13 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Quatorzième jour

Douleur de Marie à la mort de Saint Joseph


 

La sainte Famille vivait d'une manière toute céleste dans la maison solitaire de Nazareth. Mais, ô mon Dieu! une nouvelle affliction devait blesser le cœur innocent de Jésus et de Marie. Le bon Joseph avait veillé avec autant de fidélité que de constance et d'amour à la garde du Verbe Incarné, pendant les premières années de sa vie d'obéissance, lorsque la mort, ou plutôt un excès d'amour, l'enleva à sa pénible carrière. Sans doute il ne pouvait y avoir de mort plus heureuse, puisqu'il fut assisté par le Sauveur du monde en personne, et par la Mère de Dieu, son épouse. Mais qui pourrait exprimer la désolation de cette Vierge sans tache à cette séparation? O Marie! quels furent vos soupirs lorsque vous lui rendîtes les derniers devoirs dans la vallée de Josaphat, auprès du tombeau de Siraéon, de ce saint vieillard qui vous avait prédit dans le temple cette affliction avec tant d'autres? O combien votre cœur fut alors déchiré en vous rappelant son amour, son zèle infatigable, ses sages conseils, ses longues peines, ses craintes, ses appréhensions et ses souffrances pour vous et pour Jésus! Sa perte vous rend plus sensibles la grandeur et l'élévation d'âme que vous lui connaissiez; et cette séparation vous afflige extrêmement. Vous vous rappeliez avec douleur ses rares vertus qui vous le rendaient si cher pendant sa vie; et la privation d'un si doux spectacle ajoute à l'affliction de votre veuvage. Veuve infortunée, comment, loin d'un compagnon si utile, pourrez-vous vous garantir contre le nuage furieux qui vous menace de sa foudre meurtrière? Pour vous, bienheureux Joseph, vous êtes digne d'envie! Vous éprouvâtes, je le sais, une vive peine au sortir de ce monde, parce que vous auriez voulu assister la Mère et le Fils dans les jours funestes et sanglants que vous prévoyiez. Mais, saint Patriarche, il vaut mieux pour vous ne plus vivre. Vous auriez succombé, sans aucun doute, à la douleur de cette catastrophe; vous n'auriez pu survivre en voyant les supplices atroces des deux tendres objets de votre amour et de vos soins; l'impossibilité de les arracher au martyre, et même de leur donner le moindre soulagement, vous aurait fait mourir de douleur.


Colloque


Vierge sainte, le Ciel vous réservait tien d'autres douleurs et de différentes espèces, au moment même où vous fûtes privée d'abord de vos heureux parents et ensuite de votre saint époux! Si la perte des premiers vous coûta tant de larmes, combien n'en versâtes-vous pas à la mort de Joseph! quelle triste perspective se présentait à votre esprit! Vous voyiez approcher le temps de la Passion de votre Fils, et alors qu'un soutien vous devenait plus nécessaire, vous demeuriez seule et sans aucun secours humain. Ah! il ne fallait pas moins que votre fermeté inébranlable, pour résister à l'impression de tant de coups sensibles et de tant d'amertumes! O Mère de douleurs! je compatis à votre désolation, et j'admire à la fois la généreuse intrépidité de votre cœur magnanime, et votre admirable résignation à la volonté divine. Ah! que je suis loin de cet héroïsme! obtenez-moi un peu de votre force, et faites que je supporte désormais toutes les épreuves qu'il plaira à Dieu de m'envoyer sur cette terre d'exil.


Soupir à Marie


Marie, au plus fort de ses peines, demeure orpheline et veuve; pleurons, ô mon âme! pleurons l'excès de sa désolation.


Exemple


Un jeune homme, très dévot à Notre Dame des Douleurs, eût le malheur de succomber à une tentation du démon, et de pécher mortellement. Le lendemain, il vint réciter ses prières ordinaires devant l'image de Notre-Dame, et il y vit huit glaives sur le cœur au lieu de sept. Dans son extrême surprise, il ne se rassasiait pas de considérer un spectacle si nouveau; mais il entendit une voix qui lui déclara que son péché avait ajouté le huitième glaive au cœur de Marie. A l'instant, pénétré de confusion et de repentir, il alla se présenter au tribunal de la pénitence pour obtenir. le pardon de son péché, et ensuite il vit disparaître le huitième glaive de la sainte image. (Reviglion. p. 4.)


Pratique: Mortifier le goût, en se privant de quelque aliment par amour pour Notre Dame des Douleurs.

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12 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Treizième jour

Douleur de Marie sur la vie cachée de son divin Fils


Au milieu du silence qui régnait dans la maison mystérieuse de Nazareth, Jésus expliquait souvent à sa Mère et à son nourricier les Mystères divins. Avec quelle attention ils écoutaient ses paroles! avec quel soin ils les gravaient dans leurs cœurs, Marie surtout Jésus développait chaque jour le trésor de ses vertus, et manifestait de plus en plus sa sagesse et la grâce dont il était rempli; il était l'objet des complaisances du Père Eternel, et de l'étonnement des hommes. Le cœur de Marie tressaillait à ce spectacle; le vénérable Joseph en était ému: mais que dis-je? étaient-ils dans les transports de la joie? Non certainement; hélas! ils souffraient beaucoup, et spécialement Marie. Combien de fois, en voyant son Fils partageant les travaux et les fatigues de Joseph, dut-elle dire: O « Mon Fils! vous, le Créateur éternel du monde, comment êtes-vous assujetti aux peines et aux sueurs d'un artisan? » Combien de fois, en voyant la main de Jésus tenir de vils outils, dut-elle dire: « O mon Fils! comment se fait-il que cette main qui étendit les cieux, donna au soleil sa lumière, et forma le premier homme avec un peu de limon, soit maintenant occupée comme celle d'un ouvrier? » Combien de fois, admirant l'humilité, la docilité, l'obéissance et la soumission de Jésus, dut-elle dire: « O Fils adorable! maître absolu du monde, Roi des rois, dont dépend tout ce qui respire, comment vous soumettez-vous à un pauvre artisan et à une humble servante? » Combien de fois en voyant souffrir ce divin Fils, pensait-elle: « Voilà le Tout-Puissant, dont les richesses et les trésors sont infinis, et cependant je le vois pauvre et ayant besoin du pain de chaque jour? » Mais en faisant ces réflexions, le cœur de Marie était oppressé de voir son divin Fils réduit à tant d'humiliation, d'indigence et de peines pour le salut des hommes. Encore si cette douleur ne se fût fait sentir qu'à longs intervalles, Marie n'en mériterait pas moins notre compassion; mais il n'en fut pas ainsi: la pauvreté et les peines de Jésus furent continuelles, et ne cessèrent d'accabler le cœur de Marie et d'occuper son esprit. Le Seigneur voulait, suivant le Prophète, que sa douleur n'eût pas de trêve. O martyre de sa vie entière!


Colloque


O Marie! quel tourment pour vous de voir sans cesse, pendant trente ans, votre Fils adorable toujours humilié, toujours souffrant, sans que vous pussiez y remédier! Quelle douleur, d'aimer si ardemment Jésus, et de ne pouvoir le lui marquer en le soulageant, à cause de votre pauvreté! Quelle confusion pour votre modestie de vous voir servie et obéie par le Dieu Tout-Puissant qui commande au ciel et à la terre! Ah! par les mérites de l'humble soumission que Jésus vous témoigna, obtenez-moi, je vous en conjure, la grâce d'obéir promptement à mes supérieurs, de les respecter, de les assister, et surtout de remplir fidèlement la loi de mon Dieu.


Soupir à Marie


De quelle tendre compassion n'étiez-vous pas émue, ô Marie en voyant votre divin Fils travailler comme un artisan à la sueur de son front!


Exemple


Thomas Cantipré rapporte qu'un prêtre, très dévot aux douleurs de Marie, poussé par un excès de ferveur, avait coutume de se cacher souvent dans une église où il y avait une statue de Notre Dame des Douleurs, devant laquelle il manifestait sa fervente compassion par l'abondance de ses larmes et de ses soupirs. Il montait ensuite sur l'autel, il embrassait avec un profond respect la statue, la consolait par les plus tendres expressions, et lui essuyait les yeux avec un petit linge. Au bout de quelques années, il tomba gravement malade. Quand il fut à l'extrémité, la très Sainte Vierge lui apparut sous la forme d'une dame remplie de majesté, Elle lui donna d'abord les plus aimables consolations, ensuite elle essuya sa sueur mortelle sur son front avec un mouchoir, et le guérit parfaitement. Alors le bon prêtre lui dit: « Qui êtes-vous , pour que je vous remercie comme je le dois? » « Je suis, dit-elle, celle dont vous avez si souvent essuyé les larmes ». Et la vision disparut. (Lib. Apum. th. c.)


Pratique: Reciter sept Ave, Maria, et autant de fois la onzième strophe du Stabat.

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11 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Douzième jour

Tristesse de la très Sainte Vierge lorsqu'elle perdit Jésus dans le temple


La sainte Famille avait demeuré sept ans en Egypte par l'ordre exprès du Seigneur, et avait beaucoup souffert dans ce long exil, lorsqu'un Ange signifia à Saint Joseph de retourner en Israël. Le retour fut plus pénible encore que n'avait été le voyage précédent. Quand il fallut fuir, l'Enfant Jésus pouvait se porter au bras; mais à l'âge de sept ans, dit Saint Bonaventure, il était trop grand pour être porté, et trop petit pour faire à pied un si long voyage. Le cœur de Marie était donc plus affligé qu'auparavant en cette circonstance, et par rapport à son cher Fils, et par la peine de Joseph devenu plus âgé. Dans la fuite, la très-Sainte Vierge éloignait son Fils de ses ennemis; en retournant en Judée, elle leur allait au-devant et conduisait Jésus à la mort; car elle savait qu'il serait un jour la victime de leur barbarie. Enfin, de retour à Nazareth, Jésus, Marie et Joseph y vécurent dans le travail et avec beaucoup de peine; ils n'en sortaient qu'aux jours de fêtes, où, suivant la loi, ils allaient au temple de Jérusalem, pour écouter les divins oracles des livres saints, participer aux sacrifices, et célébrer les solennités légales. Ils avaient toujours eu l'Enfant Jésus avec eux, et rien de fâcheux ne leur était encore arrivé dans ces voyages; mais lorsque le Sauveur eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisirent, selon leur coutume, à Jérusalem, pour y faire la Pâques. Ils assistèrent pieusement aux sacrifices de la solennité, pendant sept jours,dans le temple. Lorsqu'ils retournèrent à Nazareth, le divin Enfant demeura à Jérusalem sans qu'ils y fissent attention, et ils ne s'en aperçurent qu'après une journée de chemin. Quelle douleur pour Marie et pour Joseph! Ils étaient arrivés dans l'asile où ils devaient passer la nuit, et ne virent point leur bien-aimé. Jésus s'était caché ou rendu invisible à leur départ de Jérusalem. Sa tendre Mère et son fidèle gardien, par une disposition admirable de la Providence, pensèrent que Jésus s'était joint à d'autres familles de Nazareth, également venues à la fête. Mais quelles furent les angoisses de Marie quand elle vit que son divin Fils ne s'y trouvait pas! Joseph dit: nous l'avons donc perdu! que sera devenu ce cher Fils? Puis-je vivre sans lui! retournons sur le champ sur nos pas; demandons-le; cherchons-le... non, mon cœur ne pouvait être frappé plus douloureusement; allons, ne perdons pas un moment; hâtez-vous... de grâce, hâtez-vous.... En effet, Marie se met en marche quoiqu'il soit dejà nuit, elle cherche Jésus parmi les parents et les connaissances qu'elle rencontre, et retourne à Jérusalem. Ses larmes sont plus nombreuses que ses pas; ses soupirs continuels embarrassent sa respiration; et à tout instant, elle dit aux passants comme l'épouse du Cantique: « Avez-vous vu le bien-aimé de mon âme? » Mais, hors de Jérusalem comme dans Jérusalem, personne ne lui en donne des nouvelles. Elle s'écrie dans sa douleur: « Saints Anges, qui accompagnez ce Fils adorable; éléments, qui lui obéissez; soleil, qui éclairez son séjour; montrez-le-moi! Cette Vierge désolée pleure le jour et la nuit; inconsolable, son amertume va toujours croissant, elle ne peut prendre ni nourriture ni repos, parce qu'elle a perdu à la fois son Fils, son père, son époux, son trésor, son Dieu. L'esprit agité de mille lugubres pensées, le cœur déchiré par une séparation si inattendue et si douloureuse, elle se meurt: Père Eternel, ayez pitié de cette mère désolée, sa vie est en danger; de grâce faites-lui trouver son. Fils!... Mais non, elle en sera privée pendant trois jours... Elle court, elle revient, elle demande encore Jésus dans les maisons et dans les rues; peine inutile! son deuil augmente, ses angoisses n'ont plus de bornes!... Enfin, au bout du troisième jour, elle vient au temple toute éplorée, et en y entrant elle voit son divin Fils assis au milieu des Docteurs? les écoutant et leur proposant des questions sur la loi de Moïse... La douleur de Marie avait été si vive pendant ces trois jours, son cœur en avait été oppressé à un tel point, qu'en revoyant Jésus elle ne put s'empêcher de lui faire cette douce plainte: « Mon fils, pourquoi en avez-vous usé ainsi envers nous? Nous vous cherchions, votre père et moi, étant fort affligés ».


Colloque


O Vierge admirable! que de larmes vous répandîtes pendant les trois funestes jours où vous fûtes privée de votre souverain bien! Ah! combien ce cruel martyre m'apprend à connaître et à pleurer l'aveuglement et la dureté de mon cœur! Vous étiez l'innocence même, par une grâce spéciale vous étiez impeccable, et vous gardiez Jésus dans votre cœur comme sur un trône ou il prenait ses complaisances; et cependant vous pleurates amèrement jour et nuit sa perte, et vous le cherchâtes sans délai et sans relâche. Et moi, j'ai eu le malheur de le perdre volontairement tant de fois, et de le chasser de mon cœur par tant de péchés et avec une si noire ingratitude!... Toute autre perte, dit Saint Augustin, plonge les imprudents dans la tristesse, l'abattement et le désespoir... Mais bêlas! en perdant Jésus, je perds mon Dieu, et néanmoins, par une indifférence qui tient du sacrilège, je mange, tranquillement, je vis content, et j'ose goûter les douceurs du repos! Quelle folie! et qui me donnera une fontaine de larmes intarissable pour pleurer mon, âme privée de son Dieu? O sainte Mère! apprenez-moi à chercher Jésus, puisqu'en le perdant je perds tout à la fois, mon âme, mon Dieu, ma félicité, le Ciel. O Mère de miséricorde, faites que je le cherche avec ardeur et constance, de peur qu'après ne l'avoir pas cherché, maintenant que je puis le trouver, je ne le cherche en vain dans la suite. O Marie ! faites-moi trouver Jésus pendant ma vie et à l'heure de ma mort, en me faisant trouver sa grâce; mais surtout faites qu'après ma mort je retrouve Jésus dans sa gloire. Et vous, ô mon Dieu! qui voulûtes peut-être vous cacher pour que Votre tendre Mère vous retrouvât par le mérite de ses larmes, de grâce exaucez sa prière tandis que je vous adresse ces désirs du chartreux Lodolphe: « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, que vos parents cherchèrent pendant trois jours, et qu'ils trouvèrent enfin dans le temple, faites que ma pauvre âme vous désire, qu'en vous désirant elle vous cherche, qu'en vous cherchant elle vous trouve, qu'en vous trouvant elle vous aime, qu'en vous aimant elle rachète ses péchés, et qu'en les rachetant elle n'y retombe jamais. Ainsi soit-il.


Soupir à Marie


O Marie! qui pourrait comprendre seulement votre long martyre, lorsque, pendant trois jours, vous crûtes avoir perdu votre Fils unique et votre souverain bien!


Exemple


La Bienheureuse Bienvenued'Autriche, de l'Ordre de Saint Dominique, méditant un jour avec une ferveur extraordinaire la douleur de Marie lorsqu'elle eut perdu Jésus dans le temple, la pria instamment de lui en faire éprouver quelque sentiment. A l'instant elle voit une dame majestueuse tenant un enfant d'une beauté ravissante, d'une figure divine et rayonnante de gloire. A cette vue , la sainte religieuse fut tellement inondée de délices, qu'il lui semblait jouir du bonheur du Ciel. Elle ne se rassasiait pas de contempler et l'enfant et la mère. Mais au moment où cette vue la rendait heureuse, la vision disparut tout à coup. Elle en fut si affligée et sa douleur fut si vive qu'elle semblait mourir à chaque instant. Pendant trois jours elle ne fit que pleurer, attribuant à sa faute la perte de son céleste contentement. Au bout des trois jours, la très-Sainte Vierge lui apparut de nouveau tenant son divin Fils au bras, et lui dit: « Ne m'avez-vous pas demandé de participer un peu à ma peine lorsque je perdis Jésus dans le temple? Vous en avez fait l'essai ; mais n'y pensez plus, parce que votre faible santé ne pourrait résister à une si vive douleur ». (Marches. Diar. Di Mar. 30. 8°)


Pratique: Jeûner le premier vendredi en l'honneur de Notre Dame des Douleurs.

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10 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Onzième jour

Douleur de Marie au massacre des Innocents


Pendant le séjour de la sainte Famille en Egypte, arriva la nouvelle du carnage horrible que l'on fit de tous les enfants à Bethléem et dans les environs, par l'ordre d'Hérode. Ce prince, furieux d'avoir été trompé par les Mages, voulut à tout prix satisfaire sa barbarie, en répandant le sang du divin Enfant; et afin de mieux assurer sa mort, il fit périr, par les mains de ses bourreaux dénaturés, tous les nourrissons au-dessous de deux ans. Quelle nouvelle déchirante pour la sensibilité extrême de Marie! ô Fils infortuné! dut-elle s'écrier, vous descendez des splendeurs éternelles pour vous revêtir de la forme d'esclave par amour pour les hommes; et non-seulement ils ne vous firent aucun accueil à votre naissance, mais encore ils vous laissèrent durement sur le foin dans une étable glacée; et maintenant, pour comble de cruauté,ils cherchent à vous égorger inhumainement dans mes bras! Oh! c'en est trop, jamais on ne vit une semblable barbarie! Dieu commanda dans l'Exode, suivant l'explication du Docteur angélique, qu'on ne tuât jamais un chevreau allaité par sa mère; cependant, qui le croirait, le perfide Hérode voulut exercer, vis-à-vis du Sauveur, cette cruauté défendue à l'égard des bêtes; il voulut mettre à mort le divin Enfant attaché au sein de sa sainte Mère, et à son occasion, il fît périr des milliers d'enfants. Marie en était navrée de douleur et en pleurait d'autant plus amèrement, qu'elle se représentait d'une part les cris et le désespoir de tant de mères, et de l'autre, le châtiment terrible qui pesait déjà sur tant de pères juifs, en punition de leurs crimes. On eût dit l'infortunée Rachel fondant en larmes et inconsolable de la mort d'une partie de ses enfants, et de la captivité des autres. O pauvres enfants! devait dire la très-Sainte Vierge éplorée, vous êtes morts uniquement parce qu'on voulait faire mourir mon Jésus! et le cœur de Marie fut blessé d'autant de traits qu'il y eut de victimes innocentes sacrifiées à l'occasion de son Fils!


Colloque


Quelle fut votre douleur, Vierge Sainte, lorsque tenant le Sauveur entre vos bras, et n'ayant pour toute société que Sain Joseph, vous vous vîtes sans amis et sans protecteurs, persécutée par un monarque impie? quelle fut votre frayeur pour votre Fils adorable, plus encore que pour vous-même? Je me confonds à cette seule pensée. Mais surtout, je me fais horreur à moi-même en considérant que, par mes péchés, j'ai été plus cruel qu'Hérode lui-même envers Jésus. Oui, ce prince persécuta une seule fois le divin Rédempteur, et, par mes offenses énormes, je l'ai persécuté cent fois, mille fois. Hérode ne connaissait pas en Jésus le Fils de Dieu, et j'ai osé offenser le Dieu que j'adore. Ce monarque se proposait d'affermir son trône, et j'ai blessé mon Sauveur pour une bagatelle, pour un vain honneur, pour un plaisir d'un instant! Ah! sainte Mère, je frémis d'y penser; j'ai honte de moi-même, et, couvert de confusion, je demande pardon à votre divin Fils persécuté, et à votre cœur affligé de toutes mes fautes: ô Vierge éplorée! accordez-moi une de vos larmes pour les pleurer toujours amèrement.


Soupir à Marie


Soldats impies! pourquoi tant de barbarie? tournez plutôt votre fer contre mon cœur, plus dur que celui d'Hérode!


Exemple


Pendant que l'île de Rhodes était dépendante de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, l'an 1423, le chevalier Louis Barco fit sculpter une statue de Notre Dame des Douleurs, tenant son Fils mort entre ses bras, et la plaça dans l'Eglise majeure de Rhodes. Cette sainte image était si expressive et si touchante, qu'on l'attribua à un Ange sous la forme d'un jeune homme inconnu qui disparut aussitôt. Le chevalier, priant un jour avec ardeur à ses pieds, supplia la très Sainte Vierge de lui indiquer ce qu'il pourrait faire pour la consoler. Alors Notre-Dame lui donna un chapelet composé de trente grains, divisés par trois gros grains, et lui dit qu'en récitant quinze Ave, Maria et un Pater après cinq Ave, en mémoire des dix-huit lettres hébraïques qui composent la salutation Angélique, on lui procurerait une grande consolation.. Le chevalier publia sur-le-champ la volonté que Marie lui avait manifestée par l'image miraculeuse; tous les chevaliers de l'île embrassèrent à l'instant cette dévotion, qui prit de là le nom de Chapelet du Chevalier, et à laquelle la très Sainte Vierge obtint des grâces sans nombre. (Bosius. hist. sacr. Relig. S. Joannis.)


Pratique: Réciter le Chapelet de Notre Dame des Douleurs.

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09 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Dixième jour

Souffrances de la très Sainte Vierge dans la fuite en Egypte

Après la cérémonie de la Purification de Marie et de la Présentation de son Fils au temple, la sainte Famille retourna à Nazareth. Or, Hérode, roi des Juifs, ayant appris des Mages la naissance d'un nouveau prince, et déjà instruit par la voie publique de ce qui s'était passé au temple quand le divin Enfant y avait été présenté, il n'en fallut pas davantage à ce roi soupçonneux pour craindre que ce rejeton de David ne lui enlevât la couronne. Il prit donc, sans délai, des mesures pour affermir son trône, qu'il jugea en péril, et il forma le dessein de mettre à mort le nouveau-né. Misérable orgueil humain! La Mère et le nourricier de Jésus n'étaient occupés, dans leur chétive demeure, qu'à contempler le Fils de Dieu qui croissait en grâce chaque jour. Contents de leur état en vue de Dieu, ils travaillaient et dormaient en paix. Une nuit, entre autres, dans laquelle, plus fatigué qu'à l'ordinaire, Joseph dormait profondément, un Ange lui dit à l'oreille de se lever promptement et de fuir en Egypte, avec son épouse et le divin Enfant, attendu qu'Hérode cherche à faire mourir Jésus. Docile à la voix de l'Ange, Joseph, étonné, va réveiller Marie et lui communique l'ordre du Ciel. Tendre Mère! quelle triste nouvelle! dans quelle fâcheuse situation elle se trouve! faible, délicate, avec un tendre nourrisson et un époux âgé et fatigué, que fera-t-elle? Ah! je la vois dans une véritable agonie; son cœur tombe en défaillance en pensant au danger que court le divin Enfant!.. Mais à quoi servent les délais? elle se prépare à exécuter au plus tôt les ordres du Ciel. Elle s'approche en tremblant du berceau où l'Enfant Jésus dormait paisiblement; elle le lève, le prend entre ses bras, l'enveloppe promptement de ses langes, le couvre de son mieux pour le défendre des injures de l'air rigoureux de la saison; et sans tarder davantage, sans dire adieu à ses voisins et à ses amis, sans dire un seul mot, ne portant aucune provision, mais seulement quelques hardes, elle part dans le silence de la nuit, sous la protection des ténèbres, appuyée du côté gauche sur le bon vieillard Joseph, et de sa main droite pressant l'Enfant Jésus sur son cœur. C'est en soupirant, qu'elle part et fuit en Egypte. Au moindre bruit qu'elle entend, elle frémit, son cœur palpite, son sang se glace dans ses veines, elle craint que les émissaires du roi inhumain ne viennent dans l'ombre arracher son Fils de son sein, et le massacrer. Si l'on considère ensuite la longueur et la difficulté du chemin, que n'eut pas à souffrir cette Vierge sainte! Il lui a fallu marcher pendant trente jours au moins; traverser des déserts; gravir des montagnes, et passer dans des forêts inhabitées. Pendant combien de jours n'aura-t-elle eu pour toute nourriture que des herbes crues et des racines sauvages? combien en aura-t-elle passé sans boire ni manger? combien de nuits, dans cette saison froide, a-t-elle dû passer couchée sur la pierre? Mais quel Surcroît de douleur pour elle de sentir l'Enfant Jésus souvent tout glacé, malgré les soins qu'elle prenait de le couvrir, de le presser sur son sein, et de l'échauffer par ses soupirs enflammés! combien de fois pour apaiser ses pleurs, lui aura-t-elle donné, en l'allaitant, son cœur fondant de douleurs? O souffrances universelles! ô peines incompréhensibles!

Colloque

O Vierge affligée! que votre exemple me confond. Dans un âge si tendre, vous fuyez en Egypte avec tant de peines, foulant aux pieds les aises et les plaisirs du monde; modèle accompli de résignation, d'obéissance, de charité, de confiance en Dieu; tandis que non-seulement je ne fuis pas le danger d'offenser Dieu, mais encore je m'y expose souvent de propos délibéré, m'abandonnant à ma présomption, à ma négligence, à mon esprit d'indépendance, à mon orgueil! O Mère de miséricorde! rendez-moi semblable à vous, je vous en supplie; daignez aussi m'accorder votre puissant secours dans le voyage terrible que je fais maintenant vers l'Eternité. Faites que j'évite les dangers de l'Egypte de ce monde, afin que je partage un jour votre bonheur dans la céleste Jérusalem.

Soupir à Marie

Auguste mais pauvre Pèlerine, vous fuyez en Egypte avec Jésus et Joseph, et vous n'avez pour guide que l'amour divin, et pour compagne que la peine.

Exemple

Un jeune novice de l'Ordre de Saint Dominique, vaincu par la tentation, voulait s'enfuir secrètement. Mais avant d'exécuter son projet, il prit à sa main un morceau du pain de communauté, qui lui répugnait singulièrement. Il va devant une image de Notre Dame des Douleurs, qui tenait son Fils mort entre ses bras, et lui dit: « O Consolatrice de tous les affligés, voyez vous-même si ce pain est nourrissant, et s'il n'est pas plutôt capable de rendre malade! Je désirerais de tout mon cœur embrasser la vie religieuse, mais j'avoue franchement que je ne m'en sens pas le courage. Ne m'en veuillez donc pas si je laisse votre habit à vos pieds, mais je n'ai plus la force de le porter ». En même temps, il commençait à se dépouiller de sa robe de laine; mais en ce moment, Notre Dame des Douleurs eut pitié de ce malheureux: elle étendit miraculeusement la main droite, et lui dit de lui donner ce pain dont il ne savait pas se nourrir, à l'instant elle le trempe dans le sang qui sortait des plaies du Sauveur, et le lui rend avec ordre d'en manger sur le champ. Le novice obéit aussitôt, et non seulement il le trouva excellent, mais en le mangeant il se sentit le cœur tellement fortifié, que dans la suite il supporta constamment et avec joie toutes les rigueurs de la vie religieuse.  ( March. Diar. Mar. tom. 2. sem. 65. )

Pratique: S'abstenir aujourd'hui, en l'honneur de Notre Dame des Douleurs, de quelque plaisir permis.

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08 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Neuvième jour

Glaive qui perça le cœur de Marie, dans la prophétie de Syméon

Jérusalem renfermait, à cette époque, un juste nomme Syméon, plus charge de mérites que d'années, quoiqu'il fût d'un âge avancé. Pendant que Marie et Joseph entraient dans le temple, Syméon y arrive au moment même où ils présentaient le Messie nouveau-né. Eclairé d'une lumière supérieure, il regarde la mère, il admire le divin Enfant avec des yeux étincelants et d'un visage enflammé, il prend Jésus dans ses bras, le presse sur son cœur, et dans une douce extase, il bénit Dieu d'une si haute faveur, et lui fend de vives et solennelles actions de grâces d'avoir exaucé ses longs désirs à ce sujet. Ensuite, s'adressant à Marie, par l'inspiration du Saint-Esprit, il lui fait cette célèbre prédiction: « Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes ». Qui pourrait exprimer la douloureuse impression que fit cette triste prophétie sur le cœur maternel de Marie? Malgré les lumières qu'elle avait déjà reçues, elle vit alors encore plus clairement se dérouler à son esprit le sombre tableau des souffrances que son Fils devait endurer; elle connut plus que jamais qu'entre toutes les mères elle était la seule qui rachetait son premier-né pour peu de temps, puisqu'il était destiné aux douleurs, aux opprobres et aux supplices. Dès lors, au sentiment de Saint Jérôme, l'âme de Marie eut à subir un martyre plus dur que celui de tous les martyrs ensembles; martyre qui, selon Saint Bernard, dura trente-trois ans, pendant lesquels Marie vécut en mourant sans cesse, parce que son cœur souffrait une douleur pire que la mort, sans remède et sans adoucissement. Comme les eaux des fleuves, en entrant dans l'Océan, deviennent salées et amères, les consolations de Marie, depuis ce jour mémorable, se changeaient pour elle en violentes amertumes. De là, elle ne pouvait arrêter ses yeux sur l'admirable humanité du Sauveur, sans penser aussitôt aux mépris, aux tortures, à la croix qui l'attendaient. Déjà Marie croyait voir les blessures de ses pieds, de ses mains et de son côté toutes couvertes de sang!... Mère infortunée, ce ne fut pas seulement pendant la vie de son Fils qu'elle souffrit ce dur martyre, la plaie que lui fit la prophétie de Syméon ne se ferma jamais tant qu'elle vécut: « Cette douleur dit-elle un jour à Sainte Brigitte, affligea mon cœur jusqu'au moment où je fus élevée en corps et en âme dans le Ciel ». O glaive douloureux! O peine sans égale!


Colloque

O mère affligée! quel cœur ne se fondra pas de douleur et de componction en considérant le vôtre percé du glaive que lui annonça Syméon! Ah! quel cruel martyre pour vous, de penser que votre divin Fils, après une vie entière de souffrances, après une mort cruelle et ignominieuse, serait encore déchiré et crucifié de nouveau, avec plus d'impiété que jamais, par les monstrueux péchés des hommes! Non de semblables tortures n'étaient point faites pour votre beau cœur; elles me convenaient bien mieux à moi qui suis coupable de fautes graves! Vous savez d'ailleurs que j'ai lancé contre vous, non pas un seul glaive, mais cent, mais mille traits meurtriers, autant de fois que j'ai eu le malheur de pécher. Purifiez maintenant, par votre douloureux martyre, tout mes sentiments impurs; blessez si profondément la dureté de mon cœur, qu'il soit pénétré de la plus vive douleur d'avoir renouvelé, par mes péchés, la dure Passion de Jésus, et d'avoir de nouveau percé son cœur adorable.

Soupir à Marie

Glaive tranchant de Syméon qui du même coup blessâtes deux cœurs, frappez le mien avant que la triste prédiction s'accomplisse.

Exemple

Sainte Brigitte rapporte, que faisant oraison dans l'Eglise de Sainte Marie Majeure à Rome, le jour de la Purification de la très Sainte Vierge, elle eût la vision suivante: Elle crut voir dans le Ciel un temple très majestueux. Auprès de l'autel se trouvait un vénérable vieillard, c'était Syméon, tout préoccupé de recevoir le Sauveur dans ses bras. De la porte du temple, s'avançait gravement la très Sainte Vierge, tenant son divin Fils, précédée, accompagnée et suivie d'innombrables légions d'Anges. Au milieu d'eux, et immédiatement devant Marie, était un Ange plus éclatant que les autres, tenant à la main une épée toute teinte de sang, qui ressemblait parfaitement au glaive annoncé à la très Sainte Vierge par Syméon. A mesure que le cortège s'avançait, les voûtes du temple retentissaient d'une douce mélodie, et les Esprits bienheureux chantaient d'un ton ravissant: « Voilà la gloire que Marie reçoit dans le Ciel, en récompense du glaive de douleur dont elle a été blessée pendant la Passion de son Fils ».

Pratique: Réciter, quand l'horloge sonne, un Ave en l'honneur des douleurs de Marie.

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07 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Huitième Jour

Humiliation de la Très Sainte Vierge dans sa Purification

Comme la très-Sainte Vierge était la mère de Dieu, et qu'elle avait conçu son divin maitre, non comme les femmes ordinaires, mais par la seule vertu du St-Esprit, il s'en suivait évidemment qu'elle n'était point sujette à la double loi de la Purification et du rachat, que Dieu avait donnée dans l'Exode et le Lévitique. Cependant Marie, oubliant les motifs qui l'en dispensaient, voulut paraître une mère ordinaire, et se soumit à la purification, qui supposait qu'elle en avait besoin, et à la présentation de son Fils, cérémonie d'offrande et de rachat, indispensable pour tout autre. Cette Vierge incomparable accomplit ainsi la volonté suprême du Père Eternel, qui avait prescrit l'abaissement de la Mère de Dieu, et l'humiliation de son Fils. O vertu sans pareille! qui confond l'orgueil humain. Oui, cette Vierge, qui n'avait eu rien tant à cœur que sa pureté sans tache, qui pour la conserver aurait renoncé volontiers à la maternité divine; qui fut plus jalouse de cette vertu que de toute autre, au point qu'elle mérita précisément par là d'attirer du Ciel et de concevoir dans son sein le Verbe éternel, suivant ce mot d'un père: Elle plut par son humilité, mais elle conçut par sa virginité. Cette Vierge très sainte et sans tache, ne craint pas, dans ce Mystère, de paraître impure comme les autres mères aux yeux des hommes, quoique dans la réalité elle soit au milieu des femmes du monde, comme le lis entre les épines. Elle savait très-bien que sa pureté surpassait infiniment celle de toutes les autres créatures de la terre; elle n'ignorait pas même, dit Saint Antoine, qu'elle était plus pure que les Anges eux-mêmes, or, jugez de là, qu'elle fut son humiliation en ce moment; quelle rougeur pudique colorait son modeste visage, et combien lui était sensible le jugement que le monde portait d'elle sur ce point d'après les apparences. Mais non contente de cette héroïque humilité, Marie y joignit encore une patience admirable. Suivant la coutume en pareil cas, les mères juives, pour remplir la loi, offraient un agneau en holocauste, et une colombe pu une tourterelle en sacrifice expiatoire. Si elles étaient pauvres, elles pouvaient substituer la tourterelle ou la colombe à l'agneau. Or, la sainte Mère de Dieu ayant, par son héroïque charité, répandu généreusement dans le sein des pauvres les riches dons des Mages, ne put pas. offrir l'agneau à Dieu, elle se contenta de présenter à sa place deux tourterelles gémissantes, ou deux innocentes colombes, symboles touchants de ses humbles soupirs et de sa pureté sans tache. Ce fut encore là, pour cette Vierge sainte, un sujet réel d'humiliations infiniment méritoire.

Colloque

Vierge sainte, j'admire votre humble maintien et la modeste rougeur que vous montrâtes dans le temple, pour m'apprendre et à mépriser les vains jugements du monde, quand il s'agit de remplir la loi de Dieu, et à faire courageusement les bonnes œuvres, qui bien qu'elles ne soient pas commandées, sont néanmoins agréables au Ciel et salutaire à mon âme. Je vous en remercie de tout mon cœur, et je vous prie aussi de m'obtenir une si belle vertu, et la grâce d'être délivré de tout sentiment d'orgueil et d'ambition, si contraire au caractère et à la qualité de votre Fils, que j'estime au-dessus de tous les biens.

Soupir à Marie

Quelle confusion pour Marie d'être confondue dans le temple avec les mères juives! Qu'un si grand exemple nous api prenne à pratiquer l'humilité!

Exemple

Plusieurs années après l'Assomption de la très-Sainte Vierge, Saint Jean l'Evangéliste avait un ardent désir de la revoir. Il pria Dieu dans cette vue avec tant de ferveur et de persévérance, qu'il mérita d'être exaucé. Le Sauveur et la très Sainte Vierge lui apparurent, s'entretenant des douleurs qu'ils avaient souffertes l'un et l'autre pendant la douloureuse Passion du Sauveur. Jean entendit ensuite que la très Sainte Vierge pria son divin Fils d'accorder quelque grâce particulière à ceux qui s'occuperaient souvent de ses douleurs avec dévotion. Le Seigneur lui répondit qu'il accorderait quatre faveurs signalées à. ceux qui le prieraient en mémoire des douleurs de sa sainte Mère, Premièrement, une parfaite douleur de leurs péchés avant la mort; secondement, une assistance particulière à l'article de la mort; troisièmement, de graver dans leurs cœurs les mystères de la sainte Passion, et de leur en donner une grande récompense dans le Ciel; enfin, une faculté très étendue à sa très sainte Mère d'obtenir en leur faveur quelque grâce que ce pût être. (Diari. di Mac. tom. 2. Serm. nella selt. 5. )

Pratique: Réciter les sept courtes prières à Notre Dame des Douleurs.

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06 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Septième jour

Douleur de la très Sainte Vierge, à la Circoncision de son divin Fils

Le huitième jour de la naissance miraculeuse du Fils de Dieu était arrivé, et il était temps, suivant l'ancienne loi, de remplir la cérémonie de la circoncision qui obligeait tous les enfants hébreux. C'était un signe de servitude et de péché. Le Saint des saints, le Roi des rois, le Dieu infiniment pur par sa nature ne pouvait y être tenu. La très Sainte Vierge le savait mieux que personne; mais elle savait aussi que le Père Éternel, en envoyant son Fils sur la terre, voulut qu'il se soumît à la loi, quoiqu'il n'y fût point obligé. En conséquence, Marie se décida à faire circoncire l'Enfant Jésus; elle surmonta la pénible appréhension de cette douloureuse cérémonie, et de même qu'autrefois Séphora considéra Moïse sur les eaux du Nil; de même que la mère des Macchabées fut témoin de leur supplice, Marie, avec plus de fermeté encore, voulut assister à l'accomplissement de ce Mystère, et remplir ce devoir si pénible à son cœur. O Mère désolée! les larmes, les sanglots de votre divin Fils pendant cette douloureuse cérémonie; la vue des prémices de son sang adorable qu'il répand pour le salut du monde; quel glaive de douleur pour votre tendresse maternelle! Mais, suivant la remarque de Saint Bonaventure, la très Sainte Vierge dut pleurer d'autant plus qu'elle voyait clairement que notre divin Sauveur souffrait davantage que les autres enfants, à raison de sa pleine intelligence et de sa connaissance surhumaine; par surcroît, Marie réfléchissait encore que le Créateur des Anges, qui s'était déjà immensément humilié en prenant la nature humaine, se confondait encore plus en se revêtant actuellement de l'apparence d'un pécheur. Cette Mère affligée dut donc recueillir précieusement ce divin sang, et s'adressant au Saint Esprit, qui avait opéré la divine Incarnation, elle dut lui dire, comme autrefois Séphora à son époux: « Ah! divin Esprit, vous êtes pour moi un, époux de sang! » Il me semble l'entendre; dire ensuite à Jésus souffrant: « O Fils adorable! à peine êtes-vous né, que vous fondez en larmes et que vous versez votre sang pour expier les péchés des hommes! »: Voilà, chrétiens, ce qu'il en coûta au Fils et à la Mère, pour accomplir une loi de Dieu.

Colloque

Vierge affligée, je ne puis penser à la douleur que vous ressentîtes en assistant à la circoncision de votre tendre Fils, sans en être touché et y compatir. O combien vous eûtes le cœur déchiré en voyant l'Enfant Jésus blessé, sangloter, gémir et verser si tôt son précieux sang! Comment votre cœur put-il résister lorsque Jésus souffrant tournait vers vous ses yeux mouillés de larmes, lorsqu'il vous tendait ses mains tremblantes, et qu'il se pressait à votre cou comme pour vous demander secours et soulagement dans sa souffrance? Je vous plains, ô Mère de douleur! et en même temps je me confonds en pensant que ce sang divin fut dès lors répandu pour moi, tout indigne pécheur que je suis. Hélas! par ce torrent de larmes que vous versâtes dans ce Mystère, obtenez-moi la grâce d'opposer à mes appétits déréglés, le fer d'une mortification continuelle.

Soupir à Marie

J'admire, dans la circoncision de Jésus, les deux sacrifices de deux cœurs pleins d'amour: le Sauveur offre son sang, et Marie ses larmes.

Exemple

Un bon religieux, tourmenté de scrupules, implorait sans cesse le secours de Notre Dame des Douleurs. Arrivé à l'heure de la mort, il en était tellement accablé qu'il en gémissait encore davantage que des souffrances de son agonie. Pendant ce combat, la très Sainte Vierge lui apparut, et lui dit, avec un doux sourire: Ah! mon fils, après m'avoir si souvent consolée dans mes douleurs, ne deviez-vous pas espérer que je vous consolerais dans vos dernières peines. Prenez courage, et ne craignez point. Ces paroles remplirent le religieux de joie, et il expira paisiblement.

Pratique: Compatir pendant un quart-d'heure aux Douleurs de la très-Sainte Vierge.

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05 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Sixième jour

Excès des souffrances de Marie en voyant naître si douloureusement l'Enfant Jésus

Le Sauveur du monde naquit enfin dans un vil réduit, pendant le silence de la nuit; cette heureuse naissance semblait présager à Marie une joie ineffable: son cœur ne pouvait suffire au bonheur. de voir son Fils tant désire, de toucher ses divins membres, et de l'avoir mis au monde sans douleurs. De plus, à la douceur céleste qu'il lui avait procurée pendant qu'il fut renfermé dans son sein, succédèrent les tendres regards de son divin Fils, dont la beauté ravissait les cœurs des hommes; le gracieux sourire de ses lèvres empourprées, qui répandait la douceur du paradis; la perfection de son corps adorable. Combien Marie fut heureuse de le nourrir de son lait virginal, de lui prodiguer les plus tendres caresses, et de le voir honoré si sincèrement et avec tant d'ardeur par les bergers. Mais, d'un autre côté, quelle douleur pour elle de voir ce Dieu que le ciel et la terre ne peuvent contenir, couché dans une crèche, sur la paille, et la tête sur une pierre mal couverte de haillons? Quel spectacle pour son cœur maternel, de considérer ce divin enfant renfermé-dans de pauvres langes, au milieu de deux brutes, dans une grotte froide, à demi-ouverte, exposée aux injures de l'air, et dans la nuit de l'hiver le plus rigoureux! A cette vue et aux pleurs du divin nouveau-né, cette mère désolée ne devait-elle pas s'écrier comme elle le révéla à Sainte Brigitte: « Hélas! ô mon Fils! vous souffrez plutôt de mes peines que des vôtres! » Une autre source d'affliction pour la très Sainte Vierge, ce fut tout ce qu'une lumière prophétique lui fit prévoir dans l'avenir, touchant son divin Fils. Ces vues affligeantes répandirent l'amertume sur les délices qu'elle goûtait en pressant le divin enfant sur son cœur. Souvent, au rapport de Sainte Brigitte, la très Sainte Vierge faisait entendre cette douce plainte: « Ah! mon cher Fils, maintenant vous reposez dans les bras de ma tendresse et de mon amour, mais le temps viendra où vous serez cloué sur les bras durs d'une ignominieuse croix. Maintenant je vous donne des baisers sincères, et un jour à venir vous recevrez le baiser sacrilège du traître Judas. A présent je vous nourris de mon lait, et à votre mort on vous désaltérera avec un breuvage amer. Maintenant je vous couvre de langes pauvres mais blancs, et je vous entoure de douces bandelettes, un jour, hélas! on vous revêtira d'un haillon de pourpre, et on vous liera cruellement avec des cordes et des chaînes! O mon Dieu! si je vous vois dormir doucement dans mes bras, je pense aussitôt à ce cruel moment où du haut de la croix je recevrai de nouveau votre corps mort tout déchiré et couvert de plaies! » Et en parlant ainsi, Marie donne un libre cours à ses soupirs et à ses larmes; et l'Enfant Jésus, dans les bras de sa tendre Mère, loin de la placer dans un paradis terrestre de joie, devient au contraire pour elle un faisceau de myrrhe et d'amertume.

Colloque

O Vierge sainte! comment n'avez-vous pas cessé de souffrir à cet heureux moment auquel vous mîtes au monde le Fils de Dieu? En cet instant vous fûtes au faîte des grandeurs humaines et célestes; vous reçûtes, à juste titre, les félicitations des bergers accourus à la crèche; les Anges descendus dans l'étable vous portèrent envie, et tout le Paradis vous admira et vous reconnut pour sa Souveraine et sa Reine bien-aimée. Mais hélas! dans une si grande élévation, ô Mère affligée! vous êtes réduite à soupirer et à beaucoup pleurer. Comment, en effet, auriez-vous pu retenir vos larmes, en voyant un enfant si beau en proie à tant de besoins; vêtu si pauvrement et sans avoir moyen de le soulager; en entendant ses cris et en considérant ses pleurs sans pouvoir les sécher? De quel glaive de douleur votre cœur maternel ne fut-il pas percé? O que je vous plains! Ah! si du moins je pouvais vous offrir mon cœur pour servir de berceau à votre divin Fils! Que je le ferais volontiers! Mais vous savez combien ce cœur est plein de vices, vous savez qu'il est encore plus souillé que l'étable de Bethléem. Obtenez-moi, ô très-sainte Mère! la grâce de le purifier auparavant par une vraie pénitence; ensuite prenez-le, servez-vous-en comme il vous plaira, et ne me le rendez-plus, puisqu'il est de mon plus grand intérêt de ne l'avoir pas, pourvu qu'il soit entre vos mains sacrées.

Soupir à Marie

L'Enfant Jésus étant sur le foin, je pleure de joie et de douleur tout ensemble; mon cœur est partagé entre l'allégresse et la peine.

Exemple

Le Bienheureux Jacques-Philippe de Faenza, de l'Ordre des Servites, reçut, dès son enfance, beaucoup de faveurs de Notre Dame des Douleurs. A l'âge de deux ans, il fut atteint du mal caduc, mais à peine son père l'eût-il consacré par, vœu à Notre Dame des Douleurs, qu'il recouvra la santé. Lorsqu'il eut atteint l'âge de neuf ans, il prit le saint habit; dans l'Ordre des Servites, et vécut dans la pratique des plus éclatantes vertus. Il eut une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs, et en son honneur, il passa sa vie toute entière dans les, soupirs et les larmes. Mais la très Sainte Vierge, qui rend toujours au centuple ce qu'on fait pour elle, lui obtint, en récompense, la grâce de jouir, quelques jours avant sa mort, des saintes joies du Paradis: il les passa dans une douce extase d'amour divin, au bout de laquelle il rendit paisiblement l'esprit entre les mains de sa grande Protectrice. (Arcang. Giani in Annal. Serv.)

Pratique: Réciter les Litanies des douleurs de Marie.

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04 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Cinquième jour

Souffrances de la Très Sainte Vierge pendant le voyage de Nazareth à Bethléem

Suivant les décrets éternels, le Sauveur du monde devait naître à Bethléem. Par une disposition du Ciel, César Auguste, pour étaler la pompe de sa grandeur et recevoir partout un tribut de vasselage, fit une loi qui obligeait tous les habitants de l'Empire romain de se rendre chacun dans le lieu de sa naissance pour s'y faire inscrire et y payer le tribut qui était d'un demi sicle, comme on le voit au chapitre 30 de l'Exode. A peine Cirinus, intendant de la Syrie, eû-t-il publié cette ordonnance, que la très Sainte Vierge et Saint Joseph se disposèrent à se rendre à Bethléem, d'où sortait la famille de David, à laquelle ils appartenaient tous les deux, et où, suivant d'autres, ils avaient pris naissance. Saint Jean Chrysostome, Saint Bernard et autres Pères, disent qu'ils y allèrent à pied, bien qu'il y eût, de Nazareth à Bethléem, trois journées de chemin, par une route montueuse. Hélas! que ne dut pas souffrir la très Sainte Vierge dans ce voyage? la saison était très froide; le chemin long et pénible; les auberges où ils s'arrêtaient, pauvres et mal agencées; Marie était d'un tempérament faible et délicat, et de plus, à la fin du neuvième mois de sa grossesse. Il est vrai que le céleste enfant qu'elle portait ne la chargeait point. Au contraire, dit Saint Bernard, il la soulageait: cependant, la seule pensée de pouvoir augmenter les peines de son divin maître, la remplissait de crainte et la tourmentait. Ah! Vierge sainte, quelle patience héroïque vous montrâtes dans ce voyage si long et si difficile! Enfin, les saints voyageurs arrivés à Bethléem ne tardèrent pas à exécuter la loi impériale. De là, ils cherchèrent un asile pour s'abriter et se remettre de leurs fatigues. Mais comme la ville était encombrée d'une foule d'étrangers, ils ne trouvèrent nulle part à se loger, et se virent forcés, à la nuit tombante, de se réfugier dans une grotte en forme de cabane, servant d'étable pour les bœufs et les bêtes de somme, tout auprès de Bethléem. En ce moment, la très Sainte Vierge adora profondément les desseins de la Providence, et se soumit de tout son cœur à toutes les peines d'une si triste situation. Mais quand elle pensait à son divin Fils, ô mon Dieu! qui pourrait exprimer sa douleur, de le voir réduit à naître dans un lieu si méprisable et si abject.

Colloque

O très-Sainte Vierge! qui pourrait n'être pas touché de compassion, en pensant à Ce que vous souffrîtes lorsque vous voyant si près de donner naissance au Sauveur du monde, vous fûtes obligée de quitter le repos et les habitudes de votre auguste séjour de Nazareth y pour vous exposer à un long et pénible voyage, dans la rigueur de l'hiver étant si mal pourvue de tout ce qui vous était nécessaire? Quelles douleurs n'éprouvâtes-vous pas dans ces trois jours, sur ces rochers escarpés, sur ces montagnes nébuleuses, au milieu de ces glaces amoncelées? Si du moins vous aviez trouvé des logements commodes et propres à votre situation! S'il eût été au pouvoir de Joseph d'alléger vos souffrances! Mais hélas! les peines de ce fidèle époux aggravaient encore les vôtres! O Vierge affligée, que je vous plains! De grâce, par tout ce que vous eûtes à souffrir, obtenez-moi de porter toujours Jésus dans mon cœur pendant cette vie mortelle , comme vous le portâtes alors dans votre sein virginal.

Soupir à Marie

O Vierge sainte! qui, par soumission à la volonté du Ciel, parcourûtes des chemins si pénibles, obtenez-moi la grâce de faire toujours la Volonté de Dieu.

Exemple

Philippe VI, roi de France, eut toujours une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs. Or, un jour étant avec toute son armée, environné de nombreuses phalanges ennemies, et ne pouvant ni agir, ni fuir, il implora avec une grande confiance le secours de sa protectrice. Use sentit tout-à-coup rempli d'une ardeur martiale qui se communiqua bientôt à ses soldats. Il fondit avec courage sur ses ennemis, les défit et les mit en fuite. Le pieux vainqueur voulut, comme il était juste, attribuer tout l'honneur de cette glorieuse journée à Notre Dame des Douleurs. A son retour à Paris, il se rendit à l'église de Notre Dame, et fit hommage de ses armes sur l'autel de la très Sainte Vierge, comme à l'auteur de sa grande victoire. ( Calend. Marian. 25. Augusti. )

Pratique: Faire l'aumône à sept pauvres, ou, si on ne le peut, dire sept Pater et sept Ave.

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