30 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Trente-et-unième jour

Le libérateur fidèle des âmes du Purgatoire

 

« Je crois la communion des saints : Credo communionem sanctorum ». Cette profession de foi de notre sainte Mère l'Église catholique, sert de fondement à tout ce que je vais dire de la protection de saint Joseph sur les âmes du Purgatoire. Car dès qu’il est de foi que les saints qui sont dans le ciel peuvent prier pour nous, il est hors de doute également qu’ils peuvent aider de leurs prières les âmes qui souffrent et qui gémissent dans les feux purifiants du Purgatoire, je dis qu'ils peuvent prier et.non pas qu’ils peuvent mériter : distinction à faire. Je ne parlerai pas des grandes nécessités de ces saintes âmes, ni de l'immensité de leurs peines qui, à peu près égales à celles qu’endurent les damnés dans l’enfer, ne sont adoucies que par la certitude où sont ces âmes d’être dans l’amitié de Dieu et le posséder bientôt dans le ciel. Je dis bientôt, mais ce terme ne peut être usité que relativement a l’éternité, puisqu'il est constant que certaines de ces âmes resteront dans ces feux dévorants jusqu’au jour du dernier jugement, à moins que les prières et les bonnes œuvres des fidèles n’abrègent cette durée. Voyez donc comme il importe de prier pour les âmes du purgatoire et d’intéresser en leur faveur Marie la Mère des miséricordes et saint Joseph leur doux Protecteur. Jésus-Christ dont elles sont les épouses sera satisfait de notre zèle à cet égard, et il nous comblera, dès cette vie même, de ses grâces et de ses bénédictions.

Un ancien poète à dit que Dieu logeait les bienheureux dans les Champs-Élysées, comme dans le lieu de leur félicité, afin qu'ils se souvinssent des vivants et des morts, qui n'étaient pas encore auprès d’eux, et qui pourtant leur devaient un jour tenir compagnie. Et Lucas Tudensis avance que si les saints qui étaient morts avant la passion de Jésus Christ, et qui étaient dans le sein d’Abraham ont prié tant pour ceux qui leur survivaient, que pour les justes trépassés qui en avaient besoin, il est Plus évident que ceux de la loi de grâce qui règnent au ciel avec Jésus-Christ, prient non seulement avec plus d’efficacité, que ne le faisaient ceux qui étaient privés de sa me, mais encore avec un si grand avantage, qu’il tient pour certain, qu'ils délivrent par leurs prières et leurs intercessions les uns et les autres des misères qui les accablent. C'est ce qui me fait Conclure, avec le même Docteur, qu’il est très utile de prier les saints pour nous et pour les âmes des défunts. Un texte de l’Apôtre saint Pierre confirme bien cette vérité.

On y voit que ce saint promet aux fidèles, qu’il aura soin après sa mort qu’ils puissent se Souvenir des choses qu’il leur a dites. D‘après l’interprète Calmet, on peut donner ce sens : « J’aurai soin, même après ma mort, de me souvenir de vous, pour intercéder pour vous auprès de Dieu, et lui présenter vos besoins ; c’est du reste le Sens reçu par saint Jeàn Chrysostôme, saint Piere Damien, Salméron, Bellarmin, Suarez er Gagnée. « Ce qui nous apprend, dit notre Maître de Saci, après saint Chrysostôme, à avoir beaucoup de confiance dans les prières et la charité de ces grands hommes, que la mort même ne sépare pas de nous, et qui ont dans le ciel la même charité pour nous que lorsqu’ils vivaient sur la terre ». Ce doit être la une grande consolation pour les fidèles qui peuvent prier saint Joseph pour leurs amis et parents défunts.

Certes, si l’évêque Jonas a pu écrire que saint Pierre, aujourd’hui assis sur un trône de gloire dans le ciel, ne gouverne pas moins l'Église: militante que lorsqu'il en était le chef visible, je suis autorisé à dire que saint Joseph n’est pas moins puissant pour aider les âmes du Purgatoire, qu’il ne l'était pour protéger de son vivant ceux qui s’adressaient à lui à l’effet d’obtenir des grâces du Sauveur. L'Église elle-même convaincue de cette vérité si consolante, a voulu, dit un Ancien, prier les saints avant et après le memento des morts à la Messe, pour témoigner de l’agrément qu'ils ont d’être implorés pour eux et du soin avec lequel ils négocient leur soulagement ou leur délivrance. Jugez, d’après cela, du crédit de saint Joseph qui joint le pouvoir à la volonté en faveur de ces nobles âmes. Sans doute, l'intercession des autres saints est bien utile, bien efficace, bien salutaire pour ces pauvres âmes, hélas ! Trop oubliées, surtout quand on en prie un grand nombre, car, dit Tostat, Dieu est plutôt fléchi par plusieurs qui le supplient, il les écoute plus favorablement qu'il ne le ferait d’un seul ; mais ma conviction est qu’il en est de l’intercession de saint Joseph comme de celle de la très sainte Mère de Dieu, qu'à elle seule elle vaut toutes celles des autres saints qui prient en qualité de serviteurs et d’amis, tandis que saint Joseph prie en Père. Et que pourrait refuser Notre-Seigneur aux prières de celui à qui il doit sa vie humaine en quelque sorte et auquel il fut si soumis sur la terre ? surtout dans une cause qui lui est si agréable, puisqu’il s’agit de lui rendre ses épouses qui gémissent loin de lui dans les sombres cachots du Purgatoire.

Gerson, ce Saint et savant Chancelier de Paris, comme le nomme le Père Jean Grasset, de la Compagnie de Jésus, Gerson estime que le jour où le mariage de saint Joseph avec la bienheureuse Vierge eut lieu, les saints de l’ancien Testament qui étaient aux limbes, eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité ; qu’ils en furent joyeux, car leur rédemption approchait. Il est à croire, ajoute cet incomparable Docteur, cet Oracle, dit encore Grasset, que plusieurs des prisonniers du purgatoire en furent délivrés et élargis, en l’honneur et faveur de ce joyeux saint et glorieux mariage. Au surplus, conclut-il, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en rapportons les biens et les aumônes de grâce et de pardon , de spirituelle joie et de dévotion. C’est encore le sentiment de ce Docteur, que chaque fois que nous faisons mémoire des , fêtes de la très sainte Vierge et de saint Joseph, nous pouvons soulager les âmes du purgatoire, en leur appliquant cette bonne œuvre per modum Suffragii.

Un bon moyen pour obtenir un grand soulagement ou une prompte délivrance lorsque nous serons nous—même dans les feux purifiants du purgatoire, c’est d’assister de tout notre pouvoir ces pauvres âmes qui à ce moment y sont détenues. Une fois qu’elles seront dans le ciel où il n'y a plus d’ingratitude, où la charité est dans sa perfection, elles prieront à leur tour pour nous.

D’autre part, il importe pour nous, que nous vivions de manière à ne pas passer par le purgatoire, ou à n’y demeurer que peu de temps. « Étrange oubli de notre foi ! s’écrie le.vénérable Curé de Saint Sulpice. Nous savons que les peines du purgatoire seront le châtiment de toute parole contre la vérité, contre la charité ou l'humilité, de tout acte de sensualité et de recherche de nous-même, de toutes les saillies de l'humeur, de toutes les complaisances de la vérité, de tous les moments perdus ou mal employés, et malgré cela nous nous les permettons ! Quelle folie de s’exposer pour si peu à de si grands châtiments, et de nous permettre si facilement ce qui doit avoir pour nous des suites terribles ».

Il en coûte sans doute pour mener une vie vraiment chrétienne et qui puisse nous exempter du purgatoire. Mais que dit la prudence ? que de deux maux, il faut toujours choisir le moindre. Saint Joseph, d'ailleurs, a fort à cœur que pour que nous l’honorions dignement, nous vivions saintement. Donc serrons-nous auprès de la sainte Croix de Jésus-Christ. « Tous, il me semble, écrit Gerson, aune personne tentée, tous désirent être avec Jésus-Christ; mais peu veulent suivre la vie de Jésus-Christ... Le grand nombre des hommes charnels souhaitent de longs jours, et les voluptés de la terre; leur regard oublie le ciel, ils ne songent pas combien vite ils seront enlevés... Restez auprès du Dieu crucifié, et ne vous séparez pas de son amour; montez sur l'arbre de la croix, vous verrez Jésus qui va devant, et vous prépare l’éternelle vie. C’est la voie, marchez y. La voie de la croix est notre voie ; voie des élus, voie du petit nombre ; voie amère, voie salutaire, voie courte, voie droite ; voie de la peine, voie de la perfection. C’est, dis-je, la voie de la croix, mais elle mène à la gloire... Hors de la croix point de salut ; sans la croix, on n’arrive point au trône, si nous cherchons une autre voie, nous nous trompons et nous courons à notre perte ; en voulant fuir la croix, nous tomberons au lac où brûlent la poix et le soufre ».

Ainsi tout notre bonheur et l’espoir d’échapper au purgatoire est dans notre amour pour Dieu et notre fidélité à la Croix du Sauveur. Saint Joseph lui-même a vécu en ce monde dans le renoncement, l’esprit de sacrifice et de travail ; pas d'autre voie pour nous.

 

Exemple

 

Un religieux de saint Augustin apparut après sa mort à l’un de ses frères et lui dit : « Réjouissez-vous et ne priez plus pour moi, car Dieu m’a délivré du purgatoire à cause de la dévotion spéciale que j’ai professée toute ma vie envers le grand saint Joseph. Je vous déclare que ce saint, en qualité de père putatif de Jésus-Christ, a un grand pouvoir sur lui ». (Saint Alphonse de Liguori).


Adresse à saint Joseph en faveur des âmes du Purgatoire

 

Très saint Joseph, lorsque votre âme bénie descendit aux limbes où se trouvaient réunis tous les justes de l’ancienne loi, oh ! de quelle allégresse ils durent tressaillir. Lorsque vous parûtes au milieu d’eux, ils commencèrent à entonner le cantique de leur délivrance et bénirent mille fois votre présence qui rafraîchissait l'ardeur de leurs tourments. Père bien-aimé, il existe encore un séjour de douleurs, où des milliers d’âmes dont plusieurs qui vécurent avec nous ici-bas sont retenues' captives, loin de Dieu qu’elles ont aimé et après lequel elles soupirent. Votre Cœur qui le sait, qui les contemple, ne pourra être insensible à leurs maux qui sont extrêmes. C’est pour ces âmes que nous vous crions miséricorde ! Pitié ! Secours ! et tout spécialement pour l’âme de N. Témoignez leur, ô fidèle et puissant Protecteur, tout l’intérêt paternel et tout l’amour dont est capable votre Cœur si généreux. Et, pour nous, aidez-nous à mener une vie si pure et si pénitente, que nous méritions après notre mort d'être exemptés du purgatoire, ou de n’y faire qu'un court séjour, qui sera toujours bien long par les peines immenses et diversifiées qu’un Dieu jaloux fait souffrir à ses épouses. Ainsi soit-il.

 

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Pieux rendez-vous dans le cœur virginal de Saint Joseph

 

Il est, après le culte des sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, une dévotion qui est la plus précieuse, la plus féconde en bénédictions, la plus salutaire pour les âmes, que le ciel agrée infiniment, que l'enfer déteste souverainement, que le monde devrait embrasser fervemment. c’est celle du Cœur très-pur de saint Joseph, né sans péché parce qu’il fut sanctifié dans le sein de sa mère, après sa conception, Comme l’enseigne le bienheureux Docteur Gerson. Quand même nous n’apprendrions pas de cet incomparable Serviteur de saint Joseph, que toutes les grandeurs de cet illustre Patriarche, renfermées dans ses deux qualités d’Epoux de Marie et de Père putatif de Jésus, nous invitent à l’honorer, que les bontés de son cœur nous convient à nous confier en lui ; que sa fidélité à nous secourir nous provoque a l’invoquer souvent, il suffit d’entendre la sainte Église, notre Mère, qui nous engage à nous adresser au Cœur de saint Joseph dans toutes nos nécessités.

Nous ne devons pas craindre d’être repoussés par ce grand Saint, car puisque, d’après la Bible de la Vierge Immaculée, ce saint époux fut semblable à Marie, son auguste épouse, on peut dire de lui comme de la bienheureuse Vierge, qu’il est tout amour et toute compassion pour les hommes faibles, misérables et pécheurs.

Mais le moyen le plus puissant pour nous concilier les tendresses et la protection de saint Joseph, c’est la dévotion et le culte de son très saint Cœur, Cœur si étroitement uni au Cœur immaculé de Marie et au Cœur adorable de Jésus, qu'on peut dire qu’ils sont inséparables, et que les trois ne font qu’un. Le Seigneur, dans sa miséricorde inépuisable, nous réservait en ces jours où l’horizon s'assombrit, où le ciel semble gros de tempêtes, où le monde penche vers sa ruine, cette dévotion si belle et si consolante, comme une planche de salut dans le naufrage ; afin que par elle nous puissions éviter les périls imminents qui nous menacent, et sauver notre pauvre âme pour l'éternité.

Si nous aimons véritablement Saint Joseph pour l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, la considération des perfections de son très saint Cœur sera peut-être le plus puissant motif pour. nous porter à l’honorer avec une sincère dévotion, et à placer en lui notre confiance. Ecoutons à ce sujet un docte et pieux chanoine.

« Après le Cœur adorable de Jésus et le Cœur immaculé de Marie, dit l'éminent écrivain, il n’est pas de Cœur plus digne de notre vénération et de notre amour que le Cœur très-pur de saint Joseph, orné de tous les dons les plus sublimes de la nature et de la grâce, créé exprès par l'adorable Trinité pour être uni par les liens aussi étroits qu’indissolubles au très saint Cœur de Marie, dont il a été aimé d’un amour particulier, et qui, après celui de Marie, a été mis en communication plus directe qu’aucun autre avec le Cœur sacré de Jésus, puisqu’en le portant si souvent dans ses bras, il a eu l'insigne privilège de presser son Cœur de fils contre son propre Cœur de père. Et d'ailleurs, quelle union ! quelles communications ! quelles correspondances ! quel échange d’indicibles sentiments entre ce Cœur et ceux de Jésus et de Marie, pendant les trente années qu'ils vécurent ensemble, Joseph étant époux et père, Marie mère et épouse, Jésus l’auguste fils de l’un et de l’autre ».

D’après ces données, ne craignons plus d’être bien dévots au très Saint Cœur du Bienheureux Joseph. Saluons-le et vénérons-le comme un Cœur cher à l’adorable Trinité, à Jésus et à Marie, aux Anges et aux Saints, et à nous, misérables pécheurs, considérons-le comme le digne sujet de nos pensées, de nos affections et de nos désirs, comme la belle et florissante école où nous voulons désormais étudier la science du saint amour. Comme le repos de l’adorable Trinité, la joie du Père, les plaisirs du Fils et les délices du Saint-Esprit ; Comme un sanctuaire de toute pureté, fermé aux créatures et ouvert à Dieu seul ; Comme un vase d’élection dont aucune souillure n’a terni le brillant éclat ; Comme une source vive de piété et de lumière qu’il recevait dans la contemplation, et qu’il communique aux âmes intérieures ; Comme une fidèle image du Véritable soleil de justice, Jésus-Christ ; comme le miroir mystique des contemplatifs et de toutes les âmes qui tendent à l’union divine ; comme la couronne des dons du ciel et un firmament parsemé des étoiles des vertus ; comme un rayon très pur de la divinité, qui fait découvrir à ceux qui le considèrent bien un monde de merveilles ; comme l’abrégé dès infinies perfections de Dieu, où nous pouvons les étudier toutes ; comme une verdoyante prairie, que le Saint Esprit lui-même a émaillée de fleurs ; comme l’ornement des Patriarches et des Prophètes, dont la gloire resplendit sur eux tous ; comme la retraite de toutes les Vertus, qui y exhalaient une odeur suave à la divinité ; comme, le véritable paradis de Dieu, toujours fermé aux démons ; comme le livre dans lequel le Fils de. Dieu lisait les volontés de son Père ; comme un foyer d’amour et de miséricorde pour tous les malheureux ; comme la clef d’or qui a le pouvoir de nous ouvrir tous les trésors célestes ; comme la solitude bénie où nous pouvons consacrer nos jours au service de Jésus-Christ ; comme un petit nid où nous devons vivre jet mourir en repos ; comme la porte de la bienheureuse félicité, par laquelle nous aurons accès auprès de Dieu ; enfin, considérons-le ainsi sous une infinité de symboles et de figures qui nous aideront à former une idée, bien imparfaite sans doute, mais digne, autant qu'il est possible à de faibles mortels, du plus grand Saint qui fut jamais après la bienheureuse Vierge, et qui nous provoquera nécessairement par une douce violence à honorer et faire honorer de toutes nos forces ce Cœur béni, conjointement avec les Cœurs de Jésus et de Marie.

Recommandons à tous la dévotion au Cœur très-pur de saint Joseph, surtout aux âmes affligées, et à celles qui éprouvent des difficultés pour la méditation et la prière. Le Cœur de saint Joseph, pour me servir d’une pensée de saint Bonaventure, était un lieu d’oraison et tout pénétré des eaux célestes de la grâce. Également aussi à tous ceux qui sont dépourvus des biens temporels et qui gémissent sous le poids des misères de la vie. Ceux-là, s’ils prient le Cœur de saint Joseph avec confiance, obtiendront toujours quelques secours même temporels de la divine et douce Providence, dont le Seigneur l’a constitué comme l’économe et le dispensateur, selon que s‘exprime saint Bonaventure.

Également, enfin, aux pauvres pécheurs, je dis pauvres, car par le péché mortel ils ont perdu la sainte grâce de Dieu, le plus précieux de tous les trésors. Oui, que ces malheureux viennent frapper. par la prière au Cœur très-miséricordieux dé saint Joseph, qui les aidera à retrouver cette grâce divine, d’un prix infini ! Car, dit encore mon très saint maître Bonaventure, par saint Joseph comme par la bienheureuse Vierge Marie, on retrouve Jésus-Christ et sa grâce, Per Joseph et Mariam invenitur Christus.

Quant à la pratique de la dévotion et du culte du Cœur de saint Joseph, un cœur chrétien, pieux et éclairé, saura toujours bien ce qu’il convient de faire. La dévotion et le culte du cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge, proportion gardée, lui servira de direction et la doctrine de l'Église sur: le culte des saints, de règle. Mais, soit que le serviteur de saint Joseph honore le Cœur de ce grand Saint, soit qu’il s’emploie à le faire honorer par les autres, il faut qu'il s'attende à souffrir des persécutions, parce que, avons-nous dit, l'enfer abhorre souverainement la dévotion au Cœur de saint Joseph. Mais la promesse consolante que Notre-Seigneur a faite à une sainte âme, qu'il comblerait de grâces très particulières, toutes les personnes qui seraient affectionnées au Cœur très-pur de saint Joseph, doit bien encourager à cette douce et consolante dévotion.

 

Exemples

 

Je termine par deux traits à l'appui de ce qui vient d‘être dit : Le père Élie des Trois-Cœurs, atteint d'une maladie très grave à la gorge, se voyant abandonné des médecins les plus habiles, et au moment de mourir, eut la bonne inspiration de recourir au Cœur très pur de saint Joseph ; à peine sa prière était-elle terminée, qu’il se trouva immédiatement et parfaitement guéri. Plein de reconnaissance pour son glorieux Protecteur, le père Élie, avec l’autorisation de ses supérieurs, fit vœu de voyager pendant cinq ans pour propager la dévotion à saint Joseph. Mais le démon le tourmenta d’une singulière manière. En 1843 il vint à Marseille. Il quêtait alors pour faire bâtir à Rome une chapelle au chaste Époux de Marie. La nuit de Noël, comme on allait le réveiller ; pour le conduire à l’église, on trouva sa chambre fermée à clé. Après avoir longtemps frappé à la porte, qu’il n'ouvrait pas, on se mit à l’enfoncer, et on trouva le père Élie étendu par terre, sans parole et sans vie. On le transporta à l’hôpital où il demeura,plusieurs heures sans pouvoir parler. A force d'instance on put enfin obtenir quelques paroles ou plutôt quelques mots entrecoupés et à voix basse. On ne comprit autre chose, sinon que le démon, furieux de voir qu’il répandait partout la dévotion à saint Joseph, l’avait roué de coups. Son corps brisé et incapable de se mouvoir, était en proie à d’atroces douleurs. Cependant, à la longue, son mal disparut et il put recouvrer ses forces. Il ne s’en servit que pour propager avec plus d'ardeur la dévotion au Cœur de saint Joseph.

Un écrivain dévoué à la cause du bienheureux saint Joseph, s’était proposé de recommander fortement la dévotion au Cœur très-pur de ce glorieux Patriarche. Durant qu'il travaillait, son espoir en la bonté de ce très-saint Cœur semblait augmenter; mais il se vit bientôt éprouvé d’une manière bien extraordinaire. On eût dit que tous les démons conspiraient contre lui, et bouleversaient tous les éléments pour le faire souffrir et le faire se désister de son entreprise. Toutefois, comme il était rempli d’une sainte confiance dans le Cœur du bienheureux Joseph, il persévéra ; et pour s’animer, il se disait à lui-même : « Que m’adviendra-t-il après tous ces maux ? Sans aucun doute les bénédictions du Cœur de saint Joseph. Pourvu que la dévotion et le culte de ce très saint Cœur fleurissent dans l’Église pour le bien des âmes, que m’importe le reste ; j’abandonne tout entre les mains de saint Joseph, je fais ses affaires, il fera les miennes, mais de lâcher prise au démon jamais ! »

Encore une fois, soyons pleins de générosité et de courage pour répandre en tous lieux la dévotion au Cœur très doux de saint Joseph ; en retour il bénira nos chers défunts, nos parents, nos amis et nos enfants ; il bénira notre Patrie, hélas ! encore si malade !.. Jésus l’a dit : « Je comblerai de mes faveurs les âmes spécialement dévotes à saint Joseph, et qui s’efforceront de propager le culte de son Cœur, sur lequel reposais avec délices ».

 

Vivent à jamais les Saints Cœurs de Jésus, Marie et Joseph !

 

Fin du Mois du Cœur de Saint Joseph

 

Prochain mois de dévotion : le Mois de Marie de Maria d'Agreda, rendez-vous le 29 avril

 

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29 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Trentième jour

Saint Joseph, protecteur des agonisants

 

Comme tous les hommes doivent mourir, tous ont un très grand intérêt à se préparer à la mort par les moyens que la divine Sagesse recommande dans l’Évangile, la vigilance et la prière ; et aussi à se ménager des protecteurs pour cet instant suprême et définitif, d’où dépend une éternité heureuse ou malheureuse. Ô mon Seigneur et mon Dieu, combien, hélas ! Sont surpris pour ne s’être pas précautionnés à l’avance. Certes ce n’est pas la faute de Notre Seigneur qui, non content de donner à tous tant d’avertissements salutaires, et de répéter dans l'Évangile cette grave sentence, met à la disposition de tous, les moyens de terminer saintement sa vie en mourant dans son saint amour.

Après l’assistance de Marie très sainte, que les Saints nomment la Patronne des mourants, que le très«docte Juste Lipse qualifie du beau titre de Patronne dans les périls, dans les chagrins et toutes les douleurs qui nous assiègent jusqu’à la fin de la vie, nulle protection ne nous sera plus salutaire que celle de Joseph, le Patron et l'Avocat fidèle des mourants, le Soutien et l’Appui des agonisants, le Vainqueur des démons qui attaquent alors l’âme prête à paraître devant le Juge souverain.

Certainement, saint Joseph dont le pouvoir est sans bornes auprès du Tout Puissant, son Fils adoptif, sera toujours exaucé par lui, lorsqu’il le priera pour les pauvres agonisants dont les âmes lui ont coûté tant de travaux, de fatigues, de peines. D'autre part, ce bon Saint ne pourra jamais refuser ses, secours aux moribonds qui l’invoqueront avec foi, confiance et fidélité. S’il a sauvé le Chef des persécutions du cruel Hérode, pourquoi ne s’efforcerait-il pas de soustraire les chrétiens, membres de ce divin Chef, aux attaques du démon figuré par Hérode ? C'est alors surtout, qu'ils sont en un danger si grand, si évident de périr pour jamais, et par la même de perdre les fruits précieux de la Rédemption opérée par le Christ, à laquelle saint Joseph lui-même a pris une si bonne part, qu‘il importe de prier pour eux ce Saint ! Douteriez-vous de ces choses ?

Écoutez les Docteurs : Le Christ entre en Egypte, dit Novarin, mais conduit par Joseph : sachons que si le salut nous est accordé, nous le devrons en grande partie à saint Joseph. Les Égyptiens figuraient les gentils, et Joseph leur a mené Jésus, qui est le salut de tous. Ah ! Il mérite bien d'être comparé au patriarche qui, dans la langue des Égyptiens, est appelé Sauveur du monde. Un autre interprète, Escobar, sur ces paroles de l’Évangile : « N'est-ce pas le fils de ce charpentier ?, dit : « Si le fils est charpentier, il a dû faire la porte du ciel, afin que les hommes pussent y entrer ; Joseph l’ouvrira à tous ses dévots dont il aura été en un sens ainsi le père nourricier sur la terre ». Mais voici le pieux Bernardin de Bustis qui vient couronner ces données si consolantes. Il écrit : « Le Christ possède excellemment les clés du Paradis, comme il était prédit, comme il l’a fait entendre après sa glorieuse résurrection. La clé, ici, c'est la puissance ; or, l‘une de ces clés fut donnée à la Vierge Mère de Dieu, et l’autre à Joseph, son Père nourricier, afin qu’ils puissent introduire tous leurs fidèles serviteurs dans le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix ». Ces belles paroles sont littéralement reproduites.

Saint Joseph est donc le Protecteur certain des agonisants, parce qu’il est le meilleur des amis, qu’il sait ce que valent les âmes par ce qu’elles ont coûté à Jésus ; qu’il a reçu lui-même, dans les derniers instants de sa sainte vie, les secours les plus désirables, ainsi que les plus ineffables consolations de Jésus et de Marie ; qu’il peut obtenir ce qu’il veut à ses clients.

Saint François de Sales vint un jour à Annecy pour consacrer l'église de la Visitation. La supérieure du monastère témoigna le désir qu’une des six chapelles fût dédiée à saint Joseph. Alors une religieuse, favorisée de lumières surnaturelles, la supplia de la consacrer à saint Joseph mourant. « Dieu m'a fait connaître, dit-elle, que par la dévotion à saint Joseph expirant, il voulait, dans sa miséricorde infinie, accorder d’abondantes grâces aux agonisants ».

L’Église l’appelle le Triomphateur de l‘enfer. Il est la terreur des démons, se pourrait-il qu’il manquât alors à sa mission. Oh ! non, n’ayons aucune crainte, au contraire,‘ranimons notre confiance, son assistance nous est assurée pour notre heure dernière, il combattra avec nous et pour nous, et il nous assurera la victoire. Écoutons encore l’Église qui, dans un Hymme consacré à ce Saint, chante : « Quiconque désire terminer dans la joie le cours de sa vie, qu’il prie saint Joseph de. le couvrir de sa protection ». ô grand Saint ! dans l'incertitude où je suis de ne pouvoir vous prier à l’instant de ma mort, je vous abandonne dès à présent le soin de mon âme, conservez-la alors dans l’amitié de Notre Seigneur, défendez-la alors contre les attaques des démons, alors recevez-la dans vos bras paternels ; et comme vous avez sauvé mon Sauveur de la mort temporelle, en le portant dans vos bras en Egypte ; de même sauvez mon âme, en la guidant et la portant vous-même dans le ciel, afin que la, exempte de toute crainte de perdre Dieu, assurée de le posséder à jamais, heureuse du bonheur de Dieu même, elle vous témoigne sa reconnaissance dans l'assemblée des anges et des saints glorifiés.

Nous oublions trop, nous autres, de prier pour les pauvres agonisants, dont le nombre d'environ cent mille expirent chaque jour, quelques-uns sans doute pour la vie éternelle, mais combien, hélas ! pour l’enfer. Ah ! Cette pensée seule fait frissonner le cœur et glace d'épouvante l'âme qui a la loi. C‘est.pourtant la faire l’œuvre la plus belle, la plus grande et la plus chère à Notre Seigneur.

Par nos prières ou par nos soins, secondés de la grâce divine, nous avons converti un pécheur, c'est si grand, si noble, si divin, qu’un Apôtre ne fait pas difficulté d'avancer que, par cette œuvre seule, nous avons couvert la multitude de nos crimes. Mais ce pécheur revenu à Dieu, nous ne savons s’il persévérera, quoique Dieu nous tiendra toujours compte de notre acte miséricordieux, tandis que si, par nos prières ferventes et assidues, unies aux mérites de Jésus-Christ, a l'intercession de Marie, de saint Joseph, des bons Anges et des Saints, comme aussi par nos avis salutaires aux mourants, nous avons été assez heureux pour en faire expirer dans la grâce de Dieu, leur sort est dès lors fixé, et leur salut éternel assuré pour jamais. Quel bonheur pour ces âmes, quelle gloire pour Jésus-Christ, quel puissant motif pour nous d'espérer en sa bonté, à notre heure dernière.

Si j’insiste tant sur ce point, c’est surtout parce qu'il est des moribonds qui se trouvent absolument privés de tout. secours spirituel. Un bon livre dressé a cette fin d'aider les malades à bien mourir, est un trésor sans prix : « Le Prêtre auprès des Malades », par le père Stub, Barnabite, atteint ce but. Ils ont bien des parents et des amis, mais où sont ils ? les parents et les amis de ce monde fuient les moribonds. S’ils sont là présents, qu'y font-ils ? ils compatissent, il est vrai, au pauvre mourant qui souffre et se débat peut-être dans les étreintes de l’ange de la mort ; ils pleurent même cette personne qui leur était bien chère, mais s’occupent-ils un peu de son âme, de son éternel avenir ? lui inspirent-ils au moins une pensée de foi, de confiance en Dieu, un acte d’amour pour ce Dieu qui va être l’arbitre suprême de son sort, hélas ! non, non ! Oh ! que cette indifférence pour les pauvres mourants, est digne de larmes, digne d’un deuil universel, digne, enfin, de tous les gémissements de toute la Nature. « O pitié ! s’écriait le Saint Chancelier Gerson, vous pleurez un corps que l’on porte en terre, et vous ne pleurez pas une âme que personne n’accompagne, que ses œuvres, qui s’en va seule ou avec l'Ange gardien, ou avec le démon dans la maison de son Eternité ! et d’où elle ne reviendra plus qu’au jour des grandes assises.

Nous qui vivons encore, prévenons notre heure dernière par une vie chrétienne et sainte, et si nous avons été pécheurs criminels, par une pénitence continuelle, par les gémissements et les larmes. Gravons bien avant dans notre cœur cet avis, fruit d’une grande expérience des hommes et des choses, si pleins d'une haute philosophie, d’une. éminente sagesse, d’une piété solide et éclairée, que nous donne le même Jean Gerson, dans l’Imitation de Jésus-Christ.

Ne vous fiez point sur vos proches et Vos amis, et ne différez point à faire votre salut ; parce que les hommes vous auront bien plus tôt oublié que vous ne pensez. Il vaut bien mieux pourvoir de bonne heure à la sûreté de votre salut, et faire passer au ciel devant Vous vos bonnes œuvres, que de vous en reposer sur le soin des autres. Un temps viendra que vous souhaiterez, je ne dis pas un jour mais une seule heure pour vous corriger, et je ne sais si vous-l’obtiendrez. Âme chrétienne, considérez de quel péril et de quelle frayeur vous pouvez vous tirer, si vous vivez toujours dans la crainte et l’appréhension de la mort... La,mort emporte tous les hommes, et leur vie s’enfuit comme l’ombre. Qui se souviendra de vous après votre mort, et qui priera pour vous ? Faites, faites maintenant, mon cher frère. tout ce que Vous pouvez faire, puisque vous ne savez pas quand vous montrez, ni ce qui vous doit arriver après votre mort. Amassez des richesses immortelles, pendant que vous en avez le temps. Ne vous appliquez qu’à votre salut, et ne pensez qu’aux choses de Dieu. Faites-vous maintenant des amis, honorant les saints, et imitant leur actions, afin qu’après votre mort ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger, à qui toutes les affaires du monde sont indifférentes. Conservez votre cœur toujours libre et élevé en Dieu, parce que vous n’avez pas ici de demeure stable, offrez-lui sans cesse vos prières, vos gémissements et vos larmes, afin que votre esprit après cette vie passe heureusement au repos du ciel. Ainsi soit-il.

Ce bienheureux Docteur suivait les conseils qu’il nous donne : il vécut toujours en pèlerin qui marche vers la patrie céleste, avec cette admirable devise,qu’il répétait sans cesse : « le cœur en haut ». Longtemps avant sa sainte mort, il avait fait son testament, qu’il appelait testament du pèlerin, qui contient la substance du chapitre de l’Imitation précédemment cité. Dans une lettre aux Chartreux, pour leur demander à l’avance leurs suffrages, il leur rappelle le texte cité tout à l’heure dans l’Imitation.

Une telle préparation de toute la vie, soutenue paru ne conduite pure et sainte, disposa ce grand homme et illustre serviteur de Dieu à la plus sainte mort. Si souvent il avait prié saint Joseph de l’aider en ce redoutable passage du temps à l’éternité, il avait si bien imité cet insigne Patriarche et Protecteur dés mourants, qu’il proposait ordinairement au culte des fidèles sous cette. dernière dénomination, qu’il eut le bonheur ineffable de mourir comme saint Joseph dans un acte pur d’amour de Dieu et par l'effet de cet amour même. Ne doutez pas que saint Joseph et les saints Anges n’aient accompagné cette belle âme au paradis. C‘est le sentiment du savant et Saint cardinal Bona et de saint François de Sales, qui professaient pour Gerson une estime, je dirai un culte particulier, comme on le voit par ce qu’ils en ont écrit.

 

Exemples

 

Le bienheureux Alexis de Salo, prédicateur Capucin, d’une science et d'une piété angéliques, admirateur et surtout imitateur de Gerson, couronna une vie pleine de mérites par une mort pleine de douceur. Un peu avant d’expirer, il pria l’un de ses frères qui l'assistaient d’allumer plusieurs bougies, ceux-ci étonnés de cette demande, voulurent en savoir la raison. « C'est, répondit le bienheureux, que Notre Dame avec son époux saint Joseph devant venir me visiter dans quelques moments, il est de toute convenance qu'ils soient accueillis l’un et l'autre avec tout le respect possible ». Un instant après, on put reconnaître que déjà cette glorieuse visite avait lieu, car le moribond s‘écria plein de joie : « Voilà la Reine du ciel, voilà saint Joseph ! mettez-vous à genoux, mes Pères, pour les recevoir dignement ». Mais ce fut lui qui recueillit les premiers fruits de la présence de Marie et de Joseph, car à l’instant il rendit son âme entre leurs mains. C’était le dix-neuf mars, consacré à saint Joseph.

« J’ai beaucoup redouté la mort, disait sur son lit de douleur Mgr Douarre, évêque d’Amata; aujourd’hui je ne la crains plus. Il y a dix mois que je la considère dans ma méditation, et vingt-cinq ans que je récite journellement une prière à saint Joseph pour qu’il m'obtienne la grâce de bien mourir ».

 

Prière au Cœur de saint Joseph pour les agonisants

 

O très aimable saint Joseph, qui avez eu le bonheur ineffable de mourir dans l’exercice du plus parfait amour de Dieu, et d’avoir présents à votre mort Jésus et Marie, environnés de troupes angéliques, ayez compassion de ceux de nos frères et de celles de nos sœurs qui soutiennent, en ce moment, la lutte de la dernière agonie. Ouvrez leur votre Cœur miséricordieux, jetez sur leurs âmes un regard de bonté, recommandez-les au Sauveur. Faites les triompher de tous les ennemis spirituels dans le moment suprême et décisif, et aidez-les à mourir dans l’amitié de Jésus et de Marie. Cette grâce, ô tendre Père et fidèle Protecteur, je vous la demande pour moi quand je serai arrivé à ce même instant solennel. Alors, au souvenir du peu que je fais pour propager votre gloire et votre culte, venez m’assister et me défendre au tribunal de Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

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28 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Semaine Sainte

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Dimanche 29 mars

La Passion de Benoîte

 

C’est aujourd’hui le dimanche des Rameaux et de la Passion de Jésus, que nous lisons en entier pendant la messe. La Passion et la mort de Jésus nous renvoie à nos propres souffrances et aux souffrances de l’humanité. Elle nous renvoie à tous ceux qui, comme saint Paul, revivent à leur manière la Passion du Christ. « J’achève dans ma chair ce qui manque à la Passion du Christ » écrit saint Paul.

La Passion du Christ nous renvoie aussi à la Passion de Benoîte si bien décrite par les Manuscrits du Laus. « Je lui demande, écrit Gaillard, ce qu’elle aimait mieux souffrir, si elle avait eu le choix, les tourments des démons ou les stigmates. Elle me répond, les larmes aux yeux avec un grand soupir : les stigmates, parce qu’après cette épreuve elle avait son temps libre ; alors que la persécution des démons est continuelle et ne lui donne presque pas un jour de repos ; ne sachant jamais quand cela va se produire, elle vit dans l’angoisse à cause de l’incertitude du temps et du mal qu’ils lui feront. Mais puisque Dieu le veut ainsi, elle se consacre entièrement à sa volonté et à celle de Marie, sa très chère Mère. Que Dieu fasse d’elle tout ce qui sera dans son bon plaisir, qu’elle ne veut que ce qui lui plaît et qu’elle le prie de lui faire grâce de ne pas l’offenser : ce qu’elle appréhende le plus ; que c’est une des plus grandes faveurs qu’il puisse lui faire. De plus, elle est bien aise de souffrir après que Dieu lui ai fait miséricorde. Outre qu’elle en est accablée de douleur, et ne peut s’en consoler, elle souffre encore extrêmement du corps. Le sieur Peythieu a vu le cœur lui manquer plus de cent fois, quand Dieu est offensé par des vœux extraordinaires, surtout par des ecclésiastiques et d’autres personnes consacrées à Dieu, hommes et femmes. D’autres fois se voyant presque mourir elle disait : « Mon Dieu, le cœur me manque, ne m’abandonnez pas entièrement, je me jette dans les bras de votre Providence divine dont je relève entièrement ». »

Dans son traité sur la mortification et la souffrance de Benoîte, Gaillard écrit : « Elle a commencé ses souffrances dès son enfance, elles n’ont cessé d’augmenter toujours et ne finiront qu’avec sa vie ». Elle est toute à tous et toute à chacun en particulier. Elle souffre avec tous ceux qui souffrent sans qu’on puisse exprimer la douleur qu’elle a dans l’âme et qu’elle n’ose dire à personne.

 

Lundi 30 mars

Lundi Saint

 

Des parfums de Béthanie aux parfums du Laus

 

Dans l’évangile de ce Lundi Saint, Jésus vint à Béthanie. Marie prit un parfum très pur et le versa sur les pieds de Jésus. La maison fut remplie par l’odeur du parfum.

À Pindreau, la Vierge Marie avait dit à Benoîte : « Allez au Laus, vous y trouverez une petite chapelle d’où sortiront de bonnes odeurs ». En arrivant à la chapelle de Bon Rencontre, Benoîte est enivrée par ces parfums qui l’imprègnent chaque fois que la Vierge lui apparaît. Elle a dit que l’odeur des anges est plus grande pour les uns que pour les autres. Pour l’odeur de Marie elle surpasse toute les odeurs de ces créatures… » L’odeur du Christ qui lui inspire d’aller à la Croix d’Avançon est « une odeur très odoriférante qui surpasse de beaucoup celle de Marie ». Il y a en encore davantage : « Le corps de Benoîte lui-même et tous ses vêtements exhalent tous ces parfums qui sont si délicieux qu’ils embaument tous ceux qui l’approchent. » C’est à partir de Pâques 1666 que nous avons des témoignages de personnes qui ressentent ces parfums.

Voici celui de François Grimaud : « L’illustre et révérend Monseigneur Pierre Marion, évêque et comte de Gap, est allé célébrer la messe au Laus, avec tous ceux de sa maison, qui s’y confessèrent et communièrent tous. Étant informé de sa visite, il m’arriva quelque chose que je me cru obligé de faire savoir : alors que j’inscrivais des messes votives devant la chapelle, j’ai senti une odeur si suave pendant sept à huit minutes, que de ma vie je n’ai rien senti de pareil. Cela me causa une satisfaction si grande que je fus hors de moi-même ».

« Le 31 janvier 1688 la Mère de Dieu parle à Benoîte dans sa sainte chapelle et la remplit d’une odeur inconcevable. » « Le 24 mars1690, l’église fut tellement embaumée de cette odeur céleste que chacun en était charmé. » « On a observé en ce mois de mars qu’il ne s’est passé aucune semaine sans que l’église ait été embaumée par cette odeur céleste, jusqu’au mois de mai ».

Après la mort de Benoîte jusqu’à nos jours, nombreux sont les témoignages de cette expérience des parfums. Pour s’en convaincre il suffit de parcourir le livre de René Humetz, Enquête sur les parfums de Notre-Dame du Laus, édité en avril 2008 aux éditions du Sarment. On le trouve à la librairie du Laus.

 

Mardi 31 mars

Mardi Saint

 

De la trahison de Judas et du reniement de Pierre... à la Croix d’Avançon

 

La trahison de Judas et le reniement de Pierre dans l’Évangile de ce jour nous conduisent au mystère de la Passion de Jésus qui trouvera son sommet sur la Croix du Calvaire. Voilà pourquoi cet Évangile de saint Jean nous prépare à vivre et à célébrer la Croix du Vendredi Saint… Nous nous rendons avec lui et Benoîte à la Croix d’Avançon en 1669 où elle eut les deux premières visions du Christ crucifié.

« Benoîte est comme attirée depuis sa chambre par une odeur suave qui la conduit au pied de la Croix d’Avançon. Elle y voit pour la première fois le Christ crucifié qui lui donne le sens et le pourquoi de cette apparition : Il ne souffre plus ainsi à présent, mais c’est pour lui faire voir ce qu’il a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. » Depuis ce jour là, Benoîte, attirée par cette croix s’y rend régulièrement, pieds nus, été comme hiver, trois fois par semaine, les mercredis, vendredis, et samedis, jours où elle jeûne. Elle y passe des heures entières en prière.

La deuxième apparition de 1669 va impressionner Benoîte si fortement qu’elle serait morte de douleur si elle avait duré plus longtemps. C’est une préparation à la troisième vision de 1673 et à la crucifixion mystique qui en découlera. Voici les textes de Gaillard dans les manuscrits : « Jésus lui apparut deux fois tout sanglant à la Croix en lui disant : ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux. La croix était toute sanglante, les anges étaient à genou au pied de la croix, lui disant beaucoup de choses des souffrances de Jésus. Si cette vision avait duré plus longtemps cette bonne fille serait morte de douleur.Quand Dieu voulait lui apparaître à la croix, il lui inspirait dans sa chambre d’y aller, en sentant une odeur très odoriférante qui surpassait de beaucoup celle de Marie : ce qu’il fit plusieurs fois. »

Demandons la grâce aujourd’hui, par l’intercession de Notre Dame du Laus et de Benoîte de mieux voir nous aussi ce que Jésus a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. Ce qu’il a souffert pour nous, son amour pour nous.

 

Mercredi 1er avril

Mercredi Saint

 

« Le Seigneur m’a ouvert l’oreille »

 

Dans la lecture de ce Mercredi Saint, tirée du livre d’Isaïe il est écrit : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille ». Lorsque nous écoutons les paroles de Jésus en Croix dans l’Évangile ainsi que  les paroles qu’il a fait entendre à Benoîte au cours de ses cinq apparitions à la Croix d’Avançon, le Seigneur nous ouvre l’oreille.

À la première apparition il lui dit : « Ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux ». En 1673 il lui dit : « Je me fais voir dans cet état afin que vous participiez aux douleurs de ma Passion ». En 1674, c’est l’ange qui lui dit devant Jésus tout sanglant : « Voilà ce qu’a souffert votre Père et le mien ! Ne voulez vous pas souffrir pour l’amour de Lui ! »

En novembre 1679, il n’y a pas de paroles mais il est dit : « Jésus lui apparut, encore une fois, tout sanglant et perça son cœur de tant de compassion que durant six mois, elle fut inconsolable. »

Laissons l’Esprit Saint nous ouvrir les oreilles et nous toucher le cœur devant une telle expérience.

 

Jeudi 2 avril

Jeudi Saint

 

L’institution de l’Eucharistie et l’estime que Benoîte lui portait

 

En ce Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie, saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens nous transmet ce qu’il a reçu de la tradition qui vient du Seigneur : « La nuit même où il était livré, le Seigneur prit du pain, puis ayant rendu grâce il dit : « Ceci est mon corps qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après cela il fit de même avec la coupe… »

Benoîte avait un sens très profond de l’Eucharistie qui provenait probablement de sa familiarité avec Marie que le Pape Jean-Paul II appelle « la femme eucharistique ». En voici la preuve avec une conversation qu’elle eut avec un ermite.

Ce texte est d’autant plus précieux qu’il nous livre des paroles de Benoîte qui sont assez rares dans les manuscrits : « Un solitaire demande à Benoîte s’il ne fallait pas mieux prier Dieu dans sa chambre que d’aller à la messe. « Non, dit-elle car le sacrifice de la messe est d’un mérite infini ; il n’est qu’un et il est commun au prêtre et à ceux qui l’entendent et qui doivent y unir leur cœur, leur intention, leur volonté à la sienne, tout au long de la messe. Mais mon bon frère, ne sortez-vous pas de votre cellule pour une raison qui me saute aux yeux, ne sortez-vous pas de votre cellule pour chercher de quoi vivre ? Ne courez-vous pas ici où là, où l’on se dissipe le plus souvent pour ne pas être toujours recueilli en soi-même ? C’est à vous et non pas à moi de juger tout ce qui se passe dans votre intérieur, d’en faire un sérieux examen et de réfléchir sur les complaisances, les soumissions, les bassesses qu’il faut faire dans le monde à ceux qui vous font du bien, où le plus souvent, Dieu peut-être offensé. Je vous demande pardon mon frère, de la liberté que j’ai prise de vous répondre sur la demande que vous m’avez faite. Car ce n’est pas à moi, une simple fille idiote de vous parler de choses que vous savez mieux que moi ». »

On trouve également ce passage important concernant la Communion spirituelle : De Benoîte à un religieux : « Ceux qui ne reçoivent pas son corps réellement, peuvent le recevoir spirituellement, pour participer au sacrifice de la messe, comme le faisaient les Pères du désert, ces fameux et illustres anachorètes Antoine, Hilaron et d’autres ». Quant à sa foi, elle est immense dans la présence réelle du Saint Sacrement : « Cette bonne fille a tant de foi et de vénération pour le Saint Sacrement de l’autel, qu’elle dit souvent que pourvu qu’elle soit dans l’église où le Saint sacrement repose et où il est exposé, si tout l’enfer venait, il ne pourrait l’épouvanter ».

Avons-nous assez d’estime pour l’Eucharistie jusqu’à nous déplacer afin de participer à la messe? Car : « Le sacrifice de la messe est d’un mérite infini ».

 

Vendredi 3 avril

Vendredi Saint

 

Le mystère de la croix et la crucifixion mystique de Benoîte

 

En ce Vendredi Saint, nous écoutons le récit de la Passion de Jésus selon saint Jean. Nous prions à toutes les grandes intentions de la prière universelle, pour tous les hommes pour lequel le Christ s’est livré et nous vénérons la Croix : « Voilà le bois de la Croix qui a porté le salut du monde ». Nous sommes conduits de nouveau à la Croix d’Avançon et invités à méditer le récit de l’apparition du Christ crucifié à Benoîte qui est à l’origine de sa crucifixion mystique.

C’est le prêtre Jean Peythieu qui nous rapporte cet événement majeur dans la vie de Benoîte : « La plus célèbre de ces apparitions a été de notre Seigneur Jésus Christ sur une croix en l’année 1673, au mois de juillet, un vendredi. Benoîte moissonnait avec quelques personnes et en présence de quelques étrangers, dans une terre qui était à la chapelle, lorsque par un mouvement divin elle vit notre Divin Sauveur tout ensanglanté qui lui dit : « Ma fille, je me fais voir dans cet état afin que vous participiez aux douleurs de ma Passion ». Et ce qui est merveilleux c’est que, depuis, elle était crucifiée tous les vendredis : son corps étendu en forme de croix, ses pieds l’un sur l’autre, ses doigts tant soit peu fermés et rétrécis aussi, moins pliables qu’une barre de fer.

Mais en échange des ces grandes douleurs elle était très souvent visitée par la Reine de l’Univers qui la laissa dans cette souffrance jusqu’à ce que nous commençâmes à bâtir. Alors, la très digne Mère lui apparut et dit : « Vous n’aurez plus les souffrances du vendredi, vous êtes nécessaire pour distribuer les vivres à cette grande quantité d’hommes et de jeunesse qui viendront des villages pour creuser les fondations et préparer l’emplacement du logement des prêtres. Les prêtres, eux, ne sont pas disponibles parce qu’ils confessent. » Fait admirable, parmi les ouvriers qui étaient quelque fois au nombre de cent ou cent vingt de tout âge et de tout sexe, on n’a entendu aucune parole injurieuse ou malhonnête. Cela dura pendant les deux années de travaux ».

Nous avons à vivre à notre manière notre propre crucifixion mystique. Si, comme le disait le pape Jean Paul II à une assemblée de prêtres et de religieux « dans les difficultés de notre vie quotidienne, nous unissons nos souffrances à celles du Christ crucifié, nous sommes unis immédiatement à la Puissance de sa Résurrection et à la force animatrice de son Esprit ».

 

Nota Bene : ce jour, commence la Neuvaine à la Miséricorde Divine, retrouvez-là en cliquant ICI

 

Samedi 4 avril

Samedi Saint

La veillée au tombeau

La mort et le tombeau de Benoîte

 

Aujourd’hui, samedi Saint, nous demeurons auprès du tombeau du Seigneur et méditons dans le silence et la prière sa Passion et sa mort attendant dans l’espérance la Nuit de sa Résurrection. Alors éclatera la joie de Pâques. Pour nous y aider nous pouvons nous rendre dans la chambre de Benoîte et auprès de son tombeau où son corps repose depuis la fin décembre 1718 dans l’attente de sa résurrection et de la nôtre.

C’est grâce à une lettre du Père Jean-Baptiste Royère à François Malaval, le saint mystique et aveugle de Marseille, que nous connaissons les derniers instants et la mort de Benoîte : « Le mercredi, jour des Innocents, elle nous pria de dire une grande messe pour elle. Ce fut Monsieur l’abbé Poligny qui voulut la dire. Après quoi nous sommes allés la visiter et elle nous dit qu’elle allait mourir. L’après midi nous lui avons donné l’extrême onction qu’elle demandait depuis plusieurs jours. Elle se confessa aussi et se fit laver les pieds et les mains ; quand ce fut l’onction des oreilles Monsieur le Supérieur lui dit : « sœur Benoîte, défaites vous que nous fassions l’onction des oreilles ». Elle répondit : « Elles en ont tant écouté ! » Quand elle reçut les dernier sacrement elle fut toute consolée, n’attendant plus que cet heureux moment où son âme devrait se séparer de son corps. Je m’approchai alors d’elle et lui fit prononcer plusieurs fois le nom de Jésus et de Marie, et je lui présentai le crucifix qu’elle prit entre ses mains tenant la bouche collée contre les pieds de son divin époux.

« Ma bonne sœur, lui dis-je alors, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas leur donner votre bénédiction ». Elle répondit : « C’est à la Bonne Mère à nous la donner » et tout aussitôt elle sortit la main du lit et nous dit : « Je vous la donne bien volontiers mes Bons Pères ». Elle s’en excusa par respect. Cependant elle ne voulu pas nous refuser cette consolation. Nous nous réunîmes pour dire nos offices en attendant de revenir avec elle toute la nuit. Mais Dieu en ordonna autrement. Sur les huit heures elle dit adieu à ses nièces, à Mr le Prieur, à toute la Compagnie. Elle dit qu’on alluma son cierge ; elle demanda à Mr le Prieur de lui faire la recommandation de l’âme ; elle dit : « La mort vient comme un larron sans crier gare ».

Elle dit à sa filleule Benoîte et à sa chère Isabelle de dire les litanies de l’Enfant Jésus et aussitôt, levant les yeux au ciel, entre les bras de sa nièce et la venue des Anges qu’on reconnut à son visage riant, elle décéda joyeusement, et son âme, selon qu’on peut le croire pieusement, fut portée au ciel par les Esprits Bienheureux. »

Dès lors, le corps de Benoîte repose dans son tombeau dans le chœur de la Basilique devant la chapelle de Bon Rencontre et le Saint Sacrement, près de la lampe à huile du sanctuaire et de l’autel où la messe est célébrée chaque jour. Sur la pierre est gravé : « Tombeau de la sœur benoîte, morte en odeur de sainteté, 1718 »

Nous n’oublions pas pour terminer la prédiction de la Vierge sur l’avenir du Laus faite en 1679 : « La Mère de Dieu confirme à Benoîte ce que l’Ange lui avait dit au commencement de la dévotion du Laus : qu’elle serait plus grande après sa mort… parce que ses ossements feraient des miracles ; que les personnes infirmes y viendront de toutes parts et de bien loin pour guérir et guériront… » Nous en sommes témoins !

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Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à vous tous...!!!!

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

7 San Giuseppe

Vingt-neuvième jour

Le précurseur des Prêtres

 

Le Prêtre a quelques rapports avec saint Joseph ! qu'il est bon de résumer ici, pour leur montrer combien ils ont de motifs d’être dévots à ce Saint, et à quels titres ils doivent compter sur ses secours. D'abord saint Joseph a été choisi par la Providence pour être le père nourricier, le coopérateur du Christ dans l'œuvre de notre salut. Il l’a attiré du ciel par ses prières, l’a adoré .à sa naissance avec un respect infini, l’a offert au Seigneur dans le temple de Jérusalem, l’a sauvé en le délivrant des poursuites du roi Hérode, et l‘a fait croître par ses soins et ses travaux ; j'ajouterai que Joseph était un homme de prière, qu’il récitait souvent avec une piété angélique le Psautier divin de son illustre aïeul David. Je n'ai pas besoin de faire l'application de toutes ces choses aux prêtres; car il ne m'appartient pas de faire la leçon à mes maîtres, à mes pédagogues, et je me tiens pour infiniment honoré de leurs avis qui ne sont autres que ceux mêmes du Seigneur Jésus, résidant en leurs personnes pour instruire, édifier et diriger les fidèles confiés à leur paternelle sollicitude.

Saint Joseph a touché quelquefois le Sauveur en le portant dans ses bras, le reposant sur sa poitrine ; et le prêtre combien de fois ne le touche-t-il pas à l'autel, le recevant chaque jour dans son cœur ? Saint Joseph a offert au père Éternel les prémices du sang de Jésus-Christ dans la circoncision ; et le prêtre fait tous les jours la même fonction, il offre le sang du Christ pour le salut.du monde. Saint Joseph a donné l'Enfant-Dieu aux adorations des bergers et des rois-mages ; et le prêtre le donne aussi aux fidèles, non-seulement en l’offrant à leurs adorations, mais en leur distribuant son très saint Corps.

Mais c’est principalement pour la génération spirituelle des âmes, que saint Joseph devient l’exemplaire du prêtre. Ecoutez le très saint abbé Ollier : « C’est aux prêtres surtout, dans lesquels Dieu réside en sa plénitude et en sa fécondité pure et vierge, à se conduire sur le modèle du grand saint Joseph à l’égard des enfants qu’ils engendrent à Dieu. Ce grand Saint conduisait et dirigeait 1’Enfant Jésus dans l’esprit de son Père, sa douceur, sa sagesse, sa prudence, ainsi devons-nous faire de tous les membres de Jésus-Christ qui nous sont confiés et qui sont d’autres Christs, en sorte que nous devons les traiter avec le même respect, que saint Joseph traitait l’Enfant Jésus ». Saint Joseph a précédé les Apôtres et. les prêtres dans leur ministère, en portant le Christ dans l’Egypte et en y détruisant, par la même, le culte des idoles. Une ancienne tradition veut que lorsqu'il entra dans ce pays, tous ces simulacres tombèrent et furent brisés. Ce qu’on peut dire de plus vrai, selon Calmet, est que Jésus-Christ par sa présence dans l’Egypte, commença à y détruire l’empire du démon et de l'idolâtrie, qui y fut entièrement ruinée dans la suite par la prédication des Apôtres.

La Glose ordinaire de la Bible au même endroit, remarque que-saint Joseph est la figure des prédicateurs qui portent le Christ avec sa mère, c’est-à-dire la. foi du Christ et de l'Église aux gentils, après avoir laissé Hérode, c’est-à-dire les juifs infidèles, Saint Hilaire a fait la même observation, comme aussi, le père Lauret. Le Père de la Conception dit également : « Ceux qui portent le Christ, c'est-à-dire l’Évangile, dans les plages lointaines, comme Paul, ce vase d'élection, le portait aux gentils, sont Symbolisés par Joseph, le père nourricier du même Jésus-Christ qui le porta tantôt en Egypte, tantôt en Judée. Tant d'autorités prises parmi une infinité d’autres que j’ai sous les yeux, démontrent clairement que saint Joseph est le patron et le protecteur des Prêtres qui s'emploient à la prédication, des missionnaires enfin. De plus, il est également le patron et le protecteur des Préfets, parce qu’il gouverna pendant de longues années avec une incroyable sollicitude, une vigilance continuelle et une sagesse admirable, dans les circonstances les plus graves, les plus pénibles et les plus délicates, les deux plus saintes personnes qui furent jamais sur la terre, Jésus et Marie. Les Évêques donc qui ont une mission si grande et si difficile à remplir, pourront s'adresser avec confiance à saint Joseph, qui viendra à leur secours avec le plus vif empressement.

 

Exemple

 

Saint Joseph éclairé, comme il l‘est, des lumières de l’Esprit Saint, connaît parfaitement la dignité sainte, hors ligne, et divine du Prêtre et de l’Évêque, serai-je donc téméraire de dire qu’il se tiendra pour honoré d’être prié par eux et de les assister dans leurs nécessités ? On lit dans le Tableau des divines faveurs accordées à saint Joseph, par le père Binet, corrigé tout récemment par le père Jennesse aux, de la même compagnie de Jésus, ce qui suit, extrait fidèlement : Le savant Chancelier de Paris, Jean Gerson, admire un trait de la dévotion d’un chanoine de Chartres, qui est à la vérité bien remarquable. Ce pieux chanoine avait mis la main à un fort bel ouvrage sur les privilèges de saint Joseph, et sur le mariage virginal de ce glorieux Patriarche avec Notre-Dame. La mort qui rompt si souvent les projets humains, brisa ce précieux travail, et nous en ravit la moitié pour le moins. Mais afin de remédier à ce mal, qui ne fut pas imprévu au bon serviteur de Dieu, il trouva deux expédients que sa dévotion lui inspira sur la fin de sa vie. En premier lieu il fit écrire au pieux Jean Gerson, dont il avait été le disciple, et qui était une perle de bonté de son siècle. Il le suppliait très-humblement de vouloir bien, ou achever son ouvrage, ou en faire un nouveau, employant toutes les ressources de son esprit pour louer dignement le saint Époux de Notre Dame.

En second lieu, il laissa par testament à l'Église de Chartres une certaine somme, afin que les vénérables chanoines tissent tous les ans une fête solennelle en l'honneur du glorieux saint Joseph, et qu’ils se rappelassent ainsi le souvenir des rares vertus de cet admirable Patriarche, et le soin qu‘il avait en de sauver dignement Jésus et Marie. Tel fut l'objet qu'il voulut pour le repos de son âme, sachant bien que les fêtes des saints sont utiles aux défunts, lorsqu'elles sont célébrées à cette intention. Gerson composa lui-même un office, et une messe pour cette fête au commencement du quinzième siècle.

Le pieux et saint Chancelier, après avoir loué et admiré la dévotion du chanoine Henri, veut bien nous en exposer les motifs. Il avait donc choisi saint Joseph pour patron et pour avocat, parce que l’ayant de son côté, il aurait aussi sa sainte Épouse et son Fils béni, et qu’il regardait son salut comme assuré s’il était assisté de Joseph, de Marie et de Jésus. De plus, il croyait que saint Joseph était le patron des chanoines et leur modèle, cette pensée étonne d’abord : car quel rapport d'un rabot à une aumusse, d'un charpentier a un homme d’Église, aussi ne faut-il pas prendre la chose de ce biais. Mais, disait le pieux Henri, Joseph ne faisait autre chose jour et nuit que penser à Jésus et à Marie : il les servait incessamment avec une dévotion remplie d'une joie cordiale ; il n’avait d'autre objet que Jésus et Marie ; tout son emploi n'était qu’avec Jésus, pour Jésus, et à sa gloire seule... Il priait avec eux, il allait au temple avec eux; disons mieux sa maison était un temple. Notre-Dame était l’autel ; sur, son Cœur reposait Jésus-Christ, relique vivante, vrai Saint-Sacrement, où l'humanité servait de voile à la divinité...

Or, poursuivait le dévot client de l’Époux de Marie, voilà justement la vie d’un saint chanoine ; son principal emploi est de chanter jour et nuit les louanges de Jésus et de Marie, et d'offrir tous les matins un sacrifice à Dieu le Père, par les mains de la Vierge Marie, leur adorable Fils Jésus-Christ. De plus, le chanoine exemplaire n’a d’autre Vue que Jésus et Marie, il ne veut avoir de compagnie dans sa maison que Jésus et Marie. Ce qu'il a de bien il l’emploie, autant qu’il le peut, à leur honneur et à nourrir Jésus-Christ, dans la personne de ses pauvres. il use sa vie dans le temple, ne cessant d’y rendre quelque service à la majesté du grand Dieu..... Heureux donc le prêtre qui a choisi l’Époux de la Vierge pour protecteur et pour modèle ! Heureux le Pasteur des âmes, le pêcheur d’homme qui sert Jésus et Marie avec le même zèle, le même esprit de foi, le même amour dont Joseph les servait sur la terre, conclut le saint Jésuite.

 

Le Psaume du prêtre à saint Joseph

(Imité du psautier de saint Bonaventure)

 

Je bénirai en tout temps le Conservateur de mon Sauveur ;

je mettrai mon bonheur à lui témoigner toujours ma reconnaissance.

Ses louanges seront toujours dans ma bouche :

tout ce qui est en moi contribuera à sa gloire.

Mon amour pour lui ne sera rassasié

que lorsque je serai témoin de son triomphe.

Faites-en de même (semble dire le prêtre aux fidèles)

vous tous qui avez ressenti son puissant secours,

qui, par lui, avez été délivrés de tant de périls.

Il vous remplira de toutes sortes de biens :

et vous éprouverez qu‘on ne l’invoque point en vain dans les peines.

Le ciel et la terre sont remplis des grâces de sa douceur :

les œuvres de son amour sont partagées à tous les mortels.

Ainsi, de quelque côté que nous portions nos regards, ô bienheureux Joseph,

nous trouvons partout les preuves touchantes de votre amour paternel.

Souvenez-vous de nous et conduisez le Pasteur et ses brebis

aux ondes pures de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

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27 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-huitième jour

Le modèle accompli des instituteurs

 

Je tiens d’autant plus à offrir saint Joseph pour protecteur aux instituteurs et aux institutrices, que leurs fonctions sont toujours très délicates, très pénibles et assez mal rétribuées. Il faut tant de qualités, tant de ressources et surtout tant de vertu pour être instituteur de l’enfance, qu’en vérité j’en suis saisi, étonné, stupéfait ! Et je crois que ce n’est pas trop que le ciel se mette avec les hommes de cœur, de talent et de foi chrétienne pour en former un qui soit accompli, au moins capable de remplir dignement cette tâche si laborieuse, si importante par les conséquences d'une portée infinie.

De quoi s'agit-il, en effet, pour l‘instituteur ? d’ébaucher, de façonner, de former des hommes. Dieu en l’appelant à cette grande, noble et périlleuse vocation, a semblé lui dire : « Prenez soin de ces enfants ; donnez-leur l’instruction et le bon exemple, nourrissez leur âme du pain de la vérité, éclairez leur intelligence et formez leur cœur ; perfectionnez mon image que j’ai gravée en eux. Leurs inclinations, leurs vertus ou leurs vices, leur influence bonne ou mauvaise sur leurs contemporains, dépendra en partie de vos soins ou de votre négligence, comme aussi des soins ou de la négligence de leurs parents. Je vous demanderai un compte d’autant plus rigoureux de ces enfants, qu’ils sont un dépôt infiniment précieux, comme aussi je vous récompenserai amplement du zèle, de la vigilance et des soins que vous. aurez employés pour eux ». Certains sont encore sous cette influence funeste que nous a léguée l’esprit philosophique du siècle dernier, que nous naissons méchants ! Sans doute nous naissons avec le germe des vices et des vertus, mais nous ne sommes alors ni méchants ni bons. Ce qui nous rend tels, plus tard, c‘est la mauvaise ou la bonne instruction et surtout l‘éducation que nos parents et nos maîtres nous donnent. D’où il suit que l’enfant élevé par des parents chrétiens et des maîtres chrétiens, sera autrement formé, plus vertueux, meilleur que l‘enfant confié à des mains impies, même simplement incapables.

Certes, je ne veux pas donner ici de préceptes aux Maîtres sages, intelligents et vertueux qui me liront ; ce serait de ma part une présomption inqualifiable, je tiens seulement à leur montrer, et aux parents, combien il importe pour les enfants qu’ils reçoivent dès leur premier âge une instruction et une éducation capables de les incliner à l’honnêteté, à la politesse, à la vertu pour toute la vie.

Quand on observe la plupart des hommes, on sent avec une peine navrante, qu’ils ne sont pas ce qu’ils auraient pu devenir, par ce que quelques uns sont devenus. Ont-ils même des qualités éminentes, nous leur voyons avec d’autant plus de regret certains défauts qui forment avec celles-ci un contraste choquant, et qui semblent appartenir moins essentiellement au fond même du caractère. Le mot : « Quel dommage ! » nous échappe en parlant de ceux que nous admirons le plus, et peut-être est-il susceptible de s’appliquer à tout le monde. Mais comment exprimer sa douleur quand on voit à côté de cela une infinité d’hommes pervers, méchants, cruels, pour n’avoir pas été bien élevés : « Ah ! quel malheur ! » dit-on, oui sans doute, c’est le plus grand des malheurs, d’autant plus qu’il est irréparable, comme je l’ai prouvé ailleurs par les Livres Saints, surtout dans mon ouvrage Femimiana.

Je dis donc aux mères, aux instituteurs et aux institutrices : « A vous le devoir de perfectionner le genre humain. En formant cet enfant, vous gouvernez peut-être le monde ; vous devenez ou sa vie morale ou sa complète corruption, selon les principes avec lesquels vous l’instruisez et vous faites l'éducation de son cœur. Voyez ce que le monde d’alors vous devra de bénédictions ou d’anathèmes, de reconnaissance ou de haine, parce qu’il aura reçu de vous, par l'esprit d'instruction et d'éducation que vous aurez légué à la postérité dans la personne de vos enfants.

C’est surtout en ce qui concerne l’instruction et l’éducation des petites filles, que j’appelle l’attention des institutrices et des mères. Les premiers éléments ont pour elles une portée immense. Ces filles deviendront mères, et à leur tour formeront des hommes, d’autres mères, qui se succéderont dans ce rôle ; mais si ces filles ont été mal instruites, mal élevées, mal dirigées, elles deviendront le supplice de leurs maris, le tourment de la famille, la honte et l’0pprobre de la société. On parle de révolutions, d'émeutes, de crimes dans l’Etat ; la femme impie, frivole, cruelle, en est la cause principale. C'est la une vérité capitale contre laquelle personne ne peut prescrire. De la femme le salut ou la perte des nations !

Instituteurs, institutrices et jeunes mères, prenez pour modèles, si vous voulez l’avoir pour protecteur, le bienheureux Joseph dans sa manière d’instruire et d'élever le saint Enfant Jésus. Faites suivant ce parfait modèle. Comme lui traitez l'enfance avec respect, amour et vigilance. Ne considérez pas les enfants selon la nature, car il arriverait que leurs défauts physiques ou moraux vous repousseraient, ralentiraient.vos soins; mais considérez-les selon la foi et la religion, comme étant les membres et les frères du Christ, les temples de l’Esprit-Saint, les héritiers de la gloire éternelle pour laquelle vous les devez préparer. Apprenez-leur à connaître, aimer et servir Dieu, leur Créateur ; Jésus, leur Sauveur. le Saint-Esprit, leur sanctificateur, et généralement tous les devoirs qu’ils ont à remplir vis-à-vis eux-mêmes et le prochain.

Croyez-le bien, votre dévouement ne sera pas sans fruit ni sans récompense. Jésus-Christ tiendra pour fait à lui-même ce que vous aurez fait à l'un de ces petits. Les parents vous béniront. si quelques-uns se montraient ingrats, car c’est souvent la récompense qui attend ces vrais Amis de l’enfance, surtout ces bons Frères des écoles chrétiennes et ces saintes Filles de la charité et autres, qui renoncent à toutes les jouissances de la famille pour instruire les enfants, dont les services d'une valeur infinie devraient être plus appréciés et mieux payés, hé bien, alors votre conscience vous rendant un bon témoignage, et Dieu qui a vu vos efforts persévérants, vous en dédommageront amplement par un moyen quelconque/ Priez saint Joseph de vous obtenir abondamment l'esprit d'un véritable instituteur de l’enfance, dont il fut doué lui-même à un si haut degré, et de vous secourir dans toutes les circonstances difficiles de l’enseignement.

On ne saurait douter de l'empressement de saint Joseph à aider les instituteurs et les institutrices de l'enfance dans leurs pénibles fonctions, quand ils l’en prient avec foi, et même alors a les guérir dans leurs maladies, s’il plaît au Seigneur. La protection de ce grand Saint n’est pas moins assurée aux petits enfants pour lesquels leurs maîtres ou maîtresses implorent son très-puissant secours.

 

Exemples

 

Un petit garçon d’un asile avait bien mal aux yeux depuis longtemps, et depuis quatre jours, il était resté sans voir la lumière, la sœur avait inspiré à ces tout jeunes enfants une tendre dévotion à l’auguste époux de Marie ; l’enfant pria .si bien saint Joseph à la maison paternelle, qu’au bout de quelques jours le mal disparut complètement à la stupéfaction des voisins et de la sœur elle-même.

Nous extrayons ce qui suit de la dévotion à saint Joseph inspirée à la jeunesse par le très Révérend père Huguet, l‘infatigable propagateur du culte de saint Joseph : Une Sœur converse était chargée d’une classe gratuite fréquentée par de petites filles pauvres. Cette bonne sœur, très dévote à saint Joseph, se faisait un devoir d’inspirer à ses élèves les sentiments qui l’animaient. Il ne se passait pas de semaine qu’elle n'eût un mot à leur dire en l'honneur du saint époux de Marie. Arriva le mois de Mars. La pieuse maîtresse, voulant bien fêter saint Joseph pendant le mois consacré à son culte, recourut à toutes sortes d’industries pour entretenir la dévotion de ses enfants. Une des industries qu'elle mit en œuvre, dès les premiers jours, ce fut de leur faire écrire de petites lettres à saint Joseph. « Vous direz, mes enfants, au bon saint Joseph, ajouta-t-elle, tout ce que vous voudrez ; que chacune réfléchisse en son particulier sur les demandes qu’elle a à lui faire, puis elle les écrira comme elle l’entendra. Quand les lettres Seront faites, vous me les remettrez, et je les déposerai cachetées au pied de sa statue, elles y resteront jusqu’à la fin du mois ». La maîtresse fut obéie, les lettres ingénieusement cachetées furent déposées sur le piédestal de la statue de saint Joseph. Le mois de mars se passa dans cette classe d'une manière exemplaire. Ensuite les lettres furent ouvertes. Rien ne peut s’imaginer de plus édifiant que ce qu’elles contenaient. En voici quelques-unes qui avaient été écrites par des enfants de dix à onze ans : « Grand saint Joseph, écrivait l’une, je vous en prie, bénissez mon père et ma mère, obtenez-leur les grâces dont ils ont besoin pour faire leur salut ». La petite fille qui écrivait cela n'avait pas dix ans. Une autre disait : « Mon glorieux protecteur, priez pour ma famille, faites y régner l’union qui était dans la vôtre. Vous savez bien que j’ai des parents qui sont un peu en désaccord; faites qu’ils s’aiment davantage et qu’ils se pardonnent mutuellement ».

Remarquons, en passant, que cette demande fut pleinement exaucée ; elle le fut avant la fin du mois. Une autre enfant écrivait a saint Joseph : « Grand protecteur des mourants, obtenez à tous mes parents, je vous en supplie, la grâce d'une bonne mort, et qu’ils reçoivent tous les derniers sacrements quand le bon Dieu viendra les chercher ». Une autre, plus jeune que la précédente : « Mon bon père saint Joseph, vous savez bien pourquoi je vous écris et ce que je désire le plus, c’est que tous mes parents fassent leurs Pâques, qu’ils servent bien le bon Dieu pour mériter d’aller le voir au ciel, mais pas encore. Faites aussi, mon bon père, que nos vers à soie aillent bien cette année, que nous ayons des pommes de terre et un peu de blé. Pour obtenir ces grâces, je chanterai tous les jours votre cantique, je dirai vos litanies, et je serai toujours votre petite servante ». La plus pauvre de ces petites, une enfant si misérable, qu’elle n'avait que des haillons pour se couvrir, avait écrit ces lignes attendrissantes : « Aimable saint Joseph, qui avez été toujours pauvre, qui avez gardé l’Enfant Jésus qui a voulu être pauvre pour nous, obtenez-moi la grâce d’aimer toujours ma pauvreté ; que mes parents l'aiment aussi, qu’ils ne murmurent point contre le bon Dieu, qui nous veut pauvres et, par conséquent, plus semblables à son divin Fils. Oh ! Que nous sommes heureux ! »

 

Recommandation des élèves à saint Joseph

 

O bienheureux Joseph, dès vos tendres années votre cœur s'est donné au Seigneur, votre âme s’est épanouie a son saint amour, se fermant à l'amour trompeur et passager des richesses de la terre. Voilà pourquoi, aimable Joseph, vous avez mérité d’être le maître et le guide particulier de Jésus, aux beaux jours de son enfance et de sa jeunesse, voilà pourquoi vous aimez tant les enfants et les jeunes gens. O très saint Joseph, la divine Providence m'a confié des enfants, et m'a chargé de travailler à leur instruction et surtout à leur éducation; daignez donc me prêter votre concours, former mon cœur aux sentiments du vôtre. Par votre sagesse suppléez à mon inexpérience. Par votre prudence, sauvez-moi de ma présomption. Enfin donnez-moi toutes les dispositions nécessaires pour contribuer de tout mon pouvoir à élever chrétiennement ces enfants. Je vous les recommande tout particulièrement, je les place dans votre Cœur vénérable, bénissez-les tous comme formant votre famille, et ne permettez jamais qu'aucun d’eux s'égare dans les voies du libertinage ou de l’impiété ; mais plutôt faites qu'ils deviennent des copies parfaites du saint Enfant Jésus, formé à votre école, quoiqu’il fût le souverain Maître des maîtres. Ainsi soit-il.

 

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25 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-sixième jour

Le soutien ferme des vieillards

 

L'Eternel avait ordonné à son peuple de respecter les vieillards : « Levez-vous devant ceux qui ont les cheveux blancs, honorez le vieillard, et craignez votre Dieu, je suis le Seigneur ». C’est qu'en effet, la vieillesse est le symbole de la prudence et de la sagesse, ajoute saint Aignan. Les vieillards gouvernaient autrefois la république, et c’étaient eux, chez les Romains, qui composaient le sénat. Philon, parlant des Esséniens parmi les Juifs, dit qu’ils avaient pour les vieillards les mêmes égards et le même respect que des enfants bien nés ont pour leur père ? La nature seule inspirerait ce sentiment, indépendamment de la loi, et il y a peu de nations où elle ne soit en vigueur.

Cependant, aujourd’hui, soit absence d'éducation, soit absence de religion, ou même de raison, les vieillards sont bien loin d’être aussi respectés, aussi honorés, aussi considérés ! On les délaisse, oh les méprise souvent quand on ne les injurie pas, c’est que la crainte de Dieu est bannie de ce monde ou considérablement diminuée selon que s’exprime David. Pourquoi ? dit saint Bonaventure, parce que le péché souille l’âme, obscurcit l'intelligence pour qu’elle ne voie pas la vérité parfaite ; il ôte à l’intellect la vision de Dieu, et lui laisse pour trésor l’ignorance.

Cela prouve que maintenant plus que jamais les vieillards ont besoin de soutien, de consolateur, d'ami, de protecteur. David regardait le Seigneur comme pouvant lui seul lui tenir lieu de tous ces avantages ; il lui disait : « Ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse, et ne m’abandonnez pas lorsque mes forces viendront à manquer ». David était dans sa soixantième année, observe saint Aignan, lorsqu’Absalon se révolta contre lui, et ses forces étaient notablement diminuées. Usé par tant de guerres et de fatigues qu’il avait eu à soutenir, dit le Maître de Saci, il sentait plus vivement le grand besoin qu’il avait que Dieu l'assistât. Il n’était donc pas en si grand danger qu’autrefois de s’appuyer sur ses propres forces, puisqu’elles commençaient à lui manquer par l'affaiblissement de son âge. C’est pourquoi il presse Dieu avec tant d’ardeur de ne le pas abandonner en un temps où le sentiment de sa faiblesse l’obligeait beaucoup d'avantage à avoir recours à lui, et surtout de ne le pas rejeter, ce qui fait la principale frayeur des justes; et ce que David craignait peut-être plus qu’un autre à cause des crimes qu’il avait commis et dont Dieu le punissait actuellement.

Que les vieillards espèrent donc beaucoup au Seigneur, d’autant plus qu’ils se verront plus oubliés ou méprisés par les hommes. Il est nécessaire de le dire à la honte de certaines familles ; chez elles ces bons vieillards ne sont traités qu’avec la dernière inhumanité ; on ne compte pas les secours dont ils ont besoin et qu’ils ont bien le droit d’attendre de ceux pour lesquels ils ont tant et si courageusement travaillé ; on est moins empressé encore de les leur procurer, quoique le bien-être dont jouissent les enfants soit le fruit de leurs sueurs et de leurs grandes économies ; mais on calcule le nombre de jours qu’ils ont peut-être encore à vivre, afin de régler d’après cette ignoble supputation les dépenses qu’on peut faire pour adoucir leur triste sort. On est bien témoin de leur faiblesse, de leurs souffrances, de leurs désirs, on comprend assez leur impuissance à s‘aider eux-mêmes, on entend leurs gémissements,on voit couler leurs larmes et on reste muet, indifférents, stoïques à leur égard. On s’étonne après cela que ces bons vieillards se plaignent de ces étranges procédés de la part de leurs enfants et qu’ils regrettent de s’être trop épargnés pour de tels monstres d'ingratitude. Peut-être, alors, ose-t-on dire qu’ils radotent, que leur cerveau étant dérangé, ils ne savent plus ce qu’ils disent. Quand encore on s’en tient là ! N'a-t-on pas vu, ne voit-on pas quelquefois ce cruel et déchirant spectacle, des petits enfants injurier, contrefaire, battre leur grand-père et leur grand-mère, qui loin d'être repris, châtiés et réprimandés par leurs parents, en sont loués, estimés, approuvés. Quelle est donc triste la situation des vieillards qui en sont là ! qu’ils sont coupables, et les enfants qui les maltraitent de la sorte, et les parents qui devant les empêcher ne le font pas ! Pauvre société que celle-ci par son indifférence pour les vieillards et les malheureux ! Ne vous en étonnez pas. Quand on n'a plus ni respect ni amour pour Dieu, et qu'on est tout matérialisé, on ne saurait plus ni respecter. ni aimer véritablement les hommes qui sont son image.

Qu’est-ce que la vieillesse ! une voix, une ombre, la réunion de toutes les misères avec la complète impuissance à s’en soulager d’une seule. Elle est en quelque sorte pire que la mort elle-même, car outre que les vieillards sont inutiles à toutes les fonctions de la Vie, quand ils sont parvenus à un certain âge, ils deviennent extrêmement à charge à eux-mêmes, sans pouvoir se secourir si une main étrangère ne vient à leur aide. Et combien de ces vieillards honnêtes, qui ont enrichis leurs enfants, peuvent à peine tirer d’eux les choses les plus nécessaires à leur entretien ? Cela est horrible, cela fait mal au cœur ! cela crie vengeance ! et le châtiment viendra. Plus donc les vieillards se voient négligés et privés des secours temporels, plus ils sentent leur force les quitter, plus ils doivent espérer sur la protection du ciel ; invoquer et prier saint Joseph, qui lui aussi devint vieux, faible et nécessiteux, ayant eu besoin des soins empressés, des distractions et des consolations de la bonne Vierge sa sainte épouse, qui la servit avec un respect, un amour, un zèle infinis jusqu’à sa mort, ce que fit aussi notre Seigneur pour tout ce qui était de sa compétence, donnant ainsi aux enfants l’exemple des égards et des soins qu’ils doivent avoir pour leurs vieux parents.

Assurément, saint Joseph qui a passé par les tribulations de la vieillesse, qui connaît la fâcheuse position des vieillards, adoucira leurs maux par l'onction de la grâce qu’il leur obtiendra, et l’espérance qu'il leur donnera d’un avenir meilleur. Mais qu'ils s’adressent surtout au Dieu des Saints, au Dieu qu’invoquait David dans la même situation. Saint Augustin faisant répondre Dieu même à David, lorsqu’il le priait de ne le pas abandonner dans le temps que ses forces seraient affaiblies, lui fait dire ces excellentes paroles que les vieillards devraient toujours avoir gravées dans le cœur : « Bien loin de craindre que je vous abandonne, lorsque vous sentez l’affaiblissement de vos forces ; que votre force au contraire s'affaiblisse de plus en plus, afin que ma divine vertu s’établisse mieux en vous, et que vous soyez en état de dire avec mon apôtre : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort, et le reste ».

Je sais que la vieillesse est environnée de tant de misères, que naturellement les jeunes gens sympathise et fort peu avec ses manières quelquefois bizarres, impolies et dures : mais il y a beaucoup de mérite à la supporter ainsi. Celui qui y arrive est bien déjà assez à plaindre sans qu'on ajoute à ses maux et qu'on augmente ses douleurs. Voyez le portrait qu'en fait Innocent Ill : « Son cœur s'afflige aussitôt, dit-il du vieillard, sa tête se baisse, son esprit languit, son haleine sent mauvais, son visage se ride, sa taille se courbe, sa vue s’obscurcit, ses narines découlent, ses cheveux tombent, son toucher est tremblant, son travail le fatigue, ses dents se pourrissent, ses oreilles cessent d'entendre ». Au moins soulageons de notre mieux les vieillards, de tant d’infortunés accidents qui les tourmentent, afin qu’ils respirent un peu avant qu’ils disparaissent de ce monde pour aller dans la solitude du tombeau et qu’ils prient pour nous et pour eux le bienheureux saint Joseph, leur modèle et protecteur spécial.

 

Exemple

 

La vénérable mère Claire-Marie de la Passion,l’une des filles spirituelles de sainte Thérèse, avait une dévotion très particulière pour saint Joseph. Elle avait dédié une chapelle à ce Saint dans l'intérieur du cloître, et elle l'ornait avec beaucoup de soin le jour de sa fête. Elle y faisait exposer une des reliques de saint Joseph qui y était processionnellement portée par les religieuses du monastère, au chant des cantiques, composés par elle-même pour cette auguste cérémonie. Enfin, elle ne négligeait aucun moyen pour augmenter la dévotion de ses sœurs envers saint Joseph. Elle eût voulu répandre l’amour et le culte de saint Joseph dans tout le monde, chrétien. Mais sa dévotion ne parut jamais avec plus d’éclat qu’à l’époque où, devenue supérieure du couvent, elle put distribuer des aumônes particulièrement le jour de la fête de saint Joseph.. Ce jour-là, elle habillait complètement un pauvre vieillard, et en secourait beaucoup d'autres. Parmi les pauvres qu’elle assistait ainsi; il arriva une année que la meilleure part échut à un charpentier. Cet homme devait une somme d’argent au monastère. Son bonheur fut qu’il s'appela Joseph, et que son métier lui donnait un trait de ressemblance avec le saint protecteur de Claire-Marie. A la vue de cette coïncidence, elle lui remit toute la dette, et sa piété alla plus loin encore, car elle fit une dot à l’une des filles de ce pauvre père, chargé d'une nombreuse famille. (Patrignani).

 

Supplication du vieillard à Saint Joseph

Tiré du recueil d'indulgence de l'Abbé Rozière

 

Vénérable Joseph, vous êtes la joie de l'enfance, le conseil de la jeunesse, le directeur de l'âge mûr, est-ce que seule la vieillesse débile n’aurait ni de droit à votre protection, ni de part à vos bienfaits ?Je ne saurais le croire, et la confiance qui entraîne vers vous tous les cœurs donne a mes pieds des ailes, à mon âme une indicible ferveur. Ah ! Vous avez aussi connu le poids des ans ; les soucis, les périls, les rudes travaux ont épuisé vos forces et brisé votre corps; le bâton du pèlerin a dû soutenir un peu vos pas mal affermis. Gloire des patriarches, une couronne de cheveux blancs a ceint votre front virginal, la sagesse a imprégné vos lèvres comme une rosée du ciel, et vos mains chargées d’œuvres se sont levées pour bénir Jésus et Marie. Oh ! Levez-les aussi sur moi ces mains vénérables, toutes pleines de faveurs et d'onctions. Voyez, bon Joseph, mes genoux ont fléchi, mon front ridé s'incline et ma voix vous implore ; bénissez-moi, mon père, bénissez le vieillard, comme Abraham, Isaac et Jacob ont béni leurs enfants. Donnez la prudence à mes démarches, la sagesse à mes paroles, la douceur à mon regard, l’autorité à mon exemple. La vie de l’homme s’enfuit comme une ombre qui passe, comme une flèche qui vole, comme l’éclair qui sillonne la nue ; accordez-moi la grâce de passer saintement mes dernières années, peut-être les dernières heures qui restent encore. Faites que semblable au palmier chargé de fruits à la moisson, je puisse offrir au souverain Juge quelques bonnes œuvres, au Maître du champ quelques beaux épis. Sous mes yeux l’éternité se déploie, sous mes pas tremblants le tombeau s’ouvre; mais je demeure sans crainte, car votre assistance, vénérable Joseph, ne me fuira pas à ces moments suprêmes. Non, vous ne cesserez pas d’être mon espérance, mon appui, ma force, jusqu’à ce jour bienheureux où la jeunesse de mon âme sera renouvelée comme celle de l'aigle, où mon corps agile triomphera dans la gloire. Ainsi soit-il.

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24 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-cinquième jour

Consolation dans la perte des personnes chères

 

Quand on veut peindre une grande et vive douleur, on emprunte le pinceau du Prophète qui nous représente la bonne et tendre Rachel se désolant, et le front couvert de deuil pleurant ses enfants.que la mort lui a ravis. Elle refuse toute consolation, dit Jérémie, sans doute parce que sa douleur est 'à son comble et qu'elle ne conçoit pas qu’il puisse y avoir au monde une peine comparable à celle que fait naître une personne chère qui meurt et qu’on ne reverra plus jamais ici-bas.

Cette prédication de Jérémie, qui est rapportée dans l'Évangile selon saint Matthieu, fait allusion au meurtre des enfants qu’Hérode lit périr par le glaive, à Bethléem et aux environs, lorsqu’il voulait envelopper dans cet horrible massacre le divin enfant Jésus, que saint Joseph put soustraire à sa haine, en sorte qu’il y en eut de massacrés dans la tribu de Benjamin, de même que dans celle de Juda. Rachel étant morte en allant dans le pays de Canaan, avait été enterrée dans le chemin qui conduit à Éphrata qui est la même que Bethléem, observe saint Aignan, évêque de Beauvais. Or, dit ce prélat, par le deuil et les lamentations de Rachel, on entend, dans un sens figuré, celles des mères de tous les enfants qui avaient péri à Bethléem et aux environs, en sorte que leurs cris avaient été entendus jusque dans Rama, comme le déclare Jérémie. Mais ce Prophète leur ordonne de la part du Seigneur, de cesser de gémir et d’essuyer leurs larmes, parce que la récompense est accordée à leurs travaux, c’est-à-dire à leur patience, et la palme du martyre au sang que leurs enfants ont répandu. C’étaient, comme le dit saint Augustin, d'innocentes victimes, qu’on devait immoler à celui qui venait condamner la méchanceté du monde, à l'Agneau sans tache, dont le sang en devait effacer les péchés. Les mères se lamentaient, tandis que l’offrande de leurs enfants pénétrait jusque dans les cieux.

Dans un ouvrage destiné à consoler des chagrins que fait éprouver la perte de personnes aimées, je ne pouvais mieux faire que d’exposer ce récit touchant des Livres Saints, qui est à la fois une puissante leçon, une grande consolation aux mères chrétiennes surtout, qui pleurent un enfant que la mort a ravi à leur tendresse. Quand c‘est un vieillard qui meurt, il semble qu'il n’est pas tant à pleurer ; il a terminé sa carrière de douleurs, de travaux et d'épreuves, dit-on, il ne souffrira plus, et quand c’est un enfant qui meurt, on a des sentiments et on tient un langage opposés : « Pauvre cher enfant, dit-on alors, ah ! fallait-il qu’il mourut si jeune, la vie paraissait lui sourire si bien, il était notre espoir, il eût fait notre bonheur, il était né lui-même pour jouir du fruit de nos économies, pour perpétuer notre race ! »

Tout cela est ainsi compris, est ainsi exprimé, et pourtant Dieu qui fait bien tout ce qu’il fait, agit avec une souveraine sagesse, une grande miséricorde, une sainte justice quand il enlève par la mort l’enfant dans le printemps de la vie et le vieillard dans la décrépitude de l’âge. Seulement on se trompe, quand on pleure l’enfant et qu’on ne pleure pas le vieillard. En voici la raison bien simple, d’après l’enseignement de la foi. Que saint Joseph qui a dû concevoir toute la peine des mères de Bethléem, qui avaient pleuré leurs enfants égorgés pour la cause de Notre-Seigneur; que saint Joseph que je propose pour protecteur aux personnes qui pleurent la mort de leurs parents, daigne leur obtenir de bien comprendre ces deux vérités : la première, c'est que plus un homme a vécu longtemps plus on devrait pleurer sa mort, car ou il a mené une vie sainte et sans tache, qu’il a honorée par de bonnes œuvres ; et il est à regretter qu’il disparaisse d’au milieu du monde dont il était l'édification, l’appui, le soutien; ou il est mort après être arrivé à cette vieillesse sans honneur, dont parle l’Ecriture, emportant avec lui dans la tombe un nom exécré, une mémoire maudite, des œuvres mauvaises, et il est aussi à pleurer, non pas de ce qu’il a quitté ce monde qu’il a souillé par le dérèglement de ses affections et de ses œuvres, mais de ce qu'il est allé subir les peines horribles de sa condamnation éternelle, et que les traces de son impiété seront ineffaçables sur la terre.

La seconde vérité qui est d'une très grande consolation, c’est que l'enfant ou toute autre personne d’une vie innocente qui meurt n’est pas à pleurer ; parce que, aimé de Dieu, Dieu l’a fait sortir d’entre les pécheurs parmi lesquels il vivait. comme s’exprime l’Oracle Sacré. « Il a été enlevé de peur que son esprit ne fût corrompu par la malice et que les apparences trompeuses ne séduisissent son âme ». Certainement ce seul motif bien pesé, mûrement considéré avec une pensée de foi chrétienne, suffirait bien pour essuyer les larmes de tant de pauvres mères qui sont si à plaindre, qu'elles pleurent sans vouloir discontinuer leurs enfants morts dans l’amitié et la grâce de Dieu; quand même pour elles ne s’offrirait pas le plus grand des motifs consolateurs, la volonté divine, qui doit toujours être adorée, acceptée et suivie avec infiniment de respect, de joie et de reconnaissance. Volonté divine ! mot, dit le pieux Gerson, qui charme les âmes saintes et leur fait goûter parmi les tristesses de l’exil les joies du Paradis. Si je dis qu’elles sont à plaindre, ces bonnes et tendres mères, c’est parce qu'elles ne conçoivent pas la grandeur du bienfait de Dieu, qui ne leur a enlevé les objets de leurs affections bien légitimes, qu’afin de les récompenser, de les couronner dans le Ciel, de leur laisser l'espérance de leur être associées pendant l‘éternité, tant est vraie cette parole de l’Esprit-Saint, dite de l'enfant moissonné par l'inflexible mort : « Ayant peu vécu, il a rempli le cours d'une longue vie. Son âme était agréable à Dieu, c’est pourquoi il s'est hâté de le tirer du milieu de l'iniquité. Les peuples voient cette conduite sans la comprendre...

Mais écoutez encore saint Aignan, évêque. de Beauvais : « L'homme terrestre qui, selon la pensée de l’Apôtre, ne goûte que les biens temporels, ne peut s’imaginer que ce soit un bien pour un jeune homme, à la fleur de son âge, et à qui le monde prépare des délices et des honneurs, souvent même une fortune brillante, qu'il devienne d’aussi bonne heure la pâture de la mort, laquelle d’une main cruelle vient moissonner des jours qui ne faisaient, pour ainsi dire, que d’éclore, et il ne comprend pas que ce puisse être un trait de la miséricorde de Dieu sur ses élus, tandis qu’un philosophe païen dit lui-même qu’on ne doit pas plus regretter celui qui meurt à la fleur de son âge, qu'on regretterait quelqu’un qui aurait commencé de bonne. heure à naviguer sur mer et qui serait entré dans le port. Tel est le raisonnement des gens du monde, qui s’affligent souvent à la mort de leurs proches ou de leurs amis, de même que les infidèles qui n’ont pas d’espérance, au lieu de se réjouir de les savoir dans le port du salut, à l’abri du naufrage, tels que ceux qui n'ayant pas encore connu les Écueils du monde, ont conservé leur innocence ».

Or, c’est à ces personnes ainsi éprouvées par la mort de leurs parents, à ces mères ainsi désolées de leurs enfants, que Dieu leur a enlevés dans son ineffable miséricorde, que le prophète Jérémie recommande de cesser leurs gémissements et d'essuyer leurs larmes. Pourquoi ? parce que leurs amis, leurs enfants sont au ciel, cachés dans le secret de la face de Dieu, comme s‘exprime David, ou que si des premiers étaient encore dans le purgatoire, ils iront bientôt goûter les joies célestes du Paradis. Au ciel les parents se reconnaissent, la famille démolie par le trépas se reconstitue, et la mère retrouve son enfant non plus faible, non plus défiguré par la langueur et la maladie, mais embelli, tout brillant d’une immortelle jeunesse. Ne vous désolez pas, écrivait un ancien docteur à une jeune veuve désolée de la mort de son mari : « Cet époux, vous le verrez plus parfait et plus beau que vous ne l’avez connu ! » Mères et épouses chrétiennes, je vous quitte en vous laissant ces dernières paroles que je vous prie de méditer attentivement sous le regard du bienheureux saint Joseph.

 

Exemple

 

Une dame restée veuve et âgée par la mort de son mari, peut nourrir un pauvre en considération de saint Joseph. Une mère qui a perdu son enfant, peut également, si elle en a la faculté, ou adopter un enfant pauvre chez elle, ou lui procure ; l’instruction, des vêtements, et pour l’amour de saint Joseph, qui en retour, satisfait de ces hommages, ne manquera jamais de consoler la personne affligée de la mort de ses proches, qui même l’en dédommagera toujours amplement même dès cette vie, comme une infinité de personnes en ont fait l’heureuse expérience. « Ma fille, dit une fois l’auguste Vierge à une âme pieuse, sachez bien que le moindre hommage offert à Joseph, mon Époux, est toujours payé au centuple sur la terre ».

 

Effusion d'un cœur affligé au Cœur très pur de Saint Joseph

 

O Cœur glorifié du bienheureux Joseph, vous voyez.les peines du mien. il ne peut se consoler des pertes qu’il et faites de personnes chéries que la mort lui a ravies, qu’en déposant dans votre Cœur béni, océan d'amour et de compassion, les chagrins qui le dévorent. Cœur à jamais fidèle, vous savez mieux que moi combien vive est la douleur causée par la disparition d’un parent, d’un ami avec lequel on était uni en Dieu. Quand vous perdîtes Jésus au temple de Jérusalem, combien dûtes vous souffrir vous-même ? Ah ! Au souvenir de cette poignante douleur, Cœur très doux, inclinez-vous vers moi, écoutez les gémissements de mon Cœur oppressé, et consolez-le en l’ouvrant à l‘espérance, en l’assurant qu'il trouvera en vous un appui, un secours, un ami, un époux, un frère, un père. Car, saint Joseph, vous êtes tout cela pour ceux qui mettent en vous leur confiance. J’espère que votre Cœur m’exaucera, et que toujours je puiserai en lui les grâces consolatrices que j’irais vainement mendier aux créatures. Ainsi soit-il.

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23 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-quatrième jour

La Providence des délaissés

 

Il est dans le monde une classe de personnes bien infortunées, elles n’ont pas eu de part au banquet de la nature en y faisant leur apparition ; il semble que la terre se refuse à les porter, à les nourrir, à les entretenir; le Ciel paraît être de bronze à leur égard, et les hommes les oublient, les rebutent, les chassent partout où ils peuvent les rencontrer. Elles seraient autorisées à dire avec un Prophète parlant au nom du Christ : « Mes frères m’ont traité comme un étranger et les enfants de ma mère comme un inconnu ». Mais qu’elles se consolent d’être traitées comme Notre-Seigneur, lui qui étant venu chez soi, n’a pas été reçu par les siens. Qu’elles se consolent aussi par l’exemple de saint Joseph.

Voyez, vous qui souffrez ces délaissements, Jésus-Christ est venu ignoré des démons, ignoré de la plus grande partie des hommes, ignoré de ses frères mêmes, ignoré pour un temps de Joseph même, ignoré à certains égards de Marie même, comme le dit l'abbé Thiébault, direz-vous qu’il n’était pas aimé de Dieu, chéri de Dieu, connu de Dieu, lui qui en est le Fils propre, dans lequel le Père éternel met toutes ses complaisances ? Bien plus, il naît et il n'a pas, à lui, un lit sur lequel sa sainte Mère puisse le poser, il se voit contraint d'accepter une vieille masure, d’être placé sur un peu de paille, couvert de pauvres langes, réchauffé par l'haleine de vils animaux qui, selon une tradition constante, se trouvaient abrités dans l’étable. Plus tard, il fuit comme un pauvre exilé en Égypte, où il vit inconnu d'aumônes qu’il reçoit de personnes charitables qui le voient pauvrement logé, pauvrement vêtu, avec un extérieur misérable, ce qu’il observera durant toute sa vie, même dans le temps où la foule reconnaîtra qu’il est Dieu par les merveilles qu’il opère. Eh bien, croyez-vous que parce qu’il fut ainsi traité en ce monde, Notre-Seigneur était moins agréable à son Père, moins aimé de lui et moins précieux à la terre ?

Vous avez le même exemple à peu près de saint Joseph, puisque saint Joseph comme Marie a, plus que tout autre, participé aux états de la vie pauvre, abjecte et souffrante du Sauveur. Saint Joseph, comment le regardait-on avec son tablier de cuir, ses manches retroussées, la sueur découlant de son front, travaillant à son établi, allant chercher de l'ouvrage chez les pratiques ? comme un ouvrier pauvre, bien pauvre, très-pauvre. La preuve se peut tirer du mauvais accueil que lui firent les Bethléemites, lorsqu’il chercha parmi eux un lieu où sa sainte Épouse pût faire ses couches, et qu’il n’en trouva point : « Il n’y avait point de place pour eux dans l’hôtellerie », dit le Texte sacré, parce qu’ils avaient un extérieur qui portait l'empreinte de la misère, ajoutent les interprètes, avec saint Liguori : ô vous qui êtes délaissés, qui êtes maudits, rejetés de ce monde comme la balayure des rues, selon que s’exprime l’Apôtre, qui se trouvait dans cette condition, combien encore une fois l'exemple que vous admirez en saint Joseph, lui, le substitut de Dieu, le père nourricier du Fils de Dieu, doit-il puissamment contribuer à vous consoler, si vous le considérez attentivement, avec des yeux chrétiens !

Ajoutez à cela la protection de saint Joseph. Sans doute il est dur, il est pénible, il est affligeant de se voir maltraité de la sorte dans le monde .tandis qu’il est des personnes et en grand nombre qui jouissent d’un certain bien-être ; de l‘estime de la société et des soins multipliés des autres. Sans doute il est bien humiliant d'être réduit à se dire à soi-même : « Me voilà honni, baffoué, délaissé de mes parents, de ceux qui jouissent pour moi, qui ont une si bonne part sans l’avoir ni mieux méritée, ni plus gagnée que moi, et qui me refusent quelques secours, quelques douceurs, quelques consolations, même quand je m’adresse à eux comme en tremblant, comme en suppliant, comme demandant quelques miettes de tout ce bien qu’ils ont avec une si grande abondance » ; mais aussi il est bien consolant de pouvoir penser que Notre Seigneur, que la Bienheureuse Vierge, que saint Joseph nous contemplent du haut des Cieux, nous préparent de grandes grâces, de grandes bénédictions, de grandes récompenses, et que d’autant plus nous aurons été maltraités sur la terre, d'autant plus aussi, pourvu que nous ayons été humbles, patients, résignés comme saint Joseph, serons-nous élevés dans le Ciel.

 

Exemple

 

Une pauvre dame bien dévote à saint Joseph avait adressé depuis plusieurs semaines une pétition à un grand personnage. Elle réclamait un petit secours. N’ayant que son travail pour suffire à ses besoins et à ceux de sa vieille mère, âgée de plus de quatre-vingts ans, elle se trouvait fort en retard pour son loyer, et cette dure nécessité l’avait décidée à recourir à ce moyen extrême : « Sans doute, vous recevrez une cinquantaine de francs, lui avait dit la personne qui l’engageait à faire cette démarche ». La pétition avait donc été envoyée, mais aucune réponse n’y était faite. La pauvre dame commençait à croire que ses espérances seraient déçues. Hélas ! quelque puissants, quelque riches qu’ils soient, les grands de ce monde ont souvent le prétexte de mettre des limites à leur générosité. Dans son chagrin, elle vint à Notre Dame des Victoires recommander le succès de son affaire à la Sainte-Vierge et commença une neuvaine qui devait se terminer le dix-neuvième jour de mars, fête de saint Joseph. Après avoir prié quelques jours, cette dame se sentit inspirée d'aller se présenter dans les bureaux du grand personnage. Elle hésita d’abord, elle craignait d’être renvoyée ; enfin, avec une énergie qui lui est peu naturelle, elle se décide. Elle se présente donc : on la conduit à l’un des principaux chefs. Celui-ci lui fait un bon accueil, et lui annonce qu’on songe à elle depuis quelques jours ; qu'une somme de trente francs lui est destinée, et qu’elle la recevra sous peu. La veille, en effet, de la Saint Joseph, les trente francs arrivèrent. La dame se hâta de venir à Notre Dame des Victoires remercier la très Sainte Vierge et saint Joseph ; puis elle se rendit auprès d’une personne qui lui porte intérêt et à laquelle elle raconta sa bonne fortune. Cette personne qui savait qu’elle avait compté sur cinquante francs, lui dit : « Tout en remerciant saint Joseph, vous lui en voulez peut-être un peu de n’avoir pas plus arrondi le secours qu’il vous envoie; ne lui en voulez pas plus longtemps : je me charge en son nom de parfaire la somme attendue ».

 

Soupirs des délaissés vers saint Joseph

 

Glorieux saint Joseph, père et pourvoyeur des chrétiens, songez à nous, veillez sur nous. Il est bien grand le nombre des déshérités de ce monde, mais il est bien large, bien bon, bien compatissant aussi votre Cœur tout brûlant d’amour pour Dieu et de charité pour les malheureux. Vous savez, ô notre Père, ce que fait souffrir les mépris,l’abandon et le rebut des hommes; prenez donc pitié de nous, qui sommes ainsi éprouvés : Et à qui s’adresseront les pauvres déshérités, sinon à vous, qui avez à votre disposition tous les trésors célestes et terrestres ? Nous ne vous demandons point, ô très doux protecteur, l'abondance des biens de ce monde; notre cœur peut-être s’y attacherait et tomberait sous l’anathème de Jésus-Christ. Procurez-nous seulement ce qui est absolument indispensable à notre subsistance, afin que nous puissions servir notre Dieu avec plus de liberté, et que nous ne soyons pas tentés de jeter|un regard de convoitise sur les biens que possèdent les autres. Que si c’est le bon plaisir de la divine Providence de nous laisser sur la terre comme le rebut et l'opprobre des hommes, bienheureux Joseph, faites que, fortifiés par votre exemple, nous soyons encore consolés et secourus par votre assistance. Ainsi soit-il.

 

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22 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingt-troisième jour

Le médecin des infirmes et des malades

 

On ne lit nulle part que saint Joseph ait été assujetti aux infirmités ou aux maladies. Le don de sa sanctification dans le sein de sa mère, l'en aurait-il préservé comme de certaines autres souffrances physiques occasionnées par l’intempérie des saisons ? Je n’ose prononcer. Le privilège d’être exempt des afflictions Corporelles n’appartenait qu'à Nôtre-Seigneur et à Marie, sa sainte Mère, tous deux purs de la faute originelle. Et pourtant tous les deux ont souffert volontairement, et sont morts comme le reste des hommes. Que conclure ? qu’il est plus que probable que notre saint Joseph a été éprouvé par l’infirmité et par la maladie. A la rigueur il a pu être préservé d’infirmités, plusieurs arrivant à une heureuse vieillesse, sans en avoir souffert : mais il a dû être malade avant de mourir, à ce titre certes, il est bien le protecteur des infirmes et des malades; et quand même il eût été préservé de ces misères humaines, il suffit bien qu’il puisse protéger et secourir ceux qui l'implorent pour qu’ils l’en prient avec confiance.

Il est nécessaire de se persuader que la protection des Saints ne peut tout à fait nous mettre en dehors des lois providentielles qui régissent le monde. L'Éternel a tout ordonné avec justice, et l'ordre qu’il a établi s'exécute invariablement. La souffrance étant l'une des conditions de la vie humaine, tout homme juste ou injuste en devient la victime : les plus grands Saints sont souvent ceux qui souffrent le plus, parce que Dieu les prédestine à de grandes choses. Ce qui fait dire à saint Augustin, que la vie d’un chrétien doit être une souffrance continuelle. En effet, membre et disciple du Christ, il ne saurait être plus privilégié que son auguste Chef et son divin Maître. Saint Joseph lui-même qui désire et veut le bien de ses protégés ne tient pas à les délivrer de leurs souffrances : mais il peut bien les leur adoucir, ou les aider à les supporter avec patience, et c'est ce qu’il fait souvent. C’est ce à quoi il s’emploie toujours, quand on le prie comme il convient avec un cœur Confiant, soumis et résigné.

Comprenons bien que quand le Seigneur nous fait souffrir, il agit en bon médecin, et que les maux corporels qu’il nous envoie, peuvent devenir un médicament salutaire à notre âme. C’est, là son but, et pour que nous puissions l’atteindre plus sûrement, il nous offre ses grâces, ses consolations, l’exemple et la protection de ses Saints. C’est donc en vain que l’on se dit chrétien, en vain que l’on dit aimer Dieu, en vain que l’on prétend au Ciel si on refuse de souffrir les infirmités et les maladies que Dieu envoie. « Souvenez-vous, dit mon maître Gerson, qu’il est impossible de passer de la joie à la joie, et d’aller régner avec Jésus-Christ, après avoir vécu dans tous les plaisirs du monde ».

Qui dit chrétien, dit un homme crucifié avec son maître Jésus, qui dit aimer Dieu doit vouloir ce qui lui plaît, qui dit prétendre au Ciel doit en prendre le chemin. Or, tout cela est renfermé dans la souffrance qui contient en germe tous les biens spirituels et éternels, étant certain que la Croix est l’échelle du Ciel, le véhicule qui y transporte l’âme. Qui est-ce qui ne prétend pas arriver à ce bienheureux royaume où règne Jésus-Christ ? Mais pour y parvenir il faut suivre les vestiges que Jésus-Christ a laissés, souffrir en union avec lui, ce qui permettra d'avoir accès à sa gloire. Notre-Seigneur s’en est assez expliqué, lorsqu’il a dit : « Que celui qui veut venir après moi, renonce à soi-même, qu’il prenne sa Croix tous les jours et qu’il me suive ». Il ne force personne, observe Saint Bonaventure, en disant : « celui qui veut venir après moi », car il aime qu’on le serve librement, mais pour le Suivre, il est de toute nécessité de renoncer à sa volonté propre et de vivre selon Dieu, de prendre sa Croix volontairement en souffrant toutes les peines avec patience, et de le suivre, c’est-à-dire de l’imiter, et de se servir de la pénitence comme d’un bouclier jusqu’au terme de la vie.

Pour les infirmes et les malades, ils doivent se consoler de porter toujours ce bouclier de la pénitence. Sans chercher d’autres mortifications, ils peuvent en souffrant leurs maux, en vue de plaire à Dieu,acquérir des mérites égaux à ceux des martyrs, une perfection aussi sublime que celle des grands Saints. Réjouissez-vous donc de souffrir pour Notre-Seigneur, comme saint Gordien qui, menacé de grands supplices, S’il ne reniait Jésus-Christ, répondit : « Je suis fâché de ne pouvoir mourir qu’une seule fois pour Jésus Christ » ; comme sainte Potantienne, vierge, qui dit au tyran qui la menaçait de la faire mourir dans une chaudière de poix bouillante : « Je te prie de me plonger dans cette chaudière peu à peu, afin que je souffre davantage pour l’amour de Jésus-Christ » ; comme le père Charles Spinola, qui, se voyant attaché à un poteau pour être brûlé à petit feu, entonna le psaume : « Laudate Dominum, omnes gentes », et mourut en le chantant. Sainte Lydwine, sainte Emilienne, sainte Claire, furent ou infirmes, ou malades toute leur vie et s'en estimaient heureuses. Faisons de même, recourons à saint Joseph, afin qu’il nous obtienne la patience dans les maladies et dans toutes les tribulations de cette vie.

Disons donc de tout cœur avec le saint chancelier Gerson : « J'ai reçu, mon Sauveur, j’ai reçu la Croix de votre main, je la porterai jusqu'à la mort. Car il est vrai, la vie d’un bon chrétien, est une Croix ; mais cette croix est la voie qui mène au ciel. J’ai commencé une fois à marcher dans ce chemin, il n’est plus permis de retourner en arrière, et encore moins de le quitter. Courage, mes frères, continue le Docteur des consolations, en se tournant vers la génération des disciples du Christ, courage, marchons ensemble, Jésus sera avec nous. Nous avons embrassé la Croix pour Jésus, persévérons en la Croix pour l’amour de Jésus; celui qui est notre Chef et notre gloire, sera aussi notre soutien et notre force ». C'est ainsi que nous devons nous animer sous le regard du bon saint Joseph à souffrir par amour pour Notre Seigneur toutes les maladies et les infirmités, toutes les persécutions et les peines de la vie, en un mot, a porter la croix qui résume tout cela.

 

Exemples

 

Augery, avocat au parlement du Dauphiné, se trouvait à Lyon pendant la peste qui affligea cette ville, dans l'année 1638. Il vit un de ses enfants, Théodore Augéry, âgé de sept ans, atteint du fléau avec tous les signes qui présageaient une mort prochaine et inévitable. Dans sa douleur extrême, ce père affligé s’adressa à saint Joseph avec la plus grande confiance, et lui promit, s’il sauvait son fils, d’aller pendant neuf jours entendre la sainte Messe en son Honneur dans l’église qui lui était consacrée, d’y faire brûler des cierges devant son image, et enfin d’y placer un ex-voto dont l’inscription rappellerait le bienfait dû à son intercession. Cependant les médecins. visitèrent le jeune pestiféré; ils le trouvèrent dans un état si déplorable, qu’ils le firent porter sur-le-champ au lazaret, ne lui donnant plus que deux heures de vie. L’ordre fut exécuté; mais à peine arrivé au lazaret, l'enfant se trouve subitement guéri, et le père plein de reconnaissance pour son glorieux bienfaiteur, accomplit son vœu avec de grands sentiments de piété.

Un pieux jeune homme était atteint d’épilepsie. Il avait pris depuis longtemps toute espèce de remèdes, sans éprouver aucun soulagement. Les attaques se renouvelaient plusieurs fois la semaine. Ayant entendu parler du Cordon de saint Joseph, ce cher malade m’en fit demander un par son curé, et fit dire, aussitôt après l’avoir pris, une neuvaine de messes en l’honneur de saint Joseph. Pendant cette neuvaine, les attaques redoublèrent ; mais après la dernière messe, il n’a pas-eu la plus légère indisposition.

 

Prière d’un malade à saint Joseph

 

Bienheureux Protecteur, je souffre horriblement. Souvent je me vois près du désespoir ; l’impatience s'empare de mon cœur et le murmure de mes lèvres. J'ai recours à vous, qui avez supporté avec une paix inaltérable toutes les peines et les tourments de la vie, afin que vous m'obteniez du Seigneur Jésus, la grâce de pouvoir souffrir comme vous avec calme et avec résignation à la divine Providence, les maux corporels qu’elle permet que nous souffrions pour notre bien et notre salut. Vous, ô juste Joseph, qui avez consolé et soulagé tant de malades et d'infirmes, non-seulement lorsque vous viviez sur la terre, mais depuis surtout que vous régnez dans la gloire céleste, me laisseriez-vous à moi-même, brisé comme je le suis sous le poids énorme de la douleur ? Oh ! non, votre Cœur si compatissant, votre Cœur qui s’attendrit toujours au cri du malheureux, laissera découler sur moi ces influences divines dont le Sauveur l’a rempli pour le soulagement de ceux qui souffrent pour lui. ô grand Saint, mon attente ne saurait être vaine ! Secourez-moi vite en m’obtenant ma guérison, s’il plaît à Dieu, ou la patience pour souffrir à votre exemple en vue du Seigneur et avec mérite. Ainsi soit-il.

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21 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

 

Cinquième dimanche de Carême

Dimanche 22 mars

La résurrection de Lazare et les guérisons pendant l’éclipse du Laus

 

En ce cinquième dimanche de carême, l’Évangile nous raconte la résurrection de Lazare. Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu ». À Notre-Dame du Laus, « il ne faut qu’avoir la foi » nous dit le chanoine Pierre Gaillard en présentant un tableau évocateur des infirmités qui continuent à être guéries même pendant la période d’hostilité, dans les années 1700.

Neuf cas sont signalés de 1701 à 1703, dont deux par l’onction d’huile de la lampe pour l’année 1703. Aucun fait précis, mais un long tableau des infirmités qui sont guéries au Laus : « ceux qui ont mal aux yeux offrent des cœurs d’argent après leur guérison ; ceux qui sont guéris de chancre au nez, au sein, au visage, offrent aussi des présents. De même beaucoup sont guéris des jambes ou d’autres infirmités corporelles, mais la plupart ne sont pas notées, les prêtres étant trop occupés les jours de fêtes pour le faire. Ils le disent en se confessant, on les prie d’attendre pour qu’on les écrive après leur confession. Mais, pour différentes raisons, ils s’en vont et ne reviennent pas. Et puis il y en a d’autres qui n’osent pas parler de leurs infirmités, surtout quand ce sont des maux héréditaires, comme les écrouelles et qui s’en vont sans dire mots, ou par sauvagerie, ou parce qu’ils n’osent pas. Combien de sourds, de muets, guérissent !

En un mot, on y guérit de toute sorte de maux, et des plus incurables, inconnus des médecins : ainsi, une fille qui avait les yeux fondus à la tête, incapable de voir normalement, être guérie à la fin de sa neuvaine et avoir les yeux aussi beaux qu’auparavant. Combien de maux de tête, de maux internes, où l’on ne connaît rien et qui guérissent au Laus ! Combien qui sont guéris de toutes sortent d’indispositions en prenant de l’huile de la lampe de la chapelle. Chacun en porte à son pays et en donne aux voisins qui guérissent sans qu’on en sache rien au Laus ! Il ne faut qu’avoir la foi et se mettre en état de grâce pour guérir. Mais tous ne rapportent pas les effets miraculeux de leur guérison. »

 

Cinquième semaine de Carême

Lundi 23 mars

La femme adultère et la conversion de Madame Rolland

 

L’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère : « Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils veulent la lapider, Jésus leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché qu’il soit le premier à lui jeter la pierre » ; ils s’en allèrent l’un après l’autre en commençant par les plus âgés. Jésus reste seul avec la femme en face de lui. Il se redresse et lui demande : « Femme, où sont-ils donc ? Alors personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit « Personne, Seigneur ». Et Jésus lui dit : « Moi non plus je ne te condamne pas, va , et désormais ne pèche plus. » »

Madame Rolland chez qui Benoîte travaillait pour garder son troupeau, était une femme de mauvaise vie. Elle va se trouver en contact avec la Belle Dame au Vallon des Fours. Voici le récit du chanoine Pierre Gaillard : « Sa maîtresse ne vivant pas comme elle le souhaitait, Benoîte prie la Dame de se faire voir à elle et de changer son cœur. Sa maîtresse était surprise de tout ce que cette fille faisait, et de sa vertu et de ses visions, de tout ce qu’on disait d’elle : elle n’y croyait pas.

Elle se rend un matin à l’insu de Benoîte, près du lieu de l’apparition, au Vallon des Fours. Sitôt que Benoîte arrive, elle voit la Dame qui lui dit : « Votre maîtresse est cachée sous la roche. »  « Elle n’y est pas Madame, je l’ai laissée dans le lit. Belle Dame, qui le sait mieux de nous ? » « Elle y est, répond la Vierge,vous la trouverez sous la roche ; avertissez-la de ne pas jurer sur le nom de Jésus, que si elle continue il n’y a pas de paradis pour elle, que sa conscience est en très mauvais état, qu’elle fasse pénitence… »

Cette femme l’entendit, fut touchée d’une douleur très sensible, et d’un repentir extrême d’avoir offensé Dieu : elle pleure, soupire, gémit. Benoîte s’approche en entendant les pleurer et lui dit : « Vous m’avez fait dire un mensonge à la dame. Je vous croyais au lit ». « J’ai entendu tout ce que la Dame vous a dit, je me corrigerai ». Ce changement si prompt donna beaucoup de consolation à cette bonne fille, et encore davantage par la suite quand elle vit sa maîtresse ne jurant plus, jeûnant et donnant aux pauvres autant que ses facultés le permettaient. Elle vécut le reste de ses jours fort chrétiennement, fréquentant les sacrements. »

 

Cinquième semaine de Carême

Mardi 24 mars

Le serpent de bronze et la chapelle du Précieux Sang

 

Nous méditerons aujourd'hui sur le livre des Nombres, qui nous présente le serpent de bronze. « Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie. » Dans l’Évangile, Jésus déclare : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous comprendrez que moi, Je SUIS ».

Benoîte, à cinq reprises, a vu le Christ crucifié sur la Croix d’Avançon, que nous pouvons continuer à regarder et à contempler dans la chapelle du Précieux Sang. Cette chapelle unique, qui a été inaugurée le 16 octobre 1862, restaurée et bénie récemment par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, est un véritable reliquaire : la croix est suspendue au dessus de l’autel où la messe est célébrée durant l’été tous les vendredis. Là de nombreux pèlerins reçoivent des grâces extraordinaires qui proviennent de l’expérience spirituelle que Benoîte a vécue en ce lieu. Elle venait y prier pieds nus des heures entières, été comme hiver, les mercredis, vendredis et samedis, jours où elle jeûnait. Tournons-nous aussi vers la Croix Glorieuse d’où jaillissent l’eau et le sang de Jésus par lesquels nous avons été régénérés.

 

Cinquième semaine de Carême

Mercredi 25 mars

La vérité vous rendra libre

 

Jésus déclare dans l’Évangile : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre. »

Un homme, Monsieur Blanchard, était prisonnier d’une grave obsession. Il retrouve la liberté grâce à Benoîte qui lui révèle la vérité sur son mal. Monsieur Peythieu revient six fois sur le cas de cet avocat, dont la maladie avait étonné toute la Provence : cet homme, très estimé dans la région, était soudain devenu gravement malade de scrupule. Cela après une confession générale suivie d’une communion où il avait cru entendre une voix citant un texte vengeur des psaumes contre les pécheurs qui ne se convertissent pas. Cette parole l’obsédait et il était tombé dans une neurasthénie fort agitée. Les siens devaient parfois le lier avec des cordes pour qu’il ne coure pas à travers toute la ville.

Son confesseur, un Récollet, nommé François Piémond le décide à se rendre au Laus en septembre 1684, lui conseillant de ne pas parler de confession. Il vient au Laus. Benoîte le rencontre et l’aide à découvrir le mal qui est au fond de son âme : il était effrayé par de mauvaises communions faites autrefois et était resté jaloux de sa femme. Il se confesse, se réconcilie avec son épouse. Il est complètement guéri faisant l’admiration de la ville par sa piété retrouvée et sa générosité envers les malades et les affligés. Il revient en mai 1685 pour rendre grâce. Cette guérison est vraiment révélatrice du charisme d’accompagnement psycho-spirituel de Benoîte.

 

Cinquième semaine de Carême

Jeudi 26 mars

Il ne verra jamais la mort

 

En effet, dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous dit : « Amen, amen je vous le dis : si quelqu’un est fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. »

Benoîte éduquée par Marie a été fidèle jusqu’au bout à la Parole de Dieu. C’est pourquoi au-delà de sa mort, elle est toujours présente à Notre-Dame du Laus. Elle continue mystérieusement à accueillir les pèlerins, à les réconforter, à les aider à voir clair dans leur conscience, à les préparer à la confession, à prier pendant qu’ils se confessent, à les aider à bien participer à l’Eucharistie et à la Communion avec les meilleures dispositions.

« Après la mort de la bergère, écrit Aubin dans sa copie authentique, on aurait pu croire que les gens qui avaient pour elle une vénération particulière cesseraient de venir au Laus et que ce saint lieu serait bien moins fréquenté. Mais Dieu qui s’était servi de cette humble fille pour établir cette dévotion en l’honneur de sa Sainte Mère. Il lui avait fait assurer par l’Ange que ce pèlerinage serait plus florissant après sa mort que de son vivant et avait suscité de saints prêtres pour continuer et perfectionner  cette bonne œuvre. » Ainsi on y voit encore venir les mêmes processions et la même affluence du peuple. La Très Sainte Vierge y accorde la même protection. On y reçoit toujours de nouvelles grâces, soit des guérisons, soit des conversions éclatantes.

 

Cinquième semaine de Carême

Vendredi 27 mars

« Toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs »

 

Le Prophète Jérémie nous dit que Dieu scrute l’homme juste, et voit les reins et les cœurs. C’est une occasion pour nous de parler du charisme de Benoîte qui touche les cœurs et a le don de lire dans les consciences. Pierre Gaillard écrit : « Combien de personnes ont dit que le Laus est le refuge des pécheurs. En ce lieu, Dieu leur inspire de faire de bonnes confessions, lève la honte de ceux qui n’osent pas les dire, assistés de l’avis de Benoîte qui leur découvre tout leur intérieur. 

« Quand je vois quelqu’un, déclare Benoîte à Gaillard, je connais d’emblée tout ce qu’il est et ce qu’il a sur la conscience. C’est comme dans une glace : on voit ce qui est au dedans, tout à la fois. C’est ce qui me permet de donner les avis nécessaires au salut de ceux que je juge capable d’en profiter. » Monseigneur Hervé, évêque de Gap, rencontre Benoîte qui prie Dieu dans l’église : « Elle lui parle plus de deux heures et lui décrit tout ce qu’il vit dans son intérieur, ce qu’il avait fait, ce qu’il allait faire, ce qui plairait ou non à Dieu. » Ainsi, tous sans distinction, bénéficient, et encore aujourd’hui, du don que Dieu a accordé à Benoîte comme au Curé d’Ars pour entrer dans la grâce de Miséricorde et de conversion du sanctuaire de Notre-Dame du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

Samedi 28 mars

« Je vais les rassembler de partout et je les purifierai »

 

Le prophète Ezékiel annonce que Dieu va rassembler son peuple et le purifier. C’est bien ce que la Vierge a voulu en fondant avec Benoîte le sanctuaire de Notre-Dame du Laus : rassembler beaucoup d’hommes et de femmes pour qu’ils se purifient par le sacrement de la réconciliation.

Le juge François Grimaud dans la « Relation Véritable » qu’il adresse à l’Archevêque d’Embrun, Monseigneur d’Aubusson de la Feuillade, écrit : « Les miracles que Dieu a opérés en ce lieu par l’intercession de Benoîte se déroulent dans l’affluence innombrable du peuple qui y est venu de toutes parts... par un miracle particulier, cette nouvelle a été répandue dans toute la province du Dauphiné et autres lieux du Royaume, et jusque dans les capitales de l’Espagne et du Piémont mais avec tant de succès et de fruits, que depuis les fêtes de la Pentecôte 1665 jusqu’en janvier 1667, on peut assurer avec vérité qu’il y est venu plus de 130.000 personnes. » Ainsi se réalisent dès les premiers temps, l’annonce prophétique de la Mère de Dieu : « Beaucoup de pécheurs et de pécheresses viendront ici pour se convertir. »

 

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