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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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4 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Innocent III-001

 

Cinquième jour

À Rome !

 

Prélude. - Représentons-nous Dominique, humblement agenouillé, avec l'évêque d'Osma, aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ, le grand pape Innocent III.

 

Réflexions

 

Rome est le centre du monde chrétien ; rien ne s'y fait de grand et de durable, si Rome ne l'a inspiré, examiné et approuvé. Là est l'âme de l’Église, parce que là est Pierre, et que là où est Pierre, là est l’Église.

Or, en ce temps- là, Pierre s'appelait Innocent III. Poussé par l'esprit de Dieu, Dominique vint s'agenouiller devant Pierre, il l'écouta longuement, il inclina la tête sous sa bénédiction féconde, il se releva transfiguré. Le chanoine d'Osma venait d'être sacré apôtre.

Toutefois, selon l'observation d'un éloquent évêque, ce serait peu comprendre l'action dont saint Dominique vint prendre l'inspiration aux pieds d'Innocent III, que de la borner à lui seul. Quand Dieu marque au front un homme pour agir sur son Eglise, il sait très bien deux choses : que la vie de cet homme sera courte, et que son Eglise durera toujours. Alors il ajoute à cet homme la grâce de la paternité, et il revit dans ses enfants.

Ah ! contemplez maintenant comment la vie de saint Dominique, commencée à Rome près du vicaire immortel de Jésus-Christ, se prolonge à travers les siècles. Il vit, il vit, quand le génie d'un de ses fils écrit la sublime épopée où la science théologique confère avec l'intention des anges. Il vit, quand de toute part il répand sa parole et son sang dans la personne de ses fils. Il vit, quand saint Vincent Ferrier, par le nombre et l'éclat de ses miracles, étonne l'Église elle-même, habituée aux merveilles de Dieu. Il vit, parmi les blanches et virginales phalanges qui accompagnent l'Agneau, guidées par les Catherine de Sienne et les Rose de Lima. Il vit, et parce qu'il a commencé humble et pauvre, Dieu se plaît à proclamer e son nom, à relever sa gloire, à exalter sa puissance. Il vit, et par trois fois il viendra glorieusement s'asseoir sur la chaire de Pierre, cette chaire où il est venu chercher sa mission. Il vit dans le saint pontife qui donne son nom à notre admirable Pape, et qui, comme autrefois Moïse, gagne des batailles en levant les mains au ciel.

Non, dans sa tombe fermée, Dominique n'a pas enseveli la vie qu'il puisa à Rome, quand il y vint se faire bénir et sacrer chevalier de la vérité. Il vit toujours dans la parole et dans les œuvres de ses fils ; dans leur théologie, la plus sûre et la plus exacte gardienne de la vérité catholique. Il vit dans leurs exemples d'abnégation et de sainteté.

Il vit enfin dans cet ordre illustre, que la France a été si heureuse de voir rétabli par un de ses plus grands orateurs, parce que, fidèle aux traditions de son glorieux fondateur, l’Ordre Dominicain continue sa noble mission, toujours attaché à la chaire de Pierre, et par elle à l'Église, et par l'Église à Jésus-Christ.

 

Pratique : Dans tout ce qui touche de près ou de loin à la foi, s'attacher avec fermeté à la chaire de Pierre.

Invocation : Saint Dominique, docteur de vérité, priez pour nous !

 

Trait historique

La foi qu’on rapporte de Rome

 

Quand Dominique eut fixé le but de sa vie auprès du siège in faillible de la vérité, il s'en revint prêcher la vraie foi, celle qu'on enseigne à Rome, et Dieu voulut marquer d'un signe miraculeux l'intégrité de cette doctrine. « Il arriva, dit un historien de sa vie, qu'une grande conférence fut tenue à Fanjeaux, en présence d'une multitude de fidèles et d'infidèles qui y avaient été convoqués. Les catholiques avaient préparé plusieurs mémoires qui contenaient des raisons et des autorités à l'appui de leur foi ; mais, après les avoir com posés ensemble, ils préférèrent celui que le bienheureux homme de Dieu, Dominique, avait écrit, et résolurent de l'opposer au mémoire que les hérétiques présentaient de leur côté. Trois arbitres furent choisis d'un commun accord pour juger quel était le parti dont les raisons étaient les meilleures, et par conséquent la foi plus solide. Or , après beaucoup de discours, ces arbitres ne pouvaient s'entendre sur une décision ; la pensée leur vint de jeter les deux mémoires au feu, afin que, si l'un des deux était épargné par les flammes, il fût certain qu'il contenait la vraie doctrine de la foi. On allume donc un grand feu, on y jette les deux volumes : aussitôt celui des hérétiques est consumé ; l'autre, qu'avait écrit le bienheureux homme de Dieu, Dominique, non seulement demeure intact, mais il est repoussé au loin par les flammes en présence de toute l'assemblée. On le rejette au feu une seconde et une troisième fois ; autant de fois, l'évènement qui se reproduit manifeste clairement où est la vraie foi, et quelle est la sainteté de celui qui avait écrit le livre. (Vie de saint Dominique, par le B. Jourdain de Saxe).

 

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3 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Maison de St Dominique à Toulouse-001

 

Quatrième jour

En France !

 

Prélude : Unissons-nous, en ce jour où l'Église entière honore notre saint protecteur, à toutes les prières qui lui sont adressées de toutes parts, dans les ordres religieux, dans le clergé et par les âmes pieuses.

 

Réflexions

 

Ce n'est pas sans émotion que les fidèles enfants de saint Dominique assistent à cette première entrée de leur grand patriarche sur le sol de la France. L'esprit de Dieu, qui l'assista visiblement en toute occurrence, dut donner à l'âme du futur prêcheur, un tressaillement inconnu, quand il franchit les frontières du pays natal pour fouler la terre que Dieu avait marquée et où la voix de l'inspirateur divin des apôtres allait se faire entendre à Dominique. Ainsi Jean-Baptiste tressaillit dans le sein de sa mère, lorsque Jésus se rapprocha de lui. Écoute, mon fils, quitte la maison de ton père, oublie le temps où tu es né, viens, franchis les monts, écoute la voix de l'ange qui garde la France, incline ton oreille, regarde, ceux-ci seront tes enfants, tu leur donneras la vie de l'âme, et ta lumière ardente et dévorante illuminera et embrasera pour des siècles la terre que tu foules, la terre consacrée par les desseins de la Providence à l'endroit de ta vocation apostolique.

Dominique accompagnait Diego d'Azévédo, devenu évêque d'Osma, dans une mission diplomatique à la cour du Danemark, quand il traversa le sud de la France. Il y entendit parler pour la première fois de cette effroyable hérésie manichéenne, qui, sous le nom d'hérésie des albigeois, devait répandre tant de ténèbres, de boues immondes et de terribles catastrophes dans le midi de la France. Il constata, avec la douleur d'une âme éprise du zèle pour le salut des âmes, le développement effrayant de cette hérésie dans le Languedoc. Son cœur en reçut une impression ineffaçable. Il comprit que Dieu lui dévoilait sa mission et l'œuvre qui allait devenir le but de ses immenses travaux.

« Arrivé à Toulouse, où il ne devait demeurer qu'une nuit, Dominique s'aperçut que leur hôte était hérétique... Il ne se con tenta pas de prier en secret pour son hôte infidèle ; il passa la nuit à l'entretenir, et l'éloquence imprévue de cet étranger toucha tellement le cœur de l'hérétique, qu'il revint à la foi, avant que le jour fût levé. Alors, une autre merveille s'accomplit : Dominique, ému par la conquête qu'il venait de faire à la vérité et par le triste spectacle des ravages de l'erreur, eut pour la première fois la pensée de créer un ordre consacré à la défense de l'Église par la prédication. Cette vue soudaine prit possession de lui et ne l'abandonna plus. Il quitta la France avec le secret éclairé de sa destinée future, comme si la France, jalouse de n'avoir pas produit ce grand homme, eût obtenu de Dieu qu'il ne touchât pas vainement son sol, et que ce fût elle au moins qui lui donnât le conseil décisif de sa vie ».

 

Pratique : Renouveler aujourd'hui sa consécration personnelle à saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, priez pour nous !

 

Trait historique

Le saint roi

 

Castiglio nous assure, dans son histoire des Frères Prêcheurs, que le but du voyage de Diego et de Dominique n'était point le Danemark, mais qu'ils se rendaient à la cour du roi de France, et que Dominique, trouvant la reine Blanche dans une grande affliction, parce qu'elle n'avait pas d'enfants, lui recommanda avec instances le pieux usage du Rosaire. Castiglio ajoute que la reine et son peuple accueillirent cette sainte dévotion avec un religieux empressement, et que l'enfant que Dieu accorda à ses ferventes prières fut le grand saint Louis. Il est probable, d'après la date de la naissance du fils de Blanche de Castille, généralement fixée en l'année 1215, que les circonstances, que nous relatons ici, doivent être rapportées à un voyage postérieur de Dominique à la cour de France. Toutefois, bien qu'il y ait évidemment confusion dans les dates, nous ne trouvons pas improbable cette touchante tradition, nous la chérissons même, et tous les cours attachés à l'Ordre de Saint Dominique doivent être émus en pensant qu'ils peuvent considérer saint Louis comme l'enfant du très saint Rosaire. (Vie de saint Dominique, par l'abbé Chirat).

 

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2 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Osma

 

Troisième jour

Le Sacerdoce

 

Prélude. - Représentons-nous saint Dominique, au moment où il reçoit le caractère sacré du prêtre de Jésus-Christ. Les anges gardiens de son ordre futur assistent à cette ordination, qui donnait à l'Église un de ses plus parfaits ministres, l'apostolique fondateur de l'Ordre Dominicain.

 

Réflexions

 

Les sciences qu'on enseigne dans les universités ne suffisent pas à révéler la beauté des âmes et le prix du sacerdoce destiné à procurer leur salut. Mais, à l'étude de la science, Dominique joignait, nous l'avons vu, la méditation et l'amour de la prière. Jésus-Christ se révéla à lui dans ses entretiens si pieux et si intimes, que le fidèle étudiant de Valencia se plaisait à avoir avec son Maître. Il lui dévoila cette grande chose, qui est son propre sacerdoce divin, perpétué, à travers les âges et les espaces, par le sacerdoce catholique.

Le saint jeune homme fut épris d'amour pour cette beauté surnaturelle que le caractère du prêtre confère à une âme, et, sur les conseils de Diego d'Azévédo, ce prêtre vénérable que l'ordre de son pieux dirigé ne cesse de bénir, comme ayant servi d'intermédiaire et d'instrument de la grâce auprès de son bienheureux fondateur, Dominique devint prêtre, et, tout de suite, désireux de suivre son nouvel état dans toute la perfection des devoirs de la vie ecclésiastique, il embrassa, selon l'esprit de l'Église, la vie commune, favorisée à Osma par l'institution des chanoines réguliers.

Mystérieuse disposition de la Providence, qui ne juge pas comme les hommes ! Jésus, avant de commencer sa vie apostolique, se cache trente ans, dans une inaction apparente, dans la modeste boutique de Nazareth. Dominique, prêtre de Jésus-Christ, avant de s'élancer comme un géant dans sa carrière d'apôtre qui sera courte, demeure neuf ans comme enseveli dans les humbles et cal mes fonctions d'un chapitre canonial. Le Maître, voulant le faire à son image, se réservait ainsi le temps et le calme nécessaires pour former peu à peu cette belle âme, ardente et généreuse, aux grandes choses qu'il lui réservait, l'assouplissant dans les pratiques gênantes de la vie commune et lui imposant cette lente formation des âmes d'élite que la grâce aime à suivre, à l'opposé des vues et des desseins de la nature toujours impatiente. Dieu ne juge pas comme les hommes. Saint Dominique, chanoine d'Osma, en est une preuve de plus, que beaucoup peuvent méditer, en se l'appliquant.

Âmes éprises d'amour pour les choses du zèle apostolique, sachez donc imiter ce grand modèle, sachez attendre l'heure de Dieu ! Elle sonnera, quand le Maître l'aura voulu, et, si elle ne sonnait point, c'est que le Maître se serait contenté de l'intention.

 

Pratique : Modérer l'impatience dans ses désirs, même les plus saints.

Invocation : Saint Dominique, qui aviez soif du salut des âmes, priez pour nous.

 

Trait historique

Le chanoine d'Osma

 

« Dominique commença de paraître, entre les chanoines ses frères, comme un flambeau qui brûle, le premier par la sainteté, le dernier de tous par l'humilité de son cœur, répandant autour de lui une odeur de vie qui donnait la vie, et un parfum semblable à l'encens dans les jours d'été. Ses frères admirent une si sublime religion : ils l'établissent leur sous-prieur, afin que, placé plus haut, ses exemples soient plus visibles et plus puissants. Pour lui, comme un olivier qui pousse des rejetons, comme un cyprès qui grandit, il demeurait jour et nuit dans l'église, vaquant sans relâche à la prière, et se montrant à peine hors du cloître, de peur d'ôter du loisir à sa contemplation. Dieu lui avait donné une grâce de pleurer pour les pécheurs, pour les malheureux et les affligés ; il portait leurs maux dans un sanctuaire intérieur de compassion, et cet amour douloureux, lui pressant le cœur, s'échappait au dehors par des larmes. C'était sa coutume, rarement interrompue, de passer la nuit en prière, et de s'entretenir avec Dieu, sa porte fermée. Quelquefois alors, on en tendait des voix, et comme des rugissements, sortir de ses entrailles émues, qu'il ne pouvait contenir. Il y avait une demande qu'il adressait souvent et spécialement à Dieu, c'était de lui donner une vraie charité, un amour à qui rien ne coûtât pour le salut des hommes, persuadé qu'il ne serait vraiment un membre du Christ que lorsqu'il se consacrerait tout entier, selon ses forces, à gagner des âmes, à l'exemple du Sauveur de tous, le seigneur Jésus-Christ, qui s'est immolé sans réserve à notre rédemption. Il lisait un livre qui a pour titre : Conférences des Pères, lequel traite à la fois des vices et de la perfection spirituelle, et il s'efforçait , en le lisant, de connaître et de suivre tous les sentiers du bien. Ce livre, avec le secours de la grâce, l'éleva à une difficile pureté de conscience, à une abondante lumière dans la contemplation, et à un degré de perfection fort grand ». (Vie de saint Dominique, par le Bienheureux Jourdain de Saxe).

 

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1 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Deuxième jour

L'éducation

 

Prélude. - Représentons-nous Dominique enfant et admirons, avec ses contemporains, cet air d'innocence et de douceur qui lui gagnait toutes les âmes, dès sa plus tendre jeunesse.

 

Réflexions

 

Rien ne devait entraver, dans cette âme prédestinée, les desseins de la Providence et les attraits de la grâce de Dieu. Nourri par sa pieuse mère, son premier âge s'écoula à l'abri de cette maison paternelle, où ses premiers regards ne devaient rencontrer que de saints exemples. Heureux enfant, il secondait de son mieux l'action de la grâce sur lui, et, tout petit, on le vit sortir souvent de son berceau trop moelleux pour se coucher par terre, comme s'il eut souffert dès lors d'avoir une couche plus douce que les plus malheureux de ses frères.

« Avant que le monde eut touché à cet enfant, il fut confié, comme Samuel, aux leçons de l'Église, en la personne d'un de ses oncles, archiprêtre d'une ville voisine de Calaroza, afin qu'une discipline salutaire prit encore possession de son tendre cœur ; et il arriva, en effet, que, posé sur ce fondement solide, il croissait en âge et en esprit, s'élevant chaque jour, par un progrès heureux, à une plus haute vertu ». Son bonheur dès lors ſut de visiter, d'embellir et d'habiter la maison de Dieu.

À quatorze ans, lorsque le cour s'éveille et que les tentations se dressent devant l'imagination de l'adolescent, il fut envoyé à l'Université de Valencia, où il devait séjourner dix ans, sans démentir un seul jour son application à l'étude et l'angélique candeur de sa vie.

Un de ses condisciples a écrit, sur le temps que Dominique consacra à ses études dans l'Université, une page qu'il faut lire et que nous allons bientôt admirer. Mais, pour caractériser cette vie de pieux étudiant, il suffirait de citer, avec Lacordaire, deux traits qui nous sont restés de ces dix années de Valencia. « Pendant une famine qui désolait l'Espagne, Dominique, non content de donner aux pauvres tout ce qu'il avait, même ses vêtements, vendit encore ses livres annotés de sa main, pour leur en distribuer le prix, et, comme on s'étonnait qu'il se privât des moyens d'étudier, il prononça cette parole, la première de lui, qui soit arrivée à sa postérité : « Pourrais-je étudier sur des peaux mortes, quand il y a des hommes qui meurent de faim ? Son exemple engagea les maîtres et les élèves de l'Université à venir abondamment au se cours des malheureux. Une autre fois, voyant une femme, dont le frère était captif chez les Maures, pleurer amèrement de ne pouvoir payer sa rançon, il lui offrit de se vendre pour le racheter : mais Dieu, qui le réservait pour la rédemption spirituelle d'un grand nombre d'hommes, ne le permit pas ».

 

Pratique : Contribuer, par tous les moyens que la Providence met à notre disposition, à l'éducation chrétienne des enfants.

Invocation : Saint Dominique, fleur éclatante dans le jardin de l’Église, priez pour nous.

 

Trait historique

L'étudiant de Valencia

 

Voici ce qu'un historien a dit des années que notre saint passa à l'université de Valencia : « L'angélique jeune homme Domini que, bien qu'il pénétrât facilement dans les choses humaines, n'en était cependant pas ravi, parce qu'il y cherchait vainement la sagesse de Dieu, qui est le Christ. Nul des philosophes, en effet, ne l'a communiquée aux hommes ; nul des princes de ce monde ne l'a connue. C'est pour quoi, de peur de consumer en d'inutiles travaux la fleur et la force de sa jeunesse, et pour éteindre la soif qui le dévorait, il alla puiser aux sources profondes de la théologie. Invoquant et priant le Christ, qui est la sagesse du Père, il ouvrit son cœur à la vraie science, ses oreilles aux doctrines des saintes Ecritures ; et cette parole divine lui parut si douce, il la reçut avec tant d'avidité et de si ardents désirs, que, pendant quatre années qu'il l'étudia, il passait des nuits presque sans sommeil, donnant à l'étude le temps du repos. Afin de boire ce fleure de la sagesse avec une chasteté plus digne encore d'elle, il fut dix ans à s'abstenir de vin. C'était une chose merveilleuse et aimable à voir que cet homme en qui le petit nombre de ses jours accusait la jeunesse, mais qui, par la maturité de sa conversation et la force de ses mœurs, révélait le vieillard. Supérieur aux plaisirs de son âge, il ne recherchait que la justice ; attentif à ne rien perdre du temps, il préférait aux courses sans but le sein de l'Église sa mère, le repos sacré de ses tabernacles, et toute sa vie s'écoulait entre une prière et un travail assidus. Dieu le récompensa de ce fervent amour avec lequel il gardait ses commandements, en lui inspirant un esprit de sagesse et d'intelligence qui lui faisait résoudre sans peine les plus difficiles questions ». (Vie de saint Dominique, par Thierry D'Arolda).

 

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31 juillet 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Caleruega

 

Premier jour

La Naissance

 

Prélude. - Transportons-nous par la pensée au château de Guzman, au moment où la naissance de Dominique, accompagnée de signes miraculeux, y apporte la joie.

 

Réflexions

 

Dominique naquit d'une famille de saints : sa mère est honorée sur les autels, ainsi que l'un de ses frères. Entre toutes ses illustrations, cette grande et noble famille des Guzman aima de préférence celle que donne la sainteté de la vie. Dieu semblait ainsi prédestiner une maison, à laquelle une gloire immortelle était réservée dans les annales de la Sainte Eglise.

Dès avant la naissance de ce fils glorieux, on sut, parmi les siens, que le Seigneur prédestinait cet enfant à de grandes choses. Un signe célèbre, immortalisé par l'écusson de l'ordre dominicain, révéla à la mère de Dominique ce que son fils serait un jour. Elle vit, en un songe mystérieux dont l'esprit de Dieu lui donna l'explication, le fruit de ses entrailles s'élancer de son sein maternel, sous la forme d'un chien qui tenait dans sa gueule une torche enflammée et se précipitait à travers le monde qu'il embrasait d'un vaste incendie. Cette vision prophétique, devenue l'emblème des Frères Prêcheurs, présageait la grande doctrine et la puissante parole du futur fondateur, que la Providence a chargé de répandre l'Évangile sur tous les points du monde.

À peine né, l'enfant fut honoré d'un nouveau miracle. La noble dame, qui le tint sur les fonds baptismaux, vit une étoile lumineuse briller sur le front de l'enfant, au moment où l'eau sainte coulait sur ce front d'un jour. Le Bienheureux Angelico de Fiesole n'a pas manqué d'immortaliser le souvenir de ce prodige, en peignant le portrait de son vénéré père.

Ô Dominique, lumière de l'Église et du monde, voyez que d'âmes baptisées effacent de leur front cette brillanté étoile que la foi et la grâce y déposèrent à leur entrée dans la vie ! Aidez de votre puissant patronage ceux qui prêchent pour raviver les flammes qui s'éteignent et rétablir les lumières sur le chandelier ! Aidez nous, nous, vos enfants, à garder intact le flambeau de la foi que tant de vents contraires font vaciller, à préserver nos âmes de la boue qu'y laissent les ténèbres du péché, quand elles souillent, même un instant, les cœurs trop faibles pour lui résister.

 

Pratique : Se renouveler dans l'esprit de foi, qui doit distinguer les vrais enfants de saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, lumière du monde, priez pour nous !

 

Trait historique

L'étoile mystérieuse

 

Nous avons dit plus haut qu'une étoile symbolique resplendit sur le front de Dominique enfant, pendant qu'on le baptisait. La peinture chrétienne a fixé ce souvenir dans les représentations qu'elle consacre au grand patriarche. Nous avons cité Fra Angelico il faudrait citer tous les artistes peintres et sculpteurs qui ont traité ce sujet. L'un d'eux, en plaçant la branche de lys traditionnelle entre les mains de Dominique, a fait jaillir une flamme de chaque fleur. C'est un souvenir de l'étoile du baptistère de Calaroga. Quelque vestige, en effet, en demeura toujours, depuis son baptême, sur le visage du saint, et les historiens ont remarqué, comme un trait particulier de sa physionomie, devenu d'ailleurs son caractère iconographique, qu'une certaine splendeur jaillissait de son front et attirait à lui le cœur de tous ceux qui le regardaient. Une de ses pieuses filles spirituelles, la sœur Cécile, nous a conservé une description de ce noble visage : « Sur son front, dit-elle, et entre ses sourcils resplendissait une brillante lumière qui inspirait aux hommes le respect et l'amour ».

 

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30 juillet 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Veille du premier jour

Les gloires dominicaines

 

Prélude. - S’unir, par la pensée et par le cœur, à toutes les âmes qui, en ce jour, se disposent à honorer notre glorieux patron, pendant le mois que lui consacre la piété de ses fils spirituels, afin d'accroître, par cette communion des saints, l'ardeur de notre dévotion et d'assurer le fruit de cette pratique.

 

Réflexions

 

Ce que le Père Lacordaire a dit, dans une intention plus générale, nous le dirons ici, de la postérité spirituelle de saint Dominique, plaçant ainsi nos pieuses réflexions du mois entier sous l'égide d'une parole aussi filialement dévouée à notre saint protecteur que digne de nous faire entendre la grandeur de son œuvre, pour l'avoir le mieux étudiée, méditée, comprise et traduite.

« L'histoire a raconté les travaux (des fils de saint Dominique). Des hérésies formidables s'élevèrent, des mondes nouveaux se découvrirent : mais, dans les régions de la pensée comme sur les flots de la mer, nul navigateur ne put aller plus loin que leur dévouement ou leur doctrine. Tous les rivages ont gardé la trace de leur sang, et tous les échos de son de leur voix. L'Indien, poursuivi comme une bête fauve, a trouvé un asile sous leur froc ; l’africain a encore sur son cou la marque de leurs embrassements ; le Japonais et le Chinois, séparés du reste de la terre par la coutume et l'orgueil encore plus que par le chemin, se sont assis pour entendre ces merveilleux étrangers ; le Gange les a vus communiquer aux parias la sagesse divine ; les ruines de Babylone leur ont prêté une pierre pour se reposer et songer un moment, en s'essuyant le front, aux jours anciens. Quels sables ou quelles forêts les ont ignorés ? Quelle langue est-ce qu'ils n'ont pas parlée ? Quelle plaie de l'âme ou du corps n'a senti leur main ? Et, pendant qu'ils faisaient et refaisaient le tour du monde sous tous les pavillons, leurs frères portaient la parole dans les conciles et sur les places publiques de l'Europe ; ils écrivaient de Dieu en mêlant le génie des Pères de l’Église à celui d'Aristote et de Platon, le pinceau à la plume, le ciseau du sculpteur au com pas de l'architecte, élevant sous toutes les formes ces fameuses sommes théologiques, diverses par leurs matériaux, uniques par la pensée, que notre siècle se reprend à lire et à aimer... »

Avant de mourir, Dominique promit d'aider ses enfants : l'histoire a dit les merveilles de cette assistance du père sur sa postérité, mais, nous, qui sommes les fils de ce saint, nous avons un motif spécial de nous laisser aller à la joie que donne à l'âme pieuse le tableau des bienfaits du patronage que le grand Patriarche de l'Ordre Dominicain n'a cessé d'exercer sur ses membres. Sans doute, tous les fondateurs d'Ordres vivent dans leur Institut, mais la présence perpétuelle du maître parmi les disciples, ce legs de ses lèvres mourantes, nous donne, à nous les enfants privilégiés de saint Dominique, une confiance spéciale. Ce sentiment nous accompagnera pendant tout le mois que nous allons consacrer à méditer les vertus et les gloires de sa vie.

 

Pratique : Répandre autour de soi la pratique du mois consacré à saint Dominique, et se préparer à le suivre avec une filiale dévotion, sans y manquer un seul jour.

Invocation : Saint Dominique, chef et père de l'Ordre des Frères Prêcheurs, priez pour nous !

 

Trait historique

Le Chant de Dante

 

Voici l'éloge que faisait de l'Ordre Dominicain, au XVe siècle, un des plus grands poètes chrétiens, le chantre indépendant de la Divine Comédie :

« En cette partie du monde d'où le zéphyr part et vient ouvrir les feuilles nouvelles de l'Europe ; non loin du bruit des flots qui cachent le soleil à tout homme derrière leur immensité ; est assise la Calaroga sous la protection du grand écu, où le Lion domine la Tour, et la Tour le Lion.

Là naquit l'amoureux serviteur de Dieu, le saint champion de la foi chrétienne, doux aux siens et rude aux ennemis. À peine était créée son âme, que, remplie d'une vive vertu, elle fit prophétiser sa mère. Lorsque, au sacré baptême, la foi et lui se fiancèrent ensemble, et promirent de se sauver l'un par l'autre, la marraine qui donnait pour lui le consentement vit en songe le fruit merveilleux qui devait sortir de lui et de ses héritiers. Et, pour que son nom répondit à sa nature, un ange vint le nommer du nom même du Seigneur, auquel il était tout entier. Il fut appelé Dominique : et c'est de lui que je parle comme du jardinier choisi par le Christ pour l'aider dans son jardin.

Bien parut-il qu'il était l'envoyé et l'ami du Christ, puisque son premier amour fut pour le premier conseil que donne le Christ. Souvent sa nourrice le trouva couché par terre, silencieux et éveillé, comme s'il eût dit : « Je suis venu pour cela ». Oh ! vraiment heureux père ! Oh ! vraiment pleine de grâces, sa mère ! comme le dit leur nom même de Félix et de Jeanne.

En peu de temps, non pour le vain amour du monde, mais par amour de la manne véritable, il devint grand docteur, et se mit à travailler la vigne qui blanchit et se dessèche lorsque le vigneron n'est pas digne d'elle. Il ne demanda pas de donner moins au lieu de donner plus, ni le premier bénéfice vacant, ni les dîmes qui appartiennent aux pauvres de Dieu ; mais seulement la liberté de combattre pour l'Evangile contre les erreurs du monde. (Le Paradis, chant XII, trad. du P. Lacordaire).

 

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18 décembre 2020

5 chemins de prière pour aller à la rencontre de Dieu

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5 chemins de prière pour aller à la rencontre de Dieu

(en collaboration avec Hozana)

 

Prier, c’est entrer en relation avec Dieu. Il existe bien des façons de prier : en récitant une prière, en méditant la Parole de Dieu, en conversant librement avec le Seigneur ou tout simplement en se laissant aimer par lui. Voici 5 belles façons de rentrer dans le mystère de la présence de Dieu. Essayez-les toutes !

  • L’oraison de recueillement. Il s’agit d’une prière personnelle silencieuse qui demande de se rendre totalement présent à Dieu, en faisant taire toutes nos pensées. Nous pouvons alors accueillir la présence du Seigneur en nous. Pour sainte Thérèse d’Avila, qui développa cette pratique dans les Carmels, c’est en chaque homme que Dieu fait sa demeure. La prière devient un voyage intérieur. “Fais taire en moi ce qui n’est pas toi, ce qui n’est pas ta présence toute pure, toute solitaire, toute paisible.” disait saint Jean de la Croix.

  • La lecture sainte ou lectio divinaCette lecture priante de la Parole de Dieu est une façon de rentrer en conversation avec le Seigneur. La prière s’appuie sur un passage de la Bible et se déroule en quatre étapes :

    • La lecture lente (lectio) dans laquelle Dieu nous parle,

    • La méditation du passage (meditatio) pour bien l’entendre,

    • La prière (oratio) pour lui répondre,

    • Et l’adoration (contemplatio) pour entrer en communion avec lui.

  • L’adoration eucharistiqueIl s’agit d’un temps contemplatif devant le saint sacrement exposé sur l’autel dans un ostensoir. C’est une prière du coeur, un rendez-vous amoureux avec le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée. Nous pouvons lui parler, le regarder ou tout simplement nous complaire en sa présence et le laisser nous aimer. Dans chaque paroisse, il existe des temps dédiés à l’adoration. Dans certaines même se déroule l'adoration perpétuelle ; le saint sacrement y est constamment exposé et les fidèles se relaient pour une adoration continuelle.

  • Le chapelet. Il existe de nombreuses prières à réciter à partir d’un chapelet. La plus connue est sans doute la belle prière du Rosaire. Elle permet de revivre les grands temps de la vie du Christ à travers vingt mystères. La répétition de la prière (le Je vous salue Marie dans le Rosaire) sur chaque grain installe un rythme, comme une respiration. La prière peut alors nous accompagner dans nos tâches - travail, marche - et sanctifier nos activités quotidiennes.

  • Les psaumes. Ces textes poétiques de l’Ancien testament sont une école de prière à eux seuls. En 150 psaumes, nous passons par toutes les émotions humaines. Ainsi quel que soit notre état d’âme, il existera un psaume pour crier notre détresse ou rendre grâce à Dieu. En exprimant nos demandes à travers ces textes, notre prière individuelle rejoint la prière des hommes à travers les âges. Comme le Christ qui reprit des paroles des psaumes pour dire sa souffrance lors de sa Passion.

 

24 novembre 2020

Prier pendant l'Avent

naissance

Prier pendant l’Avent

En collaboration avec Hozana

 

Le début de l’Avent, qui marque aussi le début de la nouvelle année liturgique, commence chaque année le quatrième dimanche avant Noël. Mais ce temps de préparation à l’arrivée de Jésus est aussi un temps d’intériorité qui peut commencer plus tôt ou plus tard en chacun de nous ; au moment où l’attente commence à travailler nos cœurs.

C’est une attente qui précède un changement, qui prépare à l’accueil. Un temps de gestation indispensable à l’arrivée de la Vie. Cette période, toutes les jeunes mamans le diront, est un temps fort en émotions. Sans bien savoir toujours pourquoi, la joie fait parfois place à la tristesse, le partage de la nouvelle n’empêche pas de ressentir une certaine solitude. Que l’on ne s’explique pas toujours, que l’on se reproche parfois …

Pendant ces semaines avant Noël nous pouvons ressentir profondément la joie et l’espérance qui nous sont offertes par l’arrivée du Christ dans nos vies mais il est aussi possible que nous vivions ces moments plus difficilement. Cheminons vers Noël en déposant devant la crèche nos angoisses, nos peines ou celles de nos proches (personnes ayant perdu un être cher, souffrant de maladie, ayant vécu une séparation douloureuse), nos doutes. 

Acceptons et accueillons ces émotions qui toutes, à leur manière, travaillent et façonnent une place dans notre cœur pour accueillir le Sauveur...

 

Retrouvez diverses propositions de prières pour accompagner votre Avent

Sur Images Saintes,

en cliquant ICI

 

17 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Trente-et-unième jour

Clôture du Mois de Saint Vincent de Paul

18 octobre

 

Culte et Reliques

 

Prélude. - Vénérons le saint sur les autels, où l’Église l'a placé.

 

Récit. - Sur les ordres du Pape, le cardinal de Noailles procéda à l'ouverture du tombeau de l'humble Vincent de Paul, le 19 février 1712. Après une visite minutieuse, les médecins attestèrent qu'ils avaient trouvé un corps tout entier et sans aucune mauvaise odeur.

Les prodiges opérés par l'inter cession du saint, furent examinés avec une sévérité rigoureuse par l’Église, et il fut mis au nombre des bienheureux le 13 août 1729. Les grands de la terre eurent dès lors la consolation de fléchir les genoux devant l'humble prêtre qui, tant de fois, les avait fléchis lui-même devant les petits et les pauvres. Le ciel, par de nouveaux miracles, confirma ces honneurs. Vincent de Paul fut canonisé le 16 juin 1737.

Son corps, renfermé dans une châsse d'argent, était conservé dans l'église de Saint-Lazare. Le 30 août 1792, cette église fut dépouillée de son argenterie et de tout ce qu'elle avait de plus précieux par un commissaire révolutionnaire, qui remit à MM. les Lazaristes les dépouilles mortelles de leur saint fondateur ; ils les recueillirent avec un grand respect, dressèrent un procès-verbal pour en constater l'authenticité et les cachèrent avec soin pendant l'affreux règne de la Terreur.

Les temps ensuite étant devenus plus tranquilles, ce précieux dépôt fut confié aux filles de la Charité, qui le gardèrent dans leur chapelle jusqu'au mois de mai 1830, époque à laquelle il fut porté à l'archevêque de Paris. Mgr. de Quelen, rempli de vénération pour le saint prêtre qui, par ses vertus, a tant honoré l’Église de France, et a laissé dans la capitale tant de monuments encore subsistants de sa charité, avait fait exécuter une châsse d'argent d'un beau travail, et voulut transférer solennellement le corps de saint Vincent dans la nouvelle chapelle construite par les messieurs de Saint-Lazare, sur un terrain dépendant de la maison qu'ils habitent, à la rue de Sèvres.

Cette translation, à jamais mémorable dans les fastes de l’Église de Paris, eut effectivement lieu, avec la plus grande pompe, le 25 avril 1830, qui était cette année, le deuxième dimanche après Pâques ; et maintenant, chaque année la mémoire à l’office et à la messe. Les événements de juillet 1830 ont obligé de cacher cette sainte relique ; mais elle a nouveau été exposée à la vénération des fidèles, dans la chapelle des Lazaristes. Le cœur, transporté à Turin pendant la Révolution Française, a été réclamé depuis par le cardinal Fesch. Après avoir été à Lyon, il est maintenant conservé dans la chapelle de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac, à Paris.

 

Pratique. - Se proposer de célébrer, chaque année, avec dévotion et confiance, les fêtes et le Mois de Saint Vincent de Paul.

 

Invocation. - Saint Vincent, mon patron et mon père, protégez-moi !

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Que Dieu daigne conserver la charité et l'amour fraternel dans les cœurs de tous les chrétiens ! À l'aide des secours réciproques que les chrétiens remplis d'amour fraternel et de charité se donneront, les forts soutiendront les faibles, et l'œuvre de Dieu s'accomplira.

De tous les moyens de conserver l'union et la charité avec le prochain, le plus efficace et le meilleur, c'est la sainte humilité, c'est de se mettre au-dessous de tout le monde, et de se regarder comme le plus méchant et le plus vil de tous.

Habiter une maison où règne la charité fraternelle, c'est être dans un paradis, puisqu'il n'y a rien de plus désirable, ni de plus délicieux que de vivre avec ceux qu'on aime, et de qui l'on est aimé.

On doit préférer dans les sociétés catholiques l'union et la paix à tout autre bien.

Lorsque les âmes humbles sont contredites, elles se tiennent dans le calme, si on les calomnie, elles souffrent avec patience ; si on les estime peu, si on les néglige, si on les oublie, elles pensent qu'on les traite avec équité et selon leur mérite; si elles sont accablées d'occupations, elles s'en acquittent avec plaisir.

Chacun doit bien se dire à soi-même : Quand j'aurais toutes les vertus, si je n'ai pas l'humilité, je m'abuse ; et tandis que je me crois vertueux, je ne suis qu'un pharisien superbe.

Il n'y a qu'une profonde humilité qui puisse nous faire profiter parfaitement de certaines grâces très particulières que Dieu daigne quelquefois nous accorder ; mais il faut que cette humilité soit accompagnée d'une confiance sans bornes à la bonté divine, et il faut encore y joindre un détachement parfait de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous pouvons faire de nous même.

Le savoir sans humilité a toujours été pernicieux à l’Église ; et comme l'orgueil a précipité les anges rebelles, il cause souvent la perte des hommes savants : le plus ignorant des démons en sait plus que le plus subtil philosophe et le plus profond théologien.

Quand l'humilité est bannie d'un lieu, chacun s'occupe de son avantage personnel, et de là naissent les partialités, les schismes, les divisions.

 

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Fin du Mois de Saint Vincent de Paul

 

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à très bientôt pour de prochaines prières…

 

 

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16 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Trentième jour

3e jour du Triduum final du Mois de Saint Vincent de Paul

17 octobre

 

Sainte mort

 

Prélude. - Venons contempler et vénérer notre bienheureux au moment de son départ pour le ciel.

 

Récit. - Ce fut le lundi 27 septembre 1660, vers quatre heures et demie du matin, que Dieu l'attira à lui, lorsque ses disciples, assemblés à l'église, commençaient leur oraison mentale pour attirer Dieu en eux. Ce fut donc à la même heure et au même moment qu'il avait coutume, depuis quarante ans, d'invoquer le Saint-Esprit sur lui et les siens, que cet Es prit adorable enleva son âme de la terre au ciel, pour couronner la sainteté de sa vie, son zèle pour la gloire de Dieu, sa charité pour le prochain, son humilité, sa patience et toutes ses autres vertus, dans la pratique desquelles il a persévéré jusque dans la mort.

Ayant rendu le dernier soupir, son visage ne changea point ; il demeura dans sa douceur et sa sérénité ordinaires, étant dans son pauvre fauteuil, comme s'il eut sommeillé. Il expira assis et tout vêtu, sans fièvre et sans agonie, cessant de vivre par une pure défaillance de la nature, comme une lampe qui s'éteint insensiblement, quand l'huile vient à lui manquer. Son corps ne se raidit point, il demeura aussi souple et aussi maniable qu'avant.

Il demeura exposé le mardi 28 septembre jusqu'à midi. Pendant toute cette matinée, ses missionnaires firent de vains efforts pour en écarter la foule. On déchirait ses vêtements, quelques uns arrachaient ses cheveux et même sa barbe. Enfin, le corps, mis dans un cercueil de plomb, fut inhumé dans l'église de Saint-Lazare.

Mais, saint Vincent de Paul, plus encore que les autres saints, n'est point mort tout entier. « Défunt, il parle encore », comme dit l'Ecriture.

Oui, il revit dans les saints instituts qui font bénir son nom dans tout l'univers; il continue, dans la personne de ses prêtres de Saint-Lazare, à évangéliser les pauvres et à former de pieux lévites ; il soigne les malades et assiste les indigents par les mains de ses admirables Filles de la Charité, dont le cœur a véritable ment hérité de la charité de leur saint fondateur.

 

Pratique. - Se préparer souvent à bien mourir.

 

Invocation. - Saint Vincent, dont la mort fut si douce, obtenez-moi la grâce d'une sainte mort.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

L'orgueil est un vice très pernicieux, et d autant plus à redouter, que l'inclination naturelle nous y porte plus fortement. Nous devons donc user d'une vigilance continuelle pour faire toujours le contraire de ce que désirerait la nature corrompue.

L'humilité est la vertu de Notre Seigneur Jésus-Christ, de sa sainte Mère, et des plus grands saints ; elle réunit toutes les vertus, et quand elle est sincère, elle les introduit toutes dans un cœur.

Recourons souvent à l'amour de notre propre abjection, comme à un refuge assuré contre les mouvements continuels qu'excite en nous le penchant malheureux que nous avons tous à l'orgueil.

Nous devons laisser à Dieu toute la gloire, et ne garder pour nous que le mépris et la confusion : voilà uniquement ce qui nous est dû.

L'orgueil ne fait jamais de trêve ; il attaque en diverses manières les plus grands saints, tant qu'ils sont sur la terre : il tente l'un de se complaire vainement dans le bien qu'il a fait ; l'autre, de s'enorgueillir de son savoir ; celui-ci, de se regarder comme le plus parfait, celui-là, comme le plus ferme.

L'arme la plus puissante pour vaincre le démon, c'est l'humilité.

Si nous considérons tout ce qui se trouve en nous de terrestre et d'imparfait, nous aurons bien des motifs de nous abaisser devant Dieu et devant les hommes, devant ceux mêmes qui sont nos inférieurs.

Un juste qui abandonne l'humilité, est rejeté de Dieu et réprouvé malgré toutes ses bonnes œuvres ; et ce qui paraît vertu en lui, n'est que vice.

Lorsqu'on ne considère qu'en spéculation la vertu d'humilité, on la trouve belle, aimable, admirable ; mais quand il s'agit de la pratiquer, on la trouve très répugnante à la nature. Ce qu'elle exige nous déplaît, parce qu'elle veut que nous cherchions toujours la dernière place ; que nous nous mettions au-dessous de tous ceux avec qui nous vivons, quoiqu'ils soient nos inférieurs ; que nous supportions sans nous plaindre les calomnies ; que nous recherchions le mépris ; que nous aimions l'abjection ; et nous n'avons naturellement que de l'aversion pour toutes ces choses.

 

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14 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-huitième jour

1er du Triduum final du Mois de Saint Vincent de Paul

15 octobre

 

Fin de la journée de Saint Vincent de Paul

 

Prélude. - Contemplons le sommeil du bienheureux patriarche.

 

Récit. - Le plus souvent mi nuit sonne, et le saint est encore au travail. Il pense à prendre un peu de repos. Mais ce ne sera pas sans s'être puni de tant de bonnes œuvres, où il ne découvre qu'imperfection et péché, par une rude discipline ; le matin, il s'y était déjà préparé par une semblable pénitence. Et ce n'est là que l'exercice réglé et quotidien de sa mortification.

Il s'impose des pénitences extraordinaires dans les malheurs publics, dans les besoins généraux et particuliers de sa compagnie, et notamment quand il apprend quelque faute commise dans une de ses maisons. « Mes péchés, dit-il, sont cause de tout le mal qui arrive, n'est-il pas juste que j'en fasse pénitence ? » En tout temps, à la discipline il joint le cilice, les bracelets, les ceintures de cuir à pointes, qu'il remplace quelquefois par une haire conservée encore, et dont la vue seule fait frémir.

Il tombe alors à genoux pour ses dernières prières et surtout pour faire sa préparation quotidienne à la mort. Il découvre son lit. Ce n'est qu'une rude paillasse sans matelas, sans rideaux, et même sans draps les dernières années de sa vie. Pour condescendre aux prières des siens, il a consenti qu'on lui mît un rideau, mais il continue à coucher sur la paille. Et encore, comme il se reproche ce « tour de lit », ce lit « bien encourtiné ! » Bien souvent, sur cette couche misérable, il ne trouve ni repos ni sommeil. La fièvre le dévore, ses ulcères le torturent, il est trempé de sueur ; pendant ces longues et cruelles insomnies, il bénit Dieu, il prie ou combine ses saintes entreprises.

Voilà une journée de saint Vincent de Paul, voilà le tissu uniforme de sa vie. Certes, après une si longue série de jours semblables, Il était prêt à paraître devant Dieu, et il n'avait plus qu'à en recevoir la récompense.

 

Pratique. - S'imposer un règlement de vie.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de vie régulière, apprenez-moi la fidélité au règlement.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

L'homme trouve dans l'obéissance l'anéantissement de l'amour propre et la vraie liberté des enfants de Dieu.

Outre la grâce qu'on mérite en pratiquant l'obéissance, le Seigneur se plaît encore à faire la volonté de ceux qui, par amour pour Lui, soumettent leurs volontés à celle des supérieurs.

Celui qui souffre avec impatience d'être repris et corrigé, est dans un état déplorable et bien éloigné de celui des saints, qui se réjouissaient lorsqu'on découvrait les petits défauts qui se trouvaient en eux.

Les murmures qu'on se permet contre les ordres des supérieurs sont une espèce d'apostasie ; et comme on tombe dans l'apostasie extérieure, en quittant l'habit de la religion dans laquelle on s'était engagé, on se rend coupable de l'apostasie intérieure, en se séparant de la façon de penser, de la volonté, de l'esprit et du cœur des supérieurs, pour adhérer à ses sentiments propres.

Notre obéissance ne doit pas se borner à accomplir les ordres de ceux qui ont quelque autorité sur nous ; elle doit encore, ainsi que l'apôtre saint Pierre nous y in vite, nous soumettre, par amour pour Dieu, à toutes les créatures humaines.

L'humble soumission et l'obéissance aux décrets des souverains pontifes est un bon moyen de distinguer les véritables enfants de l’Église de ceux qui lui sont rebelles.

L'obéissance ne consiste pas seulement à faire ce qu'on nous a prescrit, mais elle consiste dans la disposition soutenue d'accomplir en toute occasion ce qui nous sera commandé.

Les murmures sont des loups ravissants qui ruinent et qui détruisent le troupeau au milieu duquel ils pénètrent.

La prudence nous fait agir avec attention, et pour la fin que nous devons nous proposer. L'homme prudent fait les choses de la manière, dans le temps, et pour la fin qui est convenable, c'est-à-dire il les fait pour Dieu. La prudence fait prendre les moyens les plus propres, ainsi que la voie la plus droite et la plus sûre pour parvenir à la fin qu'elle se propose.

 

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13 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-septième jour

9e et dernier jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

14 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Admirons le grand saint humblement appliqué à ses œuvres quotidiennes de charité.

 

Récit. - Après le repas, les siens ont une heure de récréation : lui n'en prend jamais. Enfin, tous se retirent et bientôt Saint-Lazare est plongé dans le sommeil ; lui seul veille.

Ses nuits sont presque aussi laborieuses que ses jours. Il a trouvé, en rentrant le soir, une multitude de lettres ; c'est la nuit qu'il y répond. Il lui en est venu de tous les points du royaume et de l'étranger.

C'est un évêque, un abbé, un directeur qui le consultent sur les affaires les plus importantes et les plus délicates ; ce sont de grands seigneurs, de grandes dames qui lui proposent des missions sur leurs terres ou quelque œuvre de charité ; c'est la congrégation de la Propagande, la compagnie des Indes qui lui demandent des prêtres pour l'Asie et pour l'Afrique ; c'est une pauvre mère qui le prie de s'intéresser à un fils captif à Alger, ou bien un renégat qui le conjure de lui ménager son retour à la foi ; ce sont les nonces de France qui veulent avoir son avis sur les affaires qui importent à l’Église Gallicane ou même à l’Église universelle ; ce sont des chefs de religion, des supérieurs de communautés qui réclament son concours pour la réformation de leur ordre ou de leur maison ; ou bien un religieux, un simple novice qui le consultent sur leur vocation ou un changement d'état ; c'est une foule de curés, de prêtres, qui lui soumettent les difficultés de leur ministère ou de leur conscience enfin et surtout, c'est sa double famille de Missionnaires et de Filles de la Charité qui exige ses soins de tous les jours.

Au moindre de ses enfants il répond avec une exactitude que sa bonté seule égale ; à toutes ses maisons, il écrit régulièrement une fois la semaine, et à chacune il transmet, outre des conseils et des décisions sur ses propres affaires, les nouvelles générales de la compagnie : ses lettres deviennent ainsi une sorte de gazette de la Mission et de ses Oeuvres.

 

Pratique. - Glisser toujours un mot de Dieu dans ses moindres correspondances.

 

Invocation. - Saint Vincent, animé du désir de sanctifier les âmes, inspirez-moi les moyens de concourir au salut de mes frères.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Le recueillement intérieur pré serve de la dissipation, qui est la source de la tiédeur et du relâchement dans ceux qui, par état, doivent sans cesse inspirer aux autres la ferveur et la crainte de Dieu.

Quand on se sent porté par un désir véhément à faire une œuvre importante et même sainte, on doit la remettre à un autre temps et attendre que notre cœur soit rentré dans la tranquillité et dans l'indifférence, afin que l'amour propre ne vienne pas souiller la pureté de notre intention.

Quand quelqu'un croit avoir fait tout ce qui dépendait de lui pour l'heureux succès d'une affaire spirituelle, qu'il se tienne dans la tranquillité et dans la paix, quel que puisse être l'événement.

Le moment le plus favorable pour connaître le progrès qu'une âme a fait dans la vertu, est celui de la tribulation et de la tentation.

Pour l'ordinaire, les œuvres de Dieu se font par degrés : elles ont leur commencement et leurs progrès. On ne doit donc pas prétendue faire toutes choses d'un coup, ni estimer que tout soit perdu parce qu'il faut des soins pour réussir. Il faut aller pied à pied, et adresser à Dieu de fréquentes prières.

Il n'y a rien de plus contraire au succès des affaires que la précipitation : les délais sont ordinairement plus avantageux que nuisibles.

Une inclination naturelle nous porte à exiger que les choses qui nous sont avantageuses se fassent promptement : nous devons la réprimer, pour nous mettre dans la pratique de la sainte indifférence, et laisser à Dieu le soin de manifester sa volonté ; tenant pour certain que lorsque Dieu veut qu'une affaire réussisse, les délais ne la gâtent point, et que moins il y a de notre industrie, plus il y a de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Les lumières que la foi nous donne sont toujours accompagnées d'une onction céleste qui se répand secrètement dans le coeur.

Il n'y a pas d'hommes plus constants et plus fermes dans le bien qu'ils ont entrepris, que ceux qui sont doux et bénins : ceux au contraire qui se livrent aisément à la colère sont, pour l'ordinaire, inconstants ; ils agissent par caprice et par les mouvements de la nature.

 

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12 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

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 Vingt-sixième jour

8e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

13 octobre

 

La journée de Saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Suivons notre admirable saint au réfectoire et considérons son esprit de renonce ment et de mortification, jusqu'au milieu d'une action si matérielle et si animale.

 

Récit. - Il rentre enfin. Il salue aussitôt la sainte Vierge et l'ange gardien, comme il a fait en sortant, comme il fait toujours et comme il prescrit de faire à l'entrée et au sortir d'une chambre, comme en sortant encore, il va adorer le Saint-Sacrement qu'il appelle le Maître de la maison.

Il est bien tard quelquefois, et néanmoins il s'oublie plusieurs heures. Il finit par se rendre au réfectoire.

Si la communauté s'y trouve, il s'assied où il se rencontre, le plus souvent à la dernière place, même après les frères. Pas plus de distinction entre lui et les siens pour la nourriture que pour la place, jusque dans les infirmités d'une extrême vieillesse. Si le repas commun est achevé, sa mortification s'en réjouit, car il n'aura plus que les restes. Si tout est desservi, il ne demande rien et se contente d'un peu de pain. Pour du vin, il n'en ré clame jamais et ne boit que de l'eau pure.

Ce repas si sobre, achevé en un instant, est pourtant son premier et sera souvent son unique repas de la journée, car il est rentré fort tard, et, suivant sa coutume, il n'a rien pris le matin.

Ce n'est pas assez pour sa mortification d'une nourriture mauvaise et prise en trop petite quantité ; il tient encore en réserve des poudres amères qu'il y mêle pour la rendre plus désagréable au goût.

La nature quelquefois succombe, et la nuit il lui faut porter dans une défaillance un morceau de pain sec, seul confort qu'il veuille accepter.

Voilà le repas destiné à réparer les forces perdues dans une longue journée de travail, et encore il se le reproche, et chaque soir, s'asseyant devant sa maigre pitance, il se dit : « Ah ! misérable, tu n'as pas gagné le pain que tu manges ! »

C'est un jeûne continuel. Néanmoins, il en fait un plus rigoureux deux fois par semaine et tous les jours ordonnés par l’Église. À plus de 80 ans, il se contenta des salines servies à la communauté. Le soir un peu de pain, une pomme et de l'eau rougie fait toute sa collation. Il s'en abstient même, quand il arrive un peu tard de la ville : alors, sans manger, il se retire dans sa chambre, ou se rend à l'église | pour présider une conférence spirituelle.

 

Pratique. - S'imposer toujours quelque mortification dans les repas.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez été si mortifié, enseignez-moi à réduire mon corps en servitude.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Plusieurs se contentent des doux entretiens qu'ils ont avec Dieu dans l'oraison ; mais, est-il question de se mortifier, de supporter patiemment les maladies, les humiliations, ou autres disgrâces, le courage leur manque. Cependant, ne nous y trompons pas ; l'Apôtre nous déclare qu'il n'y a que nos œuvres qui nous accompagnent en l'autre vie.

Parmi les différents moyens que nous avons pour plaire à Dieu dans tout ce que nous faisons, un des plus efficaces, c'est de faire chacune de nos actions comme si ce devait être la dernière de notre vie. À chaque démarche que nous avons à faire, disons-nous à nous mêmes : « Si tu savais devoir mourir après cette action, la ferais tu ?... la ferais-tu de la manière que tu vas la faire ? »

La perfection consiste à se renoncer à soi-même, à porter sa croix, à suivre Jésus-Christ ; or, celui qui se renonce davantage, qui porte mieux sa croix, qui suit de plus près Jésus-Christ, c'est celui qui ne fait jamais sa propre volonté, mais toujours celle de Dieu.

Celui qui veut avancer à grands pas dans la vertu, doit réprimer fortement ses propres inclinations. On n'a qu'une vertu imaginaire, lorsque, dans les occasions, on ne fait pas les sacrifices qu'exige la vertu véritable.

La pauvreté volontaire et effective nous fait tourner vers Dieu et recourir à lui, tandis que l'abondance nous le fait souvent oublier.

Celui à qui Dieu confie le soin d'assister les pauvres, ne doit pas éprouver moins de plaisir en leur procurant des secours, que n'en éprouve un père tendre lors qu'il présente quelque soulagement à ses enfants.

Celui qui aura aimé les pauvres pendant sa vie, verra sans effroi approcher le moment de sa mort.

 

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11 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-cinquième jour

7e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

12 octobre

 

La journée de Saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Suivons notre saint dans les rues de la capitale, où sa démarche modeste édifie tous les passants.

 

Récit. - Ce n'est pas assez de ses occupations à domicile. Tous les jours, deux fois par jour souvent, le saint prêtre sort et parcourt tous les quartiers de Paris, où l'on réclame sa présence où il a à visiter quelqu'un de ses établissements charitables. Il va à la cour pour assister à une séance, du conseil, ou solliciter la charité de la reine, ou s'entremettre dans les querelles des partis ; trois fois la semaine, il préside l'assemblée des Dames de la Charité et des Seigneurs ; souvent, il est appelé en d'autres assemblées particulières, soit de prélats, soit de docteurs, soit de supérieurs de communautés ou enfin de personnes de condition. De là, il se rend dans un monastère ou dans une famille, pour y rétablir l'ordre et la paix ; il va encourager une Conférence de la Charité, consoler les prisonniers et les forçats, visiter les malades à domicile et dans les hôpitaux, réjouir les vieillards du nom de Jésus, bégayer avec les petits Enfants-Trouvés.

Dans le passage d'un lieu à l'autre, il emploie soigneusement son temps. Il prie, combine une œuvre, prépare une instruction, quelquefois même en voiture, il écrit une lettre.

Jusque dans le tumulte de la rue, de la cour et des assemblées, il ne perd pas de vue la présence de Dieu. Il y songe au moins quatre fois par heure. L'horloge sonne : il se découvre, fait le signe de la croix et lève ses yeux au ciel. Ordinairement, il les tient baissés, et même fermés, lorsqu'il est en carrosse, et ne les ouvre que sur le crucifix du chapelet qu'il porte toujours à sa ceinture. Pour ne rien voir, n'être vu de personne, et se pouvoir entretenir avec Dieu, il tire presque toujours le rideau de la voiture. Sans doute la vue des créatures, bien loin de le distraire, le porte à leur auteur, néanmoins, c'est en se privant de l'aspect des objets agréables et en mortifiant ses sens, qu'il honore Dieu, et se tient uni à lui. Malgré son impressionnabilité aux températures extrêmes, il ne se garantit ni contre le froid, ni contre le chaud ; pas même de gants en hiver, et ses mains sont enflées et gercées comme ses jambes.

S'il marche à pied dans les rues, il observe le même recueillement et les mêmes pratiques. En passant devant une église, il y entre et s'y prosterne, le visage contre terre. Quand l'Angélus sonne, au milieu de la foule comme à la cour, il se découvre, tombe à genoux et le récite. Il ne voit personne, bien que tous le regardent et l'admirent. Les enfants eux-mêmes se le montrent et se disent : « Voilà le saint qui passe ! »

 

Pratique. - Se rappeler souvent le souvenir de la présence de Dieu.

 

Invocation. - Saint Vincent, recueilli au milieu du monde, conservez moi l'esprit de solitude intérieure.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Les vérités éternelles sont capables de remplir le cœur et de nous conduire par une voie sûre. Il suffit donc de faire usage de ces moyens tout divins pour arriver en peu de temps à la perfection.

Celui qui ne se tient pas uni à Dieu par l'exercice de sa sainte présence, ne peut réussir dans ce qu'il entreprend pour sa gloire.

On doit s'appliquer dans l'oraison à combattre spécialement la passion ou la mauvaise inclination qui domine en nous. On doit la mortifier avec une attention continuelle, parce que, dès qu'elle sera détruite, on obtiendra aisément la victoire sur toutes les autres.

Quand on veille sur soi, l'attention à la présence de Dieu se change peu à peu en habitude. J'ai connu une personne qui se reprochait d'avoir été trois fois le jour distraite de la présence de Dieu. Ces gens-là seront nos juges, et nous condamneront devant la Majesté divine de l'oubli que nous avons pour Elle.

Pour s'établir solidement dans une vertu, il est nécessaire de prendre de bonnes résolutions, des résolutions pratiques sur les actes particuliers de cette vertu. Il faut de plus être fidèle à les exécuter ; sans cela, malgré la facilité et le goût qu'on trouve dans la méditation, on n'est pas vrai ment vertueux, on ne l'est qu'en imagination.

Celui qui sait bien pratiquer l'exercice de la présence de Dieu et qui est fidèle à suivre l'attrait de cette divine vertu, arrivera bientôt à un très-haut degré de sainteté.

Nous devons honorer Dieu en ses saints, et le supplier qu'il nous rende participants des grâces qu'il a si abondamment versées dans leurs âmes.

 

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10 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-quatrième jour

6e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

11 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Contemplons notre saint apportant à ses occupations l'esprit intérieur dont les pieux débuts de sa journée l'ont animé.

 

Récit. - Ce qu'il se montre dans les offices publics, Vincent l'est encore, sous l'œil de Dieu, dans la récitation privée de son bréviaire. Il le récite toujours tête nue ; à genoux aussi et tête nue, il fait sa lecture quotidienne du Nouveau-Testament.

Après plus de trois heures consacrées ainsi le matin à la prière, même pendant les hivers les plus rigoureux, toujours à genoux sur le pavé de l'église, sans permettre jamais qu'on recouvre sa place d'une simple natte, il rentre dans sa chambre. Chambre plus que modeste, petite, pauvre, nue. Des murs blanchis à la chaux, un pavé sans natte ; pour tous meubles, une table de bois sans tapis, deux chaises de paille et un méchant lit ; pour tout ornement, un crucifix de bois et une image de papier collée au mur. Ni feu, ni même de cheminée, et cela jusqu'à l'âge de plus de quatre-vingts ans, que ses disciples le forceront à prendre une autre chambre, parce qu'il a besoin d'un peu de feu pour panser ses ulcères. Mais, comme il s'en humiliera ! Comme il accusera ses péchés de l'avoir réduit à une telle misère, qu'il traitera de scandaleuse ! De quelle parcimonie il se montrera dans l'usage du bois, qu'il appelle comme tout le reste, le bien des pauvres !

Le voilà tout entier aux visites et aux affaires. Leur diversité et leur multitude ne lui ôtent rien de son calme, de son égalité ni de son recueillement. Il reçoit avec bonté et il écoute avec son attention ordinaire toutes sortes de personnes du dedans et du dehors. Il ne les interrompt jamais, et encore, avant de prendre lui même la parole, il met toujours, entre la demande et la réponse, un intervalle de quelque instant pour réfléchir et consulter Dieu.

Saint-Lazare est sa maison de consultation universelle, où se rendent, de Paris et des provinces, tous ceux qui ont besoin de conseils pour leur personne ou pour leurs entreprises. Rien ne se fait, pour la religion ou pour la charité, sans l'avis de Vincent, et sans la coopération du moins de ses prières.

 

Pratique. - Avoir toujours soin d'animer d esprit intérieur toutes ses œuvres, même les plus absorbantes et les plus dissipantes.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de la vie intérieure, apprenez-moi à demeurer recueilli au milieu du monde.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

On doit, dans la méditation, prendre toujours des résolutions particulières, et chercher les moyens de déraciner ses mauvaises habitudes et de conformer sa vie à celle de Jésus-Christ, attendu que le fruit principal de l'oraison ne consiste pas en des pensées sublimes, en des sentiments affectueux, mais dans l'acquisition des vertus et dans la pratique des bonnes œuvres.

La perfection de l'oraison, ainsi que notre perfection intérieure, ne consiste pas dans une oraison plus ou moins sublime, mais dans la charité.

Oh ! qu'il faut peu de chose pour être saint ! Il suffit de faire en tout la volonté de Dieu.

Si l'orgueil nous sollicite de nous élever, nous devons nous abaisser ; s'il nous donne des pensées d'estime de nous-mêmes, nous devons penser à notre faiblesse et à notre incapacité ; s'il nous incite à nous faire connaître, nous devons nous abstenir de tout ce qui pourrait nous faire remarquer, et préférer les œuvres bas ses et viles à celles qui seraient grandes et honorables.

Celui qui s'humilie profondément, devient juste, de pécheur qu'il était. Au contraire un homme de mœurs angéliques, et qui serait orné des plus rares ver tus, et qui les posséderait dans le degré le plus éminent, s'il n'a pas l'humilité, devient semblable à un reprouvé, parce que toutes les vertus qu'il possède manquent de fondement et ne peuvent subsister.

Si l'on ordonne quelque chose à des âmes humbles, elles s'appliquent de bon cœur à exécuter ce qui leur est commandé, quelques difficultés qu'elles y trouvent, se confiant pleinement en la force de l'obéissance. Si elles sont assaillies de tentations, elles s'affermissent encore davantage dans l'humilité ; et ainsi les attaques mêmes du démon les font triompher de l'orgueil, le dernier ennemi qui leur reste à combattre.

Il n'y a que ceux qui ont une humilité profonde et un sincère mépris d'eux-mêmes qui puis sent être propres aux œuvres de Dieu.

Celui qui a une véritable humilité, se regarde comme le plus imparfait de tous. Il se juge coupable ; il attribue à un secret aveuglement de ne pas apercevoir en lui des défauts que tout le monde y voit.

 

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9 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-troisième jour

5e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

10 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Assistons à la messe célébrée par saint Vincent. Avec quelle ferveur, cet ange de la terre immole chaque jour l'adorable victime.

 

Récit. - L'oraison et la répétition achevées, Vincent récite lui-même et à haute voix les litanies du Saint Nom de Jésus. Entre les glorieuses épithètes que lui donne l’Église, il insiste, avec un goût singulier, sur celle-ci : « Jésus, père des pauvres ! »

De là, presque tous les jours, il va se confesser, ne pouvant souffrir en lui l'apparence même du péché. Presque jamais, son confesseur ne trouve matière à absolution : « Ah ! Monsieur, lui dit l'humble saint, si vous aviez les lumières que Dieu me donne, vous me jugeriez autrement ! »

Il fait ensuite sa préparation à la messe, et, quoique à peine sorti de l'oraison, il y donne un temps considérable !

Il s'habille enfin et célèbre.

Il paraît à l'autel comme un autre Jésus-Christ ; victime et sacrificateur : victime, il s'abaisse et s'humilie ; sacrificateur, il est grave et majestueux comme le Sauveur, et en même temps plein

de douceur, de sérénité et de miséricorde. Il récite les prières de la messe et en fait les cérémonies sans lenteur ni précipitation, de manière à atteindre et à ne point dépasser la demi-heure. Il prononce toutes les paroles, surtout celles du saint Evangile, d'une voix médiocre et agréable, distincte et dévote, dans un accord manifeste de la bouche et du coeur. Tous les assistants sont édifiés. « Mon Dieu, disent-ils, que voilà un prêtre qui dit bien la messe ! » La messe dite, il en entend et souvent en sert une seconde. Il est accablé d'affaires, il est vieux, il a quatre-vingts ans, il ne peut marcher sans bâton, ni se mettre à genoux qu'à grand peine : n'importe, le vénérable supérieur, avec la simplicité d'un jeune clerc, et plus encore de respect et de dévotion, sert à l'autel le moindre de ses prêtres. Il le fait par foi et par amour ; il le fait aussi pour donner l'exemple à ses clercs, pour qu'ils ne souffrent pas qu'un laïc serve la messe devant eux.

Les jours de fête et dans les offices solennels, sa piété se montre avec un nouvel éclat. Il a prévu toutes les cérémonies et s'en est fait instruire rigoureusement. Aussi, pas une rubrique violée par lui, pas une dont il permette qu'on s'éloigne. S'il croit avoir manqué à quelqu'une, il en de mande, après l'office, pardon à genoux à toute sa communauté. À lui encore, il impute les fautes faites par les autres, ce qui ne l'empêche pas, malgré sa grande douceur, de les en reprendre sévèrement.

 

Pratique. - Se faire un bonheur de concourir en quelque manière à la célébration de l'adorable sacrifice de nos autels.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle des prêtres, apprenez-nous à estimer et à aimer l'immolation quotidienne de la sainte victime.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Chacun de nos jours est marqué au coin de la protection de Marie, qui veut bien être notre mère quand nous voulons être ses enfants.

Oh, la belle coutume de dire le chapelet ! Notre bienheureux Père François de Sales disait que, s'il n'eût eu l'obligation de réciter son office, il n'eût jamais dit d'autre prière. C'est celle qu'il recommandait le plus, et il l'a dit lui-même pendant trente ans, pour obtenir de Dieu la pureté et la grâce de bien mourir, par l'entremise de la plus pure des créatures, la Sainte Vierge.

J'ai connu une dame qui, durant bien du temps, s'est servie de l'image de la sainte Vierge pour toutes ses oraisons. Elle regardait premièrement ses yeux, et puis elle disait en son esprit : Ô beaux yeux ! Que vous êtes purs ! Jamais vous n'avez servi qu'à donner de la gloire à mon Dieu, et moi je l'ai tant offensé par mes yeux ! oh! je ne veux plus leur donner tant de liberté, mais les habituer à la modestie.

Il faut avoir une spéciale dévotion aux personnes qui ont été grandement humbles, mais particulièrement à la sainte Vierge, qui dit d'elle-même que le Seigneur a jeté les yeux sur elle, parce qu'elle était humble. - Sainte Vierge, qui avez été la plus humble des créatures, aidez nous à obtenir de votre Fils la vertu d'humilité.

La sainte Vierge sortait pour les nécessités de sa famille, et pour le soulagement et la consolation de son prochain ; mais, hors de ces occasions, elle demeurait paisible en sa maison, s'entretenant avec Dieu et avec les anges.

Ô très Sainte Vierge, qui déclarez, dans votre cantique, que c'est à cause de votre humilité que Dieu a fait de grandes choses en vous, obtenez-moi la grâce de vous imiter, c'est-à-dire, d'obéir ; puisque obéir, c'est pratiquer l'humilité.

 

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8 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-deuxième jour

4e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

9 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Suivons notre saint dès le début de sa journée et contemplons-le abîmé dans une fervente oraison.

 

Récit. - L'oraison du matin, il y porte tous ceux sur lesquels il exerce quelque action ; il veut qu'on y forme les ordinands et les exercisants, et qu'on leur en fasse emporter la résolution et la pratique comme le fruit le plus précieux de leur retraite. Lui même, il y engage les ecclésiastiques de la conférence et même les dames de son assemblée.

Mais, il ne cesse d'y exhorter, par-dessus tous les autres, ses missionnaires, dans leur intérêt et dans celui du prochain. Il n'en exempte même pas les infirmes qu'il engage à la pratiquer moins par une application impossible de l’entendement, que par les affections de la volonté, par des actes réitérés de résignation, de contrition, de patience, de confiance, de persévérance et d'amour.

Il l'exige, et d'une heure entière, les jours de repos comme les jours de travail, dans la multiplicité des occupations comme dans le train ordinaire de la vie. Il la recommande particulière ment aux prédicateurs, aux catéchistes et aux directeurs des âmes.

C'est le matin, au sortir de sa propre oraison, que Vincent donne ces conseils et ces enseignements à ses missionnaires. Au moins deux fois la semaine, il leur fait rendre compte des bonnes pensées et des bons sentiments que Dieu leur y a don nés à eux-mêmes. Il les interroge tour à tour, même les frères ; c'est une mutuelle et commune édification ; c'est aussi une école, une leçon pratique, où les nouveaux venus et les inexpérimentés se façonnent au grand art de l'oraison. Pour lui, « cette a répétition de l'oraison » l'édifie et le charme. Hors de sa communauté, en voyage, il la pratique encore. Voyage-t-il avec des séculiers, il leur fait trouver bon non-seulement qu'on emploie tous les matins quelque temps à l'oraison, mais aussi qu'on s'entretienne ensuite des communications que l'esprit de Dieu a faites à chacun.

 

Pratique. - Renouveler la résolution de ne jamais passer un jour de sa vie sans faire oraison.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez tant aimé l'oraison, apprenez-nous la pratique de la méditation quotidienne.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il est nécessaire, pendant l'oraison, d'élever son esprit à Dieu et de se tenir dans une humble vue de son néant, attendant le moment où Dieu daignera parler à notre cœur et nous dire quelques paroles de la vie éternelle, parce qu'une de ces paroles fera plus d'effet en nous que mille raisonnements, mille pensées de notre esprit. Il n'y a que ce qui vient de Dieu, que ce que Dieu même nous inspire, qui puisse être vraiment profitable à notre coeur.

L'état de celui qui souffre pour Dieu est très heureux et très agréable à la divine Majesté, puis que le fils de Dieu Lui-même a bien voulu couronner les actions héroïques de sa vie, par des douleurs si excessives, qu'elles Lui causèrent la mort.

Nous ne devons voir que Dieu seul dans tous les hommes, et honorer en eux les perfections divines : cette pensée nous pénétrera d'amour et de respect pour tous ceux avec qui nous nous trouverons.

Nous devons tout faire pour Dieu, sans chercher l'estime des hommes et sans compter sur leur approbation.

L'homme n'est jamais plus riche que lorsqu'il est semblable à Jésus-Christ.

On ne doit pas juger des choses par leur extérieur ou leur apparence, mais par ce qu'elles sont aux yeux de Dieu, et selon le bon plaisir de Dieu.

Il ne suffit pas de faire de bon mes œuvres, il faut les bien faire, à l'imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont il est écrit qu'Il a bien fait toutes choses Nous devons donc nous appliquer à faire toutes nos actions dans l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire de la manière dont ce Dieu Sauveur agissait avec la perfection et pour les fins qu'Il se proposait dans toutes ses actions : sinon, nos bonnes œuvres elles-mêmes nous attireront plutôt des châtiments, qu'elles ne mériteront des récompenses.

Ceux qui sont animés d'une charité véritable, ne peuvent s'empêcher de la laisser paraître au dehors , et pour l'ordinaire, les démarches extérieures sont des preuves des dispositions intérieures d'une âme.

On enchaîne agréablement et on gagne les cœurs des hommes en traitant avec eux d'une manière humble et pleine de douceur.

Un homme d'oraison est capable de tout ; il peut dire hardiment avec l'Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

Lorsqu'on a à traiter avec d'autres de choses spirituelles, on doit commencer à s'en occuper avec Dieu dans l'oraison, et renoncer à son propre esprit et à ses propres sentiments, pour se remplir de l'Esprit-Saint qui peut seul nous éclairer et enflammer notre volonté.

N'attendez pas de grandes choses de quelqu'un qui ne sait pas s'entretenir avec Dieu.

L'oraison est un grand livre pour les prédicateurs ; c'est là qu'ils puiseront dans le Verbe éternel les vérités dont Il est la source, les vérités saintes qu'ils sont chargés d'annoncer au peuple.

L'étude des sciences ralentit en plusieurs la ferveur de l'esprit : ceux qui étudient doivent donc apporter tous leurs soins pour conserver la dévotion à l'aide des exercices de piété, et spécialement de la méditation, afin que, tout en perfectionnant leur esprit par la connaissance de la vérité, leur volonté s'enflamme de l'amour de Dieu, qui est l'auteur de toutes les sciences.

Les meilleures dispositions qu'on puisse apporter à la prière et à l'oraison, sont l'humilité, la conviction de son néant, la mortification de ses passions et des inclinations naturelles qui portent au mal, le recueillement intérieur, la pureté d'intention, la présence de Dieu, la conformité totale à sa volonté et de fréquentes aspirations vers la bonté divine.

L'oraison doit être effective et pratique, puisqu'elle n'a pour but que l'acquisition des vertus solides et la mortification des passions.

 

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7 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-et-unième jour

3e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

8 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul

 

Prélude. - Préparons-nous à suivre, avec un vif désir de l'imiter dans toute sa conduite, une des journées ordinaires de la vie de notre saint.

 

Récit. - Il est quatre heures du matin (1). Quoique vieux, malade, couché depuis de courts instants, encore passés le plus souvent dans l'insomnie, Vincent se lève, et le second coup de la cloche ne le trouve jamais dans la même posture que le premier. Cette obéissance à la règle du le ver est pour lui la première en importance comme dans l'ordre du jour, et c'est la première aussi qu'il recommande aux siens.

Donc, au premier signal, il sort du lit, fait le signe de la croix se prosterne et baise la terre.

Après ces premiers actes de religion, il fait son lit et se rend à l'église, où, malgré l'enflure de ses vieilles jambes qu'il lui a fallu bander, il est arrive plus tôt que les plus sains et les plus jeunes. La vue de sa famille assemblée devant Notre-Seigneur réjouit son âme. Il félicite les plus diligents, les traîneurs l'affligent. Pour lui, il ne manque jamais de se trouver à l'oraison du matin, au milieu même de la plus grande multiplicité des affaires et des traitements que lui imposent ses maladies.

C'est qu'il a pour l'oraison l'estime la plus profonde et la plus religieuse. Il la regarde comme la manne qu'il faut re cueillir chaque matin, sous peine de mourir dans le désert de la vie, Aussi il s'y livre avec ardeur, bien que son humilité en cache les efforts. Mais en descendant de la sainte montagne, son front paraît quelquefois tout lumineux comme celui de Moïse, et la ferveur de son âme rejaillit en toute sa personne, passe dans ses paroles et dans ses actes. Ses discours, au sortir de l'entretien divin sont plus brûlants encore de foi et de charité. Son humilité, sa mortification, sa patience, toutes ses vertus brillent d'un nouvel éclat dans sa conduite.

Cette oraison si chère, il s'y livrera dans ses longues insomnies ; il y consacrera tous les loisirs que lui laisseront les emplois de sa charge et le service du prochain ; et, chaque année, quelles que soient ses occupations, il y donnera au moins huit jours entiers, pendant lesquels il interrompra les plus saints commerces pour ne plus s'entretenir qu'avec Dieu.

 

(1) Cette méditation et celles qui suivront, jusqu'à la fin de cette seconde neuvaine, sont empruntées à l'Abrégé de la vie de saint Vincent de Paul, par M. l'abbé Maynard.

 

Pratique. - Se renouveler dans l'estime et l'amour de la méditation quotidienne.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme d'oraison, apprenez-nous à méditer.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

I,'oraison est absolument nécessaire à ceux qui travaillent au salut des âmes, soit pour entretenir en eux un désir ardent de faire toujours des progrès nouveaux dans la dévotion et la ferveur, soit pour leur inspirer un courage toujours nouveau dans les services qu'ils rendent au prochain.

La pratique de l'oraison est aussi nécessaire aux ministres des autels que l'épée l'est aux soldats.

Un homme d'oraison est capable de tout ; il peut dire hardiment avec l'Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

Lorsqu'on a à traiter avec d'autres de choses spirituelles, on doit commencer à s'en occuper avec Dieu dans l'oraison, et renoncer à son propre esprit et à ses propres sentiments, pour se remplir de l'Esprit-Saint qui peut seul nous éclairer et enflammer notre volonté.

N'attendez pas de grandes choses de quelqu'un qui ne sait pas s'entretenir avec Dieu.

L'oraison est un grand livre pour les prédicateurs ; c'est là qu'ils puiseront dans le Verbe éternel les vérités dont Il est la source, les vérités saintes qu'ils sont chargés d'annoncer au peuple.

L'étude des sciences ralentit en plusieurs la ferveur de l'esprit : ceux qui étudient doivent donc apporter tous leurs soins pour conserver la dévotion à l'aide des exercices de piété, et spéciale ment de la méditation, afin que, tout en perfectionnant leur esprit par la connaissance de la vérité, leur volonté s'enflamme de l'amour de Dieu, qui est l'auteur de toutes les sciences.

Les meilleures dispositions qu'on puisse apporter à la prière et à l'oraison, sont l'humilité, la conviction de son néant, la mortification de ses passions et des inclinations naturelles qui portent au mal, le recueillement intérieur, la pureté d'intention, la présence de Dieu, la conformité totale à sa volonté et de fréquentes aspirations vers la bonté divine.

L'oraison doit être effective et pratique, puisqu'elle n'a pour but que l'acquisition des vertus solides et la mortification des passions.

 

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6 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingtième jour

2e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

7 octobre

 

La Visitation

 

Prélude. - Représentons-nous l'aimable et doux François de Sa les présentant l'humble et charitable Vincent de Paul aux religieuses de la Visitation.

 

Récit. - Vincent, comme nous venons de le voir, n'avait point songé à créer un ordre religieux. Ce n'est pas qu'il ne fût un très habile maître de la vie monastique. On le voit surabondamment à tant de monastères protégés par sa vigilance, et préservés de supérieurs incapables ou peu dignes. Il était le conseiller de la Rochefoucauld, depuis que le pieux cardinal avait accepté de diriger la réformation des cloîtres.

Or, il y avait déjà quelques années que Dieu avait fait éclore le saint Ordre des religieuses de la Visitation et cette nouvelle fleur commençait à répandre une odeur de suavité dans le jardin de l’Église. C'était de saint François de Sales, évêque de Genève, que Dieu s'était servi pour donner la vie et la première culture à cette mystique plante : le doux et saint prélat s'y était appliqué avec tous les soins que sa charité incomparable avait pu lui suggérer. La mère de Chantal avait été envoyée à Paris par son bienheureux père, pour y fonder un monastère de ce saint Ordre ; et elle y travailla avec tant de zèle et de prudence que, malgré toutes les oppositions, contradictions et persécutions qui lui furent faites, les murs de cette Jérusalem et de cette demeure de paix s'élevèrent comme par enchantement.

Lorsqu'il fut question de trouver un père spirituel et une supérieure pour cette religieuse communauté, c'est-à-dire un ange visible qui en fut le gardien pour y conserver le premier es prit que Jésus-Christ lui avait donné, saint François de Sales, qui avait un don tout singulier pour discerner les esprits, et sainte Jeanne de Chantal, qui avait un esprit très éclairé, choisirent notre saint pour lui confier ce qui leur était le plus cher et le plus précieux en ce monde. Dieu bénit ce choix et le gouverne ment de saint Vincent qui dura jusqu'à sa mort, quelques efforts qu'il fit pour se décharger de ce fardeau.

Mais, le nom même de la Visitation devait lui rappeler que cette aimable institution était restée incomplète, que le fondateur avait été empêché de faire tout ce que son cœur lui inspirait pour les nécessités de son siècle, et que sa bonne pensée, arrêtée à la porte de l’Église, attendait toujours un introducteur. François de Sales en effet s'était proposé d'appliquer ses religieuses à la visite des malades, de là le nom de Visitation : mais il y avait renoncé sur les représentations réitérées et encore trop puissantes, de certaines âmes timorées ou routinières, qui ne comprenaient pas une religieuse sans cloître, ni la contemplation dans les œuvres de charité extérieure. Vincent de Paul fut amené insensiblement à exécuter ce que François de Sales n'avait eu que la liberté de concevoir. Il y réussit avec une approbation qui a dignement justifié l'évêque de Genève et l'a couronné lui-même de la gloire la plus connue et la plus durable.

 

Pratique. - Unir la pratique de la vie intérieure à l'accomplissement des devoirs de la vie active.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de la vie chrétienne, apprenez-nous à unir la vie active à la vie contemplative, comme fit le Sauveur, votre divin exemplaire.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Un supérieur doit avoir de la complaisance pour les scrupuleux ; il doit supporter leurs faiblesses et les écouter avec une grande patience. Il doit en agir de même avec les esprits difficiles et pointilleux, qu'il faut traiter avec beaucoup de ménagement, leur faiblesse étant plus digne encore de compassion que les maladies corporelles.

La gloire de Dieu et le salut des âmes sont les deux seuls objets qu'un supérieur doit avoir en vue. Il ne peut les procurer plus efficacement que par l'humilité et la douceur.

Le supérieur doit donner tous ses soins à ceux qui sont affligés de peines intérieures ou tourmentés par des tentations, pour les aider et les délivrer ; et s'il trouve en eux quelques oppositions, il doit s'efforcer de les vaincre par des manières douces et humbles.

Le supérieur doit avoir une amitié, une tendresse paternelle pour ses inférieurs ; il doit leur faire un accueil si affectueux, que chacun d'eux connaisse qu'il en est tendrement aimé.

Le supérieur ne doit pas se décourager par les difficultés qu'il rencontre, ni s'inquiéter de ce que son gouvernement ne plaît pas à tous. Oh ! combien n'y a-t-il pas eu de personnes qui n'ont pas approuvé, et combien n'y en a-t-il pas encore aujourd'hui qui n'approuvent pas la conduite de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui même !

Rien n'est plus nuisible à une communauté que d'être gouvernée par des supérieurs trop faibles qui cherchent à plaire et à se faire aimer.

 

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5 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Dix-neuvième jour

1er jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

6 octobre

 

Les filles de la Charité

 

Prélude. - Écoutons pieusement le bon père, exhortant les premières filles de la Charité.

 

Récit. - Deux servantes des pauvres, mises au service de deux confréries de Paris, voilà tout le commencement des Filles de la Charité. Ensuite, un petit noviciat, établi dans la maison de mademoiselle Legras en 1633, bientôt transféré à sa chapelle et ramené définitivement au Faubourg Saint-Lazare, constitua la corporation.

Dès que le nombre eut augmenté sensiblement, il y eut concurrence à qui obtiendrait ces auxiliaires ; d'abord les confréries de Charité de Paris, puis les dames de la Charité pour l'Hôtel Dieu et pour leurs Enfants Trouvés, puis une protectrice de l'hospice des galériens qui fit, à cet effet, une rente de six mille livres, puis par imitation naturelle les confréries et les hôpitaux de provinces.

En 1644, la cause était gagnée. Vincent de Paul rédigea les constitutions, et l'archevêque de Paris érigea la Compagnie des « Filles de la Charité, servantes des pauvres », sous la direction du supérieur-général de la Congrégation de la mission.

Ainsi naquirent ces religieuses d'un nouveau genre, à qui notre siècle s'étonnerait avec tant de raison que l'on contestât le nom de religieuses; car elles le sont par tous les sacrifices qui multiplient le dévouement, par l'obéissance, le célibat, la pauvreté.

Vincent de Paul, pour ménager encore les scrupules de quelques-uns de ses contemporains, consentait à dire : « Ce ne sont des religieuses, mais des filles qui vont et viennent comme des séculières ; elles n'ont pour monastères que les maisons des malades, pour cellule quelque chambre, pour chapelle l'église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture l'obéissance, pour grille la crainte de Dieu et pour voile la sainte modestie ».

Mais, s'il sacrifiait le nom, il ne diminuait pas les devoirs : « Une fille de la Charité, écrivait il encore, a besoin de plus de vertus que les religieuses les plus austères. Il n'y a point de religion de filles qui ait autant d'emplois qu'elles en ont ; car les filles de la Charité ont presque tous les emplois des religieuses : elles ont à travailler à leur perfection comme les carmélites et autres semblables ; au soin des malades comme les religieuses de l'Hôtel Dieu de Paris et autres hospitalières ; à l'instruction des pauvres filles comme les ursulines ».

La reconnaissance publique a solennellement confirmé ce témoignage, et de toutes les institutions monastiques il n'en est as de plus respectée en France. Les Filles de la Charité sont devenues et demeurent par excellence les religieuses du peuple.

 

Pratique. - Concourir, en toute occasion, aux œuvres de charité qui nous sont proposées.

 

Invocation. - Saint Vincent, fondateur des Filles de la Charité, veillez sur votre famille spirituelle.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Ce n'est pas le faste des discours qui contribue au salut des âmes ; c'est la simplicité et l'humilité qui disposent et ouvrent les cœurs aux opérations de la grâce.

Quoique Notre-Seigneur Jésus Christ eût pu très aisément donner au peuple des instructions sublimes et merveilleuses, Il a cependant préféré employer les comparaisons d'un ouvrier, d'un vigneron, d'un champ, d'un petit grain de sénevé, et autres paraboles semblables.

La simplicité fait que nos paroles sont toujours conformes au sentiment de notre cœur. Elle ne veut cependant pas que nous manifestions toutes nos pensées, parce que cette vertu n'est pas contraire à la prudence, qui nous fait discerner ce que nous devons dire et ce que nous devons taire ; qui nous fait connaître le moment de parler et celui où il faut garder le silence.

La simplicité nous fait aller droit à Dieu, sans consulter notre intérêt propre, ni le respect humain. Elle nous fait parler et agir simplement, sans déguisement, sans artifice ; et non-seulement elle nous fait un devoir de la vérité et de la pureté d'intention, mais elle nous inspire le plus grand éloignement pour toute espèce de duplicité.

La simplicité se porte vers Dieu, à qui seul elle cherche à plaire. Elle nous rend semblables à Dieu, qui est un être souverainement simple, qui ne peut ad mettre aucun mélange.

On doit réprimer le désir de paraître, et on ne doit rien faire par respect humain.

Disons à Dieu, et disons-nous à nous-même : de deux pensées qui pourront me venir à l'esprit, je ne produirai au dehors que la moindre pour m'humilier, et je retiendrai la plus belle pour en faire un sacrifice à Dieu dans le secret de mon cœur.

 

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