05 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Sixième jour

Sur la peine qu'on ressent en purgatoire, par la vue des péchés qu'on a donné occasion de commettre

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

C'est une satisfaction bien douce, aimable Jésus, pour les Saints, qui ont imité Votre zèle, de voir dans le Ciel des âmes qui leur sont redevables de la félicité qu'elles goûtent. Qu'il est consolant d'avoir travaillé à Vous gagner des cœurs, quand on sait combien Vous désirez d'allumer le feu de Votre Amour sur la terre ; mais qu'il est douloureux de penser qu'on a contribué à renverser Votre Empire, et à perdre les âmes qui ont coûté tout Votre Sang. Voilà Seigneur une des peines qui se font sentir dans le Purgatoire. Aidez-moi à la bien comprendre, et ne permettez pas que j'en fasse l'expérience dans ce lieu de douleur.

I. Une âme juste, qui Vous connaît et Vous aime, ô mon Dieu, comme on le fait dans la vie future, souffre un tourment bien rigoureux en voyant les iniquités qui la séparent de Vous. Elle souffre peut-être plus encore, en considérant les péchés qu'elle a fait commettre aux autres, parce que l'amour du prochain, se réunissant à l'amour qu'elle a pour Vous, augmente sa douleur, « O mon Dieu ! s'écrie-t-elle, si je n'avais offensé que Vous, je pourrais adoucir mes regrets en pensant que ces flammes me purifient de mes fautes; mais comment pourrais-je réparer le mal que j'ai fait à mes frères par mes mauvais exemples et mes conseils ? Je devais les porter au bien ; Vous m'aviez commandé de les aimer comme Vous nous avez aimés Vous-même; Vous, Seigneur, qui n'avez pas cru en faire trop, en descendant du Ciel et en donnant Votre Vie pour nous procurer le Salut. Mais au lieu de les sauver, j'ai travaillé à leur perte. C'est en marchant sur mes traces et en écoutant mes paroles, qu'ils se sont éloignés de Vous ». Mon Dieu ! dira cette personne chargée par état de veiller sur les âmes que la Providence avait confiées à sa garde : « Vous m'aviez donné des enfants, des serviteurs, des élèves. C'étaient là de précieux dépôts dont je n'ignorais pas que je devais un jour Vous rendre compte, et j'ai négligé d'en prendre soin. Mon peu de vigilance sur leur conduite, mon peu de zèle pour les instruire et les porter au bien, a été la cause de leurs chutes : j'ai laissé périr sans culture ces plantes que Vous aviez arrosées de Votre Précieux Sang. Si un grand prince m'avait confié l'éducation de ses enfants, je n'aurais rien négligé pour m'acquitter dignement d'un emploi si honorable. Vous êtes le Père de ceux dont Vous m'aviez promis de regarder comme fait à Vous-même tout ce que je ferais pour eux, et de récompenser mes efforts par une gloire éternelle. Que je suis coupable d'avoir si mal répondu aux vues de Votre Amour ! » Je plains, ô mon Dieu, le sort de ceux qui sont livrés à ces remords déchirants dans le Purgatoire; je Vous supplie d'exercer sur eux Votre Clémence, et de leur donner la paix et le repos. Mais ne pourrais-je pas m'adresser à moi-même de semblables reproches, et n'ai-je pas bien sujet de craindre les rigueurs de Votre Justice, si je ne profite pas des lumières que Votre Bonté me donne en ce moment ? Pardon, Seigneur, de tant de scandales et d'omissions dont je me suis rendu coupable ; aidez-moi à les expier par mon repentir, et à réparer le tort que j'ai fait à Votre Gloire, en m'appliquant avec zèle à procurer le salut de mon prochain.

II. Je n'ai pas encore compris, ô mon Dieu! tout ce qu'il y a de pénible dans les regrets d'une âme qui gémit en purgatoire, sur les péchés dont elle a été la cause. La vue des maux que ces fautes ont attirés sur ceux qui les ont commises, est encore pour elle un tourment bien digne d'exciter notre compassion. Pour qui cette âme a-t-elle été une occasion de scandale et de chute ? Pour des frères, des sœurs, des amis ou des parents chéris, qui sont peut-être avec elle dans ce séjour d'expiation. Elle voit leurs souffrances, elle entend leurs plaintes ; combien elle doit souffrir elle-même en songeant qu'elle est la cause de leurs douleurs ! Mais si le scandale avait été donné dans une matière importante, si l'âme, qui l'a reçu, avait été précipitée dans un abîme éternel ! O mon Dieu ! je m'arrête et je frémis à cette pensée déchirante ; il n'est pas possible de concevoir et d'exprimer tout ce qu'il y a d'amer dans ce reproche de la conscience : « J'ai perdu une âme, elle criera éternellement vengeance contre moi, dans l'enfer ». Il y a encore sur la terre des amis, des frères vivants que l'on a portés au mal; ils continuent de suivre les exemples de cette âme ; elle sait qu'ils offensent Dieu, qu'ils sont en danger de se perdre ; elle sent qu'elle est l'auteur de tous ces maux ; et elle ne peut plus les arrêter.

Prière

Ah ! Seigneur, je conçois maintenant que mes offenses ne sont pas les seules qui doivent exciter mes craintes, et qu'on ne saurait répandre trop de larmes, quand on a eu le malheur de porter les autres à pécher. Je l'ai eu ce malheur, et je le déplore en Votre Présence ; mais je vais commencer une vie nouvelle avec le secours de Votre Grâce. Je m'efforcerai par mes paroles et par mes exemples de porter mes frères à Vous servir ; je veillerai avec plus de soin sur les âmes que Votre Providence à confiées à ma sollicitude, et je Vous demanderai souvent pour elles et pour moi le pardon et les grâces dont nous avons besoin. Bénissez mes résolutions, Divin Jésus ; faites passer dans mon cœur, pour les rendre efficaces, une partie du zèle qui consume le Vôtre, et recevez, pour la délivrance des âmes que Votre Justice retient captives, toutes les œuvres de Charité que je pourrai embrasser. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mous des Ames du Purgatoire.

 

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04 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Cinquième jour

Sur la peine que les âmes du purgatoire endurent par la vue de leurs péchés

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Aimable Sauveur, qui avez bien voulu Vous charger des péchés du monde et tomber en Agonie sous ce poids terrible, faites-moi comprendre la douleur d'une âme qui n'a pas voulu se purifier ici-bas en unissant sa contrition à la Vôtre, et qui est obligée de pleurer ses fautes dans le séjour de l'expiation. Cette vue sera bien propre à me faire sentir la nécessité de satisfaire maintenant à Votre Justice, et de nourrir en moi l'esprit de componction et de mortification.

I. Quelle peine n'ai-je pas ressentie, ô mon Père ! Ô mon Dieu, dans certains moments où la lumière de Votre grâce me montrait plus à découvert les souillures de mon âme; où je pénétrais mieux la multitude et l'énormité de mes fautes; où je sentais combien il est amer d'avoir péché contre Vous ! Cependant je ne connaissais que bien faiblement toute la profondeur de mes plaies, et l'étendue de mes misères. Quelle sera donc, dans le Purgatoire, la douleur d'une âme qui, éclairée par la lumière de Votre Justice, se verra couverte de toutes les infidélités qu'elle aura commises, quand elle en pénétrera toutes les circonstances, et qu'elle en sentira toute l'amertume, sans pouvoir en détourner sa pensée un seul instant ? Au milieu d'une chaleur brûlante, un homme se trouve enveloppé d'un manteau dont la pesanteur l'accable, et il lui est impossible de s'en décharger. Si une multitude d'insectes sont renfermés dans ce manteau, s'ils dévorent, s'ils tourmentent sans relâche par leurs piqûres le malheureux qui en est revêtu, que de douleurs n'éprouvera-t-il pas ?... Si la honte se joint encore à ce supplice ; si le manteau est sale et déchiré, les lambeaux, les taches multipliées, qu'on aperçoit sur ce vêtement, ne peuvent que doubler sa peine; c'est en présence d'une compagnie respectable qu'il paraît dans un état aussi humiliant : n'est-ce pas là, Seigneur, une figure imparfaite de l'état d'une âme accablée, dans le Purgatoire, par la vue de ses péchés ?.... Oh ! qu'il est pesant ce manteau d'iniquités dont elle est chargée !.... Quelle confusion ne ressent-elle pas d'être aperçue par Vos divins regards et par toute la Cour Céleste sous ce vêtement d'ignominie ! Toutes ses fautes sont autant de vers rongeurs qui la déchirent et ne lui laissent point de repos. Que nous serions insensibles, ô mon Dieu, si nous ne cherchions pas à soulager les âmes placées dans une position si douloureuse ! Mais que nous sommes aveugles de songer si peu nous-mêmes aux moyens de satisfaire à Votre Justice. Nous nous empressons d'éviter tout ce qui déplaît à nos sens : les incommodités des saisons, une légère souffrance, quelques contradictions dans nos goûts, suffisent bien souvent pour exciter nos plaintes et nos murmures ; nous ne les endurons qu'avec peine ; nous mettons tout en œuvre pour nous les épargner. Et nous oublions que c'est Votre Miséricorde qui nous frappe en ce monde, pour nous éviter dans l'autre les coups de votre rigueur. Ranimez notre foi, Seigneur, daignez former en nous l'esprit de pénitence, et pénétrez bien nos cœurs de la douleur de nos fautes, afin que nous ne soyons pas accablés dans la vie future par ce redoutable fardeau.

II. Éclairez-moi de plus en plus, ô mon Dieu, et faites-moi connaître les sentiments d'une âme, à la vue des péchés qui la retiennent éloignée de Vous; afin que je compatisse à ses peines, et que je m'épargne à moi-même de semblables regrets. Je considère dans le Purgatoire un pécheur que Votre Miséricorde a longtemps supporté sur la terre, et qui s'est enfin repenti de ses iniquités. Vous lui avez remis la peine éternelle qui était due à ses crimes; Vous lui avez rendu Votre Amour; mais il a donné peu de temps à la pénitence; il ne l'a pas embrassée avec assez d'ardeur, et Votre Justice doit être satisfaite dans l'autre vie. Le voilà donc rendu à lui-même, séparé de tous les objets qui pouvaient partager ses pensées, et lui faire perdre le souvenir de ses honteux déréglements. Il repasse dans son esprit cette longue suite d'ingratitudes, par lesquelles il semblait chercher à lasser Votre patience : tant de préceptes violés, tant de remords étouffés, tant d'actions, de paroles, de pensées, de désirs coupables, qui doivent attirer sur lui le poids de Votre indignation C'est alors qu'il comprend l'étendue de cette Miséricorde que Vous aviez exercée à l'heureuse époque de sa conversion. Comme il se reproche de l'avoir si aisément perdue de vue, d'avoir cessé de gémir sur des fautes dont Votre bonté devait lui faire mieux comprendre la malice, de n'avoir pas fait une pénitence assez généreuse, pour répondre à Votre Amour et se purifier entièrement ! Je considère encore une âme juste, qui a eu le bonheur de conserver Votre grâce; mais qui a souvent contristé Votre Esprit Saint par de légères infidélités. Plus cette âme est pure, plus elle a d'amour pour Vous, ô Dieu infiniment Saint ! Plus aussi elle a horreur des moindres taches qu'elle aperçoit en elle, plus elle a de douleur de ne pas avoir eu soin de les éviter, ou de les faire disparaître, dans le temps où elle le pouvait si aisément. Elle se dit à elle-même avec amertume : « Si j'avais obéi à mon Dieu dans cette occasion où il m'en coûtait si peu, si je ne lui avais pas refusé ce sacrifice, cette parole, si j'avais gagné cette indulgence, je ne serais pas à présent séparée de Lui. Je ne me verrais pas couverte de ces taches honteuses qui lui déplaisent, et je goûterais avec les Saints les délices de Son Amour ». Regrets inutiles: les larmes ne purifient plus quand on a laissé passer le temps de la Miséricorde; il faut que cette âme affligée demeure chargée du poids de ses offenses, sans pouvoir les effacer par ses soupirs.

Prière

Mon Dieu, qui me donnez la grâce de prévoir ces châtiments, accordez-moi encore celle de les éviter par une fidélité sans borne et une pénitence sévère. La charité couvre la multitude des péchés ; je veux donc Vous aimer beaucoup, afin que vous puissiez me remettre beaucoup de fautes; marcher avec courage dans les voies de la mortification; conserver dans mon cœur la douleur de Vous avoir déplu, et recourir souvent à Votre Miséricorde, pour obtenir mon pardon et celui des âmes qui ne peuvent plus Vous fléchir. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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03 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Quatrième jour

Sur la peine que les âmes du purgatoire endurent, par la privation de la vue de Dieu

 

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Ce n'est pas assez pour moi, ô mon Dieu! d'avoir considéré en général les souffrances des âmes que votre justice retient dans le purgatoire. Je dois les approfondir, les méditer en particulier, afin de mieux comprendre la grandeur de leurs peines, et de pénétrer plus profondément mon âme des sentiments que la foi doit y exciter.

I. Je me transporte, ô mon Dieu, au moment où une âme sort de ce monde, pour paraître devant Votre redoutable Tribunal. Un grand spectacle, selon l'expression de Saint Ambroise, s'offre alors à ses regards : Vous Vous découvrez à elle avec toutes Vos perfections adorables; elle Vous voit dans la splendeur de Votre Gloire, de Votre Puissance, de Votre Beauté; elle est comme investie par l'éclat de Votre Majesté infinie, et ressent pour Vous un amour que nous ne pouvons ni comprendre, ni exprimer. Elle entend les Anges qui chantent Vos louanges, elle voit toute la Cour Céleste qui Vous adore, et met son bonheur à Vous posséder. Elle voudrait se réunir à ces esprits bienheureux, s'élancer dans Votre sein pour être à jamais unie à Vous, et voilà que Vous la repoussez par cette terrible parole: « Retire-toi de moi ». O mon Dieu ! Il faudrait connaître, comme cette âme, Vos amabilités infinies, l'amour qu'elle a pour Vous, le désir qu'elle ressent de Vous posséder, pour concevoir ce qu'elle souffre en entendant cette terrible sentence : « Retire-toi de moi ». Quelle serait la douleur d'un enfant éloigné d'un père tendrement chéri, si, au moment où il le revoit après une longue absence, au moment où il veut se précipiter dans ses bras, et se livrer à l'effusion de sa tendresse, ce père le repoussait avec indignation au lieu de recevoir ses embrassements ! faible image de la douleur d'une âme, qui reconnaît en Dieu son Père, son Créateur, son Rédempteur, son bienfaiteur, qui se précipite vers Lui, et se sent retenue par ces mots sévères : « Retire-toi de moi ». Toujours quelque chose qui nous fait dire avec saint Augustin : « Vous n'êtes pas mon Dieu ». Hélas, Seigneur, j'ai bien mérité de l'entendre cette redoutable condamnation : mes infidélités, mon peu d'ardeur pour me purifier de mes fautes, et m'unir à Vous dans cette vie, me rendent bien digne d'être séparé de Vous après ma mort. Mais je suis encore par Votre bonté dans le Règne de la Miséricorde, et je vais dès ce moment m'efforcer de réparer mes pertes, en Vous aimant de toutes mes forces, en Vous servant avec plus de générosité, et en faisant pénitence de tout ce qui a pu Vous déplaire en moi.

II. J'accompagne en esprit dans le purgatoire, ô mon Dieu, l'âme que Votre Justice y a précipitée. L'amour qu'elle a pour Vous a fait son tourment lorsque Vous l'avez repoussée ; c'est encore cet amour qui cause sa douleur la plus vive, tant qu'elle se voit éloignée de Vous. Nous l'éprouvons déjà dans ce monde : notre cœur est fait pour Vous et il n'y a que Vous qui puissiez le rendre heureux. Quels que soient les objets auxquels ce cœur s'attache, ils ne peuvent jamais nous satisfaire, et nous sentons toujours quelque chose qui nous fait dire avec Saint Augustin : « Vous n'êtes pas mon Dieu ». Mais, cette âme entrée dans la vie future le comprend bien autrement que nous ne pouvons le faire : le voile, qui vous cache à nos regards, ne subsiste plus pour elle ; les créatures ne viennent plus la distraire, et, dans la soif qui la dévore, elle voudrait avoir, non pas deux ailes, mais un million d'ailes pour s'élever jusqu'à vous. « O mon Dieu ! s'écrie-t-elle, c'est à présent que je sens que je suis faite pour Vous aimer, et que je ne puis trouver de repos qu'en Vous. Vous êtes le centre de toutes mes affections ; je Vous aime de tout mon cœur, et je brûle du désir d'être unie à Vous ». Mais comment recevez-vous, Seigneur, les vœux de cette pauvre âme qui soupire après vous avec tant d'ardeur ?.... « Ce n'est pas le moment, répondez-Vous, de me prouver que tu M'aimes, il fallait le dire et surtout le montrer lorsque tu étais sur la terre. Tu me disais bien au pied des autels: « Mon Dieu, je Vous aime de tout mon cœur »; mais tes paroles étaient bientôt démenties par ta conduite. Me montrais-tu ton amour, lorsque tu perdais si aisément de vue Ma présence; lorsque tu te livrais à la dissipation, à la vanité, à la sensualité; que tu méprisais Mes inspirations et Mes grâces. Tu n'as pas voulu répondre aux invitations de Ma tendresse, et maintenant Je serai sourd à tes désirs, jusqu'à ce que tu aies expié tes infidélités dans ce lieu de souffrances ». Quel tourment, Seigneur ! Vous connaître, Vous aimer, ne penser qu'à Vous, s'élancer continuellement vers Vous, se voir toujours repoussé, et savoir qu'on s'est attiré soi-même une punition si douloureuse, parce qu'on n'a pas voulu répondre à Votre Amour !

Prière

O Divin Jésus, exercez Votre Miséricorde infinie sur ces âmes affligées qui Vous désirent, et donnez-leur la paix et le bonheur qu'elles ne peuvent trouver que dans Votre sein; faites-moi aussi sentir les effets de votre bonté, et ne permettez pas que ces considérations me soient inutiles. Accordez-moi la grâce de Vous aimer avec ardeur; de le dire souvent avec un cœur sincère, de Vous le prouver encore plus par mes œuvres et mes sacrifices, afin que je puisse toujours demeurer uni à Vous, et n'être séparé de Vous ni ici-bas, ni dans l'éternité. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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02 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Troisième jour

Sur la cause des souffrances qu'on endure en purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Après avoir médité, ô mon Dieu, sur la rigueur des souffrances qu'on éprouve dans le Purgatoire, il est important pour moi de méditer sur les causes qui ont attiré un si grand malheur sur les pauvres âmes qui y sont détenues : je trouverai dans cette méditation un nouveau motif de venir à leur secours et de me préserver moi-même d'une pénitence aussi sévère dans l'autre vie.

I. Qui sont ceux qui vont en purgatoire ? L'Eglise nous y montre d'abord des pécheurs infiniment coupables, qui ont passé leur vie dans le crime et le désordre; qui ont abusé de tous les dons de Dieu, résisté à toutes ses grâces, lutté contre tous les assauts que Votre Bonté infinie, ô mon Dieu ! livrait à leur cœur, pour les toucher; cependant, par l'effet d'une Miséricorde incompréhensible, à la prière d'une mère tendre, d'une épouse pleine de foi, d'un enfant paré de toutes les richesses de la grâce et de l'innocence, ce pécheur est rentré en lui-même au moment de la mort, ou sur le déclin de la vie; il a compris tout ce qu'il y avait de coupable dans son obstination dans le mal, il a compris tout ce qu'il y avait de déraisonnable et d'imprudent à paraître au tribunal de Jésus-Christ, couvert de crimes; il a fait une bonne confession; il s'est converti sincèrement, et il est mort dans ces heureuses dispositions. Mais est-il juste que ce pécheur soit admis tout de suite parmi les Saints ? Non, mon Dieu ! Vous devez à Votre Sainteté, à Votre Sagesse, à Votre Justice, de mettre une différence entre l'âme fidèle et ce pécheur si longtemps obstiné; il a mérité l'enfer mille fois et peut-être un million de fois, par les péchés mortels dont il s'est rendu coupable; sa vie n'a été qu'une longue suite d'iniquités; il n'a pas accompli le précepte de la pénitence sur la terre, il faut qu'il l'accomplisse après la mort; il faut que cette pénitence soit proportionnée au nombre et à l'énormité de ses crimes; il faut qu'elle soit une compensation ou du moins une commutation des peines de l'enfer; dès lors je ne dois plus m'étonner de la rigueur des peines qu'il endure et de la longueur du temps qu'il restera en purgatoire. Mais que cette pensée est effrayante pour moi, ô mon Dieu, qu'elle est propre à me toucher, à m'inspirer une salutaire compassion pour tant de personnes qui m'intéressent et qui ne se sont converties qu'au moment de la mort; je me réjouissais de leur conversion et j'avais de justes raisons de le faire; mais je ne pensais pas assez aux flammes purifiantes où elles gémissent et où elles gémiront encore longtemps.

II. Parmi les pécheurs qui sont dans le purgatoire, il en est qui sont moins coupables sans doute, mais dont la punition est cependant aussi sévère. C'étaient des âmes faibles et inconstantes dans le bien, dont la vie était une alternative continuelle de vices et de vertus, de conversions et de rechutes. Le temps de Pâques, du jubilé, d'une retraite, les trouvait disposés à tout faire pour vous, ô mon Dieu, à tout sacrifier pour remplir leurs devoirs; mais bientôt après la dissipation les entraînait, les passions les subjuguaient de nouveau, les habitudes reprenaient leurs cours, et l'iniquité devenait pour ainsi dire leur élément. Hélas ! Seigneur ! que de bonté Vous avez eue pour eux en les poursuivant ! que de patience vous avez exercée en les attendant ! quel malheur si vous les aviez appelés à Votre tribunal pendant qu'ils étaient loin de Vous ! Mais non, ô Dieu de Miséricorde ! Vous avez compati à leurs faiblesses, Vous avez eu égard aux bonnes œuvres qu'ils ont faites, aux bons exemples qu'ils ont donnés, au repentir qu'ils ont éprouvé et manifesté au déclin de la vie et surtout au moment de la mort; ils ont reçu tous les Sacrements dans de saintes dispositions, Vous leur avez pardonné; mais ils n'ont pas fait pénitence. Les bonnes œuvres qu'ils ont faites ont servi à obtenir leur conversion; mais la plupart n'en a retiré aucun mérite pour le Ciel, parce qu'elles n'ont pas été faites en état de grâce. C'est donc aussi dans le Purgatoire que ces pécheurs vont achever leur pénitence; n'eussent-ils commis qu'un seul péché mortel, qu'elle devrait être longue cette pénitence ! qu'elle devrait être sévère, puisqu'ils ont.mérité de la subir éternellement. C'est encore en tremblant, ô mon Dieu, que j'entends prononcer cet arrêt, parce que je crains d'y trouver ma propre condamnation : daignez avoir pitié de moi et des âmes coupables qui sont déjà entre les mains de votre justice.

III. Mais que vois-je, ô mon Dieu ! Parmi les âmes qui sont dans le Purgatoire, il en est qui Vous ont servi constamment avec fidélité; il en est qui n'ont jamais souillé par le péché mortel la robe d'innocence qu'elles avaient reçue au baptême, ou qui du moins n'ont jamais persévéré dans ce malheureux état; il en est qui se sont consacrés à vous par des vœux héroïques Oh ! C'est ici que ma foi est déconcertée, et que ma conscience est plus troublée ! J'ai besoin de me rappeler Votre Bonté infinie, ô mon Dieu, l'union étroite que Vous voulez contracter avec vos élus, l'invitation que Vous leur ferez de partager Votre Gloire, Vos perfections infinies, pour comprendre que Votre sévérité est toujours dictée par Votre Justice. J'ai besoin de me rappeler qu'il est impossible que rien de souillé et d'imparfait puisse entrer dans l'essence divine. Je considère donc de plus près la robe nuptiale dont ces âmes sont revêtues, et je la vois couverte d'une infinité de petites taches qui en ternissent l'éclat et la beauté; je comprends alors, ô mon Dieu, que ces taches n'ayant point été consumées par le Feu de la Charité, elles doivent l'être par les flammes du Purgatoire. Je comprends que si ces taches paraissent peu considérables à nos yeux, c'est que nous n'avons pas une assez haute idée de Votre Sainteté.... C'est le nombre de ces taches, Seigneur, qui provoque Votre sévérité, c'est l'abondance des lumières et des moyens de sanctification que Vous avez accordés à ces âmes, et dont elles n'ont pas profité, qui les rend plus coupables. Il n'est donc personne qui puisse espérer d'échapper à cette purification douloureuse qui nous est préparée dans le Purgatoire; personne qui ne doive craindre... Dans quelle classe de pécheurs dois-je me mettre, ô mon Dieu ! C'est à ma conscience à répondre.

 

Résolutions et prière

 

Puisque je puis encore me soustraire aux souffrances du purgatoire, ou du moins en diminuer la durée ou l'intensité, je vais m'appliquer, ô mon Dieu, à mener une vie plus mortifiée, plus humble et plus pénitente. Je vais nourrir dans mon cœur le feu de Votre Divin Amour et l'alimenter à chaque instant par des sacrifices; je vais m'appliquer à supporter avec plus de patience les contradictions, les maladies, les privations auxquelles je serai assujetti malgré moi; je vais m'imposer des pénitences volontaires, qui me fassent expier les satisfactions criminelles auxquelles je me serai abandonné; je vais multiplier le nombre de mes bonnes œuvres, pour apaiser votre justice et obtenir grâce pour les âmes du purgatoire et pour moi. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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01 novembre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Deuxième jour

Fête des Défunts

 

Sur les souffrances du Purgatoire en général

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

 

Corps de l'oraison

 

Hier, ô mon Dieu! j'ai médité sur le bonheur du Ciel. Oh ! qu'il m'en coûte de quitter la contemplation de ce séjour de gloire, de consolation et de bonheur, dont le souvenir est si propre à nous encourager; mais je dois obéir à Votre Église qui veut que je m'occupe aujourd'hui des âmes souffrantes du Purgatoire. Je Vous bénis, ô Jésus ! Chef Adorable de l'Église, et Vous remercie d'avoir établi, entre les membres qui la composent dans le Ciel, dans le Purgatoire et sur la terre, ces liens de Charité que la mort ne saurait détruire. Nous nous réjouissons du bonheur de nos frères qui sont dans la gloire, ils Vous présentent nos vœux et nos prières, et demandent, pour nous et avec nous, les grâces dont nous avons besoin pour les imiter et pour obtenir la même récompense qu'eux. Vous voulez aussi que nous nous attendrissions sur le sort de ceux de nos frères qui n'ont point encore acquitté leurs dettes envers Votre redoutable justice, et que nous méditions sur la rigueur de leurs souffrances, pour nous exciter à les soulager et à éviter nous-mêmes de semblables malheurs. J'entre ô mon Sauveur ! dans les vues de Votre Miséricorde, et je viens d'abord méditer, en Votre adorable présence, sur la rigueur des souffrances qu'on endure dans le purgatoire.

I. Les souffrances qu'on endure en Purgatoire doivent être proportionnées à la grandeur de Dieu que le pécheur a offensé, à l'énormité et au nombre des péchés dont il s'est rendu coupable. Cette règle de justice est dans ma conscience, ô mon Dieu ! et c'est Vous-même qui l'y avez gravée pour me servir de guide et de juge Or, à ce titre, qu'elles doivent être redoutables les souffrances du Purgatoire, puisque Vous êtes infiniment grand, infiniment pariait, et que toute désobéissance envers Vous, ô Bonté suprême ! renferme un caractère de révolte, de désordre et d'ingratitude qui mérite un châtiment infini! Qui oserait dire, ô mon Dieu! qu'on n'est pas plus coupable, quand on outrage son roi, son bienfaiteur et son père, que lorsqu'on désobéit à un inférieur, à un étranger, à un inconnu dont les droits sont nuls ou incertains ? Mais n'êtes-vous pas, Seigneur, le plus grand de tous les rois, le plus généreux de tous les bienfaiteurs, le plus tendre de tous les pères ? Il n'est donc point de désobéissance, point de révolte, point d'outrage dont l'énormité puisse être comparée au crime dont le pécheur se rend coupable envers Votre infinie Majesté. Oui, il est infiniment coupable, et c'est pour cela sans doute que les peines de l'Enfer sont éternelles; car, si elles ne l'étaient pas, elles ne seraient pas proportionnées à l'injure que vous avez reçue Les peines du Purgatoire n'étant pas infinies dans leur durée, je dois craindre qu'elles ne soient infiniment plus rigoureuses dans leur intensité, même quand vous avez pardonné au pécheur, même quand Vous ne punissez en lui que des fautes légères. Mais ici je ne suis pas livré à de simples conjectures, j'ouvre les annales du monde, et je vois la femme de Loth changée en statue pour un simple regard de curiosité; je vois Moïse privé d'entrer dans la terre promise pour une faute d'impatience et de défiance; je vois David obligé de choisir entre trois fléaux terribles, en punition d'un mouvement de vanité; je vois Ananie et Saphire punis de mort pour un simple mensonge. Si vous punissez aussi sévèrement sous l'empire de la miséricorde, ô mon Sauveur ! que sera-ce donc quand nous n'aurons plus, à notre disposition, les mérites infinis de Votre Précieux Sang, quand nous serons dans cette prison, où il faudra payer jusqu'à la dernière obole?.... Dissipez, ô mon Dieu ! l'aveuglement dans lequel nous sommes plongés; faites-nous comprendre combien il est injuste et cruel envers lui-même, celui qui s'épargne dans cette vie, qui refuse de faire pénitence et s'expose à subir de pareils tourments

II. La raison éclairée par la foi suffit déjà pour m'inspirer des craintes; le langage des Prophètes, des Apôtres et des Docteurs de l'Église est-il propre à me rassurer sur la rigueur des souffrances qu'éprouvent les âmes du purgatoire ? Non, sans doute: tous m'annoncent qu'il faut faire pénitence dans les larmes, le jeûne, la cendre, le cilice. Le Saint Précurseur de Jésus-Christ et Jésus-Christ Lui-même, ont tenu le même langage; tous nous exhortent à faire des sacrifices d'expiation, de renoncement à nous-mêmes, de mortification des sens, sous peine de tomber entre les mains du Dieu vivant, selon la menace de l'Apôtre et de n'être sauvé qu'en passant par ce feu terrible et purifiant dont parle le même Apôtre, et qui doit distinguer, dans nos œuvres, celles qui ont été faites au nom de Jésus-Christ, ou celles qui n'ont été fondées que sur des motifs frivoles, que le vent dissipe comme la poussière ou que le feu consume comme la paille. J'interroge saint Cyprien, et il me dit: « Il vaut bien mieux expier ses péchés ici-bas, même par le martyre, que de remettre à le faire dans l'autre vie, dans cette prison terrible ou l'on paie à Dieu jusqu'aux plus petites fautes ». J'interroge saint Césaire d'Arles, et il me répond: « Que personne ne dise : Qu'importe le temps que je resterai dans le Purgatoire, pourvu que je parvienne à la gloire éternelle. Car, mes frères, le feu du Purgatoire sera plus insupportable que tous les tourments que l'on peut souffrir, ou même imaginer dans cette vie. Vous, qui trembleriez s'il vous fallait mettre un moment le bout du doigt sur des brasiers ardents, comment supporterez-vous celui du purgatoire pendant plusieurs jours, plusieurs mois, plusieurs années? » J'interroge saint Augustin, et il m'assure que les souffrances du purgatoire sont aussi cruelles qu'inouïes; il me dit que les tourments des Martyrs ne sont rien en comparaison de ceux du purgatoire. Saint Jérôme, saint Grégoire Pape, tous les Saints me tiennent le même langage. Saint Thomas, le théologien par excellence, l'oracle de son siècle et de tous les siècles; Saint Thomas ne craint pas de dire que les peines du purgatoire sont les mêmes que celles de l'enfer, et qu'elles n'en diffèrent que par la durée. Quelle serait donc, ô mon Dieu ! la disposition d'une âme qui aurait la possibilité d'échapper un instant à votre justice ? avec quel empressement elle viendrait faire pénitence dans cette vie ! Il n'est aucune austérité qu'elle ne fût disposée à embrasser, aucun sacrifice qu'elle ne fût prête à faire, pour se délivrer de la pénitence redoutable qui lui est imposée dans le Purgatoire. Comment après cela, ô mon Dieu! ne suis-je pas résolu à secourir ces pauvres âmes ? Me fussent-elles inconnues, un sentiment de commisération devrait me toucher; hélas ! je me pique d'avoir le cœur sensible et compatissant pour ceux qui souffrent; quelle compassion ne dois-je pas avoir pour des âmes aussi souffrantes ? Quand mes parents et mes amis sont plongés dans la tristesse et la douleur, mon intérêt redouble, et il n'est rien que je ne fasse pour leur procurer du soulagement; mais c'est souvent en vain que je m'agite et que je m'afflige; Votre Justice et quelquefois Votre Miséricorde ne veulent pas que nos vœux soient exaucés: Vous faites souffrir le corps pour sauver l'âme. Il n'en est pas ainsi des personnes qui souffrent dans le Purgatoire: je suis assuré de les secourir efficacement, et je veux le faire, ô mon Dieu ! par tous les moyens que Vous mettez à ma disposition, par la prière, par le Saint Sacrifice de la Messe, la Sainte Communion, l'aumône, le jeûne, les indulgences, etc. Je le ferai souvent, mais plus particulièrement pendant ce mois.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises le 31 Octobre.

 

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31 octobre 2012

Le Mois des Ames du Purgatoire

Le Mois des Ames du Purgatoire

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Premier jour

Jour de la Fête de Tous les Saints

 

Le bonheur du Ciel

 

Permettez, ô mon Dieu, que je m'élève aujourd'hui par la Foi au milieu des Esprits Bienheureux dont nous honorons la mémoire: Votre Bonté me destine à partager un jour la gloire des Saints; je dois donc considérer l'étendue de leur bonheur, afin de ranimer mon courage, et de les suivre avec ardeur dans le chemin qui les a conduits jusqu'à Vous. Qu'elle est immense, qu'elle est incompréhensible la récompense que Vous réservez à Vos élus! Si votre magnificence brille avec tant d'éclat dans les objets qui nous environnent, dans la vaste étendue des cieux, dans les rayons éblouissants du soleil, dans la douce clarté des astres pendant une nuit tranquille; quelle splendeur ne devez-Vous pas avoir déployée dans le séjour de vos récompenses, où nos iniquités ne mettront plus d'obstacles à Vos dons ? Non, Seigneur, tout ce que je vois, tout ce que j'admire autour de moi, n'est rien auprès de ce que j'espère, et de ce que les Saints, qui sont mes frères, possèdent déjà. Vous nous avez préparé, dans la Cité permanente, des biens qui surpassent infiniment tout ce que l'œil peut voir, tout ce que l'oreille peut entendre, tout ce que le cœur peut désirer (Cor. 2, 9). C'est Vous-même qui voulez être notre récompense; elle sera donc infinie dans son objet, éternelle dans sa durée.

I. La récompense des Saints sera infinie dans son objet. C'est quelque chose de bien grand, ô mon Dieu, que ce bonheur ineffable préparé dans le Ciel pour ceux qui Vous aiment ! La magnificence de ce beau séjour, la délivrance de tous les maux, la jouissance de tous les biens; la compagnie des Anges et des Saints, les charmes de leur conversation, la douce harmonie de leurs concerts, tout enfin se réunira pour inonder les élus d'un torrent de délices. Mais ce qui me touche infiniment davantage, ô Dieu de Bonté, ce que je ne puis me lasser de considérer dans le sentiment de ma reconnaissance, c'est que Vous y serez Vous-même notre récompense. Vous nous mettrez pour ainsi dire en possession de Vos perfections adorables: Vous nous ferez partager Votre Gloire, Votre Puissance, Votre Eternité. Il est vrai, Seigneur, Vous nous avez créés à Votre Image; mais cette image est maintenant bien imparfaite, bien dégradée, bien défigurée par le péché Au ciel, tout sera rétabli dans l'ordre, Vous retracerez de nouveau en nous Votre ressemblance, et c'est alors que s'accomplira la parole de l'Écriture: « J'ai dit: Vous êtes des dieux ». O Dieu éternel ! Dieu infini ! Se peut-il que vous vouliez être le partage de votre faible créature, vous unir, vous confondre en quelque sorte avec elle, afin de la rendre heureuse de votre propre bonheur! Mon âme soupire avec ardeur après le moment où elle verra se réaliser une si douce attente, et je me réjouis avec le Prophète dans l'espérance d'entrer un jour dans Votre Maison (Ps. 121). Alors je Vous louerai, je Vous adorerai; non plus, comme je l'ai fait souvent, avec un esprit dissipé et un cœur tiède, mais dans un transport éternel d'amour. Alors je Vous verrai; non plus, comme à présent, à travers les ombres de la Foi, mais à découvert, sans nuages, et dans toute la splendeur de Votre beauté. Alors surtout je Vous aimerai, je connaîtrai Vos amabilités infinies, l'excellence de Vos dons, la multitude de Vos bienfaits, et je publierai éternellement Vos Miséricordes dans l'assemblée des Saints.

II. Oui, la récompense des Saints sera éternelle dans sa durée. Dans le Ciel, ô mon Dieu, nous Vous posséderons réellement; ici-bas nous ne pouvons nous former une idée de la joie qui résulte de la douce assurance d'être unis à Vous pour toujours pour toujours ! Il n'y aura plus d'infidélités, plus de résistances à votre grâce; nous vous aimerons éternellement, sans partage, et vous régnerez à jamais en nous... Ah ! Seigneur ! Si les Saints ont éprouvé tant de consolations à s'entretenir avec Vous, lorsqu'ils étaient encore sur la terre; si un Saint Antoine, après avoir passé la nuit en prières, se plaignait au soleil de ce qu'il venait trop tôt interrompre une occupation si chère à son cœur; si j'ai goûté moi-même tant de douceurs, dans les moments où Votre Amour se faisait sentir à mon âme avec plus de force, que sera-ce lorsque nous vous posséderons et Vous contemplerons à découvert, dans l'éclat de Votre gloire, sans pouvoir jamais être séparés de Vous !.... Je méditerai souvent cette consolante pensée: « Dieu veut se donner à moi éternellement... » Puisque c'est pour toujours que Vous voulez être mon partage, c'est aussi pour toujours, sans interruption, sans inconstance, que je veux mettre mon bonheur à Vous servir et à Vous sacrifier tous mes penchants.

 

Prière

 

Mon Dieu, la mesure de l'amour que j'aurai pour Vous ici-bas, réglera l'étendue de mon bonheur et de mon amour dans la vie future. Faites-moi donc la grâce de Vous aimer sur la terre avec toute l'ardeur dont mon cœur peut être capable, et de commencer ce que je dois faire un jour avec les Bienheureux. Que je Vous loue, que je Vous connaisse, que je Vous aime comme les Saints; que je vive comme eux, que je meure comme eux, et que ma récompense soit de Vous posséder et de Vous bénir éternellement avec eux. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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30 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Trente-et-unième jour

Les cinq Mystères Glorieux

 

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Premier Mystère Glorieux : la Résurrection de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Qui est ressuscité pour nous ».

 

Représentez-vous Jésus ressuscitant par sa propre vertu, le troisième jour après sa mort, et sortant du tombeau tout rayonnant de gloire, pour nous associer à Son triomphe.

 

Fruit : Le changement de vie, c'est-à-dire, la résurrection spirituelle.

 

Élévation à Jésus : O Divin Rédempteur, dans un Mystère où Vous triomphez de tout, triomphez aussi de mon cœur, et ne permettez pas que je demeure dans le tombeau du péché. Sauveur adorable, faites un dernier effort de Bonté et de Miséricorde; fendez le rocher de mon cœur; les pierres mêmes ne Vous résistent pas. Parlez, Seigneur, et votre voix pénétrera au fond du tombeau, et m'élèvera, avec Vous, au-dessus de la corruption de mes vices, pour être un nouveau trophée de Votre Victoire.

 

Élévation à Marie : O Marie, la plus heureuse des mères, à la vue de Votre Divin Fils ressuscité, l'amertume de Votre Douleur a été changée en un sentiment de joie ineffable. A Dieu ne plaise que je veuille changer Votre joie en deuil et en tristesse ! Mais j'ai besoin de Votre secours, pour m'affermir dans les plus saintes résolutions; daignez donc m'obtenir la grâce de manifester en moi la vie glorieuse de Jésus-Christ, afin que ma conduite soit, aux yeux de tous, une image vivante et un témoignage solennel de Sa Résurrection. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Deuxième Mystère Glorieux : L'Ascension de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Qui est monté au Ciel ».

 

Représentez-vous Jésus-Christ accompagné de Ses disciples sur le Mont des Oliviers, les bénissant et s'élevant au Ciel en leur présence, porté sur une nuée qui le dérobe à leurs yeux, et après leur avoir dit: « Voici que Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles ».

 

Fruit: Le désir du ciel et le mépris dit monde.

 

Élévation à Jésus : O Divin Jésus qui êtes monté au ciel pour m'y préparer les grâces que Vous me réservez; accordez-les-moi et répandez sur moi avec profusion toute sorte de bénédictions spirituelles, afin qu'après avoir été ici-bas pur et saint en Votre présence, je puisse entrer aussi un jour dans les demeures éternelles et m'y asseoir sur un trône de gloire.

 

Élévation à Marie : O Marie, je suis voire enfant adoptif, et, en vertu de cette adoption, Votre Divin Fils est monté au Ciel pour m'y préparer une place; obtenez-moi la grâce de la mériter par l'ardeur de mes désirs, par la ferveur de mes prières et par l'innocence de ma vie, afin que je puisse un jour entrer en possession de ce céleste héritage. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Troisième Mystère Glorieux : La Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres

Ajoutez après « Jésus »: « Qui a envoyé le Saint-Esprit ».

 

Représentez-vous Jésus-Christ assis à la droite de son Père et envoyant, selon sa promesse, son Esprit-Saint qui descend et s'arrête sur chacun de ses Apôtres sous la forme de langue de feu. Rappelez-vous les effets que cette descente du Saint-Esprit produisit.

 

Fruit: Le recueillement et la pureté.

 

Élévation à Jésus : O Divin Sauveur, aimable Jésus, qui, pour mettre le dernier sceau à l'œuvre de notre rédemption, avez envoyé Votre Esprit-Saint pour éclairer, purifier et embraser nos âmes; faites-Le descendre au fond de mon cœur, avec toute la plénitude de ses dons et l'abondance de Ses grâces. O Esprit consolateur, Don du Très-Haut, Doigt de Dieu, Source de Lumière, renouvelez en moi les effets que Vous produisîtes dans les Apôtres.

 

Élévation à Marie : O Marie qui avez été remplie du Saint-Esprit avec les Apôtres et qui avez été digne de devenir Son plus beau sanctuaire, obtenez de Votre Divin Fils que je sois toujours docile aux inspirations de la grâce, afin de conserver toujours, comme un dépôt précieux, les dons et les fruits du Divin Esprit. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Quatrième Mystère Glorieux : L'Assomption de la sainte Vierge

Ajoutez après « Jésus »: « Qui Vous a élevée au Ciel ».

 

Représentez-vous la Sainte Vierge dans la maison du Disciple bien-aimé où Elle termina une vie céleste dans un transport du plus tendre amour divin, et fut retirée du tombeau par les Anges qui la portèrent dans les cieux.

 

Fruit: L'union avec Dieu.

 

Élévation à Jésus : O Jésus qui avez comblé de gloire Votre Sainte Mère lors de Son Assomption, préservez-moi de la corruption des vices, afin que mon âme épurée par votre grâce, s'élève dans le Ciel après ma mort et Vous glorifie éternellement.

 

Élévation à Marie : O Mère de Dieu, Chef-d'œuvre de la grâce, ornée des plus sublimes vertus pour être le Temple vivant de la divinité, le terme de Votre exil est arrivé. Votre Amour, comprimé par une si longue attente, a brisé, par un dernier effort, les liens du corps; et Votre âme affranchie s'est envolée dans les joies éternelles pour s'y reposer délicieusement au sein de la Divinité; obtenez-moi la grâce de me détacher de toutes les choses de la terre, et de n'avoir plus d'autre désir ici-bas que d'être réuni, dans le ciel, avec Vous, pendant toute l'éternité. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Cinquième Mystère Glorieux : Le Couronnement de Marie

Ajoutez après « Jésus »: « Qui Vous a couronnée dans le Ciel ».

 

Contemplez Marie élevée au-dessus de tous les Anges et de tous les Saints, sur un trône de gloire, et couronnée par Son Divin Fils comme Reine du Ciel et de la terre.

 

Fruit: La confiance en la sainte Vierge.

 

Élévation à Jésus : O Jésus, je Vous adore dans cette gloire ineffable à laquelle Vous avez associé Marie, et dont Vous avez mesuré la communication et l'étendue sur Votre puissance et Votre tendresse. La gloire dont Vous l'avez couronnée, comme Reine du Ciel et de la terre, était tout à la fois la récompense de Ses mérites, et le glorieux apanage de Sa Maternité Divine. O mon aimable Sauveur, rendez-moi digne d'entrer aussi en participation de la béatitude des cieux. Vous voulez des âmes de foi, livrées entièrement aux opérations de Votre grâce, et fidèles à correspondre à Ses Divines impulsions. Je m'abandonne donc à Vous sans réserve, afin que mon cœur détaché de tout, devienne l'image du Vôtre.

 

Élévation à Marie : O Reine des Anges et des hommes, Vous êtes dans les cieux, au-dessus des Archanges et des Séraphins; Vous êtes supérieure en gloire à tous les Saints, comme Vous l'êtes en vertus et en mérites; Votre pouvoir auprès de Votre Fils égale Votre Amour pour Lui et Votre tendresse pour nous. O Marie, Médiatrice des Chrétiens, canal de toutes les grâces, refuge des pécheurs, consolation des affligés et protectrice de tous les peuples et de tous les empires, nous nous jetons avec confiance dans le sein de Votre Miséricorde; montrez que Vous êtes notre Mère. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

Consécration à la Très Sainte Vierge

 

O Auguste Reine du Ciel, je me prosterne devant Vous pour vous adresser les profonds hommages que je Vous dois, comme à la Mère de mon Dieu. Pénétré d'une reconnaissance toute filiale, je Vous rends de solennelles actions de grâces pour tous les bienfaits que Vous m'avez obtenus du Ciel, et me consacre, ô Vierge Sainte, à votre service. A cet effet, je prends la résolution de dire tous les jours, en Votre honneur, au moins une dizaine du Saint rosaire qui nous rappelle les Mystères de Votre Divin Fils, Vos grandeurs et Vos vertus. Par combien de faveurs signalées n'avez-Vous pas en tout temps récompensé Vos serviteurs fidèles à réciter le rosaire ! Je me propose de Vous honorer par mon zèle pour Votre gloire, par mes prières, mon assiduité aux offices, et par la sainte et fréquente réception des Sacrements, avec le secours de Votre Sainte protection, que je réclame. O Marie ! Je veux imiter Vos vertus, Votre amour pour le recueillement; je ne m'écarterai jamais des règles saintes de la modestie et de cette vertu qui Vous est si agréable; c'est par la pratique de cette belle vertu, qui nous rend semblables aux Anges, que je Vous montrerai que je suis Votre enfant, comme j'éprouverai, ô Marie, par les effets sensibles de Votre généreuse tendresse, que Vous êtes ma Mère. Ainsi soit-il.

 

Fin du Mois du Rosaire

 

Pour télécharger l'intégralité du Mois du Rosaire (pdf), cliquer ici

 

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Prochain Mois de Dévotion, le Mois des Ames du Purgatoire, rendez-vous le 31 octobre.

 

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29 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Trentième jour

Les cinq Mystères douloureux

 

C'est encore un des grands avantages de la dévotion du rosaire de donner occasion aux fidèles de méditer fréquemment la passion de notre divin Sauveur; l'introduction du mois d'Avril montre l'utilité de cette méditation journalière , en prouvant qu'elle est un moyen très efficace pour nous retirer du péché, pour nous empocher d'y retomber, et pour nous faire faire de grands progrès dans la vertu; que c'est, en outre , un exercice extrêmement agréable à Jésus-Christ, et une pratique très-consolante pour nous. Lorsqu'on veut méditer les mystères douloureux , il est bon de se rappeler les vérités suivantes: 1° Qui est Celui qui endure ces tourments ? C'est le Fils de Dieu, c'est celui qui est l'innocence même. 2° Les tourments qu'il a à supporter sont-ils grands ? Ils sont incompréhensibles. 3° Qui l'a fait souffrir ? Ceux pour qui il s'est fait homme, son propre peuple qu'il a comblé de biens. 4° Pour qui et pour quelle cause souffre-t-il ? Pour tous les hommes en général et pour chacun en particulier; et pour une seule cause, à savoir: le péché. 5° Quel est l'amour de celui qui souffre ? Il est infini. 6° Quelles sont les vertus principales qu'il pratique en souffrant ? La douceur, l'humilité, la patience, la force et le zèle. Il faut s'abandonner aux saintes affections dont il plaira à Dieu de toucher notre cœur, et suivre fidèlement les bonnes résolutions qu'il nous fera la grâce de prendre.

 

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Premier Mystère Douloureux : l'agonie de Notre Seigneur au Jardin des Oliviers
Ajoutez après le mot « Jésus », dans chaque Ave: « Qui a sué du Sang pour nous ».

 

Représentez-vous Notre-Seigneur dans le jardin des Oliviers, pâle, défait, méconnaissable, le front prosterné contre terre, le Cœur abîmé dans la prière, et le Corps couvert d'une sueur de Sang.

 

Fruit : La piété et la contrition.

 

Élévation à Jésus : O Jésus, par quel prodige qui étonne toute la nature humaine, Votre infinie Charité, pressée de l'ardeur immense de sauver mon âme, laisse-t-elle échapper cette sueur de Sang, qui perce Vos vêtements, ruisselle de Votre Corps et humecte la terre ! Ah ! Ce ne sont pas les supplices qui Vous font succomber au Jardin des Oliviers, c'est Votre Amour; ce sont mes péchés qui Vous donnent la mort. Je m'accuse de ce déicide; je pleure, je gémis, je frappe ma poitrine, je tremble jusqu'au fond de ma conscience, où je trouve la cause de Votre Mort. O Dieu de bonté, venez à mon secours; détruisez en moi et arrachez le péché.

Élévation à Marie : O Mère de Dieu dont la Foi sublime ressentit si vivement la cruelle Agonie de Votre Fils, demandez-Lui pour moi une douleur extrême, une contrition parfaite d'avoir été, par mes péchés, une cause trop réelle de Sa tristesse mortelle; et obtenez-moi de Son Amour immense, que cette sueur de Sang pénètre profondément dans mon cœur, pour l'amollir et le sanctifier. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Deuxième Mystère Douloureux : la Flagellation de Jésus-Christ
Ajoutez après « Jésus »: « Qui a été flagellé pour nous ».

 

Représentez-vous le Fils de Dieu, traîné de tribunal en tribunal, condamné à l'infâme supplice des esclaves; dépouillé indignement de Ses vêtements, et déchiré à coups de fouet, par des mains impitoyables qui ne font de tout Son Corps qu'une seule plaie toute vive et ensanglantée.

 

Fruit: La patience et le courage.

 

Élévation à Jésus : O Divin Jésus, Vous Vous êtes livré, volontairement et sans réserve, au roi Hérode qui Vous traite comme un insensé; au juge inique qui reconnaît et néanmoins condamne Votre innocence; aux bourreaux qui Vous accablent de coups. Je Vous suis, en tremblant, au milieu de tant de souffrances et d'humiliations endurées pour le Salut de mon âme. O Divin Captif attaché à un infâme poteau, brisé de coups, couvert d'ignominie, quelle douleur assez vive pourrait racheter tant d'outrages ? Couvrez-moi de Votre Sang, cachez-moi dans Vos Plaies, pour me dérober ainsi aux vengeances divines.

Élévation à Marie : O Marie dont le Cœur a si vivement ressenti les coups qui déchiraient la Chair innocente de Votre Divin Fils, obtenez-moi, je Vous en conjure, que ce Sang, destiné à être mon Salut, ne devienne pas ma condamnation; et faites que, loin d'imiter la fausse et lâche politique de Pilate, je ne sacrifie jamais ma conscience à des bienséances ou à des sollicitations contraires à mes devoirs. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Troisième Mystère Douloureux : Le Couronnement d'épines

Ajoutez après « Jésus »: « Qui a été couronné d'épines pour nous ».

 

Représentez-vous l'Homme de Douleur, un-vil manteau de pourpre sur les épaules, un faible roseau à la main, et sur sa tête une couronne d'épines, servant, dans ce pitoyable état, de jouet à une soldatesque brutale et impie, et livré à toute sorte de railleries, de blasphèmes, d'insultes, d'affronts et d'hommages dérisoires et sacrilèges.

 

Fruit: La mortification et la fuite des plaisirs.

 

Élévation à Jésus : O Jésus, Victime humblement dévouée à tous les excès, objet des outrages les plus sanglants, de la dérision la plus insolente et des traitements les plus ignomineux, Votre vêtement est donc un vil lambeau de pourpre, Votre sceptre un frêle roseau, Votre diadème une couronne d'épines entrelacées, dont une soldatesque sacrilège émousse dans Votre Tête Sacrée toutes les pointes, en l'y enfonçant avec un raffinement de cruauté inouïe. O Roi de Gloire ! dans quel état je vois ce Visage autrefois si majestueux, qui ravissait le Ciel et la terre ! Comment oserais-je le contempler sans frémir dans tous mes membres ? Ah ! Pénétrez ma chair d'une douleur si vive, mon cœur, de regrets si amers, que je ne cesse de verser des torrents de larmes, au récit de Vos tourments, pour y compatir et expier la part que j'y ai prise par mes offenses réitérées.

Élévation à Marie : O Mère de Douleur, dans quelle tristesse et quelle affliction a dû Vous plonger le spectacle déchirant de Votre Fils couronné d'épines. Quelle angoisse mortelle Vous avez dû ressentir de Ses douleurs inconcevables ? O abîme d'un Amour immense ! donnez-moi de sentir vivement l'amertume de Votre Douleur, afin que je mêle mes pleurs avec les Vôtres, et que mon amour pour Votre Fils égale désormais l'horreur de mes péchés. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Quatrième Mystère Douloureux : le portement de la Croix

Ajouter après « Jésus »: « Qui a porté la Croix pour nous ».

 

Représentez-vous Notre-Seigneur portant sur Ses épaules l'infâme instrument de Son Supplice, ramassant toutes Ses forces pour traîner la Croix jusqu'au Calvaire, et laissant partout des traces de Son passage, par le Sang qui coule de Ses plaies dans les rues de Jérusalem et sur toute la voie où Il passe.

 

Fruit : La compassion.

 

Elévation à Jésus : O Divin Sauveur, ce n'était donc pas assez pour Vous d'être contraint de marcher, comme un vil criminel, entre deux scélérats; Vous devez porter porter Vous-même l'infâme instrument de Votre Supplice, au milieu des outrages et des imprécations de la multitude, comme pour faire amende honorable des crimes dont vous vous êtes chargé. Accordez-moi la grâce de porter, comme le Cyrénéen, la Croix avec Vous. O Jésus, j'accepterai désormais, avec joie, des mains de Dieu, les croix qu'il plaira à Sa Providence de m'envoyer. Combien elles seront douces et légères, en les comparant à la pesanteur de la Vôtre, Divin Jésus !

Élévation à Marie : O généreuse Mère, qui avec les Saintes Femmes, suiviez Votre Divin Fils, à la trace de Son Sang, je dois, pour suivre Son conseil, pleurer sur moi. sur mes égarements, et sur les maux qui sont la peine du péché. Mais, pour me préserver des châtiments de la Justice Divine, faites que je sois pénétré, devant Dieu, des plus vifs et des plus sincères sentiments de compassion, de pénitence, de douleur, de reconnaissance et d'amour. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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Cinquième Mystère Douloureux : le Crucifiement de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Qui est mort sur la croix pour nous ».

 

Représentez-vous le grand spectacle de la Croix : Jésus Crucifié, ayant les mains et les pieds percés de gros clous, insulté par des bourreaux qui ajoutent aux souffrances les plus atroces, la plus inhumaine ironie. Ecoutez les paroles de Jésus en croix, et voyez-Le rendre le dernier soupir.

 

Fruit : La persévérance.

 

Élévation à Jésus : O Divin Sauveur crucifié, à la vue de Vos Plaies et de Vos souffrances inouïes, je suis saisi d'horreur, et je ne puis qu'admirer Votre ineffable Charité. Doux et Aimable Jésus, faites que les clous qui Vous ont attaché à la Croix, me tiennent inséparablement attaché à Vous; que le fiel qu'on Vous a présenté me dégoûte du monde; que la lance qui a ouvert Votre Cœur, m'y prépare aussi une place. Croix Sainte, je me jette à vos pieds; laissez tomber sur mon cœur une goutte du Sang Adorable de mon Sauveur pour le purifier et le changer entièrement.

Élévation à Marie : O Divine Mère, de toutes les femmes la plus désolée, qui pourrait exprimer Votre profonde Douleur ? Et quel cœur serait assez dur, assez insensible pour ne pas compatir à Votre affliction ? Ah ! n'oubliez pas que Votre Divin Fils, dans son dernier adieu, nous a tous donnés à Vous en la personne de Saint Jean pour être Vos enfants adoptifs. O Marie, ma mère, ne permettez pas que j'oublie jamais tout ce que je dois à Jésus, mon aimable Sauveur. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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28 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-neuvième jour

Les cinq Mystères Joyeux

 

Quoiqu'on trouve dans la plupart des livres de prières, et dans de petits traités spéciaux, un aperçu des considérations et des affections propres à chaque mystère, ainsi que le fruit ou la vertu qui en découle, nous croyons faire plaisir aux lecteurs de ce Mois en leur faisant connaître une manière de faire cette méditation en forme d'élévation.

 

AnnonciationR

Premier Mystère Joyeux : l'Annonciation de la sainte Vierge

Ajoutez après le mot « Jésus », dans chaque Ave: « Qui s'est fait homme pour nous ».

 

Dans ce premier mystère joyeux, représentez-vous l'envoyé de Dieu, l'archange Gabriel qui annonce à Marie le choix que le Seigneur a fait d'elle pour être la Mère de Dieu, et qui lui révèle comment va s'accomplir ce sublime mystère. Paroles de la sainte Vierge : Voici la servante du Seigneur qu'il me soit fait selon votre parole.

 

Fruit : La vertu d'humilité.

 

Élévation au Verbe Incarné : O Verbe si élevé au-dessus des Cieux, et qui Vous abaissez jusqu'à descendre dans le sein d'une Vierge, quels sentiments de joie et de reconnaissance ne Vous dois-je pas, puisque Vos abaissements sont la cause de ma grandeur ? Vous avez donc voulu Vous faire homme, pour me faire devenir enfant de Dieu. Donnez-moi de connaître et d'apprécier la dignité sublime à laquelle Vous m'avez élevé; et faites-moi la grâce de conserver toujours dans mon cœur, une tendre et vive reconnaissance pour le mystère ineffable de Votre Incarnation.

Élévation à Marie : O Vierge Sainte, choisie de Dieu pour être le premier Temple de notre Divin Rédempteur, Vous confondez mon orgueil par Votre humilité, comme Votre Divin Fils par Son anéantissement; obtenez-moi, avec un profond sentiment de mon néant, une participation de votre foi vive qui a sauvé le monde. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

VisitationR

Deuxième Mystère Joyeux : la Visitation de Marie

Ajoutez après le mot « Jésus »: "Que Vous avez porté en visitant Sainte Elisabeth"

 

Représentez-vous Marie, qui, dès qu'elle a conçu Jésus-Christ, part et marche avec promptitude vers les montagnes pour aller visiter à Hébron sa cousine Elisabeth. La présence de Jésus en Marie fait tressaillir et sanctifie Jean-Baptiste. Elisabeth prophétise, et Marie prononce le sublime cantique de l'humilité, de la reconnaissance et de l'amour.

 

Fruit: La charité et le zèle.

 

Élévation à Jésus : O Jésus vivant en Marie, qui l'avez portée, par un secret instinct, à faire humblement la première visite à Elisabeth, afin de répandre Vos grâces dans la maison de Zacharie; faites éprouver à mon âme Vos saintes opérations, afin que je ressente l'humble étonnement de Votre présence, les saints transports de Vos divins attraits et la douce paix de Votre ineffable possession.

Élévation à Marie : O Vierge Sainte, bénie entre toutes les femmes, obtenez-moi de Votre Divin Fils la grâce de correspondre promptement à Ses divines inspirations, et d'y être toujours fidèle; afin que mon esprit ravi de sa présence, tressaille de joie, et ne cesse d'exalter les magnificences de Sa toute puissance et de Ses Divines Miséricordes. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

NativiteR

Troisième Mystère Joyeux : la Naissance de Jésus-Christ

Ajoutez après « Jésus »: « Que Vous avez enfanté demeurant Vierge ».

 

Représentez-vous Jésus, naissant dans l'étable de Bethléem, au milieu de la nuit, couché dans une crèche, exposé aux rigueurs de l'hiver et aux injures de l'air; les Anges qui l'annoncent, les bergers qui l'adorent avec Marie et Joseph.

 

Fruit : La pauvreté et le détachement.

 

Élévation à Jésus : O adorable Sauveur! qui venez nous apporter tous les biens du ciel, laites dès ce moment régner dans mon cœur l'aimable innocence, l'admirable simplicité et la foi vive des bergers; je vous adore avec eux, uni à Joseph et à Marie votre mère; et je veux conserver précieusement le souvenir de ce mystère et les prémices de votre amour.

 

Élévation à Marie : O très pure Mère de Dieu, faites, par Votre intercession auprès de Votre Divin Fils, que ce Mystère, toujours présent à mon esprit, soit les délices et la consolation de ma vie, et que j'offre sans cesse à ce Dieu Sauveur la Charité d'un cœur pur, d'une conscience droite et d'une foi sincère, comme le tribut de ma reconnaissance. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

PresTempleR

Quatrième Mystère Joyeux : la Présentation de Jésus au Temple

Ajoutez après « Jésus »: « Que vous avez offert en sacrifice dans le Temple ».

 

Représentez-vous Marie qui présente Son Fils au Temple et l'offre à Dieu, par les mains du grand-prêtre, comme un Précieux Holocauste et les prémices du Sacrifice sublime qui doit désarmer la Justice Divine.

 

Fruit : L'obéissance et le bon exemple.

 

Élévations à Jésus : O mon Sauveur, Roi du Ciel et de la terre, Vous Vous soumettez à uneLoi qui n'est faite que pour les pécheurs, afin de me donner une leçon sublime d'humilité, de soumission et d'obéissance. Combien je serais ingrat, si je ne sacrifiais pas à Votre Divine Volonté toutes mes affections personnelles, et si je ne m'attachais pas à suivre Vos exemples par une fidélité constante et invariable aux préceptes de Votre Eglise. O Dieu de bonté ! Ne permettez pas que je sois infidèle à mes devoirs.

Élévation à Marie : O Mère de Jésus, fidèle et parfaite image du Sacrifice de Votre Fils, offrez-moi avec Lui; et obtenez-moi de consacrer à Dieu mes passions les plus chères, par un sacrifice entier de tout moi-même, afin que Jésus-Christ soit l'unique objet de mes vœux les plus ardents et de mes plus tendres affections. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

RecouvrementR

Cinquième Mystère Joyeux : le recouvrement de Jésus dans le Temple

Ajoutez après « Jésus »: « Que Vous avez retrouvé dans le Temple ».

 

Représentez-vous Marie et Joseph qui ayant été, selon la loi, célébrer la fête de Pâques à Jérusalem, perdirent l'enfant Jésus, et ne le retrouvèrent qu'après trois jours de pénibles recherches , dans le temple , au milieu des Docteurs qu'il écoutait, interrogeait, et étonnait par la sagesse de ses questions et de ses réponses.

 

Fruit: Le zèle pour le salut.

 

Élévation à Jésus : O Divin Enfant qui avez voulu nous apprendre qu'il faut tout quitter pour nous instruire, et accomplir l'œuvre de Dieu quand Il nous appelle; imprimez dans mon cœur la crainte de Vous perdre, la douleur de Vous avoir perdu si souvent, et le désir de Vous retrouver au plus tôt, si j'avais encore le malheur de Vous éloigner de moi par mes offenses.

Élévation à Marie : O Mère affligée par l'absence du meilleur des fils, et consolée ensuite par le bonheur de l'avoir retrouvé, obtenez-moi la grâce de ne le perdre jamais par le péché; de sentir vivement Son absence, si mes infidélités l'obligent à s'éloigner; et de n'avoir aucun repos jusqu'à ce que je l'aie retrouvé. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

 

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27 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-huitième jour

Méthode qu'il faut observer dans la méditation des Mystères du Rosaire et les fruit que nous devons en tirer

 

Mon cœur s'est échauffé au-dedans de moi, dit le Prophète royal, et le feu s'y allumera dans ma méditation. La méthode générale que nous, devons suivre dans la méditation des mystères du Rosaire, nous est prescrite dans ces paroles, en expliquant ce passage du feu de la charité et de l'Amour de Dieu et du prochain qui s'allumait dans les entrailles du Saint Prophète par la méditation des choses célestes. De manière que, dit Saint Cyrille, méditer, c'est comme frapper avec du fer sur un caillou pour .en faire jaillir du feu: c'est donc au moyeu de la méditation des mystères et réflexions de l'entendement, qu'il faut que vous frappiez sans cesse sur le caillou de votre cœur endurci, jusqu'à ce que vous en tiriez du feu et que vous l'embrasiez enfin lui-même de l'amour de Dieu, de la Charité du prochain, et d'un ardent désir de l'humilité, de la mortification et de toutes les vertus chrétiennes. La méditation ne doit être qu'un moyen pour exciter dans notre cœur le désir de la vertu: car la perfection de la vie chrétienne ne consiste point dans les bonnes pensées ni dans l'intelligence des choses saintes; mais elle consiste dans les solides et véritables vertus, et particulièrement dans les actes que l'on en produit et qui sont l'accomplissement de toute la perfection; par conséquent c'est là-dessus que nous devons le plus insister, et c'est à quoi nous devons principalement nous occuper dans la méditation des mystères du rosaire.

Le premier exercice consiste à se représenter le lieu où le fait qu'on veut méditer s'est passé, comme si réellement on s'y trouvait. Par exemple, si nous avons à méditer le Crucifiement de Notre Seigneur sur le Calvaire, nous nous formerons une idée de toutes les circonstances, telles que les évangélistes nous les ont décrites, par rapport au lieu, aux personnes, aux actions et aux paroles. Or, l'utilité de cet exercice consiste en ce que nous renfermons notre esprit dans l'étendue du sujet que nous méditons, de peur qu'étant aussi volage qu'il l'est, il ne se répande sur d'autres sujets. Cet exercice de l'imagination doit être suivi de celui de l'entendement que nous appelons méditation, et qui n'est autre chose que l'application aux considérations capables d'élever notre volonté vers Dieu et de nous affectionner aux Saints Mystères que nous méditons. C'est en cela que la méditation est fort différente de l'étude; car la fin de l'étude est la science, tandis que la fin de la méditation est l'amour de Dieu et la pratique de la vertu.

Après avoir donc circonscrit, comme nous venons de le dire, notre esprit dans l'étendue du sujet que nous voulons méditer, appliquons notre entendement aux considérations qui en sont la substance et l'exposé; et si notre esprit trouve assez de lumières et d'utilité dans une seule de ces considérations, il faut l'y arrêter, imitant les abeilles qui ne quittent point la fleur à laquelle elles se sont attachées, tant qu'elles y trouvent du miel à sucer. Mais, si notre esprit a de la peine à tirer des réflexions de telle considération et que notre cœur n'y sente pas d'attrait, passons à une autre considération, sans curiosité toutefois et sans précipitation. De-là dans certains livres de prières, les mystères sont simplement indiqués avec une considération et une prière; dans d'autres il y a dix considérations (autant que d'Ave Maria) destinées à donner matière à la méditation des fidèles. Chacun peut choisir la manière de méditer les mystères qui lui convient le mieux d'après ses dispositions, sa facilité à méditer. Il en est de même pour les quelques mots qu'on ajoute à l'Ave Maria pour se rappeler le mystère qu'on médite; ce rappel peut donner lieu chaque fois à de nouvelles considérations et à de nouvelles affections.

C'est, en effet, par cette vive attention de l'esprit que la méditation excite en notre volonté tant de bons et saints mouvements, tels que les suivants: l'amour de Dieu et du prochain, le désir de la gloire céleste, le zèle du salut des âmes, l'ardeur à imiter la vie de Jésus-Christ, la compassion, l'admiration, la joie, la confusion de nos péchés, la confiance en la miséricorde de Dieu et les autres affections auxquelles l'âme doit s'exercer et dans lesquelles elle doit s'épancher le plus qu'elle pourra. Il ne faut pourtant pas s'arrêter tellement à ces affections générales qu'elles fassent négliger de prendre des résolutions spéciales pour la pratique. De là aussi, la nécessité d'avoir en vue, dans la méditation de chaque mystère, une vertu comme suite et fruit de ce Mystère. Ainsi la première parole de Notre-Seigneur sur la Croix, produira dans notre âme le désir de l'imiter dans la pratique du pardon et de l'amour des ennemis; mais cela est peu de chose, si nous ne formons notre résolution de cette manière: « Eh bien ! je ne m'offenserai plus de telles et telles paroles fâcheuses de la part d'un tel, ni de tel et tel mépris que celui-ci ou celui là fait de moi; au contraire, je dirai et ferai telle ou telle chose pour adoucir l'esprit de l'un et pour gagner le cœur de l'autre ». Voilà véritablement le moyen sûr et infaillible de tirer un grand profit spirituel de la méditation bien faite des Mystères du Rosaire.

De même qu'on a dû se préparer à la récitation et à la méditation du Rosaire, en se mettant en la présence de Dieu et en lui demandant le secours de ses lumières et de ses inspirations, on doit de même terminer cette récitation et cette méditation par trois actes qui demandent beaucoup d'humilité. Le premier est de rendre grâces à Dieu de la connaissance qu'il nous a donnée de sa Miséricorde, ou d'une autre de ses perfections, et de le remercier de toutes les saintes affections et résolutions que sa grâce a excitées et opérées en nous. Le second est d'offrir à Sa Divine Majesté toute la gloire qui peut lui revenir de Sa Miséricorde, ou d'une autre de ses perfections, lui présentant encore toutes nos affections et nos résolutions, en union des vertus de Jésus-Christ Son Fils et des mérites de Sa Mort. Le troisième doit être une humble prière par laquelle nous demandons à Dieu la grâce de participer aux mérites de Son Fils, l'esprit de Ses Vertus et principalement la fidélité à nos résolutions, en reconnaissant que l'exécution dépend de Sa Sainte Bénédiction. Enfin, il est à conseiller de prier pour l'Église, nos pasteurs, nos parents, amis et autres personnes, par l'intercession de Notre-Dame du Rosaire, des Anges et des Saints et de finir par un Pater et un Ave. Les personnes qui ont l'habitude de méditer, nous comprendront aisément, et pourront sans la moindre difficulté mettre en usage cette méthode de réciter et de méditer le Rosaire; les autres ne doivent pas s'imaginer qu'elle soit difficile et qu'elle exige beaucoup de temps; en s'y exerçant, elles apprendront par leur propre expérience, qu'elle est très facile. Du reste chacun peut suivre celle qui lui plaît, pourvu qu'elle soit propre à lui faire réciter et méditer le Rosaire avec fruit.

Résolution

Conservez ce qui est bon, dit Saint Paul. Si nous avons une bonne manière de réciter le Rosaire, tenons-nous-y en tâchant seulement de le réciter toujours avec plus de ferveur; si nous reconnaissons que nous ne méditons pas les Mystères d'une manière convenable et fructueuse, tâchons de nous pénétrer de l'esprit d'oraison qui est l'esprit de Dieu et de l'Eglise, afin que nous devenions de fidèles disciples et de parfaits imitateurs de Jésus et de Marie.

Prière

Tout don parfait vient de Vous, Seigneur ! nous venons donc Vous demander instamment la grâce de réciter et de méditer selon l'esprit de l'Eglise le Saint Rosaire, afin qu'en nous pénétrant des Mystères qui le composent, nous pratiquions à Votre plus grande Gloire et pour le Salut de notre âme, les vertus qui en découlent et que Votre grâce seule peut nous faire pratiquer. Nous l'implorons de Vous, Seigneur, par l'intercession de Marie, notre Bonne et puissante Mère. Ainsi soit-il.

 

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