28 février 2019

Le Mois de Saint Joseph

St-Joseph (4)

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

Premier jour

Généalogie de Saint Joseph

Saint Joseph, le Saint parmi les saints, et qui a tellement accompli toute justice, qu’il a été trouvé digne de devenir l’Époux de l’Immaculée Vierge Marie et le Père nourricier du Fils de Dieu fait homme, descendait de la race royale de David, et était cousin germain de saint Joachim, le bienheureux père de sa sainte Épouse, ainsi que le supposent et le constatent les deux généalogies qu’ont données de Notre-Seigneur saint Matthieu et saint Luc.

Le grand-père, en effet, de saint Joseph, descendait de David par Salomon et s’appelait Mathan. Mathan eut deux fils, Joses et Jacob, père de saint Joseph. Mais, Mathan étant mort, sa veuve épousa en secondes noces un nommé Lévi, qui descendait de David par Nathan, et en eut Mathat, père d’Héli, ou Joachim, père lui-même de la sainte Vierge. Joachim et Joseph étaient donc cousins germains du côté maternel.

Voici, du reste, comment cette généalogie fut montrée à Anne-Catherine Emmerich. À partir de David, elle vit l’arbre généalogique du Sauveur se séparer en deux rameaux distincts. Le rameau de droite commençait à Salomon et finissait à Jacob, père de Joseph, époux de Marie. Sur ce rameau étaient les figures de tous les parents de saint Joseph, nommés dans l’Évangile, et qui descendaient ainsi de David par Salomon. Ce rameau avait une signification plus élevée que l’autre ; il sortait presque en entier de la bouche du roi prophète, et était complètement blanc, sans mélange d’aucune couleur. Les figures placées à côté de ce rameau s’élevaient tentes au-dessus des figures correspondantes de l’autre rameau. Toutes avaient à la main une tige longue comme le bras, avec des fleurs palmées à l’entour ; la tige se terminait par une clochette blanche, avec cinq étamines jaunâtres, desquelles tombait une poussière singulièrement fine. Trois membres de ce rameau, avant le milieu en commençant par le haut, étaient détachés, noircis, et semblaient complètement morts. Les fleurs variaient pour la grandeur, la force et la grâce ; celle de saint Joseph était sans une seule tache, et ses feuilles étaient parfaitement fraîches : il avait la plus belle de toutes les fleurs. En plus d’un endroit de ce rameau, les rejetons se trouvaient très écartés. Ces rameaux se touchaient quelquefois, et se croisaient vers leur extrémité. La signification de ce rameau était haute et mystérieuse ; il était plus spirituel et moins charnel que l’autre ; il tenait plus de Salomon. Mais ce sont des choses qu’il est difficile d’expliquer.

Le rameau de gauche allait de Nathan, fils de David, à Héli. Héli était le véritable nom de saint Joachim ; il ne reçut qu’assez tard le nom de Joachim, de même qu’Abraham porta d’abord le nom d’Abram. Tout ce rameau était plus bas que l’autre ; il était coloré, il avait çà et là des taches, puis il retrouvait son éclat resplendissant de rouge, de jaune, de blanc, mais jamais de bleu. Les figures étaient plus petites que celles de l’autre rameau ; elles avaient à côté d‘elles des branches d’arbuste avec des feuilles dentelées. d‘un vert jaunâtre, et au sommet, un bouton rouge, de la couleur de celui de l’églantine. De ces boutons, les uns étaient encore frais, et les autres étaient fanés. Le bouton n‘était pas un bouton à fleur, mais un bouton à fruit, un ovaire, et il était touj0urs fermé. Aux branches se rattachait un double rang de petits rameaux du côté où pendaient des feuilles dentelées.

Les deux lignes se croisaient trois ou quatre générations avant Héli ou Joachim, et aboutissaient l’une et l‘autre à la sainte Vierge. Et c’est a l'endroit où elles se croisaient que le sang de Marie commençait à briller dans le rayon.

Mais c’eût été peu pour les desseins de Dieu sur notre saint Patriarche de le faire descendre d'une si longue suite de Bois et de saints personnages, s‘il ne l'eût appelé en même temps à une sainteté suréminente. et quine fût point au-dessous de sa future dignité d’Époux de la Vierge-Mère et de Père réputé et légal de Jésus. Si sa sainteté ne pouvait égaler celle de Marie, dont aucune autre ne peut approcher, elle devait venir immédiatement après. Saint Joseph devait être la plus sainte créature après l’Immaculée Mère.

Aussi, s’il fut conçu dans le péché comme tous les enfants d’Adam, ne parait-il pas douteux qu’il fut purifié de la tache originelle et sanctifié dès le sein de sa mère, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

L’on tient même généralement que ce glorieux privilège lui fut accordé le septième mois après sa conception, et le deuxième avant sa naissance. Il est donc à croire qu‘il naquit, comme Marie, plein de grâce et singulièrement orné de toutes les vertus.

Le huitième jour après sa naissance, il fut circoncis et reçut le nom de Joseph, nom qui signifie accroissement, augmentation, et dont il devait accomplir la la lettre la signification, non-seulement parce que Dieu allait toujours l’augmenter de ses dons, mais parce que lui-même augmenterait toujours de vertus en vertus, et que, plus tard, d’ailleurs, sa gloire irait toujours en augmentant dans l’Église.

 

Considération

Saint Joseph dans les desseins de Dieu

 

Les temps arrêtés dans les desseins de Dieu pour la Rédemption du genre humain sont accomplis, et le Fils de Dieu va se faire homme pour venir racheter les hommes. Mais du moment qu’il se fait homme, il lui faut une Mère. Quelle sera cette Mère ? Mère du Sauveur des hommes, elle doit être prise d’entre les homme ; mais aussi Mère de Dieu, elle doit approcher de Dieu aussi près qu’il peut l’être donné à la créature. Que fera donc Dieu pour elle ? Pour elle il épuisera en quelque sorte tous les trésors de son infinie munificence, en lui communiquant de sa divinité tout ce qu’il peut en conférer à une simple créature. Comment cela ? En la formant toute sainte, toute pure, mille fois plus pure que les Anges, pure comme lui, dont elle deviendra, d’ailleurs, la Mère par la seule opération du Saint Esprit.

Mais ce n'est pas tout, et il faut, dans l’ordre humain, que le voile du mariage vienne ombrager de ses plis protecteurs l’ineffable mystère. Il faut, dans cet ordre humain, un Époux à cette Vierge Mère, un Père à cet Enfant Dieu ; à la Vierge-Mère, un Époux qui-vénère tellement sa virginité, que Dieu seul puisse être l’auteur de sa maternité ; à l’Enfant Dieu, un Père d’adoption qui, sauf la génération, aura éminemment tous les autres attributs de la paternité. Et quel sera le mortel que Dieu choisira, non pas entre mille, ni entre dix 'mille, mais entre tous les hommes, pour l’élever à cette double et incomparable dignité ? Dieu l’a dit, ce sera Joseph, qu’il fera assez saint et assez pur pour qu’il puisse confier à sa virginité la garde de la virginité de Marie, et assez accompli en toute perfection pour qu'il puisse se décharger sur lui du soin de l’humanité de son divin Fils.

Gloire donc, honneur, louange et bénédiction à l’homme béni entre tous les hommes, comme Marie fut la femme bénie entre toutes les femmes. Car si toutes les générations appellent Marie bienheureuse, parce que le Seigneur a fait pour elle de grandes choses, elles peuvent bien appeler aussi Joseph bienheureux, puisque le Seigneur a fait pour lui des choses également grandes.

Mais comment Dieu introduira-t-il dans le monde cet homme si singulièrement privilégié ? Ce sera sans doute avec splendeur et avec éclat, comme pour le recommander davantage à la vénération des autres hommes ? Loin de là. Il le fera en silence, sans bruit, sans commotion, de la manière dont il opère toutes ses grandes œuvres. Puis, il le tiendra en réserve dans le plus secret de son éternel sanctuaire, jusqu’au jour, jusqu‘au moment, nous ne dirons pas où il aura besoin, mais où il voudra se servir de lui : tout l’Ancien Testament sera plein de Jésus et de Marie, mais sans s’occuper de Joseph, ni dans ses promesses, ni dans ses figures, ni dans ses prophéties, qui, d‘accord avec la tradition des peuples, supposeront toujours une Vierge-Mère. Enfin, quand le moment sera venu de le montrer à la terre, l‘on ne connaîtra rien, ni de sa naissance, ni de son enfance, ni de son adolescence, et il grandira dans une obscurité telle, que l‘on aura peine à le découvrir lorsqu‘il faudra le trouver pour le donner pour époux à Marie. Les Prêtres qui procéderont à leurs épousailles ne le soupçonneront même pas d’abord, et Dieu sera obligé de faire un miracle pour le leur désigner.

Mais les saintes épousailles ont été célébrées, et quelques jours après s’opère, à l’insu de Joseph, dans le sein de Marie, son épouse, l’ineffable mystère. Un Ange vient bientôt l’en avertir, et, à partir de ce moment, il est tout entier à la Mère et à l’Enfant, qui n’ont plus qu’à se reposer sur lui de leurs sollicitudes de chaque jour. C’est ainsi que, fidèle à sa sublime mission, il s’occupe de la naissance de Jésus à Bethléem, de sa Circoncision, de sa manifestation aux Mages, de sa Présentation au temple, de sa fuite en Égypte, de son séjour dans la terre étrangère, de son retour à Nazareth. Quand enfin l’Enfant est devenu grand et a atteint l’âge de l’homme parfait, sa mission étant remplie, Dieu le retire de la terre aussi silencieusement qu’il l’y a mis, et sans que sa mort fasse le moindre bruit, pour le cacher de nouveau dans le secret de sa face, Jusqu’à ce qu’il lui plaise de le glorifier d'une manière plus éclatante à la fin des temps.

Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables ! Que ses pensées sont élevées au-dessus de nos pensées, et que ses manières d‘agir sont différentes des nôtres ! De même qu’il abaisse ceux qui s’élèvent, il élève ceux qui s’abaissent, et il travaille pour eux d’autant plus en secret qu'il veut les honorer davantage. Il les tient d’abord d’autant plus cachés, qu‘il les réserve pour la suite à de plus hautes destinées. Ainsi en a-t-il été de saint Joseph. Ainsi en est-il de chacun de nous, toutes les fois que nous répondons aux desseins de Dieu sur nous.

 

Pratique

Fêtes de Saint Joseph

 

La première des Pratiques par lesquelles nous devons nous empresser de mériter la protection de saint Joseph est naturellement la célébration des Fêtes que l’Église. lui a consacrées, et qui constitue pour tous les fidèles la base du culte que tous ont à lui rendre, mais que doivent surtout lui rendre ceux qui font gloire de l’honorer plus particulièrement, et qui ont à cœur de lui plaire davantage, sans même songer à l’intéresser plus efficacement en leur faveur. Les vrais serviteurs de saint Joseph n’ont d'autre préoccupation , en célébrant ses Fêtes, que de suivre les inspirations de leur foi, de leur dévotion, et de leur amour. Des enfants qui fêtent un père s‘oublient eux-mêmes pour ne penser qu’à lui.

Ces Fêtes sont sa solennité principale, la grande Fête du 19 mars, que le Pape Pie IX, si glorieusement régnant, en proclamant saint Joseph Patron de l’Église Catholique, vient d’élever au rite double de première classe, la mettant ainsi au rang de nos plus grandes solennités ; celle de son Patronage, que, par décret du 10 septembre 1847, il a fixée pour toute l’Église au 3e Dimanche après Pâques ; et celle de ses Épousailles avec la très sainte Vierge, qui se célèbre le 23 janvier.

Des Indulgences plénières sont attachées à ces trois Fêtes dans toutes les Confréries et Associations en l’honneur de saint Joseph, et même dans beaucoup d’autres.

Les pieux dévots au saint Patriarche honorent aussi sa Fuite en Égypte, le 28 décembre ; son Retour d’Égypte en Galilée, le 7 janvier, et son bienheureux Trépas, le 20 juillet.

 

Oraison dédicatoire

Tirée de saint François de sales

 

Très sainte Mère de Dieu, vaisseau d’incomparable élection, élection de la souveraine dilection, vous êtes la plus aimable, la plus aimante, et la plus aimée de toutes les créatures. Mais, ô Mère toute triomphante, qui peut jeter les yeux sur votre Majesté sans voir à votre droite celui que votre Fils voulut si souvent, pour l‘amour de vous, honorer du titre de Père, vous l’ayant uni par le lien céleste d‘un mariage tout virginal, afin qu’il fût votre secours et coadjuteur en la charge de la conduite et éducation de sa divine enfance ?

On mettait jadis les lampes de l’ancien temple sur des fleurs de lys d’or. Ô Marie et Joseph, pair sans pair, lys sacrés d’incomparable beauté, entre lesquels le Bien-Aimé se repaît et repaît tous ses amants, hélas ! vous le savez, si j'ai composé cet écrit, c’est dans la seule fin de vous glorifier de mon mieux l‘un et l‘autre, ainsi que votre divin Fils. Où puis-je alors mieux le colloquer que parmi vos lys, lys entre lesquels le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumière éternelle, s’est si souvent récréé, qu’il y a pratiqué les délices de l’ineffable dilection de son Cœur envers nous ?

C‘est donc a vos pieds que je le dépose, ô Mère bien-aimée du Bien-Aimé, ô Époux bien-aimé de la Bien-Aimée, en vous offrant en même temps mon âme avec toutes ses facultés, mon corps avec tous ses sens, tout ce que j’ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai à jamais. Je vous le consacre et vous le dédie, dans l’espérance qu’à cause de l’hommage que nous vous faisons de tout nous-mêmes, vous nous prendrez tous, auteur et pieux lecteurs, sous votre singulière protection, dont vous nous ombragerez pendant la vie, dont vous nous couvrirez surtout à l’heure de la mort, et que vous daignerez nous continuer pendant l’interminable cours de la bienheureuse éternité.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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29 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Fête de la Sainte Famille

Dimanche

Jésus et sa mère

 

Jésus offrit son coeur à Marie en disant : « Ô Mère très aimée, voici Mon coeur dans la surabondance de sa joie totale. Voici, en lui, cette plénitude de divine tendresse qui depuis toujours m’a fait te préférer à toute créature, te créer, te sanctifier, te choisi pour Ma Mère. En lui, la parfaite douceur et bénignité avec lesquelles Je t’ai caressée, alors que petit enfant tu Me réchauffais sur ton sein et que Tu m’allaitais. En lui, l’entière fidélité de Ma filiale affection qui t’obéissait en tout comme un fils à sa mère, alors que Je régissais le Ciel... » (Héraut de l’Amour Divin V-XXXI, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Prie le Seigneur de t’introduire à l’école d’amour où tu apprendras à connaître et à aimer Jésus : Ô Dieu d’amour, ouvre-moi dès maintenant l’école d’amour afin que là je reçoive ton très très cher enseignement, et par toi j’aie une âme non seulement bonne, mais en vérité sainte et parfaite » (Exercices V).

 

Parole de Dieu : « Les bergers trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une crèche » (Luc 2, 16).

 

Dans ma vie

 

Saint Joseph, absent des Litanies des Saints dans les Exercices n’apparaît qu’une fois dans le Héraut de l’Amour Divin. En une fête de l’Annonciation, « lorsque le Bienheureux Joseph à qui la Vierge a été fiancée, tous les Saints inclinent la tête en son honneur, tandis que leurs regards affectueux lui sourient, pleins de joie pour sa dignité (Héraut IV-XII, 5). Nous qui avons la chance de le vénérer non seulement comme Époux de Marie, mais aussi comme « Protecteur de la Sainte Eglise », n’oublions pas le rôle éminent du « Patriarche du Silence » dans la « garde des mystères du salut ».

 

Résolution : Je cherche à rendre service autour de moi, en famille ou en paroisse. Je me rends disponible pour les autres en les faisant passer avant mes petits impératifs.

 

Avant l’Epihanie

 

Lundi

Ferveur eucharistique

 

Le Seigneur vient de montrer à Gertrude comment la gloire de l’âme s’accroît par la fréquente réception de l’Eucharistie ; aussi soupire-t-elle : « Combien me dépasseront dans la gloire les prêtres qui communient tous les jours ! » Il lui explique alors qu’une ferveur plus grande et la pureté de la préparation compensent une participation moins fréquente au banquet eucharistique. Et que le prêtre qui célèbre les Saints Mystères avec routine ne peut prétendre à la même récompense… La qualité de désir et d’amour de Dieu peut donner à une communion spirituelle la même grâce que par le Sacrement » (cf Héraut de l’Amour Divin III-XXXVI-XXXVIII).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Chaque fois qu’un homme contemple, avec désir et dévotion, l’Hostie où se cache sacramentellement le Corps du Christ, chaque fois il augmente ses mérites pour le Ciel. En effet, quand il verra Dieu dans l’éternité, il goûtera des délices particulières pour toutes les fois où il aura ainsi contemplé le Corps du Christ, ou seulement souhaité le voir » (Héraut de l’Amour Divin IV-XXV, 8).

 

Parole de Dieu : « Je poserai sur toi la force de mon regard » (Psaume 31, 8 Vg).

 

Dans ma vie

 

Au XIIIe siècle, l’exposition du Saint Sacrement n’est pas pratiquée. C’est à la Messe, à la Consécration lors de l’élévation, que Sainte Gertrude regarde l’Hostie et le Calice. Jésus lui explique la puissance de son regard « qui efface toutes les taches de l’âme et la rend plus blanche que neige. Comme la chaleur du soleil amollit la cire, il attendrit l’âme, la disposant ainsi à recevoir les dons spirituels. Son regard suscite en elle la floraison d’une variété de vertus, comme le soleil rend féconde la terre... » Avec pleine confiance exposons-nous à ce regard en adorant le Saint Sacrement.

 

Résolution : Je décide d’aller dans une église prier Jésus au tabernacle où, bien que caché, Il est réellement présent. Je le remercie de tous les bienfaits dont Il me comble.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu

Mardi

Mère de Jésus, Mère de Dieu

 

Lors du chant d’un répons de Noël, « le Seigneur se rappela la condescendance pleine d’amour qui l’avait fait descendre du sein du Père et entrer, par les entrailles d’une Vierge inviolée, en notre misérable exil. Comme liquéfié d’amour à ce souvenir, il fixa sur la Vierge, sa Mère, un regard souriant, doux comme la plus affectueuse caresse et capable de la faire tressaillir jusqu’au plus profond d’elle-même. Puis il lui donna un baiser très doux qui renouvela pour elle, comme en les répétant, toutes les joies dont Sa très Sainte Humanité l’avait comblée sur terre » (Héraut IV-III, 3).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Le sein immaculé de la Vierge glorieuse apparut alors, aussi transparent qu’un cristal très pur à travers lequel ses entrailles, traversées de part en part et toutes remplies de la divinité, en rayonnaient l’éclat. On voyait le tout petit enfant, en son printemps, Lui, l’Unique du Père, trouver ses délices à puiser avidement la vie au coeur de la Vierge sa Mère » (Héraut IV-III, 4).

 

Parole de Dieu : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé Son Fils ; Il est né d’une femme » (Galates 4, 4).

 

Dans ma vie

 

« Très doux ami, daignez souhaiter la nouvelle année à votre chère communauté. – Renouvelez votre esprit et votre pensée, répond le Seigneur. Et Gertrude : « Que votre bonté, ô très miséricordieux, n’oublie pas en ce jour de Votre Circoncision, de retrancher nos défauts à toutes. - Que l’observance de votre règle vous serve de circoncision !… Si quelqu’un, en ce jour de l’An, s’applique à désavouer par une authentique contrition du coeur ses manquements, Je serai pour lui comme un maître très bon qui prend son élève préféré pour lui apprendre à lire » (Héraut de l’Amour Divin IV-V, 3). Bonne année avec l’Evangile pour règle !

 

Résolution : Je vais à la Messe, si possible en famille, pour offrir mon année au Seigneur par les mains de la Mère de Dieu fêtée aujourd’hui.

 

Mercredi

L’ultime appel

 

Gertrude parle de la mort comme du « jour de la vocation ». Elle entend Jésus appeler Sainte Mechtilde, le jour de sa mort, avec les mots mêmes de la grâce spéciale par laquelle Il lui avait fait le don insigne de son coeur ; ses derniers moments furent donc vécus comme un mémorial de sa vocation. Sainte Gertrude relate la mort de son abbesse, Dame Gertrude, comme la fête de la rencontre : « Voici que maintenant je vais te posséder dans le baiser de ma tendresse, lui dit Jésus avant de la présenter au Père. Et aussitôt son âme s’élève dans une jubilation d’incomparable suavité » (Héraut de l’Amour Divin V-I, 23).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Lorsque je vois à l’agonie des êtres qui se sont plu parfois à penser à moi ou ont accompli quelques œuvre méritoire, fût-ce à l’approche de la mort, je me révèle à eux dans tout l’attrait de ma tendre bonté, de sorte que, du fond du coeur, ils se repentent de m’avoir offensé et c’est ce repentir qui les sauve » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 29).

 

Parole de Dieu : « La preuve que Dieu nous aimes, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous » (Romains 5, 8).

 

Dans ma vie

 

En digne fille de Saint Benoît, Gertrude, sans nulle crainte ni tristesse, « a chaque jour la mort devant les yeux » ; elle la perçoit comme l’accomplissement dynamique de son amour du Christ. Dans le livre V du Héraut, recueil de témoignages sur des défunts, elle parle souvent de la nécessité d’une ultime purification ; le Purgatoire, pour elle, n’a rien d’un lieu de torture ! « L’âme, en effet, y attend avec joie sa consommation. Elle ressemble à une jeune fille qui, en voyant dans les mains de sa mère les bijoux qui doivent la parer le lendemain, se réjouit dans l’attente de ce jour.

 

Résolution : J’imite Sainte Gertrude qui aidait les âmes du Purgatoire autant par son intercession que par des bonnes œuvres. Je récite la Prière « Âme du Christ », en disant consciemment « à ma mort, appelle-moi ! » :

 

« Âme du Christ, sanctifie-moi, Corps du Christ, sauve-moi, Sang du Christ, enivre-moi, Eau du côté du Christ, lave-moi, Passion du Christ, fortifie-moi. Ô bon Jésus, exauce-moi. Dans tes blessures, cache-moi. Ne permets pas que je sois séparé de toi. De l’ennemi défends-moi. À ma mort appelle-moi. Ordonne-moi de venir à toi, Pour qu’avec tes saints je te loue, Dans les siècles des siècles, Amen ».

 

Jeudi

La mort de Gertrude

 

Gertrude, pour se préparer à la mort, a pris l’habitude de se retirer le vendredi, à l’heure de None, pour s’approprier la prière des agonisants. « Un vendredi, le Seigneur lui fait voir à l’avance – en une sorte d’extase spirituelle – combien sera béni son passage hors de ce monde lorsqu’il daignera lui faire entendre son appel ». La Sainte Vierge, tous les Saints des Litanies viennent à son devant et, en guise de présents, la comblent avec bienveillance de leurs vertus… Enfin, « le Roi de gloire s’incline lui-même avec une inestimable tendresse comme pour lui donner un baiser... » (Héraut de l’Amour Divin V-XXXII, 8).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« À l’heure de ma mort, secours-moi par toutes les entrailles de Ta Miséricorde, et réjouis-moi d’une grande joie, en me montrant Ton Visage, Seigneur. Au jour du jugement, que mon âme n’ait pas à redouter une parole de reproche ; mais fais-moi entendre Ta voix glorieuse : Venez les bénis de Mon Père » (Exercices III).

 

Parole de Dieu : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l’avenir…. » (Romains, 3, 35, 38).

 

Dans ma vie

 

Une confiance totale en « la libéralité et la tendresse du Seigneur » accompagne la sainte liberté de Gertrude. Elle a l’assurance que « l’amour divin consumera toutes ses forces et que la mort ne triomphera d’elle que par la même violence d’amour qui causa celle de Jésus ». Sa foi pressent la joie de la vie éternelle comme le prolongement absolut de « l’étreinte eucharistique ». N’ayons donc peur que de ce qui peut nous séparer de Dieu ! Regardons, écoutons Jésus, le Fils unique du Père, né à Bethléem pour nous le faire connaître.

 

Résolution : je passe cette journée dans la prière et la Charité. J’aide donc de tout mon coeur la première personne qui me demande un service en suivant ce conseil de l’Evangile repris par Saint Benoît : « à quiconque demande de faire un mille, fais en deux ! ».

 

Vendredi

Pourquoi le Héraut ?

 

Que motif poussa Gertrude à révéler à autrui la confidence de ses « fréquent entretiens avec le Seigneur de Majesté » et des grâces insignes reçues ? « Elle se jugeait complètement indigne des dons de Dieu qu’elle ne pouvait en aucune manière les croire accordés pour elle seule, mais pour le profit des autres » répond sa biographe. « Je t’ai donnée pour être la lumière des nations et pour être mon salut jusqu’aux extrémités du monde » dit le Seigneur à Gertrude pour l’encourager à rédiger le Livre II du Héraut.

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Un jour, en méditant, Gertrude prit conscience de sa misère intérieure… Elle se demandait comment il lui serait possible de plaire à Dieu qui voyait en elle toutes ses souillures ; et là où elle ne se découvrait qu’une tache, le divin et pénétrant regard en apercevait une infinité. Elle fut divinement consolée par cette réponse : « L’amour rend aimable ! » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 30).

 

Parole de Dieu : « Celui sur qui Je jette les yeux, c’est le pauvre et le coeur contrit » (Isaïe 66, 2).

 

Dans ma vie

 

Pour aller à Jésus, passion par le « pont » qu’est Gertrude, puisque c’est le désir du Seigneur. Gertrude n’a rien d’un gourou, sa doctrine est celle de l’Evangile. Lisons-là : par elle nous entendons la voix du Fils, doux et humble de coeur, nous respirons le parfum du bien-aimé. « Si quelqu’un vient à moi d’un coeur humilié, et, par amour de mon amour fait (du héraut) sa lecture, Je lui montrerai en détail dans mon coeur les passages qui lui seront utiles » a promis Jésus à Gertrude. Essayez donc !

 

Résolution : je choisis, selon mon attrait, mon âge et mon état, l’un des exercices de Sainte Gertrude ; je le fais en m’arrêtant là ou cela fait « tilt » et je prie la Sainte « pour goûter la joie de la présence et l’action du Seigneur en moi ». (Retrouvez le texte de ces exercices en cliquant ICI).

 

Samedi

Quelques noms du Seigneur

 

« Il m’est bon, mon bien-aimé de m’attacher à Vous seul ». La prenant dans ses bras, le Seigneur lui dit : « Il m’est doux aussi, toujours, ma bien-aimée, de m’attacher à toi ». Puis elle dit de toute l’ardeur de son désir : « Toute infirme et vile créature, je Vous salue mon très aimant Seigneur ». Et le Seigneur : « Je te salue à mon tour, ma très aimante ». Gertrude comprit alors que si une âme dit à Dieu : « Mon bien-aimé, mon très doux, mon très aimant » et autres titres semblables dans un élan de vive dévotion, Dieu lui répondra dans les mêmes termes. (Héraut de l’Amour Divin III-XXIX, 1-2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Vous êtes Fleur printanière de la Beauté Première,

Ô frère d’infinie tendresse,

Adolescent d’infinie beauté,

Compagnon de gaieté infinie,

Hôte d’infinie munificence,

Diacre d’infinie courtoisie ». (Héraut de l’Amour Divin III-LXV).

 

Parole de Dieu : « Du lever du soleil à son coucher, loué soit le Nom du Seigneur » (Psaume 112, 3).

 

Dans ma vie

 

Jésus est apparu pour la première fois à Gertrude sous l’aspect séduisant d’un adolescent de 16 ans, plein de charme. À cet adolescent très beau, « d’une jeunesse printanière, florissante », elle donne par la suite ces doux noms : « Ô Ami des hommes, Très aimant Sauveur, Ô très doux Amant, Perle vivifiante de divine noblesse, Fleur jamais fanée d’humaine beauté... » Le 3 janvier, nous avons fait mémoire du Saint Nom de Jésus, célébration remise à l’honneur par Saint Jean Paul II. Aimons répéter le Nom de Jésus que lui donna Marie et qu’explicita l’ange à Joseph : « car c’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés ».

 

Résolution : Je récite aujourd’hui les Litanies du Saint Nom de Jésus. Si je n’ai pas sous la main ou trouver, je m’en formule moi-même : « Jésus ma joie, mon amour, désir de mon coeur... » et je les prie, si possible devant la crèche.

 

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Epiphanie du Seigneur

Dimanche

 

En cette fête solennelle, Gertrude offre sur le modèle de l’offrande des rois, en guise de myrrhe le Corps du Christ avec toutes les souffrances de Sa Passion, pour effacer les péchés de tous, depuis Adam jusqu’au dernier des hommes. En place d’encens, l’âme du Christ, pleine de dévotion, pour suppléer aux négligences de tout l’univers. En guise d’or, la très parfaite divinité du Christ, avec les délices dont elle jouit, pour suppléer aux négligences de toutes les créatures. Le Seigneur lui apparaît alors présentant cette offrande, comme des étrennes, à la toujours adorable Trinité (Héraut de l’Amour Divin IV-VI, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Se prosternant ils l’adorèrent et ouvrant leurs trésors… Stimulée par l’exemple des mages, Gertrude se leva dans la ferveur de son esprit et se prosterna avec une très humble dévotion aux pieds très Saints du Seigneur Jésus, l’adorant au nom de toute ce qu’il y a au Ciel, sur terre et dans les enfers » (Héraut de l’Amour Divin IV-VI, 3).

 

Parole de Dieu : « Les rois de Tarsis et des îles emporteront des présents : tous les rois se prosterneront devant Lui » (Psaume 71, 10).

 

Dans ma vie

 

Gertrude en offrant comme présents le corps, l’âme et la divinité du Christ accomplit exactement ce que demande la prière sur les offrandes de cette fête : « Regarde les dons de Ton Eglise, qui ne T’offre plus ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe, mais celui que ces présents révélaient, qui s’immole et se donne en nourriture : Jésus, le Christ ». Une fois de plus, admirons sa sage théologie spirituelle puisée dans la liturgie. Selon un noël : Élevons la pensée, à Dieu qui a conduit nos pas cette journée, voici venir la nuit… Offrons nos corps, nos âmes à notre créateur.

 

Résolution : En l’anniversaire de la naissance de Sainte Gertrude, le 6 janvier 1256, confions-lui tous nos désirs et requêtes ; son intercession si grande à tout pouvoir pour nous combler par le coeur de Jésus !

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

Fin de l’Avent avec Sainte Getrude de Hefta

 

Pour approfondir

Vous pouvez consulter les écrits de Sainte Gertrude, en ligne, sur les liens suivants :

 

Le Héraut de l’Amour Divin, en cliquant ICI

Les Exercices de Sainte Gertrude, en cliquant ICI

 

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Rendez-vous le 28 février pour le Mois de Saint Joseph...

 

22 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Quatrième Semaine de l’Avent

 

Quatrième Dimanche de l’Avent

« Voici la servante du Seigneur »

 

En entendant cette réponse dans l’Evangile de l’Annonciation, Gertrude salue avec ferveur la Vierge Marie pour la joie de son don total. Celle-ci lui répond avec douceur et affection : « À qui me rappellera avec dévotion cette joie, je ferai expérimenter ce qui est demandé dans l’hymne de la Fête d’aujourd’hui : « Monstra te esse Matrem, Montre que Tu es Mère » (Hymne Ave Maris Stella). Je me montrerai en vérité la Mère du Roi et de son suppliant : du Roi, par ma puissance de suppliant, par la profusion de ma tendre et salutaire miséricorde » Héraut de l’Amour Divin IV-XII, 8).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

Durant la Messe, Gertrude voit la glorieuse Mère ornée de l’éclat des principales vertus par lesquelles elle avait plu au Seigneur : la première, sa pureté attrayante ; la seconde, son humilité féconde ; la troisième, ses fervents désirs ; la quatrième, sa lumineuse connaissance ; la cinquième, son amour inextinguible ; la sixième, sa joie souveraine ; la septième, sa joie inaltérable » (Héraut de l’Amour Divin IV-XII, 6).

 

Parole de Dieu : « Tu seras une couronne de splendeur dans la main du Seigneur » (Isaïe 62, 3).

 

Dans ma vie

 

« Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’hommes ? » le verbe présent montre la résolution de Marie, la profondeur de son propos de virginité. Certes, elle était fiancée à Joseph mais avec la décision de ne pas connaître d’homme, au sens biblique du verbe qui désigne l’amour conjugal. En renonçant aux joies de la maternité par sa virginité, Marie ne s’était-elle pas interdit à tout jamais d’être la mère du Messie ? Le mystère du renoncement peut être le nôtre, « car rien n’est impossible à Dieu ». Pensons-y lors des détachements qui nous attendent sur le chemin de Bethléem, puis de Jérusalem.

 

Résolution : Je médite dans mon coeur l’évangile de l’Annonciation (Luc 1, 26-38) pour découvrir le poids du mystère caché sous les mots. Je rends visite en famille, si c’est possible, à un malade ou à un proche isolé.

 

Lundi

Une veille de Noël

 

Durant les Psaumes de Matines, Gertrude « tend tout son désir vers Dieu, souhaitant qu’en la glorieuse et très douce Nativité de Jésus, tous ses exercices, aussi bien corporels que spirituels, soient un chant de suprême louange à la toujours adorable Trinité. Au signal de Laudes, le Seigneur lui dit : « De même que la cloche annonce la fête de Ma Nativité, ainsi, je t’accorde que tout en cette fête : chants, lectures, prières, méditations et même les exercices corporels, tout enfin, résonne à la louange de la Sainte Trinité en union avec mon amour et désir » (Héraut de l’Amour Divin IV-I, 6).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

En une vigile de Noël, « Gertrude, le coeur gros, que, retenue par la maladie, elle n’avait pu acquitter pendant l’Avent ni dévotions (particulières), ni prières (supplémentaires) pour les offrir à la Vierge Marie. Instruite par l’Esprit Saint, elle lui offrit pour suppléer à toutes ses négligences, le coeur de Jésus, dont la noblesse et la douceur sont infinies » (Héraut IV-I, 16).

 

Parole de Dieu : « Ce soir vous saurez que c’est Dieu qui vous a fait sortir du pays d’Egypte, et au matin vous verrez sa gloire » (Exode 16, 7).

 

Dans ma vie

 

Dans ce chapitre, Gertrude se prépare, d’office en office, à la grande vigile de la nuit de Noël. Comme dans le Seigneur on ne peut rien faire, elle lui demande de préparer son coeur à son bon plaisir. Entouré de tous les choeurs des anges, il préside le Chapitre où est chanté le martyrologe de Noël ; à l’annonce : Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, est né en Bethléem de Judée, ils se prosternent jusqu’à terre pour l’adorer. Suit alors un chapitre des couples ou chacune purifie son coeur de ses manquements extérieurs au bien commun… Confions à la ferveur des notre Noël familial à Sainte Gertrude.

 

Résolution : Prenons le temps en famille d’une vraie prière de Noël et de pardon mutuels ; préparons l’évangile de la Messe en demandant la grâce d’être des artisans de paix.

 

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Mardi

Saint jour de Noël

Noël avec Sainte Gertrude

 

Le jour de Votre très sainte Nativité, je Vous pris dans la crèche, tendre nouveau-né et Vous pressai sur ma poitrine… L’année suivante, je Vous reçus du girons de la Vierge Mère sous la forme d’un enfançon infiniment tendre et délicat… Comme votre Mère s’apprêtait à Vous emmailloter, je demandai à être enveloppée avec Vous. Je compris que Vous étiez enveloppé dans le lange tout blanc de l’innocence, lié de la bandelette d’or de la Charité et que, pour être enveloppée et liée avec Vous, il me fallait m’efforcer sans cesse à la pureté de coeur et aux œuvres de Charité » (Héraut de l’Amour Divin II-XVI, 4-5)

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Si quelqu’un désire recevoir le Seigneur comme hôte ; il doit lui consigner la clé de sa propre volonté, s’en remettant complètement à son bon plaisir et faisant une confiance absolue à sa douce bénignité pour opérer son salut en toutes choses (Héraut de l’Amour Divin IV-XXIII, 10).

 

Parole de Dieu : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1, 11-12).

 

Dans ma vie

 

Gertrude désire faire de son coeur une hôtellerie au Seigneur ; ce dernier lui demande alors la clé de sa liberté, à savoir sa volonté propre. Tous les détachements, petits et grands, consentis durant l’Avent nous ont préparé à la grâce de Noël ; grâce de Foi au Verbe fait chair qui doit resplendir dans notre vie (Collecte de la Messe de l’aurore). À la communion, prenons le temps de faire de nos coeurs un berceau pour recevoir Celui qui vient comme nourriture s’assimiler sa créature. Selon la bonne théologie du noël dans une pauvre étable. Oh ! Oh ! qu’il est beau ! qu’il est beau !

 

Voeu de Noël : « Ah ! Si seulement nos coeurs pouvaient devenir crèche ! Dieu une fois encore sur cette terre deviendrait enfant ! » (Angelus Silesius).

 

Octave de la Nativité

 

Mercredi

Fête de Saint Etienne

Se préparer à la mort

 

Voici un dialogue du Seigneur avec Gertrude qui, en grande faiblesse, lui demande « si elle ne va pas bientôt payer sa dette à la nature ». « Lorsque tu fais l’expérience de la maladie, il convient, de ne rien négliger des préparatifs que tu souhaites faire avant de mourir. - Et comment pourrai-je connaître à l’avance cette heure tant désirée où Vous viendrez me faire sortir de la prison de ce corps ? - J’enverrai deux anges munis de trompettes d’or pour chanter suavement à tes oreilles : Voici l’époux qui vient, allez au-devant de Lui » (Héraut de l’Amour Divin V-XXIV, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Quelle en sera le coursier ? - Tu seras emportée par la puissance du désir divin que Mon amour le plus profond dirigera vers toi… - et en guise de selle ? - la confiance plénière qui te fait attendre tout bien de Mon extrême bonté. - Et la bride ? - L’amour très fervent qui te fait aspirer de tout ton coeur à mes étreintes… Et voilà ce qui fait mes délices : jamais esprit humain n’imaginera un bonheur aussi grand que celui que Je prépare à mes élus » (Héraut de l’Amour Divin V-XXIV, 1).

 

Parole de Dieu : « Tout rempli de l’Esprit Saint, Etienne fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu » (Actes des Apôtres 7, 55).

 

Dans ma vie

 

Chaque année, ne sommes-nous pas étonnés de fêter, le lendemain de Noël, le martyre d’Etienne ? Mais l’Incarnation n’est-elle pas le commencement de la Rédemption ? Expliquent les uns. D’autres : Etienne « à vu les cieux ouvert et la gloire de Dieu » dont Noël est la première manifestation sur terre. Une autre réponse vient des anciens qui appellent la mort dies natalis : « la naissance au Ciel ». La vie sur terre n’est donc qu’un temps de gestation par rapport à la vie éternelle. La mort d’Etienne nous fait regarder le but : l’ouverture des cieux, l’entrée dans la béatitude éternelle.

 

Résolution : Je n’attends pas pour ranger le petit désordre occasionné par les fêtes de Noël ; je mets aussi de l’ordre dans mes affaires, afin d’être prêt !

 

Jeudi

Saint Jean l’Evangéliste

 

« Jean apparut à Gertrude avec des vêtements ambrés, entièrement brochés d’aigles d’or. En effet, durant sa vie mortelle il s’était élevé bien au-dessus de lui-même par la contemplation, tout en s’efforçant de descendre plus au creux de la vallée de l’humilité par un vif sentiment de sa bassesse. Sous les aigles d’or apparut comme un reflet rouge, parce qu’il s’efforçait de commencer sa contemplation par le souvenir de la Passion, le coeur attendrit d’une intime compassion. Sur chaque épuale, il portait un lys d’or, symbole de ses prérogatives de disciples que Jésus aimait et de gardien de la Vierge » (Héraut de l’Amour Divin IV-IV, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Ma mission fut de manifester à la jeune Eglise, par une seule parole, le Verbe incréé de Dieu le Père, capable de satisfaire l’intelligence du genre humain jusqu’à la fin du monde. Quant à la douce éloquence des battements du coeur de Jésus (sur lequel j’ai reposé à la Cène) elle est réservée aux temps actuels pour que le monde, vieilli et engourdi dans son amour pour Dieu, retrouve sa ferveur » (Héraut de l’Amour Divin IV-IV, 4).

 

Parole de Dieu : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4, 8).

 

Dans ma vie

 

Bien avant Sainte Marguerite-Marie, qui eut sa première apparition du Sacré Coeur le 27 décembre 1673, Sainte Gertrude aime s’élancer vers le Coeur de Jésus et y reposer. Jésus lui enseigne que Son Coeur est pour une moniale ce que l’Église est au monastère : le saint des saints, »la cassette sacrée et sans pareille de la divinité ». Il l’invite à venir « se dénicher dans le creux du rocher », la Plaie de Son Côté sacré. Il lui demande de faire passer toutes ses prières par Son Divin Coeur. À l’école de Saint Jean et de Sainte Gertrude, découvrons avec éblouissement que Dieu n’est qu’amour.

 

Résolution : Proposée par Jésus Lui-même en la fête de Saint Jean : « Que tout homme récite chaque jour un Notre Père avec l’attachement et l’affection que ressentit son coeur lorsque Je lui enseignais cette prière ».

 

Vendredi

L’ange gardien de Gertrude

 

Gertrude désire reconnaître, dans le choeur des Anges, l’Ange député à sa garde. « Et voici qu’apparut un prince très brillant, paré d’ornements merveilleux, incomparables. Il se tenait par derrière entre Dieu et l’âme. Un de ses bras entourait le Seigneur, l’autre l’âme, avec un souverain respect et une très délicate tendresse… Elle lui offrit alors de brèves oraisons qu’elle avait spécialement préparées en son honneur. Il les reçut avec une grande joie et les offrit, sous la forme de roses merveilleusement belles, à la toujours vénérable Trinité (Héraut de l’Amour Divin IV-LIII, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

Les Anges disaient : Avec une joie ineffable, nous sommes attentifs, jour et nuit, à te garder avec sollicitude. Nous veillons à ce que tu ne perde rien de ce qui sied à te parer dans l’attente de l’époux… Nous te servirons avec dévouement en tout ce que tu feras. Nous te ferons constamment aller de l’avant et te stimulerons toujours d’avantage » (Héraut de l’Amour Divin IV-LIII, 2,3).

 

Parole de Dieu : « Il a pour toi donné ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies » (Psaume 90, 11).

 

Dans ma vie

 

Le jour de Noël, nous avons chanté : Mille anges divins, mille séraphins, volent alentour de ce grand Dieu d’amour », pensons à prier les Anges. Durant la nuit de Noël, en grande foule, il ont proclamé : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ! » Avons-nous le coeur assez pur pour les entendre, pour les voir ? Qu’importe, la Foi nous assure de leur présence à la Messe dans laquelle l’Église a introduit leur cantique de louanges, le Gloria. Demandons-leur une grâce d’adoration, d’émerveillement devant le Divin Enfant : Toi seul es Saint, Toi seul est Seigneur, Toi seul est le Très-Haut, Jésus-Christ !

 

Résolution : Prenons le temps de reprendre quelques vieux Noëls, en commençant par ceux qui parlent des anges : Bergers écoutez les musique ; En cette nuit ; Les Anges dans nos campagnes...

 

Samedi

La prière d’action de grâces

 

« Fixe-toi, de temps en temps, un jour, pendant lequel tu puisses, sans entrave, vaquer à la louange divine, afin de suppléer à toute la louange et à l’action de grâces que tu as négligée de rendre à ton Dieu pour les jours de ta vie, pour tous ses bienfaits ». Ainsi commence le sixième des Exercices de Sainte Gertrude où, selon Dom Guéranger, « la Sainte unit les accents du remerciement le plus humble et le plus tendre, à ceux de la louange la plus haute et la plus triomphante… Sans attendre l’heure de son entrée au Ciel pour s’unir au concept des créatures glorifiées ».

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Daigne insérer toute l’oeuvre et tout le travail de ma vie dans l’oeuvre de vie de ta vivante dilection afin que toute l’éternité de mon âme te glorifie et que toute ma vie te serve infatigablement, que mon esprit tressaille en toi, mon Dieu et mon salut, que toutes mes pensées et mes œuvres te soient louanges et actions de grâces » (Exercices IV).

 

Parole de Dieu : « Soyez vigilants à la prière ; tenez-y vous vigilants dans l’action de grâce » (Colossiens 4, 2).

 

Dans ma vie

 

La Foi devrait nous conduire au mystère de l’Incarnation comme Sainte Gertrude, à l’admiration, à l a louange d’amour, dont le Magnificat est un modèle indépassable. La liturgie nous y conduit sûrement, elle qui, chaque soir, clôture les Vêpres avec le Cantique de Marie. Le Chant du Magnificat, mémorial de la Miséricorde Divine, deux fois mentionnée, rend présent, réactualise, d’une certaine manière, la Miséricorde que Dieu manifeste depuis la Création, et dont l’Enfant de la Crèche est l’incarnation.

 

Résolution : J’insère dans la prière du soir le Magnificat. Je lis le récit de la Visitation (Luc 1, 39-56) en famille, à trois voix : lecteur, Elisabeth, Marie. Et je propose à tous l’effort de ne pas « râler » jusqu’à l’Epiphanie.

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

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15 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Troisième Semaine de l’Avent

 

Troisième Dimanche de l’Avent

Un dimanche de Gaudete

 

Comme Gertrude, souffrante, ne peut assister à la messe, un troisième dimanche d’Avent, le Seigneur lui propose de lui chanter Lui-même la messe ! « Il entonne à haute voix avec tous les saints l’introït Gaudete… Puis il poursuit d’une voix claire Kyrie eleison. Deux anges conduisent alors l’âme de Gertrude en présence de Dieu le Père. Tombant sur sa face elle se prosterne dans l’adoration. Au premier Kyrie le Père lui accorde la pleine rémission de ses péchés de fragilité ; au second Kyrie elle reçoit le pardon de ses fautes d’ignorance. Puis les anges la conduisent au Fils pour les Christe... » (Missa 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Lorsqu’elle eut communié, le chantre des chantres – Jésus entonna d’une voix pénétrante : Ecce quod concupivi : Voici ce que j’ai désiré... Ô douceur inestimable de la condescendance d’un Dieu. Il désire avec tant de passion trouver sa joie dans l’âme humaine qu’il juge toute la douleur de sa sainte Passion et de sa mort compensée par son union avec une seule (âme)... » (Missa 14).

 

Parole de Dieu : « Réjouissez-vous sans cesse… N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière » (Philippiens 4, 4,6).

 

Dans ma vie

 

Gertrude vit si intensément le conseil de Saint Benoît : « Que notre âme concorde avec notre voix » que c’est au rythme de la mélodie grégorienne des Christe du Kyrie qu’elle connaît, ce même dimanche, la grâce d’échanges d’amour entre son coeur et celui de Jésus : « Cela se faisait par une sorte de merveilleux influx de Dieu en l’âme et d’un reflux de l’âme en Dieu ; par les notes descendantes, le coeur divin s’écoulait dans l’âme avec une ineffable délectation, et, par les notes ascendantes, l’âme refluait vers Dieu, dans une immense joie ».

 

Résolution : À la messe, je m’applique à comprendre ce que je chante : je renouvelle mon attention aux chants de l’ordinaire, pour prier en vérité la supplication du « Seigneur prends pitié », la louange du « Gloire à Dieu », l’acclamation « Saint, Saint, Saint ».

 

Lundi

Sainte Gertrude faisait-elle oraison ?

 

À plusieurs reprises, Gertrude rapporte une grâce obtenue lors d’un temps d’oraison, une fois même durant la nuit. Quand elle le peut, elle aime après les matines, « s’adonner plus à loisir à l’oraison ». « Elle éprouve souvent tant d’ennui en compagnie des créatures que, fréquemment, se retirant soudain, elle se rend, l’âme pleine de ferveur, au lieu de son oraison, disant : « Mon Seigneur ! Voici que toute créature m’est à charge ; je ne veux plus d’autres compagnie et entretien qu’avec Vous seul. Je viens à Vous, unique et suprême bien, joie de mon coeur et de mon âme » (Héraut de l’Amour Divin III-XLVII, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

Consigne de Jésus pour un chrétien cultivé : « Qu’il s’efforce, chaque jour, pendant au moins une heure, de s’abstraire de toute occupation extérieure pour se recueillir intérieurement, tournant vers Moi son attention et cherchant à connaître Ma Volonté. Puis, qu’il suive l’inspiration : soit de Me louer, soit de rendre grâces, soit de prier pour les pécheurs… avec une grande ferveur, pendant le temps fixé » (Héraut de l’Amour Divin III-LXXIII, 12).

 

Parole de Dieu : « Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un endroit désert, et là il priait ». (Marc 1, 35).

 

Dans ma vie

 

Bien avant que Thérèse d’Avila ne nous entretienne de l’oraison, le Héraut de l’Amour Divin nous familiarise avec la prière personnelle, fréquente, de Gertrude. Pour elle, l’oraison est un libre échange, un coeur à coeur très simple avec le Seigneur Jésus. Elle lui confie des intentions, intercède pour autrui… et, ce qu’elle préfère, loue sa beauté, son amour, s’abandonne à sa tendresse et à son bon vouloir, au gré de la liturgie. Prendre un temps d’action de grâce à la fin de la messe est un excellent moyen de « faire oraison » sans le savoir ! Faisons de même pour devenir des âmes d’oraison.

 

Résolution : Sans attendre demain, je prends aujourd’hui même, un moment de prière en silence. Si c’est la première fois, j’implore l’assistance de Sainte Gertrude et je lui demande que cela devienne une de mes joies et de mes priorités spirituelles.

 

Mardi

Travail ou prière ?

 

Gertrude parle au Seigneur d’une sœur cuisinière illettrée qui s’afflige de ne pouvoir vaquer à l’oraison à cause des soucis de son emploi. Il lui répond : « Je n’attends pas d’elle qu’elle Me serve une heure par joue, mais que, pendant toute la journée, elle soit sans cesse en Ma présence ! Et cela en accomplissant continuellement tous ses travaux pour Ma gloire, dans l’esprit même où elle voudrait vaquer à la prière. Qu’elle y ajoute le désir que soient spirituellement entraînés à m’aimer davantage, et affermis dans le bien, ceux qui bénéficient de son travail » (Héraut de l’Amour Divin III-LXXIII, 14).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Toutes les fois que cette sœur cuisinière agira ainsi, elle semblera assaisonner tous les plats qui sont, pour ainsi dire, ses travaux et ses labeurs, d’un sel, à mon goût, d’une exquise saveur ». « J’agréerai comme une suprême démonstration d’amour chaque fois que tu chercheras à rassasier ton coeur de divines méditations, tes yeux de saintes lectures, tes mains de travaux continuels... » (Héraut de l’Amour Divin IV-XLIV, 1).

 

Parole de Dieu : « Que vous mangiez, que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites-le pour la gloire de Dieu ». (1 Corinthiens 10, 31).

 

Dans ma vie

 

À l’époque de Sainte Gertrude, les moniales lettrées s’adonnent plus au labeur de la prière liturgiques qu’aux gros travaux manuels, confiés au sœurs converses – telle cette cuisinière. L’unique nécessaire est, pour chacune, de n’agir que « pour la gloire de Dieu » et de désirer le salut du prochain. Plusieurs fois le Héraut de l’Amour Divin met sous nos yeux un travail en communauté. Jésus fait à Gertrude cet éloge d’une sœur défunte : « Bien que cardiaque, elle ne se dispensait pas des travaux communautaires ; elle travaillait au-delà de ses forces, ne faisant ni grandes plaintes, ni grands éclats, à ce propos ».

 

Résolution : Souvent dans la journée, je renouvelle mon intention de faire mon devoir d’état « pour la gloire de Dieu » surtout ce qui est le moins plaisant. Je l’offre aux intentions du Saint Père dont c’est la devise ignacienne.

 

Mercredi

O Sapientia !

 

Le Seigneur interroge Gertrude : « Ne m’arrive-t-il pas de t’envoyer des épreuves qui ne sont pas faites pour toi ? » - « Nullement mon Dieu, mais je le confesse et le confesserai jusqu’à mon dernier souffle : qu’il s’agisse du corps ou de l’âme, tant de la prospérité que de l’adversité, Vous m’avez gouvernée d’une manière si constamment parfaite qu’on ne pourrait l’attendre d’aucune sagesse d’aucun temps, depuis le commencement du monde jusqu’à la fin, sinon de Vous, mon Dieu, infiniment doux, unique Sagesse incréée » Héraut de l’Amour Divin III-LXX, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Ô Sagesse éclatant de Dieu : la malice du diable n’a pu entraver aucune de tes œuvres magnifiques ; l’ignorance et toute la perversité humaine ont été impuissantes à changer tes miséricordieux conseils ; la grandeur de nos crimes n’a pu prévaloir contre la grandeur de ta miséricorde, l’immensité de ton amour, la plénitude de ta bonté » (Exercices VIII).

 

Parole de Dieu : « La Sagesse s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre et elle gouverne l’univers pour son bien ». (Livre de la Sagesse 8, 1).

 

Dans ma vie

 

Aujourd’hui l’Evangile de la généalogie de Jésus ouvre, à la messe, les derniers jours préparant à Noël. Le Messie n’est pas tombé du ciel, il est issu d’une longue histoire tourmentée où, durant des siècles, les malheur a côtoyé la joie. La sagesse et la fidélité de Dieu ont donc défié les temps et les générations. Chaque jour, à Vêpres, le Magnificat est précédé d’une grande antienne Ô : elle implore de Dieu, invoque sous un titre biblique la venue du Messie. Ce soir : Ô Sagesse du Très-Haut… Viens nous enseigner le chemin de la prudence !

 

Résolution : Je ménage dans mon emploi du temps des moments de calme et de silence pour faire le point sur le mystère de la Nativité. Je récite la prière Louange au Verbe Incarné :

« Sois béni pour avoir pris notre humanité, ce qui m’a appelée en la société de ta divinité.

Sois béni pour cet exil de 33 ans que Tu as enduré pour moi, afin de ramener mon âme qui était perdue, à la fontaine de la vie éternelle.

Sois béni par tous les travaux, les douleurs et les sueurs par lesquels Tu as sanctifié toute mes angoisses, mes souffrances et mes maladies.

Sois béni par ton abondante dilection par laquelle Tu es devenu de mon âme la précieuse rédemption.

Sois béni par toutes et chacune des gouttes de Ton précieux Sang, par lesquelles Tu as donné la vie à mon âme, et Tu m’as rachetée à un si haut prix » (Exercice VI).

 

Jeudi

Garde du coeur

 

Gertrude se demande pourquoi certains retirent de l’Office une abondante nourriture spirituelle alors que d’autres demeurent dans l’aridité. Elle reçoit de Dieu cette lumière : « Le coeur a été créé par Dieu pour contenir la joie spirituelle comme un vase contient de l’eau. Mais si, dans ce vase, d’imperceptibles trous laissent s’échapper l’eau, à la fin, il peut être complètement vide. Il en est de même pour la joie spirituelle, si elle s’écoule par la vue, l’ouïe et les autres sens laissés libres d’agir à leur gré, elle finit par se perdre et le coeur reste vide de toute joie en Dieu » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 36).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Si quelqu’un a envie d’un regard ou d’une parole inutile ou de peu de profit, et qu’il y cède sur le champ, la joie spirituelle tenue pour rien s’écoule comme l’eau. Au contraire, s’il s’efforce de se contenir pour l’amour de Dieu, la joie croît en son coeur au point qu’à peine peut-il en supporter l’excès » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 36).

 

Parole de Dieu : « J'ai dit à Dieu : « C’est toi mon Seigneur, mon bonheur n’est en aucune idole de la terre » (Psaume 15, 2).

 

Dans ma vie

 

« Quand l’homme a appris à se dominer en semblables occasions, conclut Gertrude, la joie divine lui devient familière et plus grand aura été l’effort de sa discipline, plus savoureuses seront les délices qu’il découvrira en Dieu ». Qui n’aspire à devenir « Seigneur lui-même » ? Sainte Gertrude nous en apprend le chemin par la garde du coeur et la vigilance, le premier degré d’humilité de la Règle des moines. Comment y arriver ? En vivant sous le regard de Dieu, en renonçant à notre volonté propre, en demandant constamment « Que Ta Volonté soit faite », répond Saint Benoît.

 

Résolution : Je médite le Notre Père et répète souvent dans la journée sa deuxième demande : « Que Ton règne vienne ! » Le règne de la Sagesse incarnée, le règne de l’Enfant Dieu.

 

Vendredi

Sainteté de Gertrude

 

Un religieux, surpris d’apprendre du Seigneur que ce qu’il préfère en Gertrude est « la liberté du coeur », car elle ne supporte rien qui contredise sa conscience, s’étonne : « Je pensais que votre grâce avait fait parvenir à son âme une très haute connaissance spirituelle et à un amour d’une éminente ferveur ». Et le Seigneur de répondre : « Il en est bien ainsi, mais la voie en est cette grâce de liberté qui la conduit sans détour au sommet de la perfection, puisque ainsi, à tout moment, elle est disponible à l’action de mes dons, ne permettant à jamais à son coeur de s’attacher à quoi que ce soit qui me fasse obstacle » (Héraut de l’Amour Divin I-XI, 7).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Elle est à chaque heure marchant devant Moi avec une attention constante à connaître le bon plaisir de mon coeur. Dès que ma volonté lui apparaît, elle s’emploie de tout son effort à l’accomplir pour revenir aussitôt en quête d’un autre de mes désirs, prête à lui obéir fidèlement. Ainsi toute sa vie se tourne à ma louange et à ma gloire » (Héraut de l’Amour Divin V-XI, 9).

 

Parole de Dieu : « Celui qui se penche sur la Loi parfaite de la liberté (la Parole de Dieu) et s’y tient attaché, trouve son bonheur en la pratiquant » (Jacques 1, 25).

 

Dans ma vie

 

Si rien ne plaît tant au Seigneur que « la liberté de coeur », veillons en cette fin d’Avent à respecter les priorités : Dieu premier servi. Mais comment discerner ce qui est Dieu et ce qui est du monde ? Par les dons du Saint Esprit : ils libèrent les vertus théologales de leur conditionnement humain (la raison) et fortifient les vertus cardinales. Conduits par l’Esprit de Dieu, notre Foi verra plus clair, notre désir de Dieu sera plus joyeux et ardent, notre Charité plus amoureuse et attentive. Là où est l’Esprit, en effet, là est la liberté (2 Corinthiens 3, 17).

 

Résolution : Je fais dans la journée un acte vraiment libre, c’est à dire, fait consciemment pour Jésus seul, un acte d’amour gratuit, vu de Dieu seul.

 

Samedi

En la fête de l’Annonciation

 

En la vigile de l’Annonciation, Gertrude voit le Seigneur Jésus siéger au chapitre, à la première place, avec la Vierge Marie. Il accueille avec une indicible bonté et douceur chaque sœur qui entre. À la lecture du martyrologe qui annonce la fête de Sa Mère, « il se tourne vers Elle, la salue avec beaucoup de tendresse d’une inclination de tête. Il renouvelle en Elle la joie suave ressentie le jour où la divinité que rien ne peut contenir, prenant chair en Elle, daigna s’unir à notre nature humaine dans son sein virginal » (Héraut de l’Amour Divin IV-XII, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Je vous rends grâces, Créateur des étoiles, qui avez revêtu de clarté les luminaires du ciel, et paré de teintes variées les fleurs printanières. Que la Vierge bénie, rose qui sans épine s’épanouit, lys blanc immaculé, en qui fleurit surabondance de vertus, en perpétuelle médiatrice comble notre indigence » (Héraut de l’Amour Divin II-XVI, 6).

 

Parole de Dieu : « Croissez comme la rose… Fleurissez en fleurs, comme le lys, donnez votre parfum… bénissez le Seigneur » (Ben Sirac 39, 17-19).

 

Dans ma vie

 

Gertrude est moderne en sa dévotion à Marie : elle ne la sépare jamais de Jésus, le fruit béni de ses entrailles. Aussi, un jour d’Annonciation, est-elle peinée de ce que le prédicateur n’a magnifié que la Sainte Vierge, sans faire mention de l’Incarnation du Seigneur. Le Seigneur lui explique que ce n’est pas le diminuer que d’honorer Celle qui est à la source de son exaltation. Nous voyons dans ce passage que Sainte Gertrude connaissait la première partie de la Salutation Angélique. Ailleurs elle prie un certain nombre d’Ave pour honorer Marie ; par exemple 66, autant que d’années vécues !

 

Résolution : Aimons le Je Vous salue Marie ; prions-le quand nous avons un petit creux dans la journée. Prenons conscience de qui viennent ces paroles : de l’Ange Gabriel puis d’Elisabeth dans la première partie, la seule connue de Gertrude.

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

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01 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Première Semaine de l’Avent

 

Premier Dimanche de l’Avent

 Amour de la Parole de Dieu

 

Le premier fruit de ce l’on appelle « la conversion » de Sainte Gertrude est un ardent amour de la Sainte Ecriture. Depuis ce jour de grâce, elle scrute avec avidité la Parole de Dieu. Elle la traduit du latin, langue de la Liturgie, pour ses sœurs, la fait sienne inlassablement à l’Office, la rumine dans sa lectio divina quotidienne ; elle l’utilise abondamment, notamment dans ses Exercices. Faisons nôtre sa manière d’intérioriser le refrain du Psaume 79, Psaume responsorial de ce Premier Dimanche de l’Avent.

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« De grâce, montre-moi ta face, et fais-moi voir ta beauté. Elle est douce et gracieuse, cette face, sur laquelle rayonne la très belle aurore de ta divinité. Sur tes joues je lis, d’un rouge merveilleux, l’Alpha et l’Oméga. En tes yeux brille d’une clarté inextinguible l’immense éternité. Là le salut de Dieu m’éclaire comme une lampe. Là s’unissent admirablement la vérité lumineuse et la charité gracieuse » (Exercice 5)

 

Parole de Dieu : « Dieu Sabaoth, fais-nous revenir ! Que brille Ta Face et nous serons sauvés ! » (Psaume 79, 4).

 

Dans ma vie

 

Aimons-nous les Psaumes ? Les prions-nous le matin et le soir ? Chaque dimanche, le Psaume responsorial est destiné à susciter la prière dans le prolongement de la Première Lecture. « Les deux grands sentiments de l’Avent, le besoin de rédemption et le désir ardent du Christ, trouvent une expression dans le Psaume 79 ; c’est pourquoi il est le chant d’Avent de l’Eglise » (Dom Pius Paschi). Le Psalmiste a connu « le pain des larmes » ; il mendie le sourire du Bon Pasteur. Qu’est-ce, en effet, qu’un visage qui s’illumine, sinon un visage qui sourit de bonté ?

 

Résolution : Je cherche au milieu de ma Bible le Psaume 79, je le relis, mieux, le médite. Je choisis un verset comme prière spontanée pour cette première semaine d’Avent.

 

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Lundi

Rencontre de Jésus

 

Quel Avent maussade pour Gertrude que celui de ses 25 ans ! Elle ne fait alors l’oraison « qu’avec tiédeur » et trouve « insupportable » le joug de la vie monastique. Mais quelle radieuse clôture du temps de Noël ! Le 27 janvier 1281 est en effet, le « lundi sauveur » où elle rencontre Jésus ressuscité. Après Complies, à la tombée de la nuit, elle gagne le dortoir selon l’usage ; elle salue une ancienne lorsque « en relevant la tête, elle voit, debout devant elle, un jeune homme plein de charme et de distinction, d’environ 16 ans. Son visage est infiniment séduisant ; il lui demande d’une voix douce : « Bientôt viendra ton salut. Pourquoi te consumer de tristesse ? » (Héraut de l’Amour Divin II, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Louange, gratitude à Votre Miséricorde, ô mon Créateur et Rédempteur, qui avez mis un tel soin à courber ma nuque rebelle sous la suavité de votre joug, à ménager à ma faiblesse le remède adouci, le mieux adapté. Dès lors, pacifiée par une joie spirituelle toute nouvelle, j’ai commencé à progresser dans la douceur de vos parfums »(Héraut de l’Amour Divin II, 1-2).

 

Parole de Dieu : Ne crains pas car Je t’ai racheté ; Je t’ai appelé par ton nom : tu es à Moi » (Isaïe 43, 3).

 

Dans ma vie

 

À l’origine de la conversion de Gertrude à la vie intérieure, il y a donc une grâce exceptionnelle : la visite gratuite du « plus beau des enfants des hommes ». En pleine tentation d’acédie, elle n’est pas repliée sur elle-même ; fidèle, coûte que coûte, à l’oraison, elle reste attentive à ses sœurs. Les premiers mots que Jésus lui adresse sont ceux d’un répons d’Avent, inspiré des Prophètes Michée et Isaïe. Le lieu par excellence où nous pouvons rencontrer le Seigneur est la Parole de Dieu, célébrée, méditée, goûtée dans la liturgie.

 

Résolution : Dès aujourd’hui, je m’efforce de lancer souvent vers Jésus le verset du Psaume 79 choisi hier comme invocation pour débuter l’Avent. Si je me sens tiède, je demande à Sainte Gertrude de m’aider.

 

Mardi

Suite de la rencontre avec Jésus

 

Ecoutons Gertrude raconter elle-même la suite de sa rencontre avec Jésus ressuscité dont les mains portent les stigmates de la Passion. « je regardai, et je vis entre moi et lui, une haie d’une longueur sans fin. Le sommet de cette haie semblait renforcé d’une garniture d'épines très épaisse, de sorte que nulle part ne s’offrait à moi de passage pour rejoindre cet adolescent. Comme je me tenais hésitante, brûlante de désirs et presque défaillante, soudain, sans aucun effort, il me souleva et le plaça près de lui ; et sur sa main, je reconnus alors les joyaux brillants de ces cicatrices par lesquelles toutes dettes ont été annulées » (Héraut de l’Amour Divin, II 1, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« De quelle manière, dans la profondeur de Votre bonté et de Votre douceur, Vous m’avez visitée, aucune parole venant de moi n’est capable de le dire. Donnez-moi d’offrir en gratitude sur l’autel de mon coeur un sacrifice de joie, qui nous obtienne de connaître cette union qui est douceur et cette douceur qui est union, qui m’était complètement inconnue avant cette heure » (Héraut de l’Amour Divin II-1,2).

 

Parole de Dieu : « Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait de la Parole… si du moins vous avez goûté combien le Seigneur est bon » (1 Pierre 2, 2-3).

 

Dans ma vie

 

Ce qui est arrivé à Gertrude peut m’arriver aussi, si je n’ai déjà fait dans la Foi, l’expérience décisive d’une visite de Jésus. Il est à la porte et frappe sans cesse, mais suis-je en état de l’entendre, de le reconnaître ? S’il parle dans l’Ecriture, dans la Liturgie, Il nous visite aussi dans les rencontres quotidiennes, dans le devoir d’état bien faut, avec amour, il ne tient qu’à moi de me tenir libre, de rester éveillé pour le rencontrer à l’heure de Son bon plaisir. Demandons à l’Esprit Saint la grâce d’être vigilants dans la prière, attentifs et prévenants envers nos proches.

 

Résolution : Je réfléchis à un petit détail concret de mon devoir d’état à améliorer et je décide de le faire consciemment pour Jésus.

 

Mercredi

Conversion

 

Pourquoi parler de « conversion » de Gertrude à propos de la visite dont Jésus l’a gratifiée après 20 ans de vie monastique ? Gertrude, sans doute orpheline, n’avait que 5 ans quand elle entra à l’école du cloître d’Hefta. À 25 ans, elle n’était ni une mécréante, ni une grande pécheresse ! Mais adonnée aux joies intellectuelles des sciences profanes de son époque, elle n’avait pas encore pris conscience de la proximité de Dieu, de la vraie vie intérieure, spirituelle. À partir de cette grâce ; elle ne recherche plus que la vie d’union avec Jésus, se laisse conduire par Celui qui, de l’intérieur, la « tourne » vers Lui.

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Grâces vous soient rendues, Sauveur et Lumière de mon âme, pour cette grâce exceptionnelle par laquelle Vous avez introduit mon âme à la connaissance et à la contemplation du fond intime de mon coeur dont, jusqu’alors je n’avais pas plus souci – si j’ose dire – que du fond de mes pieds » (Héraut de l’Amour Divin II-II, 1).

 

Parole de Dieu : « Convertis-moi et que je me convertisse, car Tu es le Seigneur, mon Dieu » (Jérémie 31, 18.

 

Dans ma vie

 

On peut vivre plusieurs conversions dans sa vie. Une première forme en est la prise de conscience de ce qui peut nous séparer de Dieu : le péché, l’infidélité à notre conscience, l’inattention à la présence de Dieu en nous et dans les autres, les négligences volontaires… Gertrude confesse que « la grâce d’une plus vive lumière de connaissance et d’attrait vers le suave amour de la bonté de Jésus fut bien plus efficace pour la convertir qu’une peine sévère ». En Avent, l’esprit de pénitence nous pousse au recueillement, à la docilité au Saint Esprit, dans les petites choses.

 

Résolution : J’essaie, chaque soir, de remercier Jésus pour mes petites fidélités conscientes à la grâce ; je lui demande pardon pour mes infidélités, lâchetés, dérobades.

 

Jeudi

Présence de Dieu

 

Assise auprès du vivier, Gertrude « contemple, ravie, les charmes de ce lieu : la pureté du cours d’eau, les arbustes verdoyants, le libre vol des oiseaux et des colombes, mais surtout le repos secret d’une retraite solitaire ». Que manque-t-il pour que soit parfaite la joie de cet instant ? « La présence d’une amitié familière, tendre et attentive, qui partage ma solitude » se dit-elle. Elle y pense toute la journée et avant de se coucher elle se recueille à genoux : alors « mon coeur de boue sentit Votre présence et Votre venue » (Héraut de l’Amour Divin II-II, 1-2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Avec une merveilleuse condescendance et une douceur incommensurable, Vous m’avez manifesté Votre présence, qui m’a donné part à Votre connaissance et à Votre Amour, et m’a appris à me recueillir au plus profond de mon être jusqu’alors bien inconnu de moi. Vos touches secrètes ont commencé d’agir en moi... » (Héraut de l’Amour Divin II-XXIII, 5).

 

Parole de Dieu : Si quelqu’un M’aime, il gardera Ma Parole ; Mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14, 23).

 

Dans ma vie

 

N’oublions jamais que les délices de la Sagesse, qui va s’incarner à Noël, sont d’être avec les enfants des hommes (Proverbes 8, 31). Jésus n’a qu’un désir : vivre auprès de nous comme Il a vécu avec Sainte Gertrude. « Comme un ami, comme un époux avec son épouse ». Le péché est un obstacle à l’esprit d’Avent, esprit de recueillement, d’attente et de désir ; si « le péché retarde le salut, la grâce, la propitiation divine l’accélère » (Collecte de ce jour). Désirons la venue du Sauveur, hâtons-la par une vie droite, une vie donnée aux autres dans le désir de Dieu.

 

Résolution : Je décide de purifier plus souvent mon coeur de mes fautes. Je choisis, et inscris sur mon agenda, une date pour recevoir le pardon de Dieu à travers le Sacrement de Réconciliation.

 

Vendredi

Ne rien préférer à l’Office Divin

 

L’office des Heures est la principale prière de Gertrude. « Son assiduité à la prière et aux veilles apparaît en ceci : elle ne manquait jamais l’heure habituelle de la prière, à moins que la maladie ne la retînt au lit, ou que, pour la gloire de Dieu, elle ne travaillât au salut du prochain (Héraut de l’Amour Divin I-X, 6). Ses Exercices témoignent de son amour des Psaumes, abondamment cités ; ils contiennent de nombreuses prières et élans du coeur de sa composition. Si sa préférence va à la louange, elle intercède souvent, auprès du Coeur de Jésus, pour autrui, ses sœurs, les pécheurs...

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Dans la prière, elle demande à quoi servent les prières qui ne portent aucun fruit. Il répond : « Ne t’étonnes pas de ne constater matériellement aucun fruit de tes prières dont mon éternelle Sagesse dispose pour un meilleur profit. Plus souvent on prie pour quelqu’un, plus grande sera sa béatitude car aucune prière sincère ne reste sans fruit, encore que les hommes en ignorent le mode » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 24).

 

Parole de Dieu : « Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme ; en Toi je me confie » (Psaume 21, 1).

 

Dans ma vie

 

N’hésitons pas à persévérer dans nos prières de demandes, même si les résultats ne sont pas tangibles. Si Jésus diffère parfois l’exaucement des prières de Gertrude, Il lui affirme à plusieurs reprises que, dans le dessein de Dieu, elles sont utiles et source de grâces pour le prochain comme pour elle-même. Choisissons bien nos prières en ce temps de préparation à Noël, car Jésus aime exaucer nos demandes, même si c’est à sa manière ! En Avent, l’Église propose chaque jour, à la Messe, une collecte différente : pensons à nous approprier la prière de quelques unes d’entre elles.

 

Résolution : Je cherche dans un missel les prières de la liturgie d’aujourd’hui ou je trouve une prière de supplication et je la prie, le matin et le soir, aux intentions de l’Église, de notre Pape François, de mes proches, des chrétiens persécutés.

 

Samedi

Salut à Marie

 

Un jour, la Vierge Marie apparaît à Gertrude sous le symbole d’un lys éclatant de blancheur, composé de trois pétales, représentant la Sainte Trinité. Elle lui révèle alors le pouvoir de l’invocation « Lys blanc de la Trinité et Rose éclatante de beauté céleste », sur chaque Personne divine. Et de promettre : « Au moment de la mort de quiconque me salue ainsi, je me montrerai dans l’éclat d’une si grande beauté que ma vue le consolera et lui communiquera les joies célestes ». Depuis ce jour, Gertrude résolut de saluer la bienheureuse Vierge Marie, ou ses images, avec la prière ci-dessous » (Héraut de l’Amour Divin III-XX, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Je vous salue, Lys blanc de la resplendissante et toujours tranquille Trinité, rose éclatante de beauté céleste. De vous le Roi du Ciel a voulu naître ; de votre lait Il a voulu se nourrir. Veuillez nourrir nos âmes des effluves divine » (Héraut de l’Amour Divin III-XX, 1).

 

Parole de Dieu : « Je suis la Mère du Bel Amour. En moi est toute grâce de voie et de vérité, en moi toute espérance de vie et de force » (1 Pierre 2, 2-3).

 

Dans ma vie

 

La prière du Rosaire n’existe pas encore au XIIIe siècle. Sinon, que de commentaires nous en aurait laissé Sainte Gertrude, vu sa dévotion à la Vierge Marie ! Jésus l’invite Lui-même à méditer sur sa beauté à l’heure de l’oraison. « Tiens-toi auprès de Ma Mère siégeant à mon côté et applique-toi à la louer ». Gertrude prie alors la Reine du Ciel « de lui obtenir un coeur orné de mille vertus où Dieu se plaise à demeurer ». Imitons sa prière pour qu’à l’intercession de Sa Mère, Jésus, en ce temps d’Avent, visite notre coeur et en fasse sa demeure.

 

Résolution : En ce samedi d’Avent, je vénère doublement Marie. Je la prie sur une dizaine de Je vous salue marie, et je dis la prière : « O Dieu, Trinité Sainte, Fontaine d’éternelle Lumière, par Votre Divine Toute-Puissance soutenez-moi ; par Votre Divine Sagesse conduisez-moi ; par Votre Divine Bonté faites-moi selon Votre Coeur ».

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

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31 mai 2018

Le mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trente-et-unième jour

Notre Dame du Bon Conseil, triomphante dans les Cieux

 

Le corps virginal qui avait fourni au Verbe fait chair sa substance humaine, qui par un prodige inouï l'avait conçu et l'avait enfanté sans douleur et sans rien perdre de son intégrité, dont l'âme, par une merveille, plus insigne encore, avait été préservée de la tache originelle et de toute espèce de péché, dont la mort enfin n'avait été qu'un pur effet d'amour, devait-il, pouvait-il subir la corruption du tombeau ? Non certes, « le corps sacré de notre Mère, dit Bossuet, le trône de la chasteté, le temple de la sagesse incarnée, l'organe du Saint-Esprit et le siège de la vertu du Très-Haut n'a pas dû demeurer dans le tombeau ; et le triomphe de Marie serait imparfait, s'il s'accomplissait sans sa sainte chair qui a été comme la source de sa gloire ».

Non, non, la croyance des siècles, les glorieuses solennités de l'Eglise, les enseignements de tous les saints Pères, les traditions antiques de toute la catholicité, attestent, sous le nom d'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, le double triomphe de son corps virginal et de son âme immaculée, et toutes les voix catholiques, tous les âges, répètent avec transport les hymnes prophétiques de l’ancienne loi. « Levez-vous, Seigneur, et entrez dans Votre repos, Vous et l'arche que Vous avez sanctifiée. Quelle est celle qui monte à travers le désert, belle de toutes les vertus, semblable à une vapeur transparente composée des arômes de la myrrhe, de l'encens, et de toute espèce de parfums ». - « Venez du Liban, ô épouse chérie, venez et vous serez couronnée. Les hauteurs d'Amana, de Sanir et d'Hermon, toutes les vertus les plus élevées des hiérarchies célestes seront votre couronne : venez, venez. C'est elle, elle vient, elle monte du désert, comblée de délices, appuyée sur son bien-aimé ».

Lui-même l'a conduite par la main ; avec Lui elle a franchi toutes les hauteurs célestes. Son trône est près du trône de son Fils. Elle est reine, reine de toutes les hiérarchies angéliques, reine de tous les saints. Seule, elle forme, dit Gerson, la première hiérarchie du ciel, n'ayant au-dessus d'elle que Dieu, l'unique, l'infini, le maître souverain du ciel et de la terre ; et le Salomon des cieux lui a répété ce que celui de la terre avait dit à Bethsabée sa mère : « Demandez, ô ma mère, et rien ne vous sera refusé ! » Quelle gloire ! Quel triomphe ! Réjouissons-nous dans toute l'allégresse de nos coeurs, Enfants de la Mère du Bon Conseil. Celle que nous aimons est l'objet de ce triomphe incomparable, triomphe que nous partagerons un jour, nous en avons pour garantie l'image du Bon Conseil, portraits de la Reine du ciel et de son divin Fils, qu’Elle-même nous a envoyée des cieux !

 

Exemple

 

On lit le fait suivant dans le livre intitulé la Vierge Mère du Bon Conseil par Mgr Dillon : « Le 4 septembre 1796, il arriva que le maître de la boulangerie de Compatri, appartenant au prince de Borghèse, eut l'occasion de blanchir sa demeure. Tandis qu'il s'y préparait une image de Notre Dame du Bon Conseil, gravée sur du papier commun, se détacha du mur et tomba dans le bois destiné au feu. On la jeta par inadvertance dans le four avec le bois. Toute la masse s'enflamma ; au bout de quelque temps, quand on supposa que le bois était suffisamment consumé pour avoir chauffé le four, le boulanger regarda à l'intérieur, et à son grand étonnement vit un morceau de papier intact parmi les cendres enflammées. Son premier mouvement fut de le mêler de nouveau avec les matières embrasées. Cependant il fut encore plus surpris de voir tous ses efforts inutiles. Il le retira donc du four et reconnut l'image de la Madone du Bon Conseil, mêlée involontairement au bois. Sa surprise et celle de toutes les personnes qui entendirent parler du miracle, est plus aisée à imaginer qu'à décrire. L'image fut immédiatement placée avec vénération dans la chapelle du cimetière du Vatican où on la voit encore. Il y a pourtant un léger indice de brûlure aux extrémités, et quelques étincelles semblent avoir été projetées sur les figures de Jésus et de Marie. Les pieux Romains continuent à visiter cette image qui repose maintenant sous un tabernacle, et à y prier pour les morts. En mémoire du miracle, ils l'appellent : « La Libératrice des âmes du Purgatoire ». En effet, les pauvres âmes ont bien à remercier N.-D. qui opéra ce prodige en leur faveur ».

 

Prière

 

Ô Vierge du Bon Conseil, qui par un miracle touchant, avez procuré tant de prières à vos enfants retenus en Purgatoire, vous nous montrez par là qu'aucun de nos besoins n'échappe à votre vigilance maternelle. Votre sollicitude, qui nous accompagne pendant notre exil, nous suit au tribunal de notre Juge suprême et ne nous quitte pas dans les flammes expiatrices. Vous inspirez à vos enfants de la terre de prier pour ces pauvres âmes prisonnières de la divine justice, d'offrir pour elles leurs expiations et leurs bonnes oeuvres, et hâter ainsi le moment de leur délivrance. Ô Mère du Bon Conseil, du sein de votre gloire incomparable, prenez pitié de tous nos Frères défunts et en particulier des membres de la Pieuse Union. Ayez aussi pitié de nous, quand notre heure sera venue et faites qu’ayant été miséricordieux à l’égard de nos frères souffrants, nous soyons à notre tour, traités avec miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

Fin du Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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29 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trentième jour

Notre Dame du Bon Conseil, consolatrice des pauvres

 

Pour supporter avec patience les privations inhérentes à son état, le pauvre a besoin d'un soutien ; pour triompher des préjugés vulgaires et se glorifier de sa pauvreté comme d'un titre de noblesse, il a besoin d'exemples. Eh bien ! ce soutien et ces exemples, la Mère du Bon Conseil les offre. Marie naît d'une famille illustre par le nombre et la gloire des ancêtres, mais privée des biens de la fortune. Épouse d’un simple artisan, ouvrière elle-même, elle doit, au moment de la Nativité de son Fils, se retirer dans une grotte affreuse ; l'héritier de David et de Salomon a une crèche pour berceau. Au jour de la Présentation, la fille des Rois offre le sacrifice des pauvres. Qui dira les privations endurées en Égypte ? Rentrée à Nazareth, la Sainte Famille retrouve la pauvreté, l’obscurité, le travail : les voisins ne voient en Marie que la femme d'un charpentier. Quand Jésus sort du silence et de la solitude pour faire entendre aux foules l’Évangile du salut, Marie se tient à l'écart ; elle ne veut pas, semble-t-il, opposer à la doctrine du Fils la simplicité de la Mère : ce Jésus, n'est-Il pas le Fils du charpentier Joseph et de cette femme qui s'appelle Marie ?….

Marie ne paraît ni chez Simon le Lépreux, ni au banquet de Lazare ressuscité, ni à l'entrée triomphante, ni dans aucune manifestation de la vie publique de Jésus, la Passion exceptée. Nous la voyons cependant aux Noces de Cana. Savez-vous pourquoi ? Parce que les invités et les époux sont pauvres.

La pauvreté de Marie ! Quelle source de consolation pour les déshérités d’ici bas ! Quelle pure et suave clarté elle répand sur le délaissement et sur l'oubli auxquels ils sont voués ! Puisque tout homme sent le besoin de se rapprocher de son pareil, Marie doit entourer les pauvres d'une prédilection manifeste. Qu'ils sachent donc puiser dans la détresse de leur Mère un nouveau motif de l'aimer et de la supplier !

Ô vous qui gémissez sous les dures étreintes de la pauvreté, jetez des profondeurs de votre misère, un regard confiant sur la Reine du Ciel. Vous êtes les sujets de Notre Dame du Bon Conseil, ses clients aimés, ses fils de prédilection. Notre Dame du Bon Conseil vous soutiendra, vous guidera, vous consolera. Elle fera comprendre aux riches vos droits et leurs devoirs, leur inspirant de nourrir votre faim des restes de leur superflu. Vous recevrez, par elle, avec patience dans les tribulations, l'intelligence, peut-être même l'amour de votre éminente dignité, et vous tiendrez à rester ce que vous êtes, les confidents du Sauveur, les premiers ministres de Son royaume spirituel.

 

Exemple

 

On écrit de Paris, le 5 février 1892 : « J'étais en butte, depuis deux ans, aux tracasseries de plusieurs membres de ma famille. Ils me réclamaient, à la suite d'un héritage, tout, ce que la loi et la volonté du défunt m'avaient donné. Pendant un demi-siècle, j'avais sué sang et eau pour m'assurer une vieillesse, sinon opulente, du moins paisible et sûre ; et voilà qu’on essayait de m'enlever mes petites économies et de m'envoyer à l’hôpital. J'avais beau exposer ma situation, raisonner mon droit, aller d'avocat à notaire, de maire à avoué, aucune réponse ne me contentait, il me semblait entendre toujours sur le seuil de ma porte, les huissiers et les gendarmes. Si mon état avait duré quelques jours de plus, assurément je perdais la tête. Par bonheur la Providence me fit rencontrer un ecclésiastique fort dévot à Notre Dame du Bon Conseil. Ce digne prêtre me donna une Image de cette Madone et me dit de ne m’inspirer désormais que de ses réponses. Je me mis résolument à I'oeuvre. J’interrogeai chaque matin la divine Conseillère, et ses réponses furent si promptes, si sages, si fidèles que le calme me revint. Ma tactique apprise à l'école de Celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille, déconcerte mes ennemis, eux autrefois si insupportables, si accablants, si avides ; eux qui me harcelaient de leurs attaques et de leurs menaces finissent par me laisser tranquille et je puis jouir en paix des derniers restes de ma vie.

 

Prière

 

Ô Marie, Mère du Bon Conseil, nous vous choisissons comme notre protectrice spéciale dans le difficile pèlerinage de cette vie. Nous vous prenons pour arbitre et souveraine dans nos maisons, nos familles et nos intérêts. Rappelez-vous, ô Mère, que pour vous honorer de plus en plus, nous nous sommes unis dans votre Pieuse Union. Délivrez-nous de tous les dangers, consolez-nous dans nos malheurs, défendez-nous contre les embûches de nos ennemis, préservez-nous du péché et assistez-nous à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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28 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-neuvième jour

Notre Dame du Bon Conseil, modèle de sacrifice

 

Chez nous les impressions nouvelles affaiblissent ou chassent les anciennes ; les chagrins mêmes, s'ils arrivent en foule, se neutralisent les uns les autres jusqu'à un certain point, les grandes affections envahissent ou absorbent les affections légères. Chez Marie, pas de confusion possible. Son esprit transmettait clairement à son exquise sensibilité les nuances des douleurs les plus délicates et les plus multiples. Le glaive de la prophétie de Siméon faisait briller à ses yeux toutes les circonstances les plus douloureuses du supplice de Jésus ; Elle les voyait, les sentait, les souffrait. Et Marie acceptait la douleur avec une générosité d'autant plus gracieuse que cette générosité naissait spontanément, sans effort, de l'abondance du coeur. En Elle, pas de rébellion ; la grandeur de son union avec Dieu écartait tout délai, tout calcul, tout combat. Jésus lui présentait une coupe d’amertume, pouvait-elle lutter avec son Fils. Même un instant ? L'admettre, serait admettre que Marie eût pu déchoir passagèrement de sa perfection et perdre de son intégrité. Marie n'a plus de volonté, ou plutôt sa volonté est pour jamais dans les profondeurs de la volonté divine.

Quelle magnifique leçon, et quels salutaires conseils pour nous ! – Le monde étant plein de Dieu, il semble qu'il ne devrait pas y avoir de douleur ici-bas, car près de Dieu, le bonheur seul peut exister. Et pourtant, sur cette terre, le malheur est réel ; chaque âme est un sanctuaire de secrète affliction. Pour quelques-uns le chagrin est récent, chez d'autres il est ancien ; chez un grand nombre, il ne finira qu’avec la mort. Comment agirons-nous sous les coups de la souffrance ? Nous tiendrons-nous, comme Marie, dans le silence et dans la paix ? Oui, si nous le pouvons.

Mais si cette héroïque résignation dépasse nos forces, nous imiterons l'image du Bon conseil, nous prendrons Jésus dans nos bras le demandant à sa tendre Mère et nous reposerons notre tête fatiguée sur la sienne, tandis que notre coeur déchiré et sanglant, pressera le sien du reste de ses forces. Alors cette ineffable étreinte nous transformera. Nous regarderons notre douleur en face, loin de la maudire, nous l'aimerons, nous lui dirons d'être pour nous un second Ange gardien qui nous défende contre le découragement, une ombre de Dieu qui empêche les rayons du monde de dessécher en nous les sources de la prière, afin que le soir de la vie arrivé, nous trouvions l'éternelle félicité, dans l'éternel repos.

 

Exemple

 

« Gloire et reconnaissance à Notre Dame du Bon Conseil, écrit une Associée de la Pieuse Union. Mon amie, Louise Dallin, souffrait le martyre. Une dysenterie implacable l'avait tellement épuisée que le médecin croyait à une mort prochaine. Que faire ? Implorer Celle que les générations appellent le Salut des infirmes. J'avais maintes fois constaté l'efficacité des images de Notre Dame du Bon Conseil ; c'était donc à elle qu'il fallait remettre le soin de soulager ou de guérir notre malade. Pleine de confiance, j'aborde le mari désolé : « Monsieur, lui dis-je, j'apporte le salut de votre femme ; vous l'aurez ce salut, mais à une condition : il faut réciter trois Ave Maria et trois invocations à N.-D. du Bon Conseil, ensuite faire avaler cette image à votre malade ». Le mari, indifférent en matière de religion, mais honnête et raisonnable, se met à genoux et fait les prières indiquées. Sa femme invoque, elle aussi, la Mère du Bon Conseil ; puis, avec un accent de piété et de foi qui m'ébranle : « Sainte Vierge, s'écrie-t-elle, ce que vous voulez, vous le pouvez ; veuillez donc me guérir ; mon intérieur est totalement délabré, mais quand même vous pouvez encore me sauver ». Ce que ni le docteur, ni les remèdes n'avaient obtenu, Marie l’accorda. Le lendemain, la malade se levait ; elle était complètement guérie ».

 

Prière

 

Ô Vierge Marie, Mère du Bon Conseil, qui doucement attirée par votre gracieux Enfant, inclinez modestement la tête vers Lui pour répondre aux désirs de Son amour ; apprenez-nous à correspondre aux attraits de la grâce de Dieu et aux inspirations de vos bons conseils. Colombe très pure, votre coeur lut toujours en Dieu, vos pensées turent toujours de Dieu, vos yeux et vos oreilles n'eurent qu'un seul but : voir et entendre Dieu. Pour Lui plaire vous avez accepté avec joie les sacrifices les plus difficiles ; pour Lui obéir vous avez enduré avec une admirable patience les souffrances les plus cruelles, pour Lui être fidèle vous avez voulu vous soumettre aux plus dures humiliations. Ô Mère, aidez-nous à vous imiter ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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27 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-huitième jour

Notre Dame du Bon Conseil, modèle de sacrifice

 

De même que dès le premier instant de sa vie humaine Jésus fut Victime, de même à partir de ce moment Marie fut Sacrificateur. Cette fonction de sacrificateur, et cet esprit de sacrifice nous sont dévoilés clairement chez Marie à partir du jour de la présentation de Jésus au temple. A cette heure solennelle, Marie présente au Père céleste son Fils divin en holocauste. Dès alors elle offre son corps, son sang, ses prières, ses mérites, ses vertus, ses travaux, ses souffrances, ses abaissements ; en un mot, elle offre le même sacrifice qui s'achèvera, trente trois ans plus tard, sur le Golgotha.

Marie prend dans le temple une attitude de prêtresse. Sur l'autel de son coeur, plus encore que dans ses bras, elle offre à la justice divine l'adorable Victime et consent à perdre un jour son Enfant pour le rachat du monde. Marie s'abîme dans l'immense holocauste du Christ et s’y unit intimement. Elle joint son coeur à celui du Sauveur et s’immole avec son Fils pour le salut de l'humanité ! N'est-il pas touchant que Jésus ne consente à Se laisser immoler que par les mains de Sa Mère ? Mais dans cette offrande, Dieu le Père posa Sa main sur la tête de l'Enfant Rédempteur, et la Mère eut la consolation pleine d'amertume de voir son Fils grandir pour l'immolation sanglante du Calvaire.

Siméon ne se contenta pas d'exalter la grandeur et l'excellence du Sauveur, d'attester Son humanité, Sa divinité, Sa mort en Sauveur et la place d’honneur qu'il occupe dans la famille humaine comme centre de l'histoire du monde ; il adresse aussi à Marie ces paroles expressives : « Votre âme à vous sera transpercée d'un glaive de douleur ».

Marie aura donc à accompagner de ses souffrances et de son sacrifice la carrière douloureuse, toute d'immolation de son Fils, avant de reprendre sous la croix son rôle de prêtresse... Toute sa vie est une vie de sacrifices continuels ; un martyre ininterrompu. Un glaive doit transpercer son coeur. Cette parole terrible lui met sur les yeux le lugubre tableau du soir de la Vie de son Fils. Qu'elle se trouve, selon le corps, à Bethléem, en Égypte, à Nazareth, son esprit contemple sans cesse la scène sanglante du Calvaire, et ne se détache pas du Golgotha. Dès cet instant, elle ne perd plus le souvenir de la passion du Messie. Mais de même que Jésus a mérité par Ses abaissements et Ses souffrances une exaltation magnifique, ainsi Marie a conquis au prix de ses douleurs et de son sacrifice l’honneur de devenir la Mère de l'Église et de tous les élus. Qu’elles sont belles les deux Victimes, la Mère et le Fils, dans l'image du Bon Conseil ! Marie devait tenir ainsi Jésus en l'offrant dans son coeur au Père éternel.

 

Exemples

 

Une maladie foudroyante surprend un saint prêtre au milieu de son apostolat en faveur de la dévotion du Bon Conseil, et le met sur les bords de la tombe. Le pieux serviteur de Marie ne craint pas la mort ; au contraire, il l'appelle de ses voeux, il parle de l'éternité avec une allégresse rayonnante comme s’il goûtait déjà le bonheur du paradis : « Je suis tout entier à la joie de mourir dit-il en souriant». La bonne Mère du Bon Conseil fortement sollicitée par les amis du malade, impose un sacrifice à son dévoué serviteur qui ne sera supportable pour lui qu'à la condition de servir encore sa tendre Mère... Elle le guérit !

Une famille chrétienne de Béziers se réunit chaque soir, devant l'Image de Notre Dame du Bon Conseil. C’est là que se fait la prière, c'est là que le coeur se dilate et que l’âme s’élève. Sous le regard maternel de la Vierge, tout s'achève, se purifie, se transforme ; comme la joie, la tristesse apporte sa lumière et son parfum, l'épreuve, chrétiennement acceptée, trouve en elle des éléments féconds de consolation et d'espérance. Il semble à cette famille que les Anges ravis par le Ciel à son amour vivent encore, agitant leurs ailes pour avertir de leur présence et faire souvenir de leur bonheur. Que de familles trouveraient la même consolation dans leur résignation, devant la Sainte Image de Notre Dame du Bon Conseil !

 

Prière

 

Brillante étoile du paradis, Mère du Bon Conseil, quel est celui, qui parmi les dangers et les larmes de cet exil, ne vous offre le tribut de ses hommages, de son amour et de sa fidélité ? Le culte de votre Image n'a d'autres bornes que celles du monde. Comme le petit enfant tend les mains vers sa mère, comme l'exilé soupire vers la patrie et le matelot vers le port, ainsi le coeur de l'homme se porte vers vous avec tout l'élan du plus vif amour. Oui, ô Mère du Bon Conseil, aimable et tendre Mère, nous vous aimons ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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26 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-septième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Consolatrice du peuple chrétien

 

Le doux et universel rayonnement qu’exerce la présence de Marie au milieu des chrétiens ne doit pas nous étonner, puisque l'ombre de ses traits, aperçue dans le lointain des siècles à venir, faisait tressaillir d'aise et palpiter d'espérance les malheureux des anciens jours.

Rappelons-nous l'histoire de Jacob. Jacob, poursuivi par la colère d'Esaü, cherche un refuge près de Laban, dans la ville de Charres. Son âme ne s'abîme ni dans la haine, ni dans le désespoir ; elle ne fléchit ni ne rompt sous le poids de l'infortune. Qui donc le soutient ?... Un soir, dans la solitude il a vu une échelle immense, dressée entre le ciel et la terre, avec Dieu au sommet, et des anges qui en montent et descendent les degrés. Cette échelle est la figure de Marie.

Le même Patriarche était seul sur la rive du Jourdain, brisé de fatigue, tremblant de peur. Une vision mystérieuse et prophétique vint alors réveiller son courage. Il luttait contre un inconnu qui ne pouvait le terrasser, lui touche le nerf de la jambe, et aussitôt ce nerf se dessécha. Vaincu par et procédé extraordinaire, Jacob s'écria : « Laissez-moi maintenant, car voici l'aurore ». - « Comment t'appelle-t-on ? répartit le lutteur ». - « Je me nomme Jacob ». - « Désormais tu te nommeras Israël, Fort contre Dieu ». Cette aurore naissante, dont les premiers feux apportent au lutteur la force et la consolation, c'est encore l'image de Marie.

Enfin, sur le point d'aller où sont allés ses pères, Jacob s'attriste. N'a-t-il point laissé ses enfants en Égypte ? Mais il regarde la tête de sa couche et le sommet de la verge qui se trouve dans la main de Joseph, et voilà qu'aussitôt un rayon de joie vient éclairer son front ; cette verge, c'est Marie au sommet de laquelle Jésus s'épanouit comme une fleur. Si l'ombre de la figure de Marie soulageait les patriarches de l’Ancien Testament, si sa présence relevait l'abattement des premiers chrétiens, imaginez la puissance de consolation que la Reine du ciel doit avoir maintenant. « Salut ! S'écrie saint Jean Damascène, ô vous qui dissipez toutes les inquiétudes. Salut ! Ô vous qui guérissez tous les maux du coeur ».

Marie, d'après saint Epiphane, est la Vierge à plusieurs yeux. Dès qu’elle nous voit dans le besoin, elle se hâte de nous secourir. « Vos deux mamelles, lui dit l’Époux du Cantique des Cantiques… » Que signifient ces deux mamelles ? La miséricorde et la clémence de la Mère du Bon Conseil. N'est-ce pas là, en effet que ses enfants vont sucer le lait qui adoucit leurs peines ? Souffrances de l'âme, souffrances du corps trouvent leur soulagement et leur guérison devant la salutaire Image du Bon Conseil.

 

Exemples

 

Un père de famille avait perdu la raison. Les siens l'entouraient d'abord des soins les plus délicats, mais voyant que leur dévouement n'améliorait en rien le sort de ce malheureux, ils le prirent en dégoût. Sa femme cependant eut recours à la Mère du Bon Conseil ; elle lui promit un tableau magnifique si le pauvre fou recouvrait la santé. Quelques heures après, la grâce était obtenue.

« J'étais, depuis trois ans, affligé d'une terrible infirmité, écrit un associé, le mal caduc, quand un de mes amis me prêta l'histoire de la translation de l'Image de la Sainte Vierge de Scutarie à Genazzano. J'y lus avec bonheur que Marie se plaisait en quelque sorte à guérir les malheureux épileptiques. Aussitôt l'espérance réjouit mon âme. Je me mis à invoquer la Madone et à lui promettre, en reconnaissance de ma guérison, un pèlerinage à son pieux sanctuaire. Cette promesse m'établit dans la joie, dans la confiance et dans la paix. Toutes les fois que je sentais venir le danger, je priais Marie et sa main écartait le mal. Trente-sept ans se sont écoulés depuis, et les crises ne sont plus revenues. La guérison fut donc complète ! Aussi, mon coeur n'est pas ingrat, il chante Marie, il la prie, il l'aime, il pousse tout le monde à l'invoquer ».

 

Prière

 

Ô Mère très douce du Bon Conseil, nous espérons toujours en vous, et dans nos peines et nos inquiétudes nous resterons attachés à votre dévotion comme à l'ancre de notre salut. Hâtez votre miséricorde, ô Marie, faites-nous savourer les fruits de la confiance que nous avons placée en vous. Nous bénirons en cette vie et en l'autre cette admirable dévotion qui vous fait appeler notre douce espérance et le plus cher asile de tous les malheureux. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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