21 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

 

Cinquième dimanche de Carême

Dimanche 22 mars

La résurrection de Lazare et les guérisons pendant l’éclipse du Laus

 

En ce cinquième dimanche de carême, l’Évangile nous raconte la résurrection de Lazare. Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu ». À Notre-Dame du Laus, « il ne faut qu’avoir la foi » nous dit le chanoine Pierre Gaillard en présentant un tableau évocateur des infirmités qui continuent à être guéries même pendant la période d’hostilité, dans les années 1700.

Neuf cas sont signalés de 1701 à 1703, dont deux par l’onction d’huile de la lampe pour l’année 1703. Aucun fait précis, mais un long tableau des infirmités qui sont guéries au Laus : « ceux qui ont mal aux yeux offrent des cœurs d’argent après leur guérison ; ceux qui sont guéris de chancre au nez, au sein, au visage, offrent aussi des présents. De même beaucoup sont guéris des jambes ou d’autres infirmités corporelles, mais la plupart ne sont pas notées, les prêtres étant trop occupés les jours de fêtes pour le faire. Ils le disent en se confessant, on les prie d’attendre pour qu’on les écrive après leur confession. Mais, pour différentes raisons, ils s’en vont et ne reviennent pas. Et puis il y en a d’autres qui n’osent pas parler de leurs infirmités, surtout quand ce sont des maux héréditaires, comme les écrouelles et qui s’en vont sans dire mots, ou par sauvagerie, ou parce qu’ils n’osent pas. Combien de sourds, de muets, guérissent !

En un mot, on y guérit de toute sorte de maux, et des plus incurables, inconnus des médecins : ainsi, une fille qui avait les yeux fondus à la tête, incapable de voir normalement, être guérie à la fin de sa neuvaine et avoir les yeux aussi beaux qu’auparavant. Combien de maux de tête, de maux internes, où l’on ne connaît rien et qui guérissent au Laus ! Combien qui sont guéris de toutes sortent d’indispositions en prenant de l’huile de la lampe de la chapelle. Chacun en porte à son pays et en donne aux voisins qui guérissent sans qu’on en sache rien au Laus ! Il ne faut qu’avoir la foi et se mettre en état de grâce pour guérir. Mais tous ne rapportent pas les effets miraculeux de leur guérison. »

 

Cinquième semaine de Carême

Lundi 23 mars

La femme adultère et la conversion de Madame Rolland

 

L’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère : « Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils veulent la lapider, Jésus leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché qu’il soit le premier à lui jeter la pierre » ; ils s’en allèrent l’un après l’autre en commençant par les plus âgés. Jésus reste seul avec la femme en face de lui. Il se redresse et lui demande : « Femme, où sont-ils donc ? Alors personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit « Personne, Seigneur ». Et Jésus lui dit : « Moi non plus je ne te condamne pas, va , et désormais ne pèche plus. » »

Madame Rolland chez qui Benoîte travaillait pour garder son troupeau, était une femme de mauvaise vie. Elle va se trouver en contact avec la Belle Dame au Vallon des Fours. Voici le récit du chanoine Pierre Gaillard : « Sa maîtresse ne vivant pas comme elle le souhaitait, Benoîte prie la Dame de se faire voir à elle et de changer son cœur. Sa maîtresse était surprise de tout ce que cette fille faisait, et de sa vertu et de ses visions, de tout ce qu’on disait d’elle : elle n’y croyait pas.

Elle se rend un matin à l’insu de Benoîte, près du lieu de l’apparition, au Vallon des Fours. Sitôt que Benoîte arrive, elle voit la Dame qui lui dit : « Votre maîtresse est cachée sous la roche. »  « Elle n’y est pas Madame, je l’ai laissée dans le lit. Belle Dame, qui le sait mieux de nous ? » « Elle y est, répond la Vierge,vous la trouverez sous la roche ; avertissez-la de ne pas jurer sur le nom de Jésus, que si elle continue il n’y a pas de paradis pour elle, que sa conscience est en très mauvais état, qu’elle fasse pénitence… »

Cette femme l’entendit, fut touchée d’une douleur très sensible, et d’un repentir extrême d’avoir offensé Dieu : elle pleure, soupire, gémit. Benoîte s’approche en entendant les pleurer et lui dit : « Vous m’avez fait dire un mensonge à la dame. Je vous croyais au lit ». « J’ai entendu tout ce que la Dame vous a dit, je me corrigerai ». Ce changement si prompt donna beaucoup de consolation à cette bonne fille, et encore davantage par la suite quand elle vit sa maîtresse ne jurant plus, jeûnant et donnant aux pauvres autant que ses facultés le permettaient. Elle vécut le reste de ses jours fort chrétiennement, fréquentant les sacrements. »

 

Cinquième semaine de Carême

Mardi 24 mars

Le serpent de bronze et la chapelle du Précieux Sang

 

Nous méditerons aujourd'hui sur le livre des Nombres, qui nous présente le serpent de bronze. « Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie. » Dans l’Évangile, Jésus déclare : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous comprendrez que moi, Je SUIS ».

Benoîte, à cinq reprises, a vu le Christ crucifié sur la Croix d’Avançon, que nous pouvons continuer à regarder et à contempler dans la chapelle du Précieux Sang. Cette chapelle unique, qui a été inaugurée le 16 octobre 1862, restaurée et bénie récemment par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, est un véritable reliquaire : la croix est suspendue au dessus de l’autel où la messe est célébrée durant l’été tous les vendredis. Là de nombreux pèlerins reçoivent des grâces extraordinaires qui proviennent de l’expérience spirituelle que Benoîte a vécue en ce lieu. Elle venait y prier pieds nus des heures entières, été comme hiver, les mercredis, vendredis et samedis, jours où elle jeûnait. Tournons-nous aussi vers la Croix Glorieuse d’où jaillissent l’eau et le sang de Jésus par lesquels nous avons été régénérés.

 

Cinquième semaine de Carême

Mercredi 25 mars

La vérité vous rendra libre

 

Jésus déclare dans l’Évangile : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre. »

Un homme, Monsieur Blanchard, était prisonnier d’une grave obsession. Il retrouve la liberté grâce à Benoîte qui lui révèle la vérité sur son mal. Monsieur Peythieu revient six fois sur le cas de cet avocat, dont la maladie avait étonné toute la Provence : cet homme, très estimé dans la région, était soudain devenu gravement malade de scrupule. Cela après une confession générale suivie d’une communion où il avait cru entendre une voix citant un texte vengeur des psaumes contre les pécheurs qui ne se convertissent pas. Cette parole l’obsédait et il était tombé dans une neurasthénie fort agitée. Les siens devaient parfois le lier avec des cordes pour qu’il ne coure pas à travers toute la ville.

Son confesseur, un Récollet, nommé François Piémond le décide à se rendre au Laus en septembre 1684, lui conseillant de ne pas parler de confession. Il vient au Laus. Benoîte le rencontre et l’aide à découvrir le mal qui est au fond de son âme : il était effrayé par de mauvaises communions faites autrefois et était resté jaloux de sa femme. Il se confesse, se réconcilie avec son épouse. Il est complètement guéri faisant l’admiration de la ville par sa piété retrouvée et sa générosité envers les malades et les affligés. Il revient en mai 1685 pour rendre grâce. Cette guérison est vraiment révélatrice du charisme d’accompagnement psycho-spirituel de Benoîte.

 

Cinquième semaine de Carême

Jeudi 26 mars

Il ne verra jamais la mort

 

En effet, dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous dit : « Amen, amen je vous le dis : si quelqu’un est fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. »

Benoîte éduquée par Marie a été fidèle jusqu’au bout à la Parole de Dieu. C’est pourquoi au-delà de sa mort, elle est toujours présente à Notre-Dame du Laus. Elle continue mystérieusement à accueillir les pèlerins, à les réconforter, à les aider à voir clair dans leur conscience, à les préparer à la confession, à prier pendant qu’ils se confessent, à les aider à bien participer à l’Eucharistie et à la Communion avec les meilleures dispositions.

« Après la mort de la bergère, écrit Aubin dans sa copie authentique, on aurait pu croire que les gens qui avaient pour elle une vénération particulière cesseraient de venir au Laus et que ce saint lieu serait bien moins fréquenté. Mais Dieu qui s’était servi de cette humble fille pour établir cette dévotion en l’honneur de sa Sainte Mère. Il lui avait fait assurer par l’Ange que ce pèlerinage serait plus florissant après sa mort que de son vivant et avait suscité de saints prêtres pour continuer et perfectionner  cette bonne œuvre. » Ainsi on y voit encore venir les mêmes processions et la même affluence du peuple. La Très Sainte Vierge y accorde la même protection. On y reçoit toujours de nouvelles grâces, soit des guérisons, soit des conversions éclatantes.

 

Cinquième semaine de Carême

Vendredi 27 mars

« Toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs »

 

Le Prophète Jérémie nous dit que Dieu scrute l’homme juste, et voit les reins et les cœurs. C’est une occasion pour nous de parler du charisme de Benoîte qui touche les cœurs et a le don de lire dans les consciences. Pierre Gaillard écrit : « Combien de personnes ont dit que le Laus est le refuge des pécheurs. En ce lieu, Dieu leur inspire de faire de bonnes confessions, lève la honte de ceux qui n’osent pas les dire, assistés de l’avis de Benoîte qui leur découvre tout leur intérieur. 

« Quand je vois quelqu’un, déclare Benoîte à Gaillard, je connais d’emblée tout ce qu’il est et ce qu’il a sur la conscience. C’est comme dans une glace : on voit ce qui est au dedans, tout à la fois. C’est ce qui me permet de donner les avis nécessaires au salut de ceux que je juge capable d’en profiter. » Monseigneur Hervé, évêque de Gap, rencontre Benoîte qui prie Dieu dans l’église : « Elle lui parle plus de deux heures et lui décrit tout ce qu’il vit dans son intérieur, ce qu’il avait fait, ce qu’il allait faire, ce qui plairait ou non à Dieu. » Ainsi, tous sans distinction, bénéficient, et encore aujourd’hui, du don que Dieu a accordé à Benoîte comme au Curé d’Ars pour entrer dans la grâce de Miséricorde et de conversion du sanctuaire de Notre-Dame du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

Samedi 28 mars

« Je vais les rassembler de partout et je les purifierai »

 

Le prophète Ezékiel annonce que Dieu va rassembler son peuple et le purifier. C’est bien ce que la Vierge a voulu en fondant avec Benoîte le sanctuaire de Notre-Dame du Laus : rassembler beaucoup d’hommes et de femmes pour qu’ils se purifient par le sacrement de la réconciliation.

Le juge François Grimaud dans la « Relation Véritable » qu’il adresse à l’Archevêque d’Embrun, Monseigneur d’Aubusson de la Feuillade, écrit : « Les miracles que Dieu a opérés en ce lieu par l’intercession de Benoîte se déroulent dans l’affluence innombrable du peuple qui y est venu de toutes parts... par un miracle particulier, cette nouvelle a été répandue dans toute la province du Dauphiné et autres lieux du Royaume, et jusque dans les capitales de l’Espagne et du Piémont mais avec tant de succès et de fruits, que depuis les fêtes de la Pentecôte 1665 jusqu’en janvier 1667, on peut assurer avec vérité qu’il y est venu plus de 130.000 personnes. » Ainsi se réalisent dès les premiers temps, l’annonce prophétique de la Mère de Dieu : « Beaucoup de pécheurs et de pécheresses viendront ici pour se convertir. »

 

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19 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Vingtième jour

Le guide des pèlerins

 

D'après la très sainte Bible, tous les anciens patriarches envisageaient la vie comme un pèlerinage et un court voyage vers la patrie céleste : « Les jours de mon pèlerinage, disait Jacob, ont été courts et remplis d'afflictions ». Saint Aignan, évêque de Beauvais, écrit que Jacob avait raison d'appeler sa vie un pèlerinage presque continuel. Il fut en Mésopotamie pour s'y marier, d’où il vint ensuite à Socoth, de la à Sichem, et enfin à Bersabée, d'où il arrivait tout nouvellement en Egypte. Ses jours ont été courts, si on les compare à ceux d’Abraham et d'Isaac. Ils ont été courts surtout, relativement à l’éternité que ces grands serviteurs de Dieu avaient toujours devant les yeux. Car, comme le dit avec sagesse le savant Tostat, Jacob parlait ainsi parce qu’il était persuadé que ses derniers moments étaient proches, quoiqu’il ait encore vécu dix-sept ans depuis, selon l'affirmation de l'Ecriture. Jacob ajoute que ses jours ont été remplis d’afflictions ; en effet son histoire témoigne qu'il souffrit beaucoup, comme il arrive ordinairement des justes.

Des vies de tous ces saints hommes, je n'en trouve pas qui soit plus conforme, en ce genre, à celle de Jacob que celle du bienheureux saint Joseph, à la fois patriarche de l'un et de l'autre Testament. Animé des mêmes sentiments de détachement des biens de ce monde, de foi et d'espérance dans les biens futurs, il est aussi pèlerin et voyageur parmi des obstacles et des tribulations sans nombre. A défaut d'autres témoignages, les preuves que nous en fournit le sacré livre des Evangiles suffisent bien. On ne sait trop ce que l’on doit le plus admirer, ou des grandes difficultés de ses voyages, ou de sa patience à en supporter les fatigues. En tous cas, on ne saurait ,disconvenir qu'à bien des titres il mérite d'être considéré, honoré et invoqué comme le Guide et le protecteur des pèlerins et des voyageurs.

Le docteur Hermant dit que les différents voyages de Jésus-Christ dès son enfance (voyages que saint Joseph fit avec lui) nous marquent parfaitement cette vérité, que toute la vie chrétienne doit être un voyage continuel, et qu’il n’y a point de lieu de constance pour ceux qui en font profession jusqu’à ce qu’ils soient arrivés au ciel qui en est le terme et leur véritable patrie.Après avoir énuméré ces voyages dont j‘ai parlé ailleurs, comme, selon que le disait Jacob, les afflictions en sont la suite nécessaire, il ajoute cette réflexion : « Ce mélange de bons et de mauvais succès est un grand mystère qui nous apprend que nous devons recevoir de la main de Dieu cette vicissitude réglée de bons et de mauvais événements qui se rencontrent ordinairement dans notre vie ». Le docteur Thiébaut dit que la sagesse divine a attaché les vicissitudes aux choses humaines, afin d’engager ceux qui sont dans la prospérité, les monarques eux-mêmes, à ne point s’enfler de leur grandeur ; j’ajouterai que c’est aussi afin de les faire penser à la brièveté de la vie, à l’instabilité des biens de ce monde, et de les porter à se regarder comme des étrangers et des voyageurs ici-bas.

C’est ce que confessait de lui-même le bienheureux David : « Je suis étranger sur la terre, disait-il à Dieu, ne me cachez pas vos commandements ». Le terme hébreu « Cher », observe saint Aignan, signifie proprement un pèlerin et un étranger, et tel se regardait David. Aussi entendons-le s’écrier ailleurs : « Que je suis malheureux, de ce que le temps de mon pèlerinage est si long ! Je demeure, ajoute-t-il, avec ceux qui habitent dans Cédar, mon âme est parmi eux comme étrangère ». Que ce soit David qui parle de soi dans le temps qu’il se voyait relégué par la haine de Saül au milieu des habitants de Gédar, c’est-à-dire parmi les Arabes, dit à ce propos le Maître de Saci, ou que ce soit un autre prophète qui parle de soi et des juifs dans ce temps qu’ils vivaient au milieu des peuples barbares, et qui déplorent Ia,longueur de leur exil ; ils nous figurent certainement la disposition d’une âme qui est toute environnée d’afflictions, et qui gémit dans ce monde où elle vit comme étrangère, parce que ne s’y attachant point, elle envisage toujours sa patrie qui est le Ciel, selon ces paroles de saint Paul : « Pendant que nous sommes dans ce corps comme en une tente, nous soupirons sous sa.pesanteur ». « C'est là, dit saint Jean Chrysostome, la plus excellente doctrine et la vérité la plus importante, de bien connaître que nous sommes étrangers en cette vie ». Lisez les trois premiers livres de l’Imitation, partout Gerson, dont le nom signifie étranger, pèlerin, y rappelle cette vérité fondamentale pour la vie chrétienne, que nous sommes des pèlerins et voyageurs vers le ciel.

Et voilà bien pourquoi j’ai voulu traiter ce sujet au point de vue de la foi, persuadé qu'un des grands motifs des pèlerins de pouvoir s’adresser avec une entière confiance à saint Joseph dans les difficultés et les peines de leurs voyages, c'est de se regarder comme des exilés et des étrangers qui ne s’arrêtent qu'en passant sur cette terre, parce qu'ils ont en vue la véritable patrie qui est le Ciel, et de souffrir volontiers pour Dieu toutes les tribulations de cette vie périssable. Ç'a été la conduite du bienheureux Joseph, comme ç'a été celle de tous les saints du vieux Testament qu’il a résumés en lui. « Tous, dit l'Apôtre, sont morts dans la foi, n’ayant pas reçu les biens qui leur étaient promis, mais les voyant et comme les saluant de loin, et confessant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ».

Imitez-les, pèlerins chrétiens, et dans vos voyages n’oubliez pas de prier beaucoup saint Joseph qui, vous voyant animé de son esprit de foi, de détachement, de désir du ciel, vous protégera volontiers. A cette fin, car les voyages quelque courts qu’ils soient, offrent toujours une infinité de dangers, placez le voyage que vous allez entreprendre sous la protection de saint Joseph, je dirai mieux de la sainte famille Jésus, Marie et Joseph, ces trois auguste pèlerins, et sous celle de votre bon Ange gardien, priez-les de vous servir de conducteurs ; durant le voyage pensez à eux et invoquez-les souvent. Après le voyage, remerciez-les beaucoup en les saluant intérieurement, comme si vous les voyiez de vos yeux. Si vous faites cela, la bénédiction céleste vous accompagnera et rendra votre voyage heureux, méritoire et sanctifiant, comme il arriva au jeune Tobie, qui fut délivré d'une infinité de dangers par le secours du bon ange saint Raphaël, qui lui servit de guide et de compagnon fidèle, et à qui il faut s’adresser avec une confiance toute particulière dans les voyages de dévotion et autres. Oh ! Si les Anges étaient mieux connus et plus parfaitement honorés, que de grâces découleraient du ciel sur la terre, dont les chrétiens sont privés par leur insouciance pour ces bienheureux esprits.

 

Exemples

 

Une dame du Beaujolais, sur le point de devenir mère, se trouva obligée de faire une course assez longue dans les montagnes ; les mauvais chemins ne permettant pas l’usage d'une voiture, elle dut partir à cheval. Parvenue au détour d‘un chemin escarpé, son cheval s’ombrage et refuse d'avancer. Vivement pressé de l'éperon et de la cravache, il s’emporte tout d’un coup, prend violemment le galop et jette la malheureuse dans un ravin profond, rempli de ronces et de pierres. Le coup devait être mortel ; mais la foi et l’instinct maternel avaient déjà sauvé la victime. Au moment de sa chute, Mme P. avait crié à saint Joseph et lui avait voué l’enfant qu’elle portait dans son sein. Ce protecteur tout-puissant avait étendu la main pour parer le coup. Madame P. se releva saine et sauve et continua sa route. Le prodige fut complet ; l’enfant vint heureusement au monde et reçut au baptême le nom de Joséphine qu'elle porte encore avec reconnaissance.

Grâce au zèle de la céleste Thérèse, le culte de saint Joseph est devenu très célèbre en Espagne, et il n’est pas rare de trouver çà et la de petits oratoires consacrés à l’époux de Marie. Deux jeunes étudiants de Tolède se rendant dans leur famille furent surpris par un affreux orage au milieu de . la route. Déjà le tonnerre était tombé pour la troisième fois à quelques pas d'eux : ils continuèrent cependant leur marche pour se réfugier dans un oratoire voisin dédié à saint Joseph qu'ils ne cessaient d'invoquer. Convaincus qu’ils lui devaient leur salut, ils firent vœu de venir, chaque année au même jour, visiter cet oratoire en esprit de pèlerinage ; ils y furent fidèles et moururent saintement.

 

Prière à saint Joseph, Patron des voyageurs

 

O bienheureux Joseph ! digne compagnon des fatigues de Marie, soyez notre guide dans le pèlerinage de la vie. Mille dangers nous exposent à périr si vous ne dirigez nos pas. Que comme vous, dociles à la voix de Dieu, nous allions avec zèle partout où il nous désire, et que rien ne nous arrête pour accomplir sa volonté sainte. Quel que soit le terme de notre course, faites que nous nous trouvions heureux. C’est bien peu que les peines de ce monde, pour mériter les délices de l’éternité. Tel fut toujours votre langage, et à Dieu ne plaise que jamais le murmure sorte de mes lèvres pour reprocher au Ciel ses épreuves ! Vous avez souffert innocent avec l’innocente Marie et avec l’innocent Jésus, pourrais-je refuser de souffrir, moi si coupable d‘ingratitude et d’oubli! ô Joseph ! soyez mon modèle, soyez mon soutien, et j’accepte tout sous vos auspices. Ainsi soit-il.

 

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18 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-neuvième jour

L’abri assuré dans les tentations

 

Parce que vous étiez agréable à Dieu, il fallait que la tentation vous éprouvât, fut-il dit à un; ancien Patriarche. Certains s‘imaginent à tort ? Que les tentations qui viennent les assaillir sont des marques de la colère de Dieu sur eux ; rien n'est plus dangereux que cette illusion grossière, capable de porter l’âme au désespoir et de l’entraîner dans l’abîme éternel. Au contraire, les tentations sont le plus souvent de grandes faveurs que l’Éternel fait a ses amis et à ses meilleurs serviteurs. Car la tentation n’est pas un péché quand, on ne s’y livre pas; loin delà elle est une source de‘ mérites et de grâces : par elle on témoigne de sen amour et de sa fidélité pour Dieu ; par elle on purifie son âme, on s'aguerrit pour combattre avec plus de fermeté et de courage les ennemis de Dieu et de son salut ; par elle, enfin, on se détache de la terre pour soupirer avec plus d’ardeur vers la patrie céleste. Dieu sait que les tentations nous peuvent être utiles, et même qu'elles nous sont souvent nécessaires, voilà pourquoi il les permet ; Marie et saint Joseph qui sont si bien unis de volonté au Seigneur, qui désirent si vivement notre avantage spirituel ne nous en obtiennent pas non plus la délivrance; mais aussi comme Dieu nous aide de sa grâce lorsque nous le prions dans les tentations, de même, Marie et saint Joseph nous couvrent volontiers alors de leur efficace protection pour nous en faire triompher.

A l'exception de Marie, de saint Joseph et peut être de quelques saints privilégiés par la grâce, tous les hommes, les chrétiens surtout, sont exposés à des tentations diverses. Et il paraît, d’après les divines Lettres, que l’on est d‘autant plus tenté que l’on se donne avec plus d’ardeur au service de Dieu : « Mon fils, est-il écrit, en vous dévouant à prier Dieu, préparez votre âme à la tentation ». C'est-à-dire à l'épreuve, comme porte la traduction de saint Aignan, évêque de Beauvais. Sur quoi il est bon d’observer que le mot tenter dont se sert l'Esprit-Saint, est susceptible de deux sens: il signifie les afflictions et les peines que Dieu envoie à ses serviteurs ; ainsi il est dit que Dieu tenta Abraham, c'est-à-dire qu’il éprouva sa fidélité ; selon ce même sens Marie et saint Joseph ont été tentés, et C’est la une grande consolation pour tous ceux que l’Éternel met dans le creuset de la tribulation. En un autre sens le terme tenter signifie pousser au mal, comme qui dirait essayer de faire tomber quelqu‘un dans un abîme ; en ce sens les démons tentent les hommes, comme il en arriva à Eve, ainsi qu'à saint Paul. Dieu ne commande pas ces tentations, mais il les permet par des vues pleines de sagesse et des fins dignes de sa sainteté. Au reste, il multiplie ses grâces et donne ses secours à ceux qui sont ainsi éprouvés pour qu’ils puissent vaincre, selon qu’il le dit à l’Apôtre qui se plaignait et le priait de le délivrer de ses tentations : « Ma grâce vous suffit ». Il faut dire à la gloire de Marie très sainte et du bienheureux Joseph qu’ils ne furent jamais tentés par l’enfer, à raison de l’éminence de leur grâce, de leur dignité, des grands offices qu’ils étaient appelés à exercer vis-à-vis Notre-Seigneur. Ce qui n’empêche pas que l’un et l’autre soient très-compatissants à l'égard des personnes tentées et qu’ils s'empressent de les aider de leur protection quand celles-ci ont recours à eux, avec confiance et persévérance.

Forts du secours divin et du patronage de saint Joseph, les tentations au lieu de nous abattre doivent augmenter notre ardeur pour Dieu. Quelques grandes qu’elles soient, elles ne sauraient souiller notre âme,si nous leur résistons. Saint Liguori remarque que Sainte Catherine de Sienne. la Bienheureuse Angèle de Foligni furent longtemps tentées de luxure ; mais que ces tentations loin d'affaiblir leur pureté la perfectionnèrent beaucoup. Ce pacifique Docteur ajoute : « Chaque fois que nous repoussons une tentation, nous gagnons un degré de grâce, qui nous vaudra un degré de gloire dans le ciel. Il cite saint Bernard qui dit que autant de tentations vaincues ici-bas, autant nous aurons de couronnes dans l’autre vie. Un grand bien des tentations, c'est qu’elles nous rendent humbles et nous initient à la science pratique de la vie, car que sait celui qui n’a pas été éprouvé ? En outre, elles nous attirent les regards et les faveurs du bon Dieu. « Sur qui-jetterait je le yeux, dit le Seigneur, sinon sur celui qui est humble et affligé ? » Le Psalmiste chantait à l’Éternel : « Vous avez sondé mon cœur, vous m’avez examiné durant la nuit ; vous m’avez éprouvé par le feu ». Cette nuit, dans la pensée du bienheureux Gerson, ce sont les tribulations qui attirent les visites de Dieu ; ce feu, ce sont les tentations qui purifient l’âme et l’unissent davantage à Dieu. Bienheureux donc est l’homme qui soutient les tentations, parce que sa vertu ayant été éprouvée il recevra la couronne de vie que Dieu a préparée à ceux qui l’aiment, et qui lui sont fidèles.

Mais que faut-il faire pour vaincre les tentations ? S’humilier beaucoup, car si Dieu résiste aux superbes, il donne sa grâce aux humbles. Veiller sur soi, et prier sans interruption. « Si vous me demandez le moyen de vaincre les tentations, dit saint Liguori, je vous répondrai : le premier moyen, c’est la prière ; le second, c'est la prière ; le troisième, c’est la prière. Vous me le demanderiez mille fois, ajoute ce Père, que je répondrais toujours de même ». L’invocation des trois Personnes divines, par le signe auguste de la Croix, est assurément le moyen le plus puissant pour vaincre l’enfer; enfin le recours à Marie, nommée la reine des démons, la dominatrice de l'enfer, l’agonie du diable, et à saint Joseph qui en est le fléau le plus redoutable, parce qu’il a fortement travaillé à détruire son empire par les soins qu‘il a procurés au Sauveur, et ceux qu’il a pris pour le soustraire aux attaques de cet ennemi perfide, astucieux et cruel, qui cherchait à le faire mourir parle moyen d’Hérode.

 

Exemple

 

Il y avait au couvent de Perpignan un religieux d’une grande vertu. Une nuit, le prince des ténèbres vint l'assaillir avec toute la fureur dont est capable cet esprit immonde, dont la sainte Église prie le Seigneur de délivrer ses enfants. Le combat se prolongea toute la nuit, et donna des inquiétudes mortelles à ce chaste religieux. Ce ne fut qu’au point du jour, qu’il recouvra la paix. Dans la journée, voyageant avec le prieur du couvent, il vit venir à lui un homme d'un aspect vénérable, qui lui dit : « Mon père, pourquoi dans ces combats et ces assauts multipliés que vous aviez à soutenir la nuit dernière, ne vous êtes-vous pas souvenu de saint Joseph ? Pourquoi ne l’avez vous pas appelé à votre secours ?... » Le religieux étonné que ce personnage connût si bien le secret de son âme, se troubla, puis voulut répondre, mais le personnage disparut. Il demeura persuadé que cet auguste visiteur ne pouvait être que le glorieux saint Joseph, si bon et si fidèle à ceux qui lui rendent le plus léger hommage, et qui aime qu’on l’invoque dans les tentations contre la fleur de toutes les vertus.

 

Psaume du fidèle pour attirer le secours de saint Joseph contre les ennemis de l‘âme

(D'après saint Bonaventure)

 

Délivrez-moi, ô Père nourricier du Seigneur des armées ;

levez-vous contre mes ennemis,

qui osent persécuter votre serviteur.

Vous êtes mon refuge, mon espérance, ma force, ma Protection.

Que votre main soit toujours prête à me secourir :

et vos oreilles attentives à mes prières.

Vous êtes une forteresse imprenable

pour ceux qui se confient en vous :

et un rempart qui défend leur honneur :

Je vous recommande toute ma vie, ô bienheureux Joseph,

bénissez toutes mes actions, secourez-moi,

et délivrez-moi dans toutes les tentations.

A mon heure dernière ne m’abandonnez pas.

Et que, sous vos Auspices, je sois introduit,

par votre intercession, dans les tabernacles éternels. Ainsi soit-il.

 

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17 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-huitième jour

Saint Joseph, refuge des pécheurs

 

Les Égyptiens reconnaissants des tendres soins de Joseph pour les préserver de la famine lui dirent avec acclamation : « Notre salut est entre vos mains ». Jacob a dit cela du roi d’Egypte, mais, dit saint Bonaventure, il est mieux à nous de le dire à la Vierge Marie : Dans vos mains est notre salut ! Notre vie, notre allégresse perpétuelle, et notre éternité de gloire dépendent de vous. Consolez-nous dans le lieu de notre exil, et relevez-nous de notre indigence. Si nous pouvons parler ainsi à Marie, d’après ce grand et insigne Docteur, pourquoi ne pourrions-nous pas tenir le même langage à notre bien-aimé saint Joseph, que figurait l’ancien Joseph, fils de Jacob ? N’est-ce pas lui qui a nourri notre Sauveur, qui l'a si souvent porté dans ses bras, pressé sur son sein avec un amour infini, couvert de ses chastes baisers et de ses tendres pleurs, comme le dit si bien le saint Chancelier Gerson dans son poème « Josephina » ? Puisque saint Joseph a eu l’autorité sur notre Sauveur ; l'auteur de notre salut, il est donc bien juste que nous leur disions : « Notre salut est dans vos mains ! » Quelque pécheurs que nous soyons, nous ne pouvons pas hésiter d’invoquer votre Cœur si miséricordieux, qui a le pouvoir de nous délivrer des chaînes de nos iniquités, et de nous réconcilier tout de bon avec Jésus-Christ.

Qui pourrait dire avec quelle sollicitude notre saint. Joseph dont les sentiments sont formés sur ceux des Cœurs de Jésus et de Marie désiré le salut des pauvres pécheurs ; il voudrait à tout prix les préserver de la famine éternelle à laquelle sont condamnés les malheureux réprouvés, qui pleureront toujours ou de n’avoir pas connu, ou de n’avoir pas voulu profiter des ressources que la Providence leur avait ménagées dans le patronage de saint Joseph. Notre Saint a été élevé.afin de, sauver plusieurs peuples. C'est aux pêcheurs, qui sont tant à plaindre, de venir à ce puissant intercesseur 'et de ,lui dire avec le peuple d’Egypte : « Notre salut est entre vos mains, nous sommes disposés à revenir à notre Dieu ; vous, ô bienheureux Joseph, couvrez-nous de votre protection ! »

Saint Joseph est bien le protecteur des pécheurs, mais non des péchés ; qu'on note cette différence que je tiens à établir ici, c’est-à-dire qu’il ne peut accorder son appui et son intercession qu’à ceux des pécheurs sincèrement résolus d’en finir avec le mal et de se donner à Dieu par une volonté prononcée. A ceux-là le fidèle saint Joseph se fait leur médiateur auprès du Christ, et il le prie de vouloir bien les recevoir dans sa grâce. il les considère dans l'inimitié de Dieu, placés sous l‘empire de Satan, penchés sur le bord de l'abîme infernal, et pouvant à tout moment y être précipités. Il lui suffit de se rappeler tout ce que ces pécheurs ont coûté à Jésus-Christ, pour sentir ses entrailles émues de compassion, et pour remplir les actes de son zèle divin. Dieu soit béni et glorifié à jamais ! Dans son inépuisable miséricorde, il a fait en quelque sorte de saint Joseph son ministre, son plénipotentiaire, son trésorier général en faveur des malheureux, comme s’exprime le Frère Philippe. Et ce charitable Patriarche, fidèle à sa mission, puise à pleines main ; dans les trésors divins, pour venir au secours des infortunés pécheurs. Pour eux il supplie Dieu le Père, le conjurant de pardonner à ses créatures ingrates ; pour eux il supplie Dieu le Fils, lui rappelant toutes les peines et les travaux de sa vie mortelle soufferts pour leur salut; lui disant que puisqu’il n’est pas venu sur la terre appeler les justes, mais les pécheurs, il ait à les recevoir au baiser de la réconciliation; pour eux il intéressé Dieu le Saint-Esprit, le priant d'envoyer et ces coupables égarés, des grâces de lumière et de force afin qu’ils reconnaissent leurs erreurs et reviennent à la vérité, à la vertu ; pour eux enfin, il conjure son épouse sainte Marie, qui est aussi leur asile, leur espoir, leur, salut de joindre ses prières aux siennes, afin de fléchir sûrement le Dieu des miséricordes en leur faveur, tandis qu'il en est temps encore !

C’est donc un fait établi, constant et irrécusable que saint Joseph est le grand, le fidèle, le puissant avocat des pécheurs. Quand chacun voudra en faire l‘essai pour ceux des membres de leur famille, ou de leur connaissance qui ont le malheur de vivre sans Dieu, je me pose volontiers garant du succès qui leur est assuré. Car jamais, dans cette circonstance, on s’est adressé en vain au Cœur très clément de notre bon saint Joseph. Certes, si la Vierge peut obtenir et impétrer toutes les grâces aux plus grands pécheurs, dit le père Bernard à Chrypta, pourquoi penseriez-vous que la très ardente charité de Joseph, son époux, n’en fasse pas autant ? Douter de cette vive tendresse et de ce pouvoir de saint Joseph serait blesser le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, serait affliger le Cœur de saint Joseph qui s’est imposé tant de sacrifices lorsqu'il était sur la terre, afin d'entretenir et de sauver la vie du Sauveur des pécheurs.

Oh ! que Joseph comprend trop ce qu’il en a coûté à Notre Seigneur pour le salut des âmes, pour les voir de sang froid périr éternellement, pour ne pas s‘intéresser maintenant à tout ce qui peut directement ou même indirectement contribuer ‘à leur faire obtenir et mériter la grâce du salut éternel. Infini est le nombre des pécheurs convertis par les intercessions de saint Joseph, qui lui doivent la gloire dont ils jouiront dans le ciel. Pêcheurs, ne cessez donc pas de demander miséricorde au Seigneur en considération de Celui qu'il a bien voulu regarder et honorer ici-bas comme son père. « Purifiez vos mains, pécheurs, dirai-je avec saint Jacques, c’est-à-dire renoncez à vos œuvres d‘iniquités, et saint Joseph accueillera plus volontiers vos supplications ; il vous mettra bien avec Notre Seigneur ; et sans crainte vous vous approcherez de ce Dieu qui, lui aussi, s'approchera de vous. Alors vous goûterez combien le Seigneur est doux et qu’heureux est l'homme qui espère en lui ».

Le pieux saint Alphonse de Liguori fait cette réflexion bien encourageante : quand, dit-il, Jésus Christ vivait sur la terre, s’il y avait eu un pêcheur qui eut désiré obtenir du Seigneur le pardon de ses péchés, aurait-il pu trouver un moyen plus sûr d’être exaucé que l'intercession de saint Joseph ? Si donc, conclut ce saint Père, nous désirons être pardonné de Dieu, recourons à saint Joseph, qui maintenant dans le ciel est plus aimé de Jésus Christ, que lorsqu’il était sur la terre. Qui craindrait d’approcher d’un Saint si aimable et si bon que l’est saint Joseph, et qui donc pourrait légitimement s’excuser si à l’aide de sa protection il n’obtenait pas sa réconciliation avec Dieu ?

 

Exemple

 

L'Isolano raconte qu’un gentilhomme vénitien avait pris la pieuse habitude de prier chaque jour devant une image de saint Joseph ; mais du reste, il paraissait fort peu s’occuper des pratiques de piété les plus indispensables et de l’observation de la loi de Dieu. Il tomba grièvement malade, et le danger devint pressant, tant pour l’âme que pour le corps. Heureusement pour lui, dans le temps ou son état paraissait désespéré, un médecin céleste, saint Joseph vint à son secours Le malade vit de ses yeux entrer dans sa chambre un personnage parfaitement ressemblant à l’image qu’il était dans l’usage de saluer tous les jours. Cet aspect inattendu semblable à un rayon de soleil qui pénètre en un lieu obscur, bannit en un instant les ténèbres de son aveuglément. Il vit clairement et distinctement tous ses péchés au milieu desquels il avait vécu si longtemps insensible, et il en conçut une profonde horreur accompagnée de la plus vive contrition. Ce n’était pas assez, il se hâta de les confesser tous et avec larmes. Mais la grâce la plus singulière que lui fit son généreux Protecteur fut qu'à ce moment précieux où le prêtre terminait la formule de l’absolution, l'heureux pénitent rendit l'âme à son Créateur; et l’on peut bien croire que saint Joseph aura lui-même accompagné cette âme jusqu'aux pieds du ,souverain juge, pour la défendre encore s’il en eût été besoin.

 

Soupirs du pêcheur vers saint Joseph

 

Auguste Père nourricier du Sauveur, Virginal Epoux de Marie, tendre Refuge du pêcheur que le remords poursuit, Porte du pardon toujours ouverte à ceux qui veulent revenir au Seigneur, secourez un pauvre et malheureux pécheur qui veut, avec votre aide, se relever de ses chutes. Vous qui par un prodige inouï, avez commandé au Dieu de la nature, Joseph dont le crédit maintenant n’est pas diminué, et dont les prières sont victorieuses de Dieu même, obtenez-moi un prompt retour à la vertu, une sainte componction de mes fautes passées, avec la grâce d‘en faire une digne pénitence. Ainsi soit-il.

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16 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dix-septième jour

Le directeur dans l'oraison

 

L'oraison ou la prière mentale, quelle belle et angélique occupation. Ç'a été celle de tous les saints et de tous les amis de Dieu, par conséquent celle de saint Joseph. Voilà pourquoi je suis bien aise de le proposer à l’âme pieuse et priante comme un grand Protecteur dans les saintes voies de l'oraison, assuré par l'expérience, qu’un puissant moyen pour faire en fort peu de temps un très-grand profit dans cet exercice angélique, c’est de s'adresser au bienheureux Joseph, l'homme d‘oraison accompli, le contemplatif parfait, le maître par excellence dans cet art divin.

Quoique l’oraison mentale réside principalement dans la volonté, et que quand cette volonté est ardente, généreuse, dévouée, on s’y perfectionne assez vite ; il est pourtant certain que les commençants y éprouvent tantôt des sécheresses ou des ennuis, et tantôt des difficultés de penser, de demander ce qu'il conviendrait. Dieu le permettant de la sorte, pour que l'âme le cherche avec plus de pureté d'intention,d'empressement, de persévérance; afin qu’elle le désire avec l'ardeur du cerf qui soupire après les eaux d’une onde pure; et qu’elle s'écrie comme le divin David : « Mon âme brûle d’une ardente soif de contempler le Dieu vivant, quand serai-je digne de paraître devant sa face ? En attendant mes larmes me tiennent lieu de pain le jour et la nuit, parce que durant tout le jour, mes sens me disent : a ton Dieu ou est-il ? »...

Saint Joseph a-t-il passé par ces épreuves si désolantes, par ces sécheresses qui rendent l’âme impuissante à prier, par ces difficultés que la grâce seule et un sage directeur peuvent aider à vaincre ? J'aime à penser que non. Toutefois, on le voit désolé lorsqu'il eût perdu la présence sensible de Jésus, qui était resté dans le temple, on le voit s'empresser, aller et venir, soupirer, pleurer même, jusqu’à ce qu’après trois mortelles et longues journées, après mille et mille perquisitions, après bien des peines d’un pénible et inquiet voyage, il le trouve, couvre sa face adorable de ses baisers et de ses larmes. Oh ! que saint Joseph devient bien, ici, le Patron et le Protecteur des âmes pieuses, qui gémissent d'avoir perdu les douceurs de la divine présence et les lumières dont elles j0uissaient avec tant de délices !

A ces âmes je dirai qu’elles doivent dans leurs épreuves intérieures imiter notre bon Saint ; l'absence de Jésus fait qu'il le cherche avec plus de soin et d'industrie, qu’il le retient avec plus de vigilance et d’amour après qu’il l'a trouvé. Eh bien ! qu'elles persévèrent dans l’oraison, malgré les difficultés qu’elles y rencontreraient soit par leur faute, soit de la part de Dieu, soit de la cause des hommes ou des démons, qui font tout ce qu’ils peuvent pour faire quitter ce divin exercice. Elles doivent se bien persuader que le grand remède aux distractions, aux sécheresses, aux ennuis de l’oraison, c’est la persévérance dans l’oraison, comme le plus savant maître dans l’art de l’oraison c'est la pratique assidue de cet exercice tout angélique.

David que j'aime à citer avec une indicible joie, parce qu’il résume dans ses psaumes tout ce que contient la loi, les prophètes, les moralistes et même le saint Évangile, David compare l’homme d’oraison à un arbre planté au bord d’un courant d’eau, qui donne des fruits dans son temps, toutes ses actions sont méritoires devant l’Éternel. Remarquez ce mot « dans son temps » qui veut dire dans le temps où il faudra supporter telle douleur, tel affront... Observez encore que l'oraison est à l’âme ce que l'eau est a la plante, elle l’attendrit, l’humecte, la fait reverdir, et lui fait produire des fruits meilleurs, plus durables, parce qu'ils sont plus naturels : faites-en l’application. L’oraison est comme cette fontaine, ce puits des eaux vives dont les eaux coulent impétueuses du mont Liban. Elle fertilise l’âme pure, humble et détachée des vanités ; elle en fait un jardin fleuri et agréable aux yeux de l’Époux Jésus-Christ. Mais que cette source vienne à manquer, il n’y aura bientôt plus de fleurs dans ce jardin, c’est-à-dire de vertus dans l'âme qui deviendra semblable à cette terre déserte et sans rosée dont parle encore David, où tout est flétri, sec, aride. Le mal prendra dans le cœur la place du bien, le vice de la vertu, Satan de Dieu, la terre du ciel, le temps de l’éternité. Voilà dans quel abîme affreux, dans quelle réprobation anticipée, dans quel bannissement des joies célestes l’oubli de l’oraison jette l’âme. Oh ! combien la protection du Cœur de saint Joseph est utile, précieuse, salutaire, pour détourner de soi un si grand malheur par l’oraison assidue. Aux âmes qui s’exagéreraient les difficultés de l'oraison pour justifier leur indifférence, je voudrais leur faire comprendre que de tous les arts celui-ci est le plus facile, et je me propose s’il plaît au Seigneur d'écrire un Traité là-dessus. Il ne s'agit ici ni de considérations savantes, ni d'élévations sublimes, ni de contemplations absorbantes. Quand il plaît à Dieu d'en faire le don, on le reçoit et on en use avec reconnaissance, simplicité, humilité, mais il est question d’une oraison commune, que je divise, avec le docteur Thiébaud, en oraison de supplication, d’admiration et d’union. Qu’est-ce en effet que l’oraison en général, sinon une élévation de l’âme à Dieu ? Or, dit cet interprète, je puis élever mon âme vers Dieu, pour le supplier de m'accorder une grâce dont j’ai besoin, voilà ce que j’appelle l'oraison de supplication. Je puis élever mon âme vers Dieu pour contempler ses beautés, et admirer ses ouvrages; voilà ce que j’appelle oraison d’admiration. Je puis élever mon âme vers Dieu, pour m'unir étroitement à lui ; voilà ce que j’appelle oraison d’union. Avec le secours de saint Joseph, et en implorant comme il faut la grâce du Saint Esprit, chose essentielle (le Saint-Esprit n’est ni assez connu ni assez aimé et prié), il n’est personne qui ne puisse s’exercer à ces manières d'oraisons si faciles, si communes, si bien familières aux Saints et aux grands hommes du christianisme, la plupart surchargés d’occupations dissipantes, qui y ont puisé les lumières pour l'esprit, la force pour le cœur, les consolations les plus douces et les plus pures dans les 'peines de la vie. Voici un fait des plus authentiques à l'appui.

 

Exemples

 

S’il fut une sainte que Dieu éprouva par l'aridité de l’âme et les désolations spirituelles, ce fut surtout la séraphique Thérèse. Elle est un vrai modèle de persévérance à ceux qui cherchent le Seigneur, et auxquels il se dérobe quelque temps pour leur faire acquérir à grand prix sa possession. On sait que Thérèse, si pieuse, si dévouée aux volontés du Ciel, fut vingt ans frappée de stérilité et de sécheresse dans ses oraisons, et qu'il lui fallut passer par cette longue épreuve, avant d'arriver à ces intimes contemplations qui la ravirent si souvent. Or, elle dut sa persévérance à chercher Dieu au secours spécial de saint Joseph, son protecteur ordinaire.

Quels contemplatifs, quels hommes d’oraison parmi les saints, plus éclairés que le bienheureux Gerson et saint Jean de la Croix ? Il faut lire le livre de la Mendicite spirituelle du premier, et la Nuit obscure de l’âme, du second, pour se faire une idée des affreuses aridités par lesquelles ils ont passé, et de leur persévérance dans cet exercice de l’oraison, tellement important, dit Gerson, que sans lui, personne, à moins d’un miracle, n’atteint la vraie vie chrétienne. Mais les saints comprennent, comme l’écrit M. le curé de Saint Sulpice, d’après saint Grégoire, que ces délaissements ne sont souvent de la part de Dieu qu’un artifice de son amour, pour exciter l’âme à le désirer avec plus d'ardeur, à le rechercher avec plus de zèle, à saisir sa grâce avec plus d'empressement, et à la suivre avec plus de fidélité quand elle se présente.

Sainte Thérèse qu’on ne se lasse jamais de citer comme étant devenue à l'école de saint Joseph une grande maîtresse dans la science de l’oraison, sainte Thérèse exhortait toutes les âmes qui, voulant pratiquer l'oraison avaient peur des difficultés, de recourir à saint Joseph. Elle leur disait : « Si vous ne pouvez trouver un maître qui vous enseigne la manière de faire oraison, choisissez saint Joseph pour guide et pour directeur, il vous en montrera bientôt le vrai chemin ».

Le très pieux et savant père de Barry rapporte à l’appui de cet avis de la séraphique sainte cette histoire bien consolante. « Je connais, dit-il, deux personnes qui ne pouvaient pas faire oraison,à cause des difficultés qu'elles y rencontraient. Pour les surmonter, toutes deux prirent saint Joseph pour leur guide. Elles ne tardèrent pas à ressentir l’effet de son, assistance ; les difficultés, les montagnes qui les arrêtaient, s'aplanirent bientôt ; ces champs de l’oraison qui n’étaient pour elles qu’un sol stérile et sablonneux, se couvrirent de fleurs et de verdure ; et l'oraison mentale devint pour elles le plus agréable et le plus doux de tous les exercices.

Une autre religieuse, dit encore le père de Barry, désirait, ainsi qu'elle me l'a dit elle-même, être délivrée des distractions qui la troublaient dans la prière. Pour obtenir cette grâce, elle se sentit pressée de recourir à saint Joseph. Elle le fit avec beaucoup de ferveur, et le fruit de sa demande fut non-seulement le don d’une très haute oraison, mais encore l'exemption durant son sommeil de tout songe, de toute image qui n'était pas pure et sainte.

 

Invocation à saint Joseph pour obtenir la grâce de l’oraison

 

Bienheureux Joseph, qui eûtes le bonheur ineffable de pénétrer les secrets des mystères du Sauveur, et de contempler comme sans voile les perfections divines, je vous prie de m’obtenir le recueillement intérieur, la facilité de méditer les vérités du salut et le don d’une prière perpétuelle. Faites que par le renoncement à moi-même, au monde et surtout au péché, le plus grand obstacle a l'oraison, comme l'enseigne le pieux Jean Gerson, je m’élève d‘esprit et de cœur au-dessus de toutes les choses temporelles pour ne me reposer plus qu'en Dieu seul, pour ne plus trouver de bonheur que dans la-pensée, l’amour et le désir des choses célestes. Ainsi soit-il.

 

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15 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Seizième jour

Modèle accompli des âmes intérieures

 

Le Saint Esprit voulant nous donner une haute estime de la vie intérieure, enseigne que tout l'ornement de la fille du Roi, c'est-à-dire de l’âme sainte, est dans son intérieur au milieu des franges d’or, et des divers ornements dont elle est environnée. Notez, dit excellemment le séraphique saint Bonaventure, que, par ces paroles, le Saint Esprit explique en quoi consiste la beauté et la gloire de l'épouse du Christ ; qu’elle n‘est pas dans la beauté du corps, non plus que dans les richesses temporelles, pas plus que dans les ornements extérieurs, mais dans l’intime du cœur orné par les franges d’or, c'est-à-dire par l’acquisition et l’exercice des vertus théologales. Et le reste.

Le plus pieux de tous les interprètes des Livres saints, le Maître de Saci, développant avec une lumière admirable ce beau texte, dit après saint Jean Chrysostome : « C’est comme si le prophète nous disait : « Ne vous arrêtez pas au dehors, entrez au dedans, et attachez-vous à regarder la beauté de l’âme. Car c'est de cette beauté que je vous parle. Et lorsque vous entendez nommer de riches habits, des franges d'or, et tous les autres ornements, vous devez comprendre que ce langage est spirituel, et qu'il regarde non les ornements extérieurs, mais ceux du dedans, qui consistent dans une piété intérieure, et qui procurent une gloire spirituelle »

Gardons-nous de l'illusion. La vie intérieure ne consiste pas simplement à s’adonner à des exercices de piété parce que l'inclination naturelle y pousse ; c'est une chose si belle, si honorable, si grande de servir Dieu ! que plusieurs prennent volontiers l'idéal pour la réalité ; mais cette vie consiste à s’identifier: par l'union constante, absolue de notre volonté à celle de Dieu et cela dans les moindres choses qui en dépendent, a régler-tous les mouvements du cœur, toutes les pensées de l’esprit, fontes les affections de l’âme selon la divine volonté qui est le principe, la base et la mesure de toute sainteté. Hors de la, il n’y a plus de vie intérieure, c'est-à-dire spirituelle, surnaturelle ; et c’est ici où tombe le masque de la piété.

Or, je dis que saint Joseph est après le Christ et la bienheureuse Vierge le plus beau modèle des âmes intérieures, comme en même temps leur plus doux protecteur. En effet, si d’après mon argument, et comme l’établit très bien l’abbé de Brion sur le texte cité du Psaume, la fille du Roi, qui est l'âme intérieure, prend en Dieu qui est son origine la règle et les moyens de tout ce qu’elle doit faire, convenez que saint Joseph a dû faire de même, de sorte que tout ce qu'il entreprenait, opérait, terminait, était commencé conduit, fini par et selon le mouvement de la grâce, ou du Saint Esprit résidant en son âme. C’était la grande occupation de notre Saint, qu’il regardait comme la plus essentielle, la 'plus utile et la seule qui réponde à la fin suprême de l’homme en ce monde. Jouir des lumières qu’il puisait en Jésus-Christ, des douceurs de sa contemplation, des joies de ses entretiens, assurément ç’a dû être la bonne, belle et riche part de Joseph, et personne ne le conteste, mais était-ce son occupation principale, son but unique, sa fin dernière ? Non, mais bien de se transformer en quelque sorte en Jésus-Christ par la pensée, le sentiment et la volonté -ou l’imitation, de sorte qu’il put dire avant l’Apôtre : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ en moi » Voilà la vie intérieure de saint Joseph. Celle de toutes les âmes qui s’écartent de ces principes avoués par la sacrée Théologie, enseignés par l’Église devient nécessairement l’effet de l’illusion.

C’est pour leur éviter ce grave inconvénient, puisque les suites en peuvent être si funestes, si grandes, si durables, que je leur recommande non seulement d’étudier la conduite de saint Joseph afin de l'imiter, mais aussi de prendre ce Saint pour protecteur, maître et directeur invisible dans ces voies de la vie intérieure. Ce qu'il fera volontiers en leur obtenant les lumières du Saint Esprit, une volonté ardente, forte, généreuse, pour les suivre dans tout ce qu’elles leur montreront de juste, de convenable, de saint en un mot de conforme à la volonté divine manifestée dans les préceptes de la foi, les conseils de l’Évangile, les ordres des supérieures civils ou ecclésiastiques. Ce qu’il fera encore, en obtenant à ces âmes plus,de fidélité, plus d’attention, plus de persévérance dans leurs exercices de piété qui sont de grands moyens pour devenir bien intérieur, et faire de grands progrès dans cette vie divine. Souvent il est tel de ces exercices qui semble pénible, ennuyeux, fatigant, soit absorbement par les affaires temporelles, ou distractions par les objets extérieurs, ou simplement sécheresse accidentelle, l’âme souffre pour s’y appliquer d’une manière vraiment étonnante, quelquefois affreuse, comme sainte Thérèse en fit elle même l’expérience durant de longues années en ce qui touche l’oraison mentale. Eh bien, si dans ces moments de désolation, d’anxiété ou de découragement l'on s’adresse avec instance, ferveur et constance au Cœur du bon saint Joseph, nul doute que l'on en recevra des secours bien sensibles, des grâces bien puissantes qui feront triompher de la nature, toujours avide de jouir et difficilement résignée au sacrifice; on éprouvera que, par la protection de saint Joseph, la nuit même est devenue lumineuse, par ce que les ténèbres de l’erreur, ou des passions qui couvraient l’âme, se seront dissipées pour faire place à la clarté de la vérité et de la charité.

 

Exemples

 

Pendant que le père Lallemant était recteur du collège de Bourges, comme la fête de saint Joseph approchait, il appela deux jeunes professeurs, et leur promit d’obtenir pour chacun d’eux telle grâce qu’ils désireraient, pourvu qu’ils exhortassent leurs élèves à la dévotion envers saint Joseph, et à lui rendre quelque hommage particulier le jour de sa fête. Les deux régents acceptèrent de grand cœur la proposition, et leurs exhortations, furent si efficaces, que le jour de saint Joseph les deux classes entières firent la sainte communion en son honneur. Le même jour, ils se rendirent chez le père recteur, et chacun d’eux lui déclara en secret la grâce qu'il désirait obtenir. Le premier, c‘était le célèbre père Nouet, demanda la grâce de savoir écrire et parler dignement de Notre-Seigneur. On ignore quelle grâce avait demandé le second : on sut seulement qu’il l’avait obtenue. Quand au père Nouet, le lendemain de la fête, ayant changé d’idée, il retourna auprès du père recteur, et lui dit qu’après y avoir mieux pensé, il croyait devoir demander une autre grâce plus utile à sa propre perfection. Le père lui répondit qu’il n’était plus temps, puisque saint Joseph lui avait déjà obtenu la grâce désignée en premier lieu.

Certes, le père Nouet n’eut pas lieu de regretter sa demande, car il obtint de Saint Joseph une telle abondance de lumières, une onction si pénétrante et une si profonde connaissance de Jésus-Christ et des voies spirituelles que ses écrits nombreux qui roulent presque tous sur les mystères de Notre Seigneur, de la bienheureuse Vierge et des Saints, sont des plus estimés, dès plus pratiques et des plus lus. Je peux le dire sans forfanterie, il est difficile d’avoir lu plus que moi de ces auteurs ascétiques et mystiques, mais aucun ne m’a paru surpasser le vénérable père Nouet. Quelle gloire à ajouter à tant d'autres gloires de l’illustre Compagnie de Jésus. Il a écrit deux méditations très longues et très tombantes sur saint Joseph, qui montrent assez qu'elle était sa reconnaissance et son dévouement pour son saint protecteur et Maître.

Un berger avait conservé au milieu des dangers du monde une simplicité et une innocence admirables. Il se rencontra une fois avec un père Jésuite, qui, après quelques moments d’entretien, reconnut en lui une âme d’élite, enrichie de grâces et de dons si sublimes qu’il ne se subvenait pas d’en avoir jamais trouvé un autre plus avancé dans la perfection. L’admiration du religieux redoubla quand il apprit du jeune homme que, depuis dix-huit ans, il était en service, et que jamais personne ne lui avait donné aucune leçon de la vie spirituelle. Cependant, le religieux voyant qu'il parlait de ces matières si relevées avec l’exactitude d’un théologien, lui demanda s’il avait de la dévotion à saint Joseph. « Il y a six ans, répondit le jeune Berger, que Dieu m’a inspiré de le choisir pour maître et pour patron. Ce saint patriarche, ajouta-t-il, m’a fait connaître lui-même qu'il était, après Marie, le plus grand de tout les saints ; qu’il avait été rempli du Saint Esprit bien autrement que les apôtres ; enfin qu’il était le protecteur spécial des âmes intérieures dont la vie, comme la sienne, doit rester cachée aux yeux du monde ». Puis il se mit à parler en termes magnifiques des vertus et des privilèges de saint Joseph, disant qu’en récompense de son incomparable modestie, Dieu a voulu qu'il n’y eût que les âmes extrêmement pures qui eussent des lumières touchant ses grandeurs ; que Joseph avait été un homme de grand silence, discourant fort peu, à l’exemple de Jésus et de Marie avec lesquels il 'aimait à communiquer par le regard plutôt que par les paroles. Bref, il laissa le bon religieux tellement ravi d'admiration, qu’il avait coutume de dire que la rencontre du berger illuminé lui avait valu plusieurs années de religion.

 

Prière du saint archidiacre Boudon à saint Joseph

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph et vous honore comme le chaste époux de la Mère de Dieu, le Chef de la plus sainte famille qui fut jamais, le Père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle Dépositaire des trésors de la sainte Trinité... Pénétré de respect et d’amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur, après Jésus et Marie vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon Père et mon protecteur, daignez me regarder comme votre enfant. Faites moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu ; et de votre grande charité pour moi. Obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j'ai besoin pour remplir ses adorables desseins. Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur, surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus-Christ, et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier. Prenez, ô grand Saint, sous votre protection, les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Ainsi soit-il.

 

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14 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quinzième jour

Le consolateur des âmes affligées

 

Saint Joseph a eu beaucoup à souffrir de toutes les manières ; mais principalement des peines de cœur. Toutefois, sachant bien que la vie de l’Enfant-Dieu en était le motif, il souffrait non pas seulement résigné, mais avec joie. La pensée de la volonté de Dieu qu'il exécutait était un calmant suave à ses douleurs, puis il recourait toujours à Dieu par l'oraison, ne cherchant qu'en Dieu seul sa consolation et la fin de ses peines. Le Cœur très doux de saint Joseph est donc le grand consolateur des âmes affligées. Outre qu'il a été tant éprouvé il a été trop longtemps avec l'adorable Jésus, pour n’avoir pas appris de ce divin Maître à compatir à tous ceux qui souffrent et qui recourent à son Cœur si bon, si paternel. La sainte Église nous apprend d’ailleurs, dans un Répons qu'elle consacre à la mémoire de notre Saint, que quiconque veut avoir la santé spirituelle n’a qu'à implorer le secours de Joseph.

En récompense des consolations qu’il a procurées à Jésus et à Marie, dit le très honoré frère Philippe, Dieu lui a donné une grâce toute particulière pour consoler et assister ceux qui sont dans la douleur, et qui ont recours à sa bienveillante protection, aussi est-ce à eux surtout qu’il est dit : « Allez à Joseph, et faites tout ce qu’il vous dira ».

Du vivant de saint Joseph, les habitants des pays environnant sa demeure allaient voir le divin Enfant qui travaillait dans sa boutique, lorsque surtout ils se trouvaient dans la désolation. Ils se disaient entre eux, au rapport, du bienheureux Gerson : « Allons voir le fils de Joseph et de Marie, et il nous consolera..... » Ces bonnes gens, dit le dévot Binet, criaient qu’ils avaient appris cela du bon Joseph, son père, tellement que la maison de Joseph, c’était la maison de la consolation et le refuge des misérables.

 

Exemples

 

Ah ! combien de malheureux ont depuis lors suivi ce conseil avec succès ? Combien d'âmes désolées sont venues prier au pied de l'autel de saint Joseph, et y ont trouvé un baume salutaire pour leurs plaies ? C'est-à-dire l'espérance d'être bientôt consolées, ou la force pour souffrir avec courage de plus grandes peines encore, si tel était le bon plaisir divin. F. de la ville de Turnhont en Belgique, était depuis longtemps accablé. d’ennuis et de sollicitudes, à cause d'un violent chagrin domestique, qui minait lentement sa triste existence et qui aurait fini par le conduire au tombeau, si saint Joseph ne se fut hâté de venir a son secours. Une fois que plus accablé que jamais il confia les motifs de sa douleur à une personne vraiment pieuse, celle-ci lui dit de s‘adresser à saint Joseph, et que ce bon Saint entendrait ses soupirs, essuierait ses larmes. F. goûta cet avis et animé d’une grande confiance, il invoqua assidûment saint Joseph qui rendit la paix et la joie à son cœur troublé et affligé.

Saint Joseph, mais il est l’autel des désolés ! Les bons chrétiens le savent par l’expérience ; aussi les voyez-vous aller se prosterner dans l'Église au pied de sa sainte image, ils reconnaissent par la qu’après la Vierge Marie, si bien nommée par lsidore de Thessalonique, notre incomparable consolatrice, qu’ils considèrent de Saint comme un très fidèle consolateur dans leurs afflictions. Saint Joseph, mais il est le médecin spirituel des âmes malades ! I1 a des remèdes pour tous les maux, il soulage dans toutes les détresses, il aide toutes les faiblesses, il satisfait à tous les besoins, il allège toutes les infortunes, il adoucit toutes les aigreurs, il remplit toutes les exigences du cœur, et malgré les tortures auxquelles ce pauvre cœur est exposé par la violence. des hommes, par celle des passions ou celle des démons, il peut lui faire trouver le bonheur, mais ce bonheur supérieur aux sens, comme s’exprime l’Apôtre.

Ô vous qui souffrez et gémissez, vous dont le cœur est noyé dans un abîme de tristesse, recourez à saint Joseph ; il sait ce que c'est que la douleur ; il a lui-même mangé un pain détrempé de ses larmes et de ses sueurs ; il a connu ces perplexités qui abattent l’âme, la font pleurer des larmes bien amères, qui l’oppressent et la réduiraient au désespoir, si le Dieu consolateur, si le Dieu bon qui aime à dissimuler nos égarements et nos folies ne la soutenait comme par un miracle. Oui, saint Joseph a été pressuré par la douleur, brisé par les fatigues, exténué par les privations, et il est à même de comprendre le cri qui s’échappe des meurtrissures d’un cœur désolé et qui dit : « Saint Joseph, venez me consoler, me soulager, me fortifier. Si vous ne me secourez vite, je suis perdu ! »...

On ne pourrait jamais rapporter tous les faits des âmes affligées consolées par saint Joseph : les livres, surtout le Propagateur de la dévotion de saint Joseph par le Révérend Père Huguet en sont pleins. Je me contente ici de ce seul trait de la séraphique Réformatrice du Carmel.

Sainte Thérèse, dont le génie élevé n’admettait pas légèrement les choses surnaturelles, rapporte qu'un jour de l’Assomption, dans l’Eglise des Dominicains, elle aperçut saint Joseph la couvrant d’un manteau très-blanc. Il lui fit connaître qu’elle avait été purifiée de tous ses péchés, et qu’il était disposé à lui obtenir toutes les grâces qu’elle lui demanderait ; il laissa l‘âme de la sainte inondée de pures délices, la dédommageant ainsi des persécutions suscitées contre elle.

 

Psaume des âmes affligées à Saint Joseph

D'après Saint Bonaventure

 

Saint Joseph, pourquoi le nombre de ceux qui me persécutent est-il donc si grand ?

Dissipez ceux qui s'élèvent contre mon âme.

Montrez-leur que notre salut est en Dieu, votre Fils,

que vous sauvâtes des mains d’Hérode.

O Saint Joseph, nous soupirons vers vous dans toutes nos afflictions

pour la gloire de votre nom, ne nous abandonnez pas.

Souvenez-vous des âmes de vos pauvres serviteurs qui gémissent dans cette vallée de larmes ; conservez-les dans l’abondance de vos douceurs.

Votre œil observe et examine toutes nos œuvres et notre conduite,

préservez nous de la séduction du monde.

Fortifiez-moi et immolez mon cœur,

afin que je vous serve toujours avec ferveur.

Ayez pitié de nous, ô notre saint protecteur.

Obtenez-nous la grâce de nos misères.

Ne nous laissez jamais tomber entre les mains de nos astucieux ennemis ;

et à l’heure de la mort, à cette heure surtout des luttes suprêmes et définitives,

alors que notre âme épuisée par les faiblesses,

et mon corps torturé, écrasé par la douleur sera comme livrée à elle-même,

ah ! aidez-nous à les vaincre.

Conduisez-nous au port du salut,

et remettez notre esprit entre les mains de son Créateur.

Ainsi-soit-il.

 

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

 

Quatrième dimanche de Carême

Dimanche 15 mars

Des guérisons de personnes aveugles

 

En ce quatrième dimanche de Carême, l’Évangile rapporte la guérison de l’aveugle-né : « Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance… il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ». L’aveugle y alla donc, il se lava. Quand il revint, il voyait… Jésus dit : « Je suis venu pour que ceux qui ne voient pas puissent voir … » »

Au Laus, plusieurs personnes aveugles sont guéries par l’onction de l’huile de la lampe. En effet, au commencement de la dévotion, la Bonne Mère avait dit à Benoîte que « l’huile de la lampe de la chapelle, si on en prend, si on s’en applique, et si on a recourt à son intercession et qu’on ait la foi, on guérira. Que Dieu a donné ce lieu pour la conversion des pécheurs. »

La première guérison due à l’onction de l’huile de la lampe est signalée pour la première fois en 1667 : la petite-fille du notaire de saint Julien en Beauchêne, Maître Pierre Rougier, était aveugle. Son grand-père vint au Laus le 23 juin ; il rapporte une fiole de l’huile de la lampe et fait une onction sur l’œil de la fillette. Le lendemain elle se trouve entièrement guérie.

En juin 1667 c’est la fille du juge Grimaud, nommée Charlotte, qui est guérie à son tour d’une cécité. Le père de Labriolle, dans son livre Benoîte, la bergère de Notre Dame du Laus, note que les guérisons des yeux sont les plus fréquentes. Ainsi nous voyons que les guérisons de l’Évangile se perpétuent à Notre-Dame du Laus…

 

Quatrième Semaine de Carême

Lundi 16 mars

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus

 

En ce lundi de la quatrième semaine de Carême, l’Évangile rapporte la guérison du fils d’un fonctionnaire royal. « Le fonctionnaire royal dit à Jésus : « Descends avant que mon enfant ne meure ». Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant ». L’homme crut à la parole de Jésus. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant est vivant. »

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus ? Essentiellement, selon l’expression d’alors, « en se vouant et en se rendant au Laus. » « En se vouant au Laus » à distance, c’est à dire en se confiant à Notre Dame du Laus, en promettant d’y venir en pèlerinage, de s’y confesser et de rendre grâce. Un certain nombre de guérisons s’opèrent par le vœu, avant l’arrivée au sanctuaire. Souvent la guérison est liée à une neuvaine à de prières. C’est le cas pour Catherine Vial.

Nous notons la fréquence de l’expression « en se vouant et en se rendant au Laus ». C’est le cas pour Antoine de Cazeneuve, fils d’un chirurgien, guéri le 28 juin 1665. Son père se résolut avec sa femme de le vouer à Notre Dame du Laus. Ils l’y amenèrent avec beaucoup de peine. En sortant de la chapelle l’enfant dit qu’il était guéri. Un petit enfant de 4 ans, du sieur Jean Léautier, qui fut guéri d’une fièvre ardente dès que ses parents l’eurent voué à Notre Dame du Laus et fait leur prière à ce sujet. Marguerite Aubert, indisposée des pieds et des mains, laquelle après s’être vouée et fait menée avec beaucoup de peine à Notre Dame du Laus, fut miraculeusement guérie de toutes ses infirmités. Marie Reignier qui ne pouvait marcher, laquelle son vœu fait et portée à Notre Dame du Laus, fut guérie de toutes ses incommodités.

Et ainsi de la plupart des dix-huit premières guérisons mentionnées par Mr Grimaud. Prenons la dix-huitième qui a bénéficié à Madeleine Pellegrin de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Elle ne pouvait presque plus parler, « se voua au Laus » et fut guérie en y allant le 8 septembre. À partir de 1667, comme nous l’avons déjà vu, beaucoup de guérisons sont dues à l’onction d’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

Mardi 17 mars

Guérison de Catherine Vidal

 

En ce mardi, l’Évangile nous raconte la guérison du paralytique à la piscine de Siloé. « Jésus lui dit : « lève toi, prends ton brancard et marche. » Et aussitôt l’homme retrouva a santé ; il prit son brancard : il marchait.»

Au Laus, dans la nuit du 17 au 18 septembre 1665, Catherine Vidal, elle aussi, se lève de son lit et retrouve l’usage de ses jambes. Catherine Vidal était âgée de vingt-deux ans. Elle arrive au Laus accompagnée de sa mère, de sa tante et de son frère. Depuis six ans, elle est atteinte d’une rétraction des nerfs aux jambes. Son infirmité est particulièrement connue dans la région de Gap : son mari voyant son mal incurable, avait voulu faire déclarer son mariage non valide devant l’official de Gap. La jeune femme a commencé une neuvaine au Laus le 9 septembre. Elle logeait dans une maison du village, chez Jean Julien, tout près de l’église. Cette dernière nuit, sa mère l’entend crier de joie. Elle demande de la lumière et son livre de prières. Catherine rend grâce à Dieu. Au matin elle est conduite à la chapelle vers sept, huit heures. Le Grand Vicaire, Antoine Lambert, qui était venu mener un interrogatoire auprès de Benoîte, célébrait la messe. On crie au miracle.

Pierre Gaillard, qui servait la messe ce vendredi 18 septembre au matin, et François Grimaud, dressent quatre procès verbaux. On procède à une enquête aussi rigoureuse que possible : elle est signée par tous ceux qui ont vu et qui ont été impliqués. Lors de son interrogatoire les jours précédents, le Grand Vicaire Antoine Lambert avait demandé à Benoîte qu’elle obtienne de Dieu un signe pour qu’il puisse reconnaître l’authenticité des apparitions et de sa mission. Benoîte prie pour demander ce miracle. En constatant la guérison, le Grand Vicaire répète à plus de vingt reprises : « Le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là !» La guérison de Catherine Vial est significative et déterminante pour l’avenir du Laus. Elle est significative parce qu’elle est l’effet de la prière de Benoîte. Elle est déterminante parce qu’elle permet au Vicaire Général de reconnaître l’authenticité des apparitions et de la mission de la bergère. Il autorise la construction de l’église demandée par Marie.

 

Quatrième semaine de Carême

Mercredi 18 mars

Guérisons dues à l’onction d’huile

 

En ce mercredi de la quatrième semaine de carême où l’Évangile nous dit que Jésus donne la vie aux morts, écoutons plusieurs guérisons dues à l’onction de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus, citées dans les Manuscrits. « La Bonne Mère dit à Benoîte que cette huile guérit toute sorte de maux. Les pèlerins, même les plus éloignés, en emportent presque tous ; mais l’éloignement fait qu’on n’en connaît pas les effets. » (année 1667)

« Un homme malade, abandonné des médecins, envoie chercher l’huile de la lampe, en prend pendant neuf jours, à la fin desquels il guérit. »  (année 1669) « On ne saurait dire le nombre de personnes qui ont été guéries de diverses sortes de maladies, tous les avis et consolations que Benoîte a donnés, toutes les conversions qui s’y font et le nombre des infirmités dont on guérit en prenant de l’huile de la lampe de Notre Dame ! On en prend et on en donne à ses parents, amis, voisins. »  (années 1672) 

« Cette année, plusieurs personnes sont guéries de plusieurs infirmités en prenant de l’huile de la lampe ; elles sont allées rendre grâce à Dieu et à sa Sainte Mère. » (année 1673) « Une personne ayant de la fièvre, la Mère de Dieu dit à Benoîte que Dieu la lui avait donné parce qu’elle était trop orgueilleuse ; qu’elle prenne de l’huile de la lampe pendant 9 jours, qu’elle ait bien la foi, et qu’elle guérirait. Ce qui fut vrai : elle le fit et guérit. »  (année 1674) « Un paysan de la Bâtie Neuve, malade à l’extrémité, prend de l’huile de la lampe durant neuf jours, guérit et en rend grâce à Marie et à Jésus. »  (année 1675) « Une femme qui a plusieurs ulcères va au Laus. Elle prend de l’huile de la lampe, en met dessus et s’en retourne bien guérie, rendant grâce à Jésus et à Marie. »  (année 1676)

De même, on lit dans l’Évangile de Marc, au chapitre 1 verset 34 : « Il guérit beaucoup de malades affligés de divers maux ».

 

Quatrième semaine de Carême

Jeudi 19 mars

Conversions des pécheurs


En ce jeudi de la quatrième semaine de carême, la première lecture tirée du livre de l’Exode nous présente l’histoire du veau d’or et la perversion du peuple, ainsi que l’intervention de Moïse. Les manuscrits du Laus décrivent les énormes péchés qui se commettent au XVIIe et XVIIIe siècles et le nombre très important de pécheurs qui viennent se convertir grâce à l’intervention  et à l’intercession de Benoîte.

Chez Benoîte, « ce qu’on remarque ce sont ses regrets, ses larmes et ses soupirs qui sont si grands que, quoiqu’elle soit toute consolée à la vue de la Mère de Dieu, elle ne saurait se consoler quand elle pense à ces énormes péchés que l’on commet et qui la font frémir chaque fois qu’elle y pense. »  (année 1670) « Un village des environs du Laus, qui avaient reçu de grandes grâces du Ciel, n’en reçoit plus. La Mère de Dieu dit à Benoîte de les avertir que, s’ils souffrent, c’est parce qu’ils supportent deux femmes publiques ; que les plus grands maux des pécheurs, c’est d’abuser des sacrements et de mourir dans l’impénitence finale. » (année 1671)

« Benoîte voit une femme qui a commis des péchés si énormes qu’elle n’en a jamais vu de semblables. Elle lui vit comme des doigts qui lui sortaient du front, ce qui l’étonna beaucoup. » (année 1678) « Quand Benoîte voit des personnes qui ont commis des péchés extraordinaires, elle voit sortir à travers de leur front un rond noir comme du charbon, de l’épaisseur d’un doigt, ce qui l’effraie beaucoup. »  (année 1689) « Le Sieur Peythieu a remarqué que le cœur a manqué à Benoîte plus de cent fois, quand elle sait que Dieu est offensé ; ce qui est son plus grand supplice, surtout quand ce sont des gens d’église ou des personnes consacrées à Dieu. »  (année 1690) Combien viennent encore aujourd’hui, parfois de loin, pour confesser leur péchés !

 

Quatrième semaine de Carême

Vendredi 20 mars

Conspiration contre Jésus et contre Benoîte

 

En ce vendredi, la première lecture tirée du livre de la Sagesse nous montre la conspiration des impies contre le juste : « Soumettons-le à des outrages et à des tourments. » Quant à Jésus dans l’Évangile de Jean : « On cherchait à l’arrêter mais personne ne mis la main sur lui car son heure n’était pas encore venue. »

Il en est de même pour Benoîte. Elle sera persécutée et mise à l’écart par les nouveaux prêtres de tendance janséniste qui s’installent au Laus de 1692 à 1712. Des rumeurs successives s’élèvent contre Benoîte et Aubin surtout à partir de 1696. Les extases de la bergère la feront traiter ouvertement d’épileptique, à tel point que la Vierge l’avertit qu’elle la verrait très rarement pour éviter ces soupçons. Les directeurs du Laus, Ristollant et d’Archias, l’éloigneront autant que possible des pèlerins et la tourneront en ridicule dans leurs conversations, surtout à l’occasion d’une bizarre affaire de médailles qu’elle aurait trouvées dans la montagne. Les entretiens d’Aubin avec les pèlerins irritent les jeunes chapelains, car notre ermite met en valeur avec un zèle débordant mais sans discernement, tout ce qui peut encourager la foi des pénitents.

Aussi obtiendront-ils bientôt que ce gêneur soit éloigné du Laus, interdiction lui étant faite d’y assister à plus d’une messe le dimanche avec ordre de retourner aussitôt dans son ermitage.

On interdit à Benoîte de parler aux gens et on lui enlève le soin de balayer l’église. Benoîte est très affligée de voir des pèlerins communier sans confession sérieuse. Selon Gaillard, des complots se seraient même tramés contre la bergère : on aurait médité de l’enlever la nuit et de faire croire qu’ils seraient partis, avec Aubin, « mener la vie » ! Un prêtre aurait eu l’intention de lui demander une conversation particulière, de la poignarder et de la jeter à la rivière…

 

Quatrième semaine de Carême

Samedi 21 mars

Les éclipses du Laus

 

En ce samedi de la 4e semaine de carême, dans la première lecture, le prophète Jérémie persécuté a la vengeance de Dieu. Et l’évangile de Jean continue à nous parler de la persécution contre Jésus :  « On se divise à son sujet – quelques-uns voulaient l’arrêter. » Ces lectures nous renvoient encore aux conspirations contre Benoîte. Elles sont l’occasion pour nous de mentionner le traité du Chanoine Gaillard sur « les éclipses du Laus ». Ils montrent comment dès le départ les conspirations ont tenté d’éclipser la grâce lumineuse de ce lieu et le rayonnement de Benoîte.

« Les ouvrages de Dieu, écrit-il, sont toujours contrariés… le démon les éclipse tant qu’il peut. Les éclipses du Laus sont de plus longue durée que celle du soleil…. » Une de ces éclipses du Laus dure quatre mois : on défend alors aux prêtres d’adresser la parole à Benoîte. La Bonne Mère dit à Benoîte qu’on a toujours dessein de l’enlever… En effet les prêtres des années 1710, non seulement ne croient pas à la dévotion, mais encore ils ne veulent pas savoir ce qui se passe au Laus ni reconnaître les miracles et les grâces qu’on y reçoit. En 1710, l’Ange dit à Benoîte que les prêtres du Laus dissuadent le monde d’aller au Laus, et défendent à ceux qui y vont de parler à Benoîte. Quelle étrange éclipse pour ce saint lieu !

 

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13 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quatorzième jour

Modèle et gloire des domestiques

 

L'état de domesticité est bon en lui-même, conforme aux desseins du Créateur et sanctifiant. Notre-Seigneur, comme pour lui mériter des grâces et servir de modèle a ceux qui s’y trouveraient engagés, a bien voulu, ainsi que le déclare l'Apôtre, prendre la forme d’un domestique, ou, selon la Version commune, d’un serviteur. On raconte, dit là-dessus saint Liguori, comme un grand prodige d’humilité, que saint Alexis, fils d’un grand seigneur romain, ait voulu vivre comme un domestique dans la maison de son père, mais quelle comparaison entre l’humilité de ce Saint et celle de Jésus-Christ ? Il y avait quelque différence de condition entre le fils et le serviteur du père d’Alexis ; mais entre Dieu et le serviteur de Dieu il y a une différence infinie. En outre, ajoute le saint Docteur, le Fils de Dieu étant devenu le serviteur de son Père, se fit même le serviteur de ses créatures, comme il l'était de Marie et de Joseph pour lui obéir. De plus il devint le serviteur de Pilate, puisque celui-ci le condamna a la mort qu’il accepta avec obéissance. Il devint le serviteur de ses bourreaux qui le flagellèrent, le couronnèrent d’épines, le crucifièrent, en acceptant les tourments qu’ils lui faisaient souffrir, en leur obéissant humblement, et en se soumettant à toutes leurs volontés.

Certes, l’exemple seul de Notre-Seigneur qui a bien voulu se faire domestique, doit amplement suffire pour arrêter les plaintes des personnes qui accusent la Providence,de les avoir soumises à cette condition en apparence vile, abjecte, humiliante de la domesticité ; il doit bien suffire aussi pour les consoler dans leurs peines, leur faire paraître la servitude.dont ils font profession honorable devant Dieu et devant les vrais chrétiens, qui savent que plus l'homme s'abaisse ici-bas, plus il est grand devant Dieu et acquiert des mérites pour le ciel.

Mais, comme quelque bon en lui-même que paraisse cet état, quelque conforme qu’il soit aux maximes et à l'esprit de l’Evangile, il a pour tout ses écueils et ses dangers, ses difficultés et ses devoirs ; qu'il exige nécessairement beaucoup de grâces, de patience, d'obéissance, de pureté d'intention, pour qu’on puisse y acquérir la perfection, il est raisonnable, juste, nécessaire même d'offrir aux personnes qui s’y trouvent engagées des ressources spirituelles pour atteindre ce but. Or, l’une de ces ressources précieuses, inestimables, salutaires, est la protection du grand saint Joseph. Saint Joseph probablement aura été un ouvrier apprenti, c’est-à-dire domestique, avant que d’exercer lui-même son art de charpentier. Or, il sait pour y avoir passé, quelles sont les peines que peuvent éprouver les domestiques, il est, par conséquent, plus incliné à les consoler, à les aider de toutes les manières,s’ils veulent bien se recommander à lui avec confiance, simplicité persévérance.

Quoique saint Joseph soit bien disposé à couvrir de sa protection tous les domestiques qui l’honoreront, il est certain qu’il favorisera plus volontiers tous ceux qui, comme il le faisait, accompliront fidèlement leurs devoirs ; puisque c’est par la seulement qu’on se rend agréable à Dieu et à ses saints. Pour simplifier autant que possible ces devoirs, je les résume dans l’obéissance et la pureté d’intention ; l’obéissance, c'est pour la forme, la pureté d'intention, c'est pour l'esprit. Obéir à ses supérieurs parce qu’on y est forcé par sa condition, que la vie en dépend, obéir en murmurant, obéir en partie, tout cela n’est pas l’obéissance chrétienne ; mais leur obéir comme on obéirai à Dieu lui-même que l'on respecte et honore dans les supérieurs, obéir avec simplicité, promptitude, fidélité, voilà la vraie et parfaite obéissance, l'obéissance méritoire, parce qu’elle est volontaire et pure dans l’intention. Telle doit être celle du domestique chrétien, qui veut remplir dignement sa carrière sur la terre, mériter l’estime honnête des hommes, et pardessus tout, avant tout, la gloire céleste.

 

Exemples

 

Un domestique qui remplit ainsi son devoir est un héros infiniment préférable au conquérant des villes, dit la très sainte Bible. Il accumule mérites sur mérites. Parce qu’il s’est soumis aux volontés de Dieu en ce monde, il verra la sienne accomplie dans l’autre ; et, d'ailleurs, il peut compter sur le secours divin et le patronage de saint Joseph.

Une personne de confiance, employée comme surveillante dans la communauté de la Miséricorde à Laval, fut attaquée d’une maladie grave, dont on ignorait le principe, avec une fièvre continue qui la menaçait d’une fin prochaine. Après trois mois de souffrances aiguës, le médecin perdit tout espoir de la guérir. Dans cet état désespéré, la malade eut recours au ciel, se fit conduire à saint Joseph-des-Champs pour y demander par l’intercession de ce Saint ou sa guérison, ou une bonne mort. Elle y entendit la messe, communia et se trouva à l’instant guérie. Dès le lendemain elle reprit ses occupations domestiques ordinaires.

Saint Joseph aide les domestiques surtout en ce qui regarde la vie intérieure dont leurs emplois semblent les distraire. En partant de Rouen, écrivait le père Surin au père Lallemand, je me trouvais placé dans la voiture, près d’un jeune homme d’environ dix-huit ans. Son extérieur était des plus simples, et son langage, celui d’un homme sans instruction ; domestique depuis plusieurs années, il n'avait rien appris, et ne savait ni lire ni écrire. Quel fut donc mon étonnement en conversant avec lui, de voir que ses lumières étaient admirables ! Il me parla en effet de la vie intérieure avec tant de clarté, d’abondance et de solidité, que j'en étais dans le ravissement, n'ayant jamais rien lu ni entendu d’aussi satisfaisant, ni d’aussi élevé sur cette matière. Il faisait une oraison perpétuelle... L’ayant interrogé sur tous les points tant spéculatifs que pratiques de la vie intérieure, il satisfit à mes questions avec une capacité qui me remplit d'étonnement... Je m’avisai de lui demander s’il était dévot à saint Joseph. « Depuis six ans, me dit-il, je me suis mis sous sa protection spéciale, d’après le conseil de Jésus-Christ lui-même ». Et là-dessus il se mit à faire le plus bel éloge des prérogatives de ce grand Saint, en m'assurant qu’il tenait tout du Sauveur lui-même. Ce maître des âmes, comme il l’appelait, avait été le sien dans cette science suréminente qu'il possédait à un degré si étonnant.

 

Supplication à Saint Joseph

Bienheureux Joseph qui nous avez appris l’amour de la dépendance et de la servitude, nous vous supplions d’être notre protecteur dans les emplois que la divine Providence nous a confiés. Faites-nous bien comprendre, ô illustre Saint, que la vraie grandeur est tout entière dans l’assujétissement aux hommes, et surtout a nos maîtres pour l’amour de Dieu, c’est-à-dire en tout ce qui n'est pas évidemment opposé à son adorable volonté. Il est vrai, les humiliations, le renoncement et même souvent les privations sont notre partage ici-bas; mais fortifiés par votre exemple et surtout par celui du Fils de Dieu, qui s’est fait esclave et a obéi à,ses serviteurs, même jusqu'à la mort de la Croix, pour notre amour, nous acceptons volontiers les peints de notre condition, devenue honorable par Jésus-Christ et par vous, ô grand Saint. Soutenez-nous dans nos travaux, et aidez. nous à conserver toujours l'esprit de soumission et de dépendance vis-à-vis ceux que Dieu a établis sur nous et qui tiennent sa place à notre égard. Ainsi soit-il.

 

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12 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Treizième jour

L’Ami et le protecteur des ouvriers

 

L’anathème prononcé par l’Éternel contre Adam coupable pèse sur toute Sa postérité : « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre front », dit-il à Adam et à sa postérité. L’homme, ajoute saint Bonaventure, sera donc toujours dans le travail. Mais voyez la Providence et la sagesse de Dieu, qui, en infligeant maintenant cette peine à l’homme sait la faire servir pour notre salut, dit ce Docteur. Saint Joseph quoique sanctifié dès sa conception et pur comme un ange durant toute sa vie, n'a pas laissé, comme enfant de parents criminels par le péché d’origine, d’en porter la peine. Il a senti tout le poids de l’humiliation et de la souffrance que donne un travail laborieux, dur et continu, comme celui auquel il se livrait. Il est donc capable de compatir au sort des ouvriers et de tous les hommes dont les fatigues sont l’apanage le plus ordinaire, et la seule ressource contre la mort anticipée par la misère, qui en est toujours l’avant-coureur. Mais il peut aussi leur servir de modèle et leur apprendre à travailler comme il le faisait en esprit de pénitence et d'humilité, avec joie, piété et courage, en union à Jésus-Christ qui fut dans les travaux dès sa jeunesse, comme l’avait prédit David.

Il y a des auteurs qui pensent que Jésus-Christ ne s’est pas employé aux œuvres manuelles, et que tout le cours de sa vie cachée n‘a été qu’une contemplation continuelle des grandeurs de Dieu. Mais ils sont contre les sentiments des saints Pères et de toute la vénérable antiquité. Car la tradition est d’accord avec ce que semble insinuer en plusieurs lieux l’Évangile à démontrer que Jésus a travaillé avec saint Joseph et qu’il était reconnu pour fils de charpentier et charpentier lui-même. Le travail est donc noble, les fatigues sont donc honorables, et la sueur de l’ouvrier est d’un mérite bien grand, je dirai inappréciable devant Dieu, depuis que saint Joseph, depuis surtout que le Fils de Dieu en a porté la peine. Voyez, ce sont les ouvriers, les hommes de fatigues que le Christ appelle à lui : « Venez à moi, dit-il, vous qui travaillez et qui êtes fatigués, et je vous soulagerai ». Je cite textuellement, une paraphrase ne ferait qu’affaiblir ces divines paroles. Mais je renvoie les savants au beau commentaire qu’en a fait le saint chancelier Gerson qui forme un traité entier. Quelle consolation donc pour l’ouvrier ! Le Christ lui-même veut bien essuyer ses sueurs !

Un Paradis ! Tel a été le premier atelier du monde ! Un Roi ! Tel a été le premier ouvrier qui y a travaillé ! Adam fut en effet placé par Dieu au paradis terrestre pour y travailler et le garder. Voilà quelle est l'origine du travail et du travailleur. Le travail d’Adam était donc son bonheur, son atelier était son paradis anticipé, et lui était le roi de la création. Mais le péché est venu tout gâter, tout empoisonner ; il a fait du travail une punition, de l’atelier un enfer, et du travailleur un esclave malheureux. Quel changement!

Par amour pour l’ouvrier, le Fils de Dieu s'est incarné et s'est fait ouvrier lui-même. De plus il voulut avoir pour père nourricier un ouvrier, il choisit saint Joseph qui exerçait la profession laborieuse de charpentier. Contemplez-les tous les deux à Nazareth travaillant, suant de fatigues, mais suant de ces sueurs qui tiennent lieu de sang comme s’exprime Bossuet. Oh ! Quel exemple pour l'ouvrier ; oserait-il bien se plaindre, voyant ainsi son Dieu travailler, saint Joseph travailler aussi ? Quel espoir il doit placer en ce grand Saint, que Notre Seigneur a établi son modèle et son protecteur !

Ouvriers, si vous voulez mériter et obtenir la protection et les secours de saint Joseph, efforcez-vous comme lui et selon que le recommande l'Apôtre de faire tout pour la gloire de Dieu, de supporter avec résignation, si ce n'est avec joie, les peines inséparables de votre profession, les unissant a celles du Sauveur. Faisant ainsi, vous verrez comment et combien saint Joseph vous protégera, lui, le bon Saint, qui aime tant à consoler, secourir et protéger tous ceux qui souffrent. Ah! soyez-en sûrs, saint Joseph ne se laissera pas prier en vain; il ne vous fermera pas son Cœur, il ne vous repoussera pas de sa présence. Bien au contraire, il vous accueillera avec amour, et vous soulagera dans vos travaux et vos peines par l’onction de la grâce divine qu’il fera couler sur vous abondamment.

 

Exemples

 

J’ai connu un brave ouvrier qui, dans toutes ses actions fatigantes, se proposait continuellement d'imiter saint Joseph ; il avouait que la protection de ce Saint lui était tellement sensible, que les plus durs travaux lui semblaient bien faciles à supporter par la douceur que saint Joseph versait dans son cœur.

La vénérable Marie-Elisabeth de la Croix de Jésus, fondatrice de l’institut de Notre-Dame du Refuge des vierges et filles pénitentes, honorait d’un culte particulier le glorieux saint Joseph. Elle aimait à célébrer ses prérogatives et ses sublimes vertus. En action de grâces de toutes les, faveurs qu’elle avait reçues de Dieu par l’intercession de ce grand Saint, elle en fit faire une statue d’argent; et comme on vint lui dire que l’ouvrier qui y travaillait, quoique très-habile dans son art, ne pouvait l'achever, par quelque empêchement secret et inconnu, elle se mit en prières, demandant à Notre-Seigneur, par le souvenir de tout ce que saint Joseph avait souffert pour lui, de vouloir bien éloigner les obstacles. Sa prière n’était pas achevée, que la statue du glorieux époux de Marie se fit avec une grande perfection et une merveilleuse facilité !

Un pauvre ouvrier père de nombreuse famille se trouvait alité dans un hôpital ; la pensée que ses enfants devaient souffrir de la faim et des autres choses nécessaires à leur entretien a la maison, le consternait. Il ne pouvait quitter de sitôt le lit, les médecins n’y consentaient pas à cause du danger d’aggravation du mal. Ce bon père eût recours à saint Joseph, et le lendemain, grâce a la protection du Saint il était guéri, il pût s’en aller reprendre ses travaux ordinaires pour faire subsister sa famille.

« Mon fils, fait dire le bienheureux Gerson à Jésus-Christ, ne perdez jamais courage dans les travaux que vous aurez entrepris pour moi, et que les afflictions ne vous jettent point dans l'abattement; mais que mes promesses vous fortifient et vous consolent dans tous les événements de cette vie. Les travaux que vous souffrez ici-bas ne seront pas longs, et vous ne serez pas toujours dans l’affliction et dans la douleur, attendez un peu, et vous verrez bientôt la fin de vos maux. Il viendra un moment heureux auquel cesseront tous vos travaux et toutes vos peines. Tout ce qui passe avec le temps est toujours bien court. Faites avec soin ce que vous faites; travaillez fidèlement à me servir, et je serai moi-même votre récompense ». C’est ainsi que le Seigneur console et anime l'ouvrier, c’est-à-dire tous les hommes chrétiens, car nous sommes les ouvriers du Seigneur, les. coopérateurs de Dieu. Si donc le travail vous fait peur, que la récompense vous anime, comme disait le grand saint François d'Assise. Et qui refuserait de travailler après l’exemple que nous en a donné saint Joseph ? Le pieux et docte Gerson nous le représente travaillant avec l'Enfant Dieu dans sa boutique et priant néanmoins sans interruption. Et Silveira prétend que les saints Anges accouraient en foule dans l’atelier de Nazareth pour aider ces deux grands ouvriers à travailler le bois, comme aussi ils accompagnaient habituellement Joseph dans ses voyages. Travaillez, mais travaillez avec dévotion, et que le travail ne vous fasse jamais manquer à vos devoirs vis-à-vis Dieu, comme aussi priez, mais que la prière ne préjudicie en rien à votre travail. C'est le conseil que vous donne saint Joseph, et l’exemple qu’il nous montre dans son angélique conduite.

Une sainte religieuse aimait l'oraison, sans pour cela rester oisive; elle faisait chaque chose en son temps. Cependant il lui arrivait de passer les bornes que son directeur lui avaient prescrites, saint Joseph alors l'avertissait de .reprendre occupations.

 

Prière de l’ouvrier à saint Joseph

 

Noble artisan de l'atelier de Nazareth, saint Joseph, qu'il m'est doux de considérer Vos traits, alors que les fatigues du jour appesantissent mes bras, et que les sueurs inondent mon visage. Dès votre jeunesse, vous vous êtes assujetti au travail, et vos mains royales qui eussent porté dignement le sceptre de Juda, aimèrent mieux manier les outils vulgaires d’un pauvre charpentier. Le ciel avait ses desseins ; il voulait nous donner en votre sainte Personne, un modèle achevé de l’amour du travail, et un protecteur bienveillant pour nous soulager dans nos travaux. Obtenez-moi donc, ô saint Joseph ! la patience dans mes pénibles labeurs, et la grâce de les faire servir à l’expiation de mes fautes, à l’acquisition des mérites pour la bienheureuse éternité. Ainsi-soit-il.

 

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