25 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

ND du Laus

 

Vingt-sixième jour

Le Pèlerinage de Notre-Dame du Laus

 

I. Notre-Dame du Laus doit son origine à une simple bergère nommée sœur Benoîte, du Tiers Ordre séculier de Saint Dominique. Rien de plus suave, de plus édifiant, de plus délicieux, que la vie de cette pieuse bergère. Depuis l'âge de treize ans, jusqu'à l'époque de sa mort, elle fut favorisée des apparitions presque journalières de la très Sainte Vierge, qui fut sa divine institutrice dans les voies de la perfection ; aussi quelque chose de céleste s'unissait au charme de la candeur de Benoîte et ses paroles avaient une extraordinaire puissance. Citons quelques faits de sa gracieuse et poétique histoire.

Marie avait daigné apparaître à sa jeune servante pendant qu'elle gardait ses troupeaux dans le vallon du Laus. Dès lors le cœur de la pieuse bergère ne fut plus à elle. Pareille à la blanche pâquerette qui, au lever du soleil, ouvre sa riante corolle à l'astre qui la réjouit et la féconde, l'humble enfant reste immobile et muette devant la radieuse Étoile qui s'est levée sur elle et livre toute son âme aux mystérieuses influences de la vision qui l'éclaire, l'échauffe et la réjouit. Voir. voir toujours ce qu'elle voit, c'est sa nourriture, sa prière, son repos et sa vie. Le pain, le temps, le troupeau, tout, jusqu'au Rosaire est oublié... Les étoiles la surprirent à la même place... le bêlement de ses brebis vint la rappeler à elle et l'avertir qu'il était temps de se retirer. Pendant quatre mois, chaque jour, il lui est donné de contempler celle dont la vue lui fait un paradis sur la terre. Pendant la nuit, seul temps qui sépare l'heureuse bergère de l'objet de son amour, elle en rêve, et tout en rêvant elle se lève pour aller la voir. Elle se surprend alors au milieu des ténèbres courant sur les rochers, les pieds nus et à peine vêtue; c'est que, pendant qu'elle dort, son cœur veille, et l'amour du cœur entraîne le corps.

C'est dans une de ses apparitions que Marie déclara un jour à Sœur Benoîte qu'elle voulait être honorée au Laus et qu'on lui élevât là une chapelle où elle répandrait ses faveurs à pleines mains. « Mais, lui répondit Benoîte, qui connaissait la misère du pays, où prendra-t-on de l'argent pour bâtir cette église ? » « Soyez sans inquiétude, reprit la sainte Vierge, l'argent ne manquera point, et je veux que ce soit celui des pauvres ». Et voilà qu'à la voix de l'humble bergère, et attirés par les miracles qui se succédaient au Laus, une multitude de pèlerins s'y acheminaient. Le sanctuaire commencé en 1667 était achevé l'année suivante. Les pèlerins apportaient chacun une pierre pour concourir à la construction de l'édifice où il s'opérait chaque jour des conversions et des guérisons remarquables. La très Sainte Vierge avait promis qu'un des signes de sa présence au Laus serait une odeur céleste. Voici comment un vicaire général de Gap s'explique sur ces suaves effluves du ciel : « Les odeurs de Marie sont si délicieuses, et d'une si grande consolation, que celui qui les sent croit déjà jouir des avant-goûts du ciel. À mesure qu'elles frappent l'od0rat, elles enlèvent l'âme et toutes ses puissances, et remplissent le cœur de joie ; les parfums des fleurs ne sont rien en comparaison de ceux-ci. Si les hommes experts dans la distillation des plantes aromatiques et la préparation des baumes, respiraient ceux du Laus, ils en seraient pâmés de consolation. Ils ne sauraient ni, les connaître, ni en parler, parce qu'ils sont des écoulements de la divinité ». (Histoire des merveilles de N. D. du Laus).

Sœur Benoîte, qui respirait à leur source les doux parfums de la Rose mystique, et dont les sens, épurés par le travail de la sainteté, étaient plus exquis, en était toute transformée. Chaque fois qu'elle revenait d'auprès de sa tendre Mère, son visage paraissait lumineux, et son âme était tellement enivrée de consolation, que semblable aux bienheureux, elle ne pouvait ni boire, ni manger, ni dormir... Ses vêtements étaient aussi tout imprégnés de la bonne odeur, et la conservaient plusieurs jours. À ces signes, on connaissait qu'elle avait vu la Reine des anges ; ainsi l'abeille, chargée des parfums et de la poudre d'or du lys, laisse deviner qu'elle sort du sein de la Reine des fleurs.

Les bonnes odeurs étaient donc, pour la foule qui ne voyait pas la Mère de Dieu, une preuve d'autant plus sensible de sa présence, que ces odeurs paraissaient moins être une grâce particulière qu'un attribut de la nature céleste de Marie, en sorte qu'il eût fallu un acte de sa puissance pour les retenir.

Tout ce qui appartenait à la sainte bergère était parfumé, sa bute, son voile, sa main, son haleine, tout ce qu'elle touchait, et l'air qu'elle traversait. Lorsqu'elle parlait,le souffle de ses lèvres prévenait délicieusement l'odorat avant d'aller remuer le cœur. On se trouvait si bien auprès d'elle qu'on n'eût jamais voulu la quitter. Lorsque son cœur avait encore été échauffé par une communion, une extase, une vision, elle enivrait tous ceux qui l'approchaient, car ces fragrantes émanations avaient un flux réglé sur celui de l'amour. L'amour était le foyer intérieur qui volatilisait les arômes de son corps pur ; plus le foyer était ardent, plus il dégageait de parfums.

Si donc Benoîte ne porte pas l'or et les perles de la souveraine qu'elle représente, à la place elle répand de célestes parfums. Ce signe de sa mission n'est pas moins concluant que celui de la pénétration de son regard dans les ténèbres des consciences. Les parfums de Jésus-Christ, de la sainte Vierge, des Anges, et de sœur Benoîte composent ce que la tradition a nommé les bonnes odeurs du Laus, mots magiques, dont le charme subsiste encore, car les bonnes odeurs sont sensibles pour plus d'une âme privilégiée.

Lorsque l'église du Laus fut achevée, la sainte Vierge y envoya des Anges pour en célébrer l'inauguration, qui eut lieu le 25 décembre, après la messe de minuit. Benoîte était dans l'église, et suivait le cortège angélique dans sa procession. Du dehors, en apercevait par les fenêtres une grande lumière à l'intérieur, et de suaves parfums s'échappaient de toutes parts, quoique l'église fut fermée.

Sœur Benoîte est enterrée à l'entrée même de la chapelle miraculeuse, et sur sa tombe on lit cette simple inscription : « Tombeau de la, sœur Benoîte, morte en odeur de sainteté, le 28 décembre 1718 ».

 

II. Ô Marie, qui aimez à vous manifester aux âmes simples et innocentes, et qui avez daigné apparaître si souvent à notre sœur Benoîte sur la montagne du Laus, conversant si familièrement avec elle, qu'elle ne vous nommait que sa Bonne Mère, souffrez que je me mette sous votre protection, et daignez me faire sentir aussi les effets de votre maternelle bonté. Dites à mon cœur de ne plus aimer que ce qui peut plaire à votre divin Fils et à Vous, aidez-moi à accomplir mes bonnes résolutions ; attirez-moi dans le chemin de la perfection par l'odeur de vos parfums. Si, comme sœur Benoîte, je ne suis pas digne de la faveur de vous voir d'une manière sensible. Ah ! du moins, faites-moi éprouver la force et la douceur de votre puissante protection et alors je pourrai vous imiter, vous aimer, vous servir tous les jours de ma vie, et après ma mort vous contempler dans le ciel sur le trône de votre gloire. Amen.

 

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23 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Vingt-quatrième jour

Diverses pratiques de dévotion en l’honneur de la très sainte Vierge Marie

 

« Si la dévotion à la sainte Vierge est nécessaire a tous les hommes pour faire simplement leur salut, elle l'est encore beaucoup plus à ceux qui sont appelés à une perfection particulière ». Saint Louis-Marie Grignion de Montfort).

 

I. « Quand le printemps venait, que les fleurs commençaient à paraître, je m'abstenais, dit le bienheureux Henri Suso, d'en cueillir jusqu'à ce que j'eusse fait une belle et brillante couronne à la Mère de mon Dieu. Je me mettais à cueillir des fleurs avec toutes sortes de pensées d'amour pour Marie ; j'allais dans la chapelle poser ma couronne sur la tête de la Sainte Vierge, cette fleur joyeuse de mon cœur, la priant de ne pas dédaigner les prémices que son serviteur lui offrait ».

Un jour qu'il avait ainsi honoré la sainte Vierge, il lui sembla que le ciel était ouvert; il voyait les anges descendre vers lui, et les entendait chanter à la louange de Marie un hymne si ravissant qu'il en mourait de plaisir. Le bienheureux unit sa voix à celles des esprits célestes, et son âme fut inondée de délices et d'amour pour Dieu. Une autre fois, au commencement du mois de mai, il avait dévotement offert, selon sa coutume, une couronne de roses à la Reine du ciel, lorsqu'il se crut transporté au milieu d'un concert céleste. Lorsqu'il fut terminé, la sainte Vierge s'avança vers lui, et lui commanda de chanter ce verset : « O vernalis rosula... » il obéit avec joie, et aussitôt des anges, dont les voix étaient plus admirables et plus ravissantes que tous les instruments de musique réunis, accompagnèrent son chant et le continuèrent longtemps encore après qu'il eut fini le saint cantique.

Le Père François Alain, du couvent de Notre Dame de Bonne Nouvelle à Rennes, eut une grande réputation de sainteté pendant sa vie et après sa mort. Il mérita, par son zèle et son assiduité à faire honorer la sainte Vierge, la qualité de « dévot de Marie et de père du saint Rosaire ».

Un grand nombre de nos saints et de nos saintes jeûnaient au pain et à l'eau la veille de toutes les fêtes de la Sainte Vierge. La Bienheureuse Marguerite de Hongrie, la veille de ces fêtes et pendant leur octave, servait Marie avec un redoublement de ferveur. Elle commença ces pieux exercices dès sa plus tendre enfance. Quand la maîtresse des novices l'envoyait avec les autres à la récréation, elle les engageait à venir avec elle à la chapelle chanter des hymnes à la Reine des Anges.

La Bienheureuse Hélène des Tourelles avait toujours été très dévouée à la sainte Vierge, avant d'entrer au couvent, elle fit bâtir une chapelle en son honneur et y attacha des rentes pour l'entretien du culte divin ; les cloches de cette chapelle sonnèrent toutes seules au moment de sa mort.

La tendre piété de Saint Albert-le-Grand lui mérita de la part de la Vierge Marie, qui récompense au centuple ce que l'on a fait pour Elle, toutes les grâces dont sa longue carrière fut remplie. Marie était à la fois sa mère, sa directrice et son amie. Si l'obéissance à ses supérieurs, la charité pour le prochain et les obligations de sa charge le lui eussent permis, il n'eût voulu faire qu'aimer Marie. Il entonnait ses louanges cent fois par jour, il poussait vers Elle de tendres soupirs, et quand ses devoirs lui laissaient quelque liberté, il allait se jeter avec effusion à ses pieds. Souvent on l'entendait, au milieu de ses promenades solitaires, chanter à sa céleste amie des hymnes ravissantes qu'il avait composées pour Elle, il mêlait souvent à ses chants autant de soupirs qu'il y avait de notes, et de larmes qu'il y avait de paroles. Mais il ne se plaisait pas seulement à parler de Marie, à chanter ses louanges, il faisait toutes ses actions en vue de lui plaire. Il lui offrait ses travaux, ses souffrances et ses consolations. S'agissait-il de donner un conseil, d'écrire, d'enseigner, de prêcher, c'était Marie qu'il appelait à son aide ; partout et toujours il la prenait pour modèle de sa vie, comme à toute heure elle était l'objet de ses affections.

Le Vénérable Père Antoine Lequien s'occupait avec ardeur de l'œuvre si difficile de la réforme des couvents de sa province ; mais bien convaincu que rien ne pouvait lui être plus utile dans cette circonstance que d'intéresser Marie à sa cause, il redoubla de supplications en récitant plusieurs fois par jour le saint Rosaire, pratique pour laquelle il avait une singulière dévotion. Sa confiance envers Dieu et Marie était sans bornes, des plus touchantes et des plus profondes ; aussi obtint-il par ce moyen les grâces les plus signalées. « J'étais, dit-il, convaincu de cette pensée, que Dieu se sert de nos infirmités pour faire réussir ses desseins, pourvu qu'on soit pénétré de confiance en Lui ». Le cœur de ce vertueux Père était plein d'une grande reconnaissance envers Dieu et Marie pour les bienfaits qu'il en recevait. Dès qu'il avait été exaucé, on le voyait aussitôt commencer des neuvaines d'actions de grâces envers Dieu et la sainte Vierge.

Non content de s'acquitter lui-même de ce devoir, il exhortait sans cesse ses religieux à la reconnaissance, leur recommandant surtout de la faire consister dans une plus grande et plus inviolable fidélité pour le service de leur divine bienfaitrice. L'abbé Olier avait un si grand amour pour Marie qu'il s'estimait heureux d'être né d'une mère qui s'appelait Marie, et dans une rue de Paris qui portait le nom de Notre Dame. Dès ses premières études, il ne manquait jamais d'invoquer la Vierge avant de prendre son livre, et il avouait plus tard qu'il ne pouvait rien apprendre qu'à force d'Ave Maria. Dès lors il avait l'habitude qu'il conserva toute sa vie, de lui offrir tout ce qu'il avait de neuf ; il n'aurait osé se servir d'un vêtement sans le lui avoir consacré ; il la priait instamment de ne pas permettre qu'il offensât son divin Fils tant qu'il le porterait. Il ne voulait user qu'en son nom de tout ce qu'il possédait. Quand il se levait ou se couchait, quand il sortait de sa chambre ou y rentrait, il ne manquait jamais de demander à la Sainte Vierge sa bénédiction, et, s'il entreprenait un voyage hors de Paris, il allait la lui demander dans l'église Notre Dame. Au retour, c'est à Elle qu'il allait rendre ses premiers devoirs. Toutes les fois qu'il entreprenait une chose considérable, il allait la lui recommander.

Le Père Schaffhausser, mort en 1860, ne quittait jamais sa cellule sans avoir prié la sainte Vierge de le bénir, en lui adressant à genoux avec ferveur cette invocation : « Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria ! » Il aimait Marie comme un enfant aime sa mère, il lui redisait tous les jours quelques-unes des prières composées en son honneur, et dans ses promenades, pendant son noviciat à Châlais, son plus grand bonheur était de charmer les échos des montagnes en chantant des cantiques à Marie. Après le culte de Jésus, le Rosaire était sa dévotion privilégiée; il connaissait toute la puissance de cette prière sur le cœur de Dieu et sur celui de Marie pour obtenir de leur miséricorde la transformation des âmes ; aussi, non content de réciter le Rosaire, il en faisait souvent le sujet de ses prédications.

Parmi les mille moyens donnés par les auteurs de la vie spirituelle, en voici un peut être peu connu, mais dont les résultats sont efficaces ; c'est d'écrire à Marie ! Oui, écrire à Marie, surtout quand approchent ses fêtes, lui écrire et laisser parler son cœur ; lui exprimer avec naïveté nos misères, nos désirs et nos bons sentiments ; lui faire lire jusqu'au fond de notre âme, et quand arrivera un jour de fête ou de communion, placer cette lettre sur son cœur, et conduit par les mains de Marie, s'approcher de la sainte Table avec amour, afin de sceller par le sang de Jésus les promesses faites à notre divine Madone. La lecture de cette lettre soigneusement conservée, produit dans l'âme les plus heureux effets, et cette lettre doit être répétée plusieurs fois pendant le mois ou la semaine. Ainsi agissait un pieux jeune homme dont nous avons déjà parlé. Battu par la tempête, en proie à la rage de l'enfer, il ne se contentait pas de pousser des cris vers Marie, d'arroser de ses larmes le pied de ses autels, mais il lui exprimait par lettres, en caractères de feu, ce qui se passait dans son cœur, et ce moyen, comme il l'avoue lui-même, a été pour beaucoup dans sa vocation religieuse. Ce moyen, nous le répétons, l'avait puissamment aidé à vaincre le monde et les passions : sous l'habit religieux, il l'employait encore, pour se maintenir dans une continuelle ferveur. Pourquoi n'agirions-nous pas de même ? Notre cœur, habituellement si glacé, notre âme si faible pour le bien, trouveraient là un aliment de vie et de forces inconnues jusqu'à ce jour ». (Couronne de Marie, décembre 1860).

 

II. Vierge sainte, obtenez-moi que, par mes pratiques de dévotion en votre honneur, je moissonne de nombreux mérites pour la vie éternelle que votre Jésus m'a préparée ; que je moissonne la foi, l'espérance, la charité, la patience, la douceur, la persévérance, une sainte mort ! Divine Vierge, nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre, et que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre est le lis virginal, autre l'humble violette; mais avec votre puissante protection, Vierge Marie, nous nous efforcerons tous, selon le parfum ou l'éclat qui nous est donné, de plaire à Jésus, le divin jardinier des âmes. Amen.

 

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28 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingt-neuvième jour

Jésus au milieu des Docteurs

 

La Sainte Famille, rentrée a Nazareth, ne s’occupe plus qu’à chercher en toutes choses l’accomplissement pur et simple de la divine volonté par la pratique de cette vertu de subordination et d'obéissance qui doit faire, à le bien prendre, notre bonheur et notre salut à tous,dans quelque situation que nous nous trouvions. Tous, en effet, obéissaient à Nazareth : Joseph, qui seul avait la mission de commander, obéissait à Jésus et à Marie, dont il prévenait jusqu‘aux moindres désirs ; Marie obéissait à Joseph, son époux et le chef de la Sainte Famille, et à Jésus, dont la volonté était la règle de sa propre volonté ; Jésus obéissait à l’un et à l’autre, puisque toute l’histoire de ces trente premières années de sa vie se résume dans ces mots : « Et il leur était soumis ». Tous trois enfin obéissaient à Dieu, parce que leur volonté était en tous points conforme à la sienne. Notre Seigneur nous en donne un exemple, en se rendant tous les ans, dès sa première enfance, à Jérusalem, selon les prescriptions de la loi. L’Evangile ne nous cite que le voyage qu’il y fit à l’âge de douze ans, et dans lequel il enseigna les Docteurs a-vec une sagesse et une science qu‘ils ne purent s’expliquer, traitant avec eux de toutes les sciences dites humaines. Ce qui ne doit pas nous étonner, parce qu’il veut nous apprendre que non-seulement aucune n’est étrangère à la Religion, de même que la Religion n’est étrangère à aucune, mais encore que toutes viennent de Dieu et doivent nous conduire à Dieu.

Notre Seigneur avait huit ans quand il se rendit pour la première fois à Jérusalem, à l’occasion de la Fête de Pâques. Il continua à y aller les années suivantes. Dès ces premiers voyages, il excite l’attention des amis chez lesquels descendaient ses parents, ainsi que celle des prêtres et des docteurs. L’on parlait souvent à Jérusalem de la piété extraordinaire et de l’intelligence merveilleuse du fils de Joseph, comme chez nous l’on remarque, dans les pèlerinages qui se font tous les ans, un enfant qui donne de grandes espérances, un jeune homme qui se distingue des autres par son bon sens ou sa piété, et c’est avec bonheur qu’on les revoit chaque année. Notre-Seigneur était donc déjà connu à Jérusalem quand il s’y rendit avec ses parents, à l’âge de douze ans, en la compagnie des autres familles de Nazareth.

Joseph et Marie, qui se joignaient ordinairement à leurs compatriotes, savaient par expérience que Jésus se tenait habituellement avec ceux de ses compagnons qui allaient à la fête. Pour cette fois, il s’était séparé de ses jeunes amis aux environs du Mont des Oliviers, et eux-mêmes avaient supposé qu’il les avait quitté pour rejoindre ses parents qui étaient restés en arrière. Cependant, se dirigeant vers la partie de la ville la plus rapprochée de Bethléem, il était entré dans l’hôtellerie où sa sainte Mère s’était arrêtée avant la Purification. Joseph et Marie supposaient donc que le Sauveur était en avant avec les jeunes Nazaréens, et ceux-ci qu’il venait derrière eux avec ses parents. Mais quand les deux petites troupes se furent réunies à Gophna, Marie et Joseph furent bien déconcertés en n’apercevant pas le Divin Enfant. Ils retournèrent immédiatement sur leurs pas, demandant partout de ses nouvelles, mais inutilement, parce qu’il n’était point allé chez les personnes qu’ils visitaient d’ordinaire, et où naturellement ils étaient allés le chercher.

Pour Jésus, il passa la nuit dans l’hôtellerie de la porte de Bethléem, dont les maîtres le connaissaient, ainsi que Joseph et Marie ; puis, se réunissant à quelques jeunes gens qu’il y avait rencontrés, il visita avec eux deux écoles différentes, l’une le premier jour, l’autre le second. Le troisième jour, il se rendit à une autre école voisine du Temple, et l’après-midi, au Temple, où ses parents le retrouvèrent. L’enseignement n’était pas le même dans ces trois écoles et dans la troisième on formait les lévites et les prêtres.

Cependant les questions et les réponses de l’Enfant Jésus avaient tellement étonné et irrité les docteurs et les rabbins de ces différentes écoles, qu’ils résolurent, le troisième jour dans l’après-midi, de le faire interroger publiquement par les docteurs les plus célèbres, afin qu’ils pussent l’embarrasser par leurs questions captieuses. Ce complot fut formé par les scribes et les docteurs, qui, s’ils avaient commencé par applaudir à la science du jeune Enfant, n’avaient pas tardé à ressentir contre lui une secrète jalousie. Il y avait dans le Temple, au milieu du portique et en avant du Saint, une grande salle ronde dans laquelle notre Seigneur enseigna souvent dans la suite : c’est là qu’on se réunit. Il s’y assit dans une grande chaire qu’il ne pouvait occuper tout entière. Autour de lui étaient un grand nombre d’anciens du peuple et de prêtres qui paraissaient furieux, tout en l’écoutant avec une grande attention. On craignait même qu’ils ne se portassent contre lui à quelque acte de violence. La partie supérieure de la chaire sur laquelle il était assis était ornée de tête bronzées, semblables à des têtes de chiens, et dont les sombres reflets inspiraient un effroi dont on ne pouvait se défendre. Il y avait des figures de ce genre sur plusieurs longues tables placées dans le Temple, non loin de cette salle, et sur lesquelles l’on voyait des offrandes. Il eût été difficile, d’ailleurs, de reconnaître un lieu consacré au service du Seigneur, dans cette grande salle où la foule se pressait confusément.

Comme, les jours précédents, le Sauveur avait souvent fait usage, dans ses réponses, de comparaisons empruntées à la nature et aux différents arts, on avait eu soin de convoquer des maîtres habiles dans les différentes sciences. Ils n’eurent rien de plus pressé que de proposer toutes sortes de questions à l’Enfant Jésus, qui leur dit que les sciences profanes ne formaient pas l’objet propre de l’enseignement du Temple ; mais que cependant il leur répondrait, parce que telle était la volonté de son Père. Ils ne comprirent pas qu’il parlait de son Père qui est dans le Ciel, et supposèrent que Joseph lui avait recommandé d’étaler devant eux tout ce qu’il avait de connaissances.

Répondant donc à leurs questions, notre Seigneur parla d’abord de la médecine, et décrivit le corps humain d’une façon qui excita l’admiration des plus savants. Il traita ensuite plusieurs points relatifs à l’astronomie, à l’architecture, à l’agriculture, à la géométrie, à l’arithmétique, à la jurisprudence, et sur si bien ramener ces différentes questions à la Loi, aux promesses, aux prophéties, aux mystères du culte et des sacrifices, que ses auditeurs, surpris et confondus, passèrent successivement de l’étonnement et de l’admiration à la fureur et à la honte. Ils s’arrêtèrent enfin à ces dernières impressions, ne pouvant supporter qu’un enfant leur apprit des choses qu'ils ignoraient, et qu’il expliquât mieux qu’ils ne pouvaient le faire les mystères de la loi.

Il y avait à peu près deux heures qu’il parlait, quand Joseph et Marie se présentèrent au Temple et s’informèrent de lui aux lévites qu’ils connaissaient. Ceux-ci leur apprirent qu’il était avec les docteurs ; mais comme ils ne pouvaient pénétrer au lieu où il était, ils prièrent les lévites de lui dire de venir. Jésus leur fit répondre qu'il devait avant tout.terminer ce qu’il avait commencé. Cette réponse contrista la sainte Vierge : c’était la première fois qu’il faisait entendre à ses parents qu‘il avait à exécuter des ordres différents des leurs. Il continue donc a parler encore pendant une heure, et quand il eut réfuté et confondu tous ses adversaires, il quitta la salle et vint rejoindre ses parents dans le parvis d'Israël et des femmes. Saint Joseph, étonné, garda un humble silence ; mais la sainte Vierge, s’approchant de Jésus, lui dit : « Mon fils, pourquoi en avez-vous agi ainsi avec nous ? Voilà que votre père et moi, vous cherchions, bien affligés et bien inquiets ». Mais Jésus lui répondit, d’un ton plein de gravité : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe de l’oeuvre de mon père ? » Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait, et se disposèrent à quitter Jérusalem.

Pour ceux qui les entendirent, ils semblèrent étonnés et regardèrent l’Enfant et les parents. Il y eut même à craindre un instant qu’ils ne lui fissent quelque mal, car plusieurs d’entre eux paraissaient furieux. Mais voilà qu’ils laissent la Sainte Famille traverser tranquillement la foule, qui s’ouvrit devant eux pour les laisser passer. Les réponses de l’Enfant Jésus firent une grande impression sur les docteurs de la Loi. Ils notèrent la chose comme une curiosité dont on parla beaucoup ; mais il se gardèrent bien de reproduire la scène comme elle s’était passée en réalité. « Il ne s’agissait, disaient-ils, que d’un enfant présomptueux à qui on avait donné une bonne leçon : il ne manquait pas de dispositions ; mais il était important qu’elles fussent bien cultivées ».

La Sainte Famille s’éloigna ensuite du Temple, et se réunit, non loin de la porte par laquelle ils sortirent, à un groupe formé de trois hommes, de deux femmes et de quelques enfants, qui paraissaient être de Nazareth. Ils se rendirent tous ensembles en différents lieux voisins de Jérusalem : c’est ainsi qu’ils allèrent à la montagne des Oliviers, parcoururent les massifs de verdure qui s’y trouvaient, et s’arrêtèrent en plusieurs endroits où ils prièrent, les mains croisées sur la poitrine. Ils traversèrent aussi un ruisseau sur un large pont. Ils semblaient faire une sorte de pèlerinage.

Quand la Sainte Famille fut de retour à Nazareth, l’on célébra dans la maison d’Anne une grande fête à laquelle on avait invité un certain nombre de jeunes gens, parents ou amis du Sauveur. Cette fête avait-elle lieu tous les ans au retour de la Pâque, ou bien était-elle destinée à marquer l’entrée dans l’adolescence du divin Enfant, ou bien encore avait-elle pour but de célébrer le bonheur qu’on avait eu de le retrouver ? L’on ne saurait le dire ; mais, quoi qu’il en soit, notre Seigneur en était le héros. On avait dressé au-dessus de la table des berceaux de feuillage auxquels étaient suspendues des couronnes faites d’épis et de feuilles de vigne. Les enfants avaient devant eux des grappes de raisins et de petits pains. Il y avait à cette fête trente-trois jeunes gens qui devaient tous devenir, dans la suite, disciples du Sauveur. Ce nombre se rapportait aux nombre d’années qu’il a passées sur la terre. Dans cette fête, notre Seigneur raconta à ses compagnons une belle parabole, qu’ils ne parurent pas trop comprendre, d’une noce dans laquelle l’eau devait être changée en vin, et les convives indifférents en des amis fidèles ; puis d’une autre noce dans laquelle le vin serait changé en sang et le pain en chair, pour rester aux convives, jusqu’à la fin du monde, comme une consolation, un aliment, un lien vivant d’amour.

Il dit aussi au jeune Nathanaël, son parent, qu‘il assisterait un jour à ses noces.

 

Considération

Saint joseph et le Concile du Vatican I

 

Lorsque Dieu se plaît à accomplir dans son Eglise un dessein éternel de son amour pour nous, au temps convenable fixé dans sa divine sagesse, il prépare et il dispose tous les moyens nécessaires pour atteindre son but. Il choisit des hommes dont il veut faire les coopérateurs et les instruments de son œuvre, et il charge ses Anges, ses ministres fidèles, de veiller à l’exécution de ses vues et de diriger toutes choses vers la fin qu’il se propose. C’est ce qu’il a fait tout particulièrement pour la glorification de saint Joseph par le Concile de Vatican I.

Il est visible, en effet, que l’Esprit Saint a tout dirigé ici avec une admirable sagesse divine. Son intervention est manifeste.

Au moment ou l‘idée du saint Concile était inspirée à Pie IX. des lumières célestes révélaient à deux âmes pures, en Italie, le dessein du ciel de faire proclamer saint Joseph Patron de l’Église militante. Un examen approfondi donna la confiance que ces deux âmes étaient dirigées par l’Esprit de Dieu, et l’on partit de là pour former une société d’ecclésiastiques séculiers et réguliers destinée à obtenir ce but par tous les moyens qui seraient en son pouvoir. Elle prit le nom de Société promotrice du Culte de saint Joseph, et s’établit d’abord à Ferrare ; d’où elle s’est étendue avec rapidité en tous lieux. Et du sein de toutes les nations catholiques, en France, en Espagne , en Autriche, en Belgique, au Canada, des vœux s’exprimèrent avec un caractère d’enthousiasme et d’unanimité, qui ne saurait être comparé qu’à celui que le monde entier montra pour obtenir la définition dogmatique de l‘Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie.

Vers le mois de juin 1869, deux prêtres de. Ferrare, l’un religieux et l‘autre séculier, se firent présenter par le Révérendissime Père Général de l’Ordre séraphique de Saint François d’Assise au Souverain Pontife, qui leur répondit par ces étranges paroles, tenant à la fois de l’encouragement et de la prophétie : « Il paraît que Saint Joseph va devenir grand dans la sainte Eglise : Pare che san Guiseppe e par diventare un pezzo grasso nella santa Chiesa ».

Paroles qui étaient bien propres à soutenir et à exciter le zèle de la pieuse société fondée pour obtenir la glorification de Saint Joseph. C’est ce qui la détermina à faire imprimer, en vue d’exposer son but et les raisons propres à produire la conviction dans tous les cœurs, le petit opuscule : « Ad Patres Vaticanos », et à faire auprès de ces Pères du Vatican toutes les démarches nécessaires et utiles pour arriver à ses fins. C'est ce qui la détermine encore à faire rédiger par le Révérend Père Marchesi, un des consulteurs éminents de la Congrégation des Rites, son Postulatum, qui obtint tout d’abord la signature de deux cent seize Pères, parmi lesquels figuraient les noms les plus célèbres du Concile. Vingt-deux des membres de la Commission de la Foi eurent à cœur de le signer.

À ce chiffre si considérable il faut ajouter ceux qui avaient donné leur nom à deux autres Postulata déjà émis. Les Ordres religieux désiraient si vivement la glorification de Saint Joseph, que les vingt-deux Généraux qui avaient droit de vote au Concile avaient résolu de rédiger un Postulatum en leur nom et au nom des membres de leurs familles religieuses. Proposé par les soins du Révérendissime Général des Franciscains, qui prit l’initiative, il n’y eut qu’un cœur pour souscrire, et le Postulatum obtint l’adhésion de tous les Ordres religieux.

En même temps que les Ordres religieux rédigeaient leur Postulatum, le pieux directeur de l’Archiconfrérie de Saint Joseph de Beauvais, tant au nom de son Archiconfrérie qu’en celui de ses nombreuses affiliations, recueillait à Rome les signatures des Pères pour faire proclamer le grand patriarche Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle. Il obtint environ cent quinze adhésions.

De leur côté, les Evêques italiens, français, espagnols, irlandais, et autres, s’occupaient aussi de la rédaction d’autres Postulata dans le même but d’obtenir que le glorieux Saint Joseph fût déclaré Patron de l’Eglise universelle.

Et que demandaient donc ces divers Postulata, auxquels il faudrait en ajouter beaucoup d’autres émanés de plusieurs Evêques en particulier, de différents diocèses, et des nombreuses Confréries et Associations en l’honneur du saint Patriarche ? Plusieurs ne demandaient que plus de solennité dans la célébration de ses Fêtes ; mais la plupart, d’accord avec le Postulatum de Ferrare, et considérant que « le bienheureux Joseph, par une providence spéciale de Dieu, a été jugé digne d'être choisi parmi tous les hommes comme Epoux de la Vierge, Mère de Dieu, et Père du Verbe incarné, non par voie de génération, mais par affection, par adoption, et par les droits sacrés de son mariage... » demandaient :

« 1° Que le Bienheureux Joseph, c’est-à-dire le Père de Jésus-Christ, ayant obtenu la grâce d’être supérieur à toutes les créatures, comme celle d’avoir un nom au-dessus de tous les noms, soit admis à recevoir, par l’organe de la sacrée Congrégation des Rites, dans l’Eglise catholique et dans la sainte liturgie, un culte public de dulie au-dessus, après celui de la très Sainte Vierge, de tous les autres habitants du ciel ;

2° Que Saint Joseph, à qui Dieu a confié la garde de la sainte Famille, soit établi Patron principal, après la bienheureuse Vierge Marie, de l’Eglise universelle ».

Cependant, Pie IX, qui avait aussi à cœur la glorification de l’incomparable Epoux de Marie, avait, antérieurement même à la réunion du Concile, chargé la sacrée Congrégation des Rites de faire émettre un Votum sur cette affaire. Et ce Votum fut élaboré par le pieux et savant Père Marchesi avec une science et une logique qui ne laissaient plus de place à la moindre contestation sur la prééminence, les grandeurs et la puissance d’intercession de Saint Joseph.

C’est sur ces entrefaites que le saint Concile s’est séparé, après avoir été ajourné par le grand Pontife, à qui il semble avoir laissé le soin de promulguer lui-même, dans son infaillibilité, le décret si ardemment désiré.

Ce qu’il a fait, du reste, aux applaudissements des pieux serviteurs de saint Joseph, et à la grande joie de tous les fidèles du monde catholique.

 

Pratique

Pèlerinages

 

La dévotion des pèlerinages est très ancienne dans le monde ; elle tient a un sentiment naturel à l’homme. Tous les peuples ont eu des lieux consacrés, où ils se sont fait un devoir de se rendre peur se pénétrer plus vivement des bienfaits de la Divinité, en visitant les sites qu’ils ont cru sanctifiés par sa présence ou par ses miracles. Personne ne l’ignore, les prodiges de tout genre abondent dans les sanctuaires de pèlerinage. Les guérisons miraculeuses. les soulagements vainement cherchés ailleurs, les conversions inespérées, les grâces d‘élite obtenues, consacrent, a travers les âges, cette forme de dévotion qui accueille et comprend toutes les autres, puisque toutes y sont pratiquées, sinon avec pompe, du moins avec amour.

Les pèlerinages, quand ils sont faits avec foi et piété, produisent toujours d’excellents fruits. Peu de personnes, il est Vrai, peuvent faire des voyages lointains, mais il n’en est point qui ne puissent se rendre quelquefois a ces lieux de dévotion disséminés, pour ainsi dire, dans toutes les contrées, et Où Dieu se plaît à signaler sa puissance par des grâces insignes.

À mesure que le culte de saint Joseph s’établit et se développe, des pèlerinages aussi s’établissent en son honneur, et Dieu témoigne par les plus éclatants prodiges combien il a pour agréables ces hommages rendus au saint Epoux de Marie. Voulons-nous donc solliciter quelque faveur du ciel, allons en pèlerinage aux sanctuaires consacrés à Marie, le secours des chrétiens ; puis à ceux de Joseph, l’autre dispensateur des biens de la maison de Dieu. Aujourd’hui surtout, il y a de ces sanctuaires dans toutes les contrées, et nous citerons en particulier Saint Joseph des Champs, près Laval ; Saint Joseph du Chêne, au diocèse d’Angers ; et ceux du Buisson et de la Pérusse, aux diocèses de Séez et de Digne. Mais nous pouvons aussi nous faire des lieux de pèlerinage des églises, des chapelles, des autels où nous savons que saint Joseph est plus honoré.

N’oublions pas, d’ailleurs, que la meilleure manière de faire ces pèlerinages est de s’y préparer par la componction du coeur, et de les sanctifier par la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie.

 

Prière pour l'Église

 

Bienheureux Joseph, auguste Chef de la Sainte Famille, Protecteur dévoué de l’Eglise naissante, que vous avez sauvée des fureurs et de l’hypocrisie du cruel Hérode, du haut du ciel où vous jouissez d’un crédit tout puissant auprès de Jésus, votre Fils et de la Reine des Vierges, votre Epouse immaculée, assistez encore cette sainte Eglise dans les jours si mauvais que nous traversons. Bien qu’elle n’ait rien à redouter pour son immortelle existence des puissances de l’enfer, la tempête qui s’est déchaînée contre elle n’en est pas moins tellement effrayante que les âges passés n’ont rien vu de semblable. Humainement parlant, il semble qu’elle doive disparaître de ce monde, parce qu’il n’y a plus de place pour elle au soleil d’ici-bas.

Mais, ô Joseph, si le sol s’effondre sous ses pieds, et si tous les appuis humains lui font défaut, n’est-ce point le temps où les appuis divins doivent se montrer ? N’est-ce point le moment de faire voir que ce n’est point en vain que le saint Pontife qui la gouverne vous a proclamé Patron de l’Église Catholique, et qu’infaillible avant le temps de la proclamation solennelle de son infaillibilité, il nous avait déjà dit ces consolantes paroles : « Les soutiens de l’Eglise naissante, Marie et Joseph, reprennent dans les cœurs la place qu’ils n’auraient jamais dû perdre. Encore une fois, le monde sera sauvé ». Ces paroles, tout puissant Protecteur de l’Eglise, engagent votre honneur de Père de Jésus et des hommes, et vous ne pouvez pas être plus longtemps sans venir la secourir dans sa détresse. Hâtez-vous donc de lui obtenir des jours meilleurs, afin que nous puissions tous, au sein de cette Eglise, vous adresser nos actions de grâces sur la terre, jusqu’à ce que nous allions vous les offrir éternellement dans les cieux. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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10 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Onzième jour

Bethléem

 

De la dernière station jusqu’à Bethléem, il y avait environ trois heures de marche. Joseph et Marie firent un détour au nord de Bethléem, et s’approchèrent de la ville par le côté du couchant. Ils firent une halte sous un arbre, en dehors de la route. Marie descendit de l'âne et mit ses vêtements en ordre. Alors Joseph se dirigea avec elle vers un grand édifice entouré d'autres bâtiments plus petits et de cours, à quelques minutes en avant de Bethléem. Il y avait aussi là de grands arbres, et beaucoup de gens avaient dressé des tentes dessous. C’était l’ancienne maison de la famille de David, qu’avait possédée le père de Joseph. Des parents ou des connaissances de Joseph y habitaient encore ; mais ils le traiteront en étranger et ne voulurent pas le reconnaître. C’était maintenant la maison où l’on recevait les impôts pour le gouvernement romain.

Joseph, accompagné de la sainte Vierge et tenant l’âne par la bride, se rendit à cette maison; car tous ceux qui arrivaient devaient s’y faire connaître et y recevaient un billet sans lequel on ne laissait pas entrer à Bethléem. La jeune ânesse n’est pas avec eux ; elle court autour de la ville, vers le midi, au fond d‘un petit vallon. Joseph est entré dans le grand bâtiment ; Marie est dans une petite maison sur la cour, avec des femmes. Elles sont assez bienveillantes pour elle et lui donnent à manger.... Ces femmes préparent à manger pour les soldats... Ce sont des soldats romains ; on les reconnaît aux bandes de cuir qui enveloppent leurs jambes. Il fait un temps magnifique et nullement froid. Le soleil se montre au-dessus de la montagne qui est entre Jérusalem et Béthanie. On a d’ici une très-belle vue... Joseph est dans une grande pièce qui n’est pas au rez-de-chaussée ; on lui demande qui il est, et on consulte de grands rouleaux, dont plusieurs sont suspendus aux murs ; on les déploie, et on y lit sa généalogie, ainsi que celle de Marie. Il ne paraissait pas savoir qu’elle descendait directement de David par Joachim. On lui demanda aussi où était sa femme...

Joseph est un peu en retard pour payer l’impôt, mais on a des égards pour lui... On lui a demandé encore quels étaient ses moyens d‘existence, et il a répondu qu’il n’avait pas de biens-fonds, qu‘il vivait de son métier, et qu’il était en outre aidé par sa belle-mère.

Enfin, Joseph put descendre; et quand il fut descendu, on appela Marie dans une galerie devant les scribes, mais ils ne lui lurent pas leurs papiers. Ils dirent à Joseph qu’il aurait pu se dispenser d’amener sa femme avec lui, et ils eurent l‘air de le plaisanter à cause de la jeunesse de Marie. Ce qui le rendit un peu confus.

Au sortir de là, Joseph et Marie entrèrent dans la ville, dont les maisons étaient séparées les unes des aulnes par d’assez longs intervalles. On entrait à travers des décombres et comme par une porte détruite. Marie se tint tranquillement près de l’âne à l‘entrée de la rue, et Joseph chercha vainement un logement dans les premières maisons, car il y avait beaucoup d‘étrangers à Bethléem, et les rues regorgeaient de monde. Il revint vers Marie, et lui dit qu’on ne pouvait pas trouver à se loger dans ce quartier, et qu‘il fallait aller plus avant dans la ville. Il conduisit l’âne par la bride, pendant que la sainte Vierge marchait a côté de lui. Quand ils furent à l'entrée d’une autre rue, Marie resta de nouveau près de l‘âne, pendant que Joseph alla encore de porte en porte demander un logement, sans pouvoir en trouver. Il revint bientôt tout attristé. Cela se répéta plusieurs fois, et souvent la sainte Vierge eut bien longtemps à attendre. Partout la place était prise, partout on le rebute, et il finit par dire à Marie qu’il fallait aller dans une autre partie de Bethléem, où ils trouveraient sans doute ce qu’ils cherchaient. Ils revinrent alors sur leurs pas, dans la direction contraire à celle qu’ils avaient prise en venant, puis ils tournèrent au midi. Ils suivirent une rue qui ressemblait plutôt à un chemin dans la campagne, car les maisons étaient isolées et placées sur de petites élévations. ça aussi, toutes les tentatives furent vaines et inutiles.

Arrivés de l’autre côté de Bethléem, où les maisons étaient encore.plus dispersées, ils y trouvèrent un grand espace vide situé dans un fond : c’était comme un champ désert dans la ville. Il y avait là une espèce de hangar, et à peu de distance un grand arbre assez semblable à un tilleul, dont le tronc était lisse et dont les branches s’étendaient au loin et formaient comme un toit autour de lui. Joseph conduisit la sainte Vierge à cet arbre ; il lui arrangea avec des paquets un siégé commode au pied du tronc, afin qu'elle pût se reposer pendant qu‘il chercherait encore un logement dans les maisons d’alentour. L’âne resta la tête tournée vers l’arbre. Marie se tint d’abord debout, appuyée contre le tronc.Sa robe de laine blanche n’avait pas de ceinture et tombait en plis autour d’elle ; sa tête était couverte d’un voile blanc ; Plusieurs personnes passèrent et la regardèrent, ne sachant pas que leur Sauveur fût si près d‘elles. Combien elle était patiente, humble et résignée ! Il lui fallut attendre bien longtemps, et elle s’assit enfin sur les couvertures, les mains jointes sur la poitrine et la tête baissée. Joseph revint tout triste vers elle ; il n’avait pas pu trouver de logement. Les, amis dont il avait parlé à la sainte Vierge voulaient a peine le reconnaître. Il pleurait, et Marie le consolait. Il alla encore de maison en maison ; mais comme, pour faire mieux accueillir ses prières, il parlait de la prochaine délivrance de sa femme, il s‘attirait par la des. refus plus formels.

Il y avait moins de monde dans cette partie de la ville. Cependant les passants finirent par s’arrêter et regarder de loin avec curiosité, comme on fait ordinairement quand on voit quelqu’un rester longtemps a la même place a la chute du jour. Quelques uns même adressèrent la parole à Marie et lui demandèrent qui elle était. Enfin Joseph revint ; il était tellement troublé, qu‘il osait à peine s’approcher d'elle. Il lui dit que tout était inutile, mais qu’il connaissait en avant de la ville un endroit où des bergers s‘établissaient souvent quand ils venaient à Bethléem avec leurs troupeaux, et qu'ils trouveraient la au moins un abri. Il connaissait ce lieu depuis sa jeunesse : quand ses frères le tourmentaient, il s‘y retirait souvent pour y prier a l’abri de leurs persécutions. Il disait que si les bergers y venaient, il s‘arrangerait aisément avec eux ; mais que, du reste, ils s‘y tenaient rarement à cette époque de l'année. Quand elle y serait tranquillement établie, ajoutait-il, il ferait de nouvelles recherches.

Ils sortirent alors par le côté oriental de Bethléem, suivant un sentier désert qui tournait à gauche. C’était un chemin semblable à celui que l’on suivrait en marchant le long des murs écroulés, des fossés démolis et des fortifications en ruine d‘une petite ville démantelée. Le chemin montait d‘abord un peu, puis il descendait la pente. d’un monticule, et il les conduisit à quelques minutes à l’est de Bethléem devant le lieu qu’ils cherchaient, près d’une colline ou d’un vieux rempart, en avant duquel se trouvaient quelques arbres. C’étaient des arbres verts, des térébinthes ou des cèdres, et d‘autres arbres qui avaient de petites feuilles comme celles du buis. Tout ce côté de Bethléem ressemblait aux abords d’une petite ville autrefois fortifiée.

 

Considération

Saint Joseph d’après le Père Suffren

 

Le Père Suffren, de la Compagnie de Jésus, est auteur d’une Année chrétienne, qu’il composa à la prière de saint François de Sales, et d’où nous tirons la méditation suivante, intitulée : « La Couronne des douze Privilèges de saint Joseph ». Tout aussi bien, après avoir entendu sur saint Joseph, saint Bernardin, de l’ordre de Saint François, Isidore des Iles, de l’ordre de Saint Dominique, sainte Thérèse, de l’ordre des Carmes, il est bien naturel d’entendre un des premiers Pères de l’illustre Compagnie. Ils sont d’ailleurs nombreux, les Jésuites qui ont écrit sur le saint Patriarche. Voici donc ce qu’en dit le P. Suffren :

« De même que la Vierge destinée à être Mère de Dieu a en des privilèges très grands, conformes à cette dignité, de même Dieu a fait de grandes faveurs à saint Joseph, l’ayant destiné à être l’Epoux de la Vierge et le Père nourricier de Jésus. Dans les autres mariages, les femmes prennent leur honneur et leur dignité des maris, uxores coruscant radiis maritorum ; mais en celui-ci, le mari le prend de la femme. Et comme la sainte Vierge est couronnée de douze étoiles, qui sont douze principaux privilèges, ainsi en est-il de saint Joseph.

1° Elle a été conçue sans la tache du péché originel et sanctifiée dans le sein de Sa mère. Lui, conçu vraiment dans le péché originel, mais sanctifié avant de naître, selon l‘opinion des docteurs.

2° Elle n’a jamais en la rébellion des passions contre la raison, ni le foyer du péché, et jamais elle n’a commis aucun péché, ni mortel, ni véniel. En lui la même rébellion a été éteinte ou liée, et il n‘a jamais commis de péché mortel ; il n’en a commis que fort peu de véniels, toute sa vie ayant été une continuelle oraison et union avec Dieu.

3° Elle a été toujours Vierge et à fait voeu de Virginité. Lui aussi a été tel.

4° Elle a connu la première, par révélation de l’Ange Gabriel, le mystère de l’Incarnation. Lui, trois mois après, l‘a connu par là révélation du même Ange.

5° Elle a été la vraie Mère de Jésus, ayant sur lui l‘autorité de mère. Lui, le Père putatif, et à juste raison, car, par le mariage, la personne de la Vierge tombait sous son domaine. Donc le fruit qui a été produit lui appartient, comme les métaux qui naissent dans les champs sont au maître du champ, et comme la fleur produite miraculeusement en un jardin appartient au maître du jardin. Le mariage faisant du mari et de la femme une même personne civile, tout est commun entre eux ; et le mari étant le chef de la famille, saint Joseph était le chef dans cette sainte Famille, où se trouvaient Jésus et Marie. Il avait l‘autorité de père sur Jésus, et de mari sur la Vierge. Jésus lui était sujet et obéissant comme à son père, et la Vierge comme à son époux. Oh ! Quel honneur de commander à ceux qui commandent au ciel et sur la terre avec une pleine puissance !

6° Elle a été la nourrice de Jésus, l’ayant nourri de son propre lait dès le berceau ; et elle a été spirituellement nourrie par son Fils. Lui, le nourricier de Jésus tant qu’il a vécu, gagnant par son travail ce dont il pouvait le nourrir, et en récompense il a été nourri par lui intérieurement en son âme.

7° Elle a conversé familièrement avec Jésus durant les trente ans de sa vie cachée, et elle l’a suivi souvent durant les trois ans de ses prédications ; et par cette conversation, elle a continuellement accru la grâce et la sainteté qui était en elle. Lui a conversé avec la Vierge et vécu avec Jésus à Nazareth et en Egypte presque trente ans, travaillant avec lui à l’office de charpentier ; et il l’eût suivi dans ses prédications, s’il eût été en vie en ce temps-là.

8° Elle a été remplie de grâce et de lumière divines par-dessus tous les Anges et tous les Saints. Lui a plus de grâces que les autres Saints, comme ayant été plus proche et ayant communiqué plus souvent aux deux fontaines de grâce, Jésus et Marie, et ayant vu leurs actions et entendu leurs saints discours. Si Moïse, pour avoir conversé quarante jours avec un Ange à la montagne, avait sa face si lumineuse, quelle a été la face de l’âme de saint Joseph, ayant tant d‘années conversé avec le Roi et la Reine des Anges ?

9° Elle est morte par un excès de l'ardeur de l’amour de Dieu, une pareille mort étant convenable à celle qui est Mère de Dieu. Lui est mort entre les bras de Jésus et de Marie, enflammé du feu de l‘amour de Dieu, qu’ils lui jetaient dans le cœur.

10° Elle est ressuscitée trois jours après sa mort ; elle est au ciel en corps et en âme. Lui est ressuscité trois ans après sa mort, lorsque plusieurs ressuscitèrent avec Jésus-Christ, et il est au ciel en corps et en âme.

11° Elle est la plus élevée dans le ciel près de Jésus, son cher Fils. Lui est le plus élevé dans le ciel près de la Vierge, sa chère Epouse.

12° Elle est la médiatrice des hommes envers son Fils. Lui le médiateur des hommes envers la Vierge, son Épouse, et envers Jésus, son Fils putatif.

Honorez donc ce Saint et respectez-le pour ces douze privilèges... Réjouissez-vous avec lui de ce que son ministère regarde directement l’ordre de l’union personnelle du Verbe divin avec notre chair.... Réjouissez-vous avec la Vierge de ce qu’elle a eu un tel Epoux... Imitez-le, car sa grande sainteté lui est venue d'avoir conversé familièrement tant d‘années avec Jésus et Marie... Considérez bien leurs vies, et pratiquez leurs vertus... »

 

Pratique

Cordon de Saint Joseph

 

Le Cordon de saint Joseph est un petit cordon blanc, en laine, fil ou coton, se terminant à une de ses extrémités par sept noeuds qui rappellent ses mystères joyeux, douloureux et glorieux, et que l‘on porte sur les reins, par mode de ceinture, en l’honneur du saint Patriarche, et dans le but d’obtenir, avec sa protection spéciale, la pureté de l’âme, la chasteté de son état, la persévérance finale et une assistance particulière à l’heure de la mort. Il doit être bénit par un Prêtre ayant le pouvoir de le donner, comme, par exemple, le Directeur de l’Archiconfrérie de Beauvais, ou un Prêtre son délégué.

Les Associés du saint Cordon peuvent, pourvu qu’ils récitent chaque jour la prière « Ô saint Joseph, père et protecteur, etc »., gagner l’Indulgence plénière : 1° le jour de l’admission ; 2° aux Fêtes de saint Joseph, 23 janvier, 19 mars et le 3e Dim. après Pâques ; 3° à l'article de la mort ; et l’Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque Dimanche qui suit les Quatre Temps ; quand on visite l’Eglise de la Confrérie, ou à son défaut, l’Eglise paroissiale ; quand on y assiste à quelque office ; quand on accompagne le Très Saint Sacrement ; quand on fait telle ou telle œuvre de piété et de charité.

Toutes ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, et l’Indulgence plénière de l’autel privilégié est attachée à toutes les Messes célébrées pour les Associés défunts, à quelque autel ou dans quelque Eglise que ce soit.

 

Prière

Universelle et pour tous

 

Glorieux saint Joseph, vous dont le cœur virginal et paternel est ouvert a tous ceux qui implorent votre secours, du haut des cieux jetez sur nous tous un regard favorable et obtenez-nous à tous la grâce de toujours vivre conformément à la divine volonté, en imitant vos vertus, et surtout votre foi, votre humilité, votre chasteté, votre douceur. Ô bon saint Joseph, priez votre Jésus pour le triomphe de la sainte Eglise, pour le Souverain Pontife, pour les Evêques, les Prêtres et tous les ordres religieux ; pour la persévérance des justes, pour la conversion des pécheurs, pour le retour des hérétiques et des schismatiques à l‘unité ; pour les mourants, pour les âmes du Purgatoire, pour les pauvres, les affligés ; pour tous ceux qui souffrent ; pour toutes les familles chrétiennes, et tout particulièrement pour la mienne, en vous faisant le pourvoyeur de tous ses besoins, le protecteur et le défenseur de tous ses intérêts. Veillez aussi sur.notre pauvre patrie. Que la religion, l'ordre et la paix, les vertus et les bonnes mœurs y refleurissent. Que tous nos cœurs, enfin, soient embrasés de l’amour de Jésus et de Marie, et, à notre dernière heure, venez avec eux nous défendre, nous assister et recevoir notre âme entre vos bras bénis, afin qu’éternellement nous puissions avec vous aimer et bénir la très sainte Trinité qui vous a couronné de tant de gloire. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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08 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Neuvième jour

Départ pour Bethléem

 

Environ 4000 ans s’étaient écoulés depuis la création du monde, 2348 depuis le déluge, 1921 depuis la vocation d’Abraham,1491 depuis la loi de Dieu donnée sur le mont Sinaï, 1005 depuis la dédicace du temple de Salomon, 558 depuis la fin de la captivité de Babylone. On était entré dans la 63e semaine prédite par le prophète Daniel, dans la 194e Olympiade, selon la manière de compter des Grecs, dans la 752e année depuis la fondation de Rome, et l’Empire romain étendait sa domination sur toute la terre. C’est alors que César Auguste ordonna le dénombrement de tous ses habitants. Ce dénombrement fut fait pour la Judée par Cyrinus, gouverneur de Syrie, et l’on vit pendant plusieurs mois le pays parcouru en tous sens par toutes sortes de personnes qui allaient se faire inscrire dans les lieux dont elles étaient originaires.

Cependant la sainte Vierge était auprès de sa mère, sainte Anne, dont la maison était à peu près à une lieue de Nazareth, dans la vallée de Zabulon. Il n’était resté à la maison de Nazareth que la servante qui servait saint Joseph, tandis que Marie était chez sa mère. Du reste, tant qu’Anne vécut, ils n’eurent pas de ménage entièrement séparé ; mais ils recevaient toujours de celle-ci ce dont ils avaient besoin.

Depuis plusieurs semaines aussi, la sainte Vierge était occupée des préparatifs pour la naissance de Jésus-Christ : elle apprêtait des couvertures, des bandages et des langes. Son père Joachim ne vivait plus, et Anne s’était remariée, d’après l’ordre du ciel, à un homme qui avait un emploi dans le Temple, où il inspectait les victimes destinées aux sacrifices ; en dehors du Temple, il restait ordinairement auprès de ses troupeaux, où Anne lui envoyait sa nourriture : c’étaient des petits pains et des poissons qu'elle mettait dans un sac de peau divisé en plusieurs compartiments. Il y avait encore chez sainte Anne une petite fille, d’environ sept ans, qui était souvent près de la sainte Vierge, laquelle lui donnait des leçons. Ce devait être la fille de Marie de Cléophas, qui s’appelait aussi Marie.

C’était donc dans la maison d’Anne que la sainte Vierge passait le temps de sa grossesse, en compagnie de plusieurs autres femmes qui préparaient des effets et des couvertures pour ses couches. Anne avait des propriétés assez considérables en troupeaux et en pâturages. Elle fournissait abondamment la sainte Vierge de tout ce qui lui était nécessaire suivant son état. Comme elle croyait que Marie ferait ses couches chez elle, et que tous ses parents la visiteraient à cette occasion, elle faisait toute espèce de préparatifs pour la naissance de l’Enfant de la promesse. On apprêtait pour cela de belles couvertures et de beaux tapis.

Il y avait une couverture de ce genre, lors de la naissance de Jean, dans la maison d’Elisabeth. Elle était ornée de figures symboliques et de semences tracées à l’aiguille. Au milieu était une espèce d‘enveloppe dans laquelle l‘accouchée se plaçait de telle façon, que, quand les diverses parties de la couverture étaient assujetties autour d’elle avec des lacets et des boutons, elle était là comme un petit enfant dans son maillot, et pouvait facilement rester assise entre des coussins, pour recevoir les visites de ses amies, qui s’asseyaient auprès d’elle sur le bord du tapis.

On préparait aussi dans la maison d’Anne des objets de ce genre, outre des bandelettes et des langes pour l’enfant, dans lesquels on allait jusqu’à faufiler çà et là des fils d‘or et d’argent. Tous ces effets et ces couvertures n’étaient pas uniquement pour l’usage de l’accouchée ; il y avait beaucoup de choses destinées aux pauvres, auxquels on pensait toujours dans ces jours d‘allégresse. La sainte Vierge et d’autres femmes, assises par terre autour d‘un grand coffre, travaillaient à une grande couverture qui était placée sur ce coffre au milieu d’elles. Elles se servaient de petits bâtons où étaient attachés des fils de diverses couleurs. Sainte Anne était très affairée : elle allait ça et la pour prendre de la laine, la partager, et donner leur tâche à chacune des travailleuses.

Cependant Joseph était allé à Jérusalem, où il avait conduit des animaux pour le sacrifice. Il les avait laissés dans une petite hôtellerie située à un quart de lieue en avant de Jérusalem, du côté de Bethléem, et tenue par un vieux ménage sans enfants. C‘étaient des gens pieux, chez lesquels on pouvait loger en toute confiance. Joseph alla de là à Bethléem, mais il ne visita pas les parents qu'il y avait. Il voulait seulement prendre des informations relativement à un dénombrement ou à une levée d’impôts qui exigeaient que chacun comparût dans son lieu de naissance. Il ne se fit pourtant pas encore inscrire, car il avait l’intention, lorsque, le temps de la purification de Marie serait accompli, d‘aller avec elle de Nazareth au Temple de Jérusalem, et de là à Bethléem, où il voulait s’établir. On ne sait pas bien quel avantage il y trouvait, mais le séjour de Nazareth ne lui plaisait pas. C’est pour cela qu’il profita de l’occasion pour aller à Bethléem, où il prit des informations relativement à des pierres et à des bois de charpente, ayant toujours le projet d’y bâtir une maison. Il revint ensuite à l’hôtellerie voisine de Jérusalem, alla offrir son sacrifice au Temple, et se remit en route peur Nazareth.

Mais pendant la nuit, comme il traversait la plaine de Ghinim, à six lieues de Nazareth, un Ange lui apparut et lui enjoignit de partir avec Marie pour Bethléem, car c’était là qu’elle devait mettre son Enfant au monde. L’Ange lui prescrivit aussi ce qu’il devait prendre avec lui. Il devait emporter peu d’effets, et notamment aucune couverture brodée. Il devait aussi, outre l’âne sur lequel Marie monterait, emmener avec lui une ânesse d’un an qui n’avait pas encore eu de petits. Il devait la laisser courir en ‘liberté et suivre toujours le chemin qu’elle prendrait.

Ce soir, Anne se rendit a Nazareth avec la sainte Vierge ; elles savaient que Joseph arriverait. Elles ne paraissaient pourtant pas savoir que Marie irait à Bethléem ; elles croyaient qu’elle mettrait son Enfant au monde dans sa maison de Nazareth, où l’on porta plusieurs des objets qu’on avait préparés. empaquetés dans des nattes. Joseph arriva le soir à Nazareth.

Le lendemain, saint Joseph fit connaître à la sainte Vierge et à sainte Anne ce qui lui avait été dit la nuit précédente. Elles revinrent ensemble dans la maison d’Anne, et firent des préparatifs pour un prompt départ. Anne en était tout attristée. La sainte Vierge savait d’avance qu’elle devait enfanter son Fils à Bethléem, mais elle n’en avait rien dit par humilité. Elle le savait par les prophéties sur la naissance du Messie qu’elle conservait a Nazareth. Elle avait reçu ces écrits de ses maîtresses du Temple, et ces saintes femmes les lui avaient expliqués. Elle les lisait souvent et priait pour leur accomplissement. Ses ardents désirs invoquaient toujours la venue du Messie ; elle appelait toujours bienheureuse celle qui devait mettre au monde le saint Enfant, et désirait seulement pouvoir être la dernière de ses servantes ; elle ne pensait pas, dans son humilité, que cet honneur pût lui être destiné. Comme elle savait, par les textes des prophéties, que le Sauveur devait naître à Bethléem, elle se conforma avec d’autant plus de joie à la volonté divine, et se prépara à un voyage très pénible pour elle dans cette saison, car il faisait souvent un froid très vif dans les vallées, entre les chaînes des montagnes.

Ce même soir donc, Joseph et la sainte Vierge, accompagnés d’Anne, de Marie de Cléophas, et de quelques serviteurs, partirent de maison d’Anne. Marie était assise sur le bât d’un âne qui portait aussi son bagage. Joseph conduisait l’âne. Il y avait un second âne sur lequel sainte Anne devait revenir. Son mari était dans les champs lors du départ de la sainte compagnie.

 

Considération

Saint Joseph d’après Sainte Thérèse

 

Une des gloires de la mission providentielle de sainte Thérèse a été de propager le culte de saint Joseph dans toute l'Église. Par la page céleste qu'on va lire, et dans laquelle sa plume, séraphique a si bien exalté le saint Patriarche, l’illustre réformatrice du Carmel a comme ouvert la carrière aux pieux auteurs qui voudraient publier ses louanges, et donné le signal du culte qui devait lui être rendu. Aussi, depuis lors, que de livres publiés à la gloire de saint Joseph, et qui n’ont été qu’un pieux ou savant commentaire de ce qu’elle a écrit ! Que d‘hommages ont été adressés au glorieux Père nourricier de Jésus, de tous les points du monde catholique ! Et que de ferventes invocations sont sorties des lèvres de tous ceux qui se sont pressés autour de ses autels, et qui n’ont été, à le bien prendre, que l’éclosion des sentiments qu’elle avait fait naître dans tous les cœurs !

« Je pris, nous dit-elle dans sa Vie écrite par elle-même, ch. VI, pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph, et je me recommandai très instamment à lui. Ce tendre Père de mon âme, ce bien-aimé Protecteur m'a toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu’à ce jour qu’il ne me l’ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux, s’il m‘était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m’a comblée, et les dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint !

Le très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais pas expérience, étend son pouvoir à tous, Notre Seigneur veut nous faire entendre par là que de même qu’il lui fut soumis sur cette terre d’exil, reconnaissant en lui l’autorité d’un père nourricier et d’un gouverneur, de même il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel, en exauçant toutes ses demandes. C’est ce qu’on vu comme moi, par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable Protecteur. Aussi le nombre des âmes qui l’honorent commence-t-il à être grand, et les heureux effets de sa médiation confirment de jour en jour la vérité des mes paroles.

Connaissant aujourd’hui par une si longue expérience l’étonnant crédit de saint Joseph auprès de Dieu, je voudrai persuader tout le monde de l’honorer d’un culte particulier. Jusqu’ici, j’ai toujours vu les personnes qui ont eu pour lui une dévotion vraie et soutenue par des œuvres faire des progrès dans la vertu ; car ce céleste Protecteur favorise d’une manière frappante l’avancement des âmes qui se recommandent à lui. Déjà, depuis plusieurs années, je lui demande, le jour de sa fête, une faveur particulière, et j’ai toujours vu mes désirs accomplis. Si, par quelque imperfection, ma demande s’écartait tant soit peu du but de la gloire divine, il la redressait admirablement, dans la vue de m’en faire tirer un plus grand bien.

Si j’avais autorité pour écrire, je goûterai un plaisir bien pur à raconter, dans un récit détaillé, les grâces dont tant de personnes sont comme moi redevables à ce grand Saint. Je me contente de conjurer, pour l’amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas d’en faire l‘épreuve; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux Patriarche et de l‘honorer d’un culte particulier. Les personnes d’oraison surtout devraient toujours l’aimer avec une filiale tendresse. Je ne comprends pas comment on peut penser a la Reine des Anges et à tout ce qu’elle essuya de tribulations durant le bas âge du divin Enfant Jésus, sans remercier saint Joseph du dévouement si parfait avec lequel il vint au secours de l’un et de l'autre. Que celui qui ne trouve personne pour lui enseigner l’oraison choisisse cet admirable Saint pour maître, il n’aura pas à craindre de s’égarer sous sa conduite ».

Et fidèle à ses sentiments à l’égard de Saint Joseph, la bienheureuse avait recours à lui dans ses doutes, ses embarras, ses diverses nécessités. Elle lui dédia la plupart de ses fondations, les mit toutes sous sa garde, et plaça de ses mains à la porte d’entrée de tous ses monastères l’image de la Sainte Vierge et de Saint Joseph fuyant en Egypte. Elle voulut aussi que toutes les religieuses eussent une dévotion particulière envers le Saint Patriarche, et elle leur faisait réciter, croit-on, chaque jour, comme elle les récitait elle-même, les dernières paroles de la prière suivante.

 

Pratique

Litanies de Saint Joseph

 

Les Litanies sont une suite d’invocations que l’on adresse, soit à Dieu, à qui nous demandons,sa grâce en lui disant : « Ayez pitié de nous », « secourez-nous », « pardonnez-nous » ; soit aux Saints, à qui nous demandons seulement d‘intercéder pour nous auprès de Dieu, en leur disant : « Priez pour nous ». Nous ne disons pas autre chose, en effet, même à saint Joseph, même à la sainte Vierge, parce que, quelque puissants qu’ils, soient auprès de Dieu, toute leur bienveillance pour nous se borne à un pouvoir d’intercession, intercession, toutefois que l’on pourrait presque dire infaillible.

Dès 1601, le Souverain Pontife Sixte V attacha 200 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies de la sainte Vierge, et Pie VII, en 1817, éleva cette Indulgence a 300 jours, en accordant de plus à ceux qui les réciteraient chaque jour une Indulgence plénière à gagner aux cinq Fêtes principales de la sainte Vierge.

Le 8 juin 1862, Pie IX, heureusement régnant, accorda, pour leurs diocèses respectifs, aux Evêques qui le lui demandèrent, 300 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies du saint Nom de Jésus.

Le Saint Siège n‘a point attaché, jusqu’à présent, d'Indulgence aux Litanies de saint Joseph ; mais divers Evêques ont enrichi d’une Indulgence de 40 jours celles qu‘ils ont approuvées pour leurs propres Diocèses, et Mgr l’Evêque de Namur a même approuvé une Octave de ces Litanies appliquées a chaque jour de la semaine.

 

Retrouvez le texte des Litanies de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Tirée de Sainte Thérèse

 

Mon bien-aimé Protecteur, que je vous remercie des grâces insignes dont Dieu m'a comblée, et des dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par votre toute-puissante médiation. Je ne me souviens pas, en effet, de vous avoir jamais rien demandé que vous ne me l’ayez obtenu de Dieu ; mais ce dont je me souviens, c’est que vous m’avez toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. M’appuyant donc sur la longue expérience que j’ai faite de votre étonnant crédit auprès de Dieu, soit par moi-même, soit par ceux à qui j‘ai conseillé de recourir à votre incomparable protection, je m‘adresse encore à vous en ce moment, dans la pleine confiance que vous ne me refuserez pas les nouvelles grâces que je viens vous demander.

Et vous, Dieu très bon et tout-puissant, qui, dans votre providence, avez destiné le juste saint Joseph pour Epoux à la Vierge Marie, votre Mère, en en faisant votre Père nourricier, daignez, en considération de ses prières et de ses mérites, accorder le calme et la paix à votre Eglise, et nous faire parvenir nous-mêmes à cette glorieuse éternité où vous vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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07 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Huitième jour

Doute de saint Joseph

 

Saint Joseph avait donc laissé Marie à Jutta, où elle resta jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste. C’est alors trois mois qu‘elle demeura auprès de sa cousine Elisabeth, qu‘elle ne voulut quitter qu‘après la naissance de son Fils, mais avant sa circoncision. Joseph vint à sa rencontre jusqu’à moitié chemin, probablement jusqu'à Dothan, où, en allant chez Elisabeth, ils s’étaient arrêtés chez un ami du père de Joseph«Vraisemblablement aussi, elle fut accompagnée jusque-là par des parents de Zacharie ou par des amis de Nazareth qui se trouvaient avoir le même voyage à faire.

Mais Joseph, en revenant à Nazareth avec Marie, s’aperçut qu'elle était enceinte. Il fut alors assailli par toutes sortes d’inquiétudes et de doutes, car il ne connaissait pas l’ambassade de l’Ange près de Marie. Aussitôt après son mariage, il était allé à Bethléem pour quelques affaires de famille ; Marie, pendant ce temps, s’était rendue à Nazareth avec ses parents et quelques compagnes. La Salutation angélique avait eu lieu avant le retour de Joseph à Nazareth. Marie, dans Sa timide humilité, avait gardé pour elle le secret de Dieu.

Joseph, plein de trouble et d’inquiétude, n’en faisait rien connaître au dehors, mais luttait en silence contre ses doutes. La sainte Vierge, qui avait prévu cela d’avance, était grave et pensive. Ce qui augmentait encore l’anxiété de Joseph.

Quand ils furent arrivés à Nazareth, la sainte Vierge n’alla pas tout de suite dans, sa maison avec saint Joseph, et demeura deux jours dans une famille alliée à la sienne. C‘étaient les parents du disciple Parménas, qui alors n’était pas né, et qui fut plus tard l’un des sept diacres dans la première communauté des chrétiens à Jérusalem.

Ces gens étaient alliés à la sainte famille : la mère était sœur du troisième époux de Marie de Cléophas, qui fut le père de Siméon, évêque de Jérusalem. Ils avaient une maison et un jardin à Nazareth ; ils étaient aussi alliés à la sainte famille, du côté d’Elisabeth. La sainte Vierge resta quelque temps chez eux avant de revenir dans la maison de Joseph : mais l’inquiétude de celui-ci augmentait à tel point, que, lorsque Marie voulut revenir auprès de lui, il forma le projet de la quitter et de s’enfuir secrètement Pendant qu‘il roulait ce dessein dans son esprit, un Ange lui apparut en songe et le consola, en lui disant:  « Joseph, fils de David, ne craignez point de retenir Marie votre épouse, car ce qui est né en elle est l’œuvre du Saint Esprit. Elle enfantera un Fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus, parce que c’est lui qui rachètera son peuple de ses péchés ».

Joseph, à son réveil, fit Ce que l’Ange lui avait ordonné, et ne pensa plus quitter Marie, son épouse.

 

Considération

Saint Joseph d’après Isidore des Iles

 

Isidore d’Isolanis, ou des Iles, que l’on peut appeler le prophète de Saint Joseph, et qui fut au XVIe siècle l’une des illustration du saint et savant Ordre de Saint Dominique, écrivit dès cette époque un ouvrage spécial et considérable sur le Saint Patriarche. Il l’intitula la Somme des Dons de saint Joseph, et le dédia à Adrien VI, en des termes que nous aimons à reproduire, parce qu’ils conviennent, sous beaucoup de rapport, à notre temps et notre immortel Pie IX :

« Très Saint Père, disait-il, l’Italie attendait votre avènement au milieu des larmes. Secouée par les orages des factions, inondée du sang des fidèles, pleurant ses citoyens exilés, gémissant à la vie des maisons monastiques spoliées, affligée de la dispersion des Religieux réduits à la mendicité, elle vous supplie de jeter d’en haut un regard sur tant de maux, et elle désire ardemment de contempler la sainteté, la prudence, la piété et la sagesse de votre pontificat ; car c’est son avènement qui changera en joie notre tristesse.

« Nous y voyons la puissance de Dieu accompagner votre venue, et la sainteté de vos vertus couvrir la terre comme d’une nuée ; mais en même temps, ce n’est pas légèrement que je crois que la paix sera rendue à l’Italie par les saintes prières à Saint Joseph. Je vous supplie donc instamment, très saint père de la société humaine, Abraham par la foi, Moïse par la direction, David par l’onction, Pierre par l’autorité, d’ordonner que, par votre empire, votre commandement et votre loi, l’Église universelle célèbre en l’honneur de Saint Joseph des jours de fête annuels, solennels, joyeux, avec une observance exacte, un profond respect et une vénération apostolique. Par ces grands honneurs, l’empire de l’Église militante recevra une grande puissance d’en-haut ; et quand elle aura recouvré la paix, elle pourra répandre l’eau du Saint Baptême sur les nations barbares et prêcher à tous les peuples le nom du Christ. Par les prières aussi de l’Epoux de la Reine des Cieux, de celui qui a reçu le nom divin, la belle Asie, abandonnant Mahomet, pourra se courber sous votre sceptre, et Jérusalem le vénérer, elle qui a crucifié Jésus notre Seigneur, ce Maître qui a fait trembler dans le Ciel l’armée des Anges devant sa divinité… »

Mais dans l’accomplissement de cette prévision du pieux enfant de Saint Dominique, qu’il n’a pas été donné à Adrien VI et à ses successeurs de pouvoir réaliser, n’a-t-il point été réservé à notre grand Pie IX, qui semble appelé à faire tout ce que l’on peut faire pour la gloire de saint Joseph ? C’est lui, assurément, qu’il a entrevu dans ces paroles que nous trouvons dans le corps de l’ouvrage :

« Le Saint Esprit, dit-il, ne cessera point d’agir sur les cœurs des fidèles jusqu’à ce que l’Eglise universelle honore avec transport le divin Joseph d’une vénération nouvelle, fonde des monastères, érige des églises et des autels en son honneur, multiplie ses fêtes et les fasse célébrer plus solennellement. Le Seigneur enverra sa lumière jusque dans le plus intime des intelligences et des cœurs. De grands hommes scruteront les dons intérieurs de Dieu cachés en saint Joseph, et ils trouveront en lui un trésor d‘un ineffable prix, tel qu’ils n'en ont point trouvé et qu’ils n’en trouveront point dans les Saints ni de l‘ancienne ni de la nouvelle alliance. Bénissez donc, ô peuples, saint Joseph, afin que vous soyez remplis de bénédictions ; car quiconque le bénira sera rempli des plus abondantes bénédictions.

Oui, Jésus Christ, pour la gloire de son propre nom, a destiné saint Joseph à être le Patron particulier et principal de tout l’empire de l’Eglise militante. C’est pourquoi, avant le jour du jugement, tous les peuples connaîtront, vénéreront et adoreront le nom du Seigneur et les dons magnifiques que Dieu a faits à saint Joseph, dons qu’il a voulu laisser presque cachés pendant une longue suite de temps.

La Fête de saint Joseph sera donc un jour célébrée comme une fête principale et vénérable. Le Vicaire de Jésus Christ sur la terre, obéissant à l’impulsion du Saint Esprit, commandera que la Fête du Père adoptif du Christ, de l'Epoux de la Reine du monde, de l’homme très-éminent en sainteté, soit célébrée dans toutes les contrées de l’Eglise militante, orthodoxe et catholique. Et ainsi celui qui dans le ciel a toujours été au premier rang, ne sera point à un rang inférieur sur la terre ».

Et nous, que penserons-nous de ces paroles, après le décret de Pie IX en date du 8 décembre 1870, lequel confère à saint Joseph le titre de Patron de l’Église catholique, et ordonne que sa Fête sera désormais célébrée sous le rite double de première classe ? Qu’en penserons-nous encore après son décret du 7 juillet dernier, qui décerne à saint Joseph, dans le Culte public ecclésiastique, toutes et chacune des prérogatives qui sont particulières aux saints patrons ? N’est-il pas incontestablement le Pontife annoncé et attendu par les Saints comme devant mettre le Comble à la gloire sur terre de saint Joseph ? Que Dieu lui donne d’accomplir toutes ses destinées, que Marie le sauve, que Joseph le délivre de tous ses ennemis !

 

Pratique

Saint Nom de Joseph

 

Après les très Saints Noms de Jésus et de Marie, il n’est pas de nom plus digne de nos louanges que celui de Joseph. Aussi de pieux fidèles ont voulu honorer notre glorieux Patriarche par la récitation de cinq Psaumes dont les lettres initiales composent ce sainte nom. Ce sont les Psaumes Jubilate Deo… servite ; Omnes gentes ; Soepè expugnaverunt ; Exultate Deo et fundamenta, auxquels ont ajoute une Hymne commençant par ces mots : Dei qui gratiam, avec les verset et oraison convenable.

L’Église a tellement approuvé cette pratique, que le Souverain Pontife Pie VII, en 1809, a attaché à la récitation en latin de ces Psaumes, Hymne, Verset et Oraison, une Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque fois, et une indulgence plénière une fois le mois, quand ont les récite tous les jours. En 1815, le même souverain Pontife a concédé cette Indulgence plénière pour le 3e Dimanche après Pâques, si on les récite souvent dans le cours de l’année.

L’on pourrait aussi réciter six Gloria Patri, mais sans gagner d’indulgence, en l’honneur des six lettres qui forment le nom de Joseph.

En 1804, Pie VII avait aussi accordé l’Indulgence d’un an à chaque fois que l’on réciterait l’Hymne Quicumque sanus vivere.

 

Retrouvez le texte de ces Psaumes en cliquant ICI

 

Invocations

Jésus, Marie, Joseph

 

Jésus, Fils éternel de Dieu le Père, et dans le temps, de Marie et de Joseph ; Marie , douce Mère de Jésus et des hommes; Joseph, Père de Jésus et le nôtre, je vous offre, après Dieu, mon cœur et toutes ses affections, mon esprit et toutes ses facultés, ma vie, son passé, son présent, son avenir et sa fin. Elle s’avance, cette vie, et je pressens déjà cette fin. ô Jésus, recevant le dernier soupir de Joseph ; Marie, lui rendant les derniers devoirs ; Joseph, expirant entre les bras de Jésus et de Marie, assistez-moi toujours, mais surtout à l’heure de la mort, en ce moment redoutable de l’agonie, où j’aurai a faire le grand passage du temps à l’éternité. Puissé-je le faire en votre sainte compagnie !

C’est l’unique grâce que je vous demande en ce moment, afin qu'après vous être resté uni pendant la vie, je puisse, sous vos auspices, m’endormir dans la paix du Seigneur et la confiance d’une bonne et sainte mort. C’est dans ces sentiments et pour gagner, avec tous vos fidèles serviteurs, les Indulgences que Pie VII y a attachées (400 jours à chaque invocation que l’on peut séparer), que je ne cesserai de vous adresser les précieuses invocations :

 

Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon cœur, mon esprit et ma vie,

Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi toujours, surtout à l’agonie,

Jésus, Marie, Joseph, donnez-moi de mourir en votre compagnie.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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19 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingtième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Le cinquième acte de la prudence, c’est de modérer ses discours. En cela Marie nous est aussi un parfait modèle. A qui parla la Sainte Vierge ? À l'Ange de l'Annonciation, et de choses qui intéressaient l'humanité ; à son fils, et des craintes que Son séjour au Temple pendant trois jours lui avait inspirées ; à Élisabeth, elle adressa des paroles de félicitations et chanta un hymne de reconnaissance ; aux serviteurs des noces de Cana elle dit ce qu'il fallait pour manifester la gloire du Verbe. Ô Admirable leçon ! Elle nous enseigne à nous abstenir des conversations stériles pour ne parler que de choses utiles ou capables d'édifier le prochain et de procurer la gloire de Dieu. Si nous parlions un peu plus souvent avec les Anges et avec Dieu dans l'oraison et un peu moins avec le monde ; si, dans nos conversations nous mettions plus de respect, de charité et de réserve, notre vie s'écoulerait limpide comme le cristal, dans le calme, la pureté, le bonheur et la paix.

Où parla Marie ? Marie n'alla point bavarder sur les places publiques ; elle parla, dans sa chambre, à l'Ange ; dans le Temple, à son fils ; dans la maison du grand-prêtre, à Élisabeth ; au milieu de noces honnêtes, aux serviteurs. Ainsi d'après l’Évangile, à l'Ange, elle parla deux fois, deux fois à son Fils, deux fois à sa cousine et une fois aux serviteurs ; en tout sept fois seulement. Elle parla peu dans la salutation et dans la demande, alors qu'il s'agissait d'elle plus directement, tandis qu'elle parla beaucoup, dans le cantique d'actions de grâces, parce qu'il s'agissait de la gloire de Dieu. Cette sobriété de paroles ne doit pas nous étonner. Comment pourra-t-elle se répandre en conversations inutiles avec la créature l'âme qui se plaît à contempler, à prier, à écouter son Créateur.

Quand parla Marie ? « L'interrogation, dit l'abbé Pasteur, est la clef du silence ». Marie observa mieux que personne cette règle de conduite : elle n'ouvrit jamais les lèvres sans motif, attendant pour parler d'avoir été interrogée ou prévenue. Jetons encore les yeux sur l'Image de Notre Dame du Bon Conseil : quel mystérieux entretien de la divine Mère avec Jésus son Fils ! Entretien silencieux et cependant si éloquent ! Ce spectacle n'est-il pas pour nous le conseil le plus convaincant ?… Ne nous contentons pas de dire à notre divine Conseillère que nous l'aimons, prenons d'elle un exemple dont nous trouverons l'usage et l'application bien des fois dans notre vie : la modération dans nos paroles et la pratique du silence.

 

Exemple

 

Vers le milieu du siècle dernier vivait à Rome, dans l'exercice de la charité et la pratique des bonnes oeuvres, André Bacci, chanoine de la Basilique de Saint Marc. Tourmenté dans son esprit et dans son âme, ce pieux ecclésiastique ne savait où se tourner pour trouver un remède. Le 7 décembre 1734, il alla visiter une jeune fille en proie depuis huit ans à de violentes contractions nerveuses. C'était là que la Sainte Vierge l'attendait. Il trouve sa malade parfaitement guérie !... Stupéfait, il s'informe comment s'est opéré un changement pareil et apprend qu'il est l'oeuvre de la Madone de Genazzano. En même temps naît en lui le pressentiment que ses maux spirituels disparaîtront sous les regards de la Madone vénérée. Il se met en route pour Genazzano. Chemin faisant il rencontra un pauvre enfant grelottant de froid et les pieds meurtris, il le fait monter dans sa voiture et tous les deux récitent le chapelet. La prière finie l'enfant lui adresse ces paroles : « Vous allez à Genazzano demander à Notre Dame du Bon Conseil une grâce dont vous avez grand besoin, ayez confiance, vous l'obtiendrez ». Le chanoine fut d'autant plus étonné que l'enfant ne pouvant savoir humainement le but ou le motif de son voyage. On arrive aux environs de Genazzano, le chanoine voit son compagnon disparaître. De plus en plus surpris il est obligé de continuer sa route, et il arrive à l’Eglise de Notre Dame du Bon Conseil. On lui découvre la Sainte Image, elle paraît sourire ! Bacci le voit : plus de doute, sa prière est entendue. Il revient à Rome complètement transformé ; il a retrouvé la paix, la sérénité, la joie, et s'estime le plus heureux des hommes. Il est devenu un des plus insignes apôtres de Notre Dame du Bon Conseil et a voulu être enterré près de la Sainte Image à Genazzano.

 

Prière

 

Avec la grâce de votre conseil maternel, ô Marie, vous veillez sur les Justes, vous les exhortez à la perfection, et vous soutenez leur persévérance. Vous recevez avec amour les pauvres pécheurs : vous les encouragez à suivre la voie du salut par une humble et sincère pénitence. Vos conseils maternels écartent tous les malheurs, éclairent tous les doutes, éloignent tous les dangers et surmontent toutes les difficultés. Vous êtes vraiment notre Mère, puisque vous êtes la Mère du Bon Conseil. Nous avons, il est vrai, mille fois mérité de perdre votre grâce, et, comme des fils ingrats, nous avons méprisé vos bons conseils. Ne nous repoussez pas cependant de votre présence, car vous n’avez pas cessé d'être notre Mère ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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29 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Trentième jour

Des motifs contre le désespoir à l’heure de la mort

 

I. Durant la vie humaine, l’ennemi de notre salut s’attache à nous perdre en nous inspirant une confiance présomptueuse dans la Miséricorde de Dieu : à l’heure de la mort il nous attaque par la tentation du désespoir, en nous représentant le nombre et l’énormité de nos péchés. Répondons-lui avec confiance, que nos péchés, quel qu’en soit le nombre, quelle qu’en soit l’énormité, sont propres à faire éclater en nous les richesses de la Miséricorde Divine et la vertu de la Croix du Sauveur. Cette vertu brille avec bien plus d’éclat dans la sanctification des pécheurs pénitents, que dans celle de ceux qui n’auraient pas péché. Jésus-Christ, comme il l’a dit lui-même, n’est pas venu sur la terre pour appeler les justes, mais les pécheurs ; Son Sang est le Sang de l’Agneau qui efface les péchés du monde. Quelques énormes que soient mes péchés, ce Sang précieux a encore plus de vertus pour les effacer et me sanctifier.

II. L’excellence de la Passion de Jésus-Christ serait comme obscurcie, le prix de Son Sang et la vertu de Sa Croix seraient comme éteints, s’il n’y avait eu ni pécheur à convertir, ni péché à expier. Les plus grands pécheurs, quand il se convertissent sont ceux qui contribuent le plus à sa gloire. La célébrité d’un médecin ne dépend pas du régime de santé qu’il prescrit à ceux qui se portent bien, mais de la guérison des maladies les plus compliquées et les plus désespérées. Jésus-Christ est le médecin de nos âmes ; plus je suis malade, plus Il apportera de soin à ma guérison, plus Il me prodiguera le baume de Son Sang précieux. Ah ! Avec un tel médecin, je ne puis périr, à moins que je n’aie pas recours à Lui, que je ne lui découvre pas mes plaies honteuses, ou que je ne mette pas toute ma confiance en Lui.

III. À qui le Sauveur du monde montra-t-il de la préférence, durant le cours de sa vie mortelle ? Aux pécheurs, et aux plus grands pécheurs. Il les prévenait, Il les recherchait, Il mangeait avec eux, Il en usait à leur égard avec tant d’indulgence et de bonté que ce fut un sujet de scandale pour les Pharisiens et les faux zélés. Il se représentait Lui-même sous l’image d’un bon pasteur qui abandonne son troupeau pour courir après une brebis égarée ; d’un bon père qui reçoit avec bonté un fils indigne qui revient à lui après les égarements les plus douteux ; d’un médecin zélé qui se consacre tout entier au soin des malades. Non content de recevoir les pécheurs avec bonté Il les invitait, Il les pressait de venir à Lui. « Venez à Moi, vous tous qui gémissez sous le poids de vos iniquités, et Je vous soulagerai ». Ô mon âme, le Coeur de Jésus n’a pas changé. C’est encore la même compassion pour les pécheurs, la même Miséricorde, le même zèle pour leur salut et Son Sang qui efface les péchés du monde, n’a rien perdu de ses mérites ni de sa vertu.

IV. Quand on présenta au Sauveur une femme adultère, n’aurait-on pas dit qu’Il allait la condamner à subir toute la rigueur de la Loi de Moïse ? Au contraire, Il la délivre de ses accusateurs, Il la console et comme personne ne l’a condamnée, Il ne veut pas être le premier à la condamner, Il la renvoie avec bonté, en lui recommandant de ne plus pêcher. Il vit avec plaisir à ses pieds une pécheresse publique les parfumer et les baigner de larmes. Il devint son défenseur contre ses censeurs indiscrets, et prédit que l’Evangile rendrait sa pénitence célèbre dans tous les siècles. Pleurons et aimons, à l’exemple de cette pécheresse scandaleuse ; et nos péchés, comme les siens, fussent-ils encore plus énormes, nous seront pardonnés.

V. Puis-je douter de la facilité de Jésus-Christ à pardonner les péchés, tous les péchés, et les péchés les plus énormes, lorsque je considère qu’Il a donné à Saint Pierre et à tous les ministres de Son Eglise le pouvoir de remettre tous les péchés sans en excepter un seul ? Ô Miséricorde inconcevable ! Dieu, pour obtenir ma grâce, me renvoie à Son Fils, et Son Fils me renvoie à des hommes faibles et pécheurs comme moi. Ô mon Dieu ! Pouviez-vous me rendre ma réconciliation plus facile ? Et si je me damne, ne sera-t-il pas vrai de dire que ma perte ne vient que de moi seul ? En vain dans l’enfer les réprouvés souffrent les plus affreux tourments, en vain ils poussent des cris et des hurlements ; jamais le feu qui les dévore ne consumera la tache de leurs péchés ; et sur la terre, si nous sommes pénitents, la seule parole d’un homme peut effacer tous nos péchés et éteindre tous les feux de l’enfer, en nous appliquant les mérites du Sauveur, en nous lavant dans son Sang Précieux. Ô mon Jésus ! Si de la conversion des pécheurs dépend Votre gloire, Vous avez de quoi Vous glorifier en moi. Je mets au pied de Votre Croix une vie souillée de mille et mille péchés. Puisque vous n’êtes que le Sauveur des pécheurs, soyez le mien, et que le salut de mon âme pécheresse ajoute à Votre gloire et au triomphe de Votre Croix, qui n’est enrichie que des dépouilles enlevées à l’enfer.

 

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Conclusion

Pratiques de piété qui doivent être le fruit des méditations du Mois de la Passion

 

I. Dans tout le cours de ma vie j’imiterai l’exemple de Saint Paul ; et comme cet apôtre zélé de la Croix de Jésus-Christ, je me ferai gloire de ne connaître en toutes choses que Jésus, et Jésus crucifié. Je graverai Sa croix divine dans mon coeur ; je l’imprimerai dans mon âme ; je la porterai sur mon corps ; je ne penserai qu’à elle ; je ne verrai qu’elle ; je ne parlerai que d’elle. Elle éteindra le feu de mes passions impures ; elle sera la garde de mes yeux, de ma langue et de mes oreilles ; elle me consolera dans mes afflictions ; elle me sanctifiera dans mes tentations ; elle me défendra des ennemis de mon salut ; elle soutiendra mes afflictions ; elle me rendra chaste et pur, doux et humble de coeur, elle imprimera à toutes mes actions le sacré caractère de la sainteté de Jésus-Christ.

II. Je n’adorerai pas seulement dans moi-même la croix de mon Sauveur, je l’adorerai dans tout ce qui m’environne ; je prendrai part et au bonheur de ceux qu’elle sanctifie par une vie sainte, et au malheur de ceux qui l’outragent par une vie criminelle. Quand je verrai se multiplier les enfants de Dieu par la vertu du baptême, ou les pécheurs convertis se purifier dans les eaux salutaires de la pénitence, je dirai : « Voici ceux qui ont lavé leur robe dans le Sang de l’Agneau » ; car on ne devient enfant de Dieu que par la vertu de la Croix : on ne peut être purifié de ses péchés que par le Sang précieux qui a coulé sur la Croix. Je m’efforcerai d’honorer la Croix de mon Sauveur en m’opposant au cours du péché, soit en moi-même par une vie conforme à son Saint Evangile, soit chez les autres, par mes exemples, par mes conseils, par tous les moyens qui seront en mon pouvoir ; et rien ne m’affligera plus que de voir le Seigneur renié, trahi, insulté, crucifié de nouveau par tant de péchés.

III. Dans les pauvres, dans les personnes souffrantes et affligées, j’honorerai mon Sauveur souffrant et crucifié ; je les regarderai comme ses membres et ses images vivantes : dans cette vue, je compatirai à leurs peines ; je les consolerai ; je les soulagerai, selon mon pouvoir ; me rappelant que Jésus-Christ nous a dit, qu’il regarderait comme fait à Lui-même ce qui serait au moindre des siens.

IV. Je regarderai toutes mes peines et mes afflictions comme une participation de la croix de mon Sauveur, sur laquelle je veux vivre et mourir ; je ne m’estimerai heureux qu’autant que je souffrirai avec Lui et pour Lui ; et pour que mon coeur ne cesse d’être attaché à Sa croix, j’aurai toujours dans l’esprit ces paroles divines : « Si quelqu’un veut marcher à Ma suite, il faut qu’il se renonce lui-même, que tous les jours il porte sa croix et Me suive ». Pour animer ma foi et soutenir mon courage, dans le plus fort de mes peines, je méditerai souvent ces paroles de Saint Paul : « Jetez les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de notre Foi, qui, au lieu de la joie qu’Il pouvait goûter, a souffert la croix, méprisant l’ignominie, et est maintenant assis à la droite de Dieu ». Représentez-vous donc celui qui a souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez pas et ne manquiez pas de courage. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’à répandre votre sang en combattant contre le péché.

V. Le plus grand soin, la plus douce consolation de ma vie sera de participer souvent et le plus dignement qu’il me sera possible aux Sacrements dans lesquels Jésus-Christ a enfermé le trésor de ses mérites, pour en faire part à ses membres ; j’y recueillerai fidèlement, et avec le respect le plus profond et le plus ardent amour, le Sang précieux qu’Il a répandu pour moi sur la croix. Chaque jour je m’unirai à Lui, comme un membre doit être uni à son chef, pour m’immoler avec Lui dans le Saint Sacrifice de l’Autel. Souvent, avec un coeur contrit et humilié, j’irai me plonger dans la piscine de la pénitence, où Son Sang qu’Il a répandu sur la croix pour effacer les péchés du monde, effacera de plus en plus les taches des mes iniquités. Souvent j’irai me présenter, avec une humble confiance à la table où Il nourrit les enfants de Dieu de Sa Chair et de Son Sang ; je le recevrai comme mon médecin qui me guérira de mes infirmités, comme mon Sauveur, comme l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, et dont le Sang imprimera dans mon âme le sceau du salut. Ma mission ne sera pas une raison de m’éloigner de Lui ; elle en sera une de recourir à Lui, puisque je ne puis cesser d’être misérable que par Lui. En lui disant comme Saint Pierre : « Seigneur, éloignez-Vous de moi qui suis un pécheur » ; je ne cesserai de le tenir embrassé et de m’unir à Lui ; afin qu’Il me transforme en Lui et que je ne vive plus mais que Lui-même vive en moi comme un chef vit dans les membres qu’Il anime.

 

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Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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Fin du Mois de la Passion

 

A suivre: Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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28 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-neuvième jour

Combien notre rédemption est abondante ;

mais c’est le plus grand des malheurs d’en abuser

 

I. Pour connaître la fécondité de la rédemption de Jésus-Christ, considérons ce qui se passe dans une âme pécheresse qui retrouve la vie dans la mort de son Sauveur. Elle est tombée dans le péché, elle est coupable et ennemie de Dieu : il faut donc ou qu’elle périsse et soit condamnée à la mort éternelle, ou que Jésus-Christ meure pour elle et la régénère dans Son Sang. Car, comme disait Saint Pierre, il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ ; il n’y a que Son Sang qui ait la vertu de nous laver de nos péchés. Que fera cette âme malheureuse entre l’espérance et la crainte ? Elle embrasse la Croix de Jésus-Christ ; Il s’offre à la mort pour elle ; Il meurt, Il offre de nouveau le sacrifice de Son Sang et cette âme est arrachée à l’enfer, qui menaçait de l’engloutir, et ses péchés sont effacés, et Dieu lui rend sa grâce et son amour.

II. Si elle est fidèle à conserver le trésor que Jésus-Christ lui a acquis au prix de Son Sang, il semble que ce Divin Sauveur peut se consoler de l’avoir rachetée aux dépens de sa vie, et qu’il lui est glorieux de jouir de sa conquête. Mais si, inconstante et volage, elle abandonne encore son Dieu, et se replonge dans ses premiers désordres, il semble alors qu’elle est sans ressource, et que son salut est désespéré. Jésus-Christ avait donné la vie pour sa réconciliation : ses nouveaux péchés ont éteint la vertu de sa mort, ils ont rendu ses mérites inutiles, ils ont anéanti le fruit de sa rédemption. Cette âme infidèle est à la veille de périr éternellement : quel parti prendra-t-elle ? Si accablée sous le poids de son iniquité, elle se prosterne devant Dieu, quel langage lui tiendra-t-elle ?

Ah ! Mon Dieu, j’ai perdu mon Sauveur : que ferai-je, si Vous ne me le donnez encore ? j’ai foulé Son Sang aux pieds : que ferai-je si Vous ne me le rendez, pour me laver et me purifier de nouveau ? Ah ! Si le sang d’Abel a demandé vengeance et s’il a été exaucé, Dieu sera-t-il sourd aux cris du Sang de Son Fils, dont le pécheur abuse indignement, et qu’il foule aux pieds toutes les fois qu’il s’abandonne au péché ?

III. Cependant, au lieu d’une éternelle malédiction, si le pécheur se reconnaît encore et fait pénitence, la mort de Jésus-Christ se ranime encore pour lui rendre la vie ; ce divin Sauveur, dont la Miséricorde est inépuisable, et dont les satisfactions sont assez abondantes pour l’expiation d’une infinité de péchés, ouvre encore ses plaies pour, y recevoir le coeur du pécheur contrit et humilié, et le laver dans Son Sang. Saint Paul parlait de nos rechutes réitérées et des conversions qui leur succèdent, lorsqu’il disait : « Il y en a qui crucifient de nouveau Jésus-Christ ». Nous le crucifions lorsque nous retombons dans le péché, parce qu’il a été attaché à la Croix en punition du péché : nous le crucifions encore, lorsque la pénitence nous fait recourir à sa croix, parce que, pour nous réconcilier avec Dieu, Il doit rouvrir Ses Plaies, Il doit encore faire couler Son Sang, et mourir, pour ainsi dire, de nouveau. C’est de quoi Il se plaint amèrement, en disant des pécheurs : « Ils ont ajouté de nouvelles douleurs à Mes douleurs ».

IV. Ainsi Jésus-Christ, à la conversion d’un pécheur auquel Il avait si souvent appliqué les mérites de Son Sang, est obligé de reprendre la qualité de Sauveur, et d’acquitter encore par l’effusion de Son Sang, les nouvelles dettes qu’il a contractées. Ô mon Jésus ! Doit s’écrier un pécheur que Dieu reçoit en grâce après tant d’infidélités, ô mon Sauveur ! Car Vous l’avez été tant de fois et Vous l’êtes encore aujourd’hui ! Sauveur ancien, Sauveur nouveau ! Ah ! Bonté ancienne, bonté nouvelle ! Vous serez toujours nouvelle à ma pensée ; votre dernier bienfait ne s’effacera jamais de ma mémoire et j’aimerais mieux mourir mille fois que de perdre par une nouvelle infidélité le fruit précieux de ma rédemption.

V. Que doit penser, que doit dire une âme à la vue des objets funestes qui ont corrompu son innocence ? Ah ! Mon Dieu, des beautés mortelles qui m’ont séduites et empoisonnées, ce vain éclat des richesses, ces faux honneurs du monde, ne sont que des fantômes propres à me séduire ; ce sont des appâts empoisonnés dont le démon et le monde se servent pour me corrompre et me perdre. Non, jamais je ne m’y laisserai prendre ; je ne serai jamais assez ingrat pour crucifier Jésus-Christ de nouveau et le contraindre à répandre encore Son Sang pour effacer mes nouvelles iniquités.

VI. Mais enfin que le pécheur d’habitude n’ait pas la présomption sacrilège de croire que plus il commettra de péchés, plus le Sang de Jésus-Christ en effacera. s’il est assez ingrat pour abuser des miséricordes divines, qu’il ne soit pas assez insensé pour croire qu’Il peut accumuler péchés sur péchés, crimes sur crimes, parce que Dieu est infiniment bon, parce que les satisfactions de Jésus-Christ sont infinies. Jésus-Christ ne sauvera pas tous ceux pour lesquels Il est mort ; Il ne sauvera que les pécheurs véritablement pénitents, et Son Sang criera vengeance contre tous ceux qui l’auront profané dans le péché et l’impénitence ; Il tombera sur eux comme Il est tombé sur les juifs impénitents et endurcis. Le Sauveur du monde ne peut être indifférent pour les hommes ; Il est établi où pour les sauver de leurs péchés, où pour les perdre dans leur impénitence. Il sauvera tous ceux qui invoqueront Son Saint Nom, qui mêleront les larmes de la pénitence au Sang Précieux qu’Il a répandu pour effacer leurs péchés, et qui auront profané dans l’habitude du péché et de l’impénitence le Sang qui devait les purifier et les sauver. Ô mon âme, n’abuse pas du Sang de Jésus-Christ ; il se répand sur toi dans les Sacrements ; n’en approche qu’avec le plus profond respect, avec un coeur vraiment pénitent et sincèrement converti. Alors ne mets pas de bornes à ta confiance et ne te désespère pas, ni pour le nombre, ni pour l’énormité de tes péchés.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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14 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Quinzième jour

Sur les raisons qui engagent Jésus-Christ à aimer les hommes

 

I. Dieu voulant manifester sa Miséricorde dans les hommes pécheurs avec plus d’éclat encore qu’Il n’avait manifesté Sa Justice dans les ange rebelles, s’est fait homme dans Jésus-Christ, afin qu’un Homme-Dieu consacrant et fortifiant la nature humaine, rendit les hommes participants de la nature divine et enfants de Dieu. Par là Jésus-Christ est devenu le premier-né d’entre les hommes, notre chef, notre médiateur, le dépositaire de la Miséricorde de Dieu et de sa Providence sur tous les hommes. Si le Verbe s’est fait chair en notre faveur, nous ne devons pas nous étonner de l’amour infini de Jésus-Christ pour nous. Il était de sa glorieuse destinée d’unir les hommes à son Humanité pour les associer à Sa divinité ; et pour consommer cette œuvre admirable, Il n’a rient fait de trop, en nous consacrant ses travaux et sa vie, en expiant nos péchés dans sa Chair innocente, en s’humiliant devant la Majesté de Dieu, et Lui offrant pour prix de notre réconciliation le Sacrifice de Sa vie.

II. Ô admirable invention de la Sagesse et de la Miséricorde Divine ! Si Jésus-Christ n’était qu’un homme comme nous, son amour pour nous serait borné, il ne serait d’aucun mérite ni d’aucun prix aux yeux de Dieu. Si le Verbe de Dieu ne s’était pas fait chair, il n’y aurait entre Lui et nous aucune proportion, Il ne pourrait nous aimer. Il s’est approché de nous en se faisant homme ; Il s’est rendu semblable à nous pour avoir une raison d’avoir pitié de nous, de nous aimer et de nous sauver. Il s’est u ni à notre nature en Jésus-Christ, afin que l’amour de Jésus-Christ pour nous fût véritablement divin, et que le Sacrifice qu’Il a offert pour nous fût véritablement divin, et que le sacrifice qu’Il a offert pour nous fût d’une prix infini. Ô amour étonnant et inconcevable ! Mon Dieu s’est rendu semblable à moi en se faisant homme comme moi, en s’unissant à ma faiblesse et à mes misères, afin de me rendre semblable à Lui en m’élevant par sa grâce à la participation de sa nature. Ô que je serais malheureux, si je ne renonçais pas à moi et à mes misères pour m’unir à Lui, comme Il a bien voulu renoncer à Lui-même et à Sa souveraine grandeur pour s’unir à moi !

III. L’amour de Jésus-Christ pour tous les hommes, tout ce qu’Il a fait, tout ce qu’Il a souffert pour les sauver n’est plus un mystère pour moi, dès que je crois le mystère de l’Incarnation du Verbe. Sa Miséricorde et Son Amour pour nous ont dû être sans borne, puisque Dieu en était la source, puisque c’était l’Amour et la Miséricorde de Dieu même. Les moments éternels de l’enfer sont justifiés par la Justice infinie de Dieu : les richesses de Son Amour le sont par Sa Miséricorde infinie. Ô Jésus, Vous ne pouvez ne pas avoir pitié de moi, Vous ne pouvez ne pas m’aimer quelque indigne que j’en sois ; puisque c’est pour avoir pitié de moi, pour me sauver et m’aimer que le Verbe de Dieu s’est si intimement uni à Votre Humanité. Voilà ce qui anime ma confiance, ce qui me soutient sous le poids de mes misères, et qui me fait espérer qu’en me faisant sentir Votre Amour pour moi, ce sentiment embrasera mon coeur d’un ardent amour pour Vous.

IV. Combien de raisons engagent Jésus-Christ à nous aimer ? Nous sommes son héritage, nous sommes son bien qu’Il a acquis au prix de sa vie ; et naturellement on chérit un bien a proportion de ce qu’Il a coûté. Nous étions un champ stérile, une vigne sauvage ; Il a acheté ce mauvais fonds, Il l’a défriché, Il l’a cultivé, Il l’a arrosé de ses sueurs et de son Sang. Avec quelle ardeur ne doit-Il pas désirer d’en recueillir des fruits. Nous sommes ses frères quoique élevés dans la gloire, Il ne put nous méconnaître dans notre misère. Comme Joseph, son amour le fait descendre de son trône pour nous embrasser. Nous sommes ses enfants, puisqu’Il a souffert la mort pour nous donner la vie : un père peut-il ne pas aimer ses enfants ? Peut-il oublier, peut-il négliger ceux à la faiblesse de l’âge ou les infirmités de la santé rendent ses soins plus nécessaires ? Nous sommes ses membres et Il a promis de nous garder comme la prunelle de son œil. Comment pourrais-je, ô mon Sauveur, douter de Votre Amour ? Mais si Vous m’aimez si tendrement, pourquoi Vous aimé-je si peu ?

V. Nous sommes pécheurs, il est vrai ; mais nous avons dans nos péchés même un titre pour prétendre à la Miséricorde et à l’Amour de Jésus-Christ. Il n’a pas répandu Son Sang que pour effacer nos péchés ; Il n’est notre Sauveur que parce que nous sommes pécheurs : c’est sur nos péchés, j’ose le dire, qu’est établie la gloire de Sa Croix. Il est le Bon Pasteur qui donne sa vie pour son troupeau ; et ses plus vives inquiétudes sont en faveurs de ses brebis égarées. À qui, durant sa vie mortelle, témoigna-t-Il plus d’Amour qu’aux pécheurs et aux pécheurs les plus décriés ? Il les prévenait, Il les accueillait avec bonté, Il les attachait à sa suite. Semblable à un médecin charitable qui néglige ceux qui sont sains pour avoir soin des malades, il paraissait préférer les pécheurs aux plus justes. Ô mon Sauveur, Vous renouvelez tous les jours la Miséricorde dont Vous avez usé envers la pécheresse de Samarie, la femme adultère, Madeleine, plus célèbre par son tendre amour envers Vous que par les désordres de ses premières années. Il n’y a encore sur la terre des Zachée que Vous daignez convertir, des Matthieu que vous arrachez au service du monde pour les attacher au vôtre, des Pierre qu’un regard miséricordieux fait rentrer en eux-même. Hélas ! Il est encore plus perfide que Judas que Vous prévenez, a qui Vous présentez le baiser de la paix, et qui ne cessent d’être vos ennemis et d’affliger Votre Amour par leur impénitence. Non, mon Sauveur, mes péchés, quelque énormes qu’ils soient ne me feront jamais désespérer d’avoir part à Vos Miséricordes et à Votre Amour. Plus je suis pécheur, plus j’espère en vous. Je ne veux penser à mes péchés que pour m’en humilier, pour les détester, pour mêler mes larmes avec Votre Sang, afin de les effacer.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

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