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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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10 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Béthanie

 

Onzième jour

11 juillet

 

Béthanie

 

Prélude : Entrons avec un saint respect dans la maison de Marthe, où Jésus s'assied, et où Madeleine vient encore se placer à ses pieds.

 

Méditation

 

« Jésus, dit Lacordaire, avait à Béthanie une famille entière d'amis. C'était là que, venant à Jérusalem, dans la ville où devait se consommer son sacrifice, il se reposait des fatigues de sa prédication et des douloureuses perspectives de l'avenir. Là étaient des cœurs purs, dévoués, amis ; là, ce bien incomparable d'une affection à l'épreuve de tout. Aussi, ce fut de Béthanie qu'il se mit en marche pour faire son entrée triomphale à Jérusalem ; et ce fut à la vue de Béthanie, le visage tourné vers ses murs, du côté de l’Orient, qu'il monta au ciel, presque à égale distance du Calvaire où il était mort, et de la maison où il avait le plus aimé. Aujourd'hui même, quand le voyageur descendant de Jérusalem a passé le torrent de Cédron et gravi la montagne des Oliviers, il découvre sur la pente orientale de ces collines quelques masures parsemées de ruines. On lui montre du doigt, entre ces débris, trois points marqués à peine par des restes informes. « Là, lui dit-on, était la maison de Lazare ; là, celle de Marthe ; là, celle de Marie-Madeleine ».

Le souvenir des siècles a été plus fort que les destructions de la Barbarie, et le nom des amis de Jésus, survivant aux pierres dispersées, frappe encore d'un son ému les solitudes indifférentes… Mais, si, ressuscitant par la pensée ces habitations disparues, nous y pénétrons pieusement à la suite du Maître ; si nous nous asseyons au banquet du soir avec Jésus, Lazare, Marthe et Marie, nous nous demanderons peut-être à qui d'entre ces hôtes si chers le cœur de Jésus s'était le plus donné…

Il y avait dans Marie une humilité plus profonde, une foi plus vive, une plus grande action sur le cœur de Jésus. Elle était aimée d'une préférence que ses vertus révèlent, parce qu'elles étaient à la fois et l'effet et la cause de l'amour du Fils de Dieu ».

Heureuses maisons de Béthanie ! Jésus venait souvent y demander l'hospitalité et s'y reposer de ses fatigues apostoliques. Quel accueil on lui faisait toujours là ! Comme ses trois amis étaient fiers, heureux, enthousiasmes, quand il apparaissait de loin ! Et puis, quand la porte de la maison s'était refermée, quels doux entretiens, quels calmes échanges de parole, quelle bonté d'une part et quelle avidité de l'autre !

Jésus était venu parmi les siens, et les siens ne l'avaient pas reçu ! Mais, à Béthanie, on le recevait toujours avec tant d'empressement et tant d'amour !… « Là, dit un pieux auteur, se trouvaient les confidences amicales autour du foyer domestique, les repas de famille, l'hymne du soir, l'adieu et la bénédiction qui termine la journée, le salut et le bonjour du matin, le mot du cœur, le mot du Bon Dieu, et le Bon Dieu c'était Jésus lui-même ! Cette maison se changeait en temple, devenait un ciel, quand Jésus y entrait ! »

Et Madeleine, comment se conduisait-elle, durant les visites du Sauveur Jésus à Béthanie ! Mon cœur imagine volontiers l'ardeur et les transports de sa joie. Mais, nous n'en sommes pas réduits à de simples conjectures, le Saint Esprit a pris soin de nous décrire cette piété dans l'accueil et cette occupation de l'âme de Madeleine durant l'hospitalité donnée à Jésus.

« Marie, raconte saint Luc, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». Ah ! combien ce texte me touche et m'émeut. Elle savait, par une douce expérience, combien l'on gagne à demeurer aux pieds de Jésus, et pénitente dévouée, disciple fidèle, elle revient volontiers se placer à ces pieds divins. Les autres se placent à côté de Jésus, mais, elle, dans son humilité, elle se met à terre, appuyée contre les pieds adorables du Sauveur, qui venaient de se fatiguer à la poursuite d'autres pécheurs à convertir, d'autres brebis à ramener au bercail, « semblable, dit saint Bernard, à une colombe qui, s'étant une fois blanchie et désaltérée dans un ruisseau de lait, demeure sur les bords pour s'y plonger encore et ne veut plus s'en éloigner ».

Pendant que Marie se plaisait dans un doux repos prolongé aux pieds du Maître, le Maître se complaisait à l'instruire et à l'initier aux secrets de la perfection. Et elle « silencieuse, ravie, respirant à peine, suspendue entre le ciel et la terre, elle tenait ouverts ses yeux, ses oreilles, et plus encore son cœur ; elle recueillait jusqu'aux moindres miettes de cette grande et riche table que son Seigneur étalait devant elle ».

 

Résolution : Écouter la parole de Dieu, en unissant son Cœur aux sentiments de Marie-Madeleine pendant que son Maître l'instruisait.

Bouquet spirituel : « Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39).

 

Vita marie madeleine

 

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9 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

mary-magdelena-001

 

Dixième jour

10 juillet

 

À la suite de Jésus

 

Prélude : Jésus parcourt la Judée. Avec Marie, sa sainte mère, Marie-Madeleine et quelques autres privilégiées le suivent.

 

Méditation

 

Quand il a raconté cette merveilleuse histoire de la conversion de la pécheresse, saint Luc ajoute : « Jésus se mit ensuite à parcourir les villes et les bourgades, prêchant et annonçant le royaume de Dieu ; et les douze Apôtres étaient avec lui. Il y avait aussi quelques femmes qui avaient été délivrées des malins esprits et guéries de leurs maladies, entre lesquelles était Marie, surnommée Madeleine… et plusieurs autres qui l'assistaient de leurs biens ».

Si j'interroge le cœur de la nouvelle convertie et que je lui demande quel est le mobile qui l'entraîne ainsi à la suite de Jésus, je n'aurai point d'autre réponse que celle-ci : l'amour !

Madeleine aime son Dieu, et voilà pourquoi elle veut l'entendre toujours, le voir sans cesse, s'instruire à son école, apprendre de lui comment on peut l'aimer et le mieux lui témoigner son amour.

Ah ! qu'elles sont rares, les âmes qui entendent ce langage ! Une fois les premières heures de la conversion passées, elles s'habituent peu à peu à vivre, sans se préoccuper beaucoup de chercher Dieu. Puis, Dieu se retire, et elles se plaignent d'être sans goût, sans ferveur, sans attrait pour les choses spirituelles. La communion elle-même, qui les consolait tant au début, leur devient presque une charge et les laisse indifférentes ! Ô âmes sans générosité, voyez Madeleine ! Dès qu'elle a eu son pardon, elle ne se contente point de s'en aller en paix, comme le lui a dit Jésus. Elle quitte la salle du festin, mais son cœur demeure là où est son trésor. Elle met ordre à son passé, elle rompt généreusement, ouvertement, avec tous les complices et toutes les occasions du péché. Puis, elle va trouver Marie, la mère de miséricorde, la mère de son Jésus. Oh ! comme cette entrevue entre la Vierge Immaculée et l'heureuse Madeleine dut être touchante ! Marie la prit dès lors pour sa fille, pour sa compagne. Avec elle, Madeleine pouvait suivre Jésus de plus près. Elle ne perdra pas un geste de sa main ou une parole de ses lèvres, quand le Sauveur parlera aux foules ; elle sera admise souvent à son intimité, et rencontrera quelquefois son regard, ce regard qui la transforma chez le Pharisien ; son sourire, ce doux sourire de miséricorde qui gagna son cœur. Elle l'entendra lui adresser quelquefois la parole, cette parole qui charme et qui fixe les cœurs dévoués. Mais surtout, elle apprendra à cette école comment on doit suivre Jésus pour lui plaire, comment on lui plaît en portant si croix, comment on le suit véritablement en imitant sa conduite et en s'imprégnant de son esprit.

Mais, observe l'Évangéliste, Jésus prêchait et annonçait le royaume de Dieu. Madeleine ne se bornera donc point à satisfaire sa propre dévotion et son vit attrait à la suite du Maître. Elle travaillera, pour lui plaire, à étendre le règne de Dieu Elle voudra concourir, elle aussi, à l'apostolat de Jésus et de ses disciples.

Sans doute, l'apostolat de la femme ne saurait être un ministère semblable à celui que les apôtres exerçaient à la suite de Jésus. Mais, l'exemple, les bons et doux avis que donne dans le secret de l'intérieur la femme qui aime les âmes, tout cet ensemble de petits moyens que suggère le zèle à celles qui l'ont, Madeleine l'emploie avec un dévouement qui s'inspire dans l'ardent désir de répandre partout la connaissance et l'amour de Celai qui s'est fait si miséricordieusement connaître et aimer d'elle.

Saint Luc ajoute qu'elle assistait Jésus de ses biens. L'aumône ! Voilà en effet l'apostolat qui semble plus spécialement réservé à la femme. Jésus ne veut pas que ses disciples soient distraits par les préoccupations des choses de la fortune : C'est Madeleine qui pourvoira à sa subsistance et à celle des apôtres. Oh ! combien cet emploi des richesses que la Providence lui avait réparties devait satisfaire le cœur généreux de l'ardente Madeleine ! Trop longtemps, elle en fit un usage profane et criminel. À présent, elle va tout donner à Jésus, pour le suivre, pour sauver des âmes avec lui, trop heureuse qu'il daigne lui permettre de dépenser ainsi pour lui les trésors dont elle n'est plus que l'économe, depuis qu'elle a compris pourquoi Dieu les lui avait donnés.

 

Résolution : S'appliquer à l'imitation de Jésus-Christ.

Bouquet spirituel : « Marie-Madeleine le suivait, l'assistant de ses biens. (Luc 7, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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8 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

L'onction à Béthanie

 

Neuvième jour

9 Juillet

 

Le Pardon

 

Prélude : Jésus adresse la parole à Madeleine. La pécheresse convertie regarde Notre Seigneur. Son visage rayonne de joie et d'amour.

 

Méditation

 

Pendant qu’il parlait d'elle, Marie-Madeleine sentait son espérance s'affermir et son amour s'embraser. Le son de cette voix divine pénétrait dans ses oreilles charmées et arrivait jusqu'à son cœur, qui se fondait d'amour.

Mais, ô bonheur ! Voici que Jésus a cessé de s'adresser à Simon. Il regarde plus attentivement Madeleine, qui relève la tête, comprenant que ceci lui était personnel. A ce moment, la terre entière n'était plus rien pour elle. Que lui importaient les murmures et les remarques des convives ? Que lui importait l'univers ? Tout son univers, à elle, il est dans la personne sacrée et adorée du Maître, et le Maître parle !...

« Vos péchés vous sont remis !... » dit Jésus, en pariant à la pauvre pécheresse. Oh ! la douce assurance ! Le péché formait l'obstacle qui retenait son cœur confus et creusait un abîme entre le Dieu de toute pureté et elle. Or, voici que les péchés lui sont remis, c'est Dieu lui-même qui l'en assure ! Plus rien donc ne met obstacle à son amour, plus âme, à la veille de notre première communion, à la clôture d'une retraite, dans une circonstance de rien ne la sépare de Celui qu'elle aime. Ah ! qu'elle sera admirable la fidélité de cette âme convertie ! Comme rien ne lui coûtera plus pour éviter le péché et ses moindres occasions à l'avenir ! Tout à l'heure, elle va quitter la salle du festin, elle va revoir Lazare et Marthe, elle va rompre avec tout son passé, elle va inaugurer une vie nouvelle. Mais, avec quelle ferveur tout cela s'opère dans son âme, c'est ce qu'on peut deviner, bien mieux qu'on ne saurait le dire.

« Vos péchés vous sont remis ! » Rappelons-nous donc, chacun, la joie ineffable qui remplit notre âme, à la veille de notre première communion, à la clôture d’une retraite, dans une circonstance de la la grâce divine, quand le prêtre nous dit, de la part de Dieu : « Vos péchés vous sont remis ! » Nous tressaillîmes alors jusqu'au fond de nos entrailles, et, si l'on nous avait parlé à ce moment de rechute possible, d'infidélité nouvelle à la grâce, nous aurions protesté avec une énergie indignée. Hélas ! combien peu imitent la fidélité persévérante de Madeleine !... Mais, revenons vite à cette heureuse convertie du Sauveur.

Ceux qui étaient à table avec Jésus commençaient à se dire, en murmurant : quel est donc celui qui remet les péchés ? - Ô Madeleine, répondez. Vous savez, vous, quel est celui qui vous a remis les vôtres. Vous savez qu'il est Dieu, puisqu'il pardonne ; Dieu, puisqu'il est bon; Dieu, puisqu'il change les cours comme vous sentez le vôtre transformé au dedans de vous.

Et Jésus récompense cette foi de sa servante, en l'exaltant, avec une affirmation pleine d'autorité, qui fait taire les murmures des convives et remplit Madeleine de consolation. « Votre foi vous a sauvée, lui dit-il. Vous avez cru, vous, que j'étais le Messie envoyé de Dieu ; vous avez cru à mon amour, et voilà pourquoi vous serez une preuve éclatante de mon pouvoir divin, comme un témoignage continuel de l'efficacité de ma grâce. Qu'ils viennent maintenant, les ennemis de votre âme, essayer de rompre que j'ai uni à mon cœur, de souiller encore ce que j'ai purifié, de réduire en servitude ce que j'ai délivré ! Aux autres, quand je leur remettrai leurs péchés et que je les congédierai, je ne manquerai point de leur recommander la persévérance et je leur dirai : Ne péchez plus ! Mais, vous, ô ma fidèle convertie, je veux que vous soyez la preuve vivante de mon pouvoir transformateur des âmes, je veux que vous me serviez à jamais, sans défaillance et sans rechute. Allez en paix ! » .

« Allez en paix ! » Quelle paix, sinon celle qui résulte pour une âme de l'apaisement du remords, des révoltes intérieures et des rébellions de la chair ! Quelle paix encore, sinon celle qui résulte d'une conscience heureuse et d'un cœur satisfait ? Cette paix, Marie-Madeleine en est inondée, elle l'emporte comme son trésor, qui ne lui sera plus enlevé.

 

Résolution : Au sortir du saint tribunal, s'exciter aux bons désirs de la persévérance.

Bouquet spirituel : « Allez en paix ». (Luc 7, 50).

 

Vita marie madeleine

 

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7 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie 2

Huitième jour

8 juillet

 

Elle a beaucoup aimé !

 

Prélude : Jésus parle. Le pharisien écoute, la tête levée, l'ail arrogant. Marie-Madeleine écoute aussi, mais sa tête est baissée et elle se tient dans l'attitude de l'amour pénitent.

 

Méditation

 

Simon, voyant l'action de Madeleine aux pieds du Sauveur, se prit à dire en lui-même : « Si celui-ci était un prophète, il saurait assurément quelle est cette femme qui le touche, et que c'est une pécheresse ».

Orgueilleux pharisien, Jésus va te montrer qu'il est un prophète et le plus grand de tous les prophètes, puisqu'il est Dieu ! Tu ne vois en cette femme qu'une pécheresse coupable, une brebis égarée loin des bercails d'Israël, et Lui découvre en son cœur une vertu et une fidélité qui, mises en comparaison avec l'intérieur de ton âme superbe, assurent une immense supériorité sur l'hypocrite orgueilleux.

Notre Seigneur montre au pharisien qu'il a pénétré sa pensée, et, lui répondant sans que celui-ci l'ait exprimée, même d'un geste ou d'un signe, il lui dit : « Simon, j'ai quelque chose à te dire ». Simon répond : « Maître, dites ».

« Un créancier, reprend Jésus, avait deux débiteurs, l'un qui lui devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Ni l'un ni l'autre n'ayant de quoi lui rendre, il remit à tous les deux leur dette. Lequel donc des deux l'aime le plus ? » Simon répondit : « Je pense que c'est celui auquel il a le plus donné ». Et Jésus lui dit : « Tu as bien jugé ».

Le créancier, c'est Dieu, et c'est nous qui sommes les débiteurs insolvables dont parle notre divin Sauveur. Mais, tous, nous n'avons pas la même dette, parce que tous nous n'avons pas également péché. Or, la miséricorde du divin Créancier pardonne également à tous. Qui donc devra aimer le plus ? Le pharisien a bien répondu : « C'est celui à qui il aura été pardonné davantage ». Mais, il se prend dans ses propres filets, et Jésus sut confondre son orgueil, en exaltant l'humble et tendre repentir de la pécheresse.

Se tournant vers elle, il dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu n'as point lavé mes pieds avec de l'eau ; mais celle-ci a lavé mes pieds avec ses larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser ; mais celle-ci, depuis qu'elle est entrée, n'a point cessé de baiser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête avec de l'huile ; mais celle-ci a oint mes pieds avec un parfum ».

Qu'il dut être doux au cœur de la pécheresse de voir le divin Maître se tourner enfin de son côté, et de sentir ses regards s'arrêter sur elle pour l'envelopper de miséricorde ! Mais, quand elle l'entendit énumérer et louer tous les actes qu'elle a accomplis depuis son entrée, oh ! alors, son cœur déborde, et l'allégresse, qui l'inonde, les anges seuls en ont le secret, car l'Evangile se tait sur ce mystère de l'action de grâces qui entonne dès lors son hymne immortel dans l'âme de la convertie du Sauveur.

Elle a bravé les mépris des parisiens et l'insulte de Simon. Et voilà que Jésus lui-même la récompense de sa générosité, en prenant ouvertement sa défense et en exaltant la pécheresse aux dépens de l'insulteur. « C'est pourquoi, conclut le Sauveur, je te dis : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle beaucoup aimé ; et celui auquel il est moins pardonné, c'est qu'il aime moins ».

Elle a beaucoup aimé ! Voilà toute Madeleine !... La miséricorde de Jésus envers elle fut immense, parce que l'amour de cette pauvre pécheresse fut immense ! Dieu mesure son pardon à l'amour de celui qui le reçoit. Pauvres pécheurs, ne vous découragez donc point à la vue de l'énormité de ingratitudes. N'ayez qu'une préoccupation, celle de donner à Dieu beaucoup d'amour. Aimez-le, et il vous pardonnera. Aimez-le beaucoup, et il vous sera beaucoup pardonné !

Monde orgueilleux, incline ta raison devant ce mystère, et apprends à reconnaître un Dieu en celui qui pardonne avec une telle générosité et une telle tendresse, pourvu qu'on lui ouvre et qu'on lui donne son cœur !

 

solution : S'exciter à produire un acte d'amour, toutes les fois qu'on se dispose à recevoir la sainte absolution.

Bouquet spirituel : « Elle a beaucoup aimé ! » (Luc 7, 43).

 

Vita marie madeleine

 

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6 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Onction de Béthanie

 

Septième jour

7 Juillet

 

Le parfum

 

Prélude : Marie-Madeleine ouvre le vase d'albâtre et répand le parfum sur les pieds du Sauveur.

 

Méditation

 

Ses yeux sont purifiés par les larmes, ses cheveux par l'humiliation qu'elle leur a infligée, sa bouche par de chastes baisers, ses mains par le contact des pieds du Fils de Dieu, tout son être par la posture repentante qu'elle garde en arrière des convives. « Alors seulement, et pour consommer tout le mystère de la pénitence par l'amour, elle ouvre l'albâtre qui contient, avec le parfum, les suaves images de l'immortalité ; elle le répand sur les pieds du Sauveur avec les larmes et les baisers dont elle les a couverts ; ses mains purifiées ne craignent plus de toucher et d'oindre le Fils de Dieu, et la maison se remplit de la vertu qui sort du vase fragile et du vase immortel, de l'albâtre et du cœur ».

À ce moment, dit un père de l’Église, les pieds de Jésus devinrent comme le sanctuaire où Madeleine faisait un sacrifice de ses pleurs, une offrande de ses parfums et un holocauste de son cœur. En effet, continue saint Paulin, l'effusion de ce parfum est tout à la fois une amende honorable, une adoration et une prière.

Une amende honorable. - Heureuse femme, s'écrie saint Ambroise, qui, ayant péché, sait du moins apporter les parfums de la pénitence ! Or, c'est la pénitence et l'amour qui nous ravissent au-dessus de la terre et nous unissent à Dieu. Madeleine veut se détacher de tout ce qui l'enchaînait jusqu'alors. Elle veut dissiper la fumée des souvenirs qui empestaient son âme, en obscurcissant sa conscience et en ternissant la beauté de son cœur Voici donc qu'elle ouvre le vase d'albâtre et qu'elle en épanche le symbole des parfums mystérieux auxquels elle recourra désormais, pour rester fidèle. Aussi, suivant une révélation du Sauveur lui-même à sainte Brigitte, les démons se dirent dès lors entre eux : « Comment la ramènerons-nous sous notre empire ? Nous avons perdu une riche proie : ses larmes l'ont rendue si pure, que nous n'osons plus la regarder ; elle s'est tellement enveloppée dans le bien, qu'aucune tache n'est demeurée en elle ; elle est devenue si fervente dans l'amour de Dieu, si ardente pour son service et pour la sainteté, que nous n'avons plus même le courage de l'approcher ».

Une adoration. - On adore en reconnaissant Dieu comme le souverain Maître de toutes choses. L'holocauste des Juifs, sacrifice d'adoration, consistait à brûler la victime et à la réduire en cendres. Madeleine vient adorer Jésus-Christ, et, pour indiquer sa foi en la divinité de Celui qu'elle adore, elle répand sur ses pieds Mais ce parfum n'est que le signe du grand acte d'adoration qui l'unit pour toujours à son Sauveur divin. Jésus est désormais son Dieu ; c'est. à ses pieds qu'elle immole les satisfactions de la vie présente, toutes les affections criminelles dont elle s'est noircie, toutes les délices des sens. L'holocauste est parfait, l'acte d'adoration sans restriction comme sans limite. Le vase qui renfermait le parfum est brisé, rien n'a été épargné. Pour Madeleine, adorer, c'est se perdre entièrement dans le sein de Dieu, c'est ne vivre plus que pour Dieu.

Une prière. - La prière est le parfum de l'âme fidèle. Bien qué la fleur soit attachée à la terre, ses parfums montent vers les cieux. Et de même, tant que l'âme sainte demeure attachée à la terre, c'est par la prière qu'elle s'élève. Ce qui se détache d'elle, c'est l'amour, la reconnaissance, le repentir, la louange. Elle a dans sa prière de merveilleux élans qui la portent jusqu'au trône de Dieu. Elle est tout à la fois sur la terre et au ciel.

Que ma prière, ô Seigneur, s'élève devant vous comme le parfum qui, s'échappant des mains de votre servante, oignit vos pieds sacrés et fit monter jusqu'à votre cœur l'hommage d'une prière qui le toucha ! Car vous reconnaissez les âmes à la prière, comme ici-bas nous jugeons de la fleur à son parfum. Faites donc qu'en recevant la mienne, vous disiez : « Voici le parfum de mon véritable fils, et il est semblable au champ fécond, je me plairai à le bénir ! »

  

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Vita marie madeleine

 

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5 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

martha1

 

Sixième jour

6 juillet

 

La trace des larmes

 

Prélude : Madeleine, agenouillée, dénoue sa chevelure, et, sans lever les yeux, elle essuie les larmes qui baignent les pieds de Jésus.

 

Méditation

 

« Tout en pleurant, dit encore Lacordaire, et sans attendre une parole qui l'encourage et qui n'est pas dite, Marie laisse tomber ses cheveux autour de sa tête, et, faisant de leurs tresses magnifiques un instrument de sa pénitence, elle essuie de leur soie humiliée les larmes qu'elle répand. C'était aussi la première fois qu'une femme condamnait ou plutôt consacrait sa chevelure à ce ministère de tendresse et d'expiation. On en avait vu couper leurs cheveux en signe de deuil, on en avait vu les offrir comme un hommage à l'autel de quelque divinité : mais l'histoire, qui a remarqué tout ce qui fut singulier dans les mouvements de l'homme, ne nous montre nulle part le repentir et le péché créant ensemble une aussi touchante image d'eux-mêmes. Elle a frappé le disciple de l'amour, tout initié qu'il était aux secrets intérieurs de l'holocauste ; et voulant transmettre aux siècles à venir le signalement de Marie, il n'a rien trouvé de mieux pour la peindre et la faire reconnaître que de dire d'elle. « C'était cette Marie qui oignit le Seigneur d'un parfum et qui en essuya les pieds avec ses cheveux ».

Les cheveux sont pour la femme une couronne dont elle tire volontiers vanité. Que de soins ne leur prodigue-t-elle pas, afin d'en relever l'éclat et la soyeuse abondance ! Hélas ! c'est avec ces tresses si habilement contournées qu'elle attire trop souvent, dans des filets inextricables, les cœurs imprudents que la beauté séduit ! Aussi, l’Église impose-t-elle aux vierges qui se consacrent à Jésus le sacrifice de leur chevelure, comme un sacrifice agréable au divin Epoux des âmes. Madeleine a compris cette expiation, elle dénoue ces cheveux, qui firent trop longtemps le sujet de sa vanité et qui furent pour elle un moyen de séduction pour un si grand nombre d'âmes. Elle les laisse flotter sans ordre, elle se confond aux pieds du Sauveur, comme honteuse d'y avoir laissé tomber ses larmes et désireuse d'en effacer même la trace humide !

« Cela fait, la pécheresse s'enhardit. Elle approche des pieds du Seigneur ses lèvres déshonorées, et les couvre de baisers qui effacent l'impression de tous ceux qu'elle a donnés et qu'elle a reçus. Au contact de cette chair plus que virginale, les dernières fumées des vieux souvenirs s'évanouissent ; les flétrissures inexpiables disparaissent, et cette bouche transfigurée ne respire plus que l'air vivant de la sainteté ».

Madeleine ne se borne point à un baiser. Jusqu'ici, elle n'osait pas suivre la pente de son cœur ; enhardie par la bonté du divin Maître, se sentant déjà pardonnée, devinant l'exquise mansuétude dont Jésus se dispose à user envers elle, la pécheresse se livre aux effusions de son amour. Il ne lui suffit pas d'avoir collé une fois ses lèvres sur les pieds du divin Maître : elle répète, sans pouvoir jamais se rassasier, ce témoignage d'un amour aussi tendre qu'il est humble. Voyant que Jésus la laissait agir au gré de son cœur, Madeleine suit son attrait, et les pharisiens purent la voir qui couvrait de chastes baisers les pieds du bon Pasteur, qui avait ramené au bercail cette brebis égarée.

Combien la grâce opère vite et merveilleusement dans une âme, quand cette âme est docile à son action ! Il n'y a qu'un instant, Marie-Madeleine se trouvait trop indigne d'approcher même des pieds de son Dieu, et maintenant, voici qu'elle se livre à toute l'expansion de l'amour envers lui ! Elle cherche à se purifier de toutes ses souillures, et elle trouve dans ces souillures même une occasion de satisfaire son cœur. Ses lèvres ont bien souvent péché, en se livrant à des témoignages coupables, en laissant déborder un torrent de paroles criminelles : elle les purifie, en les approchant d'un contact divin et en les faisant servir à traduire l'expansion de son ardent amour pour Jésus.

Ô bonheur de Madeleine, tu es le mien, chaque fois que je m'approche de la Table sainte ! Bien plus, à ce moment délicieux de ce baiser vraiment divin, mon âme est mille fois plus favorisée que ne le fut la pécheresse pénitente aux pieds du bon Pasteur ! Pourquoi donc la faveur est-elle moindre, et pourquoi mon cœur reste-t-il si froid ?

 

Résolution : Se rappeler les baisers de Madeleine, quand on reçoit la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Elle essuyait les larmes avec ses cheveux et elle baisait les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

Christ Mary Magdalene a

 

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4 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Les Larmes de Madeleine

 

Cinquième jour

5 Juillet

 

Elle pleure

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux, inclinée vers les pieds du Sauveur, répand un torrent de larmes.

 

Méditation

 

« Comme une servante accoutumée aux plus vils offices, elle se penche vers les pieds du Sauveur, et, sans les toucher d'abord, elle les arrose de larmes. Jamais, dit Lacordaire, depuis le commencement du monde, de telles larmes n'étaient tombées sur les pieds de l'homme. On avait pu les adorer par crainte ou par amour ; on avait pu les laver dans les eaux embaumées, et des filles de rois n'avaient pas dédaigné, aux siècles de l'hospitalité primitive, cet hommage rendu aux fatigues de l'étranger : mais c'était la première fois que le repentir s'asseyait aux pieds de l'homme, et y versait des larmes capables de racheter une vie ».

Quand je considère les larmes de Madeleine, disait saint Grégoire le Grand, je n'ai pas la force de parler, il faut que je pleure. - Les yeux de la pécheresse avaient bien souvent servi d'instruments à ses perfides séductions. Elle en fait à cette heure l'instrument de sa pénitence, ou plutôt, car, son immense douleur ne lui permet point ce calcul, quelque fondé qu'il soit, elle se laisse aller à toute l'impulsion de son âme repentante. Or, fait remarquer saint Augustin, les larmes de Madeleine furent le sang de son âme, qui s'échappait par ses yeux.

Je ne sais qui admirer le plus, dans cette scène merveilleuse, où l'amour pénitent se répand en larmes amères, et où l'amour miséricordieux éclate dans l'ineffable bonté du Sauveur. C'est une remarque de saint Ambroise : Jésus-Christ ne lave pas ses pieds, afin que nous nous chargions de les laver avec nos larmes. Il arrive chez Simon, encore couvert de la poussière du chemin, et c'est pour permettre à Madeleine de laver cette poussière dans les eaux de sa douleur. Il monte sur la croix et permet aux clous d'ensanglanter ses pieds, mais c'est afin que les larmes de notre contrition viennent les laver.

Ô âmes pécheresses, comprenez ce langage et mettez-le en pratique. Considérez l'action de cette femme. Elle pleure, et ses larmes sont amères. Comme la femme de Moab, elle semble dire : « Ne m'appelez plus Noémi, c'est-à-dire belle, mais appelez-moi Maria, c'est- à-dire amère, car mon cœur se fond en une tristesse incomparable. Mais, ne croyez pas que cette douleur soit sans consolation ». Désormais, le pain des larmes sera la nourriture qu'elle affectionnera, et, au jardin de Gethsémani comme au désert de la Baume, Madeleine recourra souvent à l'amère consolation des larmes. Amères à cause du principe qui les fait couler, combien elles deviennent douces à la pensée qu'elles tombent sur des pieds qui se sont souillés à la poursuivre et fatigués à l'atteindre, sur les pieds de celui qui la sauve et qui lui apporte, avec le pardon, la rédemption de toute sa vie.

Oh ! dites-le moi, croyez-vous qu'à cette heure Marie-Madeleine regrette d'autres larmes qu'elle versa sous l'impression des sentiments qui pouvaient émouvoir son cœur durant le temps de ses désordres ! Celles-là semblaient douces, quand elles naissaient et quand elles commençaient à couler, mais comme elles étaient brûlantes et douloureuses dans les sillons qu'elles avaient creusés ! Celles-ci, au contraire, semblent tristes à leur naissance, mais voici qu'elles laissent sur le parcours une impression délicieuse et remplissent son cœur d'une ineffable consolation !

Plus elle pleure et plus elle veut pleurer. Le torrent devient si abondant, que les pieds de Jésus en sont inondés ! Rien n'est doux comme de pleurer ainsi, devant celui qui pardonne et console ! Chaque larme est un désaveu, une expiation, une perle pour la couronne de l'âme !

 

Résolution : S'exciter à une contrition affectueuse, toutes les fois qu'on se présente au saint Tribunal.

Bouquet spirituel : « Elle commença à arroser de ses larmes les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

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3 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Aux pieds de Jésus

 

Quatrième jour

4 Juillet

 

Aux pieds de Jésus !

 

Prélude : Madeleine s'approche avec un respect mêlé d'amour : elle s'incline vers les pieds de Notre Seigneur.

 

Méditation

 

« Qu'ils sont beaux, les pieds de Celui qui évangélise la paix, de Celui qui évangélise les vrais biens ! » La pécheresse vivait dans le trouble, et elle se sentait pauvre au mi- lieu des richesses. Voici Celui qui apporte la paix à la terre et aux âmes, qui révèle les véritables biens ! Elle accourt vers lui et s'incline tout d'abord vers pieds.

Les pieds du Sauveur ! Un ses jour, ils seront cloués douloureusement sur la croix, et les âmes pénitentes viendront se prosterner devant eux avec une vénération reconnaissante. Mais, d'ici là, que de fatigues ces pieds sacrés ne s'imposeront-ils à la poursuite des brebis qui s'égarent ! Que de fois, dans leurs courses apostoliques, la poussière du chemin les souillera, les épines des sentiers difficiles les ensanglanteront, les pierres de la route les meurtriront ! N'en pouvant plus de lassitude, ils sembleront vouloir refuser leurs services au zèle infatigable du cœur de Jésus, et Jésus sera contraint de s'asseoir.

Ah ! je comprends que Marie-Madeleine coure d'abord aux pieds divins du Maître, et qu'elle se tienne, suivant la remarque de saint Luc, le long de ces pieds sacrés ! Sans doute, c'est une pensée d'humilité et de sainte confusion qui la tient là, mais c'est aussi la reconnaissance : il est venu à Naïm, au prix de bien des lassitudes, pour ressusciter le fils de la pauvre veuve et pour permettre à Madeleine de l'approcher. L'admiration et la gratitude de la convertie se traduisent par ce premier hommage.

« Elle se tenait en arrière, le long de ses pieds !... » Quel contraste ! Cette femme, jusque-là hautaine et superbe, dont le maintien décelait l'arrogance, habituée à voir ramper devant elle la foule des courtisans à qui elle daigne faire l'aumône d'un sourire, cette femme, tant adorée, s'incline, s'humilie : elle adore !…

Pour la première fois, son front orgueilleux se couvre de confusion. Elle n'ose pas regarder en face Celui qui est l'innocence et la pureté, elle dont le corps est souillé par tant de vices impurs ! Elle ne se présente point en face, elle aborde Jésus humblement, elle passe derrière le siège qui le soutenait, elle se tient là, en arrière, n'osant pas lever les yeux vers Celui qu'elle aime, mais qu'elle a trop offensé pour arrêter ses regards sur son visage auguste dont elle redoute les justes sévérités et dont elle se croit indigne de contempler la pureté radieuse.

Elle se tient en arrière, le long de ses pieds ! Voilà sa place, celle qu'elle aimera toujours occuper, même plus tard, quand le pardon l’aura encouragée à s'enhardir.

Toujours, à Béthanie, au Calvaire, à la Sainte Baume, elle affectionnera d'être agenouillée aux pieds de son divin ami, et cette place ne lui sera point ôtée !

À table, quand ils sont admis à la familiarité du maître, les petits animaux domestiques viennent volontiers se placer à ses pieds, heureux et reconnaissants quand il daigne les caresser d'un geste ou laisse tomber pour eux quelques miettes du pain qu'il mange. Ainsi fait la pécheresse humiliée. Elle ne prend point la place des convives, elle se sent bien trop indigne de cette extrême liberté. Sans songer même que, parmi ces pharisiens orgueilleux, il en est qui ne sont point les amis du bon Maître, elle n'ose pas même prendre rang parmi eux.

Elle se tient en arrière, en silence, sans prononcer une seule parole, sans exprimer à haute voix aucun sentiment, tout entière au bonheur de son humiliation et à l'ardent désir d'être pardonnée, trop heureuse de ce que le divin Sauveur daigne la souffrir à ses pieds, comme une servante, indigne, mais excusée !

 

Résolution : Se pénétrer de sentiments d'humiliation, toutes les fois qu'on s'approche du saint Tribunal de la pénitence.

Bouquet spirituel : « En arrière, le long de ses pieds. » (Luc, 7, 38).

 

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2 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Le repas chez Simon

 

Troisième jour

3 Juillet

 

Chez Simon


Prélude : Représentons-nous la pécheresse accourant à la maison de Simon le Pharisien. Comme elle court, sous l'impulsion d'un mouvement intérieur qui l'absorbe et lui fait oublier toute autre préoccupation !


Méditation

 
Le récit de saint Luc commence ainsi : « Un pharisien, ayant prié Jésus de manger avec lui, Jésus entra dans la maison du pharisien et s'y mit à table. Et voilà qu'une femme, qui était pécheresse de la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, s'y rendit... »
 
Jésus avait remarqué Marie-Madeleine : il voulait lui donner bientôt le gage de son miséricordieux pardon. Mais, tandis que les autres convertis du Sauveur sont appelés, durant la nuit, sur les bords écartés de la mer, le long d'un chemin désert, la pécheresse devra venir dans une maison où tous les regards seront attentifs à l'action du Sauveur et à la sienne. Le divin Maître, toujours si attentif au soin de sa réputation, ne permettra pas, même pour ménager un peu les débuts de cette vie nouvelle, que la pécheresse l'aborde ailleurs.
 
Mais, en même temps, Marie trouvera, dans cette circonstance même, une occasion de témoigner de la généreuse sincérité de sa conversion et de l'empressement de son cœur tout entier voué désormais au service de Jésus.
 
« Ut cognovit ! Dès que Madeleine sut !... » Point de retard, pas la moindre concession aux révoltes de l'amour-propre ! Dès qu'elle a rencontré Jésus, elle brûle du plus ardent désir de se jeter à ses pieds et de lui prouver la sincérité des sentiments nouveaux qui remplissent son âme.
 
Que lui importent les considérations humaines ! L'orgueilleux Simon la couvrira de son mépris ; les convives la reconnaîtront pour la femme scandaleuse dont toute la ville sait les désordres ; ceux qui ne croient pas à la divinité de Jésus l'accueilleront avec dédain ; ceux qui appartiennent au divin Maître s'indigneront de l'audace de cette pécheresse. Peut-être même, qui sait ? Ses crimes sont trop nombreux et il n'y a plus de pardon pour elle ! Peut-être Jésus la repoussera ! Ou, s'il ne la repousse point, l'énormité de ses ingratitudes et le nombre de ses infidélités l'obligeront à la traiter sévèrement, devant tout un nombreux public !
 
Voilà sans doute les pensées de la nature. Mais, combien la grâce parle autrement ! Je me lèverai et j'irai à mon Sauveur ! J'irai en toute hâte, car je ne sais pas si demain il ne serait pas trop tard. Je crains que Jésus ne quitte bientôt Naïm, je crains qu'il passe outre, timeo Jesum prætereuntem !... Et puis, pourquoi ne le dirai-je point ? Toute criminelle que je suis et indigne de concevoir ce sentiment, j'aime celui qui, par amour pour les pécheurs, s'est fait homme pour les sauver. Je l'aime, et mon amour me presse ! Je ne puis pas supporter les délais, j'ai hâte de le voir et de lui ouvrir mon âme où il lira mon repentir et mon amour.
 
Sans doute, il en coûtera quelque chose à l'amour-propre de se donner ainsi en spectacle et de se convertir avec un tel éclat. Mais cette humiliation sera pour la pécheresse un moyen d'expier ses fautes et de toucher le cœur de Dieu, par une générosité héroïque. Marie-Madeleine le comprend : elle choisit les circonstances qui sont le mieux faites pour accroître le mérite de cette expiation. C'est la maison du pharisien, c'est la salle du festin, c'est  le moment même du festin qu'elle choisit. Sa démarche en sera plus éclatante, sa rupture avec le monde plus solennelle, son engagement à Jésus-Christ plus authentique.
 
Mon cœur se reporte volontiers à ce moment sublime qui provoque l'admiration de l’Évangéliste, quand il s'écrie : « Et voici qu'une femme !... » La pauvre pécheresse, comme une brebis égarée qui rentre au bercail, se précipite dans la maison de Simon, comme un cerf altéré qui court après les eaux vives ; ce cœur blessé par l'amour divin arrive, tout haletant, pour étancher sa soif aux sources du Sauveur. Laissez, laissez passer Madeleine ! Laissez-la entrer... Jésus l'attend, et elle n'a plus de repos jusqu'à ce qu'elle l'ait rencontré.
 

Résolution : Veiller soigneusement aux inspirations et aux mouvements de la grâce, pour ne jamais laisser passer l'instant favorable.

Bouquet spirituel : « Dès qu'elle sut que Jésus était chez Simon ». (Luc 7, 37).


 

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1 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Deuxième jour

2 Juillet

 

La première rencontre

 

Prélude : Jésus prêche. Dans la foule de ses auditeurs, son Cœur a distingué Marie-Madeleine. C'est sur cette pécheresse qu'il veut convertir que ses regards s'arrêtent, et la pécheresse écoute ravie, déjà changée dans son âme.

 

Méditation

 

Qui dira ce que dut être la première rencontre de Jésus pour Madeleine ? L’Évangile raconte la scène qui se passa chez Simon. Mais il est évident que la pécheresse dut voir et entendre Notre-Seigneur, avant de l'aborder en cette maison, où se passèrent de si merveilleuses choses.

La pécheresse vivait dans le château de Magdala, à peu de distance de la ville de Naïm. Or, Jésus a prêché dans cette ville, il y a ressuscité le mort que sa mère accompagnait au tombeau. Je m'imagine volontiers que ce miracle et la parole du Sauveur devaient impressionner vivement Marie-Madeleine.

Quand elle le vit s'arrêter devant ce cercueil et commander à la mort, elle comprit que celui- là était puissant comme Dieu, à qui la mort obéissait. Quand elle le vit s'émouvoir devant les larmes d'une mère, elle comprit qu'il était bon comme Dieu même. Quand elle l'entendit parler, elle se dit : « Nul ici-bas ne parle comme lui ». Son âme était morte ; mais, Jésus pouvait renouveler le miracle des portes de Naïm. Son âme était coupable ; mais, Jésus était miséricordieux.

Aussi, comme elle l'écoute avidement, celui qui dit : « Je suis le bon pasteur, et je donne ma vie pour mes brebis!... Je ne suis pas venu dans ce monde, pour que les pécheurs périssent, mais bien pour qu'ils se sauvent... Le Fils de l'homme est venu chercher ce qui avait péri... Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, ce sont les malades, qui ont besoin de médecin... Vous tous qui êtes affligés et qui êtes chargés, venez à moi, et je vous soulagerai, et vous trouverez le repos de vos âmes.... Prenez sur vous mon joug, car il est doux, et mon a fardeau est léger... Oh ! si vous a connaissiez le don de Dieu ! »

Cette éloquence, que le cœur seul comprend, Madeleine l'entendit et elle emporta, dans sa demeure, les paroles qu'elle avait entendues, pour les méditer en son âme. Ah ! la victoire ne peut manquer de rester à celui qui a ainsi trouvé le chemin du cœur ! Mais, ce ne sera point sans luttes !

Madeleine entrait alors dans sa vingt-deuxième année : elle était dans tout l'éclat de sa beauté ; dans toute l'ardeur de sa jeunesse, dans tout l'enivrement de ses triomphes. Que de liens il va falloir rompre ! que de sacrifices ! que de renoncements !

Si elle abandonne le monde dont elle est la reine et la joie, quel accueil lui fera-t-on, là où elle veut aller ? Lazare et Marthe, scandalisés de ses désordres, rougissent de leur sœur, Les Pharisiens la méprisent comme une vile criminelle. Les mondains l'accableront de leurs sarcasmes, quand elle les aura quittés. Si elle brise avec son passé, c'est une vie toute nouvelle, de renoncement, de mortification, de combats incessants, qui commencera, et toujours, le bruit des fêtes qu'elle aura quittées arrivera à ses oreilles, pour lui rappeler les plaisirs faciles et les joies enivrantes que le monde lui offre encore. Si elle immole ses affections présentes, c'est un holocauste douloureux que son cœur s'impose, et son cœur a besoin d'amour ! Si elle se met à la suite de Jésus, c'est une vie pauvre qu'elle embrasse, et elle est accoutumée aux aises de la vie la plus somptueuse et la plus sensuelle !

Pourtant, la parole du Maître a pénétré bien avant dans cette âme. Elle y a remué les profondeurs. C'est un glaive qui sépare, et rien ne résiste à ce glaive divin. C'est une flèche qui pénètre, et nul obstacle ne saurait l'empêcher d'aller jusqu'au fond.

Les sacrifices, Marie-Madeleine les accepte, les embrasse volontiers, comme un moyen de prouver à celui qu'elle aime déjà, rien que pour l’avoir vu et entendu, combien cet amour sacré est supérieur aux affections de la terre, et quelle abnégation elle veut dès lors apporter au service de Jésus.

 

Résolution : S'appliquer la parole de Dieu, quand on l'entend ou quand on la lit, comme si elle n'avait été dite que pour nous.

Bouquet spirituel : « Un grand Prophète s'est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple ». (Lc. , 16).

 

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30 juin 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Vita marie madeleine

 

Premier jour

1er Juillet

 

Madeleine pécheresse

 

Prélude : Pénétrons avec un saint respect dans le Cœur sacré de Jésus, au lendemain du mois qui lui a été tout spécialement consacré, et supplions-le de nous manifester les sublimes mystères de sa tendre miséricorde envers les pécheurs.

 

Méditation

 

Au seul nom de Madeleine, l'âme tressaille ! Ce nom remet devant les yeux, comme en un tableau raccourci mais complet, d'une part les merveilleuses tendresses de la miséricorde divine envers les âmes, et de l'autre l'immense besoin que les âmes ont de la grâce de Dieu, pour vaincre leurs ennemis et surmonter leur faiblesse native.

Marie de Béthanie, autrement Marie-Madeleine, était issue de race noble ; sa famille, considérable en Judée, lui assurait un rang distingué dans le monde, où son esprit naturel, sa brillante éducation et son incomparable beauté la firent rechercher de bonne heure par une foule de courtisans, empressés à rendre hommage aux rares qualités de cette âme imprudente.

Ah ! quel don fatal que la richesse, la beauté, la jeunesse, la tendresse du cœur, l'imagination, l'esprit, la science, en un mot tout ce que le monde estime, honore et courtise ! Marie-Madeleine était merveilleusement douée sous tous ces rapports. Elle y trouva la ruine de sa vertu et la perte de ce que nous avons de plus précieux : l'honneur de l'âme.

Elle aurait pu utiliser ces dons et s'en servir pour édifier le monde, pour répandre autour d'elle le règne de Dieu et pour forcer les âmes à confesser que Dieu seul est grand et que tout doit être employé à son service. Elle aurait dû se considérer comme dépositaire des dons de Dieu, se souvenant qu'un jour il lui serait demandé compte de leur administration et que, les détourner de leur légitime emploi est un crime d'infidélité et un vol fait à l'auteur de tout don. Elle aurait pu trouver dans les biens dont elle fut comblée un moyen admirable de sanctification personnelle, en vivant dans la pratique austère du renoncement et en usant de ses biens sans y attacher son cœur.

Mais, ce jeune cœur oublia tous ses devoirs. Emportée par la fougue ardente de ses passions, enivrée par l'encens qui brûlait sans cesse autour d'elle, Marie-Madeleine se livra à tous ses désirs. Son cœur insatiable voulait être aimé, son esprit cherchait à briller sur un vaste théâtre, sa beauté l'entraînait à cette vaniteuse recherche des applaudissements auxquels la ces femme ne sait pas être insensible, sa richesse lui fournissait tous les moyens de satisfaire jusqu'à ses moindres caprices, sa grande naissance et la position de sa famille lui ouvraient toutes les portes, et lui assuraient un accueil distingué partout.

Combien elle alla loin dans la voie que lui ouvrirent tous moyens de perdition, c'est ce que l'Évangéliste nous apprend en deux expressions, dont le laconisme laisse entrevoir toute la triste vérité ! « Cette femme, nous dit saint Luc, était pécheresse dans la cité ! » Et ailleurs, après l'avoir nommée, le même Évangéliste ajoute : « C'est celle de qui sept démons étaient sortis ! » Pécheresse dans la cité et possédée de sept démons ! Voilà donc où aboutirent toutes les vaines recherches de Madeleine à la poursuite du plaisir et au service du monde.

La voyant passer, couverte des parures de sa vanité, entourée d'adulations, éclatante d'orgueil et de beauté criminelle, les sages hochaient la tête et les mères disaient à leurs enfants : « Voilà la pécheresse ! » tant les scandales de sa vie coupable étaient connus et publics. Et, au ciel, les anges se voilaient la face et l'Esprit-Saint se contristait, en considérant son âme que sept démons possédaient, cette âme qui eût pu être si belle et que les vices, venus l'un après l'autre, avaient envahie pour entretenir la beauté et la rendre misérablement esclave de ses honteuses passions.

Ô mon Jésus, ce n’est point sans dessein que vous avez nous conserver ces tristes souvenirs de la vie de votre admirable servante, et c'est à vos comme elle, que je veux...

 

Résolution : … Méditer sérieusement sur l'emploi des dons de la nature et de la grâce.

Bouquet spirituel : « Sept démons sortirent d'elle ». (Lc. 8, 2).

 

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20 mars 2011

Litanies de Saint Job

Job

Le Saint Patriarche Job

Saint Patron des âmes affligées

+ 1500 ans avant Jésus-Christ

Fête le 10 mai


Le patriarche Job naquit dans la terre de Hus, pays situé entre l'Idumée et l'Arabie, vers l'an 1700 avant Jésus-Christ. Il était un modèle de vertus, craignant Dieu, élevant ses enfants dans la piété. Le Seigneur, qui se plaisait lui-même à rendre témoignage de la sainteté de son serviteur, permit au démon de lui faire subir les épreuves les plus terribles, à condition qu'il lui laisserait la vie sauve. Aussitôt toute sa fortune, qui était considérable, disparaît ses enfants périssent écrasés sous les ruines d'une maison, et ces tristes nouvelles lui sont apportées l'une après l'autre, sans le moindre intervalle. A chacune, Job se contente de répondre : « Dieu me les avait donnés, Dieu me les a ôtés, il n'est arrivé que ce qui lui a plu que son saint nom soit béni ». Le démon, vaincu par cette patience héroïque, l'affligea dans son corps en lui envoyant une lèpre hideuse, qui l'infecta de la tête aux pieds. Job, repoussé de la société de ses semblables, se vit réduit à se confiner sur un fumier, et à racler avec un morceau de pot cassé le pus qui sortait de ses plaies. Sa femme, la seule personne de sa famille que le démon lui avait laissée, vint ajouter à ses maux en lui reprochant sa piété, qui ne lui avait servi de rien, et en insultant à son infortune. Job, pour tonte réponse, lui dit : « Puisque nous avons reçu des biens de la main de Dieu, pourquoi n'en recevrions-nous pas aussi des maux? »

 

Trois de ses amis vinrent le visiter et furent pour lui des consolateurs d'autant plus importuns, qu'ils confondaient les maux quête Seigneur envoie aux justes pour les éprouver avec ceux qu'il inflige aux méchants pour les punir, et ils s'efforcèrent de lui prouver que s'il souffrait, c'est qu'il l'avait mérité. Job se justifie avec calme et modération, et Dieu lui-même prend en main la cause de son serviteur, fait éclater son innocence, lui rend d'autres enfants, des biens plus qu'il n'en avait perdus, et le guérit de sa lèpre. Après une longue carrière, il mourut vers l'an 1500 avant Jésus-Christ, âgé de plus de deux siècles. Quelques auteurs ont prétendu que Job était un personnage imaginaire, et que le livre qui porte son nom était moins une histoire qu'une fiction mais cette opinion est contredite par l'autorité d'Ezéchiel et de Tobie, qui parlent de lui comme d'un personnage qui a réellement existé l'apôtre saint Jacques, qui le propose comme un modèle de patience, combat aussi ce sentiment qui a contre lui toute la tradition, tant celle des Juifs que des Chrétiens. Le livre de Job est écrit en vers dans l'original aussi est-il étincelant de beautés poétiques du premier ordre.

 

Tombeau et culte de Saint Job


Personne (hors ceux qui ont voulu prendre Job pour un personnage parabolique) n'a douté qu'il n'eût été enterré dans son pays; mais tout le monde n'a point été d'accord touchant ce qui est arrivé à son corps. Entre ceux qui estiment que jamais il ne fut remué du lieu de la sépulture, quelques-uns prétendent que son tombeau s'est conservé jusqu'en ces derniers siècles aux extrémités de l'Idumée, où ils mettent la terre de Hus, près de Bosra, ville de l'Arabie Pétrée, et où s'étendait autrefois le partage de la tribu de Manassès. L'on montre encore aux voyageurs et aux pèlerins de notre temps une pyramide que l'on dit avoir été érigée près de ce tombeau, pour y servir de monument à la postérité, selon que les anciens avaient coutume d'en user. D'autres ont prétendu que l'on avait transporté son corps à Constantinople. Il est vrai que l'on voyait en cette ville, dans le 6e siècle, une église et un monastère du nom de Job, dont les archimandrites ou abbés le faisaient considérer par leur mérite mais l'histoire ne dit pas que les reliques de Job aient donné lieu à la construction de ces édifices. Aussi cette opinion de la translation du corps de Job à Constantinople semble être fondée sur une erreur qui, dans les siècles postérieurs, a fait prendre pour le saint homme Job un sarrasin ou arabe de ce nom, mahométan de religion, qui fut tué au siège de Constantinople l'an 672, et qui fut enterré au pied des murailles de la ville. C'est du tombeau de ce dernier qu'est venu le nom d'un faubourg de Constantinople, appelé Job, plutôt que du monastère du saint homme Job, quoique les Turcs aussi bien que les Chrétiens du quartier se soient laissé persuader du contraire.


Les prétentions de ceux de l'Occident sur les reliques de Job ne paraissent pas avoir plus de fondement. Ceux qui veulent qu'elles fussent à Rome dès le VIe siècle, ont négligé de nous dire quand et comment elles y étaient venues. Ils n'ont avancé cela que pour avoir le plaisir de feindre que Rotharis, roi des Lombards, qui régna depuis 638 jusqu'en 653, fit transporter de Rome à Pavie les corps de Job, des deux Tobies, de la jeune Sara et de beaucoup d'autres Martyrs de la loi nouvelle. On les déposa, dit-on, dans l'église de Saint-Jean-Baptiste, et elles furent exposées à la vénération publique dans la chapelle de Saint-Raphaël, archange, où elles demeurèrent jusqu'à ce qu'elles furent furtivement enlevées, sans que l'on eût pu savoir dans la suite ce qu'en firent les voleurs. Leur intention était de dérober de véritables reliques et de nuire à ceux qui les croyaient telles, et qui les honoraient de bonne foi. De sorte que ce ne serait rien diminuer de l'énormité de leur sacrilège de nous apprendre, que c'étaient toutes fausses reliques, que jamais on ne vit à Rome les os ni de Job ni des deux Tobie, et que de plus, il est faux que le roi Rotharis ait jamais rapporté des reliques de Rome, qu'on lui aurait données par reconnaissance, comme on le dit, pour avoir secouru et délivré la ville des Barbares ce qui est une autre fiction, capable de faire rire ceux qui savent que les rois lombards n'ont jamais fait que du mal à la ville de Rome.


Outre le tombeau de Job qu'Alfonse Tostat, évoque d'Avila, disait subsister encore de son temps près du Jourdain, être toujours visité avec une grande dévotion par les peuples, il semble que son fumier fut respecté aussi comme les reliques, au moins du temps de saint Chrysostome. S'il faut prendre littéralement et sans figure ce que ce Père a dit au peuple d'Antioche, on sera obligé de reconnaître que ce fumier, tout autrement précieux que le trône des rois et le lit des reines, attirait en Arabie une innnité de pèlerins d'au-delà des mers et des extrémités de la terre, pour voir ce théâtre des combats et de la patience victorieuse du saint homme, et en tirer des instructions.


Entre les saints personnages qui ont paru devant et après Jésus-Christ, l'Eglise n'en connaît guère qui ait mérité plus de culte et de vénération que Job, qui a eu l'avantage d'être Saint dans tous les états de sa vie, dans le repos et la prospérité, de même que dans les calamités et les douleurs, selon le témoignage de Dieu même qui voulut le faire éprouver par Satan, c'est-à-dire par l'ennemi du genre humain, le seul qui osa contester cette sainteté dans l'Ecriture. Il est représenté dans Ezéchiel comme un ami de Dieu, capable d'intercéder pour les autres, jusqu'à faire de lui comme de Noé et de Daniel une espèce de. proverbe, pour dire que quand il se trouverait parmi les pécheurs et les impies des justes aussi saints que ces trois, ils n'empêcheraient pas que Dieu punît le péché des antres dans sa colère, mais que leur justice leur servirait à se sauver eux-mêmes. Job avait déjà été reçu intercesseur de son vivant auprès de Dieu pour ses trois amis. Outre qu'il est proposé dans le livre de Tobie comme un modèle de la patience sanctifiante. Il semble que l'apôtre saint Jacques ait voulu le canoniser encore dans son Epitre « Vous voyez, dit-il, que nous appelons les prophètes Bienheureux de ce qu'ils ont tant souffert vous avez appris quelle a été la patience de Job, et vous avez vu la fin dont le Seigneur l'a couronnée ».


L'Eglise fait profession d'honorer Job comme un prophète, comme un Martyr, et comme le type ou la figure de Jésus-Christ, d'autant plus parfaite qu'il a joint les souffrances avec l'innocence. C'est ce que l'on trouve expliqué par les saints Pères, avec autant d'étendue et de variété que pouvait le demander l'importance de sujet, pour former des modèles à tous les fidèles. Les Grecs et les Orientaux ont choisi le sixième jour de mai pour faire la fête de Job dans leurs églises ce qui se pratique aussi chez les chrétiens d'Arabie, d'Egypte et d'Ethiopie, chez les Russes ou les Moscovites et les autres peuples qui se gouvernent sur le rit des Grecs. Les Latins ont mieux aimé assigner son culte au dix du même mois. C'est le premier des Saints de l'Ancien Testament, après les frères Macchabées, martyrs, à qui l'Eglise d'Occident ait entrepris de décerner publiquement ces honneurs religieux. Les anciens martyrologes du nom de saint Jérôme se servent des termes de jour natal et de déposition, mais qui ne signifient rien ici. Ils donnent à Job la qualité de prophète ce qui a été observé dans les suivants, depuis ceux d'Adon et d'Usuarj) jusqu'au romain moderne. Saint Chrysostome lui avait déjà attribué celle de Martyr, comme ont fait d'autres encore depuis. Quelques autres martyrologes ne le marquent qu'au onze du même mois. Un calendrier Julien le met au neuf. Et il est remarquable que toutes les églises de la terre se sont accordées à le mettre dans le même mois, et dans l'espace de six jours; ce qui ne se trouve guère en ceux qui ont un culte étendu en Orient et en Occident.

 

Nous ne connaissons point de Saints parmi les Prophètes et les autres justes qui ont précédé Jésus-Christ en l'honneur de qui on ait dressé des églises et des chapelles en plus grand nombre. On en voit en Italie plus qu'en aucun autre pays des Latins. Son office est de rit semi-double à Venise et par tout le diocèse, de même que celui do prophète Jérémie. On solennise sa fête comme celle des plus célèbres d'entre les saints vends depuis Jésus-Christ, dans plusieurs villes de Lombardie, de Toscane, de l'Etat ecclésiastique de Rome. Il y est devenu le patron d'un nombre prodigieux d'hôpitaux. Les malades de diverses espèces, principalement ceux qui étaient attaqués de la lèpre, de la ladrerie, de la galle et de la vérole en Italie, se sont mis sous sa protection particulière pour obtenir ou leur guérison, ou le don de la patience qui leur est nécessaire, par son intercession. Outre son office public reçu et approuvé de l'Eglise, il y avait une messe votive du bienheureux Job contre le mal de Naples, que les Italiens ont mieux aimé appeler mat français. Quoiqu'elle se trouvât dans les missels, principalement dans le romain, le bienheureux pape Pie V ne laissa point de la supprimer et de l'interdire, mais sans nuire au culte du bienheureux Job dans les lieux où il se trouvait établi. Cette messe propre fut rétablie néanmoins dans le siècle suivant pour les églises d'Espagne, où l'on est travaillé plus qu'ailleurs du mal des écrouelles, qui sont comprises parmi les espèces contre lesquelles on réclame l'intercession de Job. C'est ce qui se fit par l'autorité du Saint-Siége, et qui se renouvela en dernier lieu sous le pape Clément IX. La contestation survenue à Rome sous Innocent XI, en 1680, à l'occasion de la chapelle d'un hôpital que l'on voulait dédier sous le nom du bienheureux Job, dans la ville d'Albano, n'a servi qu'à autoriser davantage son culte.

 

La France et les Pays-Bas ont admis aussi le culte publie de Job, quoiqu'avec moins d'étendue et moins d'éclat peut-être que l'Italie et l'Espagne. On y voit des tableaux consacrés sur une infinité d'autels, surtout dans les hôpitaux. Le cardinal de Bérulle ayant dressé un calendrier et un bréviaire pour la Congrégation de l'Oratoire, qu'il avait fondée en France, fit composer un office de rit semi-double avec la messe pour le jour de la fête de Job, au dix de mai. Il le publia et le fit observer par l'autorité du Siège apostolique, et la permission expresse des évêques du royaume, après que l'affaire eut été longtemps examinée, débattue, et confirmée en diverses assemblées et chapitres généraux. On représente naturellement le saint homme Job couché sur son fumier et couvert d'ulcères; son image se multiplia surtout au XVIe siècle, où l'usage de l'invoquer contre le mal vénérien fut peut-être. répandu par le souvenir de ces paroles de l'Ecriture : « Le diable le frappa d'un ulcère malin ». (Job, 2: 7). Outre les lépreux et les syphilitiques, le saint homme Job a pour clients les gens mélancoliques et accablés de chagrin sans doute à cause du peu de consolation que sa femme et ses amis apportèrent à ses peines.

 

Texte extrait des Petits Bollandistes volume 5, Abbé Guérin, 1876

 

Culte de Saint Job

 

Vraisemblablement en souvenir de ses souffrances et en hommage à son stoïcisme, Job est appelé pour guérir les maladies de la peau, notamment l'eczéma. Dans la Manche (France), il est invoqué à Cambernon (Canton de Coutances), où sa statue, de facture assez récente est honorée. Les pèlerins viennent individuellement. Ils inscrivent leurs demande de messe sur un registre, allument un cierge, disent une prière et peuvent se procurer une médaille. Saint Job fait également l'objet d'un culte dans l'Eure, à Verneuil sur Avre, dans une chapelle qui lui est consacrée dans l'ancienne paroisse de Poëlay, aujourd'hui rattachée à Verneuil. Des malades laissent des morceaux de tissu, témoignage de la vocation dermatologique du Saint. Cette chapelle, récemment restaurée, est très régulièrement entretenue.

 

Texte extrait du livre « Les Saints qui guérissent en Normandie », Hippolyte Gancel, Ed. Ouest France

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Litanies de Saint Job

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, vrai Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, vrai Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, vrai Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Reine des Prophètes, priez pour nous.

Reine des Confesseurs, priez pour nous.

Saint Job, fidèle serviteur de Dieu, priez pour nous.

Saint Job, homme selon le Cœur de Dieu, priez pour nous.

Saint Job, exemple de simplicité et de droiture, priez pour nous.

Saint Job, toujours juste et fidèle, priez pour nous.

Saint Job, homme chaste et humble, priez pour nous.

Saint Job, toujours soumis à la Volonté Divine, priez pour nous.

Saint Job, modeste et craignant Dieu dans la prospérité, priez pour nous.

Saint Job, patient et soumis dans les tribulations, priez pour nous.

Saint Job, éprouvé fortement par le Seigneur, priez pour nous.

Saint Job, homme de douleurs, priez pour nous.

Saint Job, couvert de plaies et d'ulcères, priez pour nous.

Saint Job, exemple de patience, priez pour nous.

Saint Job, exemple pour tous ceux qui souffrent, priez pour nous.

Saint Job, triomphateur du démon, priez pour nous.

Saint Job, miroir des riches, priez pour nous.

Saint Job, exemple des pauvres, priez pour nous.

Saint Job, miroir des personnes mariées, priez pour nous.

Saint Job, exemple des parents, priez pour nous.

Saint Job, exemple pour tous, priez pour nous.

Saint Job, consolateur des cœurs affligés, priez pour nous.

Saint Job, patron de ceux qui souffrent, priez pour nous.

Saint Job, soutien des faibles, priez pour nous.

Saint Job, secours des malheureux, priez pour nous.

Saint Job, puissant médiateur auprès de Dieu, priez pour nous.

Saint Job, puissant patron dans toutes les peines et les souffrances, priez pour nous.

Saint Job, puissant protecteur du peuple de Dieu, priez pour nous.

 

Saint Job, venez à notre secours.

Saint Job, priez Dieu pour nous.

 

Afin que nous imitions votre amour envers Dieu et envers le prochain, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous soyons justes, simples et chastes dans toutes nos actions, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous conformions toujours notre volonté à celle de Dieu, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous aimions Dieu dans les épreuves comme dans la prospérité, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que la prospérité ne nous rende pas orgueilleux et ne nous fasse jamais oublier la Sainte Loi de Dieu, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nulle peine ou souffrance ne soit capable de nous faire perdre l'amour de Dieu, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous soyons dans toutes nos souffrances, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous obtenions le pardon de nos péchés et la délivrance de nos maux, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que Dieu nous préserve de tous fléaux et maladies, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que nous puissions toujours goûter les consolations et le secours du Seigneur, Saint Job, priez Dieu pour nous.

Afin que, après une vie chrétienne, nous puissions mourir de la mort des justes, Saint Job, priez Dieu pour nous.

 

Dans toutes nos souffrances et nos peines, Saint Job, secourez-nous.

Dans toutes les maladies et au milieu des fléaux, Saint Job, venez à notre aide.

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Saint Job, grand ami de Dieu, priez pour nous,

Afin que nous puissions être délivrés de toutes maladies et épidémies.

 

Prions

 

O Dieu qui avez orné Votre Serviteur Job des dons d'une simplicité vraie et d'une patience extraordinaire, accordez-nous, dans Votre Miséricorde, qu'imitant ses vertus, nous obtenions aussi ses récompenses. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Indulgences

 

Nous accordons 100 jours d'indulgences à tous ceux qui réciteront dévotement ces Litanies en l'honneur de Saint Job.

 

Malines, le 18 avril 1842,

Englebert, Cardinal Archevêque de Malines.

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Téléchargez le texte de ces litanies (pdf) en cliquant ici

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