25 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-sixième jour

Le soutien ferme des vieillards

 

L'Eternel avait ordonné à son peuple de respecter les vieillards : « Levez-vous devant ceux qui ont les cheveux blancs, honorez le vieillard, et craignez votre Dieu, je suis le Seigneur ». C’est qu'en effet, la vieillesse est le symbole de la prudence et de la sagesse, ajoute saint Aignan. Les vieillards gouvernaient autrefois la république, et c’étaient eux, chez les Romains, qui composaient le sénat. Philon, parlant des Esséniens parmi les Juifs, dit qu’ils avaient pour les vieillards les mêmes égards et le même respect que des enfants bien nés ont pour leur père ? La nature seule inspirerait ce sentiment, indépendamment de la loi, et il y a peu de nations où elle ne soit en vigueur.

Cependant, aujourd’hui, soit absence d'éducation, soit absence de religion, ou même de raison, les vieillards sont bien loin d’être aussi respectés, aussi honorés, aussi considérés ! On les délaisse, oh les méprise souvent quand on ne les injurie pas, c’est que la crainte de Dieu est bannie de ce monde ou considérablement diminuée selon que s’exprime David. Pourquoi ? dit saint Bonaventure, parce que le péché souille l’âme, obscurcit l'intelligence pour qu’elle ne voie pas la vérité parfaite ; il ôte à l’intellect la vision de Dieu, et lui laisse pour trésor l’ignorance.

Cela prouve que maintenant plus que jamais les vieillards ont besoin de soutien, de consolateur, d'ami, de protecteur. David regardait le Seigneur comme pouvant lui seul lui tenir lieu de tous ces avantages ; il lui disait : « Ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse, et ne m’abandonnez pas lorsque mes forces viendront à manquer ». David était dans sa soixantième année, observe saint Aignan, lorsqu’Absalon se révolta contre lui, et ses forces étaient notablement diminuées. Usé par tant de guerres et de fatigues qu’il avait eu à soutenir, dit le Maître de Saci, il sentait plus vivement le grand besoin qu’il avait que Dieu l'assistât. Il n’était donc pas en si grand danger qu’autrefois de s’appuyer sur ses propres forces, puisqu’elles commençaient à lui manquer par l'affaiblissement de son âge. C’est pourquoi il presse Dieu avec tant d’ardeur de ne le pas abandonner en un temps où le sentiment de sa faiblesse l’obligeait beaucoup d'avantage à avoir recours à lui, et surtout de ne le pas rejeter, ce qui fait la principale frayeur des justes; et ce que David craignait peut-être plus qu’un autre à cause des crimes qu’il avait commis et dont Dieu le punissait actuellement.

Que les vieillards espèrent donc beaucoup au Seigneur, d’autant plus qu’ils se verront plus oubliés ou méprisés par les hommes. Il est nécessaire de le dire à la honte de certaines familles ; chez elles ces bons vieillards ne sont traités qu’avec la dernière inhumanité ; on ne compte pas les secours dont ils ont besoin et qu’ils ont bien le droit d’attendre de ceux pour lesquels ils ont tant et si courageusement travaillé ; on est moins empressé encore de les leur procurer, quoique le bien-être dont jouissent les enfants soit le fruit de leurs sueurs et de leurs grandes économies ; mais on calcule le nombre de jours qu’ils ont peut-être encore à vivre, afin de régler d’après cette ignoble supputation les dépenses qu’on peut faire pour adoucir leur triste sort. On est bien témoin de leur faiblesse, de leurs souffrances, de leurs désirs, on comprend assez leur impuissance à s‘aider eux-mêmes, on entend leurs gémissements,on voit couler leurs larmes et on reste muet, indifférents, stoïques à leur égard. On s’étonne après cela que ces bons vieillards se plaignent de ces étranges procédés de la part de leurs enfants et qu’ils regrettent de s’être trop épargnés pour de tels monstres d'ingratitude. Peut-être, alors, ose-t-on dire qu’ils radotent, que leur cerveau étant dérangé, ils ne savent plus ce qu’ils disent. Quand encore on s’en tient là ! N'a-t-on pas vu, ne voit-on pas quelquefois ce cruel et déchirant spectacle, des petits enfants injurier, contrefaire, battre leur grand-père et leur grand-mère, qui loin d'être repris, châtiés et réprimandés par leurs parents, en sont loués, estimés, approuvés. Quelle est donc triste la situation des vieillards qui en sont là ! qu’ils sont coupables, et les enfants qui les maltraitent de la sorte, et les parents qui devant les empêcher ne le font pas ! Pauvre société que celle-ci par son indifférence pour les vieillards et les malheureux ! Ne vous en étonnez pas. Quand on n'a plus ni respect ni amour pour Dieu, et qu'on est tout matérialisé, on ne saurait plus ni respecter. ni aimer véritablement les hommes qui sont son image.

Qu’est-ce que la vieillesse ! une voix, une ombre, la réunion de toutes les misères avec la complète impuissance à s’en soulager d’une seule. Elle est en quelque sorte pire que la mort elle-même, car outre que les vieillards sont inutiles à toutes les fonctions de la Vie, quand ils sont parvenus à un certain âge, ils deviennent extrêmement à charge à eux-mêmes, sans pouvoir se secourir si une main étrangère ne vient à leur aide. Et combien de ces vieillards honnêtes, qui ont enrichis leurs enfants, peuvent à peine tirer d’eux les choses les plus nécessaires à leur entretien ? Cela est horrible, cela fait mal au cœur ! cela crie vengeance ! et le châtiment viendra. Plus donc les vieillards se voient négligés et privés des secours temporels, plus ils sentent leur force les quitter, plus ils doivent espérer sur la protection du ciel ; invoquer et prier saint Joseph, qui lui aussi devint vieux, faible et nécessiteux, ayant eu besoin des soins empressés, des distractions et des consolations de la bonne Vierge sa sainte épouse, qui la servit avec un respect, un amour, un zèle infinis jusqu’à sa mort, ce que fit aussi notre Seigneur pour tout ce qui était de sa compétence, donnant ainsi aux enfants l’exemple des égards et des soins qu’ils doivent avoir pour leurs vieux parents.

Assurément, saint Joseph qui a passé par les tribulations de la vieillesse, qui connaît la fâcheuse position des vieillards, adoucira leurs maux par l'onction de la grâce qu’il leur obtiendra, et l’espérance qu'il leur donnera d’un avenir meilleur. Mais qu'ils s’adressent surtout au Dieu des Saints, au Dieu qu’invoquait David dans la même situation. Saint Augustin faisant répondre Dieu même à David, lorsqu’il le priait de ne le pas abandonner dans le temps que ses forces seraient affaiblies, lui fait dire ces excellentes paroles que les vieillards devraient toujours avoir gravées dans le cœur : « Bien loin de craindre que je vous abandonne, lorsque vous sentez l’affaiblissement de vos forces ; que votre force au contraire s'affaiblisse de plus en plus, afin que ma divine vertu s’établisse mieux en vous, et que vous soyez en état de dire avec mon apôtre : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort, et le reste ».

Je sais que la vieillesse est environnée de tant de misères, que naturellement les jeunes gens sympathise et fort peu avec ses manières quelquefois bizarres, impolies et dures : mais il y a beaucoup de mérite à la supporter ainsi. Celui qui y arrive est bien déjà assez à plaindre sans qu'on ajoute à ses maux et qu'on augmente ses douleurs. Voyez le portrait qu'en fait Innocent Ill : « Son cœur s'afflige aussitôt, dit-il du vieillard, sa tête se baisse, son esprit languit, son haleine sent mauvais, son visage se ride, sa taille se courbe, sa vue s’obscurcit, ses narines découlent, ses cheveux tombent, son toucher est tremblant, son travail le fatigue, ses dents se pourrissent, ses oreilles cessent d'entendre ». Au moins soulageons de notre mieux les vieillards, de tant d’infortunés accidents qui les tourmentent, afin qu’ils respirent un peu avant qu’ils disparaissent de ce monde pour aller dans la solitude du tombeau et qu’ils prient pour nous et pour eux le bienheureux saint Joseph, leur modèle et protecteur spécial.

 

Exemple

 

La vénérable mère Claire-Marie de la Passion,l’une des filles spirituelles de sainte Thérèse, avait une dévotion très particulière pour saint Joseph. Elle avait dédié une chapelle à ce Saint dans l'intérieur du cloître, et elle l'ornait avec beaucoup de soin le jour de sa fête. Elle y faisait exposer une des reliques de saint Joseph qui y était processionnellement portée par les religieuses du monastère, au chant des cantiques, composés par elle-même pour cette auguste cérémonie. Enfin, elle ne négligeait aucun moyen pour augmenter la dévotion de ses sœurs envers saint Joseph. Elle eût voulu répandre l’amour et le culte de saint Joseph dans tout le monde, chrétien. Mais sa dévotion ne parut jamais avec plus d’éclat qu’à l’époque où, devenue supérieure du couvent, elle put distribuer des aumônes particulièrement le jour de la fête de saint Joseph.. Ce jour-là, elle habillait complètement un pauvre vieillard, et en secourait beaucoup d'autres. Parmi les pauvres qu’elle assistait ainsi; il arriva une année que la meilleure part échut à un charpentier. Cet homme devait une somme d’argent au monastère. Son bonheur fut qu’il s'appela Joseph, et que son métier lui donnait un trait de ressemblance avec le saint protecteur de Claire-Marie. A la vue de cette coïncidence, elle lui remit toute la dette, et sa piété alla plus loin encore, car elle fit une dot à l’une des filles de ce pauvre père, chargé d'une nombreuse famille. (Patrignani).

 

Supplication du vieillard à Saint Joseph

Tiré du recueil d'indulgence de l'Abbé Rozière

 

Vénérable Joseph, vous êtes la joie de l'enfance, le conseil de la jeunesse, le directeur de l'âge mûr, est-ce que seule la vieillesse débile n’aurait ni de droit à votre protection, ni de part à vos bienfaits ?Je ne saurais le croire, et la confiance qui entraîne vers vous tous les cœurs donne a mes pieds des ailes, à mon âme une indicible ferveur. Ah ! Vous avez aussi connu le poids des ans ; les soucis, les périls, les rudes travaux ont épuisé vos forces et brisé votre corps; le bâton du pèlerin a dû soutenir un peu vos pas mal affermis. Gloire des patriarches, une couronne de cheveux blancs a ceint votre front virginal, la sagesse a imprégné vos lèvres comme une rosée du ciel, et vos mains chargées d’œuvres se sont levées pour bénir Jésus et Marie. Oh ! Levez-les aussi sur moi ces mains vénérables, toutes pleines de faveurs et d'onctions. Voyez, bon Joseph, mes genoux ont fléchi, mon front ridé s'incline et ma voix vous implore ; bénissez-moi, mon père, bénissez le vieillard, comme Abraham, Isaac et Jacob ont béni leurs enfants. Donnez la prudence à mes démarches, la sagesse à mes paroles, la douceur à mon regard, l’autorité à mon exemple. La vie de l’homme s’enfuit comme une ombre qui passe, comme une flèche qui vole, comme l’éclair qui sillonne la nue ; accordez-moi la grâce de passer saintement mes dernières années, peut-être les dernières heures qui restent encore. Faites que semblable au palmier chargé de fruits à la moisson, je puisse offrir au souverain Juge quelques bonnes œuvres, au Maître du champ quelques beaux épis. Sous mes yeux l’éternité se déploie, sous mes pas tremblants le tombeau s’ouvre; mais je demeure sans crainte, car votre assistance, vénérable Joseph, ne me fuira pas à ces moments suprêmes. Non, vous ne cesserez pas d’être mon espérance, mon appui, ma force, jusqu’à ce jour bienheureux où la jeunesse de mon âme sera renouvelée comme celle de l'aigle, où mon corps agile triomphera dans la gloire. Ainsi soit-il.

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24 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-cinquième jour

Consolation dans la perte des personnes chères

 

Quand on veut peindre une grande et vive douleur, on emprunte le pinceau du Prophète qui nous représente la bonne et tendre Rachel se désolant, et le front couvert de deuil pleurant ses enfants.que la mort lui a ravis. Elle refuse toute consolation, dit Jérémie, sans doute parce que sa douleur est 'à son comble et qu'elle ne conçoit pas qu’il puisse y avoir au monde une peine comparable à celle que fait naître une personne chère qui meurt et qu’on ne reverra plus jamais ici-bas.

Cette prédication de Jérémie, qui est rapportée dans l'Évangile selon saint Matthieu, fait allusion au meurtre des enfants qu’Hérode lit périr par le glaive, à Bethléem et aux environs, lorsqu’il voulait envelopper dans cet horrible massacre le divin enfant Jésus, que saint Joseph put soustraire à sa haine, en sorte qu’il y en eut de massacrés dans la tribu de Benjamin, de même que dans celle de Juda. Rachel étant morte en allant dans le pays de Canaan, avait été enterrée dans le chemin qui conduit à Éphrata qui est la même que Bethléem, observe saint Aignan, évêque de Beauvais. Or, dit ce prélat, par le deuil et les lamentations de Rachel, on entend, dans un sens figuré, celles des mères de tous les enfants qui avaient péri à Bethléem et aux environs, en sorte que leurs cris avaient été entendus jusque dans Rama, comme le déclare Jérémie. Mais ce Prophète leur ordonne de la part du Seigneur, de cesser de gémir et d’essuyer leurs larmes, parce que la récompense est accordée à leurs travaux, c’est-à-dire à leur patience, et la palme du martyre au sang que leurs enfants ont répandu. C’étaient, comme le dit saint Augustin, d'innocentes victimes, qu’on devait immoler à celui qui venait condamner la méchanceté du monde, à l'Agneau sans tache, dont le sang en devait effacer les péchés. Les mères se lamentaient, tandis que l’offrande de leurs enfants pénétrait jusque dans les cieux.

Dans un ouvrage destiné à consoler des chagrins que fait éprouver la perte de personnes aimées, je ne pouvais mieux faire que d’exposer ce récit touchant des Livres Saints, qui est à la fois une puissante leçon, une grande consolation aux mères chrétiennes surtout, qui pleurent un enfant que la mort a ravi à leur tendresse. Quand c‘est un vieillard qui meurt, il semble qu'il n’est pas tant à pleurer ; il a terminé sa carrière de douleurs, de travaux et d'épreuves, dit-on, il ne souffrira plus, et quand c’est un enfant qui meurt, on a des sentiments et on tient un langage opposés : « Pauvre cher enfant, dit-on alors, ah ! fallait-il qu’il mourut si jeune, la vie paraissait lui sourire si bien, il était notre espoir, il eût fait notre bonheur, il était né lui-même pour jouir du fruit de nos économies, pour perpétuer notre race ! »

Tout cela est ainsi compris, est ainsi exprimé, et pourtant Dieu qui fait bien tout ce qu’il fait, agit avec une souveraine sagesse, une grande miséricorde, une sainte justice quand il enlève par la mort l’enfant dans le printemps de la vie et le vieillard dans la décrépitude de l’âge. Seulement on se trompe, quand on pleure l’enfant et qu’on ne pleure pas le vieillard. En voici la raison bien simple, d’après l’enseignement de la foi. Que saint Joseph qui a dû concevoir toute la peine des mères de Bethléem, qui avaient pleuré leurs enfants égorgés pour la cause de Notre-Seigneur; que saint Joseph que je propose pour protecteur aux personnes qui pleurent la mort de leurs parents, daigne leur obtenir de bien comprendre ces deux vérités : la première, c'est que plus un homme a vécu longtemps plus on devrait pleurer sa mort, car ou il a mené une vie sainte et sans tache, qu’il a honorée par de bonnes œuvres ; et il est à regretter qu’il disparaisse d’au milieu du monde dont il était l'édification, l’appui, le soutien; ou il est mort après être arrivé à cette vieillesse sans honneur, dont parle l’Ecriture, emportant avec lui dans la tombe un nom exécré, une mémoire maudite, des œuvres mauvaises, et il est aussi à pleurer, non pas de ce qu’il a quitté ce monde qu’il a souillé par le dérèglement de ses affections et de ses œuvres, mais de ce qu'il est allé subir les peines horribles de sa condamnation éternelle, et que les traces de son impiété seront ineffaçables sur la terre.

La seconde vérité qui est d'une très grande consolation, c’est que l'enfant ou toute autre personne d’une vie innocente qui meurt n’est pas à pleurer ; parce que, aimé de Dieu, Dieu l’a fait sortir d’entre les pécheurs parmi lesquels il vivait. comme s’exprime l’Oracle Sacré. « Il a été enlevé de peur que son esprit ne fût corrompu par la malice et que les apparences trompeuses ne séduisissent son âme ». Certainement ce seul motif bien pesé, mûrement considéré avec une pensée de foi chrétienne, suffirait bien pour essuyer les larmes de tant de pauvres mères qui sont si à plaindre, qu'elles pleurent sans vouloir discontinuer leurs enfants morts dans l’amitié et la grâce de Dieu; quand même pour elles ne s’offrirait pas le plus grand des motifs consolateurs, la volonté divine, qui doit toujours être adorée, acceptée et suivie avec infiniment de respect, de joie et de reconnaissance. Volonté divine ! mot, dit le pieux Gerson, qui charme les âmes saintes et leur fait goûter parmi les tristesses de l’exil les joies du Paradis. Si je dis qu’elles sont à plaindre, ces bonnes et tendres mères, c’est parce qu'elles ne conçoivent pas la grandeur du bienfait de Dieu, qui ne leur a enlevé les objets de leurs affections bien légitimes, qu’afin de les récompenser, de les couronner dans le Ciel, de leur laisser l'espérance de leur être associées pendant l‘éternité, tant est vraie cette parole de l’Esprit-Saint, dite de l'enfant moissonné par l'inflexible mort : « Ayant peu vécu, il a rempli le cours d'une longue vie. Son âme était agréable à Dieu, c’est pourquoi il s'est hâté de le tirer du milieu de l'iniquité. Les peuples voient cette conduite sans la comprendre...

Mais écoutez encore saint Aignan, évêque. de Beauvais : « L'homme terrestre qui, selon la pensée de l’Apôtre, ne goûte que les biens temporels, ne peut s’imaginer que ce soit un bien pour un jeune homme, à la fleur de son âge, et à qui le monde prépare des délices et des honneurs, souvent même une fortune brillante, qu'il devienne d’aussi bonne heure la pâture de la mort, laquelle d’une main cruelle vient moissonner des jours qui ne faisaient, pour ainsi dire, que d’éclore, et il ne comprend pas que ce puisse être un trait de la miséricorde de Dieu sur ses élus, tandis qu’un philosophe païen dit lui-même qu’on ne doit pas plus regretter celui qui meurt à la fleur de son âge, qu'on regretterait quelqu’un qui aurait commencé de bonne. heure à naviguer sur mer et qui serait entré dans le port. Tel est le raisonnement des gens du monde, qui s’affligent souvent à la mort de leurs proches ou de leurs amis, de même que les infidèles qui n’ont pas d’espérance, au lieu de se réjouir de les savoir dans le port du salut, à l’abri du naufrage, tels que ceux qui n'ayant pas encore connu les Écueils du monde, ont conservé leur innocence ».

Or, c’est à ces personnes ainsi éprouvées par la mort de leurs parents, à ces mères ainsi désolées de leurs enfants, que Dieu leur a enlevés dans son ineffable miséricorde, que le prophète Jérémie recommande de cesser leurs gémissements et d'essuyer leurs larmes. Pourquoi ? parce que leurs amis, leurs enfants sont au ciel, cachés dans le secret de la face de Dieu, comme s‘exprime David, ou que si des premiers étaient encore dans le purgatoire, ils iront bientôt goûter les joies célestes du Paradis. Au ciel les parents se reconnaissent, la famille démolie par le trépas se reconstitue, et la mère retrouve son enfant non plus faible, non plus défiguré par la langueur et la maladie, mais embelli, tout brillant d’une immortelle jeunesse. Ne vous désolez pas, écrivait un ancien docteur à une jeune veuve désolée de la mort de son mari : « Cet époux, vous le verrez plus parfait et plus beau que vous ne l’avez connu ! » Mères et épouses chrétiennes, je vous quitte en vous laissant ces dernières paroles que je vous prie de méditer attentivement sous le regard du bienheureux saint Joseph.

 

Exemple

 

Une dame restée veuve et âgée par la mort de son mari, peut nourrir un pauvre en considération de saint Joseph. Une mère qui a perdu son enfant, peut également, si elle en a la faculté, ou adopter un enfant pauvre chez elle, ou lui procure ; l’instruction, des vêtements, et pour l’amour de saint Joseph, qui en retour, satisfait de ces hommages, ne manquera jamais de consoler la personne affligée de la mort de ses proches, qui même l’en dédommagera toujours amplement même dès cette vie, comme une infinité de personnes en ont fait l’heureuse expérience. « Ma fille, dit une fois l’auguste Vierge à une âme pieuse, sachez bien que le moindre hommage offert à Joseph, mon Époux, est toujours payé au centuple sur la terre ».

 

Effusion d'un cœur affligé au Cœur très pur de Saint Joseph

 

O Cœur glorifié du bienheureux Joseph, vous voyez.les peines du mien. il ne peut se consoler des pertes qu’il et faites de personnes chéries que la mort lui a ravies, qu’en déposant dans votre Cœur béni, océan d'amour et de compassion, les chagrins qui le dévorent. Cœur à jamais fidèle, vous savez mieux que moi combien vive est la douleur causée par la disparition d’un parent, d’un ami avec lequel on était uni en Dieu. Quand vous perdîtes Jésus au temple de Jérusalem, combien dûtes vous souffrir vous-même ? Ah ! Au souvenir de cette poignante douleur, Cœur très doux, inclinez-vous vers moi, écoutez les gémissements de mon Cœur oppressé, et consolez-le en l’ouvrant à l‘espérance, en l’assurant qu'il trouvera en vous un appui, un secours, un ami, un époux, un frère, un père. Car, saint Joseph, vous êtes tout cela pour ceux qui mettent en vous leur confiance. J’espère que votre Cœur m’exaucera, et que toujours je puiserai en lui les grâces consolatrices que j’irais vainement mendier aux créatures. Ainsi soit-il.

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23 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-quatrième jour

La Providence des délaissés

 

Il est dans le monde une classe de personnes bien infortunées, elles n’ont pas eu de part au banquet de la nature en y faisant leur apparition ; il semble que la terre se refuse à les porter, à les nourrir, à les entretenir; le Ciel paraît être de bronze à leur égard, et les hommes les oublient, les rebutent, les chassent partout où ils peuvent les rencontrer. Elles seraient autorisées à dire avec un Prophète parlant au nom du Christ : « Mes frères m’ont traité comme un étranger et les enfants de ma mère comme un inconnu ». Mais qu’elles se consolent d’être traitées comme Notre-Seigneur, lui qui étant venu chez soi, n’a pas été reçu par les siens. Qu’elles se consolent aussi par l’exemple de saint Joseph.

Voyez, vous qui souffrez ces délaissements, Jésus-Christ est venu ignoré des démons, ignoré de la plus grande partie des hommes, ignoré de ses frères mêmes, ignoré pour un temps de Joseph même, ignoré à certains égards de Marie même, comme le dit l'abbé Thiébault, direz-vous qu’il n’était pas aimé de Dieu, chéri de Dieu, connu de Dieu, lui qui en est le Fils propre, dans lequel le Père éternel met toutes ses complaisances ? Bien plus, il naît et il n'a pas, à lui, un lit sur lequel sa sainte Mère puisse le poser, il se voit contraint d'accepter une vieille masure, d’être placé sur un peu de paille, couvert de pauvres langes, réchauffé par l'haleine de vils animaux qui, selon une tradition constante, se trouvaient abrités dans l’étable. Plus tard, il fuit comme un pauvre exilé en Égypte, où il vit inconnu d'aumônes qu’il reçoit de personnes charitables qui le voient pauvrement logé, pauvrement vêtu, avec un extérieur misérable, ce qu’il observera durant toute sa vie, même dans le temps où la foule reconnaîtra qu’il est Dieu par les merveilles qu’il opère. Eh bien, croyez-vous que parce qu’il fut ainsi traité en ce monde, Notre-Seigneur était moins agréable à son Père, moins aimé de lui et moins précieux à la terre ?

Vous avez le même exemple à peu près de saint Joseph, puisque saint Joseph comme Marie a, plus que tout autre, participé aux états de la vie pauvre, abjecte et souffrante du Sauveur. Saint Joseph, comment le regardait-on avec son tablier de cuir, ses manches retroussées, la sueur découlant de son front, travaillant à son établi, allant chercher de l'ouvrage chez les pratiques ? comme un ouvrier pauvre, bien pauvre, très-pauvre. La preuve se peut tirer du mauvais accueil que lui firent les Bethléemites, lorsqu’il chercha parmi eux un lieu où sa sainte Épouse pût faire ses couches, et qu’il n’en trouva point : « Il n’y avait point de place pour eux dans l’hôtellerie », dit le Texte sacré, parce qu’ils avaient un extérieur qui portait l'empreinte de la misère, ajoutent les interprètes, avec saint Liguori : ô vous qui êtes délaissés, qui êtes maudits, rejetés de ce monde comme la balayure des rues, selon que s’exprime l’Apôtre, qui se trouvait dans cette condition, combien encore une fois l'exemple que vous admirez en saint Joseph, lui, le substitut de Dieu, le père nourricier du Fils de Dieu, doit-il puissamment contribuer à vous consoler, si vous le considérez attentivement, avec des yeux chrétiens !

Ajoutez à cela la protection de saint Joseph. Sans doute il est dur, il est pénible, il est affligeant de se voir maltraité de la sorte dans le monde .tandis qu’il est des personnes et en grand nombre qui jouissent d’un certain bien-être ; de l‘estime de la société et des soins multipliés des autres. Sans doute il est bien humiliant d'être réduit à se dire à soi-même : « Me voilà honni, baffoué, délaissé de mes parents, de ceux qui jouissent pour moi, qui ont une si bonne part sans l’avoir ni mieux méritée, ni plus gagnée que moi, et qui me refusent quelques secours, quelques douceurs, quelques consolations, même quand je m’adresse à eux comme en tremblant, comme en suppliant, comme demandant quelques miettes de tout ce bien qu’ils ont avec une si grande abondance » ; mais aussi il est bien consolant de pouvoir penser que Notre Seigneur, que la Bienheureuse Vierge, que saint Joseph nous contemplent du haut des Cieux, nous préparent de grandes grâces, de grandes bénédictions, de grandes récompenses, et que d’autant plus nous aurons été maltraités sur la terre, d'autant plus aussi, pourvu que nous ayons été humbles, patients, résignés comme saint Joseph, serons-nous élevés dans le Ciel.

 

Exemple

 

Une pauvre dame bien dévote à saint Joseph avait adressé depuis plusieurs semaines une pétition à un grand personnage. Elle réclamait un petit secours. N’ayant que son travail pour suffire à ses besoins et à ceux de sa vieille mère, âgée de plus de quatre-vingts ans, elle se trouvait fort en retard pour son loyer, et cette dure nécessité l’avait décidée à recourir à ce moyen extrême : « Sans doute, vous recevrez une cinquantaine de francs, lui avait dit la personne qui l’engageait à faire cette démarche ». La pétition avait donc été envoyée, mais aucune réponse n’y était faite. La pauvre dame commençait à croire que ses espérances seraient déçues. Hélas ! quelque puissants, quelque riches qu’ils soient, les grands de ce monde ont souvent le prétexte de mettre des limites à leur générosité. Dans son chagrin, elle vint à Notre Dame des Victoires recommander le succès de son affaire à la Sainte-Vierge et commença une neuvaine qui devait se terminer le dix-neuvième jour de mars, fête de saint Joseph. Après avoir prié quelques jours, cette dame se sentit inspirée d'aller se présenter dans les bureaux du grand personnage. Elle hésita d’abord, elle craignait d’être renvoyée ; enfin, avec une énergie qui lui est peu naturelle, elle se décide. Elle se présente donc : on la conduit à l’un des principaux chefs. Celui-ci lui fait un bon accueil, et lui annonce qu’on songe à elle depuis quelques jours ; qu'une somme de trente francs lui est destinée, et qu’elle la recevra sous peu. La veille, en effet, de la Saint Joseph, les trente francs arrivèrent. La dame se hâta de venir à Notre Dame des Victoires remercier la très Sainte Vierge et saint Joseph ; puis elle se rendit auprès d’une personne qui lui porte intérêt et à laquelle elle raconta sa bonne fortune. Cette personne qui savait qu’elle avait compté sur cinquante francs, lui dit : « Tout en remerciant saint Joseph, vous lui en voulez peut-être un peu de n’avoir pas plus arrondi le secours qu’il vous envoie; ne lui en voulez pas plus longtemps : je me charge en son nom de parfaire la somme attendue ».

 

Soupirs des délaissés vers saint Joseph

 

Glorieux saint Joseph, père et pourvoyeur des chrétiens, songez à nous, veillez sur nous. Il est bien grand le nombre des déshérités de ce monde, mais il est bien large, bien bon, bien compatissant aussi votre Cœur tout brûlant d’amour pour Dieu et de charité pour les malheureux. Vous savez, ô notre Père, ce que fait souffrir les mépris,l’abandon et le rebut des hommes; prenez donc pitié de nous, qui sommes ainsi éprouvés : Et à qui s’adresseront les pauvres déshérités, sinon à vous, qui avez à votre disposition tous les trésors célestes et terrestres ? Nous ne vous demandons point, ô très doux protecteur, l'abondance des biens de ce monde; notre cœur peut-être s’y attacherait et tomberait sous l’anathème de Jésus-Christ. Procurez-nous seulement ce qui est absolument indispensable à notre subsistance, afin que nous puissions servir notre Dieu avec plus de liberté, et que nous ne soyons pas tentés de jeter|un regard de convoitise sur les biens que possèdent les autres. Que si c’est le bon plaisir de la divine Providence de nous laisser sur la terre comme le rebut et l'opprobre des hommes, bienheureux Joseph, faites que, fortifiés par votre exemple, nous soyons encore consolés et secourus par votre assistance. Ainsi soit-il.

 

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22 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-troisième jour

Le médecin des infirmes et des malades

 

On ne lit nulle part que saint Joseph ait été assujetti aux infirmités ou aux maladies. Le don de sa sanctification dans le sein de sa mère, l'en aurait-il préservé comme de certaines autres souffrances physiques occasionnées par l’intempérie des saisons ? Je n’ose prononcer. Le privilège d’être exempt des afflictions Corporelles n’appartenait qu'à Nôtre-Seigneur et à Marie, sa sainte Mère, tous deux purs de la faute originelle. Et pourtant tous les deux ont souffert volontairement, et sont morts comme le reste des hommes. Que conclure ? qu’il est plus que probable que notre saint Joseph a été éprouvé par l’infirmité et par la maladie. A la rigueur il a pu être préservé d’infirmités, plusieurs arrivant à une heureuse vieillesse, sans en avoir souffert : mais il a dû être malade avant de mourir, à ce titre certes, il est bien le protecteur des infirmes et des malades; et quand même il eût été préservé de ces misères humaines, il suffit bien qu’il puisse protéger et secourir ceux qui l'implorent pour qu’ils l’en prient avec confiance.

Il est nécessaire de se persuader que la protection des Saints ne peut tout à fait nous mettre en dehors des lois providentielles qui régissent le monde. L'Éternel a tout ordonné avec justice, et l'ordre qu’il a établi s'exécute invariablement. La souffrance étant l'une des conditions de la vie humaine, tout homme juste ou injuste en devient la victime : les plus grands Saints sont souvent ceux qui souffrent le plus, parce que Dieu les prédestine à de grandes choses. Ce qui fait dire à saint Augustin, que la vie d’un chrétien doit être une souffrance continuelle. En effet, membre et disciple du Christ, il ne saurait être plus privilégié que son auguste Chef et son divin Maître. Saint Joseph lui-même qui désire et veut le bien de ses protégés ne tient pas à les délivrer de leurs souffrances : mais il peut bien les leur adoucir, ou les aider à les supporter avec patience, et c'est ce qu’il fait souvent. C’est ce à quoi il s’emploie toujours, quand on le prie comme il convient avec un cœur Confiant, soumis et résigné.

Comprenons bien que quand le Seigneur nous fait souffrir, il agit en bon médecin, et que les maux corporels qu’il nous envoie, peuvent devenir un médicament salutaire à notre âme. C’est, là son but, et pour que nous puissions l’atteindre plus sûrement, il nous offre ses grâces, ses consolations, l’exemple et la protection de ses Saints. C’est donc en vain que l’on se dit chrétien, en vain que l’on dit aimer Dieu, en vain que l’on prétend au Ciel si on refuse de souffrir les infirmités et les maladies que Dieu envoie. « Souvenez-vous, dit mon maître Gerson, qu’il est impossible de passer de la joie à la joie, et d’aller régner avec Jésus-Christ, après avoir vécu dans tous les plaisirs du monde ».

Qui dit chrétien, dit un homme crucifié avec son maître Jésus, qui dit aimer Dieu doit vouloir ce qui lui plaît, qui dit prétendre au Ciel doit en prendre le chemin. Or, tout cela est renfermé dans la souffrance qui contient en germe tous les biens spirituels et éternels, étant certain que la Croix est l’échelle du Ciel, le véhicule qui y transporte l’âme. Qui est-ce qui ne prétend pas arriver à ce bienheureux royaume où règne Jésus-Christ ? Mais pour y parvenir il faut suivre les vestiges que Jésus-Christ a laissés, souffrir en union avec lui, ce qui permettra d'avoir accès à sa gloire. Notre-Seigneur s’en est assez expliqué, lorsqu’il a dit : « Que celui qui veut venir après moi, renonce à soi-même, qu’il prenne sa Croix tous les jours et qu’il me suive ». Il ne force personne, observe Saint Bonaventure, en disant : « celui qui veut venir après moi », car il aime qu’on le serve librement, mais pour le Suivre, il est de toute nécessité de renoncer à sa volonté propre et de vivre selon Dieu, de prendre sa Croix volontairement en souffrant toutes les peines avec patience, et de le suivre, c’est-à-dire de l’imiter, et de se servir de la pénitence comme d’un bouclier jusqu’au terme de la vie.

Pour les infirmes et les malades, ils doivent se consoler de porter toujours ce bouclier de la pénitence. Sans chercher d’autres mortifications, ils peuvent en souffrant leurs maux, en vue de plaire à Dieu,acquérir des mérites égaux à ceux des martyrs, une perfection aussi sublime que celle des grands Saints. Réjouissez-vous donc de souffrir pour Notre-Seigneur, comme saint Gordien qui, menacé de grands supplices, S’il ne reniait Jésus-Christ, répondit : « Je suis fâché de ne pouvoir mourir qu’une seule fois pour Jésus Christ » ; comme sainte Potantienne, vierge, qui dit au tyran qui la menaçait de la faire mourir dans une chaudière de poix bouillante : « Je te prie de me plonger dans cette chaudière peu à peu, afin que je souffre davantage pour l’amour de Jésus-Christ » ; comme le père Charles Spinola, qui, se voyant attaché à un poteau pour être brûlé à petit feu, entonna le psaume : « Laudate Dominum, omnes gentes », et mourut en le chantant. Sainte Lydwine, sainte Emilienne, sainte Claire, furent ou infirmes, ou malades toute leur vie et s'en estimaient heureuses. Faisons de même, recourons à saint Joseph, afin qu’il nous obtienne la patience dans les maladies et dans toutes les tribulations de cette vie.

Disons donc de tout cœur avec le saint chancelier Gerson : « J'ai reçu, mon Sauveur, j’ai reçu la Croix de votre main, je la porterai jusqu'à la mort. Car il est vrai, la vie d’un bon chrétien, est une Croix ; mais cette croix est la voie qui mène au ciel. J’ai commencé une fois à marcher dans ce chemin, il n’est plus permis de retourner en arrière, et encore moins de le quitter. Courage, mes frères, continue le Docteur des consolations, en se tournant vers la génération des disciples du Christ, courage, marchons ensemble, Jésus sera avec nous. Nous avons embrassé la Croix pour Jésus, persévérons en la Croix pour l’amour de Jésus; celui qui est notre Chef et notre gloire, sera aussi notre soutien et notre force ». C'est ainsi que nous devons nous animer sous le regard du bon saint Joseph à souffrir par amour pour Notre Seigneur toutes les maladies et les infirmités, toutes les persécutions et les peines de la vie, en un mot, a porter la croix qui résume tout cela.

 

Exemples

 

Augery, avocat au parlement du Dauphiné, se trouvait à Lyon pendant la peste qui affligea cette ville, dans l'année 1638. Il vit un de ses enfants, Théodore Augéry, âgé de sept ans, atteint du fléau avec tous les signes qui présageaient une mort prochaine et inévitable. Dans sa douleur extrême, ce père affligé s’adressa à saint Joseph avec la plus grande confiance, et lui promit, s’il sauvait son fils, d’aller pendant neuf jours entendre la sainte Messe en son Honneur dans l’église qui lui était consacrée, d’y faire brûler des cierges devant son image, et enfin d’y placer un ex-voto dont l’inscription rappellerait le bienfait dû à son intercession. Cependant les médecins. visitèrent le jeune pestiféré; ils le trouvèrent dans un état si déplorable, qu’ils le firent porter sur-le-champ au lazaret, ne lui donnant plus que deux heures de vie. L’ordre fut exécuté; mais à peine arrivé au lazaret, l'enfant se trouve subitement guéri, et le père plein de reconnaissance pour son glorieux bienfaiteur, accomplit son vœu avec de grands sentiments de piété.

Un pieux jeune homme était atteint d’épilepsie. Il avait pris depuis longtemps toute espèce de remèdes, sans éprouver aucun soulagement. Les attaques se renouvelaient plusieurs fois la semaine. Ayant entendu parler du Cordon de saint Joseph, ce cher malade m’en fit demander un par son curé, et fit dire, aussitôt après l’avoir pris, une neuvaine de messes en l’honneur de saint Joseph. Pendant cette neuvaine, les attaques redoublèrent ; mais après la dernière messe, il n’a pas-eu la plus légère indisposition.

 

Prière d’un malade à saint Joseph

 

Bienheureux Protecteur, je souffre horriblement. Souvent je me vois près du désespoir ; l’impatience s'empare de mon cœur et le murmure de mes lèvres. J'ai recours à vous, qui avez supporté avec une paix inaltérable toutes les peines et les tourments de la vie, afin que vous m'obteniez du Seigneur Jésus, la grâce de pouvoir souffrir comme vous avec calme et avec résignation à la divine Providence, les maux corporels qu’elle permet que nous souffrions pour notre bien et notre salut. Vous, ô juste Joseph, qui avez consolé et soulagé tant de malades et d'infirmes, non-seulement lorsque vous viviez sur la terre, mais depuis surtout que vous régnez dans la gloire céleste, me laisseriez-vous à moi-même, brisé comme je le suis sous le poids énorme de la douleur ? Oh ! non, votre Cœur si compatissant, votre Cœur qui s’attendrit toujours au cri du malheureux, laissera découler sur moi ces influences divines dont le Sauveur l’a rempli pour le soulagement de ceux qui souffrent pour lui. ô grand Saint, mon attente ne saurait être vaine ! Secourez-moi vite en m’obtenant ma guérison, s’il plaît à Dieu, ou la patience pour souffrir à votre exemple en vue du Seigneur et avec mérite. Ainsi soit-il.

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19 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingtième jour

Le guide des pèlerins

 

D'après la très sainte Bible, tous les anciens patriarches envisageaient la vie comme un pèlerinage et un court voyage vers la patrie céleste : « Les jours de mon pèlerinage, disait Jacob, ont été courts et remplis d'afflictions ». Saint Aignan, évêque de Beauvais, écrit que Jacob avait raison d'appeler sa vie un pèlerinage presque continuel. Il fut en Mésopotamie pour s'y marier, d’où il vint ensuite à Socoth, de la à Sichem, et enfin à Bersabée, d'où il arrivait tout nouvellement en Egypte. Ses jours ont été courts, si on les compare à ceux d’Abraham et d'Isaac. Ils ont été courts surtout, relativement à l’éternité que ces grands serviteurs de Dieu avaient toujours devant les yeux. Car, comme le dit avec sagesse le savant Tostat, Jacob parlait ainsi parce qu’il était persuadé que ses derniers moments étaient proches, quoiqu’il ait encore vécu dix-sept ans depuis, selon l'affirmation de l'Ecriture. Jacob ajoute que ses jours ont été remplis d’afflictions ; en effet son histoire témoigne qu'il souffrit beaucoup, comme il arrive ordinairement des justes.

Des vies de tous ces saints hommes, je n'en trouve pas qui soit plus conforme, en ce genre, à celle de Jacob que celle du bienheureux saint Joseph, à la fois patriarche de l'un et de l'autre Testament. Animé des mêmes sentiments de détachement des biens de ce monde, de foi et d'espérance dans les biens futurs, il est aussi pèlerin et voyageur parmi des obstacles et des tribulations sans nombre. A défaut d'autres témoignages, les preuves que nous en fournit le sacré livre des Evangiles suffisent bien. On ne sait trop ce que l’on doit le plus admirer, ou des grandes difficultés de ses voyages, ou de sa patience à en supporter les fatigues. En tous cas, on ne saurait ,disconvenir qu'à bien des titres il mérite d'être considéré, honoré et invoqué comme le Guide et le protecteur des pèlerins et des voyageurs.

Le docteur Hermant dit que les différents voyages de Jésus-Christ dès son enfance (voyages que saint Joseph fit avec lui) nous marquent parfaitement cette vérité, que toute la vie chrétienne doit être un voyage continuel, et qu’il n’y a point de lieu de constance pour ceux qui en font profession jusqu’à ce qu’ils soient arrivés au ciel qui en est le terme et leur véritable patrie.Après avoir énuméré ces voyages dont j‘ai parlé ailleurs, comme, selon que le disait Jacob, les afflictions en sont la suite nécessaire, il ajoute cette réflexion : « Ce mélange de bons et de mauvais succès est un grand mystère qui nous apprend que nous devons recevoir de la main de Dieu cette vicissitude réglée de bons et de mauvais événements qui se rencontrent ordinairement dans notre vie ». Le docteur Thiébaut dit que la sagesse divine a attaché les vicissitudes aux choses humaines, afin d’engager ceux qui sont dans la prospérité, les monarques eux-mêmes, à ne point s’enfler de leur grandeur ; j’ajouterai que c’est aussi afin de les faire penser à la brièveté de la vie, à l’instabilité des biens de ce monde, et de les porter à se regarder comme des étrangers et des voyageurs ici-bas.

C’est ce que confessait de lui-même le bienheureux David : « Je suis étranger sur la terre, disait-il à Dieu, ne me cachez pas vos commandements ». Le terme hébreu « Cher », observe saint Aignan, signifie proprement un pèlerin et un étranger, et tel se regardait David. Aussi entendons-le s’écrier ailleurs : « Que je suis malheureux, de ce que le temps de mon pèlerinage est si long ! Je demeure, ajoute-t-il, avec ceux qui habitent dans Cédar, mon âme est parmi eux comme étrangère ». Que ce soit David qui parle de soi dans le temps qu’il se voyait relégué par la haine de Saül au milieu des habitants de Gédar, c’est-à-dire parmi les Arabes, dit à ce propos le Maître de Saci, ou que ce soit un autre prophète qui parle de soi et des juifs dans ce temps qu’ils vivaient au milieu des peuples barbares, et qui déplorent Ia,longueur de leur exil ; ils nous figurent certainement la disposition d’une âme qui est toute environnée d’afflictions, et qui gémit dans ce monde où elle vit comme étrangère, parce que ne s’y attachant point, elle envisage toujours sa patrie qui est le Ciel, selon ces paroles de saint Paul : « Pendant que nous sommes dans ce corps comme en une tente, nous soupirons sous sa.pesanteur ». « C'est là, dit saint Jean Chrysostome, la plus excellente doctrine et la vérité la plus importante, de bien connaître que nous sommes étrangers en cette vie ». Lisez les trois premiers livres de l’Imitation, partout Gerson, dont le nom signifie étranger, pèlerin, y rappelle cette vérité fondamentale pour la vie chrétienne, que nous sommes des pèlerins et voyageurs vers le ciel.

Et voilà bien pourquoi j’ai voulu traiter ce sujet au point de vue de la foi, persuadé qu'un des grands motifs des pèlerins de pouvoir s’adresser avec une entière confiance à saint Joseph dans les difficultés et les peines de leurs voyages, c'est de se regarder comme des exilés et des étrangers qui ne s’arrêtent qu'en passant sur cette terre, parce qu'ils ont en vue la véritable patrie qui est le Ciel, et de souffrir volontiers pour Dieu toutes les tribulations de cette vie périssable. Ç'a été la conduite du bienheureux Joseph, comme ç'a été celle de tous les saints du vieux Testament qu’il a résumés en lui. « Tous, dit l'Apôtre, sont morts dans la foi, n’ayant pas reçu les biens qui leur étaient promis, mais les voyant et comme les saluant de loin, et confessant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ».

Imitez-les, pèlerins chrétiens, et dans vos voyages n’oubliez pas de prier beaucoup saint Joseph qui, vous voyant animé de son esprit de foi, de détachement, de désir du ciel, vous protégera volontiers. A cette fin, car les voyages quelque courts qu’ils soient, offrent toujours une infinité de dangers, placez le voyage que vous allez entreprendre sous la protection de saint Joseph, je dirai mieux de la sainte famille Jésus, Marie et Joseph, ces trois auguste pèlerins, et sous celle de votre bon Ange gardien, priez-les de vous servir de conducteurs ; durant le voyage pensez à eux et invoquez-les souvent. Après le voyage, remerciez-les beaucoup en les saluant intérieurement, comme si vous les voyiez de vos yeux. Si vous faites cela, la bénédiction céleste vous accompagnera et rendra votre voyage heureux, méritoire et sanctifiant, comme il arriva au jeune Tobie, qui fut délivré d'une infinité de dangers par le secours du bon ange saint Raphaël, qui lui servit de guide et de compagnon fidèle, et à qui il faut s’adresser avec une confiance toute particulière dans les voyages de dévotion et autres. Oh ! Si les Anges étaient mieux connus et plus parfaitement honorés, que de grâces découleraient du ciel sur la terre, dont les chrétiens sont privés par leur insouciance pour ces bienheureux esprits.

 

Exemples

 

Une dame du Beaujolais, sur le point de devenir mère, se trouva obligée de faire une course assez longue dans les montagnes ; les mauvais chemins ne permettant pas l’usage d'une voiture, elle dut partir à cheval. Parvenue au détour d‘un chemin escarpé, son cheval s’ombrage et refuse d'avancer. Vivement pressé de l'éperon et de la cravache, il s’emporte tout d’un coup, prend violemment le galop et jette la malheureuse dans un ravin profond, rempli de ronces et de pierres. Le coup devait être mortel ; mais la foi et l’instinct maternel avaient déjà sauvé la victime. Au moment de sa chute, Mme P. avait crié à saint Joseph et lui avait voué l’enfant qu’elle portait dans son sein. Ce protecteur tout-puissant avait étendu la main pour parer le coup. Madame P. se releva saine et sauve et continua sa route. Le prodige fut complet ; l’enfant vint heureusement au monde et reçut au baptême le nom de Joséphine qu'elle porte encore avec reconnaissance.

Grâce au zèle de la céleste Thérèse, le culte de saint Joseph est devenu très célèbre en Espagne, et il n’est pas rare de trouver çà et la de petits oratoires consacrés à l’époux de Marie. Deux jeunes étudiants de Tolède se rendant dans leur famille furent surpris par un affreux orage au milieu de . la route. Déjà le tonnerre était tombé pour la troisième fois à quelques pas d'eux : ils continuèrent cependant leur marche pour se réfugier dans un oratoire voisin dédié à saint Joseph qu'ils ne cessaient d'invoquer. Convaincus qu’ils lui devaient leur salut, ils firent vœu de venir, chaque année au même jour, visiter cet oratoire en esprit de pèlerinage ; ils y furent fidèles et moururent saintement.

 

Prière à saint Joseph, Patron des voyageurs

 

O bienheureux Joseph ! digne compagnon des fatigues de Marie, soyez notre guide dans le pèlerinage de la vie. Mille dangers nous exposent à périr si vous ne dirigez nos pas. Que comme vous, dociles à la voix de Dieu, nous allions avec zèle partout où il nous désire, et que rien ne nous arrête pour accomplir sa volonté sainte. Quel que soit le terme de notre course, faites que nous nous trouvions heureux. C’est bien peu que les peines de ce monde, pour mériter les délices de l’éternité. Tel fut toujours votre langage, et à Dieu ne plaise que jamais le murmure sorte de mes lèvres pour reprocher au Ciel ses épreuves ! Vous avez souffert innocent avec l’innocente Marie et avec l’innocent Jésus, pourrais-je refuser de souffrir, moi si coupable d‘ingratitude et d’oubli! ô Joseph ! soyez mon modèle, soyez mon soutien, et j’accepte tout sous vos auspices. Ainsi soit-il.

 

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18 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-neuvième jour

L’abri assuré dans les tentations

 

Parce que vous étiez agréable à Dieu, il fallait que la tentation vous éprouvât, fut-il dit à un; ancien Patriarche. Certains s‘imaginent à tort ? Que les tentations qui viennent les assaillir sont des marques de la colère de Dieu sur eux ; rien n'est plus dangereux que cette illusion grossière, capable de porter l’âme au désespoir et de l’entraîner dans l’abîme éternel. Au contraire, les tentations sont le plus souvent de grandes faveurs que l’Éternel fait a ses amis et à ses meilleurs serviteurs. Car la tentation n’est pas un péché quand, on ne s’y livre pas; loin delà elle est une source de‘ mérites et de grâces : par elle on témoigne de sen amour et de sa fidélité pour Dieu ; par elle on purifie son âme, on s'aguerrit pour combattre avec plus de fermeté et de courage les ennemis de Dieu et de son salut ; par elle, enfin, on se détache de la terre pour soupirer avec plus d’ardeur vers la patrie céleste. Dieu sait que les tentations nous peuvent être utiles, et même qu'elles nous sont souvent nécessaires, voilà pourquoi il les permet ; Marie et saint Joseph qui sont si bien unis de volonté au Seigneur, qui désirent si vivement notre avantage spirituel ne nous en obtiennent pas non plus la délivrance; mais aussi comme Dieu nous aide de sa grâce lorsque nous le prions dans les tentations, de même, Marie et saint Joseph nous couvrent volontiers alors de leur efficace protection pour nous en faire triompher.

A l'exception de Marie, de saint Joseph et peut être de quelques saints privilégiés par la grâce, tous les hommes, les chrétiens surtout, sont exposés à des tentations diverses. Et il paraît, d’après les divines Lettres, que l’on est d‘autant plus tenté que l’on se donne avec plus d’ardeur au service de Dieu : « Mon fils, est-il écrit, en vous dévouant à prier Dieu, préparez votre âme à la tentation ». C'est-à-dire à l'épreuve, comme porte la traduction de saint Aignan, évêque de Beauvais. Sur quoi il est bon d’observer que le mot tenter dont se sert l'Esprit-Saint, est susceptible de deux sens: il signifie les afflictions et les peines que Dieu envoie à ses serviteurs ; ainsi il est dit que Dieu tenta Abraham, c'est-à-dire qu’il éprouva sa fidélité ; selon ce même sens Marie et saint Joseph ont été tentés, et C’est la une grande consolation pour tous ceux que l’Éternel met dans le creuset de la tribulation. En un autre sens le terme tenter signifie pousser au mal, comme qui dirait essayer de faire tomber quelqu‘un dans un abîme ; en ce sens les démons tentent les hommes, comme il en arriva à Eve, ainsi qu'à saint Paul. Dieu ne commande pas ces tentations, mais il les permet par des vues pleines de sagesse et des fins dignes de sa sainteté. Au reste, il multiplie ses grâces et donne ses secours à ceux qui sont ainsi éprouvés pour qu’ils puissent vaincre, selon qu’il le dit à l’Apôtre qui se plaignait et le priait de le délivrer de ses tentations : « Ma grâce vous suffit ». Il faut dire à la gloire de Marie très sainte et du bienheureux Joseph qu’ils ne furent jamais tentés par l’enfer, à raison de l’éminence de leur grâce, de leur dignité, des grands offices qu’ils étaient appelés à exercer vis-à-vis Notre-Seigneur. Ce qui n’empêche pas que l’un et l’autre soient très-compatissants à l'égard des personnes tentées et qu’ils s'empressent de les aider de leur protection quand celles-ci ont recours à eux, avec confiance et persévérance.

Forts du secours divin et du patronage de saint Joseph, les tentations au lieu de nous abattre doivent augmenter notre ardeur pour Dieu. Quelques grandes qu’elles soient, elles ne sauraient souiller notre âme,si nous leur résistons. Saint Liguori remarque que Sainte Catherine de Sienne. la Bienheureuse Angèle de Foligni furent longtemps tentées de luxure ; mais que ces tentations loin d'affaiblir leur pureté la perfectionnèrent beaucoup. Ce pacifique Docteur ajoute : « Chaque fois que nous repoussons une tentation, nous gagnons un degré de grâce, qui nous vaudra un degré de gloire dans le ciel. Il cite saint Bernard qui dit que autant de tentations vaincues ici-bas, autant nous aurons de couronnes dans l’autre vie. Un grand bien des tentations, c'est qu’elles nous rendent humbles et nous initient à la science pratique de la vie, car que sait celui qui n’a pas été éprouvé ? En outre, elles nous attirent les regards et les faveurs du bon Dieu. « Sur qui-jetterait je le yeux, dit le Seigneur, sinon sur celui qui est humble et affligé ? » Le Psalmiste chantait à l’Éternel : « Vous avez sondé mon cœur, vous m’avez examiné durant la nuit ; vous m’avez éprouvé par le feu ». Cette nuit, dans la pensée du bienheureux Gerson, ce sont les tribulations qui attirent les visites de Dieu ; ce feu, ce sont les tentations qui purifient l’âme et l’unissent davantage à Dieu. Bienheureux donc est l’homme qui soutient les tentations, parce que sa vertu ayant été éprouvée il recevra la couronne de vie que Dieu a préparée à ceux qui l’aiment, et qui lui sont fidèles.

Mais que faut-il faire pour vaincre les tentations ? S’humilier beaucoup, car si Dieu résiste aux superbes, il donne sa grâce aux humbles. Veiller sur soi, et prier sans interruption. « Si vous me demandez le moyen de vaincre les tentations, dit saint Liguori, je vous répondrai : le premier moyen, c’est la prière ; le second, c'est la prière ; le troisième, c’est la prière. Vous me le demanderiez mille fois, ajoute ce Père, que je répondrais toujours de même ». L’invocation des trois Personnes divines, par le signe auguste de la Croix, est assurément le moyen le plus puissant pour vaincre l’enfer; enfin le recours à Marie, nommée la reine des démons, la dominatrice de l'enfer, l’agonie du diable, et à saint Joseph qui en est le fléau le plus redoutable, parce qu’il a fortement travaillé à détruire son empire par les soins qu‘il a procurés au Sauveur, et ceux qu’il a pris pour le soustraire aux attaques de cet ennemi perfide, astucieux et cruel, qui cherchait à le faire mourir parle moyen d’Hérode.

 

Exemple

 

Il y avait au couvent de Perpignan un religieux d’une grande vertu. Une nuit, le prince des ténèbres vint l'assaillir avec toute la fureur dont est capable cet esprit immonde, dont la sainte Église prie le Seigneur de délivrer ses enfants. Le combat se prolongea toute la nuit, et donna des inquiétudes mortelles à ce chaste religieux. Ce ne fut qu’au point du jour, qu’il recouvra la paix. Dans la journée, voyageant avec le prieur du couvent, il vit venir à lui un homme d'un aspect vénérable, qui lui dit : « Mon père, pourquoi dans ces combats et ces assauts multipliés que vous aviez à soutenir la nuit dernière, ne vous êtes-vous pas souvenu de saint Joseph ? Pourquoi ne l’avez vous pas appelé à votre secours ?... » Le religieux étonné que ce personnage connût si bien le secret de son âme, se troubla, puis voulut répondre, mais le personnage disparut. Il demeura persuadé que cet auguste visiteur ne pouvait être que le glorieux saint Joseph, si bon et si fidèle à ceux qui lui rendent le plus léger hommage, et qui aime qu’on l’invoque dans les tentations contre la fleur de toutes les vertus.

 

Psaume du fidèle pour attirer le secours de saint Joseph contre les ennemis de l‘âme

(D'après saint Bonaventure)

 

Délivrez-moi, ô Père nourricier du Seigneur des armées ;

levez-vous contre mes ennemis,

qui osent persécuter votre serviteur.

Vous êtes mon refuge, mon espérance, ma force, ma Protection.

Que votre main soit toujours prête à me secourir :

et vos oreilles attentives à mes prières.

Vous êtes une forteresse imprenable

pour ceux qui se confient en vous :

et un rempart qui défend leur honneur :

Je vous recommande toute ma vie, ô bienheureux Joseph,

bénissez toutes mes actions, secourez-moi,

et délivrez-moi dans toutes les tentations.

A mon heure dernière ne m’abandonnez pas.

Et que, sous vos Auspices, je sois introduit,

par votre intercession, dans les tabernacles éternels. Ainsi soit-il.

 

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17 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-huitième jour

Saint Joseph, refuge des pécheurs

 

Les Égyptiens reconnaissants des tendres soins de Joseph pour les préserver de la famine lui dirent avec acclamation : « Notre salut est entre vos mains ». Jacob a dit cela du roi d’Egypte, mais, dit saint Bonaventure, il est mieux à nous de le dire à la Vierge Marie : Dans vos mains est notre salut ! Notre vie, notre allégresse perpétuelle, et notre éternité de gloire dépendent de vous. Consolez-nous dans le lieu de notre exil, et relevez-nous de notre indigence. Si nous pouvons parler ainsi à Marie, d’après ce grand et insigne Docteur, pourquoi ne pourrions-nous pas tenir le même langage à notre bien-aimé saint Joseph, que figurait l’ancien Joseph, fils de Jacob ? N’est-ce pas lui qui a nourri notre Sauveur, qui l'a si souvent porté dans ses bras, pressé sur son sein avec un amour infini, couvert de ses chastes baisers et de ses tendres pleurs, comme le dit si bien le saint Chancelier Gerson dans son poème « Josephina » ? Puisque saint Joseph a eu l’autorité sur notre Sauveur ; l'auteur de notre salut, il est donc bien juste que nous leur disions : « Notre salut est dans vos mains ! » Quelque pécheurs que nous soyons, nous ne pouvons pas hésiter d’invoquer votre Cœur si miséricordieux, qui a le pouvoir de nous délivrer des chaînes de nos iniquités, et de nous réconcilier tout de bon avec Jésus-Christ.

Qui pourrait dire avec quelle sollicitude notre saint. Joseph dont les sentiments sont formés sur ceux des Cœurs de Jésus et de Marie désiré le salut des pauvres pécheurs ; il voudrait à tout prix les préserver de la famine éternelle à laquelle sont condamnés les malheureux réprouvés, qui pleureront toujours ou de n’avoir pas connu, ou de n’avoir pas voulu profiter des ressources que la Providence leur avait ménagées dans le patronage de saint Joseph. Notre Saint a été élevé.afin de, sauver plusieurs peuples. C'est aux pêcheurs, qui sont tant à plaindre, de venir à ce puissant intercesseur 'et de ,lui dire avec le peuple d’Egypte : « Notre salut est entre vos mains, nous sommes disposés à revenir à notre Dieu ; vous, ô bienheureux Joseph, couvrez-nous de votre protection ! »

Saint Joseph est bien le protecteur des pécheurs, mais non des péchés ; qu'on note cette différence que je tiens à établir ici, c’est-à-dire qu’il ne peut accorder son appui et son intercession qu’à ceux des pécheurs sincèrement résolus d’en finir avec le mal et de se donner à Dieu par une volonté prononcée. A ceux-là le fidèle saint Joseph se fait leur médiateur auprès du Christ, et il le prie de vouloir bien les recevoir dans sa grâce. il les considère dans l'inimitié de Dieu, placés sous l‘empire de Satan, penchés sur le bord de l'abîme infernal, et pouvant à tout moment y être précipités. Il lui suffit de se rappeler tout ce que ces pécheurs ont coûté à Jésus-Christ, pour sentir ses entrailles émues de compassion, et pour remplir les actes de son zèle divin. Dieu soit béni et glorifié à jamais ! Dans son inépuisable miséricorde, il a fait en quelque sorte de saint Joseph son ministre, son plénipotentiaire, son trésorier général en faveur des malheureux, comme s’exprime le Frère Philippe. Et ce charitable Patriarche, fidèle à sa mission, puise à pleines main ; dans les trésors divins, pour venir au secours des infortunés pécheurs. Pour eux il supplie Dieu le Père, le conjurant de pardonner à ses créatures ingrates ; pour eux il supplie Dieu le Fils, lui rappelant toutes les peines et les travaux de sa vie mortelle soufferts pour leur salut; lui disant que puisqu’il n’est pas venu sur la terre appeler les justes, mais les pécheurs, il ait à les recevoir au baiser de la réconciliation; pour eux il intéressé Dieu le Saint-Esprit, le priant d'envoyer et ces coupables égarés, des grâces de lumière et de force afin qu’ils reconnaissent leurs erreurs et reviennent à la vérité, à la vertu ; pour eux enfin, il conjure son épouse sainte Marie, qui est aussi leur asile, leur espoir, leur, salut de joindre ses prières aux siennes, afin de fléchir sûrement le Dieu des miséricordes en leur faveur, tandis qu'il en est temps encore !

C’est donc un fait établi, constant et irrécusable que saint Joseph est le grand, le fidèle, le puissant avocat des pécheurs. Quand chacun voudra en faire l‘essai pour ceux des membres de leur famille, ou de leur connaissance qui ont le malheur de vivre sans Dieu, je me pose volontiers garant du succès qui leur est assuré. Car jamais, dans cette circonstance, on s’est adressé en vain au Cœur très clément de notre bon saint Joseph. Certes, si la Vierge peut obtenir et impétrer toutes les grâces aux plus grands pécheurs, dit le père Bernard à Chrypta, pourquoi penseriez-vous que la très ardente charité de Joseph, son époux, n’en fasse pas autant ? Douter de cette vive tendresse et de ce pouvoir de saint Joseph serait blesser le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, serait affliger le Cœur de saint Joseph qui s’est imposé tant de sacrifices lorsqu'il était sur la terre, afin d'entretenir et de sauver la vie du Sauveur des pécheurs.

Oh ! que Joseph comprend trop ce qu’il en a coûté à Notre Seigneur pour le salut des âmes, pour les voir de sang froid périr éternellement, pour ne pas s‘intéresser maintenant à tout ce qui peut directement ou même indirectement contribuer ‘à leur faire obtenir et mériter la grâce du salut éternel. Infini est le nombre des pécheurs convertis par les intercessions de saint Joseph, qui lui doivent la gloire dont ils jouiront dans le ciel. Pêcheurs, ne cessez donc pas de demander miséricorde au Seigneur en considération de Celui qu'il a bien voulu regarder et honorer ici-bas comme son père. « Purifiez vos mains, pécheurs, dirai-je avec saint Jacques, c’est-à-dire renoncez à vos œuvres d‘iniquités, et saint Joseph accueillera plus volontiers vos supplications ; il vous mettra bien avec Notre Seigneur ; et sans crainte vous vous approcherez de ce Dieu qui, lui aussi, s'approchera de vous. Alors vous goûterez combien le Seigneur est doux et qu’heureux est l'homme qui espère en lui ».

Le pieux saint Alphonse de Liguori fait cette réflexion bien encourageante : quand, dit-il, Jésus Christ vivait sur la terre, s’il y avait eu un pêcheur qui eut désiré obtenir du Seigneur le pardon de ses péchés, aurait-il pu trouver un moyen plus sûr d’être exaucé que l'intercession de saint Joseph ? Si donc, conclut ce saint Père, nous désirons être pardonné de Dieu, recourons à saint Joseph, qui maintenant dans le ciel est plus aimé de Jésus Christ, que lorsqu’il était sur la terre. Qui craindrait d’approcher d’un Saint si aimable et si bon que l’est saint Joseph, et qui donc pourrait légitimement s’excuser si à l’aide de sa protection il n’obtenait pas sa réconciliation avec Dieu ?

 

Exemple

 

L'Isolano raconte qu’un gentilhomme vénitien avait pris la pieuse habitude de prier chaque jour devant une image de saint Joseph ; mais du reste, il paraissait fort peu s’occuper des pratiques de piété les plus indispensables et de l’observation de la loi de Dieu. Il tomba grièvement malade, et le danger devint pressant, tant pour l’âme que pour le corps. Heureusement pour lui, dans le temps ou son état paraissait désespéré, un médecin céleste, saint Joseph vint à son secours Le malade vit de ses yeux entrer dans sa chambre un personnage parfaitement ressemblant à l’image qu’il était dans l’usage de saluer tous les jours. Cet aspect inattendu semblable à un rayon de soleil qui pénètre en un lieu obscur, bannit en un instant les ténèbres de son aveuglément. Il vit clairement et distinctement tous ses péchés au milieu desquels il avait vécu si longtemps insensible, et il en conçut une profonde horreur accompagnée de la plus vive contrition. Ce n’était pas assez, il se hâta de les confesser tous et avec larmes. Mais la grâce la plus singulière que lui fit son généreux Protecteur fut qu'à ce moment précieux où le prêtre terminait la formule de l’absolution, l'heureux pénitent rendit l'âme à son Créateur; et l’on peut bien croire que saint Joseph aura lui-même accompagné cette âme jusqu'aux pieds du ,souverain juge, pour la défendre encore s’il en eût été besoin.

 

Soupirs du pêcheur vers saint Joseph

 

Auguste Père nourricier du Sauveur, Virginal Epoux de Marie, tendre Refuge du pêcheur que le remords poursuit, Porte du pardon toujours ouverte à ceux qui veulent revenir au Seigneur, secourez un pauvre et malheureux pécheur qui veut, avec votre aide, se relever de ses chutes. Vous qui par un prodige inouï, avez commandé au Dieu de la nature, Joseph dont le crédit maintenant n’est pas diminué, et dont les prières sont victorieuses de Dieu même, obtenez-moi un prompt retour à la vertu, une sainte componction de mes fautes passées, avec la grâce d‘en faire une digne pénitence. Ainsi soit-il.

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16 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-septième jour

Le directeur dans l'oraison

 

L'oraison ou la prière mentale, quelle belle et angélique occupation. Ç'a été celle de tous les saints et de tous les amis de Dieu, par conséquent celle de saint Joseph. Voilà pourquoi je suis bien aise de le proposer à l’âme pieuse et priante comme un grand Protecteur dans les saintes voies de l'oraison, assuré par l'expérience, qu’un puissant moyen pour faire en fort peu de temps un très-grand profit dans cet exercice angélique, c’est de s'adresser au bienheureux Joseph, l'homme d‘oraison accompli, le contemplatif parfait, le maître par excellence dans cet art divin.

Quoique l’oraison mentale réside principalement dans la volonté, et que quand cette volonté est ardente, généreuse, dévouée, on s’y perfectionne assez vite ; il est pourtant certain que les commençants y éprouvent tantôt des sécheresses ou des ennuis, et tantôt des difficultés de penser, de demander ce qu'il conviendrait. Dieu le permettant de la sorte, pour que l'âme le cherche avec plus de pureté d'intention,d'empressement, de persévérance; afin qu’elle le désire avec l'ardeur du cerf qui soupire après les eaux d’une onde pure; et qu’elle s'écrie comme le divin David : « Mon âme brûle d’une ardente soif de contempler le Dieu vivant, quand serai-je digne de paraître devant sa face ? En attendant mes larmes me tiennent lieu de pain le jour et la nuit, parce que durant tout le jour, mes sens me disent : a ton Dieu ou est-il ? »...

Saint Joseph a-t-il passé par ces épreuves si désolantes, par ces sécheresses qui rendent l’âme impuissante à prier, par ces difficultés que la grâce seule et un sage directeur peuvent aider à vaincre ? J'aime à penser que non. Toutefois, on le voit désolé lorsqu'il eût perdu la présence sensible de Jésus, qui était resté dans le temple, on le voit s'empresser, aller et venir, soupirer, pleurer même, jusqu’à ce qu’après trois mortelles et longues journées, après mille et mille perquisitions, après bien des peines d’un pénible et inquiet voyage, il le trouve, couvre sa face adorable de ses baisers et de ses larmes. Oh ! que saint Joseph devient bien, ici, le Patron et le Protecteur des âmes pieuses, qui gémissent d'avoir perdu les douceurs de la divine présence et les lumières dont elles j0uissaient avec tant de délices !

A ces âmes je dirai qu’elles doivent dans leurs épreuves intérieures imiter notre bon Saint ; l'absence de Jésus fait qu'il le cherche avec plus de soin et d'industrie, qu’il le retient avec plus de vigilance et d’amour après qu’il l'a trouvé. Eh bien ! qu'elles persévèrent dans l’oraison, malgré les difficultés qu’elles y rencontreraient soit par leur faute, soit de la part de Dieu, soit de la cause des hommes ou des démons, qui font tout ce qu’ils peuvent pour faire quitter ce divin exercice. Elles doivent se bien persuader que le grand remède aux distractions, aux sécheresses, aux ennuis de l’oraison, c’est la persévérance dans l’oraison, comme le plus savant maître dans l’art de l’oraison c'est la pratique assidue de cet exercice tout angélique.

David que j'aime à citer avec une indicible joie, parce qu’il résume dans ses psaumes tout ce que contient la loi, les prophètes, les moralistes et même le saint Évangile, David compare l’homme d’oraison à un arbre planté au bord d’un courant d’eau, qui donne des fruits dans son temps, toutes ses actions sont méritoires devant l’Éternel. Remarquez ce mot « dans son temps » qui veut dire dans le temps où il faudra supporter telle douleur, tel affront... Observez encore que l'oraison est à l’âme ce que l'eau est a la plante, elle l’attendrit, l’humecte, la fait reverdir, et lui fait produire des fruits meilleurs, plus durables, parce qu'ils sont plus naturels : faites-en l’application. L’oraison est comme cette fontaine, ce puits des eaux vives dont les eaux coulent impétueuses du mont Liban. Elle fertilise l’âme pure, humble et détachée des vanités ; elle en fait un jardin fleuri et agréable aux yeux de l’Époux Jésus-Christ. Mais que cette source vienne à manquer, il n’y aura bientôt plus de fleurs dans ce jardin, c’est-à-dire de vertus dans l'âme qui deviendra semblable à cette terre déserte et sans rosée dont parle encore David, où tout est flétri, sec, aride. Le mal prendra dans le cœur la place du bien, le vice de la vertu, Satan de Dieu, la terre du ciel, le temps de l’éternité. Voilà dans quel abîme affreux, dans quelle réprobation anticipée, dans quel bannissement des joies célestes l’oubli de l’oraison jette l’âme. Oh ! combien la protection du Cœur de saint Joseph est utile, précieuse, salutaire, pour détourner de soi un si grand malheur par l’oraison assidue. Aux âmes qui s’exagéreraient les difficultés de l'oraison pour justifier leur indifférence, je voudrais leur faire comprendre que de tous les arts celui-ci est le plus facile, et je me propose s’il plaît au Seigneur d'écrire un Traité là-dessus. Il ne s'agit ici ni de considérations savantes, ni d'élévations sublimes, ni de contemplations absorbantes. Quand il plaît à Dieu d'en faire le don, on le reçoit et on en use avec reconnaissance, simplicité, humilité, mais il est question d’une oraison commune, que je divise, avec le docteur Thiébaud, en oraison de supplication, d’admiration et d’union. Qu’est-ce en effet que l’oraison en général, sinon une élévation de l’âme à Dieu ? Or, dit cet interprète, je puis élever mon âme vers Dieu, pour le supplier de m'accorder une grâce dont j’ai besoin, voilà ce que j’appelle l'oraison de supplication. Je puis élever mon âme vers Dieu pour contempler ses beautés, et admirer ses ouvrages; voilà ce que j’appelle oraison d’admiration. Je puis élever mon âme vers Dieu, pour m'unir étroitement à lui ; voilà ce que j’appelle oraison d’union. Avec le secours de saint Joseph, et en implorant comme il faut la grâce du Saint Esprit, chose essentielle (le Saint-Esprit n’est ni assez connu ni assez aimé et prié), il n’est personne qui ne puisse s’exercer à ces manières d'oraisons si faciles, si communes, si bien familières aux Saints et aux grands hommes du christianisme, la plupart surchargés d’occupations dissipantes, qui y ont puisé les lumières pour l'esprit, la force pour le cœur, les consolations les plus douces et les plus pures dans les 'peines de la vie. Voici un fait des plus authentiques à l'appui.

 

Exemples

 

S’il fut une sainte que Dieu éprouva par l'aridité de l’âme et les désolations spirituelles, ce fut surtout la séraphique Thérèse. Elle est un vrai modèle de persévérance à ceux qui cherchent le Seigneur, et auxquels il se dérobe quelque temps pour leur faire acquérir à grand prix sa possession. On sait que Thérèse, si pieuse, si dévouée aux volontés du Ciel, fut vingt ans frappée de stérilité et de sécheresse dans ses oraisons, et qu'il lui fallut passer par cette longue épreuve, avant d'arriver à ces intimes contemplations qui la ravirent si souvent. Or, elle dut sa persévérance à chercher Dieu au secours spécial de saint Joseph, son protecteur ordinaire.

Quels contemplatifs, quels hommes d’oraison parmi les saints, plus éclairés que le bienheureux Gerson et saint Jean de la Croix ? Il faut lire le livre de la Mendicite spirituelle du premier, et la Nuit obscure de l’âme, du second, pour se faire une idée des affreuses aridités par lesquelles ils ont passé, et de leur persévérance dans cet exercice de l’oraison, tellement important, dit Gerson, que sans lui, personne, à moins d’un miracle, n’atteint la vraie vie chrétienne. Mais les saints comprennent, comme l’écrit M. le curé de Saint Sulpice, d’après saint Grégoire, que ces délaissements ne sont souvent de la part de Dieu qu’un artifice de son amour, pour exciter l’âme à le désirer avec plus d'ardeur, à le rechercher avec plus de zèle, à saisir sa grâce avec plus d'empressement, et à la suivre avec plus de fidélité quand elle se présente.

Sainte Thérèse qu’on ne se lasse jamais de citer comme étant devenue à l'école de saint Joseph une grande maîtresse dans la science de l’oraison, sainte Thérèse exhortait toutes les âmes qui, voulant pratiquer l'oraison avaient peur des difficultés, de recourir à saint Joseph. Elle leur disait : « Si vous ne pouvez trouver un maître qui vous enseigne la manière de faire oraison, choisissez saint Joseph pour guide et pour directeur, il vous en montrera bientôt le vrai chemin ».

Le très pieux et savant père de Barry rapporte à l’appui de cet avis de la séraphique sainte cette histoire bien consolante. « Je connais, dit-il, deux personnes qui ne pouvaient pas faire oraison,à cause des difficultés qu'elles y rencontraient. Pour les surmonter, toutes deux prirent saint Joseph pour leur guide. Elles ne tardèrent pas à ressentir l’effet de son, assistance ; les difficultés, les montagnes qui les arrêtaient, s'aplanirent bientôt ; ces champs de l’oraison qui n’étaient pour elles qu’un sol stérile et sablonneux, se couvrirent de fleurs et de verdure ; et l'oraison mentale devint pour elles le plus agréable et le plus doux de tous les exercices.

Une autre religieuse, dit encore le père de Barry, désirait, ainsi qu'elle me l'a dit elle-même, être délivrée des distractions qui la troublaient dans la prière. Pour obtenir cette grâce, elle se sentit pressée de recourir à saint Joseph. Elle le fit avec beaucoup de ferveur, et le fruit de sa demande fut non-seulement le don d’une très haute oraison, mais encore l'exemption durant son sommeil de tout songe, de toute image qui n'était pas pure et sainte.

 

Invocation à saint Joseph pour obtenir la grâce de l’oraison

 

Bienheureux Joseph, qui eûtes le bonheur ineffable de pénétrer les secrets des mystères du Sauveur, et de contempler comme sans voile les perfections divines, je vous prie de m’obtenir le recueillement intérieur, la facilité de méditer les vérités du salut et le don d’une prière perpétuelle. Faites que par le renoncement à moi-même, au monde et surtout au péché, le plus grand obstacle a l'oraison, comme l'enseigne le pieux Jean Gerson, je m’élève d‘esprit et de cœur au-dessus de toutes les choses temporelles pour ne me reposer plus qu'en Dieu seul, pour ne plus trouver de bonheur que dans la-pensée, l’amour et le désir des choses célestes. Ainsi soit-il.

 

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15 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Seizième jour

Modèle accompli des âmes intérieures

 

Le Saint Esprit voulant nous donner une haute estime de la vie intérieure, enseigne que tout l'ornement de la fille du Roi, c'est-à-dire de l’âme sainte, est dans son intérieur au milieu des franges d’or, et des divers ornements dont elle est environnée. Notez, dit excellemment le séraphique saint Bonaventure, que, par ces paroles, le Saint Esprit explique en quoi consiste la beauté et la gloire de l'épouse du Christ ; qu’elle n‘est pas dans la beauté du corps, non plus que dans les richesses temporelles, pas plus que dans les ornements extérieurs, mais dans l’intime du cœur orné par les franges d’or, c'est-à-dire par l’acquisition et l’exercice des vertus théologales. Et le reste.

Le plus pieux de tous les interprètes des Livres saints, le Maître de Saci, développant avec une lumière admirable ce beau texte, dit après saint Jean Chrysostome : « C’est comme si le prophète nous disait : « Ne vous arrêtez pas au dehors, entrez au dedans, et attachez-vous à regarder la beauté de l’âme. Car c'est de cette beauté que je vous parle. Et lorsque vous entendez nommer de riches habits, des franges d'or, et tous les autres ornements, vous devez comprendre que ce langage est spirituel, et qu'il regarde non les ornements extérieurs, mais ceux du dedans, qui consistent dans une piété intérieure, et qui procurent une gloire spirituelle »

Gardons-nous de l'illusion. La vie intérieure ne consiste pas simplement à s’adonner à des exercices de piété parce que l'inclination naturelle y pousse ; c'est une chose si belle, si honorable, si grande de servir Dieu ! que plusieurs prennent volontiers l'idéal pour la réalité ; mais cette vie consiste à s’identifier: par l'union constante, absolue de notre volonté à celle de Dieu et cela dans les moindres choses qui en dépendent, a régler-tous les mouvements du cœur, toutes les pensées de l’esprit, fontes les affections de l’âme selon la divine volonté qui est le principe, la base et la mesure de toute sainteté. Hors de la, il n’y a plus de vie intérieure, c'est-à-dire spirituelle, surnaturelle ; et c’est ici où tombe le masque de la piété.

Or, je dis que saint Joseph est après le Christ et la bienheureuse Vierge le plus beau modèle des âmes intérieures, comme en même temps leur plus doux protecteur. En effet, si d’après mon argument, et comme l’établit très bien l’abbé de Brion sur le texte cité du Psaume, la fille du Roi, qui est l'âme intérieure, prend en Dieu qui est son origine la règle et les moyens de tout ce qu’elle doit faire, convenez que saint Joseph a dû faire de même, de sorte que tout ce qu'il entreprenait, opérait, terminait, était commencé conduit, fini par et selon le mouvement de la grâce, ou du Saint Esprit résidant en son âme. C’était la grande occupation de notre Saint, qu’il regardait comme la plus essentielle, la 'plus utile et la seule qui réponde à la fin suprême de l’homme en ce monde. Jouir des lumières qu’il puisait en Jésus-Christ, des douceurs de sa contemplation, des joies de ses entretiens, assurément ç’a dû être la bonne, belle et riche part de Joseph, et personne ne le conteste, mais était-ce son occupation principale, son but unique, sa fin dernière ? Non, mais bien de se transformer en quelque sorte en Jésus-Christ par la pensée, le sentiment et la volonté -ou l’imitation, de sorte qu’il put dire avant l’Apôtre : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ en moi » Voilà la vie intérieure de saint Joseph. Celle de toutes les âmes qui s’écartent de ces principes avoués par la sacrée Théologie, enseignés par l’Église devient nécessairement l’effet de l’illusion.

C’est pour leur éviter ce grave inconvénient, puisque les suites en peuvent être si funestes, si grandes, si durables, que je leur recommande non seulement d’étudier la conduite de saint Joseph afin de l'imiter, mais aussi de prendre ce Saint pour protecteur, maître et directeur invisible dans ces voies de la vie intérieure. Ce qu'il fera volontiers en leur obtenant les lumières du Saint Esprit, une volonté ardente, forte, généreuse, pour les suivre dans tout ce qu’elles leur montreront de juste, de convenable, de saint en un mot de conforme à la volonté divine manifestée dans les préceptes de la foi, les conseils de l’Évangile, les ordres des supérieures civils ou ecclésiastiques. Ce qu’il fera encore, en obtenant à ces âmes plus,de fidélité, plus d’attention, plus de persévérance dans leurs exercices de piété qui sont de grands moyens pour devenir bien intérieur, et faire de grands progrès dans cette vie divine. Souvent il est tel de ces exercices qui semble pénible, ennuyeux, fatigant, soit absorbement par les affaires temporelles, ou distractions par les objets extérieurs, ou simplement sécheresse accidentelle, l’âme souffre pour s’y appliquer d’une manière vraiment étonnante, quelquefois affreuse, comme sainte Thérèse en fit elle même l’expérience durant de longues années en ce qui touche l’oraison mentale. Eh bien, si dans ces moments de désolation, d’anxiété ou de découragement l'on s’adresse avec instance, ferveur et constance au Cœur du bon saint Joseph, nul doute que l'on en recevra des secours bien sensibles, des grâces bien puissantes qui feront triompher de la nature, toujours avide de jouir et difficilement résignée au sacrifice; on éprouvera que, par la protection de saint Joseph, la nuit même est devenue lumineuse, par ce que les ténèbres de l’erreur, ou des passions qui couvraient l’âme, se seront dissipées pour faire place à la clarté de la vérité et de la charité.

 

Exemples

 

Pendant que le père Lallemant était recteur du collège de Bourges, comme la fête de saint Joseph approchait, il appela deux jeunes professeurs, et leur promit d’obtenir pour chacun d’eux telle grâce qu’ils désireraient, pourvu qu’ils exhortassent leurs élèves à la dévotion envers saint Joseph, et à lui rendre quelque hommage particulier le jour de sa fête. Les deux régents acceptèrent de grand cœur la proposition, et leurs exhortations, furent si efficaces, que le jour de saint Joseph les deux classes entières firent la sainte communion en son honneur. Le même jour, ils se rendirent chez le père recteur, et chacun d’eux lui déclara en secret la grâce qu'il désirait obtenir. Le premier, c‘était le célèbre père Nouet, demanda la grâce de savoir écrire et parler dignement de Notre-Seigneur. On ignore quelle grâce avait demandé le second : on sut seulement qu’il l’avait obtenue. Quand au père Nouet, le lendemain de la fête, ayant changé d’idée, il retourna auprès du père recteur, et lui dit qu’après y avoir mieux pensé, il croyait devoir demander une autre grâce plus utile à sa propre perfection. Le père lui répondit qu’il n’était plus temps, puisque saint Joseph lui avait déjà obtenu la grâce désignée en premier lieu.

Certes, le père Nouet n’eut pas lieu de regretter sa demande, car il obtint de Saint Joseph une telle abondance de lumières, une onction si pénétrante et une si profonde connaissance de Jésus-Christ et des voies spirituelles que ses écrits nombreux qui roulent presque tous sur les mystères de Notre Seigneur, de la bienheureuse Vierge et des Saints, sont des plus estimés, dès plus pratiques et des plus lus. Je peux le dire sans forfanterie, il est difficile d’avoir lu plus que moi de ces auteurs ascétiques et mystiques, mais aucun ne m’a paru surpasser le vénérable père Nouet. Quelle gloire à ajouter à tant d'autres gloires de l’illustre Compagnie de Jésus. Il a écrit deux méditations très longues et très tombantes sur saint Joseph, qui montrent assez qu'elle était sa reconnaissance et son dévouement pour son saint protecteur et Maître.

Un berger avait conservé au milieu des dangers du monde une simplicité et une innocence admirables. Il se rencontra une fois avec un père Jésuite, qui, après quelques moments d’entretien, reconnut en lui une âme d’élite, enrichie de grâces et de dons si sublimes qu’il ne se subvenait pas d’en avoir jamais trouvé un autre plus avancé dans la perfection. L’admiration du religieux redoubla quand il apprit du jeune homme que, depuis dix-huit ans, il était en service, et que jamais personne ne lui avait donné aucune leçon de la vie spirituelle. Cependant, le religieux voyant qu'il parlait de ces matières si relevées avec l’exactitude d’un théologien, lui demanda s’il avait de la dévotion à saint Joseph. « Il y a six ans, répondit le jeune Berger, que Dieu m’a inspiré de le choisir pour maître et pour patron. Ce saint patriarche, ajouta-t-il, m’a fait connaître lui-même qu'il était, après Marie, le plus grand de tout les saints ; qu’il avait été rempli du Saint Esprit bien autrement que les apôtres ; enfin qu’il était le protecteur spécial des âmes intérieures dont la vie, comme la sienne, doit rester cachée aux yeux du monde ». Puis il se mit à parler en termes magnifiques des vertus et des privilèges de saint Joseph, disant qu’en récompense de son incomparable modestie, Dieu a voulu qu'il n’y eût que les âmes extrêmement pures qui eussent des lumières touchant ses grandeurs ; que Joseph avait été un homme de grand silence, discourant fort peu, à l’exemple de Jésus et de Marie avec lesquels il 'aimait à communiquer par le regard plutôt que par les paroles. Bref, il laissa le bon religieux tellement ravi d'admiration, qu’il avait coutume de dire que la rencontre du berger illuminé lui avait valu plusieurs années de religion.

 

Prière du saint archidiacre Boudon à saint Joseph

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph et vous honore comme le chaste époux de la Mère de Dieu, le Chef de la plus sainte famille qui fut jamais, le Père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle Dépositaire des trésors de la sainte Trinité... Pénétré de respect et d’amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur, après Jésus et Marie vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon Père et mon protecteur, daignez me regarder comme votre enfant. Faites moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu ; et de votre grande charité pour moi. Obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j'ai besoin pour remplir ses adorables desseins. Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur, surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus-Christ, et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier. Prenez, ô grand Saint, sous votre protection, les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Ainsi soit-il.

 

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14 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quinzième jour

Le consolateur des âmes affligées

 

Saint Joseph a eu beaucoup à souffrir de toutes les manières ; mais principalement des peines de cœur. Toutefois, sachant bien que la vie de l’Enfant-Dieu en était le motif, il souffrait non pas seulement résigné, mais avec joie. La pensée de la volonté de Dieu qu'il exécutait était un calmant suave à ses douleurs, puis il recourait toujours à Dieu par l'oraison, ne cherchant qu'en Dieu seul sa consolation et la fin de ses peines. Le Cœur très doux de saint Joseph est donc le grand consolateur des âmes affligées. Outre qu'il a été tant éprouvé il a été trop longtemps avec l'adorable Jésus, pour n’avoir pas appris de ce divin Maître à compatir à tous ceux qui souffrent et qui recourent à son Cœur si bon, si paternel. La sainte Église nous apprend d’ailleurs, dans un Répons qu'elle consacre à la mémoire de notre Saint, que quiconque veut avoir la santé spirituelle n’a qu'à implorer le secours de Joseph.

En récompense des consolations qu’il a procurées à Jésus et à Marie, dit le très honoré frère Philippe, Dieu lui a donné une grâce toute particulière pour consoler et assister ceux qui sont dans la douleur, et qui ont recours à sa bienveillante protection, aussi est-ce à eux surtout qu’il est dit : « Allez à Joseph, et faites tout ce qu’il vous dira ».

Du vivant de saint Joseph, les habitants des pays environnant sa demeure allaient voir le divin Enfant qui travaillait dans sa boutique, lorsque surtout ils se trouvaient dans la désolation. Ils se disaient entre eux, au rapport, du bienheureux Gerson : « Allons voir le fils de Joseph et de Marie, et il nous consolera..... » Ces bonnes gens, dit le dévot Binet, criaient qu’ils avaient appris cela du bon Joseph, son père, tellement que la maison de Joseph, c’était la maison de la consolation et le refuge des misérables.

 

Exemples

 

Ah ! combien de malheureux ont depuis lors suivi ce conseil avec succès ? Combien d'âmes désolées sont venues prier au pied de l'autel de saint Joseph, et y ont trouvé un baume salutaire pour leurs plaies ? C'est-à-dire l'espérance d'être bientôt consolées, ou la force pour souffrir avec courage de plus grandes peines encore, si tel était le bon plaisir divin. F. de la ville de Turnhont en Belgique, était depuis longtemps accablé. d’ennuis et de sollicitudes, à cause d'un violent chagrin domestique, qui minait lentement sa triste existence et qui aurait fini par le conduire au tombeau, si saint Joseph ne se fut hâté de venir a son secours. Une fois que plus accablé que jamais il confia les motifs de sa douleur à une personne vraiment pieuse, celle-ci lui dit de s‘adresser à saint Joseph, et que ce bon Saint entendrait ses soupirs, essuierait ses larmes. F. goûta cet avis et animé d’une grande confiance, il invoqua assidûment saint Joseph qui rendit la paix et la joie à son cœur troublé et affligé.

Saint Joseph, mais il est l’autel des désolés ! Les bons chrétiens le savent par l’expérience ; aussi les voyez-vous aller se prosterner dans l'Église au pied de sa sainte image, ils reconnaissent par la qu’après la Vierge Marie, si bien nommée par lsidore de Thessalonique, notre incomparable consolatrice, qu’ils considèrent de Saint comme un très fidèle consolateur dans leurs afflictions. Saint Joseph, mais il est le médecin spirituel des âmes malades ! I1 a des remèdes pour tous les maux, il soulage dans toutes les détresses, il aide toutes les faiblesses, il satisfait à tous les besoins, il allège toutes les infortunes, il adoucit toutes les aigreurs, il remplit toutes les exigences du cœur, et malgré les tortures auxquelles ce pauvre cœur est exposé par la violence. des hommes, par celle des passions ou celle des démons, il peut lui faire trouver le bonheur, mais ce bonheur supérieur aux sens, comme s’exprime l’Apôtre.

Ô vous qui souffrez et gémissez, vous dont le cœur est noyé dans un abîme de tristesse, recourez à saint Joseph ; il sait ce que c'est que la douleur ; il a lui-même mangé un pain détrempé de ses larmes et de ses sueurs ; il a connu ces perplexités qui abattent l’âme, la font pleurer des larmes bien amères, qui l’oppressent et la réduiraient au désespoir, si le Dieu consolateur, si le Dieu bon qui aime à dissimuler nos égarements et nos folies ne la soutenait comme par un miracle. Oui, saint Joseph a été pressuré par la douleur, brisé par les fatigues, exténué par les privations, et il est à même de comprendre le cri qui s’échappe des meurtrissures d’un cœur désolé et qui dit : « Saint Joseph, venez me consoler, me soulager, me fortifier. Si vous ne me secourez vite, je suis perdu ! »...

On ne pourrait jamais rapporter tous les faits des âmes affligées consolées par saint Joseph : les livres, surtout le Propagateur de la dévotion de saint Joseph par le Révérend Père Huguet en sont pleins. Je me contente ici de ce seul trait de la séraphique Réformatrice du Carmel.

Sainte Thérèse, dont le génie élevé n’admettait pas légèrement les choses surnaturelles, rapporte qu'un jour de l’Assomption, dans l’Eglise des Dominicains, elle aperçut saint Joseph la couvrant d’un manteau très-blanc. Il lui fit connaître qu’elle avait été purifiée de tous ses péchés, et qu’il était disposé à lui obtenir toutes les grâces qu’elle lui demanderait ; il laissa l‘âme de la sainte inondée de pures délices, la dédommageant ainsi des persécutions suscitées contre elle.

 

Psaume des âmes affligées à Saint Joseph

D'après Saint Bonaventure

 

Saint Joseph, pourquoi le nombre de ceux qui me persécutent est-il donc si grand ?

Dissipez ceux qui s'élèvent contre mon âme.

Montrez-leur que notre salut est en Dieu, votre Fils,

que vous sauvâtes des mains d’Hérode.

O Saint Joseph, nous soupirons vers vous dans toutes nos afflictions

pour la gloire de votre nom, ne nous abandonnez pas.

Souvenez-vous des âmes de vos pauvres serviteurs qui gémissent dans cette vallée de larmes ; conservez-les dans l’abondance de vos douceurs.

Votre œil observe et examine toutes nos œuvres et notre conduite,

préservez nous de la séduction du monde.

Fortifiez-moi et immolez mon cœur,

afin que je vous serve toujours avec ferveur.

Ayez pitié de nous, ô notre saint protecteur.

Obtenez-nous la grâce de nos misères.

Ne nous laissez jamais tomber entre les mains de nos astucieux ennemis ;

et à l’heure de la mort, à cette heure surtout des luttes suprêmes et définitives,

alors que notre âme épuisée par les faiblesses,

et mon corps torturé, écrasé par la douleur sera comme livrée à elle-même,

ah ! aidez-nous à les vaincre.

Conduisez-nous au port du salut,

et remettez notre esprit entre les mains de son Créateur.

Ainsi-soit-il.

 

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