25 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingt-sixième jour

26 juillet

 

Les adieux à Béthanie

 

Prélude : Jésus est debout. Madeleine, à genoux devant lui, le regarde avec amour, le visage baigné de larmes.

 

Méditation

 

Le jeudi qui était le quarantième jour après sa résurrection glorieuse, Jésus voulut prendre un dernier repas avec ses Apôtres. Puis, dans la matinée, il se leva avec eux et prit le chemin vers la montagne de son Ascension. Or, nous dit saint Luc, il les conduisit d'abord à Béthanie.

Cette parole de l’Evangéliste n'a point été écrite sans mystère. Il faut la peser et la faire ressortir dans la vie de Madeleine. Les plus célèbres commentateurs y ont vu un des plus beaux témoignages et comme le couronnement de l'amitié de Jésus pour Madeleine, Marthe et Lazare. « II voulait, disent-ils, leur faire ses adieux, les rendre témoins de son triomphe, les inviter à son admirable Ascension, et un moment les faire participer à sa gloire ».

C'étaient ses hôtes, ses amis, dit avec une touchante vérité le plus récent et l'un des plus pieux historiens de sainte Madeleine, les hôtes, les amis de sa sainte Mère et des saintes femmes qui le suivaient et l'assistaient; les hôtes, les amis de ses Apôtres et de ses Disciples, c'est-à-dire de tout ce qu'il avait de plus cher au monde, ou plutôt de toute son Eglise, à peu près renfermée dans ce petit troupeau. Le voyageur, accueilli avec bienveillance au milieu de sa course, ne se retire pas sans avoir pris congé de son hôte. L'ami ne part pas pour un lointain voyage sans avertir son ami. Et si ce voyageur, cet ami, après avoir été accueilli et assisté, quand tout le monde l'abandonnait, est tout à coup élevé à la dignité de roi et de triomphateur, n'invitera t-il pas ses hôtes et ses amis à la cérémonie de son couronnement et de son investiture ?

Le voilà donc au bourg de Béthanie, ajoute notre pieux hagiographe ; c'est là qu il a passé tant de jours et tant de nuits, tant d'heures, depuis l'inauguration de son apostolat ; là qu'il a voulu opérer le miracle de ses miracles, en ressuscitant Lazare ; là qu'il a accepté d’être embaumé par avance pour le jour de sa sépulture ; là qu'il s'est abrité la dernière semaine de sa vie mortelle sur la terre. Il partit de Béthanie le dimanche pour faire son entrée triomphante à Jérusalem ; le lundi, pour maudire et faire sécher le figuier stérile ; le mardi et le mercredi, pour confondre les Pharisiens par mille paraboles dirigées contre eux ; le jeudi, pour célébrer la Pâque, instituer l'Eucharistie et subir sa douloureuse Passion. C'est dans ce lieu fortuné et béni qu'il a répandu des larmes si précieuses, prononcé des discours si attendrissants, que la terre ignore, mais que le Ciel garde et conserve pour les révéler un jour. Jésus voit le tombeau de Lazare ressuscité, la maison de Simon le Lépreux à jamais illustre, le château de Marthe et de Madeleine où sa divine Mère l'attend au milieu des Saintes Femmes. Tous les habitants viennent à sa rencontre comme autrefois ceux de Jérusalem ; mais aujourd'hui plus de pleurs versés, plus de voix discordantes, plus de trahisons à redouter ; c'est dans la Jérusalem céleste, la cité de l'éternelle paix, qu'il va entrer. Tout est prêt pour le départ : Lazare, Marthe et Madeleine lui ont présenté sa Mère. Il se dirige vers le mont des Oliviers : autour de lui se presse la troupe fidèle.

Tout émue et touchée de la douceur de son amour maternel, dit saint Bonaventure, au moment du départ de son fils, sa Mère dut pencher sur lui sa tête et se reposer sur son sein. Et le Seigneur la consolait, ainsi que Madeleine et les Disciples, en disant. « Je ne vous laisserai point orphelins ; je vais et je reviens à vous, et je serai toujours avec vous ». Alors, il embrassa tendrement sa Mère et lui dit adieu, et sa Mère le pressa tendrement entre ses bras. Les Disciples, et Madeleine, et tous les autres se prosternèrent, et, les larmes aux yeux, embrassèrent ses pieds.

Les Anges considéraient, à côté de leur Reine Madeleine, l'Apôtre des Apôtres. Ici, comme partout et toujours, sa part, qui était la meilleure, fut aux pieds de son Maître ; et parce qu'il était mort en quelque façon entre ses bras qui lui servaient d'autel sur la croix, et qu'il s'échappa, pour ainsi dire, de ses bras encore, au sépulcre, lorsqu'elle cherchait à le retenir, ainsi voulut-elle que ces mêmes bras fussent comme son escabeau et son dernier échelon pour quitter la terre et mon. ter aux cieux. Cette meilleure part ne lui fut point ôtée, et les Anges en s'entre regardant purent dire : « Voilà l'amie des pieds du Sauveur, celle qui vient après notre Reine, dont le retour autrefois a causé parmi nous tant de joie... » Et ils admiraient cette sainte familiarité d'une pécheresse convertie envers Celui qu'ils n'adoraient qu'en tremblant, et ils lui portaient ineffablement envie.

Enfin, tous les mystères étant accomplis, le quarantième jour après sa résurrection, le jeudi, à midi, le Seigneur Jésus, ayant levé les mains, leur donna sa bénédiction, et, en les bénissant, il se sépara d'eux.

 

Résolution : Regarder souvent le ciel, pour s'encourager à poursuivre les voies difficiles de l'exil.

Bouquet spirituel : « Voulant monter au ciel, Jésus les conduisit à Béthanie ». (Luc 24, 50).

 

Vita marie madeleine

 

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24 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Mère de Dieu

 

Vingt-cinquième jour

25 juillet

 

Les quarante jours

 

Prélude : Marie-Madeleine attend auprès de la sainte Vierge qu'il plaise à Jésus de les favoriser d'une de ses apparitions.

 

Méditation

 

Quelle pensez-vous que dut être la vie de Madeleine durant ces quarante jours qui s'écoulèrent entre la scène du Sépulcre et l'entrée de Jésus au ciel !

Il est vraisemblable, dit saint Bonaventure, que le très doux Seigneur visitait souvent sa Mère, ses disciples et Madeleine, sa fille chérie, les réconfortant et les réjouissant, eux qui avaient été si contristés et si épouvantés de sa Passion…

N'oubliez pas, continue le saint docteur, n'oubliez pas Madeleine, l'élève chérie, l'Apôtre des Apôtres. Voyez comme, selon sa coutume, elle s'assied aux pieds de son Maître, écoute avidement ses paroles, et, si elle le peut, le sert avec joie et de tout son cœur. Qu'elle était grande alors, cette pauvre petite maison, et qu'il était délicieux d'y habiter !... Mais, le Seigneur restait peu de temps avec eux. Sans doute, ils le forcèrent à rester plus long- temps, le suppliant de ne pas s'éloigner si vite. Ne pensez-vous pas que Madeleine, assise à ses pieds, le retenait par sa robe, avec une respectueuse témérité, de peur qu'il ne s'éloignât ? Le Seigneur était revêtu de vêtements d'une blancheur éclatante, des vêtements de sa gloire. Et Madeleine le retenait, non par présomption, mais avec une sainte confiance, elle, si aimante et si aimée ; et elle ne déplaisait pas à son Maître. Car le Seigneur veut être retenu, comme il apparaît par l'exemple des deux disciples d'Emmaüs. Enfin Jésus, saluant respectueusement sa mère et ayant reçu congé d'elle, les bénissait tous et se retirait. Et eux, se prosternant, le suppliaient de revenir bientôt.

Le Seigneur Jésus, dit encore saint Bonaventure, s'arrête quelque temps avec sa Mère et ses disciples, leur parlant du royaume de Dieu ; ils écoutent en grande joie ses célestes paroles ; ils considèrent son visage plein de beauté et d'allégresse. Regardez-les placés tous à l'entour de lui, Notre Dame plus près et plus familièrement, et Madeleine toujours à ses pieds ».

Qui dira les doux entretiens de Jésus et de Madeleine durant ces apparitions ? Quelles étaient les demandes de l'élève et les réponses du Maître ? Sans doute, Madeleine recevra le Saint Esprit le jour de la Pentecôte. Mais, Jésus tient à déposer dans son âme les vérités célestes dont le divin Esprit lui donnera bientôt l'intelligence. Il y tient d'autant plus que Madeleine, solitaire au désert pendant le reste de sa vie, allait être à peu près privée de out secours spirituel, et n'aurait presque, pour se diriger, que les conseils et les enseignements reçus de son aimable Maître. Dès lors, il inspirait à Madeleine une avidité toujours croissante pour sa parole ; il en faisait pénétrer jusqu'au fond de son âme les douces insinuations ; il la formait, comme autrefois sa mère, à conserver et développer par une méditation assidue la divine semence. Parlez, ô Maître, parlez, votre servante écoute, parlez encore, parlez toujours !

L'Evangéliste a noté les reproches que Jésus fit à ses Apôtres de leur incrédulité, quand ils avaient traité de visionnaire celle qu'il leur envoya comme messagère de sa résurrection. Jusqu'à son dernier jour sur la terre, le Sauveur tient à se montrer l'ami, le défenseur, l'avocat de la pécheresse convertie. C'est la quatrième fois en effet qu'il prend sa défense : la première, ce fut pour louer ses larmes chez le Pharisien ; la seconde, pour autoriser sa contemplation à Béthanie ; la troisième, pour justifier l'effusion de ses parfums contre l'avarice de Judas ; et ici, c'est pour appuyer son témoignage, le principal entre ceux des saintes femmes députées auprès des Apôtres.

Ô Jésus ! faites-moi la grâce de mériter que vous soyez mon défenseur devant Dieu et devant les hommes, par la pureté de ma conduite et la droiture de mes intentions.

 

Résolution : Placer sous la protection de sainte Madeleine la résolution d’être fidèle à la pratique quotidienne de l'oraison mentale.

Bouquet spirituel : « Seigneur, demeurez avec nous ! » (Lc 24, 29).

 

Vita marie madeleine

 

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23 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et les apôtres

 

Vingt-quatrième jour

24 juillet

 

Apostola apostolorum

 

Prélude : Marie-Madeleine court, elle est sortie en toute hâte du jardin ou Jésus lui est apparu et elle se rend avec empressement auprès des Apôtres, remplir le message dont le Maître l'a chargée.

 

Méditation

 

Jésus lui dit : « Va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».

C'est la dernière parole du Sauveur à Madeleine. Désormais, l'Evangile, qui a conservé avec tant de soin les divers témoignages de l'amour de Jésus pour 'illustre pénitente de Béthanie, se tait et ne prononce plus son nom. Mais combien cette dernière parole grandit Marie-Madeleine devant notre vénération et notre piété.

Les litanies, où la dévotion traditionnelle des peuples envers la glorieuse convertie du Sauveur a inscrit les titres de sa gloire privilégiée, ont conservé religieusement le souvenir de ces dernières paroles de Jésus. Comprenant tout ce qu'il y avait de grand pour Madeleine d'avoir été honorée d'un pareil message par le divin Maître, elles ont traduit cet honneur insigne par deux mots, aussi énergiques que vrais, et elles l'appellent « apostola apostolorum, l'Apôtre des Apôtres ! »

C'est à Madeleine que Jésus confie la mission d'aller prêcher aux Apôtres le grand mystère de la Résurrection. Elle devient l'Apôtre des Apôtres, le missionnaire de ceux qui devaient convertir l'univers ! elle est chargée d'annoncer aussi la prochaine Ascension du Sauveur.

Cet apostolat de Madeleine a fixé l'attention des Pères de l’Église, qui se sont plu à établir le parallèle entre Ève messagère du mensonge et Madeleine apôtre de la vérité. Ève se nourrit la première du venin de l'aspic au jardin des délices, puis elle vint apporter à son mari cette nourriture empoisonnée. Madeleine reçut la première, au jardin funèbre de la sépulture, la foi au mystère qui confirma nos croyances et prépara notre salut, et aussitôt elle porta cette foi aux Apôtres pour la leur faire partager.

Ève répéta à Adam la fallacieuse promesse du serpent : « Vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal ». Madeleine répéta aux apôtres la parole de Jésus qui dit équivalemment : Vous serez bientôt avec moi dans le ciel comme votre Père et votre Dieu, heureux de son propre bonheur et brillants de sa propre gloire.

Ève, placée entre l'obéissance au précepte du Créateur et la séduction du fruit défendu, préfère le fruit à l'obéissance. Madeleine, placée entre Jésus dont elle savoure les douceurs et l'ordre qu'il lui donne à remplir, n'hésite pas à quitter Jésus pour obéir à Jésus.

Oh ! combien Madeleine l'emporte sur. Ève ! Ève propage le doute, la prévarication et la mort ; Madeleine propage la foi, l'obéissance et la vie.

Apôtre auprès des Apôtres eux-mêmes, Marie-Madeleine représente l’Église chargée jusqu'à la fin des temps de prêcher à ses enfants les grands mystères de la résurrection, de l'ascension et de la fraternité divine ; la foi, le ciel, la grâce.

 

Résolution : Faire un acte de foi, en union avec l'esprit de sainte Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Jésus dit à Madeleine : Va trouver mes frères ». (Jn 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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22 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

1501 1525 Noli me tangere Détrempe sur bois Crète Venise

 

Vingt-troisième jour

23 juillet

 

« Noli me tangere ! »

 

Prélude : Marie-Madeleine s'est jetée à genoux devant Notre-Seigneur ressuscité, et saisissant les pieds du divin Maître, elle cherche à les baiser.

 

Méditation

 

Jésus l'arrêta et lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté à mon Père ».

Deux fois, dit Lacordaire, Jésus-Christ avait laissé Madeleine le toucher, deux fois il l'en avait louée. Et maintenant, après sa résurrection, lorsque son corps est déjà transfiguré par une vie supérieure, il s'oppose aux chastes empressements de Marie.

Il ne veut pas qu'elle approche de lui ces mains qui ont autrefois embaumé ses pieds et sa tête. Pourquoi cette austérité imprévue, et comment la résurrection peut-elle restreindre l'ancienne familiarité d'une tendresse éprouvée ? C'est que Jésus n'est plus ce qu'il était, objet pour tous d'un attouchement qui encourage la foi, et d'une charité qui se prenne aux conversations de la vie. Il est entre la terre et le ciel, visible encore quelques jours, mais allant à son Père, et ce n'est plus que là, là où toute chair sera transformée comme la sienne, qu'il veut être touché et possédé par les siens. Il donne à Marie-Madeleine, en cette leçon sévère, un indice qu'il faut tendre plus haut, et que désormais Béthanie est au sein du Père qui a envoyé son Fils, et où le Fils va le rejoindre pour y préparer à ses amis le lieu de l'embrassement qui ne finit point.

Ne touchez pas le Fils de l'homme, car il n'est pas encore monté à son Père, et vous-même, Marie, vous n'y êtes pas encore montée. Vos lèvres, toutes pures qu'elles sont, tout empreintes du feu que le séraphin de la pénitence et celui de l'amour y ont laissé, ne sont pas capables de donner au corps ressuscité, au corps glorieux du Christ, les stigmates de la tendresse purifiée par la mort. Il vous faut mourir avec Jésus pour toucher de nouveau Jésus. Alors seulement, alors vous et lui, vous serez semblables ; alors vous apporterez à ses pieds le baume de la résurrection, et vous y déposerez le souffle virginal de l'immortalité reconquise.

À cette leçon, Jésus veut ajouter un nouveau témoignage de son amour de prédilection pour Madeleine. Il ne lui a point permis de le toucher. Mais, en échange, il a posé deux de ses doigts divins sur le front de sa sainte amie.

Moïse, descendant du Sinaï où il venait de converser avec Dieu, portait sur son front un double faisceau de lumière, rayon détaché de la gloire divine que le grand législateur des Hébreux avait contemplée face à face. Ainsi, au sortir de son entretien avec Jésus glorifié, Madeleine portera sur son front, telle qu'une auréole divine, une double empreinte que dix-huit siècles ne pourront effacer, et qui restera sur sa tête vénérée comme un monument authentique de la véhémence de son amour.

Aussi, quand on découvrit ses reliques au moyen-âge, on vit apparaître sur le front de Madeleine une particule de chair mobile et transparente, qui brillait sur la tempe gauche, là même où le Sauveur toucha sa sainte amie, lorsqu'il lui dit après sa résurrection : Noli me tangere !

Le langage des peuples a conservé ce souvenir, et on appelle encore aujourd'hui ce morceau de chair, miraculeusement et glorieusement conservé, le Noli me tangere.

 

Résolution : S'inspirer de la pensée du ciel pour pratiquer le détachement et la mortification des sens, indispensables à la vie chrétienne.

Bouquet spirituel : « Jésus dit à Madeleine : Ne me touche pas ! » (Jn 20, 17).

 

Vita marie madeleine

 

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21 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

maria magdalena

 

Vingt-deuxième jour

22 juillet

 

« Rabbouni ! »

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux devant Jésus ressuscité.

 

Méditation

 

Après avoir prévenu les deux apôtres de la disparition du corps de Jésus, Marie-Madeleine revint au tombeau, « Elle se tenait debout, en dehors du sépulcre, dit saint Jean, et elle pleurait ». Elle demeurait là par amour pour Celui dont la disparition l'affligeait si profondément, elle pleurait sous l'effort d'une douleur inconsolable. Elle aime, et son amour ne peut plus rien pour son bien-aimé, pas même entourer ses restes mortels de parfums et d'aromates. Toute seule près du tombeau vide, elle ne peut plus que pleurer.

De temps à autre, elle regarde autour d'elle pour voir si ceux qui l'ont enlevé ne reparaîtront pas. Ne voyant rien paraître, elle continue à donner un libre cours à ses larmes. Puis, tandis qu'elle pleurait ainsi, elle s'approcha encore plus près du sépulcre et s'inclina pour regarder. Ô merveille ! Deux anges, vêtus de blanc, sont assis, l'un à la tête, l'autre aux pieds, là où fut placé le corps !

Figure des anges du Testament Nouveau, des prêtres que Dieu placera désormais sur la route des âmes qui veulent retrouver la grâce et la paix, ces anges disent à Madeleine : « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » Et la sainte amie du Sauveur, sans se troubler, pleine de confiance, devant une apparition si émouvante, répond : « Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et que j'ignore le lieu où ils l'ont mis ».

Mais un bruit de pas s'est fait entendre dans le jardin, ou peut-être, - et j'aime beaucoup cette pieuse interprétation de saint Jean Chrysostome, - les anges, au lieu de répondre à Marie-Madeleine, se sont inclinés profondément, dans l'attitude de l'adoration, devant quelqu'un que Marie n'apercevait point, et qui était soudainement apparu derrière elle.

C'était Jésus !... Mais Marie ne le reconnut point ; car le divin Sauveur, sans doute pour éprouver la foi de sa servante, avait voulu se cacher sous les habits et les apparences d'un jardinier. Marie le prit donc pour un jardinier. Vous vous trompiez, Marie, dit un pieux interprète, en le prenant pour le jardinier du pauvre et étroit jardin qui environnait le sépulcre. Jésus est le jardinier du monde, il est le jardinier de l’Église et des âmes.

Or, Jésus s'est arrêté, et Marie, qui ne l'a point reconnu, est devant lui... « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » dit Jésus. Ô doux Maître, vous aussi, vous demandez à cette ardente amie de votre divinité pourquoi elle pleure. Vous lui demandez qui elle cherche ! Ah ! c'est que l'heure des larmes est passée, puisque votre résurrection a fait chanter l'alléluia au ciel, dans les limbes et dans l’Église de la terre, dont Madeleine fait partie. Elle ne doit plus rien chercher, puisque vous êtes devant elle !

Mais, Madeleine ne reconnaît point encore son Maître. Elle eût pu lui répondre avec les paroles que le chantre inspiré des Cantiques place sur les lèvres de l’Épouse : « J'ai cherché durant plusieurs nuits Celui que mon cœur aime ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Alors j'ai dit en moi-même : que ferai-je pour satisfaire l'ardent désir que j'ai de le posséder ? Je me lèverai, je ferai le tour de la ville, et je chercherai dans les rues et sur les places publiques celui qui est le bien-aimé de mon âme. Alors je me suis levée, je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Les gardes qui veillaient à la sûreté de la ville m'ont rencontrée, et je leur ai dit : N'avez-vous point vu Celui qu'aime mon âme ? »

L'impatience de son amour ne permet pas à Marie-Madeleine ce long épanchement. Dans l'excès de sa douleur, tout entière à son désir de retrouver Celui qu'elle a perdu, elle s'écrie : « Ah! si c'est vous qui l'avez enlevé, dites- moi, dites-moi où vous l'avez mis ! » Le Sauveur prend en pitié la douleur de Madeleine. « Jésus lui dit: Marie »

Qui saura jamais la douceur que le Bon Maître mit sur ses lèvres, en appelant ainsi amie éplorée. Marie !... dit-il, c'était un nom bien doux pour Jésus, le nom de sa mère ! Ce son nom seul suffit, quand on aime beaucoup, il ne faut pas de longues paroles pour s'entendre.

Madeleine l'entendit ; elle leva ses yeux humides de pleurs. Un instant lui suffit pour regarder et reconnaître Celui qui avait le secret de prononcer son nom comme le prononçait autrefois son bien-aimé visiteur de Béthanie. C'est lui. Rabbouni ! Ô mon maître !

 

solution : Chercher Jésus dans le sépulcre des divins tabernacles, en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Jésus lui dit : « Marie ! » Marie, s'étant retournée, lui dit : « Maître ». (Jean 20, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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20 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Madeleine au tombeau

 

Vingt-et-unième jour

21 juillet

 

La première au Sépulcre

 

Prélude : Marie-Madeleine court et arrive, toute haletante d'amour impatient, auprès du sépulcre.

 

Méditation

 

Il fallait observer le repos du Sabbat. Ce que dut être ce Sabbat pour Marie-Madeleine, c'est ce que les âmes aimantes peuvent seules concevoir. Oh ! que de fois son regard se dirigea vers ce jardin où l'on avait enseveli son bien-aimé ! Que de larmes coulèrent de ses yeux en pensant au froid glacial du tombeau où il était tout seul, abandonné, dans une solitude qu'elle ne pouvait remplir encore de ses sanglots et de ses effusions ! Puis, quand ses lèvres s'ouvraient, de qui pensez-vous qu'elle puisse parler, sinon de l'unique amour de son cœur ?

La nuit vient ! Point de sommeil pour elle ! Oh, non ! Elle ne songe qu'à Celui qu'elle aime et qui n'est plus. Aussi, dès que l'heure légale eût sonné où le repos du Sabbat finissait, avec quel empressement elle dit à Marie, mère de Jacques. et à Salomé de l'accompagner chez ceux qui ven- dent des parfums. Elle est la première nommée entre les saintes femmes qui achetèrent les aromates pour embaumer Jésus. Elle fut aussi la plus empressée à hâter les préparatifs de cet embaumement, par lequel devait se manifester l'adoration persévérante de son cœur envers le divin Maître.

La nuit se passa dans ces préparatifs pieux, et pourtant, elle semblait bien longue à son impatience. Souvent, elle interroge l'horizon pour voir si les voiles nocturnes ne se déchirent point encore. Enfin, elle se lève... « J'ai cherché, dit-elle, durant les nuits celui que mon âme chérit ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Eh bien ! je me lèverai, je ferai le tour de la ville et je chercherai le bien-aimé de mon âme ».

Il est encore de très grand matin. À peine quelques lueurs de l'aube encore indécise. « Madeleine, dit saint Bonaventure, et ses compagnes allaient au sépulcre avec leurs parfums. Parvenues hors des portes de la ville, elles se rappelaient les afflictions et les souffrances de leur Maître, et dans tous les lieux où il avait souffert quelque douleur ou quelque opprobre, elles s'arrêtaient un peu, se mettaient à genoux, baisaient la terre, gémissant, soupirant et disant : « Ici nous l'avons rencontré portant la croix sur les épaules et sa Mère s'est évanouie ; là, épuisé, il a laissé tomber sa croix, et il s'est appuyé un instant sur cette pierre ; en cet endroit, ils l'ont poussé et frappé pour le faire marcher plus vite, et ils l'ont presque forcé à courir ; c'est ici qu'ils l'ont attaché à la croix ! » Et alors, inondées de larmes, elles adorèrent et baisèrent la croix encore toute rougie du précieux sang du Seigneur ».

Mais, voici le jardin de Joseph d'Arimathie. « Qui nous ôtera la pierre qui couvre l'entrée du sépulcre ? » Voilà leur seule préoccupation. Les gardes qui veillent en ennemis, les Juifs qui rôdent en jaloux envieux ne leur font aucune peur. L'obstacle matériel de la grosse pierre les préoccupe seul.

Or, Marie-Madeleine n'y tient plus. « Celle, dit saint Grégoire, qui dans le péché était demeurée froide et glacée pour le bien, est devenue très forte et très ardente dans l'amour de Jésus, depuis qu'elle a commencé à connaître le souverain bien ». Elle devance ses compagnes. Son amour impatient la transporte. Avec les ardeurs d'une âme qui cherche Jésus, la lumière, elle court dans les ténèbres, elle arrive la première au sépulcre. Oh ! si nous savions, comme elle, chercher Jésus dès le point du jour, dès le premier réveil de notre cœur, dès le premier repentir de nos fautes !

Hélas ! Jésus veut éprouver sa fidèle servante ! À ce moment tant désiré par son cœur, commence cette série d'épreuves et de renoncements qui, du jardin du sépulcre, se continueront jusque dans les gorges sauvages de la Baume ! Le tombeau est ouvert : Jésus n'y est plus !... Alors, comme folle de désespoir, elle court vers saint Pierre, le chef du collége apostolique, vers Jean, le disciple bien-aimé.

« On a enlevé le Seigneur, dit-elle, le sépulcre est vide, venez voir ; pour moi, je ne sais où le chercher. Je ne sais pas où on l'a mis ! » Ô désolation ! Elle ne sait pas où l'on a mis son bien-aimé ! Comme sa douleur est éloquente dans sa concision ! Ah ! mon âme, quand sentiras-tu comme Madeleine quelle privation c'est de vivre sans Jésus, de le perdre, de ne savoir où le trouver ?

 

Résolution : Faire ses visites au Saint Sacrement en union avec les sentiments de Marie-Madeleine au sépulcre.

Bouquet spirituel : « Marie-Madeleine alla dès le matin au sépulcre ». (Jean 20, 1).

 

Vita marie madeleine

 

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19 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Mise au Tombeau Saint Michel Bdx

 

Vingtième jour

20 juillet

 

L'ensevelissement

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux reçoit entre ses mains et baise avec amour, en fondant en larmes, les pieds de Jésus qu'on descend de la croix.

 

Méditation

 

Écoutons saint Bonaventure nous parler du rôle que remplit sainte Madeleine à la descente de croix et à la sépulture du Sauveur.

« Lorsque les clous des mains et des pieds eurent été arrachés, Joseph descendit avec d'infinies précautions le corps du Seigneur que Marie, Jean et Madeleine, reçurent entre leurs bras. Madeleine soutenait ces pieds auprès desquels elle avait trouvé autrefois une si grande miséricorde. Les autres se placèrent autour, et tous firent une douloureuse lamentation sur lui comme sur leur fils unique.

Comme la nuit approchait, ils prièrent bientôt la sainte Vierge de leur permettre d'entourer le corps de bandelettes et de l'ensevelir. Marie tenait toujours la tête de Jésus sur son sein, et elle se réserva de l'envelopper. Madeleine était aux pieds, et, quand on en fut arrivé là, elle dit : « Je vous en prie, laissez-moi arranger ces pieds près desquels j'ai obtenu mon pardon ». Ils le lui permirent, et alors elle les prit ; et paraissant défaillir de douleur, elle lava des larmes de sa compassion ces pieds qu'elle avait jadis lavés des larmes de sa componction. Elle les considérait ainsi, blessés, percés, déchirés et sanglants ; et elle pleurait amèrement. Car, selon que la Vérité en a rendu témoignage, elle avait beaucoup aimé ; aussi pleura-t-elle beaucoup, surtout à ces tristes obsèques de son Maître et de son Seigneur, torturé, flagellé, meurtri, mort et presque réduit au néant. Son cœur pouvait à peine demeurer dans son corps, tant son affliction était grande, et on peut bien penser que, si elle l'avait pu, elle eût volontiers expiré aux pieds du Seigneur. Elle ne voyait pas de remède à sa douleur, et ce n'était pas de semblables soins qu'elle était habituée à lui prêter.

C'est ici, en effet, un nouveau et dernier ser- vice qu'elle lui rend ; et, en l'accomplissant, son âme est dévorée d'amertume, parce qu'elle ne peut le rendre selon ses ardents désirs et comme il serait convenable. Elle voudrait, en effet, laver tout le corps, l’oindre de parfums, le disposer parfaitement ; mais ce n'est ni le temps ni le lieu. Elle ne pouvait pas plus, elle ne pouvait pas autre chose : elle fait ce qu'elle peut. Au moins lave-t-elle les pieds de ses larmes ; puis elle les essuie dévotement, les baise, les enveloppe et les arrange le mieux qu'elle sait.

Joseph eut l'attention de ne fermer le sépulcre qu'après avoir laissé entrer les saintes femmes. Madeleine observa où et comment on avait déposé son Seigneur, de quel côté les pieds, de quel côté la tête, et demanda à Joseph la clé du jardin, où elle se promettait bien de venir souvent et bientôt. L'embaumement, à cause de la proximité du Sabbat et de tant d'autres circonstances, ayant été un peu précipité, elle veut le compléter. C'était d'ailleurs ordinairement un office dévolu aux femmes, et il lui revenait de plein droit. Elle est la dernière à s'éloigner du tombeau, et elle ne le quitterait pas, si elle n'avait un double devoir de piété à remplir, celui de satisfaire à la loi du Sabbat et celui de reconduire et de consoler la mère de son Rédempteur On l'a déposé dans un monument creusé dans le roc, mais elle lui a préparé en elle-même un monument vivant d'où il ne sera jamais ôté. En recevant le corps de Jésus entre ses bras, elle a reçu son esprit dans le sien ; et parce qu'il est mort et enseveli, elle n'a d'autre désir que de mourir et d'être ensevelie avec lui. Ne pouvant plus se tenir debout, et ne voulant pas se retirer, le cœur brisé et les mains lui tombant de faiblesse, « elle se tenait assise, dit saint Matthieu, avec l'autre Marie, vis-à-vis du sépulcre ».

Mais, saint Jean l'ayant priée de venir avec la mère de Jésus, elle répondit : « Vous savez bien que j'irai avec elle, partout où elle ira et que je ne la quitterai jamais ». Madeleine alla donc dans la maison de Jean avec Marie, et, celle-ci, regardant autour d'elle, se prit à dire : « Ô mon fils, où êtes-vous, que je ne vous vois pas ? Jean, où est mon Fils ? Madeleine, où est votre Père, qui vous aimait si tendrement ? Il s'est éloigné de nous, lui, notre joie, notre douceur, la lumière de nos yeux !... »

 

Résolution : Passer dans le recueillement les heures qui précèdent la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Madeleine se tenait assise vis-à-vis du sépulcre » (Matth. 27, 1).

 

Vita marie madeleine

 

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18 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Crucifix_Masaccio

 

Dix-neuvième jour

19 juillet

 

Au Calvaire

 

Prélude : Marie-Madeleine se tient debout près de la croix. De temps en temps, elle s'approche pour coller ses lèvres sur les pieds ensanglantés de Jésus crucifié.

 

Méditation

 

Jésus est presque seul sur le Calvaire. Mais, parmi les rares fidèles qui l'y ont suivi et qui l'assistent jusqu'à son dernier soupir, mon regard, après Marie, rencontre, avec une vive et reconnaissante émotion, Madeleine, celle qui a le mieux compris combien le premier devoir d'un chrétien est de suivre son Dieu au Calvaire.

Elle était là, quand ils le crucifièrent. Chaque coup de marteau retentit dans son cœur, chaque goutte de sang lui arrache une larme, le bruit de la croix qui retombe dans le trou où on la fixe déchire ses entrailles, et elle souffre en proportion de son amour. Ô vraie martyre, Madeleine, vous aurez eu là, devant Dieu, tout le mérite de la souffrance endurée par amour, et si vous n'avez pas versé votre sang pour lui, vos déchirements sur le Calvaire ont été un martyre bien plus douloureux que celui de la vie ! Ah ! bourreaux, vous ne fûtes pas seulement les meurtriers de Jésus-Christ, vous avez immole aussi sur le Calvaire cette fidèle servante du crucifié, dont les sanglots et les douleurs n'ont pas pu attendrir votre barbarie !

Quand il fut crucifié, elle se tint là, tout auprès de lui, raconte l'Evangéliste. « La mère de Jésus, dit-il, et la sœur de sa mère, Marie Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenaient au pied de la croix ». Elle était là, représentant l'innombrable multitude des pécheurs convertis, qui retrouveront dans la pénitence la robe nuptiale trempée du sang de l'Agneau. Jésus la regardait de temps à autre, et, la voyant si belle dans son innocence reconquise, il puisait dans cette vue le courage héroïque dont il eut besoin pour consommer cette immolation.

Voilà donc, se disait-il, voilà le fruit de mes souffrances ! Voilà les âmes que je rachète ! Voilà les pécheurs pour qui je dois mourir !... Mais elle, ah ! comme elle pleurait amèrement sa conduite criminelle, son passé coupable ! Jésus souffre, et c'est elle qui a contribué à le faire ainsi souffrir ! N'y eut-il eu qu'elle au monde à racheter, elle sait que ce divin Sauveur aurait voulu se laisser encore sacrifier. Marie souffre, et c'est elle qui a contribué à enfoncer dans cette grande âme de mère le glaive douloureux qui la transperce en ce moment. Ô Jésus, ô Marie, pardonnez-moi de vous avoir autant fait souffrir !...

Elle s'approche avec l'effusion de l'amour et d'une incomparable douleur, elle baise avec transport ses pieds cloués, elle regarde Jésus, et Jésus ne lui dit rien; elle prend de son sang et elle s'en baigne avec amour, ivre de douleur et de tendresse ! Enfin, Jésus expire... Ô mon bien-aimé, où êtes-vous allé, loin de celle qui vous a tout donné, son cœur et son âme, sa vie ? Ah ! pourquoi l'avez-vous laissée, seule, et pourquoi ne lui avez-vous pas permis de mourir avec vous ?

Quand Jésus fut mort, « il y avait là, disent les saints Evangiles, plusieurs femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et l'avaient assisté de leurs biens, et encore plusieurs autres venues avec lui à Jérusalem, entre lesquelles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph, et Salomé, mère des fils de Zébédée, et tous ceux qui étaient de la connaissance de Jésus, se tenant à l'écart et regardant de loin ce qui se passait ».

Qui dira la ſerveur de cette contemplation chez Marie-Madeleine, tandis qu'elle regardait ainsi son Dieu, son Maître, son Sauveur, son Ami, mort, suspendu à un gibet infâme, couvert de sang, le coté ouvert, la tête chargée d'épines, les pieds et les mains percés, tout le corps meurtri et insulté ! Ah ! Jésus, tout, en votre sainte et dévouée servante, tout s'unit à vos souffrances, et il ne reste plus rien en elle qui ne soit sacrifié avec vous ! Ô amour ! Ô repentir ! Ô martyre !

 

Résolution : Aimer à baiser les pieds du crucifix, en union avec les sentiments de douleur et d'amour de Marie-Madeleine sur le Calvaire.

Bouquet spirituel : « Madeleine était debout, aux pieds de la croix, avec Marie ». (Jean 19, 25).

 

Vita marie madeleine

 

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17 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Chemin de Croix Martini 3

 

Dix-huitième jour

18 juillet

 

Pendant la Passion

 

Prélude : Représentons-nous Marie-Madeleine sur le chemin du Calvaire, à la suite de Jésus chargé de sa croix.

 

Méditation

 

Avec la sainte Vierge, Madeleine quitta Béthanie pour se rendre à Jérusalem, à la suite de son divin Maître.

On croit qu'elles assistèrent à la Cène dans une pièce contiguë au cénacle, d'où elles pouvaient suivre toutes les actions du Sauveur, entendre toutes ses paroles, et où Jésus vint leur apporter la divine Eucharistie pour les en communier de ses propres mains.

Après la Cène, quand Jésus se rendit à Gethsémani, sa mère passa le reste de la nuit, avec Madeleine, occupées à rendre grâces pour la communion qu'elles venaient de faire et à unir leur cœur au cœur agonisant de Jésus.

La première communion de Madeleine !... Qui dira jamais cet ineffable mystère de l'amour !...

Mais la Passion approche. Voici l'agonie, voici Judas, voici la cohorte, voici les bourreaux !...

Écoutons la très Sainte Vierge elle-même raconter, dans une révélation à saint Anselme de Cantorbéry, cet émouvant récit, qu'il ne nous reste plus qu'à méditer.

« J'étais, dit-elle, chez la mère de Jean l'Evangéliste, lorsque tout-à-coup les disciples, en pleurs et hors d'haleine, vinrent me dire : « Votre Fils bien-aimé, notre Seigneur et Maître, a été pris ; on le traîne lié et garrotté ; et nous ne savons pas ce qu'on a fait de lui, et si on l'a mis à mort ». À ces paroles, toutes mes entrailles furent bouleversées ; je sors à l'instant, et, avec Marie-Madeleine, je cours du côté du Temple. Au tumulte qui se faisait dans la maison d'Anne, je voulus pénétrer, mais on me ferma la porte, et je dus demeurer dehors où je pleurais et disais : « Oh ! mon Fils, mon cher Fils, ma lumière et ma vie ! qui mettra de l'eau dans ma tête et dans mes yeux une fontaine de larmes, pour pleurer la mort de mon Fils ?

Pour Marie-Madeleine, elle allait de tout côté, elle s'élançait aux fenêtres pour plonger son regard dans l'intérieur de la maison, elle prêtait l’oreille ; et voici qu'elle entend le Prince des Apôtres qui renie mon Fils. Alors, dans sa surprise et sa consternation extrême : « O bon Jésus, s'écria-t-elle, que va-t-il arriver, et qu'en sera-t-il de vous, puisque le chef de vos disciples vous renie ! O doux Jésus, jamais, jamais, je ne vous renierai...

Lorsqu'on menait mon fils entre deux scélérats hors de la ville, pour le crucifier, je voulus le suivre et le voir ; mais la grande multitude de gens qui l'entouraient pour l'insulter, me retenait toujours forcément à l’écart. Nous délibérâmes donc, avec Marie-Madeleine, et nous convînmes qu'en arrivant sur la place voisine, nous tournerions rapidement la fontaine, pour nous trouver face à face avec Jésus. C'est alors que je l'ai vu défiguré et meurtri ; et lui, s'inclinant doucement vers moi, semblait me dire : Merci, ma Mère bien-aimée, merci pour tous les soins que vous m'avez donnés ; quoique pauvre et dénuée de tout, vous avez, au prix d'un travail sans relâche, nourri et élevé ce temple de mon corps qu'on s'apprête à détruire et à renverser ; et maintenant, vous m'accompagnez dans cette voie d'opprobres et de souffrances, quand nous sommes, vous et moi, l'objet d'un mépris universel…

Sur le Calvaire, Marie-Madeleine se tenait près de moi avec mes sœurs ; mais nulle ne pleurait autant qu'elle son Seigneur, disant : « Et maintenant, qui me remettra mes péchés ? Qui prendra ma défense contre Simon et contre ma sœur ? »

« Quant à moi, disait sainte Thérèse, je tiens que si Madeleine n'a pas fini ses jours par le martyre, cela vient de ce qu'elle l'endura alors en voyant mourir Jésus-Christ dans les tortures, et de ce qu'elle a continué de l'endurer tout le reste de sa vie, par le terrible tourment qu'elle éprouvait d'être séparée de son cher Maître ».

 

Résolution : Faire souvent, avec dévotion, le Chemin de la Croix en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Marie- Madeleine l'avait suivi ». (Luc 23, 55).

 

Vita marie madeleine

 

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16 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Vierge Marie

 

Dix-septième jour

17 juillet

 

Les derniers jours du Sauveur

 

Prélude : Madeleine, à mesure que le temps approche, redouble d'assiduité auprès de Jésus et de Marie, sa sainte mère.

 

Méditation

 

Saint Bonaventure à médité, avec beaucoup d'onction, la conduite de Madeleine pendant les quelques jours qui suivirent le festin de Simon. Pendant ces quelques jours qui précédèrent la passion, dit le saint docteur, la maison de Lazare, à Béthanie, était sa retraite principale. C'est là aussi que demeurait sa mère ; et tous l'honoraient grandement, surtout Madeleine, qui lui tenait toujours compagnie et ne le quittait jamais.

« Cependant, les mystères se multipliaient, les Ecritures étaient accomplies par le Seigneur Jésus, et, les temps approchant, il brûlait d'apporter au monde le remède du Salut par la passion de son propre corps. Aussi, le jour suivant, de grand matin, c'est-à-dire le dimanche, il se prépara à aller à Jérusalem, d'une façon contraire à ses usages, mais conforme aux prophéties. Et comme il voulait partir, sa mère, le retenant dans un accès de tendresse, lui disait : « Mon Fils, où voulez- vous aller ? Vous savez la conspiration tramée contre vous ; comment allez-vous vers eux ! Je vous en supplie, ne vous y rendez pas ». Madeleine disait : « Maître, n'y allez pas ! Vous savez qu'ils désirent votre mort. Si vous vous mettez entre leurs mains, ils vous prendront aujourd'hui, et ils achèveront leurs desseins ! » Mais Jésus en avait disposé autrement, lui qui avait soif du salut du monde, et il leur répondait : « C'est la volonté de mon Père que j'y aille. Ne craignez point, lui-même nous défendra, et ce soir nous serons de retour ici, sains et saufs ».

Combien Madeleine fut joyeuse, quand il était acclamé par le peuple, et bien plus encore, quand elle le vit revenir à Béthanie !

« Le mercredi, le Seigneur soupa avec ses disciples dans la maison de Lazare ; sa Mère et les autres saintes femmes mangeaient dans un appartement séparé. Madeleine, qui suivait le Seigneur, l'interrogea et lui dit : « Maître, rappelez-vous que vous devez faire la Pâque avec nous, et, je vous en prie, ne me refusez pas cette faveur ». Comme Jésus n’acquiesçait point et répondait qu'il ferait la Pâque à Jérusalem, elle, se retirant en larmes et gémissante, s'en alla vers Notre Dame, et, lui ayant tout raconté, la conjura de le retenir pour cette Pâque. Le souper étant terminé, le Seigneur Jésus se rend vers sa mère et s'assied à l'écart, conversant avec elle et la laissant jouir de cette présence qu'Il devait bientôt lui ravir. Regardez-les donc assis tous deux ; voyez comme Notre Dame le traite avec révérence et reste affectueusement près de lui, et aussi comme le Seigneur se tient respectueusement près d'elle.

« Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi, Marie va vers eux, et, s'asseyant à leurs pieds, dit : « Notre Dame, j'avais invité le Maître à faire ici la Pâque ; mais il semble vouloir aller à Jérusalem pour la faire, et il y tombera aux mains de ses ennemis ; je vous en prie, ne l'y laissez pas aller ». Sa mère lui dit alors : « Mon Fils, je vous prie qu'il n'en soit pas ainsi, mais faisons notre Pâque en ce lieu. Vous savez en effet que des embûches sont dressées pour vous saisir ». Et le Seigneur : « Ma Mère bien-aimée, dit-il, la volonté de mon Père est que je fasse la Pâque à Jérusalem, parce que le temps de la Rédemption est arrivé. Bientôt s'accompliront toutes les choses qui ont été écrites de moi, et ils feront de moi tout ce qu'ils voudront ».

« Elles entendirent ces paroles avec une profonde douleur, parce qu'elles comprirent bien qu'il parlait de sa mort. Oh ! si vous eussiez vu sa mère, fondant en larmes, humblement et modestement cependant, et Madeleine, comme ivre de douleur, se répandant en sanglots et en gémissements, sans doute, vous n'eussiez pu vous-même contenir vos pleurs ! Dans quel état pouvaient-elles être en traitant un pareil sujet ! Et le Seigneur dit à sa mère, en la consolant doucement : « Ne pleurez pas, vous savez qu'il me faut accomplir la volonté de mon Père ; mais ayez confiance et tenez pour certain que je reviendrai bientôt vers vous, et que je ressusciterai glorieux et immortel le troisième jour. Il faut que, selon la volonté de mon Père, je fasse la Pâque sur la montagne de Sion ».

« Alors Madeleine dit : « Puisque nous ne pouvons pas le retenir ici, allons, nous aussi, à Jérusalem ; mais je crois que jamais nous n'aurons vu de si tristes Pâques ».

 

Résolution : Faire souvent des actes de résignation à la sainte volonté de Dieu.

Bouquet spirituel : « Allons, nous aussi, et mourons avec lui ». (Luc 11, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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