21 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-deuxième jour

Sa présence continuelle dans les saints tabernacles

 

Voix de Jésus


« Non-seulement J'ai voulu nourrir ton âme de Moi-même pour la fortifier, la consoler, l'aider à conquérir le Ciel; mais encore J'ai voulu résider constamment dans l'Eucharistie, pour y recevoir ta visite et t'y laisser puiser à souhait à la source des grâces, toutes les fois que ton amour et tes besoins t'amèneraient au pied de mon sanctuaire. Ah! c'est là une bien grande faveur que Je t'ai faite, ô mon fils! Un prince qui daignerait fixer sa demeure parmi quelques-uns de ses sujets ignorants, pauvres, accablés d'infortunes, pour les éclairer, pour soulager leur misère, adoucir leurs souffrances, et leur prodiguer son amitié, oh! tu n'aurais pas assez d'admiration pour cette généreuse bienfaisance, pour ce dévouement inouï, pour cette sublime tendresse Et Moi, Seigneur des Seigneurs, Roi des Rois, Dieu béni aux siècles des siècles, J'ai daigné Me choisir une habitation près de toi; Je Me suis fait comme une tente sur la terre pour être l'inséparable compagnon de ton exil, le consolateur de tes peines, le médecin de tes maux, le trésor de ton indigence; Je t'ouvre, à toute heure, un libre accès auprès de Ma redoutable Majesté que Je voile sous les plus humbles espèces; Je t'invite, Je t'appelle à Moi qui suis la source intarissable de la joie, de la consolation, du courage et de la force; je t'offre Mon Cœur si plein d'Amour, pénétré de la plus tendre compassion pour le joug pesant de la mortalité sous lequel Je vois ployer ta faiblesse. Mais ô cieux soyez dans l'étonnement, mon fils a dédaigné Mes Saints Tabernacles, comme si Je lui étais inutile; mon fils n'a que trop ressemblé aux mondains qui se fatiguent à courir après le mensonge et la vanité. Aux palais des rois la foule se presse pour obtenir quelque part des vains honneurs, des biens fragiles de ce monde. Ne trouve-t-on point accès auprès des rois, l'on va demander avec empresseraient à ceux qui ont une puissance quelconque sur la terre, de quoi satisfaire cette funeste convoitise qui dévore l'homme déchu, de quoi oublier, du moins quelques instants, les maux sous le poids desquels on gémit. Et Moi qui suis le souverain dispensateur des seuls vrais biens; Moi près de qui, ô mon fils! tu trouverais la force de porter courageusement toutes les croix de cette vie, et le plein rassasiement de tes légitimes désirs; Moi qui peux t'assurer au delà de la tombe une vie qui n'a plus de traverses, plus de larmes, une vie qui n'a plus de terme, une vie divine, tu Me négliges, tu Me délaisses! »

 

Réflexion

 

Si j'étais faible et chancelant, ne chercherais-je pas un appui? Si j'étais pauvre, au comble de la misère, négligerais-je un trésor?.... Si j'étais souffrant, en proie à des douleurs déchirantes, refuserais-je un soulagement, un remède efficace? Si j'étais affligé profondément, dévoré de chagrins cruels, ne voudrais-je pas un ami, un véritable ami, qui pût répandre dans mon cœur le baume d'une douce consolation? Homme de peu de foi, qu'ai-je donc fait jusqu'aujourd'hui! J'ai cru que Jésus, tout bon, tout-puissant, Jésus qui daigne se faire mon ami, mon ami le plus tendre et le plus fidèle, était près de moi dans l'auguste sacrement de l'autel; et je n'ai pas couru à lui chercher, la vraie force, la vraie richesse, la vraie santé, la vraie joie, comme si j'eusse aimé ma faiblesse, mon indigence et tous mes maux. Ah! l'amour, la reconnaissance et le respect devraient tellement m'attacher à ses pieds adorables, Qu'il fallût me faire une sorte de violence pour m'en éloigner : combien donc mon indifférence et ma lâcheté sont-elles plus coupables, quand mon intérêt seul devrait me faire vivement regretter tous les moments que je passe loin de ce Divin Sauveur.

 

Pratique

 

1° Visitez exactement chaque jour le cœur de Jésus dans son sacrement ; et allez à lui avec une sainte joie et une confiance sans bornes. 2° Quand vous serez obligé de vous priver de cet avantage si précieux, visitez du moins le divin Jésus en esprit, le prophète Daniel, éloigné de la Judée et captif à Babylone, ouvrait, trois fois le jour, la fenêtre de sa chambre, du côté de Jérusalem, et fléchissant pieusement les genoux, adressait sa prière au Dieu d'Israël, comme s'il eût été dans son temple.

 

Tendre dévotion de Saint Alphonse de Liguori pour Jésus résidant dans le Sacrement de l'Autel

 

La dévotion de saint Alphonse de Liguori envers le mystère de nos saints tabernacles, datait des premiers jours de sa jeunesse. Au milieu d'un monde dissipé, il savait dérober à ses études et à ses occupations quelques moments qu'il allait passer au pied des autels, trouvant mille fois plus de plaisir à verser son cœur dans le cœur du Jésus, à s'entretenir avec celui dont la conversation a tant de charmes, qu'à se reposer dans les magnifiques pavillons des pécheurs. Après qu'il eut été élevé au sacerdoce et qu'il eut fondé la congrégation du très-saint Rédempteur, son empressement à aller ainsi goûter combien le Seigneur est doux envers ceux qui l'aiment, devint encore plus grand et plus remarquable. Quand il était dans les maisons de son institut, ayant plus de facilité de satisfaire sa dévotion, il passait plusieurs heures du jour devant le saint Sacrement. Souvent même, la nuit, il se levait doucement, se rendait au chœur, pieds nus, de peur de troubler le sommeil de ses confrères, pour se jeter dans les bras de Jésus, et s'enivrer aux sources sacrées qui coulent dans le sanctuaire. Durant son épiscopat, on le voyait longtemps en adoration dans sa cathédrale ou dans toute autre église, et on allait s'édifier par le spectacle d'un saint, qui semblait converser visiblement avec Dieu. Démissionnaire de son siège et retiré à Saint-Michel, moins distrait par les affaires et par les relations avec le monde, il pouvait se livrer plus librement à sa piété et à sa ferveur. Aussi, employait-il plus de huit heures par jour en longues et fréquentes visites à Jésus Christ. Parfois il se trouvait rempli de si vives émotions, sa prière devenait si fervente, son âme était si ravie dans la contemplation de l'amour d'un Dieu caché dans la sainte Eucharistie, qu'il se levait soudainement, tendait les bras vers le tabernacle comme pour demander à Jésus de pouvoir le presser contre son cœur, afin de le dédommager du délaissement et de l'indifférence des hommes. Lorsque ses infirmités ne lui permirent plus de se rendre au chœur, ce fut pour lui une cruelle privation. Pour le consoler, son directeur lui disait qu'il avait une chapelle et un autel dans ses appartements. « Mais Jésus-Christ n'y est pas », lui répondait Alphonse, les larmes aux yeux. Aussi, dans sa dernière maladie, lorsque le prêtre s'approcha pour lui donner le Saint Viatique, l'entendit-on prononcer, avec un pieux élan, ces mots : « Venez, venez, mon bien-aimé Jésus! » Fortifié par ce pain céleste, il resta longtemps dans une profonde contemplation, et par les soupirs ardents qui s'exhalaient de son cœur, on pouvait comprendre tout ce qu'il éprouvait de reconnaissance et de tendre amour pour son divin maître. (Vie de Saint Alphonse de Liguori, par M. l'abbé Verdier).

 

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20 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Vingt-et-unième jour

Son amour ineffable dans 1'institution de la Sainte Eucharistie

Voix de Jésus

 

« Le plus grand témoignage d'amour qu'un ami puisse donner à son ami, c'est de mourir à sa place, disais-Je à Mes disciples, la veille de Ma mort. Oui, c'est bien là tout ce qu'un homme peut faire en faveur d'un autre homme. Mais pour ton Dieu, ô mon fils, ce n'était point assez: Son Cœur, dans les trésors incompréhensibles de Sa Charité, a su trouver un témoignage d'amour encore plus touchant, plus capable de ravir et d'embraser ton cœur. J'ai voulu, oui J'ai voulu que tu pusses contracter avec Moi l'union la plus intime en Me recevant substantiellement au-dedans de toi-même. Mais comment M'unir de la sorte avec toi, chétif pécheur, si indigne de Mes regards ?... Je Me suis abaissé, je Me suis anéanti jusqu'à Me faire ta nourriture, pour M'identifier, en quelque sorte, avec toi... Oh ! qu'il a fallu d'amour pour opérer cet ineffable mystère, où Je semble m'oublier Moi-même, pour ne Me souvenir que du pauvre exilé racheté de Mon sang! S'il est vrai que je Me suis comme anéanti dans l'Incarnation, qu'ai-Je donc fait dans l'Eucharistie, où, caché sous le voile des espèces sacramentelles, Je ne conserve pas même les dehors de la nature humaine; où Je ne donne d'autre marque sensible de Ma présence que les douceurs d'Amour dont J'enivre les cœurs purs, qui viennent à Moi ayant faim et soif de la justice et ne vivant que de la vie de la foi; où Je supporte en silence les froideurs, les mépris, les outrages, les profanations les plus révoltantes, et cela depuis dix-huit siècles; où, pour donner à mes vrais amis, à mes fidèles, la consolation de s'approcher de Moi sans frayeur et avec une confiance filiale, Mon Amour M'a fait voiler tout l'éclat de Ma gloire, quoique les pécheurs dussent profiter de cet anéantissement de Ma Divine Majesté pour s'asseoir audacieusement à la Table Sainte, et M'y recevoir dans un cœur souillé Prodige ineffable, ô mon fils! Mais Je voulais te donner un témoignage incomparable de Mon Amour, que pouvais-je employer de plus analogue à ta nature que la forme d'un banquet, ce symbole expressif d'union et d'affection intimes, si universellement usité parmi les hommes? Et ce banquet, pour qu'il fût digne de Mon Amour infini, ne devais-Je pas en faire une merveille infiniment supérieure à toutes leurs pensées, à tous leurs désirs? C'est ce que J'ai fait, ô mon fils, en y devenant Moi-même ton breuvage et ta nourriture ».

 

Réflexion

 

Quel déplorable contraste entre le Cœur de Jésus et le mien, entre Son Amour si ardent, si généreux, porté, en quelque sorte, jusqu'à l'excès, et mon amour si faible, si languissant, si inconstant, mon amour si lâche pour les combats et pour les sacrifices, mon amour si peu occupé de ce qui devrait faire le charme de ma vie, absorber toutes mes facultés, tout mon être ! Il est donc vrai, Jésus qui est plein d'attraits puissants, irrésistibles aux yeux de la Foi, a fait, pour conquérir tout mon amour, le plus-étonnant prodige qu'il pût tirer des trésors de Sa Charité infinie; et je puis m'y montrer si peu sensible! Est-ce donc envers Dieu seul que je n'ai point de cœur? O Dieu ! Dieu souverainement et seul aimable, Dieu qui m'avez tant aimé, Vous qui commandez à la nature entière, qui commandez au néant même, ah! de grâce, dites une parole et je serai guéri; et je contemplerai avec attendrissement le chef-d'œuvre de Votre Amour; et Vous serez désormais ma pensée, mon désir, ma joie, aux jours surtout où j'aurai le bonheur de participer à la Divine Eucharistie.

 

Pratique

 

1° Faites vos délices de la sainte communion, qui est pour le vrai fidèle comme un avant-goût du ciel; mais, surtout, efforcez-vous d'apporter à ce sacrement adorable la pureté la plus scrupuleuse, l'humilité la plus profonde et l'amour le plus ardent. 2° Faites tous vos efforts pour vous tenir, la veille, le jour et le lendemain de vos communions, dans un pieux recueillement; ranimez alors en vous les sentiments que vous dûtes éprouver la veille, le jour et le lendemain de votre première communion.

 

Foi admirable d'une jeune Anglaise envers la Sainte Eucharistie

 

Mademoiselle Marie-Anne Fitch était née à Londres, d'une famille protestante qui était fort recommandable par ses vertus morales, quoique engagée dans les sentiers de l'erreur. Ses parents, malgré les préjugés de l'hérésie, avaient confié son éducation à une dame française catholique. La jeune Marie manifesta de bonne heure des désirs de conversion, qu'elle ne put effectuer que beaucoup plus tard, et se montra, longtemps d'avance, digne d'embrasser la vérité par les sentiments de piété les plus édifiants. Voici un trait qui montre le haut prix qu'elle attachait au bonheur qu'a une âme fidèle de recevoir la sainte communion. Elle avait entendu dire que les catholiques considéraient comme un jour de fête celui de leur baptême, et en célébraient l'anniversaire en s'approchant des sacrements. « C'est aujourd'hui l'anniversaire de votre baptême, dit-elle un jour à son institutrice; vous avez sûrement été à confesse ». Celle-ci gardant le silence, son élève la supplia de lui donner une réponse et en reçut une affirmative. « Mais, ajouta-t-elle, avez-vous reçu l'absolution? » La dame, tout en lui reprochant sa curiosité, satisfit encore à ses instances. Alors la jeune questionneuse reprit: « Ma bonne amie, je n'ai plus qu'une seule chose à vous demander: Je vous conjure de me dire si vous avez communié ». Sa maîtresse eut la complaisance de lui répondre: « Oui, j'ai eu ce bonheur ». « Ah ! lui dit aussitôt son élève, vous n'avez pas eu encore le temps d'offenser le Seigneur; il est encore tout en vous; laissez-moi, je vous en conjure, me placer sur vos genoux: je n'ai jamais goûté le bonheur d'être si près de mon Jésus, et j'ai tant de choses à lui dire ! » Elle resta un quart d'heure collée sur le cœur de cette dame, et ne quitta cette situation que pour obéir à sa mère qui, ne se doutant pas même de cet intéressant dialogue, craignait que sa fille ne la fatiguât. On ne saurait exprimer l'allégresse que la jeune Marie témoignait ensuite d'avoir été si près de son divin Sauveur. Que dut-elle donc éprouver lorsque, plusieurs années après, convertie ainsi que ses parents, et devenue fervente religieuse, elle put satisfaire son ardente piété par la fréquente communion! Qu'on en juge par ces lignes qu'elle écrivait, du fond de sa retraite, à une de ses amies qui lui avait mandé qu'elle avait soin d'une chapelle où reposait le Saint des Saints: « Quelle douce occupation! Vous avez occasion de faire tant de visites au Saint-Sacrement! Quand vous allez préparer la chapelle, tous vos mouvements se rapportent au service de notre divin Jésus. Vous êtes cette heureuse servante du Seigneur, qui approche le plus près de sa personne sacrée cachée dans le sacrement de son amour. Dieu a voulu vous attirer plus fortement à lui et prendre une entière possession de votre cœur, puisqu'il vous a donné un emploi dans lequel vous ne sauriez faire, pour ainsi dire, un seul pas qui ne tende à l'honorer dans son auguste sanctuaire ». (Les Héroïnes chrétiennes, par l'abbé Carron, T. II).

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19 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Vingtième jour

Sentiments que la vue du Crucifix doit inspirer au cœur du fidèle

 

Voix de Jésus

 

« Oh! que la seule vue d'un Crucifix devrait t'émouvoir, profondément t'émouvoir et enflammer ton cœur!.... Vois les enfants du siècle, Mon fils; vois comme les images de ceux qui les ont aimés leur sont chères! comme ils les conservent précieusement, comme ils les regardent avec plaisir, comme ils les baisent avec tendresse!.... Il y a eu des cœurs si sensibles aux services qu'ils avaient reçus, qu'après la mort de leurs bienfaiteurs, la source de leurs larmes était intarissable, et qu'après même de longs jours écoulés, ils les pleuraient encore comme au premier jour de leur deuil. Hélas! tel n'est pas ton cœur, ô Mon fils: le Mien a consommé pour toi le plus héroïque des sacrifices, et il l'a fait pour un ingrat; et il l'a fait sans autre intérêt que celui de cet ingrat; et il l'a fait avec des circonstances si douloureuses, si déchirantes, si capables de briser de compassion des cœurs d'airain ! Eh bien! Ce sacrifice a-t-il été compris? cet Amour est-il apprécié? Si Je ne t'avais pas témoigné cet Amour ineffable, si Je n'avais pas montré envers toi cet incomparable générosité, aurais-tu été à Mon égard moins reconnaissant, plus froid que tu ne l'as été ? M'aurais-tu oublié plus que tu ne l'as fait? tes offenses envers Moi auraient elles été plus nombreuses? aurais-tu moins pratiqué les vertus dont Je t'ai donné l'exemple? aurais-tu mis moins de soin à éviter ce qui blesse les regards si purs de ton Jésus? Oh! qu'il en eût été bien autrement, si tu avais su te pénétrer de tout ce que devait te rappeler l'image de l'autel sanglant où s'accomplit Mon Sacrifice! Oui, si tu avais regardé le Crucifix avec esprit de Foi, Mes pieds et Mes mains transpercés par des clous, Mon Côté ouvert par une lance, tu n'aurais pu qu'être saisi d'une pieuse émotion; tu te serais lié à Moi de plus en plus par un amour sincère, généreux; et Mon Cœur alors aurait joui de ton cœur Non que J'aie aucun besoin de ton amour, ni que tes dons ou tes refus puissent rien changer à Ma félicité inaltérable, parfaite; mais Je t'aime, et Je voudrais, pour, ton bonheur, que tu fusses tout à Moi. Que de fois, cependant, tu as permis à l'Ange des ténèbres, à Mon vil ennemi, de prévaloir dans ton cœur sur Mon Amour; et encore aujourd'hui que de fois il te demande et tu lui cèdes, Je te demande et tu résistes! Est-ce donc qu'il veut, comme Moi, ton bonheur? Est-ce qu'il a quelque grande récompense à te donner? est-ce qu'il t'aime? est-ce qu'il est aimable? est-ce qu'il est mort pour toi sur une Croix ? »

 

Réflexion

 

Oui, l'image de Jésus crucifié aurait dû m'animer toujours des plus vifs sentiments de reconnaissance et de fidélité. Quel est l'attrait du péché qui n'eût dû céder devant ce signe auguste de dévouement et d'amour? Quelle est la passion que n'eût dû amortir cette pensée: Mon Dieu est mort pour m'arracher à l'esclavage de ce mauvais penchant Mais, d'autre part, quel est le. sacrifice, quelque pénible qu'il soit, qui ne s'adoucisse à la vue de la croix, mémorial sacré de l'immolation sanglante à laquelle un Dieu s'est dévoué si généreusement pour mon bonheur ? Quoi ! mon Sauveur a daigné subir pour moi les douleurs de la flagellation, du couronnement d'épines, du crucifiement, et je refuserais de lui immoler les goûts et les commodités de la nature! Mon Dieu, ne Suivant que l'élan de son amour, a épuisé pour moi les amertumes les plus cruelles, les souffrances les plus vives, les angoisses les plus accablantes, et je refuserais de suivre la voix de sa grâce et d'accomplir ce qu'il demande de moi! O Crucifix! puissent mes yeux ne plus te quitter, et je marcherai à grands pas dans la voie de la piété la plus pure, la plus ardente, la plus généreuse.

 

Pratique

 

1° Faites toujours, avec une grande dévotion, le signe de la croix; baisez pieusement le crucifix, surtout dans vos heures de tentation, de tristesse ou de souffrance. 2° Toutes les fois que vous apercevrez quelque part l'image sainte de la croix, donnez quelque marque de respect à ce monument auguste de l'amour d'un Dieu pour les hommes; mais ayez soin de l'accompagner "d'un vif sentiment d'amour pour le cœur de Jésus, votre adorable victime.

 

Courage inspiré par la vue de la croix à un ouvrier

 

« Il y a, dans un de nos départements, un tisserand sur lequel il semble que le main de Dieu se soit appesantie. Pauvre, malade, abandonné, il éprouve les douleurs les plus aiguës et les privations les plus pénibles : son épouse, il est vrai, lui parait toujours tendrement attachée; mais les accès d'une mélancolie noire dérangent souvent la raison de cette femme; loin qu'elle adoucisse alors à son mari les misères de la vie, elle ne contribue que trop à les lui rendre plus amères. Au milieu des besoins les plus pressants et des infirmités les plus accablantes, cet homme montre une présence et une force d'esprit tout à fait admirables : rien ne lui fait perdre patience, rien n'abat son courage; il en a tant qu'il ne cesse d'exercer son métier. Que faites-vous, lui dit un jour un de ses voisins? Vous n'avez qu'un souffle de vie; à peine pouvez-vous vous soutenir, et cependant vous travaillez encore? Hélas! de quelle ressource peut être votre travail? Laissez-là ce métier, reposez-vous; et s'il vous reste encore quelque force, allez plutôt essayer si l'exposition de vos peines, faite en secret à quelque riche charitable, ne pourra pas vous procurer ce que vous attendez vainement de votre obstination au travail. Je n'en ferai rien, dit le malade, j'ai découvert un trésor; et tant que j'en jouirai, si je ne suis pas à mon aise autant que votre amitié vous le fait souhaiter, au moins mes peines ne seront-elles pas, à beaucoup près, si grandes que vous l'imaginez. Regardez, mon cher voisin, l'image du Fils de Dieu crucifié, collée contre cette muraille; voilà où est mon trésor; voilà où est mon cœur. La mort ne m'épouvantera pas tant que cette représentation vivifiante fera sur moi l'impression que je sens; je ne manquerai ni de confiance, ni d'espérance, ni de courage, ni même de joie, tant que j'irai les puiser dans les plaies de mon Sauveur. La douleur ébranle quelquefois mes résolutions, mais elle ne les ruine pas : quand je manque de tout, quand je suis abandonné, je considère que j'ai quelques traits de ressemblance avec le Christ expirant; quand le mal augmente, j'ai recours à l'image de la croix, et il en sort une vertu qui me le rend supportable. Qu'il est glorieux à un homme de ma condition, à un homme qui ne peut être regardé que comme un vil rebut du monde, d'avoir le Roi des rois pour consolateur et pour modèle! » (Extrait d'un manuscrit de M. Delauro-Dubez, conseiller à la cour royale de Montpellier, auteur de l'Athée redevenu chrétien).

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18 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Dix-neuvième jour

Consommation de Son sacrifice

 

Voix de Jésus


« Mes disciples M'avaient abandonné: du Jardin des Oliviers jusqu'au tribunal de Pilate où fut prononcé Mon arrêt de mort, J'avais été seul, soutenant en paix le poids de l'ingratitude la plus noire, de l'injustice la plus révoltante, supportant, sans faire entendre la moindre plainte, les souffrances les plus vives, les opprobres les plus cruels. Oui, mon fils, quand on s'oubliait jusqu'à Me couvrir la Face de soufflets et de crachats; quand on jetait par mépris, sur Mes épaules déchirées, quelques lambeaux de pourpre; quand on plaçait dans Ma main droite un sceptre de roseau; quand on couronnait de Sang Mon front divin, en y enfonçant un diadème d'épines, Mon Cœur était calme: Il pensait à toi, Il t'aimait, et Mon Visage était toujours serein. Au moment même où J'eus la douleur d'entendre Pierre protester pour la troisième fois qu'il ne Me connaissait point, Mes yeux n'eurent pour lui que des regards de douceur et d'Amour, qui l'émurent d'attendrissement et de repentir. Cependant, sur la route du Calvaire, des cœurs compatissants donnèrent des larmes à l'Homme de douleurs; et de Mes lèvres tombèrent alors ces paroles où ton Jésus se montre à toi s'oubliant Lui-même, et voulant qu'on l'oublie pour pleurer les malheurs réservés au peuple déicide: « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants ». Et bientôt après, arrivé, au sommet du Golgotha, sur cet autel d'expiation où J'allais consommer Mon Sacrifice, Je Me laissai clouer sur le Bois de l'infamie; de Mes membres transpercés s'échappèrent des ruisseaux de Sang; et durant la torture lente de la Croix on continuait à M'accabler des dérisions les plus amères, des paroles les plus ignominieuses. J'étais en proie aux ardeurs d'une soif brûlante, et il ne fut offert à Mes lèvres desséchées que le fiel et le vinaigre. Et cependant Ma bouche ne prononça sur ce peuple, bourreau de son Sauveur, que ces paroles de Miséricorde: « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Ainsi, Mon Cœur ne savait qu'aimer, et Je priais pour ceux qui se plaisaient à Me faire souffrir et mourir. Enfin, voulant montrer Ma force divine, même dans cette extrémité, voulant annoncer à la terre que Celui qui allait mourir sur la Croix était bien le Maître de la nature, qui se dévouait librement pour la réconciliation des hommes, Je poussai un grand cri, signe frappant d'une énergie, d'une puissance surhumaines, et, inclinant la tête, J'expirai. O mon fils, pourrais-tu jamais oublier ce prodigieux sacrifice consommé sur le Calvaire? Ah! que ce souvenir pénètre ton cœur, qu'il l'échauffe, qu'il l'embrase, qu'il l'anime des élans les plus vifs; qu'il en dirige tous les mouvements vers le Ciel; que ce cœur, enfin, soit sans réserve, et pour toujours à ce Dieu victime de son amour pour toi! »

 

Réflexion

 

Souffrir, expier, telle est la condition qui pèse sur l'humanité coupable depuis la chute du premier homme. Souffrir avec résignation et les yeux tournés vers Dieu, suivre ainsi Jésus qui daigne marcher à notre tête dans la voie de la douleur: c'est là le vrai, le seul remède. Il a voulu, ce divin Maître, se rendre en tout semblable à l'homme: lui qui n'avait aucune faute à expier, il est venu dans le monde, non pour y goûter des joies, mais pour y traverser une vie semée de privations et de souffrances, couronnée par une mort des plus cruelles. Ainsi, s'offre-t-il à moi tout ensemble comme une consolation, un encouragement et un modèle de soumission pleine d'amour à la volonté du Père céleste. Si donc je ne mens pas à mon titre glorieux de chrétien, de disciple de la Croix, je dois, dans toutes mes souffrances, adorer, bénir la justice de Dieu qui me frappe, et, en union avec Jésus, boire courageusement à son calice, quelle que soit la main qui me le présente.

 

Pratique

 

1° Quelques douleurs que vous avez à endurer, considérez et voyez s'il est une douleur pareille à celle de Jésus en croix2, de cet Homme-Dieu dont tout le crime fut de trop vous aimer. 2° Souvenez-vous qu'étant pécheurs, ce n'est qu'à travers les tribulations que nous pouvons entrer dans le royaume de Dieu. Consolez-vous, d'ailleurs, par la pensée que la voie des souffrances, où Jésus a marché le premier, est le vrai chemin du ciel, et qu'an moment de légère tribulation opère un poids éternel de gloire.

 

Visite du Père de Géramb au Saint Sépulcre

 

« J'avais recommandé aux drogmans du monastère de Saint-Sauveur, dit le P. Géramb (Pèlerinage à Jérusalem), d'avertir les Turcs gardiens du Saint Sépulcre, de se trouver, à cinq heures de l'après-midi, à l'entrée du temple, dans l'intérieur duquel je voulais passer la dernière nuit. J'étais à peine descendu de cheval que je m'y rendis. Les portes s'ouvrirent à mon approche, et se refermèrent aussitôt que j'en eus franchi le seuil. Le bruit des gonds de ces portes colossales, celui des clés, des verrous, dont tant de fois cependant mon oreille avait été frappée, sans que j'en éprouvasse d'émotion sensible, me causa une espèce de frisson. Une heure du matin venait de sonner. Les pères Franciscains réunis dans leur chapelle entonnaient le Benedictus Dominus Deus Israël, lorsque je me levai pour oindre le saint tombeau devant lequel j'étais resté longtemps prosterné. L'odeur du parfum se répandit au loin. De là je montai au Golgotha, où je répétai le même acte à l'endroit où la croix fut autrefois élevée. « J'ai ressenti pendant ma vie de profondes douleurs : j'ai fermé les yeux à un bon père, à une tendre mère, à une épouse chérie; j'ai perdu des enfants bien-aimés; j'ai été arrêté à deux cents lieues de la France, et traîné à travers toute l'Allemagne pour être enfermé au donjon de Vincennes, d'où je ne suis sorti que lors de l'entrée des alliés; j'ai éprouvé ce que le monde appelle de grandes infortunes; j'ai été calomnié, persécuté; j'ai fait des ingrats. Eh bien! prenant ici à témoin celui qui sonde les cœurs, et devant lequel je paraîtrai peut-être bientôt, je déclare que jamais douleur n'affecta plus vivement mon âme que celle qui s'en empara au moment où je m'arrachai pour jamais de l'église du Saint-Sépulcre. Tant que je vivrai, elle sera aussi présente à mon esprit que profondément gravée dans mon cœur; toujours son souvenir me fera tressaillir, parce que toujours, et plus qu'aucun autre souvenir, il me rappellera Jésus crucifié pour mon salut, pour le salut du genre humain, et à l'amour duquel nous devons répondre par le plus vif, le plus tendre, le plus absolu de tous les amours; ce Jésus auquel je dois l'ineffable bonheur de comprendre, de sentir cette grande vérité, que je voudrais pouvoir faire comprendre et sentir à tout l'univers entier : que Lui seul est tout, que tout ce qui n'est pas lui n'est rien, n'est que néant ». (Lettre XXXII.)

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17 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Dix-huitième jour

Ses souffrances et ses humiliations dans Jérusalem

Voix de Jésus


« Ton Dieu, mon fils, s'abandonnant à la merci des pécheurs, se livrant aux brutales mains des satellites de l'enfer, se laissant traîner comme le plus indigne des hommes, dans les rues de Jérusalem, et conduire successivement devant Anne, devant Caïphe, devant Pilate, puis devant Hérode, et encore devant Pilate ; bientôt, attaché à une colonne et soumis comme le plus vil esclave à une sanglante flagellation, qui le réduit à un état capable d'exciter la compassion des cœurs les plus insensibles; montré ensuite à une populace furieuse qui lui préfère un malfaiteur souillé de sang, et qui demande à grands cris sa mort, sa mort sur la croix; enfin, mené au plus honteux supplice entre deux voleurs: quel spectacle pour le chrétien qui se dit à lui-même : C'est pour moi que le Dieu de gloire et de majesté se laisse traiter de la sorte! Mais en même temps, quelle source admirable d'instructions touchantes, bien propres à détruire en toi tous les prétextes de la nature, et à exciter puissamment ta volonté! Dans toutes ces différentes scènes si affreusement ignominieuses, si horriblement cruelles, vois-tu le Dieu de la résignation et de la patience, le Dieu de l'humilité et de la douceur, cet agneau plein de mansuétude, qui n'a pas même ouvert la bouche pour se plaindre? Il est insulté, moqué, souffleté, couvert de crachats, et il se tait; il est honteusement châtié comme un vil criminel, et il se tait; il est traité comme un roi de théâtre et accablé de dérision, et il se tait; il est méprisé comme un fou par Hérode, et il se tait; un misérable assassin lui est comparé, préféré, et il se tait; la bouche impie de ceux qu'il a comblés de bienfaits fait entendre contre lui des vociférations de mort, et il se tait; par la plus coupable lâcheté, par l'injustice la plus criante il est condamné au gibet des scélérats, et il se tait encore Eh bien! en est-ce assez pour confondre tes impatiences, tes murmures, tes révoltes dans tout ce que ma Providence permet de contraire à ta délicatesse, à ton humeur, à ton orgueil? J'étais innocent, tu es coupable; j'étais le Saint des saints, tu es pécheur ; j'étais ton Créateur, tu n'es qu'un frêle ouvrage de mes mains, qui n'as su qu'ajouter à ton néant la triste réalité de fautes, hélas ! trop volontaires Contemple donc, ô mon fils, ton divin modèle, et sur ses traces prends enfin le courage de ton devoir ».

 

Réflexion

 

Si le tableau de la passion de Jésus m'était présenté pour la première fois dans l'histoire d'un étranger, d'un inconnu qui n'aurait pour exciter ma sensibilité que sa qualité d'homme innocent, ah! je m'attendrirais, je mouillerais ce tableau de mes larmes. Et si j'apprenais que cette victime d'une haine jalouse et atrocement injuste, a été ainsi saturée d'opprobres pour mes intérêts, combien son nom me deviendrait cher et sacré! comme il ferait battre mon cœur de la plus vive reconnaissance et de l'amour le plus tendre!.... Est-ce là ce que j'éprouve à l'égard de Jésus? Quoi! je puis refuser à mon Dieu ce dont je ne saurais me défendre à l'égard d'un homme! Ah! si mon cœur est froid et mon œil sec en face de ce Dieu brisé 1 par la souffrance à cause de moi, que du moins aujourd'hui je veuille marcher sur ses traces; que je suive les admirables exemples qu'il m'a donnés; que là tendent tous mes efforts: ce sera encore un bien faible retour envers celui qui m'a si prodigieusement aimé...

 

Pratique

 

1° Quand vous aurez l'occasion de souffrir quelque chose dans vos affections, ou dans votre honneur, ou dans votre amour-propre, ayez recours à ce souvenir : Mon Dieu en a souffert pour moi bien davantage. 2° Afin de sanctifier, et de vous rendre méritoires les rebuts, les mépris, les humiliations et les injustices dont vous pourrez être l'objet, unissez-les aux outrages et aux opprobres inouïs qui préludèrent à l'arrêt inique de la mort du divin Jésus; tâchez, à son exemple, de les supporter en silence.

 

Dispositions admirables de Monsieur Olier dans les humiliations

 

Une personne du peuple et d'un naturel extrêmement violent, abusant un jour de la douceur et de la charité dont M. Olier lui avait donné à elle-même les preuves les plus touchantes, l'outragea de paroles dans une grande assemblée et avec tant d'emportement, qu'il n'y eut personne qui n'en témoignât son indignation. M. Olier seul ne perdit rien du calme habituel de son âme, et ne se souvint des mépris qu'il venait de recevoir que pour rendre à cet homme toutes sortes de bons offices. Le premier, fut de s'employer peu dé temps après pour le délivrer des poursuites de la justice: il fit tant par ses sollicitations et ses instances, qu'il obtint enfin la liberté de celui qui s'était montré si peu digne de tant de zèle. A l'époque, où les ennemis du bien le poursuivaient par des vexations continuelles, pour l'obliger à se démettre de la cure dé Saint-Sulpice, et lui prodiguaient les mépris et les moqueries, il se trouva obligé de paraître à la cour d'un prince. Celui-ci prit plaisir à en faire un sujet de risée. M. Olier reçut cette humiliation avec les sentiments de la plus vive reconnaissance et en s'unissant, durant ce temps, aux dispositions intérieures du Sauveur moqué devant la cour d'Hérode. « Je n'eusse jamais désiré un si grand honneur, écrivait-il; je bénis et je loue Dieu, de tout mon cœur pour une telle grâce. Quant à la personne que vous savez, je ne pouvais pas lui avoir plus d'obligation: j'en porterai toujours la reconnaissance dans mon cœur, et je promets à Dieu que je prierai pour elle tous les jours de ma vie ». Dans une autre occasion, l'on avait chargé l'homme de Dieu de la calomnie la plus flétrissante. Une personne qui le connaissait à fond, lui dit de faire connaître la vérité, comme il le pouvait facilement: « Oh! non, répondit M. Olier, buvons le calice de Jésus-Christ tel qu'il lui « plaît de nous le donner; faisons un saint usage de la croix, et n'en descendons point jusqu'à ce que Jésus-Christ lui-même nous en détache ». Il demeura ainsi dans le silence, sans vouloir dire une seule parole pour sa justification. (Vie de M. Olier, t. I, pag. 563, 582).

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16 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04 

Dix-septième jour

Son dévouement pour nous au jardin des Oliviers

 

Voix de Jésus


« Tu as entendu de Ma bouche, ô mon fils, tout ce que l'Amour peut dire de tendre à des cœurs bien-aimés; contemple maintenant ce même Amour à l'œuvre: Il a fait pour toi tout ce que tu peux imaginer de plus généreux, de plus héroïque; Il t'a dévoué ma vie mortelle, et avec les circonstances les plus touchantes, les plus capables d'émouvoir, d'attacher et de ravir. Suis-moi donc, ô mon fils, depuis le jardin de Gethsémani jusqu'au Calvaire; et si tu Me refuses des larmes, donne-Moi, du moins, un peu de compassion et d'amour. Prosterné la Face contre terre dans le jardin des douleurs, où commença Ma longue Agonie, J'envisageai fixement toutes ces scènes d'humiliations et de souffrances qui devaient finir par le cruel supplice de la Croix. Je la voyais devant Moi cette mort, avec tous les raffinements de malice dont mes ennemis allaient l'accompagner; Je la voyais, Je pouvais l'éviter; mais tu avais besoin de ce sacrifice, ô Mon fils, et Je t'aimais J'attendis, baigné d'une sueur de Sang causée par la douleur que Je ressentais à la vue de tes péchés, J'attendis que l'on vînt se saisir de Moi; et quand le baiser perfide de Judas M'eut désigné à Mes ennemis, Je n'adressai à cet apôtre infidèle que ces douces paroles: « Mon ami, qu'êtes-vous donc venu faire ici ? » Et Je Me laissai lier comme un malfaiteur. Mais, mon fils, quand Je me dévouais ainsi à la mort pour toi... (et à quelle mort!...) ignorais-Je donc ce que J'avais à attendre de toi? Ne savais-Je pas toutes les offenses dont tu devais payer un si grand excès d'amour?.. Ah! J'avais tout cela devant les yeux; Je contemplais d'une seule vue toutes tes ingratitudes: des gouttes de Sang s'échappaient douloureusement de Mes veines. Néanmoins J'acceptai le calice tout entier; Je m'offris à Mon Père pour te sauver, avec autant de générosité, avec autant d'Amour que si Je n'avais dû recueillir de Mon Sacrifice qu'un retour constant de la plus vive tendresse. Quel dévouement de Ma part, ô mon fils ! De la tienne, quelle noire ingratitude.

 

Réflexion

 

Refuser mon cœur à celui qui a donné pour moi Son Sang, quelle iniquité! Trahir celui qui m'a donné Son Sang, quoiqu'Il sût bien qu'Il le donnait pour un ingrat, quelle indignité monstrueuse.... Ah! je ne saurais trop m'accuser, me condamner, me punir moi-même d'avoir ainsi payé tant d'amour, tant d'amour de la part d'un Dieu qui ne me devait rien, et qui, en me laissant périr à jamais, n'aurait rien perdu qu'un mauvais cœur plein d'injustice envers son premier principe et sa dernière fin!.... Hé bien, je veux que le reste de ma vie s'use à pleurer mes torts envers Jésus, à les réparer en Lui offrant mon cœur sans partage, et en me dévouant à tout ce qui peut lui être agréable et procurer sa gloire.

 

Pratique

 

1° Que le souvenir de vos ingratitudes passées vous fasse veiller constamment sur vous-même pour éviter les moindres fautes, et vous excite à remplir les plus petits devoirs avec autant de ferveur que d'exactitude. 2° Chaque fois que vous ferez un acte de contrition, ou que vous vous préparerez au sacrement de pénitence, unissez-vous à Jésus au jardin des Oliviers, souffrant une sueur de sang pour vos péchés, et offrant sa vie pour les expier.

 

Visite du Père de Géramb à la Grotte de Gethsémani

 

« La grotte où Jésus fit sa prière, au jardin de Gethsémani, la veille de sa mort, dit le P. de Géramb (dans son Pèlerinage à Jérusalem, lettre XIV), porte le nom de Grotte de l'Agonie. Elle est absolument dans le même état où elle se trouvait au temps de Notre-Seigneur. L'espèce de voûte qu'elle forme s'appuie sur trois pilastres de la même roche. Le jour y pénètre par une ouverture pratiquée par le haut, sur laquelle s'étend une grande grille destinée a repousser les pierres que les Turcs pourraient y jeter. Autrefois on y arrivait de plain-pied; maintenant on y descend par huit ou dix marches. Elle est fermée par une porte dont les révérends Pères Franciscains gardent la clef. Ce fut dans ce lieu, l'un des plus augustes de l'univers, que le Sauveur du monde ressentit les terreurs du trépas, qu'il éprouva des tourments sans mesure, qu'il éleva vers le Créateur ses défaillantes mains, et que de ses yeux s'échappèrent des larmes brûlantes qui, se mêlant à une sueur de sang, inondèrent son corps sacré; ce fut là enfin que Jésus, innocent, supporta pour nous tous toutes les rigueurs de la justice divine... À l'endroit même de l'agonie est un autel surmonté d'un tableau représentant Notre-Seigneur, soutenu par l'Ange qui vient le fortifier. On y lit cette inscription: « Hic factus est, sudor ejus, sicut guttae sanguinis decurrentis in terra ». Un lieu qu'on ne peut regarder sans éprouver un frémissement secret, c'est celui où Judas livra son Maître. C'est un espace de quinze ou vingt pas de long sur deux de largeur, entre deux petits murs. On l'appelle Osculo, de ce passage de l'Ecriture : Juda, osculo Filium hominis tradis ? Le pèlerin, après avoir adoré Jésus trahi et lié, s'éloigne aussitôt saisi d'horreur. Si le malheureux apôtre, après le pacte sacrilège par lequel il s'était engagé à livrer son Maître aux Juifs, leur eût dit: « Celui que je frapperai, c'est lui-même »; qu'ensuite à la tète d'une troupe homicide, l'épée à la main, il fût venu fondre sur Jésus, il y eût eu, après tout, dans cette conduite atroce, mais exempte d'hypocrisie, quelque chose de moins hideux. L'âme se fût moins révoltée à cette horrible idée. Mais où les annales des crimes offrent-elles un plus affreux signal de trahison que celui d'un baiser?... Celui que vous me verrez embrasser, c'est lui; saisissez-le à l'instant, et conduisez-le aux prêtres assemblés ». Quel langage! le signe le plus tendre de l'amour pour vendre un ami, un bienfaiteur, un père, et le livrer à ses ennemis les plus acharnés!... »

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15 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Seizième jour

Sa prière pour nous la veille de sa mort

 

Voix de Jésus


« Vous aurez de grandes tribulations dans le monde; mais ayez confiance, J'ai vaincu le monde. Là finit mon dernier discours; ce fut là Mon dernier encouragement à Mes disciples. Et ensuite, levant les yeux au ciel, J'adressai pour eux à Mon Père une prière toute d'Amour. Ah! puisses-tu, ô Mon fils, en méditer avec ton cœur, encore plus qu'avec ton esprit, les élans divins, que Je vais t'aider à comprendre et à sentir! Mon Père, l'heure est venue : l'heure de mon dernier et sanglant sacrifice; glorifiez Votre Fils par sa Résurrection, afin qu'Il Vous glorifie par l'établissement de Son Église, où soient réunis, de toutes les nations, Vos amis et Vos élus; J'ai fait connaître Votre Nom à ceux que vous M'avez donnés ce doux nom de Père qui n'avait pas été encore parfaitement révélé aux malheureux enfants d'Adam. C'est pour eux que Je Vous prie. Père Saint; conservez en Votre Nom ceux que vous M'avez donnés, afin qu'ils soient un comme nous: qu'étrangers à tout esprit de désunion, d'envie, de jalousie, de vengeance, d'animosité, de soupçon et de défiance, ils aient, comme nous, une même volonté, une même pensée, un même amour. Pendant que J'étais avec eux, Je les gardais en Votre Nom; et maintenant Je viens à Vous. Je ne Vous prie pas de les ôter du monde; je Vous demande de les sauver du mal dans lequel ce monde est plongé. Mais Je ne Vous prie pas seulement pour eux; Je Vous prie encore pour tous ceux qui croiront en Moi par leur parole, afin qu'ils soient tous un comme Vous, mon Père, êtes en Moi et Moi en Vous: que de même ils soient un en nous… Vois, ô mon fils, avec quelle sollicitude je m'intéresse à Mes disciples, à tous les chrétiens; avec quelle ardeur Je leur souhaite des entrailles dilatées, les uns pour les autres, par Mon Amour, en sorte qu'ils soient unis en Dieu comme dans leur centre, et qu'ils se rendent mutuellement heureux par une communauté parfaite de sentiments et de secours. Et puis, entends ce cri d'amour que Je pousse au Ciel avec une indicible tendresse: O mon Père, ceux que Vous M'avez donnés, Je veux que là où je suis ils soient avec Moi. Je veux quelle étonnante parole dans une prière! Mais aussi, ce n'est pas un homme qui prie pour toi, ô Mon fils; c'est ton Divin Médiateur, ton Divin Sauveur: Il veut que tu sois avec Lui au Ciel, afin que tu contemples Son éclat et que tu partages Sa gloire éternelle. Adore, ô mon fils, admire, exalte, bénis, loue, aime surtout et toujours ce trait sublime d'Amour, ce Je veux si déterminé, si absolu, si aimable et si doux à entendre pour ceux qui croient ».

 

Réflexion

 

Ai-je apprécié jusqu'ici tout ce que dit à un bon cœur ce doux nom de père que Dieu daigne prendre à mon égard? Ah ! qu'il faut que ce Dieu soit bon! Lui si grand, si élevé au-dessus de toutes les pensées des créatures même les plus parfaites, Il daigne, malgré ma misère extrême, s'appeler mon père et me donner le doux nom de fils! Que de reconnaissance et d'amour je dois au cœur de Jésus qui, en se faisant frère de l'homme m'a mérité cette glorieuse adoption ! Mais, hélas ! loin d'acquitter envers lui cette dette sacrée, ma conduite ne. déshonore-t-elle pas ce beau titre d'enfant de Dieu et ne me rend-elle pas inutile la prière que le Sauveur fit pour moi la veille de son immolation expiatoire? Jésus, dans cette prière sublime, veut que tous ceux que le Père lui a donnés vivent ici-bas en dignes enfants de Dieu, afin qu'un jour la gloire dont il est revêtu lui-même soit leur gloire, et que sa joie devienne leur joie. Hélas ! et moi je languis dans l'amour des choses de la terre, dans l'amour de moi-même et de tout ce qui flatte mon orgueil Ah ! si je voulais mon bonheur, comme Jésus le veut ! quelle pureté dans mes pensées, dans mes affections, dans toutes mes paroles et dans toutes mes œuvres. Ma vie déjà serait au Ciel.

 

Pratique

 

1° Ne prononcez jamais qu'avec reconnaissance, avec amour, avec une confiance vraiment filiale, les premières paroles de la prière que Jésus nous a enseignée : Notre Père qui êtes aux Cieux. 2° Priez souvent, priez sans cesse: Jésus vous l'a dit lui-même. Unissez-vous à lui priant pour vous la veille de sa mort, afin que tous les soupirs de votre cœur montent ainsi purs et agréables jusqu'au trône de la grâce et de la miséricorde.

 

Fidélité de Monsieur Olier à prier sans cesse

 

« M. Olier, fondateur du séminaire de Saint Sulpice, avait recours à la prière dans toutes les difficultés où il avait le plus de besoin de l'assistance de Dieu et de celle des hommes. Manquait-il de moyens pour soulager les pauvres, il suppliait pour eux dans l'oraison, toujours assuré de ne pas le faire en vain. Il semblait même que Notre-Seigneur prenait plaisir à le mettre dans le besoin, pour lui donner lieu d'exercer sa confiance, et l'obliger de venir déposer ses peines dans son sein. S'il lui survenait quelque tribulation intérieure ou quelque affliction du dehors, la prière était toute sa ressource; et généralement, toutes les fois qu'on lui proposait quelques affaires, il avait soin de les recommander à Dieu. Avant de se déterminer,'il lui demandait la grâce de connaître sa volonté adorable, et, quelque jugement qu'on pût faire de son silence, il était fidèle à ne dire mot jusqu'à ce que Dieu lui eût fait connaître la réponse qu'il devait faire. Pour recommander au Seigneur plus à loisir les choses qu'on lui proposait, et pouvoir mieux discerner sa volonté, il avait la coutume de prendre du temps pour y penser devant lui. Si l'affaire ne pouvait souffrir de délai, il se contentait de se donner intérieurement à Jésus-Christ, et d'élever son esprit vers, lui pour implorer son secours, sans lequel il n'eût pas voulu proférer une parole. Mais quand il le pouvait, surtout si c'était une chose qui fût un peu considérable, il ne répondait jamais qu'après s'être retiré de la conversation, s'être jeté aux pieds de Notre-Seigneur, et y avoir passé beaucoup de temps dans l'oraison: il ne se contentait pas d'y aller une ou deux fois, il y retournait souvent, et même y persévérait jusqu'à ce qu'il fût éclairé sur ce qui lui était proposé. « Il m'est arrivé très-souvent, dit à ce sujet M. de Bretonvilliers, que lorsque le soir je lui demandais conseil sur quelque difficulté que j'avais, il remettait au lendemain à m'en donner la solution, pour avoir le temps de la recommander à Dieu dans l'oraison; et j'ai souvent remarqué la bénédiction très grande que Dieu a donnée à cette pratique ». Le Seigneur se plaisait à le récompenser de sa fidélité à la prière. Il s'y abîmait dans les profondeurs de la charité de son Dieu, ou dans le Sacré Cœur de Jésus, et il commençait à jouir sur la terre des voluptés pures dont le Seigneur enivre ses élus dans le ciel. Aussi le trouva-t-on souvent, au milieu de la nuit, prosterné contre terre en oraison ». (Vie de M. Olier. L'Esprit d'un directeur des âmes, d'après les entretiens et la conduite de M. Olier.)

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14 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Quinzième jour

Encouragement au fidèle dans les peines et dans les tentations

 

Voix de Jésus

 

« Après avoir enseigné à Mes disciples qu'ils devaient demeurer en Moi comme la branche demeure unie à la vigne pour porter des fruits, qu'à cette condition ils pourraient demander tout ce qu'ils voudraient, et que tout ce qu'ils voudraient leur serait donné, Mon Divin Cœur leur renouvela ce précepte qui Lui est si cher: C'est Mon commandement, que vous vous aimiez tes uns les autres, comme Je vous ai aimés. Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous serez Mes amis, si vous faites ce que Je vous commande: ce que Je vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. Oh! quel n'était pas Mon tendre Amour pour les hommes, quand je répétais ainsi jusqu'à trois fois, et en termes si pressants, mon testament de Charité! Si le monde vous hait, ajoutai-Je, sachez qu'il M'a haï avant vous. Puis, Je leur annonçai les persécutions qui les attendaient: Quiconque vous fera mourir croira être agréable à Dieu; et comme Je leur parlais de nouveau de notre séparation prochaine, et qu'ils s'en affligeaient, Je m'empressai de consoler leur douleur. Parce que, leur dis-Je, vous m'avez entendu parler de séparation, votre cœur est rempli de tristesse. Mais Je vous t'affirme, en vérité : votre bonheur veut que Je m'en aille. Maintenant vous êtes tristes, mais Je vous reverrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et nul ne pourra plus vous ravir votre joie. C'est ainsi, ô Mon fils, que mon tendre Cœur prédisait à tous Mes amis, dans la personne des Apôtres, la voie semée d'épines par où ils devaient marcher pour arriver sur Mes traces à une joie inaltérable, afin que, lorsque l'heure serait venue, ils s'en souvinssent; et aussi, afin que la promesse de cette joie divine que nul ne peut ravir, les encourageât à la mériter. Si donc, ô Mon fils, ton âme est chargée de peines, console-toi; ton Divin Maître a bu le premier à ce calice, pour te le rendre moins amer. Que ta misère de pécheur était profonde, puisqu'il a fallu, pour t'en délivrer, les souffrances et la mort d'un Dieu! Que tes tribulations d'aujourd'hui sont précieuses, puisqu'elles te sont un gage de la récompense assurée par ton Sauveur à ceux qu'Il rend participants de Ses Douleurs et de Sa Croix! »

 

Réflexion

 

Ma vie est une vie de combats et de souffrances, non-seulement au dehors, mais encore et surtout au dedans de moi-même. Quels efforts ne faut-il pas pour déraciner mes passions, pour vaincre mes mauvais désirs, pour arracher de mon cœur tout ce qui plaît tant à la nature! Qu'il en coûte de sacrifier ce ressentiment pour rester fidèle au grand précepte de la charité, consigné si solennellement dans le testament de mon Jésus, qui pria même pour ses bourreaux! qu'il en coûte de renoncer à ce plaisir, de pratiquer cet acte d'humilité, du supporter patiemment cette médisance!... Oh! oui, pour le vieil homme c'est bien souffrir. Mais si je me fais ces violences, si je meurs à moi-même, j'aimerai véritablement Dieu, et je vivrai, et j'aurai une joie sans mélange et sans terme. Car aimer Dieu, c'est la vie, c'est la vie éternelle, c'est le vrai et le seul bonheur. Dieu sera mon partage : Il est Lui-même sa félicité, Il sera la mienne. Cette félicité sans mesure, puis-je l'acheter par trop de sacrifices, par trop d'actes de renoncement à moi-même?...

 

Pratique

 

1° Dans tous les sacrifices, dans tous les pénibles efforts nécessaires pour le bien de votre âme, pensez à ce qu'a souffert pour vous le cœur de Jésus, qui vous a aimé autant qu'un ami puisse aimer son ami. 2° Fuyez, fuyez les trompeuses joies du monde : c'est une fleur empoisonnée qui tombe du matin au soir; et poussez souvent de doux et tendres soupirs vers la joie pure de l'éternité.

 

Ardents soupirs d'une âme pour son Dieu

 

« Sur le lit de douleur, où languit plusieurs mois le pieux Calixte Frèze, mort au séminaire de Saint-Sulpice, en 1827, une seule pensée l'occupait constamment, celle-là même qui l'avait occupé toute sa vie, l'amour de son Dieu. A quelque partie du jour ou de la nuit qu'on le visitât, toujours on pouvait remarquer dans ses traits un doux contentement, qui était comme un avant-goût du bonheur éternel dont il allait jouir. Si parfois il sortait de son calme habituel, c'était pour exprimer son désir de participer au banquet eucharistique, ou pour parler de la joie qu'il éprouvait de s'être uni à son Dieu; il recouvrait alors une partie de sa vivacité, et il peignait les sentiments qui l'animaient dans des termes qui ravissaient et attendrissaient tous les assistants; la voix lui manquait quelquefois, et alors ses regards, amoureusement tournés vers l'endroit où avait reposé le corps adorable de son Sauveur, disaient assez quelles douces pensées de reconnaissance occupaient son âme. Dans les jours qui précédèrent sa mort, il parlait très peu: recueilli profondément, il semblait vouloir dérober aux hommes ce qui se passait entre Dieu et lui. Sans doute alors il occupait son cœur de ces saintes affections qu'il avait mises par écrit peu de temps auparavant, et qui peignent si bien tout l'élan d'une âme embrasée d'amour, à l'approche du jour de sa délivrance: « O mon Dieu! déjà je nage en votre sein; ô torrent de délices! plus je m'enfonce, plus je désire m'abîmer. O créatures, que je suis loin de vous! Je vole en des régions lointaines. Je suis comme la nacelle légère perdue dans l'Océan; un vent impétueux m'a poussé bien «loin des plages connues. Courage, mon âme, l'éternité approche! Courage, nous voici au a port; élançons-nous sur le rivage; ou plutôt, ô mon âme, élevons-nous dans les cieux! Ainsi, lorsque la flamme ne trouve plus rien à dévorer, on la voit se détacher légèrement du flambeau et se perdre dans les nues. Tu t'élèveras, ô mon âme, comme la flamme déliée; tu t'élèveras comme la vapeur de l'encens, quand elle forme un nuage odoriférant qui monte vers les cieux; tu t'élèveras comme la légère vapeur qu'exhale lamer, quand le soleil a commencé sa course. O Dieu! paraissez: alors vous absorberez mon âme; quittant ses organes grossiers, elle montera vers vous; vous la recevrez dans votre sein; elle y sera heureuse de votre bonheur. O Seigneur! à vous seul alléluia! alléluia éternel ! éternellement amen, amen ! fiat ! Fiat! » (Vie de Calixte Frèze, par M. d'Exauvillez).

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13 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Quatorzième jour

Sa tendresse ineffable envers ceux qui l'aiment

Voix de Jésus

 

« Ce que Mon Cœur ressent, ce qu'Il aime à faire pour les âmes qui se sont égarées, Je te l'ai dit, Mon fils, dans Mes trois paraboles, et dans l'histoire de la Samaritaine. Écoute aujourd'hui comme ce même Cœur qui se fond d'Amour pour ceux qui l'aiment, se crée une langue inouïe pour exprimer l'abondance de sa Divine Tendresse. C'était la veille de Ma Mort : Je venais de célébrer cette dernière Pâque depuis longtemps désirée d'un si grand désir. Je voulus graver, en paroles brûlantes d'Amour, Mon Testament dans le cœur de Mes disciples; et ces paroles, c'est Jean, Mon disciple bien-aimé, que Je choisis pour les recueillir dans son évangile, lui qui avait reposé sur Mon Cœur avant que Je fisse entendre mes derniers et tendres adieux. Chaque mot, ô Mon fils, dans ce testament de ton Sauveur, est une source de vérité et d'Amour inépuisable ici-bas pour l'intelligence des hommes; prête-moi l'oreille du cœur: que Je te redise ici quelques-unes de ces effusions de Ma Charité infinie, et que Je te fasse entrer dans le sens profond qu'elles renferment. Entends d'abord ce premier accent plein de douleur et d'attendrissement: « Mes bien-aimés, Je n'ai que peu de temps à passer encore avec vous ». Comme si Je leur disais: « O vous que Je chéris ainsi qu'une mère chérit son nourrisson, voilà que bientôt il faudra nous séparer. Je vous lègue ici Ma dernière volonté: C'est un commandement nouveau que Je vous donne, de vous aimer mutuellement comme Je vous ai aimés. On connaîtra que vous êtes mes disciples à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. Si Je vous annonce que Je vais vous quitter, que votre cœur ne se trouble point: vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi; Je vous quitte, pour aller vous préparer une place dans la maison de Mon Père; et quand Je vous l'aurai préparée, Je viendrai et Je vous prendrai avec Moi, afin que vous soyez où Je suis. Non, Je ne vous laisserai pas orphelins; Je viendrai à vous... En attendant, Je vous laisse la Paix, Je vous donne Ma Paix: Je ne vous la donne pas comme le monde la donne, une paix trompeuse qui endort l'âme sur le précipice, mais la paix véritable, la Paix de Dieu qui surpasse tout sentiment. Qu'ainsi votre cœur n'ait aucun trouble, n'ait aucune crainte; vous avez entendu ce que Je vous ai dit : Je m'en vais et Je reviens à vous. O Mon fils, n'est-ce pas là le vrai langage d'un cœur qui s'attendrit, qui encourage et qui console?... Ah! nourris tes pensées et tes affections de ces paroles prononcées par ton Sauveur à la veille de monter pour toi au Calvaire; et si tu ne peux d'abord faire autre chose, repose ton cœur sur mon Cœur, et bientôt coulera dans ton âme l'onction de Ma Grâce, rafraîchissante comme la rosée du matin, plus suave que le rayon de miel le plus pur ».

 

Réflexion

 

Voilà donc ce que Jésus a demandé de moi, la veille de Sa Mort : c'est que j'aime les autres comme Il m'a aimé Lui-même. Il semble que ce devait être à Son Divin Cœur une douce consolation dans les souffrances horribles qu'Il allait endurer pour les hommes, d'établir parmi eux cette loi de Charité tendre et universelle, qui ne ferait bientôt de tous qu'un peuple de frères, si tous obéissaient à l'Évangile... Ai-je fidèlement accompli cette dernière Volonté de mon Jésus?... Ai-je fidèlement recueilli cet héritage d'amour qu'Il m'a légué, sans lequel vainement je voudrais être un jour où il est, et goûter dans ce monde Sa Paix, Sa Paix Divine, gage précieux de la paix éternelle? Puis-je me rendre ce témoignage que j'aime tous les hommes comme les enfants du Père Céleste, comme les cohéritiers de Celui qui nous a tous aimés jusqu'à s'immoler pour nous? Puis-je dire que je me plais à leur donner, en toute occasion, les mêmes preuves de Charité que si je voyais Jésus Lui-même en leur personne?...

 

Pratique

 

1° Que ce ne soient ni le goût naturel, ni les liens seuls de la naissance, ni votre propre intérêt qui règlent votre charité pour le prochain; mais aimez-le, obligez-le toujours pour Dieu et en Dieu. 2° Quand vous avez de la répugnance à aimer quelqu'un ou à lui rendre service, souvenez-vous qu'il est comme vous un enfant de notre Père qui est dans les deuxi, qu'il a été racheté par le même sang, et qu'il est destiné à la même gloire dans l'éternité.

 

Paroles touchantes du Comte de Stolberg sur son lit de mort

 

Le comte de Stolberg, grand Seigneur issu d'une maison longtemps souveraine, célèbre par son beau caractère et par ses talents, avait eu le malheur de naître dans les erreurs du protestantisme. L'étude des Pères de l'Eglise lui fit concevoir des doutes sur la légitimité de la Réforme luthérienne, et il chercha la vérité avec la candeur et la maturité d'un esprit droit; puis se démettant de tous ses emplois, s'arrachant, avec tous les déchirements d'un cœur tendre, à ses amis, à ses parents, à un père chéri, il se rendit à Munster, ainsi que sa femme ; et tous deux abjurèrent le luthéranisme en 1800. Sa conversion lui attira des fureurs jalouses, des haines qui ne servirent qu'à mettre au jour la charité admirable dont ce cœur vraiment chrétien était rempli. Dans une lettre écrite d'Eutin (16 août 1800), après une effusion d'actions de grâces à Dieu, il disait: « Il est bien juste que mon bonheur soit mêlé de quelque amertume. La position dans laquelle nous nous trouvons n'en manque pas. On nous fuit, on nous abandonne.... Notre situation est pénible au delà de tout ce que je pourrais dire. Que celui qui a bien voulu se faire couronner d'épines me donne la grâce de recueillir, de celles qu'il m'envoie, des roses immortelles ». Ce vœu fut accompli. Le soulèvement des esprits fut grand : la résignation, la patience et la bienveillance du Comte envers ses ennemis furent plus grandes encore; et la plupart ne tardèrent pas à lui rendre justice. On aime à voir ce grand homme près de la mort, entouré de ses quinze enfants, demandant pardon de ses manques de charité, et priant qu'on oublie tout le mal qu'on a pu lui faire, dans des termes solennels et touchants, comme ceux d'un patriarche des temps primitifs. « Vers une heure après midi (est-il dit dans le récit de sa mort par ses enfants), il nous fit tous appeler. Nous nous agenouillâmes autour de son lit, et il prononça les paroles suivantes d'une voix affaiblie, mais émue et solennelle: « Je suis ici en face de Dieu présent partout, Père, Fils et Saint-Esprit, et je supplie la Sainte Trinité, que j'ai toujours adorée, d'avoir pitié de nous tous, de moi, de ma première femme, de celle qui vit encore, de mes frères et sœurs morts ou vivants, de mes gendres, de mes brus, de mes neveux, nièces, petits-fils et petites-filles, de nous joindre tous en un lien d'amour par la foi, l'espérance et la charité, de manière que personne de ce petit troupeau ne se perde, et que nous soyons tous réunis un jour près du trône de Dieu. Tout misérable pécheur que je suis, je m'en vais pourtant plein de confiance en Jésus-Christ. Je prie mes chers enfants et toutes les personnes avec lesquelles j'ai vécu, de me pardonner les manques de charité dont je me suis rendu coupable à leur égard, et les scandales que je leur ai donnés. Puisse Dieu éloigner d'eux le tort qui aurait pu en résulter pour leurs âmes, et ne pas le leur imputer, mais seulement à moi! Je les conjure tous de prier pour moi, pour ma défunte femme, et pour nous tous, tant qu'ils vivront. Puisse l'esprit de Dieu nous remplir tous de son amour, de sorte que nous soyons un, comme le Père et le Fils sont un! Si l'un de mes enfants ou de mes amis croyait que quelqu'un a eu des torts envers moi, je le supplie de ne pas en conserver de ressentiment, mais de prier pour celui dont il aurait cette opinion. Mes enfants chéris, il y a une chose que je voudrais vous graver dans le cœur. Nous sommes tous hommes, tous pécheurs, mais tenez toujours votre cœur ouvert au Sauveur: n'ayez pas peur de lui, car si nous l'appréhendons, qui n'appréhendrons-nous pas? et si nous n'avons confiance en lui, en qui pourrons-nous avoir confiance? » (Annales de philosophie chrétienne, tome IX ; Raison du Christianisme, tome VII).

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Exercice pour entendre la Sainte Messe pendant le Mois du Sacré Cœur

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Exercice pour entendre dévotement la Sainte Messe pendant le Mois du Sacré Cœur

 

On gagne trois cents jours d'indulgence chaque fois qu'on emploie, pour entendre la sainte messe, la méthode de Saint Léonard de Port-Maurice. Ayez l'intention de gagner cette indulgence en vous servant de cet exercice, qui a été rédigé d'après cette méthode et dans l'esprit de la dévotion au cœur adorable de Jésus. La meilleure manière d'entendre la messe conformément à l'esprit de l'Église, est de s'unir aux sentiments du prêtre, qui l'offre pour acquitter les quatre grandes obligations que nous avons à remplir envers Dieu. La première de ces obligations est d'adorer et de louer sa majesté infinie; la seconde est de satisfaire pour tous nos péchés; la troisième, de remercier Dieu de tous ses bienfaits; la quatrième, de l'implorer comme l'auteur et le principe de toutes les grâces. Puisque, toutes les fois que vous assistez à la messe, vous participez, en quelque sorte, au saint office de sacrificateur que le prêtre remplit, vous devez tâcher de vous appliquer à la considération de ces quatre fins qu'il se propose lui-même en la célébrant. Dans ce but, partagez le temps du saint sacrifice en quatre parties, que vous emploierez de la manière suivante: il n'est pas nécessaire de s'astreindre aux paroles, il suffit d'entrer dans les sentiments qu'elles expriment.

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Première partie

Depuis le commencement jusqu'à l'Evangile

Adorer et louer Dieu

 

Lorsque la messe commence et que le prêtre, s'humiliant au pied de l'autel, récite le Je confesse à Dieu, efforcez-vous d'exciter dans votre cœur une véritable contrition de tous vos péchés, en vous unissant au cœur adorable de votre divin Rédempteur. Implorez ensuite l'assistance du Saint-Esprit par l'intercession de la très-sainte Vierge et de son chaste époux, saint Joseph, de vos saints patrons et de votre Ange gardien, afin d'entendre la messe avec tout le respect et toute la dévotion dont vous serez capable. Jusqu'à l'Évangile, adorez et louez la majesté infinie du Très-Haut, qui est digne d'hommages, d'honneurs, de louanges sans bornes. Pour cela, humiliez-vous avec votre adorable médiateur Jésus-Christ; abîmez-vous dans le sentiment de votre bassesse et de toute votre misère; reconnaissez votre néant devant le Créateur et le Maître de toutes choses, et dites-lui, aussi humilié dans le fond de l'âme que dans l'attitude de votre corps (car il faut toujours assister à la messe dans la posture la plus modeste et la plus respectueuse):

« O mon Dieu, je Vous adore de toutes les puissances de mon être, et Vous reconnais pour mon Créateur, mon Souverain Seigneur, mon Maître absolu, mon premier principe et ma fin dernière. Je proteste, anéanti devant Vous, que tout ce que j'ai, tout ce que je suis, c'est de Vous seul que je le tiens; que Vous ne me devez rien et que je Vous dois tout; que mon âme et mon corps, ma vie et tout l'usage que je puis en faire, Vous appartiennent sans réserve: je Vous offre, en un mot, tous les hommages dont je suis capable. Mais Votre Souveraine Majesté mérite un honneur infini; hélas ! et je ne suis devant Vous qu'un ver de terre, indigne même d'être souffert en votre présence ! O Dieu ! dans mon impuissance que ferai-je donc pour Vous offrir une adoration et une louange dignes de Vous ?... Ah ! je Vous offrirai les humiliations, les anéantissements, les hommages de l'adorable Jésus sur cet Autel. Ce que mon Divin Médiateur fait ici, je veux le faire; je veux m'abaisser, m'humilier, m'anéantir avec Lui devant Votre grandeur suprême; je veux m'unir aux admirables sentiments de Son Divin Cœur; je me réjouis, je suis heureux de la soumission infinie qu'Il Vous rend ici pour moi, et dans laquelle Votre Majesté trouve toute Sa complaisance ».

Ici, fermez le livre, et continuez à produire intérieurement des actes semblables, louant le Très-Haut de ce qu'il est si parfaitement honoré par le cœur de l'Homme-Dieu, et répétez avec ferveur à diverses reprises:

« Oui, mon Dieu, je Vous bénis de ce qu'il m'est donné de Vous offrir en Jésus-Christ et par Jésus-Christ un hommage digne de Vous. Je me complais dans l'honneur infini qui revient de cet auguste Sacrifice à Votre Majesté adorable; je voudrais en avoir la joie, la jubilation qu'en éprouvent les Saints et les Anges! »

Ne vous mettez pas en peine de répéter mot à mot ces prières; mais servez-vous librement des paroles que vous suggérera votre piété. Tâchez surtout d'être bien recueilli, bien uni au cœur de votre divin Jésus, bien profondément anéanti avec cet adorable Sauveur devant la majesté infinie à laquelle est offert le saint sacrifice.

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Seconde partie

Depuis l'Evangile Jusqu'à l'élévation

Satisfaire à Dieu

 

Pour vous acquitter de la seconde obligation pendant cette partie de la sainte messe, jetez un coup d'œil sur tous les péchés de votre vie, et à la vue de la dette immense que vous avez contractée envers la justice divine, dites avec un cœur contrit et humilié:

« Voici, ô mon Dieu, cet ingrat, cet indigne a pécheur, qui tant de fois a osé se révolter contre Vous. Couvert de confusion, au souvenir d'une conduite si coupable envers le meilleur et le plus tendre des pères, je me jette humblement aux pieds de votre Divine Majesté, pour Vous demander pardon de mes égarements déplorables; je déteste, de tout mon cœur, mes innombrables fautes, pour lesquelles je dois une si grande expiation à votre sainteté infinie, que j'ai tant outragée. Ah! de moi-même je ne saurais rien Vous offrir en réparation de mes péchés, rien qui puisse être accepté par Votre Adorable Justice; mais le Divin Jésus me donne ici tous ses mérites, que je Vous présente sur cet Autel, en union avec les sentiments qui pénétraient Son Cœur sacré lorsqu'Il se dévouait pour tous les hommes dans toute la suite de Sa Passion. Oui, je Vous offre le Corps et le Sang de Votre Divin Fils, Dieu et homme tout ensemble, qui, en qualité de victime, va renouveler en ma faveur le grand Sacrifice de la Croix: Il va être ici, comme sur le Calvaire, mon médiateur tout-puissant; Il va Vous demander cet instant, ma faible et indigne voix à la voix si pure et si puissante de Son Sang adorable, et Vous demande en Lui et avec Lui Miséricorde et pardon pour toutes mes offenses envers Votre Divine Majesté, pour tout ce qui a pu Vous déplaire en moi jusqu'à ce jour. O Dieu de mon cœur, Vous auriez, sans aucun doute, le droit de Vous montrer sourd à mes gémissements et à mes larmes; mais Vous ne sauriez fermer l'oreille de Votre Clémence à la prière du Cœur de Votre Divin Fils, qui Vous offre pour moi sur l'Autel un Sacrifice propitiatoire, où Votre Justice reçoit abondamment tout ce qui Lui est dû. Ah! j'espère, avec une entière confiance, qu'en vertu de ces mérites de mon Sauveur, vous daignerez me faire grâce pour toute ma vie passée, dont je ne cesserai de pleurer le mauvais usage jusqu'à mon dernier soupir ».

Pendant que le Prêtre lit l'Evangile, vous pouvez, vous représenter Notre-Seigneur vous adressant ces paroles : « Bienheureux les pauvres d'esprit. Bienheureux ceux qui pleurent; ceux qui ont faim et soif de la sainteté, ceux qui sont doux, ceux qui sont miséricordieux. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, ceux qui ont l'esprit pacifique, ceux qui souffrent persécution pour la justice. Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme? Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive. Prenez mon joug sur vous, car mon joug est doux et le fardeau que j'impose est léger, etc.

Puis, ayant fermé le livre, répétez avec ferveur des actes d'une véritable contrition; donnez un libre cours aux affections de votre cœur; dites à Jésus, du fond de votre âme:

« Mon bien-aimé Sauveur, oh ! donnez-moi, je Vous en conjure, donnez-moi les larmes de Saint Pierre, la contrition de Sainte Marie-Madeleine, la douleur sincère de tous les Saints qui, de pécheurs, devinrent des modèles de conversion, afin que j'obtienne, par cet adorable Sacrifice, la grâce de devenir moi-même un véritable pénitent, et la rémission des peines satisfactoires dues à Votre Justice. O Cœur adorable de mon Jésus, daignez me pénétrer d'horreur pour toute espèce de péchés, daignez me faire participer aux sentiments qui Vous animent dans le Mystère adorable de l'Autel ! »

Réitérez ces mêmes actes, tout recueilli en Dieu, surtout pendant l'élévation; et unissez-vous, de toutes vos forces, au cœur de ce bon Jésus qui vous est si admirablement dévoué. En récitant, pendant l'Elévation, la prière suivante : « Loué et remercié soit à chaque instant le très Saint et très Divin Sacrement de l'Autel », on gagne une indulgence de cent jours, applicable aux âmes du Purgatoire.

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Troisième partie

Depuis l'élévation jusqu'à la Communion

Remercier Dieu

 

Dans cette troisième partie de la messe, considérez les précieux et innombrables bienfaits dont Dieu vous a comblé; pensez à toutes les grâces qu'il a répandues sur vous depuis que vous êtes au monde, soit à celles qui vous sont communes avec vos frères en Jésus-Christ, soit à celles qui vous sont particulières et qui doivent exciter à jamais dans votre cœur un amour sans mesure pour le Dieu de toute bonté. Mais sentez en même temps l'impuissance où vous êtes de reconnaître dignement tant de grâces; estimez-vous heureux d'avoir, dans le Saint Sacrifice de l'Autel, de quoi remercier le Seigneur comme Il le mérite; présentez-Lui, pour tous les bienfaits dont vous Lui êtes redevable, le Corps et le Sang adorables de Jésus, victime d'un prix infini; présentez-Lui les remerciements, les louanges ineffables que Son Divin Cœur ne cesse, dans l'Eucharistie, de faire monter vers le Père Céleste; et, dans les pieux élans de Votre gratitude, invitez tous les Anges et tous les Saints à se joindre à Vous pour louer Dieu en union avec ce Cœur Adorable:

« Voici, ô mon Dieu, celui que Vous n'avez cessé de combler de toutes sortes de bienfaits, depuis le jour où, par une grâce ineffable, Vous avez daigné me régénérer dans les saintes eaux du Baptême. Ah ! pour tant de bontés, que Vous rendrai-je?... Et que ne Vous dois-je pas aussi pour les grâces que Votre Divine Providence me destinait et dont j'ai été privé par ma faute ? Oui, je me plais à confesser devant Vous que Vos Miséricordes à mon égard sont véritablement infinies... Cependant, par un prodige admirable de Votre Amour, je puis ici Vous offrir des actions de grâces qui égalent Votre libéralité. En reconnaissance de ce qu'il Vous doit, mon cœur Vous présente par les mains du prêtre cette hostie d'agréable odeur, ce Corps Divin, ce Sang Divin, cette offrande dont le prix est infini comme le prix de vos bienfaits. Ce don, qui est au-dessus de tous les dons, ne vaut-il pas tous ceux que Vous avez daigné me départir, tous ceux que Vous m'accordez à chaque instant ? Et les actions de grâces que le Cœur Adorable de Jésus Vous offre pour nous dans cet auguste Sacrifice, ne compensent-elles pas tout ce que je suis dans l'impuissance de rendre moi-même à Votre Divine Majesté ? Ah ! souffrez, ô mon Dieu, que, tout indigne qu'il est, mon cœur s'unisse à ce Divin Cœur pour Vous bénir, pour Vous louer avec Lui et par Lui ! Et vous, Esprits bienheureux, vous, Saints et Saintes du ciel, unissez vous à moi pour que mon cœur soit moins indigne de s'unir lui-même à celui de mon Jésus ! »

Oh ! avec quelle douce complaisance le Dieu de toute bonté ne recevra-t-il pas le témoignage de votre reconnaissance, unie de la sorte à celle des Anges et des Saints, dans le Cœur et par le Cœur de Son Divin Fils ! A ces pieux et tendres sentiments ajoutez l'invocation de votre Ange gardien, de vos saints patrons et des autres Saints auxquels vous avez une dévotion particulière: dites-leur avec effusion:

« O vous! mon bon Ange, qui, sans cesse, veillez sur moi, ô vous! mes saints patrons, vous aussi que j'ai choisis spécialement pour mes protecteurs, prêtez-moi vos sentiments, afin qu'en union avec le Cœur de mon Jésus, j'offre à Dieu le juste tribut de ma reconnaissance ».

Entretenez-vous dans ces tendres et pieuses affections, et, pour les rendre plus agréables au Seigneur, unissez-vous en esprit à toutes les messes qui se célèbrent en ce moment dans tout l'univers Catholique.

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Quatrième partie

Depuis la Communion jusqu'à la fin

Implorer Dieu

 

Pendant que le prêtre communie, faites la communion spirituelle, si vous ne devez pas avoir le bonheur de recevoir vous-même le divin sacrement. Pour cela faites un acte de foi vive sur la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, un acte d'humilité et de contrition, et un acte de désir de le recevoir:

« Oui, je le crois, ô mon Divin Jésus, Vous êtes ici présent sous les apparences eucharistiques, aussi présent que Vous l'êtes dans le Ciel, où Vous manifestez Votre Gloire aux élus. Je le crois, parce que Vous l'avez dit, et que ce que Vous avez dit m'est enseigné d'une manière infaillible par Votre Sainte Église, que Vous avez promis d'assister dans son enseignement jusqu'à la fin des siècles. Je le crois, et, en témoignage de ma Foi, je Vous rends ici l'hommage d'adoration qui n'est dû qu'à Vous seul. Je suis bien indigne, hélas ! Non-seulement de Vous recevoir dans cet auguste Sacrement, mais de paraître devant Votre souveraine majesté. Je m'humilie donc profondément de toutes mes misères, et Vous demande pardon, par amour pour Vous, de tout ce qui dépare mon âme à Vos yeux, Vous suppliant d'user envers moi de votre suprême indulgence. Oh ! daignez, daignez avoir pitié de moi et venir du moins spirituellement me visiter. Venez, venez, je Vous désire; venez fortifier ma faiblesse, venez exciter ma langueur, venez embraser mon âme de Votre Divin Amour. Je Vous désire comme mon Salut et ma Vie, comme mon unique et souverain Bien. Venez, ô doux Jésus, venez unir Votre Divin Cœur à mon misérable cœur, afin que le mien, comme transformé, vive en quelque sorte désormais de la vie du Vôtre ! »

Puis, recueillez-vous aux pieds de Jésus, comme si vous veniez d'avoir le bonheur de participer au banquet céleste; offrez-vous, donnez-vous tout entier au Cœur Sacré de Votre Sauveur adorable. Ainsi uni à ce Divin Médiateur, du moins par un tendre amour, que votre cœur s'abandonne à la plus grande confiance. Demandez avec une Foi vive toutes les grâces dont vous avez besoin, vous souvenant que c'est Jésus qui prie et demande en vous et pour vous:

« O Dieu de mon âme, je me reconnais souverainement indigne de Vos grâces: j'avoue humblement devant Vous que je ne mérite aucunement d'être exaucé, à cause de la multitude et de la gravité de mes fautes. Mais pourriez-Vous n'avoir pas pour agréable la prière que Votre Adorable Fils vient de Vous adresser pour moi sur cet Autel, où il s'est offert tout entier à Votre gloire?... Au nom et par les mérites infinis de ce Divin Sauveur, daignez donc recevoir favorablement les demandes que j'ose Vous faire. Daignez m'accorder tous les secours dont Vous savez que j'ai le plus de besoin pour réussir dans la grande affaire de mon Salut; oubliant tous mes péchés (je vous en supplie plus que jamais, avec une entière confiance, par la médiation du Cœur de mon doux Jésus), daignez m'accorder la correction de mon principal défaut, l'avancement dans les vertus chrétiennes, la grâce de la persévérance finale dans le bien. J'ose Vous demander encore, ô mon Dieu, la conversion des infidèles, celle de tous les pécheurs, et particulièrement de ceux qui me sont unis par de tendres liens; l'exaltation de la Sainte Eglise et la cessation de tous les maux qui l'affligent; la persévérance des justes et leur progrès continuel dans les voies de la perfection évangélique. Je Vous conjure, enfin, de m'accorder la délivrance de toutes les âmes qui souffrent dans le Purgatoire, et spécialement de celles qui ont des droits particuliers à mes prières. Ah ! par l'efficacité de ce Divin sacrifice, élargissez toutes ces âmes qui Vous aiment et que Vous aimez si tendrement, afin qu'elles vous glorifient dans le Ciel, et qu'elles y intercèdent pour nous, pauvres exilés sur la terre, exposés à tant de dangers qui peuvent nous faire perdre le bonheur éternel ».

Demandez avec assurance, demandez pour vous, pour vos parents, pour vos amis, pour vos bienfaiteurs, pour ceux qui se sont recommandés à vos prières, demandez tout ce que vous voudrez, en union avec le cœur de Jésus, et vous l'obtiendrez.

Invocation des Mérites de Jésus

« Ame très Sainte de Jésus, sanctifiez-moi. Cœur très ardent de mon Jésus, embrasez-moi de Votre Amour ; Corps Sacré de mon Jésus, savez-moi ; Très Précieux Sang de mon Jésus, remplissez-moi d'une sainte ivresse ; Eau très pure, qui sortîtes du Côté de mon Jésus, lavez-moi de toutes mes souillures ; Sueur pleine de vertu, qui coulâtes du Visage de mon Jésus, guérissez-moi de toutes mes misères ; Passion de mon Jésus, fortifiez-moi ; O mon Jésus, daignez m'exaucer ; cachez-moi dans Vos Saintes Plaies ; ne permettez pas que je sois jamais séparé de Vous ; défendez-moi contre la colère de mes ennemis ; appelez-moi à l'heure de ma mort ; ordonnez que j'aille à Vous, et placez-moi près de vous, afin que je Vous loue et Vous bénisse avec Vos Anges et Vos Saints pendant l'éternité. Ainsi soit-il ».

La messe étant finie, faites un acte de remerciement au Seigneur: « C'est de tout le cœur, ô Dieu tout bon et tout puissant, que nous Vous rendons grâces de Vos inestimables bienfaits, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous, dans l'unité du Saint-Esprit, aux siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

Sortez ensuite de l'église aussi touché de pieux sentiments que si vous descendiez du Calvaire, et tâchez, pendant tout le jour, de tenir votre cœur tendrement uni au Cœur Sacré de votre Divin Jésus, sanctuaire adorable, asile chéri du vrai fidèle.

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