30 mars 2013

Samedi Saint: la Sainte Face de Jésus au Sépulcre

Samedi Saint

La Sainte Face de Jésus au Sépulcre

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O Jésus, dont la Face Adorable fut enfermée dans le Sépulcre, ayez pitié de nous !

 

Après avoir été couverte des baisers de Marie, parfumée par Marie Madeleine et enveloppée d'un Suaire, la sainte Face disparaît dans le Sépulcre. Ce suaire Précieux, qui portera aussi, comme celui de Véronique, l'empreinte des traits du Sauveur, va nous fournir une nouvelle méditation.

 

Premier point

La Sainte Face sur le Suaire

 

C'était l'usage chez les Juifs, d'envelopper le corps tout entier de voiles et de bandelettes avant de le déposer ans le roc qui gardait les tombeaux de famille. Joseph d'Arimathie a donné un sépulcre à Celui qui n'avait pas où reposer Sa tête, il a couvert de linceuls la Dépouille Adorable du Sauveur. L'Ange les montrera plus tard pliés avec soin dans le tombeau et portant les traces des Cinq Plaies de Jésus. Pour nous, fidèles amis de la Sainte Face, nous allons vénérer spécialement celui de ces linceuls, qui, comme le Voile de Véronique, garde les traits de Jésus. Dieu n'a point voulu que ce trésor fût ravi à Son Eglise. Il passa des mains de Nicodème à celles de Gamaliel, puis à Saint Jacques, qui le transmit à Saint Siméon, Evêque de Jérusalem. Les Croisés le rapportèrent en Europe, et aujourd'hui la Maison de Savoie conserve à Turin ce mémorial de la Passion du Sauveur. Que de miracles se sont opérés en sa présence ! Saint François de Sales vint y répandre son cœur débordant d'amour ; il ne put retenir ses larmes à la vue des marques produites par les Plaies du Sauveur.

Unissons-nous aux sentiments pieux de tous ceux qui ont prié devant cette vénérable relique. Honorons le Saint Suaire, et attachons-nous plus spécialement à cette partie qui couvrit la Face de Jésus. On a reproduit beaucoup de fac-similé de cette Sainte Relique ; estimons-nous heureux si nous avons le bonheur d'en posséder un, et que sa vue nous excite à la réparation et à l'amour.

 

Deuxième point

Le Chrétien dans le sépulcre

 

Ce n'est pas sans un secret dessein de Dieu que la Sainte Face a été ainsi imprimée sur le Saint Suaire. La couronne d'épines, les ignominies des Juifs nous y sont retracés pour nous rappeler combien Notre Seigneur a souffert pour nous, « depuis la plante des pieds jusqu'aux sommets de la tête, aucune partie n'est restée sans douleur », avait dit le prophète (Isaïe 1, 16). Puisque mon Sauveur a tant souffert, pourquoi ne souffrirais-je pas avec Lui ? Puisqu'Il a voulu être enseveli pendant plusieurs jours dans les ombres d'un tombeau, pourquoi refuserais-je d'être enseveli au monde avec Lui ?

A la vue de la Sainte Face imprimée sur le Saint Suaire, je déteste le péché, je renonce au désir de paraître, d'être honoré, loué, recherché et aimé. Je demande à Dieu, avec l'apôtre de la dévotion à la Sainte Face, Sœur Marie de Saint Pierre, l'auteur des Litanies de l'humilité, avec le vénéré Léon Papin-Dupont (le Saint Homme de Tours »), qui a récité si souvent cette pieuse prière, je demande d'être délivré de la crainte d'être humilié, méprisé, rebuté, calomnié, raillé et injurié. Comme Saint Paul, je ne veux connaître autre chose que Jésus, et Jésus crucifié (Galates 3,1). C'est en Lui que je veux chercher mon bonheur, ma paix et la source de toutes mes joies sur la terre.

Bouquet spirituel : « Pierre étant entré, vit les linceuls déposés dans le sépulcre » (Jean 20, 5).

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Texte extrait du Mois de la Sainte Face, Abbé J.-B. Fourault, aux Editions Saint Jean


21 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 4/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Vingt-deuxième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse l'amour du silence ».

 

Le silence est un des moyens les plus efficaces de faire des progrès dans la vie spirituelle. Il dispose à l'oraison, nourrit les sentiments de piété, alimente les ardeurs de la charité, facilite la pratique de l'humilité, enfin, il unit l'âme pieuse à Dieu, qui la conduit dans la solitude pour lui parler au cœur et s'entretenir familièrement avec elle. Si j'ai élevé si haut l'édifice de ma perfection, c'est parce que j'ai toujours vécu dans une grande solitude intérieure. Quoique parfaitement instruit des mystères de Dieu, je n'ai jamais communiqué aux autres les secrets divins qui m'avaient été confiés. J'écoutais en silence les Bergers et les Mages qui venaient adorer le Sauveur, et qui s'entretenaient des prodiges qui avaient accompagné sa naissance ; et cependant que de choses admirables j'aurais pu leur dire sur les grandeurs futures de ce Divin Enfant, que l'Ange m'avait révélées ! J'écoutais dans le temple, avec respect, le saint vieillard Siméon, comme s'il m'eût découvert des mystères que j'eusse jusque-là ignorés. Ne vous contentez pas, mon enfant, de pratiquer le silence extérieur, mais soyez fidèle encore à faire taire votre esprit rempli de préoccupations terrestres, et à supprimer une multitude de vaines réflexions qui agitent et dissipent votre âme.

Pratique : Gardez le silence intérieur, évitant avec soin les pensées inutiles.

 

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Vingt-troisième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à l'oraison ».

 

L'oraison est une élévation de l'esprit vers Dieu, un entretien familier de l'âme avec son Créateur, dans lequel elle rend à sa divine Majesté ses hommages et ses devoirs. Il n'y a point de langue qui puisse jamais assez exprimer de quel prix est cette communication de l'homme avec Dieu. L'oraison est incompatible avec le péché. C'est à la fidélité à ce saint exercice que je dois d'avoir correspondu à toutes les grâces du ciel. Je ne perdais jamais de vue Jésus-Christ ; je recueillais toutes ses paroles, toutes ses leçons, et je m'en nourrissais intérieurement ; j'admirais les prodiges de son humilité, son amour de la vie cachée, son obéissance aveugle aux ordres d'un pauvre ouvrier. Les prophéties me fournissaient la connaissance des mystères qui n'étaient pas encore accomplis. Voilà mon enfant, quel doit être le sujet ordinaire de vos oraisons et de vos occupations intérieures. Jésus est votre Pain super substantiel, votre pain de tous les jours, le pain de vie qui doit communiquer à votre âme l'immortalité. Il ne le faut jamais quitter, et si vous prenez quelquefois d'autre nourriture, il faut toujours revenir à celle-ci. La méditation des perfections et des souffrances de Jésus-Christ, est comme le fondement de tout l'édifice spirituel: elle vous remplira de ses lumières et de ses maximes.

Pratique: soyez fidèles à faire tous les jours un quart d'heure de méditation, ou du moins à remplir vos devoirs en esprit d'oraison.

 

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Vingt-quatrième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à me tenir en la présence de Dieu ».

 

Par un insigne privilège, dès cette vie, il m'était donné de goûter la félicité des esprits qui voient sans interruption la Face de Dieu. Si je parlais, si je conversais, c'était toujours avec Jésus et uniquement des choses qui intéressaient la gloire du Très-Haut. Je partageais tous mes repas avec mon divin Fils, assis à mes côtés, comme il est dans le ciel assis à la droite de son Père. Et pendant que je lui donnais le pain matériel gagné à la sueur de mon front, Jésus nourrissait mon âme de sa divine Parole, enflammait mon cœur des ardeurs de sa charité. Si je travaillais, c'était toujours avec Jésus et pour Jésus. Quand je voyageais, c'était dans la compagnie de Jésus, que je portais sur mes bras dans son enfance ou que je tenais par la main pendant son adolescence. Lorsque je me livrais au sommeil afin de réparer mes forces, c'était à côté de Jésus, dont le cœur ne dort jamais, et qui veillait avec amour sur son bien-aimé Père. Le matin, mon premier regard, mon premier amour était pour Jésus qui venait me saluer avec une respectueuse tendresse. Enfin, c'est dans le sein de Jésus que j'ai rendu mon dernier soupir. Mon enfant, de tous les moyens de vous tenir en la présence de Dieu, le plus efficace, c'est d'avoir la Vie de Jésus-Christ, ses mystères et ses Paroles dans votre esprit et dans votre cœur, recevant une lumière de son visage.

Pratique : Ayez votre cœur en Dieu et Dieu dans Votre cœur ; pensant souvent à Lui.

 

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Vingt-cinquième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma Charité envers le prochain ».

 

L'amour naturel, fondé sur la chair et le sang, ou sur des considérations d'intérêt et de plaisir, est aussi ancien que le monde. Mais l'amour dont Jésus veut que vous aimiez votre prochain est un amour nouveau, surnaturel, qui vous fait aimer vos frères en Dieu et pour Dieu même. Voyant tout ce que la Charité de Jésus avait fait, tout ce qu'elle préparait afin de sauver. les hommes, mon cœur, à son exemple était embrasé d'amour pour eux. Après avoir si souvent, pendant ma vie, entendu le Sauveur manifester l'ardent désir qui le brûlait de donner pour chacun de nous jusqu'à la dernière goutte de son sang, comment aurais-je pu demeurer insensible aux besoins de mon prochain ? Rien mon enfant, n'est plus recommandé dans la Sainte Écriture que cette Charité fraternelle. Et il ne suffit point que cette Charité reste renfermée dans le cœur; il faut quelle se prouve par des œuvres en vérité. Vous ne pouvez aimer Dieu sans aimer le prochain, et vous ne pouvez offenser le prochain sans offenser Dieu. Songez que tous les hommes ne sont que les membres d'un seul corps qui est Jésus-Christ.

Pratique : Faites plusieurs fois pendant la journée, des actes de Charité, en pensant aux personnes que vous aimez le moins.

 

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Vingt-sixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon humilité ».

 

L'humilité est le fondement de la perfection ; elle est comme la pierre angulaire sur laquelle repose tout votre édifice spirituel. De toutes les faveurs que le Seigneur m'a accordées, la connaissance et le mépris de moi-même est la plus précieuse : de cette vertu comme d'une source pure et féconde, ont découlé dans mon âme une infinité d'autres. C'est parce que je me suis abaissé, anéanti à mes propres désirs, que le Verbe Divin m'a choisi pour son père nourricier et pour son gardien, que le Seigneur m'a donné pour époux à Marie, la plus humble de toutes les créatures. Les exemples du Sauveur me donnaient des lumières extraordinaires sur la grandeur de Dieu et sur le néant de la créature ; ils me communiquaient sur l'humilité des vues que je ne pouvais avoir auparavant; ils m'enseignaient que, si la majesté divine ne peut-être dignement honorée que par les humiliations d'un Dieu fait homme, tous nos hommages ne sont rien devant lui, et ne sauraient mériter par eux-mêmes que le Seigneur les reçoive. Éclairé des plus pures lumières de la Foi, faites toujours, mon enfant, plus de cas du moindre acte de vertu que de tous les dons célestes, parce que ce ne sont pas ces dons, mais les vertus, dont l'existence coûte à la nature, qui glorifient Dieu et vous sanctifient.

Pratique : Répétez plusieurs fois cette invocation en union avec Saint Joseph : « Jésus doux et humble de Cœur, rendez-moi semblable à Vous ».

 

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Vingt-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma conformité à la Volonté de Dieu ».

 

Le grand secret pour être saint et heureux sur la terre, c'est de se conformer entièrement à la volonté de Dieu. Il n'y a rien de plus élevé et de plus parfait dans les vertus que la Charité. Et ce qu'il y a de plus sublime, de plus pur et de plus exquis dans, cet amour, c'est de n'avoir en toute chose d'autre volonté que celle de Dieu. Toute la conduite du divin Sauveur pendant le cours de sa vie mortelle, a été l'application de ces belles paroles sorties de sa bouche divine : « Qu'il soit fait. Seigneur, non pas comme je veux, mais comme Vous voulez ». « Je suis descendu du Ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui m'a envoyé ». Voilà pourquoi, à l'exemple du divin Maître, dans les divers événements qui ont traversé ma vie, je voyais le doigt de Dieu qui conduit et dispose tout pour notre plus grand bien. Ne trouvant nulle part l'hospitalité à Bethléem, au lieu de murmurer, je disais, en union avec Marie et le Verbe incarné qu'elle portait dans son sein : « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite! » Plus tard, j'ai demeuré huit ans en Égypte, au milieu d'un peuple barbare, sans me plaindre, sans me troubler, sans demander une seule fois au Seigneur d'abréger le temps de mon exil. Ne l'oubliez pas, mon enfant ; votre fidélité à pratiquer cette vertu vous obtiendra les plus grandes grâces ; car Dieu se plaît à combler de ses faveurs ceux qui n'ont d'autre volonté que la sienne.

Pratique : Répétez plusieurs fois, en union avec Joseph: « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite ! »

 

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Vingt-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'esprit de Foi ».

 

La foi est en même temps un don et une vertu. Elle est un don de Dieu, en tant que c'est une lumière qu'il répand dans l'âme ; elle est une vertu, quant à l'exercice que l'âme en fait. La foi ne doit pas seulement vous servir de règle pour croire, mais encore pour agir; votre foi doit passer de l'esprit au cœur. C'est ainsi que je ne me bornais pas à soumettre ma raison aux vérités de la Foi, mais qu'encore je réglais toute ma conduite sur ses divers enseignements, mettant tout mon bonheur à en pratiquer les œuvres. L'esprit de foi était la règle unique de mes jugements sur chaque chose, sur chaque personne, sur chaque événement ; jugements par là toujours équitables, toujours exempts d'erreur et de surprise. Prenez garde, mon enfant, de ne pas juger sur le rapport des sens et de l'imagination, sur ce que vous inspire l'intérêt de vos diverses passions, sur les jugements des hommes sans vertus et sans expérience. Accoutumez-vous à vous faire comme une espèce de conseil entre Dieu et vous ; lisez pour ainsi dire dans ses yeux et sur son visage ce qu'il juge et ce qu'il approuve : « De vultu tuo judicium meum prodeat ». Rien ne vous paraîtra important que ce qui regarde le Salut et l'éternité.

Pratique : Avant chaque action principale, demandez-vous, à l'exemple de Saint Louis de Gonzague : « Quid hoc ad aeternitatem ? A quoi cela me servira pour l'éternité ? »

 

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Vingt-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma correspondance à la grâce ».

 

Par la grâce de Jésus-Christ, l'homme devient participant de la nature divine. La gloire répond à la grâce. La grâce est une gloire commencée, et la gloire est une grâce consommée. En vue de Marie, dont je devais être le gardien et l'époux, et du Verbe incarné à qui je devais servir de père, j'ai été comblé dès ma naissance des faveurs les plus signalées, par l'adorable Trinité. Si j'ai fait de si admirables progrès dans la voie parfaite, c'est parce que j'ai été fidèle aux premières grâces que le Seigneur m'a accordées, cette correspondance à toutes les inspirations de l'Esprit-Saint, à tous les bons mouvements, m'a obtenu de nouvelles grâces plus grandes que les précédentes. C'est ainsi que Dieu peut toujours accroître indéfiniment la perfection de son ouvrage, car plus il s'élève, plus il le remplit, plus il l'agrandit : c'est un océan dont les flots creusent le lit et reculent les rives en les remplissant. Ah ! Ne l'oubliez jamais, mon enfant, chaque augmentation de grâce, quelque petite qu'elle soit, aura une grande influence sur votre bonheur éternel. Par votre fidélité à cette grâce, vous mériterez de connaître et d'aimer Dieu plus parfaitement ; vous embrasserez jésus plus étroitement ; vous serez plus près de Marie dans le Ciel.

Pratique : Examinez-vous sérieusement devant Dieu sur votre correspondance à la Grâce.

 

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Trentième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant Je vous laisse la joie de l'âme ».

 

Une douce paix, une sainte joie régnait dans mon cœur. La conscience toujours pure, toujours en repos, répandait sur toute mon existence une félicité à laquelle rien ne saurait être comparé et jamais, même dans les épreuves les plus délicates et les plus difficiles, je ne laissais, la mauvaise tristesse troubler mon âme. Mon enfant, si vous êtes fidèle à la grâce vous vivrez dans l'allégresse ; car « la lumière est faite pour le juste, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit et pur ». La sainte joie des enfants de Dieu est non-seulement un effet, mais elle est encore une grande marque de la grâce. Quand range Raphaël salua Tobie, il ne lui dit rien autre chose que ces mots : « Que la joie soit toujours avec vous ». Je vous fait le même souhait, mon enfant, car Dieu est un bon Maître, qui ne peut pas être servi avec chagrin et répugnance, mais avec bonne volonté et affection. Ne le servez donc pas comme un esclave sert un tyran ; mais ayez pour lui les sentiments d'un bon fils pour le meilleur des pères. Par là, vous honorerez Dieu, vous édifierez le prochain, vous ferez estimer la vertu, vous donnerez à vos œuvres plus de mérite et de perfection. Enfin, mon fils bien-aimé, vous vous rendrez la persévérance plus facile, et vous arriverez d'un pas ferme et plus généreux à la bienheureuse patrie.

Pratique : A l'exemple de Saint Joseph, soyez fidèle aux inspirations célestes afin d'avoir la paix de l'âme.

 

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Trente-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon espérance ».

 

Ma confiance s'augmentait et se fortifiait à proportion des grâces que j'avais reçues de la bonté divine. Mon espérance reposait sur les mérites infinis de Jésus-Christ, que je nourrissais du fruit de mes labeurs, et sur ma piété envers Marie toute-puissante auprès de Dieu. Aussi, au milieu des plus rudes épreuves et dans les plus grands dangers, jamais la défiance n'a pénétré dans mon cœur, et la pensée du Ciel me consolait de tous les mécomptes de la terre. Destiné à un bonheur infini, votre cœur, mon enfant, ne peut trouver de paix et de véritable contentement que dans la possession et la jouissance de Dieu, qui est le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la vie et le repos éternel des bienheureux. Mais n'oubliez pas que pour posséder cette gloire, il ne suffit pas de la désirer et de l'espérer, il faut encore accomplir fidèlement la volonté du Père céleste. Il n'y a, vous le savez, que ceux qui seront trouvés conformes à Jésus-Christ qui partageront la gloire infinie qu'il a méritée par ses souffrances. Voulez-vous assurer votre persévérance finale, appliquez-vous constamment à imiter Jésus, en demandant avec confiance à Marie cette grâce, marque assurée de votre prédestination.

Pratique : Au milieu de vos épreuves, à l'exemple de saint Joseph, levez les yeux vers le Ciel, où Dieu essuiera toute larme.

 

Ce Mois de Saint Joseph, du R.P. Huguet a été publié à Montréal, chez J.B. Rolland et fils, Libraires-Editeurs, en 1880.

 

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Fin du mois de Saint Joseph

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse, rendez-vous le 30 avril.

14 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 3/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Quinzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon obéissance ».

 

L'obéissance est plus agréable au Seigneur que le sang des victimes. Elle est, pour celui qui la pratique, le vrai secret d'avoir la paix de l'âme. Si vous saviez combien il est doux d'obéir à Dieu, de le servir dans toute la simplicité de son cœur et de lui prouver son amour en observant les préceptes de la loi, avec quelle joie vous vous appliqueriez à accomplir ses divins commandements! Fidèle à la grâce, dans toutes les circonstances de ma vie, je disais comme Abraham: « Je suis prêt, Seigneur », comme Isaïe: « Me voici, envoyez-moi », comme Samuel: « Parlez, Seigneur votre serviteur écoute ». En entrant dans ces saintes dispositions, vous attirerez sur vous l'abondance des grâces du Très-Haut. Cette obéissance, mon enfant, doit s'étendre à tous ceux que Dieu à revêtus de son autorité sur la terre, et par-dessus tout à la Sainte Église, qu'il éclaire de son divin esprit, et qu'il a chargée de la conduite de votre âme. Jésus, qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix nous était soumis. Comprenez, mon enfant, toute la grandeur de cette parole: « Le Maître du ciel et de la terre m'obéissait comme à son père ». Il m'était soumis ; Lui, devant qui le Ciel, la terre, les enfers doivent fléchir le genou ! Quel ineffable abaissement ! Quelle leçon donnée aux chrétiens!

Pratique: A l'exemple de Saint Joseph, voyez Dieu lui-même dans la personne de vos supérieurs.

 

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Seizième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'amour de la pauvreté ».

 

Quoique descendant des rois de Juda, je me vis obligé, sans regret, à exercer un état méprisable aux yeux des hommes, afin de me procurer les choses les plus indispensables à la vie. Mais combien j'appréciais davantage l'excellence de la pauvreté, après avoir été témoin du dénûment au milieu duquel naquit le Fils unique de Dieu, qui n'eut jamais un lieu pour reposer sa tête!... Éclairé des plus pures lumières de la foi, sachez-même, mon enfant, à l'exemple de Jésus et de Marie, apprécier les avantages de la pauvreté évangélique. C'est elle qui vous dispose a recevoir les richesses de l'amour divin, en vous délivrant d'une infinité de vaines et de frivoles sollicitudes. La pauvreté est encore un moyen très efficace pour faire des progrès dans la perfection; car, comme la cupidité est la racine de tous les maux, ainsi la pauvreté est le principe et le fondement de toutes sortes de biens. Elle garde l'humilité, elle conserve la chasteté à cause de la mortification qui en est la campagne inséparable. Elle nous aide à pratiquer l'abstinence tempérance. C'est une vertu céleste et divine, parce que dégageant l'âme de tout ce qui pourrait la retenir au milieu du monde, elle lui donne une grande facilité pour s'élever à Dieu et s'attacher uniquement à Lui.

Pratique: Souffrez en esprit de pauvreté les privations que la Providence vous ménage.

 

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Dix-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'amour du travail ».

 

Quoique issu d'un sang royal, j'ai gagné mon pain à la sueur de mon front, depuis ma jeunesse jusqu'à ma mort. Mon travail était obscur, pénible, assujettissant. Chaque jour, j'endurais des fatigues nouvelles, qu'interrompaient à peine un repas frugal pris à la hâte et un court sommeil. Apprenez de mon exemple qu'il n'est d'occupation, quelque basse qu'elle soit selon les préjugés du monde, dont un Chrétien doive rougir; qu'au contraire, il a sujet de s'estimer heureux et bien honoré si son état le rapproche davantage de Jésus et de Marie; mais pour avoir une plus parfaite conformité avec eux, il faut que vous acceptiez par amour le travail auquel votre profession ou votre condition vous assujettit. La paresse ne consiste pas toujours dans cet état d'indolence qui semble la caractériser plus particulièrement; elle s'allie très-souvent avec une activité étonnante, mais cette activité, appliquée à d'autres objets, vous fait mettre de la négligence dans vos devoirs, et vous porte quelquefois à les omettre tout à fait. Pour rendre vos occupations méritoires, ayez le soin de les faire comme moi en Jésus, pour Jésus et avec Jésus. En agissant ainsi, vos œuvres les plus communes seront une source de précieux mérites.

Pratique : Remplissez vos devoirs d'état en union avec Jésus, Marie et Joseph.

 

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Dix-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à sanctifier les actions les plus communes ».

 

La piété, qui vous rend agréable à Dieu et qui vous dévoue tout entier à son service, consiste à tout faire ce qu'Il veut, et a accomplir précisément, dans les temps, dans les lieux et les circonstances ou Il vous met, ce qu'Il désire de vous. C'est ainsi que je suis parvenu moi-même à un degré de vertu si élevé. J'étais toujours, il est vrai, dans la disposition de sacrifier au bon plaisir de Dieu tout ce que je pouvais avoir de plus précieux et de plus cher: mon bien et mon temps, ma liberté et ma vie; mais quand le Seigneur ne me demandait rien d'héroïque, je me contentais d'animer mes actions ordinaires d'un grand esprit de Charité, ne regardant pas le nombre et la qualité de mes œuvres, mais l'honneur qu'elles avaient de plaire à Dieu. Tout ce qui porte l'empreinte de la Volonté de Dieu et de Son bon plaisir est grand, quelque petit qu'il en soit. Si l'Amour de Dieu paraît avec plus de générosité dans les grands sacrifices, Il en montre dans les petits, continuellement réitérés, plus d'attention et de délicatesse. La vie, en général se compose de petites choses, et c'est vraiment par elles que vous vous élevez ou vous dégradez peu à peu; car elles forment les habitudes bonnes et mauvaises, d'où viennent les vertus et les vices.

Pratique: Ayez le soin, en commençant vos principales actions, de les offrir à Dieu.

 

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Dix-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le secret de rendre toutes vos œuvres méritoires pour le Ciel ».

 

Dédaignant les biens périssables de la terre, je mettais toute mon application à me faire un riche trésor de mérites dans le Ciel. J'agissais toujours selon Dieu, en Dieu et pour Dieu. Selon Dieu: je ne faisais rien contre Sa Volonté adorable, tâchant de me conformer en tout à ses moindres désirs. En Dieu: ayant le soin de me tenir en état de grâce, faisant en sorte que la grâce actuelle fût le principe de toutes mes actions. Pour Dieu: je n'agissait que par un motif surnaturel, pour la gloire de Dieu, pour plaire à Dieu, par amour pour Dieu, en la présence de Dieu ; avec beaucoup de ferveur, m'unissant alors à Jésus qui travaillait avec moi. Voulez-vous aussi, mon enfant, ne pas perdre le fruit de vos œuvres ? Rappelez-vous que sans la grâce vous ne sauriez rien faire de méritoire pour la vie éternelle. Voilà pourquoi, en commençant une action importante, vous devez vous adresser à Dieu par une fervente aspiration, pour obtenir le secours de la bien faire, vous tenant uni à Jésus-Christ par la Charité, comme les branches de la vigne à leur cep. Si votre intention est pure, votre action, quoique très-petite, sera élevée au même degré de perfection, comme l'eau qui égale toujours en remontant la hauteur de sa source.

Pratique: Ayez le soin de vous exciter à la contrition parfaite avant vos actions principales, afin de les faire en état de grâce.

 

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Vingtième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon amour de le vie cachée ».

 

La vie chrétienne doit être une vie cachée ; le chrétien véritable doit désirer ardemment de demeurer couvert sous l'aile de Dieu, sans avoir d'autre témoin de, ses bonnes œuvres que le Souverain Juge. Fidèle à l'inspiration de la grâce, je me suis appliqué à dérober avec soin aux yeux des hommes tout ce qui aurait pu donner de l'éclat à ma personne ; je mettais mon bonheur à être inconnu et réputé pour rien. J'étais heureux de pouvoir me dévouer aux intérêts sacrés de Jésus et de Marie sans sortir de l'obscurité d'une vie humble et ignorée. Apprenez de moi, mon enfant, à vous produire le moins que vous pourrez, et vous trouverez comme moi le repos de votre âme. Éloigné du monde, je n'étais point exposé à ses discours ni sujet à ses contradictions. Dans l'étroite enceinte d'une maison pauvre où je me tenais renfermé et où je me bornais à mon travail, je n'étais pas troublé par les passions qui agitaient les autres hommes ; je jouissais tranquillement du silence et des avantages de la solitude ; si je m'entretenais avec quelqu'un, c'était avec Jésus et Marie, dont je recevais les plus saintes et les plus douces communications. Faites de même et vous direz avec un Saint: « O bienheureuse solitude! Seule béatitude! »

Pratique: Évitez, pour honorer la vie obscure de saint Joseph, de vous produire sans nécessité.

 

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Vingt-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma discrétion dans les paroles ».

 

A l'école du Verbe incarné, dont toutes les paroles produisent des fruits de vie, j'appris de bonne heure à mettre une garde de circonspection sur mes lèvres et à ne rompre le silence que lorsque la gloire de Dieu ou le bien du prochain le demandaient. Quoique parfaitement instruit des mystères sacrés, je n'ai jamais entrepris de communiquer aux autres les secrets qui m'avaient été confiés. Voulez-vous, mon enfant, faire des progrès dans la vie intérieure ? Attachez-vous surtout à ne parler qu'à propos. La langue intempérante est la cause de bien des malheurs. Parlez le moins possible du prochain et de ce qui le concerne, excepté pour en dire du bien quand l'occasion s'en présente. Aimez à parler de Dieu et surtout de son amour et de sa bonté. Et cependant défiez-vous encore de vous-même sur ce point ; rendez-vous plutôt attentif à ce que les autres vous en diront, et conservez au fond de votre cœur les bonnes paroles que vous aurez entendues. Pour les autres conversations, laissez arriver seulement jusqu'à vos oreilles le bruit de leurs paroles, et tenez votre esprit uni à Dieu. Ou bien, si vous devez y prêter attention pour y répondre, ne laissez pas de donner de temps en temps quelques pensées au Ciel où réside votre Dieu.

Pratique : Soyez fidèle à garder aujourd'hui le silence pendant quelques instants.

 

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07 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 2/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à visiter Jésus ».

 

Ma pauvre maison de Nazareth était comme un petit ciel où Dieu résidait en personne. Si j'avais suivi mon attrait, je ne me serais jamais éloigné de ce séjour bien-aimé. Mais, obligé de fournir aux besoins de ma sainte famille, je savais quitter Dieu pour Dieu. Dès le point du jour, avant de me rendre à mon travail, je m'empressais d'aller offrir mes hommages au Verbe incarné ; je baisais avec respect ses petits pieds; je collais ma bouche sur son Coeur adorable. Forcé de partir, je m'arrêtais encore quelque temps debout, contemplant le berceau de Jésus. Son pieux souvenir était comme un baumerafraîchissant au milieu de mes pénibles labeurs. Quand, à la fin de la journée, je revenais le soir au milieu des miens, mon bonheur était de me reposer près du berceau du divin Enfant, en la compagnie de Marie. Le jour du Shabbat, interrompant tous mes travaux, je goûtais plus à loisir le bonheur d'être avec Jésus, de le voir, de l'entendre, de m'entretenir coeur à Coeur avec Lui. Vous le pouvez si vous le voulez, mon enfant, participer à mon bonheur. Jésus est avec vous, comme il était avec moi, dans l'adorable sacrement. Il est toujours disposé à vous recevoir, à vous entendre, à vous consoler dans vos épreuves.

Pratique: Visitez, au moins en esprit, le matin et le soir, Jésus au Très Saint Sacrement

 

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Neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le bonheur de recevoir Jésus »

 

Dès que l'Ange m'eût révélé que le Verbe s'était incarné dans le sein très pur de Marie, je sentis mon coeur empressé du désir de le recevoir entre mes bras et de lui prodiguer mes adorations et mes services. A dater de ce bienheureux moment, je veillais plus attentivement sur tous mes sens, sur toutes mes affections, afin de me rendre moins indigne de toucher de mes mains et de presser sur mon coeur l'Agneau immaculé qui se plaît à reposer parmi les lys. A peine le Sauveur fut-il venu au monde, que Marie, voulant me faire partager son bonheur et préparer à la Crèche, me remit le divin Enfant; prosterné à genoux, je le reçus avec autant d'amour que de respect, et, le couvrant de mes baisers, je lui promis de me dévouer sans réserve à son adorable personne. Par la sainte Communion, il vous est donné, mon enfant, de partager mon bonheur, et de posséder Jésus aussi pleinement que moi. Tâchez de le recevoir avec foi, amour et confiance, et vous en retirerez de grands fruits de salut. Après l'adorable sacrifice de l'autel, rien ne procure autant de gloire à Dieu qu'une fervente communion. Ne ressemblez pas aux habitants de Bethléem qui refusèrent de recevoir Jésus.

Pratique: A l'exemple de Saint Joseph, prenez Maris pour modèle dans vos dispositions à la Communion.

 

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Dixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse les mérites infinis de Jésus-Christ ».

 

Pour suppléer à mon insuffisance, je prenais souvent Jésus entre mes mains, et je l'offrais à Dieu le Père pour la rédemption du monde. Marie unissait ses prières et son amour à cette oblation d'un prix infini, répétant de concert avec moi ces paroles du prophète: « Regardez Seigneur la face de votre Christ ». De toutes les prières offertes à Dieu, il n'en est pas de plus digne de lui, de plus capable de désarmer sa justice et d'attirer Sa Miséricorde que l'auguste Sacrifice de l'autel, parce que c'est un sacrifice plein de Dieu : puisque c'est un Dieu qui en est l'auteur, un Dieu qui en est la victime, un Dieu qui opère en s'immolant les plus étonnantes merveilles. Si vous êtes assuré d'obtenir tout ce que vous demanderez à Dieu, au nom de Jésus, combien plus devez-vous espérer ses grâces et ses faveurs en lui offrant Jésus-Christ lui-même! Vos prières, pour être agréables à Dieu, doivent être faites par Jésus-Christ et au nom de Jésus-Christ, par les mérites duquel elles sont sanctifiées. Jésus-Christ, votre médiateur, les présente à son Père, qui les reçoit favorablement et les exauce. Soyez donc fidèle, autant que vous le pourrez a assister à la Sainte Messe, comme vous auriez assisté au grand sacrifice du Calvaire.

Pratique: A l'exemple des âmes ferventes, unissez-vous en esprit aux Messes qui se célèbrent, dans toute l'Eglise à chaque instant du jour et de la nuit.

 

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Onzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma dévotion à Marie ».

 

Ma dévotion à Marie partait de mon esprit et de mon coeur. Elle venait de l'estime que j'avais pour la Très Sainte Vierge, honorée des plus sublimes prérogatives que Dieu puisse accorder à celle qu'il a choisie pour sa Mère, et de la haute idée que je m'étais formée de ses vertus, dont j'étais l'heureux témoin. Ma dévotion à Marie était pleine de confiance dans la plus sainte, la plus puissante et la meilleure des créatures. J'avais recours à mon angélique compagne dans toutes mes nécessités spirituelles et corporelles, avec beaucoup de simplicité, de foi et d'abandon. Ma piété envers Marie me portait à éviter les plus légères imperfections qui auraient pu contrister cette épouse immaculée. Je m'appliquais avec le plus grand soin à imiter en tout la très sainte Vierge, et à reproduire, dans le détail de ma vie, ses vertus, particulièrement sa pureté angélique, son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa douceur ineffable et sa sagesse suréminente. Cette dévotion sera pour vous mon enfant comme elle a été pour moi une source des grâces les plus précieuses et un gage assuré de prédestination.

Pratique: Ne passez pas un seul jour sans donner à Marie un témoignage de votre piété.

 

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Douzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à saluer Marie ».

 

Heureux témoin de l'amour filial avec lequel Jésus se plaisait à offrir à sa divine Mère la Salutation angélique, principe de toute sa gloire et de son bonheur, je m'unissais moi-même au Verbe incarné, devenu notre Fils, pour saluer Marie. Le matin, lorsque je rencontrais mon épouse immaculée auprès du berceau du divin Enfant, j'aimais à lui répéter ces touchantes paroles qui remplissaient son âme d'une joie céleste: « Je vous salue, Marie, pleine de grâces; le Seigneurs est avec vous, devenue sa fille, son épouse, sa mère; c'est vous qui l'avez donné à la terre ; c'est vous qui m'avez procuré l'insigne honneur de partager vos sollicitudes pour ce cher Sauveur ». Et le soir, avant de me séparer de Marie, je lui redisais encore cette belle Salutation qui renouvelait au fond de son coeur la joie ineffable que lui causa Gabriel, lorsqu'il vint, de la part du Très-Haut, lui annonçant le mystère de l'incarnation du Fils de Dieu dans ses flancs très purs. Soyez heureux vous aussi, mon enfant, de saluer votre tendre Mère. Qu'il soit doux à vos lèvres, plus doux encore à votre coeur, cet Ave Maria qui vous arrive tout parfumé, comme un cantique du Ciel, répété par autant d'échos qu'il a passé de saintes âmes sur la terre.

Pratique: Saluez Marie chaque fois que vous passerez devant son image ou que vous entendrez sonner l'heure ou l'Angélus.

 

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Treizième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon infant, je vous laisse le secours des Saints Anges ».

 

Le Seigneur, dont l'aimable providence veille avec tant d'amour et de sollicitude sur toutes les créatures, avait chargé les plus élevés des Anges de me conduire dans toutes mes voies. C'est un de ces Esprits célestes qui me rassura quand je voulais m'éloigner de Marie, me jugeant indigne d'habiter avec l'auguste Mère de Dieu. C'est un ange qui m'avertit de fuir en Egypte, afin de soustraire le divin Enfant aux fureurs d'Hérode. Enfin c'est encore un messager céleste qui m'engagea à revenir dans ma chère patrie, parce que ceux qui voulaient attenter à la vie de Jésus étaient morts. Soyez fidèle, mon enfant, à vivre dans une grande pureté, aimant Jésus et Marie de tout votre coeur; et les Anges se plairont avec vous ; ils vous conseilleront dans vos doutes ; ils vous fortifieront dans vos faiblesses, ils vous consoleront dans vos épreuves ; ils combattront pour vous contre les démons ; ils présenteront à Dieu vos bonnes oeuvres et vos souffrances ; enfin, après avoir assisté à votre dernière heure, il vous conduiront eux-mêmes au tribunal du Souverain Juge. Ils vous visiteront dans le purgatoire, si vous n'avez pas expié tous vos péchés.

Pratique: Invoquez votre bon Ange gardien soir et matins et dans les circonstances difficiles.

 

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Quatorzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse mon amour pour la pureté ».

 

Fidèle à l'inspiration du ciel, dès ma jeunesse je me consacrai à Dieu sans réserve. Cet amour de la pureté fut pour moi la source des grâces les plus précieuses. Dieu daigna me choisir entre tous pour être l'angélique époux de la Vierge immaculée. Les yeux de Marie distillaient comme une rosée virginale qui purifiait de plus en plus mon coeur où elle tombait. Ayant le bonheur de toucher si souvent de mes mains le Verbe incarné, de le presser avec autant de respect que d'amour sur mon sein, j'en recevais une vertu qui transfigurait tout mon être. C'est ainsi; mon enfant y qu'en recevant Jésus dans la sainte Communion, vous deviendrez toujours plus pur. Aimez la pureté par-dessus toutes choses, parce que, comme le dit le Sage, n'en ne lui est comparable. « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu ». « Ils suivront l'Agneau partout où il ira, et ils chanteront un cantique nouveau qu'aucune autre bouche ne peut chanter. Celui qui aime la pureté du coeur aura le Roi pour ami ». Ne l'oubliez pas, cette vertu est aussi fragile que belle.

Pratique: Pour conserver ce trésor si précieux, soyez fidèle à recourir souvent à Marie, à recevoir fréquemment Jésus dans la sainte Communion, à fuir l'oisiveté et les occasions dangereuses, et à marcher en la présence de Dieu.

 

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28 février 2013

Le Mois de Saint Joseph 1/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Premier jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse la vertu de mon nom ».

 

Le Seigneur, dans son amour, révéla Lui-même à mes parents le nom que je devais porter parmi les hommes et parmi les Anges. C'est ce nom, avec celui de Marie, que Jésus a prononcé le premier et qu'Il a répété si souvent pendant les jours de Sa vie mortelle. Pour reconnaître les services que j'eus le bonheur de Lui rendre, le Divin Sauveur a bien voulu communiquer à mon nom, une vertu et une puissance qui ne le cèdent qu'à celui de Marie. Les Anges eux-mêmes, dans la splendeur des Saints, donnent un signe de respect quand ils l'entendent prononcer, et les démons prennent la fuite. Si, pendant que Jésus et Marie vivaient à Nazareth, vous aviez désiré en obtenir une grâce une faveur, vous n'auriez pu invoquer un nom plus puissant que celui de Joseph. Maintenant que je leur suis réuni dans le Ciel, je n'ai rien perdu de mon crédit auprès d'eux. Soyez donc fidèle, mon enfant, dans vos besoins et dans vos épreuves, à invoquer le nom de Joseph. Qu'il soit le premier sur vos lèvres à votre réveil avec ceux de Jésus et de Marie, afin d'obtenir la grâce de les redire en rendant le dernier soupir.

Pratique: Répétez souvent ces invocations, enrichies d'Indulgence : « Jésus, Joseph et Marie, je vous donne mon coeur mon esprit et ma vie ».

 

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Deuxième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le gage de ma protection spéciale à l'heure de votre mort ».

 

Ayant eu le bonheur de mourir entre les bras de Jésus, mon fils adoptif, et sous le regard de Marie, mon angélique Epouse, j'ai été choisi de Dieu pour être le protecteur spécial des agonisants: voilà pourquoi on m'invoque, dans l'Eglise, comme « Patron de la Bonne Mort ». Après avoir veillé sur mes enfants pendant leur vie, je redouble de sollicitude pour eux à la dernière heure, alors que l'enfer multiplie ses efforts pour saisir leur âme au redoutable passage du temps à l'éternité. Père du Souverain Juge, je dispose à mon gré des grâces les plus précieuses en faveur de ceux qui implorent mon secours en ce moment décisif. Reposez-vous, donc en paix sur moi, mon cher enfant, je redoublerai de tendresse et de vigilance pour vous à cet instant suprême; malgré le trouble de votre esprit et la violence du mal, je saurai vous faire entendre le langage du Ciel, afin de vous détacher avec moins de peine de toutes les créatures. Mon amour est mille fois plus puissant pour vous faire du bien, que la haine et la malice des esprits de ténèbres pour vous être nuisibles. Après avoir reçu votre dernier soupir, je vous présenterai moi-même au tribunal du Fils de Dieu comme un de mes fidèles serviteurs, qui n'a rien négligé pour m'honorer pendant sa vie.

Pratique: Ne vous endormez jamais avant d'avoir demandé à Jésus, par Marie et Joseph la grâce d'une bonne mort.

 

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Troisième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse la connaissance de Jésus-Christ ».

 

Cette connaissance est la plus essentielle à un chrétien. Le Sauveur vous dit lui-même qu'il est la voie, la vérité et la vie Sans la voie on n'avance pas ; sans la vérité on ne connait pas ; on ne vit pas sans la vie. Jésus-Christ est la voie qui n'égare pas, la vérité qui ne trompe point, la vie qui ne finira jamais. C'est par lui que vous allez à Dieu le Père et que vous arrivez à la vie éternelle. Je ne suis parvenu à une si sublime perfection que parce que j'ai passé la plus grande partie de ma vie uniquement occupé à étudier et à connaître Jésus-Christ. Depuis le moment où j'eus jusqu'à mon dernier soupir, je ne perdis pas un seul moment de vue Celui qui voulait bien passer pour mon fils devant les hommes. Mon esprit et mon coeur en étaient continuellement occupés. Je m'estimais bienheureux d'avoir continuellement sous les yeux ces divins exemples, et de recueillir les paroles de vie qui sortaient de sa bouche adorable. Que votre principale occupation soit d'étudier ,et de connaître Jésus-Christ. En approfondissant ses mystères, vous y ferez toujours de nouvelles découvertes, et plus vous acquerrez de lumières, plus aussi vous trouverez qu'il y a de nouvelles richesses à découvrir. Les autres études ne vous serviraient de rien pour l'éternité, si elles n'étaient commandées, dirigées ou sanctifiées par celle-là.

Pratique: Méditez en esprit de foi les actions et les paroles de Jésus-Christ rapportées dans le Nouveau Testament.

 

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Quatrième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon amour pour Jésus ».

 

Après Marie, aucun Bienheureux n'a aimé Jésus comme moi, aucun n'a vécu dans une si grande intimité avec lui et n'en a reçu tant de faveurs. Je l'aimais comme mon fils adoptif et comme mon Dieu ; je trouvais dans la personne de Jésus de quoi satisfaire la nature et la grâce, mes plus douces et mes plus saintes inclinations. Mon amour me rendait tout coeur pour n'aimer que Jésus, tout esprit pour ne penser qu'à Jésus, tout oeil pour prévoir ses besoins, tout plein de sollicitude Voulez-vous être heureux, mon enfant, voulez-vous acquérir un riche trésor pour le ciel ? aimez Jésus de tout votre coeur. Le salut est montré à la foi, il est préparé à l'espérance, mais il n'est donné qu'à la charité. La présence de Jésus, ses bienfaits continuels, les exemples de Marie, la Mère du bel amour, ravissaient de plus en plus mon coeur. Le divin Sauveur qui vous a racheté par son sang, désire infiniment que vous l'aimiez, afin que vous soyez éternellement sauvé, afin que vous l'aimiez éternellement, son amour tendant à votre salut, et votre salut à son amour. Un acte de charité parfaite suffit pour effacer tous les péchés les plus graves et sanctifier l'âme la plus dégradée.

Pratique: Faites aujourd'hui plusieurs actes d'amour de Dieu.

 

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Cinquième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à imiter Jésus ».

 

Je m'estimais très heureux de vivre dans une société intime et continuelle avec Jésus ; j'avais toujours les yeux fixés sur Lui ; je considérais non seulement en général, mais en particulier, comment il se comportait dans les diverses circonstances de la vie: quelle religion Il témoignait pour Son Père, Sa Tendresse pour Marie, Sa Charité pour le prochain, Son oubli de lui-même, son horreur du péché, Son éloignement pour la monde. Et je m'appliquais avec soin à L'imiter selon le degré de grâce que j'avais reçu. Mon enfant, afin de reproduire plus fidèlement dans votre vie les exemples de Jésus, pénétrez dans le fond de l'intérieur de ce divin modèle pour en découvrir les dispositions, pour vous conformer et régler sur tout cela votre conduite. C'est ainsi que vous agirez toujours par dépendance de Notre Seigneur, en la vertu de son esprit et la force de sa grâce. Que votre grande occupation soit donc de méditer sur la vie de Jésus-Christ pour l'imiter plus parfaitement. Demandez-vous souvent ce qu'aurait dit ou pensé le Divin Maître dans telle ou telle autre circonstance.

Pratique: Soyez fidèle à unir vos prières, vos pensées et vos actions à celles de Jésus afin de les rendre plus méritoires.

 

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Sixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à invoquer le Nom de Jésus ».

 

Parmi les glorieux privilèges dont le Seigneur a daigné me favoriser, je mets en première ligne celui d'avoir été choisi pour imposer à Son Divin Fils le Nom de Jésus, le plus grand de tous les noms, qui se fait adorer au Ciel, sur la terre et au fond des enfers. Ce Nom sacré était le premier que je prononçais à mon réveil, et le dernier qui s'échappait de mes lèvres le soir, quand j'allais prendre mon repos. Au milieu de mes rudes labeurs et dans mes épreuves, je ne cessais d'invoquer le nom de Jésus ; j'aurais voulu le voir gravé dans le coeur de tous les hommes. Quand il m'était donné de presser le divin Enfant sur mon coeur de père et de recevoir ses caresses, je lui disais, les yeux pleins de larmes : « O Jésus, soyez-moi Jésus! Afin que, fidèle à la grâce, je n aie jamais le malheur de vous déplaire! » Mon enfant, qu'à l'exemple de Saint Bernard, vous trouviez aride toute nourriture spirituelle qui n'est pas assaisonnée du Nom de Jésus. Qu'un entretien ou un livre dans lequel le Nom de Jésus ne revient pas souvent soit pour vous insipide et sans attrait. Enfin, ayez toujours dans le coeur, et souvent sur les lèvres ce Nom salutaire dont les Sacrements tirent toute leur vertu, et dont le mérite infini engage le Père Céleste à exaucer toutes les prières des hommes.

Pratique: Invoquez le Nom de Jésus dès votre réveil, au commencement et à la fin de vos principales actions, et avant de vous endormir.

 

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Septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le soin de de Jésus ».

 

Le Père éternel m'ayant confié le soin de son Fils Unique, descendu dans ce monde pour nous délivrer de la mort, je m'estimais bienheureux de le recevoir dans ma maison, de lui donner des vêtements et de nourrir du fruit de mes sueurs Celui qui a créé le Ciel et la terre. Vous pouvez, si vous le voulez, mon enfant, jouir du même bonheur, acquérir les mêmes mérites ; Jésus réside dans vos églises aussi réellement que dans ma pauvre maison de Nazareth. Il y est souvent dénué de tout. Son existence eucharistique dépend de la générosité des fidèles qui lui ouvrent un abri. Le pain et le vin offerts pour l'adorable Sacrifice contribuent à calmer la soif dont Jésus est brûlé pour le salut des hommes, en lui permettant de se donner à eux, avec ses grâces, dans la sainte communion. Les linges de l'autel sont comme les langes qui couvrirent ses membres dans la crèche de Bethléem. Enfin, vous pouvez aussi secourir le sauveur dans les pauvres qu'il a pour ainsi dire mis à sa place. C'est là le grand mystère de la charité chrétienne : mystère qui nous offre comme une nouvelle Eucharistie, où nous nourrissons Dieu dans les indigents, comme il nous nourrit de lui-même sous les espèces.

Pratique: Faites l'aumône à Jésus dans la personne du premier indigent que vous rencontrerez ou en mettant votre obole dans le tronc d'une pauvre église.

 

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25 décembre 2012

Saint Jour de la Nativité du Seigneur

Saint Jour de la Nativité du Seigneur

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Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (2 : 1-14)

 

En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime ».

 

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Méditation

Jésus enfant

Sermon Saint Antoine de Padoue pour la Nativité du Seigneur

 

Un enfant nous est né, devenons comme cet enfant. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, Il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce Nom : Conseiller merveilleux, Dieu Fort, Père éternel, Prince de la Paix » (Isaïe 9 : 5). Et encore : « Voici la jeune femme est enceinte, Elle va enfanter un Fils et Elle Lui donnera le Nom d'Emmanuel ». «(Isaïe 7 : 14), c'est à dire « Dieu avec nous ».

Dieu s'est fait enfant pour nous et Il est né aujourd'hui, pour nous. Le Christ à voulu être appelé « enfant » pour plusieurs raisons, mais par brièveté, je n'en illustrerai qu'une. Si tu fais injure à un enfant, si tu le provoques par une insulte, si tu le frappes et tu lui montres ensuite une fleur ou une rose, et en lui montrant tu le lui donnes, il ne se rappelle plus l'injure qu'il a reçue, il laisse tomber sa colère et court t'embrasser.

De la même manière, s'il t'arrive d'offenser Jésus par un péché mortel ou une autre injure quelconque et que tu Lui offres ensuite la fleur de la contrition ou la rose de la confession accompagnée de larmes – les larmes ne sont-elles pas le sang de l'âme ? – Il ne se souvient plus de ton offense, remet la faute et court t'embrasser et te couvrir de baisers.

Ezéchiel dit en effet : « Si le méchant renonce à tous les péchés qu'il a commis, je ne me souviendrais plus de tous ses crimes » (Ezéchiel 18 : 21-22). Et Saint Luc écrit à propos de l'enfant prodigue : « Son père l'aperçut et, pris de pitié, courut se jeter à son cou et l'embrassa » (St Luc 15 : 20). Le deuxième Livre de Samuel raconte que David accueillit avec bienveillance Absalom qui avait tué son frère, et l'embrassa (Cf 2 Samuel 14 : 33). Un enfant nous est donc donné. Mais quelle utilité avons-nous de la naissance de cet enfant ?

Beaucoup en vérité et sous tous les aspects. Ecoute Isaîe : « Le nourrisson jouera sur le repère de l'aspic, sur le trou du basilic, le jeune enfant mettra la main. Il ne feront plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte » (Isaïe 11 : 8-9). Le basilic, roi de tous les serpents, est le démon ; ses repères et ses trous sont les cœurs des mauvais ; notre Enfant y mit sa main lorsqu'Il arracha le démon Lui-même avec le pouvoir de Sa Divinité.

« Un fils nous a été donné... il a reçu le pouvoir sur ses épaules... » « Abraham, il est dit dans la Genèse, prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac » (Genèse 22 : 6). Et Saint Jean : « Et Il sortit, portant Sa Croix, et vint au lieu-dit du Crâne » (St Jean 19 : 17).

O humilité de notre Rédempteur ! O patience de notre Sauveur ! Il porte, seul, à la place de tous, le bois pour y être suspendu, crucifié et y mourir. « Le juste périt, dit Isaïe, et personne ne s'en inquiète » (Isaïe 57 : 1). Il reçut le pouvoir sur ses épaules. « Je mettrai la clé de la maison de David sur ses épaules », dit encore (Dieu) le Père par la bouche d'Isaïe (Isaïe 22 : 22). La clé est la Croix du Christ, par laquelle Il nous ouvrit la Porte du Ciel. La croix est appelée en même temps clé et pouvoir : clé, parce qu'elle ouvre le Ciel aux élus ; pouvoir, parce qu'elle précipite les démons aux enfers.

Il sera appelé « Admirable », dans sa naissance ; « Conseiller » dans sa prédication ; « Dieu » par ses miracles, « Fort », dans Sa Passion ; « Père du siècle à venir » dans Sa Résurrection. En effet, en ressuscitant, Il nous laissa, en guise d'héritage à ses enfants, l'espérance certaine de la résurrection. Enfin, « Prince de la Paix », dans l'éternité. Que le même Dieu qui est béni dans les siècles daigne nous accorder cette paix. Amen.

 

Extrait de « Saint Antoine de Padoue, une parole Evangélique », de Valentin Strappazzon, aux Editions Franciscaines.

 

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Saint Antoine de Padoue

 

Né à Lisbonne, il était chanoine régulier lorsqu’il entra dans l’Ordre des Mineurs, récemment fondé. Il pensait aller chez les peuples d’Afrique pour propager la foi, mais c’est en Italie et dans le midi de la France qu’il exerça avec beaucoup de fruits le ministère de la prédication, en attirant un grand nombre à la vraie doctrine. Il écrivit des sermons pénétrés de doctrine et de douceur et, sur l’ordre de saint François, enseigna à ses frères la théologie à Padoue, où il mourut en 1231. Saint Antoine de Padoue a été proclamé Docteur de l'Eglise en 1946.

 

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Saint et Joyeux Noël à vous tous !

Que la Paix et la joie du Seigneur descendent dans vos cœurs et soient sur vos familles. Que le Seigneur vous bénisse et vous garde toujours...

22 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Quatrième semaine

Grandir dans la foi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 39-45)

 

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

Méditation pour la quatrième semaine

« grandir dans la foi »

 

« La foi et l’amour, nous dit cette semaine saint Jean de la Croix, sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit ». Quelles images étonnantes ! Serions-nous en train de marcher à l’aveuglette, au cours de cette retraite d’Avent ? Pourtant, nous savons bien ce que nous faisons : nous nous dirigeons vers Bethléem, nous allons à la rencontre du Sauveur ! Alors, allons-nous vers l’inconnu ? Pas vraiment, car si nous n’avions aucune idée au sujet de Celui qui nous appelle, nous n’aurions même pas entamé ce chemin. Mais nous ne devons pas oublier pour autant que le Seigneur dépasse toujours ce que nous pouvons imaginer ou découvrir de lui. Le Seigneur se manifeste à nous, il se donne à connaître à nous… mais il est toujours au-delà de ce que nous pouvons saisir de lui. C’est pourquoi nous cheminons par la foi, dont Jean de la Croix nous dit dans un autre de ses ouvrages qu’elle est « le seul moyen adapté et approprié pour que l’âme s’unisse à Dieu », car elle nous met en contact avec le mystère de Dieu, avec le mystère qu’est Dieu.

Ce dynamisme de la foi, nous le reconnaissons dans l’épisode de la Visitation que la liturgie nous donne à méditer en ce quatrième et dernier dimanche de l’Avent. Comme ses contemporains, Élisabeth, la cousine de la Vierge Marie, attendait la venue du Messie d’Israël. Comme nous, elle avait une relation avec le Seigneur Dieu dans la prière et elle connaissait les Écritures : elle pouvait ainsi un peu se représenter comment le Seigneur s’y prendrait pour sauver son peuple. Pourtant, lorsqu’elle reçut la visite de la Vierge Marie, elle fit l’expérience d’une immense surprise. En effet, l’Évangile nous dit qu’elle fut alors remplie de l’Esprit Saint et qu’elle s’écria : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Jamais elle n’aurait pu imaginer que le Sauveur viendrait à elle de cette façon. Et d’ailleurs, que s’est-il produit lors de cette rencontre ? Elle n’a rien vu d’autre que sa jeune cousine enceinte qui venait lui rendre visite. Mais elle a laissé son cœur s’ouvrir et recevoir la grâce de l’Esprit de Dieu. Elle s’est laissée bouleversée jusqu’au plus profond d’elle-même : « L’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi ».

Depuis le début de cette retraite, d’une façon ou d’une autre, c’est l’amour pour Dieu qui nous a fait entreprendre notre chemin d’Avent. C’est cet amour qui nous pousse vers Bethléem, où nous allons bientôt découvrir le Sauveur. Nous aussi, comme Élisabeth, c’est par la foi que nous allons le rencontrer. Car le Sauveur ne ressemblera peut-être pas – sûrement pas ! – à ce que nous aurions imaginé... Qu’attendons-nous de lui ? Voulons-nous qu’il soit un magicien qui va, d’un coup de baguette magique, faire disparaître tous nos soucis ? Rêvons-nous pour Noël d’un personnage de conte de fées qui va combler toutes nos frustrations ? En fait, Dieu ne vient pas nous arracher à notre condition humaine. Tout au contraire, pour nous sauver, il vient partager notre humanité. C’est certain, le Sauveur ne ressemblera à aucun des super-héros que nous pourrions imaginer : Dieu vient à nous en se faisant enfant… Comme un enfant, il est déroutant, bouleversant : alors, laissons Dieu nous surprendre en cette nuit de Noël ! Le cadeau qu’il nous fait, ce n’est rien de moins que lui-même. Alors, pour Noël, n’attendons rien de moins !

 

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Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 11)

 

Voilà, ô âme, ce que tu dois faire pour trouver l’Époux dans la retraite de ton cœur. Mais si tu veux écouter encore, voici une parole pleine d’une substance et d’une vérité inaccessibles : Cherche-le dans la foi et l’amour, sans te satisfaire d’aucune autre chose, sans goûter ni comprendre au-delà de ce que tu dois savoir. La foi et l’amour sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, qui est le secret dont nous avons parlé, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit. Et l’âme, en contemplant et en approfondissant ces mystères et ces secrets de la foi, méritera que l’amour lui découvre ce que renferme la foi, à savoir l’Époux qu’elle désire, dès cette vie par une grâce spéciale – l’union divine avec Dieu, comme nous avons dit – et, dans l’autre vie, par une gloire essentielle, en jouissant de lui face à face, sans qu’il soit caché en aucune manière. Mais, jusque-là, bien que l’âme arrive à cette union qui est l’état le plus élevé auquel on parvienne en cette vie, l’Époux est malgré tout, pour l’âme, caché dans le sein du Père, comme nous l’avons dit. Et comme c’est là que l’âme désire en jouir dans l’autre vie, elle répète toujours : « Où t’es-tu caché ? »

 

Maria di Nazaret

La compagne de route de la semaine : la Vierge Marie

 

Qui, mieux que la Vierge Marie, peut nous accompagner en ces dernières heures du temps de l’Avent ? Elle a « cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Bientôt, elle va découvrir le visage du Fils de Dieu, de son enfant, qu’elle porte depuis neuf mois et qu’elle a tant désiré voir... Marchons vers Bethléem en sa compagnie ! Qu’elle nous enseigne à rester attentifs à la venue du Seigneur ! Demandons-lui de soutenir notre persévérance dans la prière : que nous continuions à réserver, dans nos journées, des espaces de silence afin de nous tourner vers la présence intérieure du Seigneur qui vient à nous ! À son école, apprenons aussi à ouvrir notre cœur aux nécessités des autres, et à leur porter la Bonne Nouvelle du salut !

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 23 décembre

 

Songe à cet infini savoir et à ce secret caché. Quelle paix, quel amour, quel silence est dans ce Cœur divin ! quelle science élevée celle que Dieu enseigne là ! (Maxime 190).

Seigneur, prépare mon cœur à cette merveille inouïe : la puissance de Dieu dans un petit enfant !

 

Lundi 24 décembre

 

Oh ! Seigneur mon Dieu ! C’est toi qui te montres le premier et qui viens à la rencontre de ceux qui te désirent (Maxime 7).

Je t’ai cherché, Seigneur, et voici que tu me cherchais toi aussi ?

 

Gesù e la Passione

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

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14 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Troisième semaine

S’ouvrir à la joie

 

Lettre de saint Paul, Apôtre, aux Philippiens (Ph 4, 4-7)

 

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

 

Méditation pour la troisième semaine

« S’ouvrir à la joie »

 

Dans la liturgie, ce troisième dimanche de l’Avent s’appelle dimanche de « Gaudete ». Ce mot latin est contenu dans la deuxième lecture de ce jour, tirée de la lettre de saint Paul aux Philippiens : « Réjouissez-vous (« Gaudete ») dans le Seigneur ! Soyez toujours dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie ! » Ce dimanche est donc le dimanche de la joie ! C’est précisément la grâce de la joie que nous demandons dans la prière d’ouverture de la messe dominicale, que nous pouvons redire au Seigneur tout au long de cette semaine : « Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère : pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau ».

Mais qu’est-ce que cette joie ? Ne la confondons pas avec l’euphorie d’un moment de rigolade ! Il s’agit évidemment de quelque chose de bien plus profond… En méditant les versets de la lettre aux Philippiens, nous pouvons découvrir que la joie dont saint Paul nous parle provient de notre relation au Seigneur. La raison de cette joie ? « Le Seigneur est proche ». Une de ses conséquences pour nous ? « Ne soyez inquiets de rien, mais faites connaître à Dieu vos demandes ». Autrement dit : « En toutes circonstances, prenez vos responsabilités, et faites aussi confiance au Seigneur qui agit dans votre vie ». De là découle un appel à laisser déborder cette joie sur les autres : « Que votre sérénité soit connue de tous les hommes ». Cette sérénité, ce n’est pas une simple question de bien-être ou de tranquillité d’esprit. C’est plutôt le résultat de notre union confiante au Seigneur : « Seigneur, j’ai confiance en ta présence et en ton action dans ma vie ». Si le fondement de notre vie, c’est cette relation au Seigneur, il en transparaitra quelque chose auprès des autres, à un moment ou un autre. Sans fanfaronnade, avec des paroles ou simplement par notre attitude, nous serons des témoins de la présence de Dieu dans notre vie. Pour nous qui, pendant ce temps de l’Avent, marchons vers Bethléem, tout cela prend un relief particulier : oui, le Seigneur est proche, il va bientôt venir pour nous dans la nuit de Noël. Dans la prière que nous nous efforçons de vivre pendant cette retraite, nous expérimentons même que déjà il est proche de nous, que déjà il est en nous.

Mais pourtant, tout en entendant saint Paul nous parler de joie, nous pourrions avoir envie de lui répondre que, dans notre vie, tout n’est pas si joyeux que cela. Nous avons des préoccupations bien légitimes qui viennent de notre travail, de nos responsabilités, de notre famille... Et puis nous avons aussi nos lieux de véritables souffrances : le mal que nous subissons, le mal que nous faisons, pourrait parfois plutôt nous enlever toute joie ! Oui, c’est certain, tout n’est pas rose dans notre vie. Mais justement, la joie dont parle saint Paul, c’est autre chose que d’avoir une vie facile. La joie dont il nous parle, c’est celle qui provient de la présence du Seigneur dans notre vie. Présence souvent discrète, mais bien réelle : à nous de nous rendre attentifs à cette présence, d’en demander la grâce. Saint Jean de la Croix, cette semaine, nous dit même qu’il faut que nous nous cachions pour rejoindre cette présence de Dieu en nous. Il ne s’agit pas de fuir la réalité, il ne s’agit pas de nier nos problèmes et nos difficultés. Mais notre chemin de prière peut nous faire découvrir que le Seigneur vers qui nous nous tournons dans la prière silencieuse, dans l’oraison, nous accompagne tout au long de nos journées. La joie qu’il nous donne ne fait pas disparaître nos souffrances. Mais elle est le signe que nous ne les vivons pas seuls, puisqu’il nous accompagne.

Alors, cette semaine, demandons au Seigneur la grâce de vivre avec lui, en sa compagnie, en sa présence, tout ce qui fait la trame de notre vie : ses joies et ses douleurs, ses réussites comme ses échecs. Quand nous marchons dans la rue, quand nous prenons le métro, où que nous soyons, tournons notre cœur vers lui, qui est présent au-dedans de nous, et disons-lui que nous désirons vivre chaque instant de notre vie en communion avec lui. Rendons-lui grâce pour le bien que nous voyons en nous, et confions-lui le mal qui nous fait souffrir : il désire que nous lui offrions tout, afin qu’il puisse agir dans toute notre vie. Sa présence en nous : là est la source de la joie véritable, que rien ni personne ne peut nous enlever !

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 9)

 

Mais tu dis encore : Puisque celui qu’aime mon âme est en moi, comment se fait-il que je ne le trouve, ni ne le sente ? C’est parce qu’il est caché et que tu ne te caches pas aussi pour le trouver et le sentir ; car celui qui doit trouver une chose cachée doit se cacher lui-même et pénétrer jusqu’à l’endroit où elle est et, quand il l’a trouvée, il est caché comme elle. Donc, étant donné que ton Époux bien-aimé est le trésor caché dans le champ de ton âme, pour lequel le sage marchand a donné tous ses biens, il te faudra, pour le trouver, oublier tout ce qui t’appartient, t’éloigner de toutes les créatures, te cacher dans la retraite intérieure de ton esprit et, fermant sur toi la porte, c’est-à-dire renonçant à ta volonté en toutes choses, prier ton Père dans le secret. Ainsi, restant cachée avec lui, tu le sentiras alors en secret, tu l’aimeras et tu en jouiras en secret, et tu prendras plaisir avec lui en secret, c’est-à-dire au-delà de toute parole et de tout sentiment.

 

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Le compagnon de route de la semaine : L’Apôtre saint Paul

 

Depuis sa rencontre avec le Christ sur la route de Damas, le chemin de l’apôtre Paul a été une marche continuelle vers le Seigneur, pour le connaître et l’aimer toujours davantage. Dans un autre passage de la lettre aux Philippiens, il parle de ce dynamisme incessant de son itinéraire spirituel. Déjà, il a rencontré le Seigneur. Mais il sait que le mystère de Dieu est toujours plus grand, et qu’il faut donc toujours avancer vers lui, sans jamais s’arrêter : « Oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus » (Ph 3, 13-14). Nous qui marchons sur le chemin de l’Avent, nous pouvons demander à saint Paul de nous communiquer quelque chose de son dynamisme spirituel. À sa prière, que le Seigneur enracine aussi en nous cette conviction de foi que rien ni personne ne peut nous séparer de l’amour de Dieu : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? (…) Qui nous séparera de l’amour du Christ ? la tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? En tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 31-39).

 

Prier chaque jour de la semaine

 

Dimanche 16 décembre

 

Seigneur Dieu, mon Bien-Aimé, si tu te souviens encore de mes péchés pour ne pas accomplir ce que je te demande, fais en eux ta Volonté, c’est ce que je désire le plus : exerce ta bonté et ta miséricorde, et tu seras connu en eux (Maxime 35).

Seigneur, mon péché ne m’empêche pas de venir à toi, pourvu que je te le présente !

 

Lundi 17 décembre

 

Qui pourra se libérer de ses pauvres manières et de ses pauvres limites, si toi-même ne l’élèves jusqu’à toi en pureté d’amour, mon Dieu ? (Maxime 39).

Dieu de miséricorde, fais-moi revenir à toi, et je serai sauvé !

 

Mardi 18 décembre

 

Tu ne m’ôteras pas, mon Dieu, ce qu’une fois tu m’as donné en ton Fils unique Jésus-Christ. En lui, tu m’as donné tout ce que je désire. C’est pourquoi je me réjouirai de ce que tu ne tarderas pas, si, moi, j’attends (Maxime 40).

Jésus, tu es mon Sauveur : j’ai confiance en toi !

 

Mercredi 19 décembre

 

L’âme qui aime est douce, humble et patiente (Maxime 45).

Je confie au Seigneur une difficulté face à laquelle je suis tenté par le découragement.

 

Jeudi 20 décembre

 

L’âme qui chemine dans la voie de l’amour ne fatigue pas, et ne se fatigue pas (Maxime 144).

Dans mes relations avec les autres, est-ce bien l’amour qui me pousse à agir ?

 

Vendredi 21 décembre

 

Dieu, pour aimer une âme, ne regarde pas sa grandeur, mais la grandeur de son humilité (Maxime 150).

Seigneur Dieu, tu m’aimes tel que je suis : aide-moi à m’aimer tel que je suis, confiant en ton amour !

 

Samedi 22 décembre

 

Efforce-toi toujours d’avoir Dieu présent et de conserver en toi la pureté que Dieu t’enseigne (Maxime 193).

Au milieu de mes activités de la journée, je fais une pause de quelques instants : « Béni sois-tu, Seigneur, pour ta présence dans ma vie ! »

 

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Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

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07 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Deuxième semaine

Entrer au-dedans de soi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (3, 1-6)

 

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, prince de Galilée, son frère Philippe, prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : « À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. »

 

Méditation

« entrer au-dedans de soi »

 

Voici une semaine que nous sommes entrés en retraite pour ce temps de l’Avent. Il s’agit maintenant pour nous d’avancer sur la route. Mais quelle route allons-nous emprunter ? En citant le prophète Isaïe, Jean Baptiste, dans l’Évangile de ce dimanche, nous parle d’une route qui est « le chemin du Seigneur », c’est-à-dire le chemin sur lequel nous allons marcher pour parvenir jusqu’à la rencontre du Seigneur. Cette route, c’est la route de notre vie : nous pouvons rencontrer le Seigneur ici et maintenant, là où nous sommes. Il n’est pas étranger à notre vie, il n’est pas loin de nous. Cette route peut cependant sembler bien encombrée, car Isaïe nous dit qu’elle a besoin d’être « aplanie ». Dans ma vie, qu’est-ce qui a besoin d’être aplani, rectifié, redressé ?

Il y a d’abord des déformations dans le sens vertical : au lieu d’être bien plane, la route est interrompue par des « ravins », et aussi par des « montagnes » et des « collines ». Dans la méditation et la prière silencieuse, découvrons ce que sont les ravins et les montagnes de notre propre vie. Peut-être s’agit-il par exemple des erreurs d’appréciation que je porte sur moi-même. Tendance à me déprécier moi-même, à trop écouter la mauvaise petite voix qui me répète que je ne suis qu’un incapable, et que je ne mérite que de sombrer dans un ravin… Ou bien, à l’inverse, tendance à faire valoir de façon écrasante – à mes yeux et aux yeux des autres – mes qualités et mes talents : ceux-ci risquent alors de devenir des montagnes qui m’empêchent d’aller plus loin, à la rencontre des autres et de l’Autre… Difficile de porter un juste regard sur nous-mêmes, ni complexé ni orgueilleux ! Pourtant, comme l’écrit Christian de Chergé dans son testament spirituel, « ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre, elle n’en a pas moins non plus ». Ni plus, ni moins : ma vie a juste la valeur qui est la sienne, un trésor aux yeux de Dieu ! Ni plus, ni moins : cette justesse si difficile à atteindre, c’est ce que Jean de la Croix nomme « le centre de l’humilité ».

Mais sur la route de notre vie, il y a aussi des déformations dans le sens horizontal : au lieu d’être bien droite, la route est « tortueuse », « déformée ». C’est que, comme le dit le prophète Jérémie, « le cœur de l’homme est malade et compliqué ». Et il poursuit : « Qui peut le connaître ? Le Seigneur, qui scrute les cœurs et les reins ». Quant au texte de notre Évangile de ce dimanche, il affirme que « tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ». Nous pouvons alors nous demander qui réalisera ces immenses travaux de terrassement ! Comme toujours dans l’Écriture, quand le complément d’agent d’un verbe n’est pas exprimé, c’est que le Seigneur lui-même se cache derrière cette formule discrète. C’est lui-même qui nous attire à sa rencontre, c’est lui-même qui nous délivre de nos entraves, pourvu que nous le lui demandions, pourvu que nous ayons confiance en lui. Ayons le courage, pendant cette semaine, de lui présenter nos voies sans issue, nos voies de perdition, afin qu’il nous en libère.

Enfin, la tradition carmélitaine insiste sur le fait que cette route de la rencontre du Seigneur passe au-dedans de nous. C’est ce que nous dit saint Jean de la Croix dans le texte du Cantique spirituel proposé cette semaine à notre méditation. Il est impossible de passer un seul instant de notre vie sans que le Seigneur ne soit présent en nous, puisqu’il est notre créateur. S’il en était autrement, nous cesserions à l’instant de vivre. Eh bien, puisque le Seigneur est là, il faut nous tourner vers l’intérieur, nous recueillir, afin de le rencontrer au-dedans de nous. Profitons du temps de cette retraite pour nous réserver chaque jour un moment (choisir sa longueur selon nos disponibilités, quitte à sacrifier un loisir ou une activité moins utile !) de prière silencieuse où nous allons nous tourner vers cette présence intérieure du Seigneur en nous. Il faudrait un cadre propice, un endroit silencieux et calme, où nous allons pouvoir nous « poser » un moment. À chacun de choisir aussi un moyen pour orienter le regard intérieur vers le Seigneur : regarder une icône, répéter lentement un verset d’Écriture qui nous a touchés, dire tout simplement au Seigneur ce que nous voulons lui dire… bref, entrer en relation avec lui, qui est présent au-dedans de nous. Une fois ce moment passé, les activités trépidantes du quotidien vont reprendre le dessus et nous faire oublier ce temps de grâce ? Peut-être. Mais en prenant l’ascenseur, en attendant le métro, en passant à la caisse du supermarché, pourquoi ne pas faire une « piqûre de rappel » ? Rien ni personne ne peut m’empêcher alors de fermer les yeux, de me recueillir un instant, et de me tourner silencieusement vers sa présence : « Seigneur, je crois en ta présence en moi. Béni sois-tu pour ta présence en moi ! Découvre-moi ta présence… »

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 6-8)

 

Et pour que cette âme altérée trouve son Époux et s’unisse à lui par union d’amour, autant que cela se peut en cette vie, et pour qu’elle entretienne cette soif par cette goutte qu’elle peut goûter de lui en cette vie, il sera bon, la prenant par la main au nom de son Époux, puisqu’elle le lui demande, que nous lui répondions en lui montrant l’endroit le plus sûr où il est caché, pour qu’elle le trouve sûrement avec la perfection et la saveur qu’on peut avoir en cette vie, et qu’ainsi elle n’erre pas sur les traces des mercenaires.

Il faut donc remarquer que le Verbe Fils de Dieu, avec le Père et l’Esprit Saint est, par essence et par présence, caché dans l’être intime de l’âme ; par conséquent il faut que l’âme qui doit le trouver sorte de toutes choses, selon l’affection et la volonté, et entre en elle-même dans un très grand recueillement, considérant toutes les choses comme si elles n’existaient pas. C’est pour cela que saint Augustin, parlant à Dieu dans les Soliloques, disait : « Je ne te trouvais pas au-dehors, Seigneur, parce qu’au-dehors je te cherchais mal, puisque tu étais au-dedans. »

Dieu est donc caché dans l’âme et c’est là que le bon contemplatif doit le chercher avec amour en disant : « Où t’es-tu caché ? »

Ô âme, la plus belle d’entre toutes les créatures, toi qui désires tant connaître le lieu où se trouve ton Bien-Aimé pour l’y chercher et t’unir à lui, voilà qu’on te dit que tu es toi-même la demeure où il habite, la retraite et le lieu secret où il est caché ; c’est un sujet de grand contentement et de grande joie pour toi de voir que celui qui est ton bien et ton espérance est si près de toi qu’il est en toi ou, pour mieux dire, que tu ne peux exister sans lui. Voici – dit l’Époux – que le royaume de Dieu est au-dedans de vous, et l’apôtre saint Paul, son serviteur, dit : Vous êtes temple de Dieu.

C’est pour l’âme une grande satisfaction de comprendre que Dieu ne s’éloigne jamais de l’âme, même si elle est en péché mortel, à combien plus forte raison si elle est en grâce.

Que peux-tu vouloir de plus, ô âme, et que cherches-tu de plus en dehors de toi, alors qu’au-dedans de toi tu as tes richesse, tes délices, ta satisfaction, ton rassasiement et ton royaume, c’est-à-dire ton Bien-Aimé que désire et recherche ton âme ? Puisque tu le possèdes si proche, réjouis-toi et sois dans l’allégresse avec lui en ton recueillement intérieur ; désire-le là, adore-le là et ne vas pas le chercher loin de toi car tu te distrairais et tu te fatiguerais et tu ne le trouverais ni n’en jouirais plus sûrement, ni plus rapidement, ni plus intimement qu’en toi-même. Il y a seulement une difficulté, c’est que, bien qu’il soit en toi, il est caché. Mais c’est une grande chose que de connaître le lieu où il est caché, pour le chercher avec certitude. Et c’est ce que toi aussi tu demandes ici quand tu dis, avec l’attachement de l’amour : « Où t’es-tu caché ? »

 

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La compagne de route de la semaine

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)

 

Née dans une famille juive, Édith Stein perd la foi pendant son adolescence. Devenue une philosophe de renom, elle fait de la « recherche de la vérité » son unique prière. La lecture du Livre de la Vie de sainte Thérèse d’Avila achève de lui donner la réponse désirée depuis longtemps : la vérité a un Visage, celui de Jésus-Christ. Elle reçoit le baptême en 1922, entre au Carmel de Cologne en 1933. Elle y prend le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Face à la montée du nazisme, elle doit se réfugier dans un Carmel des Pays-Bas, en 1939. Elle y arrêtée en 1942, avant d’être déportée au camp d’extermination de Auschwitz-Birkenau.

Édith naît l’année du troisième centenaire de la mort de saint Jean de la Croix (1891). Elle entre dans la Vie l’année du quatrième centenaire de la naissance de celui-ci (1942). Elle a consacré au Père du Carmel thérésien un ouvrage intitulé Science de la Croix. Passion d’amour de saint Jean de la Croix. Pour accompagner notre propre méditation du Cantique spirituel pendant ce chemin d’Avent, en voici un extrait, dans lequel Édith cherche à nous faire mieux comprendre ce que peut signifier, dans la vie spirituelle, le fait de parler de Dieu et de la personne qui prie comme d’un époux et d’une épouse :

« La tonalité fondamentale du Cantique [spirituel] est caractérisée par la tension qu’éprouve l’âme partagée entre le désir douloureux et l’heureuse découverte de son Bien-Aimé. Ce trait de base a trouvé son expression dans l’image qui domine en même temps le tout, sans considération pour la foule des images particulières qui lui sont ordonnées et subordonnées. Cette image est celle de l’épouse à qui il tarde de voir son Bien-Aimé, qui s’apprête à le chercher et finalement le trouve avec un immense bonheur (…)

Cette image n’est pas une allégorie. Si l’âme est appelée l’épouse de Dieu, il n’y a pas seulement là une relation de ressemblance qui autoriserait de désigner l’une par l’autre. Il existe entre l’objet et son image une unité si étroite qu’il peut à peine être encore question de dualité. C’est précisément ce qui caractérise le symbole dans le sens propre et le plus étroit du terme. La relation de l’âme avec Dieu, telle qu’il l’a prévue de toute éternité comme fin de sa création ne peut en vérité être désignée de façon plus frappante que par l’union matrimoniale. Réciproquement, ce que signifie le terme d’épousailles ne trouve nulle part une réalisation aussi appropriée et aussi parfaite que dans l’union d’amour de Dieu avec l’âme. (…) En se basant sur cette image, les relations matrimoniales des êtres humains peuvent exprimer symboliquement celles de Dieu avec l’âme. Mais contrairement à cette donnée, ce qu’elles sont, en tant que purs rapports humains dans la vie réelle, passe au second plan. La réalité du mariage trouve sa plus haute raison dans le fait qu’il est capable de traduire un mystère divin. »

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 9 décembre

 

Une œuvre pour petite qu’elle soit, faite en secret, sans désir qu’elle soit connue, est plus agréable à Dieu que mille autres, faites avec l’envie que les hommes en aient connaissance (Maxime 26).

 

Sous le regard du Seigneur, je repense à mes actions : Pour qui est-ce que j’agis ? pour qui est-ce que je vis ?

 

Lundi 10 décembre

 

Une seule pensée de l’homme est plus précieuse que tout l’univers : de là vient que Dieu seul en est digne (Maxime 51).

 

Il y a tant de pensées inutiles qui peuvent envahir mon esprit… Aujourd’hui, je m’efforce de leur dire « Stop ! » et de tourner mes pensées vers le Seigneur…

 

Mardi 11 décembre

 

À la fin du jour, c’est sur l’amour que l’on t’examinera. Apprends donc à aimer Dieu comme Il désire l’être, et laisse là ce que tu es (Maxime 80).

 

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs ! Viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles !

 

Mercredi 11 décembre

 

Ne pense pas de quelqu’un qu’il n’est pas agréable aux yeux de Dieu, sous prétexte que tu ne vois pas éclater en lui les vertus auxquelles tu penses : car il peut l’être pour ce à quoi tu ne penses pas (Maxime 82).

 

Je demande au Seigneur de convertir mon regard sur telle personne vis-à-vis de qui j’éprouve des difficultés.

 

Jeudi 12 décembre

 

Prends Dieu comme époux et comme ami, et marche continuellement avec Lui ; par ce moyen tu éviteras le péché, tu sauras aimer, et les choses nécessaires te réussiront heureusement (Maxime 88).

 

Seigneur Dieu, fais-moi la grâce de te choisir pour Ami !

 

Vendredi 13 décembre

 

Considère que Dieu ne règne que dans l’âme paisible et dénuée de la recherche de soi-même (Maxime 91).

 

« Seigneur Jésus, tu nous as dit : ‘Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix’. Donne-nous toujours cette paix ! »

 

Samedi 14 décembre

 

Le Père n’a dit qu’une parole : ce fut son Fils. Et dans un silence éternel il la dit toujours : l’âme aussi doit l’écouter en silence (Maxime 147).

 

Seigneur Jésus, apprends-moi à entendre ta Parole dans l’Écriture, dans les événements, dans les autres…

 

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Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

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02 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Première semaine

Du 2 au 8 décembre

« Se mettre en marche »

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (21, 25-28 ; 34-36)

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »

 

Méditation pour la première semaine

« se mettre en marche »

 

Ce dimanche marque le commencement du temps liturgique de l’Avent, qui est la préparation à la fête de Noël. Il marque aussi le début de l’année liturgique : à partir d’aujourd’hui, et pendant un an, la liturgie va nous faire célébrer l’ensemble des mystères de la vie du Christ. Sa naissance occupe évidemment la première place, du point de vue chronologique. Aussi, nous pourrions tout à fait – avec un peu d’humour ! – nous souhaiter en ce dimanche : « Bonne année ! » Oui, bonne année : qu’elle soit « une année de bienfaits accordée par le Seigneur » (Lc 4, 19) !

Pour nous, cette année, le premier dimanche de l’Avent marque aussi le début d’une retraite spirituelle. En effet, nous avons choisi saint Jean de la Croix comme guide et, avec lui, nous allons cheminer vers la lumière de Bethléem. Sans quitter notre milieu quotidien, nous allons, chaque jour, prendre le temps de méditer la Parole de Dieu, de faire silence sous le regard du Seigneur, de lui confier nos soucis, nos désirs, nos joies. Efforçons d’être fidèles à notre engagement à suivre cette retraite : il en va de la liberté et de la responsabilité de chacun de nous. Sachons que, sans nous voir, nous serons nombreux à suivre ce chemin ensemble : ne manquons pas de prier les uns pour les autres. Cette mystérieuse communion entre nous est un soutien sur lequel nous pouvons nous appuyer.

En ce premier jour de retraite, la liturgie nous offre un extrait de l’Évangile selon saint Luc (Lc 21, 25-28 ; 34-36). Il a peut-être de quoi nous surprendre. Le Seigneur Jésus y parle en effet de cataclysmes terrifiants : signes dans les astres, malheurs s’abattant sur le monde, ébranlement des puissances célestes. Nous voulions nous préparer à Noël, et le Seigneur nous parle de la fin du monde ! En fait, il emploie dans ce discours un langage particulier, que l’on trouve à de nombreuses reprises dans les Écritures. Il s’agit du langage que l’on appelle « apocalyptique ». Ce langage n’est pas celui des scénarios-catastrophe ! « Apocalypse », littéralement, signifie « dévoilement », « révélation ». Le langage apocalyptique sert à nous dévoiler quelque chose de ce qui arrivera à la fin des temps, dans le but de stimuler notre espérance, surtout en temps de crise. C’est comme si le Seigneur nous disait : « Oui, vous aurez bien des difficultés à affronter, mais n’oubliez jamais que je suis votre Sauveur, et que je viens à vous ! » Ainsi, ce passage de l’Évangile oriente notre regard vers la venue du Seigneur, dans sa gloire, à la fin des temps. Sa venue à Bethléem, dans l’humble nuit de Noël, en est l’écho par anticipation.

Alors, nous comprenons mieux pourquoi nous entendons ce difficile passage de l’Évangile au début de notre chemin d’Avent. Le but du chemin de notre vie chrétienne nous y est dévoilé, la raison de la venue du Seigneur à Noël nous y est révélée. Il vient pour notre salut : « Votre rédemption approche ». Et cela ne doit pas nous terroriser, bien au contraire ! Le Seigneur, en nous révélant ainsi le sens de notre existence, nous indique l’attitude à adopter pour nous préparer à accueillir sa venue : « Redressez-vous et relevez la tête », « tenez-vous sur vos gardes », « restez éveillés et priez en tout temps ». Autant de conseils, autant d’appels à la vigilance, que nous pouvons faire nôtres au début de cette retraite d’Avent. Car le Seigneur vient à nous, toujours ! À Noël, nous n’allons pas seulement commémorer le fait que Jésus est venu autrefois. Célébrer Noël, ce n’est pas souffler les bougies du gâteau d’anniversaire de Jésus ! C’est plutôt célébrer sa venue, au présent : cette année, à Noël, Jésus va naître pour notre salut. Aujourd’hui, chaque jour, le Seigneur vient à moi, dans ma vie, là où je suis. Il n’a même jamais cessé de venir vers moi, de m’appeler à le rencontrer. Mais est-ce que je suis attentif à sa venue, à sa présence dans ma vie ? Est-ce que je désire le rencontrer ?

Dans son Cantique spirituel, saint Jean de la Croix nous parle de la prise de conscience douloureuse que « l’âme » fait de ce mystère de la venue de Dieu. Elle prend conscience de sa propre responsabilité dans cette rencontre avec Dieu. Rappelons que « l’âme », dans le langage de Jean de la Croix, c’est la personne humaine, considérée dans sa capacité à se tourner vers Dieu, avec tout ce qu’elle est (corporéité, sensibilité, intelligence, mémoire, volonté, etc. : tout mon être). Pour m’appliquer à moi-même ce que dit Jean de la Croix dans son texte, il me suffit de remplacer « l’âme » par « je » : « Prenant conscience de ce que je dois faire, je vois que brève est la vie… » Eh bien, de quoi est-ce que « l’âme » est en train de se rendre compte, dans ces premières lignes du Cantique spirituel ? En fait, c’est très simple : elle est en train de se rendre compte que sa vie est quelque chose de sérieux, parce que Dieu l’a créée, parce qu’il l’a sauvée. Il en va de sa responsabilité à elle de se tourner ou pas vers Dieu. Et, dès ces premières lignes, le mot le plus important apparaît sous la plume de Jean de la Croix : il s’agit du mot « amour ». « Au seul prix de lui-même, Dieu l’a rachetée, pour cela elle lui doit tous ses efforts et la correspondance d’amour de sa volonté ». Dieu nous aime et désire être aimé de nous. La naissance du Fils de Dieu à Noël n’est motivée que par l’amour qu’il a pour chacun de nous.

La Parole de l’Évangile et la voix de Jean de la Croix s’accordent pour nous interpeller en ce début de retraite. En nous mettant à leur écoute, commençons, cette semaine, par prendre le temps de regarder notre vie sous le regard du Seigneur. Puisque nous avons décidé de suivre cette retraite, il est clair qu’il y a en nous un désir de nous tourner vers le Seigneur, qui est déjà présent dans notre vie. Sous le regard du Seigneur, voyons donc les richesses et les pauvretés qui habitent notre vie en ce moment, ainsi que les désirs et les aspirations qui sont les nôtres. Tout cela, c’est ce qui fait le tissu de notre existence, c’est ce qui se trouve dans notre bagage au moment de partir en retraite pour l’Avent. Maintenant, puisque le Seigneur nous attend, ne perdons plus de temps : mettons-nous en marche !

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 1)

 

L’âme, prenant conscience de ce qu’elle doit faire, voit que brève est la vie, étroit le sentier de la vie éternelle, que le juste a bien du mal à se sauver, que les choses du monde sont vaines et trompeuses, que tout a une fin et s’épuise comme l’eau qui court. Les temps sont incertains, les comptes à rendre rigoureux ; la perdition est très facile, le salut très difficile. Elle reconnaît, d’autre part, la grande dette qu’elle a envers Dieu qui l’a créée pour lui seul, ce pour quoi elle doit le servir sa vie entière. Au seul prix de lui-même, il l’a rachetée, pour cela elle lui doit tous ses efforts et la correspondance d’amour de sa volonté. Elle reconnaît mille autres bienfaits pour lesquels elle se sait l’obligée de Dieu dès avant sa naissance. Une grande partie de sa vie s’en est allée en fumée et de tout cela elle doit rendre compte et raison, du premier acte jusqu’au dernier, sans faire grâce d’un centime, quand Dieu scrutera Jérusalem avec des flambeaux allumés. Déjà il est tard et peut-être est-ce la fin du jour. Pour porter remède à tant de maux et de dommages, et surtout parce qu’elle sent que Dieu s’irrite et se dérobe à elle qui, parmi les créatures, a tant voulu l’oublier, frappée jusqu’au cœur de douleur et d’effroi à la vue d’une telle ruine et d’un si grand péril, elle renonce à toute chose, laisse de côté toute autre affaire, sans tarder ni d’un jour, ni d’une heure. Avec un désir ardent et un gémissement jailli de son cœur déjà blessé d’amour de Dieu, elle se met à implorer son Bien-Aimé :

 

Où t’es-tu caché, Bien-Aimé ?

Tu m’as abandonnée dans les gémissements ;

comme le cerf tu as fui

m’ayant blessée.

Je sortis à ta poursuite en criant, et tu étais parti.

 

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Le compagnon de route de la semaine : Saint Jean de la Croix

 

Chaque semaine, un aîné dans la foi nous rejoindra sur le chemin de notre retraite, afin de nous accompagner. Pendant cette première semaine, il est bon de nous familiariser un peu plus avec celui qui sera notre guide jusqu’à Noël : saint Jean de la Croix. C’est un homme d’une autre époque que nous, c’est un homme d’une autre culture que nous. Mais surtout, comme nous, c’est un croyant qui a désiré rencontrer le Seigneur plus en profondeur, et qui s’est mis en route pour cela. Les différentes étapes de sa vie montrent que cette recherche de Dieu est le dynamisme de son existence (voir le résumé biographique). Quand il le fallait, il fut même capable de faire des choix radicaux pour que le Seigneur soit toujours à la première place dans sa vie. Chaque jour de la semaine, une « maxime spirituelle » tirée de ses œuvres nous sera donnée. Que la méditation de celles-ci, accompagnées de pistes de réflexion, nous éclairent sur la route ! Laissons-nous inspirer aussi par ce premier extrait de son Cantique spirituel, riche de sens spirituel et tellement imprégné de la Parole de Dieu ! Reprenons par exemple, dans notre prière quotidienne, tel passage qui nous aura plus particulièrement touchés, ou l’un des versets de l’Écriture, qui viennent si spontanément sous la plume de Jean ! Que saint Jean de la Croix nous accompagne sur notre chemin d’Avent et intercède pour nous !

 

fr. Anthony-Joseph Pinelli, ocd

 

Prier chaque jour

Maximes de Saint Jean de la Croix pour chaque jour de la semaine

 

Dimanche 2 décembre

 

« Dieu requiert plus de toi le moindre degré de pureté de conscience, que toutes les autres oeuvres que tu puisses faire » (Maxime 18).

Pendant cette retraite, qu’est-ce que je désire demander au Seigneur ?

 

Lundi 3 décembre

 

« Toi, Seigneur, tu reviens, avec allégresse et amour, relever celui qui t’offense ; et moi, je ne reviens pas relever et honorer celui qui n’irrite que moi ! » (Maxime 65).

Je te rends grâce, Seigneur, pour ta miséricorde envers moi ! Apprends-moi à pardonner aussi à ceux qui m’ont fait du mal !

 

Mardi 4 décembre

 

« Seigneur mon Dieu, tu n’es pas distant, toi, de celui qui ne se rend pas distant de toi. Comment peut-on dire que tu t’absentes ? » (Maxime 68)

Béni sois-tu, Seigneur, pour ta présence et ton amour dans ma vie !

 

Mercredi 5 décembre

 

« Ne crois pas que plaire à Dieu consiste en beaucoup d’oeuvres, mais plutôt en ce que les oeuvres se fassent avec une volonté droite » (Maxime 79).

Viens Esprit Saint, en mon coeur ! Rends droit ce qui est faussé !

 

Jeudi 6 décembre

 

« Dans la tribulation, recours promptement à Dieu avec confiance, et ainsi tu seras conforté, illuminé et instruit » (Maxime 86)..

Délivre-moi, Seigneur de ce qui m’entrave et m’empêche d’avancer vers toi ! (Osons confier telle ou telle difficulté particulière au Seigneur).

 

Vendredi 7 décembre

 

« Dans les joies et les goûts, recours promptement à Dieu avec crainte et vérité, et tu ne seras pas trompé ni empêtré de vanité » (Maxime 87)

Quelle est la place que je donne au Seigneur dans ma vie ? Où en suis-je de ma relation avec lui ?

 

Samedi 8 décembre

 

« Celui qui ne cherche pas la croix du Christ, ne cherche pas la gloire du Christ » (Maxime 149).

Quel est le sens que je donne à ma vie ? Quel est le but que je poursuis ?

 

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Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

 

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