03 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Moulin_de_Boly

Quatrième jour

L'eau bénite, le Meunier

 

Marie Hillot, qui tenait à ce moment le flacon d'eau bénite, le passa rapidement à Bernadette, en lui disant : « Vite, jette-lui de l'eau ». Bernadette obéit et jeta le contenu de la fiole dans la direction du buisson. « Elle ne s'en fâche pas, reprit la voyante avec satisfaction, elle approuve de la tête et sourit vers nous toutes ». Aussitôt les jeunes filles tombèrent à genoux, se rangeant en demi-cercle sur les cotés de Bernadette ».

Signalée par la grâce, accueillie par la reconnaissance, la deuxième Apparition fut, de la sorte, contrôlée par la religion.

Il fallait que ces enfants fussent bien instruites de leur catéchisme pour se rappeler la vertu de l'eau bénite, et songer à employer celui d'entre les sacramentaux le plus redouté du Démon. Bernadette alla à l'église quérir de l'eau bénite : jadis, dans les maisons chrétiennes, on renouvelait souvent semblable provision. Sa main dut répugner instinctivement à saisir la fiole pour procéder à une aspersion matériellement irrévérencieuse, puisque, à cause de l'identité de la Dame, elle était sûrement illusoire. Hâtive en son geste, elle ne marchanda point les gouttes d'eau bénite : elle vida d'emblée le flacon. Comment la Dame se serait-elle fâchée de l'emploi de ces petits moyens préservateurs ? Ceux-là seuls se fâchent, en des rencontres analogues, qui manquent ou d'esprit ou de cœur. Elle n'avait qu'à approuver et sourire. Ce qu'elle fit...

« Un instant après, Bernadette était plongée dans l'extase. Son regard, doux et tranquille, demeurait fixé sur la niche, vide et froide pour tout autre que pour elle, et semblait s'enivrer de la contemplation d'une beauté céleste ; son visage, transfiguré et rayonnant de bonheur, avait pris une expression indéfinissable ; on aurait dit un ange en prière. En présence d'un tel tableau, aussi inattendu qu'émouvant, les jeunes filles se troublèrent ne sachant à quel sentiment se livrer. La plupart éclatèrent en sanglots, et l'une d'elles s'écria : « Oh ! Si Bernadette allait mourir ! »

« Elles étaient là, anxieuses et hésitantes, quand un incident nouveau vint redoubler leurs alarmes. Une pierre, lancée du haut du mamelon, rebondit sur le rocher, et tomba dans le Gave. C'était plus qu'il n'en fallait pour affoler de jeunes têtes déjà surexcitées. Les amies de la voyante s'enfuirent de la Grotte, et, remplies de terreur, elles remontèrent le talus escarpé, en jetant de grands cris et en appelant au secours. Arrivées au chemin de la forêt, elles trouvèrent Jeanne Abadie, en tête de son petit peloton de retardataires, battant des mains et riant aux éclats. Bientôt tout fut expliqué : c'était Jeanne qui, pour se venger de ce qu'on ne l'avait pas attendue, avait causé la panique. La paix faite et la frayeur calmée, les jeunes filles venues d'en bas firent connaître aux autres l'état extraordinaire dans lequel elles avaient laissé Bernadette. Toutes s'empressèrent de descendre pour venir en aide à leur amie commune. Elles trouvèrent la voyante agenouillée à la même place, dans les ravissements de l'extase. Elles approchèrent d'elle, l'appelèrent affectueusement par son petit nom : mais Bernadette était insensible à la voix de ses compagnes. Comme si elle n'était plus de ce monde, son regard demeurait fixé sur l'objet qui la captivait. Les jeunes filles, ne sachant si la voyante était morte ou si elle allait mourir, se lamentaient, se désolaient, lorsqu'elles virent descendre la mère et la sœur de Nicolau, le meunier du moulin de Savy. Les deux femmes avaient entendu les cris de détresse des enfants et s'étaient empressées d'accourir. En voyant Bernadette en extase, elles demeurèrent stupéfaites et comme saisies d'un religieux respect. Elles s'approchèrent d'elle timidement et cherchèrent par de douces instances à la faire revenir à la vie ordinaire. Peine perdue : Bernadette ne voyait, n'entendait que sa chère vision. Il fallait cependant soustraire la voyante au charme qui la captivait d'une manière si merveilleuse. Sans tarder davantage, la mère Nicolau se détacha de Massabielle et alla prendre son fils au moulin de Savy. Le jeune meunier, alors âgé de vingt-huit ans, courut à la Grotte le sourire ironique sur les lèvres, croyant assister à une espièglerie d'enfant. Arrivé près de Bernadette, il recula de surprise et se croisa les bras.

« Poussé cependant par sa mère, le jeune Nicolau prit, avec précaution, Bernadette sous les aisselles et essaya de la faire marcher. Soutenue ensuite par la meunière et son fils, la voyante put parvenir ainsi au moulin de Savy. Mais, durant le trajet, elle paraissait suivre du regard un être mystérieux qui se tenait sur le devant et un peu au-dessus d'elle. En vain, le fils Nicolau, pour rompre le charme, lui mettait la main sur les yeux, et l'obligeait à baisser la tête : Bernadette revenait sans cesse à sa position première et continuait à poursuivre sa contemplation. Ce ne fut qu'à son arrivée au moulin que Bernadette reprit possession d'elle-même et qu'elle vit avec tristesse reparaître devant ses yeux le tableau décoloré de la vie ordinaire. Interrogée sur les causes qui avaient provoqué ses ravissements, Bernadette fit le récit de la vision du jour, qui n'était qu'une répétition du jeudi précédent ».

Signalée par la Grâce, accueillie par la reconnaissance, contrôlée par la religion, la deuxième Apparition fut donc contrariée par l'amitié.

Il n'est pas possible de mener une vie dévote dans le monde, sans s'attirer les coups de langue des sots ou les coups de force des fâcheux qui dégénèrent en violents.

« Oh ! Si Bernadette allait mourir ! » Réflexion trop humaine. Comment aurait-elle pu mourir, quand son âme d'extatique, plus que jamais, buvait la Vie ? Mais supposons-la morte en de telles conjonctures ; la Mort aurait été, pour elle, le gain par excellence, puisque la perte de la Vie du Temps était la conquête immédiate de la Vie éternelle, avec toutes ses félicités. Le monde ne comprend point ainsi les choses. Il permettra, que dis-je ? Il prescrira de passer des nuits au théâtre, au bal, en voyages d'agrément. Mais il proscrit une heure d'Adoration nocturne, un séjour prolongé à l'église, une veille de prières en un train de pèlerinage : « Oh ! Si Bernadette allait mourir ! » Il paraît qu'en servant Dieu avec ferveur, on meurt plus vite physiquement : ce qui n'empêche point les prêtres et les moines de tenir, dans les statistiques, le record de la longévité. On meurt aussi intellectuellement : ce qui n'empêche pas davantage les plus grands génies d'avoir été les plus grands Saints. On meurt encore, dit-on, socialement : et cependant, pour les postes de confiance comme pour les mariages sérieux, les jeunes filles les plus chrétiennes, les jeunes gens les plus pratiquants continuent, là où l'on a horreur des aventures malpropres, à être les plus recherchés...

Aux paroles inconsidérées s'ajoutent, contre les personnes pieuses, les procédés de mauvais aloi.

On lance des pierres dans leur jardin, on amuse la galerie à leurs dépens, on rit, on ricane, on s'évertue à troubler leur solitude, jaloux qu'on est de leur commerce avec la Vierge et Dieu. On simule la désolation, on joue la comédie du sentiment. On fait appel aux étrangers...

Mais quand l'âme est solidement ancrée dans la piété, rien ne la fait changer d'attitude. Telle Bernadette, que la meunière et son fils tentèrent vainement d'arracher à sa chère Vision. Là où les femmes ont échoué, on espère que les hommes réussiront. Ils arrivent, dédaigneux, sceptiques, sûrs de vaincre. Mais la piété répand sur la figure de ses serviteurs et de ses servantes, tant est grande l'influence de l'âme sur le corps, des clartés quasi célestes, et les hommes loyaux, honnêtes, hésitent à se mêler de ce qui ne les regarde point. Ils se sentent, malgré eux, dans le voisinage d'un être supérieur et se reconnaissent indignes d'y toucher. Il faut bien pourtant que le coup de force, préparé, escompté, se produise. Et la force intervient, cherche à rompre le charme, oblige à des déplacements ceux et celles qui voudraient rester tranquilles, bande les yeux, abaisse les têtes. Mais voilà que le charme ne se rompt point : l'idée du Divin se fixe en l'âme, et les yeux rouverts et les têtes relevées contemplent derechef la Vision... Et quand le Surnaturel a perdu, à la fin des grandes grâces, ses sensations irrésistiblement fascinatrices, on en garde le souvenir, et le souvenir du passé, avivé par la légitime espérance du retour des mêmes faveurs, remplit les vies humaines que l'on espérait religieusement désenchanter et épuiser. Ainsi l'amitié contrariante, l'inquisition tracassière et la force, même doublée de la haine brutale, sont contraintes, devant les résistances du Surnaturel, de s'avouer vaincues ! Qu'on s'empare des corps ! En ceux qui ont la vocation chrétienne bien trempée, l'âme est insaisissable. Et ce sont les captures d'âme qui donnent la victoire Quoi qu'elle fasse, l'impiété est donc assurée d'être finalement battue, tant que chez nous il y aura, dans toute l'acception du mot, des âmes...

 

Examen

 

Quel usage faisons-nous de l'eau bénite dans nos maisons, à la porte des églises, à la cérémonie de l'Aspersion ?... Notre bénitier, si nous en avons un appendu près de notre lit, n'est-il pas toujours sec, servant simplement d'ornement à notre chambre que le confort ou l'irréligion moderne laïcise de plus en plus ?... N'aurions nous pas aimé jouir de la vue de Bernadette en extase ? Beau, ineffablement beau était son visage ; plus belle mille fois est notre âme en grâce avec Dieu. Ah ! Si nous savions la splendeur de la grâce, la laideur du péché !... Ne sommes-nous pas trop facilement distraits de notre union à Dieu par les petits incidents politiques ou sociaux qui se produisent autour de nous et même contre nous ?... Les jeunes filles eurent beau pousser des cris, le meunier eut beau l'emmener, lui mettre la main sur les yeux, l'obliger à baisser la tête, Bernadette continua, comme si de rien n'était, à poursuivre sa contemplation.... Quand lutterons-nous, pour Dieu, dans nos prières, contre l'habituel vagabondage de notre esprit et de notre cœur ?...

 

Prière

 

O Notre Dame, ardent est notre désir de vous être agréables ; arrière tout ce qui jusqu'à présent dans notre conduite vous a déplu : nous le répudions. Il faut que désormais telle soit pour vous notre délicatesse, que nos anges gardiens puissent dire comme Bernadette, après avoir jeté l'eau bénite : « La Dame approuve de la tête et sourit vers nous toutes ».

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

173_001

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes


02 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

3b19bba8

Troisième jour

Retour à la Grotte

 

Bernadette passa les journées du vendredi et du samedi 12 et 13 février, hantée par le souvenir de sa Dame. La défense maternelle l'empêcha seule de retourner à la Grotte, Mais là où était son trésor, là demeura son cœur. Elle arriva ainsi au dimanche 14 février, se demandant sans cesse quelle serait la suite du mystérieux événement qui l'avait de la sorte amorcée. Or, dans l'après-midi de ce jour, une voix retentit en son âme, la pressant, suavement mais fortement, de se rendre à Massabielle. Sa nature craintive ne lui permit point de s'ouvrir à sa mère sur l'appel intime qu'elle venait de percevoir. « Plus libre avec sa sœur Marie, elle lui confia son secret et la pria d'agir auprès de leur mère pour obtenir la permission désirée. Marie essuya un premier refus ; sans se décourager, elle fit appel à son amie, Jeanne Abadie, pour plaider ensemble la cause de Bernadette. La mère Soubirous résista encore : elle se rappelait les funestes effets de la première sortie, et ne voulait pas s'exposer à augmenter ses inquiétudes en livrant sa fille à de nouvelles et dangereuses émotions ».

La deuxième Apparition fut donc, tout d'abord, signalée par la grâce. La grâce est la sublime travailleuse des âmes. Prévenante, elle les initie par des jets gradués de lumière, par des pulsations ascendantes d'amour, par des pressentiments indéfectibles ou des incitations secrètes, aux désirs et aux vouloirs de Dieu ; elle est le signal avertisseur le plus délicat, le plus insinuant, le plus sûr, des prochaines manifestations du Divin. Adjuvante, elle mûrit l'esprit, rectifie le jugement, épure le cœur, assouplit le caractère, affermit la volonté, dispose l'acte, et se révèle comme un agent diplomatique hors de pair, pour mener à bien une surnaturelle entreprise. La grâce n'agit point seulement en l'âme, objet des privautés de Dieu : elle fait sentir aussi son action en toutes celles qui se trouvent sur son passage, dans son rayon, en son orbite. Parents, amis, étrangers avec lesquels les événements mettent en rapport, tous subissent, à leur insu, son influence. Telles, ici, la mère de Bernadette, sa sœur Marie, Jeanne Abadie, les premières en scène, que nous voyons évoluer dans leurs idées et intervenir, chacune selon son rôle, avec obligeance. Si nous écoutions nos Voix, les oppositions domestiques, contre lesquelles les desseins de Dieu sur nous se butent plus ou moins, seraient vite évanouies...

« La Dame cependant appelait Bernadette à la Grotte. Doucement, sans effort, elle sut lever les obstacles et ouvrir les chemins à sa petite privilégiée. Mettant précisément en jeu les sollicitudes de la mère, elle amena celle-ci à se demander si la démarche à laquelle elle s'opposait n'était pas plutôt le moyen le plus efficace de débarrasser sa fille des folles idées qui l'obsédaient. Si l'enfant, en effet, ne voyait plus rien à la Grotte, n'était-il pas à présumer qu'elle reviendrait d'elle-même de ses premières impressions ? La mère, quoique anxieuse, se décida donc à laisser tenter l'épreuve d'une seconde visite. A une nouvelle instance faite par les deux petites filles, pour ne pas paraître se déjuger, elle simula l'impatience et répondit : « Allez, partez, et ne me cassez plus la tête. Au moins, ajouta- t-elle, soyez ici à l'heure des Vêpres, sans cela vous savez ce qui vous attend ».

Rien ne casse plus facilement la tête des gens du monde que les questions religieuses : elles écrasent par leur majesté, s'imposent par leur nécessité, intriguent par leurs énigmes, tyrannisent par leurs exigences, quand elles ne charment plus par leurs attraits. Dans le cas présent, la mère Soubirous forçait intentionnellement la note ; elle avait la tête un peu énervée, non cassée. La prudence maternelle lui inspirait des saillies que réprouvait, à part elle, la chrétienne. Ses paroles dépassaient sa pensée. Est-elle charmante cette invite à rentrer pour les Vêpres : l'office divin devenant une limite d'octroi pour la pieuse faveur sollicitée ! Les parents envoyaient donc leurs enfants aux Vêpres, à cette époque et en ce pays, et ils avaient des façons spéciales de corriger les délinquants. Le mode d'éducation a bien changé depuis. Les Vêpres sont regardées comme un supplément de dévotion indigeste dont on s'exonère volontiers.

« En dehors du cercle de la famille, Bernadette n'avait parlé à personne de la vision qu'elle avait eue à la Grotte. Marie, sa sœur, n'avait pas cru devoir se tenir dans la même réserve. Dès le matin du 14 février, une douzaine de jeunes filles du quartier étaient dans la confidence, et toutes avaient demandé à suivre Bernadette, au cas où celle-ci reviendrait à Massabielle. Aussitôt que l'autorisation de la mère fut accordée, Marie, fidèle à des promesses données, courut, accompagnée de Jeanne Abadie, prévenir ses amies. Pendant ce temps Bernadette s'habillait à la hâte, et son imagination se créait par avance le tableau des joies qui l'attendaient à la Grotte. Ce tableau l'attirait, et cependant un nuage importun venait de temps en temps en assombrir la radieuse perspective. La voyante se rappelait ce que lui avait dit sa mère des l'uses du démon, et, bien qu'elle sentît en elle-même comme une certitude invincible, qu'elle n'avait pas été mystifiée, elle ne pouvait se défendre d'une certaine appréhension. En tout cas, sur le conseil de ses jeunes compagnes, elle se munit d'une fiole qu'elle alla remplir au bénitier de la paroisse. Ainsi armée contre les artifices de l'esprit de mensonge, elle s'engagea confiante dans le chemin de la forêt, escortée de cinq ou six jeunes filles de son âge que Marie, sa sœur, avait réunies en toute diligence. D'autres compagnes devaient suivre ; mais comme leurs apprêts de toilette n'étaient pas encore terminés, il fut convenu que Jeanne Abadie les attendrait. Aussitôt que le premier groupe parvint à Massabielle, Bernadette tomba à genoux sur le côté droit de la Grotte, en face du buisson au-dessus duquel la Dame avait une première fois apparu. Elle se mit en prière ; puis, tout à coup, elle s'écria dans un transport de joie : « Elle y est ! Elle y est !... »

Signalée par la Grâce, la deuxième Apparition fut accueillie par la reconnaissanceLa Grâce avait opéré au-dedans ; la reconnaissance éclatait au-dehors. C'est la logique de l'amour : on désire, on espère, on a craint, on voit, on tressaille : « Elle y est ! Elle y est ! » Elle est où on l'appelle, où on l'invoque, où on la supplie, où on l'aime. Mais on est plus sûr de la trouver à coté du tabernacle de son Fils, dans les sanctuaires et les Cathédrales bâtis en son honneur par la piété des contemporains ou des aïeux : « Elle y est ! Elle y est ! »

Bernadette remorquait après elle une escorte d'amies.... Pourquoi n'aurions-nous point la nôtre, quand nous venons aux autels de Notre Dame ? Rien n'est moins égoïste que la Religion bien comprise ; rien n'est plus conquérant que le prosélytisme religieux bien appliqué. On risque de se heurter pour les femmes à des retards de toilette, pour les hommes à des sursis de respect humain. Mais les courants s'établissent : la Grâce, travaillant l'ambiance, rend moins rebelle et plus active la Nature. La toilette de l'âme devient la préoccupation dominante, on finit par goûter l'orgueil de la Vertu...

 

Examen

 

Comment employons-nous les après-midi du Dimanche ? On croit avoir été un héros, une héroïne du christianisme en assistant, de quelle manière !, à la messe, le matin.... Le reste du temps, on vit humainement comme les jours de semaine.... Le jour de Dieu doit cependant avoir 24 heures. Quel malheur de ne les point sanctifier toutes !... Dans l'après-midi du dimanche, Bernadette entendit une voix en son âme.... C'est aussi un dimanche que les révélations de l'Apocalypse furent faites à l'apôtre saint Jean.... Quelles voix frappent nos oreilles ?... Nous excellons à vaincre les résistances de nos parents, quand il s'agit d'obtenir les permissions flatteuses pour l'amour-propre ou la sensualité... Avons-nous la même adresse de tactique, la même opiniâtreté de vouloir, pour mettre fin à leurs oppositions accidentelles aux desseins de Dieu sur nous ?... Bernadette mit à contribution sa sœur et son amie pour agir auprès de sa mère, et réussit...  

Une voix intérieure ne nous dit-elle pas, depuis quelque temps peut-être : arrache tel défaut, acquiers telle vertu, romps telle relation, combats telle habitude, cesse telle lecture, et viens à moi ?... C'est la grâce qui nous prévient : elle veut nous aider, nous changer, pour nous transfigurer.... Comment y répondons-nous ?... Bernadette, ayant entendu, obéit... Remarquons-nous l'action divine en ceux que Dieu place sur nos pas, pour que nous travaillions à leur salut ou qu'ils travaillent au nôtre ?... La mère de Bernadette, sa sœur, Jeanne Abadie, évoluèrent dans leurs idées, pour favoriser les plans divins sur la Voyante... Savons-nous voir Dieu et le remercier de ses manifestations dans les événements plus saillants, dans les émotions religieuses plus vives, qui accidentent notre Vie ?... Bernadette, à l'aspect de la Dame, s'écria : « Elle y est !... »

 

Prière

 

O Notre Dame, Mère, Dispensatrice de la grâce, c'est vous qui nous appelez intérieurement, chaque soir, à l'exercice du mois qui vous est consacré... Vous étiez bien en réalité devant les yeux ravis de Bernadette à la Grotte.... Mais l'enfant était aussi elle-même, avec son âme plus encore qu'avec son corps, devant vos yeux qui en étaient impressionnés. Accordez-nous donc d'être en votre présence (car vous êtes ici comme à Lourdes) avec tout notre esprit, pour vous contempler ; avec toute notre volonté, pour vous servir ; avec tout notre cœur, pour vous aimer !...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

173_001

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

01 mai 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

047_001

Deuxième jour

Après l'Apparition, à la maison de Bernadette

 

« Dès que la Dame eut disparu, racontait encore Bernadette, Jeanne Abadie et ma sœur revinrent à la Grotte, et me trouvèrent à genoux à la même place où elles m'avaient laissée. Elles se moquèrent de moi et me traitèrent d'imbécile, de bigote, et me demandèrent si oui ou non je voulais me retirer avec elles. Je n'eus à ce moment aucune peine à entrer dans le ruisseau et je sentis l'eau tiède comme l'eau de la vaisselle. « Vous n'aviez pas tant à crier, dis-je à Jeanne et à Marie, en essuyant mes pieds ; l'eau du canal n'est pas aussi froide que vous sembliez le faire croire ! » « Tu es fort heureuse, toi, de ne pas la trouver froide ; pour nous, elle nous a produit un tout autre effet ».

Précédée par une contrariété, annoncée par des signes symboliques, sanctifiée par la prière, la première Apparition fut donc suivie d'une récompense.

Le contact du Surnaturel fortifie et transforme, en certains cas, même le corps. La Vertu est ce qu'il y a au monde de plus hygiénique ; les compensations terrestres, décernées à ceux qui en observent les préceptes, sont plus fréquentes que l'ignorance ou l'impiété ne l'imaginent. Nous ne voulons pas en conclure que si les Saints de glace, redoutés des frileux, nous font sentir prochainement le froid, vous n'en serez point, à cause de votre ferveur, incommodé. Mais il est certain que l'amour aguerrit contre les éléments, et que la grâce divine, plus forte que l'amour, peut, en maintes circonstances, les empêcher d'être nuisibles, quand elle ne donne pas à ses disciples la passion victorieuse du Bien, au milieu même des étreintes du Mal...

Entendons de Bernadette les derniers détails de la narration : « Nous liâmes en trois fagots les branchages et les tronçons de bois que mes compagnes avaient apportés ; nous montâmes ensuite la pente de Massabielle, et revînmes rejoindre le chemin de la forêt. Pendant que nous avancions vers la ville, je demandai à Jeanne et à Marie si elles n'avaient rien remarqué à la Grotte. « Non, répondirent-elles, pourquoi nous fais-tu cette question ? » « Oh ! alors, rien », leur dis-je avec indifférence. Cependant avant d'arriver à la maison, je fis part à ma sœur Marie des choses extraordinaires qui m'étaient arrivées à la Grotte, et je lui recommandai d'en garder le secret. Durant toute la journée l'image de la Dame demeura dans mon esprit. Le soir, en faisant la prière de famille, je me troublai et me mis à pleurer. « Qu'as-tu ? » me demanda ma mère. Marie se hâta de répondre pour moi, et je fus obligée de donner moi-même des explications sur ma surprise de la journée. « Ce sont des illusions, répliqua ma mère : il te faut chasser toutes ces idées-là de la tête, et surtout ne plus retourner à Massabielle ». Nous allâmes nous coucher ; mais je ne pus dormir. La figure si bonne et si gracieuse de la Dame me revenait sans cesse à la mémoire, et j'avais beau me rappeler ce que m'avait dit ma mère, je ne pouvais croire que je me fusse trompée ».

Précédée par une contrariété, annoncée par des signes symboliques, sanctifiée par la prière, suivie d'une récompense, la première Apparition fut donc, pour Bernadette, continuée par le souvenir, et accueillie par le scepticisme maternel.

On s'explique que l'enfant ne songeât plus qu'à sa chère Dame, au point d'en perdre le sommeil. Si une vision de paysage, de figure humaine, est capable d'imposer à l’œil observateur, au cœur conquis, une hantise irrésistible, comment une manifestation authentique de Surnaturel n'aurait-elle point produit sur l'âme toute neuve, toute droite et pure, de Bernadette, une impression plus absorbante encore ? Vraie était sa parole, et rien qu'à ce son d'âme, un psychologue averti constaterait la véracité de son témoignage, quand elle disait : « Durant toute la journée l'image de la Dame demeura dans mon esprit.... Nous allâmes nous coucher ; je ne pus dormir. La figure si bonne et si gracieuse de la Dame me revenait sans cesse à la mémoire ».

En taxant d'illusions les révélations de sa fille, en lui défendant l'entretien de ces pensées, le retour à la Grotte, la mère de Bernadette faisait preuve de sagesse humaine. Mais la sagesse humaine devient facilement, dans la perception et l'analyse des phénomènes surnaturels, l'incompétence, l'erreur, voire la folie. Et cette incompétence, cette erreur, cette folie sont le partage d'une foule de parents. Ils toléreront chez leurs enfants toute sorte d'idées mondaines, de fréquentations dangereuses. Mais entretenir des idées nettement chrétiennes, avoir des assiduités à l'église, commercer intimement avec Dieu, Jésus-Christ, la Vierge, les Anges et les Saints, ce sont là des illusions dont ils se feront les expulseurs parfois brutaux !

Le monde renchérit sur les parents, et avec l'habitude de généralisation affectionnée par l'ignorance et le vice, il fait un bloc peu consistant des questions religieuses et le renverse en un geste de sommaire mépris. Selon lui, les exercices de piété, la réception fréquente des sacrements, l'état de grâce, le travail de la sanctification, l'éternité, le Christ, la Vierge et même Dieu, tout cela est illusion, chimère, anachronisme, inutilité : il faut être de son siècle, il faut que jeunesse se passe ; comme si nous ne devions pas être avant tout, en notre mentalité, du siècle de l’Évangile enseigné par Jésus ; comme si la jeunesse ne se pouvait bien passer que dans le sans-gêne religieux, sinon dans l'impiété et l'immoralité !...

« Mais, répétait Bernadette, j'avais beau me rappeler ce que m'avait dit ma mère, je ne pouvais croire que je me fusse trompée ». Non, Enfant clairvoyante comme la Pureté, vous ne vous étiez point trompée : vous étiez dans le vrai absolu. L'illusionnée était, ici, votre mère. Et le monde gît aussi tout entier, malgré sa jactance, dans l'illusion, l'erreur, l'anachronisme, l'inutilité et le mal, quand il se permet de railler la Croyance !

 

Examen

 

Nous trouve-t-on quelquefois à genoux dans notre maison, à l'église, devant la statue de la Vierge, et sommes-nous insensibles aux moqueries malséantes, aux propos discourtois que peut susciter, de la part de nos compagnons, ou de nos compagnes, notre dévotion prolongée ?... « Jeanne Abadie et ma sœur, rapportait Bernadette, me trouvèrent à genoux, se moquèrent de moi ».

Après avoir fait dévotement nos exercices de piété, n'avons-nous pas senti plus d'élan, de goût et même d'habileté pratique, à remplir nos autres devoirs domestiques et sociaux ?... Le chrétien décuple les aptitudes, les énergies de l'homme, comme la chrétienne perfectionne singulièrement la femme, lorsqu'on se laisse pénétrer plus avant par la grâce de Dieu. On voit plus clair dans la tête, on a plus chaud au cœur, on triomphe sans peine des obstacles naguère rebutants. « Je sentis l'eau tiède comme l'eau de la vaisselle », observait Bernadette.

Avons-nous quelque ami avec lequel nous puissions parler, quand les confidences sont nécessaires, de notre âme et du Bon Dieu ?... « Je fis part à ma sœur Marie des choses qui m'étaient arrivées à la Grotte ». La pensée de Marie nous est-elle habituelle, pendant le jour ? Y revenons-nous avant de nous endormir ?... Sommes-nous de ces parents qui, remplissant leurs fonctions de prêtres du foyer, président, le soir, à la prière en famille ?... « Durant toute la journée l'image de la Dame demeura dans mon esprit et, le soir, en faisant la prière de famille, je me troublai ». Heureux trouble, dont l'amour était l'inspirateur !

Acceptons-nous humblement les contradictions que notre manière de concevoir les choses religieuses peut provoquer dans notre entourage familial ?... Et, pour n'être dupes d'aucune illusions, pour mériter, de Dieu et de la Vierge, une confirmation de grâces, un accroissement de lumières, nous cramponnons-nous, sans jamais lâcher prise, aux enseignements du Pape, aux affirmations du Credo ?... « Je ne pouvais croire que je me fusse trompée ».

 

Prière

 

O Notre Dame, vous n'apparûtes à Bernadette, préférablement à toutes les autres jeunes filles des Pyrénées et de France, que parce qu'elle était supérieure aux autres, peut- être, en humilité, en Charité, en mortification, en pauvreté, en innocence, en foi.... Augmentez en nous ces vertus dont la parure dans les âmes vous captive : nous pourrons ainsi mieux vous servir, plus vous comprendre, si nous ne sommes point de ceux ni de celles qui, ici-bas, comme Bernadette, sont appelés à vous voir face à face dans le creux d'un rocher

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

173_001

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

30 avril 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

173_001

Premier jour

Préludes et Apparition

 

« Quand je fus seule, ajoutait Bernadette, je jetai quelques pierres dans le lit du ruisseau pour y appuyer les pieds, mais cela ne me servit de rien. Je dus alors me décider à quitter mes sabots et à traverser le canal comme avaient fait Jeanne et ma sœur. J'avais commencé à ôter mon premier bas, quand, tout à coup, j'entendis une grande rumeur pareille à un bruit d'orage. Je regardai à droite, à gauche, sur les arbres de la rivière, rien ne bougeait : je crus m 'être trompée. Je continuais à me déchausser, lorsqu'une nouvelle rumeur semblable à la première se fit encore entendre. Oh ! alors j'eus peur et me dressai toute droite. Je n'avais plus de parole et ne savais que penser, quand, tournant la tête du côté de la Grotte, je vis à une des ouvertures du rocher, un buisson, un seul, remuer comme s'il avait fait grand vent. Presque en même temps, il sortit de l'intérieur de la Grotte un nuage couleur d'or.... »

Précédée d'une contrariété, la première Apparition fut donc annoncée par des signes symboliques. Il fallait bien frapper, forcer l'attention de Bernadette ; de là, la grande rumeur d'abord incomprise, puis renouvelée. Elle était le symbole de l'Esprit Saint : spiration d'amour ineffablement rafraîchissante au sein de la Trinité ; souffle délicat qui caresse l'humble hysope ou, s'il est nécessaire, vent impétueux qui déracine les cèdres de l'orgueil. En vain est-on distrait, sourd, même systématiquement : il a de quoi se faire entendre. Il avait soufflé en tempête, au matin de la Pentecôte, pour réveiller de sa torpeur le vieux monde païen et en chasser les miasmes. Il souffla, à deux reprises, en faveur de Bernadette. Ses ondulations purifiaient aussi l'atmosphère et préparaient les éléments eux-mêmes à la visite de leur Reine...

L'agitation du buisson symbolisait les émois de l'âme sous l'action de l'Esprit de Dieu. Elle commence par trembler de crainte : le Surnaturel, avec ses mystères et sa transcendance, impressionne toujours. Et elle s'agite ensuite, contrainte qu'elle est, voulût-elle rester buisson épineux et ne produire que des roses sauvages, sans la greffe et la culture de la grâce, de subir la domination du Divin. Le nuage couleur d'or était également la figure du Saint-Esprit qui, par des transitions respectueuses de notre liberté et de notre faiblesse, s'insinue doucement dans l'âme, avant de l'embraser de ses feux. Lors de l'Incarnation, il avait couvert la Vierge de son ombre, comme jadis, au Temple, il enveloppait d'un nuage l'arche de l'ancien Testament...

« Et peu après, reprenait Bernadette, une Dame jeune et belle, belle surtout comme je n'en avais jamais vu, vint se placer à l'entrée de l'ouverture au-dessus du buisson. Aussitôt elle me regarda, me sourit et me fit signe d'avancer comme si elle avait été ma mère. La peur m'avait passé, mais il me semblait que je ne savais plus où j'étais. Je me frottais les yeux, je les fermais, je les ouvrais ; mais la Dame était toujours là, continuant à me sourire et faisant comprendre que je ne me trompais pas. Sans me rendre compte de ce que je faisais je pris mon chapelet dans ma poche et me mis à genoux. La Dame m'approuva par un signe de tête, et amena elle-même dans ses doigts un chapelet qu'elle tenait à son bras droit.

Lorsque je voulus commencer le chapelet et porter ma main au front, mon bras demeura comme paralysé, et ce n'est qu'après que la Dame se fut signée que je pus faire comme elle. La Dame me laissa prier toute seule ; elle faisait bien passer entre ses doigts les grains de son chapelet, mais elle ne parlait pas ; et ce n'est qu'à la fin de chaque dizaine qu'elle disait avec moi : « Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ». Quand le chapelet fut récité, la Dame rentra à l'intérieur du rocher, et le nuage d'or disparut avec elle ».

A ceux qui demandaient le portrait détaillé de la Dame, Bernadette répondait : « Elle a l'air d'une jeune fille de seize ou dix-sept ans. Elle est vêtue d'une robe blanche, serrée à la ceinture par un ruban bleu glissant le long de la robe. Elle porte sur sa tête un voile également blanc, laissant à peine apercevoir ses cheveux et retombant ensuite en arrière jusqu'au-dessous de la taille. Ses pieds sont nus, mais couverts par les derniers plis de la robe, si ce n'est à la pointe où brille sur chacun d'eux une rose jaune. Elle tient à son bras droit un chapelet à grains blancs, avec une chaîne d'or luisante comme les deux roses des pieds ».

Précédée par une contrariété, annoncée par des signes symboliques, la première Apparition fut donc sanctifiée par la prière. La Dame se signe la première. Avec quelle perfection ce signe de croix dut être dessiné ! N'aurions-nous pas besoin d'aller à cette école pour y apprendre à faire, non pas seulement géométriquement, mais amoureusement, le signe rédempteur ?

Et Bernadette commença. Combien de nos jeunes chrétiennes contemporaines, même dans ce qu'on appelle le grand monde, auraient été embarrassées, en semblable occurrence, de prendre dans leur poche le chapelet ! Les objets de piété sont devenus trop encombrants, trop lourds pour la poche des jeunes filles, des femmes trop légères. Des articles de vanité, d'artistiques petits miroirs, des porte-bonheur, des amulettes, des flacons, des mouchoirs parfumés, des écrits ou imprimés compromettants, cela ne pèse point et ne gène pas du tout. Mais le chapelet !!!! ô temps, ô mœurs !... Avec quelle dévotion, devant une telle Assistante, l'enfant dut égrener les Ave ! Pour elle, comme dirait le barde de Bretagne, le ciel était si bas, si bas qu'elle y voyait monter sa prière... Les vaniteuses intempestives remplissent toutes les conversations de leurs faits et gestes ; le vide de leur cerveau ou de leur cœur fait sans cesse sortir le pronom personnel, je, moi, de leur bouche pleine. La Dame, ne voulant se louer elle-même, demeurait muette au cours de la dizaine et n'ouvrait les lèvres qu'à la Doxologie, pour laisser échapper, comme trois cris d'amour, les trois invocations glorieuses au Père et au Fils et au Saint-Esprit...

 

Examen

 

Ne sommes-nous pas de ceux que décourage l'insuccès des premiers efforts personnels ? Constante, Bernadette se décida à quitter ses sabots, à traverser le canal, après avoir constaté l'inutilité des premières pierres jetées dans le ruisseau.... Quelle est notre constance dans l'apport humain que Dieu et les hommes attendent de nous ?... Un jour ou l'autre, dans le courant de notre vie, n'avons-nous pas entendu intérieurement, au fond de l'âme, sinon extérieurement, comme Bernadette, avec nos oreilles de chair, quelque grande rumeur ?... Rien ne bougeait pour nous, au dehors ; tout était bouleversé en nous, au dedans. Interrogeons nos souvenirs....

N'avons-nous pas une peur excessive des manifestations même normales du Surnaturel, et pour bannir cette peur qui, corrigée dans son outrance, nous assagirait à la façon des Saints, n'entretenons-nous pas puérilement en nous les lâches distractions, les coupables paresses, les sottes confiances ?... Quelle est notre dévotion au Saint-Esprit, l'indispensable Ouvrier de toute sanctification ? Vivons-nous, par l'exemption du péché, dans sa grâce habituelle ? Correspondons-nous à chacune de ses grâces actuelles ? Faisons-nous, avec son divin concours, usage de ses dons ?... Rien n'échappe à Bernadette : ni la rumeur renouvelée, ni l'agitation du buisson, ni le nuage couleur d'or.... Que voyons-nous, que sentons-nous, qu'entendons-nous, dans le monde du Surnaturel ?...

Si la Vierge ici présente, quoique cachée, se manifestait à nos yeux, nous accueillerait-elle comme Bernadette ? « Elle me regarda, disait l'enfant, me sourit et me fit signe d'avancer ». Que seraient pour nous ses regards, ses sourires, ses signes ?... Portons-nous habituellement le chapelet ?... Le récitons-nous avec la ferveur de Bernadette devant la Dame ?... Comment prononçons-nous le « Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto » après chaque dizaine ? Avons-nous pour les trois Personnes de l'adorable Trinité un respect un peu approchant de celui de la Vierge, à la Grotte ?... Que de résolutions à prendre sur tous ces points !...

 

Prière

 

O Notre-Dame, tout en chantant avec la nostalgie de l'exilé le cantique : « J'irai la voir un jour, au Ciel, dans ma patrie, oui, j'irai voir Marie, ma joie et mon amour », nous tenons à vous voir dès maintenant le plus possible à travers le nuage lumineux de la Foi !... Nous tenons aussi à ce qu'à notre vue, comme à celle de Bernadette, (car vous nous voyez tous mystérieusement, sans ombre;, vous ayez pour nous de gracieux sourires.... Rendez-nous persévérants dans les efforts humains, frappez nos âmes par de grands coups de grâce, livrez-nous tout entiers à l'Esprit, votre divin Époux, apprenez-nous l'art de vous plaire en effeuillant pour vous les Ave Maria, et méritez-nous de contempler, après notre mort, la Très Sainte Trinité, dans les siècles des siècles.

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

19f81faa

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

29 avril 2014

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

Le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes

173_001

Veille du premier jour

L'arrivée à la Grotte

 

C'est donc à Lourdes que nous allons passer ce mois de mai tant désiré et enfin revenu. Pour le soin, souvent exagéré, du corps, on se ménage dans les stations balnéaires des cures d'eau, dans les stations climatériques des cures d'air. Remercions Dieu de nous avoir inspiré la pensée, fourni le moyen, d'entreprendre aux Pyrénées, en la station mystique la plus bienfaisante du monde, la cure d'âme dont notre esprit, notre volonté, notre cœur, plus ou moins fatigués, éprouvent le besoin. Quand on arrive au sommet des montagnes, dans les coins de forêt, sur la grève des plages, aux bords des sources, après lesquels on soupirait, la première chose qu'on fait, une fois installé en sa chambre d'hôtel, c'est de respirer en toute hâte le grand air, d'écouter le rythme, de regarder l'écume, de recevoir l'embrun des vagues, de se livrer, à l'orifice des fontaines, à d'impatientes libations. De même, sitôt arrivé à Lourdes, se hâte-t-on, avec une célérité plus légitime, de venir « voir le roc sauvage, où la Vierge un jour descendit, la Vierge au radieux visage qui nous console et nous bénit ». Et, tant qu'on a le bonheur de demeurer en cette ville sainte et d'y vivre en pèlerin, on fait de la Grotte le centre principal de ses journalières activités.

Ainsi ferons-nous, si vous le voulez, chaque jour de ce mois ! La Grotte de Massabielle explique d'ailleurs tout Lourdes, comme la grotte de Bethléem révéla aux Bergers tout le mystère de Noël, comme la grotte du jardin des Oliviers initia les trois Apôtres à l'agonie du Sauveur, comme le tabernacle, façon de grotte symbolique, contient toute l'économie cultuelle de nos églises par la présence de Jésus-Hostie....

Transportons-nous donc au 11 février 1858, et apprenons aujourd'hui de Bernadette elle-même les préliminaires de la Première Apparition.

« Le jeudi gras, il faisait froid et le temps était sombre. Après notre dîner, ma mère nous dit qu'il n'y avait plus de bois dans la maison, et elle s'en chagrinait. Ma sœur Toinette et moi, pour lui faire plaisir, nous nous offrîmes à aller ramasser des branches sèches sur le bord de la rivière. Ma mère nous répondit que non, parce que le temps était trop mauvais et que nous pourrions nous exposer à tomber dans le Gave. Jeanne Abadie, notre voisine et notre amie, qui gardait son petit frère à la maison et qui avait envie de venir avec nous, alla remettre son frère chez elle, et revint un moment après, en nous disant qu'elle avait la permission de nous accompagner. Ma mère se fit prier encore, mais voyant que nous étions à trois, elle nous laissa partir. Nous prîmes tout d'abord la rue qui conduit au cimetière, à côté duquel on décharge du bois, et où l'on trouve par moments des copeaux abandonnés.

Nous n'y trouvâmes rien ce jour-là. Nous descendîmes la côte qui mène près du Gave, et arrivées au Pont-Vieux, nous nous demandâmes s'il fallait aller vers le haut ou le bas de la rivière. Nous décidâmes d'aller vers le bas ; et prenant le chemin de la forêt nous arrivâmes à la Merlasse. Là, nous entrâmes dans la prairie de M. de Lafitte par le moulin de Savy. Une fois à l'extrémité de cette prairie, presque en face de la Grotte de Massabielle, nous fûmes arrêtées par le canal du moulin que nous venions de traverser. Les eaux de ce canal n'étaient pas fortes, car le moulin ne marchait pas, mais elles étaient froides, et, pour ma part, je craignais d'y entrer. Jeanne Abadie et ma sœur, moins peureuses que moi, prirent leurs sabots à la main et passèrent le ruisseau. Cependant lorsqu'elles furent de l'autre côté, ces drôles se mirent à crier au froid, et se baissèrent sur elles-mêmes pour réchauffer leurs pieds. Tout cela augmentait ma crainte, et je sentais que, si j'entrais dans l'eau, mon asthme allait me reprendre. Alors je priai Jeanne Abadie, qui était plus grande et plus forte que moi, de venir me passer sur ses épaules. « Oh ! Ma foi, non ! Répondit Jeanne ; tu n'es qu'une mignarde et une ennuyeuse, si tu ne veux pas passer, reste où tu es ». Ces drôles, après avoir ramassé quelques morceaux de bois sous la Grotte, disparurent le long du Gave ».

La première Apparition fut donc précédée pour Bernadette d'une contrariété. Un embarras matériel lui attirait une humiliation ; elle était traitée de mignarde, d'ennuyeuse. Ces aménités de langage ne sont-elles point aussi servies par le monde aux personnes qui font profession de piété ? Mignardes, ennuyeuses même, elles peuvent l'être, et le sont, pourquoi en disconvenir ? lorsque, dépourvues de l'habileté rudimentaire qu'ont les autres pour vaincre les obstacles, elles obligent leurs parents ou leurs amis, leurs serviteurs ou leurs servantes, à leur rendre des services dont, avec un peu d'intelligence et de bonne volonté, elles devraient se passer. Mais ces personnes, méticuleuses et importunes, ne représentent point la véritable piété. La piété véritable est, au contraire, large d'esprit et d'un commerce plein de délicatesses, de réserves et de charmes. Mais voilà ! Le monde ne se donne pas la peine de distinguer, et même, lorsque, comme Bernadette, nous nous heurtons à des difficultés réelles, il fait pleuvoir sur nous ses quolibets et ses ricanements.

C'est convenu : pour n'être ni mignard, ni ennuyeux, il faut être mondain. Heureusement, les contrariétés, grandes ou petites, suscitées par le monde, sont la rançon de prochaines récompenses, même temporelles. On s'applaudit alors d'avoir été traité de mignard, d'ennuyeux... Qui sait si vos assiduités au Mois de Marie ne vont point faire décocher contre vous, flèches peu malfaisantes, ces qualificatifs ? Réjouissez- vous, ce sont les préludes obligatoires des interventions du Surnaturel.

 

Examen

 

Quelles sont nos dispositions au début de ces exercices ? Ne les regardons-nous pas comme un usage de bon ton, comme un agréable passe-temps, comme une effusion de sentimentalité religieuse, au lieu d'y voir une série de pressantes invitations à la prière, à l'effort sanctificateur ?... Apprécions-nous le bienfait de cette cure d'âme qui commence, mille fois plus que les mondains et les mondaines n'apprécient les avantages corporels de leur séjour à la montagne, dans les bois, aux villes d'eaux, durant la belle saison que l'on devrait appeler souvent la saison laide du péché ?... Sommes-nous franchement décidés à suivre, quoi qu'il en coûte, le pieux traitement, le régime de vie plus sainte, prescrit par notre confesseur : sublime spécialiste, médecin des consciences dont la santé est à refaire ou à fortifier ?... Quelles prévenances avons-nous envers nos parents, surtout s'ils, sont tristes et dans le besoin ?... Bernadette, pour faire plaisir à sa mère, s'offrit, par un jour sombre et froid, à aller ramasser des branches sèches sur le bord de la rivière.... Avons-nous confiance en Dieu qui veille sur nos destinées à chaque instant de notre vie, et qui, nous crûssions-nous abandonnés, intervient en notre faveur, si magnifiquement ?... Le 11 février 1858 était, pour les Soubirous et leur fille, une date divine qu'ils ne soupçonnaient point.... Ah ! Si nous connaissions les grandes dates de la Providence sur nous !... Leur échéance est peut-être proche... Si nous savions, par notre docilité, les préparer...

 

Prière

 

O Notre-Dame, attirez-nous à vous, comme vous avez attiré, à son insu, Bernadette à la Grotte, vous proposant de vous montrer à ses regards. Quelle surprise vous lui réserviez, tout juste quand, son asthme la rendant raisonnablement craintive, elle encourait la raillerie de ses compagnes ! Surprenez-nous, pendant ce mois, par quelqu'une de vos gâteries maternelles, que nous importeront alors les critiques dont les superficiels, les vaniteux ou les jaloux pourront nous abreuver ?...

 

O Marie, conçue sans péché, Priez pour nous qui avons recours à vous.

Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.

 

Texte extrait du « Mois de Marie à la Grotte de Lourdes », Abbé Archelet, Librairie P. Lethielleux, Paris, 1908

P7170570

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie, chaque jour, dans votre boite mail, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes


12 avril 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 7/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 7/7

Icon, Syriac_jpg

Sixième Semaine de Carême

Semaine Sainte

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

13 avril

 

Méditation

Le Bienheureux Abbé Edouard Poppe, béatifié par Jean Paul II en 1999, fut un ardent disciple du Crucifié. Il nous aide à aimer la Croix, source de joie et de vie éternelle : « Mon Dieu, je me livre à Vous, moi qui n'ai même pas gravé le Calvaire, moi qui ose à peine regarder la Croix et qui ne l'ai pas encore embrassée. Je me ferai à l'austère pensée qu'il faut souffrir et s'attacher à la Croix avec Vous. Je me rappellerai chaque matin, au lever, le devoir de souffrir, et je m'empresserai d'embrasser Vos Plaies sur mon crucifix. Marie, ma Mère, je Vous ai tout donné ; arrangez, disposez tout en moi de façon que je sois prêt à la souffrance. Aimer sans souffrir est aussi vain que souffrir sans aimer... La paix nous dispose à la Croix. Il est dangereux d'oublier, au temps de la consolation, la venue prochaine de la Croix... hélas, nous ne sommes pas encore acclimatés à la rigueur de la Doctrine Evangélique : « Qui veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix ». Jésus, je Vous en supplie, rendez Votre sanglant Crucifiement si présent à mon âme que je m'enflamme d'amour et d'une sainte ardeur à Vous suivre, en sorte que je ne cherche plus que la Croix et l'oubli ici-bas. Là-haut, ces croix se changeront en gloire, en bonheur et en ravissement ».

 

L'amour d'une mère

Maylenn, a fait une tentative de suicide en décembre 2001. ayant préféré la vie chaotique des gangs à la misère de ses proches, elle a quitté le foyer familial et sombré petit à petit dans l'engrenage de la rue. Désespérée d'avoir un jour la force de s'en sortir, elle a préféré ingurgiter une boîte de médicaments pour disparaître plutôt que de demander pardon. Maylenn était dans un état semi-comateux. Elle gardait les yeux fermés mais son corps réagissait de temps en temps. Nous étions désarmés. Soudain l'éducatrice qui l'avait suivie se leva : « Je pars chercher sa maman. Je sais où la trouver. Il faut qu'elle vienne ». Elle revint deux heures après, accompagnée de la maman, affolée. Elle approcha de sa fille et lui dit d'une voix tremblante d'émotion : « Maylenn, ma chérie, pourquoi as-tu fait ça ? Je t'aime tant. S'il te plaît reviens-nous ». Puis elle lui prit calmement la main et la serra très fort contre son cœur. Aussitôt nous vîmes couler de chaudes larmes des yeux de notre jeune désespérée. C'était incroyable, Maylenn semblait se battre contre l'inéluctable et le miracle eut lieu : défiant tous les pronostics médicaux, l'empoisonnement fut enrayé et l'injection jugulée. Aujourd'hui Maylenn a retrouvé les siens. Sa réconciliation est le fruit magnifique de l'amour d'une maman.

Gunth 062

Lundi Saint

14 avril

 

Toujours plus pauvres

En 1649, la Fronde fait se tarir beaucoup de petits ruisseaux d'où provenaient les ressources. Certaines nourrices rapportent les enfants parce que les salaires ne sont pas payés. Le pain, les vêtements et l'argent font défaut. Seules les dettes grandissent. Vincent veut une fois encore réunir les Dames. Beaucoup disent ne plus avoir d'argent. Mais elles ont encore beaucoup de bijoux, biens, cadres de prix, tapisseries multicolores, habits et serviteurs. Et une fois de plus, Vincent sait les persuader.

 

À l'école de Saint Vincent

« Chaque chose produit comme une espèce et image de soi-même, ainsi qu'on voit dans une glace un miroir, qui représente les objets tels qu'ils sont : un visage laid y paraît laid, et un beau y paraît beau. De même les bonnes ou les mauvaises qualités se répandent au-dehors ; et surtout la Charité, qui est d'elle-même communicative, produit la Charité ; et un cœur vraiment embrasé et animé de cette vertu fait ressentir son ardeur, et tout ce qui est dans un homme charitable respire et prêche la Charité ».

 

Parole de Dieu

« Contre toi s'avance un destructeur. Monte la garde au rempart, surveille la route, ceins-toi les reins, rassemble toutes tes forces » (Nahum 2, 2).

 

Dans ma vie

Par nature, l'amour pour les créatures est limité et le nombre des objets entre lesquels il se partage l'affaiblit. Notre humanité a besoin de la Force de l'Esprit Saint pour aimer de l'amour même de Dieu. La Bonté de Dieu suffit à tout, dépasse tout. Dieu a des milliards d'enfants et pourtant il les aime d'un amour unique, infini et débordant. Tout l'amour qui est en nous est participation à cet éternel Amour. Laissons la Sainte Trinité faire son œuvre de divinisation de notre âme. Notre amour sera alors vrai et, avec Saint Vincent, nous n'aurons plus peur de prendre les pauvres dans nos bras.

 

Résolution

Attentif à ceux qui me sont confiés, par la vigilance et la prière, je ferai en sorte de les protéger des attaques de l'ennemi. J'exercerai ainsi la responsabilité qui est la mienne à l'égard de mes enfants, de mes semblables, des plus vulnérables.

France 050, Apotres, 6, Clet 1_jpg

Mardi Saint

15 avril

 

En mission

Tout homme a un point faible. Les pauvres sont le point faible de Vincent. Il ne peut refuser l'appel des esclaves de Tunis et d'Alger, pas plus que celui de Madagascar. Ses missionnaires partent bientôt pour Tunis et Alger où se trouvent des dizaines de milliers d'esclaves Chrétiens. À Madagascar ils ont pour mission de s'occuper de la vie chrétienne des colons Français et de l'évangélisation des Malgaches. En diverses vagues, Vincent y envoie vingt-cinq missionnaires.

 

À l'école de Saint Vincent

« Nous courons après la science comme si tout notre bonheur en dépendait. Malheur à nous si nous n'en avons ! Il faut en avoir, mais en suffisance, il faut étudier, mais sobrement. D'autres affectent l'intelligence des affaires, de passer pour gens de mise et de négociation au-dehors. C'est à ceux-là que Dieu ôte la pénétration des vérités Chrétiennes : aux savants et aux entendus du monde. À qui la donne-t-Il donc ? Aux simples du peuple, aux bonnes gens. Nous vouons cela vérifié dans la différence qu'on remarque en la Foi des paysans et la nôtre. Ce qui me reste de l'expérience que j'en ai est le jugement que j'ai toujours fait que la vraie religion, la vraie religion. Messieurs, la vraie religion est parmi les pauvres ».

 

Parole de Dieu

« Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au Ciel ; puis, viens, et suis-moi » (Marc 10, 21).

 

Dans ma vie

Le grand avantage de la vie Chrétienne c'est d'avoir un Maître Divin aux pieds duquel nous pouvons recourir quand nous le voulons. Sans doute, nous avons notre Saint Patron, notre Bon Ange, notre confesseur, notre conjoint, des amis... Mais le Maître Suprême est le Bien-Aimé qui suivait avec une immense affection Sainte Marie Madeleine. Venons à Lui, enivrons-nous de Son Sang, plongeons-nous dans la Source intarissable qui jaillit de Son Côté, de Son Cœur qui a tant aimé les hommes. Cœur Sacré de Jésus, inondez-nous de Vos douceurs, guérissez nos âmes, donnez-nous la paix.

 

Résolution

Pourquoi ne pas profiter du « grand nettoyage de printemps » pour mettre de côté ce qui ne m'est pas utile à la maison afin de le partager avec ceux qui n'ont pas ou peu ? Une fois le sac rempli, j'ajouterai une chose, une « babiole » ou un vêtement qui me plaît bien et je donnerai le tout.

Gunth 097_jpg

 

Mercredi Saint

16 avril

 

Dans les épreuves

La chose qui accable le plus Vincent est le manque de nouvelles. Ses fils sont loin. Ils ne savent rien d'eux. Il prie et espère. Quand, dans l'été 1657, un bateau arrive à Nantes, il en parle à sa communauté : « Nous avons su qu'un bateau est arrivé à Nantes, mais n'ayant reçu aucune nouvelle, nous attendions pour savoir l'état de nos confrères lointains. Sont-ils morts ? Sont-ils vivants ? Nous ne le savons pas. En quelque état qu'ils soient, prions Dieu pour eux. Et quand bien même il serait vrai qu'ils fussent morts, devrions-nous pour cela abandonner cette œuvre, cette terre qu'eux et ceux qui les ont précédés ont commencé à défricher ? Ô Jésus, il faut bien s'en garder ».

 

À l'école de Saint Vincent

« C'est Dieu qui m'a fait l'honneur de m'appeler, il faut donc que j'écoute Sa voix ; c'est Dieu qui m'a destinée à ces exercices charitables, il fait donc que je m'y applique ». Il n'a pas voulu, Mesdames, que vos yeux aient vu le Sauveur, comme ceux de Saint Syméon ; mais Il veut que vous entendiez sa voix pour aller où Il vous appelle, sinon aveuglément, comme Saint Paul, du moins avec joie et tendresse, car de l'entendre et de n'y point répondre, ce serait vous rendre indigne de la grâce de votre vocation ».

 

Parole de Dieu

« Je suis la Résurrection, qui croit en Moi, fut-il mort, vivra ; et quiconque vit en croit en Moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25-26).

 

Dans ma vie

Pour bien prier, il faut avoir l'esprit attentif et le cœur libre. Trop parler conduit à d'inutiles distractions : nous sommes comme une ville dont les remparts seraient ouverts de tous côtés, nuit et jour. À ce recueillement de l'intelligence, joignons le détachement du cœur. Pour rejoindre celui que son cœur aime, l'âme doit rejoindre la chambre haute et briser les liens qui le retiennent à l'esprit du monde. L'adage Cartusien Soli Deo, c'est-à-dire « Dieu seul », parle à toute âme éprise de Dieu : en amour on ne partage pas. Nous serons alors moins distraits et davantage transparents à la grâce.

 

Résolution

Où en suis-je de ma relation avec mes beaux-parents, avec les « pièces rapportées » (valeurs ajoutées!) de ma famille ? Est-ce que je donne des nouvelles ? Il n'est pas trop tard pour le faire, pour renouer un contact, donner un pardon...

315_001

Jeudi Saint

17 avril

 

À l'approche de la mort

Vincent vit jusqu'à un âge fort avancé. On a l'impression que son lent vieillissement, comme son attachement à la vie, sont déterminés par sa volonté de ne pas abandonner le service. Jusqu'à la fin, il veut rester à son poste de travail. C'est surtout à partir de 1659 que sa santé se détériore. Il ne peut plus descendre à l'église et doit se résigner à célébrer la Messe dans la Chapelle de l'infirmerie. Plus tard, la faiblesse de ses jambes l'empêche de se tenir debout et de célébrer la Messe. On transforme alors la chambre contiguë à la sienne en Chapelle.

 

À l'école de Saint Vincent

« Faites out le bien que vous voulez, si vous ne le faites pas bien, il ne vous profitera de rien Saint Paul nous l'a enseigné. Donnez vos biens aux pauvres, si vous n'avez pas la Charité, vous ne faites rien, non donneriez-vous même vos vies... il faut imiter le Fils de Dieu, qui ne faisait rien que par le motif de l'Amour qu'Il avait pour Dieu Son Père... Toutes vos actions doivent tendre vers ce même amour ».

 

Parole de Dieu

« Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu » Marc 10 23-25).

 

Dans ma vie

Saint Vincent avait choisi Marie pour Reine de son cœur et de son apostolat. L'amour qu'il avait pour Elle donnait des ailes à son apostolat, à son action auprès des affamés. Le visage de Saint Vincent de Paul parle à tous de bonté. C'était l'homme de la bonté. Une explication est possible : il avait tellement l'expérience de la Bonté Maternelle de Notre Dame, sa Mère du Ciel, qu'il était pétrit de douceur et d'attention. En remettant à Marie nos bonnes œuvres, nos apostolats, nous sommes sûrs qu'ils seront protégés. Le manteau de Notre Dame est vaste comme le monde.

 

Résolution

Qu'est-ce que bien vivre ? Certains pauvres et malades vivent mieux que nombre de bien portants... Pourquoi ? Parce qu'ils ont choisi de recevoir leur jeunesse véritable de Celui qui est dans rides depuis l'aube des siècles. Aussi, aujourd'hui, je décide d'aller à la Messe ou, le cas échéant, de vivre une communion de désir, pour vivre vraiment.

Saint_Vincent_de_Paul_2

Vendredi Saint

18 avril

 

Sans une plainte

Les souffrances intenses le consument peu à peu. Sa seule plainte consiste en pieuses exclamations. Son visage toujours doux et affable ne laisse pas soupçonner la souffrance qu'il endure. Il dit à ses visiteurs : « Notre Seigneur a bien plus souffert que moi ». Et encore : « Ce n'est rien comparé à ce que mes péchés m'ont mérité ». De sa chambre il continue à recevoir, à écrire, à donner des conseils. La nuit il souffrait souvent d'insomnies et le jour il s'assoupit souvent.

 

À l'école de Saint Vincent

« Si le Fils de Dieu en Sa conversation paraissait si bon, combien plus a-t-Il fait éclater Sa douceur en Sa Passion ! Ayons donc cet exemple et ne quittons jamais de vue la mortification de Notre Seigneur, puisque nous sommes obligés, pour Le suivre, de nous mortifier après Lui. Formons nos affections sur les Siennes, afin que Ses pas soient la règle des nôtres dans la voie de la perfection. Les Saints sont saints pour avoir marché sur Ses traces, pour avoir renoncé à eux-mêmes et s'être mortifiés en tout. La mortification est une grande aide dans le chemin de la prière ».

 

Parole de Dieu

« Heureux est l'homme, celui-là qui ne va pas au conseil des impies, ni dans la voie des égarés ne s'arrête, ni au banc des rieurs ne s'assied, mais se plaît dans la Loi de Yahvé, et murmure Sa Loi jour et nuit ! » (Psaume 1, 1-2).

 

Dans ma vie

Le Christ ressuscité est venu pour racheter ceux qui ont confiance en Lui, « afin que ceux qui ont confiance en Votre Bonté, soient délivrés de toute adversité », dit une Collecte de la Messe. En effaçant le péché originel, Jésus a brisé le pacte qui nous liait à l'Enfer et nous pouvons échapper, si nous le voulons, aux griffes du Démon. Bénissons notre Dieu qui n'a pas craint d'envoyer Son Fils pour nous sauver. Quelle belle leçon ! À nous maintenant de donner notre vie pour nos frères en leur annonçant par notre parole, mais surtout par notre exemple, l'Evangile de la Vie Eternelle.

 

Résolution

Je décide d'offrir joies et contrariétés de cette journée pour le Souverain Pontife. Pour que le Seigneur lui donne la grâce et la force de gouverner la Barque de Pierre avec prudence et fidélité à la Doctrine Catholique. Et je renouvellerai intérieurement mon affection filiale envers lui.

Paris, rdSevres, shrine_jpg

Samedi Saint

19 avril

 

Son dernier souffle

Le dimanche 26 septembre, il reçoit, au milieu de sa communauté, le Sacrement des malades, après quoi il ne fait que répéter « Dieu viens à mon aide » et « Jésus ». Il professe sa Foi et bénit ses enfants. Le 27, vers quatre heures du matin, à l'heure où habituellement il se levait, il entre en agonie. « Il mourut dans sa chaise, près du feu, tout habillé, sans effort ni convulsion. L'agonie, loin de défigurer ses traits, semblait lui avoir donné une beauté et une majesté, dont tout le monde s'étonnait ». Ainsi meurt celui que les pauvres vénéraient comme leur père, celui déjà entré dans la légende par ses services rendus aux pauvres, à l'Eglise et à la France.

 

À l'école de Saint Vincent

« Ressouvenez-vous que nous vivons de Jésus-Christ par la mort de Jésus-Christ et que nous devons mourir en Jésus-Christ par la vie de Jésus-Christ et que notre vie doit être cachée en Jésus-Christ et pleine de Jésus-Christ et que pour mourir comme Jésus-Christ, il faut vivre comme Jésus-Christ. Nous sommes en cette vocation fort conformes à Notre Seigneur Jésus-Christ qui, e semble, avait fait son principal, en venant au monde, d'assister les pauvres et d'en prendre soin. Et si l'on demandait à Notre Seigneur : « Qu'êtes-Vous venu faire en cette terre ? « Assister les pauvres. « Autre chose ? », « Assister les pauvres ! »

 

Parole de Dieu

« Il est trois choses que mon âme désire, qui sont agréables à Dieu et aux hommes : l'accord entre frères, l'amitié entre voisins, un mari et une femme qui s'entendent bien » (Siracide 25, 1).

 

Dans ma vie

Saint Vincent, sentant sa mort prochaine, était émerveillé par la puissance transformante de la grâce, à condition que l'homme ouvre son cœur à Dieu. Il contemplait les esprits célestes en adoration devant le Tombeau du Fils de Dieu, Tombeau devenu vide par l'extraordinaire miracle de la Résurrection. Saint Vincent méditait alors sur le mystère insondable de l'infinie Miséricorde envers la nature humaine à laquelle le Sauveur s'est unie, en la préférant à la nature angélique. C'est dire si notre race déchue à trouvé la grâce après de Dieu.

 

Résolution

Voulant servir la joie de mes frères, de ceux avec lesquels j'ai du mal à communiquer, je vais chercher à leur faire plaisir et à les écouter en me décentrant de moi-même, de mes petites idées, de mon moi. Et je leur sourirai.

Alise Ste Reine, hospital_jpg

Dimanche de Pâques

Résurrection du Seigneur

Christ est ressuscité !

20 avril

 

Méditation

En 1978, au terme d'une longue et douloureuse maladie, s'éteignit un jeune Franciscain Français, le Frère Marie-Emmanuel de la Croix. Ceux qui l'ont croisé ont reconnu en lui les traits d'une belle figure, témoignant de la Résurrection jusqu'au bout. Voici quelques lignes de son testament spirituel qui se présente comme une supplique au Père : « Accordez-moi la grâce d'endurer avec patience et douceur Vos mystères douloureux en cet exil, afin d'avoir très vite accès à Votre gloire éternelle, car je sais bien que seul le chemin de la croix conduit à la porte du Ciel. C'est un bien raide sentier, il est vrai, mais l'assurance de Votre Amour inébranlablement fidèle me ramène sans cesse et inflexiblement à Vous qui voulez dispenser Vos trésors à ceux qui Vous aiment. Donnez-moi de rester toujours das l'humilité et l'obéissance à Votre Loi et d'accomplir ce que je Vous ai refusé dans ma faiblesse et mes égarements, de participer à Votre Sacerdoce éternel, afin de m'offrir sans cesse – par Jésus et Marie – Père, tout envahi par Vous, et chanter l'abîme de Vos Miséricordes in aeternum ».

 

L'identification au Christ

Il faut prier... J'aperçus la peur dans ses yeux. Un regard teinté d'une angoisse terrible. Darwin, notre jeune enfant de la rue atteint de la myopathie de Duchenne, était au crépuscule de sa vie. Nous avions vu la maladie évoluer petit à petit au cours des sept années passées à la Fondation. Notre petit héros qui ne parlait pas de son infirmité comme d'une maladie, mais la comprenait comme une mission, lui qui avait, dans son âme et dans son corps, une intimité avec le Crucifié que peu de grands priants connaissent, notre jeune Saint s'empoisonnait le sang petit à petit. Il allait bientôt s'éteindre et recevoir la couronne de lauriers qui ne se flétrit pas. Nous lui soutenions la main afin qu'il puisse écrire sur un cahier posé devant lui. Péniblement, avec une écriture maladroite, il m'écrit deux petites phrases : « Un immense merci » et « Je suis très heureux ». Bien plus que de simples mots, c'est un testament qu'il m'a ainsi laissé. Une joie irradiait effectivement de lui, une joie authentique. Une joie qui brillait au cœur de sa souffrance. Une joie inexplicable mais bien réelle. Darwin avait tout – extérieurement – pour être malheureux, même désespéré, mais il embrassait intérieurement une joie parfaitement spirituelle.

Icon, Spain, Madrid DC SV

Prière à Saint Vincent de Paul

Saint Vincent de Paul, apôtre et témoin de la Charité du Christ, donnez-nous d'aimer Dieu aux dépens de nos bras et à la sueur de nos visages. Aidez-nous à nous abandonner à Sa Providence, fidèles à découvrir Son action dans tous les événements de notre vie. Soutenez-nous dans notre désir de discerner et d'accomplir la Volonté de Dieu. Obtenez-nous un cœur tendre et compatissant aux lisères et aux souffrances des autres, spécialement des plus démunis de ce monde. Accompagnez-nous dans notre service des hommes et intercédez auprès du Fils de Dieu, pour que nous devenions dans notre travail, notre famille, notre quartier, notre paroisse, nos communautés, des passionnés de Son Evangile d'Amour. Amen.

 

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

1

Rendez-vous le 30 avril pour le Mois de Marie à la Grotte de Lourdes.

Pour recevoir les méditations et prières du Mois de Marie dans votre boite mail, chaque semaine jour du mois de mai, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

05 avril 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 6/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 6/7

Icon, Syriac_jpg

Cinquième Semaine de Carême

 

Cinquième Dimanche de Carême

Dimanche 6 avril

 

Méditation

Le Carême est un temps de réforme intérieure, de lutte contre soi-même. Pour cela, nous disposons d'armes de « destruction massives des péchés mortels et véniels » : le Sacrement de Pénitence. Nous avons aussi quelques bazookas dans ce que l'on appelle les Sacramentaux : un Signe de la Croix, une bénédiction, une consécration, un pèlerinage... pourront nous aider à vaincre ces péchés que nous faisons sans trop de gêne. En effet, il est difficile de ne pas rendre à son ennemi, cela semble tellement anormal, et pourtant... On ne peut vaincre le mal par le mal. Notre victoire serait alors une défaite. L'orgueil peut rendre colérique : comment ! On me fait cela ! À moi ! Si devant l'injustice notre premier réflexe sera l'indignation, le deuxième acte du drame consistera en un retour à la raison, en prenant de la distance, en invoquant le Prince de la Paix. Avec Saint Paul, nous tâcherons de ne pas rendre le mal pour le mal mais essaierons de vaincre le mal par le bien. Notre colère changera progressivement pour devenir action de grâce devant les dons de Dieu, et bénédiction à l'endroit du frère qui fut à l'origine d'un premier mouvement de colère. Sans oublier de se confesser régulièrement...

 

La Providence

Mario est un enfant de onze ans qui a rejoint de lui-même la fondation. Il vivait avec sa maman qui se prostituait tous les soirs près d'un centre commercial. Elle ne voulait pas de lui et le lui faisait lourdement sentir. Lorsque nous lui avons ouvert la porte, sa bouche était ensanglantée. Elle avait frappé fort, cette fois-ci. Mario entra et se mêla aux autres enfants sans difficulté. Pourtant un jour, à la surprise de tous, il fugua subitement sans raison apparente. De retour en paroisse le soir, j'étais chargé de reposer au Tabernacle le Très Saint Sacrement. Priant quelques instants avant, j'avais une intention de prière toute trouvée : « Mon Dieu, s'il Vous plaît, faites revenir Mario à la fondation. Qu'il ne lui arrive rien dans la rue ». Eh bien, je n'ai pas eu le temps de récupérer la clé du Tabernacle à la sacristie que le bedeau s'approche de moi et me dit : « Mon Père, il y a un enfant qui vous demande dehors ». Prière entendue. C'était Mario. J'ai assisté ensuite à une scène pleine d'émotion : Mario, pieds sales et visage barbouillé, est venu se mettre à genoux, tout près de l'ostensoir, à mes côtés. Puis, prenant un petit temps de prières, il joignit ses mains, ferma un instant ses yeux et murmura : « Jésus, prenez soin de maman ».

10410S

Lundi de la Cinquième Dimanche de Carême

Lundi 7 avril

 

C'est Dieu qui est à l'oeuvre

Le courage de ses missionnaires l'empêche de vieillir. Mais quel est le secret de la vie des Missionnaires ? Pour Vincent, en premier lieu, c'est la conviction que tout est l'oeuvre de Dieu : « Qui est-ce qui nous a appliqués aux missions, aux ordinands, aux conférences, aux retraites, etc ? Est-ce moi ? Nullement. Est-ce Monsieur Portai, que Dieu a joint à moi dès le commencement ? Point du tout, car nous n'y pensions point, nous n'en avions fait aucun dessein. Et qui est-ce donc qui est l'auteur de tout cela ? C'est Dieu, c'est Sa Providence Paternelle et Sa pure Bonté ».

 

À l'école de Saint Vincent

« Ce grand Dieu a voulu mettre en nous le germe de l'amour, qui est la ressemblance. Cet amoureux de nos cœurs, voyant que, par malheur, le péché avait gâté et effacé cette ressemblance, a voulu rompre toutes les lois de la nature pour réparer ce dégât, mais avec un avantage si merveilleux qu'il ne s'est pas contenté de mettre en nous la ressemblance et la caractère de sa divinité, mais même Il a voulu, dans le même dessein que nous l'aimassions, se faire semblable à nous et se revêtir de notre humanité ».

 

Parole de Dieu

« Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils Unique, qui est dans le Sein du Père, Lui, l'a fait connaître » (Jean 1, 18).

 

Dans ma vie

Si nous désirons être aimés, ce qui est totalement légitime, il nous arrive cependant de succomber à la tentation de vouloir paraître parfaits aux yeux de notre entourage. Nous fermons les yeux sur nos imperfections et jouons un rôle : celui d'un être sans aspérités, qui ne dit non à personne, pour faire bref nous cherchons à plaire coûte que coûte. Jésus Lui-même ne répondit pas lorsque, Lui, le Parfait par excellence, était accusé de tous les maux durant les heures de Sa Passion. Il choisit d'aimer en donnant Sa Vie, en épousant un Supplice terrible : Sa Crucifixion. Il était tellement défiguré... Comment pouvait-Il plaire ? Et pourtant, c'est par Ses blessures que nous sommes guéris.

 

Résolution

Programmer la visite d'une personne seule. Tendre la main c'est saisir celle du Christ qui, par la médiation du pauvre, me relève. Je reviendrai d ma visite le cœur rempli d'amour et désireux de me donner davantage encore.

795_001

Mardi de la Cinquième Semaine de Carême

Mardi 8 avril

 

Les Filles de la Charité

Vincent ne veut pas que l'apostolat soit l'apanage exclusif des hommes. Il désire faire un front unique, commun et compact. C'est pourquoi il y engage les femmes. Pour cet engagement il met en place deux moyens. Le premier est celui des « Charités ». Fondées à Châtillon en 1617, elles ont un accroissement imprévisible. Les plus grands noms de l'aristocratie Française en font partie. L'autre moyen est les Filles de la Charité.

 

À l'école de Saint Vincent

« Vous devez porter aux pauvres malades deux sortes de viandes : la corporelle et la spirituelle. Servant les pauvres, on sert Jésus-Christ. Ô, que cela est vrai ! Vous servez Notre Seigneur Jésus-Christ en la personne des pauvres. Et cela est aussi vrai que nous sommes ici. On ira dix fois par le jour voir les malades, et dix fois par jour, on y trouvera Dieu. Comme dit Saint Augustin, ce que nous voyons n'est pas ici assuré, parce que nos sen nous peuvent tromper ; mais les vérités de Dieu ne trompent jamais. Allez voir de pauvres forçats à la chaîne, vous y trouverez Dieu ; servez ces petits enfants, vous y trouverez Dieu ».

 

Parole de Dieu

« Oui, Je vais regagner Ma Demeure, jusqu'à ce qu'ils s'avouent coupables et recherchent ma Face : dans leur détresse, ils Me rechercheront » (Osée 5, 15).

 

Dans ma vie

Le malheur de l'homme vient de son entêtement à ne pas vouloir réfléchir, à ne pas se poser les questions qui devraient s'imposer à tous. L'interrogation du « pourquoi » a laissé bien souvent la place à celle du « comment ». « Si tu savais le don de Dieu » nous suggère Saint Vincent de Paul. Entendons notre Rédempteur qui, sur le point de mourir, manifeste l'immense soif qu'Il a de voir Son immolation profiter à toutes les âmes. Demandons-Lui la grâce de comprendre ce qu'un chartreux appelait : « la véhémence de ce divin Sitio (ou « J'ai soif »)... et d'y répondre par une Charité sans borne.

 

Résolution

Offrir une contradiction pour un défunt de ma famille, une personne que j'ai connue et aimée. L'oubli est un manque d'amour. La mémoire du cœur restaure les liens entre les êtres, par-delà la mort, dans le Christ.

459_001

Mercredi de la Cinquième Semaine de Carême

Mercredi 9 avril

 

Louise, fondatrice à son tour

À partir de 1624, Vincent fait la connaissance de Louise de Marillac, une jeune veuve se sentant depuis longtemps appelée par les Ordres. En 1629, elle fait savoir à Vincent qu'elle se sent poussée à se donner aux pauvres. Elle commence à visiter les « Charités ». C'est ainsi que, visitant les « Charités » Louise s'aperçoit qu'il manque quelque chose au service des Dames. Elles sont engagées, elles y consacrent temps, donation et douceur. Elles donnent beaucoup et même tout. Mais elles ne donnent pas leur vie. Selon Vincent il est nécessaire qu'il y ait des personnes consacrées à plein-temps au service des pauvres. C'est cette œuvre qu'il confie à Louise.

 

À l'école de Saint Vincent

« Cela mes Sœurs, parle de soi-même, c'est-à-dire que vous devez traiter les pauvres avec une grande douceur et respect, pensant qu'ils vous doivent ouvrir le Ciel ; car les pauvres ont cet avantage d'ouvrir le Ciel ; (…) Il faut donc les traiter avec douceur et respect, vous souvenant que c'est à Notre Seigneur que vous rendez ce service, puisqu'il le tient fait à Lui-même... S'il est malade, je le suis aussi ; s'il est en prison, j'y suis ; s'il a des fers aux pieds, je les ai avec lui ».

 

Parole de Dieu

« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux » (Matthieu 5, 3).

 

Dans ma vie

Ce qui est beau, bien et vrai attire l'amour. Pourtant, nous nous détournons souvent de Dieu. Notre premier mouvement ira d'abord vers lui, mais notre raison raisonnante, empêchée par le diable de se jeter pleinement en Dieu, nous fait retourner en arrière. Et nous disons alors avec le prince païen pourtant aidé par le Prophète Elisée : « Est-ce que les fleuves de Damas ne sont pas meilleurs que les eaux d'Israël ? » Nous hésitons. Et pourtant Dieu nous a rendus capables de Lui, selon la belle formule de Saint Augustin. Capax Dei. Retournons-nous vers Lui et cessons de boire aux eaux troubles, stagnantes, qui abreuvent le monde.

 

Résolution

Dans une conversation, un débat, je veillerai à « la mettre en veilleuse » en écoutant mon prochain et en estimant son propos. lorsque le service de la Vérité l'imposera, j'apporterai ma contribution, en toute simplicité. Humblement.

Naples, Vincent de Paul head_jpg

Jeudi de la Cinquième Semaine de Carême

Jeudi 10 avril

 

Un père et un frère

Pour l'amélioration de la vie du Clergé, il importe de rappeler les « conférences du mardi ». Cette appellation vient du fait que, dès 1633, commencent à Paris des rencontres d'ecclésiastiques qui, sous la direction de Vincent, prient et ensuite mettent en commun leur pensées et leurs convictions sur leur manière d'être Prêtre. Ensemble, ils s'encouragent en partageant. Lorsqu'ils sortent de ces rencontres, tous sont galvanisés et pleins de courage.

 

À l'école de Saint Vincent

« Cherchez premièrement le Royaume de Dieu et Sa Justice, et toutes les choses don vous avez besoin vous seront données par-dessus. Notre Seigneur nous ayant recommandé cela, nous devons nous y attacher ; Il le veut et c'est à nous d'être attentifs à Ses Paroles et à nous donner à Sa Majesté ! Cela dit soin, cela dit action. Cherchez Dieu en vous, car Saint Augustin avoue que, pendant qu'il a cherché hors de lui, il ne l'a pas trouvé. Cherchez-Le en votre âme, comme en Sa demeure agréable. Il faut la vie intérieure, il faut la tendre là. Si on y manque, on manque tout ».

 

Parole de Dieu

« Or, en ces jours-là, Il s'en alla dans la montagne pour prier, et Il passa toute la nuit à prier Dieu. Puis le jour venu, Il appela Ses Disciples et en choisit douze » 'Luc 6, 12).

 

Dans ma vie

Contemplons le Seigneur Jésus qui sourit à notre âme et lui fait envisager la possession d'un inestimable trésor : Lui-même. Demandons la grâce de fixer notre attention et notre regard là où est ce trésor. Mais au fond pourquoi est-ce un trésor ? Tout simplement parce qu'en Jésus nous avons les promesses de la vie éternelle. Il est à l'origine de notre vie et à son terme. De la même façon que Saint Vincent voulut aider ses confrères à reprendre conscience de la grâce de son Sacerdoce, Jésus nous invite chaque jour à nous plonger en Lui pour nous ressaisir dans notre grâce baptismale. Qu'Il en soit béni.

 

Résolution

Je prierai mon bon Ange de retenir toute parole ou tout geste déplacé qui pourrait advenir. C'est une bonne méthode pour éradiquer la tentation. Mon bon Ange Gardien, veillez sur moi et tenez-moi par la main durant cette journée.

863_001

Vendredi de la Cinquième Semaine de Carême

Vendredi 11 avril

 

Sur tous les fronts

En 1636, quand arrive la nouvelle que les Espagnols sont devant Corbie, Vincent dit aux siens : « Voici le temps de la pénitence puisque Dieu afflige son peuple ». Et par solidarité avec les petits, il demande aux siens de fortes privations. Le bon pain disparaît de la table pour trois ou quatre ans. La guerre s'est étendue, elle a enflammé des régions entières. Vincent envoie des missionnaires pour fonder les « Charités » et amener les habitants à s'aider. Il envoie du grain, des habits et des charrues.

 

À l'école de Saint Vincent

Ce chemin nous est donné par Dieu Lui-même, car sans Lui, nous ne pouvons rien, et comme le dit si bien l'Apôtre : suivez la voie de l'Amour, à l'exemple du Christ qui vous a aimés. Nous savons, à la suite de nombreux Pères de l'Eglise et Saints de notre histoire, que notre Charité est toujours en devenir, elle est toujours appelée à grandir en perfection évangélique. Elle nous fait prendre conscience d'une progression nécessaire sur le chemin de l'amour vers les pauvres au chemin pour les pauvres, puis du chemin pour les pauvres au chemin avec les pauvres. Oui... la Charité peut toujours grandir, jusqu'à l'infini ».

 

Parole de Dieu

« Je suis ton serviteur et le fils de ta servante, un homme faible et de vie éphémère » (Sagesse 9, 5).

 

Dans ma vie

Le trésor de l'amitié sans faille se trouve dans la relation de communion que nous entretenons avec Dieu. Dieu seul est notre véritable Ami et toute amitié réelle « transite » par lui. L'expérience de l'amitié n'est possible que si elle est portée par la vérité, vérité sur la vocation de l'homme et de la femme, et finalisée par le bien de chacun. L'amitié ne doit pas répondre à un besoin d'exclusivité mais au contraire ouvrir sur les autres pour porter le Christ. Le vase d'argile que nous sommes nécessite des précautions quant à son usage : soyons délicats les uns envers les autres.

 

Résolution

La vie est un don de Dieu et la mort le passage vers Lui. Peut-être mourrai-je aujourd'hui... Qu'à cela ne tienne ! Je vivrai cette journée comme si c'était la dernière, simplement, en mettant le plus d'amour en tout et en rendant grâce.

629001

Samedi de la Cinquième Semaine de Carême

Samedi 12 avril

 

Les enfants abandonnés

À Paris beaucoup d'enfants sont abandonnés à la naissance. Les maigres moyens mis en œuvre ne permettent pas de faire front aux exigences de tant d'existences sans défense. Beaucoup meurent, certains sont pris et estropiés par des mendiants sans pitié qui contraignent ces pauvres créatures à mendier. Vincent s'occupe de ce problème. Les Dames ne sont pas d'accord pour se charger d'une telle œuvre. N'est-ce pas là favoriser les mauvaises mœurs ? Et puis, l'oeuvre demande des dépenses énormes. Malgré tout, l'oeuvre débute en 1638. d'abord il y eut peu d'enfants mais leur nombre croît vite.

 

À l'école de Saint Vincent

La Charité engendre la Charité. Tout le monde est appelé à devenir Charité pour son frère, telle est la conviction spirituelle, humaine et profonde de Vincent de Paul. Cela se traduit par une expérience hors du commun que d'aucuns considèrent, à juste titre, comme exemplaire pour l'exercice véritable et sans faux-semblant de la Charité, vertu évangélique par excellence. L'homme religieux parle d'expérience et c'est cela qui définit sa Foi et qui la fait transparaître pour ce qu'elle est vraiment : un suivi du Christ évangélisateur des pauvres.

 

Parole de Dieu

« Crie donc vers le Seigneur, gémis, Fille de Sion ; laisse couleur tes larmes comme un torrent jour et nuit » (Lamentations 2, 18).

 

Dans ma vie

Toute notre vie devrait être un acte perpétuel d'adoration. Qu'avons-nous de mieux à faire ? Adorons la Justice Souveraine de Dieu qui condamne à l'Enfer les anges rebelles et offrons-Lui le plus beau bouquet spirituel : notre vie en échange de Sa Grâce. Nous avons tout à y gagner ! Lorsqu'à sa première visite en l'église dévastée de Châtillon, Saint Vincent s'agenouillait aux pieds du Tabernacle vide, il invoquait Dieu de venir habiter les murs de sa paroisse, les âmes et aussi son propre cœur. Adorons nous aussi le Créateur et demandons-Lui de venir faire Sa demeure en nous, pour toujours.

 

Résolution

À la pause, au lieu de passer un coup de téléphone superflu, j'irai faire quelque pas, seul et en silence, pour méditer sur la Bonté de Dieu. Je prendrai quelques minutes, le temps d'une cigarette, d'un café, et je laisserai couler en mon âme les eaux vives jaillissant du Côté du Christ.

 

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

Icon, USA, Emmitsburg, Vincent de Paul and wounded man

Inscrivez-vous pour recevoir dans votre boite mail, chaque semaine pendant le Carême, les méditations et prières du Carême avec Saint Vincent de Paulen vous abonnant à la newsletter d'Images Saintes.

29 mars 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 5/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 5/7

Icon, Syriac_jpg

Quatrième Semaine de Carême

 

Quatrième Dimanche de Carême

Dimanche 30 mars

 

Méditation

La spiritualité des Foyers de Charité comporte cette maxime : « Se donner à chacun et à tous dans un don total à Dieu ». Le mystère de l'amour qui se donne sans jamais s'épuiser trouve sa source là : pour être tout à tous il faut être seul avec Dieu. « Monos pros monon », « seul vers le Seul », écrivent les moines des premiers siècles. Le Christ que nous connaissons parlant aux foules est d'abord Celui de la vie cachée. Trente ans de silence pour trois de paroles, et encore, car en ces trois années, Il se retire souvent des foules pour rejoindre la solitude, la montagne pour retrouver Dieu. Cette statistique est intéressante : pour une heure d'apostolat, faudrait-il dix heures de prière ? Au-delà des chiffres, il faut retenir que la prière est le premier des biens. Pour être Marthe il faut d'abord être Marie. Le Père de Foucauld disait : « On ne donne que ce qu'on a, et d'est dans la solitude, seul avec Dieu seul, que Dieu se donne. Ne craignez pas d'être infidèles à vos devoirs envers les créatures ; c'est au contraire le seul moyen de les servir efficacement ». En ce temps de Carême, il est bon de partager, de faire l'aumône. Sachons aussi implorer Dieu, être mendiants de Son Amour, de Sa Grâce.

 

La consolation

Felipe était un enfant abandonné. Il avait été évincé du foyer familial. Il n'avait que onze ans et ne comprenait pas. Il suit alors le chemin de beaucoup d'autres. Il s'enfuit et connaît le poison de la rue pendant plusieurs semaines. Grâce au travail efficace des éducateurs de rue, Felipe rejoint finalement la Fondation. Mais il a une obsession : sa maman. Il revient ses cesse à cet espoir invraisemblable de ne vivre qu'un mauvais cauchemar : elle ne l'a pas abandonné. Et comme pour se convaincre qu'il est coupable de son abandon, Felipe n'a plus qu'un but : être rejeté. En deux années terribles, il a connu six écoles différentes, des transferts dans plusieurs centres et une petite quinzaine d'allers et retours dans la rue. Jusqu'au jour où après une énième bêtise, je me retrouve face à lui pour essayer de le raisonner. Felipe garde infatigablement la tête baissée. Silence... Puis j'aperçois de lourdes gouttes tomber sans un bruit. Des larmes que nous attendons depuis des années. Des perles enfouies, contenues, écrouées depuis tout ce temps dans la prison de sa blessure qui s'échappent enfin. Ses larmes ont déverrouillé son cœur. « Aujourd'hui, nous a-t-il dit, je sais que je suis aimé ».

532, Vignola 25

Lundi de la Quatrième Semaine de Carême

Lundi 31 mars

 

Fondateur

Vincent ne met pas longtemps à trouver des personnes capables de partager son enthousiasme. Les débuts de la Congrégation de la Mission ne sont pas faciles. Le projet initial est riche et contient l'essentiel du développement futur : missionnaires à l'école de Jésus-Christ adorateur du Père et évangélisateur des pauvres. Les Prêtres qui veulent s'associer à Vincent doivent s'engager pour le Salut du pauvre peuple des campagnes. Pour cela, Vincent demande la vie en communauté, l'obéissance, la renonciation aux bénéfices ou charges ecclésiastiques, la gratuité dans les Missions, l'assistance aux forçats. Il a prévu des temps de recueillement en prévision des Missions.

 

À l'école de Saint Vincent

« Ah ! Mes frères, gardons-nous bien de ces folies ; reconnaissons que nous sommes tous remplis de misères ; ne recherchons que ce qui nous peut davantage humilier et nous porter à la pratique solide des vertus ; abaissons-nous toujours dans l'oraison jusqu'au néant ; et dans nos répétitions d'oraison, disons humblement nos pensées ; et s'il s'en présente quelques-unes qui nous semblent belles, défions-nous beaucoup de nous-mêmes, et craignons que ce ne soit l'esprit des superbes qui les produise, ou le Diable qui les inspire ».

 

Parole de Dieu

« Yahvé, qu'ils sont nombreux mes oppresseurs, nombreux ceux qui se lèvent contre moi » (Psaume 3, 2).

 

Dans ma vie

Saint Vincent s'entoura toujours d'aides de toutes sortes pour accomplir sa mission. Nous aussi, nous devons savoir entendre les conseils des autres, même de ceux auxquels nous ne prêtons habituellement guère attention parce que nous les prenons pour des personnes sans intérêt. Si Dieu Lui-même s'intéresse à ces derniers, comment pourrais-je ne compter que sur moi-même ? N'ai-je pas constamment sous les yeux l'étalage de ma médiocrité, de ma faiblesse, de mon péché ?

 

Résolution

Tout faire par amour, sans vouloir aller trop vite : je veux décider aujourd'hui d'avancer à l'heure de Dieu. Une fois l'oraison calée, j'effectuerai chaque chose le plus consciemment possible, en évacuant autant que possible toute tentation de distraction.

Icon design, Polish Piszcek version_jpg

Mardi de la Quatrième Semaine de Carême

Mardi 1er Avril

 

Les vocations affluent

L'attrait de la vie apostolique est plus fort que tout. Très vite d'autres Prêtres viennent frapper à la porte des Bons-Enfants. En 1631, il y a sept Prêtres. Peu à peu la maison devient trop petite. Des difficultés bien plus grandes viennent de Rome. Au début, la nouvelle communauté était seulement une « mission », un groupe de Prêtres qui s'assemblent dans un but apostolique. Une première reconnaissance romaine es donnée par la Congrégation de la Propagande, mais une seconde tentative n'a aucun succès. Rome craint que Vincent ne veuille fonder une congrégation religieuse qui, avec le temps, aurait la tentation d'abandonner l'apostolat dans les campagnes.

 

À l'école de Saint Vincent

« Le Fils de Dieu pouvait ravir tous les hommes par son éloquence toute Divine, et Il ne l'a pas voulu ; mais au contraire, en enseignant les vérités de Son Evangile, il s'est toujours servi des expressions et paroles communes et familières ; Il a toujours aimé d'être plutôt avili et méprisé, que loué et estimé. (…) Suivons en tout les traces de l'humilité de Jésus-Christ ; usons de paroles simples, communes et familières ; et quand Dieu le permettra ainsi, soyons bien aisés qu'on ne tienne pas compte de ce que nous dirons, qu'on nous méprise, qu'on se moque de nous, et tenons pour certain que, sans une véritable et sincère humilité, il nous est impossible de profiter ni à nous ni aux autres ».

 

Parole de Dieu

« Ne sois pas impatient dans la prière et ne néglige pas de faire l'aumône » (Siracide 7, 10).

 

Dans ma vie

« M'aimes-tu plus que ceux-ci ? », demande le Christ à Saint Pierre. Saint Vincent résolut d'aimer Dieu en premier et c'est parce qu'il choisit de le servir avant toute chose, qu'il reçut l'appel à donner sa vie pour ses frères. La condition de son efficacité apostolique est exclusivement liée à la primauté qu'il donne à Dieu. I ne fit pas cette démarche une fois, il la renouvelait chaque jour par d'étroits colloques qu'il entretenait avec son Créateur et Sauveur. Aimer Dieu pour aimer les pauvres, voilà quelle pourrait être une maxime à tirer de la vie et des enseignements de Saint Vincent de Paul.

 

Résolution

Ne pas me désoler des échecs car « c'est lorsque je suis faible que je suis fort » dit Saint Paul ; à condition que j'essaie toujours de repartir en m'appuyant sur la force des Sacrements le plus régulièrement possible.

Paris, Maison Mere, DC, Vincent de Paul

 

Mercredi de la Quatrième Semaine de Carême

Mercredi 2 avril

 

L'oeuvre des Séminaires

En juillet 1628, Vincent voyage avec Augustin Potier, Evêque de Beauvais. Les deux hommes réfléchissent sur le destin de l'Eglise qui, ils le savent, dépend en grande partie du Clergé. Pour Vincent, il faut tout reprendre au point de départ : au lieu de s'attaquer à la réforme du Clergé ancien habitué à un style de vie peu conforme à l'idéal Sacerdotal, il vaut mieux se préoccuper des nouvelles recrues. L'Evêque Potier décide de prendre chez lui, pour un certain temps, les candidats au Sacerdoce afin de les former à la prière et les instruire des devoirs de leurs fonctions. C'est là une idée toute simple, mais pratique et efficace à partir de quoi à partir de quoi un programme est mis au point. Le 17 septembre 1628 naissent, à Beauvais, les exercices pour les ordinands.

 

À l'école de Saint Vincent

« La Charité fait aller à Dieu, c'est elle qui fait qu'on aime de toute l'étendue de ses affections, qu'on souhaite qu'Il soit aimé et servi de toute le monde, qu'on connaisse et qu'on aime cette éternelle Vérité, cette immensité, cette pureté, cette bonté, cette Sagesse, cette Providence Divine, cette éternité dans laquelle Il communique Sa gloire aux Bienheureux et qui fait offrir continuellement des prières à Dieu pour tout le monde ».

 

Parole de Dieu

« Mon sacrifice, c'est un esprit brisé ; d'un cœur brisé, broyé, Tu n'as point de mépris » (Psaume 50, 19).

 

Dans ma vie

Est-ce que je me dis que Dieu peut faire un miracle dans ma vie, dans cette des autres ? Si je n'y crois pas, je suis loin d'être un fidèle disciple de Jésus. Le premier miracle que Dieu opère c'est de me donner la vie, alors que je ne l'ai absolument pas méritée... Tout es gratuit et générosité pure en Dieu. Attention, je ne crois pas parce qu'il y a des miracles, mais je crois que Dieu peut faire des miracles. Aussi, suis-je attentif à tous les signes que la Providence m'envoie ? Ils préparent mon cœur et l'entretiennent dans cette vigilance intérieure qui me donnera de reconnaître l'Epoux qui viendra me chercher, au soir de ma vie, et de le choisir pour l'éternité.

 

Résolution

Que faire pour me sentir bien en cette journée ? Tout simplement l'offrir au Seigneur. Car ce qui n'est pas offert est mortifère. Je m'ennuie ? Le l'offre. Je suis triste ? Je l'offre. J'ai le sentiment d'être un nul ? Je l'offre. Je regrette de ne pas davantage me tourner vers Dieu ? Je l'offre encore. Alors je suis bien, car Dieu est au terme de tout.

Gunth 068

Jeudi de la Quatrième Semaine de Carême

Jeudi 3 avril

 

Un cœur dilaté

Vincent établit le centre de la Mission à Saint Lazare. C'est là qu'il réside, qu'il forme les missionnaires, s'occupe de secourir les pauvres. C'est de là que la Mission prend son essor : en Lorraine, Sud Ouest, Vendée, Champagne, Savoie, Rome, Marseille, Gênes, Tunis, Alger, Irlande, Ecosse, Pologne, Madagascar. Le cœur de Vincent se dilate à la mesure des appels des pauvres. À Saint Lazare, existe une communauté très unie : « Jamais l'on n'a vue plus de régularité, plus d'union et e cordialité céans qu'il n'y en a à présent. Il semble un petit paradis ». Le principal service est l'accueil.

 

À l'école de Saint Vincent

« Quant au plaisir que j'ai de servir Dieu en servant les pauvres, il est plus grand que celui que toutes les personnes mariées peuvent avoir. (Elles) sont plein(es) de soucis et de mécontentements ; et le plaisir qu'(elles) peuvent prendre n'est pas comparable au plaisir et à la consolation d'une Sœur de la Charité qui sert les pauvres. Pour moi, mes Soeurs, je vous avoue que jamais je n'ai eu plus de consolation que quand j'ai eu l'honneur de servir les pauvres ».

 

Parole de Dieu

« Je rassemblerai Moi-même le reste de Mes brebis de tous les pays où Je les aurai dispersées et Je les ramènerai dans leurs prairies : elles seront fécondes et se multiplieront ». (Jérémie 23, 3).

 

Dans ma vie

Remercions l'ineffable bonté de Dieu d'avoir inspiré à Sainte Anne et Saint Joachim, les parents de Notre Dame, de Lui donner le si beau Nom d'Etoile de la Mer. Maris Stella. Qu'au milieu de nos tempêtes, Marie des Flots, nous conduise vers le port des eaux tranquilles qui nous font revivre. Saint Louis-Marie de Montfort écrit que l'amour de Marie « est ma confiture des croix ». Cela veut dire qu'en toute détresse, elle nous réconforte par des friandises spirituelles dont Elle seule à le secret. Quelle douceur pour une âme que de vivre constamment en compagnie d'une telle Mère !

 

Résolution

Je ne ressens rien de bien excitant spirituellement en ce jour... Tant mieux ! Le Seigneur me demande de l'aimer quand même et d'accomplir Sa Volonté malgré tout. Le désert n'est pas un dessert : l'entremet spirituel ne m'est promis qu'au terme de la route.

France 047, Apotres, 3 SV+Olier

Vendredi de la Quatrième Semaine de Carême

Vendredi 4 avril

 

Une disponibilité permanente

Partout les missions fleurissent et Vincent ne peut répondre à toutes les demandes. Et pourtant la Mission a pour lui la priorité absolue. Ainsi à un missionnaire tenté de traduire la Bible Syriaque en Latin, Vincent fait entendre l'appel urgent de « l'évêque (de Mende) qui crie au secours » et demande des missionnaires pour prêcher dans les Cévennes. Et Vincent insiste, bien décidé à y aller lui-même travailler et mourir pour un peuple « qui périt maintenant de mal-faim de la Parole de Dieu ».

 

À l'école de Saint Vincent

« Regardons le Fils de Dieu, oh ! Quel Cœur de Charité ! Quelle Flamme d'Amour ! Mon Jésus, dites-nous qui Vous a tiré du Ciel pour souffrir la malédiction de la terre, tant de persécutions et de tourments que Vous y avez reçus. Ô Sauveur ! Ô Source de l'Amour humilié jusqu'à nous et jusqu'au supplice infâme, qui en cela a plus aimé le prochain que Vous-même ? Vous êtes venu Vous exposer à toutes nos misères, prendre la forme de pécheur, mener une vie souffrante et souffrir une mort honteuse pour nous ; y-a-t-il un amour ? Mais qui pourrait agir d'une manière tant suréminente ? »

 

Parole de Dieu

« De toute ton âme crains le Seigneur et révère ses Prêtres » (Siracide 8, 29).

 

Dans ma vie

En prenant la place d'un galérien épuisé, Saint Vincent de Paul, aumônier général des galères, choisit d'accomplir un geste fou aux yeux de ceux qui étaient présents à ce moment. En réalité, il puisait sa sagesse dans le zèle intense qui était le sien pour les plus petits, jusqu'à devenir l'un des leurs. N'est-il pas écrit dans l'Evangile : « Vous avez caché ses choses aux sages et aux savants, et Vous les avez révélées aux petits ». Que de sages suivent le monde et ne sont en réalité que des insensés aux yeux de Dieu. Il y a là une invitation à renouveler notre manière de penser en la calquant sur celle de Dieu.

 

Résolution

En fonction de mes moyens, je ferai un acte de générosité : financier, temps, service. Ce qui n'est pas donné est perdu. Les meilleurs placements sont ceux qui rapportent pour la vie éternelle.

Gunth 062

Samedi de la Quatrième Semaine de Carême

Samedi 5 avril

 

Des Prêtres courageux

La renommée de ce que font les missionnaires se répand. Ils sont appelés en plusieurs autres lieux. Ils acceptent d'aller là où les difficultés sont plus grandes et où personne ne veut aller. C'est ainsi qu'ils choisirent la Corse, alors sous domination de la République de Gênes. Les habitants vont partout, même à l'église, armés de fusils, de couteaux et de pistolets dont ils usent avec facilité. Un missionnaire raconte à Vincent qu'un jour de procession, le Prêtre qui portait l'Ostensoir avait mis deux pistolets à sa ceinture.

 

À l'école de Saint Vincent

« L'amour affectif, c'est la tendresse dans l'amour. Vous devez aimer Notre Seigneur tendrement et affectionnément, comme un enfant qui ne peut se séparer de sa mère et crie « Maman » dès qu'elle se veut éloigner. Ainsi un cœur qui aime Notre Seigneur ne peut souffrir son absence et doit se tenir à Lui par cet amour affectif, lequel produit l'amour effectif. Car le premier ne suffit pas, mes Sœurs, il faut avoir les deux. Il faut de l'amour affectif passer à l'amour effectif, qui est l'exercice des œuvres de la Charité, le service des pauvres entrepris avec joie, courage, constance et amour ».

 

Parole de Dieu

« D'ici très peu de temps, le Liban ne deviendra-t-il pas un berger ? Alors les sourds, ce jour-là, entendront les paroles d'un livre et délivrés de l'ombre et des ténèbres, les yeux des aveugles verront » (Isaïe 29, 18).

 

Dans ma vie

Dans toute infirmité, le premier remède est la prière. Saint Jacques nous dit : « Quelqu'un est-il malade par mi vous ? Qu'il prie ! » (Jacques 5, 14). Le recueillement s'avère donc un outil précieux contre la dissipation intérieure. Le monde moderne nous rend infirme au plus profond car il abîme, souvent gravement, notre capacité à faire silence pour nous mettre en présence de Dieu. N'est-ce pas cela la plus grande infirmité ? La vigilance sur nos sens, nos regards surtout, est une alliée dans cette opération de recentrage sur l'essentiel. Nous pourrons alors mieux voir Dieu et renouveler notre offrande intérieure.

 

Résolution

En pensant aux souffrances des Chrétiens d'Orient, j'essaierai de relativiser les ennuis qui m'arriveront jusqu'à ce soir. Quand tout va bien, merci mon Dieu. Quand tout va mal, mon Dieu, je Vous l'offre.

 

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

vp01

Inscrivez-vous pour recevoir dans votre boite mail, chaque semaine pendant le Carême, les méditations et prières du Carême avec Saint Vincent de Paulen vous abonnant à la newsletter d'Images Saintes.

22 mars 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 4/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 4/7

Icon, Syriac_jpg

Troisième Semaine de Carême

 

Troisième Dimanche de Carême

Dimanche 23 mars

 

Méditation

« Ferme les yeux, recueille-toi un instant dans le sanctuaire de ton cœur, le Ciel de ton âme », disait la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité. Cette invitation à attendre le temps qu'il faudra jusqu'à ce que parvienne à notre oreille intérieure, profonde, le son discret du silence, malgré les distractions... Ecoutons le léger frémissement de cet ruisselet d'eau vive, musique douce, rafraîchissante, tout droit sortie de la source. Seule l'oraison peut permettre cela, seule l'oraison donne accès à cette découverte bouleversante et inoubliable. Rappelons-nous cette parole du Père à Son Divin Fils : « Tu es Mon Enfant Bien-Aimé, en Toi Je mets tout Mon Amour ». Se savoir aimé de Dieu, Le laisser faire et reposer contre Lui, en Lui, comme un enfant, voilà l'expérience de la présence de Dieu. Une fois encore, fermons les yeux, vaquons à Dieu comme disent les Moines, et écoutons la Parole qui, dans son silence, nous parle de la vie qui n'a ni commencement ni fin : le Père qui engendre le Fils, le Fils qui reçoit tout du Père, dans l'Esprit Saint. Cette plongée dans le mystère de l'Amour Infini renouvelle et restaure : l'être tout entier et l'homme connaît dorénavant les eaux calmes du port tranquille.

 

La Charité en actes

Ce jour-là, Faustino fêtait son deuxième Noël dans la fondation. Il avait dix ans et venait d'ouvrir son petit cadeau avec l'excitation exacerbée d'un enfant de son âge. Alors que nous admirions les différents groupes d'enfants exécuter des danses et des chants de Noël pour l'occasion, deux jeunes enfants chiffonniers et leurs parents passèrent près du portail de la fondation en poussant leur carriole en bois. Voyant cela, je me suis dit avec sincérité que nous étions finalement très impuissants. « On ne peut pas aider tout le monde », pensai-je. Ces quelques mots suffisaient à apaiser ma conscience gênée par le regard triste de l'enfant. Faustino, lui, ne s'est pas demandé s'il pouvait aider « tout le monde », mais comment aider celui-ci qui était devant lui. Sans dire un mot, je l'ai vu approcher du portail et donner son cadeau tout neuf, son unique jouet, à celui dont il avait partagé la condition il n'y a pas si longtemps. Il a ensuite arboré une sourire qui montrait qu'il était profondément heureux... heureux d'avoir donné. Voyant la scène, il s'est alors approché de moi et m'a dit naturellement : « Le pauvre, il n'a rien, lui ». Puis, il a rejoint ses amis pour continuer la fête.

005

Lundi de la Troisième Semaine de Carême

Lundi 24 mars

 

La Charité à l'œuvre

Il doit revenir à Paris, chez les Gondi. Ceux-ci insistent beaucoup pour qu'il reprenne son poste. Mais il lui laissent la possibilité d'exercer son ministère itinérant. Vincent prêche sur les terres des Gondi, il fait ma mission, fonde de nouvelles « Charités ». En 1618, il commence à visiter les galériens à Paris. Il est impressionné par leur condition pitoyable. Il dit : « J'ai vu ces gens traités comme des bêtes ». Il ne s'arrête pas à un simple geste de compassion. La Charité enseigne à partager les problèmes de l'homme et aussi à reconstruire des rapports.

 

À l'école de Saint Vincent

« Voyez, mes frères, combien le zèle est grand en ces pauvres filles de s'offrir de la sorte ; s'offrir pour aller exposer leur vie comme des victimes, pour l'amour de Jésus-Christ et le bien du prochain, cela n'est-il pas admirable ? Pour moi je ne sais que dire à cela, sinon que ces pauvres filles seront nos juges au jour du Jugement ; oui, mes frères, ces filles seront nos juges au Jugement de Dieu si nous ne sommes disposés, comme elles, à exposer nos vies pour Dieu. Et qui n'en est point encore venu là, croyez-moi, on peut dire que celui-là est encore bien éloigné de la perfection ».

 

Parole de Dieu

« Heureux l'homme que Dieu corrige ! Lui qui blesse, puis panse la plaie, qui meurtrit, puis guérit de sa main ; six fois de l'angoisse Il te délivrera, et une septième, le mal t'épargnera » (Job 5, 17-19).

 

Dans ma vie

Comme l'âme du Purgatoire a soif d'une purification chaque jour plus complète afin de pouvoir contempler Dieu sans ombre, l'âme qui s'abandonne à l'influence de la grâce n'attend qu'une chose : être lavée de ses imperfection le lus secrètes. L'ardent désir de vivre une union pleine et entière avec Celui qui est à son origine lui donne alors le courage de continuer dans la prière, malgré l'ennui apparent, la sécheresse ou toute tentation. Avec Saint Vincent qui ne refusa pas l'épreuve, nous sommes appelés à entrer sans crainte sur cette voie aride qui aboutit sur les rives du Jourdain ».

 

Résolution

Lorsqu'en cette journée viendra la contrariété, je veillerai à transformer mes réaction d'agacement ou de colère en action de grâce : le Seigneur permet cela pour que je me rapproche de Lui d'avantage encore.

154, France, 1960_jpg-001

Mardi de la Troisième Semaine de Carême

Mardi 25 mars

Annonciation du Seigneur

 

À l'école de Saint François de Sales

Fin 1618, l'Evêque de Genève, François de Sales, vient à Paris. Il est reçu par le grand monde avec curiosité et intérêt. Le Saint Evêque ne joue pas le rôle. Il vient, non pas pour recevoir applaudissements et approbations, mais pour convertir. Il raconte la vie de Saint Martin, alors que tous espéraient les feux d'artifice d'une rhétorique brillante. Il rencontre Vincent et lui narre cet épisode. C'est pour Vincent une rencontre importante. Cela l'oblige à revoir son échelle des valeurs. L'évêque de Genève et Sainte Françoise de Chantal lui confient la direction du monastère parisien de la Visitation.

 

À l'école de Saint Vincent

« La Congrégation de la Mission subsistera autant de temps que l'exercice de l'exercice de l'oraison y sera fidèlement pratiqué, parce que l'oraison est comme un rempart inexpugnable, qui mettra les missionnaires à couvert contre toutes sortes d'attaques ; elle est un mystique arsenal, ou comme la tour de David, qui leur fournira toutes sortes d'armes, non seulement pour se défendre, mais aussi pour assaillir et mettre en déroute tous les ennemis de la gloire de Dieu et du Salut des âmes ».

 

Parole de Dieu

« Ô mon Dieu, n'en feras-Tu pas justice, car nous sommes impuissantes devant cette horde immense qui nous attaque. Nous ne savons que faire, aussi est-ce sur Toi que se portent nos regards » (2 Chroniques 20, 12).

 

Dans ma vie

La purification une fois passée, Dieu se donne à l'âme et lui fait goûter à Son Amour et l'illumine, avant-goût de la rencontre céleste. N'y-a-t-il pas là quelque chose de la béatitude des Mages recevant l'Enfant-Dieu dans leurs bras ? De la même façon, lorsque Saint Vincent tenait entre ses doigts la Sainte Hostie, il savait de tout son cœur et de toute son âme que derrière les voiles du Pain se cache notre Dieu. Tressaillant de joie, nous pouvons dire avec Isaïe : « Lève-toi Jérusalem, sois illuminée : car ta lumière est venue et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi ».

 

Résolution

Afin d'être le plus agréable possible pour ceux qui m'entourent, je sera attentif à ménager du temps pour l'exercice physique. Le sport n'est pas un ennemi de l'intériorité, bien au contraire. Saint Bruno nous l'assure : l'arc tendu trop fort et trop longtemps perd sa force.

Gunth 066

Mercredi de la Troisième Semaine de Carême

Mercredi 26 mars

 

Les exigences du ministère

Vincent commence à prêcher. La nouveauté se trouve dans la méthode. Il s'oppose à la prédication traditionnelle. Si jusque-là il a considéré le Sacerdoce comme l'unique occasion pour se procurer un moyen de s'affirmer, après son séjour à Clichy il a saisi la beauté du service pastoral ; en même temps il a assimilé les exigences du Concile de Trente a propos du « bon prêtre ». Cela comporte des exigences intérieures et extérieures comme l'esprit de prière, l'austérité de la vie, la résidence dans la paroisse et l'engagement pour mettre en acte les moyens de la pastorale établie : la prédication des Sacrements.

 

À l'école de Saint Vincent

« Aller doucement dans la manière d'agir, et de ne pas se rompre la tête à force de s'appliquer et de vouloir subsister ; d'élever son esprit à Dieu et de l'écouter, parce qu'une de Ses paroles fait plus que mille raisons et que toutes les spéculation de notre entendement... il n'y a que ce que Dieu inspire et qui vient de Lui qui nous puisse profiter, que nous devons recevoir de Dieu pour donner au prochain, à l'exemple de Jésus-Christ, Lequel parlant de Lui-même disait qu'Il n'enseignait aux autres que ce qu'Il avait entendu et appris de Son Père ».

 

Parole de Dieu

« Père, l'heure est venue : glorifie Ton Fils, pour que Ton Fils Te glorifie et que, par le pouvoir sur toute chair que Tu Lui as conféré, Il donne la vie éternelle à tous ceux que Tu Lui as donnés ». (Jean 17, 1-2).

 

Dans ma vie

La vraie gloire, le vrai bonheur, peuvent-ils se rencontrer en dehors de la possession de Jésus-Christ ? À vrai dire, lorsque nous croyons le posséder, c'est en réalité Lui qui nous possède... Servir l'Hôte Divin de notre âme, n'est-ce pas déjà régner avec Lui ? Malheureusement, nos attaches au monde sont parfois trop fortes et nous refusons d'adorer en esprit et en vérité Celui qui est le Roi de nos vies, maintenant et pour l'éternité. Qu'avons-nous fait de Lui, de Sa Royauté sociale, de Son empire d'Amour qui veut s'étendre sur les âmes, sans limite ? Mais nous pouvons nous ressaisir d'un seul regard tourné vers Lui, avec l'aide de Sa Douce et Sainte Mère.

 

Résolution

Éviter le plus possible aujourd'hui de faire du bruit. Trop de bruit nuit à l'âme. Quand je ne pourrai pas faire autrement (machine, paroles, etc...) j'essaierai de garder un esprit de silence, malgré tout.

USA, MI, Spring Lake

Jeudi de la Troisième Semaine de Carême

Jeudi 27 mars

 

Une situation catastrophique

La majorité des Français vit dans les campagnes. Les Curés ont un rôle important dans la conservation et l'accroissement e la Foi. Mais ils ne sont pas à même de remplir ce rôle. « L'Eglise, dit un jour Saint Vincent, tombe en ruine à cause de la mauvaise vie des Prêtres, ce sont eux qui la perdent et la détruisent ». Les églises sont dans une triste situation extérieure. L'intérieur est dans dans des conditions désastreuses. On trouve des Tabernacles avec des Hosties pleines de vers, et où l'on entrepose souvent de l'argent ou des lettres. Vincent n'a plus besoin d'entendre des voix d'en-hait pour savoir la Volonté de Dieu. Ce qu'il voit lui suffit.

 

À l'école de Saint Vincent

« Sachez que quand vous quitterez l'oraison et la Sainte Messe pour le service des pauvres, vous n'y perdrez rien, puisque c'est aller à Dieu que servir les pauvres, et vous regardez Dieu en leurs personnes » et de poursuivre d'une manière très paternelle : « Supportez leurs petites humeurs... Ne vous courroucez jamais contre eux, et ne leur dites point de paroles rudes, ils ont assez à faire de souffrir leur mal. Pensez que vous êtes leur ange gardien visible, leur père et mère... »

 

Parole de Dieu

« Il n'y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ » (Romains 8, 1).

 

Dans ma vie

L'heure est venue de donner à Dieu ma volonté. Avec le Bienheureux Charles de Foucauld, nous pouvons formuler un acte d'abandon : « Père, je remets mon esprit entre Vos mains, j'accepte tout, même ce qui me semble insurmontable, même ce qui me fait frissonner d'angoisse, d'horreur... pourvu que Votre Volonté se fasse en moi et dans Vos créatures, car Vous êtes mon Père et que rien de mauvais pour mon âme ne peut m'arriver lorsque je m'abandonne à Vous. Donnez-moi cette sainte indifférence qui est une autre manière de dire que je Vous aime ».

 

Résolution

En choisissant Dieu, je suis appelé à faire des choix. « Cherchez le Royaume de Dieu et Sa Justice et tout le reste vous sera donné par surcroît ». Un historien Lyonnais, Antoine Lestra, avait pris cette phrase de l'Ecriture pour devise. Pourquoi n'en ferions-nous pas autant ?

517, Vignola 10

Vendredi de la Troisième Semaine de Carême

Vendredi 28 mars

 

Aumônier des galères

Au début de 1618, il entre dans l'immense misère de la prison des galériens. La condamnation aux galères est une mort lente. C'est un enfer. Plus tard, il dira : « Mes sœurs, quel bonheur de servir ces pauvres forçats, abandonnés entre les mains de personnes qui n'ont point de pitié ! Je les ai vus, ces pauvres, gens, traités comme des bêtes ». Il va intercéder auprès de Pierre-Emmanuel de Gondi afin qu'ils soient traités plus humainement. Il leur fait avoir une nouvelle résidence. En 1619, il est nommé aumônier général des galères. Pour beaucoup de condamnés c'est alors une lueur d'espérance.

 

À l'école de Saint Vincent

« Mais le soleil remplit et vivifie tout pas sa lumière ; il ne découvre pas seulement l'extérieur des choses, mais par une vertu secrète, il pénètre au-dedans. (…) Or les pensées et les considérations qui viennent de notre entendement ne sont que de petits feux, qui montrent seulement un peu le dehors des objets, et ne produisent rien davantage ; mais les lumières de la Grâce, que le Soleil de Justice répand dans nos âmes, découvrent et pénètrent jusqu'au fond et au plus intime de notre cœur, qu'elles excitent et portent à faire des productions merveilleuses ».

 

Parole de Dieu

« C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie. Je vous parle comme à des gens sensés ; jugez vous-même de ce que je dis » (1 Corinthiens 10, 14-15).

 

Dans ma vie

S'il m'arrive de me sentir lourd, lesté par un courage bien faible, s'il m'arrive de porter le poids du jour, de l'ennui, en un mot du dégoût pour tout ce qui me renvoie à ce qui est, au présent, à mon devoir d'état, je Vous remets cela mon Dieu. Soyez ma force, nourrissez-moi de Votre énergie divine... C'est le moment où jamais de me mettre à genoux, de pleurer si nécessaire, d'aller me confesser... Je sais que Vous m'ouvrirez les bras, que Vous ne cessez de m'attendre comme un Père. D'ailleurs, j'ai le pressentiment que Vous êtes déjà en route pour venir à ma rencontre, et j'entends le bruit de vos pas...

 

Résolution

Entre deux mets, le moins on aura ma préférence aujourd'hui. En souvenir de la boisson vinaigrée que le Seigneur Jésus reçut Vendredi-Saint. Je préfère l'amertume de la Croix, prélude au festin éternel, à la saveur sucrée des biens terrestres qui deviennent en peu de temps la proie des vers.

523, Vignola 16

Samedi de la Troisième Semaine de Carême

Samedi 29 mars

 

La mission permanente

Si au temps de Châtillon, Madame de Gondi à craint de le perdre, maintenant les choses ont changé. La noble dame a compris qu'elle ne peut freiner la générosité de l'homme de Dieu. Si elle l'avait retenu auprès d'elle, Vincent s'y serait senti comme en otage. Pour ne pas le perdre, elle favorise ses aspiration, lui donnant son consentement pour l'oeuvre des missions. Celle-ci doivent se dérouler sur les terres des Gondi. Ainsi s'assure-t-elle du service de son inestimable aumônier. Elle lui lègue une forte somme d'argent dont les revenus doivent payer les frais de mission.

 

À l'école de Saint Vincent

« Il en va de même en l'oraison, lorsqu'on recherche de belles considération, qu'on s'entretient en des pensées extraordinaires, particulièrement lorsque c'est pour les débiter au-dehors en rapportant son oraison, afin que les autres aient de l'estime. C'est là une espèce de blasphème ; c'est, en quelque façon, être idolâtre de son esprit ; car, en traitant avec Dieu dans l'oraison, vous méditez de quoi satisfaire à votre superbe, vous employez ce saint temps à rechercher votre satisfaction et à vous complaire dans cette belle estime de vos pensées, vous sacrifiez à cette idole de la vanité ».

 

Parole de Dieu

« J'ai ouvert à mon Bien-Aimé, mais tournant le dos, Il avait disparu ! Sa fuite m'a fait rendre l'âme. Je l'ai cherché mais je ne l'ai point trouvé » (Cantique des Cantiques 5, 6).

 

Dans ma vie

En veillant à réguler mes humeurs, à les maintenir égales, je prends la route de la paix intérieure. Saint François de Sales conseille toutefois de ne pas se troubler du fait que nous ne pouvons calmer rapidement nos émotions... Il suffit de les remettre à Dieu, de les abandonner à Sa Miséricorde pour qu'Il vienne nous pardonner. Pour mon entourage je serai alors une occasion d'action de grâce pour les bienfaits du Seigneur. Il nous fait continuer de chanter, autant que possible, malgré les difficultés, non pour nous faire illusion, mais pour manifester la Foi qui est la nôtre en la réalité de la joie éternelle qui réside en Dieu et à laquelle nous sommes appelés de toute éternité.

 

Résolution

Aimer et Marie sont deux mots qui marchent ensemble : autant de lettre, et les mêmes. Aimer comme Marie, surtout quand les sentiments indiquent le contraire, voilà le plus sûr chemin pour être au plus près du Cœur de Jésus, comme Saint Jean.

Madagascar, Incarnate Love

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici

15 mars 2014

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 3/7

Le Carême avec Saint Vincent de Paul 3/7

Icon, Syriac_jpg

Deuxième Semaine de Carême

 

Deuxième Dimanche de Carême

Dimanche 16 mars

 

Méditation

L'acte d'abandon du Bienheureux Charles de Foucauld n'est pas très connu tel qu'il a été écrit vraiment. On l'a beaucoup résumé. Le voici tel qu'il est avec ses répétitions, merveilleuses : « Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains ». C'est la prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé... Puisse-t-elle être la nôtre... et qu'elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous les instants : Mon Père, je me remets entre Vos mains ; mon Père, je me confie à Vous ; mon Père, je m'abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi tout ce qu'il Vous plaira ; quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout ; je suis prêt à tout ; j'accepte tout ; je Vous remercie de tout ; pourvu que Votre Volonté se fasse en toute vos créatures, en tout vos enfants, en tous ceux que Votre Cœur aime, je ne désire rien d'autre, mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon cœur, parce que je Vous aime et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre entre Vos mains avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père ».

 

La prière

Intoy avait huit ans lorsqu'il n'eut d'autre solution que de fuir le foyer familial et se réfugier dans la rue. Il venait de perdre sa maman. Ses premières semaines à la fondation furent des plus instables. Intoy retournait dans son groupe de rue régulièrement : respirer du solvant, voler, se battre... se vendre. Lors d'un passage au centre d'accueil, un discussion fut peut être un vrai tournant pour lui. « Tu es peut être fort Intoy, tu es peut être un vrai caïd, mais c'est vrai pour les autres, cette façade que tu montres, non pas pour toi-même. Tu n'es pas assez fort pour choisir le bien ». Intoy était pris à son propre jeu : « Si je le peux, et je vais vous le prouver, je le promets ». Depuis, notre caïd n'a plus jamais quitté la fondation. Il y a deux ans, Intoy est venu me voir et d'un ton audacieux me dit : « Mon père, c'est mon anniversaire aujourd'hui, il faut donc que j'aie un cadeau, n'est-ce pas ? Voilà, j'aimerai que vous m'emmeniez à la chapelle, j'aimerais dire quelque mots à ma maman ». Je suis resté sans voix et je l'ai accompagné. Intoy s'est agenouillé. Et voilà notre caïd, un dur-de-dur redouté par la plupart des jeunes, qui se mit à discuter avec sa maman et lui exprimer tout son amour, toute sa douleur, laissant couler abondamment ses larmes.

Poland, Warsaw, 3

Lundi de la Deuxième Semaine de Carême

Lundi 17 mars

 

En paroisse

Pendant ce temps, en 1612, Vincent reçoit la charge de la paroisse des Saints Sauveur et Médard de Clichy, un village de six cent âmes, proche de Paris. Il se jette, avec enthousiasme, dans cette nouvelle expérience. La population n'a pas été habituée à un tel genre de Prêtre. Cela la change. La liturgie est très soignée, ainsi que le catéchisme. Il fonde aussi une sorte d'école cléricale avec douze garçons. Après une année, sur le conseil de Bérulle, Vincent accepte de devenir aumônier d'une famille de l'aristocratie, les Gondi.

 

À l'école de Saint Vincent

« L'humilité donc, qui consiste à s'anéantir devant Dieu et à se détruire soi-même pour placer devant Dieu dans son cœur, à ne chercher l'estime et la bonne opinion des hommes, et à combattre sans cesse tous les mouvements de la vanité. L'ambition fait qu'une personne s'établit, cherche la bonne renommée, qu'on le dise : « La voilà ! » L'humilité fait qu'elle s'anéantit, afin qu'il n'y ait que Dieu seul qui paraisse, à qui la gloire soit rendue... ».

 

Parole de Dieu

« Quand tu offres un festin, invite au contraire des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles » (Luc 14, 13).

 

Dans ma vie

Veillons à ne pas répandre l'ivraie. L'ivraie, dans nos communautés, dans nos familles, ce pourrait être l'attachement excessif que nous portons à l'action, la communication, internet, au téléphone portable... sans parler de Facebook. Trouver son bonheur dans « l'informationnite aigüe » c'est prendre un gros risque quant à la qualité de notre vie intérieure. Si nous ne savons garder une certaine dose de silence, de solitude, en un mot de retrait par rapport au monde, nous ne pourrons rester vraiment « du Christ », et notre grille de lecture des événements sera... mondaine.

 

Résolution

Je programmerai un repas avec une personne que je n'ai pas envie de recevoir, soit parce qu'elle me dégoûte, soit parce que je n'éprouve à son endroit que du désintérêt. Et je l'accueillerai avec un large sourire et des fleurs sur mon buffet.

Austria, Vienna, Gumpendorf, Vincent and silence

Mardi de la Deuxième Semaine de Carême

Mardi 18 mars

 

Avec la noblesse

Dans le palais des Gondi, Vincent doit être précepteur et conseiller. Plus que sur les enfants, son influence est forte sur les parents. C'est durant le séjour chez les Gondi qu'a lieu un changement total. Vincent, en 1617, désormais convaincu qu'il doit suivre Dieu, est disposé voire résigné à accueillir la Volonté de Dieu sur sa vie.

 

A l'école de Saint Vincent

« Si nous considérons bien ce beau tableau que nous avons devant les yeux, cet admirable original de l'humilité, Notre Seigneur Jésus-Christ, se pourrait-il faire que nous donnassions entrée en nos esprit à aucune bonne opinion de nous-même, nous voyons si fort éloignés de ses prodigieux abaissements ? Serions-nous si téméraires que de nous préférer aux autres, voyant qu'il a été postposé à un meurtrier ? Aurions-nous quelque crainte d'être reconnus pour misérables, voyant l'innocent traité comme un malfaiteur, et mourir entre deux criminels comme le plus coupable ? »

 

Parole de Dieu

« Courage, mon peuple, mémoire d'Israël ! Vous avez été vendus aux nations, mais non pour l'anéantissement » (Baruch 4,6).

 

Dans ma vie

Corrompre l'oeuvre de Dieu en y mêlant des principes de ruines, c'est toute l'ambition du Malin. Saint Vincent connut des heures de combat durant lesquelles il sentit très fortement les attaques de l'anche déchu. Il étudia, pria et consulta avant de prendre les décisions qui s'imposaient. Il sait que Notre Dame est une alliée indispensable dans ce travail de déminage... Avec elle, il n'est de situation qui ne se trouve débrouillée. Tout est pur, tout est vrai, tout est simple en Elle. La restauration de l'Eglise ne peut pas ne pas passer par Elle. Ô Marie, Mère de l'Eglise, intercédez pour nos familles et nos communautés.

 

Résolution

Je veux que cette journée soit tout entière consacrée à Notre Dame. C'est pourquoi je vais répartir que la journée quelques instants réservés à la prière : du chapelet, de l'Angélus, ou encore les Litanies. Très Sainte Vierge Marie, conduisez-moi à Jésus !

Austria, Witten, Vincent de Paul and poor as Christ

Mercredi de la Deuxième Semaine de Carême

Mercredi 19 mars

Fête de Saint Joseph

 

De la responsabilité des Prêtres

En janvier 1617, Vincent se trouve en Picardie. Il est appelé auprès d'un paysan moribond, que l'on tient pour un homme de Dieu. Et pourtant, sa confession générale est pour lui la révélation d'une misère spirituelle incroyable. Les gens ne se confessent plus et préfèrent garder en eux-mêmes leurs propres misères, sans pouvoir s'en libérer, et cela par honte. Il ne s'agit pas d'un cas isolé. Vincent comprend que ce n'est pas faute d'avoir des Prêtres. Il y en a trop. Mais ils préfèrent s'occuper d'eux-mêmes et de leurs propres affaires.

 

À l'école de Saint Vincent

« Si donc (le Christ) se montrait sévère en certaines occasions, Lui qui était essentiellement doux et bénin, c'était pour corriger les personnes à qui Il parlait, pour donner la chasse au péché et ôter le scandale ; c'était pour édifier les âmes et pour notre instruction. Oh ! Qu'un fruit supérieur qui agirait de la sorte ferait un grand fruit ! Ses corrections seraient bien reçues, parce qu'elles seraient faites par raison, et non par humeur : quand il reprendrait avec vigueur, ce ne serait jamais par emportement, mais toujours pour le bien de la personne avertie ».

 

Parole de Dieu

Ne crains point, Daniel, car du premier jour où, pour comprendre, tu as résolu de te mortifier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues » (Daniel 10, 12).

 

Dans ma vie

Saint Vincent était un battant. Il n'eut pas peur de travailler dur, même lorsqu'il était prisonnier des Barbaresques, retenu en esclavage. Son témoignage de Foi au milieu des infidèles musulmans toucha les cœur et provoqua au moins une conversion. Adorons le Verbe de Dieu sorti de Son éternel repos pour venir ici-bas, au prix d'un dur labeur, glorifier Son Père et opérer notre Salut. Demandons-Lui la grâce de coopérer, autant qu'Il l'attend de nous, à l'oeuvre de notre Rédemption. Ainsi, nous gagnerons à Dieu de nombreuses âmes et ferons nôtre cette parole de Saint Paul à Timothée : « Travaille comme un bon soldat du Christ Jésus ».

 

Résolution

« Dieu premier servi ». Voilà une devise qui pourrait conduire mes pas aujourd'hui. Qu'en toute décision, programme ou rencontre, le Seigneur Jésus soit au centre. Un moyen tout simple : élever mon âme souvent vers Lui.

Markus 01

Jeudi de la Deuxième Semaine de Carême

Jeudi 20 mars

 

Un sermon inoubliable

Le paysan qui s'est senti compris et soulagé, décide d'en parler à Madame de Gondi. Elle en est bouleversée. Elle demande à Vincent ce qui pouvait se faire. Elle suggère à son confesseur de monter en chaire, de parler aux gens et de les exhorter à la confession générale. C'était le 25 janvier, Fête de la Conversion de Saint Paul. Il fait « un sermon » que toute la population comprend. Le confessionnal est pris d'assaut. Pour l'heure, l'unique chose claire est qu'il ne peut plus s'enfermer dans le palais des Gondi qui devient, pour lui, toujours plus petit et suffocant.

 

À l'école de Saint Vincent

« Voilà le premier acte de la douceur, qui est de réprimer le mouvement contraire, dès qu'on le sent, soit en arrêtant tout à fait la colère, soit en l'employant si bien dans la nécessité, qu'elle ne soit nullement séparée de la douceur... Le second acte de la douceur est d'avoir une grande affabilité, cordialité et sérénité de visage vers les personnes qui nous abordent, en sorte qu'on leur soit à consolation ».

 

Parole de Dieu

« Des profondeurs je crie vers toi, Yahvé : Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! » (Psaume 129, 1-2).

 

Dans ma vie

« Le Christ a aimé l'Eglise et s'est livré pour elle », écrit Saint Paul aux Ephésiens. En fondant les Lazaristes, Saint Vincent de Paul a répondu à un appel de Jésus et a agrémenté l'Eglise d'une fleur nouvelle dans le magnifique parterre qui orne le jardin de la Nouvelle Jérusalem. À son exemple, nous devons entrer constamment dans une attitude filiale envers l'Eglise et ses chefs, le Pape et les évêques. Aussi, veillons à ce que notre assentiment au Magistère sot toujours généreux et confiant. Dans le doute ? Pas d'inquiétude, le Christ a promis au Pape l'assistance particulière de l'Esprit Saint.

 

Résolution

Je veillerai à laisser de l'ordre matériellement derrière moi. Que mon activité ne soit pas vécue au détriment du bien-être des autres : nettoyer ce que j'aurai sali, ranger ce que j'aurai dérangé... Le charnel devient spirituel quand il est accompli en Jésus-Christ, nous dit Saint Ignace d'Antioche.

Vincent de Paul 01, his works

Vendredi de la Deuxième Semaine de Carême

Vendredi 21 mars

 

La conversion des Prêtres

Il demande à partir en paroisse de campagne. C'est à Châtillon-les-Dombes, aujourd'hui Châtillon-sur-Chalaronne, proche de Lyon. Les six Prêtres qui s'y trouvent, préfèrent les auberges à la prière. Vincent s'applique d'abord par son exemple à convertir les Prêtres. C'est la chose la plus difficile. Le 20 août, on vient dire à Vincent que tous les membres d'une famille sont malades et sans ressources. Il change alors le sujet de sa prédication. Sa parole est fortement convaincante. Entré en contact avec l'autre face de la misère, la pauvreté matérielle, il a la certitude que la solidarité paysanne ne suffit plus, pas plus que l'aumône.

 

À l'école de Saint Vincent

« Et comme nous devons être employés à l'entour des pauvres gens des champs, de messiers les ordinands, des exercitants et de toute sortes de personnes, il n'est pas possible que nous produisions de bons fruits, si nous sommes comme des terres sèches qui ne portent que des chardons. Il faut quelque attrait et un visage qui plaise, pour n'effaroucher personne... Ô Sauveur, que ceux-là étaient bienheureux qui avaient la grâce de Vous aborder ! Quel visage ! Quelle douceur, quelle cordialité leur montriez-Vous pour les attirer ! »

 

Parole de Dieu

« Je m'épuise à crier, ma gorge brûle, mes yeux sont consumés d'attendre mon Dieu » (Psaume 68, 4).

 

Dans ma vie

Avec Saint Vincent qui n'hésita pas à consacrer sa vie à Notre Dame, remercions l'immense bonté de Notre Sauveur qui, non content de nous prodiguer les ardeurs de Sa Charité infinie, voulut nous donner quelle surabondance ! – le Cœur de Sa Mère pour être comme un écoulement et une extension du Sien. À nous de répondre à ce double Amour du Fils et de la Mère par un redoublement d'humble et reconnaissante tendresse. Dieu qui donna tout à Jésus nous donna encore Marie afin que soit évidente Sa Bonté. « Louange à Dieu pour son inénarrable don » (2 Corinthiens 9,15).

 

Résolution

Avant que mes yeux ne s'endorment, j'aurais veillé à demander pardon à toute personne parmi mes proches que j'aurai pu blesser : mon conjoint, éventuellement mon enfant (si cela est opportun). Il n'est pas bon que la nuit recouvre la colère.

011

Samedi de la Deuxième Semaine de Carême

Samedi 22 mars

 

Apôtre des pauvres

Il pense que c'est le devoir de l'Eglise de s'engager dans la lutte contre la misère. Il réunit quelques personnes du village. Il leur propose de former un groupe pour aider les malades pauvres de leur village. Tous sont enthousiastes. Vincent écrit alors un règlement. Ainsi naissent les Compagnies de la Charité. Ce sont des groupes paroissiaux de base qui annoncent une nouvelle façon de comprendre l'Eglise comme lieu de la Charité.

 

À l'école de Saint Vincent

« Le troisième acte de la douceur est quand, ayant reçu déplaisir de quelqu'un, on passe outre, on n'en témoigne rien, ou bien on dit en l'excusant : « Il n'y pensait pas, il l'a fait par précipitation ; un premier mouvement l'a emporté » ; enfin on détourne sa pensée du grief prétendu... la douceur ne nous fait pas seulement excuser les affronts et les injustices que nous recevons, mais elle veut même qu'on traite doucement ceux qui nous les font, par des paroles aimables, et s'ils venaient à l'outrage jusqu'à donner un soufflet, qu'on le souffre pour Dieu ; et c'est cette vertu qui fait cet effet-là ».

 

Parole de Dieu

« Quand je crie, Tu réponds, Dieu mon Justicier, dans l'angoisse, Tu me mets au large ; pitié pour moi, écoute ma prière » (Psaume 4, 2).

 

Dans ma vie

L'oraison, cette prière qui nous fait entrer dans le silence de Dieu, donne sa fécondité à notre action au service des plus pauvres. Un disciple de Saint Vincent, le Bienheureux Frédéric Ozanam, n'hésitait pas à dire que l'aide aux démunis ne peut pas se passer d'une démarche explicite d'évangélisation. Donner le pain de la terre ne voudrait rien dire si n'était associée à ce geste l'annonce du kérygme, c'est-à-dire la réalité de la naissance, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Faire oraison et ensuite servir les pauvres, voilà le beau programme vincentien : prie et sert.

 

Résolution

J'essaierai de vivre au présent. Avec Sainte Thérèse de Lisieux, je ne regarderai en arrière que pour louer la Miséricorde de Dieu, et en avant, que pour reformuler ma confiance en Lui. Iesu in Te confido ! Jésus, j'ai confiance en Toi !

Icon, USA, Seattle_jpg

Texte extrait du hors série de Parole Prière « Mon Carême avec Saint Vincent de Paul ». Pour vous le procurer ou vous abonner, cliquer ici