusieurs diplômes, de nouvelles marques de sa sollicitude et de sa souveraine paternité ».

Rome, dit un historien, avait été témoin de l'épopée de sa vie ; désormais Saint Sixte et Sainte Sabine allaient devenir des noms classiques parmi ses enfants, et si, comme nous avons lieu de le croire, une lumière prophétique lui avait révélé que l'époque de sa mort n'était pas éloignée, il devait éprouver un charme particulier dans ces derniers adieux qu'il adressait au théâtre qui avait vu les scènes familières de sa vie.

Pendant qu'il était à Rome, Dominique eut la joie d'y rencontrer et d'y embrasser une dernière fois Foulques de Toulouse. Un acte nous est resté de cette rencontre, portant un sceau où le saint est représenté en habit de Frère Prêcheur, un bâton à la main, avec cette exergue : « Sceau de Dominique, ministre des prédications ».

 

Pratique : Témoigner en toute occasion de sa vénération pour le chef de l’Église, en prenant part aux diverses manifestations de la piété filiale de la chrétienté envers le Pape.

Invocation : Saint Dominique, gardien de la bergerie du Seigneur, priez pour nous !

 

Trait historique

Adieux à Rome

 

Chaque la jour le revit encore à la grille de Saint Sixte, exhortant les Sœurs à garder avec soin la Sainte Règle, qui les avait amenées à une vie plus parfaite. L'affection profonde qu'il portait à ses filles spirituelles est célèbre par un miracle fixé par sœur Cécile à cette époque. Il frappa un jour, à la porte du couvent, et sans entrer, il demanda à la portière des nouvelles des sœurs Théodore, Tedrana et Ninfa. Elle répondit que les trois sœurs étaient malades de la fièvre. « Dites- leur de ma part, répliqua Dominique, que je leur commande d'être guéries ». Aussitôt qu'elles eurent reçu ce message, elles se levèrent en pleine santé. La présence de Dominique à Rome était toujours bien vue. Le saint était connu des cardinaux et de plusieurs personnages attachés à la cour pontificale, qui recherchaient avec empressement sa société ; car, selon qu'il est rapporté dans la bulle de sa canonisation, personne ne lui parla jamais sans devenir meilleur ; mais la popularité était la dernière chose qu'il recherchait, et il est certain que la célébrité, dont il jouissait à Rome, fut un des principaux motifs qui le décidèrent à résider à Bologne, où il retourna au commencement du mois de mai. (Vie de saint Dominique, par l'abbé Chirat).

 

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22 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-troisième jour

Le Tiers Ordre

 

Prélude. - Remercier Dieu et demander à l'intercession de notre saint fondateur la grâce d'être dignes de cette grande faveur, qui nous a faits membres de son Tiers Ordre.

 

Réflexions

 

On n'est pas d'accord sur la date de cette merveilleuse création, qui, en transformant le monde en un vaste monastère, a couvert le monde des fleurs divines qui semblaient jusque là avoir besoin de l'abri du cloître pour s'épanouir dans les jardins de la sainte Eglise. Mais, du moins, on sait d'une manière incontestable que le Tiers Ordre eut saint Dominique pour auteur. Il est en outre infiniment probable que le saint patriarche l'a fondé durant son séjour en Lombardie, où les désordres qui régnaient alors en beaucoup d'endroits de l'Italie, excitèrent plus d'une fois les généreux efforts de son zèle infatigable.

Son but fut de choisir et de rassembler des chrétiens généreux qui combattissent pour la défense de la foi et des fidèles. C'est pourquoi ce Tiers Ordre prit d'abord le titre de « milice de Jésus-Christ », parce que, dit Suarez, il était établi pour défendre alors les biens de l’Église contre les injustes usurpateurs. Mais depuis, ajoute le grand théologien, après que la persécution eut cessé , cette milice changea son nom en celui de « la Pénitence » ou de « troisième règle », et ses membres s'appelèrent « les Frères de la Pénitence du Tiers Ordre de saint Dominique ». Dès lors, les nombreux fidèles qui s'étaient enrôlés dans cette sainte milice, en appliquérent les règles aux combats et aux luttes spirituelles de l'homme intérieur.

C'est de ceux-là que le grand pape Grégoire IX écrivait au successeur de saint Dominique dans la charge de Maître Général de l'ordre des Frères Prêcheurs, le Bienheureux Jourdain de Saxe, lui commandant de former, par lui-même et par ses frères, à l'exercice de la vertu, ses Fils bien-aimés, les Frères de la milice de Jésus-Christ, « dont le pieux Institut, dit le pape, en détermine beaucoup à s'élever jusqu'à l'assemblée des saints » ; et de les animer efficacement à la conservation de la charité, travaillant à ce que, par de douces exhortations, le nombre des membres de cette milice croisse de plus en plus à la gloire du Rédempteur.

Saint Dominique traça, pour cette société nouvelle qui n'était ni le monde ni le cloître, et qui participait de l'un et de l'autre, des règles appropriées à sa double destination, et qui en assujettissaient les membres à des pratiques de piété et de mortification religieuse, compatibles cependant avec les devoirs ordinaires de la vie domestique et civile. L'austérité de quelques-unes de ces règles, qui étonne aujourd'hui notre faiblesse, n'empêcha pas le Tiers Ordre de faire de rapides progrès et de s'étendre aussi loin que l'ordre même des Frères Prêcheurs.

On l'a dit avec raison : les Tiers Ordre de Dominique et de François achevèrent la conquête du monde et placèrent l’habit religieux sur la poitrine des guerriers et le manteau des rois. La barrière, qui sépare le monde du cloître, se trouvait à demi brisée, et la plus héroïque sainteté était mise à la portée de milliers de personnes, qui, auparavant, ne s’élevaient peut-être pas au-delà de la plus ordinaire piété.

 

Pratique : Se montrer digne de la gloire d'être tertiaire de saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, notre Père, priez pour nous.

 

Trait historique

Le Tiers Ordre au XIXe siècle

 

Le Tiers Ordre a eu l'honneur, dans ces dernières années, de donner à l’Église des Confesseurs et des Martyrs. Durant la cruelle persécution qui vient de désoler l'Eglise du Tonkin, sept membres du Tiers Ordre ont mêlé leur sang à celui de deux évêques dominicains, et de plusieurs religieux du même ordre, pour la défense de la foi. Après de longues souffrances endurées avec une constance invincible, le premier d'entre eux qui eut ce bonheur fut le vénérable Joseph Uyen, qui mourut en confessant le nom du Seigneur au milieu des tourments jusqu'au dernier soupir. Le deuxième, le vénérable Joseph Caula, vieillard septuagénaire, voulut marcher au supplice revêtu de l'habit blanc du Tiers Ordre et eut la tête tranchée. Les cinq autres n'étaient encore que novices du Tiers Ordre lorsqu'ils furent arrêtés. Ne pouvant recevoir dans leur cachot la visite du Père missionnaire de leur district, ils lui envoyèrent leur profession dans une lettre, qui est un monument de la simplicité de leur obéissance et de la ferveur de leur foi. C'est un touchant spectacle que celui de cinq jeunes gens, soumis depuis plus d'une année à toutes les horreurs d'une affreuse captivité, et qui s'accusent et demandent pardon de ne pouvoir toujours observer avec exactitude les jeunes et les abstinences de la règle ! Quel exemple et quelle leçon pour leurs frères d'Europe !... Ils furent tous étranglés en invoquant le saint nom de Jésus. Il y a lieu d'espérer que bientôt on les honorera d'un culte public et que le Tiers Ordre pourra se glorifier de ces nouveaux intercesseurs. C'est ainsi que le Tiers Ordre, au XIXe siècle, s'est noblement souvenu de son premier titre, en fournissant « à la milice de Jésus-Christ » d'intrépides soldats qui lui ont rendu sur la terre le témoignage du sang. (Notice historique sur le Tiers Ordre, par le Père Jundel).

 

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21 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-deuxième jour

La loi de pauvreté

 

Prélude. - Représentons-nous saint Dominique, entouré de ses frères et présidant leur premier chapitre général, à Bologne.

 

Réflexions

 

Lorsque Dominique eut satisfait l'ardent désir de son cœur, en dotant l'Espagne de fondations fécondes en fruits de sainteté, il voulut voir Paris, bénir cette famille naissante que Dieu semblait avoir en prédilection. Mais son âme l'attirait à Rome. Il se dirigea vers la Ville Reine pour la cinquième fois.

C'est à cette époque que s'ouvrit, dans la ville de Bologne, le premier chapitre général de l'Ordre Dominicain. Qu'il dut être beau, ce premier revoir des frères, disséminés par le zèle sur tant de points divers, et se réunissant pour parler des absents, pour raconter les bénédictions du passé, pour s'interroger sur les difficultés du présent et pour entrevoir ensemble, sous les regards et sous la bénédiction du Père, les espérances de l'avenir !

Dominique présida cette première réunion solennelle, malgré son humilité, qui s’alarmait des périls de la supériorité et qui voulait éloigner les témoignages de vénération filiale dont ses disciples l'entouraient, pour s'en aller prêcher la foi chez les idolâtres. Ceux-ci ne le permirent point, et Dominique, fondateur, devint, par le suffrage unanime de ses fils, le Maître Général de l'ordre.

Une autre préoccupation se fit jour, dès la première séance, dans les paroles et les exhortations du saint. Jusque là, l'ordre n'avait pas encore embrassé la sainte pauvreté, comme il convenait à ces sublimes imitateurs des apôtres. Dominique de Guzman ambitionna la gloire de François d'Assise et fit acclamer, par ses frères, la sainte loi de la pauvreté évangélique, comme l'une des ba ses fondamentales de leur constitution.

Après avoir réduit l'ordre à la sévérité de la pauvreté apostolique, le chapitre général de Bologne porta diverses lois qui font encore autorité, par rapport à l'abstinence, au jeûne, à l'obéissance, à l'étude de la science sacrée, à la prière , à la conservation de l'esprit religieux.

Sauf certaines modifications, exigées par le changement des temps et des lieux, les constitutions bolognaises sont encore en vigueur dans l'ordre, tandis que nous voyons les constitutions humaines politiques changer à chaque instant, comme pour nous montrer que, si Dieu ne bâtit pas la maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent.

 

Pratique : Pratiquer la vertu de pauvreté, au moins dans son esprit, chacun selon son état.

Invocation : Saint Dominique, pauvre volontaire des biens de la fortune, priez pour nous !

 

Trait historique

Les deux pauvres de Jésus-Christ

 

Pendant une absence de Dominique, le procureur du couvent de Bologne avait augmenté les bâtiments d'une façon que le saint jugea contraire à la sainte vertu de pauvreté. Avant son départ, il avait laissé des ordres pour les changements projetés, et même une sorte de plan ou de modèle, pour assurer l'observance si chère à son âme, de la loi de pauvreté, qu'il considérait comme une indispensable condition de la vie religieuse. Il regarda le nouveau bâtiment et des larmes coulèrent sur ses joues : « Voulez-vous bâtir des palais comme celui-ci, tandis que je suis encore vivant ? s'écria-t-il, sachez que, si vous le faites, vous ruinerez l'ordre : vous avez percé mon cœur ». Ces paroles percèrent aussi les cœurs de ceux qui les entendirent, et pendant tout le temps qu'il vécut ; personne n'osa parler de terminer le couvent. On n'y posa pas une pierre, et cependant les cellules qu'il trouvait si inconvenantes étaient, après tout, pauvres, étroites et très peu différentes de celles qui avaient été élevées auparavant. On jugera de la pauvreté et de l'humilité des bâtiments par une autre circonstance qui arriva vers ce temps-là. Saint François était aussi venu à Bologne, pour visiter les religieux de son ordre, récemment établis en cette ville, mais les trouvant dans une grande et spacieuse maison, il en fut si indigné, qu'il ordonna à tous les frères de la quitter, et il alla lui-même se loger au couvent des Frères Prêcheurs, « qu'il trouva, dit le père Chalippe, dans une maison plus à son gré, et auprès desquels il resta quelques jours en compagnie de son ami saint Dominique ». (Vie de St Dominique traduite de l'anglais par l'abbé Chirat).

 

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20 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-et-unième jour

En Espagne

 

Prélude. - Dominique redescend le versant des Pyrénées, et salue les anges gardiens de sa bien-aimée patrie.

 

Réflexions

 

La grâce ne détruit point la nature, elle la perfectionne et l'embellit. Or, l'un des sentiments les plus naturels à l'homme, c'est l’amour de sa patrie. Ce sol privilégié où l'on a respiré l'air natal, entre les bras de sa mère, conserve un charme que l'exilé seul a bien senti.

Notre saint patriarche avait une des natures les plus merveilleusement douées, qu'on rencontre dans les annales de la sainteté. Le sentiment dont nous parlons, loin de lui être étranger, existait chez lui à un haut degré. Il avait quitté la terre natale et la maison de ses pères, pour obéir à l'impérieux attrait de la grâce divine, qui l'appelait à faire de la terre entière la patrie de son apostolat et de sa grande postérité. Mais, dans un coin aimé de son âme, Dominique conservait l'amour et le souvenir de l'Espagne. Dès qu'il le put, il y revint, sinon pour l'habiter, au moins pour la doter des plus beaux fruits de son zèle apostolique.

Celui qui a vécu loin de son pays pourrait seul décrire, ou plutôt il peut seul sentir, ce que dut être ce doux revoir !... Avec quelle émotion Dominique salua, du sommet des Pyrénées, l'ange protecteur de son héroïque patrie ! Avec quelle joie intime il revoyait les chers souvenirs de son enfance ! Les historiens nous ont conservé plus d'un épisode de ce retour : ils témoignent tous de l'amour ardent de Dominique pour l'Espagne.

De son côté, l'Espagne salua, avec enthousiasme et ferveur, ce grand homme, sa gloire. Le jeune chanoine d'Osma lui revenait Prêcheur, père d'un ordre déjà célèbre, thaumaturge, fléau de l'hérésie, soutien et honneur de la sainte Eglise de Dieu. Tous s'empressaient sur les pas de l'homme de Dieu, riche seulement des biens surnaturels, mais riche à profusion, et tout prêt à répandre ses dons surabondants sur la terre natale. Il fonda le couvent de Ségovie, où le souvenir des austérités et des extases du saint revit toujours dans une grotte fameuse. Il planta le blanc drapeau des Prêcheurs au centre de la capitale espagnole, et tous, princes, grands et petits, y bénissent encore celui que ses compatriotes appelèrent « le bon Dominique de Guzman ».

 

Pratique : Chercher à faire du bien dans son pays natal.

Invocation : Saint Dominique, gloire de la catholique Espagne, priez pour nous.

 

Trait historique

Comment voyagent les saints

 

Dominique voyageait toujours à pied, avec son bagage sur les épaules et son bâton à la main. En sortant des villes ou des villages qu'il traversait, il ôtait sa chaussure, poursuivant nu-pieds sa route, malgré les sentiers âpres, les pierres aiguës et les épines. Il ne voulait jamais permettre qu'un de ses compagnons de voyage portât sa besace, malgré toutes leurs filiales instances. Lorsque, de la pente des collines, il a percevait la ville ou ils allaient entrer, il s'arrêtait, la regardait longuement, pleurait sur les misères et les péchés de ses habitants. Puis, poursuivant sa route, quand il arrivait aux portes de la ville, il reprenait ses chaussures et s'agenouillait pour demander humblement à Dieu que ses péchés n'attirassent point sur elle les châtiments du ciel. Il regardait rarement autour de lui ; ses yeux, presque constamment baissés, semblaient ne pas voir les objets environnants. Si la pluie venait à tomber ou si quelque accident survenait, il exhortait ses compagnons à la confiance et entonnait une hymne à la sainte Vierge ou au Saint Esprit. Il gardait fidèlement les jeûnes, les abstinences, les moments de silence et toutes les constitutions de l'Ordre. Il trompait la longueur du chemin en s'entretenant des choses de Dieu ou en faisant de pieuses lectures à ses compagnons. Son courage lui fit toujours mépriser tout danger personnel. Il sentait et disait que c'était une bonne et joyeuse chose de louer Dieu, aussi chantait- il volontiers des psaumes et des cantiques sacrés. Les haltes dans les couvents ou même dans les auberges, étaient toujours l'occasion de répandre la parole de Dieu. Enfin, dit le Bx Jourdain de Saxe, partout où il était, sur la route avec ses compagnons, ou avec ses convives et la famille des hôtes qui le recevaient, ou bien au milieu de grands personnages, de princes ou de prélats, sa parole édifiait toujours, et les traits historiques qu'il avait coutume de citer, animaient les âmes de ses auditeurs à l'amour de Jésus-Christ et au mépris du monde. Partout en un mot, soit par ses paroles, soit par ses œuvres, il se montrait l'homme de l'Evangile. (Vie de St Dominique, par divers auteurs).

 

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19 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingtième jour

Le Salve Regina

 

Prélude. - Se recueillir, sous les regards de Marie, pour méditer sur le beau témoignage de prédilection que cette sainte mère donna à l'ordre naissant, pendant le séjour de Dominique à Rome, et que le cérémonial dominicain a fidèlement honoré de puis par un rite quotidien.

 

Réflexions et trait historique

 

Nous voici arrivés à cette belle époque de la vie du saint patriarche, où les prodiges semblent naître à chaque pas sur sa route et où la sainte Vierge manifeste avec une tendre sollicitude son maternel patronage sur l'ordre naissant.

Empruntons la parole de cette sœur Cécile qui fut, pour Dominique, quelque chose de ce que fut Paule pour Jérôme ; Claire d'Assise pour François d'Assise ; Jeanne de Chantal pour François de Sales.

« Un soir que Dominique était resté dans l'église à prier, il en sortit à l'heure de minuit, et entra dans le corridor où les frères do avaient leurs cellules et dormaient. Lorsqu'il eut achevé ce qu'il était venu faire, il se mit de nouveau à prier à l'une des extrémités du corridor, et regardant par hasard à l'autre bout, il vit s'avancer trois femmes, dont l'une qui était au milieu paraissait la plus belle et la plus vénérable. Ses compagnes portaient l'une un vase magnifique, l'autre un aspersoir qu'elle présentait à sa maîtresse. Celle-ci aspergeait les frères et faisait sur eux le signe de la croix. Dominique alla au-devant de la femme qui bénissait, et qui était déjà au milieu du corridor, près de la lampe suspendue en cet endroit. Il se prosterna à ses pieds , et, quoiqu'il l'eût déjà reconnue, il la supplia de lui dire qui elle était.

En ce temps-là, cette belle et dévote antienne, le Salve Regina ne se chantait point dans le couvent des frères et des sœurs de Rome ; elle y était seulement récitée à genoux après Complies. La femme qui bénissait répondit donc au bienheureux Dominique : « Je suis celle que vous invoquez tous les soirs, et lorsque vous dites : Eia ergo, advocata nostra ! Je me prosterne devant ‬mon Fils pour la conservation de cet ordre ».

Alors, le bienheureux Dominique s'informa qui étaient ces deux jeunes filles, dont elle était accompagnée. À quoi la bienheureuse Vierge répondit : « L'une est Céline, l'autre Catherine ». Et ayant achevé sa ronde, aspergé et béni le reste des frères, elle disparut.

Or, le bienheureux Dominique retourna prier au lieu où il était auparavant ; et à peine commençait-il à prier, qu'il fut ravi en esprit jusqu'à Dieu. Il vit le Seigneur ayant à sa droite la bienheureuse Vierge, et il lui semblait que Notre Dame était vêtue d'une chape de couleur de saphir. Et, regardant tout autour de lui, il voyait devant Dieu des religieux de tous les ordres, mais il n'en voyait aucun du sien. Il se prit donc à pleurer amèrement , et il n'osait s'approcher du Seigneur ni de sa mère. Notre Dame lui fit signe avec la main de venir. Mais, il n'osait point s'approcher, jusqu'à ce que le Seigneur lui eut fait signe à son tour. Il vint alors, et se prosterna devant eux en pleurant amèrement. Le Seigneur lui dit : « Pourquoi pleures-tu si amèrement ? » Il répondit : « Je pleure, parce que je vois ici des religieux de tous les ordres, et que je ne vois personne du mien ». Et le Seigneur lui dit : « Veux-tu voir ton ordre ? » Il répondit en tremblant : « Oui, Seigneur ».

À ce moment, la bienheureuse Vierge ouvrit la chape dont elle hein paraissait revêtue, et l'étendant sous les yeux du bienheureux Dominique, de telle sorte qu'elle couvrait de son immensité toute de la céleste patrie, il vit sous elle une multitude de ses frères.

Le bienheureux Dominique se prosterna pour rendre grâce à Dieu et à la bienheureuse Marie, sa mère, et la vision disparut ; il revint à lui-même et sonna la cloche des matines. Lorsque les matines furent terminées, il convoqua les frères au chapitre, où il leur fit un beau discours sur l'amour et la vénération qu'ils devraient avoir pour la bienheureuse Vierge, et il leur rapporta entre autres choses cette vision.

Le bienheureux Dominique lui même raconta cette vision à la Sœur Cécile et aux autres sœurs de Saint Sixte, comme si elle fût arrivée à un autre ; mais les frères qui étaient présents faisaient signe aux sœurs que c'était à lui même qu'elle était arrivée ».

 

Pratique : Se renouveler dans une dévotion affectueuse, constante et pratique, envers la très Sainte Vierge.

Invocation : Saint Dominique, vous qui, comme un autre Elie, avez été ardent propagateur du culte de Marie, priez pour nous !

 

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18 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Bx Reginald d'Orléans 2-001

 

Dix-neuvième jour

L'Habit des Frères Prêcheurs

 

Prélude. - Se recueillir pour écouter le récit, qui nous a été conservé par la Sœur Cécile, des origines de l'habit dominicain.

 

Réflexions et trait historique

 

« Dieu lui avait inspiré (au Bienheureux Réginald, jusque- là chanoine d'Orléans et docteur célèbre de Paris), le désir d'abandonner toutes choses pour la prédication de l'Evangile, et il se préparait à ce ministère, sans savoir encore de quelle façon le remplir , car il ignorait qu'un ordre de prédicateurs avait été institué. Or, il arriva que, dans un entretien confidentiel avec un cardinal, il lui ouvrit son cœur à ce sujet, lui disant qu'il pensait à tout quitter pour prêcher Jésus-Christ çà et là dans un état de pauvreté volontaire. Alors le cardinal lui dit : « Voilà justement qu'un ordre vient de s'élever, qui a pour but d'unir la pratique de la pauvreté à l'office de la prédication, et nous avons dans la ville le maître du nouvel ordre, qui y annonce même la parole de Dieu ».

Ayant ouï cela, maître Réginald s'empressa de chercher le bienheureux Dominique, et de lui révéler le secret de son âme. La vue du saint et la grâce de son discours le séduisirent ; il résolut dès lors d'entrer dans l'ordre.

Mais l'adversité, qui est l'épreuve de tous les saints projets, ne tarda pas de s'en prendre au sien. Il tomba si gravement malade, que la nature paraissait succomber sous les assauts de la mort, et que les médecins désespéraient de le sauver. Le bienheureux Dominique, affligé de perdre un enfant dont il n'avait pas même joui, se tourna vers la divine miséricorde avec importunité, la suppliant, ainsi qu'il l'a raconté lui-même aux frères, de ne pas lui ravir un fils qui était plutôt conçu que né, et de lui en accorder la vie au moins pour un peu de temps. Pendant qu'il priait ainsi, la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu et maîtresse du monde, accompagnée de deux jeunes filles d'une beauté sans mesure, apparut à maître Réginald éveillé et consumé par les ardeurs de la fièvre, et il entendit cette reine du ciel qui lui disait : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai ».

Comme il délibérait en lui même, une des jeunes filles qui accompagnaient la bienheureuse Vierge lui suggéra de ne rien demander, mais de s'en remettre à la volonté de la reine des miséricordes, ce qu'il agréa volontiers. Alors celle-ci, étendant sa main virginale, lui fit une onction sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains, les reins et les pieds, et elle prononçait en même temps certaines paroles appropriées à chaque onction. Je n'ai pu connaître que les paroles relatives à l'onction des reins et des pieds. Elle disait donc, en louchant les reins : « Que tes reins soient ceints du cordon de la chasteté » ; et en touchant les pieds : « Joins tes pieds pour la prédication de l'Evangile de paix ». Elle lui montra ensuite l'habit des frères prêcheurs, en lui disant : « Voici l'habit de ton ordre » ; et elle disparut à ses yeux.

Réginald se trouva aussitôt guéri, oint qu'il avait été par la mère de Celui qui a le secret de tout salut. Le lendemain matin, quand Dominique vint le voir et lui eut familièrement demandé de ses nouvelles, il répondit qu'il n'avait plus aucun mal, et lui raconta sa vision ».

Commentant cette vision le père Lacordaire dit : « Dominique longtemps, chanoine d'Osma, avait continué en France d'en porter l'habit, et l'avait adopté pour le costume de son ordre. Cet habit consistait en une tunique de laine blanche recouverte d'un surplis de lin, l'un et l'autre enveloppés d'une chape et d'un capuce de laine noire. Or, dans le vêtement que la sainte Vierge montra à Reginald , le surplis de lin était remplacé par un scapulaire de laine blanche, c'est-à dire par une simple bande d'étoffe destinée à couvrir les épaules et la poitrine, en descendant des deux côtés jusqu'aux genoux. Ce vêtement n'était pas nouveau. Il en est question dans la vie des religieux de l'Orient, qui l'avaient sans doute adopté pour complément de la tunique, lorsque le travail ou la chaleur les contraignait de se dépouiller du manteau. Né au désert d'un sentiment de pudeur, tombant comme un voile sur le coeur de l'homme, le scapulaire était devenu, dans la tradition chrétienne, le symbole de la pureté, et par conséquent l'habit de Marie, la reine des vierges. En même temps donc qu'en la personne de Reginald, Marie ceignait les siens de l'ordre, du « cordon de la chasteté », et préparait ses pieds à la « prédication de l'évangile de paix », elle lui donnait dans le scapulaire le signe extérieur de cette vertu des anges sans laquelle il est impossible de sentir et d'annoncer les choses célestes. Après ce grand événement, l'un des plus fameux de l'antiquité dominicaine, l'ordre quitta le surplis de lin pour le scapulaire de laine, devenu la partie principale et caractéristique de son habillement. Lorsque le frère prêcheur fait profession, son scapulaire seul est bénit par le prieur qui reçoit ses vœux, et en aucun cas il ne peut sortir de sa cellule sans en être revêtu, même pour aller au tombeau ».

 

Pratique : Se renouveler dans l'estime et l'amour délicat de la belle vertu de pureté.

Invocation : Saint Dominique, vous qui resplendissez parmi les vierges, priez pour nous !

 

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17 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Dominicains Paris-001

 

Dix-huitième jour

Paris

 

Prélude. - Pénétrons avec un saint respect dans cette maison de Saint Jacques, à Paris, où Dieu vient d'appeler les premiers Prêcheurs à fonder leur premier établissement dans la capitale de la France.

 

Réflexions

 

Au jour où l'immortel Lacordaire vint inaugurer l'ordre et l'habit des Frères Prêcheurs en face de son pays, le grand orateur ne choisit pas d'autre sujet que celui-ci : la vocation de la Nation Française !

« La nation franque, s'écriait le sublime enfant de Saint Dominique, était la première nation catholique donnée par Dieu à son Eglise. Ce n'est pas moi qui décerne cette louange magnifique à ma patrie ; c'est la papauté à qui il a plu, par justice, d'appeler nos rois « les fils aînés de l’Église ». De même que Dieu a dit à son fils de toute éternité : « Tu es mon premier-né », la papauté a dit à la France : « Tu es ma fille aînée ». Elle a fait plus, s'il est possible ; afin d'exprimer plus énergiquement ce qu'elle pensait de nous, elle a créé un barbarisme sublime : elle a nommé la France « le royaume christianissime ». Ainsi, primogéniture dans la foi, excellence dans la foi, tels sont nos titres, telle était notre vocation ».

Plus loin, après avoir montré comme la France est demeurée fidèle à cette vocation providentielle, l'éloquent Prêcheur concluait : « Nous pouvons le dire, confondant par un orgueil légitime les fils avec les pères, nous avons accepté le contrat proposé par le Fils de Dieu au libre arbitre des nations : nous avons connu, aimé, suivi la vérité ; nous avons combattu pour elle les combats du sang et de l'esprit ; nous avons vaincu Arius, Mahomet, Luther et fondé temporellement la papauté. L'arianisme défait, le mahométisme défait, le protestantisme défait, un trône assuré au pontificat, voilà les quatre couronnes de la France, couronnes qui ne se flétriront pas dans l'éternité ».

Ce que le digne héritier de l'esprit de saint Dominique a si splendidement exposé dans ce chef d'œuvre que tout catholique français devrait savoir par cœur, le patriarche de l'ordre apostolique l'avait compris et deviné : il vit, dans son regard de prophète, l'appoint que sa postérité spirituelle devait apporter à l'accomplissement du rôle de la France dans cette grande mission de la Providence ; il voulut que ses fils prissent immédiate possession de leur place au centre même du champ de bataille : il les envoya à Paris !

Paris, le cœur de la France, aujourd'hui comme alors, Paris, le centre de cette vie que Dieu réglait et sur laquelle Dieu voulait bien compter, Paris effraya les premiers Prêcheurs qui lui furent députés par le saint fondateur. Mais, Marie, la reine de la France et la reine des Frères Prêcheurs, encouragea ses enfants à défendre son royaume, où elle leur assignait ce poste d'honneur, que l'éloquent restaurateur de l'ordre dominicain leur a rendu et qu'ils occupent, avec tant d'éclat, pour la défense de la vérité et l'honneur de la France.

 

Pratique : Priez souvent pour que la France reste fidèle à sa belle vocation.

Invocation : Saint Dominique, qui, comme Michel, protecteur de la France, vous êtes levé pour la défense du nom de Jésus, priez pour nous !

 

Trait historique

Les premiers Dominicains de Paris

 

À mesure qu'ils avançaient vers la grande cité, ils sentaient croître en eux le doute et l'affliction. Leur humilité leur faisait redouter de prêcher dans une ville, où une université célèbre renfermait tant de fameux docteurs et de maîtres versés dans les sciences sacrées ; mais Dieu voulut bien les encourager, en révélant à frère Laurent tout le bien qui résulterait de cette mission, les faveurs que Dieu et la bienheureuse Vierge leur accorderaient dans leur maison de Saint Jacques, et les brillantes étoiles de sainteté et de savoir qui s'élèveraient de ce couvent pour illuminer non-seulement l'ordre, mais la France et l’Église entière. Cette révélation consola si fort l'âme de frère Laurent qu'il en fit part à ses compagnons pour les consoler eux-mêmes, et ceux ci y ayant ajouté foi, car ils avaient une haute idée de la sainteté de frère Laurent, conçurent une grande confiance ; ils entrèrent donc avec joie dans la capitale de la France, et toutes choses arrivèrent comme elles avaient été prédites. (Diario Domenicano, par Marchese).

 

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16 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Dominicaines

 

Dix-septième jour

Le Monastère des dominicaines

 

Prélude. - Représentons-nous le saint fondateur, prêchant avec force et douceur, aux religieuses qui l'écoutent avec un filial respect et s'empressent de se ranger sous la conduite de l'éloquent directeur que le Pape leur a donné.

 

Réflexions

 

Les Papes Innocent et Honorius avaient toujours nourri la pensée de faire de Saint Sixte un couvent, pour y réunir un certain nombre de religieuses qui vivaient à Rome, dans une trop grande liberté, sans clôture, et quelques-unes même dans la maison de leurs parents. Dominique se décida à abandonner ce premier asile de son Ordre, en l'échangeant contre celui de Sainte Sabine, devenu si célèbre depuis, et il entreprit l'œuvre de réformation dont le Souverain Pontife l'avait chargé.

C'est dans cette négociation longue, difficile, souvent douloureuse, que Dominique manifesta tous les dons que le Saint Esprit lui avait départis. Son indomptable fermeté de caractère, sa patience inaltérable au milieu des plus humiliantes déceptions, son humble fidélité à tous les ordres du Saint Siège, la douceur de son âme, la persuasive autorité de son éloquence, éclatèrent au grand jour, pendant tous les pourparlers qui précédèrent l'entrée des religieuses à Saint Sixte. La plupart refusaient de sacrifier la liberté qu'elles avaient eue jusque là de sortir du cloître et de visiter leurs parents.

Dominique trouva, dans le secours de la Vierge Marie, un auxiliaire puissant pour vaincre toutes ces difficultés. Il y avait à Rome un monastère de religieuses appelé Sainte Marie au-delà du Tibre, à cause de sa position. On y conservait un des portraits de la Sainte Vierge, attribué par la tradition au pinceau de saint Luc. Celle-là était célèbre et vénérée entre toutes, parce que le pape saint Grégoire le Grand avait arrêté le fléau de la peste en la portant en procession dans la ville de Rome. On croyait aussi que le pape Sergius III l'ayant placée dans la basilique de Saint Jean de Latran, elle était revenue d'elle-même à son ancienne demeure. L'abbesse de ce monastère et toutes les religieuses, excepté une, firent profession d'obéissance entre les mains de Dominique, à cette seule condition qu'elles emporteraient avec elles l'image de la Sainte Vierge, et que si l'image quittait Saint Sixte d'elle-même pour retourner à son Eglise primitive, leur vœu d'obéissance serait annulé. Dominique accepta la condition, et le tranquille établissement du tableau de saint Luc, qui ne retourna plus au Trastevere, consolida l'œuvre tant désirée de la réformation de la vie religieuse parmi les femmes à Rome.

 

Pratique : Invoquer l'assistance de la Sainte Vierge dans toutes ses entreprises, surtout quand elles sont difficiles.

Invocation : Saint Dominique, qui êtes le Benjamin très aimé de Marie, priez pour nous !

 

Trait historique

Le jeune ressuscité

 

Comme donc le bienheureux Dominique était assis avec les cardinaux, l'abbesse et ses filles étant présentes, voilà qu'un homme entre en s'arrachant les cheveux et en poussant de grands cris. On lui demande ce qu'il a, il répond : « C'est le neveu de monseigneur Etienne, qui vient de tomber de cheval et de se tuer ! » Or, le jeune homme s'appelait Napoléon. Son oncle, en l'entendant nommer, se pencha défaillant sur la poitrine du bienheureux Dominique. On le soutint ; le bienheureux Dominique se leva, lui jetant de l'eau bénite, et le laissant dans les bras des autres, courut à l'endroit où le corps du jeune homme était gisant, tout brisé et horriblement déchiré. Il ordonna qu'on le transportât dans une chambre séparée, et qu'on l'y enfermât. Puis il dit au frère Tancrède et aux autres frères de tout préparer pour la messe. Le bienheureux Dominique, les cardinaux, les frères, l'abbesse et les religieuses allèrent donc au lieu où était l'autel, et le bienheureux Dominique célébra avec une grande abondance de larmes. Mais, lorsqu'il fut arrivé à l'élévation du corps du Seigneur, et qu'il le tenait en haut dans ses mains, selon la coutume, lui même fut élevé de terre d'une coudée, tous le voyant et en étant dans la stupeur. La messe achevée, il retourna au corps du défunt, lui, les cardinaux, l'abbesse, les sœurs, et tout le monde qui se trouvait là, et lorsqu'il fut auprès du corps, il en arrangea les membres l'un après l'autre de sa main très sainte ; ensuite il se prosterna à terre, en priant et pleurant. Trois fois il toucha le visage et les membres du défunt pour les remettre en leur lieu, et trois fois il se prosterna. Lorsqu'il se fut relevé pour la troisième fois, il fit le signe de la croix sur le mort, et debout du côté où était la tête, les mains tendues vers le ciel, son corps au-dessus de terre de plus d'une coudée, il cria à haute voix : « Ô jeune homme Napoléon, je te dis au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, lève-toi ! » Aussitôt, à la vue de tous ceux qu'un si étonnant spectacle avait attirés, le jeune homme se leva sain et sauf et dit au bienheureux Dominique : « Père, donnez-moi à manger ». Le bienheureux Dominique lui donna à manger et à boire et le rendit joyeux et sans aucune trace de blessure au cardinal son oncle. (Relation de la Sœur Cécile).

 

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