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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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12 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Treizième jour

Égalité d'esprit de Saint Vincent

 

L'égalité d'esprit est une des marques plus assurées, ou plutôt un des plus excellents fruits de la parfaite mortification , par le moyen de laquelle on acquiert un tel empire, non-seulement sur ses sens extérieurs, mais aussi sur tous les mouvements intérieurs de son âme, que tout ce qui se passe au-dehors et tout ce qu'on peut ressentir au-dedans, n'est point capable d'apporter aucun trouble à celui qui s'est rendu maître de son cœur, et possesseur de cette vertu : de sorte qu'en la partie supérieure de son âme, il jouit d'une continuelle tranquillité, et demeure toujours dans une paisible possession de soi-même, et quelque accident qu'il lui puisse arriver, en quelques rencontres qu'il se puisse trouver et quoi que ce soit qu'on lui puisse dire ou faire, rien toutefois ne le peut altérer ni ébranler. On voit toujours reluire une même sérénité eu son visage, et une même retenue en toutes ses paroles et en toutes ses actions : sa voix ne change point de ton, et son cœur dans une même assiette, conserve tout le reste de son intérieur dans une constante égalité qui se fait même reconnaître à l'extérieur.

Voilà un petit portrait, quoique très imparfait, de l'état auquel Vincent était parvenu, ou plutôt auquel il avait été élevé par la pratique des vertus dont nous avons parlé, et particulièrement de la mortification qui semblait lui avoir parfaitement assujetti les mouvements de ses passions, en sorte qu'il n'en recevait aucun trouble, ni altération, retenant toujours son esprit dans une sainte égalité, qui se faisait connaître même sur son visage et sur toute la position de son extérieur.

Or, cette constance et égalité d'esprit de Vincent s'est rendu remarquable, dans sa manière de vivre, toujours humble et portée à la piété et à la charité, sans avoir jamais été interrompue par aucun désordre de jeunesse, ni par le relâchement au progrès de la vertu, pas même dans le déclin de son âge, et dans sa caducité. Il allait toujours son train ordinaire dans les actions spirituelles et dans la voie de la perfection, marchant droit à la suite de Notre Seigneur, et portant les siens à la pratique des maximes de l'Évangile et des règles de leur état, dont il leur donnait l'exemple en tous lieux et en tout temps, dans la tribulation et la consolation, dans la santé et dans la maladie, dans les grands froids et dans les excessives chaleurs ; parce que toutes ces choses lui étaient égales devant Dieu : ce qui se peut dire de tout le reste. On a souvent remarqué qu'en quelques affaires qu'il fut occupé, et même dans la plus grande presse et foule des importunités dont il était quelquefois accablé, si néanmoins quelqu'un venait pour l'interrompre et lui parler, il l'écoutait et lui répondait avec autant de présence d'esprit et de tranquillité que s'il n'eût eu aucune autre affaire: ce qui était une marque bien évidente de cette égalité en laquelle il maintenait son esprit. Elle s'est encore fait paraître plus merveilleusement dans la constance avec laquelle il a persévéré en toutes ses entreprises et occupations de piété, s'étant incessamment appliqué au service des pauvres, et à l'instruction des peuples.

Cette même égalité d'esprit a été aussi fort remarquable en lui dans la perte de plusieurs très bons sujets de sa Congrégation, qui ont été consumés par les travaux où il les avait engagés pour le service de Dieu ; car lorsqu'il apprenait la nouvelle de leur mort, quoique d'abord il en parût sensiblement touché, néanmoins recueillant aussitôt son esprit et l'élevant vers Dieu, il se conformait au bon plaisir de sa divine Majesté et demeurait ainsi dans une égalité ordinaire.

Il se possédait tellement que quand on lui disait des paroles piquantes, des injures et des calomnies, comme cela lui est arrivé, et même assez souvent, il se tenait toujours égal, ne répondant point autrement qu'à son ordinaire, sans aigreur, ni changement: ce que quelques personnes qui étaient présentes ont admiré en diverses rencontres , avouant qu'elles en ressentaient elles-mêmes quelque émotion, quoique ces injures ou calomnies ne les touchassent en rien.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Toutes les fois qu'il nous survient quelque événement inattendu, soit des afflictions, soit des consolations spirituelles ou corporelles, nous devons tâcher de les recevoir avec égalité d'esprit, en pensant que tout nous vient de la main de Dieu ». (Saint Vincent De Paul).

« L'esprit de Jésus-Christ est un esprit de droiture, de sincérité et d'égalité ; celui qui est appelé à glorifier ce Dieu sauveur doit agir d'après son esprit ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Tâchez de conserver votre âme en paix et dans le calme, dans les petites contrariétés qui pourraient vous survenir aujourd'hui. Priez pour les personnes qui ne savent pas réprimer leur humeur.

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11 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Douzième jour

Mortification extérieure et chasteté de Saint Vincent

 

Pour ce qui est de la mortification extérieure de Vincent, on peut dire avec vérité qu'elle allait d'un pas égal avec l'intérieure, c'est-à-dire qu'il la pratiquait parfaitement et presque sans aucune relâche ; car il a toujours traité son corps avec une très-grande rigueur jusqu'au temps de son extrême vieillesse, et même dans ses plus grandes infirmités; et outre ses pénitences et mortifications ordinaires, dont nous parlerons ci-après, il embrassait et recherchait toutes les occasions qu'il pouvait rencontrer de faire souffrir son corps, et particulièrement en sa manière de vivre pendant tout le voyage qu'il fit en l'année 1649 âgé de plus de soixante-dix ans, où les abstinences, les veilles, la violence du froid, et toutes les autres incommodités auxquelles il s'exposa, lui causèrent cette grande et fâcheuse maladie qui lui survint à Richelieu. Sur ce sujet, il disait que l'on pouvait pratiquer la mortification en toutes sortes de rencontres, tenant son corps dans quelque posture qui lui soit pénible, sans pourtant blesser la modestie, privant ses sens extérieurs des choses qui leur pourraient donner quelque satisfaction; souffrant volontiers les intempéries de l'air. C'est ce qu'il savait fort bien pratiquer lui-même, étant bien aise d'en trouver les occasions, et on a souvent pris garde, que pendant les plus grandes rigueurs de l'hiver, il exposait ses mains au froid, qui en paraissaient quelquefois toutes noirâtres, et les autres membres de son corps participaient à cette même incommodité, ne voulant point prendre d'autres chaussures, ni d'autres vêtements pour l'hiver que pour l'été.

Il arrivait souvent que par indisposition ou par quelque autre empêchement, il se trouvait toute la journée attaqué et presque accablé de sommeil, mais au lieu de réparer ce défaut par quelque peu de repos, il en prenait souvent occasion de se mortifier, se tenant debout, ou se mettant en quelque posture contraire, et se faisant d'autres violences, pour s'empêcher de dormir. On a remarqué qu'il n'a jamais rien rabattu de ses veilles dans son grand âge, se levant toujours à l'heure de la communauté, quoiqu'il fût le dernier couché, et avec cela, on le voyait des premiers à l'église, en quelque temps que ce fût, où il se tenait à genoux sur la terre pendant l'oraison, sans jamais avoir voulu permettre qu'on lui mit une natte sous les genoux.

Pour ce qui est de la mortification de ses sens, il la pratiquait presque continuellement et en toutes sortes d'occasions. Lorsqu'il allait par la ville, ou qu'il faisait voyage, au lieu d'égayer sa vue sur les champs ou sur la diversité des objets qu'il rencontrait, il tenait ordinairement ses yeux arrêtés sur un crucifix qu'il portait, ou il les tenait fermés pour ne voir que Dieu.

Jamais on ne lui a vu cueillir une fleur, ni en porter aucune pour se récréer par son odeur, mais, au contraire, quand il se rencontrait en quelque lieu, où il y avait des odeurs mauvaises, comme dans les hôpitaux, ou chez les pauvres malades, le désir qu'il avait de se mortifier lui faisait trouver agréable cette incommodité.

Pour le goût, il l'avait tellement mortifié, qu'il ne témoignait jamais à quelle sorte de viande il avait plus d'appétit. Il semblait même aller à regret prendre sa réfection, ne le faisant que pour satisfaire à la nécessité, et y gardant toute la bienséance possible, mangeant les choses qui lui étaient présentées en la vue de Dieu, et avec beaucoup de modestie: à quoi il avait tellement habitué les siens par son exemple, que plusieurs externes de toutes sortes de conditions qui ont mangé en son réfectoire en ont été grandement édifiés, comme ils l'ont déclaré eux-mêmes, admirant que, dans une action qui de soi semble porter à la dissolution, on y gardât une telle récollection et une si grande modestie et retenue.

Il ne sortait jamais de table, sans s'être mortifié en quelque chose, soit au boire, soit au manger, ainsi qu'il recommandait aux autres de faire.

Pour ce qui est des autres mortifications et austérités extérieures dont il usait, il les a toujours cachées autant qu'il a pu. Mais l'on s'est néanmoins bien aperçu qu'il exerçait de très-grandes rigueurs sur son corps.

Vincent portant ainsi en soi la mortification de Jésus-Christ, la vie du même Jésus-Christ selon la parole du Saint Apôtre, s'est aussi manifestée en lui par une pureté angélique et une chasteté à l'épreuve de tout ce qui lui pouvait être contraire, comme il a bien fait paraître en sa manière de converser lorsqu'il y était obligé, avec des personnes de l'autre sexe, et de tout âge, s'y étant toujours comporté de telle sorte, qu'il n'a jamais donné la moindre occasion à la calomnie, mais plutôt un sujet d'édification à un chacun. Or, comme il connaissait bien de quelle importance est cette vertu à ceux qui sont obligés de s'employer au bien spirituel des autres, et de traiter souvent avec le prochain, tels que sont les missionnaires, aussi leur donnait-il divers avis salutaires sur ce sujet : il leur disait, entre autres choses, que ce n'est pas assez aux missionnaires d'exceller en cette vertu, mais qu'ils doivent encore faire tout leur possible, et se comporter de telle sorte, que personne n'ait sujet de concevoir à leur égard aucun soupçon du vice contraire, parce que ce seul soupçon quoique mal fondé, nuisant à leur réputation, serait plus préjudiciable à leur saint emploi que tous les autres crimes qu'on pourrait leur imputer faussement. Selon cela, ajoutait-il, ne nous contentons pas d'user des moyens ordinaires pour prévenir ce mal, mais employons-y les extraordinaires si besoin est.

La pudeur de son cœur rejaillissait sur tout son visage, et réglait sa langue; ses paroles procédant d'une source très pure, faisaient évidemment voir que la chasteté lui était extrêmement précieuse. C'est pourquoi, selon la règle qu'il a donnée à ses enfants, il apportait toutes les précautions imaginables pour la conserver. Nous avons déjà vu combien il matait son corps par l'excès du travail et par sa pénitence continuelle, quelles étaient ses humiliations, et combien grande sa tempérance au boire et au manger.

Il tenait tous ses sens dans une grande retenue, particulièrement la vue, ne regardant ni légèrement, ni curieusement, ni hors de propos, ni d'un regard fixe les personnes de l'autre sexe ; il ne leur parlait point seul à seul, mais à la vue d'autres personnes, ou la porte ouverte.

Un Frère, souffrant des tentations contre la chasteté, à cause de la vue des objets qui se présentaient à lui, allant et venant pour les affaires de la maison, eut en pensée pour s'en défaire de sortir de la Congrégation de la Mission, et de se faire religieux solitaire; et en ayant écrit à Vincent, voici la réponse qu'il lui fit : « D'un côté j'ai reçu consolation de votre lettre, voyant votre candeur à découvrir ce qui se passe en vous ; mais d'un autre, elle m'a donné la même peine que Saint Bernard reçut autrefois d'un de ses religieux, qui, sous un prétexte d'une grande régularité, voulant quitter sa vocation pour passer à un autre ordre, quoique ce saint abbé lui dit que c'était une tentation, et que l'esprit malin ne demandait pas mieux que ce changement, sachant bien que s'il le pouvait ôter du premier état, il lui serait facile de le tirer du second, et après, de le précipiter de la vie, comme il arriva. Ce que je puis vous dire, mon cher frère, est que si vous n'êtes pas continent en la Mission, vous ne le serez en aucun lieu du monde, et de cela je vous en assure. Prenez garde qu'il n'y ait quelque légèreté dans le désir que vous avez de changer ; en ce cas, le remède après la prière, qui est nécessaire en tous nos besoins, serait de considérer qu'il n'y a aucune condition sur la terre en laquelle il n'arrive des dégoûts, et parfois des désirs de passer en d'autres; et après cette considération, estimez que Dieu vous ayant appelé en la Compagnie où vous êtes, il y a vraisemblablement attaché la grâce du salut, laquelle il vous refuserait ailleurs, où il ne vous appelle pas. Le second remède contre les tentations de la chair, est de fuir la communication et la vue des personnes qui les excitent, et de les communiquer aussitôt à votre directeur, lequel vous donnera d'autres remèdes. Celui que je vous conseille encore, est de vous confier fort en Notre Seigneur Jésus-Christ, et en l'assistance de l'immaculée conception de la Vierge sa Mère, à qui je vous recommanderai souvent ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« La chasteté est la beauté inviolable des Saints, qui fleurit, comme la rose, au milieu du corps et de l'âme, et qui remplit toute la maison d'une très douce et très agréable odeur ». (Saint Ephrem).

« Il suffit d'un petit vent pour faire tomber les fleurs dont les arbres se parent au printemps ; et il ne faut quelquefois qu'une parole flatteuse pour perdre une âme chaste, plus tendre et plus délicate que les fleurs. (Père Nouet).

« La virginité est un profond silence des soins de la terre, le calme de tous les mouvements de la chair, l'affranchissement des vices, le règne de toutes les vertus ». (Saint Hildebert).

Pratique : Par amour pour Dieu, mortifiez aujourd'hui le sens de la vue, vous éviterez par-là beaucoup d'occasions de péché. Priez pour les personnes qui ont fait vœu de chasteté ou qui se préparent à le faire.

 

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10 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Onzième jour

Mortification de Saint Vincent

 

Il n'y a rien de plus grand ni de plus relevé dans la vie du chrétien, (comme dit Saint Ambroise), que d'exercer son âme dans la pratique des vertus, et pour cet effet, afin qu'elle apprenne à se soumettre, et qu'elle se rende docile à la conduite de la raison, en sorte que nonobstant les travaux et les difficultés qu'elle peut ressentir dans cet exercice, elle ne laisse pas de se porter courageusement à l'exécution des bons désirs et des saintes résolutions qu'elle aura conçus dans son cœur. Et certes, ce n'est pas sans raison que ce Saint docteur a parlé de la sorte, car puisque selon le sentiment du Sage, c'est une chose bien glorieuse que de suivre le Seigneur et que le premier pas qu'il faut faire pour marcher à sa suite, comme lui6même le déclare dans l'Évangile, c'est de renoncer à soi-même et de porter sa croix, il s'ensuit que le chrétien, doit regarder l'abnégation et la mortification comme un titre de noblesse, et comme une marque, qu'on .a l'honneur d'appartenir à Jésus-Christ et d'être de sa suite. Or, Vincent ayant toujours une profession particulière de suivre ce divin Sauveur et de marcher sur les traces de ses exemples, il n'y a pas lieu de douter qu'il n'ait été honoré de ses plus chères livrées, et que, selon la parole de l'apôtre, il n'ait porté en son corps la mortification de Jésus-Christ ; en sorte que sa vie n'a été presque qu'un sacrifice continuel de son corps et de tous ses sens, de son âme et de ses puissances, et enfin de tous les désirs et mouvements de son cœur; et c'est de l'abondance de ce cœur parfaitement mortifié, que s'entretenant un jour avec les siens, sur ces paroles de Jésus-Christ dans l'évangile, si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive.

C'est-là, leur dit-il, le conseil que Notre Seigneur donne à ceux qui se présentent à lui pour le suivre ; il leur déclare que la première démarche qu'il doivent faire est de renoncer à eux-mêmes et ensuite de porter leur croix, et puis persévérer constamment en l'un et en l'autre jusqu'à la fin. Mais nous pouvons bien appliquer à ce sujet ce que ce divin Sauveur a dit en une autre occasion : qu'il y en a peu qui se donnent vraiment à Jésus-Christ pour le suivre sous ces conditions. De là est venu que de tant de milliers de personnes qui le suivaient pour l'entendre, presque toutes l'ont abandonné et se sont retirées parce qu'elles ne le suivaient pas préparées de la sorte que Notre Seigneur leur disait qu'il le fallait être, et qu'elles n'étaient pas dans la disposition de se mortifier et de porter leur croix. C'est donc une nécessité à quiconque veut être disciple de ce divin maître, de renoncer à son propre jugement, à sa volonté, à ses sens, à ses passions, etc.

Par le jugement on entend la science, l'intelligence et le raisonnement. Oh ! Quel avantage pour un chrétien de soumettre ses lumières et sa raison pour l'amour de Dieu! qu'est-ce que cela, sinon suivre et imiter Jésus-Christ et lui faire un sacrifice de son propre jugement? Par exemple, on met une question en avant, chacun en dit son avis, on aime à montrer ce qu'on en pense, or, pour renoncer à soi-même en une telle occasion, il ne faut pas refuser d'en dire son sentiment, ruais il faut se tenir dans la disposition de soumettre son jugement et sa raison, en sorte que l'on suive volontiers, et même que l'on préfère le jugement d'autrui au sien propre.

Pour ce qui est de renoncer à sa propre volonté, Notre Seigneur nous en a donné l'exemple pendant tout le cours de sa vie et jusqu'à la mort, s'étant continuellement étudié de faire non sa volonté, mais celle de son père et d'accomplir en toutes choses ce qu'il connaissait lui être agréable. Oh que s'il plaisait à Dieu de nous prévenir de tant de grâces, que nous demeurassions toujours dans l'accomplissement de sa volonté, obéissant à ses commandements, aux règles de notre état et aux ordres de l'obéissance, nous serions alors les vrais disciples de son Fils; mais tant que nous serons attachés à notre propre volonté nous n'aurons point de disposition pour le suivre, ni de mérite à porter nos peines, ni de part avec lui.

Nous devons encore mortifier nos sens et veiller continuellement sur eux, pour les assujettir à Dieu! Oh ! Que la curiosité de voir et d'écouter est dangereuse, et qu'elle a de force pour détourner notre esprit de Dieu ! Que nous devons beaucoup prier Notre Seigneur, afin qu'il nous fasse la grâce de renoncer à cette curiosité qui a été la cause de la perte de nos premiers parents.

Jusqu'ici ce sont les paroles de Vincent que nous avons rapportées comme des fidèles expressions, non-seulement des pensées de son esprit, mais encore plus des affections et dispositions de son cœur, touchant cette vertu de mortification que l'on peut dire avoir été une de celles, qu'il a le plus universellement et constamment pratiquée pendant tout le cours de sa vie, et jusqu'à son dernier soupir. Il est vrai qu'il ne faisait pas paraître au-dehors une vie fort austère, estimant qu'une vie commune en apparence était la plus convenable pour réussir au service des peuples et des ecclésiastiques, auxquels Dieu l'avait destiné ; étant aussi la plus rapportante à la vie de Jésus-Christ et des Saints Apôtres, sur le modèle de laquelle il voulait élever les missionnaires de sa congrégation : et, par conséquent, il se croyait obligé de leur en donner l'exemple, se conformant à eux, pour l'extérieur d'une vie bien réglée, qui n'est ni trop large, ni trop étroite, ni trop douce, ni trop rigoureuse; mais, en son particulier, il se traitait fort âprement, faisant souffrir son corps en diverses manières, mortifiant sans cesse son intérieur, pour tenir l'un et l'autre parfaitement soumis aux volontés de Dieu : et cela d'une manière d'autant plus excellente et plus sainte, qu'elle paraissait moins aux yeux des hommes : en quoi il s'est rendu semblable à ce grain de froment dont parle Jésus-Christ dans l'Évangile, lequel, plus il est caché et enfoncé en terre, plus aussi il pousse ses tiges et multiplie ses fruits.

Il a mortifié cet amour de l'honneur et de la propre estime qui est si naturel à tous les hommes, et qui leur fait cacher avec tant de soin tout ce qui peut leur causerie moindre mépris ; car ce Saint Prêtre, réprimant cette inclination naturelle, ne laissait échapper aucune occasion de s'humilier, en parlant de sa basse naissance et de la pauvre condition de ses parents, qu'il ne l'embrassât très volontiers. Voici ce qu'il écrivit en l'année 1633 à l'un de ses prêtres. « Oh ! Monsieur, que nous sommes heureux de ce que nous honorons la parenté pauvre de Jésus par la nôtre pauvre et chétive! Je disais avec consolation ces jours passés, en prêchant à une communauté, que je suis le fils d'un pauvre paysan, et à une autre, que j'ai gardé les pourceaux. Croiriez-vous bien, Monsieur, que je crains d'en avoir de la vaine satisfaction, à cause de la peine que la nature en souffre ? Il est vrai, que le diable est bien fin et bien rusé ; mais certes celui-là l'est encore davantage, qui se tient honoré de la pauvre condition de l'enfant de Bethléem et de celle de ses saints parents ».

Vincent a aussi mortifié l'affection qu'il avait pour ses parents ; car ayant un très bon naturel, il aimait tendrement les siens, ainsi que lui-même l'a avoué, et néanmoins il a su fort bien mortifier cette affection et en faire un sacrifice à Jésus-Christ ; à ce sujet parlant un jour à sa communauté de l'éloignement des parents ordonné par ce divin Sauveur à ceux qui veulent le suivre : « il leur dit que plusieurs qui sont retournés en leur pays sont entrés dans les intérêts de leur famille et dans leurs sentiments de tristesse et de joie et qu'ils s'y sont fort embarrassés comme les mouches qui tombent dans les toiles d'une araignée d'où elles ne se peuvent tirer ».

On dit communément que comme du mouvement bien compassé de l'aiguille d'un cadran, il est aisé de connaître l'ajustement des roues et des autres pièces qui composent l'horloge, et qu'ainsi, de la bonne conduite de la langue on peut juger du bon état de tout le reste de l'intérieur, puisque les affections et les passions du cœur sont comme les maîtres ressorts qui lui donnent ordinairement le mouvement, et qui forment et animent ses paroles. Et certes, quand nous n'aurions point d'autres preuves de la mortification intérieure de Vincent, que cet empire absolu qu'il avait sur la conduite de sa langue, cela suffirait pour nous faire connaître qu'il a possédé cette vertu à un très haut degré de perfection, puisque selon la doctrine de l'apôtre Saint Jacques, celui qui ne pèche point en cette matière, peut-être appelé un homme parfait. Il s'était rendu tellement maître de sa langue, que le même apôtre appelle partie indomptable, qu'il ne lui échappait point ou très-peu de paroles inutiles ou superflues, et jamais de celles qui ressentent la médisance, la vanterie, la vanité, la flatterie, le mépris, la moquerie, l'impatience, ou autres semblables saillies d'une passion émue et déréglée.

Quand pour l'entretenir ou lui donner quelque satisfaction on lui rapportait quelque nouveauté ou quelque autre chose extraordinaire qu'il savait déjà, il l'écoutait avec attention, sans témoigner qu'il en eût aucune connaissance, tant pour mortifier l'amour-propre qui est toujours bien aise de faire paraître qu'il n'ignore pas ce que les autres savent, que pour ne point priver ceux qui lui parlait de la satisfaction qu'ils pouvaient ressentir de lui avoir appris quelque chose de nouveau. 11 savait surtout bien retenir sa langue, et lui imposer un rigoureux silence, lorsqu'on lui faisait des reproches, ou que par des emportements on le chargeait d'outrages et d'injures; car, quoique dans ces occasions la nature désire ardemment de se justifier et de repousser l'injure qui lui est faite, néanmoins, à l'imitation de son divin Maître, il se recueillait en lui-même, et mettait toute sa force dans le silence et dans la patience, bénissant en son cœur ceux qui le maudissaient, et priant pour ceux qui l'outrageaient.

Il a encore fait connaître combien il était mortifié en sa langue et quel empire il avait acquis sur cette partie si mal aisée à conduire, en ce que s'étant présenté une infinité d'occasions, qui l'invitaient et même qui semblaient l'obliger de parler de son esclavage de Tunis, étant une chose douce à la nature de raconter les périls et les accidents plus fâcheux, desquels on s'est heureusement dégagé, et particulièrement lorsque cela fait connaître quelque vertu qui est en nous, et que le succès peut tourner à notre propre louange; néanmoins, c'est une chose merveilleuse qu'en quelque rencontre que ce fût, on ne lui a jamais ouï dire un seul mot de son esclavage, ni de ce qu'il avait fait ou dit pour convertir celui qui le tenait captif, et pour se sauver avec lui des mains des infidèles.

Il parlait volontiers des sujets d'humiliation qui lui étaient arrivés, mais jamais de ce qui pouvait directement ou indirectement donner sujet de le foire estimer. Or, il est certain qu'il n'eût pu acquérir un tel empire sur sa langue, s'il ne se fût rendu maître absolu de ses sentiments et de ses mouvements intérieurs par une continuelle pratique de la mortification : il l'estimait d'une belle nécessité non-seulement pour la perfection, mais même pour le salut, que pour l'exprimer, il disait: que si une personne qui aurait déjà comme un pied dans le Ciel, venait à quitter l'exercice de cette vertu dans l'intervalle du temps qu'il faudrait pour y mettre l'autre, elle serait en péril de se perdre.

C'est le sujet pour lequel il a toujours tâché d'inspirer à ceux de sa compagnie un esprit de mortification intérieure, un grand dénuement et détachement de toutes choses, et une mort universelle à tous les sens, à tous les mouvements de la nature, à tout intérêt particulier, à tout amour-propre et recherche de soi-même, pour ne vivre que de la vie de l'esprit.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Pour faire des progrès dans la vertu, il ne s'agit pas tant de se mortifier, que de choisir les meilleures mortifications. Ces mortifications sont celles qui sont plus opposées à nos inclinations naturelles ». (Saint François de Sales).

« Plus on mortifie ses inclinations naturelles, plus on se rend capable de recevoir des inspirations divines, et plus on fait des progrès dans la vertu ». (Saint François de Sales).

Pratique : Ne donnez aujourd'hui rien à l'amour-propre. Priez pour les personnes remplies d'elles-mêmes.

 

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9 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Dixième jour

Parfait dégagement des biens de la terre, et amour de la pauvreté de Saint Vincent De Paul

 

Oh ! Que c'est une grande vertu, dit Saint Ambroise, de mépriser les biens de la terre ! Mais que cette vertu est rare, et qu'il y en a peu dans le monde qui la mettent en pratique. En effet, il y en a très peu qui aient le courage d'arracher entièrement de leurs cœurs cette malheureuse convoitise que l'Ecriture-Sainte appelle la racine de tous les maux, et qui puissent véritablement dire avec le Saint Apôtre : « Voilà, Seigneur, que nous avons tout quitté pour vous suivre et pour vous servir ». Heureux vraiment celui-là, qui comme dit le Sage, n'a point permis à son cœur de courir après l'or et l'argent, et qui n'a point mis ses espérances dans les richesses ni dans les trésors de la terre : où est-ce que nous le trouverons, pour lui donner les louanges qu'il a méritées, parce qu'il a fait des merveilles en sa vie.

Il ne serait pas nécessaire d'employer ici un plus long discours, pour faire remarquer cette vertueuse disposition en la personne de Vincent, puisque l'histoire de sa vie et le récit de ses grandes et saintes actions en fournissent des preuves très évidentes. Non, il ne faut pas s'étonner s'il a possédé les vertus en un si éminent degré, puisqu'il a si généreusement méprisé les richesses !

Il n'a jamais voulu avoir pour lui de chambre où il y eut une cheminée, quelque incommodité qu'il ressentit même dans un âge plus avancé, sinon quatre ou cinq ans avant sa mort, que toute sa communauté, voyant ses continuelles infirmités, l'y contraignit en quelque façon par les prières et les instances qu'elle lui en fit : de sorte que jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, il n'a point voulu avoir d'autre retraite que dans une petite chambre sans lambris, sans natte et sans autres meubles qu'une simple table de Lois sans tapis, avec deux chaises de paille, et une chétive couchette qui n'était garnie que d'une paillasse avec une couverture et un traversin. Et comme un jour qu'il avait la fièvre, on y eut mis un petit pavillon, il l'ôta lui-même depuis et ne voulut point le souffrir : et non content de cela, il fit encore ôter de sa chambre quelques images qu'un dos frères de la maison y avait mis en divers temps, et n'en voulut retenir qu'une seule, disant que c'était contre la pauvreté d'en avoir plusieurs. Lorsqu'on faisait la visite des chambres, il voulait qu'on visitât la sienne aussi bien que les autres, pour en ôter tout ce qui serait superflu. De plus, quelqu'un ayant mis une petite pièce de vieille tapisserie à la porte de la chambre basse, où il demeurait pendant le jour pour y recevoir les personnes de dehors, et cela à cause d'un vent fort froid qui entrait par cette porte, aussitôt néanmoins qu'il s'en fut aperçu il la fit ôter.

Il allait prendre ordinairement sa réfection dans ce même esprit de pauvreté, disant souvent en lui-même : Ah ! misérable, tu n'as pas gagné le pain que tu manges ; et quand il pouvait attraper des morceaux restés aux autres, il les prenait pour les manger et pour en faire son repas.

On a remarqué sur le sujet, de cet amour qu'il avait pour la pauvreté, qu'il aimait à être nourri et vêtu pauvrement, et qu'il était ravi quand quelque chose lui manquait, soit pour le vivre ou pour le vêtement et les autres commodités de la vie ; pour cela il portait ordinairement ses soutanes fort usées et même rapiécées, et ses habits de-dessous fort pauvres, et quelquefois tout rompus. Un Seigneur de marque qui le visita un jour, lui voyant une soutane tout usée avec des pièces aux manches, en fut si touché, qu'étant sorti de chez lui, et se trouvant dans une bonne compagnie, il dit que la pauvreté et la propreté de Vincent l'avaient grandement édifié.

Lorsqu'il allait au Louvre pour parler à la Reine, ou pour assister au conseil, c'était toujours avec des habits ordinaires, pauvres et grossiers, sans vouloir jamais en prendre d'autres. Et un jour, Mr le Cardinal Mazarin le prenant par sa ceinture qui était toute déchirée, la fit considérer aux personnes de la compagnie, il dit en riant : « Voyez comme Mr Vincent vient habillé à la Cour, et la belle ceinture qu'il porte ! » Si quelqu'un de la maison lui représentait que son collet était tout déchiré, et qu'il en devait prendre un autre, ou bien que son chapeau était trop vieux, il tournait cela en raillerie, disant : « O mon frère, c'est tout ce que le Roi peut faire que d'avoir un collet qui ne soit pas rompu, et de porter un chapeau neuf ».

Quand il avait besoin de se chauffer en hiver, il ne voulait point qu'on mît sinon fort peu de bois au feu, craignant de faire le moindre dégât du bien de la maison, disant que c'était le bien de Dieu et le bien des pauvres, dont nous n'étions que Dispensateurs et non Seigneurs, et dont par conséquent il faudrait rendre un compte exact devant Dieu aussi bien que de tout le reste, qu'il fallait employer le nécessaire et jamais au delà.

Il s'est trouvé plusieurs fois à la campagne sans argent: et pressé du besoin de manger, il était ravi d'aller chez quelque particulier, ou chez quelque pauvre laboureur, demander un morceau de pain pour l'amour de Dieu : ce qui lui est arrivé particulièrement revenant un jour fort tard de Saint-Germain à Paris.

Comme son cœur était rempli de l'amour de cette vertu de pauvreté, dont il connaissait la valeur et l'excellence, il tâchait aussi d'y porter les siens et d'inspirer ce même esprit dans toute sa compagnie; sur quoi parlant un jour à ceux de sa communauté, il leur dit : « Vous devez savoir, Messieurs, que cette vertu de pauvreté est le fondement de cette congrégation de la Mission : cette langue qui vous parle, n'a jamais, par la grâce de Dieu, demandé chose aucune de toutes celles que la compagnie possède maintenant ; et quand il ne tiendrait qu'à faire un pas, ou à prononcer une seule parole pour faire que la compagnie s'établit dans les provinces et dans les grandes villes, et se multipliât en nombre et en emplois considérables, je ne la voudrais pas prononcer, et j'espère, que Notre Seigneur me ferait la grâce de ne la point dire. C'est la disposition en laquelle je suis, de laisser faire la Providence de Dieu ».

Témoignant une fois la crainte qu'il avait que l'affection de la pauvreté ne vint quelque jour à se ralentir parmi les siens, il leur dit : « Hélas ! que deviendra cette compagnie si l'attache aux biens du monde s'y met ? Que deviendra-t-elle si elle donne l'entrée à cette convoitise des biens, que l'apôtre dit être la racine de tous les maux ? Quelques grands Saints ont dit que la pauvreté est le nœud des religions : nous ne sommes pas à la vérité des religieux, n'ayant pas été trouvé expédient que nous le fussions, et nous ne sommes pas aussi dignes de l'être, bien que nous vivions en commun; mais il n'est pas moins véritable et nous le pouvons dire aussi, que la pauvreté est le nœud des communautés et particulièrement de la nôtre : c'est le nœud qui, la déliant de toutes les choses de la terre, l'attache parfaitement à Dieu. O Sauveur ! donnez-nous cette vertu, qui nous attache inséparablement à votre service, en sorte que nous ne voulions et ne cherchions plus désormais que vous seul et votre pure gloire ».

L'un de ses prêtres lui représentant un jour la pauvreté de la maison, il lui demanda : « Que faites-vous, Monsieur, quand vous manquez ainsi de ce qui est nécessaire pour la communauté ? Avez-vous recours à Dieu ? » — « Oui, quelquefois », répondit le Prêtre. — « Eh bien ! Lui répliqua-t-il, voilà ce que fait la pauvreté ; elle nous fait penser à Dieu, et élever notre cœur vers lui : au lieu que si nous étions accommodés nous oublierions peut-être Dieu : et c'est pour cela que j'ai une grande joie de ce que la pauvreté volontaire est réelle et en pratique, en toutes nos maisons. 1l y a une grâce cachée sous cette pauvreté, que nous ne connaissons pas ». — « Mais, lui répart ce Prêtre, vous procurez du bien aux autres pauvres, et vous laissez-là les vôtres ? » — « Je prie Dieu, lui dit Vincent, qu'il vous pardonne ces paroles ; je vois bien que vous les avez dites tout simplement: mais sachez que nous ne serons jamais plus riches que lorsque nous serons semblables à Jésus-Christ ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Soyons petits, et réjouissons-nous d'être pauvres ; sans cela nous ne serons pas de parfaits disciples de Jésus-Christ ». (Saint Vincent De Paul).

« Plus nous sommes pauvres et plus il faut nous confier à la Providence divine, à qui nous devons nous abandonner entièrement, soit pour les biens temporels, soit pour les biens spirituels ». (Saint Vincent De Paul).

« L'homme n'est jamais plus riche que lorsqu'il est semblable à Jésus-Christ ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Supportez aujourd'hui avec patience et même avec joie les effets de la sainte pauvreté. Priez pour les personnes qui. ont encore quelque attache aux choses créées.

 

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8 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Neuvième jour

Gratitude de Saint Vincent

 

Ce serait manquer à l'un des plus justes devoirs du chrétien, que de se rendre ingrats et méconnaissant des bienfaits reçus, soit à l'égard de Dieu qui en est la principale source, soit à l'égard du prochain dont la divine bonté se sert quelquefois comme d'un canal pour faire découler sur nous diverses sortes de biens.

Or, Vincent était autant éloigné de ce vice, que son cœur se sentait porté par son inclination naturelle et encore plus par le mouvement de la grâce, à la vertu de reconnaissance, tant envers Dieu qu'envers le prochain. Il disait sur ce sujet qu'il n'y avait rien qui avait tant d'efficace pour gagner le cœur de Dieu que de lui offrir un cœur reconnaissant de ses dons et de ses bienfaits ; et dans ce sentiment il avait coutume de remercier Dieu souvent de tous les biens que sa bonté infinie communique incessamment à toutes sortes de créatures, et qu'il a communiqués dès le commencement du monde, comme aussi de toutes les bonnes œuvres et actions de vertu qui ont été pratiquées par le mouvement de sa grâce ; et il conviait les autres à faire de même: et descendant plus au particulier, il invitait souvent les siens à rendre à Dieu de très fréquentes actions de grâces pour la protection et. pour le progrès qu'il daignait donner à son Église et aux principales parties dont elle est composée, surtout aux prélats, aux pasteurs et aux autres ouvriers ecclésiastiques qui travaillaient pour sa conservation et son avancement. Il avait aussi grand soin de remercier Dieu de tous les fruits que faisaient dans l'Église les compagnies et congrégations bien réglées. Et pour ce qui regardait la sienne, on ne saurait assez expliquer avec quels sentiments de reconnaissance il remerciait la divine bonté pour toutes les bénédictions qu'elle versait sur toutes les fonctions auxquelles les siens s'appliquent; comme sur les missions, les exercices des ordinants, les retraites, les conférences, les séminaires et autres services qu'ils rendent à l'Eglise. Il remerciait encore souvent Dieu, pour les assistances qu'on rendait aux pauvres, pour la promotion des bons ecclésiastiques aux charges et dignités de l'Eglise, pour les heureux succès que sa divine boulé donnait aux bons desseins du Roi, pour les victoires remportées soit par sa Majesté, soit par les autres princes et états chrétiens, sur les infidèles hérétiques et schismatiques : et généralement de tous les événements avantageux à la gloire de Dieu et au bien de la religion catholique. C'étaient là les plus ordinaires sujets de sa reconnaissance envers Dieu, laquelle lui semblant trop chétive, il invitait toutes les personnes de piété et les communautés entières, et principalement la sienne, à en louer et glorifier Dieu avec lui, et à offrir leurs sacrifices et prières à cette intention.

On lui a souvent ouï dire qu'il fallait employer autant de temps à remercier Dieu de ses bienfaits, qu'on en employait pour les lui demander ; et il se plaignait avec un grand ressentiment de l'ingratitude extrême des hommes envers leur Père céleste, rapportant sur ce sujet la plainte que Jésus-Christ même en a faite dans l'Évangile, lorsque ayant guéri dix lépreux il n'y en eut qu'un qui se rendit reconnaissant de ce bienfait : et, pour cela, il exhortait incessamment les siens à la pratique de cette vertu, dont le défaut, comme il disait, nous rend indignes de recevoir aucune faveur de Dieu et des hommes.

On ne sait pas de quelle grâce particulière à son égard il remerciait Dieu, parce qu'il n'en parlait jamais, son humilité lui faisant tenir les dons qu'il recevait du Ciel sous le sceau du silence, mais il avait cette coutume tous les ans au jour de son baptême de prier tous ceux de sa communauté, de lui aider à remercier Dieu de ce qu'il avait tant d'années que sa bonté le supportait sur la terre. Nous pourrons juger de la reconnaissance qu'il avait pour les hommes, qui était inconcevable, quelle pouvait être celle qu'il avait pour Dieu; et cela d'autant plus que, recevant les bienfaits des hommes comme lui étant départis de la main libérale du Seigneur, son intention était de lui rapporter les remerciements qu'il leur rendait.

Pour ce qui est de sa gratitude envers les hommes, elle était si grande, qu'il en rendait des témoignages particuliers, non-seulement pour les bienfaits signalés et les services considérables qu'il recevait, mais même pour les moindres choses que l'on faisait pour lui, ce qui provenait de sa profonde humilité qui lui faisait croire que rien ne lui était dû, et que chacun lui faisait plus d'honneur et de grâce qu'il ne méritait ; de sorte qu'il trouvait sujet de remerciement en des choses où les personnes les plus reconnaissantes n'en eussent pu apercevoir. Dans cette esprit de gratitude, il disait à ceux qui l'approchaient, quoique ce ne fût que par manière de visite, ou pour lui rendre le moindre devoir, aux uns : « Je vous remercie de ce que vous ne méprisez point la vieillesse » ; à d'autres : « de ce que vous supportez un misérable pécheur » ; à quelque autre : « de ce que vous m'avez enseigné une chose que je ne savais pas », ou « de la charité que Dieu vous donne pour moi » ; ou bien : « de la patience que vous avez exercée à m'entendre » ; et il faisait ces remerciements jusqu'aux moindres des frères et même à celui qui était plus ordinairement auprès de sa personne dans ses maladies, le remerciant des plus petits services, comme de lui allumer une lampe, lui apporter un livre, ouvrir ou fermer une porte, etc., témoignant faire état des moindres choses et de les recevoir avec esprit de reconnaissance; ce qui faisait qu'un chacun prenait plaisir à lui rendre quelque sorte de service. — Il en usait de même dans les voyages, pour les moindres assistances qu'on lui rendait, comme de lui aidera monter à cheval ou autres semblables, dont il faisait plusieurs remerciements avec une grande cordialité et d'une manière fort gracieuse même aux enfants, ajoutant souvent aux paroles quelque rétribution ; et il était si exact en cette reconnaissance, que si celui qui l'accompagnait dans ses voyages ne remerciait pas assez, ou le faisait froidement, il l'en avertissait comme d'une faute.

Ce vénérable Prêtre, qui en toutes choses imitait Notre Seigneur, l'a imité particulièrement en ceci, de tenir fait à sa personne ce qui l'était air moindre des siens ; et pour cela il remerciait et récompensait ceux qui rendaient quelque bon office au frère qui avait le bonheur de l'accompagner, comme de ce qui était fait à lui-même.

Il était si reconnaissant, que quand il avait reçu assistance ou faveur de quelqu'un pour sa compagnie, il ne manquait pas de le publier partout, et de l'appeler protecteur, bienfaiteur et lui donner d'autres titres semblables, exhortant ses enfants à le recommander à Notre Seigneur et lui témoignant toujours aux rencontres le souvenir de ce bienfait.

Un Prêtre de la Mission étant mort en Lorraine dans une maison des Révérends Pères Jésuites, qui le firent enterrer honorablement, Vincent fit faire pour cela une conférence à sa communauté sur la reconnaissance, afin d'exciter ses enfants à prier Dieu pour ces bons Pères et pour lui demander la grâce et les occasions de reconnaître ce bienfait, comme il l'a reconnu en son particulier dans toutes les manières possibles ; prenant toujours le parti de cette Sainte Compagnie, lorsqu'il s'est élevé des persécutions contre elle, tâchant d'en détourner les calomnies, publiant les vertus qu'elle pratique et les grands biens qu'elle fait.

Il avait surtout une grande reconnaissance envers les fondateurs des maisons de sa congrégation, en sorte qu'il ne mettait point de bornes dans tous les témoignages de gratitude qu'il pouvait leur rendre. Écrivant sur ce sujet à l'un de ses Prêtres : « Nous ne saurions, lui dit-il, avoir jamais assez de reconnaissance et de gratitude pour nos fondateurs » ; on peut juger par ces quelques mots extraits de sa lettre, de quels sentiments il était animé à leur égard, et combien il désirait que ses enfants les partageassent. Nous n'aurions jamais fait, si nous voulions rapporter jusqu'où Saint Vincent a excellé dans cette vertu, nous nous contenterons de ce que nous en avons dit.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La reconnaissance pour les grâces reçues est un des,moyens les plus efficaces pour en obtenir de nouvelles ». (Saint Vincent De Paul).

« Les bienfaits innombrables que Dieu nous accorde, et ceux qu'il nous promet, méritent bien que nous n'agissions jamais pour notre propre gloire et que toutes nos actions soient faites pour la gloire de Dieu ». (Saint Vincent De Paul).

« Dès que Dieu a commencé à répandre ses bienfaits sur une créature, il ne cesse pas de la favoriser tant qu'elle ne s'en rend pas indigne ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Soyez aujourd'hui très fidèles aux inspirations de la grâce, en reconnaissance des bienfaits que vous avez reçus de Dieu. Priez pour les personnes qui manquent de remercier le Seigneur des grâces reçues.

 

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7 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Huitième jour

Prudence de Saint Vincent De Paul

 

Nous joignons la prudence à la simplicité, parce que Notre Seigneur Jésus-Christ les a mises ensemble dans son Evangile lorsqu'il instruisait ses apôtres et en leur personne tous les fidèles, et particulièrement ceux qui devaient être employés à la conduite des autres ; parce que ces deux vertus ont une telle connexion ensemble que l'une sans l'autre, comme dit Saint Augustin, n'est que peu ou point du tout profitable.

Mais avant que de produire des exemples de sa prudence, il ne sera pas hors de propos que nous l'entendions parler lui-même de cette vertu, et nous en tracer les traits, tels que l'Esprit-Saint les avait tracés dans son âme.

C'est dans un entretien qu'il fit un jour aux siens sur ce sujet, où il leur parla de la prudence en ces termes : « C'est le propre de cette vertu de régler et de conduire les paroles et les actions; c'est elle qui fuit parler sagement et à propos, et qui fait qu'on s'entretient avec circonspection et jugement des choses bonnes de leur nature et en leurs circonstances , et qui fait supprimer et retenir dans le silence celles qui sont contre Dieu , ou qui nuisent au prochain, ou qui tendent à la propre louange, ou à quelque autre mauvaise fin. Cette même vertu nous fait agir avec considération, maturité, et par un bon motif, en tout ce que nous faisons, non seulement quant à la substance de l'action, mais aussi quant aux conséquences, en sorte que le prudent agit comme il faut, quand il faut, et pour la fin qu'il faut ; l'imprudent au contraire, n'a pas la manière, ni le temps, ni les motifs convenables, et c'est là son défaut; au lieu que le prudent, agissant discrètement, fait toutes choses, avec poids, nombre et mesure. La prudence et la simplicité, tendent à même fin, qui est de bien parler et de bien faire dans la vue de Dieu ; et comme l'une ne peut être sans l'autre, notre Seigneur les a recommandées toutes deux ensemble. La prudence dont je parle est celle que Jésus Christ conseille dans l'Évangile, qui nous fait choisir les moyens propres pour arriver à la fin qu'il nous propose; laquelle étant toute divine, il faut que ses moyens y aient du rapport et de la proportion. Or, nous pouvons choisir les moyens proportionnés à la fin que nous nous proposons, en deux manières: ou par notre seul raisonnement, qui est souvent bien faible ; ou bien par les maximes de la foi que Jésus nous a enseignées, qui sont toujours infaillibles, et que nous pouvons employer sans aucune crainte de nous tromper ; c'est pourquoi la vraie prudence assujettit notre jugement à ces maximes, et nous donne pour règle inviolable de juger toujours de toutes choses comme notre Seigneur en a jugé, en sorte que dans les occasions nous nous demandions à nous-mêmes, comment Notre Seigneur Jésus-Christ a-t-il jugé de telle et de telle chose ? Et comment s'est-il comporté en telle et telle rencontre ? Qu'a-t-il dit, qu'a-t-il fait sur tel ou tel sujet ! Et qu'ainsi nous ajustions toute notre conduite selon ses maximes et ses exemples. Prenons donc cette résolution, Messieurs, et marchons en assurance, dans ce chemin royal dans lequel Jésus sera notre guide et notre conducteur, et souvenons-nous de ce qu'il a dit, que le ciel et la terre passeront, mais que ses paroles et ses vérités ne passeront jamais. Bénissons Notre Seigneur, mes frères, et tâchons de penser et de juger comme lui, et de faire ce qu'il a recommandé par ses paroles et par ses exemples. Entrons dans son esprit, pour entrer en ses opérations; ce n'est pas tout de faire le bien , mais il le faut bien faire à l'imitation de Notre Seigneur duquel il est dit : Qu'il a bien fait toutes choses. Non, ce n'est pas assez de jeûner, d'observer les règles, de s'occuper aux fonctions de son état, mais il le faut faire dans l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire avec perfection, pour les fins et avec les circonstances que lui-même les a faites. La prudence chrétienne donc consiste à juger, parler et opérer, comme la sagesse éternelle de Dieu, revêtue de notre chair, a jugé, parlé et opéré ».

Voilà quels étaient les sentiments de Vincent touchant la vertu de prudence, et voici quel a été l'usage qu'il en a fait : 1° Lorsqu'il était question de délibérer de quelque affaire, ou de donner quelque conseil ou résolution, avant que d'ouvrir la bouche pour parler, et même avant que de s'appliquer à penser aux choses qu'on lui proposait, il élevait toujours son esprit à Dieu pour implorer sa lumière et sa grâce ? On lui voyait ordinairement alors les yeux levés vers le ciel, et puis les tenant quelques temps fermés, comme consultant Dieu en lui-même, avant que de répondre : que s'il s'agissait de quelque affaire de conséquence, il voulait toujours qu'on prit du temps pour la recommander à Dieu, et pour invoquer le secours du Saint Esprit, et comme il s'appuyait uniquement sur la sagesse divine, et non sur sa prudence particulière aussi recevait-il du ciel les grâces et les lumières qui lui faisaient quelquefois découvrir des choses, que le seul esprit humain n'eût jamais pu pénétrer. Il disait à ce propos, que « là où la prudence humaine déchéait et ne voyait goutte, là commençait à poindre la lumière de la sagesse divine ».

Il était extrêmement retenu et circonspect en ses paroles, non-seulement pour ne rien dire ni répondre qui pût causer aucun ombrage ou défiance, ou qui donnât sujet de peine à personne, mais même pour ne rien avancer qui ne fût mûrement considéré et digéré en son esprit: et il y a sujet de croire que c'est pour cela qu'il causait peu et fort posément.

Il disait que c'était un effet de prudence et de sagesse, non-seulement de parler bien, et de dire de bonnes choses, mais aussi de les dire à propos, eu sorte qu'elles fussent bien reçues et qu'elles profitassent à ceux à qui l'on parlait. Que Notre Seigneur en avait donné l'exemple en plusieurs rencontres et particulièrement parlant à la samaritaine il prit occasion de l'eau qu'elle venait puiser, pour lui parler de la grâce et lui inspirer le désir d'une parfaite conversion.

Enfin Vincent a fait paraître la pureté et solidité de sa prudence et de sa sagesse, en ce qu'il a toujours cherché de suivre et d'accomplir en toutes choses la très sainte volonté de Dieu, par préférence à tout le reste, et sans avoir aucun égard aux intérêts temporels, qu'il méprisait et foulait aux pieds quand il s'agissait du service et de la gloire de Dieu. C'était le grand et unique principe sur lequel il fondait ses résolutions et par lequel il exécutait fidèlement ce qu'il avait résolu, préférant souverainement et incomparablement la volonté de l'Éternel, et ce qui regardait sa gloire et son service, à toute autre chose, sans en excepter aucune.

 

Fleurs Spirituelles

 

« La prudence est nécessaire pour être circonspect à agir, et pour savoir s'accommoder aux dispositions de chacun; elle s'unit fort Lien avec la simplicité. (Saint Vincent De Paul).

Ce Saint qui avait la vertu de simplicité dans un si haut degré, réglait tellement ses actions par la prudence et la charité du prochain, qu'il réussissait dans tout ce qu'il entreprenait. Il passait pour un des hommes les plus sages de son siècle, ce qui faisait qu'on le consultait comme un oracle, et qu'on se faisait une loi de suivre ses conseils. Il n'y a rien de plus contraire au succès des affaires que la précipitation: les délais sont ordinairement plus avantageux que nuisibles.

Pratique : Soyez aujourd'hui très circonspects dans vos paroles et dans vos actions. Priez pour les personnes qui manquent de circonspection en ces deux choses.

 

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6 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Septième jour

Simplicité de Saint Vincent

 

La simplicité est d'autant plus estimable entre ceux qui font profession de suivre les maximes de Jésus-Christ, qu'elle est moins estimée parmi les sectateurs de la vaine et fausse sagesse du monde.

Saint Vincent disait que la simplicité nous fait aller droit à Dieu, droit à la vérité, sans faste, sans biaisement, sans déguisement, et sans aucune vue de propre intérêt ni de respect humain ; il pratiquait parfaitement ce qu'il disait, en sorte qu'il y a sujet de croire que cette vertu de simplicité qu'il possédait à un très excellent degré, a grandement contribué aux heureux succès de ses saintes entreprises, attirant sur lui la bénédiction de Dieu et l'approbation des hommes, parce qu'il n'y a rien qui plaît tant à Dieu et a gagné davantage l'affection de toutes sortes de personnes, que la droiture et la simplicité dans le cœur, dans la vie et dans les paroles.

Or, comme il avait une estime particulière pour cette vertu, il tâchait aussi de l'insinuer dans l'esprit des siens, auxquels parlant un jour sur ce que Jésus-Christ recommandait à' ses disciples d'être simples comme des colombes, il leur dit : « Ce divin Sauveur, envoyant ses Apôtres pour prêcher son évangile par tout le monde, leur recommande particulièrement cette vertu de simplicité comme une des plus importantes et nécessaires pour attirer en eux les grâces du Ciel, et pour disposer les cœurs des habitants de la terre à les écouter et à les croire ; or, ce n'est pas seulement à ses apôtres qu'il parlait, mais généralement à tous ceux que sa providence destinait pour prêcher l'évangile et travailler à la conversion des âmes, et par conséquent, c'est à nous que Jésus-Christ parlait, et qu'il recommandait cette vertu de simplicité, laquelle est si agréable à Dieu, que son bon plaisir est de s'entretenir avec les simples de cœur. Pensez, mes frères, quelle consolation et quel bonheur pour ceux qui sont du nombre de ses véritables simples, lesquels sont assurés, par la paroles de Dieu, que son bon plaisir est de demeurer et s'entretenir avec eux.

Or, pour bien connaître l'excellence de cette vertu, il faut savoir qu'elle nous approche de Dieu, et qu'elle nous rend semblables à Dieu, dans la conformité qu'elle nous fait avoir avec lui, en tant qu'il est un être simple et qu'il a une essence très pure, qui n'admet aucune composition ; si bien que ce que Dieu est par essence, c'est cela même que nous devons tâcher d'être par vertu, autant que notre faiblesse et misère en sont capables. Il faut avoir un cœur simple, un esprit simple, une intention simple, une opération simple, parler simplement, agir bonnement, sans user d'aucun déguisement ni artifice, ne regardant que Dieu auquel seul nous désirons plaire.

La simplicité donc comprend non seulement la vérité et la pureté d'intention, mais elle a encore une certaine propriété d'éloigner de nous toute tromperie, ruse et duplicité; et comme c'est principalement dans les paroles que cette vertu se fait paraître, elle nous oblige de déclarer les choses par notre langue comme nous les avons dans le cœur, parlant et déclarant simplement ce que nous avons à dire, et avec une pure intention de plaire à Dieu. Ce n'est pas toutefois que la simplicité nous oblige de découvrir toutes nos pensées, car cette vertu est discrète, et n'est jamais contraire à la prudence, qui nous fait discerner ce qui est bon n dire, d'avec ce qui ne l'est pas, et nous fait connaître quand il se faut taire aussi bien que quand il faut parler.

Pour ce qui est de la simplicité qui regarde les actions, elle a cela de propre qu'elle fait agir bonnement, droitement et toujours en vue de Dieu, soit dans les affaires, ou dans les emplois et exercices de piété, à l'exclusion de toutes sortes d'hypocrisies, d'artifices et de vaines prétentions. Une personne, par exemple, qui fait un présent à une autre, feignant que c'est par affection, et néanmoins fait ce présent afin que l'autre lui donne une autre chose plus considérable, quoique selon le monde cela semble permis, c'est toutefois contre la vertu de simplicité qui ne peut souffrir qu'on témoigne une chose et qu'on en regarde une autre ; car, comme cette vertu nous fait parler selon nos sentiments intérieurs, elle nous fait aussi agir de même dans une franchise et droiture chrétienne, et le tout pour Dieu, qui est l'unique fin qu'elle prétend; d'où il faut inférer que cette vertu de simplicité n'est pas dans les personnes, qui par respect humain, veulent paraître autres qu'elles ne sont, qui font des actions bonnes extérieurement pour être estimées vertueuses ».

Nous avons rapporté un peu au long ce discours que Vincent a fait aux siens de cette vertu, parce que nous avons cru ne pouvoir mieux représenter sa simplicité que par ses propres paroles; car, il était tel qu'il voulait persuader aux autres de devenir; et celui qui entendait ses paroles, pouvait connaître son cœur, qu'il portait toujours sur ses lèvres. De sorte que l'on peut dire avec vérité qu'il possédait cette vertu à un tel degré, par le secours de la grâce de Notre Seigneur, que les puissances de son âme en étaient toutes remplies, et que ce qu'il disait et faisait, provenait de cette source, conformant toujours son extérieur à son intérieur, et ses actions à ses intentions, qui tendaient toutes à ce qui était le plus parfait. Sa fidélité à la pratique de cette vertu s'est fait voir en toutes rencontres, jusqu'aux moindres choses. Entre plusieurs exemples, on a souvent remarqué que la grande quantité d'affaires auxquelles il était continuellement appliqué, lui en faisant oublier de fois à autres quelques petites, comme de parler à quelqu'un, de répondre à une lettre, ou de faire quelque autre chose qu'on lui avait recommandée, il aimait mieux avouer franchement ses défauts, quoiqu'il lui en dût arriver de la confusion, que les couvrir, par quelque excuse ou artifice d'esprit. Il disait qu'il s'était toujours bien trouvé de déclarer les choses telles qu'elles étaient, parce que Dieu y donne sa bénédiction.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Les réflexions continuelles sur ses défauts, ne plaisent pas aux yeux de Dieu, elles ne servent qu'à contenter notre misérable amour propre ; marchez simplement ». (Saint François de Sales).

« Les âmes simples fuient les détours qui éloignent de Dieu. Dieu nous préserve de louer, de flatter, ou de faire quelque chose pour nous attirer la bienveillance ou la protection de quelqu'un. Ces motifs sont bas, trop vils et trop éloignés de l'esprit de Jésus Christ, à l'amour de qui nous devons principalement rapporter tout ce que nous faisons. Telles doivent être nos maximes : faire tout pour l'amour de Dieu, et ne point désirer l'estime des hommes : travailler à leur salut, sans se mettre en peine de ce qu'ils diront. (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Dans les rapports qu'on a avec le prochain, agir avec droiture et franchise, comme on croit devoir le faire devant Dieu. Priez pour les personnes qui manquent de simplicité.

 

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5 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Sixième jour

De l'obéissance de Saint Vincent

 

Nous ne pouvons mieux faire en parlant de l'obéissance de Vincent, que de rapporter les sentiments qu'il avait de cette vertu, lesquels il a déclarés en plusieurs rencontres, mais particulièrement dans les avis salutaires qu'il a donnés à ce sujet à ses chères filles, les religieuses du premier monastère de la Visitation de Paris.

Elles ont témoigné que ce grand Serviteur de Dieu, qui a été leur premier père spirituel, entre toutes les vertus, leur recommandait souvent celle de l'obéissance, et l'exactitude à la règle jusqu'aux moindres observances ; qu'il avait une affection toute particulière pour bien établir ces vertus dans leur communauté, et leur disait que ces vertus étaient celles, qui étant pratiquées avec persévérance faisaient la religion ; que pour s'y exciter il était nécessaire d'en conférer souvent ensemble et de s'entretenir sur leur excellence et leur beauté ; et qu'il fallait s'y affectionner dans la vue du plaisir que Dieu prend dans les âmes religieuses qui s'y rendent fidèles ; et parce que celui qui est leur Divin Epoux aimait tellement ces vertus que le moindre retardement à l'obéissance lui était désagréable ; qu'une âme vraiment religieuse ayant voué cette vertu à la face de l'Eglise, doit se rendre soigneuse d'accomplir ce qu'elle a promis, et que si l'on se relâche dans une petite chose, on se relâche bientôt dans une plus grande ; que tout le bien de la créature consistait en l'accomplissement de la volonté de Dieu, et que cette volonté se trouvait particulièrement dans la fidèle pratique de l'obéissance, et en l'exacte observance de la régularité ; qu'on ne pouvait rendre un service plus agréable à Dieu, qu'en pratiquant l'obéissance par laquelle il accomplit ses desseins sur nous, que sa pure gloire s'y trouve avec l'anéantissement de l'amour-propre et de tous ses intérêts, qui est ce à quoi nous devons principalement prétendre, et que cette pratique mettait l'âme dans la vraie et parfaite liberté des enfants de Dieu.

Il recommandait fort de renoncer à son propre jugement et de le mortifier pour le soumettre à celui de ses supérieurs, et disait que l'obéissance ne consistait pas à faire présentement ce qu'on nous ordonne, mais à se tenir dans une entière disposition de faire tout ce qu'on nous pourrait commander en toutes sortes d'occasions : qu'il fallait regarder ses supérieurs comme tenant la place de Jésus-Christ sur la terre, et leur rendre en cette considération, un très-grand respect ; que de murmurer contre eux était une espèce d'apostasie intérieure ; car, comme l'apostasie extérieure se commet en quittant l'habit et la religion, et se désunissant de son corps, aussi l'apostasie intérieure se fait quand on se désunit des supérieurs, les contredisant en son esprit, et s'attachant à des sentiments particuliers et contraires aux leurs ; ce qui est le plus grand de tous les maux qui arrivent dans une communauté ; que l'âme religieuse évitait ce malheur quand elle se tenait dans une sainte indifférence, et qu'elle se laissait conduire par ses supérieurs.

Il disait encore, sur le sujet de l'obéissance, qu'il fallait pour fondement de la vraie soumission qu'on doit avoir dans une communauté, considérer attentivement les choses suivantes :

1° La qualité des supérieurs, qui tiennent sur la terre la place de Jésus-Christ à notre égard ; 2° La peine qu'ils ont, et la sollicitude qu'ils prennent pour nous conduire à la perfection ; passant quelquefois les nuits entières en veilles, et ayant souvent le cœur plein d'angoisses, pendant que les inférieurs jouissent à leur aise de la paix et de tranquillité que leur apportent le soin et le travail de ceux qui les conduisent, dont la peine est d'autant plus grande qu'ils ont sujet d'appréhender le compte qu'ils sont obligés d'en rendre à Dieu ; 3° La récompense promise aux âmes vraiment obéissantes même dès cette vie ; car outre les grâces que mérite cette vertu, Dieu se plaît à faire la volonté de ceux qui pour l'amour de lui, soumettent leur volonté à celle de leurs Supérieurs ; 4° La punition que doivent appréhender ceux qui ne veulent pas obéir, dont Dieu a fait voir un exemple bien terrible, dans le châtiment que sa justice a exercé sur Coré, Dathan et Abiron, pour avoir méprisé Moïse leur supérieur, et pour avoir par ce mépris offensé grièvement Dieu qui a dit, parlant aux supérieurs qu'il a établis dans son Eglise : que celui qui vous écoute, m'écoute ; et que celui qui vous méprise me méprise ; 5° L'exemple de l'obéissance que Jésus-Christ est venu donner aux hommes, ayant mieux aimé mourir, que de manquer à obéir, et certes, ce serait une dureté de cœur bien grande, de voir un Dieu obéissant jusqu'à la mort pour notre sujet, et nous, chétives et misérables créatures, refuser de nous assujettir pour l'amour de Lui.

Il ajoutait, pour pratiquer parfaitement celte vertu, qu'il fallait obéir : 1° Volontairement, faisant plier notre volonté sous la volonté des Supérieurs ; 2° Simplement, pour l'amour de Dieu, et sans jamais permettre à noire entendement, de rechercher ou examiner pourquoi nos supérieurs nous ordonnent telle ou telle chose ; 3°Promptement, sans user d'aucun retardement, quand il est question d'exécuter ce qui est commandé ; 4° Humblement, sans prétendre ni désirer de tirer aucune louange ou estime de l'obéissance qu'on rend ; 5° Courageusement, ne désistant pas et ne s'arrêtant pas pour les difficultés, mais les surmontant avec force et générosité ; 6° Gaiement, exécutant ce qui est commandé avec agrément, et sans témoigner aucune répugnance ; 7° Avec persévérance, à l'imitation de Jésus-Christ qui s'est rendu obéissant jusqu'à la mort.

Or, il ne faut pas considérer ce que Vincent disait ou enseignait, comme des leçons d'un maître, ou des exhortations d'un prédicateur, qui ne fait pas quelquefois ce qu'il enseigne aux autres, mais comme les pures expressions des sentiments les plus sincères de son cœur, et comme de véritables témoignages de ce qu'il pratiquait lui-même avec une merveilleuse humilité ; car quoiqu'il fût envoyé avec les siens par les Evêques avec plein pouvoir pour travailler dans les paroisses de leurs diocèses, il ne voulait toutefois rien faire qu'avec le consentement et sous le bon plaisir des Curés, ce qu'il observait inviolablement, aussi bien dans les plus petits villages comme dans les autres lieux plus considérables.

Saint Vincent de Paul était toujours le premier à tous les exercices de la communauté, par amour pour la règle. Il ne manquait pas de se mettre à genoux en entrant dans sa chambre et avant d'en sortir, parce que c'était un point de règle, quoiqu'il ne pût le faire les dernières années de sa vie qu'avec beaucoup de peine, à cause du mal qu'il avait aux jambes.

 

Fleurs Spirituelles

 

« L'obéissance est sans doute plus méritoire que toutes les austérités. Quelle austérité plus grande que de tenir sa volonté continuellement soumise et obéissante ? » (Sainte Catherine de Bologne).

« Une simple goutte de parfaite obéissance vaut un million de fois plus qu'un vase entier de la plus sublime contemplation ». Sainte Marie Madeleine de Pazzi).

Pratique : Efforcez-vous aujourd'hui d'obéir avec soumission de volonté et de jugement, pour l'amour de Jésus-Christ. Priez pour les personnes obéissantes.

 

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1 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

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Deuxième jour

Foi de Saint Vincent De Paul

 

Puisque la foi est le fondement des autres vertus, et que la fermeté de l'édifice spirituel dépend principalement de cette mystique base, ayant à faire voir les plus excellentes vertus dans la personne de Vincent, nous commencerons par la foi que ce sage architecte avait posée pour fondement de toutes ses pratiques vertueuses et sur laquelle il s'appuyait en tout ce qu'il entreprenait et faisait pour le service de Dieu.

Comme les arbres qui sont battus des vents et ébranlés par les orages, jettent les plus profondes racines et s'affermissent davantage par ces agitations ; de même on peut dire que Dieu voulant rendre plus ferme et plus parfaite la foi de Vincent, a permis qu'elle ait été au commencement exposée à la violence de plusieurs tentations, et que son fidèle serviteur ait ressenti diverses attaques contre cette vertu. Il en est pourtant toujours demeuré victorieux par le secours de sa grâce, et sa foi s'est trouvée plutôt affermie et fortifiée, qu'affaiblie par toutes ces épreuves, desquelles Dieu s'est servi pour le perfectionner ; de sorte qu'après toutes ces bourrasques il est devenu non-seulement plus fort, mais plus éclairé dans les vérités de la foi, comme lui-même l'a déclaré en quelque rencontre, les possédant et les goûtant d'une manière aussi parfaite qu'elle se peut en cette vie.

Or, un des plus souverains remèdes qu'il employa pour fortifier sa foi, et la mettre à l'abri de la violence de ces tentations, fut d'écrire et signer sa profession de de foi et la porter sur son cœur ayant supplié Notre Seigneur d'agréer la résolution qu'il avait prise que toutes les fois qu'il porterait lu main sur son cœur, particulièrement quand il serait tenté, cela serait une marque et un témoignage qu'il renonçait à la tentation, et un renouvellement de la protestation qu'il avait faite de persévérer jusqu'à la mort dans la foi de l'Eglise.

Sa foi était non seulement forte, mais aussi pure et simple, étant appuyée non sur les connaissances acquises par l'étude ou par l'expérience, mais uniquement sur la première vérité qui est Dieu, et sur l'autorité de son église. La foi de Vincent ne tenait pas ses lumières renfermées dans son esprit, mais elle les communiquait au-dehors d'autant plus libéralement qu'elle était animée d'une plus parfaite charité.

Sa foi lui fit préférer l'instruction des pauvres à celle des riches ; il manifestait surtout son zèle à faire des catéchismes et instructions dans les lieux qu'il jugeait en avoir plus de besoin, comme dans les villages et parmi les pauvres qui sont ordinairement les moins instruits des vérités de la foi. Il ne se contentait pas encore de le faire par lui-même, il y excitait et portait tous ceux qu'il estimait capables de cet office de charité ; et il n'a point cessé qu'il n'ait enfin établi une congrégation toute dédiée à la culture de cette divine plante de la foi dans les terres les plus stériles.

On peut dire que la foi de Vincent fut non seulement pure, simple et ferme, mais qu'il en avait une plénitude : vu qu'elle éclairait son esprit, remplissait son cœur et animait ses actions, ses paroles, ses affections et ses pensées, il le faisait agir en tout et partout selon les vérités et les maximes de Jésus Christ ; en telle sorte que ce que la plupart des chrétiens font ordinairement, ou par des mouvements naturels, ou par des raisonnements humains, il le faisait par des principes de foi, laquelle était, selon la parole d'un prophète comme une lampe allumée qu'il tenait toujours en main pour se conduire, et pour dresser tons ses pas dans les sentiers de la justice. C'était sans doute un don très particulier qu'il avait reçu de Dieu, de savoir appliquer les lumières de la foi à toutes sortes d'occasions et de rencontres, et d'en faire d'excellentes pratiques dans les affaires mêmes purement temporelles et séculières, ne les entreprenant que par des motifs que la foi lui inspirait, ne s'y conduisant que par ses lumières et les référant toujours à des fins surnaturelles qu'elle lui proposait. Et non-seulement il se conduisait par cet esprit de foi, en toutes ses affaires et entreprises, mais il l'inspirait autant qu'il pouvait aux autres personnes, et particulièrement à celles qui étaient sous sa conduite, au sujet de quoi Mademoiselle Legras, fondatrice et première supérieure des filles de la charité, lui ayant un jour témoigné quelque petit empressement d'esprit touchant ce charitable institut duquel il était le père, il fit la réponse suivante : « Je vous vois toujours un peu dans les sentiments humains, pensant, que tout est perdu dès lors que vous me voyez malade. O femme de peu de foi ! Que n'avez-vous plus de confiance et d'acquiescement à la conduite et à l'exemple de Jésus Christ ! Ce Sauveur du monde se rapportait à Dieu son père pour l'état de toute l'Eglise, et vous, pour une poignée de filles que sa providence a notoirement suscitées et assemblées, vous pensez qu'il vous manquera ! Allez, Mademoiselle, humiliez-vous beaucoup devant Dieu ! ».

Il disait souvent que le peu d'avancement à la vertu, et le défaut de progrès dans les affaires de Dieu, provenait de ce qu'on ne s'établissait pas assez sur les lumières de la foi, et qu'on s'appuyait trop sur les raisons humaines : « Non, non, dit-il un jour, il n'y a que les vérités éternelles qui soient capables de nous remplir le cœur, et de nous conduire avec assurance. Croyez moi, il ne faut que s'appuyer sur Dieu, ou solidement et fortement sur quelqu'une de ses perfections, comme sa bonté, sa providence, sa vérité, son immensité, etc. Il ne faut, dis-je, que se bien établir sur ces fondements divins, pour devenir parfait en peu de temps ».

Il tenait encore cette maxime de ne pas considérer les choses dans le seul extérieur et selon leur apparence, mais selon ce qu'elles pouvaient être en Dieu et selon Dieu ; « Je ne dois pas considérer, disait-il, un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qu'il paraît de la portée de leur esprit, d'autant que bien souvent ils n'ont presque pas la figure ni l'esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi, que le Fils de Dieu a voulu être pauvre, qu'il est représenté par ces pauvres ; qu'il n'avait presque pas la figure d'un homme, en sa passion, et qu'il passait pour fou dans l'esprit des gentils, et pour pierre de scandale dans celui des Juifs ; et avec tout cela il se qualifie l'évangéliste des pauvres. O Dieu ! Qu'il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu, et dans l'estime que Jésus Christ en a faite! mais si nous les regardons selon les sentiments de la chair et de l'esprit mondain, ils paraîtront méprisables ».

Enfin, pour connaître combien grande et parfaite fut la foi de Vincent, il faut jeter les yeux sur toutes ses autres vertus, puisqu'elle en est comme la racine selon le sentiment de Saint Ambroise, et l'on pourra juger qu'elle a été la vigueur et la perfection de cette mystique racine, en considérant la multitude et l'excellence des fruits qu'elle a produits.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Il y a une espèce de simplicité qui fuit que la personne ferme les yeux à tous les sentiments de la nature, et aux raisons humaines, et les tient toujours fixés sur les maximes de la foi, pour en faire constamment la règle de sa conduite. Dans toutes ses actions, ses paroles, ses pensées, ses affaires, en tout temps, en tous lieux elle consulte la foi, et ne fait rien que selon ce qu'elle dicte ». (Saint Vincent De Paul).

« Il est absolument nécessaire pour sa propre sanctification et pour être très utile au salut des autres de s'accoutumer à suivre en tout la belle lumière de la foi, toujours accompagnée d'une onction qui se répand dans les cœurs. Cela est très certain, il n'y a que les vérités éternelles qui soient capables de remplir notre cœur et de nous conduire par la voie sûre. Croyez-moi, il suffit de bien s'établir sur ces fondements pour arriver en peu de temps à la perfection et à pouvoir faire de grandes choses ». (Saint Vincent De Paul).

Pratique : Voir toujours dans les pauvres, la personne de notre Seigneur Jésus-Christ et dans cette vue, les traiter avec compassion, douceur, cordialité, respect et dévotion. Priez pour les personnes qui soignent les malades.

 

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30 juin 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

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Le Mois de Saint Vincent de Paul

Ou lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Par une religieuse de Saint Vincent de Paul

 

Notice sur la vie de Saint Vincent de Paul

 

Naissance et premières années de Saint Vincent de Paul

 

Ce fut l'an 1576, le mardi d'après Pâques, que Vincent De Paul prit naissance, dans le petit village de Pouy près de Dax. 1l naquit de parents dépourvus des biens de la fortune, et vivant de leur travail : en cela, il semble que Dieu ait voulu poser et établir sur cette humble et pauvre extraction, le premier fondement de l'édifice des vertus qu'il voulait élever en l'âme de son fidèle serviteur ; car comme a fort bien dit Saint Augustin, celui qui veut devenir grand devant Dieu doit commencer par une très profonde démission de lui-même, et plus il prétend élever l'édifice de ses vertus, plus il doit creuser les fondements de son Humilité. Et en effet, parmi les emplois les plus considérables auxquels Dieu destina ensuite Vincent De Paul, et au milieu des plus grands honneurs, qu'on rendait à sa vertu, son entretien le plus ordinaire était de la bassesse de sa naissance ; et on lui entendait souvent répéter en telles rencontres, qu'il n'était que le fils d'un pauvre paysan, qu'il avait gardé les pourceaux, etc. Oh ! que c'est une marque d'une vertu bien solide, que de conserver l'amour de son abjection, avilissement et mépris, au milieu des applaudissements et des louanges ! et que Saint Bernard a eu grande raison de dire que c'est une vertu bien rare que l'humilité honorée! et qu'il y en a peu qui arrivent à ce degré de perfection, que de rechercher les mépris lorsqu'ils sont poursuivis des honneurs !

Dès ses plus jeunes années, Vincent avait le cœur fort tendre sur les misères de son prochain, et était très prompt à les secourir autant qu'il était en lui de sorte qu'il pouvait dire avec cet ancien patriarche, que la miséricorde était née avec lui, et qu'il avait toujours eu une inclination particulière à exercer cette vertu ; on a remarqué que dans un âge où les autres enfants n'ont point encore le sentiment de cette tendre pitié, Vincent pouvait déjà servir d'exemple à beaucoup : il donnait tout ce qu'il pouvait aux pauvres ; et lorsque son père l'envoyait au moulin quérir la farine, s'il rencontrait des malheureux en son chemin, il ouvrait le sac et leur en donnait des poignées, quand il n'avait autre moyen de les secourir : de quoi son père, qui était homme de bien, témoignait n'être pas fâché. Et une autre fois, à l'âge de douze ans, ayant peu à peu amassé jusqu'à trente sous de ce qu'il avait pu gagner, qu'il estimait beaucoup en cet âge et en ce pays-là où l'argent était fort rare, et qu'il gardait bien chèrement, ayant néanmoins rencontré un pauvre qui paraissait dans une grande indulgence, étant touché d'un sentiment de compassion, il lui donna tout son petit trésor, sans s'en réserver aucune chose. Certes, si l'on veut faire quelque attention à l'attache naturelle que les jeunes enfants ont aux choses qui les accommodent et qui leur plaisent, on pourra juger que ce fut là un effet particulier des premières grâces que Dieu avait mises en cet enfant de bénédiction; et de là on pouvait présager ce grand et parfait détachement des créatures, et ce degré éminent de charité où Dieu le voulait élever.

Toutes ces bonnes dispositions d'esprit du jeune Vincent et ces inclinations au bien, firent résoudre son père de faire quelque petit effort, selon l'étendue fort médiocre de ses facultés, pour l'entretenir aux études, et à cette effet, il le mit en pension chez les pères Cordeliers de Dax. Ce fut environ l'an 1588, qu'il commença ses études par les premiers rudiments de la langue latine ; où il se comporta de telle sorte et fit un tel progrès, que quatre ans après Mr de Commet l'aîné, avocat de la ville de Dax et juge de Pouy, ayant appris des pères Cordeliers les bonnes qualités de ce jeune écolier, conçut une affection toute particulière pour lui, et l'ayant retiré du couvent, le reçut en sa maison pour être précepteur de ses enfants, afin que, prenant soin de leur instruction et conduite, il eut moyen, sans être davantage à charge à son père, de continuer ses études : ce qu'il fit avec un très grand profit, ayant employé neuf ans à étudier en la ville de Dax au bout desquels Mr de Commet, qui était une personne de mérite et de piété, étant très satisfait du service que le jeune Vincent lui avait rendu en la personne de ses enfants, et de l'édification que toute sa famille avait reçue de sa vertu et sage conduite, qui surpassait de beaucoup son âge, jugea qu'il ne fallait pas laisser cette lampe sous le boisseau, et qu'il serait avantageux à l'Eglise, de l'élever sur le chandelier ; et pour cette raison, il porta Vincent De Paul, qui avait grand respect pour lui, et qui le regardait comme son second père, à s'offrir à Dieu pour le servir dans l'état ecclésiastique, et lui fit prendre la tonsure et les quatre ordres qu'on appelle mineurs, le 20 décembre 1599, étant alors âgé de 20 ans. — Il fut promu au saint ordre de prêtrise le 23 septembre 1600. On n'a pu savoir en quel lieu, ni même en quel temps il célébra sa première messe ; mais on a ouï dire qu'il avait un telle appréhension de la majesté de cette action toute divine, qu'il en tremblait, et, n'ayant pas le courage de la célébrer publiquement, il choisit plutôt de la dire à l'écart dans une chapelle retirée, assisté seulement d'un prêtre et d'un servant.

Ce fut enfin l'an 1625 que ce fidèle serviteur de Dieu, après avoir vogué plusieurs années sur la mer orageuse du monde, aborda par une conduite toute particulière de la divine Providence, en la retraite du Collège des Bons Enfants, comme en un port assuré, pour y commencer une vie toute apostolique, et en renonçant absolument aux honneurs, aux dignités et aux autres biens du monde, y faire une profession particulière de travailler à sa propre perfection et au salut des peuples, dans la pratique des vertus que Jésus-Christ a enseignées, et dont il a laissé de si beaux exemples.

Ce fut en ce lieu qu'il jeta les premiers fondements de la Congrégation de la Mission, toute dédiée comme celle des premiers disciples de Jésus Christ à suivre ce grand et premier Missionnaire venu du ciel, et à travailler au même ouvrage auquel il s'est employé pendant le temps de sa vie mortelle.

Or, pour mieux pénétrer dans les desseins de Dieu, touchant cette nouvelle institution de la Congrégation de la Mission, il est nécessaire de bien connaître quel a été celui duquel sa Providence infiniment sage en toutes ses conduites, a voulu se servir, pour en être le premier instituteur et comment il lui a donné toutes les qualités du corps et de l'esprit convenables pour bien réussir dans une entreprise si importante à sa gloire et au bien de son Eglise. Il est vrai qu'il ne sera pas aisé de représenter ce que ce grand Serviteur de Dieu s'est toujours efforcé de cacher autant qu'il lui a été possible sous le voile d'une très profonde humilité, c'est pourquoi nous ne pouvons dire que ce que la charité ou l'obéissance l'ont obligé de produire au dehors, dont néanmoins la principale partie, qui était toute intérieure et spirituelle, nous est inconnue : et partant, nous en présenterons dans le jour suivant une ébauche, laquelle quoique fort imparfaite et grossière, ne laissera pas de donner quelques lumières, pour mieux concevoir tout ce que nous avons à rapporter dans la suite de ce mois, du grand Saint Vincent De Paul !

 

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Premier jour

Les dispositions de corps et d'esprit de Saint Vincent et les qualités de sa conduite

 

Pour ce qui est du corps, Vincent était d'une taille moyenne et bien proportionnée ; il avait la tête un peu chauve et assez grosse, mais bien faite par une juste proportion au reste du corps ; le front large et majestueux, le visage ni trop plein, ni trop maigre ; son regard était doux, sa vue pénétrante, son ouïe subtile, son port grave, et sa gravité bénigne ; sa contenance simple et naïve, son abord fort affable, et son naturel grandement bon et aimable.

Il était d'un tempérament bilieux et sanguin et d'une complexion assez forte et robuste ; ce qui n'empêchait pas pourtant qu'il fut plus sensible qu'il ne semblait aux impressions de l'air, et ensuite fort sujet aux atteintes de la fièvre.

Il avait l'esprit grand, posé, circonspect, capable de grandes choses, et difficile à surprendre. Il n'entrait pas légèrement dans la connaissance des affaires ; mais lorsqu'il s'y appliquait sérieusement, il les pénétrait jusqu'à la moelle, il en découvrait toutes les circonstances petites et grandes, il en prévoyait les inconvénients et les suites, et néanmoins de peur de se tromper, il n'en portait point jugement d'abord, s'il n'était pressé de le faire, et il ne déterminait rien qu'il n'eût balancé les raisons pour et contre, étant même bien aise d'en concerter encore avec d'autres : lorsqu'il lui fallait dire son avis, ou prendre quelque résolution, il développait la question avec tant d'ordre et de clarté, qu'il étonnait les plus experts, surtout dans les matières spirituelles et ecclésiastiques. Il ne s'empressait jamais dans les affaires, et ne se troublait point par leur multitude, ni pour les difficultés qui s'y rencontraient; mais avec une présence et une force d'esprit infatigable, il les entreprenait et s'y appliquait avec ordre et lumière, et en portait le poids et la peine avec patience et tranquillité. Quand il était question de traiter d'affaires, il écoutait volontiers les autres, sans interrompre jamais aucun pendant qu'il parlait ; et néanmoins il supportait sans peine qu'on l'interrompît, s'arrêtant tout court, et puis reprenait le fil de son discours. Lorsqu'il donnait son avis sur quelque chose, il ne s'étendait pas beaucoup en discours, mais déclarait ses pensées en bons termes, ayant une certaine éloquence naturelle, non-seulement pour s'expliquer nettement et solidement, mais aussi pour toucher et persuader avec des paroles fort affectives, ceux qui l'écoutaient, quand il s'agissait de les porter au bien. Il faisait en tous ses discours un juste mélange de la prudence et de la simplicité, il disait sincèrement les choses comme il les pensait, et néanmoins il savait fort bien se taire sur celles où il voyait quelque inconvénient de parler; il se tenait toujours présent à lui-même, et attentif à ne rien dire ni écrire de mal digéré, ou qui témoignât aucune aigreur, mésestime ou défaut de charité envers qui que ce fût.

Son esprit était fort éloigné des changements, nouveautés et singularités, et tenait pour maxime, quand les choses étaient bien, de ne les pas changer facilement, sous prétexte de les mettre mieux. 1l se défiait de toutes sortes de propositions nouvelles et extraordinaires, spéculatives ou de pratique, et se tenait ferme aux usages et sentiments communs, surtout en fait de religion.

Il avait le cœur fort tendre, noble et généreux, libéral, et facile à concevoir de l'affection pour ce qu'il voyait être vraiment bon et selon Dieu ; et néanmoins il avait un empire absolu sur tous ses mouvements, et tenait ses passions si sujettes à la raison, qu'à peine pouvait-on s'apercevoir qu'il en eût.

Enfin, quoique l'on ne puisse pas dire qu'il n'eût point de défauts, l'Ecriture sainte y contredisant, et les apôtres mêmes ni les autres saints n'en ayant pas été exempts, il est pourtant véritable qu'il ne s'est guère vu d'hommes en ce siècle exposés comme lui à toutes sortes d'occasions, d'affaires et de personnes, en qui on ait trouvé moins à redire, Dieu lui ayant fait la grâce de se posséder toujours à un tel point que rien ne le surprenait, et il avait si bien en vue Notre Seigneur Jésus Christ qu'il moulait tout ce qu'il avait à dire ou à faire sur ce divin Original. C'est sur ce principe qu'il s'est comporté avec tant de circonspection et de retenue envers les plus grands, et avec tant d'affabilité et de bonté envers les plus petits, que sa vie et sa conduite ont toujours été non-seulement sans reproche, mais aussi dans une approbation universelle et publique.

Vincent avait tellement pris à cœur la pratique de l'humilité et de l'avilissement de soi-même, qu'à l'ouïr parler il semblait qu'il ne voyait en lui que vice et péché ; il souhaitait qu'on l'aidât à remercier Dieu, non tant des grâces singulières que sa libéralité lui communiquait, que de la patience que sa divine miséricorde exerçait envers lui, le supportant, comme il disait ordinairement, en ses abominations et infidélités. Ce n'est pas que, dans le secret de son cœur, il ne fût plein de reconnaissance des grandes faveurs et des dons excellents qu'il recevait de la main de Dieu; mais il n'en parlait point, craignant de s'attribuer aucun bien, et regardant toutes ces grâces comme des biens de Dieu dont il se jugeait très indigne, et lesquels, quoiqu'ils fussent en lui, n'étaient pas pourtant de lui ni à lui, mais uniquement de Dieu et à Dieu : de sorte qu'à l'exemple du grand Apôtre, il ne faisait parade que de ses faiblesses et de ses infirmités, et cachait soigneusement tout le reste : au contraire, fermant les yeux à la faiblesse et aux défauts des autres, particulièrement de ceux de la conduite desquels il n'était pas chargé, il manifestait volontiers le bien qu'il reconnaissait en eux, non pour le leur attribuer, sais pour en glorifier Dieu, qui est le souverain auteur de tout bien. Il disait : « qu'il y avait des personnes qui pensent toujours bien de leur prochain, autant que la vraie charité le leur peut permettre, et qui ne peuvent voir la vertu sans la louer, ni les personnes vertueuses sans les aimer ». C'est ainsi qu'il le pratiquait lui-même, toujours néanmoins avec grande prudence et discrétion : car pour les siens, il ne les louait que très rarement en leur présence, et seulement quand il le jugeait expédient pour la gloire de Dieu et pour leur plus grand bien ; mais pour les autres personnes vertueuses, il se conjouissait volontiers avec elles des grâces qu'elles recevaient de Dieu et du bon usage qu'elles en faisaient, et en parlait quand il le jugeait convenable pour les encourager à la persévérance dans le bien.

Enfin, pour exprimer en peu de paroles ce que nous dirons plus amplement dans la suite de ce mois, touchant les vertus de Vincent, il s'était proposé Jésus comme l'unique exemplaire de sa vie, et il avait si bien imprimé son image dans son esprit, et possédait si parfaitement ses maximes, qu'il ne parlait, ne pensait, ni n'opérait, qu'à son imitation et par sa conduite. La vie de ce divin Sauveur et la doctrine de son Evangile étaient la seule règle de sa vie et de ses actions; c'étaient toute la morale et toute la politique selon lesquelles il se réglait soi-même et toutes les affaires qui passaient par ses mains ; c'était en un mot, l'unique fondement sur lequel il élevait son édifice spirituel : de sorte que l'on peut dire avec vérité qu'il nous a laissé, sans y penser, un tableau raccourci des perfections de son âme, et marqué sa divise particulière dans ces belles paroles qu'il dit un jour de l'abondance de son cœur : « Rien ne me plaît qu'en Jésus Christ ! » De cette source procédaient la fermeté et la constance inébranlables qu'il avait dans le bien, lesquelles ne fléchissaient jamais par aucune considération ni de respect humain, ni de propre intérêt, et qui le tenaient toujours disposé à soutenir toutes les contradictions, souffrir toutes les persécutions, et, comme dit le Sage, agoniser jusqu'à la mort pour la défense de la justice et de la vérité. C'est ce qu'il déclara encore, sur la fin de sa vie, en ces termes bien remarquables : « Qui dit doctrine de Jésus-Christ, dit un rocher inébranlable ; il dit des vérités éternelles qui sont suivies infailliblement de leurs effets; de sorte que le Ciel renverserait plutôt que la doctrine de Jésus-Christ vint à manquer ».

Vincent n'avait pas seulement rempli son cœur et son esprit de ses maximes et vérités évangéliques, mais il s'étudiait, en toutes occasions, à les répandre dans les esprits et dans les cœurs des autres, et particulièrement de ceux de sa Compagnie ; voici comment il leur parlait un jour sur ce sujet : « Il faut, dit-il, que la compagnie se donne à Dieu pour se nourrir de cette ambroisie du Ciel, pour vivre de la manière que notre Seigneur a vécu, et pour tourner toutes nos conduites vers lui, et les mouler sur les siennes ». Il a mis pour première maxime, de chercher toujours la gloire de Dieu, et sa justice toujours et avant toute autre chose. Oh ! Que cela est beau, de chercher premièrement le règne de Dieu en nous, et le procurer à autrui ! Une compagnie qui serait dans cette maxime d'avancer de plus en plus la gloire de Dieu, combien avancerait-elle aussi son propre bonheur ? Quel sujet n'aurait-elle pas d'espérer que tout lui tournerait en bien ? S'il plaisait à Dieu nous faire cette grâce, notre bonheur serait incomparable. Si, dans le monde, quand on entreprend un voyage, on prend garde si l'on est dans le droit chemin, combien plus ceux qui font profession de suivre Jésus dans la pratique des maximes évangéliques (particulièrement de celle-ci, par laquelle ils nous ordonne de chercher en toutes choses la gloire de Dieu) doivent-ils prendre garde ce qu'ils font, et se demander : Pourquoi fais-tu ceci ou cela ? Est-ce pour te satisfaire ? Est-ce parce que tu as aversion à d'autres choses ? Est-ce pour complaire à quelque chétive créature ? mais plutôt n'est-ce pas pour accomplir le bon plaisir de Dieu et chercher sa justice ? Quelle vie ! Quelle vie serait celle-là ? Serait-ce une vie humaine ? Non, elle serait une vie tout angélique, puisque c'est purement pour l'amour de Dieu que je ferais tout ce que je ferais, et que je laisserais à faire tout ce que je ne ferais pas. — Quand on ajoute à cela la pratique de faire en toutes choses la volonté de Dieu, qui doit être comme l'âme de la compagnie et une des pratiques qu'elle doit avoir bien avant dans le cœur, c'est pour nous donner à un chacun en particulier un moyen de perfection, facile, excellent et infaillible, et qui fait que nos actions ne sont pas actions humaines, ni même seulement angéliques, mais en quelque façon divines, puisqu'elles se font en Dieu et par le mouvement de son esprit et de sa grâce. Quelle vie ! Quelle vie serait celle des missionnaires ! Quelle compagnie si elle s'établissait bien là dedans !

Vincent ajoutait encore à cela deux maximes très importantes, qu'il possédait parfaitement dans son cœur, et qu'il s'efforçait particulièrement d'imprimer, dans le cœur des siens.

La première était de ne pas se contenter d'avoir un amour affectif envers Dieu, et de concevoir de grands sentiments de sa bonté et de grands désirs de sa gloire, mais de rendre cet amour effectif, et, comme a dit Saint Grégoire, en donner des preuves par les œuvres ; au sujet de quoi parlant un jour à ceux de sa communauté, il leur dit :

« Aimons Dieu, mes frères, aimons Dieu ; mais que ce soit aux dépens de nos bras, que ce soit à la sueur de nos visages ; car bien souvent, tant d'actes d'amour de Dieu, de complaisance, de bienveillance, et autres affections semblables et pratiques intérieures d'un cœur tendre, quoique très bonnes et très désirables, sont néanmoins très suspectes quand on n'en vient point à la pratique de l'amour effectif. En cela, dit Notre Seigneur, mon père est glorifié que vous rapportiez beaucoup de fruit. Et c'est en quoi nous devons bien prendre garde; car il y en a plusieurs qui, pour avoir l'extérieur bien composé et l'intérieur rempli de grands sentiments de Dieu, s'arrêtent à cela ; et quand ce vient au fait, et qu'ils se trouvent dans les occasions d'agir, ils demeurent court. Ils se flattent de leur imagination échauffée, ils se contentent des doux entretiens qu'ils ont avec Dieu dans l'oraison, ils en parlent même comme des anges ; mais au sortir de là, est-il question de travailler pour Dieu, de souffrir, de se mortifier, d'instruire les pauvres, d'aller chercher les brebis égarées, d'aimer qui leur manque quelque chose, d'agréer les maladies, ou quelque autre disgrâce, hélas ! Il n'y a plus personne, le courage leur manque. Et cependant, il n'y a que nos œuvres qui nous accompagnent en l'autre vie ; faisons donc, ajoutait-il, réflexion à cela, d'autant plus qu'en ce siècle il y en a plusieurs qui semblent vertueux, et qui en effet le sont, qui néanmoins inclinent à une voie douce et molle plutôt qu'à une dévotion laborieuse et solide. L'Eglise est comparée à une grande moisson qui requiert des ouvriers, mais des ouvriers qui travaillent. Il n'y a rien de plus conforme à l'Evangile qui d'amasser d'un côté des lumières et des forces pour son âme dans l'oraison, dans la lecture et la solitude, et d'aller ensuite faire part aux hommes de cette nourriture spirituelle ; c'est faire comme notre Seigneur a fait, et après lui ses apôtres ; c'est joindre l'office de Marthe et de Marie ; c'est imiter la colombe qui digère à moitié la pâture qu'elle a prise, et puis met le reste par son bec dans celui de ses petits pour les nourrir. Voilà comme nous devons témoigner à Dieu par nos œuvres que nous l'aimons ».

La seconde maxime de ce grand Serviteur de Dieu, était de regarder Jésus-Christ dans les autres pour exciter plus efficacement son cœur à leur rendre tous les devoirs de la charité. Il regardait ce divin Sauveur comme pontife et chef de l'église dans notre saint père le Pape, comme évêque et prince des pasteurs dans les évêques, docteur dans les docteurs, prêtre dans les prêtres, religieux dans les religieux, souverain et puissant dans les rois, noble dans les gentils-hommes, juge et très-sage politique dans les magistrats, gouverneurs et autres officiers : et le royaume de Dieu étant comparé dans l'Evangile à un marchand, il le considérait comme tel dans les hommes de trafic, ouvrier dans les artisans, pauvre dans les pauvres, infirme et agonisant dans les malades et mourants ; et considérant ainsi Jésus-Christ en tous ces états, et en chaque état voyant une image de ce souverain Seigneur, qui reluisait en la personne de son prochain, il s'excitait par cette vue à honorer, respecter, aimer et servir un chacun en notre Seigneur, et notre Seigneur en un chacun, conviant les siens et ceux auxquels il en parlait d'entrer dans cette maxime, et de s'en servir pour rendre leur charité plus constante, et plus parfaite envers le prochain.

Voilà un petit crayon en général de l'esprit de Vincent, dont il a lui-même tracé de sa propre main la plus grande partie, sans y penser, et même contre son dessein, qui était toujours de se cacher, et de couvrir les dons et les vertus qu'il avait reçus du voile du silence et de l'humilité : mais Dieu a voulu qu'il se soit innocemment trompé, et en quelque façon trahi lui-même pour mieux faire connaître les grâces et les excellentes qualités qu'il avait abondamment versées dans son âme, afin de le rendre un digne instrument de sa gloire, et se servir de lui dans les grandes choses qu'il voulait opérer, par son moyen, pour le plus grand bien de son Eglise ; et pour recueillir en peu de paroles ce qui a été dit de la conduite de Vincent, on peut dire avec vérité, qu'elle a été :

1° Sainte, ayant eu uniquement Dieu pour objet : qu'elle allait à Dieu, qu'elle y menait les autres, et lui rapportait toutes choses comme à leur dernière fin. 2° Humble, se défiant de ses propres lumières, prenant conseil dans ses doutes, et se confiant à l'esprit de Jésus-Christ, comme à son guide et à son docteur. 3e Douce en sa manière d'agir, condescendant aux faiblesses, et s'accommodant aux forces, à l'inclination, à l'état des personnes. 4° Ferme pour l'accomplissement des volontés de Dieu, et pour ce qui concernait l'avancement spirituel des siens et le bon ordre des communautés, sans se rebuter par les contradictions ni se laisser abattre par les difficultés. 5° Droite, pour ne pas éviter, ni se détourner des voies de Dieu, par aucun respect humain. 6° Simple, rejetant tout artifice, duplicité, feinte et toute prudence de la chair. 7° Prudente dans le choix des moyens propres pour parvenir à la fin unique qu'il se proposait en tout, qui était l'accomplissement de ce qu'il connaissait être le plus agréable à Dieu, prenant garde, dans l'emploi de ces moyens, et en tout ce qu'il faisait, de ne choquer ni contrister personne, autant que cela pouvait dépendre de lui, et évitant judicieusement les obstacles, ou les surmontant par sa patience et par ses prières. 8° Secrète, pour ne divulguer les affaires avant le temps, ni les communiquer à d'autres qu'à ceux auxquels il était expédient d'en parler. Il disait sur ce sujet : « Que le démon se jouait des bonnes œuvres découvertes et divulguées sans nécessité, et qu'elles étaient comme des mines éventées qui demeurent sans effet ». 9° Réservée et circonspecte, pour ne s'engager pas trop à la légère, et pour ne rien précipiter ni trop s'avancer. 10° Enfin désintéressée, ne cherchant ni honneur, ni propre satisfaction, ni aucun bien périssable, mais uniquement, à l'imitation de son divin maître, la seule gloire de Dieu, le salut et la sanctification des âmes.

 

Fleurs Spirituelles

 

« Faites fidèlement à tout moment ce que le Seigneur voudra de vous, et laissez à Dieu de penser à autre chose : Je vous assure qu'en vivant ainsi, vous éprouverez une grande paix ». (Sainte Jeanne-Françoise de Chantal).

« Les œuvres de Dieu se font presque toujours peu à peu, et ont leur commencement et leur progrès. On ne doit pas prétendre faire tout en une seule fois à la hâte, ni penser que tout est perdu, si l'on ne devient pas parfait tout-à-coup. Il faut toujours marcher, mais sans s'inquiéter ; prier beaucoup le Seigneur, et se servir des moyens suggérés par l'esprit de Dieu, sans avoir aucun égard aux fausses règles du siècle. (Saint Vincent De paul).

 

Pratique : A l'exemple de Saint Vincent De Paul, tâchez aujourd'hui de faire vos différentes actions le plus parfaitement possible. Priez pour les Sœurs servantes des Pauvres.

 

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19 juin 2017

Film Monsieur Vincent

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Monsieur Vincent

 

Curé et précepteur, Vincent de Paul entreprend de venir en aide aux miséreux. Alors qu'il prend ses fonctions dans sa nouvelle paroisse, une terrible épidémie de peste s'abat sur la région. Dévoué jusqu'au sacrifice à la cause qu'il défend, Vincent de Paul sera canonisé.

Un film de Maurice Cloche, sorti en 1947, avec Pierre Fresnay

(Noir et blanc, 1h54)

 

 

Ce film est disponible en vidéo à la demande sur toutes les bonnes plateformes de VOD,

ainsi qu'en DVD chez Studio Canal que vous pourrez trouver assez facilement auprès de vos distributeurs habituels.

 

15 juin 2017

Le Jubilé des 400 ans du Charisme de Saint Vincent De Paul

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Le 400e anniversaire du charisme vincentien

Réflexion de P. Maloney

 

Saint Vincent a toujours regardé 1617 comme étant l’anniversaire de sa Famille. Même si  ses trois principales fondations avaient trois dates de naissance juridiques bien distinctes – les Confraternités de la Charité en 1617, la Congrégation de la Mission en 1625, et les Filles de la Charité en 1633 – Vincent a constamment regardé 1617 comme étant l’année où tout a commencé. Il eut deux expériences cette année-là qui ont transformé sa vie.

La première a eu lieu à Gannes-Folleville, au nord de Paris. En accompagnant Madame de Gondi alors qu’elle rendait visite à des employés sur la propriété de sa famille, il fut appelé  au chevet d’un paysan mourant qui avait la réputation d’être saint. Vincent l’encouragea à faire une confession générale. Le paysan s’épancha auprès de Vincent et confessa de choquants péchés qu’il avait retenus en lui depuis des années. Quand il reçut l’absolution, il se sentit libéré et empli de joie. Il appela sa famille, ses voisins et Madame de Gondi elle- même et leur raconta son histoire.

Trois jours plus tard, il mourut. Grâce à l’aide de Madame de Gondi, Vincent organisa rapidement une mission populaire pour ceux vivant dans cette région, en mettant l’accent sur l’importance d’une confession générale. Les gens s’y pressèrent. Le 25 janvier 1617, il fit un sermon à Folleville qui fut puissant et facile à saisir. Après cela, les confessions furent si nombreuses qu’il fallut chercher de nouveaux prêtres pour les entendre. En repensant à son “premier sermon de la Mission”, plus de 40 ans plus tard, il considéra cet événement comme étant le début de la Congrégation de la Mission.

Plus tard cette année-là, il devint Pasteur à Châtillon-sur-Chalaronne dans le Sud-Ouest de la France. Là-bas, autour du mois d’août 1617, il eut une deuxième expérience qui changea sa vie. Ayant appris que les membres d’une famille de sa paroisse étaient assez malades, il fit appel à ses paroissiens dans son sermon afin de les aider. Plus tard ce jour-là, il rencontra de nombreuses femmes qui revenaient de la maison des malades. Il se rendit compte que la charité devait être mieux organisée. Il se demanda alors : « Ces femmes ne pourraient-elles pas être rassemblées et encouragées à se consacrer à Dieu pour  servir  ces  pauvres  malades ? ». En y repensant des décennies plus tard, il considéra cette question comme l’appel de Dieu à fonder les Confraternités des Charités, dont il écrivit la première Règle quelques mois plus tard, et les Filles de la Charité dont l’existence juridique remonte à 16 années plus tard.

Mission (Folleville) et Charité (Châtillon) étaient au cœur de l’action de Vincent envers les pauvres. Il a exhorté ses disciples à servir les pauvres “spirituellement et corporellement” à travers “la parole et le travail” et il a apporté de grandes compétences d’organisation à la tâche.

Depuis 1617, plus de 300 branches ont germé sur l’arbre de la Famille Vincentienne. Certaines de ses branches sont de minuscules pousses. D’autres, comme la Société de saint Vincent de Paul, avec 800 000 membres dans 150 pays sont des branches robustes. Chacune a ses propres nuances dans la spiritualité. Cette diversité est saine et enrichissante. Cependant, au milieu de cette diversité, les branches de la Famille partagent également une riche spiritualité en commun. Cinq éléments en ressortent. C’est une spiritualité qui :

1) Qui mêle la prière à l’action

Écrivant à un prêtre de la Congrégation de la Mission en 1657, saint Vincent présentait comme « deux vertus centrales de Jésus, sa relation filiale avec le Père et sa charité envers son prochain. » il estimait la combinaison de la prière et de l’action comme étant indispensables.

donnez-moi quelqu’un qui prie”, s’exclamait Saint Vincent, “et il sera capable de tout ! En même temps, il déclara, “Aimons Dieu, mes frères et sœurs, aimons Dieu mais que ce soit à  la force de nos bras et à la sueur de notre front!”

De quelle manière pourrions-nous mieux intégrer la prière et l’action tandis que nous servons les pauvres?

2) Qui est entièrement christocentrique

A plusieurs reprises, Vincent a mis l’accent sur la centralité du Christ. En écrivant les  règles pour les différents groupes qu’il fonda, il les exhorta tous à voir le visage de Dieu dans celui des pauvres. Il les encouragea à méditer sur les “mystères” de Jésus : les événements  de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. Il dit à son ami de longue date, le Père Portail : “Rappelez-vous, nous vivons en Jésus-Christ au travers de la mort de Jésus Christ et nous mourons en Jésus-Christ au travers de la vie de Jésus-Christ. Notre vie doit être cachée en Jésus-Christ et emplie de Jésus-Christ. Pour mourir comme Jésus-Christ, nous devons vivre comme Jésus-Christ.”

Comment entrer davantage dans la vision de la foi qui a permis à Vincent de voir le visage du Christ dans celui des pauvres?

3) Qui rend la simplicité centrale

Vincent a declaré explicitement que la simplicité était “[son] évangile”. Il l’a appelée “la vertu  que  j’aime   le  plus.”               Il  a  souligné  deux  aspects  de  la  simplicité    en  particulier, particulièrement: la simplicité du discours et la simplicité dans le style de vie. Il a exhorté toutes ses fondations initiales – les Confraternités de la Charité, la Congrégation de la Mission et les Filles de la Charité – à faire de la simplicité une valeur centrale dans leurs vies.

Comment pouvons-nous apprendre à parler et à vivre plus simplement tandis que nous servons les pauvres?

4) Qui est fondée sur l’humilité

Il n’est pas de vertu à propos de laquelle Vincent ait parlé de manière plus éloquente qu’au sujet de l’humilité. Il a déclare qu’elle était “la fondation de toute perfection évangélique, le cœur de toute vie spirituelle.” Il voulait que nous regardions les plus défavorisés comme étant “nos Seigneurs et nos Maîtres”. Il insista sur l’écoute “du plus petit de nos frères et sœurs” et nous exhorta à collaborer les uns avec les autres.

Comment pouvons-nous être plus à l’écoute des pauvres, tandis que nous discernons  leurs besoins?

5) Qui s’exprime dans la charité créatrice

L’une des citations les plus citées de Vincent est “L’amour est créatif, même à l’infini.” Le contexte de cette déclaration est différent de celui que nous imaginons habituellement. Quand Vincent utilisa cette phrase, il parlait de la créativité de Jésus dans l’institution de l’Eucharistie. Pourtant la phrase est facilement applicable à Vincent lui-même et à ses disciples. En réponse aux événements, Vincent manifesta une liberté remarquable. Il conçut de nouvelles solutions et créa de nouvelles institutions afin de faire face aux problèmes récurrents des personnes marginalisées et abandonnées.

De quelles manières pourrions-nous être plus inventifs alors que nous servons les pauvres?

Vincent identifia les cinq éléments mentionnés plus haut comme étant essentiels à une spiritualité saine. Il était profondément convaincu de leur importance. En fait, il a été jusqu’à déclarer que sans l’un d’entre eux, nous cesserions d’exister en tant que Famille.

 

Présentation de la célébration du 400e anniversaire du charisme vincentien en 2017

 

Chers responsables et membres de la Famille Vincentienne,

 

Comme il a été annoncé en janvier lors de notre réunion internationale de la Famille Vincentienne à Rome, l’année 2017 marque le 400e anniversaire de la naissance du charisme vincentien.

La Commission de la Collaboration de la Famille Vincentienne, après avoir reçu l’approbation du Comité Exécutif de la Famille Vincentienne ainsi qu’un accueil enthousiaste des délégués à Rome, vous présente maintenant l’Initiative Mondiale de notre Famille Vincentienne pour la célébration de cette année.

Une note spéciale aux responsables internationaux: Prière de veiller à ce que le plan de travail de votre branche soit envoyé, avant le 1er octobre 2016 au P. Joe Agostino, CM à l’adresse email vfo@famvin.org.

Que le Seigneur bénisse tous nos efforts pour accueillir l’étranger parmi nous.

Fr. Greg Gay

 

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« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli… »

Une initiative mondiale de la Famille Vincentienne pour célébrer le 400e anniversaire du charisme vincentien en 2017.

En 2017, nous célébrons le 400e anniversaire de la naissance du charisme vincentien. C’était en 1617, alors qu’il prêchait dans l’église paroissiale de Châtillon, que Vincent a exhorté sa congrégation à assumer la responsabilité d’une famille pauvre de la paroisse qui était gravement malade et avait besoin de nourriture et de réconfort. La famille a été sauvée grâce à la réponse massive à cet appel à l’action et Vincent a par la suite compris que, pour être efficace, la charité doit être bien organisée – un événement qui a changé le monde au cours des 400 dernières années.

Cette histoire rend également vivante un texte de l’Évangile au cœur de la vocation vincentienne que nous partageons – Matthieu 25, 35 : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ». En tendant la main et en aidant les étrangers parmi nous, nous démontrons notre solidarité avec cet événement de Châtillon et notre unité dans notre vocation vincentienne – nous reproduisons l’exemple du Bon Samaritain dans notre communauté.

Qui sont les étrangers parmi nous aujourd’hui ? La réponse est tellement variée – les réfugiés fuyant l’oppression et la pauvreté, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays en raison de la guerre civile, les migrants en quête d’une nouvelle vie, les sans-abris, ceux qui affrontent seuls une maladie physique ou mentale, ceux qui souffrent de la discrimination peut-être à cause de leur foi ou de leur race ou de leur couleur, les personnes solitaires et vulnérables, jeunes et vieux. Beaucoup de ces personnes et de ces problèmes sont déjà des zones familières d’action pour les membres de la Famille Vincentienne à l’échelle mondiale. Cependant, pouvons-nous faire davantage ? Y a-t-il de nouvelles pauvretés émergentes auxquelles nous sommes appelés à répondre ?

Pour célébrer le 400e anniversaire de la naissance du charisme vincentien, les responsables internationaux de la Famille Vincentienne aimeraient inviter tous les membres de la Famille Vincentienne dans le monde entier à examiner comment nous pourrions mieux accueillir les étrangers dans nos communautés en faisant d’eux le centre du 400e anniversaire du charisme vincentien.

L’année d’accueil de l’étranger se déroulera du 1er janvier au 31 décembre 2017. Il sera lancé officiellement par le P. Gregory Gay, Supérieur Général de la Congrégation de la Mission, le 15 mai 2016, en la fête de la Pentecôte.

Cette date est particulièrement importante pour notre Famille Vincentienne. Elle marque aussi la fin de l’Année de la Collaboration, avec le lancement d’un appel à l’action et une invitation à découvrir des moyens concrets pour rejoindre les étrangers dans notre milieu. Elle nous relie aussi plus profondément avec l’Eglise universelle qui, sous la direction du Pape François, célèbre le Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde.

A partir du 15 mai 2016, les responsables internationaux de la Famille Vincentienne se chargeront de l’élaboration d’un processus de réflexion et de consultation avec leur branche particulière de la Famille, dans une étroite collaboration avec leurs organismes régionaux et nationaux. Ils sont invités à se concentrer sur les questions suivantes :

  • Qui sont les étrangers parmi nous ?

  • Comment les soutenons-nous actuellement ?

  • Quels sont les nouveaux besoins qui émergent ?

  • Comment pourrions-nous répondre à ces besoins ?

  • Se pourrait-il que nous soyons les étrangers ayant besoin d’accueil ?

Cette consultation et les idées nouvelles qu’elle suscitera permettra à chaque branche de la Famille Vincentienne d’élaborer, d’ici octobre 2016, un plan de travail à exécuter en 2017. Ces plans de travail seront ensuite transmis à la Commission de la Collaboration de la Famille Vincentienne qui coordonnera et soutiendra ces activités à l’échelle mondiale grâce à la production de matériaux de réflexion et de célébration, ainsi que la promotion de l’Année et des activités réalisées sur le site web FamVin.org. La Commission se chargera également d’élaborer un rapport final sur les résultats et l’impact de cette initiative d’ici mi-2018 afin que nous puissions évaluer le résultat de nos actions à l’échelle mondiale.

Lorsque la Famille Vincentienne a des liens étroits sur le terrain, nous encourageons la Famille à collaborer à l’échelle locale, régionale, nationale ou internationale. Comme Vincent de Paul lui-même l’a reconnu, nous sommes meilleurs et plus efficaces lorsque nous travaillons ensemble.

Accueillir les étrangers parmi nous doit également être considéré comme une invitation à tous ceux qui partagent (ou pourraient être intéressés à) nos valeurs vincentiennes, notre mission ou notre spiritualité. Les personnes que nous servons actuellement sont aussi capables d’accueillir des étrangers que nous – si nous les invitons à le faire. Cela ne dépend pas de la puissance ou de la richesse ou de la hiérarchie. C’est une occasion pour tous et pour chacun de faire partie de notre famille et de participer à nos célébrations au cours de l’année.

 

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Le Logo des 400 ans du charisme vincentien

 

 

Le Père Alexis Cerquera Trujillo, nous a partagé le logo qu’il a préparé pour les « 400 ans du charisme vincentien.

 

Explication du logo

 

Il est construit à partir d’une figure basique : le cercle… (le monde, l’histoire, la vie… etc) Ce cercle est défini par différentes lignes qui s’organisent d’une manière « rayonnante » en différentes couleurs (rouge, vert, bleue)…

Ces lignes ou ces traits, symbolisent les congrégations, les groupes, les associations qui ont été fondés à partir du charisme vincentien. Ils  symbolisent aussi la société avec ses imperfections et ses joies, ses espérances et ses fatigues…

Ce cercle fait un lien entre deux étoiles qui rappellent les deux «lieux théologiques » où Vincent de Paul a vu la trace de Dieu dans sa vie et que par ses propres paroles sont devenus des événements majeurs : Gannes-Folleville et Châtillon-les-Dombes.

Les étoiles : leur place rappelle la situation géographique sur le territoire français. Elles sont liées par une croix de lumière qui  rappelle la résurrection et la pentecôte.

La croix nous rappelle qu’elle est signe d’un Esprit toujours nouveau qui nous habite et nous invite à vivre comme famille vincentienne dans notre monde, raison par laquelle le visage de Vincent se trouve dans le croisement de la croix.

 

Textes extraits du site famvin

 

A l'occasion du Jubilé des 400 ans du Charisme de Saint Vincent de Paul,

je vous invite à prier, pendant le mois de Juillet le Mois de Saint Vincent de Paul,

rendez-vous le 30 juin prochain

 

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25 mars 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Quatrième Dimanche du Carême

 

Méditation

 D'un François à l'autre...

 

« Les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « Tout est à toi, Maître, ami de la vie » (Sg 11, 26). D’où la conviction que, créés par le même Père, nous et tous les êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble. Le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le cœur de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les autres êtres humains. L’incohérence est évidente de la part de celui qui lutte contre le trafic d’animaux en voie d’extinction mais qui reste complètement indifférent face à la traite des personnes, se désintéresse des pauvres, ou s’emploie à détruire un autre être humain qui lui déplaît. Ceci met en péril le sens de la lutte pour l’environnement. Ce n’est pas un hasard si dans l’hymne à la création où saint François loue Dieu pour ses créatures, il ajoute ceci : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ». Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société ». (Pape François, Encyclique Laudato Si, n) 89, 91).

 

Quatrième semaine du Carême

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Lundi

Humilité de François

 

François se considère comme pécheur. L'humilité, qui peut être considérée comme pauvreté de soi-même, l'obsède autant que la pauvreté. Il se dévalorise pour ne pas sombrer dans l'orgueil. L'humiliation est pour lui une joie, alors que le compliment le chagrine. Ainsi, à la surprise de tous, il démissionne de sa charge de supérieur, préférant obéir plutôt que de commander. Au Cardinal d'Ostie, protecteur de son ordre, il écrit : « Seigneur, si mes frères ont reçu le nom de petits (mineurs), c'est pour qu'ils n'aspirent jamais à devenir grands. (…) ne leur permettez jamais d'accéder aux dignités ecclésiastiques ».

 

À l'école de Saint François

 

Que les frères se gardent bien de recevoir, sous aucun prétexte, ni églises, ni humbles demeures maisons, ni tout ce que l'on construit pour eux, si cela n'est conforme à la pauvreté que nous avons promise dans la Règle ; qu'ils y séjournent toujours comme des hôtes de passage, comme des étrangers, des pèlerins. (François d'Assise, Testament, 24).

Parole de Dieu : « L'orgueil précède l’effondrement, et la prétention, la chute. Mieux vaut être humble parmi des gens modestes, que partager un butin avec des orgueilleux ». (Proverbes 16, 18-19).

 

Dans ma vie

 

L'humilité n'est pas vraiment au goût du jour. L'a-t-elle vraiment été ? L'heure est plutôt à la compétition, au gravissement des échelons, et de la hiérarchie, quitte à se servir de l'autre et à l'écraser. L'humble se veut petit, conscient de ne rien posséder qui ne lui aurait été confié par Dieu. L'humble travaille, donne tout de sa personne pour le bien commun, pour son frère, non pour accéder à la première place. L'humble n'attend rien en retour, pas même un merci : ce qu'il fait, il l'offre, et quand c'est offert, cela ne lui appartient plus. L'humble est prêt à être malmené... parce qu'il est humble !

Effet de conversion : Aujourd'hui, je ne cherche pas à passer devant les autres ni en actes, ni en paroles. Je m'efforce d'être un marchepied pour mes frères... au nom du Christ.

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Mardi

Claire aux commandes de la barque

 

Trois ans durant, les Sœurs de Claire, et François lui-même, souhaitent que leur fondatrice devienne leur abbesse. Par grande humilité, Claire résiste et tient bon dans son refus. Au prix de l'obéissance, elle finit par s'y soumettre. La crainte prend l'ascendant sur la joie : l'obéissance était plus confortable que la responsabilité et la tenue du gouvernail. Se sentant davantage redevable, Claire s'ingénie à servir ses Sœurs en tout : elle échange son habit avec celle qui en a un moins bon, s'assoit la dernière à table, lave les pieds au retour des sorties... Claire préfère exécuter elle-même les tâches plutôt que de les ordonner.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Je prie aussi celle qui sera chargée des sœurs, de s’étudier à être la première par la vertu et la sainteté de sa vie plus que par sa charge (...). Qu’elle ait pour ses sœurs la prévoyance et le discernement d’une mère pour ses filles, (...). Qu’elle soit en outre si bienveillante et si avenante pour toutes, que les sœurs puissent en toute sécurité s’ouvrir à elle de leurs nécessités et recourir à elle à chaque instant avec confiance, (...) ». (Claire d'Assise, Testament, 19).

Parole de Dieu : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave ». (Matthieu 20, 26-27).

 

Dans ma vie

 

Dans une apparition à Sœur Faustine, Jésus lui demande une chose qu'elle ne peut mettre en œuvre car sa Supérieure s'y oppose. Jésus console Faustine attristée : son obéissance à sa Supérieure a porté plus de fruits que si elle avait désobéi. L'obéissance n'est cependant pas réservée aux religieux et consacrés. En tant que baptisé, j'obéis à l’Église et au Pape, même si je ne suis pas d'accord : je n'ai pas toutes les cartes en main pour tout comprendre. J'obéis aussi à l'Etat, sans frauder, etc. par respect pour mes frères. Quant aux lois iniques (avortement, euthanasie...) je peux (dois?) m'y opposer... en restant dans la Charité, l'amour et le respect du prochain.

Effet de conversion : Respecter la loi par égard pour les autres. Je commence par exemple en respectant les limitations de vitesse... et je relis les dix commandements.

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Mercredi

Claire et la pauvreté

 

Dès les débuts de sa vocation, la pauvreté est l'apanage de Claire. Elle vend ses biens, hérités de son père. Le fruit de la vente n'est bien sûr ni a son bénéfice, ni même à celui de son monastère. Elle les distribue directement aux miséreux. Les couvents de ses Sœurs ne doivent pas être trop confortable, à l'image de la Crèche accueillant le Fils de Dieu. Le Pape Innocent III octroie à l'Ordre de Claire l'étendard de la pauvreté. Son successeur Grégoire IX tente bien de lui proposer quelques propriétés pour assurer la subsistance à son ordre. C'est peine perdue : Claire s'en tient à son premier vœu.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« La voilà, cette perfection qui, dans les palais des cieux, scellera ton union avec le Roi (…)  : cette perfection a consisté pour toi à mépriser les grandeurs d'un royaume terrestre ; à juger indignes, en comparaison, les propositions d'un mariage avec l'empereur ; à pratiquer la très sainte pauvreté et, avec tout l'élan de ton amour et de ton humilité, à suivre les traces de Celui aux noces duquel tu as mérité d'être conviée ». Claire d'Assise, Deuxième Lettre à Agnès de Prague 5-7).

Parole de Dieu : « Ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu ». (Luc 16, 15).

 

Dans ma vie

 

Tenir bon dans sa vocation ! Tenir bon dans ses résolutions ! Parfois la tentation peut même venir de personnes de l’Église comme Grégoire IX qui propose à Claire d'alléger la pauvreté qu'elle impose à son ordre. Cela part d'une bonne intention. Ne dit-on pas que « l'enfer est pavé de bonnes intentions » ?! Parfois, c'est moi qui tente les autres en leur disant que telle ou telle chose ne vaut pas la peine, etc. Carême est un temps de combat pendant lequel je dois tenir bon, mais pas tout seul : Dieu Trinité, Marie, les Saints, mon Ange Gardien sont là (et vraiment là!) pour m'aider.

Effet de conversion : À ce stade du Carême, je ressens des difficultés à tenir mes résolutions. Je fais le point sur ce qui m'est facile et difficile. Je relis le passage de l'Evangile de Saint Luc 4, 1-13.

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Jeudi

François et le sultan

 

François éprouve une sainte jalousie pour les martyrs. Il veut prêcher la Foi Chrétienne chez les Sarrasins. La Syrie puis le Maroc se refusent à lui : cela semble être la Volonté de Dieu. Un troisième essai aboutir, le conduisant chez le sultan de Babylone. La guerre y fait rage entre chrétiens et sarrasins, avec promesse d'or à qui amènera une tête de chrétien. Fait prisonnier, François est amené auprès du sultan, impressionné par la Foi et la ferveur de sa prédication. Sans adhérer pour autant, le sultan estime l'homme, en fait son hôte et le couvre de présents... qu'il refuse, accroissant encore l'estime du sultan.

 

À l'école de Saint François

 

« Les frères qui, sous l'aspiration de Dieu, voudront aller chez les Sarrasins et autres infidèles en demanderont la permission à leur ministre provincial. Les ministres, eux, ne le permettront qu'à ceux qu'ils jugeront capables de cette mission ». (François d'Assise, Deuxième Règle 12).

Parole de Dieu : « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir ». »

 

Dans ma vie

 

Pourquoi notre cher François à eu la vie sauve alors qu'il cherchait à mourir pour sa Foi et être semence pour l'avènement du Royaume dès ici-bas ? Pourquoi d'autres, inconnus, n'ont-il pas eu cette « chance » de garder la vie sauve ? Le Seigneur sait ce dont chaque cœur a besoin et ce dont il est capable. Il sait ce dont a besoin une terre pour être fertile. Nous n'avons pas connaissance de ces données. Laissons-le donc guider nos vies. Ouvrons-nous toujours à l'Esprit-Saint et accueillons les événements.

Effet de conversion : Ai-je un projet de vie ? Où en suis-je de ce projet ? Je relis ma vie, mes échecs et mes réussites et j'essaie d'y voir la main de Dieu qui m'a relevé ou guidé...

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Vendredi

Claire et la multiplication du pain

 

Sœur Cécile est désespérée : l'heure du repas s'annonce et il ne reste qu'un seul pain. Inquiète, elle s'empresse d'en informer Claire. Confiante, la mère abbesse demande à Sœur Cécile de partager le pain en deux : une moitié pour les Frères qui sortent mendier quelques dons pour les Pauvres Dames, et l'autre pour les Sœurs. Dans la moitié du pain des Sœurs, Cécile devra couper 50 morceaux, un pour chaque Sœur du monastère. Comment faire avec un si petit morceau de pain ? « Va, ma fille, et fais en paix ce que je t'ai dit », assure Claire. Cécile obtempère... et chaque Sœur mange à sa faim.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Avec quel soin donc, avec quel élan passionné du corps et de l'âme ne devons-nous pas accomplir ce que nous demande Dieu notre Père, afin qu'avec sa grâce nous puissions lui rendre multiplié le talent que nous en avons reçu ! Multiplié, car ce n'est pas seulement pour les autres que Dieu nous a destinées à être des modèles et des miroirs, mais aussi pour chacune de nos sœurs afin qu'elles soient à leur tour des modèles et des miroirs pour ceux qui vivent dans le monde ». (Claire d'Assise, Testament, 6).

Parole de Dieu : « Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule ». (Luc 9, 16).

 

Dans ma vie

 

Être missionnaire et faire des disciples peut ne pas demander d'effort physique ou de déplacement exorbitant. Quand je vis de la Vie du Christ, je rayonne de Son Amour autour de moi. Cela interpelle mes frères et sœurs et les incite à suivre eux-mêmes Celui qui veut notre bonheur – et qui le fait déjà sur terre en vue du Ciel. Tout mon travail de conversion est de vouloir ressembler en tout ce qui m'est possible au Christ. Lui ressembler, c'est déjà Le servir. C'est aussi servir mes frères, puisque je leur offrirai de voir en partie le Visage du Christ, ce qui devrait les inciter à le suivre à leur tour.

Effet de conversion : Aujourd'hui, je m'efforce d'avoir une « tête de ressuscité » plutôt qu'une « tête de Carême » ! Je m'efforce de sourire et d'être agréable, même si cela me coûte énormément.

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Samedi

Claire et le jeûne

 

Claire ne s'épargne aucun sacrifice, en offrande sainte à Celui en les mains duquel elle a remis sa vie. Ainsi, Claire dort à même le sol, une paillasse ou un morceau de bois lui servant d'oreiller. Le jeûne est, pourrait-on dire, son aliment préféré. Lors du Carême, elle se contente de pain et d'eau,, véritable festin comparé aux trois jours hebdomadaires de jeûne total. Par souci de santé, François et l'évêque d'Assise usent de leur autorité et interdisent à Claire le jeûne total, l'obligeant à prendre au moins « une once et demie de pain ».

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Sauf pour les malades et les sœurs particulièrement fragiles (auxquelles saint François nous a bien recommandé et ordonné de procurer avec le plus grand dévouement possible tous les aliments sans considération d'interdiction de règle), aucune de nous, pourvu qu'elle soit saine et valide, ne devrait jamais suivre un autre régime que celui du carême, et cela aussi bien les jours de fête que les fériés ; le jeûne devrait être perpétuel, sauf le dimanche et le jour de Noël » (Claire d'Assise, Troisième Lettre à Agnès de Prague 31-33).

Parole de Dieu : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Matthieu 22, 39).

 

Dans ma vie

 

Le jeûne alimentaire est une chose admirable qui porte du fruit, c'est à n'en pas douter. Le jeûne est cependant un choix personnel. Je ne dois pas regarder l'autre de travers parce qu'il a choisi de ne pas jeûner ou parce qu'il ne le peut pas... ou même parce qu'il succombe et finit par manger. Chacun son Carême ! Ni intransigeance (il fait savoir lâcher du lest, y compris envers soi-même, surtout si la santé l'exige), ni intolérance. Il y a tellement de façon de jeûner...

Effet de conversion : Aujourd'hui, je fais un effort (offert au Seigneur) sur mon alimentation : jeûne intégral ou partiel (pain et eau par exemple). J'offre à manger à un mendiant ou je fais don du montant de ma privation à une association caritative.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

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18 mars 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Troisième Dimanche du Carême

 

Méditation

 D'un François à l'autre...

 

« Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. La pauvreté et l’austérité de saint François n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d'usage et de domination. D’autre part, saint François, fidèle à l’Écriture, nous propose de reconnaître la nature comme un splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté : « La grandeur et la beauté des créatures font contempler, par analogie, leur Auteur «  (Sg 13, 5), et « ce que Dieu a d’invisible depuis la création du monde, se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité » (Rm 1, 20). (Pape François, Encyclique Laudato Si, 11-12).

 

Troisième semaine du Carême

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Lundi

François et les animaux

 

Frère François est admiratif de la bonté et de la création de Dieu. Il n'a de cesse de louer le Seigneur pour toutes les merveilles, petites et grandes, qu'il rencontre. Il a une réelle proximité avec les animaux : les hirondelles gazouillant à ne plus s'entendre pendant ses homélies se taisent sur son ordre ; les moutons lui font la fête quand il passe près d'eux et les salue ; une biche, offerte un jour, entre dans l'église quand chantent les Frères, fléchissant les genoux ou se prosternant lors de l'élévation pendant la sainte messe... sans oublier le célèbre loup de Gubbio que François convertit !

 

À l'école de Saint François

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, dans toutes tes créatures, spécialement messire le frère Soleil, qui fait le jour et par qui tu nous illumines ; il est beau, rayonnant d'une grande splendeur ; de Toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole. (…) Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, et les fleurs diaprées et les herbes ». (François d'Assise, Cantique de Frère Soleil ou « des Créatures »).

Parole de Dieu : « Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange ». (Psaume 62 4-6).

 

Dans ma vie

 

Dans ma vie tourbillonnante d'activités, qu'elles soient professionnelles, familiales, ludiques ou autres, je me demande souvent quelle place donner à a la prière. Je peux, et même je devrais, lui accorder une vraie place dans mon emploi du temps. Je peux aussi faire de chaque respiration, de chaque battement de cils une prière de louange et d'action de grâce envers Dieu mon créateur. Ainsi peuvent jaillir de mon cœur et de ma bouche de très courtes prières à tout moment. C'est cela l'oraison jaculatoire.

Effet de conversion : Je relis le Cantique des Trois Enfants (Daniel 3, 52-90) et me l'approprie en apprenant par cœur le verset qui me touche le plus. Je le ruminerai le plus souvent dans la journée.

 

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Mardi

La vie austère de François

 

« Ceux qui appartiennent au Christ on crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences ». La parole de Saint Paul aux Galates marque profondément François. Il s'impose alors une vie austère dans le seul but de garder corps et âme purs. Ainsi privait-il ses aliments de goût, couchait-il à même le sol avec sa tunique pour couverture, considérait-il l'oisiveté comme un réservoir de mauvaises pensées... Sur la légèreté de son habit lors des hivers rigoureux, il répondait simplement : « Si nous brûlions de ce feu intérieur qu'est la patrie céleste, nous supporterions allègrement le froid extérieur ! »

 

À l'école de Saint François

 

« Il y en a beaucoup qui sont férus de prières et d'offices, et qui infligent à leur corps de fréquentes mortifications et abstinences. Mais pour un mot qui leur semble un affront ou une injustice envers leur cher « moi », ou bien pour tel ou tel objet qu'on leur enlève, les voilà aussitôt qui se scandalisent et perdent la paix de l'âme. Ceux-là n'ont pas le véritable esprit de pauvreté : car celui qui a le véritable esprit de pauvreté se hait lui-même, et chérit ceux qui le frappent sur la joue ». (François d'Assise, Admonitions, 14).

Parole de Dieu : « Nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné ». (2 Th. 3, 11-12).

 

Dans ma vie

 

« Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous », disait Aristote avant d'être repris par une grande entreprise française ! C'est peut-être bien ce qui manque au progrès depuis que l'homme est devenu un « chercheur de mieux être » : être partagé par tous. Cela explique peut-être pourquoi des hommes et des femmes refusent la moindre parcelle de luxe et se retirent dans une vie austère. Le progrès détourne de Dieu, car l'homme en veut toujours plus et se prend pour Dieu, puisqu'il sait améliorer les choses par lui-même. Mais ce progrès ne profite qu'à peu de gens. Est-il alors vraiment progrès ?

Effet de conversion : J'essaie de me priver d'un « luxe » : marcher plutôt que prendre la voiture, dormir sans oreiller, prendre un repas sans dessert... : « Je vis ces privations dans la joie et l'offrande à l'amour de Dieu ».

 

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Mercredi

Claire affronte sa famille

 

La « fugue » de Claire exacerbe les passions familiales. Aussi sa famille se déplace-t-elle, tentant de raisonner et de ramener à la maison la jeune fugueuse. Claire les reçoit dans la chapelle, agrippée à l'autel. Plus saintement entêtée que jamais, elle leur fait momentanément entendre sa raison. François déplace ses protégées à l'Abbaye bénédictine de Saint-Ange. Agnès, 15 ans, sœur de Claire, la rejoint, déclenchant l'ire de sa parenté, notamment un oncle qui réunit une douzaine de cavaliers en vue de ramener la jeune cadette chez les siens. Agnès ne doit son salut de rester auprès de Claire que par intervention divine.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Louange et Gloire, à toi, pour la Très Sainte Plaie de Ton pied droit, Seigneur Jésus-Christ, doux comme le miel. Par cette Plaie Sacrée, accorde-moi de faire digne pénitence pour mes péchés. Et par Ta Mort très pieuse, je T'en supplie : garde-moi jour et nuit, moi ta servante, dans Ta Volonté, arrache-moi à toute adversité de l'âme et du corps, reçois mon âme au jour redoutable dans Ta Foi et Ta Miséricorde et conduis-moi aux joies éternelles. Amen. » (Claie d'Assise, Prière aux Cinq Plaies).

Parole de Dieu : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ». (Mt 10, 37-38).

 

Dans ma vie

 

Aller contre la volonté de ses parents, de sa famille, ce n'est pas facile. Surtout quand on a 15 ans ! Obéir est une belle et grande vertu qui donne beaucoup de fruit. Cependant, lorsque je suis sûr de la Volonté de Dieu, et toujours après un véritable et saint discernement, je peux m'engouffrer corps et âme sur ce chemin. Et quand bien même je dois malgré tout obéir à mes parents (ou aux contraintes imposées par ma vie actuelle, par mes engagements), en déposant tout dans les mains du Seigneur, j'aurai la conviction de réponde à son appel, et je serai l'âme.

Effet de conversion : Toute décision en faveur de Dieu et à l'encontre de l'obéissance parentale doit se prendre en respectant son père et sa mère. Je regarde mon passé et, le cas échéant, je demande pardon à mes parents.

 

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Jeudi

Claire : Installation à Saint Damien

 

Riche année que celle de 1212 ! François établit ses protégées à Saint Damien, dans l'église qu'il à relevée suite à la demande entendue du Seigneur. Éclairé par l'Esprit-Saint, il avait prophétisé : « Venez et aidez-moi dans l'oeuvre de Saint Damien, car ici viendront beaucoup de saintes femmes qui glorifieront grandement le Père Céleste par la perfection de leur vie ». En effet : Claire se sent bien dans ce lieu qu'elle estime propice à la prière, à l'épanouissement de sa vocation. Les monastère des Pauvres Dames, les premières Clarisses, est né. Claire y passera le reste de ses années terrestres.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Nous avons donc bien sujet de considérer là l’immense bonté de Dieu à notre égard : dans sa bonté et son amour surabondants il a fait proclamer par son saint le choix qu’il porterait sur nous et l’appel qu’il nous adresserait. Et ce n’était pas seulement de nous que notre bienheureux Père prophétisait ainsi, mais encore de toutes celles qui nous suivront dans cette vocation sainte à laquelle le Seigneur nous a appelées ». (Claire d'Assise, Testament, 5).

Parole de Dieu : « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour ». (Rm 8, 28).

 

Dans ma vie

 

L'appel que le Seigneur nous adresse est incessant. De tout temps et en tout lieu, Dieu appelle les hommes à répondre à leur vocation. Il est donc important de prier pour les vocations, non pas tant pour que le Seigneur appelle des hommes et des femmes à le servir et à servir leurs frères. Cette prière pour les vocations doit être bien orientée : « Seigneur, ouvre les oreilles à tes appelés et ouvre les cœurs afin qu'ils te répondent librement oui, sans restriction ! » Marie, elle qui s'est donnée en acceptant tout lors de l'Annonciation, peut intercéder avec succès pour nos prières.

Effet de conversion : Je prends un temps de prière pour les vocations sacerdotales, religieuses, consacrées, familles chrétiennes vivant de leur foi... J'ouvre mon cœur pour accepter la, mienne et celle de mes proches.

 

14

Vendredi

François et les miracles

 

De son vivant, François est un thaumaturge. Il se fait l'instrument de Dieu en multipliant la nourriture, en guérissant des malades, en transformant l'eau en vin, en apparaissant à des endroits ou il ne peut logiquement pas de trouver : (« bilocation »). Il est véritablement « à l'image du Christ ». Par exemple, une nuit, accompagné d'un Frère ils se retrouvèrent entre Pô et marais, bloqués par l'obscurité et risquant la noyade. François se met en prière et Dieu l'exauce : une lumière miraculeuse illumine route et environs, leur permettant d'atteindre leur destination sans encombre.

 

À l'école de Saint François

 

« Où règnent charité et sagesse, il n'y a ni crainte ni ignorance. Où règnent patience et humilité, il n'y a ni colère ni trouble.(...) Où règnent paix intérieure et méditation, il n'y a ni désir de changement ni dissipation. Où règne crainte du Seigneur pour garder la maison, l'ennemi ne peut pratiquer nulle brèche pour y pénétrer. Où règnent miséricorde et discernement, il n'y a ni luxe superflu ni dureté du cœur ». (François d'Assise, Admonitions, 27).

Parole de Dieu : « Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères ». (Rm 8, 29).

 

Dans ma vie

 

Les miracles de Jésus servent, en principe, à renforcer ma Foi, ils donnent des éléments à ma raison de croire Dieu fait homme. En Jésus, tout a été révélé : il n'y a plus rien a ajouter. Alors à quoi servent les miracles des Saints ? « (…) les miracles du Christ et des saints, les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Église, sa fécondité et sa stabilité « sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous », des « motifs de crédibilité » qui montrent que l’assentiment de la foi n’est « nullement un mouvement aveugle de l’esprit ». » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 156).

Effet de conversion : Raison et foi... Je cherche le bon équilibre. Aujourd'hui, je médite le Credo et le prie à plusieurs moments de la journée.

 

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Samedi

L'aura de Claire

 

De toutes parts, proches et lointaines contrées, la renommée de Claire se répand. De nombreuses femmes la rejoignent, souhaitant suivre l'exemple de ses vertus. Sa manière d'être, plus que ses actions, attire. Viennent à elle des jeunes filles désirant garder leur virginité, des veuves, et riches et nobles dames, des épouses se séparant par consentement mutuel (l'époux se mettant à la suite de François). Si des femmes ne peuvent rejoindre Claire, leurs vies sont bouleversées par elle, passant du vice à la vertu, ou bien érigeant des monastères ou chapelles... Claire et ses disciples deviennent de véritables exemples de sainteté.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Mais le chemin qui mène à la vie est étroit, et la porte qui nous y donne accès est étroite elle aussi ; c’est pourquoi il y en a peu qui empruntent ce chemin. Et parmi ceux qui, durant un certain temps, y ont cheminé, il y en a encore bien moins qui y persévèrent. Mais, bienheureux ceux auxquels il a été donné d’y marcher et d’y persévérer jusqu’à la fin ! » (Claire d'Assise, Testament, 21).

Parole de Dieu : « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » .Mc 10, 21)

 

Dans ma vie

 

Dans la vie on a souvent besoin d'un modèle, d'un mentor, d'une personnes que l'on admire et à qui l'on veut ressembler. Claire à trouvé François, qui a trouvé Jésus. François mène Claire à Jésus... Je dois rester vigilant, ne pas me tromper de modèle. Si je décide de suivre un intermédiaire du Christ, il ne doit pas me mener à lui-même et à ses propres intérêts : j'aurai alors affaire à un gourou. Prêtre, supérieur, fondateur de communauté... s'effacent devant Jésus. Comme Marie : elle n'est pas une déesse, sorte de « quatrième personne de la Trinité » ! Elle nous mène à Son Fils qui seul est le chemin, la vérité, la vie.

Effet de conversion : Je réfléchis à la (ou les) personne(s) que j'ai pris pour modèle. En ai-je fait une idole ? Je me recentre sur Jésus et en chaque acte ou parole je me demande : « Qu'aurait fait Jésus à ma place ? »

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

François et Claire

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11 mars 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Deuxième Dimanche du Carême

 

Méditation

D'un François à l'autre...

 

« Pour proposer une relation saine avec la création comme dimension de la conversion intégrale de la personne, souvenons-nous du modèle de saint François d’Assise. Cela implique aussi de reconnaître ses propres erreurs, péchés, vices ou négligences, et de se repentir de tout cœur, de changer intérieurement. Les Évêques australiens ont su exprimer la conversion en termes de réconciliation avec la création : « Pour réaliser cette réconciliation, nous devons examiner nos vies et reconnaître de quelle façon nous offensons la création de Dieu par nos actions et notre incapacité d’agir. Nous devons faire l’expérience d’une conversion, d’un changement du cœur ». Cependant, il ne suffit pas que chacun s’amende pour dénouer une situation aussi complexe que celle qu’affronte le monde actuel. Les individus isolés peuvent perdre leur capacité, ainsi que leur liberté pour surmonter la logique de la raison instrumentale, et finir par être à la merci d’un consumérisme sans éthique et sans dimension sociale ni environnementale. On répond aux problèmes sociaux par des réseaux communautaires, non par la simple somme de biens individuels (…). La conversion écologique requise pour créer un dynamisme de changement durable est aussi une conversion communautaire. (Pape François, Encyclique Laudato Si, 218-219).

 

Deuxième semaine du Carême

 

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Lundi

François et Bernard, les pionniers

 

Bernard, attiré par son enseignement et sa vie, est le premier disciple de François. Après avoir prié pour connaître de quelle manière ils doivent vivre, ils ouvrent par trois fois (en l'honneur de la Sainte Trinité) les Evangiles. Trois passages leur indiquent la voie à suivre : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres », « Ne prenez rien pour la route », et « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive » (Matthieu 19, 21 ; Luc 9, 3 ; Matthieu 16, 24). « Voilà notre vie, voilà notre règle et celle de tous ceux qui voudraient venir avec nous ».

 

À l'école de Saint François

 

« La règle de vie des Frères Mineurs est la suivante : observer le saint Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l'obéissance, sans avoir rien en propre et dans la chasteté. Le frère François promet obéissance et respect au Seigneur Pape Honorius et à ses successeurs canoniquement élus, et à l'Eglise romaine. Les autres frères sont tenus d'obéir au frère François et à ses successeurs ». (François d'Assise, Deuxième Règle 1).

Parole de Dieu : « Éloigne de moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain ». (Proverbes 30, 8).

 

Dans ma vie

 

Si je comprends le message de l’Église, je crois qu'être riche n'est pas bon, qu'il faut absolument être pauvre. Le péché n'est pas dans la richesse (« Si vous amassez des richesses, n'y mettez pas votre cœur » (Psaume 61, 11), mais dans l'orgueil : penser que tout est à moi, gagné par la seule force. Gardons à l'esprit que tout est grâce, don de Dieu. Ainsi le partage sera plus aisé ! Il y aura toujours des riches et des pauvres ! En disciples du Christ, mettons de l'amour dans ce monde en ne gardant pas les biens pour nous-mêmes. Plus il y aura de chrétiens riches, plus il y aura de partage des richesses !

Effet de conversion : Riche ou pauvre, je peux et dois partager si je me mets à la suite du Christ. Que représentent 10% de mon salaire ? J'y réfléchis sérieusement et je prévois de faire un don dès aujourd'hui ?

 

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Mardi

François à Rome

 

Ils sont maintenant douze Frères. François, souhaitant alors la reconnaissance de l’Église, part avec des disciples à Rome rencontrer le Pape Innocent III. La première rencontre est impromptue, dans les jardins du Latran : le Souverain Pontife renvoie l'inconnu (François) qui tente de l'aborder. Suite à un songe, il le fait chercher dans toute la ville. François présente un projet. Un cardinal l'appuie : « Soutenir que c'est folie de pratiquer la perfection de l'Evangile, c'est blasphémer contre le Christ ». Le Saint Père adhère, approuve la Règle, appelle François et ses compagnons à prêcher, et les tonsure.

 

À l'école de Saint François

 

« A tous mes frères clercs et laïcs je prescris fermement, en vertu de l'obéissance, de ne faire de gloses ni sur la Règle ni sur ces paroles en disant : Voici comment il faut les comprendre ! Mais de même que le Seigneur m'a donné de dire et d'écrire la Règle et ces paroles purement et simplement, de même vous aussi, simplement et sans glose, vous devez jusqu'à votre dernier jour les comprendre et les mettre en pratique par de saintes actions ». (François d'Assise, Testament).

Parole de Dieu : « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle ». (Matthieu 16, 18).

 

Dans ma vie

 

Être chrétien, c'est faire partie de l’Église du Christ. Je ne peux pas être chrétien tout seul et je ne peux œuvrer dans l’Église Catholique sans son accord ou sa reconnaissance officielle. Même si cette Eglise semble me décevoir par certains côtés, parce qu'elle est humaine, cela ne remet en cause ni ma Foi, ni ma confiance en Dieu, en l’Église de son Fils et en l'Esprit Saint qui la dirige. Si je ne suis pas toujours d'accord avec ses décisions, ses conseils de vie, je me dis que c'est sûrement parce que je n'ai pas toutes les clés en main. Mais je m'attache à lui rester fidèle et obéissant.

Effet de conversion : Souvent, les propos de l'Evangile sont déformés par ceux qui en parlent. Aujourd'hui je me mets en quête de textes de l’Église à lire pour mieux comprendre son message.

 

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Mercredi

Claire et l'idéal de François

 

Claire entend parler d'un certain François qui s'est converti tout récemment. Il a embrassé la vie religieuse et érigé e idéal évangélique la pauvreté. Il veut ramener dans le monde la perfection évangélique. Ce François prêche à qui veut l'entendre la Bonne Nouvelle de l'Evangile. Claire en est transportée de joie et caresse désormais le doux espoir de rencontrer cet homme qui incarne ce qu'elle recherche, de lui ouvrir son cœur et de partager avec lui le bonheur, déjà palpable ici-bas, de vivre avec et pour le Bon Dieu.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Or, le Fils de Dieu s’est fait lui-même notre Voie et le bienheureux Père saint François, son amant authentique et son imitateur, nous l’a montrée et enseignée par sa parole et par ses exemples. Nous devons donc (...), considérer les immenses bienfaits dont Dieu nous a comblées, mais surtout ceux dont il a daigné nous favoriser par l’intermédiaire de son serviteur (...) François, non seulement après notre entrée au monastère mais lors même que nous étions encore dans les vanités du monde ». (Claire d'Assise, Testament 2-3).

Parole de Dieu : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ». (Jean 14, 6-7).

 

Dans ma vie

 

Il n'y a pourtant qu'une seule digne d'être suivie : Jésus. Je peux avoir mes préférences pour les célébrations (lieu, prêtre...), mais cela ne doit pas entraver mon amour du Christ, et surtout, cela ne doit pas empêcher mon rendez-vous amoureux dominical avec celui qui s'est donné sans compter pour me montrer qu'il m'aime et me sauver. Un prêtre que j'apprécie, même le plus fidèle à l’Église et l'Evangile, ne remplacera jamais Jésus, mais me conduira à lui. C'est Jésus que je dois suivre... dans l’Église ! Claire l'a compris : elle suit le Christ en se mettant à la suite de François.

Effet de conversion : Je me penche aujourd'hui sur mon amour de l'Eucharistie. Je me mets en condition pour voir en le Prêtre un instrument et ne regarder que Jésus au cours des messes auxquelles je participe.

 

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Jeudi

François : l'Ordre naissant

 

La vie des Frères est travail, dénuement, prière intérieure... Pauvreté de leur prière : le crucifix est leur livre, puisqu'ils n'en ont pas ! François apprend à ses Frères à louer Dieu en sa création, à respecter les Prêtres et prier pour eux... Devant chaque calvaire ou église, on prie un pater suivi de : « Nous vous bénissons parce que vous avez racheté le monde pas votre Sainte Croix ». Les Frères s'installent définitivement à la Portioncule où laïcs (célibataires ou mariés) et clercs les rejoignent, formant les deux premières branches de l'Ordre.

 

À l'école de Saint François

 

« Le Seigneur m'a donné et me donne encore, à cause de leur caractère sacerdotal, une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la règle de la sainte Église romaine, que, même s'ils me persécutaient, c'est à eux malgré tout que je veux avoir recours (…). Je veux les respecter, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Je ne veux pas considérer en eux le péché ; car c'est le Fils de Dieu que je discerne en eux (…) ». (François d'Assise, Testament).

Parole de Dieu : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés ». (Matthieu 6, 7).

 

Dans ma vie

 

Le Prêtre est à l'image du Christ... comme tout baptisé, pour autant qu'il s'en donne ma peine. Je ne respecte pas davantage le Prêtre que les autres parce qu'il est Prêtre ! Je le respecte comme tout être humain, et parce qu'il a donné sa vie à Dieu dans le Sacerdoce... tout comme moi je l'ai donnée à Dieu dans mon état de vie. Chaque vocation est sacrée, belle et nécessaire : des prêtres pour les Sacrements, des religieux et consacrés pour la prière interrompue et des familles pour la vie chrétienne dans le monde ainsi que le renouvellement des générations.

Effet de conversion : Je prie pour un Prêtre, pour mon évêque et pour le Pape François. J'offre pour eux un petit sacrifice, une privation...

 

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Vendredi

Claire rencontre le Poverello

 

Claire aspire à réunir d'autour d'elle des jeunes filles vierges afin de poursuivre son idéal évangélique. En 1210, vers l'âge de 16 ans, un matin de Carême, elle entend François prêcher. Le feu de ses paroles embrase le cœur de Claire. Elle n'y tient plus et parvient à le rencontrer, lui exposant son projet de vie : abandonner le monde et servir Dieu dans la chasteté. Tout à sa joie d'entendre le récit d'une telle vocation, François décide néanmoins d'éprouver Claire : elle devra se revêtir d'un sac et parcourir la ville en mendiant son pain. De bonne grâce, elle s'exécute.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Après que le très haut Père des cieux eut daigné, par sa bonté et par sa grâce, projeter en mon cœur ses lumières et m’inspirer de faire pénitence selon l’exemple et l’enseignement de notre bienheureux Père François (c’était peu de temps après sa propre conversion), accompagnée des quelques sœurs que le Seigneur m’avait données dès le début de ma vie pour Dieu, je fis volontairement le vœu d’obéissance entre ses mains ». (Claire d'Assise, Testament 7).

Parole de Dieu : « Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » (Luc 1, 38).

 

Dans ma vie

 

Dans l'esprit de beaucoup il est important de laisser une trace en ce monde, d'avoir une descendance. Certaines civilisation considèrent que les enfants permettent à l'âme de leurs ancêtres de continuer à vivre en eux. Une espèce de vie éternelle en quelque sorte. Mais je dois ne poser la question de ce qui est est pérenne, de ce qui porte du fruit, de ce que sont la paternité et la maternité. La création seule est appelée à être pérenne en Dieu. Ce qui donne du fruit, c'est le don de soi, de sa vie, intégralement. Être père ou mère, c'est amener des enfants au Dieu d'amour.

Effet de conversion : Suis-je prêt à me donner librement pour ceux que j'aime, pour Jésus ? Je commence à me mettre dans cet état d'esprit : dès que quelqu'un m'appelle, j'abandonne toute activité personnelle et me mets à son service.

 

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Samedi

Les vœux de Claire

 

Devant l'insistance de Claire, François lui propose de venir le soir du Dimanche des Rameaux 1212 à la Portioncule (à 4 km d'Assise). Entouré de ses compagnons Frères Mineurs, et après qu'elle a revêtu l'habit religieux, la ceinture faite d'une grosse corde et le voile blanc et noir fait de tissu rude et grossier posé sur ses cheveux fraîchement coupé, il reçoit les vœux de celle qui se donne à Dieu. Devant l'Autel de Notre Dame des Anges, Claire s'offre à la pauvreté, la chasteté, l'obéissance et la clôture perpétuelle. François la conduit chez les Bénédictines du monastère de Saint Paul.

 

À l'école de Saint François

 

« Puisque, par inspiration de Dieu, vous avez voulu devenir filles et servantes du très haut et souverain Roi, le Père des cieux, et puisque vous vous êtes données comme épouses à l'Esprit-Saint, je veux, et j'en prends l'engagement, avoir toujours, par moi-même et par mes frères, pour vous comme pour eux, un soin attentif et une affection toute spéciale ». (François d'Assise, écrits pour les Soeurs de Sainte Claire).

Parole de Dieu : « Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » (Luc 19, 5).

 

Dans ma vie

 

Claire, François... et bien d'autres après eux ont trouvé leur vocation et ont dit oui. Cette acceptation a aussi donné lieu à des renoncements : une situation sociale, un bien-être matériel, etc. Sans pour autant faire un choix aussi radical que le leur, je dois bien prendre conscience que « choisir, c'est mourir ». En effet, toute décision en faveur que quelque chose est forcément l'abandon d'autre chose. Comme le dit le dicton populaire : « On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre ! » D'où l'importance d'un bon discernement en toutes choses.

Effet de conversion : Je décide aujourd'hui de faire preuve de sagesse en ne prenant pas de décision hâtive. Je prie l'Esprit-Saint de m'éclairer en tout.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

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4 mars 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Premier Dimanche du Carême

 

Méditation

D'un François à l'autre...

 

La vocation de garder, cependant, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens (…). C’est le fait de garder la création tout entière, la beauté de la création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. C’est le fait de garder les gens, d’avoir soin de tous, de chaque personne, avec amour, spécialement des enfants, des personnes âgées, de celles qui sont plus fragiles et qui souvent sont dans la périphérie de notre cœur. C’est d’avoir soin l’un de l’autre dans la famille : les époux se gardent réciproquement, puis comme parents ils prennent soin des enfants et avec le temps aussi les enfants deviennent gardiens des parents. C’est le fait de vivre avec sincérité les amitiés, qui sont une garde réciproque dans la confiance, dans le respect et dans le bien. Au fond, tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Soyez des gardiens des dons de Dieu ! Et quand l’homme manque à cette responsabilité, quand nous ne prenons pas soin de la création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit. (Pape François : Homélie de la messe d'inauguration du Pontificat, 19 mars 2013, solennité de Saint Joseph).

 

Première semaine du Carême

 

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Lundi

Début de la conversion de François

 

La conversion de François commence à s'opérer : prière, souci du pauvre, mépris des choses terrestres. Le lépreux ne l'effraie plus : il descend de cheval pour subvenir à ses besoins et le soigner. Il se détache des obligations requises par son travail après de son père et vient même à distribuer les biens paternels au tout-venant. Tandis qu'il demande des lumières sur sa vocation à son Père des Cieux, son père terrestre est fou de rage. Une vision du Christ en croix transforme François et il ne peut plus penser à la Passion sans verser de larmes.

 

À l'école de Saint François

 

« Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j'étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m'était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux; je les soignai de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m'avait semblé si amer s'était changé pour moi en douceur pour l'esprit et pour le corps. Ensuite j'attendis peu, et je dis adieu au monde ». (François d'Assise, Testament 1-3).

Parole de Dieu : « Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». (Matthieu 16, 24).

 

Dans ma vie

 

La maladie fait peur. Bien souvent, au jour de l'An, on entend : « Bonne année ! Et surtout, bonne santé ! La santé c'est le plus important ! » C'est vrai qu'il est plus confortable d'être en bonne santé, de « mourir en bonne santé » ! Et l'hôpital aussi me fait peur ! Tous ces gens malades, toutes ces personnes âgées dans les maisons de retraites, les unités Long Séjour... Je redoute même d'aller voir cette grand-mère ou ce grand-père, ce grand-oncle... C'est trop difficile ! Pourtant, ça ne me prendrait qu'un peu de temps, alors que lui restera après ma visite, dans ces murs (in)hospitaliers !

Effet de conversion : Je prends la ferme résolution de rendre visite à quelqu'un de ma famille dans un hôpital, une maison de retraite... Je peux aussi prendre contact pour rejoindre une équipe de visiteurs hospitaliers.

 

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Mardi

Claire et le mariage

 

De noble condition, très logiquement, les parents de Claire souhaitent lui trouver de préférence une alliance intéressante pour la famille. Beauté, intelligence, grâce, sagesse, douceur, discrétion, humilité... sont autant de qualités qui feront d'elles une épouse parfaite, tenant dignement son rang, et que le mari sera fier d'exhiber, tel un joyau, à son bras lors des réceptions mondaines. Son papa décédé, toute la famille s'attelle à lui faire accepter une des nombreuses demandes en mariage. Mais Claire ne s'y résout pas, s'étant déjà donnée exclusivement à Jésus dans la prière.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« Alors que vous auriez pu jouir de toutes les flatteries et de tous les honneurs du monde, et accéder même à la plus haute gloire en devenant l'épouse légitime de l'illustre empereur (…) vous avez renoncé à tout et vous avez opté, de tout l'élan de votre âme et de votre cœur, pour la très sainte pauvreté et pour le dénuement ; vous avez choisi un époux de race plus noble encore : notre Seigneur Jésus-Christ, qui gardera pure et intacte votre virginité (...) ». (Claire d'Assise, première lettre à Agnès de Prague 5, 6-7).

Parole de Dieu : « Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises ». (Galates 5, 24).

 

Dans ma vie

 

Pourquoi donc le pouvoir où les places hautes de la société seraient-ils à fuir ? Il faut bien des personnes pour occuper ces postes à responsabilité ! Est-ce vraiment mal d'être l'épouse d'un homme riche ou le mari d'une héritière aisée ? Il y a du mal à tout cela si je ne suis pas capable de rester dans l'amour de Dieu et de mon prochain. Il est évident que les chrétiens doivent eux aussi investir les instances dirigeantes. C'est pour cela qu'existe la Doctrine Sociale de l’Église ! Bien sûr, que je peux être marié(e) à quelqu'un de riche, pourvu que l'amour soit le socle de mon couple.

Effet de conversion : Je prends un temps de réflexion pour regarder si oui ou non, dans mon travail, ma foi est en accord avec mon attitude à l'égard de mes subordonnés. J'étudie les façons de changer d'attitude s'il y a lieu.

 

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Mercredi

François le bâtisseur

 

Sorti méditer dans la campagne, les pas de François le portent à l'église délabrée de Saint Damien. Seul, en prière devant le crucifix, il entend : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ». Il souhaite donc relever ce bâtiment. Il court à Assise, prend des marchandises chez son père et s'empresse de les vendre, de même que son cheval. Il offre ensuite l'argent au prêtre desservant l'église Saint Damien, qui le refuse, mais accepte la proposition de reconstruction. Recherché, François se cache pendant un moi, puis décide d'affronter ses concitoyens et son père qui le frappe et l'enchaîne.

 

À l'école de Saint François

 

« Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur ; donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ; donne-moi de sentir et de connaître, afin que je puisse l’accomplir, ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer. Amen ». (François d'Assise, prière devant le Crucifix).

Parole de Dieu : « Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Luc 6, 13).

 

Dans ma vie

 

Quelle chance a-t-il ce François ! Le seigneur lui a parlé en direct ! Ainsi sait-il quelle est exactement (ou à peu près...) la volonté de Dieu pour lui. Le résumé de son histoire donne l'impression que François se précipite dès cette convocation divine reçue. Il pourrait tomber dans un piège du démon ! Beaucoup de saints ont eu affaire aux attaques du Malin tentant de les détourner de leur appel en se faisant passer pour Dieu. François est homme de prière. Il est donc plus probable qu'il a discerné en priant et a reçu confirmation d'un appel véritable de Dieu.

Effet de conversion : Pas facile de discerner ! Je peux m'en donner les moyens par la prière, mais surtout en ne restant pas seul : je cherche un accompagnateur spirituel (si possible un prêtre... pour le Sacrement de Réconciliation) qui me suivra dans ma conversion perpétuelle.

 

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Jeudi

François sous le manteau de l’Église

 

Son père absent, Dame Pica libère François de ses entraves. Il profite de l'aubaine pour retrouver la solitude, bénissant le Seigneur de cette libération salutaire. De retour, son père tente de le ramener à la maison sinon à la raison. La fermeté de François pousse messire Bernardone à traduire don fils au tribunal de l'évêque, afin qu'il renonce à ses droits d'héritier et rende ce qu'il possède encore. François obtempère et rend tout, depuis son bel habit jusqu'aux chausses : le voici nu comme un vert ! Le prélat le couvre de son manteau avant de le vêtir du manteau de bure d'un de ses fermiers, habit de sa nouvelle vie.

 

À l'école de Saint François

 

« O Seigneur, que je ne cherche pas tant d'être consolé que de consoler, d'être compris que de comprendre, d'être aimé que d'aimer. Car c’est en se donnant que l’on reçoit, c’est en oubliant qu’on se retrouve soi-même, c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon, c’est en mourant que l’on ressuscite à l'éternelle Vie ». (François d'Assise, Prière pour la paix).

Parole de Dieu : « Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus ». (Actes des Apôtres 5, 41).

 

Dans ma vie

 

Ce passage de la vie de François est tout un symbole : il quitte le monde – celui de l'opulence, des moyens financiers permettant de tout avoir, le monde des excès de la fête, etc. –, il abandonne tous ses biens jusqu'à la moindre parcelle de tissu, pour rejoindre l’Église qui le couvre et le protège – le manteau de l'Evêque représente cette protection – dans sa volonté de changer de vie et de suivre l'Evangile du Christ. Le vieil homme laisse la place au nouveau. François cesse d'avoir raison pour enfin être. Sa conversion, déjà amorcée, entame sa course finale.

Effet de conversion : Mon désir de conversion radicale au Christ (en conservant mon état de vie : il ne s'agit pas de quitter son foyer pour entrer dans les ordres!) ne va pas aussi vite que je le pensais. Je prie avec confiance pour obtenir la grâce de la patience.

 

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Vendredi

François : la conversion définitive

 

François quitte Assise tel un va-nu pieds, mendiant sa subsistance. Il fait l'aumône, est hébergé chez des amis ou dans des monastères, rejoint les lépreux et se met à leur service. Enfin, il s'attache à répondre à l'appel reçu et reconstruit l'église Saint Damien grâce aux dons providentiels. Puis c'est au tour de l'église Saint Pierre à quelques kilomètres de la ville. Enfin, il rebâtit l'église du sanctuaire marial de Sainte Marie des Anges à la Portioncule. Sa dévotion pour la mère du Christ et son respect pour les anges l'incitent à se poser en ce lieu béni. Ces trois année de reconstruction marquent sa conversion définitive.

 

À l'école de Saint François

 

« Salut, Dame sainte, Reine très reine, mère de Dieu, ô Marie, et vierge perpétuellement, choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien-aimé et l'Esprit Paraclet ; Vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien (...) ». (François d'Assise, Salutations à la Vierge).

Parole de Dieu : « Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment ». (Saint Jean 2, 17).

 

Dans ma vie

 

Les églises tombant en ruine sont encore pléthore aujourd'hui. Comment se motiver à les reconstruire, à les restaurer si c'est pour qu'elles ne soient jamais remplies ? Je ne dois pas perdre espoir et il me faut sans cesse remonter les manches, car le travail ne manque pas. Saint François s'est trompé (mais ne devait-il pas passer par là?) et a confondu église et Eglise. Comme lui je ne dois pas me tromper de combat et revenir à ma mission première de baptisé : construire l’Église du Christ jour après jour en lui « amenant » sans cesse des âmes. Jésus a une grande soif des âmes !

Effet de conversion : Je me décide à proposer mes services à la paroisse, dans la mesure de mes compétences et de mes possibilités, et sans m'imposer. Il y aura toujours une place pour moi : si ce n'est pas maintenant, je dois savoir patienter.

 

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Samedi

François et la Volonté de Dieu

 

François prie pour connaître la Volonté de Dieu quant à sa vie. Lors d'une messe pour la fête d'un apôtre (probablement Saint Matthias), François est bouleversé par l'Evangile dans lequel Jésus envoie ses disciples prêcher avec pour consigne : « Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tenue de rechange, ni sandales, ni bâton ». Rempli de joie il s'écrie : « Voilà ce que toute mon âme désire ! » Il abandonne tout et remplace sa ceinture par une corde. Fort de l'Esprit Saint, François se met en route, prêchant la paix du Christ par monts et par vaux.

 

À l'école de Saint François

 

« Lorsque mes frères vont par le monde, (...) je leur recommande en notre Seigneur Jésus-Christ d'éviter les chicanes et les contestations, de ne point juger les autres. Mais qu'ils soient aimables, apaisants, effacés, doux et humbles, déférents et courtois envers tous dans leurs conversations. (...) En quelque maison qu'ils entrent, qu'ils disent d'abord : Paix à cette maison ! Et, conformément au saint Evangile, qu'il leur soit permis de manger de tout ce qu'on leur présente ». (François d'Assise, Deuxième Règle 3).

Parole de Dieu : En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » (Luc 57-58).

 

Dans ma vie

 

Partir sans rien, en remettant tout son avenir, sa subsistance quotidienne entre les mains de Dieu, cela peut paraître suicidaire pour certains ! Il y a pourtant dans la Bible de très nombreux exemples de personnes qui reçoivent tout de Dieu, à commencer par le peuple élu, dans le désert... Aujourd'hui encore, des hommes et des femmes vivent de la Providence, et ça marche ! Mais la réussite n'est pas dans l'attentisme. Il est nécessaire de se bouger, d'agir et de mettre Dieu au cours de sa vie et au premier plan de son action : « Aide-toi et le Ciel t'aidera ! ».

Effet de conversion : La Providence intervient dans les besoins vitaux matériels, alimentaires et spirituels. Mais je dois lui laisser la possibilité d'agir. Je cherche comment la laisser œuvrer dans ma vie.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

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28 février 2017

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

Le Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise

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Avant Propos

 

La Famille Franciscaine se prépare à célébrer les 800 ans de son arrivée en France

 

« 800 ans et après… », tel est le slogan qui a été choisi par la Famille Franciscaine pour célébrer, en cette année 2017, l’arrivée des franciscains en France. C’était en 1217, du vivant de François, l’Ordre tout juste créé se structure devant l’afflux de nouveaux frères. Les frères rassemblés en chapitre à la Pentecôte décident d’aller porter l’Evangile au-delà des frontières. Saint François demande au frère Pacifique, poète et l’un de ses plus chers compagnons, de partir pour la France. Frère Pacifique fondera la première implantation franciscaine à Vézelay. Dans une lettre datée du 15 novembre dernier, les membres du comité des supérieurs de la Famille Franciscaine annonçaient l’ouverture du Jubilé et les premiers temps forts de celui-ci : « nous sommes héritiers des frères et des sœurs qui ont engagé leurs vies avec Jésus pauvre et crucifié, sur les chemins ouverts par François et Claire d’Assise. Nous sommes aussi des passeurs et avons à regarder devant nous. Nous sommes heureux de vous inviter à célébrer le Jubilé marquant ce 8ème centenaire de l’arrivée des premiers frères mineurs en France. Il se déroulera du 1er mars au 4 octobre 2017 ».

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L'arrivée des Frères Mineurs en France

 

C'est avec l'approbation de la Règle par le Pape Innocent II que la Fraternité des Mineurs, au nombre de 12 Pénitents venus d'Assise est reconnue officiellement. Elle ne cessa dès lors de s'accroître en nombre jusqu'à devenir un Ordre important. Au chapitre de la Pentecôte 1217, ils sont environ 5000 Frères. On décide alors d'envoyer des Frères hors d'Italie (Espagne, Allemagne, Hongie, Terre Sainte). Saint François, pour donner l'exemple, projette d'aller dans le pays dont il porte le nom et admire les troubadours, usant parfois de leur langue. Il veut connaître aussi les théologiens de Paris qui parlent si bien de l'Eucharistie.

Arrêté à Florence par le Cardinal protecteur Ugolin de Segni, sur son conseil, François décide de rester en Italie pour assurer la pérénité de son Ordre, critiqué par certains cardinaux pour son radicalisme évangélique proche des Vaudois dissidents de l’Église. Il délègue alors la direction au Frère Pacifique, une de ses premières recrues, couronné avant sa conversion en 1212, roi des poètes par le futur empereur Frédéric II. Il connaissait probablement quelques rudiments de la langue des troubadours. Par la suite, il aura des fonctions importantes dans l'Ordre comme fondateur de plusieurs couvents de Frères et visiteur des Clarisses. On le considère comme le premier Provincial de France.

Durant l'été 1217 le groupe remonte par la vallée du Rhône et de la Saône jusqu'à Vézelay, à la frontière du Royaume de France et du comté de Nevers, dont l'abbatiale bénédictine est réputée avoir les reliques de Sainte Marie-Madeleine, patronne des pénitents. Après avoir séjourné, selon leur coutume à la léproserie de la Maladrerie, les Frères sont en quête d'un lieu stable et remarquent sur le flanc nord de la colline, le long du chemin des pèlerins qui mène à l'église de Saint Jacques d'Asquins à l'abbaye de Vézelay couronnant la colline, un petit ermitage abandonné par les moines, proche de la chapelle romane mémorial de la prédication de Saint Bernard en 1146. Ce lieu convenant à leur genre de vie, ils en obtiennent de l'abbé la cession. Quelques Frères vont y rester, tandis que Pacifique part pour Paris, ou plus exactement pour Saint Denis où l'Abbé Suger avait fait construire 70 ans auparavant une magnifique abbatiale, près de laquelle se déroulaient des foires trs réputées.

Comme ils en avaient l'habitude, les Frères allèrent trouver l'Abbé pour solliciter sa protection et obtenir de sa générosité une maison afin de s'établir près de l'église Saint Pierre. Grégoire de Naples le rappelle dans une lettre adressée à l'Abbé de Saint Denis en 1231. On sait par ailleurs que le Clergé et l'évêque de Paris étaient très méfiants et qu'une délégation fut envoyée au Pape pour savoir si leur Règle était approuvée.

Afin de bénéficier des enseignements de l'université puis d'y enseigner, les Frères s'installèrent aussi sur la montagne Sainte Geneviève, à l'emplacement du Lycée Henri IV, derrière le Panthéon. On en a le témoignage par un legs fait en leur faveur devant l'official de Paris en janvier 1224. Au nombre d'une trentaine, ils firent construire ensuite vers 1229 un vaste couvent à Vauvert où résidaient des Chartreux, dans le jardin actuel du Luxembourg, non loin de l'école des Mines. Ce couvent s'écroula avant même d'être habité.

Grâce à la générosité de l'Abbé Odon, ils purent s'installer par la suite contre le mur d'enceinte de Philippe-Auguste sur les terres des bénédictins de Saint Germain des Prés. Du couvent commencé en 1230 et sans cesse agrandi, il ne reste aujourd'hui que le réfectoire du XVIe siècle dans l'enceinte de la Faculté de Médecine. Ce fut le foyer de l'enseignement théologique de Paris. Plusieurs autres couvent verront le jour dans Paris au fur et à mesure des réformes Franciscaines : Observants, Récollets, Capucins, Frères de l'Ave Maria.

Frère Jean-Baptiste Auberger, historien et spécialiste des Sources Franciscaines

 

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Introduction

 

Saint François et Sainte Claire sont deux figures majeures de l’Église. Connaître la vie des saints fait partie de mon chemin de sainteté. Je ne dois pas le négliger et j'ai pour responsabilité de faire connaître la vie de ces aînés dans a Foi à mes enfants, petits-enfants, filleuls, aux plus petits d'entre nous.

Se plonger dans leur vie est un enseignement riche pour un chrétien, même pour moi aux XXIe siècle. Les vies de François et de Claire semblent parfois teintées de merveilleux. Elles ressemblent même à des contes extraordinaires, féeriques, fantastique ! Que je ne m'y trompe pas : n'est-ce pas le propre de la vie des saints, c'est « illuminés » de Dieu, d'avoir une relation privilégiée avec le Christ, et ainsi de bénéficier de grâces extraordinaires dépassant mon entendement ? Il en est ici comme dans les Actes des Apôtres : l'Esprit Saint est présent à chaque page et guide sans cesse François et Claire. Le surnaturel est omniprésent dans leur vie.

Je peux alors me poser la question suivante : où sont les saints prophètes et thaumaturges aujourd'hui ? Il y en a eu (Saint Jean Paul II, Sainte Teresa de Calcutta) et il y en a encore, c'est à n'en pas douter ! Mais si la question est posée, c'est parce que c'est toi, c'est moi, c'est nous qui devons nous ouvrir à la sainteté, à l'action de l'Esprit Saint en nous, à nous laisser être les instruments du Seigneur. Nous sommes les saints d'aujourd'hui et de demain... si nous le voulons. Voilà quel peut être mon chemin de Carême avec François et Claire : atteindre ou approcher au maximum dès ici-bas les lauriers impérissable de la sainteté.

Avec François et Claire, je vais réapprendre à vivre l'Evangile, à me dépouiller du superflu, à retrouver le goût de la Parole, à aimer l’Église et participer à sa construction continuelle... Je vais les suivre pendant tout ce temps de conversion,parce que ces « illuminés de Dieu » ne vont pas me conduire à eux, mais ils vont éclairer le chemin qui mène au Christ... pour autant que je le veuille bien !

Cédric Chanot

 

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Mercredi des Cendres

Jeunesse

 

Pietro Bernardone, riche commerçant en tissu à Assise, et Dame Pica, originaire de Provence mettent au monde un fils. Sa date de naissance ne nous est pas connue avec précision. Elle est supposée vers 1181 ou 1182. son père parti en voyage pour affaire, l'enfant est d'abord appelé Jean. À son retour, Pietro le prénomme Francesco. Il devient un jeune homme gai, généreux, à l'esprit vif, exerçant le métier de son père, mais préférant promenades diurnes et nocturnes, chansons et divertissements. Il dépense sans compter en fêtes et vêtements extravagants, assuré dans ses excès, par ses riches parents qui l'aiment sans condition.

 

À l'école de Saint François

 

« Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes, en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir, en partageant leur bonheur comme s'il était le nôtre ; en les aidant à supporter leurs malheurs ; en ne leur faisant nulle offense ». (Louanges du Seigneur, ou Pater Paraphrasé).

Parole de Dieu : « J'étais encore inachevé, tu me voyais ; sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu'un seul ne soit ! » (Psaume 138, 16).

 

Dans ma vie

 

François est un « gosse de riche » comme on dirait aujourd'hui. Cela lui permet de dépenser sans compter, de faire la fête... et d'avoir toujours ses parents à ses côtés pour rattraper ses errances. Ce qu'il fait dans sa jeunesse, même s'il se convertit un jour et abandonne le vieil homme qui est en lui, le marque à jamais. François éprouvera même par la suite de l'amertume lorsqu'il se remémorera cette période pleine de débauche et d'excès. Rien n'est anodin, ni pour moi ni pour les autres, dans ce que je fais ou dis.

Effet de conversion : Aujourd'hui débute le Carême. Je profite de cette journée pour faire un point : ai-je des comportements extravagants, impulsifs ? Je prends des résolutions pour changer et demande à mon ange gardien de m'y aider.

 

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Jeudi après les Cendres

Naissance de Claire

 

Ortulana, noble et dévote dame, épouse de messire Favarone Offreduccio, chevalier de haute lignée, revient de pèlerinage en Terre Sainte et à Rome. Encore pleine des grâces de ses périples, la Providence leur confie un troisième enfant. Arrivée au terme de sa grossesse, dans la prière ; elle dépose ses angoisses aux pieds du Seigneur, devant le Crucifix. « Ne crains rien, car t enfanteras saine et sauve une lumière qui resplendira dans tout le monde ». Telle est la parole que reçut la pieuse Ortulana. Ainsi naît Claire troisième de cinq enfants, venue briller dans la ville d'Assise en l'an 1194.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« La plus grande de toutes les grâces que nous avons reçues et que nous recevons chaque jour de notre grand Bienfaiteur, le Père des Miséricordes, celle dont nous devons lui être le plus reconnaissantes, c’est notre vocation ; et nous devons témoigner à Dieu d’autant plus de gratitude que l’état auquel il nous a appelées est plus grand et plus parfait. C’est pourquoi l’Apôtre dit : Prenez conscience de votre vocation ! » (Claire d'Assise, Testament, 1).

Parole de Dieu : C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère ». (Psaume 138, 13).

 

Dans ma vie

 

Le Seigneur a un projet pour chacun de nous. Cela ne fait pas de moi sa marionnette, son pantin ! Dans son amour, Dieu m'a donné la liberté. Ainsi je peux ouvrir mon cœur ou le garder sourd à la voix du Seigneur. Je peux dire oui ou non à la vocation à laquelle il m'appelle. Cette vocation m'a pour seul but que de me conduire à la sainteté, donc à la vie éternelle. Claire le comprend bien, et elle reste fidèle à l'appel entendu très tôt dans son enfance. Elle s'attache à maintenir un oui ferme et définitif, résolue à servir le Christ contre vents et marées.

Effet de conversion : La vie conjugale, consacrée ou sacerdotale me conduit à la sainteté. Si je n'avais pas encore choisi, je garde mon cœur ouvert. Si j'ai déjà un état de vie, j'ai besoin du Seigneur tous les jours. Je le laisse me parler dans la prière et la méditation de Sa Parole.

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Vendredi après les Cendres

Le soldat François

 

Malgré ses excentricités et son goût de la fête, François est un jeune homme courtois, bannissant la grossièreté et les injures. Il n'a pas encore le sens de l'aide spontanée au miséreux et le lépreux le rebute encore. Engagé dans la guerre opposant Pérouse et Assise, il est fait prisonnier. Ses nobles manières le font enfermer avec le chevaliers. Sa captivité dure un an. De retour, il souhaite embrasser la carrière des armes et repartir au combat dans les Pouilles, mais visions et songes lui font comprendre que sa place n'est pas celle-ci. Obéissant, bien que prêt à un nouveau daprt au combat, il retourne au pays qui l'a vu naître.

 

À l'école de Saint François

 

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. (...) Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière ». (François d'Assise, Prière pour la paix).

Parole de Dieu : Si donc quelqu’un se purifie des travers dont j’ai parlé, il sera un instrument pour ce qui est honorable, sanctifié, utile au Maître, prêt à faire tout ce qui est bien. (2 Timothée 2, 21).

 

Dans ma vie

 

Se faire l'instrument, cela peut revêtir deux sens : l'instrument de musique, qui laisse l'Esprit Saint le faire retentir, résonner de l'Evangile, vibrer de l'amour de Dieu ; l'instrument-outil, qui se laisse manier par le Créateur en vue de façonner un monde meilleur. Il n'est pas aisé de se laisse faire ! Il s'agit de ce qu'on appelle le « lâcher-prise », l'abandon. En Dieu, je peux tout et je veux être acteur de la paix, de l'amour que nous annonce le Christ. Je dois donc me mettre en quête de qui est ce Christ et ce qu'il prêche, afin de ne pas me fourvoyer en suivant un Christ que j'aurai créé.

Effet de conversion : En quoi consisterait pour moi de devenir « l'instrument de Dieu » ? Comment abandonner ma volonté au Seigneur tout en continuant de vivre dans le monde ? Je chante des refrains à l'Esprit Saint toute la journée pour qu'il m'éclaire.

 

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Samedi après les Cendres

Claire, une vocation précoce

 

La foi et la piété de Claire son cultivées par sa maman. En Claire croissent de saintes vertus telles la Charité, l'aumône, la crainte de Dieu. Ainsi, par de discrets intermédiaires, elle fait remettre aux pauvres et nécessiteux le fruit de ses privations alimentaires. La prière l'édifie, et au fil de ses cœur-à-cœur avec le Seigneur, elle éprouve, alors qu'elle n'a pas encore douze ans, le désir d'offrir sa vie et sa virginité au Christ. Les choses du monde, qu'elle considère comme « pourriture et mensonge » la dégoûtent. Les biens célestes la réjouissent quand les futilités terrestres l'ennuient.

 

À l'école de Sainte Claire

 

« J'ai appris, sœur très chère, qu'avec la grâce du Seigneur tu avais été assez heureuse pour échapper à la boue de ce monde. (…) Sois fidèle jusqu'à la mort, sœur bien-aimée, à Celui auquel tu t'es consacrée, car tu recevras un jour de lui la couronne de la Vie. (…) Ne te laisse pas séduire par les splendeurs d'un monde qui fuit comme l'ombre. Ne te laisse pas prendre aux apparences d'un siècle trompeur(...) ». (Claire d'Assise, Lettre à Ermentrude de Bruges).

Parole de Dieu : « Il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Matthieu, 19, 12).

 

Dans ma vie

 

L'intégralité de l'humanité courrait à sa perte si la virginité était érigée en idéal : le renouvellement des générations ne se ferait plus ! La virginité est une vocation, réservée à certains seulement, qui l'ont choisi librement, répondant en cela à un appel particuliers, et la vivent en offrande pour le Christ. Ces âmes humaines (hommes ou femmes) sont des âmes-épouses du Christ. Le seul objectif, encore une fois, dépasse le cadre de notre vie terrestre : cette virginité, dont nous parlent Claire et Jésus, est en vue du Royaume, de la vie éternelle dans le cœur de Dieu. C'est pour cette raison que les biens terrestres ne sont que futilité.

Effet de conversion : Suis-je attaché aux biens terrestres ? Suis-je capable de me passer de certaines choses (télévision, ordinateur, argent...) pendant ce Carême, de m'en séparer définitivement ? Je prévois de donner les biens matériels qui m'encombrent spirituellement.

 

Texte extrait du hors série de Parole et Prière « Mon Carême avec Saint François et Sainte Claire d'Assise », publié en 2016

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23 novembre 2015

Neuvaine de l’Immaculée Conception Du 30 novembre

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Neuvaine de l’Immaculée Conception

Du 30 novembre au 8 décembre 2015

 

Bénie et encouragée par Sa Sainteté le Pape François.

 

1°) Chaque jour une dizaine de chapelet, suivie de 3 fois l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous. » (« Et pour ceux qui n'ont pas recours à Vous, spécialement les ennemis de la Sainte Eglise et pour toutes les personnes qui Vous sont recommandées ».

2°) Une communion le jour du 8 décembre ou un jour de l’octave – confession recommandée.

 

Prière

 

Ô Marie, Vierge Immaculée, par la Volonté du Père et par la Grâce de l’Esprit Saint, Vous avez donné au monde le Sauveur, le Fils du Dieu vivant. Mère de l’Église et première des consacrés, nous Vous les confions tous. Que l’Esprit Saint les façonne à votre image pour qu’ils redisent chaque jour avec Vous, le « oui » d’un don joyeux et irrévocable. Que ce don gratuit d’eux-mêmes au service de l’Eglise et de leurs frères, soit lumière pour les jeunes et leur donne d’entendre avec joie l’appel du Christ, « Lui qui n’enlève rien mais qui donne tout » ! En ce Jubilé de la Miséricorde, notre monde assoiffé et désorienté a plus que jamais besoin de consacrés priants et saints qui manifestent auprès des pauvres et des plus fragiles l’amour infini du Père. Mère de Miséricorde et de l’Espérance, nous vous prions, avec le Pape François, de faire de nous tous des témoins de Jésus victorieux du mal par la Croix, pour annoncer au monde « la joie de l’Évangile » ! Amen.

 

Comme chaque année, l’Église Catholique nous demande de nous tourner vers l’Immaculée Conception en ces premiers jours de l’Avent. C'est avec confiance, face à la gravité de la situation des temps actuels, que nous sommes donc invités à ouvrir notre cœur pour déposer tout ce que nous portons : nos joies et nos peines, nos luttes et nos échecs, nos désirs, dans le cœur de Marie, notre très Sainte Vierge, au cours de cette Neuvaine Mariale mondiale de Prière. Cette année le 8 décembre 2015 débute l’année de la Miséricorde.

 

Le Chapelet des Enfants

5 rue de l’université

75007 PARIS (France)

Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

27 mai 2013

Litanies de Notre Dame de Rocamadour

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Litanies de Notre Dame de Rocamadour

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Vierge Marie, priez pour nous.

Vierge, Reine et Patronne de Rocamadour, priez pour nous.

Notre Dame de Rocamadour, dont le pèlerinage est l'un des plus anciens de France,

Notre Dame de Rocamadour, que Zachée, le Publicain de l'Evangile nous a fait connaître et aimer,

Notre Dame de Rocamadour, à qui Zachée ou Saint Amadour éleva ce sanctuaire,

Notre Dame de Rocamadour, dont Saint Amadour nous a laissé la vénérable image

Notre Dame de Rocamadour, Reine du Sanctuaire que consacra Saint Martial et où il célébra les Saint Mystères,

Notre Dame de Rocamadour, Reine de la Chapelle où Saint Dominique pria et fut béni,

Notre Dame de Rocamadour, Reine près de laquelle Saint Louis s'agenouilla, demandant le bonheur de la France,

Notre Dame de Rocamadour, à qui Roland consacra son épée,

Notre Dame de Rocamadour, dont la bannière gagnait les batailles,

Notre Dame de Rocamadour, dont la main délivrait les captifs,

Notre Dame de Rocamadour, que tous les siècles ont visitée avec amour

Notre Dame de Rocamadour, dont le pèlerinage est enrichi de faveurs spéciales,

Notre Dame de Rocamadour, à qui le Pape Martin V accorda les indulgences de Saint Pierre de Rome,

Notre Dame de Rocamadour, dont le Bienheureux Pie IX a couronné la vénérable statue,

Notre Dame de Rocamadour, que l'impiété et la haine ont souvent voulu détruire,

Notre Dame de Rocamadour, dont le monuments se relèvent par la piété et la reconnaissance,

Notre Dame de Rocamadour, que les peuples visitent comme autrefois,

Notre Dame de Rocamadour, que la Confrérie des pèlerins fait connaître et aimer,

 

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde pardonnez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, Notre Dame de Rocamadour,

Afin que nous soyons dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Prions

 

Seigneur, nous Vous supplions de répandre Votre Sainte Grâce dans nos âmes, afin qu'après avoir connu par la voix de l'Ange, la miraculeuse Incarnation de Jésus-Christ Votre Fils, nous puissions arriver un jour à la jouissance de la gloire de Sa Résurrection, qu'Il a voulu nous procurer par Sa Passion et par Sa Croix. Par ce même Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Téléchargez le texte de cesLitanies (pdf) en cliquant ici

21 janvier 2011

250e anniversaire de la naissance du Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade

250e anniversaire de la naissance du Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade

1761-1850

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« Dans des temps difficiles, croire et annoncer l'Evangile: que nous dit le Père Chaminade? »

 

Une Conférence de Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, éditeur; et du Père André Fétis, Marianiste, assistant général, sous la présidence de S. E. le Cardinal Jeazn-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux.

 

Athénée Municipal

Place Saint Christoly

Mardi 25 janvier 2011

20h30

 

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Le Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade

Fondateur de la Société de Marie

(Marianistes)

Périgueux, le 8 avril 1761

Bordeaux, le 22 janvier 1850

Béatifié à Rome par le Vénérable Jean Paul II, le 3 septembre 2000

Fête le janvier

 

Guillaume-Joseph Chaminade naît en 1761 à Périgueux (France). Son père est drapier. Il est le 14e enfant d'une famille profondément pieuse qui donnera trois autres prêtres à l'Eglise. Il est ordonné en 1785. En 1791, pendant la Révolution, il refuse de prêter serment à la « Constitution civile du clergé » et, en exerçant un ministère clandestin à Bordeaux, il court un danger continuel. Il collabore avec la vénérable Marie-Thérèse Charlotte de Lamourous et l'aide à fonder l'œuvre de la Miséricorde de Bordeaux, Foyer pour les jeunes filles repenties. En 1795, chargé d'accueillir les prêtres qui avaient consenti au serment, il en réconcilie une cinquantaine. Deux ans plus tard, il doit s'exiler pour trois années à Saragosse. Là, au pied de Notre-Dame del Pilar, il forge ses convictions mariales et apostoliques, et il reçoit l'inspiration de fonder une famille de laïcs et de religieux consacrés à Marie. De retour à Bordeaux en 1800, il remet sur pied une ancienne Congrégation mariale. Il donne aux laïcs qui la compose une solide formation religieuse, leur proposant des objectifs apostoliques bien précis et leur demandant de s'inspirer des premiers chrétiens pour offrir à la société déchristianisée le spectacle d'un « peuple de saints ». Il est ainsi le précurseur de la participation active des laïcs à la vie de l'Eglise. Il les invite à se tourner sans cesse vers Marie. Il est en même temps Administrateur apostolique du diocèse de Bazas. « Missionnaire apostolique » en 1801, il veut une mission permanente orientée vers la formation de la foi, en travaillant avec de nouvelles méthodes. La mission consiste principalement à rejoindre ceux qui ne fréquentent pas l'Eglise, qui sont en marge des paroisses. En 1816, avec la vénérable Adèle de Batz de Trenquelléon, il fonde à Agen l'Institut des Filles de Marie Immaculée - les futures religieuses marianistes - institut qui ouvrira des écoles de campagne où l'on assurera l'éducation chrétienne des jeunes filles et la promotion de la femme. L'année suivante, il fonde à Bordeaux la société de Marie, les futurs « Marianistes ». Les marianistes, hommes et femmes, sont issus des Congrégations mariales dont ils seront chargés d'assurer la continuité. Le Père Chaminade peut dire: « Par la grande miséricorde de Dieu envers moi et envers les autres, depuis longtemps, je ne vis et ne respire que pour partager le culte de l'Auguste Vierge et pour contribuer ainsi chaque jour à l'accroissement de sa famille ». Les dix dernières années de sa vie sont marquées par l'épreuve: santé, problèmes financiers, défection de certains, incompréhension des autres; en 1845 il est remplacé comme supérieur général. Mais il meurt en paix en 1850, car « son attitude filiale envers Marie l'a maintenu dans la paix en toute circonstance, l'aidant à faire la volonté du Christ » (Jean Paul II).


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