31 mai 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Premier jour

Les victoires que Jésus-Christ a remportées par l'effusion de son précieux sang

 

Vaincue et enchaînée par l'ennemi infernal, la malheureuse humanité gémissait dans les ombres de la mort; d'elle-même elle ne pouvait se relever du triste état où elle était tombée, ni vaincre l'horrible ennemi qui, au moyen du péché, l'avait rendue son esclave; ce n'était donc que du ciel que les pauvres mortels attendaient ce puissant vainqueur de l'enfer et de la mort qui seul pouvait les délivrer, lorsqu'enfin les temps étant accomplis, Jésus parut dans le monde pour triompher de toutes les puissances des ténèbres, et arracher la misérable humanité au joug tyrannique qui l'opprimait. Et comment y est-il parvenu? Ah! ne le sais-je pas? mon Jésus, cette victoire, vous ne la devez qu'à l'effusion de votre très-précieux sang, dont vous avez répandu les prémices huit jours après votre naissance, pour le verser plus lard jusqu'à la dernière goutte sur l'autel de la croix; c'est par là que vous avez triomphé de l'enfer et de toutes les puissances des ténèbres.

 

Considérez en outre, ô mon âme, comment Jésus avec ce sang nous a armés pour le combat. Notre vie sur la terre est une guerre continuelle. Nous avons à combattre contre un monde trompeur qui, avec ses vanités et ses illusions, cherche à nous séduire et nous faire tomber dans ses lacs; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait à l'esprit une guerre incessante; nous avons à terrasser un dragon infernal qui, pareil à un lion furieux, cherche toujours à nous dévorer. Gomment donc pourrons-nous vaincre ces ennemis si puissants et si terribles, comment chaque jour remporter d'aussi difficiles victoires, à moins de nous être prémunis de ce sang précieux, ce sang qui nous rendrait terribles à l'enfer tout entier déchaîné contre nous? Comprenons la nécessité de réveiller en nos cœurs une fervente dévotion envers le gage de notre Rédemption et la cause de nos victoires, et de mettre en lui la plus vire confiance du triomphe. « Par ce signe tu vaincras », fut-il dit au grand empereur Constantin, lequel, par la vertu du signe adorable de la croix, devait dissiper les innombrables armées de ses ennemis. Eh bien, nous aussi, nous saurons vaincre par la vertu de cette croix très-sainte, arrosée du sang de l'Agneau immaculé; nous célébrerons les plus glorieux triomphes sur tous nos ennemis; et il nous arrivera ce qui est dit dans l'Apocalypse 12, 11: « Ils ont vaincu le dragon par le sang de l'Agneau ».

 

Colloque

 

O Jésus tout-puissant, qui avez complètement triomphé du dragon mauvais, qui l'avez enchaîne par l'effusion de votre Très Précieux Sang, et qui avez encore préparé pour nous de puissantes armes pour les combats continuels de cette misérable vie; quelle confiance vous réveillez aujourd'hui dans nos cœurs assurés du triomphe et à l'épreuve de la crainte! Vous êtes le bras tout-puissant de votre divin Père, qui nous donne la victoire en vertu des mérites de votre sang répandu pour nous; c'est là que nous devons prendre de la force et du courage pour vaincre le dragon infernal dont on triomphe par vous. Oh! qu'on est bien tout auprès de votre croix! quel bonheur d'arroser son âme de votre sang divin, de l'y plonger tout entière! C'est lui qui nous fortifie dans les tentations, et nous fait acquérir cette couronne de gloire immortelle que votre amour nous tient prête dans le ciel.

 

Exemple

 

On connaît ce trait de la vie de saint Edmond, qui, tenté et tourmenté par le démon, s'arma courageusement, pour combattre, des mérites du sang de Jésus-Christ, et ayant adjuré le démon, au nom de la Passion et du sang de Jésus-Christ, de confesser ce qu'il craignait le plus, celui-ci lui répondit: « Ce que tu viens de nommer, c'est-à-dire le Sang Très Précieux de Jésus-Christ ». Tant est vraie cette assertion de saint Jean Chrysostôme, que ce sang tout-puissant met en fuite les démons. (Vie de saint Edmond).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

 

Indulgence : Le souverain pontife Pie VII a accordé cent jours d'indulgence à gagner, chaque fois qu'on récitera la prière ci-dessus; c'est ce qui résulte du rescrit déposé aux archives des Pères Passionnistes, à Rome.

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Saint Gaspard de Buffalo

1786-1837

Fête le 28 décembre

 

Gaspard del Bufalo naquit à Rome le 6 janvier 1786: il eut pour père Antoine del Bufalo, et pour mère Annunziata Quartieroni. Atteint de la petite vérole à deux ans, il courut le danger de perdre la vue; mais sa pieuse mère l'ayant recommandé à Saint François Xavier, il fut préservé de ce malheur. A mesure qu'il croissait en âge, il croissait de même en piété, grâces aux tendres soins de son excellente mère, qui faisait pénétrer doucement et par degré dans son jeune cœur les saintes maximes de la foi. Jouer à la chapelle était l'amusement habituel de son enfance: souvent il demeurait en prières devant son petit autel, ou y répétait les cérémonies qu'il avait vu célébrer à l'église. Il montra dès sa première enfance une inclination particulière pour la prédication: une chaise dominant d'autres chaises était sa tribune, sa mère seule était tout son auditoire. On le voyait souvent à l'église del Gesu à servir la messe, et prier devant l'autel de saint François-Xavier. A l'âge de six ans il s'approcha pour la première fois du tribunal de la pénitence: il eût pour confesseur Mgr Marchetti, qui l'admit à la Sainte Table à peine âgé de onze ans. Un ne saurait se faire une idée de sa ferveur, lorsqu'il allait se nourrir du Pain des anges. Pour être plus recueilli, il aimait à se retirer dans un coin de la chapelle de la sainte Vierge dans cette même église del Gesu. Ce fut aussi dans cet âge encore si tendre qu'il embrassa quelques pratiques d'une dure pénitence: il se fit un cilice de morceaux de fer-blanc percés de trous, dont les aspérités déchiraient ses reins délicats: il trouva même le moyen d'ajouter à cette cruelle ceinture une chaîne de fer; mais il ne put se livrer long-temps à ces rigueurs, car le sang dont son linge était mouillé lui fit bientôt craindre que sa mère ne connût son secret. Il montra dès sa première enfance une grande dévotion envers la sainte Vierge. Souvent il lui arriva, par amour pour elle, de se priver de son déjeuner, et de le donner aux pauvres. Sa mère s'en étant aperçue voulut plusieurs fois lui faire servir un second déjeuner, mais le jeune Gaspard le refusait avec un joyeux sourire, ajoutant que ce serait lui ôter tout mérite auprès de la Madone. Il n'était pas rare de le rencontrer vers le soir chantant les Litanies de la Vierge, à genoux devant quelques-unes de ces saintes images, qui sont exposées dans les rues à la vénération publique. Il se fit associer à différentes confréries pour accroître de plus en plus dans son cœur son tendre amour envers Marie.

Il fut le modèle de la congrégation de Saint Louis de Gonzague, dont il suivait exactement les pieux exercices avec son frère Louis del Bufalo; il se rendait avec le même zèle aux instructions du catéchisme pour y apprendre d'abord les éléments de la doctrine chrétienne, et puis pour les enseigner aux autres. L'heure à laquelle sa famille avait coutume de prendre ses repas l'obligeait quelquefois à se priver du dîner pour ne pas manquer au catéchisme, et lorsque sa mère lui en témoignait son chagrin: « Oh! chère mère, répondait-il en riant, je mangerai ce soir ». Dans ces réunions de catéchistes il s'essaya de bonne heure à la prédication: un jour, ayant prêché dans l'église de sainte Ursule, Mgr Cadolini, alors Barnabite, ne put s'empêcher, après l'avoir entendu, d'en faire le plus grand éloge au chanoine Horace, directeur de cette église, lui prédisant que ce jeune homme deviendrait un prédicateur distingué. Gaspard fit de même de rares progrès dans ses études, à la grande satisfaction de ses maîtres. Bientôt la crainte des dangers du monde lui inspira la pensée d'entrer chez les religieux de saint Sylvestre. Il s'ouvrit de son projet à l'un de ses camarades d'étude; ils allèrent ensemble trouver le supérieur, l'abbé Bartolotti. Dès que la mère de Gaspard en fut informée, elle courut s'en plaindre à ce religieux, et fit tous ses efforts pour détourner son fils d'un tel projet: elle y réussit sans peine, car aussitôt Gaspard, plein qu'il était de docilité, dit à son ami que Dieu sans doute ne l'appelait pas à cette carrière, qu'il était bien jeune encore, et qu'il aurait bien le temps d'y penser.

Ses études n'étaient pas encore achevées lorsqu'il eut la douleur de perdre son frère Louis. Cette perte cependant ne put pas affaiblir dans son cœur le vif désir qu'il avait de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Plus zélé, au contraire, à étudier sa vocation, il se mit à fréquenter l'hospice de Sainte-Galle, où depuis 1806 les pauvres trouvaient un asile: là il se joignait à la pieuse société des prêtres qui s'y consacrent à l'instruction de ces pauvres âmes. Tous ses soins et toutes ses sollicitudes se portèrent vers les bonnes œuvres dont il ranima l'esprit et la pratique. De concert avec don Gaetano Bonanni, aujourd'hui évêque de Norcia, et Mgr Antoine Santelli, il ouvrit l'oratoire nocturne de Santa Maria in Vineis, près de Saint Nicolas in carcere Tulliano; il n'épargna rien pour l'établissement et la prospérité de ce pieux asile, dans lequel il fonda plus tard la congrégation des frères de Saint-François-Xavier. Pour se former de plus en plus à la prédication , il suivit, n'étant encore que simple clerc, le cours d'éloquence sacrée de Mgr Bacolo, ainsi que les conférences de l'Ecriture sainte de Mgr Marchetli, dont il eut la gloire de continuer les leçons dans l'église del Gesu, à la grande satisfaction de tous, bien qu'il ne fût encore que diacre. Il fut ordonné prêtre en 1808, le jour de la fête de saint Ignace. L'anniversaire de ce beau jour de sa vie excitait les sentiments de la plus tendre dévotion dans son cœur, et il le célébrait par des prières plus particulières; il disait la messe avec une grande ferveur, observant avec une fidélité scrupuleuse les moindres cérémonies, dont il avait fait une étude minutieuse; il ne dédaignait pas de remplir l'office de maître de cérémonies dans l'église de Saint Marc, dont il avait été nommé chanoine. Toujours exact à se rendre au chœur, il y récitait l'office divin avec beaucoup de recueillement et de piété.

A l'époque malheureuse de l'invasion française, il suivit le sort de ses confrères, et, quoique d'un naturel très-timide, d'une complexion délicate, et même d'une santé, très faible, il se sépara courageusement de sa famille, et quitta Rome au mois de juin 1810 pour prendre le chemin de l'exil. Il se retira d'abord à Plaisance, où il demeura jusqu'en décembre. Là, il fut atteint d'une maladie mortelle, dont il ne guérit que par une sorte de miracle; il lui en resta cependant jusqu'à la fin de sa vie une agitation nerveuse et une altération dans les humeurs, qui se manifestait plus ou moins clans toutes les parties de son corps; il eut encore à souffrir très-fréquemment dans le cours de sa vie de vives douleurs d'estomac, qu'il supporta toujours d'un visage riant, bien qu'il en ressentît quelquefois une grande oppression. Il quitta Plaisance pour se rendre à Bologne. Ce fut là qu'au mois de novembre 1811 il reçut la triste nouvelle de la mort de sa mère bien-aimée, décédée le 20 octobre. Cette perte déchira profondément son cœur, mais il en fit à Dieu le sacrifice. Il s'occupait à Bologne à faire tout le bien possible, particulièrement en prêchant dans les chapelles privées. Bientôt un nouveau décret de l'Empereur ayant prescrit la réclusion des déportés, Gaspard fut jeté avec quelques autres de ses compagnons d'exil dans la prison de Saint Jean in Monte. La mauvaise soupe qu'on a coutume dé donner aux prisonniers fut pour lui comme une exquise nourriture. Gai, joyeux de souffrir pour la gloire du divin Rédempteur, il animait, il encourageait ses compagnons, et quelquefois les invitait à chanter avec lui. Il introduisit même dans cette prison des conférences sur la morale, qui remplissaient une partie de ses journées. Il changea plusieurs fois de prison: de Bologne il fut transféré à Imola, et de là dans la forteresse de Lugo. Il y souffrit plus que partout ailleurs; la plus cruelle de ses privations fut, sans contredit, la nécessité à laquelle il fut condamné, ainsi que les autres prisonniers, de s'abstenir, pendant trois mois de suite, de la célébration de la sainte messe. Il leur était également défendu d'écrire, et ils étaient soumis à la surveillance la plus rigoureuse. Gaspard ne perdit point sa tranquillité d'âme: retiré dans un coin de la prison, il s'y livrait tout entier à la prière et à l'étude, et il n'en sortait que pour se rendre aux conférences de morale et pour prendre ses repas. Le premier dimanche d'octobre i8i3, il obtint enfin la permission de célébrer la sainte messe: il en éprouva une joie indicible. Au mois de décembre suivant, il fut encore envoyé à Bologne, de là à Florence pour être encore transféré ailleurs, mais le gouvernement français étant tombé, il recouvra sa liberté et se rendit à Rome. Il y reprit immédiatement les bonnes œuvres qu'il avait été forcé d'abandonner, il redoubla d'efforts et de zèle pour le bien, relevant les pieuses institutions et en fondant de nouvelles. Il nourrissait au fond de son cœur la pensée de se retirer du monde, et de se consacrer plus particulièrement à Dieu dans la compagnie de Jésus, qui allait se rétablir. En effet, il se présenta avec le jeune Charles Odescalchi, le même qui depuis a renoncé à la dignité de cardinal pour aller finir ses jours chez les Pères Jésuites. Ses désirs cependant ne purent pas se réaliser: reconnaissant que Dieu l'appelait à l'exercice des missions, enflammé d'un zèle ardent pour la sanctification du clergé et des fidèles, il se livra tout entier au ministère apostolique, sans penser à aucun autre genre de vie. Ce fut à partir de ce moment qu'il réunit tous ses efforts pour fonder une congrégation de prêtres à Saint Félix de Janus, dans le diocèse de Spolete. S'y étant rendu pour prêcher une mission, il trouva les Pères Passionnistes déjà disposés à céder leur maison: un sieur Bélisaire Crystaldi, protecteur plein de zèle et de fermeté de toutes les bonnes œuvres, s'employa pour obtenir un rescrit favorable de la Congrégation de la Réforme.

Le jour de la fête de sainte Anne, en 1815, Gaspard alla recevoir la bénédiction apostolique du pape Pie VII avec Mgr Bonanni, et la nuit même il partit pour Janus, afin d'y préparer toutes choses. Le 15 août de la même année, ses nouveaux compagnons étant allés le rejoindre, l'installation se fît à la suite de trois jours de pieux exercices, couronnés par une communion générale et par un Te Deum en présence d'un immense concours de fidèles. Ce fut là le commencement de la Congrégation des Missions, sous le titre du Précieux Sang. Gaspard revint ensuite à Rome pour y chercher de nouveaux coopérateurs, sans succès cependant: il se démit de son canonicat, et se remit pour tout le reste à la volonté de Dieu. Cependant il continuait à se consacrer aux Missions; il en entreprit quelques-unes par ordre de Pie VII, d'autres sur l'invitation des évêques ou de leurs vicaires, s'aidant comme il pouvait, prenant çà et là les coopérateurs que Dieu lui envoyait. Il alla deux fois à Bénévent et à Frosinone, une fois à Civitavecchia, Rieti, Ancône, Baguaja, Nettuno, Arci, Cori, Sermonette, Loretto, Recanati, Montesano, Civita-Nuova: deux fois à Norma, à Giulianello, Roua, Massima, Noura, Fabriano, Matellica, San Severino, San Elpidio: trois fois à Forlimpopoli, deux fois à Meldola, Mont-Canin, Castelfidato, San Quirico, Sassaferrato, Gualdstadino et autres pays. Outre ces Missions innombrables, il donna plusieurs retraites dans des villes, villages, communautés religieuses, séminaires, aux employés, militaires, prisonniers. Dans les premières années de son apostolat, il lui arrivait de prêcher jusqu'à dix, douze et seize fois par jour. Sa manière de parler était respectueuse, franche, noble, pleine de dignité et de fermeté. Au jugement des hommes les plus instruits, personne ne lui était comparable dans le genre apostolique, dans ses Conférences aux ecclésiastiques et aux nobles. Des digressions soudaines auxquelles il se laissait aller, loin de nuire à sa parole, lui donnaient plus de grâce, et produisaient un plus puissant effet sur son auditoire. Il avait soin de varier les exercices de ses Missions, toujours conformes à l'esprit de l'Eglise, et à la pratique des plus ilIustres Missionnaires, les deux Segneri, le Père Pinamonti, le bienheureux Alphonse de Liguori; le bienheureux Léonard de Port-Maurice.

Il n'épargnait rien pour exalter la gloire du Précieux Sang, dont il répandit partout la dévotion d'une manière admirable. En tous les lieux où il passait, il s'efforçait de raviver et d'établir les pieuses institutions, parmi lesquelles il avait surtout à cœur la confrérie de Saint-François Xavier, l'oratoire nocturne pour les hommes, et pour les jeunes gens l'association de Saint Louis de Gonzague; l'association des Filles de Marie pour les jeunes filles, et celles des Sœurs de la Charité pour les femmes. C'est par l'établissement de toutes ces pieuses confréries qu'il s'efforçait de perpétuer le fruit des Missions. Il fondait dans le même but, partout où il le pouvait, l'association des Apôtres, composée des prêtres les plus zélés, à chacun desquels il assignait des attributions particulières. Son ministère fut accompagné de bénédictions extraordinaires, particulièrement dans les Marches et dans la Romagne, où il opéra d'importantes et durables conversions, Quoique les devoirs de ce ministère apostolique l'appelassent sans cesse d'un lieu à un autre, soit pour y prêcher, soit pour y célébrer quelque cérémonie, ou y établir quelque pieuse confrérie; il ne laissait pas d'entendre les confessions, particulièrement des hommes, qui se pressaient en foule autour de son confessionnal. Pour qui y prenait garde, c'était une chose vraiment remarquable que ce naturel, cette facilité avec laquelle il passait d'une chose à l'autre, comme s'il n'avait rien fait. Cependant, au milieu de tant d'occupations, il ne perdait pas de vue la Congrégation qu'il songeait à établir, et dont il attribuait la pensée à son guide spirituel, Mgr Albertini.

Le plus grand désir de Gaspard eût été de voir des maisons de Missionnaires et de retraites établies dans tous les pays de la catholicité, le clergé ramené à une vie de retraite, de prière et d'étude, se livrer ensuite au saint ministère, et le calice de la rédemption à la main, se répandre par toute la terre, appliquant à toutes les âmes les mérites du sang de Jésus Christ, et les portant à leur sanctification; il fit pour cela d'incroyables efforts, tant il aurait voulu allumer dans tous les cœurs le feu de l'amour divin. Il ne put pas obtenir cependant tout ce qu'il voulait. Ayant toutefois réussi à rassembler quelques nouveaux coopérateurs, il établit, en décembre 1819, une seconde maison de Missionnaires à Piévetorium, diocèse de Camerino, et une troisième à Albano, au mois de mars 1821. Dans la suite, voyant combien la province maritime manquait de moyens d'instruction, il réunit un petit nombre de compagnons, et, avec l'aide et l'approbation du Pape Pie VII, il ouvrit trois maisons à Frosinone, Terracine, Sonniiio et Sermonette, et Vallecoria. Plus tard encore, il en fonda de nouvelles à Bénévent, Rimini, Césène, Pennabili et Népi; il fit des règlements appropriés au clergé séculier; il voulut que les maisons de résidence des Missionnaires fussent en même temps des maisons de retraites pour les différentes classes d'hommes qui voudraient y passer quelques jours dans de pieux exercices. Il assigna quelques maisons pour les jeunes ecclésiastiques, afin qu'en s'y livrant à l'étude et à la prière, ils pussent se préparer à l'exercice du saint ministère. Il voulut encore que dans toutes les églises de l'Institut, ses prêtres annonçassent régulièrement la parole de Dieu, écoutassent les confessions des fidèles, et y célébrassent tous les saints offices. Il ordonna que chaque jour il y fût célébré de bonne heure une messe suivie de la récitation du chapelet en l'honneur du précieux sang; le soir, les réunions de l'oratoire pour les hommes; le jeudi la visite au saint Sacrement; le vendredi le chemin de la croix; le samedi la méditation de la vie de la sainte Vierge; le dimanche le catéchisme; les jours de fêtes un sermon: le dernier dimanche du mois un jour de retraite comme préparatoire à la mort, avec communion générale, instruction et méditation dans l'après-midi. Il voulut faire honorer Marie d'une manière toute spéciale dans le mois qui lui est consacré. Il établit la dévotion du précieux sang pour le mois de juin, ainsi que celle du carnaval sanctifié, les saints exercices pour le peuple durant le mois de mars, la neuvaine pour la fête de l'Assomption, et pour la fête de Saint François Xavier; il ne cessa de recommander les œuvres pies, dont nous avons déjà parlé, l'instruction des militaires, des prisonniers, et le soin des malades dans les hôpitaux. Il serait impossible de dire quelles furent ses préoccupations, sa sollicitude, ses fatigues, les contradictions et les peines qu'il eut à souffrir de tous côtés pour l'heureux établissement de sa congrégation. Toujours plein de courage et de confiance à la protection divine, il ne se reposa que lorsqu'il eut conduit à bonne fin cette œuvre, qu'il appelait l'œuvre de Dieu, l'œuvre miraculeuse.

Enfin, exténué par une suite de fatigues non interrompues, oppressé par une toux convulsive, il toucha au dernier jour de sa vie, et mourut paisiblement à Rome, muni de tous les sacrements, le 28 décembre 1837, à deux heures de l'après midi. II avait un extérieur agréable, une taille ordinaire, une complexion un peu grasse; les traits de son visage étaient réguliers, sa physionomie aimable et pleine de noblesse, ses manières affables; il était modeste dans son maintien, posé dans sa démarche, propre dans sa personne, aimant la solitude, ennemi de la paresse, désirant faire beaucoup sans le laisser paraître, ne cherchant en toute chose que les intérêts de la gloire de Dieu. Sa dépouille mortelle fut transportée à Albano pour y être ensevelie. Son corps demeura exposé dans l'église de Saint-Paul, auprès de la maison de ses fils bien-aimés, et après trois services solennels, qui furent célébrés en présence d'un immense concours de fidèles, il fut enseveli le 3 janvier 1838 dansla chapelle de Saint-Jérôme, où il repose encore aujourd'hui. Béatifié par le Pape Saint Pie X en 1904, Gaspard del Bufalo a été canonisé par le Vénérable Pie XII le 12 juin 1954.

DMOblong

 


30 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Trente-et-unième jour

L'Assomption de Notre Dame de la Salette

 

Nous voici en présence des dernières circonstances de l'apparition: or, pendant que la divine Vierge s'élevait en l'air, Elle a regardé le ciel, ensuite la terre du côté de Rome, et puis, Elle a disparu peu à peu aux yeux des enfants, pour remonter au séjour glorieux d'où Elle était descendue. Etudions aujourd'hui, avec les yeux de la foi et les sentiments de la piété, ces deux derniers regards de notre Mère, dont l'un va au ciel et l'autre à Rome. 1° Premier regard de Notre-Dame de la Salette, vers l'Italie, du côté de Rome: L'Italie, Rome, quels mots, quels souvenirs! Quel appel touchant à nos pensées et à nos sentiments! Rome, la nouvelle Jérusalem de la terre; Rome, la tête et le cœur de l'Eglise, le centre de la vérité, le foyer de la vie catholique! La source intarissable de cette eau surnaturelle qui étanche la soif de l'esprit et du cœur, et qui jaillit jusqu'à la vie éternelle!... Dans ce regard inexprimable de Marie vers notre Rome, et les pleurs qui ont deux fois rempli ses yeux, il y avait sans doute des larmes sur les malheurs qui menaçaient de la rendre veuve de son pontife ; des larmes sur les œuvres sacrilèges qui pourraient la livrer aux mains impies des méchants!.., Mais aussi, que de tendresse ineffable, que de forte consolation, que d'amour protecteur et maternel dans ce même regard sur la ville de son Fils et sur le front de son pontife! Et ce regard maternel, Marie le devait à Pie IX, qui l'a proclamée Vierge immaculée. Ah! nous aussi, à l'exemple de Marie, et des yeux du cœur éclairés par la foi, regardons Rome avec une filiale tendresse, et offrons à l'Eglise mère, dans l'effusion de notre cœur, le serment du Prophète: « Que je m'oublie moi-même, si jamais je pouvais l'oublier, si je pouvais jamais te devenir infidèle! » 2° Après ce premier regard d'amour, Marie regarde le ciel, où Elle va remonter... Le ciel! Oh! quel mot consolant pour les âmes! Le ciel, notre patrie! le ciel, notre espérance! Le ciel, l'objet, le terme de tous nos vœux, de tous nos efforts! l'aspiration de tout notre être, de toute notre existence! le ciel, pour lequel nous avons été créés, pour lequel nous avons tout reçu de sa libéralité infinie! le ciel, où la bonne Mère nous attend, et Dieu lui-même, pour nous faire partager un incompréhensible bonheur! Richesses, plaisirs, honneurs, vous n'êtes rien à côté du ciel! Vous pouvez être aux mondains l'incessante pâture de l'illusion; vous pouvez jeter à leur faim insatiable quelques miettes empoisonnées! mais comme vous disparaissez et devenez méprisables à mes yeux, placés à l'horizon du ciel!... Non, je le sens aujourd'hui en voyant monter ma Mère au ciel, vous n'êtes pas faits pour moi! je suis trop grand pour descendre jusqu'à vous; vous êtes trop bas pour monter jusqu'à moi, destiné à une gloire et à une félicité infinies! Et il ne faut pas vous plaindre de mon indifférence et de mon mépris ; Jésus vous a ainsi traités, méprisant tout de la terre, richesses, royauté, honneurs; et Marie imite aujourd'hui son exemple, ne voulant emporter au ciel rien de la terre, pas même les roses dont Elle avait fait à ses pieds une couronne virginale! Tels sont la portée et le sens des deux derniers regards de Notre Dame de la Salette, au moment de prendre son essor, au sommet des Alpes, dans la nuée lumineuse de sa gloire; en face de ces deux regards de notre Mère, âme chrétienne, il nous faut estimer ce que Dieu nous a faits, c'est-à-dire, un citoyen du ciel, un frère des saints, un noble membre de la famille de l'Eglise, dont les pensées et les sentiments doivent monter et monter sans cesse, jusqu'à ce qu'il aille vivre là-haut éternellement de lumière et d'amour, d'inaltérable lumière et de parfait amour.

 

Réflexions

 

On pourrait appeler l'assomption de Notre Dame de la Salette, la voie du ciel : elle nous est indiquée par toutes les circonstances qui accompagnent cette assomption. 1° Marie, pour s'élever au ciel, n'est pas restée au fond du vallon de l'apparition; Elle a gravi l'éminence voisine, un lieu plus élevé qui domine le plateau de la montagne: cet acte de notre Mère est un enseignement: Elle a voulu, en montant Elle-même, nous apprendre à nous élever au-dessus des basses régions de la terre, vers le ciel, offert à nos désirs, promis à nos aspirations et à nos efforts. 2° Aux termes du récit, la Vierge se balançait doucement dans les airs comme un globe de feu, au moment de l'assomption: il résulte de ces paroles, que le corps très pur de Marie, semblable à un astre resplendissant, se mouvait dans une atmosphère lumineuse: cette clarté brillante était le rejaillissement de son âme glorifiée: « la beauté du corps, dit saint Augustin, dérive de la clarté de son âme ». Marie se propose ici figure et modèle de l'âme innocente et pure, qui, au moment de quitter la vie, secouant ses blanches ailes, trouve sans effort une puissance d'essor suffisante à la ravir au ciel... 3° La Vierge disparaît peu à peu aux regards attentifs des deux bergers. Cette disparition progressive contient encore un enseignement salutaire: il faut voir dans cette circonstance, l'image de ce détachement commandé, par lequel nous devons successivement nous déprendre de tout ce qui est corruptible et passager; faire disparaître de notre esprit la fausse appréciation des choses terrestres; en détruire l'illusion trompeuse et l'amour fallacieux dans notre cœur; devenir, en un mot, selon la belle expression de saint Paul, des hommes spirituels, qui s'envolent à l'éternel séjour, où il ne peut rien entrer que de pur; et vers lequel ne peut monter, dit saint Ambroise, que ce qui est dégagé de tout poids étranger!... 4° Marie, en disparaissant, disent les bergers, laissait après Elle, dans l'espace, une traînée lumineuse. Il faut voir ici l'emblème du doux et pur éclat des vertus chrétiennes que nous devons laisser après nous à ceux qui nous survivent; c'est-à-dire, un sillon de lumière qui leur montre le chemin de la vraie gloire, de la vraie fortune, de la vraie félicité, par lequel ils devront nous suivre, et venir nous rejoindre au ciel!... 5° Enfin il est raconté qu'en voyant Marie s'élever et disparaître complètement, les bergers s'élancent, pour retenir, disent-ils, quelque chose de ce qui s'échappe du corps et des pieds de la Vierge; mais tout s'évanouit dans l'espace, et ils ne saisissent que le vide!... Ames chrétiennes, pourrons-nous vous proposer, à la fin de ce mois béni, une image plus fidèle, une figure plus saisissante du néant de la vie, et du vide de toutes choses humaines et créées?... Oui, comme la vie est courte! comme le temps passe rapidement! comme tout s'évanouit dans le vide, ne laissant ici-bas que l'empreinte presque effacée d'avance d'un vague souvenir! et où allons-nous? à l'éternité!... Nous traversons le temps avec ses affaires, ses rares joies, ses nombreuses tristesses, et nous arriverons là, à ce terme inévitable de toute vie, l'éternité!... « L'éternité, terme sans terme, disent les Pères; fin qui est un commencement, et un commencement sans fin!... »

 

Consécration à Notre Dame de la Salette pour la clôture du Mois de Marie

 

On raconte, ô Notre Dame de la Salette, qu'un pieux pèlerin de la Terre Sainte, après avoir visité avec une ardente dévotion tous les lieux consacrés par les souffrances de Notre Seigneur, étant arrivé enfin au Calvaire, y expira d'émotion et d'amour... Quel doux trépas, quelle mort bienheureuse et digne d'envie!... Ah! si l'émotion et l'amour ne me peuvent ôter la vie, qu'ici, du moins, à vos pieds, à cette heure, tout ce qui est terrestre en moi, tout ce qui est trop humain, meure, expire, pour ne plus revivre jamais; que toutes mes ardeurs prennent leur cours, leur élan vers le ciel où est mon aimable Jésus, et où vous êtes, vous aussi, ô ma douce Mère! c'est la résolution de mon âme, l'offrande de mon cœur, à cette heure dernière de votre mois béni, qui va nous clore ses charmes et ses grâces!… Mais ici, ô bonne Dame de la Salette, il se présente à ma mémoire un consolant souvenir. Après votre disparition, les petits bergers des Alpes se disaient dans leur ignorante naïveté: « Si nous avions su que ce fût une grande sainte, nous lui aurions dit de nous mener avec Elle !... » Ah! ce que ne savaient pas ces pauvres enfants, moi je le sais: je sais que vous êtes bien plus qu'une grande sainte, la plus sainte des créatures, je sais que vous êtes la Reine de tous les saints! je vous dis donc aujourd'hui, dans toute l'ardeur de mon âme: « Menez-moi avec vous, ô ma tendre Mère, menez-moi avec vous! » Je n'ose vous dire: « Prenez-moi au ciel »; j'en suis encore si indigne, j'ai tant à réparer, à expier!... mais, prenez au moins mes pensées, prenez mes sentiments, faites-les monter jusqu'à vous! prenez mes désirs, prenez mes aspirations, prenez toutes mes facultés d'aimer, de connaître, de vouloir et d'agir: attirez-moi par l'odeur de vos parfums; prenez mon cœur, tout mon cœur, pour le donner à Jésus, sans réserve et sans retour! et quand je serai assez purifié, quand j'aurai assez réparé, assez expié: oh! alors menez-moi avec vous, prenez-moi avec vous; faites-moi entrer avec vous au paradis, afin qu'avec vous, j'adore, je loue, j'aime éternellement votre divin Fils, voyant la lumière dans la lumière de Dieu même, et m'enivrant à son cœur, sous l'aile de votre protection maternelle, du torrent de ses ineffables délices. Ainsi soit-il.

 

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Fin du Mois de Marie

Prochain Mois de Dévotion, le Mois du Précieux Sang

Rendez-vous le 31 mai

29 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Trentième jour

L'apostolat de la dévotion à Notre Dame de la Salette

« Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple! »

 

« A la fin de son discours, disent les bergers, la Sainte Vierge nous a dit en français: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple », puis, Elle a passé le ruisseau, ne touchant que le bout de l'herbe, glissant sur sa cime sans la faire plier, comme si Elle était suspendue, et qu'on l'eût poussée... et à quelques pas du ruisseau, sans se retourner vers nous, Elle nous a dit encore: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple... » Ces dernières paroles du discours de la Sainte Vierge, avant de remonter au ciel, nous rappellent Notre-Seigneur Jésus Christ donnant à ses apôtres mission d'évangéliser le monde: « Allez, leur dit-il, enseignez toutes les nations!... » Voici sur une haute montagne, Marie, la Mère de Jésus; Elle a, là, sous ses yeux, deux bergers, ses apôtres à Elle. Elle vient de leur confier son message, et puis, Elle semble leur dire: « Maintenant, moi, je vais à Celui qui m'a envoyée; mais vous, mes apôtres, allez par toute la terre, allez annoncer ma bonne nouvelle, allez publier une seconde fois la loi oubliée de mon Fils; allez préparer un règne nouveau de sa Mère ». On ne peut pas lire ces paroles et leur commentaire naturel, sans se trouver face à face avec l'apostolat de Notre-Dame de la Salette, et le zèle de sa dévotion: l'apparition de Marie sur la sainte Montagne n'est en effet qu'une mission toute d'apostolat et de zèle: si Elle descend parmi nous, c'est pour réclamer le respect de Dieu, la soumission aux commandements et aux lois de l'Eglise, si méconnus par les hommes. C'est pour revendiquer les âmes qui appartiennent à son Fils, et qui se laissent posséder par un autre que le véritable Maître; c'est pour procurer la gloire de Dieu par la conversion et la réparation: en un mot, le discours de la Sainte Vierge est en quelque sorte tout brûlant de zèle; il en inspire les premières paroles, il en anime toutes les parties, il le couronne par la plus solennelle recommandation; entendez Marie, s'efforçant, ce semble, de souffler au cœur de deux pauvres bergers l'apostolat de sa dévotion, vous le ferez passer à tout mon peuple!... Et ce n'est pas assez d'une fois, pour son cœur dévoré de cette sainte flamme; avant de les quitter, Elle redit avec une nouvelle solennité, une ardeur nouvelle: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple!... » Quelle insistance maternelle, quelle recommandation pressante!... On croirait entendre ici comme un écho lointain des protestations d'amour trois fois demandées à l'apôtre infidèle, pour écarter du cœur de Jésus les angoisses douloureuses de l'hésitation et du doute!... Et une explication importante de ces paroles, c'est que, interrogés sur ce qu'ils avaient compris par ces mots, tout mon peuple, les enfants ont répondu: « Nous avons pensé que c'était tout le monde !... » Il ne suffit donc pas de faire passer le message de la Salette au plus grand nombre, mais à tous sans exception; il s'agit de le porter de royaume en royaume, de province en province, de ville en ville, de bourgade en bourgade, jusqu'au dernier membre du peuple de Marie, caché au fond de la montagne la plus reculée... Il y a, il est vrai, dans le monde, et dans son peuple, des cœurs assez mauvais pour avoir voulu effacer leurs noms du cœur de Dieu ou de sa divine Mère; mais une mère est toujours mère, et Marie bien plus que toute autre: Elle veut donc, cette Mère toujours bonne, toujours miséricordieuse, que le bienfait de son message arrive même aux plus coupables, pour que la grâce surabonde là où le péché a surabondé.

 

Réflexions

 

Il en est du véritable apostolat comme de la charité, qui en est le principe. 1° II se nourrit d'abord lui-même. 2° Il excite, il propage ensuite, l'action étant sa vie. 1° La vie d'union est la nourriture la plus substantielle qui puisse être donnée à l'âme: or, Notre-Seigneur est ici, comme toujours, notre parfait modèle: le divin enfant de Marie s'est donné à sa Mère; Il s'est soumis à son autorité; Il a confié à son cœur son enfance, son adolescence, tout lui-même; il faut, à son exemple, nous consacrer à Marie, nous livrer à sa charité maternelle, nous remettre entièrement à sa direction, vouloir ce qu'Elle veut, faire ce qui plaît à son cœur, n'ambitionner, en un mot, autre chose que de l'établir notre maîtresse souveraine. Jésus a souffert en outre pour Marie au Calvaire; et cette souffrance a été portée à un tel degré d'union, qu'un saint évêque appelle Marie le seul ouvrage de l'incarnation et de la rédemption. La souffrance pourra donc être la condition des enfants de Notre-Dame de la Salette, Mère apparue inondée de larmes; ils la trouveront dans le chemin de la vie, tantôt sous un nom, tantôt sous un antre, assise à leurs côtés comme une compagne assidue, dans celte vallée de larmes; souvent elle viendra d'elle-même les visiter; quelquefois ils l'auront appelée par leur conduite peu chrétienne, ou par leurs œuvres coupables: mais souffrir devra être la voie aimée de toutes les âmes associées à l'œuvre réparatrice de la Sainte Vierge, sur la montagne de la Salette. 2° Le zèle excite et propage, l'action étant sa vie; c'est-à-dire qu'il nous faut glorifier Notre Dame de la Salette, ne pas nous lasser de la faire connaître, aimer et servir dans le monde; c'est la volonté formelle de notre Mère: « Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à mon peuple ». Suivant donc notre influence personnelle et notre position sociale, il ne faut craindre dans l'exercice de cet apostolat, ni les hommes qui nous condamneront, ni l'enfer qui nous suscitera des embarras et des peines; travaillons sans défaillance à glorifier notre Mère; répandons parmi les âmes droites et simples ce qui est de nature à faire aimer, à propager son culte, livres, images, objets divers de piété; parlons d'Elle aux pauvres, aux malades, aux affligés; ne craignons pas surtout de porter son nom aux pécheurs; inspirons à tous la pratique des saintes neuvaines de prières, de la communion à ses fêtes, de la visite à ses sanctuaires, surtout de l'étude des grands enseignements de son apparition, pour les faire passer dans la vie des âmes de tous les enfants de cette Mère universelle; à ce zèle pour son honneur, Elle a promis le ciel: « Ceux qui me font connaître! dit l'Ecclésiaste, auront la vie éternelle ».

 

Guérisons extraordinaires, entre autres de Melle de Rochas, de Versailles, en l'année 1866


 

« Versailles, 11 septembre 1866, me trouvant à la Salette en pèlerinage, je fus témoin de quelques prodiges que je m'empresse de vous transmettre et que vous devez peut-être connaître déjà. Ce fut d'abord la guérison subite d'une main contractée par une névralgie. Le même jour, c'était un dimanche, une paralytique de soixante-huit à soixante-dix ans, est venue en actions de grâces de Clermont-Ferrand; elle avait gravi à pied la sainte Montagne. Son état de paralysie avait duré neuf mois. Une jeune fille de seize ans, de Belmont en Aveyron, atteinte de chlorose, fièvre pernicieuse et affection nerveuse, et qui était en agonie, puisqu'on attendait son dernier soupir, s'est levée le septième jour ou plutôt la septième nuit d'une neuvaine faite à son intention. Son état de santé est des plus satisfaisants depuis cette époque, 16 juillet 1866; elle est aussi venue ce même dimanche remercier Notre Dame de la Salette de la grâce qu'elle avait reçue. Quelques jours avant, Mlle Rochas de Versailles, paroisse Notre-Dame, rue Hoche, 21, qui depuis quatre ans gardait sa chambre (vous connaissiez, du reste sa situation, puisque vous l'avez vue l'année dernière), a été aussi instantanément guérie. Prise d'une paralysie générale, il fallait la lever, la coucher, la transporter, elle ne pouvait se mouvoir. Ses jambes étaient repliées l'une dans l'autre, et ses genoux fixés contre la poitrine. Elle avait le bras gauche paralysé, et la bouche affreusement contractée, ne pouvait proférer une parole sans lui faire éprouver d'horribles douleurs. Son estomac ne pouvait plus supporter la plus légère nourriture. Une position semblable était de nature à exciter la compassion de tous ceux qui la voyaient. Elle fit une neuvaine à Notre Dame de la Salette, à laquelle nous nous associâmes de grand cœur. Le huitième jour, réduite à l'agonie, abandonnée complètement des médecins, on ne devait plus s'attendre qu'à son dernier soupir. Après avoir reçu le saint Viatique, elle s'endort profondément pendant une heure et demie. A son réveil, elle se lève sur son séant, se voit redressée, parle avec la plus grande facilité et constate sa guérison. Elle s'endort de nouveau pendant trente heures, après lesquelles, sur des instances réitérées de sa part, elle obtient enfin la permission de se lever et marche sans aucun secours. Le pied droit était resté encore quelque peu contracté, elle s'appuyait de la cheville pour s'aider à marcher. J'allai la voir et lui conseillai de se rendre le jour même à l'église pour remercier Notre Dame de la Salette. A onze heures, comme elle assistait à la sainte messe qu'elle avait entendue à genoux, et au commencement du dernier Evangile, son pied craque, se redresse. Elle se rend à la chapelle dédiée à la Sainte Vierge, d'un pas ferme et assuré, témoigner de sa reconnaissance. Aujourd'hui, elle se porte à merveille, il ne lui est resté aucun vestige de cette cruelle maladie. Gloire et amour à Notre-Dame de la Salette ». (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O très digne Vierge Marie, bonne Mère de la Salette; imitant votre divin Fils qui répète jusqu'à trois fois le commandement de la charité fraternelle, vous donnez deux fois sur la montagne, à vos deux petits apôtres, le commandement de l'apostolat et du zèle! Ainsi nous faites-vous entendre combien ce vocable nouveau vous est cher, combien vous avez à cœur que tout votre peuple connaisse votre message et se convertisse! Mais, ce que vous avez dit aux bergers des Alpes, qui de nous pourrait ne pas l'entendre comme dit à lui-même? Vous saviez bien que ces deux pauvres enfants ne pourraient seuls se faire entendre de tout votre peuple, et vous vouliez que nous fussions tous, leurs auxiliaires et vos apôtres! O tendre Mère, nous voici aujourd'hui, vous offrant, dans la mesure d'influence qui nous est départie, nos cœurs et nos voix; nos cœurs, où vos enseignements trouveront écho; nos voix, pour les communiquer à toutes les âmes que notre zèle dévoué pourra conquérir à votre culte et à votre dévotion, jusqu'au jour de l'éternelle vie promise à ceux qui vous font connaître. Ainsi soit-il.

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28 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-neuvième jour

Le devoir de la prière

« Faites-vous bien votre prière, mes enfants? » « Ah! pas guère, Madame! »

 

La Sainte Vierge semble vouloir couronner ses reproches et ses avertissements à la Salette, par la recommandation de prier, et de bien prier... Ecoutons tout d'abord cette douce voix, ces accents maternels, au milieu de ces âpres montagnes: « Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? » « Oh! non, madame, pas guère! » « Ah ! mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin; quand vous n'aurez pas le temps, dites seulement un Pater et un Ave, Maria... et quand vous aurez le temps,vous en direz davantage !... » La piété ne sait ici qu'admirer davantage, ou de la demande de la Mère de Dieu, qui parle avec une condescendance si maternelle à de pauvres petits bergers, ou de la réponse de deux enfants ignorants et grossiers, et où respirent une naïveté et une simplicité si touchantes: « Notre prière, ah ! nous ne la faisons pas guère, madame ». Humbles pâtres des Alpes, c'est sans doute la première fois que votre bouche s'ouvre à la langue de la France; et vos premières paroles ne sont pas éloquentes... Mais, rassurez-vous; si votre langue a été barbare, votre cœur innocent a exprimé des sentiments qui remplissent nos âmes d'émotions et de piété!... Nous venons aujourd'hui, pieux fidèles, vous tenir le langage de Notre-Dame de la Salette. touchant la prière: ou plutôt, ce n'est pas nous, c'est la Mère de Dieu qui vous le dit, parce qu'Elle sait combien est funeste la négligence de ce devoir: Oui, il faut prier : Notre-Seigneur dans l'Evangile, et les apôtres dans leurs Épîtres répètent sans cesse: « Veillez et priez... » « priez en tout temps... » « il faut toujours prier, et ne jamais cesser... » « soyez assidus à la prière, et le jour et la nuit ». Voici, en outre, les similitudes et les comparaisons touchantes dont se servait saint Jean Chrysostome, pour expliquer cette vérité au peuple d'Antioche: « Vous n'ignorez pas, disait-il, l'usage des nerfs de notre corps; ils servent à unir les différentes parties, à les lier ensemble, à donner au corps le mouvement et la force pour agir; que l'on coupe ces nerfs, cette a belle harmonie est rompue, et le corps s'affaisse sur lui-même! Voilà les effets de la a prière à l'égard de l'âme; elle la soutient, lui conserve la vie et la fait marcher dans les vertus; mais, cessez-la, et l'âme perd ses forces, sa vigueur et sa vie!... Voyez encore un arbre, dit-il, qui vient à manquer d'eau; ses racines ne peuvent plus tirer de la terre le suc nécessaire; il languit, ses fruits tombent, ses feuilles se dessèchent, il meurt!... Ainsi en est-il de l'âme qui abandonne la prière; elle devient cet arbre stérile que Jésus-Christ a maudit, et a qui doit être arraché et jeté au feu! » Il faut remarquer que Notre Dame de la Salette demande particulièrement la prière du matin et du soir: nous comprenons cette recommandation spéciale. Il y a dans chacune de nos journées un instant du jour où nous renaissons à la vie: c'est celui du réveil; à ce moment, Dieu nous rend à nous-mêmes, à nos devoirs, à nos pensées; eh bien! là se représente dans toute sa vérité, dans toute sa force, le devoir de chercher le Seigneur, de lui rendre le culte qui lui est dû à tant de titres: d'autant mieux que le cœur élevé à Dieu par la prière, à ce premier instant du jour, est comme une horloge bien réglée; c'est une impulsion donnée, un mouvement qui continue de soi-même, c'est une route ouverte, à suivre fidèlement; mais si, le matin, l'aiguille ne marque pas l'heure de Dieu, que seront et que peuvent être les autres heures du jour, dans les tristesses de la vie, et les luttes de la vertu?... Et le soir, quand le combat est passé, et que les ennemis sont en fuite, ne faut-il pas remercier Dieu, qui donne la victoire? chaque jour n'est-il pas un don du ciel? il faut rendre grâces pour les bienfaits reçus, et en demander d'autres. Le repos de la nuit nous est nécessaire, car le lendemain le combat recommence: demandons à Dieu ce repos; et puisque notre ennemi ne dort pas, prions le ciel de veiller sur nous.

 

Réflexions

 

1° En nous recommandant le pieux devoir de la prière quotidienne, en signalant à notre attention le prix d'un Pater et d'un Ave, Notre Dame de la Salette a voulu nous pénétrer vivement d'un sentiment profond de respect et de confiance pour la prière, cette grande ressource du chrétien: cependant, on se fait dans le monde des illusions étranges: chacun croit avoir des raisons suffisantes de manquer à ses prières: l'un allègue une excuse, et l'autre, de vains prétextes: mais si nous cherchons un peu au fond de toutes ces excuses, savez-vous ce qu'on y trouve? la paresse spirituelle , l'indifférence pour Dieu, une négligence complète de son salut... Du temps, on en a pour toutes créatures, et pour toutes choses humaines, mais on ne trouve pas quelques minutes à donner à Dieu, notre Père et notre Sauveur!... que d'ingratitude! que d'humiliations, que de mépris nous imposons au cœur de Dieu!... Sommes-nous de ces chrétiens ingrats, lâches et aveugles? 2° La prière doit suivre immédiatement noire lever, avant même de quitter nos appartements: une prière remise à plus tard est souvent une prière manquée. Il importe grandement de la faire avec convenance et piété, c'est-à-dire, à genoux, devant une image ou un crucifix, et non en allant et venant d'un lieu à un autre lieu et à une autre affaire: la posture doit être toujours respectueuse; la prière étant une conversation de l'âme avec Dieu, ce n'est point le moment de chercher ses aises et commodités. Efforçons-nous surtout de comprendre, dans nos prières, les paroles que nous prononçons: Oh! que de chrétiens méritent ici le reproche que Notre-Seigneur adressait aux juifs: « Ce peuple m'honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi!... » Enfin ce n'est pas assez de s'acquitter soi-même de la prière du matin et du soir; il faut encore veiller à ce que les personnes qui dépendent de nous remplissent ce devoir: c'est là une obligation grave pour les pères et les mères, et les maîtres: être négligent à cet égard, c'est abdiquer son titre de mère chrétienne, et assumer une grande responsabilité devant Dieu. 3° A un époque où la foi était plus vive, dans le bon vieux temps de nos pères, existait un usage bien touchant, bien religieux, semence féconde de bénédictions: les familles se réunissaient pour faire en commun la prière du soir: pourquoi ne pas revenir à cette ancienne et pieuse coutume? on transforme aisément la plus modeste chambre en une sorte d'oratoire, en y plaçant quelques objets bénits, une statue de la Sainte Vierge,l'image de la première communion d'un enfant, la croix embrassée par un père vénéré, à son heure dernière: devant ces précieux symboles, l'enfant, le serviteur regardent Dieu lui-même dans la personne de leurs parents et de leurs maîtres; on se sent plus respectueux et plus soumis ; le souvenir de nos chers défunts revient chaque jour à la prière; et en les préservant du triste oubli, la prière perpétue tout à la fois dans la famille leur mémoire et leurs exemples. Tous donc, vivants et morts, ont leur part, dans la pieuse coutume de la prière en commun; puisse une heureuse expérience l'apprendre à un grand nombre de familles chrétiennes; aussi bien Notre-Seigneur semble avoir voulu encourager cette sainte pratique, en nous disant: « Lorsque deux ou trois personnes se réuniront en mon nom pour prier, je me trouverai au milieu d'elles ».

 

Guérison miraculeuse de H. Evelin

 

La relation suivante renferme, non-seulement un fait miraculeux, une grâce des plus touchantes, mais elle confirme, de la manière la plus explicite, les preuves de l'apparition elle-même. On remarquera, en effet, dans quels termes et pour quel objet fut sollicité le prodige à la suite duquel s'est opérée la guérison inespérée de M. Evelin. Tombé malade le 18 octobre 1857, au séminaire de Paris, M. l'abbé Evelin revint à Nantes le 30 du même mois au sein de sa famille pour y être soigné. Une bronchite jointe à un mal d'estomac, parut d'abord être la cause de son mal; mais bientôt apparurent les symptômes d'une fièvre dangereuse qui au bout de quelques jours le conduisit aux portes du tombeau. Tous les secours humains furent successivement employés mais sans aucun résultat. La situation du malade paraissant s'aggraver de jour en jour, on le prépara à recevoir les derniers sacrements qu'il reçut avec tous les sentiments de la foi la plus vive, de la piété la plus tendre et la plus affectueuse. Peu après la cérémonie, le délire un instant suspendu recommença et devint permanent, il paraissait assiégé des plus désespérantes imaginations, que la vue de son père et de sa mère ne pouvait désormais calmer. La pensée de la mort lui causait de plus en plus de nouvelles terreurs; chaque fois que la religieuse assise à son chevet lui présentait le crucifix ou la vraie croix, la connaissance revenait aussitôt, et le malade faisait à Dieu le sacrifice entier de sa vie avec la plus parfaite soumission. Puis, dès qu'on cessait de l'occuper par de pieuses pensées, le délire revenait avec de cruelles angoisses qui épouvantaient le mourant. Dans un de ces moments lucides qui accompagnaient toujours ses pieuses méditations, la vie du malade se porta avec inquiétude sur sa tendre mère assise à son chevet. « Maman, lui dit-il, nous allons nous séparer; hélas! ma pauvre mère, en éprouveras-tu trop de peine? » « Oh! mon enfant, lui répondit cette mère courageuse; tu sais que nous sommes tous de bons chrétiens; eh bien! nous ne voulons tous que la volonté de Dieu ». « O mon Dieu! que je suis soulagé! murmura le jeune homme; c'était celle pensée qui me préoccupait; maintenant je suis tranquille ». Le lendemain matin, une crise affreuse annonçait sa fin prochaine. Sur le soir, le bruit des cloches se fit entendre; elles annonçaient le retour de Monseigneur l'évêque qui arrivait de Rennes. La pensée de la pauvre mère se tourna aussitôt vers le prélat, et par un mouvement précipité, elle se lève pour aller prier Sa Grandeur devenir prier auprès de ce cher fils et le bénir. « Oh! vous voilà, Monseigneur, s'écria-t-il, que je suis content ». Le prélat lui parle avec la plus touchante affection; le jeune homme reconnaît les ecclésiastiques qui l'accompagnent; il reçoit avec la plus vive reconnaissance, les bénédictions du premier pasteur, puis le délire revint plus terrible encore. « Monseigneur, mon fils vivra-t-il, demande à Sa Grandeur la pauvre mère! » « Madame, votre enfant est bien mal, je crois que Dieu veut vous en demander le sacrifice ». Elle ne put qu'incliner la tête; pour cette digne mère, tout était dit. Voyant cet état désespéré, un ecclésiastique de la famille demanda au père du malade, s'il ne pensait pas faire un vœu à Notre Dame de la Salette et à promettre un voyage sur la sainte Montagne. Celui-ci accueillit cette pensée comme venant du ciel. Il fit part aussitôt de ce pieux des sein à sa femme en présence du confesseur de son fils. « Tout secours humain étant impuissant, je demande à la Sainte Vierge la guérison de mon enfant, et si Dieu écoute ma prière, nous irons tous les trois la remercier sur la sainte Montagne, et je ferai une offrande à ce sanctuaire ». On rentra dans la chambre du malade où le vœu fut prononcé à genoux, au pied du lit. Vers le soir, veille de la fête de la Présentation, on s'aperçut avec effroi que le malade entrait en agonie. Le médecin et le confesseur furent appelés. Interrogé par la famille, le docteur répondit que tout espoir était désormais inutile; il avait constaté un épanchement au cerveau; le mourant était livré aux angoisses d'une cruelle agonie. Le pauvre père accablé de douleur, ne pouvait se résigner à abandonner tout espoir, il voulut renouveler, de concert avec son épouse, le vœu prononcé déjà la veille, et demanda la guérison de son fils en témoignage du fait de l'apparition de la Sainte Vierge sur la montagne de la Salette. Effectivement, reprit le confesseur du malade qui ne le quittait pas, vous demandez un miracle en ce moment, et vous le demandez avec soumission à la volonté de Dieu, pour sa gloire et comme attestation du fait miraculeux de la Salette. Le vœu fut renouvelé à ces conditions avec beaucoup de foi et de confiance. Quelques instants après, on l'entendit s'écrier: « Ah, le ciel! qu'il est beau! j'y serai donc bientôt! quel bonheur d'aller au ciel! » Puis il renouvelait le sacrifice de tout ce qu'il avait de plus cher; « c'est bien peu, disait-il, pourquoi ne puis-je pas donner davantage ». Dans cette matinée, il n'eut point de délire, et la vie le soutint jusqu'à une heure et demie. Ce moment était attendu avec une grande anxiété; c'était l'heure du redoublement de la fièvre. Effectivement il baissa d'une manière sensible; ses yeux perdirent la vie, ses traits fortement tirés et contractés annonçaient l'agonie, et le râle recommençait; son pouls et sa respiration s'arrêtaient par moments. On se mit à genoux pour réciter les prières; arrivé à l'oraison: « Partez, âme chrétienne », on s'arrêta un moment; le pouls ne se faisait plus sentir, il ne donnait plus signe de vie. On commença dès lors les litanies de la Sainte Vierge. Peu après, comme sortant d'un profond sommeil, le malade ouvrit les yeux et regarda autour de lui les personnes qui l'environnaient; le délire avait cessé; la vie semblait ranimer ce corps épuisé; on avait du reste espoir que le lendemain, jour de la fête de la Présentation, il serait sauvé. Le sommeil vint enfin au malade. Son père n'eut plus de doute sur sa guérison; la protection de Marie apparaissait d'une manière trop visible. En s'éveillant, il dit à son père en lui tendant les bras: « O mon bon père! comme je suis content de vous voir! Oh! comme je sens que de grandes choses se sont passées en moi! Je ne sais d'où je viens! que d'actions de grâces à rendre! Je suis guéri ». L'émotion du malade était extrême et ses larmes coulaient en abondance. Ce jour-là, les messes furent dites en actions de grâces dans les séminaires. L'eau de la Salette à qui il devait sa conservation avait pour lui un goût inexprimable; il la savourait avec délices, et en demandait souvent. Ces premiers jours furent, de la part du malade, une hymne continuelle d'actions de grâces. La guérison fut complète; la Sainte Vierge ne permit pas qu'il lui restât la plus légère trace de maladie. Il put bientôt après reprendre ses études et poursuivre sa carrière avec une santé parfaitement rétablie. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O Marie, vous dont toute la vie sur la terre ne fut qu'une admirable et continuelle prière; vous qui, dans le ciel, comme vous nous l'apprenez à la Salette, vous êtes chargée de prier sans cesse pour nous; enseignez-nous à prier, à prier sans cesse, à prier en union avec vous; pourrions-nous ne pas unir notre voix suppliante à la voix de la céleste Mère qui se fait, dans l'éternelle gloire, notre avocate auprès de son divin Fils: Vous, notre avocate! l'Eglise nous le disait, et nous le croyions, et nous étions touchés ; mais voilà que vous êtes venue nous l'apprendre vous-même sur la sainte Montagne. Oh! bonne Mère, nous en sommes tout émus, tout attendris de reconnaissance: et unis à vous, nous voulons prier, prier sans cesse, prier pour nous, pour nos familles, pour l'Eglise, pour la France et pour les pauvres pécheurs. Ainsi soit-il.

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27 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-huitième jour

La loi d'abstinence

« Et le carême, ils vont à la boucherie comme des chiens! »

 

Les termes de ce reproche de Notre Dame de la Salette, et de la comparaison qui l'accompagne, paraissent tout d'abord étranges et vulgaires: il faut se souvenir que le langage prophétique admet ces locutions vives et énergiques; on trouve ces sortes d'expressions, et de plus dures encore, dans la bouche des prophètes, des apôtres et de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, voulant flétrir et stigmatiser le vice. Au reste, ces mots abandonnés: « Ils vont à la boucherie comme des chiens », ont ici un sens voulu et de circonstance. Du haut de sa montagne, Marie voit les lois de l'abstinence partout méconnues et méprisées; son cœur si doux, si tendre, si bon, s'indigne en ce moment : Elle compare les lâches chrétiens dont la vie se traîne dans les sens, à ces vils animaux qui se jettent instinctivement sur leur proie; par une expression sévère, Elle flétrit leur conduite, et nous rappelle tous à l'observance plus exacte des lois de l'Eglise. La première et la plus ancienne loi que Dieu ait imposée à l'homme, est celle de l'abstinence. A peine admis au paradis terrestre, Adam reçut la défense de toucher au fruit d'un arbre qui lui fut désigné ; fidèle à l'observation de cette loi, il nous eût transmis son innocence première, et il n'eût pas été besoin, pour la réparer, que l'Eglise nous imposât de nouvelles abstinences: mais, par la chute du premier homme, la chair s'est soulevée contre l'Esprit; et par un juste châtiment de notre révolte, les jeûnes et les abstinences nous sont devenus nécessaires; et tels sont le fondement et l'origine du précepte de l'abstinence. Ils ignorent donc la première page de l'histoire humaine, et la condition de notre nature déchue, les,hommes qui osent affirmer que l'abstinence est bien inutile en elle-même, et surtout arbitraire de la part de l'Eglise. La loi de l'abstinence a pour fondement la loi naturelle, qui demande réparation de la première chute, et pour justification de sa pratique et de son institution parmi nous, la parole de Jésus-Christ disant à l'Eglise: « Qui vous écoute, m'écoute, qui vous méprise, me méprise; et celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé ». L'autorité de l'Eglise n'est donc ici autre que l'autorité même de Dieu. Après ces justes observations, qu'elles sont malheureuses et méprisables ces locutions irréligieuses si répandues dans le monde: « La viande ne damne pas; elle n'est pas plus mauvaise un jour que l'autre!... » Que ces paroles sont injurieuses à Dieu, humiliantes pour l'Eglise , et qu'elles accusent d'ignorance et peu de foi chez les personnes qui les profèrent!... Non, assurément, la viande ne damne pas; ce qui damne, c'est la désobéissance qui fait manger la viande un jour défendu; ce qui est mauvais, c'est la violation d'une loi qui n'existe pas pour les autres jours, c'est la révolte contre l'autorité légitime de l'Eglise. Adam, en mangeant du fruit défendu, ne fut pas souillé par le fruit qu'il mangea, très bon en lui-même, mais par sa désobéissance à la loi de Dieu; de même, ce n'est pas ici la viande qui souille l'homme, c'est l'intention et l'esprit de révolte avec lesquels il agit: en un mot, il ne s'agit, dans ce précepte de l'abstinence, ni de viande, ni de jours, ni de goût; il s'agit du cœur qui pèche en refusant de se soumettre à un commandement obligatoire et facile. Il n'y a qu'un homme superficiel et ignorant qui puisse regarder cette institution comme inutile: respectons-la donc nous-mêmes, du fond de notre cœur; laissons rire ceux à qui plaisent ces sortes de dérisions impies, et accomplissons sans murmurer des commandements si simples, si sages et si utiles à nos âmes.

 

Réflexions

 

1° Outre le motif général qui détermine son institution, la loi de l'abstinence repose sur de sages et pieuses raisons. Son application, qui revient toutes les semaines, aux Carêmes, Vigiles et Quatre Temps de l'année, est destinée à rappeler incessamment au souvenir des chrétiens, la Passion, les souffrances, la mort de leur Sauveur, et la nécessité toujours pressante de la pénitence; elle est en quelque sorte la pratique publique de la pénitence des premiers chrétiens; aussi, combien cette seule observation du maigre aux jours prescrits, empêche l'âme de sortir des idées religieuses. 2° Les Vies des Pères et les écrits des docteurs renferment des pensées pieuses et des comparaisons touchantes, pour exprimer l'excellence et les avantages spirituels de l'abstinence. Les athlètes du paganisme, disent-ils, se préparaient au combat par une diète sévère, et par l'abstension de certaines nourritures, des semaines entières; pourquoi les athlètes du christianisme n'imiteraient-ils pas cet exemple?... Un général, qui veut faire le siège d'une ville, commence par lui couper l'eau et les vivres: faites de même à l'égard de votre corps, si vous voulez le dompter. Saint Jean Climaque ajoute: « L'abstinence et le jeune sont la circoncision des délectations du palais, des aiguillons de la chair, l'extirpation des mauvaises habitudes, la purification de l'oraison, le gardien de l'esprit, le principe de la componction, le protecteur de l'humilité et de l'obéissance, la santé du corps, la tranquillité de l'âme, la rémission des péchés, la porte du paradis!... » Et enfin, qui ne serait rempli d'un saint désir d'abstinence à cette comparaison de saint Vincent Ferrier: « Avant de s'envoler vers d'autres contrées, lorsqu'est venu l'automne, certains oiseaux sont obligés de s'abstenir presque totalement de nourriture, afin de devenir plus légers au vol... Il en est de même de notre esprit, c'est par l'abstinence qu'il se prépare et s'élève vers les régions célestes; et le jeûne est le char que l'on monte pour arriver jusqu'à Dieu!... »

 

Pratique : Résolutions généreuses et pratiques: 1° Observer soi-même, et faire accepter dans sa famille, dans la mesure de notre influence, et dans toute sa rigueur loyalement catholique, le précepte de l'abstinence. Que dire de ces tristes familles, pourtant si nombreuses, qui usent d'aliments gras toute l'année, sans distinction de jours?... Quelle éducation pour les enfants, quel exemple pour des serviteurs!... Ah! c'est bien à ces familles que s'appliquent ces paroles humiliantes, mais bien méritées, de Notre Dame de la Salette: « Il vont à la boucherie comme des chiens!... » 2° Différer, autant que possible, les voyages qui nous exposent à la violation prochaine du précepte, par le mauvais vouloir ou les exigences d'un service public dans les hôtelleries: évitons, par de sages précautions, de nous asseoir à la table d'un parent ou d'un ami, un jour d'abstinence. Oh! qu'il est à craindre que cette parole de l'Evangile ne se vérifie pour un grand nombre: « Vous avez rougi de moi devant les hommes; à mon tour, je rougirai de vous au dernier jour, devant mon Père et les élus; et je vous dirai: « Retirez-vous, je ne vous connais pas!... »

 

Guérison extraordinaire

 

Le prodige éclatant que nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs a servi de fondement à l'établissement du culte de Notre-Dame de la Salette, dans la ville de Muret, un des premiers sanctuaires élevés en l'honneur de la Vierge des Alpes. Gabrielle Dorbes, pauvre orpheline de vingt-six ans, épuisée depuis quatre ans par la souffrance, entra vers la lin de l'hiver 1854, à l'hospice de Muret, sa ville natale. Là, elle demeura deux années courbée, torturée, usée, déformée par l'horrible mal. Elle était couverte de plaies, et ses souffrances étaient inouïes. Tous ses membres étaient retirés, racornis; ses genoux repliés et fixés contre sa poitrine. Dans toute position où on la plaçait, elle restait clouée, immobile. La paralysie était presque générale: elle provenait d'une affection de la moelle épinière; la main gauche seule se mouvait encore. L'estomac ne pouvait plus supporter que quelques gouttes d'eau; par moments sa tête s'égarait; elle perdait le sentiment et délirait. Les médecins de Muret et de Toulouse l'avaient condamnée depuis longtemps. Témoins de si cruelles souffrances et ne pouvant la soulager, ils désiraient voir terminer pour elle cette longue et douloureuse agonie. Gabrielle désirait aussi mourir, mais, âme pieuse, elle gardait la résignation dans ses douleurs. La supérieure de l'hospice qui, avait reçu de grandes grâces de Notre Dame Réconciliatrice, était en possession d'un petit flacon d'eau de la Salette, et la destinant à Gabrielle, elle avait prié cette bonne Mère de guérir cette chère malade pour le bien du pays, la gloire et l'extension de son culte, dût-elle rester infirme toute sa vie. La délicatesse de cette demande toute chrétienne ne peut passer inaperçue, puisque la guérison était sollicitée pour l'avantage général et spirituel du prochain. Une neuvaine fut dès lors décidée, et cependant il est évident que du côté de la malade, il n'y eut aucun empressement; elle n'avait aucun désir de conserver la vie. Elle céda seulement à la pensée qui lui fut communiquée, que sa soumission tournerait à la plus grande gloire de Dieu et à l'honneur de la Sainte Vierge. Celait le 23 mai 1855. La neuvaine devait commencer le soir. L'aumônier était venu porter le saint Viatique à la pauvre agonisante. Sur la demande qu'elle lui fit, s'il fallait attendre qu'elle eût communié pour prendre cette eau. « Non, mon enfant, buvez cette eau de la Sainte Vierge quand vous voudrez ». Et le prêtre, en s'en allant, lui mit le flacon dans sa main gauche, le seul membre qui ne fût pas entièrement paralysé. Gabrielle, restée seule, boit l'eau de la Salette, disant: « Pour la gloire de la Sainte Vierge, que la sainte volonté de Dieu soit faite! » Puis avec les dernières gouttes, elle se frotte légèrement le bras droit. Ce bras était insensible, inerte, gonflé, et la main déjà couverte de taches noires gangreneuses. Gabrielle, eu buvant, fut saisie d'une émotion indicible. Son cœur battait violemment dans sa poitrine. Quelques minutes après, elle cesse de se frictionner; tout à coup, elle éprouve comme si on lui remuait le bras sous la couverture ! Elle sent comme quelqu'un qui lui disait: « Tire ton bras ». Je tire brusquement mon bras, dit-elle, et me sentant guérie, mon premier mouvement est de faire le signe de la croix; mais voilà qu'au lieu de dire: « Au nom du Père... » sans le vouloir, j'ai dit: « O Marie conçue sans péché! Dès lors j'ai compris tout de suite que la Sainte Vierge m'avait guérie ». Gabrielle, délivrée de toute angoisse, s'amuse à faire exécuter à ce bras affranchi tous les mouvements et toutes les évolutions, comme pour s'assurer de la réalité du miracle. Mais par un sentiment de timidité singulière, elle garda jusqu'au soir le secret de sa guérison; et quand une des sœurs vint lui dire: « Gabrielle, nous allons à la chapelle commencer la neuvaine », elle répondit: « Après la prière, venez, ma sœur, je vous ferai voir quelque chose ». La religieuse avait soupçonné dès ce moment que le miracle était accompli. À son retour, la malade lui présente son bras, l'agite devant elle. La sœur tombe à genoux, fond en larmes et en prières. Toutes les sœurs accourent à la nouvelle du miracle. La jeune fille demande à se lever et sent ses jambes s'allonger sans peine. Elle se dresse, s'habille elle-même, descend de son lit et marche. Un bien-être inexprimable qu'elle n'avait pas connu depuis six années, a succédé à son état de martyre. Elle se sent appétit, elle se lève, s'habille, déjeune et dîne fort bien; et dès le lendemain, elle reprenait sa couture. Faible d'abord, elle sent ses forces revenir avec une rapidité inouïe. Cependant, exception frappante! une de ses jambes semblait demeurer débile; elle ne peut marcher que sur la pointe du pied ; on se rappelle les termes du vœu de la supérieure... Ceci durait depuis trois semaines, la guérison étant d'ailleurs générale et parfaite, lorsque Gabrielle dit à la supérieure: « Ma mère, il faut bien que la Sainte Vierge finisse sa guérison ». « Mais, nous n'avons plus d'eau, mon enfant ». « Eh bien! la médaille de la Salette, n'est-ce point la même chose? » Et le soir, en se couchant, Gabrielle applique sa médaille sur le genou avec la même foi naïve et profonde qui avait obtenu le premier miracle. Le lendemain (c'était un samedi), elle allait à la messe sans éprouver ni faiblesse ni embarras. Quelques jours après, elle suivait la procession de la Fête-Dieu. « Sans doute, dit-elle, en me laissant boiter, la Sainte Vierge avait voulu éprouver notre foi et notre confiance ». (Journal de Muret.)

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette! vous nous faites entendre, dans votre apparition, des paroles sévères pour les chrétiens qui n'observent pas la loi de l'abstinence: hélas! quel aveuglement était le nôtre! et c'est vous, ô Marie, qui venez dessiller nos yeux sur la sainte Montagne, bénie par votre présence, sanctifiée par vos larmes, illustrée par vos reproches et vos menaces. Oh ! notre mère, nous n'oublierons jamais tant de condescendance maternelle, et désormais votre voix retentira toujours au fond de notre cœur. Nous revenons tous aujourd'hui à l'observation fidèle, constante, généreuse de l'abstinence; pourrions-nous refuser à votre divin Fils ce léger sacrifice? Notre salut lui coûte bien plus cher, à lui qui, pour nous ouvrir le ciel, a bu jusqu'à la lie le calice des humiliations et des souffrances!... C'en est donc fait, nous prenons, pour nous et pour les nôtres, la résolution de garder fidèlement ce précepte de l'Eglise, et si jamais nous étions exposés à le transgresser encore, nous vous en conjurons, ô bonne Mère, parlez à notre âme, rappelez-nous la colère de Dieu, vos larmes sur la sainte Montagne, et rendez-nous, par votre intercession, toujours vainqueurs de la tentation et du péché. Ainsi soit-il.

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26 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-septième jour

Le blasphème du Saint Nom de Dieu

« Ceux qui mènent les chars ne savent plus jurer, sans mettre le Nom de mon Fils!... »

 

Un autre reproche que la Très Sainte Vierge nous a adressé dans son discours à la Salette, est relatif au blasphème du saint Nom de Dieu. Prenant un langage simple, pour être mieux comprise par les deux petits bergers, elle leur dit: « Ceux qui mènent les charrettes ne savent plus jurer sans mettre le Nom de mon Fils au milieu, ce sont là les deux choses [le blasphème et la profanation du Dimanche), qui appesantissent tant le bras de mon Fils!.. » 1° Quelles sont donc, et la nature du Nom de Dieu, et la malice du blasphème? Le Nom de Dieu est un nom grand, un nom saint, un nom redoutable: au ciel, le Nom de Dieu est l'objet incessant des cantiques des anges et des séraphins: dans l'enfer, il est le désespoir des réprouvés: sur la terre, il fait la consolation et l'espérance des justes; il est aussi l'épouvante et la terreur du pécheur: enfin, pour rendre à ce Nom adorable un culte perpétuel, l'Eglise le place incessamment sur les lèvres de ses enfants et de ses ministres, par ces paroles du saint roi David, devenues pour nous une formule de prières: « Que le saint Nom du Seigneur soit béni, maintenant, et dans tous les siècles des siècles ». Ajoutons avec Origène que le Nom de Dieu n'est pas moins cher à Dieu que son être propre; d'où il suit qu'autant il a d'intérêt à défendre sa gloire, autant doit-il en avoir pour faire respecter son saint Nom. Et si nous en cherchons la raison, Tertullien nous la donne en ces termes: « C'est que, dit-il, le Nom de Dieu comprend tout son être, toute sa nature, toutes ses perfections: dans le Nom de Dieu sont renfermées, la Justice par essence, la Sagesse incréée, la toute-puissance, la toute-science, la vérité, la miséricorde, la bonté!.. » blasphémer donc ce Nom ineffable, c'est attaquer Dieu à la fois dans toutes ses perfections, dans tout son être ; c'est enfin, suivant la parole de nos saints livres, lever une main sacrilège contre son Seigneur et son Maître, déclarer la guerre au Tout-Puissant, et l'anéantir, autant qu'il est en nous de le faire. (Enseignements de la Reine du ciel.) 2° Le saint Nom de Dieu est blasphémé par la généralité des hommes. Remarquons bien que le blasphème ne consiste pas seulement dans ces imprécations auxquelles on mêle le Nom de Dieu: à cette prévarication appartiennent encore les attaques contre les mystères de la religion, les sarcasmes, les plaisanteries graves, les facéties sacrilèges dirigées contre lès sacrements, les cérémonies, les ministres de l'Eglise; en un mot, blasphémer, c'est parler d'une manière injurieuse, non-seulement de Dieu, mais encore des choses qui lui sont dévouées: or, cette iniquité est devenue de nos jours presque générale; la voix des blasphémateurs couvre celle des adorateurs; et il ne monte presque plus de la terre que des clameurs impies: ouvrons la plupart des livres qui se publient, lisez les journaux les plus répandus; vous n'entendez que négation des dogmes chrétiens, que mépris de nos croyances, qu'attaques contre la divinité de Jésus-Christ, l'Eglise ou ses ministres. La société moderne se trouve donc, il faut bien le reconnaître avec douleur, comme inondée de blasphèmes contre Dieu: on dirait que le démon met tout en œuvre pour entraîner le peuple chrétien à répéter le cri sacrilège des juifs, au moment où Pilate leur montra le Christ: « Tolle, tolle; qu'il disparaisse, qu'il meure, ce Dieu qui nous importune, nous, nos intérêts, nos opinions et nos plaisirs: nous ne voulons plus qu'il règne sur nous!.. » Notre Dame de la Salette avait donc grandement raison de se plaindre sur la montagne des blasphèmes si multiplié; dans le monde, et qui, comme une lèpre honteuse, défigurent tout le corps social; voilà bien ce qui rend le bras de Dieu si pesant, que la Vierge, toute puissante par ses prières, ne peut plus le retenir. Pleurons, gémissons avec Elle sur un désordre devenu si général, conjurons-la d'écarter par son intercession les malheurs et les fléaux dont nous menace un Dieu justement irrité de tant de crimes; ou si sa justice frappe le blasphémateur impénitent, ne nous étonnons pas de ses rigueurs, car Dieu ne peut avoir, après tout, une majesté vaine, méprisée et impuissante.

 

Réflexions

 

1° Ingratitude du blasphémateur. Nous lisons au chapitre 10 de l'Evangile selon saint Jean, qu'un jour des Juifs méchants et endurcis prirent des pierres pour lapider Notre Seigneur. Ce divin Maître leur dit: « Je vous ai instruits de la doctrine du salut, j'ai guéri vos malades, j'ai délivré vos possédés, j'ai multiplié les miracles au milieu de vous: pour laquelle de ces bonnes œuvres voulez-vous me lapider?.. » Empruntant ce langage de Jésus Christ, n'aurions-nous pas le droit de dire aux malheureux blasphémateurs: « Enfants ingrats et dénaturés, pourquoi maudissez-vous le Nom de votre Dieu? est-ce parce qu'il vous a créés? est-ce parce qu'il vous a élevés au-dessus de tous les êtres de la création, et qu'il vous a placés ici comme le roi de l'univers? maudissez-vous son Nom, parce qu'il vous donne la pluie, la chaleur, la rosée qui font germer, croître et mûrir la moisson? maudissez-vous son Nom, parce qu'il vous a rachetés sur la croix, et établis les héritiers de sa gloire? est-ce parce que dans la sainte communion, il vous a nourris de sa chair et de son sang adorables? est-ce parce que dans le ciel, il vous a préparé une couronne éclatante, un trône glorieux, un bonheur immense et éternel? Répondez, malheureux blasphémateurs, répondez à cette voix de votre Dieu! pour lequel est-ce de tous ces bienfaits innombrables que vous maudissez son saint Nom? » « O insensés, s'écrie saint Jean Chrysostome, votre bouche ingrate blasphème celui qui veille sur vous? devez-vous donc être le seul, ô notre Dieu, vous, notre premier et meilleur ami, pour qui l'amour et les bienfaits multipliés ne recueilleront de notre part qu'indifférence, mépris, insultes et malédictions!.. » 2° Zèle des enfants de Notre Dame de la Salette à réparer le blasphème et à louer le saint Nom de Dieu: Les blasphémateurs sont les échos volontaires de l'enfer, et ils ont perdu la foi, les enfants ingrats qui traitent de la sorte leur divin Père; et ce qui ajoute à la tristesse des âmes chrétiennes, c'est qu'après les reproches amers de la Sainte Vierge sur la montagne, il reste encore dans notre malheureuse patrie tant de blasphémateurs! Pour nous, enfants privilégiés de la Salette, devenons aujourd'hui ses apôtres: montrons par notre zèle contre le blasphème, par notre respect profond de ce Nom sacré, qu'à nos yeux, ce Nom rappelle tout ce qui peut exciter l'amour le plus tendre; montrons un cœur ému, devant des blasphèmes proférés en notre présence; demandons pardon pour nos frères coupables, et écrions-nous aussitôt en réparation: « Mon Dieu, mon Dieu... »

 

Pratique : Mettons tout en œuvre autour de nous, conseils, bonté, prières, pour prévenir où diminuer le blasphème auprès de nos parents, amis ou serviteurs. Ne mêlons jamais nous-mêmes ce nom trois fois saint à nos discours, inutilement et sans piété...

 

Guérison obtenue par l'intercession de Notre Dame de la Salette, en faveur d'un brigadier eu garnison à Metz

 

Jean Lacoume, brigadier et cantinier en garnison à Metz, était malade depuis dix mois, d'une fièvre qui lui arrivait régulièrement tous les trois jours, et qu'aucun des remèdes usités en pareil cas n'avaient jamais réussi ni à diminuer, ni à couper; au contraire, sous leur action, le mal augmentait, et le pauvre militaire languissait, miné par la maladie; tout le côté gauche du corps était horriblement douloureux au moindre mouvement; de ce même côté, une grosseur et une plaie étaient apparues sur la poitrine. Dernièrement, se trouvant chez un honorable commerçant de la ville, celui-ci fut touché de sa triste situation, et lui dit: « Mon ami, croyez-vous en Dieu? et savez-vous que la Sainte Vierge est toute-puissante auprès de son divin Fils! » « J'ai la foi, affirme le brave brigadier ». « Eh bien alors, faites un pèlerinage au sanctuaire du hameau de Villers-l'Orme; depuis déjà deux ans, les pieux malades y vont en foule implorer Notre-Dame de la Salette... allez-y aussi, vous guérirez ». Le bon militaire accepte avec joie ce conseil, il fait vœu de se traîner pendant neuf jours à cette chapelle; et vendredi, 8 juin 1860, il se met en route: sa faiblesse est effrayante, un camarade le soutient; sa poitrine est haletante. Arrivé à Saint Julien, ses douleurs sont si vives qu'il croit y succomber; mais sa confiance en Marie le ranime, et à force de luttes, de temps et de courage, le pèlerin arrive aux pieds de la statue bénie de Notre Dame de la Salette. Il y prie avec ferveur, implore sa guérison, et revient à Metz avec les mêmes souffrances; le lendemain, il recommence; c'était le jour où devait se faire sentir cette fièvre si rebelle depuis dix mois et quelques jours; mais, ô bonheur! malgré les nouvelles fatigues et les nouvelles tortures éprouvées pendant le second et pénible voyage, l'accès ne se produit pas, et depuis ce jour mémorable la fièvre disparut sans retour. Il lui est resté pendant les neufs jours de ses pèlerinages, faits par la pluie et la tempête, toutes ses souffrances du côté malade, ses insomnies, ses maux extérieurs de la poitrine; mais à la neuvième station, il en était parfaitement guéri et n'avait plus aucune trace de mal ni de faiblesse. Il faisait deux lieues pour se rendre au sanctuaire en une heure moins dix minutes, et en revenait avec la même promptitude. Le dimanche 17 juin, voulant rendre un hommage public à la Sainte Vierge, il est allé de nouveau au sanctuaire, et y a suspendu, en présence des habitants émus et joyeux, un bel ex voto signé de sa main. Puissent tous les infirmes de corps et d'âme avoir Une pareille confiance en la Vierge de la Salette, l'auguste Reine des cieux, et connaître le chemin de son sanctuaire qu'elle bénit chaque jour par de nombreux bienfaits. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O bonne Vierge de la Salette, que votre apparition miraculeuse deviendrait pour nous une grâce précieuse, si elle nous laissait profondément gravés dans le cœur, un respect profond et un amour ardent pour le Nom de Dieu, et le Nom de votre divin Fils! que nous serions heureux, si l'horreur du blasphème nous inspirait pour Jésus, cette dévotion vive et tendre qui s'attache à son doux souvenir, comme à la beauté parfaite, au bien suprême! Et pourquoi n'en serait-il pas ainsi, ô Mère si affectueuse et si bonne, quand vos enfants vous le demandent de tout cœur, par votre protection maternelle, et par les entrailles de la charité de Jésus-Christ? Ah! laissez-nous donc emporter d'ici la douce confiance que vous exaucerez ce pieux désir, pour la plus grande gloire de notre Dieu, et celle de notre céleste Mère. Ainsi soit-il.

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25 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-sixième jour

Le respect du lieu Saint

« Et puis, ils vont l'hiver à la messe, rien que pour rire et se moquer de la religion »

 

L'apparition de Notre-Dame de la Salette semble destinée à révéler une à une toutes les douleurs présentes de l'Eglise: Elle se plaint aujourd'hui de nos irrévérences dans le lieu saint, en un langage simple et abandonné, mais où respirent une grande tristesse et une amertume profonde: On travaille le Dimanche tout l'été; et puis on va, l'hiver, à la messe, mais rien que pour rire et se moquer de la religion! Le défaut de respect dans le lieu saint, l'irrévérence dans nos églises, sont particulièrement injurieux à Dieu; efforçons-nous de comprendre la malice spéciale de ce reproche de notre Mère sur la montagne. Dieu est immense; c'est-à-dire que, par sa nature, il est substantiellement présent en tous lieux; le ciel est le trône principal de sa gloire, l'œil de sa justice éclaire les enfers, sa puissance et sa majesté infinies remplissent les vastes espaces de la terre et des mers. L'univers entier est donc le temple de Dieu, étant, dit saint Cyprien, répandu tout entier dans tous les lieux: qui pourrait donc, s'écrie Salomon, se croire capable de bâtir à notre Dieu une maison digne de sa majesté?... Cependant, nous savons par l'enseignement de l'Eglise que Dieu habite d'une manière particulière les temples que nous lui avons consacrés: oui, depuis que le Verbe divin, l'adorable Jésus a daigné paraître sur la terre revêtu de notre nature, nous laisser dans l'auguste Eucharistie son corps et son sang, réellement contenus sous les espèces sacrées du sacrement, l'autel de nos églises n'a pas moins d'avantages que l'autel du ciel. La victime que nous immolons est l'Agneau de Dieu même: le pain reçu à la table sainte est la nourriture immortelle des anges et des bienheureux: le vin que nous y buvons est ce breuvage nouveau dont on s'enivre dans le royaume du Père céleste: le cantique sacré que nous chantons dans nos temples est celui que l'harmonie céleste fait sans cesse retentir autour du trône de l'Agneau: nos églises enfin sont ces nouveaux cieux que le Prophète promettait aux hommes: Jésus-Christ les habite corporellement, voilé sous les espèces sacrées de la divine Eucharistie: et saint Jean Chrysostome n'hésiste pas à les appeler un ciel en raccourci, un vrai paradis... Il nous faudrait donc répéter dans nos églises, les paroles que prononça le patriarche Jacob. Au sortir du sommeil mystérieux du désert, durant lequel le Seigneur se manifesta clairement à lui, il s'écria, dans un moment d'admiration et de frayeur: « Le Seigneur est vraiment ici, et je ne le savais pas ». Le Seigneur est vraiment dans nos temples; c'est un dogme que sa divine parole et ses prodiges ineffables attestent également! Mais que de chrétiens l'ignorent ou semblent ne le pas croire! Les irrévérences que l'on y voit commettre, les dissipations et quelquefois les scandales dont on y est le témoin affligé ne semblent-ils pas le démontrer? Vit-on jamais les chrétiens se comporter avec moins de respect dans le temple du Seigneur, que dans ces temps irréligieux auxquels nous sommes réservés? On n'ose rappeler ici les malheureux infidèles des déserts, honteusement courbés dans leurs temples devant des idoles de bois ou de pierre, pour des hommages qui n'appartiennent qu'au vrai Dieu! Cependant, au récit des voyageurs et de nos missionnaires, leurs adorations superstitieuses, leur maintien respectueux durant des sacrifices coupables, pourraient faire honte et servir de leçon à bon nombre de catholiques, dans nos églises et nos cérémonies religieuses?... C'est ce désordre scandaleux que veut réprimer Notre Dame de la Salette, par ces paroles: On vient à l'église pour rire et se moquer! Qui ne voudra reconnaître aujourd'hui la justice de ce reproche, et réparer les humiliations, soulager la douleur qu'il cause au cœur de Dieu?...

 

Réflexions

 

Les dispositions nécessaires pour plaire à Dieu dans son temple, sont: 1° Un saint respect, une attention soutenue par l'idée de sa divine présence. Le roi Salomon nous déclare de la part de Dieu, qu'en entrant dans le temple du Seigneur, nous devons considérer la sainteté du lieu où nous posons le pied. Et Dieu lui-même ordonne de ne paraître dans son temple qu'avec une religieuse terreur; et tout cela, dit-il, parce que je suis le Seigneur. Le saint roi nous affirme en outre qu'après la consécration du temple, le Seigneur en prit aussitôt possession, et que sa majesté le remplit à un tel degré, que les prêtres eux-mêmes n'y pouvaient plus entrer. Noble et fidèle image de nos églises: les ombres et les figures ont passé, pour faire place à la vérité; le Seigneur est vraiment ici; il remplit ce lieu de l'éclat de sa majesté; les Puissances célestes environnent l'autel qui lui sert de trône, et le tabernacle qui est son sanctuaire; et confondues toutes dans un saint respect, Elles l'adorent en tremblant: écrions-nous donc, avec le Prophète, en entrant dans nos temples: « Que ce lieu est terrible et vénérable! c'est bien vraiment ici la maison de Dieu et la porte du ciel »... 2° La seconde disposition à apporter dans nos temples, est une disposition de prière et d'adoration. Le Fils de Dieu a pris soin de nous l'apprendre lui-même; Ma maison, dit-il, est une maison de prière. Du fond de cette retraite sainte, que son amour pour nous lui a fait choisir, Jésus consulte nos besoins, écoute nos prières, et porte nos vœux au pied du trône de son Père: là! il faut parler incessamment ses plaies sacrées, ce sang répandu pour nos péchés, cet état d'abaissement où sa tendresse pour des ingrats a réduit sa majesté... Mais nous, apportons-nous avec confiance nos vœux au pied de l'autel? venons-nous à l'église y confesser humblement nos misères, et y exposer nos besoins? Ah! nous craignons trop d'être rebutés, et nous avons oublié ces pensées consolantes du Prophète: « Que les yeux du Seigneur sont toujours ouverts, et ses oreilles toujours attentives dans son temple ». Mais, ces adorateurs sincères de la majesté de Dieu, qui nous donnera de les distinguer dans cette foule qui remplit nos églises? Sont-ce ces hommes que nous voyons à peine fléchir un genou au moment où Dieu descend sur l'autel; ces hommes couverts de péchés, et qui semblent vouloir refuser à Dieu le moindre des hommages, tandis que les esprits célestes descendent et lui font cortège?... Et ces autres chrétiens que la coutume, le respect humain, ou le désœuvrement seul rassemblent à l'église, ou n'y paraissent que pour y étaler le faste et les vanités du siècle? Comme si le Dieu qui réside ici n'était pas un Dieu dépouillé, couronné d'épines et crucifié pour nos péchés!... Et enfin, ils n'adorent pas mieux le Seigneur, ceux qui ne cherchent dans l'église que des sujets de distraction; ceux dont les conversations et les rires troublent la célébration des saints mystères et la prédication de la parole divine! La place de ces pécheurs n'est point à l'église, dit l'apôtre saint Jean. Loin, loin de ces murs sacrés ces sectateurs des démons, ces adorateurs des idoles, ces fils du mensonge et de la vanité (Apocalypse 22 : 15).

 

Pratique: Examiner aujourd'hui, sans illusions, quelles dispositions habituelles nous accompagnent à l'Eglise; y venir et nous y comporter désormais en tous sentiments de respect, de prière, de maintien religieux, qui pourront servir à notre bien et à l'édification du prochain.

 

Relation d'une guérison adressée à Mgr le cardinal Gousset, à sa demande, le 29 mai 1854

 

Monseigneur, Nous nous trouvons singulièrement honorées de la demande que vous voulez bien nous adresser. Votre Emiuence désire que nous lui donnions des détails circonstanciés sur la guérison instantanée de notre sœur Alix. Il est d'autant plus juste de satisfaire Votre Eminence que, plus que personne, elle a contribué à cette guérison. C'est vous, Monseigneur, qui avez inspiré à notre sœur malade de faire une neuvaine à Notre Dame de la Salette, et votre bienveillante parole a été regardée comme une expression de la volonté de Dieu, en même temps que l'accent paternel de votre voix a mis dans son âme une confiance telle, qu'à dater de ce moment, elle a cru fermement à une prochaine guérison. La neuvaine fut donc commencée le samedi 6 mai, deux jours, Monseigneur, après votre bienfaisante visite. Cependant le mal ne paraissait rien perdre de son intensité, la fièvre était aussi forte que précédemment; les sueurs abondantes qui, depuis vingt-et-un mois épuisaient ses forces, étaient toujours les mêmes; les douleurs qu'elle éprouvait au côté, à la poitrine, n'avaient rien perdu de leur force. Malgré la violence du mal, notre malade ne perdait rien de sa confiance. Souvent elle disait: « C'est Monseigneur qui m'a dit de prier et d'espérer; c'est Dieu qui a inspiré Son Eminence: oui, je serai guérie ». Une circonstance qu'il nous est permis de regarder comme providentielle vint encore fortifier ce sentiment de foi et d'espérance. Une de nos sœurs, que nous envoyions à Versailles, pour aider à nos mères du Grand-Champ, fut assez heureuse pour voyager depuis Epernay jusqu'à Paris, en la compagnie du Révérend Père Sibillat, missionnaire de Notre-Dame de la Salette. Chemin faisant, il lui rapporta la relation d'une guérison qui venait d'être opérée par la confiance en Marie. A son retour, la sœur s'empressa de nous la communiquer ainsi qu'à la malade, ce qui lui inspira un nouveau degré de confiance. La nuit du samedi au dimanche fut semblable à toutes celles qui l'avaient précédée depuis six ans, c'est-à-dire depuis qu'elle ne quittait plus son lit; mêmes douleurs, même insomnie, fièvre aussi forte; mais la neuvaine n'était pas finie, elle ne devait se terminer que le lendemain. Le dimanche de grand matin, M. l'aumônier lui porta la sainte communion; elle ressentait encore une douleur au côté gauche. Cela néanmoins ne l'empêcha pas de se dire intérieurement qu'elle était guérie. Elle récita le Memorare, suivi d'une invocation; ensuite elle prit une cuillerée de l'eau miraculeuse, après quoi elle éprouva un frémissement intérieur dont elle ne sut pas se rendre compte. A l'instant même toute douleur disparut. Elle se leva, s'habilla, prit un potage et sortit de sa chambre pour venir nous dire elle-même qu'elle était guérie. Ne nous trouvant pas, elle nous attendit une demi-heure dans le jardin, accompagnée de plusieurs de nos sœurs, à qui déjà elle avait fait part de sa joie... A peine pouvions-nous croire à ce que nous voyions, le fait était cependant sous nos yeux, nous dûmes le croire. Huit jours après, elle partait pour la campagne; c'est de là qu'elle nous écrit qu'elle va parfaitement bien. Si vous le permettez, Monseigneur, notre sœur à son retour, aura l'honneur d'aller réclamer de Votre Eminence une nouvelle bénédiction. Cette bénédiction, Monseigneur, je la demande moi-même pour notre petite communauté, et en particulier pour celle qui a l'honneur d'être... (Journal de Muret).

 

 

Prière

 

O divine Marie, si bien identifiée autrefois au Calvaire avec l'adorable Victime de la Croix! Vous, qui êtes demeurée en sa présence, immobile de foi, de compassion et d'amour! faites que, pendant les saints mystères, nous soyons pénétrés à l'église, de la foi la plus vive, et de la piété la plus tendre! Ah! s'il nous était donné de voir et de sentir la présence de notre Jésus sous les adorables espèces, comme vous avez senti vous-même la présence divine sous le poids de ses ignominies et de ses douleurs! Oh! qu'une messe, une seule messe, nous serait bien et bonheur à notre cœur, et qu'amère serait à notre âme la pensée des irrévérences commises dans le saint lieu! Daignez, ô Mère de Jésus, et notre Mère aussi, daignez nous obtenir cette grâce! donnez à nos yeux, selon l'expression du Prophète, une fontaine de larmes, pour faire amende honorable à Jésus hostie, et assister désormais au sacrifice des autels, pleins de respectueuse tendresse, et comme tout imprégnés du souvenir du Calvaire et du ciel. Ainsi soit-il.

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24 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-cinquième jour

« Quelques femmes seulement viennent à la Messe!... »

 

La troisième profanation du Dimanche et des fêtes consiste en ce que ces jours ne sont pas suffisamment consacrés au service de Dieu, aux œuvres de religion et de piété: et par service de Dieu, œuvres de religion, il faut entendre ici principalement, et comme obligation grave et rigoureuse, l'assistance au saint sacrifice de la messe, le Dimanche et fêtes réservées. Et d'abord, apprenons, de la bouche même de saint Augustin, la grandeur et l'excellence du sacrifice de la messe: « Or, dit ce grand Docteur, il y a eu, pour le Fils de Dieu, trois chutes admirables: la première, du ciel dans la crèche; la seconde, de la crèche sur la croix; la troisième, de la croix sur l'autel!... et cette troisième chute, continue-t-il, était nécessaire: oui, sans doute, pour expier nos péchés, il eût suffi d'une seule larme de l'Homme-Dieu; mais pour mériter notre amour, pour conquérir les cœurs, il fallait la mort de Jésus-Christ renouvelée sur l'autel!... Le Calvaire est trop reculé dans le lointain des âges; un Dieu mort sur la croix il y a dix-huit siècles, tout cela ne parle assez éloquemment ni à mes yeux ni à mon cœur: il faut à mes yeux le spectacle d'un Calvaire toujours debout; à mon cœur le langage d'un sacrifice tous les jours renouvelé!... » Et Bossuet, résumant ce passage de son modèle et de son maître, dit excellemment: « Non, le Calvaire n'est pas seulement à Jérusalem, perdu au milieu des montagnes de la Judée; il est encore ici, dans l'enceinte même de nos églises; et la croix toujours debout du Calvaire, c'est la table de l'autel, toujours ouverte au sacrifice de la victime sainte!... » On ne peut pas dire, d'une parole plus haute et dans un plus beau langage, la grandeur, l'excellence du sacrifice de nos autels: et oui, vraiment, le sacrifice de la messe est le plus auguste des sacrifices; mais ce sacrifice est-il toujours glorieux à l'Eglise, consolant pour son sacerdoce? Est-il surtout compris, apprécié, fréquenté par les fidèles, pour le salut desquels il est offert depuis tant de siècles, en tout lieu où se dresse un autel? Hélas! il faut le dire avec douleur et à la confusion des catholiques, l'assistance à la messe le Dimanche et les fêtes, est aujourd'hui omise et abandonnée par le grand nombre: à la ville, les affaires, les relations, l'irréligion des uns, l'indifférence des autres négligent ce devoir, quand elles ne le couvrent pas de ridicule, de petitesse, de mépris! A la campagne, on prétexte les intérêts, les voyages, les achats renvoyés au dimanche, pour ne pas perdre un temps indispensable aux travaux des champs, et on n'assiste pas à la messe; et au milieu de ces populations, autrefois simples et religieuses, l'âme attristée du prêtre doit compter par centaines le nombre des absents aux offices des paroisses. Seraient-ils donc venus ou prêts à paraître, les temps désolés où il nous faudrait accepter à la lettre les paroles amères de Notre-Dame de la Salette: « Il ne va plus que quelques femmes âgées à la messe ! » Si ce malheur menace la religion, il faut replacer sur les lèvres de l'Eglise, pour le pleurer suffisamment, ces accents de tristesse des prophètes: « Les voies de Sion pleurent parce qu'on ne vient plus à ses solennités »; ou bien encore ce cri douloureux qui s'échappe comme une plainte amère du cœur de Jésus-Christ parlant de son sacrifice: « Quelle utilité de répandre mon sang sur la table des autels! La consolation des prêtres anciens ne m'est pas même laissée: ils devaient et ils pouvaient répandre sur le peuple le sang des victimes; et moi, je ne le puis faire, car on ne vient pas même à mon sacrifice! »

 

Réflexions

 

Troisième profanation du Saint Jour. 1° Parmi les œuvres recommandées pour la sanctification du Dimanche, la principale, la seule qui s'impose sous obligation grave c'est l'assistance à la messe; il importe donc de placer la messe du Dimanche au premier rang de nos affaires, avant toutes les autres. 2° La paresse, la lâcheté, une indisposition légère nous font souvent des illusions trop faciles pour nous dispenser de ce devoir; de bonne foi, un argent à retirer, une invitation à accepter ne nous feraient-elles pas secouer ces vaines excuses d'une volonté mauvaise? Faisons donc au moins pour Dieu ce que nous ferions pour un intérêt matériel, pour une fête, une partie de plaisir peut-être!... 3° Aux chefs de maisons, d'un personnel nombreux et d'un service multiplié et difficile, nous proposons l'exemple des maîtres profondément chrétiens: ces maîtres disposent toutes choses, et distribuent les personnes et les œuvres, de manière à faciliter à tous l'audition de la messe, à l'une des diverses heures assignées aux offices de la paroisse; cette pratique est bien chrétienne et utile à tous; la joie, le bonheur des bons serviteurs, c'est l'assistance aux offices; il ne les en faut priver que pour des raisons graves et légitimes; le service général dût-il en souffrir quelque peu, cette condescendance est pour nous un devoir rigoureux, et ils nous le rendront eux-mêmes, dans les jours de la semaine, par un travail plus consciencieux. 4° Que les pères et les mères portent ici une attention sérieuse : ils comprendront qu'ils seraient vraiment heureux, si leurs enfants, leurs serviteurs assistaient aux offices; ils ne doivent point oublier surtout que la condition du succès, c'est l'exemple, et que le plus sûr moyen de les y porter, c'est d'y assister eux-mêmes. 5° Aux personnes pieuses ou plus chrétiennes, nous conseillons mieux pour une sanctification convenable du dimanche; par exemple, venir à l'église, entendre la parole de Dieu: il ne serait pas digne d'une âme bonne, de mépriser la parole de Dieu ou de négliger de la recueillir; assister aux vêpres de la paroisse pour y chanter en commun les louanges de Dieu qui sont comme un écho lointain des chants de la patrie; s'appliquer enfin, d'une manière plus spéciale, à la prière, à l'étude des devoirs de la vie chrétienne, aux œuvres de charité et de miséricorde. C'est la violation de tous ces devoirs qui a tiré du cœur de notre Mère, sur la montagne, ce reproche d'ingratitude: « Je me suis réservée le septième jour, et on ne veut pas me l'accorder ». Attachons-nous désormais à la sanctification du Dimanche et des fêtes; ne perdons plus ces jours précieux et pour l'âme et pour le corps; et malgré les misères inséparables de la vie, nos années s'écouleront heureuses jusqu'à notre entrée dans l'éternelle aurore du dernier jour du Seigneur, le jour du grand repos, dans la vie bienheureuse.

 

Guérison miraculeuse

 

Mademoiselle B., âgée de 27 ans, née à St-A. (Isère), vivait avec sa vieille mère infirme, et sa sœur qui nourrissait du travail de ses mains et sa mère et notre malade; cette famille était peu favorisée des dons de la fortune. Il y a environ dix ans que cette jeune personne éprouva une grande frayeur; on la renversa sur un cadavre. La forte émotion qu'elle ressentit attaqua si vivement son système nerveux, que sa jambe droite se raccourcit de six pouces, se replia au genou, se fixa dans cette position, et la cuisse du même côté s'atrophia. Les médecins de la localité et des environs ne purent la guérir. Elle entra dans l'hôpital de Lyon, mais vainement; les docteurs de cet établissement, après l'avoir soumise à toutes sortes d'essais, la déclarèrent incurable et renoncèrent à tout espoir de guérison. Les regards de la jeune fille se portèrent dès lors vers la puissance et la bonté de Marie, en qui elle mit toute sa confiance. Elle voulut aller en pèlerinage à la sainte Montagne et y fit une neuvaine; un léger soulagement qu'elle en ressentit lui fit prendre la détermination de revenir une seconde fois implorer la Mère des miséricordes, eu offrant pour son autel une nappe brodée de ses mains. Ce modeste ouvrage lui coûta une année entière de travail; et après avoir ramassé quelques sous pour faire son voyage, elle alla à la Salette, attachée sur un mulet. Elle y rencontra la bonne et charitable M... de Valence, qui compatit à sa triste position, et s'établit généreusement sa gardienne. Sa neuvaine terminée, notre infirme fit son humble offrande à l'autel de Marie. Pauvre fille! à quelle rude épreuve cette bonne Mère a voulu mettre la foi et la confiance de sa fidèle servante. Sa demande ne fut pas exaucée. Elle veut commencer une autre neuvaine, mais ses ressources pécuniaires sont épuisées. N'osant confier son chagrin à personne, des larmes s'échappent de ses yeux; elle s'efforce de les cacher, mais l'œil de la vigilante M... les surprend; celle-ci obtient l'aveu du motif qui les cause. Elle court en avertir le Révérend Père supérieur et intéresse en faveur de sa protégée quelques dames pieuses et charitables. La malade, pleine de joie et sentant sa confiance grandir, commence une seconde neuvaine. Trois jours après, elle éprouve une augmentation de douleurs. Sa dévouée gardienne redouble ses soins et ses attentions, la fait coucher, et après s'être assurée qu'elle n'avait plus besoin de son secours, elle la quitte pour aller prier et assister à une prédication qui tous les jours avait lieu dans le ravin de l'apparition, à onze heures. Cependant le moment approchait dans lequel la céleste Consolatrice voulait récompenser la confiance inébranlable de sa servante, exaucer ses ferventes prières, et manifester une fois de plus sa miséricorde envers ceux qui viennent lui offrir leurs vœux sur la sainte Montagne. Marie inspire à notre malade le désir d'assister à la prédication qui va commencer et lui aide à quitter sa couche. Mademoiselle B. cède à cette inspiration; et prenant ses deux béquilles, arrive presque furtivement, en passant le long du monument de l'assomption, à la hauteur de la troisième croix du Calvaire. Le sermon finit; la cloche de l'église tinte son premier coup de l'Angélus; notre infirme jette un cri; au second coup, elle en pousse un autre ; au troisième, un nouveau, et en même temps tombe raide à terre sur le petit sentier. Tous les assistants s'émeuvent, s'agitent. On l'entoure ; les uns la croient morte, les autres pensent qu'elle est prise d'une attaque d'épilepsie. M... reconnut à ses habits noirs sa protégée; elle accourt, monte aussi rapidement que son émotion le lui permet, écarte la foule, soulève la malade, et demande de l'eau de la fontaine comme un dernier espoir de la rappeler à la vie. Un jeune prêtre descend de suite pour puiser un peu d'eau. Tout cela n'est causé que par le travail invisible de la main de Marie, qui rétablissait les diverses parties du corps dans leur état normal. Les nerfs raccourcis se détendent, la jambe repliée s'allonge, la cuisse atrophiée reprend ses chairs, et Mademoiselle B. se lève sur son séant, sans faire jouer les jointures de ses membres, semblable à un bloc d'une seule pierre. Elle oublie les béquilles sur le gazon, descend à la fontaine au grand étonnement de toute l'assemblée, boit de l'eau, remonte, fend la foule qui s'empresse autour d'elle. Elle entre dans l'église, se précipite aux pieds de Marie, devant l'autel, où elle se répand en actions de grâces. Mademoiselle B. est demeurée neuf jours après pour faire une neuvaine d'actions de grâces. Ses béquilles sont demeurées exposées près de la fontaine aux regards de tous les pèlerins; elles augmentent le nombre déjà assez grand de pareils trophées que Marie garde dans son sanctuaire comme autant de preuves de sa puissance sans bornes et de sa bonté sans limites. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

Très Sainte Vierge Marie, Mère immaculée de l'Agneau sans tache, Mère de douleur et d'amour, vous apparaissez sur la montagne de la Salette pour faire entendre à tout votre peuple, par la bouche de deux enfants, les plaintes et les menaces de votre divin Fils: rendez-nous désormais plus attentifs à vos avis salutaires, et obtenez-nous la grâce d'être fidèles à la résolution d'observer chrétiennement la loi de Dieu, et de sanctifier, en toutes œuvres de religion et de piété, le Dimanche et les fêles ; non, nous ne voulons plus entendre cette plainte amère de votre cœur: « J'ai demandé le septième jour, et on ne veut pas me l'accorder »! Prosternés à vos pieds, vos enfants vous le consacrent sans réserve: daignez, ô bonne Mère, agréer notre résolution; offrez-la vous-même à Jésus-Christ, et réconciliez-nous avec votre divin Fils ; nous vous le demandons par nos prières, par le repentir de nos profanations passées, et par les larmes que vous ont fait répandre nos péchés. Ainsi soit-il.

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23 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-quatrième jour

Œuvres serviles, travail du dimanche

« Je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l'accorder... »

 

Dieu a donné à l'homme six jours dans la semaine pour se livrer au travail qui lui procure fit vie du corps: Il s'est réservé le septième, afin que l'homme, créé à son image, l'imite dans son repos divin, comme il l'imite dans le travail. Mais l'homme, aveuglé par l'intérêt, ne prend conseil que de sa malice et de son ingratitude; il se détourne de Dieu, il oublie son âme, pour ce qu'il croit être ses intérêts : et ainsi, il se matérialise, il s'attache à la |erre qui passe, et ne lève plus son regard -vers le ciel qui est sa véritable patrie. Jetons en effet les yeux autour de nous, et nous ne verrons pas, sans une affliction profonde, que le jour du Seigneur est en tout lieu profané par un travail continuel. Dans les grandes Villes, la plupart des usines et des fabriques conservent, le Dimanche, la physionomie de la semaine; les comptoirs, les manufactures sont ouverts comme les autres jours; l'étalage des marchandises invite les passants à acheter; les charrois de commerce circulent de toutes parts, à travers les rues encombrées; les artisans, les ouvriers et les ouvrières poursuivent le travail dans la nuit du Dimanche, et osent encore le reprendre dans la matinée du jour consacré à Dieu: et dans les ateliers eux-mêmes, que de fois l'on entend retentir les instruments du travail, au moment où la cloche appelle les fidèles à la prière. Ce scandale n'est pas seulement dans les villes; il a aussi envahi les campagnes: le laboureur, autrefois si religieux et si bon, arrose de ses sueurs, le Dimanche comme les autres jours, le champ qu'il cultive; il pousse quelquefois le mépris des lois de Dieu, jusqu'à contraindre ses ouvriers, ses domestiques et ses enfants, à partager son travail ; et combien d'autres exigent impérieusement, pour le Dimanche, un travail qui mettra un artisan, un ouvrier dans la nécessité de violer la loi du saint repos: en un mot, les transgressions du troisième précepte sont en tout lieu devenues si communes, si générales, que la loi demeure sans action, et l'opinion trop souvent sans critique: et nos dimanches et nos fêtes se passent de la sorte, dans un mépris public du précepte, qui humilie Dieu, et blesse profondément le sentiment religieux des populations catholiques. En présence de ces transgressions aussi multipliées qu'audacieuses, pouvons-nous être surpris d'entendre la Sainte Vierge, sur la montagne de la Salette, placer la violation du Dimanche au nombre des crimes qui irritent le plus son divin Fils, et qui peuvent nous attirer de grands malheurs? Pouvons-nous être surpris des paroles que la lecture du secret des deux bergers a fait tomber des lèvres de notre vénéré pape et pontife, Pie IX: « Ce sont des fléaux qui menacent la France, dit-il; hélas! elle est bien coupable !... » Oui, elle est bien coupable, cette France où le travail profanateur du Dimanche met au rang des jours ordinaires de l'homme, le jour saint et sacré réservé au Seigneur !... O vous tous donc qui entendez aujourd'hui les plaintes et l'appel de Notre Dame de la Salette, joignez ici vos prières à ses prières, vos larmes à ses larmes, pour désarmer la colère d'un Dieu trop offensé; écoutez à cette heure ce que vous demande par ma bouche la Vierge des Alpes; soyez scrupuleux pour respecter la loi du Dimanche et des fêtes; servez-vous de l'influence que l'âge, la position, l'autorité, l'amitié peuvent vous donner autour de vous, pour obtenir toute réforme en ce point fondamental: et, enfants de Notre Dame de la Salette, soyons en union de prières à notre très-miséricordieuse Mère, pour ramener tous nos frères coupables au respect et à la pratique de la sainte loi du repos.

 

Réflexions

 

Deuxième profanation du saint jour. 1° Ne nous permettons jamais de travailler le Dimanche, sans des raisons graves et pressantes, et après avoir d'ailleurs entendu la messe, et obtenu la permission de notre pasteur légitime. 2° Prenons toutes précautions à l'avance, combinons toutes affaires, pour ne pas nous placer, par notre faute ou par défaut de prévoyance, dans la triste nécessité de travailler les jours réservés: et ici, point d'illusions; une nécessité cesse d'être véritable, si cette nécessité est notre œuvre, ou si nous l'avons créée. 3° Soyons aussi scrupuleux sur le travail que nous pourrions imposer aux autres, que sur celui que nous ferions nous-mêmes; évitons toutes exigences de service qui imposeraient le travail du Dimanche. 4° Pour vous, artisans et ouvrières, ne soyez point faciles à admettre les prétextes du travail, les jours défendus: ces prétextes sont souvent vains et futiles, quand ils ne sont pas coupables; la crainte de déplaire n'est pas une raison suffisante à excuser votre complicité; des personnes chrétiennes, de votre état et condition, savent repousser ces exigences, et ne pas prolonger un travail défendu, au delà des limites assignées par la loi de Dieu; vous n'en jouirez' souvent, auprès des personnes qui ont essuyé ces honnêtes refus, que d'une meilleure confiance et d'une plus haute estime; voulez-vous d'ailleurs vous affranchir de toutes pressions et de toutes illusions d'intérêt? suivez notre conseil : si une sérieuse nécessité s'impose à votre volonté, donnez aux pauvres le prix d'un travail accompli le jour défendu. Telles sont, âmes chrétiennes, les réformes à accepter et les règles à suivre, pour éviter toute profanation du Dimanche et des fêtes réservées. Oh ! puissions-nous les accepter toutes: « Si vous entendez la voix du Seigneur votre Dieu, disent nos saints livres, ah ! gardez vous d'endurcir vos cœurs!... » Voilà bientôt vingt ans, que nous avons entendu sur une montagne les échos de cette grande voix: c'était la parole de notre céleste et miséricordieuse Mère, la Vierge des Alpes, venant tout exprès du ciel nous porter les plaintes et les menaces de son divin Fils!... Malheur à nous, si, méprisant les avertissements de notre Reine, si, insensibles aux prières et aux larmes de notre Mère, nous négligions la sanctification des jours consacrés au Seigneur!... Répondons plutôt, âmes chrétiennes, à l'appel de Marie, et méritons un jour la récompense promise à l'observation fidèle de la loi de Dieu.

 

Guérison miraculeuse de Sœur Euphrasie

 

Rapport adressé à l'évêché d'Angers, relativement à la guérison de sœur Euphrasie, à l'hospice général de cette ville. Le 30 novembre 1853, a paru devant nous Augustin-Pierre Jaubert, vicaire-général et supérieur de la congrégation de la Charité de Sainte-Marie, Jeanne Pilais, dite en religion sœur Euphrasie, qui, sous la foi du serment, nous a déclaré les faits suivants : « Le 6 du mois d'août 1852, je fus prise de fièvres et de sueurs continuelles, accompagnées d'une toux sèche et opiniâtre. Le médecin crut d'abord que c'étaient des fièvres intermittentes. Voyant que cet état ne s'améliorait pas, il m'ausculta et découvrit une affection au sommet du poumon droit et augura de là que j'étais atteinte d'une phtisie pulmonaire. Le 6 novembre, je fus prise de vomissements et de douleurs déchirantes dans la poitrine et dans le dos. Je ne pouvais garder aucune espèce de nourriture, pas même le liquide; cette diète sévère à laquelle je me vis condamnée, n'apporta aucune amélioration à ma position. Après ce laps de temps, j'éprouvai une faim dévorante qui me faisait saisir avec avidité tout ce que l'on me présentait, encore je ne pouvais parvenir à la satisfaire. Cette voracité ne contribuait qu'à augmenter mes souffrances et mes vomissements continuels; et à chaque moment, des défaillances me faisaient croire que je touchais au terme de ma vie. Au début de la maladie, je complais sur les secours de la médecine, mais en vain. Depuis six mois, voyant que leurs prescriptions n'aboutissaient à rien, les médecins m'avaient entièrement abandonnée. Dès lors, je me confiai à Dieu et me résignai à la mort. Le 4 novembre 1833, je reçus la visite de M. le curé de Vernoil, qui me raconta son voyage à la Salette. Il m'engagea à faire une neuvaine et me promit de m'envoyer de l'eau de la fontaine miraculeuse. Je lui répondis que je ne pouvais me résoudre à demander à la Sainte Vierge une chose que je ne désirais pas; il me persuada que je le devais, non par attachement à la vie, mais pour la gloire de Dieu et de la Sainte Vierge. Il ajoutait que j'étais jeune et que je pourrais me rendre utile à la congrégation. Je le lui promis faiblement. Depuis le 1er novembre, mon âme était livrée à une violente tempête; rien ne pouvait calmer les frayeurs dont j'étais continuellement agitée; je remettais de jour en jour à commencer ma neuvaine, lorsque mon directeur m'ordonna de ne plus retarder; d'après un ordre si positif, je la commençai le 21 novembre, et je pris avec beaucoup de confiance quelques gouttes d'eau de la sainte Montagne. Dès le premier jour, mes dispositions morales changèrent d'une manière surprenante. Une voix intérieure semblait me dire que j'allais être guérie par l'intercession de la Sainte Vierge. Tout le temps de la neuvaine s'est passé dans la plus douce confiance en Celle qu'on n'invoque jamais en vain. Le dernier jour de la neuvaine et de ma maladie en même temps, jour désiré, j'eus le bonheur de recevoir la sainte communion que monsieur l'aumônier me porta à quatre heures du matin. A sept heures, toute la communauté assistait au saint sacrifice de la messe, et fit la communion à mon intention. Toute la matinée s'est passée avec des douleurs excessives; mais la voix intérieure qui s'était fait entendre les jours précédents, était encore plus forte et me disait que je serais guérie. Nos sœurs, à qui je faisais part de mes sentiments de confiance, ne le croyaient pas. Vers midi, il s'est passé quelque chose de si extraordinaire dans tout mon être, qu'il m'est impossible de le rendre. Revenue un peu de l'impression causée par un sentiment subit et général, je me connus parfaitement guérie. J'ai voulu aussitôt témoigner à cette bonne Mère toute la reconnaissance dont mon âme était remplie; c'était même trop peu pour mon cœur, j'aurais souhaité que tout le monde le sût pour m'aider à remercier ma souveraine Bienfaitrice. Notre mère générale ce jour-là était absente. Il me tardait de lui annoncer la faveur insigne que j'avais reçue. A son arrivée, qui eut lieu à six heures du soir, elle s'empressa de venir me voir. « Ma mère, m'écriai-je aussitôt, la Sainte Vierge m'a guérie: permettez-moi d'assister demain à la messe et d'y faire la sainte communion ». « Oui, me dit-elle, si vous vous en sentez la force, je ne veux pas m'opposer à vos désirs ». La nuit se passa très-bien. Deux de nos sœurs vinrent le matin m'aider à faire mes petits préparatifs; j'aurais pu me passer de leur bienveillante attention et m'y rendre seule. Le bonheur et la joie que j'avais éprouvés le jour précédent, ne firent qu'augmenter pendant le saint sacrifice où j'assistai pour la première fois depuis seize mois. Depuis ce jour, j'ai suivi tous les exercices de la communauté et ne me suis plus ressentie de mon indisposition. Le 16 février 1854, la sœur s'est présentée de nouveau à nous; elle a déclaré qu'aucun accident de son ancienne maladie n'avait reparu depuis sa guérison; que sa santé était constamment bonne, et qu'elle pouvait vaquer, comme autrefois, à toutes ses fonctions. La présente relation, signée de plusieurs témoins, entre autres, la supérieure de l'hospice et les sœurs, M. l'aumônier, l'abbé Juret, M. Charles, aumônier du Calvaire, M. Jaubert, vicaire-général.

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette! profondément touchés de vos enseignements salutaires, et des refus impies que tant de prévaricateurs osent faire à votre Fils, nous éprouvons le besoin de soulager nos cœurs à vos pieds, et de nous écrier, dans l'amertume de notre douleur compatissante: « Qu'ils sont coupables ceux de nos frères qui violent le saint jour du Dimanche, et oublient si fort ce qu'ils doivent à leur Sauveur!... » Et ce qui ajoute à leur malheur, c'est de fermer l'oreille à votre voix si douce et si auguste, c'est de continuer à braver la justice divine, en méprisant la loi de Dieu!... Cependant, ô bonne et tendre Mère, ayez encore compassion de ceux qui n'ont pas pitié d'eux-mêmes: par un effort suprême de votre charité, ouvrez leurs yeux coupables; sauvez-les, et sauvez-nous nous-mêmes: c'est votre propre cœur qui vous le demande par notre bouche; car c'est de votre cœur qu'est sorti l'avertissement qui nous inspire cette prière, voulant désormais, en faveur de tous nos frères malheureux, faire de chaque dimanche, un jour entier de dévotion et de saintes œuvres. Ainsi soit-il.

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22 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Vingt-troisième jour

La profanation du dimanche

« Je vous ai donné six jours pour travailler; je me suis réservé le septième ; on ne veut pas me l'accorder! »

 

Dans son discours sur la montagne, la Sainte Vierge assigne pour première cause, à la justice irritée de son Fils, la profanation du dimanche; on n'en est point surpris, cette profanation étant la violation de la loi de Dieu, dans un point fondamental, qui a reçu la consécration de sa parole et de son exemple. Après avoir formé le monde en six jours, le Créateur bénit et sanctifia le septième; il cessa toute œuvre, et rentra dans son repos éternel. Pour conserver le souvenir de ce jour à jamais mémorable, Il voulut que ce même jour fût sanctifié par les créatures raisonnables qui habiteraient la terre: « Souvenez-vous, a-t-il dit, de sanctifier le jour du repos; vous travaillerez durant six jours... mais le septième est le jour du repos consacré au Seigneur votre Dieu... » La profanation du Dimanche est, pour ainsi parler, la violation de la religion tout entière: deux cultes constituent la religion; le culte intérieur, qui en est l'essence et le fondement, et le culte extérieur, qui soutient et nourrit le premier: négliger le culte extérieur, ou, ce qui est la même chose, ne pas sanctifier le Dimanche, c'est négliger le culte intérieur qui s'y rattache nécessairement; c'est négliger par conséquent la religion tout entière. Et c'est là qu'en arrivent bientôt ceux qui ne sanctifient pas le jour du Seigneur; leur âme devient tous les jours vide et froide comme leurs œuvres; d'une part on oublie les vérités éternelles, la prière, les sacrements, c'est-à-dire toutes les règles du devoir; d'autre part, les mauvais penchants se développent, parce qu'ils manquent de loi et de frein; alors les passions se déchaînent, les scandales abondent, les crimes se multiplient; et les iniquités des hommes arrivant à leur comble, appellent sur la terre la malédiction divine. C'est parce que, depuis un certain nombre d'années, la loi du Dimanche est presque généralement méconnue, oubliée parmi nous, que nous avons vu tour à tour, la peste avec ses horreurs, la famine et ses tortures, les inondations avec leurs désastres, la guerre et ses calamités, les révolutions et leurs ravages; avec un peu de foi, il est impossible de ne pas voir que la main de Dieu nous a châtiés, qu'elle nous châtie encore; et ces châtiments, comme l'a annoncé la Reine du Ciel à la Salette, continueront à fondre sur nous plus nombreux et plus terribles, si l'on ne revient pas à la sanctification du jour du Seigneur! Dieu pourra différer encore la vengeance; c'est pour donner lieu au repentir: mais quand l'iniquité persévère, la colère divine finit par éclater; et si l'on pouvait découvrir la source de ces fléaux qui ravagent les campagnes, on reconnaîtrait qu'ils découlent pour la plupart de la violation du Dimanche; que ceux qui s'en rendent coupables, perdent souvent en quelques heures le fruit de plusieurs années passées dans la profanation de ce saint jour. Les prétendus sages de la science attribuent ces fléaux et ces malheurs à des causes naturelles; mais, ces causes, qui les détermine, qui les fait mouvoir, si ce n'est Celui seul qui a créé et gouverne l'univers? Ne pas le reconnaître, c'est obstinément s'aveugler soi-même, et irriter de plus en plus la justice céleste. Descendue donc du ciel pour nous inviter à la pénitence, notre miséricordieuse Mère commence par nous signaler à la Salette celle de nos transgressions qui irrite le plus son Fils: Elle s'en plaint amèrement au monde, en ces termes: « Je vous ai donné, dit-Elle aux bergers, six jours pour travailler; je me suis réservé le septième; et l'on ne veut pas me l'accorder! » On vient de le voir, ces paroles nous révèlent un désordre bien universel, une plaie bien profonde et bien funeste: c'est à nous, enfants de la Salette, qu'il appartient d'étudier la profondeur du mal, et d'appeler par des vœux ardents, la conversion de ceux que le céleste message de la Mère de Dieu n'a pu encore ni toucher ni guérir.

 

Réflexions

 

Les Dimanches et les fêtes, réservés à Dieu, sont profanés de trois manières différentes: 1° Parce qu'au lien d'être des jours saints, ils sont des jours spécialement donnés au péché; 2° Parce qu'ils sont, pour un grand nombre, des jours d'affaires, de négoce ou de travail; 3° Parce qu'ils ne sont pas suffisamment consacrés à l'assistance à la messe, et aux œuvres de religion. Méditons successivement chacune de ces transgressions pour bien entendre et pousser les reproches de Notre Dame de la Salette, sur la montagne.

 

Première profanation. 1° Les Dimanches et les fêtes sont profanés, parce qu'au lieu d'être, des jours saints, ils sont des jours spécialement donnés donnés au péché: L'homme délivré, à des jours déterminés, de la préoccupation des affaires et des fatigues de ses travaux, doit s'attacher, dit le catéchisme Romain, à adorer Dieu d'esprit et de cœur, et à lui témoigner sa reconnaissance, sa soumission et son amour: et si c'est là pour nous une obligation, qui ne comprend que nous devons éviter avec un grand soin le péché mortel, qui nous fait perdre l'amitié de Dieu ? D'ailleurs, si Dieu a voulu, dans sa bonté, nous interdire les œuvres serviles, ces mêmes jours, non qu'elles sont mauvaises en elles-mêmes, mais qu'elles nous empêcheraient de nous appliquer convenablement au culte de Dieu; combien plus il doit nous défendre de nous abandonner en ces jours au péché mortel, par lequel nous brisons tous les liens qui nous unissent à Dieu, et nous nous rangeons sous l'étendard de ses ennemis ». Or, comment la plupart des bonnes peuvent-ils appeler, de nos jours, les Dimanches et les fêtes? jours de désordres, d'habitudes mauvaises, de chutes, de transgressions; jours du démon, puisqu'en nous abandonnant au péché mortel, c'est lui que nous serons. 2° Au témoignage de saint Jean Chrysostôme le péché mortel commis le Dimanche et les fêtes, sans avoir une malice spéciale, fait à Dieu une injure particulière, à raison de la sainteté de ces jours. « En effet, dit saint Jean Chrysostôme, les péchés graves que nous commettons le Dimanche, sont comme une barrière que nous opposons aux dons célestes que Dieu avait dessein de répandre sur nous; nous arrêtons ainsi, par notre propre malice, l'effusion de ses miséricordes. Ah! si nous pouvions connaître, dit-il, la bonté et la libéralité de Dieu. Il étend continuellement les bras, pour recevoir ses enfants prodigues qui veulent revenir à Lui. Il a toujours les mains pleines de fleurs, c'est-à-dire pleines de grâces pour venir au secours de ceux qu'il chérit: et si telle est la conduite qu'il tient en tout temps, ne la tiendra-t-il pas, à plus forte raison, les Dimanches et les jours de fêtes ? » Mais comment pouvons-nous espérer continue ce grand Docteur, ces faveurs de la miséricorde de Dieu, si dans ces jours saints, au lieu de payer au Seigneur notre dette de gratitude et d'amour, nous secouons le joug tout aimable de sa loi, et si nous ajoutons de nouveaux anneaux à la chaîne déjà si longue de nos péchés et de nos ingratitudes? Comprenons donc bien ce que nous devons à Dieu, ce que nous nous devons à nous-mêmes, pour ne pas commettre, le Dimanche et les jours de fête, des fautes graves et mortelles. Mais est-ce bien là, âmes pieuses, la conduite ordinaire et commune des chrétiens? Que voyons-nous, le Dimanche, dans nos cités, sinon plaisirs, faste, pompes mondaines? et il n'est pas besoin d'aller dans les grandes villes; dans nos campagnes, et jusque dans les petites bourgades, ne suffit-il pas le dimanche de jeter un regard autour de soi pour demeurer convaincus que la grande affaire n'est pas la prière et le service de Dieu, mais bien la vanité, les cherches dangereuses; que ce jour sacré, en un mot, est bien moins à Dieu qu'au péché.

 

Pratique: Eviter avec plus de soin, le Dimanche et les fêtes, les fautes graves; vaquer soi-même aux exercices et œuvres de la piété. Mère ou maîtresse de maison, éloigner ses enfants ou ses serviteurs de toutes occasions porteuses de pêché, et leur faciliter la prière et le service de Dieu.

 

Guérison miraculeuse, vœu, deux conversions obtenues par l'intercession de Notre Dame de la Salette

 

Vers la fin du mois de mars de l'année qui vient de s'écouler (1866), dans une modeste chambre, au deuxième étage, dans une ville du Midi, se passait une scène des plus touchantes. Un jeune enfant âgé de neuf ans, fils unique, gisait sur un lit de douleur, en proie a une longue et douloureuse agonie. Il était onze heures du soir. A son chevet, le père et la mère contemplaient, les yeux baignés de larmes, le spectacle déchirant d'un fils qui allait être pour jamais ravi à leur affection. Une fluxion de poitrine déclarée mortelle presque à son début, eût bientôt dégénéré en une phtysie pulmonaire, parvenue rapidement à sa dernière période. Tous les moyens indiqués par la science avaient été employés; aucun n'avait réussi a améliorer la situation du petit malade, dont les souffrances aiguës excitaient la commisération de ceux qui entouraient. On prépara cette jeune âme a recevoir les derniers sacrements, et on jugea même à propos de lui faire faire la première communion ce qu'il fit avec une piété toute angélique. Su se plut dans cette âme tendre et délicate, et voulut en faire l'instrument qu'il fit servir à ses desseins pour ramener dans la voie du bien deux âmes qui s'en étaient écartées. La mésintelligence à la suite de quelques affaires domestiques et personnelles avait séparé déjà depuis longtemps l'époux et l'épouse et les membres des deux familles, que cette circonstance seule avait réunis ce jour-là. Arrive un jour de détresse et de deuil, où le cœur-trop longtemps comprimé s'effraie de sa solitude; il a besoin de partager avec un autre lui-même le trop plein de la douleur qui l'oppresse. En présence de la mort, image triste, frappante, mais pourtant bien salutaire; sur le point de voir se rompre les liens d'une existence qui nous est chère, et qui semble seule nous attacher à la vie; les divisions cessent, les passions se calment, les haines trop longtemps nourries s'apaisent; on oublie, on pardonne, on sent le besoin d'être miséricordieux parce qu'on a besoin soi-même d'obtenir miséricorde. Du reste, comment auraient-ils pu être heureux, les infortunés? leur union n'avait pas été bénie et consacrée par l'Eglise. Notre petit moribond, dans les desseins de Dieu avait été choisi pour être l'instrument d'une conversion. Le médecin qui, pendant sa longue maladie, lui avait donné des soins aussi actifs qu'intelligents, avait déclaré dans sa dernière visite, il y avait peu d'heures, que désormais tout espoir était perdu, et que probablement le lendemain l'enfant aurait cessé de vivre. Un second médecin est aussitôt appelé, mais en vain; il confirme ce que son prédécesseur avait dit: « Madame, ajouta-t-il, il n'est plus temps, c'est auprès d'un cadavre que je me vois en ce moment; résignez-vous, Dieu vous en demande le sacrifice ». Cependant, au milieu de cette situation désespérante, il se fait comme un trait de lumière; les deux infortunés se communiquent mutuellement leurs intentions. Emus, fondant en larmes, ils tombent à genoux élevant leurs regards suppliants vers le ciel. Il n'en faut pas davantage, Dieu a tout compris; il ne veut pas frapper le pécheur qui revient à lui dans toute la sincérité de son cœur. C'est l'âme qui lui a tant coûté, qu'il a rachetée au prix de son sang; c'est sur cette âme privilégiée de son amour, qu'il a hâte de déverser tous les trésors de sa tendresse. Ce sera par Marie, par celle qui est appelée à juste titre Réconciliatrice des pécheurs, que le prodige s'accomplira. Ayant entendu parler des grâces nombreuses obtenues par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, ils commencent dans ce moment même une neuvaine en son honneur; le père s'engage à aller chaque jour faire une visite à son sanctuaire, tandis que la mère, veillant au chevet de son enfant, s'unirait à lui en récitant les mêmes prières. Ils font vœu à la Sainte Vierge que si l'enfant leur était rendu, aussitôt ils feraient bénir leur union et se montreraient exacts observateurs des devoirs religieux qu'ils avaient négligés jusqu'à ce jour. A peine la promesse est-elle faite, que l'enfant s'endort du sommeil le plus paisible, la nuit se passe meilleure que de coutume; le lendemain une amélioration sensible se manifeste, et ainsi progressivement, chaque jour; le mieux s'accroît jusqu'au neuvième jour, où la guérison est complète. Il alla aussitôt témoigner sa reconnaissance à la bonne Mère, accompagné de ses parents qui remplirent leur promesse. Le dimanche suivant, tous trois agenouillés à la table sainte, édifiaient les assistants qui avaient eu déjà connaissance de ce fait. Gloire et amour à Notre-Dame de la Salette! (Sanctuaire de Nîmes).

 

Prière

 

Nous le reconnaissons aujourd'hui, ô Vierge de la Salette; un douloureux spectacle s'offre à tous les yeux, dans cette France dont vous êtes la patronne. Le jour du Seigneur ne diffère trop souvent des autres que par des amusements profanes: O Mère, ne vous joignez pas à votre Fils, pour nous châtier et nous punir: laissez-vous loucher par nos regrets et nos résolutions, et détournez encore le courroux du Seigneur; touchés alors de tant de compassion, nous redeviendrons chrétiens; nous ferons retentir nos églises des louanges de Dieu; nous y joindrons les vôtres, et notre cœur Vous proclamera notre libératrice; et après avoir accompli avec bonheur un devoir sacré sur la terre, nous verrons naître ce dimanche éternel, où, dans le sein de Dieu, nous chanterons, avec les anges et les saints, les grandes miséricordes du Seigneur, et votre secours maternel qui nous aura sauvés. Ainsi soit-il.

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