Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
annee jubilaire
17 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, Lebanon, Antoura 1

Dix-huitième jour

Dévotion de Saint Vincent envers la très Sainte Vierge, Mère de Dieu et envers les autres Saints

 

Nous devons honorer, dit Saint Bernard, de toutes les plus intimes affections de notre cœur la sainte Vierge Marie, parce que tel est le bon plaisir de celui qui a voulu que par l'entremise de cette incomparable Vierge, nous eussions toutes sortes de faveurs et de grâces. Ce n'est donc pas une invention d'esprit humain, ni une production des sentiments de quelque dévotion particulière mais un ordre établi par la volonté de Dieu, que nous rendions un honneur très spécial à celle qu'il a voulu lui-même honorer jusqu'à ce point, que de la choisir pour être la Mère de son propre Fils, et pour recevoir ensuite de son divin Fils les devoirs d'une vraie et parfaite soumission et obéissance.

Toute l'église a toujours reconnu cette vérité, et a donné en tous les siècles des témoignages de son respect et de sa dévotion envers la très sainte Mère de Dieu, par la célébration de ses fêtes, par la vénération de ses images, par les prières solennelles qu'elle lui a toujours offertes et qu'elle continue de lui offrir tous les jours, par les hymnes et cantiques qu'elle chante à sa louange, et par tous les autres moyens que le Saint-Esprit lui a suggérés. Pour cet effet, tous les plus grands Saints sont entrés dans ces mêmes sentiments d'une vénération et dévotion particulière envers cette reine des Anges et des hommes ; et, par conséquent, il y a raison de croire que Vincent, qui avait une telle affection de se conformer à toutes les volontés de Dieu, et de suivre fidèlement la conduite de son église et les exemples des Saints, se sera dignement acquitté de tous les devoirs de dévotion et de piété envers cette très sainte Mère de Dieu. Aussi en a-t-il donné des preuves et laissé des marques très considérables.

Car parmi les règlements qu'il a donnés à sa Congrégation, il a mis celui-ci comme l'un des principaux, et dont il recommandait fort particulièrement l'observance aux siens : « Nous tâcherons, leur dit-il, tous, et un chacun en particulier, de nous acquitter parfaitement, Dieu aidant, du culte spécial que nous devons à la très sainte et Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, 1° en rendant tous les jours, et avec une dévotion toute particulière quelques services à cette digne Mère, notre très pieuse Dame et Maîtresse ; 2° En imitant, autant que nous le pourrons, ses vertus, et particulièrement son humilité et sa pureté; 3° en exhortant ardemment les autres, toutes les fois que nous en aurons la commodité et le pouvoir, à ce qu'ils lui rendent toujours un grand honneur et le service qu'elle mérite ».

Il a toujours recommandé et conseillé à un chacun d'avoir une spéciale dévotion à cette Reine du Ciel ; mais il l'a autant persuadé par son exemple que par ses paroles ; car il jeûnait exactement les veilles de ses fêtes, et se préparait à les célébrer par plusieurs autres mortifications et bonnes œuvres ; et par son exemple, il a introduit cette sainte pratique parmi les siens. Il ne manquait pas d'officier solennellement les jours de ses fêtes, et il le faisait avec de tels sentiments de dévotion, que l'on pouvait aisément connaître quel était son cœur à l'égard de cette très sainte Vierge. Il avait aussi une dévotion particulière de célébrer la sainte messe dans les chapelles et aux autels qui étaient dédiés en son honneur.

Comme il faisait l'ouverture des conférences et des assemblées où il se trouvait, par l'invocation du Saint-Esprit, il les terminait aussi toujours par quelque antienne et oraison en l'honneur de cette très sainte Mère de Dieu. Il portait toujours un chapelet à sa ceinture, tant pour le dire souvent, comme il faisait, que pour faire, par cette marque extérieure, une profession ouverte de sa vénération et. dévotion envers Marie et se déclarer publiquement pour l'un de ses très fidèles et très dévots serviteurs.

La dévotion de ce saint homme envers la Mère de Dieu a paru aussi grandement par les prédications qu'il a faites en son honneur dans les missions où il a travaillé, et par la pratique qu'il a introduite parmi les siens de faire de même, et d'instruire soigneusement le peuple des obligations particulières que les chrétiens ont d'honorer, servir et invoquer cette Sainte Mère et de recourir à elle dans leurs besoins et nécessités. Enfin, le grand nombre des confréries qu'il a établies et fait établir de tous côtés, pour honorer Notre Seigneur par l'exercice de la charité envers les pauvres, et qu'il a mises sous la protection spéciale de sa très sainte Mère, aussi bien que toutes les autres compagnies et assemblées de piété dont il a été l'auteur, sont des marques bien expresses, non-seulement de sa dévotion envers la très sainte Vierge, mais aussi de l'affection et du zèle qu'il avait de la répandre dans tous les cœurs.

Ayant donc été animé de cet esprit, et s'étant toujours étudié de rendre tout l'honneur et tout le service qu'il lui a été possible, à cette reine des anges et des hommes, faut-il s'étonner si tous ses travaux et toutes ses saintes entreprises ont été favorisés de si bons succès, et accompagnés de tant de bénédictions, puisqu'il s'était mis d'une façon si particulière sous la puissante protection de la Mère de Dieu.

Comme Vincent savait fort bien, et l'enseignait souvent dans les missions, que l'honneur qu'on rend, non-seulement à la Mère de Jésus-Christ, mais aussi à tous les saints, retourne à ce divin maître, dont ils sont les véritables serviteurs, il leur rendait en cette vue un grand honneur, et particulièrement aux apôtres, comme à ceux qui avaient eu le bonheur d'approcher de plus près la personne sacrée du Fils de Dieu, et de puiser dans les fontaines du Sauveur cette eau qui rejaillit jusqu'à la vie éternelle. Il les considérait et honorait comme les premiers et grands missionnaires qui avaient porté la lumière de l'Évangile par toute la terre, et travaillé avec de très-amples bénédictions à l'instruction et la conversion des peuples. Entre les apôtres, il aimait et respectait particulièrement Saint Pierre, comme celui qui avait aimé Jésus-Christ plus que tous les autres, et qui avait été par lui établi son premier vicaire sur la terre, et le chef et souverain pasteur de son Eglise. Il avait aussi une vénération et dévotion très spéciale pour saint Paul, comme pour celui qui était le maître et le docteur des gentils, et qui avait plus travaillé que les autres ; et comme il en portait le nom, il s'étudiait aussi d'en imiter les vertus.

Il a aussi fait paraître en tous temps, une dévotion particulière envers son saint ange Gardien, et il n'entrait jamais dans sa chambre, et n'en sortait point, qu'il ne le saluât et ne lui rendit quelque honneur: il a introduit cette pieuse coutume parmi les siens, de faire de même à l'égard de leurs saints anges tutélaires, lorsqu'ils entrent dans leurs chambres et qu'ils en sortent.

Or, l'intention principale de Vincent dans la dévotion qu'il avait pour les anges et les saints, était d'honorer en eux les dons de Dieu et son Saint Esprit, dont ils étaient les temples : en sorte que l'honneur qu'il leur rendait, et les prières qu'il leur offrait, avalent Dieu pour principal objet et pour dernière fin ; et tous les devoirs de piété dont il s'acquittait envers eux, n'étaient que des moyens pour rendre à sa divine Majesté une gloire plus étendue, et pour l'invoquer plus efficacement par leur intercession : suivant en cela les intentions de l'Église, auxquelles ce grand serviteur de Dieu s'étudiait toujours de conformer les siennes, se tenant fidèlement et constamment dans tous les sentiments de cette mère commune de tous les enfants de Dieu, et se soumettant en toutes choses à sa conduite qu'il reconnaissait toute sainte, comme lui étant inspirée par celui qui est l'auteur de toute sainteté.

Nous ne devons pas ici omettre la dévotion particulière qu'il avait de procurer le soulagement et la délivrance des âmes fidèles qui souffrent dans le purgatoire; il exhortait souvent les siens à ce devoir de piété, et disait qu'il faillait considérer ces chers défunts comme les membres vivants de Jésus-Christ animés par sa grâce, et assurés de participer un jour à sa gloire; et que, pour cette considération, nous étions obligés de les aimer, servir et assister de tout notre pouvoir. Pour cet effet, il priait et offrait souvent le très saint sacrifice de la messe à leur intention. Il faisait aussi prier et offrir le même sacrifice pour eux, par les autres prêtres de sa maison; et le sacristain de Saint Lazare a déclaré qu'il lui ordonnait fort souvent de faire dire des messes pour les dînes du purgatoire qui y sont détenues depuis longtemps, et qui n'ont personne qui prie particulièrement pour elles. Il établit encore pour ce même sujet, dans toutes les maisons de sa Congrégation, cette sainte pratique de dire trois fois le jour en commun le De profundis, c'est à savoir, après les deux examens particuliers qui se font avant les repas, et aux prières du soir.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Aimez Marie, aimez la toujours comme un enfant aime sa Mère, ne négligez rien pour lui être agréable, ayez toujours confiance en sa bonté et miséricorde et elle vous obtiendra le pardon de vos péchés. Aimez Marie, et elle vous mettra à l'abri de tous les dangers que vous courez sur cette terre d'exil. Aimez Marie, et elle demandera pour vous à son divin Fils, toutes les grâces dont vous avez besoin. Aimez Marie, et au moment de votre mort elle viendra vous consoler dans vos peines, et vous soutenir contre les derniers assauts des ennemis de votre salut. Aimez Marie, et un jour elle vous ouvrira les portes du ciel ».

Pratique : Soyez toujours très fidèles à vos pratiques de dévotion envers la sainte Mère de Dieu. Priez pour les personnes qui s'efforcent de propager le culte de Marie.

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

Publicité
16 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

DSCN0971

Dix-septième jour

Dévotion toute singulière de Vincent pour imiter Jésus-Christ et se conformer à ses exemples

 

L'amour suppose la ressemblance ou bien la produit, et fait que l'aimant tache de se transformer autant qu'il peut en la personne aimée, et de lui devenir semblable, pour lui plaire davantage, et rendre par ce moyen plus stable et plus parfaite l'union de leur amitié. C'est pour cela que le Fils de Dieu, voulant nous témoigner l'excès de son amour, a voulu se faire homme, pour se rendre semblable à nous. C'est aussi pour la même raison que ceux qui aiment vraiment Jésus-Christ doivent autant qu'il est en eux avec le secours de sa grâce, se rendre semblables à lui par l'imitation de ses divines vertus ; et plus cet amour est grand, plus aussi cette imitation doit-elle être parfaite et accomplie.

Vincent s'est étudié à imiter Jésus-Christ en sa manière de vie pauvre, cachée et commune, qui ne paraissait avoir rien de singulier pour l'extérieur et néanmoins était toute admirable, toute sainte et toute divine pour l'intérieur ; car à l'imitation de cet incomparable maître, il a mené une vie basse et commune eu apparence, ne faisant rien paraître en lui d'éclatant ni d'extraordinaire, et fuyant toute ostentation et singularité, mais il pratiquait au-dedans et dans le secret de son cœur des actions excellentes et vraiment héroïques de toutes sortes de vertus.

Il n'a pas toujours été retiré en son particulier, ni toujours exposé en public, mais, suivant l'exemple de son divin prototype, il a fait un parfait mélange de la vie active et de la contemplative ; il a été quelquefois dans la solitude avec Jésus-Christ ; il l'a aussi quittée comme lui pour aller prêcher la pénitence et pour s'employer à procurer la conversion des pécheurs et le salut des âmes.

Nous pouvons encore dire que Notre Seigneur a pratiqué la vie cachée, non tant en se séparant de la conversation des hommes, qu'en tenant couvert et ne leur manifestant pas ce qu'il avait de plus excellent et de plus divin. Il pouvait se faire connaître et honorer en tous lieux comme le vrai Fils de Dieu, il pouvait faire éclater les rayons de sa gloire aussi bien par toute la Judée comme sur le Tabor, il n'a toutefois voulu paraître à l'extérieur que le fils d'un simple charpentier, et un homme du commun. Vincent, à son exemple, faisait gloire de dire en toutes sortes de rencontres, qu'il n'était que le fils d'un pauvre paysan et recherchait de n'être tenu que pour un simple prêtre de village cachant autant qu'il pouvait aux yeux des hommes, les excellents dons de nature et de grâce qu'il avait reçus de Dieu, et qui le rendaient digne d'honneur et de vénération. Il a parfaitement imité cette vie commune et cachée de son divin maître ; et comme il connaissait par sa propre expérience le trésor de grâces qui est caché dans ce champ mystique de l'Évangile, il invitait et exhortait les autres à y participer. Voici quelques extraits de diverses lettres qu'il a écrites à une même personne qu'il conduisait par cette voie : « Honorons toujours, lui dit-il, l'état inconnu du Fils de Dieu. C'est-là notre centre ; et c'est-ce qu'il demande de nous pour le présent et pour l'avenir ; et pour toujours si sa divine Majesté ne nous fait connaître en sa manière qui ne peut tromper, qu'il veuille autre chose de nous. Honorons, dis-je, la vie commune que Notre Seigneur a mené sur la terre, son humilité, son anéantissement, et la pratique qu'il a faite de plus excellentes vertus dans cette manière de vivre. Mais honorons particulièrement ce divin Maître dans la modération de son agir. Non, il n'a pas voulu faire toujours ce qu'il a pu, pour nous apprendre à nous contenter, lorsqu'il n'est pas expédient de faire tout ce que nous pourrions faire, mais seulement ce qui est convenable à la charité, et conforme aux ordres de la divine volonté.

Oh ! Que j'estime cette généreuse résolution que vous avez prise d'imiter la vie cachée de Notre Seigneur ! Il paraît bien que cette pensée vient de Dieu, puisqu'elle est si éloignée de la chair et du sang. Tenez pour certain que c'est-là proprement l'assiette qui convient aux enfants de Dieu, et par conséquent demeurez-y ferme, et résistez courageusement à tous les sentiments contraires qui pourraient vous arriver. Assurez-vous que, par ce moyen, vous serez en l'état auquel Dieu vous demande, et que vous ferez incessamment sa sainte volonté, qui est la fin à laquelle nous tendons et à laquelle ont tendu tous les Saints ».

Vincent ne portait pas seulement les personnes particulières à cette sainte pratique, mais aussi tous ceux de sa compagnie en général, les exhortant souvent de se rendre vrais imitateurs de Jésus-Christ en sa vie commune et cachée. A ce sujet, leur expliquant un jour en quoi consistait le renoncement qu'on doit faire de soi-même, selon que Notre Seigneur l'a ordonné à tous ceux qui le veulent suivre, entre six ou sept choses qu'il leur enseigna pour le pratiquer parfaitement, il en proposa une tirée de la doctrine de Saint Basile, qui est de renoncer aux pompes. Sur quoi il fit une objection, à laquelle il fit une réponse digne de lui, qui donne assez à connaître ce qu'il pratiquait lui-même, en leur déclarant ce qu'ils devaient faire. Voici ses paroles : « Vous me direz peut-être : Nous sommes, Monsieur, de pauvres Prêtres, qui avons déjà renoncé à toutes les pompes du monde ; nous n'avons que de simples, habits, des meubles fort chétifs et rien qui ressente la vanité ou le luxe dont on fait parade dans le monde ; qu'est-il donc besoin de nous exhorter à renoncer aux pompes dont nous sommes si éloignés ? Ô Messieurs et mes frères, ne nous y trompons pas ! Quoique nous ayons de pauvres habits et de pauvres meubles, nous pouvons avec cela avoir l'esprit pompeux. Et comment cela ? Me direz-vous : par exemple, quand on s'étudie à faire de belles prédications ; quand on est bien aise que ce qu'on l'on fait, et que ce que l'on dit, soit approuvé et estimé des autres ; quand on se réjouit d'entendre ses louanges, ou que l'on publie le bien que l'on a fait, ou même que l'on y prend quelque vaine complaisance : toutes ces choses sont des marques qu'on a l'esprit pompeux ; et, pour le combattre et le terrasser, il est plus expédient quelquefois de faite moins bien une chose, quant à l'extérieur, que de se complaire de l'avoir bien faite. Il faut, avec cela, prendre bien garde de ne donner aucune entrée en notre esprit à la vanité, mais renoncer aussitôt à toutes les pensées et à tous les sentiments qui nous en viennent intérieurement aussi bien qu'aux applaudissements qui nous sont faits extérieurement. Il faut se donner à Dieu, mes frères, pour s'éloigner de la propre estime et des louanges du monde, qui font la pompe de l'esprit. Enfin, mes frères, c'est une vérité de l'Évangile, que Notre Seigneur ne se plaît rien tant que dans l'humilité du cœur, et dans la simplicité des actions ; c'est là que son esprit réside, et en vain le cherche-t-on ailleurs : si donc vous voulez le trouver, il faut renoncer à l'affection et au désir de paraître, à la pompe de l'esprit aussi bien qu'à celle du corps, et enfin à toutes les vanités et satisfactions de la vie ».

Un célèbre Docteur demandant un jour à un prêtre de la Mission, qui observait fort Vincent, quelle était sa propre et principale vertu, il lui répondit que c'était l'imitation de Jésus-Christ, parce qu'il l'avait toujours devant les yeux pour se conformer à lui ; c'était son livre et son miroir, dans lequel il se regardait en toute rencontres; et lorsqu'il se trouvait en quelque doute comment il devait faire une chose pour être parfaitement agréable à Dieu, il considérait aussitôt de quelle façon Notre Seigneur s'était comporté en pareille rencontre, ou bien ce qu'il en avait dit, ou ce qu'il en avait, signifié par ses maximes, et sans hésiter, il suivait son exemple et sa parole ; et marchant à la faveur de cette divine lumière, il foulait aux pieds le propre jugement, le respect humain, et la crainte qu'il eût pu ressentir que sa conduite ne fût improuvée par la licence de ceux qui s'efforcent de relâcher la sainte sévérité de l'Église, et d'accommoder la piété chrétienne à l'esprit du temps. « Car enfin, disait-il quelquefois, la prudence humaine se trompe et s'égare souvent du droit chemin, mais les paroles de la sagesse éternelle sont infaillibles, et ses conduites sont droites et assurées ».

C'était-là l'étude continuelle de ce saint homme, que d'imiter Jésus, non-seulement en sa manière d'agir et de parler extérieurement, mais aussi en toutes ses dispositions intérieures, en ses plus saints désirs, et en ses plus parfaites intentions: en sorte qu'en tout et partout il ne désirait et ne prétendait autre chose, sinon ce que ce divin Sauveur avait désiré et prétendu, qui était que Dieu fût de plus en plus connu, honoré, servi et glorifié, et que sa très-sa nte volonté fût entièrement et parfaitement accomplie, se tenant à tout moment disposé de faire et de souffrir ce qu'il plairait à Dieu pour des fins si nobles et si justes, étant toujours prêt à s'exposer aux travaux, aux fatigues, aux humiliations, aux peines et aux persécutions qu'il eût fallu subir et endurer pour ce sujet. De là provenait qu'il n'était jamais surpris d'aucun accident qu'il lui arrivât, quelque fâcheux qu'il pût être, ni d'aucun mauvais traitement qu'on lui pût faire, étant préparé, à l'imitation de son divin maître, lorsqu'il était question de procurer l'accroissement de la gloire de Dieu, ou de se soumettre à ses volontés, de tout faire et de tout souffrir, même de se voir dépouillé de tout ce qu'il avait de plus cher dans le monde, jusqu'à voir sa propre congrégation dissipée et détruite si tel était le bon plaisir de Dieu. A ce sujet, parlant quelquefois à ceux de sa communauté: Je prie Dieu, disait-il, deux ou trois fois tous les jours, qu'il nous anéantisse si nous ne sommes utiles à son service. Eh quoi ! mes frères, voudrions-nous être au monde sans plaire à Dieu, et sans procurer qu'il soit connu et aimé ?

Il se conformait non-seulement au désir et aux intentions du Fils de Dieu, mais même à ses déplaisirs, à ses douleurs et à ses angoisses intérieures. Oh ! qui aurait pu pénétrer dans les secrets du cœur de ce fidèle et zélé imitateur de Jésus-Christ, il l'aurait vu, comme celui de son divin maître, tout outré de douleur, dans la vue des péchés innombrables qui se commettent contre Dieu; tout rempli d'aversion contre les maximes du monde, si opposées à celles de l'Évangile ; tout pénétré des sentiments de tristesse et d'affliction pour le progrès des hérésies, et pour les grands dommages qui en arrivent à l'Église; et enfin, vivement louché de compassion sur les misères spirituelles et temporelles des peuples, et le délaissement et abandon où se trouvent tant d'âmes plongées dans les ténèbres de l'ignorance ou de l'infidélité. Oh ! combien de fois a-t-il souhaité de mourir et de donner sa vie pour remédier à tant de maux ! Mais sa vie n'ayant presque été qu'une mort continuelle, par ses mortifications et ses souffrances, on peut dire aussi qu'elle a été comme un remède plus long et plus étendu, dont Dieu a voulu se servir pour cet effet.

Il voulait que ses enfants entrassent dans ces mêmes sentiments, et qu'à l'imitation du même Jésus-Christ, ils fussent tous des hosties vivantes qui s'immolassent continuellement avec ce divin Sauveur pour le salut de tous les peuples. De quoi leur parlant un jour : « Qui voudra sauver sa vie, mes frères, leur dit-il, la perdra ; c'est Jésus-Christ qui nous le déclare et qui nous dit que l'on ne saurait faire un plus grand acte d'amour que de donner sa vie pour son ami. Eh quoi ! Pouvons-nous avoir un meilleur ami que Dieu ? et ne devons-nous pas aimer tout ce qu'il aime, et tenir pour l'amour de lui notre prochain pour notre ami ? Ne serions-nous pas indignes de jouir de l'être que Dieu nous donne, si nous refusions de l'employer pour un si digne sujet ? Certes, reconnaissant que nous tenons notre vie de sa main libérale, nous ferions injure à sa bonté, et une très grande injustice si nous refusions de l'employer et de la consumer, selon ses desseins, à l'imitation de son Fils Notre Seigneur ». Et leur parlant une fois sur le même sujet, il proféra ces paroles de l'abondance de son cœur : « Qui dit un missionnaire, dit un homme appelé de Dieu pour sauver les âmes ; car notre fin est de travailler à leur salut, à l'imitation de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le seul véritable Rédempteur, et qui a parfaitement rempli ce nom aimable de Jésus, c'est-à-dire Sauveur ».

Enfin, parlant dans ce même esprit à tous ceux de sa Congrégation dans l'épître qu'il leur adresse, et qu'il a mise au commencement de leurs règles ou constitutions : « Considérez, leur dit-il, ces règles et constitutions, non pas comme produites par l'esprit humain, mais plutôt comme inspirées par Dieu, de qui tout bien procède, et sans qui nous ne sommes pas capables de penser quelque chose de bon par nous-mêmes. Car que trouverez-vous dans ces règles qui ne serve à vous exciter et enflammer, soit à la fuite des vices, ou à l'acquisition des vertus, et à la pratique des maximes évangéliques ? Et ça été pour cela, que nous avons tâché autant qu'il nous a été possible, de les puiser toutes de l'esprit de Jésus-Christ, et de les tirer des actions de sa vie, comme il est aisé à voir, estimant que les personnes qui sont appelées à la continuation de la mission du même Sauveur, laquelle consiste particulièrement à évangéliser les pauvres, doivent entrer dans ses sentiments et ses maximes, être remplies de son même esprit et marcher sur ses mêmes pas ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Les quatre extrémités de la croix sont ornées de quatre perles bien précieuses. L'humilité est placée au pied de la croix ; l'obéissance occupe la droite ; la patience occupe la gauche, enfin la charité, comme la première et la reine des vertus, brille en caractères d'or au haut de la croix. Ces quatre vertus éclatent d'une manière particulière et bien frappante, dans la passion de Jésus-Christ : ce sont les quatre principaux fruits qu'il faut tirer de la méditation de Jésus Crucifié ». (Saint Bernard).

« Il ne suffit pas de faire de bonnes choses il faut de plus les bien faire à l'exemple de Jésus-Christ de qui il est écrit : Il a bien fait toutes choses. Appliquons-nous donc à faire toutes nos actions dans l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire de la manière qu'il faisait ses actions, nous proposant les mêmes fins ; autrement toutes les bonnes œuvres en elles-mêmes que nous ferons, attireront sur nous des châtiments plutôt que des récompenses ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Efforcez-vous aujourd'hui de faire toutes vos actions, même les plus indifférentes, avec les mêmes intentions qu'avait Notre Seigneur en faisant les siennes pendant qu'il était sur la terre. Priez pour les personnes qui font leurs actions avec des intentions pures.

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

15 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

clichy-eglise

Seizième jour

Attention continuelle à la présence de Dieu, et oraison de Saint Vincent

 

La grandeur et la perfection de l'amour que Vincent avait pour Dieu se sont fait connaître, non-seulement par sa soumission parfaite à toutes ses volontés, mais encore particulièrement par son attention continuelle à la présence de sa divine Majesté; car c'est le propre de l'amour que de faire désirer et rechercher le présence de la personne aimée, et de se plaire en sa compagnie, en sa vue et en ses entretiens. Or, l'application de Vincent à Dieu était telle, selon le témoignage qu'en a rendu un très vertueux prêtre qui l'a particulièrement connu et observé durant plusieurs années, qu'il était facile de juger que son esprit était continuellement attentif à la présence de Dieu: on ne le voyait jamais dissipé pour quelques sortes d'affaires et d'occupations qui lui pussent arriver, mais toujours recueilli et présent à lui-même ; et on a remarqué que pour l'ordinaire il ne rendait point de réponse à ce qu'on lui demandait, surtout si c'était quelque chose d'important, sans faire quelque petite pause, pendant laquelle il élevait son esprit à Dieu pour implorer sa lumière et sa grâce, afin de ne dire ni faire aucune chose que selon sa volonté et pour sa plus grande gloire.

Ce même ecclésiastique a déclaré qu'il l'avait vu quelquefois des heures entières tenir les yeux collés sur un Crucifix qu'il avait entre les mains, et qu'en diverses autres occasions, lorsqu'on lui apportait les nouvelles de quelques affaires fâcheuses, ou d'autres qui pouvaient lui donner quelque sujet de consolation, il paraissait en son visage une telle égalité d'esprit, qu'elle ne pouvait venir que de cette application continuelle qu'il avait à Dieu. A ce propos, on lui a souvent ouï dire, « qu'il n'y avait pas grand chose à espérer d'un homme qui n'aimait pas à s'entretenir avec Dieu, et que si l'on ne s'acquittait pas comme il fallait de ses emplois pour le service de Notre Seigneur c'était faute de se bien tenir à lui, et de lui demander le secours de sa grâce avec une parfaite confiance ».

Quand il allait ou venait par la ville, c'était dans un grand recueillement, marchant en la présence de Dieu, le louant et le priant en son cœur ; et, sur ces dernières années, lorsqu'il allait tout seul avec son compagnon dans le carrosse dont il avait été obligé de se servir, non-seulement il se tenait intérieurement recueilli, mais ordinairement il avait les yeux fermés, et le plus souvent il tirait sur lui le rideau, en sorte qu'il ne pouvait ni voir ni être vu de personne, pour se pouvoir mieux entretenir avec Dieu.

Il avait cette coutume, que toutes les fois qu'il entendait sonner l'horloge, soit les heures ou les quarts, à la maison ou à la ville, soit qu'il fût seul ou en compagnie, il se découvrait et faisait le signe de la croix, élevant son cœur à Dieu. Il disait que cette pratique était très propre pour renouveler en son esprit la présence de Dieu, et se ressouvenir des résolutions qu'on aurait prises le matin en l'oraison, et pour cela il l'a introduite parmi ceux de sa compagnie, qui en usent selon que le temps et les lieux le leur peuvent permettre.

Comme il connaissait, par sa propre expérience, les grâces et les bénédictions renfermées dans ce recueillement intérieur et dans cette attention à la présence de Dieu, il y portait les autres autant qu'il pouvait, pour les en rendre participants. Il était fort intelligent à se servir des choses naturelles et sensibles pour s'élever à Dieu ; et pour cet effet, il ne s'arrêtait pas à l'écorce, ni à la figure extérieure, ni même aux excellences particulières des êtres créés ; mais il s'en servait seulement pour passer à la considération des perfections du Créateur. Quand il voyait des campagnes couvertes de blés, ou des arbres chargés de fruits, cela lui donnait sujet d'admirer cette abondance inépuisable de biens qui est en Dieu, ou bien de bénir et louer le soin paternel de sa Providence pour fournir la nourriture et pourvoir à la conservation de ses créatures. Lorsqu'il voyait des fleurs, ou quelque autre chose belle et agréable, il en prenait occasion de penser à la perfection et beauté infinie de Dieu, et de dire en son cœur ces paroles qu'on a trouvées écrites de sa main : « Qu'est-ce qu'il y a de comparable à la beauté de Dieu, qui est le principe de toute la beauté et perfection des créatures ? N'est-ce pas de lui que les fleurs, les oiseaux, les astres, la lune et le soleil empruntent leur beauté ? » » Il dit un jour à sa communauté, qu'étant allé voir une personne malade et affligée d'un continuel mal de tête, elle souffrait cette incommodité avec une si grande patience, qu'il lui semblait voir sur son visage je ne sais quelle grâce, qui lui faisait connaître que Dieu résidait dans cette âme souffrante ; d'où il prit sujet de faire cette exclamation : « O l'heureux état que celui de souffrir pour l'amour de Dieu ! Combien est-il agréable à ses yeux, puisque son propre Fils a voulu couronner les actions héroïques de sa sainte vie d'un excès de douleurs qui l'ont fait mourir !

La pensée de la présence de Dieu nous rendra familière la pratique de faire incessamment sa volonté ; le souvenir de la divine présence s'établira peu à peu dans l'esprit, et par sa grâce se formera en habitude ; en sorte que nous serons enfin comme animés de cette divine présence. Combien pensez-vous, mes frères, qu'il y a de personnes même dans le monde, qui ne perdent presque point Dieu de vue ? Je me rencontrai ces jours passés avec une qui faisait conscience d'avoir été trois fois le jour distraite de la pensée de Dieu : ces gens-là seront nos juges, qui nous condamneront devant la majesté divine de l'oubli que nous avons pour elle, nous qui n'avons autre chose à faire qu'à l'aimer et h lui témoigner notre amour par nos regards et par nos services. Prions Notre Seigneur qu'il nous fasse la grâce de dire comme lui : ma nourriture et ma vie est de faire la volonté de Dieu ; supplions-le qu'il nous donne toujours une faim et une soif de cette justice ».

L'oraison étant comme une manne précieuse que Dieu a donnée à ses fidèles pour conserver et perfectionner la vie de leurs âmes, et comme une rosée céleste pour faire germer et croître dans leurs cœurs toutes sortes de vertus, il n'y a pas lieu de s'étonner si Vincent a fait toujours paraître une estime si particulière de ce saint exercice, et une si grande affection à le pratiquer et à le faire pratiquer aux autres.

Il ne manquait jamais tous les matins d'employer une heure à faire oraison mentale ; quelques affaires qu'il pût avoir, et en quelque lieu qu'il se rencontrât, et par préférence à toute autre bonne œuvre qui ne fût point d'obligation ou de nécessité : c'était pour consacrer à Dieu les prémices de la journée, et se disposer à passer saintement tout le reste. Il la faisait dans l'Église avec toute sa communauté ; et quelquefois, ne pouvant contenir tous les sentiments que le Saint-Esprit lui donnait, on l'entendait pousser avec ardeur des élans de son amour envers Dieu, et ses soupirs donnaient de la dévotion aux plus tièdes. Il a mis sa congrégation dans l'usage de ce saint exercice, et voulait que tous les jours chacun s'y appliquât ; il disait que les infirmes mêmes la pouvaient faire sans être incommodés, usant de la méthode qu'il leur enseignait, c'est à savoir, de s'y porter par les affections de la volonté plus que par l'application de l'entendement, se tenant doucement en la présence de Dieu, en formant des actes réitérés de résignation, de conformité à la volonté divine, de contrition de ses péchés, de patience, de confiance en la divine bonté, de remerciement de ses bienfaits, d'amour de Dieu et autres semblables.

On n'a pu découvrir quelle était l'oraison de Vincent, ni si elle était ordinaire ou extraordinaire, son humilité lui ayant toujours fait cacher les dons qu'il recevait de Dieu autant qu'il lui était possible; mais, qu'elle ait été en particulier, nous pouvons dire en général qu'elle a été assurément très parfaite, comme on le peut inférer avec raison des excellentes dispositions qu'il y apportait, et des grands fruits qu'il en retirait. Il voulait qu'on jugeât de la perfection et de la bonté de l'oraison par les dispositions qu'on y apportait, et par les fruits qu'on en retirait. Pour les dispositions, il disait qu'il n'en reconnaissait point de meilleures que l'humilité, la reconnaissance de son néant devant Dieu, la mortification des passions et des mouvements déréglés de la nature, la récollection intérieure, la droiture et simplicité de cœur, l'attention à la présence de Dieu, la dépendance entière de ses volontés, et les aspirations fréquentes vers sa bonté.

Mais s'il exhortait les autres à se mettre dans ces saintes dispositions, il s'y exerçait encore mieux lui-même, préparant ainsi continuellement son âme pour recevoir abondamment dans l'oraison les lumières et les grâces que Dieu y versait à pleines mains. Pour ce qui est des fruits qu'il recueillait dans son oraison, quoique les principaux nous soient inconnus, son humilité les lui ayant toujours fait couvrir du voile du silence, et n'a pas pu néanmoins se contenir de telle sorte, qu'il n'ait quelquefois paru comme un autre Moïse, sinon tout lumineux, au moins tout ardent de ferveur et d'amour au sortir des .communications qu'il avait eues avec sa divine Majesté, et l'on pouvait aisément juger par les paroles qu'il proférait de l'abondance de son cœur au sortir de ce saint exercice, quels étaient les effets qu'il avait produits dans son âme ; mais, outre cela, on peut dire avec vérité que toutes les actions de vertu qu'il a pratiquées durant le cours de sa vie, son humilité, sa patience, sa mortification, sa charité et généralement tout ce qu'il a fait pour la gloire et pour le service de Dieu, ont été les fruits de son oraison.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Que celui qui veut que l'oraison lui soit très utile ne fasse aucun compte des consolations spirituelles. Je sais, par expérience, qu'une âme qui commence à entrer dans cette voie avec une vraie détermination d'être reconnaissante, soit que le Seigneur lui donne ces goûts et ces tendresses, soit qu'il ne les lui donne pas, à déjà fait une grande partie du voyage ». (Sainte Thérèse d'Avila).

« L'oraison, ainsi que toute prière vocale, doit être humble, fervente, persévérante, accompagnée de résignation et de confiance, considérant qu'on est en la présence de Dieu, et qu'on parle à celui devant qui les vertus célestes tremblent, saisies de respect et de crainte ». (Sainte Madeleine de Pazzi).

Pratique : Soyez très fidèles à vous rappeler souvent la présence de Dieu. Priez pour les personnes qui s'appliquent à la vie intérieure.

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

14 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Brazil, Caraça, ink drawing

Quinzième jour

Son union parfaite au bon plaisir de Dieu par une entière résignation et indifférence

 

Saint Vincent considérait cette pratique comme un souverain remède à tous les maux : et quand on lui demandait comment on se pourrait corriger de quelque promptitude ou impatience, ou autre imperfection, ou bien vaincre quelque tentation, ou conserver la paix du cœur parmi les pertes et les souffrances, il répondait que ce serait en se conformant à la volonté de Dieu. Mais il voulait qu'on persistât courageusement en cette sainte pratique, et qu'on eût une affection persévérante à chercher de connaître et d'accomplir en toutes choses cette sainte et divine volonté ; et il ne pouvait souffrir en cela aucune relâche ni aucune remise, souhaitant que la volonté de Dieu fut comme le propre élément de l'âme, que ce fut l'air qu'elle respirât, et le bonheur auquel elle aspirât continuellement. Lorsque Notre Seigneur voulut enseigner le moyen d'arriver à la perfection à cet homme dont il est parlé dans l'Évangile, il lui dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive ». Or, je vous demande qui est-ce qui renonce plus à soi-même, qui porte mieux la croix de la mortification, et qui suit plus parfaitement Jésus-Christ, que celui qui s'étudie à ne faire jamais sa volonté et à faire toujours celle de Dieu ? L'écriture sainte dit aussi en quelque autre lieu, que celui qui adhère à Dieu, est un même esprit avec Dieu ; or, je vous le demande, qui est-ce qui adhère plus parfaitement à Dieu, que celui qui ne fait que la volonté de Dieu même, et jamais la sienne propre ; qui ne veut et ne souhaite que ce que Dieu veut ?

Oh ! que c'est-là un moyen bien court pour acquérir en cette vie un grand trésor de grâces ! Vincent a fait paraître son affection et sa fidélité à cette sainte pratique, d'une manière que l'on peut dire lui avoir été presque singulière, en ce qu'il n'est jamais entré dans aucun emploi, et n'a jamais procuré aucun avantage temporel à sa Congrégation, sinon autant qu'il connaissait manifestement que cela était conforme à la volonté de Dieu, et qu'il y était même fortement poussé par autrui. Il a fait à la vérité, son possible pour conserver les biens temporels que la Providence divine avait donnés à sa compagnie ; parce que Dieu le voulait ainsi, mais on ne l'a jamais vu aller au devant pour lui en procurer, ni faire aucune recherche ou sollicitation pour y attirer personne; et quoiqu'il soit licite et même louable de convier les autres à se mettre dans un état auquel ils puissent mieux servir Dieu, quand cela se fait par un pur zèle de sa gloire, néanmoins la dévotion de ce saint homme était d'attendre toujours le bon plaisir de Dieu pour le suivre, et de ne le prévenir jamais, ce qui est une vertu assez rare ; et il était tellement rempli et animé de ce désir, que la volonté de Dieu fut la souveraine sur son cœur, et sur tout ce qui pouvait dépendre de lui, qu'il tenait pour maxime de ne rien épargner, ni dépense, ni peine, ni même la vie quand il était question d'accomplir cette très sainte volonté.

Il voulait que, dans les aridités spirituelles et dans les infirmités du corps, on demeurât soumis au bon plaisir de Dieu et que l'on fut content dans tous les états où il lui plairait nous mettre, et qu'on ne désirât jamais d'en sortir, sinon autant que l'on connaîtrait lui être agréable ; et il disait que, selon son sentiment, c'était la pratique la plus excellente et la plus relevée en laquelle un chrétien et même un prêtre, pût s'exercer sur la terre. Il l'avait tellement à cœur, que c'était une de ses plus grandes joies que de voir ses enfants dans cette disposition : « Dieu soit loué, dit-il, à l'un d'eux dans une lettre qu'il lui écrivit, de ce que vous êtes prêt à foire en tout et partout sa très sainte volonté, et d'aller vivre et mourir en quelque part qu'il ait agréable de vous appeler. C'est la disposition des bons serviteurs de Dieu et des hommes vraiment apostoliques qui ne tiennent à rien ; c'est la marque des vrais enfants de Dieu, qui sont toujours en liberté de répondre aux desseins d'un si digne Père. Je l'en remercie pour vous avec un grand sentiment de tendresse et de reconnaissance, ne doutant pas que votre cœur, étant ainsi préparé, ne reçoive les grâces du Ciel en abondance, pour faire beaucoup de bien sur la terre comme j'en prie sa divine bonté ».

Vincent s'était prescrit comme une règle pour demeurer conforme à la volonté de Dieu, l'une et l'autre manière: premièrement, de se tenir incessamment dans une entière soumission au bon plaisir de Dieu pour tous les accidents les plus fâcheux qu'il lui plairait ordonner ou permettre, et dans une disposition et résolution, lorsqu'ils arriveraient, de les recevoir et accepter, non-seulement avec patience et soumission, mais aussi avec affection et avec joie, étant toujours très content que la sainte volonté de Dieu s'accomplit en lui, et que tous ses ordres fussent entièrement exécutés. Et pour ce qui est des choses que Dieu laissait en sa liberté, il agissait toujours selon ce qu'il connaissait être de plus agréable à sa divine Majesté, dressant à cette fin son intention au commencement de chacune de ses actions, et disant en son cœur : Mon Dieu je vais faire ceci, ou laisser cela, parce que je crois que telle est votre volonté et que vous l'avez ainsi agréable. De temps en temps, il renouvelait cette intention, afin que toujours et en toutes choses, il accomplit fidèlement et saintement la volonté de Dieu. Il appelait cet exercice de conformité à la volonté divine le trésor du chrétien, parce qu'il contenait en éminence celui de la mortification, de l'indifférence, de l'abnégation de soi-même, de l'imitation de Jésus-Christ, de l'union avec Dieu , et généralement de toutes les vertus, qui ne sont vertus que parce qu'elles sont agréables à Dieu et conformes à sa volonté, qui est la source et la règle de toute perfection. C'est principalement, dans les afflictions et les souffrances, soit intérieures, soit extérieures, que paraît le véritable amour de Dieu et la parfaite conformité à sa volonté, lorsque le cœur humain s'unit à son bon plaisir, acquiesçant, non seulement avec patience, mais aussi avec paix et joie, à toutes les dispositions de sa bonté divine, recevant et portant amoureusement les croix qu'elle lui envoie, parce que tel est son bon plaisir.

C'est ce qui se fait par la résignation; lorsque la volonté humaine se remet et se résigne entièrement entre les mains de Dieu, faisant un effort sur toutes ses répugnances naturelles, et les soumettant parfaitement au bon plaisir de sa divine Majesté. C'est ce que Vincent a excellemment pratiqué parmi toutes les croix, et les souffrances, par lesquelles Dieu a voulu éprouver sa vertu; car, en toutes ces fâcheuses rencontres, on ne lui entendait dire autre chose, que : « Dieu soit béni » ; « le nom de Dieu soit béni » : C'était-là son refrain ordinaire, par lequel il faisait connaître la disposition de son cœur, toujours prêt et résigné à toutes les volontés divines ; et il avait une telle affection et estime pour cette vertu, qu'un jour voyant un des siens touché d'un accident fâcheux arrivé à leur congrégation, il lui dit qu'un acte de résignation et d'acquiescement au bon plaisir de Dieu, valait mieux que cent mille bons succès temporels.

Voici comme il parla un jour à sa communauté sur ce sujet : « L'indifférence est un état de vertu, qui fait que l'on est tellement détaché des créatures, et si parfaitement uni à la volonté du Créateur, qu'on est presque sans aucun désir d'une chose plutôt que d'une autre. J'ai dit que c'est un état de vertu, et non pas simplement une vertu, laquelle doit agir dans cet état ; car il faut qu'elle soit active, et que par elle le cœur se dégage des choses qui le tiennent captif, autrement ce ne serait pas une vertu ; et cette vertu est non-seulement d'une grande excellence, mais aussi d'une singulière nécessité pour l'avancement en la vie spirituelle ; et même on peut dire qu'elle est nécessaire à tous ceux qui veulent parfaitement servir Dieu; car comment pouvons-nous chercher le royaume de Dieu, et nous employer à procurer la conversion des pécheurs, et le salut des âmes, si nous sommes attachés aux aises et aux commodités de la vie présente ? Comment accomplir la volonté de Dieu, si nous suivons les mouvements de la nôtre ? Comment renoncer à nous-mêmes, selon le conseil de notre Seigneur, si nous recherchons d'être estimés et applaudis ? Comment nous détacher de tout, si nous n'avons pas le courage de quitter une chose de néant qui nous arrête ? Voyez donc combien cette sainte indifférence nous est nécessaire, et quelle est l'obligation que nous avons de nous donner à Dieu pour l'acquérir, si nous voulons nous exempter d'être esclaves de nous-mêmes, ou, pour mieux dire, d'être esclaves d'une bête, puisque celui qui se laisse mener et dominer par sa partie animale ne mérite pas d'être appelé homme, mais plutôt d'être tenu pour une bête.

L'indifférence tient de la nature du parfait amour, ou, pour mieux dire, c'est une activité de ce parfait amour, qui porte la volonté à tout ce qui est de meilleur, et qui détruit tout ce qui l'empêche ; comme le feu, qui non-seulement tend à sa sphère, mais qui consume tout ce qui le retient, et c'est en ce sens que l'indifférence, selon la pensée d'un saint, est l'origine de toutes les vertus, et la mort de tous les vices.

Ô grand Saint Pierre ! vous le disiez bien, que vous aviez tout quitté, et vous le fîtes bien voir, lorsqu'ayant reconnu votre Maître sur le rivage de la mer, et que vous entendîtes son bien-aimé disciple, qui vous dit: c'est le Seigneur, vous vous jetâtes dans l'eau pour aller à lui; vous ne teniez point au bateau, ni à votre robe, ni à votre vie, mais seulement à ce divin Sauveur, qui était votre tout. Et vous, saint Paul, grand apôtre, qui, par une grâce très spéciale, dont vous avez été prévenu dès le moment de votre conversion, avez si parfaitement pratiqué cette vertu d'indifférence, en disant: Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Ce langage marquait un changement merveilleux, et un détachement qui n'avait pu être fait que par un coup de grâce, ayant été en un instant détaché de sa loi, de sa commission, de ses prétentions, de ses sentiments, et mis dans un état si parfait, qu'il était prêt et indifférent à tout ce que Dieu voudrait de lui. Si donc ces grands saints ont tant chéri et pratiqué cette vertu d'indifférence, nous devons les imiter et les suivre ; car les missionnaires ne sont point à eux, mais à Jésus-Christ, qui veut en disposer pour faire ce qu'il fait, et pour souffrir à son exemple. De même que mon Père m'a envoyé, disait-il à ses apôtres et à ses disciples, ainsi je vous envoie, et comme on m'a persécuté on vous persécutera.

Après toutes ces considérations, ne faut-il pas vider notre cœur de toute autre affection que de celle de nous conformer à Jésus-Christ, et de toute autre volonté que de celle de l'obéissance ? Il me semble que je vous y vois tous disposés, et j'espère que Dieu vous fera cette grâce. Oui, mon Dieu, je l'espère pour moi tout le premier, qui en ai tant besoin, à cause de mes misères, et de toutes mes attaches, dont je me vois presque dans l'impuissance de me retirer, et qui me fait dire en ma vieillesse, comme David : Seigneur, ayez pitié de moi ».

Vincent n'exhortait pas seulement en général les siens à cette sainte indifférence, il y portait encore un chacun d'eux en particulier dans les occasions qui s'en présentaient.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Ne croyez pas être arrivé à la pureté que vous devez avoir, tant que vous ne serez pas constamment, entièrement et joyeusement soumis à la sainte volonté de Dieu en toutes choses, même dans celles qui répugnent le plus ». (Saint François de Sales).

« Il en est beaucoup qui disent à Dieu : « Je me donne tout à vous sans aucune réserve » ; mais il en est peu qui embrassent la pratique de cet abandon. Il consiste dans une certaine indifférence à recevoir de la main de Dieu toutes sortes d'accidents selon l'ordre de la divine Providence. (Saint François de Sales).

Pratique : Efforcez-vous aujourd'hui de vous tenir dans, une parfaite indifférence par rapport aux emplois dont on vous chargera, dans la vue d'accomplir la sainte volonté de Dieu. Priez pour les personnes qui tâchent de se conserver dans cette sainte indifférence.

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

13 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

st-vincent-de-paul

Quatorzième jour

Amour de Saint Vincent pour Dieu

 

Si c'est une marque assurée d'un parfait amour de Dieu, selon le témoignage du disciple bien-aimé et bien aimant, de garder la loi de Dieu, et de se rendre obéissant et fidèle à sa parole, on peut dire avec vérité, que Vincent a beaucoup aimé Dieu, puisqu'il a été si fidèle et si exact à observer sa loi et à suivre ce qui est prescrit par sa sainte parole, que ceux qui l'ont le plus hanté et qui ont considéré de plus près tous ses déportements, assurent qu'il n'eût pas fallu être homme pour manquer moins que lui, et qu'il était tellement attentif sur lui-même, mortifié en ses passions, équitable en ses jugements, circonspect en ses paroles, prudent en sa conduite, exact en ses pratiques de piété, et enfin si parfaitement uni à Dieu, autant qu'on en pouvait juger à l'extérieur, qu'il paraissait assez que c'était l'amour divin qui animait son cœur, et qui régnait sur toutes les puissances de son âme, et même sur les organes et facultés de son corps, pour régler tous leurs mouvements et toutes leurs opérations selon les ordres de cette loi éternelle, qui est la première règle de toute justice et sainteté. Et l'on peut dire que toute sa vie était un sacrifice continuel qu'il faisait à Dieu, non-seulement des honneurs, commodités, plaisirs, et autres biens du monde, mais de tout ce qu'il avait reçu de sa main libérale, de ses lumières, de ses affections, de sa liberté, et de tout ce qui pouvait tomber en sa disposition ; et que la plus grande et la plus intime joie de son cœur était de penser à la gloire incompréhensible que Dieu possède en lui-même, à l'amour ineffable qu'il se porte, et aux infinies perfections qui sont renfermées dans l'unité et simplicité de sa divine essence.

Que ses plus ardents et continuels désirs étaient que Dieu fût de plus en plus connu, adoré, servi, obéi, aimé et glorifié en tous lieux, par toutes sortes de créatures ; et que tout ce qu'il faisait et disait, ne tendait autrement qu'à graver, autant qu'il était en lui, ce divin amour dans tous les cœurs, et particulièrement dans ceux de ses enfants, qui ont admiré et éprouvé la grâce de cette parfaite charité qui était en lui, et qui faisait ressentir ses ardeurs à ceux qui s'approchaient de sa personne. C'est ce qui les portait toujours à exécuter avec grande estime et dévotion toutes ses paroles, et même quelquefois à les recueillir jusques aux moindres : et néanmoins ils ont reconnu et confessé que les paroles de ce grand serviteur de Dieu avaient tout autre force en sa bouche que sur le papier, et que le même esprit qui animait son cœur, donnait une vertu et une énergie particulière à ses paroles, en sorte qu'on pouvait dire que c'étaient des paroles de grâce, qui pénétraient jusqu'au cœur de ceux qui l'écoutaient.

Or, ce grand amour que Vincent avait pour Dieu, s'est fait particulièrement connaître par la droiture et pureté de ses intentions, qui tendaient uniquement et incessamment à la grande gloire de sa divine Majesté : il faisait chaque chose, et même celles qui semblaient les plus petites dans la vue de Dieu, pour lui plaire et pour accomplir ce qu'il reconnaissait lui être le plus agréable. Aussi disait-il souvent, que Dieu ne regardait pas tant l'extérieur de nos actions que le degré d'amour et de pureté d'intention dans lequel nous les faisons ; que les petites actions faites pour plaire à Dieu, ne sont pas si sujettes à la vaine gloire que les autres actions plus éclatantes, qui bien souvent s'en vont en fumée ; et enfin que, si nous voulons plaire à Dieu dans les grandes actions, il faut nous habituer à lui plaire dans les petites.

Un jour, quelqu'un des siens s'étant accusé devant les autres d'avoir fait quelque action par respect humain, Vincent, tout animé de l'amour de Dieu, dit qu'il vaudrait mieux être jeté pieds et mains liés parmi les charbons ardents, que de faire une action pour plaire aux hommes. Ensuite, s'étant mis à faire d'un côté le dénombrement de quelques-unes des perfections divines, et de l'autre, des défauts, imperfections et misères des créatures, pour faire mieux voir l'injustice et la folie de ceux qui négligent de faire leurs actions pour Dieu, et qui perdent leurs temps et leurs peines pour n'avoir en ce qu'ils font que des vues basses et humaines, il ajouta ces paroles dignes de remarque : « Honorons toujours les perfections de Dieu ; prenons pour but de tout ce que nous avons à faire, celles qui sont les opposées à nos imperfections, comme sa douceur, sa clémence, directement opposées à notre colère; sa science, si contraire à notre aveuglement ; sa grandeur et sa majesté, si fort élevées au-dessus de notre bassesse et vileté : son infinie bonté toujours opposée à notre malice ; étudions-nous à faire toutes nos actions pour honorer et glorifier cette perfection, qui est directement contraire à nos défauts. Il ajouta que c'était cette direction et application, qui étaient comme l'âme de nos œuvres et qui rehaussaient grandement leur prix et leur valeur, se servant à ce sujet d'une comparaison familière des habits dont se revêtent les princes et les grands seigneurs aux jours de leurs triomphes et magnificences : « Car, disait-il, les habits ne sont pas ordinairement tant estimés pour l'étoffe dont ils sont faits, que pour les passements d'or et enrichissements de broderies, perles et pierres précieuses dont ils sont ornés ; de même il ne faut pas se contenter de faire des bonnes œuvres, mais il les faut enrichir et relever parle mérite d'une très noble et très sainte intention, les faisant uniquement pour plaire à Dieu et pour le glorifier ».

C'est dans cette même droiture d'intention qu'il avait souvent en bouche, et encore plus dans le cœur, ces paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ rapportées dans l'Évangile : « Cherchez premièrement le royaume des Cieux. Notre Seigneur, disait-il sur ce sujet, nous recommande par ces paroles de faire régner Dieu en nous, puis de coopérer avec lui à étendre et à amplifier son royaume dans la conquête des âmes. N'est-ce pas là un grand honneur pour nous, que d'être appelés à l'exécution d'un si grand et si important dessein ? N'est-ce pas agir comme les Anges, qui travaillent incessamment et uniquement pour l'agrandissement de ce royaume de Dieu ? Y a-t-il condition plus désirable que la nôtre, nous qui ne devons vivre que pour établir, accroître et agrandir le royaume de Dieu ? A quoi tiendra-t-il, mes frères, que nous ne répondions dignement à une vocation si sainte et si sanctifiante ? »

Saint Basile étant un jour interrogé par quel moyen on pouvait témoigner son amour envers Dieu, répondit : que c'était en faisant tout ce qu'on peut, et même s'il faut parler ainsi, pins qu'on ne pe t, pour accomplir continuellement, en toutes choses, la très sainte volonté de Dieu, avec un très-ardent désir de procurer l'accroissement de son honneur et de sa gloire ; et certes, ce n'est pas sans grande raison qu'il a parlé de la sorte ; car, puisque l'union qui se fait par l'amour est principalement des cœurs et des volontés; on ne saurait mieux faire paraître qu'on aime Dieu, que par une conformité et union parfaite de sa volonté avec celle de Dieu.

C'est ce que Vincent a saintement pratiqué ; et l'on peut dire que cette conformité de sa volonté avec celle de Dieu, était la propre, la principale, et comme la générale vertu de ce Saint homme, qui répandait ses influences sur toutes les autres ; c'était comme le maître-ressort qui faisait agir toutes les facultés de son âme et tous les arguments de son corps ; c'était le premier mobile de tous ses exercices de piété, de toutes ses plus saintes pratiques, et généralement de toutes ses actions, en sorte que, s'il se présentait devant Dieu en ses oraisons, s'il se rendait en tout temps et en toutes occasions si attentif à sa divine présence, c'était pour lui dire comme Saint Paul : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? S'il était si soigneux de consulter Dieu, de l'écouter et d'user d'une si grande circonspection, pour discerner les vraies inspirations qui venaient du Saint-Esprit, d'avec les fausses qui procédaient de la suggestion du démon, ou des mouvements déréglés de la nature, c'était pour connaître la volonté de Dieu, avec plus d'assurance, et pour se mettre plus en état de l'accomplir ; enfin, s'il rejetait si fortement toutes les maximes du monde, pour embrasser celles de l'Evangile, s'il renonçait si parfaitement à lui-même, s'il embrassait les croix avec tant d'affection, et s'il s'abandonnait à tout faire et à tout souffrir pour Dieu, c'était pour se conformer plus parfaitement à toutes les volontés de sa divine Majesté ; et il avait une telle estime de la pratique de cette sainte conformité, qu'il dit un jour de l'abondance de son cœur cette belle sentence : que se conformer en toutes choses à la volonté de Dieu et y prendre tout son plaisir, c'était vivre sur la terre d'une vie tout angélique, et même que c'était vivre de la vie de Jésus-Christ.

Il dit une autre fois sur ce même sujet, que Notre Seigneur était une communion continuelle aux âmes vertueuses qui se tenaient fidèlement et constamment unies à sa très sainte volonté, et qui avaient un même vouloir et un même non vouloir avec lui. Et comme il était tout rempli et pénétré de cette importante vérité, et qu'il connaissait par sa propre expérience les grâces et les bénédictions qui découlaient de cette conformité à la volonté de Dieu, il a toujours taché de l'inspirer dans tous les cœurs des autres et particulièrement de ceux de sa Congrégation, auxquels il en a même fait une règle particulière dans les termes suivants : « Et parce que la sainte pratique, qui consiste à faire toujours, et en toutes choses la volonté de Dieu, est un moyen assuré pour pouvoir acquérir bientôt la perfection chrétienne, chacun tâchera selon son possible, de se la rendre familière, en exécutant dûment les choses qui nous sont commandées, et fuyant soigneusement celles qui nous sont défendues, et cela toutes les fois qu'il nous appert que tel commandement et telle défense viennent de la part de Dieu ou de l'Église ou de nos supérieurs ou de nos règles et constitutions ». La perfection de l'amour, leur dit-il un jour, ne consiste pas dans les extases, mais à bien faire la volonté de Dieu : et celui-là entre tous les hommes sera le plus parfait qui aura sa volonté plus conforme à celle de Dieu; en sorte que notre perfection consiste à unir tellement notre volonté à celle de Dieu , que la sienne et la nôtre ne soient qu'un même vouloir et non-vouloir; et celui qui excellera davantage en ce point sera le plus parfait.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Comme le Seigneur connaît ce qui est bon et utile à chacun de nous, il nous donne à tous ce qui peut contribuer davantage à sa gloire, à notre salut et au bien du prochain. C'est donc bien nous tromper, et consulter mal nos intérêts, que de ne pas nous abandonner entièrement à ce qu'il veut faire de nous ». (Sainte Thérèse d'Avila).

« Une des plus grandes raisons pour laquelle Jésus-Christ est venu sur la terre, et s'est donné à nous, c'est afin que l'homme connût jusqu'à quel point Dieu l'aime et que cette connaissance le portât à brûler d'amour pour celui qui l'a aimé si excessivement ». (Saint Augustin).

Pratique : Dans tous ce qui vous arrivera de fâcheux aujourd'hui, dites : « O mon Dieu, que votre volonté se fasse et non la mienne ». Priez pour les personnes qui dans leurs actions n'agissent pas purement pour Dieu.

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

Publicité
12 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

94202207_o

Treizième jour

Égalité d'esprit de Saint Vincent

 

L'égalité d'esprit est une des marques plus assurées, ou plutôt un des plus excellents fruits de la parfaite mortification , par le moyen de laquelle on acquiert un tel empire, non-seulement sur ses sens extérieurs, mais aussi sur tous les mouvements intérieurs de son âme, que tout ce qui se passe au-dehors et tout ce qu'on peut ressentir au-dedans, n'est point capable d'apporter aucun trouble à celui qui s'est rendu maître de son cœur, et possesseur de cette vertu : de sorte qu'en la partie supérieure de son âme, il jouit d'une continuelle tranquillité, et demeure toujours dans une paisible possession de soi-même, et quelque accident qu'il lui puisse arriver, en quelques rencontres qu'il se puisse trouver et quoi que ce soit qu'on lui puisse dire ou faire, rien toutefois ne le peut altérer ni ébranler. On voit toujours reluire une même sérénité eu son visage, et une même retenue en toutes ses paroles et en toutes ses actions : sa voix ne change point de ton, et son cœur dans une même assiette, conserve tout le reste de son intérieur dans une constante égalité qui se fait même reconnaître à l'extérieur.

Voilà un petit portrait, quoique très imparfait, de l'état auquel Vincent était parvenu, ou plutôt auquel il avait été élevé par la pratique des vertus dont nous avons parlé, et particulièrement de la mortification qui semblait lui avoir parfaitement assujetti les mouvements de ses passions, en sorte qu'il n'en recevait aucun trouble, ni altération, retenant toujours son esprit dans une sainte égalité, qui se faisait connaître même sur son visage et sur toute la position de son extérieur.

Or, cette constance et égalité d'esprit de Vincent s'est rendu remarquable, dans sa manière de vivre, toujours humble et portée à la piété et à la charité, sans avoir jamais été interrompue par aucun désordre de jeunesse, ni par le relâchement au progrès de la vertu, pas même dans le déclin de son âge, et dans sa caducité. Il allait toujours son train ordinaire dans les actions spirituelles et dans la voie de la perfection, marchant droit à la suite de Notre Seigneur, et portant les siens à la pratique des maximes de l'Évangile et des règles de leur état, dont il leur donnait l'exemple en tous lieux et en tout temps, dans la tribulation et la consolation, dans la santé et dans la maladie, dans les grands froids et dans les excessives chaleurs ; parce que toutes ces choses lui étaient égales devant Dieu : ce qui se peut dire de tout le reste. On a souvent remarqué qu'en quelques affaires qu'il fut occupé, et même dans la plus grande presse et foule des importunités dont il était quelquefois accablé, si néanmoins quelqu'un venait pour l'interrompre et lui parler, il l'écoutait et lui répondait avec autant de présence d'esprit et de tranquillité que s'il n'eût eu aucune autre affaire: ce qui était une marque bien évidente de cette égalité en laquelle il maintenait son esprit. Elle s'est encore fait paraître plus merveilleusement dans la constance avec laquelle il a persévéré en toutes ses entreprises et occupations de piété, s'étant incessamment appliqué au service des pauvres, et à l'instruction des peuples.

Cette même égalité d'esprit a été aussi fort remarquable en lui dans la perte de plusieurs très bons sujets de sa Congrégation, qui ont été consumés par les travaux où il les avait engagés pour le service de Dieu ; car lorsqu'il apprenait la nouvelle de leur mort, quoique d'abord il en parût sensiblement touché, néanmoins recueillant aussitôt son esprit et l'élevant vers Dieu, il se conformait au bon plaisir de sa divine Majesté et demeurait ainsi dans une égalité ordinaire.

Il se possédait tellement que quand on lui disait des paroles piquantes, des injures et des calomnies, comme cela lui est arrivé, et même assez souvent, il se tenait toujours égal, ne répondant point autrement qu'à son ordinaire, sans aigreur, ni changement: ce que quelques personnes qui étaient présentes ont admiré en diverses rencontres , avouant qu'elles en ressentaient elles-mêmes quelque émotion, quoique ces injures ou calomnies ne les touchassent en rien.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Toutes les fois qu'il nous survient quelque événement inattendu, soit des afflictions, soit des consolations spirituelles ou corporelles, nous devons tâcher de les recevoir avec égalité d'esprit, en pensant que tout nous vient de la main de Dieu ». (Saint Vincent De Paul).

« L'esprit de Jésus-Christ est un esprit de droiture, de sincérité et d'égalité ; celui qui est appelé à glorifier ce Dieu sauveur doit agir d'après son esprit ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Tâchez de conserver votre âme en paix et dans le calme, dans les petites contrariétés qui pourraient vous survenir aujourd'hui. Priez pour les personnes qui ne savent pas réprimer leur humeur.

Icon, USA, WA, Federal Way

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

11 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

997_001

Douzième jour

Mortification extérieure et chasteté de Saint Vincent

 

Pour ce qui est de la mortification extérieure de Vincent, on peut dire avec vérité qu'elle allait d'un pas égal avec l'intérieure, c'est-à-dire qu'il la pratiquait parfaitement et presque sans aucune relâche ; car il a toujours traité son corps avec une très-grande rigueur jusqu'au temps de son extrême vieillesse, et même dans ses plus grandes infirmités; et outre ses pénitences et mortifications ordinaires, dont nous parlerons ci-après, il embrassait et recherchait toutes les occasions qu'il pouvait rencontrer de faire souffrir son corps, et particulièrement en sa manière de vivre pendant tout le voyage qu'il fit en l'année 1649 âgé de plus de soixante-dix ans, où les abstinences, les veilles, la violence du froid, et toutes les autres incommodités auxquelles il s'exposa, lui causèrent cette grande et fâcheuse maladie qui lui survint à Richelieu. Sur ce sujet, il disait que l'on pouvait pratiquer la mortification en toutes sortes de rencontres, tenant son corps dans quelque posture qui lui soit pénible, sans pourtant blesser la modestie, privant ses sens extérieurs des choses qui leur pourraient donner quelque satisfaction; souffrant volontiers les intempéries de l'air. C'est ce qu'il savait fort bien pratiquer lui-même, étant bien aise d'en trouver les occasions, et on a souvent pris garde, que pendant les plus grandes rigueurs de l'hiver, il exposait ses mains au froid, qui en paraissaient quelquefois toutes noirâtres, et les autres membres de son corps participaient à cette même incommodité, ne voulant point prendre d'autres chaussures, ni d'autres vêtements pour l'hiver que pour l'été.

Il arrivait souvent que par indisposition ou par quelque autre empêchement, il se trouvait toute la journée attaqué et presque accablé de sommeil, mais au lieu de réparer ce défaut par quelque peu de repos, il en prenait souvent occasion de se mortifier, se tenant debout, ou se mettant en quelque posture contraire, et se faisant d'autres violences, pour s'empêcher de dormir. On a remarqué qu'il n'a jamais rien rabattu de ses veilles dans son grand âge, se levant toujours à l'heure de la communauté, quoiqu'il fût le dernier couché, et avec cela, on le voyait des premiers à l'église, en quelque temps que ce fût, où il se tenait à genoux sur la terre pendant l'oraison, sans jamais avoir voulu permettre qu'on lui mit une natte sous les genoux.

Pour ce qui est de la mortification de ses sens, il la pratiquait presque continuellement et en toutes sortes d'occasions. Lorsqu'il allait par la ville, ou qu'il faisait voyage, au lieu d'égayer sa vue sur les champs ou sur la diversité des objets qu'il rencontrait, il tenait ordinairement ses yeux arrêtés sur un crucifix qu'il portait, ou il les tenait fermés pour ne voir que Dieu.

Jamais on ne lui a vu cueillir une fleur, ni en porter aucune pour se récréer par son odeur, mais, au contraire, quand il se rencontrait en quelque lieu, où il y avait des odeurs mauvaises, comme dans les hôpitaux, ou chez les pauvres malades, le désir qu'il avait de se mortifier lui faisait trouver agréable cette incommodité.

Pour le goût, il l'avait tellement mortifié, qu'il ne témoignait jamais à quelle sorte de viande il avait plus d'appétit. Il semblait même aller à regret prendre sa réfection, ne le faisant que pour satisfaire à la nécessité, et y gardant toute la bienséance possible, mangeant les choses qui lui étaient présentées en la vue de Dieu, et avec beaucoup de modestie: à quoi il avait tellement habitué les siens par son exemple, que plusieurs externes de toutes sortes de conditions qui ont mangé en son réfectoire en ont été grandement édifiés, comme ils l'ont déclaré eux-mêmes, admirant que, dans une action qui de soi semble porter à la dissolution, on y gardât une telle récollection et une si grande modestie et retenue.

Il ne sortait jamais de table, sans s'être mortifié en quelque chose, soit au boire, soit au manger, ainsi qu'il recommandait aux autres de faire.

Pour ce qui est des autres mortifications et austérités extérieures dont il usait, il les a toujours cachées autant qu'il a pu. Mais l'on s'est néanmoins bien aperçu qu'il exerçait de très-grandes rigueurs sur son corps.

Vincent portant ainsi en soi la mortification de Jésus-Christ, la vie du même Jésus-Christ selon la parole du Saint Apôtre, s'est aussi manifestée en lui par une pureté angélique et une chasteté à l'épreuve de tout ce qui lui pouvait être contraire, comme il a bien fait paraître en sa manière de converser lorsqu'il y était obligé, avec des personnes de l'autre sexe, et de tout âge, s'y étant toujours comporté de telle sorte, qu'il n'a jamais donné la moindre occasion à la calomnie, mais plutôt un sujet d'édification à un chacun. Or, comme il connaissait bien de quelle importance est cette vertu à ceux qui sont obligés de s'employer au bien spirituel des autres, et de traiter souvent avec le prochain, tels que sont les missionnaires, aussi leur donnait-il divers avis salutaires sur ce sujet : il leur disait, entre autres choses, que ce n'est pas assez aux missionnaires d'exceller en cette vertu, mais qu'ils doivent encore faire tout leur possible, et se comporter de telle sorte, que personne n'ait sujet de concevoir à leur égard aucun soupçon du vice contraire, parce que ce seul soupçon quoique mal fondé, nuisant à leur réputation, serait plus préjudiciable à leur saint emploi que tous les autres crimes qu'on pourrait leur imputer faussement. Selon cela, ajoutait-il, ne nous contentons pas d'user des moyens ordinaires pour prévenir ce mal, mais employons-y les extraordinaires si besoin est.

La pudeur de son cœur rejaillissait sur tout son visage, et réglait sa langue; ses paroles procédant d'une source très pure, faisaient évidemment voir que la chasteté lui était extrêmement précieuse. C'est pourquoi, selon la règle qu'il a donnée à ses enfants, il apportait toutes les précautions imaginables pour la conserver. Nous avons déjà vu combien il matait son corps par l'excès du travail et par sa pénitence continuelle, quelles étaient ses humiliations, et combien grande sa tempérance au boire et au manger.

Il tenait tous ses sens dans une grande retenue, particulièrement la vue, ne regardant ni légèrement, ni curieusement, ni hors de propos, ni d'un regard fixe les personnes de l'autre sexe ; il ne leur parlait point seul à seul, mais à la vue d'autres personnes, ou la porte ouverte.

Un Frère, souffrant des tentations contre la chasteté, à cause de la vue des objets qui se présentaient à lui, allant et venant pour les affaires de la maison, eut en pensée pour s'en défaire de sortir de la Congrégation de la Mission, et de se faire religieux solitaire; et en ayant écrit à Vincent, voici la réponse qu'il lui fit : « D'un côté j'ai reçu consolation de votre lettre, voyant votre candeur à découvrir ce qui se passe en vous ; mais d'un autre, elle m'a donné la même peine que Saint Bernard reçut autrefois d'un de ses religieux, qui, sous un prétexte d'une grande régularité, voulant quitter sa vocation pour passer à un autre ordre, quoique ce saint abbé lui dit que c'était une tentation, et que l'esprit malin ne demandait pas mieux que ce changement, sachant bien que s'il le pouvait ôter du premier état, il lui serait facile de le tirer du second, et après, de le précipiter de la vie, comme il arriva. Ce que je puis vous dire, mon cher frère, est que si vous n'êtes pas continent en la Mission, vous ne le serez en aucun lieu du monde, et de cela je vous en assure. Prenez garde qu'il n'y ait quelque légèreté dans le désir que vous avez de changer ; en ce cas, le remède après la prière, qui est nécessaire en tous nos besoins, serait de considérer qu'il n'y a aucune condition sur la terre en laquelle il n'arrive des dégoûts, et parfois des désirs de passer en d'autres; et après cette considération, estimez que Dieu vous ayant appelé en la Compagnie où vous êtes, il y a vraisemblablement attaché la grâce du salut, laquelle il vous refuserait ailleurs, où il ne vous appelle pas. Le second remède contre les tentations de la chair, est de fuir la communication et la vue des personnes qui les excitent, et de les communiquer aussitôt à votre directeur, lequel vous donnera d'autres remèdes. Celui que je vous conseille encore, est de vous confier fort en Notre Seigneur Jésus-Christ, et en l'assistance de l'immaculée conception de la Vierge sa Mère, à qui je vous recommanderai souvent ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« La chasteté est la beauté inviolable des Saints, qui fleurit, comme la rose, au milieu du corps et de l'âme, et qui remplit toute la maison d'une très douce et très agréable odeur ». (Saint Ephrem).

« Il suffit d'un petit vent pour faire tomber les fleurs dont les arbres se parent au printemps ; et il ne faut quelquefois qu'une parole flatteuse pour perdre une âme chaste, plus tendre et plus délicate que les fleurs. (Père Nouet).

« La virginité est un profond silence des soins de la terre, le calme de tous les mouvements de la chair, l'affranchissement des vices, le règne de toutes les vertus ». (Saint Hildebert).

Pratique : Par amour pour Dieu, mortifiez aujourd'hui le sens de la vue, vous éviterez par-là beaucoup d'occasions de péché. Priez pour les personnes qui ont fait vœu de chasteté ou qui se préparent à le faire.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

10 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

94202081_o

Onzième jour

Mortification de Saint Vincent

 

Il n'y a rien de plus grand ni de plus relevé dans la vie du chrétien, (comme dit Saint Ambroise), que d'exercer son âme dans la pratique des vertus, et pour cet effet, afin qu'elle apprenne à se soumettre, et qu'elle se rende docile à la conduite de la raison, en sorte que nonobstant les travaux et les difficultés qu'elle peut ressentir dans cet exercice, elle ne laisse pas de se porter courageusement à l'exécution des bons désirs et des saintes résolutions qu'elle aura conçus dans son cœur. Et certes, ce n'est pas sans raison que ce Saint docteur a parlé de la sorte, car puisque selon le sentiment du Sage, c'est une chose bien glorieuse que de suivre le Seigneur et que le premier pas qu'il faut faire pour marcher à sa suite, comme lui6même le déclare dans l'Évangile, c'est de renoncer à soi-même et de porter sa croix, il s'ensuit que le chrétien, doit regarder l'abnégation et la mortification comme un titre de noblesse, et comme une marque, qu'on .a l'honneur d'appartenir à Jésus-Christ et d'être de sa suite. Or, Vincent ayant toujours une profession particulière de suivre ce divin Sauveur et de marcher sur les traces de ses exemples, il n'y a pas lieu de douter qu'il n'ait été honoré de ses plus chères livrées, et que, selon la parole de l'apôtre, il n'ait porté en son corps la mortification de Jésus-Christ ; en sorte que sa vie n'a été presque qu'un sacrifice continuel de son corps et de tous ses sens, de son âme et de ses puissances, et enfin de tous les désirs et mouvements de son cœur; et c'est de l'abondance de ce cœur parfaitement mortifié, que s'entretenant un jour avec les siens, sur ces paroles de Jésus-Christ dans l'évangile, si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive.

C'est-là, leur dit-il, le conseil que Notre Seigneur donne à ceux qui se présentent à lui pour le suivre ; il leur déclare que la première démarche qu'il doivent faire est de renoncer à eux-mêmes et ensuite de porter leur croix, et puis persévérer constamment en l'un et en l'autre jusqu'à la fin. Mais nous pouvons bien appliquer à ce sujet ce que ce divin Sauveur a dit en une autre occasion : qu'il y en a peu qui se donnent vraiment à Jésus-Christ pour le suivre sous ces conditions. De là est venu que de tant de milliers de personnes qui le suivaient pour l'entendre, presque toutes l'ont abandonné et se sont retirées parce qu'elles ne le suivaient pas préparées de la sorte que Notre Seigneur leur disait qu'il le fallait être, et qu'elles n'étaient pas dans la disposition de se mortifier et de porter leur croix. C'est donc une nécessité à quiconque veut être disciple de ce divin maître, de renoncer à son propre jugement, à sa volonté, à ses sens, à ses passions, etc.

Par le jugement on entend la science, l'intelligence et le raisonnement. Oh ! Quel avantage pour un chrétien de soumettre ses lumières et sa raison pour l'amour de Dieu! qu'est-ce que cela, sinon suivre et imiter Jésus-Christ et lui faire un sacrifice de son propre jugement? Par exemple, on met une question en avant, chacun en dit son avis, on aime à montrer ce qu'on en pense, or, pour renoncer à soi-même en une telle occasion, il ne faut pas refuser d'en dire son sentiment, ruais il faut se tenir dans la disposition de soumettre son jugement et sa raison, en sorte que l'on suive volontiers, et même que l'on préfère le jugement d'autrui au sien propre.

Pour ce qui est de renoncer à sa propre volonté, Notre Seigneur nous en a donné l'exemple pendant tout le cours de sa vie et jusqu'à la mort, s'étant continuellement étudié de faire non sa volonté, mais celle de son père et d'accomplir en toutes choses ce qu'il connaissait lui être agréable. Oh que s'il plaisait à Dieu de nous prévenir de tant de grâces, que nous demeurassions toujours dans l'accomplissement de sa volonté, obéissant à ses commandements, aux règles de notre état et aux ordres de l'obéissance, nous serions alors les vrais disciples de son Fils; mais tant que nous serons attachés à notre propre volonté nous n'aurons point de disposition pour le suivre, ni de mérite à porter nos peines, ni de part avec lui.

Nous devons encore mortifier nos sens et veiller continuellement sur eux, pour les assujettir à Dieu! Oh ! Que la curiosité de voir et d'écouter est dangereuse, et qu'elle a de force pour détourner notre esprit de Dieu ! Que nous devons beaucoup prier Notre Seigneur, afin qu'il nous fasse la grâce de renoncer à cette curiosité qui a été la cause de la perte de nos premiers parents.

Jusqu'ici ce sont les paroles de Vincent que nous avons rapportées comme des fidèles expressions, non-seulement des pensées de son esprit, mais encore plus des affections et dispositions de son cœur, touchant cette vertu de mortification que l'on peut dire avoir été une de celles, qu'il a le plus universellement et constamment pratiquée pendant tout le cours de sa vie, et jusqu'à son dernier soupir. Il est vrai qu'il ne faisait pas paraître au-dehors une vie fort austère, estimant qu'une vie commune en apparence était la plus convenable pour réussir au service des peuples et des ecclésiastiques, auxquels Dieu l'avait destiné ; étant aussi la plus rapportante à la vie de Jésus-Christ et des Saints Apôtres, sur le modèle de laquelle il voulait élever les missionnaires de sa congrégation : et, par conséquent, il se croyait obligé de leur en donner l'exemple, se conformant à eux, pour l'extérieur d'une vie bien réglée, qui n'est ni trop large, ni trop étroite, ni trop douce, ni trop rigoureuse; mais, en son particulier, il se traitait fort âprement, faisant souffrir son corps en diverses manières, mortifiant sans cesse son intérieur, pour tenir l'un et l'autre parfaitement soumis aux volontés de Dieu : et cela d'une manière d'autant plus excellente et plus sainte, qu'elle paraissait moins aux yeux des hommes : en quoi il s'est rendu semblable à ce grain de froment dont parle Jésus-Christ dans l'Évangile, lequel, plus il est caché et enfoncé en terre, plus aussi il pousse ses tiges et multiplie ses fruits.

Il a mortifié cet amour de l'honneur et de la propre estime qui est si naturel à tous les hommes, et qui leur fait cacher avec tant de soin tout ce qui peut leur causerie moindre mépris ; car ce Saint Prêtre, réprimant cette inclination naturelle, ne laissait échapper aucune occasion de s'humilier, en parlant de sa basse naissance et de la pauvre condition de ses parents, qu'il ne l'embrassât très volontiers. Voici ce qu'il écrivit en l'année 1633 à l'un de ses prêtres. « Oh ! Monsieur, que nous sommes heureux de ce que nous honorons la parenté pauvre de Jésus par la nôtre pauvre et chétive! Je disais avec consolation ces jours passés, en prêchant à une communauté, que je suis le fils d'un pauvre paysan, et à une autre, que j'ai gardé les pourceaux. Croiriez-vous bien, Monsieur, que je crains d'en avoir de la vaine satisfaction, à cause de la peine que la nature en souffre ? Il est vrai, que le diable est bien fin et bien rusé ; mais certes celui-là l'est encore davantage, qui se tient honoré de la pauvre condition de l'enfant de Bethléem et de celle de ses saints parents ».

Vincent a aussi mortifié l'affection qu'il avait pour ses parents ; car ayant un très bon naturel, il aimait tendrement les siens, ainsi que lui-même l'a avoué, et néanmoins il a su fort bien mortifier cette affection et en faire un sacrifice à Jésus-Christ ; à ce sujet parlant un jour à sa communauté de l'éloignement des parents ordonné par ce divin Sauveur à ceux qui veulent le suivre : « il leur dit que plusieurs qui sont retournés en leur pays sont entrés dans les intérêts de leur famille et dans leurs sentiments de tristesse et de joie et qu'ils s'y sont fort embarrassés comme les mouches qui tombent dans les toiles d'une araignée d'où elles ne se peuvent tirer ».

On dit communément que comme du mouvement bien compassé de l'aiguille d'un cadran, il est aisé de connaître l'ajustement des roues et des autres pièces qui composent l'horloge, et qu'ainsi, de la bonne conduite de la langue on peut juger du bon état de tout le reste de l'intérieur, puisque les affections et les passions du cœur sont comme les maîtres ressorts qui lui donnent ordinairement le mouvement, et qui forment et animent ses paroles. Et certes, quand nous n'aurions point d'autres preuves de la mortification intérieure de Vincent, que cet empire absolu qu'il avait sur la conduite de sa langue, cela suffirait pour nous faire connaître qu'il a possédé cette vertu à un très haut degré de perfection, puisque selon la doctrine de l'apôtre Saint Jacques, celui qui ne pèche point en cette matière, peut-être appelé un homme parfait. Il s'était rendu tellement maître de sa langue, que le même apôtre appelle partie indomptable, qu'il ne lui échappait point ou très-peu de paroles inutiles ou superflues, et jamais de celles qui ressentent la médisance, la vanterie, la vanité, la flatterie, le mépris, la moquerie, l'impatience, ou autres semblables saillies d'une passion émue et déréglée.

Quand pour l'entretenir ou lui donner quelque satisfaction on lui rapportait quelque nouveauté ou quelque autre chose extraordinaire qu'il savait déjà, il l'écoutait avec attention, sans témoigner qu'il en eût aucune connaissance, tant pour mortifier l'amour-propre qui est toujours bien aise de faire paraître qu'il n'ignore pas ce que les autres savent, que pour ne point priver ceux qui lui parlait de la satisfaction qu'ils pouvaient ressentir de lui avoir appris quelque chose de nouveau. 11 savait surtout bien retenir sa langue, et lui imposer un rigoureux silence, lorsqu'on lui faisait des reproches, ou que par des emportements on le chargeait d'outrages et d'injures; car, quoique dans ces occasions la nature désire ardemment de se justifier et de repousser l'injure qui lui est faite, néanmoins, à l'imitation de son divin Maître, il se recueillait en lui-même, et mettait toute sa force dans le silence et dans la patience, bénissant en son cœur ceux qui le maudissaient, et priant pour ceux qui l'outrageaient.

Il a encore fait connaître combien il était mortifié en sa langue et quel empire il avait acquis sur cette partie si mal aisée à conduire, en ce que s'étant présenté une infinité d'occasions, qui l'invitaient et même qui semblaient l'obliger de parler de son esclavage de Tunis, étant une chose douce à la nature de raconter les périls et les accidents plus fâcheux, desquels on s'est heureusement dégagé, et particulièrement lorsque cela fait connaître quelque vertu qui est en nous, et que le succès peut tourner à notre propre louange; néanmoins, c'est une chose merveilleuse qu'en quelque rencontre que ce fût, on ne lui a jamais ouï dire un seul mot de son esclavage, ni de ce qu'il avait fait ou dit pour convertir celui qui le tenait captif, et pour se sauver avec lui des mains des infidèles.

Il parlait volontiers des sujets d'humiliation qui lui étaient arrivés, mais jamais de ce qui pouvait directement ou indirectement donner sujet de le foire estimer. Or, il est certain qu'il n'eût pu acquérir un tel empire sur sa langue, s'il ne se fût rendu maître absolu de ses sentiments et de ses mouvements intérieurs par une continuelle pratique de la mortification : il l'estimait d'une belle nécessité non-seulement pour la perfection, mais même pour le salut, que pour l'exprimer, il disait: que si une personne qui aurait déjà comme un pied dans le Ciel, venait à quitter l'exercice de cette vertu dans l'intervalle du temps qu'il faudrait pour y mettre l'autre, elle serait en péril de se perdre.

C'est le sujet pour lequel il a toujours tâché d'inspirer à ceux de sa compagnie un esprit de mortification intérieure, un grand dénuement et détachement de toutes choses, et une mort universelle à tous les sens, à tous les mouvements de la nature, à tout intérêt particulier, à tout amour-propre et recherche de soi-même, pour ne vivre que de la vie de l'esprit.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Pour faire des progrès dans la vertu, il ne s'agit pas tant de se mortifier, que de choisir les meilleures mortifications. Ces mortifications sont celles qui sont plus opposées à nos inclinations naturelles ». (Saint François de Sales).

« Plus on mortifie ses inclinations naturelles, plus on se rend capable de recevoir des inspirations divines, et plus on fait des progrès dans la vertu ». (Saint François de Sales).

Pratique : Ne donnez aujourd'hui rien à l'amour-propre. Priez pour les personnes remplies d'elles-mêmes.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

9 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, Poland, Krakow

Dixième jour

Parfait dégagement des biens de la terre, et amour de la pauvreté de Saint Vincent De Paul

 

Oh ! Que c'est une grande vertu, dit Saint Ambroise, de mépriser les biens de la terre ! Mais que cette vertu est rare, et qu'il y en a peu dans le monde qui la mettent en pratique. En effet, il y en a très peu qui aient le courage d'arracher entièrement de leurs cœurs cette malheureuse convoitise que l'Ecriture-Sainte appelle la racine de tous les maux, et qui puissent véritablement dire avec le Saint Apôtre : « Voilà, Seigneur, que nous avons tout quitté pour vous suivre et pour vous servir ». Heureux vraiment celui-là, qui comme dit le Sage, n'a point permis à son cœur de courir après l'or et l'argent, et qui n'a point mis ses espérances dans les richesses ni dans les trésors de la terre : où est-ce que nous le trouverons, pour lui donner les louanges qu'il a méritées, parce qu'il a fait des merveilles en sa vie.

Il ne serait pas nécessaire d'employer ici un plus long discours, pour faire remarquer cette vertueuse disposition en la personne de Vincent, puisque l'histoire de sa vie et le récit de ses grandes et saintes actions en fournissent des preuves très évidentes. Non, il ne faut pas s'étonner s'il a possédé les vertus en un si éminent degré, puisqu'il a si généreusement méprisé les richesses !

Il n'a jamais voulu avoir pour lui de chambre où il y eut une cheminée, quelque incommodité qu'il ressentit même dans un âge plus avancé, sinon quatre ou cinq ans avant sa mort, que toute sa communauté, voyant ses continuelles infirmités, l'y contraignit en quelque façon par les prières et les instances qu'elle lui en fit : de sorte que jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, il n'a point voulu avoir d'autre retraite que dans une petite chambre sans lambris, sans natte et sans autres meubles qu'une simple table de Lois sans tapis, avec deux chaises de paille, et une chétive couchette qui n'était garnie que d'une paillasse avec une couverture et un traversin. Et comme un jour qu'il avait la fièvre, on y eut mis un petit pavillon, il l'ôta lui-même depuis et ne voulut point le souffrir : et non content de cela, il fit encore ôter de sa chambre quelques images qu'un dos frères de la maison y avait mis en divers temps, et n'en voulut retenir qu'une seule, disant que c'était contre la pauvreté d'en avoir plusieurs. Lorsqu'on faisait la visite des chambres, il voulait qu'on visitât la sienne aussi bien que les autres, pour en ôter tout ce qui serait superflu. De plus, quelqu'un ayant mis une petite pièce de vieille tapisserie à la porte de la chambre basse, où il demeurait pendant le jour pour y recevoir les personnes de dehors, et cela à cause d'un vent fort froid qui entrait par cette porte, aussitôt néanmoins qu'il s'en fut aperçu il la fit ôter.

Il allait prendre ordinairement sa réfection dans ce même esprit de pauvreté, disant souvent en lui-même : Ah ! misérable, tu n'as pas gagné le pain que tu manges ; et quand il pouvait attraper des morceaux restés aux autres, il les prenait pour les manger et pour en faire son repas.

On a remarqué sur le sujet, de cet amour qu'il avait pour la pauvreté, qu'il aimait à être nourri et vêtu pauvrement, et qu'il était ravi quand quelque chose lui manquait, soit pour le vivre ou pour le vêtement et les autres commodités de la vie ; pour cela il portait ordinairement ses soutanes fort usées et même rapiécées, et ses habits de-dessous fort pauvres, et quelquefois tout rompus. Un Seigneur de marque qui le visita un jour, lui voyant une soutane tout usée avec des pièces aux manches, en fut si touché, qu'étant sorti de chez lui, et se trouvant dans une bonne compagnie, il dit que la pauvreté et la propreté de Vincent l'avaient grandement édifié.

Lorsqu'il allait au Louvre pour parler à la Reine, ou pour assister au conseil, c'était toujours avec des habits ordinaires, pauvres et grossiers, sans vouloir jamais en prendre d'autres. Et un jour, Mr le Cardinal Mazarin le prenant par sa ceinture qui était toute déchirée, la fit considérer aux personnes de la compagnie, il dit en riant : « Voyez comme Mr Vincent vient habillé à la Cour, et la belle ceinture qu'il porte ! » Si quelqu'un de la maison lui représentait que son collet était tout déchiré, et qu'il en devait prendre un autre, ou bien que son chapeau était trop vieux, il tournait cela en raillerie, disant : « O mon frère, c'est tout ce que le Roi peut faire que d'avoir un collet qui ne soit pas rompu, et de porter un chapeau neuf ».

Quand il avait besoin de se chauffer en hiver, il ne voulait point qu'on mît sinon fort peu de bois au feu, craignant de faire le moindre dégât du bien de la maison, disant que c'était le bien de Dieu et le bien des pauvres, dont nous n'étions que Dispensateurs et non Seigneurs, et dont par conséquent il faudrait rendre un compte exact devant Dieu aussi bien que de tout le reste, qu'il fallait employer le nécessaire et jamais au delà.

Il s'est trouvé plusieurs fois à la campagne sans argent: et pressé du besoin de manger, il était ravi d'aller chez quelque particulier, ou chez quelque pauvre laboureur, demander un morceau de pain pour l'amour de Dieu : ce qui lui est arrivé particulièrement revenant un jour fort tard de Saint-Germain à Paris.

Comme son cœur était rempli de l'amour de cette vertu de pauvreté, dont il connaissait la valeur et l'excellence, il tâchait aussi d'y porter les siens et d'inspirer ce même esprit dans toute sa compagnie; sur quoi parlant un jour à ceux de sa communauté, il leur dit : « Vous devez savoir, Messieurs, que cette vertu de pauvreté est le fondement de cette congrégation de la Mission : cette langue qui vous parle, n'a jamais, par la grâce de Dieu, demandé chose aucune de toutes celles que la compagnie possède maintenant ; et quand il ne tiendrait qu'à faire un pas, ou à prononcer une seule parole pour faire que la compagnie s'établit dans les provinces et dans les grandes villes, et se multipliât en nombre et en emplois considérables, je ne la voudrais pas prononcer, et j'espère, que Notre Seigneur me ferait la grâce de ne la point dire. C'est la disposition en laquelle je suis, de laisser faire la Providence de Dieu ».

Témoignant une fois la crainte qu'il avait que l'affection de la pauvreté ne vint quelque jour à se ralentir parmi les siens, il leur dit : « Hélas ! que deviendra cette compagnie si l'attache aux biens du monde s'y met ? Que deviendra-t-elle si elle donne l'entrée à cette convoitise des biens, que l'apôtre dit être la racine de tous les maux ? Quelques grands Saints ont dit que la pauvreté est le nœud des religions : nous ne sommes pas à la vérité des religieux, n'ayant pas été trouvé expédient que nous le fussions, et nous ne sommes pas aussi dignes de l'être, bien que nous vivions en commun; mais il n'est pas moins véritable et nous le pouvons dire aussi, que la pauvreté est le nœud des communautés et particulièrement de la nôtre : c'est le nœud qui, la déliant de toutes les choses de la terre, l'attache parfaitement à Dieu. O Sauveur ! donnez-nous cette vertu, qui nous attache inséparablement à votre service, en sorte que nous ne voulions et ne cherchions plus désormais que vous seul et votre pure gloire ».

L'un de ses prêtres lui représentant un jour la pauvreté de la maison, il lui demanda : « Que faites-vous, Monsieur, quand vous manquez ainsi de ce qui est nécessaire pour la communauté ? Avez-vous recours à Dieu ? » — « Oui, quelquefois », répondit le Prêtre. — « Eh bien ! Lui répliqua-t-il, voilà ce que fait la pauvreté ; elle nous fait penser à Dieu, et élever notre cœur vers lui : au lieu que si nous étions accommodés nous oublierions peut-être Dieu : et c'est pour cela que j'ai une grande joie de ce que la pauvreté volontaire est réelle et en pratique, en toutes nos maisons. 1l y a une grâce cachée sous cette pauvreté, que nous ne connaissons pas ». — « Mais, lui répart ce Prêtre, vous procurez du bien aux autres pauvres, et vous laissez-là les vôtres ? » — « Je prie Dieu, lui dit Vincent, qu'il vous pardonne ces paroles ; je vois bien que vous les avez dites tout simplement: mais sachez que nous ne serons jamais plus riches que lorsque nous serons semblables à Jésus-Christ ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Soyons petits, et réjouissons-nous d'être pauvres ; sans cela nous ne serons pas de parfaits disciples de Jésus-Christ ». (Saint Vincent De Paul).

« Plus nous sommes pauvres et plus il faut nous confier à la Providence divine, à qui nous devons nous abandonner entièrement, soit pour les biens temporels, soit pour les biens spirituels ». (Saint Vincent De Paul).

« L'homme n'est jamais plus riche que lorsqu'il est semblable à Jésus-Christ ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Supportez aujourd'hui avec patience et même avec joie les effets de la sainte pauvreté. Priez pour les personnes qui. ont encore quelque attache aux choses créées.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

8 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

539_001

Neuvième jour

Gratitude de Saint Vincent

 

Ce serait manquer à l'un des plus justes devoirs du chrétien, que de se rendre ingrats et méconnaissant des bienfaits reçus, soit à l'égard de Dieu qui en est la principale source, soit à l'égard du prochain dont la divine bonté se sert quelquefois comme d'un canal pour faire découler sur nous diverses sortes de biens.

Or, Vincent était autant éloigné de ce vice, que son cœur se sentait porté par son inclination naturelle et encore plus par le mouvement de la grâce, à la vertu de reconnaissance, tant envers Dieu qu'envers le prochain. Il disait sur ce sujet qu'il n'y avait rien qui avait tant d'efficace pour gagner le cœur de Dieu que de lui offrir un cœur reconnaissant de ses dons et de ses bienfaits ; et dans ce sentiment il avait coutume de remercier Dieu souvent de tous les biens que sa bonté infinie communique incessamment à toutes sortes de créatures, et qu'il a communiqués dès le commencement du monde, comme aussi de toutes les bonnes œuvres et actions de vertu qui ont été pratiquées par le mouvement de sa grâce ; et il conviait les autres à faire de même: et descendant plus au particulier, il invitait souvent les siens à rendre à Dieu de très fréquentes actions de grâces pour la protection et. pour le progrès qu'il daignait donner à son Église et aux principales parties dont elle est composée, surtout aux prélats, aux pasteurs et aux autres ouvriers ecclésiastiques qui travaillaient pour sa conservation et son avancement. Il avait aussi grand soin de remercier Dieu de tous les fruits que faisaient dans l'Église les compagnies et congrégations bien réglées. Et pour ce qui regardait la sienne, on ne saurait assez expliquer avec quels sentiments de reconnaissance il remerciait la divine bonté pour toutes les bénédictions qu'elle versait sur toutes les fonctions auxquelles les siens s'appliquent; comme sur les missions, les exercices des ordinants, les retraites, les conférences, les séminaires et autres services qu'ils rendent à l'Eglise. Il remerciait encore souvent Dieu, pour les assistances qu'on rendait aux pauvres, pour la promotion des bons ecclésiastiques aux charges et dignités de l'Eglise, pour les heureux succès que sa divine boulé donnait aux bons desseins du Roi, pour les victoires remportées soit par sa Majesté, soit par les autres princes et états chrétiens, sur les infidèles hérétiques et schismatiques : et généralement de tous les événements avantageux à la gloire de Dieu et au bien de la religion catholique. C'étaient là les plus ordinaires sujets de sa reconnaissance envers Dieu, laquelle lui semblant trop chétive, il invitait toutes les personnes de piété et les communautés entières, et principalement la sienne, à en louer et glorifier Dieu avec lui, et à offrir leurs sacrifices et prières à cette intention.

On lui a souvent ouï dire qu'il fallait employer autant de temps à remercier Dieu de ses bienfaits, qu'on en employait pour les lui demander ; et il se plaignait avec un grand ressentiment de l'ingratitude extrême des hommes envers leur Père céleste, rapportant sur ce sujet la plainte que Jésus-Christ même en a faite dans l'Évangile, lorsque ayant guéri dix lépreux il n'y en eut qu'un qui se rendit reconnaissant de ce bienfait : et, pour cela, il exhortait incessamment les siens à la pratique de cette vertu, dont le défaut, comme il disait, nous rend indignes de recevoir aucune faveur de Dieu et des hommes.

On ne sait pas de quelle grâce particulière à son égard il remerciait Dieu, parce qu'il n'en parlait jamais, son humilité lui faisant tenir les dons qu'il recevait du Ciel sous le sceau du silence, mais il avait cette coutume tous les ans au jour de son baptême de prier tous ceux de sa communauté, de lui aider à remercier Dieu de ce qu'il avait tant d'années que sa bonté le supportait sur la terre. Nous pourrons juger de la reconnaissance qu'il avait pour les hommes, qui était inconcevable, quelle pouvait être celle qu'il avait pour Dieu; et cela d'autant plus que, recevant les bienfaits des hommes comme lui étant départis de la main libérale du Seigneur, son intention était de lui rapporter les remerciements qu'il leur rendait.

Pour ce qui est de sa gratitude envers les hommes, elle était si grande, qu'il en rendait des témoignages particuliers, non-seulement pour les bienfaits signalés et les services considérables qu'il recevait, mais même pour les moindres choses que l'on faisait pour lui, ce qui provenait de sa profonde humilité qui lui faisait croire que rien ne lui était dû, et que chacun lui faisait plus d'honneur et de grâce qu'il ne méritait ; de sorte qu'il trouvait sujet de remerciement en des choses où les personnes les plus reconnaissantes n'en eussent pu apercevoir. Dans cette esprit de gratitude, il disait à ceux qui l'approchaient, quoique ce ne fût que par manière de visite, ou pour lui rendre le moindre devoir, aux uns : « Je vous remercie de ce que vous ne méprisez point la vieillesse » ; à d'autres : « de ce que vous supportez un misérable pécheur » ; à quelque autre : « de ce que vous m'avez enseigné une chose que je ne savais pas », ou « de la charité que Dieu vous donne pour moi » ; ou bien : « de la patience que vous avez exercée à m'entendre » ; et il faisait ces remerciements jusqu'aux moindres des frères et même à celui qui était plus ordinairement auprès de sa personne dans ses maladies, le remerciant des plus petits services, comme de lui allumer une lampe, lui apporter un livre, ouvrir ou fermer une porte, etc., témoignant faire état des moindres choses et de les recevoir avec esprit de reconnaissance; ce qui faisait qu'un chacun prenait plaisir à lui rendre quelque sorte de service. — Il en usait de même dans les voyages, pour les moindres assistances qu'on lui rendait, comme de lui aidera monter à cheval ou autres semblables, dont il faisait plusieurs remerciements avec une grande cordialité et d'une manière fort gracieuse même aux enfants, ajoutant souvent aux paroles quelque rétribution ; et il était si exact en cette reconnaissance, que si celui qui l'accompagnait dans ses voyages ne remerciait pas assez, ou le faisait froidement, il l'en avertissait comme d'une faute.

Ce vénérable Prêtre, qui en toutes choses imitait Notre Seigneur, l'a imité particulièrement en ceci, de tenir fait à sa personne ce qui l'était air moindre des siens ; et pour cela il remerciait et récompensait ceux qui rendaient quelque bon office au frère qui avait le bonheur de l'accompagner, comme de ce qui était fait à lui-même.

Il était si reconnaissant, que quand il avait reçu assistance ou faveur de quelqu'un pour sa compagnie, il ne manquait pas de le publier partout, et de l'appeler protecteur, bienfaiteur et lui donner d'autres titres semblables, exhortant ses enfants à le recommander à Notre Seigneur et lui témoignant toujours aux rencontres le souvenir de ce bienfait.

Un Prêtre de la Mission étant mort en Lorraine dans une maison des Révérends Pères Jésuites, qui le firent enterrer honorablement, Vincent fit faire pour cela une conférence à sa communauté sur la reconnaissance, afin d'exciter ses enfants à prier Dieu pour ces bons Pères et pour lui demander la grâce et les occasions de reconnaître ce bienfait, comme il l'a reconnu en son particulier dans toutes les manières possibles ; prenant toujours le parti de cette Sainte Compagnie, lorsqu'il s'est élevé des persécutions contre elle, tâchant d'en détourner les calomnies, publiant les vertus qu'elle pratique et les grands biens qu'elle fait.

Il avait surtout une grande reconnaissance envers les fondateurs des maisons de sa congrégation, en sorte qu'il ne mettait point de bornes dans tous les témoignages de gratitude qu'il pouvait leur rendre. Écrivant sur ce sujet à l'un de ses Prêtres : « Nous ne saurions, lui dit-il, avoir jamais assez de reconnaissance et de gratitude pour nos fondateurs » ; on peut juger par ces quelques mots extraits de sa lettre, de quels sentiments il était animé à leur égard, et combien il désirait que ses enfants les partageassent. Nous n'aurions jamais fait, si nous voulions rapporter jusqu'où Saint Vincent a excellé dans cette vertu, nous nous contenterons de ce que nous en avons dit.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La reconnaissance pour les grâces reçues est un des,moyens les plus efficaces pour en obtenir de nouvelles ». (Saint Vincent De Paul).

« Les bienfaits innombrables que Dieu nous accorde, et ceux qu'il nous promet, méritent bien que nous n'agissions jamais pour notre propre gloire et que toutes nos actions soient faites pour la gloire de Dieu ». (Saint Vincent De Paul).

« Dès que Dieu a commencé à répandre ses bienfaits sur une créature, il ne cesse pas de la favoriser tant qu'elle ne s'en rend pas indigne ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Soyez aujourd'hui très fidèles aux inspirations de la grâce, en reconnaissance des bienfaits que vous avez reçus de Dieu. Priez pour les personnes qui manquent de remercier le Seigneur des grâces reçues.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

7 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

93875528_o

Huitième jour

Prudence de Saint Vincent De Paul

 

Nous joignons la prudence à la simplicité, parce que Notre Seigneur Jésus-Christ les a mises ensemble dans son Evangile lorsqu'il instruisait ses apôtres et en leur personne tous les fidèles, et particulièrement ceux qui devaient être employés à la conduite des autres ; parce que ces deux vertus ont une telle connexion ensemble que l'une sans l'autre, comme dit Saint Augustin, n'est que peu ou point du tout profitable.

Mais avant que de produire des exemples de sa prudence, il ne sera pas hors de propos que nous l'entendions parler lui-même de cette vertu, et nous en tracer les traits, tels que l'Esprit-Saint les avait tracés dans son âme.

C'est dans un entretien qu'il fit un jour aux siens sur ce sujet, où il leur parla de la prudence en ces termes : « C'est le propre de cette vertu de régler et de conduire les paroles et les actions; c'est elle qui fuit parler sagement et à propos, et qui fait qu'on s'entretient avec circonspection et jugement des choses bonnes de leur nature et en leurs circonstances , et qui fait supprimer et retenir dans le silence celles qui sont contre Dieu , ou qui nuisent au prochain, ou qui tendent à la propre louange, ou à quelque autre mauvaise fin. Cette même vertu nous fait agir avec considération, maturité, et par un bon motif, en tout ce que nous faisons, non seulement quant à la substance de l'action, mais aussi quant aux conséquences, en sorte que le prudent agit comme il faut, quand il faut, et pour la fin qu'il faut ; l'imprudent au contraire, n'a pas la manière, ni le temps, ni les motifs convenables, et c'est là son défaut; au lieu que le prudent, agissant discrètement, fait toutes choses, avec poids, nombre et mesure. La prudence et la simplicité, tendent à même fin, qui est de bien parler et de bien faire dans la vue de Dieu ; et comme l'une ne peut être sans l'autre, notre Seigneur les a recommandées toutes deux ensemble. La prudence dont je parle est celle que Jésus Christ conseille dans l'Évangile, qui nous fait choisir les moyens propres pour arriver à la fin qu'il nous propose; laquelle étant toute divine, il faut que ses moyens y aient du rapport et de la proportion. Or, nous pouvons choisir les moyens proportionnés à la fin que nous nous proposons, en deux manières: ou par notre seul raisonnement, qui est souvent bien faible ; ou bien par les maximes de la foi que Jésus nous a enseignées, qui sont toujours infaillibles, et que nous pouvons employer sans aucune crainte de nous tromper ; c'est pourquoi la vraie prudence assujettit notre jugement à ces maximes, et nous donne pour règle inviolable de juger toujours de toutes choses comme notre Seigneur en a jugé, en sorte que dans les occasions nous nous demandions à nous-mêmes, comment Notre Seigneur Jésus-Christ a-t-il jugé de telle et de telle chose ? Et comment s'est-il comporté en telle et telle rencontre ? Qu'a-t-il dit, qu'a-t-il fait sur tel ou tel sujet ! Et qu'ainsi nous ajustions toute notre conduite selon ses maximes et ses exemples. Prenons donc cette résolution, Messieurs, et marchons en assurance, dans ce chemin royal dans lequel Jésus sera notre guide et notre conducteur, et souvenons-nous de ce qu'il a dit, que le ciel et la terre passeront, mais que ses paroles et ses vérités ne passeront jamais. Bénissons Notre Seigneur, mes frères, et tâchons de penser et de juger comme lui, et de faire ce qu'il a recommandé par ses paroles et par ses exemples. Entrons dans son esprit, pour entrer en ses opérations; ce n'est pas tout de faire le bien , mais il le faut bien faire à l'imitation de Notre Seigneur duquel il est dit : Qu'il a bien fait toutes choses. Non, ce n'est pas assez de jeûner, d'observer les règles, de s'occuper aux fonctions de son état, mais il le faut faire dans l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire avec perfection, pour les fins et avec les circonstances que lui-même les a faites. La prudence chrétienne donc consiste à juger, parler et opérer, comme la sagesse éternelle de Dieu, revêtue de notre chair, a jugé, parlé et opéré ».

Voilà quels étaient les sentiments de Vincent touchant la vertu de prudence, et voici quel a été l'usage qu'il en a fait : 1° Lorsqu'il était question de délibérer de quelque affaire, ou de donner quelque conseil ou résolution, avant que d'ouvrir la bouche pour parler, et même avant que de s'appliquer à penser aux choses qu'on lui proposait, il élevait toujours son esprit à Dieu pour implorer sa lumière et sa grâce ? On lui voyait ordinairement alors les yeux levés vers le ciel, et puis les tenant quelques temps fermés, comme consultant Dieu en lui-même, avant que de répondre : que s'il s'agissait de quelque affaire de conséquence, il voulait toujours qu'on prit du temps pour la recommander à Dieu, et pour invoquer le secours du Saint Esprit, et comme il s'appuyait uniquement sur la sagesse divine, et non sur sa prudence particulière aussi recevait-il du ciel les grâces et les lumières qui lui faisaient quelquefois découvrir des choses, que le seul esprit humain n'eût jamais pu pénétrer. Il disait à ce propos, que « là où la prudence humaine déchéait et ne voyait goutte, là commençait à poindre la lumière de la sagesse divine ».

Il était extrêmement retenu et circonspect en ses paroles, non-seulement pour ne rien dire ni répondre qui pût causer aucun ombrage ou défiance, ou qui donnât sujet de peine à personne, mais même pour ne rien avancer qui ne fût mûrement considéré et digéré en son esprit: et il y a sujet de croire que c'est pour cela qu'il causait peu et fort posément.

Il disait que c'était un effet de prudence et de sagesse, non-seulement de parler bien, et de dire de bonnes choses, mais aussi de les dire à propos, eu sorte qu'elles fussent bien reçues et qu'elles profitassent à ceux à qui l'on parlait. Que Notre Seigneur en avait donné l'exemple en plusieurs rencontres et particulièrement parlant à la samaritaine il prit occasion de l'eau qu'elle venait puiser, pour lui parler de la grâce et lui inspirer le désir d'une parfaite conversion.

Enfin Vincent a fait paraître la pureté et solidité de sa prudence et de sa sagesse, en ce qu'il a toujours cherché de suivre et d'accomplir en toutes choses la très sainte volonté de Dieu, par préférence à tout le reste, et sans avoir aucun égard aux intérêts temporels, qu'il méprisait et foulait aux pieds quand il s'agissait du service et de la gloire de Dieu. C'était le grand et unique principe sur lequel il fondait ses résolutions et par lequel il exécutait fidèlement ce qu'il avait résolu, préférant souverainement et incomparablement la volonté de l'Éternel, et ce qui regardait sa gloire et son service, à toute autre chose, sans en excepter aucune.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La prudence est nécessaire pour être circonspect à agir, et pour savoir s'accommoder aux dispositions de chacun; elle s'unit fort Lien avec la simplicité. (Saint Vincent De Paul).

Ce Saint qui avait la vertu de simplicité dans un si haut degré, réglait tellement ses actions par la prudence et la charité du prochain, qu'il réussissait dans tout ce qu'il entreprenait. Il passait pour un des hommes les plus sages de son siècle, ce qui faisait qu'on le consultait comme un oracle, et qu'on se faisait une loi de suivre ses conseils. Il n'y a rien de plus contraire au succès des affaires que la précipitation: les délais sont ordinairement plus avantageux que nuisibles.

Pratique : Soyez aujourd'hui très circonspects dans vos paroles et dans vos actions. Priez pour les personnes qui manquent de circonspection en ces deux choses.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

6 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

gonzalez-carbonell

Septième jour

Simplicité de Saint Vincent

 

La simplicité est d'autant plus estimable entre ceux qui font profession de suivre les maximes de Jésus-Christ, qu'elle est moins estimée parmi les sectateurs de la vaine et fausse sagesse du monde.

Saint Vincent disait que la simplicité nous fait aller droit à Dieu, droit à la vérité, sans faste, sans biaisement, sans déguisement, et sans aucune vue de propre intérêt ni de respect humain ; il pratiquait parfaitement ce qu'il disait, en sorte qu'il y a sujet de croire que cette vertu de simplicité qu'il possédait à un très excellent degré, a grandement contribué aux heureux succès de ses saintes entreprises, attirant sur lui la bénédiction de Dieu et l'approbation des hommes, parce qu'il n'y a rien qui plaît tant à Dieu et a gagné davantage l'affection de toutes sortes de personnes, que la droiture et la simplicité dans le cœur, dans la vie et dans les paroles.

Or, comme il avait une estime particulière pour cette vertu, il tâchait aussi de l'insinuer dans l'esprit des siens, auxquels parlant un jour sur ce que Jésus-Christ recommandait à' ses disciples d'être simples comme des colombes, il leur dit : « Ce divin Sauveur, envoyant ses Apôtres pour prêcher son évangile par tout le monde, leur recommande particulièrement cette vertu de simplicité comme une des plus importantes et nécessaires pour attirer en eux les grâces du Ciel, et pour disposer les cœurs des habitants de la terre à les écouter et à les croire ; or, ce n'est pas seulement à ses apôtres qu'il parlait, mais généralement à tous ceux que sa providence destinait pour prêcher l'évangile et travailler à la conversion des âmes, et par conséquent, c'est à nous que Jésus-Christ parlait, et qu'il recommandait cette vertu de simplicité, laquelle est si agréable à Dieu, que son bon plaisir est de s'entretenir avec les simples de cœur. Pensez, mes frères, quelle consolation et quel bonheur pour ceux qui sont du nombre de ses véritables simples, lesquels sont assurés, par la paroles de Dieu, que son bon plaisir est de demeurer et s'entretenir avec eux.

Or, pour bien connaître l'excellence de cette vertu, il faut savoir qu'elle nous approche de Dieu, et qu'elle nous rend semblables à Dieu, dans la conformité qu'elle nous fait avoir avec lui, en tant qu'il est un être simple et qu'il a une essence très pure, qui n'admet aucune composition ; si bien que ce que Dieu est par essence, c'est cela même que nous devons tâcher d'être par vertu, autant que notre faiblesse et misère en sont capables. Il faut avoir un cœur simple, un esprit simple, une intention simple, une opération simple, parler simplement, agir bonnement, sans user d'aucun déguisement ni artifice, ne regardant que Dieu auquel seul nous désirons plaire.

La simplicité donc comprend non seulement la vérité et la pureté d'intention, mais elle a encore une certaine propriété d'éloigner de nous toute tromperie, ruse et duplicité; et comme c'est principalement dans les paroles que cette vertu se fait paraître, elle nous oblige de déclarer les choses par notre langue comme nous les avons dans le cœur, parlant et déclarant simplement ce que nous avons à dire, et avec une pure intention de plaire à Dieu. Ce n'est pas toutefois que la simplicité nous oblige de découvrir toutes nos pensées, car cette vertu est discrète, et n'est jamais contraire à la prudence, qui nous fait discerner ce qui est bon n dire, d'avec ce qui ne l'est pas, et nous fait connaître quand il se faut taire aussi bien que quand il faut parler.

Pour ce qui est de la simplicité qui regarde les actions, elle a cela de propre qu'elle fait agir bonnement, droitement et toujours en vue de Dieu, soit dans les affaires, ou dans les emplois et exercices de piété, à l'exclusion de toutes sortes d'hypocrisies, d'artifices et de vaines prétentions. Une personne, par exemple, qui fait un présent à une autre, feignant que c'est par affection, et néanmoins fait ce présent afin que l'autre lui donne une autre chose plus considérable, quoique selon le monde cela semble permis, c'est toutefois contre la vertu de simplicité qui ne peut souffrir qu'on témoigne une chose et qu'on en regarde une autre ; car, comme cette vertu nous fait parler selon nos sentiments intérieurs, elle nous fait aussi agir de même dans une franchise et droiture chrétienne, et le tout pour Dieu, qui est l'unique fin qu'elle prétend; d'où il faut inférer que cette vertu de simplicité n'est pas dans les personnes, qui par respect humain, veulent paraître autres qu'elles ne sont, qui font des actions bonnes extérieurement pour être estimées vertueuses ».

Nous avons rapporté un peu au long ce discours que Vincent a fait aux siens de cette vertu, parce que nous avons cru ne pouvoir mieux représenter sa simplicité que par ses propres paroles; car, il était tel qu'il voulait persuader aux autres de devenir; et celui qui entendait ses paroles, pouvait connaître son cœur, qu'il portait toujours sur ses lèvres. De sorte que l'on peut dire avec vérité qu'il possédait cette vertu à un tel degré, par le secours de la grâce de Notre Seigneur, que les puissances de son âme en étaient toutes remplies, et que ce qu'il disait et faisait, provenait de cette source, conformant toujours son extérieur à son intérieur, et ses actions à ses intentions, qui tendaient toutes à ce qui était le plus parfait. Sa fidélité à la pratique de cette vertu s'est fait voir en toutes rencontres, jusqu'aux moindres choses. Entre plusieurs exemples, on a souvent remarqué que la grande quantité d'affaires auxquelles il était continuellement appliqué, lui en faisant oublier de fois à autres quelques petites, comme de parler à quelqu'un, de répondre à une lettre, ou de faire quelque autre chose qu'on lui avait recommandée, il aimait mieux avouer franchement ses défauts, quoiqu'il lui en dût arriver de la confusion, que les couvrir, par quelque excuse ou artifice d'esprit. Il disait qu'il s'était toujours bien trouvé de déclarer les choses telles qu'elles étaient, parce que Dieu y donne sa bénédiction.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Les réflexions continuelles sur ses défauts, ne plaisent pas aux yeux de Dieu, elles ne servent qu'à contenter notre misérable amour propre ; marchez simplement ». (Saint François de Sales).

« Les âmes simples fuient les détours qui éloignent de Dieu. Dieu nous préserve de louer, de flatter, ou de faire quelque chose pour nous attirer la bienveillance ou la protection de quelqu'un. Ces motifs sont bas, trop vils et trop éloignés de l'esprit de Jésus Christ, à l'amour de qui nous devons principalement rapporter tout ce que nous faisons. Telles doivent être nos maximes : faire tout pour l'amour de Dieu, et ne point désirer l'estime des hommes : travailler à leur salut, sans se mettre en peine de ce qu'ils diront. (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Dans les rapports qu'on a avec le prochain, agir avec droiture et franchise, comme on croit devoir le faire devant Dieu. Priez pour les personnes qui manquent de simplicité.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

5 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

93875614_o

Sixième jour

De l'obéissance de Saint Vincent

 

Nous ne pouvons mieux faire en parlant de l'obéissance de Vincent, que de rapporter les sentiments qu'il avait de cette vertu, lesquels il a déclarés en plusieurs rencontres, mais particulièrement dans les avis salutaires qu'il a donnés à ce sujet à ses chères filles, les religieuses du premier monastère de la Visitation de Paris.

Elles ont témoigné que ce grand Serviteur de Dieu, qui a été leur premier père spirituel, entre toutes les vertus, leur recommandait souvent celle de l'obéissance, et l'exactitude à la règle jusqu'aux moindres observances ; qu'il avait une affection toute particulière pour bien établir ces vertus dans leur communauté, et leur disait que ces vertus étaient celles, qui étant pratiquées avec persévérance faisaient la religion ; que pour s'y exciter il était nécessaire d'en conférer souvent ensemble et de s'entretenir sur leur excellence et leur beauté ; et qu'il fallait s'y affectionner dans la vue du plaisir que Dieu prend dans les âmes religieuses qui s'y rendent fidèles ; et parce que celui qui est leur Divin Epoux aimait tellement ces vertus que le moindre retardement à l'obéissance lui était désagréable ; qu'une âme vraiment religieuse ayant voué cette vertu à la face de l'Eglise, doit se rendre soigneuse d'accomplir ce qu'elle a promis, et que si l'on se relâche dans une petite chose, on se relâche bientôt dans une plus grande ; que tout le bien de la créature consistait en l'accomplissement de la volonté de Dieu, et que cette volonté se trouvait particulièrement dans la fidèle pratique de l'obéissance, et en l'exacte observance de la régularité ; qu'on ne pouvait rendre un service plus agréable à Dieu, qu'en pratiquant l'obéissance par laquelle il accomplit ses desseins sur nous, que sa pure gloire s'y trouve avec l'anéantissement de l'amour-propre et de tous ses intérêts, qui est ce à quoi nous devons principalement prétendre, et que cette pratique mettait l'âme dans la vraie et parfaite liberté des enfants de Dieu.

Il recommandait fort de renoncer à son propre jugement et de le mortifier pour le soumettre à celui de ses supérieurs, et disait que l'obéissance ne consistait pas à faire présentement ce qu'on nous ordonne, mais à se tenir dans une entière disposition de faire tout ce qu'on nous pourrait commander en toutes sortes d'occasions : qu'il fallait regarder ses supérieurs comme tenant la place de Jésus-Christ sur la terre, et leur rendre en cette considération, un très-grand respect ; que de murmurer contre eux était une espèce d'apostasie intérieure ; car, comme l'apostasie extérieure se commet en quittant l'habit et la religion, et se désunissant de son corps, aussi l'apostasie intérieure se fait quand on se désunit des supérieurs, les contredisant en son esprit, et s'attachant à des sentiments particuliers et contraires aux leurs ; ce qui est le plus grand de tous les maux qui arrivent dans une communauté ; que l'âme religieuse évitait ce malheur quand elle se tenait dans une sainte indifférence, et qu'elle se laissait conduire par ses supérieurs.

Il disait encore, sur le sujet de l'obéissance, qu'il fallait pour fondement de la vraie soumission qu'on doit avoir dans une communauté, considérer attentivement les choses suivantes :

1° La qualité des supérieurs, qui tiennent sur la terre la place de Jésus-Christ à notre égard ; 2° La peine qu'ils ont, et la sollicitude qu'ils prennent pour nous conduire à la perfection ; passant quelquefois les nuits entières en veilles, et ayant souvent le cœur plein d'angoisses, pendant que les inférieurs jouissent à leur aise de la paix et de tranquillité que leur apportent le soin et le travail de ceux qui les conduisent, dont la peine est d'autant plus grande qu'ils ont sujet d'appréhender le compte qu'ils sont obligés d'en rendre à Dieu ; 3° La récompense promise aux âmes vraiment obéissantes même dès cette vie ; car outre les grâces que mérite cette vertu, Dieu se plaît à faire la volonté de ceux qui pour l'amour de lui, soumettent leur volonté à celle de leurs Supérieurs ; 4° La punition que doivent appréhender ceux qui ne veulent pas obéir, dont Dieu a fait voir un exemple bien terrible, dans le châtiment que sa justice a exercé sur Coré, Dathan et Abiron, pour avoir méprisé Moïse leur supérieur, et pour avoir par ce mépris offensé grièvement Dieu qui a dit, parlant aux supérieurs qu'il a établis dans son Eglise : que celui qui vous écoute, m'écoute ; et que celui qui vous méprise me méprise ; 5° L'exemple de l'obéissance que Jésus-Christ est venu donner aux hommes, ayant mieux aimé mourir, que de manquer à obéir, et certes, ce serait une dureté de cœur bien grande, de voir un Dieu obéissant jusqu'à la mort pour notre sujet, et nous, chétives et misérables créatures, refuser de nous assujettir pour l'amour de Lui.

Il ajoutait, pour pratiquer parfaitement celte vertu, qu'il fallait obéir : 1° Volontairement, faisant plier notre volonté sous la volonté des Supérieurs ; 2° Simplement, pour l'amour de Dieu, et sans jamais permettre à noire entendement, de rechercher ou examiner pourquoi nos supérieurs nous ordonnent telle ou telle chose ; 3°Promptement, sans user d'aucun retardement, quand il est question d'exécuter ce qui est commandé ; 4° Humblement, sans prétendre ni désirer de tirer aucune louange ou estime de l'obéissance qu'on rend ; 5° Courageusement, ne désistant pas et ne s'arrêtant pas pour les difficultés, mais les surmontant avec force et générosité ; 6° Gaiement, exécutant ce qui est commandé avec agrément, et sans témoigner aucune répugnance ; 7° Avec persévérance, à l'imitation de Jésus-Christ qui s'est rendu obéissant jusqu'à la mort.

Or, il ne faut pas considérer ce que Vincent disait ou enseignait, comme des leçons d'un maître, ou des exhortations d'un prédicateur, qui ne fait pas quelquefois ce qu'il enseigne aux autres, mais comme les pures expressions des sentiments les plus sincères de son cœur, et comme de véritables témoignages de ce qu'il pratiquait lui-même avec une merveilleuse humilité ; car quoiqu'il fût envoyé avec les siens par les Evêques avec plein pouvoir pour travailler dans les paroisses de leurs diocèses, il ne voulait toutefois rien faire qu'avec le consentement et sous le bon plaisir des Curés, ce qu'il observait inviolablement, aussi bien dans les plus petits villages comme dans les autres lieux plus considérables.

Saint Vincent de Paul était toujours le premier à tous les exercices de la communauté, par amour pour la règle. Il ne manquait pas de se mettre à genoux en entrant dans sa chambre et avant d'en sortir, parce que c'était un point de règle, quoiqu'il ne pût le faire les dernières années de sa vie qu'avec beaucoup de peine, à cause du mal qu'il avait aux jambes.

 

Fleurs Spirituelles

 

« L'obéissance est sans doute plus méritoire que toutes les austérités. Quelle austérité plus grande que de tenir sa volonté continuellement soumise et obéissante ? » (Sainte Catherine de Bologne).

« Une simple goutte de parfaite obéissance vaut un million de fois plus qu'un vase entier de la plus sublime contemplation ». Sainte Marie Madeleine de Pazzi).

Pratique : Efforcez-vous aujourd'hui d'obéir avec soumission de volonté et de jugement, pour l'amour de Jésus-Christ. Priez pour les personnes obéissantes.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

4 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

323_001

Cinquième jour

Sentiments de Vincent sur l'humilité

 

Quoique Vincent prit occasion de s'humilier en toutes rencontres, comme nous l'avons dit hier, et qu'on puisse bien dire que toutes sortes de choses lui servaient de matière pour pratiquer l'humilité, il avait néanmoins deux principaux motifs qui étaient comme les deux pivots sur lesquels roulaient tous les sentiments qu'il avait de cette vertu et toutes les pratiques qu'il en faisait et conseillait aux autres.

Le premier était la grande connaissance et les vues toutes singulières qu'il avait des infinies perfections de Dieu, et des défauts des créatures, qui lui donnaient pour sujet de tenir pour injustice, de ne se pas humilier toujours et en toutes choses, attendu la condition misérable de l'homme et la grandeur et sainteté infinie de Dieu.

Voici en quels termes il en parla un jour aux siens : en vérité, Messieurs et mes frères, si un chacun de nous veut s'étudier à se bien connaître, il y trouvera qu'il est très juste et très raisonnable de se mépriser soi-même. Car si d'un côté, nous considérons sérieusement la corruption de notre nature, la légèreté de notre esprit, les ténèbres de notre entendement, les dérèglements de notre volonté, et l'impureté de nos affections ; si ailleurs, si nous pesons bien au poids du sanctuaire nos œuvres et nos productions, nous trouverons que le tout est très digne de mépris. Mais quoi ! Me dites-vous, mettez-vous de ce nombre les prédications que nous avons faites, les confessions que nous avons entendues, les peines et les soins que nous avons pris pour le prochain et pour le service de notre Seigneur ? Oui, Messieurs, si l'on repasse sur ses meilleurs actions, on est surpris d'y voir qu'en la plupart on s'y est mal conduit quant à la manière, et souvent quant à la fin; et que, de quelque façon qu'on les regarde, il y peut avoir autant de mal que de bien, car, dites-moi je vous prie, que peut-on attendre de la faiblesse de l'homme ? Qu'est-ce que peut produire le néant, et que peut faire le péché ? Et qu'avons-nous de nous-mêmes autre chose, sinon le néant et le péché ? Tenons donc pour certain qu'en tout et partout nous sommes dignes de rebut, et toujours très méprisable, à cause de l'opposition que nous avons par nous-mêmes à la sainteté et aux autres perfections de Dieu, à la vie de Jésus-Christ et aux opérations de sa grâce ; et ce qui nous persuade davantage de cette vérité, est la pente naturelle et continuelle que nous avons au mal, notre impuissance au bien, et l'expérience que nous avons tous que lors même que nous pensons avoir bien réussi en quelque action, ou bien rencontré en nos avis, il arrive tout le contraire, et Dieu permet souvent que nous sommes méprisés. Si donc nous nous étudions à nous bien connaître, nous trouverons qu'en tout ce que nous pensons, faisons et disons, soit en la substance ou dans les circonstances, nous sommes pleins et environnés de sujets de confusions et de mépris: et si nous ne voulons point nous flatter, nous nous verrons non seulement plus méchants que les autres hommes, mais pires en quelque façon que les démons de l'enfer, car si ces malins esprits avaient en leur disposition les grâces et les moyens qui nous sont donnés pour devenir meilleurs, ils en feraient mille et mille fois plus d'usage que nous n'en faisons.

Le second motif était l'exemple et les paroles de Jésus qu'il avait toujours en vue, et qu'il exposait aux yeux d'un chacun. Rapportant un jour sur ce sujet, dans un discours qu'il fit aux siens, ces paroles de Jésus Christ apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur : et ces autres, celui qui s'humiliera sera exalté, et celui qui s'élèvera sera abaissé, il ajouta ce qui suit: Qu'est-ce que la vie de ce divin Sauveur, sinon une vie d'humiliations continuelles, une vie active et passive ? Il l'a tellement aimée, cette humiliation, qu'il ne l'a jamais quittée pendant sa vie, et même après sa mort, il a voulu que l'Eglise nous ait représenté sa personne divine par la figure du Crucifix, afin de paraître à nos yeux dans un état d'ignominie, comme ayant été pendu pour ainsi dire comme un criminel, et comme ayant souffert pour nous, la mort la plus honteuse et la plus affreuse qu'on ait pu s'imaginer. Pourquoi cela ? C'est par ce qu'il connaissait l'excellence des humiliations et la malice du péché contraire qui non-seulement aggrave les autres péchés, mais qui rend vicieuses les œuvres qui de soi ne sont pas mauvaises, et qui peut infecter et corrompre celles qui sont bonnes, même les plus saintes.

Retenons donc bien cette vérité, Messieurs, et qu'un chacun la grave bien avant dans son cœur, et qu'il dise, parlant à soi-même: quoique j'eusse toutes les vertus, si toutefois je n'ai pas l'humilité, je me trompe, et pensant être vertueux je ne suis qu'un superbe pharisien et un religieux abominable. Ô Sauveur Jésus-Christ, répandez sur nos cœurs ces divines lumières dont votre sainte âme était remplie et qui vous ont fait préférer l'outrage à la louange ! Embrasez nos cœurs de ces affections saintes qui brûlaient et consumaient le vôtre et qui vous ont fait chercher la gloire de votre père céleste dans votre propre confusion. Faites par votre grâce que nous commencions dès maintenant à rejeter tout ce qui ne va pas à votre honneur et à notre mépris, tout ce qui ressent la vanité, l'ostentation et la propre estime : que nous renoncions une bonne fois pour toutes à l'applaudissement des hommes abusés et trompeurs, et à la vaine imagination du bon succès de nos œuvres : enfin, mon Sauveur, que nous apprenions à être véritablement humbles de cœur par votre grâce et vos exemples.

J'ai fait diverses fois, disait-il un jour, la visite en quelques maisons de religieuses, et j'ai souvent demandé à plusieurs d'entre elles pour quelle vertu elles avaient le plus d'estime, ou d'attrait; je le demandais même à celles que je savais avoir plus d'éloignement pour les humiliations ; mais à peine entre vingt en ai-je trouvé une, qui ne me dit que c'était pour l'humilité, tant il est vrai que chacun trouve cette vertu belle et aimable. D'où vient donc qu'il y en a si peu qui l'embrasse et encore moins qui la possède ? C'est qu'on se contente de la considérer, et on ne prend pas la peine de l'acquérir : elle est ravissante dans la spéculation, mais dans la pratique elle a un visage désagréable à la nature, et ses exercices nous déplaisent, parce qu'ils nous portent à choisir toujours le plus bas lieu, à nous mettre au-dessous des autres et même des moindres, à souffrir les calomnies, chercher le mépris, aimer l'abjection, qui sont choses pour lesquelles naturellement nous avons de l'aversion.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Voici un des meilleurs moyens d'acquérir l'humilité, c'est de graver profondément dans son esprit cette maxime : Chacun n'est réellement que ce qu'il est devant Dieu, il n'est rien de plus ». (L'auteur de l'imitation).

« L'humilité, pour être véritable, doit être toujours accompagnée de la charité, c'est-à-dire que nous devons aimer, chercher et accepter les humiliations, pour plaire à Dieu et pour ressembler à Jésus Christ ». (Saint François de Sales).

Pratique : Cherchez aujourd'hui la dernière place et le rebut des autres, vous persuadant avec tout cela que vous avez encore plus que vous ne méritez à cause de vos péchés. Priez pour les âmes qui aspirent au troisième degré d'humilité.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

3 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, France, Vincent and boy

Quatrième jour

Humilité de Saint Vincent

 

C'est une vérité prononcée par la bouche du Fils de Dieu, que celui qui s'élève sera humilié et au contraire, que celui qui s'humilie sera exalté : cela s'est vérifié eu la personne de Vincent, lequel a été exalté par les grandes choses que Dieu a faites en lui et par lui d'autant qu'il s'est humilié ; et plus il s'est profondément abaissé, Dieu a pris plaisir de l'élever davantage, et de répandre plus abondamment ses bénédictions sur lui, et sur ses saintes entreprises.

Il est vrai que l'on peut dire de ce Saint homme après sa mort ce que plusieurs en ont dit durant sa vie, qu'il n'a jamais été bien connu au monde tel qu'il était en effet, quelque estime qu'on ait eue pour lui : car, bien qu'il ait toujours passé pour un homme fort humble, l'opinion commune toutefois n'a jamais regardé son humilité comme la disposition principale qui a attire sur lui toutes les grâces et les bénédictions dont il a été comblé et comme le fondement et la racine de toutes les grandes œuvres qu'il a faites. Ceux qui en ont jugé plus favorablement ont estimé que c'était son zèle qui le portait à les entreprendre, et que sa prudence les lui faisait conduire heureusement à chef ; mais quoique ces deux vertus fussent excellentes en lui, et qu'elles aient beaucoup contribué aux grands biens qu'il a opérés, il faut néanmoins avouer que c'est sa profonde humilité qui a attiré sur lui cette plénitude de lumières et de grâces, par la vertu desquelles tout a prospéré entre ses mains et sous sa conduite. Mais pour parler encore mieux, nous pouvons dire que son zèle le portait à s'humilier sans cesse ; il répétait continuellement en lui-même cette leçon d'humilité qu'il avait apprise de son divin Maître, disant en son cœur : « Je ne suis pas un homme, mais un pauvre ver de terre, qui rampe ne sachant où il va, mais qui cherche seulement à se cacher en vous, ô mon Dieu ! Qui êtes tout mon désir. Je suis un pauvre aveugle qui ne saurait avancer un pas dans le bien si vous ne me tendez la main de votre miséricorde pour me conduire ».

Il qualifiait sa Congrégation de petite, très petite et chétive Compagnie : il ne pouvait souffrir qu'on dit aucune chose à sa louange, disant qu'il ne demandait rien pour elle à Dieu, sinon qu'il eût pour agréable de lui donner la vertu d'humilité.

Son humilité était si sincère, qu'on la pouvait lire sur son front, sur ses yeux, et sur toute la posture de son corps, et reconnaître par son extérieur que ses humiliations et abaissements venaient du fond de son cœur, où cette vertu était si profondément gravée, qu'il croyait ne pas mériter l'usage d'aucune créature, non pas même de celles qui servent à conserver la vie, et encore moins des autres qui peuvent être utiles ou nécessaires pour avancer la gloire de Dieu.

C'était sa coutume en toutes rencontres, et devant toutes sortes de personnes, même de la plus haute qualité, et surtout quand on témoignait quelque estime de lui, et qu'on lui voulait rendre quelque honneur, de dire et publier qu'il n'était que le fils d'un pauvre paysan et qu'il avait gardé les troupeaux ; ce qu'il prenait aussi plaisir de déclarer aux pauvres, afin qu'ils le considérassent comme ayant été de leur condition ; sur ce sujet, il arriva un jour qu'un homme de village étant venu à Saint-Lazare demander Vincent et le portier lui ayant dit qu'il était empêché pour lors avec quelques Seigneurs, ce bon homme répliqua : « Ce n'est donc plus Monsieur Vincent, parce que lui-même m'a dit qu'il n'était que le fils d'un simple paysan comme moi ? » — Accompagnant un jour un ecclésiastique à la porte de Saint-Lazare, une pauvre femme se mit à crier, lui disant : « Monseigneur, donnez-moi l'aumône » ; à quoi Vincent lui répondit : « O ma pauvre femme, vous me connaissez bien mal, car je ne suis qu'un porcher et le fîls d'un pauvre villageois ». Une autre l'ayant encore rencontré à la porte comme il conduisait quelques personnes de condition et pour le convier de lui donner l'aumône plus volontiers, lui ayant dit qu'elle avait été servante de Mme sa Mère, il lui répondit aussitôt devant tous ceux qui étaient présents : « Ma bonne femme, vous me prenez pour un autre : ma mère n'a jamais eu de servante, ayant elle-même servi, et étant la femme et moi le fils d'un paysan ».

Ayant été une fois visité par son neveu, lequel était venu exprès pour cela de la ville de Dax à Paris, le portier du collège des Bons Enfants, où il demeurait pour lors, l'ayant averti que son neveu demandait à le voir, il ressentit le premier mouvement de quelque peine pour son arrivée, et dit qu'on le lui amenât à sa chambre ; néanmoins son humilité lui fit aussitôt changer de sentiment, et prendre la résolution d'aller lui-même le recevoir en bas : voici en quels termes Mr de Saint-Martin, chanoine de la ville de Dax, qui demeurait pour lors en ce collège, en rendit témoignage : « Je ne puis passer sous silence un acte de vertu de Mr Vincent, dont je suis témoin à l'occasion d'un de ses neveux. C'est qu'ayant donné charge à l'un des siens de l'aller prendre dans la rue où il était, habillé à la mode des paysans de ce pays, pour le mener à sa chambre, ce bon serviteur de Dieu eut un mouvement extraordinaire de se surmonter comme il le fit; car, descendant de sa chambre, il alla lui-même jusqu'à la rue, où, ayant trouvé son neveu, il l'embrassa, le baisa et le prit par la main, puis l'ayant conduit dans la cour, fit descendre tous les Messieurs de la Compagnie, auxquels il dit que c'était là le plus honnête homme de sa famille, et les lui fit saluer tous. Il lui fit faire la même civilité aux autres personnes de condition qui venaient le visiter ; et aux premiers exercices spirituels qu'il fit après, il s'accusa publiquement en pleine assemblée d'avoir eu quelque honte à l'arrivée de son neveu, et de l'avoir voulu faire monter secrètement à sa chambre, parce qu'il était paysan et mal habillé.

Mais non content de parler de la sorte il a toujours tâché par ses exemples d'insinuer cet esprit d'humilité dans sa Compagnie dès ses premiers commencements. Quand il pensait lui être arrivé quelque chose qui ne fut pas tout-à-fait de bon exemple aux siens, il ne manquait pas à chaque fois de s'en humilier et de leur en demander pardon ; ce qu'il faisait même pour les choses secrètes, comme pour les mouvements d'impatience qui n'avaient point paru au-dehors, pour quelques paroles moins douces dites à quelque particulier, et pour les moindres manquements faits par inadvertance ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Une personne humble, quoiqu'elle soit humiliée, s'humilie encore davantage, lorsqu'elle est couverte de mépris ; se réjouit de ce qu'on la méprise, lorsqu'elle est employée à des offices bas et abjects ; reconnaît qu'elle est encore plus honorée qu'elle le mérite, et s'en acquitte avec plaisir ; elle n'abhorre et ne fuit que les charges distinguées et les honneurs ». (Sainte Jeanne-Françoise de Chantal).

« On fait une chose beaucoup plus utile pour sa perfection chaque fois qu'on ne s'excuse pas lorsqu'on est repris, que si l'on entendait avec des dispositions saintes dix sermons. Une marque qu'on n'ambitionne pas l'estime des créatures, c'est quand on agit ainsi ; en s'accoutumant à ne pas se justifier dans de telles circonstances, on parvient à entendre parler de soi, comme si c'était une personne étrangère ». (Sainte Thérèse d'Avila).

 

Pratique : Ne dites rien aujourd'hui qui puisse tourner à votre avantage, et ne laissez passer aucune occasion de vous humilier. Priez pour les religieuses qui craignent les humiliations.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

2 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, Poland, Cabuchet design

Troisième jour

Espérance et confiance en Dieu de Saint Vincent

 

Si la foi de Vincent a été grande, son espérance en Dieu n'a pas été moins parfaite, et l'on peut dire en quelque façon de lui, qu'à l'imitation du père des Croyants, il a souvent espéré contre l'espérance même, c'est-à-dire, qu'il a porté son espérance en Dieu, lorsque, selon toutes les apparences humaines, il y avait moins sujet d'espérer, et comme sa foi étant simple et pure ne s'appuyait que sur la seule vérité de Dieu, aussi, son espérance étant toute élevée au-dessus des sentiments et des raisonnements de la nature, ne regardait que la seule miséricorde et bonté de Dieu.

Quand il était question d'entreprendre quelque affaire pour le service de Dieu, après avoir invoqué sa lumière et reconnu sa volonté, il en espérait tout le succès de la conduite et de la protection de son infinie bonté; et quoique, pour suivre les ordres de la Providence, il employât les moyens humains nécessaires et convenables, il n'y mettait pas pourtant son appui, mais uniquement sur l'assistance qu'il attendait de Dieu. Quand il était une fois engagé de cette façon-là, il espérait tout de Dieu, pour lui et pour les siens ; et si quelques-uns d'entre eux par défaut de confiance, venaient à lui représenter qu'il n'y avait aucune apparence qu'on pût réussir, ou bien qu'il serait très difficile et presque impossible de suffire à ce qu'on entreprenait ; il leur répondait ordinairement : « Laissons faire notre Seigneur, c'est son ouvrage ; et comme il lui a plu le commencer, tenons pour certain qu'il l'achèvera en la manière qui lui sera la plus agréable » ; ou bien il les encourageait, leur disant : « Ayez bon courage, confiez-vous à Notre Seigneur qui sera notre premier et notre second dans le travail commencé, à l'entreprise duquel il nous a appelés ».

Écrivant un jour à un Supérieur d'une des maisons de sa Congrégation : « Je compatis, lui dit-il, à vos travaux qui sont grands et qui croissent quand vos forces diminuent ; c'est le bon Dieu qui fait cela, et sans doute qu'il ne vous laissera pas une si grande surcharge sur les bras sans vous aider à la soutenir ; mais il sera lui-même votre force et votre récompense. Croyez-moi, trois font plus que dix quand Notre Seigneur y met la main; et il la met toujours quand il nous a été les moyens humains et qu'il nous engage dans la nécessité de faire quelque chose qui excède nos forces ».

Or, pour mieux disposer les siens à cette parfaite confiance en Dieu à laquelle il les excitait souvent, il les portait à concevoir une très grande défiance d'eux-mêmes, et à se persuader qu'ils ne pouvaient rien par eux-mêmes, sinon tout gâter dans les ouvrages et desseins de Dieu, afin qu'étant bien convaincus de leur insuffisance, ils eussent à se tenir dans une plus entière et parfaite dépendance de la conduite de Dieu et de l'opération de sa grâce ; et que, pour cet effet, ils eussent incessamment recours à lui par la prière. Voyant un jour quelques-uns des siens qui se laissaient un peu trop abattre et décourager par le sentiment qu'ils avaient de leurs imperfections : « Nous avons, leur dit-il pour les encourager, le germe de la toute-puissance en nous, qui nous doit être un grand motif d'espérer et de mettre notre confiance en Dieu, nonobstant toutes nos pauvretés. Non, il ne faut pas vous étonner de voir des misères en vous, car chacun en a sa bonne part : il est bon de les connaître, mais non pas de s'en affliger démesurément : il est bon même d'en détourner la pensée quand elle nous porte au découragement, et de redoubler notre confiance en Dieu et noire abandon entre ses mains paternelles.

Le véritable Missionnaire, dit-il, ne doit point se mettre en peine pour les biens de ce monde, mais, jeter tous ses soins en la providence du Seigneur, tenant pour certain que, pendant qu'il sera bien établi en la charité, et bien fondé en cette confiance, il sera toujours sous la protection de Dieu, et par conséquent aucun mal ne lui arrivera et qu'aucun bien ne lui manquera, lors même qu'il pensera que selon les apparences tout va être perdu. Je ne dis pas ceci par mon propre esprit, c'est l'écriture sainte qui nous l'enseigne, et qui dit que : Celui qui loge à l'enseigne de la confiance en Dieu, sera toujours favorisé d'une spéciale protection de sa part, et en cet état, il doit tenir pour certain qu'il ne lui arrivera aucun mal, parce que toutes choses coopèrent à son bien, et qu'aucun bien ne lui manquera, d'autant que Dieu lui-même se donnant à lui, il porte avec soi les biens nécessaires tant pour le corps que pour l'âme, et ainsi, mes frères, vous devez espérer que pendant que vous demeurerez fermes en cette confiance, non seulement vous serez préservés de tous maux et de tous fâcheux accidents, mais aussi comblés de toutes sortes de biens ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Celui qui se met entièrement dans les bras de la Providence, et s'abandonne à sa conduite, va en carosse, sans sentir la pesanteur des croix dont il est chargé ; celui qui agit différemment va à pied et se fatigue beaucoup ». (Saint Basile).

« Le poids de la Croix se fait sentir à celui qui la traîne et non à celui qui l'embrasse ». (Sainte Thérèse d'Avila).

« Voici de quoi consoler les âmes qui sont dans les sécheresses, et celles qui sont tentées : un seul propos de ne pas pécher, fait en ce temps, pèse plus dans les balances du Seigneur, que mille actes de vertus faits avec beaucoup de ferveur dans le temps des consolations ». (Saint Jean d'Avila).

 

Pratique : S'il vous arrive de tomber aujourd'hui dans quelque faute, relevez-vous courageusement, sans vous laisser abattre, car le découragement ne remédie à rien, dit Sainte Thérèse. Priez pour les âmes qui manquent de courage à se vaincre, et de confiance en Dieu.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

Icon, USA, WA, Federal Way

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

1 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, Spain, Madrid, Vincent de Paul

Deuxième jour

Foi de Saint Vincent De Paul

 

Puisque la foi est le fondement des autres vertus, et que la fermeté de l'édifice spirituel dépend principalement de cette mystique base, ayant à faire voir les plus excellentes vertus dans la personne de Vincent, nous commencerons par la foi que ce sage architecte avait posée pour fondement de toutes ses pratiques vertueuses et sur laquelle il s'appuyait en tout ce qu'il entreprenait et faisait pour le service de Dieu.

Comme les arbres qui sont battus des vents et ébranlés par les orages, jettent les plus profondes racines et s'affermissent davantage par ces agitations ; de même on peut dire que Dieu voulant rendre plus ferme et plus parfaite la foi de Vincent, a permis qu'elle ait été au commencement exposée à la violence de plusieurs tentations, et que son fidèle serviteur ait ressenti diverses attaques contre cette vertu. Il en est pourtant toujours demeuré victorieux par le secours de sa grâce, et sa foi s'est trouvée plutôt affermie et fortifiée, qu'affaiblie par toutes ces épreuves, desquelles Dieu s'est servi pour le perfectionner ; de sorte qu'après toutes ces bourrasques il est devenu non-seulement plus fort, mais plus éclairé dans les vérités de la foi, comme lui-même l'a déclaré en quelque rencontre, les possédant et les goûtant d'une manière aussi parfaite qu'elle se peut en cette vie.

Or, un des plus souverains remèdes qu'il employa pour fortifier sa foi, et la mettre à l'abri de la violence de ces tentations, fut d'écrire et signer sa profession de de foi et la porter sur son cœur ayant supplié Notre Seigneur d'agréer la résolution qu'il avait prise que toutes les fois qu'il porterait lu main sur son cœur, particulièrement quand il serait tenté, cela serait une marque et un témoignage qu'il renonçait à la tentation, et un renouvellement de la protestation qu'il avait faite de persévérer jusqu'à la mort dans la foi de l'Eglise.

Sa foi était non seulement forte, mais aussi pure et simple, étant appuyée non sur les connaissances acquises par l'étude ou par l'expérience, mais uniquement sur la première vérité qui est Dieu, et sur l'autorité de son église. La foi de Vincent ne tenait pas ses lumières renfermées dans son esprit, mais elle les communiquait au-dehors d'autant plus libéralement qu'elle était animée d'une plus parfaite charité.

Sa foi lui fit préférer l'instruction des pauvres à celle des riches ; il manifestait surtout son zèle à faire des catéchismes et instructions dans les lieux qu'il jugeait en avoir plus de besoin, comme dans les villages et parmi les pauvres qui sont ordinairement les moins instruits des vérités de la foi. Il ne se contentait pas encore de le faire par lui-même, il y excitait et portait tous ceux qu'il estimait capables de cet office de charité ; et il n'a point cessé qu'il n'ait enfin établi une congrégation toute dédiée à la culture de cette divine plante de la foi dans les terres les plus stériles.

On peut dire que la foi de Vincent fut non seulement pure, simple et ferme, mais qu'il en avait une plénitude : vu qu'elle éclairait son esprit, remplissait son cœur et animait ses actions, ses paroles, ses affections et ses pensées, il le faisait agir en tout et partout selon les vérités et les maximes de Jésus Christ ; en telle sorte que ce que la plupart des chrétiens font ordinairement, ou par des mouvements naturels, ou par des raisonnements humains, il le faisait par des principes de foi, laquelle était, selon la parole d'un prophète comme une lampe allumée qu'il tenait toujours en main pour se conduire, et pour dresser tons ses pas dans les sentiers de la justice. C'était sans doute un don très particulier qu'il avait reçu de Dieu, de savoir appliquer les lumières de la foi à toutes sortes d'occasions et de rencontres, et d'en faire d'excellentes pratiques dans les affaires mêmes purement temporelles et séculières, ne les entreprenant que par des motifs que la foi lui inspirait, ne s'y conduisant que par ses lumières et les référant toujours à des fins surnaturelles qu'elle lui proposait. Et non-seulement il se conduisait par cet esprit de foi, en toutes ses affaires et entreprises, mais il l'inspirait autant qu'il pouvait aux autres personnes, et particulièrement à celles qui étaient sous sa conduite, au sujet de quoi Mademoiselle Legras, fondatrice et première supérieure des filles de la charité, lui ayant un jour témoigné quelque petit empressement d'esprit touchant ce charitable institut duquel il était le père, il fit la réponse suivante : « Je vous vois toujours un peu dans les sentiments humains, pensant, que tout est perdu dès lors que vous me voyez malade. O femme de peu de foi ! Que n'avez-vous plus de confiance et d'acquiescement à la conduite et à l'exemple de Jésus Christ ! Ce Sauveur du monde se rapportait à Dieu son père pour l'état de toute l'Eglise, et vous, pour une poignée de filles que sa providence a notoirement suscitées et assemblées, vous pensez qu'il vous manquera ! Allez, Mademoiselle, humiliez-vous beaucoup devant Dieu ! ».

Il disait souvent que le peu d'avancement à la vertu, et le défaut de progrès dans les affaires de Dieu, provenait de ce qu'on ne s'établissait pas assez sur les lumières de la foi, et qu'on s'appuyait trop sur les raisons humaines : « Non, non, dit-il un jour, il n'y a que les vérités éternelles qui soient capables de nous remplir le cœur, et de nous conduire avec assurance. Croyez moi, il ne faut que s'appuyer sur Dieu, ou solidement et fortement sur quelqu'une de ses perfections, comme sa bonté, sa providence, sa vérité, son immensité, etc. Il ne faut, dis-je, que se bien établir sur ces fondements divins, pour devenir parfait en peu de temps ».

Il tenait encore cette maxime de ne pas considérer les choses dans le seul extérieur et selon leur apparence, mais selon ce qu'elles pouvaient être en Dieu et selon Dieu ; « Je ne dois pas considérer, disait-il, un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qu'il paraît de la portée de leur esprit, d'autant que bien souvent ils n'ont presque pas la figure ni l'esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi, que le Fils de Dieu a voulu être pauvre, qu'il est représenté par ces pauvres ; qu'il n'avait presque pas la figure d'un homme, en sa passion, et qu'il passait pour fou dans l'esprit des gentils, et pour pierre de scandale dans celui des Juifs ; et avec tout cela il se qualifie l'évangéliste des pauvres. O Dieu ! Qu'il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu, et dans l'estime que Jésus Christ en a faite! mais si nous les regardons selon les sentiments de la chair et de l'esprit mondain, ils paraîtront méprisables ».

Enfin, pour connaître combien grande et parfaite fut la foi de Vincent, il faut jeter les yeux sur toutes ses autres vertus, puisqu'elle en est comme la racine selon le sentiment de Saint Ambroise, et l'on pourra juger qu'elle a été la vigueur et la perfection de cette mystique racine, en considérant la multitude et l'excellence des fruits qu'elle a produits.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Il y a une espèce de simplicité qui fuit que la personne ferme les yeux à tous les sentiments de la nature, et aux raisons humaines, et les tient toujours fixés sur les maximes de la foi, pour en faire constamment la règle de sa conduite. Dans toutes ses actions, ses paroles, ses pensées, ses affaires, en tout temps, en tous lieux elle consulte la foi, et ne fait rien que selon ce qu'elle dicte ». (Saint Vincent De Paul).

« Il est absolument nécessaire pour sa propre sanctification et pour être très utile au salut des autres de s'accoutumer à suivre en tout la belle lumière de la foi, toujours accompagnée d'une onction qui se répand dans les cœurs. Cela est très certain, il n'y a que les vérités éternelles qui soient capables de remplir notre cœur et de nous conduire par la voie sûre. Croyez-moi, il suffit de bien s'établir sur ces fondements pour arriver en peu de temps à la perfection et à pouvoir faire de grandes choses ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Voir toujours dans les pauvres, la personne de notre Seigneur Jésus-Christ et dans cette vue, les traiter avec compassion, douceur, cordialité, respect et dévotion. Priez pour les personnes qui soignent les malades.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

19 juin 2017

Film Monsieur Vincent

24474

Monsieur Vincent

 

Curé et précepteur, Vincent de Paul entreprend de venir en aide aux miséreux. Alors qu'il prend ses fonctions dans sa nouvelle paroisse, une terrible épidémie de peste s'abat sur la région. Dévoué jusqu'au sacrifice à la cause qu'il défend, Vincent de Paul sera canonisé.

Un film de Maurice Cloche, sorti en 1947, avec Pierre Fresnay

(Noir et blanc, 1h54)

 

 

Ce film est disponible en vidéo à la demande sur toutes les bonnes plateformes de VOD,

ainsi qu'en DVD chez Studio Canal que vous pourrez trouver assez facilement auprès de vos distributeurs habituels.

 

5 avril 2017

2017 Année du centenaire de la fondation de la Mission de l'Immaculée (1)

2017, année du Centenaire de la fondation de la Mission de l'Immaculée

 

Première partie: La Mission de l'Immaculée et Fatima

 

our-lady-of-fatima-icon-916

 

Le dimanche 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima. La petite ville de Fatima de 10.000 habitants se trouve dans la partie ouest centre du Portugal, dans la région de Leiria. Elle est à environ 110 kilomètres au nord de Lisbonne. Elle se trouve dans le district de Santarem. Fatima est une paroisse de la municipalité d’Ourem. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge. Notre Dame du Rosaire apparaîtra six fois en 1917, aux petits pastoureaux. Ils étaient des enfants ordinaires, qui ont pris part à un événement extraordinaire. Le jour de la dernière apparition : 13 Octobre 1917, environ 70.000 personnes se sont rassemblées sous la pluie battante parce que Notre Sainte Mère a promis aux enfants un miracle. Celui-ci devait avoir lieu comme un signe de la véracité de ses messages pour eux. Lors de l'apparition, la pluie s'est arrêtée et les nuages se séparèrent. Les spectateurs purent voir : le soleil sans aucune gêne, le tourbillon du soleil et la danse. Avant le Miracle du Soleil, les spectateurs étaient trempés par la pluie. Après, ils étaient complètement secs. Au cours de chacune des apparitions, Notre-Dame parla aux enfants de l'importance de la prière et de la pénitence, surtout pendant les périodes troublées.

Aujourd'hui, les mots de Notre-Dame semblent toujours particulièrement d’actualité en cette année du centenaire des apparitions qui va débuter le 13 mai 2017.

 

9cb7d78a715c792cefb59c075a6249f0

 

Les apparitions de Notre-Dame à Fatima et la fondation de la Mission de l’Immaculée

 

Après les réflexions sur “Le Père Maximilien Kolbe et les oeuvres de miséricorde corporelles et spirituelles”, il reste juste à ouvrir la Porte de notre coeur dans le quotidien pour faire entrer le Seigneur, afin qu’il prenne possession de notre vie et qu’il transforme les lieux où nous vivons et où nous témoignons de Sa Parole. Dieu n’arrête pas de nous étonner avec le don de sa grâce : cette année, nous célébrons le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima, qui a commencé le 27 novembre dernier et qui connaîtra son sommet lors de la visite du Pape les 12 et 13 mai 2017 (anniversaire de la première apparition). La Mission de l’Immaculée fête aussi un centenaire : celui de sa fondation par Saint Maximilien Kolbe (le 16 octobre 1917).

Les deux événements s’entrecroisent et se lient, même s’il n’y a pas de preuves directes de leur influence réciproque. En effet, Maximilien Kolbe ne fait jamais allusion aux apparitions à Fatima dans ses Ecrits, et soeur Lucie ne parle pas du franciscain polonais dans ses Mémoires. On peut, tout de même, voir des liens entre les deux réalités. Ce sera l’objet de nos réflexions mensuelles, à la lumière de la Parole de Dieu.

fa38o52n7tp4tecrh0tluu2nrxhjjfmef4d67wqjac


Un grand signe


Saint Jean, dans l’Apocalypse, décrit : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.” (Ap 12,1). Le soleil pour manteau peut signifier son appartenance au Christ. Le bienheureux Paul VI, le 13 mai 1967, au cinquantième anniversaire de la première apparition de la Mère de Dieu à Fatima, a donné à l’Eglise Universelle l’Exhortation apostolique “Signum magnum”. Voici ses paroles : “Le signe grandiose que saint Jean vit dans le ciel : une femme enveloppée de soleil, la liturgie l'interprète, non sans fondement, comme se rapportant à la très sainte Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ rédempteur.” Nous pouvons dire que Marie apparaît à Fatima comme la lumière du matin qui annonce le vrai Soleil qu’est Jésus Christ.

L’apparition de Fatima est un message adressé par Dieu à l’humanité entière à travers Marie. Avec sa foi, l’Immaculée a éclairé les ténèbres du Vendredi Saint et du Samedi Saint. Maintenant, elle vient à nous comme l’Etoile qui indique à l’homme d’aujourd’hui, esclave de son vide, mais plus que jamais assoiffé de Vérité et d’Amour, la vie qui conduit à Dieu, le seul, l’unique et le vrai bien.

Le 13 mai 1917, les enfants étaient à la Cova da Iria pour mener leurs brebis dans les pâturages quand, sur un petit arbre, Notre-Dame apparut plus étincelante que le soleil. Elle les rassura en disant : “N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal”. Elle les invita à dépasser la peur. La motivation est simple et profonde : la Dame vient révéler le Visage de Dieu qui a le visage de l’amour gratuit. Devant son Amour, il n’y a de place pour aucune angoisse. Dieu, dans le Christ, s’est rendu solidaire de chaque situation humaine en nous révélant que nous ne sommes pas seuls, car nous avons un Père qui ne peut oublier ses enfants. «Ne crains pas, car je suis avec toi» (Is 43,5) : c’est le mot consolant d’un Dieu qui, depuis toujours, s’implique dans l’histoire de son peuple. Naît ainsi une bonne nouvelle, accessible à tous, même dans le lieu où la vie connaît l’amertume de l’échec.Pendant la deuxième apparition, les enfants demandent : “Que voulez-vous ?” La Dame leur demande de prier, les rendant conscients de ce qui attendait l’humanité si cette dernière avait continué à s’éloigner de Dieu.

Pourquoi la Vierge apparaît-elle aux enfants ? Il y a la guerre, les adultes sont loin et les enfants sont une force de travail. Les enfants ne sont pas faits pour les projets meurtriers que la société offre ni pour une société en guerre. Le Portugal, à l’époque des apparitions, vit une crise sociale et culturelle très forte parce que c’est un moment d’instabilité politique, un moment de passage caractérisé par la “répression anti-chrétienne”, expression employée par des chercheurs portugais. Dans cette atmosphère, font irruption les apparitions de Fatima qui, avec leur message, jettent une lumière de foi et d’espérance sur les tristes événements du siècle dernier. Rappelons que le 20ème siècle est l’un des siècles les plus dramatiques de l’histoire de l’humanité, car il y a eu 187 millions de morts, selon le calcul des historiens. Les stations les plus dramatiques du Chemin de Croix ont été le génocide arménien, la répression mexicaine, la persécution espagnole, les massacres nazis, la destruction communiste, deux guerres mondiales et une bombe atomique.

 

100_001


La Mission de l’Immaculée


En Italie, au cours de la même période, en 1917, naît la Mission de l’Immaculée. L’Association mariale représente la réponse de Maximilien Kolbe et de ses compagnons à la dramatique situation sociale, politique, économique et religieuse du moment. Dans le monde, il y a trois plaies : la guerre, la franc-maçonnerie et le communisme. Le père Kolbe propose la M.I. surtout comme un antidote à la dévastation morale des stratégies sournoises de la franc-maçonnerie italienne et européenne. Face au mal, Maximilien comprend qu’il y a un remède : Marie, l’Immaculée. Il fonde un grand mouvement ecclésial de spiritualité mariale et missionnaire auquel il donne le nom de “Militia”, nom qui évoque son combat pour le bien, pas pour écraser. C’est pourquoi le père Kolbe dira : “On ne peut pas se permettre le luxe de se reposer mais, par l’amour, on doit conquérir tous les hommes pour les conduire à Dieu à travers Marie. “Militia Immaculatae, Mission de l’Immaculée, parce que la consécration à l’Immaculée en est le centre, l’essence”. Maximilien Kolbe brille dans la grande obscurité où vit l’humanité de son temps. (Angela Esposito, mipk).

 

A suivre...

Logo-FR

Prière pour l'Année du Centenaire de de la Mission de l'Immaculée

 

Entre tes mains, ô Vierge Immaculée !

 

Soyez louée, Vierge Immaculée !

Vous avez été la lumière et l'âme de la Mission de l'Immaculée

Pendant les cent premières années de son existence.

Afin de pouvoir suivre fidèlement le Christ, comme saint Maximilien,

Nous avons contemplé vos magnifiques vertus.

En vous, nous avons trouvé la force d'aimer et nous avons apporté en tous lieux l'Amour de votre Fils. Vous êtes toujours notre consolation dans les épreuves de nos vies. Vous êtes notre lumière dans notre œuvre d'évangélisation.

Vous êtes notre force dans notre chemin de foi,

et notre communion avec le Seigneur, nous qui sommes ses disciples.

Entre vos mains, nous remettons aujourd'hui, à nouveau, le don de la Mission de l'Immaculée,

présente dans le monde entier, afin qu'elle puisse apporte à plus grand nombre d'âmes l'amour du Seigneur et la beauté de votre présence compatissante et maternelle.

Que notre apostolat missionnaire rayonne à nos frères et sœurs la miséricorde de Dieu et reflète également de votre tendresse envers chaque personne.

Nous nous laisserons conduire par vous, très douce Mère, certains qu'avec votre protection, nous vivrons selon la volonté de Dieu.

Nous nous laisserons donc conduire par vous, ô très douce Mère,

car, avec votre protection, nous avons le certitude que nous vivrons selon la volonté de Dieu.

Que l'année du centenaire de la Mission de l'Immaculée nous stimule afin que nous devenions des apôtres vaillants du Royaume de Dieu et pour que nous puissions expérimenter votre présence maternelle dans notre mission ecclésiale.

Ô Immaculée, nous nous laissons conduire par vous ! Amen.

 

IMG_0608_tuz (2)

 Prière de l'année Jubilaire de Fatima

 

Salut, ô Mère du Seigneur, Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima ! Tu es bénie entre toutes les femmes, tu es l’image de l’Église revêtue de la lumière pascale, tu es l’honneur de notre peuple, tu es le triomphe sur l’empreinte du mal. Prophétie de l’Amour miséricordieux du Père, Éducatrice de l’Annonce de la Bonne Nouvelle du Fils, Signe du feu ardent de l’Esprit Saint, enseigne-nous, dans cette vallée de joies et de douleurs, les vérités éternelles que le Père révèle aux tout-petits. Montre-nous la force de ton manteau protecteur. Dans ton Cœur Immaculé sois le refuge des pécheurs et le chemin qui conduit jusqu’à Dieu. Uni(e) à mes frères, dans la foi, l’espérance et l’amour, à toi je me confie. Uni (eà à mes frères, par ton intercession, je me consacre à Dieu, ô Vierge du Rosaire de Fatima. Et enfin, enveloppé (e) dans la lumière qui jaillit de tes mains, je rendrai gloire au Seigneur pour les siècles des siècles. Amen.

 

img001

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

25 mars 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

gesc3b9-gifra

Quatrième Dimanche du Carême

 

Méditation

 D'un François à l'autre...

 

« Les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « Tout est à toi, Maître, ami de la vie » (Sg 11, 26). D’où la conviction que, créés par le même Père, nous et tous les êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble. Le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le cœur de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains. L’incohérence est évidente de la part de celui qui lutte contre le trafic d’animaux en voie d’extinction mais qui reste complètement indifférent face à la traite des personnes, se désintéresse des pauvres, ou s’emploie à détruire un autre être humain qui lui déplaît. Ceci met en péril le sens de la lutte pour l’environnement. Ce n’est pas un hasard si dans l’hymne à la création où saint François loue Dieu pour ses créatures, il ajoute ceci : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ». Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société ». (Pape François, Encyclique Laudato Si, n) 89, 91).

 

Quatrième semaine du Carême

Saint François Sr Esther

Lundi

Humilité de François

 

François se considère comme pécheur. L'humilité, qui peut être considérée comme pauvreté de soi-même, l'obsède autant que la pauvreté. Il se dévalorise pour ne pas sombrer dans l'orgueil. L'humiliation est pour lui une joie, alors que le compliment le chagrine. Ainsi, à la surprise de tous, il démissionne de sa charge de supérieur, préférant obéir plutôt que de commander. Au Cardinal d'Ostie, protecteur de son ordre, il écrit : « Seigneur, si mes frères ont reçu le nom de petits (mineurs), c'est pour qu'ils n'aspirent jamais à devenir grands. (…) ne leur permettez jamais d'accéder aux dignités ecclésiastiques ».

 

À l'école de Saint François

 

Que les frères se gardent bien de recevoir, sous aucun prétexte, ni églises, ni humbles demeures maisons, ni tout ce que l'on construit pour eux, si cela n'est conforme à la pauvreté que nous avons promise dans la Règle ; qu'ils y séjournent toujours comme des hôtes de passage, comme des étrangers, des pèlerins. (François d'Assise, Testament, 24).

Parole de Dieu : « L'orgueil précède l’effondrement, et la prétention, la chute. Mieux vaut être humble parmi des gens modestes, que partager un butin avec des orgueilleux ». (Proverbes 16, 18-19).

 

Dans ma vie

 

L'humilité n'est pas vraiment au goût du jour. L'a-t-elle vraiment été ? L'heure est plutôt à la compétition, au gravissement des échelons, et de la hiérarchie, quitte à se servir de l'autre et à l'écraser. L'humble se veut petit, conscient de ne rien posséder qui ne lui aurait été confié par Dieu. L'humble travaille, donne tout de sa personne pour le bien commun, pour son frère, non pour accéder à la première place. L'humble n'attend rien en retour, pas même un merci : ce qu'il fait, il l'offre, et quand c'est offert, cela ne lui appartient plus. L'humble est prêt à être malmené... parce qu'il est humble !

Effet de conversion : Aujourd'hui, je ne cherche pas à passer devant les autres ni en actes, ni en paroles. Je m'efforce d'être un marchepied pour mes frères... au nom du Christ.

077_001

Mardi

Claire aux commandes de la barque

 

Trois ans durant, les Sœurs de Claire, et François lui-même, souhaitent que leur fondatrice devienne leur abbesse. Par grande humilité, Claire résiste et tient bon dans son refus. Au prix de l'obéissance, elle finit par s'y soumettre. La crainte prend l'ascendant sur la joie : l'obéissance était plus confortable que la responsabilité et la tenue du gouvernail. Se sentant davantage redevable, Claire s'ingénie à servir ses Sœurs en tout : elle échange son habit avec celle qui en a un moins bon, s'assoit la dernière à table, lave les pieds au retour des sorties... Claire préfère exécuter elle-même les tâches plutôt que de les ordonner.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Je prie aussi celle qui sera chargée des sœurs, de s’étudier à être la première par la vertu et la sainteté de sa vie plus que par sa charge (...). Qu’elle ait pour ses sœurs la prévoyance et le discernement d’une mère pour ses filles, (...). Qu’elle soit en outre si bienveillante et si avenante pour toutes, que les sœurs puissent en toute sécurité s’ouvrir à elle de leurs nécessités et recourir à elle à chaque instant avec confiance, (...) ». (Claire d'Assise, Testament, 19).

Parole de Dieu : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave ». (Matthieu 20, 26-27).

 

Dans ma vie

 

Dans une apparition à Sœur Faustine, Jésus lui demande une chose qu'elle ne peut mettre en œuvre car sa Supérieure s'y oppose. Jésus console Faustine attristée : son obéissance à sa Supérieure a porté plus de fruits que si elle avait désobéi. L'obéissance n'est cependant pas réservée aux religieux et consacrés. En tant que baptisé, j'obéis à l’Église et au Pape, même si je ne suis pas d'accord : je n'ai pas toutes les cartes en main pour tout comprendre. J'obéis aussi à l'Etat, sans frauder, etc. par respect pour mes frères. Quant aux lois iniques (avortement, euthanasie...) je peux (dois?) m'y opposer... en restant dans la Charité, l'amour et le respect du prochain.

Effet de conversion : Respecter la loi par égard pour les autres. Je commence par exemple en respectant les limitations de vitesse... et je relis les dix commandements.

39-s-chiara-2010

Mercredi

Claire et la pauvreté

 

Dès les débuts de sa vocation, la pauvreté est l'apanage de Claire. Elle vend ses biens, hérités de son père. Le fruit de la vente n'est bien sûr ni a son bénéfice, ni même à celui de son monastère. Elle les distribue directement aux miséreux. Les couvents de ses Sœurs ne doivent pas être trop confortable, à l'image de la Crèche accueillant le Fils de Dieu. Le Pape Innocent III octroie à l'Ordre de Claire l'étendard de la pauvreté. Son successeur Grégoire IX tente bien de lui proposer quelques propriétés pour assurer la subsistance à son ordre. C'est peine perdue : Claire s'en tient à son premier vœu.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« La voilà, cette perfection qui, dans les palais des cieux, scellera ton union avec le Roi (…)  : cette perfection a consisté pour toi à mépriser les grandeurs d'un royaume terrestre ; à juger indignes, en comparaison, les propositions d'un mariage avec l'empereur ; à pratiquer la très sainte pauvreté et, avec tout l'élan de ton amour et de ton humilité, à suivre les traces de Celui aux noces duquel tu as mérité d'être conviée ». Claire d'Assise, Deuxième Lettre à Agnès de Prague 5-7).

Parole de Dieu : « Ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu ». (Luc 16, 15).

 

Dans ma vie

 

Tenir bon dans sa vocation ! Tenir bon dans ses résolutions ! Parfois la tentation peut même venir de personnes de l’Église comme Grégoire IX qui propose à Claire d'alléger la pauvreté qu'elle impose à son ordre. Cela part d'une bonne intention. Ne dit-on pas que « l'enfer est pavé de bonnes intentions » ?! Parfois, c'est moi qui tente les autres en leur disant que telle ou telle chose ne vaut pas la peine, etc. Carême est un temps de combat pendant lequel je dois tenir bon, mais pas tout seul : Dieu Trinité, Marie, les Saints, mon Ange Gardien sont là (et vraiment là!) pour m'aider.

Effet de conversion : À ce stade du Carême, je ressens des difficultés à tenir mes résolutions. Je fais le point sur ce qui m'est facile et difficile. Je relis le passage de l'Evangile de Saint Luc 4, 1-13.

francois_et_le_sultan

Jeudi

François et le sultan

 

François éprouve une sainte jalousie pour les martyrs. Il veut prêcher la Foi Chrétienne chez les Sarrasins. La Syrie puis le Maroc se refusent à lui : cela semble être la Volonté de Dieu. Un troisième essai aboutir, le conduisant chez le sultan de Babylone. La guerre y fait rage entre chrétiens et sarrasins, avec promesse d'or à qui amènera une tête de chrétien. Fait prisonnier, François est amené auprès du sultan, impressionné par la Foi et la ferveur de sa prédication. Sans adhérer pour autant, le sultan estime l'homme, en fait son hôte et le couvre de présents... qu'il refuse, accroissant encore l'estime du sultan.

 

À l'école de Saint François

 

« Les frères qui, sous l'aspiration de Dieu, voudront aller chez les Sarrasins et autres infidèles en demanderont la permission à leur ministre provincial. Les ministres, eux, ne le permettront qu'à ceux qu'ils jugeront capables de cette mission ». (François d'Assise, Deuxième Règle 12).

Parole de Dieu : « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir ». »

 

Dans ma vie

 

Pourquoi notre cher François à eu la vie sauve alors qu'il cherchait à mourir pour sa Foi et être semence pour l'avènement du Royaume dès ici-bas ? Pourquoi d'autres, inconnus, n'ont-il pas eu cette « chance » de garder la vie sauve ? Le Seigneur sait ce dont chaque cœur a besoin et ce dont il est capable. Il sait ce dont a besoin une terre pour être fertile. Nous n'avons pas connaissance de ces données. Laissons-le donc guider nos vies. Ouvrons-nous toujours à l'Esprit-Saint et accueillons les événements.

Effet de conversion : Ai-je un projet de vie ? Où en suis-je de ce projet ? Je relis ma vie, mes échecs et mes réussites et j'essaie d'y voir la main de Dieu qui m'a relevé ou guidé...

Benedizione di pane

Vendredi

Claire et la multiplication du pain

 

Sœur Cécile est désespérée : l'heure du repas s'annonce et il ne reste qu'un seul pain. Inquiète, elle s'empresse d'en informer Claire. Confiante, la mère abbesse demande à Sœur Cécile de partager le pain en deux : une moitié pour les Frères qui sortent mendier quelques dons pour les Pauvres Dames, et l'autre pour les Sœurs. Dans la moitié du pain des Sœurs, Cécile devra couper 50 morceaux, un pour chaque Sœur du monastère. Comment faire avec un si petit morceau de pain ? « Va, ma fille, et fais en paix ce que je t'ai dit », assure Claire. Cécile obtempère... et chaque Sœur mange à sa faim.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Avec quel soin donc, avec quel élan passionné du corps et de l'âme ne devons-nous pas accomplir ce que nous demande Dieu notre Père, afin qu'avec sa grâce nous puissions lui rendre multiplié le talent que nous en avons reçu ! Multiplié, car ce n'est pas seulement pour les autres que Dieu nous a destinées à être des modèles et des miroirs, mais aussi pour chacune de nos sœurs afin qu'elles soient à leur tour des modèles et des miroirs pour ceux qui vivent dans le monde ». (Claire d'Assise, Testament, 6).

Parole de Dieu : « Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule ». (Luc 9, 16).

 

Dans ma vie

 

Être missionnaire et faire des disciples peut ne pas demander d'effort physique ou de déplacement exorbitant. Quand je vis de la Vie du Christ, je rayonne de Son Amour autour de moi. Cela interpelle mes frères et sœurs et les incite à suivre eux-mêmes Celui qui veut notre bonheur – et qui le fait déjà sur terre en vue du Ciel. Tout mon travail de conversion est de vouloir ressembler en tout ce qui m'est possible au Christ. Lui ressembler, c'est déjà Le servir. C'est aussi servir mes frères, puisque je leur offrirai de voir en partie le Visage du Christ, ce qui devrait les inciter à le suivre à leur tour.

Effet de conversion : Aujourd'hui, je m'efforce d'avoir une « tête de ressuscité » plutôt qu'une « tête de Carême » ! Je m'efforce de sourire et d'être agréable, même si cela me coûte énormément.

gattina bambine

Samedi

Claire et le jeûne

 

Claire ne s'épargne aucun sacrifice, en offrande sainte à Celui en les mains duquel elle a remis sa vie. Ainsi, Claire dort à même le sol, une paillasse ou un morceau de bois lui servant d'oreiller. Le jeûne est, pourrait-on dire, son aliment préféré. Lors du Carême, elle se contente de pain et d'eau,, véritable festin comparé aux trois jours hebdomadaires de jeûne total. Par souci de santé, François et l'évêque d'Assise usent de leur autorité et interdisent à Claire le jeûne total, l'obligeant à prendre au moins « une once et demie de pain ».

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Sauf pour les malades et les sœurs particulièrement fragiles (auxquelles saint François nous a bien recommandé et ordonné de procurer avec le plus grand dévouement possible tous les aliments sans considération d'interdiction de règle), aucune de nous, pourvu qu'elle soit saine et valide, ne devrait jamais suivre un autre régime que celui du carême, et cela aussi bien les jours de fête que les fériés ; le jeûne devrait être perpétuel, sauf le dimanche et le jour de Noël » (Claire d'Assise, Troisième Lettre à Agnès de Prague 31-33).

Parole de Dieu : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Matthieu 22, 39).

 

Dans ma vie

 

Le jeûne alimentaire est une chose admirable qui porte du fruit, c'est à n'en pas douter. Le jeûne est cependant un choix personnel. Je ne dois pas regarder l'autre de travers parce qu'il a choisi de ne pas jeûner ou parce qu'il ne le peut pas... ou même parce qu'il succombe et finit par manger. Chacun son Carême ! Ni intransigeance (il fait savoir lâcher du lest, y compris envers soi-même, surtout si la santé l'exige), ni intolérance. Il y a tellement de façon de jeûner...

Effet de conversion : Aujourd'hui, je fais un effort (offert au Seigneur) sur mon alimentation : jeûne intégral ou partiel (pain et eau par exemple). J'offre à manger à un mendiant ou je fais don du montant de ma privation à une association caritative.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

San Francesco e Santa Chiara 70x110

Téléchargez ces méditations (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir pendant le Carême les méditations du Carême avec Saint François et Sainte Claire,

et pour recevoir les prochaines méditations, prières, et mois de dévotions,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

Publicité
<< < 1 2 3 4 > >>
Publicité
Publicité