23 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Vingt-quatrième jour

Œuvres serviles, travail du dimanche

« Je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l'accorder... »

 

Dieu a donné à l'homme six jours dans la semaine pour se livrer au travail qui lui procure fit vie du corps: Il s'est réservé le septième, afin que l'homme, créé à son image, l'imite dans son repos divin, comme il l'imite dans le travail. Mais l'homme, aveuglé par l'intérêt, ne prend conseil que de sa malice et de son ingratitude; il se détourne de Dieu, il oublie son âme, pour ce qu'il croit être ses intérêts : et ainsi, il se matérialise, il s'attache à la |erre qui passe, et ne lève plus son regard -vers le ciel qui est sa véritable patrie. Jetons en effet les yeux autour de nous, et nous ne verrons pas, sans une affliction profonde, que le jour du Seigneur est en tout lieu profané par un travail continuel. Dans les grandes Villes, la plupart des usines et des fabriques conservent, le Dimanche, la physionomie de la semaine; les comptoirs, les manufactures sont ouverts comme les autres jours; l'étalage des marchandises invite les passants à acheter; les charrois de commerce circulent de toutes parts, à travers les rues encombrées; les artisans, les ouvriers et les ouvrières poursuivent le travail dans la nuit du Dimanche, et osent encore le reprendre dans la matinée du jour consacré à Dieu: et dans les ateliers eux-mêmes, que de fois l'on entend retentir les instruments du travail, au moment où la cloche appelle les fidèles à la prière. Ce scandale n'est pas seulement dans les villes; il a aussi envahi les campagnes: le laboureur, autrefois si religieux et si bon, arrose de ses sueurs, le Dimanche comme les autres jours, le champ qu'il cultive; il pousse quelquefois le mépris des lois de Dieu, jusqu'à contraindre ses ouvriers, ses domestiques et ses enfants, à partager son travail ; et combien d'autres exigent impérieusement, pour le Dimanche, un travail qui mettra un artisan, un ouvrier dans la nécessité de violer la loi du saint repos: en un mot, les transgressions du troisième précepte sont en tout lieu devenues si communes, si générales, que la loi demeure sans action, et l'opinion trop souvent sans critique: et nos dimanches et nos fêtes se passent de la sorte, dans un mépris public du précepte, qui humilie Dieu, et blesse profondément le sentiment religieux des populations catholiques. En présence de ces transgressions aussi multipliées qu'audacieuses, pouvons-nous être surpris d'entendre la Sainte Vierge, sur la montagne de la Salette, placer la violation du Dimanche au nombre des crimes qui irritent le plus son divin Fils, et qui peuvent nous attirer de grands malheurs? Pouvons-nous être surpris des paroles que la lecture du secret des deux bergers a fait tomber des lèvres de notre vénéré pape et pontife, Pie IX: « Ce sont des fléaux qui menacent la France, dit-il; hélas! elle est bien coupable !... » Oui, elle est bien coupable, cette France où le travail profanateur du Dimanche met au rang des jours ordinaires de l'homme, le jour saint et sacré réservé au Seigneur !... O vous tous donc qui entendez aujourd'hui les plaintes et l'appel de Notre Dame de la Salette, joignez ici vos prières à ses prières, vos larmes à ses larmes, pour désarmer la colère d'un Dieu trop offensé; écoutez à cette heure ce que vous demande par ma bouche la Vierge des Alpes; soyez scrupuleux pour respecter la loi du Dimanche et des fêtes; servez-vous de l'influence que l'âge, la position, l'autorité, l'amitié peuvent vous donner autour de vous, pour obtenir toute réforme en ce point fondamental: et, enfants de Notre Dame de la Salette, soyons en union de prières à notre très-miséricordieuse Mère, pour ramener tous nos frères coupables au respect et à la pratique de la sainte loi du repos.

 

Réflexions

 

Deuxième profanation du saint jour. 1° Ne nous permettons jamais de travailler le Dimanche, sans des raisons graves et pressantes, et après avoir d'ailleurs entendu la messe, et obtenu la permission de notre pasteur légitime. 2° Prenons toutes précautions à l'avance, combinons toutes affaires, pour ne pas nous placer, par notre faute ou par défaut de prévoyance, dans la triste nécessité de travailler les jours réservés: et ici, point d'illusions; une nécessité cesse d'être véritable, si cette nécessité est notre œuvre, ou si nous l'avons créée. 3° Soyons aussi scrupuleux sur le travail que nous pourrions imposer aux autres, que sur celui que nous ferions nous-mêmes; évitons toutes exigences de service qui imposeraient le travail du Dimanche. 4° Pour vous, artisans et ouvrières, ne soyez point faciles à admettre les prétextes du travail, les jours défendus: ces prétextes sont souvent vains et futiles, quand ils ne sont pas coupables; la crainte de déplaire n'est pas une raison suffisante à excuser votre complicité; des personnes chrétiennes, de votre état et condition, savent repousser ces exigences, et ne pas prolonger un travail défendu, au delà des limites assignées par la loi de Dieu; vous n'en jouirez' souvent, auprès des personnes qui ont essuyé ces honnêtes refus, que d'une meilleure confiance et d'une plus haute estime; voulez-vous d'ailleurs vous affranchir de toutes pressions et de toutes illusions d'intérêt? suivez notre conseil : si une sérieuse nécessité s'impose à votre volonté, donnez aux pauvres le prix d'un travail accompli le jour défendu. Telles sont, âmes chrétiennes, les réformes à accepter et les règles à suivre, pour éviter toute profanation du Dimanche et des fêtes réservées. Oh ! puissions-nous les accepter toutes: « Si vous entendez la voix du Seigneur votre Dieu, disent nos saints livres, ah ! gardez vous d'endurcir vos cœurs!... » Voilà bientôt vingt ans, que nous avons entendu sur une montagne les échos de cette grande voix: c'était la parole de notre céleste et miséricordieuse Mère, la Vierge des Alpes, venant tout exprès du ciel nous porter les plaintes et les menaces de son divin Fils!... Malheur à nous, si, méprisant les avertissements de notre Reine, si, insensibles aux prières et aux larmes de notre Mère, nous négligions la sanctification des jours consacrés au Seigneur!... Répondons plutôt, âmes chrétiennes, à l'appel de Marie, et méritons un jour la récompense promise à l'observation fidèle de la loi de Dieu.

 

Guérison miraculeuse de Sœur Euphrasie

 

Rapport adressé à l'évêché d'Angers, relativement à la guérison de sœur Euphrasie, à l'hospice général de cette ville. Le 30 novembre 1853, a paru devant nous Augustin-Pierre Jaubert, vicaire-général et supérieur de la congrégation de la Charité de Sainte-Marie, Jeanne Pilais, dite en religion sœur Euphrasie, qui, sous la foi du serment, nous a déclaré les faits suivants : « Le 6 du mois d'août 1852, je fus prise de fièvres et de sueurs continuelles, accompagnées d'une toux sèche et opiniâtre. Le médecin crut d'abord que c'étaient des fièvres intermittentes. Voyant que cet état ne s'améliorait pas, il m'ausculta et découvrit une affection au sommet du poumon droit et augura de là que j'étais atteinte d'une phtisie pulmonaire. Le 6 novembre, je fus prise de vomissements et de douleurs déchirantes dans la poitrine et dans le dos. Je ne pouvais garder aucune espèce de nourriture, pas même le liquide; cette diète sévère à laquelle je me vis condamnée, n'apporta aucune amélioration à ma position. Après ce laps de temps, j'éprouvai une faim dévorante qui me faisait saisir avec avidité tout ce que l'on me présentait, encore je ne pouvais parvenir à la satisfaire. Cette voracité ne contribuait qu'à augmenter mes souffrances et mes vomissements continuels; et à chaque moment, des défaillances me faisaient croire que je touchais au terme de ma vie. Au début de la maladie, je complais sur les secours de la médecine, mais en vain. Depuis six mois, voyant que leurs prescriptions n'aboutissaient à rien, les médecins m'avaient entièrement abandonnée. Dès lors, je me confiai à Dieu et me résignai à la mort. Le 4 novembre 1833, je reçus la visite de M. le curé de Vernoil, qui me raconta son voyage à la Salette. Il m'engagea à faire une neuvaine et me promit de m'envoyer de l'eau de la fontaine miraculeuse. Je lui répondis que je ne pouvais me résoudre à demander à la Sainte Vierge une chose que je ne désirais pas; il me persuada que je le devais, non par attachement à la vie, mais pour la gloire de Dieu et de la Sainte Vierge. Il ajoutait que j'étais jeune et que je pourrais me rendre utile à la congrégation. Je le lui promis faiblement. Depuis le 1er novembre, mon âme était livrée à une violente tempête; rien ne pouvait calmer les frayeurs dont j'étais continuellement agitée; je remettais de jour en jour à commencer ma neuvaine, lorsque mon directeur m'ordonna de ne plus retarder; d'après un ordre si positif, je la commençai le 21 novembre, et je pris avec beaucoup de confiance quelques gouttes d'eau de la sainte Montagne. Dès le premier jour, mes dispositions morales changèrent d'une manière surprenante. Une voix intérieure semblait me dire que j'allais être guérie par l'intercession de la Sainte Vierge. Tout le temps de la neuvaine s'est passé dans la plus douce confiance en Celle qu'on n'invoque jamais en vain. Le dernier jour de la neuvaine et de ma maladie en même temps, jour désiré, j'eus le bonheur de recevoir la sainte communion que monsieur l'aumônier me porta à quatre heures du matin. A sept heures, toute la communauté assistait au saint sacrifice de la messe, et fit la communion à mon intention. Toute la matinée s'est passée avec des douleurs excessives; mais la voix intérieure qui s'était fait entendre les jours précédents, était encore plus forte et me disait que je serais guérie. Nos sœurs, à qui je faisais part de mes sentiments de confiance, ne le croyaient pas. Vers midi, il s'est passé quelque chose de si extraordinaire dans tout mon être, qu'il m'est impossible de le rendre. Revenue un peu de l'impression causée par un sentiment subit et général, je me connus parfaitement guérie. J'ai voulu aussitôt témoigner à cette bonne Mère toute la reconnaissance dont mon âme était remplie; c'était même trop peu pour mon cœur, j'aurais souhaité que tout le monde le sût pour m'aider à remercier ma souveraine Bienfaitrice. Notre mère générale ce jour-là était absente. Il me tardait de lui annoncer la faveur insigne que j'avais reçue. A son arrivée, qui eut lieu à six heures du soir, elle s'empressa de venir me voir. « Ma mère, m'écriai-je aussitôt, la Sainte Vierge m'a guérie: permettez-moi d'assister demain à la messe et d'y faire la sainte communion ». « Oui, me dit-elle, si vous vous en sentez la force, je ne veux pas m'opposer à vos désirs ». La nuit se passa très-bien. Deux de nos sœurs vinrent le matin m'aider à faire mes petits préparatifs; j'aurais pu me passer de leur bienveillante attention et m'y rendre seule. Le bonheur et la joie que j'avais éprouvés le jour précédent, ne firent qu'augmenter pendant le saint sacrifice où j'assistai pour la première fois depuis seize mois. Depuis ce jour, j'ai suivi tous les exercices de la communauté et ne me suis plus ressentie de mon indisposition. Le 16 février 1854, la sœur s'est présentée de nouveau à nous; elle a déclaré qu'aucun accident de son ancienne maladie n'avait reparu depuis sa guérison; que sa santé était constamment bonne, et qu'elle pouvait vaquer, comme autrefois, à toutes ses fonctions. La présente relation, signée de plusieurs témoins, entre autres, la supérieure de l'hospice et les sœurs, M. l'aumônier, l'abbé Juret, M. Charles, aumônier du Calvaire, M. Jaubert, vicaire-général.

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette! profondément touchés de vos enseignements salutaires, et des refus impies que tant de prévaricateurs osent faire à votre Fils, nous éprouvons le besoin de soulager nos cœurs à vos pieds, et de nous écrier, dans l'amertume de notre douleur compatissante: « Qu'ils sont coupables ceux de nos frères qui violent le saint jour du Dimanche, et oublient si fort ce qu'ils doivent à leur Sauveur!... » Et ce qui ajoute à leur malheur, c'est de fermer l'oreille à votre voix si douce et si auguste, c'est de continuer à braver la justice divine, en méprisant la loi de Dieu!... Cependant, ô bonne et tendre Mère, ayez encore compassion de ceux qui n'ont pas pitié d'eux-mêmes: par un effort suprême de votre charité, ouvrez leurs yeux coupables; sauvez-les, et sauvez-nous nous-mêmes: c'est votre propre cœur qui vous le demande par notre bouche; car c'est de votre cœur qu'est sorti l'avertissement qui nous inspire cette prière, voulant désormais, en faveur de tous nos frères malheureux, faire de chaque dimanche, un jour entier de dévotion et de saintes œuvres. Ainsi soit-il.

1573225967_6967bd491d_o

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes


22 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Vingt-troisième jour

La profanation du dimanche

« Je vous ai donné six jours pour travailler; je me suis réservé le septième ; on ne veut pas me l'accorder! »

 

Dans son discours sur la montagne, la Sainte Vierge assigne pour première cause, à la justice irritée de son Fils, la profanation du dimanche; on n'en est point surpris, cette profanation étant la violation de la loi de Dieu, dans un point fondamental, qui a reçu la consécration de sa parole et de son exemple. Après avoir formé le monde en six jours, le Créateur bénit et sanctifia le septième; il cessa toute œuvre, et rentra dans son repos éternel. Pour conserver le souvenir de ce jour à jamais mémorable, Il voulut que ce même jour fût sanctifié par les créatures raisonnables qui habiteraient la terre: « Souvenez-vous, a-t-il dit, de sanctifier le jour du repos; vous travaillerez durant six jours... mais le septième est le jour du repos consacré au Seigneur votre Dieu... » La profanation du Dimanche est, pour ainsi parler, la violation de la religion tout entière: deux cultes constituent la religion; le culte intérieur, qui en est l'essence et le fondement, et le culte extérieur, qui soutient et nourrit le premier: négliger le culte extérieur, ou, ce qui est la même chose, ne pas sanctifier le Dimanche, c'est négliger le culte intérieur qui s'y rattache nécessairement; c'est négliger par conséquent la religion tout entière. Et c'est là qu'en arrivent bientôt ceux qui ne sanctifient pas le jour du Seigneur; leur âme devient tous les jours vide et froide comme leurs œuvres; d'une part on oublie les vérités éternelles, la prière, les sacrements, c'est-à-dire toutes les règles du devoir; d'autre part, les mauvais penchants se développent, parce qu'ils manquent de loi et de frein; alors les passions se déchaînent, les scandales abondent, les crimes se multiplient; et les iniquités des hommes arrivant à leur comble, appellent sur la terre la malédiction divine. C'est parce que, depuis un certain nombre d'années, la loi du Dimanche est presque généralement méconnue, oubliée parmi nous, que nous avons vu tour à tour, la peste avec ses horreurs, la famine et ses tortures, les inondations avec leurs désastres, la guerre et ses calamités, les révolutions et leurs ravages; avec un peu de foi, il est impossible de ne pas voir que la main de Dieu nous a châtiés, qu'elle nous châtie encore; et ces châtiments, comme l'a annoncé la Reine du Ciel à la Salette, continueront à fondre sur nous plus nombreux et plus terribles, si l'on ne revient pas à la sanctification du jour du Seigneur! Dieu pourra différer encore la vengeance; c'est pour donner lieu au repentir: mais quand l'iniquité persévère, la colère divine finit par éclater; et si l'on pouvait découvrir la source de ces fléaux qui ravagent les campagnes, on reconnaîtrait qu'ils découlent pour la plupart de la violation du Dimanche; que ceux qui s'en rendent coupables, perdent souvent en quelques heures le fruit de plusieurs années passées dans la profanation de ce saint jour. Les prétendus sages de la science attribuent ces fléaux et ces malheurs à des causes naturelles; mais, ces causes, qui les détermine, qui les fait mouvoir, si ce n'est Celui seul qui a créé et gouverne l'univers? Ne pas le reconnaître, c'est obstinément s'aveugler soi-même, et irriter de plus en plus la justice céleste. Descendue donc du ciel pour nous inviter à la pénitence, notre miséricordieuse Mère commence par nous signaler à la Salette celle de nos transgressions qui irrite le plus son Fils: Elle s'en plaint amèrement au monde, en ces termes: « Je vous ai donné, dit-Elle aux bergers, six jours pour travailler; je me suis réservé le septième; et l'on ne veut pas me l'accorder! » On vient de le voir, ces paroles nous révèlent un désordre bien universel, une plaie bien profonde et bien funeste: c'est à nous, enfants de la Salette, qu'il appartient d'étudier la profondeur du mal, et d'appeler par des vœux ardents, la conversion de ceux que le céleste message de la Mère de Dieu n'a pu encore ni toucher ni guérir.

 

Réflexions

 

Les Dimanches et les fêtes, réservés à Dieu, sont profanés de trois manières différentes: 1° Parce qu'au lien d'être des jours saints, ils sont des jours spécialement donnés au péché; 2° Parce qu'ils sont, pour un grand nombre, des jours d'affaires, de négoce ou de travail; 3° Parce qu'ils ne sont pas suffisamment consacrés à l'assistance à la messe, et aux œuvres de religion. Méditons successivement chacune de ces transgressions pour bien entendre et pousser les reproches de Notre Dame de la Salette, sur la montagne.

 

Première profanation. 1° Les Dimanches et les fêtes sont profanés, parce qu'au lieu d'être, des jours saints, ils sont des jours spécialement donnés donnés au péché: L'homme délivré, à des jours déterminés, de la préoccupation des affaires et des fatigues de ses travaux, doit s'attacher, dit le catéchisme Romain, à adorer Dieu d'esprit et de cœur, et à lui témoigner sa reconnaissance, sa soumission et son amour: et si c'est là pour nous une obligation, qui ne comprend que nous devons éviter avec un grand soin le péché mortel, qui nous fait perdre l'amitié de Dieu ? D'ailleurs, si Dieu a voulu, dans sa bonté, nous interdire les œuvres serviles, ces mêmes jours, non qu'elles sont mauvaises en elles-mêmes, mais qu'elles nous empêcheraient de nous appliquer convenablement au culte de Dieu; combien plus il doit nous défendre de nous abandonner en ces jours au péché mortel, par lequel nous brisons tous les liens qui nous unissent à Dieu, et nous nous rangeons sous l'étendard de ses ennemis ». Or, comment la plupart des bonnes peuvent-ils appeler, de nos jours, les Dimanches et les fêtes? jours de désordres, d'habitudes mauvaises, de chutes, de transgressions; jours du démon, puisqu'en nous abandonnant au péché mortel, c'est lui que nous serons. 2° Au témoignage de saint Jean Chrysostôme le péché mortel commis le Dimanche et les fêtes, sans avoir une malice spéciale, fait à Dieu une injure particulière, à raison de la sainteté de ces jours. « En effet, dit saint Jean Chrysostôme, les péchés graves que nous commettons le Dimanche, sont comme une barrière que nous opposons aux dons célestes que Dieu avait dessein de répandre sur nous; nous arrêtons ainsi, par notre propre malice, l'effusion de ses miséricordes. Ah! si nous pouvions connaître, dit-il, la bonté et la libéralité de Dieu. Il étend continuellement les bras, pour recevoir ses enfants prodigues qui veulent revenir à Lui. Il a toujours les mains pleines de fleurs, c'est-à-dire pleines de grâces pour venir au secours de ceux qu'il chérit: et si telle est la conduite qu'il tient en tout temps, ne la tiendra-t-il pas, à plus forte raison, les Dimanches et les jours de fêtes ? » Mais comment pouvons-nous espérer continue ce grand Docteur, ces faveurs de la miséricorde de Dieu, si dans ces jours saints, au lieu de payer au Seigneur notre dette de gratitude et d'amour, nous secouons le joug tout aimable de sa loi, et si nous ajoutons de nouveaux anneaux à la chaîne déjà si longue de nos péchés et de nos ingratitudes? Comprenons donc bien ce que nous devons à Dieu, ce que nous nous devons à nous-mêmes, pour ne pas commettre, le Dimanche et les jours de fête, des fautes graves et mortelles. Mais est-ce bien là, âmes pieuses, la conduite ordinaire et commune des chrétiens? Que voyons-nous, le Dimanche, dans nos cités, sinon plaisirs, faste, pompes mondaines? et il n'est pas besoin d'aller dans les grandes villes; dans nos campagnes, et jusque dans les petites bourgades, ne suffit-il pas le dimanche de jeter un regard autour de soi pour demeurer convaincus que la grande affaire n'est pas la prière et le service de Dieu, mais bien la vanité, les cherches dangereuses; que ce jour sacré, en un mot, est bien moins à Dieu qu'au péché.

 

Pratique: Eviter avec plus de soin, le Dimanche et les fêtes, les fautes graves; vaquer soi-même aux exercices et œuvres de la piété. Mère ou maîtresse de maison, éloigner ses enfants ou ses serviteurs de toutes occasions porteuses de pêché, et leur faciliter la prière et le service de Dieu.

 

Guérison miraculeuse, vœu, deux conversions obtenues par l'intercession de Notre Dame de la Salette

 

Vers la fin du mois de mars de l'année qui vient de s'écouler (1866), dans une modeste chambre, au deuxième étage, dans une ville du Midi, se passait une scène des plus touchantes. Un jeune enfant âgé de neuf ans, fils unique, gisait sur un lit de douleur, en proie a une longue et douloureuse agonie. Il était onze heures du soir. A son chevet, le père et la mère contemplaient, les yeux baignés de larmes, le spectacle déchirant d'un fils qui allait être pour jamais ravi à leur affection. Une fluxion de poitrine déclarée mortelle presque à son début, eût bientôt dégénéré en une phtysie pulmonaire, parvenue rapidement à sa dernière période. Tous les moyens indiqués par la science avaient été employés; aucun n'avait réussi a améliorer la situation du petit malade, dont les souffrances aiguës excitaient la commisération de ceux qui entouraient. On prépara cette jeune âme a recevoir les derniers sacrements, et on jugea même à propos de lui faire faire la première communion ce qu'il fit avec une piété toute angélique. Su se plut dans cette âme tendre et délicate, et voulut en faire l'instrument qu'il fit servir à ses desseins pour ramener dans la voie du bien deux âmes qui s'en étaient écartées. La mésintelligence à la suite de quelques affaires domestiques et personnelles avait séparé déjà depuis longtemps l'époux et l'épouse et les membres des deux familles, que cette circonstance seule avait réunis ce jour-là. Arrive un jour de détresse et de deuil, où le cœur-trop longtemps comprimé s'effraie de sa solitude; il a besoin de partager avec un autre lui-même le trop plein de la douleur qui l'oppresse. En présence de la mort, image triste, frappante, mais pourtant bien salutaire; sur le point de voir se rompre les liens d'une existence qui nous est chère, et qui semble seule nous attacher à la vie; les divisions cessent, les passions se calment, les haines trop longtemps nourries s'apaisent; on oublie, on pardonne, on sent le besoin d'être miséricordieux parce qu'on a besoin soi-même d'obtenir miséricorde. Du reste, comment auraient-ils pu être heureux, les infortunés? leur union n'avait pas été bénie et consacrée par l'Eglise. Notre petit moribond, dans les desseins de Dieu avait été choisi pour être l'instrument d'une conversion. Le médecin qui, pendant sa longue maladie, lui avait donné des soins aussi actifs qu'intelligents, avait déclaré dans sa dernière visite, il y avait peu d'heures, que désormais tout espoir était perdu, et que probablement le lendemain l'enfant aurait cessé de vivre. Un second médecin est aussitôt appelé, mais en vain; il confirme ce que son prédécesseur avait dit: « Madame, ajouta-t-il, il n'est plus temps, c'est auprès d'un cadavre que je me vois en ce moment; résignez-vous, Dieu vous en demande le sacrifice ». Cependant, au milieu de cette situation désespérante, il se fait comme un trait de lumière; les deux infortunés se communiquent mutuellement leurs intentions. Emus, fondant en larmes, ils tombent à genoux élevant leurs regards suppliants vers le ciel. Il n'en faut pas davantage, Dieu a tout compris; il ne veut pas frapper le pécheur qui revient à lui dans toute la sincérité de son cœur. C'est l'âme qui lui a tant coûté, qu'il a rachetée au prix de son sang; c'est sur cette âme privilégiée de son amour, qu'il a hâte de déverser tous les trésors de sa tendresse. Ce sera par Marie, par celle qui est appelée à juste titre Réconciliatrice des pécheurs, que le prodige s'accomplira. Ayant entendu parler des grâces nombreuses obtenues par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, ils commencent dans ce moment même une neuvaine en son honneur; le père s'engage à aller chaque jour faire une visite à son sanctuaire, tandis que la mère, veillant au chevet de son enfant, s'unirait à lui en récitant les mêmes prières. Ils font vœu à la Sainte Vierge que si l'enfant leur était rendu, aussitôt ils feraient bénir leur union et se montreraient exacts observateurs des devoirs religieux qu'ils avaient négligés jusqu'à ce jour. A peine la promesse est-elle faite, que l'enfant s'endort du sommeil le plus paisible, la nuit se passe meilleure que de coutume; le lendemain une amélioration sensible se manifeste, et ainsi progressivement, chaque jour; le mieux s'accroît jusqu'au neuvième jour, où la guérison est complète. Il alla aussitôt témoigner sa reconnaissance à la bonne Mère, accompagné de ses parents qui remplirent leur promesse. Le dimanche suivant, tous trois agenouillés à la table sainte, édifiaient les assistants qui avaient eu déjà connaissance de ce fait. Gloire et amour à Notre-Dame de la Salette! (Sanctuaire de Nîmes).

 

Prière

 

Nous le reconnaissons aujourd'hui, ô Vierge de la Salette; un douloureux spectacle s'offre à tous les yeux, dans cette France dont vous êtes la patronne. Le jour du Seigneur ne diffère trop souvent des autres que par des amusements profanes: O Mère, ne vous joignez pas à votre Fils, pour nous châtier et nous punir: laissez-vous loucher par nos regrets et nos résolutions, et détournez encore le courroux du Seigneur; touchés alors de tant de compassion, nous redeviendrons chrétiens; nous ferons retentir nos églises des louanges de Dieu; nous y joindrons les vôtres, et notre cœur Vous proclamera notre libératrice; et après avoir accompli avec bonheur un devoir sacré sur la terre, nous verrons naître ce dimanche éternel, où, dans le sein de Dieu, nous chanterons, avec les anges et les saints, les grandes miséricordes du Seigneur, et votre secours maternel qui nous aura sauvés. Ainsi soit-il.

753_001

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

21 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Vingt-deuxième jour

La Sainte Vierge à la Salette, martyre de ses souffrances

« Depuis le temps que je souffre pour vous! »

 

Nous avons apprécié le discours de la Sainte Vierge, dans son ensemble, par les considérations générales qui précèdent; il faut maintenant méditer, une à une, les phrases qui le composent ; elles sont pleines d'enseignements salutaires et pratiques. Après la prédiction des fléaux, les premières paroles de Marie sur la montagne sont les suivantes: Depuis le temps que je souffre pour vous! Ce premier cri de l'âme de Marie exprime à la fois, une douleur arrière, et un doux reproche: « Depuis le temps que je souffre!... » Comme on sent palpiter sous ces mots un cœur gros de soupirs et de souffrances! La phrase est en quelque sorte incomplète, comme la douleur qu'elle cache est inexprimable; elle est brève, contenue, comme la parole qui, bien méditée, veut noblement exprimer une grande pensée: c'est en un mot l'accent plaintif d'un cœur souffrant et trop longtemps contenu, qui veut d'un seul cri laisser échapper tous les gémissements et toute l'amertume d'une grande douleur; depuis le temps que je souffre!... Ces paroles expriment aussi un doux reproche: Marie semble nous dire: « Mes enfants, je sais souffrir! cette science, mon cœur l'a chèrement acquise au Calvaire, au pied de la croix de mon Fils!... Mais, voilà bientôt 2 000 ans que je souffre pour vous!... et le monde n'y songe pas... il a même l'air de ne pas s'en douter!... et une longue souffrance, méconnue ou méprisée est bien douloureuse!... Ne viendront-ils donc jamais les jours où mes amertumes seront comprises?... Ah! mes enfants, je veux bien souffrir encore pour vous; une Mère ne se lasse pas de souffrir : mais, n'abusez pas de mon cœur; n'épuisez pas sa bonté maternelle; je le vois, je le sens, ce cœur n'y pourra plus tenir, s'il n'est aidé désormais de la commisération des hommes, par la conversion de leurs âmes!... Est-ce trop vous demander, depuis le temps que je souffre pour vous?... » Et ne pensons pas que cette douleur de Notre Dame de la Salette soit une douleur médiocre; elle est, au contraire, immense, et touche à la magnanimité du martyre!... Deux conditions en effet peuvent adoucir la souffrance; la durée, si elle est courte; le motif, s'il doit en résulter un bien, une consolation : or, tous ces adoucissements de la douleur sont ici refusés à la Sainte Vierge; pas de condition de courte durée; entendez-la sur la montagne: « Je souffre, dit-elle, depuis si longtemps... Pas de soulagement venu du motif »; Elle souffre inutilement... Marie avait au Calvaire, pour supporter le poids de ses douleurs, l'espérance du salut des hommes; aujourd'hui, cette espérance Consolatrice est déçue; les hommes s'égarent, se perdent, n'observant ni les lois de Dieu, ni celles de l'Eglise; aujourd'hui, après deux mille ans de maternelle patience, l'attente est vaine, et la Vierge de la Salette est réduite à jeter, aux échos des Alpes, ce cri prophétique de l'amour trompé de Jésus Christ, aux échos du Calvaire: « A quoi donc a servi toute l'effusion du sang de mon Fils!... » Or, cette douleur de l'âme trompée en si hautes espérances, est un vrai martyre: il y a le martyre matériel, qui tue le corps; il y en a un autre non moins réel, mais plus beau, plus noble, plus élevé, c'est le martyre moral qui épuise, et inutilement, la vie du cœur, l'amour!...

 

Réflexions

 

Le fruit pratique de la lecture de ce jour se tire de la réponse à cette question: Pour qui souffre la Sainte Vierge à la Salette? Marie, la grande affligée de la Salette, répond elle-même pour vous: Depuis le temps que je souffre pour vous! Or, ces mots : pour vous, ont un sens général et un sens personnel: 1° Au sens général, ces mots: pour vous, signifient pour l'humanité tout entière; oui, ici encore la montagne de la Salette se dresse à côté du Calvaire, et en renouvelle les grandes scènes: au Calvaire, l'apôtre Jean était debout au pied de la Croix, et en sa seule personne, disent les Pères, était représentée l'humanité elle même; un spectacle analogue se déroule à nos yeux au sommet des Alpes: Marie daigne se montrer à la terre, deux enfants seulement sont admis à la contempler; mais ces deux pauvres pâtres représentent tous les hommes; et c'est à l'humanité tout entière, en leur humble personne, que s'adresse le discours de la Sainte Vierge. Et alors, Marie souffre sur la montagne, pour les familles, pour les villes et les bourgades, pour les royaumes et les empires, pour tous les peuples, pour toutes les nations. L'apparition de la Salette a donc un caractère d'universalité qui embrasse la création elle-même; elle demande donc, de tous les hommes, une réparation publique, universelle, pour la grande douleur qu'elle révèle; douleur non pas seulement ici vaste comme la mer, selon le mot du Prophète, mais immense, étendue comme le monde, cause première et générale, par ses iniquités, des longues souffrances de Notre Dame de la Salette. 2° Au sens particulier, ces paroles: « Je souffre pour vous! » s'appliquent à nous personnellement; à nous, riches ou pauvres, jeunes ou vieux; à nous, personnes du monde, religieuses, prêtres... Or, quelle émotion profonde, quelle impression de regret et de douleur éveille dans notre âme la méditation de ces simples mots: Marie, ma Mère, souffre pour moi! En voyant, en effet, Jésus sur la croix, je m'humilie et je me dis à moi-même: Suis-je innocent de cette mort?... A la montagne de la Salette, sur le nouveau Calvaire, qui de nous osera dire: « O Marie, ô ma Mère, je suis innocent.. ce n'est pas moi qui vous fais souffrir!... »

 

Pratique : Nous corriger de nos propres péchés, qui ajoutent aux souffrances de la Sainte Vierge; compatir, d'esprit et de cœur, à ces mêmes souffrances ; réciter aujourd'hui en réparation la belle prière, Stabat Mater...

 

Guérison miraculeuse et établissement de la dévotion à Notre Dame de la Salette, à Gargas (Haute-Garonne)

 

« Monsieur le curé de Villenouville nous donne les détails suivants : J'ai été naguère l'heureux témoin, dit-il, d'une cérémonie bien attendrissante; je ne puis résister au besoin d'en promulguer les détails intéressants. La confrérie de Notre-Dame de la Salette, établie déjà depuis plusieurs années dans l'église de Saint Exupère, à Toulouse, où elle produit tant de fruits de sanctification, a été érigée canoniquement dans une modeste église de la campagne, le premier dimanche de septembre. C'était en l'année 1864, à Gargas, canton de Fronton (Haute Garonne). L'idée de cette érection a été inspirée par un sentiment de reconnaissance envers l'auguste Marie qui se plaît à semer en tous lieux ses bienfaits. Un jeune adolescent, nommé Félix Ratier, avait depuis quelque temps au pied une plaie qui s'envenimait tous les jours, au point que sa famille désolée craignait qu'il n'y succombât. Tous les efforts de la science avaient semblé jusqu'à ce jour impuissants pour remédier à un mal si violent et déjà invétéré. Le médecin, un soir, sortit de la maison du jeune malade, n'emportant avec lui aucune espérance. Sa première question, quand il revint le lendemain, fut celle-ci: « Félix est-il mort? » « Oh non! il n'était pas mort, le candide enfant; il était sur le point de recouvrer la santé la plus parfaite et de convier ses parents consolés au banquet du bonheur ». Que s'était-il donc passé? le voici: Monsieur l'abbé Sauceron, curé de Gargas, avait sollicité la faveur de demeurer seul quelques instants avec le malade. Il reçut la confession de ce pauvre enfant qui, un moment auparavant, pouvait à peine prononcer une parole. Il mit dans ses mains défaillantes une médaille de Notre Dame de la Salette: « Voilà, mon fils, lui dit le vénérable pasteur, ta Mère du ciel, elle te sauvera ». En effet, la plaie prit pendant la nuit même un aspect des plus satisfaisants, et bientôt elle fut complètement cicatrisée. O tendre enfant que la Sainte Vierge a guéri, grandis en sagesse à mesure que tu croîtras en âge; et que ton jeune cœur brûle toujours pour ta bienfaitrice et de gratitude et d'amour. La paroisse entière de Gargas a voulu s'associer à la famille de l'adolescent rendu à la santé, ainsi qu'au pasteur brûlant de zèle pour Marie, afin d'élever un monument destiné à perpétuer le souvenir de ses maternelles bontés. Le dimanche matin, le pain eucharistique a été distribué pendant la messe solennelle à un peuple nombreux et profondément recueilli. Plusieurs membres du clergé venus des villes voisines, rehaussaient par leur présence cette fête de famille. Le soir, une magnifique procession, que complétait le concours prodigieux des paroisses environnantes, sortit de l'église pour aller à travers les rues, tapissées de feuillage et bordées d'arbres sur lesquels flottaient au gré du vent de gracieuses oriflammes aux couleurs de Marie, auprès d'un berceau de verdure, dans lequel reposait la statue de Notre Dame de la Salette conversant avec les deux bergers. Les prêtres et le peuple ont entonné en plein air l'Avé, Maris Stella, que répétaient les échos d'alentour. Ainsi se termina cette mémorable journée, qui laissera dans tous les cœurs de profonds souvenirs. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O Vierge de la Salette, à quelles scènes douloureuses et non interrompues nous fait assister votre apparition sur la montagne!... O profond et touchant mystère!... Dieu ne vous a-t-il donc choisi pour sa Mère, que pour faire de vous une illustre victime, destinée à la douleur!.. Vous souffrez au berceau de Jésus, voyant un Dieu pleurer et se plaindre ; vous vous abreuvez trente-trois ans à la coupe de ses humiliations!... Le dernier jour venu, vous montez au Calvaire avec votre Fils, par un chemin couvert de son sang, pour consommer avec lui le dernier sacrifice!... Et voici que je vous trouve encore aujourd'hui, au sommet de cette montagne de la France, le front humilié, des yeux inclinés vers la terre, un visage couvert de larmes, des accents plaintifs, une posture suppliante, et un cœur attristé de toutes les douleurs d'une mère!... Que d'afflictions!... Que de maux!... Et c'est nous qui sommes la cause de ce martyre!... O tendre Mère, à cette triste pensée notre cœur se brise, notre âme-est dans la tristesse!... Pardonnez encore, pardonnez vos malheureux enfants; ils se convertiront, ils feront pénitence, ils mourront contrits et repentants, voulant vivre éternellement avec vous, au ciel, sans douleurs, dans le séjour de la paix. Ainsi soit-il.

203_001

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

20 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Vingt-et-unième jour

Les malheurs et fléaux annoncés à la Salette

 

Sur la montagne de la Salette, la Reine du ciel a fait entendre, au nom de Dieu, ces paroles effrayantes: « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils ; il est si lourd que je ne puis le retenir... Les semences ne germeront pas ou tomberont en poussière ; les récoltes périront... Il viendra une grande famine... Les petits enfants, malades et tremblants, mourront entre les mains de ceux qui les tiendront, et les autres feront leur pénitence par la faim... » et autres calamités qui peuvent affliger les familles et la société coupables. Tels sont les châtiments dont le Seigneur menace, dans le discours de sa Mère sur la montagne, les hommes prévaricateurs : il est vrai que pour se rassurer contre ces vengeances de la justice céleste, certains chrétiens prétendent que Dieu ne sera point aussi sévère qu'on veut le faire entendre dans les prédictions de la Salette. Déjà cependant bien des gouttes amères de ce vase mystérieux de la colère divine se sont répandues sur le monde. Pourrait-on méconnaître les fléaux annoncés par la Sainte Vierge, devant les calamités de toute sorte qui sont venues nous assaillir de nos jours?... Peut-on nier ceux qui nous affligent, les fléaux de la nature et leurs ravages, la guerre avec ses désastres, la disette avec ses angoisses, la peste avec ses terreurs! et tous ces malheurs réalisés ne sont-ils pas la preuve de ceux qui nous attendent encore? Et que Dieu appelle les fléaux de la nature, les éléments du monde matériel et physique à être les instruments de sa justice, il n'y a rien là qui nous doive étonner ou surprendre: Dieu a établi un rapport étroit entre l'ordre moral et l'ordre physique de l'univers; le désastre du monde moral, le péché entraîne le désordre de la nature, la révolte des éléments eux-mêmes: La création matérielle a une fin suprême; cette fin suprême c'est Dieu lui-même; et l'homme a été distingué des autres êtres visibles, pour faire monter jusqu'à Dieu la gloire qu'il attend des créatures sans intelligence : il doit en quelque sorte prêter à tous les êtres créés sa voix pour qu'ils bénissent Dieu, son esprit pour qu'ils le connaissent, sa liberté pour le servir et l'adorer : le cœur de l'homme, enfin, a été placé au sein de la création, comme un autel sacré qui doit résumer toute la nature, pour la faire remonter vers Dieu en parfums de pur amour... Mais si l'homme, investi de cette fonction sublime, de ce sacerdoce d'élévation à Dieu, loin de rattacher la création au Créateur, rompt, brise la chaîne merveilleuse par laquelle la terre tient; au ciel alors, cette même création prend en une sorte de détestation secrète l'homme prévaricateur; alors, elle ne lui refuse pas seulement son service, mais elle s'arme contre lui, pour venger le Créateur méprisé: le soleil retire sa chaleur vivifiante; une pluie bienfaisante ne fertilise plus les campagnes; la terre n'ouvre aux semences qu'un sein stérile; les fléaux se déchaînent, les saisons se bouleversent, les tempêtes se multiplient sur les mers, les fleuves franchissent leurs rives, et viennent ravir aux hommes coupables leurs plus magnifiques espérances; et n'est-ce pas justice, que les créatures, détournées par des ingrats de la noble fin qui leur a été assignée par le Créateur, ne servent plus qu'à les punir de leurs ingratitudes?...

 

Réflexions

 

1° Quelle est la cause première et générale des fléaux et des malheurs publics? Il n'y a jamais qu'une cause des maux qui désolent l'humanité, le péché... Aussi Notre Dame de la Salette assigne-t-elle dans son discours, comme cause unique des calamités qui nous menacent, les péchés des chrétiens, les iniquités des peuples : il n'en saurait être autrement, le péché étant la violation des lois de Dieu, une opposition à sa volonté souveraine, une révolte audacieuse contre sa volonté, une sorte de tentative, pour détruire son existence!... Or, il n'est que deux moyens d'offrir à Dieu outragé une indispensable réparation, la pénitence ou le châtiment, une satisfaction volontaire ou une satisfaction forcée!... « La peine, dit Bossuet, rectifie le désordre; qu'on pèche, c'est le désordre; qu'on soit puni quand on pèche, c'est la règle; et Dieu, c'est la règle parfaite et nullement courbe; et tout ce qui n'y convient pas y est brisé, et sentira l'effort de l'invincible et immuable rectitude de la règle!... » Nous l'avons déjà observé, Jésus-Christ nous apparaît au jardin des Oliviers tenant dans ses mains le calice de la passion, et les peuples anciens viennent déposer sur sa tête divine, le poids de leurs iniquités... Représentons-nous aujourd'hui la Sainte Vierge portant dans ses mains maternelles, sur la montagne de la Salette, la coupe des iniquités des peuples nouveaux... Quel mal personnel avons-nous déposé dans cette coupe des colères nouvelles?... Quelle est notre part de responsabilité, dans les châtiments dont nous menace Notre-Dame de la Salette?... 2° Dans quels sentiments faut-il assister au spectacle des calamités publiques? Dans des sentiments de foi et de conversion: 1° La foi, qui croit à l'action divine de la Providence dans le gouvernement de ce monde, et non à la fatalité d'un hasard divinisé, distributeur aveugle des biens et des maux de la vie: la foi, qui se tait dans l'épreuve, qui ne murmure pas dans le malheur, et respecte la main de Dieu, se rendant à elle-même solennelle justice au milieu des peuples: il importe peu d'ailleurs de ne pas reconnaître les châtiments de Dieu; l'insouciance publique n'empêche pas la colère divine de frapper, et nous, de ressentir ses coups redoutables; que peuvent les négations des hommes, contre les volontés de Dieu?... 2° Conversion : « Si les hommes se convertissent, est-il dit dans le discours de la Sainte Vierge, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé... » Le sens moral et pratique de ces paroles est celui-ci: pour les pécheurs convertis, la miséricorde divine tire le bien du mal; et les fléaux et les malheurs publics chrétiennement acceptés, sont changés en trésors d'expiation, de grâces et de mérites, pour l'heure de la grande moisson, dans les greniers du Père céleste...

 

Pratique : Reconnaître que les calamités publiques ont pour cause le péché. S'appliquer à aimer, ou du moins à supporter avec patience les maux et les croix de la vie; réciter aujourd'hui une bonne prière, pour la cessation des malheurs présents.

 

Conversion de deux juifs

(Deuxième partie)

 

Notre famille, le jour même où on nous remit entre ses mains, nous avertit que le soir même nous partirions pour Mulhouse. Cet ordre nous désespéra, car nous savions tout ce que nous allions avoir à souffrir au milieu d'une population composée de juifs et de protestants. Alors nous allâmes à Fourvières avec notre bon père spirituel, et nous fîmes vœu d'aller en pèlerinage à Notre Dame de la Salette, si nous étions bientôt délivrés de la persécution des juifs, ou au moins, si nous restions toujours inébranlables dans notre foi. Nous arrivâmes à Mulhouse, où pendant un mois la fureur judaïque chercha à nous ébranler dans notre croyance. On nous avait défendu d'aller chez le curé, et on exerçait vis-à-vis de sous la surveillance la plus active pour empêcher toute démarche ou visite de nature à nous affermir dans notre foi. Nous nous tournâmes alors vers Notre Dame de la Salette, nous la priâmes de nous couvrir de son manteau; et en dépit de tous les juifs, nous allâmes presque tous les jours chez M. le curé. On nous avait fait une défense formelle d'écrire quelque lettre que ce fut, et chaque jour, cinq, six lettres que nous jetions nous-mêmes à la poste, étaient expédiées; mais nous avions encore d'autres assauts à supporter. Les juifs avaient ordonné au rabbin de chercher à nous ramener dans le chemin que nous avions abandonné; et à toutes les heures, il nous fallait répondre à des questions captieuses qui nous étaient adressées. Notre Dame de la Salette répondit pour nous: une voix nous disait au fond de notre cœur, ces paroles du Seigneur: « Ne pensez pas à ce que vous direz à vos ennemis; lorsque l'heure arrivera, le Saint Esprit vous soufflera ce que vous devrez dire ». Et en effet, nous pûmes répondre à toutes les objections qu'on nous fit, et avec l'aide de Dieu, nous pûmes convaincre le rabbin de son ignorance et de sa mauvaise foi. Après un mois d'épreuves, notre famille, voyant que notre foi était inébranlable, nous envoya à Paris pour faire notre droit. Nous aurions bien désiré pouvoir entrer au séminaire, c'était là que nous portait notre cœur; mais nous ne le pouvions pas à cause de noire famille. Arrivés à Paris, la persécution recommença. On voulait nous faire entrer de force dans un pensionnat juif: nous refusâmes; et choisissant une pension bourgeoise convenable, nous déclarâmes que nous n'en sortirions qu'accompagnés par la gendarmerie. Cette décision souleva une fureur générale parmi les juifs de Lyon, et notre famille mit tout en œuvre pour en venir à ses fins. Notre tuteur vint à Paris, et, pendant huit jours, il fit tous ses efforts auprès des autorités pour obtenir contre nous un mandat d'arrêt; il nous refusa son consentement pour prendre nos inscriptions de droit et nous retrancha tout moyen de subsistance. Notre position était critique; mais nous nous reposâmes en Dieu; nous rappelâmes à Notre Dame de la Salette le vœu que nous avions fait, et aussitôt elle nous exauça. Le procureur impérial de Paris et le préfet de police nous prirent sous leur protection; le ministre de l'instruction publique nous permit de prendre nos inscriptions sans l'autorisation de notre famille; les Pères Ratisbonne nous donnèrent ce qui nous était nécessaire pour vivre. En vain, les juifs essayèrent-ils encore de nous persécuter, Notre Dame de la Salette s'était mise entre eux et nous, et un grand calme succéda à une grande tempête. Notre famille voyant l'inutilité de ses efforts, nous a abandonnés, et aujourd'hui, libres de toute inquiétude, nous pouvons sans crainte prier et aimer; nous allons entrer au séminaire, où depuis un an notre cœur nous porte. Mais avant de nous retirer du monde, ô Marie! ô notre Mère chérie! nous voulons accomplir le vœu que nous avons fait aux pieds de vos saints autels; c'est du haut de la Salette que j'écris ces quelques lignes pour votre gloire. Puisse la sainte Montagne qui a vu couler vos larmes, être bientôt témoin du concours universel de vos enfants! Vous nous avez sauvés dans les jours de tribulation, aujourd'hui nous vous consacrons nos cœurs; présentez-les à votre Fils adorable pour qu'il les enivre de son divin amour. Et maintenant, avant de terminer, ô notre Mère! nous vous promettons de venir vous vénérer une seconde fois, dans ce béni sanctuaire, à la conversion du premier membre de notre famille. Intercédez pour elle, Jésus le fruit béni de vos entrailles, et répétez-lui souvent ces paroles qu'il prononça dans le feu brûlant de son amour: « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Marie-Joseph Lémann. Marie-Augustin Lémann. (Journal de Muret).

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, vous nous annoncez du haut de votre montagne, les fléaux qui nous menacent! O Mère toute miséricordieuse, apprenez-nous aujourd'hui cette grande leçon, qui est toute la science de. l'homme, que nous ne sommes rien par nous-mêmes, et que nous sommes tout par Dieu; abaissez-nous donc sous la main toute-puissante de votre divin Fils, et faites-nous connaître notre néant, nos faiblesses, nos péchés!... Dociles à vos conseils, nous voulons désormais obéir. Roi des rois, dominateur des maîtres du monde, Jésus est notre maître, notre Rédempteur, notre Père; et son empire est le plus ancien, le plus juste, le plus vénérable!... Mais vous, ô bonne Mère, priez pour vos enfants rebelles: unies à vos larmes, vos prières toucheront votre Fils irrité; fermez les trésors de la céleste colère, et soutenez ce bras redoutable, jusqu'à l'heure de l'entière miséricorde. Ainsi soit-il.

 mbs_248

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

19 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Deuxième partie

Le Discours de la Sainte Vierge aux bergers

ou les enseignements de la Salette

63680108

Vingtième jour

Discours de la Sainte Vierge aux bergers de la Salette

 

Nous touchons ici au cœur même du mystère de la Salette, c'est-à-dire, aux enseignements salutaires de cette grande apparition : ces enseignements sont contenus dans le discours de la Sainte Vierge aux bergers, et qu'il nous tant maintenant méditer et bien comprendre. Et d'abord, les enfants furent tout à coup comme enveloppés d'un manteau de lumière... Ce ne fut cependant que graduellement que la Sainte Vierge se découvrit à leurs yeux: ils virent les mains, puis la tête, puis distinctement toute la personne qui leur apparaissait. Le globe lumineux avait environ six à huit mètres de diamètre. La Sainte Vierge était environnée de-deux lumières différentes; une première, immédiatement autour de son corps glorieux, qui scintillait; une seconde lumière immobile; c'est dans celle-ci que se trouvaient les deux enfants, pendant le discours. « Nous étions, disent-ils, si près de la belle Dame, qu'une personne n'aurait pas pu passer entre Elle et nous!... » La Sainte Vierge était d'une belle et très-haute taille : sa voix ressemblait à une douce harmonie: ses paroles arrivaient à l'intelligence des enfants d'une manière en quelque sorte mystérieuse. Maximin a dit ce mot remarquable: « Pendant « que la belle Dame nous parlait, il semblait que nous mangions ses paroles... » Il était ébloui par l'éclat extraordinaire de ses traits célestes; il n'a pu apercevoir que le brillant diadème qu'elle portait, et la partie inférieure du visage: Mélanie, au contraire, regardait la Sainte Vierge en face. En général, Mélanie a été plus impressionnée: il semblerait même qu'elle ait été plus favorisée que le petit garçon, qui paraissait moins attentif; et cette différence ne doit pas étonner; Dieu et sa Mère ont toujours eu des faveurs, des révélations plus intimes pour la simplicité, la candeur, l'innocence des natures plus pures!... « Or, disent les bergers, la grande Dame s'est levée, a croisé ses bras, et nous a dit : Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur; je suis ici pour vous conter une grande nouvelle!... Et nous n'avons plus eu peur... puis, nous nous sommes avancés, et nous avons passé le ruisseau; et la Dame s'est avancée vers nous autres, à quelques pas de la pierre sur laquelle Elle était assise, à l'endroit où nous étions endormis... Elle était entre nous deux, et nous a dit son discours, en pleurant tout le temps qu'Elle nous a parlé... »

 

Réflexions

 

Voici aujourd'hui, sous nos regards, un grand spectacle sur la montagne: c'est la Sainte Vierge, prononçant un discours! Méditons ce discours, tout contribue à le rendre remarquable: 1° La qualité de Celle qui parle: D'institution et dans l'histoire, les prophètes sont les organes des volontés divines: aujourd'hui, c'est la Mère de Dieu! Dieu, donnant la parole à sa Mère!... Dieu, se faisant de sa Mère un prophète des temps nouveaux; ce choix est étrange, et le signe de temps mauvais. 2° La rareté des discours de la Sainte Vierge: Les pieuses annales de l'Eglise parlent des apparitions particulières et publiques de Marie; l'éloge de ses vertus, de ses prérogatives a épuisé l'éloquence des Pères et des Docteurs... Nulle histoire, nul Docteur ne nous cite le plus petit fragment d'un de ses discours!... Ce n'est pourtant pas ignorance de l'art de la parole, à Celle qui a vécu trente ans à l'école de l'oracle divin, et s'était fait en son cœur un trésor de toutes ses paroles. Quelle gloire donc, quelle auréole d'exceptionnelle grandeur pour l'œuvre de la Salette de recevoir, d'entendre et de posséder le discours complet, unique, de la Mère de Dieu!... 3° Les circonstances qui accompagnent ce discours, les larmes: Le calme, la possession de soi-même, sont des conditions favorables à la parole: or, voici un orateur qui pleure avant, pendant et après son discours!... Ce discours doit être grave, solennel; et Celle qui le prononce, douloureusement pénétrée de son importance!... Ecoutons cette grande parole!... Et si être éloquent, c'est dire son âme, quelle éloquence touchante va nous venir de la Vierge qui vient nous dire, au milieu des larmes, son cœur de Mère de Dieu, et de Mère des hommes. 4° Le lieu où ce discours se prononcé: C'est une montagne... Il semble qu'à l'exemple de son Fils, Marie ait voulu, Elle aussi, avoir son discours sur la montagne... Discours d'autant plus admirable, qu'il arrive à la terre, tout préparé dans le ciel, en conseil de Jésus et de Marie!... C'est une montagne élevée: son message s'adressant à tous les hommes, la Sainte Vierge veut en quelque sorte être aperçue, être entendue du monde entier: Elle veut que, de ces deux bergers, ses apôtres à Elle, comme des apôtres de son Fils, l'on pût dire: « Toute terre a entendu leur voix ; et leurs paroles ont retenti, jusqu'aux extrémités de la terre... »

 

Pratique : Lire aujourd'hui, avec une attention d'estime et de respect, le discours de la Sainte Vierge... l'appliquer demain au détail de sa vie personnelle, dans une méditation pratique; et dans la mesure possible de son action, répandre et propager autour de soi les enseignements qu'il renferme...

 

Conversion de deux juifs, par la protection de Notre Dame de la Salette

(Première partie)

 

Nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs, le texte même de cette intéressante relation, avec toutes les circonstances remarquables de la conversion de ces deux jeunes israélites à la foi catholique, signée par les deux convertis, et écrite par l'un d'eux. « Mon très-Révérend Père, Puisqu'il est d'usage que ceux qui ont obtenu quelque grâce par l'intercession de Notre Dame de la Salette, déposent à ses pieds un gage de leur amour, nous ne croyons pas pouvoir témoigner d'une manière plus efficace notre reconnaissance à notre Mère, qu'en obéissant à votre saint désir. Je vous écris toutes les grâces que cette bonne Mère nous a obtenues, depuis que nous avons eu le bonheur de la connaître et de l'aimer. Je vous donne ces faibles détails de son amour immense pour la glorification de son saint nom et pour l'édification des âmes pieuses. Je les écris tout simplement et tels qu'ils nous sont arrivés: ils sont la copie fidèle des sentiments qui nous animent. Après que Dieu m'eut envoyé l'heureuse maladie qui nous dessilla les yeux, nous résolûmes, d'un commun accord, de suivre cette voie de la vérité que son amour nous traçait; et, dès lors, nous nous mîmes avec ardeur à étudier l'ancienne et la nouvelle loi. La lumière ne tarda pas à se lever devant nous vive et radieuse; et, alors, déposant tout sentiment d'amour-propre ou de crainte, nous jurâmes un éternel amour à Jésus et à Marie. Nous avions entendu parler du miracle de la Salette; et touchés, nous demandâmes à une personne de notre connaissance de nous prêter l'ouvrage qui nous donnerait des détails sur la miraculeuse apparition de la Sainte Vierge. Nous le lûmes, non-seulement avec intérêt, mais aussi avec foi et avec piété; et bientôt, obéissant à la voix de notre cœur, nous nous procurâmes un petit flacon d'eau de la Salette. Nous étions alors au lycée de Lyon, où nous terminions notre cours de philosophie; nous ne pouvions, sans être bientôt découverts, nous occuper de notre instruction religieuse; nous nous mimes alors sous la protection de Notre Dame de la Salette, et presque tous les jours, en entrant à l'étude, nous faisions le signe de la croix avec une goutte d'eau de la source miraculeuse. Nous ne fûmes pas trompés dans notre espérance: pendant un an, nous travaillâmes sur les Evangiles et sur la Bible, et, quoique exposés aux regards d'une trentaine de condisciples, jamais aucun ne nous surprit. Nous espérions recevoir le baptême pendant les vacances; mais notre famille nous envoya à Mulhouse, en Alsace, passer quelques jours chez notre grand père. Comme nous ne pouvions rester deux mois sans voir un prêtre, notre bon père spirituel nous donna une lettre pour le curé de Mulhouse. Mais la difficulté était de se rendre chez lui sans être aperçus par quelque juif. Il n'y a à Mulhouse, au sein d'une population de trente mille âmes, qu'une église catholique; et connus par les trois mille juifs qui l'entourent, nous courions grand risque d'être surpris. Mais notre petit flacon nous suivait toujours; nous invoquâmes Marie, et presque tous les jours, nous pûmes sans crainte d'être remarqués, nous rendre auprès du vénérable curé. Nous revînmes encore six mois au lycée, puis arriva le moment de nos examens du baccalauréat. Nous nous mimes encore sous la protection de Notre Dame de la Salette; nos succès dépassèrent nos espérances, nous fûmes reçus bacheliers. Libres de toute inquiétude, et assez instruits en matière de religion, nous nous disposâmes alors à recevoir le saint baptême, et ce fut avec un sentiment d'ineffable bonheur que nous sentîmes l'eau régénératrice couler sur nos fronts. Nous nous relevâmes enfants de l'Eglise; une seule pensée nous serrait le cœur: il fallait rentrer au milieu du peuple juif et cacher notre amour pour Jésus jusqu'à notre majorité. Nous nous recommandâmes de nouveau à Notre Dame de la Salette; tous les jours, nous allions à Fourvières ou à Saint Nizier; tous les jours, nous faisions nos prières dans notre chambre; nous faisions la sainte Communion tous les dimanches, et jamais on ne le remarqua. Six mois se passèrent ainsi; notre famille parut cependant s'inquiéter à cause du changement qui s'était opéré en nous. Nous n'allions plus au théâtre, ni dans les assemblées publiques; on s'en étonnait. Un jour, ayant surpris notre petit flacon, on nous demanda ce qu'il renfermait; nous répondîmes que c'était un collyre destiné à fortifier nos yeux; en effet, elle avait bien contribué à fortifier en nous les yeux de la foi. Au bout de six mois, il plut à Dieu de découvrir notre bonheur. Notre famille apprit un jour que nous étions chrétiens: les explications eurent lieu, et bientôt une scène violente s'éleva entre nos parents et nous. L'autorité vint nous arracher des mains furieuses qui menaçaient notre vie ; nous espérions être émancipés, mais la synagogue nous réclama à grands cris; tout le conseil de famille était contre nous, et nous dûmes rentrer au sein de notre famille, qu'animait une haine sourde et concentrée. Comme l'autorité veillait sur nous, et qu'on ne pouvait renouveler les scènes précédentes, on s'y prit d'une autre manière et on résolut de nous attaquer dans notre foi. (Journal de Muret.)

 

Prière

 

Heureuse montagne de la Salette, à vous je puis aujourd'hui appliquer les paroles du prophète, disant : Montagnes, collines d'Israël, vous avez, à la voix du Seigneur, bondi comme les brebis et les agneaux du désert! Oui! il me semble qu'au jour de l'apparition, au son de la voix de la Mère de Dieu, aux premières paroles de son discours, vous avez tressailli jusqu'en vos fondements, d'une allégresse ineffable!... Mont béni, collines privilégiées, prêtez-moi aujourd'hui tous les échos de vos profonds abîmes, et qu'ils aillent de montagne en montagne, comme autant d'apôtres, porter à tous les peuples le message de la Mère de Dieu, étendre jusqu'aux extrémités de la terre le royaume de Notre-Dame de la Salette; Marie a quelque droit de vous demander cet office de propagation, car, quand Dieu préparait vos abîmes, Elle était là, disposant avec Lui toutes choses. Et vous, ô ma Mère, du haut du ciel commandez aux anges qui faisaient cortège à votre apparition, de prendre sur leurs ailes votre divin message, de porter partout la grande nouvelle que vous venez nous conter; et fécondant d'une rosée céleste, dans tous les cœurs, la semence de votre discours, donnez pour nos âmes à chacune des paroles qui le composent, une vertu de bénédiction, de grâce, de miséricorde, de salut. Ainsi soit-il.

 salette_children

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes


18 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Dix-neuvième jour

Le diadème de Notre Dame de la Salette

 

Le dernier détail de costume de la Sainte Vierge est ainsi décrit par les bergers: Elle portait une couronne autour de son bonnet avec des roses; c'est-à-dire une coiffure lumineuse, en forme de diadème. Marie avait, sur la montagne, des pleurs sur son visage, une croix, des chaînes sur sa poitrine, tous les instruments de la passion entrelacés de guirlandes de roses, et un diadème si brillant sur la tête, que les enfants ne pouvaient la considérer longtemps. Pourquoi qu'elle nous éblouissait, disent-ils: c'est-à-dire que nous trouvons réunies et symbolisées sur le cœur et sur le front de Notre Dame de la Salette, toutes les extrémités de la douleur et de la gloire!... Quel contraste ! et comment expliquer ce mystère?... Les instruments de la passion et les roses, la croix et un diadème, tout cela s'explique par ces mots: Marie est Reine, mais Elle est aussi Mère: Reine, Elle a l'éclat des majestés royales , et Elle les éclipse toutes par sa magnificence: Mère, Elle souffre de l'abandon de ses enfants; Elle pleure la mort spirituelle du monde. Tel est donc le sort étrange de Notre Dame de la Salette, Elle doit pleurer dans la gloire... Elle est éminemment cette grande Reine que l'Apôtre vit dans le ciel, revêtue de gloire, mais poussant des cris plaintifs, pour donner le jour et une vie nouvelle aux nombreux enfants de la famille humaine, qu'Elle semble porter encore une seconde fois dans son sein, sur la sainte Montagne! Il est en outre écrit au chapitre douzième de l'Apocalypse : Et un grand signe apparut dans le ciel; une femme qui avait pour manteau le soleil, et la lune à ses pieds, et portait sur sa tête une couronne de douze étoiles... Le diadème de Notre Dame de la Salette paraît être l'expression réalisée de ce texte; sous cette couronne lumineuse en effet, Marie semble se lever, sur le sommet des Alpes, comme un nouveau soleil de grâce et de miséricorde : les rayons de ce diadème sont démesurément prolongés, comme pour éclairer plus au loin toutes les ténèbres du monde, et atteindre, par une lumière plus étendue et plus vive tous les cœurs froids, indifférents, ou assis à l'ombre de la mort du péché. Enfin , Marie nous montre un front couronné sur la montagne, pour ne pas paraître abdiquer, sous la parure douloureuse des instruments de la passion, la royauté, dont le diadème résume la gloire, la grandeur et les prérogatives. Marie est Reine, et Reine choisie de Dieu, qui, selon l'expression de nos saints livres, plaça lui-même le diadème royal sur sa tête, et la fit régner. Elle est Reine de la terre: depuis dix-huit siècles, le monde est à ses pieds ; les rois et les peuples la reconnaissent pour souveraine, et lui consacrent leur royaume; il n'est pas de temple où Elle n'ait un autel, et il n'est pas de ville, pas de hameau où Elle n'ait un temple; et en toutes contrées, civilisées ou sauvages, l'encens fume en son honneur!... Elle est Reine du ciel: son trône est le premier, après celui de Dieu; Elle y résume en sa seule vie, toutes les œuvres, tous les mérites, tous les martyrs, toutes les vertus : mais aussi, là, que de gloire pour cette Reine! Les élus sont couronnés eux-mêmes; c'est une assemblée de rois, faisant cour au Roi des rois: or, il me semble voir toutes ces têtes couronnées s'incliner devant Dieu, et se tourner ensuite vers la noble Reine, pour lui rendre hommage, disant: « Régnez sur nous, ô Marie, régnez, Dieu l'a voulu!... » Il y a plus, l'apparition de la Salette nous révèle une certaine royauté de Marie sur Dieu: nous avons ici la parole de la Vierge Elle-même: « Je suis forcée, dit-elle, de laisser aller le bras de mon Fils! »... Marie est donc, si nous osons le dire, Reine de Dieu lui-même, pouvant retenir son bras et calmer sa colère!... Quelle main a jamais porté un tel sceptre; et quelle couronne peut être comparée au diadème de notre Mère?... Et que la critique ou les esprits délicats ne nous parlent pas des formes étranges de ce diadème: le modèle en a été pris sur le Calvaire, qui a inspiré Notre Dame de la Salette, dans tous les détails de sa parure: non, ce diadème n'a pas les formes ordinaires, pas plus que la couronne d'épines ne ressemble à la couronne des rois; Dieu et sa Mère n'ont rien à emprunter aux hommes; ils ont leurs modèles à eux et leurs formes personnelles: et cependant, la couronne d'épines n'en est pas moins demeurée la couronne incomparable parmi toutes les couronnes, comme le diadème de notre Mère restera sans imitation et sans exemple... les rois et les reines peuvent se parer de diamants; qui leur donnera jamais de se faire une couronne des rayons du soleil et de la lumière du ciel?... Que la critique se taise donc, et que tous les diadèmes de la terre s'inclinent et s'abaissent devant le diadème de Notre-Dame de la Salette.

 

Réflexions

 

Le diadème de Notre-Dame de la Salette nous révèle: Une douce figure de Marie. Une extension consolante de sa royauté. 1° Esther trouva grâce et miséricorde devant le grand roi, au-dessus de toutes les femmes; et il plaça le diadème royal sur sa tête, et il la fit régner. Mais Esther, au milieu des splendeurs du trône, versait des pleurs sur le sort de son peuple: elle voyait, dans un avenir prochain, le sang de sa nation cruellement répandu: elle entendait des cris plaintifs; la mort des siens était toujours présente à ses yeux: elle pleurait donc sur le trône; et quel plaisir a-ton à porter un sceptre qu'il faut arroser de ses larmes?... Notre Dame de la Salette est l'Esther véritable de la loi nouvelle; mais, plus douce, plus modeste, plus belle encore que la première : elle a plu au Seigneur parmi toutes les vierges d'Israël, et il a posé un diadème sur sa tête!... Mais comment la nouvelle Esther pourrait-elle se réjouir?... Elle voit du haut de sa montagne, tant de maux dans le monde! on n'y connaît plus les commandements de son Fils! on y méprise les lois de son Eglise, et Elle voit les âmes de ses enfants s'en aller à la mort, et son cœur maternel croit entendre déjà leurs cris et leurs gémissements, dans les abîmes de la damnation!... Faut-il s'étonner qu'Elle souffre, qu'Elle pleure!... Ames chrétiennes, n'osons pas nous réjouir, quand notre Mère est dans de si grandes tristesses!... Régnons par la foi, par la charité; et posons sur notre front un diadème de vertu qui consolera ses souffrances. 2° Le diadème est, en second lieu, le signe de l'extension de la royauté, et comme l'aurore d'un règne nouveau de la Sainte Vierge. Les siècles s'en vont, portant tous devant la postérité, un mot qui les qualifie et qui résume leur histoire. Le siècle présent pourra bien s'appeler le siècle de Marie: il a vu la proclamation du dogme de sa Conception immaculée, les apparitions se multiplier sur nos montagnes et au fond des déserts, et les statues de la Vierge se dresser à côté de la croix, le long des chemins et sur nos églises: il semble vraiment que la Sainte Vierge veuille, de nos jours, affirmer sa royauté; et son apparition à la Salette en est l'expression la plus sensible. Invité à se laisser proclamer roi, Jésus a fui au désert: mais le moment de sa divine royauté étant venu, Il accepta une couronne d'épines; et à ce signe étrange II fut reconnu roi, et il attira tout à lui. Nous retrouvons toujours le Calvaire, sur la montagne de la Salette: Marie nous apparaît sur cette cime bénie, couronnée d'un diadème, comme si le moment de la proclamation de sa royauté universelle était venu!... Et il était venu, en effet, le temps de sa royauté, et Elle aussi a tout attiré à sa montagne; quelle dévotion a trouvé dans le monde, des hommages plus sympathiques, et s'est ouvert, en peu d'années, des sanctuaires plus nombreux, que la dévotion à Notre Dame de la Salette?...

 

Pratique : Le culte de Notre-Dame de la Salette a une triple extension, en nous-mêmes, dans nos familles et dans le monde; prendre aujourd'hui la résolution de contribuer, par nos paroles et nos prières, à toutes ces formes du règne nouveau de Marie, par la propagation de cette dévotion.

 

Histoire

 

Hospice de Séez (Orne), 26 octobre 1866


Mon Révérend Père, A l'hospice de Séez, la dévotion à Notre-Dame de la Salette a été récompensée par une faveur dont nous n'étions pas dignes. Voici le fait : A la fin de l'année on portait à l'hospice une jeune personne, atteinte des plus graves infirmités. Vers la fin de février, c'est-à-dire plus de deux mois avant son entrée à l'hospice, notre malade ne pouvait plus marcher; on la levait et la couchait comme un enfant, et, pendant les quelques heures qu'à certains jours elle passait dans un fauteuil, elle s'évanouissait, tant sa faiblesse était devenue grande. Arrivée à l'hospice, elle reçut .les soins dévoués et intelligents d'un des docteurs de l'établissement, mais la nouvelle médication ne fut pas plus heureuse que les précédentes; tous les remèdes n'avaient d'autre résultat que de faire souffrir notre jeune fille et n'amélioraient en rien sa position. Au reste, elle sollicitait vivement la faveur de mettre sa confiance en Dieu seul, et ce n'était que par obéissance qu'elle consentait encore à faire quelque remède. Elle se préparait à mourir, car elle n'osait plus demander à Dieu sa guérison. « J'ai fait un grand nombre de neuvaines, me disait-elle: il y a à peine deux mois, on a beaucoup prié pour moi, le bon Dieu ne veut pas que je guérisse, que sa sainte volonté soit faite ». L'anniversaire de l'apparition de la Très-Sainte Vierge à la Salette approchait, nous étions au mois d'août; elle se rappela que déjà une fois Notre Dame de la Salette avait fait en sa faveur une merveille, et qu'à l'âge de six ans (il y a aujourd'hui quinze ans) elle avait été miraculeusement guérie d'une tumeur blanche au bras gauche lorsque le médecin parlait de faire l'amputation. Le mardi 18, huitième jour de la neuvaine, la malade se rendait à la chapelle comme les jours précédents, s'aidant de ses deux béquilles et suivie d'une personne, dans la crainte de quelque accident. Pendant la messe elle se trouve plus malade que d'habitude; j'eus plus de mal à la faire communier, car ce jour-là elle restait raide, immobile sur son fauteuil. Je n'y fis que médiocrement attention, je ne m'étonnais pas de la voir plus souffrante, je n'aurais pas même été surpris de la voir mourir. Immédiatement après la communion, elle tomba dans un état bien extraordinaire; elle n'a plus rien vu, rien entendu, elle ne s'est point aperçue que la messe était finie. Toute l'assistance s'était retirée, même une trentaine d'enfants qui étaient derrière elle, et dont le bruit la gênait passablement les jours précédents. Quelques personnes remarquèrent qu'elle était très-pâle et qu'elle avait la tête plus penchée que d'habitude sur l'épaule. Toutefois elles ne jugèrent point à propos de la troubler, car elles la croyaient en prières, et elles se retirèrent la laissant dans son profond recueillement; cependant le vide s'était fait dans notre chapelle et il ne restait plus que deux ou trois vieillards de l'hospice et moi qui faisais mon action de grâces, sans soupçonner aucunement ce qui se passait à quelques pas derrière moi, au pied de l'autel que nous avions élevé à Marie au milieu de notre chœur. Notre malade a senti qu'on la poussait, mais elle n'a pu faire aucun mouvement. Alors la main invisible qui l'avait poussée l'a mise à genoux, à genoux sur le pavé. Elle a senti qu'on lui pliait les jambes et qu'on la mettait à deux genoux sur le degré de pierre qui se trouvait devant elle. Elle est restée dans cette nouvelle position quelques instants sans se rendre compte d'elle-même, dans le même état extraordinaire qui durait depuis la communion, c'est-à-dire depuis à peu près un quart-d'heure. Tout à coup, elle s'est levée et est venue me trouver dans le sanctuaire. En l'apercevant à côté de moi, je crus voir un fantôme. « Je suis guérie, me dit-elle ». Et moi j'étais tellement stupéfait que je ne puis lui dire que ces mots: « Eh bien! mon enfant, allez remercier le bon Dieu », et je continuai mon action de grâces sans m'occuper d'elle. Elle était en effet guérie, et quelques instants après, elle apportait elle-même au pied de l'autel de la bonne Mère ses deux béquilles, qui demeureront là pour redire à tous les bontés et les miséricordes de Marie. Dans la matinée, un des médecins de l'établissement, celui dont elle avait suivi en dernier lieu les prescriptions, vint faire sa visite accoutumée; notre jeune personne courut très gaiement à sa rencontre pour lui donner des nouvelles de sa santé. Il arrivait fort à propos pour constater le fait. « Oh! mademoiselle, s'écria-t-il, comme la Vierge va vite ». Elle va vite, en effet, et ses divins remèdes font passer instantanément de l'affliction à la joie, de la paralysie à l'agilité, de l'épuisement, de l'anéantissement à la force, de la maladie à la santé, de la mort à la vie. Gloire, amour et reconnaissance à cette divine Vierge! A peine quelques instants s'étaient-ils écoulés que l'on voyait accourir à l'hospice une foule de personnes, avides de voir de leurs yeux le changement extraordinaire qui venait subitement de s'opérer. On connaît beaucoup dans la ville celle qui venait d'être l'objet d'une si grande et si magnifique faveur, et le fait de la guérison n'en est que plus éclatant et plus incontestable. Que les incrédules sourient s'ils le veulent; qu'ils cherchent dans leur science et leur orgueil à amoindrir la puissante et si consolante intervention de Dieu! Pour nous, qui ne croyons pas que la foi humilie la science et la raison, nous nous écrierons avec amour: « Gloire à Celui dont la bonté et la puissance sont sans limites, amour et reconnaissance à Marie, notre miséricordieuse et compatissante Mère ». (Godbout, aumônier de l'hôpital, Annales de Notre Dame de la Salette.)

 

Prière

 

O Marie, nous vous proclamons sans peine Reine universelle: votre royauté éclate au ciel, qui vous fait une couronne de ses étoiles, et un vêtement de son soleil: elle s'affirme surtout sur la terre par les grâces nombreuses et vraiment royales qui s'échappent de votre cœur dans le cœur de vos enfants! Quelle mère vous peut égaler en faveurs et bontés maternelles?... Voici donc d'humbles sujets à vos pieds, venant se placer aujourd'hui sous la protection de votre sceptre, et vous proposer une royauté nouvelle, la royauté de leurs âmes. Cet empire spirituel n'est pas soumis; affirmant toujours les promesses de sa fidélité, il n'est constant que dans sa rébellion à la voix de votre Fils et aux inspirations de sa grâce!... O bonne Mère, levez-vous, daignez avancer; touchez de votre sceptre les confins de ce royaume de nos âmes, et régnez sur elles! Ce règne nouveau ne vous a pas été à grand honneur; il s'efforcera désormais de vous donner beaucoup d'amour, voulant commencer ici-bas, par votre protection, la vie bienheureuse de l'âme unie à Dieu, et qui se consommera avec vous au ciel, dans le cœur de votre divin Fils. Ainsi soit-il.

 Madonna_di_La_Salette___Torino

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

17 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Dix-huitième jour

Les chaines de Notre Dame de la Salette

 

La vierge des Alpes portait deux chaînes, disent les bergers: l'une, tenant de près au crucifix; l'autre, plus large et plus lourde, posée tout autour de son humble fichu... Les annales religieuses devront le constater; l'apparition de la Salette est la reproduction fidèle, détaillée, complète du drame douloureux du Calvaire: après la croix, le marteau, les tenailles, voici les chaînes de la passion. Les auteurs ont fait remarquer diverses significations de ces chaînes. La piété en découvre deux principales, humblement indiquées en cette méditation: Les chaînes sur la poitrine de la Sainte Vierge, sont: Un souvenir de la Passion de son Fils... Le monument d'un noble dévouement pour les hommes. 1° Toutes les circonstances de la passion de Jésus ont laissé dans le cœur de sa Mère, des souvenirs ineffaçables: dans cette confusion de toutes les douleurs amassées sur la tête de son Fils, Marie n'a pas oublié qu'il fut tout d'abord enchaîné, au jardin de Gethsémani; qu'il fut attaché au poteau de la flagellation; qu'il dut suivre les rues de Jérusalem, et gravir, chargé de chaînes, la route du Calvaire: Elle sait surtout que, débarrassées de ces chaînes pour être clouées à la croix, ses mains adorables furent trouvées couvertes de blessures profondes et sanglantes!... La Mère d'un Fils ainsi traité a voulu reproduire en son corps ces empreintes et ces douleurs vénérables; venant en outre renouveler sous nos yeux, pour la faire revivre dans nos cœurs, la grande scène de notre Rédemption, Elle n'a pas voulu nous apparaître autrement que le divin Sauveur; c'est-à-dire, sous l'étreinte de lourdes chaînes, brisant son cœur de Mère, comme elles avaient étreint autrefois les mains innocentes de son Fils. Les chaînes donc de Notre Dame de la Salette rappellent un double souvenir: les douleurs venues à Jésus de ce genre de tourment, et les humiliations de l'Homme-Dieu, mené au supplice, comme le dernier, le plus méprisable, le plus abandonné et le plus coupable des esclaves!... Et on comprend qu'une Mère ait voulu, dans une apparition solennelle, se parer de ces livrées d'un Fils, réputé et fait esclave pour tous!... 2° Ces mêmes chaînes sont en second lieu le monument de son amour généreux, de son noble dévouement pour les hommes. La charité inspire des dévouements admirables; il ne suffit pas à son zèle de soulager la misère et la souffrance; elle aspire quelquefois à prendre la place d'un malheureux captif; telle est, dans l'histoire, la charité des saints que nous voyons descendre dans les cachots, se charger des chaînes d'un prisonnier pour lui donner leur propre liberté. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus libres; ou plutôt, considéré au point de vue religieux, le monde est une sorte de bagne immense, où se meuvent tristement, chargés des chaînes du péché, les esclaves innombrables du démon: ces vieilles chaînes, la miséricorde divine les avait brisées une première fois; et nous étions libres... Mais cette couronne de liberté, tous les fronts n'ont pas su la porter, et les chaînes de la plus dure captivité pèsent encore sur le plus grand nombre des âmes!... Qui nous obtiendra une liberté nouvelle?... Levons les yeux vers les montagnes de la Salette, voici descendre des Alpes la Mère du vrai Libérateur: Elle vient visiter la terre, prison immense où gémissent tant d'âmes coupables, et pour elles toutes, se constituer esclave, comme son divin Fils!... Contemplez bien cette grande apparition: la Mère des hommes se faisant captive pour tous ses enfants! La Mère de Dieu, offrant en otage en quelque sorte, à la justice divine, sa poitrine chargée des chaînes de tous les pécheurs, pour obtenir la liberté de toutes les âmes!... Quelle noble figure; quel touchant spectacle! et qui parmi nous voudrait rendre inefficaces et inutiles, une intervention si haute, un amour si tendre, un dévouement si généreux!...

 

Réflexions

 

Deux chaînes apparaissent sur la poitrine de la Vierge de la Salette: de pieux commentaires se sont plu à voir dans ces deux chaînes, la double figure des âmes justes, et des âmes pécheresses. Une première chaîne d'or, moins lourde et plus délicate, tenait de près au crucifix: elle reposait immédiatement sur le cœur de la Vierge. Voilà bien la place privilégiée des âmes justes; Marie les attire doucement sur son sein, comme Jésus attira sur son cœur l'apôtre de l'innocence: ces âmes savent que les cœurs de Jésus et de Marie sont remplis de grâces et de parfums, célestes; et elles courent toutes à la source de ces grâces, et à l'odeur de ces parfums. Elles entendent toujours la voix de l'Epoux; elles font partout cortège à l'Epouse; et leur conversation, leur vie, sont tout entières dans ces deux cœurs, en attendant d'être dans le ciel. Heureuses ces âmes! Jésus les presse sur son cœur, et Marie les baise avec amour! Ah! qui nous donnera de tenir par ces doux liens, à cette chaîne mystérieuse de Notre Dame de la Salette?... L'innocence, la chasteté, la charité, la justice que cette douce Mère est venue nous prêcher sur sa montagne! Ces âmes, toutefois, ne doivent pas arrêter à elles-mêmes leur bonheur; vouloir dormir seules, sur le cœur de Jésus, le sommeil des justes: mais, à l'exemple de Marie, en voyant des frères qui se perdent, des pécheurs qui s'obstinent, il faut s'efforcer de les convertir; et si les efforts sont inutiles, offrons au céleste Epoux les gémissements mystérieux de l'amour contristé et compatissant. Mais quelle est cette autre chaîne, plus large, plus pesante, que nous découvrons sur le cœur de la Vierge des Alpes?... Ce sont les âmes coupables de tous les pécheurs!... Oh! que cette chaîne est lourde à Marie!... qu'elle pèse à son cœur de Mère!... Elle voit autour d'Elle tant de maux: ses enfants vont à la mort; l'abîme s'ouvre toujours plus profond sous leurs pas: le bras de Dieu est levé sur leurs têtes, et le jour des vengeances arrive ; et son intercession ne peut plus l'arrêter!... Quelle mère ne voudrait cacher sous ses vêtements une chaîne, figure de tant de malheurs pour ses enfants!... Notons toutefois la position de cette chaîne, sur la poitrine de Marie. « Une seconde chaîne, disent les enfants a de l'apparition, courait tout autour du fichu de la grande Dame... » Cette chaîne touchait donc encore une région du cœur de Marie: c'est-à-dire que les pécheurs qu'Elle représente, s'ils n'ont pas une demeure dans le cœur de la Sainte Vierge, ils n'en sont pas complètement exclus, et qu'il reste toujours ouvert à leur repentir!... Il est cependant dur et cruel à cette douce Mère, d'avoir des enfants attachés à son cœur, selon l'expression du Sage, par une chaîne de ténèbres! Qui donc ôtera à Marie cette chaîne douloureuse?... Il est écrit, au chapitre vingt-huitième de Jérémie, qu'un prophète vint détacher et briser la chaîne qui le tenait captif. C'est à nous, enfants de Marie, d'ôter la chaîne pesante, attachée par les pécheurs au cœur de notre Mère, et de la briser sous les coups de la pénitence et de la mortification.

 

Pratique : Examiner attentivement aujourd'hui si nous sommes les libres enfants de Dieu, ou les esclaves du péché... briser, ici-même, aux pieds, de Marie, s'il y a lieu, la chaîne de notre captivité.. prendre la résolution de réciter souvent, pour la conversion des âmes, cette invocation: Notre Dame de la Salette, Réconciliatrice des pécheurs, priez pour nous.

 

Guérison obtenue sur la sainte Montagne en juillet 1866

 

Vourles (Rhône), le 12 octobre 1866

 

Mon Très Révérend Père, Permettez-moi de vous faire connaître le bienfait que Notre Dame de la Salette m'a accordé sur la sainte Montagne, pendant les heureux moments d'un pèlerinage que j'y ai accompli dans le courant du mois de juillet dernier. Depuis trois ans, j'étais atteinte d'une gastralgie qui avait résisté à toutes les prescriptions des médecins. La moindre nourriture que je prenais m'occasionnait des douleurs d'estomac très aiguës et de violents maux de tête accompagnés de vomissements journaliers. Ayant obtenu de ma supérieure la faveur d'aller visiter le vénéré sanctuaire de la Salette, je m'y rendis avec pleine confiance d'y recouvrer la santé, si la miséricordieuse Marie le jugeait utile pour la gloire de son divin Fils et le salut de son humble servante. Je ne fus point trompée dans mon attente, mon Révérend Père. Après en avoir gravi à pied les flancs escarpés, j'arrivai bien fatiguée au sommet de la sainte Montagne, et je dus en arrivant payer cette pénible ascension par des vomissements nouveaux et prolongés. Mais, grâces en soient mille fois rendues à Notre-Dame de la Salette, ce sont les derniers que j'ai éprouvés. En vain ma sœur et une religieuse qui m'accompagnaient me recommandèrent avec instances de ne point aller boire à la fontaine miraculeuse, dans l'état de délabrement et de transpiration où je me trouvais ; ne prenant conseil que de ma confiance, je me rendis à ce lieu sanctifié par la présence et les pleurs de la Mère de Dieu. Je me désaltérai à longs traits à cette source si féconde en prodiges et en guérisons de toute espèce. Toutefois, quoique à dater de ce moment les vomissements aient cessé, je n'étais point entièrement guérie encore. Le bon Dieu le voulait ainsi, sans doute, pour exercer ma foi et pour m'exciter à demander avec un redoublement de ferveur et de confiance le parfait rétablissement de ma sauté. Je ne devais pas être trompée dans mon attente. Continuant donc avec toute la ferveur dont j'étais capable à solliciter le cœur si compatissant de Notre-Dame de la Salette en ma faveur, j'arrivai au jour fixé pour notre départ. Avant de prendre congé de cette terre bénie, j'entendis la sainte messe et fis la sainte Communion. Soyez en mille lois béni, ô mon Dieu! C'était le moment que vous aviez fixé pour glorifier la toute puissante bonté de Marie en faveur de la plus humble de vos enfants. Pendant que, recueillie en moi-même, j'adorais le divin Jésus qui venait de descendre dans mon cœur, j'éprouvai un sentiment que je ne saurais définir et qui fut pour moi comme un avertissement intérieur que j'étais guérie. En effet, à partir de ce moment, qui demeurera toujours profondément gravé dans mon souvenir, je n'ai plus rien ressenti de mes anciennes souffrances. Aidez-moi, mon Révérend Père, à rendre grâces à Dieu et à son immaculée Mère. Je vous prie d'agréer l'assurance de mon plus profond respect. M. A..., religieuse de la Sainte Famille. (Annales de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, notre piété filiale vous aperçoit encore, à la distance de dix-huit siècles, cachée en un coin du Calvaire, et regardant passer Jésus, chargé de l'instrument de sa mort; il succombe sous ce fardeau trop pesant!... Mais, quel était ce fardeau? Ah! ce n'était point celui de la croix; c'était la chaîne des iniquités innombrables du monde! Elle était si lourde, qu'un Dieu lui-même ne pouvait pas la porter; trois fois ses genoux fléchirent, et II tomba la face contre terre! C'est la même chaîne qui vous accable, ô Marie, et voilà pourquoi vous nous apparaissez, sur la montagne de la Salette, désolée, pleurante, assise et comme abattue par une douleur immense que vous ne pouvez plus porter!... Oh très-douce Mère! voici vos enfants, vaincus à leur tour par le spectacle de cette douleur; ils sont tous là, à vos pieds, venant détacher de votre cœur, par le repentir, ces chaînes douloureuses, vous les rendre plus légères par la .prière, la pénitence, l'expiation, les effacer même et les purifier ici-bas, dans l'amertume et l'abondance de leurs larmes, pour vivre avec vous dans la gloire et l'amour éternel de votre Fils. Ainsi soit-il.

 n_d_de_la_salette

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

16 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Dix-septième jour

Les instruments de la Passion sur la poitrine de la Sainte Vierge

 

L'apparition de la Salette étant la reproduction du Calvaire, Marie ne veut rien oublier de tout ce qui a eu quelque part au crucifiement de Jésus; et voilà pourquoi nous trouvons sur son cœur, après la croix, tous les instruments de la passion représentés par les deux principaux, les tenailles et le marteau: A droite de la croix, disent les enfants, étaient les tenailles, à gauche, un marteau. En vérité, plus on considère l'auguste image de Marie, plus on s'étonne des symboles de son apparition: la Sainte Vierge ne s'était jamais montrée sous de tels emblèmes, et ces instruments ont quelque chose d'étrange sur sa poitrine. Cependant on peut aisément et tout d'abord les comprendre : nous l'avons dit hier, la sympathie de nature mène à la communauté de douleurs; c'est en vertu de ce mystère de l'amour, que si la Mère de Dieu n'a pas aidé son Fils à porter au Calvaire les instruments de sa passion. Elle n'en a pas moins senti en son cœur de Mère, tout le poids et toute la douleur: aussi les coups de ce terrible marteau ne sont pas encore apaisés, après dix-huit siècles; ils continuent à retentir dans son âme sur la montagne de la Salette; et cet autre instrument qui déchira le corps de Jésus, déchire encore profondément ses entrailles maternelles!... Faut-il donc s'étonner que ces instruments, qui ont fait souffrir si cruellement son être tout entier, se soient gravés à jamais sur sa poitrine?... Autre considération: auprès de toutes les cours de la terre, une haute convenance conserve, dans les trésors de la couronne, des diamants, des joyaux, des parures, pour le seul usage des reines: et une noble coutume veut que les reines ne se montrent au monde que parées de ces richesses royales, venues de la main de leurs aïeux, ou de la munificence de leurs peuples: or, Marie est Reine, et la première des reines, ayant pour humbles servantes toutes les reines de la terre; en l'année mil huit cent quarante-six du règne de son Fils, Elle médite et va réaliser une apparition devant son peuple: anges, ministres ordinaires de sa cour, vierges, qui faites toujours cortège à ses pas, préparez le vêtement d'honneur, la parure royale de la grande Reine!... Mais où sont ce vêtement, cette parure? Ah! reposez-vous ici de toute sollicitude ; Marie y a pourvu Elle-même: après l'ensevelissement de son Fils au Calvaire, Elle a revu ces lieux de son supplice, Elle a recueilli tous les instruments qui ont servi à le crucifier; Elle en a fait, dans les trésors du ciel, les joyaux, les diamants de la couronne de la Reine du monde; et de parure, Elle n'en aura pas d'autre dans les grandes apparitions, quand il faudra parler à son peuple, pourvoir à son salut, et toucher son cœur!... Considérons enfin, pour entrer mieux encore dans la pensée de la Vierge des Alpes, que nulle parure n'était plus propre au succès de sa mission. Les hommes avaient violé toutes les lois religieuses, et Dieu était irrité de ces mépris de dix-huit siècles: il s'agissait d'arrêter le péché et d'apaiser la justice divine ; le message de la Salette était donc un message de paix et de réconciliation: or, Marie présentant sur sa poitrine, au ciel, les trophées de la grande miséricorde du Calvaire; au monde, les instruments de sa rédemption: quel spectacle pouvait plus sûrement toucher le cœur des hommes, et désarmer la colère de Dieu?... N'était-ce pas remettre sous ses yeux, et renouveler dans son cœur cet ineffable mystère d'amour irrésistible qui l'a fait Victime auguste et Père toujours miséricordieux des pécheurs?...

 

Réflexions

 

La piété découvre un double dessein en Marie se faisant une parure d'honneur des instruments de la passion : 1° Un dessein de compassion affectueuse pour son divin Fils; 2° Un dessein de mortification et de crucifiement de nous-mêmes. 1° Compatir, c'est souffrir avec quelqu'un; c'est mêler ses larmes aux siennes, confondre deux douleurs dans un seul cœur. Marie a toujours partagé les souffrances de son Fils; silencieuse, d'une noble amertume, au Calvaire, Elle pleure devant son supplice renouvelé sur la nouvelle montagne: Elle était pleine d'angoisses, la très-douce Mère: qui pourrait contempler, sans une profonde tristesse, cette tendre Mère, gémissant et désolée, en voyant les tourments de son divin Fils? A l'exemple de la divine Mère, il faut compatir aux souffrances de Jésus: est-il, parmi les hommes dont l'exil est cependant si amer et si triste, une douleur comparable à ses douleurs? Contemplez Jésus crucifié: sa tête est couronnée d'épines; le sang coule, remplissant ses yeux et couvrant son visage... Ses lèvres sont brûlantes et desséchées... Ses épaules sont meurtries, ses os disloqués; on les peut compter un à un... Il n'y a partout, en un mot, dans ce corps adorable, que meurtrissures et plaies sanglantes... Le prophète l'avait annoncé, et la prophétie est bien accomplie: Nous l'avons vu, dit-il, mais ce n'était plus lui; il était défiguré, comme un homme couvert de lèpre, humilié et frappé de Dieu. O insondables abîmes de la passion! ô infinité de l'amour divin! ô mystères de la douleur! qui pourrait de vous parler dignement? Vous, ô Notre Dame de la Salette, parce que vous n'avez pu renouveler à nos yeux le spectacle de ces extrémités de la souffrance qu'en descendant, à la suite de l'auguste Victime, dans toutes les profondeurs ineffables de la passion! Pleurons donc amèrement aujourd'hui, compatissons à ses douleurs, car, ces grandes blessures, le très-doux Agneau ne les a reçues que de la part de ceux qui avaient tant de raisons de l'aimer. 2° Les instruments de la passion nous prêchent en second lieu la mortification et le crucifiement de nous-mêmes: « Je complète en moi, dit l'apôtre saint Paul, ce qui manque à la passion du Christ ». Quel est le sens de cette parole? Manquait-il donc quelque genre de torture au crucifiement de Jésus ? Non, rien n'a manqué au Calvaire: notre chef auguste a tout souffert, l'agonie et ses défaillances, les mépris injurieux du prétoire, les verges cruelles de la flagellation, les clous aigus, le fiel amer, le martyre de chacun des instruments de sa mort: mais nous sommes, nous, les membres de cette auguste Victime; nous devons souffrir, être crucifiés avec Elle; l'union de la douleur, la participation à ses souffrances, est le feu mystique, qui passant dans nos corps, complète ce qui manque à la passion de Jésus-Christ. Or, nous voici aujourd'hui au sommet des Alpes, sur la montagne de Marie, le Calvaire de la loi nouvelle: prenons donc nos mains et nos pieds, et attachons-les à la croix, avec les mains et les pieds de Jésus; posons sur notre tête orgueilleuse une couronne d'épines: que nos oreilles, trop avides de louanges, entendent désormais sans frémir l'outrage et l'injure; et d'un cœur brisé par le repentir, comme le fut par la douleur celui de Jésus, disons à Dieu: O doux Sauveur, je l'ai bien mérité... Vous étiez innocent, et je suis coupable !

 

Pratique : Méditer aujourd'hui les tourments de la passion. Supplier la Sainte Vierge d'imprimer bien avant dans nos âmes, les plaies de son divin Fils; compatir et pleurer,en union avec Jésus-Christ et Marie, et en leur société sainte, chaque jour et tant que nous vivrons.

 

Mort édifiante d'une petite fille âgée de 7 ans, racontée par le curé de la paroisse

(Lettre à Monsieur le Supérieur de la Salette, en 1859)

 

L'année dernière, la chère petite Marie avait entendu, avec bonheur, faire le récit de mon pèlerinage à la sainte Montagne. Ce récit l'avait initiée à la dévotion envers Notre-Dame de la Salette qu'elle aimait comme sa patronne. La joie de cette enfant lut à son comble, lorsqu'elle apprit qu'un missionnaire allait venir prêcher l'établissement d'une confrérie en l'honneur de Notre-Dame Réconciliatrice. Mais Dieu la soumit à une rude épreuve: elle tomba malade le jour même de l'arrivée du prédicateur, et il fallut renoncer au plaisir d'aller, le soir, entendre le récit de l'apparition. Marie demeurait toute seule avec sa grand mère, à qui ses parents l'avaient confiée. Ne voulant point que sa grand mère fût privée à cause d'elle du bonheur d'aller entendre de si belles choses, elle la pria de la laisser seule, et d'aller assister au sermon qu'elle écouterait bien, afin de pouvoir lui répéter à son retour tout ce qu'on aurait dit. Malgré l'obscurité de la nuit, malgré le mal dont elle souffrait, malgré son jeune âge, car elle n'avait que six ans et demi, la petite Marie resta seule, sous la protection de Notre Dame de la Salette qu'elle avait établie sa gardienne. Il semble que Notre Dame de la Salette avait choisi cette enfant pour en faire le modèle de sa dévotion. Dès l'âge le plus tendre, cette admirable jeune fille avait demandé à Dieu la grâce de mourir à sept ans, afin de ne pas l'offenser et d'aller tout droit au ciel. Chose extraordinaire, elle tomba malade le jour même qu'elle atteignait sa septième année, pour mourir quelques jours après, le jour anniversaire de son baptême. Les détails de ses derniers moments nous la montrent tout entière à Dieu et à Notre Dame de la Salette. Sa maladie était une angine. Dès le commencement, les bonnes sœurs, dont elle était, à juste titre, l'élève de prédilection, lui avaient apporté un groupe de l'apparition, afin que la vue de cette sainte image l'encourageât à subir les traitements douloureux auxquels elle était soumise. Marie trouva, en effet, dans la contemplation de sa statue, une résignation et un courage qui étaient au-dessus de son âge. Pour la récompenser, on lui fit don d'une statue semblable, mais plus petite, qui est restée dans ses mains jusqu'au moment de sa mort. Le courage de cette enfant était véritablement héroïque. Avant de prendre les potions amères qui lui étaient prescrites, elle faisait le signe de la croix et récitait l'invocation à Notre Dame de la Salette. Lorsqu'elle se sentait très-mal, elle demandait un peu d'eau de la fontaine miraculeuse, et montrant sa statuette: « C'est celle-là qui me guérira, disait-elle, je n'ai pas besoin de médecins, ils peuvent bien s'en aller ». Le soir qui précéda sa mort, à onze heures, la petite malade appela sa mère, en lui disant: « Maman, lève-toi, il est temps », et une demi heure après, l'agonie commençait. Sur ses instances, on alla chercher M. le curé qui fut trouvé absent. M. l'abbé de Leudeville dut à cette circonstance d'avoir sous les yeux le plus touchant des spectacles, celui d'une jeune fille innocente qui ne veut pas mourir sans avoir reçu les sacrements. En attendant l'arrivée du prêtre, la petite mourante jouissait des visions les plus consolantes. Elle voyait la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus escortés d'enfants et d'âmes pieuses qui formaient une belle procession à laquelle venaient aussi se mêler de blanches et magnifiques colombes. L'enfant demanda ensuite qu'on lui récitât les litanies de Notre Dame de la Salette. M. l'abbé se rendit à son pieux désir et les récita à haute voix; elle recueillit toutes ses forces et répondit à cette prière avec une piété que n'oublieront jamais les personnes qui ont eu le bonheur de la voir. Après avoir fait sa petite confession d'une voix assez forte, Marie voulut faire la distribution de tout ce qui lui appartenait. Elle se dépouilla même de sa chère statue de Notre-Dame de la Salette qu'elle donna à sa grand mère, avec prière de la laisser à sa petite mère quand elle mourrait. La grand mère remit cette statue entre les mains de la petite malade; mais celle-ci, tout heureuse de la toucher encore, ne la regarda plus comme sa propriété. Marie donna ensuite le peu d'argent qu'elle avait à Notre Dame de la Salette, qu'elle fit ainsi son héritière. Ainsi dépouillée de tout, la petite agonisante ne songea plus qu'à bien mourir. Le matin après la sainte messe qui fut dite pour elle, elle reçut le sacrement de l'Extrême-Onction. On aurait dit qu'elle n'attendait plus que cette dernière grâce pour rendre doucement sa belle âme à Dieu, dans les bras de Notre Dame de la Salette. C'était précisément le jour anniversaire de son baptême. (Leudeville, Seine-et-Oise, Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, la statuaire et la peinture vous représentent d'ordinaire environnée de lys, ou couronnée de roses; et vous êtes admirablement belle, sous tous ces symboles de votre gloire et de vos vertus. Mais que l'on ne me dise pas non plus que vous n'êtes pas belle, ô ma Mère, couverte des instruments de la passion de votre Fils. Saint Augustin affirme que votre Jésus ne lui a jamais paru plus beau que sous les coups de la flagellation, qui changea son corps en une seule plaie et une grande blessure: à l'exemple du saint docteur, je proclame que vous n'avez jamais été plus belle que sons la parure royale de la croix, des tenailles et du marteau de la passion! L'Ecriture dit bien de vous, que les étoiles sont au ciel votre couronne, et la lumière votre vêtement; mais cette beauté matérielle ne vaut pas le reflet de beauté divine qui s'échappe de votre corps, sous les instruments du supplice de votre Fils: aussi, ces instruments sacrés, je les vénère aujourd'hui, à genoux au pied de votre montagne; je les baise sur votre poitrine; et il me semble qu'à leur contact régénérateur, il me vient de chacun d'eux, un courage, une confiance qui, embaumant mon âme de tous les parfums rédempteurs de la croix, lui font respirer d'avance l'air pur du ciel, dont vous nous obtiendrez, ô bonne Mère, la possession et la gloire. Ainsi soit-il.

 DSC_0241

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

15 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

63680108

Seizième jour

Le Crucifix de Notre Dame de la Salette

 

« Un crucifix tout brillant d'or était sus« pendu sur la poitrine de la Sainte Vierge», dit l'humble bergère de la Salette... Il est écrit dans le livre des Cantiques: « Mon Bien-Aimé repose sur mon cœur, comme un faisceau de myrrhe... et il ne me quittera jamais!... » Au témoignage de saint Grégoire de Nysse, le Bien-Aimé, comparé à un faisceau de myrrhe, n'est autre que Jésus crucifié Cette explication admise, que de grâce, que de beautés célestes contient cette figure! Jésus, faisceau de myrrhe, comme pour embaumer le sein duquel il doit naître! Marie, pressant sur son cœur ce divin faisceau, comme pour le rendre digne de Celui qui doit y reposer! Jésus, le bien-aimé de Marie! pourrait-il ne pas l'être? Jésus crucifié est le tout du monde, éclairant d'une lumière divine toutes choses divines et humaines, le ciel, la terre, l'éternité; c'est même le tout de Marie, étant la source de sa gloire, la cause unique de son bonheur, l'explication de tous ses titres!... Aussi ce Jésus, ce bien-aimé faisceau de myrrhe, selon le mot des cantiques, Marie ne peut pas s'en séparer, ni le quitter jamais!... Et voilà pourquoi la Sainte Vierge, venant se montrer au monde sur la montagne de la Salette, nous présente, sur sa poitrine, l'image de son divin Fils crucifié. La croix, c'est pour Marie un noble souvenir, rappelant la part considérable qu'elle a prise à l'œuvre de la rédemption: la croix, c'est le glorieux trophée de Marie; Elle a triomphé par la croix, mourant en son cœur, à ses pieds, sur le Calvaire, tandis que Jésus y. mourait en son corps... Et si le vainqueur porte toujours avec lui l'instrument de sa gloire et en décore sa poitrine, comme du signe de l'honneur, quel autre signe, quelle autre décoration conviennent mieux que la croix au cœur et sur la poitrine de Marie, devenue par elle, Reine du ciel, et Mère des hommes!... Seule, il est vrai, parmi les représentations nombreuses de la Sainte Vierge, la statue de Notre Dame de la Salette nous offre l'image de Jésus crucifié, l'instrument de supplice d'un Fils, appendu comme un trophée sur la poitrine de sa Mère; voilà qui réveille tout d'abord dans l'esprit, une impression douloureuse: oui, ce spectacle est étrange; ne nous étonnons pas toutefois; il trouve, dans le cœur de Marie, une explication ineffable: à la suite de précieuses conquêtes de la science moderne, la lumière imprime et photographie sur le métal l'image des corps exposés à son action : la compassion opère dans les âmes quelque chose de semblable: oui, la douleur longtemps considérée en un être que l'on aime et que l'on voit souffrir, finit par décomposer notre être moral tout entier; et à mesure que l'on contemple cet être souffrant, on sent ses douleurs passer en notre âme et s'y incorporer en tous nos membres. Mais, qui, plus que Marie, a contemplé la croix? La voilà auprès de son Fils... regardez-la bien; où sont ses yeux, où est son être tout entier? sur la croix... son cœur s'enivre des douleurs de Jésus; son âme éprouve les mêmes angoisses... Elle est crucifiée, c'est à-dire tellement attachée à la croix, que cette croix divine demeure gravée et comme clouée à sa poitrine!... et le voilà expliqué, ce bien-aimé faisceau de myrrhe, que Marie ne devait plus quitter!... Enfin, le crucifix de la Vierge des Alpes trouve une seconde explication dans l'objet même de l'apparition; on l'a dit, la montagne de la Salette est un autre Calvaire, du haut duquel Marie publie une seconde fois et rappelle aux hommes les commandements de Dieu et les lois de l'Eglise, oubliés et méconnus. La Sainte Vierge paraît donc sur la montagne, portant sur sa poitrine la croix du Calvaire, et disant au monde : Voici l'instrument de votre rédemption; voici l'image méprisée de votre Sauveur; aujourd'hui elle n'est pas supportée par le bois, mais par mon propre corps, changé en une sorte de croix! Regardez bien, et la victime et la croix vivante qui vous la présente; voulez-vous encore, par votre indifférence et vos mépris de sa loi, crucifier le Fils sur le cœur de sa Mère?...

 

Réflexions

 

Le crucifix de Notre-Dame de la Salette nous prêche: 1° La componction du cœur au souvenir de nos péchés; 2° Les sentiments dans lesquels nous devons porter la croix. 1° La componction est cette douleur vive et amère qui, comme un glaive, déchire, de sa pointe acérée, le cœur de l'homme. Le trait aiguisé perce le corps, et pénètre, selon l'expression de l'Apôtre, jusqu'aux dernières divisions de l'âme; ce tranchant symbolique, c'est le repentir: il trouble l'esprit, il inquiète le cœur; mais son tourment est salutaire, il irrite l'âme pour la guérir... or, c'est en présence du crucifix que l'on éprouve cette douce et terrible souffrance; c'est ce cruel et aimable martyre du repentir que fait sentir aux âmes Notre Dame de la Salette: en voyant la croix sur sa poitrine, on hait le mal, on rougit d'être coupable; on s'accuse avec amertume d'avoir crucifié un Dieu, un Sauveur; et une voix intérieure nous crie : Voilà l'instrument du supplice; c'est moi qui l'ai dressé... j'étais dans cette foule qui condamnait Jésus, et j'ai dit avec elle, dans la folie de mes péchés: Qu'il soit crucifié. Considéré avec ces sentiments de douleur, le crucifix de Notre Dame de la Salette sera pour nos âmes une arme salutaire, un signe de grâce et de conversion devant Dieu, qui reçoit toujours le cœur contrit et humilié. 2° Le Calvaire est partout, Marie l'a trouvé au sommet des Alpes : nous le trouvons, nous, sur tous les points de la terre, et dans toute l'économie de la vie humaine... Mais, qui nous apprendra la science de la croix? Il faut à l'exemple de Marie et des saints, la contempler continuellement, et en graver l'image au fond de nos cœurs; nous pourrons ensuite comme eux, la porter sur nos poitrines... Les symboles religieux sont vains sur les cœurs chrétiens qui ne les méditent pas; il faut porter en nos âmes ces signes vénérés; être unis à Jésus souffrant, crucifiés avec Lui, selon l'expression de l'Apôtre,.. A quoi nous servirait la croix, si notre cœur n'y était attaché, si notre âme n'est élevée, comme le Sauveur, par ce bois sacré, entre le ciel et la terre? Les vrais enfants de Marie doivent souffrir avec Jésus, en union des douleurs de sa passion et de sa croix. Unissons-nous donc aujourd'hui à Marie, à tous les saints pénitents: tous ensemble, supportons nos croix et nos souffrances avec Jésus; c'est l'esprit de la foi, la condition de l'amour, le caractère commun aux vrais enfants de la Salette; ils portent la croix avec leur Mère, ils impriment la souffrance bien avant dans leur cœur, pour demeurer comme Elle, toujours avec Jésus, attachés à la croix.

 

Pratique : Solliciter de Notre-Dame de la Salette l'Esprit de componction, avec lequel Elle nous présente la croix... Porter et presser quelquefois affectueusement sur son cœur, l'image vénérée de Jésus crucifié... Demander grâce à Dieu pour nos propres péchés; gémir aussi quelquefois pour nos frères coupables.

 

Guérison d'un jeune enfant

(Vœu à Notre Dame de la Salette)

 

Madame de A. avait un enfant âgé d'environ trois ans, qui avait presque toujours été malade depuis sa naissance. Cet enfant n'avait jamais pu dormir plus d'une heure et demie par nuit, et il était incapable de supporter aucune nourriture solide. C'est à peine s'il pouvait de temps en temps supporter une cuillerée de bouillon. Depuis six mois, l'état de cet enfant s'était aggravé d'une manière notable. Au commencement de novembre 1863, la mère du petit malade écrivait au directeur pour le prier de lui expédier un peu d'eau de la Salette. L'eau demandée fut envoyée le 9 novembre au soir, et madame... recevait le lendemain 10 son précieux envoi. Le 11, au matin, le docteur fit sa visite, et en se retirant, dit à plusieurs personnes que les petits cris jetés par l'enfant étaient le râle de la mort. Après le départ du médecin, la mère désolée lui donna quelques gouttes d'eau de la Salette, et immédiatement l'étouffement cessa. Le danger disparut à l'heure même, et l'on vit cet enfant qui n'avait jamais mangé, porter sa main sur la nourriture qu'on avait apportée pour sa mère. Depuis, il a toujours mangé et a pu dormir douze heures chaque nuit. Evidemment la guérison était complète. Monsieur de A. père de cet enfant, était absent, lorsqu'une lettre de son épouse vint lui apprendre le danger où se trouvait son jeune fils. Immédiatement ce père plein de foi fit vœu de faire le pèlerinage de la Salette, si l'enfant guérissait. La mère avait fait un vœu semblable sans connaître celui de son mari. Tous les deux ont été bien récompensés de la confiance avec laquelle ils ont invoqué Notre Dame de la Salette. Du reste, par ce miracle, il semble aussi que Dieu ait voulu récompenser M. de... d'un bel acte de religion qu'il venait d'accomplir en cette circonstance. Quarante ou cinquante ouvriers travaillaient à un château qu'il faisait alors construire. Malgré ses instances auprès de l'entrepreneur, il n'avait pu obtenir que les travaux fussent suspendus le dimanche. A la nouvelle du danger où se trouvait son enfant, cet homme plein de foi courut à Tours, chez son architecte, et lui parla en ces termes: « Depuis six mois qu'on travaille à ma maison, je n'ai pas encore pu obtenir que l'on ne travaillât pas le dimanche. Dieu est irrité, et son indignation retombe sur mon petit enfant. Il était faible jusqu'ici, mais il n'y avait rien d'alarmant, et aujourd'hui il va mourir. Faites donc cesser les travaux du dimanche, et je m'engage à payer les ouvriers comme s'ils avaient travaillé ce jour-là ». Trois jours après cette belle action, l'eau miraculeuse de la Salette arrivait, et l'enfant mourant était rendu à la vie. (Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, vraie Mère de douleur, vous étiez pleine d'angoisses, sur le Calvaire, devant les tourments et les souffrances de votre Fils: et à la Salette, qui pourrait vous contempler, transformée en une sorte de croix vivante, sans une profonde tristesse!.. O très douce Mère, que ce crucifiement de votre divin Fils, renouvelé sur votre poitrine, afflige douloureusement mon âme, que mes yeux versent des torrents de larmes, la nuit et le jour!.. C'est moi qui ai fait mourir par mes péchés votre Fils unique, votre bon et doux Jésus! Je, vois là, encore tout ouvertes sous mes yeux, ses plaies douloureuses! O chef ineffable! ô traits si doux! ô côté sacré! ô mains percées! ô pieds miséricordieux! faites silence, plus de reproches à mon âme! J'ai le regret de mes fautes!... je vous bénis, je vous aime! je vous adore!.. Je vous promets une reconnaissance sans bornes, un amour sans réserves!.. Oui, mon Bien-Aimé sera à moi, et à jamais je serai à Lui; il reposera sur mon sein, comme un faisceau de myrrhe; et une fidélité constante l'y retiendra toujours!.. Ainsi soit-il.

 salette_virgin3

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

14 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

165001

Quinzième jour

Les roses de Notre Dame de la Salette

 

« Des guirlandes de roses tombaient des deux côtés sur le sein de la Vierge; d'autres guirlandes, tressées des mêmes fleurs, entouraient ses pieds et son front... » (Récit de l'apparition). L'examen des roses de Notre-Dame de la Salette révèle des détails aussi pieux qu'édifiants, touchant leur nombre, leurs couleurs diverses, et leur disposition générale: 1° Leur nombre : La Vierge des Alpes étincelle de roses ; les roses couronnent son diadème; elles bordent son humble fichu, entourent son modeste tablier; elles ornent tous ses vêtements, forment les franges de sa robe, et décorent même sa chaussure! La Sainte Vierge semble apporter ici une Intention particulière à se faire comme un vêtement de roses!... Elle en est couverte de la tête aux pieds: c'est une parure complète, qui l'enveloppe tout entière: c'est que Marie est pure, en sa tête, en ses pieds, en tous ses membres, en tout son corps; et ces roses multipliées symbolisent toute cette pureté virginale: cette parure de roses, en un mot, nous paraît être la traduction littérale, le commentaire vivant et animé de ces paroles de nos saints livres: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et de taches en vous, il n'en est pas »; c'est-à-dire que Marie fait ici de son corps, comme une rose unique, résumant en elle seule les couleurs et les parfums de toutes les roses; et n'est-ce pas en effet, la Rose belle par excellence, dont les couleurs pures ont ravi le ciel, attirant Dieu en Elle, et dont les parfums embaument encore la terre, amenant toutes les âmes innocentes à l'odeur des parfums de la virginité!... 2° Couleurs des roses: Marie, à la Salette, est parée de roses variées: elles étaient blanches, rouges et bleues. Les couleurs qui diversifient ces roses, redisent les vertus de la Reine des cieux: le blanc symbolise sa virginité et sa pureté sans tache; et cette blancheur éclate jusque sur sa chaussure, pour nous montrer que l'innocence a toujours guidé ses pas, et qu'elle doit de même toujours diriger les nôtres. Le rouge, emblème des flammes du cœur et du dévouement généreux, représente sa charité parfaite, que Marie a portée jusqu'à l'héroïsme du martyre. Le bleu redit l'ensemble de ses vertus ; le bleu, en effet, nous rappelant l'azur et l'idée du ciel, symbolise merveilleusement la réunion de toutes les vertus épanouies au cœur de Marie. Du milieu de toutes ces roses, ajoute le récit de la bergère, sortaient des flammes de lumière et d'or le plus beau, qui s'élevaient comme de l'encens, et venaient se mêler à la lumière qui entourait sa protectrice... Quelle figure touchante de Marie, astre toujours brillant à l'œil de l'âme, qui cherche la lumière de ses conseils, et l'or pur de ses vertus!... 3° Disposition des roses: On a pu l'observer, les roses qui composent la parure de Notre Dame de la Salette ne sont pas séparées entre elles; elles sont au contraire liées, réunies les unes aux autres par une guirlande légère de petits boutons non encore éclos, formant une chaîne unique de toutes ces roses; elles ont du moins cette forme, sur le grand nombre des statues de l'apparition. Pourrait-on ne pas voir dans ces roses, ainsi disposées en guirlande, une image, une figure d'une dévotion chère à la Sainte Vierge, le chapelet! Cette couronne précieuse pouvait-elle ne pas trouver place, au moins comme objet de consolation, au milieu de tous les instruments de la passion, et sur la poitrine d'une Mère déchirée de toutes douleurs?... Le sens religieux, d'ailleurs, fait bon accueil à cette interprétation pieuse, qui fait tout à coup une rose de chacun des grains de notre Rosaire, et du Rosaire lui-même, une chaîne d'amour qui attache l'âme qui le récite, au cœur de Marie!... Telle est donc la Vierge des Alpes, avec ses roses mystérieuses : comme la rose incorruptible de Jéricho, la rose mystique de l'Alliance nouvelle n'a pas fait son apparition dans une de ces réunions mondaines, où brûle l'encens profane. Elle s'est épanouie sur un nouvel Hermon, sur la cime d'un autre Janir, où le céleste Epoux vient courir après les âmes qui ont perdu le parfum délicat de l'aimable vertu!... Vous donc, vierges, femmes chrétiennes, vous toutes qui aspirez à former cortège à Marie, à travers les célestes montagnes, venez sur la cime de la Salette, venez courir après Elle, pour recueillir les grâces et les leçons qu'Elle nous porte du ciel| sous la parure symbolique de ses roses!...

 

Réflexions

 

La piété n'éprouve nul embarras à trouver des significations vraies, des applications pratiques, aux roses de Notre-Dame de la Salette: 1° Et d'abord, Marie est parée, sur la montagne, de roses nombreuses et éclatantes ; et toutes ces roses sont riches, douces et sans nulle épine: peut-on mieux symboliser le bonheur parfait?... Et cependant, Elle verse des larmes amères et abondantes!... Oui, Marie pleure, sous sa brillante parure de roses; Elle pleure, pour apprendre aux heureux de la terre, à ne pas abandonner leurs cœurs aux joies de ce monde, qui doit être pour le chrétien une vallée de larmes!... Elle pleure aussi, cette bonne Mère, sur les fleurs, sur les roses que les filles de son peuple mettent dans leurs parures légères et mondaines!... Elle pleure, parce que les -vierges de son peuple sont toutes défigurées par les atours d'une beauté immodeste, qui est un piège et une injure à la vertu publique!... 2° La rose, on le sait, est l'emblème de la pureté : blanche, elle symbolise la pureté angélique; variée de couleurs, elle figuré la Vierge martyre à qui a été fait l'honneur d'empourprer, dans le sang de l'Agneau, le vêtement de son innocence : mais la rose, délicate et un peu difficile, ne fleurit pas sur tous les champs: il lui faut, pour étaler à nos yeux tout l'éclat de sa parure, la terre vierge et close de nos jardins; et elle en est l'ornement et l'orgueil, par la pureté de ses couleurs et la suavité de ses parfums!... Vertu symbolisée par la rose, l'innocence ne croît pas en tout corps humain; il lui faut, pour s'épanouir, la terre vierge d'une âme pure; il lui faut la sainte délicatesse qui ne souffre d'autre approche, que celui du divin Epoux des âmes, Jésus!... Mais aussi, les corps qui possèdent cette vertu, en reçoivent une transparence céleste que l'on dirait empruntée, aux esprits angéliques; et ceux qui les approchent, sont embaumés de l'odeur de ses parfums!... Ames chrétiennes, vous toutes qui entendez ce portrait de la virginité, connaissez-vous ces divins arômes? Prenez-vous quelque soin de cette fleur, transplantée des régions célestes sur les plages souillées de la terre?... Si vous êtes innocentes et pures, triomphez avec les vierges; si vous êtes coupables, humiliez-vous de ne pas trouver une rose à cueillir pour Jésus, sur la terre ingrate de votre cœur!... 3° Enfin, les roses qui entourent le front, les pieds et toute la poitrine de Marie, figurent l'aimable chaîne du Rosaire, dont Elle semble vouloir aujourd'hui accroître encore la dévotion: des guirlandes et des roses, l'impie ne manque pas d'en cueillir sur la terre; mais elles se flétrissent, éphémères comme ses plaisirs, vides comme son bonheur: pour nous, âmes pieuses, cueillons, sur les grains d'un chapelet, les roses mystiques de Marie: tressons-nous des guirlandes, des fleurs odorantes du Rosaire: celles-là ne passeront pas ; nulles ardeurs de la terre ne les pourront brûler; mais nous les verrons éclore et s'épanouir, au soleil du ciel, en couronne de gloire immortelle!

 

Pratique : 1° Fuir les assemblées profanes, les conversations, les parures immoaestes, et autres occasions qui exposent au danger prochain de pêcher. 2° Réciter chaque jour quelques dizaines du chapelet, arme puissante et en quelque sorte spéciale de l'âme qui veut rester fidèle et pure.

 

Conversion et mort édifiante

(Lettre à Monsieur le Supérieur de la Salette, sur la conversion d'un frère racontée par sa sœur)

 

Mon Révérend Père, Le 15 août 1865, je demandais que mon frère fût inscrit, comme membre de la confrérie de Notre Dame Réconciliatrice de la Salette, sur les registres de votre pieux sanctuaire. Vous eûtes la bonté de le faire, et vous m'envoyâtes son certificat d'admission. Mon frère était en proie à de grandes souffrances corporelles, mais son âme était bien plus à plaindre encore. En le confiant à Celle que l'on nomme à si juste titre l'Avocate des pécheurs, j'avais l'espoir que mon frère serait sauvé. J'invoquais Notre Dame de la Salette avec la plus grande confiance. Nos jeunes élèves voulurent bien s'unir à moi et prier aussi pour ce pauvre pécheur. Notre Dame de la Salette ne tarda pas d'exaucer nos prières, qui étaient ferventes et sincères. Je fus bientôt mandée auprès de mon frère, qui avait un grand désir de me voir. Je ne lui fis pas attendre ma visite longtemps. Arrivée auprès de lui, un de mes premiers soins fut de lui montrer son billet d'agrégation, en le lui donnant à baiser. Il y colla volontiers ses lèvres, en prononçant le doux nom de Marie. Quelques instants après, il faisait lui-même la demande d'un prêtre. Son cœur était touché par la grâce, et il ne demandait plus qu'à s'ouvrir. Mon frère s'est confessé, et il l'a fait avec tant de larmes, que le confesseur en était tout attendri et tout ému. Ceux qui l'ont vu dans cette circonstance, n'ont pu s'empêcher de pleurer aussi. Après sa confession, notre cher malade a reçu le sacrement de l'Extrême Onction avec un respect et une foi qui ont édifié tous ceux qui en ont été témoins. Il fallait le voir, présentant lui-même ses membres pour les saintes onctions et demandant pardon à Dieu de ses fautes. Le spectacle a été plus attendrissant encore, lorsque le malade a possédé dans son cœur celui qui est le gage précieux de la vie éternelle. Après sa communion, mon frère ne pouvait plus contenir ses transports d'amour et de reconnaissance. A chaque instant sortait de sa poitrine brûlante une de ces paroles pour exprimer sa joie et son bonheur. « Oh! que je suis heureux! » et il aimait de le dire à tout le monde. Sa ferveur n'a pas diminué pendant les trois jours qu'il a vécu encore. Il a édifié tout le monde par sa piété et sa résignation. Quelles aspirations brûlantes! quels élans d'amour! quelles douces larmes! Avec quelle affection il collait ses lèvres sur le signe sacré de notre rédemption! Je garde cet objet sacré, il me rappellera la mort sainte et édifiante de mon frère; il me rappellera aussi tout ce que je dois de reconnaissance à Notre-Dame de la Salette, qui a bien voulu accorder à mes faibles prières une faveur si précieuse. (Annales de Notre Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, qu'elles sont aimées, les vierges du ciel, admises à suivre l'Epoux partout où il va, et à faire cortège à l'Epouse! qui nous donnera de comprendre l'éclat de leur gloire, les charmes de cette vertu!... Mais hélas! exilés et pécheurs, nous n'avons, pour les contempler, ni un œil assez chaste, ni un cœur assez pur: et au lieu du vêtement d'innocence qui pare leur âme, vos enfants de la terre n'ont à vous présenter, pour la plupart, que les lambeaux d'une robe déchirée à toutes les ronces de la vie!... Mais voilà, ô Vierge de la Salette, voilà que vous ouvrez, sur votre montagne, une fontaine miraculeuse, une sorte de piscine nouvelle pour les pécheurs: ô bonne Mère, nous gravissons aujourd'hui cette sainte Montagne; nous venons laver, dans ses eaux salutaires, les iniquités de nos âmes; recevez vos enfants, et obtenez de votre divin Fils miséricorde à leurs fautes: ils n'osent aspirer à la couronne de l'innocence première ; mais daignez au moins leur garder au ciel la place promise à la vertu réparée dans les regrets du repentir et les larmes de la pénitence. Ainsi soit-il.

21

Pour recevoir chaque jour dans votre boite e-mail la méditation du Mois de Notre Dame de la Salette, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes