14 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Condamnation de Jésus

 

Quinzième jour

15 avril

 

L'arrêt de mort

 

Prélude : Pilate, pâle, livide portant sur son visage les traces des remords contre lesquels il lutte dans son cœur, prononce la sentence injuste.

 

Méditation

 

Les Juifs, apercevant Jésus, que Pilate leur montrait, s'écrièrent aussitôt tout d'une voix : « Crucifiez-le ! Crucifiez-le ! » Ainsi Jésus qui, dans l'excès de sa charité, recherche tout le monde, se voit délaissé de tous. Les Juifs veulent s'en défaire et le livrent aux Gentils. Les Gentils ne veulent point s'en charger, et le renvoient aux Juifs, disant : « Prenez-le vous-mêmes et crucifiez-le ». Les Juifs, se retranchant derrière un texte de loi interprété faussement par leur malice passionnée, le déclarent digne de mort.

Quand Pilate entendit dire aux Juifs que Jésus se disait le Fils de Dieu, il craignit encore plus qu'auparavant. Mais, de la crainte il ne sait passer à l'amour, à la générosité, à la patience, à la vertu. Il rentre dans le Prétoire, et interroge Jésus, lui demandant d'où il est ; ce qu'il aurait dû savoir dès le commencement. Mais Jésus ne répond rien ; ce silence étonne Pilate, qui lui demande pourquoi il ne parle point, vu qu'il a le pouvoir de le délivrer ou de le faire mourir. Jésus répondit : « Vous n'aviez aucune puissance sur moi, si elle ne vous avait été donnée d'en haut ; c'est pourquoi celui qui m'a livré à vous est plus coupable que vous ».

Cependant, les Juifs criaient toujours plus fort : « Si vous le délivrez, disaient-ils, vous n'êtes pas ami de César ». Oh ! si nous avions autant la crainte de déplaire à Dieu et de l'offenser que de déplaire aux grands du monde, comme tout irait bien ! Le respect qu'on leur porte est louable, mais il doit céder à celui que nous devons à Dieu.

Alors, Pilate feignit de rire des menaces des Juifs, en leur disant par moquerie : « Voilà votre Roi ! » Mais, ils redoublèrent leurs cris et forcèrent enfin la faible résistance de ce mauvais juge.

Pilate voyant qu'il ne gagnait que rien et que l'émotion s'augmentait, prit de l'eau, lava ses mains devant le peuple et dit : « Je suis innocent du sang de ce juste ; pour vous, vous y penserez ! » Oh ! l'étrange erreur de ce juge qui croit qu'en se lavant les mains et se disant innocent du sang de ce juste, il se décharge du crime qu'il autorise et qu'il fait exécuter ! Ah ! qu'ils sont nombreux les imitateurs de Pilate,qui se justifient extérieurement devant le monde, mais non pas devant Dieu, qui pénètre dans leur intérieur et voit l'horrible souillure de leur âme.

Mais tout le peuple répondit : « Que son sang soit sur nos enfants ! Oh ! que la furie d'une passion est donc violente ! Pourvu qu'elle se satisfasse, elle n'a égard à rien ; rien ne la touche, ni l'énormité de son crime, ni le repentir qui la suit, ni la peine qu'elle ne peut éviter, ni la perte des biens ou de l'honneur, ni la misère d'une famille, ni aucun autre malheur qui la menace.

Pilate, vaincu par les importunités d'un peuple révolté et furieux, condamne Jésus à la mort et l'abandonne à la rage de ses ennemis.

Voilà Pilate vaincu ! Qui donc a porté Pilate à commettre cette horrible injustice ? Une lâche complaisance, un respect humain, une vaine appréhension de la disgrâce de César.

 

Pratique : Considérer toujours les intérêts de la gloire de Dieu et les faire passer avant ceux de notre esprit propre.

Bouquet spirituel : « Il le livra à leur volonté ».

 

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13 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

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Quatorzième jour

14 avril

 

« Ecce homo ! »

 

Prélude : Pilate sort et fait voir aux Juifs le Fils de Dieu dans l'état pitoyable où les soldats l'avaient mis, disant : « Voilà l'homme ! »

 

Méditation

 

Pendant que les soldats traitaient si indignement le fils de Dieu dans la cour du Prétoire, Pilate était en haut, dans son palais, attendant l'effet que cette rude flagellation aurait produit dans l'esprit des Juifs. Il commande qu'on lui amène Jésus. Jésus remonte encore une fois les marches du Prétoire avec sa pourpre dérisoire, sa couronne et son roseau, le visage défiguré, tout couvert de sang et de crachats. En cet état, Pilate le mène sur le perron et le montre aux Juifs, en disant : « Voilà l'homme ! Voyez s'il n'est pas assez puni. Pour moi, je le trouve plus digne de compassion que d'un châtiment nouveau ». Mais eux, plus furieux encore, crient plus fort : « Crucifiez-le ! Crucifiez-le ! »

Ô Fils de l'Homme, à quel état vous a donc réduit votre amour, puisque le plus humain de vos juges croit vous faire une faveur en vous traitant avec la dernière ignominie et la plus extrême cruauté !

« Voilà l’Homme ! » Pilate, voulant adoucir la fureur des Juifs, leur montre Jésus dans l'état du monde le plus misérable, la tête hérissée d'épines, le visage enflé, meurtri et souillé de crachats, tous ses membres saignants et tremblants. Puis, relevant sa robe de pourpre, pour faire voir son corps tout déchiré et couvert de plaies, il leur dit, moitié par mépris, moitié par compassion ; « Voilà l'homme ! »

Ô Pilate, vous faites bien de dire que c'est là un homme, car il n'a plus forme humaine, celui qui s'était fait homme pour nous sauver ! Ô cœurs des Juifs, plus durs que la pierre, le sang de cette innocent, victime ne pourra-t-il donc pas vous attendrir ?

Ô Jésus, vous voilà donc exposé en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Quelle mort ne serait préférable à cette exposition dérisoire et humiliante ? Et, vous avez voulu être traité de la sorte pour m'épargner la confusion que je dois craindre au jour du jugement, lorsque mes péchés seront manifestés et exposés devant votre tribunal.

« Voilà l'homme ! » Voilà le miroir où Dieu fait voir aux hommes l'abîme de sa miséricorde, l'abîme de sa justice et l'abîme de leur malice.

« Voilà l'homme ! » Regarde-toi, pécheresse, dans ce miroir. Le malheureux état de ton âme est figuré par le pitoyable état de ce corps divin couvert de plaies.

« Voilà l'homme ! » Si le vrai Fils est traité si rudement, l'esclave n'a-t-il pas sujet de trembler ? Si l'innocent est puni pour le coupable, le coupable n'a-t-il pas lieu de craindre s'il ne satisfait pas son juge.

« Voilà l'homme ! » Voilà celui qui doit me juger un jour, et qui m'apparaîtra alors, aussi terrible que je le vois maintenant humilié !

« Voilà l'homme ! » Père Eternel, voilà l'homme qui me fait espérer miséricordes. Arrêtez vos yeux sur ce divin visage, et, en vue de ses plaies, oubliez les crimes que j'ai commis contre vous.

Sortez, filles de Sion, venez voir votre Roi Salomon couronné du diadème que sa mère lui a mis sur la tête le jour de ses noces et de sa joie ! Oh ! quel Roi ! s'écrie saint Bernard. Oh ! quel diadème ! Oh ! quel jour de joie et de noces ! C'est le jour de ses noces, car, pour épouser vos âmes, il ne  craint point de verser son sang. C'est le jour de sa joie, car sa joie est de mourir pour vous rendre la vie.

 

Pratique : Se comparer souvent à Jésus durant sa Passion.

Bouquet spirituel : « Voilà l'homme ! »

 

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12 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Couronnement d'épines

 

Treizième jour

13 avril

 

Le couronnement d'épines

 

Prélude : Jésus avait repris ses habits. Les soldats l'entraînent dans leur corps de garde, et le dépouillent de nouveau pour le vêtir d'une robe de pourpre par moquerie.

 

Méditation

 

Les soldats ont l'intention de se moquer du Sauveur. Mais, ils accomplissent un secret dessein de Dieu qui veut nous faire honorer, en cette robe d'ignominie, la dignité royale de Jésus-Christ, ses combats sanglants, ses victoires et ses conquêtes.

Pliant ensuite une couronne d'épines, ils la lui mirent sur la tête. Cette couronne fut un des grands tourments de Jésus. Mais, il la subit avec joie, parce qu'il voulait ainsi détruire le péché, l'expier et sauver les pécheurs. Il savait aussi qu'elle serait le gage de la béatitude et de la gloire. Dans les royaumes du monde, les couronnes ne produisent que des épines, mais, dans le royaume de Dieu, les épines produisent des couronnes.

On donna ensuite à Jésus, toujours par moquerie, un roseau à la main droite au lieu de sceptre. Jésus accepta de porter ce roseau pour guérir nos vanités et la folle confiance que nous mettons dans les créatures, lesquelles sont plus faibles et plus blessantes que le roseau, qui se brise dans la main de celui qui s'y appuie et la perce cruellement. Il accepta ce roseau dérisoire pour fortifier notre faiblesse, nous montrer qu'il est seul notre véritable appui et qu'à lui seul nous devons avoir recours contre notre impuissance. Enfin, il accepta ce faible roseau, pour guérir notre légèreté et affermir notre inconstance qui s'emporte à la première occasion. Oh ! si nous savions comme cette infidélité de notre âme déplaît à Jésus-Christ ! Nous l'offensons plus par notre inconstance et notre légèreté, que les soldats en lui assénant des coups de roseaux sur la tête.

Quand les soldats eurent ainsi travesti le fils de Dieu, ils le traitèrent en roi de théâtre et l'accablèrent de leur mépris, s'agenouillant devant lui par dérision, le saluant Roi des Juifs, lui donnant des soufflets et des coups de roseau sur la tête, lui crachant au visage avec une impudence satanique.

Ah ! quel supplice pour la grande âme du Sauveur ! Hélas ! c'est un supplice qu'on renouvelle bien des fois pour lui. Que de personnes s'agenouillent devant Jésus-Christ, et qui n'ont du chrétien qu'une vaine apparence de religion ! Que d'hypocrites sous des dehors même pieux ! Que de traîtres dans l’Église ! Que d'impies et d'insolents dans le temple où il réside !

Les soldats lui crachent au visage. Ainsi font encore tous ces malheureux blasphémateurs qui vomissent contre le ciel de si horribles injures. Ainsi font tous ceux qui prient de bouche, tandis que leur esprit s'égare volontairement en des pensées coupables ou étrangères. Ainsi font les médisants qui déchirent la réputation du prochain, les railleurs qui se moquent des choses saintes, les sacrilèges qui communient indignement.

Mais, il faut encore ajouter la cruauté à l'ignominie, et, après les rires et les affronts, il faut souffleter cette Face divine que les anges adorent, et battre à coups redoublés ce chef auguste qui est le trône de la sagesse incréée, pour enfoncer davantage les épines de sa couronne.

Pardon, ô mon Sauveur, de tant d'opprobres et de douleurs que je vous ai fait souffrir jusqu'ici. Ô Dieu, faites tomber une goutte de pluie, une goutte de ce sang précieux qui distille de vos plaies, une de ces larmes que la violence de vos tourments tire de vos yeux, sur les épines de mon cœur, afin de les changer en fleurs de saints désirs, qui me portent sans délai et généreusement aux exercices de la pénitence et à la pratique des vertus.

 

Pratique : Faire un acte d'humilité en union avec Jésus couronné d'épines.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, ô mon Roi ! »

 

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11 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

La Flagellation

 

Douzième jour

12 avril

 

La Flagellation

 

Prélude : Adorer Jésus lié à la colonne.

 

Méditation

 

La complaisance humaine et l'amour de la justice combattent dans le cour de Pilate. Mais enfin, la complaisance l'emporte et lui fait prononcer un arrêt injuste, lâche et cruel. Il condamne Jésus à être flagellé. Au Ciel, par une sévérité pleine tout à la fois de rigueur et d'amour, le Père Eternel ratifie cette condamnation, et Jésus la reçoit avec une admirable humilité.

Or, il était encore revêtu de la robe qu'Hérode lui avait fait mettre. Les bourreaux l'en dépouillèrent et lui ôtèrent tous ses habits, afin de le battre plus à leur aise. Jésus consentit à se laisser dépouiller de ses vêtements, afin de nous revêtir de la grâce et de l'ornement des vertus que le premier homme nous avait fait perdre. Il y consentit pour nous apprendre à nous dépouiller du vieil homme et de nos mauvaises inclinations. Il y consentit, pour expier le luxe scandaleux et les nudités honteuses qui règnent dans la corruption du siècle.

Une fois dépouillé de ses habits, Jésus tendit doucement les mains aux bourreaux, qui le lièrent étroitement à la colonne. Il se laissa ainsi lier, pour affermir son Église et la rendre immuable dans sa foi, pour affermir notre constance au milieu des plus grandes afflictions, pour affermir notre espérance et assurer notre salut.

Bientôt, les coups de fouet tombèrent sur sa chair virginale. Le sang coula de toutes parts, son corps devint livide et se défigura sous les fouets. On l'eût pris pour un lépreux, tant il était couvert de plaies, et pour un homme frappé de Dieu dans le dernier excès de son courroux. Ô bourreaux inhumains ! Vous êtes plus durs que les pierres, mais vous frappez une autre pierre qui a plus de tendresse que vous n'avez de dureté ! Le bruit des coups que vous frappez fait retentir dans le monde entier l'excès de sa bonté, et toutes les plaies que vous ouvrez sur son corps sont autant de sources fécondes d'où s'écoule le baume sacré de son amour. Ô mon âme, adore donc ces ouvertures sacrées, qui sont les caractères visibles de la charité incomparable d'un Dieu qui t'a estimée d'assez de valeur pour une pareille rançon.

Ô vous tous qui passez par le chemin, arrêtez, et voyez s'il est une douleur semblable à celle-là. On lui a enlevé la peau, on arrache ses cheveux, on ouvre ses veines, on froisse ses nerfs, on pénètre jusqu'aux entrailles, on fait voler en l'air des lambeaux de chair sanglante. Sous ce déluge de coups, Jésus innocent se tait, la violence de la douleur seule lui arrache des larmes ; il soupire doucement, il se contracte sous nous les fouets qui le font trembler et gémir. Mais, il ne dit point : « C'est assez ! » Il donne même de la force aux mains cruelles qui le meurtrissent, il ne veut en adoucir ni en modérer la rigueur.

Si Jésus se laisse ainsi cruellement fouetter, c'est qu'il veut donner l'horreur et la crainte du péché, nous apprendre à supporter patiemment les coups de fouet au moyen desquels la Providence nous châtie ; servir d'exemple à la pénitence des pécheurs qui se convertissent et sentent le besoin de satisfaire à la justice divine, enseigner aux âmes qui avancent dans la perfection combien la mortification est utile, et aux justes combien l'amour de Dieu et des âmes lie étroitement à tout ce qui contraint la nature.

Quand on le délia de la colonne, Jésus tomba par terre de faiblesse, et il demeura couché dans son sang, comme Job sur son fumier. Comme Job, aussi il combattit le prince des ténèbres, il fit pénitence et pria pour ses élus.

 

Pratique : Considérer dans les petites épreuves de la vie, le souvenir des coups de fouet qui atteignirent Jésus lié à la colonne.

Bouquet spirituel : Pilate leur livra Jésus couvert de plaies.

 

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10 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Barabbas

 

Onzième jour

11 avril

 

Barabbas

 

Prélude : Pilate hésite. Les ennemis de Jésus s'animent toujours davantage. Leur visage respire la fureur. Jésus continue à se taire.

 

Méditation

 

L’innocence de Jésus a touché le cour de Pilate et lui fait pitié. Elle éveille ses remords et éclaire sa conscience. Mais le respect humain et la complaisance pour les calomniateurs affaiblissent sa résolution et l'empêchent de suivre parfaitement les mouvements de la grâce. Convaincu de la malice des accusateurs et de la fausseté des accusations, il déclare Jésus innocent. Mais, pour essayer d'apaiser la colère des Juifs, il promet de le châtier, avant de le délivrer.

Cette promesse, lâche et cruellement injuste, n'apaise point la fureur des ennemis du bon Maître. Alors, Pilate a recours à un autre moyen.

Il fait sortir en même temps Jésus de son prétoire et Barabbas de la prison. Il les présente l'un et l'autre au peuple et leur dit : « Qui voulez-vous que je vous délivre, Barabbas ou Jésus ? » Ô spectacle horrible ! Le fils unique de Dieu est comparé à un infâme meurtrier ! Combien l'humilité de Jésus, qui daigne souffrir cette comparaison, nous reproche notre orgueil, qui ne saurait supporter d'être mis en parallèle avec la moindre infériorité de rang, de fortune, d'esprit, de vertu ou de qualités morales !

Or, ce fut Barabbas qu'on préféra à Jésus. Toute la troupe cria en même temps : « « Crucifiez-le et délivrez Barabbas ! » Tous parlèrent en faveur de l'assassin, personne n'ouvrit la bouche pour le Sauveur. Voilà pourtant ce que nous faisons tous les jours, quand nous offensons le bon Dieu. L'orgueilleux délaisse la gloire du ciel pour courir après celle de la terre, qui n'est qu'une ombre. Le colère blesse l'honneur de Dieu, pour venger une injure. L'avare renonce aux richesses éternelles, pour un intérêt temporel et le voluptueux à sa part de paradis, pour un plaisir déshonnête. L'hérétique abandonne la doctrine universelle de l’Église pour suivre son caprice. L'âme mondaine fait aussi de mauvais choix, préférant la vanité au service de Dieu, à la vraie dévotion.

Et, quand on voit les méchants aux honneurs, tandis que les gens de bien sont méprisés ; ceux-là dans les charges honorables, et ceux-ci dans la servitude ; ceux-là dans l'élévation, et ceux-ci dans l'opprobre ; qu'est-ce donc que tout cela, sinon le monde qui préfère Barabbas à Jésus, et le vice à la vertu.

D'où vient ce changement subit dans l'esprit du peuple ? Qui l'a pu si bien corrompre et lui faire abandonner la cause de Jésus qu'il aimait ? C'est d'abord le mauvais exemple des grands que l'envie porte à persécuter l'innocent ; c'est ensuite le mauvais conseil des Pharisiens qui se glissent dans la foule et lui persuadent de préférer Barabbas ; c'est enfin la mauvaise compagnie où les plus sensés ont honte de paraître moins passionnés et moins emportés que les autres.

Fuyez ces trois écueils, où l'on ne heurte jamais sans péril manifeste de faire naufrage : les mauvais exemples, les mauvais conseils, les mauvaises compagnies. Mais surtout, craignez la mauvaise disposition de votre cœur, qui n'a que trop de penchant au vice, sans vous exposer aux occasions qui vous entraîneront comme un torrent, malgré votre résistance.

« Mais, dit Pilate décontenancé, puisque vous préférez Barabbas, que voulez-vous que je fasse de Jésus-Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu'il soit crucifié ! » Quelle inconstance ! Quelle ingratitude ! Quelle fureur ! Quelle obstination au mal ! Ce cri des Juifs qu'il a tant aimés doit être pour le Sauveur un des plus grands tourments de toute sa Passion. C'est un grand tourment en effet d'aimer et de se voir haï par ceux qu'on aime. C'est un grand tourment d'avoir été bienfaisant pour tous et d'être devenu pour tous comme un fardeau inutile et incommode.

Ô mon Sauveur ! Voilà votre douleur : Vous aimez infiniment tous les hommes, vous désirez être aimé de tous, et néanmoins, il y en a tant qui vous haïssent, et si peu qui répondent à votre amour !

 

Pratique : Aimer à être estimé au-dessous de ceux qui vous sont inférieurs.

Bouquet spirituel : « Que ferai-je de Jésus ? »

 

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09 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus devant Hérode

 

Dixième jour

10 Avril

 

Hérode

 

Prélude : Jésus debout se tait devant Hérode, qui se moque de lui.

 

Méditation

 

La crainte de déplaire aux Juifs l'emporte dans le cour de Pilate sur l'esprit de justice. Mais, il voudrait que ce fut un autre qui le condamnât. Aussi, entendant parler de la Galilée, il prétexte la juridiction d'Hérode sur les Galiléens, et lui renvoie Jésus. Durant ce nouveau trajet, les ennemis du Bon Maître, irrités des refus de Pilate et des obstacles mis à leur fureur, déchargent sur lui leur rage et excitent le peuple à l'insulter.

Hérode reçut fort bien le Fils de Dieu et lui fit d'abord un bon accueil, parce qu'il espérait se divertir et repaître sa curiosité en l'entretenant. Mais Dieu ne se communique pas aux esprits curieux et dissimulés. Aussi Hérode eut beau multiplier ses interrogations : Jésus, qui fuit l'ostentation et qui veut nous apprendre à mépriser la faveur et l'estime des grands de ce monde, garda un profond silence.

Le silence, à l'école de Jésus, est une marque de sainteté et de perfection. Mais, aux yeux des mondains, c'est une preuve de sottise. Aussi, Jésus silencieux est-il méprisé comme un homme sans pouvoir, parce qu'il ne fait point de miracles. Il est méprisé comme un homme sans esprit, parce qu'il ne se défend point contre les Princes des Prêtres et les Scribes qui persistaient à l'accuser. Oh ! que l'esprit de Jésus est contraire à l'esprit du siècle ? Comme la folle sagesse du monde est contradictoire avec la sage folie de Jésus !

Piqué du silence de notre divin Sauveur, Hérode le fait vêtir d'une robe blanche, pour faire voir qu'il ne le regardait pas comme un criminel, mais bien comme un fou, lequel s'imaginait être roi.

Contemple, ô mon âme l'humilité avec laquelle Jésus prend cette robe d'ignominie. Avec quelle douceur il supporte toutes les injures qu'on lui prodigue, quand il en est revêtu ! Il sort du palais d'Hérode, vêtu comme un insensé. De nouvelles huées l'accueillent dans les rues. Pilate, le voyant ainsi travesti, le méprise et le traite avec froideur, ne cherchant qu'à se débarrasser de cet importun maladroit.

Admirons et respectons notre Sauveur sous cet habit mystérieux dont le Père céleste se sert pour glorifier son fils. Tandis qu'Hérode, en l'habillant d'une robe blanche, prétend se moquer de la qualité de roi et de tous les titres d'honneur qu'on attribuait à Jésus, le Père Eternel déclare aussi l'innocence de son fils, sa pureté, sa douce simplicité, l'aimable candeur de son âme, sa dignité sacerdotale et royale.

Ne craignons, donc point la moquerie des hommes, ce sont des aveugles qui méprisent ce qu'ils devraient estimer et qui estiment ce qu'ils doivent mépriser. Mais Dieu tirera notre gloire de leur mépris et fera un jour retomber toute la confusion et l'ignominie sur ceux qui nous ont déshonorés.

Ô Roi du ciel, qui avez racheté cette précieuse robe de l'innocence, perdue par Adam, aux dépens de votre honneur et de votre vie, ne permettez pas que je la perde jamais par aucune offense mortelle, ni que je la souille par mes imperfections et mes défaits. Ah ! que je suis confus de l'avoir autrefois perdue avec tant de lâcheté et d'être encore maintenant si peu soigneux de la conserver, en me voyant entouré de tant d'ennemis qui cherchent à m'en dépouiller pour se moquer ensuite de moi. Quel malheur, si je retombais dans leurs mains et si la mort me surprenait, privé de votre grâce ! Ô nudité honteuse ! Ô confusion pire que la mort et plus horrible même que l'enfer !

Hérode et Pilate se réconcilièrent à cette occasion. C'était une figure de l'alliance que les méchants font entre eux contre les bons. Ne vous étonnez donc pas si les méchants se liguent contre vous, lorsque vous tâchez de suivre Jésus-Christ. C'est une marque du bien que Dieu a mis en vous. L'esprit qui vous anime dissipera tous leurs efforts et se moquera de leurs desseins.

Ô Jésus, qui avez bien voulu que votre mort servît à la réconciliation d'Hérode et de Pilate, fortifiez tellement mon âme par votre grâce, que je ne craigne point la conspiration des méchants ligués contre moi, mais que je profite de leur persécution, afin de vous être semblable et d'imiter ce grand exemple que vous m'avez donné de patience et de douceur.

Accordez-moi, mon Dieu, pour l'amour de votre Fils, le pardon de mes péchés, comme je pardonne de bon cœur, pour l'amour de lui, à ceux qui m'ont offensé.

 

Pratique : Supporter les humiliations volontiers, en union avec les humiliations supportées par Jésus chez Hérode.

Bouquet spirituel : « Hérode avec toute sa malice le méprise et se moque de lui ».

 

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08 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus devant Pilate

 

Neuvième jour

9 Avril

 

Pilate

 

Prélude : Jésus est amené devant Pilate, qui siégeait dans son Prétoire.

 

Méditation

 

Aussitôt que le matin fut venu, les Grands-Prêtres ayant tenu conseil avec les anciens, les Scribes et toute l'Assemblée firent lier Jésus, l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate. Pilate se prêtant à leur fureur, sort sur le perron, vénéré aujourd'hui à Rome sous le nom de Scala Sancta, et leur dit : « De quel crime l'accusez-vous ? » À bout de ressources, les ennemis de Jésus finissent par le charger des plus odieuses calomnies et parviennent à inspirer quelques craintes au cœur de ce juge lâche et faible. Pilate rentre donc dans le Prétoire, et, faisant appeler Jésus, il lui dit : « Êtes-vous le roi des Juifs ? »

Ô Juge, si tu savais quel est celui à qui tu fais cette demande, tu ne l'interrogerais pas sur des accusations injustes, mais tu t'accuserais toi-même devant lui !

Pilate demande à Jésus ce que c'est que la vérité, et n'attend pas même la réponse. Il n'en était d’ailleurs point digne, car, pour connaître la vérité, il faut quitter le vice, purifier son cœur, mortifier ses passions, être humble et simple, et recourir à la prière.

Les Juifs attaquent en vain l'innocence de Jésus. Pilate est contraint, par l'évidence même des faits, de prendre la défense de ce juste. Il sort encore une fois du Prétoire pour aller dire aux Juifs : « Je ne trouve aucun crime en lui ! »

Mais les méchants sont plus acharnés au mal que les gens de bien ne sont zélés à soutenir le parti de la vertu. Pilate est dominé par la crainte de déplaire aux Juifs, il se laisse vaincre, et il abandonne lâchement l'innocent, contrairement au cri de sa propre conscience.

Il voudrait cependant que le Sauveur se défendît lui-même et lui fournit le moyen de le délivrer. Or, Jésus ne répondait ni aux accusations des Princes des Prêtres et des Anciens. Pilate lui disait : « N'entendez-vous donc pas combien on rend de témoignages contre vous ? » Mais, Jésus ne répondait pas un seul mot. Pilate était tout surpris de ce silence. Mais nous, nous savons pourquoi Jésus se taisait.

Il se taisait, pour laisser à ses ennemis la liberté de tout ce que la haine peut suggérer à leur esprit, résolu qu'il était à tout souffrir, de peur de mettre obstacle à notre salut.

Il se taisait, parce qu'il n'avait pas besoin d'être défendu. Son silence était comme le triomphe de son innocence, selon la remarque de saint Ambroise.

Il se taisait pour faire éclater les merveilles de patience et de douceur dont son cœur sacré était plein, et pour mériter à ses disciples une patience invincible dans les souffrances et dans les persécutions.

Il se taisait, par une prudente sagesse, au milieu du tumulte soulevé par les Juifs, voulant nous enseigner que c'est un acte de prudence de se taire quand ceux avec qui nous traitons n'écoutent point le langage de la raison, qu'un chrétien sans silence est une ville sans défense et sans murailles, que le silence est un doux concert de toutes les vertus qui attire Dieu dans l'âme et qui a la même force que la charité, que Dieu prend la défense de ceux qui souffrent avec égalité d'esprit le tort qui leur est fait, enfin que le silence édifie souvent, autant et quelquefois plus que la parole.

Devant ce silence du Sauveur et les interrogations de Pilate, les ennemis de Jésus redoublaient leurs cris et faisaient instance, de peur que Pilate ne le délivrât. Ils l'accusèrent de soulever le peuple lui qui prêchait la soumission à l'autorité. Ils lui reprochèrent de prêcher partout, comme si la doctrine de Jésus ne tendait pas à enseigner et à établir la paix parmi les hommes.

 

Pratique : Pratiquer volontiers le silence devant les accusations et les calomnies.

Bouquet spirituel : « Jésus se taisait ».

 

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07 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

christ the prisoner-001

 

Huitième jour

8 Avril

 

La nuit dans la prison

 

Prélude : Les Juifs voulant s'assurer de leur prisonnier pour le reste de la nuit, l'enfermèrent dans une prison, où il eut beaucoup à souffrir.

 

Méditation

 

On est prisonnier pour crimes ou pour dettes. Quel est donc le crime, quelle est la dette de Jésus ? Ah ! ce n'est point pour ses propres crimes, ni pour ses dettes personnelles qu'on l'a arrêté, mais bien pour les nôtres. Nous étions insolvables et indignes de pardon. Il a donné son sang pour payer nos dettes et sa vie pour expier nos offenses.

Qui donc l'a fait prisonnier ? La justice, la force et l'amour. La justice divine le retient dans cette prison, parce qu'il s'est chargé de nos crimes. La force et la violence de ses ennemis ont prévalu contre lui, parce qu'il a pris sur lui toutes nos faiblesses.

Mais, l'amour est la principale cause de son emprisonnement. C'est l'amour qui l'a enfermé neuf mois dans le sein d'une Vierge. C'est l'amour qui l'a mis dans la grotte de Bethléem et l'a lié dans les langes de l'enfance. C'est l'amour qui l'a resserré dans les espèces du vin, pour le donner à ses disciples. C'est l'amour qui l'a parqué dans le jardin des Oliviers, pour le livrer à ses ennemis. C'est l'amour qui l'enfermera bientôt dans le sépulcre et le fera descendre aux enfers, pour en tirer les captifs. C'est l'amour enfin qui le constitue prisonnier dans la maison du Grand-Prêtre, afin de rompre les chaînes de tous les pécheurs dont il prend la place, et de sanctifier les liens des martyrs et de tous les membres de son corps mystique qui souffrent persécution pour la justice.

Ô prisonnier des prisonniers ! Ô prisonnier d'amour ! Enfermez avec vous tous mes sens et toutes les puissances de mon âme. Ah ! Seigneur, vous qui donnez des bornes à la mer, et qui renfermez ses vagues comme dans une prison, serrez les affections déréglées de mon cœur, arrêtez l'impétuosité des passions qui s'élèvent comme des flots dans cet abîme, et ne permettez pas que mes désirs sortent jamais des bornes du respect et de la soumission que je dois à vos volontés saintes.

Écoutons ce divin prisonnier de l'amour : « Voici, dit-il, que vous avez éloigné de moi tous mes amis ; ils m'ont traité comme un objet d'exécration ; vous m'avez mis dans une prison étroite d'où je ne puis sortir ». (Ps. 83).

Ô mon âme, allons le visiter ! Ne le laissons pas seul dans l'erreur des ténèbres et sous la pesanteur de ses chaînes. Allons le consoler en esprit dans sa captivité. La pensée va partout, malgré les geôliers. L'amour divin force les portes de fer, et il n'est rien d'impénétrable à qui cherche son Dieu avec un cœur sincère.

Voyez avec les yeux de l'âme le beau visage de votre Epoux obscurci par les ténèbres d'un cachot que le soleil n'éclaire jamais. Considérez combien il souffre de la puanteur insupportable de ce cachot étroit et infect, comme tout son corps est accablé sous la pesanteur de ses fers et les mille incommodités d'un séjour qui redouble la douleur de ses blessures.

Ô triste nuit inconnue à tous les siècles ! Il n'y a, dit saint Jérôme, que le jour du jugement qui puisse nous apprendre le martyre qu'elle a fait endurer à notre Sauveur.

Seigneur Jésus, vous aviez coutume de passer les nuits à prier, ou à exercer votre charitable apostolat, ou à prendre un peu de repos nécessaire à votre vie. Mais, cette nuit-là, vous l'avez passée uniquement à souffrir, afin de confondre la paresse, la volupté et les désordres de tant de nuits, que les mondains emploient à vous offenser. Je vous demande pardon de ma lâcheté, et je vous supplie de régler si bien mes veilles et mon repos, que je puisse passer heureusement de la nuit de ce misérable monde, qui n'est qu'une prison pour vos élus, au jour des heureux de l'éternité.

 

Pratique : Visiter ou assister par des aumônes les prisonniers, en souvenir des souffrances de Jésus captif.

Bouquet spirituel : « J'étais prisonnier, et vous ne m'avez pas visité ! »

 

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06 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Reniement de Saint Pierre 2

 

Septième jour

7 Avril

 

Chute de saint Pierre

 

Prélude : Pierre renie son Maître qui le regarde avec une tendre commisération.

 

Méditation

 

La présomption et l'orgueil secret de cet Apôtre furent le commencement de sa ruine. Il se fiait en ses propres forces ; elles lui firent défaut. Jésus l'avait averti le soir de veiller pour obtenir le secours du ciel : il l'avait menacé d'une honteuse chute. Mais, il néglige cet avertissement et oublie les paroles de son Maître. Il trouve alors comme un tempérament entre son amour pour Jésus et la crainte que lui inspirent les ennemis du Sauveur. Il le suit, mais de loin, avec une langueur pleine de lâcheté et une froideur que symbolise le froid de cette nuit fatale.

L'occasion prochaine où il se jette et la mauvaise compagnie où il s'engage achèvent de le perdre. Ce téméraire a trop présumé de sa vertu, il tombe dans l'abîme et périt dans le danger auquel il s'est exposé. Comment périt-il ? Suivons les degrés de sa chute, ils sont instructifs et nous donnent de précieuses leçons.

Une servante vient à lui et lui dit : « Tu étais aussi avec Jésus de Nazareth ». Pierre, qui se croyait un lion, tremble à la voix d’une servante, et répond : « Femme, je ne le connais point ». Quoi ! Pierre, toi, le chef de ses disciples, tu ne connais pas le Maître ! Autrefois, tu disais : « Seigneur, où irons-nous, si nous vous quittons, vous qui avez les paroles de la vie éternelle ? » Et maintenant, tu le quittes, te le renies, tu renonces à son amour, et pour aller où ?

Il sort, mais son trouble l'accompagne, et, la crainte d'être regardé comme criminel le ramène dans l'intérieur de la maison. Là, il trouve une nouvelle servante, second écueil qui est la cause d'une seconde chute encore plus dangereuse. Elle lui demande : « N'es-tu point de ceux-là ? » Et il nie pour la seconde fois, il ajoute même à son reniement un faux serment.

Une heure après, le combat recommence. Un de la troupe s'écrie qu'on le reconnaît à son langage et un autre parle de l'avoir vu au jardin des Oliviers. Alors Pierre, vaincu et tremblant, renie son Maître avec d'horribles imprécations.

Ces trois chutes successives et toujours plus graves nous rappellent qu'on ne tombe pas tout d'un coup au fond du précipice, et qu'il importe de se relever promptement, quand on est une fois tombé, de peur d'aller plus bas.

Pendant que Pierre se livrait à ses reniements, Jésus passa et entendit les imprécations de son Apôtre. Combien ces injures durent lui être sensibles ! Néanmoins il eut pitié de la faiblesse de Pierre, et il jeta sur lui un long regard. Oh ! combien ce regard son fut miséricordieux, généreux, charitable, puissant et doux ! Ô mon Jésus, ouvrez les yeux ainsi sur mon âme pécheresse !…

Ce regard de Jésus convertit l'Apôtre infidèle. Il se ressouvint de cette parole du Seigneur : « Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois », et il sortit pour pleurer amèrement son crime.

Apprenons à pleurer nos péchés avec des larmes semblables à celles que Pierre versa pour expier son infidélité.

Ces larmes furent tendres ; elles furent sincères et véritables ; elles sortaient d'un cœur blessé par l'amour ; elles ne cessaient de couler avec une amère violence. « Heureuses larmes, dit saint Léon, qui n'ont pas moins de vertu pour laver son péché que les eaux du Saint Baptême, avec cet avantage que le Baptême ne se réitère point ».

Saint Pierre, sortant de la maison de Caïphe, commença de pleurer, dit l'Evangéliste. Mais, ces larmes, il les continua jusqu'à la mort. Au rapport de saint Clément, en effet, toutes les fois qu'il entendait le chant du coq, Pierre s'agenouillait et versait des larmes si abondantes qu'elles creusèrent ses joues. Profitons de ce grand exemple, et commençons aujourd'hui à faire pénitence de nos péchés, pour ne plus l'interrompre jusqu'à la mort.

 

Pratique : Ne jamais se livrer à une joie immodérée, en se ressouvenant toujours des péchés que l'on a commis et qui doivent nous empêcher de nous réjouir d'une joie mélange.

Bouquet spirituel : Pierre sortit et pleura.

 

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05 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus chez Caïphe 2

 

Sixième jour

6 Avril

 

Chez Caïphe

 

Prélude : Jésus est debout. Le Grand-Prêtre l'interroge. Les soldats et la valetaille entourent Jésus.

 

Méditation

 

Le Grand-Prêtre entreprend de juger le Dieu dont il est le ministre. Il l'interroge sur ses disciples, sur sa doctrine, sur ses disciples, Jésus ne répond rien, il les aime trop pour en dire le mal que mériterait leur lâche abandon. Mais, il répond sur sa doctrine, disant : « J'ai parlé devant tout le monde, je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interrogez-vous ? Interrogez ceux qui m'ont écouté ; ils savent bien ce que j'ai dit ».

C'était bien là le langage de l'innocence et de la vérité, parlant par la bouche d'un Dieu. Ce ne fut pas l'avis d'un des valets de Caïphe, qui leva la main et couvrit le visage auguste du Sauveur d'un violent soufflet. Cette main était gantée de fer, et le bruit du soufflet retentit dans tout l'appartement, et le sang jaillit en abondance.

À cette atroce injure, Caïphe ne trouva rien à redire, et tous les assistants se livrèrent à des risées scandaleuses. Mais Jésus, toujours patient, toujours désireux de nous laisser l'exemple de la modération en toutes occasions, toujours bon, répartit avec douceur : « Si j'ai mal parlé, rends témoignage du mal. Mais, si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes- tu ? »

Cependant, les Princes des Prêtres et toute l'assemblée étaient en peine de chercher quelque faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir. Le Fils de Dieu était là au milieu d'eux, lui, le Juge des vivants et des morts, assujetti au tribunal des plus méchants juges de la terce. Telle est d'ailleurs l'innocence de ce Juste, que ces mauvais juges ne trouvent pas de faux témoins. Ceux qui se présentent se réfutent par leurs propres dires. Jésus se taisait.

Irrité de son silence, Caïphe adjure, au nom du Dieu vivant, Jésus, de lui dire s'il est le Christ fils de Dieu. Par respect pour le nom de son Père, le Sauveur répond : « Vous l'avez dit ». Alors, se livrant à sa fureur déicide, le Grand-Prêtre déchire ses vêtements, accuse Jésus de blasphème, et tous les assistants criaient : « Il est digne de mort ! »

Jusque-là, on avait gardé quelque forme de justice apparente. Mais, une fois le crime résolu, ces sacrilèges se livrent à toute leur rage. Ils lui crachent au visage. Ils se moquent de lui. Ils le frappent. Ils lui bandent les yeux, et, lui donnant des coups sur le visage, ils lui disent : « Prophétise qui est celui qui t'a frappé ! ». Ils profèrent mille blasphèmes contre le doux Sauveur.

Les insultes que le Fils de Dieu subit, dans cette nuit, ne lui furent pas moins sensibles que ses tourments. Ce bandeau, ces soufflets, ces blasphèmes, achevèrent son humiliation. Ô bonté de mon Maître ! Il porte le bandeau sur les yeux pour nous encourager. Il semble vouloir nous assurer qu'il ne veut plus voir nos péchés et qu'il oublie volontiers toutes les offenses que nous avons commises, pourvu que nous n'abusions plus désormais de ses faveurs.

 

Pratique : Se taire devant les injures, par imitation du silence de Jésus chez Caïphe.

Bouquet spirituel : « Jésus se taisait ».

 

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