06 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

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Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Septième jour

Épreuve

 

Éclairé d'un rayon céleste sur les destinées de Claire, François bénit le Ciel qui la lui amenait. il eut pour elle des paroles d‘encouragement et de flamme, des accents du ciel, et Claire, heureuse et confiante, lui ouvrit son âme avec abandon. Elle le supplia d'en être le guide et de la conduire sur les pas de Jésus, dans les voies du renoncement, de la pauvreté et du sacrifice que lui-même a tracées.

Elle était vraiment conquise à l'Époux céleste et prédestinée à de grandes choses cette jeune vierge d’Assise. François eût pu dès lors, et sans la moindre hésitation, se prononcer sur la vocation de Claire. D’un regard prophétique, il entrevoyait déjà l'admirable parcours qu‘allait traverser dans la perfection cette âme ardente et généreuse. Toutefois, avant d'accéder à ses désirs, il jugea bon, en guide prudent et sage, de la soumettre à une épreuve aussi extraordinaire que Sublime.

« Si les charmes de la Pauvreté vous attirent, prouvez-le, dit-il à Claire, prouvez-le en quittant la riche toilette que vous portez. Couvrez-vous d'un sac, et parcourez la ville en demandant l'aumône de porte en porte ». « Oh ! volontiers, s’écria Claire tout heureuse, Père, je le ferai de grand cœur pour vous convaincre et pour goûter la, pauvreté de mon Jésus ».

Et la fille du comte Favorino, vêtue à la mendiante, parcourut sa ville natale, allant, de porte en porte, solliciter humblement l’aumône d’un morceau de pain pour l’amour de Dieu.

Chose vraiment merveilleuse ! Personne, hormis le Saint, ne reconnut Claire de Sceffi sous les haillons qui la couvraient. Ces livrées de la pauvreté qu'elle avait si joyeusement revêtues ne la distinguèrent qu’aux yeux de Dieu et des anges.

« Après l’avoir accueillie, entendue, éprouvée, François, dit un pieux auteur, lui rendit visite au château paternel en compagnie sans doute du frère Rufin, parent de la famille. Ils se virent ainsi à plusieurs reprises. A mesure qu’ils le faisaient, ils étaient l’un et l’autre plus convaincus qu’une Providence attentive avait présidé à leur rencontre. Claire ne se laissait pas d’entendre la parole de François aussi éloquente dans le tête-à-tête qu'en présence de la foule, et qui, en la révélant à elle-même, la remplissait d’une lumière et d’une douceur divines. De son côté, François était ravi de ce qu'il découvrait dans son interlocutrice ; cet accent si sincère, ce courage simple et décidé à tous les sacrifices, plus encore, cette fois à un appel venant du ciel, c'étaient tous les caractères des âmes conviées aux noces de l’Époux divin. Claire était manifestement de ces âmes. il fallait se hâter de l’offrir au Seigneur comme une belle proie que le monde commençait à convoiter ». (M. Le Monnier).


Réflexions et Avis


Attachons-nous aux vertus solides et nous n'aurons pas à craindre de nous égarer. L'humilité et l'obéissance sont de ce nombre... et les saints nous disent qu’on ne peut excéder en ce point... C’est au moyen de ces vertus, l’obéissance et l'humilité, que saint François d’Assise voulut s'assurer et qu’il fut convaincu de la ferveur de Claire. La vertu qui tend à s'écarter de l‘obéissance est une vertu illusoire et sans fondement... de même celle qui est dépourvue d'humilité ; elles crouleront l’une et l’autre comme un édifice bâti sur le sable mouvant et que le moindre orage peut renverser.

Aspirant au cloître pour s‘y donner à Dieu, rien ne parut difficile à Claire et rien ne lui coûter pour atteindre ce but. Eût-on exigé mille et mille fois plus, sa ferveur n'eut pas hésité une seconde à l’accomplir... Plus il est demandé à l'âme fervente, plus elle est heureuse, estimant comme un grand bonheur l’occasion qui lui est donnée de témoigner son amour à Dieu en faisant pour lui quelque chose de plus signalé. Le prix d'un seul acte de cette nature est d’une valeur incompréhensible. Au ciel seulement nous en connaîtrons tout le mérite.

Cependant, l’occasion de faire de grandes choses pour Dieu se présente rarement, et nous devons nous porter d‘un cœur aussi généreux à la pratique des plus humbles vertus qu‘aux actes prévus d'une perfection plus relevée. Dieu ne demande pas l'impossible. Nous n'aurons à lui rendre compte que des choses que nous aurons pu faire. Par conséquent, double raison pour nous de les accomplir. Sachons donc apprécier l‘humble semence des petites vertus ; celles-ci germent en nombre dans le sillon de notre vie et peuvent se cueillir en quelque sorte sous chacun de nos pas. Oh ! La belle moisson qui nous est offerte ! Insensé et mille fois coupable qui la dédaigne et la méprise.

 

Avis des Saints

 

« On déplaît à Dieu quand on obéit avec chagrin, et en cherchant à connaître la raison de tel ou tel commandement » (Saint Bernard). « Le vrai obéissant doit considérer en toute chose non la difficulté plus ou moins grande du commandement, mais l‘autorité de celui qui le fait et le mérite de l’obéissance » (Saint François d'Assise). « Rappelons-nous que la sainteté ne consiste point à faire de grandes choses, mais à vivre chrétiennement dans la condition où nous a placés la Providence ». (Saint Pierre Chanel).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Benvenuta de Pérouse qui fut vraiment la bienvenue au petit cloître de Saint Damien (XIIIe siècle).


Elle avait connu Claire dans le monde, sa famille étant très liée avec celle des Sceffi Son entrée réjouit vivement la sainte Fondatrice, heureuse de voir cette âme si chère se donner à Dieu. Longtemps éprouvée par la maladie, et finalement privée de l'usage de la parole, Benvenuta fut l'heureuse miraculée de la Sainte Mère. Ce miracle est l'un des plus éclatants de l'illustre Fondatrice, touchée de compassion à la vue de sa fille toujours si obéissante et réduite a ce triste état, Claire fit sur elle le signe de la Croix et la pauvre malade guérit instantanément.

Pratique : S’exciter au détachement des choses de ce monde par Cette parole d‘un grand saint ; « Qu’est-ce que cela pour l’éternité ? »


Prière


Ô vous qui avez si généreusement renoncé aux honneurs du monde pour embrasser la pauvreté et l'humilité de Jésus-Christ, obtenez-moi la force dont j’ai besoin pour la pratiquer moi-même selon que l'imposent mes devoirs d’état, car toujours et partout l’âme chrétienne est tenue de vivre détachée des biens de la terre et de s’appliquer à devenir douce et humble de cœur. Ainsi soit-il.

 

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05 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Sixième Jour

Vocation révélée

 

En 1212. François vint à Assise prêcher le Carême, l'Esprit divin qui inspirait toutes ses démarches lui ayant appris déjà le grand mystère dont il allait devenir l’instrument.

Il n'était bruit dans toute la ville que des prédications du saint pénitent. Claire eut un vif désir de l’entendre, et la pieuse Hortulane. sa mère, cédant aux sollicitations de sa fille chérie, voulut bien la conduire elle-même, avec sa jeune sœur Agnès, à la cathédrale de Saint Rufin où prêchait François. La comtesse et ses filles eurent donc la joie de l'y entendre.

« Claire écoutait, profondément remuée par cette parole-neuve, imagée, ardente, qui pénétrait jusqu‘à la division de son âme. jamais homme n'avait parlé devant elle, comme parlait le séraphique apôtre. Tout à coup, est-ce une illusion ? Il semble que le regard pénétrant du prêcheur s'est arrêté sur la jeune fille et veut sonder dans les profondeurs de cette âme virginale ». (Mgr Ricard)

« Le Saint, disent les histoires des premières origines des deux Ordres, le Saint avait appris par révélation la vie si extraordinaire de la jeune vierge. il savait qu’elle devait être un jour la principale coadjutrice de ses travaux. le fondement du nouvel ordre qu‘il se proposait d‘établir et que c'était lui qui enlèverait au monde une si noble dépouille pour la consacrer à Jésus-Christ, le souverain Roi. Convaincu donc de l’importante mission de Claire, il désirait la voir et parler à son cœur ; il pensait déjà enlever au prince des ténèbres une proie qui devait n’appartenir qu’au Monarque de la lumière, et il ne cessait de coutume la bonté divine de venir à son secours et d’abriter au plus tôt dans son sanctuaire un trésor si précieux ».

Claire sortit tout émue de la cathédrale et rentra au château. Des pensées de vocation séraphique l'agitaient délicieusement. À l'exemple de ces Moines dont François était le fondateur et le chef, elle rêvait de vivre pauvre, mendiante, obscure, crucifiée au monde et toute à Jésus, au Dieu qu’elle aimait.

« Décidément, se dit la jeune Claire, François sera pour moi l’ange du grand conseil. C'est lui qui révélera à mon âme les desseins de Dieu et m‘indiquera ce que je dois faire ». Forte de cette persuasion, qu’elle fit partager bientôt à une de ses parentes, Bonne Guelfuccio, Claire eut l'inappréciable avantage par l’entremise de cette pieuse tante, et sous prétexte d'une visite au frère Rufin allié de la famille de Sceffi, d’obtenir une entrevue avec l‘admirable séraphin d‘Assise... Le résultat eut pour but de l'éclairer pleinement sur sa vocation.


Réflexions et avis


Claire avait prié le Seigneur de un montrer, sa voie, et son cœur en lui avait placé toute son espérance. Elle attendait confiante et toujours suppliante le rayon de lumière qui devait orienter sa marche, la guider vers la Montagne sainte et illuminer soit entrée dans les tabernacles du Seigneur... Son attente ne fut pas trompée, son espoir ne fut point déçu.

Ainsi qu'à l’illustre converti du chemin de Damas, une voix mystérieuse se fit entendre à son âme lui disant comme à Paul : « Va trouver mon serviteur, il te dira ce que tu dois faire ». Ce n’est jamais en vain que nous implorons le secours du Ciel : Grâces de lumière, de force, de direction, etc., aucune ne sera jamais refusée à l'âme qui la sollicite… Dieu nous aime trop pour rester sourd à nos prières et les laisser sans réponse. S‘il diffère, attendons, mais sûrement, l'heure du secours viendra. Sa divine lumière saura chasser les ombres et faire de la plus sombre nuit un jour illuminé de célestes clartés.

Comme pour Claire, c’est la divine obéissance qui nous trace la voie. Hors de là, nous marchons dans les ténèbres en faisant fausse route, et malheur à qui chemine au bord d’un tel précipice... Un aveugle peut-il conduire un autre aveugle ? a dit Jésus. Notre propre jugement, comme notre propre volonté, est aveugle. L’un ne saurait être guidé par l’autre, et tous deux sont des guides aveugles et insensés contre lesquels il tout se tenir en garde. Attachons-nous à l‘obéissance, car elle est la voie sûre qui conduit au ciel. L’âme qui cherche à connaître la volonté de Dieu et qui s‘offre à la suivre est dans le chemin de la vraie sainteté. Quelle paix délicieuse elle goûte à chercher le bon plaisir divin et à l‘accomplir ! C'est déjà le Paradis ici-bas ! Saint Bernard a dit : « Ôtez la propre volonté, et il n'y aura plus d‘enfer, on peut dire aussi qu‘aimer la volonté de Dieu, c’est avoir déjà le ciel ! »


Avis des Saints


« Celui qui manque de conseil ressemble à un vaisseau sans pilote ballotté ci et là par les vents » (Saint Basile). « Celui qui ne veut point d'autre maître que lui-même est le disciple d'un maître insensé » (Saint Bernard). « L’on ne peut tomber dans l’erreur aussi longtemps qu'on se défie de soi et qu'on préfère s’en rapporter à la sagesse d’autrui qu‘à se propre appréciation ». (Vénérable Louis de Blois). « Préparez-vous, mes enfants, à accomplir la volonté du Seigneur ». (Saint François d‘Assise).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Francisca, une de ses premières compagnes de Saint Damien (XIIIe siècle).


Elle fut favorisée, comme la sainte Mère des prédilections de l'Enfant Jésus. Un jour, le 1er mai, tandis qu’elle méditait sur la parole de Jésus à son apôtre : « Philippe, celui qui me voit, voit mon Père », Notre-Seigneur lui apparut tout à coup sous la forme d‘un petit enfant tout rayonnant de beauté. Un autre jour, c’est dans l’Hostie qu'elle aperçut son divin Époux tout environné de rayons éclatante. Elle tomba en extase et y demeura longtemps. Éprouvée de longues années par de violents maux de tête, qui ne la quittaient pas, sainte Claire la guérit miraculeusement.

Pratique : S‘affectionner à la volonté de Dieu : en prendre conseil en toute occasion : rien n'avance autant pour une âme son progrès vers la perfection.


Prière


Bienheureuse Mère sainte Claire, obtenez-moi l'amour de l'obéissance, cette vertu que vous avez tant aimée. Qu'elle me dirige en tout, partout et toujours, afin qu’en toute chose je n’agisse que pour Dieu avec le désir constant de faire ce qui lui plaît. Ainsi soit-il.

 

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04 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Cinquième Jour

Un Saint pour guide

 

Or, en ce temps, apparut à Assise un homme choisi du ciel pour en montrer la voie. C’était un jeune converti, enfant de cette cité même, que devaient illustrer son nom et ses vertus. On le nommait François, petit nom familier qu'avaient acquis au jeune assisiate son remarquable attrait et de rares aptitudes peur notre chère langue française, mais Jean était le nom que lui avaient donné ses parents au jour de son baptême. Fils de Bernadone, riche négociant d‘Assise, et de Pica, admirable chrétienne, François vit s'écouler sa jeunesse au sein de la richesse et en donna le meilleur aux attraits et aux amusements de, cet âge... Jusqu'à ses vingt-quatre ans, Jean Bernadone, ou plutôt, François l'aimable, « la Fleur de la jeunesse d'Assise », comme se plaisaient à l’appeler ses compatriotes, François prit bonne part des jouissances de la vie. Au sein du monde, et roi de ses fêtes, tout souriait à ses yeux, tout chantait à son oreille et tout semblait devoir y captiver son cœur.

Mais, sans qu’il put s'en douter, François était attendu par le Ciel au seuil de cette vingt-quatrième année de son âge. A Spolète, la maladie vient terrasser le jeune homme, et des ombres de la solitude où il languit, va briller la lumière. Une Voix mystérieuse l’interpelle soudain : « François, lut fut-il dit, durant une nuit d'insomnie pénible, François, lequel des deux peut faire le plus de bien: le serviteur ou le maître? » « Le maître », répondit-t-il vivement. « Eh bien, alors, reprit la Voix, pourquoi donc abandonnes-tu le mettre pour le serviteur, le seigneur pour le vassal? » « O mon Dieu, s’écria l'ardent jeune homme, que voulez-vous que je fasse ? » « Retourne à ta ville : là il te sera dit ce que tu dois faire ».

A partir de cette époque, date la conversion de François. Il vit en anachorète, tout occupé des pauvres, mais surtout de son Dieu, rêvant sans cesse à tous les moyens de l'aimer et de le servir plus parfaitement.

Deux ans plus tard, François jetait les fondements de son ordre après avoir abdiqué, sur la parole du Saint Évangile, tous les biens dont il pouvait jouir ici-bas et convié ses premiers disciples à s’enrôler, comme lui, sous l'étrange mais si glorieuse bannière de la très sainte et divine Pauvreté.

Tel est l'admirable guide destiné par le ciel à Claire de Sceffi. Dieu l’a choisi pour qu’il montre à la jeune vierge la voie qu’elle doit suivre. L'Esprit Saint, qui parle par sa bouche, va la ravir au monde, et les conseils, les Sublimes exemples d'un tel Saint, l’auront bientôt transportée elle-même aux sommets de cette perfection idéale que rêve son amour.


Réflexions et avis


Nous sommes les enfants des saints, motif incontestable pour nous de les imiter... Ce qu ’ils ont fait, ne le ferions-nous pas ? Sommes-nous d’une faiblesse, d'une fragilité plus grande que ces généreux élus, où furent-ils d‘une nature autre que la nôtre ? Nullement ! Les saints que nous admirons au ciel et qui nous sont donnés pour modèles ne furent point d’une autre nature que nous. Faibles créatures en eux-mêmes, inclinés au mal par la pente fatale qui y porte les malheureux humains, ils eurent, comme nous, cette vie de lutte et de souffrance, qui est le partage,des pauvres exilés d'ici-bas... ils surent ce qu'il en coûte pour résister en mal, faire le bien et remporter à ce prix, par ces pénibles mais glorieux combats, la patine du triomphe.

Saint François d'Assise lui-même, si ardent, si généreux qu il fût, n'échappa point à cette condition malheureuse, qui tend sans cesse à faire prévaloir la nature un détriment de la vertu. Mais s’il dut en éprouver les fâcheuses tendances, il eut, du même coup, les combattre et en triompher. Touchants, nombreux et admirables sont de pareils traits dans sa vie. Sent-il à la vue d’un lépreux le dégoût lui soulever le cœur ? Raison pour lui de courir vers le pauvre ladre et de l'embrasser... Est-ce une humiliation qui lui coûte ? Le voilà s'y enfonçant au double et au triple... Un acte de mortification qui lui pèse ? Il saura s'y livrer et l’accomplir au delà même de toutes ses rigueurs...

Soyons généreux à l’exemple des saints, n’écoutons pas la nature si opposée à l’esprit de Dieu. Il faut tout craindre, hélas ! de ses exigences le sentier est glissant sous nos pas ; cheminons avec précaution ; car nous portons dans des vases bien fragiles le don précieux de la grâce. Le démon, la chair et le monde cherchent à nous porter au mal... et de nous-mêmes, quelle est notre faiblesse pour y résister ! À chacun de se tenir en garde contre la tentation, et toujours l'arme en main pour combattre et nos ennemis du dehors et les mouvements déréglés qui s’élèvent en nous.


Avis des Saints

 

« Songe que l’ennemi a caché ses pièges et tendu ses filets dans le chemin où tu marches ». (Saint Bernard) « Veillez bien sur vous-même de peur de vous laisser écarter de la bonne voie par les enseignements et les conseils de qui que ce soit ». (Saint François d'Assise) « Fuyez le monde et mettez généreusement le respect humain sous vos pieds ». (Saint Paul de la Croix) « Le plus sûr chemin pour arriver au ciel, c'est le renoncement à sa propre volonté ». (Sainte Colette de Corbie).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Christine. dans le monde son amie intime et la pieuse confidente de ses pensées (XIIIe siècle).


Une fois au cloître, Claire ne tarda pas à l'y attirer par ses vertus, et Christine eut l'insigne bonheur de vivre de longues années en compagnie de sa sainte amie. devenue la mère de son âme. Ses historiens font l’éloge de sa grande pureté de cœur. « Elle vécut quarante-trois ans à Saint Damien et y mourut en 1258, laissant de sa longue vie dans le cloître un souvenir embaumé qui garde son sépulcre dans l'église de Sainte Claire à Assise.

Pratique : Choisir pour patron spécial et pour modèle de notre vie intérieure le Séraphin d’Assise, le conjurer de guider nos pas dans le sentier de la perfection chrétienne.


Prière


Comme vous, admirable Mère, j’ai l’ineffable bonheur de cheminer dans le sentier du Ciel, mais que la voie est glissante parfois sous mes pas mal affermis… Comme j’ai besoin alors d’encouragement et de force... Aidez-moi, ô Mère, de votre saint appui, afin que je surmonte vaillamment les difficultés de la route et que j’arrive heureusement au port du salut. Ainsi soit-il !

 

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03 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Quatrième Jour

Appel divin

 

Au manoir des Sceffi, Claire s’épanouissait dans tout l’éclat de son printemps. Elle était l'orgueil de son père, l’enfant des prédilections de sa mère, « qui lui portait un amour plus tendre qu’à ses sœurs, parce qu’elle les surpassait singulièrement dans la piété ». Tout en elle effectivement rappelait la vertu et en retraçait les charmes.

Claire brillait aux yeux de tous par son angélique modestie non moins que par sa beauté. Aussi vertueuse qu’aimable, spirituelle et belle, l’histoire nous la montre estimant bien au-dessus des avantages naturels dont elle était douée, ceux qui résultent de la sagesse et de la vertu. Sa piété allait croissant et l’attrait de la pénitence, déjà, la portait à ces mortifications secrètes et volontaires qui distinguent les saints. Sous la dentelle et la soie des riches habits que lui donnait sa mère, la jeune vierge cachait des instruments de pénitence qui constituaient pour sa chair délicate un douloureux supplice. Claire l'endurait avec bonheur pour l'amour de Jésus. et sous le dur cilice qui la meurtrissait et Que nul ne soupçonnait, elle restait la plus délicieuse et la plus parfaite jeune fille, la perle incomparable de l’Ombrie... Grâce et nature en effet semblaient rivaliser de concert pour l’enrichir des meilleurs dons. Au château, comme aux alentours, l’éloge de Claire était sur toutes les lèvres, tant étaient vrais, attrayants et doux les charmes de ses qualités morales et de ses vertus.

Devant leur belle adolescente. et dans une fierté bien légitime, ses parents eux-mêmes ne tarissaient pas d'admiration.

Faut-il s’étonner ensuite de voir les plus nobles et les plus opulentes familles de la péninsule aspirer à son alliance et les nobles châtelains de Sasso-Rosso, si fiers de leur fille, caresser l‘espoir de la fiancer bientôt à l‘un des plus riches et des plus brillants seigneurs de son temps ?

Mais ce n’est point à un époux de la terre que l'héritière des Sceffi donnera son cœur. Sa foi, comme son amour, elle l’a jurée au Christ, a Lui qu'elle a vu, qu'elle a aimé et chéri uniquement ! à Jésus, qui dès son jeune âge eut les prémices de sa tendresse et de son amour. Insensible aux propositions les plus séduisante de la terre, la jeune vierge n'entend qu’une voix. celle du Bien-Aimé divin qui l’attire, la voix de l’Époux céleste qui murmure à son cœur. et plus doux que jamais, son mystérieux « Veni... ! » Claire, docile et généreuse, brûle d'y répondre.


Réflexions et avis


Créée pour Dieu, l’Être suprême, le souverain Bien, pour l’aimer, le servir et le posséder un jour, est-ce merveille que l'âme tende à Dieu et rêve de s’unir à Lui ? « Dieu a des attraits, dit Lemann, et ces attraits sont tels que nous nous sentons emportés vers lui aspirant non seulement à le connaître, à l‘aimer, à le servir, mais, ce qui est plus fort, à nous unir à lui. Sa beauté nous attire, son infini nous captive, son inconnu nous semble la béatitude ; c'est pourquoi, à certaines heures, tout notre être s'élance vers lui soupirant avec le prophète : « Seigneur, qui est semblable à vous ? » ou avec l’Épouse du Cantiques des Cantiques ; Attirez-moi à vous, ô le Bien-aimé de mon cœur ; et je courrai à l'odeur de vos parfums ».... À ces moments-là, on aspire à posséder Dieu de la possession la plus forte et la plus intime... »

Telles furent furent déjà au printemps de sa vie respirations de Claire, et telles nous les voyons persister ardentes, généreuses, embrasées, à cette heure où le monde s‘acharne à la disputer à Dieu. Non ! la victoire ne sera pas au monde, mais au vainqueur du monde, au « Christ amour ! ». À Lui qui, douze siècles avant, laissait aux siens, pour les soutenir dans la lutte contre son éternel ennemi, ce magnifique encouragement : « Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde ».

L'attitude ferme et généreuse de la jeune vierge était la réponse de son âme à l'appel divin.


Âmes privilégiées, qui entendez comme elle cet appel sublime, le doux « Veni » du Christ, ah ! N'endurcissez pas votre cœur. Ne résistez pas à l’appel du Seigneur, aux vues de son amour. La vocation religieuse est une grâce de choix à laquelle il faut répondre sous peine d'encourir la disgrâce de Dieu et d‘exposer son salut.

L’âme qui n’a pas le courage de le suivre chemine hors de la voie où Dieu l'invitait à marcher pour arriver au bonheur. et Au contraire, dit Saint Alphonse de Liguori, quel bonheur est le partage même ici-bas de ceux qui, renonçant au monde, se sont.donnés à Dieu sans réserve et lui ont consacré le peu de jours qu’ils ont à passer sur la terre, sans parler encore du trône éminent qui leur est réservé dans le ciel et des joies infinies qui les y attendent.

Mais si la vocation religieuse n’est pas donnée à tous, c'est néanmoins de tous que Dieu sollicite le cœur et qu'il demande l‘amour : « Enfant, donne-moi ton cœur ! »

Ces paroles sont le tendre appel du cœur de Dieu à l‘amour que nous lui devons, appel qu’il adresse avec une suavité ineffable à tous ses enfants. Âme pieuse, que votre cœur y réponde ! qu'il se donne à lui sans partage et qu’aucun rival n’y vienne partager un amour qui est dû entièrement à lui !


Avis des Saints

 

« Toute attache aux créatures nous empêche d‘être entièrement à Dieu ». (Saint Jean de là Croix). « Autant nous donnons d’amour aux créatures, autant nous enlevons à Dieu » (Saint Philippe de Néri). « Aimons donc le Seigneur de tout notre cœur et de tonte notre âme, puisque c'est là ce qu’il demande de nous ». (Saint François d'Assise).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Aimée, sa nièce chérie (XIIIe siècle)


Elle dut aux prières de la sainte Fondatrice la grâce de renoncer au monde pour s’attacher au céleste Époux. Il est dit que Jésus la traita en enfant gâtée. Un jour elle aborde Claire au moment où celle-ci est favorisée du bonheur de tenir l’enfant Jésus dans ses bras... En présence d'un tel prodige, Aimée se prosterne et adore l'adorable Enfant qui se rend visible à ses yeux... Jésus la bénit de sa divine main et laisse l'heureuse Aimée et ta tante, ses deux privilégiées, inondées de joie.

Pratique : Réitérer avec ferveur le don de soi à Dieu, et réitérer souvent cette aspiration ardente : « Seigneur, mon Dieu, je veux être tout à vous ! »


Prière

 

Aux appels d’en-haut que je réponde comme vous, ô séraphique Mère ; aux désirs de mon Dieu que tout cède chez moi. Est-ce en vain que Jésus formulerait ses vœux à mon âme, est-ce en vain qu’il me déclarerait sa douce volonté ? Obtenez-moi de l'aimer sans partage et de' lui être fidèle jusqu’à la mort. Ainsi soit-il.

 

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02 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Troisième Jour

Jeunesse

 

Heureuse et fière de son trésor, l'enfant des bénédictions divines, la pieuse Hortulane veillait sur elle avec un soin jaloux. Dépositaire émue d'une prophétie touchante, elle n’oublia rien. dans sa sollicitude maternelle, pour former l‘âme de son enfant, l’incliner au bien, la porter vers Dieu et la disposer ainsi à répondre fidèlement aux vues manifestes de son amour.

Comme l'adorable Fils de Marie, la douce petite Claire, en croissant en âge, croissait également en grâce et en vertu. La grâce, de bonne heure, l’avait prévenue de ses bénédictions, son parfum s'était, répandu sur elle, et c’est pourquoi, comme le chante l’Église, le Seigneur l’avait si merveilleusement bénie pour le temps et l'éternité.

« À peine sortie de l'enfance, dit un de ses hagiographes, Claire resplendissait déjà comme une étoile du matin dans l'obscure nuit du monde ». Elle ravissait par son naturel aimable, sa piété précoce, son obéissance pleine de toi, sa charité pour les pauvres et tout ont ensemble de qualités et de vertus qui en faisaient déjà aux yeux de tous la petite prédestinée du bon Dieu.

Au sein du noble foyer, c’était le bouton d‘espérance qui s‘épanouissait dans toute sa fraîcheur.

A l’œil des anges ravis, c‘était la vierge en fleur parée de merveilleux joyaux, la désignant déjà, dès le matin de sa vie, à l’inappréciable honneur des fiançailles divines.

Déjà, petite enfant, Claire trouvait son bonheur à converser avec Dieu dans la prière à faire étinceler devant l'autel de Marie les diamants parfumés de l'Ave Maria. L’histoire et la peinture nous la montrent, ici absorbée délicieusement dans l’oraison, la récitant avec une angélique ferveur ses nombreux Ave qu’elle comptait ingénument au moyen de petites pierres. Partout elle restait l‘enfant prédestinée, docile, pieuse, obéissante et, par-dessus tout, invariablement affectionnée au Dieu de son cœur.


Réflexion et avis


La dévotion à Marie, comme on l’a dit souvent, est une marque de prédestination. Il suffit pour s’en convaincre d'interroger la vie des saints. Tous, nous les voyons unir dans leur cœur l'amour de Marie à l'amour de Dieu, le culte de la Vierge à celui qu'ils rendent à son divin Fils. Claire, bien jeune encore, eut la merveilleuse intelligence de la dévotion à Marie. Dieu et Marie ! Le Christ et Sa Mère ! Voilà quelle double et tendre. affection faisait battre son cœur !

En l’honneur de sa céleste Mère, Claire, tout enfant, multipliait à ses pieds avec une ferveur ravissante sa belle et suave prière de l’Ave Maria.

Dominique cependant n‘avait pas encore pour le chapelet à la main et la fleur des Avé non plus sur le rosier mystique du très saint Rosaire, mais, sans être portée à cette aimable dévotion que par l’inspiration de son cœur, la douce prédestinée d'Assise en répondait avec élan déjà la précieuse semence.

Ce n’était donc point notre couronne fleurie d'Avé, telle que nous la tressons aujourd‘hui, que la sainte enfant venait offrir à sa divine Mère. Les fleurs d'Ave en couronne, elle les offrira plus tard lorsqu‘elles se seront épanouies dans la main du grand ami de François. Pour elle, c'est la délicieuse corbeille de son génie marial qu‘elle vient déposer aux pieds de la Reine du Ciel, une Corbeille de pierres précieuses, qu'elle vient lui offrir chaque jour.

Qui dira la valeur de ces brillants Avé, de ces diamants sans prix ?... la vertu des bénédictions célestes et des trésors spirituels de la grâce dont ils furent la source pour notre aimable Sainte ?...

À l’exemple de Claire, aimons à, réciter l'Avé Maria, cette incomparable salutation à la Vierge toute embaumée d'angéliques parfums. C’est une pieuse pratique de la,réciter à chaque heure du jour et au commencement de ses principale actions. Affectionnons-nous à cette sainte pratique... Un Avé Maria bien dit, quel trésor pour le ciel ! Le savant et pieux Suarez aurait donné volontiers toute sa science, disait-il, pour un Seul de ces Ave... C'est qu’il en avait compris l'inestimable valeur, et dès lors, il eût souhaite tout vendre et tout perdre pour s’acquérir un tel trésor, pour acheter cette pierre précieuse qu’il prisait infiniment plus que toute science et tout bien d'ici-bas.

« Au ciel, dit saint Athanase, les esprits célestes font retentir sans cesse l‘Ave Marin ; ils trouvent leur joie à le répéter » ; « et nous-mêmes, ajoute Saint Jean Damascène, ne suffit-il pas de le réciter pour être comblé de consolation ? ».


Avis des Saints

 

« Dans le danger, dans les angoisses, dans les choses difficiles, invoquer Marie, pensez à Marie : qu’elle ne sorte pas de votre cœur, qu‘elle ne sorte pas de votre bouche, et afin d’obtenir son suffrage, ne cessez pas d‘imiter ses exemples ». (Saint François d'Assise). « Ceux qui ont une grande confiance dans la protection de Marie doivent en remercier Dieu, car cette confiance est un grand gage de leur salut ». (Saint Alphonse de Liguori). « Pour Marie, faites peu si vous voulez, mais faites-le toujours ». (Saint Jean Berchmans).

 

Couronne de Sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Pacifique, se tante, dans le monde Bonne Guelfuccio (XIIIe siècle)


Choisie du Ciel pour faciliter a la Sainte le moyen de répondre à l’appel d'en haut, elle ne tarda pas à le suivre dans sa pieuse retraite où l’Époux divin se plut à la combler de ses grâces. Envoyée à Spello, à titre d'abbesse, Dieu l'y favorisa d’un miracle éclatant. À la suite d'une prière fervente adressée au ciel pour obtenir quelque adoucissement à l‘extrême pénurie d’eau où se trouvait la communauté, une biche, d une merveilleuse beauté, apparut tout à. coup au milieu au cloître, et frappant le sol de son pied gracieux, il en jaillit aussitôt une source abondante qu'on appela « la Fontaine des miracles » à cause des guérisons miraculeuses qui s'y opérèrent.

Pratique : Estimer beaucoup la dévotion envers Marie et ne perdre aucune occasion de l’inspirer aux autres. Ne passer aucun jour sans dire quelques paroles, ne fût-ce qu'un mot à la gloire de Marie.


Prière


Que la ferveur de votre âme embrasée, ô Séraphique Mère, se communique à celle de votre enfant. Je voudrais honorer, aimer et prier Marie comme vous, avec tout l'élan et l'ardent amour de votre cœur pour elle... Chacun de mes pieux Avé aurait ainsi quelque chose des vôtres, un peu de leur brillant éclat. Puissent-ils, à ce titre, figurer avec honneur dans le trésor de ma divine Reine et la glorifier éternellement. Ainsi soit-il.

 

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01 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Deuxième Jour

Naissance

 

Claire naquit sous le beau ciel de l'Ombrie, dans les États Romains, tout prés d'Assise, au château de Sasso-Rosso dont son père, le comte Favorino de Sceffi, était seigneur absolu. Ce fut le 16 juillet 1194 que vint au monde cette enfant de bénédiction dont la naissance si vivement attendue par ses heureux parents vint les combler de joie et de bonheur.

Claire était la première enfant que leur donnait le ciel, la première fleur dont s’émaillait leur foyer, le plus doux rayon qui en illuminait l’avenir. Aussi, par Quels transports de joie fut saluée l’apparition radieuse de cet ange au berceau !... Parents, amis, serviteurs, tous en ce jour exultaient d’allégresse. Ce fut une joie universelle aussi parmi les habitants d’Assise et dans la campagne environnante, et tous s'unissaient au château et aux environs pour célébrer la venue de l’aimable enfant dont les charmes célestes ravissaient déjà tous les cœurs.

« En venant au monde, écrit Mgr Ricard, la fille d'Hortulana n’avait laissé voir aucune douleur, pas une larme, pas un cri. Quand sa mère la presse sur son cœur, un sourire de joie céleste sembla illuminer le visage de l'enfant, elle apparut avec une auréole de béatitude anticipée, présage des consolations qu'elle apportait à sa famille, à la ville d’Assise, à l’Église tout entière ». Faut-il s'étonner alors de la joie universelle que causa dans Assise et aux environs la naissance de l'heureuse prédestinée ? « Sans qu'ils pussent s'en rendre compte, les compatriotes de cette enfant bénie se sentirent transportés d’une allégresse irrésistible et tous s'abordaient joyeux et contents, se demandant, comme à la naissance de Jean-Baptiste : « Que pensez-vous donc que sera cet enfant ? »

Hortulane, sa mère, aurait pu leur répondre, elle qui, en donnant le jour à sa fille, entendit retentit de nouveau à l’oreille de son sœur, cette parole qui l’avait naguère si délicieusement consolée : « Ne crains point Hortulane, tu vas donner au monde une pure lumière, la joie et le salut des âmes ».

L’héritière des Sceffi fut baptisée à la cathédrale d’Assise et reçut le doux nom de Claire ou Clara, nom prophétique qu’elle devait illustrer par ses vertus en en réalisant d’une manière parfaite les lumineuses significations.

 

Réflexions et avis


« Que sera cet enfant ? Autour du berceau de Claire, où les attiraient les parfums de l‘innocence, les anges du ciel à leur tour durent également se poser la même question. Ne savons-nous pas que les esprits célestes aiment ces frais berceaux de nouveau-nés, et qu’ils font leur délice d’y accourir joyeux pour y contempler dans l’extase les ravissantes merveilles de la pureté et de la grâce ?

L’avenir de l'angélique baptisée d’Assise, s’il leur fut révélé, dut les remplir de joie et de consolation !

Puisse-t-il en avoir été ainsi du vôtre, âme pieuse, car nul doute que les anges du ciel n’aient entouré aussi votre éclatant berceau et ne s'y soient posé la même question qu’en face de celui.de Claire : « Quel sera cet enfant ? » Votre âme au sortir du baptistère leur apparut si complètement belle, si merveilleusement pure nous les splendeurs de la grâce, si grande avec son immortel titre d‘heureuse enfant des cieux qu'en l‘admirant sous l’éclat d’une telle beauté, l'ange ne pouvait que se demander aussi : « Que sera cette âme ? Que sera-t-elle pour le Seigneur qui l’a créée, pour le Dieu qui l’a tant aimée et si magnifiquement comblée ? »...

Que sera-t-elle cette âme ?... Grande question qui fut peut-être alors pour les anges un mystérieux secret... A vous de le résoudre aujourd’hui, âme pieuses. à vous d’y répondre. Qu'avez-vous été depuis votre apparition ici-bas ? Qu’êtes-vous à l’heure présente ?... Avez-vous été pour Dieu ce que vous devez être ?.. Êtes-vous bien pour lui ce qu’il désirait ?...

Êtes-vous bien pour Dieu l’âme véritablement chrétienne qui l’adore en esprit et en vérité ? L'âme invariablement fidèle qui n’est heureuse que dans sa volonté.

Lui gardez-vous ce cœur d’enfant avec lequel il veut être aimé, honoré, obéi, comme il en a le droit et selon que vous-même en avez la douce obligation ?...

Louer Dieu, l’aimer et le servir, tel est l’unique motif de notre existence, telle est la fin unique et suprême de l‘homme ici-bas. Tout est là pour nous dans ce lieu d’exil, et cependant, combien imparfaitement peut-être remplissons-nous cette obligation si grande et si importante... Écoutons plus docilement la voix de notre ange gardien. Nul ne sait mieux que lui l’importance de nos devoirs à cet égard... Ne le contristons pas en ne les remplissant qu'a demi. Dieu veut que nous soyons des saints, efforçons-nous de le devenir et répondons ainsi, comme l‘admirable vierge d’Assise, aux vues de Dieu sur nous et au désir de ses anges, car la volonté de Dieu est que nous soyons saints.


Avis des Saints

 

« Commençons maintenant à faire le bien et à y avancer, car jusqu'ici nous n’avons pas fait beaucoup de progrès ». (Saint François d'Assise). « Méprisons la créature pour apprendre a aimer le Créateur ». (Saint François d'Assise). « Songeons que le principe, la vie, et le terme de l’âme est l’union à Notre Seigneur ». (Saint François de Sales). « N’oublions pas que nous marchons vers l’éternité ». (Saint Pierre Chanel).


Couronne de Sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Béatrix, sa jeune sœur, célèbre par sa sainteté » (XIIIe siècle)


Elle vint avec sa pieuse mère rejoindre à Saint-Damien, Claire et Agnès, et eut le bonheur de revêtir en même temps qu elle l'habit religieux, « la mère suivant ainsi les traces de ses filles et la fille celle de ses sœurs ». Béatrix devint comme sa mère une religieuse de haute vertu. Toutes deux moururent avant sainte Claire au monastère de Saint-Damien ; mais leurs restes furent transportés plus tard en celui de Saint Georges, quand les sœurs vinrent l'habiter.

Pratique : Renouvelez les promesses du Baptême en déplorant d'y avoir manqué bien des foi Si Dieu ne cesse de nous donner son constant secours, ne cessons pas de nous montrer fidèles.

 

Prière

 

Daignez, ô glorieuse Mère, m'obtenir une fidélité parfaite aux vues de Dieu sur moi. Je veux désormais ne vivre que pour lui l’aimer, le servir et le glorifier en toute chose... Obtenez-moi cette grâce, je vous en conjure, et celle de ne jamais causer au cher Gardien de mon âme l'inexprimable peine d'avoir affaire à un cœur indocile et ingrat. Ainsi soit-il.

 

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31 juillet 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

BBI-13

Premier jour

Mystérieuse Prophétie

 

« Ne crains point, Hortulana, car de ton sein sortira une pure lumière, la joie et le salut des âmes ».

Ainsi avait été mystérieusement consolée dans un moment d'angoisse, Hortulana de Fiumi, la noble épouse du comte de Sceffi, l'heureuse mère de Claire d’Assise, lorsqu‘elle portait dans son sein l’enfant de son bonheur.

Quelle était donc cette voix mystérieuse qui avait trappe l’oreille de la noble matrone et remué délicieusement son cœur ? Était-ce la voix de l‘ange préposé à la garde de cette enfant de bénédiction ou celle d’un séraphin chargé d’en célébrer prématurément les gloires ? L’histoire ne le dit pas, mais à coup sûr, l’écho d‘une telle prophétie, si admirablement réalisée dans la suite, ne pouvait parvenir à l‘heureuse mère que par l‘entremise d‘un envoyé des cieux.

Claire sera le nom de ma fille, se dit incontinent l’heureuse Hortulana, nul autre ne saurait mieux traduire ses destinées futures et en perpétuer la gloire ! Et, comme nous le verrons, à l’heure de son baptême le nom prophétique de Claire fut donné à l’enfant.

Ainsi, avant même d’apparaître au monde, la séraphique Vierge d’Assise ; fut mystérieusement révélée Sous le doux symbole d'une pure lumière. La suite de ses considérations nous fera voir comment sa vie sut en refléter l'éclat et comment sa mort bienheureuse en fait rayonner sur les âmes la joie et les bienfaits.


Réflexions et Avis


En commençant le mois béni durant lequel nous viendrons chaque jour pour honorer Sainte Claire, tirons de cette première considération les réflexions suivantes :

Toute âme chrétienne porte en elle un reflet de l’éclat de Dieu, le Dieu de lumière, créée par lui à son image et à sa ressemblance. C‘est pourquoi, heureuses créatures et vrais enfants de Dieu, nous avons été nommés par l’Apôtre : « Enfants de lumière, filii lucis ».

Ne sommes-nous pas, en effet, d'heureux enfants de lumière, nous qui avons le bonheur d'être éclairés des rayons de la foi, d‘en espérer les promesses, d’en savourer les joies pures ?

Marchons donc aux célestes clartés qui nous illuminent, écoutant la voix du Christ qui nous dit : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie ».

Les saints ont entendu et compris cette voix : ils ont saisi la portée de cette parole, et vraiment désireux, impatients de la voir se réaliser en eux, ils se sont élancés sur les pas du Christ, heureux de marcher après lui dans les voies lumineuses que ses vertus nous ont tracées... Ils ont quitté ainsi les ténèbres pour la lumière, le faux pour le vrai, la voie du malheur pour celle des joies pures, et, dans l'allégresse d'un bonheur indicible, ils ont trouvé dès ce monde la lumière de la vie, cette lumière divine qui jaillit de la grâce, promesse et don du Christ à tout cœur généreux !

Que l’exemple des saints nous anime ! Laissons-nous, comme eux, entraîner par la grâce... Gardons-nous de résister aux bons mouvements qu'elle nous inspire. Sa voix n‘est autre que celle de Dieu. Qu’elle nous inspire ou rappelle ses ordres, qu'elle ait le ton du reproche au de l'encouragement, quelque avis, quelque enseignement qu'elle nous donne, la grâce a droit toujours au meilleur accueil et l’une de nos grandes préoccupations devrait être d'en saisir la portée et d'en retenir jusqu'au moindre de ses ineffables accents.

Âme pieuse ne l‘avez-vous souvent entendue vous murmurer cette parole : « Quittez les œuvres de ténèbres, revêtez-vous des œuvres de lumière », renoncez au mal, au péché, même à tout ce qui en a l'apparence, et armez-vous comme un athlète intrépide pour le combat chrétien qu'exige la vertu !

Nous faire passer du mal au bien de l'imperfection a la vertu, de la tiédeur à une vie fervente, tel est l’ardent labeur de la grâce en nous. Et ce labeur, on le verra d’autant plus actif, réel et fécond que nous saurons nous-mêmes nous prêter d'avantage à son action salutaire.

Le grâce ne peut agir en nous sans une coopération active de notre part. « Celui qui nous a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous ». Le fond de cette parole ne semble-t-il pas la base des principaux motifs qui ont inspiré si héroïquement les saints dans l'œuvre de leur sanctification ? Sainte Claire a dû elle-même se l'appliquer bien des fois. Ses disciples l'ont méditée à leur tour, et voilà peut-être le mystérieux secret qui a semé tant de générosité sur la route frayée par la séraphique Vierge d’Assise et qui nous apparaît tout illuminée encore de l’éclat de ses vertus.


Avis des Saints

 

« Conduisez-vous donc comme des enfants de lumière. Or le fruit de la lumière consiste à marcher dans la voie de la bonté, de la justice et de la vérité ». (Saint Paul). « Dans le ciel la nuit est inconnue... Nous devons aussi faire en sorte qu’il n’y ait point de nuit pour nous ici-bas, mais qu’un jour perpétuel nous éclaire. Pour y parvenir, tâchons de conserver Dieu au milieu de nous ». (Sainte Madeleine de Pazzi). « Admirez donc comme votre âme est près de Dieu, le Dieu de lumière ». (Saint Bonaventure).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

 

Sainte Agnès, son angélique sœur, devenue la première de ses filles en religion (1198-1253).


Elle seconda admirablement la sainte Fondatrice et s'attacha surtout à imiter ses vertus. Agnès s‘était offerte comme une victime au Sauveur immolé sur la croix ; son sacrifice fut de tous les jours, de tous les instants. Elle couvrit son corps d’un rude cilice et se livra aux plus austères pénitences. Son obéissance ponctuelle, son humilité à toute épreuve, sa charité inépuisable. Une nuit, retirée dans un coin du chœur, dans le silence de l’oraison, elle tut ravie en extase, et sa sœur, Claire la vit élevée au-dessus de terre et le front brillant d’une triple couronne. Elle fut aussi favorisée de la visite de l'Enfant Jésus auquel elle avait une tendre dévotion (Auréole séraphique).

Pratique : La fidélité à la grâce correspondre fidèlement à ses inspirations. Quelque peine et quelques difficultés que vous y trouviez, ne vous récriez pas. Dites plutôt du fond du cœur : Quoi qu'il m’en coûte, ô mon Dieu, j'y serai fidèle.


Prière

 

Ô glorieuse Mère sainte Claire, douce et pure lumière, inondez-moi de vos feux, éclairez-moi de vos rayons et ranimez tout dans mon cœur. Que je marche après vous aux clartés lumineuses de l'espérance et de l’amour, dans le sentier d’une fidélité parfaite. Ainsi soit-il.

 

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30 juillet 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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La veille du premier jour


L’Ordre Séraphique a consacré le mois d’octobre à honorer tout particulièrement son immortel fondateur saint François d'Assise et le mois d'août à célébrer sainte Claire, cette admirable disciple du saint Patriarche, la plus parfaite imitatrice de ses vertus.

Un tel choix se motive et bien justement, par la fête principale de l'un et de l‘autre celle de saint François fixée au 4 octobre, et celle de sainte Claire au 12 août. Il convenait donc que les exercices destinés à honorer ces glorieux Élus, durant tout un mois, soient fixés pour chacun à celui qui mène leur fête.

C‘est ainsi que le mois d’août est devenu le mois de sainte Claire.

Venez donc, âmes pieuses, vous agenouiller durant ces trente jours.aux pieds de notre illustre Mère Claire d‘Assise. Venez d‘un cœur joyeux lui rendre vos hommages, méditer ses vertus, implorer son secours. Votre empressement à venir l'honorer vous méritera sa puissante intercession.

« Enfant prédestinée, Claire fut attirée à la perfection évangélique par les discours de saint François ; elle voulut, comme cet admirable serviteur de Dieu, n’avoir plus d’autre héritage que Jésus-Christ ; elle se consacra à Dieu, par les mains de son serviteur, le jour des Rameaux de l‘an 1212, et fonda, ce jour-là même, l'Ordre des Pauvres Dames qui rivalisait de ferveur et de pénitence avec celui des Frères Mineurs. Elle reçut un grand nombre de vierges, parmi lesquelles fut sa propre sœur et les saintes Filles vécurent cette vie séparée de la terre, qui aujourd‘hui encore charme et ravit tant d‘âmes. La pénitence, la ferveur, la charité de sainte Claire exaltèrent l‘admiration des temps ou elle vécut elle fut favorisée des grâces les plus éclatantes. Le miracle du Saint Sacrement à ; souvent inspiré les peintres. Ils ont représentés les farouches soldats de Frédéric II, empereur d’Allemagne, qui, pénétrant dans Assise, escaladent déjà les murs du monastère. Sainte Claire saisit la pyxide d’ivoire dans laquelle étaient renfermées les saintes espèces et marcha au devant d’eux. Épouvantés, les soldats s’enfuirent et le couvent tut délivré. Sainte Claire vécut quarante-deux ans dans son couvent ; elle y mourut saintement le 11 août 1253 ».

Telle est en résumé la vie de Claire d’Assise, l’illustre Claire de l’Ombrie, fondatrice des Pauvres Dames, devenue depuis de longs siècles l’aimable et douce Patronne des âmes généreuses.

Nos lectures de chaque jour durant ce mois la feront mieux connaître. Le récit de sa vie, les réflexions qu’elle inspire serviront de sujets à nos pieuses méditations, et la pratique de la vertu venant s’y ajouter, il est aisé de conclure qu’une merveilleuse moisson spirituelle sera l'heureux résultat produit par ces pieux exercices en l’honneur de sainte Claire.


Pratiques particulières à cet effet


1° Exposer dès ce jour dons votre oratoire l’image de sainte Claire et proposez-vous de la saluer pieusement chaque fois que vous l‘apercevrez.

2° Assistez au saint sacrifice de la Messe en l'honneur de sainte Claire et en union de l’indicible ferveur de ses sentiments pour l’adorable sacrement de l‘autel dont elle fut sur la terre l‘une des plus parfaites adoratrices.

3° Fixez une heure dans la journée pour lire avec attention le petit Mois de sainte Claire, la considération sur sa vie et les réflexions qui suivent. Vous y joindrez la récitation pieuse des Litanies de notre Sainte dont les invocations pourront utilement vous servir d’oraisons jaculatoires pendant la journée.

4° Faites chaque jour en l'honneur de sainte Claire un acte de mortification positive. L'occasion n‘en manquera pas. Qui ne peut s’imposer une légère souffrance, tout au moins une simple mais réelle privation ? Sainte Claire est allée si loin dans la pratique de la pénitence volontaire ! Oserions-nous refuser de faire en son honneur et de bon cœur un seul petit acte de mortification prévue ?...

5° Sanctifiez avec une grande ferveur le 12 août, fête de sainte Claire, en faisant ce jour-là une fervente communion. Conjurez-la de vous prendre sous sa protection spéciale et de veiller particulièrement sur vous. L'âme qu'elle protège sera comblée de ses faveurs.

6° En rendant vos devoirs à la séraphique Mère, n’oubliez pas celles de ses filles qui partagent là-haut son bonheur. Chacune est à sa plume une Fleur Séraphique, brillant à sa couronne, un diamant précieux qui en rehausse l'éclat. Nous donnons sous ce titre de couronne de Sainte Claire, le nom des premières compagnes de la Sainte, mortes en odeur de sainteté, et des autres Clarisses, vierges ou veuves, que l’Église a placées sur les autels et qu’elle présente a notre vénération. Unissez-vous à elles pour honorer plus parfaitement durant ce mois leur immortelle et glorieuse Fondatrice.


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Hortulane ou Hortulana, sa glorieuse mère, une des plus pures gloires de son Ordre et la racine bénie qui en a produit la première et la plus éclatante Fleur (XIIIe siècle).

En latin, comme en italien, le nom de Hortulana signifie « Jardinière ». Or, de quelle admirable façon il fut justifié en la vénérable Hortulane, elle qui eut l‘insigne honneur de donner à l’Église une plante choisie ! Son amour pour le Christ immolé pour nous l’avant portée, avant la naissance de Claire à faire le pèlerinage des saints Lieux. Hortulana, ravie, conservait toutes ces choses en son cœur, et sa y piété trouvait un perpétuel aliment. Après la mort de son époux, la noble matrone, en compagnie de sa plus jeune fille, la douce Béatrix, vint rejoindre au cloître ses chères aînées, Claire et Agnès, et y termina ses jours chargés de précieux mérites.

Pratique : la fidélité aux exercices de ce mois.

 

Prière


En commençant votre mois, ô douce sainte Claire, j'implore avec instance votre puissant secours. Ne le refusez pas à ma prière et à mon espoir. Daignez m’aider à sanctifier ce beau mois en préservant de tout péché mon âme si fragile et en facilitant à sa faiblesse l’accès de la vertu. Ainsi soit-il !

 

Litanies de Sainte Claire


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Reine des vierges, priez pour nous

Sainte Claire, Claire de nom et d’effet, priez pour nous

Sainte Claire, plus claire que la lumière, priez pour nousz

Sainte Claire, éclatante de mérites, priez pour nous

Sainte Claire, clarté sans éclipse, priez pour nous

Sainte Claire, éclairée par la lumière éternelle, priez pour nous

Sainte Claire, lumière qui avez honoré le monde, priez pour nous

Sainte Claire, astre nouveau, priez pour nous

Sainte Claire, étoile conductrice, priez pour nous

Sainte Claire, nouvelle aurore, priez pour nous

Sainte Claire, vierge illustre, priez pour nous

Sainte Claire, vierge consacrée, priez pour nous

Sainte Claire, vierge prudente, priez pour nous

Sainte Claire, qui avez donné à l'Eglise une nouvelle famille, priez pour nous

Sainte Claire, image de la Mère de Jésus, priez pour nous

Sainte Claire, reflet de la splendeur céleste, priez pour nous

Sainte Claire, amie de la Croix, priez pour nous

Sainte Claire, colombe gémissante, priez pour nous

Sainte Claire, épouse de Dieu, priez pour nous

Sainte Claire, disciple de Jésus-Christ, priez pour nous

Sainte Claire, cité du Sauveur, priez pour nous

Sainte Claire, vase de pureté, priez pour nous

Sainte Claire, modèle d’obéissance, priez pour nous

Sainte Claire, exemple de patience, priez pour nous

Sainte Claire, miracle d’abstinence, priez pour nous

Sainte Claire, prodige de sainteté, priez pour nous

Sainte Claire, mère de la pauvreté, priez pour nous

Sainte Claire, fleur de virginité, priez pour nous

Sainte Claire, palme de fécondité, priez pour nous

Sainte Claire, source de charité, priez pour nous

Sainte Claire, encensoir d’oraison, priez pour nous

Sainte Claire, ornée de toutes tes vertus, priez pour nous

Sainte Claire, germe de vierges saintes, priez pour nous

Sainte Claire, plante de l'Ordre des Mineurs, priez pour nous

Sainte Claire, maîtresse ineffable, priez pour nous

Sainte Claire, victorieuse du monde et de ses vanités, priez pour nous

Sainte Claire, triomphante des démons, priez pour nous

Sainte Claire, avide de la très sainte Eucharistie, priez pour nous

Sainte Claire, émule du séraphique saint François, priez pour nous

Sainte Claire, amoureuse de la divine parole, priez pour nous


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.


V. Priez pour nous, glorieuse sainte Claire,

R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.


Oraison


Accordez, ô Seigneur, à vos serviteurs, qui renouvellent-la mémoire de la Bienheureuse, sainte Claire, de devenir, par son intercession, participants des joies célestes et cohéritiers de Votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec vous dans tous les siècles, Ainsi soit-il.

 

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Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Paris, CM provincial house

Trente-et-unième jour

Mort de Saint Vincent De Paul

 

L'histoire sainte nous apprend que Dieu ayant appelé Moïse sur le sommet de la montagne de Nébo, il lui fit le commandement de mourir en ce lieu là, et que ce saint patriarche, se soumettant à la volonté de Dieu, mourut à la même heure, non par l'effet d'aucune maladie, mais purement par l'efficacité de son obéissance ; et il mourut, comme dit l'écriture sainte, sur la bouche du Seigneur, c'est-à-dire en recevant la mort comme une faveur toute singulière, et comme un baiser de paix de la bouche de son Seigneur et de son Dieu.

Que s'il est permis de faire quelque comparaison des grâces que Dieu fait à ses Saints et à ses plus chers serviteurs, en lui laissant le jugement de leurs mérites, nous pouvons dire que, par une miséricorde très spéciale, il a fait quelque chose de semblable en faveur de son fidèle serviteur Vincent De Paul, lequel ayant toujours vécu dans une entière et parfaite dépendance de sa volonté, est mort enfin, non tant par l'effet d'aucune fièvre ou autre maladie violente, que par une espèce d'obéissance et de soumission à cette divine volonté ; et il est mort d'une mort si paisible et si tranquille, qu'on l'eût plutôt prise pour un doux sommeil que pour une mort; en sorte que pour mieux exprimer quel a été le trépas de ce saint homme, il faut dire qu'il s'est endormi en la paix de son Seigneur, qui l'a voulu prévenir en ce dernier passage des plus désirables bénédictions de sa divine douceur, et mettre sur son chef une couronne d'un prix inestimable. C'était une récompense particulière que Dieu voulut rendre a sa fidélité et à son zèle. Il avait consumé sa vie dans les soins, dans les travaux et dans les fatigues pour son service, et il l'a terminée heureusement dans la paix et la tranquillité : il s'était volontairement privé de tout repos et de toute propre satisfaction pendant sa vie, pour procurer l'avancement du royaume de Jésus-Christ et l'accroissement de sa gloire ; et en mourant il a trouvé le véritable repos, et a commencé d'entrer dans la joie de son Seigneur. Voici plus en particulier comment tout s'est passé :

Vincent voyant que la fin de sa vie approchait, se disposait de plus en plus intérieurement à ce dernier passage, en continuant de pratiquer au fond de son âme toutes les vertus qu'il croyait les plus agréables à Dieu, et en se détachant de toutes les choses créées, autant que la charité lui pouvait permettre, pour élever et porter plus parfaitement son cœur vers ce principe de tout bien.

Le 25 Septembre, vers le midi, il s'endormit dans sa chaise; ce qui depuis quelques jours lui arrivait plus qu'à l'ordinaire, et provenait tant de ce qu'il ne pouvait prendre aucun repos la nuit, que de la grande faiblesse, qui allait toujours s'augmentant, et qui le tenait la plupart du temps comme assoupi. Il considérait cette somnolence comme l'image et l'avant-courrière de sa prochaine mort, et quelqu'un lui ayant demandé la cause de ce sommeil extraordinaire, il lui dit en souriant : « C'est que le frère vient en attendant la sœur » : appelant ainsi le sommeil le frère de la mort, à laquelle il se préparait.

Le dimanche 26 Septembre, il se fit porter à la chapelle, où il entendit la sainte messe et communia comme il faisait tous les jours, et étant de retour en sa chambre il tomba dans un assoupissement plus profond que d'habitude, de sorte que le frère qui l'assistait, voyant que cela continuait trop longtemps, l'éveilla ; et, après l'avoir fait parler, voyant qu'il retombait aussitôt dans le même assoupissement, il en avertit celui qui avait le soin de la maison, par l'ordre duquel on alla quérir le médecin; lequel étant venu dans l'après-dîner, trouva Vincent si débile, qu'il ne le jugea pas en état de recevoir aucun remède, et dit qu'il lui fallait donner l'extrême-Onction ; néanmoins, avant que de se retirer, l'ayant éveillé et excité à parler, ce vertueux malade, selon son ordinaire, lui répondit avec un visage riant et affable ; mais après quelques paroles, il demeura court, n'ayant pas la force d'achever ce qu'il voulait dire.

Un des principaux prêtres de sa Congrégation l'étant venu voir ensuite, et lui ayant demandé sa bénédiction pour tous ceux de la Compagnie, tant présents qu'absents, il fit un effort pour lever sa tête et l'accueillir avec son affabilité habituelle, et ayant commencée les paroles de la bénédiction, il en prononça plus haut plus de la moitié, et les autres tout bas. Sur le soir comme on vit qu'il s'affaiblissait de plus en plus, et qu'il semblait tendre à l'agonie on lui donna le sacrement de l'Extrême-Onction. Il passa la nuit dans une douce, tranquille et presque continuelle application à Dieu; et quand il s'assoupissait, on n'avait qu'à lui en parler pour l'éveiller, ce qu'à peine toute autre parole pouvait faire. Or, entre les dévotes aspirations qu'on lui suggérait de temps en temps, il témoigna avoir une dévotion particulière à ces paroles du Psalmiste : « Ô Dieu, venez à mon aide » ; et pour cela il répondait aussitôt : « Seigneur, hâtez-vous de me secourir » : ce qu'il continua de faire jusqu'au dernier soupir, imitant en cela la piété de ces grands Saints qui ont autrefois habité les déserts, lesquels usaient fort fréquemment de cette courte prière, par la continuelle répétition de laquelle ils avaient intention de protester leur dépendance de la souveraine puissance de Dieu, le besoin continuel qu'ils avaient de ses grâces et de ses miséricordes, leur espérance en sa bonté et l'amour filial dont leur cœur était animé, qui les portait incessamment à rechercher Dieu comme leur très bon Père, sons crainte de l'importuner, par une très grande et très-parfaite confiance en sa charité plus que paternelle.

Ce fut le lundi 27 Septembre 1660, sur les quatre heures et demie du matin, que Dieu le tira à lui, lorsque ses enfants spirituels assemblés à l'Eglise commençaient leur oraison mentale pour attirer Dieu en eux ; c'était à la même heure et au même moment qu'il avait coutume, depuis quarante ans, d'invoquer le Saint-Esprit sur lui et sur les siens, que cet Esprit adorable enleva son âme de la terre au Ciel, comme la sainteté de sa vie, son zèle pour la gloire de Dieu, sa charité pour le prochain, son humilité, sa patience et toutes ces autres vertus, dans la pratique desquelles il a persévéré jusqu'à la mort, nous donnent sujet de croire de l'infinie bonté de Dieu ; ce fidèle serviteur de sa divine Majesté ayant bien pu dire en mourant avec une humble reconnaissance de ses grâces, à l'imitation du Saint Apôtre, qu'il avait courageusement combattu, qu'il avait saintement consommé sa course, qu'il avait gardé une fidélité inviolable, et qu'il ne lui restait plus, sinon de recevoir la couronne de justice de la main de son souverain Seigneur.

Ayant rendu le dernier soupir, son visage ne changea point, il demeura dans sa douceur et sérénité ordinaires, étant dans sa chaise dans la même posture que s'il eût sommeillé. Il expira assis et tout vêtu, étant demeuré de la sorte les vingt-quatre dernières heures de vie ; ceux qui l'assistaient ayant estimé qu'en cet état il était difficile de le toucher, sans lui faire plus de mal, et sans danger d'abréger sa vie. Il est mort sans fièvre et sans accident extraordinaire, ayant cessé de vivre par une pure défaillance de la nature, comme une lampe qui s'éteint insensiblement, quand l'huile vient à lui manquer.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Une sainte vie est le chemin d'une sainte mort, et une sainte mort est le chemin de la véritable vie, de la vie éternelle, de la vie éternellement heureuse ». (Saint Ambroise).

« Seigneur, que votre volonté s'accomplisse. Heureux ceux qui, à l'heure de la mort, sont dans une parfaite conformité à la très sainte volonté de Dieu ! La mort éternelle ne pourra pas leur nuire ». (Saint François d'Assise).

Pratique : Efforcez-vous de mourir chaque jour à quelqu'une de vos satisfactions, afin d'avoir moins d'attaches à rompre à votre dernière heure. Priez pour les religieuses défuntes dans votre Congrégation.

 

Coeur de Saint Vincent

 

Fin du Mois de Saint Vincent de Paul

 

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29 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Paris, Maison Mere, Death of Vincent de Paul, 2

Trentième jour

Préparation à la mort de Saint Vincent

 

Pour faire un holocauste parfait de la vie de ce saint prêtre, et afin qu'il ne restât en lui rien qui ne fut consommé en l'honneur et pour l'amour de son souverain Seigneur, il fallait que les maladies achevassent en son corps le sacrifice que les afflictions et les peines avaient commencé en son âme; c'est pourquoi Dieu voulut que, pendant le cours de sa vie, il fût sujet à diverses infirmités, et que sur la fin, il fût exercé par de grandes et douloureuses maladies, pour mettre le comble à sa patience, et donner la couronne de la vie à sa persévérance et à son amour. Parmi toutes ses douleurs, il est toujours demeuré constant dans sa manière de vie dure et austère, n'ayant jamais voulu souffrir qu'on le couchât sur un lit mollet, mais se faisant mettre sur une paillasse, pour y passer cinq ou six heures de la nuit, non tant pour y prendre du repos, que pour y trouver une nouvelle matière de souffrance. On le voyait tous les jours affaiblir et diminuer ; et cependant il ne désistait pas d'un seul moment de s'appliquer aux soins de sa Congrégation, des compagnies du dehors qu'il dirigeait, et des autres affaires dont il était chargé; il envoyait quelques uns de ses prêtres aux lieux où il ne pouvait aller, leur prescrivant ce qu'ils avaient à dire, et de quelle façon ils s'y devaient comporter; il recevait grande quantité de lettres, les lisait et y répondait. Il assemblait souvent les officiers de sa maison et ses assistants, il leur parlait à tous ensemble ou à chacun en particulier, selon qu'il était nécessaire, s'informait d'eux de l'état des affaires, et en délibérait avec eux ; il pourvoyait à tout, et donnait tous les ordres nécessaires ; il envoyait des ouvriers pour travailler aux Missions, et les assemblait pour convenir avec eux de la manière de les faire utilement et fructueusement.

Enfin parmi tous ses efforts d'agir et de pâtir, la nature devint en lui si faible, qu'il ne pouvait plus s'appliquer ni parler qu'avec grande peine; et néanmoins, dans cet abattement d'esprit et de corps, il a fait des discours d'une demi-heure et plus, avec tant de vigueur et de grâce, que ceux qui l'écoutaient en étaient tout étonnés ; et ils ont assuré depuis qu'ils ne l'avaient jamais ouï parler avec tant d'ordre et d'énergie. Et ce qui est encore digne d'admiration, c'est que parmi toutes ses angoisses si longues et si fâcheuses, il a toujours paru, tant à ceux de la maison, qu'aux personnes du dehors qui allaient le voir, avec un esprit doux, un visage riant et des paroles fort affables, de même que s'il eût été en pleine santé: que si on lui demandait des nouvelles du mal qu'il souffrait, il en parlait comme d'une chose dont il ne fallait pas faire grand cas, disant que ce n'était rien en comparaison des souffrances de Notre Seigneur, et qu'il avait bien mérité d'autres châtiments, et sur cela, il détournait adroitement le discours de ce qui le concernait, pour compatir à celui qui lui parlait, quand il le savait en quelque peine ou infirmité, comme si elle lui eût été plus sensible que ses propres douleurs.

Vincent se voyait approcher de plus en plus de sa fin, et chacun s'en apercevait aussi, quoiqu'avec des sentiments bien différents ; car les siens et tous ceux qui avaient affection pour lui appréhendaient cette séparation et concevaient un grand regret de la voir si proche ; et au contraire, ce saint vieillard, comme un autre Siméon, attendait avec joie cette dernière heure, et montrait à tous un visage fort serein ; il s'y disposait en souffrant gaîment en esprit de pénitence et d'humilité, aspirant à cette vie où il espérait posséder son Dieu, l'invoquant en son cœur, et s'unissant intérieurement à lui par une parfaite conformité à toutes ses volontés, et lui remettant son corps et son âme entre les mains, pour en disposer selon son bon plaisir, au temps et dans l'éternité. Et quoique toute sa vie eût été une continuelle préparation pour bien mourir, et que toutes ses pratiques de vertus et ses exercices de piété et de charité, qui rendaient ses journées pleines, fussent autant de pas pour avancer avec bénédiction vers cette dernière période, il s'était néanmoins dès longtemps servi d'une disposition plus particulière, ayant pris cette sainte coutume de réciter tous les jours, après l'action de grâces de la messe, les prières des agonisants et les recommandations de l'âme, se préparant ainsi par avance au départ de la sienne. Il y avait longtemps que ce fidèle serviteur, selon ce qui est dit dans l'Evangile, avait les reins ceints et la lampe allumée en main, pour aller au devant de son Seigneur quand il viendrait, et cette dernière heure lui était presque toujours présente à l'esprit : quelques années avant que son décès arrivât, il disait souvent aux siens : « Un de ces jours le misérable corps de ce vieux pécheur, sera mis en terre et sera réduit en cendres, et vous le foulerez aux pieds ».

Il remettait quelquefois aux siens devant les yeux la pensée de la mort, comme une des plus salutaires, et les exhortait à s'y préparer par de bonnes œuvres, les assurant que c'était-là le meilleur et le plus assuré moyen pour bien mourir. Il voulait pourtant que cette pensée de la mort fut animée de confiance en la bonté de Dieu, et non pas telle qu'elle ne nous causât aucun abattement ou inquiétude d'esprit: ce fut l'avis qu'il fit donner à une personne qui, ayant une vive appréhension de la mort, l'avait incessamment dans la pensée ; car il lui fit dire, que la pensée de la mort était bonne, et que Notre Seigneur l'avait conseillée et recommandée, mais qu'elle devait être modérée, et qu'il n'était pas nécessaire ni expédient que cette personne l'eût constamment présente à l'esprit ; qu'il suffisait qu'elle y pensât deux ou trois fois le jour, sans s'y arrêter néanmoins beaucoup de temps ; et même, si elle s'en trouvait inquiétée, qu'elle ne s'y arrêtât point du tout et qu'elle s'en divertît doucement.

Ce fidèle serviteur de Dieu, parmi les langueurs de sa longue maladie, attendait l'heure désirée en laquelle son divin Rédempteur viendrait le délivrer de ce corps mortel, qui retenait son âme en captivité : et l'accomplissement de son désir était différé, parce que Dieu voulait lui donner moyen de mettre le comble à ses mérites, par la continuation de l'exercice de la patience et des autres vertus qu'il pratiquait si dignement, et pour achever la couronne qui était préparée à sa fidélité.

Enfin tout cela se trouvant accompli, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, voulut lui donner la plus grande et la plus désirable de toutes, qui est celle de mourir de la mort des justes, ou, pour mieux dire, cesser de mourir dans cette vie mourante, pour commencer de vivre de la véritable vie des justes et des Saints dans la bienheureuse éternité.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La mort est un gain, parce qu'elle change une vie imparfaite que nous avons, en une vie très parfaite que nous aurons ». (Saint Thomas d'Aquin).

« La mort n'a point d'aiguillon pour celui qui aime ardemment son Dieu. Ce n'est pas de la douleur qu'elle lui procure, mais de la joie. Il chante en mourant des cantiques d'amour. Le jour de sa mort vaut mille fois mieux pour lui que le jour de sa naissance ». (Saint Bernard).

Pratique : Faites aujourd'hui toutes vos actions comme si vous deviez bientôt après paraître devant Dieu. Priez pour les personnes qui ont la bonne habitude d'employer quelques instants pour se préparer à la mort, le jour de leur récollection du mois.

 

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