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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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sanctification des jours
18 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dix-neuvième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ confirme notre foi

 

Considérez, mon a me, le grand don que nous avons reçu dans le saint baptême, nous chrétiens, alors que le Seigneur mit dans nos âmes sa sainte foi, et, du milieu des ténèbres, nous appela à son admirable lumière. Don précieux qu'il nous a départi, de préférence à tant d'âmes infortunées qui gémissent dans l'infidélité, loin de cette arche de salut qui est l'Eglise. Don qui, moyennant la charité, nous rend participants à la filiation divine et à l'hérédité du ciel, don qui est le fondement et le principe de notre salut. C'est pour nous mériter un don aussi précieux, que Jésus-Christ a répandu son sang, et c'est en vertu de ce sang qu'il nous est départi. Et Jésus étant l'auteur et le consommateur de la foi, a voulu, avec son sang, mettre le sceau à cette vérité adorable, qu'il avait enseignée par ses paroles et ses exemples. Or cette foi que nous recevons par les mérites du sang très-précieux de Jésus, continue à habiter dans nos cœurs par les mérites de ce même sang, et il en est comme l'aliment : c'est lui qui l'affermit, qui la vivifie, la conserve constamment. Il est l'âme de cette charité, sans laquelle la foi ne saurait contenter le saint cœur de Dieu. D'où il résulte, mon âme, que plus tu seras dévote au sang sacré de Jésus, plus ta foi sera vive, et plus tes œuvres seront conformes à ses préceptes et aux vérités qu'elle propose à notre croyance. Oh! quels accents de reconnaissance et d'amour ne devons-nous pas envoyer au ciel, vers cet Agneau divin qui nous a rachetés, et nous a appelés par la foi à être participants de son royaume!

 

C'est pourquoi en effet tant de héros de la foi, animés à la vue de Jésus crucifié et sanglant, n'ont pas hésité à répandre aussi leur sang, et à sacrifier leur propre vie a leur croyance. Combien d'enfants innocents, combien de tendres vierges, se sont sacrifiés au milieu des plus atroces tourments, animés dans leur foi par ce sang divin! Une Agnès, une Catherine, une Viviane, un Venant et mille autres, seront toujours les éclatants témoins de cette vérité. Et nous, comment avons-nous imité de si illustres exemples? quelle a été en nous l'action efficace de cette foi, pour la quelle tant de glorieux martyrs de Jésus Christ ont donné leur sang et leur vie? Hélas! non-seulement nous méritons le reproche de l'apôtre de n'avoir pas encore répandu une seule goutte de sang pour Jésus Christ; mais nous devons être confus en songeant à toutes les occasions où nous n'avons pas agi selon les enseignements de cette foi que nous professons. Nous nous sommes contentés d'une foi morte ou languissante, et, à l'exemple des vierges folles, nous avons tenu la lampe de la foi sans l'huile de la charité. Ah! combien est vile et lâche une âme qui n'est pas prête à verser son sang pour Jésus-Christ!

 

Colloque

 

Mon Jésus, auteur et consommateur de notre foi, vous qui avez sacrifié votre vie sur une croix, et répandu tout votre sang pour confirmer les vérités que nous croyons, pourquoi, à votre imitation, ne puis-je répandre encore tout mon sang ? Je ne mérite pas cette faveur que vous avez accordée à tant de serviteurs fidèles; mais, si je ne puis répandre mon sang au milieu des plus cruels supplices, je puis pourtant souffrir avec patience les adversités et les amertumes de cette vie, je puis mortifier cette chair rebelle par la pénitence, je puis porter avec résignation cette croix que vous daignez m'envoyer. Oui, mon âme, soyez attentive à toujours porter dans votre cœur la mortification de Jésus-Christ; et de cette manière, sans le fer des bourreaux, vous pouvez, dit saint Bernard, avoir part à la gloire du martyre; et alors la foi sera animée par les oeuvres, et telle qu'elle pourra m'amener, par les mérites de votre sang très-précieux, à contempler sans voile les infaillibles vérités qu'elle m'enseigne.

 

Exemple

 

Parmi les innombrables exemples qu'on pourrait citer de glorieux martyrs qui ont répandu leur sang pour la foi, animés par le précieux sang de Jésus-Christ, je choisis les glorieux princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul, le premier crucifié sur le Janicule, le second décapité aux Eaux Salviennes. Ces saints, après avoir supporté, à l'exemple de Jésus-Christ, les opprobres, les mépris, les coups, la prison, les chaînes, furent martyrisés, et donnèrent volontiers leur sang pour celui qui en avait tant répandu pour les âmes, confirmèrent avec leur propre sang les vérités qu'ils avaient crues et pratiquées, et nous laissèrent un grand et éclatant exemple par le courage avec lequel ils versèrent leur sang pour soutenir la foi. ( Histoire de leur martyre)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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17 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dix-huitième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ remplit l'âme de douceur et de paix

 

Le prophète Isaïe avait depuis longtemps prédit que dans la plénitude des temps les âmes puiseraient avec joie les eaux suaves et douces que répandent les fontaines du Sauveur. Et quelles sont ces eaux suaves et douces, sinon les célestes consolations qu'on reçoit par les mérites du sang très-précieux du Rédempteur, qui se répand par autant de fontaines qu'il y a de plaies sacrées? Oh! avant-goût du paradis qu'éprouvent tous les jours ces âmes qui professent une sincère et constante dévotion à ce très-précieux sang! L'âme dévouée à ce sang adorable se console et par ce qu'elle possède déjà, et par ce qu'elle espère: ce qu'elle possède, c'est le trésor inappréciable de la grâce sanctifiante acquise moyennant l'effusion de ce sang de valeur infinie dans la participation des très-saints sacrements. Il n'y a pas de paroles pour décrire la tranquillité d'âme et la douceur d'esprit que le Seigneur répand dans celui qui est dévoué à ce sang divin; celui-là seul peut le dire qui l'a goûté: « C'est un perpétuel festin ». Les anges et la reine des anges, la très-sainte Vierge, et la très-sainte Trinité, regardent cette âme avec un œil d'amour. Oh! quelle paix! oh! quelle sérénité de conscience! Elle se figure déjà goûter sur la terre les délices du paradis: « Bona conscientia non solim sufficit ad solatium, sed etiam ad coronam », nous assure saint Jean Chrysostôme. Si quelquefois Dieu éprouve encore cette âme au creuset de la tribulation, s'il suspend ses délices, c'est pour lui faire acquérir plus de mérites, et elle se sent en paix au milieu même de l'amertume et de la désolation, en se résignant à la volonté de Dieu. Tout cela est l'effet de ce sang très-précieux.

 

Mais l'âme trouve sa consolation dans ce sang, non-seulement par ce qu'elle possède, mais plus encore par ce qu'elle espère; elle en espère tout dans ses prières. Telle est en effet son efficacité, que tout peut s'obtenir en son nom, et que nos prières ne pourraient rien obtenir si elles n'étaient pas accompagnées de ce sang de propitiation et de grâce. Le bienheureux Simon de Cascia nous dit que c'est la sueur de sang répandue par Jésus dans le jardin qui donne l'efficacité à nos prières auprès de Dieu. Si l'âme est tentée, elle sort victorieuse du combat, parce que couverte et armée de ce sang, elle met en fuite les démons; si elle est dans l'affliction, elle espère la consolation; dans les fatigues, le repos; dans les périls, le salut; au moment de la mort, la gloire. Elle connaît bien le trésor qu'elle possède; elle y voit le gage et les arrhes du paradis. Oh! que ces richesses sont inestimables! on peut dire à l'âme dévouée à ce sang ce que saint Jérôme disait à la vierge sainte Eustochie: « Vous êtes munie d'un or sans prix ». Et, en effet, saint Ambroise appelle ainsi le sang très-précieux de Jésus-Christ. Quel est donc celui qui ne voudra pas s'en enrichir? Ne serait-ce pas le comble de la folie, que d'être auprès d'une mine d'or, où l'on serait libre de puiser à volonté, et de préférer gémir dans sa pauvreté? Ah! n'y a-t-il pas folie mille fois plus dans une âme qui néglige une pareille dévotion, et se prive des délices célestes que verse au fond des coeurs ce baume salutaire!

 

Colloque

 

Je comprends maintenant, mon Jésus, ce qui fait mes angoisses et mes misères. Jusqu'ici j'ai peu apprécié votre sang, j'ai vécu dans la tiédeur, et j'ai montré peu d'empressement à le mettre à profit. Ah! que n'aurais-je pas obtenu si, avec une foi vive et une charité ardente, je l'avais souvent offert au pied de votre trône? si, avec un profond sentiment de piété et de respect, je l'avais adoré? si, dans de convenables dispositions, je m'étais approché des très-saints sacrements, qui sont les fontaines où nous le puisons? Mais il n'en sera pas ainsi pour l'avenir; dès aujourd'hui je veux professer la plus fervente dévotion à ce sang de vie éternelle: il fera les délices de mon cœur, le but de tous mes désirs, l'objet de toutes mes affections; et après avoir trouvé dans votre sang ma consolation, ma paix et ma tranquillité pendant cette vie, j'espère trouver par lui une gloire éternelle dans le ciel.

 

Exemple

 

On raconte de sainte Thérèse, qu'ayant un jour le très-saint sacrement dans la bouche, il lui sembla que son visage et sa personne tout entière étaient inondés d'un sang aussi chaud que s'il fût sorti à l'instant des veines qui le contenaient: en même temps la sainte éprouva une délicieuse consolation; et le Seigneur lui dit: « Je veux que mon sang te rende heureuse et confiante en ma miséricorde qui ne te manquera jamais; je l'ai répandu avec douleur, et tu le possèdes avec délices ». Et en effet; à mon Rédempteur, il a coûté le prix immense d'une douloureuse effusion; à moi, il ne coûte presque aucune peine et me procure au contraire la joie et les délices du cœur.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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16 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dix-septième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous donne la vie éternelle perdue par le péché

 

Dieu avait menacé Adam de la mort, s'il goûtait jamais le fruit défendu de l'arbre de la science du bien et du mal. Mais lui, tenté par Eve, le mangea, transgressa le commandement du Seigneur, et encourut la loi de mort dont l'avait menacé la colère de Dieu. Outre cette mort apportée dans le monde par le péché originel, le péché actuel l'apporte encore tous les jours dans le monde, quand il est grave et mortel: la solde du péché c'est la mort; et on l'appelle mortel, parce qu'il apporte avec lui la mort spirituelle et éternelle. Si le sang de Jésus-Christ ne nous délivrait de cette double mort, s'il ne nous donnait de nouveau la vie perdue par le péché, nous gémirions dans les ombres de la mort, et, devenus fils de la colère, en butte au feu éternel, nous serions exclus pour toujours de la céleste béatitude. Jésus, cher Jésus, combien nous vous devons de gratitude! Avec l'effusion de votre sang sacré, vous nous avez apporté la vie, et une vie surabondante, en nous donnant à la fois la vie spirituelle et la vie éternelle. Vous avez bien raison de dire: « Je suis venu pour qu'ils aient la vie, et pour qu'ils l'aient plus abondante ».

 

Que dirait-on, selon la réflexion de suint Bernard, si on voyait le fils du roi donner son sang pour délivrer un esclave condamné à mort, et mourir à sa place? Qui n'admirerait pas cette condescendance inouïe? Mais n'est-ce pas une plus grande merveille encore, ô mon âme! de voir Jésus mourir sanglant sur une croix pour nous délivrer, nous misérables pécheurs, de la mort que nous avons méritée, et répandre ce sang d'une valeur infinie, qui vivifie et donne la bienheureuse immortalité? et c'est pourquoi tous les jours il est appliqué à nos âmes par la participation des saints sacrements et par l'offrande à la majesté divine sur l'autel sacré, afin que, par le moyen de ce sang, l'entrée de la vie éternelle nous soit ouverte, et que nous vivions perpétuellement dans le ciel. Voilà quelle est notre confiance; voilà l'espérance de nos coeurs: « Habentes itaque, dit l'apôtre, fratres, fiduciam in introitu sanctorum per sanguinem Christi ». Quel a été jusqu'ici notre désir de posséder cette vie éternelle, que le sang de Jésus-Christ a méritée? Comment avons-nous dirigé les affections de notre cœur? Oh! combien de fois, oublieux de cette éternité, avons nous cherché une félicité terrestre, et avons nous placé nos affections dans les vanités de la terre, dans les biens fragiles et caducs, qui n'apportent avec eux qu'une mort éternelle? Oublieux de la céleste patrie, nous avons aimé l'exil; oublieux de la félicité éternelle, nous avons aimé la terre; et combien de fois avons nous préféré la satisfaction d'une brutale passion à ces biens éternels et parfaits, qu'avec son sang Jésus nous a préparés dans le ciel!

 

Colloque

 

Oh! combien a été grande votre ineffable charité envers nous misérables pécheurs, qui, morts à la grâce, ne pouvions attendre qu'une mort éternelle! Pour nous, vous vous sacrifiez sur une croix, et avec votre mort vous nous avez donné la vie. Cette vie, je l'ai perdue toutes les fois que j'ai gravement péché; et vous, par les mérites du sang très-précieux, vous avez daigné me la rendre; mais que deviendrai-je, si je vous offense de nouveau ? Ah! mon Jésus, puissé-je mourir plutôt que de perdre le trésor de votre grâce, et Cette vie immortelle que vous m'avez acquise au prix de votre sang! Ah! puissé-je, moi aussi, donner pour vous mon sang et ma vie, comme ont fait tant d'âmes chéries de vous, qui pour vous répandirent leur propre sang! Et que vous donnerais-je, si je vous donnais tout le sang de mes veines, en échange de celui que votre amour infini a répandu pour moi? Ah! puisque je ne puis vous donner le sang de mon corps, je vous donne le sang de tout mon cœur. Ce cœur, je vous le donne avec ses douleurs et son repentir; je vous le donne, mon Jésus, je vous le consacre, certain que vous ne le rejetterez pas; et par les mérites de votre sang, faites que je ne perde plus la vie de la grâce que vous me donnez, pour posséder dans l'éternité cette vie de gloire, que vous m'avez méritée avec l'effusion de votre sacré sang.

 

Exemple

 

Considérez sur le Calvaire le bon larron converti. Voilà un grand pécheur qui, au jour de la grande effusion du sang très précieux de Jésus-Christ, obtint la vie de la grâce et de la gloire, et mérita, ce jour même, le paradis par l'efficacité de ce sang divin. Voyant Jésus répandre son sang avec tant de patience et tant d'amour, il sentit son coeur rempli de componction, eut recours à Jésus, se fia aux mérites efficaces de ce sang de vie éternelle, et il entendit ces douces et consolantes paroles: « Aujourd'hui, tu seras avec moi dans la maison du Père ». Aussi, le Seigneur a-t-il dit à sainte Mathilde: « C'est moi qui ai adouci la colère de mon Père céleste, et avec mon sang j'ai réconcilié l'homme avec Dieu »; et il dit à sainte Madeleine de Pazzi: « Ce sang lie les mains à ma justice; car elle n'est plus libre en quelque sorte, et ne peut punir le monde de ses péchés, comme elle le faisait, quand elle n'entendait pas la voix de ce sang qui n'avait pas encore été versé ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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15 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Seizième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous ouvre l'entrée du paradis

 

Le péché avait fermé l'entrée de la béatitude éternelle, et le genre humain gémissait dans les ombres de la mort et au milieu des plus épaisses ténèbres, misérablement condamné à l'enfer, lorsque pour ouvrir les portes bienheureuses fermées par le péché, le Fils de Dieu descendit du ciel sur la terre, se revêtit de notre chair, se fit humble et petit et se sacrifia sur la croix. Par là il voulut, dit saint Paul, que, remplis de confiance dans le sang du Christ, nous pussions marcher dans cette voie nouvelle et vivante par le voile, c'est-à-dire par sa chair. Il nous a ouvert avec son sang l'entrée du royaume bienheureux: pour y entrer, il faut d'abord passer par la mer de la miséricorde, qui est ce sang de salut éternel; et de même que les Israélites, pour entrer dans la terre promise, devaient passer par la mer Rouge, ainsi celui qui veut pénétrer dans la céleste Jérusalem doit se plonger d'abord dans la mer immense du sang sacré de Jésus-Christ. L'âme qui, dans le cours de sa vie, s'est continuellement purifiée dans ce sang innocent, l'a fréquemment offert au Père divin, s'en est souvent alimentée dans la très-sainte communion, en a été pénétrée par la participation aux autres sacrements, arrivera sûrement par cette mer de miséricorde au port du salut éternel. Et quel est celui qui n'en voudra pas profiter?

 

Un autre motif de consolation qui doit faire naître en nos coeurs la confiance la plus vive d'avoir un jour entrée au paradis, grâce à ce sang divin, est tiré du docteur saint Augustin. Après avoir appelé le sang de Jésus-Christ le gage de son amour et de notre salut, il ajoute des paroles bien propres à enflammer tous les cœurs par une glorieuse espérance, fondée sur le sang du Rédempteur: Noli dicere: in coelo non ero; tenemus sanguinem Christi. Si quod plus est tenemus, quod minus est speramus »; Ne vous laissez jamais aller à cette pensée, que vous ne serez pas admis à l'éternelle félicité; car le sang du Christ est plus que la gloire du paradis. Si donc nous avons la possession du bien le plus précieux, qui est le sang du Sauveur, nous devons espérer obtenir un moindre bien, qui est la béatitude éternelle. Oh! paroles consolantes! Je ne sais pas si on peut présenter un motif plus puissant de consolation à une a me inquiète et timide, qu'agiterait l'incertitude de son salut. Vous avez entre vos mains le sang très-précieux de Jésus-Christ, dit le saint docteur; soyez donc sans crainte, la gloire céleste vous attend. Si Dieu vous a donné le don le plus grand, pourquoi craindriez-vous qu'il vous refusât un don moins grand? Ah! ravivez, ravivez en vous, âmes dévouées au sang précieux de Jésus, la plus forte espérance de votre salut éternel.

 

Colloque

 

Quelle joie m'inonde le cœur, aimable Jésus, à ces douces pensées, et quelle vive confiance de salut conçoit mon âme à votre vue, ô mon Jésus crucifié! car je vois de ces plaies sacrées couler le prix de mon salut, et cet or inestimable qui me permet d'acheter le paradis. Oui, je l'espère, et je veux le recevoir de vous par les mérites de ce sang précieux, qui non-seulement est le gage de votre amour, mais encore mon rachat et ma rédemption. En vertu de ce sang très-précieux, je surmonterai les obstacles que présente la voie du salut, je vaincrai les tentations, je dompterai les passions, et j'obtiendrai la grâce de persévérer dans le bien jusqu'à la mort. Cette espérance, ô mon Dieu, faites qu'elle soit inébranlable, qu'elle tienne mon âme bien affermie dans votre divin service et dans votre saint amour jusqu'au dernier souille de ma vie; et à travers les flots orageux de cette mer perfide du monde, faites que je ne fasse pas naufrage, mais que, plein d'espérance et de bonnes œuvres, j'arrive, moyennant la force et l'efficacité de votre grâce, que j'implore par ce sang, au port du salut éternel.

 

Exemple

 

Le Seigneur consola un jour sainte Mathilde qui le suppliait d'accorder un heureux passage à une personne pieuse, en lui disant: « Quel est le pilote qui, après avoir conduit jusqu'au port un navire chargé de marchandises, jetterait la cargaison à la mer au moment de l'arrivée? Oh! comment pouvez-vous douter qu'ayant toujours protégé cette âme pendant tout le cours de sa vie, maintenant qu'au terme de ses jours elle est parvenue au port, je songe à l'abandonner? » Ainsi celui qui a toujours navigué dans cette immense mer du sang précieux, ne pourra pas être privé à la fia de cette vie, du fruit inestimable de ce même sang, qui est la vie éternelle.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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14 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Quinzième jour

Le sang de Jésus-Christ, soulagement des âmes du Purgatoire

 

Considère, mon âme, qu'on ne peut entrer dans le paradis, à moins d'être parfaitement purifié de la moindre tache, et qu'auprès avoir pleinement satisfait à la divine justice; rien de souillé ne pouvant entrer dans la bienheureuse Sion. C'est pour cela que Dieu, juste juge, retient dans le purgatoire les âmes qui ont quitté ce monde imparfaitement purifiées, afin de les admettre après leur purification dans le séjour éternel. Et comme, dans sa tendresse paternelle , il ne peut souffrir que ces âmes bénies vivent long-temps loin de lui, le désir de les voir bientôt délivrées de leurs peines l'a engagé à remettre en nos mains le prix de leur délivrance. Et quel est ce prix? c'est le sang très-précieux de son divin Fils unique. Oh! quelle consolation, quel rafraîchissement procure aux âmes ce sang bienfaisant! Il éteint leurs flammes, brise leurs chaînes, ouvre le cachot de tortures où elles sont enfermées. Se tournant vers le Seigneur, ces âmes peuvent à juste titre répéter: « Tu autem in sanguine testamenti tui emisisti vinctos tuos de lacu in quo non est aqua » (Zacharie 9, 11). Avec votre sang efficace, délivrez-nous, Seigneur, du lac de nos misères, et des peines amères que nous souffrons dans le purgatoire.

 

Le sang de la rédemption peut s'appliquer aux âmes du Purgatoire de plusieurs manières, mais combien il leur est efficace, quand on l'applique par le moyen du sacrifice non sanglant de l'autel! Oh! combien de ces âmes sortent par lui de leur prison! oh! combien d'anges descendent pour éteindre ce feu ardent, quand on offre pour elles à la divine Majesté ce sang adorable sur les saints autels! Oh! combien les malheureuses attendent impatiemment le moment où est versé sur leurs flammes ce sang précieux, le plus consolant des rafraîchissements! Quel est celui qui refusera de penser à elles, quand nous avons à notre disposition le moyen de les délivrer de leurs peines? qui sera assez dur pour fermer l'oreille à leurs voix, pour fermer ses entrailles à leurs besoins? « Levez-vous, vous dirai-je avec saint Bernard, levez-vous, secourez-les! » Et comment? En leur appliquant le saint sacrifice, en offrant pour elles à la majesté du Père le sang immaculé du divin Agneau: Conjurez par vos gémissement, intercédez par vos prières, satisfaites par le sacrifice unique, comme nous y exhorte en leur faveur le même saint. Oh! combien de fois le Seigneur a fait voir, et d'une manière sensible, que ces âmes s'envolent au ciel à l'instant même où s'offre pour elles ce très-précieux sang! Ayez donc à cœur la délivrance de ces âmes! Et si par vous elles prennent possession de la gloire, elles n'oublieront jamais d'intercéder près du trône de miséricorde et de grâce pour les âmes qui furent leurs bienfaitrices.

 

Colloque

 

Très-aimable Jésus, rappelez-vous que si vous êtes juge, vous êtes aussi père et époux de ces filles de Sion que, dans les profondeurs du purgatoire, vous livrez, pour leur purification, aux ardeurs d'un feu dévorant; acceptez donc les mérites de votre sang répandu aussi pour elles, et que nous offrons devant le trône de votre Majesté pour leur rafraîchissement! Délivrez-les par ce sang divin de leurs peines cruelles. Une seule goûte de ce sang suffit pour éteindre toutes leurs ardeurs, et nous, nous vous l'offrons tout entier pour elles. Faites que la rédemption soit abondante; délivrez-les toutes de cette prison; toutes appelez-les au ciel; toutes couronnez-les de gloire, afin qu'elles aussi, elles viennent aujourd'hui chanter au ciel ce cantique d'allégresse et de joie, répétant dans les splendeurs de l'éternelle lumière: « Seigneur, vous nous avez rachetés avec votre sang », et ne cessent de vous louer et de vous aimer pendant toute une éternité bienheureuse.

 

Exemple

 

Le bienheureux Henri Suso, dominicain, étudiant à Cologne, convint avec un religieux de son ordre qu'à la mort de l'un d'eux, le survivant dirait, à moins d'impossibilité, pour l'âme du défunt, le lundi la messe des Morts, et le vendredi celle de la Passion. Le saint ayant appris la mort de son ami lit pour lui beaucoup d'oraisons, et d'autres œuvres de piété, mais ne célébra pas la messe. Et un jour le défunt lui apparut, lui reprochant d'avoir manqué à sa promesse, oubli qui le retenait dans les peines du purgatoire. Henri lui répondit qu'il n'avait jamais cessé de le recommander au Seigneur; mais le défunt reprit: « C'est du sang, du sang que je demande: où sont les messes que tu m'as promises et qui nous sont si précieuses? » Alors le bienheureux avoua son oubli, et ayant offert les sacrifices promis délivra son ami du purgatoire.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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13 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Quatorzième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous obtient une sentence favorable au jugement particulier

 

Oh! combien sont terribles, Seigneur, vos jugements divins! Vous qui avez trouvé des taches dans les anges eux-mêmes, et devant qui les cieux ne sont pas purs; vous qui jugez toute parole oiseuse, hélas! que deviendrai-je, disait le saint homme Job, quand vous viendrez me juger? Et moi, misérable pécheur, que ferai-je? Ah! je le sais, je le sais, ce que j'ai à faire; sainte Marie-Madeleine de Pazzi m'en instruit: « Je me couvrirai de votre sang, et je viendrai vous supplier de ne pas regarder mes fautes, mais les mérites de ce sang sacré. C'est lui qui effacera mes péchés; c'est lui qui demandera miséricorde pour moi, pécheur ». Oh! combien elle est heureuse l'âme qui, teinte de ce sang, paraîtra devant son juge! On lui dira: « Quel est celui qui vient d'Edom, revêtu de la pourpre de Bosra »? Elle ne craindra pas ses ennemis; elle se présentera pleine de confiance devant le divin juge; elle verra ses fautes effacées par ce sang; elle présentera les mérites de ce sang divin au pied du trône de Dieu, et en vertu de ces mérites, recevra la sentence de vie éternelle. Mais malheur à l'âme qui ne sent pas le prix de ce sang, et ne lui rend pas honneur! O Dieu! quelle sentence pourra-t-elle attendre, sinon une sentence d'éternelle condamnation?

 

Vérité terrible, mais indubitable! Cette voix aussi sonore que la voix de la trompette, cette voix du sang du Rédempteur, qui t'invite maintenant à la pénitence, si tu la méprises et si tu lui fermes l'oreille, elle sera un jour pour toi, songes-y bien, comme le son de la trompette fatale, signal du plus rigoureux des jugements. Ne vois-tu pas, ô âme révoltée et obstinée dans le péché, que le sang divin te menace d'un feu éternel! Oh! purifie-toi avec ce sang, pendant que le Seigneur te donne le temps de te convertir; ou bien il te faudra bientôt brûler dans le feu éternel. L'eau et le feu sont les deux éléments qui purifient. Celui qui refuse maintenant de se purifier par les larmes de pénitence, ce bain salutaire qui, uni au sang très-précieux de Jésus-Christ, lave toutes les taches du péché, tombera dans un feu dévorant. Ce feu ne pourra jamais le purifier; mais il le tourmentera toute l'éternité avec des flammes ardentes allumées dans le sang divin, que tant d'hommes sont assez insensés pour mépriser: « Maintenant le Christ est une eau bienfaisante, dit l'abbé Guerric; il sera alors un feu qui consume », tout à l'heure, il était une fontaine ouverte pour l'ablution des péchés, il sera alors une flamme cruelle, un feu dévorant jusqu'à la moelle de l'ame. Ici, le bain du sang; là, la fournaise de feu; que choisis-tu? Ah! disons plutôt avec le même Guerric: « Il vaut mieux, mes frères, et il est plus doux d'être purifié par une fontaine que par le feu. Que l'âme se purifie dans cette fontaine de miséricorde et de grâce, pour ne pas brûler dans un gouffre de feu éternel; qu'elle se plonge dans cette mer du sang très-précieux de Jésus avec la plus sincère affection du cœur, pour éviter la sentence terrible d'éternelle malédiction.

 

Colloque

 

O juge très-juste, cher Jésus, vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais vous désirez qu'il se convertisse et vive; et dans ce but, vous nous invitez avec tant de miséricorde à la pénitence, vous nous offrez votre sang très pur pour laver les souillures de notre coeur, et vous vous contentez de quelques larmes d'un cœur contrit et humilié qui s'unissent à ce sang de salut. Ah! quelle serait donc notre dureté de résister encore à votre grâce, et de fermer l'oreille à votre voix! Une pareille dureté ne mériterait-elle pas à juste titre l'éternelle condamnation? Accordez-moi donc, avant de m'envoyer la mort, la grâce de profiter de vos miséricordes, en me plongeant dans la fontaine de miséricorde, et de me purifier ainsi de toutes mes fautes. Faites que dans ce sang je trouve ma consolation à la vie et à la mort; afin que , par ses mérites. j'obtienne de votre divin tribunal une sentence favorable, et que ce sang ne se convertisse pas pour moi, comme pour les perfides Juifs, en une malédiction éternelle.

 

Exemple

 

On raconte dans la vie de saint François Borgia, qu'assistant un malade qui touchait au terme de sa vie et refusait obstinément de se confesser, le saint prit un crucifix et se prosterna à terre , auprès du lit du malade. Avec des paroles de feu, au nom du sang tout puissant de Dieu, au nom de l'immense amour que le Rédempteur nous a témoigné sur la croix, il l'exhorta à se réconcilier avec Dieu et à recevoir les saints sacrements. Mais comme celui-ci n'en restait pas moins endurci dans l'impiété, on vit un sang frais s'échapper des plaies de l'image. Le Seigneur voulait, par ce miracle, l'inviter à la pénitence, et lui offrir, avec une bienveillance inouïe, son Sang pour remède à son obstination: mais le misérable refusant d'écouter les paroles du saint et l'invitation de Dieu même, on vit l'image détacher une de ses mains de la croix, et la remplissant de sang, le jeter au visage du pécheur obstiné. Peu de temps après il mourut désespéré, et ce sang, miraculeusement échappé du crucifix, ne servit, en punition de son obstination criminelle, qu'à attiser contre lui les flammes dévorantes du feu infernal. (Vie de Saint François Borgia par Nierimber)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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12 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Treizième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ adoucit la mort

 

L'homme craint naturellement la mort; et si à cette crainte naturelle se joint le souvenir des péchés commis, oh! combien elle sera plus terrible encore! Eh bien! pour dissiper cette crainte, et rendre notre mort douce, nous trouvons un secours admirable dans la dévotion au sang très-précieux de Jésus-Christ. Notre âme, en considérant Jésus crucifié dont le sang ruisselle de toute part, conçoit l'espérance (lu salut, et sent se dissiper toutes ses craintes; elle entend la voix de ce sang qui retentit comme une trompette et crie miséricorde: « Sanguis Christi, ut tuba clamat », dit saint Bernard. Voyez-la qui a traversé cette mer, et est au moment d'atteindre le port; elle tient à la main cet or précieux qui doit lui gagner une gloire éternelle: « Bonum aurum sanguis Christi », nous dit saint Ambroise. Elle se sert de ce sang comme d'une clef du paradis, s'écrie saint Thomas; alors elle sent renaître son courage et ne craint plus la mort. Et, en effet, combien sont consolantes ces paroles par lesquelles saint Chrysostôme dissipe en vertu de ce sang divin toute crainte de la mort? Ce sang chasse les démons, conduit vers nous les anges et le Seigneur des anges; et l'effusion de ce sang nous ouvre le ciel. A la fin de notre vie, le démon viendra, selon qu'il a coutume, assaillir notre âme de ses plus fortes tentations; mais la vue du sang de Jésus Christ dont nous serons trempés et armés, le mettra en fuite. Assistés de la très-sainte Vierge, assistés de nos anges gardiens, du prince des hiérarchies angéliques, le glorieux saint Michel, et pardessus tout du Seigneur tout-puissant et glorieux des anges, que pourrons-nous craindre? Heureuses alors les âmes dévouées à ce sang!

 

Considère en outre, ô mon âme, que si munie du sang de Jésus-Christ tu te présentes aux portes (lu ciel, elles s'ouvriront aussitôt devant toi; l'ange armé du glaive de feu préposé à leur garde ne pourra t'en défendre l'abord, puisque tu viendras marquée du sang de l'Agneau divin, en qui pour la vie comme pour la mort tu as placé tes espérances: « Virtus sanguinis à latere Christi profluentis removit angelum et hebetavit gladium », écrivait saint Antoine de Padoue. C'est là ce qui arriva en figure aux Hébreux, alors que l'ange, ministre de la colère de Dieu, exempta du châtiment de la mort tous ceux dont les portes étaient marquées de sang. Voilà la grâce accordée à la figure. Quelle vertu n'aura donc pas, à plus forte raison, la chose ainsi figurée? Telle est la pensée de saint Jean Chrysostôme : « Le sang de l'agneau servait à la délivrance de l'homme raisonnable, non par sa propre valeur, mais parce qu'il représentait le sang du Seigneur ». Quand l'âme fidèle sera baignée de ce sang très-saint du Fils de Dieu, lorsqu'il sera non-seulement sur les lèvres qui invoqueront ses mérites, mais encore dans le cœur purifié par ce même sang, cette âme pourrait-elle être soumise au glaive formidable de la colère vengeresse de Dieu, ce glaive qui arme, au jour de la mort, la main de l'ange exterminateur? Oh! heureuse la mort de celui qui se confie dans ce sang précieux!

 

Colloque

 

Si je réfléchis, mon Jésus, à ma vie passée, au nombre et à la gravité de mes fautes, la pensée de la mort m'épouvante. Je vois mes péchés, et je ne vois pas le repentir; je forme de bonnes résolutions, et je retombe. Mais si je tourne mes regards vers vous, mon Jésus crucifié, et vers le sang qui s'échappe de ces plaies sacrées, oh! quelle consolation pour moi! J'entends la voix de ce sang qui, devant votre trône, crie pour moi miséricorde; et puisque vous êtes mort sur la croix, et avez répandu votre sang avec tant d'abondance pour me délivrer de la mort affreuse des pécheurs, et me mériter la mort précieuse du juste, voici la grâce que je vous demande en toute humilité; c'est de mener une vie telle, qu'elle me conduise à cette sainte mort par les mérites de votre sang très-précieux, versé tout entier pour le salut de mon âme.

 

Exemple

 

Pendant que saint François Caracciolo travaillait à la propagation de l'ordre des clercs mineurs, on vint lui proposer la fondation d'une nouvelle maison à Agnone. Quoiqu'il fût très-affaibli par les mortifications et les fatigues, il s'y rendit de Rome en passant par Lorette; et deux jours après qu'il y fut arrivé, il fut saisi d'une fièvre violente qui le mit en peu de temps à toute extrémité. Le saint, qui prévoyait sa mort prochaine, voulut faire sa confession générale, et il reçut ensuite, avec la plus grande dévotion, le saint Viatique et l'Extrême-Onction. Le crucifix à la main, on l'entendit souvent répéter, plein d'amour et de confiance: « Sang de Jésus répandu pour moi, tu es à moi; je le veux, Seigneur, donnez-le-moi, ce sang qui est à moi; ne me refusez pas ce qui est à moi »; et imprimant de tendres baisers sur les plaies de son Rédempteur, il répétait: « Sang très-précieux de mon Jésus, tu es à moi, et par toi, et avec toi seulement j'espère mon salut ». Et c'est dans ces sentiments qu'il expira paisiblement.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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11 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Douzième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous fortifie dans le sacrement de l'Extrême Onction

 

Notre divin Rédempteur prévoyait bien les angoisses, les inquiétudes, les afflictions et les douleurs dans lesquelles se trouvent les âmes au moment de leur séparation du corps; il savait bien quels sont leurs besoins au moment de la mort, moment terrible d'où dépend l'éternité. C'est pourquoi il a voulu assumer sur lui-même d'amères tristesses et une mortelle agonie; pendant trois heures continues, il voulut rester crucifié et agonisant, abandonné même de son Père céleste, et à la merci de ses barbares persécuteurs. Il voulut répandre son sang très-précieux, pour ainsi dire jusqu'à la dernière goutte, sur le dur bois de la croix, afin de nous préparer pour le moment de la mort un sacrement de consolation et de grâce, l'extrême-onction. Par elle, non-seulement sont effacés les restes du péché, non-seulement la santé du corps nous est rendue si elle est utile à notre âme, mais de plus, elle apporte un grand soulagement au malade, lui donne la force et le courage de résister aux tentations diaboliques, de souffrir avec patience les incommodités du mal qui le tourmente, et lui facilite un heureux passage à l'éternité bienheureuse. L'aimable Seigneur pouvait-il faire plus pour le bien des âmes? Pensez, pensez seulement combien de sang, combien de peines et de tourments a coûté ce sacrement! Oh ! qui peut comprendre les désolations d'esprit, les tristesses et les peines souffertes sur la croix?

 

Entre, mon âme, dans le Cœur très aimant du Seigneur crucifié, et médite sur ce qu'ont dû être les douleurs offertes par lui sur le Calvaire, pour pouvoir nous mériter de si efficaces consolations à l'article de la mort! Les horribles blasphèmes qu'il entendait sur cette montagne, la dureté de cœur du larron impénitent, l'ingratitude des hommes qu'il prévoyait, la douleur qui déchirait le cœur de sa mère désolée, étaient autant de pointes acérées qui lui transperçaient le cœur. La soif ardente qui le torturait, l'abandon de son divin Père, que de douloureuses sensations! Et dans cet instant même, par l'effusion de son très-précieux sang, il préparait ce sacrement qui, au moment de la mort, adoucit nos peines et les rend méritoires pour la vie éternelle. lia pris pour lui la plus triste amertume des affres de la mort, pour rendre la nôtre douce et précieuse. Il a fait de ce sacrement comme un vase sacré plein de son sang, et il confère la grâce de telle sorte que le mérite et la satisfaction gagnés par Jésus Christ avec son propre sang, s'appliquent à chaque fidèle qui le reçoit dignement: il peut l'offrir pour lui-même, comme s'il eût satisfait par ses propres actions et ses souffrances à la justice éternelle. Ah! mon Jésus, que cette charité est incompréhensible. Vous aviez raison de dire sur la croix: « tout est accompli », car vous ne pouviez rien faire de plus pour l'amour de nous, nous préparant ainsi, par l'effusion de votre sang, tant d'aides efficaces pour notre vie et notre mort. Mais pourrons-nous dire à l'article de la mort: « Consummatum est », nous avons tout accompli? Hélas! si nous ne faisons pas pendant la vie le bien que vous exigez de nos âmes, si nous n'observons pas constamment votre très-sainte loi, si dès maintenant nous ne remplissons pas nos devoirs, comment répéter à la mort « consummatum est »? Allons! mon âme, fais maintenant pendant la vie tout le bien que tu voudrais avoir fait à l'article de la mort.

 

Colloque

 

Mon Jésus crucifié, quelles grandes leçons vous me donnez du haut de la chaire de vérité et de sagesse! quelle patience, quelle charité, quelle profonde humilité on apprend à votre école! Vous, Fils de Dieu, innocent, saint et sans tache, vous mourez au milieu des plus cuisantes tortures, votre sang ruisselant de toute part, afin de méritera moi pécheur, pour consolation à l'instant de ma mort, les secours si puissants de votre divine grâce. Vous épuisez le calice amer de tant de douleurs, vous répandez avec tant d'abondance votre sang, pour me mériter une bonne mort et un heureux passage à l'éternité; et moi, jusqu'ici, qu'ai-je fait pour me disposer au moment, inévitable et terrible à la fois, d'où dépend ou mon éternelle béatitude ou mon éternelle perdition? Dieu! par le très-précieux sang, donnez-moi la grâce dès aujourd'hui de me préparer à ce moment suprême par l'exercice des bonnes œuvres; faites que fortifié parles saints sacrements, en vertu de ce sang de salut, j'exhale mon a me dans votre côté sacré, afin que, baignée de votre sang, elle vienne un jour vous louer et vous bénir dans le ciel.

 

Exemple

 

Saint Camille de Lellis, plein de dévotion envers le sang de Jésus-Christ, trouvait une grande consolation dans sa dernière maladie, à avoir devant les yeux une image de Jésus crucifié, dont il donna lui-même le dessin. Le sang s'échappait en grande abondance des plaies; une multitude d'anges le recueillaient dans des calices, et le présentaient au Père divin. Le saint à cette vue sentait un grand soulagement, et, dans ces derniers moments de sa vie, s'excitait à une espérance plus vive du salut éternel. (Vie du Saint par Cicatelli)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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10 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Onzième jour

Le sang précieux de Jésus nous alimente dans la très-sainte Communion

 

Lorsque fut venue l'heure de partir de ce monde et de retourner vers son divin Père, le tendre cœur de Jésus-Christ ne pouvait se déterminer à laisser ses disciples orphelins et abandonnés; et c'est pourquoi, après avoir célébré la Pâque, selon le rite de la loi de Moïse , il institua le saint sacrement de l'Eucharistie, dans lequel il nous nourrit de sa propre chair et de son sang très-précieux, et nous invite tous à y prendre part. Et c'est dans ce sacrement que se distribue d'une manière plus particulière aux fidèles bien disposés le sang du Rédempteur. Quand nous communions, nous pourrions dire avec saint Cyprien: « Nous avons sucé le sang du Seigneur, et nous avons appliqué notre langue sur les blessures mêmes de notre Rédempteur ». Quelle douce fontaine coule incessamment, du haut de l'autel sacré des bénédictions célestes! c'est ce qui fait dire à saint Jean Chrysostôme: « Fontaine des dons célestes, auprès de laquelle est assis Jésus-Christ, qui s'adresse, non pas à une Samaritaine, mais à l'Eglise universelle: ici il ne donne pas un simple verre d'eau, mais un sang vivant, qui, pris par nous en témoignage de la mort du Seigneur, est pour nous une source de vie ». Il semble qu'il ne suffisait pas à son immense amour d'avoir versé ce sang tout entier sur la croix, s'il ne testait pas encore avec nous jusqu'à la consommation des siècles , pour nous alimenter et nous abreuver de ce très-précieux sang dans la sainte communion; et avec la voix retentissante de ce sang, il nous appelle, selon saint Ambroise, il nous invite et désire vivement que nous y participions. Et que dit-il? « Ouvrez-moi quelque accès vers votre cœur, je le comblerai de mes grâces ».

 

L'abbé Rupert démontre fort bien l'amour ineffable que Jésus nous témoigne en se donnant lui-même tout entier aux âmes dans la très-sainte communion et en nous abreuvant avec son très-précieux sang, qui non-seulement nous purifie de nos taches quotidiennes, mais nous préserve pour l'avenir des fautes graves; et c'est ce qu'a voulu exprimer le Rédempteur par le lavement des pieds qu'il fit à ses apôtres. Le Seigneur se leva de table, c'est-à-dire qu'il quitta le banquet de la gloire paternelle, et se revêtant de notre chair comme d'un linge, il versa son sang comme on verse Veau dans un bassin; et depuis ce moment il lave chaque jour nos pieds, quand nous le recevons en rémission des péchés. O raffinement d'amour du doux cœur de Jésus! Avec quelle avidité les âmes ne devraient-elles pas courir s'étancher à cette fontaine inépuisable de bonté et d'amour! Combien ne devrait-on pas fréquenter un sacrement dans lequel Jésus, d'après les paroles du Concile de Trente, a prodigué les richesses de son amour. Avec quels sentiments et avec quelle disposition devrait-on recevoir le très-précieux sang de Jésus, qui se donne ici avec sa chair immaculée, avec son âme très sainte, avec sa divinité même! Quelle foi vive, quel respect profond, quelle sainte crainte, quel saint tremblement, quelle ardente charité devraient accompagner les a mes qui s'approchent de cette table! Approchez , vous dirai-je avec les paroles de la sainte Eglise, approchez avec foi, avec crainte, avec amour. Mais, hélas! quelle froideur, quelle insensibilité dans tant d'âmes qui s'approchent si languissantes de cette fontaine d'amour!

 

Colloque

 

Vous êtes, mon Jésus, ce père aimant et ce bon pasteur qui, après avoir donné son sang et sa vie pour nous sur une croix, nous nourrissez dans la très-sainte Eucharistie de votre chair, et nous désaltérez de voire sang; et qu'est-ce que votre cœur pouvait faire de plus pour nous prouver la charité ardente dont vous êtes animé pour nous? Maintenant je comprends toute la force des paroles de saint Jean votre disciple chéri, que dans ce sacrement vous nous avez aimés à l'excès. Maintenant je comprends ce que dit l'Eglise votre épouse, dans le concile de Trente, que vous, ô Seigneur! en donnant le sacrement adorable de l'Eucharistie, vous avez prodigué toutes les richesses de votre amour infini. Oh! comment mon cœur ne se dissout-il pas pour vous qui avez tout fait pour moi! Qui peut résister à l'émotion qu'inspirent ces traits d'une charité sans borne? Ah! désormais mes délices seront de vous recevoir dans la très-sainte communion , de m'enivrer de votre sang d'amour, de vous adorer dans les saints tabernacles, de contempler l'ineffable charité qui se montre dans ce sacrement!

 

Exemple

 

Saint Philippe de Néri eut une dévotion particulière au sang précieux de Jésus-Christ. Il avait coutume .de mettre pour la consécration une grande quantité de vin dans le calice, afin de prolonger la durée des espèces. On observa aussi qu'après la consécration son calice était plein de sang pur. En le prenant, ses lèvres s'y collaient avec tant d'ardeur, qu'il finit par attaquer, non-seulement la dorure, mais l'argent lui-même; et ce sang divin lui communiquait une telle dévotion, que sa figure pâlissait, et qu'il semblait plus mort que vif. Ce spectacle arracha souvent des larmes de componction des yeux des assistants. Il priait ensuite le Seigneur que, s'il ne pouvait répandre son sang dans le martyre, ainsi qu'il l'eût voulu, il le lui fit au moins verser en telle abondance par la bouche et par les narines, qu'il pût ainsi lui rendre sang pour sang. Il fut bien exaucé, car il versa plusieurs fois une telle quantité de sang, qu'il en perdit le mouvement et l'usage de la vue. (Vie de Saint Philippe de Néri par Bacci).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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9 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dixième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de la Pénitence

 

Il y avait à Jérusalem une piscine appelée Probatique, qui était entourée de cinq portiques, où étaient des infirmes de toute espèce, attendant la venue de l'Ange du Seigneur, qui mettait les eaux en mouvement, et le premier qui s'y plongeait était guéri. Or cette piscine, disent les saints Pères, était un symbole du sacrement de la Pénitence, formé avec le sang de la Rédemption. L'Eglise ouvre aux âmes un bain salutaire plus miraculeux que cette piscine des Juifs: il y coule une fontaine intarissable, formée non du sang des animaux et des victimes expiatoires, mais du sang très saint de l'Agneau immaculé, immolé et offert en sacrifice pour la rédemption du genre humain; et il offre avec la piscine des Hébreux cette différence que, dans cette dernière, un seul infirme était guéri au contact des eaux miraculeuses mises en mouvement par l'Ange du Seigneur, tandis que dans la piscine salutaire du sang de Jésus-Christ, non-seulement un chrétien, mais tous les chrétiens peuvent en tout temps trouver la guérison de leurs mortelles infirmités. Et que faut-il pour l'obtenir? Rien autre que de le vouloir efficacement. Voulez-vous être guéri? dit le Seigneur à ce malade de la piscine Probatique; et il le répète encore à chaque pécheur. Et le pécheur, que répond-il? Hélas! combien y en a-t-il parmi nous qui aiment mieux gémir dans leurs souillures que de se purifier dans ce bain salutaire?

 

Il conviendrait à beaucoup de chrétiens de répéter ce que dit ce serviteur fidèle à Naaman, le lépreux Syrien, alors que le prophète Elisée lui recommanda de se laver dans les eaux du Jourdain pour se guérir de la lèpre, et qu'il s'y refusait : « Si le prophète t'avait commandé une chose difficile, tu aurais dû la faire, à plus forte raison dois-tu lui obéir, quand il t'a dit de te laver pour être guéri » (Rois 5, 13). Ainsi, si le Seigneur nous avait commandé de recouvrer la santé de notre âme au prix de notre sang, nous devrions le faire; combien avec plus de raison encore devons-nous lui obéir, quand il nous commande seulement de nous laver dans le sang de Jésus-Christ par la pénitence sacramentelle! C'est là le Jourdain: nous devons nous y laver pour être purifiés de la lèpre abominable du péché: nul n'étant pur de souillure, la source qui coule des blessures sacrées du Seigneur est nécessaire à tous, dit saint Bernard. Du moment que le péché est confessé au prêtre avec un vrai repentir, et que les paroles de l'absolution sacramentelle ont été prononcées, l'a me est purifiée. O immense libéralité de mon Rédempteur! à quel point en est venu votre amour! nous laver avec votre propre sang! Qui donc refusera d'aller plonger ses fautes dans cette mer inépuisable de votre très-précieux sang, qui fera disparaître toutes ses infirmités?

 

Colloque

 

Mon Jésus, je vais sans retard à cette bienfaisante fontaine, et quoique je me voie souillé de bien des fautes, cependant, en me plongeant dans cette mer inépuisable de miséricorde, j'ai la confiance que mon âme en sortira purifiée, puisque telle est l'assurance que vous m'en donnez par le prophète: « Si fucrint peccata vestra sicut coccinum, quasi nix dealbabuntur » (Isaïe 1, 18). Et de même que quelques gouttes d'eau dans une vaste mer sont aussitôt absorbées par les ondes, il en sera ainsi de mes fautes jetées dans la mer immense de votre très-saint sang, et qui seront aussitôt effacées; et l'âme plongée dans ces eaux de miséricorde en sortira nette et purifiée. Donnez-moi pourtant, ô mon Jésus, une vive douleur, un sincère repentir, afin que j'unisse ma douleur à votre sang, et qu'avec un cœur contrit et humilié, que vous ne repoussiez pas, je puisse recevoir la rémission de mes iniquités; faites que votre sang guérisse les blessures de ma pauvre a me, pour vérifier en moi ces paroles: Sanguis Christi emundat nos ab omni iniquitate ».

 

Exemple

 

Pour la consolation des âmes qui craignent parfois de ne pas avoir, dans la confession sacramentelle, une douleur suffisante de leurs péchés, il sera utile de rapporter ce que dit par inspiration divine sainte Marie-Madeleine de Pazzi, pour montrer que le sang de Jésus-Christ supplée encore à cette douleur. La Sainte, méditant sur la sueur de sang répandue par le Sauveur agonisant dans le jardin, disait: « Qui peut pénétrer, ô Seigneur! les abîmes d'angoisse et de douleur que vous éprouvez, afin de satisfaire pour tant d'âmes et obtenir leur contrition? Par là, dans votre sacrement, notre attrition se change en contrition, et nous sommes justifiés sans faire acte de contrition parfaite, parce que vous avez pris sur vous la contrition que nous devrions avoir; vous avez satisfait pour cette douleur interne qui nous manque, avec cette angoisse, cette douleur et cette contrition que vous avez senties pour nous dans votre Cœur affligé ». Ainsi s'exprime la Sainte.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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8 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Neuvième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous fortifie dans le sacrement de la Confirmation

 

La vie de l'homme sur cette terre est une guerre continuelle, et il lui faut combattre jusqu'à la mort pour remporter la couronne de la gloire éternelle: « Esto fidelis usque ad mortem, et dabo tibi coronam vitœ », dit le Seigneur à un évêque dans l'Apocalypse. La faiblesse et l'infirmité de la chair nous accompagnent jusqu'au tombeau, les grands dangers sont fréquents, les assauts des ennemis sont continuels, les passions sont vives et ne cessent jamais de nous livrer des combats : nous avons à combattre avec un monde trompeur, qui avec ses vanités nous tend des pièges de toute part; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait toujours la guerre à l'esprit; nous avons à terrasser un lion furieux, le démon qui cherche toujours à nous dévorer. C'est pourquoi, dans la prévoyance de tant de dangers et d'assauts à essuyer de notre part, le divin Rédempteur a voulu nous fortifier avec un sacrement qui nous donne des armes pour combattre et vaincre; ce sacrement est la confirmation. Mais d'où ce sacrement tire-t-il son efficacité, si ce n'est du sang tout-puissant répandu par Jésus, et qui est redouté par l'enfer tout entier? L'agonie qu'il a soufferte, ses mortelles tristesses, la sueur de sang répandue dans le jardin, voilà ce qui fait le courage des martyrs, la force des combattants, le triomphe des vainqueurs; et si nous ne succombons pas dans des tentations aussi multipliées, nous le devons à ce sang dont la vertu est infinie (Saint Léon le Grand). O efficacité admirable de ce sang divin! qui ne se sent plein de confiance en l'invoquant? O sang de Jésus! combien tu es terrible aux démons! tu es ce bouclier inexpugnable qui fait tomber à nos côtés les dards enflammés des plus puissants ennemis.

 

D'où vient par moments en nous une si grande faiblesse, qu'une légère tentation suffit pour entraîner notre chute? D'où vient que nous cédons si facilement à une passion mauvaise qui s'éveille au fond de notre cœur? Ah! je ne le sais que trop; c'est que nous oublions Jésus-Christ et ses souffrances, c'est que nous déposons, par un vil respect humain, ces armes dont le Sauveur nous a revêtus dans la confirmation; c'est que nous ne recourons pas de cœur et d'âme à son sang tout-puissant. Quelle force sentirait notre âme si, dans les tentations, elle invoquait le sang très-précieux de Jésus! si elle avait recours à lui, si elle l'implorait! Quelles épreuves n'ont-elles pas été supportées par tant d'enfants innocents et tant de vierges armées de ce sang! Ils ont épouvanté les tyrans, triomphé des plus rudes assauts, surmonté les tourments. Et c'est au sang de Jésus qu'ils ont dû leurs victoires. Et nous, au contraire, nous sommes si faibles, que pour un intérêt terrestre, que par crainte de déplaire aux hommes, et d'être méprisés du monde, nous rougissons souvent de paraître les serviteurs du Christ, et nous faisons le mal contre la voix de notre propre conscience, et avec la pleine connaissance que nous n'agissons pas en chrétiens. O déplorable faiblesse! ô méprisable lâcheté! Souvenons-nous donc que nous sommes les soldats du Christ, souvenons-nous quelles armes puissantes Jésus nous a données au moyen de son sang, dans le sacrement de la confirmation, et comment le Pasteur sacré nous a signés de ce signe adorable de la croix de Jésus-Christ qui nous rend si terribles à l'enfer tout entier.

 

Colloque

 

O mon Jésus, vous qui êtes la force de nos cœurs, maintenant je vois bien la cause de mes chutes; j'ai oublié ce sang précieux que vous avez répandu pour me fortifier dans le combat que j'ai à livrer à mes ennemis spirituels; je n'ai pas professé de dévotion sincère et affectueuse envers ce sang divin; je me suis fié à mes débiles forces, je me suis exposé aux dangers, et c'est pourquoi j'ai misérablement succombé. Mais maintenant je rappelle la confiance en mon âme en réfléchissant à votre miséricorde toujours prompte à pardonner, et en pensant que ce sang m'est toujours préparé, puisque vous ne cessez jamais de l'offrir à votre Père éternel pour les pécheurs eux-mêmes. Je sais bien que je ne mérite pas le pardon après avoir été aussi ingrat, mais votre sang le demande pour moi. O non! non! vous ne pouvez vous empêcher d'entendre ces voix, ce sont les voix de la miséricorde et de la grâce; et j'y joins aussi la mienne : je vous demande miséricorde pour ce sang précieux que vous avez répandu pour moi. Qu'il serve à effacer toutes les taches de mes péchés, à me fortifier, à me rendre inébranlable aux assauts de mes ennemis; c'est là que réside ma force, c'est par là que j'espère vaincre pendant la vie et à l'heure de la mort, et venir au sein des cieux célébrer éternellement vos miséricordes.

 

Exemple

 

On n'oubliera jamais dans les fastes de l'Eglise le courage du glorieux martyr saint Laurent, qui, au milieu même du supplice, brava son bourreau, tant il était devenu insensible aux plus cruels tourments, du moment qu'il s'agissait de soutenir la foi. Or, cette force lui venait du sang très-précieux de Jésus Christ dont il était le fidèle dispensateur, chargé dans ce temps de le distribuer aux fidèles: « Cui commisisti dominici sanguinis dispensationem »; comme il le dit lui-même au pontife Saint Sixte, pour faire connaître par là combien cette qualité l'avait préparé à soutenir le martyre. Enivré de ce sang divin, rempli d'une force héroïque, il donna son sang et sa vie pour Jésus-Christ, au milieu des charbons ardents, confirmant de sa mort la foi qu'il avait prèchée. (Histoire des Saints Martyrs).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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7 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Huitième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de Baptême

 

Jésus-Christ, en expirant sur la croix, venait de consommer le sacrifice de justice et de charité que le divin Agneau offrit pour nous sur cet autel de miséricorde; un des soldats qui étaient sur le Calvaire prit alors une lance, et frappant le côté sacré de Jésus-Christ, l'entr'ouvrit et en fit sortir l'eau et le sang, symbole, au dire de saint Augustin, des sacrements qui purifient et alimentent. Ainsi dans cette eau très-pure est figuré le sacrement de baptême, fontaine de régénération et de vie, par laquelle nous sommes régénérés à la grâce. Mais d'où vient à cette eau l'admirable vertu de purifier les âmes du péché originel dans les enfants, et de tous les péchés actuels dans les adultes qui reçoivent ce sacrement? D'où dérive une si grande efficacité dans cet élément? L'abbé Rupert répond: « Elle dérive du sang très-précieux de Jésus-Christ »; c'est par l'union et le mélange de l'eau avec le sang du Rédempteur, que l'eau a acquis une vertu si efficace et si merveilleuse; d'où il résulte que tous les effets que le baptême produit dans l'âme dérivent de ce sang précieux; c'est par lui que nous sommes régénérés à la grâce; c'est par lui que nous sommes devenus fils de Dieu par adoption , frères de Jésus-Christ, héritiers du paradis. O mystères sublimes de la bonté ineffable de Jésus! ô puissance ineffable de ce sang!

 

Mais comment s'est maintenue cette vie de grâce qui nous fut donnée dans le Baptême? Comment avons-nous conservé cette innocence baptismale dont notre âme a été embellie par la vertu du sang de Jésus-Christ? Hélas! Aux premières lueurs de la raison n'avons-nous pas perdu la belle robe de l'innocence du baptême, n'avons-nous pas souillé cette âme lavée dans le sang du divin Agneau, et ne pouvons-nous pas dire en pleurant avec saint Augustin: « Où ai-je été, et quand ai-je été innocent? » Nous sommes devenus fils de Dieu par le baptême, et après une aussi grande faveur, nous cessons d'agir avec l'esprit de Dieu; nous sommes enfants de lumière, et nos œuvres sont des œuvres de ténèbres; après être devenus héritiers du ciel, nous nous sommes soumis a l'esclavage de Lucifer. Souviens-toi donc, ô chrétien, m'écrierai-je avec le grand pontife saint Léon, souviens-toi de ta dignité, et après avoir été fait participant de la nature divine par le baptême, ne t'abaisse pas jusqu'à reprendre de nouveau ce joug infernal, auquel t'a soustrait le sang de Jésus-Christ. Nous sommes fils de Dieu, que nos œuvres soient donc dictées par l'esprit de Dieu: Frères de Jésus Christ et héritiers du ciel, n'attachons pas notre coeur à la terre.

 

 

Colloque

 

Quel remerciement pourra vous rendre mon âme, Très-aimable Jésus, pour avoir daigne me faire naître dans le giron de la sainte Eglise, et m'admettra aux fonts sacrés du baptême! Ne pouvais-je pas aussi bien naître dans les ténèbres de l'idolâtrie et de l'infidélité? Et cependant vous m'avez fait naître parmi les catholiques, vous m'avez purifié dans le baptême, et fait participant des mérites de votre sang. C'est pourquoi je suis confus en voyant que je n'ai pas répondu à votre amour, et combien ma vie a dégénéré de ce caractère de chrétien que vous avez imprimé à mon âme; je l'ai défiguré, je l'ai avili par mes œuvres mauvaises. Mon Dieu! purifiez de nouveau mon âme, et si de votre côté ouvert coula cette eau unie à votre très-précieux sang par laquelle j'ai été purifié dans le baptême, aujourd'hui je joins une autre eau à votre sang vivifiant; c'est l'eau de mes larmes excitées par la contrition du cœur; que ces larmes unies à votre très précieux sang forment un baume salutaire de pénitence, pour laver de nouveau l'âme des souillures contractées depuis le baptême.

 

Exemple

 

Cette robe blanche, qui servait à revêtir les néophytes, après qu'ils avaient reçu le sacrement du baptême, ce linge blanc qui se place sur les enfants après qu'ils ont été baptisés, sont le symbole de la netteté et de la pureté que l'âme acquiert par le sang de Jésus-Christ dans ce sacrement; pureté que nous devons conserver immaculée, afin de nous présenter nets et purs devant le tribunal de Jésus-Christ après notre mort. C'est pourquoi sainte Maruta montra cette robe blanche à un apostat, afin qu'il reconnût le bienfait reçu dans le baptême au moyen du sang innocent de l'Agneau immaculé, et qu'il retournât de nouveau à la foi qu'il avait abandonnée.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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6 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Septième jour

Le désir ardent qu'a Jésus-Christ de voir toutes les âmes participer à son très-précieux sang

 

Combien était grand le désir qu'a eu Jésus-Christ pendant toute sa vie mortelle, de répandre son sang pour la rédemption du monde! Il ne désire pas moins ardemment aujourd'hui que tous en profitent, que tous y participent. C'est pourquoi, en nous invitant à cette fontaine de miséricorde, il nous dit: « Bibite ex hoc omnes » (Matthieu 26, 27); et ouvrant dans ses saintes plaies quatre fontaines, comme dit saint Bernard, fontaine de miséricorde, fontaine de paix, fontaine de dévotion, fontaine d'amour, il convie toutes les âmes à venir s'y désaltérer. Et pourquoi, en effet, a-t-il institué les sacrements, qui sont comme les canaux par lesquels se communiquent les mérites de ce sang précieux? pourquoi s'offre-t-il perpétuellement à son Père éternel dans le ciel, et veut-il que, chaque jour, il soit offert par ses ministres sur les saints autels? pourquoi , de nos jours, a-t-il réveillé d'une manière toute particulière dans le cœur de tant de fidèles une pareille dévotion? C'est parce qu'il désire ardemment que tous, au moyen de son sang, puisent les eaux de la grâce aux sources sacrées de ses plaies. Oh! quelle monstrueuse ingratitude que de ne pas profiter, par notre négligence, d'un moyen de salut si efficace!

 

Qui peut exprimer tous les desseins admirables qu'a eus le cœur de Jésus dans l'effusion de ce sang d'amour? Par là, il a voulu apaiser sa divine justice, nous réconcilier avec son divin Père, purifier nos âmes de toute iniquité, nous mériter les secours efficaces de sa grâce, nous ouvrir les abords du royaume bienheureux de sa gloire. Qui peut donc douter qu'il ne brûle du désir ardent que tous en profitent, que tous répondent à sa charité inépuisable? Il semble même se plaindre des âmes qui ne savent pas l'apprécier. Homme fait de terre, songe au sang qui a été répandu pour toi; ne le méprise pas, ne le foule pas à tes pieds, ne fais pas en sorte qu'il ait été inutilement répandu pour toi. Songe que celui qui a versé ce sang, et qui te l'offre, a pour nom le Verbe de Dieu; qu'il est ce Verbe fait homme qui est mort pour toi, et qui, un jour, doit te juger. Rappelle-toi que ce sang est un gage de son amour; mais que, si tu en abuses, il sera ta condamnation. Rappelle-toi que si à présent tu ne témoignes pas ta dévotion et ta gratitude envers ce divin sang , tu ne pourras avoir ta place parmi les bienheureux, ni bénir avec eux pendant toute l'éternité l'Agneau immaculé qui les a rachetés et sauvés. O mon âme! quels sont tes sentiments, quelles sont tes résolutions?

 

Colloque

 

Ah! Jésus qui nous aimez tant, si le péché vit encore en nous, si nous sommes tièdes et négligents dans votre service, et s'il nous est si difficile de marcher dans le sentier de la vertu, la faute tout entière en est à nous; c'est que nous ne venons pas au pied de votre croix nous plonger dans votre très-précieux sang; c'est que nous ne l'appliquons pas à nos âmes, c'est que nous ne savons pas faire usage de ce trésor inestimable que vous nous offrez avec tant d'amour! Nous sommes misérables au milieu des richesses, nous sommes pauvres au milieu des trésors de votre grâce. Que pouviez-vous faire de plus pour nous? Et après cela, ingrats que nous sommes, nous ne voulons rien faire pour nous et pour notre salut! Vous avez bien raison de dire: « Que pouvais-je faire de plus pour ma vigne? » Et nous, à noire confusion, nous pourrions dire: « Que pouvions-nous faire de moins pour vous? » Vous avez répandu tout votre sang, et vous nous invitez chaque jour à y prendre part. Vous êtes mort pour nous sauver, sur une croix, au milieu des angoisses et des douleurs; et nous sommes, nous, si obstinés, si insensibles à vos invitations, à votre sang, à votre mort! Mais il n'en sera pas ainsi à l'avenir; nous nous proposons de toute notre force de vous montrer désormais la plus sincère gratitude, le plus fidèle retour, et de professer une affectueuse et constante dévotion envers votre sang très-saint; il sera toujours l'objet de notre amour, et d'exemple comme de parole, nous le ferons adorer de tous.

 

Exemple

 

Arrêtez-vous aujourd'hui quelques instants devant une image de Jésus crucifié, et avec une attention toute particulière, écoutez la voix du sang qui coule de ses plaies; que vous dira-t-elle ? Elle vous dira ce que Jésus dit un jour à sainte Lutgarde: « Vois, ma chère Lutgarde, comme mes blessures crient vers toi, pour que mon sang n'ait pas été répandu en vain! » Ah! c'est que tant de sang a été répandu en vain et sans fruit pour bien des âmes; c'est que les perles précieuses de la Divinité sont jetées à des animaux immondes, assez hardis pour fouler aux pieds le sang divin du Verbe fait homme; c'est que nul n'aime le Sauveur qui tient chacun de vous imprimé sur son cœur en lettres de sang. Réveillez-vous donc à cette voix, appliquez ce sang sur votre cœur, et soyez reconnaissant envers celui qui l'a répandu.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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5 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Sixième jour

Le sang très précieux de Jésus-Christ produit dans l'âme l'ordre parfait et la véritable tranquillité

 

Le péché avait troublé la belle ordonnance que Dieu avait établie parmi ses créatures, voulant que la volonté de l'homme fût soumise en tout à sa très-sainte volonté. L'homme s'étant révolté contre la majesté du Seigneur, les passions étaient soulevées, les appétits désordonnés, le démon tyrannisait les âmes, et ainsi s'était perdue l'heureuse paix, l'heureuse tranquillité du cœur. Jésus-Christ parut au monde, et avec l'effusion de son sang il fit renaître parmi nous la paix. Il nous remit en paix avec Dieu, en paix avec nous-mêmes; par ce sang il nous réconcilia avec son divin Père; il fit en sorte que la miséricorde et la vérité se rencontrassent ensemble, et que la justice et la paix fussent réunies; il réprima nos passions rebelles, mit en fuite le démon, et cette belle ordonnance que le passé avait troublée fut rétablie: « Pacificans per sanguinem crucis ejus, sive quae in terris, sive quae in cœlis sunt », paroles que saint Cyrille d'Alexandrie interprète de cette manière: « Ne voyez-vous pas que Jésus-Christ qui, d'après saint Paul, a pacifié, non-seulement ce qui est sur lu terre, mais ce qui est au ciel, est le veau d'expiation offert pour le péché? » C'est lui qu'il reconnaît comme figuré par cette victime pacifique qu'on offrait pour le péché dans l'ancienne alliance. Et ailleurs il dit encore: « II a plu au Père divin de tout réconcilier par le sang pacifique de son divin Fils unique, en qui il a fait reposer la plénitude de ses grâces ». Et voilà pourquoi le titre de roi pacifique et de prince de la paix convient à Jésus, car il l'a bien mérité par l'effusion pleine d'amour de son sang.

 

Savons-nous la maintenir cette paix que Jésus nous a acquise au prix de son sang? Conservons-nous cet ordre parfait, cette tranquillité qu'il nous a méritée par son propre sacrifice? Hélas! avec quelle facilité nous les perdons! pour une misère, pour un vil intérêt, pour un plaisir momentané, nous perdons un aussi précieux trésor. On perd la paix avec Dieu en perdant sa grâce, on livre son cœur au péché, qui est l'ennemi juré de la paix, et qui n'apporte que remords, amertumes et afflictions d'esprit. On perd la paix avec le prochain; pour une légère offense, pour une légère contradiction, pour un faible dommage, la colère s'allume dans notre cœur, et on donne carrière à la haine et à la vengeance; on perd la paix avec soi-même en donnant un libre cours à ses passions, qui ne savent que faire la guerre à l'esprit, et plonger les âmes dans les plus horribles tristesses! Rentrons donc en nous-mêmes et ne perdons pas un trésor qui a coûté tant de sang à Jésus; conservons la paix avec Dieu en gardant fidèlement dans notre cœur le trésor de sa grâce; conservons la paix avec le prochain en pardonnant promptement les offenses, et en aimant celui qui nous outrage et nous persécute, selon les adorables enseignements de Jésus; conservons la paix avec nous-mêmes, en refrénant les passions rebelles qui nous livrent la guerre.

 

Colloque

 

Aimable Rédempteur, auteur de la paix, roi pacifique, qui, pour réconcilier nos a mes avec votre justice irritée, avez donné votre vie et votre sang; oh! faites que nous sachions apprécier autant qu'il le mérite un trésor aussi précieux, cette paix que vous avez obtenue pour nous, cette paix que le monde ne peut donner avec tous ses biens; paix qui surpasse toute louange humaine; paix qui est un gage et un avant-goût de cette paix imperturbable dont on jouira au ciel. Voyez quels sont les périls qui nous entourent, et les occasions continuelles de perdre cette paix; voyez la guerre intestine que nous font nos passions. O mon Dieu! contenez-les, et si à votre voix souveraine les vents et les tempêtes au sein des mers orageuses se sont calmés pour faire place à une parfaite tranquillité, faites de nouveau entendre cette voix à mon cœur, afin que je puisse retrouver la paix parfaite et la tranquillité perdue par le péché. Et faites-le par ce sang précieux, qu'avec tant d'amour vous avez répandu pour nous racheter la paix vraie et parfaite.

 

Exemple

 

Le cœur qui veut jouir de la vraie paix, doit s'unir au cœur très-aimable de Jésus, et s'arroser de ce sang précieux qui découle de ses blessures. Sainte Françoise Romaine, comme on lit dans sa vie, vit un jour sortir du côté sacré de Jésus, et de ses plaies, une multitude de chaînes de feu qui transmettaient avec elles une grande quantité de sang pour le salut des âmes. Ce sont les chaînes d'amour auxquelles le cœur doit s'unir pour vivre en paix. Il doit s'abreuver de ce sang pacifique qui calme les passions, dompte le démon, et donne sur cette terre un avant-goût de cette paix éternelle, imperturbable, dont on jouira dans le ciel. (Vie de Sainte Françoise Romaine).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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4 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Cinquième jour

Le sang précieux de Jésus-Christ purifie l'âme souillée par le péché

 

Oh! qu'elles sont hideuses et repoussantes ces souillures que nos fautes produisent en notre âme! Elles la corrompent tellement, que saint Augustin va jusqu'à dire: « L'odeur d'un chien mort est préférable à celle qu'exhale une âme pécheresse devant Dieu ». Et c'est pourquoi le prophète Isaie, en parlant aux pécheurs, les exhorte à se laver et se purifier à la fontaine de vie. Mais quelle est cette fontaine de vie, si ce n'est pas le sang vivifiant et purifiant de l'Agneau immaculé, où se plongent les âmes pour en sortir purifiées de toute souillure? « Sanguis Christi emundat nos ab omni iniquitate », nous assure l'Apôtre. Le sang du Rédempteur est comparé à une source qui n'est ni fermée ni cachée, mais ouverte et visible à tous. C'est ainsi que le prophète Zacharie la voit en esprit fournir en abondance les eaux qui doivent purifier les âmes. Elle les déverse ensuite avec profusion dans toutes les parties de la maison du véritable Jacob, qui est l'Eglise; et sa principale destination est d'enlever en nos âmes les souillures du péché. Faut-il qu'il s'en trouve encore qui veuillent rester dans leurs impuretés, et qui refusent d'approcher de cette source bienfaisante de salut?

 

Considérez l'injure que fait le pécheur au sang très-précieux de Jésus-Christ, lorsqu'il aime mieux vivre dans toute la laideur du péché, que de se purifier à cette fontaine de vie. Que diriez-vous, ô mon âme, de celui qui, tombé dans la fange, aimerait mieux s'y rouler que d'approcher d'une fontaine d'eau limpide qui pourrait le laver? Quelle serait sa folie! Eh Lien, la folie du pécheur est bien plus détestable, lui qui passe les années dans la fange de ses fautes, et oubliant son âme, l'éternité et Dieu, se tient éloigné du bain purifiant de ce sang divin. Pécheurs, réveillez-vous, c'est pour vous que cette fontaine est ouverte. Venez, lavez-vous et purifiez-vous. Mais, que dis-je? ce n'est pas une fontaine. Le sang de Jésus-Christ est un vaste fleuve, et mieux encore, une mer profonde, sans bornes et sans rivage, qui inonde et couvre toute la terre; car la miséricorde divine, qui distribue ce sang précieux, n'a pas de limites. C'est ce qui faisait dire à sainte Marie-Madeleine de Pazzi, que le Seigneur nous avait envoyé deux fois le déluge: la première fois au temps de Noé, à l'époque de l'inondation universelle de la terre; et l'autre à l'époque de la plénitude de la grâce. Le Verbe fait homme (ce sont ses propres paroles) envoya encore le déluge dans ce misérable monde; et quel est ce déluge? Une grâce surabondante et l'effusion de son sang. Et c'est ce qui fait dire également à saint Jean Chrysostôme: « Hic sanguis effusus universum abluit orbem terrarum ». Maintenant, voici, o pécheur! voici l'occasion favorable de précipiter au sein de cette mer immense la masse de vos péchés, et vous ne pouvez douter de la volonté du Seigneur de les effacer au plus vite, puisqu'il vous a fait entendre par son prophète Michée qu'il jettera toutes nos iniquités dans la mer profonde de sa miséricorde.

 

Colloque

 

Très-aimable Jésus, qui m'invitez aujourd'hui à me plonger dans la mer immense de votre très-précieux sang, afin de me purifier de toutes les souillures contractées par mes iniquités, je serais trop coupable envers vous si je faisais le sourd à l'invitation de votre grâce. Oh! oui, mon Jésus, je veux immerger mon a me tout entière dans ces eaux de miséricorde et de grâce. Vous voyez toutes les impuretés, toutes les attaches, toutes les misères qui sont en elle, et vous seul pouvez la purifier. Purifiez-moi donc, Seigneur, dirai-je avec le lépreux de l'Evangile, parce que vous le pouvez. Un seul signe de votre volonté suffit pour me purifier. Faites donc que j'entende de vos lèvres ces douces et consolantes paroles: « Je le veux, sois purifié ». Et ainsi purifié par votre sang, conservez-moi cette pureté jusqu'à la mort.

 

Exemple

 

Pour encourager les pécheurs à se plonger dans son sang avec une entière confiance dans sa miséricorde, le Seigneur apparut un jour à sainte Mathilde sur un autel, les mains étendues. Ses saintes plaies, comme si elles eussent été récentes, répandaient un sang abondant, et il lui dit: « Voici mes blessures ouvertes de nouveau, afin de pouvoir apaiser envers les pécheurs mon divin Père. Il y en a qui ont le cœur si craintif et si timide, qu'ils n'ont pas la hardiesse de se confier dans mon amour. S'ils avaient souvent recours à la Passion, et s'ils adoraient dévotement mes plaies sanglantes, ils chasseraient toute crainte bien loin d'eux ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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3 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Quatrième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ rachète lame de la servitude du péché

 

Un des plus déplorables effets que le péché produit dans notre âme, est de la rendre esclave des passions et du démon, ce qui, de toutes les servitudes, est la plus dure et la plus triste; il la rend esclave des passions, parce que l'homme devient esclave de celui qui l'a vaincu; et ailleurs nous lisons: « Qui facit peccatum servus est peccati » (2 Jean 8, 34). Celui qui commet le péché se fait esclave du péché. Il la rend esclave du démon; car consentir à ses mauvaises suggestions, c'est se soumettre à son joug tyrannique, sous lequel la pauvre âme est tenue dans une honteuse dépendance; et on peut dire des pécheurs qu'ils sont soumis à la volonté du démon. Eh bien, le sang de Jésus-Christ nous arrache à l'opprobre d'un pareil esclavage, il nous arrache au joug des passions, en les domptant, en les réprimant par les mérites du Fils de Dieu qui a répandu ce sang précieux. Il noua arrache au démon, parce qu'il le renverse, parce qu'il le terrasse; et en parlant de ce sang divin on peut dire avec vérité: « Et nunc princeps mundi ejicietur foras ». Voyez donc, ô mon âme, quelle source de richesses et de biens découle de ce sang précieux!

 

Et, mon Dieu! combien toutes ces vérités sont bien indiquées dans ces paroles de la Sagesse bénissant le bois où s'effectua la justice. Par cette justice, il faut entendre le paiement rigoureux que Jésus-Christ a acquitté sur le bois de la croix pour racheter les âmes de la servitude du démon, effacer la sentence de notre damnation éternelle, et au prix de son sang nous procurer la liberté des enfants de Dieu. Voici comme saint Ambroise explique le texte que nous venons de citer: « C'est à la justice que la sainte Ecriture attribue le pardon des péchés, parce que notre Seigneur Jésus-Christ en montant sur cette croix, a crucifié la sentence de nos péchés, et par son sang a purifié le monde entier ». Mais cet affranchissement que le sang de Jésus Christ nous a mérité, en profitons-nous? Vivons-nous comme de vrais enfants de Dieu? Hélas! combien de fois, et volontairement, reprenons-nous ces dures chaînes, au joug desquelles Jésus-Christ nous avait soustraits? Celui qui laisse dominer de mauvaises passions dans son cœur, celui qui donne son consentement aux tentations du démon, se fait de lui-même esclave du démon! Ne savons-nous donc pas île quelle manière ce grand ennemi traite les âmes? ne savons-nous pas les remords, les amertumes, les afflictions d'esprit, dont sont abreuvées les âmes qui combattent sous ses bannières? Et si quelquefois, avec une perfide douceur, il vient présenter à nos lèvres la coupe empoisonnée du plaisir, ne savons-nous pas que nos lèvres doivent y puiser la mort! Oh! ces chaînes sont trop dures: brisons-les enfin, et jouissons de cette liberté que Jésus nous a acquise au prix de son sang.

 

Colloque

 

Ah! mon Jésus, si je considère toute la grandeur de mes fautes, et le triste état auquel elles m'ont réduit, combien n'ai-je pas à craindre? Mes innombrables iniquités me paraissent autant de chaînes; mais si je tourne mes regards vers le prix de la rédemption que vous avez acquitté pour moi sur la croix, quelle douce confiance conçoit alors mon cœur, et combien est forte l'espérance appuyée sur un tel fondement! « Merità mihi spes valida in illo est », m'écrierai-je avec saint Augustin. Oui, c'est là que mon espérance sera tout entière Le poids incommensurable et l'immensité de mes péchés précipiterait mon âme dans l'abîme du désespoir, si vous ne m'excitiez pas à la confiance du pardon, ô mon divin Sauveur, si je ne vous voyais assis à la droite de votre Père céleste et offrant tous les jours voire sang pour moi misérable pécheur. Ce sang qui m'a racheté et m'a délivré tant de fois de l'enfer, j'ai confiance en lui, et je n'ai nulle crainte de mes ennemis: « Ille tuus unicus redemit me sanguine suo », dirai-je encore avec confiance : « Non, la multitude de mes péchés ne m'effraie pas, quand je pense au prix de mon salut, qui est votre sang, ô mon aimable Sauveur »,

 

Exemple

 

Sainte Catherine de Sienne, par ses douces paroles, obtint d'un jeune gentilhomme de Pérouse, nommé Nicolas, qu'il souffrît avec résignation une sentence de mort qui lui paraissait injuste. Elle lui disait : Tu iras à la mort arrosé du très-précieux sang du Fils de Dieu, et tu mourras avec le doux nom de Jésus sur les lèvres; et elle le délivra ainsi de la grande douleur et de l'épouvante qu'il avait d'être décapité, et de la crainte de ne pouvoir persévérer au dernier moment dans sa résignation. La sainte fit plus; elle voulut elle-même l'assister dans ses derniers moments, et elle le fit en effet, l'exhortant à se souvenir du sang de l'Agneau divin ; et le jeune homme ne cessait de répéter: « Mon cher Jésus, Jésus, Jésus! » C'est ainsi qu'il mourut, et lorsque la tête fut détachée du corps, Catherine, fixant les yeux au ciel, vit Jésus-Christ qui portait cette âme fortunée au royaume éternel. (Vie de la Sainte, par le P. Frigerio)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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2 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Troisième jour

Le sang très précieux de Jésus remédie aux grands et horribles maux qu'occasionne le péché

 

Qui peut comprendre et exprimer les tristes effets que le péché produit dans notre âme? C'est par lui que la mort est entrée dans le monde, mort spirituelle, mort temporelle et mort éternelle. Il dépouille l'âme de la grâce sanctifiante, et la rend un objet d'abomination aux yeux d'un Dieu de pureté, qui ne peut supporter l'iniquité; il la fait esclave de Lucifer, et la rend tellement hideuse qu'un seul péché mortel la fait semblable au démon. De plus, il injurie la majesté du Seigneur, excite son courroux, et fait répandre sur les fils des hommes le calice amer de toutes les tribulations. Quel remède reste-t-il donc à tant de maux, sinon le sang très-précieux de Jésus-Christ, ce baume salutaire qui guérit toutes les blessures de l'âme causées par le péché? C'est lui qui nous réconcilie avec la divine justice outragée par nous, c'est lui qui apaise le Seigneur, et calme sa colère. Il nous remet en état de paix avec Dieu et avec les anges. Il nous rend les mérites que nous avons perdus, et nous purifie de toute iniquité. O bonté ineffable de Jésus, qui avec son sang nous fournit tant de remèdes, et des remèdes si efficaces!

 

Si le pécheur considère, dit saint Bernard, toute l'horreur de ses fautes, oh! combien il doit se troubler et s'épouvanter! Mais s'il se tourne vers le crucifié et regarde ses plaies saignantes, oh! avec quelle confiance doit-il compter sur la miséricorde et le pardon! « Peccavi peccatum grande, turbatur conscientia, sed non perturbatur, quoniam vulnerum Domini recordabor », s'écrie-t-il avec confiance. Le sang du Rédempteur versé pour notre salut est l'unique moyen de guérir nos plaies; c'est, comme l'affirme saint Ambroise, le seul remède salutaire à tous les maux de l'âme. Ce prix livré par Jésus-Christ sur la croix, est le seul qui pourra acquitter envers la divine justice les dettes immenses contractées par les hommes pour leurs péchés: « Suum pro nobis effudit sanguinem , et debitum nostrum delevit », assure le même saint docteur. Et c'est ce qu'exprime l'apôtre saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens, en disant: In quo habemus redemptionem per sanguinem ejus, remissionem peccatorum secundum divitias gratiœ ejus (Ephésiens 17). Jésus par l'effusion de son sang a prodigué les richesses de sa grâce pour payer nos dettes. Prix inestimable qui nous a tant enrichis, et qui a si généreusement satisfait pour nous!

 

Colloque

 

Quelle reconnaissance, mon Jésus, vous doit mon âme pour avoir été guérie par vous, médecin plein de tendresse, avec le baume inestimable de votre sang! Que serais-je, et dans quel gouffre de misères serait plongée cette âme, si elle n'avait pas été rachetée par vous, et tant de fois guérie des profondes plaies produites en elle par tant de fautes dont je suis coupable? Vous Seul étiez capable de remédier à tant de maux. Faites donc que je ne retombe plus dans cet état de mort dont voire sang m'a délivré. Qu'il soit mon salut, qu'il soit mon unique remède, qu'il soit mon soutien pendant la vie et à la mort. Quand je réfléchis à mon ingratitude passée, je voudrais mourir de douleur à vos pieds. Mon Jésus, transpercez mon cœur de douleur et d'amour pour toutes les blessures dont je vous ai transpercé, pour tout le sang que mes péchés ont fait couler de vos veines; et faites que je ne vous offense plus, mais que je vous aime toujours, et toujours. Amen.

 

Exemple

 

Sainte Catherine de Sienne vit un jour deux malheureux qui marchaient au supplice. Pendant qu'on déchirait leur chair avec des fers brûlants, et qu'ils poussaient d'horribles blasphèmes, elle pria pour eux avec une grande ferveur, rappelant au Seigneur les miséricordes dont il avait usé envers tant de pécheurs. Jésus, touché de ses prières, daigna apparaître à eux couvert de ses plaies saignantes. Aussitôt ils se convertirent au milieu même de cet horrible supplice, bénirent Dieu, moururent dans une résignation parfaite et montèrent au ciel. (Vie de la Sainte, par le P. Frigerio)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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1 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Deuxième jour

Le prix de notre âme démontré par le Sang Précieux de Jésus-Christ

 

La valeur d'une pierre précieuse se mesure d'après la somme payée pour son acquisition, et plus cette somme est élevée, plus l'objet acquis nous est précieux. Eh bien, notre âme n'a pas été rachetée au vil prix de l'or et de l'argent, mais au prix du sang du divin Agneau, dit l'apôtre saint Paul; et saint Basile: « Anima Christi sanguine reparatur ». O dignité incomparable de notre âme! dit avec raison saint Bernard. Il y a plus, pour une seule âme, au dire de saint Ephrem, Jésus aurait donné tout le sang de ses veines. Notre âme n'est pas moins précieuse par sa création, puisqu'elle a été créée à l'image de Dieu, que par sa rédemption, puisqu'elle a été rachetée par Jésus au prix de son propre sang. Et cependant combien les hommes tiennent peu de compte de cette âme! Pour un vil intérêt, pour un caprice, pour un immonde plaisir, ils la livrent au démon. Rentre en toi-même, âme chrétienne, et vois combien tu as coûté à Jésus. Pense qu'il ne te servira de rien de gagner le monde entier, si tu te perds toi-même, qu'il ne te servira de rien d'avoir richesses, honneurs, plaisirs. C'est une vérité infaillible annoncée par Jésus-Christ. Il n'y a qu'une affaire importante sur la terre, c'est de sauver une âme rachetée et arrosée par le sang très-précieux de Jésus. O âme! pense combien a été abondant ce prix de valeur infinie qu'il a donné pour toi. Il suffisait d'une seule goutte de ce sang divin pour racheter le monde entier, comme l'enseigne le pontife Clément VI, et comme le répète le docteur angélique saint Thomas: « Cujus una stilla salvum facere totum mundum quit ab omni scelere ». Et néanmoins, par un amour ineffable pour nos âmes, il a voulu le verser tout entier. Et toi, qu'as-la fait jusqu'ici pour te sauver? où sont les épines, les clous, les croix souffertes? où est le sang répandu? Ah! combien cette comparaison doit nous rendre confus! Jésus a tant souffert pour nous sauver, et nous, après cela, nous ne voulons rien souffrir; dès qu'il s'agit de notre âme, tout nous déplaît: faire des oraisons, mortifier cette passion rebelle, extirper du cœur cette affection désordonnée, faire abnégation de soi-même, se faire violence. Mais réfléchis, mon âme, que si de ton côté tu ne penses pas à te sauver, le sang répandu de Jésus-Christ ne te servira de rien; bien au contraire, il sera ta condamnation, car Dieu qui t'a fait sans toi, comme dit le saint docteur Augustin, ne te sauvera pas sans toi. Et de même que les Hébreux trouvèrent leur salut dans la Mer Rouge où les Egyptiens trouvèrent la mort, ainsi, si tu mets à profit le sang de Jésus-Christ, tu te sauveras; si tu en abuses, tu trouveras la mort éternelle.

 

Colloque

 

Mon Jésus, qui avez été prodigue de votre sang précieux, au point de le verser tout entier pour le rachat de cette âme qui m'appartient , je puis dire avec raison qu'il n'y a pas une goutte qui n'ait été versée pour moi. Arrosée de ce sang précieux, cette pauvre âme se présente vers vous, et a recours à vous. O mon Dieu, faites qu'elle ne tombe pas en perdition cette âme qui vous a tant coûté, et qu'elle n'ait pas un jour à entendre de votre bouche l'amer reproche d'avoir inutilement versé votre sang pour moi. Ah! excitez aujourd'hui dans mon pauvre cœur un désir efficace de me sauver, dût—il m'en coûter et mon sang et ma vie. Par les entrailles de votre miséricorde, et par les mérites de votre très-précieux sang, sauvez-moi, mon Jésus, secourez-moi dans les tentations, soutenez-moi dans les périls, délivrez-moi de la mort éternelle, moi qui vous coûte votre sang.

 

Exemple

 

Sainte Thérèse eut une très-grande dévotion au sang très-précieux de Jésus-Christ: elle se sentait tout émue à la vue seule de quelque image représentant Jésus-Christ répandant son sang; cette vue lui rappelait tout le prix de son âme, et l'amour que Jésus avait eu pour elle. Elle rapporte ce qui lui arriva une fois: « Un jour, dit-elle, en entrant dans l'oratoire, je vis une image représentant le Christ couvert de plaies, et tellement pleine d'expression, qu'à sa vue je me sentis toute troublée, tant elle représentait avec vérité tout ce que Jésus-Christ souffrit pour nous. Tel fut le sentiment de douleur que j'éprouvai alors, qu'il me sembla que mon cœur se brisait, et me jetant tout en larmes au pied de l'image, je suppliai Jésus de me donner, une fois pour toutes, la force nécessaire pour ne plus l'offenser à l'avenir ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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31 mai 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Premier jour

Les victoires que Jésus-Christ a remportées par l'effusion de son précieux sang

 

Vaincue et enchaînée par l'ennemi infernal, la malheureuse humanité gémissait dans les ombres de la mort; d'elle-même elle ne pouvait se relever du triste état où elle était tombée, ni vaincre l'horrible ennemi qui, au moyen du péché, l'avait rendue son esclave; ce n'était donc que du ciel que les pauvres mortels attendaient ce puissant vainqueur de l'enfer et de la mort qui seul pouvait les délivrer, lorsqu'enfin les temps étant accomplis, Jésus parut dans le monde pour triompher de toutes les puissances des ténèbres, et arracher la misérable humanité au joug tyrannique qui l'opprimait. Et comment y est-il parvenu? Ah! ne le sais-je pas? mon Jésus, cette victoire, vous ne la devez qu'à l'effusion de votre très-précieux sang, dont vous avez répandu les prémices huit jours après votre naissance, pour le verser plus lard jusqu'à la dernière goutte sur l'autel de la croix; c'est par là que vous avez triomphé de l'enfer et de toutes les puissances des ténèbres.

 

Considérez en outre, ô mon âme, comment Jésus avec ce sang nous a armés pour le combat. Notre vie sur la terre est une guerre continuelle. Nous avons à combattre contre un monde trompeur qui, avec ses vanités et ses illusions, cherche à nous séduire et nous faire tomber dans ses lacs; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait à l'esprit une guerre incessante; nous avons à terrasser un dragon infernal qui, pareil à un lion furieux, cherche toujours à nous dévorer. Gomment donc pourrons-nous vaincre ces ennemis si puissants et si terribles, comment chaque jour remporter d'aussi difficiles victoires, à moins de nous être prémunis de ce sang précieux, ce sang qui nous rendrait terribles à l'enfer tout entier déchaîné contre nous? Comprenons la nécessité de réveiller en nos cœurs une fervente dévotion envers le gage de notre Rédemption et la cause de nos victoires, et de mettre en lui la plus vire confiance du triomphe. « Par ce signe tu vaincras », fut-il dit au grand empereur Constantin, lequel, par la vertu du signe adorable de la croix, devait dissiper les innombrables armées de ses ennemis. Eh bien, nous aussi, nous saurons vaincre par la vertu de cette croix très-sainte, arrosée du sang de l'Agneau immaculé; nous célébrerons les plus glorieux triomphes sur tous nos ennemis; et il nous arrivera ce qui est dit dans l'Apocalypse 12, 11: « Ils ont vaincu le dragon par le sang de l'Agneau ».

 

Colloque

 

O Jésus tout-puissant, qui avez complètement triomphé du dragon mauvais, qui l'avez enchaîne par l'effusion de votre Très Précieux Sang, et qui avez encore préparé pour nous de puissantes armes pour les combats continuels de cette misérable vie; quelle confiance vous réveillez aujourd'hui dans nos cœurs assurés du triomphe et à l'épreuve de la crainte! Vous êtes le bras tout-puissant de votre divin Père, qui nous donne la victoire en vertu des mérites de votre sang répandu pour nous; c'est là que nous devons prendre de la force et du courage pour vaincre le dragon infernal dont on triomphe par vous. Oh! qu'on est bien tout auprès de votre croix! quel bonheur d'arroser son âme de votre sang divin, de l'y plonger tout entière! C'est lui qui nous fortifie dans les tentations, et nous fait acquérir cette couronne de gloire immortelle que votre amour nous tient prête dans le ciel.

 

Exemple

 

On connaît ce trait de la vie de saint Edmond, qui, tenté et tourmenté par le démon, s'arma courageusement, pour combattre, des mérites du sang de Jésus-Christ, et ayant adjuré le démon, au nom de la Passion et du sang de Jésus-Christ, de confesser ce qu'il craignait le plus, celui-ci lui répondit: « Ce que tu viens de nommer, c'est-à-dire le Sang Très Précieux de Jésus-Christ ». Tant est vraie cette assertion de saint Jean Chrysostôme, que ce sang tout-puissant met en fuite les démons. (Vie de saint Edmond).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

 

Indulgence : Le souverain pontife Pie VII a accordé cent jours d'indulgence à gagner, chaque fois qu'on récitera la prière ci-dessus; c'est ce qui résulte du rescrit déposé aux archives des Pères Passionnistes, à Rome.

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Saint Gaspard de Buffalo

1786-1837

Fête le 28 décembre

 

Gaspard del Bufalo naquit à Rome le 6 janvier 1786: il eut pour père Antoine del Bufalo, et pour mère Annunziata Quartieroni. Atteint de la petite vérole à deux ans, il courut le danger de perdre la vue; mais sa pieuse mère l'ayant recommandé à Saint François Xavier, il fut préservé de ce malheur. A mesure qu'il croissait en âge, il croissait de même en piété, grâces aux tendres soins de son excellente mère, qui faisait pénétrer doucement et par degré dans son jeune cœur les saintes maximes de la foi. Jouer à la chapelle était l'amusement habituel de son enfance: souvent il demeurait en prières devant son petit autel, ou y répétait les cérémonies qu'il avait vu célébrer à l'église. Il montra dès sa première enfance une inclination particulière pour la prédication: une chaise dominant d'autres chaises était sa tribune, sa mère seule était tout son auditoire. On le voyait souvent à l'église del Gesu à servir la messe, et prier devant l'autel de saint François-Xavier. A l'âge de six ans il s'approcha pour la première fois du tribunal de la pénitence: il eût pour confesseur Mgr Marchetti, qui l'admit à la Sainte Table à peine âgé de onze ans. Un ne saurait se faire une idée de sa ferveur, lorsqu'il allait se nourrir du Pain des anges. Pour être plus recueilli, il aimait à se retirer dans un coin de la chapelle de la sainte Vierge dans cette même église del Gesu. Ce fut aussi dans cet âge encore si tendre qu'il embrassa quelques pratiques d'une dure pénitence: il se fit un cilice de morceaux de fer-blanc percés de trous, dont les aspérités déchiraient ses reins délicats: il trouva même le moyen d'ajouter à cette cruelle ceinture une chaîne de fer; mais il ne put se livrer long-temps à ces rigueurs, car le sang dont son linge était mouillé lui fit bientôt craindre que sa mère ne connût son secret. Il montra dès sa première enfance une grande dévotion envers la sainte Vierge. Souvent il lui arriva, par amour pour elle, de se priver de son déjeuner, et de le donner aux pauvres. Sa mère s'en étant aperçue voulut plusieurs fois lui faire servir un second déjeuner, mais le jeune Gaspard le refusait avec un joyeux sourire, ajoutant que ce serait lui ôter tout mérite auprès de la Madone. Il n'était pas rare de le rencontrer vers le soir chantant les Litanies de la Vierge, à genoux devant quelques-unes de ces saintes images, qui sont exposées dans les rues à la vénération publique. Il se fit associer à différentes confréries pour accroître de plus en plus dans son cœur son tendre amour envers Marie.

Il fut le modèle de la congrégation de Saint Louis de Gonzague, dont il suivait exactement les pieux exercices avec son frère Louis del Bufalo; il se rendait avec le même zèle aux instructions du catéchisme pour y apprendre d'abord les éléments de la doctrine chrétienne, et puis pour les enseigner aux autres. L'heure à laquelle sa famille avait coutume de prendre ses repas l'obligeait quelquefois à se priver du dîner pour ne pas manquer au catéchisme, et lorsque sa mère lui en témoignait son chagrin: « Oh! chère mère, répondait-il en riant, je mangerai ce soir ». Dans ces réunions de catéchistes il s'essaya de bonne heure à la prédication: un jour, ayant prêché dans l'église de sainte Ursule, Mgr Cadolini, alors Barnabite, ne put s'empêcher, après l'avoir entendu, d'en faire le plus grand éloge au chanoine Horace, directeur de cette église, lui prédisant que ce jeune homme deviendrait un prédicateur distingué. Gaspard fit de même de rares progrès dans ses études, à la grande satisfaction de ses maîtres. Bientôt la crainte des dangers du monde lui inspira la pensée d'entrer chez les religieux de saint Sylvestre. Il s'ouvrit de son projet à l'un de ses camarades d'étude; ils allèrent ensemble trouver le supérieur, l'abbé Bartolotti. Dès que la mère de Gaspard en fut informée, elle courut s'en plaindre à ce religieux, et fit tous ses efforts pour détourner son fils d'un tel projet: elle y réussit sans peine, car aussitôt Gaspard, plein qu'il était de docilité, dit à son ami que Dieu sans doute ne l'appelait pas à cette carrière, qu'il était bien jeune encore, et qu'il aurait bien le temps d'y penser.

Ses études n'étaient pas encore achevées lorsqu'il eut la douleur de perdre son frère Louis. Cette perte cependant ne put pas affaiblir dans son cœur le vif désir qu'il avait de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Plus zélé, au contraire, à étudier sa vocation, il se mit à fréquenter l'hospice de Sainte-Galle, où depuis 1806 les pauvres trouvaient un asile: là il se joignait à la pieuse société des prêtres qui s'y consacrent à l'instruction de ces pauvres âmes. Tous ses soins et toutes ses sollicitudes se portèrent vers les bonnes œuvres dont il ranima l'esprit et la pratique. De concert avec don Gaetano Bonanni, aujourd'hui évêque de Norcia, et Mgr Antoine Santelli, il ouvrit l'oratoire nocturne de Santa Maria in Vineis, près de Saint Nicolas in carcere Tulliano; il n'épargna rien pour l'établissement et la prospérité de ce pieux asile, dans lequel il fonda plus tard la congrégation des frères de Saint-François-Xavier. Pour se former de plus en plus à la prédication , il suivit, n'étant encore que simple clerc, le cours d'éloquence sacrée de Mgr Bacolo, ainsi que les conférences de l'Ecriture sainte de Mgr Marchetli, dont il eut la gloire de continuer les leçons dans l'église del Gesu, à la grande satisfaction de tous, bien qu'il ne fût encore que diacre. Il fut ordonné prêtre en 1808, le jour de la fête de saint Ignace. L'anniversaire de ce beau jour de sa vie excitait les sentiments de la plus tendre dévotion dans son cœur, et il le célébrait par des prières plus particulières; il disait la messe avec une grande ferveur, observant avec une fidélité scrupuleuse les moindres cérémonies, dont il avait fait une étude minutieuse; il ne dédaignait pas de remplir l'office de maître de cérémonies dans l'église de Saint Marc, dont il avait été nommé chanoine. Toujours exact à se rendre au chœur, il y récitait l'office divin avec beaucoup de recueillement et de piété.

A l'époque malheureuse de l'invasion française, il suivit le sort de ses confrères, et, quoique d'un naturel très-timide, d'une complexion délicate, et même d'une santé, très faible, il se sépara courageusement de sa famille, et quitta Rome au mois de juin 1810 pour prendre le chemin de l'exil. Il se retira d'abord à Plaisance, où il demeura jusqu'en décembre. Là, il fut atteint d'une maladie mortelle, dont il ne guérit que par une sorte de miracle; il lui en resta cependant jusqu'à la fin de sa vie une agitation nerveuse et une altération dans les humeurs, qui se manifestait plus ou moins clans toutes les parties de son corps; il eut encore à souffrir très-fréquemment dans le cours de sa vie de vives douleurs d'estomac, qu'il supporta toujours d'un visage riant, bien qu'il en ressentît quelquefois une grande oppression. Il quitta Plaisance pour se rendre à Bologne. Ce fut là qu'au mois de novembre 1811 il reçut la triste nouvelle de la mort de sa mère bien-aimée, décédée le 20 octobre. Cette perte déchira profondément son cœur, mais il en fit à Dieu le sacrifice. Il s'occupait à Bologne à faire tout le bien possible, particulièrement en prêchant dans les chapelles privées. Bientôt un nouveau décret de l'Empereur ayant prescrit la réclusion des déportés, Gaspard fut jeté avec quelques autres de ses compagnons d'exil dans la prison de Saint Jean in Monte. La mauvaise soupe qu'on a coutume dé donner aux prisonniers fut pour lui comme une exquise nourriture. Gai, joyeux de souffrir pour la gloire du divin Rédempteur, il animait, il encourageait ses compagnons, et quelquefois les invitait à chanter avec lui. Il introduisit même dans cette prison des conférences sur la morale, qui remplissaient une partie de ses journées. Il changea plusieurs fois de prison: de Bologne il fut transféré à Imola, et de là dans la forteresse de Lugo. Il y souffrit plus que partout ailleurs; la plus cruelle de ses privations fut, sans contredit, la nécessité à laquelle il fut condamné, ainsi que les autres prisonniers, de s'abstenir, pendant trois mois de suite, de la célébration de la sainte messe. Il leur était également défendu d'écrire, et ils étaient soumis à la surveillance la plus rigoureuse. Gaspard ne perdit point sa tranquillité d'âme: retiré dans un coin de la prison, il s'y livrait tout entier à la prière et à l'étude, et il n'en sortait que pour se rendre aux conférences de morale et pour prendre ses repas. Le premier dimanche d'octobre i8i3, il obtint enfin la permission de célébrer la sainte messe: il en éprouva une joie indicible. Au mois de décembre suivant, il fut encore envoyé à Bologne, de là à Florence pour être encore transféré ailleurs, mais le gouvernement français étant tombé, il recouvra sa liberté et se rendit à Rome. Il y reprit immédiatement les bonnes œuvres qu'il avait été forcé d'abandonner, il redoubla d'efforts et de zèle pour le bien, relevant les pieuses institutions et en fondant de nouvelles. Il nourrissait au fond de son cœur la pensée de se retirer du monde, et de se consacrer plus particulièrement à Dieu dans la compagnie de Jésus, qui allait se rétablir. En effet, il se présenta avec le jeune Charles Odescalchi, le même qui depuis a renoncé à la dignité de cardinal pour aller finir ses jours chez les Pères Jésuites. Ses désirs cependant ne purent pas se réaliser: reconnaissant que Dieu l'appelait à l'exercice des missions, enflammé d'un zèle ardent pour la sanctification du clergé et des fidèles, il se livra tout entier au ministère apostolique, sans penser à aucun autre genre de vie. Ce fut à partir de ce moment qu'il réunit tous ses efforts pour fonder une congrégation de prêtres à Saint Félix de Janus, dans le diocèse de Spolete. S'y étant rendu pour prêcher une mission, il trouva les Pères Passionnistes déjà disposés à céder leur maison: un sieur Bélisaire Crystaldi, protecteur plein de zèle et de fermeté de toutes les bonnes œuvres, s'employa pour obtenir un rescrit favorable de la Congrégation de la Réforme.

Le jour de la fête de sainte Anne, en 1815, Gaspard alla recevoir la bénédiction apostolique du pape Pie VII avec Mgr Bonanni, et la nuit même il partit pour Janus, afin d'y préparer toutes choses. Le 15 août de la même année, ses nouveaux compagnons étant allés le rejoindre, l'installation se fît à la suite de trois jours de pieux exercices, couronnés par une communion générale et par un Te Deum en présence d'un immense concours de fidèles. Ce fut là le commencement de la Congrégation des Missions, sous le titre du Précieux Sang. Gaspard revint ensuite à Rome pour y chercher de nouveaux coopérateurs, sans succès cependant: il se démit de son canonicat, et se remit pour tout le reste à la volonté de Dieu. Cependant il continuait à se consacrer aux Missions; il en entreprit quelques-unes par ordre de Pie VII, d'autres sur l'invitation des évêques ou de leurs vicaires, s'aidant comme il pouvait, prenant çà et là les coopérateurs que Dieu lui envoyait. Il alla deux fois à Bénévent et à Frosinone, une fois à Civitavecchia, Rieti, Ancône, Baguaja, Nettuno, Arci, Cori, Sermonette, Loretto, Recanati, Montesano, Civita-Nuova: deux fois à Norma, à Giulianello, Roua, Massima, Noura, Fabriano, Matellica, San Severino, San Elpidio: trois fois à Forlimpopoli, deux fois à Meldola, Mont-Canin, Castelfidato, San Quirico, Sassaferrato, Gualdstadino et autres pays. Outre ces Missions innombrables, il donna plusieurs retraites dans des villes, villages, communautés religieuses, séminaires, aux employés, militaires, prisonniers. Dans les premières années de son apostolat, il lui arrivait de prêcher jusqu'à dix, douze et seize fois par jour. Sa manière de parler était respectueuse, franche, noble, pleine de dignité et de fermeté. Au jugement des hommes les plus instruits, personne ne lui était comparable dans le genre apostolique, dans ses Conférences aux ecclésiastiques et aux nobles. Des digressions soudaines auxquelles il se laissait aller, loin de nuire à sa parole, lui donnaient plus de grâce, et produisaient un plus puissant effet sur son auditoire. Il avait soin de varier les exercices de ses Missions, toujours conformes à l'esprit de l'Eglise, et à la pratique des plus ilIustres Missionnaires, les deux Segneri, le Père Pinamonti, le bienheureux Alphonse de Liguori; le bienheureux Léonard de Port-Maurice.

Il n'épargnait rien pour exalter la gloire du Précieux Sang, dont il répandit partout la dévotion d'une manière admirable. En tous les lieux où il passait, il s'efforçait de raviver et d'établir les pieuses institutions, parmi lesquelles il avait surtout à cœur la confrérie de Saint-François Xavier, l'oratoire nocturne pour les hommes, et pour les jeunes gens l'association de Saint Louis de Gonzague; l'association des Filles de Marie pour les jeunes filles, et celles des Sœurs de la Charité pour les femmes. C'est par l'établissement de toutes ces pieuses confréries qu'il s'efforçait de perpétuer le fruit des Missions. Il fondait dans le même but, partout où il le pouvait, l'association des Apôtres, composée des prêtres les plus zélés, à chacun desquels il assignait des attributions particulières. Son ministère fut accompagné de bénédictions extraordinaires, particulièrement dans les Marches et dans la Romagne, où il opéra d'importantes et durables conversions, Quoique les devoirs de ce ministère apostolique l'appelassent sans cesse d'un lieu à un autre, soit pour y prêcher, soit pour y célébrer quelque cérémonie, ou y établir quelque pieuse confrérie; il ne laissait pas d'entendre les confessions, particulièrement des hommes, qui se pressaient en foule autour de son confessionnal. Pour qui y prenait garde, c'était une chose vraiment remarquable que ce naturel, cette facilité avec laquelle il passait d'une chose à l'autre, comme s'il n'avait rien fait. Cependant, au milieu de tant d'occupations, il ne perdait pas de vue la Congrégation qu'il songeait à établir, et dont il attribuait la pensée à son guide spirituel, Mgr Albertini.

Le plus grand désir de Gaspard eût été de voir des maisons de Missionnaires et de retraites établies dans tous les pays de la catholicité, le clergé ramené à une vie de retraite, de prière et d'étude, se livrer ensuite au saint ministère, et le calice de la rédemption à la main, se répandre par toute la terre, appliquant à toutes les âmes les mérites du sang de Jésus Christ, et les portant à leur sanctification; il fit pour cela d'incroyables efforts, tant il aurait voulu allumer dans tous les cœurs le feu de l'amour divin. Il ne put pas obtenir cependant tout ce qu'il voulait. Ayant toutefois réussi à rassembler quelques nouveaux coopérateurs, il établit, en décembre 1819, une seconde maison de Missionnaires à Piévetorium, diocèse de Camerino, et une troisième à Albano, au mois de mars 1821. Dans la suite, voyant combien la province maritime manquait de moyens d'instruction, il réunit un petit nombre de compagnons, et, avec l'aide et l'approbation du Pape Pie VII, il ouvrit trois maisons à Frosinone, Terracine, Sonniiio et Sermonette, et Vallecoria. Plus tard encore, il en fonda de nouvelles à Bénévent, Rimini, Césène, Pennabili et Népi; il fit des règlements appropriés au clergé séculier; il voulut que les maisons de résidence des Missionnaires fussent en même temps des maisons de retraites pour les différentes classes d'hommes qui voudraient y passer quelques jours dans de pieux exercices. Il assigna quelques maisons pour les jeunes ecclésiastiques, afin qu'en s'y livrant à l'étude et à la prière, ils pussent se préparer à l'exercice du saint ministère. Il voulut encore que dans toutes les églises de l'Institut, ses prêtres annonçassent régulièrement la parole de Dieu, écoutassent les confessions des fidèles, et y célébrassent tous les saints offices. Il ordonna que chaque jour il y fût célébré de bonne heure une messe suivie de la récitation du chapelet en l'honneur du précieux sang; le soir, les réunions de l'oratoire pour les hommes; le jeudi la visite au saint Sacrement; le vendredi le chemin de la croix; le samedi la méditation de la vie de la sainte Vierge; le dimanche le catéchisme; les jours de fêtes un sermon: le dernier dimanche du mois un jour de retraite comme préparatoire à la mort, avec communion générale, instruction et méditation dans l'après-midi. Il voulut faire honorer Marie d'une manière toute spéciale dans le mois qui lui est consacré. Il établit la dévotion du précieux sang pour le mois de juin, ainsi que celle du carnaval sanctifié, les saints exercices pour le peuple durant le mois de mars, la neuvaine pour la fête de l'Assomption, et pour la fête de Saint François Xavier; il ne cessa de recommander les œuvres pies, dont nous avons déjà parlé, l'instruction des militaires, des prisonniers, et le soin des malades dans les hôpitaux. Il serait impossible de dire quelles furent ses préoccupations, sa sollicitude, ses fatigues, les contradictions et les peines qu'il eut à souffrir de tous côtés pour l'heureux établissement de sa congrégation. Toujours plein de courage et de confiance à la protection divine, il ne se reposa que lorsqu'il eut conduit à bonne fin cette œuvre, qu'il appelait l'œuvre de Dieu, l'œuvre miraculeuse.

Enfin, exténué par une suite de fatigues non interrompues, oppressé par une toux convulsive, il toucha au dernier jour de sa vie, et mourut paisiblement à Rome, muni de tous les sacrements, le 28 décembre 1837, à deux heures de l'après midi. II avait un extérieur agréable, une taille ordinaire, une complexion un peu grasse; les traits de son visage étaient réguliers, sa physionomie aimable et pleine de noblesse, ses manières affables; il était modeste dans son maintien, posé dans sa démarche, propre dans sa personne, aimant la solitude, ennemi de la paresse, désirant faire beaucoup sans le laisser paraître, ne cherchant en toute chose que les intérêts de la gloire de Dieu. Sa dépouille mortelle fut transportée à Albano pour y être ensevelie. Son corps demeura exposé dans l'église de Saint-Paul, auprès de la maison de ses fils bien-aimés, et après trois services solennels, qui furent célébrés en présence d'un immense concours de fidèles, il fut enseveli le 3 janvier 1838 dansla chapelle de Saint-Jérôme, où il repose encore aujourd'hui. Béatifié par le Pape Saint Pie X en 1904, Gaspard del Bufalo a été canonisé par le Vénérable Pie XII le 12 juin 1954.

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12 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Treizième jour

Les diverses opérations du Saint Esprit


En promettant le Saint Esprit à ses Apôtres, le divin Sauveur emploie ces expressions dans lesquelles je dois trouver aujourd'hui un beau sujet de méditation: « Moi je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur ». Ai-je d'abord bien remarqué ces mots: « Un autre Consolateur? » Ils signifient évidemment que déjà un consolateur avait été donné aux Apôtres par le Père céleste. Or, ce Consolateur était Jésus christ lui-même. Aussi la promesse d'un consolateur nouveau est-elle faite après que le Sauveur a dit à ses disciples: « Moi je vais vers mon Père; mais je ne vous laisserai point orphelins ». C'est donc pour les consoler de son absence, après qu'il sera retourné à son Père, que Jésus christ promet aux hommes le Saint Esprit, en l'appelant un autre Consolateur. Le Saint Esprit, par son ministère, dédommagera les disciples de l'Homme-Dieu de la perte qu'ils doivent faire en étant privés de sa présence sensible. Il entre dans le plan divin que l'Eglise soit gouvernée par le Saint Esprit, et que tous les fidèles reçoivent par lui l'abondance des biens spirituels que le Fils de Dieu est venu apporter au monde par son Incarnation. Le Saint Esprit conduira les fidèles dans les voies de Dieu, il les fortifiera dans les épreuves de la vie présente, il leur inspirera le goût de Dieu, le goût de Jésus Christ, le goût du ciel. Telle est la fin de sa mission. Ici je veux entendre le grand Docteur saint Augustin. Jésus christ, nous dit ce Père de l'Eglise, fut pour les Apôtres un avocat et un intercesseur par la prière, il fut encore pour eux comme un excitateur qui les poussa dans la voie du ciel par des exhortations puissantes; enfin la présence, les actes, les discours de Jésus christ ne cessèrent jamais de soutenir le courage des Apôtres, en répandant dans leur âme l'onction divine et toujours bien douce de sa grâce. Eh bien! en annonçant qu'il va quitter la terre, en promettant aux hommes un autre Consolateur qui viendra du ciel, qui sera envoyé par Dieu le Père, le divin Maître annonce que le Saint Esprit fera tout ce qu'il a fait lui-même, et continuera jusqu'à la fin des temps à diriger, à soutenir, à consoler les fidèles pour les aider à-conquérir le ciel, et pour empêcher qu'en passant à travers les choses temporelles, ils aient le malheur d'oublier et de perdre les choses éternelles. Ainsi parle l'Eglise dans une prière qui appartient à la liturgie. Oh ! comme je désire cette opération de l'Esprit Saint dans mon âme! Seigneur Jésus, je l'espère comme un effet et une conséquence de la promesse que vous avez faite à vos Apôtres, la veille de votre mort.

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Le Saint-Esprit console les Ames en les élevant lui-même jusqu'à Dieu


Une âme qui peut sortir de la vie des sens, de la vie purement naturelle, et monter jusqu'à Dieu, trouve la source de tous les biens et de toutes les consolations. Mais par quel acte cette âme va-t-elle à Dieu, et s'élève-t-elle jusqu'à lui? On me l'a dit depuis longtemps, cet acte c'est la prière. Tous les enfants n'ont-ils pas appris que la prière est l'élévation de l'âme vers Dieu? Mais quelle est l'âme capable de cet acte, de cette élévation qui- produit l'union avec Dieu? Celle dont le Saint Esprit devient le Maître. Sans le Saint-Esprit qui vient au secours de notre faiblesse, qui crie dans nous: Père, Père, l'âme serait toujours sur la terre, attachée à la créature, incapable de parler avec Dieu. C'est le Saint Esprit, dit le grand Apôtre, qui, dans le fonds de nos cœurs, demande par des gémissements inénarrables, et opère cette action divine que les saints ont connue, et que les âmes pieuses sentent en elles-mêmes à chaque instant. O action divine, opération infiniment douce, que tu es précieuse pour moi! Comme je te désire ! En criant dans nous: « Mon Père! » le Saint Esprit nous remplit d'amour, il nous donne la confiance, il nous inspire les saints désirs; or tout cela plaide en notre faveur auprès de Dieu; d'où il suit que le Saint Esprit, seul et unique auteur de tous ces mouvements surnaturels, est véritablement notre avocat auprès de Dieu, et qu'il fait descendre dans nous, du sein éternel du Père céleste, toutes les consolations capables d'adoucir la rigueur de notre exil. Mais je veux voir cette action du Saint Esprit dans tonte sa richesse, et je l'étudie auprès d'un grand maître, l'Apôtre des nations. Et d'abord, ce qui est incontestablement vrai, d'après l'enseignement de saint Paul toujours en parfaite harmonie avec la doctrine du Sauveur, c'est que la première pensée, le premier mouvement qui remue mon âme et la porte à vouloir prier, me vient directement du Saint Esprit comme une grâce, un don parfaitement gratuit. « Vous êtes parfaitement reconnus pour être la lettre du Christ, écrite par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais sur les tables charnelles du cœur. Or, une telle confiance, nous l'avons en Dieu par le Christ, non que nous soyons suffisants pour former aucune pensée par nous-mêmes, comme de nous; mais notre suffisance vient de Dieu ». Voilà une première vérité qui nous montre notre effroyable misère, et, en même temps, la nécessité du secours, de l'aide qui nous vient par le Saint Esprit.


En second lieu, il n'est pas moins certain que par nous-mêmes nous ne saurions jamais parler à Dieu, ni lui demander quoi que ce soit d'une manière efficace. J'ai vu, il n'y a qu'un moment, cette vérité clairement enseignée par le divin Sauveur, quand il dit: « Le Saint Esprit viendra dans vous ». Mais cet enseignement qui écrase l'orgueil est, d'un autre côté, bien consolant pour moi; car enfin,n'est-il pas doux de penser que si je veux m'approcher de Dieu, c'est le Saint Esprit qui me pousse, qui m'invite et qui m'encourage? N'est-il pas doux encore de savoir que je n'ai qu'à abandonner au Saint Esprit la direction de ma prière, puisque lui seul est capable de dicter à l'âme docile les choses que cette âme doit dire à Dieu? Mais il y a dans ce que m'apprend le grand Apôtre une parole sur laquelle je veux m'arrêter davantage. Saint Paul dit: « Le Saint-Esprit demande par des gémissements ineffables »; quel est donc le vrai sens de ces derniers mots, gémissements ineffables? La prière n'est-elle pas en réalité un gémissement, un cri que pousse vers son Dieu l'âme qui souffre de sa misère, de sa faiblesse, de ses tentations, et surtout de sou éloignement de Dieu? Ce gémissement, l'Apôtre l'appelle inénarrable, parce que, dit saint Augustin, c'est un gémissement céleste, divin, autant dans son principe qui est le Saint Esprit que dans sa fin, dans son objet qui est Dieu. Saint Anselme, d'accord avec le grand Evêque d'Hippone, ajoute: « Ce gémissement de l'âme est caché, inconnu et incompréhensible, à cause de la gloire qui en est l'objet ». Non, les gémissements de l'âme qui cherche le bien dans Dieu, sont inexplicables, parce que le Saint Esprit qui opère dans nous ne dévoile pas ses secrets. Celui-là seul qui scrute les cœurs sait ce que l'Esprit désire. Les gémissements du cœur sont encore inénarrables, parce que la vertu qui leur est propre est supérieure à tous les discours. Dieu en est le silencieux témoin. C'est ce qui consolait le Roi-Prophète, qui s'écriait avec une grande effusion de confiance et d'amour: Non, mon Dieu, mes gémissements ne sont pas pour vous une chose cachée. Mais si tout ce que j'apprends ici est certain, qui dira le bonheur d'avoir dans soi-même le Saint Esprit? Existe-t-il pour l'homme ici-bas un bien plus précieux, plus désirable, que la présence du Saint Esprit dans sou âme? Hélas! parler, souffrir, gémir sans le Saint-Esprit, quoi de plus affreux? Que de pauvres âmes crient au dedans d'elles-mêmes et gémissent seules ! Pleurer et gémir en étant seul, quelle situation, quel état digne d'une profonde pitié! O âme fidèle, ne sois jamais seule. Appelle le Saint Esprit, il sera pour toi un vrai consolateur, parce qu'il t'apprendra à monter jusqu'à Dieu où tu ne manqueras jamais de trouver la source des plus ineffables consolations.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un guide sûr et toujours actif


S'il est vrai, comme nous le voyons par la sainte Ecriture, que Dieu envoie à l'homme les esprits célestes dont il fait ses ministres; si ces ministres de Dieu deviennent comme un feu brûlant, actif, qui rend l'âme de l'homme plus forte, plus vigoureuse dans les combats, qui te soutient contre la malice des esprits de ténèbres, qui nous dira les effets de la présence du Saint Esprit lui-même dans une âme qu'il possède, dont il s'est rendu le maître, et qui consent à se livrer à lui comme au souverain Maître de toute son existence? Quand il nous parle du Saint Esprit, saint Augustin l'appelle impulsion, exhortation, invitation, parce que c'est le propre du Saint Esprit, régnant sur une âme, de la pousser en avant, de l'exhorter, de l'exciter, pour que jamais cette âme ne s'arrête dans la voie qui conduit à la perfection. Si nous sommes lâches, si notre volonté s'engourdit, si nous sommes tentés d'inaction, le Saint Esprit agit sur nous; voilà l'aiguillon qui, en nous piquant, nous réveille, nous excite et nous fait marcher. Les opérations du Saint Esprit nous sont connues par les effets qu'elles produisent. Voyez le chemin qu'a parcouru dans six mois ce pécheur converti, cette femme qui a consenti à devenir chrétienne, après dix ou vingt ans perdus dans la dissipation et la mondanité. N'est-ce pas aux exhortations fortes du Saint Esprit dont l'aiguillon se faisait sentir, que ces âmes doivent les progrès qu'elles ont fait en si peu de temps? Oh! de quoi serait donc capable un chrétien qui consentirait à écouter les exhortations intérieures de l'Esprit Saint! Quelquefois une âme paresseuse est lente dans les voies de Dieu; qu'elle ait recours au Saint Esprit, qu'elle le sollicite. Le Saint Esprit viendra, il poussera l'âme avec force, il l'excitera au bien, à la fidélité, à la ferveur, et cette âme longtemps indolente, presque sans mouvement, étonnera ceux qui la connaissent et qui verront la rapidité de sa marche. Voyez les Apôtres après la Pentecôte. Quelle force motrice dans ces âmes hier si lentes à croire et à faire! quelle activité! quels innombrables travaux! Faut-il voir dans eux ces mêmes hommes qui s'endormirent à Gethsémani, et qui n'osèrent pas approcher du Calvaire?


Hélas! un grand nombre de pauvres âmes ont cessé de marcher, de travailler, de combattre; peut-être même plusieurs n'ont-elles jamais commencé. Où est la cause de ce mal? Ne faut-il pas l'attribuer à l'éloignement du Saint-Esprit? On n'entend pins ses exhortations, on ne sent plus l'impulsion secrète, que l'on a connue autrefois, tout est silencieux dans le cœur. Mais le Saint Esprit se plaît-il à déserter une âme, après l'avoir remplie? Non, certes, jamais. La vérité est que le Saint Esprit a été négligé, que ses exhortations ont été reçues avec indifférence d'abord, et puis avec tristesse; on les a trouvées importunes, on les a méprisées. Ses sollicitations intérieures ont offensé l'amour-propre qui, bientôt ligué avec la sensualité, a éteint sous ses vapeurs épaisses la flamme divine qui éclairait l'âme; le Saint Esprit a été éconduit comme un hôte fâcheux, querelleur, dont les représentations ne pouvaient pas être tolérées, C'est l'histoire de beaucoup de femmes dévotes abandonnées à leur propre esprit, et pour lesquelles le Saint Esprit n'est plus qu'un étranger odieux qu'on sait bien tenir à distance. Ames infortunées, tous les travers de votre prétendue piété attestent ce que je dis; non, vous n'êtes plus exhortées, poussées, sollicitées et conduites par le Saint Esprit; vous ne voulez plus de lui; aussi vos œuvres ne sont-elles plus que des œuvres mortes. Mon Dieu, si j'étais une de ces âmes, je sécherais de douleur, en voyant ici mon portrait. Mais non, Seigneur, je ne voudrais pas d'une douleur sans espérance. Je sais, que le Saint Esprit revient quand on l'appelle, et voilà précisément ce que je vais faire. Je crierai vers le ciel à chaque instant, et le ciel s'ouvrira pour moi, et le Saint Esprit descendra de nouveau dans mon cœur que je veux lui livrer, lui abandonner entièrement, afin qu'il l'avertisse, qu'il l'exhorte, qu'il le reprenne, qu'il le corrige, qu'il le pousse avec force dans la voie de la perfection, à laquelle je sais bien que le Seigneur m'appelle.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un principe de douceur et de joie


C'est une erreur funeste de croire qu'en entrant dans la bonne voie, en voulant avec sincérité pratiquer le bien suivant l'esprit de l'Evangile, on devient exempt de tentations, de doutes, d'anxiétés, de peines intérieures capables de répandre et même d'entretenir dans l'âme une grande amertume. Hélas! la paix parfaite, la joie sans mélange de tristesse, ne sont que pour le ciel, Demandons à saint Paul ce qu'il a souffert dans son cœur, lui qui nous parle si souvent de ses tristesses et de sa douleur habituelle. Continuus dolor cordi meo. Mais le même Apôtre appelle Dieu le consolateur des humbles, des petits. Or ce Dieu Consolateur nous le connaissons, et Jésus-christ nous l'a annoncé, c'est le Saint Esprit. Ecoutons l'Eglise, quand elle adresse ses supplications solennelles au Saint-Esprit. Elle l'appelle à grands cris, en le nommant Père des pauvres, Donateur de tous les biens, Lumière des cœurs, Consolateur parfait; doux, aimable habitant de notre âme, son rafraîchissement, son repos, son soulagement dans les larmes. C'est vous, dit toujours l'Eglise en parlant au Saint Esprit, c'est vous qui lavez nos âmes, qui les purifiez; c'est vous qui, vraie lumière des cœurs, redressez les voies tortueuses, rendez flexible l'âme, qui vous opposait de la résistance; c'est vous qui répandez l'eau salutaire, la rosée qui rafraîchit, sur notre âme sèche et aride. Si maintenant je mets en regard toutes ces délicieuses paroles et le grand mot de Jésus-christ: Je vous enverrai un autre Consolateur, il m'est impossible de ne pas voir dans le langage de l'Eglise le commentaire de la parole du divin Sauveur.


Saint Bernard, en traitant le sujet dont je m'occupe, disait à ses religieux: Le Saint-Esprit est pour nous le gage du salut, les arrhes du ciel, la lumière de la science, la force qui fait vivre. Il rend possible tout ce qui ne le serait pas sans lui. Que de larmes le Saint-Esprit essuie tous les jours! Que de douleurs il apaise! Combien d'âmes désolées hier, lui doivent aujourd'hui des torrents de pures délices! Saint Paul qui a dit avec tant de force ses continuelles épreuves, nous parle avec la même éloquence de la joie que le Saint Esprit fait surabonder dans son âme. L'Eglise nous dit aussi que le Saint Esprit est une onction spirituelle pour tous les cœurs dont il ferme les plaies, et dont il dissipe les amertumes. Qui dira les tempêtes du cœur apaisées tous les jours par le Saint Esprit? un rayon de lumière, une étincelle de ce feu divin dont le Saint Esprit est le foyer éternel, une goutte de cette eau vive dont il est le divin réservoir, tout suffit à l'âme affligée, triste, découragée, abattue, pour la rendre forte, énergique, capable de tout dans le domaine de la sainteté. Oh! comme elles sont à plaindre, ces pauvres chères âmes qui ne connaissent pas le Saint-Esprit, qui ne lui parlent jamais, qui vivent seules, sans cet hôte divin dont la présence procure tous les genres de biens! Puissent-elles un jour comprendre leur profonde misère, et faire connaissance avec le Saint Esprit! Alors elles l'invoqueront, elles dirigeront vers lui tous leurs désirs, et bientôt elles éprouveront la vérité de la promesse de Jésus-christ: « Mon Père vous enverra un autre Consolateur »!

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