04 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Cinquième jour

Le Saint Esprit rend témoignage à Jésus Christ


Sans doute; les œuvres de Jésus Christ, pendant qu'il était sur la terre, ont rendu un magnifique témoignage en faveur de sa divinité. Le Divin Maître le disait lui-même, en parlant à ses disciples aussi bien qu'à ses ennemis. Mais les intelligences perverties ne cessèrent pas de rejeter ce témoignage. Jésus Christ eut alors pour témoin de la vérité de sa parole, Dieu le Père qui fit entendre sa voix, le jour où son Fils unique humilié, rangé parmi les pécheurs pour l'amour de nous, consentit à recevoir de la main de Jean-Baptiste, le Baptême de la Pénitence. Une voix fut entendue venant du ciel: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances ». Le même témoignage fut rendu à la divinité du Sauveur, le jour de sa transfiguration sur la montagne du Tabor. Mais la mission de témoigner en faveur de Jésus Christ était spécialement réservée au Saint Esprit. Ce que le Fils de Dieu était venu accomplir dans le monde en faveur de son Père céleste, le Saint-Esprit devait l'accomplir en faveur de Jésus Christ, jusqu'à la fin des siècles. Aussi quand il annonce l'arrivée du Saint Esprit sur la terre, le divin Sauveur se hâte de dire la nature et la fin de sa mission: « Le Saint Esprit que je vous enverrai du sein de mon Père, ce sera lui qui rendra témoignage de moi ». C'est donc une vérité incontestable, que la Mission du Saint Esprit a en pour fin, dans les décrets éternels de la sagesse infinie, l'attestation de la divinité du Sauveur. Le Saint Esprit ne devait pas s'incarner; sa mission ne ressemble pas, sous ce rapport, à celle du Fils de Dieu. Si Jésus Christ a été vu, entendu, touché par ses Apôtres, il n'en pouvait être ainsi du Saint Esprit. C'était par les hommes, en les prenant pour ses instruments et ses organes, en les remplissant de lui-même, qu'il devait parler et agir de manière à rendre la divinité du Sauveur évidente, certaine, incontestable. Voilà pourquoi, après avoir dit cette parole: « Le Saint-Esprit rendra témoignage en ma faveur, Jésus-christ ajoute aussitôt: « Et vous, vous rendrez témoignage de moi ». Or cette dernière parole du Sauveur se trouve confirmée par une autre; car au moment où il va quitter ses disciples pour retourner à son Père, le Fils de Dieu s'écrie: « Vous serez, vous, mes témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre ».


Telle fut la dernière promesse, et en même temps le dernier ordre que reçurent de leur adorable Maître ceux qu'il avait si tendrement aimés, pendant qu'il vivait au milieu d'eux. Jusqu'au moment de la Pentecôte, les Apôtres avaient bien imparfaitement rempli ce ministère de témoins de Jésus Christ. Quelle faiblesse, quelle timidité, quelle inconstance dans leurs discours comme dans leur conduite! Si, pendant sa vie mortelle, le Divin Sauveur a eu des témoins fermes et dévoués à sa personne adorable, il faut les chercher parmi les femmes pieuses qui l'adoraient en le servant, plutôt que parmi les hommes qu'il avait choisis pour porter son Evangile aux nations. Le Saint Esprit devait seul transformer ces hommes faibles et timides en témoins courageux de la divinité de leur Maître. Mais quand je parle de témoins, je ne dois pas oublier qu'il y en a de deux sortes; on distingue les témoins à charge, les témoins accusateurs, de ceux que l'on nomme à décharge et qui vengent un accusé des inculpations fausses et des calomnies dont il est l'objet. Pendant les trois années de ses prédications, Jésus Christ vit s'élever contre lui une nuée de témoins à charge, de témoins accusateurs. Ses paroles comme ses actes furent presque toujours incriminés. Chacune de ses œuvres devint l'objet d'une accusation particulière. Qui prit en main alors la cause du Fils de Dieu? Jean Baptiste étant mort, je ne vois plus un homme qui continue son ministère de témoin, et je n'aperçois autour du Sauveur, même parmi ceux qui l'aiment d'un amour sincère, que des âmes pusillanimes, souvent dans le doute, jamais fortes et dévouées comme on a le droit de les chercher, quand il veut des témoins parfaits. Jésus Christ étant mort et remonté au ciel d'où il était venu, rien ne change dans la conduite et les sentiments de ses ennemis. Il a été écrit: « Il sera un signe de contradiction ». Or les contradicteurs, c'est-à-dire, les témoins accusateurs ne manqueront jamais; ils accuseront ses mystères, sa morale, sou culte, et toute sa personne adorable. Le Sauveur sera contredit, nié, blasphémé, jusqu'à la fin des siècles. Mais il aura ses témoins à décharge, ses défenseurs; le Saint-Esprit est venu, il vit dans eux, il les rend capables de justifier Jésus Christ, de venger son honneur, de repousser la calomnie, et d'attester jusqu'à la fin des siècles sa divinité. Dans la personne de ces témoins s'accomplit tous les jours, depuis plus de dix-huit siècles, cette admirable parole: « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ». Telle est donc la vérité importante, vérité toute pratique que je dois méditer aujourd'hui. En ma qualité de chrétien, je suis nommé, institué par Jésus Christ lui-même, comme témoin de sa divinité et de la sainteté de sa doctrine. O mon Dieu, comme je vais m'arrêter avec bonheur aux considérations qui doivent nécessairement naître pour moi de cette vérité consolante.

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Le Saint Esprit fait du chrétien un témoin de Jésus Christ


C'est à moi qu'il a été dit: « Tu seras mon témoin, et c'est la raison pour laquelle tu recevras le Saint Esprit; plein de cet esprit, dirigé, conduit par cet esprit de vérité, tu me soutiendras, tu me défendras, tu témoigneras par tes œuvres, par ta vie entière, en faveur de ma divinité, de ma sainteté infinie, de la vérité de mon Evangile. Voilà pourquoi le Saint-Esprit t'a revêtu de lui-même, voilà pourquoi il a établi son règne au milieu de toi ». Quel honneur immense! Quelle sublime dignité! Je suis le défenseur de Jésus-christ; je repousse tous les reproches qu'on lui adresse, je témoigne en sa faveur, je le venge des injures qu'on se permet contre sa personne adorable, je suis le témoin de sa grandeur, de sa sainteté infinie. Ainsi l'Incarnation du Fils de Dieu, sa naissance d'une Vierge, la sublimité de ses vertus, la toute-puissance qu'il a déployée dans ses œuvres, sa mort, sa résurrection, l'éternité de son règne, voilà ce qui m'est livré, ce qui m'est confié, pour que je le soutienne, que je le propage, que je le conserve au milieu du monde, en faisant de ma vie un témoignage irrécusable en faveur de toutes ces vérités. Mais enfin comment peut-on remplir cette mission? Par lui-même, l'homme en est incapable; il s'agit d'un ministère divin dans son principe comme dans son objet; la nature humaine livrée à elle-même ne saurait arriver à une pareille hauteur. Eh bien! le Saint Esprit sera donné à l'homme qui devient son instrument et son organe, et l'homme plein de l'esprit de Dieu est capable de soutenir Jésus Christ, de le défendre, de venger les intérêts de sa gloire, de perpétuer son règne ici-bas jusqu'à la fin des siècles. Cet homme c'est moi, si je le veux; oui, c'est moi si, comme le dit énergiquement le grand Apôtre, « le Saint Esprit habite dans moi ». Et ici je dois me défendre avec soin du sentiment d'une fausse modestie, car il serait absurde de dire: « Ce ministère est trop élevé pour moi; je l'abandonne aux Apôtres, aux prêtres ou aux grands Saints ».


Si je tenais un pareil langage, je serais un insensé, car refuser un honneur qui vient directement de Dieu, qui est offert, je ne dis pas assez, qui est imposé par sa volonté souveraine, c'est une insigne folie. Je dis plus encore, ce refus est un outrage pour Jésus Christ, c'est un crime contre la justice, puisque la justice exige que Jésus Christ soit défendu. Mais d'ailleurs, en n'étant pas pour Jésus Christ un témoin, un défenseur, pourrait-on rester dans un état neutre, et ne pas se ranger parmi ses ennemis et ses accusateurs? Cette prétention est condamnée formellement par Jésus Christ lui-même: « Si quelqu'un, dit-il, n'est pas pour moi, il est contre moi ». L'entendez-vous, âme lâche, cœur paresseux et timide? L'accusé divin est là en votre présence; ses ennemis l'accablent de reproches, ils le trouvent un grand coupable; il a séduit le monde, en se faisant passer pour un Dieu. A ces mots, les amis de Jésus se révoltent; ils attestent la sainteté et la divinité de leur Maître, et ils sacrifient tout pour que Lui soit glorifié. Et vous, vous garderez le silence; ni vos œuvres, ni vos paroles ne diront de quel côté vous êtes ? Votre prétention est absurde, car votre inaction et votre silence vous ont déjà rangé parmi les adversaires de Jésus-christ Celui qui n'est pas pour moi est contre moi. Il faut donc accepter, il faut vouloir la qualité de témoin de Jésus Christ. Si le Saint Esprit est dans nous, rien ne nous paraîtra plus honorable. Mais si cette qualité et le ministère qui en découle, nous répugne ou nous épouvante, gardons-nous de dire que l'Esprit Saint est dans nous; ce serait un affreux mensonge. Ames fidèles, cœurs fervents, c'est vous qui comprenez l'amour que Jésus Christ a eu pour vous, quand il vous a choisis, quand il vous a dit cette parole si admirablement belle: « Vous serez mes témoins ». Il en est parmi vous qui ne se contentent pas de témoigner par la sainteté de leur vie, en faveur des préceptes du saint Evangile; leur prétention monte plus haut. Il leur faut être les témoins privilégiés de la sainteté des désirs de Jésus Christ, et des conseils de son Evangile. Alors la céleste Virginité, la pauvreté volontaire, le sacrifice parfait font vos plus chères délices. Jouissez de votre bonheur, et pensez souvent à l'honorable et douce mission qui vous a été confiée, d'être les témoins de ce qu'il y a de plus sublime et de plus élevé dans les discours de votre aimable Jésus.

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Les chrétiens indignes d'être appelés témoins de Jésus Christ


Quand les Apôtres s'écriaient, après la glorieuse Ascension de leur Maître: « Nous sommes ses témoins », les témoins des paroles que nous vous annonçons, c'est-à-dire de la vérité qui est en elles », ils réalisaient ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe: « Vous, vous êtes mes témoins », c'est-à-dire les hommes qui attestent mon existence, mes perfections infinies, qui attestent mon Verbe, ma Parole, mon Fils. Oui, le Fils de Dieu devenu homme, Sauveur, Rédempteur, chef d'un peuple nouveau, souverain prêtre, juge des vivants et des morts, voilà l'objet du témoignage que les Apôtres rendirent avec une grande force, avec un courage invincible, quand le Saint Esprit se fut emparé de leur âme. Mais cette force et ce courage accompagnent-ils mon témoignage en faveur de Jésus Christ? Il est certain que le monde ne cesse d'appeler Jésus Christ à son tribunal, il l'examine, et tantôt il le dépouille en partie de son autorité, tantôt il la nie complétement. Quel est le principe, quelle est la pensée de Jésus Christ qui soit toujours respectée? Hélas! les négations sont si nombreuses, Jésus Christ est tellement nié, repoussé, amoindri, que pour beaucoup de personnes, il ne reste plus rien de son autorité, de ses perfections et de sa parole. En présence de ces injustices sacrilèges, de ces ennemis qui répètent sans cesse avec les Juifs du Vendredi-Saint: « Nous ne le voulons pas », où sont les témoins qui répondent fièrement et avec énergie: « Pour nous, nous le voulons »? Ces témoins de Jésus Christ, je ne dois pas espérer de les rencontrer parmi les lâches et les timides qui ont toujours peur. Semblables à saint Pierre, avant que le Saint Esprit se fût emparé de lui, ceux-ci disent, au moins par leur attitude et leur silence: « Je ne le connais pas ». Esclaves du respect humain, ils tiennent la vérité captive, ils se taisent, ils agissent même assez souvent contre le cri de leur conscience, et on les croirait de vrais ennemis du Sauveur et de son Evangile. Peut-être diront-ils la vérité, mais ce ne sera qu'à, demi; faire briller toute l'innocence de l'accusé, ils ne l'osent jamais; le moins qu'ils fassent contre cette même vérité, c'est de la laisser dans un demi jour. Pour ces chrétiens timides et lâches, la fermeté du langage est une vraie imprudence, la clarté dans la défense de l'Evangile, c'est de la témérité. Où donc pourrait conduire ce zèle que notre société ne peut plus supporter? On créerait des ennemis partout; et c'est sous un semblable prétexte que la lâcheté va s'abriter, et qu'elle laisse nier, attaquer, amoindrir Jésus Christ dans chacune de ses paroles. Le monde est ainsi à son aise, et il peut s'occuper à démolir Jésus-christ, l'Evangile, l'Eglise, sans rencontrer dans certaines maisons un seul contradicteur. Un jeune sot qui sort du collège en impose à la dame pieuse qui a communié le matin, et qui, le soir, n'a pas le courage de sa foi et n'oserait pas soutenir, par exemple,que le mariage étant un sacrement, deux personnes qui sortent de l'hôtel de ville où elles ont signé une feuille de papier, ne sont pas plus mariées qu'elles ne l'étaient en y entrant.


O lâcheté, où nous conduiras-tu? Tes concessions ne tendent à rien moins qu'à faire oublier l'Evangile. Après avoir permis qu'on attaquât les conseils du Fils de Dieu, qu'on jetât de la boue contre la sainte Virginité que tu as depuis longtemps livrée aux sarcasmes du libertinage et de la sottise, tu finis par tolérer les plus horribles blasphèmes lancés contre l'Eglise, contre sa divine et infaillible autorité, contre le culte des Saints, les maximes de la morale chrétienne, contre tout ce qui vient de Jésus Christ. Et ce qu'il y a ici de plus déplorable, c'est que ces indignes et vils déserteurs de la vérité, ces faux témoins de Jésus-christ ont l'affreux courage de s'asseoir à la table Sainte, et d'approcher leurs lèvres du calice du salut! Ces mêmes chrétiens si lâches, si pusillanimes, quand il s'agit des intérêts de Jésus Christ, ne sont-ils jamais forts, courageux, pleins d'énergie? Oui sans doute; mais c'est quand il s'agit de leurs intérêts matériels. Que faut-il donc conclure de leur conduite? Une seule chose: le Saint Esprit est bien loin d'eux; ils l'ont chassé de leur cœur; ils ont éteint sa flamme. Comment seraient-ils donc encore des témoins de Jésus Christ? On parle quelquefois dans le monde de certains témoins qui se laissent corrompre. Les promesses et les menaces d'un homme haut placé suffisent pour leur fermer la bouche, ou pour obtenir d'eux un mensonge. On a vu des médecins se constituer les témoins de la folie d'une personne qui était loin d'être folle, mais qu'un riche du siècle avait intérêt à faire disparaître. Voyez les soldats qui gardaient le sépulcre de Jésus Christ, au moment de la Résurrection. On leur donne une pièce d'argent, et ils consentent à soutenir la plus niaise imposture. Ces soldats ne sont pas loin ; j'en vois tous les jours un bon nombre. Est-ce que vous ne les avez jamais rencontrés? Voilà un ennemi de la foi; c'est bien reconnu. Mais il est si riche, il nous fait tant de promesses, il y a tant à espérer de nos rapports avec lui! Taisons-nous quand il parle; sourions même puisqu'il le désire; Dieu sait bien que nous ne pensons pas comme lui! Insensés! Ce que Dieu sait, c'est qu'il vous a nommés les témoins de son Fils unique Notre-Seigneur Jésus Christ. Ce que Dieu sait, c'est que vous rougissez de la vérité et des engagements de votre Baptême, c'est que vous êtes de la même légion que les soldats du sépulcre! O mon Dieu, que d'apostasies payées par une place, une pension, un morceau de ruban, un sourire ! Et il y a des chrétiens qui regardent ce crime comme très honorable! Mais le Saint-Esprit a dit: « Le témoin qui ment périra ». O Saint-Esprit, venez ; rentrez dans ces pauvres âmes qui vous ont chassé du milieu d'elles. Que votre lumière leur montre le crime énorme dont elles se rendent coupables, en s'obstinant à refuser la mission qui leur a été confiée au jour de leur Baptême: « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ».

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Les vrais témoins de Jésus Christ


Jamais l'Eglise ne sera stérile; sa fécondité ne finira qu'avec le monde. Aussi la voyons-nous toujours glorifiée par un bon nombre d'enfants dévoués à leur mère, et prêts à tout sacrifier plutôt que d'abandonner jamais la défense de son divin Epoux Notre Seigneur Jésus-christ. Mais comment reconnaître, au milieu du monde, les vrais témoins de Jésus Christ, ses soutiens, ses défenseurs fidèles? Où faut-il les chercher? Quelles qualités les distinguent? Deux choses sont essentielles à un témoin: la lumière, la science, et la volonté. Sans doute, il faut connaître le fait qu'on a entrepris de prouver, la personne que l'on a résolu de justifier et de défendre. Sans cette connaissance, on s'exposerait à de grandes méprises; on pourrait compromettre l'innocent, l'accusé que l'on veut défendre. Ce principe appliqué à notre sujet est fécond en conséquences pratiques. Je dois soutenir Jésus Christ. Puis-je me dispenser de le connaître? Je veux prendre ses intérêts, venger sa gloire méconnue et niée par le monde, ne faut-il pas que je sache en quoi consistent ces mêmes intérêts et où se trouve la vraie gloire du Fils de Dieu? Ma qualité de témoin m'oblige à soutenir l'Evangile; pourrait-il m'être permis d'ignorer ce même Evangile? Si toutes ces connaissances n'existent pas, le témoin de Jésus Christ commettra mille imprudences; sa prétendue défense pourra devenir très-compromettante pour celui qui en est l'objet; et c'est ce que nous avons vu souvent. Avant de dire à ses Apôtres: « Vous serez mes. témoins », Jésus-christ leur avait fait cette promesse: « Le Saint-Esprit vous apprendra toute vérité, il vous enseignera toutes choses ». Qui ne verra dans cette conduite du Divin Sauveur la nécessité de l'étude, de l'instruction chrétienne pour tous les disciples de l'Evangile? Je le dis avec l'amertume dans l'âme, l'ignorance nous tue. Les riches et les pauvres, les rois et leurs ministres, les académiciens et les ouvriers, ignorent les premiers éléments du christianisme. Aussi quand ils parlent, on est obligé de sourire de pitié si l'on ne pleure pas amèrement. Non, un témoin qui n'est pas éclairé sur la cause qu'il veut soutenir et défendre, ne sera jamais capable de remplir son ministère.


O vous qui aimez l'étude de Jésus Christ, de ses mystères, de son Evangile, je vous ai vus à l'œuvre, aux prises avec des hommes réputés savants, et j'ai été inondé de consolation et de joie. La cause de mon Jésus a triomphé, parce que chacune de vos paroles était un rayon de lumière que les plus habiles sophismes ne pourraient jamais obscurcir. Continuez d'étudier l'Evangile, témoins éclairés, vous serez plus facilement des témoins pleins d'amour et de zèle. Le Saint Esprit est lumière et amour; il éclaire, et il échauffe; quand il veut faire un vrai témoin de Jésus-christ, il répand dans son âme et la lumière et l'amour. On a vu des témoins éclairés, mais froids et indifférents. Leurs paroles sont pâles, sans couleur. On voit qu'ils remplissent par force un devoir qui leur pèse, et ils ont hâte de se retirer. Les défenseurs d'un parent, d'un ami, ont un autre caractère; le feu qui sort de leurs yeux et qui leur vient du cœur, se communique à chacune de leurs paroles. L'effet qu'elles produisent est toujours un grand bien pour l'accusé. Quand Jésus-christ a voulu des témoins, où les a-t-il pris? Chez ces mêmes hommes auxquels il venait de dire: « Vous, vous êtes mes amis ». C'est après les avoir ainsi qualifiés qu'il leur dit: « Vous serez mes témoins! » Il est inutile de se le dissimuler, les vrais témoins de Jésus Christ ne se trouvent que chez les chrétiens dont le feu divin de l'amour est venu visiter le cœur. Plus on aime Jésus-christ, plus aussi on se trouve éloquent lorsqu'il s'agit de rendre témoignage en sa faveur. Si un païen a pu dire: « C'est le cœur qui rend éloquent », que ne dirons-nous pas nous-mêmes, en présence de tout ce que nous voyons? Depuis dix-huit siècles, il en est toujours ainsi; le cœur des amis de Jésus en fait des hommes éloquents; l'ardeur, le feu de leur parole n'est produit que par le feu qui les brûle intérieurement. Quand le monde leur reproche cette ardeur, il leur reproche d'aimer trop Jésus-christ; n'en doutons pas. Ainsi lumière et amour, voilà ce qui fait les vrais témoins de Jésus-christ. Et comme le Saint-Esprit seul peut inonder notre âme de lumière, embraser notre cœur de l'amour de Jésus Christ, le Divin Maître nous a dit: « Vous serez revêtus de la vertu du Saint-Esprit, et vous deviendrez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ».

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03 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Quatrième jour

Le Baptême dans le Saint Esprit


 

Le jour même de son Ascension dans le ciel, notre Divin Sauveur se trouvant à table avec ses disciples leur adressa cette parole: « Sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint Esprit ». Il importe à l'âme fidèle de pénétrer le sens de cette parole divine, et je ne saurais trop m'appliquer à la méditer si je veux connaître toujours mieux les effets de la promesse faite à tous les enfants de Dieu, relativement à la venue du Saint Esprit. En cherchant la signification du mot « Baptême » si souvent employé dans l'Ecriture et dans la liturgie Catholique, je trouve que, dans la langue grecque à laquelle cette expression appartient, elle désigne une immersion, l'action de plonger une personne dans l'eau pour la laver, la purifier, lui enlever toute souillure. L'action de laver le corps, de le purifier par l'eau dans laquelle on le plonge, fut toujours, chez les anciens peuples, chez les Gentils comme chez les Juifs, le symbole de la purification de l'âme. Toutes les langues l'attestent, en nous offrant des termes identiques pour indiquer les purifications intérieures ou mystiques, et les purifications extérieures ou corporelles. De là ces ablutions de tout genre, et ces sortes de Baptêmes que l'on renouvelait sans cesse, avant de pénétrer dans l'intérieur d'un temple, avant d'offrir des sacrifices. Chez les Juifs en particulier, il est certain que le mot de Baptême signifia constamment une purification par l'eau, une ablution, un bain sanctifiant.


Jean Baptiste prêcha et administra le Baptême dans l'eau, et cette pratique extérieure fut proposée aux Juifs par le Saint Précurseur, comme le signe sensible de la purification des cœurs par la détestation du péché, et par une sincère pénitence. La foi nous enseigne que le Divin Sauveur lui-même a choisi l'eau comme la matière du Sacrement qui nous régénère et fait de nous des enfants de Dieu par adoption. Mais Jean-Baptiste avait dit au peuple avide de sa parole: « Celui dont je vous parle, baptisera dans le Saint Esprit et dans le feu ». Or, voilà qu'au moment où il va quitter la terre et enlever aux hommes sa présence sensible, le Sauveur du monde adresse à ses disciples cette promesse: « Sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint Esprit ». S'il est vrai que le Baptême consiste à plonger une personne dans l'eau, de telle sorte que l'eau l'environne, l'enferme de toute part; si la personne que l'on baptise est ensevelie et comme noyée dans l'eau; si elle est couverte par l'eau qui devient son vêtement, puisqu'elle en est toute enveloppée, j'ai le droit d'examiner de près la parole de Jésus Christ, de m'en rendre compte, afin de comprendre comment on peut être baptisé dans le Saint Esprit. C'est cet examen que je veux faire, étant bien assuré d'y trouver une source de lumière, et la manifestation des vérités les plus consolantes. Soyez avec moi, Esprit Saint; faites que mon âme pénètre dans la pensée de mon Sauveur Jésus Christ, et qu'elle sache goûter l'ineffable douceur de cette parole divine qui renferme la vie éternelle.

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L'eau et le feu


Il est certain que l'eau purifie, lave, enlève les taches et les souillures. Mais dira-t-on que le feu manque de cette propriété, de cette vertu? Certes, il faudrait être bien ignorant pour refuser au feu une action purificatrice que toutes les sciences attestent, et qui n'est un doute pour personne. Il y a plus encore, car le feu possède une vertu bien plus grande que celle de l'eau. La purification par le feu s'étend bien plus loin que celle qu'on peut obtenir par l'emploi et l'usage de l'eau. Le feu brûle et consume tout ce qui altère la beauté et la pureté des métaux, et c'est par le feu que passe toute matière dans laquelle on soupçonne un alliage, ou soit la présence d'un corps étranger. Certainement les propriétés de l'eau sont moins étendues, sous le rapport de la purification des corps. Eh bien, voici que Jésus Christ arrive, et c'est lui qui, après avoir mérité en faveur de l'homme la grâce qui doit le laver, le purifier, le rendre saint aux yeux de Dieu, nous indique, nous montre cet inestimable bienfait sous les deux symboles de l'eau et du feu. Nous serons baptisés dans l'eau, c'est vrai; cette eau représentera l'action intérieure de la grâce qui nettoie l'âme, qui lui enlève la tache du péché, qui la rend pure, innocente aux yeux de son Créateur. Mais, ne l'oublions pas; nous devons être baptisés dans le feu; quel est ce feu, et qu'opère-t-il sur nos âmes? Je dois d'abord remarquer une chose, c'est que le divin Sauveur a voulu pour le Baptême dans le feu, une image sensible, un feu extérieur, symbole de ce feu divin, invisible qui, du sein de Dieu, se répand dans notre âme. Nous avons vu ce fait le jour de la Pentecôte. Mais, comme l'eau, ce feu était un signe, il représentait les effets surnaturels produits dans nous par le Saint Esprit.


Donc, lorsqu'il était dit que le Sauveur baptiserait dans le feu, il fallait entendre par ce feu le Saint Esprit; et c'est précisément ce que dit saint Jean-Baptiste: « Lui vous baptisera dans le Saint Esprit et dans le feu ». Mais, comment cette expression, le baptême dans le feu, dans le Saint Esprit, peut-elle être justifiée? Rien n'est plus facile à comprendre. De même, dit Saint Augustin, que dans le Baptême, l'eau, en touchant le corps, lave et purifie le cœur, et lui enlève toute souillure, de même le Saint Esprit arrivant dans notre âme, purifie notre intelligence et notre cœur, et enlève de nous tout vice, tout péché, toute cupidité. O admirable effet de la mission du Saint Esprit! Quand Dieu l'envoie à une âme, cette âme se trouve plongée, ensevelie, noyée dans l'Esprit de Dieu, par conséquent dans la lumière, dans la vérité, dans l'amour; elle est par là même lavée, purifiée de toute erreur et de toute affection criminelle; tout ce qui n'est pas de Dieu et pour Dieu disparaît; l'âme devient juste, pure, sainte, telle que Dieu la désire. Qu'est-il donc arrivé à cette âme? Elle a été baptisée dans le Saint-Esprit, feu sacré, feu éternel qui n'est autre chose que l'amour. Non, aucune souillure ne résiste à l'action de l'amour; et si l'on voit un si grand nombre d'âmes esclaves de la cupidité et de l'orgueil, c'est que l'amour divin ne les enveloppe pas; elles ne sont pas plongées dans le Saint-Esprit et dans le feu. Hélas! la purification par le feu divin de l'amour exige le concours de la volonté humaine, et le refus de ce concours empêche pour un grand nombre la réalisation de cette admirable promesse: « Vous serez, baptisés dans le Saint Esprit ». Mais je dois admirer ici l'immensité de la divine miséricorde. Tandis que le Baptême dans l'eau ne saurait être réitéré, et qu'il faudra pleurer pendant toute la vie, le malheur d'avoir souillé la robe d'innocence dont l'âme avait été revêtue dans ce sacrement, par contraire le Baptême dans le feu, dans le Saint Esprit, dans l'amour, peut être renouvelé souvent, et il répare les pertes occasionnées par l'infidélité à la grâce du premier Baptême. Cette pensée est bien consolante pour les pécheurs. Oui, qu'ils le sachent; il leur est dit à tous; si vous le voulez, vous serez de nouveau baptisés dans le feu de l'amour, dans le Saint Esprit. Priez, gémissez, criez vers le ciel, et le Saint-Esprit viendra en vous, il vous baptisera, vous serez purifiés, vous serez saints!... Pour vous, âmes ferventes qui gémissez continuellement sur vos fautes de chaque jour, relevez votre courage. Vous péchez, dites-vous, à chaque instant. Je le crois, mais à chaque instant aussi, le Saint Esprit agit dans vous, il vous purifie, il vous baptise.

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Les privilèges de l'eau et du feu


Le Baptême par l'eau ne consiste pas seulement dans la purification de l'âme qui le reçoit, car il produit bien d'autres effets. Il donne à l'âme la grâce sanctifiante, et avec elle, la foi, l'espérance et la charité; avec ces trois vertus, la grâce sanctifiante introduit dans nous les dons du Saint Esprit: c'est saint Thomas qui l'affirme, et la raison qu'il en donne c'est que le Saint-Esprit n'entre pas dans une âme sans le cortège divin des dons surnaturels qui sont inséparables de lui-même. Si je cherche maintenant la raison pour laquelle Jésus Christ annonce à ses apôtres déjà justifiés que, sous peu de jours, ils seront baptisés dans le Saint Esprit, il me sera facile de la trouver. Que veut donner à ses disciples le divin Maître qui les a tant aimés? Une surabondance de grâces, un accroissement merveilleux des dons célestes qu'il leur avait communiqués. Il veut les élever à une perfection sublime, et, comme le disent les interprètes, leur accorder la plénitude des biens et des richesses de la grâce. C'est ce qui arrive pour eux, le jour de la Pentecôte. Avez-vous entendu cette parole : Vous serez baptisés dans le Saint-Esprit, et vous recevrez dans vous la vertu du Saint-Esprit? Le Sauveur ne dit pas les dons, les grâces, les lumières; il n'emploie qu'un mot, mais ce mot renferme tout. On croit entendre l'ange Gabriel parlant à Marie de la part de Dieu. Pour que la Vierge devienne Mère, que lui promet le Ciel? La Vertu du Très-Haut, c'est-à-dire la toute-puissance divine, toutes les richesses de Dieu. Eh bien! c'est le langage qu'entendent les Apôtres: « Vous recevrez la Vertu du Saint Esprit, vous en serez-revêtus ». Oh! qui brisera l'enveloppe? Qui pénètrera le sens, l'esprit de cette grande parole? C'est donc la plénitude, la perfection des dons surnaturels qui est promise aux Apôtres par ces mots: « Vous serez baptisés dans le Saint Esprit »; quelqu'un pourrait-il en douter, en considérant la transformation opérée dans le Cénacle, de tous ces hommes jusqu'alors si imparfaits? Mais ces effets du Baptême dans le feu de l'amour, dans le Saint Esprit, devaient-ils s'arrêter aux Apôtres, et aux disciples qui se trouvèrent dans le Cénacle au grand jour de la Pentecôte? Ce serait un blasphème de le dire, et ce blasphème supposerait la plus profonde ignorance.


Si j'ouvre l'histoire de l'Eglise, si je lis la vie des Saints, il m'est impossible de nier la reproduction de la Pentecôte pour certaines âmes, et cela dans tous les siècles. Je le sais, bien souvent ces grands effets du Baptême dans le feu de l'amour de meurent cachés pour le vulgaire; mais ils n'en existent pas moins dans un bon nombre d'âmes qui ont consenti à sortir d'elles-mêmes, et à se noyer dans le Saint Esprit. Si vous ne connaissez aucune de ces âmes, je vous trouve bien à plaindre. Mais enfin qui m'empêcherait de porter bien haut mon ambition, et de vouloir pour moi ce feu qui enlève tout pour donner tout; qui dépouille pour enrichir, qui dévore pour embraser? Malheur aux chrétiens qui vivent sans se douter de cette transformation opérée par la vertu du Saint Esprit! Ils ont perdu les grâces attachées au Baptême de l'eau, et ils ne pensent pas que le Baptême dans le feu et dans le Saint-Esprit, pourrait, dans un instant, les changer en créatures nouvelles dont les Anges diraient, pleins de joie: « Elles ont été baptisées dans le feu, et la vertu d'en haut est descendue dans leur cœur ». O Saint Esprit, venez! Remplissez l'âme de tous les fidèles!

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La force de l'eau et du feu


Il y a, dans le feu comme dans l'eau, une double force qui oblige les hommes, tantôt à se mettre en garde contre ces deux terribles agents, tantôt à recourir à eux pour en retirer de grands avantages: la force de résistance et la force de mouvement ou d'action. Vaincre la résistance, et bien employer l'action de ces deux éléments, c'est une science que les hommes ne sauraient négliger. Eh bien, la divine sagesse a voulu employer l'eau et le feu comme symboles de la résistance et de l'action dans l'âme humaine. Voyez ce nouveau chrétien; comme l'eau du Baptême l'a rendu fort contre la malice de l'enfer, contre l'impétuosité de ses passions! Sorti à peine de ces eaux salutaires, de ce bain miraculeux que nous nommons le Baptême, il est capable d'opposer une résistance sans limites à toutes les forces de l'enfer, des passions et du monde, réunies pour le renverser. L'histoire entière de l'Eglise est l'histoire de cette résistance. D'un autre côté, le Baptême communique à celui qui le reçoit, ce Don de force qui lui fera entreprendre et réaliser les œuvres les plus admirables. Qui dira le spectacle donné au monde par les fidèles de tous les siècles! Le zèle, le courage, la force, ont toujours caractérisé les chrétiens; et, dans les premiers siècles, alors que le feu de la persécution remplissait le monde de victimes, on voyait dans le sexe le plus faible, dans l'âge où les infidèles n'auraient pas osé chercher une vertu, des prodiges de sainteté, des actions surhumaines qui suivaient de près la réception du Baptême. Ceux qui sortaient de ce bain spirituel, étaient presque toujours revêtus de la force qui fait les héros. Quelle vertu possède donc l'eau baptismale? Que dirai-je maintenant de cette force relativement au feu? S'il s'agissait uniquement du feu matériel, j'abandonnerais à nos savants le soin de nous dire la force de son action; mais savent-ils, ces mêmes savants, ce que peut dans une âme le feu divin, le feu surnaturel qui fut promis par le Sauveur à ses disciples, et dans lequel ils furent baptisés?


Voyez, vous, fidèles, qui étudiez à fond la promesse de Jésus Christ, voyez cette force de résistance, et puis cette force d'action dans les apôtres et dans les saints de tous les siècles. Qui a pu arrêter ces hommes dévorés par le feu divin de l'amour? Quel obstacle a été capable de borner leur action, et de les empêcher d'agir sur le monde entier? Quelle force a pu les faire reculer? Leur patience, leur courage, leur zèle ont lassé tous les bourreaux devenus, à leur tour, les grands et intrépides défenseurs de la foi. Mais d'où venait ce zèle fort, énergique, que rien ne pouvait décourager ni abattre? Demandez-le au Saint Esprit; c'est lui qui fait les âmes de feu; c'est lui qui enfante, qui produit tous les genres de vertus, tous les genres d'héroïsme. Quand une âme est noyée, ensevelie dans lui, cette âme est invincible, et ses actions deviennent divines.. Je suis tout-puissant, s'écrie Saint Paul, mais par celui qui me fortifie. L'univers peut dire si cet homme étonnant a exagéré, en parlant de la force que le Saint Esprit lui avait communiquée. Hélas! pourquoi donc tant de lâchetés, tant d'irrésolutions, une si prodigieuse faiblesse, dans un grand nombre de chrétiens ? Mais parce que ces infortunés négligent le Baptême dans le Saint Esprit. On nage dans l'esprit du monde, on n'a d'estime que pour l'esprit des créatures, peut-être pour cet esprit particulier qui constitue le moi-humain. Le Saint Esprit, l'Esprit de Dieu, on l'oublie, on ne l'appelle jamais; que dis-je? Quand il se présente, on le rebute; quand il parle, on lui impose silence; quand on le rencontre, on détourne sa vue; on le craint, il importune, il n'est plus qu'un étranger qu'on évite avec soin, parce qu'on ne comprend pas la langue qu'il parle. Comment serait-on baptisé, plongé dans lui, dans sa lumière, dans son amour? O mon Dieu, je sais des âmes que le Saint Esprit brûle et qu'il dévore; je voudrais bien leur ressembler. Venez, venez, ô Esprit Dieu, Esprit amour, descendez en moi, et je deviendrai fort, invincible, plein de bonne volonté, de zèle, de courage; et ma vie ne sera plus qu'un grand acte de dévouement à la gloire de mon Seigneur Jésus! Amen!

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02 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Troisième jour

La création surnaturelle


Les merveilles du Nouveau Testament se trouvent indiquées dans les écrits des Prophètes, et tous les jours, dans sa liturgie, l'Eglise nous rappelle quelques unes de ces magnifiques paroles qui annonçaient au monde les œuvres de la divine miséricorde réservées pour la grande époque de l'Incarnation. Qui ne serait frappé d'admiration, en lisant, par exemple, ces lignes divines dictées au roi-prophète par l'Esprit Saint, et dans lesquelles nous voyons comme une histoire anticipée des prodiges qui doivent suivre la Pentecôte? « Vous enverrez votre Esprit, et toutes choses seront créées, et vous renouvellerez la face de la terre »? Remarquons-le bien; le monde existe, la création dont parle le Prophète n'est donc qu'une rénovation; cette rénovation néanmoins est un fait si extraordinaire que, dans la pensée de Dieu, elle est comme une création nouvelle, évidemment il s'agit ici de l'accomplissement d'un grand fait, fait unique dans l'histoire du monde, fait surnaturel qui sera dû à la Mission de l'Esprit-Saint. Ce fait, c'est la transformation de l'homme en une créature surnaturelle, spirituelle par ses pensées, par son langage, par ses mœurs; c'est la création d'un peuple nouveau qui hier n'était pas ce peuple, et qui l'est devenu aujourd'hui, comme l'affirme le Prince des Apôtres.


Quelle révolution étonnante voyait donc le Prophète dans la suite des siècles, révolution qu'il appelle une création, le renouvellement de toute la terre! Je sais maintenant la force de cette admirable parole. Voici l'ordre surnaturel, l'ordre de la grâce, substitué à l'ordre de la nature. Le Sauveur est venu pour mériter, en faveur de l'homme, ce bien inappréciable; et le Saint Esprit, envoyé pour faire l'application des mérites de Jésus Christ aux âmes rachetées par son sang, créera ce monde nouveau, et renouvellera la face de la terre. Qui dira l'excellence, l'étendue de ce bienfait? Qui racontera la sublimité de cette grâce? Oh! si je parvenais à l'apprécier, mon âme serait pénétrée de reconnaissance et d'amour; toute son ambition se tournerait vers ce don de Dieu par excellence, et rien ne lui paraîtrait digne d'entrer en parallèle avec la possession du Saint-Esprit! Mon Dieu, parlez-moi, instruisez-moi sur cette vérité dont la connaissance peut devenir pour moi le principe de la plus éminente sainteté.

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Comment s'opère la transformation par le Saint Esprit


L'âme humaine arrive dans ce monde avec ce qu'elle tient d'Adam; héritière de son Père, elle n'a aucun droit aux biens que celui-ci avait perdus, dont il avait été dépouillé par sa révolte contre Dieu. Tous les biens que possède cette âme appartiennent à l'ordre de la nature; tout en elle sera naturel.  Saint Paul nous en avertit par cette parole profonde: « Le premier homme venant de la terre est terrestre ». Avec ces biens naturels, terrestres, l'homme n'arriverait jamais à la possession de Dieu.  Voilà un premier principe dont la négation est contraire à la foi. Mais voyez venir la divine miséricorde. Au premier homme issu de la terre, tout terrestre à cause de son origine, Dieu veut substituer un homme nouveau qui sera créé dans la justice et dans la sainteté. Or cet homme nouveau, dit saint Paul, vient du ciel, il est céleste. Cet homme nouveau sera l'œuvre du Saint Esprit; de même que la sainte humanité de Jésus Christ n'a eu pour principe, dans le sein de la Vierge, que la vertu du Saint Esprit dans l'âme humaine rachetée par le Sauveur, une créature nouvelle, spirituelle, sera créée par cette même vertu divine. Le Saint Esprit sera l'ouvrier infiniment sage qui opèrera la grande œuvre de cette glorieuse et admirable transformation. Par lui, le Fils de Dieu est devenu vrai enfant d'Adam; par lui, tous les enfants d'Adam pourront devenir fils de Dieu. Ainsi l'homme nouveau créé dans la justice et dans la sainteté ne sera pas, nous dit saint Jean, l'œuvre de la chair et du sang; il sera vierge, parce qu'il sera né de l'esprit de Dieu. Mais que devient alors l'homme ancien, le vieil homme, l'homme fils d'Adam?


Que devient l'héritage qu'il tenait de son Père? Ecoute bien, âme chrétienne, et sois dans la jubilation. Il est écrit: « Vous leur enlèverez leur esprit, ils tomberont en défaillance; ils seront réduits en poussière ». Voilà l'œuvre divine par excellence. L'esprit d'erreur, de duplicité et de mensonge; l'esprit de haine, de jalousie, de malice; l'esprit d'orgueil, de sensualité et d'avarice; c'est bien l'esprit de l'homme tel que nous l'apportons en naissant. Et c'est cet esprit que Dieu promet de nous enlever, d'anéantir, de réduire en poussière. L'Esprit Saint dépouille l'homme de l'esprit d'Adam; et c'est après ce dépouillement nécessaire, que l'homme devient nouveau, qu'il est appelé fils de Dieu. O dépouillement précieux et mille fois désirable! Qui l'a connu par sa propre expérience? Hélas! saint Paul reprochait à certains disciples de l'Evangile d'être encore charnels, et il me semble entendre ce juste dont me parlent les livres saints, quand il s'écrie: « Vos yeux ne sont-ils pas des yeux de chair »? Que de pauvres âmes se sont opposées au dépouillement du vieil homme, et sont encore dans la vie de la chair! Combien ne voient que par les yeux de la chair! Jésus Christ a parlé d'une double naissance pour l'homme, et il a affirmé que, sans une naissance nouvelle par le Saint Esprit, personne n'entrera dans le ciel. Il suit de là que, sans la transformation divine dont je m'occupe, le salut n'est pas possible ; que si le Saint Esprit n'est pas libre chez moi pour détruire, renverser, réduire en poussière l'homme ancien, ma mauvaise nature; s'il ne crée pas dans moi l'homme nouveau, l'homme surnaturel, mon espérance relative à la possession de Dieu est vaine, illusoire, sans fondement. Tous les jours je loue Jésus Christ, en l'appelant conçu du Saint-Esprit, né par le Saint-Esprit. Cet éloge doit me convenir; si je n'ai été conçu, si je ne suis né que par les lois de ma pauvre nature dégradée dans Adam, que deviendrai-je? O heureuse l'âme dont il est permis d'affirmer qu'elle a été conçue par le Saint Esprit, qu'elle est née du Saint-Esprit! Cette âme a subi la transformation qui fait les enfants de Dieu, et les héritiers de son royaume.

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Les signes de la transformation par le Saint Esprit


 

L'anéantissement du vieil homme annonce la création de l'homme nouveau. Cette création est admirable, car elle comprend tout, l'esprit, le cœur ou la volonté, le langage, les habitudes, les mœurs. Quand les premiers chrétiens sortirent du Cénacle et se montrèrent au peuple, on fut saisi d'étonnement, on vit des hommes nouveaux, un monde qu'on ne connaissait pas, dont on n'avait jamais soupçonné la possibilité ou l'existence. Ce n'est pas moi qui en serai surpris. Comment aurait-on pu seulement imaginer cette transformation que le Saint Esprit venait d'opérer? Une création nouvelle avait eu lieu dans le Cénacle, et les disciples de Jésus Christ pouvaient dire: « Voici un spectacle nouveau pour les anges et pour les hommes ». Ce spectacle est offert tous les jours au monde dans la personne des justes. En venant dans eux, le Saint Esprit a détruit, renversé, réduit en poussière, et il crée de nouveau. Il a pu dire: « Je fais toutes choses nouvelles ». Je dis toutes choses; car il ne s'agit pas d'une légère modification, mais bien d'une création. Or pour qu'il y ait véritablement création, il faut que tout soit nouveau, et que l'homme spirituel ait pris la place de l'homme animal. David s'écrie: « Vous renouvellerez la face de la terre ». Une âme renouvelée est une âme neuve, nouvelle. On ne renouvelle pas un vêtement, des meubles, en enlevant les taches ou en remplaçant les déchirures par quelques pans d'étoffe. La terre de mon âme doit donc être renouvelée, et c'est ce renouvellement qui est l'œuvre du Saint Esprit.


Mais je me demande si l'on croirait facilement qu'une terre a été renouvelée, alors que cette terre demeurerait toute remplie de sable et de cailloux, et continuerait à ne produire que de mauvaises plantes, sans jamais permettre à un arbre précieux d'y étendre ses racines? Sans doute on refuserait de croire à un prétendu renouvellement. Pourquoi cette comparaison ne servirait-elle pas à m'éclairer, et à dissiper mes illusions? Le Saint Esprit m'est donné comme créateur, comme principe d'un être nouveau. Il doit renouveler la terre de mon âme. Donc tout va devenir digne de lui, digne de Dieu, dans mon âme. Donc cette âme sera désormais une terre sainte, une terre arrosée et fécondée par le Ciel; les fruits qu'elle portera réjouiront le cœur de Dieu. Mais s'il demeure prouvé que je ne suis qu'un pauvre enfant d'Adam; que je continue à ne montrer dans moi que le vieil homme, égoïste, amateur de soi-même, jaloux, susceptible, vindicatif, sensuel; si mes pensées sont et demeurent terrestres; si mes affections, mes désirs, mes craintes et mes espérances se meuvent toujours dans le cercle étroit des choses de la terre; si mon langage est celui de l'homme ancien, du vieil Adam; si mes œuvres n'ont rien que de très naturel, et ne participent en aucune manière aux œuvres de Jésus Christ et des saints; ne dois-je pas rentrer sérieusement eu moi-même, et me demander comment a été exaucée en ma faveur, cette prière de l'Eglise si souvent répétée: « Envoyez votre Esprit, et toutes choses seront créées, et vous renouvellerez la face de la terre ». O Saint-Esprit, venez à moi! présidez à l'examen que je veux faire de ma conscience; dissipez toutes mes ténèbres, et faites briller à mes yeux, votre lumière divine!

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Les effets merveilleux de la transformation par le Saint Esprit


Il avait été écrit: « L'Esprit du Seigneur a rempli tout l'univers, et comme cet Esprit contient tout, il possède la science de la parole ». Jésus-christ vient au monde; il est le Verbe de Dieu, la Parole éternelle, et voilà que lui-même fait à sa personne adorable l'application de ce passage du Prophète Isaïe: « L'Esprit du Seigneur s'est reposé sur moi, l'Esprit d'intelligence, de science et de conseil ». Quand il a annoncé à ses Apôtres la Mission du Saint-Esprit à leur égard, il leur dit: « Cet Esprit vous enseignera toutes choses; il vous apprendra toute vérité; il vous donnera l'intelligence de tout ce que je vous aurai dit ». Tel est donc le Saint-Esprit dans une âme. Il ne saurait y habiter sans devenir sa lumière, son flambeau, son soleil; il est le guide, le docteur, le prédicateur, le directeur de cette âme; il s'empare de cette âme, et il la plonge dans la vérité. O mon Dieu, qui comprendra ces grandes choses? Mais qu'est-ce que la vérité? c'est Dieu, c'est la connaissance de Dieu telle qu'il la faut à l'homme pour qu'il arrive au bonheur. Le grand mal de l'homme c'est l'ignorance, et l'erreur qui en est le fruit le plus amer, le fruit empoisonné. Eh bien! le Saint-Esprit est donné pour dissiper les ténèbres de l'ignorance, et pour préserver de l'erreur; il communique toute lumière; la science, la sagesse, Inintelligence, le conseil forment son glorieux cortège. Il donne à l'âme ce Don de pénétration qui lui fait découvrir le vrai sens des discours de Jésus-christ, qui lui montre avec clarté la pensée de Jésus Christ, la lumière renfermée dans chacune de ses paroles. Jésus-christ avait dit: « Je suis la vérité ». Et en même temps: « Le Saint-Esprit rendra témoignage de moi ». Laissez venir le Saint-Esprit; qu'il s'empare d'une âme, et voilà que Jésus-christ, livre fermé pour les âmes orgueilleuses qui s'obstinent à ne recevoir d'autre direction que celle de leur propre esprit, voilà, dis-je, que Jésus-christ se montre; tout est lumière, clarté, science, sagesse en lui.


Le Saint Esprit est comme le soleil qui donne aux fleurs, à toute la nature, l'éclat et la beauté. Il y a tout un monde dans Jésus Christ, dans ses mystères, ses œuvres et ses discours. Mais sans le Saint Esprit, ce monde est dans l'obscurité, dans une nuit sombre. Hélas! cette vérité effrayante est prouvée par l'état dans lequel vivent la plupart des hommes! Mais que le Saint Esprit descende dans une âme; tout à coup le soleil éclaire Jésus-christ, et cette âme le voit... Augustin, sectateur du mensonge, n'a jamais aperçu Jésus-christ. L'infortuné! mais, tout à coup, le Saint Esprit arrive, Augustin le reçoit; il ouvre les yeux, il regarde Jésus Christ. Maintenant lisez ses admirables ouvrages, ils vous diront ce que le nouveau disciple a vu dans la personne adorable de son Maitre. Cette science qui est l'unique nécessaire, le Saint Esprit la donne à l'âme qui la veut, à celle principalement qui en est avide; il la lui donne d'abord pour elle-même et pour son propre avantage. C'est la grâce la plus précieuse, car il y a grand danger à savoir pour les autres, et à ignorer pour soi; malheur affreux dans lequel sont tombés de célèbres docteurs. Par contraire, on peut ne rien savoir pour les autres, être muet, et posséder éminemment cette science divine de la voix, de la parole de Dieu. Combien d'âmes simples, inconnues; peut-être méprisées par les docteurs, possèdent des trésors de lumière qui raviraient d'admiration les plus profonds théologiens! Heureuses âmes, comme j'envie vos richesses! Mais cette science de la voix, de la parole, le Saint Esprit la donne à certains hommes pour le bien et la sanctification de leurs frères. Hélas! vous qui dirigez, qui donnez des conseils, qui devez montrer aux autres la vérité, la lumière, que donneriez-vous, si le Saint Esprit désertait votre âme, s'il ne l'approvisionnait lui-même? Oh! comme le Saint Esprit est nécessaire pour qu'on ne voie pas des aveugles conduisant d'autres aveugles! Ame chrétienne, ambitionnez cette science de la voix, de la parole; c'est la science de Jésus Christ. Mais cherchez-la dans la prière; le Saint Esprit qui seul la donne veut être appelé par vos gémissements intérieurs. Criez souvent vers le ciel, et dites avec le roi-prophète: « Donnez-moi l'esprit d'intelligence, et je comprendrai chacune de vos paroles ». Mais n'oubliez pas cet avis écrit par le même Prophète: « Il donne cette intelligence aux petits enfants ». Ces petits enfants sont les humbles de cœur. Malheur à l'homme superbe qui se croit sage et suffisamment éclairé! Le Saint Esprit s'éloigne de lui; il l'abandonne à ses ténèbres et à son ignorance. Cet infortuné ne voit jamais Jésus Christ.

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01 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Deuxième jour

La mission du Saint Esprit

 

Dieu avait promis au monde de lui envoyer l'Esprit Saint, comme il avait promis d'envoyer le Messie. On ne remarque pas assez la liaison de ces deux promesses qui existent cependant chez tous les Prophètes de la loi ancienne. Tantôt c'est Isaïe qui parle au nom de Dieu et qui nous dit: « Je répandrai mon Esprit sur ta postérité »; tantôt nous entendons Ezéchiel qui s'écrie: « Je placerai mon Esprit jusqu'au plus intime de leur être ». Ailleurs Joël nous dit: « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ». Enfin le précurseur du Messie annonce à tout le peuple que « Celui qui doit venir, baptisera dans le Saint Esprit ». Jésus Christ a promis solennellement le Saint Esprit à son Eglise; il suffit, pour s'en convaincre, de lire, dans l'Evangile selon saint Jean, l'admirable discours que le Sauveur adresse à ses Apôtres, avant de quitter le monde pour retourner à son Père. Mais quelle était la fin de cette mission? pourquoi le Saint-Esprit devait-il être donné, communiqué aux hommes? Il est facile de le savoir; il ne faut pour cela que rappeler les paroles mêmes du divin Sauveur. Jésus Christ appelle le Saint-Esprit un Esprit de vérité. C'est en qualité de docteur que le Saint Esprit viendra dans le monde. Sans doute le Sauveur était la vérité même, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant eu ce monde. Mais cette lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise.


Le péché ayant rendu l'homme aveugle, il ne pouvait pas, par lui-même, voir la lumière divine. Ses yeux étaient fermés, il fallait un prodige de l'infinie miséricorde pour les ouvrir. Ce prodige fut réservé au Saint-Esprit.  « L'Esprit que mon Père vous enverra est l'Esprit de vérité; il vous enseignera toutes choses, il vous expliquera tout ce que je vous ai dit ». Ainsi Jésus Christ a parlé aux hommes, et le Saint-Esprit qui est le docteur des âmes leur explique intérieurement cette parole de la vie éternelle tombée de la bouche d'un Dieu. Sans le Saint-Esprit, l'Evangile est un livre fermé, les paroles de Jésus-christ sont inintelligibles. « Le Saint Esprit, ajoute le Sauveur, rendra témoignage en ma faveur; par là même, il convaincra le monde de péché, il le convaincra touchant la justice et le jugement ». En découvrant aux hommes la vérité incontestable de la divinité de Jésus-christ1, le Saint-Esprit convainc le monde du péché que les Juifs ont commis en rejetant le Messie; du péché que les incrédules et les impies de tous les siècles n'ont cessé de commettre, en s'élevant contre les preuves si admirables et si frappantes de la Divinité de Jésus Christ. Le Saint Esprit, en éclairant les hommes, convaincra le monde de la fausseté de ses doctrines et de sa morale; il le convaincra de l'injustice de son obstination à repousser l'Evangile, de l'injustice des jugements qu'il porte sur le bien ou sur le mal; de l'injustice de sa conduite à l'égard des saints et des amis de Dieu. Il le convaincra de la justice, de la pureté, de la sublimité de l'Evangile; et tandis que Jésus Christ monté au ciel, ne sera plus visible sur la terre, le Saint-Esprit dirigera les hommes et leur apprendra d'une manière infaillible à discerner toujours le juste et l'injuste, le vrai et le faux, le bien et le mal. Le Saint-Esprit convaincra les hommes touchant le jugement solennel qui a été prononcé et que le monde n'a pas entendu, la condamnation du démon, prince de ce monde, par l'immolation de Jésus Christ. Alors l'homme appréciera sa délivrance; la doctrine de Jésus Christ fera la conquête du monde; les Gentils la recevront avec action de grâces; les temples des idoles seront renversés, les martyrs, abjurant d'anciennes erreurs, donneront leur sang et leur vie pour Jésus Christ, et tous les peuples reconnaîtront le jugement prononcé contre le prince de ce monde.


Dieu envoie le Saint Esprit aux hommes comme Consolateur. C'est la promesse que fait le divin Maître à ses disciples, en les voyant profondément tristes, à cause de son prochain départ, « Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure toujours avec vous ». Le Saint Esprit console les âmes fidèles; il leur inspire ce sentiment si doux de la confiance et de l'amour filial qui porte l'homme à appeler Dieu: Mon Père!... Le Saint-Esprit console les justes, en leur découvrant la vanité des biens et des plaisirs dont ils sont privés, et la solidité des biens à venir. Il les console, en répandant dans leur âme, cette douceur céleste de l'amour divin qui n'apprécie plus que les ineffables consolations du service de Dieu. Enfin, le Saint-Esprit est envoyé au monde comme un feu surnaturel destiné à embraser les cœurs. Jésus Christ avait dit: « Je suis venu apporter du feu sur la terre, et mon plus violent désir c'est de le voir se propager ». Eh bien! saint Paul nous apprend, que ce feu divin est répandu dans les cœurs par le Saint Esprit. C'est donc le Saint-Esprit qui sera envoyé pour embraser l'Eglise, et enflammer les cœurs de ses enfants d'un amour immense pour Jésus-christ. Qui comprendra parfaitement aujourd'hui tous les biens qu'il peut attendre du Saint Esprit? Je veux, Seigneur, que ce soit moi; oui, je le veux, je le désire et je vous demande, avec un sentiment profond de mon indignité , la grâce d'apprécier, par-dessus tout, les richesses spirituelles que le Saint-Esprit a promis de répandre dans mon âme.

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Le Saint Esprit principe de vie


Il y a dans l'homme deux sortes de vie: l'une qui lui est commune avec les animaux privés de raison, et l'autre qui est surnaturelle, et qui lui est commune avec les Anges, avec toutes les intelligences unies à Dieu qui est leur centre et comme le lieu où elles résident, suivant cette pensée d'un philosophe chrétien: « Dieu est le lieu des esprits ». Cette vie surnaturelle, vie de la grâce, qui est comme une participation à la vie de Dieu, l'homme l'a perdue par le péché; astre errant sorti de son orbite, il s'agite loin de la voie que la volonté de son Créateur lui avait tracée. Qui fera rentrer l'homme dans cette voie? qui le fera vivre de la vie qui lui convient, de la seule vie qui mérite ce nom, puisque toute autre vie est justement appelée une mort? Saint Paul, dans son admirable épitre aux Romains, nous montre le Saint-Esprit, l'Esprit de Dieu, comme étant seul le principe de cette vie que Jésus Christ nous a méritée par l'effusion de son sang. L'homme est ressuscité, il passe de la mort à la vie, au moment où plongé dans les eaux du baptême, le Saint Esprit, comme autrefois au baptême de Jésus Christ, descend du ciel, et vient établir au milieu de lui sa demeure. De même que le péché et la concupiscence sont en nous l'origine et le principe de la mort, le Saint Esprit devient l'origine et le principe de la vie; il est la source de cette vie surnaturelle, spirituelle, divine, qui nous rend les enfants de Dieu  c'est lui qui la donne, qui la communique, qui l'entretient, la conserve et l'augmente. Celui qui éteint le Saint Esprit dans son âme, éteint par là-même le souffle, l'esprit de vie; il est réduit à un état de mort. D'où il faut conclure que le fidèle doit appeler le Saint Esprit, sa vie, la vie de son cœur, la vie de son âme.


Quand Jésus Christ disait aux Juifs, en parlant des siens: « Je suis venu afin qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient abondamment », il est bien certain qu'il voulait élever leur esprit au-dessus de cette vie matérielle, dont malheureusement un grand nombre d'hommes se contentent. Mais en recevant la vie, on devient nécessairement Fils de celui qui donne la vie; on est engendré, on a un père. Si donc je reçois la vie par le Saint Esprit, par l'Esprit de Dieu, je dois recevoir en même temps un titre, un caractère, une qualité qui me distingue de ceux qui n'ont pas cette vie. Cette conséquence a été indiquée par saint Paul. Quand le grand Apôtre s'écriait, en désignant ceux qui par le baptême vivent d'une vie nouvelle: « Vous êtes marqués du sceau du Saint-Esprit », il voulait dire: « Dieu, en répandant le Saint-Esprit dans vous, vous a comme imprimés de son caractère et de son sceau, pour vous distinguer, pour vous donner une marque intérieure, et, par cette marque authentique et solennelle, la certitude que vous êtes son héritage, sa famille. C'est la marque de cette adoption divine qui met Dieu en possession de la créature régénérée, et qui donne en même temps à cette créature un droit incontestable sur Dieu, dans le temps et dans l'éternité ». Quelle dignité accordée à l'homme! quel titre de gloire! quel admirable privilège! Et ce titre, cette gloire, ce privilège de l'adoption divine dont le sceau est imprimé sur mon cœur, à qui en suis-je redevable? qui m'a ainsi transformé? qui m'a retiré de la mort pour me faire passer, par une résurrection miraculeuse, dans la vie surnaturelle et divine des enfants de Dieu? Le grand Apôtre me l'apprend: « C'est le Saint Esprit qui est venu habiter en moi ». Mais il est impossible qu'un si prodigieux bienfait ne m'impose pas des obligations formidables.


Lorsque saint Jean énumère les grâces que les fidèles ont reçues de la divine miséricorde, il nomme en particulier cette onction par laquelle le Saint Esprit les a marqués du sceau divin; et aussitôt il ajoute: « Ah! mes enfants, Que l'onction que vous avez reçue, demeure en vous! » Or, cette onction n'a-t-elle pas été effacée chez un grand nombre de chrétiens? Ce malheur ne m'est-il pas arrivé à moi-même? la vie surnaturelle, divine, qui était en moi, n'a-t-elle pas disparu? n'est-elle pas au moins bien affaiblie? Saint Paul recommandait aux premiers fidèles de ne pas l'éteindre. « Prenez garde, écrivait-il aux chrétiens de Thessalonique; n'éteignez pas le Saint-Esprit ». On éteint le Saint Esprit par une longue suite d'infidélités, par la négligence dans les rapports avec Dieu, par les occupations multipliées et une attention trop soutenue à l'égard des choses de la terre, par les désirs immodérés des créatures. Heureux le fidèle qui apprécie le don de Dieu! Ce don n'est autre chose que cette vie toute surnaturelle et toute divine qui nous unit à Dieu, et nous rend par là même ses enfants d'adoption. Est-ce bien là ma vie? est-ce mon état? suis-je marqué de ce sceau divin que le Saint Esprit imprime sur les âmes qui sont à Dieu? Le jour de la Pentecôte, lorsque j'entends à la messe le célébrant qui chante ces paroles: « L'Esprit Saint fut répandu à pareil jour sur les enfants de l'adoption », ai-je le droit de me réjouir et de m'écrier: « Je suis, moi, un vrai enfant d'adoption? » Sans doute, la reconnaissance et l'amour vont aujourd'hui s'emparer de mon cœur, si je pense à tout ce que je dois au Saint Esprit. Mais, en même temps, il faut que j'examine sérieusement ma vie, pour voir si le Saint Esprit est le principe et la source de tous mes jugements, et de toutes les opérations de ma volonté.

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Le Saint-Esprit principe d'action


L'action suppose la vie; celui qui est mort n'agit plus: donc, l'action surnaturelle, l'action dans l'ordre du salut, dans l'ordre de Dieu, suppose la vie surnaturelle, la vie divine. Or, sans le Saint Esprit, il n'y a plus de vie surnaturelle, il n'y a plus de vie divine, puisque le principe de cette vie est éteint au dedans de nous. Mais en quoi consiste cette action dont le Saint Esprit est l'auteur, ce mouvement surnaturel et divin qu'il imprime à l'âme fidèle? Cette action, ce mouvement, ont Dieu pour objet; il en est le terme, la fin; c'est donc la prière, l'adoration, l'action de grâces, et tous les actes par lesquels la volonté humaine cherche Dieu, possède et conserve Dieu. De nous-mêmes et avec notre propre esprit, nous sommes tellement pauvres et misérables, tellement faibles et bornés, qu'il nous est impossible de sortir du domaine des objets créés, et de nous élever jusqu'à Dieu. La pensée de la prière, le premier et le plus faible désir de prier, est déjà une grâce, une inspiration de Dieu; sans ce secours nous n'aurions jamais le premier degré de volonté pour prier. Eh! mon Dieu, c'est là une vérité humiliante pour nous, mais une vérité dont l'évidence n'a besoin d'aucune preuve; c'est une vérité de foi. Triste état, épouvantable situation d'une âme laissée a elle-même, laissée seule; cette âme est sans vie, elle est morte. Mais voici le grand Apôtre qui me console, en me disant que cette misère extrême, cette faiblesse humiliante, trouve un secours puissant, efficace, dans le Saint Esprit: « Tandis que nous ne savons pas même ce que nous devons demander à Dieu pour le prier comme il faut, le Saint Esprit nous est donné, et c'est lui qui aide notre faiblesse ».


Le Saint Esprit nous inspire la pensée et le désir de la prière; il nous apprend ce que nous devons dire à Dieu, comment nous devons lui parler. Il nous rend éloquents devant le tribunal de la divine miséricorde; il nous rend capables d'attirer Dieu en nous par notre langage. O divine et admirable éloquence! Or, ce n'est pas aux savants et aux hommes d'esprit qu'elle a été promise; mais aux petits, aux humbles, à tous ceux qui confessent leur impuissance et leur misère. Le Saint Esprit ne se contente pas de nous apprendre à prier, comme un maître et un docteur qui nous est étranger, et dont les préceptes et les conseils seraient à peine entendus. Non certes; le Saint Esprit, vivant dans notre cœur comme dans son temple, dans son sanctuaire, prend notre âme, et l'incline vers Dieu; ce n'est pas assez: il s'unit à elle de telle sorte qu'il se charge de prier, d'adorer Dieu, de le bénir en union avec elle, ou plutôt il fait que notre âme prie par lui et avec lui; d'où il résulte une vérité des plus consolantes pour nous, c'est que tous les actes que nous produisons dans l'ordre surnaturel, en même temps qu'ils sont nos propres actes, sont encore les actes du Saint Esprit. Telle est l'admirable doctrine que le grand Apôtre enseignait aux premiers fidèles, quand il leur disait: « Dieu a mis dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, et c'est cet Esprit qui crie: « Mon Père! mon Père! »


Ainsi la même prière que Jésus Christ, du sommet du Calvaire, adressait à Dieu en faveur de la grande famille humaine, le Saint Esprit par notre cœur dont il s'empare, continue de l'adresser au Père céleste. Oh! non, sans le Saint-Esprit, jamais l'homme n'aurait pu dire à Dieu, avec ce doux sentiment de la confiance et de l'amour: « Mon Père! Mon Père! » Il faut donc le reconnaître, il n'y a point d'action surnaturelle et divine dans l'homme, si ce n'est par le Saint Esprit. Le Saint Esprit éclaire l'âme sur son état, sur ses besoins; il l'éclaire sur la grandeur, la puissance et la bonté de Dieu. Le Saint Esprit remue l'âme, l'excite, l'élève vers le souverain bien qui est Dieu. Le Saint Esprit échauffe le cœur par l'ardeur divine des saints désirs. Or, c'est par cette action immédiate et toute intérieure sur nous,que le Saint-Esprit nous rend capables d'agir, et nous fait réellement agir, dans l'ordre surnaturel et divin. Il suit de là que toute action bonne, méritoire, digne de Dieu et d'une récompense surnaturelle, vient du Saint Esprit, et doit lui être attribuée. Donc, sans le Saint Esprit, je ne fais rien et je ne puis rien faire pour le Ciel. Donc, plus je serai l'ami du Saint Esprit, plus je vivrai uni à lui, plus aussi je travaillerai activement, efficacement, pour la gloire de Dieu et le salut de mon âme. Ah! venez, venez donc en moi, divin Esprit, Esprit de lumière, de sainteté, de force, d'amour! venez, et attachez-vous tellement à mon cœur que jamais il ne batte sans vous, que vous seul soyez l'unique principe de ses mouvements, afin que Dieu en soit toujours l'objet et la fin ! Amen!

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Le Saint Esprit gage de la vie éternelle


Saint Paul appelle le Saint Esprit le gage, c'est-à-dire, suivant le mot grec, les arrhes de notre héritage. On emploie cette expression pour désigner une partie du prix que l'on promet de donner pour l'acquisition d'un objet. Cette portion du prix est le gage, l'assurance, qu'on donnera plus tard la totalité. On l'emploie encore pour désigner une valeur que l'on donne à quelqu'un comme assurance d'un contrat verbal, que l'on promet, par là même, de ratifier d'une manière définitive. Ce nom est donné par l'Apôtre au Saint Esprit, parce que les dons intérieurs que nous communique l'Esprit de Dieu, de même que les dons extérieurs qu'il fait à l'Eglise, sont une partie et un avant-goût de la félicité éternelle que Dieu promet à ses élus. Voilà pourquoi saint Paul ajoute que ces arrhes précieuses et divines nous sont données pour que nous les conservions, jusqu'à la parfaite délivrance du peuple qui est l'héritage de Jésus Christ, pour sa louange et pour sa gloire. L'acquisition faite par Jésus Christ d'un peuple destiné à le louer éternellement,commence par la délivrance de ce peuple, lorsqu'il passe de l'esclavage du diable à la liberté des enfants de Dieu. Cette acquisition ainsi commencée sera complète, lorsque, dans le ciel, ce même peuple, délivré de tous les genres de maux, sera mis en possession d'une éternelle gloire.


Dans le baptême, nous avons reçu la grâce; cette grâce nous donne un droit incontestable à la vie éternelle qui est l'héritage de Dieu notre Père; mais, en même temps, le Saint Esprit nous a été donné comme le gage de cette promesse, comme une portion de cette magnifique récompense qui sera le prix total de notre fidélité. O bonté ineffable de Dieu! Il ne s'est pas contenté de m'adopter pour son enfant, de me marquer d'un sceau divin qui me distingue et me sépare des infidèles, des païens, de tous les enfants de colère; d'un sceau tout céleste qui me fait reconnaître comme sa propriété, son héritage; comme une brebis de son troupeau, un enfant de sa famille, un membre de la société dont il est le chef; mais après m'avoir ainsi consacré, sanctifié, il1 a voulu encore, pour fortifier mon espérance, pour rendre mon salut certain, en quelque sorte, à mes propres yeux, me donner le Saint Esprit comme un gage de ses promesses, comme Les Arrhes de ma gloire future. Et le Saint Esprit, venu en moi, consent à faire son temple dans mon propre cœur; il y réside, il y fait son séjour habituel, jusqu'à ce que Dieu ait effectué sa promesse, en couronnant ma fidélité d'un honneur infini, et d'une gloire qui est au-dessus de tout ce que l'esprit humain peut concevoir de plus admirable. Mais il est important que je sache quelle est la fin que Dieu s'est proposée, en m'accordant un si grand bien. Saint Paul m'assure que cette fin, digne de Dieu, c'est la gloire et la louange de Jésus Christ, pendant l'éternité.


Ah! si Jésus Christ s'est donné à l'homme, afin que l'homme connût Dieu et l'aimât d'une manière digne de lui, le Saint Esprit se donnera aussi aux enfants de Dieu, dans l'intérêt et pour la gloire de Jésus Christ.  Malheur à l'homme qui ne veut pas de cette gloire! Jésus Christ est la récompense magnifique qui nous attend dans le ciel. Le voir et le contempler éternellement; le louer et le bénir de ce que par lui nous avons connu Dieu, et nous sommes devenus ses enfants, voilà notre destinée, si nous avons le bonheur d'être comptés parmi les élus. C'est pour nous conduire à cette fin si désirable que le Saint Esprit nous est donné. Il vient en nous, afin de nous séparer de la masse corrompue, afin de nous rendre saints, consacrés à Dieu; il vient pour demeurer en nous, comme un gage infaillible de la fidélité avec laquelle Dieu nous donnera un jour la gloire qu'il nous a promise. Oh! comme j'aime le Saint Esprit, quand je le considère dans moi comme étant un avant-goût du ciel, un gage divin des promesses de Dieu et de la béatitude éternelle! Je le sens, ma dévotion au Saint Esprit va devenir bien grande; je l'appellerai sans cesse, je l'invoquerai avec une grande vivacité de sentiments, je conserverai ses dons, je m'efforcerai de les augmenter dans moi par la plus scrupuleuse fidélité aux moindres inspirations de la grâce.

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31 janvier 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

 

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Premier jour

 

Qu'est-ce que le Saint esprit?

 


Jésus-christ a parlé du Saint-Esprit comme il a parlé de Dieu le Père et de Dieu le Fils, c'est-à-dire, comme d'une personne divine. Le nom d'Esprit Saint est le nom propre de la troisième personne de la Sainte Trinité, par conséquent d'une personne divine, ayant la même nature que le Père et le Fils. Saint Augustin nous,enseigne que ce nom de Saint Esprit, employé pour désigner la troisième des personnes divines, est légitime, par la raison que le Saint-Esprit étant commun aux deux autres personnes, puisqu'il procède du Père et du Fils, il peut prendre pour son nom propre ce qu'elles ont toutes deux de commun: car le Père est esprit, et le Fils est esprit; de même, le Père est saint, et le Fils est saint. On donne une antre raison pour justifier l'usage d'appeler du nom d'Esprit Saint, la troisième personne divine. C'est que, dans le monde matériel, le mot Esprit parait signifier un certain moteur qui donne l'impulsion: ainsi nous donnons ce nom au souffle et an vent. Or, le Saint-Esprit est l'amour du Père et du Fils. Mais le propre de l'amour est de mouvoir, et de pousser la volonté de celui qui aime, vers l'objet aimé. D'un autre côté, nous attribuons la sainteté à tout ce qui se rapporte à Dieu comme à sa fin. Or, le Saint-Esprit est la personne divine qui procède de l'amour par lequel Dieu s'aime lui-même; il était donc convenable de l'appeler Saint, en même temps qu'il était appelé Esprit. Le Saint-Esprit est véritablement une personne divine, distincte des deux autres, qui sont le Père et le Fils; il procède de l'une et de l'autre. Le Saint-Esprit n'a pas été créé, n'a pas été fait, n'a pas été engendré, mais il est produit de toute éternité par l'amour du Père et du Fils. Le Saint-Esprit a un autre nom: il s'appelle Amour. Le nom d'amour, dit saint Thomas, pris dans une acception personnelle, est le nom propre de l'Esprit Saint, comme le mot Verbe est le nom propre du Fils. Il y a dans la Trinité deux processions, ou plutôt deux modes par lesquels une personne divine tire son origine de l'autre; la première est la procession qui vient de l'intelligence, c'est la procession du Fils, du Verbe; l'autre qui vient de la volonté, est la procession de l'Amour, de la troisième personne divine, du Saint Esprit. On désigne encore le Saint-Esprit sous le nom de Don. Une personne divine peut se communiquer à une créature raisonnable, elle peut se donner ; mais comme aucune créature ne peut mériter cette faveur, si elle la reçoit, ce sera un Don gratuit. Or, un Don gratuit ne peut être fait que par amour, et la première chose qui est donnée, c'est évidemment l'amour par lequel on veut du bien. D'où il est certain, conclut saint Thomas, que l'amour est le principe du premier Don duquel découlent tous les autres dons gratuits. Mais puisque le Saint-Esprit procède par l'amour, comme nous l'avons vu, il procède donc comme étant le premier Don. C'est ce qui fait dire à saint Augustin: « Par le Don, qui est l'Esprit Saint, viennent tous les autres dons que Dieu distribue aux membres de Jésus-christ ». Ah! comme je goûterai désormais cette belle parole: « Venez, ô Saint-Esprit, vous êtes par excellence le Don du Très-Haut ».


Le Saint-Esprit est appelé par Jésus-christ, le Paraclet, c'est-à-dire Consolateur. Saint Athanase remarque que l'Ancien Testament n'a jamais donné ce nom au Saint-Esprit. La raison se trouve exprimée dans ces paroles du Sauveur: « Si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra point à vous, mais si je m'en vais, je vous l'enverrai ». La présence corporelle de Jésus-christ au milieu des siens était pour eux une consolation, sans doute, mais la consolation intérieure par laquelle le Saint-Esprit soutient les âmes, est bien supérieure à ce bonheur sensible que goûtaient les Apôtres. C'est la raison pour laquelle le Sauveur disait: « Il est avantageux pour vous que je m'en aille ». Je commence à comprendre que de très-grandes choses et des vérités importantes doivent m'être enseignées, comme étant un écoulement et une conséquence de ces premiers principes. Et déjà je me réjouis de ce que beaucoup de paroles de l'Evangile répandront, par le moyen d'une instruction sérieuse sur le Saint-Esprit, de vives lumières dans ma pauvre intelligence. Oui, je vois clairement pourquoi Jésus-christ a dit: Baptisez toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Je comprends pourquoi le Saint-Esprit est appelé l'Esprit de Jésus-christ, et ailleurs l'Esprit qui procède du Père. Le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils, est leur amour mutuel, l'amour consubstantiel, l'amour divin, l'amour Dieu, Deus charitas est; il est le don commun et réciproque du Père et du Fils, leur lien, leur nœud, leur mutuelle union, en qui se terminent la fécondité, et toutes les opérations essentielles de la Trinité. Ah! comme je désire apprendre tout ce que le Saint Esprit veut bien être pour moi, tout ce qu'il vent opérer dans moi ou par moi! Vous me le direz vous-même, ô divin Esprit, vous serez mon maître et mon Docteur, et vous me découvrirez les richesses ineffables que renferme la doctrine de l'Eglise touchant les opérations de l'Esprit de grâce, de sainteté et d'amour. C'est avec bonheur que je fais en ce moment la profession de foi que m'enseigne l'Eglise: « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils, avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes ».

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Le Saint-Esprit dans la Création


Les écrivains sacrés nous montrent continuellement l'action du Saint-Esprit, dans les œuvres de Dieu créateur. Et il est certain que Dieu agissant toujours avec sagesse et avec amour, c'est l'Esprit de sagesse et d'amour qui est le principe de toutes les opérations divines, qui préside à tous les plans que forme la divinité, aussi bien qu'à leur admirable exécution. Le Saint-Esprit est le principe de la beauté des créatures corporelles. Job s'écrie: « L'Esprit de Dieu a orné les cieux »; et David exprime la même pensée, quand il dit: « C'est par la parole du Seigneur que les cieux ont été affermis, et c'est le souffle de sa bouche qui a produit toute leur beauté ». Ainsi nous voyons d'un côté que Dieu a tout fait par sa parole, son Verbe; de l'autre, qu'il a tout créé par son Esprit. Ce sont là, s'écrie Tertullien, comme les deux mains de la Divinité. Mais que faut-il penser des opérations du Saint-Esprit et de son action propre dans le monde des intelligences? Sans doute, comme me l'apprend le Sage, Dieu a créé les intelligences des anges et des hommes, afin qu'elles lui soient unies par la connaissance et par l'amour; et c'est par le Saint-Esprit que Dieu habitait dans ces intelligences, et qu'il leur communiquait, avec les lumières de la vérité, les sentiments de toutes les vertus. Ainsi, unies à l'Esprit Saint, ces intelligences étaient saintes, suivant la pensée de saint Jean; et saint Grégoire ajoute: d'une beauté parfaite. Or, il arriva que Dieu retira son Esprit des intelligences révoltées contre la majesté souveraine. Les Anges mauvais, en se séparant, par l'orgueil, de l'Esprit. sanctificateur, perdirent la sainteté qu'ils ne devaient plus recouvrer. Adam, par son péché, l'avait aussi perdue, pour lui et pour sa postérité. Dieu voulant, en quelque sorte, opérer le prodige d'une nouvelle création, dans l'ordre spirituel, annonça par ses prophètes, pendant quatre mille ans, qu'il enverrait au monde l'Esprit sanctificateur.


Jésus-christ, pendant sa vie mortelle, a renouvelé cette promesse; il l'a accomplie après son Ascension. Le Saint Esprit est venu, et un nouveau monde a été créé. Ainsi s'est, vérifiée cette admirable parole du Roi Prophète: « Vous leur ôtez l'esprit qui les anime, et ils cessent de vivre, et ils rentrent dans leur poussière. Vous envoyez votre Esprit, et ils sont créés de nouveau, et la face de la terre se renouvelle ». Dieu continue cette œuvre admirable d'une nouvelle création dans l'ordre spirituel, et il l'opère à chaque instant par le ministère sacerdotal. C'est ainsi qu'il consomme l'alliance qu'il avait juré de faire avec les hommes. O précieuse et admirable création! j'en suis tous les jours l'heureux témoin, et je n'y pense pas; que dis-je? j'en ai été l'objet, peut-être plusieurs fois, car il est dans la puissance de l'homme d'anéantir ce que le Saint-Esprit crée plusieurs fois dans une âme. Et je m'en occupe, si peu, qu'on pourrait me croire tout à fait étranger à ces merveilles du monde des intelligences auquel j'ai le bonheur d'appartenir. Mais comment s'opère cette création? Saint Augustin me dit: « Ce n'est pas sans raison que le Prophète parle d'abord de l'extinction de notre esprit, et ensuite de la communication de l'Esprit de Dieu ». « Vous leur ôterez leur Esprit, et vous leur donnerez le vôtre »; vous les dépouillerez de leur orgueil, ils s'humilieront, ils rentreront dans la poussière de leur néant, ils ne s'estimeront rien en votre présence; alors vous leur ferez part de votre Esprit, et vous les renouvellerez entièrement. C'est la pensée de l'Eglise. Elle conjure le Saint Esprit de nous créer de nouveau, de renouveler cette terre souillée par le péché; elle demande que le feu de l'amour divin prenne la place des ardeurs coupables de nos convoitises. Ceux-là donc vont devenir aussi de nouvelles créatures, parfaitement renouvelées par le baptême dans le Saint-Esprit, qui consentent à renoncer sincèrement à leur propre esprit. Hélas! malheureusement l'esprit de l'homme prend, dans un grand nombre d'âmes, la place de l'Esprit de Dieu! Consentirai-je à un dépouillement total de mon esprit, pour recevoir l'Esprit de Dieu, et ne plus vivre que par lui? Non, on ne veut pas le comprendre, on ferme l'oreille à la vérité; voilà ce qui perd les âmes. Elles sont pleines de leur propre esprit, elles vivent de la vie de leur esprit, et comme l'esprit de l'homme livré au mal, est l'ennemi de l'esprit de Dieu, ces pauvres âmes, en refusant de se dépouiller de leur esprit, repoussent, éloignent l'Esprit de Dieu, et l'empêchent de créer l'homme nouveau revêtu de justice et de sainteté. O mon Dieu, que je ne sois pas un de ces malheureux! non, je vous le dis dans toute la sincérité de mon âme; Je ne veux plus opposer au Saint-Esprit la moindre résistance. Venez, venez, ô Saint-Esprit, revenez à ce cœur qui est fait pour vous, et que vous avez possédé autrefois; visitez-le de nouveau, et ne vous éloignez jamais de lui!...

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Le Saint-Esprit dans la Rédemption


Dieu a voulu préparer l'avènement de son Fils dans le monde, pendant quatre mille ans. Tout, dans l'histoire des siècles qui ont précédé l'Incarnation du Verbe, se rapporte à ce grand mystère. Saint Paul nous l'assure. Ce fut alors que les Prophètes parurent au milieu d'Israël, pour annoncer les étonnantes merveilles qui devaient manifester, au temps marqué par un décret divin, la miséricorde infinie présidant aux destinées de l'homme. Mais qui a parlé, dans les temps anciens, du Messie, de sa vie et de sa mort, de ses triomphes et de ses victoires? qui l'a fait connaître par des traits si frappants de vérité, qu'on est tenté d'appeler Isaïe et David les Evangélistes du premier testament? c'est le Saint Esprit. L'Eglise l'a déclaré hautement; elle a mis cette vérité parmi les principaux articles de sa foi: « Il a parlé par les prophètes ». Le Saint-Esprit m'a envoyé, s'écrie le fils d'Amos; et déjà David avait écrit ces paroles: « L'Esprit du Seigneur a parlé par mon organe, et sa parole a passé par ma bouche ». Ah! sans doute, lorsque le Patriarche Abraham tressaillait d'allégresse et saluait de loin le Jour de l'Incarnation, le Saint-Esprit remplissait son âme, et découvrait au Père des croyants les innombrables richesses que le Désiré des nations devait apporter au monde. Mais le moment arrive; Dieu va paraître, un monde nouveau saluera bientôt un nouveau monarque. Le Verbe va se revêtir de la nature de l'homme. Alors le Saint-Esprit est, en quelque sorte, chargé de l'accomplissement de cet ineffable mystère. Une vierge est conçue sans tache, et le Saint-Esprit prépare son âme et son corps, pour en faire le digne tabernacle dû Fils de Dieu. C'est encore le Saint-Esprit qui découvre à Marie l'excellence de la virginité, et qui lui inspire la volonté de se consacrer à son Dieu, dès l'âge le plus tendre; consécration nécessaire, suivant saint Ambroise, pour qu'un Dieu naquît d'une femme.


Maintenant je n'ai qu'à ouvrir l'Evangile, et je vois clairement cette vérité: c'est que le Saint Esprit est l'auteur immédiat de la sainte humanité de Jésus Christ. « Le Saint Esprit, dit Gabriel, surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ». Cet Esprit de grâce, de sanctification et d'amour, qui a préparé l'âme, le cœur et le corps de Marie, est ce même Esprit qui crée l'âme du Sauveur Jésus, et qui forme sa chair adorable du sang le plus pur de la Reine des vierges. L'Eglise, pendant tous les siècles, s'écriera, en nommant Jésus Christ: « Il a été conçu par l'opération du Saint-Esprit ». Toujours le mystère auguste et profond de l'Incarnation du Verbe a été nommé l'œuvre par excellence du Saint-Esprit. Si jamais on a pu dire: le doigt de Dieu est là, c'est bien lorsqu'on contemple un Dieu devenu homme. Eh bien! le Saint-Esprit est le doigt de Dieu. Un si étonnant prodige ne pouvait venir que de lui. L'Incarnation, c'est le grand mystère d'amour, de l'amour infini d'un Dieu envers sa pauvre créature. L'Incarnation, c'est la grâce parfaite, le don par excellence. Or, le Saint-Esprit est l'auteur immédiat de cet amour, il est le grand donateur; par lui, Dieu se communique à l'homme. Le Saint-Esprit est donc l'auteur de l'Incarnation. Mais ici je dois m'en rapporter au témoignage de Jésus-christ lui-même. Je l'entends qui s'écrie: « L'Esprit du Seigneur est descendu sur moi, c'est pourquoi il m'a consacré par son onction ». Oui, c'est le Saint Esprit qui a fait l'onction et la consécration sacerdotale de Jésus Christ, lorsque, dans le moment de l'Incarnation, la nature humaine unie personnellement au Verbe, fut ointe de la Divinité même, et, par elle, consacrée pour le sacerdoce éternel. Donc toutes les fonctions de Jésus Christ, toutes ses prédications, tous ses miracles, son sacrifice, sa mort, sa résurrection, son ascension au ciel, ont pour principe l'Esprit-Saint répandu sur lui. Voilà pourquoi, au jour de son baptême, lorsqu'il ouvrait la carrière de son ministère apostolique, le Saint-Esprit descendit du ciel visiblement, et vint se reposer sur lui. Il le fallait ainsi, afin que tous les hommes comprissent que c'était le Saint-Esprit qui parlerait par la bouche de Jésus Christ. Je savais déjà, ô mon Dieu, que beaucoup de grâces et de bénédictions répandues sur moi devaient me remplir de reconnaissance et d'amour envers le Saint Esprit. Mais, je l'avoue, je n'avais jamais bien réfléchi sur cette grande vérité: je dois Jésus-christ au Saint Esprit, la foi me l'enseigne. Jésus-christ est le don que m'a fait le Saint-Esprit!... Oh! qui dira tout ce qui est renfermé de lumière, de science, d'amour, dans ces courtes paroles: « qui a été conçu du Saint Esprit »?... On les articule souvent, on les chante; qui les comprend? qui les médite? qui les goûte? Celui-là seul à qui le Saint-Esprit les explique. Je désire et je demande cette faveur pour moi, ô divin Esprit! ne me la refusez pas; faites-moi comprendre ce que je vous dois, après avoir reçu de vous Jésus Christ; alors je vous aimerai ardemment, et mon âme n'aura qu'une ambition, celle de se perdre entièrement et pour toujours dans l'océan de votre amour.

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Le Saint-Esprit dans la sanctification des âmes


Le Saint-Esprit est l'âme de toute l'Eglise. C'est lui qui unit tous les fidèles entre eux, et ceux-ci aux pasteurs légitimes, pour en faire les membres d'un même corps. Il est le principe, la source de toutes les grâces et de tous les dons qui servent au gouvernement, à la conservation et à la prospérité de l'Eglise. Saint Paul lui attribue la sagesse, la science, la foi, la puissance de faire des miracles, le don de prophétie, le discernement des esprits, le don de parler diverses langues, la grâce des guérisons, l'interprétation des langues. Tout a été donné à l'Eglise pour la sanctification des élus de Dieu, et c'est le Saint Esprit qui est l'auteur de tous les biens que l'Eglise possède. C'est lui qui les conserve, qui les rend utiles aux âmes, qui les fait fructifier. Le Saint Esprit ouvre la porte par laquelle nous entrons dans l'Eglise en qualité de ses enfants. C'est par lui que nous sommes baptisés. Le Saint-Esprit parle, instruit, touche les cœurs par le ministère de la parole confié aux prêtres. Il est le souverain docteur des âmes. Le Saint Esprit préside les assemblées de l'Eglise, et dicte, ses décisions sur la foi, la morale, la discipline. C'est lui, nous dit saint Jean, qui atteste que Jésus Christ est la vérité. Aussi, quand l'Eglise parle, elle a soin de dire: « Il a paru bon au Saint Esprit et à nous ».


Donc tout ce que possède l'Eglise, de lumière, de sainteté, pour l'édification du corps mystique de Jésus Christ, doit être attribué au Saint Esprit. Si maintenant je considère, avec le flambeau de l'Ecriture à la main, les dons merveilleux que reçoivent toutes les âmes par le Saint-Esprit, je trouve ces vérités aussi consolantes qu'elles sont glorieuses pour moi. Le Saint-Esprit régénère l'homme, le justifie, et lui communique une justice et une sainteté qui lui deviennent inhérentes. Il délivre l'âme de l'esclavage des sens. Il rend l'homme enfant de Dieu, héritier de Dieu, membre vivant de Jésus-christ. Il habite dans l'homme comme dans son temple. Il devient son guide, et le fait agir par son impulsion. Il lui inspire le goût des biens spirituels et éternels. Il le remplit de courage pour confesser Jésus Christ devant les hommes. Il le console dans ses tribulations; il le fait triompher de la mort. Le Saint Esprit rétablit dans l'homme l'image de Dieu, et le fait participer aux perfections divines. Le Saint Esprit agit sur tout notre être et sur toutes nos facultés. Sur notre entendement qu'il remplit de lumière, en lui communiquant la connaissance de la vérité; en l'élevant à la contemplation des perfections divines et des plus hauts mystères. Le Saint Esprit agit sur notre mémoire, en lui rappelant toutes les vérités de la foi. Il exerce son action puissante sur la volonté, en lui faisant produire ces actes que le grand Apôtre appelle les fruits de l'Esprit, à cause de la facilité avec laquelle on les fait. Il crée les sentiments religieux, purs et durables, qui sont la prière, la joie et la paix. Enfin il fait pratiquer les vertus chrétiennes d'une manière si parfaite qu'on les appelle Béatitudes, parce qu'elles nous rendent très-heureux, même dans cette vie. Notre corps lui-même est sanctifié par l'Esprit divin, puisque c'est lui qui affaiblit la concupiscence et nous dispose à l'immortalité. Les moyens pour obtenir la participation à tous ces biens, nous sont offerts dans l'Eglise. Par le Baptême, le Saint-Esprit nous sanctifie, en répandant la grâce dans nos âmes, en faisant de nos cœurs un temple saint qu'il consent à habiter lui-même. Par la Confirmation, le Saint Esprit nous fortifie contre les ennemis de notre salut, et nous fait remporter la victoire. A la table sacrée, le Saint Esprit nous donne du goût pour ce pain descendu du ciel, et qui est destiné à nous rendre purs comme des Anges.


Dans le tribunal de la pénitence, il nous touche, nous pénètre d'un repentir salutaire, et crée dans nous ce cœur contrit et humilié auquel Dieu ne résiste jamais. Les époux chrétiens reçoivent au pied de l'autel, avec le sacrement du mariage, cet esprit d'union qui vient du ciel et dont le Saint Esprit est l'auteur. Sur son lit de mort, le fidèle est détaché de la terre, purifié des moindres souillures, fortifié contre les horreurs de la tombe, par le Saint Esprit qui se communique dans le sacrement de l'Extrême Onction. Enfin, quand Dieu le Père a choisi les ministres de l'Eglise, quand Dieu le Fils les consacre et leur donne une mission semblable, à celle qu'il a reçue lui-même, le Saint Esprit embrase les cœurs des prêtres et promet de parler par leur bouche. Ajoutons que la vierge fidèle à la grâce la plus signalée, quand elle vient à l'autel, en union avec Marie, pour donner sans partage à l'époux céleste tout ce qu'elle possède, le Saint-Esprit la prend par la main, et consomme son union avec Jésus!... Eh bien! est-il juste que je m'occupe souvent du Saint-Esprit? ou plutôt, n'est-ce pas une chose déplorable de voir un grand nombre d'âmes qui ne parlent jamais au Saint-Esprit, qui ne le connaissent pas? Ah! Seigneur, je suis couvert moi-même de confusion. Eh quoi! j'ai pu oublier si souvent mes devoirs envers le Saint-Esprit? j'ai pu négliger, pendant si longtemps, de lui offrir le tribut de ma reconnaissance et de mon amour!... Ce désordre cessera aujourd'hui; non, je ne négligerai plus le Saint-Esprit; je veux le connaître et l'aimer, je veux l'invoquer, l'appeler sans cesse, l'attirer dans moi par tous les moyens qu'il daignera me suggérer lui-même: je l'ai dit, et je commence dès ce moment.

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24 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dernier jour

Perpétuelle occupation de l'âme chrétienne

 

« Sa mère conservait dans son cœur le souvenir de toutes ces choses ». (Luc 2:51) A la naissance de Jésus, lorsque ce Verbe incarné ne s'exprimait encore que par ses pleurs, Marie recueillait avec une joie mêlée de respect les louanges et les bénédictions dont il était l'objet, et elle les méditait dans le fond de son cœur. Mais depuis qu'il a commencé lui-même à se faire entendre, depuis surtout qu'au milieu des docteurs il a laissé entrevoir les trésors de science et de sagesse qui étaient en lui, elle l'écoute avec une sainte avidité, elle se nourrit des paroles de vie qui sortent de sa bouche, elle conserve dans son âme avec un soin religieux tout ce qu'elle a vu de ce cher Fils; les mystères de son Enfance deviennent son plus doux entretien, et seront sa perpétuelle occupation jusqu'à ce qu'elle lui soit réunie dans le ciel. En êtes-vous assez touché pour éprouver le besoin d'y ramener vos pensées et vos affections au delà des jours plus particulièrement consacrés à en retracer et à en célébrer la mémoire? Ah! pour peu que l'onction de la grâce dont ils sont tout pleins ait pénétré votre âme, ils devront être fréquemment l'objet de vos contemplations, puisque, indépendamment de la douceur qui y est attachée, 1° ils éclairent, 2° ils consolent, 3° ils attirent à l'amour de Jésus-Christ.

 

Ils éclairent

 

Les mystères de la sainte Enfance portent dans l'âme une douce lumière qui invite à les contempler de plus près. La divine Majesté cachée sous le voile aimable de l'enfance, loin d'intimider la faiblesse, l'attire et l'encourage. Qui pourrait craindre de s'approcher d'un Enfant couché dans une crèche et versant des pleurs ? Et comme s'approcher de lui, c'est s'approcher de la lumière et de la vérité, se tenir près de lui, l'interroger avec simplicité, l'embrasser avec une respectueuse tendresse, c'est être entré dans le dessein de ce Verbe adorable, qui ne s'est fait homme que pour nous donner accès auprès du Père, et qui ne s'est fait enfant que pour que nous eussions plus facilement accès auprès de lui. Mais de plus, pouvait-il mieux nous faire connaître la grandeur de Dieu, le néant des grandeurs humaines, qu'en descendant lui-même à l'état de l'Enfance? Comment pouvait-il plus fortement et plus doucement tout ensemble nous attirer à l'humilité, à la pauvreté, à l'obéissance, à l'abnégation, à la pratique de toutes les vertus, qu'en enchaînant dans les langes et l'infirmité du premier âge sa grandeur, sa sagesse et sa souveraine indépendance. O mon âme! au spectacle d'un Dieu anéanti à ce point, les maximes de l'Évangile te semblent elles encore trop rigoureuses ou sa morale impraticable? Quand Jésus-Christ appelle ses disciples à la pauvreté, à l'humilité,à la pénitence et aux larmes, n'est-ce pas du sein même de l'indigence et de la plus profonde obscurité qu'il les y appelle, n'est-ce pas éprouvé lui-même dès son entrée dans la vie par l'affliction et la souffrance? Ne s'y est-il pas volontairement condamné? Demande-t-il quelque sacrifice auquel il ne se soit soumis le premier? Et lorsqu'à tous les droits qu'il a acquis sur nous il ajoute l'autorité irrécusable de ses exemples, n'est-il pas fondé a nous dire: Le disciple n'est pas plus que son maître, ni l'esclave plus que son Seigneur. Et cependant je veux trouver la bienveillance, l'estime, la considération: j'ai horreur de l'obscurité, du mépris et de l'abandon. Si j'ai passagèrement à les supporter, j'en souffre, je me plains; j'accuse les hommes de dureté ou d'injustice; je me dis chrétien, et je ne sais pas me contenter du nécessaire, il faut que j'y ajoute l'aisance, et je m'imagine que je manque de tout, si je ne jouis de tout ce qui rend l'existence agréable et commode. O humilité d'un Dieu Enfant! O pauvreté de Bethléem! O sainte obscurité de Nazareth! Instruisez-moi, corrigez-moi,éclairez mon cœur, apprenez-moi, rappelez-moi souvent de quel maître je suis le disciple et quel est le Dieu que j'adore.


 

Ils consolent


 

Qu'est-ce qui nous rend les chagrins et les peines de cette vie si douloureux et souvent même insupportables? C'est sans contredit le défaut de foi, qui nous empêche de les regarder comme des épreuves, et de les recevoir de la main de Dieu comme des moyens de sanctification. Puisqu'en effet tous les Saints ont passé par la voie des tribulations pour arriver à la vie bienheureuse, et qu'il a fallu que le Christ souffrit et qu'il entrât ainsi dans sa gloire, il n'y a pas d'autre voie pour y arriver que la voie royale de la sainte croix. Mais parce que ces hautes vérités entrent toutes plus ou moins difficilement dans nos esprits, et que surtout elles trouvent une vive opposition dans les passions qui nous dominent, Jésus-Christ a voulu les rendre intelligibles à nos esprits et à nos cœurs par les mystères de sa divine Enfance, et par eux adoucir toutes les amertumes de la vie. En effet, sont-ce les humiliations, les rebuts, la dureté des hommes qui exercent votre patience? voyez l'Enfant Jésus à Bethléem. Est-ce la pauvreté, le dénuement et l'abandon? contemplez l'étable où il est né. Est-ce la persécution, le danger, l'exil? suivez-le dans sa fuite précipitée dans une terre étrangère, au milieu d'une nation idolâtre. Est-ce l'assujettissement et la dépendance? observez avec quelle ponctuelle docilité il obéit à l'édit de César, à l'avertissement de l'ange, au précepte de la loi, à la volonté de ses parents. Est-ce l'obscurité de votre condition, les fatigues de votre état, l'obligation de pourvoir par un pénible travail à votre subsistance ou au soutien de votre famille? allez à Nazareth, arrêtez-vous quelques moments dans cette humble et obscure retraite, qui fut pendant une si longue suite d'années celle du Créateur du ciel et de la terre. O adorable Enfant! que votre miséricorde envers nous a été immense! A combien de titres vous méritez d'être appelé notre Libérateur et notre Sauveur, puisque non-seulement vous nous avez délivrés du péché, et sauvés de la mort à laquelle nous étions condamnés, mais que vous nous délivrez même du poids accablant de nos peines, si nous sommes fidèles à vous en demander le soulagement, et à le chercher dans la contemplation des mystères de votre divine Enfance! Ah! la pauvreté ne me paraît plus si triste depuis que je vous contemple sur cette paille qui vous reçut à votre naissance. Comment pourrai-je me plaindre de l'abandon de mes amis, de l'oubli ou de l'insensibilité de mes proches, lorsque, dans la ville même de vos aïeux, vous êtes réduit à chercher un asile dans une hôtellerie, et que vous ne pouvez l'obtenir. En vous voyant fugitif, persécuté, banni, mon cœur s'affermit contre toutes les craintes; il me semble que je comprends ce que je n'avais pas bien compris jusqu'à ce jour, que toute la terre est au Seigneur, et que partout on peut le trouver, le servir et l'aimer. En appliquant à un métier obscur ces mains qui tendent les cieux, et les roulent comme un vêtement, vous avez divinisé le travail, sanctifié, consacré et béni par vos sueurs les fatigues et les larmes du pauvre.


 

Ils attirent à l'amour de Jésus Christ


 

Le Psalmiste, ravi d'admiration à la pensée de la grandeur de Dieu et de la magnificence qu'il doit déployer aux yeux des Élus dans la Cité sainte, s'écrie: Le Seigneur est grand et digne de toute louange. Mais saint Bernard, rappelé par sa tendre piété au souvenir des mystères de la sainte Enfance, s'écrie à son tour: Il est petit le Sauveur que j'adore, il est vraiment digne de tout amour.  Pourquoi en effet a-t-il voulu naître dans cet état si pauvre, si ce n'est pour nous convier à l'aimer? Je les attirerai, avait-il dit par un prophète, je les entraînerai parles liens d'Adam, par les chaînes de l'amour. Et comment résister à une si touchante miséricorde? comment n'être pas vaincu par une si prodigieuse charité? Comment ne pas l'aimer ce véritable Emmanuel, ce Dieu avec nous, ce Roi immortel des siècles devenu un enfant d'un jour, daignant nous sourire et nous tendre les bras, fuyant dans une terre étrangère pour nous ramener dans notre patrie, descendant du séjour de la gloire dans la demeure des animaux, du lieu de son repos dans l'atelier du travail, pour nous élever au désir des vrais Mens et nous mériter le repos dans la gloire. Voilà, ô mon Sauveur! vos vues pleines de tendresse, les inventions prodigieuses de votre charité! Qu'en avez-vous recueilli de la part des hommes? Personne ne rencontre un enfant aimable sans se sentir porté à l'aimer. Vous vous êtes fait Enfant, et le plus beau des enfants des hommes. La grâce a été répandue sur vos lèvres. Hélas! ils vous ont repoussé, persécuté à votre naissance, méconnu et outragé pendant votre vie. Vous vous en êtes plaint par votre prophète: Au lieu de m'aimer, ils m'ont calomnié; et mot je priais pour eux, et ils m'ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour l'amour. Et dans votre Église, ô mon Sauveur! parmi ceux que vous avez adoptés pour vos enfants, qui sont marqués de votre sceau, qui est-ce qui vous aime? Qui est-ce qui s'occupe des mystères de votre Enfance? Qui est-ce qui pense à vous? Mais pourquoi m'occuper des autres? Où suis-je moi-même? où est mon amour? Hélas! jusqu'à présent je ne l'ai témoigné que par mes infidélités, ma lâcheté, mes froideurs. O aimable Sauveur! puisque vous ne vous êtes fait Enfant que pour nous attirer à votre amour, attirez-moi par les charmes de votre divine Enfance. Je veux vous aimer; allumez dans mon cœur ce feu de la charité dont vous avez embrasé vos Saints et qui les a fait triompher du démon, de la chair et du monde.


 

Vertu à obtenir: Le souvenir fréquent des mystères de la sainte Enfance


Résolutions et aspirations


 

Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus accomplissant pour votre salut tous les mystères que vous vous êtes appliqué à contempler pendant ce mois consacré particulièrement à en honorer la mémoire. Rendez grâces à cet aimable Sauveur, par sa glorieuse Mère, de la bonté infinie qui l'a porté à passer par le premier âge pour nous attirer à lui, et à endurer dès les premiers jours de sa vie mortelle tant d'humiliations et de douleurs pour expier nos péchés. Priez-le instamment de graver profondément dans votre cœur le souvenir de toutes les circonstances précieuses de ses premières années, et d'y renouveler souvent les sentiments de piété et de dévotion qu'elles y ont fait naître; demandez-lui pardon des distractions auxquelles vous vous êtes laissé aller au milieu de ces considérations si propres à fixer la légèreté de votre esprit, puisqu'elles feront éternellement la joie le bonheur des élus. Offrez à Jésus Enfant tous les enfants qui vous sont chers, afin qu'il les bénisse; tous ceux que vous ne connaissez, mais qui lui appartiennent par leur adoption, afin qu'il les préserve de la contagion de incrédulité, afin qu'il en fasse comme un peuple nouveau consacré à son service et fervent dans les bonnes œuvres.


 

Prière


 

Divin Enfant! beauté incomparable, bonté incomparable, toujours adorable, parce que vous êtes mon Saveur, je vous adore et je vous aime, je vous consacre toutes les lumières de mon esprit, toutes les tendresses de mon cœur; et je vous rends grâces de toute mon âme de vous être fait Enfant pour mon amour. Je vous adore dans tous les mystères de votre divine Enfance; je vous prie de m'en donner l'esprit, et de m'accorder la grâce de les honorer dignement toute ma vie par mes adorations, par mon amour et par l'imitation fidèle des vertus que vous y avez pratiquées. Je vous adore, ô Dieu et Enfant tout ensemble, dans ce moment si précieux où le Saint Esprit vous forma un corps du plus pur sang d'une Vierge, et je vous demande la grâce de participer à sa pureté toute divine. Je vous adore, ô Dieu caché pendant votre séjour dans le sein de Marie! Je veux honorer cette vie cachée en en rapprochant la mienne autant que mes devoirs d'état pourront me le permettre. Je vous adore! ô Enfant de grâce et d'amour, dans l'instant bienheureux de votre naissance, et je vous demande de renaître pleinement à votre grâce et à votre amour. Je vous adore, ô Enfant de douleur! dans le mystère de votre Circoncision, et je vous conjure, par le sang précieux que vous commençâtes alors à répandre pour mon salut, de me donner cette douceur d'agneau avec laquelle vous endurâtes cette douloureuse opération. Je vous adore avec les bergers, ô divin Pasteur des âmes! donnez-moi avec leur docilité la simplicité de leur foi et l'ardeur de leur amour. Je vous adore dans votre crèche avec les Mages, ô Enfant plein d'attraits! donnez-moi, comme à ces saints Rois, une fidèle correspondance à la lumière de votre grâce. O Dieu fugitif et exilé! je vous adore dans votre fuite et votre séjour en Egypte, et je vous conjure par votre humiliation dans ce mystère de m'inspirer la fuite des plaisirs de la terre et le désir du ciel. Je vous adore au milieu des docteurs, ô Vérité incarnée! et je vous supplie de mettre dans mon âme l'attachement à votre céleste doctrine et l'horreur de tout ce qui pourrait affaiblir ou ébranler ma foi. Je vous adore, ô Dieu obéissant! dans les travaux de votre enfance, et dans votre soumission à Joseph et à Marie, et je vous conjure de m'accorder la grâce de travailler constamment à ma sanctification, et de régler toujours mon obéissance sur la vôtre, afin que je mérite d'entendre un jour ces consolantes paroles: Courage, bon et fidèle serviteur, parce que vous avez été fidèle dans peu de chose, je vous en donnerai de plus grandes à gouverner: entrez dans la joie de votre Seigneur. Ainsi soit-il.


Fin du Mois de l'Enfant Jésus

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Prochain Mois de Dévotion: le Mois du Saint Esprit

rendez-vous le 31 janvier


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23 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Trente-et-unième jour

Jésus avance en âge, en sagesse et en grâce


« Jésus avançait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes ». (Luc 2, 52) Peut-on dire d'un Jésus, du fils de Dieu d'un Homme-Dieu, à qui la sagesse même était unie en personne, qu'il croissait en sagesse et en grâce comme en âge devant Dieu et devant les hommes? N'avons-nous pas vu qu'en entrant au monde il se dévoua lui-même à Dieu pour accomplir sa volonté, en prenant la place des sacrifices de toutes les sortes. N'est-il pas appelé dès sa naissance le sage, le conseil, l'auteur de la paix? N'avait-il pas la sagesse dès le sein de sa mère? Comprenez donc que la sagesse et la grâce qui étaient en lui dans sa plénitude, par une sage dispensation se déclaraient avec le temps, et de plus en plus par des œuvres et par des paroles plus excellentes devant Dieu et devant les hommes. Mais surtout comprenez que cet avancement du Sauveur est le modèle du vôtre, et que par conséquent vous devez sans cesse vous appliquer à parvenir à l'état d'un homme parfait, à la mesure de l'âge de la plénitude de Jésus Christ, et pour cela vous dégager peu à peu 1° des idées terrestres, 2° des affections terrestres, 3° des habitudes terrestres.


Des idées terrestres


Jésus croissait en âge, quittant peu à peu les faiblesses naturelles du corps qui accompagnent l'enfance, afin de nous apprendre à nous défaire de celles de l'esprit. Pourquoi en effet l'évangéliste remarque-t-il qu'il croissait en âge, sinon pour attirer notre attention sur le parfait ensemble de la conduite et de toute la personne du Verbe incarné, sur l'accord de l'accroissement des années avec la manifestation progressive de sa sagesse, du développement de ses forces corporelles avec celui des dons de sa grâce. Il veut surtout nous rappeler que le dessein du fils de Dieu fait homme, en se condamnant à passer par l'état d'enfance et par des accroissements successifs, était de nous offrir une leçon et un modèle, de nous enseigner que, si comme des enfants nouvellement nés, nous devons conserver la candeur et la simplicité, nous sommes obligés de croître pour le salut, de demeurer toujours enfants par l'innocence, mais de devenir hommes faits par la prudence et la sagesse. En un mot de ne plus être comme des enfants emportés à tous les vents des opinions humaines, mais de croître de toute manière en Jésus-Christ, qui est notre chef. Puis-je dire, ô mon Sauveur! que je suis entré dans vos desseins miséricordieux, et que je me suis efforcé de copier et de reproduire en moi votre admirable conduite? Ai-je commencé à me dégager de la vanité des pensées, des écarts de l'imagination, de la crainte des jugements humains, de l'inconstance et de l'instabilité de mon propre esprit? Ah! disait l'apôtre saint Paul, quand fêtais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant, je raisonnais en enfant. Mais lorsque je suis devenu homme, je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfance. Puis-je me rendre ce témoignage? quel jugement ai-je porté des richesses, des honneurs, des plaisirs de la terre? Si dans certains moments j'en reconnais la vanité, cette conviction est-elle assez forte pour m'en donner de l'éloignement et du mépris? Est-ce une conviction née de la foi, et une lumière de la grâce, ou bien un aperçu de raison et un pur effet de sagesse? Ah! j'ai trop sujet de craindre que vos leçons et vos exemples, ô mon Sauveur! n'entrent que pour bien peu de chose dans cette disposition de mon esprit, puisqu'il entend si peu de chose aux mystères de vos humiliations et de vos douleurs. Quand on me parle des consolations attachées à votre service, et des récompenses magnifiques que vous réservez à ceux qui auront persévéré jusqu'au terme, il me semble que mon âme s'ouvre à la vérité, et que je vais entrer dans la voie étroite qui mène à la vie. Mais si vous m'appelez à votre suite à la croix et aux épreuves, je me trouve dans le même état que vos disciples, lorsque vous leur annonciez votre passion: Ils ne comprenaient rien à tout cela: c'était une chose cachée pour eux, et ils n'entendaient pas ce que vous leur disiez.


Des affections terrestres


L'Enfant Jésus croissait en âge et en sagesse. Ce don de sagesse qui lui avait été fait dès le premier moment de sa conception se déclarait au dehors dans une proportion admirable avec l'accroissement de ses années et le progrès naturel de l'âge. Ce désir de la gloire de son Père dont son cœur était tout plein, cet amour pour les hommes dont il était consumé, cette miséricordieuse impatience de les sauver qui dominait toutes ses affections, voilà les sentiments dont son âme était constamment remplie, et qu'il exprimait sans doute d'une manière plus ou moins manifeste. Et en effet, quand il disait à ses disciples au milieu de la cène eucharistique: J'ai souhaité avec ardeur de manger cette Pâque avec vous avant que de souffrir; c'est qu'en effet ce désir avait bien souvent occupé son cœur. Et quand il ajoutait: Je suis venu pour mettre le feu sur la terre, et qu'est ce que je désire, sinon qu'il s'allume. Je dois être baptisé d'un sanglant baptême, et combien me sens-je pressé jusqu'à ce qu'il s'accomplisse, ne donnait-il pas assez à entendre que la flamme de la divine charité avait toujours été vivante en lui, et sa passion et sa mort le constant objet d'un désir qui ne devait cesser de brûler que lorsqu'il serait accompli sur la croix? Si tel est mon aveuglement et ma misère que je ne puisse réellement apprécier ni les vrais biens, ni les vrais maux, comment mon cœur se dégagera-t-il des affections terrestres pour ne chercher que Dieu et n'aimer que lui? Ainsi, ô sujet d'humiliation et de douleur! tantôt en moi c'est l'esprit qui est la dupe du cœur, et tantôt le désordre du cœur est causé par les ténèbres de l'esprit! Et au lieu de croître en sagesse comme en âge, de m'attacher à vous, ô mon Sauveur, à votre doctrine, à vos exemples, de me détacher de la terre, du monde et de moi-même, je sens mes chaînes plus fortes, mes illusions changées, mais non pas détruites. J'avance en âge, mais le corps qui se corrompt appesantit de plus en plus mon âme. Cependant, ô mon Dieu! pourquoi m'avez-vous créé, appelé à la lumière admirable de votre Evangile, comblé de tant de grâces jusqu'à ce jour? N'est-ce pas pour m'attirer à vous, me sanctifier, et ainsi me perfectionner par la charité? Aidez-moi donc, soutenez-moi, inspirez-moi, puisque sans vous je ne puis former même un bon désir. Heureux, avez-vous dit par votre prophète, celui qui attend son secours de vous ! Au milieu de cette vallée de larmes, il forme dans son cœur des degrés qui s'élèvent jusqu'au séjour que vous habitez.


Des habitudes terrestres


Jésus croissait en grâce devant Dieu et devant les hommes, donnant extérieurement de plus grandes preuves de sa sainteté, à mesure qu'il avançait en âge; car pour sa sainteté intérieure elle était au plus haut point de perfection dès le commencement de sa vie passible et mortelle : il n'avait pas besoin comme nous de croître en vertu, parce qu'il avait la plénitude de la grâce et de toutes les vertus ; car Dieu, qui l'a envoyé, ne lui donne pas son esprit avec mesure, ainsi que son humble précurseur le disait aux Juifs. Le père aime le Fils, ajoutait-il, et lui a mis toutes choses entre les mains. C'est parce que cet esprit de grâce était en lui surabondant qu'il s'avançait si constamment et si généreusement vers son terme, accomplissant l'œuvre qui lui avait été confiée par son Père! Il s'est élancé comme un géant, il a pris sa course du haut des deux. S'est-il arrêté? Non, non, il a passé en faisant du bien. Au lieu de la vie tranquille et heureuse dont il pouvait jouir, il a souffert la croix en méprisant la honte et l'ignominie, et il est maintenant assis à la droite du trône de Dieu. Elève donc tes regards, ô mon âme! vers Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, entre généreusement dans la carrière qu'il a ouverte; avance avec foi sur sa trace; car pour demeurer en lui il faut marcher comme il a lui-même marché, c'est à dire vivre comme il a vécu, dans la sainteté, dans l'innocence, dans la perfection. Ce n'est pas assez de renoncer aux idées et aux affections terrestres, il faut sortir des habitudes qui enchaînent l'âme et arrêtent son essor. Est-ce la sensualité, l'orgueil, le désir de l'estime du monde, ou de l'affection des créatures, l'attachement à la vie, à la fortune, à la terre? Ah! il me faut trancher au vif, commencer la réforme intérieure, mais de bonne foi, avec sincérité, devant Dieu et devant les hommes. Pourquoi, pendant ce mois, me suis-je appliqué à la contemplation des mystères de votre sainte Enfance, ô mon Sauveur! n'est-ce pas pour en prendre l'esprit, pour former et régler ma vie sur le modèle de la vôtre? Je l'ai dit, ô divin Enfant! Je veux commencer, et ce changement de ma volonté est un effet de votre grâce. Je poursuivrai mes ennemis, mes défauts, mes mauvaises habitudes, ce vieil homme qui vit encore en moi. Je me saisirai d'eux, et ne les quitterai pas qu'ils n'aient succombé.


Vertu à obtenir: La persévérance.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'enfant Jésus dévoilant aux yeux des hommes les merveilles de grâce et de sainteté dont son âme était remplie. Félicitez Marie et Joseph de la joie et du bonheur dont les comblait cette ravissante contemplation. Si vous désirez avancer dans la vie chrétienne et vous perfectionner dans la doctrine de Jésus-Christ, dans ses vertus et dans son esprit, observez et mettez en pratique ces trois choses recommandées par Saint Charles Borromée: en premier lieu, figurez-vous chaque jour que vous ne faites que commencer, et efforcez-vous de servir Dieu avec autant de ferveur que si vous étiez au premier jour de votre conversion; en second lieu, ayez toujours Dieu présent et n'en perdez point le souvenir; en troisième lieu, faites que toutes vos actions tendent à Dieu par une droite intention et par un désir insatiable de lui plaire. Ne dites jamais: C'est assez; ne soyez point satisfait de ce que vous êtes, si vous désirez parvenir à ce que vous n'êtes pas encore.


Prière


Je vous en conjure, ô Dieu de bonté, délivrez-moi des soins de cette vie, de peur qu'ils ne retardent ma course, des nécessites du corps, de peur que la volupté ne me séduise; de tout ce qui arrête et trouble l'âme, de peur que l'affliction ne me brise et ne m'abatte. O mon Dieu! douceur ineffable! changez pour moi en amertume toute consolation de la chair, qui me détourne des biens éternels et m'attire et me fascine par le charme funeste des biens présents. Que je ne sois pas, mon Dieu, vaincu par la chair et le sang, trompé par le monde et sa gloire qui passe; que je ne succombe point aux ruses du démon. Donnez-moi la force pour résister, la patience pour souffrir, la constance pour persévérer. Donnez-moi, au lieu de toutes les consolations du monde, la délicieuse onction de votre esprit, et au lieu de l'amour terrestre, pénétrez-moi de l'amour de votre nom. Ainsi soit-il.

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22 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Trentième jour

Retour de Jésus à Nazareth


« Il alla à Nazareth, et il leur était soumis ». (Luc 2) L'enfant Jésus remis entre les mains de ses parents jusqu'à son baptême, c'est à dire jusqu'à l'âge d'environ trente ans, ne fit plus autre chose que de leur obéir, et en quoi leur obéir? Dans les plus bas exercices, dans la pratique d'un art mécanique. Passez en revue ce qu'une famille pauvre présente de soins et d'occupations, et ne doutez pas que Jésus n'ait toujours recherché ce qui était le plus humiliant et le plus pénible. Ce n'est point un docte pinceau qu'il manie: il aime mieux l'exercice d'un métier plus humble et plus nécessaire à la vie. Ce n'est point une docte plume qu'il exerce par de beaux écrits : il s'occupe péniblement, il gagne sa vie, à ce spectacle un religieux effroi saisit l'âme: elle adore en tremblant un Dieu si prodigieusement abaissé. Comprenez aujourd'hui que par cet incompréhensible abaissement il veut vous apprendre 1° à servir, 2° à travailler, 3° à obéir.


A servir


La volonté du Père céleste avait été que Jésus donnât au milieu des docteurs assemblés un essai de la sagesse dont il était plein, et qu'il venait déclarer, et tout ensemble de la supériorité avec laquelle il devait regarder ses parents mortels, sans suivre la chair et le sang, leur maître de droit soumis à eux par dispensation. Après cet essai de son ministère, et cette première révélation de sa mission divine, il lui tarde ce semble de rentrer dans l'anéantissement de sa vie cachée, et d'éteindre dans l'impénétrable obscurité de la pauvre maison de Nazareth l'éclat qu'il vient de jeter dans le temple de Jérusalem. Il a dit de lui-même qu'il était venu pour servir, et il commence par servir ses parents; il s'emploie dans la maison aux soins du ménage: nous ne lisons pas que ses parents aient jamais eu de domestiques, semblables aux pauvres gens dont les enfants sont les serviteurs; et l'on ne voit nulle part que lui-même ait eu des serviteurs à sa suite. O mon Sauveur! quel sujet de confusion et d'épouvante pour moi! Chacune des paroles de votre Evangile m'accuse; chacun des traits de votre vie me condamne: vous recherchez dès votre enfance la fatigue et les humiliations; et je ne soupire qu'après les honneurs et le repos. Vous voulez servir vos créatures, vous qui êtes le souverain Maître; et je voudrais partout être maître, moi qui ne mérite pas d'être même au dernier rang parmi vos serviteurs; je suis difficile en tout point, et sous l'apparence de l'exactitude et de la régularité, je cherche à me dissimuler à moi-même la rigueur d'un caractère exigeant; si au moins j'étais aussi exact à votre service, ô mon Dieu! que je veux qu'on le soit au mien; mais non, je ne vous sers qu'avec négligence et avec froideur, par humeur et par caprice; et ainsi désobligeant pour mes supérieurs et mes égaux, dur avec ceux qui me sont soumis, infidèle envers vous, je me trouve tout ensemble mauvais serviteur et mauvais maître; et vous me souffrez dans votre maison, et vous me gardez à votre service, ô incomparable maître! ah, prenez encore pitié de ma misère: ne me rejetez pas de votre présence, et n'ôtez pas de moi votre Esprit Saint.


Pour travailler


O Dieu! je suis saisi encore un coup! Orgueil, viens mourir à ce spectacle! Jésus fils d'un charpentier, charpentier lui-même, connu par cet exercice sans qu'on parle d'aucun autre emploi, ni d'aucune autre action. On se souvenait dans son Eglise naissante des charrues qu'il avait faites; et la tradition s'en est conservée dans les plus anciens auteurs: c'est pourquoi, au commencement du ministère de Jésus-Christ, lorsqu'il vint prêcher dans sa patrie, on disait: N'est-ce pas là ce charpentier fils de Marie? comme celui, n'en rougissons pas, qu'on avait vu pour ainsi parler tenir la boutique, soutenir par son travail une mère veuve, et entretenir le petit commerce d'un métier qui les faisait subsister tous les deux. Il y en a qui ont eu honte pour le Sauveur de le voir dans cet exercice, et dès son enfance le font jouer avec des miracles. Mais l'Evangile a renfermé toute sa vie durant trente ans dans ces paroles: Il leur était soumis. Et encore: C'est ici ce charpentier fils de Marie. Dans une vie si vulgaire, connu à la vérité, mais par un vil exercice, pouvait-il mieux cacher ce qu'il était? Que dirons-nous donc, que ferons-nous pour le louer? Il n'y a en vérité qu'à demeurer dans l'admiration et le silence. Mais où en suis-je, ô mon Sauveur! avec ce que j'appelle ma capacité, mes talents, ma condition, ma naissance? L'obscurité me fatigue, des emplois trop bas me déplaisent; je veux m'en tirer et en tirer ma famille: je me sens fait pour quelque chose de plus relevé: j'ai honte de la médiocrité de mon état. C'est pour cela peut-être que je me sens comme humilié de l'abaissement du vôtre, et je ne sens pas que pour guérir l'enflure de mon cœur et cette soif d'ambition, d'honneurs et d'élévation qui me dévore, il me fallait, à l'appui de ses leçons, les exemples d'un Dieu pauvre, laborieux, gagnant son pain à la sueur de son front et bénissant la volonté divine dans son humiliation.


A obéir


Comme c'est l'orgueil de la révolte de l'homme que le Verbe fait chair vient réparer, chacun de ses pas laissera, pour ainsi dire, une empreinte d'humiliation et d'obéissance. Vous l'avez vu soumis à la loi de la circoncision dont à tant de titres il était en droit de s'affranchir, à l'avertissement de l'Ange pour quitter la Judée et pour y revenir. Mais de peur que vous ne pensiez qu'il ne se rend à la suprême volonté que parce qu'elle est imprimée par la loi ou intimée par l'Envoyé céleste, c'est aux hommes qu'il veut obéir, c'est à ses propres créatures, c'est dans toutes les circonstances et sur tous les points : ce n'est pas un seul jour et dans quelques occasions d'éclat, c'est à tous les moments et dans toute la suite de ses actions; et tout ce qui nous a été révélé de sa vie adorable pendant trente années, ce n'est ni la profondeur et la sublimité de sa doctrine, ni le nombre et la puissance de ses miracles, ni la perfection de sa prière et de ses œuvres divines, mais la continuité de son obéissance. Et il leur était soumis. Cette leçon m'était donc bien nécessaire, ô mon Sauveur! puisque vous me l'avez donnée en tant de manières et que vous l'avez comme imprimée sur toute votre personne. Oui, sans doute, puisque tout en moi est soulevé contre l'ordre et dans une opposition constante à votre volonté, puisque malgré la double autorité de vos préceptes et de vos exemples, mes sens, mon esprit et mon cœur sont si souvent armés contre la vérité, la charité et la sainteté. Enfant, je m'élevais contre la volonté de mes parents et de mes maîtres; plus tard c'était contre vos commandements, contre votre esprit, contre les avertissements de ma conscience, contre les lumières de la grâce, contre l'attrait et les reproches de votre amour. Ainsi toute votre vie n'a été qu'un grand acte de soumission, et toute la mienne une continuelle révolte. Faire la volonté de votre père était votre nourriture, vos délices, votre félicité: et la combattre, m'y soustraire, m'en affranchir a été le crime de toute ma carrière. Poussière et néant, j'ai regardé comme quelque chose de grand de me soumettre à un homme, pour obéir à Dieu lorsque vous tout puissant et très haut vous vous êtes soumis à vos propres créatures pour me sauver. O Sauveur! obéissant depuis la crèche jusqu'à la croix, faites-moi participant de votre esprit d'obéissance, apprenez-moi a faire votre volonté, parce que c'est vous qui êtes mon Dieu.


Vertu à obtenir: L'amour de l'obscurité.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant cette journée le saint enfant Jésus retournant à Nazareth pour y mener avec Marie et Joseph une vie pauvre, laborieuse, une vie vraiment cachée en Dieu. Comprenez la nécessité de rentrer dans l'obscurité dès que le service de Dieu, l'unité de vos frères et vos devoirs d'état ne vous retiennent plus au milieu du bruit, de l'éclat et de la dissipation du monde. Si la Providence vous a fait naître dans une condition obscure, obligé de vivre de votre travail, consolez-vous, réjouissez-vous même. Jésus-Christ a divinisé votre état et sanctifié le travail. Si vous avez en partage l'aisance et la fortune, souvenez-vous que vous n'êtes pas dispensé de l'obligation de travailler. Elle est imposée à tous les enfants d'Adam comme peine du péché. Exercez-vous à briser votre volonté, à faire peu d'estime de votre jugement et de votre capacité; et peu à peu vous vous accoutumerez à céder, même sans efforts, aux idées et aux opinions d'autrui pour lesquelles si souvent on perd la paix, ou l'on blesse la charité.


Prière


Sauveur Jésus, qui de maître des anges vous êtes fait l'apprenti d'un homme mortel sur la terre, qui tenant la place d'Adam n'avez voulu manger votre pain qu'à la sueur de votre visage, qui enfin étant le souverain de l'univers vous êtes soumis à vos créatures, enseignez-nous l'humilité dont vous êtes le docteur dans votre apprentissage, la pénitence que vous avez sanctifiée par votre travail et vos sueurs, et l'obéissance parfaite que vous avez consacrée en vous assujettissant à ceux de qui l'être et la vie dépendaient de vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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21 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-neuvième jour

Jésus part de Jérusalem avec ses parents

 

« Etant parti avec eux il alla à Nazareth ». (Luc 2) « Ne perdez rien de la sainte lecture. Le mot de l'évangéliste est qu'il descendit avec eux à Nazareth. Après s'être un peu échappé pour faire l'ouvrage et le service de son Père, il rentre dans sa conduite ordinaire comme dans celle de ses parents, dans l'obéissance. C'est peut-être mystiquement que l'évangéliste dit: Il descendit. Et en effet une fois entré par son incarnation dans la carrière des humiliations, quelque démarche qu'il fît, il descendait toujours plus ou moins, d'une manière plus ou moins sensible. Ainsi en cette circonstance, après avoir un moment percé la nuée, il y rentre, et n'offre plus à l'admiration de ses parents d'autre prodige que celui de son humiliation. Comprenez qu'après nous avoir offert à nous-mêmes le modèle de notre conduite dans le temple, il nous enseigne quelles dispositions nous en devons rapporter, 1° d'humilité, 2° de charité, 3° de sainteté.

 

D'humilité

 

Les parents de Jésus furent étonnés de le trouver parmi les docteurs, dont il faisait l'admiration; ce qui marque qu'ils ne voyaient rien en lui d'extraordinaire dans le commun de la vie; car tout était comme enveloppé sous le voile de l'enfance. La sagesse dont il était plein se déclarait par degrés comme dans les enfants ordinaires. Seulement il reluisait en tout son extérieur je ne sais quoi qui faisait rentrer en soi-même et attirait les âmes à Dieu, tant tout était simple, mesuré, réglé dans ses actions et dans ses paroles. Sans doute qu'à travers les questions et les réponses qu'il avait adressées aux docteurs dans le temple ce haut caractère de sagesse et cette grâce divine qui était en lui s'étaient manifestés d'une manière plus éclatante. C'est cet éclat et ce reflet de majesté qui avait brillé sur son front qu'il s'empresse d'effacer; il a obéi à son Père en paraissant comme maître des docteurs; il instruit ses disciples en paraissant au sortir du temple le plus modeste, le plus doux, le plus docile des enfants. Est-ce dans cette heureuse disposition que je sors de votre sainte demeure, ô mon Dieu? si vous avez daigné m'y accorder quelque grâce particulière, si votre crainte ou votre amour ont parlé comme de plus près à mon cœur, vos bienfaits et vos dons en me pénétrant de reconnaissance me laissent-ils rempli d'un véritable mépris de moi-même? Sais-je bien comprendre que vous les accordez à ma faiblesse et non à mes mérites, qu'ils sont bien plus l'effet de votre miséricorde que la récompense de mes vertus? Hélas! et trop souvent au lieu de recueillir et de conserver dans un humble silence les impressions de vérité et de sainteté que la présence des divins mystères, la piété des fidèles, la prédication évangélique ont faites dans mon âme, la dissipation, l'esprit de critique, des observations malignes, des jugements peu charitables ne les ont-ils pas ou effacées ou affaiblies? et comme le pharisien de l'Evangile ne suis-je pas souvent sorti du temple plus coupable que justifié ?

 

De charité

 

Malgré la rigueur apparente de la réponse de Jésus aux plaintes que la douleur arrache à sa divine mère, il est juste de croire qu'il était touché, et que témoin invisible de l'affliction que l'amour causait à son cœur maternel , il adoucissait en la sanctifiant l'amertume de cette affliction et ajoutait en le rendant plus vif à la perfection de cet amour. Est-ce qu'en effet il pouvait blâmer Marie et Joseph de l'avoir cherché ou de s'être affligés de sa perte? Non sans doute. Pourquoi en effet se retirait-il, si ce n'est pour se faire chercher? Et pourquoi les éprouver par cet éloignement passager, si non pour leur faire mieux apprécier le bonheur de sa présence? Aussi rendu à leurs vœux et à leurs larmes il leur fait goûter tout ce que la possession de sa personne adorable peut avoir de plus doux; ses paroles pleines de bonté ont surabondamment compensé leurs alarmes; et bien mieux que les disciples d'Emmaüs ils purent bien souvent se dire l'un à l'autre: N'est-il pas vrai que notre cœur était tout embrasé lorsqu'il nous parlait en chemin. O mon âme! quand tu as visité le saint temple, l'amour de Dieu est-il plus vif en toi? Eprouves-tu un besoin plus impérieux de le retrouver? Te sens-tu portée plus habituellement à le faire connaître, à publier sa bonté, à lui gagner, s'il se pouvait, tous les cœurs? As-tu quelquefois du moins éprouvé cette affectueuse reconnaissance dont était pénétré David quand il s'écriait: Célébrez avec moi le Seigneur: exaltons ensemble son nom. J'ai cherché le Seigneur et il m'a exaucé, et il m'a délivré de toutes mes tribulations. Approchez de lui et vous serez éclairés, et la honte ne sera point sur votre visage. Eprouvez et goûtez combien le Seigneur est doux, combien est heureux celui qui espère en lui! Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints, parce que rien ne manque à ceux qui le craignent. Comme un bon pauvre qui a reçu à la porte d'un riche une abondante aumône la partage avec ses compagnons d'infortune, ainsi lorsque je sors de votre saint temple, ô mon Dieu, je dois répandre au milieu de mes frères la paix, la componction, la charité. Que je suis éloigné pour l'ordinaire de cette louable et salutaire disposition! Trop souvent, hélas! n'en ai-je pas rapporté l'impatience, l'humeur et la susceptibilité?

 

De sainteté

 

Est-ce donc que l'enfant Jésus avant sa retraite dans le temple ne manifestait pas dans sa conduite la grâce et la sagesse qui étaient en lui? Ah! elles éclataient dans toutes ses démarches: elles étaient inséparables de sa personne. Comment toutes les actions du Saint des saints n'auraient-elles pas été empreintes d'un ineffable caractère de sainteté? Ainsi, dès les premiers moments de sa naissance son sourire et ses pleurs, son silence- et ses cris enfantins, le repos et l'action, tout en lui était plein de grâce et de vérité; et lorsque plus tard, soutenu par la main de Joseph, il essayait ses premiers pas, ou lorsque s'unissant à la prière de Marie il bégayait les louanges de Dieu, au milieu des plus simples occupations et de ses délassements innocents, tout était toujours digne du Verbe, tout était infiniment agréable au Père et méritoire pour nous. Mais depuis que dans le temple il s'est spécialement occupé du service de ce Père céleste, ce caractère de sainteté éclata dans toutes ses œuvres d'une manière plus vive et plus sensible. La moindre parole, un seul de ses regards, sa seule vue laissaient dans les cœurs une impression ineffable de grâce, de piété, de vertu, un ardent désir d'aimer Dieu. O adorable Enfant! après avoir si souvent contemplé vos traits dans votre évangile, entendu votre voix dans la chaire de vérité, dans les livres de piété, dans la prière, au tribunal de la pénitence et surtout à la table eucharistique, comment ai-je si peu de conformité avec vous? Tout dans votre saint temple me parle de sainteté, me rappelle l'obligation où je suis d'être saint, parce que vous êtes saint; et j'en sors toujours aussi profane que j'y suis entré. Ou si votre grâce a réveillé en moi quelque désir de sainteté, la dissipation, l'entraînement de l'habitude, la crainte des sacrifices et des efforts qu'exige une vie sincèrement chrétienne l'ont bientôt étouffé; et ces bons mouvements que le Saint-Esprit excite en moi n'ont presque d'autre effet que de me plonger plus avant dans une routine de pratiques et une léthargie spirituelle, qui amènera enfin la mort, si votre miséricorde ne vient m'y arracher. Puisque mon bonheur est de me trouver au pied de vos tabernacles, ô mon Sauveur! ne permettez pas que je m'en approche sans fruit. Tant de fidèles en remportent des grâces abondantes! N'avez-cous donc qu'une bénédiction? Je vous en conjure, daignez aussi me bénir. J'ai aimé la beauté de votre maison et la demeure ou réside votre gloire. Seigneur, ne perdez pas mon âme avec les impies.

 

Vertu à obtenir: L'attention à édifier le prochain.

 

Résolutions et aspirations

 

Adorez souvent pendant la journée le saint enfant Jésus descendant du temple de Jérusalem entre Marie et Joseph qu'il console, qu'il éclaire, qu'il remplit de sa divine charité. Admirez la douce gravité de son visage, la modestie et la simplicité de son maintien. Pénétrez humblement dans son cœur adorable, et priez-le de vous éclairer sur ce qui s'y passait pendant ce voyage de Jérusalem à Nazareth. Après avoir fait dans le temple l'œuvre de son père, il songe à la continuer au dehors. Demandez-lui la grâce de faire ainsi succéder une bonne pensée à une bonne pensée, et de ne faire de toute votre vie qu'une suite d'actions saintes. O mon Dieu! que je n'aie pas le malheur de déshonorer la piété en démentant par ma conduite dans le monde celle que je m'efforce de tenir dans votre sainte maison. Que je fasse aussi votre œuvre parmi les personnes auxquelles m'a associe l'ordre de votre providence, en répandant au milieu d'elles la bonne odeur des vertus chrétiennes.

 

Prière

 

O Sauveur du monde! si heureusement retrouvé, si fidèlement conservé par Marie, puisque enfin vous m'êtes rendu, je ne veux plus m'exposer à vous perdre. O Dieu de mon cœur! je vous tiens, je ne vous laisserai point échapper; il me semble bien que désormais rien ne pourra me séparer de votre amour, et toutefois après l'expérience si triste, et si souvent répétée de ma fragilité et de mon inconstance, je n'ose plus compter sur mes dispositions présentes, ni sur mes résolutions et mes. promesses. Ajoutez donc à la grâce que vous m'avez faite de me les inspirer celle de les conserver, de les affermir dans mon âme : que l'humilité garde en moi tous vos dons, que la charité les accroisse, que la sainteté les rende utiles à votre gloire et dignes de vos récompenses éternelles. Ainsi-soit-il.

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20 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Vingt-huitième jour

Jésus occupé du service de son Père


« Pourquoi me cherchiez-vous? ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé des affaires de mon Père ? » ( Luc 2) Jésus préparait la voie dans l'esprit des Juifs à la sagesse dont il devait être le docteur; il posait de loin les fondements de ce qu'il devait prêcher; et il accoutumait le monde à lui entendre dire qu'il avait un Père dont les ordres le réglaient, et dont les affaires étaient son emploi. Quelles étaient en particulier ces affaires? il ne le dit pas, et il nous le faut ignorer, jusqu'à ce qu'il nous le révèle selon la dispensation dont il use, dans la distribution des vérités éternelles et des secrets du ciel. Toutefois, en adorant humblement ce que nous ignorons, il nous est permis de penser que cette œuvre qu'il fit alors était l'œuvre du salut des hommes. N'est-ce pas aussi la vôtre? ne faut-il pas aussi que vous travailliez à l'œuvre que Dieu votre Père vous a confiée? C'est donc votre salut qui doit partout et en tout temps vous occuper; mais c'est surtout dans le temple saint que vous en avancerez l'œuvre, 1° par votre assiduité, 2° par votre ferveur, 3° par votre recueillement.


Par votre assiduité


Jésus, après avoir rempli dans le temple de Jérusalem le devoir de religion qui l'y avait amené, et célébré la Pâque avec ses parents, avait satisfait au précepte de la loi, et pouvait immédiatement revenir à Nazareth, soit avec Marie et Joseph, soit avec leurs amis ou leurs proches. Mais chacune de ses actions et de ses démarches devait nous offrir une instruction profonde; et il fallait que nous apprissions de lui que, pour avoir part aux bénédictions et aux grâces attachées à la sainte maison de Dieu, ce n'est pas assez d'y apparaître avec la foule aux grandes solennités, par bienséance, par coutume, pour satisfaire à la rigueur du précepte, mais qu'il faut s'y arrêter, s'y complaire, comme des enfants dans la maison de leur père. C'est lui en effet qui devait nous révéler que les vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité; et son séjour prolongé dans le temple commençait par en montrer le plus parfait modèle. Est-ce le copier fidèlement, ô mon âme! que de te conduire à l'égard du lieu saint comme tu le fais? Est-ce l'amour de Dieu qui t'y amène ? Est-ce le bonheur de l'y adorer qui t'y retient? n'y trouves-tu pas habituellement les heures bien longues, bien dépourvu d'intérêt le spectacle qu'il te présente? et n'es-tu pas bien plus disposée à abréger qu'à y prolonger tout séjour? Cependant, ô mon âme! ce temple matériel, l'assemblée visible des fidèles est la figure de leur invisible réunion avec Dieu dans l'éternité. C'est là vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel,. Et si celui de Jérusalem était si cher à l'Enfant Jésus, s'il y était si puissamment attiré, parce que c'était là que son divin Père était honoré par les hommages de son peuple et par les sacrifices, que dirons-nous de nos saintes Eglises dans lesquelles Jésus-Christ réside nuit et jour en état de victime, pour glorifier son Père et le fléchir, où il renouvelle incessamment son immortel sacrifice? Comment toutes nos pensées, toutes nos affections, tout notre être n'habitent-ils pas, ne sont-ils pas enfermés dans nos divins tabernacles? Comment peuvent-ils s'arracher à ce 1ieu de délices, à ce véritable paradis de la terre?


Par votre ferveur


Figurez-vous les ardeurs séraphiques de sainte Thérèse, de sainte Claire, de sainte Madeleine de Pazzi, au pied du saint-sacrement; élevez-vous jusqu'au pied du trône de Dieu, et contemplez les Chérubins embrasés d'une ardeur qui ne languit jamais, célébrant à l'envi les louanges du Très-Haut, et s'excitant mutuellement à l'aimer, vous n'aurez encore qu'une idée imparfaite de ce qui se passait dans le cœur du Verbe incarné, de cet Adorateur suprême prosterné devant la Majesté divine et baignant de ses larmes brûlantes le pavé du saint temple. Il voit dans la lumière même de ce glorieux Père tout ce qu'il mérite d'adoration, de reconnaissance et d'amour de la part des hommes, et au milieu de cette multitude qui environne l'autel, avec un cœur glacé et un esprit occupé de pensées profanes, à peine découvre-t-il quelques grâces de ce culte intérieur qui peut seul l'honorer. A cette vue, un feu dévorant s'allume dans son âme: pressé d'un immense désir d'expier, de réparer, de satisfaire: O Père! s'écrie-t-il, les sacrifices et les offrandes ne sauraient plus vous plaire; mais vous m'avez formé un corps; alors j'ai dit: Voici que je viens. Est-ce avec cette vivacité de foi, ô mon Dieu! que j'accours à vos autels? Qu'ai-je dit! suis-je même capable de comprendre quelque chose à ces saints transports que réveillait dans vos saints la seule présence de vos tabernacles et dans le Saint des saints le lieu où les enfants d'Israël s'assemblaient pour vous honorer? Un regard jeté sur l'arche d'alliance faisait tressaillir de joie l'âme de David: il lui semblait voir le Dieu vivant; et l'aspect des plus attendrissants mystères ne peut même légèrement émouvoir mon cœur. Tous les objets créés me trouvent sensible; je ne suis de bronze et de marbre que pour vous, ô mon Dieu! et la source de mes larmes si abondantes, quand la perte de quelque bien frivole les fait couler, tarit et se dessèche au souvenir de mes ingratitudes et de vos bienfaits sans nombre! Seigneur, n'entrez pas en jugement avec votre serviteur; car nul homme vivant ne sera justifié devant vous ne détournez pas de moi votre visage, ayez pitié de moi, parce que je suis faible: guérissez-moi, parce que le trouble a pénétré mon âme.


Par votre recueillement


Est-ce donc que Marie et Joseph pouvaient être un obstacle au recueillement de l'Enfant divin, qu'il se soustrait à leur compagnie, qu'il les laisse partir et demeure seul dans Jérusalem? S'il leur eût communiqué son pieux dessein, n'eût-il pas trouvé en eux une fidèle correspondance? oui, sans doute. Mais il fallait qu'il s'occupât du service de son Père! De plus, il voulait nous apprendre qu'il faut se séparer de la chair et du sang et de toute attache sensible, quelque innocente qu'elle soit, quand on veut s'unir étroitement à Dieu, se soustraire avec prudence, mais aussi sans respect humain, aux empressements de ses amis et de ses proches, et même de temps en temps aux occupations extérieures et aux affaires, quand on veut connaître, prier, adorer et goûter Dieu avec un cœur plus libre et plus pur. Jugez de là quelle sublimité d'oraison et quelle intime effusion de cœur entre Jésus Enfant et son Père céleste! Adorez humblement ces communications ineffables du Père des lumières et du Fils qu'il engendre de toute éternité dans la splendeur des saints. O mon âme! tu gémis souvent de la stérilité de tes prières, des images importunes qui viennent t'assaillir dès que tu essaies de t'appliquer à Dieu. Tu ne cesses de te plaindre de tes distractions au milieu des plus saintes pratiques, tu t'en accuses même. Mais que fais-tu pour en tarir la source? C'est la mortification du cœur, c'est le retranchement des affections déréglées qui établit la paix intérieure, attire l'Esprit de Dieu, nourrit et entretient la dévotion. Mais la vanité des désirs, l'attachement aux biens de la terre, le goût du monde, en un mot, une vie toute naturelle et toute terrestre ne laissent ni l'esprit assez libre, ni le cœur assez pur pour demeurer habituellement uni au souverain bien; et alors même qu'on s'approche du sanctuaire et du trône de la grâce, afin d'y recevoir miséricorde on y porte nécessairement des sentiments et des souvenirs dont on est constamment préoccupé, et qui ne manquent jamais de troubler le recueillement et de refroidir la piété. O mon Sauveur! que ma misère est grande! Quelle ressource peut donc me rester, si je ne sais pas même vous exposer mes besoins, et si j'ai lieu de craindre de vous irriter, lors même que j'ose vous invoquer?


Vertu à obtenir: L'assiduité aux offices publics.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée l'Enfant Jésus se dérobant à tous les regards, pour ne chercher que les regards de Dieu dans son temple. Gémissez d'y avoir si souvent porté la froideur et la dissipation. Ne désirez plus désormais ni d'y rien voir ni d'y être vu. Prenez les moyens que vous indiquent vos fautes passées pour vous préserver, du moins autant qu'il pourra dépendre de vous, des distractions. Dans l'habitude de votre vie, ce sera par une grande pureté de cœur. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Quand vous vous disposerez à prier, recueillez-vous, bannissez les pensées étrangères, implorez les lumières du Saint Esprit, puisque c'est lui qui aide à notre faiblesse et qui prie pour nous par des gémissements ineffables. Quand vous venez à l'église, gardez, autant que possible, le silence à l'intérieur comme à l'extérieur: regardez-vous comme un pauvre qui manque de tout, et qui est admis auprès d'un riche généreux et bienfaisant qui veut subvenir à toutes ses nécessités. Ne vous occupez que de l'objet qui vous amène dans le lieu saint; veillez attentivement sur tous vos sens pour ne point perdre le recueillement.


Prière


Je vous rendrai, Seigneur, mes actions de grâces dans toute la plénitude de mon cœur, parce que vous avez daigné entendre les paroles de ma bouche. Je vous adresserai mes cantiques en présence des anges; je vous adorerai dans votre saint temple; je rendrai témoignage à votre nom, à votre miséricorde, à votre vérité, parce que vous avez fait éclater au-dessus de tout la sainteté de votre nom. Dans quelque moment que je vous invoque, exaucez-moi, Seigneur: c'est ainsi que vous multiplierez les forces de mon âme. Si je marche au milieu des tribulations vous me donnerez la vie. Seigneur, votre miséricorde est éternelle, n'abandonnez pas l'ouvrage de vos mains. Ainsi soit-il.

jesusnio

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