01 avril 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Cinquième Dimanche du Carême

 

Méditation

 D'un François à l'autre...

 

« Selon le récit biblique de la création, Dieu a placé l’être humain dans le jardin à peine créé (cf. Gn 2, 15) non seulement pour préserver ce qui existe (protéger) mais aussi pour le travailler de manière à ce qu’il porte du fruit (labourer). En réalité, l’intervention humaine qui vise le développement prudent du créé est la forme la plus adéquate d’en prendre soin, parce qu’elle implique de se considérer comme instrument de Dieu pour aider à faire apparaître les potentialités qu’il a lui-même mises dans les choses : « Le Seigneur a créé les plantes médicinales, l’homme avisé ne les méprise pas » (Si 38, 4). (…) Si nous essayons de considérer quelles sont les relations adéquates de l’être humain avec le monde qui l’entoure, la nécessité d’une conception correcte du travail émerge (...), car si nous parlons de la relation de l’être humain avec les choses, la question du sens et de la finalité de l’action humaine sur la réalité apparaît. Nous ne parlons pas seulement du travail manuel ou du travail de la terre, mais de toute activité qui implique quelque transformation de ce qui existe, depuis l’élaboration d’une étude sociale jusqu’au projet de développement technologique. N’importe quelle forme de travail suppose une conception d’une relation que l’être humain peut ou doit établir avec son semblable. La spiritualité chrétienne, avec l’admiration contemplative des créatures que nous trouvons chez saint François d’Assise, a développé aussi une riche et saine compréhension du travail (...) ». (Pape François, Encyclique Laudato Si, n° 124-125).

 

Cinquième Semaine du Carême

 

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Lundi

François et la Crèche vivante

 

François cherche toujours à gagner plus d'âmes au Christ. Pour réveiller la Foi des fidèles, à Greccio, trois ans avant sa mort, il a l'idée de rendre plus solennelle la Nativité de Jésus. Avec l'autorisation du Pape, il met en place la première Crèche vivante. La foule accourt en grand nombre provoquant chez François des larmes de joie. Étant diacre, il chante l'Evangile et prêche sur la naissance de l'Enfant-Dieu à Bethléem. Chacun repart chez lui empli d'allégresse et muni d'une brindille du foin de la Crèche qui s'avéra miraculeuse, facilitant les accouchements difficiles, guérissant hommes, femmes et animaux.

 

À l'école de Saint François

 

« Ce Verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le très haut Père du ciel annonça, par son saint ange Gabriel, qu'il viendrait dans le sein de la glorieuse Vierge Marie ; et de fait il reçut vraiment, dans son sein, la chair de notre fragile humanité. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu, avec la bienheureuse Vierge sa mère, choisir la pauvreté ». (François d'Assise, Deuxième Lettre à tous les Fidèles, 1).

Parole de Dieu : Devenu semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix ». (Philippiens 2, 7-8).

 

Dans ma vie

 

François cherche à gagner le plus d'âmes possibles à Jésus. Quand je vois ma paroisse se vider, les bancs ornés de cheveux gris, de cheveux blancs, que fais-je pour essayer d'endiguer l'hémorragie ? Est-ce que, comme François, je m'implique, cherche des idées, les propose (sans les imposer, car c'est toujours au Curé de décider ! Et c'est normal!!!) Est-ce que ma pratique religieuse est personnelle ou communautaire ? Gagner des âmes, c'est le cri de Jésus sur la Croix : « J'ai soif ! » Il a soif des âmes et, en tant que baptisé, je suis son instrument.

Effet de conversion : Je me décide à m'impliquer dans ma paroisse. Pour cela, je commence à sonder quels sont les besoins et je vois ce que je peux proposer comme service.

 

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Mardi

Claire et la prière

 

Oraison, méditation... Claire reste de longs moments en prière. Elle s'évertue aussi à donner à ses sœurs le goût et la fidélité à la prière, se levant habituellement la première et n'hésitant pas elle-même à les réveiller à l'heure des offices. Sa méditation préférée est celle de la Passion de Jésus, au cours de laquelle elle verse énormément de larmes. Le démon vient même la harceler lors de ses oraisons, tenant de la détourner malignement de son office. À chaque fois, il échoue. Ses Sœurs s'émerveillent néanmoins de constater que la joie transfigure leur Supérieure dès son retour du temps de prière.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« J'ai donc bien sujet de me réjouir, et personne ne pourrait me ravir ma joie, quand je vois réalisé ce que, dès cette terre, je désire : tu triomphes d'une manière terrible et surprenante des ruses de l'ennemi, de l'orgueil qui a jeté tout le genre humain dans sa perte, de la vanité qui sème la folie au cœur de l'homme ; tu en triomphes avec cette admirable sagesse que tu sembles tenir de la bouche même de Dieu (...) » (Claire d'Assise, Troisième Lettre à Agnès de Prague 5-6).

Parole de Dieu : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Marc 8, 33).

 

Dans ma vie

 

Le démon a chercher à détourner Claire de sa prière, de sa proximité avec Dieu. Le démon enrage quand un être choisir de se consacrer au Seigneur. Alors, il le harcèle pour le faire chuter. Pour cela, il a des armes, notamment le découragement, le manque de persévérance, etc... Cela marche plutôt bien, si l'on juge par tous les mariages qui ne tiennent pas ! Le malin utilise parfois nos frères pour nous tenter. N'a-t-il pas tenté Jésus jusque sur la Croix en lui disant de se sauver Lui-même ? Il aurait pu se sauver ! Mais Jésus était donné entièrement à la Volonté de Dieu qui primait sur tout.

Effet de conversion : Je recherche dans ma vie les découragements et manques de persévérance qui m'ont détourné de Dieu. Je cherche comment y remédier et demande la force de l'Esprit-Saint dans la prière.

 

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Mercredi

Claire et le don de prophétie

 

Claire est gratifiée par le Seigneur du don de prophétie. Par deux fois au moins elle en fait preuve. François lui envoyant cinq femmes en vue de leur entrée dans son monastère, Claire n'en accepte que quatre. On la presse d'accueillir la cinquième, mais elle pressent que la dame ne tiendra pas trois années... Sous la pression, Claire cède : la jeune femme entre, mais quitte les lieux au bout de six mois. De même, au sujet d'un chevalier ayant répudié sa femme depuis 22 ans : Claire prédit à celle-ci qu'il va la reprendre et lui donnera un fils, lui procurant une joie immense... ce qui advient !

 

À l'école de Sainte Claire

 

« J'avertis et j'exhorte (...) toutes mes sœurs, présentes et à venir, d'avoir à suivre toujours la voie de la sainte simplicité, de l'humilité et de la pauvreté, d'avoir aussi à mener une vie sainte et édifiante (...). Ces vertus, en effet, sans qu'il y ait mérite de notre part mais par la seule miséricorde et la grâce de Celui qui en est l'auteur, le Père des Miséricordes, doivent répandre partout le parfum de notre bonne réputation (...) ». (Claire d'Assise, Testament 17).

Parole de Dieu : « Je suis un serviteur comme toi, comme tes frères qui portent le témoignage de Jésus. Prosterne-toi devant Dieu ! Car c’est le témoignage de Jésus qui inspire la prophétie. » (Apocalypse 19, 10).

 

Dans ma vie

 

« Tout viens de toi, ô Père très bon, nous T'offrons les merveilles de Ton Amour ! » Chantons-nous dans un cantique. Rien ne m'appartient, tout m'est donné et je t'offre en retour (action de grâces) au Père de toute Bonté. S'il a mis en moi des dons, je les met à contribution de sa gloire et de l'annonce du Royaume. Que ce don paraisse insignifiant ou extraordinaire, il est divin et je ne dois pas le gâcher. Il y a notamment deux manières de le gâcher : en ne l'utilisant pas ou en m'attribuant personnellement les mérites de ce qui découlerait de ce don.

Effet de conversion : J'offre à Dieu ce qu'il a mis en moi, depuis mon intelligence, mes actes, mes paroles d'amour jusqu'au moindre battement de cil ou à la plus petite respiration. Je réfléchis à Lui offrir ma vie comme elle est aujourd'hui, dans toutes ses composantes.

 

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Jeudi

Les dons de François

 

François ne connaît pas les Ecritures par les études, mais par l'oraison et la contemplation. Par grâce de Dieu, il maîtrise les textes sacrés et peut ainsi débattre avec d'éminents théologiens. L'esprit de connaissance dont le Seigneur gratifie François, couplé avec l'esprit de prophétie, lui permet de lire dans les âmes et de prédire l'avenir, toujours pour la gloire de Dieu. Il annonce par exemple leur mort prochaine à des personnes qui peuvent ainsi se confesser, « mettre de l'ordre dans leur affaires ». De même, il décèle le mensonge et la désobéissance chez des Frères, les remettant ainsi sur le droit chemin.

 

À l'école de Saint François

 

« Que Ton Nom soit sanctifié, que devienne toujours plus lumineuse en nous la connaissance que nous avons de toi, afin que nous puissions mesurer la largeur de tes bienfaits, la longueur de tes promesses, la hauteur de ta majesté, la profondeur de tes jugements ». (François d'Assise, Pater Paraphrasé).

Parole de Dieu : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance ». (Luc 10, 24).

 

Dans ma vie

 

Un certain nombre de Saints ont préféré rester des Frères ou Sœurs de second ordre (convers) ou ne pas accéder au Sacerdoce. Pourtant ils maîtrisaient les Ecritures sans les avoir étudiées. Le Seigneur donne les grâces nécessaires à chaque état de vie. Dans ces grâces, il y a les connaissances dont j'ai besoin. Mais c'est comme pour la Providence : je ne dois pas les attendre béatement sans rien faire ! Je dois me donner les moyens de connaître les textes fondateurs de ma Foi, les textes du Magistères, les enseignement du Pape et des Pères de l’Église... Dieu a aussi permis qu'il y ait des théologiens, intellectuels, chercheurs, etc...

Effet de conversion : Je me donne des objectifs pour augmenter mes connaissances de l’Église, de ma Foi : lire un Evangile, des articles du Catéchisme de l’Église Catholique, une encyclique.

 

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Vendredi

Claire met le feu !

 

Claire aimerait partager un repas avec François. Celui-ci n'y consent que devant l'insistance de ses Frères, et à la condition qu'il se déroule à Sainte Marie des Anges, lieu où Claire a revêtu l'habit. Claire, accompagnée d'une Sœur, retrouve François et ses Frères : visite des lieux, mise du couvert à même le sol – comme d'habitude –, prière du Bénédicité... Au cours du repas, François parle de Dieu avec enthousiasme, provoquant le ravissement et l'extase de toute l'assemblée. Le monastère et le bois s'embrasent à tel point que les gens d'Assise accourent pour éteindre l'incendie... mais il ne découvrent que le feu céleste des religieux en extase !

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Par Ta mort très amère, donne-moi la Foi droite, l'Espérance certaine et la Charité parfaite ; que je T'aime de tout mon corps, de toute mon âme et de toutes ma force ; confirme-moi dans les bonnes œuvres, et donne-moi une persévérance à Ton saint service, que que je puisse T'y plaire parfaitement sans fin. Amen. » (Claire d'Assise, Prière aux Cinq Plaies : Oraison et louange à la plaie du Côté).

Parole de Dieu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force ». (Deutéronome 6, 5).

 

Dans ma vie

 

Le commandement de Dieu transmis par Moïse au peuple hébreux (Dt 6, 5-7), Jésus nous le redonne aussi (Mt 22, 37-40). Jésus y adjoint d'aimer son prochain comme soi-même. Voilà qui est facile à commander, mais en pratique, c'est un combat quotidien. Claire elle-même – modèle pour nous d'amour d'humilité et de tant d'autres vertus impossibles à lister – , nous surprend en demandant l'aide du Seigneur dans sa prière afin de remplir ces « obligations de base ». C'est bien parce qu'ils sont la base que ces commandements sont difficiles à observer et que nous avons besoin de l'aide du Saint-Esprit pour y parvenir !

Effet de conversion : Je relis Mt 22, 37-40 et me répète ces versets tout au long de ma journée. Je prie le Seigneur de m'aider pour que ces commandements soient au cœur de ma vie.

 

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Samedi

Claire guide de ses Sœurs

 

Claire à grand souci de l'instruction de ses Sœurs. La pénitence et le goût de la Confession lui sont chers parmi les qualités qu'elle souhaite les voir acquérir. De même leur enseigne-t-elle de fuir les bruits du monde et la sobriété des paroles afin de mieux cerner les secrets de Dieu. Quitter parents, maison, pays, mépriser les voluptés charnelles et combattre la sensualité font partie du programme de la vie des Pauvres Dames. Claire enjoint ses Sœurs à louer Dieu en toutes circonstances, ainsi qu'à travailler : le travail redonne goût et ferveur à l'oraison.

 

À l'école de Saint François

 

« Dans toutes vos prédications, enseignez au peuple qu'il doit faire pénitence, et que nul ne peut être sauvé s'il ne reçoit le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Enseignez et prêchez à tous les peuples ce devoir de le louer pour que (...) louange, et actions de grâces soient rendues toujours (…) au Dieu tout-Puissant ». (François d'Assise, Lettre à tous les Custodes).

Parole de Dieu : « Ce mystère, c’est le Christ, en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ». (Colossiens 2, 2-3).

 

Dans ma vie

 

Deux choses sont essentielles au baptisé : l'Eucharistie et la louange-action de grâces. Le Salut passe par l'Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Pour y accéder et bénéficier pleinement des grâces dispensées par Dieu, il est nécessaire d'être « en bons termes » avec Lui, c'est-à-dire d'être passé par le Sacrement de pénitence et de réconciliation. Le Seigneur pourra alors opérer au mieux en moi et à travers moi. Quant à la louange-action de grâces, c'est comme une respiration, une reconnaissance de chaque instant envers la bonté du Créateur et la beauté de sa création.

Effet de conversion : Si ce n'est pas encore fait, je programme un rendez-vous avec un prêtre pour me confesser.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

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25 septembre 2016

Neuvaine à saint François d’Assise

Neuvaine à saint François d’Assise

Du 26 septembre au 4 octobre

Fête de saint François

 

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Introduction

 

Né à Assise au foyer de Pierre Bernardone et de Dame Pica, en 1181, François vit d'abord une jeunesse folle. Participant à la guerre entre Assise et Pérouse, il est fait prisonnier. Plus tard, parti pour une autre guerre, il entend une voix lui dire : « Pourquoi sers-tu le serviteur et non le maître ? » C'est pour lui le début d'une nouvelle existence. Rentré à Assise, « le roi de la jeunesse » se tourne vers les pauvres et les lépreux. Il a 24 ans. Dans la chapelle de Saint Damien, il entend le grand crucifix lui dire : « Répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ». Le voilà transformé en maçon. Pour réparer la chapelle, il dépense l'argent de son père qui l'assigne devant l'évêque. Il se dépouille alors de tous ses vêtements en déclarant qu'il n'a d'autre père que celui qui est aux cieux. Un matin, il entend l'évangile de l'envoi en mission des disciples. Appliquant l'Evangile à la lettre, il parcourt la campagne, pieds nus et une corde pour ceinture, en annonçant : « Que le Seigneur vous donne sa paix ! » Des compagnons lui viennent et il leur rédige une Règle faite de passages d'Evangile. Quand ils seront douze, ils iront à Rome la faire approuver par le Pape Innocent III. Parallèlement, Claire Favarone devient la première clarisse. Pour les laïcs, il fonde un troisième Ordre, appelé aujourd'hui « la Fraternité séculière ». Il envoie ses frères de par le monde et lui-même rencontre le sultan à Damiette pour faire cesser la guerre entre chrétiens et musulmans. A son retour, il trouve l'Ordre en grandes difficultés d'unité. Il rédige une nouvelle Règle et se retire, épuisé, sur le mont Alverne où il reçoit les stigmates du Christ en croix. Il connaît ainsi dans son cœur l'infini de l'amour du Christ, donnant sa vie pour les hommes. En 1226, au milieu de très grandes souffrances, il compose son « Cantique des Créatures » et le 3 octobre, « nu, sur la terre nue », il accueille « notre sœur la mort corporelle ». François est, fait inhabituel, rapidement canonisé le 16 juillet 1228 par le pape Grégoire IX.

Cette neuvaine de prières à saint François qui prêcha à tous, l’amour de Dieu, dans une joie communicative, nous ramènera aux fondements même de notre foi.

 

Prières quotidiennes

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen. 

 

Je crois en Dieu.

 

Prière du matin de Saint François d'Assise

 

Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens Vous demander la paix, la sagesse et la force. Je veux regarder aujourd'hui le monde avec des yeux remplis d'amour ; être patient, compréhensif, doux et sage ; voir vos enfants au-delà des apparences, comme Vous les voyez Vous-même, et ainsi, ne voir que le bien en chacun. Fermez mes oreilles à toute calomnie, gardez ma langue de toute malveillance et que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit. Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m'approchent sentent votre puissance et votre présence. Revêtez-moi de votre beauté, Seigneur, et qu'au long du jour je vous révèle. Ainsi soit-il.

 

Le Notre Père paraphrasé de Saint François d'Assise


Notre Père Très Saint, notre Créateur, notre rédempteur, notre Sauveur et notre Consolateur.


Qui es aux Cieux, dans les Anges et dans les Saints, les illuminant pour qu'ils te connaissent, car tu es, Seigneur, la lumière ; les enflammant pour qu'ils t'aiment, car tu es, Seigneur, l'amour ; habitant en eux et les emplissant de ta divinité, pour qu'ils aient le bonheur, car tu es, Seigneur, le bien souverain, le bien éternel, de qui vient tout bien, sans qui n'est aucun bien.


Que Ton Nom soit sanctifié, que devienne toujours plus lumineuse en nous la connaissance que nous avons de toi, afin que nous puissions mesurer la largeur de tes bienfaits, la longueur de tes promesses, la hauteur de ta majesté, la profondeur de tes jugements.


Que Ton Règne vienne, règne en nous dès maintenant par la grâce, introduis-nous un jour en ton royaume où sans ombre enfin nous te verrons, où deviendra parfait notre amour pour toi, bienheureuse notre union avec toi, éternelle notre jouissance de toi.


Que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel, que nous t'aimions de tout notre cœur en pensant toujours à toi ; de toute notre âme en te désirant toujours ; de tout notre esprit en dirigeant vers toi tous nos élans et ne poursuivant toujours que ta seule gloire ; de toutes nos forces en dépensant toutes nos énergies et tous les sens de notre âme et de notre corps au service de ton amour et de rien d'autre. Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes ; en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir, en partageant leur bonheur comme s'il était le nôtre, en les aidant à supporter leurs malheurs, en ne leur faisant nulle offense.


Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, pour que nous puissions nous rappeler, mieux comprendre et vénérer l'amour qu'il a eu pour nous, et tout ce que pour nous il a dit, fait et souffert.


Pardonne-nous nos offenses, par ta miséricorde ineffable, par la vertu de la Passion de ton Fils bien-aimé, par les mérites et par l'intercession de la Vierge Marie et de tous les élus.


Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, et ce que nous ne pardonnons pas pleinement, toi, Seigneur, fais que nous le pardonnions pleinement : que nous aimions vraiment nos ennemis à cause de toi, que nous arrivions à te prier sincèrement pour eux ; qu'à personne nous ne rendions le mal pour le mal, mais que nous tâchions de faire du bien à tous, en toi !


Et ne nous laisse pas entrer en tentation, qu'elle soit manifeste ou sournoise, soudaine, ou lancinante et prolongée.


Mais délivre-nous du mal, passé, présent et futur. Amen.

 

10 Je vous salue Marie, Gloire au Père

 

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Premier jour

Saint François, soleil qui surgit

 

« Surgit au monde un soleil ». A travers ces paroles, dans la Divine Comédie (Paradis, chant XI), le plus grand poète italien Dante Alighieri évoque la naissance de François, survenue au début de 1182, à Assise. Appartenant à une riche famille – son père était marchand drapier –, François passa son adolescence et sa jeunesse dans l'insouciance, cultivant les idéaux chevaleresques de l'époque. A l'âge de vingt ans, il participa à une campagne militaire, et fut fait prisonnier. Il tomba malade et fut libéré. De retour à Assise, commença en lui un lent processus de conversion spirituelle, qui le conduisit à abandonner progressivement le style de vie mondain qu'il avait mené jusqu'alors. C'est à cette époque que remontent les célèbres épisodes de la rencontre avec le lépreux, auquel François, descendu de cheval, donna le baiser de la paix, et du message du Crucifié dans la petite église de saint Damien. Par trois fois, le Christ en croix s'anima, et lui dit: « Va, François, et répare mon église en ruine ».

Ce simple événement de la parole du Seigneur entendue dans l'église de Saint-Damien renferme un symbolisme profond. Immédiatement, saint François est appelé à réparer cette petite église, mais l'état de délabrement de cet édifice est le symbole de la situation dramatique et préoccupante de l'Eglise elle-même à cette époque. Toutefois, au centre de cette église en ruines se trouve le crucifié, et il parle: il appelle au renouveau, appelle François à un travail manuel pour réparer de façon concrète la petite église de Saint-Damien, symbole de l'appel plus profond à renouveler l'Eglise même du Christ, avec la radicalité de sa foi et l'enthousiasme de son amour pour le Christ. Cet événement qui a probablement eu lieu en 1205, fait penser à un autre événement semblable qui a eu lieu en 1207: le rêve du Pape Innocent III. Celui-ci voit en rêve que la Basilique Saint-Jean-de-Latran, l'église mère de toutes les églises, s'écroule et un religieux petit et insignifiant la soutient de ses épaules afin qu'elle ne tombe pas.

Le Pape reconnaîtra François qui lui rend visite. Innocent III était un Pape puissant, d'une grande culture théologique, et d'un grand pouvoir politique, toutefois, ce n'est pas lui qui renouvelle l'église, mais le religieux petit et insignifiant: c'est saint François, appelé par Dieu. Etant donné que son père Bernardone lui reprochait sa générosité exagérée envers les pauvres, François, devant l'évêque d'Assise, à travers un geste symbolique, se dépouille de ses vêtements, montrant ainsi son intention de renoncer à l'héritage paternel: comme au moment de la création, François n'a rien, mais uniquement la vie que lui a donnée Dieu, entre les mains duquel il se remet. Puis il vécut comme un ermite, jusqu'à ce que, en 1208, eut lieu un autre événement fondamental dans l'itinéraire de sa conversion. En écoutant un passage de l'Evangile de Matthieu – le discours de Jésus aux apôtres envoyés en mission –, François se sentit appelé à vivre dans la pauvreté et à se consacrer à la prédication. D'autres compagnons s'associèrent à lui, et en 1209, il se rendit à Rome, pour soumettre au Pape Innocent III le projet d'une nouvelle forme de vie chrétienne.

Saint François a eu réellement une relation très directe avec Jésus et avec la Parole de Dieu, qu'il voulait suivre telle quelle, dans toute sa radicalité et sa vérité. Il est aussi vrai qu'initialement, il n'avait pas l'intention de créer un Ordre avec les formes canoniques nécessaires, mais simplement, avec la parole de Dieu et la présence du Seigneur, il voulait renouveler le peuple de Dieu, le convoquer de nouveau à l'écoute de la parole et de l'obéissance verbale avec le Christ.

 

Prière de Saint François d'Assise

(Exhortation à la louange de Dieu)

 

« Craignez le Seigneur et rendez-lui hommage. Seigneur, toi qui es Bon, Très-Haut et Tout-Puissant, à toi la louange, la gloire, l'honneur et toute bénédiction. A toi seul ils reviennent, ô Très-Haut, et personne ne peut dire tout ton mystère !

Loué sois-tu, Seigneur, pour toutes tes créatures, spécialement pour le Soleil, notre grand frère. Il fait le jour et par lui, tu nous illumines. Il est si beau et si rayonnant. De toi, Très-Haut, il est un magnifique reflet ! » (cantique des Créatures)

 

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Deuxième jour

Saint François, François de l’Eglise, le pur

 

« La volonté du Père fut que son fils béni et glorieux, qu’il nous a donné et qui est né pour nous, s’offrît lui-même par son propre sang, en sacrifice et en victime sur l’autel de la Croix ; non pour lui-même, par qui toutes choses ont été faites, mais pour nos péchés, nous laissant un exemple afin que nous suivions ses traces. Il veut que tous nous soyons sauvés par lui, et que nous le recevions d’un cœur pur et dans un corps chaste.»  (2e Lettre à tous les fidèles, 4,11-14).

Saint François n'avait pas l'intention de créer un nouvel ordre, mais uniquement de renouveler le peuple de Dieu pour le Seigneur qui vient. Mais il comprit avec souffrance que tout doit avoir son ordre, que le droit de l'Eglise lui aussi est nécessaire pour donner forme au renouveau et ainsi réellement il s'inscrivit de manière totale, avec le cœur, dans la communion de l'Eglise, avec le Pape et avec les évêques. Il savait toujours que le centre de l'Eglise est l'Eucharistie, où le Corps du Christ et son Sang deviennent présents. A travers le Sacerdoce, l'Eucharistie est l'Eglise. Le vrai François historique est le François de l'Eglise et précisément de cette manière.

 

Prière de Saint François d'Assise

(Louanges de Dieu)

 

Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, Toi qui fais des merveilles. Tu es fort. Tu es grand. Tu es souverain. Tu es tout-puissant toi, Père saint, roi du ciel et de la terre. Tu es Trinité en même temps qu'unité, Seigneur Dieu. Tu es le bien, tout le bien, le bien suprême, Seigneur Dieu, vivant et vrai. Tu es amour et charité, Tu es sagesse, Tu es humilité, Tu es patience. Tu es sécurité. Tu es le repos. Tu es la gaieté et la joie. Tu es justice et tempérance. Tu es la beauté. Tu es la douceur. Tu es notre abri, notre gardien, notre défenseur. Tu es la force. Tu es la fraîcheur. Tu es notre foi. Tu es notre grande douceur. Tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout-puissant, bon Sauveur plein de miséricorde. Amen. »

Pureté du cœur et du corps voilà ce que nous demande le Seigneur. Par la croix de Jésus sur laquelle elles ont déjà été crucifiées, offrons nos impuretés afin d’entrer dans la joie du Père.

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la Lune et pour les étoiles. Dans le ciel tu les as façonnées, si claires, si précieuses et si belles ! (Cantique des Créatures).

 

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Troisième jour

Saint François, fondateur, l’adorateur de Dieu

 

« Qu’ils sont heureux et bénis, ceux qui aiment le Seigneur et font ce qu’il dit lui-même dans l’Evangile : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi-même ». Aimons donc Dieu et adorons-le avec pureté de cœur et d’esprit, car c’est là ce qu’il cherche par-dessus tout quand il dit : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité », car tous ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité. Adressons-lui des louanges et des prières, jour et nuit, en disant : « Notre Père qui es aux cieux. Car il nous faut toujours prier et ne cesser jamais ». Demandons la grâce de l’amour de la prière incessante. » (2e lettre à tous les fidèles II, 2, 18-21).

L’Ordre des frères mineurs, fondé par saint François d'Assise eut un rôle providentiel dans le renouveau de l'Eglise de leur temps. François et ses frères, toujours plus nombreux, s'établirent à la Portioncule, ou église Sainte-Marie des Anges, lieu sacré par excellence de la spiritualité franciscaine. Claire aussi, une jeune femme d'Assise, de famille noble, se mit à l'école de François. Ainsi vit le jour le deuxième ordre franciscain, celui des Clarisses, une autre expérience destinée à produire d'insignes fruits de sainteté dans l'Eglise.

 

Prière de Saint François d'Assise

(Lettre à tout l'Ordre)


Dieu Tout-Puissant, éternel, juste et bon, par nous-mêmes nous ne sommes que néant et pauvreté ; mais Toi, à cause de Toi-même, donne-nous d'agir selon Ta volonté, telle que nous La connaissons, et de vouloir toujours ce qui Te plaît ; ainsi nous deviendrons capables, intérieurement purifiés, illuminés et embrasés par le feu du Saint-Esprit, de suivre les traces de ton Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, et par Ta seule grâce, de parvenir jusqu'à Toi, Très-Haut, qui, en Trinité parfaite et très simple Unité, vis et règnes et reçois toute gloire, Dieu Tout-Puissant dans tous les siècles des siècles. Amen.

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre frère le Vent, et pour l'air et pour les nuages, pour le ciel paisible et pour tous les temps : par eux, tu réconfortes tes créatures. (Cantique des Créatures)

 

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Quatrième jour

Saint François, missionnaire plein de douceur et de respect

 

« Je crie vers Toi, ô mon Dieu, je prononce ton Nom très saint, mais sans pouvoir jamais Te saisir ! Seigneur mon Dieu, Tu es plus grand que nos paroles, plus silencieux que notre silence, plus profond que nos pensées, plus élevé que nos désirs… Donne-nous, ô Dieu souverain, si grand et si proche, un cœur vivant, des yeux nouveaux, pour Te découvrir et pour T’accueillir quand Tu viens à nous. Amen. » (Office de la Passion)

Le successeur d'Innocent III, le Pape Honorius III, avec sa bulle Cum dilecti de 1218 soutint lui aussi le développement singulier des premiers Frères mineurs, qui partaient ouvrir leurs missions dans différents pays d'Europe, et jusqu'au Maroc. En 1219, François obtint le permis d'aller s'entretenir, en Egypte, avec le sultan musulman, Melek-el-Kâmel, pour prêcher là aussi l'Evangile de Jésus. Cet épisode de la vie de saint François est d'une grande actualité. A une époque où était en cours un conflit entre le christianisme et l'islam, François, qui n'était volontairement armé que de sa foi et de sa douceur personnelle, parcourut concrètement la voie du dialogue. Les chroniques nous parlent d'un accueil bienveillant et cordial reçu de la part du sultan musulman. C'est un modèle dont devraient s'inspirer aujourd'hui encore les relations entre chrétiens et musulmans: promouvoir un dialogue dans la vérité, dans le respect réciproque et dans la compréhension mutuelle (Nostra Aetate, n.3). Il semble ensuite que François ait visité la Terre Sainte, jetant ainsi une semence qui porterait beaucoup de fruits: ses fils spirituels en effet firent des Lieux où vécut Jésus un contexte privilégié de leur mission. C’est la Custodie franciscaine de Terre Sainte qui s’occupe aujourd’hui de tous les sites importants religieux de Terre Sainte.

De retour en Italie, François remit le gouvernement de l'ordre à son vicaire, le frère Pietro Cattani, tandis que le Pape confia à la protection du cardinal Ugolino, le futur Souverain Pontife Grégoire IX, l'Ordre, qui recueillait de plus en plus d'adhésions. Pour sa part, son Fondateur, se consacrant tout entier à la prédication qu'il menait avec un grand succès, rédigea la Règle, ensuite approuvée par le Pape. 

 

Prière de Saint François d'Assise

(Legenda Major 14,2)

 

« Je Te rends grâces, Seigneur Dieu, pour toutes ces douleurs que j'éprouve ; je Te demande, ô mon Seigneur, de m'en envoyer cent fois plus encore si tel est Ton bon plaisir, car j'accepterais très volontiers que Tu m'affliges sans m'épargner, puisque c'est pour moi une consolation surabondante que d'accomplir Ta très sainte volonté. Amen. »

Sainte Mère de Dieu, douce et belle, prie pour nous le Roi livré à la mort, ton Fils très doux, notre Seigneur Jésus Christ, de nous accorder, par sa bonté et par la vertu de sa très sainte incarnation et de sa mort très amère, le pardon de nos péchés. Amen.

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur l'eau, qui est si utile et si modeste, si précieuse et si pure! (Cantique des Créatures)

 

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 Cinquième jour

Saint François, autre Christ

 

« Nous ne devons être ni sages ni prudents selon la chair ; mais nous devons plutôt être simples, humbles et purs. Jamais nous ne devons désirer d’être au-dessus des autres ; mais nous devons plutôt être serviteurs et soumis à toute créature humaine à cause de Dieu. Tous ceux qui agiront ainsi et persévéreront jusqu’à la fin, l’Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux habitation et demeure. Ils seront fils du Père céleste dont ils font les œuvres et ils seront époux, frères et mères de Notre Seigneur Jésus Christ. Aide-nous, Seigneur, à approfondir notre esprit de service. » (2e Lettre à tous les fidèles)

François représente un autre Christ. Il était vraiment une icône vivante du Christ. Il fut également appelé « le frère de Jésus ». En effet, tel était son idéal: être comme Jésus; contempler le Christ de l'Evangile, l'aimer intensément, en imiter les vertus. Il a en particulier voulu accorder une valeur fondamentale à la pauvreté intérieure et extérieure, en l'enseignant également à ses fils spirituels. La première béatitude du Discours de la Montagne – Bienheureux les pauvres d'esprit car le royaume des cieux leur appartient (Mt 5,3), a trouvé une réalisation lumineuse dans la vie et dans les paroles de saint François.

Chez François, l'amour pour le Christ s'exprima de manière particulière dans l'adoration du Très Saint Sacrement de l'Eucharistie. Dans les Sources franciscaines, on lit des expressions émouvantes, comme celle-ci: « Toute l'humanité a peur, l'univers tout entier a peur et le ciel exulte, lorsque sur l'autel, dans la main du prêtre, il y a le Christ, le Fils du Dieu vivant. O grâce merveilleuse! O fait humblement sublime, que le Seigneur de l'univers, Dieu et Fils de Dieu, s'humilie ainsi au point de se cacher pour notre salut, sous une modeste forme de pain ».

 

Prière de Saint François d'Assise

(Salutation des Vertus)

 

« Salut, reine Sagesse, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte et pure Simplicité. Dame sainte Pauvreté, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte Humilité. Dame sainte Charité, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte Obéissance. Vous toutes, saintes Vertus, que le Seigneur vous garde, Lui de qui vous procédez et venez. Nul homme en ce monde, si d'abord il ne meurt, ne peut posséder une seule d'entre vous. Qui possède l'une et ne blesse pas les autres, il les possède toutes. Qui blesse l'une les blesse toutes et n'en possède aucune. Chacune d'elles met en déroute les vices et péchés : Sainte Sagesse confond Satan et toutes ses malices. Pure et sainte Simplicité confond toute sagesse de ce monde et toute sagesse de la chair. Sainte Pauvreté confond cupidité, avarice, et les soucis matériels de ce monde. Sainte Humilité confond l'orgueil et tous les vaniteux de ce monde et toutes les prétentions de ce monde. Sainte Charité confond toutes les tentations qu'elles viennent du diable ou de la chair et toutes les craintes égoïstes. Sainte Obéissance confond toute volonté propre et tout charnel attachement et toute charnelle obstination. C'est elle qui tient le corps mortifié pour qu'il obéisse à l'esprit, pour qu'il obéisse à son frère. C'est elle qui rend l'homme docile et soumis à n'importe quel homme de ce monde, et non seulement aux hommes, mais aux bêtes et aux fauves eux-mêmes, les laissant disposer de lui comme ils veulent, autant que d'en haut leur permet le Seigneur. Amen. »


Loué sois-tu, Seigneur, pour notre frère le feu, par lui, tu éclaires la nuit. Il est si beau et si joyeux, si indomptable et si fort ! (Cantique des Créatures)

 

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Sixième jour

Saint François, frère universel joyeux et humble

 

« Heureux le serviteur qui, lorsqu'il est repris, reconnaît facilement ses torts, cède volontiers, avoue humblement et répare de bon cœur. Heureux celui qui aimerait autant un frère malade et incapable de lui rendre service, qu'un frère bien portant qui peut lui être utile. Heureux les pacifiques; ils seront appelés fils du Dieu. Ce qu'un serviteur de Dieu possède de patience et d'humilité, on ne peut pas le savoir tant que tout va selon ses désirs. Sont vraiment pacifiques ceux qui, malgré tout ce qu'ils ont à souffrir en ce monde, pour l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ, gardent la paix de l'âme et du corps. Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. Ont vraiment le cœur pur ceux qui méprisent les biens de la terre, cherchent ceux du ciel et, ainsi purifiés de tout attachement de l'âme et du cœur, ne cessent jamais d'adorer et de voir rien d'autre que le Seigneur Dieu vivant et vrai. » (Admonitions 22-23)

De l'amour pour le Christ naît l'amour envers les personnes et également envers toutes les créatures de Dieu. Voilà un autre trait caractéristique de la spiritualité de François: le sens de la fraternité universelle et l'amour pour la création, qui lui inspira le célèbre Cantique des créatures. François a été un grand saint et un homme joyeux. Sa simplicité, son humilité, sa foi, son amour pour le Christ, sa bonté envers chaque homme et chaque femme l'ont rendu heureux en toute situation. En effet, entre la sainteté et la joie existe un rapport intime et indissoluble. Un écrivain français a dit qu'il n'existe qu'une tristesse au monde: celle de ne pas être saints, c'est-à-dire de ne pas être proches de Dieu. En considérant le témoignage de saint François, nous comprenons que tel est le secret du vrai bonheur: devenir saints, proches de Dieu! 

 

Prière de saint François d'Assise

(Salutation à la Vierge Marie)

 

« Salut, Marie, Dame sainte, Reine, Sainte mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Eglise ; choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien-aimé et l'Esprit Paraclet ; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien. Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu ! Et salut à vous toutes, saintes Vertus, qui, par la grâce et l'illumination de l'Esprit-Saint, êtes versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d'infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu ! Amen ».

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre mère la terre qui nous porte et nous nourrit. Elle produit la diversité des fruits et les herbes et les fleurs de toutes les couleurs ! (Cantique des Créatures)

 

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Septième jour

Saint François, « Poverello » d’Assise

 

« Ce verbe du Père, si digne, si saint et si glorieux, le Père très haut en annonça la venue, par son saint archange Gabriel, à la sainte et glorieuse Vierge Marie, du sein de laquelle le Verbe reçut vraiment la chair de notre humanité fragile. Lui qui était riche plus que tout, il a voulu choisir, avec sa bienheureuse Mère, par-dessus tout, la pauvreté. Il y a bien des pauvretés, à chacun la sienne. » (2e Lettre à tous les fidèles I 4-5)

Toute sa vie, saint François fait la promotion de la solidarité aux pauvres, aux démunis, aux marginalisés. Il dénonce les injustices et s'oppose à toute appropriation. C'est dans la prière qu'il trouve toute sa force pour aimer et pour aider les autres. Un jour, il réalise que toute la Création forme une grande famille, une sorte de fraternité universelle. Il invite tous les humains à l'amour mutuel et au respect de notre mère la Terre, notre sœur la Lune, notre frère le soleil. Acceptons notre pauvreté, remettons là au Seigneur, afin d’être comblé d’un trésor plus précieux que toutes les richesses humaines.

 

Prière à Saint François d'Assise

 

Grand saint François, heureux pauvre de Jésus-Christ, qui ne vouliez d'autres richesses que Dieu seul, apprenez-moi à me détacher des biens trompeurs de ce monde, afin que ne connaissant d'autre science ici-bas que Jésus et Jésus crucifié, je puisse aller avec vous jouir éternellement de celui qui, étant infiniment riche et heureux, a voulu vivre et mourir pauvre et souffrant pour l'amour de nous. Ainsi soit-il.

« Louez et bénissez avec moi le Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le avec beaucoup d'humilité ! »

 

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Huitième jour

Saint François, crucifié avec le Christ

 

En 1224, dans l'ermitage de la Verna, François vit le Crucifié sous la forme d'un séraphin et de cette rencontre avec le séraphin crucifié, il reçut les stigmates; il devint ainsi un avec le Christ crucifié: un don qui exprime donc son intime identification avec le Seigneur.

 

Prière de saint François d'Assise

(Exhortation à la Louange de Dieu)

 

« Craignez le Seigneur et rendez-Lui hommage. Digne est le Seigneur de recevoir honneur et louange. Vous tous qui craignez le Seigneur, louez-Le ! Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec Toi. Louez Le, ciel et toute la terre. Tous les fleuves, louez le Seigneur. Fils de Dieu, bénissez le Seigneur. Voici le jour que le Seigneur a fait, jour d'allégresse et jour de joie, Alléluia, alléluia, alléluia, Roi d'Israël. Que tout esprit loue le Seigneur ! Louez le Seigneur, car Il est bon ; Vous tous qui lisez ceci, bénissez le Seigneur. Toutes les créatures, louez le Seigneur. Tous les oiseaux du ciel, louez le Seigneur. Tous les enfants, louez le Seigneur. Jeunes gens et jeunes filles, louez le Seigneur. Digne est l'Agneau immolé de recevoir honneur et gloire. Bénie soit la sainte Trinité et l'indivise Unité. Saint Michel archange, défends nous dans le combat. Amen. »

Un jour en écoutant un passage de l'Evangile, il lui vient une réponse à ce qu'il cherche : passer sa vie à aimer toute la création. Il transforme alors sa vie, il se fait pauvre, se soucie d'annoncer les messages de joie, d'espoir et d'amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la Création. Il s'habille d'un vêtement gris et se ceint la taille d'un cordon.

Loué sois-tu, Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi et qui supportent les épreuves et les maladies: heureux s'ils demeurent dans la paix, car par toi, Très-Haut, ils seront récompensés ! (Cantique des Créatures)

 

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Neuvième jour

Saint François, mort par amour

 

« Nous aussi, lorsque, de nos yeux de chair, nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c'est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu'il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l'a dit lui-même: « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde. » (Admonitions I, 21-22).

La mort de François – son Transitus – advint le soir du 3 octobre 1226, à la Portioncule. Après avoir béni ses fils spirituels, il mourut, étendu sur la terre nue. Deux années plus tard, le Pape Grégoire IX l'inscrivit dans l'album des saints. Peu de temps après, une grande basilique fut élevée en son honneur, à Assise, destination encore aujourd'hui de nombreux pèlerins, qui peuvent vénérer la tombe du saint et jouir de la vision des fresques de Giotto, le peintre qui a illustré de manière magnifique la vie de François.

 

Prière d’offrande totale de saint François d'Assise

 

« Seigneur, je T'en prie, que la force brûlante et douce de ton Amour prenne possession de mon âme et l'arrache à tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton Amour, comme Tu as daigné mourir par Amour de mon amour. Amen. » (Saint François d'Assise, Documents, Prières, p.174)

« Jésus lui répondit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père » (Jn 14,9). Le Père habite une lumière inaccessible ; Dieu est esprit; personne n'a jamais vu Dieu. Puisque Dieu est esprit, on ne peut donc le voir que par l'Esprit, car c'est l'esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien. Il en va de même pour le Fils : en tant qu'il est égal au Père, on ne peut le voir autrement que le Père, autrement que par l'Esprit. Voilà pourquoi furent damnés tous ceux qui autrefois n'ont vu que l'homme dans le Seigneur Jésus-Christ, sans voir ni croire, selon l'Esprit et selon Dieu, qu'il est vraiment le Fils de Dieu. Pareillement sont damnés tous ceux qui aujourd'hui leur ressemblent: ils voient bien, sous forme de pain et de vin, le sacrement du Corps du Christ, consacré sur l'autel par les mains du prêtre au moyen des paroles du Seigneur; mais ils ne voient ni ne croient, selon l'Esprit et selon Dieu, que ce sont là réellement les très saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, »

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la mort que personne ne peut éviter. Quel malheur pour ceux qui meurent avec un cœur mauvais ! Mais quel bonheur pour ceux qu'elle surprendra avec un cœur bon car le paradis les attend auprès de Toi ! (Cantique des Créatures).

 

Images Franciscaines

Litanies de saint François d'Assise

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.


Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Marie, Vierge Immaculée, priez pour nous.

Marie, Reine de l'Ordre des Mineurs, priez pour nous.


Saint François, notre Père, priez pour nous.

Patriarche des pauvres, priez pour nous.

Législateur admirable, priez pour nous.

Modèle de pénitence, priez pour nous.

Type d'humilité, priez pour nous.

Forme de simplicité, priez pour nous.

Exemple de générosité, priez pour nous.

Image de la joie parfaite, priez pour nous.

Miroir de chasteté, priez pour nous.

Ecole de pauvreté, priez pour nous.

Règle d'obéissance, priez pour nous.

Homme catholique, priez pour nous.

Serviteur de l'Eglise, priez pour nous.

Propagateur de l'Evangile, priez pour nous.

Zélateur des âmes, priez pour nous.

Apôtre des infidèles, priez pour nous.

Ange de paix, priez pour nous.

Médecin des malades, priez pour nous.

Thaumaturge puissant, priez pour nous.

Chevalier de la Croix, priez pour nous.

Ami du Sacré-Coeur, priez pour nous.

Adorateur de l'Eucharistie, priez pour nous.

Serviteur de Marie, priez pour nous.

Imitateur du Sauveur, priez pour nous.

Stigmatisé de l'Alverne, priez pour nous.

Séraphin embrasé, priez pour nous.

Père aimable, priez pour nous.

Père vénérable, priez pour nous.

Père secourable, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

 

Visitez vos malheureux enfants, bienheureux Père saint François.

- Et réveillez-les du sommeil de la mort.

Prions

 

O Dieu qui, par les mérites du bienheureux saint François, avez enrichi votre Eglise d'une nouvelle famille, faites-nous la grâce qu'à son imitation, nous méprisions les choses terrestres et que nous puissions jouir pour toujours de la participation de vos dons célestes. Par Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec vous, dans l'unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.

 

Cette Neuvaine est proposée par l'Etoile Notre Dame et est disponible en CD en cliquant ici

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14 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Quinzième jour

Miroir de justice, priez pour nous

 

L'Eglise, ayant comme épuisé tous les titres qui pouvaient lui servir à honorer dans Marie la Vierge et la Mère, passe à un autre ordre d'idées afin de lui offrir de nouvelles louanges. Elle l'invoque sous le nom radieux de Miroir de justice. Ce titre vous paraît peut être singulier et au dessous de la dignité de la sainte Vierge. Vous comprendrez bientôt qu'il renferme une grande gloire pour elle, et une grande leçon pour vous.

Posez un miroir en face du soleil, il en reçoit les rayons et les renvoie avec un éclat presque égal à ceux du soleil lui-même. Tel est le cœur de Marie ! C'est un miroir véridique qui réfléchit tous les rayons du soleil de justice, qui rend et reproduit toutes les vertus du fils de Dieu dont elle a été le divin tabernacle. Le fils de Dieu est descendu sur la terre pour nous enseigner et pratiquer toute justice ; il nous a donné dans sa personne le modèle de la plus haute perfection ; il s'est posé en notre présence et nous dit à tous : « Je vous ai donné l'exemple, afin que Tous agissiez en toutes choses comme j'ai agi moi-même ».

Or, qui a étudié de plus près et plus longtemps ? qui a le mieux copié et reproduit ce divin modèle ? Son miroir le plus fidèle, c'est Marie. On retrouve effectivement en elle, autant qu'une simple créature est capable de reproduire les perfections de l'Homme-Dieu, même humilité, même douceur, même patience, même dévouement, même abnégation, même héroïsme dans l'amour et la pratique du sacrifice. Si l'Evangile qui contient la vie et les enseignements de Jésus-Christ pouvait être anéanti, nous trouverions, en quelque sorte, dans les exemples de la Sainte Vierge, toutes les vertus et toute la doctrine du Fils de Dieu. Elle a rempli la loi et toute la loi, sans faire défaut à aucun point ; et l'on peut dire que sa vie tout entière est l'Evangile mis en pratique.

Marie miroir de justice, Marie reproduisant les vertus de son divin fils, nous rappelle l'obligation que nous avons d'imiter Jésus-Christ, nous montre qu'il est possible de marcher sur ses traces. Ne descend-elle pas d'Adam et d'Eve comme nous ? N'est-elle pas du même sang et de la même nature que nous ? Ce qu'elle a été comme enfant, comme vierge, comme épouse, comme mère, comme veuve, nous pouvons l'être aussi avec le secours de la grâce. Faisons donc, pour plaire à Dieu, ce que font les personnes vaniteuses qui veulent plaire au monde. Elles ont sans cesse le miroir devant les yeux pour composer leur parure et découvrir les taches qui souillent et enlaidissent leur visage. Notre miroir à nous, c'est la vie de Marie comparée à la nôtre. Dans nos prières, dans nos actions, dans nos conversations, tout ce qui ne ressemble pas à la manière de faire de la Sainte Vierge, indique une laideur, une difformité dans notre âme. Il y a cette différence entre le miroir de la vanité et le nôtre, que le premier montre les taches sans les faire disparaître ; que Marie au contraire, en nous faisant connaître nos défauts, nous aide à nous en corriger. S'il est une faveur que nous soyons plus particulière ment autorisés à demander à notre divine mère, c'est de marcher sur ses traces et de devenir des enfants qui lui ressemblent.

Oui, tenons toujours nos cœurs et nos regards tournés vers Jésus et vers Marie, c'est là tout notre espoir, c'est a quoi nous exhorte notre saint curé. « Le cœur, dit-il, se porte vers ce qu'il aime le plus. L'homme était créé pour le ciel, le démon a brisé l'échelle qui y conduisait. Notre-Seigneur, par sa passion, nous en a forme une autre, il a ouvert la porte La très Sainte Vierge est au haut de l'échelle, qui la tient à deux mains, et qui nous crie : Venez, venez ! Ô la belle invitation ! Que l'homme a une belle destinée : voir Dieu, l'aimer, le bénir, le contempler pendant l'éternité ! »

 

Exemple

L'imitation de la Sainte Vierge

 

Une jeune personne du nom de Léonie avait eu, comme tous les enfants prédestinés, une grande dévotion à la Sainte Vierge dès l'âge le plus tendre. Encore toute jeune, comme sa mère lui racontait un jour comment la Sainte Vierge s'était consacrée à Dieu dans le temple, à l'âge de trois ans : « Et moi aussi, s'écria-t elle avec vivacité, je veux me donner à Dieu comme la Sainte Vierge ». - «Mais, reprit la mère, la Sainte Vierge pratiquait dans le temple la patience, la douceur, l'humilité ; elle ne raisonnait pas quand on lui commandait, mais elle obéissait promptement et sans murmurer ; et souvent tu te fâches, tu prends de l'humeur, tu murmures, tu raisonnes. Dans le temple, disait encore la mère, la Sainte Vierge offrait à Dieu toutes ses pensées et toutes ses actions, et toutes ses prières étaient pleines de ferveur et de recueillement ». « Ah ! Donnez-moi aussi une prière que je puisse adresser à Dieu et à la Sainte Vierge, demanda l'enfant, et je la dirai tous les jours ». La prière fut bientôt trouvée, et Léonie ne manquait pas un seul jour de la réciter avec une tendre dévotion. Plus cet enfant de bénédiction croissait et avançait en âge, plus elle cherchait à imiter les vertus de celle qu'elle s'était choisie pour modèle. Ses oraisons jaculatoires à Marie étaient presque continuelles ; elle s'adressait à elle en tonte rencontre avec une confiance toute filiale. Parmi les tableaux et les statues, qui ornaient sa chambre, ceux de la Mère de Dieu occupaient le premier rang. Les sacrifices qu'elle pouvait lui offrir devenaient pour sa piété de véritables jouissances. Elle ornait sa chapelle, elle faisait tout pour lui plaire ; et non seulement Léonie consacra son enfance à Marie, elle lui consacra encore sa jeunesse ; elle passa sa vie tout entière dans son amour et celui de son divin Fils. Pressentant sa fin prochaine, elle alla passer quelques jours dans une pieuse solitude consacrée à Marie. Elle en sortit avec une paix profonde et une résignation entière à la volonté de Dieu, et quoiqu'elle n'eût encore que vingt-sept ans, elle vit approcher la mort sans crainte et sans regret, et s'endormit tranquillement entre les bras de Marie comme un entant sur le sein de sa mère. Oh ! Que la mort est douce, quand on a eu le bonheur d'aimer, de servir et d'imiter la Sainte Vierge pendant sa vie ! (Abbé Michaud, Mois de Marie de la Jeunesse Chrétienne).

Pratiques : Avant d'agir ou de parler, adressez-vous intérieurement à vous-même cette question : « Que ferait ou que dirait la Sainte Vierge, si elle était à ma place ? »

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Prière

 

Ô Marie, le miroir de vos vertus me couvre de confusion. Je ne me reconnais ni dans votre modestie, ni dans votre pureté, ni dans votre obéissance, ni dans votre patience, ni dans votre charité, ni dans votre mortification. Daignez par votre douceur corriger mes vivacités et mes impatiences ; par votre humilité mes vaines prétentions et mon orgueil; par votre pureté ma passion pour les plaisirs et les fêtes du monde. Daignez surtout par votre protection, m'établir et me maintenir dans l'état de grâce, et m'aider à devenir de plus en plus conforme à votre divin fils, en vous imitant, ô vous qui en êtes l'image vivante. Ainsi soit-il.

 

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12 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Treizième jour

Vierge vénérable, priez pour nous.

Vierge digne de toute louange, priez pour nous.

Vierge puissante, priez pour nous.

 

Tous les jours du mois de Marie ne peuvent suffire à méditer en particulier chacun de ses titres de gloire. Nous la saluons aujourd'hui des noms augustes de Vierge vénérable ! Vierge digue de toute louange ! Vierge pleine de puissance ! Et en effet qui mérite plus que Marie nos hommages et notre vénération? L'ange s'est incliné de respect en sa présence, et Jésus-Christ lui-même a reconnu sa puissance en lui obéissant.

Vierge vénérable ! Vierge digne de toute louange ! Marie elle-même, dans l'effusion de sa reconnaissance, avait prédit que toutes les générations la proclameraient bienheureuse. Cette prophétie ne s'est-elle pas accomplie, et ne continue-telle pas à s'accomplir à la lettre ? Est-il un siècle qui ne soit rempli de sa gloire ? Où son culte n'ait été en honneur ? Où on ne lui ait élevé des monuments ? Où les prédicateurs les plus distingués n'aient célébré ses louanges ? Si nous voulons y prendre garde, Marie partage ce respect et cette considération dont son nom est couronné, avec toutes les vierges chrétiennes qui marchent sur ses tracés. Voyez, dans une paroisse, dans une famille, une jeune personne exemplaire, pieuse, modeste et retenue, ne se concilie-t-elle pas l'estime de tout le monde ? Ne fait-elle pas la gloire et la consolation de ses parents ? Sa seule présence imprime le respect, on n'oserait en sa présence tenir des propos libres et inconvenants. Oui, vierges chrétiennes, sachez vous respecter, et on vous respectera. Pour l'ordinaire, la femme à laquelle on manque de respect, a provoqué elle même l'effronterie des libertins, par son manque de modestie, par la liberté de ses regards ou de ses paroles.

Mais parmi les nombreux et glorieux titres de Marie, un de ceux qui nous intéressent le plus, c'est la grandeur de sa puissance, c'est le crédit sans bornes dont elle jouit auprès de Dieu. I1 nous importe de savoir selon quelle étendue de nos besoins nous pouvons faire appel à soit cœur maternel, et jusqu'à quel point nous pouvons compter sur sa protection. Or, la puissance de Marie doit se mesurer a la puissance de Dieu-même. L'Evangile nous en fournit la preuve authentique. Nous lisons que Jésus, pendant sa vie mortelle, était obéissant à Marie et à Joseph ; que c'est à la prière de sa mère, qu'il a fait son premier miracle aux noces de Cana. Mais si Jésus Christ s'est montré si empressé d'accorder à sa mère tout ce qu'elle lui demandait, lorsqu'elle était sur la terre, que pourrait-il lui refuser, maintenant qu'elle règne avec lui dans la gloire ? Salomon entouré de sa cour et voyant paraître sa mère, descendit de son trône, la fit asseoir à ses côtés et lui dit : « Parlez, ma mère, je n'ai rien à vous refuser ». Jésus Christ sera-t-il moins généreux pour la sienne, qu'il a fait asseoir à ses côtés sur un trône mille fois plus éblouissant que celui de Salomon, lorsqu'elle viendra lui demander des grâces, pour nous tous qui sommes les membres de sa grande famille ? Le saint curé d'Ars comparait la puissance de la prière de la Sainte Vierge, à la puissance de la prière de son fils. « Tout ce que le Fils demande au Père, s'écriait-il, lui est accordé. Tout ce que la Mère demande au Fils lui est pareillement accordé ». Marie a donc en main la toute-puissance de Dieu parce qu'elle peut tout demander, et que rien n'est plus agréable à Jésus-Christ que de complaire à sa Mère en faisant passer les trésors de sa grâce par ses mains divines et maternelles. Oui, quelle que soit l'étendue de nos besoins, recourons à Marie; et si nous ne sommes pas exaucés, ce sera par défaut de confiance de notre part, mais jamais par défaut de puissance du côté de la Sainte Vierge.

 

Exemple

Puissance du nom de Marie

 

Un officier supérieur, se trouvant dans l'Algérie avec sa famille, fut rapporté blessé dans sa maison à la suite d'un violent combat, et bientôt son étal parut désespéré. Son fils, qui était un des médecins de l'armée s'empressa de lui prodiguer tous les secours de son art, bornant là sa sollicitude; mais sa mère et sa sœur, qui ne quittaient pas- le chevet du malade, formaient les vœux les plus ardents pour sa conversion. En vain elles conjurèrent le jeune médecin d'avertir son père du danger où il se trouvait et de lui proposer uu prêtre; elles ne purent rien obtenir; il était retenu par le respect humain. Pendant qu'ils étaient tous tristement réunis, une douleur aiguë survient tout-à-coup au blessé et lui fait pousser les hauts cris. Les deux dames, tremblant que ce ne soit sa dernière heure, se jettent à genoux en invoquant le nom de Marie, Le jeune homme, entraîné lui-même par ce mouvement spontané, tombe à genoux et s'écrie aussi : « Marie ! Marie ! » A ce moment, les douleurs du malade s'étant calmées, il porte sur son fils un regard étonné et lui dit : « Quel nom viens-tu de prononcer ? » Aussitôt le malade découvre sa poitrine et montre à sa famille une médaille de la sainte Vierge. « Je la porte, dit-il, depuis ma première communion ; mon curé en me la donnant me fit promettre de ne jamais la quitter. Engagé bientôt après dans les armées de l'Empire, je courus de grands dangers. Un jour, dans une bataille, j'entendais siffler les balles tout autour de moi, et je voyais à chaque instant tomber un de mes compagnons. Effrayé du péril, je promis à la sainte Vierge que, si j'échappais, j'accorderais la première demande qui me serait faite en son nom. Depuis ce jour, il ne s'est présenté aucune occasion de remplir ma promesse ; mais je viens de l'entendre prononcer le nom de Marie ». « Mon fils, aurais-tu formé quelque demande ? » « Oui, s'écria le jeune homme, touché jusqu'au fond de l'âme, je vous conjure de vous Réconcilier avec Dieu, devant qui vous paraîtrez bientôt, peut être ». Les deux dames s'empressèrent de faire venir un prêtre. Le malade se confesse en versant un torrent de larmes, et il meurt quelques jours après, en donnant tous les signes de la prédestination. Quant au fils, il entra dans la compagnie de Jésus, et mourut dans les missions d'Amérique. (Mois de Marie des jeunes filles).

Pratique : Mettez aujourd'hui à l'épreuve la puissance de Marie, en lui demandant deux faveurs : une pour le prochain et l'autre pour vous. Comprenez, si vous voulez que Marie vous tire du danger, que vous ne devez pas vous y exposer volontairement.

 

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Prière

 

Accablé de besoins spirituels et temporels, et me reconnaissant indigne de comparaître devant la majesté divine, qu'il m'est doux, ô Marie, de penser que je puis implorer en ma faveur votre puissante protection. Si jusqu'à ce jour j'ai si peu obtenu, c'est que je n'ai pas assez demandé. Vous serez donc désormais, pour toujours et à jamais, ma ressource dans tous mes besoins, ma consolation dans toutes mes peines, ma force dans toutes mes tentations. Je suis certain d'être exaucé, parce que votre puissance de Reine du ciel égale votre bonté de Mère de Dieu et des hommes. Ainsi soit-il.

 

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11 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Douzième jour

Vierge prudente, priez pour nous

 

Après nous avoir fait honorer dans Marie toutes les prérogatives de sa maternité, l'Église nous la fait célébrer comme Vierge ; et présente d'abord à nos hommages la prudence qui la distingue entre toutes les filles d'Eve, même les plus parfaites. Mais en quoi consiste cette prudence de Marie, proposée tout à la fois a notre admiration et à notre imitation ? Jésus-Christ la définit en deux mots : « Veillez et priez, pour crue vous n'entriez pas en tentation ».

Veillez. Dès l'âge le plus tendre, Marie se retire dans le temple, et se soustrait ainsi aux dissipations de l'enfance et aux séductions du monde. Du temple elle passe dans l'intérieur de sa pauvre maison de Nazareth, qu'elle ne quitte que pour remplir le devoir de sa condition. L'ange la trouve en prière dans sa chambre, lorsqu'il vient lui annoncer qu'elle a été choisie pour devenir la Mère du Rédempteur. Elle est habituée à une vie si solitaire, si pleine de réserve, que « la présence de cet ange qui avait revêtu la forme d'un mortel suffit, dit saint Ambroise, pour lui inspirer une pieuse crainte ». Voilà comment Marie se tient en garde, et redoute le mal, l'ombre même du mal.

« Nous sommes tous comme de petits miroirs dans lesquels Dieu se contemple ». Cette comparaison du saint curé d'Ars, s'applique surtout aux vierges dont la pureté réfléchit tous les rayons du ciel. Mais plus ce miroir est resplendissant, plus aussi est-il fragile. Il suffit d'un souffle pour la ternir, et le moindre choc peut le mettre en pièces. Ainsi en est-il de l'aimable vertu. La vigilance, et une vigilance de tous les instants peut seule la mettre à couvert d'un funeste contact, d'une dangereuse rencontre! Telle fut la vigilance delà Sainte Vierge.

Sachez donc, vierges chrétiennes, si vous voulez marcher sur les traces de votre Reine, que la prudence, gardienne de votre vertu, consiste avant tout à redouter les occasions dangereuses et à vous en tenir éloignées. Oui, votre sûreté est dans la timidité qui vous fait redouter le danger, qui vous éloigne des tête à tête, qui vous tient constamment sous les ailes maternelles. Une mère chrétienne a toujours les yeux sur sa fille, et une fille a cessé d'être vertueuse quand elle redoute les regards de sa mère. Craignez de vous produire dans le monde ; et quand vous y êtes obligées par des devoirs, que la modestie vous suive partout et vous protège comme un rempart. Et si vous veniez à être surprises, rappelez-vous que la fuite, et une fuite précipitée peut seule vous arracher au danger ? Sur le champ de bataille de la vertu, la victoire est à celui qui tourne le dos à l'ennemi. Joseph sauva sa chasteté en laissant son manteau dans les mains d'une femme déshonorée.

Toutefois, la vigilance ne suffirait pas par elles-même, il fait y joindre la prière qui appelle le secours et fait descendre la force d'en-haut. La continence est un don de Dieu, et ce don, Dieu ne l'accorde qu'à ceux qui le désirent et le demandent. Les vierges prudentes tiennent leur lampe garnie, c'est-à-dire qu'elles portent toujours dans leur âme l'huile de la grâce sanctifiante. Autant elles fuient les fêtes mondaines, autant elles aiment les fêtes religieuses. Autant elles dédaignent l'étalage vaniteux du luxe et de la mode, autant elles veillent sur la pureté de leur robe virginale, en la purifiant souvent dans le bain de la pénitence, aussi, qu'elles sont fortes avec l'appui de la grâce qui les soutient. Que la tentation vienne les assaillir ! Elles sauront résister comme Suzanne : elles préféreront mourir plutôt que d'être souillées.

Exemple

Marie n'abandonne jamais celui qui met en elle toute sa confiance

 

Une jeune personne connue sous le nom de Marcelline Trouchin, fille unique, avait été élevée dans une si grande dévotion envers la sainte Vierge, qu'elle en obtenait tout ce qu'elle voulait. Née de parents pauvres, elle fut obligée de travailler dans un atelier de Paris pour gagner sa vie. Son père et sa mère étaient dans la même maison en qualité d'ouvriers. Marcelline faisait la consolation de ses parents, et édifiait par sa piété sincère et solide, toutes les personnes qui la connaissaient. Bien souvent des compagnes avaient voulu l'entraîner dans les plaisirs du monde, elle avait toujours su s'en garantir ; son bonheur était d'approcher des sacrements les saints jours du dimanche, de réciter son chapelet, et de faire quelques lectures sur les vertus de Marie, qu'elle s'était proposé d'imiter.

Dieu réserva à Marcelline les plus terribles épreuves, pour relever son mérite et apprendre ce que peut un enfant de Marié. Le maître qui lui donnait du travail ainsi qu'à son père et à sa mère, ne craignit point dé faire des sollicitations coupables à celle âme innocente. Marcelline eût recours à sa protectrice ; elle lui disait souvent : « Ô Marie, vous voyez mes dangers, priez pour moi, et ne permettez pas que ce cœur qui vous appartient soit souillé ». Elle se sentait de plus en plus fortifiée dans ces heureux sentiments. Cependant, le maître de Marcelline, pour se venger de la résistance qu'elle opposait à ces criminelles poursuites, la renvoya elle et ses parents de son atelier, les privant ainsi de leurs moyens d'existence. La pieuse fille ne se trouble point, elle travaille, et par ses petits gains, nourrit son père et sa mère, comptant sur la Providence et remerciant Marie de l'avoir mise à l'abri de la séduction. Dans cet intervalle, par surcroît de malheur, son père et sa mère tombent malades ; elle était obligée de les soigner et de gagner leur vie. Dans sa misère et ses souffrances, le père de Marcelline fut assez malheureux pour lui reprocher d'être la cause de leur misère. Quel coup sensible pour le cœur tendre et pieux de la jeune fille. Elle pria la sainte Vierge avec une nouvelle ferveur, et le lendemain le médecin, qui visitait sa famille, lui annonça qu'une dame irlandaise puissamment riche, mais atteinte d'une maladie contagieuse, faisait les offres les plus avantageuses à la personne qui voudrait la servir. « Ah ! répond Marcelline, j'accepte volontiers cette place pour donner du pain à mon père et à ma mère ; Dieu fera de moi ce qu'il voudra ». Non seulement Marcelline échappa à la contagion, mais la dame au service de laquelle elle s'était dévouée revint à la santé et lui témoigna sa reconnaissance par une grosse pension qui fournit abondamment à ses besoins et à tous ceux de sa famille le restant de leur vie.

Pratique : Évitez aujourd'hui toute rencontre, qui, de loin on de près, pourrait éveiller dans votre cœur une mauvaise impression. Déchirez ce livre ou celle lettre, dont la lecture peut vous inspirer de mauvaises pensées.

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Prière

 

Vierge très prudente, je ne puis vous invoquer sous ce glorieux titre, sans condamner ma légèreté et ma curiosité. Faites-moi bien comprendre que le moyen le plus sûr de ne pas être vaincu, c'est d'éviter la rencontre de l'ennemi. Celui qui aime le danger y périra. Je ne serai fort dans le combat qu'en l'évitant autant qu'il dépendra de moi. Pour me mettre à l'abri du double et funeste écueil, d'aimer à voir et à être vu, j'imiterai votre vie cachée dans le temple, j'aimerai l'intérieur de la maison, et me tiendrai toujours sous vos regards et sous ceux de ma mère. Ainsi soit-il.

São João Maria Vianney

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10 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Onzième jour

Mère admirable, priez pour nous.

Mère du Créateur, priez pour nous.

Mère du Sauveur, priez pour nous.

 

Tout est digne d'admiration dans la maternité de Marie. Sa vie dans cet état, l'orme le modèle le plus accompli que les mères chrétiennes doivent avoir sans cesse sous les yeux L'Esprit Saint avait dit : « Qui trouvera la femme forte ? C'est un trésor sans prix, que tout l'or du monde ne pourrait payer à sa juste valeur ». Cette femme forte, cette mère par excellence, c'est Marie mère du Créateur, mère du Sauveur. Admirez comme elle supporte tes charges et remplit tous les devoirs de la maternité.

Voyez-la d'abord à Bethléem, mendiant un asile pour y faire ses couches. Repoussée de toutes les auberges, elle ne trouve d'autre refuge que celui d'une étable abandonnée. Se plaint-elle de sa pauvreté ? Murmure-t-elle des rebuts indiques dont elle est l'objet ? Accuse-t-elle la Providence ? Elle s'incline amoureusement sous la main de Dieu et adore ses desseins sans les comprendre. Ô mères, qui partagez l'indigence et les privations de la sainte Vierge, non seulement ne vous plaignez pas, mais soyez heureuses de votre condition. Plus vous ressemblerez à Marie, plus ses regards reposeront sur vous avec affection.

Quarante jours après ses couches, Marie se présente au temple pour la Purification. En se soumettant à cette loi qui ne l'obligeait pas, Marie dérobe à la connaissance des hommes les nobles prérogatives de la maternité divine, et vous apprend, mères chrétiennes, que les vertus cachées, que les vertus pratiquées sous l'œil de Dieu, sont les plus solides et les plus méritoires. Et quelle consolation emportera-t-elle de cette cérémonie ? Voilà que le saint vieillard Siméon, franc jusqu'à la rudesse, lui apprend : que Jésus sera une cause de ruine comme il sera une cause de salut ; et qu'un glaive de douleur transpercera non son corps, mais son âme. Quittez maintenant le temple, ô mère de douleur ! Vous connaissez votre destinée. Emportez votre glaive, comme un blessé garde un trait mortel dans sa plaie jusqu'à ce qu'il succombe, car vous mourrez avec lui et par lui. En présence de tels oracles, Marie va-telle éclater en sanglots. Elle se soumet sans plainte aux desseins du Seigneur, apprenant aux mères qui ne savent pas supporter les épreuves de la vie qu'elles ne sont pas chrétiennes ; que l'adversité éprouve la vertu comme le feu éprouve l'or.

La pointe du glaive de douleur prédit par Siméon, ne tarde pas à s'enfoncer dans son âme. Qui pourrait comprendre les alarmes de sa tendresse pendant sa fuite en Egypte, et les privations qui s'accumulent sur sa tête pendant un exil dont le terme est inconnu ? Sa fermeté reste inébranlable. Revenue dans sa pauvre, mais chère demeure de Nazareth, la voilà tout entière aux soins de son ménage, partageant les travaux et la pauvreté de saint Joseph. Étrangère à tout ce qui se passe au dehors, elle ne vit que pour son fils et son époux. Apprenez, ô mères de famille ! À concentrer votre vie dans l'intérieur de votre maison, à faire face à tous vos devoirs, sans vous mêler des affaires des autres, sinon pour remplir à leur égard les devoirs de la charité.

Au bout de quelques années, son cher et saint époux lui est enlevé par la mort. Quelle douloureuse séparation ! Elle lui paye un légitime tribut de larmes, mais sans que sa résignation se démente un seul instant. Âgé de trente ans, Jésus quitte sa mère pour se livrer aux travaux de sa vie apostolique. Marie ne le revoit plus qu'à de rares intervalles, et apprend aux mères chrétiennes avec quelle générosité elles doivent se séparer de leurs enfants lorsque Dieu les appelle, soit à la vie religieuse, soit à l'état du mariage. Ainsi la maternité comporte-t-elle de grands devoirs, et c'est pour les avoir tous remplis à la perfection, que Marie est une mère admirable !

 

Exemple

La joie succédant à la douleur dans une mère de famille

 

Une mère de famille avait perdu, dans l'espace de vingt mois, un époux tendrement aimé et deux jeunes filles. Plongée dans une amère douleur, elle reportait toute sa tendresse sur deux fils qui lui restaient, mais qui par malheur avaient embrassé l'état militaire. Quand vint la guerre d'Italie, en 1859, les deux jeunes sous-officiers firent partie de l'expédition. Qu'on juge des angoisses de la pauvre mère ! Ses prières à la puissante Vierge étaient incessantes. Arrive la nouvelle de la bataille de Magenta. Chacun cherche à en apprendre les détails. Notre pauvre affligée ne vit plus ; elle attend une lettre de jour en jour, il n'en paraît point. Cependant elle s'aperçoit qu'on a l'air triste autour d'elle, elle pressent une catastrophe ; elle interroge, elle supplie qu'on ne lui cache rien. On lui avoue alors que ses deux enfants ont péri. A cette nouvelle, son esprit déjà surexcité, s'exalte, sa tête s'égare. Elle aperçoit une fenêtre ouverte, une horrible tentation se présente à elle. Mais non ! Marie la protège. Elle court à un oratoire voisin, et reste une heure comme abîmée sous le poids de son chagrin ; enfin elle se lève calme et résignée ; elle avait invoqué la Mère admirable, la consolatrice des affligés.

Deux jours après, elle reçoit une lettre : elle l'ouvre avec une émotion indicible : elle avait reconnu l'écriture de son fils aîné. Il lui annonce qu'il a été blessé, ainsi que son frère et qu'ils ont passé pour morts, mais que des soins dévoués et intelligents les ont mis hors de danger, et que, ne pouvant continuer la campagne, ils rentreront sous peu en France. L'heureuse mère, passant d'une extrême douleur à la joie la plus vive, se jette à genoux et se livre aux plus tendres élans de la reconnaissance envers le Seigneur, qui n'a voulu que l'éprouver comme Abraham.

Pratique : Faites aujourd'hui généreusement à Dieu le sacrifice de telle ou telle peine, que vous portez peut-être depuis longtemps sans résignation.

 

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Prière

 

Ô Marie, je ne sais ce que je dois admirer le plus, de la tendresse de voire cœur ou de la fermeté de votre âme. À votre exemple, je veux m'attacher au devoir, coûte que coûte. C'est au fond du sacrifice que se trouve la plus douce consolation. Apprenez-moi, ô mère admirable, mère du Sauveur, mère du Rédempteur, à en savourer la salutaire amertume. La place d'honneur, la place convoitée par tous les saints, c'est le pied de la croix, parce que la croix est l'échelle mystérieuse par laquelle nous devons nous élever de la terre au ciel. Ainsi soit-il.

 

notre dame du sacerdoce

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09 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Dixième jour

Mère aimable, priez pour nous

 

Deux qualités principales rendent aimable, la beauté et la bonté. Que pourrait-on imaginer de plus aimable que Marie! Elle est le chef d'œuvre des mains de Dieu. Le Père l'appelle sa fille, le Saint-Esprit son épouse, et le Fils sa mère. Nulle créature n'a été comblée de plus de grâces que Marie, et toutes les grâces sont des rayons de la gloire divine qui s'attachent à une âme. C est par ses charmes qu'elle a attiré le fils de Dieu dans son sein, et l'on peut dire que sa beauté dont les anges du ciel sont ravis, se confond avec celle de son divin fils.

Mais c'est par la bonté du cœur surtout qu'on est aimable. Le secret d'être aimé consiste à aimer beaucoup ceux dont nous voulons nous concilier l'amour. Ainsi, rien n'est plus aimable qu'une mère, et son enfant la préfère, ne fût-elle couverte que de haillons, à une reine éblouissante de diamants, parce qu'il connaît la tendresse de son cœur. Et c'est ce dernier trait, qui caractérise plus particulièrement l'amabilité de Marie. Si sa beauté éclipse celle des anges, sa bonté ne peut être surpassée que par celle du divin Rédempteur dont elle est la mère.

« Le cœur de Marie est si tendre pour nous, disait notre saint curé, que ceux de toutes les mères réunies ne sont qu'un morceau de glace auprès du sien ». En effet, quelque grand que fût l'amour qu'elle portait à son divin fils, l'amour qu elle a eu pour nous semblerait plus grand encore. Sachant que nous ne pouvions être sauvés que par le sacrifice de ce fils si cher à son cœur, elle a par amour pour nous consenti à sa mort sur la croix. Voilà pourquoi la dévotion à la sainte Vierge fait nos plus chères délices ! Voilà pourquoi dans toutes les circonstances heureuses ou malheureuses de la vie, nous sommes attirés vers ses autels pour lui confier nos joies ou nos peines. Nous savons que son cœur répondra toujours aux épanchements de notre cœur. Oh ! Qu'ils sont à plaindre ceux qui ne connaissent pas les amabilités de Marie. Leurs douleurs restent sans consolation, parce qu'ils ne savent pas les partager avec leur divine mère.

Apprenons tous de Marie à aimer pour être aimés. Aimons les pauvres qui sont les membres souffrants de Jésus-Christ, et les témoignages de compassion que nous leur donnerons, doubleront à leurs veux le mérite de notre aumône. Enfants et serviteurs, aimez vos parents et vos maîtres, servez-les avec dévouement, et l'obéissance vous deviendra douce et facile. Parents et maîtres, aimez vos enfants et vos serviteurs, et vous n'aurez pas besoin de recourir à la rigueur du commandement, parce qu'ils vous obéiront par amour plus que par crainte. Oui, qu'il est beau ! qu'il est ravissant le spectacle d'une famille où l'amour chrétien enchaîne tous les cœurs. Point de parole aigre et dure, point d'humeur acariâtre, point de plainte par derrière. C'est là le triomphe d'une mère qui règne par l'amour dans l'intérieur de sa maison; sa puissance est dans la bonté de son cœur. La piété qui ne rend pas aimable déplaît à Dieu autant qu'elle déplaît aux hommes. Les saints ont tous été des hommes aimables, parce qu'ils ont tous beaucoup aimé Dieu et les hommes.

 

Exemple

L'orpheline se consacrant à Marie

 

Une jeune espagnole, dont la sainteté devait rendre le nom célèbre, sainte Thérèse, se fil remarquer dès son enfance par sa naïve confiance envers la sainte Vierge. Elle avait douze ans, quand un coup affreux l'atteignit : elle perdit sa mère, qui mourut, laissant une famille de douze orphelins en bas âge. « J'entrevis, dit la sainte, la grandeur de la perte que je venais de faire. Dans ma douleur, je m'en allai au sanctuaire de Notre Dame, et, me jetant aux pieds de son image, je la conjurai, avec beaucoup de larmes, de me servir désormais de mère. Ce cri d'un cœur simple fut entendu ; j'avais une mère dans la Reine du ciel. Depuis ce moment, jamais je ne me suis recommandée à cette Vierge souveraine sans éprouver d'une manière visible, son tout puissant secours ». On conserve encore dans la ville d'Avila cette image dite Notre Dame de la Charité - elle est toujours l'objet de la vénération des fidèles ; ils aiment à venir s'agenouiller et à prier, en quelque sorte, à côté de la candide orpheline, devant cette même Vierge qui, touchée de ses larmes, l'adopta pour sa fille et l'abrita pour toujours sous son manteau maternel. Consacrez-vous ainsi à Marie, et vous, pauvre enfant, qui, comme Thérèse, seriez, sans mère en ce monde, confiez votre jeunesse à la tendre Mère de Jésus ! Oh ! Qu'elle sera bien gardée !

Pratiques : Appliquez-vous, pendant la journée, à plaire par votre politesse et vos bonnes manières à tous ceux avec qui vous vivez. Supportez, sans murmurer, les défauts du prochain.

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Prière

 

Mère aimable, mon cœur est blessé par votre amour. Je sens en moi le désir d'être aimé, et votre exemple m'apprend que le secret de gagner les cœurs, consiste tout entier à aimer beaucoup le prochain et surtout les pauvres et les malheureux. L'amour de Dieu et du prochain, c'est l'Évangile dans deux mots. Si vous avez été la plus aimable des mères, c'est que personne n'a mieux compris et mieux pratique que vous ce double commandement auquel se rapporte toute la loi. Faites donc passer dans mon cœur l'amour divin dont le vôtre a été embrasé ; et comme vous je serai aimé de Dieu et des hommes. Ainsi soit-il.

 

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08 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Neuvième jour

Mère très pure, priez pour nous.

Mère très chaste, priez pour nous.

Mère de pureté inviolable, priez pour nous.

Mère sans tache, priez pour nous.

 

Conçue sans péché, devenue mère sans cesser d'être vierge, Marie semble oublier toutes ses autres prérogatives pour ne s'occuper que du soin de conserver et d'accroître chaque jour, son inviolable et éclatante pureté. C'est par la pureté, c'est-à-dire par l'exemption du péché, que nous sommes agréables à Dieu. Le zèle de Marie pour la pureté se montre dans toutes les circonstances de sa vie, mais il éclate surtout dans le pieux empressement avec lequel elle se soumet à la loi de la Purification.

La loi de Moïse ordonnait que quarante jours après la naissance d'un enfant, si cet enfant était un fils, la mère se présenterait au temple pour s'y purifier ; la loi voulait encore que l'enfant nouveau-né, lorsqu'il était l'aîné de la famille, fût porté au temple pour y être offert et consacré au Seigneur. Il est évident que Marie n'était tenue à aucune de ces deux lois. Elle n'était pas tenue d'aller au temple pour s'y purifier, puisque, après comme avant son enfantement, elle était restée toujours vierge, toujours pure. Néanmoins Marie n'hésite point à obéir à une loi qui n'était pas faite pour elle ; elle se soumet, comme la dernière des femmes, à toutes les cérémonies de la Purification, quelque pénibles, quelque humiliantes qu'elles soient. Mais ô Marie ; pourquoi voiler vos grandeurs en vous assujétissant à une loi qui ne vous oblige pas ! Ne vous souvenez-vous donc plus qu'un ange est descendu du ciel pour vous annoncer que vous deviendrez mère sans cesser d'être vierge ? Ah ! Marie ne l'ignorait pas : mais plus elle se voit élevée aux yeux de Dieu, plus elle s'abaisse et et s'humilie aux yeux des hommes pour confondre notre orgueil ; plus elle a de raisons de se dispenser de la loi, plus elle la remplit avec empressement et ponctualité pour condamner notre lâcheté et nos désobéissances.

Apprenons tous de Marie, dans le doute si la loi, si le précepte nous oblige ou ne nous oblige pas, à prendre le parti le plus sûr, celui de l'observance ; apprenons de Marie, quand il s'agit des devoirs et des pratiques de la vie chrétienne, à ne pas marchander avec Dieu, à dépasser plutôt qu'à restreindre la limite de nos obligations. C'est le caractère d'une âme généreuse d'offrir plus qu'on n'exige d'elle. Si Dieu ne nous donnait que ce qu'il nous doit, que deviendrions-nous ? Apprenez en particulier, mères de famille, à devenir par votre conduite exemplaire la règle de votre maison, à faire la leçon à vos enfants et à vos domestiques par la régularité de votre vie et le fidèle accomplissement de tous vos devoirs religieux. Quand on pratique le premier ce qu’os recommande aux autres, on est assuré de rendre son autorité respectable.

Les saints docteurs n'hésitent point à dire que Marie sortit de la Purification avec un nouveau lustre de pureté, ornée et enrichie de nouveaux mérites ; comme le soleil voilé un instant parles nuages, reparaît ensuite sur l'horizon plus ardent et plus radieux. Et voilà pourquoi l'Eglise multiplie les noms pour exprimer en quelque sorte la même idée, en invoquant Marie sous les titres de Mère très pure, Mère très chaste, Mère d'une pureté inviolable, Mère incorruptible.

 

Exemple

Deux rosiers offerts à Marie

 

Un jeune apprenti parisien, fils d'une pauvre ouvrière, voyant sa mère triste et découragée par le manque total d'ouvrage, lui dit un soir du mois d'avril : « Ma mère, ayez confiance ; prions ensemble la sainte Vierge, elle nous viendra en aide. Le monsieur qui vous visite me l'a bien répété ». La pauvre femme écouta l'enfant ; quelques jours après elle avait de l'ouvrage en abondance. Le mois de mai touchant à sa fin. l'apprenti dit à sa mère : « Maman, nous n'avons pas remercié la sainte Vierge de nous avoir secourus ; venez à l'église, nous y entendrons la messe, et puis nous offrirons un petit souvenir à notre protectrice ». L'ouvrière suit l'enfant, qui. traversant avec elle le marché aux fleurs, y achète deux jolis rosiers, les paye et court les déposer à l'autel de la sainte Vierge L'enfant expliqua à sa mère surprise que, du jour où l'ouvrage était revenu, il avait résolu, de donnera Marie un gage de sa reconnaissance. Chaque matin, à l'atelier, il recevait deux sous pour acheter de quoi déjeuner. Il avait mangé du pain sec tout le mois, et, des trois francs ainsi économisés, il avait acheté les deux rosiers offerts par sa reconnaissance. On peut imiter la piété de cet enfant, en renouvelant de temps en temps les fleurs qui ornent la chapelle ou l'on fait le mois de Marie, ou en faisant quelque aumône en l'honneur de la sainte Vierge, ou bien encore en produisant quelques actes de patience, de douceur, d'humilité, d'obéissance, qui sont les fleurs dont le parfum est le plus agréable à la Reine du ciel.

Pratiques : Pour purifier de plus en plus votre âme, récitez un acte de contrition en prenant de l'eau bénite, le matin à votre lever, le soir à votre coucher. Purifiez souvent dans la journée, l'intention ou le motif qui vous fait agir.

 

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Prière

 

Mère très pure et très chaste, Mère sans souillure et sans tâche, un seul nom ne peut suffire pour exprimer votre incomparable pureté. Elle est si éclatante que je n'ose la contempler en face, tant elle me couvre de confusion. La résolution qu'elle m'inspire, c'est de purifier mon âme en la plongeant plus souvent dans le bain salutaire de la pénitence. Aidez-moi, toutes les fois que j'irai à confesse, à bien faire mon examen de conscience, mettez la sincérité sur mes lèvres, pénétrez mon cœur d'une vive componction, et faites-moi concevoir une telle horreur du péché, que je sois disposé à mourir plutôt que d'y retomber de propos délibéré. Ainsi soit il.

 

Saint-J

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07 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Huitième jour

Mère de la Grâce Divine, priez pour nous

Toute grâce vient de Jésus Christ, qui en est le principe et l'auteur. Or, Jésus Christ n'a pu passer neuf mois clans le sein de sa mère, sans y déposer le trésor de ses mérites, c'est pourquoi l'ange en annonçant à Marie qu'elle a été choisie pour devenir la mère de Dieu, la salue pleine de grâce.

Pour comprendre la grandeur de ce. titre, il faudrait connaître et bien comprendre le prix de la grâce. Quand Dieu a voulu créer le ciel et la terre, il n a prononcé qu'une parole ; mais quand Jésus-Christ a voulu nous mériter la grâce, il a dû verser sur l'arbre de la croix, jusqu'à la dernière goutte de sou sang. Aussi la plus petite des grâces est-elle préférable à tous les trésors de la terre. Ce n'est point avec de l'or et des domaines que nous pouvons acquérir le Ciel, mais par la pratique des bonnes œuvres et le fidèle accomplissement des commandements de Dieu et de l'Eglise. Pour expliquer le besoin que nous avons du secours de h grâce, le curé d'Ars se servait de cette comparaison. « Les commandements de Dieu, disait-il, sont les enseignements que Dieu nous donne pour suivre la route du Ciel, comme les écriteaux qu'on pose à l'entrée des rues et au commencement des chemins pour en indiquer les noms. La grâce de Dieu nous aide à marcher et nous soutient. Elle nous est nécessaire comme les béquilles a ceux qui ont mal aux jambes ». Mais si nous ne pouvons rien dans l'ordre du salut sans le secours de la grâce, la grâce aussi ne peut rien sans notre coopération, c'est-à-dire sans le concours de notre bonne volonté. Dieu nous offre le ciel et sa grâce pour y arriver ; mais à la condition que nous ferons valoir cette grâce en suivant les lumières surnaturelles qu'elle nous donne, et les bons mouvements qu'elle nous inspire. C'est comme le soleil dont les rayons versent la lumière et la chaleur sur votre terre ; sans cette lumière et cette chaleur, elle resterait à jamais frappée de stérilité. Cependant, cette lumière et cette chaleur ne suffiraient pas par elles-même pour rendre votre terre fertile ; il faut de plus que vous la travailliez et que vous l'arrosiez de vos sueurs ; c'est la correspondance à la grâce.

Il s'ensuit de là, que plus nous recevons de grâces et plus nous les mettons à profit, plus aussi nous avançons dans le chemin du ciel et nous assurons l'œuvre de notre salut. Qu'il est donc consolant pour nous d'apprendre que Marie est la mère de la divine grâce ; qu'elle en tient pour ainsi dire, le réservoir entre ses mains, et qu'elle l'ouvre à volonté. Il dépend de nous d'y puiser à toutes les heures du jour et de la nuit, dans toutes les circonstances delà vie où nous sentons le besoin que nous avons du secours d'en haut. « Dieu, dit saint Bonaventure, pouvait faire un monde plus grand, un ciel plus grand, mais il ne pouvait pas faire une mère ni plus grande ni plus riche ». Et voilà pourquoi saint Bernard, ajoute : « Que demander la grâce par l'entremise de Marie, c'est entrer dans les vues de Dieu qui veut que tout nous vienne par Marie ». Ne vous plaignez donc plus de la violence de vos tentations, de la difficulté de vos devoirs, de la grandeur des obstacles que vous rencontrez sur la route du salut ; si vous saviez, si vous vouliez recourir à Marie, elle ferait à l'instant même descendre dans votre âme une grâce tellement forte et abondante que vous vous écrieriez avec l'apôtre : « Je puis tout par la vertu de celui qui me fortifie ! »

 

Exemple

Le fruit d'un Ave Maria

 

Un saint missionnaire de nos jours raconte le fait suivant: Un pécheur âgé, dont la vie avait été fort scandaleuse, me fait prier de venir le visiter. Je me rends à son invitation, et je vois un vieillard qui se jette à mon cou en me disant : « Voici, monsieur, un pécheur abominable, sauvez-moi ». Je le rassure, puis je lui demande de me faire connaître ce qui a décidé sa conversion. « Je l'ignore absolument, mon père ». « Avez-vous suivi nos instructions ? » « Jamais ». « Vos amis vous auraient-ils encouragé ? » « Je n'en ai point, et je les eusse choisis tels qu'ils m'eussent plutôt dissuadé de revenir à Dieu ». « Vous alliez peut-être aux offices ? » « Jamais ». En ce moment mes yeux s'arrêtent sur un tableau de la sainte Vierge. « Quoi, lui dis-je, un tel tableau chez vous ? » « Oui. monsieur, reprend le vieillard ; je n'ai respecté que cela, et je me souviens que chaque jour je récite un Ave Maria devant ce tableau, pour obéir aux dernières volontés de ma mère ». « Ah ! réjouissez-vous, monsieur, m'écriai-je tout ému ; c'est à Marie et à ce faible tribut de respect que vous devrez votre conversion et le ciel ».

Pratiques : Mères chrétiennes, apprenez à vos petits enfants à réciter l'Ave Maria. Rendez toutes vos actions méritoires pour le ciel, en les commençant par cette invocation : Je vous salue, pleine de grâce.

 

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Prière

 

Marie, mère de la divine grâce, vous réapparaissez comme une fontaine intarissable où chacun vient puiser selon l'étendue de ses besoins. Les miens sont de tous les jours et de tous les instants. J'ai à éteindre le feu de mes passions, j'ai à remplir les nombreux devoirs de mon état, j'ai des vertus à pratiquer. Versez dans le vase de mon âme cette eau pare et fortifiante de la grâce qui dégoûte des vains plaisirs du monde, qui repose et délasse des luttes et des fatigues de la vie, qui donne force et courage pour persévérer jusqu'à la fin dans la voie du salut. Ainsi soit-il.

 

San-Juan-Maria-Vianney

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06 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Septième jour

Mère de Jésus-Christ, priez pour nous.

 

En invoquant Marie, mère de Dieu, nous avons médite dans son premier acte, le mystère de l'Incarnation ; en invoquant Marie, mère de Jésus-Christ, nous allons méditer le même mystère dans la paissance du Sauveur. C'est à Bethléem que s'accomplit cet événement à jamais mémorable et qui va changer les destinées du genre humain ; transportons-nous-y par la pensée. Aucun spectacle n'est plus digne de fixer l'attention du chrétien, n'est plus propre à exciter notre amour envers Jésus-Christ et notre dévotion envers la sainte Vierge sa mère.

En ce temps-là, dit l'Evangile, on publia un édit de César Auguste pour faire le dénombrement des habitants de toute la terre. Auguste était alors empereur romain et commandait au monde entier. En vertu de cet édit, Joseph et Marie son épouse qui était enceinte, durent se transporter à Bethléem, pour s'y faire enregistrer. Or, pendant qu'ils étaient là, il arriva que le temps auquel la sainte Vierge devait accoucher, s'accomplit. Toute la ville était pleine d'étrangers. Ce fut en vain qu'ils cherchèrent un logement, personne ne voulut les recevoir; leur pauvreté les fit repousser de toutes les hôtelleries. Nulle pitié pour une femme jeune, frêle et sur le point d'accoucher. Dans leur détresse, ils cherchèrent quelque réduit abandonné, et ne rencontrèrent qu'une pauvre étable, ouverte à tous les vents, située au milieu des champs. C'est là qu'à minuit, lorsque tout est en silence dans la ville ingrate et dans la nature entière, le Fils de Dieu fait chair, quitta le sein de sa mère pour descendre dans l'humble crèche adossée au mur de l'étable. Comme Marie lavait conçu miraculeusement et sans perdre sa virginité, elle l'enfanta sans douleur et sans cesser d'être vierge.

 Pourquoi Jésus-Christ en naissant préfère t il une étable à un palais ? Pourquoi veut-il que Marie sa mère partage sa pauvreté et son dénuement ? C'est pour relever le courage des pauvres et les consoler dans leurs privations. Si les biens de la terre devaient faire notre suprême bonheur, s'ils méritaient d'exciter toutes nos convoitises, Jésus-Christ en aurait doté sa mère, la créature qu'il a le plus chérie. Il les méprise pour nous apprendre à les mépriser, et pour être en droit de nous dire avec plus d'autorité : « Bienheureux les pauvres ! » Vous tous qui vivez des sueurs de la journée, qui êtes condamnés aux privations sur la terre, en voyant que Jésus et Marie n'ont pas été mieux partagés que vous, oseriez-vous encore vous plaindre de votre condition ?

De plus Jésus a voulu naître non dans une ville, mais dans la campagne. Les premiers appelés à le visiter et à l'adorer clans la crèche où il repose, sont d'humbles et simples bergers, pauvres comme lui. Vous qui cultivez la terre et vivez dans les champs, voyez comme Jésus relève et honore votre condition ! Les rois viendront plus tard à l'étable de Bethléem, parce que personne n'est exclu du bienfait de la rédemption, mais la préférence est accordée aux habitants de la campagne. Quelquefois peut-être, en voyant l'éclat qui brille dans les villes, une certaine aisance plus apparente que réelle, avez-vous été tentés de quitter le toit qui vous a vus naître ? Croyez-moi, ne désertez pas la maison de votre père et le champ qu'il a arrosé de ses sueurs. Ce champ n'est pas épuisé, il fournira à vos besoins et à ceux de votre famille, si vous savez le féconder par votre travail et vos prières. Dans les champs, vous êtes plus rapprochés de Dieu ; tout vous parle de sa puissance, de sa providence et de sa libéralité ; tout vous dit de l'aimer et de le servir.

 

Exemple

Abjuration du Protestantisme

 

Un modeste ouvrier papetier, qui depuis plus de trente ans s'était concilié la confiance de ses maîtres et la bienveillance des nombreux ouvriers de la fabrique.de M M. Montgolfier, sollicité de rentrer dans le sein de la vraie Église, restait dans l'erreur par la crainte de ses parents ; mais touché de l'exemple de ses maîtres, il se sentait toujours attiré à cette religion qui fait pratiquer tant de bonnes œuvres. Enfin, la grâce triompha de son esprit et de son cœur. Il se rendit auprès d'une de ses respectables maîtresses, Mme St Etienne Monlgolfier, et lui dit : « Me voici franchement décidé à devenir catholique ». Cette dame aussi instruite que pieuse et prudente, après lui avoir témoigné la joie qu'elle en éprouvait, lui rappela quelques-uns des principaux articles de notre croyance que les disciples de Luther rejettent ; elle lui dit enfin que les catholiques honorent la très sainte Vierge, mère de Jésus-Christ, qu'ils la prient, qu'ils réclament sa protection auprès de Dieu. « Ah ! oui, madame, répondit-il avec un accent de conviction difficile à rendre, nous ne croyons pas à la sainte Vierge ; mais moi j'y croyais depuis plus d'un an. J'avais toujours entendu dire que Marie était le refuge des malheureux, la consolatrice des affligés ; je me mis à la prier souvent, et avec toute l'ardeur dont j'étais capable, pour qu'elle m'obtint la guérison de mes yeux, qui depuis longtemps me faisaient beaucoup souffrir, et que rien n'avait pu soulager ; je fus bientôt entièrement guéri, et depuis lors je l'invoque toujours, et je crois que c'est elle qui veut que je sois catholique ». Il a été solennellement présenté aux fonts sacrés du baptême, le 26 octobre 1843.

Pratique : Supportez aujourd'hui volontiers vos peines et vos privations, en les unissant aux peines et aux privations de Jésus et de Marie, dans l'étable de Bethléem.

 

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Prière

 

Divine Mère de Jésus-Christ, me voici à genoux devant vous, comme les bergers devant la crèche de Bethléem. Montrez-moi votre divin Fils, c'est dans vos bras que je veux l'adorer. Que votre main prenne la sienne pour me bénir ! Bénissez-moi l'un et l'autre, et je me retirerai joyeux et consolé dans le lieu de mon repos. Votre bénédiction, ô Mère de Jésus Christ, c'est le pardon de nos péchés, c'est la force dans les épreuves, c'est la douce paix au fond de lame, c'est l'union au sein de la famille, c'est le paisible sommeil à la fin de la journée, c'est l'espérance du ciel après les travaux de la vie et le bonheur dans l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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