05 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Sixième jour

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

 

Après avoir salué Marie comme mère de Dieu, l'Eglise l'invoque comme vierge des vierges. Mère de Dieu et vierge des vierges ! Telle est la double couronne qui brille sur le front de Marie, et dont l'éclat merveilleux éblouit à la fois la terre et le ciel. Son titre de mère de Dieu est plus glorieux, celui de vierge des vierges est, à certains égards, plus cher à son cœur. Si pour devenir mère de Dieu elle avait dû sacrifier sa qualité de vierge, elle aurait préféré l'auréole de la virginité à la gloire de la maternité divine. Aussi, avec quelle vigilance, avec quelle sainte frayeur elle garde ce précieux trésor ! Un ange vient la saluer pleine de grâce, et devant une parole louangeuse, la pudeur de Marie se trouble et s'alarme. Quel exemple ! Quelle leçon ! Apprenons de Marie combien nous devons estimer la vertu angélique, la sainte pureté. Le lys est la fleur qui pare le mieux l'autel de la sainte Vierge. De même, ce qui pare et orne le mieux une famille, c'est la candeur et la pureté virginale des enfants. Tant qu'ils n'ont pas perdu l'innocence et la pureté, ils sont candides, affectueux, obéissants et toujours aimables. Si par le manque de vigilance de leur mère et par la suite de fréquentations dangereuses, leur âme vient à être souillée, ils deviennent aussitôt dissimulés, revêches et de mauvaise humeur. « Il n'y a rien de si beau qu'une âme pure, disait notre saint curé. Notre Seigneur en fit voir une à sainte Catherine, elle la trouva si belle, qu'elle dit : « Seigneur, si je ne savais pas qu'il n'y a qu'un Dieu, je croirais que c'en est un. L'image de Dieu se réfléchit dans une âme pure comme le soleil dans l'eau ».

Vierge des vierges ! Nous ne saurions invoquer Marie sous un nom plus cher à son cœur. Vierge des vierges : c'est à-dire la vierge par excellence, la première et la plus angélique des vierges, la vierge qui a enfanté des millions d'autres vierges. Qu'est-ce qui a peuplé et continue à peupler nos couvents, nos hôpitaux de saintes filles qui ont renoncé au mariage pour se vouer aux austérités du cloître, au service des malades et à l'éducation des petits enfants ? L'exemple de Marie, le pieux désir d'imiter sa virginité. Heureuses les âmes que Dieu a favorisées de la vocation religieuse, et qui ont la générosité d'y répondre ! A elles est réservée la gloire de suivre l'Agneau dans le ciel partout où il ira.

 Mais si tous ne sont pas appelés à l'état parfait des vierges, tous doivent garder la pureté de leur état. Qui que vous soyez, veillez donc sur vos sens, sur vos regards, sur vos conversations, sur votre cœur surtout. Marie exempte de la concupiscence a peine à supporter les regards d'un ange ; que n'avez-vous donc pas à craindre des fréquentations d'un sexe différent ! Est ce dans le monde et l'enivrement des plaisirs que vous pourrez vous conserver chaste ? Autant vaudrait dire que vous voulez marcher sur des charbons ardents sans en ressentir les ardeurs. Il n'y a que les rayons du soleil qui touchent la boue sans se salir. Non, elles ne sont pas sincères, elles se mentent à elles-mêmes comme elles mentent aux autres, les personnes qui affirment vouloir éviter le péché, lorsqu'elles ne veulent pas en fuir les occasions.

 

Exemple

La crainte du péché

 

Sur le penchant d'une colline qui longe la route d'Inspruch à Milan, une jeune fille nommée Marie, gardait son troupeau et chantait un beau cantique à la sainte Vierge, sa patronne. L'un des directeurs du grand théâtre de Milan, qui passait en ce moment sur la route, n'eut pas plus tôt entendu la voix de la jeune bergère, qu'il s'avança vers un champ de genêts pour l'entendre de plus près. Il fut ravi ; jamais il n'avait entendu une voix si douce, si agréable et si étendue tout à la fois. « Quelle belle voix, se dit-il, comme elle irait bien sur un théâtre ! » Et en parlant ainsi, il s'avance vers la jeune fille. « Voulez-vous me conduire à votre mère ? » lui dit-il. « Et mon troupeau, qui le gardera ? » Abandonnez au loup votre troupeau ; je vous le payerai cent fois, mille fois ». « Mais que voulez-vous donc à ma mère ? » « La rendre heureuse et vous tirer vous-même de la misère. Si vous voulez venir avec moi, je vous ferai la première cantatrice du théâtre de Milan, et votre fortune est assurée ». « Je ne veux point de votre fortune, car on nu peut pas faire son salut sur votre théâtre ; j'ai toujours entendu dire qu'on s'y perd soi-même en y damnant les autres ».

Le directeur voyant qu'il ne pouvait rien gagner auprès de la jeune bergère, se rendit vers la mère, qui heureuse d'avoir trouvé un moyen de sortir de la misère, pressa elle-même sa fille d'accepter la proposition qu'on lui faisait ; mais, ni les vives sollicitations de sa mère, ni les magnifiques promesses du directeur, rien ne put ébranler sa résolution, et elle refusa constamment. On lui donna la nuit pour réfléchir. Quelle triste nuit pour la pauvre enfant ! Elle la passa à prier, s'adressant tantôt à Dieu, tantôt à la sainte Vierge ; et chaque fois elle entendait au fond de sa conscience quelque chose qui lui disait : « Ne consens pas, tu quitterais Jésus pour retourner à Satan ». Le matin arrivé, la mère revint à la charge : « Es-tu enfin décidée ? » dit-elle à sa fille. « Non, ma mère, cela m'est impossible. Commandez-moi tout autre chose, et je le ferai avec plaisir ; mais je ne puis offenser mon Dieu, je ne puis sacrifier mon éternité ». « Retire-toi, dit enfin la mère en colère, va te préparer, et dans une heure nous partons ». La jeune fille passa dans une pièce voisine, et là elle prit une détermination héroïque. Ayant entendu dire que la perte des dents de devant changeait entièrement la voix, elle s'approche d'une fenêtre et se brisa deux de ces dents contre l'angle de la pierre. A son retour, le directeur s'aperçut aussitôt de l'altération de sa voix, et pénétré d'admiration pour un courage si héroïque, il renonça à son projet et exhorta la mère à ne plus persécuter une fille si digne de son estime et de son affection. Voilà le généreux sacrifice qu'a fait une jeune fille pour conserver sa pureté.

Pratique : Veillez avec soin sur votre tenue, sur vos regards et sur vos paroles, afin de ne rien dire et de ne rien écouter qui blesse la sainte modestie.

 

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Prière

 

Vierge des vierges ! Vous marchez à leur tête, vous avez la première élevé dans le monde l'étendard de la virginité. O Marie ! J'éprouve un grand désir de marcher à votre suite, pour être présenté un jour par vos mains au Roi des vierges, à l'Agneau sans tache. Je vous confie la garde de tous mes sens, de mon cœur surtout. Daignez l'approcher de votre cœur très pur, et communiquez-lui votre propre intégrité pour le rendre inviolable et impénétrable aux traits de l'ennemi du salut. Ainsi soit-il.

 

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04 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Cinquième jour

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

 

Après avoir invoqué la sainte Vierge simplement par son nom, celui de Marie, l'Eglise lui donne aussitôt son titre le plus glorieux, celui de mère de Dieu. Marie Mère de Dieu ! Quelle merveille ! Que de grandeur et de majesté renferme ce titre ; aucune créature n'en a jamais, reçu et n'en recevra jamais un pareil! Dieu, tout puissant qu'il est, ne pouvait faire Marie ni plus grande ni plus noble qu il l'a faite dans sa dignité de mère de Dieu.

Remontons à la cause de la maternité divine et méditons les circonstances qui ont accompagné l'accomplissement de ce grand mystère. En chassant Adam et Eve du paradis terrestre après leur désobéissance, Dieu, pour les consoler, leur promit un Rédempteur, et leur annonça qu'un jour naîtrait une femme dont le pied écraserait la tête du serpent qui les avait perdus. Ce Rédempteur promis, c'était son propre fils qui avait résolu de se faire homme, afin de satisfaire à la justice divine, en prenant sur lui, pour l'expier, le crime de nos premiers parents. Or, le monde attendait depuis quatre mille ans le Messie qui devait le sauver, et la femme qui, en lui donnant le jour, allait devenir la terreur du démon.

Enfin, au temps marqué par la divine miséricorde, un archange est envoyé du ciel pour choisir sur la terre celle qui devra devenir mère de Dieu on devenant la mère du Rédempteur. Où ira s'abattre le vol du céleste envoyé ? Sur les marches d'un trône ? Au seuil d'une riche maison ? Auprès d'une femme célèbre par le rang, et l'éclat de son génie ? Nullement. L'ambassadeur du Très-Haut vient frapper à la porte d'une pauvre maison du village de Nazareth ; il y trouve en prière seule avec Dieu, une jeune vierge, épouse d'un artisan appelé Joseph, à laquelle il adressa ces mots : « Je vous salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous vous êtes bénie entre tontes les « femmes ». Jamais une simple créature n'avait reçu un pareil salut et des éloges aussi pompeux. Aussi l'humble Marie se trouble comme un timide enfant. « Ne craignez pas, lui dit l'ange, vous avez trouvé grâce auprès de Dieu. Vous concevrez et enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et appelé le fils du Très-Haut ». Ces paroles dissipèrent le premier trouble de Marie, mais elles la jetèrent dans de nouvelles inquiétudes. « Comment voulez-vous, répondit-elle l'ange, que ce que vous m'annoncez s'accomplisse en moi, puisque je suis vierge et que j'ai résolu de l'être toujours ? « Rassurez-vous, lui dit encore l'envoyé céleste, car tout en devenant mère, vous ne perdrez point votre virginité. L'enfant que vous mettrez au monde, ne sera point un enfant ordinaire ; il sera conçu par l'opération miraculeuse du Saint-Esprit : c'est pourquoi on l'appellera le fils de Dieu ». Marie éclairée et rassurée s'incline et répond : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». Réponse admirable, où la foi éclate non moins que l'humilité !L'ange qui n'attendait que son consentement disparut aussitôt ; il remonta vers les cieux, sa mission était finie. Mais dans le même instant, ô prodige ineffable ! S'opérait en Marie la plus étonnante de toutes les merveilles, le plus grand de tous les mystères. Le Verbe éternel, le fils unique de Dieu venait de descendre dans son chaste sein, d'y prendre un corps et une âme semblables au nôtre sans cesser d'être Dieu, et Marie devenait véritablement mère sans cesser d'être vierge. C'est ainsi que s'accomplit pour notre salut le mystère adorable de l'Incarnation, et que la plus humble des vierges fut élevée à la sublime dignité de mère de Dieu.

Reconnaissons nous-mêmes la maternité divine de Marie, et comprenons que nos louanges seront toujours au dessous de sa dignité. Mais surtout apprenons à estimer et à aimer la modeste condition dans laquelle la Providence nous a fait naître. Le fils de Dieu n'a point choisi une reine pour être sa mère, mais une humble fille qui s'appelle la servante du Seigneur. Mieux vaut obéir que commander ; un serviteur, une servante qui aime son état et fait son devoir, est souvent plus près de Dieu et de son salut, qu'un puissant monarque assis sur son trône.

 

Exemple

Concile d'Ephèse

 

Nestorius, patriarche de Constantinople, entraîné par l'esprit d'orgueil, voulut ravir à la sainte Vierge le plus beau de ses titres, et osa prêcher publiquement que Marie ne devait pas être appelée Mère de Dieu. Tous les auditeurs frémirent en entendant un pareil blasphème. Bientôt cette nouvelle se répandit avec la célérité d'une calamité publique et arriva jusqu'aux extrémités du monde catholique. L'Afrique, avec le grand Cyrille d'Alexandrie, pousse un cri d'indignation ; l'Europe et l'Asie y répondent ; et trois cent évêques convoqués en concile, accourent à Ephèse pour venger l'outrage fait à Marie. Nestorius qui ne voulut jamais se rétracter, y fut condamné et toutes ses erreurs anathémalisées.

On ne saurait exprimer avec quel enthousiasme cette condamnation fut accueillie. Le jour où l'on devait se prononcer sur la maternité de Marie étant arrivé, tout le peuple se réunit en foule autour de l'église où les évêques étaient assemblés, et attendit depuis le matin jusqu'au soir la décision du concile. Enfin, la porte s'ouvre ; une voix s'écrie : « Anathème à Nestorius ! Marie est mère de Dieu ! » Et mille échos répondent ! « Anathème à Nestorius ! Vive Marie, Mère de Dieu ! » Jamais victoire n'excita un enthousiasme plus vif et des transports plus unanimes. Les pères du concile sont portés en triomphe, on brûle des parfums sur leur passage ; des feux et des flambeaux allumés attestent la joie universelle, et donnent à cette nuit mémorable, l'éclat du plus beau jour. Voilà Marie vengée ; que devient son blasphémateur ? Il va cacher sa honte au fond d'un désert, et par un châtiment terrible de la justice divine, il périt, la langue rongée par les vers.

 

Pratique : Soyez fidèle à la pieuse pratique de réciter l'Angélus trois fois le jour.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Que j'aime à vous contempler tenant Jésus dans vos bras. Il est votre fils et vous êtes sa mère. Rien ne saurait me donner une plus haute idée de votre puissance et m'inspirer une plus vive confiance en votre protection. Vous commandez au Tout puissant, et le Tout-puissant vous obéit je puis donc tout obtenir par vous, parce que celui qui peut tout est votre fils, et qu'il ne saurait rien refuser à sa mère. Ainsi soit-il.

 

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03 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

10

Quatrième jour

Sainte Marie, priez pour nous.

 

Le premier titre d'honneur que nous donnons à la très sainte Vierge, en l'invoquant, c'est son nom même de Marie, nom qui, après celui de Jésus, fait la gloire de l'Eglise et les délices de toutes les âmes pieuses. Elle le reçut de ses parents, quelques jours après sa naissance, et l'on croit pieusement qu'il fut apporté du ciel par un ange. « Ce sont les trois personnes de la sainte Trinité qui vous ont donné ce beau nom de Marie, ô Vierge sainte ! s'écrie un pieux auteur, afin qu'à ce nom vénérable tout fléchisse le genou dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ». En effet, le nom de Marie veut dire reine ou souveraine, il veut dire encore étoile de la mer, astre bienfaisant ; et la sainte Vierge a parfaitement rempli toute l'étendue de ce nom mystérieux. Elle est notre reine, elle est la reine du ciel et de la terre, la reine des anges et des hommes. Elle est aussi notre étoile, elle est, selon saint Bernard, cette étoile brillante qui nous éclaire et nous guide à travers les mille dangers dont nous sommes environnés de toutes parts sur la mer orageuse de ce monde. Elle est cet astre bienfaisant qui nous conduit au port du salut.

Voilà pourquoi il n'est presque pas de famille chrétienne, où quelqu'un des membres qui la composent ne réponde au doux et glorieux nom de Marie. La piété d'une mère tient à ce que l'une de ses enfants soit appelée Marie, afin que ce nom béni soit une protection sur sa fille, en même temps que sur elle et sur toute sa maison. Ô vous, heureuse enfant qui portez le beau nom de Marie, possédez aussi sa modestie, sa pureté, sa sainteté. Si vous portez le nom, sans aspirer aux vertus qu'il rappelle, vous le profanez, vous faites injure à Marie.

Il est deux noms de femme qui se rencontrent dans l'histoire du genre humain, et auxquels se rattachent nos destinées. Notre première mère s'appelait Eve, la seconde s'appelle Marie. La première nous a perdus, en mangeant du fruit défendu ; la seconde nous a sauvés, en nous donnant Jésus, le fruit béni de ses entrailles. Nous tenons de la première concupiscence et tous les penchants désordonnés qui nous portent au mal ; nous avons reçu de la seconde Jésus-Christ, l'auteur de la grâce avec le secours de laquelle nous pouvons toujours résister à la tentation, éviter le mal et faire le bien. Voyez maintenant de qui vous êtes enfant ! Si vous ne recherchez que les convoitises de la chair, les plaisirs, les modes, la sensualité, vous êtes enfant d'Eve ! Si au contraire, vous repoussez la vanité, si vous aimez l'intérieur de votre maison et la pratique des devoirs de votre état, si vous allez puiser aux sources de la grâce dans la fréquentation des Sacrements, vous êtes un enfant de Marie ! Choisissez : Eve vous mène à la mort, marie vous conduit à la vie. « Le cœur de Marie est si tendre pour nous, disait notre Saint Curé, que ceux de toutes les mères réunies ne sont qu'un morceau de glace auprès du sien, voyez comme la Sainte Vierge est bonne ! Son grand serviteur Saint Bernard lui disait souvent : « Je vous salue Marie.... » Un jour cette bonne Mère lui répondit : « Je te salue, mon fils Bernard... »

Exemple

Dévotion du Bienheureux Herman, pour le Nom de Marie

 

Le saint nom de Marie était autrefois en si grande vénération dans certains pays, qu'il était défendu de le porter. On aurait craint de profaner le nom de la Mère de Dieu, si on l'avait donné à d'autres personnes. Cet usage ne subsiste plus ; au contraire, c'est par dévotion pour l'auguste Vierge, et pour se mettre sous sa protection d'une manière spéciale, que tant de personnes prennent aujourd'hui le nom de Marie. Heureuses si, non contentes de porter le nom de la Reine du ciel, elfes s'efforcent d'en imiter les vertus. Le bienheureux Herman, au rapport de Surins, prononçait très fréquemment le saint nom de Marie, et en ressentait des effets prodigieux. Quand il était seul, il se prosternait contre le pavé de sa cellule, et répétait sans cesse : « Marie !... Marie !... » Un de ses amis qui était aussi fort dévot à la très sainte Vierge, l'avant rencontré dans un de ces moments qu'il consacrait à honorer le nom de son aimable Mère, lui demanda, tout surpris ce qu'il y trouvait de charmes. « Je cueille, répondit Herman, mais avec une consolation incroyable, les fruits délicieux du nom de Marie. Je le prononce, et il me semble que toutes les fleurs, que tous les parfums les plus exquis se réunissent autour de moi pour embaumer les airs, tandis qu'une certaine vertu que j'ignore remplit.mon cœur d'une joie toute céleste. Je me délasse de tous mes travaux ; j'oublie toutes les amertumes de la vie ; je voudrais ne sortir jamais de cette position, ne cesser jamais de prononcer le saint nom de Marie ».

 

Pratique : Faites une petite inclination de tête, quand vous prononcez ou entendez prononcer le saint nom de Marie.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Votre nom seul est une prière, et la plus excellente prière que je puisse faire monter vers le trône de Dieu. Marie ! Si je sais prononcer votre nom avec amour, respect et confiance, je puis tout obtenir du ciel. Marie ! Votre nom est la terreur du démon et Fait accourir les anges à mes côtés. Marie ! Votre nom fait germer la vertu dans mon cœur, comme un rayon de soleil fait épanouir les fleurs et mûrir les moissons. Marie ! Si je meurs en prononçant votre nom hem, je serai sauvé. Je veux le prononcer souvent pendant ma vie, pour être plus assuré de ne pas l'oublier à l'heure de ma mort. Ainsi soit-il.

 

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02 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Troisième jour

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Le mystère adorable de la sainte Trinité est le fondement de notre religion, la source de tous les autres mystères et de toutes les miséricordes divines. Sans la connaissance de ce divin mystère, il est impossible d'arriver au salut. C'est pourquoi l'Eglise prend soin de nous le rappeler, et après nous avoir fait invoquer successivement le Père, le Fils et le Saint Esprit, nous fait dire : « Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous ». Mais le mystère de la sainte Trinité n'est pas seulement l'objet de notre Foi, c'est de plus le grand modèle qui est proposé à notre imitation. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnes distinctes, et cependant ces trois personnes sont tellement unies, qu'elles ne forment qu'un, seul et même Dieu. Voilà l'essence de la famille divine, et c'est sur ce grand modèle que doivent être formées toutes les familles chrétiennes.

Quel modèle proposé aux hommes ! Comment leur sera-t-il donné de le copier et de le reproduire ! Des splendeurs du ciel où nous venons de contempler et d'admirer la famille divine, descendons à Nazareth, et nous y trouverons le spectacle édifiant de la même et étroite union qui règne entre tous les membres de la sainte famille. Là aussi on trouve trois personnes distinctes, Jésus, Marie et Joseph ; mais ces trois personnes sont tellement unies de cœur et d'intelligence, qu'on croirait que la famille se compose d'une seule personne. Jésus obéit à Marie et à Joseph, et il ne va jamais au-delà, comme il ne reste jamais en deçà de leur volonté. Joseph gouverne et conduit la famille, mais 1'entente est si parfaite, que les trois volontés semblent renfermées dans une seule. Marie sourit à Jésus et à Joseph, et leurs trois cœurs qui s'embrassent dans une mutuelle étreinte, ne forment qu'un même cœur. Dans cette sainte famille, jamais parole plus haute l'une que l'autre, jamais aucun mouvement d'impatience ou d'humeur, chacun est à son emploi et remplit sa tache ; l'un va et l'autre vient sans choc et sans contestation ; tout s'exécute avec ensemble, et les mouvements sont tellement réglés, que le concert des cœurs et des volontés n'est jamais altéré.

Si pendant ce mois nous voulons plaire à Marie et attirer sur nous d'une manière particulière ses divines faveurs : c'est sur le patron de la sainte famille que nous devons nous composer. Toutes les familles se forment des trois éléments ; du père, de la mère et des enfants. Saint Paul compte les serviteurs parmi les membres de la famille. Enfants et domestiques, apprenez de Jésus l'obéissance ! Pères et maîtres, apprenez de Joseph la sagesse, la douceur et la fermeté du commandement ! Mères et maîtresses, apprenez de Marie 1a grâce et la bonté qui font aimer et respecter l'autorité. Ainsi la paix régnera dans la famille ; les rapports seront prévenants et affectueux, l'ordre réglera tous les mouvements, chacun remplira son emploi sans se plaindre d'être surchargé, le bonheur de chaque membre fera le bonheur de tous Hélas ! La vie de famille s'en va, chacun tire de son côté, et les enfants n'aspirent qu'à se soustraire à la tutelle de leurs parents. Revenons au grand modèle que nous présente la sainte famille. Pères et mères, vous ne pouvez pas tous léguer une grande fortune a vos enfants, mais vous les laisserez assez riches si vous leur léguez l'union et la piété. Une famille pauvre comme celle de Nazareth, où l'on vit dans la prière et l'union, dans le travail et l'économie, vaut mieux, et se trouve plus heureuse, dit l'Esprit Saint, qu'une famille opulente qui est troublée par la discorde. Ce qui prépare et consomme la ruine des familles, c'est la désunion bien plus que les mauvaises récoltes ; ce qui les rend prospères et leur assure un long avenir, c'est la concorde et l'amour mutuel de tous les membres entre eux.

 

Exemple

Enfants qui convertissent leurs parents

 

Une petite fille de treize ans dont le père était menuisier, avait été bien instruite sur la religion chez des religieuses qui faisaient l'école. Cette enfant se disposait à faire sa première communion pendant une mission qui avait lieu dans la paroisse. Elle était fort contente après avoir fait sa confession ; mais elle éprouvait un grand chagrin, parce que son père et sa mère n'assistaient pas aux instructions de la mission, et paraissaient disposés à ne pas s'approcher des sacrements. Elle fit part de son chagrin à sa maîtresse qui lui conseilla deux choses : 1° de rendre compte à ses frères et à ses sœurs devant ses parents, de ce qui se disait aux instructions ; 2° de prier le bon Dieu, par l'intercession de la Sainte Vierge, pour demander la conversion de ses parents. Elle suivit exactement l'un et l'autre conseil ; elle allait tous les jours et même plusieurs fois par jour à l'autel de la sainte Vierge, pour exposer l'objet de sa demande. Ayant fait attention que saint Joseph était représenté sur le tableau de la sainte Vierge, elle s'adressa à ce saint, et lui dit naïvement : « Mon père a le même métier que vous aviez, sur la terre, demandez au bon Dieu qu'il soit aussi sage que vous ». Au bout de quelques jours, le père dit que son voisin l'avait mené au sermon, qu'il l'avait entendu avec plaisir. La petite se lève brusquement, saule au cou de son père, et l'engage à aller se confesser. Il répondit en riant : « Oh ! Oui, je verrai. Et vous, ma mère, dit-elle, est-ce que vous n'y irez pas ? » La mère répondit brusquement : « Mêle-toi de tes affaires ». L'enfant fut déconcertée, mais non découragée : elle raconta à sa maîtresse ce qui s'était passé. Celle-ci lui dit de redoubler ses prières et ses instances, que Dieu aimait les prières des enfants. Ce dernier mot frappa notre petite fille et lui donna la pensée de mener à l'église, pour prier avec elle, son petit frère âgé de six ans, et sa sœur qui en avait cinq. Les trois enfants s'acheminent et prient ensemble. Le père va se confesser, mais la mère résiste encore, alors la petite fille met une médaille miraculeuse dans la poche de sa mère qui, s'en étant aperçue en tirant son mouchoir, fui toute bouleversée. Elle eut l'air de gronder sa fille : mais l'enfant se mit à pleurer, la mère fut attendrie, elle alla au sermon et finit par se confesser. On pourrait citer beaucoup de traits du même genre. Si les enfants savaient combien leurs prières sont efficaces, ils demanderaient et obtiendraient la conversion de toutes les personnes qui les intéressent. (Cité par Mgr Devie, évêque de Belley).

 

Pratique : Appliquez-vous pendant la journée, à ne rien dire et à ne rien faire qui puisse altérer la paix et troubler l'union dans la famille.

 

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Prière

 

Trinité sainte, un seul Dieu en trois personnes, ce que je vous demande pour moi je vous le demande pour tous ceux qui composent la famille à laquelle j'appartiens. Répandez, également sur tous, les dons de votre divine bonté, et accordez-nous de nous aimer et d'être unis, comme vous vous aimez, et comme vous ne faites qu'un, Père, Fils et Saint-Esprit. C'est par Marie, mère de la sainte famille, que nous vous demandons cette grade principale, d'où découleront toutes celles qui doivent assurer notre bonheur dans le temps et pendant l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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01 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Deuxième jour

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 

Ces invocations au Père, au Fils et au Saint-Esprit, sont une préparation et un nouveau prélude à la prière que nous devons adresser à la Sainte Vierge. L'Eglise, avant de mettre sur nos lèvres le nom béni de Marie, veut que nous nous présentions devant le trône des trois personnes divines pour leur rendre nos hommages et nos adorations. Il ne faut, pas confondre le culte qui est dû à Dieu, avec celui que nous rendons à la Sainte Vierge. Dieu seul doit être adoré, parce que Dieu seul est notre créateur, le principe et la fin de toutes choses. Marie est la plus excellente et la plus privilégiée des créatures, mais elle n'est pas Dieu. Les hommages que nous lui rendons, remontent à Dieu même, de qui elle emprunte sa gloire et sa puissance Les hérétiques sont donc des calomniateurs, lorsqu'ils nous accusent d'adorer la Sainte Vierge et les Saints.

 Mais si nous n'adorons pas la Sainte Vierge, en quoi consiste le culte que nous lui rendons ? Il consiste à la vénérer et à la glorifier, à cause des privilèges ineffables dont elle a été favorisée et des vertus héroïques qu'elle a pratiquées. Marie a été conçue sans péché ! Marie a été saluée pleine de grâce par l'ange Gabriel ! Marie a été élevée à la dignité sublime de mère de Dieu ! Marie enfin a été couronnée Reine du ciel et de la terre ! Pouvons-nous trop honorer et glorifier celle que Dieu a prévenue de faveurs si extraordinaires ? C'est entrer dans les vues de Dieu même, c'est nous associer à ses desseins sur Marie que de lui payer le tribut de nos louanges et de notre admiration.

Aux prérogatives qui honorent Marie, ajoutons les mérites personnels qui lui donnent un si grand crédit auprès du Seigneur. Prévenue des grâces les plus signalées, elle y a toujours coopéré avec une inviolable fidélité. Conçue sans péché, Marie a gardé son âme pure de tout péché actuel, même le plus léger. Jamais son visage ne s'est ému d'impatience, jamais ses lèvres ne fuient souillées par le mensonge ou la médisance. La première elle a élevé dans le monde l'étendard de la virginité, et sa vie tout entière s'est écoulée dans la pratique des plus héroïques vertus. Voyez-la surtout au pied de la croix, baignée du sang de son divin Fils, et s'associant généreusement par amour pour nous, à l'œuvre de notre rédemption. Quels trésors de mérites n'a-telle pas acquis ! En retour, le Seigneur a mis dans ses mains tous les trésors du ciel.

Que faisons nous donc, lorsque nous honorons et invoquons la Sainte Vierge ? Nous nous reconnaissons indignes, à cause de nos péchés, de paraître devant l'adorable Trinité, et nous nous couvrons de ses mérites pour oser lui présenter nos prières. « Lorsque nos mains ont touché des aromates, disait le saint curé d'Ars, elles embaument tout ce quelles touchent ; faisons passer nos prières par les mains de la sainte Vierge, elle les embaumera ». Il n'est rien que nous ne puissions obtenir pendant ce mois, par sa puissante intercession, si nous la prions avec confiance et persévérance. Offrons-lui le parfum de toutes les fleurs écloses clans la campagne, et nous obtiendrons en retour un temps propice à tous les fruits de la terre. Offrons lui surtout un bouquet de patience, de douceur, de dévouement et d'humilité ; car c'est par des actes de vertu non moins que par nos prières, que nous attirerons sur nous les regards et la protection de la Reine du Ciel.

Exemple

Dévouement d'une bergère à Marie

 

Saint Alphonse de Liguori raconte l'histoire d'une pauvre bergère, qui avait une si tendre affection pour la Sainte Vierge, que tout son bonheur était de se retirer dans une petite chapelle de Notre Dame située sur une montagne, où elle demeurait des heures entières à s'entretenir avec sa divine mère. Affligée de voir la statue de la Sainte Vierge sans aucun ornement, elle lui fit un manteau d'une pièce d'étoffe la plus propre qu'elle put trouver. Une autre fois elle cueillit des fleurs dans les champs voisins, dont elle forma une guirlande ; puis montant sur l'autel, elle posa la guirlande sur la tête de la statue, « Ma Mère, dit-elle ensuite à Marie, je voudrait placer sur votre front une couronne d'or et de pierres précieuses ; mais parce que je ne suis qu'une pauvre bergère, je ne puis vous donner qu'une couronne de fleurs ; acceptez-la du moins comme un gage de mon amour ». Ce simple hommage du cœur fut si agréable à la sainte Vierge, qu'elle favorisa la pieuse bergère d'un grand nombre de grâces spirituelles, et qu'au moment de sa mort, qui arriva peu de temps après, elle lui apparut tenant à la main une couronne qu'elle lui mit sur la tête, et la conduisit elle-même dans le ciel.

 

Pratiques : Pour rendre hommage à l'adorable Trinité et pour plaire à Marie, appliquez-vous pendant ce mois, à sanctifier tous les dimanches, par la cessation du travail et une grande exactitude à tous les offices de la paroisse. Récitez de temps en temps, pendant le jour, cette invocation consacrée par l'Eglise : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ».

 

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Prière

 

Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes; je me reconnais indien de paraître devant votre face adorable. Comme un enfant coupable redoute la présence d'un père irrite, et va conjurer sa mère de lui obtenir son pardon; ainsi, Seigneur, je me présente à vous sous les auspices et la protection de Marie que vous m'avez donnée pour mère. Ayez pitié de moi à cause de ses mérites, et accordez moi la grâce de vous aimer d'autant plus que j'ai eu le malheur de vous offenser davantage. Ainsi soit-il.

 

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30 avril 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Premier jour

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Les Litanies de la Sainte vierge commencent par une prière suppliante et trois fois répétée, que nous adressons à la miséricordieuse bonté du Seigneur. C'est un cri de douleur qui s'échappe de notre âme et du fond de la nature humaine, pour appeler et faire descendre sur nous le pardon et la compassion du Ciel. En effet, si nous avons bien la connaissance de nous-mêmes, de ce que nous sommes, et de ce que nous pouvons devenir ; il nous est facile de reconnaître que la chose dont nous avons le plus besoin, et que nous devons réclamer avant tout par l'intercession de Marie, pendant ce mois qui lui est consacré, c'est le pardon de nos nombreux péchés, c'est la compassion du Seigneur sur les misères qui affligent notre corps et notre âme. « Lorsqu'on veut offrir quelque chose à quelqu'un, disait le saint curé d'Ars, on fait présenter cet objet par la personne qu'il préfère, afin que l'hommage lui soit plus agréable. Ainsi nos prières présentées par la sainte Vierge ont un tout autre mérite, parce que la sainte Vierge est la seule créature qui n'ait jamais offensé Dieu ».

Avant tout, nous supplions le Seigneur de nous faire miséricorde en nous pardonnant nos péchés. Malheureux que nous sommes, en commettant le péché, nous avons donné la mort à notre âme, nous nous sommes rendus odieux au Seigneur, nous avons mérite l'enfer.. Si Dieu nous traite selon sa justice, qu'allons-nous devenir ? Marie vient calmer nos frayeurs et ranimer notre confiance. En voyant nos maux et notre repentir, elle accourt pour désarmer le bras du Seigneur irrité, elle joint sa voix suppliante à la nôtre pour nous obtenir grâce et miséricorde.

Tous les maux qui désolent la terre sont la peine du péché. Enfants d'un père coupable, nous sommes tous condamnés à porter le châtiment de sa désobéissance. La douleur nous prend au berceau et ne nous quitte qu'à la tombe. Mais ce poids de douleur qui pèse sur tous les enfants d'Adam, n'est-il pas plus lourd encore pour les habitants des campagnes ? A eux de souffrir du froid et de la chaleur ! À eux les longs et pénibles travaux ! Combien de maladies cruelles, souvent précoces, font de leur vie un véritable martyre ! Combien de fois l'intempérie des saisons, la grêle ou la gelée ne viennent-elles pas leur enlever, en une heure, le finit de toute une année de travail !

Mais que sont les misères et les souffrances du corps en comparaison des misères et des souffrances de l'âme. Chagrins du cœur, soucis dévorants, revers de fortune, perle de nos parents et de nos amis ; mille épreuves viennent sans cesse traverser la vie et font couler nos larmes. Ah ! Seigneur ! Pitié pour nos souffrances ; écartez de nous les maladies du corps et les peines du cœur plus cuisantes encore. Pitié pour nos moissons ; préservez-les des orages et des intempéries qui les menacent. Vous connaissez les faiblesses et la fragilité de notre nature ; ne permettez pas que nous soyons éprouvés au-dessus de nos forces. Mais surtout, Seigneur, ne nous laissez pas succomber à la tentation. Écoutez, exaucez Marie notre mère ! et gardez nous du scandale, des paroles licencieuses, des emportements de la colère et des mille fautes où nous pouvons tomber à chaque instant Nous savons que le moyen le plus efficace pour obtenir votre miséricorde sur nos fautes passées, c'est de n'en plus commettre à l'avenir. Nous prenons cette généreuse résolution, que nous voulons renouveler chaque matin, pendant tous les jours de ce beau mois.

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Exemple

Origine de la Médaille miraculeuse

 

Comme nous aurons occasion de parler bien souvent des prodiges opérés par la médaille miraculeuse, nous croyons utile d'en faire connaître l'origine. On verra que Dieu se plaît ordinairement à employer les âmes les plus simples, parce qu'elles sont plus humbles et plus pures, pour révéler ses mystères et communiquer son pouvoir.

Dans le Courant de l'année 1830, une jeune sœur du Noviciat des Filles de la Charité, à Paris, avait vu, pendant l'oraison, un tableau qui représentait la Sainte Vierge couverte d'une robe blanche et d'un manteau de couleur bleue, avec un voile aurore, les bras entrouverts et étendus vers la terre. Ses mains étaient chargées de diamants d'où s'échappaient comme par faisceaux des rayons d'un éclat ravissant, qui se dirigeaient sur le globe, et avec plus d'abondance sur un point déterminé. Dans le même moment elle entendit une voix qui lui disait : « Ces rayons sont le symbole des grâces que Marie obtient aux personnes qui l'invoquent ; et le point sur lequel ils découlent plus abondamment, c'est là France ». Autour du tableau elle lut ces mots : « O Marie, conçue sans péché ! ayez pitié de nous qui avons recours à vous ». Quelques moments après, le tableau fut retourné, et sur le revers elle vit la lettre M surmontée d'une petite croix, et au-dessous, les saints Cœurs de Jésus et de Marie. La même voix ajouta : « Il faut faire frapper une médaille sur ce modèle ; et les personnes qui la porteront indulgenciée, et qui feront avec piété la courte prière que tu viens de lire, jouiront d'une protection spéciale de la Mère de Dieu ».

Cette fille fit part à son directeur de cette vision. Celui-ci n'en tint aucun compte. Six ou sept mois après, la vision fut réitérée de la même manière ; elle la communiqua à son directeur qui n'y attacha pas plus d'importance que la première fois. Quelques mois après, la jeune fille vit et entendit les mêmes choses. Le directeur alors en parla à Mgr l'archevêque de Paris, qui ne vit aucun inconvénient à ce qu'on fit frapper une médaille comme moyen de ranimer la piété. Le but du prélat fut atteint au-delà de toute espérance. Dans peu de temps la médaille se répandit en France, en Italie, en Allemagne, en Amérique, dans l'Inde, dans toute la chrétienté, et partout elle attira des grâces particulières, et même souvent miraculeuses, à ceux qui la portaient, et qui récitaient la prière : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

Pratiques : Offrez à Dieu par les mains de Marie, trois fois le jour, votre travail ou vos peines en esprit de pénitence. Ou bien, récitez plusieurs fois dans la journée, au souvenir de vos péchés, l'acte de contrition.

 

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Prière

 

Vierge Marie ! Exempte de tout péché originel et actuel, qui avez supporté les peines de la vie sans les avoir méritées et cependant sans jamais vous plaindre : obtenez-moi cette force d'âme et la soumission à la volonté de Dieu, que vous avez montrées au milieu des plus rudes épreuves. Couvrez-moi de vos mérites auprès du Seigneur, et que par votre miséricordieuse intercession, je sois épargné dans le temps présent et pendant l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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29 avril 2016

Le Mois de Marie d'Ars

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Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

 

Par Monseigneur Martin, ancien vicaire de Troyes et d'Avignon, pro-notaire apostolique

 

Avertissement

 

Les Mois de Marie sont nombreux et variés, et répondent en général à tous les besoins de la piété. Nous ne pensions pas qu'il y eût lieu à en publier un nouveau. Plusieurs confrères nous signalent une lacune et nous pressent de la combler. Il n'existe jusqu'à présent aucun Mois de Marie spécial aux familles chrétiennes, et plus particulièrement à l'usage des fidèles de la campagne. C'est dans ce milieu que nous nous plaçons, pour développer les exercices du nouveau Mois de Marie. L'ordre le plus naturel et le plus logique sans contredit serait de suivre, comme la plupart de ceux qui nous ont précédé, la divine économie des mystères qui ont rempli et glorifie la vie de la Sainte Vierge. Nous nous en écarterons cependant, soit pour introduire de la variété dans un sujet qui a été toujours traité de la même manière, soit pour aborder ce sujet à un autre point de vue qui nous parait également pratique. Après la salutation angélique, il n'est pas de prière plus populaire et plus familière à la piété, que celle des Litanies de la Sainte Vierge. En faisant découler nos méditations de chacune des invocations qui les composent, nous en rendrons la récitation plus pieuse, parce que le sens en sera désormais mieux compris. D'ailleurs, les Litanies ne sont-elles pas le plus beau panégyrique composé à la louange de Marie ? Nous aspirons surtout à être simple et pratique. Dans ce but, nous nous sommes inspiré des pensées et du souvenir du saint Curé d'Ars, dont le nom est à lui seul une école de vertus et l'objet d'une vénération toujours croissante. Monsieur Vianney a passé sa vie à catéchiser les humbles. En faisant de notre travail un appendice de son ministère, nous nous sentons encouragé, parce que notre insuffisance ne peut plus être un obstacle au bien que nous avons en vue.

 

Ouverture du Mois de Marie

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Veille du premier jour du mois de Mai

 

L’Église a multiplié les fêtes en l'honneur de la Sainte Vierge. Il ne se passe presque pas un seul mois de l'année, sans qu'elle nous convoque au pied de ses autels, pour l'honorer et l'invoquer. Mais ce nombre de fêtes, déjà si considérable, ne suffisait pas encore à la piété des fidèles. Depuis un certain temps déjà, il s'en est établi une nouvelle, accueillie avec transport par tons les serviteurs de Marie, d'un bout à l'autre du monde catholique. Cette fête, dont la célébration commence aujourd'hui, dure, non seulement un jour, mais un mois tout entier, et le plus beau mois de l'année.

Le mois de mai est la saison où le printemps s'épanouit dans toute sa splendeur, où les prairies se parent de fleurs odoriférantes, où les arbres et les moissons sourient à l'espoir du cultivateur. Que fait la piété des enfants de Marie ? Elle prend toutes les fleurs écloses dans la campagne et en tresse une couronne pour la déposer sur le front de sa mère ; elle recueille toutes les voix de la nature et y joint ses propres accents pour en former un harmonieux cantique à sa louange ; en un mot, elle lui fait hommage du mois de mai, qui perd son nom pour s'appeler désormais le mois de Marie.

Mais si la fête du mois de Marie doit être chère à tous les cœurs, c'est surtout au milieu des champs et au sein des familles chrétiennes qu'elle doit porter l'allégresse et ranimer la. piété. Ne semble-t-il pas en effet, que la plus grande partie de la vie de la Sainte Vierge s'est déroulée dans la campagne et qu'elle y a fait sa demeure de prédilection. L’Évangile nous la représente parcourant les vallées et gravissant les montagnes pour aller visiter sa cousine Elizabeth. C'est dans une étable abandonnée, an milieu des prairies, qu'elle a donné la vie au Sauveur du monde. Elle reçoit la visite des bergers et converse familièrement avec eux. Pendant les longues années de sa fuite et de son exil en Égypte, c'est à l'ombre des arbres qu'elle prenait son repos, et elle n'a guère eu d'autre secours que ceux qu'elle recevait des gens de la campagne. Enfin, Nazareth, où vint habiter la Sainte Famille, n'était qu'un simple village, et l'on montre encore le ruisseau où lu Vierge venait laver les langes du divin Enfant.

Pendant sa vie, la Sainte Vierge a donc habité avec les gens de la campagne, elle se plaisait à leur compagnie et les édifiait par ses exemples. Aujourd'hui quelle règne dans le ciel, c'est sur eux encore, ou peut le croire, qu'elle abaisse ses regards de prédilection, qu'elle se plaît à répandre ses faveurs les plus abondantes. Oui, la vie simple et laborieuse qu'on mène au village, les vertus modestes qu'on y pratique, l'union qui règne dans les familles ; tout lui sourit et appelle sa protection, parce que tout lui retrace et lui représente sa vie de Nazareth, en compagnie de Jésus obéissant et de Joseph son Époux si chaste et si dévoué.

Nazareth ! Humble demeure de la Sainte Famille, vous êtes l'école de toutes les familles chrétiennes. Que de vertus abritées sous ce modeste toit ! Les anges eux-mêmes en sont ravis d'admiration ! C'est à les méditer et à les imiter que nous allons consacrer ce beau mois. Toutes ces vertus sont rappelées dans les Litanies de la Sainte Vierge. Chaque jour, nous en détacherons une invocation, dont nous ferons le sujet particulier de notre méditation. Montrons-nous empressés et fidèles à cette pieuse pratique ; et nous pouvons être assurés que Marie ne nous refusera aucune des faveurs que nous solliciterons par sa puissante intercession. Si la vie de Nazareth pouvait se reproduire au sein de toutes les familles, la perfection descendrait sur la terre, et avec la perfection un bonheur qui serait l'avant-goût du bonheur du ciel.

 

Exemple

Saint François d'Assise et les deux échelles

 

Saint François d'Assise était un de ces hommes à grand caractère, qui ne font rien à demi. Après avoir bien médité sur l'Évangile, après avoir surtout bien médité sur la Passion de Jésus-Christ, il avait compris que le ciel souffre violence, et que c'est par de grands sacrifices qu'on en fait la conquête. Aussi, quoiqu'il eût donné tout son bien aux pauvres, quoiqu'il eût bravé les railleries du monde, il se livrait encore à des austérités très rigoureuses, et il inspirait les mêmes dispositions à tous ceux qui venaient en foule pour être ses disciples. Mais, sur le nombre, il yen avait beaucoup qui se décourageaient.

Un jour, pendant sa méditation, il aperçut deux grandes échelles qui par un bout reposaient sur la terre, mais dont l'autre bout s'élevait jusqu'au ciel. La première était fort droite et couverte de sang. Ceux qui voulaient en user étaient obligés de faire de grands efforts et d'avoir un grand courage ; quelques uns même roulaient du haut en bas et entraînaient dans leur chute ceux qui venaient à leur suite. Tandis que le saint réfléchissait sur ce qui arrivait, et déplorait le malheur de ceux-ci, il aperçut Jésus-Christ revêtu d'un manteau de pourpre, ayant une couronne d'épines sur la tète, qui lui indiquait par signe de faire passer les faibles par la seconde échelle dont la pente était plus douce et du haut de laquelle Marie tendait la main à ceux qui voulaient monter. Le saint comprit alors le sens de cette vision ; il.redoubla de dévotion envers la Sainte Vierge et l'inspira à ses disciples, comme le moyen le plus facile et le plus sur pour arriver au ciel.

On n'entre pas dans une maison, disait le saint curé d'Ars, sans parler au portier. Eh bien ! La sainte Vierge est la portière du ciel.

 

Pratiques : 1° Arrêtez dans votre esprit, et même vous feriez bien, de les écrire, les faveurs particulières que vous désirez obtenir de Marie pendant ce mois qui lui est consacré. 2° Préparez, dans un, lieu recueilli de la maison, une petite chapelle où sera déposée la statue ou l'image de la Sainte Vierge. Vous l'ornerez de quelques fleurs cueillies dans le jardin ou dons la prairie; et chaque soir, vous viendrez faire, en famille, la prière et l'exercice du mois de Marie.

 

Prière

Qu'il sera bon de réciter chaque jour, et à laquelle sont attachées de grandes indulgences

 

Souvenez-vous, ô très douce Vierge Marie ! Que jamais on n'a ouï dire que personne ait eu recours à votre protection, imploré votre assistance, ou demandé votre intercession, et que vous l'avez abandonné. Animé d'une pareille confiance, je cours vers vous, ô Vierge des vierges et notre Mère ! Je me réfugie à vos pieds, et tout pécheur que je suis, j'ose paraître devant vous en gémissant. Ne méprisez pas ô Mère de mon Dieu ! mes humbles prières ; mais rendez-vous propice, exaucez-les, et intercédez pour moi auprès de votre cher Fils.. Ainsi soit-il.

 

Pour demander la pureté

 

Par votre très sainte Virginité, et votre immaculée Conception, ô Vierge très pure et Reine des anges ! obtenez que mon corps et mon âme soient.purifiés. Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

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30 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Trente-et-unième jour

Le libérateur fidèle des âmes du Purgatoire

 

« Je crois la communion des saints : Credo communionem sanctorum ». Cette profession de foi de notre sainte Mère l'Église catholique, sert de fondement à tout ce que je vais dire de la protection de saint Joseph sur les âmes du Purgatoire. Car dès qu’il est de foi que les saints qui sont dans le ciel peuvent prier pour nous, il est hors de doute également qu’ils peuvent aider de leurs prières les âmes qui souffrent et qui gémissent dans les feux purifiants du Purgatoire, je dis qu'ils peuvent prier et.non pas qu’ils peuvent mériter : distinction à faire. Je ne parlerai pas des grandes nécessités de ces saintes âmes, ni de l'immensité de leurs peines qui, à peu près égales à celles qu’endurent les damnés dans l’enfer, ne sont adoucies que par la certitude où sont ces âmes d’être dans l’amitié de Dieu et le posséder bientôt dans le ciel. Je dis bientôt, mais ce terme ne peut être usité que relativement a l’éternité, puisqu'il est constant que certaines de ces âmes resteront dans ces feux dévorants jusqu’au jour du dernier jugement, à moins que les prières et les bonnes œuvres des fidèles n’abrègent cette durée. Voyez donc comme il importe de prier pour les âmes du purgatoire et d’intéresser en leur faveur Marie la Mère des miséricordes et saint Joseph leur doux Protecteur. Jésus-Christ dont elles sont les épouses sera satisfait de notre zèle à cet égard, et il nous comblera, dès cette vie même, de ses grâces et de ses bénédictions.

Un ancien poète à dit que Dieu logeait les bienheureux dans les Champs-Élysées, comme dans le lieu de leur félicité, afin qu'ils se souvinssent des vivants et des morts, qui n'étaient pas encore auprès d’eux, et qui pourtant leur devaient un jour tenir compagnie. Et Lucas Tudensis avance que si les saints qui étaient morts avant la passion de Jésus Christ, et qui étaient dans le sein d’Abraham ont prié tant pour ceux qui leur survivaient, que pour les justes trépassés qui en avaient besoin, il est Plus évident que ceux de la loi de grâce qui règnent au ciel avec Jésus-Christ, prient non seulement avec plus d’efficacité, que ne le faisaient ceux qui étaient privés de sa me, mais encore avec un si grand avantage, qu’il tient pour certain, qu'ils délivrent par leurs prières et leurs intercessions les uns et les autres des misères qui les accablent. C'est ce qui me fait Conclure, avec le même Docteur, qu’il est très utile de prier les saints pour nous et pour les âmes des défunts. Un texte de l’Apôtre saint Pierre confirme bien cette vérité.

On y voit que ce saint promet aux fidèles, qu’il aura soin après sa mort qu’ils puissent se Souvenir des choses qu’il leur a dites. D‘après l’interprète Calmet, on peut donner ce sens : « J’aurai soin, même après ma mort, de me souvenir de vous, pour intercéder pour vous auprès de Dieu, et lui présenter vos besoins ; c’est du reste le Sens reçu par saint Jeàn Chrysostôme, saint Piere Damien, Salméron, Bellarmin, Suarez er Gagnée. « Ce qui nous apprend, dit notre Maître de Saci, après saint Chrysostôme, à avoir beaucoup de confiance dans les prières et la charité de ces grands hommes, que la mort même ne sépare pas de nous, et qui ont dans le ciel la même charité pour nous que lorsqu’ils vivaient sur la terre ». Ce doit être la une grande consolation pour les fidèles qui peuvent prier saint Joseph pour leurs amis et parents défunts.

Certes, si l’évêque Jonas a pu écrire que saint Pierre, aujourd’hui assis sur un trône de gloire dans le ciel, ne gouverne pas moins l'Église: militante que lorsqu'il en était le chef visible, je suis autorisé à dire que saint Joseph n’est pas moins puissant pour aider les âmes du Purgatoire, qu’il ne l'était pour protéger de son vivant ceux qui s’adressaient à lui à l’effet d’obtenir des grâces du Sauveur. L'Église elle-même convaincue de cette vérité si consolante, a voulu, dit un Ancien, prier les saints avant et après le memento des morts à la Messe, pour témoigner de l’agrément qu'ils ont d’être implorés pour eux et du soin avec lequel ils négocient leur soulagement ou leur délivrance. Jugez, d’après cela, du crédit de saint Joseph qui joint le pouvoir à la volonté en faveur de ces nobles âmes. Sans doute, l'intercession des autres saints est bien utile, bien efficace, bien salutaire pour ces pauvres âmes, hélas ! Trop oubliées, surtout quand on en prie un grand nombre, car, dit Tostat, Dieu est plutôt fléchi par plusieurs qui le supplient, il les écoute plus favorablement qu'il ne le ferait d’un seul ; mais ma conviction est qu’il en est de l’intercession de saint Joseph comme de celle de la très sainte Mère de Dieu, qu'à elle seule elle vaut toutes celles des autres saints qui prient en qualité de serviteurs et d’amis, tandis que saint Joseph prie en Père. Et que pourrait refuser Notre-Seigneur aux prières de celui à qui il doit sa vie humaine en quelque sorte et auquel il fut si soumis sur la terre ? surtout dans une cause qui lui est si agréable, puisqu’il s’agit de lui rendre ses épouses qui gémissent loin de lui dans les sombres cachots du Purgatoire.

Gerson, ce Saint et savant Chancelier de Paris, comme le nomme le Père Jean Grasset, de la Compagnie de Jésus, Gerson estime que le jour où le mariage de saint Joseph avec la bienheureuse Vierge eut lieu, les saints de l’ancien Testament qui étaient aux limbes, eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité ; qu’ils en furent joyeux, car leur rédemption approchait. Il est à croire, ajoute cet incomparable Docteur, cet Oracle, dit encore Grasset, que plusieurs des prisonniers du purgatoire en furent délivrés et élargis, en l’honneur et faveur de ce joyeux saint et glorieux mariage. Au surplus, conclut-il, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en rapportons les biens et les aumônes de grâce et de pardon , de spirituelle joie et de dévotion. C’est encore le sentiment de ce Docteur, que chaque fois que nous faisons mémoire des , fêtes de la très sainte Vierge et de saint Joseph, nous pouvons soulager les âmes du purgatoire, en leur appliquant cette bonne œuvre per modum Suffragii.

Un bon moyen pour obtenir un grand soulagement ou une prompte délivrance lorsque nous serons nous—même dans les feux purifiants du purgatoire, c’est d’assister de tout notre pouvoir ces pauvres âmes qui à ce moment y sont détenues. Une fois qu’elles seront dans le ciel où il n'y a plus d’ingratitude, où la charité est dans sa perfection, elles prieront à leur tour pour nous.

D’autre part, il importe pour nous, que nous vivions de manière à ne pas passer par le purgatoire, ou à n’y demeurer que peu de temps. « Étrange oubli de notre foi ! s’écrie le.vénérable Curé de Saint Sulpice. Nous savons que les peines du purgatoire seront le châtiment de toute parole contre la vérité, contre la charité ou l'humilité, de tout acte de sensualité et de recherche de nous-même, de toutes les saillies de l'humeur, de toutes les complaisances de la vérité, de tous les moments perdus ou mal employés, et malgré cela nous nous les permettons ! Quelle folie de s’exposer pour si peu à de si grands châtiments, et de nous permettre si facilement ce qui doit avoir pour nous des suites terribles ».

Il en coûte sans doute pour mener une vie vraiment chrétienne et qui puisse nous exempter du purgatoire. Mais que dit la prudence ? que de deux maux, il faut toujours choisir le moindre. Saint Joseph, d'ailleurs, a fort à cœur que pour que nous l’honorions dignement, nous vivions saintement. Donc serrons-nous auprès de la sainte Croix de Jésus-Christ. « Tous, il me semble, écrit Gerson, aune personne tentée, tous désirent être avec Jésus-Christ; mais peu veulent suivre la vie de Jésus-Christ... Le grand nombre des hommes charnels souhaitent de longs jours, et les voluptés de la terre; leur regard oublie le ciel, ils ne songent pas combien vite ils seront enlevés... Restez auprès du Dieu crucifié, et ne vous séparez pas de son amour; montez sur l'arbre de la croix, vous verrez Jésus qui va devant, et vous prépare l’éternelle vie. C’est la voie, marchez y. La voie de la croix est notre voie ; voie des élus, voie du petit nombre ; voie amère, voie salutaire, voie courte, voie droite ; voie de la peine, voie de la perfection. C’est, dis-je, la voie de la croix, mais elle mène à la gloire... Hors de la croix point de salut ; sans la croix, on n’arrive point au trône, si nous cherchons une autre voie, nous nous trompons et nous courons à notre perte ; en voulant fuir la croix, nous tomberons au lac où brûlent la poix et le soufre ».

Ainsi tout notre bonheur et l’espoir d’échapper au purgatoire est dans notre amour pour Dieu et notre fidélité à la Croix du Sauveur. Saint Joseph lui-même a vécu en ce monde dans le renoncement, l’esprit de sacrifice et de travail ; pas d'autre voie pour nous.

 

Exemple

 

Un religieux de saint Augustin apparut après sa mort à l’un de ses frères et lui dit : « Réjouissez-vous et ne priez plus pour moi, car Dieu m’a délivré du purgatoire à cause de la dévotion spéciale que j’ai professée toute ma vie envers le grand saint Joseph. Je vous déclare que ce saint, en qualité de père putatif de Jésus-Christ, a un grand pouvoir sur lui ». (Saint Alphonse de Liguori).


Adresse à saint Joseph en faveur des âmes du Purgatoire

 

Très saint Joseph, lorsque votre âme bénie descendit aux limbes où se trouvaient réunis tous les justes de l’ancienne loi, oh ! de quelle allégresse ils durent tressaillir. Lorsque vous parûtes au milieu d’eux, ils commencèrent à entonner le cantique de leur délivrance et bénirent mille fois votre présence qui rafraîchissait l'ardeur de leurs tourments. Père bien-aimé, il existe encore un séjour de douleurs, où des milliers d’âmes dont plusieurs qui vécurent avec nous ici-bas sont retenues' captives, loin de Dieu qu’elles ont aimé et après lequel elles soupirent. Votre Cœur qui le sait, qui les contemple, ne pourra être insensible à leurs maux qui sont extrêmes. C’est pour ces âmes que nous vous crions miséricorde ! Pitié ! Secours ! et tout spécialement pour l’âme de N. Témoignez leur, ô fidèle et puissant Protecteur, tout l’intérêt paternel et tout l’amour dont est capable votre Cœur si généreux. Et, pour nous, aidez-nous à mener une vie si pure et si pénitente, que nous méritions après notre mort d'être exemptés du purgatoire, ou de n’y faire qu'un court séjour, qui sera toujours bien long par les peines immenses et diversifiées qu’un Dieu jaloux fait souffrir à ses épouses. Ainsi soit-il.

 

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Pieux rendez-vous dans le cœur virginal de Saint Joseph

 

Il est, après le culte des sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, une dévotion qui est la plus précieuse, la plus féconde en bénédictions, la plus salutaire pour les âmes, que le ciel agrée infiniment, que l'enfer déteste souverainement, que le monde devrait embrasser fervemment. c’est celle du Cœur très-pur de saint Joseph, né sans péché parce qu’il fut sanctifié dans le sein de sa mère, après sa conception, Comme l’enseigne le bienheureux Docteur Gerson. Quand même nous n’apprendrions pas de cet incomparable Serviteur de saint Joseph, que toutes les grandeurs de cet illustre Patriarche, renfermées dans ses deux qualités d’Epoux de Marie et de Père putatif de Jésus, nous invitent à l’honorer, que les bontés de son cœur nous convient à nous confier en lui ; que sa fidélité à nous secourir nous provoque a l’invoquer souvent, il suffit d’entendre la sainte Église, notre Mère, qui nous engage à nous adresser au Cœur de saint Joseph dans toutes nos nécessités.

Nous ne devons pas craindre d’être repoussés par ce grand Saint, car puisque, d’après la Bible de la Vierge Immaculée, ce saint époux fut semblable à Marie, son auguste épouse, on peut dire de lui comme de la bienheureuse Vierge, qu’il est tout amour et toute compassion pour les hommes faibles, misérables et pécheurs.

Mais le moyen le plus puissant pour nous concilier les tendresses et la protection de saint Joseph, c’est la dévotion et le culte de son très saint Cœur, Cœur si étroitement uni au Cœur immaculé de Marie et au Cœur adorable de Jésus, qu'on peut dire qu’ils sont inséparables, et que les trois ne font qu’un. Le Seigneur, dans sa miséricorde inépuisable, nous réservait en ces jours où l’horizon s'assombrit, où le ciel semble gros de tempêtes, où le monde penche vers sa ruine, cette dévotion si belle et si consolante, comme une planche de salut dans le naufrage ; afin que par elle nous puissions éviter les périls imminents qui nous menacent, et sauver notre pauvre âme pour l'éternité.

Si nous aimons véritablement Saint Joseph pour l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, la considération des perfections de son très saint Cœur sera peut-être le plus puissant motif pour. nous porter à l’honorer avec une sincère dévotion, et à placer en lui notre confiance. Ecoutons à ce sujet un docte et pieux chanoine.

« Après le Cœur adorable de Jésus et le Cœur immaculé de Marie, dit l'éminent écrivain, il n’est pas de Cœur plus digne de notre vénération et de notre amour que le Cœur très-pur de saint Joseph, orné de tous les dons les plus sublimes de la nature et de la grâce, créé exprès par l'adorable Trinité pour être uni par les liens aussi étroits qu’indissolubles au très saint Cœur de Marie, dont il a été aimé d’un amour particulier, et qui, après celui de Marie, a été mis en communication plus directe qu’aucun autre avec le Cœur sacré de Jésus, puisqu’en le portant si souvent dans ses bras, il a eu l'insigne privilège de presser son Cœur de fils contre son propre Cœur de père. Et d'ailleurs, quelle union ! quelles communications ! quelles correspondances ! quel échange d’indicibles sentiments entre ce Cœur et ceux de Jésus et de Marie, pendant les trente années qu'ils vécurent ensemble, Joseph étant époux et père, Marie mère et épouse, Jésus l’auguste fils de l’un et de l’autre ».

D’après ces données, ne craignons plus d’être bien dévots au très Saint Cœur du Bienheureux Joseph. Saluons-le et vénérons-le comme un Cœur cher à l’adorable Trinité, à Jésus et à Marie, aux Anges et aux Saints, et à nous, misérables pécheurs, considérons-le comme le digne sujet de nos pensées, de nos affections et de nos désirs, comme la belle et florissante école où nous voulons désormais étudier la science du saint amour. Comme le repos de l’adorable Trinité, la joie du Père, les plaisirs du Fils et les délices du Saint-Esprit ; Comme un sanctuaire de toute pureté, fermé aux créatures et ouvert à Dieu seul ; Comme un vase d’élection dont aucune souillure n’a terni le brillant éclat ; Comme une source vive de piété et de lumière qu’il recevait dans la contemplation, et qu’il communique aux âmes intérieures ; Comme une fidèle image du Véritable soleil de justice, Jésus-Christ ; comme le miroir mystique des contemplatifs et de toutes les âmes qui tendent à l’union divine ; comme la couronne des dons du ciel et un firmament parsemé des étoiles des vertus ; comme un rayon très pur de la divinité, qui fait découvrir à ceux qui le considèrent bien un monde de merveilles ; comme l’abrégé dès infinies perfections de Dieu, où nous pouvons les étudier toutes ; comme une verdoyante prairie, que le Saint Esprit lui-même a émaillée de fleurs ; comme l’ornement des Patriarches et des Prophètes, dont la gloire resplendit sur eux tous ; comme la retraite de toutes les Vertus, qui y exhalaient une odeur suave à la divinité ; comme, le véritable paradis de Dieu, toujours fermé aux démons ; comme le livre dans lequel le Fils de. Dieu lisait les volontés de son Père ; comme un foyer d’amour et de miséricorde pour tous les malheureux ; comme la clef d’or qui a le pouvoir de nous ouvrir tous les trésors célestes ; comme la solitude bénie où nous pouvons consacrer nos jours au service de Jésus-Christ ; comme un petit nid où nous devons vivre jet mourir en repos ; comme la porte de la bienheureuse félicité, par laquelle nous aurons accès auprès de Dieu ; enfin, considérons-le ainsi sous une infinité de symboles et de figures qui nous aideront à former une idée, bien imparfaite sans doute, mais digne, autant qu'il est possible à de faibles mortels, du plus grand Saint qui fut jamais après la bienheureuse Vierge, et qui nous provoquera nécessairement par une douce violence à honorer et faire honorer de toutes nos forces ce Cœur béni, conjointement avec les Cœurs de Jésus et de Marie.

Recommandons à tous la dévotion au Cœur très-pur de saint Joseph, surtout aux âmes affligées, et à celles qui éprouvent des difficultés pour la méditation et la prière. Le Cœur de saint Joseph, pour me servir d’une pensée de saint Bonaventure, était un lieu d’oraison et tout pénétré des eaux célestes de la grâce. Également aussi à tous ceux qui sont dépourvus des biens temporels et qui gémissent sous le poids des misères de la vie. Ceux-là, s’ils prient le Cœur de saint Joseph avec confiance, obtiendront toujours quelques secours même temporels de la divine et douce Providence, dont le Seigneur l’a constitué comme l’économe et le dispensateur, selon que s‘exprime saint Bonaventure.

Également, enfin, aux pauvres pécheurs, je dis pauvres, car par le péché mortel ils ont perdu la sainte grâce de Dieu, le plus précieux de tous les trésors. Oui, que ces malheureux viennent frapper. par la prière au Cœur très-miséricordieux dé saint Joseph, qui les aidera à retrouver cette grâce divine, d’un prix infini ! Car, dit encore mon très saint maître Bonaventure, par saint Joseph comme par la bienheureuse Vierge Marie, on retrouve Jésus-Christ et sa grâce, Per Joseph et Mariam invenitur Christus.

Quant à la pratique de la dévotion et du culte du Cœur de saint Joseph, un cœur chrétien, pieux et éclairé, saura toujours bien ce qu’il convient de faire. La dévotion et le culte du cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge, proportion gardée, lui servira de direction et la doctrine de l'Église sur: le culte des saints, de règle. Mais, soit que le serviteur de saint Joseph honore le Cœur de ce grand Saint, soit qu’il s’emploie à le faire honorer par les autres, il faut qu'il s'attende à souffrir des persécutions, parce que, avons-nous dit, l'enfer abhorre souverainement la dévotion au Cœur de saint Joseph. Mais la promesse consolante que Notre-Seigneur a faite à une sainte âme, qu'il comblerait de grâces très particulières, toutes les personnes qui seraient affectionnées au Cœur très-pur de saint Joseph, doit bien encourager à cette douce et consolante dévotion.

 

Exemples

 

Je termine par deux traits à l'appui de ce qui vient d‘être dit : Le père Élie des Trois-Cœurs, atteint d'une maladie très grave à la gorge, se voyant abandonné des médecins les plus habiles, et au moment de mourir, eut la bonne inspiration de recourir au Cœur très pur de saint Joseph ; à peine sa prière était-elle terminée, qu’il se trouva immédiatement et parfaitement guéri. Plein de reconnaissance pour son glorieux Protecteur, le père Élie, avec l’autorisation de ses supérieurs, fit vœu de voyager pendant cinq ans pour propager la dévotion à saint Joseph. Mais le démon le tourmenta d’une singulière manière. En 1843 il vint à Marseille. Il quêtait alors pour faire bâtir à Rome une chapelle au chaste Époux de Marie. La nuit de Noël, comme on allait le réveiller ; pour le conduire à l’église, on trouva sa chambre fermée à clé. Après avoir longtemps frappé à la porte, qu’il n'ouvrait pas, on se mit à l’enfoncer, et on trouva le père Élie étendu par terre, sans parole et sans vie. On le transporta à l’hôpital où il demeura,plusieurs heures sans pouvoir parler. A force d'instance on put enfin obtenir quelques paroles ou plutôt quelques mots entrecoupés et à voix basse. On ne comprit autre chose, sinon que le démon, furieux de voir qu’il répandait partout la dévotion à saint Joseph, l’avait roué de coups. Son corps brisé et incapable de se mouvoir, était en proie à d’atroces douleurs. Cependant, à la longue, son mal disparut et il put recouvrer ses forces. Il ne s’en servit que pour propager avec plus d'ardeur la dévotion au Cœur de saint Joseph.

Un écrivain dévoué à la cause du bienheureux saint Joseph, s’était proposé de recommander fortement la dévotion au Cœur très-pur de ce glorieux Patriarche. Durant qu'il travaillait, son espoir en la bonté de ce très-saint Cœur semblait augmenter; mais il se vit bientôt éprouvé d’une manière bien extraordinaire. On eût dit que tous les démons conspiraient contre lui, et bouleversaient tous les éléments pour le faire souffrir et le faire se désister de son entreprise. Toutefois, comme il était rempli d’une sainte confiance dans le Cœur du bienheureux Joseph, il persévéra ; et pour s’animer, il se disait à lui-même : « Que m’adviendra-t-il après tous ces maux ? Sans aucun doute les bénédictions du Cœur de saint Joseph. Pourvu que la dévotion et le culte de ce très saint Cœur fleurissent dans l’Église pour le bien des âmes, que m’importe le reste ; j’abandonne tout entre les mains de saint Joseph, je fais ses affaires, il fera les miennes, mais de lâcher prise au démon jamais ! »

Encore une fois, soyons pleins de générosité et de courage pour répandre en tous lieux la dévotion au Cœur très doux de saint Joseph ; en retour il bénira nos chers défunts, nos parents, nos amis et nos enfants ; il bénira notre Patrie, hélas ! encore si malade !.. Jésus l’a dit : « Je comblerai de mes faveurs les âmes spécialement dévotes à saint Joseph, et qui s’efforceront de propager le culte de son Cœur, sur lequel reposais avec délices ».

 

Vivent à jamais les Saints Cœurs de Jésus, Marie et Joseph !

 

Fin du Mois du Cœur de Saint Joseph

 

Prochain mois de dévotion : le Mois de Marie de Maria d'Agreda, rendez-vous le 29 avril

 

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29 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Trentième jour

Saint Joseph, protecteur des agonisants

 

Comme tous les hommes doivent mourir, tous ont un très grand intérêt à se préparer à la mort par les moyens que la divine Sagesse recommande dans l’Évangile, la vigilance et la prière ; et aussi à se ménager des protecteurs pour cet instant suprême et définitif, d’où dépend une éternité heureuse ou malheureuse. Ô mon Seigneur et mon Dieu, combien, hélas ! Sont surpris pour ne s’être pas précautionnés à l’avance. Certes ce n’est pas la faute de Notre Seigneur qui, non content de donner à tous tant d’avertissements salutaires, et de répéter dans l'Évangile cette grave sentence, met à la disposition de tous, les moyens de terminer saintement sa vie en mourant dans son saint amour.

Après l’assistance de Marie très sainte, que les Saints nomment la Patronne des mourants, que le très«docte Juste Lipse qualifie du beau titre de Patronne dans les périls, dans les chagrins et toutes les douleurs qui nous assiègent jusqu’à la fin de la vie, nulle protection ne nous sera plus salutaire que celle de Joseph, le Patron et l'Avocat fidèle des mourants, le Soutien et l’Appui des agonisants, le Vainqueur des démons qui attaquent alors l’âme prête à paraître devant le Juge souverain.

Certainement, saint Joseph dont le pouvoir est sans bornes auprès du Tout Puissant, son Fils adoptif, sera toujours exaucé par lui, lorsqu’il le priera pour les pauvres agonisants dont les âmes lui ont coûté tant de travaux, de fatigues, de peines. D'autre part, ce bon Saint ne pourra jamais refuser ses, secours aux moribonds qui l’invoqueront avec foi, confiance et fidélité. S’il a sauvé le Chef des persécutions du cruel Hérode, pourquoi ne s’efforcerait-il pas de soustraire les chrétiens, membres de ce divin Chef, aux attaques du démon figuré par Hérode ? C'est alors surtout, qu'ils sont en un danger si grand, si évident de périr pour jamais, et par la même de perdre les fruits précieux de la Rédemption opérée par le Christ, à laquelle saint Joseph lui-même a pris une si bonne part, qu‘il importe de prier pour eux ce Saint ! Douteriez-vous de ces choses ?

Écoutez les Docteurs : Le Christ entre en Egypte, dit Novarin, mais conduit par Joseph : sachons que si le salut nous est accordé, nous le devrons en grande partie à saint Joseph. Les Égyptiens figuraient les gentils, et Joseph leur a mené Jésus, qui est le salut de tous. Ah ! Il mérite bien d'être comparé au patriarche qui, dans la langue des Égyptiens, est appelé Sauveur du monde. Un autre interprète, Escobar, sur ces paroles de l’Évangile : « N'est-ce pas le fils de ce charpentier ?, dit : « Si le fils est charpentier, il a dû faire la porte du ciel, afin que les hommes pussent y entrer ; Joseph l’ouvrira à tous ses dévots dont il aura été en un sens ainsi le père nourricier sur la terre ». Mais voici le pieux Bernardin de Bustis qui vient couronner ces données si consolantes. Il écrit : « Le Christ possède excellemment les clés du Paradis, comme il était prédit, comme il l’a fait entendre après sa glorieuse résurrection. La clé, ici, c'est la puissance ; or, l‘une de ces clés fut donnée à la Vierge Mère de Dieu, et l’autre à Joseph, son Père nourricier, afin qu’ils puissent introduire tous leurs fidèles serviteurs dans le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix ». Ces belles paroles sont littéralement reproduites.

Saint Joseph est donc le Protecteur certain des agonisants, parce qu’il est le meilleur des amis, qu’il sait ce que valent les âmes par ce qu’elles ont coûté à Jésus ; qu’il a reçu lui-même, dans les derniers instants de sa sainte vie, les secours les plus désirables, ainsi que les plus ineffables consolations de Jésus et de Marie ; qu’il peut obtenir ce qu’il veut à ses clients.

Saint François de Sales vint un jour à Annecy pour consacrer l'église de la Visitation. La supérieure du monastère témoigna le désir qu’une des six chapelles fût dédiée à saint Joseph. Alors une religieuse, favorisée de lumières surnaturelles, la supplia de la consacrer à saint Joseph mourant. « Dieu m'a fait connaître, dit-elle, que par la dévotion à saint Joseph expirant, il voulait, dans sa miséricorde infinie, accorder d’abondantes grâces aux agonisants ».

L’Église l’appelle le Triomphateur de l‘enfer. Il est la terreur des démons, se pourrait-il qu’il manquât alors à sa mission. Oh ! non, n’ayons aucune crainte, au contraire,‘ranimons notre confiance, son assistance nous est assurée pour notre heure dernière, il combattra avec nous et pour nous, et il nous assurera la victoire. Écoutons encore l’Église qui, dans un Hymme consacré à ce Saint, chante : « Quiconque désire terminer dans la joie le cours de sa vie, qu’il prie saint Joseph de. le couvrir de sa protection ». ô grand Saint ! dans l'incertitude où je suis de ne pouvoir vous prier à l’instant de ma mort, je vous abandonne dès à présent le soin de mon âme, conservez-la alors dans l’amitié de Notre Seigneur, défendez-la alors contre les attaques des démons, alors recevez-la dans vos bras paternels ; et comme vous avez sauvé mon Sauveur de la mort temporelle, en le portant dans vos bras en Egypte ; de même sauvez mon âme, en la guidant et la portant vous-même dans le ciel, afin que la, exempte de toute crainte de perdre Dieu, assurée de le posséder à jamais, heureuse du bonheur de Dieu même, elle vous témoigne sa reconnaissance dans l'assemblée des anges et des saints glorifiés.

Nous oublions trop, nous autres, de prier pour les pauvres agonisants, dont le nombre d'environ cent mille expirent chaque jour, quelques-uns sans doute pour la vie éternelle, mais combien, hélas ! pour l’enfer. Ah ! Cette pensée seule fait frissonner le cœur et glace d'épouvante l'âme qui a la loi. C‘est.pourtant la faire l’œuvre la plus belle, la plus grande et la plus chère à Notre Seigneur.

Par nos prières ou par nos soins, secondés de la grâce divine, nous avons converti un pécheur, c'est si grand, si noble, si divin, qu’un Apôtre ne fait pas difficulté d'avancer que, par cette œuvre seule, nous avons couvert la multitude de nos crimes. Mais ce pécheur revenu à Dieu, nous ne savons s’il persévérera, quoique Dieu nous tiendra toujours compte de notre acte miséricordieux, tandis que si, par nos prières ferventes et assidues, unies aux mérites de Jésus-Christ, a l'intercession de Marie, de saint Joseph, des bons Anges et des Saints, comme aussi par nos avis salutaires aux mourants, nous avons été assez heureux pour en faire expirer dans la grâce de Dieu, leur sort est dès lors fixé, et leur salut éternel assuré pour jamais. Quel bonheur pour ces âmes, quelle gloire pour Jésus-Christ, quel puissant motif pour nous d'espérer en sa bonté, à notre heure dernière.

Si j’insiste tant sur ce point, c’est surtout parce qu'il est des moribonds qui se trouvent absolument privés de tout. secours spirituel. Un bon livre dressé a cette fin d'aider les malades à bien mourir, est un trésor sans prix : « Le Prêtre auprès des Malades », par le père Stub, Barnabite, atteint ce but. Ils ont bien des parents et des amis, mais où sont ils ? les parents et les amis de ce monde fuient les moribonds. S’ils sont là présents, qu'y font-ils ? ils compatissent, il est vrai, au pauvre mourant qui souffre et se débat peut-être dans les étreintes de l’ange de la mort ; ils pleurent même cette personne qui leur était bien chère, mais s’occupent-ils un peu de son âme, de son éternel avenir ? lui inspirent-ils au moins une pensée de foi, de confiance en Dieu, un acte d’amour pour ce Dieu qui va être l’arbitre suprême de son sort, hélas ! non, non ! Oh ! que cette indifférence pour les pauvres mourants, est digne de larmes, digne d’un deuil universel, digne, enfin, de tous les gémissements de toute la Nature. « O pitié ! s’écriait le Saint Chancelier Gerson, vous pleurez un corps que l’on porte en terre, et vous ne pleurez pas une âme que personne n’accompagne, que ses œuvres, qui s’en va seule ou avec l'Ange gardien, ou avec le démon dans la maison de son Eternité ! et d’où elle ne reviendra plus qu’au jour des grandes assises.

Nous qui vivons encore, prévenons notre heure dernière par une vie chrétienne et sainte, et si nous avons été pécheurs criminels, par une pénitence continuelle, par les gémissements et les larmes. Gravons bien avant dans notre cœur cet avis, fruit d’une grande expérience des hommes et des choses, si pleins d'une haute philosophie, d’une. éminente sagesse, d’une piété solide et éclairée, que nous donne le même Jean Gerson, dans l’Imitation de Jésus-Christ.

Ne vous fiez point sur vos proches et Vos amis, et ne différez point à faire votre salut ; parce que les hommes vous auront bien plus tôt oublié que vous ne pensez. Il vaut bien mieux pourvoir de bonne heure à la sûreté de votre salut, et faire passer au ciel devant Vous vos bonnes œuvres, que de vous en reposer sur le soin des autres. Un temps viendra que vous souhaiterez, je ne dis pas un jour mais une seule heure pour vous corriger, et je ne sais si vous-l’obtiendrez. Âme chrétienne, considérez de quel péril et de quelle frayeur vous pouvez vous tirer, si vous vivez toujours dans la crainte et l’appréhension de la mort... La,mort emporte tous les hommes, et leur vie s’enfuit comme l’ombre. Qui se souviendra de vous après votre mort, et qui priera pour vous ? Faites, faites maintenant, mon cher frère. tout ce que Vous pouvez faire, puisque vous ne savez pas quand vous montrez, ni ce qui vous doit arriver après votre mort. Amassez des richesses immortelles, pendant que vous en avez le temps. Ne vous appliquez qu’à votre salut, et ne pensez qu’aux choses de Dieu. Faites-vous maintenant des amis, honorant les saints, et imitant leur actions, afin qu’après votre mort ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger, à qui toutes les affaires du monde sont indifférentes. Conservez votre cœur toujours libre et élevé en Dieu, parce que vous n’avez pas ici de demeure stable, offrez-lui sans cesse vos prières, vos gémissements et vos larmes, afin que votre esprit après cette vie passe heureusement au repos du ciel. Ainsi soit-il.

Ce bienheureux Docteur suivait les conseils qu’il nous donne : il vécut toujours en pèlerin qui marche vers la patrie céleste, avec cette admirable devise,qu’il répétait sans cesse : « le cœur en haut ». Longtemps avant sa sainte mort, il avait fait son testament, qu’il appelait testament du pèlerin, qui contient la substance du chapitre de l’Imitation précédemment cité. Dans une lettre aux Chartreux, pour leur demander à l’avance leurs suffrages, il leur rappelle le texte cité tout à l’heure dans l’Imitation.

Une telle préparation de toute la vie, soutenue paru ne conduite pure et sainte, disposa ce grand homme et illustre serviteur de Dieu à la plus sainte mort. Si souvent il avait prié saint Joseph de l’aider en ce redoutable passage du temps à l’éternité, il avait si bien imité cet insigne Patriarche et Protecteur dés mourants, qu’il proposait ordinairement au culte des fidèles sous cette. dernière dénomination, qu’il eut le bonheur ineffable de mourir comme saint Joseph dans un acte pur d’amour de Dieu et par l'effet de cet amour même. Ne doutez pas que saint Joseph et les saints Anges n’aient accompagné cette belle âme au paradis. C‘est le sentiment du savant et Saint cardinal Bona et de saint François de Sales, qui professaient pour Gerson une estime, je dirai un culte particulier, comme on le voit par ce qu’ils en ont écrit.

 

Exemples

 

Le bienheureux Alexis de Salo, prédicateur Capucin, d’une science et d'une piété angéliques, admirateur et surtout imitateur de Gerson, couronna une vie pleine de mérites par une mort pleine de douceur. Un peu avant d’expirer, il pria l’un de ses frères qui l'assistaient d’allumer plusieurs bougies, ceux-ci étonnés de cette demande, voulurent en savoir la raison. « C'est, répondit le bienheureux, que Notre Dame avec son époux saint Joseph devant venir me visiter dans quelques moments, il est de toute convenance qu'ils soient accueillis l’un et l'autre avec tout le respect possible ». Un instant après, on put reconnaître que déjà cette glorieuse visite avait lieu, car le moribond s‘écria plein de joie : « Voilà la Reine du ciel, voilà saint Joseph ! mettez-vous à genoux, mes Pères, pour les recevoir dignement ». Mais ce fut lui qui recueillit les premiers fruits de la présence de Marie et de Joseph, car à l’instant il rendit son âme entre leurs mains. C’était le dix-neuf mars, consacré à saint Joseph.

« J’ai beaucoup redouté la mort, disait sur son lit de douleur Mgr Douarre, évêque d’Amata; aujourd’hui je ne la crains plus. Il y a dix mois que je la considère dans ma méditation, et vingt-cinq ans que je récite journellement une prière à saint Joseph pour qu’il m'obtienne la grâce de bien mourir ».

 

Prière au Cœur de saint Joseph pour les agonisants

 

O très aimable saint Joseph, qui avez eu le bonheur ineffable de mourir dans l’exercice du plus parfait amour de Dieu, et d’avoir présents à votre mort Jésus et Marie, environnés de troupes angéliques, ayez compassion de ceux de nos frères et de celles de nos sœurs qui soutiennent, en ce moment, la lutte de la dernière agonie. Ouvrez leur votre Cœur miséricordieux, jetez sur leurs âmes un regard de bonté, recommandez-les au Sauveur. Faites les triompher de tous les ennemis spirituels dans le moment suprême et décisif, et aidez-les à mourir dans l’amitié de Jésus et de Marie. Cette grâce, ô tendre Père et fidèle Protecteur, je vous la demande pour moi quand je serai arrivé à ce même instant solennel. Alors, au souvenir du peu que je fais pour propager votre gloire et votre culte, venez m’assister et me défendre au tribunal de Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

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28 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

7 San Giuseppe

Vingt-neuvième jour

Le précurseur des Prêtres

 

Le Prêtre a quelques rapports avec saint Joseph ! qu'il est bon de résumer ici, pour leur montrer combien ils ont de motifs d’être dévots à ce Saint, et à quels titres ils doivent compter sur ses secours. D'abord saint Joseph a été choisi par la Providence pour être le père nourricier, le coopérateur du Christ dans l'œuvre de notre salut. Il l’a attiré du ciel par ses prières, l’a adoré .à sa naissance avec un respect infini, l’a offert au Seigneur dans le temple de Jérusalem, l’a sauvé en le délivrant des poursuites du roi Hérode, et l‘a fait croître par ses soins et ses travaux ; j'ajouterai que Joseph était un homme de prière, qu’il récitait souvent avec une piété angélique le Psautier divin de son illustre aïeul David. Je n'ai pas besoin de faire l'application de toutes ces choses aux prêtres; car il ne m'appartient pas de faire la leçon à mes maîtres, à mes pédagogues, et je me tiens pour infiniment honoré de leurs avis qui ne sont autres que ceux mêmes du Seigneur Jésus, résidant en leurs personnes pour instruire, édifier et diriger les fidèles confiés à leur paternelle sollicitude.

Saint Joseph a touché quelquefois le Sauveur en le portant dans ses bras, le reposant sur sa poitrine ; et le prêtre combien de fois ne le touche-t-il pas à l'autel, le recevant chaque jour dans son cœur ? Saint Joseph a offert au père Éternel les prémices du sang de Jésus-Christ dans la circoncision ; et le prêtre fait tous les jours la même fonction, il offre le sang du Christ pour le salut.du monde. Saint Joseph a donné l'Enfant-Dieu aux adorations des bergers et des rois-mages ; et le prêtre le donne aussi aux fidèles, non-seulement en l’offrant à leurs adorations, mais en leur distribuant son très saint Corps.

Mais c’est principalement pour la génération spirituelle des âmes, que saint Joseph devient l’exemplaire du prêtre. Ecoutez le très saint abbé Ollier : « C’est aux prêtres surtout, dans lesquels Dieu réside en sa plénitude et en sa fécondité pure et vierge, à se conduire sur le modèle du grand saint Joseph à l’égard des enfants qu’ils engendrent à Dieu. Ce grand Saint conduisait et dirigeait 1’Enfant Jésus dans l’esprit de son Père, sa douceur, sa sagesse, sa prudence, ainsi devons-nous faire de tous les membres de Jésus-Christ qui nous sont confiés et qui sont d’autres Christs, en sorte que nous devons les traiter avec le même respect, que saint Joseph traitait l’Enfant Jésus ». Saint Joseph a précédé les Apôtres et. les prêtres dans leur ministère, en portant le Christ dans l’Egypte et en y détruisant, par la même, le culte des idoles. Une ancienne tradition veut que lorsqu'il entra dans ce pays, tous ces simulacres tombèrent et furent brisés. Ce qu’on peut dire de plus vrai, selon Calmet, est que Jésus-Christ par sa présence dans l’Egypte, commença à y détruire l’empire du démon et de l'idolâtrie, qui y fut entièrement ruinée dans la suite par la prédication des Apôtres.

La Glose ordinaire de la Bible au même endroit, remarque que-saint Joseph est la figure des prédicateurs qui portent le Christ avec sa mère, c’est-à-dire la. foi du Christ et de l'Église aux gentils, après avoir laissé Hérode, c’est-à-dire les juifs infidèles, Saint Hilaire a fait la même observation, comme aussi, le père Lauret. Le Père de la Conception dit également : « Ceux qui portent le Christ, c'est-à-dire l’Évangile, dans les plages lointaines, comme Paul, ce vase d'élection, le portait aux gentils, sont Symbolisés par Joseph, le père nourricier du même Jésus-Christ qui le porta tantôt en Egypte, tantôt en Judée. Tant d'autorités prises parmi une infinité d’autres que j’ai sous les yeux, démontrent clairement que saint Joseph est le patron et le protecteur des Prêtres qui s'emploient à la prédication, des missionnaires enfin. De plus, il est également le patron et le protecteur des Préfets, parce qu’il gouverna pendant de longues années avec une incroyable sollicitude, une vigilance continuelle et une sagesse admirable, dans les circonstances les plus graves, les plus pénibles et les plus délicates, les deux plus saintes personnes qui furent jamais sur la terre, Jésus et Marie. Les Évêques donc qui ont une mission si grande et si difficile à remplir, pourront s'adresser avec confiance à saint Joseph, qui viendra à leur secours avec le plus vif empressement.

 

Exemple

 

Saint Joseph éclairé, comme il l‘est, des lumières de l’Esprit Saint, connaît parfaitement la dignité sainte, hors ligne, et divine du Prêtre et de l’Évêque, serai-je donc téméraire de dire qu’il se tiendra pour honoré d’être prié par eux et de les assister dans leurs nécessités ? On lit dans le Tableau des divines faveurs accordées à saint Joseph, par le père Binet, corrigé tout récemment par le père Jennesse aux, de la même compagnie de Jésus, ce qui suit, extrait fidèlement : Le savant Chancelier de Paris, Jean Gerson, admire un trait de la dévotion d’un chanoine de Chartres, qui est à la vérité bien remarquable. Ce pieux chanoine avait mis la main à un fort bel ouvrage sur les privilèges de saint Joseph, et sur le mariage virginal de ce glorieux Patriarche avec Notre-Dame. La mort qui rompt si souvent les projets humains, brisa ce précieux travail, et nous en ravit la moitié pour le moins. Mais afin de remédier à ce mal, qui ne fut pas imprévu au bon serviteur de Dieu, il trouva deux expédients que sa dévotion lui inspira sur la fin de sa vie. En premier lieu il fit écrire au pieux Jean Gerson, dont il avait été le disciple, et qui était une perle de bonté de son siècle. Il le suppliait très-humblement de vouloir bien, ou achever son ouvrage, ou en faire un nouveau, employant toutes les ressources de son esprit pour louer dignement le saint Époux de Notre Dame.

En second lieu, il laissa par testament à l'Église de Chartres une certaine somme, afin que les vénérables chanoines tissent tous les ans une fête solennelle en l'honneur du glorieux saint Joseph, et qu’ils se rappelassent ainsi le souvenir des rares vertus de cet admirable Patriarche, et le soin qu‘il avait en de sauver dignement Jésus et Marie. Tel fut l'objet qu'il voulut pour le repos de son âme, sachant bien que les fêtes des saints sont utiles aux défunts, lorsqu'elles sont célébrées à cette intention. Gerson composa lui-même un office, et une messe pour cette fête au commencement du quinzième siècle.

Le pieux et saint Chancelier, après avoir loué et admiré la dévotion du chanoine Henri, veut bien nous en exposer les motifs. Il avait donc choisi saint Joseph pour patron et pour avocat, parce que l’ayant de son côté, il aurait aussi sa sainte Épouse et son Fils béni, et qu’il regardait son salut comme assuré s’il était assisté de Joseph, de Marie et de Jésus. De plus, il croyait que saint Joseph était le patron des chanoines et leur modèle, cette pensée étonne d’abord : car quel rapport d'un rabot à une aumusse, d'un charpentier a un homme d’Église, aussi ne faut-il pas prendre la chose de ce biais. Mais, disait le pieux Henri, Joseph ne faisait autre chose jour et nuit que penser à Jésus et à Marie : il les servait incessamment avec une dévotion remplie d'une joie cordiale ; il n’avait d'autre objet que Jésus et Marie ; tout son emploi n'était qu’avec Jésus, pour Jésus, et à sa gloire seule... Il priait avec eux, il allait au temple avec eux; disons mieux sa maison était un temple. Notre-Dame était l’autel ; sur, son Cœur reposait Jésus-Christ, relique vivante, vrai Saint-Sacrement, où l'humanité servait de voile à la divinité...

Or, poursuivait le dévot client de l’Époux de Marie, voilà justement la vie d’un saint chanoine ; son principal emploi est de chanter jour et nuit les louanges de Jésus et de Marie, et d'offrir tous les matins un sacrifice à Dieu le Père, par les mains de la Vierge Marie, leur adorable Fils Jésus-Christ. De plus, le chanoine exemplaire n’a d’autre Vue que Jésus et Marie, il ne veut avoir de compagnie dans sa maison que Jésus et Marie. Ce qu'il a de bien il l’emploie, autant qu’il le peut, à leur honneur et à nourrir Jésus-Christ, dans la personne de ses pauvres. il use sa vie dans le temple, ne cessant d’y rendre quelque service à la majesté du grand Dieu..... Heureux donc le prêtre qui a choisi l’Époux de la Vierge pour protecteur et pour modèle ! Heureux le Pasteur des âmes, le pêcheur d’homme qui sert Jésus et Marie avec le même zèle, le même esprit de foi, le même amour dont Joseph les servait sur la terre, conclut le saint Jésuite.

 

Le Psaume du prêtre à saint Joseph

(Imité du psautier de saint Bonaventure)

 

Je bénirai en tout temps le Conservateur de mon Sauveur ;

je mettrai mon bonheur à lui témoigner toujours ma reconnaissance.

Ses louanges seront toujours dans ma bouche :

tout ce qui est en moi contribuera à sa gloire.

Mon amour pour lui ne sera rassasié

que lorsque je serai témoin de son triomphe.

Faites-en de même (semble dire le prêtre aux fidèles)

vous tous qui avez ressenti son puissant secours,

qui, par lui, avez été délivrés de tant de périls.

Il vous remplira de toutes sortes de biens :

et vous éprouverez qu‘on ne l’invoque point en vain dans les peines.

Le ciel et la terre sont remplis des grâces de sa douceur :

les œuvres de son amour sont partagées à tous les mortels.

Ainsi, de quelque côté que nous portions nos regards, ô bienheureux Joseph,

nous trouvons partout les preuves touchantes de votre amour paternel.

Souvenez-vous de nous et conduisez le Pasteur et ses brebis

aux ondes pures de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

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