22 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-troisième jour

Salut des infirmes, priez pour nous.

 

Ce que nous savons le mieux demander à la Sainte Vierge, c'est le soulagement de nos souffrances corporelles, c'est notre guérison dans nos maladies. Qu'un enfant soit blessé, qu'il souffre d'une chute ou d'un accident quelconque ; vite il court en pleurant dans les bras de sa mère. Il sait que sa mère sera sensible à sa douleur, qu'elle la partagera et n'épargnera rien pour la calmer.

C'est ce sentiment de confiance filiale, c'est cette compassion bien connue du cœur de Marie, qui a conduit, qui a fait porter au pied de ses autels, tant d'infirmes, tant de malades désespérés et abandonnés des médecins. Ont-ils été exaucés ? Marie a telle répondu au cri de leur douleur ? Il suffit d'avoir visité quelques-uns de ces nombreux sanctuaires dédiés , à Marie, tels que N.D. De Fourvières, N.-D. de la Garde, N.-D des Victoires, N.-D. de Santé, N.-D. de la Salette, pour reconnaître à combien .juste titre Marie est appelée salut des infirmes. Toutes ces inscriptions, tous ces ex-voto suspendus aux murs du sanctuaire, tellement nombreux que la reconnaissance ne peut plus trouver de place pour en suspendre de nouveaux, tous ces pauvres instruments de bois qui ont aidé celui qui venait réclamer son secours à se traîner jusqu'au seuil du lieu saint, et crue son intercession a rendus désormais inutiles, tant de flambeaux qui semblent prolonger les vœux ou l'action de grâces, ne fournissent-ils pas des témoignages irrécusables de la puissance de Marie sur les organes de notre corps ? Ne sont ils pas des témoins qui attestent son empressement à soulager nos maux. Oui, que de maladies guéries à la vue d'une image qui rappelait son souvenir, d'une médaille que la piété regardait comme son plus précieux trésor, d'une neuvaine de prières et de sacrifices, d'un pèlerinage entrepris dans la seule vue de faire une sorte de violence à sa bonté !

Cependant, il faut bien le reconnaître, tous les pèlerins ne reviennent pas avec la santé, ou ne la rapportent pas à ceux jour qui ils sont allés la demander. Est-ce une preuve que Marie a été insensible à leurs souffrances, qu'elle n'a pas pu les exaucer ? Gardons-nous de le croire. C'est qu'alors la maladie nous est plus avantageuse que la santé. Marie prévoit que si cette santé nous était rendue, nous en ferions mauvais usage ; et elle préfère le bien de notre âme à celui de notre corps. Vous avez fait un pèlerinage, vous avez entrepris une neuvaine pour obtenir la guérison d'un parent, d'un ami ; et cependant ce parent, cet ami vous est en levé par la mort. Qui sait ! ce parent, cet ami qui meurt dans de bonnes dispositions, s'il vous eût été rendu, aurait peut-être plus tard mal terminé sa carrière. Marie a préféré lui ouvrir les portes du ciel et faire une blessure à votre cœur ; oserez- vous encore vous en plaindre ? Voulez-vous rester inconsolable ?

Encore une fois, si nous n'obtenons pas toujours notre guérison, gardons-nous de croire que Marie n'exauce pas nos prières. Elle nous obtient une faveur qui vaut mieux que la santé du corps ; celle de payer nos dettes à la justice divine, en souffrant d'une manière plus méritoire, elle retrempe et fortifie notre âme pour le combat, elle augmente en nous la vie de la grâce. Recourons donc à Marie avec confiance dans toutes nos maladies ; mais remettons-nous en à sa tendresse éclairée, du soin de nous exaucer de la manière qu'elle jugera nous être la plus avantageuse. Oui, qu'elle soulage et sauve notre âme, s'il le faut, au préjudice de la santé du corps ! Notre âme ne vaut-elle pas plus que notre corps ? Ne devons-nous pas préférer la vie éternelle à la vie présente ?

 

Exemple

Patience admirable d'Alphonse Rodriguez

 

Alphonse Rodriguez, ce zélé serviteur de Marie, parvenu à une grande vieillesse, était accablé d'infirmités, et sa vie n'était qu'un martyre prolongé. II souffrait cependant ces tourments non seulement avec patience, mais encore avec une véritable joie. Trois jours et trois nuits s'étaient écoulés sans qu'il eût goûté un seul moment de repos, lorsqu'il dormit enfin un quart d'heure. On l'en félicitait, et le bon vieillard s'affligeait de ce que le sommeil avait un moment assoupi ses douleurs, et l'avait empêché de mériter, pendant ce court espace. D'où lui venaient ces sentiments si opposés à la nature ? De la grâce que le Sauveur et sa Sainte Mère répandaient dans son âme. Oui, Jésus et Marie daignèrent se montrer à lui sensiblement, le consoler, l'encourager, et, au lieu de le délivrer de ses peines, le remplir de force et de patience pour les supporter saintement. Aux douleurs extérieures se joignirent encore les douleurs intérieures les plus déchirantes. Jésus et Marie, qui le traitaient avec une sorte de familiarité, le laissèrent cinq mois dans ce surcroît d'épreuves. Ils l'en délivrèrent enfin, sans alléger les tourments qu'il souffrait dans son corps. Ce juste dans la peine était l'or dans le creuset. Dans nos infirmités, ayons recours à Marie, et elle répandra sur nos plaies le baume de la consolation et nos peines, endurées avec patience, nous mériteront de la voir de plus près dans le ciel. (Vie d'Alphonse Rodriguez).

Pratique : Si vous êtes affligé de quelque infirmité, demandez à Marie votre guérison, et offrez-lui en échange les résolutions que vous réaliserez ensuite avec fidélité. Si vous êtes en santé, faites aux malades de votre voisinage, des visites de charité.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Vous dont le cœur si tendre peut nous dire bien mieux que le grand apôtre : « Qui est dans la souffrance sans que j'y compatisse ? » Soyez glorifiée de ce que vous faites si souvent, et d'une manière si admirable, éclater votre puissance pour le soulagement ou la guérison de nos souffrances corporelles. Hélas ! La vie est éprouvée par bien des infirmités, et nous avons besoin de recourir souvent à vous, soit pour notre guérison, soit pour celle de nos parents ou de nos amis. Montrez-vous toujours compatissante à nos souffrances et daignez les soulager. Mais surtout faites-nous bien comprendre que la maladie est le moyen le plus efficace pour expier nos péchés et acquitter nos dettes envers la justice divine ; qu'il vaut mieux faire son purgatoire en ce monde, qu'en l'autre. Obtenez-nous de marcher courageusement avec vous à la suite de Jésus crucifié, et d'unir comme vous toutes nos souffrances aux siennes, pour puiser dans cette union la patience et le mérite d'une couronne immortelle. Ainsi soit-il.

 

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21 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-deuxième jour

Porte du ciel, priez pour nous.

Etoile du matin, priez pour nous.

 

Le ciel nous était fermé, et nous savons pourquoi. En même temps qu'Adam et Eve furent chassés du paradis terrestre, Dieu plaça à la porte un chérubin armé d'une épée flamboyante pour leur défendre d'y rentrer. Ils s'éloignent en pleurant et le cœur bien triste. A la place des fleurs et des fruits qu'ils rencontraient partout dans les beaux jours de leur innocence, ils ne trouvent plus sous leurs pas qu'une terre stérile et hérissée d'épines, une terre qui ne leur fournira leur pain de chaque jour qu'autant qu'ils l'arroseront de leurs sueurs. Nul doute qu'ils auraient succombé à la douleur, s'ils n'avaient emporté la promesse d'un Rédempteur, et l'assurance que ce Rédempteur serait donné au monde par une femme dont le pied écraserait la tête du serpent qui les avait perdus.

Mais quand viendra cette mère du Rédempteur, celle qui comme l'étoile du matin précédera et annoncera l'arrivée du Soleil de justice ; celle dont le bras puissant doit nous rouvrir la porte du ciel en désarmant le chérubin qui en ferme l'entrée ? C'est le secret de Dieu. Le monde l'attend depuis quatre mille ans. Enfin, le Seigneur touché par les larmes et les soupirs des patriarches, des prophètes et des saints de l'ancienne loi, va accomplir sa promesse. C'est à Nazareth petite ville de Galilée, que vient au monde la sainte Vierge, celle qui était l'attente du genre humain et que Dieu avait prédestinée avant le cours des siècles à devenir un jour la mère du Sauveur. La voila ouvrant les yeux à la lumière, couchée clans son berceau comme un enfant ordinaire ; et tandis que les anges accourent du ciel pour la contempler et la vénérer, l'Eglise la salue des doux et glorieux noms de porte du ciel ! d'étoile du matin !

Porte du ciel, quel nom merveilleux ! Marie n'est pas la rédemption, mais elle est la mère du Rédempteur ; Marie n'est pas le ciel, mais elle en est la portière. Marie porte du ciel ! Comprendrons-nous jamais tout ce que ce nom glorieux nous apporte de joie et d'espérance ? Toutes les méditations de ce mois béni nous ont fourni un sujet particulier de consolation, mais il n'est aucune prérogative de Marie, qui, bien méditée et bien comprise, doive dilater notre cœur comme son titre de porte du ciel. Nous sommes pécheurs et de grands pécheurs, qu'allons-nous devenir ? Ecoutons et recueillons la parole saisissante de notre saint curé : « Dieu, dit il, nous a aimés jusqu'à mourir pour nous ; mais dans le cœur de Notre-Seigneur, il y a la justice qui est un attribut de Dieu ; dans celui de la très Sainte Vierge, il n'y a que la miséricorde... Son Fils était prêt a punir un pécheur, Marie s'élance, arrête le glaive, demande grâce pour le pauvre coupable : « Ma mère, lui dit Notre-Seigneur, je ne puis rien vous refuser. Si l'enfer pouvait se repentir, vous lui obtiendriez sa grâce ».

Marie, porte du ciel ! Ah ! Ne nous lassons jamais de l'invoquer sous ce beau nom. Il y a, dans le cours de la vie, des jours bien lourds à porter : c'est la maladie qui nous cloue sur un lit de douleur, c'est la mort qui nous enlève un enfant ou un parent chéri, c'est la grêle qui nous ravit en une heure le fruit de toute une année de travail... Portons nos regards en haut ; Marie nous montre le ciel et nous offre en échange des épreuves passagères de cette vie, un bonheur qui n'aura point de terme. Les années s'accumulent sur notre tête, la vieillesse avec le cortège de ses infirmités met sur nous sa main froide ; c'est le soir de la vie, ce sera demain la nuit du tombeau. Ah ! Ne regrettons pas les jours écoulés : par delà la tombe commence un jour nouveau. C'est Marie, l'étoile du matin, qui illumine nos pas sur le seuil de l'éternité, qui plaide notre cause devant le tribunal du souverain juge, et nous ouvre la porte du ciel.

 

Exemple

Un souvenir à Marie

 

Vers 1842, dans un village du diocèse de Beauvais ; un vieillard mourut dans des circonstances extraordinaires qui émurent toute la contrée. Né au milieu de la Révolution, élevé en dehors de toute habitude chrétienne, cet homme avait vécu complément éloigné de toute, pratique religieuse. A peine l'avait-on vu quelquefois à l'église. Usurier de profession, il avait amassé par ses trafics une fortune énorme pour la campagne. Étant tombé malade, il appelle son curé et réclame les consolations que la religion donne aux mourants. Le pasteur consent à recevoir la confession du malade, mais à la condition qu'il promettra devant témoins de restituer un bien manifestement mal acquis, afin de réparer ainsi le long scandale de sa vie. Le malade consent à tout, rend une somme considérable, et, après avoir reçu le Dieu qui visita Zachée le publicain, s'éteint paisible et heureux. Le pasteur ému, et les témoins de cette fin touchante et inespérée, se demandaient à quelle cause attribuer une conversion si frappante. Le malade questionné révéla un fait qui permit d'admirer une fois de plus la toute-puissante miséricorde de Marie. Ce pécheur, oublieux de Dieu, de son âme et de la justice, ne s'était jamais couché sans réciter une prière apprise d'enfance : « Je vous salue, Marie ». Marie se souvint de lui et. ainsi qu'il l'avait si souvent demandé, elle intercéda pour lui à l'heure de la mort. Si elle ne lui avait ouvert la porte du ciel, que serait-il devenu ?

Pratique : Demandez souvent à Jésus et à Marie la grâce de mourir en prononçant leurs noms sacrés. Pensez que Marie vous suit partout, et conservez autant de retenue quand vous êtes seul, que si vous étiez en nombreuse compagnie.

 

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Prière

 

Porte du ciel, dont Eve nous avait fermé l'entrée ; c'est par vous que toutes les grâces en descendent ; c'est par vous que nos prières y montent et sont favorablement accueillies ; c'est par vous que tous vos serviteurs y parviennent infailliblement. Étoile du matin, heureux ceux qui ont toujours les yeux et le cœur tournés vers vous, sur la mer orageuse de cette vie. Vous les conduisez sûrement à Jésus et au port du salut. C'est par vous que je veux servir Jésus sur cette terre, parce que c'est par vous que je veux arriver à lui dans la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

 

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20 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-et-unième jour

Maison d'or, priez pour nous.

Arche d'alliance, priez pour nous.

 

Le temple que Salomon avait élevé à la gloire du vrai Dieu passe à bon droit pour une des plus grandes merveilles du monde. On avait employé à sa construction les marbres les plus riches et les bois les plus précieux ; l'or y brillait de toutes parts. L'arche d'alliance dans laquelle Moïse avait enfermé les tables de la loi, était faite également d'un bois incorruptible et revêtu en dedans et en dehors de lames d'or. Mais le temple de Salomon et l'arche d'alliance n'étaient que la figure d'une autre maison mille fois plus ornée que le fils de Dieu voulait habiter un jour. Cette maison qui devait éclipser la gloire du temple de Salomon et la richesse de l'arche d'alliance ; c'est le sein virginal et immaculé de Marie. Et cependant Marie n'était qu'une pauvre fille du peuple, vivant de son travail et dans la plus grande simplicité. Oui, Marie était pauvre des biens de la terre ; à peine connaissait elle, pour l'avoir vu sans le posséder jamais, ce métal qu'on appelle or, et à la conquête duquel la plupart des hommes consument leur intelligence, leurs forces et leur vie tout entière. En revanche elle était riche d'un trésor devant lequel l'or n'est qu'une vile poussière, elle possédait dans son âme le trésor de la grâce sanctifiante, le trésor de la charité ! Dieu était l'objet de toutes ses pensées, de toutes ses aspirations ; comme l'apôtre, et plus encore que l'apôtre, elle défiait les supplices et la mort de pouvoir jamais la séparer de la charité de son Dieu ! Et voilà pourquoi le fils de l'Eternel a voulu s'incarner dans son sein ; voilà pourquoi elle est devenue la maison d'or du roi des rois.

Nous aussi, lorsque nous avons le bonheur de communier, nous devenons la maison de notre Dieu. Ah ! Faisons de notre âme une maison d'or, une maison digne du roi de gloire. Marie nous a enseigné par son exemple, et Jésus-Christ par sa parole, comment nous devons nous préparer à la divine Eucharistie. « Si quelqu'un m'aime, dit le Sauveur, il gardera ma parole ; mon Père l'aimera, et nous viendrons en lui, et nous ferons en lui notre demeure ». L'amour de Dieu, telle est donc, pour nous présenter à la Table sainte, la disposition par excellence, la disposition qui renferme toutes les autres. Mais prenez garde, l'amour de Dieu, cet amour qui fait de notre âme une maison d'or, n'est pas dans une simple formule qui se borne à dire : « Mon Dieu ! Je vous aime de tout mon cœur ». L'amour qui attire le Fils de Dieu dans notre âme, l'amour qui l'unit à nous et nous unit à lui, se montre surtout par la générosité de nos sentiments, par notre fidélité à observer les commandements de Dieu et de l'Eglise. Pouvez-vous dire que vous aimez Dieu par dessus tout, vous qui ne pouvez supporter sans murmure la moindre contradiction, que le plus léger contre-temps plonge dans rabattement ? Pouvez-vous dire que vous aimez Dieu par dessus tout, vous qui gardez l'abstinence dans l'intérieur de votre maison, et la violez par respect humain, lorsque vous êtes dehors ? Pouvez-vous dire que vous aimez Dieu par dessus tout, vous qui, au retour d'une fêle religieuse, renoncez au bonheur de communier pour ne pas vous priver d'une partie de plaisir ? Vous qui ne pourriez supporter sans jalousie qu'une de vos compagnes fût mieux parée que vous ? Ah ! Si vous aimiez Dieu par dessus tout, vous ne chercheriez pas tant à plaire au monde. Recueillons, en finissant, la doctrine de notre saint curé : « Mes enfants, disait-il, on sait quand une âme a reçu dignement le sacrement de l'Eucharistie. Elle est tellement noyée dans l'amour, pénétrée et changée, qu'on ne la reconnaît plus dans ses actions, dans ses paroles.... C'est une âme capable des plus grands sacrifices... »

 

Exemple

La Maison de la Sainte Vierge à Lorette

 

Quand l'Eglise invoque la Sainte Vierge sous le nom de Maison d'or, elle veut parler de la maison de son âme où le Verbe fait chair a habité pendant neuf mois. Tous nos respects sont dus à ce divin tabernacle. Mais il est une autre maison qui, bien que pauvre et sans ornement, mérite aussi nos respects ; c'est la propre maison habitée par la Sainte Vierge. Cette maison, que Marie avait probablement héritée de ses parents Joachim et Anne, était située à Nazareth sa patrie. Après sa mort, les premiers fidèles l'entourèrent de vénération. Un miracle des plus éclatants est venu accroître encore la gloire de cette relique insigne.

Le pays de Nazareth étant tombé au pouvoir des infidèles, Notre-Seigneur ne voulut pas que la maison où l'ange Gabriel était descendu, où lui même s'était fuit chair et où avait habité sa mère, put être jamais souillée par leurs profanations. Eu l'an 1301, sous le Pontifical de Saint Célestin V, elle fut subitement enlevée de ses fondations et transportée miraculeusement par les anges, de Nazareth eu Dalmalie, puisa Recanati dans la Marche d'Ancone, et enfin à Lorette, au centre de la chrétienté. On peut assigner pour motifs des stations que fit successivement dans plusieurs lieux la maison de la Sainte Vierge, celui d'éveiller l'attention des fidèles sur ce grand événement et de leur apprendre à ne pas craindre de se déplacer eux-mêmes pour aller la visiter. Aussi le pèlerinage de Lorette est-il devenu le plus célèbre et le plus fréquenté du monde catholique, celui où Marie répand ses faveurs les plus abondantes.

Les Souverains Pontifes ne pouvaient manquer de faire un accueil honorable et empressé a la maison de la Sainte Vierge. Aussi l'ont-ils fait enfermer dans une magnifique église, embellie par toutes les magnificences de l'art. C'est une petite maison de forme irrégulière, construite en pierres rougeâtres et poreuses, comme celles qu'on voit encore aujourd'hui en Palestine. Les murs sont posés à nu sur la terre. Les fondations sont restées à Nazareth où elles ont été visitées avec le plus grand soin, par plusieurs commissions qui toutes ont déclaré les avoir trouvées conformes pour les dimensions et la nature des matériaux à la construction de Lorette. Elle se compose d'une chambre principale, dont le plafond, peint d'azur et parsemé d'étoiles, est surmonté d'un petit clocher. Elle est éclairée d'une étroite fenêtre. Ce prodige du transport et de la conservation de la Maison de la Sainte Vierge est consacré par une fête que l'Eglise célèbre le 10 décembre. L'intérieur de la Santa Casa renferme un autel privilégié. Celui qui écrit ces lignes a eu le bonheur d'y célébrer la Sainte Messe, et c'est le plus doux souvenir de sa vie !...

Pratique: Préparez-vous à célébrer la fin du Mois de Marie, par une fervente communion.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Maison d'or que le fils de Dieu a daigné habiter pendant neuf mois ; combien ce privilège insigne relève votre gloire à mes veux et m'inspire de vénération pour vous. Mais surtout ce qui me comble de joie, c'est que ce privilège d'où ressort votre titre de reine, est celui que je puis plus facilement partager avec vous. Mon cœur par la communion devient comme le vôtre par l'Incarnation, la véritable maison de Dieu. Ah ! puissé-je, après avoir reçu Jésus-Christ sur la terre, mériter d'être un jour reçu par lui dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

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19 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingtième jour

Tour de David, priez pour nous.

Tour d'ivoire, priez pour nous.

 

Marie n'est pas seulement une rose mystérieuse, c'est-à-dire tout ce qui peut s'offrir de plus gracieux à nos regards ; elle est aussi une tour formidable, c'est-à-dire le refuge le plus assuré contre tous les traits de l'ennemi du salut. La tour construite par David et qui portait son nom, formait un arsenal où les armes étaient mises en dépôt et où les guerriers venaient se munir en temps de guerre pour combattre et repousser l'ennemi. L'Eglise en invoquant Marie, sous le nom de Tour de David, de Tour d'ivoire, a voulu nous apprendre que la vie du chrétien étant une milice sur la terre, c'est à elle que nous devons recourir pour combattre le bon combat. Oui, quelque violentes que soient nos tentations, quelque invétérées que soient nos mauvaises habitudes ; recourons à Marie, et nous trouverons dans sa protection tout le courage et toute l'énergie dont nous avons besoin pour triompher de nos passions, pour sortir de l'état du péché, pour nous maintenir termes inébranlables dans la voie du salut.

Depuis son établissement jusqu'à nos jours, l'Eglise a traversé des épreuves continuelles et soutenu contre les puissances de la terre et de l'enfer les assauts les plus terribles. Pendant trois siècles les tyrans ont voulu la noyer dans son sang, et plusieurs millions de martyrs l'ont défendue victorieusement en mourant pour sa cause. Par qui a-t-elle triomphé et triomphera-t-elle jusqu'à la fin des temps ? Par l'assistance et la protection toute puissante de Marie. De là le surnom glorieux que l'Eglise lui a donné, de Notre-Dame des Victoires, et qui répond à celui sous lequel nous l'invoquons aujourd'hui, de Tour de David, Tour d'ivoire.

Mais ce n'est pas seulement contre la violence des tyrans et la cruauté des bourreaux, que la Sainte Vierge a protégé l'Eglise ; elle l'a défendue surtout contre les erreurs sans nombre et toutes les fausses doctrines qui ont tenté d'altérer son enseignement. L'Eglise catholique, apostolique et romaine a reçu le dépôt des vérités divines que nous devons croire et pratiquer pour être sauvés. « Allez, dit Notre-Seigneur à ses apôtres, et enseignez toutes les nations. Celui qui vous écoute, m'écoute. Celui qui vous méprise et repousse votre enseignement, me méprise moi-même et repousse mon enseignement ». La vérité religieuse qui doit régler notre foi et notre conduite, qui peut seule nous conduire au salut, se trouve donc tout entière dans l'enseignement de l'Eglise. Aussi, qu'a fait Lucifer, cet éternel ennemi du genre humain ? Voyant qu'il ne pouvait pas anéantir l'Eglise par les persécutions sanglantes, il a attaqué sa doctrine et ses enseignements en suscitant les hérétiques qui se sont faits les apôtres du mensonge et de l'erreur. Leurs efforts comme ceux des bourreaux sont restés impuissants. L'Eglise a traversé dix huit siècles sans subir aucune altération dans sa doctrine ; et son enseignement est resté le même qu'au temps des apôtres. Et à qui rend-elle hommage de cette nouvelle et perpétuelle victoire, ô Marie ? « Vous seule, chante-t-elle dans ses hymnes de victoire, avez triomphé dans le monde entier, de toutes les hérésies ».

Tenez vous donc en garde conte toute doctrine qui ne vient pas de l'Eglise ; repoussez les livres, quelle que soit la main qui vous les offre, lorsqu'ils ne sont pas approuvés et recommandés par votre pasteur. Que vos regards soient toujours tournés vers Rome et vos oreilles attentives à renseignement du Souverain Pontife. Le Pape est le chef de l'Eglise, l'oracle infaillible de la vérité. C'est le Pape qui a institué l évêque, premier pasteur du diocèse ; c'est l'évéque qui a donné mission à votre pasteur et l'a institué votre curé. En écoutant votre pasteur vous écoutez votre évêque, en écoutant votre évêque vous écoutez le Souverain Pontife, eu écoutant le Souverain Pontife vous écoutez Jésus-Christ lui-même dont il est le représentant sur la terre.

 

Exemple

Le soldat Vincent

 

Entre le petit port d'Auray en Bretagne et le bourg fameux de Sainte Anne, renommé par son célèbre pèlerinage, vivaient dans une petite cabane, Marc-Thomas et son fils Vincent. Marc n'avait que cinquante-six ans, mais était cassé, souffrant et malade, et quand la conscription vint lui enlever son soutien, il fut bien malheureux. Cependant il se soumit sans murmurer : « C'était un chrétien, il respectait la loi ». Quand Vincent partit, il lui dit : « Mon enfant, n'oublie jamais que je l'ai consacré à la sainte Vierge ; invoque-la toujours, sois fidèle, et tu reviendras sain et sauf. Si lu meurs, elle te recevra dans le paradis, et tu ne regretteras pas la terre ». Vincent fui incorporé dans un régiment qui partit presque aussitôt pour la Crimée. Je ne vous dirai pas ici à combien d'épreuves fut exposé Vincent, mais il se disait : une personne consacrée à la sainte Vierge peut-elle faire cela ? Si c'était non, c'était non pour lui. Ses amis se moquaient de lui, mais leurs plaisanteries ne l'effrayaient pas plus que le feu ennemi. Un jour, un de ses camarades, irrité de ne pouvoir réussir à l'entraîner dans ses parties de débauche, l'accabla d'injures et voulut le forcer à se battre. « Je ne me battrai pas, dit Vincent, parce que nous n'avons le droit ni l'un ni l'autre de priver l'armée d'un soldat, mais demain peut être donnera-t-on un assaut à Sébastopol, et alors là nous verrons si nous craignons le feu ». Le lendemain on donnait un assaut, et près de Vincent le soldat qui l'avait provoqué tombait blessé. A l'instant une sortie des assiégés fait reculer les assiégeants, et le soldat va être abandonné sous les pieds des chevaux des Russes. Vincent s'avance rapidement, enlève le blessé, le charge sur ses épaules elle rapporte an camp. Quand le blessé put parler : « O mon Dieu ! dit-il à Vincent, comment as-tu pu courir assez vite pour nous soustraire tous deux aux armes des Russes ? » « Oh ! répondit Vincent, j'ai invoqué la bonne Notre-Dame, et je me suis senti des ailes ; elle m'a envoyé ses anges, car il fallait bien que je sauvasse la vie ! hier tu voulais me tuer ». « C'est vrai, dit le soldat ; ta vertu m'importunait, et aujourd'hui je lui dois la vie. Mais je suis converti, et je veux comme toi me consacrer à Marie ». (La Miséricorde de Marie, par le R. P. Huget).

Pratiques : Remerciez Dieu de ce qu'il vous a fait naître au sein de l'Eglise catholique. Respectez les personnes consacrées à Dieu, et ne permettez pas qu'on en dise du mal en votre présence.

 

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Prière

 

Ô divine Marie, terrible au démon comme une armée rangée en bataille, c'est à vous que votre fils adorable a confie la garde de son Eglise ; car c'est à vous que cette même Eglise rapporte la gloire de ses triomphes sur l'hérésie. Vous êtes pour elle un refuge assuré, une tour fortifiée contre tous ses ennemis. Ah ! Protégez-nous contre les assauts du démon ; protégez-nous surtout à l'heure de la mort, et pour nous préparer à la dernière lutte qui doit assurer notre triomphe éternel, obtenez-nous de Dieu une foi vive et inébranlable. Ainsi soit-il.

 

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17 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Dix-huitième jour

Vase spirituel, priez pour nous.

Vase d'honneur, priez pour nous.

Vase insigne de dévotion, priez pour nous.

 

Que veut exprimer l'Eglise, lorsqu'elle invoque la Sainte Vierge sous le nom trois fois répété de Vase spirituel, Vase honorable, Vase insigne de dévotion ? Elle veut nous faire comprendre combien a été pur, combien salut, combien digne de tous nos respects, le corps de la Sainte Vierge, devenu par l'Incarnation du Verbe le Vase insigne où a été renfermé pendant neuf mois, le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ Nous honorons, et à juste titre, les vases précieux, les calices et les ciboires où l'Eglise renferme la sainte et adorable Eucharistie. Il est défendu aux fidèles de les toucher, cet honneur étant réservé aux seuls ministres des autels dont les mains sont consacrées par l'ordination. Mais y a-t-il aucune proportion entre cet argent ou cet or, relevé par les ornements les plus magnifiques, et le corps auguste et à jamais vénérable qui a fourni à notre divin Sauveur le sang de notre rédemption. Méditons en particulier chacun de ces titres.

Marie a été un Vase spirituel. Entre l'esprit et la chair il y a une distance plus grande que celle du Ciel à la terre, notre corps est fait avec de la boue, et notre âme créée par le souffle de Dieu ressemble à Dieu lui-même. Marie, conçue sans péché, a été favorisée de tant de grâces et elle y a correspondu avec tant de fidélité, qu'elle a donné à sa chair, exempte de la concupiscence, une pureté qui égale en quelque sorte celle de l'esprit. C'est à elle que s'applique plus particulièrement cette parole de l'Esprit Saint : « Dieu lui a donné un corps qui ne diffère presque en rien de la nature des anges ». Apprenons avec quel soin nous devons purifier non seulement notre âme, mais notre corps, des appétits sensuels et des entraînements de la concupiscence, toutes les fois que nous devons servir de vase vivant à Jésus-Christ dans la sainte communion.

Vase honorable. Jamais corps plus digne d'être honoré, après celui de Jésus-Christ, que le corps de Marie ! L'ange s'inclina de respect en sa présence. Sa vue, loin d'éveiller a concupiscence, purifiait les regards et les cœurs de ceux qui avaient le bonheur de l'approcher et de converser avec elle. Ô vierges chrétiennes ! Si vous pouviez comprendre combien la modestie vous relève non seulement aux yeux de Dieu et des anges, mais même aux regards des hommes ! Vénérez le corps virginal et très pur de Marie, dans ses statues et ses images que vous saluerez toujours avec respect, dont vous ne devez jamais faire l'objet d'un amusement familier.

Mais surtout, Vase insigne de dévotion. La dévotion est la manifestation extérieure des sentiments de foi, d'amour et de piété envers Dieu, dont notre âme est pénétrée. Qui pourrait redire l'exactitude de la Sainte Vierge à remplir toutes les pratiques et tous les devoirs de la religion ! Qui pourrait dépeindre son recueillement dans la prière, son application constante à la présence de Dieu ! Quel sanctuaire que celui de la pauvre maison de Nazareth ! Comme les anges accouaient du ciel, pour admirer le spectacle de cette prière en famille et répétée plusieurs fois le jour.

Admirons et imitons, mais prenons garde ; les pratiques extérieures, comme a visite au Saint-Sacrement, la récitation du chapelet, l'exercice du chemin de la croix, ne sont pas toute la dévotion. Ce n'en serait même que l'écorce, si vous ne joigniez à ces pratiques, l'humilité, la douceur, la patience et toutes les autres vertus qui doivent les vivifier. Ne vous croyez donc pas véritablement dévot, parce que vous communiez à telle fête, parce que vous appartenez à telle confrérie ; si d'ailleurs vous ne remplissez les devoirs essentiels de la religion ; et, si vous ne travaillez à vous corriger de certains défauts, tels que la curiosité, la médisance et la paresse qui prêtent aux libertins le prétexte de tourner la dévotion en ridicule. L'arbre qui ne porte pas de bons fruits, est il un bon arbre ?

 

Exemple

Guérison et Conversion

 

Un homme riche et haut placé vivait dans une profonde indifférence ; quoique environné d'une famille pieuse, il se refusait à toutes les pratiques de la religion, et avouait même n'avoir pas la foi. Retiré dans une maison de campagne en 1855, dans le département de l'Orne, il fut atteint de douleurs si violentes et si continues, qu'on le crut sur le point de mourir. Dans ses grandes souffrances, il ne voulait entendre parler ni de prêtre ni de médecin. Sa pieuse compagne désolée ne peut que recourir à Marie, consolatrice des affligés et refuge des pécheurs. Elle se hasarde à lui présenter une médaille de la sainte Vierge, il la rebute : le mal augmente, elle continue de prier et veut encore une fois lui donner sa médaille ; alors il la reçoit et aussitôt demande un prêtre. Pendant qu'on va le chercher, le malade prie avec ferveur et demande a Dieu la grâce de faire une bonne confession avant de mourir. Il se confesse avec les sentiments de la plus par faite conversion ; le danger n'ayant pas cessé, il reçoit les derniers sacrements, proteste que, si Dieu lui rend la santé, il réparera par une conduite plus chrétienne les scandales qu'il a donnés. Dès lors les douleurs se calment, et le médecin déclare bientôt qu'il est hors de danger. Voici un extrait de la lettre qu'il écrivit à sa soeur quelques jours après, le 10 décembre 1858. « Je puis t'annoncer ma guérison et ma conversion miraculeuses : qui mieux que moi peut en juger ? Aussi je ne veux plus songer qu'à gémir sur ma vie passée et à remercier la divine Providence. Oh ! Que d'actions de grâces j'ai à lui rendre !.... Ma première sortie a été consacrée à aller remercier Dieu à l'église de Champeaux. où j'ai eu le bonheur de communier avant hier, jour de la fête de l'Immaculée Conception, et j'ai été revêtu du scapulaire. Je suis aussi heureux qu'on puisse l'être sur la terre, et j'espère obtenir la persévérance. La grâce qui m'a changé me soutiendra contre le démon et le respect humain » (Cité par Mgr Devie, évêque de Belley).

Pratique : Dans votre dévotion, évitez la singularité. Qu'elle soit sincère, sans ostentation, et sans crainte du respect humain.

 

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Prière

 

Que je serais heureux, ô Marie ! si mon cœur était comme le vôtre un vase de dévotion. Au lieu de prendre en dégoût les pratiques de la piété, de trouver trop longs et trop fréquents les exercices religieux ; j'en ferais mes délices, je savourerais l'harmonie des divins cantiques, j'éprouverais qu'un jour passé dans la maison de Dieu, vaut mieux que mille au milieu des fêtes du monde. Épanchez dans mon âme cette plénitude de piété qui déborde de la vôtre. Obtenez-moi le remède à mes tiédeurs, à mes lâchetés, à mon inconstance ; et faites revivre en mon âme le feu d'une sainte ferveur pour le service de Dieu et pour le vôtre. Ainsi soit-il.

 

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16 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Dix-septième jour

Cause de notre joie, priez pour nous

 

Cette terre que nous habitons a été appelée une vallée de larmes. Ce nom hélas ! N'est que trop bien justifié. Enfants d'un père coupable, nous portons tous la peine de son péché et des nôtres, dans des maux sans nombre qui nous assiègent pendant la vie, dans la sentence de mort qui pèse sur chacun de nous, et par dessus tout dans la redoutable expectative du jugement qui doit décider de notre éternité heureuse ou malheureuse. Cependant la divine miséricorde n'a pas voulu nous laisser sans consolation sur cette terre désolée. En même temps que le Seigneur irrité chassa nos premiers parents du jardin de délices, il leur annonça que le serpent qui les avait perdus, serait vaincu un jour par une femme dont le pied lui écraserait la tête.

Voila donc la Sainte Vierge, dès le début des siècles, signalée au genre humain comme son espérance et sa réparatrice, comme devant ramener dans le monde la joie que le péché en avait bannie. En entendant cette divine promesse, Adam et Eve désolés des maux qu'ils avaient attirés sur eux et leur malheureuse postérité, essuyèrent leurs larmes et tressaillirent au doux espoir d'un meilleur avenir. En mourant, ils léguèrent cette promesse à leurs descendants, et les mêmes vœux qui appelaient le Rédempteur, appelaient celle qui devait le précéder sur la terre pour lui donner la vie. Mais écoutons notre saint curé : « Les prophètes, dit-il, ont publié la gloire de Marie, avant sa naissance, ils l'ont comparée au soleil. En effet, l'apparition de la Sainte Vierge peut bien se comparer à un beau soleil dans un jour de brouillards. Avant sa venue, la colère de Dieu était suspendue sur nos têtes comme un sabre prêt à nous frapper. Aussitôt que la Sainte Vierge parut sur la terre, sa colère fut apaisée ». Oui, à dater de ce jour, l'enfer perdit sa puissance, la tête de Satan fut écrasée ; il suffit de prononcer et d'invoquer le nom de Marie pour le mettre en fuite et triompher des tentations les plus violentes. La terre peut se réjouir, parce qu'elle a désormais une avocate toute-puissante auprès de Dieu.

C'est donc bien à juste titre que nous appelons Marie, la cause de notre joie, le doux rayon du soleil qui dissipe les nuages de notre tristesse, qui nous promet après la tempête des jours purs et sereins. Oui, grâce à la puissance et à la bonté maternelle de Marie, nos frayeurs sont tempérées et le ciel nous sourit. Nous pouvons espérer et nous réjouir sous la protection de Marie comme des enfants se réjouissent et vivent heureux sous les regards de leur mère. Et non seulement une sainte joie nous est permise, mais elle forme le caractère distinctif de la vraie et solide piété. Saint Paul ne dit-il pas aux fidèles : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ». C'est faire injure à la dévotion que de se la figurer comme ne se nourrissant que de tristesse et d'ennui, que de pratiques austères et de devoirs accablants pour la nature. La véritable piété est compatible avec toutes les joies de la famille, avec tous les plaisirs honnêtes et innocents. Bien plus, il n'y a de véritablement heureux sur la terre, que le chrétien fidèle à tous ses devoirs. Celui qui jouit d'une bonne conscience porte le paradis dans son cœur. Voyez quelle pure et vive allégresse éclate dans la famille d'Elisabeth lorsque la Sainte Vierge va la visiter ; Jean-Baptiste en tressaille dans le sein de sa mère.Voyez Jésus et Marie assister aux noces de Cana, et doubler par leur présence le bonheur des époux Dans certaines circonstances, à l'époque de la fête patronale, par exemple, il vous est donc permis de convier ou de visiter vos parents et vos amis ; mais que ce soit pour resserrer les liens de la famille, pour vous édifier mutuellement, en un mot, pour vous réjouir dans le Seigneur, et non pour vous livrer à la dissipation et à des amusements toujours dangereux quand ils ne sont pas criminels.

 

Exemple

L'heureux filleul

 

M. X... avait eu l'insigne malheur d'abandonner la religion bientôt après sa première communion. Il avait ensuite embrassé une carrière honorable, et s'était marié sans songer à revenir à Dieu. L'occasion s'étant présentée de nommer l'enfant d'un de ses fermiers, il consentit a le tenir sur les fonts du baptême avec sa femme qui était fort pieuse. Bientôt le petit filleul devint orphelin, sans autre appui que son parrain et sa marraine. M. X..., quoique père de plusieurs enfants, voulut bien se charger de celui-là, et prit un grand soin de son éducation, parce qu'il annonçait d'excellentes dispositions. Cette bonne œuvre, comme on va le voir, fut pour lui une source de bénédictions. L'orphelin arrivé à l'âge de suivre une carrière, déclara en tremblant, à son bienfaiteur qu'il désirait embrasser l'état ecclésiastique. M. X..., malgré sa répugnance pour ce saint état, et malgré les dépenses qu'allaient lui occasionner de nouvelles éludes, eut la générosité d'accéder au vœu du jeune homme, qui, après avoir reçu les saints ordres, s'embarqua pour les missions étrangères. Avant de partir, il alla témoigner à ses parents adoptifs toute la reconnaissance que lui inspiraient leurs bienfaits, et il les pria de vouloir bien, en souvenir de lui, réciter chaque jour, le souvenez-vous. M. X..., tout attendri, s'y engagea : c'était le premier acte de religion qu'il eût fait depuis son mariage, et ce fut ce qui lui obtint des grâces de conversion. Quelques années s'étaient écoulées, lorsque le jeune missionnaire, devant faire un voyage en France, écrivit à son parrain qu'à tel jour il irait dire la messe dans sa paroisse. Quelle fut sa surprise lors qu'il vit cet homme, jadis si peu religieux, se présenter à la communion avec le reste de la famille ! l'émotion du jeune prêtre fut si vive, qu'il ne put achever sa messe qu'en versant un torrent de douces larmes qui attendrirent tous les assistants. (Mois de Marie des jeunes Filles).

Pratique : Faites à vos parents ou à vos amis, suivant l'occasion, une visite de charité.

 

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Prière

 

Ô Marie, comme Eve a été par sa chute la cause de l'affliction du genre humain, ainsi vous êtes la cause de sa joie par le Rédempteur que vous lui avez donné. Ah ! Daignez au milieu des tentations et des épreuves de celle vie, ne pas nous laisser succomber à la tristesse et au désespoir ; mais ranimez sans cesse notre confiance, et faites-nous goûter la joie d'une bonne conscience. Nous voulons continuer à travailler à noire salut avec crainte et tremblement, mais en même temps nous attendrons, pleins d'espérance et de joie, l'heure suprême où vous couronnerez la confiance que nous avons mise en votre protection. Ainsi soit-il.

 

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15 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Seizième jour

Trône de la sagesse, priez pour nous

 

La sagesse éternelle, c'est le fils de Dieu fait homme. Marie lui a servi de trône, soit lorsqu'elle le portait dans son sein, soit lorsqu'elle le tenait dans ses bras. Voilà pourquoi les images de la Sainte Vierge nous la représentent ordinairement avec Notre-Seigneur son divin fils Les trônes des rois dé la terre brillent par l'éclat de l'or et des pierres précieuses ; Jésus-Christ le roi des rois a choisi quelque chose de mieux que l'or et les diamants, il a pris pour trône le cœur et les bras de la Sainte Vierge. C'est là qu'il s'est assis en souverain pour instruire le monde, pour le gouverner et le sauver. Par là il nous a appris qu'il ne se laisse point attirer par l'or mais par la vertu ; qu'il estime par dessus tout la pureté du cœur et l'innocence de l'âme. S'il y avait eu sur la terre, une âme plus ornée de grâces, plus riche de vertus que celle de la Sainte Vierge, le Seigneur fut venu à elle et l'aurait choisie pour en faire son trône.

Mais Jésus, la sagesse incréée, a-t-il pu prendre Marie pour son trône, sans lui communiquer sa propre sagesse, sans l'enrichir de cette vertu divine qui est comme la source d'où découlent toutes les autres ? Ah ! qui fut jamais plus sage et mieux inspiré que Marie dans ses pensées, dans ses projets, dans ses paroles et dans toutes ses actions ! La sagesse la prend au berceau et dirige tous ses pas jusqu'au terme de sa carrière Dès l'âge le plus tendre, lorsque les autres enfants ne pensent qu'aux plaisirs et aux amusements, ne recherchent que les caresses de leur mère, Marie se retire dans le temple pour mieux servir Dieu, elle comprend et met en pratique cette grande maxime de Sagesse : « Cherchez avant tout le royaume de Dieu ». Plus tard elle est honorée du message d'un ange, elle apprend que l'honneur convoité par toutes les filles d'Israël, celui de devenir la Mère du Messie lui est dévolu ; Marie va-telle épancher au dehors ce secret du ciel ? Va-t-elle se prévaloir et tirer vanité d'une prérogative qui l'établit reine du ciel et de la terre ? Sa réserve en cette circonstance condamne la jactance de ces personnes toujours prêtes à se vanter des avantages de leur condition, des dons naturels ou surnaturels dont elles sont favorisées. « Que possédez-vous, dit saint Paul, que vous ne l'ayez reçu ? Mais si vous l'avez reçu, pourquoi vous en glorifier comme d'un bien propre ? » La sage réserve de Marie, condamne encore la démangeaison de parler, l'intempérance de langue de ces personnes qui veulent tout savoir pour tout raconter, qui fouillent les secrets des familles pour se donner le plaisir de les publier. Il suffit d'une langue indiscrète pour porter le trouble et la division dans une famille, et souvent même dans toute une paroisse.

Joseph, son chaste époux, reste étranger à la connaissance du mystère, conçoit un doute cruel en voyant son état, et pense à l'abandonner. Que fait encore Marie ? Elle souffre en silence plutôt que de trahir le secret que l'ange lui a confié, et abandonne à Dieu le soin de faire éclater son innocence. Ô vous sur qui la calomnie fait planer d'injurieux soupçons, ne vous laissez point aller à l'abattement, aux plaintes, aux récriminations contre celui-ci ou contre celle-là. Confiez à Dieu votre peine et le soin de votre réputation, et plus vous serez résigné dans l'épreuve, plus il mettra votre innocence dans un jour éclatant. Lorsque les bergers accourent à la crèche, ils ne peuvent contenir les élans de leur joie naïve, et publient à haute voix les magnificences de Dieu. L'Evangile remarque encore que Marie se tait et médite en silence tout ce qu'elle voit et entend. Ainsi les personnes sages et animées d'une solide piété, restent-elfes toujours calmes et maîtresses d'elles-mêmes, au milieu des événements heureux ou malheureux. Rien n'arrive que par là volonté ou la permission de Dieu, et elles se complaisent uniquement dans l'accomplissement de cette divine volonté. On se repent souvent d'avoir parlé, presque jamais d'avoir gardé le silence. Oh ! Qui nous donnera d'imiter la discrétion de Marie, sa réserve dans nos démarches, sa prudence dans nos rapports, sa sagesse dans toute notre conduite !

 

Exemple

Incendie aparté par un scapulaire

 

Dans la nuit du 20 au 21 novembre 4836, un Incendie, poussé par un vent violent, menaçait de consumer en entier un village appelé Dompuac, dans l'Ardèche. Il y avait déjà plusieurs heures qu'on travaillait inutilement à en arrêter les progrès, lorsque une jeune fille, nommée Anne Ragnaud, s'écrie qu'il faut jeter dans le feu un scapulaire, et, se dépouillant de celui qu'elle porte, elle le donne à un des principaux du village. Celui-ci le roule autour d'une pierre et le lance au milieu des flammes. A l'instant la fureur de l'incendie s'apaise, l'espérance se réveille, on redouble d'activité, et bientôt toute crainte de voir le feu se propager est évanouie. Mais le fait le plus étonnant ne fut connu que le lendemain. Comme les débris de la maison incendiée bridaient encore et qu'on les retirait un à un pour les éteindre, ô prodige ! Au milieu des charbons ardents et des pierres brûlantes que la main ne pouvait toucher apparaît le scapulaire intact ; l'image de la Vierge est parfaitement conservée, pas la moindre altération, les attaches même ont été épargnées. On se presse autour du foyer ardent, on pousse des cris d'admiration, on retire le scapulaire que l'on va déposer à l'église aux pieds de la statue de Marie, comme un monument insigne de sa protection. Les témoins de ce fait sont tous les habitants de Dompuac, qui, un an plus tard, au mois d'octobre 1887, accomplissant un vœu de reconnaissance, ont inauguré sur le clocher du village une statue de la Vierge libératrice. (Couronne de Marie, par l'auteur de Fourvière au XIXe siècle).

Pratique : Soyez sage et réservé dans vos paroles. On se repent Souvent d'avoir trop parlé, rarement d'avoir gardé le silence. Au milieu des tentations, il suffit d'invoquer le nom de Marie pour éteindre le feu des passions les plus violentes.

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Prière

 

O Marie, quand je rentre en moi même et que je repasse mes années écoulées, combien de paroles indiscrètes que je voudrais n'avoir jamais prononcées ! Combien d'actions imprudentes, de démarches compromettantes que je voudrais n'avoir pas faites ! Si j'avais pris conseil de la sagesse, je n'éprouverais pas aujourd'hui tous ces regrets. O vous qui êtes le trône de la sagesse, épanchez dans mon âme la lumière des bonnes inspirations, la modération des désirs, et surtout obtenez-moi cet attrait des choses divines qui me fasse préférer Dieu et le salut à tout le reste. Ainsi soit-il.

 

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06 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Septième jour

Mère de Jésus-Christ, priez pour nous.

 

En invoquant Marie, mère de Dieu, nous avons médite dans son premier acte, le mystère de l'Incarnation ; en invoquant Marie, mère de Jésus-Christ, nous allons méditer le même mystère dans la paissance du Sauveur. C'est à Bethléem que s'accomplit cet événement à jamais mémorable et qui va changer les destinées du genre humain ; transportons-nous-y par la pensée. Aucun spectacle n'est plus digne de fixer l'attention du chrétien, n'est plus propre à exciter notre amour envers Jésus-Christ et notre dévotion envers la sainte Vierge sa mère.

En ce temps-là, dit l'Evangile, on publia un édit de César Auguste pour faire le dénombrement des habitants de toute la terre. Auguste était alors empereur romain et commandait au monde entier. En vertu de cet édit, Joseph et Marie son épouse qui était enceinte, durent se transporter à Bethléem, pour s'y faire enregistrer. Or, pendant qu'ils étaient là, il arriva que le temps auquel la sainte Vierge devait accoucher, s'accomplit. Toute la ville était pleine d'étrangers. Ce fut en vain qu'ils cherchèrent un logement, personne ne voulut les recevoir; leur pauvreté les fit repousser de toutes les hôtelleries. Nulle pitié pour une femme jeune, frêle et sur le point d'accoucher. Dans leur détresse, ils cherchèrent quelque réduit abandonné, et ne rencontrèrent qu'une pauvre étable, ouverte à tous les vents, située au milieu des champs. C'est là qu'à minuit, lorsque tout est en silence dans la ville ingrate et dans la nature entière, le Fils de Dieu fait chair, quitta le sein de sa mère pour descendre dans l'humble crèche adossée au mur de l'étable. Comme Marie lavait conçu miraculeusement et sans perdre sa virginité, elle l'enfanta sans douleur et sans cesser d'être vierge.

 Pourquoi Jésus-Christ en naissant préfère t il une étable à un palais ? Pourquoi veut-il que Marie sa mère partage sa pauvreté et son dénuement ? C'est pour relever le courage des pauvres et les consoler dans leurs privations. Si les biens de la terre devaient faire notre suprême bonheur, s'ils méritaient d'exciter toutes nos convoitises, Jésus-Christ en aurait doté sa mère, la créature qu'il a le plus chérie. Il les méprise pour nous apprendre à les mépriser, et pour être en droit de nous dire avec plus d'autorité : « Bienheureux les pauvres ! » Vous tous qui vivez des sueurs de la journée, qui êtes condamnés aux privations sur la terre, en voyant que Jésus et Marie n'ont pas été mieux partagés que vous, oseriez-vous encore vous plaindre de votre condition ?

De plus Jésus a voulu naître non dans une ville, mais dans la campagne. Les premiers appelés à le visiter et à l'adorer clans la crèche où il repose, sont d'humbles et simples bergers, pauvres comme lui. Vous qui cultivez la terre et vivez dans les champs, voyez comme Jésus relève et honore votre condition ! Les rois viendront plus tard à l'étable de Bethléem, parce que personne n'est exclu du bienfait de la rédemption, mais la préférence est accordée aux habitants de la campagne. Quelquefois peut-être, en voyant l'éclat qui brille dans les villes, une certaine aisance plus apparente que réelle, avez-vous été tentés de quitter le toit qui vous a vus naître ? Croyez-moi, ne désertez pas la maison de votre père et le champ qu'il a arrosé de ses sueurs. Ce champ n'est pas épuisé, il fournira à vos besoins et à ceux de votre famille, si vous savez le féconder par votre travail et vos prières. Dans les champs, vous êtes plus rapprochés de Dieu ; tout vous parle de sa puissance, de sa providence et de sa libéralité ; tout vous dit de l'aimer et de le servir.

 

Exemple

Abjuration du Protestantisme

 

Un modeste ouvrier papetier, qui depuis plus de trente ans s'était concilié la confiance de ses maîtres et la bienveillance des nombreux ouvriers de la fabrique.de M M. Montgolfier, sollicité de rentrer dans le sein de la vraie Église, restait dans l'erreur par la crainte de ses parents ; mais touché de l'exemple de ses maîtres, il se sentait toujours attiré à cette religion qui fait pratiquer tant de bonnes œuvres. Enfin, la grâce triompha de son esprit et de son cœur. Il se rendit auprès d'une de ses respectables maîtresses, Mme St Etienne Monlgolfier, et lui dit : « Me voici franchement décidé à devenir catholique ». Cette dame aussi instruite que pieuse et prudente, après lui avoir témoigné la joie qu'elle en éprouvait, lui rappela quelques-uns des principaux articles de notre croyance que les disciples de Luther rejettent ; elle lui dit enfin que les catholiques honorent la très sainte Vierge, mère de Jésus-Christ, qu'ils la prient, qu'ils réclament sa protection auprès de Dieu. « Ah ! oui, madame, répondit-il avec un accent de conviction difficile à rendre, nous ne croyons pas à la sainte Vierge ; mais moi j'y croyais depuis plus d'un an. J'avais toujours entendu dire que Marie était le refuge des malheureux, la consolatrice des affligés ; je me mis à la prier souvent, et avec toute l'ardeur dont j'étais capable, pour qu'elle m'obtint la guérison de mes yeux, qui depuis longtemps me faisaient beaucoup souffrir, et que rien n'avait pu soulager ; je fus bientôt entièrement guéri, et depuis lors je l'invoque toujours, et je crois que c'est elle qui veut que je sois catholique ». Il a été solennellement présenté aux fonts sacrés du baptême, le 26 octobre 1843.

Pratique : Supportez aujourd'hui volontiers vos peines et vos privations, en les unissant aux peines et aux privations de Jésus et de Marie, dans l'étable de Bethléem.

 

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Prière

 

Divine Mère de Jésus-Christ, me voici à genoux devant vous, comme les bergers devant la crèche de Bethléem. Montrez-moi votre divin Fils, c'est dans vos bras que je veux l'adorer. Que votre main prenne la sienne pour me bénir ! Bénissez-moi l'un et l'autre, et je me retirerai joyeux et consolé dans le lieu de mon repos. Votre bénédiction, ô Mère de Jésus Christ, c'est le pardon de nos péchés, c'est la force dans les épreuves, c'est la douce paix au fond de lame, c'est l'union au sein de la famille, c'est le paisible sommeil à la fin de la journée, c'est l'espérance du ciel après les travaux de la vie et le bonheur dans l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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04 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Cinquième jour

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

 

Après avoir invoqué la sainte Vierge simplement par son nom, celui de Marie, l'Eglise lui donne aussitôt son titre le plus glorieux, celui de mère de Dieu. Marie Mère de Dieu ! Quelle merveille ! Que de grandeur et de majesté renferme ce titre ; aucune créature n'en a jamais, reçu et n'en recevra jamais un pareil! Dieu, tout puissant qu'il est, ne pouvait faire Marie ni plus grande ni plus noble qu il l'a faite dans sa dignité de mère de Dieu.

Remontons à la cause de la maternité divine et méditons les circonstances qui ont accompagné l'accomplissement de ce grand mystère. En chassant Adam et Eve du paradis terrestre après leur désobéissance, Dieu, pour les consoler, leur promit un Rédempteur, et leur annonça qu'un jour naîtrait une femme dont le pied écraserait la tête du serpent qui les avait perdus. Ce Rédempteur promis, c'était son propre fils qui avait résolu de se faire homme, afin de satisfaire à la justice divine, en prenant sur lui, pour l'expier, le crime de nos premiers parents. Or, le monde attendait depuis quatre mille ans le Messie qui devait le sauver, et la femme qui, en lui donnant le jour, allait devenir la terreur du démon.

Enfin, au temps marqué par la divine miséricorde, un archange est envoyé du ciel pour choisir sur la terre celle qui devra devenir mère de Dieu on devenant la mère du Rédempteur. Où ira s'abattre le vol du céleste envoyé ? Sur les marches d'un trône ? Au seuil d'une riche maison ? Auprès d'une femme célèbre par le rang, et l'éclat de son génie ? Nullement. L'ambassadeur du Très-Haut vient frapper à la porte d'une pauvre maison du village de Nazareth ; il y trouve en prière seule avec Dieu, une jeune vierge, épouse d'un artisan appelé Joseph, à laquelle il adressa ces mots : « Je vous salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous vous êtes bénie entre tontes les « femmes ». Jamais une simple créature n'avait reçu un pareil salut et des éloges aussi pompeux. Aussi l'humble Marie se trouble comme un timide enfant. « Ne craignez pas, lui dit l'ange, vous avez trouvé grâce auprès de Dieu. Vous concevrez et enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et appelé le fils du Très-Haut ». Ces paroles dissipèrent le premier trouble de Marie, mais elles la jetèrent dans de nouvelles inquiétudes. « Comment voulez-vous, répondit-elle l'ange, que ce que vous m'annoncez s'accomplisse en moi, puisque je suis vierge et que j'ai résolu de l'être toujours ? « Rassurez-vous, lui dit encore l'envoyé céleste, car tout en devenant mère, vous ne perdrez point votre virginité. L'enfant que vous mettrez au monde, ne sera point un enfant ordinaire ; il sera conçu par l'opération miraculeuse du Saint-Esprit : c'est pourquoi on l'appellera le fils de Dieu ». Marie éclairée et rassurée s'incline et répond : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». Réponse admirable, où la foi éclate non moins que l'humilité !L'ange qui n'attendait que son consentement disparut aussitôt ; il remonta vers les cieux, sa mission était finie. Mais dans le même instant, ô prodige ineffable ! S'opérait en Marie la plus étonnante de toutes les merveilles, le plus grand de tous les mystères. Le Verbe éternel, le fils unique de Dieu venait de descendre dans son chaste sein, d'y prendre un corps et une âme semblables au nôtre sans cesser d'être Dieu, et Marie devenait véritablement mère sans cesser d'être vierge. C'est ainsi que s'accomplit pour notre salut le mystère adorable de l'Incarnation, et que la plus humble des vierges fut élevée à la sublime dignité de mère de Dieu.

Reconnaissons nous-mêmes la maternité divine de Marie, et comprenons que nos louanges seront toujours au dessous de sa dignité. Mais surtout apprenons à estimer et à aimer la modeste condition dans laquelle la Providence nous a fait naître. Le fils de Dieu n'a point choisi une reine pour être sa mère, mais une humble fille qui s'appelle la servante du Seigneur. Mieux vaut obéir que commander ; un serviteur, une servante qui aime son état et fait son devoir, est souvent plus près de Dieu et de son salut, qu'un puissant monarque assis sur son trône.

 

Exemple

Concile d'Ephèse

 

Nestorius, patriarche de Constantinople, entraîné par l'esprit d'orgueil, voulut ravir à la sainte Vierge le plus beau de ses titres, et osa prêcher publiquement que Marie ne devait pas être appelée Mère de Dieu. Tous les auditeurs frémirent en entendant un pareil blasphème. Bientôt cette nouvelle se répandit avec la célérité d'une calamité publique et arriva jusqu'aux extrémités du monde catholique. L'Afrique, avec le grand Cyrille d'Alexandrie, pousse un cri d'indignation ; l'Europe et l'Asie y répondent ; et trois cent évêques convoqués en concile, accourent à Ephèse pour venger l'outrage fait à Marie. Nestorius qui ne voulut jamais se rétracter, y fut condamné et toutes ses erreurs anathémalisées.

On ne saurait exprimer avec quel enthousiasme cette condamnation fut accueillie. Le jour où l'on devait se prononcer sur la maternité de Marie étant arrivé, tout le peuple se réunit en foule autour de l'église où les évêques étaient assemblés, et attendit depuis le matin jusqu'au soir la décision du concile. Enfin, la porte s'ouvre ; une voix s'écrie : « Anathème à Nestorius ! Marie est mère de Dieu ! » Et mille échos répondent ! « Anathème à Nestorius ! Vive Marie, Mère de Dieu ! » Jamais victoire n'excita un enthousiasme plus vif et des transports plus unanimes. Les pères du concile sont portés en triomphe, on brûle des parfums sur leur passage ; des feux et des flambeaux allumés attestent la joie universelle, et donnent à cette nuit mémorable, l'éclat du plus beau jour. Voilà Marie vengée ; que devient son blasphémateur ? Il va cacher sa honte au fond d'un désert, et par un châtiment terrible de la justice divine, il périt, la langue rongée par les vers.

 

Pratique : Soyez fidèle à la pieuse pratique de réciter l'Angélus trois fois le jour.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Que j'aime à vous contempler tenant Jésus dans vos bras. Il est votre fils et vous êtes sa mère. Rien ne saurait me donner une plus haute idée de votre puissance et m'inspirer une plus vive confiance en votre protection. Vous commandez au Tout puissant, et le Tout-puissant vous obéit je puis donc tout obtenir par vous, parce que celui qui peut tout est votre fils, et qu'il ne saurait rien refuser à sa mère. Ainsi soit-il.

 

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30 avril 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Premier jour

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Les Litanies de la Sainte vierge commencent par une prière suppliante et trois fois répétée, que nous adressons à la miséricordieuse bonté du Seigneur. C'est un cri de douleur qui s'échappe de notre âme et du fond de la nature humaine, pour appeler et faire descendre sur nous le pardon et la compassion du Ciel. En effet, si nous avons bien la connaissance de nous-mêmes, de ce que nous sommes, et de ce que nous pouvons devenir ; il nous est facile de reconnaître que la chose dont nous avons le plus besoin, et que nous devons réclamer avant tout par l'intercession de Marie, pendant ce mois qui lui est consacré, c'est le pardon de nos nombreux péchés, c'est la compassion du Seigneur sur les misères qui affligent notre corps et notre âme. « Lorsqu'on veut offrir quelque chose à quelqu'un, disait le saint curé d'Ars, on fait présenter cet objet par la personne qu'il préfère, afin que l'hommage lui soit plus agréable. Ainsi nos prières présentées par la sainte Vierge ont un tout autre mérite, parce que la sainte Vierge est la seule créature qui n'ait jamais offensé Dieu ».

Avant tout, nous supplions le Seigneur de nous faire miséricorde en nous pardonnant nos péchés. Malheureux que nous sommes, en commettant le péché, nous avons donné la mort à notre âme, nous nous sommes rendus odieux au Seigneur, nous avons mérite l'enfer.. Si Dieu nous traite selon sa justice, qu'allons-nous devenir ? Marie vient calmer nos frayeurs et ranimer notre confiance. En voyant nos maux et notre repentir, elle accourt pour désarmer le bras du Seigneur irrité, elle joint sa voix suppliante à la nôtre pour nous obtenir grâce et miséricorde.

Tous les maux qui désolent la terre sont la peine du péché. Enfants d'un père coupable, nous sommes tous condamnés à porter le châtiment de sa désobéissance. La douleur nous prend au berceau et ne nous quitte qu'à la tombe. Mais ce poids de douleur qui pèse sur tous les enfants d'Adam, n'est-il pas plus lourd encore pour les habitants des campagnes ? A eux de souffrir du froid et de la chaleur ! À eux les longs et pénibles travaux ! Combien de maladies cruelles, souvent précoces, font de leur vie un véritable martyre ! Combien de fois l'intempérie des saisons, la grêle ou la gelée ne viennent-elles pas leur enlever, en une heure, le finit de toute une année de travail !

Mais que sont les misères et les souffrances du corps en comparaison des misères et des souffrances de l'âme. Chagrins du cœur, soucis dévorants, revers de fortune, perle de nos parents et de nos amis ; mille épreuves viennent sans cesse traverser la vie et font couler nos larmes. Ah ! Seigneur ! Pitié pour nos souffrances ; écartez de nous les maladies du corps et les peines du cœur plus cuisantes encore. Pitié pour nos moissons ; préservez-les des orages et des intempéries qui les menacent. Vous connaissez les faiblesses et la fragilité de notre nature ; ne permettez pas que nous soyons éprouvés au-dessus de nos forces. Mais surtout, Seigneur, ne nous laissez pas succomber à la tentation. Écoutez, exaucez Marie notre mère ! et gardez nous du scandale, des paroles licencieuses, des emportements de la colère et des mille fautes où nous pouvons tomber à chaque instant Nous savons que le moyen le plus efficace pour obtenir votre miséricorde sur nos fautes passées, c'est de n'en plus commettre à l'avenir. Nous prenons cette généreuse résolution, que nous voulons renouveler chaque matin, pendant tous les jours de ce beau mois.

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Exemple

Origine de la Médaille miraculeuse

 

Comme nous aurons occasion de parler bien souvent des prodiges opérés par la médaille miraculeuse, nous croyons utile d'en faire connaître l'origine. On verra que Dieu se plaît ordinairement à employer les âmes les plus simples, parce qu'elles sont plus humbles et plus pures, pour révéler ses mystères et communiquer son pouvoir.

Dans le Courant de l'année 1830, une jeune sœur du Noviciat des Filles de la Charité, à Paris, avait vu, pendant l'oraison, un tableau qui représentait la Sainte Vierge couverte d'une robe blanche et d'un manteau de couleur bleue, avec un voile aurore, les bras entrouverts et étendus vers la terre. Ses mains étaient chargées de diamants d'où s'échappaient comme par faisceaux des rayons d'un éclat ravissant, qui se dirigeaient sur le globe, et avec plus d'abondance sur un point déterminé. Dans le même moment elle entendit une voix qui lui disait : « Ces rayons sont le symbole des grâces que Marie obtient aux personnes qui l'invoquent ; et le point sur lequel ils découlent plus abondamment, c'est là France ». Autour du tableau elle lut ces mots : « O Marie, conçue sans péché ! ayez pitié de nous qui avons recours à vous ». Quelques moments après, le tableau fut retourné, et sur le revers elle vit la lettre M surmontée d'une petite croix, et au-dessous, les saints Cœurs de Jésus et de Marie. La même voix ajouta : « Il faut faire frapper une médaille sur ce modèle ; et les personnes qui la porteront indulgenciée, et qui feront avec piété la courte prière que tu viens de lire, jouiront d'une protection spéciale de la Mère de Dieu ».

Cette fille fit part à son directeur de cette vision. Celui-ci n'en tint aucun compte. Six ou sept mois après, la vision fut réitérée de la même manière ; elle la communiqua à son directeur qui n'y attacha pas plus d'importance que la première fois. Quelques mois après, la jeune fille vit et entendit les mêmes choses. Le directeur alors en parla à Mgr l'archevêque de Paris, qui ne vit aucun inconvénient à ce qu'on fit frapper une médaille comme moyen de ranimer la piété. Le but du prélat fut atteint au-delà de toute espérance. Dans peu de temps la médaille se répandit en France, en Italie, en Allemagne, en Amérique, dans l'Inde, dans toute la chrétienté, et partout elle attira des grâces particulières, et même souvent miraculeuses, à ceux qui la portaient, et qui récitaient la prière : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

Pratiques : Offrez à Dieu par les mains de Marie, trois fois le jour, votre travail ou vos peines en esprit de pénitence. Ou bien, récitez plusieurs fois dans la journée, au souvenir de vos péchés, l'acte de contrition.

 

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Prière

 

Vierge Marie ! Exempte de tout péché originel et actuel, qui avez supporté les peines de la vie sans les avoir méritées et cependant sans jamais vous plaindre : obtenez-moi cette force d'âme et la soumission à la volonté de Dieu, que vous avez montrées au milieu des plus rudes épreuves. Couvrez-moi de vos mérites auprès du Seigneur, et que par votre miséricordieuse intercession, je sois épargné dans le temps présent et pendant l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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