10 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Onzième jour

Douleur de Marie au massacre des Innocents


Pendant le séjour de la sainte Famille en Egypte, arriva la nouvelle du carnage horrible que l'on fit de tous les enfants à Bethléem et dans les environs, par l'ordre d'Hérode. Ce prince, furieux d'avoir été trompé par les Mages, voulut à tout prix satisfaire sa barbarie, en répandant le sang du divin Enfant; et afin de mieux assurer sa mort, il fit périr, par les mains de ses bourreaux dénaturés, tous les nourrissons au-dessous de deux ans. Quelle nouvelle déchirante pour la sensibilité extrême de Marie! ô Fils infortuné! dut-elle s'écrier, vous descendez des splendeurs éternelles pour vous revêtir de la forme d'esclave par amour pour les hommes; et non-seulement ils ne vous firent aucun accueil à votre naissance, mais encore ils vous laissèrent durement sur le foin dans une étable glacée; et maintenant, pour comble de cruauté,ils cherchent à vous égorger inhumainement dans mes bras! Oh! c'en est trop, jamais on ne vit une semblable barbarie! Dieu commanda dans l'Exode, suivant l'explication du Docteur angélique, qu'on ne tuât jamais un chevreau allaité par sa mère; cependant, qui le croirait, le perfide Hérode voulut exercer, vis-à-vis du Sauveur, cette cruauté défendue à l'égard des bêtes; il voulut mettre à mort le divin Enfant attaché au sein de sa sainte Mère, et à son occasion, il fît périr des milliers d'enfants. Marie en était navrée de douleur et en pleurait d'autant plus amèrement, qu'elle se représentait d'une part les cris et le désespoir de tant de mères, et de l'autre, le châtiment terrible qui pesait déjà sur tant de pères juifs, en punition de leurs crimes. On eût dit l'infortunée Rachel fondant en larmes et inconsolable de la mort d'une partie de ses enfants, et de la captivité des autres. O pauvres enfants! devait dire la très-Sainte Vierge éplorée, vous êtes morts uniquement parce qu'on voulait faire mourir mon Jésus! et le cœur de Marie fut blessé d'autant de traits qu'il y eut de victimes innocentes sacrifiées à l'occasion de son Fils!


Colloque


Quelle fut votre douleur, Vierge Sainte, lorsque tenant le Sauveur entre vos bras, et n'ayant pour toute société que Sain Joseph, vous vous vîtes sans amis et sans protecteurs, persécutée par un monarque impie? quelle fut votre frayeur pour votre Fils adorable, plus encore que pour vous-même? Je me confonds à cette seule pensée. Mais surtout, je me fais horreur à moi-même en considérant que, par mes péchés, j'ai été plus cruel qu'Hérode lui-même envers Jésus. Oui, ce prince persécuta une seule fois le divin Rédempteur, et, par mes offenses énormes, je l'ai persécuté cent fois, mille fois. Hérode ne connaissait pas en Jésus le Fils de Dieu, et j'ai osé offenser le Dieu que j'adore. Ce monarque se proposait d'affermir son trône, et j'ai blessé mon Sauveur pour une bagatelle, pour un vain honneur, pour un plaisir d'un instant! Ah! sainte Mère, je frémis d'y penser; j'ai honte de moi-même, et, couvert de confusion, je demande pardon à votre divin Fils persécuté, et à votre cœur affligé de toutes mes fautes: ô Vierge éplorée! accordez-moi une de vos larmes pour les pleurer toujours amèrement.


Soupir à Marie


Soldats impies! pourquoi tant de barbarie? tournez plutôt votre fer contre mon cœur, plus dur que celui d'Hérode!


Exemple


Pendant que l'île de Rhodes était dépendante de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, l'an 1423, le chevalier Louis Barco fit sculpter une statue de Notre Dame des Douleurs, tenant son Fils mort entre ses bras, et la plaça dans l'Eglise majeure de Rhodes. Cette sainte image était si expressive et si touchante, qu'on l'attribua à un Ange sous la forme d'un jeune homme inconnu qui disparut aussitôt. Le chevalier, priant un jour avec ardeur à ses pieds, supplia la très Sainte Vierge de lui indiquer ce qu'il pourrait faire pour la consoler. Alors Notre-Dame lui donna un chapelet composé de trente grains, divisés par trois gros grains, et lui dit qu'en récitant quinze Ave, Maria et un Pater après cinq Ave, en mémoire des dix-huit lettres hébraïques qui composent la salutation Angélique, on lui procurerait une grande consolation.. Le chevalier publia sur-le-champ la volonté que Marie lui avait manifestée par l'image miraculeuse; tous les chevaliers de l'île embrassèrent à l'instant cette dévotion, qui prit de là le nom de Chapelet du Chevalier, et à laquelle la très Sainte Vierge obtint des grâces sans nombre. (Bosius. hist. sacr. Relig. S. Joannis.)


Pratique: Réciter le Chapelet de Notre Dame des Douleurs.

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09 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Dixième jour

Souffrances de la très Sainte Vierge dans la fuite en Egypte

Après la cérémonie de la Purification de Marie et de la Présentation de son Fils au temple, la sainte Famille retourna à Nazareth. Or, Hérode, roi des Juifs, ayant appris des Mages la naissance d'un nouveau prince, et déjà instruit par la voie publique de ce qui s'était passé au temple quand le divin Enfant y avait été présenté, il n'en fallut pas davantage à ce roi soupçonneux pour craindre que ce rejeton de David ne lui enlevât la couronne. Il prit donc, sans délai, des mesures pour affermir son trône, qu'il jugea en péril, et il forma le dessein de mettre à mort le nouveau-né. Misérable orgueil humain! La Mère et le nourricier de Jésus n'étaient occupés, dans leur chétive demeure, qu'à contempler le Fils de Dieu qui croissait en grâce chaque jour. Contents de leur état en vue de Dieu, ils travaillaient et dormaient en paix. Une nuit, entre autres, dans laquelle, plus fatigué qu'à l'ordinaire, Joseph dormait profondément, un Ange lui dit à l'oreille de se lever promptement et de fuir en Egypte, avec son épouse et le divin Enfant, attendu qu'Hérode cherche à faire mourir Jésus. Docile à la voix de l'Ange, Joseph, étonné, va réveiller Marie et lui communique l'ordre du Ciel. Tendre Mère! quelle triste nouvelle! dans quelle fâcheuse situation elle se trouve! faible, délicate, avec un tendre nourrisson et un époux âgé et fatigué, que fera-t-elle? Ah! je la vois dans une véritable agonie; son cœur tombe en défaillance en pensant au danger que court le divin Enfant!.. Mais à quoi servent les délais? elle se prépare à exécuter au plus tôt les ordres du Ciel. Elle s'approche en tremblant du berceau où l'Enfant Jésus dormait paisiblement; elle le lève, le prend entre ses bras, l'enveloppe promptement de ses langes, le couvre de son mieux pour le défendre des injures de l'air rigoureux de la saison; et sans tarder davantage, sans dire adieu à ses voisins et à ses amis, sans dire un seul mot, ne portant aucune provision, mais seulement quelques hardes, elle part dans le silence de la nuit, sous la protection des ténèbres, appuyée du côté gauche sur le bon vieillard Joseph, et de sa main droite pressant l'Enfant Jésus sur son cœur. C'est en soupirant, qu'elle part et fuit en Egypte. Au moindre bruit qu'elle entend, elle frémit, son cœur palpite, son sang se glace dans ses veines, elle craint que les émissaires du roi inhumain ne viennent dans l'ombre arracher son Fils de son sein, et le massacrer. Si l'on considère ensuite la longueur et la difficulté du chemin, que n'eut pas à souffrir cette Vierge sainte! Il lui a fallu marcher pendant trente jours au moins; traverser des déserts; gravir des montagnes, et passer dans des forêts inhabitées. Pendant combien de jours n'aura-t-elle eu pour toute nourriture que des herbes crues et des racines sauvages? combien en aura-t-elle passé sans boire ni manger? combien de nuits, dans cette saison froide, a-t-elle dû passer couchée sur la pierre? Mais quel Surcroît de douleur pour elle de sentir l'Enfant Jésus souvent tout glacé, malgré les soins qu'elle prenait de le couvrir, de le presser sur son sein, et de l'échauffer par ses soupirs enflammés! combien de fois pour apaiser ses pleurs, lui aura-t-elle donné, en l'allaitant, son cœur fondant de douleurs? O souffrances universelles! ô peines incompréhensibles!

Colloque

O Vierge affligée! que votre exemple me confond. Dans un âge si tendre, vous fuyez en Egypte avec tant de peines, foulant aux pieds les aises et les plaisirs du monde; modèle accompli de résignation, d'obéissance, de charité, de confiance en Dieu; tandis que non-seulement je ne fuis pas le danger d'offenser Dieu, mais encore je m'y expose souvent de propos délibéré, m'abandonnant à ma présomption, à ma négligence, à mon esprit d'indépendance, à mon orgueil! O Mère de miséricorde! rendez-moi semblable à vous, je vous en supplie; daignez aussi m'accorder votre puissant secours dans le voyage terrible que je fais maintenant vers l'Eternité. Faites que j'évite les dangers de l'Egypte de ce monde, afin que je partage un jour votre bonheur dans la céleste Jérusalem.

Soupir à Marie

Auguste mais pauvre Pèlerine, vous fuyez en Egypte avec Jésus et Joseph, et vous n'avez pour guide que l'amour divin, et pour compagne que la peine.

Exemple

Un jeune novice de l'Ordre de Saint Dominique, vaincu par la tentation, voulait s'enfuir secrètement. Mais avant d'exécuter son projet, il prit à sa main un morceau du pain de communauté, qui lui répugnait singulièrement. Il va devant une image de Notre Dame des Douleurs, qui tenait son Fils mort entre ses bras, et lui dit: « O Consolatrice de tous les affligés, voyez vous-même si ce pain est nourrissant, et s'il n'est pas plutôt capable de rendre malade! Je désirerais de tout mon cœur embrasser la vie religieuse, mais j'avoue franchement que je ne m'en sens pas le courage. Ne m'en veuillez donc pas si je laisse votre habit à vos pieds, mais je n'ai plus la force de le porter ». En même temps, il commençait à se dépouiller de sa robe de laine; mais en ce moment, Notre Dame des Douleurs eut pitié de ce malheureux: elle étendit miraculeusement la main droite, et lui dit de lui donner ce pain dont il ne savait pas se nourrir, à l'instant elle le trempe dans le sang qui sortait des plaies du Sauveur, et le lui rend avec ordre d'en manger sur le champ. Le novice obéit aussitôt, et non seulement il le trouva excellent, mais en le mangeant il se sentit le cœur tellement fortifié, que dans la suite il supporta constamment et avec joie toutes les rigueurs de la vie religieuse.  ( March. Diar. Mar. tom. 2. sem. 65. )

Pratique: S'abstenir aujourd'hui, en l'honneur de Notre Dame des Douleurs, de quelque plaisir permis.

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08 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Neuvième jour

Glaive qui perça le cœur de Marie, dans la prophétie de Syméon

Jérusalem renfermait, à cette époque, un juste nomme Syméon, plus charge de mérites que d'années, quoiqu'il fût d'un âge avancé. Pendant que Marie et Joseph entraient dans le temple, Syméon y arrive au moment même où ils présentaient le Messie nouveau-né. Eclairé d'une lumière supérieure, il regarde la mère, il admire le divin Enfant avec des yeux étincelants et d'un visage enflammé, il prend Jésus dans ses bras, le presse sur son cœur, et dans une douce extase, il bénit Dieu d'une si haute faveur, et lui fend de vives et solennelles actions de grâces d'avoir exaucé ses longs désirs à ce sujet. Ensuite, s'adressant à Marie, par l'inspiration du Saint-Esprit, il lui fait cette célèbre prédiction: « Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes ». Qui pourrait exprimer la douloureuse impression que fit cette triste prophétie sur le cœur maternel de Marie? Malgré les lumières qu'elle avait déjà reçues, elle vit alors encore plus clairement se dérouler à son esprit le sombre tableau des souffrances que son Fils devait endurer; elle connut plus que jamais qu'entre toutes les mères elle était la seule qui rachetait son premier-né pour peu de temps, puisqu'il était destiné aux douleurs, aux opprobres et aux supplices. Dès lors, au sentiment de Saint Jérôme, l'âme de Marie eut à subir un martyre plus dur que celui de tous les martyrs ensembles; martyre qui, selon Saint Bernard, dura trente-trois ans, pendant lesquels Marie vécut en mourant sans cesse, parce que son cœur souffrait une douleur pire que la mort, sans remède et sans adoucissement. Comme les eaux des fleuves, en entrant dans l'Océan, deviennent salées et amères, les consolations de Marie, depuis ce jour mémorable, se changeaient pour elle en violentes amertumes. De là, elle ne pouvait arrêter ses yeux sur l'admirable humanité du Sauveur, sans penser aussitôt aux mépris, aux tortures, à la croix qui l'attendaient. Déjà Marie croyait voir les blessures de ses pieds, de ses mains et de son côté toutes couvertes de sang!... Mère infortunée, ce ne fut pas seulement pendant la vie de son Fils qu'elle souffrit ce dur martyre, la plaie que lui fit la prophétie de Syméon ne se ferma jamais tant qu'elle vécut: « Cette douleur dit-elle un jour à Sainte Brigitte, affligea mon cœur jusqu'au moment où je fus élevée en corps et en âme dans le Ciel ». O glaive douloureux! O peine sans égale!


Colloque

O mère affligée! quel cœur ne se fondra pas de douleur et de componction en considérant le vôtre percé du glaive que lui annonça Syméon! Ah! quel cruel martyre pour vous, de penser que votre divin Fils, après une vie entière de souffrances, après une mort cruelle et ignominieuse, serait encore déchiré et crucifié de nouveau, avec plus d'impiété que jamais, par les monstrueux péchés des hommes! Non de semblables tortures n'étaient point faites pour votre beau cœur; elles me convenaient bien mieux à moi qui suis coupable de fautes graves! Vous savez d'ailleurs que j'ai lancé contre vous, non pas un seul glaive, mais cent, mais mille traits meurtriers, autant de fois que j'ai eu le malheur de pécher. Purifiez maintenant, par votre douloureux martyre, tout mes sentiments impurs; blessez si profondément la dureté de mon cœur, qu'il soit pénétré de la plus vive douleur d'avoir renouvelé, par mes péchés, la dure Passion de Jésus, et d'avoir de nouveau percé son cœur adorable.

Soupir à Marie

Glaive tranchant de Syméon qui du même coup blessâtes deux cœurs, frappez le mien avant que la triste prédiction s'accomplisse.

Exemple

Sainte Brigitte rapporte, que faisant oraison dans l'Eglise de Sainte Marie Majeure à Rome, le jour de la Purification de la très Sainte Vierge, elle eût la vision suivante: Elle crut voir dans le Ciel un temple très majestueux. Auprès de l'autel se trouvait un vénérable vieillard, c'était Syméon, tout préoccupé de recevoir le Sauveur dans ses bras. De la porte du temple, s'avançait gravement la très Sainte Vierge, tenant son divin Fils, précédée, accompagnée et suivie d'innombrables légions d'Anges. Au milieu d'eux, et immédiatement devant Marie, était un Ange plus éclatant que les autres, tenant à la main une épée toute teinte de sang, qui ressemblait parfaitement au glaive annoncé à la très Sainte Vierge par Syméon. A mesure que le cortège s'avançait, les voûtes du temple retentissaient d'une douce mélodie, et les Esprits bienheureux chantaient d'un ton ravissant: « Voilà la gloire que Marie reçoit dans le Ciel, en récompense du glaive de douleur dont elle a été blessée pendant la Passion de son Fils ».

Pratique: Réciter, quand l'horloge sonne, un Ave en l'honneur des douleurs de Marie.

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07 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Huitième Jour

Humiliation de la Très Sainte Vierge dans sa Purification

Comme la très-Sainte Vierge était la mère de Dieu, et qu'elle avait conçu son divin maitre, non comme les femmes ordinaires, mais par la seule vertu du St-Esprit, il s'en suivait évidemment qu'elle n'était point sujette à la double loi de la Purification et du rachat, que Dieu avait donnée dans l'Exode et le Lévitique. Cependant Marie, oubliant les motifs qui l'en dispensaient, voulut paraître une mère ordinaire, et se soumit à la purification, qui supposait qu'elle en avait besoin, et à la présentation de son Fils, cérémonie d'offrande et de rachat, indispensable pour tout autre. Cette Vierge incomparable accomplit ainsi la volonté suprême du Père Eternel, qui avait prescrit l'abaissement de la Mère de Dieu, et l'humiliation de son Fils. O vertu sans pareille! qui confond l'orgueil humain. Oui, cette Vierge, qui n'avait eu rien tant à cœur que sa pureté sans tache, qui pour la conserver aurait renoncé volontiers à la maternité divine; qui fut plus jalouse de cette vertu que de toute autre, au point qu'elle mérita précisément par là d'attirer du Ciel et de concevoir dans son sein le Verbe éternel, suivant ce mot d'un père: Elle plut par son humilité, mais elle conçut par sa virginité. Cette Vierge très sainte et sans tache, ne craint pas, dans ce Mystère, de paraître impure comme les autres mères aux yeux des hommes, quoique dans la réalité elle soit au milieu des femmes du monde, comme le lis entre les épines. Elle savait très-bien que sa pureté surpassait infiniment celle de toutes les autres créatures de la terre; elle n'ignorait pas même, dit Saint Antoine, qu'elle était plus pure que les Anges eux-mêmes, or, jugez de là, qu'elle fut son humiliation en ce moment; quelle rougeur pudique colorait son modeste visage, et combien lui était sensible le jugement que le monde portait d'elle sur ce point d'après les apparences. Mais non contente de cette héroïque humilité, Marie y joignit encore une patience admirable. Suivant la coutume en pareil cas, les mères juives, pour remplir la loi, offraient un agneau en holocauste, et une colombe pu une tourterelle en sacrifice expiatoire. Si elles étaient pauvres, elles pouvaient substituer la tourterelle ou la colombe à l'agneau. Or, la sainte Mère de Dieu ayant, par son héroïque charité, répandu généreusement dans le sein des pauvres les riches dons des Mages, ne put pas. offrir l'agneau à Dieu, elle se contenta de présenter à sa place deux tourterelles gémissantes, ou deux innocentes colombes, symboles touchants de ses humbles soupirs et de sa pureté sans tache. Ce fut encore là, pour cette Vierge sainte, un sujet réel d'humiliations infiniment méritoire.

Colloque

Vierge sainte, j'admire votre humble maintien et la modeste rougeur que vous montrâtes dans le temple, pour m'apprendre et à mépriser les vains jugements du monde, quand il s'agit de remplir la loi de Dieu, et à faire courageusement les bonnes œuvres, qui bien qu'elles ne soient pas commandées, sont néanmoins agréables au Ciel et salutaire à mon âme. Je vous en remercie de tout mon cœur, et je vous prie aussi de m'obtenir une si belle vertu, et la grâce d'être délivré de tout sentiment d'orgueil et d'ambition, si contraire au caractère et à la qualité de votre Fils, que j'estime au-dessus de tous les biens.

Soupir à Marie

Quelle confusion pour Marie d'être confondue dans le temple avec les mères juives! Qu'un si grand exemple nous api prenne à pratiquer l'humilité!

Exemple

Plusieurs années après l'Assomption de la très-Sainte Vierge, Saint Jean l'Evangéliste avait un ardent désir de la revoir. Il pria Dieu dans cette vue avec tant de ferveur et de persévérance, qu'il mérita d'être exaucé. Le Sauveur et la très Sainte Vierge lui apparurent, s'entretenant des douleurs qu'ils avaient souffertes l'un et l'autre pendant la douloureuse Passion du Sauveur. Jean entendit ensuite que la très Sainte Vierge pria son divin Fils d'accorder quelque grâce particulière à ceux qui s'occuperaient souvent de ses douleurs avec dévotion. Le Seigneur lui répondit qu'il accorderait quatre faveurs signalées à. ceux qui le prieraient en mémoire des douleurs de sa sainte Mère, Premièrement, une parfaite douleur de leurs péchés avant la mort; secondement, une assistance particulière à l'article de la mort; troisièmement, de graver dans leurs cœurs les mystères de la sainte Passion, et de leur en donner une grande récompense dans le Ciel; enfin, une faculté très étendue à sa très sainte Mère d'obtenir en leur faveur quelque grâce que ce pût être. (Diari. di Mac. tom. 2. Serm. nella selt. 5. )

Pratique: Réciter les sept courtes prières à Notre Dame des Douleurs.

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06 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Septième jour

Douleur de la très Sainte Vierge, à la Circoncision de son divin Fils

Le huitième jour de la naissance miraculeuse du Fils de Dieu était arrivé, et il était temps, suivant l'ancienne loi, de remplir la cérémonie de la circoncision qui obligeait tous les enfants hébreux. C'était un signe de servitude et de péché. Le Saint des saints, le Roi des rois, le Dieu infiniment pur par sa nature ne pouvait y être tenu. La très Sainte Vierge le savait mieux que personne; mais elle savait aussi que le Père Éternel, en envoyant son Fils sur la terre, voulut qu'il se soumît à la loi, quoiqu'il n'y fût point obligé. En conséquence, Marie se décida à faire circoncire l'Enfant Jésus; elle surmonta la pénible appréhension de cette douloureuse cérémonie, et de même qu'autrefois Séphora considéra Moïse sur les eaux du Nil; de même que la mère des Macchabées fut témoin de leur supplice, Marie, avec plus de fermeté encore, voulut assister à l'accomplissement de ce Mystère, et remplir ce devoir si pénible à son cœur. O Mère désolée! les larmes, les sanglots de votre divin Fils pendant cette douloureuse cérémonie; la vue des prémices de son sang adorable qu'il répand pour le salut du monde; quel glaive de douleur pour votre tendresse maternelle! Mais, suivant la remarque de Saint Bonaventure, la très Sainte Vierge dut pleurer d'autant plus qu'elle voyait clairement que notre divin Sauveur souffrait davantage que les autres enfants, à raison de sa pleine intelligence et de sa connaissance surhumaine; par surcroît, Marie réfléchissait encore que le Créateur des Anges, qui s'était déjà immensément humilié en prenant la nature humaine, se confondait encore plus en se revêtant actuellement de l'apparence d'un pécheur. Cette Mère affligée dut donc recueillir précieusement ce divin sang, et s'adressant au Saint Esprit, qui avait opéré la divine Incarnation, elle dut lui dire, comme autrefois Séphora à son époux: « Ah! divin Esprit, vous êtes pour moi un, époux de sang! » Il me semble l'entendre; dire ensuite à Jésus souffrant: « O Fils adorable! à peine êtes-vous né, que vous fondez en larmes et que vous versez votre sang pour expier les péchés des hommes! »: Voilà, chrétiens, ce qu'il en coûta au Fils et à la Mère, pour accomplir une loi de Dieu.

Colloque

Vierge affligée, je ne puis penser à la douleur que vous ressentîtes en assistant à la circoncision de votre tendre Fils, sans en être touché et y compatir. O combien vous eûtes le cœur déchiré en voyant l'Enfant Jésus blessé, sangloter, gémir et verser si tôt son précieux sang! Comment votre cœur put-il résister lorsque Jésus souffrant tournait vers vous ses yeux mouillés de larmes, lorsqu'il vous tendait ses mains tremblantes, et qu'il se pressait à votre cou comme pour vous demander secours et soulagement dans sa souffrance? Je vous plains, ô Mère de douleur! et en même temps je me confonds en pensant que ce sang divin fut dès lors répandu pour moi, tout indigne pécheur que je suis. Hélas! par ce torrent de larmes que vous versâtes dans ce Mystère, obtenez-moi la grâce d'opposer à mes appétits déréglés, le fer d'une mortification continuelle.

Soupir à Marie

J'admire, dans la circoncision de Jésus, les deux sacrifices de deux cœurs pleins d'amour: le Sauveur offre son sang, et Marie ses larmes.

Exemple

Un bon religieux, tourmenté de scrupules, implorait sans cesse le secours de Notre Dame des Douleurs. Arrivé à l'heure de la mort, il en était tellement accablé qu'il en gémissait encore davantage que des souffrances de son agonie. Pendant ce combat, la très Sainte Vierge lui apparut, et lui dit, avec un doux sourire: Ah! mon fils, après m'avoir si souvent consolée dans mes douleurs, ne deviez-vous pas espérer que je vous consolerais dans vos dernières peines. Prenez courage, et ne craignez point. Ces paroles remplirent le religieux de joie, et il expira paisiblement.

Pratique: Compatir pendant un quart-d'heure aux Douleurs de la très-Sainte Vierge.

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05 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Sixième jour

Excès des souffrances de Marie en voyant naître si douloureusement l'Enfant Jésus

Le Sauveur du monde naquit enfin dans un vil réduit, pendant le silence de la nuit; cette heureuse naissance semblait présager à Marie une joie ineffable: son cœur ne pouvait suffire au bonheur. de voir son Fils tant désire, de toucher ses divins membres, et de l'avoir mis au monde sans douleurs. De plus, à la douceur céleste qu'il lui avait procurée pendant qu'il fut renfermé dans son sein, succédèrent les tendres regards de son divin Fils, dont la beauté ravissait les cœurs des hommes; le gracieux sourire de ses lèvres empourprées, qui répandait la douceur du paradis; la perfection de son corps adorable. Combien Marie fut heureuse de le nourrir de son lait virginal, de lui prodiguer les plus tendres caresses, et de le voir honoré si sincèrement et avec tant d'ardeur par les bergers. Mais, d'un autre côté, quelle douleur pour elle de voir ce Dieu que le ciel et la terre ne peuvent contenir, couché dans une crèche, sur la paille, et la tête sur une pierre mal couverte de haillons? Quel spectacle pour son cœur maternel, de considérer ce divin enfant renfermé-dans de pauvres langes, au milieu de deux brutes, dans une grotte froide, à demi-ouverte, exposée aux injures de l'air, et dans la nuit de l'hiver le plus rigoureux! A cette vue et aux pleurs du divin nouveau-né, cette mère désolée ne devait-elle pas s'écrier comme elle le révéla à Sainte Brigitte: « Hélas! ô mon Fils! vous souffrez plutôt de mes peines que des vôtres! » Une autre source d'affliction pour la très Sainte Vierge, ce fut tout ce qu'une lumière prophétique lui fit prévoir dans l'avenir, touchant son divin Fils. Ces vues affligeantes répandirent l'amertume sur les délices qu'elle goûtait en pressant le divin enfant sur son cœur. Souvent, au rapport de Sainte Brigitte, la très Sainte Vierge faisait entendre cette douce plainte: « Ah! mon cher Fils, maintenant vous reposez dans les bras de ma tendresse et de mon amour, mais le temps viendra où vous serez cloué sur les bras durs d'une ignominieuse croix. Maintenant je vous donne des baisers sincères, et un jour à venir vous recevrez le baiser sacrilège du traître Judas. A présent je vous nourris de mon lait, et à votre mort on vous désaltérera avec un breuvage amer. Maintenant je vous couvre de langes pauvres mais blancs, et je vous entoure de douces bandelettes, un jour, hélas! on vous revêtira d'un haillon de pourpre, et on vous liera cruellement avec des cordes et des chaînes! O mon Dieu! si je vous vois dormir doucement dans mes bras, je pense aussitôt à ce cruel moment où du haut de la croix je recevrai de nouveau votre corps mort tout déchiré et couvert de plaies! » Et en parlant ainsi, Marie donne un libre cours à ses soupirs et à ses larmes; et l'Enfant Jésus, dans les bras de sa tendre Mère, loin de la placer dans un paradis terrestre de joie, devient au contraire pour elle un faisceau de myrrhe et d'amertume.

Colloque

O Vierge sainte! comment n'avez-vous pas cessé de souffrir à cet heureux moment auquel vous mîtes au monde le Fils de Dieu? En cet instant vous fûtes au faîte des grandeurs humaines et célestes; vous reçûtes, à juste titre, les félicitations des bergers accourus à la crèche; les Anges descendus dans l'étable vous portèrent envie, et tout le Paradis vous admira et vous reconnut pour sa Souveraine et sa Reine bien-aimée. Mais hélas! dans une si grande élévation, ô Mère affligée! vous êtes réduite à soupirer et à beaucoup pleurer. Comment, en effet, auriez-vous pu retenir vos larmes, en voyant un enfant si beau en proie à tant de besoins; vêtu si pauvrement et sans avoir moyen de le soulager; en entendant ses cris et en considérant ses pleurs sans pouvoir les sécher? De quel glaive de douleur votre cœur maternel ne fut-il pas percé? O que je vous plains! Ah! si du moins je pouvais vous offrir mon cœur pour servir de berceau à votre divin Fils! Que je le ferais volontiers! Mais vous savez combien ce cœur est plein de vices, vous savez qu'il est encore plus souillé que l'étable de Bethléem. Obtenez-moi, ô très-sainte Mère! la grâce de le purifier auparavant par une vraie pénitence; ensuite prenez-le, servez-vous-en comme il vous plaira, et ne me le rendez-plus, puisqu'il est de mon plus grand intérêt de ne l'avoir pas, pourvu qu'il soit entre vos mains sacrées.

Soupir à Marie

L'Enfant Jésus étant sur le foin, je pleure de joie et de douleur tout ensemble; mon cœur est partagé entre l'allégresse et la peine.

Exemple

Le Bienheureux Jacques-Philippe de Faenza, de l'Ordre des Servites, reçut, dès son enfance, beaucoup de faveurs de Notre Dame des Douleurs. A l'âge de deux ans, il fut atteint du mal caduc, mais à peine son père l'eût-il consacré par, vœu à Notre Dame des Douleurs, qu'il recouvra la santé. Lorsqu'il eut atteint l'âge de neuf ans, il prit le saint habit; dans l'Ordre des Servites, et vécut dans la pratique des plus éclatantes vertus. Il eut une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs, et en son honneur, il passa sa vie toute entière dans les, soupirs et les larmes. Mais la très Sainte Vierge, qui rend toujours au centuple ce qu'on fait pour elle, lui obtint, en récompense, la grâce de jouir, quelques jours avant sa mort, des saintes joies du Paradis: il les passa dans une douce extase d'amour divin, au bout de laquelle il rendit paisiblement l'esprit entre les mains de sa grande Protectrice. (Arcang. Giani in Annal. Serv.)

Pratique: Réciter les Litanies des douleurs de Marie.

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04 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Cinquième jour

Souffrances de la Très Sainte Vierge pendant le voyage de Nazareth à Bethléem

Suivant les décrets éternels, le Sauveur du monde devait naître à Bethléem. Par une disposition du Ciel, César Auguste, pour étaler la pompe de sa grandeur et recevoir partout un tribut de vasselage, fit une loi qui obligeait tous les habitants de l'Empire romain de se rendre chacun dans le lieu de sa naissance pour s'y faire inscrire et y payer le tribut qui était d'un demi sicle, comme on le voit au chapitre 30 de l'Exode. A peine Cirinus, intendant de la Syrie, eû-t-il publié cette ordonnance, que la très Sainte Vierge et Saint Joseph se disposèrent à se rendre à Bethléem, d'où sortait la famille de David, à laquelle ils appartenaient tous les deux, et où, suivant d'autres, ils avaient pris naissance. Saint Jean Chrysostome, Saint Bernard et autres Pères, disent qu'ils y allèrent à pied, bien qu'il y eût, de Nazareth à Bethléem, trois journées de chemin, par une route montueuse. Hélas! que ne dut pas souffrir la très Sainte Vierge dans ce voyage? la saison était très froide; le chemin long et pénible; les auberges où ils s'arrêtaient, pauvres et mal agencées; Marie était d'un tempérament faible et délicat, et de plus, à la fin du neuvième mois de sa grossesse. Il est vrai que le céleste enfant qu'elle portait ne la chargeait point. Au contraire, dit Saint Bernard, il la soulageait: cependant, la seule pensée de pouvoir augmenter les peines de son divin maître, la remplissait de crainte et la tourmentait. Ah! Vierge sainte, quelle patience héroïque vous montrâtes dans ce voyage si long et si difficile! Enfin, les saints voyageurs arrivés à Bethléem ne tardèrent pas à exécuter la loi impériale. De là, ils cherchèrent un asile pour s'abriter et se remettre de leurs fatigues. Mais comme la ville était encombrée d'une foule d'étrangers, ils ne trouvèrent nulle part à se loger, et se virent forcés, à la nuit tombante, de se réfugier dans une grotte en forme de cabane, servant d'étable pour les bœufs et les bêtes de somme, tout auprès de Bethléem. En ce moment, la très Sainte Vierge adora profondément les desseins de la Providence, et se soumit de tout son cœur à toutes les peines d'une si triste situation. Mais quand elle pensait à son divin Fils, ô mon Dieu! qui pourrait exprimer sa douleur, de le voir réduit à naître dans un lieu si méprisable et si abject.

Colloque

O très-Sainte Vierge! qui pourrait n'être pas touché de compassion, en pensant à Ce que vous souffrîtes lorsque vous voyant si près de donner naissance au Sauveur du monde, vous fûtes obligée de quitter le repos et les habitudes de votre auguste séjour de Nazareth y pour vous exposer à un long et pénible voyage, dans la rigueur de l'hiver étant si mal pourvue de tout ce qui vous était nécessaire? Quelles douleurs n'éprouvâtes-vous pas dans ces trois jours, sur ces rochers escarpés, sur ces montagnes nébuleuses, au milieu de ces glaces amoncelées? Si du moins vous aviez trouvé des logements commodes et propres à votre situation! S'il eût été au pouvoir de Joseph d'alléger vos souffrances! Mais hélas! les peines de ce fidèle époux aggravaient encore les vôtres! O Vierge affligée, que je vous plains! De grâce, par tout ce que vous eûtes à souffrir, obtenez-moi de porter toujours Jésus dans mon cœur pendant cette vie mortelle , comme vous le portâtes alors dans votre sein virginal.

Soupir à Marie

O Vierge sainte! qui, par soumission à la volonté du Ciel, parcourûtes des chemins si pénibles, obtenez-moi la grâce de faire toujours la Volonté de Dieu.

Exemple

Philippe VI, roi de France, eut toujours une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs. Or, un jour étant avec toute son armée, environné de nombreuses phalanges ennemies, et ne pouvant ni agir, ni fuir, il implora avec une grande confiance le secours de sa protectrice. Use sentit tout-à-coup rempli d'une ardeur martiale qui se communiqua bientôt à ses soldats. Il fondit avec courage sur ses ennemis, les défit et les mit en fuite. Le pieux vainqueur voulut, comme il était juste, attribuer tout l'honneur de cette glorieuse journée à Notre Dame des Douleurs. A son retour à Paris, il se rendit à l'église de Notre Dame, et fit hommage de ses armes sur l'autel de la très Sainte Vierge, comme à l'auteur de sa grande victoire. ( Calend. Marian. 25. Augusti. )

Pratique: Faire l'aumône à sept pauvres, ou, si on ne le peut, dire sept Pater et sept Ave.

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02 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Quatrième jour

Trouble de la très Sainte Vierge à l'occasion des peines que sa miraculeuse grossesse donnait à Saint Joseph

La très Sainte Vierge, devenue Mère du Verbe incarné par l'opération du Saint Esprit, retourna à Nazareth auprès du Patriarche Saint Joseph. Son terme approchait visiblement. Son vertueux époux en fut d'autant plus étonné, qu'il ignorait les secrets des conseils divins; il ne savait pas que le fruit renfermé dans le sein virginal de son épouse était l'œuvre du Saint Esprit; il était, par conséquent, dans des angoisses extraordinaires, et son cœur était accablé d'inquiétude et de douleur. En proie à la plus cruelle perplexité, il n'ose soupçonner ua crime dans la très Sainte Vierge; il connaissait trop sa délicatesse et sa vertu pour en avoir la pensée. La pureté des sentiments de Marie, la sévérité de sa conduite, rassurent Saint Joseph, et il trouve dans la sublime vertu de cette belle âme, la plus solide garantie qu'elle n'a point violé la fidélité qu'elle lui a promise. Mais, suivant Saint Basile, Saint Bernard et d'autres Pères de l'Eglise, le juste Joseph, au milieu de ses peines, attribuait ce qu'il voyait dans sa chaste épouse à une cause surnaturelle et miraculeuse, et sous ce point de vue, il s'estimait indigne d'être dans la compagnie d'une personne si privilégiée et si sainte, et il pensait à s'en éloigner secrètement et sans bruit. Marie s'aperçut très-bien des inquiétudes et en même temps du respect de Joseph, qui, bien que rarement, lui manifestait ses sentiments par quelques paroles d'humilité. O mon Dieu! qui pourrait exprimer le tourment de cette Vierge sainte de ne pouvoir consoler Joseph comme elle l'aurait voulu, en lui dévoilant le mystère de l'Incarnation du Verbe. Pendant ces tristes jours, que de soupirs douloureux s'échappaient de son cœur oppressé! Au commencement, Joseph garda le silence avec elle par respect, et ne lui fit aucune question sur ce mystère. De son côté, la très Sainte Vierge ne lui en disait rien, parce que l'humilité lui fermait la bouche et lui faisait cacher sa dignité ineffable; elle savait d'ailleurs que les grands dons de Dieu ne doivent se publier que quand Dieu lui-même le veut: ainsi son humilité d'une part, et de l'autre, le respect de Joseph, furent deux glaives qui déchirèrent son tendre cœur. Oh! qui pourrait exprimer les doux colloques de Marie avec Jésus renfermé dans son sein, au sujet de cette profonde affliction; avec quelle ardeur devait-elle le supplier d'abréger le temps de cette épreuve pour son cher Joseph? et nous, hélas! combien devons-nous et l'admirer et compatir à sa peine? combien surtout devons-nous rougir à la vue de l'exemple d'humilité, de silence et de charité qu'elle nous donne?

Colloque

Vierge affligée, à peine êtes-vous devenue Mère de Dieu, que les peines viennent accabler votre beau cœur. O que je vous plains! Mais en même temps, combien je me réjouis devoir que le Ciel, touché de votre affliction, envoie un Ange à Joseph pour dissiper ses craintes, en lui annonçant le mystère de l'Incarnation, et vous rend à tous les deux votre tranquillité. Ah! ma très sainte Mère, jetez sur moi un regard de compassion, et par le mérite de la douleur que je viens de méditer, préservez-moi de tout fâcheux accident, ou bien, faites que je le supporte avec une sainte résignation, afin que je partage ensuite vos consolations éternelles dans le Ciel.

Soupir à Marie

O Marie! quelle fut votre douleur en voyant le trouble de Joseph pendant que le secret du Ciel lui demeura caché!

Exemple

On lit dans les lettres édifiantes des missions de la Compagnie de Jésus, qu'un jeune Indien gardait dans sa chambre une statue de Notre Dame des Douleurs, qui avait un glaive fixé sur le cœur. Un jour, poussé par une violente passion, il résolut de la satisfaire à tout prix; mais en sortant de sa chambre dans cette intention, il entendit tout à coup une voix miraculeuse qui lui dit: « Arrête, où vas-tu? » il se retourna et vit la statue de Notre Dame des Douleurs étendre le bras, ôter le glaive de dessus son cœur, et pendant qu'il avait les yeux fixés sur ce prodige, il entendit ces paroles: « Allons, prends ce glaive et frappe-moi plutôt que de blesser mon Fils par ton péché ». A ces mots, le jeune homme, stupéfait et contrit, se prosterne à terre, et demande avec un torrent de larmes pardon de sa faute à Dieu et à la très-Sainte Vierge, formant la sincère résolution de n'y plus retomber.

Pratique: Réciter le Stabat Mater.

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Troisième jour

Peines du voyage de la Très Sainte Vierge pour aller visiter Sainte Elisabeth

Le jour de l'Annonciation, à peine la très-Sainte Vierge eut-elle appris de l'Archange Gabriel qu'Elizabeth, sa parente, était devenue féconde par miracle, et malgré sa stérilité, qu'elle se mit en chemin pour la visiter .Elle gravit donc les montagnes de la Judée, où se trouvait la ville d'Hébron, qui était du domaine des prêtres, et où demeurait Zacharie. Il y avait au moins trente lieues de distance. Que n'eut pas à souffrir la très-Sainte Vierge pour les parcourir? Qu'on se rappelle son âge tendre, sa vie retirée, soit au temple pour prier, soit dans son humble demeure; toujours dans la ferveur, dans le silence et dans la contemplation; que n'eut-elle pas à endurer en quittant d'aussi saintes habitudes pour parcourir, pendant plusieurs jours, des chemins déserts, rudes et montueux? Ajoutons qu'elle fit ce voyage à la hâte: sa pudeur virginale, dit Saint Ambroise, ne lui permettant pas de demeurer long-temps en public; ou bien, suivant Origène, parce que l'enfant Jésus qu'elle portait dans son sein virginal, la pressait d'arriver pour sanctifier au plutôt Jean-Baptiste. Que de peines pour cette Vierge! que de sueurs! combien de fois, succombant à la fatigue du voyage, s'assit-elle sur une pierre ou sur l'herbe, pour prendre un peu de repos et respirer? Oh! Vierge sainte, si jeune encore, vous commencez à souffrir pour les hommes; vous supportez tant de fatigues, dans l'impatience de répandre sur le Précurseur et sur sa mère les trésors de votre ardente charité! Arrivée à Hébron, la très-Sainte Vierge, suivant l'opinion commune des Docteurs, demeura dans la maison d'Elizabeth jusqu'à la naissance de Saint Jean Baptiste, à peu près trois mois. Dès que cet heureux enfant fut né, au sentiment de Saint Pierre Damien, la très-Sainte Vierge le tenait dans ses bras et le pressait tendrement sur son sein virginal, pour le sanctifier toujours davantage et le rendre le digne précurseur de son divin Fils. Enfin, sa mission finie, Marie reprit le chemin de Nazareth vers la fin de juin. Mais la saison avancée dut rendre ce second voyage plus pénible que le premier. Elle eut à supporter les ardeurs du soleil brûlant de la Palestine, une soif ardente, et des fatigues qu'augmentait encore sa grossesse avancée.

Colloque

Je ne sais, Vierge sainte, ce que je dois le plus admirer en vous dans cette visite, ou l'héroïsme de votre charité, ou la profondeur de votre humilité, ou le prodige de votre patience. Votre charité, lorsque, pour obéir au Verbe divin, vous précipitiez votre marche afin de purifier plus tôt Jean-Baptiste de la tache originelle; votre humilité, lorsque déjà proclamée Mère de Dieu et Reine de l'Univers, vous ne dédaignâtes pas de servir votre parente Elizabeth; enfin, votre patience, lorsque surmontant les répugnances de votre pudeur virginale et de votre complexion délicate, vous fîtes à pied et enceinte du Verbe incarné, un voyage si pénible et si long! Ah! charitable Mère, visitez, je vous en conjure, ma pauvre âme; ôtez-en tout ce qui déplaît à vos yeux si purs, et à ceux de votre divin Fils; disposez-la, par votre puissant secours, à suivre vos traces admirables dans la charité, l'humilité et la patience.

Soupir à Marie

Sainte et tendre Vierge, vous allez toute seule, par des chemins longs et rudes, procurer la vie de la grâce à Jean-Baptiste avant sa naissance.

Exemple

 

Une des pratiques de l'Ordre des Pères Servites, en l'honneur de Notre Dame des Douleurs, est de porter solennellement sa statue en procession, dans les jours plus particulièrement destinés à son culte. Maintes fois, dans ces processions, la très-Sainte Vierge s'est plu à opérer de grands miracles; à Grenade, elle guérit plusieurs paralytiques; à Bologne, elle fit cesser la peste; à Capo-d'Istria, elle éteignit un incendie; à Vienne et à Florence, elle obtint du Seigneur un temps favorable; à Asti, ville du Piémont, pendant plusieurs années on remarqua, un peu avant le départ de la procession du dimanche des Rameaux, une étoile qui brillait en plein jour sur l'Eglise Sainte Catherine des Pères Servites; cette étoile suivait la direction de la procession, comme pour faire cortège à la statue de Notre-Dame-des-Douleurs, et la procession finie, elle disparaissait. (Act. Auth. cur. Episc. Asti.)

Pratique: Visiter une église on une image de Notre Dame des Douleurs.

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01 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

Deuxième jour

Trouble de la Très Sainte Vierge dans son Annonciation

 

Quoique dans ce jour l'Archange Gabriel annonçât une heureuse nouvelle à Marie, il est écrit qu'elle en fut troublée. Premièrement cette Vierge sainte apprenait qu'elle allait devenir mère, ne sachant pas comment cela pourrait se faire, puisqu'elle était la première entre toutes les femmes qui gardât la virginité, et qui s'y fût obligée par un vœu. En second lieu, suivant Saint Laurent Justinien, Marie ne se troubla pas précisément de la vue d'un Ange, étant habituée à converser avec ces esprits célestes, mais ce fut d'entendre qu'elle avait été choisie entre toutes les créatures pour être la mère de son Dieu, parce que, dans sa profonde humilité, elle se regardait comme la dernière de toutes. Cependant la cause principale de son trouble, consistait dans la vue anticipée qu'elle eut alors de toutes les peines, et de la mort de cet Homme-Dieu, qui devait prendre naissance dans son sein virginal. Voilà pourquoi dès ce moment, dit Saint Bernardin de Sienne, elle fut crucifiée dans son cœur, et, pour le prouver, il ajoute, que la sagesse éternelle voulut s'incarner dans les chastes entrailles de Marie, le jour même dans lequel il devait ensuite donner sa vie. Or, quelle douleur pour cette Vierge sainte de voir clairement qu'elle voilait, sous l'abjecte enveloppe de la nature humaine, un Dieu qui, après une vie penible et laborieuse, devait être un jour ignominieusement crucifié! Car c'est pour cela qu'elle répondit à l'Ange: Voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait suivant votre parole: comme acceptant un fardeau et non un honneur. En effet, si elle n'eût vu qu'une prérogative dans la maternité qu'on lui offrait, sa réponse aurait été l'expression de sa reconnaissance; mais comme elle prévit les peines immenses attachées à cette dignité, elle répondit en se soumettant à un commandement dur et difficile. Elle Imita d'avance le Sauveur acceptant la mort au jardin des Olives, et disant à son Père : Que votre volonté soit faite et non la mienne. O Mère affligée! il est donc vrai que les honneurs vous sont à charge, et que vos joies sont mêlées d'amertumes!

 

Colloque

 

O Vierge sainte! il m'est impossible de ne pas vous plaindre, en pensant que votre élévation à la dignité de Mère de Dieu ne vous remplit pas de joie; et qu'au contraire, toute la gloire de la Maternité divine vous donna lieu de vous affliger et de vous confondre encore davantage. Si je réfléchis ensuite que vous consentîtes généreusement à être la Mère du Verbe divin, précisément parce qu'il devait mourir crucifié, je n'en suis que plus touché, et ma douleur n'en est que plus profonde. Mais je vous bénis mille fois, et je vous prie, par votre immense charité et vos admirables exemples, de m'obtenir la grâce d'être, à votre exemple, humble dans les prospérités, et patient dans les contradictions.

 

Élévation à Marie

 

O Marie! vos augustes prérogatives sont mêlées d'immenses amertumes, puisque vous êtes la mère à la fois heureux et affligée d'un Dieu qui doit expirer sur la croix.

 

Exemple

 

La bienheureuse Véronique de Binasco eut toujours une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs. Ce fut pour elle une source de faveurs privilégiées, et de précieuses révélations sur les douleurs de Marie et sur la Passion du Sauveur. En voici deux qui sont mémorables: Un jour de l'Annonciation, elle vit l'Archange Gabriel tout resplendissant de gloire, et il lui fut dit que cet, envoyé céleste, après avoir déclaré la volonté de Dieu à la très-Sainte Vierge, lui développa clairement tous les Mystères de la Vie, de la Passion, et de la Mort du Sauveur, quoique les Évangélistes n'en. parlent point. Dans la seconde vision, le divin Sauveur apparut visiblement lui-même à la bienheureuse, et lui dit qu'il agréait souverainement les méditations qu'elle faisait continuellement sur sa Passion ; mais que l'amour immense qu'il portait à sa très-sainte Mère, lui rendait infiniment agréable la considération des douleurs que la très-Sainte Vierge avait souffertes à l'accomplissement de ces mystères douloureux.

 

Pratique: Réciter sept fois le je Vous salue Marie en l'honneur de Notre Dame des sept Douleurs

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