06 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

St Dominique et les Albigeois

 

Septième jour

Vie apostolique

 

Prélude. - Représentons-nous le saint, demeurant au milieu des hérétiques, les convertissant ou les étonnant par l'austérité de sa vie et la douceur de son commerce, tandis que la guerre répand sur tout le pays l'horreur de ses carnages.

 

Réflexions

 

« Après le retour de l'évêque Diego à son diocèse, dit le bienheureux Humbert, saint Dominique, demeuré presque seul avec quelques compagnons qui ne lui étaient attachés par aucun vœu, soutint pendant dix années la ſoi catholique en divers lieux de la province de Narbonne, particulièrement à Carcassonne et à Fanjeaux. Il s'était donné tout entier au salut des âmes par l'office de la prédication, et il souffrit de grand coeur beaucoup d'affronts, d'ignominies et d'angoisses, pour le nom de Notre Seigneur Jésus Christ ».

Les pieux missionnaires vivaient réunis, allant pieds nus de village en village prêcher la vraie foi, sous la conduite du saint apôtre, qui leur donnait l'exemple de l'abnégation la plus absolue mise au service du zèle le plus pur et le plus doux. On le traitait de fou, on l'insultait, on lui crachait au visage, il demeurait impassible et radieux au milieu des opprobres, avouant, dans l'intimité, à ses amis, qu'il préférait le séjour de Carcassonne où on l'injuriait à celui de Toulouse où il était honoré.

Épris d'une sainte ambition de martyre, il enviait le sort du bienheureux Pierre de Castelnau, mis à mort pour la foi, mais, disait il, « je ne suis pas digne du martyre ! » Il s'exposa en bien des occasions à tomber dans les pièges que lui tendaient les albigeois, et, quand ceux-ci lui demandaient sa pensée à cet égard, il répondait avec une simplicité sublime : « Si je tombais entre vos mains, je vous prierais de ne pas m'ôter la vie d'un seul coup, mais peu à peu, en me coupant les membres l'un après l'autre, et, quand vous auriez fait cela, de m'arracher les yeux et de m'abandonner ensuite, afin de prolonger mes tourments et d'enrichir ma couronne ».

Ces beaux exemples enflammaient le zèle de ses compagnons, qui rivalisaient à l'envi de courage et d'ardeur apostolique : « Confiez-vous dans le Seigneur, mes bien-aimés, leur disait le saint, la victoire est à vous, puis que nos péchés sont expiés par le sang. N'est- il pas écrit : Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui apportent l'Evangile de la paix ? » Et ils s'en allaient, joyeux et ardents, les pieds ensanglantés par les ronces des chemins, le coeur fier, les lèvres frémissantes et les cantiques à la bouche.

Ah ! quelle leçon pour nous et pour notre temps ! Comme Dominique et ses premiers compagnons, il faut opposer aux attaques de l'erreur les armes d'une invincible patience, d'une profonde humilité et d'un zèle à toute épreuve. L'apostolat catholique est impossible en dehors de ces conditions.

 

Pratique : S'examiner sur les qualités de son zèle à l'endroit du service de l’Église et du salut de ses frères.

Invocation : Saint Dominique, vous qui arrosiez la terre de votre sang précieux, priez pour nous !

 

Trait historique

Le premier inquisiteur

 

La seule prérogative, dont saint Dominique se prévalut dans ses missions, était celle qui lui avait été conférée avant la croisade de Simon de Montfort contre les albigeois : elle lui donnait le pou voir de réconcilier les hérétiques à la sainte Église et de les admettre à la pénitence, office qui lui a fait donner le nom de premier inquisiteur. Mais, l'inquisition ne fut ni établie, ni constituée à cette époque. Il ne saurait entrer dans le cadre de ce pieux travail d'étudier et d'apprécier cette question encore brûlante du tribunal de l'inquisition. Mais, il nous sera bien permis du moins de citer le rapport présenté aux Cortès d'Espagne, en 1812, lors de la suppression de ce tribunal. Cette pièce, de fabrique rationaliste, libérale et espagnole, ne saurait être suspectée. On y lit : « Les premiers inquisiteurs n'opposèrent jamais à l'hérésie d'autres armes que la prière, la patience et l'instruction, et cette remarque s'applique plus particulièrement à saint Dominique, suivant le portrait que les Bollandistes, Eckart et Touron ont tracé de lui ».

 

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05 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Prouilhe-001

 

Sixième jour

Le Prieur de Prouilhe

 

Prélude. - Représentons nous ce saint, franchissant pour la première fois le sol béni de cet humble monastère, qui deviendra le berceau de tant d'autres fondations dues à son zèle apostolique.

 

Réflexions

 

Saint Dominique, à son retour de Rome, vint se fixer à Fanjeaux, où l'éloquence de sa parole, la sainteté de sa vie, mais surtout l'aide de la très sainte Vierge, déterminèrent un grand nombre d'âmes à quitter le sentier de l'erreur. Mais, ces âmes, nouvellement converties, ne cessaient pas d'être circonvenues par les ennemis de l'Église, et ce fut pour préserver quelques jeunes filles de la perfide atteinte des sectaires albigeois, qu'en l'année 1206, saint Dominique jeta, au pied de la colline de Fanjeaux, les premiers fondements du monastère de Prouilhe, qui devait être lui-même l'origine de l'ordre des Frères Prêcheurs.

La même année, au pied des montagnes de l'Ombrie, saint François d'Assise, l'ami et le glorieux émule de saint Dominique, groupait ses premiers compagnons près de la chapelle de la Portioncule. Prouilhe et Assise, berceaux illustres que l'Église façonnait en même temps, et d'où, un jour, devaient sortir deux races d'hommes forts pour la défendre !…

Les deux choses se tiennent ; la foi et les mœurs sont solidaires. L'hérésie des Albigeois ne s'attaquait à la foi que pour corrompre plus facilement les mœurs. Dominique, ardent défenseur de la vérité, ne pouvait manquer de devenir aussi l'intrépide apôtre de la morale. De là toute la pensée de sa fondation de Prouilhe. Ses prédications se fortifieraient de l'exemple des âmes pures qui, renonçant à tout pour se sous traire aux périls de la vie du monde, viendraient, dans cet asile béni, fleurir comme des lys, répandant sur la terre infestée par les miasmes corrupteurs de l'hérésie albigeoise des parfums austères.

Telles furent les prémisses des institutions dominicaines. « Elles commencèrent, dit le père Lacordaire, par un asile en faveur de la triple faiblesse du sexe, de la naissance et de la pauvreté, comme la rédemption du monde commença dans le sein d'une vierge pauvre et fille de David. Notre Dame de Prouilhe, solitaire et modeste, attendit longtemps encore au pied des montagnes les frères et les sœurs qui devaient lui être donnés sans mesure, et porter son nom jusqu'aux extrémités de la terre. Fille aînée d'un père qui s'élevait lentement sous la direction patiente de Dieu, elle croissait elle-même en silence, honorée de l'amitié de plusieurs grands hommes, et comme bercée sur leurs genoux. Dominique, qui, après l'entrevue de Montpellier avec les légats du pape, avait quitté le titre de sous-prieur d'Osma pour prendre celui de frère Dominique, ajouta pour lors à cette humble et douce qualification celle de Prieur de Prouilhe, en sorte qu'on l'appelait le frère Dominique, prieur de Prouilhe ».

 

Pratique : Dans les tentations et les occasions périlleuses pour la pureté, faire des actes de foi.

Invocation : Saint Dominique, ivoire de chasteté, priez pour nous !

 

Trait historique

L'animal immonde

 

Dominique avait fondé, depuis peu le monastère de Notre Dame de Prouilhe, quand il vit accourir neuf dames nobles, qui, se prosternant à ses pieds, lui dirent : « Serviteur de Dieu, soyez-nous en aide ; si ce que vous avez prêché aujourd'hui est vrai, voilà bien du temps que notre esprit est aveuglé par l'erreur : car ceux que vous appelez hérétiques, et que nous appelons « bonshommes », nous avons cru en eux jusqu'à présent, et nous leur étions attachées de tout notre cœur, Maintenant nous ne savons plus que penser. Serviteur de Dieu, ayez donc pitié de nous, et priez le Seigneur votre Dieu qu'il nous fasse connaître la foi dans la quelle nous vivions, nous mourrions et nous soyons sauvées ». Ayez patience, leur répondit Dominique après une courte prière, et attendez sans crainte ; je crois que le Seigneur, qui ne veut la perte de personne, va vous montrer quel maître vous avez servi jusqu'à présent ». Tout à coup, apparaît un animal immonde, en qui s'était comme incarné l'esprit d'erreur et d'immoralité, et Dominique reprit, en les rassurant : « Vous pouvez juger à cette figure, que Dieu a fait apparaître devant vous, quel est celui que vous suiviez en suivant les hérétiques ». Ces femmes se convertirent et devinrent les premières religieuses du prieuré de Prouilhe. (Vie de saint Dominique, par le B. Humbert).

 

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04 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Cinquième jour

À Rome !

 

Prélude. - Représentons-nous Dominique, humblement agenouillé, avec l'évêque d'Osma, aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ, le grand pape Innocent III.

 

Réflexions

 

Rome est le centre du monde chrétien ; rien ne s'y fait de grand et de durable, si Rome ne l'a inspiré, examiné et approuvé. Là est l'âme de l’Église, parce que là est Pierre, et que là où est Pierre, là est l’Église.

Or, en ce temps- là, Pierre s'appelait Innocent III. Poussé par l'esprit de Dieu, Dominique vint s'agenouiller devant Pierre, il l'écouta longuement, il inclina la tête sous sa bénédiction féconde, il se releva transfiguré. Le chanoine d'Osma venait d'être sacré apôtre.

Toutefois, selon l'observation d'un éloquent évêque, ce serait peu comprendre l'action dont saint Dominique vint prendre l'inspiration aux pieds d'Innocent III, que de la borner à lui seul. Quand Dieu marque au front un homme pour agir sur son Eglise, il sait très bien deux choses : que la vie de cet homme sera courte, et que son Eglise durera toujours. Alors il ajoute à cet homme la grâce de la paternité, et il revit dans ses enfants.

Ah ! contemplez maintenant comment la vie de saint Dominique, commencée à Rome près du vicaire immortel de Jésus-Christ, se prolonge à travers les siècles. Il vit, il vit, quand le génie d'un de ses fils écrit la sublime épopée où la science théologique confère avec l'intention des anges. Il vit, quand de toute part il répand sa parole et son sang dans la personne de ses fils. Il vit, quand saint Vincent Ferrier, par le nombre et l'éclat de ses miracles, étonne l'Église elle-même, habituée aux merveilles de Dieu. Il vit, parmi les blanches et virginales phalanges qui accompagnent l'Agneau, guidées par les Catherine de Sienne et les Rose de Lima. Il vit, et parce qu'il a commencé humble et pauvre, Dieu se plaît à proclamer e son nom, à relever sa gloire, à exalter sa puissance. Il vit, et par trois fois il viendra glorieusement s'asseoir sur la chaire de Pierre, cette chaire où il est venu chercher sa mission. Il vit dans le saint pontife qui donne son nom à notre admirable Pape, et qui, comme autrefois Moïse, gagne des batailles en levant les mains au ciel.

Non, dans sa tombe fermée, Dominique n'a pas enseveli la vie qu'il puisa à Rome, quand il y vint se faire bénir et sacrer chevalier de la vérité. Il vit toujours dans la parole et dans les œuvres de ses fils ; dans leur théologie, la plus sûre et la plus exacte gardienne de la vérité catholique. Il vit dans leurs exemples d'abnégation et de sainteté.

Il vit enfin dans cet ordre illustre, que la France a été si heureuse de voir rétabli par un de ses plus grands orateurs, parce que, fidèle aux traditions de son glorieux fondateur, l’Ordre Dominicain continue sa noble mission, toujours attaché à la chaire de Pierre, et par elle à l'Église, et par l'Église à Jésus-Christ.

 

Pratique : Dans tout ce qui touche de près ou de loin à la foi, s'attacher avec fermeté à la chaire de Pierre.

Invocation : Saint Dominique, docteur de vérité, priez pour nous !

 

Trait historique

La foi qu’on rapporte de Rome

 

Quand Dominique eut fixé le but de sa vie auprès du siège in faillible de la vérité, il s'en revint prêcher la vraie foi, celle qu'on enseigne à Rome, et Dieu voulut marquer d'un signe miraculeux l'intégrité de cette doctrine. « Il arriva, dit un historien de sa vie, qu'une grande conférence fut tenue à Fanjeaux, en présence d'une multitude de fidèles et d'infidèles qui y avaient été convoqués. Les catholiques avaient préparé plusieurs mémoires qui contenaient des raisons et des autorités à l'appui de leur foi ; mais, après les avoir com posés ensemble, ils préférèrent celui que le bienheureux homme de Dieu, Dominique, avait écrit, et résolurent de l'opposer au mémoire que les hérétiques présentaient de leur côté. Trois arbitres furent choisis d'un commun accord pour juger quel était le parti dont les raisons étaient les meilleures, et par conséquent la foi plus solide. Or , après beaucoup de discours, ces arbitres ne pouvaient s'entendre sur une décision ; la pensée leur vint de jeter les deux mémoires au feu, afin que, si l'un des deux était épargné par les flammes, il fût certain qu'il contenait la vraie doctrine de la foi. On allume donc un grand feu, on y jette les deux volumes : aussitôt celui des hérétiques est consumé ; l'autre, qu'avait écrit le bienheureux homme de Dieu, Dominique, non seulement demeure intact, mais il est repoussé au loin par les flammes en présence de toute l'assemblée. On le rejette au feu une seconde et une troisième fois ; autant de fois, l'évènement qui se reproduit manifeste clairement où est la vraie foi, et quelle est la sainteté de celui qui avait écrit le livre. (Vie de saint Dominique, par le B. Jourdain de Saxe).

 

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03 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Quatrième jour

En France !

 

Prélude : Unissons-nous, en ce jour où l'Église entière honore notre saint protecteur, à toutes les prières qui lui sont adressées de toutes parts, dans les ordres religieux, dans le clergé et par les âmes pieuses.

 

Réflexions

 

Ce n'est pas sans émotion que les fidèles enfants de saint Dominique assistent à cette première entrée de leur grand patriarche sur le sol de la France. L'esprit de Dieu, qui l'assista visiblement en toute occurrence, dut donner à l'âme du futur prêcheur, un tressaillement inconnu, quand il franchit les frontières du pays natal pour fouler la terre que Dieu avait marquée et où la voix de l'inspirateur divin des apôtres allait se faire entendre à Dominique. Ainsi Jean-Baptiste tressaillit dans le sein de sa mère, lorsque Jésus se rapprocha de lui. Écoute, mon fils, quitte la maison de ton père, oublie le temps où tu es né, viens, franchis les monts, écoute la voix de l'ange qui garde la France, incline ton oreille, regarde, ceux-ci seront tes enfants, tu leur donneras la vie de l'âme, et ta lumière ardente et dévorante illuminera et embrasera pour des siècles la terre que tu foules, la terre consacrée par les desseins de la Providence à l'endroit de ta vocation apostolique.

Dominique accompagnait Diego d'Azévédo, devenu évêque d'Osma, dans une mission diplomatique à la cour du Danemark, quand il traversa le sud de la France. Il y entendit parler pour la première fois de cette effroyable hérésie manichéenne, qui, sous le nom d'hérésie des albigeois, devait répandre tant de ténèbres, de boues immondes et de terribles catastrophes dans le midi de la France. Il constata, avec la douleur d'une âme éprise du zèle pour le salut des âmes, le développement effrayant de cette hérésie dans le Languedoc. Son cœur en reçut une impression ineffaçable. Il comprit que Dieu lui dévoilait sa mission et l'œuvre qui allait devenir le but de ses immenses travaux.

« Arrivé à Toulouse, où il ne devait demeurer qu'une nuit, Dominique s'aperçut que leur hôte était hérétique... Il ne se con tenta pas de prier en secret pour son hôte infidèle ; il passa la nuit à l'entretenir, et l'éloquence imprévue de cet étranger toucha tellement le cœur de l'hérétique, qu'il revint à la foi, avant que le jour fût levé. Alors, une autre merveille s'accomplit : Dominique, ému par la conquête qu'il venait de faire à la vérité et par le triste spectacle des ravages de l'erreur, eut pour la première fois la pensée de créer un ordre consacré à la défense de l'Église par la prédication. Cette vue soudaine prit possession de lui et ne l'abandonna plus. Il quitta la France avec le secret éclairé de sa destinée future, comme si la France, jalouse de n'avoir pas produit ce grand homme, eût obtenu de Dieu qu'il ne touchât pas vainement son sol, et que ce fût elle au moins qui lui donnât le conseil décisif de sa vie ».

 

Pratique : Renouveler aujourd'hui sa consécration personnelle à saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, priez pour nous !

 

Trait historique

Le saint roi

 

Castiglio nous assure, dans son histoire des Frères Prêcheurs, que le but du voyage de Diego et de Dominique n'était point le Danemark, mais qu'ils se rendaient à la cour du roi de France, et que Dominique, trouvant la reine Blanche dans une grande affliction, parce qu'elle n'avait pas d'enfants, lui recommanda avec instances le pieux usage du Rosaire. Castiglio ajoute que la reine et son peuple accueillirent cette sainte dévotion avec un religieux empressement, et que l'enfant que Dieu accorda à ses ferventes prières fut le grand saint Louis. Il est probable, d'après la date de la naissance du fils de Blanche de Castille, généralement fixée en l'année 1215, que les circonstances, que nous relatons ici, doivent être rapportées à un voyage postérieur de Dominique à la cour de France. Toutefois, bien qu'il y ait évidemment confusion dans les dates, nous ne trouvons pas improbable cette touchante tradition, nous la chérissons même, et tous les cours attachés à l'Ordre de Saint Dominique doivent être émus en pensant qu'ils peuvent considérer saint Louis comme l'enfant du très saint Rosaire. (Vie de saint Dominique, par l'abbé Chirat).

 

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02 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Osma

 

Troisième jour

Le Sacerdoce

 

Prélude. - Représentons-nous saint Dominique, au moment où il reçoit le caractère sacré du prêtre de Jésus-Christ. Les anges gardiens de son ordre futur assistent à cette ordination, qui donnait à l'Église un de ses plus parfaits ministres, l'apostolique fondateur de l'Ordre Dominicain.

 

Réflexions

 

Les sciences qu'on enseigne dans les universités ne suffisent pas à révéler la beauté des âmes et le prix du sacerdoce destiné à procurer leur salut. Mais, à l'étude de la science, Dominique joignait, nous l'avons vu, la méditation et l'amour de la prière. Jésus-Christ se révéla à lui dans ses entretiens si pieux et si intimes, que le fidèle étudiant de Valencia se plaisait à avoir avec son Maître. Il lui dévoila cette grande chose, qui est son propre sacerdoce divin, perpétué, à travers les âges et les espaces, par le sacerdoce catholique.

Le saint jeune homme fut épris d'amour pour cette beauté surnaturelle que le caractère du prêtre confère à une âme, et, sur les conseils de Diego d'Azévédo, ce prêtre vénérable que l'ordre de son pieux dirigé ne cesse de bénir, comme ayant servi d'intermédiaire et d'instrument de la grâce auprès de son bienheureux fondateur, Dominique devint prêtre, et, tout de suite, désireux de suivre son nouvel état dans toute la perfection des devoirs de la vie ecclésiastique, il embrassa, selon l'esprit de l'Église, la vie commune, favorisée à Osma par l'institution des chanoines réguliers.

Mystérieuse disposition de la Providence, qui ne juge pas comme les hommes ! Jésus, avant de commencer sa vie apostolique, se cache trente ans, dans une inaction apparente, dans la modeste boutique de Nazareth. Dominique, prêtre de Jésus-Christ, avant de s'élancer comme un géant dans sa carrière d'apôtre qui sera courte, demeure neuf ans comme enseveli dans les humbles et cal mes fonctions d'un chapitre canonial. Le Maître, voulant le faire à son image, se réservait ainsi le temps et le calme nécessaires pour former peu à peu cette belle âme, ardente et généreuse, aux grandes choses qu'il lui réservait, l'assouplissant dans les pratiques gênantes de la vie commune et lui imposant cette lente formation des âmes d'élite que la grâce aime à suivre, à l'opposé des vues et des desseins de la nature toujours impatiente. Dieu ne juge pas comme les hommes. Saint Dominique, chanoine d'Osma, en est une preuve de plus, que beaucoup peuvent méditer, en se l'appliquant.

Âmes éprises d'amour pour les choses du zèle apostolique, sachez donc imiter ce grand modèle, sachez attendre l'heure de Dieu ! Elle sonnera, quand le Maître l'aura voulu, et, si elle ne sonnait point, c'est que le Maître se serait contenté de l'intention.

 

Pratique : Modérer l'impatience dans ses désirs, même les plus saints.

Invocation : Saint Dominique, qui aviez soif du salut des âmes, priez pour nous.

 

Trait historique

Le chanoine d'Osma

 

« Dominique commença de paraître, entre les chanoines ses frères, comme un flambeau qui brûle, le premier par la sainteté, le dernier de tous par l'humilité de son cœur, répandant autour de lui une odeur de vie qui donnait la vie, et un parfum semblable à l'encens dans les jours d'été. Ses frères admirent une si sublime religion : ils l'établissent leur sous-prieur, afin que, placé plus haut, ses exemples soient plus visibles et plus puissants. Pour lui, comme un olivier qui pousse des rejetons, comme un cyprès qui grandit, il demeurait jour et nuit dans l'église, vaquant sans relâche à la prière, et se montrant à peine hors du cloître, de peur d'ôter du loisir à sa contemplation. Dieu lui avait donné une grâce de pleurer pour les pécheurs, pour les malheureux et les affligés ; il portait leurs maux dans un sanctuaire intérieur de compassion, et cet amour douloureux, lui pressant le cœur, s'échappait au dehors par des larmes. C'était sa coutume, rarement interrompue, de passer la nuit en prière, et de s'entretenir avec Dieu, sa porte fermée. Quelquefois alors, on en tendait des voix, et comme des rugissements, sortir de ses entrailles émues, qu'il ne pouvait contenir. Il y avait une demande qu'il adressait souvent et spécialement à Dieu, c'était de lui donner une vraie charité, un amour à qui rien ne coûtât pour le salut des hommes, persuadé qu'il ne serait vraiment un membre du Christ que lorsqu'il se consacrerait tout entier, selon ses forces, à gagner des âmes, à l'exemple du Sauveur de tous, le seigneur Jésus-Christ, qui s'est immolé sans réserve à notre rédemption. Il lisait un livre qui a pour titre : Conférences des Pères, lequel traite à la fois des vices et de la perfection spirituelle, et il s'efforçait , en le lisant, de connaître et de suivre tous les sentiers du bien. Ce livre, avec le secours de la grâce, l'éleva à une difficile pureté de conscience, à une abondante lumière dans la contemplation, et à un degré de perfection fort grand ». (Vie de saint Dominique, par le Bienheureux Jourdain de Saxe).

 

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01 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Deuxième jour

L'éducation

 

Prélude. - Représentons-nous Dominique enfant et admirons, avec ses contemporains, cet air d'innocence et de douceur qui lui gagnait toutes les âmes, dès sa plus tendre jeunesse.

 

Réflexions

 

Rien ne devait entraver, dans cette âme prédestinée, les desseins de la Providence et les attraits de la grâce de Dieu. Nourri par sa pieuse mère, son premier âge s'écoula à l'abri de cette maison paternelle, où ses premiers regards ne devaient rencontrer que de saints exemples. Heureux enfant, il secondait de son mieux l'action de la grâce sur lui, et, tout petit, on le vit sortir souvent de son berceau trop moelleux pour se coucher par terre, comme s'il eut souffert dès lors d'avoir une couche plus douce que les plus malheureux de ses frères.

« Avant que le monde eut touché à cet enfant, il fut confié, comme Samuel, aux leçons de l'Église, en la personne d'un de ses oncles, archiprêtre d'une ville voisine de Calaroza, afin qu'une discipline salutaire prit encore possession de son tendre cœur ; et il arriva, en effet, que, posé sur ce fondement solide, il croissait en âge et en esprit, s'élevant chaque jour, par un progrès heureux, à une plus haute vertu ». Son bonheur dès lors ſut de visiter, d'embellir et d'habiter la maison de Dieu.

À quatorze ans, lorsque le cour s'éveille et que les tentations se dressent devant l'imagination de l'adolescent, il fut envoyé à l'Université de Valencia, où il devait séjourner dix ans, sans démentir un seul jour son application à l'étude et l'angélique candeur de sa vie.

Un de ses condisciples a écrit, sur le temps que Dominique consacra à ses études dans l'Université, une page qu'il faut lire et que nous allons bientôt admirer. Mais, pour caractériser cette vie de pieux étudiant, il suffirait de citer, avec Lacordaire, deux traits qui nous sont restés de ces dix années de Valencia. « Pendant une famine qui désolait l'Espagne, Dominique, non content de donner aux pauvres tout ce qu'il avait, même ses vêtements, vendit encore ses livres annotés de sa main, pour leur en distribuer le prix, et, comme on s'étonnait qu'il se privât des moyens d'étudier, il prononça cette parole, la première de lui, qui soit arrivée à sa postérité : « Pourrais-je étudier sur des peaux mortes, quand il y a des hommes qui meurent de faim ? Son exemple engagea les maîtres et les élèves de l'Université à venir abondamment au se cours des malheureux. Une autre fois, voyant une femme, dont le frère était captif chez les Maures, pleurer amèrement de ne pouvoir payer sa rançon, il lui offrit de se vendre pour le racheter : mais Dieu, qui le réservait pour la rédemption spirituelle d'un grand nombre d'hommes, ne le permit pas ».

 

Pratique : Contribuer, par tous les moyens que la Providence met à notre disposition, à l'éducation chrétienne des enfants.

Invocation : Saint Dominique, fleur éclatante dans le jardin de l’Église, priez pour nous.

 

Trait historique

L'étudiant de Valencia

 

Voici ce qu'un historien a dit des années que notre saint passa à l'université de Valencia : « L'angélique jeune homme Domini que, bien qu'il pénétrât facilement dans les choses humaines, n'en était cependant pas ravi, parce qu'il y cherchait vainement la sagesse de Dieu, qui est le Christ. Nul des philosophes, en effet, ne l'a communiquée aux hommes ; nul des princes de ce monde ne l'a connue. C'est pour quoi, de peur de consumer en d'inutiles travaux la fleur et la force de sa jeunesse, et pour éteindre la soif qui le dévorait, il alla puiser aux sources profondes de la théologie. Invoquant et priant le Christ, qui est la sagesse du Père, il ouvrit son cœur à la vraie science, ses oreilles aux doctrines des saintes Ecritures ; et cette parole divine lui parut si douce, il la reçut avec tant d'avidité et de si ardents désirs, que, pendant quatre années qu'il l'étudia, il passait des nuits presque sans sommeil, donnant à l'étude le temps du repos. Afin de boire ce fleure de la sagesse avec une chasteté plus digne encore d'elle, il fut dix ans à s'abstenir de vin. C'était une chose merveilleuse et aimable à voir que cet homme en qui le petit nombre de ses jours accusait la jeunesse, mais qui, par la maturité de sa conversation et la force de ses mœurs, révélait le vieillard. Supérieur aux plaisirs de son âge, il ne recherchait que la justice ; attentif à ne rien perdre du temps, il préférait aux courses sans but le sein de l'Église sa mère, le repos sacré de ses tabernacles, et toute sa vie s'écoulait entre une prière et un travail assidus. Dieu le récompensa de ce fervent amour avec lequel il gardait ses commandements, en lui inspirant un esprit de sagesse et d'intelligence qui lui faisait résoudre sans peine les plus difficiles questions ». (Vie de saint Dominique, par Thierry D'Arolda).

 

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31 juillet 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Caleruega

 

Premier jour

La Naissance

 

Prélude. - Transportons-nous par la pensée au château de Guzman, au moment où la naissance de Dominique, accompagnée de signes miraculeux, y apporte la joie.

 

Réflexions

 

Dominique naquit d'une famille de saints : sa mère est honorée sur les autels, ainsi que l'un de ses frères. Entre toutes ses illustrations, cette grande et noble famille des Guzman aima de préférence celle que donne la sainteté de la vie. Dieu semblait ainsi prédestiner une maison, à laquelle une gloire immortelle était réservée dans les annales de la Sainte Eglise.

Dès avant la naissance de ce fils glorieux, on sut, parmi les siens, que le Seigneur prédestinait cet enfant à de grandes choses. Un signe célèbre, immortalisé par l'écusson de l'ordre dominicain, révéla à la mère de Dominique ce que son fils serait un jour. Elle vit, en un songe mystérieux dont l'esprit de Dieu lui donna l'explication, le fruit de ses entrailles s'élancer de son sein maternel, sous la forme d'un chien qui tenait dans sa gueule une torche enflammée et se précipitait à travers le monde qu'il embrasait d'un vaste incendie. Cette vision prophétique, devenue l'emblème des Frères Prêcheurs, présageait la grande doctrine et la puissante parole du futur fondateur, que la Providence a chargé de répandre l'Évangile sur tous les points du monde.

À peine né, l'enfant fut honoré d'un nouveau miracle. La noble dame, qui le tint sur les fonds baptismaux, vit une étoile lumineuse briller sur le front de l'enfant, au moment où l'eau sainte coulait sur ce front d'un jour. Le Bienheureux Angelico de Fiesole n'a pas manqué d'immortaliser le souvenir de ce prodige, en peignant le portrait de son vénéré père.

Ô Dominique, lumière de l'Église et du monde, voyez que d'âmes baptisées effacent de leur front cette brillanté étoile que la foi et la grâce y déposèrent à leur entrée dans la vie ! Aidez de votre puissant patronage ceux qui prêchent pour raviver les flammes qui s'éteignent et rétablir les lumières sur le chandelier ! Aidez nous, nous, vos enfants, à garder intact le flambeau de la foi que tant de vents contraires font vaciller, à préserver nos âmes de la boue qu'y laissent les ténèbres du péché, quand elles souillent, même un instant, les cœurs trop faibles pour lui résister.

 

Pratique : Se renouveler dans l'esprit de foi, qui doit distinguer les vrais enfants de saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, lumière du monde, priez pour nous !

 

Trait historique

L'étoile mystérieuse

 

Nous avons dit plus haut qu'une étoile symbolique resplendit sur le front de Dominique enfant, pendant qu'on le baptisait. La peinture chrétienne a fixé ce souvenir dans les représentations qu'elle consacre au grand patriarche. Nous avons cité Fra Angelico il faudrait citer tous les artistes peintres et sculpteurs qui ont traité ce sujet. L'un d'eux, en plaçant la branche de lys traditionnelle entre les mains de Dominique, a fait jaillir une flamme de chaque fleur. C'est un souvenir de l'étoile du baptistère de Calaroga. Quelque vestige, en effet, en demeura toujours, depuis son baptême, sur le visage du saint, et les historiens ont remarqué, comme un trait particulier de sa physionomie, devenu d'ailleurs son caractère iconographique, qu'une certaine splendeur jaillissait de son front et attirait à lui le cœur de tous ceux qui le regardaient. Une de ses pieuses filles spirituelles, la sœur Cécile, nous a conservé une description de ce noble visage : « Sur son front, dit-elle, et entre ses sourcils resplendissait une brillante lumière qui inspirait aux hommes le respect et l'amour ».

 

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30 juillet 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Veille du premier jour

Les gloires dominicaines

 

Prélude. - S’unir, par la pensée et par le cœur, à toutes les âmes qui, en ce jour, se disposent à honorer notre glorieux patron, pendant le mois que lui consacre la piété de ses fils spirituels, afin d'accroître, par cette communion des saints, l'ardeur de notre dévotion et d'assurer le fruit de cette pratique.

 

Réflexions

 

Ce que le Père Lacordaire a dit, dans une intention plus générale, nous le dirons ici, de la postérité spirituelle de saint Dominique, plaçant ainsi nos pieuses réflexions du mois entier sous l'égide d'une parole aussi filialement dévouée à notre saint protecteur que digne de nous faire entendre la grandeur de son œuvre, pour l'avoir le mieux étudiée, méditée, comprise et traduite.

« L'histoire a raconté les travaux (des fils de saint Dominique). Des hérésies formidables s'élevèrent, des mondes nouveaux se découvrirent : mais, dans les régions de la pensée comme sur les flots de la mer, nul navigateur ne put aller plus loin que leur dévouement ou leur doctrine. Tous les rivages ont gardé la trace de leur sang, et tous les échos de son de leur voix. L'Indien, poursuivi comme une bête fauve, a trouvé un asile sous leur froc ; l’africain a encore sur son cou la marque de leurs embrassements ; le Japonais et le Chinois, séparés du reste de la terre par la coutume et l'orgueil encore plus que par le chemin, se sont assis pour entendre ces merveilleux étrangers ; le Gange les a vus communiquer aux parias la sagesse divine ; les ruines de Babylone leur ont prêté une pierre pour se reposer et songer un moment, en s'essuyant le front, aux jours anciens. Quels sables ou quelles forêts les ont ignorés ? Quelle langue est-ce qu'ils n'ont pas parlée ? Quelle plaie de l'âme ou du corps n'a senti leur main ? Et, pendant qu'ils faisaient et refaisaient le tour du monde sous tous les pavillons, leurs frères portaient la parole dans les conciles et sur les places publiques de l'Europe ; ils écrivaient de Dieu en mêlant le génie des Pères de l’Église à celui d'Aristote et de Platon, le pinceau à la plume, le ciseau du sculpteur au com pas de l'architecte, élevant sous toutes les formes ces fameuses sommes théologiques, diverses par leurs matériaux, uniques par la pensée, que notre siècle se reprend à lire et à aimer... »

Avant de mourir, Dominique promit d'aider ses enfants : l'histoire a dit les merveilles de cette assistance du père sur sa postérité, mais, nous, qui sommes les fils de ce saint, nous avons un motif spécial de nous laisser aller à la joie que donne à l'âme pieuse le tableau des bienfaits du patronage que le grand Patriarche de l'Ordre Dominicain n'a cessé d'exercer sur ses membres. Sans doute, tous les fondateurs d'Ordres vivent dans leur Institut, mais la présence perpétuelle du maître parmi les disciples, ce legs de ses lèvres mourantes, nous donne, à nous les enfants privilégiés de saint Dominique, une confiance spéciale. Ce sentiment nous accompagnera pendant tout le mois que nous allons consacrer à méditer les vertus et les gloires de sa vie.

 

Pratique : Répandre autour de soi la pratique du mois consacré à saint Dominique, et se préparer à le suivre avec une filiale dévotion, sans y manquer un seul jour.

Invocation : Saint Dominique, chef et père de l'Ordre des Frères Prêcheurs, priez pour nous !

 

Trait historique

Le Chant de Dante

 

Voici l'éloge que faisait de l'Ordre Dominicain, au XVe siècle, un des plus grands poètes chrétiens, le chantre indépendant de la Divine Comédie :

« En cette partie du monde d'où le zéphyr part et vient ouvrir les feuilles nouvelles de l'Europe ; non loin du bruit des flots qui cachent le soleil à tout homme derrière leur immensité ; est assise la Calaroga sous la protection du grand écu, où le Lion domine la Tour, et la Tour le Lion.

Là naquit l'amoureux serviteur de Dieu, le saint champion de la foi chrétienne, doux aux siens et rude aux ennemis. À peine était créée son âme, que, remplie d'une vive vertu, elle fit prophétiser sa mère. Lorsque, au sacré baptême, la foi et lui se fiancèrent ensemble, et promirent de se sauver l'un par l'autre, la marraine qui donnait pour lui le consentement vit en songe le fruit merveilleux qui devait sortir de lui et de ses héritiers. Et, pour que son nom répondit à sa nature, un ange vint le nommer du nom même du Seigneur, auquel il était tout entier. Il fut appelé Dominique : et c'est de lui que je parle comme du jardinier choisi par le Christ pour l'aider dans son jardin.

Bien parut-il qu'il était l'envoyé et l'ami du Christ, puisque son premier amour fut pour le premier conseil que donne le Christ. Souvent sa nourrice le trouva couché par terre, silencieux et éveillé, comme s'il eût dit : « Je suis venu pour cela ». Oh ! vraiment heureux père ! Oh ! vraiment pleine de grâces, sa mère ! comme le dit leur nom même de Félix et de Jeanne.

En peu de temps, non pour le vain amour du monde, mais par amour de la manne véritable, il devint grand docteur, et se mit à travailler la vigne qui blanchit et se dessèche lorsque le vigneron n'est pas digne d'elle. Il ne demanda pas de donner moins au lieu de donner plus, ni le premier bénéfice vacant, ni les dîmes qui appartiennent aux pauvres de Dieu ; mais seulement la liberté de combattre pour l'Evangile contre les erreurs du monde. (Le Paradis, chant XII, trad. du P. Lacordaire).

 

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30 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Trente-et-unième et dernier jour

 

Lecture

 

La Providence permet que les âmes choisies soient exercées par les événements, les choses et les personnes de leur entourage, tel un métal rugueux que l’ouvrier torture avec sa lime pour en enlever les aspérités et le polir. Au noviciat des Sœurs Dorothées, à Tuy, la Maîtresse des novices, sous les dehors assez frustres de la petite sœur Lucie avait reconnu une âme de bonne trempe et, en toute conscience, elle l’avait burinée. La jeune novice, comprenant que c'était pour son bien, avait accepté d’être menée parfois un peu rudement, pour devenir une bonne religieuse. Elle avait essuyé des larmes versées en secret et offertes généreusement en sacrifice, puisque telle était la volonté de Dieu. Elle s’entraînait au don total d'elle-même et cela depuis le premier jour. À la maison elle avait été formée à une vie assez dure, au lever matinal et à une activité continuelle, tout le long du jour. Elle était naturellement vaillante et la pensée qu'elle travaillait pour Dieu décuplait son énergie.

Dans sa nouvelle maison de Pontevedra, en Galice, où elle est placée, comme sœur converse, la Mère Supérieure continue d’assouplir sa nature. Pour exercer la patience de la Sœur et former sa volonté, la Supérieure semble prendre un malin plaisir à contrecarrer Lucie dans ses goûts, mais celle-ci garde toujours son vertueux sourire et la plus complète égalité d’humeur. Elle est entrée complètement dans l'esprit de sacrifice et elle accepte tout, car elle a compris que le chemin de la sainteté est rude, montant et malaisé. Avant d’arriver à l'éternel Thabor de l’extase sans fin, il faut passer par le chemin ensanglanté du Calvaire. Saint Vincent de Paul nous le dit : « La perfection de l’amour ne consiste pas dans les extases mais dans la conformité de notre volonté avec la volonté de Dieu ; à n’avoir avec lui qu’un même vouloir et un même non-vouloir ». La jeune sœur, Marie des Douleurs, puisqu'il faut l’appeler par son nom de Religieuse, sait que la volonté de Dieu se manifeste par la volonté des Supérieures. En obéissant à sa Supérieure elle obéit à Dieu lui-même.

Un jour, sa Supérieure, ayant remarqué sur son visage une expression quelque peu étrange, lui demanda brusquement :

« Qu’avez-vous donc, ma sœur ? Qu'est-ce qui vous est arrivé ? La jeune sœur, un peu surprise et comme sortant d’un songe, lui répondit : Il me semblait que Notre Dame me parlait. - Voulez-vous vous taire, ma Sœur, et vous dépêcher d'aller au travail ». Et pour achever de dissiper son rêve elle secoua assez fort le bras de la sœur. Celle-ci, obéissant aussitôt, s’arracha à sa contemplation et se remit au travail, pour faire la volonté de Dieu, puisque c’est la marque la plus sûre de notre amour pour Dieu. L’extase, Dieu nous la promet dans l’Eternité, si nous sommes fidèles à accomplir sa volonté sainte, chaque jour ici-bas.

Sœur Marie des Douleurs a connu, à la Cova d’Iria, les incomparables splendeurs de l’Apparition de Notre Dame, mais à son tour, elle doit gagner le ciel, comme chacun des mortels de ce bas monde, La voyante de Lourdes fit un jour cette réponse à une personne la félicitant d’avoir vu la Sainte Vierge et par conséquent d'être sûre d’aller au ciel : « Oui, répondit Bernadette, j'irai au ciel, à condition que j'aille droit mon chemin, tout comme vous. Il faut que je me le gagne ».

Sœur Marie des Douleurs, même après avoir joui de la vision de Notre Dame, doit opérer son salut avec « crainte et tremblement » et elle aussi, se dépouillant de toute pensée de présomption, doit reprendre à son compte l’expression pittoresque du dialecte bigourdan : « Le ciel, il faut que je me le gagne ! »

Elle est retournée au Portugal en 1946 (où elle a fait une visite incognito à Fátima) et en mars 1948, après réception de l'autorisation spéciale du pape à être relevée de ses vœux perpétuels, elle entra aux Carmel de Sainte Thérèse à Coïmbra, où elle résida jusqu'à sa mort. Elle a fait sa profession en tant que Carmélite déchaussée, le 31 mai 1949, prenant le nom de Sœur Maria Lucia de Jésus et du Cœur Immaculé.

En raison des Constitutions de la communauté, Lucia ne devait « converser aussi peu que possible avec des personnes venant de l'extérieur, même avec leurs plus proches parents, à moins que leur conversation soit spirituelle, et même alors, il devrait être très rare et aussi brève que possible » et « n'avoir aucune discussion sur les affaires de ce monde, ni même parler de celles-ci… ». Cela a conduit certaines personnes, comme le Père Gruner des Croisés Fátima, à croire en une conspiration pour cacher le message de Fátima et contraindre Lúcia au silence.

Elle est revenue à Fátima, à l'occasion de quatre pèlerinages réalisés par un pape, toujours un 13 mai. Tout d'abord Paul VI en 1967, puis Jean-Paul II en 1982 (en action de grâces pour avoir échappé à la tentative d'assassinat l'année précédente), puis en 1991, et enfin en 2000, quand ses cousins Jacinta et Francisco ont été béatifiés. Le 16 mai 2000, elle est retournée à Fatima pour visiter l'église paroissiale.

Lucia est morte à l'âge de 97 ans le 13 février 2005, de problèmes cardio-respiratoires, en raison de son âge avancé. Sa Cause de béatification est en cours d’instruction.


Réflexions


Nous voguons, tous, sur l’océan du monde. Notre frêle esquif est porté sur les flots agités parfois par la tempête des tentations. Nous devons le bien conduire, afin d'éviter les écueils dangereux sur lesquels il pourrait se briser et ne pas l’exposer à le voir s’enliser dans les bancs de sable sournoisement cachés sous les flots.

On compare ainsi, souvent, la vie du chrétien à un voyage sur le vaste océan du monde. Nous allons examiner les conditions qu’il faut remplir pour que notre bateau arrive au port éternel sain et sauf.

Pour bien tenir la mer, la première condition est que le bateau soit parfaitement étanche, sans quoi il ne tarderait pas à faire eau et à s’enfoncer dans les flots. Le chrétien doit de même garder son âme étanche et close, fermée aux invasions du mal. Il la défendra contre toutes les curiosités malsaines des yeux, des oreilles. Il veillera particulièrement sur le sens du toucher répandu sur tout le corps et par là même si dangereux. C’est par les sens que l’âme est submergée.

Le bateau est muni d’une boussole, petit cadran dont l'aiguille aimantée s’oriente toujours vers le nord. C’est ce point de repère qui aide le pilote à suivre sa route sûrement. Le chrétien possède cette boussole incomparable qui s’appelle la Foi. C’est par la foi que s'oriente la vie chrétienne vers l’Eternité qu’il faut gagner. C’est la grande et importante affaire, comme nous le recommande le Christ dans l'Evangile : « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? » (Mt., 16, 26). Vivons de la foi « comme le juste en vit » (Rm. 1, 17). Que cet esprit de foi pénètre toutes nos pensées, nos paroles, nos actes, nos désirs, pour ne jamais perdre de vue le Ciel. Dans tout ce que nous faisons, « mettons un peu d’éternité » (P. Corneille).

Le bateau doit être muni d’un gouvernail, organe indispensable pour guider sa marche et garder la bonne direction vers le port.

Le gouvernail du chrétien c’est l’obéissance aux Commandements, à la Morale, aux Devoirs d'état, aux Règlements particuliers des Institutions religieuses, pour les membres de ces Communautés. Saint Vincent de Paul dit que l’obéissance est « le gouvernail des communautés ».

Pour pouvoir naviguer sur l’océan et gagner le port, le bateau doit être muni de voiles sur lesquelles souffle la brise, ou bien posséder un moyen mécanique de propulsion qui agit sur les hélices et fait marcher le bateau. Ainsi notre âme possède la mystique propulsion de l'Esprit Saint qui souffle sur elle, pour la faire avancer. Ne contrarions pas les inspirations de la grâce, non seulement ne résistons pas, mais ouvrons largement notre âme à ces motions surnaturelles de l'Esprit de Dieu. Ainsi nous collaborerons avec lui généreusement pour nous élancer vers le port éternel.

Chrétiens, nous avons, à la portée de notre main, les provisions de voyage qui entretiendront nos forces, le viatique de l’Eucharistie, le « Pain vivant descendu du Ciel » (Jn. 6, 41). Jésus lui-même, avec son corps, son sang, son Âme et sa Divinité, sous les voiles de l’hostie. C’est à nous de nous en nourrir le plus souvent possible, pendant la vie, et de recevoir le « saint Viatique » pour la dernière escale.

Chaque jour, l'officier de quart fait le point. Au moyen de calculs, il détermine la position du bateau. C’est la vérification journalière, nécessaire pour surveiller si la marche s’effectue dans la bonne direction. Le chrétien doit aussi faire le point, dans un examen de conscience attentif, aussi fréquent que possible, et se demander : « Où en suis-je de mes résolutions, de mon progrès dans la vertu ? N’ai-je pas dévié de la route ? » S'il constate qu’il a quelque peu dévié de sa route il se remettra sans délai sur la bonne voie.

Sur tous les bateaux, un appareil de télégraphie sans fil permet de se tenir en communication constante avec la patrie, avec ceux qui nous sont chers pour leur envoyer des messages et en recevoir. Ainsi nous avons à notre disposition, sur le plan surnaturel, des ondes qui nous relient à la Patrie Céleste, ce sont les ondes mystérieuses de la prière, qui nous font communiquer avec Dieu, avec la Vierge Marie, avec les Saints, avec les nôtres qui nous ont précédé dans la maison du Père.

La nuit, il y a l'étoile qui sert de guide pour l’orientation du bateau. Le chrétien a aussi et surtout Marie, l’« Etoile de la mer ». S. Bernard écrit : « Vous qui flottez au milieu des orages et des tempêtes, tenez les yeux fixés sur cette étoile, pour ne point périr dans la tourmente, regardez l'étoile appelée Marie. En la suivant vous ne vous égarez pas ; en la priant vous ne désespérez pas ; en la contemplant vous n’errez pas… Si Elle vous est propice, vous parvenez au port » (Homélie de l'Evangile : Missus est).

Un jour, après avoir vogué plus ou moins longtemps sur cette mer du monde, après avoir prié Marie, avec notre rosaire, et dit avec piété des milliers de fois : « Sainte Marie, priez pour nous, pauvres pécheurs,… à l'heure de notre mort », quand cette heure aura sonné, nous serons déjà entrés dans le port de l’éternité, guidés par l’« Etoile de la mer », Marie toute puissante et toute bonne.

Notre Dame de Fatima, douce et lumineuse Etoile de la Mer, guidez notre frêle esquif sur le vaste océan du monde et conduisez-le au port du salut éternel. Amen !


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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Fin du mois de Marie de Notre Dame de Fatima

 

Prochain mois de dévotion : le Mois de Saint Dominiquerendez-vous le 30 juillet

 

 

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29 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Lucia

 

Trentième jour


Lecture


Lucie entra au pensionnat de l’« Asile de Vilar », à Porto. Mais ce ne fut pas, pour cette pauvre enfant de la campagne habituée à la vie simple des gens de son pays, une existence bien enviable. La Directrice avait voulu être agréable à Monseigneur de Leiria en prenant la « sauvageonne » sous sa protection maternelle. Néanmoins, on ne pouvait pas, du jour au lendemain, transformer la paysanne en citadine : Aussi l’on devine sans peine que les jeunes pensionnaires, espiègles comme on l’est à cet âge, se moquaient un peu de cette fille des champs rustaude dans ses manières, dans son langage et dans ses habits. Cependant, sous cette écorce rude, battait un petit cœur sensible. L’enfant se contentait de souffrir en silence et d’offrir à Dieu ce chapelet de sacrifices, à longueur de journée. C'était l'entraînement au don total d’elle-même qu’elle avait résolu de faire, en se consacrant à Dieu, dans la vie religieuse. Quelques mois passèrent pendant lesquels Lucie apprit à écrire à peu près correctement et orna son esprit des notions essentielles pour se guider convenablement dans la vie qu’elle voulait embrasser.

L’Evêque de Leiria, mis au courant de son ardent désir de vie religieuse, la fit entrer dans l’Institut des Sœurs Dorothées de Tuy, en Galice, pour y effectuer pendant deux ans son postulat. Ce temps de probation s’écoula à la satisfaction générale. Au bout de ce temps, elle fit son noviciat à la fin duquel, le 3 octobre 1928, Lucie faisait sa profession religieuse. Quand elle eut seize ans, elle prononça ses saints vœux, et on la plaça, comme Sœur converse, au collège de Notre Dame des Douleurs, à Pontevedra, en Galice, à une cinquantaine de kilomètres de Tuy. Elle s’éloignait de plus en plus de son pays et, au lieu de passer sa vie dans la méditation et la contemplation, comme les Sœurs de chœur, elle la passera au service du prochain, dans le dur travail manuel quotidien arrosé de sueurs et parfois de larmes.

Lucie désirait l'isolement et la solitude, loin des consolations humaines, même celles très pures de la Cova d'Iria. Plus jamais elle ne saura rien de Fatima, ni des triomphes de Notre Dame, ni de l’enthousiasme des pèlerinages, ni des miracles accomplis dans ce lieu privilégié de Marie.

Elle s’est offerte en holocauste et à consenti à toutes les séparations. Auprès du tabernacle, elle épanchera son cœur plein d'amour, puis elle ira au dur labeur auquel on l’a destinée. Tantôt c’est à la cuisine derrière ses fourneaux ; tantôt au lavoir; tantôt à la basse-cour. Partout, elle remplit son office avec un zèle des plus attentifs, on pourrait dire avec ferveur, parce que telle était pour elle la volonté d'En Haut. Faire en tout la volonté de Dieu, c’est la pierre de touche de la vraie piété. C’est bien à tort que certaines personnes s’imaginent que la ferveur est affaire de sentiment. Si, dans leurs exercices de piété, elles ne rencontrent pas de douceur sensible, elles sont complètement déroutées et croient n'avoir plus de ferveur. C’est là une profonde erreur : la ferveur n’est pas affaire de sentiment, mais affaire de volonté, et l’âme qui n’a pas d'autre désir que celui de faire la volonté de Dieu est une âme fervente entre toutes. Lucie voulait faire la volonté de Dieu, dans l’emploi qu’elle remplissait, au couvent de Pontevedra. Elle le remplissait chaque jour de son mieux, sans désirer autre chose que de bien accomplir son devoir. Notre-Seigneur n’a-t-il pas dit que « Sa nourriture était de faire la volonté de celui qui l'avait envoyé et d'accomplir son œuvre ? » (Jn. 4, 34).

« Ce ne sont pas ceux qui disent : « Seigneur, Seigneur », qui entreront dans le royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les Cieux » (Mt. 7, 21).

Ainsi, l’humble petite sœur converse, hier confidente de Notre Dame, en accomplissant son devoir commandé par l’obéissance, pensait qu’elle aimait Dieu de toute la ferveur dont elle était capable. Suivant l'expression de Saint François de Sales, elle ne cherchait pas « les consolations de Dieu, mais le Dieu des consolations ». Elle aurait plu à Saint Vincent, lui qui, dans son langage énergique, recommande d'aimer Dieu « au dépend de nos bras et à la sueur de nos visages ».


Réflexions


Nous serons jugés par Dieu, avant tout, sur notre devoir de chaque jour, que quelqu'un a nommé le « terrible quotidien ». Il est, en effet, terrible, parce qu’il est toujours semblable à celui de la veille et à tous les autres quotidiens, avec les mêmes situations la même monotonie. C’est ce quotidien, ce sont ces mille riens, ces actions communes, obscures et sans gloire, que la Providence nous demande d’accomplir pour faire la. volonté divine, et avec lesquelles nous achèterons le ciel.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, dans sa « Petite voie de l’enfance spirituelle », enseigne à ne rien négliger, ni la plus modeste action, ni la plus simple prière ni le plus petit acte de vertu. « Parce que vous avez été fidèle en peu de chose, je vous établirai sur beaucoup. » (Mt. 25, 21).

De quelle façon accomplir parfaitement notre quotidien :


En travaillant, sous le regard de Dieu.


« Marche en ma présence, disait Dieu à Abraham, et tu seras parfait » (Gn. 17, 1). Quand on a la foi, est-il difficile de voir Dieu présent partout et témoin de toutes nos actions ? « Dieu n’est pas loin de chacun de nous, dit l’Apôtre aux Athéniens dans son discours sur l’Acropole, car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Ac. 18, 28). Travaillons sous son regard, pour lui être agréable, sans nous préoccuper des autres, « ne faisant pas seulement le service sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais en serviteurs du Christ qui font de bon cœur la volonté de Dieu. » (Ep. 6, 6).

 

En nous donnant entièrement à l’action présente,

 

sans nous laisser distraire par la pensée de celle qui va suivre. Il y en a qui vivent toujours en avant, n'étant jamais à l’action présente. « À chaque jour suffit son mal et sa fatigue » (Mt., 6, 34). « Fais ce que tu fais », disait un Ancien, c’est-à-dire applique-toi tout entier à l’action présente. L’Imitation nous dit : « Celui-là fait beaucoup qui aime beaucoup, celui-là fait beaucoup qui fait bien ce qu’il fait ». Songeons que nous tissons, chaque jour, le vêtement de notre éternité. Il sera fait de la chaîne et de la trame de chacune de nos journées. Ce qui faisait dire à Bossuet : « Il n’y a rien qui soit plus à vil prix que le royaume de Dieu, quand on l’achète, et rien qui ne soit plus précieux, quand on le possède ».


En considérant chaque journée comme la dernière.


Il y en a une qui sera la dernière, parce que nous pouvons être frappés soudainement, ou que la maladie, qui sera la dernière, nous aura arrachés à notre travail. Si, chaque matin, nous offrions à Dieu la journée qui commence, avec l'intention de la bien employer pour Dieu, nous aurions, à la fin de nos jours, gagné un trésor de mérites pour acheter notre part de ciel, au lieu de traîner, sans profit pour l’âme, une existence misérable.

Tant vaut l’amour, tant vaut l’action.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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