30 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

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Trente-et-unième jour

Union habituelle que l'âme fidèle doit entretenir avec son divin cœur

 

Voix de Jésus

 

« Je t'ai déjà montré, ô mon fils, les principaux caractères du vrai Chrétien, caractère que tu dois t'efforcer d'imprimer en toi-même pour que ton cœur soit digne du Mien: tu as pu comprendre ce que tu dois avoir de détachement du monde, de douceur, de résignation pieuse dans les afflictions, de Miséricorde, de zèle pour la justice et la perfection, de pureté de cœur, d'amour de la paix, de généreuse fermeté au milieu de la persécution endurée pour la justice. Si tu accomplis fidèlement ces devoirs, tu Me seras agréable, tu deviendras un membre chéri de Mon Corps Mystique, un des bien-aimés de Mon Divin Cœur. Mais Je veux encore t'apprendre comment les âmes pieuses s'appliquent à entretenir leur union habituelle avec Moi, comment un cœur tout dévoué au Cœur de Jésus nourrit sans cesse par ses soupirs la Flamme Céleste qui Le dévore. Dans ses discours il s'unit à Mes discours, et il se plaît à parler de Mon Amour incomparable; dans ses repas il se souvient de Mes jeûnes, de Mes mortifications; il s'unit à la tempérance, à la réserve et à la modestie qui présidaient, en Ma Divine Personne, aux tables où Je daignais M'asseoir; dans le sommeil il s'unit à la paix, à l'innocence, à la Sainteté de Mon repos; dans la veille, il agit avec Moi, sanctifiant ce qu'il fait par ce que J'ai fait de semblable sur la terre; il agit comme Moi, s'efforçant d'imiter en tout Ma perfection; il agit par Moi, sous l'impulsion de Ma Grâce et de Mon Amour; il agit pour Moi, ne cherchant d'autres avantages que Ma Gloire et le bon plaisir de Mon Divin Cœur. S'il est seul, il s'unit à la solitude de son Jésus qui, loin du monde, et se séparant même de Ses chers Disciples, passait les nuits en prière sur la montagne. S'il se trouve au milieu des agitations du siècle, il s'unit à Moi conversant avec les enfants des homme, et répandant sur eux des paroles de grâce et de vérité. Mais c'est surtout dans ses exercices de piété qu'il s'unit à Moi plus intimement comme à l'auteur et au consommateur de la Foi, comme au principe, à l'objet, au but et au terme de toute la religion; comme à la source inépuisable des mérites qui seuls peuvent faire monter vers le Ciel les élans de sa dévotion en odeur de suavité: ainsi, il ne prie jamais qu'en Mon Nom, et en offrant au Père céleste la médiation toute-puissante de l'Agneau toujours immolé, toujours vivant. Regarde et fais selon ce modèle, ô mon fils! »

 

Réflexion

 

Cette vie d'union intime au Cœur de Jésus serait à la fois et un beau témoignage d'amour pour Lui, et la source la plus abondante de grâces et de bénédictions pour mon âme. Vivre avec Jésus, vivre comme Jésus, vivre par Jésus, vivre pour Jésus, quelle belle et douce vie, et de quelle riche moisson de gloire et de félicité éternelle une telle vie me serait le gage ! Pour cela, sans doute, il faut de l'application, il faut des efforts, ou plutôt il faut de l'amour, un amour généreux qui fixe les affections et toutes les puissances de l'âme au cœur du divin Maître Mais aussi ne serai-je pas amplement récompensé de cette application, de ces efforts, de cet amour, même dès ce monde, par la douce consolation d'être tout à celui qui seul a un droit souverain sur mon cœur; par le bonheur de penser que, si je suis en état de grâce, chacune des actions qui partagent ma vie, faites en union avec le Divin Médiateur, m'assurent autant de degrés d'une récompense éternelle? Récompense tellement précieuse que l'œil de l'homme n'a rien vu, que l'oreille de l'homme n'a rien entendu, que le cœur de l'homme n'a pu rien sentir qui en approche!

 

Pratique

 

1° Quand vos regards viendront à se porter sur une image du cœur de Jésus, qu'un tendre soupir d'amour resserre le nœud sacré qui doit lier votre cœur pour jamais à celui de votre aimable Sauveur. 2° Habituez-vous à vous unir intimement, dès votre réveil, à ses adorables dispositions, et renouvelez cet acte d'union au commencement et à la fin de vos actions principales. Pour qui sait aimer, il y a bien de la douceur dans ces pieux élans d'un cœur chrétien qui s'efforce de ressembler à son divin modèle.

 

Bel exemple d'union habituelle de l'âme avec le Divin Maître

 

Rien de plus édifiant que les dispositions intérieures d'Armelle Nicolas, pieuse servante morte à Vannes, en 1671, comblée des grâces et des bénédictions du ciel. « Le divin amour, disait-elle au sujet de l'emploi qu'elle faisait habituellement de sa journée, le divin amour m'avait appris à l'avoir si continuellement en vue, que, depuis le matin jusqu'au soir, je n'avais d'autre objet en ma pensée; et si parfois j'en étais tant soit peu distraite, aussitôt je me remettais en la sainte présence de mon Dieu. Dès mon réveil, je me jetais entre les bras de mon divin Sauveur, comme un enfant entre ceux d'un père tendrement chéri; je me levais pour le servir et pour travailler à lui plaire. Si j'avais du temps pour vaquer à l'oraison, je me tenais à genoux et je lui parlais comme si je l'eusse vu de mes propres yeux. Là, je m'offrais toute à lui; je le priais qu'en moi fussent accomplies toutes ses volontés, qu'il ne permit pas que je l'offensasse en la moindre chose. Souvent je n'avais pas le loisir de réciter une courte prière dans toute la journée; mais mon cœur était aussi satisfait de travailler pour Dieu que de le prier, parce qu'il m'avait appris que tout ce qui est fait pour son amour est une véritable oraison. En m'habillant, je me tenais toujours en son adorable présence, et j'aimais à penser que c'était son amour qui me fournissait de quoi me vêtir. Quand ensuite j'allais au travail, mon Jésus ne me laissait point, ni moi non plus je ne le quittais pas, et je me trouvais aussi unie à lui que lorsque j'étais à la prière. Si je prenais mes repas, il me semblait que chaque morceau m'était présenté par sa divine Providence, et que lui-même prenait soin de me nourrir: ma reconnaissance en était accrue d'autant et enflammait de plus en plus mon amour. Quand les hommes me persécutaient par leurs paroles et leurs mauvais traitements, et les démons par leurs tentations et leurs vains artifices, aussitôt je m'adressais à mon aimable Sauveur; il me semblait le voir me montrer son cœur transpercé, ses plaies ouvertes pour m'y renfermer et m'y conserver en assurance; je m'y cachais comme dans une citadelle, et j'y étais plus forte que tout l'enfer. Le soir venu je m'endormais comme un enfant sur le sein de sa mère, en louant et en bénissant mon père céleste; et souvent le doux sentiment de l'amour me réveillait si fort, que je passais les nuits sans dormir, et les employais tout entières à aimer une bonté si aimable, qui ne m'abandonnait jamais, qui veillait toujours attentive à moi, sa chétive créature... O bonté infinie de mon Dieu, que votre amour est grand! Quelle union que celle qui ne s'interrompt jamais! Mon Dieu, ce n'est plus moi qui vis, c'est vous qui daignez vivre en moi ». (Vie des Justes dans les humbles conditions de la société, par l'abbé Carron.)

 

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29 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

76607647

Trentième jour

Bonheur qu'il promet aux âmes pacifiques et à celles qui souffrent persécution pour la justice

 

Voix de Jésus

 

« Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu ! Bienheureux donc ceux qui aiment la paix et qui la procurent aux autres ! Je suis le Dieu de ta paix, ô mon fils; Je fais habiter dans Ma maison ceux qui n'ont qu'un même esprit et un même cœur! Dans Ma bonté ineffable, Je fais lever le soleil sur les bons et sur les méchants, et tomber la rosée du Ciel sur les justes et sur les injustes; Je suis venu Moi-même au monde annoncer la Paix à ceux qui étaient éloignés et à ceux qui étaient proches, faisant disparaître toutes les inimitiés, pacifiant par Mon Sang tout ce qui est dans le Ciel et tout ce qui est sur la terre. Si donc tu veux être Mon digne fils, le digne enfant de Mon adoption, si tu veux être couronné dans la Gloire après cette vie, sois pacifique: que de ta bouche sortent toujours des paroles de conciliation et de paix pour adoucir toute amertume dans le cœur de tes frères; cherche toujours à prévenir les malins rapports, ou du moins à en empêcher les suites funestes; à prévenir ou à guérir les inimitiés, les froideurs, les défiances; à réunir enfin, à lier, par les chaînes de Mon Amour, tout ce qui est divisé, tout ce qui n'est pas étroitement uni. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux leur appartient. C'est ici la plus parfaite des béatitudes, ô mon fils, et celle que ton Sauveur a le plus sensiblement exprimée en Sa Personne par tout l'ensemble de Sa Vie mortelle. Réjouis-toi donc et tressaille d'allégresse, quand pour Moi tu te verras méprisé, haï, couvert de malédictions; la récompense sera grande dans le Ciel. Animé par la sainte pensée qu'ainsi tu deviens semblable à Moi et que tu travailles efficacement à conquérir le plus beau de tous les royaumes, soutiens avec courage, avec une fermeté inébranlable, les mépris, les railleries, les dédains, les menaces et les violences. Pour toi J'ai essuyé des maux bien plus redoutables. N'oublie pas, d'ailleurs, qu'au milieu de tes plus rudes épreuves, Je serai toujours avec toi pour te fortifier et t'animer à la victoire. Et si Ma Providence ne te ménage pas l'occasion d'un triomphe glorieux aux yeux des hommes, si tu n'as à combattre que dans le secret du cœur contre le démon et contre ta nature dégradée; ah ! soutiens aussi généreusement la persécution des mauvais désirs, la persécution du dégoût et de la tristesse dans Mon service, la persécution de ces assauts de l'enfer qui semblent capables d'ébranler les cœurs des forts: c'est là encore une persécution pour la justice, qui te donnera droit à une belle part de mon royaume ».

 

Réflexion

 

Ai-je rempli jusqu'à présent les devoirs d'un cœur vraiment pacifique? Ai-je eu de l'attention pour éviter ce qui peut troubler la bonne intelligence avec ceux qui m'entourent? Attention à mon humeur pour la réprimer, à mes paroles pour les mesurer, à mes actions pour les régler, en sorte que le prochain n'ait qu'à se louer de mes égards, de ma déférence, de mon affabilité? Ai-je tâché, en toute occasion, de calmer les esprits, de les rapprocher, et de les ramener à la sainte union qui est le fruit de la charité évangélique? Ai-je fait des sacrifices pour conserver la paix avec ceux qui cherchaient à l'altérer? sacrifice de mes petits intérêts, de mes petits droits; sacrifice de l'amour-propre; sacrifice du caractère. Pour aider mon infirme nature à se plier à tout ce qu'exige l'amour de la paix, l'ai-je habituée à porter la croix, à marcher d'un pas ferme dans le chemin étroit et rude qui conduit à la véritable vie, à soutenir avec courage le poids des tribulations diverses qui assiègent l'homme ici-bas? Voilà devant moi Jésus, mon divin modèle : il marche par une voie de larmes et de souffrances, chargé du bois douloureux de son supplice; pourrais-je prétendre arriver à la gloire par un autre chemin que celui du Calvaire? Courage donc: ce sont ici les jours du travail et de l'affliction; ailleurs se lèveront, pour ne finir jamais, ceux de la joie et du repos dans le Seigneur.

 

Pratique

 

1° Afin de maintenir autour de vous la paix évangélique, suivez invariablement cette devise: « Aux paroles aigres ou piquantes, point de réplique; aux rapports peu charitables, point de foi; aux mauvais procédés, nulle attention; contre les offenses mêmes, nul ressentiment ». Il vous en coûtera; mais aussi vous vous rendrez digne du cœur de Jésus, qui vous a sauvé au prix de tant de patience et de charité. 2° Quelque difficulté que vous trouviez à vous soutenir dans la pratique de la vertu, quelques combats que vous ayez à livrer au monde, au démon et à vous-même, ne vous découragez pas; mais consolez-vous par la pensée que vous êtes dans la voie étroite où a marché Jésus, notre chef, dans la voie du ciel dont la croix doit vous ouvrir l'entrée.

 

Esprit de paix et patience chrétienne respectable supérieur de Séminaire

 

Monsieur de Lantages, prêtre de Saint Sulpice, premier supérieur du séminaire de Notre Dame du Puy, veillait continuellement sur lui-même pour se conserver toujours dans la pais, la douceur et la patience. Il trouvait une particulière satisfaction à répéter souvent ces paroles de saint Paul: Daigne le Seigneur diriger nos cœurs dans la charité divine et dans la patience de Jésus-Christ ! Et il était facile de remarquer les effets qu'elles produisaient sur lui dans tous les événements. Lorsqu'on oubliait de lui donner les choses dont il avait besoin durant sa vieillesse, ou qu'il était obligé de les attendre, même plusieurs heures dans sa chambre, par la négligence des domestiques, il se contentait de dire: « Si ce n'était que je sers le bon Dieu encore plus mal qu'on ne me sert, je me fâcherais ». Quand il voyait quelqu'un disposé à se troubler: « Ah ! Mon Dieu ! disait-il, ne nous inquiétons jamais de rien et n'inquiétons jamais personne ». C'était ce qu'il pratiquait lui-même en toute occasion. Aussi un domestique, qui l'avait servi pendant douze ans, rendait-il de lui ce témoignage: « qu'il ne l'avait pas vu une seule fois chagrin, de mauvaise humeur, ou avoir la moindre impatience ». Quoique M. de Lantages sentit vivement les offenses qu'il recevait, il n'en laissait jamais rien paraître au dehors, ni dans ses paroles, ni dans ses gestes, ni dans ses actions, ayant acquis, par un travail opiniâtre et par le secours de la grâce, un empire absolu sur lui-même. Bien plus, il en usait d'une manière si aimable avec les personnes qui, souvent, mirent sa patience à l'épreuve par les procédés les plus injustes, qu'on eût dit, à le voir, qu'il traitait avec ses plus familiers amis. Et quand on empoisonnait ses actions les plus saintes et qu'on le chargeait de quelque noire calomnie, au lieu de se plaindre ou d'accuser ses ennemis, il se contentait de répondre à ceux qui venaient l'en informer : « Je ne veux de réputation qu'autant qu'il est nécessaire pour rendre à Dieu les « services qu'il exige de moi. Je suis persuadé qu'il m'en conservera autant qu'il m'en faut pour cela; et si sa providence permet qu'elle me soit entièrement ôtée, ce sera une marque qu'il ne veut plus de mes services, et alors je demeurerai en paix ». (Vie de M. de Lantages, p. 331, 333, 355).

 

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28 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04

Vingt-neuvième jour

Bonheur qu'il promet aux miséricordieux et à ceux qui ont le cœur pur

 

Voix de Jésus

 

« Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde ! Bienheureux ceux qui exercent la Charité envers tous ceux qu'ils voient souffrir, envers les malades, envers les affligés, et qui adoucissent leurs maux, s'ils ne le peuvent autrement, du moins par des paroles de consolation, par de sages conseils, par des témoignages de tendre bonté. C'est là, ô mon fils, c'est là le plus beau de tous les sacrifices que le cœur de l'homme puisse M'offrir; car J'aime mieux la Miséricorde que l'immolation des victimes. Autant auront-ils eu de compassion pour leurs frères, autant en aurai-Je pour eux; il leur sera donné comme ils auront donné. Ils recevront selon ta mesure dont ils auront usé envers les autres. Et comme ceux qui sont injustes, sans pitié, ne trouveront sur eux qu'un Ciel d'airain, ainsi les miséricordieux trouveront-ils un ciel qui répandra sur eux une rosée de bénédiction. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur ! Oui, bienheureux, car c'est dans un tel cœur que Je Me plais à imprimer Mon Image, et ce cœur devient comme un beau miroir où se réfléchissent les rayons divins de Mon adorable beauté. Bienheureux, parce qu'ils me verront avec les yeux de la Foi; ils Me contempleront en eux-mêmes, où je ferai Ma demeure; et dès que la mort aura déchiré le voile, ils Me verront face à Face; ils Me connaîtront comme je les connais Moi-même; ils verront en Moi, avec un éternel ravissement, toute beauté, toute perfection, tout bien; et en Me voyant, ils M'aimeront de toutes les puissances de leur être, et ils M'aimeront sans fin, et ils seront remplis de l'abondance de Ma Maison, enivrés du torrent de Mes délices. O mon fils, vois le prix d'un cœur pur; vois combien tu dois chérir la sainte vertu qui plaît tant à Mon Divin Cœur; vois combien tu dois craindre que quelque sentiment trop humain ne vienne à faner en toi cette délicate fleur dont le parfum monte devant Moi comme une odeur suave. La pureté du cœur, c'est une glace polie, c'est un or affiné, c'est un lis d'une éclatante blancheur, c'est une fontaine limpide. Le plus léger souffle de la tentation, si tu manques de vigilance, peut ternir cette glace, cet or, flétrir ce lis, troubler cette belle fontaine ».

 

Réflexion

 

Quel besoin immense n'ai-je pas de Miséricorde? Hélas! qui pourrait dire tout ce que je dois d'expiation à la Justice Divine pour les jours de ma vie qui ne sont plus? Et maintenant encore, chaque nouveau jour n'apporte-t-il pas à ce compte que j'ai à rendre de mon administration passée, quelque dette nouvelle? Mais Dieu est si bon qu'Il voudra bien user envers moi de la Miséricorde dont j'aurai usé envers mes frères. Ah! si, par le passé, j'avais mieux compris tout ce qu'il y a d'avantageux pour moi dans cette bonté du Seigneur, que j'aurais eu de zèle pour pratiquer la Miséricorde envers les autres, en les soulageant dans leurs besoins, en les consolant dans leurs peines, en mêlant mes pleurs à leur infortune, en supportant avec patience et douceur tous leurs défauts! Quel besoin n'ai-je pas surtout de Miséricorde pour avoir profané en moi l'image de mon Dieu, et combien je dois désormais attacher de prix à la pureté du cœur, la conserver avec la plus vigilante délicatesse, après avoir permis si souvent aux passions de souiller en moi le temple du Saint Esprit ! Oh! Que je serais coupable, si, après avoir été si souvent victime de mon imagination, de ma mémoire, de mes affections, de mes sens, je ne me montrais pas gardien sévère de ces facultés dangereuses, qui me font, à chaque instant, courir le risque des plus tristes chutes.

 

Pratique

 

1° Rendez au prochain toute sorte de services, avec cette affectueuse bonté qui en double le prix, quelque répugnance que vous ayez pour sa personne; mais faites-le pour l'amour de Jésus: servir le prochain par sympathie ou par affection naturelle, ce ne serait pas mériter la béatitude attachée par Notre-Seigneur à la miséricorde. 2° Craignez et fuyez, comme on fuit le serpent, tout ce qui peut amollir le cœur ou flatter les sens afin de vivre comme un Ange dans un corps mortel, et de posséder toujours ce cœur pur qui verra Dieu.

 

Charité touchante d'une famille catholique arabe

 

« Balbeck, dit le P. de Géramb, dans son Pèlerinage à Jérusalem, est l'Héliopolis ou ville du soleil des anciens. Un mur d'enceinte délabré donne une idée assez exacte de l'étendue qu'elle avait autrefois; mais à part quelques masures et un petit nombre de maisons de terre, l'intérieur n'offre qu'un emplacement vide ou des décombres; l'habitation de l'Evêque n'est elle-même qu'une espèce de chaumière plus obscure et plus étroite que celle de nos paysans d'Europe... Je ne voulais me rendre incommode ni à l'Evêque ni aux habitants, en leur demandant l'hospitalité; d'un autre côté, je désirais me trouver le plus près possible du temple célèbre de la ville du soleil, un des plus magnifiques et des moins dégradés que nous ait laissés l'antiquité. J'allai chercher un gîte sous quelques arbres, dans son voisinage, à côté d'un moulin. Il y avait tout au plus une heure que j'y étais établi, quand je vis venir à moi un jeune enfant grossièrement vêtu, mais de la figure la plus intéressante et la plus modeste: il m'apportait un fromage et quatre petits pains. Il était envoyé par ses parents, Arabes catholiques, qui, déjà informés qu'il y avait sous les arbres un religieux pèlerin, s'étaient hâtés de pourvoir à son dîner. Il me serait difficile de dire combien cette pieuse attention me toucha. L'affreuse misère qui pesait sur Balbeck et sur tout le pays, la pauvreté personnelle de ceux qui partageaient ainsi leur nourriture avec moi, l'air empressé du petit messager qui me faisait signe de manger, la douce joie qu'il montrait d'avoir rempli la commission de ses bons parents: il n'en fallait pas tant pour m'attendrir au delà de toute expression et me faire mettre un haut prix à leur bienfait. A peine m'eut-il quitté que, les yeux fixés sur ce que je venais de recevoir, je me mis à pleurer; et lorsque, plus tard, je portai à la bouche ce don de l'indigence, je versai de nouvelles larmes; et rarement j'en ai versé de plus douces. Le soir, il reparut avec un don semblable à celui du matin. Il me saluait, déposait son offrande à mes pieds et s'éloignait. A cette seconde visite, je voulus le récompenser; il refusa longtemps opiniâtrement, et ne finit par accepter que dans la crainte de me faire de la peine. Hélas! qu'était-ce devant Dieu que ma générosité auprès de l'admirable charité de ces pauvres Arabes envers un étranger qu'ils n'avaient jamais vu, de qui ils n'avaient rien à espérer, et qu'ils ne devaient revoir jamais?... Que dis-je, jamais? Ah! celui qui récompense le verre d'eau saura bien distinguer, au milieu de la multitude pressée dans la vallée de Josaphat, ces bienfaisants Arabes; et là je raconterai avec délices à mon Dieu et à mon juge l'indulgente bonté des habitants du désert. Ah! si les pleurs de la veuve désolée, si les cris de l'orphelin, si les cheveux blancs du vieillard courbé sous le poids des années et de l'indigence, n'attendrissent pas nos cœurs, ne déchirent pas nos entrailles, que notre éternelle destinée sera différente de celle de ces pauvres Arabes, qui se laissent si facilement émouvoir à la vue d'un pèlerin d'Europe venant se reposer de ses longues fatigues à l'ombre de leurs palmiers?... (Lettre XLIV).

 

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27 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-huitième jour

Bonheur qu'il promet à ceux qui pleurent et à ceux qui ont faim et soif de la justice

 

Voix de Jésus

 

« Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés ! Ah ! La nature ne comprend rien à ce bonheur, ô Mon fils: elle n'a que des yeux charnels qui ne savent pas voir les choses de Dieu. Mais il n'est pas moins vrai cependant que pour le fidèle il y a du bonheur dans les larmes. Oh ! qu'il lui est doux de penser, au milieu des afflictions les plus amères, qu'il marche dans une voie teinte du Sang de son Sauveur, et par laquelle il a fallu que l'Homme-Dieu entrât dans Sa Gloire ! Qu'il lui est consolant de se dire que bientôt viendra aussi pour lui la joie du Seigneur, la joie éternelle ! Oui, bientôt: si quelques instants ne sont rien par rapport à la vie entière, qu'est-ce que quelques jours, quelques années, qu'est-ce que la vie la plus longue par rapport à l'éternité, où Dieu Lui-même essuiera toutes tes larmes. Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés ! Bienheureux ceux qui rendent à Dieu ce qu'ils lui doivent, et au prochain, en vue de Dieu, ce qui lui est dû, et à eux-mêmes ce qu'ils se doivent, en cherchant avant tout le royaume de Dieu qui est le souverain bien! Bienheureux ceux qui désirent ardemment que les droits inviolables du Très-Haut soient reconnus et respectés de tous les hommes, et que l'injustice, qui déshonore si souvent la terre, voie son empire diminuer de jour en jour. Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la perfection à laquelle plus ou moins tous les fidèles doivent tendre! Ils seront rassasiés, dès ce monde, par l'accomplissement de leurs désirs; car Je Me plais à faire la volonté de ceux qui sont pénétrés d'une crainte filiale envers Moi; et dans le Ciel ils auront le plein rassasiement de leur cœur. Alors, si tu mérites d'être de cet heureux nombre, ô Mon fils ! tu n'auras plus de faim, tu n'auras plus de soif, parce que tu ne désireras plus d'autres jouissances que celles que tu goûteras sans mesure, étant comme abîmé dans l'Océan de Mon Bonheur.

 

Réflexion

 

Ai-je supporté jusqu'aujourd'hui les afflictions en vrai chrétien, en vrai disciple de Jésus couronné d'épines ? Ai-je pleuré avec résignation et confiance ? Ai-je regardé avec un grand esprit de Foi le Calvaire du haut duquel mon Divin Sauveur m'encourage à le suivre, et le ciel d'où Il me montre la place qu'il me réserve et dont l'espérance est si capable d'adoucir toutes mes amertumes ? Ai-je eu faim et soif de la justice ? A la pensée de toutes les iniquités qui souillent le monde, ai-je dit à Dieu avec le Roi-Prophète: Je sèche de douleur à la vue de ceux qui foulent aux pieds Votre Loi ? Ai-je plaint cordialement tous ceux que j'ai vus devenir victimes de quelque injustice de la part des hommes ? Ai-je ressenti une ardeur vive, un désir pressant de me sanctifier toujours davantage, de rendre de jour en jour mes pensées, mes désirs, mes paroles, mes œuvres, plus semblables aux affections, aux paroles, aux œuvres de Jésus, mon adorable modèle ? Ou plutôt n'ai-je pas reculé dans la voie de la justice et de la sainteté ? N'étais-je pas meilleur jadis que je ne le suis présentement aux yeux de Dieu ? N'avais je pas plus de ferveur dans mes prières, plus de fidélité à mes exercices, plus d'horreur du péché, plus d'application à plaire à Dieu et à lui témoigner mon amour ? Hélas ! Hélas ! serait-il vrai que je fusse réduit à regretter les jours passés, et que l'abondance des grâces que j'ai reçues n'eût produit en moi qu'un relâchement déplorable ?

 

Pratique

 

1° Servez-vous de toutes les occasions d'afflictions et de larmes qui se présentent pour vous détacher des choses Créées, et vous attacher plus étroitement à Dieu, le seul vrai bien, le seul qui ne change point et ne passe point: vous mériterez ainsi la consolation promise à ceux qui pleurent chrétiennement. 2° Faites, chaque jour, un pas de plus vers la perfection; et si vous tombez souvent, humiliez-vous devant Dieu, et relevez-vous chaque fois avec un nouveau courage, avec une nouvelle confiance, et une nouvelle ardeur pour la justice: Si nous déracinions, chaque année, un seul vice, dit le pieux auteur de l'Imitation, bientôt nous serions parfaits.

 

Parfaite résignation de Saint François de Borgia et son abandon à la Volonté de Dieu

 

La duchesse Éléonore de Castro, épouse de saint François de Borgia, étant dangereusement malade, le saint, qui lui était tendrement attaché, n'omit rien pour obtenir de Dieu sa guérison: il redoubla ses jeûnes, ses prières et ses aumônes. Un jour que, prosterné dans sa chambre, il priait pour elle avec beaucoup de ferveur, il entendit, au dedans de lui-même, comme une voix qui lui disait: « Si vous voulez que je laisse plus longtemps votre femme en cette vie, elle guérira; mais je vous avertis que ce ne sera ni votre avantage ni le sien ». Il fut toujours persuadé, depuis, que cette voix avait été un avertissement du ciel. Frappé de ce qui venait de se passer, et tout brûlant d'amour pour Dieu, il fondit en larmes, et s'écria: « Qui êtes-vous, Seigneur, et qui suis-je, pour que ma volonté se fasse plutôt que la vôtre? Qui sait mieux que a vous ce qui m'est convenable, et qu'ai-je à désirer hors de vous ? » Il offrit en même temps à Dieu la vie de la duchesse, la sienne, celle de ses enfants, et tout ce qu'il avait au monde. Depuis ce jour-là, la maladie de la duchesse augmenta de plus en plus, et elle mourut le 27 mars 1546. François avait alors trente-six ans; il se consola d'une perte si sensible par le souvenir des héroïques vertus qu'Eléonore avait pratiquées, et par celui des sentiments de piété tendre avec lesquels il l'avait vue faire le sacrifice de sa vie... Quelques jours après, il fit une retraite conformément aux exercices de saint Ignace, sous la conduite du Père Le Fèvre ; et il résolut de se consacrer à Dieu dans quelque ordre religieux, ce qu'il désirait depuis longtemps. 11 choisit la Société de Jésus, dont la règle lui parut mieux convenir aux vues de zèle qui l'animaient, et à l'éloignement qu'il sentait pour les dignités ecclésiastiques. Le sacrifice de lui-même qu'il fit à Dieu, fut sans réserve : il fit son testament, acquitta par avance toutes les charges qui y étaient portées, et, quand il eut terminé toutes ses affaires: « Voilà donc, dit-il, mes chaînes enfin brisées; mon âme est comme l'oiseau échappé des pièges du chasseur ». Quand il eut fait profession, on vit éclater en lui les plus admirables vertus. Mort au monde et à lui-même, intimement pénétré de la bassesse de son néant et de la grandeur de la bonté divine, il soupirait vers Dieu avec une ferveur continuelle, déplorant l'aveuglement des mondains qui ne cherchent que les créatures. Ayant appris, dans les rues de Valladolid, la nouvelle de la mort subite de sa fille, la comtesse de Lerma, qui était encore plus recommandable par sa piété que par ses autres qualités louables, il s'arrêta, pria quelques instants pour elle et continua son chemin: il allait pour lors à la cour. Lorsqu'il y fut arrivé, il s'entretint avec la princesse comme à son ordinaire, et, en la quittant, il recommanda à ses prières l'âme de la comtesse de Lerma. « Eh ! Quoi ! dit la princesse, a-t-on jamais vu quel« qu'un aussi peu touché de la mort de sa fille? » « Madame, répondit le Saint, elle ne m'avait été que prêtée: le Maître l'a appelée à lui. Ne dois-je pas le remercier de me l'avoir laissée si longtemps, et de l'avoir ensuite fait entrer dans sa gloire, comme je l'espère de sa miséricorde ? » Il dit encore, dans une occasion semblable: « Depuis que le Seigneur m'a fait la grâce de m'appeler à son service, et de lui donner tout mon cœur, j'ai tâché de me résigner si parfaitement à sa volonté, qu'aucune créature morte ou vivante ne pût jamais me jeter dans le trouble ». (Vies des Saints, de Godescard).

 

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26 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04

Vingt-septième jour

Bonheur qu'il promet à la pauvreté d'esprit et à la douceur

Voix de Jésus


« Je t'ai dit, ô Mon fils, combien tu Me dois ton amour; écoute maintenant à quels caractères se reconnaît l'accomplissement de ce grand devoir. Sans doute, de prime abord, la pratique des vertus que ces caractères supposent, a de quoi effrayer la nature; mais, prends courage, le bonheur y est attaché, le vrai bonheur, qui ne finit point. Bienheureux, ai-Je dit, bienheureux sont les pauvres d'esprit. Bienheureux ceux qui ont tout quitté pour me suivre, et ceux qui ont le cœur détaché des choses de la terre, et ceux qui supportent la pauvreté sans murmure et sans impatience, et ceux qui n'ont pas le fol amour des richesses, l'orgueil et l'avidité insatiable d'attirer tout à soi! Bienheureux, parce que te royaume des deux est à eux!.... Un royaume ! Un royaume dans le ciel ! Un royaume avec Dieu et inséparable du sien, éternel, et qui ne laisse rien à désirer ! Pourrais-tu ne pas détacher ton cœur de tout, pour y avoir part? Pourrais-tu ne pas t'encourager à ce sacrifice par les exemples de pauvreté que t'a laissés le Cœur de ton Jésus? Né d'une mère pauvre, confié aux soins d'un pauvre artisan, j'ai mené une vie pauvre, sustentée par le travail de mes divines mains; plus tard, quand j'ai commencé à prêcher l'Évangile, ce sont des pauvres que j'ai associés à l'œuvre de Mon Ministère, et pour notre commune subsistance je n'ai pas dédaigné le secours de l'aumône. Encore même aujourd'hui, au sacrement de Mon Amour, je consens à reposer, bien souvent, dans de pauvres églises, dans de pauvres Tabernacles. Bienheureux ceux qui sont doux ! Ceux qui sont sans aigreur, sans enflure, sans dédain, ceux qui ne cherchent à prendre avantage sur personne, qui respectent les malheureux, qui ne choquent pas même les superbes. Bienheureux ceux qui n'opposent point l'humeur à l'humeur, la violence à la violence, mais qui tâchent de corriger les excès d'autrui par leur patience et leur mansuétude; bienheureux, car ils posséderont la véritable terre de promission, cette terre où coulent le lait et le miel cette terre nouvelle où toute douceur abonde! Il est vrai, Mon fils, que, quand on a de l'aigreur et de l'amertume dans le cœur, il est mal aisé de ne pas en répandre le venin sur ses frères. Mais regarde ton Jésus, et tu sauras te vaincre: vois cet Agneau qui n'a pas ouvert ta bouche et qui s'est laissé conduire muet à la mort après avoir été indulgent pour les pécheurs, pacifique au milieu des séditieux, patient et dans un humble silence au milieu de ses calomniateurs. Et encore aujourd'hui ne suis-je pas patient et muet au milieu des profanateurs de mon Sacrement adorable? »

 

Réflexion

 

Bonté, suavité, miséricorde, clémence, bénignité, mansuétude : mots impuissants pour rendre ce qu'il y a de divine douceur dans le cœur de Jésus. Et moi à qui il a été donné si souvent d'unir mon cœur à ce cœur sacré dans la sainte communion, hélas ! je suis encore plein d'impatience et d'emportement, plein de dépit contre tout ce qui me déplaît, contre ceux môme qui veulent m'être utiles en me faisant connaître mes défauts. Ah ! tout ce mal vient de l'orgueil qui ne peut souffrir d'être contrarié, d'être humilié, qui s'irrite d'avoir à s'avouer la vérité à lui-même. Et l'orgueil, qu'est-ce qui le nourrit ? N'est-ce pas l'attachement déréglé que j'ai pour moi et pour tout ce qui m'entoure dans ce monde ? Si j'étais véritablement pauvre d'esprit, si Dieu seul était le principe et la fin de toutes mes affections, je ne vivrais plus que de l'impulsion de sa grâce, et je pratiquerais, en toute occasion, la douceur dont Jésus m'a donné et dont il me donne encore de si touchants exemples.

 

Pratique

 

1° Pour vous détacher de tout ce qui n'est pas Dieu, rappelez-vous souvent que vous aurez un terrible compte à rendre de tous les biens qui sont en vous, soit de l'âme, soit du corps, ainsi que de tous ceux qui sont hors de vous, et dont le Seigneur vous a donné la possession. Quelle folie d'enchaîner votre cœur à ce qui peut devenir un jour la matière de votre condamnation! 2° Habituez-vous à garder le silence, lorsque vous vous sentez ému par quelque chose qui heurte votre humeur ou votre amour-propre : c'est le meilleur moyen de prendre sur votre nature l'empire nécessaire pour vous gouverner selon les règles de la douceur chrétienne.

 

Pauvreté d'esprit de Sainte Elisabeth de Hongrie

 

La vie de sainte Elisabeth de Hongrie offre l'un des plus beaux modèles de la pauvreté d'esprit, tant recommandée par l'Evangile. Après la mort prématurée de son jeune époux, tout change dans sa vie, dit M. de Montalembert dans la belle histoire qu'il a publiée de la sainte duchesse de Thuringe; Dieu prend la place de tout dans son âme. Le malheur se plaît à l'accabler; elle est brutalement chassée de sa résidence souveraine; elle erre dans la rue avec ses petits enfants en proie à la faim et au froid, elle qui avait nourri et soulagé tant de pauvres; nulle part elle ne trouve un asile, elle qui en avait tant donné. Mais quand ses injures sont réparées, elle n'en est pas plus réconciliée avec la vie. Restée veuve à vingt ans, elle méprise la main des plus puissants princes: le monde lui fait mal; les liens de l'amour mortel une fois brisés, elle se sent blessée d'un amour divin; son cœur, comme l'encensoir sacré, se ferme à tout ce qui vient de la terre, et ne reste ouvert que vers le ciel. Elle contracte avec le Christ une seconde et indissoluble union; elle le recherche et le sert dans la personne des malheureux: après leur avoir distribué tous ses trésors, toutes ses possessions, quand il ne lui reste plus rien, elle se donne elle-même à eux; elle se fait pauvre pour mieux comprendre et mieux soulager la misère des pauvres; elle consacre sa vie à leur rendre les plus rebutants services. C'est en vain que son père, le roi de Hongrie, envoie un ambassadeur pour la ramener auprès de lui; ce Seigneur la trouve à son rouet, décidée à préférer le royaume du ciel à toutes les splendeurs royales de sa patrie. « Dites à mon seigneur père, répond-elle, que je me trouve plus heureuse dans cette vie méprisable, qu'il ne peut l'être dans sa pompe royale; et que, bien loin de s'affliger à cause de moi, il doit bien plutôt se réjouir de ce qu'il a une enfant au service du grand Roi des cieux et de la terre ». En échange de ses austérités, de sa pauvre volontaire, du joug de l'obéissance sous lequel elle brise chaque jour tout son être, son divin époux lui accorde une joie et une puissance surnaturelles. Au milieu des calomnies, des privations, des mortifications les plus cruelles, elle ne connaît pas une ombre de tristesse; un regard, une prière d'elle suffisent pour guérir les maux de ses frères. A la fleur de son âge, elle est mûre pour l'éternité, et elle meurt en chantant un cantique de triomphe, qu'on entend répéter aux Anges dans les cieux. (Histoire de sainte Elisabeth, par Monsieur de Montalembert, Introduction).

 

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25 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04

Vingt-sixième jour

Précieux avantages de notre amour envers ce divin Sauveur

Voix de Jésus


« O mon fils ! C'est injustice que de ne pas m'aimer: je suis le souverain bien. C'est ingratitude: Je t'ai aimé le premier, et Je t'ai tant aimé ! C'est folie; car ce n'est qu'en aimant ton Jésus, et en t'aimant par-dessus tout, que tu peux trouver le vrai bonheur pour cette vie et pour la vie éternelle. Sans Mon Amour, en effet, que te servira la science ? Que te servira la richesse ? Que te serviront tous les biens de la terre ? Que te serviront même les vertus purement humaines qui attirent le plus l'admiration des mortels ? Mais si tu M'aimes comme tu le dois, ce qui est inutile par sa nature te deviendra profitable et te procurera un gain d'une valeur immense; avec Mon Amour, ce qui est fâcheux, ce que le monde appelle malheur, infortune, tu l'appelleras d'un tout autre nom en tournant vers le Ciel des regards de confiance. Les infirmités, les fatigues, les mépris, l'adversité, la tristesse, les peines de toute sorte qui affligent la nature humaine déchue, et qui parfois semblent l'accabler, cet amour te les rendra supportables; il t'y fera même trouver des consolations d'autant plus précieuses qu'elles seront comme un gage de la possession de cette patrie véritable où tout sera compté, tout payé, tout récompensé au centuple et à jamais. Mon Amour est un bien sans prix: Rien n'est plus doux, rien n'est plus fort, rien n'est plus noble et plus élevé; il n'est rien de meilleur au Ciel et sur la terre. Ah! Si tu le laissais dominer sans réserve dans ton cœur, Il serait ton soulagement, ton soutien, ton repos, ta paix; Il ferait ton bonheur, même dans ce monde. Qu'y a-t-il de plus désirable que cette Paix de Dieu, cette paix si suave qui surpasse tout sentiment, et dont Mon Amour est la source ? Qu'y a-t-il de comparable à ces joies si pures, si délicieuses, que Je me plais à répandre dans les âmes qui ne veulent que Moi, qui ne cherchent que Moi et qui Me consacrent toutes leurs puissances, tout leur être? O Mon fils travaille ardemment à te rendre digne d'en faire l'heureuse expérience: tu pourras t'écrier alors, dans le pieux élan de ton admiration et de ta gratitude, que tu as senti d'avance quelque chose du Ciel ».

 

Réflexion

 

N'est-il pas étrange, en vérité, que le Cœur de Jésus, qui m'est constamment ouvert, m'offrant des avantages si précieux, et n'attendant pour m'en faire jouir, que le retour sincère de tout mon amour, je sois encore dans la même indigence, dans les mêmes misères? Ah! c'est que, pour puiser dans ce trésor avec abondance, il faudrait que ma vie fût comme cachée en Dieu; et loin de là, ma vie est absorbée dans des joies périssables de la terre, dans de vaines satisfactions de la nature ou dans de petites passions que je laisse régner au fond de mon âme. Puissé-je, enfin, renoncer généreusement, irrévocablement à ce qui m'empêche d'être tout à Jésus et de vivre de son seul amour ! Que rien ne vienne dans mon cœur occuper une place au préjudice de cet amour sacré, qui a les promesses de la vie présente et de la vie future; et que je n'aie plus de goût que pour les choses qui sont au-dessus de ce monde.

 

Pratique

 

1° Appliquez-vous à vous faire une pieuse solitude au fond de votre cœur, où vous conserviez, au milieu même des affaires du monde, le sentiment de la présence de votre bien-aimé Sauveur, les jours surtout où vous avez le bonheur de communier. 2° Puisez dans son cœur divin le principe de toutes vos pensées, de toutes vos paroles, de toutes vos actions, en sorte que tout en vous procède de son amour et vous ramène à son amour.

 

Esprit de recueillement d'une âme vraiment pieuse

 

Il est peu d'âmes qui aient su apporter autant de constance et de fidélité au souvenir de la présence de Dieu que Melle Victorine de Galard-Terraube, dont il a été déjà parlé au premier jour. Au milieu des occupations les plus distrayantes, elle conservait une intime union avec le divin époux: « Par obéissance à ses parents, dit a ce sujet Madame la Supérieure des Dames de Chavagnes d'Angoulême, qui la connaissait si bien, elle figurait au milieu d'une société choisie, mais sans interrompre son recueillement habituel: cette âme vraiment intérieure savait même faire, de temps en temps, une retraite de trois ou quatre jours au sein de sa famille et de ses amis, sans que personne pût s'en apercevoir, et sans perdre, pour cela, l'air riant et a gracieux qu'elle conservait toujours ». « Rien, en effet, n'était capable de la détourner de cette douce application, pas même ses longs et fréquents voyages, source ordinaire de tant de dissipation et de négligence, que l'auteur de l'Imitation n'a pas craint d'avancer que a ceux qui voyagent beaucoup, rarement se sanctifient. Elle-même avoue, dans ses notes, que la grâce demandait d'elle un esprit d'oraison continuel; et elle ajoute qu'elle s'efforçait, quoique sans contrainte, de fuir toutes ces distractions d'esprit qu'entraînent les choses de la terre, en donnant à celles-ci seulement l'attention que le devoir pouvait demander d'elle. On voit encore, dans ses notes, qu'elle pratiquait admirablement la pureté d'intention. Vers la fête de l'Assomption de l'année 1831, elle prit la généreuse résolution de consacrer spécialement, chaque jour, à Jésus-Christ, une heure qu'elle appelait l'heure du contentement parfait, et pendant laquelle elle s'efforçait de faire toutes ses actions pour lui plaire, et avec le plus de perfection qu'il lui était possible. Vers la fin de janvier 1832, la grâce la porta à consacrer ainsi à son bien-aimé, « non plus seulement une heure, mais toutes celles de la journée », ce sont ses propres expressions. Au commencement du carême de la même année, elle écrivait: « Jamais je n'ai commencé cette sainte quarantaine avec une aussi forte résolution de répondre enfin tout à fait aux grâces que le bon Dieu ne cesse de m'accorder, et de tout faire, jusqu'aux plus petites choses, dans la plus grande perfection qu'il me sera possible ». (Vie de Victorine de Galard-Terraube, 5e partie).

 

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24 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-cinquième jour

Titres qu'il se donne pour exprimer sa tendresse envers nous

 

Voix de Jésus

 

« L'amour M'a fait ton ami : ton ami véritable, qui donne tout, qui prodigue tout, qui ouvre tous Ses Trésors, qui supporte tout, qui sait tout pardonner au repentir; ami fidèle et constant, ami dans la prospérité, ami dans l'adversité, ami dans les tribulations, ami dans les infirmités, ami pendant la vie, ami à la mort. Ami au-dessus de tous les amis, Je t'ai aimé plus qu'aucun de tous tes amis ne pourrait t'aimer, plus que tu ne t'aimes, plus que tu ne peux t'aimer toi-même: Je t'ai aimé jusqu'à commander à tous les hommes de t'aimer sous peine de mériter Ma disgrâce; Je t'ai aimé jusqu'à te nourrir de Ma Chair et de Mon Sang, en attendant que dans le Ciel Je te fasse heureux de Mon bonheur, et que Je t'enivre d'un torrent de délices dans le sein de Ma Divinité. L'Amour M'a fait ton frère. Ton frère selon la nature: ne Me suis-je pas rendu en tout semblable à toi hormis le péché? Ton frère selon la grâce: n'es-tu pas devenu enfant de Dieu, par l'application des mérites infinis de Son Fils unique; et quand, après Ma Résurrection, Je disais: Je remonte vers Mon Père et votre Père ne t'avais-Je pas en vue aussi bien que Mes disciples? Ton frère par le droit que Je t'ai donné à Mon Héritage: car tu as été fait cohéritier de ton Sauveur, et ta fidélité à la Grâce peut te mettre en possession de la magnifique Gloire qu'Il a conquise par Ses travaux et par Ses souffrances. L'Amour M'a fait l'époux de ton âme. Vois par quel lien puissant Je l'ai unie à Moi: sur la Croix en donnant Mon Sang pour la racheter, dans l'Eucharistie en M'identifiant avec elle comme l'aliment s'identifie avec le corps qui s'en nourrit. Vois de quelle richesse Je l'ai ainsi dotée, de quels dons précieux Je l'ai couronnée: tous Mes Mérites, tous Mes biens sont devenus son partage; Je suis moi-même à elle tout entier; et Mon Cœur se plaît à lui faire entendre les noms si doux de ma colombe, ma bien-aimée ».

 

Réflexion

 

Jésus, mon ami; Jésus, mon frère; Jésus, mon époux! Quoi de plus touchant pour une âme qui sait aimer, comprendre et sentir! Ah! quel bonheur d'être élevé, du fond de la misère et de la corruption où je suis né, jusqu'à la dignité sublime qui m'est assurée par ces doux titres que le cœur de mon Dieu a daigné prendre pour m'attirer, pour me gagner tout à Lui, tout à Son Amour! Mais que j'ai mal soutenu jusqu'à présent la Gloire qui m'en revient! Que je me suis montré peu digne d'un tel Ami, peu digne d'un tel Frère, peu digne d'un tel Epoux! Oui, j'ai eu trop peu d'horreur pour tout ce qui pouvait ternir à ses yeux la pureté de mon âme; trop peu de zèle pour accroître, en travaillant à ma perfection, la beauté de cette épouse qu'il s'était choisie entre mille. O mon Dieu! puissé-je à l'avenir ne perdre jamais le sentiment de la dignité à laquelle Vous avez daigné m'élever, et correspondre, par toute ma conduite, à Votre immense Tendresse envers moi!

 

Pratique

 

1° Évitez avec soin les plus petits péchés volontaires : chacun affaiblit d'un degré l'amour qui vous unit à Jésus; chacun refroidit d'un degré son amour d'ami, de frère et d'époux envers votre âme. 2° Quand il vous échappe une faute, soyez fidèle à la réparer au plus tôt par un acte de la vertu contraire, ou par un pieux soupir vers le cœur de Jésus.

 

Sainte horreur d'une vierge chrétienne pour les moindres fautes

 

A quatorze ans, Anne-Félicité des Nétumières avait eu pour guide, dans les voies du salut, le célèbre M. Boursoul, curé de Rennes, saint prêtre, puissant dans les œuvres de son ministère. L'homme de Dieu s'était attaché à lui inspirer la plus grande horreur du péché, lui répétant souvent cette maxime: « Veillez continuellement sur vous-même, pour ne point offenser Dieu ». Ses paroles avaient porté leurs fruits: car, peu de jours avant que de mourir, dans cet instant où l'âme du juste ne craint plus rien du souffle contagieux de l'amour-propre, Félicité disait à une amie, en lui rappelant cette circonstance de sa jeunesse: « M. Boursoul m'avait si bien inspiré l'horreur du péché, que, si j'eusse vu l'enfer prêt à m'engloutir, et que, pour l'éviter, il eût fallu commettre volontairement la plus légère faute, je me serais précipitée dans cet abîme plutôt que d'y consentir. Non, non, quand ces sentiments sont une fois bien imprimés dans notre âme, ils ne s'effacent point, et, dès qu'on voit l'ombre d'une faute, on trouve une espèce d'impossibilité à la commettre ». Lorsqu'elle eut pris l'habit de religieuse, elle employait, pour se pénétrer d'une vive indignation contre ses manquements les plus légers, le souvenir continuel de la présence du Dieu trois fois saint, et s'appliquait à se retracer les traits les plus touchants de l'humanité du Sauveur. Tantôt elle l'envisageait comme le divin cultivateur arrachant de son âme ce qui n'était point parfait à ses yeux; tantôt comme un maître qui lui donnait de sublimes leçons; souvent comme un bon père qui corrige son enfant parce qu'il l'aime; d'autres fois, et le plus souvent, comme son bien aimé, son adorable époux. Un jour elle s'aperçut d'une faute que toute autre, peut-être, avec moins de délicatesse, aurait traitée de scrupule, et qui tenait plus à une sorte de méprise qu'à la volonté. Malgré ce témoignage consolant de sa conscience, la vivacité de ses regrets ne pouvait à ses yeux, expier son péché. Plusieurs fois elle s'en accusa, n'épargnant aucune pénitence capable de calmer la colère du ciel, qu'elle craignait d'avoir méritée. Mais comme elle ne sentait plus la même facilité à s'entretenir avec Dieu, l'idée qu'il s'était retiré d'elle la jetait dans l'accablement: elle se croyait la plus ingrate des créatures, et ne voyait plus, dans son divin époux, qu'un juge irrité, ce qui lui causait mille angoisses... Le Seigneur ne tarda pas à la récompenser de tant de zèle, en lui rendant la paix de l'innocence, la joie de l'amour divin et la confiance filiale en son divin cœur. On trouve des sentiments semblables, admirablement exprimés, dans l'extrait suivant d'une lettre à une de ses amies: « Au pied de votre Crucifix, lui disait-elle, réparez votre faute, par les plus tendres protestations: collez votre bouche sur les plaies de votre Sauveur, et dites-Lui: « O mon cher époux! je vous ai donc encore offensé! J'en suis pénétrée d'amertume; mon cœur a été surpris; il n'a point cessé de vous aimer; c'est lui qui vous supplie d'oublier mes torts; c'est de toute la force de ma volonté que je veux me faire violence jusqu'à la mort, plutôt que de consentir à vous déplaire jamais Vous exigez pour réparation ce que vous pourriez m'accorder pour récompense: que je vous répète l'assurance de mon amour, que je vous donne des preuves de ma confiance en venant me jeter dans vos bras... Que vous êtes bon!... Je voudrais passer les jours entiers à vous le dire! Ah! du moins, que tous les battements de mon cœur vous répètent que je vous aime; que j'ai le plus grand regret de vous avoir déplu, et que je voudrais faire connaître vos bontés à toutes les créatures, pour qu'elles pussent m'aider à vous marquer ma reconnaissance ». (Les Héroïnes chrétiennes, par l'abbé Carron).

 

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23 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-quatrième jour

Titres qu'il se donne pour exprimer sa charité envers nous

 

Voix de Jésus


« Après avoir considéré, ô mon fils, les prodiges d'Amour que Mon Divin Cœur M'a fait opérer pour toi: Mes douleurs et mes humiliations depuis le Jardin des Oliviers jusqu'au Calvaire; cet ineffable Mystère de l'Eucharistie qui est le Mémorial spirituel de Ma Charité, après avoir considéré cette Gloire admirable qui est le prix de Mon dévouement et dont Je réserve la participation éternelle à ta persévérance, écoute les titres touchants que Je Me suis donnés, et que Je veux ici rappeler à ton souvenir pour gagner de plus en plus ton cœur. C'est l'Amour qui M'a fait ton libérateur, ô mon fils ! Plein de compassion et de générosité, J'ai payé tes dettes à la Justice Divine; J'ai tout sacrifié pour te racheter. C'est pour ton Salut que Je Me suis imposé toutes les privations, que J'ai subi toutes les amertumes de Ma vie mortelle; pour ton Salut que J'ai livré Mon Corps aux souffrances, et que J'ai expiré sur le Bois de l'infamie. Ainsi, Je fus ta rançon, ta victime, et J'ai voulu l'être non-seulement une fois sur le Calvaire, mais encore tous les jours sur Mes Autels, dans tous les lieux et dans tous les temps, à toutes les heures du jour et de la nuit: le soleil ayant reçu l'ordre d'éclairer successivement toutes les parties de la terre, il n'y a point d'heure où Je ne sois offert quelque part en sacrifice. C'est Mon Amour qui, à la vue de l'état déplorable où t'avaient réduit la faute originelle et tes propres péchés, a ému Mon Cœur et lui a inspiré pour toi cette tendre sollicitude qu'éprouve un médecin dévoué pour celui qui est l'objet de ses soins et de sa plus vive affection. Je suis venu répandre l'huile et le vin sur tes blessures; J'ai pris sur moi tes langueurs; Je Me suis chargé de tes souffrances; pour te guérir J'ai été couvert de plaies et de meurtrissures. Mais J'avais aussi à te guérir de ton ignorance, suite funeste de la chute primitive: c'est pour cela que Je t'ai apporté du Ciel tes paroles de la vie éternelle, que Je t'ai éclairé de Mon admirable Lumière. Je suis venu pour t'enseigner la voie de la Vérité et de la justice; et afin de t'encourager à pratiquer fidèlement mes préceptes, moi-même Je t'ai donné l'exemple. C'est encore l'Amour qui M'a fait ton Pasteur et ton Guide. Je suis le Bon Pasteur, t'ai-Je dit dans Mon Évangile; Je connais Mes brebis, et Mes brebis Me connaissent; Je donne Ma vie pour elles. Je suis le Bon Pasteur: Je te cherche quand tu t'égares ; Je te rapporte au bercail quand tu t'en es éloigné, Je t'y nourris de Ma propre substance; Je Me plais à t'y prodiguer les plus doux témoignages de Ma Tendresse. Je te dis, dans l'effusion de Mon Cœur: Écoute-Moi, brebis chérie, toi pour qui J'ai le dévouement d'une mère: J'ai tout fait pour toi, et jusqu'à la fin Je te sauverai de tes ennemi; Je te porterai dans mes bras comme la mère presse son enfant sur son cœur; Je t'enivrerai de consolations. Une mère peut-elle oublier son enfant? peut-elle être sans pitié pour le fruit de ses entrailles? Quand même elle l'oublierait, Moi, Je ne t'oublierai jamais ».

 

Réflexion

 

J'étais par nature enfant de colère, conçu dans le péché, esclave du démon, condamné à la mort éternelle; et Jésus, plein d'amour, a daigné me délivrer, me racheter, moi, tout indigne, moi qui devais répondre si mal à Sa grande Miséricorde et à Son Amour infini. J'étais esclave de Satan, et il m'a fait enfant de Dieu: que ne dois-je pas faire pour conserver ce titre magnifique! Je méritais la damnation, et Il m'a donné droit à la gloire éternelle: pourrais-je m'exposer jamais volontairement à la perdre? J'étais aveugle, et Il m'a éclairé; j'étais sourd à la grâce, et Il m'a ouvert l'oreille du cœur; j'étais muet, incapable de dire le Nom du Père qui est dans les Cieux, et Il a délié ma langue pour la bénédiction et pour la louange; j'étais hors d'état de faire un pas dans la voie de la vertu, du vrai bonheur, et Il m'y a fait marcher avec assurance; j'étais faible contre la chair et le démon, et Il m'a fortifié pour le combat; j'étais couvert de la lèpre du péché, et Il m'a purifié; j'étais mort et Il m'a ressuscité, en me rendant la vie de l'âme: ô vie que je ne saurais assez estimer, sois-moi toujours précieuse au-dessus de tous les biens! Brebis égarée, j'étais déjà bien loin de mon Divin Pasteur, et je ne trouvais, hélas ! Que des pâturages maudits et des sources empoisonnées, quand Il est venu à moi pour me ramener au milieu de Ses brebis fidèles, qui se désaltèrent à la source de la véritable vie, et se nourrissent des aliments les plus substantiels. Mon Doux Jésus, pour tant de bontés, que Vous rendrai-je? Et qu'est-ce qui me coûtera désormais pour reconnaître tant de Charité !

 

Pratique

 

1° Gardez-vous de penser que, parce que votre Dieu s'est fait votre rançon, votre victime, vous n'avez rien à faire vous-même: Saint Paul vous dit que les membres de ce divin chef doivent accomplir en eux-mêmes sa passion. Mortifiez donc vos inclinations naturelles, réprimez surtout votre amour-propre, votre vivacité, votre vaine curiosité, votre trop grande délicatesse. 2° Au lieu d'écouter la nature qui pourrait vous porter à vous relâcher en quelque chose de vos saintes résolutions ou de vos pratiques pieuses, sachez la contrarier avec une sainte constance par gratitude et par amour envers votre libérateur, envers le céleste médecin de votre âme, envers votre bon pasteur.

 

Fidélité de la Duchesse d'Aiguillon à ses pratiques de piété

 

Monsieur du Ferrier, de la communauté des Prêtres de la paroisse Saint Sulpice, rend, dans ses Mémoires, le plus honorable témoignage aux vertus, et particulièrement à la haute piété de Mme la duchesse d'Aiguillon. Il en cite un trait des plus édifiants, bien capable d'exciter le zèle et la ferveur des âmes qui veulent s'adonner au service de notre divin Maître: « J'aurais une grande matière, dit-il, si je voulais parler des vertus et des libéralités de Madame la Duchesse d'Aiguillon. Je puis dire que sa générosité et sa charité allaient au delà de tout ce qu'on saurait penser: jamais elle ne refusa aucune des bonnes œuvres que nous lui proposâmes. Je me contenterai de rapporter d'elle, ici, une seule action qui fera juger du fond de sa piété. Une nuit, j'allai dans l'église de Saint Sulpice, après avoir pris mon repas, à onze heures environ, comme c'était mon ordinaire; j'étais devant le Saint-Sacrement, et j'entendis qu'on ouvrait la porte de l'église; je ne m'en mis pas en peine, sachant que, dans cette paroisse, on est souvent obligé d'administrer les sacrements aux malades pendant la nuit. Un peu après, quelqu'un vint se mettre à genoux derrière moi fort doucement. Lorsque j'eus achevé mes prières, je me levai, et je reconnus Madame d'Aiguillon. Je lui témoignai mon étonnement de la voir là, à une heure après minuit, et lui en demandai la raison. Elle me dit qu'après avoir été toute la journée dans les affaires, elle n'avait pas pu trouver de temps pour faire son oraison, et que, revenant du Palais-Royal (où était alors la cour), et voulant remplir ce pieux devoir, elle avait prié le sonneur de lui ouvrir l'église, où elle pensait pouvoir être plus recueillie que chez elle. J'honorai, au fond de mon âme, tant de piété, et la laissai continuer son oraison au pied du très Saint-Sacrement ». (Vie de Monsieur Olier, fondateur du séminaire de Saint Sulpice, t. I, p. 612, 613).

 

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22 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04

Vingt-troisième jour

Glorification de son cœur sacré dans le Ciel

Voix de Jésus


« Tu as vu, mon fils, quelle est l'amabilité de Mon Cœur Adorable; tu as vu quel est Son Amour pour les hommes: viens, maintenant, suis-Moi jusqu'au sein de Mon Céleste Héritage, tu verras Sa Gloire. Depuis que J'ai vaincu la mort, et que Je me suis élevé triomphant dans les cieux; depuis que Mon Corps est revêtu, dans les splendeurs des Saints, de cette bienheureuse immortalité qui est la juste récompense de Mes travaux, de Mes souffrances, de Mon Sang répandu pour le Salut du monde, Mon Cœur est inondé d'une joie ineffable, couronné d'un éclat éblouissant. Ce Cœur s'était fait humble pour toi; pour toi ce Cœur avait été saturé d'opprobres; il avait été plongé pour toi dans un abîme d'amertume et de douleur; et maintenant il a le repos après la fatigue, la paix après les tribulations, la joie après la tristesse, le triomphe et la gloire après l'humiliation. De Sa Plaie sacrée qu'environne une éclatante lumière, coulent sans cesse sur les heureux habitants des tabernacles éternels des flots d'amour, de bonheur et de gloire inaltérables; ils viennent s'y unir comme à leur centre; ils Lui font hommage de leurs victoires et de leurs couronnes; ils vivent par ce Cœur, ils vivent pour ce Cœur, ils vivent dans ce Cœur, et ainsi se réalise cette ineffable unité que Je demandais au Père Céleste pour Mes élus, à la dernière Cène, quand Je lui disais: Faites qu'ils soient consommés en un avec nous. Ah ! Si tu pouvais un instant, un seul instant contempler cette merveille!.... Mais c'est encore pour toi le temps de l'exil, et dans cet exil ne peut luire le jour éternel de la cité permanente Adore donc, humblement éclairé par la Foi, ce secret du ciel, et attends en soupirant, appuyé sur l'espérance, que les ombres déclinent et que les collines éternelles s'abaissent. Oui, adore, ô mon fils; espère, désire de voir et de posséder; et reçois avec consolation de Ma bouche cette douce assurance que, du haut de Sa Gloire immense, Mon Cœur pense à toi, Mon Cœur te chérit; et qu'Il ne saurait jamais t'oublier, jamais te délaisser, un seul moment comme un malheureux orphelin ».

 

Réflexion

 

Cette gloire, cette félicité, cette union parfaite avec le Cœur de Jésus, cette consommation qui doit me rendre, en quelque sorte, participant de la nature divine, que n'est-elle l'objet continuel de mes efforts pour la mériter, de mes soupirs pour hâter l'heureux moment qui, brisant les liens de ma mortalité, me fera entrer dans la véritable vie: car ce n'est pas une vie que celle qui peut finir demain, et dont les heures fugitives sont flétries par l'ennui, le dégoût ou la douleur. Oh! qui me donnera d'avoir sans cesse à l'esprit et au cœur la pensée et le désir de ce qui est promis à mon amour et à ma persévérance qui me donnera de concentrer, dès à présent, tout mon être dans le Cœur de Jésus, pour qu'il l'élève au-dessus de ce qui passe, et qu'il m'attache invariablement à ce trésor que la rouille ne dévore point et que le voleur ne saurait ravir ! Amour! Amour Divin ! Ciel ! Beau ciel ! Soyez tout pour moi dans cette triste vie; soyez à jamais ma portion et mon héritage dans l'éternité!

 

Pratique

 

1° Rendez sans cesse honneur et gloire au cœur adorable de Jésus; priez-le souvent de se faire lui-même connaître et aimer des hommes : vous vous attirerez ainsi une récompense éternelle. 2° Regardez-vous sur la terre comme un voyageur sous la tente; dites souvent avec le Psalmiste: Ici mon âme n'est qu'une étrangère... Oh ! Quand arriverai-je au terme de mon exil? Quand verrai-je la face du Seigneur ?

 

Désirs ardents d'un vénérable religieux pour le Ciel

 

« Nous arrivâmes au monastère de Larissa, dit le père Géramb, dans son Pèlerinage à Jérusalem et au mont Sinaï. Nous trouvâmes à la porte un vieillard qui nous attendait. Des cheveux blancs comme la neige, une barbe non moins blanche qui descendait jusqu'au bas de la poitrine, lui donnaient l'air le plus vénérable. Son teint était blanc et rose, son sourire, celui d'un ange. Je l'eusse volontiers pris pour un de ces vieillards qui entourent le trône de l'Agneau, à qui il aurait été permis de venir un moment sur la terre. Il me dit en allemand: « Bon père et cher compatriote, soyez le bien-venu ». C'était le père Vital-Filkuka, né en 1757, à Jamnitz en Sloravie. Il y a quinze années que sa vertu, sa piété tendre, sensible, indulgente, fait l'édification de ce pays... Depuis mon arrivée, je ne me lasse pas d'admirer sa sainte activité. Combien sont pleines les journées du juste! Levé le premier, c'est lui qui sonne l'Angélus; quelques instants après il célèbre le saint sacrifice de la Messe; au sortir de l'église, il est entouré d'une foule de malades accourus de toutes parts pour recevoir de lui les divers genres de secours dont ils ont besoin. II n'en renvoie aucun; il écoute le récit de leurs misères, il les console, il panse avec une pieuse joie leurs plaies, même les plus dégoûtantes; il leur donne des conseils, des remèdes, du pain, des légumes, de l'argent, autant que le lui permet la pauvreté dans laquelle il vit. Dans le cours de la journée il travaille au jardin, veille à l'arrangement, à la propreté de l'église, de la sacristie, entre dans tous les détails du ménage, qu'il dirige avec ordre, économie, etc. Le changement d'occupation est la seule récréation qu'il goûte, et la nuit le surprend toujours en exercice. Il y a deux mois qu'il eut, dans la communauté, une cérémonie touchante. Après cinquante ans de sacerdoce, le bon père célébrait sa seconde messe; il était à l'autel, priant Dieu avec la ferveur d'un ange, et versant un torrent de larmes; tout le monde priait et pleurait avec lui. Il a fait faire le cercueil qui doit recevoir sa dépouille mortelle; il le visite fréquemment, et quand il le considère, c'est avec la même joie qu'un mondain regarderait son palais nouvellement bâti. S'il lui arrive de manifester quelque sentiment de peine, c'est de n'en être pas déjà entré en possession. « Voilà ma demeure », dit-il; et puis, avec la vive ardeur d'un saint: « Mon âme est a trop longtemps étrangère, ajoute-t-il; qui lui donnera des ailes, afin qu'elle puisse s'envoler au lieu de son repos ? » « Toutefois, malgré cette continuelle pensée de la mort, et au milieu de ces brûlants désirs de la vie bienheureuse, il montre, dans ses relations habituelles la gaîté la plus franche, la plus douce et la plus aimable ». (Lettre XLII).

 

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21 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-deuxième jour

Sa présence continuelle dans les saints tabernacles

 

Voix de Jésus


« Non-seulement J'ai voulu nourrir ton âme de Moi-même pour la fortifier, la consoler, l'aider à conquérir le Ciel; mais encore J'ai voulu résider constamment dans l'Eucharistie, pour y recevoir ta visite et t'y laisser puiser à souhait à la source des grâces, toutes les fois que ton amour et tes besoins t'amèneraient au pied de mon sanctuaire. Ah! c'est là une bien grande faveur que Je t'ai faite, ô mon fils! Un prince qui daignerait fixer sa demeure parmi quelques-uns de ses sujets ignorants, pauvres, accablés d'infortunes, pour les éclairer, pour soulager leur misère, adoucir leurs souffrances, et leur prodiguer son amitié, oh! tu n'aurais pas assez d'admiration pour cette généreuse bienfaisance, pour ce dévouement inouï, pour cette sublime tendresse Et Moi, Seigneur des Seigneurs, Roi des Rois, Dieu béni aux siècles des siècles, J'ai daigné Me choisir une habitation près de toi; Je Me suis fait comme une tente sur la terre pour être l'inséparable compagnon de ton exil, le consolateur de tes peines, le médecin de tes maux, le trésor de ton indigence; Je t'ouvre, à toute heure, un libre accès auprès de Ma redoutable Majesté que Je voile sous les plus humbles espèces; Je t'invite, Je t'appelle à Moi qui suis la source intarissable de la joie, de la consolation, du courage et de la force; je t'offre Mon Cœur si plein d'Amour, pénétré de la plus tendre compassion pour le joug pesant de la mortalité sous lequel Je vois ployer ta faiblesse. Mais ô cieux soyez dans l'étonnement, mon fils a dédaigné Mes Saints Tabernacles, comme si Je lui étais inutile; mon fils n'a que trop ressemblé aux mondains qui se fatiguent à courir après le mensonge et la vanité. Aux palais des rois la foule se presse pour obtenir quelque part des vains honneurs, des biens fragiles de ce monde. Ne trouve-t-on point accès auprès des rois, l'on va demander avec empresseraient à ceux qui ont une puissance quelconque sur la terre, de quoi satisfaire cette funeste convoitise qui dévore l'homme déchu, de quoi oublier, du moins quelques instants, les maux sous le poids desquels on gémit. Et Moi qui suis le souverain dispensateur des seuls vrais biens; Moi près de qui, ô mon fils! tu trouverais la force de porter courageusement toutes les croix de cette vie, et le plein rassasiement de tes légitimes désirs; Moi qui peux t'assurer au delà de la tombe une vie qui n'a plus de traverses, plus de larmes, une vie qui n'a plus de terme, une vie divine, tu Me négliges, tu Me délaisses! »

 

Réflexion

 

Si j'étais faible et chancelant, ne chercherais-je pas un appui? Si j'étais pauvre, au comble de la misère, négligerais-je un trésor?.... Si j'étais souffrant, en proie à des douleurs déchirantes, refuserais-je un soulagement, un remède efficace? Si j'étais affligé profondément, dévoré de chagrins cruels, ne voudrais-je pas un ami, un véritable ami, qui pût répandre dans mon cœur le baume d'une douce consolation? Homme de peu de foi, qu'ai-je donc fait jusqu'aujourd'hui! J'ai cru que Jésus, tout bon, tout-puissant, Jésus qui daigne se faire mon ami, mon ami le plus tendre et le plus fidèle, était près de moi dans l'auguste sacrement de l'autel; et je n'ai pas couru à lui chercher, la vraie force, la vraie richesse, la vraie santé, la vraie joie, comme si j'eusse aimé ma faiblesse, mon indigence et tous mes maux. Ah! l'amour, la reconnaissance et le respect devraient tellement m'attacher à ses pieds adorables, Qu'il fallût me faire une sorte de violence pour m'en éloigner : combien donc mon indifférence et ma lâcheté sont-elles plus coupables, quand mon intérêt seul devrait me faire vivement regretter tous les moments que je passe loin de ce Divin Sauveur.

 

Pratique

 

1° Visitez exactement chaque jour le cœur de Jésus dans son sacrement ; et allez à lui avec une sainte joie et une confiance sans bornes. 2° Quand vous serez obligé de vous priver de cet avantage si précieux, visitez du moins le divin Jésus en esprit, le prophète Daniel, éloigné de la Judée et captif à Babylone, ouvrait, trois fois le jour, la fenêtre de sa chambre, du côté de Jérusalem, et fléchissant pieusement les genoux, adressait sa prière au Dieu d'Israël, comme s'il eût été dans son temple.

 

Tendre dévotion de Saint Alphonse de Liguori pour Jésus résidant dans le Sacrement de l'Autel

 

La dévotion de saint Alphonse de Liguori envers le mystère de nos saints tabernacles, datait des premiers jours de sa jeunesse. Au milieu d'un monde dissipé, il savait dérober à ses études et à ses occupations quelques moments qu'il allait passer au pied des autels, trouvant mille fois plus de plaisir à verser son cœur dans le cœur du Jésus, à s'entretenir avec celui dont la conversation a tant de charmes, qu'à se reposer dans les magnifiques pavillons des pécheurs. Après qu'il eut été élevé au sacerdoce et qu'il eut fondé la congrégation du très-saint Rédempteur, son empressement à aller ainsi goûter combien le Seigneur est doux envers ceux qui l'aiment, devint encore plus grand et plus remarquable. Quand il était dans les maisons de son institut, ayant plus de facilité de satisfaire sa dévotion, il passait plusieurs heures du jour devant le saint Sacrement. Souvent même, la nuit, il se levait doucement, se rendait au chœur, pieds nus, de peur de troubler le sommeil de ses confrères, pour se jeter dans les bras de Jésus, et s'enivrer aux sources sacrées qui coulent dans le sanctuaire. Durant son épiscopat, on le voyait longtemps en adoration dans sa cathédrale ou dans toute autre église, et on allait s'édifier par le spectacle d'un saint, qui semblait converser visiblement avec Dieu. Démissionnaire de son siège et retiré à Saint-Michel, moins distrait par les affaires et par les relations avec le monde, il pouvait se livrer plus librement à sa piété et à sa ferveur. Aussi, employait-il plus de huit heures par jour en longues et fréquentes visites à Jésus Christ. Parfois il se trouvait rempli de si vives émotions, sa prière devenait si fervente, son âme était si ravie dans la contemplation de l'amour d'un Dieu caché dans la sainte Eucharistie, qu'il se levait soudainement, tendait les bras vers le tabernacle comme pour demander à Jésus de pouvoir le presser contre son cœur, afin de le dédommager du délaissement et de l'indifférence des hommes. Lorsque ses infirmités ne lui permirent plus de se rendre au chœur, ce fut pour lui une cruelle privation. Pour le consoler, son directeur lui disait qu'il avait une chapelle et un autel dans ses appartements. « Mais Jésus-Christ n'y est pas », lui répondait Alphonse, les larmes aux yeux. Aussi, dans sa dernière maladie, lorsque le prêtre s'approcha pour lui donner le Saint Viatique, l'entendit-on prononcer, avec un pieux élan, ces mots : « Venez, venez, mon bien-aimé Jésus! » Fortifié par ce pain céleste, il resta longtemps dans une profonde contemplation, et par les soupirs ardents qui s'exhalaient de son cœur, on pouvait comprendre tout ce qu'il éprouvait de reconnaissance et de tendre amour pour son divin maître. (Vie de Saint Alphonse de Liguori, par M. l'abbé Verdier).

 

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