22 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Sixième jour

6e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

23 septembre

 

Curé de village

 

Prélude. - Représentons-nous le bon saint, au milieu des paysans de Clichy, ses paroissiens, les instruisant, les consolant, les édifiant.

 

Récit. - Pour mener une vie vraiment ecclésiastique, le jeune se retire chez les Pères de l'Oratoire, non pour être agrégé à leur sainte compagnie, mais pour vivre à l'abri des dangers du monde.

De plus, sachant que nous sommes aveugles en notre propre conduite, il renonce à sa propre volonté, et se laisse conduire dans les voies de Dieu comme un enfant, par un « ange visible », je veux dire par un sage directeur.

Son choix s'étant arrêté sur M. de Bérulle, il ouvre son cœur à ce grand serviteur de Dieu, un des plus habiles maîtres de la vie spirituelle qui aient jamais existé. Celui-ci reconnaît à l'instant que notre saint est appelé par Dieu à de grandes choses, et, sans doute éclairé de lumières surnaturelles, il voit et lui déclare que Dieu veut se servir de lui pour lui rendre un signalé service dans son Eglise, et pour assembler, à cet effet, une nouvelle communauté de bons prêtres qui y travailleront avec fruit et bénédiction.

Après deux ans passés dans cette retraite, il est pourvu de la cure de Clichy. On dit qu'il avait déjà refusé un évêché ; il est certain qu'on lui offrait de riches abbayes, et la reine Marguerite, sur le récit de ses vertus, l'avait pris pour son aumônier ordinaire.

Mais, Dieu a parlé par la bouche de M. de Bérulle. L'humble Vincent sera curé de village. « Il préfère, comme le Prophète, être petit dans la maison du Seigneur, là où l'appelle l'obéissance ecclésiastique, que d'habiter dans les tabernacles des pécheurs, c'est-à-dire parmi les vains honneurs où perce l'ambition ».

Lui-même le disait plus tard : « Le bon peuple de Clichy m'était si obéissant, qu'ayant recommandé la confession des premiers dimanches du mois, personne n'y manquait, à ma grande joie. Ah ! me disais-je, que tu es heureux d'avoir un si bon peuple ! Le pape est moins heureux que moi ! »

 

Pratique. - Chercher, dans toutes les positions, le moyen de procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes, en se proposant de procurer son propre salut.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle des pasteurs, priez pour les pauvres curés de campagne, qui rencontrent aujourd'hui tant de difficultés pour l'exercice de leur saint et pénible ministère.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Tout ce que Dieu nous donne ou nous enlève tourne toujours à | notre avantage, puisque tel est son bon plaisir. C'est à nous conformer à ce bon plaisir de Dieu, que nous devons faire consister toute notre perfection et tout notre bonheur.

L'indifférence est un état de vertu qui détache si parfaitement des créatures, et unit si intimement à la volonté de Dieu, que soi-même on ne désire rien, et on ne préfère pas une chose à une autre.

Se conformer en toute chose à la volonté de Dieu, c'est vivre d'une vie tout angélique : c'est précisément vivre de la vie de Jésus-Christ.

Il n'y a rien de plus saint, rien d'une perfection plus éminente que la résignation à la volonté de Dieu, qui nous établit dans un dépouillement total de nous-mêmes, et dans une indifférence parfaite pour tous les états où nous pouvons nous trouver.

On ne doit épargner ni dépenses, ni fatigues, ni même sa propre vie, quand il s'agit d'accomplir la volonté de Dieu.

Faire en tout et partout la volonté de Dieu, être prêt à aller vivre et mourir où Dieu voudra, c'est la disposition où se tiennent les bons serviteurs de Dieu et les hommes vraiment apostoliques ; c'est la marque qui distingue les vrais enfants de Dieu, qui sont toujours disposés à accomplir tous les desseins d'un si auguste et si bon père.

La perfection de l'amour divin ne consiste pas dans les extases ; elle consiste à faire la volonté de Dieu.

 

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21 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Cinquième jour

5e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

22 septembre

 

À Paris

 

Prélude. - Suivons notre saint dans ce nouveau voyage de Rome à Paris et contemplons la beauté de son âme, qui, parmi toutes ces distractions, ne pas un instant la présence de Dieu.

 

Récit. - Frappés des louanges que Antonio faisait de la vertu et de la sagesse de Vincent, les négociateurs français voulurent le voir, pour examiner s'ils ne trouveraient point en lui le messager qu'ils cherchaient. Vincent parut devant eux. Ils l'entretinrent plusieurs fois et crurent enfin pouvoir s'ouvrir à lui. Comme il s'agissait d'une affaire importante, qui demandait de la prudence, de la fidélité, et une grande discrétion, ils instruisirent Vincent et l'envoyèrent à Paris pour en conférer avec Henri IV.

Arrivé à Paris, Vincent se hâta d'accomplir sa mission ; mais il ne profita point de cette occasion pour s'engager plus avant dans la cour, craignant que la faveur du roi de la terre ne servit d'obstacle aux grâces du Roi du ciel. Comme il occupait, au faubourg Saint-Germain, dans le voisinage de l'hôpital de la Charité, une même chambre avec un de ses compatriotes, juge de Sore, village situé aux Landes et dans le ressort de Bordeaux, il fut accusé à faux de lui avoir dérobé quatre cents écus.

Voici comment il raconte lui-même cette épreuve que Dieu lui envoya pour affermir sa vertu :

« J'ai connu une personne qui, accusée par son compagnon de lui avoir pris quelque argent, lui dit doucement qu'il me l'avait pas pris, mais, voyant que l'autre persévérait à l'accuser, il se retourna de l'autre côté, s'éleva à Dieu, et lui dit : « Que ferai-je, mon Dieu ! Vous savez la vérité! » Et alors, se confiant en lui, il résolut de ne plus répondre à ces accusations, qui allèrent fort avant, jusqu'à tirer monitoire du larcin et à le lui faire signifier. Or, il arriva, et Dieu le permit, qu'au bout de six ans celui qui avait perdu l'argent étant à plus de vingt lieues d'ici (Le juge étant à Bordeaux et saint Vincent à Paris), trouva le larron qui l'avait pris. Voyez le soin de la Providence pour ceux qui s'abandonnent à elle ; alors, cet homme, reconnaissant le tort qu'il avait eu de s'en prendre avec tant de chaleur et de calomnie contre son ami innocent, lui écrivit une lettre pour lui en demander pardon, lui disant qu'il en avait un si grand déplaisir, qu'il était prêt, pour expier sa faute, à venir au lieu où il était pour en recevoir l'absolution à genoux ».

 

Pratique. - Se confier à la Providence et s'abandonner à sa Divine Volonté, quand on est en butte à la calomnie.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme sage et circonspect dans toutes vos voies, obtenez-nous la vertu de prudence.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Après avoir connu la volonté de Dieu sur une œuvre qu'on entre prend, on doit la continuer avec courage, quelque difficile qu'elle soit. On doit la suivre jusqu'à la fin, avec d'autant plus de constance, que les obstacles que l'on éprouve sont plus grands.

L'indifférence (1) est une vertu, non-seulement très excellente, mais encore très utile pour avancer dans la vie spirituelle : on peut même assurer qu'elle est nécessaire à tous ceux qui veulent servir Dieu parfaitement.

Qui peut être plus parfaitement uni à Dieu que celui qui ne fait que la volonté du Seigneur, qui ne suit jamais sa volonté propre, et qui ne veut autre chose que ce qui est du bon plaisir de Dieu ?

Notre-Seigneur se communique sans cesse aux âmes qui se conforment entièrement et constamment à la sainte volonté de Dieu, et qui ne consultent que son bon plaisir dans ce qu'elles veulent ou ne veulent pas.

Dieu nous ayant appelés à l'état où nous sommes, a attaché, pour ainsi dire, à cet état les grâces nécessaires à notre salut : il nous les refusera, si nous abandonnons notre vocation pour nous engager dans une autre à laquelle il ne nous appelle pas.

La conformité à la volonté divine est le trésor du vrai chrétien : elle renferme éminemment la mortification, la soumission parfaite, l'abnégation de soi-même, l'imitation de Jésus-Christ, l'union avec Dieu, et généralement toutes les vertus, qui ne sont telles que parce qu'elles sont conformes à la volonté de Dieu, qui est l'origine et la règle de toute perfection.

Être content de tous les états dans lesquels Dieu nous place, sans jamais en sortir, à moins que nous ne connaissions que Dieu le veut, c'est la plus excellente, la plus utile pratique que nous puissions faire en ce monde.

 

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(1) On entend ici par « indifférence » le détachement des choses, même bonnes en soi, telles que la réussite des bonnes œuvres, ce qui n'exclut pas le zèle qu'on doit y mettre dans la vue de plaire à Dieu.

 

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20 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Quatrième jour

4e jour de la la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

21 septembre

 

À Rome

 

Prélude. - Suivons le pieux visiteur dans ses pèlerinages aux lieux saints de Rome, et vénérons-les avec lui.

 

Récit. - Vincent et son ancien maître furent reçus publiquement, à Avignon, par le vice légat Montorio, qui voulut les mener à Rome tous deux.

Notre saint fut si consolé de se voir en cette ville, mère et maîtresse de la chrétienté, où est le chef de l’Église militante, où sont les corps de saint Pierre et de saint Paul, et de tant d'autres martyrs et de saints personnages qui ont autrefois versé leur sang et employé leur vie pour Jésus Christ, qu'il s'estimait heureux de marcher sur la terre où tant de grands saints avaient marché. Cette pensée l'attendrissait jus qu'aux larmes.

Durant son séjour à Rome, Vincent se livra tout entier à ses études et à la prière. Dans cette capitale du monde ancien, centre de la civilisation chrétienne, il ne donna pas la moindre satis faction à la curiosité, la plus naturelle et la plus légitime en pareil cas.

De tous les monuments de la Rome antique, il ne visita que le Colisée et les catacombes, pour y vénérer le sang, les souvenirs et les cendres des martyrs ; et dans la Rome chrétienne, il ne voulut connaître que les églises et les lieux consacrés par la piété des fidèles.

Sa passion pour l'étude, long temps comprimée dans l'esclavage, reprit à Rome son essor ; il recommença ses travaux théologiques et étendit encore ses connaissances. Il était d'autant plus libre de se livrer à l'étude, qu’il n'avait plus alors le souci de la vie matérielle ; car le vice légat Montorio fournissait à son entretien.

Vincent acquittait largement sa dette d'hospitalité par son édification et le charme pieux de son commerce. À mesure qu'il se faisait connaître davantage, il excitait de plus en plus l'admiration de son protecteur. Celui ci ne pouvait se lasser de répandre ses louanges, surtout devant les négociateurs français qui étaient alors à Rome, ne se doutant pas qu'il allait par là se faire ravir son trésor.

 

Pratique. - Aimer à retrouver le souvenir des saints, dans nos voyages et nos visites en pays étranger.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez si bien étudié et reproduit dans votre vie l'image des saints, obtenez-nous d'imiter vos vertus.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Nous devons nous abandonner entièrement dans les mains de Dieu ; nous devons croire que sa Providence dispose, pour notre plus grand bien,de tous les événements qu'elle veut ou qu'elle permet qu'il nous arrive.

Nous devons offrir nos personnes et tous nos biens à Dieu, afin qu'Il en dispose selon sa sainte volonté ; en sorte que nous soyons toujours prêts à tout quitter pour embrasser les afflictions qui nous arrivent.

Dans les orages qu'excite contre nous la calomnie, dans les injures dont elle nous accable, nous ne devons pas, si nous tendons sincèrement à la perfection, cher cher à nous justifier, mais nous devons recevoir la confusion, tout supporter avec patience, et nous abandonner à Dieu, en attendant que son heure arrive.

Celui qui a mis toute son espérance en Dieu doit être certain que quand l'univers entier se sou lèverait contre lui, il n'arrivera rien que ce qu'il plaira à Dieu.

C'est dans les besoins les plus pressants que nous devons faire éclater notre confiance en Dieu.

Le moyen le plus assuré pour - réussir dans quelque entreprise que ce soit, c'est de se tenir dans un abandon total à la divine Providence, et dans une humble dépendance de ses dispositions.

On ne peut jamais excéder dans la véritable espérance, qui ne peut être trop grande, puisqu'elle est fondée sur la bonté de Dieu et sur les mérites de Jésus-Christ.

Celui qui met sa confiance dans les hommes, et qui, s'appuyant sur ses talents naturels ou sur les ressources que la fortune lui ménage, ne se confie pas en Dieu, celui-là s'éloigne lui-même de Dieu.

 

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19 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

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Troisième jour

4e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

20 septembre

 

Esclave à Tunis

 

Prélude. - Représentons-nous le jeune prêtre, sous le soleil brûlant d'Afrique, vêtu en esclave, travaillant aux labeurs les plus grossiers, et interrompant quelquefois son travail pour lever les yeux au ciel.

 

Récit. - En 1605, Vincent de Paul alla à Marseille pour recueillir un legs de quelque importance, et pour lequel il transigea avec un admirable désintéressement.

Au retour, on l'engagea à prendre la voie de mer, de Marseille à Narbonne. Le bateau fut pris par les pirates de Barbarie, et le saint fut vendu à Tunis. Il changea plusieurs fois de maître, Dieu voulant qu'il éprouvât lui même tout ce que les esclaves chrétiens avaient à souffrir, afin qu'il travaillât dans la suite avec plus d'ardeur à leur délivrance.

Enfin, un renégat de Nice, l'ayant acheté, l'emmena dans sa terre. C'était en une région extrêmement chaude et déserte.

Une des femmes de son maître servit d'instrument entre les mains de Dieu pour retirer le renégat de l'apostasie et délivrer Vincent. Voici comment le saint raconta le fait, dans une lettre touchante de simplicité :

« Curieuse qu'elle était de sa voir notre façon de vivre, elle me venait voir tous les jours au champ où je fossoyais, et un jour elle me commanda de chanter les louanges de mon Dieu. Le ressouvenir du Quomodo cantabimus interra aliena des enfants d'Israël captifs à Babylone, me fit commencer, la larme à l'œil, le psaume Super flumina Babylonis, et puis le Salve Regina, et plusieurs autres choses, en quoi elle prenait tant de plaisir que c'était merveille. Elle ne manqua pas de dire à son mari, le soir, qu'il avait eu tort de quitter sa religion, qu'elle estimait extrêmement bonne pour un récit que je lui avais fait de notre Dieu et quelques louanges que j'avais chantées en sa présence : en quoi elle disait avoir ressenti un tel plaisir, qu'elle ne croyait point que le paradis de ses pères et ce lui qu'elle espérait fut si glorieux ni accompagné de tant de joie que le contentement qu'elle avait ressenti pendant que je louais mon Dieu ».

Concluant qu'il y avait en cela merveilles, cette femme fit tant par ses discours, que, la grâce de Dieu aidant, son mari forma le projet de se sauver en France avec notre saint : c'est ce qu'ils firent dix mois plus tard.

 

Pratique. - Aimer à chanter les cantiques et les hymnes sacrées.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez été captif en Barbarie, délivrez les âmes captives dans la servitude du péché.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Quand la vaine complaisance s'insinue dans les bonnes œuvres, elle en est le poison. La vaine com plaisance est une peste qui infecte les actions les plus saintes et qui nous fait promptement oublier Dieu. C'est le vice le plus funeste à tout progrès dans la vie spirituelle et dans la perfection.

Un des plus grands maux qui puissent affliger une société,c'est de compter, parmi ceux qui la composent, des personnes qui murmurent, qui se plaignent de tout, et qui trouvent à redire à toutes choses.

L'amour-propre couvert du voile de la charité nous fait croire souvent que nous servons Dieu, tandis que nous cherchons à nous satisfaire.

On ne peut pas regarder comme solide la vertu d'une âme propriétaire d'elle-même et attachée à sa propre volonté.

On ne doit pas remarquer comme une œuvre humaine celle à laquelle aucun homme n'a jamais pensé.

Les trésors de la Providence divine sont infinis ; c'est notre indifférence seule qui les restreint et qui fait disparaître à nos yeux leur éclat et leur prix.

La Providence ne nous abandonne jamais dans les œuvres que nous n'entreprenons que par ses ordres.

Se résigner à la volonté divine pour souffrir tout ce qui Lui plaira, et aussi longtemps qu'il Lui plaira, voilà la grande leçon que nous donne le fils de Dieu ; ceux qui l'apprennent bien et qui la gravent dans leur cœur, sont de la première classe dans l'école de Jésus-Christ.

 

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18 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Deuxième jour

2e jour de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

19 septembre

 

L'ordination

 

Prélude. - Représentons-nous notre saint, offrant pour la première fois le saint sacrifice de la messe. Quelle admirable ferveur ! Quelle humble attitude ! On dirait un ange à l'autel.

 

Récit. - Le jeune Ordinand étudia la théologie pendant sept ans, à Toulouse et aussi à Saragosse. Il reçut le sous-diaconat le 19 septembre 1598 et le diaconat, trois mois après, le 19 décembre, dans la cathédrale de Tarbes.

Il aurait pu être ordonné prêtre au mois de septembre de l'année suivante, mais il voulut s'y préparer une année encore, et il ne reçut la consécration sacerdotale, que le 23 septembre 1600, des mains de l'évêque de Périgueux, dans la chapelle du château de Saint-Julien.

On ne saura jamais quel jour il célébra sa première messe ; mais tout porte à croire qu'il la célébra dans la chapelle de Notre Dame de Grâce de Buzet, au diocèse d'Albi, dont la solitude et la pauvreté avaient attiré sa dévotion.

Dieu, qui semblait le conduire par la main dans les sentiers de l'humilité, détacha son cœur des dignités ecclésiastiques par un accident providentiel. Les grands vicaires de Dax, le siège vacant, n'eurent pas plus tôt appris qu'il était prêtre, qu'ils le pourvurent de la cure de Thiel, poste important. Mais elle lui fut contestée par un compétiteur, qui l'avait obtenue en cour de Rome. Vincent ne voulut point entrer en procès pour ce sujet.

On voit, par ce fait, par le temps qu'il consacre aux études, ainsi que par une pièce où on lui permet d'expliquer et d'enseigner publiquement le 2e livre des Sentences dans l'Université de Toulouse, avec le grade de bachelier, qu'il n'était pas ignorant comme il se plut, dans la suite, à le faire croire. Bien différent de ceux qui se laissent enfler par un peu e science, qu'ils pensent avoir, il cachait celle qu'il avait acquise. Volontiers, il eut pris pour de vise celle de l'Apôtre : « Je n'ai pas estimé savoir autre chose, parmi vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

 

Pratique. - S'appliquer aux études qui conviennent à l'état qu'on a embrassé.

 

Invocation. - Saint Vincent, humble de cœur et ferme d'esprit, préservez de l'influence de l'orgueil ceux qui s'appliquent à l'acquisition de la science sacrée.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il faut bien se garder de ce malheureux esprit de vanité qui porte à employer toujours, dans les instructions que l'on fait, des pensées élevées et sublimes : il n'y a que l'humilité et une intention pure de plaire à Dieu qui fasse réussir ce qu'on entreprend pour sa gloire.

Dieu considère bien moins l'extérieur et le matériel que l'ardeur de l'amour et la pureté de l'intention avec lesquelles elles sont faites.

Le véritable zèle pour le salut des âmes porte 1° à se réjouir lorsque d'autres personnes font de grandes choses pour la gloire de Dieu et le service du prochain ; 2° à donner des éloges et à témoigner beaucoup d'estime à ceux qui s'emploient utilement dans le ministère apostolique ; 3° à faire à Dieu pour eux de ferventes prières, afin qu'il les conserve, les fasse prospérer, et répande sur leurs travaux des bénédictions toujours plus abondantes.

On doit travailler beaucoup par amour pour Dieu sans s'occuper de l'estime des hommes, Il faut travailler à leur salut, sans faire attention à leurs discours.

Le peu de progrès dans la vertu et le peu de succès dans les affaires qui ont pour objet la gloire de Dieu, viennent de ce que les hommes ne s'appuient pas sur les maximes de la foi, et qu'ils ne suivent que celles de la raison humaine.

Nous devons nous tenir en garde contre la jalousie et contre le plus léger sentiment que l'envie nous inspirerait. Ce vice est absolument opposé au zèle pur et sincère de la gloire de Dieu ; il est une preuve certaine d'un orgueil secret et très subtil.

 

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17 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Premier jour

1er de la neuvaine préparatoire à la fête de Saint Vincent de Paul

18 septembre

 

La Naissance

 

Prélude. - Avec les anges préposés à la garde de cet humble berceau, vénérons le petit enfant qui y repose et que Dieu réserve à accomplir de si grandes choses dans son Église.

 

Récit. - C'est le 24 avril 1576, un mardi après Pâques, au petit hameau de Ranquines, près de Dax, que naquit Vincent de Paul.

Pauvres selon le monde, ses parents étaient riches de foi et d'amour de Dieu. Ils l'élevèrent dans la crainte du Seigneur, par mi les épreuves de la pauvreté. Le troisième de six enfants, le petit Vincent était employé à garder le troupeau de son père.

Sa bonne mère du ciel sembla veiller sur l'innocence de son jeune serviteur, qui aimait à la vénérer au pied d'un chêne, encore vivant, dont il avait changé en oratoire à Notre Dame de Buglose, le tronc déjà creusé alors par le temps.

La charité du pieux enfant se faisait jour à travers ses moindres actions. Son morceau de pain, ses méchants habits, ses modestes économies, il donnait tout, avec cette largeur de l'âme et du cœur qui en fera le prodige de la charité catholique.

Mais sa belle intelligence perçait au sein de l'obscure et grossière éducation que la pauvreté des siens lui assigna dans l'ordre social. Son père, frappé des grandes dispositions de son fils, le plaça chez les cordeliers de Dax, où il se distingua par sa piété, sa sagesse, l'angélique pureté de ses mœurs, non moins que par son ardente application au travail et ses rapides progrès dans l'étude.

C'était en 1588. Quatre ans après, l'avocat de Commet lui confiait l'éducation de ses deux fils. Le bon jeune homme accepta avec joie cette position, qui lui permettait de continuer ses études sans rien coûter à sa famille.

L'humble précepteur sut égale ment concilier le soin de ses élèves avec son propre avancement dans la science et dans la piété, et, le 20 décembre 1596, sur les conseils de son second père - c'est le nom qu'il donnait à M. de Commet - il recevait la tonsure et les quatre ordres mineurs.

 

Pratique. - Aimer à favoriser l'instruction des enfants pauvres.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et patron de la jeunesse studieuse, priez pour les jeunes étudiants de nos écoles et de nos universités.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Plus nous sommes pauvres, et plus il faut nous confier à la Providence divine à qui nous devons nous abandonner entièrement, soit pour les biens temporels, soit pour les biens spirituels.

Nous sommes heureux quand le Seigneur nous met dans un état où nous pouvons honorer sa pauvreté par la nôtre : nous sommes alors dans une heureuse nécessité de dépendre en tout de la divine Providence ; nous avons mille occasions de recourir à sa bonté, de compatir aux misères des pauvres, et de pratiquer plusieurs actes de patience, d'humilité, de mortification, de conformité à la volonté de Dieu.

Dieu aime les pauvres, et, par conséquent, il aime ceux qui ont de l'affection pour les pauvres ; car, quand on aime beaucoup quel qu'un, on aime ses amis et ses Serviteurs.

Qu'il est beau de voir les pauvres, quand on les considère en Dieu, et dans l'estime que Jésus-Christ en a faite !

La lumière de la foi nous fait découvrir dans les pauvres les vraies images du fils de Dieu, qui ne se contenta pas d'être pauvre, mais qui voulut encore être appelé le maître, le docteur et le père de pauvres.

On ne doit pas se borner à considérer l'extérieur ou les talents naturels d'un pauvre paysan ou d'une pauvre femme : à peine trouverait-on en eux des êtres doués de raison, tant ils sont terrestres et grossiers, Mais si on les considère suivant les lumières de la foi, on trouvera dans ces pauvres les vrais représentants du fils de Dieu.

 

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29 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Trentième jour

Impressions salutaires que l'on ressent dans l'Eglise angélique de Notre Dame du Puy

 

La nature, avec ses impressions, sa beauté, ses aspects qui parlent tout à la fois à l'esprit, au coeur et à l'âme, ne contribue pas peu à élever l'homme vers son Créateur. C'est là ce qui explique pourquoi certaines contrées de la France ont un caractère plus profondément religieux que d'autres. Demandez au breton pourquoi sa croyance est plus fortement enracinée que les chênes de son pays, il vous montrera l'Océan qui fouette ses falaises, et sur lequel il croit voir « l'esprit de Dieu porté sur les eaux. Et Spiritus Dei ferebatur Super aquas ». (Genèse, 1-2.) Il vous montrera ses landes désertes sur lesquelles il voit également planer l'infini. Demandez à l'habitant du Velay la raison de son culte spécial pour Marie : il vous montrera ses pics qui surgissent du fond de ses vallées ; il vous montrera la ceinture de sapins et la couronne de montagnes, qui font du Velay comme un temple naturel que la sainte Vierge s'est plu à consacrer par diverses apparitions, et au centre duquel elle a désigné elle-même le lieu ou elle désirait être spécialement invoquée.

Ce lieu ainsi choisi par la sainte Vierge, c'est le sanctuaire angélique du Mont-Anis. Rien, tout à la fois de plus saisissant, de plus religieux et de plus pittoresque que l'aspect qu'offrent le sanctuaire et la cité du Puy-Sainte-Marie, aux innombrables pèlerins qui s'y rendent de toutes parts.

La Basilique, notamment, par sa structure et ses dispositions toutes particulières est un monument unique en France. Elle est bâtie moitié sur une plate-forme de brèche volcanique, dépendante du rocher de Corneille qui la domine, et moitié sur un précipice profond qui a été comblé à la hauteur du sol par le moyen de fortes voûtes jetées hardiment sur l'abîme, et supportées par d'énormes piliers flanqués eux-mêmes de grosses colonnes byzantines. Entrons un instant dans ce mystérieux sanctuaire et soumettons nos âmes aux salutaires impressions que l'on y éprouve :

 Parmi les âmes qui pénètrent dans le sanctuaire de Marie, les unes sont en grâce avec Dieu, les autres ont des péchés sur la conscience. Les premières subissent tout de suite le charme que l'apparition de Marie laissa autrefois dans ce lieu, et y éprouvent je ne sais quelle sensation suave et quel mélange de paix et de bonheur vraiment extraordinaire. Peu à peu le calme profond de ce sanctuaire, le recueillement qui y règne, vous gagnent et vous pénètrent complètement.

Oh ! Qu'il fait bon prier là, et y épancher son âme aux pieds de Marie ! Comme on sent bien que les Anges ont consacré cette solitude, l'ont traversée en tout sens et que la sainte Vierge y est descendue autrefois à l'endroit même où s'élève aujourd'hui son autel ! La prière est si douce en cette Basilique et l'on s'y trouve si bien qu'on voudrait pouvoir y rester, y vivre, y mourir même et y reposer dans un tombeau. On comprend, après cela, pourquoi, en 1485, Jean de Bourbon, un des plus illustres Evêques du Puy, tenait tant à avoir son sépulcre dans cette église, qu'il offrit, mais en vain, au Chapitre, en échange de cette faveur, la somme considérable à cette époque de 4.000 livres de rente.

Ah ! c'est que ce lieu est véritablement charmé, et le charme que l'on y éprouve est divin ! Le pécheur et l'incrédule ne peuvent pas plus le méconnaître que s'en défendre : ils le subissent aussi bien que les saintes âmes. Seulement ils l'éprouvent d'une autre façon : au lieu de se manifester par le calme et la paix, ce charme se traduit chez eux par la crainte respectueuse, la terreur involontaire et surtout par de salutaires remords. Il semble qu'une voix intérieure leur crie les paroles de l'inscription, qui se trouve gravée dans la pierre de l'une des marches de l'escalier de la Cathédrale : « Ni caveas crimen, caveas contingere limen ! Arrière, vous qui êtes en état de péché mortel ! »

Il semble que cette voix leur redise aussi ces paroles, d'une autre inscription, à demi effacée, que l'on lit encore près de la porte du For : Lubrica si vita fuerit, tunc limina vita ! C'est-à-dire : Fuyez loin d'ici, vous dont la vie n'est pas pure ! » Malgré eux, ils sentent que ce lieu est saint : Iste locus sanctus est ! Il y a, en effet, dans l'air qu'on y respire quelque chose d'indéfinissable et de divin qui subjugue doucement l'âme, apaise ses passions et la dispose suavement aux secrètes influences de la grâce. Nulle part, du reste, se rencontre mieux que là, le recueillement dont l'âme a besoin pour parler à Dieu et lire dans sa conscience. Dès l'entrée, ce recueillement vous saisit et vous captive ; une fois entré, on ne sait pas se retirer, on sent le besoin de s'attarder sur ces dalles, d'y soupirer, d'y gémir, d'y pleurer… La demi-obscurité répandue dans ce lieu porte, en outre, à prier ; car, rien ne sied mieux à la prière, que ce demi-jour mystérieux, que les verrières ne laissent pénétrer qu'avec épargne. On y voit à peine pour lire, c'est vrai : mais a-t-on besoin d'un livre pour prier, pour sonder sa conscience et pleurer ses péchés ? On prie donc presque irrésistiblement et l'on prie d'autant mieux que l'on prie alors avec son coeur !

Ah ! Nous ne craignons pas de l'affirmer : si les saintes prières, si les larmes du coeur, si la ferveur et les transports des âmes innombrables qui sont venues prier là, depuis dix-huit siècles, peuvent ajouter quelque chose à la sainteté et à la consécration de ce lieu, aucun sanctuaire, sous ce rapport, n'a été favorisé comme celui-là !

En cela, du reste, apparaissent clairement les vues de la Providence sur cette Eglise angélique. Dans les desseins de Marie, le but de ce pèlerinage n'a pas été surtout la santé du corps, mais la santé de l'âme et la conversion des pécheurs. D'ailleurs, aux yeux de la foi, tout le reste est secondaire et ne tend qu'à cette fin !

Allons donc souvent prier Marie dans son sanctuaire du Mont-Anis ! Reprenons de nouveau le chemin oublié, que nous aimions tant à suivre dans notre enfance et que foulèrent si souvent nos aïeux. Quoi de plus doux et de plus réconfortant pour un enfant du Velay, que d'épancher son âme sous les voûtes de cette Cathédrale, où s'agenouilla Charlemagne, où se prosterna saint Louis, où le grand Pape, Urbain II, et l'illustre Adhémar, évêque du Puy, poussèrent leur premier cri de guerre, ce cri souverain : « Dieu le veult ! » qui devait jeter la chrétienté tout entière aux Croisades.

Ah ! quand on sait les écouter et les entendre, toutes les pierres qui composent les voûtes, les colonnes, les murailles et le parvis de ce temple, toutes ces pierres ont une voix qui chante les gloires de la Mère de Dieu et nous invite à aimer Marie. Les ex-voto appendus à ces murs nous parlent de ses bienfaits, les lampes qui brûlent nuit et jour autour de son autel, nous rappellent les trente-deux lampes d'argent qui brûlaient constamment, autrefois, devant la statue de la Vierge noire, et nous disent la dévotion qu'un grand nombre d'âmes lui portent encore dans le Velay.

Enfin, il n'est pas jusqu'à cette chaire célèbre, dont la vue ne nous émeuve, en nous rappelant aussi, que là, saint Mayeul, saint Odilon de Cluny, saint Dominique, saint Antoine de Padoue, saint Vincent Ferrier, saint François-Régis, le P. Brydaine ont précédé jadis, en leur frayant la voie, les Ravignan, les Combalot et les Félix ! La voix de ces grands orateurs semble retentir encore du haut de cette chaire ; et, pour raviver dans tous nos coeurs la dévotion envers Notre-Dame du Puy, le P. Brydaine semble nous redire aujourd'hui, comme en 174 :

« Souvenez-vous, cher peuple du Velay, souvenez-vous que c'est peu pour la divine Marie et pour vous, d'avoir vu, dans cette célèbre église, neuf rois de France, trois empereurs, trois Papes, et tant d'illustres princes et princesses, prosternés humblement à ses pieds, déposer leurs sceptres et leurs couronnes, si vous, qui êtes comme ses enfants privilégiés, depuis des générations immémoriales, vous ne vous montrez dignes imitateurs de la confiance que vos pères ont eue en cette Reine des Anges et des hommes. Pensez surtout qu'elle exige de vous, non pas simplement des hommages passagers, mais que vous l'honoriez constamment par la pureté de vos mœurs plus que tous les peuples de l'univers, et que vous recourriez confidemment et fréquemment à elle, non seulement dans vos besoins temporels, mais aussi, et surtout, dans vos besoins spirituels. Je vous répète et vous conjure donc de n'oublier jamais la confiance qu'attend de vous la divine Marie. Je voudrais vous piquer d'honneur et vous taire renchérir sur les sentiments de tous les peuples du monde chrétien. Quoi ! cher peuple du Velay ! Voudriez-vous que des étrangers vinssent, pour ainsi dire, vous enlever des trésors qui sont autour de vos foyers, et sur lesquels votre bonne et tendre Mère vous offre journellement tout droit de préférence !... »

Ainsi parlait Brydaine ; et nos pères, qui l'écoutaient avidement, s'écriaient tous qu'ils ne voulaient jamais cesser d'honorer et d'aimer de tout leur coeur la patronne du Velay ! Faisons, à notre tour, les mêmes protestations à la Vierge Marie, et jurons, nous aussi, un éternel amour à notre auguste protectrice, Notre-Dame du Puy.

 

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Prière

 

Notre-Dame du Puy, protégez ce pèlerinage sacré, ce sanctuaire de grâces et de bénédictions que vous avez confié à la garde de tous les chrétiens du Velay ; empêchez que sa gloire ne s'éclipse et ne périsse par leurs fautes, comme périssent, hélas! ici-bas, tant de grâces de Dieu dont tant de chrétiens ingrats ne craignent point d'abuser !

Notre-Dame du Puy, veillez sur ces roches saintes d'Anis et de Corneille où les multitudes des pèlerins viennent vous prier avec amour. Défendez-les contre toute profanation ! Que le sanctuaire élevé sur la place où vous êtes apparue, il y a dix-huit cents ans, soit à jamais sacré ! Que les pécheurs y trouvent le repentir de leurs fautes, que les malades y reçoivent la guérison de leurs maux ; que les âmes faibles et chancelantes y puisent la force dont elles ont besoin ; que ceux qui viennent y pleurer y soient consolés ; que tous ceux qui viennent y prier y soient exaucés ! Que nulle âme enfin, venue pour chercher la foi en ce lieu, ne s'en aille sans l'avoir trouvée et sans l'emporter dans son coeur comme un précieux trésor ! Que les grands pèlerinages d'autrefois ressuscitent et reprennent leur cours interrompu ! En un mot, que votre gloire dix-huit fois séculaire, ô Notre Dame du Puy, brille désormais d'un nouvel éclat, et que l'amour et la dévotion des habitants du Velay pour vous, soient à jamais immuables et solides comme le roc qui porte aujourd'hui votre temple et votre statue !

 

Notre-Dame du Mont-Anis, priez pour nous ! Amen !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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26 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

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Vingt-septième jour

L'Angélus et Notre-Dame du Puy

 

Voici un nouveau titre de gloire en l'honneur de Notre-Dame du Puy. C'est au Puy que le pieux usage de sonner l'Angélus, à midi, a pris son origine.

L'origine de l'Angélus, dans sa forme première, se perd dans la nuit des temps. Comme les architectes de nos merveilleuses cathédrales qui ont caché leur nom sous le voile de l'humilité, l'auteur de l'Angélus est inconnu. De cette admirable prière il faut dire avec Tertullien: « Sa source est dans la tradition, l'usage la confirme et la foi la pratique ».

L'Angélus est une prière instituée par l’Église pour honorer le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, par conséquent la maternité divine de Marie, ainsi que la rédemption du genre humain. Cette prière rappelle donc à toutes les générations les immenses bienfaits dont ce mystère a été, et dont il continue d'être la source. On l'appelle Angélus, parce qu'elle commence par ce mot. Elle se compose de trois antiennes ou versets et de trois Ave Maria, suivis d'un quatrième verset, d'un répons et d'une oraison dans laquelle on demande à Dieu sa grâce et le salut éternel par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'Angélus se récite trois fois le jour : le matin, à midi et le soir, au son de la cloche que l'on tinte trois fois.

Cette prière, faite au son de la cloche, constitue une création complètement inconnue du monde païen et que le monde chrétien n'admirera jamais assez. Mais ce n'est que par degrés que cette prière est arrivée à cette forme complète sous laquelle nous la connaissons et nous la pratiquons aujourd'hui. Primitivement l'Angélus ne se sonnait et ne se récitait que deux fois le jour, le matin et le soir. Un savant bénédictin du seizième siècle, Arnold Vion, raconte que ce fut le Pape Urbain II qui, en 1090, ordonna pour la première fois de réciter l'Ave Maria de cette manière. C'était au moment du Concile assemblé à Clermont pour la première Croisade. Le Pape, sachant qu'il était impossible que les prières d'un grand nombre ne soient pas exaucées, ordonna, qu'à partir du jour où l'armée chrétienne se mettrait en campagne pour recouvrer la Terre sainte, le soir et le malin, dans toutes les églises du monde chrétien, tant cathédrales qu'abbatiales, trois coups de cloche invitassent les fidèles à la récitation de l'Ave Maria. L'intention du pape Urbain II était d'obtenir de Dieu qu'à ce signal il daignât, par sa bonté, rendre l'armée chrétienne victorieuse de ses ennemis ; comme aussi d'obtenir miséricorde à ceux qui, dans une entreprise si pieuse, seraient morts en sacrifiant leurs biens et leur vie pour la défense de la foi.

À la voix du Saint-Père, la récitation de l'Angélus, le matin et le soir, devint aussitôt populaire. Il en fut ainsi jusqu'au commencement du treizième siècle (1239). À cette époque, le Pape Grégoire IX, de glorieuse mémoire, s'apercevant d'un certain ralentissement dans la récitation de l'Angélus, et se voyant, d'autre part, attaqué violemment par l'empereur d'Allemagne Frédéric II, ordonna de nouveau que la triple salutation angélique serait récitée dans tout le monde, matin et soir, à genoux et au son de la cloche.

Quatre ans plus tard (1243), le Concile de Cologne renouvelle cette ordonnance, mais il ajoute en outre cette prescription : tous les vendredis, à midi, on sonnera et on récitera l'Angélus, en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur. C'est la première fois où il est question, dans l'histoire, de l'Angélus de midi ; et, comme on le voit, la récitation et la sonnerie de cet Angélus sont réservées au seul vendredi.

En 1262, le grand docteur saint Bonaventure, général des Franciscains, prescrivit aux enfants de saint François, répandus alors dans les différentes parties du monde, de propager en tous lieux la pieuse pratique de l'Angélus, et d'exhorter partout les peuples à saluer Jésus et Marie par la récitation de l'Ave Maria faite le soir au son de la cloche. Saint Bonaventure ne fait pas mention ici de l'Angélus du matin.

En 1318, le pape Jean XXII recommande, à son tour, la récitation de l'Angélus, au son de la cloche ; il y attache même, pour la première fois, dix jours d'indulgence ; mais comme saint Bonaventure, il ne fait mention, lui aussi, dans sa Bulle, que de l'Angélus du soir.

En 1346, un Concile tenu à Paris, sous la présidence de l'archevêque de Sens, publia un décret ordonnant aux fidèles d'observer inviolablement la récitation de l'Ave Maria, à l'heure du couvre-feu, conformément à la prescription du Pape Jean XXII, de sainte mémoire, et ce Concile attache à cette récitation cinquante jours d'indulgence.

En 1369, le Concile de Béziers reprend et recommande la récitation de l'Angélus au point du jour, et y attache vingt jours d'indulgence.

Mais c'est au Puy-Sainte-Marie que nous voyons s'établir, pour la première fois, l'usage de réciter et de sonner l'Ave Maria, non seulement le matin et le soir, mais aussi tous les jours, à midi. Voici comment nos chroniques racontent ce fait :

« En 1449, une pieuse veuve du Puy, nommée Agnès Montel, par zèle pour la gloire de la Mère de Dieu, commença à constituer une rente perpétuelle pour que le matin, à midi et le soir, on avertit le peuple au son de la cloche, que c'était l'heure de se recommander à la Vierge, et de la saluer avec l'ange, en mémoire de l'Incarnation du Fils de Dieu ». Cette pratique se répandit bientôt du Puy dans toute l'Eglise, et, cinq ans plus tard (1455) le Pape Calixte III en consacra définitivement l'usage par une Bulle qu'il accompagna de très riches indulgences.

En 1476, le roi de France, Louis XI, étant venu en pèlerinage au Puy, fit également publier, en cette ville, des lettres apostoliques qu'il avait obtenues du Pape Sixte IV, par lesquelles le Souverain-Pontife accordait trois cents jours d'indulgence à tous ceux qui réciteraient, en l'honneur de la sainte Vierge, l'Angélus de midi. Il se fit même, au Puy, à cette occasion, une procession générale. Depuis lors jusqu'à maintenant, l'usage de l'Angélus le matin, à midi et le soir, n'a plus jamais varié.

Grand honneur pour la cité du Puy-Sainte-Marie, d'avoir, la première, pratiqué, dans sa forme actuelle et définitive, une coutume aussi belle, aussi pieuse et aussi répandue que la prière de l'Angélus.

Hélas ! le zèle de nos pères pour la récitation de cette prière, tend à s'affaiblir, même dans notre religieux et catholique Velay. On ne voit plus, comme autrefois, les populations chrétiennes se découvrir et se signer respectueusement au son de l'Angélus, suspendre leur travail et se recueillir un instant pour saluer avec l'ange Celle à qui nous sommes redevables des deux plus grands bienfaits du monde : l'Incarnation et la Rédemption !

Siècles de prière et de foi, qu'êtes-vous devenus !

Les vieillards se souviennent et racontent encore qu'autrefois, dans nos contrées, l'Angélus se récitait publiquement par tout le monde et sans nul respect humain. Rien de plus édifiant, que le spectacle que présentaient jadis les grands marchés de la ville du Puy, au moment où sonnait l'Angélus de midi : les rues et les places publiques avaient beau être encombrées de marchands, d'acheteurs et de curieux ; les offres, les refus et les conditions de vente avaient beau se faire suivant l'usage, en criant plutôt qu'en parlant : au milieu de ce bruit de la foule et de ce brouhaha général, quand l'Angélus de midi sonnait au clocher de la Cathédrale, un silence absolu s'établissait soudain sur tous les points de la ville ; un même son de cloche faisait naître, à la même minute, un même sentiment dans mille coeurs divers ; les montagnards du Velay ôtaient leurs larges chapeaux et s'inclinaient appuyés sur leurs bâtons ferrés ; les marchands espagnols, qui se trouvaient toujours en grand nombre à nos célèbres marchés, retiraient respectueusement leurs bonnets ou leurs bérets ; dans les rues et sur les places publiques, hommes, femmes et enfants s'arrêtaient, se taisaient, se découvraient, prenaient l'attitude de la prière, et récitaient tout bas leur Angélus. Cette prière achevée, le marché recommençait aussitôt avec la même animation ! mais un mouvement de coeur s'était fait vers le ciel, un sourire de Marie en était descendu, et, au milieu de ses préoccupations matérielles, l'homme s'était souvenu un instant des intérêts sacrés de son âme et de sa patrie du ciel ! Admirable spectacle ! nous n'en connaissons point de plus moral, de plus noble et de plus beau !

Hélas ! tout cela a maintenant disparu ! Dans beaucoup de paroisses et pour beaucoup de familles vellaviennes, c'est vainement que la cloche de l'Angélus invite à la prière. Le son de la cloche n'éveille plus aucun sentiment de foi ; il n'éveille, le plus souvent, que des appétits grossiers ! Oui, pour bien des personnes qui se disent chrétiennes, la sonnerie de l'Angélus ne sert qu'à indiquer le moment des repas. N'est-ce pas là du matérialisme le plus abject ? Et le matérialisme qui dégrade l'homme au niveau de la bête n'est-il pas un immense malheur ?

Ah ! Disons-le dans le cours de ce mois de Marie, il n'est que temps de réagir contre le matérialisme avilissant qui nous oppresse et nous envahit de toutes parts ! il n'est que temps de revenir aux traditions si nobles et si spiritualistes de nos aïeux ! Oui, reprenons les vieilles coutumes et les belles pratiques religieuses de nos pères. Découvrons-nous et agenouillons-nous comme eux au son de l'Angélus ! Comme eux invoquons Marie aux principales heures du jour. Et Marie en retour nous bénira du haut du ciel ! Ainsi soit-il !

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Prière

 

Ô Marie, vous saluer chaque jour avec l'ange, après avoir adoré le Tout-Puissant, sera désormais pour nous notre premier devoir. Nous comprenons maintenant, mieux que dans le passé, l'efficacité de cette prière, véritable colloque céleste où vous daignez vous associer en priant Dieu avec nous !

Les paroles si simples de l'Angélus, exprimant des vérités pures et sublimes comme la source d'où elles émanent, ne sauraient être désormais gravées trop profondément dans nos coeurs, et monter trop souvent à nos lèvres, pour s'élever jusqu'il votre trône, ô Marie!

Nous serons donc fidèles à vous saluer dorénavant, trois fois le jour, le matin, à midi et le soir, avec tout l'univers catholique.

Sainte Mère de Dieu, nous avons à chaque instant besoin, ici-bas, que vous priiez pour nous, et que vous intercédiez sans cesse en notre faveur auprès de votre divin Fils. Que l'accent ému de notre prière montant au Ciel avec le son pieux de l'Angélus, incline doucement votre coeur vers nous, ô Vierge sainte ! Et que par votre protection, notre âme puisse sortir saine et sauve des dangers si nombreux et si redoutables de ce monde !

Mais, c'est surtout à l'heure de notre mort, ô Marie, que nous aurons besoin de votre assistance, et que votre aide nous deviendra indispensable ! Voilà pourquoi nous ne manquerons jamais plus de vous dire trois fois le jour : « Sainte Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ! » Oui, la grâce de bien vivre et de bien mourir, voilà ce que nous demandons à Dieu par vous ?

 

Notre-Dame du Puy, priez pour nous !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

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25 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Vingt-sixième jour

Des diverses Confréries et chapelles de Notre Dame du Puy établies en France et jusqu'à l'étranger

 

La Confrérie de Notre-Dame du Puy, dont nos chroniqueurs et nos anciens historiens font tous mention, était une Association établie dans le but d'honorer la sainte Vierge, par des prières et autres actes de piété, et de célébrer ses louanges par des oeuvres, soit artistiques, soit poétiques.

Cette Confrérie existait déjà au Puy, au douzième siècle. Elle n'a été anéantie que par la grande Révolution française. Elle figurait, avec honneur, aux grandes processions des Jubilés et des fêtes de Notre-Dame. Son organisation était presque militaire, et lui donnait pour officiers un capitaine, un lieutenant et un porte-enseigne.

Nous possédons le livre de ses statuts ou règlements imprimés en 1684, lors de sa réorganisation, par Mgr de Maupas. Ce petit livre nous apprend que cette Association avait été approuvée et confirmée par les Souverains-Pontifes, qui l'avaient enrichie de grandes et nombreuses indulgences.

Dix-sept Papes, parmi lesquels Clément IV, jadis évêque du Puy, s'étaient plu à ennoblir et à combler de privilèges cette célèbre Confrérie. Aussi était-elle en grand honneur dans le Velay et dans la France entière.

Cette Confrérie, où la religion s'alliait si bien à la poésie et aux arts, pour honorer la sainte Vierge, se répandit bientôt en divers lieux de France, particulièrement en Artois, en Normandie, en Picardie, en Flandre et jusqu'en Angleterre. Cette diffusion se comprend facilement. On sait, en effet, quel immense concours de peuple la confiance et la dévotion envers Marie amenaient autrefois à Notre-Dame du Puy. Chaque année, aux principales fêtes de la sainte Vierge, de nombreux pèlerins y affluaient de toutes les parties de la France. Mais c'est surtout aux grandes solennités jubilaires, que la foule des pieux visiteurs devenait véritablement innombrable. Tous ces pèlerins qui accouraient alors au Puy de tous les pays d'Europe, devaient certainement emporter dans leurs foyers, un souvenir aussi vif que durable de notre célèbre pèlerinage. Quoi d'étonnant, après cela, que les populations enflammées par le récit qu'on leur faisait de tant de choses extraordinaires, de tant de merveilles, de tant de miracles dont le pèlerinage du Mont-Anis était le théâtre, aient voulu avoir aussi chez elles des sanctuaires et des chapelles dédiées à Notre-Dame du Puy ? Quoi d'étonnant aussi qu'elles y aient placé quelques-unes de ces statues que les pèlerins apportaient du Puy, et qu'on y taillait alors, qu'on y fondait, qu'on y sculptait, qu'on y vendait par milliers, comme nous l'avons vu faire de notre temps, lors de l'inauguration de Notre-Dame de France, comme cela se fait encore tous les jours pour Notre-Dame de Lourdes.

Les Confréries et les chapelles de Notre-Dame du Puy, élevées en divers lieux de la France, s'expliquent donc très bien ; et quant à ces luttes et à ces compositions poétiques de sonnets, de chants et d'hymnes qui s'y faisaient en l'honneur de la sainte Vierge, elles n'étaient pas autre chose qu'une réminiscence et une imitation de ce que les pèlerins avaient vu faire si souvent sur le Mont-Anis, dans les tournois littéraires de notre Université de Saint-Mayol, qui faisait alors la gloire de notre Velay, où de célèbres troubadours avaient pris naissance et où la poésie était en si grand honneur.

Après cette explication, la diffusion, en divers lieux de la France, des Confréries et des chapelles de Notre-Dame du Puy, devient toute naturelle. La première de ces Confréries et chapelles que nous trouvons établie hors de notre ville, est celle d'Amiens. Voici son origine : En l'an 1181, de grandes querelles et inimitiés éclatèrent en la ville d'Amiens ; un pauvre charpentier de cette ville, qui était venu en dévotion au Puy, en rapporta une image de Notre-Dame, qu'à son retour chez lui il plaça dans un petit oratoire. Ayant invité ses concitoyens à faire des prières et des voeux devant cette sainte image, ceux-ci se virent délivrés, par son intercession, des troubles et des dissensions qui les affligeaient. C'est pourquoi, par reconnaissance, ils dédièrent dans leur cathédrale, une belle chapelle à Notre-Dame du Puy, et établirent en son honneur, dans leur ville, une Confrérie qui portait son vocable et qui existe encore aujourd'hui, mais sous la forme altérée d'une Association uniquement artistique et littéraire. Une des plus belles salles du musée d'Amiens porte encore actuellement le nom de salon de Notre-Dame du Puy, et contient un grand nombre d'oeuvres artistiques provenant de cette célèbre Confrérie. On y voit des calices ciselés, des croix et des lampes d'argent, des chasubles de brocart, des peintures, des statues, des bas-reliefs sculptés, et quantité d'autres chefs d'oeuvre religieux, dont la dite Confrérie avait rempli autrefois la cathédrale d'Amiens.

De pareilles Associations existaient également à Abbeville, à Rouen, à Caen, à Dieppe, à Valenciennes, à Limoges, à Arras, à Douai, etc. Toutes avaient pour commune origine, l'Eglise angélique de Notre-Dame du Puy. Leur fête patronale à toutes, était également, comme au Puy, le jour de l'Assomption de la très sainte Vierge.

À Bourganeuf, dans la Creuse, on honore encore aujourd'hui, sous le nom de Notre-Dame du Puy, une statue de la sainte Vierge, qui remonte à l'époque des Templiers, et qui est toujours, de la part des habitants, l'objet d'une grande vénération.

Mais c'est surtout dans les malheurs publics, qu'éclataient en France la dévotion et la confiance envers la Vierge du Mont-Anis. Des épidémies, des famines, des fléaux venaient-ils à s'abattre sur les cités, immédiatement on décidait, par acclamation, un voeu, un pèlerinage, une offrande à Notre-Dame du Puy. C'est ce qui eut lieu à Limoges, en 1461. La peste ravageait cruellement cette ville. Aussitôt ses habitants tournent leurs regards vers la puissante Reine du Mont-Anis, et font vœu d'aller offrir cent livres de cire à son autel. Sans plus tarder, ils établissent une Confrérie en son honneur, et envoient en même temps leurs magistrats déposer leur offrande à ses pieds. Marie exauça leur prière et la contagion fut aussitôt chassée. « Depuis lors, dit Gissey, la dévotion des habitants de Limoges, s'est tant accrue envers la sainte Vierge, qu'il n'y a pas de contrée de laquelle il vienne plus de pèlerins ». Du reste, le Chapitre de Notre-Dame accueillit avec honneur les députés Limousins, et pour gage de ses sentiments, il envoya par eux, à la nouvelle Confrérie, une bannière de tafetas qui représentait d'un côté la patronne du Velay, et de l'autre saint Martial, apôtre et patron de Limoges. De son côté, la députation de cette ville rapporta du Puy une statue de Marie à laquelle les Limousins reconnaissants se hâtèrent d'élever un sanctuaire où elle est encore aujourd'hui en grand honneur.

En 1447, une statue de la sainte Vierge fut également apportée du Puy-en-Velay, en l'île de France, à Sigy, près Montereau, par Antoine Du Roux, écuyer, originaire du Velay, échanson du roi Charles VII. Cette statue est encore maintenant l'objet de la vénération des fidèles, sous le nom de Notre-Dame du Puy. Elle est placée actuellement dans un délicieux monument, érigé naguère, dans l'Eglise de Sigy, par les soins de Mlle Marie Du Haut, fille du petit-neveu et héritier du dernier des Du Roux.

À Beaugé, dans l'Anjou, sur le théâtre de la première victoire qui releva les espérances de Charles VII, et mit un terme aux longues prospérités de l'Angleterre, s'èlève encore, de nos jours, une chapelle en l'honneur de Notre-Dame du Puy, que le maréchal de Lafayette fit élever en ce lieu, en reconnaissance de la victoire qu'il avait remportée sur les Anglais. Cette chapelle, sous le nom de Puy-Notre-Dame, devint un pèlerinage qui a été rétabli par Mgr Freppel, à la suite des derniers désastres de la France.

En Espagne, dans la Cathédrale de Valence, se trouve actuellement encore une chapelle placée sous l'invocation de Nuestra Senora del Puig, Notre-Dame du Puy. (1)

Enfin, il n'est pas jusqu'en Angleterre, où la dévotion et la Confrérie de Notre-Dame du Puy n'aient été en honneur. Nous voyons, en effet, cette pieuse Association s'établir entre des marchands, à Londres même, à la fin du treizième ou au commencement du quatorzième siècle.

Ajoutons un dernier trait à tout ce que nous venons de dire : D'après Vincent de Beauvais, les Maures d'Espagne,pour obtenir de bonnes récoltes ou la cessation de quelque fléau, envoyaient des offrandes à Notre-Dame du Puy, et les chrétiens de ce pays appelaient notre Vierge du nom glorieux qu'elle porte de nos jours : « Nuestra Senora de Francia ! Notre-Dame de France ! »

On voit assez par là combien était puissante l'influence qu'exerçait alors, non seulement en France, mais même à l'étranger, la célébrité du sanctuaire de Notre-Dame du Puy.

 

(1) Note communiquée par M. Antonio Pitarch, espagnol, originaire de la province de Valence, et organiste de la Cathédrale du Puy. Le même M, Pitarch assure avoir vu, dans la ville de Valence et aux alentours, des portraits de notre Vierge noire, dont plusieurs remontent à 1600, et dont quelques uns sont même des siècles précédents.

 

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Prière

 

Ô Marie, les pieuses confréries établies sous votre auguste patronage ont fait, de tout temps, les délices et la sécurité de vos enfants. À l'exemple de nos aïeux, nous voulons, désormais, nous unir à vous par des liens sacrés, et faire partie de quelqu'une des congrégations établies en votre honneur. Rien de plus conforme, du reste, aux intérêts de notre âme, que de faire partie de ces pieuses associations que l'Eglise encourage par tant de faveurs : c'est là, en effet, que l'on trouve surtout une assistance, un guide et des conseils spirituels ; c'est là que l'on rencontre des frères ou des soeurs charitables dont les saints exemples nous portent à pratiquer la vertu ; c'est là aussi que l'on entend des prédications touchantes qui excitent à aimer Dieu, et que l'on assiste à des fêtes et à des cérémonies religieuses qui stimulent le zèle et la dévotion ; c'est là enfin, que l'on sent le besoin et que l'on prend la salutaire habitude de s'approcher, à certaines époques, de ces sacrements salutaires de Pénitence et d'Eucharistie sans lesquels l'âme défaille bientôt et tombe si vite dans le péché !

Ô Marie, si vos confréries sont un gage de bonne et sainte vie pour ceux qui on font partie, elles sont surtout aussi un gage de bonne et sainte mort ! Un de vos dévots serviteurs, disait, au moment de mourir, que sa plus grande consolation, dans ce redoutable instant, était d'avoir fait partie de la congrégation de la Très Sainte Vierge. Vous ne sauriez, en effet, ô Mère de Jésus, abandonner dans ce dernier passage, ceux qui ne vous ont jamais abandonnée pendant les jours de leur vie mortelle, C'est dans cette douce espérance, ô Marie, que selon notre état, notre sexe, notre âge et notre condition, nous nous enrôlerons dans l'une des confréries établies en votre honneur. Daignez, en retour, ô Marie, nous assister sans cesse pendant notre vie, et nous obtenir un jour la grâce de mourir saintement entre vos bras. Notre-Dame du Puy, priez pour nous. Ainsi soit il.

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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24 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Vingt-cinquième jour

Les rois de France et Notre-Dame du Puy

 

Précédemment nous avons vu comment Charlemagne ouvrit la série des pèlerinages des rois de France à Notre-Dame du Puy. Son fils Louis le Débonnaire, roi d'Aquitaine, vint au Puy, du vivant de son père (795). Et Marie ne dut pas regarder, sans intérêt, ce jeune prince de dix-sept ans, prosterné et recueilli devant ses autels. Il y revint, plus tard, deux autres fois (832 et 833), avec Judith son épouse, pour implorer le secours de la divine Mère dans les afflictions qui troublaient sa vie domestique. Ce prince, ainsi que son fils, l'empereur Charles, s'occupèrent beaucoup des affaires de l'abbaye du Monastier, voisine du Puy. Plusieurs Chartes de cette abbaye en font foi et prouvent qu'ils étaient les protecteurs du plus grand monastère du Velay.

En 877, Charles le Chauve, roi de France et empereur d'Allemagne, s'en vint en pèlerinage au temple angélique, avec l'impératrice Richilde, son épouse. Guy Ier, évêque du Puy, l'accueillit avec la pompe due à son rang, et l'accompagna jusqu'à Lyon.

En 892, le roi Eudes vint à son tour prier Marie au sanctuaire du Mont-Anis. C'était à l'époque des invasions normandes pendant lesquelles la ville du Puy, grâce à son pèlerinage, joua un rôle extrêmement glorieux et important ; ce pèlerinage, connu alors de la France entière, décida le roi Eudes à choisir le Puy-Sainte-Marie pour y organiser la défense nationale. Mais homme de foi profonde, comme le prouve le cadeau qu'il fit à Brioude au tombeau de saint Julien, il dut implorer bien des fois au Puy la céleste patronne du Velay. Pouvait-il, en effet, oublier aux pieds de notre montagne d'Anis, la protection toute puissante de Celle qu'avaient invoquée, avant lui, dans le même lieu, Charlemagne, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve.

En 1029, la dévotion amena également le roi Robert aux pieds de Notre-Dame du Puy.

En 1146, Louis VII, dit le Jeune, ayant pris la croix à la persuasion de saint Bernard, ne voulut pas se mettre en route sans avoir accompli le voeu qu'il avait fait à la très sainte Vierge de venir dans son sanctuaire du Mont-Anis, mettre sous sa puissante protection le succès de son entreprise. Cet acte de piété de Louis VII fut imité par son fils Philippe-Auguste, qui, lui aussi, avant d'entreprendre le voyage d'Outre-Mer, s'en vint, comme son père, implorer le secours de Notre-Dame du Puy (1188).

On sait, par le récit que nous en avons fait dans un chapitre précédent, comment saint Louis, en 1254, apporta d'Egypte au Puy, la miraculeuse statue de la Vierge noire. Le saint roi resta trois jours dans la cité de Notre-Dame. Il était accompagné de sa vertueuse épouse, Marguerite de Provence. Et tandis que le pieux monarque dotait l'Eglise angélique de la statue miraculeuse de Marie, la reine détachait le diadème orné de pierres précieuses qui parait son front, et le déposait sur l'autel de Notre-Dame, en signe d'hommage et de dépendance. Ce pèlerinage était le second fait par saint Louis au sanctuaire du Mont-Anis, où il était déjà venu une première fois en 1245.

Philippe III et Philippe IV imitèrent le saint roi. Le premier (1283) vint acquitter le vœu qu'il avait fait sur les plages d'Afrique, d'aller en pèlerinage à Notre-Dame du Puy, si le ciel le rendait à sa patrie et à son peuple. En témoignage de reconnaissance, il offrit à la sainte Vierge une croix d'or, enrichie d'une parcelle de la vraie croix et d'une partie de l'éponge imbibée de fiel et de vinaigre qui fut présentée au Sauveur par ses bourreaux. Quant à Philippe IV, dit le Bel (1285), il fit présent à Notre-Dame d'un magnifique calice d'or.

En 1394, le roi Charles VI visita également la sainte Basilique. On sait dans quel état de démence une frayeur subite avait jeté ce pauvre roi. Désireux de trouver un remède aux accès de frénésie auxquels il était souvent sujet, il s'en vint à Notre-Dame du Puy, accompagné des ducs de Berry et de Bourgogne, ses oncles. Il assista, le soir même, à Complies, qui furent célébrées avec grande pompe, tant à cause de sa présence, qu'à raison de la fête de l'Annonciation, dont la solennité tombait le lendemain. Il fit, ce jour-là, ses dévotions dans l'église de la très sainte Vierge, et, selon le privilège que l'on croit divinement accordé aux rois de France, il toucha, pour les guérir, les pauvres malades atteints des écrouelles. À son départ, la ville lui fit présent d'une statue d'or de Notre-Dame de la valeur de 550 livres. Deux autres statues, plus petites, furent offertes aux ducs de Bourgogne et de Berry. Charles VI, en récompense de ce riche présent, exempta les habitants de tailles pendant trois ans. Il autorisa aussi les six consuls de la ville à remplacer le drap bleu de leur robe par une étoffe écarlate.

Nous ne dirons rien de Charles VII, à qui nous avons consacré un chapitre spécial. Nous rappellerons seulement, en passant, que ce roi de France vint jusqu'à cinq fois en pèlerinage à l’église angélique à qui il fit don de deux étendards conquis sur les Anglais.

Voici venir, maintenant, le roi Louis XI qui accomplit trois fois le pèlerinage du Mont-Anis. La première lois, c'était en 1434, il était tout jeune alors, et accompagnait son père. Il revint en 1475 et 1476. Il inclinait alors rapidement vers la tombe, [et on sait en quelles étranges frayeurs le jetait la vue ou même la pensée de la mort. Aussi voulut-il venir à Notre-Dame du Puy en véritable pèlerin. Il arriva le 7 mai 1475 à Fix, petit bourg éloigné de la ville d'environ trois lieues et demie.

Malgré la longueur du chemin qu'il avait à parcourir, il voulut, le lendemain, faire le reste de la route à pied, et toutes les observations de ses courtisans ne purent changer ses résolutions à cet égard. Les rues de Pannessac et de Raphaël, par lesquelles il fit son entrée en ville, ne laissaient pas que d'être magnifiquement ornées et décorées. Parvenu sous le portique de Saint-Jean, il trouva le doyen qui le revêtit d'un surplis et d'une chape comme les portaient les chanoines. Le prince s'avança en ce costume vers la Basilique. Mais, sous le porche, il demanda dispense du vœu qu'il avait fait de ne paraître dans l'Eglise que nupieds. Et comme il était fort las, il se contenta, ce jour-là, de faire une courte prière à l'autel de la Sainte-Vierge, sur lequel il laissa, en se retirant, une bourse de 300 écus d'or. Le lendemain, qui était un samedi, il entendit trois messes, et offrit, à chacune d'elles, 30 écus d'or. Il en fit autant les deux jours suivants. Le lundi soir, jour de son départ, il remit, en s'éloignant, entre les mains du sacristain, un vase de cristal, richement orné de pierreries, avec ordre d'y faire graver son nom. Ce vase devait servir pour donner la communion aux fidèles, les jours de grandes solennités. En même temps, il fit rembourser au Chapitre une somme considérable qu'il lui avait empruntée dans les disgrâces de sa jeunesse, confirma tous ses privilèges, ainsi que ceux de l'Université de Saint-Mayol, et laissa 30 pièces d'or pour l'église de Saint-Michel et 15 pour l'Hôpital. Enfin, il n'y eut ni couvent, ni famille pauvre qui n'eut sa large part des largesses royales. De retour à Paris, il envoya 1,200 écus en argent et 100 marcs en lingots d'or, pour qu'on fabriquât une niche plus belle à la statue de la sainte Vierge, ce que fit immédiatement François Guibert, maître-orfèvre du Puy. Le Chapitre ne manqua pas de remercier publiquement Louis XI. À cet effet, il lui députa un de ses membres, l'abbé de Saint-Vosy, qu'il chargea d'offrir au roi une petite Notre-Dame d'or. Le roi l'accepta avec un pieux empressement, la baisa plusieurs fois, et la fit attacher à son chapeau, témoignant le désir d'en avoir une seconde pour la reine. Cependant la santé de Louis XI dépérissait chaque jour. Néanmoins, malgré son excessive faiblesse, sa dévotion le ramena au Puy le 28 juin 1476, et cette fois il y fit une neuvaine entière qu'il accompagna encore de nombreuses et abondantes largesses. Enfin, avant de quitter la ville, il l'exempta de tout impôt pendant dix ans.

En 1470, le roi René d'Anjou vint visiter, en pèlerin, le sanctuaire de Notre-Dame du Puy. Il avait pour escorte, dit Médicis « un certain nombre de Maures, habillés de moult étrange façon et qui faisaient moult beau voir ».

En 1495, Charles VIII, revenant de l'expédition qu'il avait faite en Italie pour se rendre maître du royaume de Naples, se transporta, au mois d'octobre, de Lyon à Notre-Dame du Puy, afin de remercier la sainte Vierge des dangers auxquels il avait échappé par sa puissante protection.

Chacun sait comment François Ier fut battu et fait prisonnier par les Espagnols à la malheureuse bataille de Pavie. Du fond de sa prison où le chagrin l'avait rendu gravement malade, ce roi de France, se voyant en danger de mort, se souvint de Notre-Dame du Puy qui avait toujours été si favorable à ses aïeux, et lui promit, s'il guérissait, de se rendre en pèlerinage au sanctuaire du Mont-Anis. Rendu à la liberté en 1526, il fut sept ans sans pouvoir acquitter son vœu. Enfin, au commencement de l'été de 1533, se voyant heureusement relevé de ses revers, il se mit en route vers l'Eglise angélique, où il clôtura brillamment la série des Pèlerinages des rois de France à Notre-Dame du Puy.

Depuis lors, aucun des successeurs de François Ier n'a gravi le Mont-Anis.

En vérité, nul autre sanctuaire, en France, n'a vu passer sous ses voûtes une pareille suite de rois ; et, en évoquant aujourd'hui ce défilé si glorieux pour l'Eglise angélique, on peut bien dire, sans exagération, que le pèlerinage de Notre-Dame du Puy est un pèlerinage national et royal !

 

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Prière

 

Ô Marie, souvenez-vous que la France vous fut consacrée, en partie, par les] Druides, avant même votre venue sur la terre, et intégralement depuis par les rois qui ont régné sur elle. Vous êtes donc la puissante patronne de notre patrie. L'histoire nous apprend et des faits indubitables nous montrent que vous lui avez souvent donné des marques visibles de votre efficace protection, que vous l'avez préservée de dangers imminents et terribles et que vous l'avez même sauvée du naufrage, Voilà pourquoi tant de rois de France sont venus vous prier sur votre montagne et dans votre sanctuaire du Mont-Anis. Ô Marie, souvenez-vous de l'antique consécration qui vous fut faite de notre belle patrie, et de l'ancienne protection dont vous n'avez jamais cessé de l'entourer. La France, il est vrai, a pu oublier ses devoirs envers vous. Elle a, dans un siècle d'aveuglement, chassé le Christ, votre Fils, de ses institutions et de ses lois ; elle a péché, mais au milieu de ses égarements, elle a rencontré l'humiliation et la douleur, son orgueil est brisé ! Du fond de sa misère, comme l'enfant prodigue, elle se redresse aujourd'hui, dans un noble élan de repentir et de confiance. Toute meurtrie par sa chute, elle crie vers vous et fait appel à votre secours. Ô Marie, mère de miséricorde, ne méprisez pas la douleur de vos enfants ; ne dédaignez pas cet immense cri de détresse et d'amour qui s'élève, pendant ce mois, de tous les coeurs et de tous les sanctuaires français. Ayez pitié de nous, ayez pitié de notre patrie !

 

Dirigez ses gouvernants, éclairez ses législateurs, convertissez son peuple, fortifiez sa foi, purifiez ses mœurs, sauvez-là enfin, en lui rendant sa glorieuse mission de fille aînée de l'Eglise et de soldat du Christ !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour la France. Ainsi soit-il.

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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