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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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3 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Onzième jour

Le Saint Nom de Jésus


« Il sera appelé Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera son peuple de leurs péchés ». (Matthieu 1) Toutes les souveraines perfections du Sauveur sont renfermées dans son nom adorable; la sagesse, la sainteté, la force, la miséricorde et l'amour de Dieu, car c'est par elles qu'il nous a sauvés. Ce nom divin comprend toutes les grâces, les vertus et les dons du Saint-Esprit qui servent à la sanctification des hommes, car c'est de la plénitude de Jésus-Christ, comme d'une source inépuisable que nous les devons tous recevoir. Il signifie en effet tous les offices divers de maître, de médecin, de père, de pasteur, de juge, d'avocat, de protecteur, qui conviennent au Fils de Dieu en qualité de Sauveur. Quelle dévotion doit donc exciter en nous ce nom de Jésus que l'ange lui avait donné avant qu'il fut conçu dans le sein de sa mère, qui exprime si divinement ses titres, ses qualités, ses vertus, ses bienfaits, les abaissements et les souffrances auxquels il s'est condamné pour nous arracher au péché et à la mort éternelle; ne commande-t-il pas souverainement 1° la vénération, 2° l'amour, 3° la confiance.


La vénération


Quoi de plus vénérable que ce nom que le Père céleste a donné à son divin Fils, et qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers! Nom admirable aux anges, aimable à l'Eglise, redoutable aux démons, nom que personne ne peut prononcer dignement sans la grâce de l'Esprit-Saint, nom qui, renferme tous les biens, puisqu'il comprend Dieu dans sa bonté, et l'Homme Dieu dans sa Charité et son unité avec nous. Ainsi le nom de Jésus est sa gloire,, il lui a coûté son sang; il exprime le plus beau de ses titres, le salut qu'il a opéré au milieu de la terre, la délivrance du genre humain, la fin du règne du péché, la rédemption des enfants de Dieu. Aussi d'un pôle du monde à l'autre, dans tous les temps comme dans toutes les situations, les enfants de l'Eglise, lorsqu'ils l'entendent, s'inclinent et se prosternent en signe de respect; et cet hommage extérieur n'est que l'expression de l'adoration intérieure qu'ils lui rendent. Quel hommage plus légitime, ô mon âme ! que tu dois être empressée de le rendre à celui qui s'y est acquis des droits si sacrés; soit que tu considères ce divin nom en lui-même, soit que tu l'envisages par rapport à toi. En lui-même c'est un nom donné par le Père céleste, porté par le Fils du Très-Haut, et qui ne peut appartenir qu'à lui, parce qu'en nous délivrant du plus grand de tous les malheurs il a été le Sauveur véritable, l'unique libérateur, le Jésus par honneur et par excellence. Par rapport à toi, oh, que ce nom est vraiment adorable! Indépendamment des avantages précieux qu'il a procurés aux hommes, et que tu partages avec eux, l'affranchissement du démon, la réconciliation avec Dieu, tous les obstacles au salut levés, toutes les grâces, tous les secours qui doivent y conduire assurés, toutes les dettes exigées parla divine justice acquittées, combien de bienfaits qui te sont propres et personnels ne te rappelle-t-il pas? Toutes les fois que tu as été rétablie dans la grâce, c'est à dire rendue à la vie véritable, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ? si tu t'éloignes du mal, si tu pratiques quelque bien, si tu conserves la lumière de la foi, le désir de voir Dieu, de l'aimer, de le posséder, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que tu es redevable de ce bonheur, puisque c'est par lui que tout est demandé et obtenu dans l'Eglise, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre, ni aucun autre nom sous le ciel donné aux hommes , par lequel nous devions être sauvés.


L'amour


Qu'il est aimable le nom de Jésus! qu'il est vraiment un parfum répandu! il dilate les cœurs, il réjouit l'âme, il la rassure, la console et l'attire par une inexprimable douceur. Ce n'est pas un nom de domination et de majesté qui inspire l'effroi et fasse trembler les coupables; il ne rappelle que la puissance de secourir et le charmant empire de la bonté: il annonce un conquérant et un vainqueur, mais qui ne veut triompher que des cœurs, ne conquérir que l'amour, qui vient délivrer des captifs, affranchir des esclaves, les attacher à sa personne sacrée par les plus aimables de tous les liens, par les bienfaits. Ce nom de Jésus, cette qualité de Sauveur, n'exclut personne, n'excepte aucun des malheureux qui veulent l'invoquer; il exprime la grâce et la miséricorde, et promet le salut à tous ceux qui mettront en lui leur espérance. Qu'est-ce qu'un Sauveur, sinon un père qui rend la vie, un bienfaiteur puissant et secourable? Mais comment appeler un Sauveur descendu du ciel, un Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes, un Jésus qui donne son sang pour les racheter de !a mort et du péché? O Nom digne de toute bénédiction et de tout amour! soyez béni et aimé dans tous les siècles. Commence par l'aimer et le bénir, ô mon âme! et que tout ce qui est en moi bénisse ce saint nom; bénis le Seigneur, et n'oublie jamais ses bienfaits. C'est lui qui fait grâce à toutes tes fautes et qui guérit toutes tes infirmités, lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de ses miséricordes.  Le Père céleste n'a renfermé tant et de si précieux souvenirs dans ce nom qu'il a donné à son Fils qu'afin qu'en l'honorant et en l'invoquant souvent nous fussions comme obligés de l'aimer, de le révérer et d'exprimer dans nos sentiments et nos œuvres toutes les perfections qu'il représente. Donnez-moi donc, ô divin Sauveur! de m'y attacher, de le chérir, de le prononcer souvent avec amour, de sentir profondément toutes les vertus qu'il signifie, toute la sainteté à laquelle il m'oblige. Je ne puis ni le lire ni l'entendre sans me rappeler tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous voulez faire, tout ce que vous voulez être pour moi. Donnez-moi une joie toute spirituelle et une vénération profonde toutes les fois qu'il vient frapper mes oreilles ou mes yeux; et puisque je ne puis même vous nommer d'une manière utile pour moi et glorieuse pour vous, ô Seigneur Jésus! que par la grâce de votre Saint Esprit, accordez-moi de le répéter souvent avec foi et avec piété, afin qu'il excite en moi le regret de mes péchés, la reconnaissance et la charité.


La confiance


Qu'il est puissant le nom de Jésus! C'est dans sa circoncision que le Verbe incarné en la recevant a commencé à en remplir les obligations et à en exercer la puissance; car c'est dès ce moment qu'il est déclaré le Sauveur de ceux qui étaient perdus, et que. par l'effusion de son sang il opère le salut des pécheurs. Il le portera à la croix écrit au-dessus de sa tète, parce que c'est sur ce bois ensanglanté qu'il en consommera l'œuvre. C'est le nom glorieux que les apôtres porteront devant les gentils, devant les rois et devant les enfants d'Israël; c'est par lui qu'ils seront victorieux du démon et du monde, et opéreront les miracles multipliés et éclatants auxquels rien ne pourra résister. C'est lui qui donnera la force aux martyrs, la constance aux confesseurs, la chasteté aux vierges, les larmes de componction et la persévérance aux pénitents. C'est parle nom de Jésus que l'Eglise priera, se défendra, se multipliera, se gardera, se conservera jusqu'à la fin des siècles, que dans tous les temps les saints et les vrais disciples de Jésus-Christ triompheront des passions, des tentations, de toutes les suggestions de la nature corrompue pour s'élever à toute la perfection des vertus chrétiennes. Quelle confiance il doit t'inspirer, ô mon âme! avec quelle ferveur tu dois l'invoquer, puisqu'il est vraiment ta force, ta lumière! Cette tour invincible, inexpugnable dans laquelle tu dois te réfugier dans le danger! Quand le nom salutaire de Jésus se présente à mon esprit, dit Saint Bernard, et qu'il éclaire mon âme de ses rayons, aussitôt mes passions se refroidissent, et mes tentations s'évanouissent; car en prononçant ce doux nom, je me représente un homme doux et humble de cœur, affable, sobre, chaste, miséricordieux, orné de toutes les vertus, et en même temps je me souviens que cet homme est Dieu tout puissant, gui me donne d'une part l'exemple de sa vie pour que je m'applique à l'imiter, et de l'autre sa grâce et son secours pour agir. Il me semble en un mot que toutes sortes de biens retentissent à mon cœur lorsque le nom de Jésus retentit à mes oreilles.  Ah! je ne veux plus cesser de l'invoquer, de le célébrer, de le bénir, et de conjurer le Sauveur d'opérer en moi ce que ce nom adorable signifie, en lui disant avec Saint Augustin: O Jésus! soyez-moi Jésus, c'est à dire délivrez-moi de mes péchés, sanctifiez-moi, sauvez-moi.


Vertu à obtenir: La dévotion au Saint Nom de Jésus.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée avec le psalmiste: Que le nom du Seigneur soit béni maintenant et dans tous les siècles! Faites souvent réparation au Sauveur pour les irrévérences, les outrages et les profanations de son nom adorable. Dédommagez-le par de pieuses et fréquentes invocations de l'oubli et de la négligence de tant de chrétiens, et gémissez surtout des vôtres. Commencez toutes vos actions en le prononçant, en le baisant avec respect, et soyez fidèle à les rapporter toutes par une intention actuelle à la gloire de Jésus-Christ. Oh! quelle grâce, ô mon Sauveur! si je pouvais contribuer en quelque manière à la gloire de votre nom! Oh! s'il pouvait m'être donné de le faire connaître, aimer, adorer, bénir, de porter les hommes à lui rendre hommage! Je vous le demande, ô mon Sauveur! Par votre Miséricorde et par Votre Amour. Ainsi soit-il.


Prière


Gravez dans mon cœur en traits de flamme votre nom adorable, ô mon Sauveur! afin que rien ne soit jamais capable de l'en effacer; qu'il soit ma force, mon appui, mon espérance; que dans mes tentations il me défende; que dans les dangers il me garde; que dans mes chagrins et les épreuves de cette vie il me soutienne et me console; que je le prononce toujours avec l'accent du respect, de l'amour et de la confiance, et qu'il me rappelle toujours par qui j'ai été sauvé, à qui je suis consacré, pour qui je dois vivre, qui je dois posséder éternellement; que je le porte dans mon âme ici bas comme un signe de sainteté et de combat, afin de le porter sur mon front au milieu des élus comme un signe de triomphe et de gloire. Ainsi soit-il.

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2 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dixième jour

Jésus attire Saint Joseph aux vertus de son enfance


« Vous l'avez prévenu de vos plus douces bénédictions ». (Psaume 20) Le premier et le plus sage conseil que vous puissiez suivre, dit Salomon, c'est d'acquérir la sagesse, et, s'il le faut, de donner tous vos biens pour la posséder. Sa faveur vous élèvera jusqu'au ciel. Vous ne l'aurez pas plus tôt embrassée qu'elle vous comblera d'honneur. Faites donc une étroite alliance avec elle; elle versera sur votre tête une abondance de grâces, et vous couronnera d'un diadème de gloire. Voilà  l'image et le récit anticipé du bonheur incomparable auquel Saint Joseph a été prédestiné. Le Fils de Dieu, la sagesse du Père, ayant miséricordieusement résolu de prendre notre nature dans le sein d'une vierge, et de se choisir un père adoptif, l'a appelé à la plus intime participation de ses mystères. Saint Joseph non seulement l'a reçu, l'a possédé, mais il l'a gardé, il l'a nourri, il l'a sauvé, il a été le digne coopérateur de ses desseins miséricordieux sur les hommes: aussi parce que ce comble d'honneur auquel il était élevé demandait une fidèle correspondance, et que ses mérites devaient être en rapport avec sa dignité, l'enfant Jésus l'initie le premier aux sublimes vertus qu'il vient leur enseigner. 1° L'humilité; 2° la pauvreté; 3° l'abnégation.


L'humilité


Quel état glorieux que celui auquel Saint Joseph est élevé par l'Incarnation! Il est admis à la communication des ineffables secrets qui ont été cachés aux sages du monde. La Mère de Dieu, la Reine du ciel l'appela son seigneur, le Verbe fait chair l'appelle son père et lui obéit; que peut-on imaginer d'aussi grand, d'aussi beau, d'aussi excellent? Cependant au milieu de tant de grâces extraordinaires dont il est favorisé, il conserve l'humilité la plus profonde; il cache les privilèges ineffables dont il est honoré, il ne publie rien des mystères incompréhensibles qui viennent de s'accomplir, il ne cherche point à les pénétrer, et laisse à Dieu le soin de les manifester, dans le temps fixé par ses décrets; il ne pense qu'à correspondre aux vues de la providence sur lui, et se borne uniquement à ce qui le regarde. Quoique issu du sang des anciens rois de Juda il se plaît dans une condition vile aux yeux du monde, et n'a d'autre ambition que de fournir par le travail de ses mains aux besoins communs de la sainte famille. Que diras-tu de ces sentiments et de cette conduite, ô mon âme! toi qui es si prompte à t'élever et à t'enorgueillir du plus frivole avantage et à perdre de vue ta faiblesse, tes ténèbres et tes infidélités. La plus vaine louange, le plus léger souffle de la vanité t'exaltent et éteignent en toi la lumière de la grâce et la connaissance de toi-même; que de motifs semblaient autoriser Saint Joseph à sortir de l'obscurité de son humble condition! Royale origine, choix de sa personne pour les plus sublimes fonctions, hommages que lui rendent et le Fils du Très-Haut et sa divine Mère. Pourquoi ne pas quitter cet atelier? Pourquoi ce silence sur tout ce qu'il a vu et entendu? Lui à qui l'ange a dit de si grandes choses, qui a été témoin des merveilles de l'enfantement virginal, que ne pourrait-il pas publier? quelles sublimes révélations il pourrait faire! Ah! divin Jésus! quand vous attirez les âmes à vous, vous les attirez avant tout à vos vertus, à l'humilité, à la retraite, au silence, à une sainte obscurité, vous les cachez dans le secret de votre face, et elles cachent au fond d'elles-mêmes le trésor de vos dons; elles tiennent sous le sceau votre secret. Les avantages humains ne sont rien s'ils ne sont connus et si le monde ne les prise; mais les biens véritables, les opérations de votre grâce, ô mon Sauveur! on a besoin de les goûter seul à seul avec vous dans le silence. O mon âme ! n'aime donc plus à te répandre au dehors, à t'épancher dans les créatures, même sous prétexte de les édifier, elles gagneraient peu et tu perdrais trop à ces dangereuses communications.


La pauvreté


Vous savez, disait Saint Paul aux Corinthiens, quelle a été la charité de notre Seigneur Jésus Christ, qui étant riche s'est fait pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté. A la vue de cet indigence totale à laquelle s'est réduit le Verbe fait chair, quels sentiments de détachement et de mépris des richesses Sain Joseph ne devait-il pas concevoir! quoi de plus propre à les faire naître dans son cœur que le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la naissance de Jésus! ce créateur, ce souverain maître du ciel et de la terre qui non seulement rejette loin de lui l'opulence, mais qui se refuse le nécessaire, qui naît sur la paille! qui n'a en naissant ni où se reposer, ni de quoi se couvrir, et qui ne fait donner du haut des cieux d'autres marques de sa venue dans ce monde que le témoignage d'une pauvreté qui n'eut jamais d'égale! Mais surtout, ô divin enfant! vous éleviez ces sentiments de votre père adoptif à un ordre supérieur, en lui découvrant les raisons de cette préférence, de votre prédilection pour la pauvreté; vous découvriez à son âme tous les trésors qu'elle renferme, tout ce que possède celui qui renonce à tout pour vous suivre, qui se détache de tout pour vous imiter. O mon aimable Sauveur! révélez-moi ce secret; dessillez mes yeux que trompe et qu'éblouit l'éclat des biens de la terre. O ciel! que je suis loin de votre esprit, de vos affections, de vos exemples, et que même je sens imparfaitement votre conduite sur vos serviteurs et vos amis! quoi que votre choix m'enseigne, quoi que me prêche votre Evangile, ô divin enfant! non je n'aime pas la pauvreté. Elle me répugne; elle me fait peur; je ne puis souffrir que rien me manque. J'ai des empressements déraisonnables pour amasser, pour accroître mon revenu, ma fortune, quelle qu'elle soit; la moindre perte m'attriste, me chagrine, me fait mal; je ne me contente pas du nécessaire; je recherche le superflu, le plus beau, le plus précieux; hélas même quelquefois ce qui est illicite et défendu... Et j'ose me dire votre disciple et vous appeler mon modèle, mon bien, mon trésor, ma richesse! O Jésus naissant! ô Dieu pauvre! ayez pitié de moi. Inclinez mon cœur vers vos préceptes et détournez-moi de la cupidité.


L'abnégation


Commencez-vous à comprendre que Jésus venant au monde ne s'est pas contenté de naître pauvre, dépouillé, manquant de tout, mais qu'il s'est comme quitté lui-même? Il se dépouille en effet de sa grandeur, de sa majesté, de sa puissance, et pratique divinement ce renoncement à soi-même, cette abnégation à laquelle il rappellera un jour tous ceux qui voudront marcher à sa suite et dont sa crèche est l'emblème, comme sa croix en sera le signal et l'étendard. O Saint Joseph! que vous avez admirablement profité à l'école du souverain maître ! En combien peu de temps vous avez acquis la science de l'abnégation! Contemplez en effet toute sa conduite depuis que l'ange lui a révélé le mystère du salut; quelle soumission aux ordres de la providence, quel calme, quel abandon entre ses mains, quel oubli de lui-même, quelle foi! il va, il revient, il entend, il se tait, il adore, il ne possède plus rien, il ne désire, il ne regrette rien, il ne s'inquiète d'aucun accident , ne craint aucun danger. Il ne vit que pour Jésus et pour Marie, pour les prévenir, les soigner, les servir et les aimer. Il n'est plus à lui, il est tout à l'enfant et à sa mère. O Sauveur du monde! voilà l'esprit que vous répandez dans vos saints! voilà comment vous revivez en eux, en leur faisant reproduire dans leur vie les vertus que vous avez apportées sur la terre; mais où les retrouver aujourd'hui dans le christianisme, même parmi ceux qui sont restés fidèles à la religion de leurs pères! on veut bien les admirer dans l'Evangile, dans la vie de vos serviteurs, mais non en faire la règle de sa conduite, les appliquer à son état et à sa situation, et par elles se sanctifier. Cependant, ô Jésus! vous n'avez pas deux Evangiles: l'un de rigueur, de crucifiement et de douleurs pour vous et pour vos saints, et un Evangile tout opposé pour nous. C'est à tous vos disciples sans distinction que vous dites: Si quelqu''un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive. O divin enfant! que ces paroles me causent de confusion et d'alarmes! je n'ai donc pas encore été votre disciple; je ne porte pas vos marques, je n'ai jamais voulu me dépouiller de celles du monde, des recherches de la sensualité, de l'amour-propre, de la vanité. Je n'ai fait que les cacher aux yeux des autres et peut-être aux miens sous des dehors de christianisme et un extérieur de régularité dont vous discernez le vide et le néant; ayez pitié de moi, ô Jésus ! attirez-moi enfin à vos vertus.


Vertu à obtenir: L'esprit intérieur.


Réflexions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par Marie et par Joseph; apprenez de ce grand saint la véritable manière d'honorer les mystères, qui est de s'humilier, de s'anéantir dans le sentiment d'une foi vive, humble et reconnaissante; n'aspirez ni à vous élever, ni à paraître: c'est par l'humilité que vous attirerez Jésus en vous. Ayez de la joie lorsqu'après une bonne action vous n'aurez eu que Dieu pour témoin, fermez votre cœur à la cupidité: ne désirez pas les richesses que le Sauveur a condamnées en les repoussant de sa crèche: recevez avec amour cet enfant pauvre, qui vient vous enrichir, comprenez que ce n'est pas la pauvreté qui est une vertu, mais l'amour de la pauvreté; privez-vous de quelque chose pour l'amour de Jésus, sinon du nécessaire, du moins du superflu, du commode, de l'agréable, et ainsi vous honorerez la pauvreté de Jésus.


Prière à Saint Joseph


O Chaste époux de la plus pure des vierges et de la Mère de mon Dieu, chef visible de la sainte famille, gardien fidèle du plus précieux de tous les trésors, dépositaire du plus profond de tous les mystères, je me réjouis de votre gloire, et je révère votre grandeur. Vous fûtes trouvé digne de présider aux actions d'un Homme-Dieu, de tenir lieu de père et de commander à Jésus Enfant. Vous fûtes le nourricier de cet adorable Sauveur; vos soins, vos travaux et vos sueurs ont concouru à soutenir son humanité sainte. Adopté par lui pour père vous avez reçu une abondance de grâces et de dons spirituels proportionnée à cette adoption glorieuse, et vous y avez admirablement correspondu. Daignez aussi m'adopter, ô grand Saint! me garder, me défendre contre mes ennemis extérieurs et intérieurs, m'obtenir une fidèle imitation de vos vertus, et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie. Ainsi soit-il.

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1 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Neuvième jour

Jésus attire les âmes à la pénitence


« La vraie circoncision est celle du cœur, qui se fait par l'esprit ». (Romains 2) L'Enfant Jésus a été circoncis; mais ses souffrances ne se terminent point avec l'opération qui les a occasionnées; c'était même au troisième jour que la douleur de la blessure était plus cuisante, comme nous l'apprenons au vingt-quatrième chapitre de la Genèse. Cette plaie, qui lui représentait et lui faisait sentir d'avance les cruels déchirements de celles dont il serait un jour tout couvert depuis la plante des pieds, jusqu'au sommet de sa tête, demeure donc ouverte pendant plusieurs jours, et devient pour lui un rigoureux supplice. Ah! qu'il est bien vrai qu'il a été blessé à cause de nos iniquités; qu'il a été brisé pour nos crimes; que le châtiment qui devait nous donner la paix est tombé sur lui, et que nous avons été guéris par ses meurtrissures, O Marie! comme cette plaie saigne dans votre cœur! avec quelle émotion de piété et de tendresse vous vous appliquez à l'adoucir et à la cicatriser! que ne conjurez-vous ce médecin tout puissant de laisser agir sur lui-même cette vertu guérissante qu'il répandra si miséricordieusement pour soulager des maux qui ne pourront jamais être comparés avec ce qu'il endure! mais non, il veut dès les premiers moments de sa vie nous enseigner 1° la nécessité de la pénitence, 2° la continuité de la pénitence, 3° la sévérité de la pénitence.


La nécessité de la pénitence


Le Sauveur pendant sa vie évangélique l'annonce souvent aux hommes; il la leur rappellera au milieu des déchirements de sa passion, et même quand il sera sur le point de les quitter pour retourner à la droite de son père. Il y a plus, parce que la pénitence devait préparer les hommes à son avènement, il la fait prêcher par son précurseur, Saint Jean-Baptiste en fait retentir les bords du Jourdain: Faites pénitence, s'écrie-t-il, car le royaume des deux approche. Mais il faut que dès sa naissance Jésus la prêche plus haut encore par ses œuvres, et qu'il montre dans sa personne que le temps est venu où il faut se faire violence pour arriver au ciel, et que ceux-là seuls peuvent le conquérir et l'emporter qui combattent contre eux-mêmes et contre les ennemis du salut. Regarde, ô mon âme! contemple l'auteur et le consommateur de notre foi; car avant de nous instruire par ses paroles il nous a donné la leçon si frappante de ses exemples. Quand même tu n'aurais pas apporté en entrant au monde le crime de ton origine, quand les tristes suites qu'elle a laissées en toi, même après que tu as été régénérée sur les fonts sacrés, ne te rappelleraient pas sans cesse la nécessité du baptême laborieux de la pénitence, ah! L'exemple du saint des saints t'en ferait une rigoureuse obligation. Mais que de péchés n'es-tu pas à déplorer et à expier! Que de mauvaises habitudes à vaincre et à déraciner! Quel ascendant tes négligences et tes infidélités n'ont-elles pas donné à tes passions! Et comment te défendre contre leur attaque et te prémunir contre les chutes dans un véritable esprit de pénitence, sans la pratique intérieure et extérieure? Interroge l'Evangile, parcours la vie des Saints, partout tu trouveras le précepte et la pratique de la pénitence. Pas un seul juste qui ait cru pouvoir s'en dispenser; et on dirai que les plus grands serviteurs de Dieu se sont cru d'autant plus redevables à sa justice qu'ils étaient éminents en sainteté. C'est qu'ils avaient sans cesse devant les yeux l'exemple du juste par excellence qui a voulu faire pénitence pour nos péchés dès les premiers moments de sa vie, et qui à peine s'est volontairement chargé des iniquités des hommes qu'il se soumet à en porter le châtiment et la confusion.


La continuité de la pénitence


Comme sa constance est 1'écueil de la faiblesse humaine, et l'instabilité notre partage, lors surtout qu'il est question pour nous de combattre nos penchants corrompus et de soutenir la lutte contre nos passions. Jésus a voulu par les premiers mystères douloureux de son enfance nous offrir l'exemple de la persévérance, et nous mériter par la durée de ses souffrances la grâce de le suivre. Hélas! depuis le premier moment de son incarnation elle n'a pas été interrompue. Dans le sein de sa mère, captivité, dépendance, douleurs, impuissance absolue; quelle pénitence pour ce Verbe de vie, de sagesse, de gloire et de majesté! A peine il en est sorti, nouvelles souffrances qui se succèdent, rebuts, mépris, pauvreté, abandon, privations de toute espèce, inhumanité des hommes, rigueur de la saison, joug de l'ancienne loi dont il vient nous affranchir, mais dont il veut porter tout le poids, mortification continuelle de l'esprit, du cœur et du corps; voilà ses premiers pas dans la carrière de la pénitence; car il ne faut jamais perdre de vue que ce qui, pour les enfants ordinaires, est l'effet de la nécessité et de la contrainte, est dans l'enfant Jésus l'effet du choix et de la volonté. Te contenteras-tu, ô mon âme ! d'effleurer pour ainsi dire la pénitence, d'essayer la croix et bientôt de t'en décharger, de marcher pendant quelques jours dans la voie étroite et puis de t'arrêter tout court, croyant faire beaucoup en ne retournant pas en arrière! Mais ignores-tu donc la maxime des saints, que ne pas avancer c'est reculer? Mais n'as-tu donc pas lu cette effrayante parole, trop peu méditée, trop peu sentie: Quiconque ayant mis la main à la charrue regarde derrière soi n'est point propre au royaume de Dieu. Ainsi c'est peu de faire une fois la circoncision du cœur, il faut la faire souvent, et s'il est possible la faire toujours. Croyez-moi, dit Saint-Bernard, vous avez coupé les rejetons du péché, ils repoussent; vous l'avez chassé, il revient; vous l'avez éteint, il se rallume; il n'est qu'endormi, bientôt il se réveille. Ainsi il faut incessamment retrancher, poursuivre, combattre, éteindre, parce que la racine et le foyer du mal sont au milieu de nous, que l'ennemi de notre salut trouve un appui dans nos penchants corrompus, et qu'il a des intelligences jusque dans notre cœur.


La sévérité de la pénitence


Pour commencer à comprendre ce qu'elle est pour l'enfant Jésus dès les premiers moments de sa vie prosternez-vous en esprit au pied de sa crèche dans laquelle il est étendu comme sur un autel, puisqu'en effet dans sa circoncision commence son immolation sanglante; et à la vue de cette blessure que lui ont faite et vos péchés et son amour adressez-lui avec un profond sentiment de reconnaissance et de repentir ces questions si propres à réveiller en vous de saints désirs de pénitence: « Qu'avez-vous donc fait, ô très-doux enfant! peur être condamné à de telles souffrances? quel forfait avez-vous commis, ô aimable fils de Marie! pour être traité avec cette rigueur? quel est votre crime? par quel noir attentat avez-vous attiré sur vous une si terrible vengeance? Ah! c'est moi, c'est moi qui suis la plaie de votre douleur, la meurtrissure qui vous fait souffrir. O mystère ineffable de charité! le coupable pèche, et le juste est puni; ce que mérite le méchant c'est le bon qui l'endure; les dettes des serviteurs sont payées par le maître, et le crime de l'homme est expié par un Dieu. Que vous rendrai-je, à mou Seigneur et mon Roi! pour tous les biens que vous m'avez faits? Ah! le cœur de l'homme n'est pas assez riche pour acquitter la dette de sa reconnaissance. Toutefois, ô Fils de Dieu! si vous daignez visiter mon âme et la remplir d'une componction salutaire, elle crucifiera sa chair avec ses passions déréglées, et par là du moins s'associera à vos douleurs et à votre pénitence. Après cela qui pourrait m'arrêter, ô mon Sauveur! ce ne peut plus être la sécurité de l'innocence conservée; serait-ce celle de l'innocence réparée? Mais elle ne peut être réparée que par la pénitence; et connais-je la mesure de celle que vous avez assignée à mes innombrables offenses? Mais ne m'avertissez-vous pas de n'être point sans crainte même sur les péchés pardonnés, parce que nul dans cette vie ne sait s'il est digne d'amour ou de haine? Et quand votre apôtre châtie son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres il ne tombe lui-même dans la réprobation, oserais-je assigner un terme à la durée ou à la rigueur de mes expiations? Ainsi je suis certain que j'ai offensé Dieu , et je ne le suis pas de mon pardon. J'ai renoncé au péché; mais le Seigneur ne m'a pas dit: Le mal n'approchera pas de toi. J'ai recouvré par la grâce des sacrements la santé de l'âme; mais la faiblesse que le péché a laissée en moi ne m'expose-t-elle pas à de continuelles rechutes, ne m'oblige-t-elle pas à de continuelles précautions? Puis-je me tranquilliser sur le passé et me précautionner contre l'avenir autrement que par la pénitence, et par une pénitence durable et aussi rigoureuse que mon état peut me permettre et que l'exige la multitude et la grièveté de mes offenses.


Vertu à obtenir: L'esprit de pénitence.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'enfant Jésus blessé pour vos iniquités et vous offrant son sang pour vous servir de rançon; remerciez-le humblement d'une si grande miséricorde; offrez ce sang adorable au Père, en le priant de vous pardonner; joignez dès aujourd'hui à cette oblation quelque acte de mortification intérieure et extérieure ; examinez devant Dieu quelle vie vous avez menée depuis votre baptême, surtout à telle ou telle époque; tenez-vous quelque temps en sa présence dans les sentiments d'humiliation, de confusion et de douleur que doit vous inspirer le souvenir de vos péchés. Demandez au Père éternel, par la circoncision douloureuse de Jésus-Christ, quelque part à son esprit de pénitence. Prenez la résolution, 1° de conserver toute votre vie l'esprit de pénitence, en réitérant souvent les actes d'humilité et de contrition, surtout lorsque vous devez approcher du saint tribunal; 2° de souffrir en cet esprit les afflictions, maladies, pertes de biens et autres peines qu'il plaira à Dieu de vous envoyer; 3° de vous imposer de vous-même et par votre choix avec le consentement de votre confesseur quelques pénitences particulières, comme jeûnes, aumônes, visites des pauvres, des malades, et autres mortifications intérieures ou extérieures.


Prière


Seigneur, Dieu tout-puissant, qui dans la tendresse de votre enfance avez souffert dans votre chair innocente les douleurs de nos crimes, et qui dans l'image de la mort du vieil homme avez fait reluire les marques de la vie de vos enfants, faites-nous la grâce de nous dépouiller en esprit de la corruption d'Adam, et d'aimer votre sainte enfance, dans laquelle de cœur et par amour vous mourez et revivez pour nous. Donnez-nous de mourir tous les jours, par la pénitence, afin que nous puissions vivre éternellement dans la gloire où vous régnez avec le Père et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.

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