23 mars 2016

Neuvaine à la Miséricorde Divine

529216004_51ef521c25_b

La Dévotion au Christ Miséricordieux

La dévotion à la Divine Miséricorde constitue un authentique mouvement spirituel au sein de l’Église catholique. Elle a été promue par la religieuse polonaise Faustine Kowalska (1905-1938). Celle-ci est connue dans le monde entier pour avoir fait peindre la fameuse icône du Christ Miséricordieux d'après l'apparition dont elle avait été favorisée, pour faire connaître au monde la Miséricorde du Cœur de Jésus. Le Saint-Père a béatifié sœur Faustine le 18 avril 1993 et l’a canonisée le 30 avril 2000. C’est lors de la canonisation que le pape a annoncé l’institution du Dimanche de la Miséricorde divine. Jean Paul II attachait une telle importance au Message de la Divine Miséricorde révélé à Ste Faustine qu'il voulut faire d'elle la première canonisée de l'an 2000 et du troisième millénaire ! Et ce jour-là, pour lui donner un relief encore plus particulier, il ne canonisa qu'elle ! C'était le 30 avril 2000. Les messages qu'elle a reçus de Jésus se situent exactement dans le prolongement de ceux reçus par Sainte Marguerite Marie à Paray le Monial, de Sainte Gertrude, et de saint Jean le disciple bien aimé. « Il est alors important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l'Église, prendra le nom de "Dimanche de la Miséricorde divine" », avait-il déclaré. « Sœur Marie Faustine a été élue par le Seigneur Jésus secrétaire et apôtre de Sa Miséricorde pour transmettre au monde entier son grand message . Dans l'ancien Testament, lui dit-Il, j'ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd'hui, je t'envoie vers toute l'humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l'humanité endolorie, mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon cœur miséricordieux (P.J. 1588) », précise la biographie de soeur Faustine publiée par le Vatican ( cf. www.vatican.va ). Sœur Faustine Kowalska appartenait à la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde. Elle a passé au couvent treize ans, en remplissant les fonctions de cuisinière, de jardinière et de Sœur portière dans plusieurs maisons de la Congrégation, le plus souvent à Plock, Wilno et Cracovie, en Pologne. Elle est morte à l’âge de 33 ans à Cracovie, le 5 octobre 1938. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Lagiewniki. Elle n’invente rien dans son message, elle transmet après St Thomas d’Aquin, les données théologiques, exégétiques et traditionnelles, sur la foi en la divine miséricorde. Un témoignage universel de Sainteté.

L'Icône du Christ Miséricordieux

La première fois que le Christ Miséricordieux se manifesta à Faustine, ce fut le 22 février 1931, à Plock, en Pologne. « Le soir, écrit la Soeur, me trouvant dans ma cellule, je vis Jésus-Christ, vêtu d'une robe blanche,il levait la main droite pour bénir pendant que son autre main reposait sur son Coeur. De son vêtement, légèrement entrouvert sur la poitrine, s'échappaient deux faisceaux de rayons lumineux : l'un blanc, l'autre rouge. En silence, je contemplais le Seigneur. Mon âme était remplie de crainte et en même temps, d'une joie immense ». Alors Jésus lui dit: « Peins un tableau; représente-Moi tel que tu me vois, avec l'inscription: « Jésus j'ai confiance en Vous ». Je promets que l'âme qui vénérera cette image ne périra pas et qu'elle vaincra l'ennemi dès ce monde, mais surtout à l'heure de la mort, Je la défendrai moi-même comme ma propre gloire... » Jésus explique: « Ces rayons signifient l'eau et le sang. L'eau qui justifie les âmes, le sang qui est vie de l'âme. Ils jaillissent de mon Coeur, ouvert sur la Croix. Ces rayons abritent l'âme de la colère de Mon Père. Heureux qui vit à leur ombre ; la justice ne l'atteindra pas ». « Je demande que cette Image soit honorée, ordonne Jésus, d'abord dans votre Chapelle, ensuite à travers le monde entier ». "Le Christ est l'Image, l'Icône du Dieu invisible", nous dit Saint Paul (Col. 1,15). En lui, par l'Incarnation, Dieu s'est fait à la mesure de l'homme. C'est cela que l'Icône est chargée de signifier.

Promesses du Christ

Quelques Promesses du Christ, dictées à Sainte Faustine.

Nous le savons,  Jésus ne peut ni se tromper, ni nous tromper

Les âmes qui propagent la vénération de ma miséricorde, je les protège durant toute leur vie, comme une tendre mère son nourrisson, et à l’heure de la mort, je ne serai pas pour elles un Juge, mais le Sauveur miséricordieux. En cette dernière heure, l’âme n’a plus rien pour sa défense si ce n’est ma miséricorde ; heureuse l’âme qui, sa vie durant, se plongeait dans la source de la miséricorde, car la justice ne l’atteindra pas. Écris : "Tout ce qui existe est contenu dans les entrailles de ma miséricorde, plus profondément que l’enfant dans le sein de sa mère. Oh ! combien douloureusement me blesse l’incrédulité en ma bonté. Ce sont les péchés de méfiance qui me blessent le plus douloureusement" (Petit Journal de Sœur Faustine, § 1074-1075)

Pour Annoncer Dieu Miséricorde, celui qui choisit de transmettre ce message, en particulier à ceux qui ne connaissent pas Dieu Père Miséricordieux s’appliquera à ramener vers Dieu les personnes qui souffrent d’être éloignées de Lui: «Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en ma miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres à la confiance en l’abîme de ma miséricorde. Ma fille, écris sur ma miséricorde pour les âmes tourmentées. Les âmes qui s’adressent à ma miséricorde me réjouissent , à de telles âmes, j’accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux punir même le plus grand pécheur s’il invoque ma pitié, mais je l’excuse en mon insondable et inconcevable miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice... ». (Petit Journal de Sœur Faustine, § 1146) 47. (extrait du Petit journal de Ste Faustine)

Un soir, dans ma cellule, je vis Jésus vêtu d’une tunique blanche, une main levée pour bénir, la seconde touchait son vêtement sur la poitrine. De la tunique entr’ouverte sortaient deux grands rayons, l’un rouge, l’autre pâle. Je fixais le Seigneur en silence, l’âme saisie de crainte, mais aussi d’une grande joie. Après un moment, Jésus me dit ; " Peins un tableau de ce que tu vois, avec l’inscription: « Jésus, j’ai confiance en Vous ! » Je désire qu’on honore cette image, d’abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier". "Je promets que l’âme qui honorera cette image, ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici bas, e  spécialement à l’heure de la mort . Moi-même je la défendrai comme Ma propre gloire. " Lorsque j’en informai mon confesseur, il me répondit : « Oui, cela te concerne, peins l’image de Dieu dans ton âme. » Lorsque je sortis du confessionnal, j’entendis de nouveau ces paroles : « Mon image est en toi .Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindra avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques : ce dimanche doit être la Fête de la Miséricorde."

"Je désire que les prêtres proclament Ma grande miséricorde envers les âmes pécheresses. Quelles n’aient pas peur de s’approcher de Moi. Les flammes de la miséricorde Me brûlent. Je veux les répandre sur les âmes." Jésus se plaignit ainsi :  "La méfiance des âmes Me déchire le Cœur, mais la méfiance d’une âme choisie Me fait encore plus mal. Malgré la Miséricorde dont Je l’inonde, elle se méfie de Moi. Même Ma Mort ne lui suffit pas. Malheur à qui en abuse". Comme je voulais fuir ces inspirations intérieures, Dieu me dit qu’au Jour du Jugement, Il me demanderait compte d’un grand nombre d’âmes.

Ces deux rayons indiquent le Sang et l’Eau - le rayon pâle signifie l’Eau, qui purifie les âmes ; le rayon rouge signifie le Sang, qui est la vie des âmes"... "Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma Miséricorde, alors que Mon Cœur, agonisant sur la croix, fut ouvert par la lance". "Ces rayons protègent les âmes de la colère de Mon Père. Heureux est celui qui vivra dans leur lumière, car la Main du Dieu Juste ne l’atteindra pas. Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde". "L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers Ma miséricorde". "Oh ! Comme l’incrédulité de l’âme Me blesse. Cette âme confesse que Je suis Saint et juste, et ne croit pas que Je suis la Miséricorde ! Mais elle se méfie de Mon amour. Les démons aussi croient en Ma justice, mais ne croient pas en Ma bonté. Mon cœur se réjouit de ce titre de Miséricordieux. Proclame que la Miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Toutes les œuvres de mes mains sont couronnées de Miséricorde."

Un jour, Jésus me dit : " Mon regard sur cette image est le même que celui que J’avais sur la Croix." "Je donne aux hommes un moyen, avec lequel ils doivent venir puiser la grâce à la source de la Miséricorde. Ce moyen, c’est cette image, avec l’inscription : " Jésus, j’ai confiance en Vous !" "Toutes les âmes qui vénéreront ma miséricorde et propageront sa gloire en incitant les autres âmes à la confiance en ma miséricorde - ces âmes ne connaîtront pas l'effroi à l'heure de la mort. Ma miséricorde les abritera lors de cette dernière lutte "... "Dis-leur qu'aucune âme faisant appel à ma miséricorde n'a été déçue ni n'a éprouvé la honte. .. Ecris: Si l'on récite ce chapelet auprès d'un agonisant, je me tiendrai entre le Père et l'âme agonisante, non pas en tant que Juge juste, mais comme Sauveur miséricordieux. "

Jésus demande une Fête de la Miséricorde

Cette demande a été clairement formulée à sainte Faustine Kowalska (1905-1938). Le message de sœur Faustine a été noté dans le Petit Journal quelle a rédigé à la demande de Jésus et de ses confesseurs. Elle y a fidèlement noté tous les souhaits de Jésus, de même qu’elle a décrit l’union intime de son âme avec Dieu. En 1931 : « Je désire qu’il y ait une Fête de la Miséricorde…le premier dimanche après Pâques (…) doit être la Fête de la Miséricorde » Les flammes de la Miséricorde me brûlent. Je veux les répandre sur les âmes ». (Petit Journal - & 49) En 1936 : La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles. Je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. (Petit Journal - & 698)

Dimanche 30 avril 2000: institution de la Fête de la Miséricorde

C’est le jour où sœur Faustine a été canonisée par Jean-Paul II. En même temps, le pape décide que, dorénavant, dans toute l’Église, ce dimanche prendra le nom de « Dimanche de la Miséricorde divine ». La place de cette fête dans l’année liturgique a été choisie par Jésus Lui-même. Cela montre le rapport étroit qui existe entre le mystère pascal de notre Rédemption et cette fête. Les textes de la liturgie de ce dimanche évoquent plusieurs fois la Miséricorde. La Fête de la Miséricorde est d’abord un jour où l’on honore spécialement Dieu dans ce mystère. Mais c’est aussi un jour de grâce pour tous, et surtout pour les pécheurs. Jésus a attaché à cette Fête de grandes promesses : " Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable Miséricorde. Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les écluses de ma Miséricorde sont ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma Miséricorde. Toute âme qui s’approchera de la confession et de la sainte Communion recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition. En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoule la grâce. Qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de Moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate (…) Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu'il ne se tournera pas vers la source de ma Miséricorde ». (Petit Journal -  § 698)

 Chapelet à la Miséricorde Divine

Jésus a dicté cette prière à la Sœur Faustine à Vilnius la nuit du 13/14 septembre 1935. (Petit Journal 475-477) Il lui en parlé 14 fois, tout en expliquant son but et les promesses liées à elle.

Ma fille, incite les âmes à dire ce chapelet que je t’ai donné...s’il récite ce chapelet une seul fois, obtiendra la grâce de mon infini miséricorde...Par ce chapelet tu obtiendras tout, si ce que tu demandes est conforme à ma volonté. (Petit Journal 1541, 687, 1731)

Récitation du chapelet à la Miséricorde Divine

(pour l'écouter cliquer sur le titre ci-dessus et à la fin de chaque jour de la neuvaine)

 

 (on récite les prières suivantes sur le chapelet ordinaire)

 

Au début

Notre Père qui êtes aux cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre règne vienne, que  Votre Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour. Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivre nous du Mal. Amen.

Je Vous salue Marie, comblée de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Sur les gros grains, une fois: Père Eternel, je Vous offre le Corps et le Sang, l’Ame et la Divinité de Votre Fils Bien-aimé, notre Seigneur Jésus Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entière.

Sur les petits grains, 10 fois: Par sa douloureuse Passion, soyez miséricordieux pour nous et pour le monde entière.

Pour terminer, 3 fois: Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Eternel, ayez pitié de nous et du monde entier.

DMPoster

Neuvaine à la Miséricorde Divine

La Neuvaine est le dernier acte de lutte spirituelle pour les âmes qui se sont égarées sur le chemin de la vie et qui ont perdu la foi, l’espérance et l’amour. La neuvaine doit être une prière « pour la conversion du monde entier et la connaissance de la Miséricorde Divine » (PJ 1059).

Elle doit être célébrée à compter du Vendredi Saint pour préparer la Fête de la Miséricorde Divine mais à tout autre moment de l’année aussi. Le désir du Seigneur est que Faustine amène les âmes à la source de la Miséricorde Divine « afin qu’elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l’heure de la mort » (PJ 1209). Il annonce également qu’Il ne refusera rien à l’âme qui lui sera amenée à la source de sa miséricorde (cf. ibid.). Chaque jour de la neuvaine doit être une prière pour des groupes de personnes différents. Le désir du Sauveur est donc clair, il veut que nous nous souciions non seulement de notre salut, mais également de celui des autres. Comme nous pouvons facilement le remarquer, cet appel à la prière ne concerne pas uniquement les pécheurs, mais différentes catégories de personnes, y compris celles qui au quotidien plaisent à Dieu. Ainsi, l’humanité deviendrait une immense famille de prière unie par la glorification de la Miséricorde Divine et par l’imploration de cette miséricorde pour ceux qui en ont besoin. « Je désire que durant ces neuf jours, tu amènes les âmes à la source de ma miséricorde, afin qu’elles puisent force et fraîcheur, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l’heure de la mort. Chaque jour tu amèneras jusqu’à mon cœur un groupe d’âmes différent et tu les plongeras dans l’océan de ma miséricorde. Et moi, je ferai entrer toutes ces âmes dans la demeure de mon père. Tu feras cela dans cette vie et dans l’autre. Je ne refuserai rien aux âmes que tu amèneras à la source de ma miséricorde. Et chaque jour par ma douloureuse passion, tu solliciteras de mon Père des grâces pour ces âmes.» « J’ai répondu: Jésus, je ne sais comment faire cette neuvaine, ni quelles âmes conduire tout d’abord à Ton Cœur très compatissant. Et Jésus me répondit qu’il me dirait chaque jour quelles âmes je devrai conduire à Son Cœur. » (PJ 1209)

 

Premier jour

Paroles de Notre Seigneur

 

« Aujourd’hui, amène-Moi l’humanité entière, et particulièrement tous les pécheurs et immerge-la dans l’océan de Ma Miséricorde. Tu Me consoleras ainsi dans cette amère tristesse dans laquelle Me plonge la perte des âmes. »

 

 Demandons miséricorde pour l’humanité entière.

« Très Miséricordieux Jésus, dont le propre est d’avoir pitié de nous et de nous pardonner, ne regardez pas nos péchés, mais la confiance que nous avons en Votre infinie Bonté et recevez-nous dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant et ne nous en laissez pas sortir pour l’éternité. Nous Vous en supplions par l’Amour qui Vous unit au Père et au Saint-Esprit ». (PJ 1211)

 

 « O toute-puissance de la miséricorde divine,

secours pour l’homme pécheur,

Tu es miséricorde et océan de pitié,

Tu viens en aide à celui qui Te prie avec humilité. »

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père …

« Père Eternel, jetez un regard de miséricorde sur toute l’humanité enfermée dans le Cœur très compatissant de Jésus, et particulièrement sur les pauvres pécheurs, et par Sa douloureuse passion, témoignez-nous de Votre Miséricorde afin que nous glorifions la toute-puissance de Votre Miséricorde pour les siècles des siècles. Amen. »

 Chapelet à la Miséricorde Divine


Deuxième jour

Paroles de Notre Seigneur


«
Aujourd’hui amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses, et immerge-les dans Mon insondable Miséricorde. Elles M’ont donné la force d’endurer Mon amère Passion, par elles comme par des canaux, Ma Miséricorde se déverse sur l’humanité ». (PJ 1212)

Prions pour le clergé et les religieux

« Très miséricordieux Jésus, de qui provient tout ce qui est bon, multipliez Vos grâces en nous, afin que nous accomplissions de dignes actes de Miséricorde, pour que ceux qui nous regardent, glorifient le Père de miséricorde qui est au ciel. » (PJ 1213)

 

 « La source de l’amour divin demeure dans les cœurs purs,

Plongés dans la mer de la miséricorde,

rayonnante comme les étoiles,

Claire comme l’aurore. »

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur ce groupe d’élus de Votre Vigne, les âmes sacerdotales et religieuses, et comblez-les de la puissance de Votre bénédiction, et par le Sentiment du Cœur de Votre Fils dans lequel elles sont enfermées, accordez leur la force de Votre Lumière, afin qu’elles puissent guider les autres sur les chemins du salut, pour chanter ensemble la gloire de Votre insondable Miséricorde pour l’éternité. Amen. » 

Chapelet à la Miséricorde Divine


Troisième jour

Paroles de Notre Seigneur


«
Aujourd’hui amène-Moi toutes les âmes pieuses et fidèles et immerge-les dans l’océan de Ma Miséricorde; ces âmes M’ont consolé sur le Chemin de Croix, elles furent cette goutte de consolation au milieu d’un océan d’amertume. » (PJ 1214)

Prions pour tous les chrétiens fidèles

« Très Miséricordieux Jésus qui accordez à tous avec surabondance les grâces du trésor de Votre Miséricorde, recevez-nous dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant, et ne nous en laissez pas sortir pour les siècles. Nous Vous en supplions par l’inconcevable Amour dont brûle Votre Cœur pour le Père Céleste. » ( 1215)

« Impénétrables sont les merveilles de la miséricorde,

insondables au pécheur comme au juste, sur tous,

Tu jettes un regard de pitié,

Tu nous attires tous vers Ton amour. »

Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…


«
Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes fidèles, héritage de Votre Fils, et par Sa douloureuse passion, accordez-leur Votre Bénédiction et entourez les de Votre  incessante Protection afin qu’elles ne perdent ni l’amour ni le trésor de Votre Sainte Foi, mais qu’avec le chœur des Anges et des Saints, elles glorifient Votre Infinie Miséricorde pour les siècles des siècles. Amen ».

Chapelet à la Miséricorde Divine


Quatrième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui amène-Moi les païens et ceux qui ne Me connaissent pas encore, J’ai également pensé à eux durant Mon amère Passion, et leur zèle futur consolait Mon Cœur. Immerge-les dans l’Océan de Ma Miséricorde ». ( 1216 )

Prions pour les païens et incroyants

« Très Compatissant Jésus qui êtes la Lumière du monde entier, recevez dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes des païens qui ne Vous connaissent pas encore; que les rayons de Votre grâce les illuminent, afin qu’elles aussi glorifient avec nous les merveilles de Votre Miséricorde, et ne les laissez pas sortir de la demeure de Votre Cœur très Compatissant ». (PJ 1217)

« Que la lumière de Ton amour

Illumine les ténèbres des âmes,

fais que ces âmes Te connaissent,

et qu’elles glorifient avec nous Ta miséricorde.»

 Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes des païens et de ceux qui ne Vous  connaissent pas encore, mais qui sont enfermés dans le Cœur très Compatissant de Jésus. Attirez-les vers la Lumière de l’Evangile. Ces âmes ne savent pas combien est grand le bonheur de Vous aimer; faites qu’elles glorifient la largesse de Votre Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen. »

 Chapelet à la Miséricorde Divine


Cinquième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui amène-moi les âmes des hérétiques et des apostats et immerge-les dans l’Océan de Ma Miséricorde; dans Mon amère Passion, elles Me déchiraient le Corps et le Cœur, c’est-à-dire Mon Eglise. Lorsqu’elles reviennent à l’unité de l’Eglise, Mes Plaies se cicatrisent, et de cette façon elles Me soulageront dans Ma Passion ». ( 1218)

Prions pour ceux qui errent dans la foi

« Très miséricordieux Jésus qui es la bonté même, Tu ne refuses pas la lumière à ceux qui Te la demandent, reçois dans la demeure de Ton Cœur très compatissant les âmes des hérétiques et des apostats et attire-les par Ta lumière à l’unité de l’Eglise, et ne les laisse pas sortir de la demeure de Ton cœur très compatissant, mais fais qu’elles aussi glorifient la largesse de Ta miséricorde. » ( 1219)

 « Même pour ceux qui mirent en pièces le manteau de Ton unité,

coule en Ton Cœur une source de pitié,

la toute-puissance de Ta miséricorde, ô Dieu,

peut retirer même ces âmes de l’erreur. »

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père …


«
Père Eternel, jetez un regard Miséricordieux sur les âmes des hérétiques et des apostats qui, persistant obstinément dans leurs erreurs, gaspillèrent Vos bontés et abusèrent de Vos Grâces. Ne regardez pas leurs fautes, mais l’amour de Votre Fils et Son amère Passion qu’Il souffrit également pour elles, puisqu’elles aussi sont enfermées dans le Cœur très Compatissant de Jésus. Faites qu’elles aussi glorifient Votre Immense Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen. » 

Chapelet à la Miséricorde Divine


Sixième jour

Paroles de Notre Seigneur


« Aujourd’hui, amène-moi les âmes douces et humbles ainsi que celles des petits enfants et immerge-les dans ma miséricorde. Ces âmes ressemblent le plus à mon cœur, elles m’ont réconforté dans mon amère agonie ; je les voyais veiller comme des anges terrestres qui veilleront sur mes autels, sur elles je verse des torrents de grâces. Seule une âme humble est capable de recevoir ma grâce, aux âmes humbles j’accorde ma confiance. » (PJ 1220)

Prions pour les enfants et les âmes humbles


«
Très miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même: Apprenez de Moi que Je suis Doux et Humble de Cœur; recevez dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants. Ces âmes plongent dans le ravissement le ciel entier et sont la prédilection particulière du Père Céleste, elles sont un bouquet de fleurs devant le Trône Divin où Dieu seul se délecte de leur parfum. Ces âmes demeurent pour toujours dans le Cœur très compatissant de Jésus et chantent sans cesse l’hymne de l’Amour et de la Miséricorde pour les siècles. » (PJ 1221).

« L’âme véritablement humble et douce

respire déjà le paradis sur terre,

et le parfum de son cœur humble

ravit le Créateur Lui-même. »

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père …

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes douces et humbles, et sur les âmes des petits enfants, enfermées dans la demeure du Cœur très Compatissant de Jésus. Ce sont ces âmes qui ressemblent le plus à Votre Fils, le parfum de ces âmes monte de la terre et atteint Votre trône. Père de Miséricorde et de toute Bonté, je Vous implore par l’Amour et la prédilection que Vous avez pour ces âmes, bénissez le monde entier, afin que toutes les âmes puissent chanter ensemble la gloire de Votre Miséricorde pour l’éternité. Amen ». (PJ 1223)

 Chapelet à la Miséricorde Divine


Septième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui, amène-Moi les âmes qui honorent et glorifient particulièrement Ma Miséricorde et immerge-les dans Ma Miséricorde. Ces âmes ont le plus vivement compati aux souffrances de Ma Passion et ont pénétré le plus profondément dans Mon Esprit. Elles sont le vivant reflet de Mon Cœur Compatissant. Ces âmes brilleront d’un éclat particulier dans la vie future, aucune n’ira dans le feu de l’enfer, Je défendrai chacune d’elles en particulier à l’heure de la mort ». (PJ 1224)

Prions pour ceux qui vénèrent la Miséricorde Divine et propagent sa dévotion

« Très Miséricordieux Jésus dont le Cœur n’est qu’Amour, recevez dans la demeure de Votre  Cœur très Compatissant les âmes qui honorent et glorifient Votre Miséricorde. Ces âmes sont puissantes de la force de Dieu Lui-même; au milieu de tous les tourments et contrariétés, elles avancent confiantes en Votre miséricorde, ces âmes sont unies à Jésus et portent l’humanité entière sur leurs épaules. Ces âmes ne seront pas jugées sévèrement, mais Votre Miséricorde les entourera au moment de l’agonie. » (PJ 1225)

« L’âme qui célèbre la bonté de son Seigneur

est tout particulièrement aimée de Lui.

Elle est toujours proche de la source vive

et puise les grâces en la miséricorde divine.»

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes qui glorifient et honorent Votre  plus grand attribut, c’est-à-dire Votre infinie Miséricorde, qui sont enfermées dans le Cœur très Compatissant de Jésus. Ces âmes sont un vivant Evangile, leurs mains sont pleines d’actes de Miséricorde et leur âme débordante de joie chante l’hymne de la Miséricorde du Très-Haut. Je  Vous supplie mon Dieu, manifestez-leur Votre Miséricorde selon l’espérance et la confiance qu’elles ont mis en Vous, que s’accomplisse en elles la promesse de Jésus qui leur a dit : les âmes qui vénèreront Mon Infinie Miséricorde, Je les défendrai Moi-même durant leur vie et particulièrement à l’heure de la mort, comme Ma propre Gloire ».

Chapelet à la Miséricorde Divine


Huitième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui, amène-Moi les âmes qui sont dans la prison du Purgatoire et immerge-les dans l’abîme de Ma Miséricorde, que les flots de Mon Sang rafraîchissent leurs brûlures. Toutes ces âmes Me sont très chères, elles s’acquittent envers Ma Justice; il est en ton pouvoir de leur apporter quelque soulagement. Puise dans le trésor de Mon Eglise toutes les indulgences, et offre-les pour elles… O si tu connaissais leur supplice, tu offrirais sans cesse pour elles l’aumône de ton esprit, et tu paierais leurs dettes à Ma Justice.» (PJ 1226)

Prions pour les âmes du purgatoire

« Très miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même vouloir la Miséricorde, voici que j’amène à la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes du Purgatoire, les âmes qui Vous sont très chères, mais qui pourtant doivent rendre des comptes à Votre Justice: que les flots de sang et d’eau jaillis de Votre Cœur éteignent les flammes du feu du Purgatoire afin que, là aussi, soit glorifiée la puissance de Votre Miséricorde ». (PJ 1227)

« De la terrible ardeur du feu du purgatoire,

une plainte s’élève vers Ta miséricorde

Et ils connaissent consolation,

soulagement et fraîcheur,

dans le torrent d’eau à Ton sang mêlé.»

 Notre Père… je Vous salue Marie… Gloire au Père…

« Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes souffrant au purgatoire, mais qui sont enfermées dans le Cœur très Compatissant de Jésus, je Vous implore par la douloureuse passion de Jésus, Votre Fils, et par toute l’amertume dont Son âme très sainte fut inondée, montrez Votre Miséricorde aux âmes qui sont sous Votre regard juste; ne les regardez pas autrement que les plaies de Jésus, Votre très cher Fils, car nous croyons que Votre Bonté et Votre pitié sont sans mesure ».

Chapelet à la Miséricorde Divine

 

Neuvième jour

Paroles de Notre Seigneur

« Aujourd’hui, amène-Moi les âmes froides et immerge-les dans l’abîme de Ma Miséricorde. Ce sont ces âmes qui blessent le plus douloureusement Mon Cœur. C’est une âme indifférente qui au Jardin des Oliviers M’inspira la plus grande aversion. C’est à cause d’elles que J’ai dit: « Père, éloignez de Moi ce calice, si telle est Votre volonté »; Pour elles l’ultime planche de salut est de recourir à Ma Miséricorde. » (PJ 1228)

Prions pour les âmes tièdes

« Très compatissant Jésus qui n’êtes que pitié, je fais entrer dans la demeure de Votre Cœur très Compatissant les âmes froides, que dans ce feu de Votre pur Amour se réchauffent ces âmes glacées, qui ressemblent à des cadavres et Vous emplissent d’un tel dégoût. O très compatissant Jésus, usez de la toute puissance de Votre Miséricorde et donnez-leur l’amour divin car Vous pouvez tout ». (PJ 1229).

« Feu et glace ensemble ne peuvent être mêlés

car le feu s’éteindra ou la glace fondra

Mais Ta miséricorde, Ô mon Dieu

peut soutenir de plus grandes misères encore. »

 Notre Père… Je vous salue Marie…Gloire au Père …

 

« Père Eternel, jetez un regard de miséricorde sur les âmes froides qui sont cependant enfermées ans le Cœur très Compatissant de Jésus. Père de miséricorde, je Vous supplie par l’amertume de la passion de Votre Fils et par Son agonie de trois heures sur la croix, permettez qu’elles aussi célèbrent l’abîme de Votre Miséricorde… »

Chapelet à la Miséricorde Divine

tj200812250838_1

Sainte Faustine Kowalska

1905-1938

Helena Kowalska naît le 25 août 1905 en Pologne, dans le village de Glogowiec. Ses parents, Marianna et Stanislaw Kowalski, sont agriculteurs, pauvres et pieux. Elle est la troisième d’une famille de dix enfants. Charitable, obéissante et humble, elle a très jeune le goût de la prière et dès sept ans, Helena entend l’appel de Dieu à une vie consacrée. Elle fait sa Première Communion à neuf ans, pleinement consciente de la personne divine qu’elle accueille, Jésus. Pour aider financièrement ses parents, elle arrête l’école et travaille comme servante dans des familles aisées. Ses parents refusant qu’elle entre au couvent, elle essaie longtemps d’étouffer sa vocation ; mais à la suite d’une vision du Christ qui souffre et l’appelle, elle quitte sa famille et va travailler à Varsovie constituer sa dot de religieuse. Elle entre le 1er août 1925 chez les Soeurs de Notre-Dame de la Miséricorde et y reçoit le nom de Soeur Marie-Faustine. Elle est cuisinière, jardinière, soeur portière dans plusieurs couvents de la Congrégation, en particulier à Varsovie, Cracovie, Plock et Vilnius. Soeur Marie-Faustine a une vie mystique très riche et reçoit de nombreuses grâces extraordinaires (visions, révélations, don de prophétie.), mais rien ne transparaît dans sa vie simple et dévouée de religieuse. "Ces dons ne sont que des ornements de l’âme, mais ils ne constituent ni le contenu, ni la perfection. Ma sainteté et ma perfection consistent en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu . " (Petit Journal §1107) Malade de la tuberculose, touchée aux poumons et aux intestins, elle vit, unie à Jésus, de grandes souffrances physiques et morales, offertes pour le Salut des pécheurs. Dieu fait de soeur Faustine, "témoin inattendu", la secrétaire et l’ apôtre de sa Miséricorde pour le monde entier : "Dans l’Ancien Testament, j’ai envoyé à mon peuple des prophètes, et avec eux la foudre. Aujourd’hui, je t’envoie vers toute l’humanité avec ma Miséricorde. Je ne veux pas punir l’humanité endolorie, mais je désire la guérir en l’étreignant sur mon coeur miséricordieux ." (Petit Journal §1588) A partir de 1934, elle note, à la demande de son confesseur puis de Jésus lui-même, tout ce que lui dit Jésus et tout ce qui concerne l’union intime qu’elle a avec Dieu. " Secrétaire de mon plus profond mystère, ton devoir est d’écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma Miséricorde, au profit des âmes qui, en lisant ces écrits, seront consolées et auront le courage de s’approcher de moi ", lui dit Jésus. (Petit Journal §1693) Dans son message à soeur Faustine, Jésus propose de nouvelles formes d’intercession et de prière pour vivre, annoncer et propager ce message de la Divine Miséricorde : l’image du Christ ressuscité, la fête du dimanche de la Divine Miséricorde, le chapelet de la Miséricorde, l’Heure de la Miséricorde, la Neuvaine à la Miséricorde divine ; la confiance et la charité, le zèle missionnaire. Soeur Marie-Faustine meurt à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée d’à peine 33 ans, des suites de la tuberculose. Son procès de béatification est ouvert en 1968 et clos en 1992. Le pape Jean-Paul II la proclame sainte le 30 avril 2000 à Rome. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Lagiewniki.

Neuvaine à Sainte Faustine

Nous pouvons accompagner les prières de la Neuvaine à la Miséricorde Divine par une prière parralèle à Sainte Faustine, messagère de Jésus Miséricordieux.

O Dieu, dont la miséricorde excelle en toutes Vos oeuvres, je Vous remercie des innombrables et extraordinaires grâces que Vous avez daigné accorder à Votre Servante. Sainte Faustine, et en particulier pour la révélation de Votre Infinie Miséricorde que Vous désirez répandre, dans la grave situation des temps présents, sur chaque âme et sur toute l'humanité et égarée.  Je Vous demande avec une grande confiance, daignez me manifester aussi Votre Miséricorde si cela n'est pas contraire au bien de mon âme, accordez-moi la grâce de (......), qui me tient tant à coeur. Faites-le par les mérites et par l'intercession de Sainte Faustine, que Vous avez  voulu choisir pour être la confidente et l'apôtre de Votre miséricorde. Puisque Votre  Miséricorde n'a pas de limite, je Vous supplie aussi par l'intercession de Sainte Faustine, entourez de Votre Miséricorde notre patrie bien-aimée, et préservez-la de tout danger. Faites que nous demeurions fidèles à Votre Fils et à la Sainte Eglise catholique. Amen.

Téléchargez le texte de la Neuvaine de la Miséricorde Divine (pdf) en cliquant ici

spare_mejesus

Dernière mise à jour de la page: le 23 mars 2016


21 avril 2011

Vendredi Saint

 

Semaine Sainte

Triduum Pascal

Vendredi Saint

120_001

Hymne

 

O Croix, notre espérance, arbre le plus noble de tous; nulle forêt n'a produit ton pareil pour le feuillage, la fleur et le fruit.

 

Tu nous es cher, ô bois, et plus cher encore le doux fardeau suspendu à tes clous sacrés.

 

Chantons, ma langue, la couronne du glorieux combat; célèbre le noble triomphe dont la Croix est le trophée, et la victoire que le Rédempteur du monde remporta dans sa propre immolation.

 

O Croix, notre espérance, arbre le plus noble de tous; nulle forêt n'a produit ton pareil pour le feuillage, la fleur et le fruit.

 

Le Créateur, compatissant au malheur que la séduction enfanta pour le premier homme notre père, précipité dans la mort pour avoir mangé d'un fruit funeste, daigna dès ce jour désigner le bois pour réparer le désastre causé par le bois.

 

Tu nous es cher, ô bois, et plus cher encore le doux fardeau suspendu à tes clous sacrés.

 

Tel fut le plan divin dressé pour notre salut, afin que la sagesse y déjouât la ruse de notre cauteleux ennemi, et que le remède nous arrivât par le moyen même qui avait servi pour nous faire la blessure.

 

O Croix, notre espérance, arbre le plus noble de tous; nulle forêt n'a produit ton pareil pour le feuillage, la fleur et le fruit.

 

Lors donc que le temps marqué par le décret divin fut arrivé, celui par qui le monde a été créé fut envoyé du trône de son Père, et avant pris chair au sein d'une Vierge, il parut en ce monde.

 

Tu nous es cher, ô bois, et plus cher encore le doux fardeau suspendu à tes clous sacrés.

 

A sa naissance, on le couche dans une crèche; c'est de là qu'il fait entendre ses vagissements; la Vierge-Mère enveloppe de langes ses membres délicats; les mains et les pieds d'un Dieu sont captifs sous les bandelettes, comme ceux des autres enfants.

 

O Croix, notre espérance, arbre le plus noble de tous; nulle forêt n'a produit ton pareil pour le feuillage, la fleur et le fruit.

 

Après avoir vécu six lustres, le temps de sa vie mortelle approche de son terme; c'est librement qu'il est descendu pour être notre Rédempteur ; et le jour est venu où cet Agneau est élevé sur l'arbre de la Croix, pour y être immolé.

 

Tu nous es cher, ô bois, et plus cher encore le doux fardeau suspendu à tes clous sacrés.

 

C'est là qu'on l'abreuve de fiel dans son agonie; là que les épines, les clous, la lance, déchirent son corps délicat; l'eau et le sang s'épanchent de sa plaie; la terre, la mer, les astres, le monde tout entier, reçoivent ce jet qui les purifie.

 

O Croix, notre espérance, arbre le plus noble de tous; nulle forêt n'a produit ton pareil pour le feuillage, la fleur et le fruit.

 

Arbre auguste, laisse fléchir tes rameaux; soulage, en pliant, les membres tendus de l'Agneau; amollis cette dureté que la nature t'avait donnée, et sois un lit plus doux pour le corps du souverain Roi.

 

Tu nous es cher, ô bois, et plus cher encore le doux fardeau suspendu à tes clous sacrés.

 

Seule tu as été trouvée digne de porter entre tes bras la victime du monde; pour ce monde naufragé, tu as été l'arche qui le ramène au port, toi qui fus inondée du sang divin de l'Agneau.

 

O Croix, notre espérance, arbre le plus noble de tous; nulle forêt n'a produit ton pareil pour le feuillage, la fleur et le fruit.

 

Gloire éternelle à l'heureuse Trinité; honneur égal au Père, au Fils, au Paraclet; louange de la part de tous les êtres à celui qui réunit la Trinité à l'Unité. Amen.

 

Tu nous es cher, ô bois, et plus cher encore le doux fardeau suspendu à tes clous sacrés.

222_001

La Passion de notre Seigneur Jésus-Christ selon saint Jean

 

En ce temps-là, Jésus s'en alla avec ses disciples au delà du torrent de Cédron. Or il y avait là un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples. Judas qui le trahissait connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y venait souvent avec ses disciples. Judas donc ayant pris une cohorte et des gens que les princes des prêtres et les pharisiens lui donnèrent, vint en ce lieu avec des lanternes, des torches et des armes. Jésus donc, sachant ce qui devait arriver, s'avança et leur dit: « Qui cherchez-vous? » Ils lui répondirent: Jésus de Nazareth. Jésus leur dit: « C'est moi ». Or Judas, qui le trahissait, était avec eux. Lors donc qu'il leur eut dit: « C'est moi, ils reculèrent de quelques pas et tombèrent à terre ». Il leur demanda de nouveau: « Qui cherchez-vous? » Ils dirent: « Jésus de Nazareth ». Jésus leur répondit: « Je vous ai dit que c'est moi; si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ». Afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite: « De ceux que vous m'avez donnés, je n'en ai perdu aucun ». Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, et frappa un serviteur du grand-prêtre, et lui coupa l'oreille droite; or ce serviteur avait nom Malchus. Mais Jésus dit à Pierre: « Remets ton épée dans le fourreau. Le calice que mon Père m'a donné, ne le boirai-je donc pas? »

 

Alors la cohorte et le tribun, et les satellites des Juifs, se saisirent de Jésus et le lièrent. Et ils l'emmenèrent d’abord chez Anne, parce qu'il était le beau-père de Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là. Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: Il est expédient qu'un seul homme meure pour le peuple. Simon Pierre suivait Jésus, et aussi un autre disciple; or ce disciple étant connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre. Et comme Pierre se tenait à la porte au dehors, l'autre disciple, qui était connu du grand-prêtre, sortit et parla à la portière, et elle fit entrer Pierre. Cette servante commise à la porte dit donc à Pierre: « Es-tu aussi des disciples de cet homme? » Il répondit: « Je n'en suis point ». Les serviteurs et les gardes, rangés autour d'un brasier, se chauffaient; car il faisait froid. Et Pierre était aussi avec eux, debout et se chauffant.

 

Cependant le grand-prêtre interrogea Jésus touchant ses disciples et sa doctrine. Jésus lui répondit: « J'ai parlé publiquement au monde; j'ai toujours enseigné élans la synagogue et dans le temple, ou tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interrogez-vous? Interrogez ceux qui m'ont entendu, sur ce que je leur ai dit; ceux là savent ce que j'ai dit ». Après qu'il eut dit cela, un des gardes là présent donna un soufflet à Jésus, disant: « Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre »: Jésus lui dit: « Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? » Et Anne l'envoya chez Caïphe le grand-prêtre. Cependant Simon Pierre était debout et se chauffait. Quelques-uns donc lui dirent: « N'es-tu pas aussi de ses disciples? » Il le nia, et dit: « Je n'en suis point ». Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit: « Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin? » Pierre le nia de nouveau ; et aussitôt le coq chanta.

 

Ils amenèrent Jésus de chez Caïphe dans le prétoire. Or c'était le matin, et eux n'entrèrent point dans le prétoire, afin de ne se point souiller, et de pouvoir mander la Pâque. Pilate vint donc à eux dehors, et dit: « Quelle accusation portez-vous contre cet homme? » Ils répondirent: « Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne vous l'aurions point amené ». Pilate leur dit: « Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi ». Les Juifs lui dirent: « Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort »; afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite touchant la mort dont il devait mourir. Pilate donc rentra dans le prétoire, et appela Jésus, et lui dit: « Etes-vous le Roi des Juifs? » Jésus répondit: « Dites-vous cela de vous-même, ou d'autres vous l’ont-ils dit de moi? » Pilate répondit: « Est-ce que je suis Juif? Votre nation et vos prêtres vous ont livré à moi. Qu'avez-vous fait? » Jésus répondit: « Mon royaume n'est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs combattraient pour que je ne fusse point livré aux Juifs: mais maintenant mon royaume n'est pas de ce monde ». Pilate lui dit: « Vous êtes donc Roi ? » Jésus répondit: « Vous le dites, je suis Roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité; quiconque est de la vérité, écoute ma voix ». Pilate lui dit: « Qu'est-ce que la vérité? » Et ayant dit cela, il sortit encore, et alla vers les Juifs, et leur dit: « Je ne trouve en lui aucun crime. La coutume est que je vous délivre un criminel à la fête de Pâque; voulez-vous que je vous délivre le Roi des Juifs? » Alors de nouveau tous s'écrièrent: « Pas celui-ci, mais Barabbas ». Or Barabbas était un voleur.

 

Alors donc Pilate prit Jésus et le fit flageller. Et les soldats ayant tressé une couronne d'épines, la mirent sur sa tête, et le revêtirent d'un manteau de pourpre. Et venant à lui, ils disaient: « Salut, Roi des Juifs! » Et ils lui donnaient des soufflets. Pilate sortit de nouveau, et leur dit: « Voici que je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime ». Jésus donc sortit, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit: « Voilà l'homme ». Les prêtres et les gardes l'ayant vu, crièrent: « Crucifiez-le, crucifiez-le ». Pilate leur dit: « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi je ne trouve point de crime en lui ». Les Juifs répondirent: « Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir parce qu'il s'est fait Fils de Dieu ». Ayant entendu cette parole, Pilate fut plus effrayé. Et entrant dans le prétoire, il dit à Jésus: « D'où êtes-vous? » Jésus ne lui lit pas de réponse. Pilate lui dit donc: « Vous ne me parlez point? Ignorez-vous que j'ai le pouvoir de vous crucifier et le pouvoir de vous délivrer? » Jésus lui répondit: « Vous n'auriez sur moi aucun pouvoir, s'il ne vous était donné d'en haut; et c'est pour cela que le péché de celui qui m'a livré à vous est d'autant plus grand ». Et depuis ce moment, Pilate cherchait à le délivrer. Mais les Juifs criaient, disant: « Si vous le délivrez, vous n'êtes point ami de César; car quiconque se fait Roi, se déclare contre César ». Ayant entendu cette parole, Pilate fit amener Jésus dehors; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé en grec Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha.

 

C’était le jour de la préparation de la Pâque. vers la sixième heure; et Pilate dit aux Juifs: « Voilà votre Roi ». Mais eux criaient: « Otez-le! ôtez-le! crucifiez-le! » Pilate leur dit: « Que je crucifie votre Roi? » Les princes des prêtres répondirent: « Nous n'avons de roi que César ». Alors il le leur livra pour être crucifié. Et ils prirent Jésus et l'emmenèrent. Emportant sa croix, il vint au lieu nommé Calvaire, et en hébreu Golgotha, où ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate écrivit une inscription, et la fit mettre au haut de la croix. Voici ce qu'elle portait: « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ». Beaucoup de Juifs lurent cette inscription parce que le lieu où Jésus était crucifié était près de la ville, et qu'elle était écrite en hébreu, en grec, et en latin. Les pontifes des Juifs dirent donc à Pilate: « N'écrivez point: « Roi des Juifs »; mais bien qu'il a dit: « Je suis le Roi des Juifs ». Pilate répondit: « Ce qui est écrit, est écrit ». Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses habits dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique; et, comme elle était sans couture, d'un seul tissu d'en haut jusqu'en bas, ils se dirent entre eux: « Ne la divisons point, mais tirons au sort à qui elle sera », afin que s'accomplit ce que dit l'Ecriture: « Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort ». Voilà ce que firent les soldats.

 

Debout près de la croix de Jésus, étaient sa mère et la sœur de sa mère, .Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Jésus ayant m sa mère, et debout près d'elle, le disciple qu'il aimait, il dit à sa mère: « Femme, voilà votre fils », là ensuite il dit au disciple: « Voilà ta mère », là depuis cette heure, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus sachant que tout était accompli, afin qu'une parole de l'Ecriture s'accomplit encore, il dit: « J'ai soif ». Il y avait là un vase plein de vinaigre. Ils entourèrent d'hysope une éponge pleine de vinaigre, et la présentèrent à sa Bouche, là Jésus avant pris le vinaigre, dit: « Tout est consommé ». Et baissant la tête, il rendit l'esprit.

 

Or ce jour-là étant celui de la Préparation, afin que les corps ne demeurassent pas en croix durant le sabbat (car ce sabbat était un jour très solennel), les Juifs prièrent Pilate qu'on leur rompit les jambes, et qu'on les enlevât. Il vint donc des soldats qui rompirent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui. Etant venus à Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes; mais un des soldats lui ouvrit le coté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau, là celui qui Se vit en rend. témoignage, et son témoignage est vrai, là il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Ceci advint pour que cette parole de l'Ecriture tut accomplie: Vous ne briserez pas un seul de ses os. Et il est dit encore ailleurs dans l'Ecriture: « Ils verront celui qu'ils ont percé ».

 

Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs, pria Pilate de lui laisser enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et enleva le corps de Jésus. Nicomède, celui qui, autrefois, était venu trouver Jésus de nuit, vint aussi apportant une composition de myrrhe et d'aloès, environ cent livres. Or il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre tout neuf, où personne n'avait encore été mis. Là donc, à cause de la préparation du sabbat des Juifs, et que ce sépulcre était proche, ils mirent Jésus.

394_001__2_

Les Impropères

 

O mon peuple, que t'ai-je fait ?En quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi. Est-ce parce que je t'ai tiré de la terre d'Egypte que tu as dressé une croix pour ton Sauveur ?

 

Dieu saint. Saint et fort. Saint et immortel, ayez pitié de nous.

 

Est-ce parce que, durant quarante ans, j'ai été ton conducteur dans le désert, que je t'y ai nourri de la manne, que je t'ai ensuite introduit dans une terre excellente ; est-ce pour ces services que tu as préparé une croix à ton Sauveur ?

 

Dieu saint. Saint et fort. Saint et immortel, ayez pitié de nous.

 

Qu'ai-je dû faire pour toi, que je n'aie pas fait? Je t'ai plantée comme la plus belle de mes vignes, et tu n'as eu pour moi qu'une amertume extrême; car dans ma soif tu m'as donné du vinaigre à boire, et tu as percé de la lance le côté de ton Sauveur.

 

Dieu saint. Saint et fort. Saint et immortel, ayez pitié de nous.

 

Pour l'amour de toi, j'ai frappé l'Egypte avec ses premiers-nés; toi, tu m'as livré à la mort, après m'avoir flagellé.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Je t'ai tiré de l'Egypte, et j'ai submergé Pharaon dans la mer Rouge: toi, tu m’as livré aux princes des prêtres.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Je t'ai ouvert un passage dans la mer: toi, tu m'as ouvert le liane avec une lance.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

J'ai marché devant toi dans une colonne de nuée: toi. tu m'as meneau prétoire de Pilate.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Je t'ai nourri de la manne dans le désert: j'ai reçu de toi des soufflets et des coups de fouet.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Je t'ai abreuvé de l'eau salutaire sortie du rocher: dans ma soif, tu m'as présente du fiel et du vinaigre.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

A cause de toi j'ai exterminé les rois de Canaan: toi, tu m'as frappe à la tète avec un roseau.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Je t'ai donné le sceptre de la royauté: toi, tu as mis sur ma tête une couronne d'épines.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Je t'ai élevé en déployant une haute puissance: toi, tu m'as attache au gibet de la croix.

 

O mon peuple, que t'ai-je fait? en quoi t'ai-je affligé? Réponds-moi.

 

Nous adorons votre Croix, Seigneur ; nous célébrons et glorifions votre sainte Résurrection;

Car c'est par la Croix que vous avez rempli de joie le monde entier.

Que Dieu ait pitié de nous et qu'il nous bénisse;

Qu'il fasse luire sur nous la lumière de son visage, et qu'il nous envoie sa miséricorde.

178_001

Posté par fmonvoisin à 17:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

02 avril 2010

Semaine Sainte 2010, Vendredi Saint 1/2

547_001__2_

Semaine Sainte 2010

Vendredi Saint

Extrait des révélations de Maria d'Agreda

Duccio_di_Buoninsegna_032

Commencement de la Passion

A l'entrée de la nuit qui suivit le jeudi de la cène, le doux Jésus résolut de commencer sa douleureuse passion. Il sortit donc de la salle où il avait célébré de si grands mystères et parla longuement aux disciples. Il rencontra aussi sa sainte mère, qui était sortie en même temps de sa retraite, il la regarda d'un air joyeux, et lui dit ces seules paroles; ma mère, je serai avec vous dans vos tribulations, accomplissons la volonté du Père éternel et le salut du monde, ensuite il lui donna sa bénédiction et la quitta. Elle se retira de nouveau dans la chambre de la maison du cénacle, parce que le maître se trouvant présent à cette douloureuse séparation, lui avait offert, par l'inspiration divine, la maison et tout ce qu'elle renfermait, pour tout le temps qu'elle resterait à Jérusalem. La sainte Vierge se retira livrée à une douleur que chaque chrétien peut s'imaginer, mais elle ne cessa point d'être présente en esprit à tout ce qui se fit dans cette cruelle nuit, Elle vit lorsque Judas alla vers les prêtres et les pharisiens, et l'apparition du démon en forme visible, pour le détourner de vendre son divin maître. Elle vit Jésus se retirer au jardin de Gethsémani et découvrit sa profonde tristesse; elle connut que toutes les angoisses qu'il eut jusqu'à éprouver des sueurs de sang, provenaient de ce qu'il voyait que toutes ses souffrances seraient non-seulement sans fruit pour les méchants, mais seraient encore par leur malice la cause d'un plus grand châtiment; c'est pourquoi il priait son Père d'éloigner de lui cette amertume sous le nom de calice. Elle connut encore qu'après la prière de Jésus-Christ, le Père éternel envoya l'archange saint Michel pour lui dire de se consoler dans ses peines, car parmi ceux qu'il sauverait par son sang divin, serait Marie sa mère, digne fruit de sa rédemption. Elle vit que trouvant ses disciples endormis, avant de les éveiller, il s'arrêta un peu à les regarder avec compassion et pleura sur leur négligence et leur tiédeur. Non-seulement elle vit ceci et tout ce qui arriva au jardin en détail, mais elle considéra autant qu'il fut possible, chaque action ‘que faisait son divin fils dans sa passion. Elle se retira avec les saintes femmes, lorsque Jésus se retira avec ses trois disciples, elle pria aussi comme Jésus avait prié le Père éternel d'éloigner et de suspendre toute consolation qui pourrait l'empêcher de souffrir avec son fils; et elle demanda que son corps put partager toutes les souffrances qu'il endurerait lui-même. Elle éprouva aussi une profonde tristesse, elle fit la même prière que Jésus fit pour les pécheurs, elle entra en agonie et eut aussi une sueur de sang, l'archange Gabriel fut également envoyé pour la fortifier, comme saint Miche! l'avait été pour Jésus. Lorsqu'elle se retira pour prier, elle prit avec elle les trois Maries, laissant les autres femmes et elle alla aussi les visiter au moment où Jésus visita les apôtres, et les exhorta à être vigilantes contre le démon. Lorsque Jésus dit à ses apôtres : tristis et anima mea usque ad mortem , elle dit aussi aux trois Maries; mon âme est triste, parce que mon fils bien-aimé et mon Seigneur doit souffrir et mourir et que je ne dois pas mourir avec lui. Priez, mes amies, afin de ne pas entrer en tentation. Au milieu de ces tourments, la sainte Vierge non-seulement eut toujours un coeur magnanime, mais encore elle songea au moyen de pouvoir soulager son divin fils, et elle envoya un de ses anges pour essuyer avec des linges qu'elle lui donna le visage de son Dieu agonisant. Lorsque les soldats partirent avec Judas pour arrèter Jésus, la très-sage reine, prévoyant les outrages, les injures et les mauvais traitements, que ces méchants lui feraient souffrir, invita aussitôt les, saints anges afin de compenser avec elle par leurs louanges et leurs adorations tous les affronts qu'ils lui faisaient. Ainsi pour les offenses outrageantes qu'il recevait de ces méchants et pour le baiser que Judas lui donna comme signal pour le trahir, elle offrait à proportion des actes de vénération et de louanges à sa divine majesté et retenait ainsi l'indignation de Dieu, afin qu'il n'engloutît pas ces misérables. Elle pria surtout pour Judas, et à sa considération Dieu envoya à son coeur de fortes et nombreuses inspirations et de grandes grâces afin qu'il rentrât en lui-même. Lorsqu'elle vit que par la vertu de ces puissantes paroles dites à cette troupe maudite : Ego sum, ils étaient tous tombés à terre avec les chevaux, et que les démons étaient abattus et restaient renversés pendant un demi quart d'heure, elle chanta des cantiques de louanges et de victoire au Très-Haut. Il est vrai que par pitié pour ces malheureux, elle pria le Seigneur de leur laisser la vie et de les faire lever. Le Seigneur leur accorda donc le pouvoir d'exercer contre lui toute leur rage, il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous? Ils répondirent, Jésus de Nazareth, il leur dit: C'est moi; et ils se jetèrent sur lui comme des chiens enragés et des bêtes féroces. Lorsque Jésus fut lié, elle ressentit aussi les douleurs des chaînes et des cordes comme si elle eût été liée en effet. Elle éprouva la même chose pour les coups, les mauvais traitements, les soufflets que souffrit le Sauveur, dans son arrestation, et lorsqu'on déchira ses habits et qu'on lui arracha les cheveux. A la fuite des apôtres elle ne s'indigna pas contre eux, mais elle les recommanda instamment au Seigneur, et quoiqu'elle fut affligée de les voir .chancelants dans leur foi, néanmoins elle pria pour eux, et elle offrit au Seigneur tous les devoirs et toute la vénération de l'église entière résumée en elle. Tandis que Jésus accablé de coups était au pouvoir de ses ennemis, la sainte Vierge était dans le Cénacle, Judas croyant par la suggestion de Lucifer son pardon impossible, et tourmenté par l'appréhension du déshonneur qu'il aurait dans le monde pour avoir trahi son maître, fut tellement agité qu'il entra en fureur contre lui-même; il se retira à l'écart et voulut se précipiter d'une des fenêtres les plus élevées du palais du Pontife, mais il en fut empêché. Il sortit de cette maison poussant des cris comme une bête féroce, se mordant les poings, s'arrachant les cheveux et se donnant mille malédictions. Lucifer le voyant en cet état, lui persuada de rendre l'argent aux prêtres, il voulait ainsi empêcher la mort de Jésus-Christ qu'il soupçonnait toujours davantage d'être le Messie à la vue de sa douceur au milieu des outrages. Mais n'ayant pu encore réussir dans son dessein Lucifer augmenta le désespoir de Judas et lui persuada qu'il valait mieux de délivrer en un instant de tant de peines et d'ignominie. Le malheureux apostât y consentit, et sortant de la ville, homicide de lui-même, il se pendit à un arbre. Cette mort affreuse arriva le jour même du vendredi quelques heures avant que Jésus n'expirât. Son corps, resta trois jours suspendu à l'arbre avec les entrailles crevées et quoique les juifs cherchassent plusieurs fois à l'enlever pour l'ensevelir, parce qu'il revenait de cette mort une grande gloire au Sauveur, ils ne purent jamais le faire. Enfin, après trois jours les démons par la permission de Dieu, enlevèrent le cadavre maudit de l'arbre et le transportèrent en enfer où ils avaient conduit son âme. La troupe des soldats envoyée pour arrêter le Seigneur, afin de l'amener ,en sûreté, car ils le prenaient pour un magicien à cause de ses miracles et pensaient qu'il pourrait s'échapper de leurs mains, le lièrent étroitement aux flancs, aux bras, et au cou de deux longues et grosses cordes et d'une pesante, longue et forte chaîne qui avait servi de levier pour fermer et ouvrir une porte de prison et aux extrémités de laquelle ils avaient attaché des me- cottes de fer, dont ils lui attachèrent les mains derrière le dos. L'ayant lié de cette cruelle manière ils partirent du mont des oliviers avec un grand tumulte, les uns tirant les cordes par-devant et les autres par-derrière ils le faisaient tomber à terre, ils exhalaient leur rage contre lui par des coups de pied aux cotés, des coups de poing au visage et à la tête, ils lui déchirèrent les habits, et lui arrachèrent la barbe, ils le tramèrent par les cheveux, et lui enfoncèrent la pointe de leurs bâtons dans les côtés; ils lui donnèrent des coups sur les épaules, et le traînèrent tantôt d'un côté tantôt de l'autre du chemin. Le Seigneur tomba plusieurs fois le visage contre terre avec une grande douleur, car ayant les mains liées derrière le dos il se meurtrissait le divin visage et se couvrait de plaies, et ne pouvant plus se relever, les coups et les mauvais traitements de toute sorte qu'il recevait étaient innombrables, jusqu'à lui marcher dessus, et comme un doux agneau, il supportait ces affreuses cruautés avec une patience admirable. Lucifer était en fureur à la vue de cette résignation et pour en triompher il voulut lui-même prendre les cordes pour le traîner avec une plus grande violence; mais la sainte Vierge, qui voyait tout ceci en esprit, et qui ressentait dans son corps très-pur tous les mauvais traitements, arrêta Lucifer dans son exécrable dessein, et lui enleva les forces afin qu'il ne pût l'exécuter. Ils arrivèrent dans la ville en poussant des cris, des sifflements, des hurlements, comme si on avait arrêté un chef de brigands. Les personnes se mettaient à la fenêtre et à la porte avec des flambeaux, ils l'injuriaient et l'insultaient l'appelant faux prophète, magicien, pervers, méchant et scélérat : et cum iniquis reputatus est. Ils le conduisirent au tribunal d'Anne, pontife, qui le reçut assis sur son siège, Lucifer se plaça à ses côtés, environné d'une multitude innombrable de démons appliqués à irriter ce juge contre Jésus-Christ, afin d'éprouver sa divine patience. Le Sauveur, reçut alors ce cruel soufflet de la main gantée de fer d'un des serviteurs auquel il avait guéri miraculeusement l'oreille au jardin de Gethsémani. Le Seigneur, lui fit cette réponse célèbre en recevant le soufflet: si male locutus sum: testimonium perhibe de malo, qui couvrit ce méchant de confusion, mais ne l'amenda pas. Le coup fut si sanglant qu'il lui enfonça toutes les dents et lui fit couler le sang de la bouche, du nez et des yeux; dans le même instant la mère de Dieu ressentit dans son visage ce coup terrible qui lui fit verser des larmes de sang. En ce moment Jean et Pierre arrivèrent à la maison d'Anne. Après y être entrés Pierre s'approcha du feu dans le vestibule, et la portière l'ayant vu lui demanda s'il était disciple du Nazaréen. Elle fit cette demande avec moquerie et mépris, c'est pourquoi Pierre en éprouva de la honte, et saisi de crainte et de lâcheté, il nia qu'il le fut. Après ce reniement il sortit de la maison d'Anne, mais il suivit ensuite le Seigneur dans la maison de Caïphe où il fut amené avec de grandes railleries. Il fut reçu avec des rires, des insultes et de grandes moqueries, pour lui il priait le Père éternel pour eux, et la divine mère priait avec lui. Caïphe était assis sur son siége magnifique entouré des scribes et des pharisiens assistés de Lucifer, qui désirait toujours mieux s'assurer si Jésus était le Messie, il inspira donc à Caïphe de lui dire: Je t'adjure au nom de Dieu vivant de nous dire ouvertement si in es le Christ fils de Dieu. A la réponse pleine de douceur de Jésus-Christ, Lucifer fut si tourmenté que ne pouvant le supporter, il se précipita au fond de l'abîme. Il en sortit par la permission de Dieu, mais incertain si le Christ avait ainsi parlé pour se délivrer des mains des ses ennemis. Revenu de nouveau dans la salle, il excita les ministres à lui donner des soufflets, des coups de poing, à lui arracher les cheveux, à lui cracher au visage et à le fouler aux pieds. Les anges qui l'adoraient et le louaient étaient confondus des jugements incompréhensibles de la divine sagesse, en voyant que sa divine Majesté consentait à être présentée comme coupable et que le prêtre inique se montrait comme juste et zélé pour l'honneur de Dieu, à qui il prétendait ôter sacrilègement la vie; et l'innocent agneau gardait le silence sans ouvrir la bouche. Dans cette maison, on banda les yeux au Seigneur pal-ce qu'il apparaissait sur son visage une douceur et une splendeur qui causaient une grande peine et confusion à ses ennemis. Ils attribuèrent tout cela à l'art magique, et ils lui couvrirent le visage avec de sales haillons, et lui firent de mauvais traitements et des insultes indicibles, la Vierge mère non-seulement les vit, mais les ressentit tous, dans le même temps et dans les mêmes parties, que les souffrit le rédempteur. Il fut facile à saint Pierre, au milieu de la foule des personnes qui entraient dans la maison de Caïphe, de s'introduire aussi à la faveur de l'obscurité de la nuit. Nais une servante le vit dans la cour et se tournant vers les soldats qui étaient auprès du feu: cet homme, dit-elle, est un de ceux qui allaient dans la compagnie de Jésus de Nazareth; et un de ceux qui étaient là, ajouta: en vérité, tu es réellement Galiléen et un de ceux qui suivaient Jésus. Saint Pierre le nia et jura qu'il n'était pas disciple de Jésus et il quitta le feu et la cour. Mais il ne pouvait pas s'éloigner de la vue de son divin maître, retenu par la compassion pour ses souffrances, il tournoya donc pendant une heure environ, un parent de Malechus le vit et le reconnut; tu es Galiléen lui dit-il, et disciple de Jésus, je t'ai vu avec lui dans le jardin, et de nouveau Pierre jura qu'il ne le connaissait pas, et alors le coq chanta pour la seconde fois, et la prophétie de Jésus-Christ fut accomplie, qu'il le renierait trois fois cette nuit avant que le coq chantât deux fois. Ayant entendu le chant du coq, Pierre se souvint des paroles de Jésus, qui en ce moment, le regarda avec sa grande miséricorde, il sortit aussitôt en versant des larmes, et se retira dans une grotte appelée encore galligante: Chant du coq, il y pleura amèrement pendant trois heures, il rentra en grâce et obtint son par-. don par le moyen de la sainte Vierge. Elle avait vu sa faute de sa retraite et aussitôt elle pria pour lui avec larmes et prosternée à terre; elle lui envoya même un de ses anges pour le consoler, non pas d'une manière visible pal-ce que son péché était trop récent, mais à l'intérieur, sans que Pierre le vit.

passion_g49

La sentence de mort


Après minuit , ceux du conseil arrêtèrent que tandis qu'ils dormiraient, Jésus-Christ resterait ainsi lié dans un lieu souterrain de la maison, qui servait de prison pour les plus grands voleurs et scélérats. Cette prison était si obscure que la lumière y pénétrait à peine, et si sale et puante qu'elle était insupportable pour tous. Ils enfermèrent là le fils de Dieu, le traînant attaché avec les chaînes et les cordes dont ils l'avaient lié au jardin des olives. Il y avait dans un coin de la prison une pierre ou une pointe de rocher, à laquelle ils attachèrent le Seigneur de telle sorte qu'il ne pouvait ni se remuer ni s'asseoir, et l'ayant ainsi lié ils sortirent de ce lieu fétide, en fermèrent la porte et y laissèrent l'un d'eux de garde au-dehors. Les saintes anges entrèrent pour vénérer le Sauveur, et lui demandèrent de vouloir bien leur permettre de le délier, mais le doux Jésus ne le permit pas, pour souffrir davantage, et il les envoya consoler sa mère affligée. Après que ces méchants et ces ivrognes eurent soupé, excités par le démon, ils allèrent le détacher du rocher et le mirent au milieu de la prison, ils voulurent le contraindre à parler et à faire quelque miracle, mais Jésus, la sagesse incarnée ne répondant rien, ils l'accablèrent de coups et de soufflets, et leur rage croissant ils lui bandèrent de nouveau les yeux, avec un dégoûtant chiffon, et le frappèrent avec violence sur le cou et au visage, en lui disant, devine qui t'a frappé. Lucifer irrité de sa patience inspira à ces cruels ivrognes de le mettre entièrement nu et de lui faire de plus grands outrages. Mais la très-pure Vierge qui voyait et contemplait tout empêcha cet odieux outrage, elle pria avec instance le Seigneur de ne pas permettre cette ignominie et sa prière fut exaucée. lIs l'attachèrent donc de nouveau au rocher et sortirent de la prison, les anges entrèrent pour compatir à ses douleurs et l'adorer ; en ce temps là il priait le Père éternel pour ceux qui l'avaient ainsi maltraité. A l'aurore, les princes des prêtres et les scribes s'assemblèrent et le divin agneau fut amené devant eux. C'était un spectacle digne de piété de voir le divin Jésus défiguré, le visage meurtri et couvert de dégoûtants crachats, qu'il n'avait pu enlever ayant les mains liées derrière le dos. En le voyant dans cet état ses ennemis mêmes furent effrayés. Ils lui demandèrent de nouveau à dessein s'il était fils de Dieu, et ayant entendu qu'il l'était, ils le jugèrent digne de mort, et ils résolurent de l'envoyer à Pilate proconsul de l'empereur romain à qui étaient réservées les causes capitales. Le soleil était déjà levé, et la mère affligée résolut de sortir de sa retraite pour suivre son fils si cruellement traité. Lorsqu'elle sortait de la maison avec les Marie et Magdeleine, saint Jean arriva pour l'informer de tout ce qui était arrivé, ne sachant pas qu'elle avait vu tout en esprit. Il demanda d'abord pardon de la lâcheté qu'il avait eue de s'enfuir, et se mit à raconter tout ce qui était arrivé jusqu'alors, l'humble reine n'interrompit point son récit, et écouta tout avec une extrême souffrance. Après qu'il eut fini de parler, ils versèrent tous des larmes, et ils se mirent en marche. La sainte Vierge entendit les divers entretiens de la foule, dans les rues, sur son fils bien-aimé, elle ne s'arrêta jamais, et ne s'indigna point contre ceux qui en parlaient mal, mais elle pria pour eux. Un grand nombre de personnes la re- connurent à son manteau noir et à son cordon pour la mère de Jésus, quelque uns étaient naturellement touchés de compassion pour elle, et d'autres l'injuriaient à pause de la mauvaise éducation donnée à son fils. Mais voilà qu'ils aperçoivent un grand tumulte, et qu'ils entendent un grand bruit, et tout-à-coup elle voit au milieu de cette canaille son divin fils, elle se jeta à terre et l'adora profondément. Ils se jetèrent l'un à l'autre un douloureux regard qui pénétra leurs coeurs d'une douleur inexprimable, ils se parlèrent seulement dans l'intérieur de leur âme. On le traînait vers Pilate, et la mère affligée versant des larmes le suivait avec les saintes femmes en disant : mon fils, mon bien-aimé fils. Ils arrivèrent enfin en présence de Pilate qui quoique païen eut égard aux lois cerémonielles des juifs, qui leur défendaient d'entrer dans le prétoire, il sortit donc pour interroger le prétendu coupable. La mère affligée était toujours présente avec saint Jean et les saintes femmes, les anges les avaient amenés dans un lieu d'où elles pouvaient voir tout et entendre ce qui se disait. La sainte Vierge couverte de son manteau noir versait des larmes de sang par la violence de sa douleur; elle ressentait en elle-même toutes les souffrances que souffrait son divin fils. Elle pria le Père éternel afin que Pilate connut clairement l'innocence de Jésus, il la connut en effet, mais il ne correspondit pas à la grâce qu'il avait reçue par le moyen de la mère de miséricorde. Il s'efforça néanmoins de ne pas condamner un innocent, en l'envoyant à Hérode, fils de cet Hérode qui avait fait massacrer les saints innocents qui était venu à la fête des azymes, lorsqu'il apprit que Jésus était né dans son royaume. A cette occasion ils oublièrent même quelques différends, et devinrent amis. Il est impossible de dire les souffrances et les douleurs que souffrit Jésus dans ce trajet de Pilate à Hérode, de la part de ces bourreaux excités par Lucifer, qui voulait s'assurer toujours davantage par la grandeur de la patience de Jésus, s'il était le Messie. Sa mère affligée, suivit derrière la masse de la populace, toute occupée de son divin fils. La grande reine n'entra pas dans la maison d'Hérode, mais elle vit tout ce qui s'y fit, et entendit toutes les demandes d'Hérode. Lorsqu'il en sortit revêtu de l'habit des insensés, elle comprit toute la grandeur de cette injure et l'adora profondément comme la sagesse infinie. Elle le suivit avec la même constance, lorsqu'il fut ramené chez Pilate; plusieurs fois à cause de la foule, et par la violence avec laquelle on le traînait, embarrassé par sa longue tunique, Jésus tomba par terre; en tombant les veines s'ouvrirent par la manière dont ils le traînaient cruellement, et aussi par les coups et les mauvais traitements' qu'il recevait, ne pouvant se relever, parce qu'il avait les mains enchaînées et attachées derrière le dos. Alors la prudente et tendre mère ordonna aux saints anges, non-seulement de recueillir ces gouttes de sang très-précieux, qui tombaient à terre, afin qu'elles ne fussent pas profanées et foulées aux pieds, mais elle leur commanda aussi de soutenir leur Créateur, lorsqu'il serait exposé à tomber. . Mais elle ne voulut pas donner cet ordre aux anges avant d'en avoir obtenu la permission du Seigneur, qu'elle pria de condescendre en cela, aux humbles prières de sa mère affligée. Jésus fut ramené devant Pilate, qui voyant son innocence, et l'envie et la haine des juifs, essaya de le délivrer. Il parla seul avec Jésus, il dit aussi en secret à quelques-uns des chefs de la synagogue, qu'il y avait dans la prison un scélérat infâme, condamné par le peuple, qu'ils devaient donc demander qu'on délivrât le Nazaréen et non Barrabas, c'était le nom de l'homicide et du meurtrier. Cette coutume de délivrer un criminel à la fête de Pâques avait été introduite chez les Juifs, en souvenir de la délivrance d'Egypte. La mère affligée était présente dans la maison de Pilate, à tout ce qu'il fit pour délivrer son fils. Elle vit aussi l'ambassade de la femme de Pilate nommé Procule à son mari et elle vit que c'était une suggestion de Lucifer. pour empêcher la rédemption. La divine Marie était de toute part transpercée d'un glaive de douleur, mais elle le fut plus cruellement lorsqu'elle entendit que Barrabas était préféré à son divin fils. Le moyen tenté par Pilate pour délivrer le Seigneur, n'ayant pas réussi, il pensa à un moyen d'habilité toute humaine, ce fut de le faire flageller pour apaiser ainsi la haine des juifs, et comme suffisamment châtié ensuite de le délivrer. Mais il jugea contre toute justice, car il avait bien reconnu l'innocence de Jésus. Pour exécuter cette flagellation, on choisit six jeunes hommes robustes des plus inhumains et des plus barbares. ils l'amenèrent dans une cour, où était une colonne, et lui enlevèrent les cordes, les chaînes et les menottes, ils lui ôtèrent d'abord le manteau blanc, ensuite ils le dépouillèrent de sa robe sans couture et son corps fut tout nu, excepté une espèce de caleçon, qu'ils voulaient même lui ôter, mais la grande reine l'empêcha, en priant le Père éternel de ne pas le permettre. La flagellation commença sous les yeux de la mère affligée, ils le lièrent si étroitement à la colonne avec des petites cordes, qu'elles lui entrèrent dans la chair et que ses divines mains se gonflèrent. Ensuite ils se mirent à le flageller deux à deux, les uns après les autres, avec une cruauté si inouïe que la férocité humaine n'en était pas capable, si Lucifer lui-même ne se fut comme incorporé dans le coeur de ses bourreaux impitoyables. Les deux premiers flagellèrent l'innocent Jésus avec des cordes tordues, dures et grosses en y employant toute la fureur de la rage et toutes leurs forces. Ces premiers coups de fouets firent sur son corps divin si délicat de grandes et livides meurtrissures, il se fendit de toutes par en se gonflant, et le sang était sur le point de couler à travers les blessures. Les deux premiers bourreaux étant épuisés de fatigue, les deux seconds se mirent à leur place, ils le frappèrent avec des courroies de cuir très-dures sur les premières blessures et firent crever les meurtrissures livides et gonflées qu'avaient fait les premiers, de sorte que le sang divin en sortit, et non-seulement il couvrit le corps sacré d Jésus-Christ, mais encore il baigna les vêtements des sacrilèges bourreaux et découla jusqu'à terre, ces seconds étant hors d'haleine, les troisièmes les remplacèrent et se servirent de nouveaux instruments qui étaient des nerfs d'animaux très-durs, semblables à des verges sèches. Ils flagellèrent le Sauveur avec une cruauté plus grande encore, parce qu'ils frappaient sur les blessures faites par les deux premiers et les seconds; mais comme les veines de son corps divin avaient déjà été rompues et qu'il n'était plus qu'une seule plaie, ces troisièmes bourreaux ne pouvaient plus faire de nouvelles plaies dans aucune partie du corps, c'est pourquoi en redoublant leurs, coups terribles ils arrachèrent la chaire divine et immaculée, de sorte qu'il en tomba des morceaux à terre et les os furent mis à découvert en diverse parties des épaules. Pour satisfaire encore mieux leur férocité inouïe ils le flagellèrent au visage, aux jambes, aux pieds et aux mains, sans épargner une seule partie. Le sang divin se répandit à flots sur la terre. Son divin visage et tout meurtri, déchiré et si couvert de sang et d'horribles crachats qu'on ne pouvait plus le reconnaître. De même la mère des douleurs, dans un coin de la cour, avec la sainte suite qui l'accompagnait dans ses douleurs, ressentait dans son âme et dans son corps virginal tous les coups mot tels qu'endurait son divin fils, et elle fut si affligée que saint Jean et les Maries ne reconnaissaient plus les traits de son visage, parce que sa douleur et ses souffrances étaient sans mesure, à cause de sa grande foi et la parfaite connaissance qu'elle avait de l'incomparable dignité de son divin fils. Elle seule sut apprécier, mieux que toutes les créatures, l'innocence de Jésus-Christ, la dignité de sa divine personne, l'énormité des injures qu'il recevait et les tourments indicibles qu'il supportait. Cependant dans le désir de le voir mourir sur la croix, ils le délièrent et il tomba par terre baigné dans son sang. Ils lui ordonnèrent de se vêtir, un de ces méchants lui avait caché sa tunique sans couture, et le voyant ainsi nu et couvert seulement de plaies et de sang, ils l'injurièrent et le couvrirent de railleries. En ce temps, ils allèrent dire à Pilate que prétendant devenir roi des juifs, il était juste de le couronner d'épines. Ayant obtenu cette injuste permission de Pilate, ils lui mirent sur les épaules des haillons de pourpre et un roseau à la main en guise de sceptre, et enfin ils enfoncèrent violemment sur sa tête divine une couronne d'épines pour servir de diadème. Elle était composée de joncs marins, très-épineux, avec des pointes fines et dures et ils la lui placèrent de manière que les épines en grand nombre pénétrèrent les os de la tête, d'autres arrivèrent jusqu'aux oreilles et d'autres encore jusqu'aux yeux. Après cette douloureuse et cruelle ignominie, ils adorèrent comme un roi de théâtre, celui qui par nature et à toute sorte de titres, était le véritable roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Tous les soldats de la cohorte se rassemblèrent aussitôt en présence des prêtres et des pharisiens et ayant mis au milieu d'eux l'aimable Jésus, ils le chargèrent de blasphèmes avec des railleries indicibles, les uns se mettaient à genoux devant lui et lui disaient par moquerie Je vous salue roi des juifs. D'autres lui donnaient de sanglants soufflets, et d'autres lui frappaient la tête avec le roseau, quelques uns couvraient son divin visage de dégoûtants crachats et tous l'accablaient d'injures, et d'outrages de toutes sortes inspirés par le démon. Pilate pensa que le coeur de ce peuple ingrat et furieux, serait attendri à un spectacle si douloureux, c'est pourquoi il le fit montrer au public d'une grande fenêtre, en disant Voilà l'homme; qu'avez-Vous sujet de craindre qu'il se fasse roi, puisqu'il ne ressemble plus à un homme et qu'on ne trouve rien en lui qui soit digne de mort, Mais le peuple en fureur, cria : Crucifiez-le! Crucifiez-le! La mère des douleurs en voyant son fils réduit à un semblable état, se mettant à genoux, l'adora, et le reconnut pour vrai Dieu et vrai homme; saint Jean, les saintes femmes et tous les anges qui assistaient la grande reine en firent autant. La grande reine pria le Père éternel de faire connaître plus clairement à Pilate l'innocence de Jésus, c'est pourquoi Pilate prit Jésus à part, et lui fit les interrogations rapportées par les évangélistes, aussi il le montrait au peuple en répétant que Jésus était innocent. Les juifs s'aperçurent du désir de Pilate de délivrer Jésus, ils crièrent donc à Pilate, en faisant un grand bruit et en le menaçant, s'il ne condamnait pas Jésus à mort, Pilate alors se troubla beaucoup et vaincu parla crainte, il s'assit sur son tribunal vers l'heure de midi, la veille de la Pâque des juifs, il se lava d'abord les mains, croyant aveuglement se purifier ainsi de l'injustice qu'il commettait et il prononça enfin la sentence de mort contre l'auteur de la vie. La mère affligée vit et entendit tout et la cruelle amertume de son coeur accablé de tristesse et d'affliction se renouvela, et le glaive tic douleur divisa, pénétra et transperça, sans aucune pitié son âme. Mais comme la grandeur des douleurs que ressentit la très-sainte Vierge surpassent tout ce que l'intelligence humaine peut comprendre, il faut le laisser à la piété chrétienne. De même il est impossible de rapporter tous les actes intérieurs héroïques d'adoration, de louanges, de vénération, d'amour, de compassion, de douleur et de conformité à la divine volonté qu'elle fit.

thorns3

Prions

Regardez, Seigneur, nous Vous en prions, la famille qui Vous appartient: c'est pour elle que Jésus, le Christ, notre Seigneur, ne refusa pas d'être livré aux mains des méchants ni de subir le supplice de la Croix. Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


Semaine Sainte 2010, Vendredi Saint 2/2

977_001

Semaine Sainte 2010

 

Vendredi Saint

Textes extrait des révélations de Maria d'Agreda

Jesus_Under_Cross

Jésus monte au Calvaire, sa mort


 

L'injuste sentence étant pr6noncée, ils amenèrent Jésus de Nazareth un peu à l'écart, et le dépouillèrent des ignominieux haillons de pourpre pour le revêtir de ses propres habits, avec la couronne d'épines, afin qu'on le reconnût. La ville était remplie de monde, à cause du concours d'étrangers venus à la grande fête de Pâques, ils accoururent donc tous pour voir ce qui se passait et ils remplirent les rues jusqu'au palais de Pilate. Jésus apparut au milieu de tout ce peuple, à la vue d'un si pitoyable spectacle, il s'éleva un bruit comme un murmure confus, ou l'on ne distinguait que la joie insolente et les injures des princes des prêtres et des pharisiens. Le reste de la multitude était divisé en sentiments et en opinions diverses et tout était plein de confusion suivant les pensées de chacun. Il y en avait dans la foule plusieurs qui avaient été guéris par les miracles de Jésus, d'autres qui avaient entendu sa doctrine et l'avaient embrassée, et ils le plaignaient amèrement, d'autres gardaient le silence, on ne voyait donc que confusion. Des onze apôtres, saint Jean seulement était présent, lorsqu'il vit son bien-aimé Seigneur et son maître, amené publiquement pour être crucifié, son coeur fut transpercé d'une si cruelle douleur qu'il perdit connaissance et resta sans mouvement et sans pouls comme s'il eût été privé de vie, et les autres Maries eurent aussi une défaillance semblable à la mort. La reine des vertus fut invincible et conserva toujours un coeur magnanime dans sa plus grande douleur, elle ne s'évanouit jamais et n'eut aucune défaillance comme les autres. Elle fut en tout forte, admirable et prudente dans toutes ses actions extérieures, elle agit avec tant de sagesse que sans faire entendre aucune plainte ni pousser aucun cri elle ranima les Maries et saint Jean et elle pria, le Seigneur de les fortifier, par sa divine vertu, et par l'efficacité de ses saintes prières, ils reprirent de nouvelles forces. Au milieu de cette confusion et dans son immense douleur, elle ne fit jamais une action ni un mouvement où ne respirât la modestie, mais avec la sérénité d'une reine elle répandait des larmes continuelles, et était attentive au divin Jésus, elle priait le Père, éternel, lui offrait les souffrances et la passion de son fils et elle imitait les actes intérieurs que faisait le sauveur. Elle considérait la grande malice du péché, pénétrait les mystères de la rédemption et invitait les anges à louer et à adorer le Très-Haut, elle priait aussi pour les amis, pour les ennemis. Son amour s'élevait à son plus haut degré et elle éprouvait une douleur qui correspondait à son amour, c'est pourquoi elle pratiquait en mène temps toutes les vertus à la grande admiration des esprits célestes et l'extrême complaisance de. la très-sainte Trinité. En présence d'une foule immense, les bourreaux présentèrent la croix à Jésus et la mirent sur ses délicates toutes couvertes de plaies , et afin qu'il pût la porter ils lui délièrent les mains, mais non le reste du corps. Ils lui mirent la chaîne autour du cou et lui lièrent le corps avec de longues cordes, et avec une ils le tiraient par devant et avec l'autre par derrière. La croix était d'un bois très-pesant et longue de quinze pieds. Le héraut avec une trompette marcha au-devant pour lire la sentence, et toute cette multitude de peuple confuse et bruyante, les bourreaux et les soldats, se mirent en mouvement avec des railleries, des rires, des cris et un grand bruit, dans un désordre effroyable, pour aller à travers les rues de Jérusalem, du palais de Pilate au mont du Calvaire. Notre-Seigneur commença le douloureux voyage au milieu de mille injures, plusieurs fois il tomba par terre parce que les uns le tiraient par-devant et les autres par-derrière, et aussi à cause de la charge pesante de la croix. Dans ses diverses chutes à terre le rédempteur se fit de nouvelles et nombreuses plaies qui lui causèrent une immense douleur, mais surtout celles des deux genoux. Le poids si lourd de la croix lui fit encore une grande plaie à l'épaule sur laquelle elle s'appuyait, et en le secouant et en le tirant avec violence il heurtait fréquemment la tête contre la croix et chaque coup faisait pénétrer plus profondément les épines dans le crâne, ce qui faisait éprouver une insupportable et nouvelle douleur au rédempteur. Toute la foi, la science et l'amour se trouvaient pour ainsi dire renfermés en ce triste moment dans le grand coeur de la divine mère, c'est pourquoi elle seule avait une véritable connaissance et faisait une appréciation juste et digne des grandes souffrances et de la mort d'un Dieu fait homme pour les hommes, Sans jamais cesser de prêter l'attention nécessaire à ce qu'il fallait faire extérieurement, elle contemplait et pénétrait avec sa sagesse profonde tous les mystères de la rédemption du monde et la manière dont elle s'accomplissait, par l'ignorance des hommes qui étaient rachetés, Elle appréciait d'une manière digne, quel était celui qui souffrait, ce qu'il souffrait, de qui et pour qui il souffrait, de sorte qu'elle eut après son divin fils la science la plus sublime de la dignité, de la personne de Jésus-Christ, en qui se trouvait réunies les deux natures divine et humaine, ainsi que des perfections et des attributs de chacune d'elle. Elle seule entre les pures créatures parvint à apprécier et à estimer la sainte passion et l'ignominieuse mort de son Dieu fait homme; et non-seulement la douce colombe vit comme témoin oculaire de tout ce qu'il souffrit, mais encore elle le connut par sa propre expérience dans son coeur très-pur. Il arrivait quelquefois que la mère des douleurs ne voyait pas souffrir son fils bien-aimé dans quelque rue qui conduisait au Calvaire, mais elle ressentait dans son corps virginal et dans son esprit tous les tourments de son fils, et elle s'écriait: Ah! mon fils, quel martyre souffre mon fils. Elle fut si admirable dans sa constance à souffrir avec son divin fils, qu'elle en fit son unique modèle et jamais l'amoureuse mère ne se permit aucune sorte de soulagement pendant toute la cruelle passion, non-seulement clans son corps car dans ce temps elle ne reposa point, ne dormit ne mangea ni ne but, mais même dans son esprit, suspendant toutes les considérations qui pouvaient adoucir ses douleurs, excepté lorsque le Très-Haut lui communiquait une influence divine pour lui conserver la vie. Le Très-Haut opéra un autre mystère secret contre Lucifer par le moyen de sa divine mère. Le dragon infernal et ses ministres considéraient avec attention tout ce qui se passait dans la passion, et ils ne pouvaient encore s'assurer de la vérité, mais lorsque le Seigneur reçut la croix, ces ennemis insensés sentirent min nouvel accablement dans leurs, forces, et ne comprenant la cause de cette oppression, ils en furent étonnés, et ils furent saisis d'une tristesse mêlée de rage. Lorsque le prince des ténèbres éprouva ces effets tout nouveaux, il jugea que la passion et la mort de Jésus- Christ le menaçaient d'une ruine irréparable et que son empire allait être détruit. Pour ne pas attendre cet évènement en présence de Jésus-Christ, il résolut de s'enfuir avec tous ses compagnons, et de se réfugier dans les cavernes infernales. Mais tandis qu'il formait ce dessein, il fut retenu par le pouvoir de notre grande reine, car le Très-Haut en ce moment l'éclaira de sa lumière et l'investit de sa puissance, en lui faisant connaître ce qu'elle devait faire, Alors la divine mère se tourna vers l'orgueilleux Lucifer et toutes ses légions, et les arrêta avec un empire de reine afin qu'ils ne s'enfuissent pas; et leur ordonna d'attendre la fin de toute la passion de son divin fils et d'être présents à ce qui arriverait sur le mont de Calvaire. Les esprits rebelles ne purent résister au commandement de la puissante reine, parce qu'ils reconnurent la vertu divine qui opérait sur elle, c'est pourquoi dociles à ses ordres ils accompagnaient Jésus. Christ comme vaincus et enchaînés jusqu'au Calvaire, où l'éternelle sagesse avait résolu de triompher de l'enfer du trime de la croix. Cependant les bourreaux traînaient notre Sauveur avec une cruauté et des outrages incroyables, les uns le tiraient en avant par les cordes pour le faire marcher plus vite, et les autres pour le faire souffrir le tiraient en arrière afin d'augmenter ses peines. Ces violences si cruelles et le poids si pesant de la croix le faisaient tomber à terre, et dans la chute qu'il faisait en tombant sur les pierres il se faisait des larges plaies. Il recevait de continuelles injures et de railleries, ils jetaient sur sa divine face des crachats et de la boue, d'une si horrible manière qu'ils lui couvraient les yeux, et un grand nombre de personnes se voilaient la face de leurs mains parce qu'elles en étaient saisies de confusion. La mère affligée voyait tout cela et adorait continuellement son divin fils portant la divine croix, elle priait intérieurement avec humilité que puisqu elle ne pouvait le soulager du poids si pesant de la croix, et qu'il ne voulait pas permettre que les anges le fissent, comme elle le désirait dans sa grande compassion envers lui, il daignât au moins par sa puissance, inspirer à ces bourreaux de lui chercher quelqu'un pour l'aider à la porter. Le divin fils exauça cette prière, c'est pourquoi il advint que le voyant épuisé et craignant qu'il ne mourût avant qu'ils le crucifiassent, ils forcèrent Simon de Cyrène à l'aider à porter la croix. Il y avait parmi la foule qui suivait le Seigneur, plusieurs femmes de Jérusalem, qui s'affligeaient et pleuraient amèrement comme le raconte l'évangéliste. Le Seigneur se tourna vers elles, et leur dit; filles de Jérusalem ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants, et le reste comme il est rapporté par saint Luc. Le Cyrénien prit la croix et suivit Jésus qui marchait entre deux voleurs, afin que tout le monde crût qu'il était un malfaiteur et un scélérat comme les autres. La mère affligée se trouvait très-rapprochée de son divin fils, comme elle l'avait désiré, quelle fut la grandeur ,de la douleur et la peine extrême de cette sainte mère, en voyant si près d'elle son fils bien-aimé si cruellement maltraité, et qu'elle fut celle du fils, en voyant sa mère dans les douleurs de la mort, il faut le laisser à ht pieuse considération des fidèles. Le nouvel Isaac arriva au mont du sacrifice accablé de lassitude et épuisé, couvert dû sang et de plaies, et si défiguré qu'il était impossible reconnaître. La divine mère parvint aussi au Calvaire, et voyant que les bourreaux se disposaient à le dépouiller, elle se mit à genoux et l'offrit au Père éternel pour le salut du monde. Ensuite elle remarqua qu'on avait donné selon la coutume aux deux larrons un vin généreux et aromatisé pour les fortifier, mais qu'ils voulaient donner à son fils un breuvage de fiel, elle pria intérieurement le divin Jésus de ne pas martyriser sa sainte bouche et de ne point le prendre, le divin fils écouta cette amoureuse prière de sa mère, il goûta l'amère boisson, mais il ne la but point. C'était déjà l'heure de la fête, c'est-à-dire midi, toutes les douleurs du rédempteur lui furent renouvelées, ils lui arrachèrent de vive force la robe sans couture qui était collée aux plaies; en la tirant par la tête sans ôter la couronne d'épines, ils enlevèrent, par la violence qu'ils y mirent cette couronne avec la tunique sans couture, renouvelant ainsi les blessures de sa tête sacrée, avec une cruauté inouïe et une douleur incompréhensible. ils lui remirent de nouveau cette couronne avec violence, de sorte que la mère affligée vît son divin fils qui n'était plus qu'une plaie, et si elle ne mourut pas d'affliction et de douleur, ce fut par un miracle de la toute-puissance de Dieu. Tandis que les bourreaux se préparaient à le crucifier, il pria le Père éternel pour le genre humain et pour ceux qui le crucifiaient, et sa miséricordieuse mère unit sa prière à la sienne. Lorsque les bourreaux firent les trous à la croix pour les clous, l'amoureuse mère put alors s'approcher, elle prit son bras languissant et baisa sa divine Main, elle l'adora avec une grande vénération, et l'agonisant Jésus fut un peu consolé et fortifié de la beauté de cette grande âme. ils le poussèrent violemment et le firent tomber sur la croix, alors élevant les yeux au ciel, il étendit les bras et mit sa main droite sur le trou, il s'offrit de nouveau au Père éternel, alors avec une cruauté inouïe ils clouèrent cette main toute-puissante avec un clou angulaire et très-gros, qui brisa les veines et rompit les nerfs. Le bras gauche ne put atteindre au trou, parce que les nerfs s'étaient retirés et parce qu'ils l'avaient fait à dessein plus distant qu'il ne fallait, alors ils prirent la chaîne qu'il avait portée à son cou, et mettant son poignet à la menotte qui était à l'un des bouts, ils tirèrent le bras avec une cruauté inouïe et le clouèrent, le sang se répandait en abondance avec une souffrance incroyable du fils et de la mère qui était là présente. ils passèrent ensuite aux pieds, et les plaçant l'un sur l'autre, ils les lièrent avec la même chaîne, et tirant avec une grande violence et cruauté, ils les clouèrent ensemble avec un troisième clou un peu plus fort que les autres. Le sacré corps fut ainsi cloué sur la divine croix, mais dans un tel état qu'on pouvait lui compter les os, qui étaient entièrement disloqués et qui étaient sortis de leur place. Ceux de la poitrine, des épaules et des cuisses furent déboîtés et entièrement déjoints par la cruelle violence des bourreaux. Considérons ici maintenant le coeur si accablé de la pauvre mère, et son corps virginal environné de douleurs de touts parts. Ah! ma grande reine sans consolation. Après que le Seigneur qui n'était plus qu'une plaie eut été crucifié, afin que les clous ne se détachassent point et que le corps divin ne tombât à terre, ces monstres de cruauté jugèrent bon de les river par derrière. Ils commencèrent donc par élever la croix pour la renverser sens dessus-dessous, et appuyer ainsi contre la terre Jésus crucifié. Cette nouvelle cruauté fit frémir tous les assistants, et il s'éleva un grand bruit dans la foule touchée de compassion. La mère affligée recourut au Père éternel pour cette inconcevable cruauté, afin qu'il ne permît qu'elle se fit selon l'intention des bourreaux, et elle commanda aux anges de venir au secours de leur créateur. Dès qu'ils eurent fini, ils élevèrent la croix et la firent tomber dans le trou creusé à cet effet, mais ces monstres soutinrent le corps avec leurs lances et lui firent de profondes blessures sous les bras, en enfonçant le fer dans la chair pour aider à dresser la croix. A ce spectacle si cruel, le peuple redoubla ses cris et le bruit et la confusion augmentèrent, de sorte que le coeur de la pauvre mère était entièrement accablé de douleur. Les juifs le blasphémaient, les dévots le pleuraient, les étrangers étaient confondus d'étonnement, et quelques uns n'osaient pas le regarder par l'horreur qu'ils en éprouvaient,, et le corps sacré répandait son sang en abondance par les blessures qui avaient été faites et les plaies qui avaient été renouvelées. Ils crucifièrent également les deux voleurs, et ils dressèrent leurs croix l'une à droite l'autre à gauche, ils le placèrent au milieu, afin qu'il fut considéré comme le chef et le plus grand des scélérats. Les pontifes et les pharisiens branlaient la tête avec des gestes de mépris, ils l'insultaient et lui jetaient de la poussière et des pierres , en disant; toi qui détruis le temple de Dieu et le rebâtis en trois jours, sauve- toi toi-même. Les deux voleurs l'injuriaient aussi et lui disaient; si tu es le fils de Dieu, sauve-toi toi-même et nous aussi. Cependant la sainte Vierge à genoux adorait son divin fils, elle pria le Père éternel de faire éclater l'innocence de Jésus-Christ. Sa prière fut exaucée la terre trembla, le soleil s'éclipsa, la lune s'obscurcit et les éléments furent dans la confusion, les montagnes se, fendirent ainsi que le voile du temple, les tombeaux s'ouvrirent ‘et les bourreaux se retirèrent contrits, gémissants et convertis, parce que Jésus en agonie, proféra ces paroles qui renferment l'excès de la charité : Mon père, pardonnez leur, car ils ne savent ce qu'ils font. L'un des voleurs appelé Dismas, entendant ces paroles, et la sainte Vierge près de laquelle il était intercédant en même temps pour lui, il fut éclairé intérieurement et par cette divine lumière, il fut touché de contrition pour ses péchés, il reprit son compagnon et défendit l'honneur de Jésus-Christ, il se recommanda au Sauveur et le paradis lui fut promis. Le bon larron ayant été justifié, Jésus jeta un regard plein de tendresse sur sa mère, et proféra la troisième parole : femme voilà votre fils, en lui montrant saint Jean, et il dit à celui-ci : voilà votre mère. Il était près de trois heures et il adressa à son père la quatrième parole: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonné, s'affligeant de ce que la divinité avait suspendu les divines influences à sa sainte humanité, et aussi parce qu'il voyait un grand nombre de méchants, qui quoique devenus ses membres, et malgré son sang versé avec une si surabondante profusion, devaient se séparer de son corps divin et se damner. C'est pourquoi il proféra la cinquième parole : j'ai soif. Il avait soif de voir tous les hommes correspondre au salut par la foi et la charité qu'ils lui devaient. Mais les méchants lui présentèrent à l'extrémité d'un roseau une éponge trempée de fiel et de vinaigre. A la prière de la sainte Vierge, il refusa pour ne pas martyriser sa sainte bouche. Il prononça la sixième parole : Consummatum est, pour annoncer que la grande oeuvre de la rédemption du monde était accomplie. Enfin il ajouta; mon père, je remets mon. âme entre vos mains, il prononça ces divines paroles d'une voix forte èt sonore, en élevant au ciel ses yeux pleins de sang, et inclinant sa tête divine, il expira. Si la divine mère n'expira pas aussi ce fut par un miracle de la toute-puissance de Dieu. Lucifer et tous les siens par la vertu de ces dernières paroles fut vaincu et précipité dans l'enfer, et son empire fut détruit. La sainte Vierge demeura au pied de la croix jusqu'à la fin du jour, où l'on ensevelit le corps du rédempteur. Et en récompense de cette dernière douleur la très-pure mère fut toute spiritualisée dans le peu de l'être terrestre, que son corps virginal avait encore. Chaque père de famille fait son testament avant de mourir, ainsi Jésus-Christ avant de prononcer les sept paroles fit son testament sur la croix concerté avec le Père éternel, il resta scellé et caché pour les hommes, il ne fut ouvert qu'à la divine mère comme coadjutrice de la rédemption. il la déclara héritière, et exécutrice testamentaire pour accomplir sa divine volonté, et tout fut remis dans ses mains par le divin maître, comme le Père avait tout remis dans celles du fils. Ainsi notre grande reine dut distribuer les trésors dus à son fils parce qu'il est Dieu, et acquis par ses mérites infinis. Elle fut déclarée donc la dépositaire de toutes les richesses, dont son fils, notre rédempteur nous cède les droits auprès du Père éternel, afin que les secours, les grâces, et les faveurs soient accordés par la sainte Vierge et qu'elle les distribue de ses mains miséricordieuses et libérales.

Friday

Triomphe de Notre Seigneur sur la Croix contre la mort et contre l'Enfer

 

Dans tout le cours de la vie divine de Jésus-Christ notre souverain bien, la divine providence ne permit jamais que les démons le reconnussent pour Dieu et rédempteur du monde, et en conséquence ils ne connurent jamais la sublime dignité de la très-sainte Vierge. Lucifer resta toujours dans son aveuglement, car tantôt il jugeait qu'il était Dieu à l'éclat de ses miracles, ensuite il cessait de le croire en le voyant si pauvre et si humble. Il fut enfin entièrement convaincu au triomphe glorieux de la divine croix. Au moment que Notre-Seigneur embrassa la croix bien-aimée, Lucifer, avec les siens, se sentit affaibli, comme privé de sa force, vaincu et lié, et l'extrémité des chaînes fut placée entre les mains de la divine mère, afin que par la vertu de son divin fils elle les tint assujettis et enchaînés. Ils firent tous leurs efforts pour s'enfuir et se précipiter dans l'abîme, mais ils furent contraints et forcés par la grande reine, à la grande honte de l'orgueilleux et superbe Lucifer, de voir la fin de tous ces mystères. Lucifer donc et toutes les légions infernales étaient accablés d'un tourment insupportable par la présence de Jésus-Christ, et ils étaient forcés par la mère à leur grand chagrin et à contre-coeur de ne pas cesser de se tenir autour de la croix. Lorsque Jésus-Christ commença à parler sur la croix, il voulut que les démons l'entendissent, qu'ils pénétrassent le sens des paroles et comprissent tous les profonds mystères qu'elles renfermaient. En l'entendant recommander à son Père ses ennemis, ils reconnurent clairement qu'il était le véritable Messie, c'est pourquoi ils éprouvèrent une grande rage de la force de ces paroles pleines d'une charité infinie, et ils voulaient se précipiter dans les abîmes, mais ils furent arrêtés par le commandement de la puissante reine. Lorsqu'ils l'entendirent promettre le paradis au bon larron, ils comprirent le fruit de la rédemption, Lucifer en devint furieux, et il en vint à humilier son grand orgueil aux pieds de la grande reine pour lui demander de le chasser de sa présence et le précipiter avec les siens dans l'enfer, mais cela ne leur fut pas permis pour leur plus grand supplice et plus cruel tourment. Lorsqu'il recommanda sa mère à saint Jean, en l'appelant femme ils connurent qu'elle était véritablement cette grande femme qu'ils avaient vue dans le ciel après leur création et qu'elle était celle qui devait écraser la tête de Lucifer, comme il en avait été menacé dans le paradis terrestre. A la quatrième parole qui témoigne de son abandon, ils connurent la charité incompréhensible de Jésus qui se plaignait à son Père, non pas de ce qu'il souffrait , mais parce qu'il désirait souffrir encore davantage pour le genre humain. Ils entrèrent dans une plus grande rage lorsqu'ils entendirent, J'ai soif parce qu'ils virent bien qu'il n'avait pas soif dans son corps, mais dans son âme, à cause de l'ardente charité dont il était enflammé pour notre salut éternel. Lorsqu'ils entendirent la sixième parole mystérieuse, tout est consommé, consummatum est, ils eurent une entière connaissance du grand mystère de l'incarnation et de la rédemption qui étaient déjà accomplis à leur éternelle honte et confusion. Le règne de Jésus-Christ était ainsi établi et l'empire de satan entièrement détruit, c'est pourquoi lorsque Jésus prononça ces paroles : Mon Père je remets mon âme entre vos mains, et, qu'il inclina la tête et expira, la terre s'ouvrit aussitôt et Lucifer avec tous les siens fut englouti d'une manière terrible dans le fond des enfers, avec plus de rapidité que la foudre, qui tombe des nues. Il tomba dans l'enfer désarmé et vaincu et sa tête fut écrasée sous les pieds de Jésus-Christ et de sa mère. Cette chute si rapide de Lucifer avec tous ses démons, fut plus honteuse et leur causa un tourment plus grand que, lorsqu'ils furent précipités la première fois du ciel. Et quoique ce malheureux séjour soit toujours un lieu de profondes ténèbres, et couvert des ombres de la mort, néanmoins à cette occasion il devint plus triste encore, car les damnés y éprouvèrent une nouvelle horreur par la violence avec laquelle les démons y furent précipités. Judas principalement ressentit un tourment plus grand; ce malheureux en tombant dans l'enfer, fut jeté dans un abîme sans fond où les démons avaient déjà voulu précipiter d'autres âmes, mais ils ne l'avaient jamais pu, sans en connaître la raison. Dès le commencement, cet abîme horrible de tourments particuliers avait été destiné pour Judas et pour les imitateurs de Judas, les mauvais prêtres, les religieux relâchés, les chrétiens de mauvaise vie qui après avoir reçu le saint baptême, se damnant parce qu'ils ne profitent pas des saints sacrements, de la doctrine, de la passion et de la mort de Jésus-Christ, et de la toute puissante intercession de sa très-sainte Mère. Aussitôt que Lucifer, le Seigneur le permettant ainsi, se fut remis de sa chute si terrible, il réunit en assemblée tous les chefs des légions infernales et leur parla ainsi : Mes complices, vous voyez que nous avons perdu l'empire que nous avions sur le monde, et que nous avons été terrassés par l'homme Dieu et mis sous les pieds de sa mère. Que faire maintenant ô mes compagnons, comment pourrons-nous rétablir notre empire détruit? Comment pourrons nous perdre les hommes? Qui ne suivra désormais et n'imitera cet homme Dieu? Les hommes marcheront tous à sa suite, ils lui donneront tous leur coeur à l'envi, ils embrasseront sa loi, observeront ses préceptes, et personne ne prêtera plus l'oreille à nos tromperies, ils rejetteront les richesses et fuiront les honneurs que nous leurs promettons pour les tromper. Ah! sans doute, sur cet exemple, ils aimeront tous la pauvreté, la pureté, l'obéissance et. le mépris. Ils obtiendront tous cette félicité éternelle que nous avons perdue; ils s'humilieront tous jusqu'au-dessous de la poussière et ils souffriront avec patience pour imiter leur rédempteur. Mon orgueil néanmoins ne cède point. Allons, courage, concertons-nous. Approchez pour conférer avec moi sur les moyens par lesquels nous ferons la guerre au monde racheté par un homme Dieu et protégé par sa mère notre terrible ennemie. A cette proposition si difficile, quelques chefs des démons, les plus rusés, répondirent en l'excitant à empêcher les fruits de la rédemption et ils dirent : Il est vrai que les hommes possèdent maintenant une loi très-douce, des sacrements qui sont très-efficaces, les nouveaux exemples d'un divin maître, et la toute-puissante intercession de cette nouvelle femme; mais la nature humaine est toujours la même et les choses délectables et sensibles n'ont pas été changées, c'est une condition de la nature humaine, qu'occupée à un objet elle ne peut ètre attentive à ce qui lui est opposé. Ils résolurent alors de maintenir l'idolâtrie dans le monde, afin que les hommes ne parvinssent jamais à la connaissance du vrai Dieu et de la rédemption; et si l'idolâtrie était détruite, qu'il fallait introduire de nouvelles sectes et hérésies dans le monde. Alors furent inventés par ces monstres infernaux les dogmes erronés d'Arius, de Pélage, de Nestorius, de Mahomet et des autres hérétiques maudits. Tout cela fut approuvé par Lucifer, parce qu'il détruisait le fondement de la vie éternelle bienheureuse. D'autres démons prirent l'engagement de mettre tous leurs soins, à rendre négligents les parents et les chefs de famille dans l'éducation de leurs enfants et de leurs subordonnés. D'autres prirent la charge de semer la division entre les maris et les épouses pour faire naître des haines et des querelles entre eux, parce que ce serait une disposition prochaine à l'adultère. Les autres dirent, il faut travailler à enlever la piété et tout ce qui est spirituel et divin, faire en sorte que les hommes ne comprennent pas la vertu des sacrements, et qu'ils les reçoivent en état de péché; et lorsqu'il arrivera qu'ils n'auront pas commis des fautes mortelles, qu'ils les reçoivent sans ferveur et sans dévotion, car puisque ces bienfaits sont spirituels, il est nécessaire de les recevoir avec ferveur et bonne volonté, pour que ceux qui y participent en retirent des fruits plus abondants. S'ils en viennent à mépriser le remède, alors négligents de leur salut ils ne pourront pas recouvrer leurs forces, ils ne résisteront pas à nos tentations, et aveuglés ils ne reconnaîtront pas nos tromperies et nos piéges, et n'apprécieront pas l'amour de leur propre rédempteur, ni la protection de la puissante femme. Par-dessus tout ils résolurent d'un commun accord de mettre tout leur zèle et tout leur soin à effacer de la mémoire des fidèles, le souvenir de la douloureuse passion de Jésus-Christ, parce qu'ils oublieraient ainsi les peines de l'enfer, et le danger de leur éternelle damnation. Il n'est pas possible de rapporter ici les avis et les résolutions de ces esprits rebelles, qui tramèrent la destruction de l'église et la perte des fidèles. il suffit de dire, que ce conciliabule infernal dura une année entière. Lucifer écouta tous les projets des démons, et les approuva, il excita ensuite toutes ses légions infernales, et mit tout en oeuvre contre le monde racheté et surtout contre les chrétiens. Il ordonna à ses complices animés par la rage de semer la discorde dans l'église et dans les chefs et les maîtres l'ambition, l'avidité, la sensualité, l'avarice, afin que les pêchés se multipliant, parmi les chrétiens et surtout dans les chefs et ceux qui doivent conduire les autres, Dieu s'irrite justement contre eux par leur ingratitude; alors il adviendra, qu'il leur refusera et leur soustraira les secours de la grâce, ils se fermeront par leurs péchés la voie maintenant ouverte de la rédemption, et ainsi l'enfer triomphera. Quiconque lira ce chapitre doit réfléchir sérieusement, que Lucifer et l'enfer est toujours le même, qu'il a la même haine et la même rage contre nous qui sommes si faibles, c'est pourquoi il faut ranimer tout notre zèle pour notre salut. Nous ne devons pas nous laisser séduire par les appâts trompeurs du monde, des sens et de l'enfer, mais il nous faut recourir aux plaies de notre rédempteur et vivre sous le manteau de notre divine reine.

calendar74

Coup de lance au Divin Côté

 

La mère des douleurs couverte d'un manteau noir, resta toujours débout sur le Calvaire, appuyée sur la sainte croix, adorant le très-saint corps de Jésus qui avait expiré sur elle et la personne divine à laquelle Son corps resta toujours uni. La grande reine était toujours constante à pratiquer intérieurement les plus héroïques vertus, et restait immobile au milieu des mouvements impétueux de ses plus cruelles douleurs. L'affliction la plus grande de cette miséricordieuse et divine mère était la coupable ingratitude que les hommes témoignaient pour cet incompréhensible bienfait à leur grand dommage et à leur propre perte. Elle était aussi dans une grande sollicitude pour la sépulture du corps sacré et pour savoir celui qui l'enlèverait de la croix; lorsqu'elle vit tout-à-coup une troupe de gens armés, qui s'approchaient du Calvaire; les battements de son coeur redoublèrent, parce qu'elle craignit quelque nouvel outrage au corps sacré du rédempteur. Elle s'adressa à saint Jean et aux saintes femmes et leur dit: Hélas, ma douleur est arrivée à son plus haut degré et mon coeur en est brisé dans la poitrine. Hélas, les bourreaux ne sont pas peut-être satisfaits d'avoir donné la mort à mon fils, ils eurent encore faire de nouveaux outrages au corps sacré! C'était déjà le soir du vendredi et la grande fête du sabbat des Juifs commençait, c'est pourquoi, afin de pouvoir la célébrer sans embarras, ils avaient demandé à Pilate la permission de rompre les jambes aux trois crucifiés, pour hâter leur mort, afin qu'on pût les descendre de la croix sur le déclin du jour. Les soldats que la mère affligée avait vus arrivaient dans cette intention au Calvaire. A leur arrivée, trouvant encore en vie les deux larrons, ils leur rompirent les jambes, et ils moururent aussitôt. S'approchant alors de Jésus, ils remarquèrent qu'il était déjà mort, et un soldat nommé Longin, lui transperça le côté avec une lance et il en sortit du sang et de l'eau. Le Seigneur qui était mort, ne put sentir cette cruelle blessure, mais la mère affligée qui était là présente, la ressentit toute dans son coeur, comme si réellement elle avait été transpercée de la lance. Mais cette douleur fut encore moindre que celle que ressentit son âme, en voyant la nouvelle cruauté avec laquelle ils avaient percé le divin côté de son fils déjà mort. Touchée de compassion et de pitié pour Longin, elle dit: Que le Tout-Puissant vous regarde avec les yeux de sa miséricorde infinie, à cause de la douleur immense que vous avez causée à mon âme. Elle fut exaucée aussitôt, car il tomba, quelques gouttes de sang et de l'eau qui sortaient du divin corps sur le visage de Longin, et par l'intercession de la divine mère affligée, il obtint la vue du corps qu'il avait à peine, et celle de son âme, car il connut la majesté du Seigneur crucifié, fut converti, et pleurant ses péchés, il le confessa pour vrai Dieu et rédempteur du monde, et il le prêcha comme tel aux Juifs qui l'environnaient. La grande mère de la sagesse connut le mystère du coup de lance, et comprit comment, dans ce reste de sang et d'eau qui coulait du divin côté, la nouvelle Église sortait lavée, purifiée et renouvelée par la vertu de la passion et de la mort, et comment de son coeur sacré il sortait comme d'un tronc des rameaux qui, chargés de fruits de vie éternelle, devaient se répandre dans le monde entier. La divine mère pria, afin que tous les mystères de la rédemption fussent accomplis pour le bonheur de tout le genre humain. En ce moment, elle vit s'avancer sur la montagne une autre troupe de personnes qui portaient des échelles, c'était Joseph d'Arimathie, Nicodème et leurs serviteurs. Arrivés au pied de la croix, où se trouvait la mère des douleurs, au lieu de la saluer et de la consoler, ils furent si touchés de compassion à sa vue et ils éprouvèrent une telle douleur en voyant le divin Seigneur cloué sur la croix, qu'ils restèrent quelque temps sans pouvoir proférer une parole. Enfin, fortifiés par la reine des vertus, ils reprirent courage et la saluèrent avec une humble compassion. Ils se disposèrent ensuite à ôter les clous et descendre le corps sacré. Joseph désirait que la mère affligée se retirât un peu à l'écart afin de ne pas renouveler ses douleurs, mais toujours constante et courageuse, elle leur dit: Puisque j'ai eu la consolation de voir- mettre mon fils en croix, permettez que j'ai encore celle de l'en voir descendre, car cet acte de si grande piété me causera plus de soulagement que de peine et de souffrance. A ces paroles si généreuses, ils se mirent aussitôt à descendre le corps de la croix. Ils enlevèrent d'abord la grande couronne d'épines, et après l'avoir baisée avec une grande vénération, ils la remirent à la sainte Vierge. Elle la reçut à genoux et l'adora, elle l'approcha avec piété de son visage et la couvrit de larmes abondantes; saint Jean et les saintes femmes l'adorèrent aussi. Ils en firent de même pour les clous sacrés, qu'ils enlevèrent successivement des divines plaies. Pour recevoir le corps sacré, la mère des douleurs se mit à genoux et étendit ses bras avec un linceul déployé. Saint Jean tenait la tête, la Magdeleine les pieds pour aider Nicodème et Joseph, de cette manière ils le placèrent tous ensemble avec une grande vénération et des larmes abondantes, sur le sein de la mère des douleurs. Elle l'adora profondément, en versant des larmes de sang par l'excès de sa cruelle douleur. Tous les saints anges qui étaient là présents l'adorèrent aussi, mais ils ne furent pas vus des assistants. Saint Jean l'adora et après lui tous les autres fidèles, dans les bras de sa mère en pleurs. Après avoir accompli ce devoir, saint Jean et Joseph prièrent la Vierge mère de permettre qu'on donnât la sépulture au divin corps; et après l'avoir embaumé, ils le placèrent dans un linceul pour le porter au sépulcre. La grande peine pleine de prudence, quoique accablée de douleur, convoqua du ciel plusieurs choeurs d'anges, afin qu'avec ses anges gardiens ils vinrent assister aux funérailles de leur créateur. Les esprits célestes accoururent aussitôt en forme visible pour elle, et la sainte et dévote procession, des anges et des hommes commença. Saint Jean, Nicodème, Joseph, et le centurion qui avaient assisté à la mort du rédempteur, et qui l'avaient confessé pour fils de Dieu, portèrent le sacré corps. Derrière eux marchait la mère affligée, accompagnée des Maries et des autres dévotes femmes, et après celles-ci, divers autres fidèles qui avaient été éclairés de la divine lumière; ils le conduisirent en pleurant à un jardin où Joseph avait un sépulcre neuf, dans lequel ils le mirent avec une grande vénération. Avant de le fermer avec la pierre, la divine mère se mit à genoux et adora de nouveau son fils, et tous les autres l'imitèrent en pleurant. Le sépulcre, étant fermé la Vierge ordonna aux saints anges d'y rester en garde, tandis qu'elle allait conduire de nouveau au Calvaire cette sainte compagnie de fidèles, pour y adorer la sainte croix. Dès qu'ils eurent fini, elle fut accompagnée jusqu'au cénacle de ces pieux fidèles, qui se retirèrent ensuite dans leurs maisons, remplis de célestes consolations. La très-sainte Vierge, saint Jean et les saintes femmes restèrent seuls au cénacle. Saint Jean pria alors la sainte Vierge de prendre un peu de repos: Mon repos, répondit-elle, consiste à voir mon fils ressuscité. Après ces paroles, elle se retira dans une chambre accompagnée de saint Jean, là, elle se jeta aux pieds de l'apôtre, et lui rappela ce que le Seigneur lui avait dit sur la croix, et elle le pria, comme prêtre du Très-Haut, de lui commander toujours, comme sa servante, tout ce qu'elle devait faire à l'avenir. Saint Jean lui donna des raisons pour démontrer que ce droit lui appartenait bien plutôt comme mère; mais ce fut en vain; car l'humble reine ajouta, mon fils, je dois avoir toujours quelqu'un à qui je puisse assujettir ma volonté, et certes, comme fils, vous devez me donner cette consolation dans ma solitude. Le saint répondit à ces paroles, qu'il soit fait comme vous le voulez, ma mère, Alors la Vierge lui demanda la permission de se retirer seule, pour méditer sur les mystères de la passion du divin fils, et le pria de pourvoir à la nourriture des saintes femmes et de les assister. L'apôtre exécuta ces ordres, ensuite ils se retirèrent tous pour employer cette nuit dans de douloureuses méditations sur la passion du rédempteur. A l'aurore du samedi, saint Jean entra dans l'oratoire de la divine mère pour la consoler, et il en reçut la bénédiction qu'il reçut le premier de la Vierge mère. Il sortit de la maison pour chercher saint Pierre à la prière de la sainte Vierge. Saint Jean avait fait à peine quatre pas pour trouver saint Pierre, qu'il le rencontra par la disposition de la divine Providence; il sortait d'une grotte souterraine, où jusqu'alors il avait pleuré son péché, plein de confusion et versant de larmes, et il s'avançait vers le cénacle. Saint Jean avait reçu l'ordre de la divine mère, qu'après qu'il l'aurait retrouvé, il l'accueillit avec de témoignages d'amour et de tendresse, qu'il le consolât, et l'emmenât vers elle, et qu'il en fit autant pour les autres apôtres. Après l'avoir fortifié en premier lieu par de douces paroles, ils allèrent tous les deux à la recherche des autres, et en ayant trouvé quelques-tins, ils vinrent tous ensemble au cénacle. Saint Pierre entra le premier, et se prosterna aux pieds de la divine reine: J'ai péché, dit-il, en versant des larmes, j'ai péché devant mon Dieu, j'ai offensé mon divin maître, et vous, ô ma mère, et opprimé par la douleur et les larmes, il ne put pas en dire davantage. La miséricordieuse mère de la piété se mit aussi à genoux, demandons, dit-elle, pardon de votre faute, ô Pierre, à mon fils, votre maître. Les autres se joignirent à eux, et tous versant des larmes prosternés à ses pieds, lui demandèrent pardon de leur lâcheté et d'avoir abandonné leur divin maître et son fils. La mère de la clémence les fit lever, leur promit à tous le pardon qu'ils désiraient, et sa médiation pour l'obtenir. Après avoir passé le jour du sabbat dans de saints entretiens et de pieuses méditations, elle se retira le soir pour contempler les divines actions que l'âme très-sainte de Jésus faisait aux limbes, car elle voyait clairement en esprit toutes les choses. Elle vit que lorsque l'âme de son divin fils entra aux limbes, cette obscure prison fut illuminée et remplie de célestes consolations. Ensuite il fut commandé aux anges de conduire dehors toutes les âmes des limbes et celles du purgatoire, et réunies toutes ensemble, elles donnèrent mille louanges et mille-bénédictions à leur libérateur. La grande reine vit tout cela et en éprouva une grande joie dans son âme, sans qu'elle se fît sentir dans la partie sensitive, parce qu'elle avait prié le Père éternel de lui suspendre toutes les consolations extérieures, pendant tout le temps que son divin fils resterait dans le sépulcre. Ce jour fut terrible pour l'enfer, qui par la permission de Dieu ressentit cette descente triomphante aux limbes. Les démons étaient encore affaiblis, abattus et accablés par la chute qu'ils avaient faite sur le calvaire, mais en entendant la voix des anges qui précédaient le Seigneur, ils se troublèrent et furent saisis de crainte, et comme font les serpents, lorsqu'ils sont poursuivis, ils se cachèrent-dans les cavernes infernales. L'indicible confusion des malheureux damnés fut encore plus grande et principalement de Judas, parce que les démons exhalèrent avec une grande fureur contre lui leur indignation et leur rage.

Corona_20di_20Spine

Prions

 

Seigneur, nous savons que Vous nous aimez dans mesures, Vous qui n'avez pas refusé Votre propre Fils mais qui l'avez livré pour sauver tous les hommes; aujourd'hui encore, montrez-nous Votre Amour: nous voulons suivre le Christ qui marche librement vers Sa Mort; soutenez-nous comme Vous l'avez soutenu, et sanctifiez-nous dans le Mystère de Sa Pâque. Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


Posté par fmonvoisin à 18:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

25 mai 2009

Chemin de croix 2009 au Colisée

770_001

Chemin de croix 2009 au Colisée

Texte intégral du Chemin de Croix présidé par le pape Benoît au Colisée


Introduction


Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Chers frères et sœurs, nous sommes venus ici chanter ensemble un «hymne d'espérance». Nous voulons nous dire à nous-mêmes que tout n'est pas perdu dans les moments difficiles. Lorsque les mauvaises nouvelles se succèdent, nous sommes opprimés par l'angoisse. Lorsque le malheur nous frappe de plus près, nous nous décourageons. Lorsqu'une catastrophe fait de nous ses victimes, la confiance en nous même est entièrement ébranlée et notre foi est mise à dure épreuve. Mais tout n'est pas encore perdu. Comme Job, nous sommes à la recherche d'un sens (cf. Jb 1, 13-2, 10). Dans cet effort, nous avons un exemple: «Abraham crut, espérant contre toute espérance» (Rm 4, 18). En vérité, dans les temps difficiles, nous ne voyons aucune raison pour croire et espérer. Et pourtant, nous croyons. Et pourtant, nous croyons. Et pourtant, nous espérons. Cela peut arriver dans la vie de chacun de nous. Cela a lieu dans le contexte social plus large. Avec le psalmiste, nous nous demandons: «Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi? Espère en Dieu» (Ps 42, 6). Nous renouvelons et nous renforçons notre foi et nous continuons à avoir confiance dans le Seigneur. Car il sauve ceux qui ont perdu toute espérance (cf. Ps 34, 19). Et cette espérance à la fin ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). C'est véritablement dans le Christ que nous comprenons la pleine signification de la souffrance. Au cours de cette méditation, tandis que nous contemplerons avec angoisse l'aspect douloureux de la souffrance de Jésus, nous porterons également notre attention sur sa valeur rédemptrice. Le projet de Dieu était que le «Messie devait souffrir» (Ac 3, 18; 26, 23) et que ces souffrances devaient être pour nous (cf. 1 P 2, 21). La conscience de cela nous remplit d'une vive espérance (cf. 1 P 1, 3). C'est cette espérance qui nous maintient heureux et constants dans la tribulation (cf. Rm 12, 12). Un chemin de foi et d'espérance est un long chemin spirituel, attentif au plus profond dessein de Dieu dans les processus cosmiques et dans les événements de l'histoire humaine. Etant donné que sous la superficie de catastrophes naturelles, de guerres, de révolutions et de conflits en tout genre, il y a une présence silencieuse, il y a une action divine précise. Il demeure caché dans le monde, dans la société, dans l'univers. La science et la technologie révèlent les merveilles de sa grandeur et de son amour: «Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du monde» (Ps 19, 3). Il respire l'espérance. Il révèle ses desseins à travers sa «Parole», montrant la façon dont il puise le bien du mal tant dans les petits événements de nos vies personnelles, que dans les grands événements de l'histoire humaine. Sa «Parole» fait connaître «la glorieuse richesse» du dessein de Dieu, qui dit qu'il nous libère de nos péchés et que le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire (Col 1, 27). Puisse ce message d'espérance retentir de Hoang-Ho jusqu'au Colorado, de l'Himalaya aux Alpes et aux Andes, du Mississipi au Brahmaputra. Il dit: «Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur» (Ps 30, 25).

IPremière Station

Jésus à l'agonie dans le Jardin des Oliviers


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 22, 41-44


Puis Jésus s'écarta à la distance d'un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, il priait: «Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne». Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Dans l'angoisse, Jésus priait avec plus d'insistance; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu'à terre.


Jésus était à l'agonie. La douleur et l'angoisse s'abattirent sur lui. Le péché de toute l'humanité l'opprimait de ton son poids! . Mais plus sa douleur était grande, plus sa prière était intense. La douleur est toujours pour nous un défi. Nous nous sentons seuls abandonnés. Nous oublions de prier et nous nous écroulons. Certains vont même jusqu'à s'ôter la vie. Mais si nous nous tournons vers Dieu, nous devenons spirituellement forts et nous nous rapprochons de nos frères en difficulté (cf. 1 Tm 5, 10).Jésus continue de souffrir à travers ses disciples persécutés. Le Pape Benoît XVI dit qu'à notre époque aussi, les martyrs «ne font pas défaut pas à l'Eglise» (Sacramentum caritatis, n. 85). Le Christ est à l'agonie parmi nous et à notre époque. Nous prions pour ceux qui souffrent. Le mystère de la souffrance chrétienne a une valeur la rédemptrice. Puissent les persécutions, que subissent les croyants, compléter en eux le souffrances du Christ, qui apportent le salut (cf. Col 1, 24) Seigneur Jésus, fais que nous puissions comprendre plus profondément le grand «mystère du mal» et dans quelle mesure nous y avons contribué. Puisque la souffrance est entrée dans la vie humaine à travers le péché, ton plan a prévu que l'humanité fût sauvée du péché à travers la souffrance. Que ne se perdent aucune des petites contrariétés, humiliations et frustrations que nous subissons dans nos vies quotidiennes ni aucun des grands malheurs qui nous frappent de manière inattendue. Unies aux tiennes, puissent les tribulations que nous supportons, accueillies par toi, produire de l'espérance (cf. Rm 5, 4). Seigneur, enseigne-nous à être emplis de compassion non seulement avec ceux qui ont faim, qui ont soif, avec les malades ou ceux qui se trouvent dans un état de besoin particulier, mais aussi envers ceux qui sont enclins à être malpolis, polémiques ou offensants. De cette manière, puisque tu nous as réconfortés dans toutes nos difficultés, puissions-nous nous aussi «réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu» (2 Co ! 1, 4).


Pater noster, qui es in coelis, sanctificetur nomen tuum, adveniat regnum tuum, Fiat voluntas tua, sicut in caelo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. Et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris. Et ne nos inducas in tentationem. Sed libera nos a malo. Amen


Stabat mater dolorosa

Debout, la Mère douloureuse

iuxta crucem lacrimosa

près de la Croix était en larmes

dum pendebat Filius.

devant son Fils suspendu.


IIDeuxième station

Jésus est trahi par Judas et retient la violence de Pierre


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 22, 47-50

De l'Evangile selon saint Matthieu 26, 52.56


Il parlait encore quand parut une foule de gens. Le nommé Judas, l'un des Douze, marchait à leur tête. Il s'approcha de Jésus pour l'embrasser. Jésus lui dit: «Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme?». Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent: «Seigneur, faut-il frapper avec l'épée?». L'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille droite. Jésus lui dit: «Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée». Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.


C'est un ami proche qui trahit Jésus, et par un baiser qui plus est. La manière dont Jésus a affronté la violence contient un message pour notre époque. La violence est suicidaire - dit-il à Pierre - et on ne l'emporte pas sur elle par une autre violence, mais par une énergie spirituelle supérieure, qui s'étend aux autres sous forme d'amour qui guérit. Jésus touche le serviteur du souverain prêtre et le guérit. L'homme violent peut avoir besoin aujourd'hui aussi d'un geste qui guérit, né d'un amour qui transcende les questions immédiates. A une époque de conflit entre personnes, groupes ethniques et religieux, nations, intérêts économiques et politiques, Jésus dit que le conflit et la violence ne sont pas la réponse, mais c'est l'amour, la persuasion et la réconciliation. Même lorsqu'il nous semble ne pas parvenir à de tels efforts, nous plantons quoi qu'il en soit des semences de paix, qui porteront du fruit en leur temps. La justesse de notre cause est notre force. Seigneur Jésus, tu nous considères comme tes amis, et pourtant nous relevons des traces d'infidélité en nous-mêmes. Nous reconnaissons nos transgressions. Nous sommes parfois présomptueux et trop sûrs de nous-mêmes. Nous tombons. Ne permets pas que l'avarice, la concupiscence ou l'orgueil nous surprennent. Avec quelle légèreté nous recherchons des satisfactions éphémères et des idées sans fondements! Fais que nous ne soyons pas «secoués et menés à la dérive par tous les courants d'idées, mais qu'en vivant dans la vérité de l'amour, nous grandissions dans le Christ pour nous élever en tout jusqu'à lui, car il est la Tête» (Ep 4, 14-15). Puisse la vérité et la sincérité des intentions être notre force. Réprime, Seigneur, notre impétuosité dans des situations de violence, comme tu as réprimé le caractère impulsif de Pierre. Garde-nous sereins dans l'esprit face à l'opposition et à des traitements injustes (cf. Jc 5, 10-11a). Persuade-nous qu'«une aimable réponse apaise la fureur» (Pr 15, 1) dans nos familles et que la «bonté» unie à la «sagesse» apporte la sérénité dans la société (cf. Pr 31, 26). «Seigneur fais de moi un instrument de ta paix» (attribué à saint François d'Assise).


Pater noster...


Cuius animam gementem,

Dans son âme qui gémissait,

contristatam et dolentem

toute brisée, endolorie,

pertransivit gladius.

le glaive était enfoncé.


IIITroisième station

Jésus est condamné par le Sanhédrin


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Matthieu, 26, 62-66


Alors le grand prêtre se leva et lui dit: «Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi?». Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit: «Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu». Jésus lui répond: «C'est toi qui l'as dit; mais en tout cas, je vous le déclare: désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel». Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant: «Il a blasphémé! Pourquoi nous faut-il encore des témoins? Vous venez d'entendre le blasphème! Quel est votre avis?». Ils répondirent: «Il mérite la mort».


Sur toutes les terres, il y a eu des personnes innocentes qui ont souffert, des personnes qui sont mortes en combattant pour la liberté, l'égalité ou la justice. Ceux qui luttent en faveur des «enfants de Dieu» promeuvent l'œuvre de Dieu lui-même. Car il défend les droits des faibles et des opprimés (cf. Is 1, 17). Quiconque collabore à cette œuvre dans l'esprit de Jésus apporte l'espérance aux opprimés et offre un message de justice à celui qui accomplit le mal. La manière de Jésus de combattre pour la justice n'est pas de susciter la colère collective des personnes contre l'opposant, ce qui a pour conséquence de les pousser à des formes de plus grande injustice. Au contraire, elle est de défier l'ennemi avec la justesse de notre propre cause et de susciter la bonne volonté de l'opposant de manière telle qu'il renonce à l'injustice par la persuasion et la conversion du cœur. Le Mahatma Gandhi a apporté dans la vie publique cet enseignement de Jésus sur la non-violence avec un étonnant succès. Seigneur, nous jugeons souvent les autres hâtivement, indifférents à la réalité des faits et insensibles aux sentiments des personnes! Nous mettons en acte des stratagèmes d'auto justification et nous essayons d'expliquer la manière irresponsable dont nous nous sommes comportés avec «l'autre». Pardonne-nous! Lorsque nous sommes mal jugés et injustement traités, donne-nous, Seigneur, la paix intérieure et la confiance que ton Fils a manifestées devant l'injustice. Préserve-nous d'une réponse agressive qui irait contre ton Esprit. Au contraire, aide-nous à apporter ta puissante Parole dans des situations de tension et de crainte, afin que puisse se révéler son pouvoir dynamique dans l'histoire. C'est dans sa volonté que notre paix habite» (Dante Alighieri, La Divine Comédie, Paradis, Chant III, v. 85).


Pater noster...


O quam tristis et afflicta

Qu'elle était triste et affligée,

fuit illa benedicta

la Mère entre toutes bénie,

mater Unigeniti!

la Mère du Fils Unique!


IVQuatrième station

Jésus est renié par Pierre

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

! Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 22, 54-62


Ils se saisirent de Jésus pour l'emmener et ils le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin. Ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et ils s'étaient tous assis là. Pierre était parmi eux. Une servante le vit assis près du feu; elle le dévisagea et dit: «Celui-là aussi était avec lui». Mais il nia: «Femme, je ne le connais pas». Peu après, un autre dit en le voyant: «Toi aussi, tu en fais partie». Pierre répondit: «Non, je n'en suis pas». Environ une heure plus tard, un autre insistait: «C'est sûr: celui-là était avec lui, et d'aill! eurs il est Galiléen». Pierre répondit: «Je ne vois pas ce que tu veux dire». Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite: «Avant que le coq chante aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois». Il sortit et pleura amèrement.


Pierre affirmait qu'il était fort, mais il s'est écroulé devant une jeune servante. La faiblesse humaine nous prend par surprise et nous tombons. Voilà pourquoi Jésus nous demande de veiller et de prier (cf. Mt 26, 41). Et il nous exhorte à renoncer à nous-mêmes et à nous approcher de Dieu. A l'intérieur de nous, ! il y a un «moi» rebelle. Nous sommes souvent intérieurement divisés (cf. Jc 4, 8) mais nous ne parvenons pas à reconnaître cette incohérence intérieure. Pierre la reconnut lorsque ses yeux rencontrèrent les yeux de Jésus, et alors il pleura. Plus tard, Thomas, rencontrant le Seigneur ressuscité, se rendit compte de son infidélité et il crut. Paul, à la lumière du Christ, se rendit compte de la contradiction intérieure et il la surmonta avec son aide (cf. Rm 7, 14-25), jusqu'à parvenir enfin à la découverte: «Je vis, mais ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20). Seigneur, avec quelle facilité nous tolérons une divergence toujours plus grande entre ce que nous prétendons être et ce que nous sommes réellement! Trop souvent, nous ne parvenons pas à mettre en œuvre nos propres décisions et pas même à honorer parfois les promesses les plus solennelles! Par conséquent, nous sommes souvent hésitants au moment de prendre un engagement définitif même avec toi. Nous confessons que nous ne sommes pas parvenus à apporter dans notre vie cette discipline intérieure, que l'on attend de toute personne adulte et qui est nécessaire au succès de tout projet humain. Accorde la fermeté à notre détermination intérieure. Aide-nous à conduire à une heureuse conclusion toute œuvre de bien commencée. Rends-nous capables d'être «debout, comme des gens parfaits et pleinement accordés à la volonté de Dieu» (Col 4, 12).


Pater noster...


Quæ mærebat et dolebat

Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait

pia mater, cum videbat la tendre

la Mère, en contemplant

Nati pœnas incliti.

Son divin Fils tourmenté!


VCinquième station

Jésus est jugé par Pilate


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

De l'Evangile selon saint Luc, 23, 22-25


Pour la troisième fois, il leur dit: «Quel mal a donc fait cet homme? Je n'ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le faire châtier, puis le relâcher». Mais eux insistaient à grands cris, réclamant qu'il soit crucifié; et leurs cris s'amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur demande. Il relâcha le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, celui qu'ils réclamaient, et il livra Jésus à leur bon plaisir.


Ce n'était pas la justesse d'une question qui importait à Pilate, mais ses intérêts professionnels. Une telle attitude ne l'aida pas dans ce cas, ni dans sa carrière successive. Il était si différent de Jésus, que la rectitude intérieure rendait courageux. Et Pilate n'était pas non plus intéressé par la vérité. Il s'éloigne de Jésus en s'exclamant: «Qu'est-ce que la vérité?» (Jn 18, 38). Une telle indifférence à l'égard de la vérité n'est pas rare aujourd'hui. Les personnes se préoccupent souvent de ce qui procure une satisfaction immédiate. On se contente de réponses superficielles. On prend des décisions non pas sur la base de principes d'intégrité, mais de considérations opportunistes. En ne choisissant pas d'options moralement responsables, on porte atteinte aux intérêts vitaux de la personne humaine et de la famille humaine. Prions afin que les «conceptions spirituelles et éthiques», contenues dans la Parole de Dieu, inspirent les normes de vie de la société à notre époque (cf. XIIe Assemblée générale ordinaire du synode des évêques, Message au Peuple de Dieu, 24 octobre 2008, n.15). Seigneur, donne-nous le courage de prendre des décisions responsables lorsque nous rendons un service public. Diffuse la probité dans la vie publique et aide-nous à «conserver la foi et la conscience droite» (cf. 1 Tm 1, 19). Seigneur, tu es la source de toute Vérité. Guide-nous dans notre recherche de réponses ultimes. Fais que, laissant derrière nous les explications partielles et incomplètes, nous puissions rechercher ce qui est en permanence vrai, beau et bon. Seigneur, arme-nous de courage devant «la fronde et les flèches de la fortune outrageante» (William Shakespeare, Hamlet, III, 1). Lorsque les ombres s'intensifient sur les chemins escarpés de la vie, et que descend la nuit obscure, rends-nous capables d'écouter l'enseignement de l'apôtre Paul: «Veillez, tenez bon dans la foi, soyez des hommes, soyez forts» (1 Co 16, 13).


Pater noster...


Quis est homo qui non fleret,

Quel est celui qui sans pleurer

matrem Christi si vederet

pourrait voir la Mère du Christ

in tanto supplicio?

dans un supplice pareil?


VISixième station

Jésus est flagellé et couronné d'épines


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Matthieu, 27, 26-30


Pilate leur relâcha donc Barabbas; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié. Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant: «Salut, roi des Juifs!». Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.


L'inhumanité atteint de nouveaux sommets. Jésus est flagellé et couronné d'épines. L'histoire est pleine de haine et de guerre. Aujourd'hui aussi, nous sommes témoins de violences au-delà de ce qui est crédible: meurtres, violences sur les femmes et les enfants, prises d'otages, extorsions, conflits ethniques, violences urbaines, tortures physiques et mentales, violations des droits humains. Jésus continue de souffrir lorsque les croyants sont persécutés, lorsque la justice est administrée de façon déformée dans les tribunaux, lorsque la corruption est enracinée, les structures injustes écrasent les pauvres, les minorités sont opprimées, les réfugiés et les migrants maltraités. Jésus est dépouillé de ses vêtements lorsque la personne humaine est déshonorée sur les écrans, lorsque les femmes sont contraintes à s'humilier, lorsque les enfants des quartiers pauvres errent dans les rues, ramassant les ordures. Qui sont les coupables? Ne montrons pas du doigt les autres, car nous aussi, nous avons pu avoir une part de responsabilité dans ces formes d'inhumanité. Seigneur Jésus, nous savons que tu souffres lorsque nous sommes une cause de souffrance les uns pour les autres et que nous demeurons indifférents. Ton cœur a été touché par la compassion lorsque tu as vu les foules «fatiguées et abattues, comme des brebis sans berger» (Mt 9, 36). Donne-moi des yeux qui reconnaissent les besoins des pauvres et un cœur qui se prodigue par ! amour. «Donne-moi la force de rendre mon cœur fécond dans le service» (Rabindranath Tagore, Gitanjali, 36). Surtout, fais que nous puissions partager avec le pauvre ta «parole» d'espérance, l'assurance de ton aide. Puisse «l'amour de ta maison» brûler en nous comme un feu (Ps 69, 10). Aide-nous à porter le soleil vivant de ta joie dans la vie de ceux qui se traînent le long des chemins du désespoir.


Pater noster...


Pro peccatis suæ gentis

Pour les péchés de tout son peuple

vidit Iesum in tormentis,

elle le vit dans ses tourments,

et flagellis subditum.

subissant les coups de fouet.


VIISeptième station

Jésus, objet de moqueries, est emmené pour être crucifié


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Matthieu 27, 31


Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.


Jésus, au nom duquel chacun tombe à genou aux cieux et sur terre (cf. Ph 2, 10), est l'objet de moqueries. Nous sommes bouleversés en voyant les degrés de brutalité dans lesquels les êtres humains peuvent sombrer. Jésus est humilié de façons nouvelles aujourd'hui aussi: lorsque les réalités les plus sacrées et profondes de la foi sont banalisées, lorsque l'on laisse le sens du sacré s'effriter, et que le sentiment religieux est relégué dans les vestiges désagréables de l'antiquité. Dans la vie publique, tout risque d'être désacralisé: les personnes, les lieux, les promesses, les prières, les pratiques, les paroles, les textes sacrés, les formules religieuses, les symboles, les cérémonies. Notre vie sociale devient toujours plus sécularisée. Le sacré est effacé. La vie religieuse devient timide. Ainsi, nous voyons que les questions les plus importantes se situent parmi les inepties et les banalités glorifiées. Les valeurs et les normes, qui maintenaient ensemble les sociétés et guidaient les personnes vers les idéaux les plus élevés, sont raillés et jetés à la mer. Jésus continue à être ridiculisé! Nous avons la foi, Seigneur, mais pas assez. Aide notre incrédulité (cf. Mc 9, 24). Fais que nous ne mettions jamais en doute ou que nous ne nous moquions pas avec cynisme des aspects les plus sérieux de la vie. Accorde-nous de ne pas perdre notre chemin dans le désert de l'absence de Dieu. Rends-nous en mesure de te percevoir dans la brise légère, de te voir aux angles des rues, de t'aimer dans l'enfant qui n'est pas encore né. Dieu, fais-nous comprendre que sur le Thabor ou sur le Calvaire, ton Fils est le Seigneur. Avec ses habits resplendissants ou dépouillés de ses vêtements, il est le Sauveur du monde (cf. Jn 4, 42). Rends-nous attentifs à ses présences silencieuses: dans sa «Parole», dans les tabernacles, les sanctuaires, les lieux humbles, les personnes simples, la vie des pauvres, le rire des enfants, les pins qui murmurent, les collines qui ondulent, la! plus petite cellule vivante, l'atome le plus petit et les galaxies lointaines. Fais que nous puissions le regarder avec stupeur tandis qu'il marche sur les eaux du Rhin, du Nil et du Tanganica.


Pater noster...


Quis non posset contristari

Qui pourrait sans souffrir comme elle

Christi matrem contemplari

contempler la Mère du Christ

dolentem cum Filio?

douloureuse avec son Fils?


VIIIHuitième station

Jésus est aidé par Simon de Cyrène à porter la Croix


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 26


Pendant qu'ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu'il la porte derrière Jésus.


Chez Simon de Cyrène, nous voyons le prototype du disciple fidèle qui prend la croix sur lui et suit le Christ (cf. Mt 10, 38). Il n'est pas différent des millions de chrétiens d'origines humbles, ayant un profond attachement au Christ. Privés de charisme, de raffinement, mais dotés d'une foi profonde. Des hommes et des femmes d'une telle foi continuent de croître en terre d'Afrique et d'Asie et sur les îles lointaines. C'est parmi eux que fleurissent les vocations. Simon nous rappelle les petites communautés et les tribus avec leur engagement caractéristique pour le bien commun, un profond enracinement dans les valeurs éthiques et l'ouverture à l'Evangile. Elles méritent attention et soin. Le Seigneur ne veut pas qu'«un seul de ces petits soit perdu» (Mt 18, 14). Chez Simon, nous découvrons le caractère sacré de l'ordinaire et la grandeur de ce qui semble petit. Car la réalité la plus petite a un certain rapport mystique avec la plus grande, et l'ordinaire avec la plus extraordinaire! Seigneur, dans ton plan admirable, tu élèves les humbles (cf. Lc 1, 52) et tu soutiens les pauvres. Renforce ton Eglise dans son service aux communautés défavorisées: les moins privilégiés, les marginalisés, les personnes vivant dans des bidonvilles, les pauvres des zones rurales, les personnes souffrant de malnutrition, les intouchables, les personnes handicapées, les victimes de diverses formes de dépendance. Puisse l'exemple de ta servante, Mère Teresa de Calcutta, nous inspirer et nous conduire à consacrer plus d'énergies et de ressources à la cause des «plus pauvres des pauvres». Puissions-nous nous aussi écouter un jour ces paroles de Jésus: «J'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'avais soif et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli; j'étais nu et vous m'avez habillé; j'étais malade et vous m'avez visité; j'étais en prison et vous êtes venus jusqu'à moi» (Mt 25, 35-36).


Pater noster...


Tui Nati vulnerati,

Ton enfant n'était que blessures,

tam dignati pro me pati,

lui qui daigna souffrir pour moi;

pœnas mecum divide.

donne-moi part à ses peines.


IXNeuvième station

Jésus rencontre les femmes de Jérusalem


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 27-28


Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit: «Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants!».


Devant les femmes en larmes, Jésus oublie sa condition. Il ne s'occupe pas de ses souffrances, mais de l'avenir tragique qui les attend, elles et leurs enfants. Les destins des sociétés sont étroitement liés au bien-être de leurs femmes. Partout où elles ne sont pas tenues suffisamment en estime ou leur rôle est diminué, les sociétés ne peuvent pas s'élever et atteindre leurs véritables potentialités. De la même façon, partout où leur responsabilité envers les nouvelles générations est négligée, ignorée ou marginalisée, l'avenir de cette société devient incertain. Dans de nombreuses sociétés du monde, les femmes ne bénéficient pas d'un traitement équitable. Le Christ pleure probablement pour elles. Il existe également des sociétés qui ne se soucient pas de leur avenir. Le Christ pleure probablement pour leurs enfants. Partout où l'avenir est négligé, à cause de l'utilisation excessive des ressources, de la dégradation de l'environnement, de l'oppression des femmes, de l'abandon des valeurs familiales, du manque de respect pour les normes éthiques, ! de l'abandon des traditions religieuses, Jésus continue de dire aux personnes: «Ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants!» (Lc 23, 28). Seigneur, tu es le Patron de l'histoire. Pourtant, tu as voulu notre collaboration pour accomplir tes desseins. Aide chacun à accomplir de façon responsable son rôle dans la société: les chefs dans leurs communautés, les parents dans leurs familles, les éducateurs et les agents de la santé dans leur domaine de compétence, les agents de la communication dans le monde de l'information. Suscite en nous le sens de la mission dans ce que nous faisons, un profond sens de responsabilité les uns envers les autres, envers la société, envers notre avenir commun et à ton égard, car tu as placé entre nos mains les destins de nos communautés et de l'humanité elle-même. Seigneur, ne détache pas de nous ton regard lorsque tu vois des femmes humiliées ou lorsque ton image est défigurée dans la personne humaine; lorsque nous interférons dans les systèmes de vie, lorsque nous affaiblissons le pouvoir nutritif de la nature, que nous polluons les cours d'eau, le bleu profond des mers ou les neiges du nord. Sauve-nous de l'indifférence cruelle pour notre avenir commun et ne permets pas que nous conduisions notre civilisation sur le sentier du déclin.


Pater noster...


Eia, mater, fons amoris,

Daigne, ô Mère, source d'amour,

me sentire vim doloris

me faire éprouver tes souffrances

fac, ut tecum lugeam.

pour que je pleure avec toi.


XDixième station

Jésus est crucifié


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 33-37

De l'Evangile selon saint Matthieu , 27, 46


Lorsqu'on fut arrivé au lieu dit: le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche. Jésus disait: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font». Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant: «Il en a sauvé d'autres: qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Elu!». Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner ! de la boisson vinaigrée, ils lui disaient: «Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!». Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte: «Eli, Eli, lama sabactani?», ce qui veut dire: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?».


Les souffrances de Jésus atteignent leur comble. Il était resté impassible devant Pilate. Il avait supporté les mauvais traitements des soldats romains. Il avait gardé le contrôle de soi pendant la flagellation et le couronnement d'épines. Jusque sur la Croix, il semblait ne pas être bouleversé par la tempête des insultes. Il n'avait aucune parole de lamentation, ni de désir de vengeance. Puis toutefois, à la fin, arrive le moment où il cè! de. Il n'a plus la force de résister. Il se sent abandonné même par le Père! L'expérience nous apprend que même l'homme le plus fort peut descendre aux abîmes du désespoir. Les frustrations s'accumulent, la colère et le ressentiment ajoutent leurs poids. Les maladies, les mauvaises nouvelles, les malheurs, les mauvais traitements - tout peut arriver ensemble. Cela peut nous être arrivé à nous aussi. C'est dans ces moments-là que nous avons besoin de nous souvenir que Jésus ne nous abandonne jamais. Il s'adressa au Père avec un cri. Que notre cri aussi soit adressé au Père, qui vient constamment à notre aide dans toutes nos angoisses, chaque fois que nous l'invoquons (cf. Ps 107, 6, 13, 19, 20). Seigneur, lorsque les nuages s'accumulent à l'horizon et que tout semble perdu, lorsque nous ne trouvons pas d'amis qui nous soient proches et que l'espérance nous échappe des mains, apprends-nous à avoir confiance en toi, qui viendra assurément à notre secours (cf. Ps 25, 15). Puisse l'expérience de la douleur et des ténèbres intérieures nous enseigner la grande vérité qu'en toi rien n'est perdu, que même nos péchés - une fois reconnus dans le repentir - servent un but, comme le bois mort dans le froid de l'hiver (cf. Frère Roger de Taizé). Seigneur, tu as conçu un dessein universel derrière les mécanismes de l'univers et le progrès de l'histoire. Ouvre nos yeux aux rythmes et aux modèles dans les mouvements des étoiles! , à l'équilibre et aux proportions dans la structure intérieure des éléments, à l'interdépendance et à la complémentarité dans la nature, au progrès et au but dans le cours de l'histoire, à la correction et à la compensation dans nos histoires personnelles. C'est cette harmonie, que tu ne cesses de recréer malgré les douloureux déséquilibres que nous causons. En toi aussi, la perte la plus grande est un gain. La mort du Christ en effet est le prélude à la résurrection.


Pater noster...


Fac ut ardeat cor meum

Fais qu'en mon cœur brûle un grand feu

in amando Christum Deum,

pour mieux aimer le Christ mon Dieu

ut sibi complaceam.

et que je puisse lui plaire.


XIOnzième station

Jésus promet son Règne au bon larron


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 39-43


L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait: «N'es-tu pas le Messie? Sauve-toi toi-même, et nous avec!» Mais l'autre lui fit de vifs reproches: «Tu n'as donc aucune crainte de Dieu! Tu es pourtant un condamné, toi aussi! Et puis, pour nous, c'est juste: après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal». Et il disait: «Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne». Jésus lui répondit: «Amen, je te le déclare: aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis».


Ce n'est pas l'éloquence qui convainc et qui convertit. Dans le cas de Pierre, c'est un regard d'amour; dans le cas du bon larron c'est la sérénité sans amertume pour la souffrance. La conversion s'accomplit comme un miracle.! Dieu ouvre tes yeux. Tu reconnais sa présence et son action. Tu te rends! Miser sur le Christ est toujours un mystère. Pourquoi fait-on un choix définitif pour le Christ, même avec la perspective des difficultés ou de la mort? Pourquoi les chrétiens fleurissent-ils dans les lieux de persécution? Nous ne le saurons jamais. Mais cela arrive sans cesse. Quand une personne qui a abandonné la foi rencontre le vrai visage du Christ, elle est abasourdie par ce qu'elle voit réellement et comme Thomas, elle pourrait se rendre: «Mon Seigneur et mon Dieu» (Jn 20, 28). C'est un privilège de révéler le visage du Christ aux autres. C'est une joie encore plus grande de le découvrir ou de le redécouvrir. «C'est ta face Seigneur que je cherche, ne me cache pas ta face» (Ps 27, 8). O Seigneur aujourd'hui c'est vers toi que, en larmes, je crie: «Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne» (Lc 23, 42). C'est vers ce règne que j'aspire avec confiance. C'est la demeure d'éternité que tu as préparée pour tous ceux qui te cherchent avec un cœur sincère. «Ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu» (1 Co 2, 9). Aide-moi Seigneur pendant ! que je marche avec peine vers mon destin éternel. Dissipe l'obscurité sur mon chemin, et tiens mes yeux levés vers le haut!


«Conduis-moi, douce lumière, dans les ténèbres qui m'entourent. Conduis-moi! La nuit est épaisse et je suis loin de chez moi. Conduis-moi! Dirige mes pas, Je ne demande pas de voir l'horizon lointain un pas après l'autre, voilà qui me suffit»

(John Henry Newman, Livre de prières, sous la direction de Vincent Ferrer Blehl, s.j., Birmingham, 1990, p. 32).


Pater noster...


Sancta mater, istud agas,

Ô sainte Mère, daigne donc

Crucifixi fige plagas

graver les plaies du Crucifié

cordi meo valide.

profondément dans mon cœur.


XIIDouzième station

Jésus, la Mère et le disciple qu'il aimait au pied de la Croix


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum


De l'Evangile selon saint Jean, 19, 25-27


Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: «Femme, voici ton fils». ! Puis il dit au disciple: «Voici ta mère». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.


Dans la souffrance, nous désirons ardemment la solidarité. Marie, la mère, nous rappelle l'amour, le soutien et la solidarité de la famille, Jean la fidélité. La cohésion de la famille, les liens au sein de la communauté, les liens de l'amitié sont essentiels pour le développement des êtres humains. Dans une société anonyme, ils perdent de leur vigueur. Quand ils font défaut, notre humanité s'affaiblit. Par ailleurs, en Marie, nous ne relevons pas le moindre signe de rancœur, ni ni une parole d'amertume. La Vierge devient l'archétype du pard! on dans la foi et dans l'espérance. Elle nous montre le chemin vers l'avenir. Ceux qui voudraient aussi répondre à l'injustice violente avec une «justice violente», savent que cette réponse n'est pas la solution. Le pardon suscite l'espérance. Il existe aussi des offenses historiques qui peuvent blesser la mémoire des sociétés pendant des siècles. Si nous ne transformons pas notre colère collective en de nouvelles énergies d'amour au moyen du pardon, nous périrons. Quand la guérison arrive grâce au pardon, nous allumons une lampe qui annonce des possibilités nouvelles pour «la vie et la paix» de l'humanité (cf. Ml 2, 5). Seigneur Jésus, ta Mère se tenait silencieusement à tes côtés lors de ton agonie. Elle, qui est restée cachée quand ils t'acclamaient comme un grand prophète, est à côté de toi dans ton humiliation. Fais que j'aie le courage de demeurer fidèle aussi là où ils ne te reconnaissent pas. Accorde-moi de ne pas avoir honte d'appartenir au «petit troupeau» (Lc 12, 32). Seigneur, fais-moi me rappeler que ceux que je considère comme mes «ennemis» appartiennent aussi à la famille humaine. S'ils me traitent injustement, fais que ma prière soit seulement: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font» (Lc 23, 34). Il peut arriver que dans un contexte semblable, je reconnaisse à l'improviste le vrai visage du Christ et que je crie comme le centurion : «Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu!» (Mc 15, 39).


Pater noster...


Fac me tecum pie fere,

Que vraiment je pleure avec toi,

Crucifixo condolere,

qu'avecle Christ en Croix je souffre,

donec ego vixero

chacun des jours de ma vie!


XIIITreizième station

Jésus meurt sur la Croix


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 46


Alors, Jésus poussa un grand cri: «Père, entre tes mains je remets mon esprit». Et après avoir dit cela, il expira.


Jésus remet sa vie à son Père dans un abandon serein. Ce que les persécuteurs croient être un moment d'échec est en fait un moment de triomphe. Quand un prophète meurt pour la cause qu'il a soutenue, i! l donne la preuve définitive de tout ce qu'il a dit. La mort du Christ est quelque chose de plus. Elle porte la rédemption (cf. Ga 3, 13). «En Lui, par son sang nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes» (Ep 1, 7).Pour moi, c'est avec cela que commence un chemin mystique: le Christ m'attire plus près de Lui jusqu'à ce que je lui appartienne totalement (cf. Jn 12, 32; Ph 3, 12-14; Ga 2, 20) «Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu... Quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu?» (Ps 42, 2-3). Seigneur Jésus, tu as été cloué sur la Croix à cause de mes péchés. Aide-moi à acquérir une conscience plus grande de mes fautes et de l'immensité de ton amour. «Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs» (Rm 5, 6.8). Je te confesse mes péchés comme l'ont fait les prophètes: «Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous! nous sommes détournés de tes commandements et de tes préceptes! Nous n'avons pas écouté tes serviteurs les prophètes...» (Dn 9, 5-6) Rien en moi ne mérite ta bienveillance. Je te rends grâce pour ton incommensurable bonté envers moi. Aide-moi à vivre pour toi, conforme ma vie à la tienne (cf. 1 Co 11, 1), de telle sorte que je sois uni à toi, et devienne une nouvelle créature (cf. 2 Co 5, 17). Le Christ avec moi, Le Christ en moi, le Christ derrière moi, Le Christ devant moi, le Christ à coté d! e moi, le Christ me conquiert, le Christ me réconforte, le Christ me guérit («Saint Patrick's Breastplate», hymne irlandais du VIIIe siècle)

Pater noster...


Vidit suum dulcem Natum

Elle vit son enfant très cher

Morientem desolatum

mourir dans la désolation

Cum emisit spiritum

Alors qu'il rendait l'esprit!


XIVQuatorzième station

Jésus est descendu de la Croix et mis au tombeau


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Marc, 15, 46


Joseph d'Arimathie, acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la Croix, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l'entrée du tombeau.


La tragédie ! nous fait réfléchir. Un tsunami nous rappelle ce qu'est la vie. Hiroshima et Nagasaki demeurent des lieux de pèlerinage. Quand la mort nous touche de près, c'est un autre monde qui nous est proche. C'est alors que nous nous libérons des illusions et que nous avons la perception d'une réalité plus profonde. Autrefois les personnes priaient ainsi en Inde: «Conduis nous de l'irréel au réel, de l'obscurité à la lumière, de la mort à l'immortalité» (Brihadaranyaka Upanishads I.III.28). Après que Jésus eut laissé cette terre, les chrétiens ont commencé à regarder en arrière et à comprendre sa vie et sa mission. Ils ont annoncé son message jusqu'aux confins de la terre. Ce message, c'est Jésus Christ lui-m&eci! rc;me, qui est «puissance de Dieu et sagesse de Dieu» (1 Co 1, 24). Il nous dit que la réalité c'est le Christ (cf. Col 2, 17) et notre destin définitif est de vivre avec lui (cf. Ph 1, 23). Seigneur Jésus, alors que nous avançons avec peine sur le chemin de la vie, donne-nous de recevoir une lueur sur notre destin définitif. Et quand finalement nous franchirons le dernier seuil, nous saurons que «la mort n'existera plus, il n'y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse» (Ap 21, 4). Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux. Voici la Bonne Nouvelle que nous désirons annoncer «de toute façon» (Ph 1, 23) là où le nom du Christ n'a pas encore ét&eac! ute; annoncé (cf. Rm 15, 20). Dans ce but, nous nous engageons totalement «travaillant jour et nuit» (1 Ts 2, 9) jusqu'à l'épuisement (cf. 1Co4, 12). Seigneur, apprend nous à être des messagers efficaces de ta Bonne Nouvelle. «Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu'à la fin il se dressera sur la poussière des morts; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair,je verrai Dieu» (Jb 19, 25-26)


Pater noster...


Quando corpus morietur,

Au moment où mon corps mourra,

fac ut anim&aeli! g; donetur

fais qu'à mon âme soit donnée

paradisi gloria. Amen.

la gloire du Paradis. Amen.

018_001

Téléchargez le texte de ce Chemin de Croix (pdf) en cliquant ici

Posté par fmonvoisin à 19:11 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

10 avril 2009

Vendredi Saint

40

Vendredi Saint

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 18, 1-40; 19, 1-42)


Après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus y avait souvent réuni ses disciples. Judas prit donc avec lui un détachement de soldats, et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C'est moi. » Judas, qui le livrait, était au milieu d'eux. Quand Jésus leur répondit : « C'est moi », ils reculèrent, et ils tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l'ai dit : c'est moi. Si c'est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » (Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés ».) Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira du fourreau ; il frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? » Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus et l'enchaînent. Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre de cette année-là. (C'est Caïphe qui avait donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple. ») Simon-Pierre et un autre disciple suivaient Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour de la maison du grand prêtre, mais Pierre était resté dehors, près de la porte. Alors l'autre disciple - celui qui était connu du grand prêtre - sortit, dit un mot à la jeune servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. La servante dit alors à Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Les serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était avec eux, et se chauffait lui aussi. Or, le grand prêtre questionnait Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui sont venus m'entendre. Eux savent ce que j'ai dit. » A cette réponse, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » Jésus lui répliqua : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Anne l'envoya, toujours enchaîné, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit : « N'es-tu pas un de ses disciples, toi aussi ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, insista : « Est-ce que je ne t'ai pas vu moi-même dans le jardin avec lui ? » Encore une fois, Pierre nia. A l'instant le coq chanta. Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au palais du gouverneur. C'était le matin. Les Juifs n'entrèrent pas eux-mêmes dans le palais, car ils voulaient éviter une souillure qui les aurait empêchés de manger l'agneau pascal. Pilate vint au dehors pour leur parler : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent : « S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. » Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? » Après cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c'est la coutume chez vous que je relâche quelqu'un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un bandit.) Alors Pilate ordonna d'emmener Jésus pour le flageller. Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, et la lui mirent sur la tête ; puis ils le revêtirent d'un manteau de pourpre. Ils s'avançaient vers lui et ils disaient : « Honneur à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient. Pilate sortit de nouveau pour dire aux Juifs : « Voyez, je vous l'amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Alors Jésus sortit, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : « Voici l'homme. » Quand ils le virent, les chefs des prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est prétendu Fils de Dieu. » Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans son palais, et dit à Jésus : « D'où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher, et le pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut ; ainsi, celui qui m'a livré à toi est chargé d'un péché plus grave. » Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur. » En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade à l'endroit qu'on appelle le Dallage (en hébreu : Gabbatha). C'était un vendredi, la veille de la Pâque, vers midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les chefs des prêtres répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié, et ils se saisirent de lui. Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha. Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix, avec cette inscription : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. » Comme on avait crucifié Jésus dans un endroit proche de la ville, beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, qui était libellé en hébreu, en latin et en grec. Alors les prêtres des Juifs dirent à Pilate : « Il ne fallait pas écrire : 'Roi des Juifs' ; il fallait écrire : 'Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs'. Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique ; c'était une tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons au sort celui qui l'aura. » Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C'est bien ce que firent les soldats. Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. » Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. Comme c'était le vendredi, il ne fallait pas laisser des corps en croix durant le sabbat (d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque). Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis du deuxième des condamnés que l'on avait crucifiés avec Jésus. Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai.) Tout cela est arrivé afin que cette parole de l'Écriture s'accomplisse : Aucun de ses os ne sera brisé. Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé. Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts. Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n'avait encore mis personne. Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus.

db_5_FETE_Christ_en_Croix12

Méditation


Aujourd’hui nous voulons accompagner le Christ sur la Croix. Je me souviens de quelques mots prononcés un vendredi saint par Saint José Maria. Il nous invitait à revivre personnellement les heures de la Passion : depuis l’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers jusqu’à la flagellation, le couronnement d’épines et la mort sur la Croix. « La toute puissance de Dieu est clouée par la main de l’homme – disait ce saint prêtre – on conduit mon Jésus d’un endroit à un autre, parmi les insultes et les bousculades de la foule ». Chacun d’entre nous doit se voir au milieu de cette foule, parce que nos péchés ont été la cause de l’immense douleur qui s’est abattue sur l’âme et le corps du Seigneur. Oui, chacun d’entre nous conduit le Christ d’un endroit à un autre, en le transformant en un objet de moqueries. (…) Il est juste que nous ressentions la responsabilité de nos péchés. Il est logique que nous soyons très reconnaissant envers Jésus. Il est normal que nous cherchions à réparer, car lorsque nous montrons la petitesse de notre amour, Lui nous répond toujours par un amour total. (…) Ne laissons pas le Seigneur porter seul la Croix. Accueillons avec joie les petits sacrifices quotidiens, sachons écouter, sourire, comprendre, pardonner, aider celui qui en a besoin… Ainsi nous aiderons le Christ.

075_001

Prière à Jésus crucifié


Ô bon et très doux Jésus, me voici agenouillé en Votre sainte présence. Je Vous prie et Vous conjure, avec toute la ferveur de mon âme, de daigner graver dans mon cœur de vifs sentiments de foi, d'espérance et de charité, un vrai repentir de mes péchés et une volonté très ferme de m'en corriger, tandis qu'avec un grand amour et une grande compassion je considère et contemple en esprit Vos cinq Plaies, ayant devant les yeux les paroles que déjà le prophète David Vous faisait dire de Vous-même, ô bon Jésus : Ils ont percé mes mains et mes pieds; ils ont compté tous mes os.


Pater, Ave, Gloria

Posté par fmonvoisin à 16:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 avril 2009

Le Carême avec Jean Paul II

309_001

Le Carême avec Jean Paul II

 

10 avril

Vendredi Saint


« Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé. » (Lettre aux Hébreux 5: 7).

A méditer

« Le cri de Jésus sur la Croix n'exprime pas l'angoisse d'un désespéré, mais la prière du Fils qui offre Sa Vie à Son Père dans l'Amour, pour le Salut de tous. Au moment où Il s'identifie à notre péché, « abandonné » par Son Père, Il « s'abandonne » entre les mains de Son Père. Ses yeux restent fixés sur Son Père. C'est bien en raison de la connaissances et de l'expérience que Lui seul a de Son Dieu que, même en ce moment de ténèbres, Il voit de manière limpide la gravité du péché et qu'Il souffre pour lui. Lui seul, qui voit Son Père et en jouit pleinement, mesure en plénitude ce que signifie résister par le péché à l'Amour du Père. »

Novo Millennio Ineute, n° 26

Fioretti

Les dernières années, les derniers mois et les dernières semaines de Jean Paul II firent marqués par la douleur, par l'impossibilité de marcher, par des difficultés à parler, par la Croix qu'il portait sereinement avec une force, une patience et une Foi extraordinaire dans le Christ et Sa Mère. A travers la souffrance et la Croix, il participait aux luttes de l'Église contre tout ce qui s'oppose à sa mission dans le monde contemporain: l'athéisme, l'indifférence religieuse, le laïcisme, la société de consommation, la civilisation fr mort. L'infirmité du Saint Père a davantage révélé au monde qui il était, et les hommes l'ont accompagné dans sa faiblesse physique par la prière, en lui faisant sentir qu'ils étaient particulièrement proches de lui et qu'ils participaient à ses épreuves. « Ici à l'hôpital, je l'avoue, au milieu des autres malades, je continue à servir l'Église et toute l'humanité ». (Angelus du 6 février 2005).

« Laissez-moi m'en aller » Stanislas Dziwisz, Parole et Silence.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui, dans Ton dernier souffle, as confié avec Amour à la Miséricorde du Père tous les hommes et les femmes de tous les temps avec leurs faiblesses et leurs péchés, remplis-nous, nous-mêmes, et les générations futures, de Ton Esprit d'Amour, afin que notre indifférence ne rende pas vains en nous les fruits de Ta Mort.

Vendredi Saint 2000

Boîte à idée

Aujourd'hui, je médite en mon cœur, en faisant le Chemin de Croix, la souffrance du Christ par Amour pour moi.

Texte extrait du hors série de Carême 2009, du magazine « Il est Vivant! »

Posté par fmonvoisin à 17:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,