06 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie

 

Septième jour

7 Juillet

 

Le parfum

 

Prélude : Marie-Madeleine ouvre le vase d'albâtre et répand le parfum sur les pieds du Sauveur.

 

Méditation

 

Ses yeux sont purifiés par les larmes, ses cheveux par l'humiliation qu'elle leur a infligée, sa bouche par de chastes baisers, ses mains par le contact des pieds du Fils de Dieu, tout son être par la posture repentante qu'elle garde en arrière des convives. « Alors seulement, et pour consommer tout le mystère de la pénitence par l'amour, elle ouvre l'albâtre qui contient, avec le parfum, les suaves images de l'immortalité ; elle le répand sur les pieds du Sauveur avec les larmes et les baisers dont elle les a couverts ; ses mains purifiées ne craignent plus de toucher et d'oindre le Fils de Dieu, et la maison se remplit de la vertu qui sort du vase fragile et du vase immortel, de l'albâtre et du cœur ».

À ce moment, dit un père de l’Église, les pieds de Jésus devinrent comme le sanctuaire où Madeleine faisait un sacrifice de ses pleurs, une offrande de ses parfums et un holocauste de son cœur. En effet, continue saint Paulin, l'effusion de ce parfum est tout à la fois une amende honorable, une adoration et une prière.

Une amende honorable. - Heureuse femme, s'écrie saint Ambroise, qui, ayant péché, sait du moins apporter les parfums de la pénitence ! Or, c'est la pénitence et l'amour qui nous ravissent au-dessus de la terre et nous unissent à Dieu. Madeleine veut se détacher de tout ce qui l'enchaînait jusqu'alors. Elle veut dissiper la fumée des souvenirs qui empestaient son âme, en obscurcissant sa conscience et en ternissant la beauté de son cœur Voici donc qu'elle ouvre le vase d'albâtre et qu'elle en épanche le symbole des parfums mystérieux auxquels elle recourra désormais, pour rester fidèle. Aussi, suivant une révélation du Sauveur lui-même à sainte Brigitte, les démons se dirent dès lors entre eux : « Comment la ramènerons-nous sous notre empire ? Nous avons perdu une riche proie : ses larmes l'ont rendue si pure, que nous n'osons plus la regarder ; elle s'est tellement enveloppée dans le bien, qu'aucune tache n'est demeurée en elle ; elle est devenue si fervente dans l'amour de Dieu, si ardente pour son service et pour la sainteté, que nous n'avons plus même le courage de l'approcher ».

Une adoration. - On adore en reconnaissant Dieu comme le souverain Maître de toutes choses. L'holocauste des Juifs, sacrifice d'adoration, consistait à brûler la victime et à la réduire en cendres. Madeleine vient adorer Jésus-Christ, et, pour indiquer sa foi en la divinité de Celui qu'elle adore, elle répand sur ses pieds Mais ce parfum n'est que le signe du grand acte d'adoration qui l'unit pour toujours à son Sauveur divin. Jésus est désormais son Dieu ; c'est. à ses pieds qu'elle immole les satisfactions de la vie présente, toutes les affections criminelles dont elle s'est noircie, toutes les délices des sens. L'holocauste est parfait, l'acte d'adoration sans restriction comme sans limite. Le vase qui renfermait le parfum est brisé, rien n'a été épargné. Pour Madeleine, adorer, c'est se perdre entièrement dans le sein de Dieu, c'est ne vivre plus que pour Dieu.

Une prière. - La prière est le parfum de l'âme fidèle. Bien qué la fleur soit attachée à la terre, ses parfums montent vers les cieux. Et de même, tant que l'âme sainte demeure attachée à la terre, c'est par la prière qu'elle s'élève. Ce qui se détache d'elle, c'est l'amour, la reconnaissance, le repentir, la louange. Elle a dans sa prière de merveilleux élans qui la portent jusqu'au trône de Dieu. Elle est tout à la fois sur la terre et au ciel.

Que ma prière, ô Seigneur, s'élève devant vous comme le parfum qui, s'échappant des mains de votre servante, oignit vos pieds sacrés et fit monter jusqu'à votre cœur l'hommage d'une prière qui le toucha ! Car vous reconnaissez les âmes à la prière, comme ici-bas nous jugeons de la fleur à son parfum. Faites donc qu'en recevant la mienne, vous disiez : « Voici le parfum de mon véritable fils, et il est semblable au champ fécond, je me plairai à le bénir ! »

  

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Vita marie madeleine

 

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05 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

martha1

 

Sixième jour

6 juillet

 

La trace des larmes

 

Prélude : Madeleine, agenouillée, dénoue sa chevelure, et, sans lever les yeux, elle essuie les larmes qui baignent les pieds de Jésus.

 

Méditation

 

« Tout en pleurant, dit encore Lacordaire, et sans attendre une parole qui l'encourage et qui n'est pas dite, Marie laisse tomber ses cheveux autour de sa tête, et, faisant de leurs tresses magnifiques un instrument de sa pénitence, elle essuie de leur soie humiliée les larmes qu'elle répand. C'était aussi la première fois qu'une femme condamnait ou plutôt consacrait sa chevelure à ce ministère de tendresse et d'expiation. On en avait vu couper leurs cheveux en signe de deuil, on en avait vu les offrir comme un hommage à l'autel de quelque divinité : mais l'histoire, qui a remarqué tout ce qui fut singulier dans les mouvements de l'homme, ne nous montre nulle part le repentir et le péché créant ensemble une aussi touchante image d'eux-mêmes. Elle a frappé le disciple de l'amour, tout initié qu'il était aux secrets intérieurs de l'holocauste ; et voulant transmettre aux siècles à venir le signalement de Marie, il n'a rien trouvé de mieux pour la peindre et la faire reconnaître que de dire d'elle. « C'était cette Marie qui oignit le Seigneur d'un parfum et qui en essuya les pieds avec ses cheveux ».

Les cheveux sont pour la femme une couronne dont elle tire volontiers vanité. Que de soins ne leur prodigue-t-elle pas, afin d'en relever l'éclat et la soyeuse abondance ! Hélas ! c'est avec ces tresses si habilement contournées qu'elle attire trop souvent, dans des filets inextricables, les cœurs imprudents que la beauté séduit ! Aussi, l’Église impose-t-elle aux vierges qui se consacrent à Jésus le sacrifice de leur chevelure, comme un sacrifice agréable au divin Epoux des âmes. Madeleine a compris cette expiation, elle dénoue ces cheveux, qui firent trop longtemps le sujet de sa vanité et qui furent pour elle un moyen de séduction pour un si grand nombre d'âmes. Elle les laisse flotter sans ordre, elle se confond aux pieds du Sauveur, comme honteuse d'y avoir laissé tomber ses larmes et désireuse d'en effacer même la trace humide !

« Cela fait, la pécheresse s'enhardit. Elle approche des pieds du Seigneur ses lèvres déshonorées, et les couvre de baisers qui effacent l'impression de tous ceux qu'elle a donnés et qu'elle a reçus. Au contact de cette chair plus que virginale, les dernières fumées des vieux souvenirs s'évanouissent ; les flétrissures inexpiables disparaissent, et cette bouche transfigurée ne respire plus que l'air vivant de la sainteté ».

Madeleine ne se borne point à un baiser. Jusqu'ici, elle n'osait pas suivre la pente de son cœur ; enhardie par la bonté du divin Maître, se sentant déjà pardonnée, devinant l'exquise mansuétude dont Jésus se dispose à user envers elle, la pécheresse se livre aux effusions de son amour. Il ne lui suffit pas d'avoir collé une fois ses lèvres sur les pieds du divin Maître : elle répète, sans pouvoir jamais se rassasier, ce témoignage d'un amour aussi tendre qu'il est humble. Voyant que Jésus la laissait agir au gré de son cœur, Madeleine suit son attrait, et les pharisiens purent la voir qui couvrait de chastes baisers les pieds du bon Pasteur, qui avait ramené au bercail cette brebis égarée.

Combien la grâce opère vite et merveilleusement dans une âme, quand cette âme est docile à son action ! Il n'y a qu'un instant, Marie-Madeleine se trouvait trop indigne d'approcher même des pieds de son Dieu, et maintenant, voici qu'elle se livre à toute l'expansion de l'amour envers lui ! Elle cherche à se purifier de toutes ses souillures, et elle trouve dans ces souillures même une occasion de satisfaire son cœur. Ses lèvres ont bien souvent péché, en se livrant à des témoignages coupables, en laissant déborder un torrent de paroles criminelles : elle les purifie, en les approchant d'un contact divin et en les faisant servir à traduire l'expansion de son ardent amour pour Jésus.

Ô bonheur de Madeleine, tu es le mien, chaque fois que je m'approche de la Table sainte ! Bien plus, à ce moment délicieux de ce baiser vraiment divin, mon âme est mille fois plus favorisée que ne le fut la pécheresse pénitente aux pieds du bon Pasteur ! Pourquoi donc la faveur est-elle moindre, et pourquoi mon cœur reste-t-il si froid ?

 

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Christ Mary Magdalene a

 

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04 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Les Larmes de Madeleine

 

Cinquième jour

5 Juillet

 

Elle pleure

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux, inclinée vers les pieds du Sauveur, répand un torrent de larmes.

 

Méditation

 

« Comme une servante accoutumée aux plus vils offices, elle se penche vers les pieds du Sauveur, et, sans les toucher d'abord, elle les arrose de larmes. Jamais, dit Lacordaire, depuis le commencement du monde, de telles larmes n'étaient tombées sur les pieds de l'homme. On avait pu les adorer par crainte ou par amour ; on avait pu les laver dans les eaux embaumées, et des filles de rois n'avaient pas dédaigné, aux siècles de l'hospitalité primitive, cet hommage rendu aux fatigues de l'étranger : mais c'était la première fois que le repentir s'asseyait aux pieds de l'homme, et y versait des larmes capables de racheter une vie ».

Quand je considère les larmes de Madeleine, disait saint Grégoire le Grand, je n'ai pas la force de parler, il faut que je pleure. - Les yeux de la pécheresse avaient bien souvent servi d'instruments à ses perfides séductions. Elle en fait à cette heure l'instrument de sa pénitence, ou plutôt, car, son immense douleur ne lui permet point ce calcul, quelque fondé qu'il soit, elle se laisse aller à toute l'impulsion de son âme repentante. Or, fait remarquer saint Augustin, les larmes de Madeleine furent le sang de son âme, qui s'échappait par ses yeux.

Je ne sais qui admirer le plus, dans cette scène merveilleuse, où l'amour pénitent se répand en larmes amères, et où l'amour miséricordieux éclate dans l'ineffable bonté du Sauveur. C'est une remarque de saint Ambroise : Jésus-Christ ne lave pas ses pieds, afin que nous nous chargions de les laver avec nos larmes. Il arrive chez Simon, encore couvert de la poussière du chemin, et c'est pour permettre à Madeleine de laver cette poussière dans les eaux de sa douleur. Il monte sur la croix et permet aux clous d'ensanglanter ses pieds, mais c'est afin que les larmes de notre contrition viennent les laver.

Ô âmes pécheresses, comprenez ce langage et mettez-le en pratique. Considérez l'action de cette femme. Elle pleure, et ses larmes sont amères. Comme la femme de Moab, elle semble dire : « Ne m'appelez plus Noémi, c'est-à-dire belle, mais appelez-moi Maria, c'est- à-dire amère, car mon cœur se fond en une tristesse incomparable. Mais, ne croyez pas que cette douleur soit sans consolation ». Désormais, le pain des larmes sera la nourriture qu'elle affectionnera, et, au jardin de Gethsémani comme au désert de la Baume, Madeleine recourra souvent à l'amère consolation des larmes. Amères à cause du principe qui les fait couler, combien elles deviennent douces à la pensée qu'elles tombent sur des pieds qui se sont souillés à la poursuivre et fatigués à l'atteindre, sur les pieds de celui qui la sauve et qui lui apporte, avec le pardon, la rédemption de toute sa vie.

Oh ! dites-le moi, croyez-vous qu'à cette heure Marie-Madeleine regrette d'autres larmes qu'elle versa sous l'impression des sentiments qui pouvaient émouvoir son cœur durant le temps de ses désordres ! Celles-là semblaient douces, quand elles naissaient et quand elles commençaient à couler, mais comme elles étaient brûlantes et douloureuses dans les sillons qu'elles avaient creusés ! Celles-ci, au contraire, semblent tristes à leur naissance, mais voici qu'elles laissent sur le parcours une impression délicieuse et remplissent son cœur d'une ineffable consolation !

Plus elle pleure et plus elle veut pleurer. Le torrent devient si abondant, que les pieds de Jésus en sont inondés ! Rien n'est doux comme de pleurer ainsi, devant celui qui pardonne et console ! Chaque larme est un désaveu, une expiation, une perle pour la couronne de l'âme !

 

Résolution : S'exciter à une contrition affectueuse, toutes les fois qu'on se présente au saint Tribunal.

Bouquet spirituel : « Elle commença à arroser de ses larmes les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

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03 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Aux pieds de Jésus

 

Quatrième jour

4 Juillet

 

Aux pieds de Jésus !

 

Prélude : Madeleine s'approche avec un respect mêlé d'amour : elle s'incline vers les pieds de Notre Seigneur.

 

Méditation

 

« Qu'ils sont beaux, les pieds de Celui qui évangélise la paix, de Celui qui évangélise les vrais biens ! » La pécheresse vivait dans le trouble, et elle se sentait pauvre au mi- lieu des richesses. Voici Celui qui apporte la paix à la terre et aux âmes, qui révèle les véritables biens ! Elle accourt vers lui et s'incline tout d'abord vers pieds.

Les pieds du Sauveur ! Un ses jour, ils seront cloués douloureusement sur la croix, et les âmes pénitentes viendront se prosterner devant eux avec une vénération reconnaissante. Mais, d'ici là, que de fatigues ces pieds sacrés ne s'imposeront-ils à la poursuite des brebis qui s'égarent ! Que de fois, dans leurs courses apostoliques, la poussière du chemin les souillera, les épines des sentiers difficiles les ensanglanteront, les pierres de la route les meurtriront ! N'en pouvant plus de lassitude, ils sembleront vouloir refuser leurs services au zèle infatigable du cœur de Jésus, et Jésus sera contraint de s'asseoir.

Ah ! je comprends que Marie-Madeleine coure d'abord aux pieds divins du Maître, et qu'elle se tienne, suivant la remarque de saint Luc, le long de ces pieds sacrés ! Sans doute, c'est une pensée d'humilité et de sainte confusion qui la tient là, mais c'est aussi la reconnaissance : il est venu à Naïm, au prix de bien des lassitudes, pour ressusciter le fils de la pauvre veuve et pour permettre à Madeleine de l'approcher. L'admiration et la gratitude de la convertie se traduisent par ce premier hommage.

« Elle se tenait en arrière, le long de ses pieds !... » Quel contraste ! Cette femme, jusque-là hautaine et superbe, dont le maintien décelait l'arrogance, habituée à voir ramper devant elle la foule des courtisans à qui elle daigne faire l'aumône d'un sourire, cette femme, tant adorée, s'incline, s'humilie : elle adore !…

Pour la première fois, son front orgueilleux se couvre de confusion. Elle n'ose pas regarder en face Celui qui est l'innocence et la pureté, elle dont le corps est souillé par tant de vices impurs ! Elle ne se présente point en face, elle aborde Jésus humblement, elle passe derrière le siège qui le soutenait, elle se tient là, en arrière, n'osant pas lever les yeux vers Celui qu'elle aime, mais qu'elle a trop offensé pour arrêter ses regards sur son visage auguste dont elle redoute les justes sévérités et dont elle se croit indigne de contempler la pureté radieuse.

Elle se tient en arrière, le long de ses pieds ! Voilà sa place, celle qu'elle aimera toujours occuper, même plus tard, quand le pardon l’aura encouragée à s'enhardir.

Toujours, à Béthanie, au Calvaire, à la Sainte Baume, elle affectionnera d'être agenouillée aux pieds de son divin ami, et cette place ne lui sera point ôtée !

À table, quand ils sont admis à la familiarité du maître, les petits animaux domestiques viennent volontiers se placer à ses pieds, heureux et reconnaissants quand il daigne les caresser d'un geste ou laisse tomber pour eux quelques miettes du pain qu'il mange. Ainsi fait la pécheresse humiliée. Elle ne prend point la place des convives, elle se sent bien trop indigne de cette extrême liberté. Sans songer même que, parmi ces pharisiens orgueilleux, il en est qui ne sont point les amis du bon Maître, elle n'ose pas même prendre rang parmi eux.

Elle se tient en arrière, en silence, sans prononcer une seule parole, sans exprimer à haute voix aucun sentiment, tout entière au bonheur de son humiliation et à l'ardent désir d'être pardonnée, trop heureuse de ce que le divin Sauveur daigne la souffrir à ses pieds, comme une servante, indigne, mais excusée !

 

Résolution : Se pénétrer de sentiments d'humiliation, toutes les fois qu'on s'approche du saint Tribunal de la pénitence.

Bouquet spirituel : « En arrière, le long de ses pieds. » (Luc, 7, 38).

 

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02 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Le repas chez Simon

 

Troisième jour

3 Juillet

 

Chez Simon


Prélude : Représentons-nous la pécheresse accourant à la maison de Simon le Pharisien. Comme elle court, sous l'impulsion d'un mouvement intérieur qui l'absorbe et lui fait oublier toute autre préoccupation !


Méditation

 
Le récit de saint Luc commence ainsi : « Un pharisien, ayant prié Jésus de manger avec lui, Jésus entra dans la maison du pharisien et s'y mit à table. Et voilà qu'une femme, qui était pécheresse de la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, s'y rendit... »
 
Jésus avait remarqué Marie-Madeleine : il voulait lui donner bientôt le gage de son miséricordieux pardon. Mais, tandis que les autres convertis du Sauveur sont appelés, durant la nuit, sur les bords écartés de la mer, le long d'un chemin désert, la pécheresse devra venir dans une maison où tous les regards seront attentifs à l'action du Sauveur et à la sienne. Le divin Maître, toujours si attentif au soin de sa réputation, ne permettra pas, même pour ménager un peu les débuts de cette vie nouvelle, que la pécheresse l'aborde ailleurs.
 
Mais, en même temps, Marie trouvera, dans cette circonstance même, une occasion de témoigner de la généreuse sincérité de sa conversion et de l'empressement de son cœur tout entier voué désormais au service de Jésus.
 
« Ut cognovit ! Dès que Madeleine sut !... » Point de retard, pas la moindre concession aux révoltes de l'amour-propre ! Dès qu'elle a rencontré Jésus, elle brûle du plus ardent désir de se jeter à ses pieds et de lui prouver la sincérité des sentiments nouveaux qui remplissent son âme.
 
Que lui importent les considérations humaines ! L'orgueilleux Simon la couvrira de son mépris ; les convives la reconnaîtront pour la femme scandaleuse dont toute la ville sait les désordres ; ceux qui ne croient pas à la divinité de Jésus l'accueilleront avec dédain ; ceux qui appartiennent au divin Maître s'indigneront de l'audace de cette pécheresse. Peut-être même, qui sait ? Ses crimes sont trop nombreux et il n'y a plus de pardon pour elle ! Peut-être Jésus la repoussera ! Ou, s'il ne la repousse point, l'énormité de ses ingratitudes et le nombre de ses infidélités l'obligeront à la traiter sévèrement, devant tout un nombreux public !
 
Voilà sans doute les pensées de la nature. Mais, combien la grâce parle autrement ! Je me lèverai et j'irai à mon Sauveur ! J'irai en toute hâte, car je ne sais pas si demain il ne serait pas trop tard. Je crains que Jésus ne quitte bientôt Naïm, je crains qu'il passe outre, timeo Jesum prætereuntem !... Et puis, pourquoi ne le dirai-je point ? Toute criminelle que je suis et indigne de concevoir ce sentiment, j'aime celui qui, par amour pour les pécheurs, s'est fait homme pour les sauver. Je l'aime, et mon amour me presse ! Je ne puis pas supporter les délais, j'ai hâte de le voir et de lui ouvrir mon âme où il lira mon repentir et mon amour.
 
Sans doute, il en coûtera quelque chose à l'amour-propre de se donner ainsi en spectacle et de se convertir avec un tel éclat. Mais cette humiliation sera pour la pécheresse un moyen d'expier ses fautes et de toucher le cœur de Dieu, par une générosité héroïque. Marie-Madeleine le comprend : elle choisit les circonstances qui sont le mieux faites pour accroître le mérite de cette expiation. C'est la maison du pharisien, c'est la salle du festin, c'est  le moment même du festin qu'elle choisit. Sa démarche en sera plus éclatante, sa rupture avec le monde plus solennelle, son engagement à Jésus-Christ plus authentique.
 
Mon cœur se reporte volontiers à ce moment sublime qui provoque l'admiration de l’Évangéliste, quand il s'écrie : « Et voici qu'une femme !... » La pauvre pécheresse, comme une brebis égarée qui rentre au bercail, se précipite dans la maison de Simon, comme un cerf altéré qui court après les eaux vives ; ce cœur blessé par l'amour divin arrive, tout haletant, pour étancher sa soif aux sources du Sauveur. Laissez, laissez passer Madeleine ! Laissez-la entrer... Jésus l'attend, et elle n'a plus de repos jusqu'à ce qu'elle l'ait rencontré.
 

Résolution : Veiller soigneusement aux inspirations et aux mouvements de la grâce, pour ne jamais laisser passer l'instant favorable.

Bouquet spirituel : « Dès qu'elle sut que Jésus était chez Simon ». (Luc 7, 37).


 

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01 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Deuxième jour

2 Juillet

 

La première rencontre

 

Prélude : Jésus prêche. Dans la foule de ses auditeurs, son Cœur a distingué Marie-Madeleine. C'est sur cette pécheresse qu'il veut convertir que ses regards s'arrêtent, et la pécheresse écoute ravie, déjà changée dans son âme.

 

Méditation

 

Qui dira ce que dut être la première rencontre de Jésus pour Madeleine ? L’Évangile raconte la scène qui se passa chez Simon. Mais il est évident que la pécheresse dut voir et entendre Notre-Seigneur, avant de l'aborder en cette maison, où se passèrent de si merveilleuses choses.

La pécheresse vivait dans le château de Magdala, à peu de distance de la ville de Naïm. Or, Jésus a prêché dans cette ville, il y a ressuscité le mort que sa mère accompagnait au tombeau. Je m'imagine volontiers que ce miracle et la parole du Sauveur devaient impressionner vivement Marie-Madeleine.

Quand elle le vit s'arrêter devant ce cercueil et commander à la mort, elle comprit que celui- là était puissant comme Dieu, à qui la mort obéissait. Quand elle le vit s'émouvoir devant les larmes d'une mère, elle comprit qu'il était bon comme Dieu même. Quand elle l'entendit parler, elle se dit : « Nul ici-bas ne parle comme lui ». Son âme était morte ; mais, Jésus pouvait renouveler le miracle des portes de Naïm. Son âme était coupable ; mais, Jésus était miséricordieux.

Aussi, comme elle l'écoute avidement, celui qui dit : « Je suis le bon pasteur, et je donne ma vie pour mes brebis!... Je ne suis pas venu dans ce monde, pour que les pécheurs périssent, mais bien pour qu'ils se sauvent... Le Fils de l'homme est venu chercher ce qui avait péri... Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, ce sont les malades, qui ont besoin de médecin... Vous tous qui êtes affligés et qui êtes chargés, venez à moi, et je vous soulagerai, et vous trouverez le repos de vos âmes.... Prenez sur vous mon joug, car il est doux, et mon a fardeau est léger... Oh ! si vous a connaissiez le don de Dieu ! »

Cette éloquence, que le cœur seul comprend, Madeleine l'entendit et elle emporta, dans sa demeure, les paroles qu'elle avait entendues, pour les méditer en son âme. Ah ! la victoire ne peut manquer de rester à celui qui a ainsi trouvé le chemin du cœur ! Mais, ce ne sera point sans luttes !

Madeleine entrait alors dans sa vingt-deuxième année : elle était dans tout l'éclat de sa beauté ; dans toute l'ardeur de sa jeunesse, dans tout l'enivrement de ses triomphes. Que de liens il va falloir rompre ! que de sacrifices ! que de renoncements !

Si elle abandonne le monde dont elle est la reine et la joie, quel accueil lui fera-t-on, là où elle veut aller ? Lazare et Marthe, scandalisés de ses désordres, rougissent de leur sœur, Les Pharisiens la méprisent comme une vile criminelle. Les mondains l'accableront de leurs sarcasmes, quand elle les aura quittés. Si elle brise avec son passé, c'est une vie toute nouvelle, de renoncement, de mortification, de combats incessants, qui commencera, et toujours, le bruit des fêtes qu'elle aura quittées arrivera à ses oreilles, pour lui rappeler les plaisirs faciles et les joies enivrantes que le monde lui offre encore. Si elle immole ses affections présentes, c'est un holocauste douloureux que son cœur s'impose, et son cœur a besoin d'amour ! Si elle se met à la suite de Jésus, c'est une vie pauvre qu'elle embrasse, et elle est accoutumée aux aises de la vie la plus somptueuse et la plus sensuelle !

Pourtant, la parole du Maître a pénétré bien avant dans cette âme. Elle y a remué les profondeurs. C'est un glaive qui sépare, et rien ne résiste à ce glaive divin. C'est une flèche qui pénètre, et nul obstacle ne saurait l'empêcher d'aller jusqu'au fond.

Les sacrifices, Marie-Madeleine les accepte, les embrasse volontiers, comme un moyen de prouver à celui qu'elle aime déjà, rien que pour l’avoir vu et entendu, combien cet amour sacré est supérieur aux affections de la terre, et quelle abnégation elle veut dès lors apporter au service de Jésus.

 

Résolution : S'appliquer la parole de Dieu, quand on l'entend ou quand on la lit, comme si elle n'avait été dite que pour nous.

Bouquet spirituel : « Un grand Prophète s'est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple ». (Lc. , 16).

 

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30 juin 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Vita marie madeleine

 

Premier jour

1er Juillet

 

Madeleine pécheresse

 

Prélude : Pénétrons avec un saint respect dans le Cœur sacré de Jésus, au lendemain du mois qui lui a été tout spécialement consacré, et supplions-le de nous manifester les sublimes mystères de sa tendre miséricorde envers les pécheurs.

 

Méditation

 

Au seul nom de Madeleine, l'âme tressaille ! Ce nom remet devant les yeux, comme en un tableau raccourci mais complet, d'une part les merveilleuses tendresses de la miséricorde divine envers les âmes, et de l'autre l'immense besoin que les âmes ont de la grâce de Dieu, pour vaincre leurs ennemis et surmonter leur faiblesse native.

Marie de Béthanie, autrement Marie-Madeleine, était issue de race noble ; sa famille, considérable en Judée, lui assurait un rang distingué dans le monde, où son esprit naturel, sa brillante éducation et son incomparable beauté la firent rechercher de bonne heure par une foule de courtisans, empressés à rendre hommage aux rares qualités de cette âme imprudente.

Ah ! quel don fatal que la richesse, la beauté, la jeunesse, la tendresse du cœur, l'imagination, l'esprit, la science, en un mot tout ce que le monde estime, honore et courtise ! Marie-Madeleine était merveilleusement douée sous tous ces rapports. Elle y trouva la ruine de sa vertu et la perte de ce que nous avons de plus précieux : l'honneur de l'âme.

Elle aurait pu utiliser ces dons et s'en servir pour édifier le monde, pour répandre autour d'elle le règne de Dieu et pour forcer les âmes à confesser que Dieu seul est grand et que tout doit être employé à son service. Elle aurait dû se considérer comme dépositaire des dons de Dieu, se souvenant qu'un jour il lui serait demandé compte de leur administration et que, les détourner de leur légitime emploi est un crime d'infidélité et un vol fait à l'auteur de tout don. Elle aurait pu trouver dans les biens dont elle fut comblée un moyen admirable de sanctification personnelle, en vivant dans la pratique austère du renoncement et en usant de ses biens sans y attacher son cœur.

Mais, ce jeune cœur oublia tous ses devoirs. Emportée par la fougue ardente de ses passions, enivrée par l'encens qui brûlait sans cesse autour d'elle, Marie-Madeleine se livra à tous ses désirs. Son cœur insatiable voulait être aimé, son esprit cherchait à briller sur un vaste théâtre, sa beauté l'entraînait à cette vaniteuse recherche des applaudissements auxquels la ces femme ne sait pas être insensible, sa richesse lui fournissait tous les moyens de satisfaire jusqu'à ses moindres caprices, sa grande naissance et la position de sa famille lui ouvraient toutes les portes, et lui assuraient un accueil distingué partout.

Combien elle alla loin dans la voie que lui ouvrirent tous moyens de perdition, c'est ce que l'Évangéliste nous apprend en deux expressions, dont le laconisme laisse entrevoir toute la triste vérité ! « Cette femme, nous dit saint Luc, était pécheresse dans la cité ! » Et ailleurs, après l'avoir nommée, le même Évangéliste ajoute : « C'est celle de qui sept démons étaient sortis ! » Pécheresse dans la cité et possédée de sept démons ! Voilà donc où aboutirent toutes les vaines recherches de Madeleine à la poursuite du plaisir et au service du monde.

La voyant passer, couverte des parures de sa vanité, entourée d'adulations, éclatante d'orgueil et de beauté criminelle, les sages hochaient la tête et les mères disaient à leurs enfants : « Voilà la pécheresse ! » tant les scandales de sa vie coupable étaient connus et publics. Et, au ciel, les anges se voilaient la face et l'Esprit-Saint se contristait, en considérant son âme que sept démons possédaient, cette âme qui eût pu être si belle et que les vices, venus l'un après l'autre, avaient envahie pour entretenir la beauté et la rendre misérablement esclave de ses honteuses passions.

Ô mon Jésus, ce n’est point sans dessein que vous avez nous conserver ces tristes souvenirs de la vie de votre admirable servante, et c'est à vos comme elle, que je veux...

 

Résolution : … Méditer sérieusement sur l'emploi des dons de la nature et de la grâce.

Bouquet spirituel : « Sept démons sortirent d'elle ». (Lc. 8, 2).

 

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30 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

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Trente-et-unième jour

Les vertus de Marie

 

Sa charité pour le prochain a été la plus efficace et la plus tendre. Faisant du bien à tous, elle ne fit jamais ni peine ni mal à personne, et ne se plaignit jamais de qui que ce soit, quelque tort et quelque affront qu'on lui fit : aimant sincèrement tout le monde, et tous ses ennemis, dans le Cœur de Jésus.

Sa pureté fut si admirable, qu'elle rougit et fut troublée à la vue d'un Ange qui lui apparut sous la forme d'un jeune homme, et qu'elle eût mieux aimé n'être pas Mère de Dieu, que de cesser d'être Vierge. Si elle fut la plus belle de toutes les femmes, elle fut aussi la plus modeste de toutes les Vierges : modestie si grande, que les Anges même la révéraient, et qu'aucun mortel n'a jamais osé la regarder en face, sans être pénétré d'un respect qui allait jusqu'à la vénération, tant la Majesté de l'esprit de Dieu, qui brillait sur elle, était auguste et divine.

Sa prudence fut incomparable : ne faisant, n'omettant et ne disant jamais que ce qui était à propos. Avant que de parler, elle examinait ce qui pouvait en revenir de gloire à Dieu et d'édification au prochain. Avec de telles précautions, elle disait en peu de mots ce qu'elle avait à dire, et évitait avec discrétion les compagnies du monde.

Son détachement était si entier et ses vues si épurées, qu'elle faisait toutes ses actions, même les plus petites, dans les sentiments les plus nobles et les plus saints. Jamais dans le boire, dans le manger, dans ses conversations, ni même dans ses actes de vertu, elle ne chercha sa propre satisfaction. Dieu seul était la fin, comme il était le principe, de toute sa conduite ; l'intention de lui plaire déterminait et réglait tous les moments de sa vie.

Son sommeil même était un hommage rendu à son Créateur, par le soin qu'elle avait de le lui consacrer ; et pendant son repos qui était court, elle n'eut jamais d'autres idées que des idées de sainteté ; car son esprit veillait toujours à Dieu. En un mot, il n'y eut jamais dans l'âme de la sainte Vierge, dans son imagination et dans sa mémoire, aucune illusion ni aucune pensée vaine ; dans ses paroles, jamais rien d'inutile et de peu réglé ; et jamais, dans toute sa conduite, aucune action, ni dans son cœur, aucun mouvement qui ne fût saint et selon l'esprit de Dieu.

La Très Sainte Trinité l'environnait toujours pour la protéger et la sanctifier de plus en plus. Le Père la regardait comme sa Fille ; le Fils l'aimait comme sa Mère ; le Saint Esprit la chérissait comme son Épouse, et les Anges la révéraient comme leur Reine. Telle est l'idée que nous pouvons avoir de l'intérieur et de la vie de la sainte Vierge.

Elle est, après Jésus-Christ, notre plus parfait modèle ; imitons donc ses vertus. Son nom, après celui de Jésus, est le plus saint de tous les noms ; invoquons-le avec respect. Après Jésus son Fils, elle est notre médiatrice, notre consolation, notre espérance et notre vie, recourons donc à elle avec confiance. On ne peut, dit saint Bernard, arriver au Père céleste que par le Fils, et l'on ne peut arriver au Fils que par la Mère : Allons donc à Marie, et disons-lui souvent avec l’Église : Ô Marie, notre Avocate ! jetez sur nous vos regards de miséricorde ! Ô douce ! Ô tendre ! Ô pieuse Mère ! faites-nous voir un jour votre adorable Fils. Eia ergo, Advocata nostra ! Illos tuos misericordes oculos ad nos converte : Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende. Ô clemens ! Ô pia ! Ô dulcis Virgo Maria ! (Anonyme).

 

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Lettre de Louis XIV au sujet de l'Immaculée Conception

 

Le roi Louis XIV fut plus heureux que son pieux et digne père. En 1657, il adressa une semblable supplique au pape Alexandre VII , qui répondit favorablement. C'est à l'occasion du Bref du 15 juin 1657 qui, selon le vœu du roi, déclarait de précepte la fête de l'Immaculée Conception, que Louis XIV adressa à l'évêque de la Rochelle la lettre suivante que nous transcrivons en lui donnant l'orthographe en usage de nos jours :

"Mgr l'évêque de Mailleraye. - En héritant de la couronne qui a été portée depuis plusieurs siècles par les rois mes prédécesseurs, du sang desquels je suis descendu, j'ai aussi été héritier de leur piété et de leur dévotion ; en sorte que s'ils n'avaient déjà mérité le titre de Rois très chrétiens et de défenseurs de notre Mère la sainte Eglise, j'oserais me promettre de l'acquérir.

Plusieurs d'entre eux, nommément le feu roi très chrétien mon très honoré seigneur et père, d'immortelle mémoire, ayant eu une dévotion très particulière à la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et moi à leur exemple lui ayant recommandé nos affaires, j'en ai souvent senti la protection, et combien ses prières étaient efficaces à l'endroit de son fils ; ce qu'ayant résolu de reconnaître en lui faisant rendre dans mon empire un honneur qui marquât ma reconnaissance, et étant d'ailleurs informé que la fête que l'Église célèbre de son Immaculée Conception n'était point de précepte, et qu'en plusieurs évêchés elle n'était pas chômée, j'ai eu recours à notre Saint Père le Pape Alexandre septième, à présent remplissant la chaire de saint Pierre, pour obtenir qu'il fit un décret portant ordre à tous les évêques et archevêques dont les diocèses sont situés dans l'étendue de mes royaumes, pays, terres, seigneuries de mon obéissance, de faire publier en tous les lieux où la juridiction spirituelle s'étend, que désormais la fête de l'Immaculée Conception serait célébrée, chômée et fêtée.

Et Sa Sainteté ayant eu agréable d'accorder ma demande, ainsi que vous verrez par la copie du Bref qu'il m'a écrit que je vous envoie, je joins ma prière à la liberté qu'il vous laisse à ce que ce qui y est contenu soit religieusement observé, me remettant de plus sur vos soins de faire que mon intelligence soit suivie, à laquelle je me promets, de votre zèle et de votre dévotion envers la sainte Vierge, que vous vous conformerez et que vous n'oublierez pas de faire entendre à ceux que vous commettrez pour annoncer la parole de Dieu le jour de la fête, qu'il faut de mander à la divine Majesté qu'elle m'éclaire des choses qui sont à faire pour sa gloire et pour son service, et me donne la force, comme a déjà fait la volonté, de les exécuter et de les accomplir.

 

Je prie Celui de qui tout bien procède de vous avoir en sa sainte garde.

Écrit le 27 octobre 1657".

Louis.

 

En conséquence du même Bref, les vicaires généraux de Toulouse, en l'absence de Mgr de Marca, publièrent l'ordonnance suivante, qui témoigne de l'antique dévotion de la France en l'Immaculée Conception :

"À tous, abbés, prévosts, doyens, chapitres, archiprestres, curés et autres prestres ayant charge d'âmes dans ce présent diocèse, salut.

La piété de nos roys, depuis qu'ils ont embrassé la foy chrestienne, a esté si grande envers la sainte Vierge, qu'ils ont eu toujours une particulière confiance en ses intercessions, jusque-là qu'ils ont mis leur couronne et tout leur royaume soubs la protection d'une si grande Reine, qui a engendré le Roy de tous les monarques. C'est la raison pour laquelle ils luy ont rendu tous les honneurs qu'ils ont pu rai sonnablementluy attribuer, croyant même parvenir plus facilement à mériter mieux le titre de Roys très chrétiens, en glorifiant Notre Seigneur Jésus-Christ d'un honneur particulier qu'ils ont voulu faire à sa Mére.

Pour cet effect, la feste de la Conception avoit accoustumé d'estre chommée dans ce royaume depuis longtemps jusqu'à la Constitution qu'Urbain VIII fit touchant l'observation des festes de précepte, dans le nombre desquelles il ne mit pas celle-là.

Mais le roy, qui ne veut pas deschoir de la piété de ses prédécesseurs, et qui désire imiter particulièrement celle du feu roy son père, d'immortelle mémoire, envers la sainte Mère de Dieu, ayant ressenti d'ailleurs de puissants effects de sa protection et esprouvé combien ses prières sont efficaces envers son fils, a obtenu un décret de N. S.-P. le Pape Alexandre VII , à présent remplissant la chaire de saint Pierre, par lequel Sa Sainteté, approuvant la dévotion de Sa Majesté envers la sainte Vierge et voulant satisfaire à ses désirs, a osté l'empeschement qu'apportait la constitution du Pape Urbain à l'observation accoustumée de la feste de la Conception de Nostre Dame, et, ce faisant, a laissé l'Église de France en liberté de continuer la possession en laquelle elle estoit de la garder comme feste de précepte.

C'est pourquoi, en vertu dudit décret, suivant l'ordre que nous en avons receu de Mgr l'Archevesque, et voulant seconder les pieuses intentions de Sa Majesté et continuer la coustume qu'avoit ce diocèse de l'observer avant la susdite constitution, nous vous ordonnons par ces présentes de faire chommer, célébrer et fester d'ores en-avant, chaque année, la dite feste de la Conception de la Vierge Mère de Dieu, commençant le huitième du mois de décembre suivant, auquel jour elle tombe, et continuant en semblables jours des an nées suivantes, etc".

 

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Fin du Mois de Marie Reine de France

 

Téléchargez l’intégralité des méditations du Mois de Marie Reine de France (PDF) en cliquant ici

 

Prochain Mois de dévotion : le Mois de Sainte Marie Madeleine

Rendez-vous le 30 juin

 

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29 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

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Trentième jour

Les vertus de Marie

 

Quoique Marie fût toujours au dedans unie à Dieu par une continuelle contemplation, qui l'élevait au-dessus d'elle-même, elle n'en était pas moins occupée au dehors à régler, par des actions judicieuses et saintes, toute sa conduite et à remplir tous ses devoirs. Mais elle les remplissait avec une humilité si profonde, avec une dévotion si tendre, avec une foi si vive, avec une confiance si parfaite, avec un amour si ardent et avec des intentions si pures et si saintes, que ses plus petites actions avaient plus de prix devant Dieu que celles de tous les Saints.

Par son humilité elle mérita d'être élevée à la dignité de Mère de Dieu. Humilité si sincère que, au moment où l'Ange lui annonça qu'elle était pleine de grâce et qu'elle serait Mère de Jésus, elle se reconnut si indigne de cette élévation, qu'elle se croyait à peine digne d'être la plus petite des servantes de Dieu. Humilité si grande, qu'elle ne recevait qu'en tremblant les grâces de Dieu, et que jamais elle n'osa demander aucune lumière, ni connaissance, ni faveur, que selon les desseins et l'ordre de Dieu.

Sa foi fut si vive et si soumise, que quoi qu'elle eût l'intelligence des mystères, elle n'osa jamais en raisonner, ni les pénétrer plus avant que Dieu ne l'ordonnait. Elle avait pour tout ce qui était consacré à Dieu et pour tout ce qui regardait son culte, un souverain respect. Elle n'entrait jamais dans le Temple qu'avec un saint tremblement, pour s'y anéantir devant la Majesté du Très-Haut. Dans ses prières, elle s'offrait à Dieu avec toutes ses puissances, en lui consacrant tout ce qui dépendait d'elle. Elle demandait à Dieu, par Jésus-Christ son Fils, ses faveurs et sa miséricorde pour les autres : mais pour elle, se reconnaissant indigne d'aucune grâce, elle demandait seulement à Dieu, qu'il daignât accomplir sur elle ses desseins toujours adorables.

Lorsqu'elle entendait la divine parole (fût-ce dans les termes les plus simples) c'était toujours dans un esprit de foi, imprimant de plus en plus dans son cœur ce qu'elle entendait, avec un désir infini d'en accomplir jusqu'aux moindres points.

Animée de cette foi, la plus parfaite qui ait jamais été, elle ne regardait que Dieu dans toutes les créatures, surtout dans ceux qui étaient revêtus du sacré caractère. Dans tous les différents événements de la vie, heureux ou fâcheux, elle rapportait tout à Dieu, adorant dans tout ce qui arrivait, la sagesse et l'équité de ses divins conseils.

Sa confiance en Dieu fut si ferme que, dans les plus rudes épreuves où elle a passé et dans les plus fâcheuses contradictions, son courage fut toujours inébranlable et son cœur toujours uni et soumis à Dieu, attendant tout de Lui seul.

Son amour pour Dieu a été si ardent, qu'elle seule la plus aimé que tous les Saints ensemble. Elle a éprouvé pendant la vie des peines incroyables ; mais la plus sensible était de voir que Dieu n'était pas aimé, qu'il était inconnu et offensé ; de sorte que sa vie (malgré la paix dont jouissait son âme sainte) a été une vie de larmes et de gémissements, et qu'elle aurait souffert mille fois la mort pour empêcher un seul péché véniel.

On ne peut comprendre jusqu'où elle a porté l'esprit de pénitence. Lorsqu'elle considérait les humiliations et les souffrances auxquelles Jésus-Christ son fils s'était livré pour expier les péchés du monde, elle aurait voulu se placer au dessous du néant, se livrant au mépris d'elle-même, aux pleurs et à la douleur la plus amère. Et loin de demander la fin de ses travaux et de ses peines, elle s'y offrait de tout son cœur ; s'unissant, comme une victime d'expiation, à Jésus-Christ souffrant.

Sa patience a été la plus courageuse : comme elle a été la plus conforme à Jésus-Christ, elle a aussi eu le plus de part à sa croix ! Car après Jésus, personne n'a jamais été plus affligé ni plus persécuté que Marie. Le souvenir de la patience admirable avec laquelle son Fils, cette innocente Victime, avait enduré, sans se plaindre, les tourments de sa Passion, faisait dans Marie une impression si vive, qu'elle embrassait avec ardeur toutes les occasions de souffrir, et qu'elle désirait d'endurer tous les maux imaginables. (Anonyme).

 

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Louis XIII et l'Immaculée Conception

 

Lettre de Louis XIII au Pape Urbain VIII

 

Très Sainct-Père, bien que nous sachions que vostre Saincteté n'est que portée de soy à ce qui est de la piété et de la vénération des saincts et surtout de la glorieuse Vierge, nous avons cru estre de nostre debvoir de luy tesmoigner ce qui est nostre dévotion envers la Mère de Dieu, sinon en procurant une dernière décision de son Immaculée Conception, remettant cela à sa prudence et à ce que le Sainct-Esprit luy dictera debvoir estre cru en son Église ; du moins en suppliant Vostre Saincteté de toute l'étendue de nostre affecțion, d'ordonner que par toute la chrestienté sa feste, soubz le titre de l'Immaculée Conception, soit solemnisée ; elle est déjà célébrée par tout nostre royaume.

 

Signé : Louis.

 

À la suite de cette lettre, la Semaine catholique de Toulouse publie la note suivante : Cette lettre fut remise au Pape Urbain VIII par l'ambassadeur de France à Rome. Elle est datée du 24 novembre 1624. C'était l'année d'après la promotion de ce Pape au souverain pontificat. Un écrivain de Toulouse très estimé, qui veut bien nous honorer de sa bienveillance, a découvert ce document aux Vieilles archives de la guerre (tome XII, pièce 83), et a daigne nous la communiquer. Le bon roi Louis XIII ne fut pas exaucé. Le pape Urbain VIII, en fixant le calendrier ecclésiastique, ne jugea pas à propos de mettre au rang des fêtes chômées celle de l'Immaculée Conception.

 

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28 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

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Vingt-neuvième jour

L'intérieur de Marie

 

Emprunté à un auteur inconnu

 

Comme Jésus-Christ a été le parfait et le digne adorateur de Dieu son Père ; aussi Marie a été la plus parfaite adoratrice et la plus digne imitatrice de son Fils. Elle est donc celle de toutes les pures créatures qui a honoré Dieu le plus parfaitement.

Tant qu'elle a vécu sur la terre, elle n'eut jamais la plus légère attache à aucune créature. Son cœur se porta toujours à Dieu avec toute l'ardeur dont elle était capable, sans que rien au monde pût jamais affaiblir la tendresse de son amour : aimant toutes les créatures ; mais ne les aimant qu'en Dieu et pour Dieu.

Son âme sainte, unie au Cœur de Jésus, était comme un temple sacré, où résidait son Dieu, et où elle le contemplait et l'adorait sans cesse. Reconnaissant sa bassesse et son néant, elle se croyait incapable de glorifier dignement cette suprême Majesté ; et dans cet humble aveu de son incapacité, elle le conjurait de daigner lui même s'y louer et s'y glorifier par Jésus-Christ son Fils.

Jamais elle ne détourna son esprit et son cœur de la présence et du sentiment de son Dieu. Quand elle portait son esprit vers cet Être éternel, son âme y demeurait attachée par une contemplation et un amour, qui passent tous les efforts et les expressions de l'esprit humain.

N'étant point assujettie aux impressions des sens, elle recevait la céleste parole et les inspirations divines avec une si abondante plénitude que son âme, dépouillée des sentiments humains, se perdait, pour ainsi dire, dans le sein de la Divinité, et n'était plus qu'un même esprit avec Dieu.

Tout l'intérieur de son âme était donc comme divinisé ; et qui aurait pu voir cette âme pure, y aurait vu la Divinité y habiter comme sur un trône de sainteté. Oh ! qui pourrait dire combien de secrets divins et de mystères profonds lui furent révélés dans ces extases si sublimes, et quels délices elle y éprouva ? Quand on pourrait réunir tout ce qu'il peut y avoir de lumières, de plaisirs et de charmes dans le monde ; tout cela en comparaison de ce que Marie éprouvait, ne serait que ténèbres et qu'amertume.

Exempte du péché originel dès le premier instant de sa conception, elle n'éprouva jamais, comme nous, la rébellion d'aucune passion. Ce privilège était dû à sa dignité et réservé à elle seule. Il n'était pas juste que celle qui devait être la Mère de Dieu, fut un seul instant l'esclave du démon ; ni que le temple que la Sainteté et la Sagesse éternelle s'était choisi, fût jamais souillé de la plus légère tache ; ni enfin que celle qui devait écraser la tête du serpent et détruire le règne de Satan, fût un seul moment infectée de son venin, et soumise à son empire. (Anonyme).

 

La Flèche

 

Notre Dame à la Flèche

 

Dans une partie de l'Anjou qui, aujourd'hui, fait partie du diocèse du Mans, à l'entrée d'un pont jeté sur le Loir, s'élevait jadis une modeste chapelle nommée Notre Dame du Chef du Pont. De nombreux miracles attirèrent en ce lieu d'abord des pèlerins, puis des habitants. Telle est l'origine de la ville de la Flèche. Le vieux sanctuaire de Marie est aujourd'hui une chapelle latérale de l'ancienne église des Carmes.

Au commencement du XVIIe siècle, Henri IV établit à la Flèche un collège de Jésuites et il leur fit don d'une statuette, haute d'environ dix pouces, qui représentait la Vierge portant le divin Enfant sur le bras gauche et un sceptre dans la main droite. Quatre congrégations de la sainte Vierge furent établies dans le collège et embrassèrent toutes les classes de la société : l’une, de la Conception, pour les externes ; l'autre, de l'Assomption, pour les internes ; la troisième, de la Purification, pour les notables ; la quatrième, de la Nativité, pour les ouvriers et les marchands. Puis, les Pères ajoutèrent à l'oratoire de Saint Barthélemy un nouveau sanctuaire où ils placèrent une statue de la sainte Vierge, sous le nom de Notre Dame des Vertus. Ce pèlerinage est encore florissant.

 

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