22 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Sixième jour

6e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

23 septembre

 

Curé de village

 

Prélude. - Représentons-nous le bon saint, au milieu des paysans de Clichy, ses paroissiens, les instruisant, les consolant, les édifiant.

 

Récit. - Pour mener une vie vraiment ecclésiastique, le jeune se retire chez les Pères de l'Oratoire, non pour être agrégé à leur sainte compagnie, mais pour vivre à l'abri des dangers du monde.

De plus, sachant que nous sommes aveugles en notre propre conduite, il renonce à sa propre volonté, et se laisse conduire dans les voies de Dieu comme un enfant, par un « ange visible », je veux dire par un sage directeur.

Son choix s'étant arrêté sur M. de Bérulle, il ouvre son cœur à ce grand serviteur de Dieu, un des plus habiles maîtres de la vie spirituelle qui aient jamais existé. Celui-ci reconnaît à l'instant que notre saint est appelé par Dieu à de grandes choses, et, sans doute éclairé de lumières surnaturelles, il voit et lui déclare que Dieu veut se servir de lui pour lui rendre un signalé service dans son Eglise, et pour assembler, à cet effet, une nouvelle communauté de bons prêtres qui y travailleront avec fruit et bénédiction.

Après deux ans passés dans cette retraite, il est pourvu de la cure de Clichy. On dit qu'il avait déjà refusé un évêché ; il est certain qu'on lui offrait de riches abbayes, et la reine Marguerite, sur le récit de ses vertus, l'avait pris pour son aumônier ordinaire.

Mais, Dieu a parlé par la bouche de M. de Bérulle. L'humble Vincent sera curé de village. « Il préfère, comme le Prophète, être petit dans la maison du Seigneur, là où l'appelle l'obéissance ecclésiastique, que d'habiter dans les tabernacles des pécheurs, c'est-à-dire parmi les vains honneurs où perce l'ambition ».

Lui-même le disait plus tard : « Le bon peuple de Clichy m'était si obéissant, qu'ayant recommandé la confession des premiers dimanches du mois, personne n'y manquait, à ma grande joie. Ah ! me disais-je, que tu es heureux d'avoir un si bon peuple ! Le pape est moins heureux que moi ! »

 

Pratique. - Chercher, dans toutes les positions, le moyen de procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes, en se proposant de procurer son propre salut.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle des pasteurs, priez pour les pauvres curés de campagne, qui rencontrent aujourd'hui tant de difficultés pour l'exercice de leur saint et pénible ministère.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Tout ce que Dieu nous donne ou nous enlève tourne toujours à | notre avantage, puisque tel est son bon plaisir. C'est à nous conformer à ce bon plaisir de Dieu, que nous devons faire consister toute notre perfection et tout notre bonheur.

L'indifférence est un état de vertu qui détache si parfaitement des créatures, et unit si intimement à la volonté de Dieu, que soi-même on ne désire rien, et on ne préfère pas une chose à une autre.

Se conformer en toute chose à la volonté de Dieu, c'est vivre d'une vie tout angélique : c'est précisément vivre de la vie de Jésus-Christ.

Il n'y a rien de plus saint, rien d'une perfection plus éminente que la résignation à la volonté de Dieu, qui nous établit dans un dépouillement total de nous-mêmes, et dans une indifférence parfaite pour tous les états où nous pouvons nous trouver.

On ne doit épargner ni dépenses, ni fatigues, ni même sa propre vie, quand il s'agit d'accomplir la volonté de Dieu.

Faire en tout et partout la volonté de Dieu, être prêt à aller vivre et mourir où Dieu voudra, c'est la disposition où se tiennent les bons serviteurs de Dieu et les hommes vraiment apostoliques ; c'est la marque qui distingue les vrais enfants de Dieu, qui sont toujours disposés à accomplir tous les desseins d'un si auguste et si bon père.

La perfection de l'amour divin ne consiste pas dans les extases ; elle consiste à faire la volonté de Dieu.

 

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21 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Cinquième jour

5e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

22 septembre

 

À Paris

 

Prélude. - Suivons notre saint dans ce nouveau voyage de Rome à Paris et contemplons la beauté de son âme, qui, parmi toutes ces distractions, ne pas un instant la présence de Dieu.

 

Récit. - Frappés des louanges que Antonio faisait de la vertu et de la sagesse de Vincent, les négociateurs français voulurent le voir, pour examiner s'ils ne trouveraient point en lui le messager qu'ils cherchaient. Vincent parut devant eux. Ils l'entretinrent plusieurs fois et crurent enfin pouvoir s'ouvrir à lui. Comme il s'agissait d'une affaire importante, qui demandait de la prudence, de la fidélité, et une grande discrétion, ils instruisirent Vincent et l'envoyèrent à Paris pour en conférer avec Henri IV.

Arrivé à Paris, Vincent se hâta d'accomplir sa mission ; mais il ne profita point de cette occasion pour s'engager plus avant dans la cour, craignant que la faveur du roi de la terre ne servit d'obstacle aux grâces du Roi du ciel. Comme il occupait, au faubourg Saint-Germain, dans le voisinage de l'hôpital de la Charité, une même chambre avec un de ses compatriotes, juge de Sore, village situé aux Landes et dans le ressort de Bordeaux, il fut accusé à faux de lui avoir dérobé quatre cents écus.

Voici comment il raconte lui-même cette épreuve que Dieu lui envoya pour affermir sa vertu :

« J'ai connu une personne qui, accusée par son compagnon de lui avoir pris quelque argent, lui dit doucement qu'il me l'avait pas pris, mais, voyant que l'autre persévérait à l'accuser, il se retourna de l'autre côté, s'éleva à Dieu, et lui dit : « Que ferai-je, mon Dieu ! Vous savez la vérité! » Et alors, se confiant en lui, il résolut de ne plus répondre à ces accusations, qui allèrent fort avant, jusqu'à tirer monitoire du larcin et à le lui faire signifier. Or, il arriva, et Dieu le permit, qu'au bout de six ans celui qui avait perdu l'argent étant à plus de vingt lieues d'ici (Le juge étant à Bordeaux et saint Vincent à Paris), trouva le larron qui l'avait pris. Voyez le soin de la Providence pour ceux qui s'abandonnent à elle ; alors, cet homme, reconnaissant le tort qu'il avait eu de s'en prendre avec tant de chaleur et de calomnie contre son ami innocent, lui écrivit une lettre pour lui en demander pardon, lui disant qu'il en avait un si grand déplaisir, qu'il était prêt, pour expier sa faute, à venir au lieu où il était pour en recevoir l'absolution à genoux ».

 

Pratique. - Se confier à la Providence et s'abandonner à sa Divine Volonté, quand on est en butte à la calomnie.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme sage et circonspect dans toutes vos voies, obtenez-nous la vertu de prudence.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Après avoir connu la volonté de Dieu sur une œuvre qu'on entre prend, on doit la continuer avec courage, quelque difficile qu'elle soit. On doit la suivre jusqu'à la fin, avec d'autant plus de constance, que les obstacles que l'on éprouve sont plus grands.

L'indifférence (1) est une vertu, non-seulement très excellente, mais encore très utile pour avancer dans la vie spirituelle : on peut même assurer qu'elle est nécessaire à tous ceux qui veulent servir Dieu parfaitement.

Qui peut être plus parfaitement uni à Dieu que celui qui ne fait que la volonté du Seigneur, qui ne suit jamais sa volonté propre, et qui ne veut autre chose que ce qui est du bon plaisir de Dieu ?

Notre-Seigneur se communique sans cesse aux âmes qui se conforment entièrement et constamment à la sainte volonté de Dieu, et qui ne consultent que son bon plaisir dans ce qu'elles veulent ou ne veulent pas.

Dieu nous ayant appelés à l'état où nous sommes, a attaché, pour ainsi dire, à cet état les grâces nécessaires à notre salut : il nous les refusera, si nous abandonnons notre vocation pour nous engager dans une autre à laquelle il ne nous appelle pas.

La conformité à la volonté divine est le trésor du vrai chrétien : elle renferme éminemment la mortification, la soumission parfaite, l'abnégation de soi-même, l'imitation de Jésus-Christ, l'union avec Dieu, et généralement toutes les vertus, qui ne sont telles que parce qu'elles sont conformes à la volonté de Dieu, qui est l'origine et la règle de toute perfection.

Être content de tous les états dans lesquels Dieu nous place, sans jamais en sortir, à moins que nous ne connaissions que Dieu le veut, c'est la plus excellente, la plus utile pratique que nous puissions faire en ce monde.

 

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(1) On entend ici par « indifférence » le détachement des choses, même bonnes en soi, telles que la réussite des bonnes œuvres, ce qui n'exclut pas le zèle qu'on doit y mettre dans la vue de plaire à Dieu.

 

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20 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Quatrième jour

4e jour de la la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

21 septembre

 

À Rome

 

Prélude. - Suivons le pieux visiteur dans ses pèlerinages aux lieux saints de Rome, et vénérons-les avec lui.

 

Récit. - Vincent et son ancien maître furent reçus publiquement, à Avignon, par le vice légat Montorio, qui voulut les mener à Rome tous deux.

Notre saint fut si consolé de se voir en cette ville, mère et maîtresse de la chrétienté, où est le chef de l’Église militante, où sont les corps de saint Pierre et de saint Paul, et de tant d'autres martyrs et de saints personnages qui ont autrefois versé leur sang et employé leur vie pour Jésus Christ, qu'il s'estimait heureux de marcher sur la terre où tant de grands saints avaient marché. Cette pensée l'attendrissait jus qu'aux larmes.

Durant son séjour à Rome, Vincent se livra tout entier à ses études et à la prière. Dans cette capitale du monde ancien, centre de la civilisation chrétienne, il ne donna pas la moindre satis faction à la curiosité, la plus naturelle et la plus légitime en pareil cas.

De tous les monuments de la Rome antique, il ne visita que le Colisée et les catacombes, pour y vénérer le sang, les souvenirs et les cendres des martyrs ; et dans la Rome chrétienne, il ne voulut connaître que les églises et les lieux consacrés par la piété des fidèles.

Sa passion pour l'étude, long temps comprimée dans l'esclavage, reprit à Rome son essor ; il recommença ses travaux théologiques et étendit encore ses connaissances. Il était d'autant plus libre de se livrer à l'étude, qu’il n'avait plus alors le souci de la vie matérielle ; car le vice légat Montorio fournissait à son entretien.

Vincent acquittait largement sa dette d'hospitalité par son édification et le charme pieux de son commerce. À mesure qu'il se faisait connaître davantage, il excitait de plus en plus l'admiration de son protecteur. Celui ci ne pouvait se lasser de répandre ses louanges, surtout devant les négociateurs français qui étaient alors à Rome, ne se doutant pas qu'il allait par là se faire ravir son trésor.

 

Pratique. - Aimer à retrouver le souvenir des saints, dans nos voyages et nos visites en pays étranger.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez si bien étudié et reproduit dans votre vie l'image des saints, obtenez-nous d'imiter vos vertus.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Nous devons nous abandonner entièrement dans les mains de Dieu ; nous devons croire que sa Providence dispose, pour notre plus grand bien,de tous les événements qu'elle veut ou qu'elle permet qu'il nous arrive.

Nous devons offrir nos personnes et tous nos biens à Dieu, afin qu'Il en dispose selon sa sainte volonté ; en sorte que nous soyons toujours prêts à tout quitter pour embrasser les afflictions qui nous arrivent.

Dans les orages qu'excite contre nous la calomnie, dans les injures dont elle nous accable, nous ne devons pas, si nous tendons sincèrement à la perfection, cher cher à nous justifier, mais nous devons recevoir la confusion, tout supporter avec patience, et nous abandonner à Dieu, en attendant que son heure arrive.

Celui qui a mis toute son espérance en Dieu doit être certain que quand l'univers entier se sou lèverait contre lui, il n'arrivera rien que ce qu'il plaira à Dieu.

C'est dans les besoins les plus pressants que nous devons faire éclater notre confiance en Dieu.

Le moyen le plus assuré pour - réussir dans quelque entreprise que ce soit, c'est de se tenir dans un abandon total à la divine Providence, et dans une humble dépendance de ses dispositions.

On ne peut jamais excéder dans la véritable espérance, qui ne peut être trop grande, puisqu'elle est fondée sur la bonté de Dieu et sur les mérites de Jésus-Christ.

Celui qui met sa confiance dans les hommes, et qui, s'appuyant sur ses talents naturels ou sur les ressources que la fortune lui ménage, ne se confie pas en Dieu, celui-là s'éloigne lui-même de Dieu.

 

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19 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

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Troisième jour

4e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

20 septembre

 

Esclave à Tunis

 

Prélude. - Représentons-nous le jeune prêtre, sous le soleil brûlant d'Afrique, vêtu en esclave, travaillant aux labeurs les plus grossiers, et interrompant quelquefois son travail pour lever les yeux au ciel.

 

Récit. - En 1605, Vincent de Paul alla à Marseille pour recueillir un legs de quelque importance, et pour lequel il transigea avec un admirable désintéressement.

Au retour, on l'engagea à prendre la voie de mer, de Marseille à Narbonne. Le bateau fut pris par les pirates de Barbarie, et le saint fut vendu à Tunis. Il changea plusieurs fois de maître, Dieu voulant qu'il éprouvât lui même tout ce que les esclaves chrétiens avaient à souffrir, afin qu'il travaillât dans la suite avec plus d'ardeur à leur délivrance.

Enfin, un renégat de Nice, l'ayant acheté, l'emmena dans sa terre. C'était en une région extrêmement chaude et déserte.

Une des femmes de son maître servit d'instrument entre les mains de Dieu pour retirer le renégat de l'apostasie et délivrer Vincent. Voici comment le saint raconta le fait, dans une lettre touchante de simplicité :

« Curieuse qu'elle était de sa voir notre façon de vivre, elle me venait voir tous les jours au champ où je fossoyais, et un jour elle me commanda de chanter les louanges de mon Dieu. Le ressouvenir du Quomodo cantabimus interra aliena des enfants d'Israël captifs à Babylone, me fit commencer, la larme à l'œil, le psaume Super flumina Babylonis, et puis le Salve Regina, et plusieurs autres choses, en quoi elle prenait tant de plaisir que c'était merveille. Elle ne manqua pas de dire à son mari, le soir, qu'il avait eu tort de quitter sa religion, qu'elle estimait extrêmement bonne pour un récit que je lui avais fait de notre Dieu et quelques louanges que j'avais chantées en sa présence : en quoi elle disait avoir ressenti un tel plaisir, qu'elle ne croyait point que le paradis de ses pères et ce lui qu'elle espérait fut si glorieux ni accompagné de tant de joie que le contentement qu'elle avait ressenti pendant que je louais mon Dieu ».

Concluant qu'il y avait en cela merveilles, cette femme fit tant par ses discours, que, la grâce de Dieu aidant, son mari forma le projet de se sauver en France avec notre saint : c'est ce qu'ils firent dix mois plus tard.

 

Pratique. - Aimer à chanter les cantiques et les hymnes sacrées.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez été captif en Barbarie, délivrez les âmes captives dans la servitude du péché.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Quand la vaine complaisance s'insinue dans les bonnes œuvres, elle en est le poison. La vaine com plaisance est une peste qui infecte les actions les plus saintes et qui nous fait promptement oublier Dieu. C'est le vice le plus funeste à tout progrès dans la vie spirituelle et dans la perfection.

Un des plus grands maux qui puissent affliger une société,c'est de compter, parmi ceux qui la composent, des personnes qui murmurent, qui se plaignent de tout, et qui trouvent à redire à toutes choses.

L'amour-propre couvert du voile de la charité nous fait croire souvent que nous servons Dieu, tandis que nous cherchons à nous satisfaire.

On ne peut pas regarder comme solide la vertu d'une âme propriétaire d'elle-même et attachée à sa propre volonté.

On ne doit pas remarquer comme une œuvre humaine celle à laquelle aucun homme n'a jamais pensé.

Les trésors de la Providence divine sont infinis ; c'est notre indifférence seule qui les restreint et qui fait disparaître à nos yeux leur éclat et leur prix.

La Providence ne nous abandonne jamais dans les œuvres que nous n'entreprenons que par ses ordres.

Se résigner à la volonté divine pour souffrir tout ce qui Lui plaira, et aussi longtemps qu'il Lui plaira, voilà la grande leçon que nous donne le fils de Dieu ; ceux qui l'apprennent bien et qui la gravent dans leur cœur, sont de la première classe dans l'école de Jésus-Christ.

 

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18 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Deuxième jour

2e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

19 septembre

 

L'ordination

 

Prélude. - Représentons-nous notre saint, offrant pour la première fois le saint sacrifice de la messe. Quelle admirable ferveur ! Quelle humble attitude ! On dirait un ange à l'autel.

 

Récit. - Le jeune Ordinand étudia la théologie pendant sept ans, à Toulouse et aussi à Saragosse. Il reçut le sous-diaconat le 19 septembre 1598 et le diaconat, trois mois après, le 19 décembre, dans la cathédrale de Tarbes.

Il aurait pu être ordonné prêtre au mois de septembre de l'année suivante, mais il voulut s'y préparer une année encore, et il ne reçut la consécration sacerdotale, que le 23 septembre 1600, des mains de l'évêque de Périgueux, dans la chapelle du château de Saint-Julien.

On ne saura jamais quel jour il célébra sa première messe ; mais tout porte à croire qu'il la célébra dans la chapelle de Notre Dame de Grâce de Buzet, au diocèse d'Albi, dont la solitude et la pauvreté avaient attiré sa dévotion.

Dieu, qui semblait le conduire par la main dans les sentiers de l'humilité, détacha son cœur des dignités ecclésiastiques par un accident providentiel. Les grands vicaires de Dax, le siège vacant, n'eurent pas plus tôt appris qu'il était prêtre, qu'ils le pourvurent de la cure de Thiel, poste important. Mais elle lui fut contestée par un compétiteur, qui l'avait obtenue en cour de Rome. Vincent ne voulut point entrer en procès pour ce sujet.

On voit, par ce fait, par le temps qu'il consacre aux études, ainsi que par une pièce où on lui permet d'expliquer et d'enseigner publiquement le 2e livre des Sentences dans l'Université de Toulouse, avec le grade de bachelier, qu'il n'était pas ignorant comme il se plut, dans la suite, à le faire croire. Bien différent de ceux qui se laissent enfler par un peu e science, qu'ils pensent avoir, il cachait celle qu'il avait acquise. Volontiers, il eut pris pour de vise celle de l'Apôtre : « Je n'ai pas estimé savoir autre chose, parmi vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

 

Pratique. - S'appliquer aux études qui conviennent à l'état qu'on a embrassé.

 

Invocation. - Saint Vincent, humble de cœur et ferme d'esprit, préservez de l'influence de l'orgueil ceux qui s'appliquent à l'acquisition de la science sacrée.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il faut bien se garder de ce malheureux esprit de vanité qui porte à employer toujours, dans les instructions que l'on fait, des pensées élevées et sublimes : il n'y a que l'humilité et une intention pure de plaire à Dieu qui fasse réussir ce qu'on entreprend pour sa gloire.

Dieu considère bien moins l'extérieur et le matériel que l'ardeur de l'amour et la pureté de l'intention avec lesquelles elles sont faites.

Le véritable zèle pour le salut des âmes porte 1° à se réjouir lorsque d'autres personnes font de grandes choses pour la gloire de Dieu et le service du prochain ; 2° à donner des éloges et à témoigner beaucoup d'estime à ceux qui s'emploient utilement dans le ministère apostolique ; 3° à faire à Dieu pour eux de ferventes prières, afin qu'il les conserve, les fasse prospérer, et répande sur leurs travaux des bénédictions toujours plus abondantes.

On doit travailler beaucoup par amour pour Dieu sans s'occuper de l'estime des hommes, Il faut travailler à leur salut, sans faire attention à leurs discours.

Le peu de progrès dans la vertu et le peu de succès dans les affaires qui ont pour objet la gloire de Dieu, viennent de ce que les hommes ne s'appuient pas sur les maximes de la foi, et qu'ils ne suivent que celles de la raison humaine.

Nous devons nous tenir en garde contre la jalousie et contre le plus léger sentiment que l'envie nous inspirerait. Ce vice est absolument opposé au zèle pur et sincère de la gloire de Dieu ; il est une preuve certaine d'un orgueil secret et très subtil.

 

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17 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Premier jour

1er de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

18 septembre

 

La Naissance

 

Prélude. - Avec les anges préposés à la garde de cet humble berceau, vénérons le petit enfant qui y repose et que Dieu réserve à accomplir de si grandes choses dans son Église.

 

Récit. - C'est le 24 avril 1576, un mardi après Pâques, au petit hameau de Ranquines, près de Dax, que naquit Vincent de Paul.

Pauvres selon le monde, ses parents étaient riches de foi et d'amour de Dieu. Ils l'élevèrent dans la crainte du Seigneur, par mi les épreuves de la pauvreté. Le troisième de six enfants, le petit Vincent était employé à garder le troupeau de son père.

Sa bonne mère du ciel sembla veiller sur l'innocence de son jeune serviteur, qui aimait à la vénérer au pied d'un chêne, encore vivant, dont il avait changé en oratoire à Notre Dame de Buglose, le tronc déjà creusé alors par le temps.

La charité du pieux enfant se faisait jour à travers ses moindres actions. Son morceau de pain, ses méchants habits, ses modestes économies, il donnait tout, avec cette largeur de l'âme et du cœur qui en fera le prodige de la charité catholique.

Mais sa belle intelligence perçait au sein de l'obscure et grossière éducation que la pauvreté des siens lui assigna dans l'ordre social. Son père, frappé des grandes dispositions de son fils, le plaça chez les cordeliers de Dax, où il se distingua par sa piété, sa sagesse, l'angélique pureté de ses mœurs, non moins que par son ardente application au travail et ses rapides progrès dans l'étude.

C'était en 1588. Quatre ans après, l'avocat de Commet lui confiait l'éducation de ses deux fils. Le bon jeune homme accepta avec joie cette position, qui lui permettait de continuer ses études sans rien coûter à sa famille.

L'humble précepteur sut égale ment concilier le soin de ses élèves avec son propre avancement dans la science et dans la piété, et, le 20 décembre 1596, sur les conseils de son second père - c'est le nom qu'il donnait à M. de Commet - il recevait la tonsure et les quatre ordres mineurs.

 

Pratique. - Aimer à favoriser l'instruction des enfants pauvres.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et patron de la jeunesse studieuse, priez pour les jeunes étudiants de nos écoles et de nos universités.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Plus nous sommes pauvres, et plus il faut nous confier à la Providence divine à qui nous devons nous abandonner entièrement, soit pour les biens temporels, soit pour les biens spirituels.

Nous sommes heureux quand le Seigneur nous met dans un état où nous pouvons honorer sa pauvreté par la nôtre : nous sommes alors dans une heureuse nécessité de dépendre en tout de la divine Providence ; nous avons mille occasions de recourir à sa bonté, de compatir aux misères des pauvres, et de pratiquer plusieurs actes de patience, d'humilité, de mortification, de conformité à la volonté de Dieu.

Dieu aime les pauvres, et, par conséquent, il aime ceux qui ont de l'affection pour les pauvres ; car, quand on aime beaucoup quel qu'un, on aime ses amis et ses Serviteurs.

Qu'il est beau de voir les pauvres, quand on les considère en Dieu, et dans l'estime que Jésus-Christ en a faite !

La lumière de la foi nous fait découvrir dans les pauvres les vraies images du fils de Dieu, qui ne se contenta pas d'être pauvre, mais qui voulut encore être appelé le maître, le docteur et le père de pauvres.

On ne doit pas se borner à considérer l'extérieur ou les talents naturels d'un pauvre paysan ou d'une pauvre femme : à peine trouverait-on en eux des êtres doués de raison, tant ils sont terrestres et grossiers, Mais si on les considère suivant les lumières de la foi, on trouvera dans ces pauvres les vrais représentants du fils de Dieu.

 

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30 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Trente-et-unième jour

De la statue colossale élevée au Puy, à la sainte Vierge, sous le nom de Notre Dame de France

 

Ce fut une idée magnifique que celle d'élever à Marie sur le sommet du Mont-Corneille la statue colossale qui en fait une fois de plus la reine du Velay. La première idée en vint, dit-on, au Père de Ravignan, alors qu'il préparait au Puy, en 1846, ses belles conférences pour Notre Dame de Paris. En 1850 son idée fut reprise, par l'abbé Combalot, et il fut enfin donné à Monseigneur de Morlhon de la réaliser.

Un concours fut ouvert, auquel prirent part 53 artistes, et M. Bonassieux fut proclamé lauréat à l'unanimité. Son projet de statue était en effet un véritable chef-d'oeuvre.

Mais comment le réaliser ! La question financière paraissait insurmontable. Sans se décourager, Mgr de Morlhon ouvrit lui même une souscription diocésaine par un don généreux de dix mille francs. Le diocèse souscrivit pour cent mille francs ; mais la statue projetée devait avoir seize mètres de haut ; il fallait donc des ressources bien autrement considérables. La France entière fut appelée à souscrire au monument.

La France répondit généreusement à cet appel. Les trois cent mille petits enfants que les bons Frères des écoles chrétiennes élevaient alors en France, s'offrirent à faire, à eux seuls, les frais du piédestal. C'était la souscription nationale qui commençait par tout ce qu'elle peut avoir de plus gracieux. Ce fait rappelle bien les légendes qui ont valu, à notre Cathédrale, son nom d'église angélique : de même que les anges du ciel avaient consacré jadis, le sanctuaire de Notre-Dame, de même les petits anges de la France voulaient, à leur tour, consacrer à la Mère de l'Enfant Jésus, le rocher qui devait servir de piédestal à sa colossale statue. La souscription de ces petits enfants n'atteignit pas moins de 15,000 francs.

Sur la requête éloquente de Mgr de Morlhon, l'empereur Napoléon III souscrivit pour 10,000 fr. et l'impératrice pour 2,000. De plus, sur la demande de l'Evêque, l'empereur promit, pour la statue, les canons que l'armée française devait prendre à Sébastopol. On était alors au 5 septembre 1855. Le 8, fête de la Nativité de la sainte Vierge, Sébastopol avec ses arsenaux, ses forteresses et son port remplis de pièces d'artillerie, tombait aux mains de nos valeureux soldats. À la suite de cette victoire, la paix ayant été signée (30 mars 1856), deux cent treize canons, représentant un poids de 150,000 kilogrammes de fonte de fer, furent mis, par l'empereur, à la disposition de Monseigneur l'Evêque du Puy. Grâce à cette espèce de carte forcée, tirée providentiellement par nos soldats sur la Russie schismatique, grâce aussi aux ressources de la souscription nationale, qui s'éleva à plus de 300,000 francs, la statue de Notre-Dame de France put être coulée à Givors, avec les canons de Sébastopol. Grande et chrétienne pensée que celle d'avoir ainsi converti l'airain tonnant des batailles en un symbole de miséricorde et d'amour.

Enfin, le 12 septembre 1860, eut lieu l'inauguration de la colossale statue. Jamais la ville du Puy n'assista à plus belle fête et à plus magnifique triomphe. Plus de cent vingt mille pèlerins étaient accourus à cette pieuse cérémonie. Dès le matin, à cinq heures, les cloches de toutes les paroisses, de toutes les églises, de toutes les communautés, s'éveillant toutes à la fois, saluèrent de leurs joyeuses volées l'aube de la fête qui se levait. Rien d'émouvant comme ses hymnes d'airain, portés sur l'aile des quatre vents du ciel, et chantant les gloires de Dieu dans l'espace infini.

À dix heures, une procession, dont la magnificence défie toute description, sortit des sombres profondeurs du porche de la Cathédrale et descendit, avec la lente majesté d'un fleuve contenu, les pentes des rues qui conduisent à la grande place du Breuil. A la suite de cet immense défilé s'avançaient douze prélats, portant des crosses, des mitres et des chapes splendides. C'étaient Nos Seigneurs, les Evêques de Viviers, de Saint-Flour, de Torento, de Valence, de Mende, de Tulle, d'Autun, de Clermont et du Puy. Venaient ensuite les archevêques de Tours et d'Alby, et enfin, dans le splendide éclat de la pourpre romaine, Mgr Donnet, cardinal-archevêque de Bordeaux, fermait la marche de cet auguste cortège. Tous ces grands dignitaires de l'Eglise viennent prendre place sur une magnifique estrade, au milieu de laquelle un riche autel avait été préparé pour le Saint-Sacrifice. Là, tous les regards étant fixés sur le rucher de Corneille où se dressait la statue voilée, un choeur immense entonne un hymne à la Vierge. Soudain le canon tonne, le voile de la statue tombe, une immense acclamation de joie et d'ivresse la salue ; tambours, clairons, fanfares mêlent leur grande voix aux acclamations et aux hourras de la foule.

Puis, sur un signe, tout se tait ; les prélats sont debout, leurs mains se lèvent toutes ensemble pour bénir la statue. Chacun prononce à haute voix, selon le rite prescrit, la formule sacrée. À ce moment, un murmure contenu court comme un frisson sur la foule surprise ; le ciel, qui avait été jusqu'alors sombre et nébuleux, semble soudain s'éclaircir ; un rayon de soleil perce la nue, inonde d'abord le monument de sa pure et radieuse lumière, et s'épanche ensuite en flots d'or sur la ville, comme si du haut du ciel, Marie en personne eut voulu sourire à cette fête. Bien des âmes ne purent s'empêcher de voir une intervention surnaturelle dans cette merveilleuse coïncidence, et le mot de miracle fut même prononcé par un grand nombre de spectateurs.

Quoi qu'il en soit, elle est là maintenant, la colossale statue, elle est là debout sur son gigantesque piédestal de granit, le front dans l'azur et presque aux écoutes du ciel. Du haut du roc où elle se dresse, elle apparaît aux yeux de la foule comme une radieuse et puissante Reine. Elle plane désormais dans l'espace, sur les temps et sur les hommes ; le divin Enfant qu'elle porte entre ses bras, bénit la ville et la France, et l'antique cité d'Anis, fille des grands souvenirs, s'enorgueillit justement de voir sa plus chère croyance et toute son histoire, se dresser de la sorte, immortelles, sur un incomparable piédestal.

Rappelons, en finissant, que le rocher sur lequel s'élève la statue est à cent trente-deux mètres au-dessus de la place de l'Hôtel-de-Ville, et à sept cent cinquante-sept mètres au-dessus du niveau de la mer. Le piédestal mesurant sept mètres au-dessus du rocher, et la statue seize mètres au-dessus du piédestal, les étoiles qui composent la couronne de la statue sont donc à sept cent soixante-quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. La longueur totale du serpent qui se tord et expire sous les pieds de Marie, n'a pas moins de dix-sept mètres ; le pied qui l'écrase a un mètre quatre-vingt-douze centimètres. La chevelure qui se déroule à longs plis sur le manteau constellé de la Vierge, a une longueur de sept mètres ; l'avant-bras a trois mètres soixante-quinze, et la main, de l'attache du poignet jusqu'au bout des doigts, mesure un mètre cinquante-six centimètres. Enfin, la statue, au point de son plus large développement, a dix-sept mètres de circonférence. Aucun monument en métal fondu, existant jusqu'à ce jour, n'a encore atteint de telles proportions. La statue de saint Charles Borromée, à Milan, qui mesure quelques mètres de plus, est simplement en plaques de cuivre repoussé. L'on peut donc bien dire, avec vérité, que par ses dimensions colossales, par sa double signification de patriotisme et de foi, par, la convenance enfin et l'harmonie de toutes choses, autour d'elle, la statue de la sainte Vierge, élevée au Puy, sur le rocher de Corneille est digne du Velay et de la France, et n'a point d'égale au monde.

Heureux ceux à qui il a été donné d'assister au spectacle merveilleux que nous venons de raconter ; et gloire éternelle, amour sans fin à Marie, la patronne et la Reine de notre bien-aimé diocèse et de notre chère Patrie !

 

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Prière

 

Notre Dame du Puy, Notre Dame de France, priez pour nous !

 

Nous venons de raconter votre glorieuse histoire. Que vous demanderons-nous maintenant, en ce dernier jour du beau mois fleuri qui vous est consacré ? Que vous demanderons-nous à la fin de ce livre où sont racontées les merveilles que vous avez daigné opérer sur le Mont-Anis !

Ô Marie, nous vous adresserons une dernière prière pour le Velay et pour la France ! Nous vous demanderons une dernière et suprême bénédiction pour nos montagnes, une dernière et suprême bénédiction pour notre Patrie ! Reine du Velay, vous êtes aussi la Reine de la France, et la France et le Velay vous implorent à genoux et se recommandent à votre toute puissante protection !

Nous vous prierons également pour chacun de nous en particulier : ô Marie, conservez en nos coeurs la foi ardente, qui, par moments, est venue réchauffer nos âmes pendant la lecture de ce petit livre. Maintenez en nos coeurs les bonnes résolutions que nous avons prises, durant ce mois qui nous a tous réunis en votre nom. Humblement prosternés à vos pieds, nous nous consacrons à vous, ô Notre Dame du Puy nous nous donnons à vous, nous remettons à votre bonté la direction de notre vie. Soyez, désormais, notre espérance et notre force, notre consolation et notre soutien, notre joie et notre amour ! Chaque jour, nous ajouterons à nos prières ces mots désormais chers à notre coeur : Notre-Dame du Puy, priez pour nous ! Nous les répéterons souvent en nous-mêmes, sachant que vous les entendez et que vous êtes sans cesse à côté de nous, par votre invisible mais réelle présence. Nous les dirons enfin, à l'heure redoutable où nous irons paraître devant le Souverain Juge ! Porte du Paradis, ouvrez-vous alors pour chacun de nous !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour nous ! Ainsi soit-il !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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Fin du Mois de Marie

 

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29 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Trentième jour

Impressions salutaires que l'on ressent dans l'Eglise angélique de Notre Dame du Puy

 

La nature, avec ses impressions, sa beauté, ses aspects qui parlent tout à la fois à l'esprit, au coeur et à l'âme, ne contribue pas peu à élever l'homme vers son Créateur. C'est là ce qui explique pourquoi certaines contrées de la France ont un caractère plus profondément religieux que d'autres. Demandez au breton pourquoi sa croyance est plus fortement enracinée que les chênes de son pays, il vous montrera l'Océan qui fouette ses falaises, et sur lequel il croit voir « l'esprit de Dieu porté sur les eaux. Et Spiritus Dei ferebatur Super aquas ». (Genèse, 1-2.) Il vous montrera ses landes désertes sur lesquelles il voit également planer l'infini. Demandez à l'habitant du Velay la raison de son culte spécial pour Marie : il vous montrera ses pics qui surgissent du fond de ses vallées ; il vous montrera la ceinture de sapins et la couronne de montagnes, qui font du Velay comme un temple naturel que la sainte Vierge s'est plu à consacrer par diverses apparitions, et au centre duquel elle a désigné elle-même le lieu ou elle désirait être spécialement invoquée.

Ce lieu ainsi choisi par la sainte Vierge, c'est le sanctuaire angélique du Mont-Anis. Rien, tout à la fois de plus saisissant, de plus religieux et de plus pittoresque que l'aspect qu'offrent le sanctuaire et la cité du Puy-Sainte-Marie, aux innombrables pèlerins qui s'y rendent de toutes parts.

La Basilique, notamment, par sa structure et ses dispositions toutes particulières est un monument unique en France. Elle est bâtie moitié sur une plate-forme de brèche volcanique, dépendante du rocher de Corneille qui la domine, et moitié sur un précipice profond qui a été comblé à la hauteur du sol par le moyen de fortes voûtes jetées hardiment sur l'abîme, et supportées par d'énormes piliers flanqués eux-mêmes de grosses colonnes byzantines. Entrons un instant dans ce mystérieux sanctuaire et soumettons nos âmes aux salutaires impressions que l'on y éprouve :

 Parmi les âmes qui pénètrent dans le sanctuaire de Marie, les unes sont en grâce avec Dieu, les autres ont des péchés sur la conscience. Les premières subissent tout de suite le charme que l'apparition de Marie laissa autrefois dans ce lieu, et y éprouvent je ne sais quelle sensation suave et quel mélange de paix et de bonheur vraiment extraordinaire. Peu à peu le calme profond de ce sanctuaire, le recueillement qui y règne, vous gagnent et vous pénètrent complètement.

Oh ! Qu'il fait bon prier là, et y épancher son âme aux pieds de Marie ! Comme on sent bien que les Anges ont consacré cette solitude, l'ont traversée en tout sens et que la sainte Vierge y est descendue autrefois à l'endroit même où s'élève aujourd'hui son autel ! La prière est si douce en cette Basilique et l'on s'y trouve si bien qu'on voudrait pouvoir y rester, y vivre, y mourir même et y reposer dans un tombeau. On comprend, après cela, pourquoi, en 1485, Jean de Bourbon, un des plus illustres Evêques du Puy, tenait tant à avoir son sépulcre dans cette église, qu'il offrit, mais en vain, au Chapitre, en échange de cette faveur, la somme considérable à cette époque de 4.000 livres de rente.

Ah ! c'est que ce lieu est véritablement charmé, et le charme que l'on y éprouve est divin ! Le pécheur et l'incrédule ne peuvent pas plus le méconnaître que s'en défendre : ils le subissent aussi bien que les saintes âmes. Seulement ils l'éprouvent d'une autre façon : au lieu de se manifester par le calme et la paix, ce charme se traduit chez eux par la crainte respectueuse, la terreur involontaire et surtout par de salutaires remords. Il semble qu'une voix intérieure leur crie les paroles de l'inscription, qui se trouve gravée dans la pierre de l'une des marches de l'escalier de la Cathédrale : « Ni caveas crimen, caveas contingere limen ! Arrière, vous qui êtes en état de péché mortel ! »

Il semble que cette voix leur redise aussi ces paroles, d'une autre inscription, à demi effacée, que l'on lit encore près de la porte du For : Lubrica si vita fuerit, tunc limina vita ! C'est-à-dire : Fuyez loin d'ici, vous dont la vie n'est pas pure ! » Malgré eux, ils sentent que ce lieu est saint : Iste locus sanctus est ! Il y a, en effet, dans l'air qu'on y respire quelque chose d'indéfinissable et de divin qui subjugue doucement l'âme, apaise ses passions et la dispose suavement aux secrètes influences de la grâce. Nulle part, du reste, se rencontre mieux que là, le recueillement dont l'âme a besoin pour parler à Dieu et lire dans sa conscience. Dès l'entrée, ce recueillement vous saisit et vous captive ; une fois entré, on ne sait pas se retirer, on sent le besoin de s'attarder sur ces dalles, d'y soupirer, d'y gémir, d'y pleurer… La demi-obscurité répandue dans ce lieu porte, en outre, à prier ; car, rien ne sied mieux à la prière, que ce demi-jour mystérieux, que les verrières ne laissent pénétrer qu'avec épargne. On y voit à peine pour lire, c'est vrai : mais a-t-on besoin d'un livre pour prier, pour sonder sa conscience et pleurer ses péchés ? On prie donc presque irrésistiblement et l'on prie d'autant mieux que l'on prie alors avec son coeur !

Ah ! Nous ne craignons pas de l'affirmer : si les saintes prières, si les larmes du coeur, si la ferveur et les transports des âmes innombrables qui sont venues prier là, depuis dix-huit siècles, peuvent ajouter quelque chose à la sainteté et à la consécration de ce lieu, aucun sanctuaire, sous ce rapport, n'a été favorisé comme celui-là !

En cela, du reste, apparaissent clairement les vues de la Providence sur cette Eglise angélique. Dans les desseins de Marie, le but de ce pèlerinage n'a pas été surtout la santé du corps, mais la santé de l'âme et la conversion des pécheurs. D'ailleurs, aux yeux de la foi, tout le reste est secondaire et ne tend qu'à cette fin !

Allons donc souvent prier Marie dans son sanctuaire du Mont-Anis ! Reprenons de nouveau le chemin oublié, que nous aimions tant à suivre dans notre enfance et que foulèrent si souvent nos aïeux. Quoi de plus doux et de plus réconfortant pour un enfant du Velay, que d'épancher son âme sous les voûtes de cette Cathédrale, où s'agenouilla Charlemagne, où se prosterna saint Louis, où le grand Pape, Urbain II, et l'illustre Adhémar, évêque du Puy, poussèrent leur premier cri de guerre, ce cri souverain : « Dieu le veult ! » qui devait jeter la chrétienté tout entière aux Croisades.

Ah ! quand on sait les écouter et les entendre, toutes les pierres qui composent les voûtes, les colonnes, les murailles et le parvis de ce temple, toutes ces pierres ont une voix qui chante les gloires de la Mère de Dieu et nous invite à aimer Marie. Les ex-voto appendus à ces murs nous parlent de ses bienfaits, les lampes qui brûlent nuit et jour autour de son autel, nous rappellent les trente-deux lampes d'argent qui brûlaient constamment, autrefois, devant la statue de la Vierge noire, et nous disent la dévotion qu'un grand nombre d'âmes lui portent encore dans le Velay.

Enfin, il n'est pas jusqu'à cette chaire célèbre, dont la vue ne nous émeuve, en nous rappelant aussi, que là, saint Mayeul, saint Odilon de Cluny, saint Dominique, saint Antoine de Padoue, saint Vincent Ferrier, saint François-Régis, le P. Brydaine ont précédé jadis, en leur frayant la voie, les Ravignan, les Combalot et les Félix ! La voix de ces grands orateurs semble retentir encore du haut de cette chaire ; et, pour raviver dans tous nos coeurs la dévotion envers Notre-Dame du Puy, le P. Brydaine semble nous redire aujourd'hui, comme en 174 :

« Souvenez-vous, cher peuple du Velay, souvenez-vous que c'est peu pour la divine Marie et pour vous, d'avoir vu, dans cette célèbre église, neuf rois de France, trois empereurs, trois Papes, et tant d'illustres princes et princesses, prosternés humblement à ses pieds, déposer leurs sceptres et leurs couronnes, si vous, qui êtes comme ses enfants privilégiés, depuis des générations immémoriales, vous ne vous montrez dignes imitateurs de la confiance que vos pères ont eue en cette Reine des Anges et des hommes. Pensez surtout qu'elle exige de vous, non pas simplement des hommages passagers, mais que vous l'honoriez constamment par la pureté de vos mœurs plus que tous les peuples de l'univers, et que vous recourriez confidemment et fréquemment à elle, non seulement dans vos besoins temporels, mais aussi, et surtout, dans vos besoins spirituels. Je vous répète et vous conjure donc de n'oublier jamais la confiance qu'attend de vous la divine Marie. Je voudrais vous piquer d'honneur et vous taire renchérir sur les sentiments de tous les peuples du monde chrétien. Quoi ! cher peuple du Velay ! Voudriez-vous que des étrangers vinssent, pour ainsi dire, vous enlever des trésors qui sont autour de vos foyers, et sur lesquels votre bonne et tendre Mère vous offre journellement tout droit de préférence !... »

Ainsi parlait Brydaine ; et nos pères, qui l'écoutaient avidement, s'écriaient tous qu'ils ne voulaient jamais cesser d'honorer et d'aimer de tout leur coeur la patronne du Velay ! Faisons, à notre tour, les mêmes protestations à la Vierge Marie, et jurons, nous aussi, un éternel amour à notre auguste protectrice, Notre-Dame du Puy.

 

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Prière

 

Notre-Dame du Puy, protégez ce pèlerinage sacré, ce sanctuaire de grâces et de bénédictions que vous avez confié à la garde de tous les chrétiens du Velay ; empêchez que sa gloire ne s'éclipse et ne périsse par leurs fautes, comme périssent, hélas! ici-bas, tant de grâces de Dieu dont tant de chrétiens ingrats ne craignent point d'abuser !

Notre-Dame du Puy, veillez sur ces roches saintes d'Anis et de Corneille où les multitudes des pèlerins viennent vous prier avec amour. Défendez-les contre toute profanation ! Que le sanctuaire élevé sur la place où vous êtes apparue, il y a dix-huit cents ans, soit à jamais sacré ! Que les pécheurs y trouvent le repentir de leurs fautes, que les malades y reçoivent la guérison de leurs maux ; que les âmes faibles et chancelantes y puisent la force dont elles ont besoin ; que ceux qui viennent y pleurer y soient consolés ; que tous ceux qui viennent y prier y soient exaucés ! Que nulle âme enfin, venue pour chercher la foi en ce lieu, ne s'en aille sans l'avoir trouvée et sans l'emporter dans son coeur comme un précieux trésor ! Que les grands pèlerinages d'autrefois ressuscitent et reprennent leur cours interrompu ! En un mot, que votre gloire dix-huit fois séculaire, ô Notre Dame du Puy, brille désormais d'un nouvel éclat, et que l'amour et la dévotion des habitants du Velay pour vous, soient à jamais immuables et solides comme le roc qui porte aujourd'hui votre temple et votre statue !

 

Notre-Dame du Mont-Anis, priez pour nous ! Amen !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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28 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Vingt-neuvième jour

Sentiments du vénérable Monsieur Ollier et de plusieurs autres Sulpiciens à l'égard de Notre Dame du Puy

 

Personne ne fut plus dévot à Notre-Dame du Puy que Monsieur Ollier, le vénérable fondateur de la pieuse et modeste Société de Saint-Sulpice. En revanche, c'est Notre-Dame qui amena Messieurs de Saint-Sulpice au Grand-Séminaire du Puy, dont Mgr de Maupas leur confia la direction et la fondation.

En 1652, M. Ollier, qui s'était démis de sa cure, à Paris, vint faire le pèlerinage du Puy, sans autre intention que de satisfaire sa dévotion. Sa première démarche, en arrivant dans notre ville, fut de monter à la Cathédrale, et de s'offrir à Notre Seigneur et à sa très sainte Mère, au pied de l'autel principal où il demeura quelques temps en oraison. Dieu, qui avait d'autres vues, profita de sa présence pour ménager l'établissement de notre Grand-Séminaire. Monsieur Ollier fut on ne peut plus heureux d'en prendre la conduite, tant à cause de son zèle pour la gloire de Dieu, que de sa grande dévotion pour Notre-Dame du Puy. Ne pouvant être assidûment à ses pieds devant son image, il fut ravi qu'il y eût quelques membres du Séminaire de Saint-Sulpice qui suppléassent à son impuissance, en lui rendant leurs devoirs en son nom, et qui travaillassent à la sanctification des ecclésiastiques destinés à conduire le peuple qu'elle a pris sous sa protection particulière.

Cette fondation lui donna occasion de revenir dans la cité de Marie quelque temps avant sa mort. Ce fut en l'année 1655 que, sentant sa fin approcher, il voulut faire encore une fois ce saint pèlerinage, avant d'aller paraître devant Dieu. Il arriva donc au Puy, comblé de joie de revoir une ville, où régnait, depuis tant de siècles, la dévotion la plus tendre envers la Mère de Dieu, et où il se souvenait d'avoir reçu, par son intercession, des grâces très abondantes. Le séjour qu'il y fit, fut pour lui une source de bénédictions, et un grand sujet d'édification pour les habitants. On le voyait prier très assidûment dans l'Eglise de Notre-Dame : c'était même de tous les lieux de piété qu'il avait visités dans la France celui pour lequel il témoignait le plus d'attrait : « Je n'en connais point, disait-il, où Dieu se communique si intimement, et où il répande ses grâces avec plus de libéralité. Tout y porte à lui, tant ce lieu est saint ; en sorte que, pour en sortir tout pénétré de son amour et de son esprit, on n'a qu'à se laisser aller au mouvement intérieur qu'on y éprouve, dès qu'on s'y présente avec foi ». Il se rappelait, avec une douce joie, les grâces éminentes dont la mère Agnès y avait été favorisée. Aussi y était-il tellement touché lui-même et si intimement uni à Dieu, qu'il fallait l'en tirer comme par violence, et l'avertir plusieurs fois de sortir. « Je suis dans un lieu, écrivait-il, où je finirais ma vie avec joie, aux pieds de Notre Dame du Puy, à laquelle je suis redevable, par Sœur Agnès, de toutes sortes de grâces ».

Ne pouvant toujours demeurer présent de corps dans cette église, et désirant y être au moins en esprit, autant qu'il était en son pouvoir, il laissa, auprès de l'image de Marie, une statue d'argent où il s'était fait représenter dans la posture d'un suppliant, qui, respectueusement incliné devant elle, lui faisait hommage de tous les sentiments que doivent un sujet à sa souveraine et un fils à sa mère. Cette statue était placée autrefois sur une console de marbre, scellée dans le grand autel, derrière l'image miraculeuse de Marie. Non content de cette offrande, il laissa encore une riche médaille d'or, sur laquelle il avait fait graver le séminaire de Saint Sulpice de Paris, qu'il lui présentait, la conjurant de le prendre sous sa protection spéciale, et de faire, de tous ceux qui l'habitaient, autant d'instruments de la gloire de son fils.

Mais le plus riche cadeau que fit encore Monsieur Olier au sanctuaire de Notre-Dame, fut de donner au Grand-Séminaire du Puy, comme fondateur et premier supérieur, le très docte et très pieux de Lantages, une des plus belles perles de Saint-Sulpice et du clergé français à cette époque. En arrivant au Puy, M. de Lantages et ses compagnons, à l'exemple de Monsieur Olier, allèrent droit à la Cathédrale s'offrir à la très sainte Vierge, et mettre, dès ce moment, sous la protection de cette auguste Reine du clergé, l'oeuvre qu'ils venaient fonder dans ce diocèse. La sainteté du lieu les pénétra de la dévotion la plus tendre, et, aux pieds de la statue miraculeuse de Marie, ils répandirent leurs coeurs avec une dilatation de sentiments qu'il serait difficile d'exprimer. M. de Lantages surtout y reçut de si grandes consolations, qu'il ne manqua presque jamais, tant qu'il demeura au Puy, de visiter tous les jours, même dans les infirmités de sa vieillesse, cette aimable Patronne, dans la Basilique qui lui est consacrée, et de venir lui faire hommage des succès que Dieu daignait accorder à ses travaux. Après de longues et pénibles épreuves, M. de Lantages vint enfin à bout de l'oeuvre que Monsieur Olier lui avait confiée, et sous sa direction et celle de ses pieux successeurs, si dignement représentés encore aujourd'hui, le Grand-Séminaire du Puy devint bientôt un établissement modèle, un centre de doctrine et de piété où accouraient les étudiants de plusieurs diocèses voisins, tels que Mende, Clermont, Viviers, Vienne et Valence.

La dévotion, pour notre sanctuaire, ne s'est jamais affaiblie dans le coeur des disciples de Monsieur Olier. Nous pourrions rapporter les noms de tous ceux qui ont passé leur vie à former, sous l'égide de Notre-Dame du Puy, des prêtres pour propager sa gloire, en consolidant le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous nous contenterons de citer ici le nom de M. de Breton-Villiers qui fut plusieurs fois attiré dans notre ville par son amour pour la sainte Vierge plus encore que par les affaires du Séminaire. C'était toujours avec la plus grande joie que ce vénérable sulpicien se rendait au Puy où sa piété aimait tant à prier dans l'Eglise de Notre-Dame, et où il trouvait de si grands sujets d'édification, en constatant tout le bien que ses confrères faisaient dans le diocèse, sous les auspices de la reine du Mont-Anis. Il fallait le voir, pendant de longues heures, plongé en oraison dans l'angélique sanctuaire de Marie, et ne se lassant point d'épancher son âme aux pieds de la Madone. Souvent il passait des matinées entières, à jeun jusqu'à midi, et quand il sortait enfin de la Cathédrale, au lieu d'aller immédiatement prendre un peu de nourriture, il songeait d'abord, avant tout, à faire l'aumône aux pauvres. Il en réunissait quelquefois douze à quinze cents devant la porte du Grand-Séminaire, leur distribuait un petit secours à chacun, et ne consentait qu'après cela à prendre sa frugale réfection.

Après de tels exemples de piété et de dévotion, est-il étonnant que les sulpiciens, chargés au Puy de la direction du Grand-Séminaire, aient formé un clergé si dévot envers la sainte Vierge ? Est-il étonnant que cette maison bénie, où continuent encore d'enseigner les dignes enfants de Monsieur Olier, ait été la pépinière de tant de saints prêtres ? Est-il étonnant enfin que notre clergé ait fourni tant de martyrs à l'Eglise du Puy, pendant la grande Révolution française? L'honneur, après Dieu, en revient tout entier aux Messieurs de Saint-Sulpice, dont toute l'étude semble être de laisser oublier les grandes oeuvres qu'ils opèrent. Oui, si le sacerdoce est si florissant et si estimé dans ce diocèse de Marie, on le doit certainement à la pieuse direction que les jeunes clercs reçoivent au Grand-Séminaire.

Du reste, la situation, unique au monde, de cet établissement ecclésiastique se prête d'une façon admirable au développement de la piété et à l'étude des sciences sacrées. Placé aux portes de la Cathédrale, à quelques pas seulement du sanctuaire de Notre-Dame, il ne laisse pas d'être cependant dans une profonde et complète solitude. Plusieurs terrasses, couvertes de belles allées, montent, comme par différents étages, jusqu'au pied du rocher de Corneille, qui sert de piédestal à la gigantesque statue de Notre-Dame de France. De telle sorte que le regard et la protection de Marie planent sans cesse sur celte sainte maison. Puisse Notre-Dame du Puy être toujours propice à son cher Séminaire du Mont-Anis !

 

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Prière

 

Ô Marie, nous vous prions pour le clergé de ce diocèse, pour les six cents prêtres à qui vous avez confié le soin des âmes dans le Velay. Donnez-leur à tous l'esprit qui fait les vrais apôtres, l'esprit du saint curé d'Ars, l'esprit de saint François de Sales, l'esprit de saint Bernard et de saint François d'Assise, l'esprit, de saint Pierre, de saint Paul et de saint Jean, l'esprit du bon Pasteur venu en ce monde à la recherche des brebis perdues d'Israël ; sanctifiez le clergé chrétien, pour qu'à son tour, le clergé chrétien forme ici-bas des peuples vertueux et qu'il conduise l'âme des multitudes dans les chemins du Seigneur. Obtenez-lui des grâces surabondantes, en ces temps difficiles où il a tant besoin de la force d'en-Haut, pour faire entendre la parole du salut aux âmes égarées et pécheresses, si nombreuses aujourd'hui. Que vos prêtres, ô Marie, soient toujours le sel de la terre au milieu de laquelle ils vivent ! Que par leurs exemples et leurs enseignements ils soient une digue toute puissante contre le flot de plus en plus envahissant de l'erreur et de la corruption ! Que leurs lèvres distillent toujours la science des saintes Ecritures et du salut ! Que leur coeur soit toujours le refuge des pauvres et des malheureux, des faibles et des persécutés, des malades et des agonisants, des justes et des pécheurs, de tous ceux qui souffrent et de tous ceux qui pleurent ! Enfin, ô Marie, que les âmes sauvées par eux, soient un jour leur couronne de gloire en Paradis. Ainsi soit-il !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour nous !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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27 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Vingt-huitième jour

Notre Dame du Puy et les Pères Jésuites

 

C’était sous l'épiscopat d'Antoine de Sennectère (1561-1593) : la France était en proie au double fléau de la guerre civile et de l'hérésie protestante. Les dissensions intestines de la Ligue divisaient notre Patrie en deux camps ennemis, et le calvinisme, qui avait déjà fait tant de ruines, infestait particulièrement de sa contagion les montagnes des Boutières et des Cévennes, d'où il menaçait d'envahir le Velay tout entier. La cité du Puy-Sainte-Marie était surtout le point de mire des attaques et l'objet des convoitises des hérétiques. Déjà leurs armées avaient tenté, à plusieurs reprises, de s'emparer, de vive force ou par surprise, de cette place qui était à leurs yeux, le meilleur et le plus ferme rempart de la religion catholique. Mais, grâce à la protection de Marie, la ville assiégée s'était vue chaque fois miraculeusement délivrée des atteintes des Huguenots ; trois de leurs assauts ayant été victorieusement repoussés, la cité d'Anis en avait témoigné sa reconnaissance à Marie par des processions solennelles et par de publiques actions de grâces. En souvenir de la protection miraculeuse dont la sainte Vierge avait couvert sa bonne ville du Puy, on fit graver cette glorieuse inscription sur un des piliers de la sainte Basilique :

 

Civitas nunquam vincitur,

Nec vincelur ; sic legitur :

Per Mariam protegilur,

Haec privilegiata !

 

C'est-à-dire : "cette cité n'a jamais été et ne sera jamais forcée ; c'est écrit : Marie la protège, cette privilégiée !"

Les temps néanmoins, se faisaient de plus en plus mauvais : la guerre civile et l'hérésie continuaient de déchirer le sein de notre Patrie, et l'on vivait, en Velay, dans des transes et des inquiétudes continuelles. Les doctrines hérétiques, quoique réprouvées par l'immense majorité des habitants du Velay, commençaient à s'insinuer çà et là et à démoraliser les populations de certaines parties de nos montagnes. Pour remédier à ce danger, l'évêque du Puy, Antoine de Sennectère, ne trouva pas de meilleur antidote à opposer au poison de l'hérésie protestante, que d'appeler à son aide l'institut des Jésuites, qui venait à peine d'être fondé, et qui, alors comme aujourd'hui, s'était spécialement voué à combattre l'irréligion sous toutes ses formes. Cet appel de l'évêque anicien répondait justement aux ardentes aspirations et comblait à souhait les vœux des Pères de la Compagnie de Jésus. En effet, dès que ces religieux avaient pu s'établir en France, ils avaient vivement désiré d'avoir une maison au Puy. Ils avaient môme écrit à leur général plusieurs lettres à ce sujet, dans lesquelles ils disaient que le Puy-Notre-Dame était pour la France ce que Lorette était pour l'Italie, et le Monserrat pour l'Espagne, c'est-à-dire le grand sanctuaire national de la sainte Vierge. Aussi, grande fut leur joie lorsqu'en 1570, c'est-à-dire trente ans à peine après la fondation de leur institut, l'évêque Antoine de Sennectère, s'unissant aux consuls et à la population tout entière, offrit aux fils de saint Ignace la direction du collège du Puy.

Ce collège, construit exprès pour eux, sur le plan qu'ils en avaient eux-mêmes dressé, se composait d'un bel et vaste édifice, ainsi que d'une fort belle église, qui existe encore et qui est devenue l'église paroissiale actuelle de Saint Georges. A peine ouverte, la maison des Pères jésuites compta de six à sept cents élèves. Selon l'historien Arnaud, ce nombre atteignit même plus d'un millier.

Outre leur habileté consommée en matière d'éducation et d'enseignement, les Pères Jésuites apportèrent encore, dans la direction du collège du Puy, un zèle ardent pour les pratiques religieuses, si favorables à entretenir la foi et la vertu dans l'âme de la jeunesse. Ils s'efforcèrent surtout d'élever leurs disciples dans l'amour de la sainte Vierge, et pour exciter leur dévotion envers Notre-Dame du Puy, ils leur faisaient souvent faire de belles processions par la ville, la tête et les pieds nus, en chantant et en priant, au grand contentement de tout le peuple, dit le chroniqueur Burel.

C'est au Puy où le sanctuaire de Notre-Dame l'attirait comme un doux et irrésistible aimant, que saint François-Régis puisa aux pieds de Marie les grâces de conversion qu'il répandit partout autour de lui.

Au nom de saint François-Régis, il faut joindre aussi le nom du P. Guyon qui, en 1593, c'est-à-dire dès les commencements de l'installation des Pères Jésuites au Puy, composa, en l'honneur de Notre Dame, un ouvrage introuvable aujourd'hui, intitulé : De laudibus Anicii — des gloires du Mont-Anis. Quelques années plus tard, le P. Odo de Gissey publia, en l'honneur de la Reine du Velay, sa très consciencieuse Histoire de Notre-Dame du Puy, un vrai monument, malgré ses imperfections et ses lacunes, et tel que peu de sanctuaires en possèdent de semblable.

L'amour profond et l'ardente dévotion que le P. Odo de Gissey portait à la sainte Vierge, lui firent composer cet ouvrage qu'il écrivit surtout avec son coeur. C'est là, en particulier, ce qui donne à ce livre cette onction, cette naïveté, ce parfum religieux et mystique qu'on ne trouve plus dans les livres modernes. Grand honneur pour la Compagnie de Jésus, d'avoir ainsi donné au sanctuaire de Notre-Dame du Puy son véritable annaliste et son meilleur historien !

Il est tout naturel, après cela, que la Reine du Velay ait béni tout particulièrement la maison des Jésuites établie à ses pieds. Parmi les saints religieux qui illustrèrent le collège du Puy et se distinguèrent par leur dévotion envers Marie, il faut mentionner encore le P. Dauphin, que ses contemporains surnommèrent le nouveau François Régis et qui mourut, comme lui, victime de son zèle pour le salut des âmes, au milieu des exercices d'une mission qu'il prêchait à Blesle, le 17 avril 1754 ; le P. Médaille, qui fonda au Puy l'institut des Soeurs de Saint-Joseph, actuellement répandu dans le monde entier ; le P. Chauran enfin, dont les prédications contribuèrent en grande partie à la fondation de notre Hôpital-Général, sur le plan duquel il fonda ensuite près de quatre cents autres hôpitaux, soit en France, soit en Italie où le Pape l'avait mandé à cet effet.

On connaît les tristes manoeuvres qui amenèrent, en 1773, la suppression complète de la Compagnie de Jésus ; on sait également comment la Providence, en 1814, opéra sa résurrection, dans toute la Chrétienté, par un décret du Pape Pie VII. A peine rétabli, l'institut des Jésuites chercha de nouveau à se fixer aux pieds de Notre Dame du Puy. La maison d'étude de Vals, si admirablement située en face de l'auguste Basilique du Mont-Anis, devint, pour l'illustre Société, une pépinière extrêmement favorable à la formation et au développement de ses jeunes sujets. Rien n'y trouble, en effet, le silence et la solitude. Tout y est propice à l'étude et à la prière, et il y a comme un invisible courant de grâces établi, en permanence, entre le célèbre scholasticat des Jésuites du Puy, et l'auguste sanctuaire de Notre Dame.

Comme leurs devanciers, les nouveaux Jésuites, établis à Vals, ont cherché à honorer tout spécialement la Reine du Mont-Anis. Le P. Cathary, très dévot envers la sainte Vierge, a défendu victorieusement les origines surnaturelles de notre Eglise angélique. C'est un Jésuite, le P. de Ravignan, qui, en 1846, étant venu au Puy pour y préparer ses belles conférences de Notre Dame de Paris, conçut, le premier, l'idée d'élever une statue colossale à Marie sur le sommet du rocher de Corneille, dont le site l'émerveillait et lui arrachait de véritables cris d'admiration. C'est un savant Jésuite, le P. Ducis, qui fit les premières études scientifiques que nécessitait le projet d'érection de la statue de Notre Dame de France. Ces études sur la forme, la matière et l'orientation de la statue, sur le piédestal, les inscriptions, le meilleur mode d'illumination, etc., etc., rempliraient des volumes entiers. Qui a plus fait aussi que le P. Nampon pour mener à bonne fin cette oeuvre gigantesque dont il a été, du reste, le digne et éloquent historien ? Enfin qui ne sait tout le bien qu'ont fait parmi nous le vénérable P. de Bussy, le P. Gury, le P. Ramière, et tant d'autres, qu'il nous est impossible de nommer ici, et qui se sont montrés les dignes continuateurs des François-Régis, des Dauphin, des Médaille et des Chauran !

Pourquoi faut-il, hélas ! Qu'en 1880, d'injustes décrets soient venus expulser de leur sainte et paisible demeure les P. Jésuites de Vals et les jeter impitoyablement à la rue ! Quand cette épreuve fondit sur eux, les vaillants religieux en appelèrent surtout à Notre-Dame du Puy. Ils montèrent à son sanctuaire, accompagnés par les larmes et les sympathies de tous les cœurs honnêtes ; et là, aux pieds de l'autel de Marie, devant cette statue de la Vierge noire qu'ils avaient tant glorifiée et tant aimée, ils resserrèrent solennellement, à cette heure d'angoisse et de tribulation, les liens trois fois séculaires qui les unissaient à l'Eglise et à la cité de Notre Dame. Puisse ces liens ne se rompre jamais ! Et daigne la Reine du Mont-Anis, rappeler bientôt autour d'elle ses enfants dispersés. Ainsi soit-il !

 

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Prière

 

Votre histoire, ô Marie, dit assez combien vous êtes bonne et secourable à tous vos enfants ; mais si votre bonté s'étend ainsi universellement sur tous les malheureux qui vous implorent, que ne fera pas votre coeur pour ceux qui, par leur dévouement et leur zèle envers vous, ont acquis des droits particuliers à votre puissante protection ? Les fils de saint Ignace sont de ce nombre, ô Vierge immaculée ! Écoutez leur prière qui monte nuit et jour vers vous, avec celle des autres ordres religieux expulsés ; autrefois, ces ordres religieux étaient l'ornement et la gloire de votre cité d'Anis ; sans parler des Templiers et des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui, dès leur fondation, vinrent mettre leurs coeurs et leurs épées à votre service, les Bénédictins, les Prémontrés, les Dominicains, les Chartreux, les Franciscains, les Carmes, les Jésuites et les Capucins, rivalisant d'amour envers vous, montaient au siècle dernier, leur garde d'honneur autour de votre sanctuaire... Du fond de leurs cloîtres placés sous votre égide, la louange et la prière s'élevaient sans cesse jusqu'à vous, et la ville du Puy offrait ainsi, à elle seule, un résumé complet des richesses de l'Eglise catholique tout entière. Hélas ! Tout cela semble avoir maintenant disparu pour jamais !

Ô Marie, prenez en main la cause des ordres religieux persécutés ! Veillez sur eux pendant le temps de leur dispersion ! Daignez abréger la durée de l'épreuve douloureuse qu'ils subissent en ce moment ; et quand cette épreuve sera passée, ramenez-les tous auprès de votre sanctuaire, et là, donnez-leur, à vos pieds, un nouvel abri pour y chanter jusqu'à la fin du monde, vos louanges et vos bienfaits ! Ô Notre Dame, ô reine du Mont-Anis, protégez les religieux expulsés. Ainsi soit-il !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour nous !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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