07 octobre 2011

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 4/6

NDSS11

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Treizième jour

Vie de la sainte Famille

 

Méditons sur la vie de la sainte Famille, c'est-à-dire sur la vie de Marie et Joseph en Jésus.

 

I. Jésus était le centre d'amour de Marie et de Joseph: là où est le corps, les aigles se rassemblent; là où est le trésor, là est le cœur. De sorte qu'avoir Jésus était tout le centre de ces heureux parents; on ne tenait ni à Bethléem, ni à Nazareth, ni à l'Egypte: avoir Jésus c'était tout; il était la maison de leur cœur. Comme saint Joseph, quand il avait dû s'absenter, revenait vite, avec joie, avec bonheur, à la maison où était le divin Enfant! Oh! qu'il ne perdait pas le temps loin de lui! Il savait que Jésus était l'amour divin incarné!... Ainsi, ma maison, ma famille, mon centre, c'est l'Eucharistie, le Tabernacle auprès du quel j'habite: je dois, comme Marie et Joseph, n'être bien que là.

 

II. Jésus était la fin de la vie de Marie et de Joseph; on ne vivait que pour lui, on ne travaillait que pour lui. Oh! avec quel plaisir le bon saint Joseph travaillait pour lui gagner le pain de chaque jour, ainsi qu'à sa divine Mère! Comme il apportait avec bonheur le petit salaire de son travail! Et quand il avait un peu plus de peine, comme sa peine lui était agréable, parce qu'elle avait pour fin Jésus! Ainsi Jésus-Eucharistie doit-il être la fin de ma vie, la joie de ma vie, la joie et le bonheur de mon travail; et quelle vie plus belle que celle que l'on passe en compagnie de Jésus au Très Saint Sacrement?

 

III. Jésus était l'aliment continuel de la vie d'union et de l'amour de Marie et de Joseph. Ils étaient si heureux de le regarder, de l'entendre, de le voir travailler, obéir, prier: il faisait tout si bien! Mais ils étaient surtout heureux de voir son intérieur, d'étudier ses intentions, de connaître ses sentiments, les motifs de ses vertus. Ils le voyaient sans cesse chercher et choisir de préférence les occasions de pauvreté, d'obéissance, de pénitence; ils contemplaient ses abaissements et ses anéantissements. Ils admiraient sa fidélité à tout renvoyer à la gloire de son Père, à ne vouloir, comme homme, être la fin d'aucune louange, d'aucune gloire, et à tout rapporter à la Divinité. Jésus, Marie et Joseph n'avaient qu'un but dans toute leur vie, ne voulaient qu'une chose: glorifier le Père céleste. Voilà ce que j'ai à faire. Il faut pour cela que j'entre en l'union de Marie et de Joseph, que je partage leur vie, cette vie de famille, cette vie intime dont Dieu seul a le secret. Oh ! que l'âme est heureuse quand elle contemple l'intérieur de la sainte Famille, tout ce qui s'y disait et s'y faisait: l'évangile de famille de Jésus! Les belles soirées de conversations célestes et de prières de Nazareth! Assurément Jésus expliquait à Marie et à Joseph tout ce que les Ecritures disent de lui; il leur révélait le calvaire et toutes les scènes d'humiliations et de douleurs par où il devait passer; il devait leur montrer dans ses mains la place qu'occuperaient les clous, et cela afin de commencer en sa Mère et en son saint gardien les vertus du Calvaire. Il devait leur parler de l'Eglise, des apôtres, des ordres religieux qui se consacreraient à sa gloire et à la leur, de moi, de ma misère, et de l'immense amour qu'il me portait. Nazareth était devenu le ciel de l'amour et le paradis du second Adam et de la nouvelle Eve; le ciel des vertus les plus pures, de l'amour le plus saint. Quel délicieux parfum montait vers le Seigneur de ce parterre délicieux, où fleurissaient le Verbe incarné, Marie, le juste Joseph! Le Père céleste y trouvait ses délices; les anges l'admiraient; pour moi, je veux y prendre l'amour de la vie pieuse, recueillie en Jésus, Marie, Joseph!

 

Le saint Viatique procuré et accompagné par Marie

 

Une pieuse fille, très dévote à Marie, privée des biens de ce monde, riche seulement de sa foi, était sur le point de mourir sans recevoir, à son grand regret, le Corps de son bien-aimé Sauveur. La Mère de bonté vint à son secours, et, apparaissant, environnée d'un nombreux cortège d'anges, au bienheureux Odéric de Port-Mahon. qui traversait seul une forêt: « J'ai, lui dit-elle, prés d'ici une fidèle servante qui se meurt et qui désire ardemment recevoir le saint Viatique. Le prêtre de sa paroisse est absent; je veux que vous le remplaciez. Je vais donc vous conduire moi-même à l'église, et ensuite chez cette malade, car je veux être présente à sa dernière communion ». Le Bienheureux obéit, et prend le Saint Sacrement, qu'il porte dévotement. Marie l'accompagnait, le visage radieux et empreint d'une douce majesté. Qui dira les hommages de respect et d'amour qu'elle rendait à son Fils caché sous les espèces sacramentelles! La malade reçoit le Corps sacré de Jésus en présence de la sainte Vierge: je laisse à penser de quelles consolations elle fut inondée, et si elle ne se trouva pas bien récompensée d'avoir demandé à cette bonne Mère son très cher Jésus, qu'elle ne refuse jamais à ceux qui s'adressent à elle. (Rossignoli).

 

Pratique : Accompagner, en union avec Marie, le Saint Sacrement quand on le porte aux malades.

 

Aspiration : Reine de bonté! nous vous contemplons au côté du Roi des rois. Jésus-Eucharistie!

 

Quatorzième jour

Compassion de la Très Sainte Vierge

 

I. Marie n'avait à expier aucun péché, ni originel ni actuel; elle n'avait pas été, comme Jésus, chargée par Dieu du poids de nos iniquités; comment se fait-il qu'elle ait tant souffert pendant toute sa vie, où la vie de la mort future de son Fils la poursuit sans cesse, et surtout, plus tard, sur le Calvaire? C'est que la souffrance est la loi de l'amour: c'est l'amour de Marie qui a fait son martyre; et parce qu'elle aimait plus qu'aucune créature, elle a subi un martyre incomparable. C'est encore que la souffrance est la glorification actuelle de Jésus-Christ en nous: par la souffrance, nous le continuons, nous achevons son sacrifice. C'est encore, et surtout, parce que toute maternité se doit acheter par la souffrance. En mettant au monde son Fils immaculé, Marie a échappé à cette loi; mais lorsqu'elle devra devenir notre mère, nous enfanter à la grâce, elle en sentira toute la rigueur. Qu'est-ce que Jésus-Christ n'a pas souffert pour nous recréer en lui? Marie, elle aussi, sera au pied de la croix et subira dans son cœur tous les tourments de la passion, afin de devenir notre mère d'adoption. Etudions la participation de Marie à la passion de Jésus; comprenons, si nous le pouvons, la part qu'elle y prit.

 

II. Marie voyait par une lumière surnaturelle Jésus au jardin des Oliviers; elle partageait sa prière, sa tristesse, son agonie: il y avait tant de sympathie de vie et d'amour entre ces deux cœurs! Elle le voit ensuite trahi par Judas, abandonné de tous, renié par saint Pierre, seul devant ses juges, sans un défenseur, souffleté indignement, traité comme un bouffon: pauvre Mère! Que cet abandon absolu doit lui être cruel! Eh quoi! personne, même parmi les amis de Jésus, ne prendra sa défense! Personne n'osera même le reconnaître! Et lorsque saint Jean vient lui raconter les scènes du jugement chez Pilate, l'inique condamnation à mort, mais son cœur dut se fendre de douleur! Elle est venue sur la place du Prétoire: elle entend les coups de la flagellation; elle voit Jésus mis à côté de Barabbas sur l'ambon, et présenté comme l'égal de ce malfaiteur; elle entend l'Ecce Homo, et les cris féroces de cette multitude impie: « Tolle, tolle, crucifige: Qu'il soit crucifié, qu'il soit crucifié... » Et pour le ravir à ses bourreaux, pauvre mère, elle n'a que ses larmes!

 

III. Elle le suit au Calvaire; elle le rencontre sur cette voie douloureuse qu'il inonde de son sang: leurs yeux, leur cœur, leur douleur s'unissent en un même sacrifice, en une même et entière résignation. Voilà Jésus sur le Calvaire. Marie le voit dépouiller inhumainement et cruellement de ses habits: elle le voit étendu sur la croix; elle entend les coups de marteau qui crucifient ses mains et ses pieds. Quel spectacle pour une mère! Elle aussi est crucifiée; les contre-coups font stigmate sur Marie. Elle le voit quand on l'élève de terre: elle le suit des yeux; et à peine la croix est plantée, que cette mère courageuse, bravant tous les obstacles, s'approche jusqu'au pied de la croix de son Jésus. Là elle le contemple, abîmée dans l'océan de sa douleur: elle ressent chacune des souffrances de son Fils: son âme est figée dans les plaies de Jésus; elle est plus forte que la mort, mais plus crucifiée par son union à Jésus que par toutes les morts et tous les martyres. Elle écoute chacune des paroles de son Fils; elle les recueille pour nous les redire. Elle voit son sang couler, sa vie s'épuiser ; elle entend, sans pouvoir le soulager, Jésus demander à boire: quelle douleur pour une mère î Et enfin elle entend Jésus se plaindre d'être abandonné, même par son Père céleste! Son Fils bien-aimé a rendu le dernier soupir. Que fera Marie? Elle agonisera de douleur et d'amour. Elle recevra son corps sacré, elle l'embrassera avec la tendresse d'une Mère, elle l'adorera avec la foi d'une chrétienne; elle l'ensevelira, comme la veuve désolée son fils unique. Et puis elle pleurera; la vie de Marie se passera à rappeler à sa mémoire les douleurs de la passion, afin de renouveler son martyre et la gloire que ses souffrances rendent à Dieu. Elle parcourra encore la voie douloureuse, nous enseignant la première cette dévotion si pieuse, si puissante auprès de Jésus et si utile à l'âme. du Chemin de la croix.

 

Le Calvaire perpétuel

 

Marie pleurait et souffrait au pied de la Croix. Quels sont ses sentiments de douleur quand elle voit sur nos autels son Fils outragé de nouveau et traité encore avec plus de mépris que sur le Calvaire? La Sœur Marie du Crucifix, de Palma en Sicile: entendit, au moment où un prêtre sacrilège allait dire la Messe, une trompette, semblable au tonnerre, qui faisait entendre ces mots: « Ultio, pœna, dolor! Vengeance, châtiment, torture! » Et elle vit des anges, tenant un glaive, prêts à frapper ce malheureux. Lorsqu'il proféra les paroles de la consécration, il lui sembla que Jésus, comme un doux agneau, se laissait déchirer aux dents de ce loup cruel. Mais, quand il en vint à la communion, le ciel s'obscurcit, les anges pleurèrent autour de l'autel; et la très sainte Vierge se tenait auprès de son Fils, pleurant et comme absorbée dans la douleur immense que lui causait la mort de son .Jésus innocent, en même temps que la perte spirituelle de ce fils ingrat qui osait l'immoler avec tant de cruauté. (S.Alphonse de Liguori. Selva.).

 

Pratique : Réparer par tous les moyens possibles, en union avec Marie, les sacrilèges qui se commettent contre l'Eucharistie.

 

Aspiration : Mère d'amour! faites-nous ressentir l'immensité de votre douleur à la vue de votre Jésus outragé dans le Sacrement.

 

Quinzième jour

Marie après la Résurrection

 

I. Comme Marie avait souffert en union avec son Fils mourant sur la croix, ainsi vivait-elle de son bonheur et de sa joie après qu'il fut ressuscité: la vie de Marie se conformait toujours à la vie de Jésus et la reflétait fidèlement. Pour qui fut la première visite de Jésus ressuscité? Assurément pour sa Mère: il était bien juste qu'ayant participé plus que personne aux sacrifices de sa mort, elle eût la première nouvelle, la première grâce, la première joie de la résurrection. Aussi, à peine sorti du tombeau, Notre-Seigneur vint la visiter, glorieux et triomphant. Il l'avait quittée dans les larmes: il revient dans la joie. Quel moment pour Marie que celui où Jésus ressuscité l'embrassa avec tout l'amour et tout le respect qu'elle méritait! Que se passa-t-il dans cette heureuse entrevue? Nous ne le savons pas par l'Ecriture; mais nous pouvons imaginer les choses les plus aimables. Quelle glorieuse réception dans la petite cellule de Marie! La contemplation de l'amour peut seule nous retracer ce qui s'y passa. Jésus se montra sans doute à sa Mère dans toute sa beauté ressuscitée: aucun des apôtres ne le vit aussi beau que Marie: le regard de l'âme est à raison de sa sainteté: et Marie pénétrait sa beauté intérieure, la perfection de son amour, son bonheur; elle dut voir la gloire de sa divinité à cet heureux moment, puisque les théologiens affirment qu'elle était quelquefois élevée à voir Dieu face à face. Notre-Seigneur s'entretint avec elle; il lui montra ses membres percés de clous que Marie avait baisés avec tant de larmes à la descente de croix, et qui maintenant étaient rayonnants: des trous des clous aux mains et aux pieds sortaient des flots de lumière: plus ses membres avaient souffert, plus ils étaient glorifiés; Marie dut les baiser avec des transports d'amour, et elle sentit l'influence des flots de grâce qui s'en échappaient. Marie dut voir à travers la plaie du côté le cœur sacré de Jésus: Notre-Seigneur lui montra son cœur maintenant animé, battant du mouvement de la vie: il en jaillissait des flammes d'amour. Oh! Marie y porta sans doute ses lèvres avec une sainte tendresse; et si saint Jean, pour avoir posé la tête sur ce cœur divin caché dans le corps et sous les vêtements, en retira cependant tant de grâces, que sera-ce de Marie qui l'embrasse, le baise palpitant à nu sous ses lèvres? Et Marie comprit alors encore plus parfaitement combien ces deux choses, la souffrance et la gloire, la mort et la vie ne sont qu'une seule et même chose devant Dieu!

 

II. Mais Notre-Seigneur ne vint pas seul visiter Marie : il était suivi du cortège de tous les saints qui étaient ressuscites avec lui, de tous les patriarches depuis Adam jusqu'à saint Joseph et au bon larron: tous vinrent, à la suite de leur Roi triomphant, saluer leur Reine. Adam et Eve, à qui Dieu avait promis cette fille, cette Mère du Messie Sauveur, durent se prosterner à ses pieds: c'était à elle, après Notre-Seigneur, qu'ils devaient d'avoir reçu leur pardon ; c'était elle qui leur avait donné leur Libérateur. Et à toutes les félicitations des saints de la loi, qui la remerciaient de leur avoir donné un Sauveur, Marie répondait sans doute: « Magnificat: Mon âme glorifie le Seigneur, parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante ». Et saint Joseph, et saint Joachim, et sainte Anne ne vinrent-ils pas faire à cette fille, à cette épouse céleste, leur visite de respect et d'amour? La vue de la sainte Vierge dut combler ces saints de joie: elle était un si pur reflet de la lumière de Jésus! Enfin Notre-Seigneur laissa sa Mère toute consolée, tout embaumée de sa divine présence, pour aller vers Madeleine et ses Apôtres. Sans doute il revint souvent la voir avant son Ascension, et repasser avec elle tous les événements, les joies et les souffrances de sa vie mortelle.

 

III. Mais, du silence des Evangélistes sur cette apparition et sur tout le reste de la vie de Marie, il y a un précieux encouragement à retirer. Marie, après avoir donné Jésus au monde, devait s'éclipser: il fallait qu'elle restât dans l'ombre pour être le modèle des âmes intérieures et la patronne de la vie humble et cachée. La mission de Marie, après la résurrection de son Fils, n'est qu'une mission d'amour et de prière : Notre-Seigneur semble avoir voulu garder pour lui seul le secret de la vie de sa Mère : il l'a voulue tout entière pour lui. Il y a une autre raison: Jésus se cachait au Sacrement, se voilait plus encore que pendant sa vie mortelle: Marie devait imiter cet état, partager cet anéantissement; cette vie cachée est la plus parfaite ; comme Jésus se privait de parole, de mouvement, d'action sensible au Sacrement, Marie ne devait plus parler, plus paraître dans le monde ; parce que Jésus se faisait prisonnier, silencieux, Marie se consacrait à le garder dans le secret d'une vie toute de prière. Sans cet état de Marie, nous ne pourrions pas. nous adorateurs de l'Eucharistie, trouver en Marie notre modèle. Mais Marie, gardienne et servante ignorée du Saint Sacrement, est notre Mère, et sa vie notre grâce. Comme la lumière et la chaleur du soleil vont toujours en augmentant jusqu'à ce qu'il arrive en son plein midi, ainsi Marie devenait chaque jour plus parfaite: ses dernières années furent remplies par un amour d'une largeur, d'une étendue, d'une profondeur si grandes, que nous ne pouvons pas en avoir la plus petite idée. La résurrection de son Fils produisit en Marie ce prodige, qu'elle l'ensevelit, la transforma en la vie ressuscitée de Jésus, vie tout intérieure, invisible, séparée de tout ce qui est créé et unie sans interruption à Dieu. Imitez en cela votre Mère: rappelez-vous que plus la vie est intérieure, plus elle est parfaite; que le feu concentré se conserve, et que le feu découvert s'éteint bientôt. Il y en a peu qui veuillent de cette vie anéantie, parce qu'elle est la dernière immolation de l'amour-propre; mais elle est Je partage des âmes qui, comme Marie, ne veulent plus aimer que Notre-Seigneur, être connues que de Lui.

 

Le paradis pour une Messe en l'honneur de Marie

 

Un fameux voleur n'avait jamais en sa vie fait d'autre bien que de jeûner un samedi et de faire dire en ce même jour une Messe en l'honneur de Marie, afin d'obtenir sa conversion à l'heure de sa mort. Or, voyez jusqu'où s'étend la miséricorde de cette bonne Mère ! Elle apparut à ce misérable et lui dit qu'ayant prié .Jésus pour son salut, elle lui avait obtenu qu'il put prononcer cinq paroles de repentir qui le sauveraient. Peu de temps après, il fut pris par la justice et condamné au gibet. Marie veillait sur lui et se souvenait de la Messe qu'il avait fait dire en son honneur. Aussi, pendant qu'on le conduisait au supplice, elle obtint de Notre Seigneur qu'il lui mît au cœur tant de contrition que, venant à prononcer avec un véritable repentir ces cinq paroles: « Domine, propitius esto mihi peccatori: Seigneur, soyez propice à ce pauvre pécheur », il mérita d'obtenir l'entier pardon de ses crimes et le salut éternel de son âme. (Nicolao Laghi, trat. VI, c. LXXVIII) ;

 

Pratique : Vivre, en union avec Marie, de la vie ressuscitée que mène Jésus au Très Saint Sacrement.

 

Aspiration : Salut, ô Marie! urne d'or très pur, qui contenez la douceur même, Jésus-Hostie, la manne de nos âmes!

 

Seizième jour

Marie notre Mère au Cénacle

 

I. Notre belle part est d'honorer d'un culte tout particulier la vie de Marie au Cénacle, toute dévouée au service et à la gloire de l'adorable Eucharistie; il faut que nous nous inspirions de son esprit et de son amour, pour rendre à notre divin Sauveur, présent parmi nous, un culte d'adoration plus agréable et plus parfait, en union avec celui que lui rendait sa très sainte Mère. Car, pour devenir de bons serviteurs de l'Eucharistie, il faut être des enfants dociles et dévoués de Marie. Ce n'est pas un vain titre que Jésus sur la croix nous a donné sur le cœur de sa Mère; par ce testament d'amour, nous prenons sa place dans le cœur de Marie: cette bonne Mère nous aime désormais comme ses véritables enfants. Inspirez-vous donc de l'esprit de Marie; son esprit est le même que celui de Jésus; elle l'a pris à sa source divine: elle est pleine de sa grâce, afin de vous la communiquer ; elle est la seule vraie et parfaite copie de ses vertus; elle a travaillé pendant trente-trois ans, ayant devant les yeux l'original divin. Elle a tous les secrets de l'amour du Sauveur pour les hommes; elle partage son immense amour pour nous. Oh ! comme Marie nous aime avec tendresse et dévouement! Elle nous aime comme une Mère si bonne et si puissante peut le faire.

 

II. Sa grande mission est de former Jésus en nous; c'est la mission qu'il lui donne au Calvaire. Alors que Marie eut voulu mourir avec Jésus au pied de la Croix; alors que la flamme d'amour de son cœur virginal entourait le corps de son divin Fils, Notre-Seigneur semble lui dire, en lui confiant saint Jean: « Par mon sacrifice, je deviens Sauveur et Père de la grande famille humaine; mais il faut une mère à ces pauvres enfants si jeunes encore; soyez leur Mère, ô femme forte; aimez-les comme vous m'avez aimé, comme je les aime; c'est par amour pour eux que je me suis fait homme, et que mon Père céleste vous a faite ma Mère; c'est pour eux que je donne mon sang et ma vie. Je les aime plus que moi-même, et je transporte sur eux tous les droits que j'ai à votre amour maternel; tout ce que vous ferez pour eux, sera fait pour moi; je vous remets entre les mains le fruit de ma Rédemption, le salut des hommes, le soin de mon Eglise, le service de mon Sacrement d'amour. Formez-moi de vrais adorateurs en esprit et en vérité; qu'ils m'adorent comme vous m'avez adoré; qu'ils me servent comme vous m'avez servi; qu'ils m'aiment comme vous m'avez aimé! » Ce fut là le dernier legs de Jésus, signé de son sang et ratifié par le Cœur de Marie, sa divine Mère. Elle était montée avec Jésus sur le Calvaire, pour y mourir avec lui; elle en redescend avec le disciple son fils d'adoption, avec les saintes femmes ses filles, et vient au Cénacle de l'Eucharistie pour y commencer sa maternité chrétienne au pied du divin Sacrement. Et c'est elle qui formera à Jésus-Eucharistie sa cour d'honneur; c'est elle qui lui formera des serviteurs. Oh! n'en doutez pas, si vous êtes entrés au Cénacle, si vous avez le bonheur de connaître, d'aimer et de servir le Très Saint Sacrement, c'est à Marie que vous le devez; c'est elle qui vous a demandés au Père céleste pour la garde d'amour du Dieu de l'Eucharistie; c'est elle qui vous a conservés purs au milieu du monde; elle qui vous a conduits comme par la main au pied du trône eucharistique. Oh ! remerciez-la bien cette bonne Mère! vous lui devez toutes les grâces de votre vie, et la plus grande de toutes, celle d'aimer et de servir, en lui consacrant votre vie tout entière, le Roi des rois sur son trône d'amour!

 

Elle est ma Mère

 

On sait quel tendre amour Saint Stanislas Kostka avait voué à la très sainte Vierge. Quand on lui demandait la raison de son affection si vive, il répondait, le regard en feu. la voix émue: « Elle est ma Mère! » Or, avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus, il tomba gravement malade; et, étant logé chez des hérétiques, il ne pouvait recevoir le Saint Sacrement. C'était à son coeur plein d'amour pour l'Eucharistie un tourment plus cruel que la maladie même qui minait son corps. Il eut recours à sainte Barbe, patronne des agonisants, et sa prière ne tarda pas d'être exaucée. Cette sainte, lui apparaissant environnée d'anges, lui apporta elle-même l'objet de ses désirs, la sainte communion. Mais Marie veillait sur cet enfant privilégié de son cœur: elle voulut lui manifester sous une forme sensible quel était Celui qu'il venait de recevoir sous les voiles du Sacrement. Elle se montra donc à lui tenant son très cher Jésus dans ses bras; puis elle mit ce trésor inestimable sur son lit. On ne peut concevoir l'ardeur, le respect, la tendresse et la consolation que ressentit le saint jeune homme en voyant son lit orné dune fleur si précieuse. Sa maladie commença dès ce moment à baisser; et elle le laissas au bout de peu de temps, parfaitement guéri, ne pouvant résister au contact de l'Auteur dela vie. (Vie des saints, 15 août.)

 

Pratique : Rendre à Notre-Dame du Très Saint Sacrement les respects, les devoirs et l'amour d'un véritable enfant.

 

Aspiration : C'est vous, ô Marie tout aimable! qui nourrissez vos enfants du Pain de l'immortalité.

 

Dix-septième jour

Marie notre Maîtresse au Cénacle

 

I. « Disciple, voici votre Mère ». Quand Marie entendit de la bouche de Jésus cette parole si consolante pour nous, elle eût dû mourir de douleur. Eh quoi! le disciple à la place du Maître, Jean à la place de Jésus, la créature à la place du Fils de Dieu! Mais cette divine Mère accepte par amour cette substitution; elle nous couvre du sang et des mérites de Jésus et nous aime d'un amour sans bornes, au point d'être heureuse de rester vingt-quatre ans encore ici -bas pour nous allaiter de son amour et de ses grâces incomparables, malgré le désir immense qu'elle a d'être unie au plus tôt à son Fils dans la gloire. La mission de Marie sera de faire notre éducation chrétienne. Jésus a acquis tous les trésors de la grâce: Marie n'aura qu'à y puiser, qu'à distribuer le Pain qu'il nous laisse, à faire suivre la loi qu'il nous a dictée. Jésus ne peut demeurer parmi nous dans son état glorieux, nous aurions peur de lui; il reste bien au Sacrement, mais son amour l'y prive de toute action extérieure et l'enchaîne pour le rendre plus aimable, plus accessible à tous. Mais voici notre Mère qui est la sienne aussi; elle a le secret de son cœur et de sa vie: elle va abaisser les vertus de Jésus jusqu'à nous, nous les montrer sous cet aspect aimable et facile à imiter que sait seul présenter une mère: si j'osais dire, elle va materniser Jésus, le rendre aussi doux, aussi facile à aborder et à imiter que l'est une mère à son petit enfant. Oh! que les paroles de Jésus seront belles et touchantes, répétées par la bouche de Marie! Comme ces vertus, si sublimes en elles-mêmes, vont devenir aimables et faciles à imiter, appliquées par Marie! comme Jésus sera beau, aimable, peint par Marie! Que l'éducation sera facile sous une si bonne maîtresse!

 

II. Elle concevra, formera et perfectionnera Jésus en nous. Elle conçoit Jésus en nous, elle nous le donne. Le Père lui a remis son Fils pour nous le transmettre: le monde était indigne de recevoir le Verbe directement de Dieu: Marie a été notre médiatrice en l'Incarnation; elle continue cette fonction: personne ne vient à la connaissance de Jésus-Christ et n'embrasse sa loi sainte, personne n'obtient la foi qui sauve que par les prières de Marie: sa mission, et elle y est fidèle, est de donner Jésus; il faut le recevoir de ses mains, et c'est en vain qu'on le chercherait ailleurs. De plus Jésus ne grandira en nous que par Marie: toutes les grâces de progrès spirituel ne nous viendront que par elle; c'est sous sa direction maternelle à Nazareth qu'il a grandi: il veut que nous suivions la même loi; aussi voyez dans le saint Evangile que toutes ses grâces principales il les fait par Marie, avec elle: il sanctifie par elle saint Jean-Baptiste; il glorifie son Père et se fait notre modèle à Nazareth, sous ses yeux; il affermit, à sa prière, la foi de ses disciples à Cana; enfin sur la croix il la charge solennellement de notre formation. C'est par Marie enfin qu'il se perfectionnera en nous. La perfection de Jésus en nous est l'œuvre propre du Saint-Esprit; mais de même que cet Esprit d'amour voulut faire son chef-d'œuvre, l'humanité sainte de Jésus avec Marie, de même encore, pour établir en nous la parfaite ressemblance du Sauveur, pour nous transformer en d'autres Jésus-Christ, il demande la coopération de Marie. Plus il trouve Marie dans une âme, plus il opère puissamment: demandez à toutes ces saintes âmes en qui règne souverainement l'amour de Jésus, où elles l'ont puis: elles vous répondront que c'est en Marie. N'est-elle pas le secret de l'esprit de Jésus ? Elle en a la plénitude : elle est la parfaite image du Sauveur, comme le Verbe est l'image accomplie du Père. A elle de nous donner l'esprit de famille: pour cela elle prend toutes les qualités de Jésus, toutes ses vertus, et les faisant passer à travers son cœur maternel elle nous les rend plus suaves et plus faciles et nous encourage à les imiter. Par l'amour de Marie nous allons jusqu'à la sainteté de Jésus; en vivant de la sainteté de Marie, nous vivons de la sainteté de Jésus.

 

III. Qu'il serait beau de rechercher comment elle apprivoise l'enfant avec l'idée de Jésus; comment elle rend le jeune homme généreux pour Jésus; comment elle l'a amené, l'a disposé à la première Communion, et le prépare à un choix de vie convenable et saint! Cette éducation du jeune homme par Marie a une influence permanente sur toute la vie; faite par le sentiment si doux, si enchanteur de son amour et de sa piété, elle laisse une impression que le désordre même n'efface pas, une habitude de respect, même d'amour pour elle qui dure jusque dans l'oubli de Dieu. La grande et douce ligure de Marie nous accompagne partout dans la vie. Heureux qui a reçu d'elle cette première éducation; Marie sera pour lui un levier pour sortir du mal; son nom produira toujours dans son cœur une vibration d'amour! C'est Marie encore qui fait l'éducation de la vierge chrétienne; qui dès l'enfance lui inspire sa piété, son amour pour Jésus: elle blesse son cœur d'un noble feu; elle y excite une divine ambition: elle lui montre son lys immaculé, lui en fait une couronne; et la pressant sur son sein, et la baisant d'un chaste et maternel baiser, elle lui dit: « O ma fille, sois un lys, sois l'épouse de mon divin Fils; donne-lui ton cœur et reçois son anneau virginal: regarde ma couronne, hérite de mon amour pour la virginité, et sois doublement ma fille! » Ainsi Marie forme les vierges, les garde et les défend : Adducentur virgines post eam; Marie est leur reine. Voilà l'éducation de Marie: elle rend la piété douce et facile. Ce qu'elle fit aux premiers jours de l'Eglise, elle le continue. Comme nous, les apôtres avaient l'Eucharistie; mais la première éducation ne se fait pas par le père: une éducation qui a manqué des tendresses maternelles s'en ressent toujours. La sainteté formée par Jésus seul est plus austère: celle que forment Jésus et Marie est plus aimable: témoin saint Jean et saint Paul. Que Marie nous mène à Jésus, qu'elle nous le fasse connaître et aimer comme elle le connut et l'aima: en cela est la sainteté et le bonheur!

 

Marie aime Jésus en nous

 

C'est surtout quand nous possédons Notre-Seigneur dans notre cœur que Marie nous entoure de sa plus maternelle tendresse, parce qu'elle voit alors en nous son très cher Fils. Sainte Opportune, abbesse, étant sur le point de mourir, demanda le Corps sacré de Notre-Seigneur: et telle fut sa dévotion à le recevoir, que non seulement Jésus lui témoigna les plus grandes marques d'amour, mais qu'elle vit encore Marie descendre prés de son lit, et la consoler et la soutenir dans ce dernier combat. La bonne abbesse lui recommanda avec instance ses filles et les intérêts de son monastère. Mettant ensuite les bras hors du lit et les étendant vers Marie comme pour l'embrasser, elle remit entre ses mains son âme avec son dernier soupir. (Nicolao Laghi, trat. II, c. XLVII).

 

Pratique : Priez Marie pour que tous les agonisants reçoivent le saint Viatique.

 

Aspiration : Salut, ô Marie! nuée céleste qui répandez l'Eucharistie sur le monde comme une bienfaisante rosée!

 

Dix-huitième jour

La Vierge Marie au Cénacle

 

Suivons notre Mère au Cénacle, écoutons les leçons qu'elle nous donne; elle les reçoit de son divin Fils, avec qui elle converse jour et nuit: elle est l'écho fidèle et aimable de son cœur et de son amour. Aimons tendrement Marie; travaillons sous son regard, prions avec elle; soyons pour elle des enfants tendrement dévoués; par là nous honorerons Jésus, qui nous l'a donnée pour notre Mère, afin qu'elle nous élève en son amour et en sa propre vie. Mettez-vous donc bien sous la direction de Marie; prenez sa pensée, parlez sa parole, imitez son maintien, faites ses actions, dites son amour, partagez ses souffrances: et tout, en elle, vous dira Jésus, le plus grand service de Jésus, la plus grande gloire de Dieu! Honorez en Marie, au pied de l'Eucharistie, tous les mystères de sa vie: tous n'étaient que des stations qui la menaient au Cénacle. Trouvez dans sa vie au Cénacle le modèle et la consolation de votre vie. Il est vrai qu'au Cénacle, cette auguste Reine est à genoux comme adoratrice et servante du Saint Sacrement; mettez-vous à genoux à côté de votre Mère, vous adorerez et vous prierez avec elle, et vous continuerez ainsi sa vie eucharistique sur la terre. Quand vous irez à la sainte communion, vous vous revêtirez des vertus, des mérites de Marie votre mère et vous communierez avec sa foi et avec son cœur. Oh! comme Jésus sera heureux de retrouver en vous l'image, la reproduction de son aimable et si sainte Mère ! Quand vous travaillerez pour le culte eucharistique, vous vous unirez à l'intention et à la joie de Marie travaillant pour Jésus sacramentel, et vous serez heureux! Oh! comme Marie vous aimera si vous servez bien son Jésus! Comme elle vous protégera si vous ne travaillez que pour la gloire de Jésus! Comme elle vous enrichira si vous ne vivez que de l'amour de Jésus ! Vous la rendrez plus Mère encore, puisque vous la mettrez plus parfaitement dans sa grâce et dans sa mission de Mère des adorateurs de Jésus. Mais soyez modestes comme elle; rappelez-vous sa modestie devant l'ange, et méditez avec quelle modestie elle servait son Fils au Sacrement. Soyez purs comme elle; rappelez-vous qu'elle eût refusé même la gloire de la maternité divine pour garder la fleur de sa virginité, Soyez humbles comme elle, toute perdue en son néant, et toute livrée à la grâce de Dieu. Soyez aimables et doux comme elle; Marie était la douce expression du Cœur de Jésus. Soyez dévoués comme elle: Marie aima jusqu'au Calvaire; elle aima jusqu'à la mort, c'est sur le Calvaire qu'elle devint mère d'amour; c'est là que vous deviendrez de vrais adorateurs, dignes du Cénacle, dignes de Marie et de Jésus !

 

L'image et la réalité

 

Il n'est pas douteux que le respect que l'on témoigne aux images de Notre-Seigneur, et le soin que l'on met à les orner, ne soient très agréables à Marie, et cette dévotion a souvent été récompensée par des prodiges. Cependant les figures, parce qu'elles se voient, ne doivent pas nous faire oublier l'adorable réalité, qui ne se montre qu'à la foi d'un cœur aimant. La vénérable servante de Dieu Thérèse Mexia, de l'Ordre de Saint-Dominique, avait une très grande dévotion à une statue de l'Enfant-Jésus porté dans les bras de sa Mère: elle la parait de fleurs, elle la revêtait d'étoffes précieuses et l'entourait de toutes les attentions que lui suggérait son tendre amour. Or voici la merveilleuse leçon que la sainte Vierge lui donna. Un jour que, présentant à l'Enfant-Jésus une robe travaillée avec grand soin, elle lui disait: « Venez, mon bien-aimé, recevez cette robe que vous offre votre indigne servante », l'Enfant quittâtes bras de sa Mère et descendit sur l'autel pour se rendre aux désirs de Thérèse. Celle-ci le revêt de sa belle robe sans s'occuper aucunement de l'autel et du Tabernacle où résidait en personne Notre-Seigneur. Mais une voix se fait entendre qui lui dit: « Thérèse, tu es tout occupée de l'image. D'où vient que tu oublies le réel et le vivant? » La sainte fille comprit la leçon; et, sans cesser de s'occuper de sa chère statue de l'Enfant-Dieu, elle consacra ses soins à orner l'autel et le Tabernacle eucharistique: elle parvint même à recueillir, à force de soins, assez d'or et d'argent pour faire confectionner un des plus riches et des plus beaux tabernacles qui se voient en Espagne.

 

Pratique : Travailler avec zèle à l'ornementation des autels eucharistiques, surtout pour les églises pauvres.

 

Aspiration : Le Seigneur, ô Marie! vous a ornée comme le Tabernacle de son choix, et Jésus-Hostie a fait ses délices de demeurer en vous!

 

Dix-neuvième jour

La vie d'adoration en union avec Marie

 

I. En considérant, attentivement les raisons qui ont amené Notre-Seigneur à nous laisser sa Mère et à se séparer d'elle, il me semble qu'il l'a fait parce qu'il se défiait de notre faiblesse et de notre inconstance. Notre-Seigneur redoutait que les hommes, ne sachant comment le trouver et l'adorer en son Sacrement, ne se rebutassent et ne l'oubliassent: l'enfant, vous le savez, ne cherche pas longtemps; s'il ne trouve aussitôt ce qu'il souhaite, il change de désir et court à autre chose. C'est ce que Notre-Seigneur craignait de nous. Aussi nous laisse-t-il sa Mère, qui aura la mission de nous prendre par la main, pour nous conduire à son Tabernacle. La sainte Vierge devient donc notre mère pour l'Eucharistie; elle est chargée de nous faire trouver notre Pain de vie, de nous le faire apprécier et désirer; elle reçoit mission de nous former à l'adoration. Elle réunit à Jérusalem une pieuse communauté de femmes; elle se tient au milieu d'elles, distribuant à chacune son trésor et sa grâce d'amour. Son action s'étendait aux disciples, aux premiers fidèles; comme une vraie mère elle élevait ses enfants, les formait à la vertu et à leurs devoirs d'état. Ce que Marie fit alors elle le fera encore pour nous; elle nous instruira, nous montrant Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, nous faisant part de sa piété pour lui, de son dévouement à son service; car tout ce qu'a une mère est à ses enfants; c'est pour eux qu'elle amasse. Marie est mère, elle fera donc notre éducation. Quand l'enfant se dérange de son travail, la mère est là pour le rappeler au devoir; s'il est malade, elle le soigne; elle ne quitte pas son enfant; il faut qu'elle remplisse sa mission d'éducatrice. C'est donc Marie qui vous formera; elle vous inspirera sa manière d'adorer; elle fera votre adoration en vous; elle seule peut vous inspirer la vraie, la bonne adoration : il n'y a qu'un cœur de mère qui puisse bien se faire comprendre à son enfant. Il faut que la sainte Vierge vous dise: « Venez adorer avec moi ». Notre-Seigneur a mis Marie sur notre chemin, pour être le trait d'union entre lui et nous. Marie fait la première attraction vers Jésus. L'enfant va d'abord à la mère par instinct; sa mère le conduit ensuite à son père; mais il ne court pas de lui-même vers son père; il suit d'abord sa mère. Notre-Seigneur nous a donc donné Marie pour mère, afin qu'elle soit pour nous un premier centre d'attraction facile; avant de connaître l'Eucharistie nous connaissions déjà le nom de notre Mère, nous l'aimions déjà. Marie nous a attirés à elle; elle nous a formés aux vertus nécessaires à la vie eucharistique; il faut qu'il en soit ainsi; et il est évident pour moi qu'il n'y aura de bonnes vocations au Saint Sacrement, de vraie dévotion à l'Eucharistie que celles qu'aura formées Marie. Non, non, l'enfant ne se forme que dans les bras de sa mère et sur son sein. Il faut que toutes les vocations passent par les mains de Marie pour être agréables au Cœur de Notre-Seigneur.

 

II. Etudiez votre vie passée. N'aviez-vous pas une grande dévotion à la sainte Vierge avant de vous dévouer à l'Eucharistie? Vous soupiriez après sa pureté, son amour; sans connaître la vie eucharistique de Marie, vous disiez : « Oh! si j'avais ses vertus pour servir Jésus! » C'était là une première attraction. Vous faisiez comme le petit enfant; quand il ne peut prendre sa mère par la main, il saisit son tablier, le bas de sa robe; s'il se sépare d'elle un instant, il se croit perdu. Une mère est un centre; elle est toujours un centre; on a besoin de vivre avec elle, de demeurer avec elle. La sainte Vierge n'est pas comme les saints, qui donnent certaines grâces en passant; elle donne toutes les grâces: on a toujours besoin d'elle. C'est la mère encore qui dicte à l'enfant la parole qui plaît au père; elle qui compose le compliment que récitera l'enfant; elle qui prépare le festin selon le goût préféré du père. Voyez-vous où je veux en venir? Je veux vous dire: Adorez Notre-Seigneur en la société de la sainte Vierge. Je ne dis pas: Demeurez en elle: non, Jésus est là devant vous pour que vous vous adressiez directement à lui; mais faites-le avec Marie; vivez avec elle, vivez chez elle: puisque Notre-Seigneur vous l'a donnée comme directrice, n'adorez jamais sans elle. Dites-lui: Bonne Mère, accompagnez-moi; une mère accompagne toujours son enfant; sans vous je ne saurais rien dire. Figurez-vous Marie à genoux au Cénacle; voyez-la adorant son Fils caché dans l'Eucharistie; oh! que ce qu'elle lui disait lui était agréable! Qu'elle savait bien toucher le cœur de son Fils! Mettez-vous donc à genoux à côté de Marie; ne cherchez pas à marcher tout seul; ne marchez pas devant ; mais tenez-vous à côté de Marie, ne faisant avec elle qu'une même adoration, présentant un. même hommage. O Jésus, je ne sais pas adorer, moi; mais je vous offre les paroles, les élans du cœur de votre Mère, qui est la mienne aussi; je ne sais pas adorer; mais je vous répéterai son adoration pour les pécheurs, pour la conversion du monde et tous les besoins de l'Eglise. Et vous réjouirez le cœur de Marie; elle vous montrera à .Jésus, lui disant: « Voyez, ô mon Fils, comme je revis en cette âme; comme je vous adore encore en elle et par elle ». Oh! oui, si quelqu'un doit honorer, aimer et servir Marie, c'est bien celui qui fait profession de vivre pour l'Eucharistie; il a besoin de Marie pour adorer; il faut qu'il ne fasse qu'un avec elle dans son adoration. Ah! laissez la sainte Vierge gouverner votre vie; laissez-la vous mener à Jésus! Elle ne veut qu'une chose, la gloire de son divin Fils et votre bonheur!

 

Marie encourage à communier

 

La sainte Vierge est si désireuse que nous recevions souvent son divin Fils, source de tout bien et de toute grâce, qu'elle voulut elle-même exhorter à communier un bon religieux qu'une crainte exagérée de sa bassesse éloignait du divin banquet. Ce bon Frère se préparait à recevoir le Sacrement de vie, en assistant dévotement à la Messe, lorsqu'il aperçut dans les mains du prêtre, au lieu de l'Hostie, Jésus comme attaché à la croix et répandant par la plaie des pieds une grande abondance de sang. Il en fut si effrayé qu'il n'osa approcher de la sainte Table. La Messe achevée, il demeurait en prière sous le coup de sa frayeur, et l'immaculée Vierge Marie lui apparut et lui demanda pourquoi il n'avait pas reçu le Corps de son très cher Fils. Le bon Frère répondit qu'il s'en était jugé indigne. « Mais quand donc, reprit la Mère de Dieu, seras-tu digne de recevoir un tel Sacrement? Prie mon Fils de te rendre lui-même comme il te veut, et à l'avenir ne t'abstiens plus jamais de communier de ton propre mouvement. » (Nicolao Laghi, trat. III, c. I).

 

Pratique : Se préparer, autant que possible, à la communion par l'assistance à la sainte Messe.

 

Aspiration : Le divin Passereau du Tabernacle a trouvé en vous son nid, ô bienheureuse Vierge! et il y est demeuré avec amour.

 

Vingtième jour

Adoration de foi et de respect de Marie

 

I. Qu'il y aurait de choses à dire sur la vie d'adoration de Marie au Cénacle! Vingt-quatre ans passés dans ce saint lieu où Jésus institua l'Eucharistie, où il avait fixé son premier Tabernacle! Marie était tout occupée à l'adorer, à l'honorer dans sa vie eucharistique; elle passait la plus grande partie des jours et des nuits au pied de ce divin Tabernacle; là était son Jésus, son Fils et son Dieu! Quand elle partait de sa pauvre cellule pour se rendre à l'oratoire du Cénacle, elle commençait déjà son adoration; elle marchait recueillie, les yeux baissés, d'un pas grave et modeste; elle se préparait ainsi à se présenter au Dieu de l'Eucharistie. Arrivée devant le Tabernacle, elle se prosternait avec une grande dévotion et un profond respect, puis composait ses sens dans un simple et pieux recueillement: le corps droit, les mains jointes ou croisées sur la poitrine; ou bien, quand elle était seule, les élevant suppliantes vers le Tabernacle: ses yeux y étaient le plus souvent fixés...

 

II. Marie adorait ensuite avec la foi la plus soumise; elle adorait son Fils caché, voilé sous une forme étrangère; mais son amour passait à travers le nuage et allait jusqu'aux pieds sacrés de Jésus, qu'elle vénérait avec le plus tendre respect: jusqu'à ses mains saintes et vénérables, qui avaient consacré et porté le Pain de vie; elle bénissait la bouche sacrée qui avait prononcé ces paroles adorables: « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ». Elle adorait ce Cœur tout embrasé d'amour, d'où était sortie la sainte Eucharistie; Marie eût voulu s'abîmer, s'anéantir devant cette divine Majesté anéantie au Sacrement, afin de lui rendre tout l'honneur et tous les hommages qui lui sont dus.

 

III. L'adoration de Marie était profonde, intérieure, intime. C'était le don d'elle-même. Elle s'offrait tout entière au service d'amour du Dieu de l'Eucharistie: car l'amour ne pose ni conditions ni réserves; il ne pense plus à soi, ne vit plus pour soi; il est étranger à lui-même, et ne vit que pour le Dieu qu'il aime. Tout en Marie allait vers le Saint Sacrement comme vers son centre et sa fin. Un courant de grâce et d'amour s'établissait entre le Cœur de Jésus-Hostie et le cœur de Marie adoratrice: c'étaient deux flammes qui se perdaient en une seule: Dieu fut alors parfaitement adoré par sa créature!

 

IV. Qu'à l'exemple de Marie, l'adorateur se mette à genoux avec le respect le plus profond; qu'il se recueille comme Marie, se mette en esprit à côté d'elle pour adorer: qu'il vienne devant Notre-Seigneur avec cette modestie, ce recueillement intérieur et extérieur qui prépare merveilleusement l'âme à l'office angélique de l'adoration. Qu'il adore Jésus sous les voiles eucharistiques qui dérobent à ses yeux son humanité sainte, avec la foi de Marie et de la sainte Eglise, ces deux mères que le Sauveur lui a données dans son amour; qu'il adore son Dieu comme s'il le voyait, l'entendait ; car la foi vive voit, entend, touche avec plus de certitude que les sens eux-mêmes.

 

Belle leçon de respect donnée par Marie

 

Sainte Véronique, religieuse de Sainte-Marthe de Milan, très dévote au Saint Sacrement, fut, le jour de l'Octave de la Fête-Dieu, en 1489, ravie en esprit dans le ciel au moment où l'on faisait la procession dans son couvent. L'ange du Seigneur lui révéla comment, en ce séjour de gloire, on célébrait merveilleusement cette belle fête. Il lui dit, entre autres choses admirables, que ce jour-là tous les Esprits célestes, revêtus d'ornements blancs et rouges d'un éclat incomparable, entouraient le trône de l'Agneau: les uns chantaient dès cantiques ravissants; les autres faisaient monter vers lui la fumée d'un encens exquis dans des encensoirs d'or. Au milieu d'eux se tenait la glorieuse Vierge Marie. Tous les Saints vinrent deux à deux se prosterner trois fois devant le Christ-Jésus et lui rendre leurs hommages. Pendant ce temps, Marie s'était assise à la droite de son Fils, sur un siège que lui présenta saint Jean-Baptiste. Après que Jésus-Christ eut été adoré par tous les Esprits bienheureux, ils se formèrent en couronne autour de son trône; et alors la sainte Vierge vint à son tour devant lui, et, se prosternant par trois fois, elle l'adora profondément. Mais voici la belle leçon de respect qu'elle nous donne: lorsqu'elle se fut relevée pour se retirer, elle le fit sans tourner le dos au très majestueux Sauveur son Fils; nous enseignant par là avec quel respect nous devons agir quand nous sommes en son auguste présence. (Nicolao Laghi, trat. III, c. XXX).

 

Pratique : Nous tenir avec un souverain respect en présence du Saint Sacrement.

 

Aspiration : O Marie! qui avez servi le Dieu de l'Eucharistie, soyez notre divine maîtresse en cet aimable service!



Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 5/6

48858869

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Vingt et unième jour

Adoration d'action de grâces de Marie

 

I. A l'acte de foi humble et simple, à l'adoration par l'anéantissement d'elle-même, Marie ajoutait l'action de grâces. Après être demeurée abîmée dans le sentiment de la grandeur et de la majesté divines, qui sont voilées sous le Sacrement, elle levait la tête vers ce tabor de l'amour, pour en contempler la beauté et en savourer la bonté ineffable; Marie rendait grâces à Jésus de son amour dans le don de l'Eucharistie, acte souverain de sa bonté infinie. Son action de grâces était parfaite, parce qu'elle connaissait la grandeur de ce don. Oh! qu'elle fut heureuse, Marie, quand, avant la Gène, Jésus lui révéla que l'heure du triomphe de son amour avait sonné; qu'il allait instituer son adorable Sacrement, par lequel, se perpétuant et se .survivant parmi nous, chaque fidèle pourrait partager le bonheur de Marie, le recevoir comme elle en son corps; le voir en quelque sorte, et, dans son état sacramentel, jouir de toutes les grâces et retrouver les mystères de sa vie mortelle! « Après ce don, dans lequel j'épuise ma puissance, je n'ai plus rien à donner à l'homme que le ciel ». A cette heureuse nouvelle, Marie s'était prosternée aux pieds de Jésus, adorant dans l'effusion de la reconnaissance cet amour trop grand pour les hommes, trop grand pour elle, son indigne servante; elle s'était offerte pour le servir en son adorable Sacrement; elle avait consenti à voir retarder l'heure de sa récompense, afin de rester adoratrice sur la terre, chargée de garder, de servir l'Eucharistie, heureuse de mourir au pied du divin Tabernacle.

 

II. Or, dans ses adorations au Cénacle, Marie renouvelait chaque jour cette action de grâces: « Que vous êtes bon, ô mon Sauveur! s'écriait-elle; que vous êtes bon, mon Seigneur et mon Fils! Comment avez-vous pu aimer l'homme jusqu'à ce point: lui donner plus qu'il ne peut recevoir; l'aimer plus qu'il ne peut le reconnaître; inventer ce que jamais son cœur ne pourra comprendre ? Pour l'amour de lui, vous épuisez votre puissance et les trésors de votre Cœur! » Et alors Marie rendait grâces à chacune des puissances de l'âme de Jésus; à chacun des membres du Sauveur qui avaient coopéré à l'institution de l'Eucharistie; elle leur offrait toutes les flammes d'amour qui dévoraient son Cœur. Oh! que Jésus dut recevoir avec bonheur et complaisance ces premiers hommages de sa sainte Mère, les premiers qui fussent rendus à son Sacrement! Oh! que son cœur dut se réjouir d'avoir laissé à Marie, pour sa consolation, sa présence sacramentelle! Pour Marie seule, Jésus eût institué l'Eucharistie! Et que cela ne nous étonne pas: les adorations, les actions de grâces de Marie avaient plus de prix aux yeux de Jésus que les hommages réunis de tous les saints. L'action de grâces de Marie était encore très agréable à Jésus, parce que la reconnaissance, la gratitude est ce qui lui plaît par-dessus tout; il n'attend que cela de nous: adorer par l'action de grâces, c'est bien adorer; c'est reconnaître le premier de ses attributs, celui surtout qu'il est venu ici-bas manifester: la bonté; arrêtons-nous-y longtemps quand nous sommes à ses pieds. Remercions par Marie; un enfant reçoit, mais sa mère remercie pour lui; confondue avec celle de Marie, notre action de grâces sera parfaite et bien reçue du Cœur de Jésus.

 

Un prêtre merveilleusement assisté par Marie

 

Si c'est une chose merveilleuse de voir les anges rendre hommage au saint sacrifice de la Messe, quels seraient nos sentiments s'il nous était donné de voir la Reine des anges elle-même témoigner à cet auguste Mystère une révérence admirable? Marie a souvent apparu assistant à la Messe; voici un fait qui est moins connu : Un vénérable prêtre célébrant un jour la sainte Messe, le clerc qui le servait, après lui avoir présenté l'eau et le vin à l'Offertoire, rentra à la sacristie pour quelques instants, croyant bien être revenu à temps pour la Préface. Mais il n'arriva pas assez tôt. Le prêtre, qui ne s'était pas aperçu de son absence, commença la Préface, et, à la grande stupéfaction des assistants, la statue de la Vierge, placée au-dessus du Tabernacle, répondit d'une voix claire et sonore : « Amen »; « Et cum spiritu tuo »; « Habemus ad Dominum », et le reste. Le bon prêtre fut tellement surpris d'entendre ces réponses, qu'il eut grand peine à continuer le sacrifice. Aussi peut-on trouver au ciel et sur la terre un servant de Messe dont la sainteté approche de la dignité de Celle qui voulut bien témoigner ainsi son respect et sa vénération pour le sublime Mystère de l'autel?

 

Pratique : Prier sans cesse Marie pour les élèves des séminaires, les petits servants de paroisse et tous les gens d'Eglise, afin qu'ils s'acquittent avec piété et révérence de leurs saintes fonctions.

 

Aspiration : Marie! nous vous bénissons, vous la parfaite servante de Jésus-Eucharistie!

 

Vingt-deuxième jour

Contemplation eucharistique de Marie

 

I. La contemplation suit naturellement l'adoration et l'action de grâces; et en même temps elle les alimente et les perfectionne. La contemplation eucharistique, c'est le regard que l'âme fixe sur Jésus sacramentel pour connaître en détail ses perfections, voir sa bonté dans l'institution de l'Eucharistie, en étudier les motifs, en examiner les sacrifices, en peser le don et en apprécier l'amour. Le premier fruit de la contemplation eucharistique est de fixer, de recueillir l'âme en Notre-Seigneur, en lui découvrant le mystère de ses perfections et l'amour du don ineffable de l'Eucharistie; cette vue réfléchie et arrêtée sur l'amour excessif de Jésus préparant, instituant et perpétuant le Sacrement adorable, produit en nous l'admiration d'abord, puis la louange, puis l'expansion de l'amour; l'âme sort d'elle-même, pour s'unir, se coller à l'objet divin de sa contemplation. D'où il résulte que la contemplation est la partie essentielle de l'adoration : elle en est le foyer.

 

II. Or, Marie était devant l'Eucharistie, dans une contemplation qu'aucune langue humaine ni angélique ne saurait exprimer: Jésus-Christ seul, qui en était l'objet, en connut le prix. Marie avait la plus haute connaissance de l'amour que Jésus avait montré en instituant l'Eucharistie; elle savait les combats qu'il avait eu à soutenir en son cœur, et les sacrifices qu'exigeait de lui l'établissement de ce Sacrement: combats de son amour contre l'incrédulité et l'indifférence de la plupart des hommes: combats de sa sainteté contre les impiétés, les blasphèmes et les sacrilèges dont son Eucharistie serait l'objet, non seulement de la part des hérétiques, mais de la part de ses amis eux-mêmes; combats de sa bonté contre l'ingratitude des chrétiens qui négligeraient de le recevoir dans la communion, refusant par là ses meilleures grâces, ses invitations les plus tendres. Mais l'amour de Jésus triompha de tous ces obstacles: « J'aimerai les hommes quand même, et leur malice ne pourra pas décourager ni vaincre ma bonté! » Marie avait suivi ces combats; elle avait partagé ces sacrifices, elle en vit la victoire; elle les faisait revivre dans son adoration; elle les rappelait au Sauveur et exaltait l'amour qui l'avait rendu vainqueur.

 

III. Pour apprécier le don de l'Eucharistie, un adorateur doit, comme Marie et avec elle, remonter à sa source, aux sacrifices qu'il a demandés à l'amour de Notre-Seigneur. Si l'amour est beau sur le Calvaire, il est encore plus beau au Cénacle et sur l'autel: c'est l'amour toujours immolé. La vue de ces combats et de cette victoire dira à l'adorateur ce qu'il doit en retour à un Dieu si bon. Et alors avec Marie, sa divine Mère, il s'offrira à Jésus-Eucharistie de tout son cœur, pour le bénir, le remercier de tant d'amour; il se consacrera à honorer les divers états de Jésus sacramentel, en pratiquant, dans sa vie, les vertus que le Sauveur y continue et y glorifie d'une manière admirable. I) honorera cette humilité si profonde du Sauveur, qui va jusqu'à l'anéantir tout entier sous les saintes espèces; cette abnégation de sa gloire et de sa puissance qui le rend le prisonnier de l'homme ; cette obéissance qui fait de lui le serviteur de tous. Il prendra Marie comme la Mère de la vie eucharistique, pour l'aider dans cette étude pratique: il l'aimera et se confiera à elle comme à la Mère des adorateurs, qui est le titre le plus cher à son cœur et le plus glorieux à Jésus.

 

Ce que vaut une Messe dite en l'honneur de Marie

 

Une grande pécheresse avait conservé, au milieu de ses désordres, la coutume de réciter chaque jour un Ave Maria: et un samedi elle lit dire une Messe en son honneur, pour obtenir sa protection à l'heure de sa mort. Lorsque ce redoutable moment arriva, le démon se présente tout à coup, et, poussant des cris de rage, demande son âme. Mais Marie se souvenait de la Messe offerte en son honneur par la pauvre malheureuse: elle arrache des griffes du démon l'âme qu'il tenait déjà et qu'il se disposait à plonger avec lui dans l'abîme. « Ne sais-tu pas, monstre d'enfer, lui dit Marie, que cette âme m'a priée tous les jours, et qu'elle a fait dire, à tel jour, une Messe en mon honneur? » « C'est vrai, réplique le démon mais quels crimes n'a-t-elle pas commis ! » « Sache, lui dit Marie, que jamais celui qui se recommande à moi ne peut périr ». Et aussitôt le démon, foudroyé par cette réponse, s'enfuit en poussant des hurlements furieux; et Marie, rayonnante de joie, emporta cette âme, sa glorieuse conquête, au Paradis. (Laghi. c. LXXIX) ;

 

Pratique : Prier sans cesse Marie pour les intérêts de l'Eucharistie.

 

Aspiration : Marie, personne ne s'est approché de Jésus aussi intimement que vous!

 

Vingt-troisième jour

Adoration de propitiation de Marie

 

I. Marie adorait son très cher Fils dans sa qualité de victime perpétuelle, toujours immolée sur nos autels, demandant sans cesse par sa mort grâce et miséricorde pour les pécheurs. Marie adorait le Sauveur sur ce nouveau calvaire où le crucifiait son amour: elle le présentait à Dieu pour le salut de sa nouvelle famille, et à la vue de Jésus en croix, avec ses plaies béantes, renouvelait en son âme le martyre de sa compassion. Il lui semblait voir encore à la sainte Messe son Jésus crucifié, répandant son sang à flots, au milieu des douleurs et des opprobres, abandonné des hommes et de son Père, et mourant dans l'acte suprême de son amour. Marie, adorant son Dieu présent sur l'autel par la consécration, versait d'abondantes larmes; à la vue surtout des hommes qui ne faisaient aucun cas de ce sacrifice auguste et rendaient stérile ce mystère de leur Rédemption: à la vue encore de ceux qui osaient offenser, mépriser cette adorable Victime offerte sous leurs yeux et pour leur propre salut. Marie aurait alors voulu offrir mille morts pour réparer tant d'outrages; car les malheureux qui s'en rendaient coupables étaient ses enfants, ceux que lui avait confiés Jésus en mourant! Pauvre Mère! n'était-ce pas assez pour elle d'un Calvaire? Pourquoi renouveler tous les jours ses douleurs et percer son cœur de ces nouveaux glaives d'impiété? Cependant, comme la meilleure des mères, au lieu de rejeter, de maudire les pécheurs, Marie prenait sur elle la dette de leurs crimes; elle se faisait victime au pied de l'autel, demandant grâce et miséricorde pour ses enfants coupables.

 

II. Marie adorait l'état de prisonnier que Jésus a pris en s'unissant inséparablement aux saintes espèces; elle contemplait son corps glorieux, ses pieds, ses mains liés à leur immobilité matérielle; sa langue sans parole, son âme sans expansion extérieure, son amour sans bras, sans ailes, mais lié, mais enchaîné et ne pouvant montrer à l'homme que ses aimables chaînes. « O heureux liens qui retenez Jésus au milieu de nous, disait Marie, soyez bénis! vous êtes les chaînes de feu qui m'attachez à ce divin Tabernacle! Silence de mon Dieu, que tu es éloquent sur mon cœur! Membres sacrés de mon Sauveur, vous m'êtes plus chers encore que lorsque les clous vous fixaient à la croix ou que les plis du suaire vous entouraient: c'est l'amour qui vous lie ici, mais c'est pour toujours; et cela afin que je puisse faire de Jésus mon bien, mon prisonnier d'amour, le compagnon de ma captivité ici-bas, le Dieu de mon cœur! »

 

III. Marie adorait l'état caché de la divinité et de l'humanité de Jésus en son Sacrement; voilées afin que l'homme ne s'attachât pas à la gloire et à la beauté de son corps, mais allât librement jusqu'à la divinité du Verbe. Car Jésus ne se voile ainsi que pour spiritualiser la foi de l'homme, pour purifier son cœur, aiguillonner son amour et l'attirer vers l'infini, vers une beauté toujours croissante et toujours nouvelle. Marie adorait donc Jésus voilé mais transparent par l'amour; elle contemplait derrière le nuage la beauté de ce soleil, qui manifeste ses ardeurs par la lumière qu'il donne à notre esprit, et sa présence par sa douceur. Marie honorait cette vie cachée de Jésus par une vie solitaire et retirée. Elle passait la plus grande partie de son temps en amende honorable pour les hommes ingrats. A la vue des anéantissements eucharistiques de Jésus, elle eût voulu elle aussi être anéantie, changée en une espèce sacramentelle, sans vie propre, et elle avait, en effet, perdu et transformé en Jésus sa vie naturelle, comme le pain se transforme en la substance de Jésus-Christ. Aussi, voyant à ses pieds sa divine Mère, le Sauveur se consolait de l'abandon des hommes; il aimait les sacrifices qu'il avait faits si généreusement, il préférait à sa gloire cet état d'anéantissement; Marie, sa Mère et la mère de tous les adorateurs, le dédommageait de tout, et l'amour de Jésus trouvait une indicible satisfaction à recevoir sa prière et ses larmes répandues pour le salut du monde.

 

Instruction de Marie sur le malheur des mauvaises communions

 

Nous avons déjà rapporté quelques-unes des paroles que la sainte Vierge adressa à la vénérable Mère Marie de Jésus sur la communion. Voici ce qu'elle lui révéla un autre jour: « Si l'amour de Dieu envers le prochain eut en moi une telle force, jugez, ma fille, quelle devait être la véhémence de celui que je sentais pour le Seigneur lui-même quand je le recevais à l'autel! Je vous déclare ici un secret sur ce qui m'arriva la première fois que je le reçus de la main de saint Pierre: c'est que le Très-Haut laissa mon amour agir avec une telle violence, que mon cœur s'ouvrit réellement et donna lieu, comme je le souhaitais, à mon Fils consacré d'y entrer et d'y demeurer comme un roi sur son propre trône. Vous comprendrez par là, ma très chère fille, que si j'étais susceptible d'une douleur quelconque dans la gloire dont je jouis, ce qui m'en causerait une très sensible, ce serait de voir la témérité effroyable des hommes qui osent recevoir le Corps sacré de mon très saint Fils, les uns avec des souillures et des crimes abominables; les autres, sans dévotion, sans respect: et presque tous sans considérer l'importance, sans peser la valeur de cette Hostie, qui n'est rien de moins que Dieu lui-même, germe de la vie ou de la mort éternelle. Craignez donc, ma fille, ce danger; pleurez-le pour un si grand nombre d'enfants de l'Eglise; demandez leur salut au Seigneur et, profitant de l'instruction que je vous donne, rendez-vous digne de pénétrer profondément ce Mystère d'amour. Et quand vous y participerez, bannissez de votre entendement toutes les pensées des choses terrestres; rappelez-vous seulement que. vous allez recevoir Dieu lui-même; faites tous vos efforts pour témoigner votre amour, votre humilité et votre gratitude, et soyez persuadée que vous resterez toujours fort au-dessous de ce que mérite un Mystère si vénérable ». (Cité Mystique, p. III, I. VII, c. VII).

 

Pratique : Assister à la Messe pour réparer, en union avec Marie, le crime de ceux qui y manquent.

 

Aspiration : O Marie! vous êtes la vraie Table mystique où nous trouvons le mets délicieux de nos âmes, Jésus-Eucharistie !

 

Vingt-quatrième jour

Adoration de prière de Marie

 

I. Marie se dévouait tout entière à la gloire eucharistique de Jésus. Elle savait que le désir du Père céleste était de voir l'Eucharistie connue, aimée et servie par tous; que le besoin du Cœur de Jésus était de communiquer aux hommes tous ses dons de grâce et de gloire; que le Saint-Esprit avait pour mission d'étendre et de perfectionner dans les cœurs le règne de Jésus-Christ; que l'Eglise n'avait été fondée que pour donner Jésus au monde; tous les désirs de Marie étaient donc de le faire connaître en son Sacrement; son amour si grand pour Jésus avait besoin de se dilater, de se dévouer, afin de se soulager, pour ainsi dire, de l'impuissance où elle se sentait à le glorifier par elle-même autant qu'elle l'eût voulu. Depuis le Calvaire, les hommes étaient ses enfants, elle les aimait avec la tendresse d'une mère et voulait leur souverain bien autant que le sien propre: voilà pourquoi elle brûlait de faire connaître à tous Jésus au Saint Sacrement, d'embraser les cœurs de son amour, de les voir tous liés et enchaînés à son aimable service. Pour obtenir cette grâce, Marie faisait une mission perpétuelle de pénitence et de prière au pied de la très adorable Eucharistie; elle y traitait du salut du monde: dans son zèle immense elle embrassait les besoins des fidèles de tous les lieux et de tous les temps à venir, qui devaient hériter de la sainte Eucharistie et la servir. Mais la mission la plus chère à son âme était de prier continuellement pour le succès des prédications et des travaux des Apôtres et de tous les membres du sacerdoce de Jésus-Christ. Aussi ne faut-il pas s'étonner que ces ouvriers apostoliques convertissent si facilement des royaumes entiers; Marie se tenait au pied du trône de la miséricorde, suppliant pour eux la bonté du Sauveur. Sa prière convertissait les âmes, et, comme toute conversion est le fruit de la prière, et que la prière de Marie ne pouvait éprouver de refus, les apôtres avaient en cette Mère de bonté leur meilleur auxiliaire: « Bienheureux celui pour qui prie Marie! »

 

II. Les adorateurs partagent la vie et la mission de prière de Marie au pied du Très Saint Sacrement: c'est la plus belle de toutes les missions, et elle est sans danger. C'est la plus sainte aussi, car elle est l'exercice de toutes les vertus. C'est la plus nécessaire à l'Eglise, qui a encore plus besoin d'âmes de prière que de prédicateurs, d'hommes de pénitence que d'hommes d'éloquence. Aujourd'hui plus que jamais, il faut des hommes qui désarment, par leur immolation propre, la colère de Dieu irrité contre les crimes toujours croissants des nations: il faut des âmes qui par leurs instances rouvrent les trésors de la grâce qu'a fermés l'indifférence générale; il faut des adorateurs véritables, c'est-à-dire des hommes de feu et de sacrifice: quand ils seront nombreux autour de leur divin Chef, Dieu sera glorifié, Jésus aimé; les sociétés redeviendront chrétiennes, conquises à Jésus-Christ par l'apostolat de la prière eucharistique.

 

III. L'apostolat de Marie consistait encore dans la prédication muette, mais très persuasive, du respect. Cette prédication convient à tous, et une âme jalouse de faire connaître et aimer l'Eucharistie s'y appliquera avec grand soin, unie à Marie. Comme cette parfaite adoratrice se tenait avec modestie et révérence devant le Très Saint Sacrement! Elle s'y tenait comme les anges devant la Majesté divine; toute pénétrée par la foi et absorbée en la divine présence de Jésus, elle ne faisait attention à personne autour d'elle. Elle ne se présentait jamais devant Notre-Seigneur que convenablement et religieusement vêtue, comme à une visite d'honneur. Une mise négligée, un désordre dans la tenue, annoncent peu de foi et un intérieur désordonné. Marie restait à genoux le plus qu'elle pouvait aux pieds de son Dieu: c'est la tenue d'adoration de la sainte Eglise, l'hommage du corps, l'humilité de la foi : à genoux aux pieds de Jésus, c'est la place de l'amour. Le respect dans le lieu saint, surtout devant le Très Saint Sacrement, doit être la grande vertu publique des adorateurs. Ce respect est la profession solennelle de leur foi, et en même temps c'est pour eux la grâce de leur piété et de leur ferveur; car toujours Dieu punit les irrévérences commises dans son sanctuaire par l'affaiblissement de la foi, la privation des grâces de dévotion. Celui qui est irrévérencieux ou inconvenant devant Notre-Seigneur aurait tort de s'étonner de sa froideur dans la prière; c'est peu: il mériterait d'être chassé honteusement de sa présence comme un malhonnête ou un insensé. Soyons donc très sévères sur le culte du respect; ayons une tenue réservée, une attitude religieuse; observons un silence rigoureux, un recueillement des sens absolu. Dans l'église il ne faut avoir d'égards qu'envers Jésus-Christ: il n'y a plus d'amis. Jésus y est tout: la cour n'a les yeux fixés que sur le roi, n'honore que le roi. A la vue du respect profond et religieux des adorateurs, les mondains seront obligés de dire: « Il y a ici quelque chose de grand! » Les faibles, les tièdes rougiront de leur tiédeur et reconnaîtront .Jésus-Christ: l'exemple est la royale leçon de la sagesse, et l'apostolat le plus fécond.

 

Notre Dame de la Première Communion

 

Former les enfants à ce grand acte de la vie, préparer leur cœur à Jésus pour sa première visite, oh! sans doute, c'est la mission la plus douce à la tendresse de Marie. Un jour, une mère eut une douce vision: la Vierge Marie était debout près du berceau de son enfant; elle lui souriait et couvrait sa petite couche de fleurs... Quand Alexandre Bertius put parler, ses premiers mots furent: « Jésus et Marie ». Il grandit à l'ombre du Crucifix. Mais déjà la lumière de son baptême lui laissait entrevoir, au fond de son cœur, quelques parcelles moins pures où pourrait germer le mauvais grain. Cet enfant de cinq ans se souvint des caresses et des promesses de Marie: il s'arma d'une discipline, et il punissait sur ses membres délicats les instincts qu'il sentait en lai pour le mal. Marie le guidait et le préparait à sa première communion. Lorsque arriva ce moment solennel et à jamais précieux, Alexandre crut voir son cœur s'ouvrir et Jésus en prendre possession d'une manière sensible. Cette vision et ce souvenir l'enchaînèrent si puissamment au Tabernacle, qu'on avait peine à l'en éloigner, et qu'on le nommait par toute la ville l'enfant du grand autel. Marie eut pour lui des faveurs toutes maternelles: elle tournait les feuillets de son livre d'étude; dans ses maladies, elle tempérait les ardeurs de la fièvre en environnant son lit de fleurs. Ainsi protégé par la présence toute d'amour de Marie, le pieux écolier ne prit jamais part à aucune joie mondaine, à aucun entretien dangereux, à aucune récréation dissipante. C'est ainsi que l'enfance et l'adolescence, placées sous le regard de la Vierge de l'Eucharistie, fidèles à son culte, se passeront purement, et prépareront à l'Eglise des enfants fidèles, et au ciel des citoyens ornés de toutes les vertus. (Parterre de Notre Dame de la Première Communion).

 

Pratique : Prier pour toutes les premières communions et pour les catéchistes qui les préparent.

 

Aspiration : Salut ô Marie! qui, par l'apostolat de votre prière, avez vaincu toutes les hérésies qui se sont élevées contre l'Eucharistie!

 

Vingt-cinquième jour

Apostolat de Marie

 

I. L'âme qui vit de l'Eucharistie doit s'occuper avant tout des intérêts du Sacrement adorable. Or le premier, le plus cher à Jésus, c'est le sacerdoce. Par les prêtres, le Saint Sacrement nous est donné, vient en nous; par eux, Jésus reçoit la vie sacramentelle qu'il consacre à la gloire de son Père; par eux il est glorifié plus que ne le peuvent faire les fidèles même les plus pieux: il leur a donné tous ses droits, toute sa puissance. Aussi, prier pour le sacerdoce, demander que les vocations se multiplient, obtenir pour les peuples de saints prêtres, des hommes de feu, c'était la prière de Marie, son apostolat de prédilection. Et maintenant elle protège les vocations saintes, elle les demande à son Fils : le prêtre est l'enfant privilégié de Marie. C'est elle qui le forme tout jeune à la piété et conserve sa vertu, qui alimente sa ferveur, qui le conduit par la main jusqu'au pied de l'autel, et qui le présente au Pontife comme elle présenta autrefois Jésus au temple. Elle l'encouragera dans les mille sacrifices de l'étude, des combats, des frayeurs du sacerdoce. Le prêtre formé par Marie, oh! bon et saint prêtre, bien reçu de Jésus!

 

II. Marie se retrouve dans le prêtre et continue par lui sa mission à l'égard des âmes et de Jésus-Christ. La première incarnation s'est faite en Marie et par Marie; en elle le Verbe a pris chair; dans les mains du prêtre et à sa parole, Jésus-Christ devient notre pain. La dignité de Mère de Dieu est incomparable; elle est la mère du roi, reine par conséquent des anges et des hommes. Le prêtre est le père de Jésus-Eucharistie, le roi spirituel des âmes; un Dieu terrestre, terrenus Deus, qui a reçu tous les biens de Dieu, qui ouvre et ferme le ciel. Marie élève Jésus, le nourrit, suit tout; ses états. Au prêtre de faire grandir Jésus-Christ dans les âmes, de le suivre, de l'entretenir en elles jusqu'à ce qu'il y soit arrivé à l'âge parfait et qu'il ait transformé l'âme en lui-même. Marie, comme Mère, a sur Notre-Seigneur tous les droits que confère la maternité. Le prêtre a aussi un pouvoir direct sur la personne de Jésus-Christ. Marie n'est puissante que par Jésus: le prêtre aussi n'est puissant que par les grâces que Jésus met entre ses mains: il se met lui-même à sa disposition, afin de lui donner une plus grande puissance d'action. Mais Marie peut envier les privilèges du prêtre sous certains rapports. Elle porte le Verbe incarné pendant neuf mois dans son sein, et puis c'est fini: le prêtre ne s'épuise jamais; il incarne chaque jour Jésus-Christ: son pouvoir consécrateur est inhérent à son sacerdoce; semblable au Père qui l'engendre sans s'épuiser jamais, semblable au soleil qui redonne chaque jour sa lumière et sa chaleur. Marie enfante le Sauveur dans son état mortel, faible et pour la croix; le prêtre le fait descendre sur l'autel, mais dans son état glorieux et ressuscité: sa gloire n'apparaît pas à nos yeux grossiers, mais les anges la voient: c'est un soleil radieux du côté du ciel, voilé du côté de la terre.

 

III. La mission et les devoirs du prêtre et de Marie vis-à-vis de l'Eucharistie et vis-à-vis des âmes sont les mêmes. La mission du prêtre est une mission d'adoration et d'apostolat. Le prêtre est d'abord adorateur, gardien du Saint Sacrement: avant tout c'est un homme de prière: Nos autem, disent les Apôtres, orationi et ministerio verbi instantes eritmus: nous nous livrerons à la prière et à la prédication: il faut qu'il s'unisse à la prière de la Victime qu'il offre et qu'il prépare, qu'il commence au pied de l'autel son apostolat extérieur. Marie au Cénacle, voilà sa divine Mère en ce premier devoir; là elle est adoratrice d'office, elle adore en prenant soin du culte eucharistique; elle répare la gloire de Dieu outragée par les pécheurs; elle console l'amour de Jésus méconnu des siens. Au Père elle offre Jésus: à Jésus elle montre son sein maternel; au Saint-Esprit, les âmes, son héritage et ses temples, afin qu'il les renouvelle et les anime de sa charité. Voilà ce que doit à Jésus le prêtre fidèle et qui comprend la grâce de l'amour du Sauveur pour lui. Le second ministère du prêtre est d'annoncer Jésus-Christ aux peuples. Marie est ici encore sa douce protectrice. Elle a fait l'éducation de Jésus, et elle a révélé les mystères de sa vie aux Apôtres et aux Evangélistes: elle parlait de lui sans cesse, le faisait aimer autour d'elle: elle était zélatrice de Jésus. Or voilà ce qu'a à faire le prêtre: prêcher, faire connaître Jésus au Saint Sacrement, répandre son culte, son règne, avec un zèle infatigable. Pour cela qu'il s'adresse à Marie, qui aime les prêtres d'un amour de prédilection; elle les aime en Jésus son Fils, dont ils sont les ministres; elle les aime pour la gloire de Dieu et le salut des âmes dont ils sont les apôtres. Le prêtre a des devoirs à remplir envers cette tendre Mère: il ne doit le céder à personne dans les honneurs à lui rendre, dans l'amour tendre qui lui est dû: qu'il la fasse connaître et aimer avec zèle. Et pour nous, si nous aimons l'Eucharistie, si nous voulons qu'elle soit servie, prêchée, adorée par tous, demandons sans cesse à Jésus par Marie de saints prêtres, des ouvriers apostoliques, des adorateurs fidèles: la gloire du Saint Sacrement et le salut du monde sont à ce prix !

 

Tendre protection de Marie à l'égard d'un prêtre

 

Deux prêtres, passant par le pays des Albigeois, aperçurent une église; et, bien que ce fût un temps de persécution ouverte, et que l'on eût tout à craindre de ces sauvages hérétiques, ils voulurent célébrer la sainte Messe, mus surtout par cette pensée que c'était samedi, et qu'ils devaient dire la Messe en l'honneur de Marie. L'un deux célébrait déjà, lorsque surviennent les Albigeois qui l'arrachent de l'autel et, après mille outrages, lui coupent la langue et le laissent à demi mort. Son compagnon remporte comme il peut jusqu'à un monastère des environs, où on les reçut avec beaucoup de charité, La veille de l'Epiphanie, le pauvre prêtre muet, entendant chanter les religieux, eut un extrême désir de s'unir à eux, et il aurait bien voulu pouvoir dire la sainte Messe. Il s'adresse donc à Marie dans la ferveur de ses désirs, et cette douce Mère se présente à lui, tenant dans sa main le membre dont il était privé, et lui dit: « Puisque, mon cher fils, tu n'as perdu ce membre et n'as tant souffert que pour avoir voulu, malgré le danger, dire la Messe en l'honneur de Jésus et à ma gloire, je te le rends de sa part ». Le bon prêtre au même instant se trouva guéri, et entonna d'une voix sonore un cantique d'action de grâces à la louange de Jésus et de sa miséricordieuse Mère. (Nicolao Laghi, trat. VI, c. XXIV).

 

Pratique : Prier sans cesse pour les vocations cléricales, et exercer envers les prêtres de Jésus la charité la plus dévouée et la plus respectueuse.

 

Aspiration : Reine du clergé, envoyez des ouvriers dans la moisson de votre divin Fils.

 

Vingt-sixième jour

L'Epoux divin et le Roi du cœur

 

I. Marie, dans son adoration, s'appliquait à glorifier tous les états de Jésus, à l'exalter sous les noms qui lui sont les plus chers et qui établissent le plus parfaitement son empire sur le cœur des hommes. Marie adorait Jésus en sa qualité d'Epoux des âmes. L'union est la fin de l'amour; Jésus, en se donnant substantiellement dans l'Eucharistie, vient s'unir à nos âmes comme à ses épouses chéries: comme Epoux, il leur donne tous ses biens, son nom, son cœur, tout lui-même, mais c'est à titre de retour. L'âme, son épouse, ne vivra que pour lui: Jésus est un Dieu jaloux; malheur à celui qui lui ravit l'épouse de son cœur! Or, Marie célébrait avec bonheur, comme sa mère, les noces de son Fils bien-aimé; comme jadis, à Cana, elle prévenait la pauvreté et la confusion des époux: ainsi orne-t-elle l'âme fidèle de toutes ses vertus pour que Jésus la trouve digne de lui. Oh! oui, la meilleure préparation à la communion est celle qui se fait par Marie. N'est-ce pas à la mère de revêtir sa fille pour le jour de son mariage? elle se dépouille pour elle en ce jour. Qui dira le soin que prenait cette bonne Mère des épouses du Dieu de l'Eucharistie, surtout de la pureté de leur cœur, afin qu'elles fissent les complaisances de leur Epoux bien-aimé? Mais Jésus est aussi l'Epoux de l'Eglise, dont la virginité féconde le rend père de la génération nouvelle des enfants de Dieu. Marie l'adorait donc aussi comme l'Epoux de l'Eglise, et elle aimait celle-ci comme sa fille, unie à son très cher Fils d'un lien indissoluble. Marie eût volontiers donné sa vie pour l'Eglise; elle la protégeait, la défendait par ses prières incessantes: elle assistait avec bonheur à ses progrès et partageait ses périls, souffrant avec elle et pour elle. Car si elle était la Mère de l'Eglise, elle était en même temps sa fille; comme la plus soumise de ses enfants, elle obéissait à Pierre, à Jean, à tous les prêtres. Elle honorait les cérémonies saintes, elle adorait Jésus par l'Eglise, par son culte, par ses prières liturgiques, par son sacerdoce, avec tous ses enfants. Oh! quelle belle adoration que celle qui réunissait Marie et les fidèles au pied du Saint Sacrement! Le ciel pouvait en être jaloux; car Marie était en l'Eglise comme le soleil au milieu des astres, et Dieu dut bien aimer la terre, et Jésus son Tabernacle! C'était le ciel de l'amour!

 

II. Marie adorait encore Jésus en sa qualité de Roi: car la sainte Eucharistie est la royauté du Sauveur: par elle, il règne dans les cœurs et sur les sociétés. La vérité, pour triompher de l'homme, a besoin de passer par l'Eucharistie, afin d'en prendre la suavité et de devenir persuasive et touchante: tant qu'un homme n'a pas communié, il n'a que la loi de vérité, il n'a pas encore la foi d'amour, la jouissance et la suavité de la foi; il a rencontré Jésus sur son chemin; il a causé avec lui sans le bien connaître: l'Eucharistie seule lui révélera, dans toute sa puissance et toute sa lumière, Jésus-Christ et tous les secrets de la foi. Par l'Eucharistie donc, Jésus est roi de vérité. Il en est des vertus comme de la vérité: il faut l'Eucharistie pour qu'elles règnent définitivement dans un cœur: il faut la communion pour les civiliser, les adoucir, les béatifier en l'amour de Jésus. Il faut que Jésus se donne à moi pour me subjuguer par son amour et pouvoir me dire: « Mon fils, donne-moi ton cœur ». En l'Eucharistie seulement, l'amour de Jésus-Christ est royalement servi, parce qu'il a un palais, une cour, des adorateurs. Marie adorait donc Jésus comme son roi non plus dans sa royauté pauvre et fugitive de Bethléem ou de l'Egypte, ni comme son roi crucifié au Calvaire, mais dans sa royauté permanente, assis sur son trône de gloire, tout voilé qu'il est; invulnérable aux yeux de ses ennemis, invincible dans sa victoire, glorieux dans le triomphe de son amour. Marie voyait se réaliser la parole de l'ange: « Il régnera sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin ». Elle voyait les trônes eucharistiques se multiplier; chaque ville, chaque bourgade devenait sa cour et lui offrait un palais: elle voyait toutes les vertus fleurir dans le monde par l'Eucharistie, et qui sont la royale couronne du Dieu qui les inspire et les nourrit de lui-même. Oh! quels soupirs, quelles prières pour le règne eucharistique de Jésus, sont sortis du cœur de Marie au Cénacle! Elle demanda et elle vit dans la suite des âges l'Eucharistie se répandre et l'amour de Jésus partout triompher. Enfin, Jésus serait aimé: son Eucharistie trouverait des cœurs sympathiques, et cette flamme envelopperait le monde pour le renouveler! O divin Roi, oui, régnez en souverain sur mon cœur et sur ma vie, comme sur votre sainte Mère! Que votre vérité soit mon drapeau d'honneur, vos vertus mes armes, votre amour mon mot d'ordre, et votre plus grande gloire eucharistique le fruit de ma victoire. C'est la prière ardente de mon cœur que je vous présente par Marie, la Reine du Cénacle et la Mère des adorateurs!

 

La Reine miséricordieuse du Purgatoire

 

Le moyen le plus puissant de secourir les pauvres âmes qui souffrent dans le Purgatoire est de faire célébrer pour elles le saint sacrifice de la Messe. Mais quand on remet les fruits infinis du Sang de Jésus aux mains de Marie pour qu'elle les applique au soulagement de ces chers frères souffrants, on est à peu près sur de leur délivrance. Un lion Frère, religieux, fort dévot, étant mort, apparut à un de ses anciens compagnons, et lui dit qu'il était dans les peines du Purgatoire, soutirant peu de la peine du sens, mais beaucoup de la privation de Dieu. Il le supplia de demander à son Prieur d'ajouter à son intention une Oraison à la sainte Messe. On s'empressa de satisfaire à sa demande, et le Prieur aperçut l'âme du cher Frère, toute joyeuse et ravie, sous le manteau de Marie, qui l'emmenait au ciel avec un air de triomphe, comme la glorieuse conquête de son amour. (Nicolao Laghi, t. III).

 

Pratique : Prier sans cesse Marie pour l'extension du règne eucharistique de Jésus-Christ dans le monde entier.

 

Aspiration : Cœur immaculé de Marie, lit nuptial où l'Epoux trouve ses délices, embrasez-nous de l'amour qui vous consume!

 

Vingt-septième jour

L'Eucharistie centre de la vie de Marie

 

I. Marie vivait de la vie eucharistique de Jésus: l'amour veut la communauté de vie. A Bethléem et à Nazareth elle avait vécu de la vie pauvre et cachée de Jésus; en Egypte, de sa vie persécutée; à travers les bourgades de la Judée, de sa vie apostolique; elle avait partagé sa vie souffrante, elle devait à plus forte raison vivre de la vie eucharistique de son divin Fils, qui est le couronnement de toutes les autres. Or Marie vivait, par l'Eucharistie, d'une vie tout intérieure et cachée, silencieuse, éloignée du monde, n'ayant que Jésus pour témoin et pour confident. Sa vie se consume à contempler et à remercier la souveraine bonté de l'Eucharistie: cette vue absorbe son esprit et le nourrit de vérité; elle remplit suavement son cœur, qui n'a plus d'autre désir, d'autre besoin que d'aimer davantage et de se donner toujours à lui plus entièrement; le corps de Marie lui-même partage la joie et la paix céleste de cette vie: il est tout spiritualisé: « Cor meum et caro mea exultaverunt in Deum vivum: Mon cœur et ma chair ont été ravis en Dieu mon Sauveur ».

 

II. Cette contemplation eucharistique est plus active que passive: c'est l'âme se donnant sans cesse à Dieu sous l'impression toujours nouvelle et plus délicieuse de sa bonté, sous l'action toujours croissante des flammes de son amour qui la purifient, la dégagent et l'unissent plus intimement au Bien-Aimé. Le recueillement est la condition première de cette contemplation: l'âme alors, libre des images des objets extérieurs, dégagée de toute affection déréglée, va droit vers Dieu comme l'aiguille aimantée vers le pôle. L'âme recueillie et fixée en Jésus se nourrit de sa vérité, de sa bonté,

de son amour: l'oraison prolongée ne lui coûte pas, ou lui coûte peu, parce que, libre de tout, elle peut suivre son Sauveur partout où il va, sans que rien la presse et l'appelle ailleurs, et parce que, toujours présente à elle-même, elle peut étudier, approfondir les mystères sur lesquels elle fait oraison; elle voit les choses dans leur vérité réelle, en Jésus-Christ; le recueillement et la contemplation fortifient sa vue et la rendent réfléchie et pénétrante.

 

III. Qu'elle devait être parfaite la contemplation de Marie au pied du Très Saint Sacrement, avec les lumières si grandes de sa foi, la pureté de sa vie, l'amour si parfait de son cœur! Assurément la distraction, cette fièvre de l'esprit et du cœur, ne venait pas troubler le repos qu'elle prenait en son Bien-Aimé. Son âme, plus unie à Jésus qu'au corps même qui l'enveloppait, buvait à longs traits l'eau vive de la grâce et de l'amour: elle oubliait la terre pour rester seule avec Jésus seul; car l'amour aime à s'isoler, à se simplifier, à se concentrer en l'unité afin de s'unir toujours plus étroitement. Que l'adorateur uni à Marie adoratrice s'applique avec patience, avec constance, à la vertu de recueillement, à l'exercice de la contemplation sur Jésus-Christ; s'étudiant d'abord plus à le connaître qu'à le goûter; car l'amour vient de la vérité connue, et une grâce de lumière vaut mieux que la plus grande grâce de douceur et de consolation: la vérité demeure, le sentiment passe. Oh! heureuse l'âme qui, comme Marie, comprend ce mystère de l'amour, qui le désire, le demande sans relâche, s'y exerce sans cesse: le règne de Dieu est en elle!

 

Le ciboire vivant

 

On lit dans la Vie de Marie-Eustelle, surnommée « l'Ange de l'Eucharistie », laquelle a été vue et approuvée par le savant cardinal Viilecourt, les paroles qui suivent: « Des auteurs très graves disent qu'après l'Ascension de son divin Fils, la très sainte Vierge Marie recevait chaque jour le Corps sacré du Sauveur, et que les espèces sacramentelles se conservaient sans corruption dans sa poitrine d'une communion à l'autre ». (P. 201.) La sainte Vierge révéla cette merveille à Marie d'Agreda. Nous citerons quelques-unes des paroles de la servante de Dieu: « Voici comment le Très-Haut opérait ce miracle: Lorsque la très pure Marie recevait la communion, les espèces sacramentelles se dégageaient du foyer commun de l'estomac, où se font la coction et la digestion de l'aliment naturel, afin de ne pas se confondre et se mêler avec le peu de nourriture que notre grande Reine prenait quelquefois. Le Très Saint Sacrement, étant dégagé de ce foyer, se plaçait dans le cœur de Marie comme en récompense du sang qu'il avait fourni, lors de l'Incarnation du Verbe, pour former la très sainte Humanité de Jésus-Christ. La communion de la divine Eucharistie est considérée comme une extension de l'Incarnation : il était donc juste que la Bienheureuse Mère participât à cette extension d'une manière nouvelle et spéciale, elle qui avait aussi concouru à cette même Incarnation du Verbe Eternel d'une manière miraculeuse et toute particulière ». {Cité mystique, p. III, 1. VII, c. VIII).

 

Pratique : Prier Marie pour la fidèle persévérance des Epouses qui sont consacrées à Jésus dans le cloître et dans le monde.

 

Aspiration : O Marie! comme de petits enfants nouveau-nés nous vous demandons notre lait spirituel, Jésus-Eucharistie.

 

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement 6/6

NDSS6

Le Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement

Méditations extraites des écrits de Saint Pierre-Julien Eymard

Fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement

 

Vingt-huitième jour

Vie d'union de Marie à Jésus

 

I. Marie vivait en l'Eucharistie. Celui qui aime véritablement, pense, désire, agit, se réjouit ou s'attriste en la personne aimée: c'est son centre naturel de vie. Jésus, en effet, a dit: « Là où est votre trésor, là est aussi votre cœur ». Et à ses Apôtres: « Demeurez en moi, demeurez dans mon amour, comme je demeure dans l'amour de mon Père. » Marie demeurait donc en la divine Eucharistie, centre de son amour; toutes ses pensées, ses paroles, ses actions en sortaient, comme tous les rayons sortent du soleil; l'Eucharistie était l'oracle qu'elle consultait, la grâce qu'elle suivait.

 

II. Mais Jésus au Sacrement vit de la même vie d'amour qui le consumait aux jours de sa mortalité; en son état sacramentel il continue d'adorer son Père par ses profonds anéantissements; il est encore le médiateur et l'intercesseur pour le salut des hommes auprès de la divine bonté. Marie s'unissait donc à la prière de Jésus; elle y ajoutait l'exercice et le mérite des vertus que Notre-Seigneur en son état glorieux ne peut plus pratiquer actuellement; à l'état d'humiliation de Jésus au Sacrement, elle répondait par la vertu et les actes d'humilité; à son état de victime, par la souffrance actuelle; à son état de propitiation, par les actes de la mortification volontaire. Pour honorer la vie cachée de Jésus, Marie s'anéantissait et tendait à n'être plus qu'une apparence humaine, dont tout l'être, toute la substance est changée, transformée en Jésus-Christ: elle est pauvre comme Jésus au Sacrement, plus pauvre même puisqu'elle peut éprouver les privations réelles de l'indigence; comme Jésus elle obéit, et honore son obéissance sacramentelle en se soumettant au dernier des ministres de l'Eglise; et, pour imiter son obéissance si douce et si simple, si prompte aussi, elle est heureuse d'obéir, empressée de se rendre au moindre signe ; en un mot, Marie complète en elle la vie eucharistique de Jésus-Christ. De plus, Marie renouvelait en l'Eucharistie tous les mystères de la vie du Sauveur, perpétuant sa reconnaissance et la renouvelant toujours plus vive.

 

III. Telle doit être la vie de l'adorateur s'il veut vivre en l'Eucharistie. Mais pour arriver à cette vie d'union, il faut s'affranchir de tout esclavage, de cette vie d'amour-propre qui ne voit que soi, même dans le service de Dieu ; qui ne parle à Jésus que de soi. que de ses intérêts personnels, de ses affaires propres, et ne sait pas s'entretenir avec Jésus en lui parlant de lui-même et des intérêts de sa gloire, des sollicitudes de son divin Cœur: qui ne sait pas se tenir calme et tranquille à ses pieds, se suffisant de lui, ne désirant rien de plus que lui; de cette vie qui n'a pas la patience de l'écouter, mais qui nous rend semblables à des mercenaires attendant impatiemment leur salaire, à des commissionnaires empressés de partir. Jésus a bien peu d'adorateurs qui s'estiment assez récompensés et assez heureux de demeurer avec lui, occupés à le servir, comme les anges au ciel, comme Marie au Cénacle; il ne voit guère à ses pieds que des mendiants, ou des fiévreux qui lui demandent secours. Et cependant, dans un palais on sait être courtisan et demeurer à assister le roi, sans faire autre chose qu'acte de présence pour honorer sa majesté. Hélas! c'est le règne des sens, et rien ne coûte; à la cour eucharistique de Jésus, c'est le règne intérieur de son amour, et on a peur, et on fuit, et on veut travailler: Jésus ne suffit pas, il faut quelque chose encore avec lui! Cependant, Marie ne perdait jamais la présence eucharistique de Jésus; elle n'agissait que lorsqu'il le voulait, s'estimant assez occupée d'être à ses pieds, assez récompensée de le posséder!

 

Le ciel sur la terre

 

Nous avons rapporté hier la pieuse tradition selon laquelle Jésus serait demeuré toujours présent en Marie sous les espèces eucharistiques. C'est là une si douce merveille, que nous nous y arrêterons encore ce soir. « Marie voyait au dedans d'elle-même le corps de son très saint Fils, tantôt glorieux, tantôt revêtu de la beauté naturelle de son Humanité sainte; d'autres fois, et presque continuellement, elle connaissait tous les miracles que renferme le très saint sacrement de l'Eucharistie Ce qu'elle prisait le plus, c'était de savoir combien son très saint Fils se complaisait à demeurer, sous les espèces sacramentelles, dans son Cœur très pur; et il y trouvait plus de délices qu'à être en la compagnie des Bienheureux. De son côté, une des choses qui pénétraient Marie d'une joie indicible, c'était l'adoration et le respect que les Esprits célestes rendaient à son Fils caché, sous les espèces sacramentelles, dans son sein. Car, prévoyant la négligence que les hommes apporteraient à rendre au Corps sacré du Sauveur le culte qui lui est dû, elle offrait à sa divine Majesté les hommages dont l'entouraient les Princes célestes, qui connaissaient plus dignement ce mystère et qui le révéraient avec les sentiments du respect le plus sincère. O chef-d'œuvre singulier, unique et prodigieux de la puissance infinie! Vierge sainte, vous seule avez été un ciel plus agréable à votre Créateur que le ciel inanimé qu'il a fait pour sa demeure! Celui que les espaces incommensurables ne peuvent contenir s'est renfermé en vous seule et a trouvé un trône convenable non seulement en votre sein virginal, mais aussi dans le domaine immense de votre capacité et de votre amour! » (Cité mystique, p. III, l. VIII, c. VIII ; passim.).

 

Pratique : S'appliquer, en union avec Marie, à vivre de communion et d'action de grâces par le recueillement intérieur.

 

Aspiration : O Cœur de Marie, Trône magnifique du Dieu caché, soyez exalté au plus haut des cieux!

 

Vingt-neuvième jour

La parfaite Servante du Saint Sacrement

 

I. « Ecce ancilla Domini: Voici la servante du Seigneur », dit la très sainte Vierge; et toute sa vie s'est passée à le servir dans la dernière perfection. Elle est le modèle royal et divin de notre service eucharistique. Son service au Cénacle résume toute sa vie: elle y renouvelle tous ses états, toutes ses grâces; là ses vertus acquièrent leur suprême perfection, qui va les rendre dignes du ciel et de la gloire immense qui l'attend. S'attacher à ce dernier anneau de la vie de Marie, c'est la grâce d'une servante de l'Eucharistie: s'inspirer de ses vertus et de son dévouement, c'est sa force et sa règle. ainsi: dévouement d'amour au Saint Sacrement, par l'esprit et les vertus de la très sainte Vierge. C'est un dévouement. On ne se dévoue pas pour être pariait ou heureux, pour se faire une fortune spirituelle ou un beau paradis: on se dévoue par amour; le dévouement ne veut qu'une chose: faire plaisir, rendre ses devoirs. Or Notre-Seigneur ne nous demande pas de le servir au dehors, dans les âmes; mais il nous dit: « Pour monter sur mon trône d'amour, il me faut des adorateurs; sans adorateurs je ne puis pas être exposé solennellement: vous demeurerez avec moi, vous serez mes adorateurs; vous serez attachés à ma personne; vous serez pour moi, comme je serai pour vous. Vous allez faire exclusion totale de votre volonté propre, je la veux pour moi; renoncer à vos intérêts personnels, je m'en charge; un roi veut faire la fortune de ses serviteurs, mais il ne leur dit pas ce qu'il fera. » De sorte que le champ que nous avons à cultiver c'est Notre-Seigneur lui-même, lui tout seul; il nous retient pour lui, et se commet à notre garde. Et la récompense de ce dévouement? Elle est de vivre auprès du Roi, de lui plaire, d'être son favori. Nous servons le Roi pour sa propre gloire, et nous nous effaçons en tout. Ce dévouement doit donc être un dévouement d'amour pur, très pur, eucharistique: l'Eucharistie absorbe tout; Jésus se donne tout entier, il nous veut tout entiers. Mais il apporte avec lui un sentiment de joie et de bonheur qui se répand sur toute la vie. Quoi! être associés à l'Eucharistie, à l'adoration, devenir des personnes de Jésus-Christ, qu'y a-t-il de plus grand ? Allez donc à ce service avec joie, avec bonheur; l'amour vole, il aime mieux le service de Jésus que son repos, que son propre bonheur: quand on n'aime pas, on tâche de ne pas aller trop vite, on retarde: mais, comme Marie, volez au service, à l'adoration de Jésus qui vous attend.

 

II. Le service de Notre-Seigneur, c'est notre part avec la très sainte Vierge. Vous êtes appelés à le servir, lui, et non pas vous. Il faut bien prendre garde d'employer des termes qui indiqueraient une faible intelligence de ce sublime service. Il ne faut pas dire: « Je vais faire mon service »; non, non; tous les employés disent cela. Mais: « Je vais faire le service de Notre-Seigneur ». Il y a une grande différence dans les deux termes et surtout dans les deux pensées. Un courtisan sait bien dire: « Je suis au service du roi ». Eh bien, nous disons: « Je suis au service de Notre-Seigneur »: par là nous nous effaçons, nous nous perdons de vue et nous mettons Notre-Seigneur en avant. Ce service embrasse plusieurs fonctions: il en est, comme la messe, l'adoration, l'office, qui regardent directement sa personne; d'autres, sa maison, le bien de ses serviteurs. Mais toutes sont des fonctions du service royal de Notre-Seigneur. La maison de Notre-Seigneur exige diverses sujétions, divers emplois matériels: nous ne sommes pas de purs esprits; mais dans ces travaux c'est le Roi encore qu'il faut voir, pour lui qu'il faut agir. Dévouement à la gloire du Saint Sacrement. Qu'est-ce que cette gloire que nous lui devons? C'est de lui renvoyer tout ce que nous faisons de bien; de ne rien garder pour nous; de ne pas nous faire un petit pécule, bourse à part. Servantes du Saint Sacrement, comme Marie; servantes qui n'ont plus d'intérêt, plus de personnalité, qui sont toutes dépensées au service de Jésus. Quel beau titre ! C'est celui qu'a préféré Marie. C'est le seul qu'elle se donne. En prenant ce nom de votre Mère, il faut prendre les devoirs et les vertus qu'il renferme: tous sont contenus dans le Magnificat: « Le Seigneur a regardé l'humilité, la bassesse de sa servante ». Ah! si quelqu'un doit être humble, dévoué, c'est la servante. Que serait-ce si une servante voulait choisir dans le service de son maître, se ménager des instants, garder du temps pour elle? Et toutes les vertus de Marie, prenez-les dans leur dernier caractère, au Cénacle: elles ne sont plus que des actes de son adoration: Marie adore par toutes ses vertus: l'adoration résume toute sa vie. Servir Jésus au Très Saint Sacrement par l'esprit et les vertus de Notre-Dame du Cénacle, voilà la vie d'une servante; son mot d'ordre est: Tout pour le service de Jésus-Hostie en union avec Marie!

 

L'Ange de l'Eucharistie

 

On sait par quel amour dévoué, par quelle dévotion tendre envers l'Eucharistie, une pauvre ouvrière, Marie-Eustelle, mérita ce beau nom d'ange de l'Eucharistie. Ayant été mise, par son curé, à la tête de la sacristie de sa paroisse, on ne saurait dire avec quelle estime, quel dévouement elle s'acquitta de ces augustes fonctions, traitées, hélas! dans quelques paroisses, avec si peu de respect par des mercenaires. Les premières fois qu'il lui fut donné de préparer ce qui est nécessaire pour l'oblation du saint Sacrifice, la joie de son âme n'eut d'égal que le profond sentiment de son indignité. Elle écrivait à ce sujet: « J'aime à penser que, comme la sainte Vierge, je suis employée au service du Temple autant que ma vocation peut le permettre, et cette pensée ranime encore ma reconnaissance. Mais, pour être digne de ce saint emploi, il me faudrait la pureté de cette Vierge sainte, ce que je suis bien loin d'avoir. mon Dieu! je ne pense pas assez au compte que je rendrai de tous ces moyens de salut! Je m'occupe seulement à jouir du bonheur que me procure cette sainte occupation. Daigne le Seigneur m'orner d'une pureté semblable à celle des anges, pour approcher si prés du Dieu des anges et le recevoir si souvent! » (Vie de Marie-Eustelle).

 

Pratique : Se dévouer aux oeuvres du culte eucharistique, pour imiter Marie servant Jésus au Cénacle.

 

Aspiration : Marie! Mère du Bel Amour, faites-nous aimer Jésus au Saint Sacrement comme vous l'avez aimé!

 

Trentième jour

Le triomphe de Marie

 

I. Au jour de sa glorieuse assomption en corps et en âme dans le ciel. Marie reçoit le couronnement de toutes ses grâces. Certes nous pouvons nous réjouir. Nous ne perdons pas notre mère; mais nous l'envoyons au-devant de nous pour nous préparer notre place et nous acquérir des droits sur le cœur de Dieu. Nous pouvons bien dire à Dieu: « Notre misère est grande »; oui, cette terre n'est qu'une vallée désolée; mais elle vous envoie ce qu'elle a de plus beau, une merveille qu'elle ne devait pas s'attendre à produire, Marie votre Mère. Regardez-nous avec des yeux de miséricorde à cause de cette fleur bénie de notre parterre que nous vous offrons: elle en est la plus pure et la plus belle. Mais le triomphe de Marie est aussi le triomphe de Jésus. Il retrouve sa Mère: il redevient fils par sa présence, Jésus aimait tant sa Mère, comment avait-il pu se séparer d'elle? Il ne l'avait fait que par amour pour nous: nous l'ayant donnée pour Mère, il fallait bien qu'il nous laissât jouir de ce don ineffable. Mais le temps est venu de reprendre son bien. Jésus vient lui-même chercher sa Mère: Innixa super dilectum suum. Marie était morte d'amour; le désir de voir son Fils et de lui être pleinement unie avait brisé sa vie. Jésus va lui faire un beau triomphe. Oh! que se passe-t-il au moment de la rencontre de Jésus et de Marie! Vous savez le bonheur d'une mère et d'un fils qui se revoient après une longue séparation. Jésus désirait revoir sa Mère: elle est là! Avec quels baisers d'amour ne la reçoit-il pas!

 

II. Il va l'introduire lui-même dans la gloire, il lui doit une compensation: Marie a été pauvre et sans honneur toute sa vie: le moment est venu de la couronner de gloire et d'honneur. Marie entre au ciel avec un éclat tel qu'il ne s'en vit jamais: elle entre par une porte spéciale, ouverte pour elle seule: elle ne pouvait passer par la porte des simples élus; si les douze apôtres sont les douze portes du ciel, Marie est la porte royale de la patrie, la porte par excellence. porte auguste et bonne! Qu'il fait bon de passer par elle! Sans doute la pratique de la loi nous fait entrer sûrement au ciel: mais il est encore meilleur de se confier à la miséricorde de Marie: la miséricorde ne cherche qu'à sauver: passez, passez parla miséricorde, et ne comptez pas tant sur vos œuvres et sur votre accomplissement de la loi: à le bien examiner, vous le trouverez encore bien imparfait. Jésus conduit sa Mère par la main jusqu'au pied du trône de Dieu: « Voilà, ô Père, celle que vous vous êtes associée en la choisissant pour me donner mon humanité ». Et le Père la couronne de ses trois titres les plus beaux, reine, mère et médiatrice. Mais au diadème de Marie trois perles brillent d'un éclat plus éblouissant: ce sont les perles de son humilité, de sa pauvreté et de ses souffrances.

 

III. Marie fut la plus humble des créatures, elle sera au ciel la plus glorieuse; si elle s'assied sur le trône le plus voisin du trône de Jésus-Christ, c'est qu'elle s'est approchée plus que personne de la perfection de son humilité. Elle a passé pour une fille pécheresse d'Eve, elle qui n'avait pas subi la honte du péché originel; elle a suivi son Fils; les Juifs l'ont regardée comme une femme ambitieuse, elle qui n'a jamais dit un mot à son avantage! Personne ne fut si pauvre que Marie et n'eut une pauvreté si méritoire, car elle était la Mère du Roi du ciel et de la terre. Mais pour imiter la pauvreté de Jésus elle travaille à Nazareth, mendie en Egypte: quoi de plus pauvre que la maison de Lorette? La justice de Notre-Seigneur lui devait une compensation. Aussi elle hérite de tous les mérites, de toutes les grâces de son Fils ; elle en a la libre disposition; toutes les grâces du salut nous seront données par Marie: grâces naturelles, grâces spirituelles; elle est riche de la richesse de Dieu lui-même. Et si la justice divine ne s'opposait à l'inclination de son cœur maternel, les portes de l'enfer seraient bientôt fermées; le démon a été forcé d'avouer qu'il n'est jamais sûr de la victoire, tant que celui que Marie protège conserve un souffle de vie. Elle supplie, importune, arrache à Dieu des grâces de miséricorde et de pardon pour les criminels les plus endurcis! Enfin, si le bonheur est en raison des souffrances, personne n'est si heureux au ciel que Marie; car personne n'a tant souffert, n'ayant jamais eu tant d'amour qu'elle. Dieu fut cruel pour Marie, il la martyrisa continuellement. La prédiction de Siméon empoisonna toutes ses joies: dès ce moment Marie supplée Jésus, encore trop jeune pour souffrir publiquement. Et, au pied de la croix, elle est plus près de Jésus, pour souffrir davantage: parce qu'il la voulait au ciel plus près de lui, il l'a unie à ses souffrances et à ses humiliations plus qu'aucune autre créature! Pour tout dire, Dieu a couronné Marie de gloire et d'honneur comme le- chef-d'œuvre de son amour : au-dessus d'elle, il n'y a que lui: Solo tonante minor! mais du milieu de sa gloire, Marie se souvient qu'elle est notre mère. Elle n'est montée au ciel avant nous que pour nous en faciliter l'entrée, nous y conduire: elle viendra nous chercher elle-même par la main, à l'heure suprême, si nous savons l'appeler à notre secours!

 

La dernière communion de Marie

 

C'est une pieuse pensée de Gerson que Jésus descendit en personne, escorté de sa cour céleste, porter à sa Mère le saint Viatique et lui servir de prêtre à ses derniers moments. Marie, en effet, avait assisté son Fils à la mort, avait reçu son dernier soupir à la Croix; il était juste que Jésus rendit le même service à sa Mère; et ce que nous lisons de plusieurs saintes vierges, que Jésus leur apporta lui-même la communion, nous devons le supposer avec beaucoup plus de raison de Marie, qui posséda avec surabondance toutes les grâces des saints et reçut des faveurs encore plus précieuses. Voyez-vous Marie sur sa couche, environnée des Apôtres ? Son corps est affaibli par la violence de son amour, son visage est souriant: et Jésus, en vêtements pontificaux, entouré d'une foule d'anges qui le servent, présente à sa Mère la divine Hostie avec un regard, une expression d'amour capables de nous faire mourir de joie et de ravissement! Et Jésus dit à sa Mère: « Tu es toute belle, ma Bien- Aimée! » Et Marie lui répond: « Oh! je mourrai avec joie, puisque j'ai vu votre beau visage! » Et Jésus reprend: « Viens du Liban, mon Epouse et ma Mère, viens, je te couronnerai! » Ce dernier embrassement de Jésus allume en Marie un tel feu d'amour que son corps, cédant à sa violence, laisse monter au ciel, portée par Jésus triomphant, l'âme si pure dont il avait été le sanctuaire immaculé. (De Machault. t. II, p. 229).

 

Pratique : Préparer les agonisants à recevoir le saint Viatique; avertir le prêtre à temps. Disposer à Notre-Seigneur une réception convenable chez les pauvres.

 

Aspiration : Marie, donnez-nous Jésus-Eucharistie, maintenant et à l'heure de notre mort!

 

Trente et unième jour

 

Consécration à Notre-Dame du Très Saint Sacrement

 

I. A la fin de ce beau mois que nous vous avons consacré, ô Notre-Dame du Très Saint Sacrement, après avoir médité vos grandeurs, admiré la perfection de vos adorations et de votre service eucharistique au Cénacle, il nous reste à nous donner totalement à vous, afin que vous nous gardiez et nous dirigiez dans notre vocation adoratrice. Je vous remets donc entre les mains la direction de ma vocation et la grâce des sublimes devoirs qu'elle m'impose. Ma vocation d'adorateur est belle, la plus belle de toutes, puisqu'elle me fixe pour toujours au service de l'adorable Personne de Jésus-Christ en son divin Sacrement. Elle est privilégiée, puisqu'elle me donne le droit d'aller directement à sa divine Personne sans intermédiaire. Elle est belle et sublime, puisque je partage la fonction des anges, et, si j'osais, je dirais celle de la très sainte Vierge elle-même, au service de Jésus. Mais pour cette divine vocation il me faut des qualités remarquables, des vertus véritables ; à tout le moins une pureté ordinaire, et je n'ai rien! je ne puis rien! Je n'ai, au contraire, que des défauts, des habitudes mauvaises; je suis pétri d'amour-propre; je n'ai point d'humilité, de douceur, d'esprit de mortification; je ne sais ni prier ni faire oraison; je n'ai qu'une vieille routine de piété, que quelques pauvres idées de vertu, mesquines et incomplètes. Hélas! mon Dieu, vous qui devriez avoir à votre service tout ce qu'il y a de plus grand, de plus parfait, de plus saint, comment avez-vous pu me choisir: moi, infirme, pauvre, créature de néant; moi, plein de misères, couvert encore des cicatrices de mes péchés, tout lépreux encore du vieil homme qui vit en mon être? Comment oserai-je accepter cette grâce, habiter avec les anges, être en la même maison que votre divine Mère, rester en votre compagnie et en votre sainte présence? Oh ! Marie, ma céleste Reine et divine Mère, je ne puis accepter cet honneur, devenir l'heureux serviteur de Jésus-Eucharistie, si vous ne consentez à me former, à m'élever, à me revêtir de votre esprit, de vos vertus, de vos mérites, si vous ne me prenez pour votre enfant, vous la Reine et la Mère des serviteurs de Jésus, vous qui ne vivez que pour Jésus, qui ne nous aimez qu'en Jésus et pour Jésus! Je remets donc entre vos mains, bonne Mère, la grâce et l'éducation de ma vocation. Je me donne à vous ; donnez-moi à Jésus. Donné et formé par vous, ô bonne Mère, Jésus mon doux Maître me recevra bien et m'aimera en vous!

 

II. Si ma vocation est belle, les devoirs en sont grands et divins. Je dois passer ma vie dans l'adoration, au pied du trône de l'amour incarné : faisant devant le trône eucharistique ce que les anges et les saints font et feront éternellement dans le ciel : louer sa bonté infinie, bénir sa miséricorde sans bornes, remercier son amour, me dévouer à sa gloire, m'immoler pour les pécheurs, me consumer pour l'extension de son règne sur la terre. Je dois vivre toujours avec Jésus-Hostie, comme la très sainte Vierge à Nazareth et au Cénacle, comme les saints dans la gloire. Je ne dois pas le quitter pour servir et suivre le prochain: ma mission est celle de Madeleine contemplative, avec la Reine des apôtres, au Cénacle, priant devant le Tabernacle, convertissant le monde dans sa prière au pied de l'Eucharistie; celle de sainte Thérèse, de sainte Catherine de Sienne et de toutes ces saintes âmes qui font un continuel apostolat de prière et d'immolation. Je dois honorer d'une manière toute spéciale la vie intérieure et cachée de Jésus au Saint Sacrement; vivre inconnu des hommes, même pieux et saints; oublié des miens, méprisé du monde, mort à tous pour vivre plus librement et plus purement avec Jésus en Dieu. Mais comment pourrai-je tout seul remplir de si sublimes devoirs? Comment oserai-je même m'approcher de Jésus et le servir? Hélas! tout seul j'aurai honte de moi! Mais, ô ma bonne Mère, puisque vous daignez devenir ma maîtresse, vous me laisserez adorer Jésus avec vous, le bénir avec vos louanges, le prier avec vos prières, le servir avec vos mains, l'aimer avec votre cœur, le glorifier avec votre sainteté. Je serai alors comme votre disciple, votre enfant, et, le dirai-je, une petite Marie, un autre vous-même servant Jésus! Je vous dirai simplement et naïvement mes fautes, bonne Mère. Je vous dirai mon ignorance, ma petite science, mes petits succès; je vous remettrai les petites fleurs de vertu que j'aurai cueillies, et vous offrirez tout à Jésus, et moi avec vous. A cette condition seule, j'espère devenir un véritable serviteur du Très Saint Sacrement. Mon Dieu, voici donc votre humble serviteur, qu'il me soit fait selon votre miséricordieuse bonté et votre grâce d'amour!

 

Notre-Dame du Très Saint Sacrement, Mère et modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recours à vous!

 

Téléchargez l'intégralité des Méditations du Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement (pdf) en cliquant ici

30 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 00581_hires

Trente-et-unième jour

Que nous ne devons cesser de remercier nos saints Anges des soins tout miséricordieux et tout paternels qu'ils nous prodiguent, des services qu'ils nous rendent, et pour les grâces qu'ils nous obtiennent

 

Point de doctrine

 

La reconnaissance est une prière, et la prière la plus agréable à Dieu et à ses Anges; l'ingratitude ferme les canaux des grâces; c'est une gelée, dit saint Bernard, qui fait périr en un instant ce qui faisait l'objet de nos espérances. Les fleuves, dit quelque part la sainte Ecriture, rendent à la mer les eaux qui les alimentent et qu'ils ont reçues d'elle; et la mer s'empresse d'en emplir les nues qui les leur reportent: ainsi en agit Dieu: ainsi en agissent ses Anges en son nom, qu'il charge de dispenser ses grâces; ainsi en agissent-ils à notre égard lorsque nous sommes reconnaissants; leurs dons alors ne tarissent jamais, ne cessent jamais de pleuvoir sur nous.

 

Traits de l'Ecriture Sainte

 

Reconnaissants pour tous les services que l'ange Raphaël avait rendus à Tobie et à sa famille, ceux-ci se disent entre eux « Quelle récompense pourrons-nous lui donner, qui ait quelque proportion avec les biens dont il nous a comblés? » « Il m'a conduit et ramené dans une parfaite santé, dit le jeune Tobie; il a été lui-même recevoir l'argent de Gabelus; il m'a fait contracter l'heureuse alliance que j'ai formée; il a éloigné de mon épouse le démon; il a rempli de joie son père et sa mère; il m'a délivré du monstre qui était prêt à me dévorer; il vous a fait voir à vous-même, mon Père, la lumière du ciel; et c'est par lui que nous nous trouvons comblés de toute sorte de biens. Que pouvons-nous donc lui donner qui égale tout ce qu'il a fait pour nous? » Et l'Ange témoin de leur reconnaissance, leur dit: « Pax vobis. Que la paix soit avec vous »; puis se retire.

 

Réflexions pratiques

 

Que de services rendus par nos saints Anges gardiens! que de grâces, que de bienfaits reçus par leur médiation! et cependant où est notre reconnaissance? Ingratitude monstrueuse du cœur humain! et, au milieu de tout cela, il en est encore, peut-être, même parmi quelques-uns de ceux qui font profession de croire, qui nient ou mettent en oubli ces esprits bienheureux si pleins de tendresse, de bonté et de charité pour nous. Par quelque côté qu'on étudie la religion, on y voit partout l'action bienfaisante et miséricordieuse des saints Anges, et on nie leur existence ou leurs bienfaits. Forcés d'exercer la justice de Dieu envers les coupables, comme en étant les ministres, ainsi qu'ils le sont de sa miséricorde, on voit partout des traces de leur action dans l'exercice de cette redoutable justice, et on ne tremble pas. O mon Dieu! que le péché a donc fait de mal à nos âmes. Saints Anges! nous vous en conjurons par les entrailles de la miséricorde du Dieu dont vous êtes les ambassadeurs et les ministres, pour cela, ne nous abandonnez pas, écoutez les prières de ceux qui vous sont encore restés fidèles, et sauvez les coupables. Sauvez-nous, sauvez-les, sauvez la France, sauvez le monde entier gémissant sous les excès de l'incrédulité! Puisse-t-il en être ainsi. Amen.

 

Prière :Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement: envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. « Qui est comme Dieu ? » O bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! Réciter en suite neuf Gloire au Père suivis de neuf fois l'invocation : Reine des Anges, priez pour nous.

 

Fin du Mois des Saints Anges

Pour télécharger l'intégralité des méditations du Mois des Saints Anges (pdf), cliquer ici

 455_001

Prochain Mois de Dévotion,

le Mois des Ames du Purgatoire,

Rendez-vous le 31 octobre

29 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 908_001

Trentième jour

Les saints Anges assistent au moment de la mort ceux qui leur ont été fidèles pendant la vie

 

Point de doctrine

 

Le moment de la mort est le moment décisif pour notre éternité. A cette dernière heure l'Enfer fait ses derniers efforts, livre ses derniers combats; et malheur à nous! si nous sommes délaissés seuls à cette heure. L'Ange du Seigneur n'oubliera point alors celui qui ne l'a point oublié pendant sa vie et qui a été fidèle à ses inspirations. Ainsi que le Dieu de bonté qui nous l'a envoyé pour veiller à notre salut et nous servir de défenseur l'a promis, il ne nous quittera point qu'il ne nous ait introduit dans la terre de promission, et délivré pour toujours des fureurs du lion rugissant. Que s'il ne se voit pas assez fort pour résister lui seul, il appellera à son secours des légions d'Anges qui seront à l'instant à ses ordres, pour lui prêter secours, comme lui-même prête secours aux autres lorsqu'ils le réclament, se prêtant mutuellement secours , ainsi qu'il a été dit.

 

Traits de l'Ecriture

 

Jacob meurt entre les mains de son bon Ange à qui il a été fidèle pendant sa vie et de qui il réclame la, bénédiction sur ses enfants, Lazare meurt et il est porté dans le ciel par la main des Anges; la très sainte Vierge, notre bonne mère meurt, et elle est aussi elle-même portée dans le ciel, par la main des Anges.

 

Réflexions pratiques

 

Quelle mort consolante! quel bonheur! mourir entre les bras de son bon Ange, être porté dans le ciel par la main des Anges! O mon bon Ange! que je veux vous être fidèle pendant ma vie, pour mériter un pareil honneur pour mériter d'être porté par vous dans le sein du Paradis; d'être introduit par vous dans ce lieu de délices que Dieu a préparé à ses élus dès le commencement du monde; d'être mis, par vous, en possession de cette terre promise, dont celle donnée aux enfants de Jacob, ne fut que la figure. Je sais bien, hélas! que je suis la faiblesse et la misère même, qu'il ne faut qu'un instant pour m'égarer et me perdre; mais priez pour moi, ô mon bon Ange! avertissez-moi, châtiez-moi, s'il le faut, pour me forcer de rentrer en moi-même lorsque je serais tenté de sourire à mes passions ou au monde; afin que je ne sois jamais séparé de vous, pendant ma vie, à ma mort, et durant toute l'Eternité. Ainsi soit-il.

 

Prière: Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement: envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. « Qui est comme Dieu ? » O bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! Réciter en suite neuf Gloire au Père suivis de neuf fois l'invocation: Reine des Anges, priez pour nous.

 455_001

Pour recevoir chaque jour par E-mail la méditation du Mois des Saints Anges, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes


28 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 Ángel_de_la_Guarda

Vingt-neuvième jour

Les saints Anges exécuteront avec un grand éclat les ordres de la Justice de Dieu au jour du Jugement. Pensons-y d'avance pour ne pas nous trouver pris au dépourvu

 

Point de doctrine

 

Jésus-Christ doit juger le monde; et quand ce jour affreux sera venu, il enverra ses Anges et leur donnera ses ordres qu'ils rempliront avec ponctualité et avec la promptitude de l'éclair. « Mittet Angelos suos ». Les uns placés aux quatre coins du monde, feront résonner le son de la trompette fatale qui doit réveiller les morts et les appeler au Jugement de Dieu; les autres sépareront les élus d'avec les réprouvés; celui-ci fera entendre ce cri dans les airs: « Tout est fini; un autre, qui a un pied sur la terre et l'autre sur la mer, lève lés mains vers le ciel, et jure par celui qui vit dans les siècles des siècles qu'il n'y aura plus de temps; que la dernière heure du monde est sonnée ».

 

Traits de l'Ecriture

 

Saint Jean, dans son Apocalypse, montre sept Anges ayant chacun une coupe de malheurs dans les mains; malheurs qui doivent précéder le Jugement. Le premier répand sa coupe sur la terre, et ceux qui ont reçu le caractère de la bête, sont couverts de plaies; le second répand sa coupe sur la mer, et elle devient comme le sang d'un mort; le troisième répand sa coupe sur les fleuves dont les eaux sont de même changées en sang, pour donner à boire du sang à ceux qui ont versé le sang; le quatrième répand sa coupe sur le soleil, et le soleil reçoit le pouvoir de tourmenter les hommes par l'ardeur du feu; les hommes en cet état blasphémeront le nom Dieu; le cinquième répand sa coupe sur le trône de la bête, et son royaume devient ténébreux; les hommes qui l'ont suivie, dans leur rage se mordent la langue; le sixième répand sa coupe sur le grand fleuve d'Euphrate, et ses eaux sont désséchées; le septième répand sa coupe dans les airs, et au même instant il se fait des éclairs, des bruits, des tonnerres et, un si grand tremblement de terre, qu'on n'en ressentit jamais de pareils dès le commencement. Grand nombre d'autres saints Anges remplissent d'autres missions, et l'on voit arriver le Fils de l'homme sur les nuées du firmament, précédé de sa Croix brillante comme le soleil, environné de gloire de de majesté; et le Jugement commence.

 

Réflexions pratiques

 

Quel malheur pour nous de ne pas penser à ce dernier jour, à ce jugement redoutable! Les passions nous aveuglent; les faux biens de la vie nous amusent; l'agitation du monde et ses coupables plaisirs nous distraient et nous empêchent de réfléchir; en attendant, le temps s'enfuit; l'éternité approche; la vie nous échappe; nous voilà arrivés au jugement de Dieu sans y avoir pensé, et classés parmi les réprouvés; sans qu'il nous soit plus jamais donné de pouvoir changer notre sort. Saints Anges, prenez pitié de nous, faites résonner d'avance à nos oreilles cette trompette fatale qui doit réveiller les morts; afin qu'épouvantés nous nous convertissions et échappions à la colère du souverain Juge. Ainsi soit-il.

 

Prière: Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement: envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. « Qui est comme Dieu ? » O bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! Réciter en suite neuf Gloire au Père suivis de neuf fois l'invocation: Reine des Anges, priez pour nous.

 455_001

Pour recevoir chaque jour par E-mail la méditation du Mois des Saints Anges, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

27 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 9anges

Vingt-huitième jour

Les saints Anges portent une grande haine au péché et ils le poursuivent par tout où ils le rencontrent, pour nous apprendre à le fuir si nous ne voulons qu'ils soient auprès de nous des ministres de justice, au lieu d'être ceux de la miséricorde

 

Point de doctrine

 

Le péché est une révolte contre Dieu, et les Anges sont les amis de Dieu. N'est-il pas naturel que l'ami défende celui qu'il aime lorsqu'il est attaqué? Ainsi les Anges qui aiment Dieu, poursuivent-ils le péché partout où il se rencontre, au cri de guerre: qui est semblable à Dieu! Si Michel et les anges fidèles ont fait la guerre à Lucifer et aux Anges rebelles, ce n'est pas pour autre raison que celle-ci; c'est qu'ils ont péché contre Dieu, qu'ils se sont révoltés contre Dieu, et lui ont par leur révolte déclaré la guerre.

 

Traits de l'Ecriture Sainte

 

Adam, le père du genre humain, pèche dans le Paradis terrestre, contre Dieu, par désobéissance, et aussitôt on voit les Anges ministres des vengeances divines, s'armer contre lui; un chérubin, un glaive flamboyant à la main, se montre à la porte du Paradis terrestre, pour lui en interdire l'entrée, lorsqu'il en a été chassé. David a péché en faisant par amour-propre le dénombrement de son peuple, montrant par-là qu'il comptait plus sur l'homme que sur Dieu, et voilà que trois fléaux lui sont donnés à choisir; il choisit le fléau de la peste, et du matin au temps marqué soixante-dix mille hommes sont frappés de la main de l'Ange exterminateur, qui ne remet l'épée dans le fourreau que quand David s'est humilié! Sennachérib a péché contre Dieu par un blasphème, et dans une seule nuit un Ange frappe de mort cent quatre-vingt cinq mille hommes de son armée, sous les murs de Jérusalem. Sodome a péché, et cette ville entière est brûlée par le feu du ciel; saris que les Anges veuillent lui faire grâce.

 

Réflexions pratiques

 

Le Seigneur l'a dit à Moïse, n'ayez garde de pécher devant l'ange que je vous envoie: car il ne vous épargnera point. S'il en est ainsi, qui ne tremblera pas lorsque l'ange du Seigneur est partout avec nous? Que de châtiments, que de malheurs pleuvent sur l'espèce humaine! que de morts! et en voilà souvent la cause, telle qu'elle sera connue au jugement de Dieu. O mon bon Ange! ne me punissez pas ainsi, bien que je ne l'aie, hélas! que trop mérité par le mépris que j'ai fait de vous en péchant en votre présence. Comme le Dieu de qui vous êtes le ministre, vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. Vous accordez grâce au repentir; et ce repentir qu'accompagne la honte, vous le voyez dans mon cœur. Faites-moi donc grâce, et je vous promets de ne plus pécher à l'avenir. Ainsi soit-il.

 

Prière : Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement: envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. « Qui est comme Dieu ? » O bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! Réciter en suite neuf Gloire au Père suivis de neuf fois l'invocation : Reine des Anges, priez pour nous.

 455_001

Pour recevoir chaque jour par E-mail la méditation du Mois des Saints Anges, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

26 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 4_Icon_Ukranian_of_Archangel_Michael__2_

Vingt-septième jour

Les saints Anges veulent que nous soyons établis dans la charité et que nous soyons unis, que nous nous aimions les uns et les autres comme ils s'aiment eux-mêmes éternellement dans les deux

 

Point de doctrine

 

Les saints Anges établis au le ciel dans l'amour divin et la divine charité qu'ils ne peuvent plus perdre, Veulent que nous nous y établissions nous-mêmes sur la terre, pour mériter de leur être réunis un jour dans la céleste patrie, où la charité seule peut pénétrer; la charité étant le seul point qui sépare les élus des réprouvés, dit saint Augustin. De là saint Bernard enseigne-t-il, que les saints Anges, les Anges de paix, avant toutes choses attendent de nous, l'union et la concorde, sans quoi tous les soins qu'ils prennent pour notre salut seraient inutiles.

 

Traits de l'Ecriture Sainte

 

Les saints Anges qui apparurent sur le berceau du Sauveur au jour de sa naissance, dans l'étable de Bethléem; là ils chantèrent et célébrèrent la double charité qui devait être le fruit des souffrances et de la mort de ce Dieu Sauveur, en disant: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

 

Réflexions pratiques

 

Dans quel état est mon âme? Suis-je dans la Charité? Aimé-je tous mes frères? S'il n'en est pas ainsi, j'attriste les Anges du Seigneur, car rien ne les afflige autant que nos dissensions, dit saint Bernard, au lieu déjà cité, nous voyant marcher par là à notre perte éternelle. Je m'arrêterai donc, et je me dirai à moi-même: « Veux-tu sauver ton âme? Si tu veux la sauver, pardonne à ceux qui t'ont offensé; fais du bien .à ceux qui te font du mal; prie pour ceux qui te persécutent; aime enfin tous tes frères: alors tu vas porter la joie dans: le cœur de ton bon Ange; alors ton charitable guide va se rassurer sur ton sort éternel; il va redoubler ses soins près de toi pour assurer ton salut ». Mon saint Ange gardien, comme je ne puis rien sans le secours de la grâce, obtenez-moi celle de faire toutes ces choses, afin que je vive et que je meure dans la charité, et que quittant cette vie d'épreuves, je sois reçu avec vous dans la joie et la paix de la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il

 

Réciter la prière à Marie Reine des Anges, suivie de Neuf Gloire au Père et de neuf fois l'invocation : « Reine des Anges, priez pour nous ».

 455_001

Pour recevoir chaque jour par E-mail la méditation du Mois des Saints Anges, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

25 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 167_001

Vingt-sixième jour

Les saints Anges nous portent par leurs inspirations et nous invitent par leurs exemples à honorer et aimer Marie

 

Point de doctrine

 

Marie est la mère de Jésus; ce serait assez pour être chère aux chœurs des anges! mais Marie a été couronnée dans le ciel Reine des cieux, Reine des anges et des saints, ainsi que le confesse l'Eglise dans les prières qu'elle lui adresse. Ave Regina cœlarum. Regina angelorum, ora pro nobîs; Regina sanctorum omnium, ora pro nobis; nouveau motif pour les anges d'honorer et d'aimer Marie. Un troisième motif bien puissant pour leur cœur encore, ce sont les vertus plus qu'angéliques qu'elle a pratiquées; ce sont les privilèges dont Dieu s'est plu à la décorer; ce sont les grâces abondantes dont il l'a enrichie. Cependant les saints Anges ne se contentent pas d'honorer et d'aimer leur auguste et puissante reine, ils veulent encore que toute créature intelligente l'aime et l'honore.

 

Traits de l'Ecriture Sainte

 

Les anges, dans la personne dé Gabriel, viennent honorer Marie, au moment où elle est choisie pour être la mère du Fils de Dieu, et ils l'honorent en ces termes; manière de l'honorer qu'ils nous enseignent à nous-mêmes, pour qu'à notre tour nous le fassions : « Ave, gratia plena. Je vous salue Marie, pleine de grâce ». Après que l'Apocalypse a parlé de cette femme célèbre, dont le dragon, c'est-à-dire Satan, veut dévorer le fils qu'elle a mis au monde, mais qui est enlevé au ciel où il est assis sur un trône de gloire,tandis que sa tendre mère, dans l'affliction, lui survit encore sur cette terre; après, dis-je, que l'Apocalypse a parlé de cet événement surnaturel, elle parle aussitôt d'un combat effroyable entre l'archange saint Michel et ses Anges d'un côté, et le dragon avec ceux qui ont pris part à sa révolte de l'autre, ne paraîtrait-il pas que c'est de Jésus et de Marie qu'il est ici question, et qu'en cette circonstance Michel et les bons Anges ont manifesté de la manière la plus éclatante, leur dévouement et leur amour pour l'un et l'autre?

 

Réflexions pratiques

 

Les Anges honorent Marie avec amour, et se déclarent avec amour pour sa défense; comment pourrais-je donc compter sur leur protection, si comme eux et avec eux je ne l'honorais, je ne l'aimais et ne me déclarais pour sa défense en présence de ses ennemis, qui sont aussi ceux de Jésus comme ils sont les nôtres? Oui, Marie, bonne mère! Oui, auguste reine! je vous honorerai et je vous aimerai avec les saints Anges. N'êtes-vous pas d'ailleurs assez grande et assez aimable? Qui peut vous connaître sans vous aimer? Je prends donc l'engagement de vous aimer toujours. Ainsi soit-il.

 

Prière : Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement: envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. « Qui est comme Dieu ? » O bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! Réciter en suite neuf Gloire au Père suivis de neuf fois l'invocation : Reine des Anges, priez pour nous.

 455_001

Pour recevoir chaque jour par E-mail la méditation du Mois des Saints Anges, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

24 septembre 2011

Le Mois des Saints Anges

Le Mois des Saints Anges

 9choeursdesanges

Vingt-cinquième jour

Les saints Anges nous exhortent par leur exemple et leurs inspirations à aimer Jésus-Christ

 

Point de Doctrine

 

Il leur a été dit, à ces bienheureux esprits, parlant de Jésus-Christ, que ses anges l'adorent, et adorent eum omnes Angeli ejus! et tous l'ont adoré! Il n'est que les Anges rebelles qui ont refusé de le faire. Les bons Anges ont adoré et aimé Jésus-Christ, qu'ils adoreront et aimeront éternellement, et ils veulent que comme eux et avec eux nous l'aimions. Pour nous y porter ils nous ont donné l'exemple, et ne cessent de nous inspirer de le faire.

 

Traits de l'Écriture Sainte

 

Les saints Anges font profession d'adorer et d'aimer Jésus-Christ à sa naissance: ils viennent chanter leur amour sur son berceau; ils vont chercher les bergers pour l'adorer et l'aimer avec eux. Depuis, on les voit toujours empressés de lui marquer partout combien ils l'aiment. Ils l'assistent au désert; ils le consolent au jardin des oliviers; il est probable que c'est par leur ministère que s'opèrent ces miracles qui se passent à la mort de Jésus, et que par là ils ont voulu exprimer leur douleur. On les voit sur le tombeau de Jésus-Christ après sa résurrection, renversant les gardes et rassurant les saintes femmes; on les voit enfin lorsque Jésus-Christ monte dans les cieux, assurant les apôtres de sa venue au dernier jour.

 

Réflexions pratiques

 

Pourquoi mon cœur est-il si froid touchant mon Jésus, à qui je suis redevable de mon salut; qui n'a pas craint de se livrer à la mort pour me sauver; qui a tout fait pour cela? Saints Anges qui faites fendre les rochers, venez briser la dureté de ce cœur insensible, et prêtez-lui vos ardeurs, afin, qu'il aime son Jésus comme vous l'aimez; que partout avec vous je suive ce divin Sauveur, à l'étable de Bethléem, au désert, au jardin des oliviers, sur le calvaire, à sa résurrection, et à sa glorieuse ascension où j'arrive avec lui jusqu'au ciel! Ainsi soit-il.

 

Prière :Auguste Reine des Cieux, Souveraine Maîtresse des Anges, Vous qui, dès le commencement, avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous Vous le demandons humblement: envoyez vos légions célestes pour que, sous vos ordres et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme. « Qui est comme Dieu ? » O bonne et tendre Mère, Vous serez toujours notre amour et notre espérance! O divine Mère, envoyez les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi! Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous! Réciter en suite neuf Gloire au Père suivis de neuf fois l'invocation : Reine des Anges, priez pour nous.

 455_001

Pour recevoir chaque jour par E-mail la méditation du Mois des Saints Anges, abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes