09 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dixième jour

Le protecteur des veufs

 

Trois états partagent le monde chrétien, la virginité, le mariage et le veuvage ; de ces états la virginité est le plus excellent, comme le démontre l’Apôtre. Le veuvage vient après enfin le mariage. Aussi la viduité est placée milieu. Saint Joseph a été à la fois vierge et époux, mais il n’a pas passé par le veuvage, mort avant sa très sainte épouse. Quoiqu’il en soit, comme la viduité chrétienne tient un éminent dans l’Église, parce qu’elle est une sorte de virginité accidentelle et que, d’ailleurs, elle conforme aux desseins de la Providence, à la doctrine de l’Église, à la saine morale, il est constant qu’elle est bien considérée par saint Joseph qui a les mêmes inclinations que Notre Seigneur et qu’elle peut être l’objet très légitime et tendre protection. En douter, serait faire injure au Cœur si bon de notre Saint. L'état de viduité quoiqu’il mette l’homme ou la femme en dehors des peines attachées au mariage, n’est pas pour cela plus exempt de tribulations de bien des genres ; mais avec un fond de piété et de vrai christianisme on se les rend plus aisément douces, supportables et méritoires. Toutes les conditions ont leurs avantages et leurs désavantages ; toutes aussi ont leurs grâces que Dieu accorde pour le servir et s’y sanctifier. Or, celle des veufs est bien propre à atteindre cette fin. D’ailleurs, le Ciel semble y verser avec plus d’abondance la rosée fertilisante de ses bénédictions, bien entendu quand les veufs ou les veuves s’en rendent dignes par des mœurs chastes, réglées et conformes aux règles chrétiennes tracées par le Christ et.les Apôtres.

Comme les personnes veuves sont souvent désolées, soit parce qu’elles avancent sur le déclin de la vie, soit parce qu’elles se trouvent seules pour l’ordinaire, qu’elles n’ont aucun consolateur qui les distraie de leurs peines, adoucissent leur sort. il est bon de leur montrer combien leur état est grand, excellent et sanctifiant ; je le ferai, d’après saint Jean Chrysostôme. Qu’il plaise à saint Joseph de donner sa bénédiction aux paroles de ce grand Docteur. « La viduité qui semble être un nom de misère, ne l’est nullement, mais c’est une dignité; un honneur et une très-grande gloire, ce n’est pas une infamie, mais une couronne. Oui qu’une veuve n’ait pas de mari qui converse avec elle, Jésus-Christ l’objet même de sa conversation, et il écarte loin tous les maux qui pourraient lui arriver dès qu’une veuve est persécutée, il suffit qu'elle présente devant Dieu, qu’elle se mette à genoux, qu’elle gémisse dans l’amertume de son cœur, qu'elle répandre des larmes, et cela seul pourra garantir des embûches de tous ceux qui la persécutent. Les larmes, les gémissements, prières continuelles sont les véritables armes avec lesquelles les veuves peuvent non-seulement se défendre de la violence des hommes, et repousser les attaques des démons. (…)

Ailleurs le saint Docteur rassure les veuves qui ont des enfants encore jeunes, en leur disant qu’elles doivent se confier en Dieu qui prendra soin d’eux comme un bon père ; que ce qu’elles ont à faire c’est de leur donner une éducation sainte qui assurera leur bonheur.

Dans tous les cas, une veuve chrétienne doit se consoler beaucoup d’être si heureusement délivrée de la servitude du mariage, car son état la met dans une plus grande paix, la rend plus capable de s’unir à Notre-Seigneur par la prière et les bonnes œuvres. « Veuve, dit le cardinal Hugues, signifie divisée en deux, c’est-à-dire éloignée de son mari ». Mais si elle est loin de son mari elle est plus proche de Dieu, pourvu qu'elle vive régulièrement ; car alors Dieu lui tient lieu d’époux et d'appui. Saint Jérôme rapporte de sainte Mélanie qu’après la mort de son mari et de ses fils, elle courut se prosterner aux pieds de Jésus-Christ, et elle lui sourit comme s’il était devenu son époux. « O Seigneur, lui dit Mélanie, il vaut mieux vous servir, vous qui m’avez délivrée d’un si grand fardeau ». Tels doivent être vos sentiments, ô veufs et veuves chrétiennes ! Comptez que si vous les prenez pour règle de votre conduite, infailliblement le Seigneur vous donnera en abondance ses grâces. Marie et saint Joseph aussi vous couvriront de leur salutaire protection et vous consoleront, si vous les priez dans vos désolations. Il importe de peser ceci, car tous les veufs et toutes les veuves ne sont pas dignes des soins si tendres de la divine Providence, ni de la protection du Cœur de saint Joseph, parce que toutes ne sont pas agréables au Seigneur, ne vivent pas dans sa grâce et la pratique de sa loi. Le séraphique Docteur distingue trois genres de viduité. Le premier est celui de ces personnes qui à l'imitation de la veuve de l’Évangile, vivent dans les jeûnes, les maisons et les supplications, comme il se lit aussi de Judith ; l’autre est celui de ces personnes qui se font une occupation de courir dans les maisons et les familles, et se chargent de soins superflus qui ne les concernent pas ; l’autre enfin, est celui de celles qui vivent dans les délices, dans la bonne chère, qui sont curieuses, causeuses, médisantes et ne respirent que les plaisirs. Souvent, ajoute ce saint Père, Dieu permet que ces dernières tombent dans la misère ; ce qu'elles pourraient éviter, si elles vivaient saintement, qu’elles fussent pleines d’espérance en Dieu. Car, dit l‘Apôtre, la veuve vraiment veuve espère en Dieu et insiste dans la prière. La foi et la confiance en Dieu des veuves rend leurs prières toutes puissantes auprès du Seigneur et sur le Cœur de saint Joseph, quand elles sont soutenues par une vie chrétienne et vertueuse.

 

Exemple

 

Une veuve d’un âge très-avancé se trouvait délaissée de ses parents ; mais comme elle n’avait pas délaissé le Dieu de sa jeunesse et qu’elle avait une grande confiance en la Providence, le Ciel vint à son secours. Elle avait l’habitude de faire dévotement ses prières devant une statue de Saint Joseph. Une fois qu’elle se trouvait saris pain, et sans argent pour s’en procurer. elle s’avisa de se lever la nuit, d’allumer une lampe près de la statue devant laquelle elle pria longtemps à genoux. Une voisine qui aperçut cette lumière à l’heure de minuit, remarqua qu’elle brûlait encore quelques heures après. Dans la crainte où elle était que la veuve fut malade, elle alla bien vite frapper à sa porte. Celle-ci tardait à ouvrir ; la voisine durant ce temps entendit la veuve qui disait : « Mon bon Saint Joseph, vous qui avez nourri la Sainte Famille au prix de vos travaux et de vos sueurs, me laisserez-vous mourir de faim ? » Alors la voisine frappa plus fort, et avec insistance, la veuve vint lui ouvrir et sur la demande de celle-ci, elle lui dit qu’elle souffrait horriblement de la faim, et qu’elle venait de prier Saint Joseph qu’il voulut bien s’intéresser à son sort ! « Ma chère, répondit la voisine, ne vous inquiétez plus : il y a assez de ressource chez moi, vous, y participerez maintenant tant que vous vivrez, vous et moi, seulement vous me rendrez participante de vos prières au Seigneur et au bienheureux saint Joseph, dont autrefois j’ai entendu raconter les merveilles de sa puissante protection ». De tels faits se renouvellent souvent, Sans que peut-être on l‘entente au céleste protecteur qui les accomplit.

 

Prière d'une veuve à saint Joseph

 

Grand Saint, dont le Cœur est plein de compassion pour le malheur, dont les mains puissantes et secourables protègent la veuve et l’orphelin, juste Joseph, prêtez l'oreille aux accents de ma douleur. Hélas, je suis une veuve affligée ! j’ai perdu l’appui de ma faiblesse, le consolateur de mes jours ; le deuil a voilé mon visage, un pain mouillé de larmes fait ma nourriture. A qui donc aurai-je recours, sinon à vous, bien-aimé Joseph? A vous qui fûtes le tuteur de l’Enfant Jésus, le soutien de la Vierge Marie, sa mère. A vous que le Seigneur a établi chef de son royaume et économe de la Providence ! A vous qui vous laissez attendrir par les larmes, qui adoucissez les amertumes et comblez les espérances. J'adore les impénétrables desseins du Ciel, persuadé qu’il ne m’éprouve que pour mon bien. Mon cœur divisé jusqu’à présent ne voudra plus aimer que Dieu, il fuira pour toujours ce monde frivole, ces plaisirs dangereux, puis s’élevant sur les ailes de la prière dans les régions sereines du Paradis, il criera vers vous, ô tendre Joseph, afin d'exciter la compassion de votre Cœur si doux, et d’attirer toutes les grâces qui en découlent incessamment. Bénissez donc, ô mon saint Protecteur, la veuve qui vous implore à genoux : soyez l’administrateur de mes biens,mon consolateur dans mes ennuis et mes peines, le directeur de ma conscience. Mais, très Saint Joseph, bénissez aussi mes enfants ! Je les recommande tous à votre Cœur si plein de sollicitude. Hélas ! pauvres petits, ils n’ont plus de père et ils ne pèsent pas encore toute la perte de cette absence ! Vous leur en tiendrez lieu désormais; vous partagerez avec leur mère tous les soins que réclament leur jeunesse. Et, de mon côté, ô bienheureux Joseph, je leur apprendrai à Vous honorer par leurs hommages et surtout par une vie chrétienne, qui les rende dignes, et moi avec eux, de partager éternellement votre gloire dans le ciel. Ainsi-soit-il.

 

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08 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Neuvième jour

La grande affaire des pères et des mères

 

Je voudrais avoir une voix de tonnerre pour faire entendre par tout l’univers, je voudrais ce chapitre fut lu dans toutes les familles, afin que les parents y apprissent ce qu’ils doivent à leurs enfants. Combien la mission qui leur est confiée pour les instruire, les former à la vertu, les différents sentiers de la perfection chrétienne es rieuse, grande, importante, et divine; comme aussi la protection de Saint Joseph leur peut être extrêmement nécessaire pour s’acquitter comme il convient de ces devoirs. Je pose en thèse générale cette doctrine du Pieux Docteur qui a si bien écrit en faveur de la jeunesse, qu’il mériterait que tout ce qu’il en a fut imprimé en lettres d’or. Ce docteur, c'est Binet, aussi vénéré qu’il est connu ! Il disait : « Il n’est que trop véritable, que la perte des enfants vient très-souvent de la faute des parents qui manquent à cette grande obligation que Dieu leur a imposée de les élever en sa crainte, et de former à la vertu. Sur cent enfants qui sont mal élevés, qui marchent ensuite dans une mauvaise voie, je présume qu’il y en a plus de quatre-vingt dix qui sont tels par la faute de leurs parents. Certes ! une chose de telle conséquence devrait bien faire ouvrir les yeux de ceux qui sont à la tête des gouvernements, afin qu’ils veillent à ce que les pères et les mères donnent ou fassent donner à leurs enfants une éducation chrétienne et solide, et qu’ils punissent rigoureusement ceux qui ne s’y appliqueraient pas.

Par un malheur qu’on ne peut trop déplorer, nos chefs qui devraient donner les premiers l'exemple d'une très grande surveillance en ce qui concerne l’instruction et l’éducation de l'enfance, sont ou indifférents à cet égard, ou ne patronnent que l’instruction et l’éducation païennes. Est-ce que nous n'avons pas vu dans ces jours à jamais néfastes où deux souverains monstres comme il n’y en eut jamais, on fait mettre toute la France en sang, un maire intrus de Paris défendre aux instituteurs laïques de faire apprendre ou réciter les prières et le catéchisme dans les écoles primaires ? Oui, l’impiété portait ses prétentions jusque là, que de détrôner Dieu et la vertu des jeunes cœurs. Ah ! Malheureux athées, bêtes mille fois plus féroces que les tigres et panthères, le vice ne viendra-t-il pas assez corrompre et souiller ces âmes encore innocent Voulez-vous donc hâter leur perte, les précipiter sciemment dans l'abîme ? Dieu soit béni d'avoir maintenu le Gouvernement de la défense dans ses pouvoirs, qui a eu bientôt fait justice de ces hommes pervers, iniques et méchants l'excès en les chassant des places qu’ils étaient indignes d’occuper.

Pour se convaincre de l’importance d’un bonne et sage direction donnée à l'enfance, il faut penser ce que dit l'Esprit-Saint, que le la voie que l'homme aura prise dans sa jeunesse, il la suivra jusque dans sa vieillesse », paroles que le sa chancelier Jean Gerson recommande à notre attention. « Les philosophes et les poètes, dit-il, sont d’accord avec les théologiens sur ce point qu'il faut attacher une grande importance aux habitudes que contracte la jeunesse ». Oui, tous nous garderons toute notre vie nos premières affections nos premières inclinations, nos premières vertus ou nos premiers vices ; sans doute l'homme pour se réformer en allant de pis en mieux, mais que même, il conservera toujours le germe de ses premières passions, et dire que ce germe plus ou moins mauvais ou plus ou moins bon on l’apporte avec soi du sein de sa mère. C’est donc, direz-vous, la mère qui donne les premier éléments d’éducation à l’enfance ? Oui, assurément, et si l’espace le permettait, je vous le prouverais, l’histoire à la main, par des faits irrécusables. Que conclurai-je delà ? Qu’il vaudrait mieux mourir que de se marier à une femme, ou colère, ou adonnée au plaisir, ou à d’autres vices grossiers, parce que telle est la femme, tels sont les enfants. Quand les données de la science médicale, quand le bon sens, quand l’expérience ne viendraient pas confirmer cette vérité, hélas ! trop négligée, parce qu’elle est trop oubliée, j’en donne pour garant le témoignage de l’Esprit-Saint qui est la vérité même, dont le jugement est sans appel : « Telle est la mère, dit-il, telle est la fille », c’est-à-dire pour juger de la fille, considérez la mère, elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Le pis est qu’avec une telle mère, l’éducation des enfants devient impossible a la maison paternelle, toute la tâche retombe sur le père, surchargé déjà de bien des travaux. Et il est de ces choses que la mère seulement peut apprendre à un enfant comme de prier Dieu avec piété, d’être doux, paisible avec ses frères et sœurs, humains et respectueux envers tous.

Ah ! Quand on considère bien comment l’éducation première des enfants du peuple est faite aujourd’hui, on ne peut que gémir, on ne s'étonne des maux les plus grands qui viennent fondre la société comme sur les familles. On se demande comment la terre peut porter des monstres humains comme ces parents qui élèvent leurs enfants pour le culte du démon, du monde et passions. Le mal existe, aveugle est celui qui le le verrait point, bien à plaindre qui n’en prendrait pas la portée, qui n'en prévoirait pas les suites funestes. « Nous voyons, dit le docteur Thiébaut, les pères et mères dans la classe des pauvres, laissant à leurs enfants en bas âge toute liberté de ce de jurer et d’user des termes les plus grossiers sans cultiver leur esprit, ni par eux, ni par d’autres.Nous voyons les pères et les mères dans la classe des riches, instruire à fond leurs enfants de la sagesse des Egyptiens, de la danse, de la musique, de la fable, de l‘histoire profane, au lieu de leur donner à peine une, première teinture sagesse chrétienne : second défaut des pères et des mères, second obstacle à l'éducation des enfants. Nous voyons qu'une mère ou pointilleuse indolente, soustrait sa fille à la houlette du Pasteur, lorsqu’elle est en âge de faire sa première communion, en la confiant à des étrangers. Troisième défaut, troisième obstacle à l’éducation chrétienne, à l’ordre que Jésus-Christ a voulu être entre les ouailles et le Pasteur. Nous voyons que les enfants, ayant fait leur première communion, les pères et mères les abandonnent aussitôt à eux-mêmes, comme si leurs droits et leurs obligations, envers ces enfants, cessaient à cette époque. Quatrième défaut, quatrième obstacle à la bonne éducation, source féconde des désordres où tombent les jeunes gens, en se liant à de mauvaises compagnies, en suivant les exemples pernicieux des libertins qu’ils fréquentent ! »

Voila comme l’éducation des enfants est faite dans notre siècle. On se fait difficilement l’idée de ce que doit coûter à des pères et mères chrétiens qui veulent dans l’intérêt à la fois temporel et éternel de leur enfants réagir contre une si détestable coutume. Ah! il importe pour eux de prendre pour modèle les soins de saint Joseph à l’égard de l’Enfant Jésus, et de prier ce grand Saint de leur venir en aide dans tous les obstacles que leur zèle pourrait rencontrer en ce qui concerne l'éducation honnête et chrétienne de leurs chers enfants. L’un de ces plus grands, sans contredit, vit de ce que ces enfants fréquentent d’autres enfants mal élevés, abandonnés à eux-mêmes et vicieux. Cela arrive parce que ces enfants ne sont pas éveillés par leurs parents indifférents, ou lâches. Ah ! S’ils imitaient la vigilance de saint Joseph sur l'Enfant-Dieu, quoiqu’il n’eût pas besoin d'être surveillé, leurs enfants seraient bien meilleurs qu'ils ne le sont et ils croîtraient dans l'innocence et la vertu à mesure qu’ils avanceraient en âge, comme il est rapporté du deux Fils de Dieu devenu pour notre amour, le doux Fils de Joseph et de Marie.

Certains parents après avoir pris tous les soins imaginables de leurs enfants, et leur avoir insufflé la vertu, ont le regret bien amer de voir que enfants ne répondent pas assez à leur vigilance. Sans doute c’est la une affliction sensible au ce de ces parents, affliction d’autant plus intense, que Dieu et la vertu en sont les motifs. Que feront-ils dans cette situation si pénible ? Se livreront au désespoir ? maudiront-ils leur progéniture ? Ah ! qu’ils s’en gardent bien ! Mais plutôt qu se jettent aux pieds de notre bon saint Joseph qu'ils prient et suppliant sans se lasser son Coeur très doux, très compatissant, et je les assure qu'ils verront ces enfants revenir de leurs égarements et leur donner une satisfaction d'autant grande que leur chagrin aura été plus lourd.

 

Exemple

 

Une femme de condition médiocre avait une fille qui n’édifiait point ses sœurs par sa conduite ; la mère s’en affligeait beaucoup, et chaque fois qu'elle entrait à l’église à Turin, elle se jetait à genoux devant le tableau de Saint Joseph, et le priait avec larmes de lui obtenir la conversion de sa fille. Une fois elle eut une bonne inspiration : « Si je lui donnais une image de saint Joseph ? Elle ne la voudrait pas... ou bien elle la déchirerait ; c'est égal, essayons ». En disant cela, elle se lève, et, pleine d’une grande confiance, elle va chez un marchand d’images religieuses, choisit celle qui lui paraît la plus belle, et la porte à la maison. La jeune fille était absente , et sur sa table à ouvrage on voyait un livre qui n’était pas, certes, un livre de dévotion. « Dois-je mettre dedans une image religieuse ? O Saint Joseph, pardonnez-moi, mais je ne puis faire autrement ». Sa fille revient à la maison et reprend son livre. « Chose curieuse ! S'écrie-t-elle, qui peut m’avoir mis une image de Saint Joseph dans mon livre ? Je ne sais qu’en faire ! » Elle dit qu’elle ne sait qu'en faire, mais en attendant elle la regarde attentivement, elle la trouve belle, elle ne se lasse pas de la contempler ; et puis elle la retourne. elle lit une prière qui était au verso, et elle regarde encore l’image; et puis... et puis elle pleure, jette son mauvais livre à terre, et se trouve subitement touchée de la grâce et complète convertie.

 

Gémissements d’une mère aux pieds de saint Joseph

 

O Saint Patriarche et chef de la sainte Famille, il n’est pas une maison vraiment chrétienne qui ne se fasse un devoir de vous honorer et de recourir à vous dans la tribulation et l’angoisse. Vous inclinez doucement votre oreille, et ouvrez largement votre Cœur miséricordieux aux supplications qui vous sont adressées. Voici, ô saint Protecteur, qu’une malheureuse mère vient déposer à vos pieds bénis les peines dont est rempli son cœur à la vue de ses enfants ingrats et méchants. Vous seul, Bienheureux Joseph, savez bien m’entendre, me comprendre et me soutenir parce que vous savez ce qu'est un cœur de pour le fruit de son sein. Voyez couler mes larmes, écoutez les gémissements de mon cœur et bénissez une mère qui vous demande la résurrection spirituelle de son enfant. Faites plus, et ô grand Saint ! Aidez-moi dans le pénible travail de l’éducation de mes enfants, dirigez-moi et guidez-moi dans ce travail de tous les instants ; mais surtout bénissez les efforts de mon zèle, je vous en prie par l'amour que vous portez au saint Enfant Jésus. Oui, obtenez-moi de bien élever mes enfants dans la vertu et la piété : s’ils s'égarent, oh ! Ramenez-les vite. Quel malheur s’ils venaient jamais à périr pour l’éternité ! Si je n’en fais pas des saints, ce seront des réprouvés en enfer. Quelle alternative ! Que c’est déchirant, que c’est affligeant pour un cœur de mère ! Ah ! mon bon Saint, non, mes enfants ne se perdront pas, je vous les confie, je les place a vos pieds sacrés, même dans votre Cœur, afin qu'en la vie et à la mort ils soient constamment à vous et protégés par vous. Ainsi soit-il.

 

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07 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Huitième jour

Le type consolateur des époux

 

L’apôtre enseigne que le mariage est un grand Sacrement, en ce qu’il représente l’union de Dieu et de l’Église. Mais combien plus parfaitement le mariage de Saint Joseph avec Marie, représentait-il cette union mystérieuse,dit saint Bonaventure ? Écoutons le saint Chancelier Jean Gerson, qui avait fait de ce magnifique sujet une étude toute particulière, comme il paraît par les belles choses qu’il en a écrites dans ses Considérations sur saint Joseph, « Jésus-Christ, comme vierge, est conjoint vierge pareillement à l’Église », dit ce dévot Docteur. On trouve en ce virginal mariage de Marie et de Joseph, qu’un homme vierge est joint à la vierge; et comme Jésus-Christ et une lignée spirituelle de la sainte Église, pareillement Saint Joseph et Notre-Dame ont eu ce bel enfant, ce béni fruit de vie, Jésus.

« Toute la cour du paradis et les Anges bienheureux, dit encore Gerson, tressaillèrent de joie de ce saint et sacré mariage. Car la virginité est la sœur des Anges, et ils virent que par ce mariage leur nombre serait réparé. Egalement les anciens Pères qui étaient dans les limbes, et qui, comme on peut le penser eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité, en furent tout joyeux, car leur rédemption approchait. On peut croire aussi que plusieurs des âmes détenues dans le purgatoire, en furent délivrées et élargies, en l’honneur et considération de ce joyeux, saint et glorieux mariage. De plus, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en recueillons les biens et les aumônes de grâce et de pardon, de spirituelle joie et de dévotion. Car c'est pour nous pécheurs, et principalement pour notre salut que fut célébré ce mariage. Ainsi nous devons y avoir singulière confiance, amour, honneur et révérence, de quelque état, de quelque âge, et de quelque sexe ou condition que nous soyons, et quelque grâce que nous veuillons solliciter, et spécialement pour demander la paix et l'union. Car ici est signifiée l’union de la sainte Église à Jésus, son époux, et de l’âme à Dieu.

Ainsi s'exprime le saint Docteur Gerson sur cet ineffable mystère, auquel il fut on ne peut plus dévot. Par où l'on voit que les époux ont a la fois un beau modèle à étudier et une efficace protection à espérer du saint mariage de Joseph et de Marie, les deux plus saints époux qui seront jamais.

Saint Joseph est le modèle le plus accompli des époux, comme la vierge sainte est l’idéal le plus sublime des épouses. Son mariage a été l’ouvrage de l’Esprit-Saint, observe le vénérable Silveira, uni en Dieu à sa sainte épouse ils ne faisaient qu’un esprit et qu’un cœur pour aimer et servir Dieu plus parfaitement. Prédestiné pour être uni à la plus parfaite des créatures, il avait des dispositions et des vertus qu’aucun époux n’a pu jamais avoir à égal degré. Sous ce rapport, notre Saint a possédé des éléments de perfection dans le mariage, que nul autre ne saurait posséder. Mais il n’est pas moins certain que la grâce n’a pas tout opéré en lui sans son acquiescement et sa fidèle correspondance, et que, par conséquent, il a eu des peines, des combats intérieurs à surmonter pour vivre en paix et en toute douceur, avec la plus paisible et la plus douce des vierges, comme la nomme l’Église. C’est principalement sous ce rapport que le Cœur virginal de Saint Joseph-doit être présenté à l'admiration et à l’imitation des époux chrétiens.

La paix, la justice, la charité ont formé la sainte alliance de Joseph et de Marie et ont très intimiment uni leurs Cœurs en Dieu. Aussi bien, si la soumission de Marie est volontaire, la domination de Joseph est respectueuse ; si elle l'honore comme chef de la famille, il la respecte comme chef du mystère. Leur reconnaissance est mutuelle, et tous leurs intérêts sont saints, parce qu'ils n’ont qu’un objet, qui est Jésus-Christ. Voyez quelle union dans ce mariage ! Faut-il sur l'édit d'un superbe empereur, faire profession publique de soumission et de servitude, ils vont, ensemble confondre leurs noms avec les noms de tout l’univers. Dans tous les mystères de l’enfance du Christ, Joseph se rencontre toujours avec sa très sainte Épouse, dans une communauté de pensées et de sentiments, d’affections et de volontés.

Les époux qui honorent comme il convient, par leur vertus dans le mariage, l’union de Joseph et de Marie, ont de grands motifs d’espérer de ces deux très Saints Époux secours et protection dans toutes leurs nécessités, ainsi que de bien douces consolations dans les peines cuisantes du mariage. Qu’ils viennent donc avec une entière confiance aux pieds de notre bon Saint Joseph qui les comprendra d’autant mieux et les aidera d’autant plus efficacement que, quoiqu'il fut marié à la plus douce et la plus accomplie des épouses, qu’il soit possible d’imaginer, il connût néanmoins les peines et les tribulations inséparables des unions les mieux assortie, ainsi qu'on le voit par l’Evangile. Son tendre et béni Cœur est donc en état de compatir plus vivement aux épreuves des époux qui l’implorent, de pouvoir les leur rendre plus acceptables, plus douces et plus mémoires pour la bienheureuse éternité, et même pour cette vie temporelle.

Oh ! qu'un mariage est heureux, quand l’époux et l’épouse s'animent à servir Dieu, à le prier, à le louer par l’union des sentiments de piété et de vertu ; quand un époux chérit son épouse d'une affection aussi pure que celle avec laquelle Saint Joseph aimait l’incomparable Marie pour sa modestie, pour sa simplicité, pour sa chasteté ; quand l'un et l’autre s’efforcent, comme Joseph et sa virginale Épouse, de marcher dans les voies du Seigneur d'une manière ferme et irrépréhensible ; qu’ils se consolent dans leurs afflictions inévitables ; qu’ils ont les mêmes vues, une même espérance, les mêmes désirs, une même règle, celle de l’Evangile. Au contraire, un mariage devient comme un enfer, quand les époux vivent sans union, sans esprit de paix, sans but honnête e.t chrétien, en un mot sans vertu, sans lois, sans frein. La bénédiction de l’éternel n’y est pas, car elle ne demeure pas dans le trouble, le désordre et les disputes ; c’est donc sa malédiction qui y séjourne. De tels époux ne comprennent pas la dignité du mariage, et ils n’y répondent pas non plus. Semblables à cette herbe, dont parle David, qui trompe la main qui la moissonne, ceux qui seront près d'eux, qui verront ou entendront ce qui se passe dans leur demeure, ne diront point : « Que la bénédiction de l’Eternel soit sur vous. nous vous bénissons au nom du Seigneur ». J’ajouterai que ces époux n’auront pas les faveurs particulières de Saint Joseph, à moins qu’ils ne s’amendent et qu'ils reviennent avec sincérité de leurs égarements. Pourtant, ils ont un si pressant besoin de consolations, de secours spirituels !

Voyez dans ce ménage cette femme éplorée, les cheveux épars, et toute décomposée ; elle a pour époux un ivrogne, un dissipateur, un méchant ; elle vous montre les plaies encore saignantes qu’il lui et faites. Peut-être y a-t-il de sa faute à elle même, mais enfin le mal existe ; elle souffre beaucoup et en désespérée. D’autre part, je vois un époux triste, affligé, déconcerté, la face noyée dans ses pleurs, pourquoi gémit-il ? de quoi se plaint-il ? Il est brave, honorable, chrétien, bon chrétien et par conséquent bon époux : Qu’a-t-il donc ? soit imprévoyance, soit entraînement, soit imprudence il a pris pour compagne une des cousines de Satan, une femme prétentieuse, insoucieuse, acariâtre, négligente, incapable d’élever comme il convient, ses enfants, de gouverner la maison par ce qu’elle est à la fois sale, paresseuse, dissipatrice. Voilà pourquoi ce mari soupire, pourquoi il gémit et se plaint aux portes d’autrui. Voir pleurer un homme, c'est chose triste. Avec une femme plus convenable, plus douce, plus soumise, plus diligente, plus chrétienne, en un mot mieux élevée, il eut coulé des jours heureux et joui en quelque sorte du bonheur de saint Joseph dans la compagnie de Marie, sa sainte épouse. Tout est-il donc perdu pour lui ? Non ! Mais qu'il s’adresse à Saint Joseph qui lui obtiendra la résignation, cette vertu, la plus belle auréole de l’homme souffrant, le plus digne hommage dû à la divinité, comme la plus propre à le purifier et à lui faire gagner le ciel ; qui peut être même, car il est si bon Saint Joseph, convertira, ou du moins réformera par les grâces qu’il lui procurera son épouse infortunée.

 

Exemples

 

Un père de famille vivait depuis longues années dans l’oubli de ses devoirs religieux. Au mois de mars, son épouse et ses enfants entreprirent une neuvaine à saint Joseph pour obtenir sa conversion. La clôture en fut fixée au 19 mars, jour de la fête du Saint. Au même jour, cet homme, ignorant ce que les siens faisaient à son intention, entra par hasard dans une église; il y entendit une instruction qui le toucha, et se confessa avant de sortir. Il a persévéré depuis dans les meilleures dispositions.

Une femme pieuse souffrait avec résignation les rudes traitements de son mari, qui vivait contre toutes les lois de l'honnêteté et de la morale. L'épouse fidèle essaya de tous les moyens pour ramener dans le bon chemin l’époux infidèle, mais tout fut inutile. Enfin elle eut recours au modèle des époux, à saint Joseph, qui la consola aussitôt et l’exauça ; car ce malheureux reçut de Dieu de si grandes grâces, qu’il détesta ses péchés, répara les scandales qu’il avait donnés, s’appliqua à vivre chrétiennement et saintement, à la consolation de tout le monde et en particulier de sa pieuse épouse (Bollandistes).

 

Oraison du bienheureux Gerson en mémoire du mariage de Saint Joseph

 

Vierge sainte et sacrée, veuillez m'obtenir cette grâce de votre cher et doux Enfant Jésus, qu’on puisse en votre dite église de Notre Dame de Paris, et toutes les autres de la chrétienté célébrer dignement sans superstitions, le virginal mariage du saint, juste et vierge Joseph avec vous, lequel vous aima d'un amour si pur, vous garda et vous gouverna avec tant de soins vous, et le béni Enfant Jésus, vous accompagna toujours, vous honora chastement et saintement, comme vous le fîtes à son égard avec tant de bonté et d’humilité, de sorte que maintenant il jouit avec vous de la gloire. Que par les mérites et les intercessions votre chaste Époux, le très doux et glorieux Jésus qui vous est né, que.vous avez nourri en ce mariage sacré, nous fasse être participant des noces célestes et de la gloire éternelle, lui qui est l'Epoux de l’église triomphante, et Dieu béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

 

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06 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

05

Septième jour

Le protecteur des vierges

 

Saint Alphonse de Liguori, qui a écrit un ouvrage si divin sur la virginité, assure d’abord que les Vierges qui ont le bonheur de se vouer à l’amour de Jésus, qui lui consacrent le lys de leur pureté, sont aussi chères à Dieu que les Anges. Vous pouvez juger de la combien aussi elles sont agréables à Marie, que l’Eglise appelle la Reine des Vierges, et à Saint Joseph, que je leur offre pour protecteur. Jésus est l’ami et l’époux des Vierges, il paît, comme le dit l’Ecriture, au milieu des lys de la piété, c’est-à-dire parmi les âmes chastes. Marie et Joseph sont les soutiens et les protecteurs des Vierges, parce que la virginité fut leur état permanent. À ce titre les Vierges appartiennent plus particulièrement que les autres à Saint Joseph. Et s’il est vrai que la pureté approche l’âme de Dieu, il est également certain qu’elle dispose merveilleusement l’âme qui en est ornée à s'attirer les regards et les faveurs de saint Joseph, l’Epoux Vierge d'une Vierge. Le jeune époux, dit Isaïe, demeurera avec la Vierge, son épouse. Cet époux, explique Saint Bonaventure, est saint Joseph qui a vécu très-purement et très-chastement avec la sainte Vierge Marie. Il est appelé « jeune » pour sa pureté éclatante, et c’est dans la pureté et la sainteté de son épouse qu’il trouve sa joie et sa félicité.

Ne considérez pas simplement Joseph comme l’époux de Marie, mais bien comme un époux Vierge. Si sa qualité d'époux de la Mère de Dieu est la véritable et essentielle base de ses grandeurs, sa qualité d’homme-Vierge est le principe et la source certaine de son bonheur. En effet, il n’eut pas été choisi pour Epoux à Marie, ni pour Père putatif du Sauveur s’il n'avait toujours vécu chaste et vierge. Et l’union qu'il contracta avec la divine Marie, loin de diminuer sa virginité, la perfectionna et y mit le sceau dont l’Esprit-Saint fut le garant. Bossuet, parlant de ce mariage tout mystérieux et tout angélique, dit très bien : « Ce sont deux virginités qui s’unissent pour se conserver éternellement l’une l’autre par une chaste correspondance ; et comme deux astres qui allient leur lumière. Belle et juste comparaison qui honore singulièrement la virginité de Marie et de Saint Joseph, et qui, si elle établit la bienheureuse Mère de Dieu la Reine des Vierges, montre saint Joseph comme le porte étendard de la virginité, selon que l’appelle Carthagène.

Bossuet semble s’être inspiré de la pensée du chancelier Gerson, qu'il appelait son Maître, et auquel il a dû, en partie, la profondeur de la pensée et la force des expressions. D'après la gracieuse idée du vénérable Gerson, quand Joseph s’unit à la Vierge, l’on vit, pour la première fois, sur la terre, la virginité se marier avec la virginité. Dieu créa et sanctifia Saint Joseph tout exprès pour Celle qui devait être sa propre Mère. nous devons croire qu'il le rendit son semblable en pureté, qu’il le fit presque son égal en virginité et que, selon l'expression biblique, il donna à Marie un aide qui lui ressemblât. Ce qui fait ajouter au docte commentateur Escobar : « Dieu fit Joseph, en quelque sorte semblable a Marie, l’ayant doté comme elle de l’ornement des plus belles vertus ».C’était pour le Saint Patriarche un rapport de convenance. Et Dieu tout puissant, tout bon, qui a pu le faire aussi pur, aussi chaste, l’a fait. Il convenait, il était juste, raisonnable, équitable, que le Dieu de toute sainteté et de toute pureté non-seulement naquit d’une Mère Vierge, mais encore qu’il fut nourri, conservé, porté par un Père saint et Vierge, le plus saint et le plus vierge de tous les hommes saints et vierges. Penser autrement serait faire injure à Dieu et à son Fils Jésus-Christ, ainsi qu'à Marie et à Joseph, son époux.

Le pieux et célèbre Escobar, n'a fait que rendre sous une autre forme la doctrine du chancelier Gerson, qui dit, en style laconique : « Saint Joseph, plus pur que tous les hommes, a été semblable à la glorieuse Vierge Marie ». Du reste l’opinion généralement admise dans l’Église, et qui est appuyée sur les témoignages les plus nombreux des Pères, sur une vénérable tradition, sur le sentiment commun des fidèles, c’est que Saint Joseph n’a pas été seulement vierge, mais vierge au degré le plus excellent, après sa très sainte Épouse.

Car d’après les saints Docteurs, Saint Joseph connût par l’inspiration divine, peut-être par le ministère d’un Ange, qu’il était destiné à être l’époux de la Mère de Dieu. dès lors il fit vœu de virginité, afin que le lys de la pureté de son crieur, exhalât devant Dieu un plus suave parfum. Il ne fut poussé au mariage que par le souffle divin, et il est possible qu’une fois marié avec l'Auguste Vierge, il renouvela comme elle son vœu de virginité perpétuelle. Cette doctrine est affirmée par plusieurs Pères, tels que saint Augustin, saint Bonaventure, saint Thomas et le pieux Gerson. Il est certain que Saint Joseph-Vierge fut un époux très digne de Marie-Vierge. Il le prouva bien par les actes de sa très Sainte Vie, par le zèle avec lequel il prit la défense de l’honneur et de la virginité de cette chaste Épouse, pour empêcher la calomnie de noircir sa réputation. De là vient que Saint Albert le Grand l’appelle le Protecteur ; le Patron de Marie, le protecteur des vierges.

Les saintes Vierges, ces fleurs mystiques de l’Église, le jardin de délices du Christ, qui tendent à la perfection, parce qu’elles sont les favorites de ce divin Epoux qu’elles ont choisi pour leur partage pour cette vie et la vie future, sont aussi les protégées du Cœur de Saint Joseph, quand elles l’honorent comme elles le doivent faire. Elles sont nommées dans la Bible, les prémices de Dieu et de l'Agneau Jésus, « par la raison, dit le saint cardinal Hugues, que les premiers fruits sont les plus agréables, et que, ainsi les Vierges lui sont plus agréables et plus chères que les autres personnes ». Mais si elles ont le plus de droit aux faveurs divines, elles ont également plus d’assurance de voir notre bon Saint Joseph les protéger dans tous leurs besoins. Notez bien que ce qui est dit ici des Vierges s'applique également a ces âmes qui, quoiqu’elles soient engagées dans les liens du mariage, mènent une vie détachée, innocente, et comme l’aigle volent dans les régions supérieures de la perfection, les regards fixés vers les biens célestes. Sursum corda ! Selon la grande devise du bienheureux Gerson : avoir toujours l’esprit et le cœur élevés vers Dieu, c'est là la virginité parfaite.

Il importe donc beaucoup de se conserver chaste et vierge pour jouir des bénédictions du Cœur de saint Joseph ; car l’Ecriture dit que celui qui aime la pureté du cœur aura le roi pour ami, c'est-à-dire Jésus. Les saints dans le ciel sont aussi autant de rois, mais Saint Joseph est, après Marie, le plus grand de ces rois ; or, que ne peut-on pas obtenir de lui si on possède sa faveur et son amitié ? Pour vivre dans la chasteté, il faut nécessairement en prendre les moyens, tels que la fuite des occasions, condition première ; ensuite le recueillement, la modestie, la prière assidue, surtout dans les tentations. Quand malgré notre vigilance et notre fuite des mauvaises occasions nous sommes tentés, la seule invocation de Jésus, de Marie et de Joseph, faite avec humilité et confiance suffit pour nous faire vaincre l'ennemi, purifier notre intelligence et notre cœur des mauvaises suggestions, effets de la nature corrompue de concert avec les esprits infernaux.

Saint Alphonse de Liguori dit, dans son Imitation : « Théophile, pour persévérer dans la pureté et vous délivrer du vice contraire, il faut vous recommander souvent et avec instance a la Reine des Vierges, à Marie. Celui qui a recours à elle sera délivré de la luxure, en prononçant seulement son nom avec confiance. Beaucoup de personnes tentées contre la chasteté ont triomphé par une simple aspiration affectueuse à Marie Immaculée ». Et ce Saint Père ajoute : « Les images de cette chaste. Vierge éteignent les ardeurs de la concupiscence en ceux qui les regardent avec dévotion ». On peut bien dire la même chose du très-saint Joseph, de son nom et de ses images.

Quand donc Satan et la concupiscence s'élèvent contre nous, après avoir fait respectueusement un Signe de Croix, au moins avec le pouce sur la poitrine pour consacrer notre cœur à la très adorable Trinité et à Jésus crucifié, faisons une dévote aspiration à Marie Immaculée et au Cœur de saint Joseph. Si nous avons une image du Saint, fixons-là d’un regard suppliant, mais confiant, et serrons-là sur la poitrine, saint Joseph nous aidera à triompher de notre faiblesse et de la malice de Satan. Rappelons-nous souvent cette belle pensée du saint Maître Gerson : « Autant de tentations vaincues, autant de perles brillantes sont attachées à la couronne que le Seigneur nous prépare dans le ciel, si nous sommes en sa sainte grâce ».

Courage donc, ô Vierges ! Courage, ô âmes chastes, dignes épouses de l’Agneau Jésus, persévérez sous la protection de Saint Joseph dans la voie bienheureuse que vous avez choisie, qui vous procurera les grâces de votre bien-aimé Seigneur. Sachez que la virginité est cette meilleure part que vous pouviez désirer, part que l’âme conservera avec un signe distinctif durant toute l’éternité, alors qu’elle Sera glorifiée à l’égal des anges de Dieu. Aussi, devez-vous tout faire et tout souffrir pour l’amour de Jésus-Christ, plutôt que de sacrifier l’aimable et céleste pureté.

 

Exemple

 

L’une des Congréganistes des Enfants de Marie, de Lyon, touchée de la beauté de la grâce sanctifiante, demandait souvent à son Bon Père, c’est le nom que ces jeunes enfants donnent à l’envi à Saint Joseph, de la lui conserver toujours. Un jour, c’était en 1858, aux environs du jour de l’an, où il y a dans le pensionnat sortie générale. l’enfant entre en classe toute joyeuse, court auprès de sa maîtresse d’un air triomphant. Elle était couverte de rougeurs. La maîtresse également étonnée de cette éruption subite et de la joie qu’en témoignait la jeune fille, l’interroge avec intérêt. « Ah ! Madame, répond celle-ci, j’ai gagné ma cause auprès de saint Joseph ! Il doit y avoir des fêtes à la maison, à l’occasion du mariage de ma sœur, j’ai craint d’y souiller mon innocence et d'y perdre la grâce, et j’ai dit à Saint Joseph : « Bon père, empêchez que je sorte ». « Voyez », et elle montrait ses mains et son visage tout défigurés par l’éruption. « Je ne puis aller au grand air en cet état ! »

 

Supplication à Saint Joseph pour obtenir la pureté

 

Grand Saint, qui êtes couronné des plus beaux lys de la virginité, qui par l'admirable chasteté de votre vie, avez mérité de devenir le gardien et le Père nourricier de Jésus, le Roi des Vierges, et l’Epoux de l’Immaculée Mère de Dieu, apprenez-nous le secret de cette vertu angélique, le plus bel ornement de votre Saint Cœur. Elle nous favorisera aussi de l'insigne privilège d’avoir le Roi des cieux pour ami. Par les mérites de la pureté de votre béni Cœur, ô doux Protecteur, rendez-nous pures et chastes comme vous, afin qu’après avoir été uni à Jésus-Christ l'amateur des âmes vierges et pures durant cette vie, nous puissions éternellement le contempler avec vous dans la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

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05 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Sixième jour

La protection de la jeunesse

 

Saint Joseph couvre des ailes de sa protection non-seulement l’enfance, mais encore la jeunesse. C'est toujours l'enfance, mais elle est passée dans un âge qui devient d’autant plus dangereux pour elle, que les sens sont plus tendres, plus ouverts, et plus impressionnables aux vanités du siècle. Tout ce qui est dans le monde, dit saint Jean, est concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, et orgueil de la vie. Ce.sont la les trois grands filets que Satan à tendus dans l'obscurité pour attraper une multitude de jeunes gens ; ce sont la les trois amorces par lesquelles il se les attire pour les précipiter dans l’abîme de la perdition. Or saint Joseph qui sait que les dangers pour la jeunesse sont nombreux, grands et difficiles à surmonter, s'offre à ces jeunes gens pour leur servir de guide et de protecteur.

Comme guide, ses exemples sont bien propres à faire impression sur l'esprit de la jeunesse. D’après de graves auteurs, on ne vit jamais un jeune homme d’une piété plus éminente, d’une pureté plus parfaite, d'une modestie plus angélique, d’un esprit plus droit, d"un cœur plus généreux, d’une application plus soutenue à s'instruire, d'un caractère plus doux et plus aimable à l’égard de tous. Ses regards, ses gestes, ses discours, tout en notre Saint était réglé par le mouvement du Saint-Esprit qui habitait en lui, comme dans son temple. C'est ainsi que le jeune Joseph s’avançait de vertu en vertu, comme parle le prophète, et qu'il s’en servait de degrés pour gravir déjà le sentier âpre, étroit et élevé de la perfection. Saint Joseph ne fait jamais défaut aux tendances si bienveillantes de son bon Cœur, pour secourir les jeunes gens qui l’implorent avec piété et. confiance. Il est deux époques principales où ils ont un plus grand besoin de sa douce protection, pour la première communion et pour le choix d’un état : de ces deux circonstances dépend la bonne ou la mauvaise direction de la vie, le bonheur ou le malheur temporel et éternel. C'est là une chose extrêmement importante.

Saint Joseph a trop à cœur de voir Notre Seigneur Jésus-Christ son Fils adoptif, aimé et servi par la jeunesse, pour ne pas s‘empresser d'obtenir des grâces de lumières et de ferveur aux âmes encore innocentes qui vont le recevoir la première fois au banquet Eucharistique ; il jouit du bonheur qu’ils sont appelés à goûter en reposant sur le Cœur de Jésus, comme il s’y reposait lui-même sensiblement, lorsqu’il le portait dans ses bras à Nazareth. A cette fin, il les aide merveilleusement par les inspirations intérieures qu’il leur communique, au moyen de leur Ange gardien, à se préparer à cet acte si grand, si décisif et si honorable. Que les enfants donc qui se disposent à la première communion, recourent à saint Joseph, comme à leur Père et puissant Protecteur ; ils verront les fruits précieux qui découleront de cette pratique pour le jour fortuné où ils s’unirent à Jésus tout entier et pour le reste de la vie. Surtout, que ce jour-là, ils se consacrent plus particulièrement à notre Saint, par un acte qu’ils devront renouveler aux grandes fêtes de l'année où ils recevront le Dieu qui réjouit leur jeunesse.

La protection de Saint Joseph n'est pas moins assurée aux jeunes gens dans les sentiers périlleux qu'ils auront à parcourir après la première communion, notamment pour le choix d’une profession, que le pieux Grenade et le saint docteur Liguori appellent la maîtresse route de la vie. Il n’est que trop ordinaire de passer légèrement sur ce point qui entraîne des conséquences infinies. Il faut se bien persuader que, comme l’écrit l’Apôtre, chacun reçoit de Dieu le don qui lui est propre, c’est-à-dire, selon le commentaire de Corneille, que Dieu donne à chacun sa vocation, et lui choisit un état dans lequel il veut le sauver. Pour connaître cette vocation, il faut des lumières, il faut aussi du courage pour la suivre une fois qu’elle est reconnue et sanctionnée par l’autorité du directeur de la conscience, qu’il est utile de consulter à ce sujet. Or, ces grâces de lumière et de force, saint Joseph ne manque jamais de les obtenir aux jeunes gens qui l’en prient avec ardeur et avec pureté d’intention.

Pères et mères, dit un pieux et savant Curé, amenez donc vos enfants à Saint Joseph, placez-les sous sa puissante protection. Il les protégera, les défendra contre le démon, qui est encore plus à redouter que le cruel Hérode. Sachez aussi qu’il vengera leur faute contre vous-mêmes, si vous en êtes la cause, par votre négligence, vos scandales et vos exemples mauvais. Et vous, aimable jeunesse, aimez votre père Saint Joseph ; honorez-le de tout votre pouvoir, chantez ses louanges, recourez à lui avec une confiance filiale ; il reçoit avec plaisir les hommages des enfants vertueux. Si vous vous montrez ses dignes enfants, si vous êtes soumis, respectueux, aimables comme l’Enfant Jésus, il aura pour vous la même tendresse, la même protection, les mêmes soins.

Pour la jeunesse, le prêtre est ce que Saint Joseph était à l’égard de Jésus adolescent : il lui est tout a la fois Père, Protecteur et Pourvoyeur. Que les jeunes gens ne craignent donc pas d’aborder le prêtre, au contraire qu’ils viennent à lui en toute confiance, comme ils viennent à Notre Seigneur et à Saint Joseph, lui raconter leurs peines, leurs combats intérieurs, et lui demander, de ces conseils salutaires que Dieu leur dicte toujours, dans ce cas, pour les âmes droites et sincères. Mais pour obtenir ces résultats si désirables, il faut inspirer à l’enfance une grande estime, un grand respect et une sainte vénération pour le prêtre. Cette estime et cette confiance qu’ils auront alors conçues pour l’Homme de Dieu, ne disparaîtra jamais entièrement de leur cœur. « Les enfants, dit le saint chancelier Gerson, sont très capables de recevoir les premiers principes des bons enseignements, lorsqu’ils ne sont pas encore imbus des fausses opinions, et que de pernicieuses doctrines n’ont pas encore germé profondément dans leurs cœurs ».

Il importe donc extrêmement de prendre l’enfance sous la protection de saint Joseph pour l’amener à Jésus-Christ, et afin qu’elle y demeure fixée pour tous les âges de la vie. Mais l’enfance ne viendra à Jésus-Christ, ne se maintiendra avec lui durant la jeunesse surtout, que par l'intermédiaire du prêtre, le représentant vivant de la personne du Christ même. Oh ! qu’ils font de mal, qu'ils sont coupables et criminels, ceux-là qui inspirent à l’enfance et à la jeunesse l’éloignement du prêtre, le mépris du prêtre ; et quel déplaisir. ils causent à Notre Dame et à saint Joseph ! N'est-ce pas où tendent ces libres-penseurs qui veulent l’instruction et l’éducation exclusivement laïques ?

Le pieux traducteur et interprète du Traité de Parvulis, du Bienheureux Gerson, l’abbé Gouvenot, écrit les lignes qui suivent, que je livre à la méditation surtout des pères et mères et des maîtres de l’enfance, qui veulent plaire à saint Joseph et imiter sa conduite, pour mériter sa douce protection. « J'ai souvent entendu raconter par les mères la joie de leurs enfants, et elles disaient dans leur langage si simple et si beau : « Mon enfant est aux Anges ». Ce bonheur de l’innocence dans l’enfant durera S'il est conduit au catéchisme dès son jeune âge, (ajoutons et même après sa première communion). Il entendra avec fruit les instructions, et surtout il s’habituera à voir dans le prêtre l’Ami de son enfance : il se rappellera le dévouement sacerdotal, ce sera une douce figure qui lui apparaîtra dans les dangers et les tentations, et alors il viendra épancher son cœur et ouvrir son âme sur le sein de cet Ami que le Ciel a formé pour le bonheur des hommes. Si l’habitude des pratiques de piété et de religion est donnée à l’enfant, il deviendra la gloire de son père et de sa mère, et il croîtra en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Ce qu’il faut aujourd’hui plus que jamais, parce que les moyens de corruption sont mille fois plus nombreux, mille fois plus actifs et plus dangereux que dans les siècles écoulés ; ce qu’il faut dis-je, et de suite et sans retard, comme l’inculque avec tant de force dans ses beaux écrits, le très-savant évêque d’Orléans, c’est une éducation chrétienne, forte et prononcée de l’enfance et de la jeunesse et surtout des petites filles.

J’ai insisté, insisté beaucoup sur ce point capital, décisif dans mon ouvrage Feminiana ; daigne le bon saint Joseph faire comprendre à mes lecteurs cette chose, comme je la conçois moi-même. Ne voyez-vous pas que notre pauvre société se meurt, périt, qu'il n’y a plus de famille, plus de respect, plus d’harmonie, plus d’amour saint dans la famille; de là, quels désordres dans le monde ! Ah ! que nous avons besoin du regard paternel et protecteur du Bienheureux Joseph ! « Il n’y a plus d’enfants ! », s’écrie le docte chanoine Tridon. Ce mot, ajoute-il, devenu proverbial, exprime une lamentable vérité. Il révèle une calamité plus grande que ne pourraient être la peste, la guerre et la famine réunies. Il n’y a plus d’enfants, c’est à-dire plus d’innocence, plus de simplicité, plus d’obéissance, par conséquent plus de vie au cœur des jeunes générations, qui, dans vingt ans occuperont notre place... Le terme est court, bâtons-nous! ».

« A la vue de l’incendie, ajoute plus loin le même écrivain, qui dévore et menace de tout engloutir, il y en a qui dissertent sur les progrès du.mal, sur l'énormité des pertes présentes et les dangers de l’avenir. Discours inutiles, vaines lamentations. Une chose est à faire : courir à la chaîne et verser de l'eau.

Chaque jour, le Bienheureux Gerson recommandait à la Vierge Immaculée et à Son virginal Époux, Saint Joseph, les petits enfants qu’il instruisait à Lyon, et Marie et Joseph versaient abondamment sur ces jeunes plantes la rosée Salutaire des bénédictions célestes, « Mes enfants, leur disait ce saint Maître, aimez, aimez beaucoup la sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph ! Adressez vous et Elle dans tous les besoins de l’âme et du corps, du temps et de l’éternité. Dans vos peines, dans vos tentations, dans vos épreuves et vos désolations, invoquez avec confiance leurs noms bénis et vous serez.de suite consolés, soulagés, éclairés et sauvés ! » Quel bel exemple pour les parents et les instituteurs de l’enfance et de la jeunesse, dont le Bienheureux Serviteur de Dieu Gerson, est le Modèle et le Patron. On ne saurait trop inculquer à cette chère jeunesse, comme le rappelle sans cesse notre bien-aimé Pontife Pie IX, l’esprit de prière, les bonnes pensées et les saintes maximes et une grande confiance en la Trinité de la terre Jésus, Marie et Joseph, comme Gerson la qualifiée le premier.

L’enfance et la jeunesse ont tant besoin de secours ! Qui ne sait que l'enfance a toute la fragilité des jeunes plantes, que les grâces naturelles de la jeunesse l’exposent à des dangers dont la vieillesse est affranchie, abandonnée qu’elle est des passions plutôt qu’elle ne s’est soustraite a leur empire. Hélas ! Ces premières années, les plus belles de la vie, s’écoulent rapidement. Si l’on considère alors quelle est la force de l’habitude, si l’on pense avec un ancien philosophe que cette force est si grande qu’elle devient en quelque sorte une seconde nature, on restera profondément convaincu qu’il n’y a rien de plus à craindre et de plus amer dans leurs suites que les mauvaises coutumes, comme au contraire il n’y a rien de plus doux, de plus satisfaisant pour la conscience que les bonnes.

 

Exemple

 

On écrit au Révérend Père Huguet, l’apôtre incomparable de saint Joseph : « Remerciez avec nous, Révérend Père, Marie et Joseph, d’avoir arrêté par un miracle presque évident, un mariage commencé, selon les apparences, sous les auspices de notre Saint Patron. La confiance sauve. Nous avons fait en son honneur quelques pratiques de piété, nous avons fait brûler des bougies devant son image, nous lui avons dit d'agir ! Il a permis que nous fussions détrompés et il a préservé une jeune fille pieuse et confiante de chaînes qui auraient été trop pesantes ».

 

Prière à Saint Joseph, Guide de la jeunesse

 

C'est à juste titre, pieux et bon Joseph, que l'on vous regarde comme le Patron de la jeunesse, vous qui servîtes de guide à l'enfance du Sauveur. Ah ! Ne perdez pas de vue les besoins du jeune âge, si exposé à mille périls par son inexpérience et sa simplicité. Guide de Jésus en Égypte, dirigez la jeunesse a travers les montagnes, les voies tortueuses de cette vie. Obtenez pour elle du Sauveur Enfant la fuite du monde, la crainte de ses séductions. Que par vos suffrages et ceux de la bonne Marie, chaque enfant soit un autre Jésus en docilité, en tendresse, en respect ; qu’il console l’Église par sa foi, ses parents par son amour; et que, vertueux jusqu'à la mort, il les dédommage des peines qu’il leur fit éprouver. Riche en pouvoir auprès de Dieu, vous l'êtes en miséricorde, n'abandonnez ni l'enfance, ni la vieillesse. Ainsi soit-il.

 

O Olhar de são José

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04 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Cinquième jour

Saint Joseph accueille l'innocence

 

Nul doute que le Cœur de saint Joseph n'ait pour l’enfance chrétienne une prédilection particulière, parce qu’elle est la plus vive image de l‘enfant Jésus confié à sa vigilance, à ses soins, à sa tendresse. Jésus est appelé le Jésus des petits enfants, Marie, Notre Dame des enfants, parce qu’elle les aime de l’amour de son Fils. Pourquoi saint Joseph, qui partage leurs sentiments, ne serait-il pas appelé le Père spirituel et le Protecteur des enfants ? Tout enfant lui rappelle l’Enfant Jésus, donc tout enfant lui est cher; tout enfant chrétien est membre de Jésus, donc tout enfant chrétien est aimé de Saint Joseph comme était aimé Jésus. Je sais que Joseph aimait à la fois Jésus comme son fils et comme son Dieu ; ce ne peut donc être que du premier amour qu'il aime les enfants, et, certes, c'est là un grand honneur. un grand bonheur pour les enfants sages d’être ainsi considérés, ainsi aimés par notre Saint. Ce leur est un gage bien grand de sa paternelle protection sur eux. Si quelqu’un osait douter de cette tendresse du Saint Patriarche pour l'enfance, nous lui mettrions devant les yeux l'amour immense que le Sauveur avait pour ce jeune âge. N'est-ce pas lui, Jésus, qui laissa tomber de ses lèvres divines cette parole pleine de douceur et de charme : « Laissez venir à moi les petits enfants ? » Or, incontestablement le Cœur virginal de Joseph a participé aux sentiments et aux dispositions du Cœur adorable de Jésus ; il a donc dû prendre aussi ses affections pour l’enfance ; il éprouve donc pour eux le même amour, et il peut donc dire, lui aussi : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce qu’en venant à moi ils iront sûrement à Jésus, qui est seul le salut et la vie ». Ce sont les expressions que le savant et pieux frère Philippe prête à notre Saint, et elles lui conviennent très bien.

Non seulement saint Joseph aime les enfants, mais il les protège, de son trône céleste, avec une attention et une bienveillance toutes spéciales. Je ne saurais mieux les décrire qu’en empruntant la plume du spirituel écrivain et supérieur général des Frères que je viens de citer, qui a la mission si noble, la fonction si auguste de diriger les milliers d’enfants de toutes les conditions confiés aux soins de ses disciples. Saint Joseph, dit-il, veille sur les enfants du haut du ciel ; il s’intéresse à tout ce qui peut contribuer à leur salut ; il leur continue la sollicitude qu'il avait pour l’Enfant-Dieu qu’ils représentent ; il se fait auprès de lui leur intercesseur, et leur obtient toutes les grâces qui leur sont nécessaires ; il pourvoit avec une tendresse toute paternelle aux besoins de leurs âmes ; il les protège contre les attaques des démons, il déjoue la perfidie de ces esprits de ténèbres, dont Hérode n’était que l’aveugle instrument. et qui n'aspirent qu'à faire mourir Jésus dans le cœur des hommes. Saint Joseph protège surtout les enfants sages et d’une conduite vertueuse, il les secourt dans tous les dangers de l’âme et du corps ou ils sont tous exposés. Il sait que le démon, brûlant de rage, est continuellement à leur poursuite, et il redouble de zèle, de soins sur eux ; il envoie les Anges qui les défendent et, selon l’expression du Psalmiste, les portent dans leurs mains, de crainte qu'ils ne se blessent dans le chemin de la vie contre la pierre du scandale et des séductions qui les environnent de toutes parts. Mais, pour que les petits enfants obtiennent ces faveurs si précieuses, il importe qu’ils soient dévots à Saint Joseph ; qu’ils le prient souvent, surtout le matin et le soir, et dans le moment du danger. Il faut donc que les parents et les maîtres les initient a ces petites pratiques de piété, qui attireront sur ces jeunes âmes les bénédictions du ciel les plus abondantes.

Dans un ouvrage consacré exclusivement au très Saint Joseph, il n’y aurait qu'un esprit méticuleux et mal fait qui pût trouver à redire d’y rencontrer si souvent le nom vénérable et doux avec les éloges du pieux Gerson. On ne saura jamais tout ce que cet incomparable Docteur à fait, d'une part pour la glorification terrestre de saint Joseph, et de l'autre pour l'instruction et l’éducation chrétiennes des petits enfants. Plus on étudie avec impartialité ces deux grands traits caractéristiques de cette majestueuse et belle figure du Catholicisme, plus on demeure étonné, ravi, stupéfait. Ses détracteurs sont et ne peuvent être que des ignorants ou des malveillants ! Ailleurs, on l’a montré comme un homme poussé par le désir de contribuer de toutes manières à la gloire de saint Joseph, le célébrant dans ses discours, le chantant dans ses poésies qui forment un traité d'un charme naïf en même temps que d‘une érudition profonde, ne cessant, par sa parole, par sa plume, et par sa grande influence dans l’Église, de travailler à la gloire du Saint qu’il avait choisi pour protecteur et en quelque sorte pour ami. Ici nous allons le présenter travesti en maître d'école et en catéchiste des enfants, pour les attirer, ou comme il s'exprime, pour les entraîner vers Jésus-Christ. « De parvulis trahendis ad Christum ». Tel est l'admirable ouvrage que Gerson écrivit sur ses vieux jours, ouvrage où surabonde la sagesse, la douceur, la piété et surtout l’onction, digne frère de l’Imitation, et que monsieur le curé de Saint Sulpice appelle « un petit Chef d’œuvre de douce piété », et monseigneur Dupanloup « un beau Traité ».

Montrons Comment le Serviteur et l'Ami de Saint Joseph, qui dut être si favorisé par ce grand Saint et par l'auguste vierge Marie, quoique son héroïque humilité nous ait voilé sa vie à son déclin dans la solitude, montrons, dis-je, comment Gerson savait, lui, avec une douceur inexprimable, attirer les enfants à Jésus-Christ. Il est question de ces paroles que le Christ dit a ses disciples qui repoussaient avec menaces ceux qui lui présentaient des petits enfants : « Laissez venir à moi les petits enfants », et le reste. Si, dit le Bienheureux Docteur, nous pesons ces paroles qui sont autant d‘oracles et de sentences, nous aurons contre ceux qui négligent le salut des enfants et les éloignent du divin Maître, la matière d’une vive et sévère leçon qu'ils ne méritent que trop. Mais loin de nous un zèle amer, loin de nous la colère et les paroles irritantes. Dans un sujet qui regarde les enfants, nous imiterons leur simplicité, et nous éviterons tout ce qui sentirait la déclamation, l’aigreur et la contention. Nous nous rappellerons, pour nous inspirer d'un si touchant exemple, la modération avec laquelle le Sauveur reprit ses disciples, malgré la peine que lui causait leur conduite ; nous nous rappellerons ses paroles en cette circonstance : « Laissez venir a moi les petits enfants !... »

Le Docteur très chrétien, le Maître des consolations divines, n’écrivit en partie son sublime Traité : « De parvulis Trahendis ad Christum », que pour répondre à ses ennemis et aux ennemis du règne de Jésus qui critiquaient sa conduite, ne pouvant concevoir comment un homme de son mérite, revêtu d'une telle dignité, qui jouait un rôle si grand dans les affaires de l’Église et de l'Etat avait pu s'abaisser, s’annihiler en quelque sorte jusqu’à instruire les petits enfants pauvres. Mais aux yeux éclairés de Gerson, il n'y avait pas de fonction plus divine que celle d’attirer les enfants au Sauveur. Par la il voulait poser les vrais moyens de réformer l’Église, ce qu’il n’avait pu obtenir au Concile de Constance. Il faudrait lire en entier ce Traité pour comprendre la noble idée qu’il se faisait de l’éducation chrétienne de l'enfance et des fonctions angéliques de ceux qui s’y appliquent. « Si nous réfléchissons, dit-il, que Jésus-Christ n'a rien fait d'inutile et n’a rien dit que de grave et de sérieux, nous conviendrons qu’il n’avait pas en vue une chose de peu d’importance, lorsqu’il appelait à lui les petits enfants, qu’il réprimait ses disciples bien-aimés, qui s’opposaient à ce que ses enfants lui fussent présentés. « Il les entourait en leur imposant les mains et il les bénissait ».

« Qui pourrait, ô divin Jésus, s’écrie le bienheureux Docteur, qui pourrait rougir d’être à votre exemple humble avec les enfants ? Qui serait assez vain et assez fier de son rang et de sa science pour oser mépriser leur jeune âge, leur ignorance et leur faiblesse, quand vous, qui êtes le Dieu béni dans tous les siècles, qui êtes celui en qui ont été cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu, vous êtes abaissé jusqu'à les Embrasser et les presser dans vos bras sacrés ! Loin de nous donc, loin de nous toute fierté, loin de nous la pensée coupable de nous éloigner des enfants. L’exemple divin donné par Notre Seigneur a laissé bien loin derrière lui cette affabilité de Socrate, si vantée par les philosophes, parce qu’il ne rougissait pas, pour se délasser des affaires publiques, de jouer avec les enfants en courant, comme eux, à cheval sur un bâton. Oh ! qu’il aurait amusé nos Catons, nos censeurs modernes ! qu’ils auraient ri s’ils l'avaient vu se recréer de la sorte ! Si nous nous permettons aussi de jouer avec les enfants, c’est pour leur apprendre à avoir horreur de toute immodestie, de toute parole impie, de tout mauvais jeu, de toute action libre. Il y a en outre deux autres bonnes raisons : la première, c'est de nous abaisser, pour faire, la volonté de Dieu, à l’exemple de David, qui, dépouillé de ses ornements royaux, dansa de toutes ses forces devant l’arche d’alliance ; la seconde, c’est de chercher un simple délassement à l’esprit ».

Ainsi justifiait sa conduite ce grand serviteur de Saint Joseph, dont l’admirable. dévouement pour l'éducation de l’enfance arrachait des larmes d'émotion au grand et savant pontife Benoît XIV, qui le propose pour modèle à tous les ministres de l'Évangile. Il leur recommande qu’ils aient pour se stimuler dans le sublime apostolat de. l'instruction chrétienne, surtout des enfants à l’Église, l’exemple de Gerson, chancelier de l'Église et de la Faculté de Paris, qui fut, en son temps, une lumière de grand éclat, et dont la réputation n’était pas moindre que le mérite.

 Tout récemment le Cardinal Giraud, le proposait aussi comme l'un des plus grands catéchistes de l’Église catholique. « Ce chancelier de l'Université, dit cette Éminence, le docte et pieux Gerson, quittant les conseils des rois et les conseils de l’Église, pour se faire humble répétiteur de l’alphabet de la foi, et ne voulant d’autre couronne à son illustre vieillesse qu’une troupe de petits enfants réunis pour l’écouter, et pour apprendre de sa bouche ‘la crainte et la loi du Seigneur ». En effet, voulant pratiquer la sainte humilité qu’il recommande si fortement dans l’Imitation, à, un haut degré, il enseignait dans sa vieillesse, dit une tradition répétée par des milliers de plumes, avec beaucoup d’assiduité le catéchisme aux enfants de la ville de Lyon. A la fin de chaque leçon, il faisait réciter à ces petits innocents cette prière : « Mon Dieu, mon Créateur, faites miséricorde à votre pauvre serviteur Jean Gerson ! » Ces voix angéliques arrachaient des larmes des yeux de tous ceux qui les entendaient, et attiraient les miséricordes de Dieu sur ce vertueux et saint Serviteur de saint Joseph, et sur toute la cité Lyonnaise. Il mourut (agenouillé au pied de son crucifix), par un effet de l’amour divin, disent le Cardinal Bona et Saint François de Sales. Heureuse mort, conforme a celle de Marie et de Joseph qu’il avait si bien glorifiés ! La cité Lyonnaise hérita de la dévotion et de l‘amour de Gerson pour saint Joseph ; là plus que partout ailleurs le Saint Patriarche fut toujours fort honoré, et en retour y multiplia les prodiges de son Cœur compatissant, comme on peut s'en convaincre par la lecture du beau livre du père Paul de Barri sur saint Joseph.

 

Exemple

 

Un digne émule de Gerson, comme lui dévoré du zèle des âmes des petits enfants, Saint Jean-Baptiste De la Salle, fondateur des Frères des Écoles chrétiennes, qui rendent un service d’une portée infinie et l’Église et à la société, reprit et continua sur une plus vaste échelle l’œuvre du Saint Docteur Gerson, l'instruction et l’éducation chrétiennes de l'enfance. Rien ne saurait rendre la dévotion qu’il avait pour saint Joseph, le gardien de l‘enfance de Jésus... Il mit son Institut sous sa protection, dès le premier instant de sa fondation, il ne négligea aucun moyen pour l'honorer et le faire honorer par ses Disciples. Il leur ordonna de réciter chaque soir les litanies de ce grand Saint, d'observer religieusement sa fête, de recourir à sa bonté dans tous leurs besoins. Les Frères ont toujours rempli ce vœu de leur Saint Fondateur. On ne saurait exprimer avec quel soin ils inculquent à l'enfance une tendre vénération pour saint Joseph. Ajoutons que leurs communautés furent des premières à pratiquer régulièrement le Mois de Saint Joseph.


Invocation à Saint Joseph pour les enfants

 

Grand Saint Joseph rempli des grâces du bon Dieu, replete gratia, comme disait le Bienheureux Gerson, et orné des plus belles vertus comme d’autant de fleurs du paradis, on dit que vous aimez d'un amour de père tous les membres de la famille chrétienne, que tous ceux qui vous invoquent sont assurés d’avance d'être exaucés, et qu'il suffit de frapper à la porte de votre Cœur béni pour y être aussitôt introduit, consolé, enrichi de dons célestes. Cependant, il est une portion de cette famille chérie, qui paraît être plus intéressante à vos yeux, plus chère encore à votre Cœur et à qui vous ne savez rien, absolument rien refuser, ce sont les enfants. Quand donc, ô bienheureux Père de Jésus, les enfants viennent à vous et vous adressent une prière, exaucez-les prenez-les sous votre sauvegarde, afin que préservés des embûches du démon qui en veut à leur innocence, ils arrivent sous votre direction à Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

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03 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quatrième jour

Recours à Saint Joseph

 

J’ai montré ce que valait à nous le titre de Patron de l’Église donné à Saint Joseph, et comme nous avons en ce Saint un modèle accompli, un protecteur généreux. C'est là, n’en doutons pas, une grande gloire que le Christ réservait à son Père putatif en ces derniers temps. Après la glorification de Marie dans le plus beau, le plus grand, le plus cher de ses privilèges, son Immaculée conception, il convenait que Saint Joseph reçut l'apogée de sa glorification terrestre, en étant choisi et constitué par la sainte Église pour son Patron et Protecteur universel. Joseph est cet habile charpentier qui entretient l’Arche, dans les flancs de laquelle est le salut de tous; mais s’il prépare un abri tutélaire à l'humble. pénitence, ne doutons pas aussi qu’il n'apprête un cercueil pour les ennemis endurcis de Dieu et de son Église, qui, en ce moment de meurtre, de sang et de carnage, trament de noirs complots contre son Auguste chef,ou qui essaient de corrompre l’intégrité de la foi et la pureté de la morale de l’Évangile, en faisant donner à l’enfance une instruction et une éducation païennes ; en propageant divers éléments d’impiété, livres obscènes, feuilles anti-religieuses, bals et théâtres immoraux. Toutes ces choses appellent bien-haut la malédiction divine sur nos têtes, comme le déclare en plusieurs lieux de ses savants et onctueux écrits le saint Docteur Gerson. Et en ces jours de désolation, de douleurs et de deuil, nous n’éprouvons que trop bien comment le ciel sait se venger, ou plutôt, venger les droits de Dieu, méconnus, méprisés, foulés aux pieds par les enfants des hommes prévaricateurs.

Pour nous, Chrétiens, qui considérons Saint Joseph aussi bien que Marie très Sainte comme un trône de grâce et de miséricorde dont nous devons nous approcher avec confiance, ainsi que saint Paul le dit de Jésus-Christ ; pour nous qui envisageons saint Joseph aussi bien que Marie, son Épouse comme la Main de Dieu, au moyen de laquelle l’Éternel nous secourt, selon qu’il est dit dans un Psaume précédent : « Il étendra sa main en rétribuant » et ailleurs : « Vous me protégez de votre main ». Et encore : « Vous ouvrez votre main et tout animal est rempli de vos bienfaits » ; pour nous, dis-je, qui sommes persuadés du grand crédit de Saint Joseph dans le Ciel, recueillons avec respect, avec-amour, avec reconnaissance cette parole que nous adresse l’Église, que nous adresse Jésus-Christ lui-même : « Dans toutes vos nécessités, allez à Joseph » : « Ite ad Joseph ! »

« Ite ad Joseph ! » fut-il crié à l’antique Egypte, et les peuples entiers, avides des biens de la terre, affamés d’un pain matériel, accoururent à ce Joseph qui devint pour eux l’image brillante de la Providence. « Ite ad Joseph ! » répéterons-nous, nous-mêmes, et à nous et aux autres, au milieu d’un monde privé par sa propre faute des biens spirituels, c’est-à-dire de la vérité, de la Foi, de la grâce, et de la paix, de ces biens qu'il cherche vainement loin de Dieu. « Ite ad Joseph ! » Le Patriarche du Nouveau Testament ne fera pas moins que le premier. Docile aux impulsions de son Cœur si compatissant et à nos prières ardentes, il nous secourra, obtiendra des lumières au Souverain-Pontife et aux prélats qui gouvernent l’Église, tous les dons et les faveurs nécessaires aux divers membres de ce corps mystique du Christ, afin que chacun remplisse dignement la fin que l’Eternel lui a tracée dans sa vocation sur la terre.

Écoutons donc la voix de Jésus-Christ, la voix de Marie, la voix de l’Église et celle de tant de saints et de Docteurs qui crient : « Allez, allez à saint Joseph ! Adressez-vous à lui avec la plus entière confiance dans tous vos besoins temporels et éternels, sûrement sa protection ne vous fera jamais défaut, si vous savez vous la concilier ».

Je disais dans un ouvrage sur Saint Joseph, composé et imprimé il y a dix ans, qui compte plusieurs réimpressions : Elle est bien belle cette gracieuse image qui fait partie de la collection des Grandes images catholiques, où Marie, la divine Mère de Jésus, est représentée assise sur un trône ; les misérables de toute sorte, et qui est-ce qui ne l'est point ? lui présentent chacun leurs requêtes ; les uns lui demandent une guérison, d’autres le pain de chaque jour ; ceux-ci quelque chose de mieux, la santé de l’âme, la victoire sur les passions, la pureté ; et ceux-là l'amour de Dieu et la persévérance. Mais, cette bonne Vierge, leur montrant de la main Saint Joseph, les envoie tous à ce grand et puissant Avocat ; des anges présentent les suppliques au Saint qui les signe en vertu des pouvoirs que Jésus-Christ lui a accordés. Touchant tableau, m’écriai-je ? Ah ! si les hommes comprenaient, ou du moins voulaient comprendre cette voix assez forte qui crie à tous pour être entendue de tous : « Ite ad Joseph ! » « Allez à saint Joseph ! » Allez à lui dans toutes vos nécessités ; dans quelque position pénible que vous puissiez être, et quelque soit votre profession, vous trouverez en Joseph un excellent modèle à imiter, un puissant et fidèle protecteur à supplier, et le reste ».

Ce que je disais alors, je le répète avec bonheur aujourd’hui. J’ai tant d’obligations à Saint Joseph, comme aussi j'éprouve un si grand besoin de sa protection, que je veux m'unir à la piété de mes Lecteurs. Qu’ils ne dédaignent pas la lecture de ces quelques faibles pages composées en l’honneur de ce Bienheureux Saint, dans ces jours de pénible épreuve où la capitale est investie par le plus barbare des ennemis de la religion et de la paix, afin que ces bien-aimés Lecteurs remercient et prient Saint Joseph pour moi, qui n’ai eu en vue que de les édifier plutôt que de les instruire.

Nous tous donc, ménageons-nous la protection de Saint Joseph, comme nous y engage la Sainte Église, notre mère. Avec elle implorons sans cesse les prières de saint Joseph, et ne doutons point, comme le dit l’Abbé de Saci, que celui qui a porté durant sa vie la qualité de père de Jésus-Christ ne soit très-puissant auprès de lui après sa mort, pour attirer sur nous les grâces qui nous sont nécessaires, et que nous lui demanderons par l’intercession et par les mérites d'un si grand Saint ». Soyons bien persuadés que cette confiance honorera beaucoup Notre Seigneur et Marie, épouse de Saint Joseph, qui ne savent rien refuser de tout ce qu’on leur demande de juste, d'honnête, d’utile par l’intercession de Joseph, comme la séraphique sainte Thérèse l'affirme.

 

Exemple

 

Une dame veuve se trouvait dans une situation d'affaires bien pénible ; elle avait surtout à écrire une lettre très difficile et très délicate relativement à ces mêmes affaires. Dans son extrême embarras, elle place sur son bureau une petite statue de saint Joseph, et, s’adressant au saint protecteur de sa jeunesse qu’elle avait toujours vénéré et invoqué, elle lui demande avec simplicité de lui dicter cette lettre qu'elle ne sait seulement pas commencer ; rassurée par cette prière, elle prend la plume et écrit... La lettre terminée assez rapidement, elle la relit et s’aperçoit avec émotion que c’est absolument ce qu'il y avait de plus convenable à dire dans la circonstance actuelle. Elle remercie le bon saint Joseph avec effusion de cœur et reste convaincue que c’est bien lui qui lui est venu en aide, d’autant plus que depuis sa lettre expédiée, elle ne se ressouvient plus de ce qu’elle a écrit.

 

Prière du Bienheureux Jean Gerson à Saint Joseph, pour demander son secours

 

Illustre Patriarche, Saint Joseph, noble rejeton de David, ami particulier de la justice, l’égal des plus illustres Prophètes, resplendissant aussi de l’éclat de la virginité, le gardien de Marie, le témoin, le pourvoyeur et le fidèle ministre de Jésus-Christ, le confident du mystère qu’ont ignoré les siècles passés, vous qui avez porté dans vos mains le Verbe fait chair et avez commandé à Celui qui commande à l’univers, vous l’époux et le seigneur de la Mère du Seigneur des seigneurs ; vous qui avez accompli si excellemment votre pèlerinage de la terre et régnez maintenant dans la céleste patrie, exempt de toute crainte, de tout labeur, de toute angoisse, daignez, nous vous en supplions, abaisser sur nous des regards bienveillants et venir à notre secours dans les mille dangers que nous courons. Soyez des pauvres pèlerins que vous voyez à vos pieds le protecteur, le guide. la ressource ; soutenez-les dans leurs fatigues, ôtez les obstacles qui leur obstruent le chemin. Dirigez les aveugles, relevez, ceux qui tombent, et obtenez-nous à tous la grâce pour guide, l’espérance pour bâton, la paix dans la foi, les douceurs de l’oraison. Faites aussi, par votre protection, que nous surmontions les suggestions du démon, du monde et de la chair, et ne rejetez point des pécheurs à l'occasion desquels le Seigneur a tant fait pour vous et votre sainte Épouse, la divine Mère de Dieu. C’est par là que vous mettrez le comble aux obligations que nous vous avons et à la reconnaissance que nous vous devons. Ainsi soit-il.

SAN JOSE SAO JOSE ITAPIRANGA ST JOSEPH CHASTE HEART CORAZON

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02 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Troisième jour

Domaine de Saint Joseph

 

Des théologiens enseignent que, en un sens, Saint Joseph à la prééminence sur Jésus et sur Marie ; cette doctrine est soutenue par le docte Suarez, et elle n’a rien qui blesse la foi. Assurément c’est une chose merveilleuse entre toutes, comme l’observe le saint chancelier Gerson, que saint Joseph ait été, sur la terre, supérieur à un Dieu incarné et à la Mère de ce Dieu incarné; que celui-là a qui toutes les créatures obéissent; ait obéi à Joseph ; que celui-là de qui dépend la plénitude de tous les êtres, ait plié volontiers sous l’empire d’une créature mortelle. Que Marie, la Reine du Ciel et de la terre, la souveraine de l’univers, la Mère de Dieu, ait obéi à saint Joseph, c’est encore la une merveille moins grande sans doute que la première, mais pourtant qui surpasse nos conceptions. Cette prééminence de Saint Joseph sur Jésus et Marie reconnue, il n’est pas difficile d'admettre que ce grand Saint, ce saint unique et incomparable domine toutes les créatures, après la bienheureuse Vierge ; je, dis, après la bienheureuse Vierge, car il est de foi que Marie dans le ciel est la créature qui touche le plus près la divinité, que son crédit est supérieur à toute autre créature, à tel point que les saints Pères la nomment unanimement avec Saint Alphonse-Marie de Liguori, ce puissant écho de la Tradition, « une toute puissante suppliante », ajoutant que tout ce qu’elle veut, se fait à l'instant même. Elle domine sur tout ce qui n'est pas Dieu dans le ciel et sur la terre. Or tel est après celui de Marie le domaine universel de saint Joseph.

 Il a en une certaine manière une pleine et universelle autorité sur toute la Nature, puisque nous voyons que celui à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre passe sa vie dans une très parfaite dépendance et exécution de toutes ses volontés. Assurément le pouvoir qui lui a été donné par tout le royaume du Roi des rois, surpasse de beaucoup celui que l’ancien Joseph eut jadis sur l’Egypte, puisqu’en effet, le crédit de celui-ci ne 'se 'fit paraître que sur les vassaux de son prince, tandis que l’autorité de notre Saint s’étend jusque sur le Verbe incarné, et par une conséquence certaine sur toutes les créatures tant celles qui sont sur la terre, que celles qui sont dans le ciel, comme l'affirme Morales après les saints Docteurs. On regarde comme le plus grand miracle dans la Nature que le soleil ait obéi à la voix de Josué. Mais, dit Osorius, la merveille est infiniment plus admirable que Jésus, le Soleil de Justice, ait vécu soumis a saint Joseph. De la vient que notre Saint a été établi dominateur de toutes les créatures ; c’est encore le fruit de l’empire parfait qu’il eut toujours sur lui-même, car toutes les créatures se mettent volontiers au service de celui qui sert Dieu dans toute la générosité de son cœur, dit Saint François d'Assise.

 Un brave et sage capitaine, parlant de son cher fils Diophanes, disait ingénieusement : « Mon fils est tout puissant dans la Grèce, parce qu’il commande à sa mère, et sa mère à moi, et moi aux Athéniens, qui en sont absolument les maîtres ». Trouverez vous étrange, maintenant, que Saint Joseph exerce une certaine omnipotence sur toutes les créatures, puisqu'il commande durant sa vie non-seulement à Marie qui elle-même commande à Jésus, mais aussi à Jésus, Fils de Dieu, à Jésus, auquel le Père éternel a donné pour héritage toutes les nations, et pour possession tons les éléments dont se compose l’univers. Que celui qui voudrait contester cette vérité le fasse. Pour les fidèles éclairés surnaturellement, ils croiront volontiers avec un excellent théologien, que Saint Joseph méritait de gouverner le monde, ayant été le gouverneur de celui-là même qui l’avait crée. On retrouve la même doctrine dans un sermon du pieux Bernardin de Buste, homme si dévoué à la sainte Famille : « Celui, dit-il, qui fut choisi par Dieu, pour diriger son Fils qui est infiniment plus excellent et plus grand que ce monde, qui a gouverné la Vierge son épouse, qui elle aussi, est plus digne que tout l’univers, méritait de gouverner tout le monde ».

 Pour moi, il me semble entendre Notre-Seigneur dire à notre bienheureux Joseph ce que dit autrefois Pharaon au fils de Jacob : « Comme il n’y a personne (excepté Marie, votre épouse, et ma mère) qui vous égale en intelligence et en prudence,ce sera vous qui aurez l’autorité sur ma maison, (ce grand univers), tout mon peuple recevra avec respect les ordres émanés de votre bouche, et je n’aurai au-dessus de vous que le trône et la royauté. Je vous établis sur toute l'Egypte, c’est-a-dire sur tout le monde. Ainsi Jésus-Christ à remis entre les mains de saint Joseph une partie de son pouvoir universel sur tout ce qui existe ; de manière que toutes les créatures sont àu service de Saint Joseph, que son crédit est tel qu'il peut à son gré obtenir du Dieu tout-puissant, toutes sortes de miracles dans l’ordre temporel et spirituel. Et il faut bien qu’il en soit ainsi, pour qu'il puisse être vraiment le Prince et le Protecteur de ses frères le Sauveur du pays et le solide appui du peuple de Dieu.

 

Exemple

 

« Dans la province de la Nouvelle Espagne, après Mexico, la Puebla est la ville principale. Il y a plusieurs montagnes aux environs qui contiennent des matières sulfuriques et minérales. Parmi ces montagnes, on eu distingue une d’une élévation extraordinaire. Elle est habituellement environnée de nuages à mi-hauteur, et sa cime est si élevée qu'elle se perd dans les cieux. Je ne crois pas avoir jamais vu de montagne si haute. Du milieu au sommet, elle est toujours couverte de neige ; cependant elle brûle constamment dans ses flancs sans se consumer, et elle envoie au dehors une nuée de vapeur que l’on voit clairement même pendant le jour. Les habitants nomment ce mont le Vulcain. Il lance des traits continuels qui tombent presque chaque jour dans la Puebla. Notre ville a cela de particulier, c’est que pendant environ six mois de l’année, de mai à la fin d'octobre, on souffre à peu près tous les jours un orage subit et violent de quelques heures. Durant les autres mois, le ciel paraît de bronze. Mais en outre dans la Puebla il tombe jusqu’à douze de ces traits volcaniques en un jour, et néanmoins ils ne causent jamais de mal à personne. On doit attribuer ce prodige, me dirent les Pères du collège, à la grande dévotion des habitants au glorieux Saint Joseph. Le peuple l'a pris pour son protecteur contre l'intempérie des saisons, et, fidèle à l’invoquer dans le danger, il éprouve les bienfaits de sa protection ». (Lettre du R. P., Goretti de la Compagnie de Jésus).

 

Supplication au Cœur de saint Joseph

 

Cœur très saint, très riche, très noble, très puissant, très fidèle et très compatissant, qui avez à votre disposition toutes les grâces de Notre Seigneur pour sanctifier notre âme et l’usage de tous les éléments qui composent l'univers, pour nous aider dans tous nos besoins de cette vie, ah ! Étendez votre miséricorde sur nous, procurez-nous d’abord un cœur semblable au vôtre par les vertus d’humilité, de douceur, de patience et de bonté, et par surcroît les secours temporels nécessaires à notre avancement spirituel dans la perfection. Ainsi soit-il.

 

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01 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Deuxième jour

Grande confiance en Saint Joseph

 

Je réduis les motifs de cette confiance à trois principaux, et d’abord à son crédit pour nous auprès du Christ. Sur la terre son pouvoir s'est étendu sur Jésus-Christ ; il a rendu des services réels à ce divin Enfant ; il l’a sauvé. en Egypte ; il l’a ramené dans ce pays ; il l’a conduit au temple et ramené à la maison ; il l’a vêtu, logé, nourri du travail de ses mains et de la sueur de son visage ; en sa qualité de père adoptif, de père légal, de père nourricier et protecteur, il a fait pour Jésus ce qu’un père fait pour son fils. Rappelez-vous ici quel fut autrefois le pouvoir étonnant de Moïse, plus grand encore a été celui de saint Joseph. Moïse n’avait que la conduite du peuple de Dieu, et Joseph a eu la conduite du Fils de Dieu même : Moïse n’a été que simple serviteur de la maison de Dieu, Joseph a été établi comme Maître de tout ; Moïse eut un successeur à qui le soleil obéit une fois, et Joseph a vu le Créateur du soleil lui obéir pendant plusieurs années ; si ce saint homme a été si puissant sur la terre, combien ne l’est-il pas-davantage dans les cieux ?

Ce qui augmentera sûrement notre confiance en saint Joseph, c’est que tout puissant près de Dieu, il est tout charité pour nous. Comme Père de Jésus et comme Epoux de Marie, il nous regarde tous comme ses enfants. Quel vif intérêt ne prend-il donc pas à notre salut? Jusqu’où ne le désire-t-il pas ? Avec quelle ardeur ne sollicite-t-il pas les secours qui nous sont nécessaires pour l’opérer ? Plaçons ici les figures à côté de la réalité ; consultons les types pour connaître la vérité, rappelons-nous l’histoire d’un Joseph, fils d’un premier Jacob, et comparons-là avec celle de notre Joseph, fils d'un second Jacob, quelle admirable conformité entre la vie de ces deux saints ! Quelle admirable conformité surtout pour le soin à soulager la misère des malheureux ! Le premier garda des froments pour tout le peuple ; le second eut le pain vivant en sa garde, tant pour lui que pour le monde entier ; le premier fut établi intendant général sur l'Egypte,... le second a été établi comme un économe fidèle et prudent sur toute la famille de Jésus-Christ. Lorsque l’Egyptien pressé par la faim allait demander des aliments à son roi, celui-ci le renvoyait à Joseph qui lui en donnait autant qu’il lui en fallait ; et lorsque nous avons besoin de grâces ou même de biens temporels dans l’ordre du salut, le Christ, notre Dieu, nous dit de nous adresser à saint Joseph, et qu’il,nous exaucera par lui. Qui dira avec quelle sollicitude, avec quel amour saint Joseph s’intéresse à nous ! Ne sait-il pas que nous sommes ses frères, et même ses enfants spirituels, étant par la grâce les frères de Jésus, son Fils bien-aimé ? Certes, ce motif me dispense bien d'en alléguer d’autres, telles que la volonté de Dieu, son honneur et la gloire de Jésus.

Saint Joseph n’est pas seulement très-puissant et très-bon pour nous secourir, il est encore très fidèle lorsque nous le prions. Ce que l’Apôtre écrit de Moïse, qu’il a été fidèle dans toute la maison de Dieu peut se dire de notre Saint. Il n’en est pas de lui comme des hommes dont le caractère est léger, inconstant, trompeur comme le déclare l'Esprit-Saint ; c’est un Ami, un Protecteur dévoué, un Père dont l’amour pour ses enfants est inaltérable. Il ne repousse personne, si grand pécheur que l’on puisse être, pourvu qu’on ait un sincère désir de se corriger et de se donner à Dieu. Ceux qui souffrent le plus, qui sont le plus méprisés et rebutés des hommes sont les mieux accueillis et les plus protégés par lui dont la vie a été si remplie de peines de tout genre. Et pour appliquer à saint Joseph, ce que l'Apôtre dit du Christ : « C’est par ce qu’il a souffert lui-même et qu’il a été éprouvé, qu’il est puissant et fidèle pour secourir ceux qui sont mis à l’épreuve ».

Ces trois qualités de puissant, bon et fidèle protecteur se trouvent réunies en saint Joseph au degré le plus absolu qui fut jamais accordé à aucun homme. Notre confiance doit donc être solide, entière et persévérante lorsque nous le supplions. Toutefois je suis bien aise de la consolider encore plus en ajoutant que notre Saint est un Protecteur généreux et éclairé. Non ! saint Joseph ne ressemble pas aux grands de la terre, qui souvent parce qu’ils sont élevés au-dessus de leurs frères dont ils ne sentent plus les revers de l’infortune, refusent avec arrogance ce qu'on sollicite, ou n’en accordent comme à regret qu’une partie. Il n’oublie pas que si l’Eternel l’a enrichi de toutes manières, c'est afin qu’il fasse refluer sur nous ses richesses abondantes avec une grande libéralité, qui nous engage à rendre à Dieu des actions de grâces pour les singuliers privilèges dont il l'a orné, le pouvoir immense dont il l’a investi. Généreux et d’une admirable magnificence, jamais il ne rejette une prière, et toujours il accorde plus qu'on ne lui demande. Comme Dieu, et par les trésors infinis que Dieu a mis à sa disposition, il nous fournit abondamment toutes les choses dont nous avons besoin. Observez bien ces derniers mots : « Les choses dont nous avons besoin ». Car, comme il connaît mieux nos vrais intérêts que nous ne les connaissons nous-mêmes, si ce que nous désirons obtenir par son entremise doit nous détourner de la voie du salut, il a trop de sagesse et nous aime avec une tendresse trop éclairée pour se rendre à nos vœux téméraires. Alors il agit à notre égard, comme le ferait un riche vertueux à l’égard d’un pauvre qui, mourant de faim et presque nu, demande des objets de luxe et de pure fantaisie, au lieu de ces choses qui ne le garantiraient pas de la misère, le riche lui donne du pain et des vêtements. Lors donc qu’il nous semblera que saint Joseph ne nous exauce pas au gré de nos désirs, appelons la foi à notre aide et persuadons-nous bien qu’il nous exauce de la manière la plus utile à nos intérêts éternels surtout, qui sont les seuls vrais, puisque en qualité de disciple du Christ, « nous ne considérons pas les choses visibles, mais les invisibles, dit l’Apôtre, parce que les choses visibles sont temporelles et que les invisibles sont éternelles ». Que d’ailleurs les courts instants de cette vie ne nous sont donnés, qu'afin que nous opérions notre salut avec crainte, c’est-à-dire en y rapportant tout le reste comme à l'affaire unique, personnelle et essentielle.

Le Bienheureux Jean Gerson a dit une parole qui semble hardie, qui réduite même à sa plus faible expression, ne laisse pas que de nous encourager beaucoup à recourir avec une pleine confiance à saint Joseph : « Non impetrat sed imperat », dit ce dévot chancelier, avec cette concision qui domine dans l’Imitation, c’est-à-dire saint Joseph, quand il prie Notre-Seigneur pour nous, commande plutôt qu’il ne supplie, ce que ce saint Père explique : « Quand, dit-il, un époux, quand un père prie son épouse ou son fils, c’est une sorte de commandement qu’il leur adresse ». D’ailleurs cet adage a été par les Pères et les Docteurs de tous les âges appliqué à Marie très sainte, pourquoi ne pourrait-on l’appliquer aussi à saint Joseph ? puisque nous ne lui donnons, qu’on l'entende bien, qu’une autorité de suppliant, mais dont les prières sont si efficaces, si puissantes, si bien accueillies qu'elles valent des ordres. Telle au fond est la pensée du Docteur très chrétien. C'est un doux empire que lui a cédé sur son Cœur le Verbe fait chair, qui seul, avec les deux autres personnes de la très adorable Trinité, a par sa nature divine la souveraine puissance.

 

Exemple

 

On écrit au Révérend Père Huguet : « Notre communauté, vouée à l’enseignement des jeunes demoiselles, se trouvait dans le besoin ; une somme assez considérable nous était nécessaire ; pour l’obtenir, nous avons eu l’heureuse pensée de nous adresser au père adoptif du Sauveur : une neuvaine a été commencée a cet effet le 5 de mars ; les élèves se sont jointes à la Communauté avec une ferveur édifiante, quoiqu’elles ne connussent pas le motif de nos prières. Elles se sont avisées de plus d'offrir tous les jours une petite mortification que chacune allait déposer aux pieds du bon Patriarche, écrite sur un petit papier. Notre saint protecteur n’a pas été insensible aux sacrifices de ces cœurs innocents : samedi dernier, une personne qui n’avait aucune connaissance de notre position nous a porté justement la somme que nous demandions. La communauté a été rendre immédiatement ses actions de grâces a celui qui venait de nous donner une preuve si touchante de sa puissance et de sa bonté en permettant de ne rien négliger pour lui en témoigner notre reconnaissance ». M. P. Religieuse du Saint Nom de Jésus.

 

Acte d’espérance en saint Joseph

 

Saint Joseph, notre grand et très fidèle Protecteur, nous espérons avec une ferme confiance, que votre Cœur très doux nous obtiendra par les mérites de Jésus-Christ toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous sanctifier en ce monde et pour arriver au bonheur éternel. Ainsi soit-il.

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28 février 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

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Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

 

« Prenez donc Saint Joseph pour le premier de vos patrons, pour le plus intime de vos amis, pour le plus puissant de vos protecteurs » (Jean Gerson)

 

Déclaration de l'auteur

 

En vertu d’un décret du pape Urbain VIII, l'auteur déclare qu'en qualifiant de Bienheureux et même de Saint des personnages non encore reconnus pour tels par le Saint Siège, il ne le fait que pour se conformer à l’usage reçu parmi les fidèles, qui donnent ces titres aux personnes recommandables par leur vertu, et qui après leur mort, ont laissé au monde une grande réputation de sainteté. Ainsi donc, il ne prétend déroger en rien au respect et à la vénération dus aux Souverains Pontifes.

 

Introduction

 

Culte et fête de Saint Joseph

 

La dévotion à Saint Joseph, l'auguste Epoux de la Mère de Dieu, fait tous les jours de nouveaux progrès dans l’Église, comme pour vérifier la prophétie que le patriarche Jacob adressa, sur son lit de mort, au premier Joseph qui était la figure de notre aimable Saint : « Mon fils Joseph croît sans cesse, disait-il; sa gloire et sa puissance vont toujours augmentant ». Les écrivains Joséphistes ont donné divers motifs du silence presque absolu de l’Église sur ce grand Patriarche durant les quatre premiers siècles de l'ère chrétienne. Le vénérable Henri-Marie Boudon, si éclairé des lumières divines, qu’on ose dire qu’elles égalaient celles des Anges, l'attribue à l'amour que saint Joseph eut toujours, quand il vivait en ce monde, pour la vie intérieure et cachée. Il sera tellement caché, dit ce docteur, que, quinze cents ans se passeront, et les hommes penseront à peine à lui. Et pourtant ce Patriarche est le plus grand de tous les Saints, après Marie sa sainte et chère Épouse, et le plus grand ami de Dieu qui fut jamais. D'autres écrivains de grande autorité, veulent que la cause en fût dans la crainte qu’aurait eue l’Eglise en célébrant Saint Joseph, de fournir involontairement aux hérétiques un sujet de calomnies et d’attaques. Ou ce serait parce qu’on le comptait encore parmi les justes de l'ancien Testament, morts avant la promulgation de la nouvelle Loi ; ou que l'on eût appréhendé que sa commémoration trop fréquente, ne donnât aux personnes simples et peu intelligentes des pensées trop humaines de l’enfantement d’une Vierge, de la naissance d'un Dieu incarné et soumis à un homme comme à son père. J’accepte toutes ces opinions, mais j'incline plus volontiers pour celle du vénérable Marie Boudon. C’est pourquoi on peut croire pieusement que la sainte Église par Son long silence sur le Saint Patriarche, a voulu principalement prouver son grand amour de la vie cachée, qui est bien le trait caractéristique des plus grands Saints ; même de ceux non encore canonisés. En ce qui regarde cette sorte d’oubli de Saint Joseph et de sort culte dans l’Église latine durant tant de siècles, la foi n'y était nullement intéressée, et, quand au motif de cet oubli, chacun peut en penser ce qu’il voudra. Proportion gardée, le culte de la très sainte Vierge Marie était bien moins vivant, bien moins universel à l’origine du christianisme. Durant les premiers siècles de l’Eglise, il était à peine cultivé sous une forme réglée. Un grand nombrè de fêtes que l'Eglise célèbre aujourd’hui, avec tant de solennité, pour honorer cette Vierge Immaculée. n’étaient pas encore établies. C'est que tout d’abord il fallait que les Saints Apôtres et leurs successeurs fissent connaître, aimer et adorer partout le Christ-Jésus, et arborer par les peuples divers l’auguste étendard de sa Croix.

On demande, dit l'Isolmo, pourquoi les anciens n’ont pas célébré la fête du Divin Joseph ? On répond que les fondateurs de notre sainte Église se sont dévoués de toute leur âme à faire connaître au peuple la nature du Seigneur Jésus, en brisant contre la pierre de la foi les innombrables hérésies qui s'élevaient de divers côtés contre sa divinité... Le même auteur fournit un autre motif. On pensait aussi que les fêtes de la Nativité du Sauveur, de la Circoncision, de l’Adoration des mages, de la Présentation au Temple et du Retour de l'Egypte étaient des fêtes consacrées à Jésus-Christ et à saint Joseph. Ces fêtes suffisaient à ceux qui vénéraient Joseph, le saint du Seigneur. Cette raison est excellente. En effet, il est impossible implicitement parlant, de célébrer l’une de ces fêtes de Notre Seigneur, sans que la pensée chrétienne ne se reporte en même temps vers saint Joseph qui a eu une si large part à l'accomplissement des mystères qui sont honorés. La Providence divine qui, par une sagesse admirable, dispose de toutes choses avec nombre, poids et mesure, avait ses vues particulières qui tendaient à procurer enfin à saint Joseph une gloire d'autant plus universelle et plus éclatante, qu’elle avait été jusque la plus cachée aux mortels. Suivons rapidement le fil du culte de notre Saint bien aimé. On a essayé vainement de prouver que le culte de Saint Joseph aurait été très-répandu dans l’Occident et surtout.en France avant le quinzième siècle, les faits, ou plutôt le silence de la tradition prouverait le contraire ; de sorte que l'assertion du très saint Archidiacre d'Evreux, Boudon, « que durant quinze siècles saint Joseph a été très peu connu et honoré », est l’expression de la plus exacte vérité. Sans doute les Pères et les commentateurs des Livres Saints, ont parlé et écrit de Saint Joseph, mais comme en passant et en traitant des questions relatives à Jésus-Christ et à Marie. Le Bienheureux Albert le Grand donna un sermon sur saint Joseph ; des communautés, et des particuliers, quelques Eglises mêmes honoraient le Saint. Mais son culte et sa dévotion étaient loin d’être répandus. Les nombreux auteurs modernes que j’ai lus à ce sujet sont loin d’ailleurs de s’accorder. C’est pourquoi je vais suivre un instant celui de tous qui paraît le plus complet, le mieux renseigné, le plus célèbre depuis le père de Barry, depuis l’Isolano, je veux dire le Père Patrignani, italien, et de la compagnie de Jésus, dans son beau livre la Dévotion à Saint Joseph ; je parle des éditions authentiques très nombreuses, et non de quelques récentes édition tronquées, où l’auteur est défiguré d’un bout à l’autre, pourquoi, pour un motif vraiment ridicule. « Si nous en croyons Gerson, dit le très savant Patrignani, la dévotion à Saint Joseph naquit à l’occasion de l'extrême nécessité où se trouva l’Eglise, lorsqu’elle vit s’élever dans l’Occident cet horrible schisme qui, semblable à un vent furieux, l’ébranlait et la déchirait de toutes parts. On tint un Concile à Constance pour essayer demeure fin au schisme. Alors Gerson, dans un discours qu’il prononça devant cette auguste Assemblée, parmi d’autre moyens propres à calmer la tempête et à opérer la réforme des mœurs, proposa d’invoquer spécialement saint Joseph et de propager son culte, dans l’espérance que cette nouvelle dévotion (notez bien toutes les expressions), serait comme un astre avant-coureur de paix et de sainteté. Il ajouta : « Que ce grand Saint ayant été le gardien et comme le tuteur de Jésus-Christ, il le serait sans doute aussi du Christianisme. Il s'étendit ensuite avec beaucoup de zèle sur les glorieuses prérogatives de saint Joseph. Son discours fut écouté avec plaisir et hautement approuvé par le Concile entier ; Mais le Saint-Esprit ne l'approuva-t-il pas lui-même, en inspirant aux peuples de l’Occident la pensée d’honorer Saint Joseph d'un culte particulier, dans la persuasion que ses prières et ses mérites éloigneraient les maux qui menuçaient la foi catholique et attireraient une multitude de grâces et de faveurs sur les fidèles ? Ainsi. conclut le Saint Jésuite, s’exprime Isidore de l'lsle, pieux et savant dominicain.

Tous les écrivains qui parlent de Gerson à cette occasion, s’accordent tous à dire avec M. Le Chanoine Bourassé, a qu’on doit le compter parmi les écrivains les plus dévots à saint Joseph, et un de ceux qui contribuèrent le plus fortement à l'extension de son culte dans l’Église... Et encore qu’aucun autre n'est plus connu que.le Chancelier Gerson pour son zèle à propager le culte de saint Joseph. Ce grand écrivain si solide dans ses expressions, ne sera pas, je pense, taxé par certains intolérants, d’exagération. Des milliers d’autres disent comme lui et conviennent qu’aucun n'a surpassé Gerson dans la dévotion à saint Joseph, et n’a dit des choses plus belles et plus exactes à la gloire du Père nourricier de Jésus. Ces citations ont ici leur importance. Le pieux Patrignani compare les onze principaux écrivains les plus signalés par leurs vertus aux onze étoiles qui adorèrent l'ancien Joseph. « Ces onze étoiles, dit-il, se réunissent autour de notre Saint, non pour l’éclipser, mais bien plutôt pour augmenter son éclat et la ceinture d'une auréole de gloire. La première de ces étoiles qui parut sur l’horizon fut (c’est toujours l’éminent Patrignani qui parle), comme nous l’avons dit ailleurs, l’illustre Chancelier Gerson. Aussitôt qu’il fut en état de parler et d’écrire, il consacra à la gloire de saint Joseph sa plume et sa voix, son zèle et sa science, qui déjà le plaçait au-dessus de tous les docteurs de son siècle.le ouvrit ainsi la carrière à ceux qui devaient venir après lui, et fit connaître au monde une mine riche d’autant de perles précieuses qu’il signala de célestes prérogatives dans la personne de Joseph. Ce fut encore lui qui, le premier, exhorta de tout son pouvoir les ecclésiastiques à en célébrer solennellement la fête, à en réciter l’office, et qui, dans cette vue composa lui-même une Messe, des hymnes et des panégyriques du Saint. Son zèle ne se borna point à ces efforts: non content d’avoir essayé de faire passer sa dévotion chérie dans le, cœur des princes, des prélats et des docteurs, par des lettres aussi solides que ferventes, chargé de prêcher devant le Concile de Constance, le jour de la Nativité de la Sainte Vierge, il consacra une bonne partie de son discours aux louanges de son Auguste Epoux, et il en parla avec tant d’énergie qu’il laissa cette grande assemblée pénétrée d’admiration pour l’Orateur et de dévotion pour le Saint. En un mot, Gerson ne cessa durant toute sa vie, qui fut longue, de travailler à la gloire de son héros. A la vérité, les peines qu'il prit à ce sujet ne donnèrent pas de sitôt les fruits qu’il avait droit de s’en promettre, puisque ce ne fut qu’environ cent ans après que la dévotion à Saint Joseph commença à se propager. Mais ce délai ne lui ôtera pas, aux yeux des Anges et des hommes, le mérite d'avoir découvert la source si longtemps cachée de ce fleuve de grâces, qui aujourd’hui inonde et fertilise le champ de l’Eglise Catholique. Je n’invente pas, je cite à dessein un des plus grands organes de l’illustre Compagnie de Jésus, qui écrivait ces choses en Italie même, au cœur de l'Eglise Catholique.

Le célèbre et illustre chancelier de l’église de Paris fut décoré, soixante-seize ans après sa mort, des titres de bienheureux et de saint, par l'Archevêque métropolitain de la province de Lyon et les évêques ses suffragants, qui alors pouvaient encore décerner ces honneurs à ce serviteur de Dieu, sauf à les faire sanctionner par le Souverain Pontife. Le premier promoteur du culte de Saint Joseph eut jadis un autel, qui fut détruit par les Calvinistes, et un culte privé à Lyon même, dans l’Église Saint Paul, où reposaient ses restes, que Dieu a glorifiés en trois diverses fois par des miracles signalés et constatés. Or, ce Jean Gerson que la postérité a qualifié de Docteur très-chrétien, pour avoir si bien défendu les vérités évangéliques ; de Docteur de la consolation pour avoir composé le livre de l’Imitation ; de Docteur incomparable, comme l’appelle Mgr Guillon « honorait donc d'une dévotion toute particulière Saint Joseph », comme s’exprime l’un des plus grands Pontifes, Benoît XIV. Or, il semble que ce bienheureux Docteur, dans lequel la Science et la vertu ont brillé d’un si vif éclat, a été très particulièrement suscité par la divine Providence pour donner le premier grand mouvement à l’établissement de la dévotion du Culte et de la fête de saint Joseph en Occident, et principalement en France, où, selon l’expression du père Patrignani, il « y répandit les premiers germes de la dévotion à Saint Joseph, à une époque où partout ailleurs son nom était depuis des siècles peu connu, et pour ainsi dire oublié ». Et si cette première semence ne germa pas sur-le-champ, c’est qu’il lui arriva ce qu’on voit arriver au froment qui, pendant la saison des frimas, reste enseveli sous la terre, mais qui. au retour du printemps, croît avec vigueur et pousse un grand nombre de rejetons.

 J’ai dit que Gerson avait donné le premier grand mouvement à la dévotion, au culte et à l’établissement de la fête de Saint Joseph, car un siècle après Gerson, vint Isidore de l'Isle, Saint Bernardin, Saint Pierre d’Alcantara et Surtout sainte Thérèse,qui propagea rapidement le culte de Saint Joseph dans tout l’ordre du Carmel et même dans l’Église. Ecoutons l’un des plus puissants oracles du monde Catholique. « Parmi les écrivains, dit Benoît XIV, qui ont le plus contribué à étendre le culte de saint Joseph, nous nous garderons bien d'omettre les deux qui ont été suivis par tous les autres, Jean Gerson, chancelier de Paris, et lsidore lsolano, théologien de l’ordre des Prêcheurs ». A Gerson donc la palme ; il est des Pères et des Docteurs de l'Église le premier qui ait écrit ex professo sur la vie et les grandeurs de saint Joseph. En outre, des fragments cités précédemment où respirent la tendre piété et la plus vive onction dont, au rapport du bienheureux Alexis de Salo, il était une admirable source, il nous a laissé un délicieux poème latin, intitulé Josephina, divisé en douze livres, et qui renferme deux mille neuf cents trente-six vers. Le chanoine Bourassé le considère comme le principal monument de sa piété... aussi remarquable par le fond que par la forme, et dont les historiens de notre Saint Patriarche, dit-il, s’accordent à faire le plus grand éloge. L’éminent écrivain ne juge cet ouvrage qu’en connaisseur, puisqu'il en traduit au même lieu plusieurs vers avec une grâce charmante, et que Mgr Guérin a reproduit dans les Petits Bollandistes, au 19 mars. De plus, Gerson nous a encore laissé quatre-vingt-douze considérations sur le saint Epoux de Marie, en vieux français sans doute, mais qui, par le fait, a un intérêt aussi grand pour les bibliologistes par la naïveté du style, la fraîcheur des images et les expressions d'une langue encore informe, et qui veut se dégager des langes de l’enfance, que pour les âmes chrétiennes sincèrement affectionnées à saint Joseph sur lequel le saint Chancelier, « type de douceur et perle de bonté de son siècle », révèle tant de belles choses ! On a aussi de Gerson des sermons sur Saint Joseph, des lettres qu’il écrivit à des prélats et à des princes, relatives à l’établissement de la fête du glorieux Epoux de la Vierge Immaculée, et bien d’autres écrits sur le Saint qui, sans doute, ont été perdus, comme le donnerait à entendre le frère même de Gerson, prieur des Célestins de Lyon, car il a composé un très-grand nombre d’ouvrages sur l’Ecriture sainte, la Théologie morale, dogmatique et mystique, dont il nous reste à peine trois cents.

Donc, pour rappeler les faits et serrer les preuves à l’appui, seize ans avant le Concile de Constance, ce dévot Gerson, ce Gerson tant admiré de notre grand Bossuet, si souvent cité en chaire par l’éloquent Jésuite Bourdaloue, s’était déjà fait l’avocat, pour ainsi dire, de saint Joseph avec lequel, dit un grand écrivain, M. Charles Barthélemy, il devait avoir plus d’un point de ressemblance par son humilité, son exil, et sa vie cachée. Le 13 août 1400, il écrivait à toutes les églises, surtout à celles dédiées en l’honneur de la très sainte et glorieuse Marie, toujours Vierge. (La Mère de Dieu ne compte pas un serviteur plus fidèle ni plus dévoué que le saint Chancelier de Paris. « Le plus indigne des Zélateurs de Marie, je voudrais qu’un jour spécial fut consacré en l’honneur de cette Vierge et du pieux Joseph son époux témoin et gardien de sa pureté immaculée,... et le reste que l’on peut lire au tome IV de ses œuvres in folio. Les motifs qu’il allègue pour l’établissement surtout d’une fête universelle en l‘honneur de saint Joseph, lui inspirèrent de louer hautement ce Saint Patron, et lui firent composer avec les propres paroles des Saintes Ecritures un Office de Saint Joseph, avec les trois leçons des matines, en outre des proses de sa main, et qui nous ont été conservées, comme le démontre au long Benoît XIV qui affirme « qu'il composa lui-même cet Office ». Voici à quelle occasion, comme nous l'assure le même Souverain Pontife. « Un certain chanoine de Chartres, dit-il, mort dans le quinzième siècle, marqua dans son testament qu’il voulait que le chapitre fit solennelle mémoire de saint Joseph au jour anniversaire de son décès, parce qu'il avait connaissance que l'honneur rendu à saint Joseph contribuait au culte rendu à Marie. Jean Gerson, Docteur et chancelier de Paris, connu par sa dévotion particulière envers saint Joseph, proposa d’accomplir le sainte vierge avec saint Joseph. En même temps, il en composa l’Office. A la page 742, du tome IV des Œuvres de Gerson, sur la foi de deux manuscrits, dit encore le grand Pontife, nous lisons que le légat du Pape ordonna la célébration de cet Office. Certainement, l'Eglise de Chartres ou la contrée qui était soumise à cette légation dut obéir à cet ordre ? Plus tard les souverains Pontifes étendirent cette fête aux Frères Mineurs, ensuite à toutes les Eglises des États ecclésiastiques, et enfin à l’Église universelle. Cette fête se célèbre le 23e jour de janvier.

Ce que voulait le saint Chancelier, c'était que saint Joseph fut honoré d’un culte public et solennel, et que sa fête eut lieu universellement dans l‘Église. C’est sur quoi il insista avec force en s’adressant au duc de Berri, un des oncles du roi Charles Vl, en l'exhortant a demander et obtenir qu’on solennisât la fête de 1'Epoux de Marie. Mais c’est surtout en 1416, en présence des Pères du concile général de Constance, le jour de la fête de la Nativité de la très sainte Vierge, que le très pieux Gerson, que le Cardinal Zarabella, italien, qui siégeait à côté du Pape, appela devant l’auguste assemblée le plus excellent Docteur de l'Église, prononça un beau sermon où il établit victorieusement les raisons pour lesquelles saint Joseph doit être honoré d’un culte public et solennel, car dit-il : « Louer Joseph, c‘est louer Marie ». Dans le même Concile, il soutint que saint Joseph fut sanctifié dans le sein de sa mère ayant été purifié du péché originel par le baptême de feu. Après le dévot Jean Gerson, l’Isolano et aussi saint Bernardin de Sienne, s’inspirant de son zèle, contribuèrent à la diffusion rapide du culte de saint Joseph ; le premier composa un magnifique ouvrage intitulé « Somme de saint Joseph », qu’il dédia au Pape Adrien VI ; le second nous laissa des sermons pleins de force et d’éloquence souvent cités. Mais à cette époque de foi, nul, après le Docteur très-Chrétien, n'égalât Sainte Thérèse pour sa dévotion envers saint Joseph, et son zèle à avancer sa gloire. Elle contribua beaucoup à faire que la fête proprement dite de Saint Joseph, célébrée en divers lieux de la chrétienté, devint générale. « L'expérience que j’avais des grâces que Dieu accorde par l’intercession de ce grand Saint, dit-elle, me faisait souhaiter de pouvoir persuader à tout le monde d’avoir une grande dévotion pour lui, et je n’ai connu personne qui en ait eu une véritable et la lui ait témoignée par ses actions, qui ne se soit avancé dans la vertu... Je ne me souviens point de lui avoir, depuis quelques années, rien demandé au jour de sa fête que je n’aie obtenu... » La séraphique Sainte fut merveilleusement secondée par son Saint Directeur, le très dévôt Pierre d'Alcantara, et elle fit fleurir la dévotion à saint Joseph, dans tout l’ordre du Carmel de la bienheureuse Vierge, sur lequel saint Joseph a toujours depuis répandu les effusions miraculeuses de son très saint Cœur.

Quant aux fêtes de saint Joseph, écoutons un instant le chanoine Bourassé : Jean Gerson et Pierre Dailly, (le cardinal Pierre Dailly, natif de Compiègne), prononcèrent sur le même sujet (saint Joseph) des discours qui eurent un retentissement considérable, exercèrent une grande influence. Sixte IV, qui avait embrassé la règle des Cordeliers, Pape de 1471 à 1484, institua ou renouvela dans le bréviaire la fête de saint Joseph... Pie V, en refermant le bréviaire romain après le Concile de Trente, régla que l'office de saint Joseph (pour la fête du 19 mars) serait celle des Confesseurs non Pontifes.... En 1621, Grégoire XV rendit cette fête de précepte ; en 1642, Urbain VIII renouvela cette obligation ; mais cette loi n’a jamais été en vigueur en France. Il a été parlé précédemment de la fête des Fiançailles de saint Joseph avec Marie. Mais il est une autre fête de saint Joseph bien chère à tous les vrais chrétiens, fête qui est la plus vive expression des miséricordes et des faveurs de son béni Cœur sur nous, c’est celle appelée du « Patronage de saint Joseph ».

Depuis le saint dominicain lsidore de l’Isle, qui, le premier, qualifia saint Joseph de Patron de l’Église militante, un grand nombre de savantes plumes, la plupart de la Compagnie de Jésus, si illustre à tous égards, se mirent au service de saint Joseph. Le Père de Barry si plein de l‘esprit de Dieu, si dévot à Marie et à saint Joseph ; les Pères Binet, Suarez, le bienheureux Pierre Canisius, et à une époque plus rapprochée, le docte et pieux Patrignani, aussi jésuites, propagèrent avec une ardeur infatigable, à l’exemple de leur glorieux Père saint Ignace, la dévotion à saint Joseph et son culte. Déjà la fête du Patronage fut établie et fixée au troisième dimanche après la Pentecôte, par la Congrégation des Rites, en 1680. Depuis lors, la dévotion au saint Patriarche s'accrut considérablement dans les cœurs fidèles. Et tout récemment, d'après des instances nombreuses et réitérées de la part des fidèles de tous les. pays, un grand nombre d’évêques et de théologiens, réunis à Rome pour le Concile du Vatican, demandèrent au souverain Pontife, que saint Joseph fut déclaré Patron de l’Église universelle, et que sa fête fut élevée au degré de double de première classe. Pie IX, accorda solennellement l’une et l'autre demande par un décret de la Congrégation des Rites, en date du 8 décembre 1870. Ainsi Sa Sainteté consolait l’Église affligée par tant d'épreuves, et le monde broyé sous le poids des calamités de tous genres. Oh ! quel bonheur eut éprouvé Gerson, s’il avait pu être le témoin sur la terre de toutes ces fêtes en l’honneur de saint Joseph auquel il fût toujours si dévoué !

Deux objets précieux s’offrent encore à la piété des fidèles, c'est la sanctification de saint Joseph dans le sein de sa mère. Gerson qui insista fort sur ce point dans son sermon au Concile de Constance, émet à titre de pieuse croyance cette opinion qu’ont adoptée non-seulement un grand nombre d'auteurs mystiques, mais plusieurs docteurs de l'Église. C'est en outre le Cœur très saint du bienheureux Joseph. D’après des Pères et des Docteurs de l’Église, compris notre grand Gerson, saint Joseph est maintenant au Ciel en corps et en âme. Or, quel inconvénient y aurait-il d’associer le Cœur très pur de Joseph au Cœur immaculé de Marie et au Cœur sacré de Jésus ? Cette dévotion est de toutes celles qui concernent notre bien-aimé Saint, la plus redoutée de l'enfer, la plus propre à nous consoler dans tous nos maux, la plus puissante pour incliner saint Joseph vers nous et la plus efficace pour nous aider à vivre chrétiennement et à mourir saintement. Le saint chancelier Jean Gerson semblait présager cette dévotion si belle, lorsqu’il y a cinq siècles, il écrivait au duc de Berri ces paroles, qui étaient le conseil qu’il donnait à plusieurs : « Prenez donc saint Joseph pour le premier de vos patrons, pour le plus intime de vos amis, pour le plus puissant de vos protecteurs ». Implorons le Cœur Très Saint du bienheureux Joseph dans tous nos besoins, et nos prières seront vite exaucées.

 

Jean Darche, en la Fête de la Purification de la Très Sainte Vierge Marie, 1873

 

Le cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

 

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Premier jour

L’Église aux pieds de Saint Joseph

 

Quand des pères et des docteurs, quand des écrivains, des orateurs et des saints de tous les âges ne viendraient pas prouver, prêcher, publier l‘efficacité du pouvoir immense de notre Saint auprès du Christ, il suffirait bien du témoignage que lui rend la sainte Eglise catholique, toujours infaillible dans sa conduite, comme dans ses enseignements. L’Église, colonne et base de la vérité, montre bien ce qu’elle pense du crédit de saint Joseph dans le ciel, lorsqu’elle demande par son intercession ce qu'elle ne pourrait obtenir par elle-même. Et dans l'oraison de la fête du patronage du même Saint, l'Église demande que nous méritions d'avoir pour intercesseur dans le ciel, saint Joseph que nous vénérons comme notre protecteur sur la terre. Pourtant l’Eglise est l’épouse du Christ, qu'il s’est acquise par son sang, que ne peut-elle pas obtenir de lui ? Mais il est des grâces et des faveurs de choix, dont Jésus-Christ a laissé la libre dispensation à Marie et à Joseph, comme pour les honorer et remercier par là des services qu’ils lui ont rendus sur la terre. C’est ce que l’Eglise reconnaît, ce qu’elle veut nous apprendre, afin que nous comprenions, pour notre avantage, la portée de ses expressions. Elle se glorifie avec raison, d’avoir pour patron et protecteur saint Joseph. Déjà au commencement du seizième siècle, l’Isolano, inspiré par le grand Gerson, appelait notre bon saint Patron de l’Eglise militante.

A la veille des grandes tribulations que devait souffrir l’Eglise, Pie IX seconda merveilleusement les vues miséricordieuses de la Providence, en appelant au secours du troupeau confié à sa houlette pastorale le grand protecteur saint Joseph. En 1867, sa Sainteté étendit la fête du patronage de ce Saint à toute l’Église, c’était par la même le déclarer le protecteur universel de cette sainte épouse mystique du Christ : ainsi fut accomplie la prophétie de l'illustre écrivain de saint Joseph, l’lsolano. « Le Vicaire du Christ sur la terre ordonnera par l'inspiration de l'Esprit-Saint, que la fête du Père putatif du Christ, de l’Époux de la Reine du monde soit célébrée dans toute l’étendue de l’Église militante ». Certes, rien n’était plus convenable que d'établir saint Joseph le protecteur universel de l’Eglise et de l'honorer comme tel. Car, si notre religion encore au berceau dans la personne du Sauveur, fut confiée à la garde et aux soins de saint Joseph, n’est-il pas croyable gué, selon les différents états où elle se trouve, Dieu veuille quelle croisse, se fortifie, fleurisse, et que ses membres soient sauvés par les mérites d’un Saint qui eut dans ses mains la clef pour fermer les portes de la loi ancienne, ouvrir celles de la loi nouvelle et obtenir du Dieu qui est riche en miséricorde, tous les biens spirituels et temporels qu’il est permis de désirer.

« Alors, dit Isaïe, c’est-à-dire sous le règne de Jésus-Christ, on chantera, ce cantique dans la terre de Juda : « La ville de Sion est pour nous une ville impérissable, Dieu y a posé un mur et un anti-mur ». Le sage l’avait dit dans les Proverbes : « Le nom du Seigneur est une tour très forte : le juste s’y réfugie, et il sera protégé ». Jérémie sanctifié, dès le moment qu'il est conçu et choisi pour aller annoncer le nom du Seigneur, devient par le don de prophétie duquel il est rempli « une ville forte, une colonne de fer, un mur d’airain ». Saint Jérôme dit que la foi est le mur de l’Église et que les bonne œuvres en sont le rempart. Saint Grégoire en parle en ces termes : « Notre-Seigneur Jésus-Christ est un mur pour nous dans la sainte Eglise, et ses prophètes sont le rempart, par la protection qu’il leur accorde : les paroles des prophètes ont servi aussi beaucoup à établir la foi ». Mais il paraît, ajoute Saint Aignan, de Beauvais, qu’Isaïe parle ici de la Jérusalem céleste que rien ne peut ébranler, et encore moins détruire, parce que le Sauveur du monde qui nous en a frayé le chemin par ses souffrances et sa mort, en est lui-même le mur et le rempart qui la défend. C’est là aussi le sentiment du docteur Thiébaut. Saci entend le texte de l’Église et de chaque âme en particuliers.

Pour appliquer ce texte magnifique et consolateur à saint Joseph, je dis que l’Eglise catholique est notre ville, la ville dont parle Isaïe ; c’est en elle que nous trouvons le salut et la sainteté par Jésus-Christ, une protection efficace par Marie qui en est le mur et saint Joseph qui en est le boulevard ou l'ami-mur. Après le Christ Notre-Seigneur et la Bienheureuse Vierge, écrit Moralès, le très saint Joseph est pour nous dans toutes nos affaires le très fidèle et puissant intercesseur et avocat, étant le père spirituel de tous les fidèles, de même qu’il est le père nourricier du Christ et l’époux de Marie. A la vue de tant de marques de protection que le monde chrétien a reçues depuis quelques siècles, surtout par saint Joseph, il est évident que l’Eglise a bien fait de choisir ce grand Saint comme son Patron et son glorieux protecteur. Qui dit Patron, dit à la fois père, chef, protecteur, pilote, modèle, or incontestablement, pour l'Eglise universelle aussi bien que pour chacun de ses enfants les plus humbles, le père nourricier de Jésus, l’époux de Marie est tout cela. Un Patron est un père, et quel cœur de père doit posséder pour les hommes celui qui a été jugé digne d’être nommé le père du Sauveur et qui en a si bien rempli les qualités et les fonctions. Patron, c’est aussi chef ; et quel meilleur chef, quel plus sûr guide, quel plus aimable conducteur a pu nous donner Jésus que son père adoptif, qui l'a conduit et dirigé lui-même. Patron, c’est protecteur ; et de quels riches trésors n'est pas dépositaire celui qui a possédé le plus grand des biens, la source de toutes les grâces et de tout don excellent, Jésus, la richesse du monde.

Patron, c’est Pilote, titre non moins frappant dans saint Joseph. Aussi l’Eglise le considère-t-elle ainsi pour, elle-même en le prenant pour Patron universel ? Il est du moins assuré que les grands saints moderne du christianisme lui ont confié la barque de leur âme et qu’il a su la conduire tranquillement par les voies de la perfection au milieu des tempêtes et des orages de la vie, sur la mer de ce monde, au port du salut. Rappelons cette séraphique sainte Thérèse qui s'abandonnait si aveuglément à la conduite du Patriarche des deux Testaments, et qui lui. avait remis avec la plus entière confiance le soin de tous ses intérêts temporels et éternels. C’est principalement ce titre de Patron considéré comme modèle qui me parait très bien approprié et convenable et tous les membres de l'Eglise. quelque soit leur rang, leur fonction ou leur âge. Cette sainte mère veut leur,donner dans notre saint Joseph un modèle parfait à copier et à suivre le plus près possible, car, patron veut dire autant modèle à imiter que protecteur a invoquer ; d’où il suit que ceux qui veulent que saint Joseph les favorise de sa protection doivent s’appliquer à lui être agréables par l’imitation. C’est, je crois, la pensée, le motif et le but de l'Eglise en donnant saint Joseph pour Patron à tous ses enfants.

Il est le Patron des grands, puisque le sang royal de David a coulé dans ses veines ; des pauvres et des petits, puisqu'il a travaillé toute sa vie, comme le dernier des ouvriers, pour entretenir le Fils et la Mère d’un Dieu. Il est le Patron des enfants et des jeunes personnes, puisqu’il a été le gardien, le protecteur de l'Enfant Jésus et en quelque sorte le Sauveur du Sauveur lui-même. Il est le Patron des mères de famille qui se plaisent à lui consacrer leurs petits enfants, afin qu’il les dirige constamment, comme il a fait de Jésus, dans la voie de la piété et qu'il les soustraie à la fureur des Hérodes spirituels, de ceux qui voudraient tuer leurs âmes par leurs mauvais conseils, et leurs exemples pervers. Il est le Patron des pères, puisqu'il a été, comme chef de la maison, à la tête de la sainte Famille de Nazareth. Ah ! plût à Dieu que, par sa puissante intercession, il obtint à ces chef de maison la grâce de marcher sur les traces de ses saints exemples! Alors on verrait régner dans les familles, la paix, l’union, l'édification, la pratique des devoirs religieux, comme dans celle de Joseph. Il est le Patron comme le modèle des âmes contemplatives et des âmes intérieures, par son amour pour la retraite et l’oraison, par son union continuelle avec Dieu, au milieu des occupations de son état. Il est le Patron des bons maîtres, des bonnes maîtresses d’école, puisqu’il a eu le bonheur d’être l'instituteur, le précepteur, le gouverneur de l’Enfant-Dieu. Il est encore le patron des prêtres, car il leur est donné de tenir à l'autel, entre leurs mains, ce même Jésus qu’il a porté lui-même dans ses bras et qu'il a pressé si souvent contre son chaste Cœur. Enfin, outre qu’il est pour tous le modèle parfait d’une vie sainte, il est universellement reconnu et invoqué comme le Patron de la bonne mort, puisqu’il lui a été donné de rendre sa belle âme à Dieu, entre les bras de Jésus et de Marie, dans l’extase du plus ardent amour. C’est sous ces formes si diversifiées et sous bien, d'autres, que nous contemplerons le Cœur très saint et très compatissant de ce glorieux Patriache, qui est toujours ouvert à tous et qui n'est jamais fermé à personne.

 

Exemple

 

Saint Jean Gabriel Perboyre, missionnaire lazariste, martyrisé en Chine le Il septembre 1840, avait une grande confiance en saint Joseph, qu’il honorait d’un culte tout particulier. Ce qu’il admirait le plus en lui, c'était son abandon entre les mains de Dieu, son amour pour le silence, pour la retraite et la vie cachée ; et c’étaient les vertus qu’il s’efforçait le plus d'imiter, afin de se rendre semblable à un si beau modèle. Il recommandait fréquemment cette dévotion, et s'il donnait un souvenir à quelqu’un, c'était pour l'ordinaire un petit traité sur les vertus de ce glorieux patriarche, ou bien le Mois de saint Joseph ; il avait fortement à cœur la gloire de ce grand Saint. Voici ce que rapporte à ce sujet un missionnaire qui fit son noviciat sous sa direction : « Quoiqu’il fût d’une douceur inaltérable, je le trouvai presque sévère dans le ton qu’il prit avec moi au sujet de saint Joseph. J’avais lu dans le Manuel des ordinands de belles litanies composées en l’honneur de ce Saint, avec des paroles de l’Ecriture ; et, comme il me semblait qu’on lui attribuait des qualités qui ne pouvaient convenir qu’à notre Seigneur, je lui en fis l'observation. Pensant que je voulais ôter quelque chose de sa gloire à ce grand Saint, il se mit à défendre tous les titres glorieux qu'on lui donnait dans les litanies, à exalter les vertus qu’il avait pratiquées et les privilèges singuliers dont le Seigneur l'avait favorisé. Il parlait avec feu et une animation que je ne lui avais jamais vue, et qui me faisait comprendre combien il aimait et admirait saint Joseph. Il nous exhortait à l’invoquer avec confiance : « Allez à Joseph », nous disait-il ; et il partageait le sentiment de sainte Thérèse sur le crédit de ce grand Saint auprès de Dieu. Non content de l’invoquer, il s’appliquait a l’imiter surtout comme le modèle delà vie intérieure et retirée ». (Vie du Vénérable Perboyre).

 

Supplications à saint Joseph pour l’Église

 

Grand Saint, qui voyez du haut des cieux les besoins de l’Église que Jésus-Christ, dont vous fûtes le père nourricier, s’est acquise par son sang, soyez propice à nos prières. Ayez pour ceux qui la gouvernent une partie de la tendresse que vous eûtes pendant tant d’années pour Jésus Christ qu’ils représentent. Obtenez pour Notre Saint Père le Pape, pour les évêques, pour le clergé, les lumières de l’Esprit divin dont ils ont besoin pour nous conduire avec zèle et avec sagesse. Éloignez de la bergerie les loups ravissants qui voudraient la détruire. Faites que la paix et la concorde règnent parmi les princes chrétiens, afin qu’étant unis entre eux, ils défendent le troupeau de Jésus-Christ contre les hérétiques et les infidèles. Priez encore pour que tous les enfants de l'Église lui soient respectueux, soumis, et attachés comme à leur mère, et toujours prêts à la défendre au prix de leur sang, s'il le fallait. Ainsi soit-il.

 

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