13 février 2017

Le Mois du Coeur Agonisant de Jésus

Le Mois du Cœur agonisant

dim20mars

En guise d'introduction

 

Le temps de la Septuagésime

 

Le temps de la Septuagésime est une période de trois semaines qui précède l’ouverture du carême. Le temps de la Septuagésime commence toujours la neuvième semaine avant Pâques et compte trois dimanches qui sont respectivement appelés dimanches de la Septuagésime, de la Sexagésime et de la Quinquagésime.

Ces appellations proviennent du système de comptage en usage dans l’antiquité et désignent la décade dans laquelle tombe chacun de ces dimanches : si en effet l’on divise les neufs semaines qui précèdent Pâques en séries de dix jours, on constate que le premier de ces neuf dimanches tombe dans la septième dizaine, le deuxième dimanche dans la sixième dizaine, le troisième dimanche dans la cinquième dizaine ; de là viennent leurs noms respectifs de dimanches in Septuagesima, in Sexagesima et in Quinquagesima.

Symboliquement, on fait correspondre ces (presque) septante jours aux septante années de la captivité à Babylone. Dans le symbolisme biblique et liturgique, Babylone représente la cité terrestre corrompue, opposée à Jérusalem, la cité de Dieu. La captivité à Babylone fut un châtiment : Dieu a permis que son peuple – vaincu et asservi – soit déporté en terre païenne. C’était la conséquence de ses infidélités répétées ; mais ce fut aussi le moyen radical d’une guérison car le peuple élu ne retomba plus ensuite dans l’idolâtrie.

Ainsi nous est rappelée la gravité du péché et ses conséquences dramatiques. Ainsi nous est montrée la nécessité de lutter contre les séductions du mal. Ainsi nous est enseigné à désirer ardemment de quitter la terre de l’exil – le péché -, pour revenir vers la patrie véritable – la grâce divine! L’existence de la liturgie septuagésimale est attestée au VIème siècle par un lectionnaire conservé à la bibliothèque de l’université de Wurtzbourg : ce manuscrit montre qu’à l’époque de Saint Grégoire le Grand, les épîtres et les évangiles du temps de la Septuagésime étaient ceux que nous avons aujourd’hui encore dans nos missels (pour la forme extraordinaire du rite romain, bien entendu).

Les lectures de ces trois dimanches sont particulièrement importantes : elles ont été choisies avec un très grand soin. Ce choix, leur répartition et leur progression manifestent une pédagogie remarquable tant par le sens que par son équilibre :

a) le dimanche de la Septuagésime nous fait entendre une épître fameuse rappelant la nécessité du combat spirituel (1 Cor. IX, 24-27; X, 1-5), tandis que l’Evangile nous fait méditer sur les ouvriers de la onzième heure (Matth. XX, 1-16) : de la sorte l’Eglise nous rappelle dans un même temps que nous avons à combattre avec une véritable pugnacité pour accéder au salut, mais que ce dernier sera toujours un don gratuit de Dieu, et qu’aucun homme ne pourra l’attribuer à ses mérites personnels.

b) dans l’épître du dimanche de la Sexagésime (2 Cor. XI, 19-33 ; XII, 1-9), nous entendons Saint Paul faire le résumé de toutes les épreuves qu’il a endurées mais au terme de cette énumération retentit cette sublime assurance : « Ma grâce te suffit, car Ma puissance s’accomplit dans la faiblesse ». L’Evangile de ce jour (Luc. VIII, 4-15) est celui de la parabole de la semence qui tombe en des sols variés avec l’explication donnée par Notre-Seigneur Lui-même : les hommes n’accueillent pas tous la Parole salvifique de Dieu de la même manière, ils ne sont pas égaux dans la façon dont ils lui font porter du fruit. Ces deux textes mis en parallèle nous redisent que si la toute puissante grâce de Dieu peut faire en nous des choses qui sont bien au-delà des capacités réelles de notre nature, nous ne sommes cependant pas dispensés de l’effort pour amender le terrain de notre âme si nous voulons que cette grâce y produise la plénitude de ses fruits.

c) au dimanche de la Quinquagésime, est proclamé l’hymne à la charité (1 Cor. XIII, 1-13) ; puis dans l’Evangile (Luc. XVIII, 31-43) Jésus fait l’annonce solennelle de Sa Passion et de Sa Résurrection – « Voici que nous montons à Jérusalem » – avant de guérir l’aveugle de Jéricho. Par là, l’Eglise nous engage à crier comme cet aveugle : « Fils de David, aie pitié de moi! » afin que soit guérie la cécité de nos coeurs, et pour que nous nous engagions résolument, en pleine liberté et intelligence (pas comme les apôtres dont cet Evangile nous dit qu’ils ne comprirent rien aux paroles de Jésus), dans les pas du Sauveur qui va accomplir le mystère pascal : or ce ne sont pas des déterminations, des qualités ou des prouesses humaines qui nous permettront de le faire, mais la seule charité surnaturelle.

On a pu dire du temps de la Septuagésime qu’il est le « vestibule du carême » : en effet, ces trois dimanches sont comme trois paliers qui nous conduisent, par une gradation très étudiée, jusqu’au seuil du grand temps liturgique où seront dispensées en abondance les grâces de la pénitence, de la conversion, de l’intériorité, de l’approfondissement de notre vie chrétienne et du salut... Cet « avant-carême » nous prédispose donc non seulement à y entrer mais surtout à y bien entrer. Ce n’est pas au matin du mercredi des cendres que nous devrons tout à coup nous mettre à penser aux efforts de conversion et de pénitence qui nous sont les plus nécessaires ; ce n’est pas le jour de l’entrée en carême que, de manière impromptue, nous devrons réfléchir à l’ascèse qui devra être la nôtre pendant ce temps et en déterminer les résolutions! Procéder ainsi serait le meilleur moyen de rater notre carême. Et voilà pourquoi l’Eglise – en Mère réaliste et en excellente pédagogue – a institué ce temps de la Septuagésime.

En nous mettant en face des enjeux de notre vie et de nos responsabilités,  le temps de la Septuagésime nous invite à une réflexion – raisonnable, méthodique et posée – sur la stratégie qui s’impose à chacun de nous pour faire progresser notre propre conversion à l’amour divin en vérité, en profondeur et avec efficacité.

Pendant le temps de la Septuagésime il n’y a pas encore d’obligation du jeûne, mais déjà les ornements sont violets ; les chants joyeux (Gloria in excelsis et Alleluia) sont supprimés. Aux Messes de semaine, seul le graduel est récité ; le dimanche et les jours de fête, il est suivi d’un trait qui remplace l’Alleluia. Aux Messes solennelles du temps, le diacre et le sous-diacre portent encore la dalmatique et la tunique, et l’on peut toucher l’orgue. Avant le code des rubriques de 1960, qui a aboli cet usage, le « Benedicamus Domino » remplaçait l’ « Ite, missa est » à toutes les Messes de férie.

À l’Office divin, l’Alleluia qui suit l’introduction « Deus, in adjutorium », est remplacé par « Laus tibi, Domine, Rex aeternae gloriae ». À la fin de Matines, le Te Deum est remplacé par un simple répons.

La veille de la Septuagésime, à la fin des vêpres, les chantres ajoutent deux Alleluia au « Benedicamus Domino » et le choeur deux Alleluia au « Deo gratias ». C’est la déposition de l’Alleluia, que nos pères appelaient «Clausum Alleluia» (Voir le texte de Dom Guéranger sur les adieux à l’Alléluia : http://leblogdumesnil.unblog.fr/2013/01/26/2013-12-les-adieux-a-lalleluia/)

Un chant particulier au temps de la Septuagésime est le répons « Media vita« , (dont vous pouvez – si vous le voulez – entendre un enregistrement par le moyen de la vidéo ci-dessous).

En voici la traduction :

Dès le milieu de la vie, nous voici à la mort : quel aide chercher, si ce n’est Vous, ô Seigneur? Vous, que nos péchés irritent avec raison : * ô Dieu Saint, ô Saint Fort, ô Saint Sauveur miséricordieux, ne nous livrez pas à l’amertume de la mort!

En Vous ont espéré nos pères : ils ont espéré et Vous les avez délivrés : * ô Dieu Saint…

Vers Vous crièrent nos pères : ils ont crié et ils n’ont pas été confondus : * ô Dieu Saint…

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit. * Ô Dieu Saint…

 

Texte extrait du site http://leblogdumesnil.unblog.fr

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La Fête de l'Oraison de Notre Seigneur

Mardi de la Septuagésime

 

Jésus étant sorti s'en alla suivant, sa coutume au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent; et arrivé en ce lieu il leur dit « Priez afin de ne point entrer en tentation ». Et il s'éloigna d'eux de la distance d'un jet de pierre, et s'étant mis à genoux, il priait disant : « Père, si vous le voulez, éloignez de moi ce calice, cependant que votre volonté se fasse, et non la mienne ». Alors un ange du ciel lui apparut qui le fortifiait, et étant tombé en agonie il priait encore plus. Il eut une sueur, comme de gouttes de sang qui tombaient à terre.

L'Eglise consacre un jour de chacune des semaines qui précèdent la Passion à honorer d'un culte spécial une des parties de ce douloureux et ineffable mystère. Aujourd'hui, c'est l'oraison de Notre-Seigneur au jardin des Oliviers, qu'elle offre à la vénération et à la méditation de ses enfants. Ce qui émeut jusqu'au fond de l'âme dans le spectacle que nous offre la Passion, c'est la douceur inaltérable, le calme surhumain du Sauveur en présence de ce qui briserait le cœur le plus ferme.

Jamais on ne verra rien de semblable. C'est le sublime de la grandeur, le plus haut point d'élévation auquel l'homme puisse atteindre ; « s'en rapprocher, quoique toujours de loin, sera désormais le travail de ceux qui aspirent avec le plus d'ardeur à la perfection. Et néanmoins, comme pour les soutenir, comme pour encourager leurs efforts, cette perfection leur est montrée sous les conditions de la lutte, du combat intérieur inséparable de notre nature infirme. Aux approches de l'épreuve dernière, Jésus n'hésite pas certes, sa volonté n'est pas ébranlée un moment, mais le trouble envahit la partie inférieure de son être, il est triste jusqu'à la mort ; en proie à des angoisses, à une agonie plus terrible que le supplice même qui suivra, il ne le cache point, ne le dissimule point il veut au contraire que ses disciples en soient témoins, qu'ils en gardent le souvenir, afin d'y trouver un appui dans les involontaires défaillances de la chair, lorsque pour eux aussi viendra le jour du sacrifice ».

Le sacrifice se rencontre à chaque pas sur notre chemin. Les angoisses et les souffrances sont notre partage sur la terre le malheur est le roi d'ici-bas; et tôt ou tard, tout mortel finit par être atteint de son sceptre. Qui n'a pas ici-bas sa part aux infirmités humaines, sa croix à porter ? Toute créature est en travail, la vie humaine n'est qu'une longue plainte dont les échos montent vers le ciel. Jésus a voulu nous apprendre que la force pour supporter et souffrir se trouve dans la prière. A son exemple, adressons-nous à Dieu, il est le Tout-Puissant qui dirige tous les événements de ce monde il est la souveraine lumière qui éclaire toute intelligence.

Dieu est un bon Père, qui ne peut entendre les plaintes de ses enfants sans prêter l'oreille à leurs voix et sans apporter un soulagement à leurs misères. Mais n'oublions pas que s'il prie, que s'il arrose la terre de ses larmes et de son sang, c'est à cause des outrages dont nous nous sommes rendus coupables envers Dieu. Ce sont nos péchés qui rendent son âme triste jusqu'à la mort ; ce sont nos iniquités qui remplissent cette coupe qu'il demande à son Père d'éloigner de lui. Songeons à ne pas rendre ses souffrances inutiles, et disons-lui aujourd'hui avec l’Église : « Seigneur, qui, dans le jardin des Oliviers, nous avez appris, par votre parole et par votre exemple, à prier pour triompher des périls de la tentation, faites, dans votre bonté, qu'à travers les dangers et les obstacles de tout genre qui nous environnent, toujours appliqués à la prière, nous méritions d'en obtenir un fruit abondant, et par là, de parvenir sûrement au royaume du ciel ».

(Extrait des Petits Bollandistes, Abbé Guérin, Volume XVI)

 

Préface

 

Préparée à Paris, éclose à Vais près Le Puy, la dévotion au Cœur agonisant du Sauveur fut approuvée par le pape Pie IX, alors en exil ; le 2 février 1850, Sa Sainteté enrichit d'indulgences une prière rédigée par le R. P. Lyonnard, de la Compagnie de Jésus. Des confréries se formèrent bientôt en plusieurs villes ; celle de Jérusalem fut érigée en 1864, et transformée en archiconfrérie le 23 août 1867.

Plusieurs publications sont venues en aide à cette pieuse association, en ont expliqué les pratiques et entretenu l'esprit. Dans ce but, nous publiâmes nous-même plusieurs volumes,. « L'Agonie de Jésus » et « Le Cœur Agonisant » ; nous publions aujourd'hui un livre moins gros et plus populaire, en adoptant la forme d'un de ces Mois, qui sont si chers aux fidèles et si utiles aux âmes.

Toute époque où l'on se sent plongé dans l'affliction, est favorable pour faire le Mois du Cœur Agonisant. Le mois de juin, qui est le mois du sacré Cœur, paraît convenir aussi. Mais le mois de février convient mieux encore, parce qu'il devient ainsi une heureuse transition, entre les plaisirs du renouvellement de l'année et les austérités du carême. Nous conseillons même fortement de se régler sur la sainte quarantaine, de commencer ce Mois le quatrième jeudi avant le carême, le second avant la septuagésime, de manière que la fête de l'archiconfrérie du Cœur agonisant, l'oraison de Notre-Seigneur sur le mont des Oliviers, qui ne tombe jamais plus tôt que le 20 janvier, ni plus tard que le 24 février, toujours le mardi de la septuagésime, se rencontre le treizième jour, et que ces pieux exercices servent à s'y préparer, au moins durant une neuvaine. Ils se termineront le premier samedi de carême, par un hommage rendu au Cœur compatissant de Marie.

Chrétiens dévoués au Cœur agonisant de Jésus, méditez-en les angoisses, partagez-en les souffrances, et laissez votre cœur devenir un autel et un calvaire. La dévotion n'est-elle pas l'embonpoint spirituel d'une âme engraissée de charité ? Pendant un mois engraissez-vous d'amour, de compassion, de générosité, de dévouement et de patience, pour continuer l'œuvre du Cœur sacré du Rédempteur, en nous obtenant l'application des mérites de son agonie. Restez ensuite toute votre vie, comme durant ce mois, à l'école du divin agonisant, pour apprendre à compatir efficacement aux douleurs des autres, et à faire de vos propres agonies un apostolat fécond.

 

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Le Mois du Cœur agonisant de Jésus

 

Veille du premier jour

 

Lecture préparatoire

 

La dévotion au douloureux mystère du jardin des Oliviers, et la dévotion au Cœur de Jésus, ont une commune origine, les révélations de Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie, qui reçut de lui la pratique de l'Heure Sainte, et la mission de répandre le culte de son divin Cœur. Le Cœur agonisant c'est le Cœur même de l'Homme-Dieu, considéré dans son état passif, dans ses souffrances, ses angoisses, ses tristesses, ses craintes et ses ennuis, L'expression de Cœur agonisant était usitée dès les premières années du XVIIIe siècle.

Les peines intérieures commencèrent et finirent pour Jésus avec sa vie mortelle, et il y fait allusion quand il nous dit par la bouche du Psalmiste : « J'ai été dans le trouble, l'anxiété, les travaux dès ma jeunesse » (Psaume16). Mais il modérait à son gré cette agonie morale, et ce ne fut qu'à Gethsémani qu'il la laissa tourmenter pleinement son Cœur, et même déborder sur son corps. Aussi est-ce au jardin des Oliviers que tous les chrétiens fervents accourent en esprit, pour partager les souffrances de Jésus, pleurer avec Jésus, unir leurs cœurs au Cœur agonisant de Jésus.

Par la dévotion au Cœur agonisant du bon Maître, nous voulons d'abord lui offrir nos hommages et nos réparations, l'honorer dans ses douleurs et réparer les outrages qu'il reçoit. Nous voulons même prévenir ces outrages, les empêcher, en travaillant à convertir les pécheurs qui l'offensent, et surtout ceux que la mort va jeter dans l'éternelle damnation. Préserver de l'enfer, préserver de l'impénitence finale les quatre-vingt mille mourants de chaque jour, voilà l'objet principal de notre intercession, de nos supplications au Cœur agonisant de Jésus. Qui n'en voit l'opportunité ? Autrefois tout chrétien qui se sentait mourir, voulait se réconcilier avec Dieu, et en prenait lui-même les moyens. Mais aujourd'hui beaucoup de malades à l'extrémité ne veulent pas même voir le ministre de la réconciliation ; la société satanique des Solidaires travaille nuit et jour, à réaliser sa devise : Plus de prêtre, ni à la naissance, ni au mariage, ni à la mort. Elle séduit les faibles et les pauvres, par l'appât d'un enterrement civil où le nombre augmente le scandale.

Enfin le Cœur agonisant de l'Homme-Dieu est pour nous un objet d'imitation. Au dernier jour de sa Vie mortelle , le Sauveur voulut endurer trois passions, une passion eucharistique et sacramentelle sur le mont Sion, une passion mystique et intérieure sur le mont des Oliviers, une passion extérieure et sanglante sur la colline du Calvaire. Ces trois passions se continuent ou se réitèrent à travers tous les siècles. Tous les jours dans nos temples et sur nos autels Jésus lui-même continue, par le ministère du prêtre, sa passion eucharistique. Souvent au milieu des peuples civilisés ou barbares, dans les prisons ou sur les places publiques, la sanglante passion du Sauveur a été renouvelée, dans la personne des martyrs, par le ministère des bourreaux. En qui donc se réitérera sa passion intérieure ? En quelques âmes privilégiées, dont le cœur est tantôt un autel et tantôt un calvaire, mais quelquefois aussi une montagne et un jardin des Oliviers, où, sous la pression des épreuves mystiques et des souffrances morales, qui les réduisent à une agonie pire que la mort, coule l'huile de la prière et de la résignation, du renoncement et de la charité.

Le même religieux qui répandit la dévotion au Cœur agonisant de Jésus, publia « L'Apostolat de la souffrance », et propagea la société des victimes volontaires. N'est-ce pas le désir d'imiter le Cœur agonisant du Sauveur, qui a fait naître cette société, pour les besoins actuels de l'Église et des nations catholiques ? Plus un pays est souillé par les iniquités de ses habitants, plus il convient de le purifier et de l'assainir, en y introduisant les plantes salutaires issues du sang de Jésus-Christ, qui répandent autour d'elles une suave odeur de vie et de pureté ; plus il importe d'y établir des paratonnerres, qui détournent loin des têtes coupables les foudres de la divine justice, prête à éclater sur elles. Ces plantes, ces paratonnerres, ce sont toutes les communautés ferventes, ce sont particulièrement les victimes volontaires.

Dieu choisit indistinctement ces victimes spéciales, dans tous les rangs de la société chrétienne, et leur donne une large participation aux souffrances de son Fils unique, par conséquent à son titre de victime, à sa fonction de sauveur. La tendre prédilection qu'il a pour elles, le dispose à leur accorder des miracles de grâce, quand elles lui présentent leurs prières mêlées aux larmes, au sang et aux agonies de Jésus, ainsi qu'à leurs propres larmes et à leurs propres agonies. La Vierge-Mère fut au premier rang dans cette généreuse phalange ; vint ensuite saint Jean, le disciple bien-aimé du Cœur agonisant de Jésus, et l'enfant privilégié du Cœur compatissant de Marie. Puis, à toutes les époques de crise religieuse et sociale, le Seigneur suscita en nombre plus ou moins grand ces victimes cachées, dont l'action latente, comme celle de la grâce en chacun de nous, opère avec elle et par elle d'une manière intime et vitale.

Le but de ce Mois est de faire de nous des apôtres par la souffrance, aussi bien que par la prière. Soyons intercesseurs et suppliants, mais en même temps acceptons patiemment nos peines, nos maladies, toutes nos tribulations, la mort même pour l'Église et pour les âmes. Cet emploi apostolique de nos afflictions nous fera puiser, dans le Cœur agonisant de Jésus, les plus fortes et les plus suaves consolations. Peut-on mieux se consoler dans ses propres agonies, qu'en méditant les agonies d'un Dieu, et en soulageant les agonies des hommes ?

 

Premier jour

L'agonie continuelle

 

La continuité de l'agonie du Cœur en Jésus-Christ, depuis le premier instant de sa conception jusqu'à son dernier soupir, est attestée par les auteurs les plus graves, qui s'appuient sur le titre d'homme de douleurs donné au Messie parle prophète (Isaïe. 53, 3), et sur plusieurs paroles du psalmiste (Ps. 30, 11 ; 37, 18 ; 87, 16). Au jardin des Oliviers, il éprouva toute l'intensité de cette agonie.

 

Méditation

 

1. Pendant que les anges chantaient au-dessus de sa crèche : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté (Luc. 2, 14), Jésus disait en son Cœur ce qu'il devait redire sur le mont des Oliviers : « Mon Père, que votre volonté soit faite, et non pas la mienne (Luc 23, 42). Anges du ciel, pouvait-il ajouter, vous applaudissez à mon humiliation volontaire pour la gloire de Dieu et la paix des hommes. Vous êtes les avant-coureurs du céleste esprit, qui viendra me visiter dans une humiliation plus grande encore, dans la lutte de ma nature humaine contre ma volonté divine, lorsque je serai prosterné sur la terre, en proie à l'agonie et tout sanglant. En pensant à vous, je ne puis m'empêcher de penser à lui ». De même voyait-il des victimes ? Il savait qu'elles étaient la figure du sacrifice, qu'il consommerait par son immolation sur le Calvaire. Voyait-il Jérusalem ? Il savait que dans cette ville il perdrait la vie, au milieu des opprobres et des tourments. Regardait-il sa Mère bien-aimée ? Il s'imaginait la voir déjà debout au pied de sa croix. C'était pour son Cœur une continuelle torture. Pourquoi la vue d'un jardin, d'une fleur, d'un bouquet, ne vous ferait-elle pas aussi penser à ce jardin des Oliviers, à cette fleur des champs, à ce bouquet de myrrhe (Cant. 1, 12 ; 2, 1), tout arrosés de sueur et de sang ?...

II. Par la prévision de ses maux, Jésus endura dans son Cœur et pendant trente ans toutes les afflictions à la fois. De tous les organes de sa sainte humanité, son Cœur fut le premier et le dernier à souffrir : toutes les souffrances des autres membres s'y étaient ramassées. Il se faisait un flux et reflux continuel des peines de l'esprit au Cœur, et des peines du Cœur à l'esprit. C'était un calice qui se remplissait à tout moment, et que le Sauveur buvait aussi sans relâche et jusqu'à la lie. Ce qui rendait ce calice plus amer, c'était la certitude que ses peines seraient en partie inutiles ; ce qui rendait cette agonie plus poignante, c'était de savoir qu'après tant de combats il ne remporterait pas une victoire plus achevée, Il pensait non-seulement aux idolâtres, aux juifs, aux mahométans, à qui les mérites de sa passion ne seraient point appliqués ; il pensait encore aux chrétiens qui foulent aux pieds le Fils de Dieu, et souillent le sang du Testament (Heb. 10, 29). Ne pensait-il point aussi que, devenu notre juge, il nous demanderait un compte sévère du sang que nous avons profané ?...

III. Notre-Seigneur avait sans cesse sous les yeux les supplices de tous les martyrs, et il en discernait les détails les plus horribles ; il voyait les tribulations de tous les affligés, toutes les indigences et toutes les persécutions. Combien ne souffre pas une mère qui voit souffrir son enfant ! Or, Jésus nous aimait incomparablement plus qu'une mère. Si la tendresse de toutes les mères se réunissait en un seul cœur, ce serait moins qu'une étincelle en comparaison de l'incendie de charité qui dévorait le Cœur de l'Homme-Dieu. Chacune de nos souffrances faisait une plaie à cet aimable Cœur, qui, percé de tant de blessures, ne conservait la vie que par miracle. Il était devenu le confluent de toutes nos douleurs, et le calvaire où toutes nos croix étaient plantées. Jamais l'esprit humain ne comprendra quelle agonie, quel martyre, le Cœur du Fils de Dieu endura, depuis l'incarnation jusqu'à la mort, par sympathie et commisération pour nous. Quand nous sommes affligés, est-ce une consolation de savoir que toutes nos peines ont passé par le Cœur de Jésus, qu'il les a le premier ressenties et portées par amour pour nous ? En sommes-nous plus généreux à les porter par amour pour lui ?...

Lire dans l'Agonie de Jésus du Père Blot, livre I, le chapitre II « L'agonie de Nazareth »

 

Pratique : Ne nous faisons pas un christianisme mitigé, un christianisme à concessions, un christianisme sans combat. Ne nous plaignons plus de la longueur de nos souffrances et de nos épreuves. Mais consentons que notre vie soit comme celle des saints, comme celle de Jésus, une continuelle agonie.

 

Exemple

 

« Je trouve dans la vie de sainte Catherine de Gênes, dit le P. Eudes, qu'un jour Dieu lui fit voir l'horreur du moindre péché véniel, et elle assure que, quoique cette vue ne durât qu'un moment, elle vit néanmoins un objet si effroyable que le sang lui glaça dans les veines, qu'elle tomba dans l'agonie, et qu elle serait morte si Dieu ne l'avait conservée miraculeusement, pour raconter aux autres ce qu'elle avait vu. Ensuite de quo elle disait que, si elle était dans le plus profond d'une mer de feux et de flammes, et qu'il fût en son pouvoir d'en sortir à la condition de voir encore une fois en sortant de là une chose si épouvantable, elle aimerait mieux y demeurer que d'en sortir à cette condition. Or, si la vue du moindre péché véniel a mis cette sainte dans un tel état, que faut-il penser de l'état auquel notre Sauveur a été réduit par la vue de tous les péchés de l'univers ? Car il les avait tous continuellement devant les yeux, et sa lumière étant plus grande infiniment que celle de sainte Catherine, il y avait plus d'horreur infiniment qu'elle n'y en voyait. Tous ces péchés et toutes ces vues navraient son Cœur d'une infinité de plaies ». (Eudes, le Cœur admirable, T. II, liv. VI, ch. 10).

 

Deuxième jour

Une coutume de Jésus

 

Accomplissant les figures et les prophéties, Jésus sort de Jérusalem, traverse le torrent et la vallée du Gédron, malgré les ténèbres de la nuit, et va là où il sait qu'on viendra le trahir et le prendre. Pourquoi ? Pour rester fidèle à son habitude d'aller prier Dieu, le soir, sur le mont des Oliviers.

 

Méditation

 

1. Notre-Seigneur avait coutume de rendre grâces publiquement, de prier, après chaque repas ; il le fit encore la veille de sa mort, après avoir mangé l'agneau pascal et institué l'Eucharistie. Les religieux l'imitent, en nourrissant leur esprit par une lecture durant le repas, et en visitant aussitôt après le Saint Sacrement ou quelque pieuse image, pour nourrir leur cœur par la prière. Imitons-le aussi, en prenant la nourriture du corps avec tempérance et modestie, afin que l'âme puisse toujours se nourrir d'oraison, afin que nos repas mêmes glorifient le Seigneur. Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit l'Apôtre, faites tout pour la gloire de Dieu (1 Cor. 10, 31). Le fait-on d'ordinaire parmi nous ? Parfois ne contentons-nous pas nos sens, de manière que l'excès de la nourriture appesantisse notre âme et l'empêche de prier ? Combien même de chrétiens aujourd'hui qui, comme les païens d'autrefois, ont l'idolâtrie du ventre, adorent le dieu ventre, (Philippiens 3, 19), se montrent plus fidèles à servir leur ventre qu'à servir Jésus-Christ (Romains 16, 18) ?...

II. Sous le coup des plus dures épreuves, le Sauveur n'interrompt ni ne change ses pieuses habitudes. Il n'ignorait rien de ce qui l'attendait au jardin des Oliviers, et saint Jean nous fait remarquer que c'était un lieu bien connu de Judas, parce que le Maître et les disciples s'y étaient fréquemment réunis (Jean 18, 2). La certitude d'y être facilement trouvé, pris, garrotté, ne suffit pas pour que Notre Seigneur manque à une sainte coutume. En est-il ainsi de nous ? Une mince contrariété, une légère fatigue, un malaise imaginaire, la moindre crainte, celle d'une critique, d'une raillerie, d'un regard ou d'un sourire désapprobateur, nous font interrompre nos meilleures coutumes, omettre nos exercices de dévotion, quelquefois même nos devoirs de religion, comme l'assistance à la messe, la communion, l'abstinence...

III. Les habitudes du divin Maître venaient d'une conviction si profonde et d'une volonté si ferme, qu'il allait, sortait, entrait, priait selon sa coutume, et non point par coutume. Nous, au contraire, que de choses nous faisons par simple habitude, par routine, machinalement, sans élan ni entrain, sans esprit intérieur ni générosité spirituelle ! Si nos lèvres récitent une formule, notre mémoire seule y prend part, notre cœur est loin de Dieu (Matthieu 15, 8). N'est-ce pas même parce que notre piété est comme un corps sans âme, que nous sommes souvent renversés par le choc de la tentation, ou du moins arrêtés dans notre marche Vers la perfection ? Cœur agonisant de Jésus, venez combattre le sensualisme et la mollesse de notre siècle ; venez nous aider à prendre des habitudes austères et viriles, qui nous fassent avancer encore, comme par la force d'une vitesse acquise, quand les résistances de la nature et du monde voudraient nous ralentir et nous entraver !...

Lisez dans L'Agonie de Jésus, liv. IV, chap. II, Le passage du Cédron.

 

Pratique : Mettons autant de régularité à nourrir notre âme qu'à nourrir notre corps. Durant l'agonie morale, le trouble et l'obscurité, ne faisons aucun changement à nos bonnes résolutions, mais changeons-nous courageusement nous-mêmes. Soyons fidèles à passer chaque année un mois au jardin des Olives, à faire l'Heure Sainte chaque semaine, malgré les dégoûts, les contradictions, les ennuis et les tristesses.

 

Exemple

 

La pratique de l'Heure Sainte, dont le parfum suave et discret embaume aujourd'hui toute l'Église, nous vient de Sainte Marguerite-Marie Alacoque, religieuse de la Visitation, à laquelle Notre-Seigneur confia le soin de cette plante bénie. Elle rapporte ainsi le commandement qu'il lui donna : « Toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse, que j'ai bien voulu ressentir au jardin des Oliviers, et cette participation à ma tristesse te réduira à une espèce d'agonie plus rude à supporter que la mort. Tu m'accompagneras dans cette humble prière, que je présentai alors à mon Père parmi toutes mes angoisses, et pour cela tu te lèveras entre onze heures et minuit, et tu demeureras prosternée avec moi pendant une heure la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère, en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour honorer et adoucir en quelque façon l'amertume que je sentis alors de l'abandon de mes apôtres ; ce qui m'obligea de leur reprocher qu'ils n'avaient pu veiller une heure avec moi. Tu feras pendant cette heure-là ce que je t'enseignerai ». (Mémoire de Sainte Marguerite-Marie, n° 37).

 

Troisième jour

Le Mont des Oliviers

 

Où se rend le divin Maître, en sortant de Jérusalem, suivi de ses disciples ? Sur le mont des Oliviers. Comme l'olive sous le pressoir, son Cœur veut y être serré, pressé, torturé par toutes les douleurs morales, pour répandre plus abondamment l'huile de la miséricorde et de la paix, l'huile de l'espérance et de l'amour.

 

Méditation

 

I. Pourquoi le Sauveur choisit-il une montagne, pour en faire le lieu de sa prière ? Il nous avertit de rechercher dans nos prières ce qui est haut et sublime, c'est-à-dire de faire des biens célestes, des intérêts éternels, l'objet principal de nos demandes. A mesure qu'il gravit la hauteur sur laquelle il va prier durant trois heures, il nous crie : « Les cœurs en haut ! Ne permettez pas que vos cœurs soient appesantis ou abaissés par le soin des choses inférieures ; mais que la sainte prière soit toujours pour vous une ascension de l'âme vers Dieu, une élévation des pensées et des désirs ! Hélas ! combien de fois nos prières ont-elles été boiteuses, ou se sont-elles traînées sur la terre ?...

II. Pourquoi l'Homme-Dieu choisit-il une montagne, pour y commencer sa passion, pour y livrer son Cœur à l'agonie ? Il nous apprend que son corps mystique doit se transfigurer sur le mont des Oliviers, comme son corps réel se transfigura sur le Thabor ; il nous apprend que les lieux où nous souffrons, sont pour nous le chemin de la gloire, et que la douleur prépare nos corps eux-mêmes à l'ascension glorieuse. Car de ces mêmes sommets où ils vont le voir souffrir cruellement, ses disciples le verront bientôt remonter glorieusement dans les deux. Partout où nous souffrons, disons donc avec saint Pierre sur le Thabor : « Il est bon que nous soyons ici » (Matthieu 17, 4). Ne nous tarde-t-il pas, au contraire, de changer de lieu ou d'emploi ? Nous descendons du mont des Olives, où la patience nous aurait transfigurés, nous rampons dans la plaine , nous restons des chrétiens vulgaires, parce que nous ne voulons faire effort ni pour rectifier notre conduite, ni pour élever nos sentiments, ni pour mettre notre cœur en harmonie avec le Cœur agonisant de Jésus...

III. Pourquoi encore le mont des Oliviers ? Parce que l'olivier est le symbole de l'espérance et de la paix. Des hauteurs du mont des Oliviers, le Sauveur découvre tout l'univers et l'histoire de tous les siècles, tous les lieux et tous les temps où nous serons agités, battus, brisés par les tempêtes ; il promène ses regards sur la mer orageuse du monde, où il voit tant d'âmes en péril, où il compte tant de malheureux qui ont déjà sombré, par imprudence et par faiblesse. Il leur crie : « Espérance, espérance, ô pauvres naufragés ! Je vous apporte la paix et le pardon, je vous envoie deux planches de salut, qui sont la souffrance et la prière : profitez-en, vous reviendrez tranquillement au port ! En profitons-nous ? Savons-nous espérer, souffrir et prier ?...

Lisez dans L'Agonie de Jésus, liv. III, ch. IX L'Espérance

 

Pratique : Quels que soient mes troubles, mes tentations, mes adversités, j'espérerai en Dieu quand même. Dans mes prières pour moi et les autres, je demanderai surtout les biens spirituels et célestes. Après mes exercices de piété, si agonisant que soit mon cœur, je montrerai à tous quelque chose de plus pacifique et de plus confiant, aux miens plus d'amabilité, aux malheureux plus de dévouement.

 

Exemple

 

 

L'exercice de l'Heure Sainte fleurit maintenant dans l'Église entière. Il a donné naissance à une archiconfrérie, dont le siège est à Paray-le-Monial, et que le pape Grégoire XVI, en 1831, dota de précieuses indulgences. Chaque semaine, au jour et à l'heure où le Fils de Dieu, prosterné la face contre terre, répandait une sueur de sang, un grand nombre d'âmes pieuses se dérobent aux douceurs du sommeil, pour tenir compagnie à Jésus agonisant, pour appliquer activement toutes leurs facultés à ses souffrances intérieures, et pour échapper au reproche qu'il adressa aux premiers témoins de son agonie : « Quoi ! Vous n'avez pu veiller une heure avec moi ? » (Matth. 24, 40). En certaines paroisses, comme à Bréauté, au diocèse de Rouen, cet exercice se fait collectivement le jeudi soir par les hommes seuls, par les confrères, qui passent une heure devant le saint Sacrement, en prières ou méditations, à genoux ou assis. Ils se proposent, de consoler ainsi le Cœur du bon Maître, et d'obtenir une part de ses miséricordes. Dans plusieurs communautés, comme celle du Cœur agonisant, à Lyon, toutes les religieuses se rendent à la chapelle vers le milieu de la nuit. L'une d'elles lit à haute voix ce que les Évangélistes nous apprennent, sur l'agonie de Notre-Seigneur au jardin des Oliviers. Toutes se prosternent, unissent leur prière à sa prière, leur sacrifice à son sacrifice, et s'offrent avec lui comme victimes à son divin Père. Avant de se retirer, on l'ait une amende honorable au Cœur agonisant de Jésus, qu'on adore dans le tabernacle, comme dans la grotte de Gethsémani.

 

Quatrième jour

Le jardin de l'Agonie

 

Sur le mont des Oliviers, Notre-Seigneur laissa huit de ses apôtres dans une ferme nommée Gethsémani, en leur permettant de s'asseoir ; il prit Pierre, Jacques et Jean, leur recommanda de veiller avec lui, et les introduisit dans un jardin, ubi erat hortus (Jn 28, 1). Le premier Adam nous avait fait tomber avec lui dans le jardin de délices : le second Adam nous releva par ses expiations volontaires, dans le jardin de l'agonie.

 

Méditation

 

I. Dans le paradis terrestre, nos premiers parents laissèrent s'allumer en eux cette soif de jouissances, qui ne devait plus s'éteindre dans leur postérité ; pour jouir ils foulèrent aux pieds leur devoir, leur bonheur et le nôtre. Jésus-Christ fait du jardin des Oliviers le lieu de sa pénitence, le temple et l'autel de son sacrifice ; il est lui-même le prêtre et la victime de son holocauste. Comme le premier châtiment infligé par le Seigneur à nos coupables parents, fut de les abandonner à eux-mêmes, en sorte qu'ils devinssent leurs premiers bourreaux, et que le remords fût leur première peine : ainsi le divin Réparateur veut paraître abandonné, se tourmenter lui-même, être son propre sacrificateur. N'hésitons pas non plus à nous imposer à nous-mêmes, par esprit de pénitence, des sacrifices et des privations...

II. Dans le jardin de délices, l'homme se cacha et Dieu se montra, l'homme par honte et Dieu par justice. Dans le jardin de l'agonie, c'est l'homme qui se montre et Dieu qui se cache. Dieu se cache, Deus abscondilus (Isaïe 45, 15), pour laisser souffrir son Fils notre Rédempteur ; l'homme se montre, vir dolorum (Isaïe 53, 3), pour endurer toutes les souffrances morales, être garrotté par les bourreaux et conduit au supplice. Quand aurai-je le courage de dire à Dieu : Cachez-vous pour moi, Seigneur ? Retirez-moi vos consolations, vos douceurs, toutes les délices sensibles de la dévotion, le sentiment même de votre assistance, pour que je souffre davantage, pour que mon sacrifice et ma fidélité soient plus méritoires !...

III. Au milieu de l'Éden, nous étions en Adam comme les rameaux dans l'arbre, et il nous communiqua le virus du péché originel. Chacun de nous n'est plus qu'un olivier sauvage, oleaster, suivant l'expression de saint Paul ; Jésus-Christ seul est l'olivier franc, sur lequel il faut que nous soyons entés pour porter de bons fruits (Romains 11, 17, 24). Pourquoi dans le jardin des Oliviers ouvre-t-il toutes ses veines, tous ses pores ? Pour s'unir et s'incorporer par toutes ces ouvertures, pour enter sur sa propre tige, tous ces oliviers sauvages et stériles qui sont les rejetons d'Adam. Il entre en agonie pour nous rendre participants de sa sève vitale, pour nous remplir du suc de sa grâce et de son amour. Demeurons en lui pour porter du fruit, et souffrons avec lui pour en porter plus encore. Cœur agonisant de Jésus, mon âme est devant vous comme une terre sans eau (Psaume 142, 6) ; visitez-la par votre miséricorde, pour l'enivrer de générosité, pour la rendre de plus en plus féconde !...

Lisez dans « L'Agonie de Jésus », Liv. IV, ch v Le jardin de délices et le jardin de l'agonie

 

Pratique : Me bien convaincre que, si Dieu paraît m'abandonner ou se cacher dans mes épreuves, c'est pour mieux les marquer au coin de son Fils, c'est pour en faire une monnaie qui ait plus de valeur. — Ne jamais blâmer les austérités des saints, mais estimer le droit à la souffrance innocente et libre, en user même quelquefois comme le divin agonisant.

 

Exemple

 

Une âme pieuse qui a expérimenté la manière passive défaire l'heure-sainte, écrivait à son directeur : « Je commence par me rendre en esprit au jardin de l'agonie, et je m'offre tout entière à Notre-Seigneur avec mon âme, mon esprit, mon cœur, mon corps, pour éprouver tout ce qu'il voudra pendant cette heure. A peine ai-je fait cette offrande, que mon âme est saisie d'effroi, d'épouvante ; elle se sent comme mourir, à la pensée des tourments qu'elle commence à endurer, et qui ne sont rien pourtant en comparaison de ceux qu'elle aura à souffrir, vers le milieu et vers la fin de cette heure d'angoisses. Le péché universel se montre à ma vue, et Notre-Seigneur me fait comprendre l'outrage qu'en reçoit la Majesté divine. C'est là le plus grand des supplices ; car il nous semble que Dieu nous revêt de ce péché, qu'il est nôtre, et qu'il nous en reste l'expiation. Je ne saurais vous dire ce qui se passe alors. On se sent accablé de tout le poids de ce péché, une sueur froide s'étend sur tout le corps, et l'âme est livrée aune telle torture intérieure que l'enfer semblerait un paradis, s'il était permis d'échanger un instant les tourments de l'enfer, pour ce supplice absolument inexprimable. L'esprit est enveloppé de ténèbres, livré à la crainte, à la tristesse, au dégoût, sans savoir précisément de quoi. On se sent plutôt écrasé par la justice du Père éternel, que sous la dépendance de Notre-Seigneur lui-même, pour partager toute son agonie. Il est rare que, dans ces moments indicibles, j'aie le sentiment de moi-même ; je ne sais plus si j'existe, je suis comme transsubstantiée en douleur ».

 

Cinquième jour

L'affliction du Cœur de Jésus

 

Le Cœur de l'Homme-Dieu avait toujours été agonisant ; mais dès qu'il entre au jardin des Oliviers, avec trois disciples choisis, il commence à sentir plus vivement la tristesse et le chagrin, cœpit contristari et mœstus esse (Matthieu 26, 37), parce que rien ne l'y soulage plus de ses ennuis et de ses craintes, de ses dégoûts et de ses douleurs.

 

Méditation

 

I. Pourquoi Notre-Seigneur veut-il tant souffrir au jardin des Oliviers, sans même attendre son arrestation ? Victime totale et universelle, il aurait voulu souffrir depuis le commencement du monde jusqu'au dernier jugement, afin d'égaler le plus possible sa souffrance à son amour. Ce vœu ne pouvant être exaucé, il entre volontairement en agonie, pour compenser la durée par l'intensité, pour récapituler en soi toutes les afflictions, et faire de son Cœur le confluent de toutes les douleurs. Il s'enferme dans le jardin comme dans une prison, afin que toutes les tortures morales viennent l'y assaillir, comme les soldats viendront l'y prendre. Nous aussi, quand nous avons moins longtemps à souffrir, désirons-nous souffrir plus violemment ? Ne cherchons-nous pas à diminuer la violence comme la durée de nos peines ?...

II. Si pour cette Agonie le Sauveur choisit le temps, qui précède immédiatement son arrestation, c'est afin de mettre plus en évidence et la générosité de sa conduite, et la liberté de son sacrifice : sa générosité, quand il ira lui-même au-devant de ses persécuteurs ; sa liberté, quand il achèvera sur le Calvaire, au milieu clés bourreaux, le sacrifice qu'il commence lui-même, sans nulle violence du dehors, sur le mont Olivet. Il est le maître des agitations de son Cœur, et tandis que ce sont nos passions qui nous remuent, c'est lui qui remue ce qui dans son Cœur tient lieu de nos passions ; il souffre quand il lui plaît, autant qu'il lui plaît et de la manière qu'il lui plaît. Il s'émeut comme un homme, mais avec la générosité et la liberté d'un Dieu. Nous, au contraire, nous usons le plus souvent de la liberté qui nous est laissée, pour nous soustraire à la peine, à la souffrance...

III. Durant tout le cours de sa vie, le bon Maître avait parlé de sa passion avec joie, comme d'un baptême désiré, Gomme d'une heure impatiemment attendue. Maintenant il avoue que son âme est troublée, il prie son Père de le préserver de cette heure-là (Jean 12, 27). Mais ne faut-il pas qu'il aille à la mort avec tremblement, puisqu'il doit y aller comme un criminel ? Sur la croix il montrera la grandeur de son pouvoir divin ; au jardin il veut montrer la faiblesse de sa nature humaine. Là nous le verrons dans l'acte même de sacrificateur ; ici nous le voyons dans l'état de victime. Aimons-nous cet état de victime ? Pour mieux ressembler à Jésus agonisant, acceptons-nous volontiers d'être victimes des événements, de l'injustice et de la calomnie ?

Lisez dans « L'Agonie de Jésus », liv. Il, chap II Jésus a vraiment souffert intérieurement

 

Pratique : Baisons quelquefois la terre avec respect, en souvenir de cette terre bénie sur laquelle Notre-Seigneur colla ses lèvres, et répandit la précieuse rosée de son sang : il s'en exhalera un parfum de patience et d'humilité, qui embaumera notre âme et ranimera notre courage. — Pour mieux puiser un surcroît de forces dans le Cœur agonisant, tenons-lui compagnie, veillons souvent avec lui, dans nos joies comme dans nos peines.

 

Exemple

 

Plusieurs âmes illustres ont éprouvé dans l'extase les afflictions du Cœur de Jésus, ont fait l'Heure-Sainte d'une manière extatique. Marguerite du Saint-Sacrement, carmélite de Beaune, fut transportée dans un ravissement au jardin des Oliviers, où le Sauveur lui communiqua la tristesse de son âme, ses craintes, sa sueur de sang, son agonie, et les imprima en elle autant qu'elle fut capable de les supporter. Pendant les deux premières heures, elle demeura le visage collé contre terre, versant des larmes avec tant d'abondance que toute la communauté en était vivement émue. Elle se releva ensuite, se tint droite pendant un quart d'heure, les yeux élevés au ciel, tremblante et paraissant fort effrayée ; après quoi elle se prosterna de nouveau. Insensiblement on vit son corps se courber, et sa tête se pencher à terre avec une indicible expression de terreur, jusqu'à ce que ne pouvant soutenir le spectacle déchirant de l'agonie et des douleurs infinies de son Maître, elle retombât la face contre terre, s'abandonnant à Dieu, comme avait fait Jésus-Christ, pour porter sa croix et le fardeau des péchés du monde. Au moment où elle aperçut en esprit la troupe conduite par Judas, elle se leva calme, sereine, avec un front plein de majesté. Peu d'instants après, ses mains se fixèrent Tune sur l'autre, comme si elles eussent été liées avec des cordes, dont les marques s'imprimèrent si fortement dans les chairs, que les carmélites apercevaient très-distinctement deux longues enflures, qui semblaient suivre toutes les sinuosités de la corde et former deux espèces de bourrelets. (Louis de Cissey, Vie de, Marguerite du St Sacrement).

 

Sixième jour

Les craintes du Cœur de Jésus

 

Celui que l'Écriture appelle le lion de la tribu de Juda (Apocalypse 5, 5), daigne commencer son agonie par la crainte, cœpit pavere (Marc 14, 33). Tel est l'excès de sa frayeur qu'il en est ébranlé, qu'il implore l'assistance de ceux mêmes dont il n'espère rien. C'est ainsi qu'il expie notre présomptueuse sécurité.

 

Méditation

 

I. Si le démon avait connu la divinité du Fils de Marie, s'il avait su que sa mort serait le salut du monde, il n'aurait point poussé les Juifs à le mettre en croix. Mais trompé par les apparences, il crut qu'il ne risquait rien en traînant au supplice un homme, dont la doctrine et les vertus excitaient sa haine. La crainte de Jésus est un appât pour prendre Satan à l'hameçon. Quel est cet hameçon ? la divinité, que le Sauveur cache sous le ver de son corps timide et tremblant. Le démon tout joyeux accourt pour dévorer l'humanité, le ver qu'il voit plongé dans les eaux de la douleur et de la crainte ; mais il est pris lui-même par l'hameçon, par la divinité. En manifestant son effroi, sa crainte de la mort, le Fils de Dieu provoque ses ennemis invisibles à le faire mourir, par un supplice qui anéantira leur empire. Et nous, dans nos combats pour la conquête du ciel, ne négligeons-nous point la prudence, le discernement, l'habileté ?...

II. Pour nous, la crainte et l'abattement du Sauveur sont une lumière et une force, dans toutes nos appréhensions, spécialement à notre dernière heure. N'a-t-on pas vu des saints trembler, comme lui, aux approches de la mort ? Que la crainte qu'il éprouve nous remplisse nous-mêmes d'une sainte frayeur pour ce redoutable passage ; qu'elle nous stimule à mieux nous y préparer, qu'elle nous console de nos répugnances et les sanctifie ! Si la nature en nous craint, tremble, murmure, ne nous en inquiétons pas ; mais que notre cœur, qui seul est en notre disposition, s'unisse au Cœur du divin agonisant, pour s'effrayer avec lui, espérer avec lui, se résigner avec lui. Avons-nous jusqu'ici pratiqué cette union ?

III. Nous ne saurions avoir tant de défaillances au cœur, que Jésus n'en ait ressenti plus encore pour nous obtenir du courage. Il a tremblé, pour que ses martyrs allassent au supplice comme aune fête. L'intrépidité humaine commence par une forcé audacieuse et superbe, mais se termine souvent à la crainte et à la faiblesse. L'intrépidité que la grâce inspire, commence par un abattement de l'âme, par une vive appréhension, par un humble aveu de notre insuffisance. Mais la vraie valeur, la valeur chrétienne, après avoir considéré tous les justes motifs de craindre le péril, passe et s'élève au-dessus de tous les obstacles pour l'affronter. Ainsi Jésus sera d'autant plus courageux qu'il a paru plus timide : après avoir tremblé à la vue d'iniquités qui ne sont pas les siennes, il n'hésitera pas à souffrir la passion la plus ignominieuse et la mort la plus cruelle, pour en faire pénitence. Ah ! prenons, prenons dans son Cœur le courage et l'humilité qu'il nous faut, pour n'hésiter jamais à laisser voir le repentir et la crainte, que nous causent des péchés qui sont les nôtres !

Lisez dans L'Agonie de Jésus, Liv. V chap. III Utilité de cette crainte

 

Pratique : Combattons la timidité comme la présomption, et ne reculons jamais devant une difficulté à vaincre pour accomplir un devoir. Foulons aux pieds toutes ces vaines terreurs, qui représentent à notre imagination nos plus saints projets comme impraticables. Que la peine ressentie en entreprenant une chose ardue, ne nous fasse pas différer ni remettre au lendemain.

 

Exemple

 

Saint Pierre Paschal, né à Valence en Espagne, l'an 1227, religieux de l'ordre de Notre-Dame de la Merci, évoque de Jaën, eut la tête tranchée par les Maures de Grenade, le 6 décembre de l'an 1300. Il se prépara avec joie à ce sacrifice, qu'il avait tant désiré. Son ange gardien l'ayant averti qu'il serait massacré le lendemain matin, il passa toute la nuit en prières ; il offrit sa vie à Dieu pour le salut des esclaves chrétiens, et pria même pour les Maures qui avaient résolu de le faire mourir. Il sentit néanmoins des craintes et des frayeurs en sa partie inférieure, et il souffrit une agonie pareille à celle de Jésus-Christ dans le jardin des Oliviers ; mais il se calma bientôt par un parfait abandon aux dispositions de la divine Providence. Le Sauveur lui apparut alors et lui dit : « Pierre, j'ai été sensible comme toi, et j'ai enduré d'horribles tourments pour ton amour ». Ces paroles répandirent une telle onction dans l'âme du saint, qu'il ne respira que le martyre. Il en reçut la couronne, pendant qu'il faisait son action de grâces après la messe.

Sainte Félicité, se trouvant enceinte au moment de sa condamnation à mort, vit différer l'exécution. Elle avait peur des douleurs de l'enfantement, et nullement des tortures du martyre. Comme le geôlier s'en étonnait, elle 'lui répondit : « Maintenant c'est moi qui souffre ce que j'endure ; mais alors ce sera un autre qui en moi souffrira pour moi, parce que moi aussi je souffrirai pour lui ». Cet autre était Jésus-Christ agonisant dans ses membres.

 

Septième jour

Les ennuis du Cœur de Jésus

 

Avec la crainte, le Sauveur éprouva dans le jardin des Oliviers une autre peine, la fatigue, le dégoût, l'ennui, et tœdere (Marc, xiv, 33.) C'est une consolation pour nous tous, qui avons tant de dégoûts et d'ennuis à dévorer : l'Homme-Dieu n'en a-t-il pas eu lui-même sa part ?

 

Méditation

 

I. Lorsqu'ils sont à leur comble, les dégoûts et les ennuis nous font haïr et abhorrer toutes choses, notre vie même. Tel est l'état du Fils de Dieu en son agonie. Devant lui une mort ignominieuse et cruelle ; à sa droite un petit nombre d'âmes, qui consentent à être rachetées par le prix infini de ce trépas ; à sa gauche, l'immense multitude des pécheurs endurcis et des damnés, qui ne s'en servent que pour aggraver leurs torts. Son Cœur devient comme une cire fondue, et sa force se dessèche comme la terre cuite au feu (Psaume 21, 15, 16.) La vie lui est à charge, et plus malheureux que Job il redit mieux que lui : « Je m'ennuie de vivre, mon âme est dégoûtée de la vie, tœdet animam meam vitœ meœ » (Job 10, 1.) A la vue de nos péchés, plus que de nos douleurs et de nos épreuves, disons aussi : « Mon âme est ennuyée de ma vie, de ma vie tiède, de ma vie peu chrétienne, de la vie mondaine ou criminelle que je mène depuis longtemps ! »...

II. En éprouvant le dégoût et l'enfui les plus accablants qui furent jamais, le Sauveur expiait les coupables dégoûts des uns, et consolait les autres dans leurs ennuis involontaires. Il se proposait de me réveiller, de secouer mon indolence, de changer ma lâcheté en courage, de rallumer dans mon âme une noble et sainte ardeur, pour tout ce qui est vrai et beau, grand et saint. Il voulait nous donner à tous sa persévérance, sa promptitude, sa vivacité, son empressement à prier, à parler, à agir, à souffrir pour le bien. Plus généreux que saint Martin, le voici qui se dépouille de son manteau tout entier, du manteau de sa gloire et de sa félicité, pour nous revêtir de la plénitude de ses contentements et de ses joies. Il prend pour lui le dégoût et l'ennui suprêmes, afin que son allégresse passe en nous, remplisse et fasse déborder notre âme, comme celle de l'Apôtre qui s'écriait : « Je surabonde de joie en toutes mes tribulations ! » (2 Corinthiens 7 , 4) Quel reproche pour moi qui ne fais rien, ne donne rien, ne souffre rien, dans le but d'épargner aux autres un peu de dégoût et d'ennui !...

III. Suite nécessaire de l'inquiétude d'un cœur qui n'est point à sa place, et qui ne peut l'être tout à fait ici-bas, les ennuis et les dégoûts sont inévitables en cette vie. Parce que notre nature est sujette au caprice et à l'inconstance, parce que la piété contrarie nos anciens goûts et nos premiers penchants, nous éprouvons au service de Dieu des répugnances et des amertumes, qui mettent notre patience ou notre fidélité en péril. Le désir de changement, si commun dans notre siècle, fait que la stabilité même nous ennuie. Tenons ferme, et l'expérience nous apprendra que, dans la piété, les ennuis et les dégoûts sont moins amers qu'on ne se le figure, moins amers que ceux des mondains, qu'ils ont des ressources que ceux-ci n'ont pas, et que la vertu n'a point de peine qui n'ait sa consolation. Mais comment nous conduisons-nous dans l'agonie du dégoût et de l'ennui ?...

Lisez dans l'Agonie de Jésus, Liv. v, ch. v. Le dégoût et l'ennui dans les membres mystiques de Jésus.

 

Pratique : Ne laissons pas voir aux autres, surtout à ceux qui pourraient en être scandalisés ou refroidis, les ennuis et les dégoûts que nous éprouvons parfois au service de Dieu. Afin de les diminuer, donnons-nous purement en sacrifice au Seigneur, sans en attendre rien d'extraordinaire et de sensible.

 

Exemple

 

Sainte Madeleine de Pazzi désirait si vivement souffrir sans aucune consolation, qu'elle conjurait souvent le Seigneur de lui retirer tous les goûts et plaisirs spirituels. Elle fut si bien exaucée qu'elle se comparait à un morceau de bois, à une pierre insensible. Mais jamais son visage ne parut ni troublé ni altéré ; on y vit toujours cette grâce angélique et cette douce paix, qu'elle avait dans le cœur. Néanmoins, pour échapper à toute illusion, pour ne point aggraver par ses négligences son tourment le plus cruel, l'extrême aridité d'esprit, elle redoublait ses macérations et ses efforts, afin de s'exciter à la dévotion, de réveiller en son cœur le goût des choses spirituelles. Pour sauver des âmes en péril, elle s'offrit à rester privée de tout sentiment, dépouillée même de toute grâce, excepté de la grâce principale qui est l'amour de Dieu et la volonté de le servir. Le Seigneur l'exauça encore, en l'éprouvant par de longues et atroces souffrances dans le corps et dans l'âme. Mais plus la sainte souffrait pour le salut des pécheurs, plus elle désirait souffrir.

 

Vous pouvez retrouver et télécharger les 3 volumes de L'Agonie de Jésus du Père François Blot,

pour compléter votre méditation quotidienne

(Les références seront indiquées chaque jour)

En cliquant sur les liens suivants

Volume 1

Volume 2

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31 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Dimanche 1er Janvier 2017

Miracles

 

Le procès de Louis commence à Lisieux, le 22 mars 1957 et est clôturé le 12 février 1960. le procès de Zélie est quant à lui instruit à Sées. Chose heureuse, les deux causes sont réunies en 1971. le 26 mars 1994, le Pape Jean Paul II signe les décrets d'héroïcité de leurs vertus et les proclame tous les deux Vénérables. Le 10 juin 2003, l'archevêque de Milan le Cardinal Tettamanzi clôture le miracle attribué à l'intercession de Louis et Zélie Martin, pour la guérison subite et inexpliquée d'un enfants né le25 mai 2002 avec de graves problèmes respiratoires à Monza. Cette guérison est reconnue comme miraculeuse le 3 juillet 2008 par le Pape Benoît XVI et ouvre à la voie à la béatification.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (pour deux de ses filles) Pour mon diamant et ma perle fine !: « Que pouvez-vous voir ailleurs que vous ne voyiez où vous êtes ? Vous avez devant les yeux le Ciel et la terre et tous les éléments. (…) Que pouvez-vous voir, en quelque lieu que ce soit, qui puisse longtemps demeurer stable sous le soleil ? » (Texte tiré de L'Imitation, copié de la main de Louis).

Parole de Dieu : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire » (Jean 1, 14).

 

Dans ma vie

 

Le langage fleuri de Louis Martin est à l'image de sa personnalité. Il connaît la valeur d'une belle montre en or et sait de quoi il parle quand il emploie le vocabulaire du bijoutier en parlant de ses filles : « Mon diamant, ma perle fine... ». La figure paternelle de Louis est marquée par le fait qu'il fut le père d'une fratrie de filles : de telles filles pour un tel homme ! Nous n'oublions pas ses fils décédés en bas âge et qui ornent son pêle-mêle familial de manière discrète et glorieuse tout en même temps. Pourquoi ne pourrions-nous pas les invoquer, eux aussi ?

Effet de Conversion : Si je le peux, j'irai à la Messe aujourd'hui et confierai à Notre Dame, Marie, Mère de Dieu, ma patrie la France et le monde. Pour que la Paix de Noël règne.

 

Avant l'Epiphanie

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Lundi 2 janvier

Modèle de sainteté

 

Louis et Zélie ont été officiellement proclamés Bienheureux, à Lisieux, le dimanche 19 octobre 2008, lors d'une célébration présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, sous le pontificat de Benoît XVI. En déclarant Bienheureux Louis et Zélie Martin d'Alençon, l’Église Catholique offre à tous les couples de la terre un modèle indiquant un chemin de sainteté à part entière. C'est le second couple béatifié. Auparavant en 2001, un coupe italien, Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi, avait été porté à l'honneur des autels.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline à propos d'un pèlerinage à Lourdes) Au commencement, ton père n'approuvait pas que je vous emmène toutes les trois, mais maintenant, il le désire, disant qu'on ne peut faire trop de sacrifices pour obtenir un si grand miracle. (…) Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la Volonté du Bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de meilleur pour nous » (Zélie).

Parole de Dieu : « La sagesse de l'homme fait luire son visage et son air austère est changé ». (Ecclésiaste 8, 1).

 

Dans ma vie

 

La Volonté de Dieu est notre boussole. Point de fécondité en dehors de l'acceptation sereine et paisible du bon vouloir divin. Oublions-nous qu'en toute chose nous sommes entre les mains de Dieu ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir, rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ, lisons-nous dans les Saintes Ecritures. Plaçant ainsi notre espérance dans les choses qui demeurent, nous marcherons en présence de Dieu au milieu des vicissitudes de l'existence avec la légèreté d'un moineau qui vole de branches en branches. Rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ.

Effet de Conversion : Je remplacerai une connexion internet ou un appel téléphonique superflu par un Notre Père récité lentement à l'intention de mes ennemis.

 

Mardi 3 janvier

« Signes du Ciel »

 

Voici ce que disait le Cardinal Saraiva Martins lors de la béatification : « Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme : Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elles l'écrivait à l'Abbé Bellière – que beaucoup connaissent désormais par cœur - : « Le Bon dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » (Lt 261).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Si la Sainte Vierge ne me guérit pas, je la supplierai de guérir mon enfant, d'ouvrir son intelligence et d'en faire une sainte. Ainsi, laissons toutes les affaires comme elles sont arrangées, elles me paraissent très bien, puis remettons-nous entre les mains de Dieu » (Zélie).

Parole de Dieu : « Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 14).

 

Dans ma vie

 

Notre demeure est dans le Ciel. Les souffrances du monde présent ne doivent pas nous faire redouter la bonté de Dieu qui permet ce qui nous arrive pour que nous nous approchions toujours plus à Lui. Les choses agréables, pour le remercier, et les plus difficiles pour compter d'avantage sur Sa Miséricorde. Nous ne pouvons rien sans Lui : c'est la raison pour laquelle Il permet que nous vivions de lourdes épreuves, qui ne sont pas là pour nous assommer mais pour éprouver notre foi en Lui. Nous sommes faits pour le Ciel. Et le Ciel commence aujourd'hui, dira la Petite Thérèse, à condition que nous ne lâchions jamais la main de la Divine Miséricorde.

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Mercredi 4 janvier

Reflet de l'amour

 

« L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4). Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à des amis) « Dieu a béni la maison d’Aaron », il a béni aussi la maison Nogrix (famille destinataire de la missive), car ta famille « file un bon nœud » ; espérons que le vent ne changera pas que tous ne soient rendus à bon port. (...) Thérèse, ma petite reine, est entrée hier au Carmel !... Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... Ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie ». (Louis).

Parole de Dieu : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

 

Dans ma vie

 

« Filer un bon nœud », écrit Louis Martin. Filer un bon nœud, c'est faire fi des mauvais courants et des vents contraires. C'est se jouer des avaries en tous genres par une bonne préparation : rien de ce qui nous arrive ne doit être vécu en dehors de Dieu, les bonnes choses comme les tristes. Filer un bon nœud, c'est ne pas lâcher le cap qu'est le Christ en laissant les monstres marins, les dragons, s'enfoncer toujours plus loin dans les abysses. Avec Notre Dame, « Marie-des-Flots », filer un bon nœud c'est enfin ne jamais oublier que la lumière du phare, c'est la doctrine Catholique.

Effet de Conversion : Je choisis de vivre ma prochaine Messe comme une occasion de m'offrir tout entier à la suite de Jésus. Comme il l'a fait pour la Vierge Marie. Je demanderai au Seigneur de consacrer mon offrande pour lui faire porter du fruit.

 

Jeudi 5 janvier

Marcher humblement

 

« Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Le cou était pris de tous les côtés et de bouger le plus légèrement me mettait dans des douleurs atroces. (…) Il a fallu gémir toute la nuit; Louis, Marie et la bonne sont demeurés près de moi. Ce pauvre Louis, de temps en temps, me prenait dans ses bras comme une enfant. (...) La Sainte Vierge ne m'a pas guérie à Lourdes, que voulez-vous c'est que mon temps est fait et que le bon Dieu veut que je me repose ailleurs que sur la terre ». (Zélie)

Parole de Dieu : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de Mon Nom ; c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. (Luc 9, 48).

 

Dans ma vie

 

« Ce pauvre Louis me prenait dans ses bras comme une enfant », nous dit Zélie, alors qu'elle est en phase presque terminale de son cancer. Imaginons la scène et recueillons-nous. Savons-nous que Dieu nous prends dans ses bras lorsque nous souffrons ? Que celui qui est affligé de la maladie d'un très proche est lui-même enserré dans les bras généreux du Crucifié ? Ô divines plaies qui, au contact de notre pauvre être, réveillent en nous l'espérance de la résurrection... ayez pitié de nous.

Effet de Conversion : J'essaie de programmer la visite à un malade, à une personne handicapée, par amour pour le Christ.

 

Vendredi 7 janvier

Dieu premier servi

 

« Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise. Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles carmélites) Je tiens à vous dire, mes chères enfants, que je suis pressé de remercier le Bon Dieu, car je le sens notre famille, quoique très humble, a l'honneur d'être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Louis).

Parole de Dieu : Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9).

 

Dans ma vie

 

Les chrétiens sont des privilégiés. Par les eaux du saint baptême, ils ont été renouvelés dans le mystère d'amour qui a présidé à leur création. La mission des Saints Louis et Zélie Martin commence tout juste. Dans le mystère de la communion des élus, nous sommes pris, non pas au piège, mais dans le rayonnement d'un amour inouï dont l'épicentre est la Sainte Trinité. Louis et Zélie se sont laissés saisir par cet amour ; ils ont choisi de dire oui à Dieu et aux préceptes de l'Eglise, de ne rien garder pour eux. En ferons-nous autant ? Nous avons tant à gagner : la vie éternelle.

Effet de Conversion : pour nourrir mon oraison, je lirai le prologue de l'Evangile selon Saint Jean. Je m'arrêterai plusieurs fois au cours de la lecture pour laisser descendre en mon âme la parole qui donne vie à mon être.

 

Reliquaire-poux-Martin

Samedi 8 janvier

La Béatification de Louis et Zélie Martin

 

Le premier miracle des Bienheureux Louis et Zélie Martin

 

Pietro, l’enfant miraculé grâce à l’intercession des bienheureux Louis et Zélie Martin.

 

« Je suis né malade, et quand j’étais malade, les époux Martin ont demandé à Jésus de me guérir et Il m’a guéri ».C’est ainsi que le petit Pietro Schilirò, âgé de six ans, explique le miracle de sa guérison alors qu’il était encore nouveau-né. Walter et Adèle, les parents du petit garçon, ont confié Pietro à l’intercession des époux Martin, Marie Zélie Guérin (1831-1877) et Louis Martin (1823-1894), parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce miracle a permis la béatification du couple, qui a eu lieu le 19 octobre 2008, à la Basilique de Lisieux en France, précédée par la messe d’ouverture de la béatification à la basilique Notre-Dame d’Alençon.

 

Histoire d’un miracle

 

Pietro est le dernier d’une famille de cinq enfants. Il est né à Milan le 25 mai 2002. Dès le premier jour de sa naissance, il présente une grave malformation  pulmonaire, et doit rester à l’hôpital et suivre une thérapie intensive pour pouvoir respirer. Le père raconte :« Nous avons tout de suite compris que la maladie était très grave et qu’il n’y avait aucune chance de guérison. On nous a demandé de lui faire une radiographie des poumons pour voir ce qu’il en était ». Une biopsie s’avérait indispensable, mais comportait un grand risque pour le petit garçon. Aussi les parents décident de faire baptiser l’enfant sur-le-champ. Ils demandent alors à un carme italien, le P. Antonio Sangalli, d’administrer le sacrement. Le prêtre leur offre une petite image des époux Martin.« Ils avaient perdu quatre enfants en bas âge, explique Adèle, la maman de Pietro : les prier nous aurait aidés et soutenus dans la situation que nous étions en train de vivre et dans ce que le Seigneur nous demandait à ce moment-là ».

Les époux Schilirò savaient peu de choses de la vie de Zélie et Louis  en dehors de  ce qu’ils avaient lu dans les écrits de la petite Thérèse. Dans l’incertitude où ils se trouvaient  quant à la santé du petit Pietro, ils découvrirent une « mystérieuse proximité avec les époux Martin », avoue Walter.« C’est alors que nous avons osé demander au Seigneur ce qui nous tenait à cœur : la guérison de  Pietro. Le Seigneur avait mis entre nos mains les époux Martin », se rappelle Adèle. Au sein de leur souffrance, et à la vue de leur bébé relié à tant d’appareils artificiels pour pouvoir respirer, Adèle et Walter ont compris qu’ils devaient demander à Dieu de leur faire connaître Sa volonté pour Pietro.« Ce qui a été très important pour nous, car cela nous a aidé à regarder ce que notre enfant était en train de vivre. Il vivait pleinement sa vocation à travers ce qu’il faisait dans la souffrance et ce qu’il portait. Il participait au salut des âmes avec Jésus et, pour nous, cela a été le premier miracle ».

Le 26 juin Pietro a eu une grave crise d’insuffisance respiratoire. « Ce n’était plus qu’une question d’heures ou de quelques jours, nous ont dit les médecins. De toute façon, il n’y avait pas d’espoir pour Pietro », a poursuivi Adèle. Après avoir récité plusieurs fois la neuvaine aux époux Martin, le 29 juin, jour où l’Eglise célèbre la fête de saint Pierre et saint Paul, Pietro a commencé à montrer des signes d’amélioration. En l’espace de deux semaines, l’enfant pouvait respirer par lui-même, sans oxygène, et les médecins retinrent la guérison comme « un fait surprenant ». Les parents en parlèrent au père Antonio, et c’est ainsi que le prêtre devint vice-postulateur de la cause de béatification de Zélie et Louis.

« Nous débordons vraiment de gratitude. Nous ne le méritons pas, nous nous sentons dépassés », assure Adèle. Walter ajoute : « Il n’y a aucun mérite de notre part, absolument aucun. Ce qui est arrivé à Pietro rejaillit sur toute l’Eglise. C’est si vrai que nous sommes ici, aujourd’hui, pour remettre au pape cette relique, qui représente un grand signe pour toute l’Eglise ». Aujourd’hui, Pietro est un enfant normal : il joue, va à l’école et sait parfaitement que sa guérison est due au miracle obtenu par l’intercession des époux Martin. « Tous les soirs il récite avec nous, en famille, la prière des Martin pour intercéder en faveur des personnes qui nous demandent leurs prières », dit Adèle. « Il prie aussi pour le pape et tous nos chers amis prêtres, et pour toute une liste de personnes, ce qui prend toute la soirée », ajoute Walter.

Les parents de Pietro comprennent très bien ce que signifie se confier à la Providence quand on souffre pour la santé de ses enfants : « Je dirais aux parents d’enfants malades de ne pas perdre espoir, de se rapprocher du Christ à travers ses saints. Oser demander parce que le Seigneur est un Père qui est bon. Et il faut avoir cette force de comprendre que ce qui arrive est pour notre bien ».

« Au moment de l’épreuve, le Seigneur exige vraiment beaucoup de nous, mais si on met en Lui notre espérance et notre confiance, le Seigneur nous comble bien davantage encore. Il faut demander avant tout la conversion du cœur. C’est la première guérison à demander, toujours », recommande Adèle. (texte de Carmen Elena Villa Traduit de l’italien par E. de Lavigne, source ; Zenit.org, extrait du site http://louiszeliemartin-alencon.fr )

 

Parole de Dieu : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment Dieu sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.

 

Homélie du Cardinal José Saraiva Martins,

prononcée lors de la Messe de Béatification de Louis et Zélie Martin à Lisieux, le 19 octobre 2008

 

Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme :  Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère!... (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elle l'écrivait à l'abbé Bellière - que beaucoup connaissent désormais par cœur -:  le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre (Lt 261).

Je viens de terminer le rite de béatification par lequel le Saint-Père a inscrit les deux époux conjointement dans l'Album des Bienheureux. C'est une grande première que cette béatification de Louis Martin et Zélie Guérin, que Thérèse définissait comme parents sans égaux, dignes du Ciel, terre sainte, comme toute imprégnée d'un parfum virginal (cf. Ms A).

Mon cœur rend grâce à Dieu pour ce témoignage exemplaire d'amour conjugal, susceptible de stimuler les foyers chrétiens dans la pratique intégrale des vertus chrétiennes comme il a stimulé le désir de sainteté chez Thérèse.

Pendant que je lisais la Lettre apostolique du Saint-Père, je pensais à mon père et à ma mère et je voudrais, en ce moment, que vous aussi pensiez à votre père et à votre mère et qu'ensemble nous remercions Dieu de nous avoir créés et fait chrétiens à travers l'amour conjugal de nos parents. Recevoir la vie est une chose merveilleuse mais, pour nous, il est plus admirable encore que nos parents nous aient amenés à l'Eglise qui seule est capable de faire des chrétiens. Personne ne peut se faire chrétien soi-même.

Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l'une des plus nobles et des plus élevées. Louis et Zélie ont compris qu'ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d'une montée à deux. Aujourd'hui, l'Eglise n'admire pas seulement la sainteté de ces fils de la terre de Normandie, un don pour tous, mais elle se mire dans ce couple de bienheureux qui contribue à rendre la robe de mariée de l'Eglise, plus belle et splendide. Elle n'admire pas seulement la sainteté de leur vie, elle reconnaît dans ce couple la sainteté éminente de l'institution de l'amour conjugal, telle que l'a conçue le Créateur Lui-même. L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4).

Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux et ainsi ils sont devenus la lumière du monde que l'Eglise aujourd'hui met sur le lampadaire afin qu'ils brillent pour tous ceux qui sont dans la maison (Eglise). Ils brillent devant les hommes afin que ceux-ci voient leurs bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux. Leur exemple de vie chrétienne est telle une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée (cf. Mt 5, 13-16).

Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer. Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise.

Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine. Ils ont servi Dieu dans le pauvre, non par simple élan de générosité, ni par justice sociale, mais simplement parce que le pauvre est Jésus. Servir le pauvre, c'est servir Jésus, c'est rendre à Dieu ce qui est à Dieu:  chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25, 34-40). Dans quelques instants nous proclamerons notre profession de foi que Louis et Zélie ont répétée tant de fois à la messe et qu'ils ont enseignée à leurs enfants. Après avoir confessé la sainte Eglise catholique, le symbole des apôtres ajoute la Communion des saints.

Je croyais, disait Thérèse, je sentais qu'il y a un ciel et que ce Ciel est peuplé d'âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant... (Ms B).

Dans ce Ciel peuplé d'âmes, nous pouvons compter désormais les bienheureux Louis et Zélie, que pour la première fois, nous invoquons publiquement:  Louis et Zélie priez Dieu pour nous. Je vous en prie chérissez-nous, regardez-nous comme vos enfants, chérissez l'Eglise entière, chérissez surtout nos foyers et leurs enfants.

Louis et Zélie sont un don pour les époux de tous âges par l'estime, le respect et l'harmonie avec lesquels ils se sont aimés pendant 19 ans. Zélie écrivait à Louis:  Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis. Il lui répondait:  Je suis ton mari et ami qui t'aime pour la vie. Ils ont vécu les promesses du mariage:  la fidélité de l'engagement, l'indissolubilité du lien, la fécondité de l'amour, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie.

Louis et Zélie sont un don pour les parents. Ministres de l'amour et de la vie, ils ont engendré de nombreux enfants pour le Seigneur. Parmi ces enfants, nous admirons particulièrement Thérèse, chef d'œuvre de la grâce de Dieu mais aussi chef d'œuvre de leur amour envers la vie et les enfants. Louis et Zélie sont un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint. Le veuvage est toujours une condition difficile à accepter. Louis a vécu la perte de sa femme avec foi et générosité, préférant, à ses attraits personnels, le bien de ses enfants.

Louis et Zélie sont un don pour ceux qui affrontent la maladie et la mort. Zélie est morte d'un cancer, Louis a terminé son existence, éprouvé par une artériosclérose cérébrale. Dans notre monde qui cherche à occulter la mort, ils nous enseignent à la regarder en face, en s'abandonnant à Dieu.

Enfin je rends grâce à Dieu, en cette 82e journée mondiale des missions, car Louis et Zélie sont un modèle exemplaire de foyer missionnaire. Voilà la raison pour laquelle le Saint Père a voulu que la béatification se réalise en cette journée si chère à l'Eglise universelle, comme pour unir les maîtres Louis et Zélie à la disciple Thérèse, leur fille, devenue Patronne des missions et Docteur de l'Eglise. Les témoignages des enfants Martin au sujet de l'esprit missionnaire qui régnait dans leur foyer sont unanimes et frappants:  Mes parents s'intéressaient beaucoup au salut des âmes... Mais l'œuvre d'apostolat la plus connue chez nous était la propagation de la foi pour laquelle, chaque année, nos parents faisaient une très belle offrande. C'est encore ce zèle des âmes qui leur faisait tant désirer avoir un fils missionnaire et des filles religieuses.

Tout récemment, le cardinal Dias, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Propagande Fide) écrivait:  Pour un disciple du Christ, annoncer l'Evangile n'est pas une option mais un commandement du Seigneur... Un chrétien doit se considérer en mission (...) pour répandre l'Evangile dans chaque cœur, dans chaque maison, dans chaque culture (Conférence de Lambeth, 23 juillet 2008).

Puissent, mes frères, vos familles, vos paroisses, vos communautés religieuses, de Normandie, de France... et du monde entier, être aussi des foyers saints et missionnaires, comme l'a été le foyer des bienheureux époux Louis et Zélie Martin. Amen.

 

0690116618109

Epiphanie du Seigneur

Dimanche 8 janvier

 

La Canonisation de Louis et Zélie Martin

 

Louis et Zélie Martin ont donc été béatifiés à Lisieux, le 19 octobre 2008. Pour qu’ils soient canonisés, il était nécessaire que l’Eglise reconnaisse un miracle survenu par leur intercession. Il a été obtenu en faveur d’une enfant prématurée de Valencia, en Espagne.

Carmen naît le 15 octobre 2008, après 28 semaines d’une grossesse très difficile. « Préparez-vous au pire » annonce la sage-femme. Les complications, fréquentes chez un grand prématuré, se multiplient : détresse respiratoire, cardiaque, double septicémie, hémorragie cérébrale au stade le plus avancé, etc.

L’enfant ayant vu le jour pour la Fête de sainte Thérèse d’Avila, le Papa se rend dans un carmel en dehors de la ville. Les soeurs prennent cette intention à coeur. Les parents viennent chaque dimanche à la Messe et repartent vite à l’hôpital. Fin novembre, le cas semble désespéré. Pour la première fois la maman a le droit de toucher son bébé, la couveuse reste ouverte. La famille commence à évoquer l’inhumation.

Le 23 novembre, la Prieure du Carmel remet aux parents la prière à Louis et Zélie en espagnol. Ils ne les connaissaient pas du tout, pas plus que leur célèbre fille Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face. Dès le lendemain a lieu un changement d’Hôpital providentiel. Contrairement à toute attente, Carmen le supporte, l’infection est jugulée. Elle commence à récupérer, au point de sortir le 2 janvier 2009.

Un point reste très préoccupant : l’hémorragie cérébrale dilate son crâne et la fait souffrir. Un examen est prévu le 19 février. Il faudra probablement opérer. Nouvelle « offensive » de prière aux Parents Martin dont le Reliquaire passe providentiellement au Sanctuaire de Llerida juste avant. Le père de Carmen, le grand frère Ismaël (né en 2004), et les grands-pères s’y rendent pour remercier et intercéder. De leur monastère, les carmélites se joignent à leur prière. Quelques jours après, l’échographie révèle que l’hémorragie cérébrale a disparu, on ne constate plus que les cicatrices et, ce qui est le plus surprenant (à ce jour les médecins ne peuvent l’expliquer), l’absence totale de séquelles neurologiques ou motrices. Cette guérison inexpliquée a été reconnue comme miracle par le Pape François, à Rome, le 18 mars 2015, permettant ainsi la canonisation des Bienheureux Parents Martin (d'après un texte extrait du site www.eglise.catholique.fr )

 

Homélie prononcée par le Pape François,

lors de la Messe de Canonisation de Louis et Zélie Martin

à Rome, 18 octobre 2015

 

Les lectures bibliques nous présentent (...) le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.

Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur (53, 10-11) et sa mission de salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les multitudes.

Jésus est le Serviteur du Seigneur : sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service (cf. Ph 2, 7), ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le kérygme, cœur de l’Évangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit de saint Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui – soutenus par leur mère – voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le royaume de Dieu (cf. Mc 10, 37), revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une première “secousse” à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé » (vv. 39-40). Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres.

Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (vv. 42-44). Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité.

Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (v. 45). Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté » (Dn 7, 14). Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église.

Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance. La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle : « Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché » (4, 15). Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine ; ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur leur chemin de souffrance.

Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ ; les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : en devenant des “canaux” de son amour, de sa compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude.

Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.

Sainte Marie de l’Immaculée Conception, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession !

 

Effet de conversion : Je remercie la Sainte Vierge pour sa présence, sa bienveillance et son soutien et je lui confie les années qui me restent à vivre sur cette terre : « Priez pour nous... maintenant et à l'heure de notre mort ».

 

Fin

 

Prochain mois de Dévotion

Le Mois du Cœur agonisant de Jésus

Rendez-vous le 15 février

 

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

Téléchargez l'intégralité des Méditations de l'Avent avec Saints louis et Zélie Martin (pdf) en cliquant ici

 

26 novembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Accueillir la nouveauté de Dieu avec saints Louis et Zélie Martin

 

Saints Louis et Zélie Martin

 

Ils sont les premiers ! Louis et Zélie Martin, canonisés le 18 octobre dernier, sont le premier couple de l’histoire à être canonisés ensemble, en tant que mari et femme… Mais qui sont-ils vraiment ? Sont-ils uniquement les parents de la petite Thérèse, parents dont la vie aurait semblée inintéressante s’il n’y avait pas eu leur illustre fille ? Sont-ils au contraire des saints inimitables ? En quoi leur vie de foi peut-elle nous être encore significative aujourd’hui ? Enfin, quel lien établir entre ce couple et la grâce de Noël à venir ?

Les différents thèmes abordés au cours des quatre dimanches de l’Avent répondront à ces diverses interrogations. Nous découvrirons en effet le déroulé de leur vie progressivement au cours de la retraite. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà répondre à la dernière question : Louis et Zélie, comme Marie et Joseph, ont accueilli le don de Celui qui est la Vie, ils ont accueilli la présence sanctifiante de l’Amour. Leur vie commune, que nous suivrons de manière chronologique au cours de la retraite en ligne, nous donnera de voir combien la grâce de Noël – c’est-à-dire la grâce de l’Amour venant prendre chair parmi nous – s’actualise dans une vie ou dans un foyer partageant la foi quotidienne de l’humble famille de Nazareth.

 

La sainteté dans la vie de famille

 

Mais ne nous faisons pas d’illusions ! Si Louis Martin pouvait écrire à ses filles « que […] notre famille, quoique très humble, a l’honneur d’être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Correspondance Familiale CF 231), cet honneur n’est pas destiné à être l’apanage de foyers familiaux ‘‘élitistes’’. À l’image de la vie de la petite Thérèse, Louis et Zélie ont mené une vie simple, exempte d’événements ou de grâces extraordinaires. Mieux, ils ont traversé des périodes de difficultés d’ordre familial (l’éducation difficile d’une enfant, la mort de plusieurs nourrissons, les finances parfois incertaines du foyer…) ou d’ordre moral (face à la tentation de désespoir notamment…). Même si Louis et Zélie ont vécu au XIXème siècle, leurs difficultés et leurs luttes nous donnent à voir un couple très actuel, proche de nos préoccupations, de nos joies, de nos propres combats.

La sainteté est accessible et elle n’est pas triste : voilà ce que la vie de Louis et Zélie nous enseigne, entre autres. N’ayons donc pas peur d’aspirer comme eux à la sainteté, n’ayons pas peur d’expérimenter à notre tour la beauté de la sainteté chrétienne. Louis et Zélie ne sont pas nés saints, ils le sont devenus… Avaient-ils des prédispositions prometteuses à ce sujet ? Il ne semble pas. Ils ont vécu la foi chrétienne en la prenant ‘‘simplement au sérieux’’, en mettant en pratique les commandements du Christ et en suivant les recommandations de l’Eglise. Cela a changé leur vie. Pas de mortifications démesurées, pas de prosélytisme exacerbé, pas de rigorisme mortifère : Louis et Zélie ont vécu la sainteté dans la situation propre qui était la leur. Que leur exemple et la grâce de la venue de Jésus permettent à l’Esprit de venir embraser le quotidien de nos vies d’aujourd’hui !

 

Notre retraite d’Avent avec les Martin

 

Avec Louis et Zélie, nous apprendrons à accueillir la nouveauté de Dieu qui se dévoile au grand jour de Noël. Nous suivrons quatre étapes, comme les quatre semaines de l’Avent, avec en plus un court message pour le jour de Noël :

 

  1. Attendre l’heure de Dieu

  2. Trouver sa place

  3. Accueillir la vie

  4. Sortir de chez soi

 

Chaque samedi, un message électronique. Vous sera envoyé : vous pourrez aussi y télécharger le texte (en format pdf) qui comprend une méditation pour le dimanche et pour la semaine suivante et un calendrier de l’Avent pour nourrir chaque journée, du lundi au samedi.

 

Bonne retraite à chacun, en union de prière !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Les sources de cette Retraite

 

J'ai compilé et réactualisé à cette année deux Retraites de l'Avent qui ont été proposée en 2015 en une seule : La 1e retraite a été proposée par les Carmes de Paris dont j'ai gardé les méditations pour le dimanche, et la seconde par le hors série du magazine « Paroles et Prière » Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin », dont j'ai volontairement placé les textes pour chaque jour de la semaine. F.Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes

 

 

La nouveauté de Dieu

Evangile de Jésus-Christ selon st Luc 2, 10-14

 

L’ange du Seigneur se présenta devant les bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Noël ! Le Verbe prend chair, Jésus naît. Marie et Joseph donnent au monde le Sauveur, les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » [Lc 2,14]. Les bergers accourent, les mages ne tarderont pas. C’est un instant de paix, un instant de bonheur mais aussi un instant d’épreuve : n’oublions pas que la venue au monde de Jésus advient dans l’inconfort d’une étable, suite au manque d’hospitalité des habitants de Bethléem. Qu’importe, Marie et Joseph ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ce meilleur d’eux-mêmes a été… le Fils de Dieu lui-même !

Louis et Zélie ont également cherché à donner le meilleur d’eux-mêmes, là où ils étaient, appuyés sur une foi profonde parfois mise à rude épreuve, mais une foi solidement enracinée en Christ. Ce meilleur d’eux-mêmes s’est traduit là aussi par la venue au monde, par le don au monde, d’une enfant, ou plus exactement du dernier enfant de la famille, venant couronner l’éclat de la sainteté de Louis et Zélie. Deux semaines après cette heureuse naissance de 1873, Zélie témoigne dans une lettre de sa joie après la peine :

« Je suis tout-à-fait rétablie maintenant, la petite va bien aussi, elle promet d’être très forte […] La petite n’est pas du tout difficile pendant le jour, mais la nuit elle nous fait souvent payer cher sa bonne journée. Hier soir, je l’ai tenue jusqu’à onze heures et demie, je n’en pouvais plus de lassitude ; après, heureusement, elle n’a fait que dormir. Cette enfant s’appelle Thérèse ; tout le monde me dit qu’elle sera belle, elle rit déjà. Je m’en suis aperçue pour la première fois mardi. J’ai cru que je me trompais, mais hier le doute n’était plus possible ; elle m’a regardée bien attentivement, puis elle m’a fait un sourire délicieux. Pendant que je la portais, j’ai remarqué une chose qui n’est jamais arrivée avec mes autres enfants : lorsque je chantais, elle chantait avec moi… Je vous le confie à vous, personne ne pourrait y croire. » (CF 85).

Eh bien, osons croire, comme Louis et Zélie donnant au monde Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la bonté de Dieu donnant le meilleur en nous ! L’Homme est fait pour donner et se donner lui-même, car il est – au fond de lui-même – Amour, créé à l’image de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1 Jn 4,16). Que Louis et Zélie intercèdent ainsi pour nous, qu’ils nous apprennent à faire confiance en Notre-Père, à suivre Jésus-Christ, à être mus par l’Esprit : acceptons nous aussi d’être aimés et d’aimer à notre tour ! Joyeux Noël !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Première semaine de l'Avent

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Attendre l’heure de Dieu

 

Premier Dimanche de l'Avent

Dimanche 27 novembre 2016

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 21,25-36

 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

 

La méditation de la semaine

 

« Je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (1ère lettre de Zélie, à son frère, le 1er janvier 1863) Que peut-il y avoir de commun entre l’attente de la venue au monde d’un enfant – ou plus exactement de la venue au monde de l’Enfant sur qui reposent la promesse de Vie et le salut du monde – et les événements catastrophiques évoqués par Jésus dans l’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent ? Le Christ, s’adressant à ses disciples, met le doigt sur une venue provoquant « l’angoisse », « la frayeur », l’ébranlement même des fondations du monde. Or, il s’agit de la manifestation glorieuse du Dieu-fait-homme, c’est-à-dire de Celui qui vient à la rencontre de l’humanité pour la mener paître en cette Terre promise à Israël depuis des siècles, en ce Paradis ouvert même à un bandit (le bon larron), en cette Vie de délices où il n’y aura plus ni maladie ni mort ni pleurs ni gémissements !...

 

« Comprenez »…

 

« Comprenez », demande Jésus à ses disciples, oui « comprenez » que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, mais de veiller, de prier, de puiser dans la foi la force de tenir debout face à des événements pouvant se révéler dramatiques, imprévus, et bouleversant nos vies. Ainsi, si des hommes de foi en Israël avaient correctement interprété l’Ecriture au point de savoir que le Christ à venir naîtrait à Bethléem, en terre de Juda, personne en revanche n’avait envisagé que le prophète annoncé serait Dieu lui-même venant prendre chair, naissant comme un homme parmi d’autres, en un lieu aussi pauvre qu’une mangeoire… Le roi Hérode ne l’avait pas anticipé, les grands prêtres et les scribes ne l’avaient pas compris, les habitants de Bethléem recevant Joseph et Marie non plus, et le peuple d’Israël lui-même pensait fermement que « le Christ, à sa venue, personne ne saura d’où il est » [Jn 7,27]. Pourtant, Dieu est droit ; il n’est « pas de ruse en Dieu, mon rocher », proclame le Psalmiste [Ps 92 ,16]. Cette incompréhension des hommes et la « menace [évoquée par le Christ] sur le monde habité » [Lc 21,26] viennent du fait que l’homme a perdu sa simplicité d’enfant, son cœur est bien souvent malade et compliqué. La réaction cruelle d’Hérode faisant mettre à mort des enfants innocents, suite à l’annonce de la naissance du Prince de la Paix, dévoile bien un cœur malade et fermé sur lui-même. Le Très-Haut, lui, n’est ni fourbe ni cruel, et son projet pour chacun de nous est simplement un projet de Vie. Si nous soupirons tous après cette Vie - pour laquelle nous avons été façonnés dès l’origine - avons-nous assez de disponibilité de cœur et d’esprit pour la discerner et savoir l’accueillir ? Avons-nous vraiment la foi en ce Dieu qui met en nous ces aspirations immenses au bonheur, à l’épanouissement de nos talents, à la vie de famille ou à la vie consacrée… - et souhaite plus que nous leur accomplissement ?

L’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent attire notre attention sur le fait que dans notre quête de bonheur, Jésus ne nous demande pas de ne pas nous tromper mais il nous demande plus fondamentalement de veiller : « veillez donc et priez en tout temps » [Lc 21,36]. La recommandation du Christ appelle une attitude de foi, une attitude de disponibilité à la Vie du Royaume, une attitude remettant éventuellement en cause nos priorités ou nos certitudes. « Cherchez et vous trouverez […] car qui cherche trouve » [Lc 11,9-10], affirme vigoureusement Jésus. Celui qui cherche sait bien qu’il se trompe facilement ou régulièrement (puisqu’il cherche !), avant de trouver ce qu’il cherchait. C’est pourquoi l’appel de l’Evangile de ce jour ne prend pas la forme d’un appel à ne pas se tromper, mais il invite à rester éveillés. Nous avons droit à l’erreur, nous avons droit à la remise en cause de nos certitudes, nous avons droit à l’échec… Dieu nous invite au sein de ces situations, il nous invite surtout au sein de ces situations, à rester dans une attitude de foi vigilante. Nous ne sommes pas le centre de nos vies, nous sommes liés à Celui qui nous a créés et rachetés, nous sommes liés à Celui dont le projet de Vie pour nous demeure ferme jusqu’au bout, y compris dans les méandres de nos vies. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en surabondance » [Jn 10,10], rappelle Jésus. Jusqu’où oserons-nous le croire ?

 

Une ouverture de cœur au sein des méandres de nos vies

 

La vie de Zélie Guérin et de Louis Martin nous invite à rester fermes dans cette audace de la foi. Ils ont quotidiennement travaillé, par la prière et par la foi, à obtenir ou à maintenir une véritable ouverture de cœur et d’esprit face aux méandres de leurs vies respectives.

Zélie, née Azélie-Marie Guérin, naît le 23 décembre 1831 dans l’Orne, près d’Alençon, où ses parents déménagent quelques années plus tard. Elle est le deuxième enfant de ses parents Isidore et Louise-Jeanne. L’aînée est sa sœur Elise, le cadet est un garçon. Il s’appelle Isidore, comme son père. Elle reçoit une éducation chrétienne, est entourée de parents attentifs. Malheureusement, ceux-ci sont très austères. En fait, Zélie est privée d’affection, tant par son père que par sa mère, pendant toute sa jeunesse. « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul, écrit Zélie à son frère, car si ma mère te gâtait, pour moi, tu le sais, elle était trop sévère ; elle, pourtant si bonne, ne savait pas me prendre, aussi j’ai beaucoup souffert du cœur » (Correspondance Familiale CF 15). Zélie n’aura jamais ne serait-ce qu’une poupée pour jouer … Mais plutôt que de sombrer dans une certaine déprime, Zélie cherche à maintenir ses aspirations légitimes à la tendresse et à l’affection. Sa soif d’être aimée se reporte sur le Seigneur, sa soif d’aimer à son tour s’oriente vers les plus démunis. Zélie sent monter en elle le désir impétueux de se vouer à Dieu et aux pauvres. Son idéal de mener une vie valant la peine d’être vécue n’est pas entamé par sa « souffrance du cœur »… Zélie cherche quelle peut être la volonté de Dieu pour elle, mais elle ne la comprend pas encore vraiment…

Louis Martin, de son côté, naît quelques années avant Zélie, le 22 août 1823, à Bordeaux. Sept années plus tard, sa famille s’installe à Alençon. Le jeune Louis passe une jeunesse apparemment sans heurts, il apprécie la belle littérature et les ouvrages sur la vie des saints. On pourrait alors penser que Zélie et Louis – vivant tous deux dans la même petite ville – auront tôt fait de se rencontrer, de s’aimer, de se donner l’un à l’autre en fondant une famille. Il n’en est rien ! Louis lui aussi se trompe encore sur l’orientation à donner à sa vie. Après un apprentissage professionnel du métier d’horloger, il s’oriente vers le monastère du Grand-Saint-Bernard, hospice monastique juché à 2 472 mètres d’altitude, à une trentaine de kilomètres du Mont-Blanc, en Suisse. Louis portera toujours en lui un goût prononcé pour la solitude, la contemplation, l’aventure aussi. Mais après un essai au monastère, à l’âge de 22 ans, Louis se voit contraint de revenir à Alençon, pour y apprendre… le latin ! En effet, c’est une condition nécessaire pour devenir chanoine au Grand-Saint-Bernard. C’est une grosse épreuve pour le jeune homme. Pendant un an et demi, il se lance dans l’étude du latin avec opiniâtreté, mais c’est l’échec : il n’y arrive pas, ces études le fatiguent, la déception est terrible. Louis tombe malade…

À Alençon, Zélie se tourne à son tour vers la vie religieuse. Elle a l’ardent désir de devenir Fille de la Charité à l’Hôtel-Dieu d’Alençon, afin de pouvoir se consacrer à Dieu et aux malades hospitalisés. Vers 18 ou 19 ans, elle se rend sur place, accompagnée de sa mère. L’entrevue avec la supérieure tourne court, celle-ci annonce à Zélie qu’elle n’a pas la vocation. Pour Zélie comme pour Louis, c’est l’échec. Le coup est d’autant plus rude que cet idéal de vie religieuse serait venu combler le vide affectif dont Zélie avait souffert depuis sa plus tendre enfance. Les vies de Louis et de Zélie prennent l’allure de deux trajectoires élancées vers le Ciel et subitement brisées. Louis a jeté toutes ses forces dans la bataille, mais c’est la déroute. Zélie s’est réfugiée toute entière dans une vie qu’elle projetait meilleure et pour elle, mais là encore c’est la désillusion…

 

La force puisée dans la foi et la prière

 

Revenons à l’Evangile pour évaluer la situation de Louis et de Zélie : « comprenez » [verset 30], nous dit Jésus aujourd’hui, oui « comprenez » [verset 31] que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, que de veiller, de prier, de recevoir dans la foi la grâce de tenir debout face à une épreuve comme celle endurée par Louis et Zélie. L’un comme l’autre puisent en la foi et en la prière la force de ne pas se laisser aller à une certaine déprime. La prière faite par Zélie juste après avoir été éconduite de son projet de vie religieuse l’exprime bien : « mon Dieu, puisque je ne suis pas digne d’être votre épouse […], j’entrerai dans l’état de mariage pour accomplir votre volonté sainte. Alors, je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants, et qu’ils vous soient tous consacrés »… Déçue, Zélie se bat pourtant pour continuer à croire en un vrai projet de Vie de Dieu pour elle, malgré une forte tentation de croire que ce projet de Vie n’est, finalement, qu’un ‘plan B’ venant prendre la place d’un ‘plan A’ ayant échoué. Son cœur et son esprit restent ouverts.

Louis, lui, se lance sans plus tarder dans son activité professionnelle. Il tient un commerce d’horlogerie dans la ville. Il ne pense apparemment pas à se marier. Une paroissienne ne tarde pas à lui offrir une statue de la Vierge de l’Annonciation (il s’agit de la future Vierge du Sourire !), Louis se montrant très porté à la prière tout en se révélant très actif dans les milieux caritatifs. Lui aussi, malgré la douleur de n’avoir pas pu réaliser son rêve, maintient une ouverture de cœur et d’esprit envers son Seigneur. Louis, comme Zélie, pourrait faire sienne cette prière du jeune Samuel : « parle [dans ma vie] Seigneur, car ton serviteur écoute » [1 S 3,10]. Cette situation durera plusieurs années. Le Seigneur agira et parlera au cœur de l’un et de l’autre, car ils finiront par accomplir leur projet de Vie ; le 2ème dimanche de l’Avent nous permettra de le découvrir. Ce projet de Vie aboutira si bien que Zélie, forte de cette expérience, pourra écrire à son frère : « je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (CF 1) ; tu réussiras… mais sous le regard du Seigneur, et peut-être pas de la façon initialement envisagée !

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

Ce 1er dimanche de l’Avent nous permet de constater combien Louis et Zélie ont cherché à comprendre, à l’invitation de Jésus, quel était ce projet de Vie pour chacun d’eux. Avons-nous ou travaillons-nous à avoir, nous aussi, cette disponibilité de cœur et d’esprit pour correspondre au projet de Dieu dans nos vies ? Nous sommes si souvent happés par des agendas bien chargés ou une vie bien (trop) réglée…

Louis et Zélie n’avaient pas envisagé le mariage, au point que leurs déconvenues semblaient prendre la forme d’un échec définitif dans leur vie. Comment envisageons-nous à notre tour nos propres échecs : à vue humaine, ou comme une façon de rebondir malgré une inévitable douleur ? Nous reconnaissons-nous un droit à l’erreur, sous le regard du Seigneur ? Ayons l’audace de nous pardonner à nous-mêmes nos propres erreurs. Ne laissons pas les déconvenues prendre les rênes de nos vies…

Enfin, la foi chrétienne et la prière tiennent une grande place dans la vie de Louis et de Zélie. Elles ont été leur soutien là où elles auraient pu être rejetées (‘si Dieu existe, pourquoi tant de déconvenues s’acharnent-elles contre moi ?’). Elles ont contribué à poser des fondations solides dans leur vie. Notre foi s’éclipse-t-elle, ou se révèle-t-elle au contraire un appui, quand une difficulté vient à se présenter ?

Fr. Cyril Robert, O.C.D. (Paris)

 

Prier chaque jour de la semaine

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Lundi 28 novembre

Attiré par Dieu

 

Fils de Pierre-François Martin (1777-1865) et de Fanie Boureau (1730-1883), Louis Martin naît le 22 août 1823 à Bordeaux. Dernier d'une famille de cinq enfants, il est élevé au hasard des garnisons militaires de son père, militaire de carrière. Après ses études, Louis entreprend le métier d'horloger. Âgé de 22 ans, il se sent attiré par la vie consacrée, il demande à entrer au Grand-Saint-Bernard, couvent de Chanoines Réguliers dans les Alpes Suisses. Sa candidature est ajournée car il ne connaît pas assez le latin. Il séjourne ensuite trois années à Paris, puis rejoint Alençon chez ses parents qui occupent un magasin d'horlogerie-bijouterie, rue du Pont Neuf.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« Mon très cher frère, (…) je désire de tout mon cœur que tu réussisses dans tes entreprises et je suis sûre que tu réussiras si tu le veux ; cela ne dépend que de toi, le Bon Dieu protège tous ceux qui ont confiance en Lui, il n'y en a jamais un seul de délaissé ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche » (Saint Matthieu 4, 17).

 

Dans ma vie

 

Le conseil de Zélie à son frère Isidore est précieux : il lui garantit le succès de son activité professionnelle. C'est en soi véritablement extraordinaire... Pour celui qui rêve de s'épanouir dans son travail, il n'y a pas mieux ! Et Dieu sait si, dans notre monde hyper actif de ce début du XXIe siècle, les candidats au succès sont nombreux. Zélie ajoute simplement une condition, « qui ne dépend que de toi », dit-elle : faire confiance à Dieu qui vient pour nous sauver et mettre en ordre nos affaires si mal en point sans lui. Mais attention, il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous !

 

Effet de Conversion : Dans les difficultés professionnelles, je garderai le cœur tendu vers les réalités d'en-haut, à l'image de Louis et Zélie, qui eurent l'audace de tenir bon dans le quotidien parfois hasardeux de leurs entreprises parce qu'ils savaient que le Ciel est le véritable et seul horizon de l'existence.

 

Mardi 29 novembre

Jeunesse

 

Azélie-Martin Guérin, appelée Zélie, naît le 23 décembre 1831 à Gandelain, village proche de Saint Denis sur Sarthon. Son père, Isidore Guérin (1777-1865, ancien de la grande armée qui s'est battu à Wagram, soldat de Masséna et Soult pendant l'invasion espagnole, est affecté à la gendarmerie de Saint Denis sur Sablon. Sa mère, Louise-Jeanne Macé (1805-1859) est une rude paysanne. Zélie n'est pas seule : elle a une sœur aînée, Marie-Louise (1829-1877), et un frère, Isidore (1841-1909) qui naîtra dix ans plus tard. En septembre 1844, ses parents s'installent à Alençon. Zélie et Marie-Louise reçoivent alors une formation soignée au pensionnat des religieuses des Sacrés Cœurs de Picpus.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (A son frère) (…) Dans une grande inquiétude à ton sujet. Mon mari me fait, tous les jours, de tristes prophéties. Il connaît Paris, et il me dit que tu seras en butte à des tentations auxquelles tu ne résisteras pas, parce que tu n'as pas assez de piété. Il me raconte ce qu'il a éprouvé lui-même, et ce qu'il lui a fallu de courage pour sortir victorieux de tous ces combats (…). Prie, et tu ne te laisseras pas entraîner par le torrent ».

 

Parole de Dieu : « Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme ». (Saint Matthieu 24, 27).

 

Dans ma vie

 

Combien de jeunes sont-ils laissés à eux-même durant leurs études ? Loin de leurs parents et de leur base. Ils sont comme un arbre transplanté des rives verdoyantes d'un gave vers un désert aux nombreux mirages. Ils ont l'impression de contrôler la situation mais, faute de racines bien profondes, ils se dessèchent et confondent l'air du ciel avec les fumées de Satan. Que de paradis artificiels aujourd'hui : la drogue, le sexe, l'alcool, les mondanités, la séduction... Pour que le feuillage des âmes reste toujours vert, il suffit de s'accrocher aux Sacrements, à la parole de Dieu, au service des pauvres, à un directeur spirituel, à la prière silencieuse... et aux bons amis qui nous aident à avancer.

 

Effet de Conversion : Je désire de tout mon cœur offrir aujourd'hui une contradiction, à laquelle je serai en butte, à l'intention d'un jeune, que je connais ou pas, en grave difficultés dans la construction de sa personnalité.

 

Mercredi 30 novembre

Fervent Catholique

 

Alençonnais, Louis mène pendant huit ans une vie paisible, faite surtout de travail et de prière. Ses distractions consistent en de longues parties de pêche, quelques chasses et des soirées sérieuses avec ses amis du Cercle Catholique « Vital Romet ». D'une grande foi vive et fervente, il va à la messe non seulement le dimanche mais aussi en semaine. Il pratique l'adoration du Saint Sacrement et les pèlerinages. Sédentaire, il achète à Alençon ce que l'on appelle « le Pavillon », qui est constitué d'une petite tour entourée d'un terrain propice au jardinage et à la méditation. Va-t-il se marier un jour ? Il a 34 ans, et sa mère s'inquiète pour son avenir.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu habites tout près de Notre Dame des Victoires (sanctuaire parisien fondé par Louis XIII) eh bien ! Entres-y seulement une fois par jour pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu'elle te protégera d'une manière toute spéciale, et qu'elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur... J'ai reçu d'elle des faveurs que moi seule connais » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » (St Matthieu 25, 13).

 

Dans ma vie

 

Le cloître, refuge pour l'homme qui veut chercher Dieu. Nous aussi devrions tous avoir une arcade de cloître dans notre cœur : romane ou gothique, peu importe. Plongés dans le monde, notre bouée est cette chambre secrète, réclusion intérieure, où nous pouvons rencontrer Dieu dans le secret, seul avec le Seul, mais pourtant jamais moins seuls... que lorsque nous sommes seuls. Même marié, Louis va régulièrement « faire retraite » dans cette pauvre cellule qu'il appelle « le Pavillon ». Là, dans le silence, il se renouvelle au contact de la divine présence.

 

Effet de Conversion : A un moment où tout me poussera à détourner la tête d'un pauvre, quel qu'il soit, je veillerai à lui tendre une main secourable, à lui donner à manger, sans oublier de lui dire que Dieu l'aime et se sert des « bons samaritains » qu'il rencontre pour le lui faire savoir.

 

Jeudi 1er décembre

« Je veux devenir un saint »

 

Travailleuse et intelligente, Zélie conservera de son éducation une fragilité pouvant la conduire au scrupule. Les relations familiales ne sont pas très faciles, avec sa mère notamment, et ses souvenirs d'enfance sont empreints de grisailles : « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul ». Elle ressent assez jeune l'appel à la sainteté et songe alors à devenir religieuse et à entrer à l'hôtel-Dieu d'Alençon, mais la supérieure n'est pas de cet avis. Elle devient alors dentellière. En 1853, âgée seulement de 22 ans, elle ouvre une boutique avec sa sœur Marie-Louise qui la quitte peu de temps après pour entrer chez les Visitandines du Mans sous ne nom de sœur Marie-Dosithée.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais bien que la vie n'est pas longue. Toi et moi, nous serons bientôt au terme, et nous nous saurons bon gré d'avoir vécu de manière à ne pas rendre notre dernière heure trop amère. Maintenant, si tu as le cœur mauvais, tu vas te moquer de moi ; si tu ne l'as pas, tu vas dire que j'ai raison ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits ».

 

Dans ma vie

 

Vivre pour Dieu. Qu'à notre dernier instant nous ayons la force de tout remettre entre ses mains. Ce dernier instant ? Il peut arriver du jours au lendemain, d'une seconde à l'autre. Si un rien nous sépare de l'autre monde, une feuille de papier ou un rideau de soie, rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu qui frappe à la porte de notre cœur en permanence, sur un mode discret ou de manière plus vive. L'Esprit Saint ne cherche-t-il pas à faire naître en nous le Christ ? Avec Notre Dame prononçons alors un « fiat » décisif, que nous pourrons renouveler régulièrement.

 

Effet de Conversion : Je choisis de ne pas avoir peur de la mort, car je sais que Dieu est le maître de la vie et qu'il m'aide à me convertir à condition que je me livre tout entier à Sa Miséricorde.

 

Vendredi 2 décembre

La Volonté de Dieu

 

En 1858, âgé de 35 ans, sur le pont de Sarte de sa ville, louis rencontre Zélie de huit ans sa cadette. Convaincus que le doigt de Dieu est derrière cette entrevue providentielle, ils se marient le 12 juillet 1858 à minuit, à l'église Notre Dame d'Alençon. En premier lieu, ils décident de vivre comme frères et sœurs dans continence perpétuelle. Leur confesseur n'est pas de cet avis... Les naissances vont se succéder entre 1859 et 1873. Zélie donne naissance à neuf enfants, sept filles et deux garçons. Hélas, la mortalité infantile est encore très élevée à l'époque, et les Martin perdent quatre enfants en bas âge.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Toi, ma Marie, ma grande, ma première, tu sais combien je t'aime ; eh bien continue à te dévouer de plus en plus pour tes sœurs, tâche qu'en te voyant, elles aient sous les yeux un bon modèle à imiter. Dis à Léonie que, si elle continue à être tout à fait bonne fille, je lui donnerai certainement quelque chose qui lui fera plaisir pour le premier jour de l'an ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse, car ce qui a été engendré en est de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20).

 

Dans ma vie

 

La rencontre entre deux êtres qui vont bâtir ensemble leur vie et s'appuyer l'un sur l'autre pour marcher, comme deux boiteux s'entraident sur le chemin qui grimpe, n'est jamais le fruit du hasard. Le mystère de l'attente caractérise le passage de Dieu. Si les premiers regards, les premières paroles font entrer dans l'avent de l'amour humain, la période antérieure est encore plus mystérieuse car Dieu réalise les connexions intime de l'âme qui, providentiellement seront opérationnelles quand il l'aura permis et voulu. À nous d'entrer dans ce chemin préparatoire, pour que toute rencontre avec nos frères soit comme une naissance de Dieu en nous.

 

Effet de Conversion : Dès que possible, je récite un Ave Maria pour un couple en grande difficulté, et, si opportun, je prendrai contact avec l'un des conjoints pour entendre de ses nouvelles sans m'immiscer dans leur conflit.

 

Samedi 3 décembre

Deuils et labeurs

 

Malgré ces deuils et une maladie du sein qui progresse lentement depuis 1863, Zélie consacre toute son énergie à son époux, sa famille et son entreprise. Cette dernière est prospère et Zélie emploie jusqu'à une vingtaine d'ouvrières. À force de labeur et d'épargne, il faut bien le dire, les époux Martin on acquis une jolie fortune. En 1870, Louis vend son horlogerie à un neveu pour aider sa femme à administrer sa production et son commerce, sans oublier la gestion de ses biens.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) J'ai pleuré de bonheur pour la première fois de ma vie. Tu sais, je suis un peu cause de ta réussite, car j'avais demandé des prières aux Clarisses d'Alençon, le mercredi et le jeudi à dix heures du matin, pensant que c'était l'heure de tes examens, ensuite j'ai communié pour toi ; il faut que tu me saches un peu gré de tout cela ». (Zélie).

 

Parole de Dieu:  « Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ; donne-nous notre pain quotidien ». (Luc 11, 2-3).

 

Dans ma vie

 

L'argent serait-il davantage tabou chez les chrétiens qu'ailleurs ? Quel rapport entretenons-nous avec l'argent ? Avec un air « de ne pas y toucher ». faussement détaché, nous sommes souvent, en réalité, attirés de manière quasi magnétique par les écus sonnants et trébuchants... Ah ! Si j'avais de l'argent... Et pourtant bien souvent, le mépris du riche se mêle en nous à une authentique soif de pauvreté. L'exemple de Louis est limpide : c'est bien de gagner de l'argent, c'est mieux de partager, faut-il encore disposer de quelques billets honnêtement gagnés. Heureusement qu'il y a des personnes riches, c'est ainsi que les pauvres peuvent manger.

 

Effet de Conversion : Même si j'ai de faibles moyens, je prévois de faire un don à une œuvre ou à une personne qui en a grand besoin.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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21 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

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 Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

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Vingt-deuxième jour

Prions pour ceux qui souffrent pour avoir violé le dimanche

 

Voix du Purgatoire — Dieu, dans sa bonté, nous avait donné six jours et n'en avait gardé qu'un pour Lui ; et ce qu'il nous demandait de faire ce jour-là était encore pour notre avantage : assister à la sainte Messe, prier, cesser de travailler, c'est-à-dire, quitter la terre pour le contempler au ciel, oublier nos peines pour partager ses joies. Ingrats, nous n'avons observé sa loi qu'à demi, avec répugnance et indifférence. Oh ! ne suivez pas l'exemple de notre folie et priez pour nous.

 

Prière

 

Vous le savez, ô mon Dieu, les violateurs du dimanche sont des insensés qui, trompés par l'esprit du mal, vous ont offensé plus par égoïsme que par malice. Ayez donc pitié d'eux, et puisqu'il n'ont pas su goûter les joies que l'on trouve à vous honorer sur la terre, vengez-vous en leur faisant célébrer vos grandeurs dans le ciel pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-troisième jour

Prions pour ceux qui souffrent pour avoir violé les lois de l'abstinence et du jeûne

 

Voix du Purgatoire — Bienheureux sont ceux qui font pénitence lorsqu'il est encore temps. Sur la terre une légère souffrance n'est rien, et quels grands supplices elle nous épargne au purgatoire... Oh ! S'il nous était donné de retourner sur la terre, nous voudrions y passer toute une longue vie dans la plus austère pénitence : mais il est trop tard !... Priez pour nous.

 

Prière

 

Nous reconnaissons, Seigneur, notre amour du bien-être et de la bonne chère. A l'exemple d'un si grand nombre de chrétiens peu fervents, loin d'aimer la pénitence, nous la fuyons. Mais nous voulons à l'avenir bien observer les lois du jeûne et de l'abstinence. Nous vous supplions d'avoir pitié des âmes qui sont dans le Purgatoire et qui, comme nous, ont été infidèles sur ce point. Écoutez nos voix, bien aimé Sauveur, et faites-leur miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-quatrième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs scandales

 

Voix du Purgatoire — La miséricorde de Dieu à notre égard a déjà été bien grande. Il nous a pardonné malgré nos scandales. Vous que nous avons scandalisés, pardonnez-nous aussi. Vous avez encore les moyens de vous sauver et de nous délivrer ; oh ! Soyez touchés de nos gémissements. Ouvrez-nous la porte du ciel, et nous vous attirerons près de nous par nos prières.

 

Prière

 

O Dieu, qui désirez le salut de tous, faites en sorte que le scandale ne triomphe pas parmi nous. Augmentez, sur la terre, le zèle de vos amis et, au ciel, le nombre des élus, en pardonnant aux âmes du Purgatoire pour lesquels nous vous intercédons aujourd'hui, afin qu'à leur tour, elles prient pour nous. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-cinquième jour

Prions pour ceux qui ont eu une grande dévotion à Jésus-Christ

 

Voix du Purgatoire — C'est à Jésus que nous devons notre salut. Il nous a racheté de nos fautes et nous prépare un bonheur sans fin. Nous l'avons aimé sur la terre ; notre amour est maintenant bien plus grand. Nous soupirons vers lui. Il est notre espérance, notre vie. Nos souffrances ne sont rien, ce qui est affreux c'est d'en être séparé. Quelques prières seulement, et nous nous envolons, comme la colombe, vers notre bien-aimé.

 

Prière

 

Doux Jésus, nous savons que votre Cœur n'oublie jamais ses amis. Souvenez-vous donc qu'en purgatoire il y a quantité d'âmes qui vous ont aimé sur la terre plus que les autres, elles vous ont prié et ont placé en vous toutes leurs espérances ; seront-elles trompées ? Non, hâtez-vous de les secourir et de leur ouvrir les portes de la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-sixième jour

Prions pour ceux qui ont eu une grande dévotion à la sainte Vierge

 

Voix du Purgatoire — Oh ! Quel bonheur a été le nôtre d'avoir été enfants de Marie ! Dans ce lieu de tourments, c'est Elle qui vient nous consoler et nous encourager. Sa vue, ses paroles nous donnent un avant-goût des joies du ciel. Priez pour nous, et nous-mêmes nous prierons pour vous, afin que bientôt nous soyons tous réunies pour toujours aux pieds de notre bonne Mère.

 

Prière

 

O Marie, nous vous adressons nos humbles prières. Voyez ces bonnes âmes qui soupirent vers le ciel : ce sont vos fidèles sur la terre, elles ont été membres de vos confréries, elles ont porté vos livrées, elles ont fidèlement récité votre rosaire, elles vous ont constamment aimé et servie. Maintenant qu'elles soupirent vers vous, accablées de peines et de misères, réunissez-les autour de votre trône, comme autant de diamants attachés à votre couronne. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-septième jour

Prions pour ceux qui ont eu une grande dévotion à saint Joseph et à sainte Anne

 

Voix dît Purgatoire — Malgré nos peines et nos souffrances, nous sommes remplies de consolations. Nous avons eu une grande confiance en saint Joseph sur la terre, nous avons prié constamment sainte Anne. De combien de grâces ne leur sommes-nous pas redevables. Qu'il nous tarde de les aller rejoindre dans le séjour de la gloire ! Elevez donc vos voix vers eux en notre faveur ; priez-les, ils ne resteront pas sourds à vos supplications, et nous obtiendrons la fin de nos tourments.

 

Prière

 

Ne retirez pas vos faveurs, ô grand saint Joseph et glorieuse sainte Anne, aux âmes qui vous ont été dévouées sur la terre, et qui maintenant souffrent dans le Purgatoire. Écoutez nos prières, nous vous supplions, visitez-les, encouragez-les, et introduisez-les sans délai auprès de vous dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-huitième jour

Prions pour ceux qui ont honoré particulièrement leur Ange Gardien

 

Voix du Purgatoire — Nous aimions notre Ange Gardien sur la terre. Oh ! Comme nous en recueillons bien les fruits maintenant ! Lorsque les souffrances terribles que nous endurons en ce lieu nous jettent dans le découragement, notre Ange Gardien relève notre courage et nous fortifie. Il est près de nous, il pleure avec nous, il prie pour nous, il nous attire à chaque instant vers le ciel. Aidez-le donc, âmes pieuses, par vos prières.

 

Prière

 

O Dieu, qui avez commandé à vos anges de prendre soin de nous sur la terre, et qui leur permettez de nous continuer leur charitable protection dans le purgatoire ; animés par un sentiment de reconnaissance, nous vous supplions de récompenser les âmes souffrantes du purgatoire qui les ont honorés particulièrement pendant leur vie en les délivrant du purgatoire. Ainsi soit -il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-neuvième jour

Prions pour ceux qui durant leur vie ont fait « l'Acte de cession »

 

Voix du Purgatoire — Nous nous sommes montrées généreux pendant notre vie : maintenant, nous sommes payées de notre désintéressement... suivez notre exemple. Nous nous étions réservé la compassion du Cœur de Jésus ! nous l'avons trouvée bien grande. Délivrez-nous et lorsque la justice divine vous aura appelé en ce lieu terrible. Dieu inspirera aux âmes compatissantes de vous en délivrer à votre tour.

 

Prière

 

Seigneur, vous n'oubliez jamais ce que l'on donne en votre nom. Nous renouvelons donc pour vous être agréable, « l'Acte de Cession », de toutes les indulgences que nous pourrons gagner, de tous nos mérites, et des suffrages qui nous seront appliqués après notre mort, en faveur des âmes du Purgatoire, ne nous réservant que la compassion de votre divin Cœur. Ayez pitié des âmes qui ont fait cet acte de cession durant leur vie, et qui souffrent maintenant dans le purgatoire. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Trentième jour

Prions pour les tertiaires et pour les enfants de Saint François

 

Voix du Purgatoire. — Nous nous adressons à vous avec confiance, fils de Saint François. Nous avons été négligents dans l'observation de notre sainte Règle ; nous avons été sourds à la voix de nos directeurs, Si nous avons pratiqué les grandes vertus, nous avons négligé les petites. Ah ! Que nous souffrons maintenant pour avoir joui quelques instants. Priez pour nous.

 

Prière

 

O bon saint François, vous ne laisserez pas vos enfants souffrir plus longtemps dans le purgatoire. Nous venons à vos genoux vous prier d'employer votre puissance auprès de Dieu pour faire sortir de ce lieu de peines tous vos fils bien-aimés. Faites-nous aussi un jour cette grâce, que nous nous efforcerons de mériter par notre fidélité à vos saintes lois. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

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Fin du mois des âmes du Purgatoire

 

Prochaine dévotion : L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin, rendez-vous le 26 novembre

 

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14 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

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Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

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Quinzième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur avarice

 

Voix du Purgatoire — Nous avons voulu amasser des trésors sur la terre... Que sont devenus tous ces biens ! Hélas ! Nous n'avons rien. Toutes ces richesses nous sont inutiles, et nous expions maintenant nos désirs déréglés, et notre attachement trop vif à ces choses périssables. Que n'avons-nous plutôt amassé des mérites devant Dieu par notre charité et par la pénitence !

 

Prière

 

Vous nous avez vous-même, ô Seigneur, enseigné la sainte pauvreté. Pourquoi les hommes ne suivent-ils pas votre exemple ? Pardonnez à notre ignorance et à notre faiblesse. Puisez dans les richesses de votre Cœur les consolations si nécessaires aux âmes qui souffrent dans le Purgatoire, pour avoir trop aimé les biens de la terre, et faites nous comprendre qu'une seule chose est nécessaire ici-bas : le salut de notre âme. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Seizième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs péchés contre la pureté

 

Voix du Purgatoire — Chair que nous avons trop aimée, pour laquelle nous avons sacrifié tant de fois la vertu, l'honneur et le devoir, combien tes plaisirs sont insensés ! Pour toutes nos sensualités nous souffrons éternellement dans un feu allumé par la colère divine. Oh ! qu'il faut payer cher au Purgatoire les jouissances de quelques instants sur la terre !...

 

Prière

 

Dieu de clémence, nous sommes saisis de crainte à la vue de la multiplicité de nos péchés. Pardonnez à la faiblesse de notre chair. Que le souvenir de la pureté de Marie, la Vierge immaculée, de tant de saints et de saintes qui sont avec vous au Ciel, et de tant d'autres encore sur la terre, obtienne le pardon des âmes qui n'ont pas su conserver intact leur corps, temple du Saint-Esprit. Pardonnez-leur. Seigneur, et que, purifiées, elles prennent place au milieu des âmes pures des bienheureux. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-septième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur gourmandise et de leur ivrognerie

 

Voix du Purgatoire — Nous avons étés créés à l'image de Dieu, avec une âme raisonnable et immortelle. Et, misérables, nous nous sommes vautrées dans la fange. Le Dieu de miséricorde nous a pardonnés, sans doute, mais qu'elle est terrible la peine que nous avons encourue par nos fautes ! Maintenant notre âme est aride comme une terre sans eau, Ayez pitié de nous !

 

Prière

 

Mon Sauveur, qui sur la croix avez souffert d'une soif brûlante, en souvenir de ce cruel tourment et de cette ironie amère qui porta vos bourreaux à vous présenter du fiel et du vinaigre, jetez un regard de compassion sur les âmes qui souffrent dans le Purgatoire à cause de leurs excès dans le boire et le manger, et, appelez-les sans délai au partage de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-huitième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs médisances et de leurs calomnies

 

Voix du Purgatoire — Âmes généreuses auxquelles nous avons ravi, dans notre fureur insensée, l'honneur et l'amour d'un époux, d'un parent ou d'un ami. Ah ! nous nous sommes fait un plus grand tort à nous-mêmes. Nous voici dans un lieu d'horribles souffrances, pour expier tous les péchés de notre langue. Secourez-nous par vos prières, afin que nous voyions bientôt les clartés du ciel.

 

Prière

 

Pardonnant sincèrement à tous ceux qui nous ont fait quelques torts par médisance et par calomnie, nous vous en supplions, Dieu de vérité et d'amour, pardonnez-leur aussi, et retirez-les du lieu de supplices où elles expient ces fautes, et faites les immédiatement jouir de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-neuvième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs blasphèmes

 

Voix du Purgatoire — Dieu nous avait donné une langue pour le bénir, pour célébrer ses louanges, et le remercier de ses bienfaits. Malheureux, nous n'avons su nous en servir que pour l'insulter dans son Nom divin, dans sa sainte Mère, dans ses sacrements, dans tout ce qu'il aimait. Nous avons fait le malheur des nôtres et de notre pays, et nous nous sommes plongés dans un abîme de maux. Implorez pour nous la bonté de ce Dieu que nous n'avons pas même su respecter.

 

Prière

 

Dans votre juste colère. Seigneur, vous avez frappé l'audacieux qui s'est élevé contre vous ; vous l'avez puni de son crime, mais votre miséricorde lui a déjà pardonné, et vous ne l'avez pas perdu à jamais. Continuez à étendre sur lui votre clémence, et remettez lui sa peine pour qu'il puisse monter au ciel y chanter vos louanges. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingtième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur paresse

 

Voix du Purgatoire — Nos jours se sont passés dans la mollesse. Nous avons négligé nos devoirs envers nos familles, envers notre prochain et envers Dieu. Nous avons perdu notre temps, nous avons été sans force pour repousser le mal, sans énergie pour pratiquer le bien. Ah ! maintenant, que notre travail est pénible ! La Justice divine nous presse constamment, et c'est sous des sueurs brûlantes que nous expions notre paresse d'autrefois.

 

Prière

 

Le premier homme, ô mon Dieu, fut condamné pour un péché, à gagner son pain à la sueur de son front. Ce fut donc par le travail qu'il devait mériter son pardon. Le travail fut plus tard sanctifié par l'Enfant-Jésus. En souvenir des travaux de votre divin Fils, nous vous supplions de pardonner à ceux qui souffrent dans le purgatoire à cause de leur paresse sur la terre. Ouvrez-leur la porte du ciel, afin qu'ils puissent pendant toute l'éternité travailler à votre gloire. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-et unième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur colère

 

Voix du Purgatoire — Hélas ! Que de fois sur la terre nous avons commis des injustices, prononcé des paroles haineuses et blessantes, et fait des actes détestables de violence. C'est pour cela qu'aujourd'hui Dieu nous a plongés dans les plus profondes humiliations et dans les plus grands malheurs. Vous qui, peut-être, avez été victimes de nos violents excès, pardonnez-nous et priez pour nous.

 

Prière

 

O Jésus, qui dans votre douloureuse passion avez montré tant de douceur, ayez pitié de ceux qui souffrent dans le Purgatoire à cause de leur colère. Ces âmes sont dignes de pitié, car, bien souvent elles ont été leur victime, et n'ont pu trouver aucune jouissance même dans leurs passions. Pardonnez-leur et attirez-les au ciel près de vous. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

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07 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

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Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

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Huitième jour

Prions pour nos ennemis, nos débiteurs et ceux qui souffrent à cause de nous

 

Voix du Purgatoire — Âmes généreuses, nous implorons votre pardon et votre pitié. Nous avons été coupables envers vous, nous avons été injustes, cruelles peut-être. Ah ! que nous sommes bien punis ! Tout ce que vous avez pu souffrir n'est rien auprès de nos affreux tourments. Pardon, pardon, intercédez pour nous... Dieu n'attend que cela... Il est prêt à pardonner... Resterez-vous insensibles ? Vous plairez-vous à nous voir brûler dans ce feu épouvantable ?

 

Prière

 

Cessez vos plaintes, pauvres âmes. Dieu de clémence, ayez pitié d'elles. Nous pardonnons tout, nous faisons remise pleine et entière aux âmes décédées de tout ce qui peut nous être dû, et nous implorons leur pardon et leur délivrance de votre Miséricorde divine, espérant qu'au ciel ces bonnes âmes prieront pour nous. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Neuvième jour

Prions pour ceux qui souffrent par notre faute

 

Voix du purgatoire — Nous vous demandons vos prières comme un acte de justice, si nous gémissons dans ce gouffre de douleurs, n'est-ce pas vous qui en êtes responsables ? Pourquoi n'avez -vous pas veillé sur nous ? Pourquoi ne nous avez-vous pas avertis, retenus, châtiés ? Pourquoi nous avez-vous scandalisés, entraînés au mal ? sans vous, peut-être, n'aurions-nous jamais offensé notre Dieu. Mais nous vous pardonnons, priez pour nous.

 

Prière

 

O mon Dieu, nous sommes bien coupables ; mais vous êtes la Bonté infinie, pardonnez-nous et pardonnez aux pauvres âmes qui souffrent actuellement dans le Purgatoire par notre faute. Frappez-nous pour elles dès cette vie, mais oubliez nos fautes et les leurs, afin que, les délivrant de ce lieu de supplice, et nous en préservant nous-même, nous puissions ensemble un pour vous bénir au ciel. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dixième jour

Prions pour les âmes les plus abandonnées

 

Voix du Purgatoire — Voilà des années que nous souffrons et personne ne prie pour nous. Oh ! Que cet exil est long et pénible ! Nous n'avons plus de parents sur la terre, ni d'amis, nous sommes seuls, sans consolation, entourées de feu et de regrets. Ceux qui nous ont connus sur la terre ne sont plus ou nous ont oubliés. Combien durera ce martyre si tous nous abandonnent ?

 

Prière

 

Dieu de clémence, vous qui n'oubliez personne, ayez pitié des pauvres âmes les plus abandonnées. Nous vous supplions de mettre fin à leurs longs et cruels tourments. Nous prions la Sainte Vierge et les Saints du ciel de les consoler par leur présence, et de les conduire bientôt au ciel vers lequel se dirigent leurs désirs. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Onzième jour

Prions pour les âmes les plus proches de leur délivrance

 

Voix du Purgatoire — Il ne nous faut qu'un peu de charité d'une bonne âme pour payer notre dette ; plus qu'un coup d'aile pour franchir l'espace qui nous sépare du ciel. Nous voyons déjà poindre l'aurore du jour éternel ; les chants divins inondent nos cœurs; les clartés célestes sur la terre illuminent notre visage. Ah ! donnez-nous le moyen de louer immédiatement Dieu dans son paradis.

 

Prière

 

Ouvrez le trésor de votre miséricorde, mon Sauveur, et laissez-en tomber un sur les âmes qui sont le plus près de la gloire éternelle. Elles brûlent du désir d'être unies à vous, ne les laissez pas gémir davantage. Prenez dans le trésor abondant des mérites de Jésus- Christ, votre fils, de la sainte Vierge et des saints, pour satisfaire votre Justice. Et que ces saintes âmes prennent sans délai leur essor vers leur Bien- Aimé. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Douzième jour

Prions pour les âmes qui doivent souffrir le plus longtemps

 

Voix du Purgatoire — Quelle peine est la nôtre ! Nous souffrons des douleurs atroces, et nous les souffrirons des siècles peut être !.. Un instant de nos souffrances est infiniment plus cruel qu'une vie humaine toute entière passée dans un martyre continuel : et nous devons demeurer si longtemps dans ces supplices épouvantables, objet de la vengeance d'un Dieu irrité, venez, venez à notre aide !

 

Prière

 

O Dieu qui êtes inexorable dans votre justice, mais dont la bonté et la tendresse n'en sont pas moins infinies, serez-vous donc sans pitié pour ces pauvres âmes qui doivent souffrir le plus longtemps en Purgatoire. Sans doute, elles vous ont bien offensé, mais voyez donc ce qu'elles ont déjà souffert. Accordez à nos prières qu'elles soient délivrées de leurs souffrances, ou du moins soulagées et consolées par l'espérance d'une prochaine délivrance. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Treizième jour

Prions pour les âmes qui souffrent les plus grands tourments

 

Voix du Purgatoire — Quels affreux tourments nous endurons dans ce lieu ! Tout nous accable ! L'on ne pourra jamais sur la terre concevoir de pareilles souffrances. Justice de Dieu, que tu es terrible !.. Mais il nous reste l'espérance, Oh ! Priez pour nous vous qui êtes sur la terre. Dieu vous récompensera un jour de votre charité à notre égard.

 

Prière

 

Mon Dieu, nous vous présentons le Sang précieux de votre divin Fils, répandu à flot dans sa cruelle passion, pour le salut de tous. Nous vous l'offrons surtout afin que vous daigniez avoir pitié des âmes que votre justice frappe plus durement. Pourriez-vous nous refuser, alors que c'est votre Fils lui-même qui vous le demande. Pardonnez à ces grands coupables, et soulagez-les dans leurs cruels tourments. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Quatorzième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur orgueil

 

Voix du purgatoire — Nous nous sommes crus grands dans notre fol orgueil, et nous n'étions rien. Nous avons méprisé nos semblables sur la terre, qu'étaient les autres auprès de nous, de nos talents, de nos richesses, de nos forces, de notre beauté ? Insensés que nous étions ! Aujourd'hui, Dieu nous fait sentir notre néant. Toutes les humiliations que nous avons fait subir aux autres nous écrasent, nous étouffent sous leur poids pesant... Apprenez de nous à être humbles et priez pour nous.

 

Prière

 

Jésus doux et humble de cœur, jetez un regard de compassion sur les âmes orgueilleuses qui sont ensevelies dans les flammes du Purgatoire, pardonnez leurs folles erreurs, et accordez- nous la grâce, par l'exemple de leurs châtiments, de reconnaître notre indigence, et de fermer notre cœur à tout sentiment d'orgueil. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

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31 octobre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

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Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Permis d'imprimer

Montréal, 20 octobre 1890

L. D. A. Maréchal, V.G.

 

Aux âmes compatissantes

 

Que dirai-je pour toucher vos cœurs ? Venez avec moi dans ce lieu terrible où nos parents, nos frères, nos amis expient si cruellement leurs fautes sous le fouet de la terrible justice de Dieu. Voyez-les enveloppés de flammes, tristes et gémissants. Leurs plaintes déchirantes feraient sécher de frayeur toute créature humaine qui les entendrait. Mais à travers tant d'horreurs et de souffrances, ces pauvres âmes n'ont pas perdu l'espérance.

Hélas ! Pauvre âme, offrez donc vos douleurs à Dieu. Il est si bon qu'il vous pardonnera. Nous ne pouvons rien pour nous, s'écrie-t-elle ; mais vous, mon époux, mon frère, mon ami, vous pouvez beaucoup ; la moindre prière, la moindre bonne œuvre faite pour nous, nous apporte un grand soulagement dans nos peines, ah ! ayez pitié de nous. Au Ciel nous prierons pour vous, et un jour, alors que vous-même souffrirez dans cet horrible lieu, à notre tour nous vous soulagerons ; ne restez pas insensible à nos souffrances. Nous aimons tant Dieu, nous brûlons d'un si grand désir d'être unis à Lui ; vous qui l'aimez aussi, par amour pour Lui, soulagez-nous.

C'est pour vous, chrétiens au cœur sensible, que nous avons préparé ce mois des morts. Faites-le. bien, et il suffira pour soulager considérablement ces saintes âmes. N'oubliez pas qu'au moyen des Sacrements, de la sainte messe, des prières, des bonnes œuvres et des indulgences vous pouvez non seulement soulager, mais délivrer les âmes du purgatoire : et qu'en faisant cela, vous faites l'œuvre la plus agréable à Dieu, et vous abrégez les jours de votre propre purgatoire.

 

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Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix. t

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

Commençons ce mois en faisant ou en renouvelant l'Acte héroïque :

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

Premier jour

Prions pour nos pères et nos mères défunts

 

Voix du Purgatoire – Vous ne saviez, sur la terre, comment nous témoigner votre amour ; c'est maintenant qu'il faut prouver que vous n êtes pas des ingrats. Nous souffrons pour vous. Ce fut l'objet de notre tendresse, ce fut la crainte de vous contrarier qui fit notre malheur. Aujourd'hui nous brûlons... ayez pitié de de nous... !!!

 

Prière

 

Seigneur, qui nous avez fait un commandement d'honorer nos pères et mères et de les aimer : laissez vous toucher par nos prières. Le cœur rempli de tristesse à la pensée des souffrances qu'ils peuvent endurer au Purgatoire, nous vous supplions de les délivrer de leurs peines. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Deuxième jour

Prions pour nos parents

 

Voix du Purgatoire — Nous avez-vous donc oubliés, vous auxquels des liens étroits nous unissaient sur la terre ? Vous, mon époux, mon épouse bien-aimés ; mon frère, ma sœur chéris ; vous les membres de notre famille, liés à nous par la nature. Nous avons reçu tant de marques de votre bonté que c'est avec confiance que nous crions vers vous : allégez nos souffrances. Vous pouvez nous soulager par vos prières et vos bonnes œuvres : N'oubliez pas ceux que vous aimiez autrefois...

 

Prière

 

Oubliez, ô mon Dieu, les offenses de nos parents défunts. Souvenez-vous des prières que nous avons fait monter ensemble, de cette vallée de misères, vers votre trône au ciel ; et, touché de leurs larmes et de nos supplications, que votre divine miséricorde leur vienne en aide et leur accorde le repos éternel. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Troisième jour

Prions pour nos enfants nos élèves et nos protégés

 

Voix du Purgatoire — Ah ! que nous souffrons pour ne pas avoir suivi les conseils de nos parents, de nos maîtres et de nos bienfaiteurs. Il était si facile d'éviter ces routes pour lesquelles nous sommes maintenant au milieu des flammes. Souvenez-vous de nous, vous qui prîtes soin de notre jeunesse et de notre éducation. Continuez toujours vos charitables soins, et que vos prières nous soient un nouveau gage de votre amour.

 

Prière

 

Ayez pitié. Dieu de miséricorde, de nos élèves et de nos protégés décédés, qui souffrent pour expier les fautes de leur vie. Hélas ! peut-être avons-nous failli à nos devoirs envers eux, et sommes-nous la cause de leurs souffrances. Pardonnez-leur et recevez-les dans votre paradis. Ne refusez pas cette grâce à ceux auxquels vous avez confié ces chères âmes ici-bas, c'est la récompense que nous vous demandons pour nos peines et nos labeurs. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Quatrième jour

Prions pour nos amis

 

Voix du Purgatoire — Amis, nous avons autrefois partagé les mêmes plaisirs ; nous avons offensé ce Dieu juste qui aujourd'hui se venge sur nous. Ah ! Il est temps encore pour vous, faites pénitence. Rachetez nos fautes communes. Ici l'on souffre sans mérite. Pitié chers amis, laissez-vous toucher de compassion au souvenir de notre ancienne amitié.

 

Prière

 

Âmes saintes de mes amis, nous implorons pour vous le Dieu des miséricorde : Que sa justice se laisse fléchir par nos accents douloureux et contrits. Nous sommes bien coupables d'avoir offensé un Dieu si bon ; mais le cœur plein de repentir, bien décidés de ne plus vous déplaire à l'avenir, nous crions vers vous, Seigneur : ayez pitié de nos amis qui souffrent dans le purgatoire, et remettez-leur la peine due à leurs fautes. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Cinquième jour

Prions pour les papes, les évêques et les prêtres

 

Voix du Purgatoire — Nous avons consacré notre vie au service des autels, n'est-ce pas vous qui en retiriez le plus grand bénéfice ? Qui vous a baptisé ? Qui vous a transmis le pardon de vos fautes ? Qui vous a distribué le Dieu d'amour à la sainte Table ?.... Nous avons failli quelquefois à nos saints devoirs ! Oh ! Âmes fidèles, priez pour nous en reconnaissance des bons services que vous avez reçus de nous ou de nos successeurs.

 

Prière

 

Mon Sauveur Jésus, qui avez créé, conformé et sanctifié la hiérarchie ecclésiastique dans votre Eglise. Vous, qui êtes le chef et le Père des papes, des évêques et des prêtres catholiques. Vous, qui connaissez le zèle, l'amour qui les a toujours guidés dans votre service sur la terre. Pardonnez-leur les fautes que la fragilité humaine leur a fait commettre : Daignez satisfaire sans délai le désir ardent qu'ils ont vous voir et de vous bénir éternellement dans le ciel. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Sixième jour

Prions pour les religieux et les religieuses

 

Voix du Purgatoire — Dieu nous avait donné plus qu'aux autres, c'est pourquoi nous sommes plus cruellement tourmentées : on nous croit au ciel, et l'on ne prie pas pour nous. Secourez-nous, âmes chrétiennes, toute notre vie a été employée à prier pour vous, à instruire vos enfants, à soigner vos malades. Maintenant c'est à votre tour de nous être utile. Nous soufrons d'affreux tourments, n'endurcissez pas vos cœurs.

 

Prière

 

O Sainte Trinité, vous aimez les âmes parfaites, voyez donc combien vos plus chers amis sont affligés dans la prison où le feu où votre Justice les a plongés. La plus grande souffrance est de ne pouvoir vous aimer et vous glorifier d'avantage dans le ciel. Daignez donc, en ce moment même, les introduire en votre présence, les combler de joie et de félicités. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Septième jour

Prions pour nos bienfaiteurs

 

Voix du Purgatoire — Vous rappelez-vous les bienfaits dont nous vous avons été comblés ? Vous nous devez la vie, la santé, l'éducation, vos biens, votre conversion, votre persévérance. Et pendant que vous jouissez de tout avec tranquillité et indifférence, nous souffrons ! Écoutez donc nos accents plaintifs ; secourez- nous, priez pour nous, nous vous demandons peu, mais ce peu, ne fut-ce qu'une prière, qu'un jeûne, faites-le bien en reconnaissance de ce que nous avons fait pour vous.

 

Prière

 

Seigneur, qui avez placé la reconnaissance parmi les vertus que vous honorez, nous venons à vos pieds vous supplier de pardonner à nos bienfaiteurs, et de leur faire la remise du temps qu'ils ont encore à souffrir avant d'être admis au nombre des bienheureux. Veuillez ne pas refuser cette grâce à nos prières, afin que ces saintes âmes puissent nous continuer dans le ciel protection qu'ils nous ont accordée sur la terre. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

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21 septembre 2016

Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

ou

Le Précieux Sang et le Saints

 

« La dévotion à saint Michel est un signe de prédestination ». (Saint Alphonse de Liguori)

 

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Vingt-deuxième jour

Quis ut Deus ?

 

Le mot Michel (Mi-cha-el) signifie « Qui est comme Dieu ? » C'est le nom que l'Ange de la Victoire conquit au jour de son grand triomphe sur Lucifer.

Depuis ce jour glorieux, nommer, invoquer saint Michel avec confiance, c'est ou se prémunir contre une défaite, ou triompher soi-même de Satan et de ses légions, puisque ce Prince de la milice céleste n'a plus à diriger son invincible armée que vers les champs de bataille où l'homme lutte contre les esprits infernaux.

Oh ! Qu'il aime à venir à notre secours, dès le premier appel de notre âme, cet Adorateur de la sainte Humanité de Jésus et de son Sang précieux, ce Sujet fidèle de la Vierge-Mère, cet Ami de l'homme racheté par le Sang même qui l'a préservé du mal.

Adorateurs du Précieux Sang, les armes de saint Michel, son bouclier impénétrable, son armée toujours victorieuse, lui-même est à notre service. Appelons-le à notre aide aussi souvent que nous en avons besoin pour protéger en nous les intérêts de Jésus et de Marie, et il se hâtera d'accourir pour nous faire entendre d'une manière efficace son « Quis ut Deus ? »

Jeunes enfants, vous toutes, âmes privilégiées, qui ressemblez encore à l'Ange par le parfum d'innocence que vous exhalez, placez- vous aujourd'hui même, sous la protection de saint Michel, afin qu'il vous en revête comme d'une cuirasse impénétrable, et dites-lui :

« Saint Michel Archange, protégez-moi contre les ruses et les séductions de Satan. Je vous consacre toutes les avenues de mon âme, cette âme elle-même et toutes ses puissances. Protégez si bien les parties faibles de ma pauvre nature que toutes les luttes qu'elle aura à soutenir se changent en autant de victoires, à l'éternelle gloire du Sang très précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

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Vingt-troisième jour

Saint Michel et les vaincus de Satan

 

Mais, hélas ! Ce n'est pas seulement la troisième partie des hommes qui sont vaincus par les démons et laissés comme morts sur le champ de bataille spirituel ; plus que les trois quarts de l'humanité ne parviennent à leurs destinées éternelles qu'après avoir reblanchi leur robe dans le bain du Sang divin.

Saint Michel est trop ami de l'homme à cause de l'Homme-Dieu, trop ami du Sang précieux à raison de la grâce de préservation qu'il en a reçue, pour ne point s'efforcer de ressusciter la vie spirituelle dans lame du pécheur. Nous aider à recouvrer la grâce sanctifiante, quand nous avons eu le malheur de la perdre, constitue donc une des plus importantes missions du saint Archange. Il est l'Ange du Pardon.

Matin et soir, en disant le Confiteor, nous nous confessons « à Dieu, à la bienheureuse Vierge Marie et à saint Michel Archange d'avoir péché, grandement péché » ; matin et soir, nous conjurons « la bienheureuse Vierge Marie et saint Michel Archange de prier pour nous le Seigneur notre Dieu », parce que nous avons péché, grandement péché. Que cette accusation et cette supplication ne soient pas routinières sur nos lèvres ; disons-les de tout cœur, avec l'intention d'obtenir la contrition de nos péchés, la grâce de les confesser sincèrement, d'en recevoir le pardon, de ne les plus commettre et d'en faire pénitence. Si nous ne sommes pas de ces âmes qui ne font usage des pratiques de piété que pour pécher plus facilement, à l'aide de la présomption, saint Michel rendra efficace notre bonne volonté, notre désir sincère de rentrer en grâce avec notre Dieu rédempteur : il blanchira, dans le Sang de l'Agneau, notre vêtement spirituel, fût-il plus rouge que l'écarlate.

O glorieux Archange, j'ai péché, mille fois péché, et, en péchant, j'ai méprisé les souffrances et le Sang de mon Jésus, victime d'expiation et de réparation. S'il ne me convertit, s'il ne me pardonne, j'habiterai éternellement en la compagnie et sous les pieds des démons. Je vous en conjure, ô saint Michel, aidez-moi à me retirer de cet abîme de misère ; priez pour moi, et obtenez que mon âme resplendisse encore de l'éclat de la grâce ici bas ; faites qu'elle la conserve jusqu'à la mort, afin que, sortant de cette vie revêtue du Sang rédempteur, elle puisse aller le glorifier éternellement au ciel. Ainsi soit-il.

 

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 Vingt-quatrième jour

Saint Michel, notre Secours universel

 

Pantaléon assure que saint Michel nous délivre des dangers, et même des nécessités temporelles, lorsque nous l'invoquons avec confiance. Citons deux faits à l'appui de cette assertion : l'un est ancien et l'autre récent.

Sozomène raconte la guérison suivante. Un de ses amis souffrait d'une maladie qui finit par lui rendre impossible la digestion de tout aliment, même de tout médicament. Le médecin ayant perdu tout espoir de guérir son malade, Aquilin se fit porter dans une église consacrée à saint Michel, « afin d'y guérir ou d'y mourir ». Pendant la nuit, le saint Archange lui apparut et lui dit : « Faites-vous faire une potion composée de miel, de vin et de poivre et assaisonnez-en quelques aliments légers que vous prendrez ; ce remède vous rendra votre santé première ». Le médecin, consulté, jugea que, de soi, cette potion ne pouvait qu'être funeste au malade : celui-ci en usa néanmoins et fut guéri.

Le fait suivant a été publié dans les pieuses Annales du Mont-Saint Michel : « Ma mère allant à l'église par un sentier détourné, passait au bord d'une vigne en côtoyant un ruisseau profond. A moitié chemin, la tête lui tourne, elle perd l'équilibre et se sent tomber. Soudain, il lui semble être soulevée par les bras , et elle est transportée dans la vigne. Elle en a été tout effrayée. Moi, j'ai cru reconnaître là un trait de protection de saint Michel puisque ma mère dit tous les jours son chapelet ; mais, pour savoir s'il y avait eu réellement intervention surnaturelle, je fis cette prière : « Saint Archange, si c'est vous, il me faut une autre grâce : une personne nous doit de l'argent ; si, dans trois jours, la somme nous est remise par votre intercession, je croirai que c'est vous qui avez ainsi préservé ma mère dans cet imminent danger ». Le lendemain du jour où j'avais ainsi prié saint Michel, on me remit l'argent dont nous avions si grand besoin ».

Bon saint Michel, protégez-nous en tous temps, en tous lieux et en toutes circonstances. Soyez le médecin de nos corps et de nos âmes ; assistez-nous en toutes sortes de nécessités ; gardez-nous de tout accident et surtout du péril d'offenser Dieu : nous vous en conjurons par les mérites du très précieux Sang de Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

 

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Vingt-cinquième jour

Saint Michel nous aide à obéir à Dieu

 

Saint Michel, d'après Pantaléon, aide ses fidèles serviteurs à faire la volonté de Dieu. Jeunes gens, jeunes personnes qui êtes indécis, perplexes, embarrassés sur la voie qu'il vous faut prendre pour entrer dans les desseins de Dieu sur vous, recourez à saint Michel, l'Ange de l'Obéissance, et il vous enseignera le sentier de la soumission à la volonté divine.

Vierges, qui aspirez à donner à Dieu la première sève de votre jeunesse, la fleur de vos sentiments, votre être tout entier, et qui ne pouvez réaliser vos désirs de solitude, de vie cachée, de tête à tête, de cœur à cœur avec Jésus, recourez à saint Michel, et il écartera les obstacles qui entravent l'accomplissement de la volonté de Dieu sur vous ; il comblera vos saintes aspirations en vous conduisant au sentier de la perfection.

Aspirants au Sacerdoce et à l'Etat religieux, qui hésitez entre le monde et le sanctuaire, entre la bure et la soie ; vous qui craignez d'être téméraires en choisissant le calice du Sang divin, le calice de la souffrance pour votre partage dans la vie, recourez à Saint Michel, et il vous dira le secret de la volonté de Dieu sur vous.

Pauvres affligés que l'épreuve accable, que le pressoir de la douleur écrase, qui versez des larmes que l'Ange de la Résignation ne recueille pas, parce que votre agonie est sans Fiat, pauvres affligés, souvenez-vous que saint Michel porte l'étendard de la croix, que cet étendard est rougi du Sang divin, et qu'il suffit d'une goutte de ce Sang pour adoucir votre joug et alléger votre fardeau. Recourez à saint Michel, invoquez-le avec persévérance et il versera sur vos douleurs une telle onction, ou dans votre âme une telle force que l'Ainsi soit-il jaillira insensiblement de vos lèvres, et deviendra comme le baiser, l'Alléluia de votre âme à la volonté du Dieu qui vous crucifie.

Saint Michel Archange, dirigez et maintenez nos pas dans les sentiers de la volonté de Dieu, soit qu'ils mènent dans la plaine ou sur le Calvaire ; car, quoi qu'il m'en coûte, je veux sauver mon âme et glorifier éternellement, avec les Anges et les élus, le Précieux Sang de mon Rédempteur.

 

 

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Vingt-sixième jour

Saint Michel à l'heure de la mort

 

« Michel, mon archange, je vous ai établi prince sur toutes les âmes qui doivent être reçues dans mon royaume ». Ces paroles; que l'Eglise met sur les lèvres de Notre-Seigneur, nous apprennent que saint Michel a aussi pour fonction de nous assister à la mort.

Quelle heure terrible ! Quelle heure épouvantable ! C'est l'heure de la faiblesse de l'homme à qui il ne reste plus qu'un souffle de vie ; c'est l'heure de la puissance des esprits de ténèbres, l'heure où ils s'assemblent en légions pour tourmenter notre âme, afin de lui faire perdre la grâce de la rédemption. Mais saint Michel arrive aussi, avec la multitude de ses Anges, auprès du juste mourant. Là, la lutte s'engage de nouveau entre les deux armées ; mais, comme toujours, Satan est vaincu et repoussé dans le noir abîme.

Pour mériter cette grâce insigne de la protection de saint Michel à l'article de la mort, il faut : 1° être fidèle à Dieu pendant la vie ; 2° ou si la faiblesse en empêche, se hâter, au moins, après une faute, de purifier son âme dans le bain du Sang de Jésus ; 3° honorer le grand Archange et l'invoquer habituellement dans ce but, ne fût-ce que par l'une ou l'autre des deux courtes prières qui suivent :

 

Prière de la Sainte Eglise

 

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au redoutable jugement de Dieu. Ainsi soit-il.

 

Prière de Saint Anselme

 

« Saint Michel, archange de Dieu, gardien du ciel, venez à mon secours au moment de la mort ; soyez ma défense contre l'ennemi malin, et conduisez mon âme dans le paradis de la jubilation éternelle » que Jésus-Christ nous a acquis par l'effusion de tout son Sang. Ainsi, soit-il.

 

 

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Vingt-septième jour

Saint Michel au Tribunal de Dieu

 

Saint Michel archange ne présente pas seulement les âmes au tribunal de Dieu, il est encore chargé de procéder au pèsement de leurs œuvres. (C'est pourquoi saint Michel est souvent représenté portant une balance). Ce pèsement des œuvres ne signifie pas que ceux qui auront fait un plus grand nombre de bonnes œuvres que de péchés seront sauvés, ni que ceux qui en auront fait un moindre nombre seront damnés ; cela signifie seulement que l'âme qui aura quitté la terre dans la grâce de Dieu aura le bonheur de contempler le Sang Divin dans le plateau de la balance opposé à celui de ses péchés.

Or, c'est Saint Michel, le premier adorateur de la sainte humanité de Jésus et de son Sang précieux, qui remplit l'auguste fonction d'ajouter ce prix de la rédemption aux œuvres des âmes qui sortent de cette vie dans l'amitié de Dieu.

L'âme revêtue de la grâce n'eut-elle à opposer à des iniquités incalculables que le seul acte de contrition qui l'aura sauvée, cet acte de contrition étant une une goutte du Sang de Jésus, c'est à dire un fruit de sa passion et de sa mort, c'en est assez pour que je jugement favorable qu'elle recevra soit un jugement plein d'équité ; son éternelle couronne sera un tissu des miséricordes du Sang rédempteur.

Cette raison n'est-elle point assez puissante pour nous engager à rendre chaque jour, quelque hommage au Sang infiniment précieux dont les mérites, sont destinés à nous couvrir des mérites, si nous savons obtenir qu'ils nous soient appliqués.

Saint Michel Archange, ô vous qui aimez mon âme, et qui la voulez voir éternellement heureuse, je vous en conjure, manifestez-moi votre amour dès cette vie, en m obtenant une grande dévotion envers le Précieux Sang et la douloureuse Passion de mon bien-aimé Rédempteur. Si j'obtiens cette grâce et celle de vous invoquer chaque jour, je suis certain d'entendre une sentence de salut au tribunal du Souverain Juge, et de chanter éternellement la puissance, la miséricorde et la charité du Sang de l'Agneau immolé. Ainsi soit-il.

 

 

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Vingt-huitième jour

Saint Michel après la sentence du Juge

 

Après le jugement, l'âme n'a plus qu'à prendre le chemin de son éternité. Si elle a entendu la sentence de salut qui lui ouvre le ciel sans délai, saint Michel l'y introduit au milieu des concerts de sa triomphante armée. Si l'enfer est son partage, saint Michel la livre à Satan qui la précipite dans le gouffre de feu.

Si l'âme doit séjourner au purgatoire, saint Michel, nous pouvons le conjecturer, l'y conduit en compagnie de l'Ange gardien. Et si cette âme a souvent invoqué saint Michel pendant la vie, si elle l'a fait honorer et aimer, le glorieux archange intercède pour elle et lui obtient une diminution de temps et de peine.

Jacques Massi rapporte qu'un prêtre, célébrant la Messe des morts recommandait quelques âmes d'une manière spéciale, en prononçant ces paroles : « Que le prince des Anges, Saint Michel, les introduise dans la Sainte Lumière » ; et à l'instant même, il vit le saint archange descendre du ciel dans le purgatoire pour les délivrer.

Le même auteur rapporte qu'un moine de Citeaux apparut à un prêtre et lui dit qu'il serait délivré du Purgatoire, si, à la messe, il le recommandait à saint Michel. Le ministre de l'autel se rendit à son désir, et il vit ainsi que d'autres personnes, l'âme de son ami conduit au ciel par le saint Archange.

Remarquons que l'âme du défunt demande qu'on invoque saint Michel pendant la messe. N'est-ce point dire que le glorieux dépositaire des âmes est plus promptement propice à celles qui l'invoquent en lui rappelant les souffrances, le Sang répandu et la mort de notre bien-aimé Rédempteur ?

O saint Michel, qu'elle sera longue mon expiation en l'autre vie, si vous ne m'obtenez, dès celle-ci, cet amour douloureux qui expie toute faute !... Ah ! si je ne suis pas digne d'une grâce aussi insigne, si je dois connaître le feu du purgatoire, je vous en prie, je vous en supplie, je vous en conjure par toutes les plaies de Jésus-Christ, versez abondamment sur mon âme la rosée rafraîchissante du Sang divin, afin que je ne gémisse pas longtemps loin de mon Dieu. Par ce même Sang si généreusement répandu, ayez pitié, ô saint Archange, de toutes les âmes détenues dans ce lieu d'expiation, particulièrement de celles qui m'intéressent davantage. Ainsi soit-il.

 

 

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Vingt-neuvième jour

Fête de Saint Michel Archange

 

La sainte Eglise ayant fait de ce jour la fête principale de Saint Michel, considérons-je aujourd'hui comme son protecteur spécial. Le dragon, dit saint Jean dans son apocalypse, se mit à persécuter la femme. Quelle femme est donc l'objet de cette persécution ? « Voulez-vous la connaître, dit Mgr Gaume ? Prêtez l'oreille à la voix des siècles passés et présents, tous répètent le nom de Marie »

Voici comment le docte abbé Soyer met le texte que nous lui empruntons en rapport avec Saint Michel considéré comme le protecteur de l’Église universelle.

« Marie, dit-il, est la femme immortelle, quarante siècle avant sa naissance, elle vivait dans Eve ; et Satan le savait. Depuis dix-neuf siècle, elle vit dans l’Église et Satan le sait encore.

Marie, en effet, vit dans l'Eglise, sa fille et sa ressemblance. Nous disons sa fille ; car le Sang divin qui a enfanta l'Eglise est le sang de Marie. Nous disons sa ressemblance ; comme Marie, l'Eglise est vierge et mère tout ensemble. Vierge, jamais l'erreur ne l'a souillée ; mère, elle enfante autant de Christs qu'elle enfante de chrétiens. Ainsi la femme, objet de la haine éternelle du Dragon, c'est l'Eglise, ou plutôt Marie vivant dans l'Eglise.

Le défenseur, le protecteur de Marie et de l'Eglise dans laquelle elle vit, est toujours celui qui fit entendre, dans le ciel, ce cri : « Qui est comme Dieu ? »

La sagesse divine a ses vues sur l'Eglise comme elle a eu ses vues sur Marie. L'épée du chef de la milice céleste n'empêche pas toujours l'Eglise de perdre ses possessions matérielles, ou plutôt de se les voir usurpées ; car la victoire de l'Archange, aux époques des spoliations et des persécutions qu'il laisse faire, est dans la défaite elle-même. En effet, la vie de l'Eglise n'est jamais plus vigoureuse et plus forte que quand celui qui la gouverne n'a plus qu'un sceptre brisé, une couronne dérisoire, un palais d'emprunt. D'ailleurs comme Marie, comme le Christ, l’Église doit ensanglanter sa voie à travers les siècles, par la souffrance...

Mais, comme ministre de Jésus-Christ qui a promis l'immortalité à son église, Saint Michel la protège toujours victorieusement contre le mal réel auquel les méchants veulent arriver par leur persécution : jamais elle ne sera détruite ; jamais son action sur la terre ne sera interrompue ; jamais elle ne cessera d'être une, sainte, catholique, apostolique ; jamais elle ne sera atteinte dans ce qui la constitue à proprement parler : sa foi, ses principes, son autorité, son infaillibilité. Dans ces circonstances, le « Qui ut Deus ? » de Saint Michel retentit toujours triomphalement ; et quand la conversion ne fait pas rentrer les oppresseurs de l’Église dans les voies du pardon, la lance de Saint Michel les précipite, au jour de la reddition des comptes, avec les premiers révoltés.

Saint Michel est aussi chargé de protéger les hommes apostoliques qui travaillent à l'extension de la sainte Eglise Un jour, il entre dans la prison de saint Erasme, martyr, et lui dit : « Je suis l'Archange Michel envoyé vers toi pour te mener dans la province de Campanie où tu dois enseigner le peuple ». Il rompt les chaînes du martyr, le sort de sa prison et le transporte au lieu de son apostolat. Une légende ajoute que, pendant sept ans, il fournit à l'apôtre le pain de chaque jour.

O saint Archange, au nom et pour la gloire du Sang de Jésus, secourez l'Eglise et son auguste chef, qui vous fait invoquer quotidiennement par toute la chrétienté, depuis si longtemps déjà ; secourez les hommes apostoliques qui vont annoncer la Bonne Nouvelle aux quatre coins du ciel ; soyez avec eux dans leurs tribulations, dans leurs prisons et à leurs derniers instants, et que le Sang vivificateur qu'ils distribuent aux âmes soit le Sang qui en fasse d'autres Christs sur la terre et au ciel. Ainsi soit-il.

 

 

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Trentième jour

Saint Michel à la fin du monde

 

« Aussitôt, dit l'apôtre, que le signal aura été donné par la voix de l'Archange, et par le son de la trompette de Dieu, le Seigneur descendra du ciel et ceux qui seront morts avec Jésus-Christ ressusciteront les premiers ».

Bernardin de Picquigny dit que cet Archange est Saint Michel, et que c'est d'après ses ordres que les esprits angéliques rassembleront... des extrémités du ciel les élus de Dieu. « Alors, dit l'Evangile, le signe du Fils de l'Homme paraîtra dans le ciel ». Quel est ce signe ? La Croix de Jésus-Christ, le porte-étendard des élus ? L'église nous l'apprend : « Sed explicat vidor Crucem Michael, salutis signifier » : c'est-à-dire : « à leur tête l'Archange Saint Michel porte l'étendard de la Croix, emblème de la victoire ». C'est donc saint Michel qui a pour mission de réunir les élus sous ce drapeau du chef des prédestinés.

Si nous voulons que cette croix, que ces plaies nous attirent au jour de la grande victoire ; si nous voulons qu'elles nous glorifient, rendons hommage, pendant la vie, à la Croix du Calvaire aux plaies sanglantes du Rédempteur ; et souvenons-nous qu'il n'y aura, pour suivre Jésus dans sa gloire, que ceux qui l'auront suivi dans ses humiliations et ses souffrances.

Oserions-nous prendre place sous ce royal étendard, le saluer avec confiance, au jour de son triomphe, si pendant la vie, le mystère de la croix nous avait été indifférent. Surtout si nous avions été des ennemis pratiques de la croix de Jésus ?

O saint Archange, la terreur me saisit quand je réfléchis à cette sortie du tombeau, à ce voyage vers le lieu du jugement, à cette apparition de la Croix du Christ dans les nues... En quel état ressusciterai-je ?.. Sera-ce comme les amis du Crucifié ? Ah ! je vous en prie et je veux vous en prier tous les jours de ma vie, fortifiez-moi, ô saint Archange, dans mes combats contre la croix, afin qu'elle remporte sans cesse de nouvelles victoires sur ma nature, et qu'après avoir ainsi triomphé de moi ici-bas, elle me fasse participer aux joies de l'éternel triomphe. Ainsi soit il.

 

 

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Prière pour choisir saint Michel Archange comme protecteur spécial

 

O grand Prince du ciel, gardien très fidèle de l’Église, Saint Michel Archange, moi N, quoique très indigne de paraître devant vous, confiant néanmoins dans votre spéciale bonté, touché de l'excellence de vos privilèges et de la multitude de vos bienfaits, je me présente à vous, accompagné de mon Ange gardien et, en présence de tous les Anges du ciel que je prends a témoin de ma dévotion envers vous, je vous choisis aujourd'hui pour mon protecteur et mon avocat particulier et je me propose fermement de vous honorer toujours et de vous faire honorer de tout mon pouvoir. Assistez-moi pendant toute ma vie, afin que jamais je n'offense les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles ni en pensées. Défendez moi contre toutes les tentations du démon, spécialement pour la foi et la pureté ; et à l'heure de ma mort, obtenez la paix à mon âme et introduisez-la dans l'éternelle patrie. Ainsi soit-il.

Grand saint Michel et vous tous, ô saints Protégez-nous dans les dangers présent : les ennemis de vos saintes phalanges nous font la guerre en tous lieux, en tous temps : luttez pour nous, Anges de la victoire, et que le Sang qui vous rendit vainqueurs un jour, au ciel, nous couronne de gloire, et nous unisse à vos célestes chœurs.

 

Épilogue

 

Les exercices de ce Mois ressemblent à ceux de la vie : ils fatiguent. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'y rencontre un pas seul jour de parfait repos. L'Ange et l'âme reparaissent invariablement les armes à la mains, revêtus du casque de guerre, de l'armure et du bouclier... Est-ce que ce Mois n'eut pas plu d'avantage si l'Ange et l'âme eussent été montrés sous des vêtements plus diaphanes ? Oui, sans doute. Mais la lutte étant de tous les instants, il a fallu sonner le clairon, se remettre sous les armes tous les jours, afin de rappeler à l'homme que l'heure du repos ne sonnera pas avant le jour éternel : et qu'il importe, pour réunir l'Ange et l'âme dans le triomphe des cieux, qu'ils soient toujours militants l'un près de l'autre sur le champ de bataille de la terre.

 

 

Extrait du « Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges », publié en 1893 par le Monastère du Précieux Sang, à Saint Hyacinthe (Canada)

 

 

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Fin du Mois de Saint Michel et des Saints Anges

 

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14 septembre 2016

Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

ou

Le Précieux Sang et le Saints

 

« La dévotion à saint Michel est un signe de prédestination ». (Saint Alphonse de Liguori)

 

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Quinzième jour

L'action des démons ici-bas

 

L'action des démons dans l'univers et sur l'homme serait à peu près sans borne, si elle n'était restreinte et dirigée par Dieu. Ainsi, d'après le Rituel et le Pontifical, ils peuvent corrompre l'air, l'eau, répandre la peste, soulever des tempêtes, envoyer des ouragans, des grêles, des foudres, en un mot déchaîner tous les éléments. Ils peuvent attaquer l'homme dans son corps, Se présenter à lui sous forme de spectres et de fantômes : souvent même ils se donnent pour les âmes des morts. Ils peuvent encore communiquer à l'homme leur vertu malfaisante, s'emparer de lui, habiter en lui, infester sa demeure, la hanter et la lui rendre dangereuse. Enfin, ils peuvent le harceler d'une manière terrible à l'heure de la mort, et disputer à son âme, au sortir du corps, le passage à la bienheureuse éternité. Quelle puissance ! Comme elle est propre à nous jeter dans l'épouvante !

L'éclair brille, la foudre éclate... C'est peut-être Satan qui déchire la nue pour atteindre une âme en péché mortel avant qu'elle n'ait le temps de se repentir... Pauvre âme, tremblez... et priez les saints Anges de vous secourir en offrant, en votre faveur, le Sang du Dieu bon qui n'acheva pas le roseau à demi brisé et qui n'éteignit pas la mèche encore fumante ; puis, hâtez-vous de vous blanchir dans l'Onde régénératrice de la pénitence.

Deux cavaliers bien coupables chevauchaient l'un près de l'autre, en un jour d'orage. Tout à coup, une voix formidable, criant : « Frappe ! Frappe ! » se fait entendre. Au même instant la foudre éclate, abat l'un des cavaliers et l'étend sans vie sur le sol. Terrifié, à ce spectacle, l'autre cavalier lance son cheval vers les premières habitations. Il allait les atteindre quand, tout à coup, la même voix terrifiante retentit : « Frappe ! Frappe ! » « Non, non », reprend une voix majestueuse, paraissant sortir de la nue, « épargne celui-là, car, ce matin, il a entendu ces paroles : « Et Verbum caro factun. est ». N'était-ce point la voix de saint Michel couvrant de sa protection l'adorateur du Précieux Sang ?... Ah ! De combien de malheurs nous préserve 'audition de la sainte messe à laquelle les saints Anges assistent par légions !

Comme tous ne peuvent l'entendre chaque jour, la pratique suivante pourrait peut être y suppléer, surtout si, d'esprit et de cœur, l'on s'unit à toutes les messes qui se célèbrent dans l'univers entier.

Un religieux Passionniste de Rome, le P. Fr.-J. Barthélemy, eut, un jour, en célébrant la sainte messe, la révélation que de grands maux allaient fondre sur le monde, et que, quiconque réciterait, avec piété, la prière suivante en serait préservé.

« Ô Jésus, divin Rédempteur, soyez-nous miséricordieux ; miséricorde pour nous et pour le monde entier ! Ainsi soit-il.

Dieu saint. Dieu fort, Dieu immortel, ayez pitié de nous et de tout le monde. Ainsi soit-il.

Grâce et miséricorde ! Miséricorde, mon Jésus ! Pendant les dangers présents, couvrez-nous de votre Sang précieux.

Père éternel, faites-nous miséricorde, au nom du Sang de votre Fils unique ; faites-nous miséricorde, nous vous en conjurons. Ainsi soit-il ».

 

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Seizième jour

Les Tentations du Démon

 

Mais c'est surtout sur nos âmes que Satan et ses légions exercent leur action malfaisante. Perdre l'homme pour l'éternité ; rendre stérile le Sang répandu avec une telle profusion ; anéantir les fruits de la douloureuse Passion de l'Homme-Dieu : voilà ce que veulent obtenir les anges déchus. C'est pourquoi le tentateur rôde sans cesse autour de nous, qu'il épie chacun de nos mouvements ; c'est pourquoi il nous présente la tentation sous ses formes les plus variées, les plus séduisantes, et dans les circonstances les plus dangereuses à notre fragile nature.

Puisque la vie de notre âme est si continuellement exposée, couvrons-nous du bouclier de la vigilance et armons-nous du glaive de la prière, c'est-à-dire ne nous exposons point à la tentation et protégeons-nous contre elle. Si, malgré ces précautions l'enfer nous attaque, invoquons le Sang divin, la Reine des Anges, Saint Michel, notre Ange Gardien, toute la milice angélique, et nous serons victorieusement défendus.

Rendons-nous familières les deux prières suivantes, que l'Eglise a enrichies d indulgences, et qui sont, à la fois un bouclier et une arme contre les démons :

Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au redoutable jugement de Dieu (100 jours d'indulgences).

Ange de Dieu, qui êtes mon fidèle gardien, et au soin duquel j'ai été confié par la bonté suprême, daignez m'éclairer, me garder, me conduire et me gouverner. Ainsi soit-il. (100 jours d'indulgences).

 

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Dix-septième jour

Satan n'est pas plus fort que nous

 

Pauvres combattants de la vie, reprenons courage ! Car il est un asile où Satan ne pénètre pas, une citadelle qu'il ne peut prendre malgré nous : c'est notre volonté.

Quelles que soient les séductions de Satan, eussent-elles comme pénétré toutes les fibres de la partie inférieure de notre âme : nous semblât-il même que toutes les pensées, tous les sentiments de l'enfer sont en nous, pourvu que notre volonté les subisse seulement, pourvu qu'elle ne dise pas ; J'accepte tout cela ; je consens à tout cela, notre âme est triomphante et l'enfer est vaincu : car ce qui fait le péché, c'est le consentement et non la tentation.

La victoire sur les démons est toujours possible à l'homme ; car, ainsi que le dit saint Paul, « Dieu ne permettra pas que nous soyons tentés au delà de nos forces », c'est-à-dire des forces que recevra du ciel l'âme qui les demande, car de nous-mêmes nous ne pouvons rien.

C'est vrai, mon Dieu, vous prêterez toujours votre force à l'âme qui lutte pour protéger en elle le Sang de votre Fils ; toujours vous la rendrez triomphante des ennemis qui veulent lui faire fouler aux pieds ce Sang divin. Vous ne mettez qu'une condition à ce secours : c'est qu'on l'implore avec ferveur. Nous vous en conjurons donc, ô mon Dieu, enseignez-nous à prier de cette manière efficace qui vous fait accourir à notre aide à l'heure de la tentation, et nous en rend victorieux.

Et vous, saints Anges, infatigables lutteurs, soldats intrépides de la milice céleste, venez, sous la conduite de saint Michel, votre chef, venez, à l'heure de la lutte, terrasser et mettre en fuite tous nos ennemis spirituels Ainsi soit-il.

 

 

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Dix-huitième jour

Les Anges des Mères chrétiennes

 

« Le pouvoir des Anges est tel, dit Saint Thomas d'Aquin, que le dernier 'entre eux commande à Lucifer lui-même et s'en fait obéir ». Saint Jean vit descendre du ciel un Ange qui avait la clef «le l'abîme et une longue chaîne à la main. Il prit le dragon et l'enchaîna ; puis, le jeta dans l'abîme, qu'il ferma et scella sur lui.

C'est pourquoi les puissances infernales ne pourront jamais nuire à l'homme qui invoque les saints Anges avec confiance, ceux-ci étant chargés de le protéger et de le défendre. Marie d'Agréda donne sur ce sujet des détails qui intéresseront vivement les mères chrétiennes.

« Dès l'instant, dit-elle, qu'un enfant a été conçu, le Seigneur ordonne aux anges de le garder, ainsi que la mère... De ce moment, les anges ont de grandes disputes avec les démons pour défendre les enfants qu'ils prennent sous leur protection. Les démons allèguent qu'ils ont juridiction sur eux, parce qu'ils sont conçus dans le péché... Les Anges les défendent, mettant en avant que, malgré le péché originel. Dieu les crée afin qu'ils le connaissent, et qu'en vertu de la passion et du Sang de Jésus-Christ, ils puissent mériter la gloire... Si les parents ont reçu le sacrement et la bénédiction de l’Église ; s'ils sont charitables envers les pauvres ; s'ils sont pieux et dévots ; s'ils pratiquent quelques bonnes œuvres, les Ancres se servent de ces vertus et de ces œuvres comme d'armes contre les démons pour défendre ceux qui leur ont été recommandés...

Les démons continuent leur persécution et les Anges leur défense, après la naissance des enfants. C'est alors que le dragon redouble sa fureur contre ceux qui peuvent recevoir le baptême, et qu'il fait tous ses efforts pour l'empêcher... Les saints Anges les gardent avec une sollicitude vigilante, car tous les soins de ceux qui les élèvent ne sauraient prévenir tant de périls qui les environnent dans un âge si tendre... Leurs Anges les défendent quand ils dorment, quand ils se trouvent seuls et en d'autres occasions dans lesquelles un grand nombre d'enfants périraient, si leurs Anges ne les protégeaient.

Quand, parvenus à l'âge de raison, les enfants commencent à pécher, la résistance que font les démons pour empêcher les Anges de les tirer du péché est plus forte. Alors, les Anges mettent en avant les vertus de leurs parents et les bonnes actions des mêmes enfants. N'eussent-ils fait que prononcer le Nom de Jésus ou celui de Marie, lorsqu'on leur apprend à l'articuler, ils l'allèguent pour les défendre ; et s'ils ont d autres dévotions, s'ils savent et récitent les prières chrétiennes, les saints Anges se prévalent de tout cela comme d'armes propres à l'homme pour le défendre du démon ».

Parents chrétiens, pères et mères, aidez vos enfants alors qu'ils ne peuvent s'aider eux-mêmes ; et que votre piété, vos prières, vos bonnes œuvres leur soient une protection contre l'enfer.

O saints Anges, c'est ainsi que vous avez gardé et protégé mon corps et mon âme, dès mon entrée dans la vie Si, du sein de ma mère, je suis passé dans le sein de la sainte Eglise, par l'eau de la régénération baptismale ; si je me suis purifié de mes premières souillures dans le Sang de l'Agneau, c'est à votre protection que je le dois... Merci, saints Anges, de tout ce que vous avez fait pour moi jusqu'à aujourd'hui. Daignez me continuer votre assistance pendant tout le cours de ma vie ; et, lorsque poindra l'aurore de mon dernier jour, accourez par légions, je vous en conjure, afin de veiller sur mes derniers instants, de me rendre victorieux contre tous les assauts de l'enfer et de garder mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

L'enfant et son Ange Gardien

 

L'enfant

 

Aimes-tu Marie,

Mon Ange Gardien ?

Là dans la patrie,

Ne lui dis-tu rien ?

 

As-tu le Rosaire

Pour la saluer?

Dans son sanctuaire,

Vas-tu l'honorer ?

 

Est-ce que tressaille

Pour elle ton cœur ?

As-tu sa médaille

Qui fait mon bonheur ?

 

Est-elle ta mère ?

Es-tu son Enfant ?

N'es- tu pas mon frère,

Toi que j'aime tant ?

 

Fais-tu des guirlandes

Pour son cher autel ?

Que sont tes offrandes

A Marie, au ciel ?

 

Sais-tu le cantique

Où j'apprends ces noms

De Rose mystique,

De Lys des vallons ?

 

L'Ave de louanges

Qu'a dit Gabriel,

Est-il, par les Anges,

Chanté dans le ciel ?

 

Oh ! Dis-moi ces choses

Bel Ange d'amour :

J'offrirai des roses

Pour elle en retour ?

 

L'Ange

 

Ah ! Si je l'aime, Marie !...

Enfant, que demandes-tu ?

Elle est ma Reine chérie,

Pour elle j'ai combattu.

Je suis serviteur fidèle

De cette Vierge plus belle

Que les anges radieux ;

Sa gloire efface ma gloire ;

Elle est un Trône d'Ivoire

Pour le fils du Roi des cieux.

 

Près de ma Reine, ta Mère,

Je suis ton frère en amour ;

Et pour moi, son sanctuaire

C'est tout l'éternel séjour.

Les rosaires angéliques

Ce sont les joyeux cantiques

Chantés sur nos harpes d'or ;

Pour médaille, pour image.

Nous la voyons sans nuage

Dans un céleste décor ?

 

Les fleurs que nos mains recueillent

Pour la Mère du Sauveur,

Enfant, jamais ne s'effeuillent :

Ce sont les vœux de ton cœur.

Elle accepte ces guirlandes,

Et sourit à tes offrandes

Gages d'amour filial.

Elle répète à ses Anges ;

Apprenez-lui mes louanges ;

J'aime son cœur virginal !

 

Exhale encor ta prière,

Tes Ave délicieux ;

Ils se disent sur la terre

Ils se chantent dans les cieux !

L'écho des saintes collines

A ces notes enfantines

Donne un immortel accent ;

Et, comme un lys sur sa branche,

Marie est là qui se penche

Pour écouter ses enfants !

 

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Dix-neuvième jour

Neuvaine en l'honneur des saints Anges

Pour la seule gloire de Dieu

 

Demain commence la Neuvaine en l'honneur de saint Michel Archange le chef de la milice céleste. Ce mot Neuvaine, qui est si usité, n'est peut-être pas aussi généralement connu quant à son origine.

Le mot Neuvaine (neuf jours) est né de la dévotion aux Neuf chœurs des Anges, et c'est cette dévotion qui a présidé à l'institution de ces excellentes pratiques de piété répandues parmi les fidèles et reconnues pour être d'une si grande efficacité.

La Neuvaine que nous plaçons ici est fortement recommandée. On pourra la faire en préparation à la fête du saint Ange Gardien. Dans ce cas elle devra commencer le 23 septembre. Les personnes qui n'auraient pas l'intention de faire cette Neuvaine pourront ne réciter, pour ce dix-neuvième jour, que l'une on l'autre des prières qui suivent :

 

Intentions générales de la Neuvaine

 

Contrition pour les péchés passés. Reconnaissance pour les faveurs reçues. De nouvelles grâces à obtenir. Par dessus tout, le règne et la gloire de Dieu.

 

Prière de la Neuvaine

 

9 Pater, 9 Ave, 9 Gloria Patri, en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, ou le Chapelet Angélique ou la prière suivante :

Saint Michel, saint Raphaël, saint Gabriel, mon Ange Gardien, vous tous Anges, Archanges, Trônes, Dominations, Principautés, Puissances, Vertus, Chérubins et Séraphins, obtenez-moi de la Sainte Trinité la grâce dont j'ai besoin (spécifiez-la) : je vous en conjure par le Sang, la passion et la mort de Jésus, aux mérites duquel vous devez votre bonheur éternel. Ainsi soit-il.

Marie Immaculée, reine des Anges, priez pour nous qui avons recours à vous. Ainsi soit-il.

Le cinquième jour de la neuvaine, recevez la sainte communion en l'honneur des Puissances.

« J'ai vu, dit le pieux Boudon, des merveilles de grâce obtenues par de telles neuvaines : des personnes délivrées des plus terribles tentations, des machinations de l'enfer ruinées et détruites, etc ».

 

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Vingtième jour

Beauté de Saint Michel Archange

 

Au jugement de saint Anselme, « la beauté du dernier des Anges est si éclatante qu'elle est capable d'effacer autant de soleils, s'ils existaient, qu'il y a d'étoiles au firmament « . Quelle est la gloire de l'illustre chef de cette création de lumière ? « Aucune intelligence céleste ne lui est supérieure », dit le même saint Anselme. « Aucune ne l'égale », enseignent saint Basile, saint Alphonse de Liguori, etc. « L'éclat de la beauté et de la puissance de saint Michel serait capable, dit le P. Faber, de nous donner la mort, s'il nous était manifesté dans la chair ». D'après Pantaléon, diacre de l'Eglise de Constantinople, « saint Michel est la plus grande et la plus radieuse étoile de l'ordre angélique ; il occupe le rang le plus distingué parmi ces milliers et myriades d'Anges qui peuplent le fortuné séjour ».

Félicitons saint Michel, et, avec l'abbé Soyer, disons-lui : « Illustre Archange, votre grandeur est sans égalée ! Les limites de votre royaume sont celles du ciel. Vos sujets seront plus nombreux que les étoiles du firmament et que les sables de la mer ; un prophète, qui les a vus, ne parle que de myriades, de légions, de millions et de centaines de millions ; un seul vaut l'armée la plus nombreuse et la plus aguerrie ; sous votre commandement ils ont conquis le ciel où ils jouissent de tous les biens ».

Que je suis heureux de votre gloire, ô illustre Archange ! Avec quel bonheur et quelle gratitude envers Dieu je vous en félicite ! Qu'il m'est doux de savoir que c'est au Précieux Sang que vous devez tous les dons, toutes les prérogatives dont vous jouissez, et qu'avec nous, vous vous écriez sans cesse : « Que Jésus soit à jamais béni et remercié pour nous avoir mérité toute grâce par l'effusion de son Sang précieux ! »

 

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Vingt-et-unième jour

Fidélité de Saint Michel

 

Mais il est quelque chose de plus éclatant, de plus éblouissant, de plus sublime encore que cette beauté dont Dieu a revêtu saint Michel : c'est la cause qui la lui a conservée, sa fidélité à Dieu.

Créature de Dieu, saint Michel fut fidèle à son Créateur jusqu'à l'adoration de la volonté divine dans ce qui lui paraissait être un abaissement de sa propre nature. Sujet du Monarque des cieux, il fut fidèle à son Souverain jusqu'à déserter, combattre, ruiner ceux de ses frères rebelles qui ne voulaient s'élever qu'en abaissant l'Homme-Dieu.

Constamment fidèle, le chef des armées de Dieu ne cesse de protéger la fidélité des âmes que Lucifer veut révolter contre son Souverain.

O Saint Archange, qui n'êtes parvenu si près de la divinité qu'en consentant à abaisser votre nature angélique jusqu'à celle de l'homme, je vous en conjure, par le Sang même de l'Homme-Dieu, obtenez-moi de bien comprendre que le sentier de l'humiliation mène directement à la gloire, quand on y marche par un principe de fidélité à Dieu. Daignez préparer vous-même ma couronne, en ne me laissant manquer aucune occasion d'accepter les anéantissements propres à me rendre conforme à l'Homme-Dieu couvert d'opprobres et de confusions. Ainsi soit-il.

  

Extrait du « Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges », publié en 1893 par le Monastère du Précieux Sang, à Saint Hyacinthe (Canada)

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07 septembre 2016

Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

ou

Le Précieux Sang et le Saints

 

« La dévotion à saint Michel est un signe de prédestination ». (Saint Alphonse de Liguori)

 

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Huitième jour

Anges supérieurs et Anges inférieurs

 

Quand la sainte Ecriture parle des Anges, c'est par milliers et centaines et millions qu'elle indique leur nombre. Des milliers d'Anges, dit Daniel, exécutaient ses ordres, et un million assistaient devant lui ». Ces expressions signifient que le nombre des esprits célestes est incalculable. Ce serait donc la confusion dans le Ciel, si cette immense multitude était sans ordre. Mais, parmi les Anges comme parmi les hommes, il y a des degrés divers, c'est-à-dire des Anges qui administrent et des Anges qui sont administrés. Les Anges supérieurs, qui se tiennent plus près de Dieu communiquent aux Anges inférieurs les lumières et les ordres dont ceux-ci ont besoin pour bien remplir leurs fonctions spéciales. Avec quel bonheur et quelle docilité les Anges inférieurs reçoivent-ils ces communications des intelligences plus élevées ! Avec quelle charité, quel amour et zèle les Anges supérieurs communiquent-ils leur science !

Pourquoi commande-t-on et obéit-on si bien au Ciel ? C'est qu'il n'existe qu'une seule loi : la volonté divine, une seule ambition : l'accomplir fidèlement ; qu'un seul intérêt: procurer la gloire de Dieu. L'homme commande et obéit plus ou moins bien ou mal, selon qu'il recherche plus ou moins ou sa gloire ou celle de Dieu ; s'il cherche sa propre gloire, l'inférieur deviendra un marchepied que le supérieur foulera ; s'il cherche avant tout la gloire de Dieu, l'inférieur ne sera qu'un aide respecté et aimé, donné par Dieu pour le bien commun. Quant à l'inférieur, s'il recherche sa gloire, l'obéissance lui fera murmurer sans cesse, au moins dans le fond de son âme, le non serviam de l'ange déchu ; mais s'il ne considère son infériorité que dans l'ordre établi par la divine Providence, il comprendra qu'obéir à l'homme pour Dieu c'est servir Dieu, et, que servir Dieu, c'est régner.

O saints Anges, mettez la charité divine, c'est-à-dire l'amour de Dieu et du prochain, dans le cœur de ceux qui gouvernent et de ceux qui obéissent ; et bientôt tous comprendront que l'autorité de l'homme n'est rien autre chose que la volonté de Dieu manifestée à l'homme, comme elle l'est à l'Ange, c'est-à-dire par un de ses semblables. Aidez ceux qui commandent, aidez ceux qui obéissent, afin qu'un jour nous soyons tous, au pied du trône de Dieu, les serviteurs fidèles du Maître souverain de la terre et des cieux. Ainsi soit-il.

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Neuvième jour

L'Ange Gardien

 

Au moment de sa naissance, chaque créature humaine reçoit un Ange pour veiller sur elle et l'aider à parvenir à ses destinées éternelles ; c'est l'Ange Gardien. Saint Brunon de Segni enseigne que c'est à saint Michel qu'incombe le devoir de choisir l'Ange Gardien de chaque âme.

« Leurs Anges, a dit Notre Seigneur, voient sans cesse la face de mon Père qui est dans le ciel ». Et le psalmiste chante : « Dieu a ordonné à ses Anges d'avoir soin de vous et de vous garder dans toutes vos voies, de peur que votre pied ne heurte contre la pierre ». Et c'est en présence d'un aussi auguste témoin que nous ?faisons le mai !.. Au moins, à l'heure du péché, nous dérobons-nous aux regards de l'Ange et fuyons l'Envoyé céleste !..

Mais, où aller ?... car l'Ange Gardien est toujours avec nous ; il est toujours auprès de nous et la nuit et le jour. Ainsi que le dit saint Augustin : « Ses yeux sont sans cesse fixés sur nous et sur toutes nos œuvres ». O excessive bonté de Dieu envers l'homme ! O prodigalité du Précieux Sang ! Une goutte eût suffi pour racheter l'homme ; mais Jésus a voulu se créer le droit d'être prodigue d'excès d'amour envers sa créature privilégiée... et il a versé son Sang jusqu'à la dernière goutte !...

Seul, le Dieu capable de manifester ainsi son amour, a pu concevoir la pensée de confier à un Ange l'âme si extraordinairement aimée... Et ce Jésus, nous ne l'aimerions pas en retour ! Nous ne bénirions pas le Sang qui nous a acheté un Ange Gardien !... un ami Ange !

Ah ! oui, je l'aime mon Jésus ! je le bénis son Sang généreux ! Mais, mon bon Ange, mon Ange ami, aimons, bénissons de concert Jésus et son Sang ! Puisque vous êtes à moi, et que je suis à vous par et pour Jésus, ah ! Je vous en conjure, rendez efficaces, dans mon âme, les mérites infinis de son Sang Rédempteur. Ainsi soit-il.

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Dixième jour

L'Ange Conducteur

 

« Voici, dit le Seigneur, que j'envoie mon Ange, il marchera devant vous, vous protégera, il vous introduira dans le lieu que je vous ai préparé ».

Qu'il est difficile et dangereux le chemin qui conduit au ciel !... Que d'écueils sur cette mer du monde si fertile en tempêtes ! Comme il est puissant le monstre caché qui menace de submerger notre barque ! Mais l'Ange Gardien marche devant nous ; il nous protège, il nous défend, il lutte contre nos adversaires spirituels Si nous ne replions pas nos voiles ; si nous ne nous laissons pas glisser dans l'abîme ; si nous ne nous refusons pas à l'action du céleste pilote sous les auspices duquel nous avons levé l'ancre, notre frêle nacelle touchera le port ; elle abordera au rivage éternel !

Mon bon Ange Gardien, mon Ange conducteur, je vous en conjure, par le Précieux Sang que nous bénissons tous deux, prenez sous votre protection la plus efficace mon voyage vers l'éternité. Les flots de cette mer toujours en furie soulèvent souvent mon cœur, émoussent mon courage ! Au lieu de lutter avec plus d'énergie à ces heures dangereuses, hélas ! Vous le savez, souvent je dépose les rames, je cesse de regarder l'Etoile, de vous regarder, et je me laisse choir fatigué, ennuyé, dégoûté...

Dans ces moments d'accablement ah ! Je vous en supplie, cher Ange, libérez-moi de ma torpeur, en me parlant de Jésus et de la patrie. Si je demeure insensible, prenez-moi par la main ; si cela ne suffit pas, fixez-moi sous vos ailes, afin que je ne m'endorme pas un seul instant d'un sommeil de mort ; mais que, bientôt ranimé, je rame vigoureusement jusqu'à la Jérusalem céleste Ainsi soit-il.

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Onzième jour

Lucifer

 

« Je monterai dans le ciel, je placerai mon trône au-dessus des astres les plus élevés ».

Ainsi que nous l'avons dit ailleurs, l'orgueil s'introduisit au ciel de l'épreuve des premières créatures de Dieu. Volontairement admis dans le cœur de la troisième partie des Anges, il en fit des démons. Lucifer, le plus beau, le plus puissant de tous les Anges, leur chef aux jours de sa fidélité, un archi-Séraphin peut être, est devenu le chef des mauvais anges.

La Sainte Écriture lui donne plusieurs noms. Tantôt, elle l'appelle dragon, c'est-à-dire animal d'une forme épouvantable, d'une taille monstrueuse, d'une force égale à sa cruauté. Tantôt, elle l'appelle serpent, vieux serpent, à raison de sa ruse, de son venin, de sa puissance d'attraction ou de fascination. Le plus souvent il est appelé le diable, c'est-à-dire calomniateur, le Père du mensonge. On le nomme aussi Satan, c'est-à-dire ennemi Juré, ennemi implacable de Dieu et des hommes. Satan ! Voilà le chef d'oeuvre du péché ! Voila ce que c'est que de perdre Dieu !!

Satan apparut un jour à sainte Colette sous la forme d'un lion rugissant. En l'apercevant, elle lui dit ! « Ah ! Misérable ! Qui a perdu Dieu, retire-toi d'ici ». Le démon lui répondit : « Sais-tu bien ce que tu dis, petite créature ? Sais-tu bien ce que c'est que d'avoir perdu Dieu ? Avoir perdu Dieu ! répétait-il en frémissant, avoir perdu Dieu ! Nulle intelligence créée ne peut comprendre l'étendue de ce malheur irréparable : avoir perdu Dieu, c'est être exclu de tout bien, de toute félicité, puisque toute félicité est en lui. La peine du feu n'est rien en comparaison de la perte de Dieu ». « Et ce qui fait l'enfer de l'enfer, s'écria la Sainte, c'est qu'il durera toute l'éternité ». « Éternité ! Éternité ! Éternité ! répéta Satan avec un cri capable de fendre les pierres, si les chrétiens le comprenaient, nous ne réussirions jamais à leur faire perdre Dieu ». Ces paroles prouvent que le père du mensonge fait une terrible expérience de la peine du dam, puisqu'elle lui arrache des vérités dont la connais,sance nous est si utile.

Saint Michel Archange et vous tous saints Anges, nous vous en conjurons, par le Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, obtenez-nous la science profonde, intime, de tout le mal que comportent ces mots : « perdre Dieu pour l'éternité », afin que jamais plus nous ne nous exposions a un aussi épouvantable malheur. Ainsi soit-il.

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Douzième jour

Les Dons naturels des Démons

 

De même que les hommes, après avoir perdu la vie de la grâce, n'en conservent pas moins toutes leurs qualités humaines, ainsi les mauvais anges n'ont rien perdu de leurs dons naturels par leur chute.

Ils possèdent donc encore cette agilité, cette subtilité qui les rendent présents en un clin d'oeil et à volonté aux endroits les plus opposés de l'espace ; cette force extraordinaire que leur rendrait facile, selon saint Thomas, de soulever le poids énorme de la terre ; et, selon Bossuet, « cette action vive et vigoureuse, cet esprit délicat et ces vastes connaissances dont Dieu les dota en les créant ». « Les démon, dit l'abbé Soyer, ne peuvent se tromper en aucune science ; il n'y a, pour eux, d'erreur possible que dans les choses de l'ordre surnaturel ».

Concluons de là que la science la plus élevée, l'esprit le plus vaste, le génie le plus sublime, que tous les dons naturels, en un mot, sont fort peu de chose en eux-mêmes, puisque Dieu les laisse à ses plus grands ennemis. Hélas ! L'expérience prouve que ces dons sont même très dangereux, quand ils ne sont pas accompagnés d'humilité !.. En lisant cette réflexion, quel est celui qui ne se rappelle un génie tombé ?...

Périsse tout don extérieur qui m'entraînerait vers l'orgueil, ô mon Dieu !.. Anges de l'Humilité, vous qui, seuls, êtes demeurés fidèles, je vous en conjure, offrez à Dieu mon âme et mon corps, et obtenez que j'estime de préférence tout ce qui, en eux, m'abaisse. Que je rapetisse, me détruit, afin que, recouvert du Sang divin, mon néant germe l'humble vertu qui produit la gloire éternelle. Ainsi soit-il.

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Treizième jour

L'habitation des Démons

 

" Michel combattit avec ses Anges, dit l'Ecriture, et le dragon fut précipité sur la terre ». Suivant la doctrine de saint Pierre et de saint Paul, les démons habitent la terre et l'enfer. Voici comment saint Thomas explique la chose :

« La Providence conduit l'homme à sa fin de deux manières : directement, en le portant au bien : c'est le ministère des bons Anges ; indirectement, en l'exerçant h la lutte contre le mal. Il convenait que cette seconde manière de procurer le bien de l'homme fut confiée aux mauvais anges, afin qu'ils ne fussent pas entièrement inutiles à l'ordre général. De là, pour eux (d'ici à la fin du monde), deux lieux de tourments : l'un, à raison de leur faute, c'est l'enfer ; l'autre, à raison de l'exercice qu'ils doivent donner à l'homme, c'est l'atmosphère ténébreuse qui nous environne... »

Quel spectacle ! Les démons toujours en contact avec l'homme, luttant toujours contre l'homme ! Cette condition, que nous devons subir, prouve que l'homme aussi doit gagner sa couronne. Jésus, par l'effusion de son Sang, a rétabli l'humanité dans ses droits à l'héritage du royaume céleste ; mais l'homme n'y parviendra que par la guerre et la victoire... Eh ! Quelle guerre que celle qu'il nous faut soutenir contre ces légions de mauvais anges qui veulent à tout prix nous empêcher d'occuper les trônes qu'ils ont perdus !

Jésus ! Ô Marie ! Ô saints Anges ! Venez a notre aide. Tout l'enfer est déchaîné contre nous qui ne sommes que des roseaux d'autant mieux disposés à plier, au moindre souffle, que la chute de notre premier père a créé, dans notre être, des similitudes avec l'ange déchu qui nous inclinent, comme naturellement, vers les appas qu'il nous présente. Par pitié pour le Sang divin, envoyez saint Michel et ses légions terrasser nos implacables ennemis. Ainsi soit-il.

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Quatorzième jour

Le nombre des démons

 

Le nombre des démons qui infestent l'air est si grand que, s'ils n'étaient des êtres tout à fait spirituels, ils empêcheraient les rayons du soleil d'arriver jusqu'à nous.

Non seulement chaque homme a un démon particulier qui le moleste, mais il n'y a pas une seule créature visible dans l'univers qui n'ait aussi son démon spécial. Tertullien dit que le diable se plaît à reposer dans les eaux, dans les fontaines, dans les lacs et dans les ruisseaux. C'est peut-être pour cette raison que le Rituel s'ouvre par des exorcismes sur l'enfant qui se présente au baptême, et sur l'eau qui le doit baptiser. Un passage de Porphyre, cité par Eusèbe, attire notre attention : « Toute habitation, dit-il, est pleine de démons. C'est pourquoi on la purifie, en les chassant, toutes les fois qu'on veut prier Dieu ».

En quoi consiste cette purification ? Dans le Signe de la croix, qui épouvante l'enfer et met les démons en fuite ; dans le signe de l'Eau bénite qui produit le même effet. Ô sagesse de notre Mère la sainte Église ! Elle protège nos demeures et nos personnes contre les démons, en bénissant l'eau, les pieuses images, jusqu'aux branches d'arbres dont la piété se fait un bouclier contre Satan et en nous couvrant d'objets bénits !

« Bien plus, continue Porphyre, tous les corps sont remplis de démons... Ainsi, lorsque nous nous mettons à table, ils ne prennent pas seulement place près de nos personnes, ils s'attachent, encore à notre corps ».

Admirons encore ici la prévoyance de la sainte Église qui enseigne à ses enfants de ne se mettre jamais à table, pour prendre leurs repas, avant d'avoir dit le Bénédicité, et de l'avoir fait précéder et suivre du Signe de la croix. C'est le Précieux Sang qui donne à l'Eglise la puissance de ses bénédictions ; parce que l'Eglise est, en quelque sorte, le corps crucifié de Jésus-Christ, et que ce corps n'opère rien sans qu'il ne découle de sa tête, de ses mains ou de son Cœur le Sang qui rend son action efficace.

Ô saints Anges, protégez-nous contre les démons ; protégez nos familles, nos demeures, tout ce qui nous appartient. Augmentez chaque jour en nous la dévotion dans les objets bénits et dans toutes les saintes pratiques de notre Mère l'Eglise, lesquelles ne sont que de mystiques écoulements du Précieux Sang. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges », publié en 1893 par le Monastère du Précieux Sang, à Saint Hyacinthe (Canada)

 

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