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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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3 novembre 2008

Le Christ Roi Prince de la Paix et Maître des Nations

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Le Christ Roi, Prince de la Paix et Maître des Nations

Prière dictée par Notre Seigneur, à Soeur Marie Olive du Christ-Roi,

le 7 Juillet 1927, au monastère des bénédictines du Saint Sacrement, 16 rue Tournefort, Paris V


«Ô JESUS, l'Unique Roi de l'univers, nous nous prosternons à vos pieds, pour vous adorer, et pour vous prendre pour notre Roi et notre Guide. Oui SEIGNEUR, à vous toutes les nations sont soumises, Vous êtes Seul le Vrai Roi, Vous êtes Seul la vraie Paix, Vous êtes Seul la vraie lumière, Nous n'adorons que Vous Seul. Vous êtes notre Seul soutien, Vous êtes notre Maître, Ô Grand DIEU du Ciel et de la Terre. Nous croyons très fermement que vous êtes réellement présent, dans la Sainte Eucharistie . Vous êtes là, vivant, aimant. Vous voulez nous nourrir du Pain de Vie. oui, venez et nourrissez vos enfants. Vos regards sont fixés sur les âmes, Vous veillez sur toutes les Nations. Votre Coeur est pour nous un asile de repos, Nous nous consacrons donc à votre Coeur de Roi et de Prince. A Vous Seul, SEIGNEUR, Toute Gloire, Honneur, Amour, soient rendus, Jusqu'à la consommation des siècles et dans toute l'Eternité . Amen . »

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Prière de Jésus à Soeur Marie Olive du Christ-Roi, pour la France


«Ah France, si aimée de mon Coeur, il ne te reste plus qu'à méditer, pour suivre avec amour, Ton Seigneur, qui veut en vérité te couronner. Dépose ta main douce et blanche, dans celle de ton Aimé Sauveur. Il la baise et vers toi se penche, de son regard plein de candeur. Ne sens-tu pas, Ô France tendrement aimée, Mes lèvres brûlantes et desséchées ? Vois mon Amour pour toi prodigué, hâte toi, le bien de Me prouver ! J'ai soif de toi, Ô France, veux-tu Me désaltérer ? France, en vérité, tu as tout égaré, richesse, bonheur, tu es dépouillée. Je peux, Ô France, tout te donner ! Si tu veux vraiment et fidèlement M'aimer, Donne ta confiance à celui qui compte tes pas, ouvre ton coeur à celui qui te tend les bras, ta tête meurtrie par grande douleur, incline la sur la poitrine de ton Seigneur. Sa Parole si douce saura te fortifier, et son coeur blessé sera pansé. Par ton union, Ô France, tu seras glorifiée, ton âme troublée sera apaisée ! que de fois, Ô France, j'ai vu couler de tes larmes, les gouttelettes argentées, en voyant tomber, les héros et l'effondrement de tes âmes ! Ce sont, à cette heure des diamants précieux, mérités par ta belle et pure souffrance. Elles sont toutes comptées, reçois ce doux baiser. Souris à l'innocente présence à tes yeux, contemple l'adolescente qui vient vers toi de par les Cieux. Ô France, il ne faut plus me quitter, sois fidèle à mon Amour, car tu ne peux t'en aller, ni la nuit, ni le jour ! Et si tu voulais ta liberté, France de nouveau tu seras éprouvée. Et en vérité, il te faut un Maître, un soutien, un Seigneur tout Amour, te tenant par la main ! Ô France, ne Me quitte plus désormais, ton chemin, Je veux l'embaumer, et si tu désires, ton visage pâle Je baiserai, près de Moi, toujours tu pourras régner. Tendre France, douce Reine, garde ton âme simple et sereine, comme la colombe, sois le symbole, vers ton Aimé Seigneur, prends ton envol ! Reste dans mon Coeur , l'Arche bénie, là, ne crains rien, tu es à l'abri, ta volière, Ô France n'est point limitée, mon Coeur est plus vaste que l'espace, en vérité. Tu ne seras que prisonnière de mon Amour, celui qui ne cesse de se donner, nuit et jour ! Elève tes yeux vers la beauté suprême, Vers la réalité, le bonheur extrême ! Laisse à la terre, le fruit gâté, cueille sur ton fruitier, le fruit nouveau, celui qui dans l'ombre jusqu'à cette heure cachée, et qui triomphe de son bourreau ! France, Paix à ton âme, Joie à ton coeur, je viens allumer la flamme, et faire jaillir ton bonheur ! »

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Prière préférée de Soeur Olive

«Ô Coeur de Jésus, broyé à cause de nos péchés, Coeur attristé et martyrisé par tant de crimes et de fautes, Coeur victime de toutes les iniquités, je vous aime de toute mon âme et par dessus toute chose, je vous aime pour ceux qui vous méprisent et vous délaissent, je vous aime pour ceux qui vous outragent et vous empêchent de régner, Je vous aime pour ceux qui vous abandonnent seul, dans la Sainte Eucharistie, Je vous aime pour les âmes ingrates, qui osent profaner votre Sacrement d'Amour par leurs insultes, et leurs sacrilèges. Coeur de Jésus, pardonnez aux pécheurs, ils ne savent pas ce qu'ils font ! Coeur de Jésus, soutenez ceux qui propagent votre Saint nom, Coeur de Jésus soutenez ceux qui souffrent et qui luttent, Coeur de Jésus faîtes que la société s'inspire en tout, de votre Saint Evangile, seule sauvegarde de la justice et de la Paix, Coeur de Jésus que les familles et les Nations proclament Vos droits ! Coeur de Jésus, régnez sur ma patrie ! Coeur de Jésus, que Votre règne arrive par le Coeur Immaculé

De Marie † » Imprimatur en 1930

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3 novembre 2008

Notre Dame de la Trinité

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Notre Dame de la Trinité

Notre Dame des Trois Ave

Blois, France


Historique de l'Ave Maria


L'Ave Maria n'a trouvé la forme définitive que nous connaissons, que lorsque saint Pie V l'introduit dans le bréviaire, en 1568. Tout commence bien sûr dans l'Évangile. Dès le Ve siècle, on trouve dans des liturgies orientales, la réunion des deux salutations à Marie, de l'Évangile de saint Luc. « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » (1, 28) et : « Vous êtes bénie entre les femmes et le fruit de vos entrailles est béni » (1, 42). Au VIle siècle un antiphonaire grégorien y ajoute le nom « Maria » , et c'est le pape Urbain IV qui y place en finale le nom « Jésus ». De la liturgie, la salutation passe dans la dévotion privée des monastères, puis du peuple chrétien. On connaît les belles homélies de saint Bernard sur l'Ave Maria. On y ajoute une supplication empruntée aux Litanies des Saints : « Sainte Marie, priez pour nous, pécheurs ». L'usage s'en répand en particulier avec le franciscain saint Bernardin de Sienne au XVème siècle. C'est sans doute, spontanément, sans qu'on puisse préciser une date, que l'on prend l'habitude de la répétition litanique des Ave. Au Xlème siècle, saint Bruno demande qu'on les récite avant Matines. Puis ce sont tous les fidèles qui sont invités à prier Marie pour le succès de la croisade en 1095 sous Urbain Il. Au début du Xlllème siècle, saint François d'Assise contemple Marie dans la lumière trinitaire. « Fille et Servante du Roi très-Haut, le Père sdu Ciel, Mère de Notre Très Saint Seigneur Jésus-Christ, Epouse du Saint Esprit ».

Les premiers franciscains, frères itinérants à travers toute l'Europe, répandirent et popularisèrent les trois Ave Maria. Saint Bonaventure, ministre général de l'Ordre, fit une ordonnance en 1262, donc à peine plus de 35 ans après la mort du Saint d'Assise, invitant les frères à « exhorter le peuple à saluer la glorieuse Vierge Marie, Mère de Jésus, par trois Ave Maria au son de la cloche qui se fait entendre après Complies, parce que, d'après la tradition, c'est l'heure où elle fut saluée par l'ange. » (Pensons à la cloche offerte par Louis XI à Béhuard, au XVème siècle, et appelée cloche de l'Ave Maria). La coutume de l'Angélus est sans doute venue par là. Marial et franciscain sont donc légitimement mêlés. Sainte Colette de Corbie, réformatrice des Clarisses au XVème siècle et saint Léonard de Port-Maurice au XVlllème, entre autres, furent de grands fervents des trois Ave Maria. Mais dès la fin du Xlllème cette pratique avait, en quelque sorte, été déjà approuvée par le ciel lors des apparitions de Marie à la cistercienne sainte Mechtilde, lui révélant la dimension trinitaire de cette louange. C'est à partir du contenu de cette révélation, qu'au début de notre siècle le Père Jean-Baptiste composa la neuvaine appelée à une si grande diffusion. On peut citer quelques extraits : « Récite chaque jour trois Ave Maria. Par le premier tu t'adresseras à Dieu le Père, qui, dans sa souveraine Puissance a exalté mon âme... et tu lui demanderas que je sois présente à l'heure de ta mort. « Par le second tu t'adresseras au Fils de Dieu, qui, dans son insondable Sagesse, m'a douée d'une plénitude de science et d'intelligence... et tu lui demanderas que je remplisse ton âme, à l'heure de ta mort, des lumières de la foi et de la science.. « Par le troisième tu t'adresseras au Saint-Esprit qui m'a inondée de son Amour et tu lui de¬manderas que je sois présente à l'heure de ta mort... pour répandre en ton âme la suavité du divin Amour... » Vous pouvez découvrir d’autres saints qui se sont illustrés dans la récitation des Trois Ave Maria en visitant les petits vitraux dans les chapelles latérales de la basilique Notre Dame de la Trinité à Blois.

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La Prière de l’Ave Maria


« Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jesus. Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus nunc et in hora Mortis nostrae. Amen. »

Ancienne traduction française

« Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. »

« Réjouis-toi, Marie, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, ton enfant, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvre pécheurs, maintenant et à l’heure de la mort. Amen.

Traduction moderne

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L'histoire de l'Œuvre Notre Dame de la Trinité

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1890: Le Père Jean-Baptiste de Chémery, capucin du couvent de Blois, se fait l’ardent apôtre de la dévotion populaire aux « 3 AVE MARIA » par sa prédication, puis par des tracts rédigés en de multiples langues qui connaissent une diffusion foudroyante.

1902: N° 1 de la Revue « Le propagateur des 3 Ave Maria » Début de la prière appelée : « Neuvaine à Notre Dame des Trois Ave ». En raison des difficultés que connaissent à l’époque les religieux (expulsions, spoliations, expropriations), l’œuvre trouve refuge dans une petite maison près de la Cathédrale St-Louis. Un oratoire y est érigé qui devient le « Centre National » de la confrérie. L’œuvre recevra le soutien des Papes successifs.

1918: Le Père Clovis succède au Père Jean-Baptiste, décédé cette année-là.

1921: Le 30 juillet Benoit XV approuve « l’archiconfrérie des 3 Ave Maria » Le Père Clovis lance le projet d’une église qui en soit le digne centre international. Il ouvre une souscription. Il sera l’artisan obstiné de la construction de l’édifice. En même temps, sous son impulsion, la réflexion théologique s’approfondit. On parle de plus en plus de « Notre Dame de la Trinité ». En 1934 Pie XI utilisera ce vocable.

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1932: Le 16 octobre, pose de la première pierre de l’église.A la suite de nombreuse difficultés, le chantier est interrompu pendant plusieurs années. Les travaux reprennent en 1936 sous l’impulsion de l’architecte Paul Rouvière qui en a complètement modifié les plans.

1939: Le gros œuvre de l’édifice est terminé quand éclate la guerre. L’Architecte Paul Rouvière y est tué en 1939. l’ornementation intérieure est largement avancée mais les travaux  arrêtés. 

1945: Le Père Grégoire succède au Père Clovis décédé au mois d’Août. Les travaux reprennent : Louis Barillet et Jean Le Chevallier poursuivent la pose des vitraux. Lambert-Rucki termine ses bas-reliefs polychromes : chemin de croix et scènes évangéliques. Puyforcat habille le sanctuaire de son orfèvrerie. Louis et Jean Barillet mettent en place la mosaïque de la voûte. L’Architecte Yves Froidevaux, prenant la suite de Paul Rouvière, conçoit et aménage la crypte. La revue connaît à ce moment-là une grande diffusion. Le Propagateur des 3 AVE MAIA » devient « Notre Dame de la Trinité » revue mariale et franciscaine (1946)

1949: Le 16 juillet, l’église est ouverte au culte. Consécration solennelle de l’édifice, du maître-autel, de l’autel du St-Sacrement et de celui de la crypte. Le gros bourdon (5.300 Kgs) et les 48 cloches du carillon (Maison Paccard, d’Annecy) en place depuis longtemps dans le campanile l’annoncent à tous les horizons. Durant trois jours on fête l’événement par des célébrations, des conférences, des jeux scéniques. Le service du Pèlerinage est confié à la communauté des capucins de Blois.

1952: Monseigneur Roncalli, Nonce du Pape à Paris et futur Jean XXIII préside les fêtes du cinquantenaitre de l’œuvre.

1956: Le Pape Pie XII érige l’église Notre-Dame de la Trinité de Blois en Basilique.

1959: Inauguration du Foyer Notre-Dame pour accueillir et héberger les Pèlerins.

Novembre 1992: la Revue Notre Dame de la Trinité sort son N° 1000.

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Le Père Jean-Baptiste de Chémery (1861-1918 )

Apôtre des Trois Ave Maria, ce capucin de Blois consacra sa vie à étendre le Royaume de Dieu par son amour envers la Vierge Marie. Originaire de Chémery dans le Loir-et-Cher, c'est dans une terre fertile qu'il naît le 8 avril 1861 ; son père, Auguste Jousse, tient un commerce de grains, tout en cultivant des vignes. On compte, parmi ses oncles et tantes directs, un prêtre et cinq religieuses. Quand l'enfant a 7 ans, sa mère le sauve de la tuberculose en invoquant pour lui Marie et Joseph. Une fois guéri, il apprend avec son oncle prêtre les rudiments du latin, puis entre au petit séminaire de Tours, où il fait de brillantes études. À 17 ans, au cours d'un pèlerinage à Lourdes, il reçoit le désir de la vie religieuse. 


A la suite de saint Jean-Baptiste

Au noviciat capucin du Mans, il choisit le nom de Jean-Baptiste et prend l'habit le 4 octobre, fête de la saint François. À la suite des expulsions de 1880, le jeune profès rejoint le couvent de Budel la Hollande pour y continuer ses études. Là, il lutte contre son amour-propre qu'il appelle « un monstre ».Après sa profession solennelle le 4 octobre 1885, il est ordonné prêtre le 19 juin 1886. Un an plus tard, il commence à prêcher « pour l'utilité et l'édification du peuple » et trouve, en son saint patron, un exemple. Missionnaire à Calais, en 9 ans il prêchera 112 missions ou retraites. Il adopte bientôt pour devise la parole de saint Bernard « À Jésus par Marie » ; il propose aux fidèles de porter le scapulaire, de dire le rosa ire. Il assure que « ce qui convertit, c'est moins la parole que la sainteté de la vie » et s'efforce pour cela de mener une vie évangélique. 

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Blois

Les capucins reviennent à Blois en 1895 ; le Père Jean-Baptiste sera bientôt un des leurs. Les saints sont ses guides dans son travail d'évangélisation Antoine de Padoue, Léonard de Port-Maurice qui recommande de réciter les trois Ave, matin et soir, Mechtilde, qui récite elle aussi cette prière. À leur école, il découvre que les trois Ave amènent les fidèles à prier chaque jour. En 1901, il commence la « relation de tous les faits qui concernent » cette pratique. Afin d'aider les fidèles, il diffuse de petites feuilles intitulées : « Tout à Jésus par Marie et Joseph ». Le Pape Léon XIII soutient la récitation de cette prière, ce qui la rend très populaire. Au cours du premier congrès marial qui se réunit à Lyon en septembre 1900, le Père Jean-Baptiste fait connaître à un large public cette pratique.


« Le Propagateur »


En 1901, il commence à rédiger une chronique dans le Bulletin fondé par l'Association réparatrice envers la Sainte Trinité. En 1902, celle-ci est remplacée par « Le Propagateur des Trois Ave Maria ». L'auteur évoque les liens entre les apparitions de la Vierge à Lourdes, Pontmain et Pellevoisin et la pratique de Blois. Une neuvaine est bientôt proposée. Peu à peu, le Père Jean-Baptiste se consacre à la revue, où l'on trouve des articles de théologie mariale, des cantiques à Marie, des témoignages de reconnaissance pour les grâces reçues. Il doit parfois défendre l'oeuvre avec les armes de sa plume, en vaillant chevalier de la Vierge Marie. En effet, en cette période troublée, l'Église vit de nombreuses persécutions ; les capucins de Blois, pour leur part, sont expulsés de leur couvent, le 19 mars 1904, et accueillis chez des laïcs de la ville.

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Dans toutes les langues, pour tous les âges


L'oeuvre naît bientôt au Brésil, au Mexique, en Espagne, au Canada. Le feuillet Le ciel ouvert de Lyon est traduite en flamand, italien, allemand, anglais. À la veille de la guerre, 8 millions d'exemplaires sont parus. Images, médailles, statues se multiplient. Les évêques de Blois encouragent l'oeuvre naissante. Le Père Jean-Baptiste marque une prédilection envers les enfants et fonde pour eux en 1905 le « Petit Propagateur des Trois Ave Maria », qui vise à l'éducation religieuse des 7 à 14 ans. Il insiste pour que les parents leur apprennent à prier. Il fait envoyer au pape saint Pie X un recueil de milliers de signatures d'enfants, en reconnaissance pour leur admission précoce à la première communion.Au milieu des persécutions religieuses de ce début de siècle où se multiplient les fermetures d'écoles religieuses et les expulsions de religieux, il confie la France à Marie Reine et encourage chacun à prier le chemin de Croix. Il publie dans Le Propagateur le nombre de chemins de croix que les lecteurs se sont engagés à accomplir pendant l'année 1904 : presque un million. Pendant la guerre, il entretient l'espoir des lecteurs. Dès ce moment, dans un petit oratoire dédié à Notre-Dame des Trois Ave Maria, brûle en permanence une lampe aux intentions recommandées. Une confrérie est fondée ; son but est de « remercier les trois Personnes divines des grands privilèges de Puissance, Sagesse et Miséricorde dont fut gratifiée la Vierge Immaculée ». Vers la fin de sa vie,le Père de Chémery ne cesse de s'offrir à la volonté de Dieu. II rend son âme le samedi 27 juillet 1918, au prieuré de Saint Louans, près de Chinon.


Depuis, à l'ombre de la Basilique, un petit couvent abrite la Fraternité des Capucins de Blois


Menant la vie fraternelle {Selon la règle de St. François d'Assisse) sept ou huit frères se relayent au service de Notre Dame pour accueillir les pèlerins, maintenir la récitation des heures, assurer les messes de chaque jour. Bien insèrés dans le diocèse et la paroisse de Blois - Centre.. En semaine , ils assurent trois heures de permanence chaque jour pour le sacrement de réconciliation et un entretien spirituel. Selon leurs charismes et leurs dons personnels, ils répondent à certains engagements. Les frères accompagnent certains groupes, tels que La Fraternité séculière de St François, ouverte à tous ceux, jeunes, anciens, célibataires et couples, qui veulent vivre dans l'esprit de St François; le groupe de prière de Padre Pio avec sa réunion mensuelle et divers autres groupes (adoration et dévotions mariales). Toute la journée, la crypte reste ouverte à ceux qui veulent s'y recueillir dans le silence ou partager l'office des Laudes et des Vêpres. Chaque soir, nous récitons la Neuvaine mariale aux intentions de tous les membres la grande famille de Notre Dame de La Trinité.


Qui sont les Capucins? 


Des Fils de Saint François d'Assisse. Dès 1516 ; parmi les nombreux disciples de François, certains se concertèrent pour vivre plus à la manière de François retrouvant son immense amour de Jésus et son amour de la création. Aujourd'hui, avec les Frères Conventuels, les Frères Franciscains de l'union Léonienne, les Frères Capucins forment le 1er Ordre de Saint François, le 2nd Ordre groupant nos Seours Clariesse et toutes les Sœurs Franciscaines et le 3ième tous les Frères et Sœurs de nos fraternités séculières.


Puis-je devenir capucin? 


Oui bien sûr et c'est tout simple. Prends contact avec un frère ou exprime ton désir au frère qui s'occupe des jeunes:


Couvent des Capucins 

5, rue Mgr Hoch/BP 12 

F-67035 Strasbourg cedex 2 (France)


Tél: 08 88 30 81 50 

Fax: 03 88 30 81 79 

Site Web: www.capucins.org



La revue Notre Dame de la Trinité


La revue Notre Dame de la Trinité
paraissant chaque mois est un moyen d’approfondir la Foi, une aide pour progresser dans la prière et porter un regard chrétien sur les questions du monde et celles que chacun se pose. Etre abonné à la revue ‘’Notre Dame de la Trinité’’ c’est rejoindre une grande famille spirituelle groupée autour de Marie, et faire partie de la communauté des amis de Notre Dame de la Trinité.


Renseignements sur le site internet du Sanctuaire Notre Dame de la Trinité (voir plus bas)

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Neuvaine à Notre Dame de la Trinité

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Notre Dame de la Trinité, fille et Servante du Père des Cieux,

nous te proclamons bienheureuse! Le Seigneur t'a choisie dès avant la création du monde pour accomplir son œuvre d'amour. Eve nouvelle, par ton obéissance, l'humanité retrouve la beauté qu'elle avait perdue par le péché. Accompagne notre marche dans la foi. Enseigne-nous l'abandon simple et joyeux à la volonté du Père. Vierge attentive à la Parole du Seigneur, aide-nous dans nos efforts contre le mal qui nous éloigne de Dieu. A l'heure de l'épreuve, du doute et de la tentation, sois avec nous. Apaise nos soucis, guéris nos blessures, remplis-nous de patience, soutiens notre espérance. Donne-nous un cœur attentif, qui accueille avec tendresse et compassion nos frères souffrants et brisés. Mère de Miséricorde apprends-nous à aimer, et nous découvrirons la joie du pardon.


O Marie, par ton Fils et dans l'Esprit-Saint, conduis-nous au Père. 

Notre-Dame de la Trinité, prie pour nous. AVE MARIA...

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Notre Dame de la Trinité, Mère de Notre Seigneur Jésus-Christ,

tu es bénie entre toutes les femmes!Tu as été comblée de grâce par Dieu, pour être la Mère de son Fils Bien-Aimé. En ton sein virginal, le Verbe de Dieu s'est fait homme afin de sauver l'homme. Au pied de la croix tu as reçu le testament de Jésus ton Fils et tu es devenue notre Mère. Toi que le Rédempteur associe pleinement à son mystère de Pâques nous avons recours à ta protection. Montre-toi notre Mère et donne-nous le Christ, source de Vie et d'Amour. Aide-nous à demeurer fidèles à notre baptême en faisant tout ce que ton Fils nous enseigne dans l'Evangile. Mère des croyants, puissions-nous à ton exemple, rayonner la Paix et la Joie du Ressuscité. Fais que les hommes découvrent le Christ, Lumière des nations.

O Marie, par ton Fils et dans l'Esprit-Saint, conduis-nous au Père.

Notre-Dame de la Trinité, prie pour nous. AVE MARIA...

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Notre Dame de la Trinité, Epouse Virginale,

à la plénitude des temps l'Esprit-Saint t'a couverte de son ombre pour que tu sois l'arche de l'Alliance Nouvelle. Le Seigneur fait en toi des merveilles et par toi sont bénies toutes les familles de la terre. Dans l'Eglise naissante, avec les apôtres, tu as imploré le Don de l'Esprit -Saint. Regarde avec bonté l'Eglise dont tu es la Mère et la parfaite image. Qu'elle soit, comme toi, disponible aux appels de l'Esprit, fidèle aux exigences du Royaume de Dieu et de sa justice. Soutiens sa mission au service de l'Evangile, et que les ouvriers ne manquent jamais à la moisson du Seigneur. Appelle l'Esprit sur l'Eglise, afin que la communion fraternelle l'emporte sur les germes de division. Mère du Rédempteur, nous remettons entre tes mains nos intentions les plus chères, présente-les au Seigneur et obtiens-nous la grâce de les voir exaucées. Étoile de notre vie, guide nos pas jusqu'à la cité du Ciel, où les saints, déjà rassemblés, chantent avec toi la gloire de l'éternelle Trinité. 


O Marie, par ton Fils et dans l'Esprit-Saint, conduis-nous au Père.

Notre-Dame de la Trinité, prie pour nous. AVE MARIA...

3 novembre 2008

Notre-Dame de Dusenbach

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Notre-Dame de Dusenbach

Le Pèlerinage le plus pittoresque d’Alsace

Diocèse d'Épinal


Un vallon de paix qui appelle à la prière

Le touriste qui traverse pour la première fois la coquette ville de Ribeauvillé ne peut qu’admirer les trois châteaux qui surplombent fièrement la région et qui se dressent altièrement dans la splendeur de leur ruines : le Saint Ulrich, le Girsberg et le Haut Ribeaupierre. Mais ce même chemin qui monte à ces châteaux, en prenant le chemin qui monte à ces châteaux, est surpris de découvrir tout à coup, à 400 m d’altitude, sur un rocher boisé, niché dans le creux d’un vallon boisé, le sanctuaire de Dusenbach. Alors à ses lèvres montent des mots d’émerveillement et d’admiration : « O que c’est beau ! Quel cadre merveilleux ! Tout y invite à une halte pour se recueillir, pour goûter au spectacle gratuit qu’offre la nature : la beauté des arbres variés, le parfum des fleurs, le chant des oiseaux, la musique douce de l’eau du ruisseau, la présence du couvent et des chapelles, les stations du Chemin de Croix !… Devant ces réalités parlantes à une âme franciscaine, on ne peut que répondre à la douce invitation des cloches en louant le Créateur de toutes ces merveilles, en fredonnant dans son cœur les « Ave Maria » qui résonnent dans le vallon à l’adresse de la Vierge à l’enfant placée en haut de la chapelle mariale. Pas étonnant qu’un tel lieu fut un jour choisi par un ermite pour devenir un lieu de prière et de pèlerinage ! »

Un hymne séculaire à la Vierge

Situé à une vingtaine de kilomètres de Colmar, le Pèlerinage de Dusenbach est accessible par un chemin forestier qui part de la route de Ribeauvillé vers Sainte Marie-aux-Mines. Dusenbach est le nom donné au petit torrent qui longe l'abri des pèlerins, l’église, le Couvent des Capucins et la Chapelle de Notre-Dame de Dusenbach. Dès le XIIIe siècle, les fidèles suivaient ce torrent pour vénérer une Madone à l’enfant. Cette statuette fut ramenée d’Orient par Egelophe, Seigneur de Ribeauvillé au retour d’une croisade, et confiée en 1221 à un ermite qui vivait en ces lieux pour remercier Dieu de l’avoir protégé par l’intercession de la Vierge. Il fit construire sur un rocher une chapelle pour abriter cette Madone à l’enfant. Comme ce lieu connut une renommée grandissante auprès des gens des environs , à cause des grâces obtenues par l’intercession de Marie, les descendants d’Egelolphe firent construire deux autres chapelles en 1260 et une quatrième en 1297. On fit venir des Augustins pour desservir ce lieu pèlerinage marial. Au siècle suivant, en 1360, le Pèlerinage fut détruit une première fois, par des pillards anglais issus « des grandes compagnies », après le traité de Brétigny. La Statue de la Madone disparut à ce moment. Fut-elle détruite par les pillards ou mise à l’abri en Bavière par les Seigneurs de Ribeaupierre ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que les dévastations furent réparées en 1370 et que le pèlerinage reprit vie. Vers la fin du XVe siècle, le pèlerinage subit une modification profonde par Maximin II de Ribeaupierre. De retour d’un pèlerinage en Terre Sainte, ce dernier décida de reproduire à Dusenbach les principales scènes de la Passion du Christ. Les Chapelles furent transformées en conséquences, un chemin de Croix fut édifié et, en 1494, une Vierge des Douleurs remplaça la Madone à l’Enfant disparue. Cette statue polychrome représentant Marie assise tenant sur ses genoux le corps inanimé de son Fils est attribuée à un artiste sculpteur de Ribeauvillé du nom de Laurent. En 1632, le Pèlerinage fut pillé et incendié une deuxième fois par les soldats suédois du Général Horn. La statue de la piéta fut cachée à temps dans le creux d’un rocher. C’est en 1656 qu’elle fut retrouvée par une dame qui consacra tous ses biens à la restauration des différentes chapelles de Dusenbach. Le culte marial fut rétabli et les pèlerins en foule reprirent le chemin du vallon béni. De sorte qu’au XVIIe siècle le Dusenbach devint le pèlerinage de la Vierge le plus renommé en Alsace. Quand vint la Révolution Française, les Chapelles du Pèlerinages furent vendues en 1792 comme biens nationaux et, sur ordre du Directoire, le 25 mars 1794, le Dusenbach connut sa troisième destruction. Elle fut exécutée par la Garde Nationale de Sélestat en présence de nombreux fidèles qui protestèrent contre ce sacrilège en récitant à haute voix la prière séculaire à Notre Dame de Dusenbach. Cette fois-ci encore, la statue de la Vierge Douloureuse fut cachée à temps jusqu’en 1811, année où elle fut exposée et vénérée dans la chapelle de l’église Saint Grégoire de Ribeauvillé pendant plus de 80 ans. Dans le Second Empire, les ruines de Dusenbach furent classées Monument Historique. Les dimanches et fêtes, des pèlerins continuèrent à se rassembler et à se recueillir devant ce sanctuaire dévasté. Leur prière fut exaucée puisque, lors d’une visite de ces ruines, Mgr Fritzen, Evêque de Strasbourg fut tellement enchanté par le site de Dusenbach qu‘il décida l’achat des ruines et la restauration des chapelles selon le plan primitif. C’était en avril 1893. Le Chanoine Raess, Curé de Ribeauvillé, fut chargé de trouver les fonds et l’architecte Winkler de Colmar d’accomplir les travaux. Le chantier dura une année et le 10 juin 1894, la statue de la Vierge Douloureuse du XV e siècle fut solennellement ramenée en procession de l’église de Ribeauvillé à la chapelle de Dusenbach, nouvellement bénie, en présence d’une grande foule de pèlerins. Ce nombre important de fidèle emmena les autorités religieuses à décider la construction d’une église plus grande à côté de la chapelle mariale. Après neuf ans d’efforts généreux, ce fut chose faite et l’église reçut sa bénédiction le 8 septembre 1903 pour la plus grande joie des pèlerins. C’est à la même époque que furent érigées par les stations Meyer de Munich les différentes stations du Chemin de Croix sur le sentier qui mène au Dusenbach. Le cadre matériel du pèlerinage étant mis en place, il fallait maintenant trouver ceux qui allaient en être les animateurs.

Les Capucins au service du pèlerinage de Dusenbach

Pour mieux subvenir aux nécessités des pèlerins , Mgr Fritzen et le Recteur Raess firent appel aux Pères Capucins et leur confièrent le ministère et l’administration de Notre-Dame de Dusenbach, le 4 avril 1904. Un service qu’ils ont assuré jusqu’à nos jours, tout en vivant une vie fraternelle au Couvent de Dusenbach. Les différents responsables depuis 1948 ont été : le PP. Cyprien Striebel (48-51) , P. Célestin Hatsh (51-57), P. Florent Wurtz (57-64), P. Damien Holstein (64-70) , P. Hugues Rothemacher (70-73) , P. Bernard Picard (82-89) , P. Daniel Skica depuis janvier 1989. Au cimetière de Dusenbach reposent 5 capucins qui ont œuvré ici : P. Armand Grasser (+ 45), P. Conrad Thorr (+ 46), P. Gratien Ziegeltrum (+ 63), P. Hugues Rothemacher (+ 77) et P. Emmanuel Riebel (+ 79). Beaucoup de pèlerins se recueillent sur leur tombe en signe de reconnaissance et de communion. Pour eux comme pour les confrères capucins, ils font partie du Dusenbach et ils sont leurs confidents. Pendant les 45 derniers ans, il y eut des transformations au couvent, dans les chapelles et à l'abri des Pèlerins ainsi que la construction du Foyer Saint François avec quelques chambres, une salle de réunion et la Salle du Rocher qui permettent un meilleur accueil des pèlerins et des personnes qui désirent faire une récollection ou un séjour de solitude et de formation spirituelle. En ce moment une fraternité de Capucins est présente au Dusenbach pour continuer le ministère auprès des pèlerins et le service d’accueil auprès de personnes qui passent : le P. Bernard, supérieur provincial, le P. Skica, responsable de la Fraternité et Recteur du Pèlerinage, et le P ; Georges, chargé plus particulièrement de la Pastorale auprès des jeunes. Pour ce service d’animation et d’accueil les Capucins sont aidés par Sœur Alexandrine et par Mme Jeannine Ehret, ainsi que par un groupe de personnes bénévoles pour les jours plus chargés ou des services spéciaux : Sœur Marie-Madeleine, Lucas, Louis, Marie…K Une association a été créée en 1986 : l’Association des Amis de N. D. du Dusenbach, qui s’occupe essentiellement de la gestion , de l’hébergement et de l’administration de l'abri des Pèlerins et organise des journées associatives au profit du pèlerinage. Les personnes qui composent la communauté de Dusenbach essaient de vivre une vie franciscaine et fraternelle de partage des services et des responsabilités. Pour y parvenir, elles se retrouvent régulièrement à la Chapelle Mariale pour prier les psaumes, pour célébrer l’Eucharistie, pour vivre des temps d’adoration et porter ainsi les intentions de prière des pèlerins au Seigneur par Notre-Dame du Dusenbach. Elles se donnent aussi des temps de réflexion pour chercher ensemble comment mieux assurer les différents services. Cette vie fraternelle et priante, unie au Seigneur et à Marie, soude la communauté et la rend plus disponible et plus dynamique pour sa mission auprès des pèlerins et des touristes.

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Qui sont les groupes et les personnes qui passent au Dusenbach ?

La Communauté de Dusenbach est heureuse dans ce lieu de pèlerinage où il lui est donné d’accueillir tant d’hommes et de femmes en quête de paix intérieure ou qui, l’ayant trouvée, sont venues remercier le Seigneur par Marie. Ces personnes sont de tout l’éventail sociologique : des adultes, des jeunes , des personnes isolées, des couples, des familles, des groupes, des Français, des gens venus d’autres pays et parlant d’autres langues, des chrétiens , des croyants d’autres religions, des pèlerins et des touristes. De ce fait, Dusenbach participe à la construction de l’Europe humblement, mais sûrement, car il permet à Marie de faire se rencontrer les hommes de différents pays, de les conduire vers Son Fils Jésus-Christ le Seul vrai Rassembleur des enfants de Dieu dispersés et divisés. Viennent également au Dusenbach des groupes de jeunes pour se préparer à la Profession de Foi, à la Confirmation ou pour une journée de récollection avec des animateurs. Des adultes aiment venir pour un ressourcement spirituel, théologique ou marial pendant une ou plusieurs journées. Dans certains cas, des couples viennent pour se préparer au mariage ou au baptême de leurs enfants. Bien sûr, le nombre des personnes est plus important pendant les vacances d’été, le Carême et jours de fête surtout lorsqu’il fait beau. De sorte que cela représente des milliers de personnes par an.

Pourquoi aiment-ils venir au Dusenbach ?

Dieu seul le sait, car Lui seul connaît le cœur des hommes et ce qui les anime dans leur démarche. Lui seul peut discerner les pèlerins et les touristes, le cheminement des uns et des autres. Pourtant il y a des signes qui révèlent les attitudes intérieures des personnes qui viennent ici. En arrivant au Dusenbach par le Chemin de Croix et en se recueillant à chaque station, les gens témoignent de leur désirs de faire une démarche religieuse, une rencontre avec le Christ Sauveur Miséricordieux surtout si cette démarche aboutit à la célébration du sacrement, du pardon ou à l’Eucharistie célébrée dans l’église où le Christ de Saint Damien d’Assise se présente à tout pèlerin comme Source de Vie et d‘Espérance. C’est ce qui se vit surtout au temps du Carême, les dimanches après-midi, par 50 à 100 personnes groupées autour d’un Capucin, mais aussi tout au long de l’année, par des personnes seules ou en petit groupes ou les adultes son interpellés par les enfants demandant l’explication des différentes stations du Chemin de Croix, où se vit une évangélisation mutuelle. Un autre signe qui nous révèle pourquoi les gens viennent au Dusenbach, c’est le nombre relativement important des personnes qui participent à la Messe de 10h et de 16 h, les dimanches. Le célébrant n'a pas de difficultés pour les faire chanter, leur faire lire la Parole de Dieu, pour se faire aider à la Communion. Avec chorale ou sans chorale, les Eucharisties au Dusenbach sont bien vivantes et priantes.

Ce qui explique surtout pourquoi les gens aiment venir au Dusenbach, c’est la Foi qui les anime, la confiance qu’ils font à la Vierge Douloureuse de ce lieu où tout porte au recueillement : la Chapelle de la Mise au Tombeau du Christ, les vitraux de la Vie de Marie, les ex-votos qui témoignent de tant de prières exaucées, les lumignons allumés devant la Pietà, les cierges devant Saint Antoine, visité par Vierge à l’Enfant, devant Saint Joseph mourant en présence de Jésus et de Marie, qui expriment la Foi en la présence de Dieu qui se révèle par la Sainteté de la Vierge Marie et des Saints que vénère particulièrement le peuple alsacien et qui invite le pèlerin à une confiance, une supplication, une louange, une communion, une consécration, enfin et surtout les personnes en prière silencieuse dans la Chapelle Mariale où se trouvent le Saint Sacrement , un grand crucifix en bois et la statue vénérée de Notre-Dame de Dusenbach. La cahier des intentions, à la sortie de la chapelle, est là pour témoigner de ce qu’elles ont pu dire au Seigneur, à la Vierge Marie ou avec Marie et Son Fils Jésus à Dieu le Père pour elles, pour les leurs ou pour les hommes. En lisant ces pages avec un cœur attentif, nous sommes chaque fois plongés dans les réalités concrètes de la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui et nous ne pouvons pas ne pas faire nôtres ces prières de louanges et de supplication tellement elles sont cris des hommes et appels de Dieu !

Journées de pèlerinages importants au Dusenbach

Parmi les pèlerinages annuels montant au Dusenbach, celui des Ménétriers est le plus connu. En effet, fidèles à une tradition qui remonte à 1480 et qui a été revalorisée en 1954, des musiciens et des chantres de la Fédération des Sociétés Catholiques de Chant et de Musique d’Alsace mettent un point final aux festivités de la semaine du Pfifferday à Ribeauvillé, en venant rendre hommage à Notre-Dame du Dusenbach, leur patronne. Ce pèlerinage à lieu le deuxième dimanche de septembre, proche de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Il commence par une procession à partir de Ribeauvillé à laquelle participent une délégation de musiciens et de chorales de la région, le conseil municipal de la ville en tenue d’échevins portant sur un baldaquin, orné de grappes de raisin frais, la statue copie de la Vierge de Dusenbach est enfin le groupe des pèlerins. Arrivés à la hauteur de la 12e station du Chemin de Croix, sur le parvis de l’église, ils sont cordialement accueillis par les Capucins qui les invitent à la Messe solennelle d’actions de grâces. Les Pèlerinage se termine par un vin d’amitié offert dans la salle de l'abri des Pèlerins et par une animation musicale en plein air. Les autres moments importants de pèlerinage au Dusenbach sont le dimanche des Rameaux, le Vendredi-Saint, Pâque, l’Ascension, la Pentecôte (Pèlerinage des Gitans), l'assomption et la nuit de Noël où des centaines de pèlerins montent au Dusenbach en cheminant à travers la forêt à la lueur de leur lampe ou de leur torche. Quand il y a de la neige, cette montée a quelque chose de féerique et dispose les cœurs à l’accueil du mystère de Noël.

Témoignage de jeunes pèlerins

Le fait de n’accéder au Dusenbach que par un chemin forestier ou par le Chemin de Croix lui garde un cachet de recueillement possible et d’émerveillement certain pour le pèlerin comme pour le touriste. Dédié à Marie, le Sanctuaire, au terme du Chemin de Croix qui y conduit, nous dit la place et le rôle de Marie dans le mystère de la Rédemption, dans la vie de l’Eglise et de celle de tout chrétien. Entrer dans l’intelligence de ce message est un chemin de conversion jamais achevé, une source de bonheur vrai, comme l’écrivait un jeune dans le cahier des pèlerins : « Quand je viens au Dusenbach, je laisse ma voiture en bas du parking et je marche. Cela me fait du bien de sentir les rochers, les arbres, comme imprégnés de la prière de tous ceux qui sont montés la haut de puis des siècles. » Et un autre : « Dusenbach est pour moi un lieu de résurrection, de recommencement toujours possibles. Il faut souvent monter pour descendre au fond de soi-même. Et un troisième jeune : « Frères et sœurs d’Alsace ! Frères et sœurs de toute la terre, venez en pèlerins découvrir par vous-mêmes Notre-Dame de Dusenbach. Prenez du temps et laissez-vous apprivoiser, mais je vous en prie, ne rentrez pas chez vous laissant, seule, derrière vous, cette Vierge si Douloureuse… Venez et revenez, avec ferveur, s’il le faut, pour connaître l’Absolu de Tendresse et d’Amour qui nous vient de chez Dieu ! »

Frère Daniel Skica

Dusenbach

Prière à Notre Dame de Dusenbach

Très Sainte Vierge Marie, Toi qui as veillé sur l’Alsace avec une si maternelle sollicitude, Toi que nos ancêtres venaient invoquer avec tant de confiance dans leurs luttes pour la Conversion de la Foi Catholique, Toi qu’ils prirent pour leur Protectrice officielle et aux pied de qui ils répandaient si souvent d’ardentes prières afin d’obtenir le triomphe de l’Eglise, la conversion des pécheurs, nous T’implorons : daigne abriter toujours notre pays de Ta puissante Protection. Nous T’en supplions : daigne nous venir en aide en ces jours où la Foi est si menacée. Obtiens-nous la grâce de toujours mieux aimer et de pratiquer cette Foi qui est la source du salut. Oui, qu’à Ta prière le Seigneur réveille en nous la Foi et piété, afin qu’ainsi Jésus-Christ soit de plus en plus aimé et servi par les hommes d’aujourd’hui. Amen.

Notre Dame de Dusenbach, Gardienne de la Foi en Alsace, prie pour nous.

Renseignements

Père Capucins

Pèlerinage de Notre-Dame de Dusenbach

68 150 Ribeauvillé

Site internet: http://pagesperso-orange.fr/capucins/frats/dusenbach.htm

Texte paru dans le journal « Le Règne de Jésus par Marie » de mars 1990

29 octobre 2008

Prière à la Bienheureuse Rosalie Rendu

Num_riser0043

Bienheureuse Rosalie Rendu

Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul

1786-1856

Fête le 7 février

La bienheureuse Rosalie Rendu naît sur les hauteurs du Jura dans le département actuel de l’Ain en 1786. A 15 ans elle entre chez les sœurs de saint Vincent de Paul, attirée par leur service de charité. Dès son noviciat et jusqu’à sa mort, c'est-à-dire pendant 54 ans, elle se dévoue au service des pauvres dans le quartier Mouffetard, le faubourg le plus déshérité de Paris, créant pour les nécessiteux de tous genres, dispensaire, école, patronage, crèche et asile de vieillards. Avec cela, c’est une âme de prière continuelle, elle dit : « Jamais je ne fais si bien l’oraison que dans la rue ». Elle reçoit avec une égale charité les petits et les grands, et traverse les époques troublées des révolutions de 1830 et 1848, ainsi que des épidémies de choléra, en redoublant de charité, jusqu’à risquer sa vie. Aussi conquiert-elle le cœur de tous, fussent-ils anticléricaux. Elle meurt en 1856. Une rue de Paris porte son nom. Elle a été béatifiée à Rome le 9 novembre 2003 par le Serviteur de Dieu le Pape Jean Paul II.

Prière à la Bienheureuse Rosalie Rendu

« Seigneur, Tu as mis au cœur de la Bienheureuse Rosalie Rendu une ardente charité envers ceux qui connaissent l’épreuve et la souffrance, Tu lui as donné de stimuler de nombreuses personnes à s’engager au service des plus déshérités. Nous Te prions pour que, par son intercession, elle nous obtienne bien des grâces, que bientôt elle prenne rang officiellement parmi les Saints du Ciel et ouvre un chemin d’espérance à ceux qui veulent témoigner de Ton Amour pour tous. » Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur. Amen !

Cum permissu Superiorum

29 octobre 2008

Litanies de Saint Martin de Tours

Num_riser0067

Saint Martin de Tours

Evêque et Apôtre de la Gaule

316-397

Fête le 11 novembre

Saint Martin, né à Szombathely (Hongrie). Il suivit son père en Italie, qui était tribun militaire au service de Rome. Bien qu'élevé dans le paganisme, il en méprisait le culte, et comme s'il eût été naturellement chrétien, il ne se plaisait que dans l'assemblée des fidèles, où il se rendait souvent malgré l'opposition de sa famille. Dès l'âge de quinze ans, il fut enrôlé de force dans les armées romaines, et alla servir dans les Gaules, pays prédestiné qu'il devait évangéliser un jour. Que deviendra cet enfant dans la licence des camps? Sa foi n'y va-t-elle pas sombrer? Non, car Dieu veille sur ce vase d'élection. Le fait le plus célèbre de cette époque de sa vie, c'est la rencontre d'un pauvre grelottant de froid, presque nu, par un hiver rigoureux. Martin n'a pas une obole; mais il se rappelle la parole de l'Évangile: J'étais nu, et vous M'avez couvert. "Mon ami, dit-il, je n'ai que mes armes et mes vêtements." Et en même temps, taillant avec son épée son manteau en deux parts, il en donna une au mendiant. La nuit suivante il vit en songe Jésus-Christ vêtu de cette moitié de manteau et disant à Ses Anges: "C'est Martin, encore simple catéchumène, qui M'a ainsi couvert." Peu de temps après il recevait le Baptême. Charité, désintéressement, pureté, bravoure, telle fut, en peu de mots, la vie de Martin sous les drapeaux. Il obtint son congé à l'âge d'environ vingt ans. La Providence le conduisit bientôt près de saint Hilaire, évêque de Poitiers. Après avoir converti sa mère et donné des preuves éclatantes de son attachement à la foi de Nicée, il fonda près de Poitiers, le célèbre monastère de Ligugé, le premier des Gaules. L'éclat de sa sainteté et de ses miracles le fit élever sur le siège de Tours, malgré sa vive résistance. Sa vie ne fut plus qu'une suite de prodiges et de travaux apostoliques. Sa puissance sur les démons était extraordinaire. Il porta à l'idolâtrie des coups dont elle ne se releva pas. Après avoir visité et renouvelé son diocèse, l'homme de Dieu se sentit pressé d'étendre au dehors ses courses et ses travaux. Vêtu d'une pauvre tunique et d'un grossier manteau, assis sur un âne, accompagné de quelques religieux, le voilà qui part en pauvre missionnaire pour évangéliser les campagnes. Il parcourt presque toutes les provinces gauloises: ni les montagnes, ni les fleuves, ni les dangers d'aucune sorte ne l'arrêtent; partout sa marche est victorieuse, et il mérite par excellence le nom de Lumière et d'Apôtre des Gaules. Il était jadis invoqué par les femmes soumises aux brutalités des maris ivrognes ; c’est pourquoi il est devenu le principal intercesseur pour les problèmes d’alcoolisme.

D'après « Vie des Saints pour tous les jours de l'année », Abbé L. Jaud, Tours, Mame, 1950

Litanies de Saint Martin de Tours

Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez-nous

Jésus-Christ, exaucez-nous

Dieu le Père, des Cieux où vous êtes assis, ayez pitié de nous

Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous

Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous

Saint Martin, généreux soldat de Jésus-Christ, priez pour nous

Saint Martin, parfait modèle des guerriers, priez pour nous

Saint Martin, qui avez su mépriser les biens et les plaisirs du monde, priez pour nous

Saint Martin qui n’étant encore que catéchumène, vous êtes dépouillé d’une partie de vos vêtements pour en couvrir un pauvre, priez pour nous

Saint Martin, qui fûtes un modèle de sobriété et d’abstinence, priez pour nous

Saint Martin, qui ne parliez que de Jésus-Christ, priez pour nous

Saint Martin, Ange de paix, priez pour nous

Saint Martin, Homme d’oraison, priez pour nous

Saint Martin, qui étiez si ami de la pauvreté, priez pour nous

Saint Martin qui étiez le consolateur des affligés, priez pour nous

Saint Martin, qui étiez le défenseur des opprimés, priez pour nous

Saint Martin, Homme vraiment apostolique, priez pour nous

Saint Martin, qui supportiez les injures avec tant de patience, priez pour nous

Saint Martin, qui avez été embrasé du feu de la charité, priez pour nous

Saint Martin, qui avez opéré tant de merveilles, priez pour nous

Saint Martin qui, sur la terre, avez conversé avec les Anges, priez pour nous

Saint Martin, Gloire du sacerdoce, priez pour nous

Saint Martin, qui avez si bien prêché par votre exemple l’humilité et la douceur, priez pour nous

Saint Martin, Pontife admirable, priez pour nous

Saint Martin, la joie et le bonheur de l’Église, priez pour nous

Saint Martin, qui avez été tout à la fois Évêque et solitaire, priez pour nous

Saint Martin, Pasteur de la province de Tours, priez pour nous

Saint Martin, qui fûtes l’apôtre des gaules comme saint Paul le fut des Gentils, priez pour nous

Saint Martin, qui, en célébrant les Saints Mystères, priez pour nous

avez été environné d’une lumière miraculeuse, priez pour nous

Saint Martin, qui portiez partout la bonne odeur de Jésus-Christ, priez pour nous

Saint Martin, qui avez ressuscité des morts, priez pour nous

Saint Martin, qui avez renversé tant d’idoles, priez pour nous

Saint Martin, qui étiez la terreur des démons, priez pour nous

Saint Martin, Défenseur de la foi catholique, priez pour nous

Saint Martin, Confesseur du dogme de la Très Sainte Trinité, priez pour nous

Saint Martin, qui meniez ici-bas une vie angélique, priez pour nous

Saint Martin, qui avez protégé la ville de Tours contre la fureur de ses ennemis, priez pour nous

Saint Martin, qui fûtes honoré du don de prophétie, priez pour nous

Saint Martin, qui avez si glorieusement continué les travaux de saint Gatien, priez pour nous

Saint Martin, Zélé prédicateur de l’Évangile, priez pour nous

Saint Martin, Homme puissant en œuvres et en paroles, priez pour nous

Saint Martin, dont le nom et la sainteté sont connus de toute la terre, priez pour nous

Saint Martin, qui ne vous êtes jamais refusé au travail, priez pour nous

Saint Martin, qui avez montré jusqu’à la mort une entière soumission à la sainte Volonté de Dieu, priez pour nous

Saint Martin, qui avez fait à Dieu le généreux sacrifice de votre vie, priez pour nous

Saint Martin, en qui l’ennemi du salut ne trouva rien qui lui appartint, priez pour nous

Saint Martin, qui avez été reçu dans le sein d’Abraham, priez pour nous

Saint Martin, dont le tombeau a été illustré par tant de miracles, priez pour nous

Saint Martin, dont le sépulcre est glorieux, priez pour nous

Saint Martin, dont la vie et la mort sont admirables, priez pour nous

Saint Martin, dont les funérailles furent un véritable triomphe, priez pour nous

Saint Martin, qui régnez maintenant avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, priez pour nous

Saint Martin, qui êtes la joie de l’Église de Jésus-Christ, priez pour nous

Saint Martin qui, du haut du ciel, vous intéressez particulièrement à votre troupeau, priez pour nous

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur

Saint Martin, priez pour nous,

afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions

Seigneur, qui voyez que nous ne pouvons rien par nos propres forces, faites, dans Votre Miséricorde, que l'intercession de Saint Martin, notre Evêque, nous protège contre toutes les adversités. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Téléchargez le texte des Litanies de Saint Martin (pdf) en cliquant ici

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29 octobre 2008

Prière à Notre Dame des Familles

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Notre Dame des Familles

En Pologne, à Makow-Podhalanski, dans l’église du sanctuaire de Notre Dame des Familles, vous pouvez y découvrir Notre Dame de Pontmain arrivée à la suite du jumelage célébré le 31 août 1986. Et cette prière est, avec l'icône de ND des Familles de Makow, au sanctuaire de Pontmain (Mayenne).

Prière à Notre Dame des Familles

Mère de la Sainte Église, Mère des Familles, à l'exemple de nos pères qui t'ont vénérée depuis longtemps dans ton sanctuaire de Makow, nos familles se consacrent à ton Cœur Immaculé. Prends-nous et obtiens-nous de ton Fils la bénédiction pour chaque jour de notre vie. Dans la joie comme dans la croix, fortifies notre foi et aide-nous pour qu'un jour nous soyons auprès de Toi. Épouse de l'Esprit-Saint, Fille bien-aimée du Père, Mère du Fils de Dieu, Mère de l'Église, aide-nous à rester unis à ton Cœur Immaculé, maintenant et toujours. Amen !

22 octobre 2008

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

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Homélie du Cardinal André Vingt-Trois prononcée lors de la Messe de Requiem de Soeur Emmanuelle, à Notre Dame de Paris, le 22 octobre 2008

"J’ai cent ans et je voudrais vous dire". Au moment où Sœur Emmanuelle quitte ce monde, il est bon pour nous d’essayer de comprendre ce qu’elle voudrait, ce qu’elle veut nous dire. Non seulement l’exposé de ses idées (sur la vie) ou ses pensées, mais surtout le témoignage de sa vie. Car, comme chacun d’entre nous, comme tout homme ou toute femme en ce monde, ce qu’elle peut vraiment nous communiquer c’est ce qu’elle a vécu, ce qui l’a fait vivre et ce qui dévoile le sens de son action.Le premier trait qui se présente à nous dans la vie de Sœur Emmanuelle, c’est la puissance de l’amour. Un jour, elle a été saisie et transformée par l’amour d’une façon décisive et irrémédiable. Sans doute le don qu’elle avait fait d’elle-même dans sa consécration religieuse était-il déjà inspiré par le désir d’aimer et de servir Dieu et ses frères. Mais le chemin où elle s’est engagée avec les enfants du Caire est un basculement total. Il découvre à nos yeux la profondeur et la puissance de cet amour. Il s’agit du même don de soi définitif qui fut celui de sa profession religieuse, mais ce don prend une dimension nouvelle par la communauté de destin dans laquelle elle s’engage avec ces enfants qui, avant d’avoir besoin de ses leçons de professeur et d’éducatrice, ont besoin de manger pour survivre. Elle comprend que les aimer, c’est se lier à eux par le genre de vie, par le partage de la misère et par l’encouragement à faire quelque chose pour en sortir.

Il s’agit d’un véritable basculement qui saisit la liberté et le cœur et qui entraîne à miser tout sur une parole, la parole de celui qui est venu donner sa vie pour l’humanité, Jésus de Nazareth. Comme les disciples, qui avaient passé en vain toute la nuit à pécher, elle entend le Maître l’appeler à « jeter les filets pour la pêche. » Et, confiante en la parole de Celui qu’elle aime, elle lâche tout et se lance dans une aventure inimaginable, au-delà des conventions habituelles, hors de son champ de compétence. Elle se fait chiffonnière avec les chiffonniers. Elle plonge sans retour dans la solidarité de destin avec ceux qui n’ont rien et que tous méprisent. Et la joie qui l’habitait et dont elle rayonnait était certainement le signe extérieur de ce cœur donné sans retour pour répondre à l’appel du Christ. Mais nous devons faire un pas de plus. Faut-il considérer l’histoire de Sœur Emmanuelle comme un prodige extraordinaire que l’on admire avec d’autant plus de ferveur qu’on n’imagine pas qu’il puisse nous concerner ? Est-elle un de ces héros dont on exalte la figure sans craindre d’être nous-mêmes entraînés à les suivre ? Saint Paul nous le disait à l’instant, l’amour est le don le plus grand qui puisse nous arriver et qui les surpasse tous. Mais de quel amour parle-t-il ? De l’amour que Dieu nous manifeste et qu’Il nous invite à vivre dans nos rapports les uns avec les autres. Sans cet amour je ne suis rien. Il n’y a pas trente six sortes d’amour et si nous voulons progresser dans l’amour, il nous faut nous mettre à l’école de celles et de ceux qui en ont été habités au point de tout donner pour le vivre, l’école de saint Vincent de Paul, du Bienheureux Frédéric Ozanam, de Mère Térésa, de l’Abbé Pierre et de tant d’autres qui ont passé leur vie au service des pauvres dans lesquels ils reconnaissaient le visage du Christ qui les avait appelés : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir » (Mt 25, 36).

De ces exemples nous pouvons tirer quelques enseignements qui éclairent notre propre route. L’amour suppose un don total de soi. Il nous entraîne à quitter les sécurités des chemins bien balisés et surtout il nous demande de ne pas nous laisser prendre au piège de la bonne conscience qui se nourrit du souci de notre image. Sœur Emmanuelle a utilisé sans complexe les moyens de la communication et de la médiatisation, non pour faire la promotion de son image, mais pour faire connaître à tous l’univers de cauchemar dans lequel vit aujourd’hui encore une bonne partie de l’humanité. L’amour est un don définitif et sans retour, sinon il n’est que chimère et illusion. Comment les enfants du Caire auraient-ils pu faire confiance à Sœur Emmanuelle si sa présence au milieu d’eux avait été incertaine et épisodique ? Il n’y a pas d’alliance s’il y a une échappatoire. Enfin l’amour est contagieux. Il est une force d’attraction qui embarque des complices à tout moment. Certes la personnalité de Sœur Emmanuelle est une sorte de figure emblématique. Mais l’authenticité du service qu’elle a accompli se manifeste dans sa capacité à associer toutes sortes de gens à son action, telle sœur Sara, une religieuse copte orthodoxe qui poursuit aujourd’hui son œuvre avec les chiffonniers du Caire. Elle ne les séduisait pas pour elle-même, ni pour se donner la satisfaction d’avoir des disciples, mais elle les enrôlait dans son armée de miséreux parce qu’ils pouvaient y faire quelque chose d’utile pour les autres et pour eux-mêmes. Les vedettes n’ont pas de successeurs, les serviteurs ont des amis qui les soutiennent et qui développent leur œuvre. Notre véritable hommage à Sœur Emmanuelle n’est-il pas de tirer les leçons de son histoire d’amour avec les pauvres de ce monde ? N’est-il pas de crier pour tous ceux qui survivent avec peine dans la malnutrition et le manque de soins ? N’est-il pas de nous interroger sur le déséquilibre qui marque notre univers : d’un coté, l’énergie que l’on dépense pour la richesse et le confort d’une société dont on attend qu’elle assume tous les risques de la vie et de l’autre, l’insécurité absolue sur les besoins élémentaires de l’existence : manger, boire de l’eau, se soigner, apprendre à lire et à écrire ? Ceux qui professent la foi chrétienne autrement que comme une assurance supplémentaire ne doivent-ils pas être les premiers à « avancer en eaux profondes et à jeter les filets pour la pêche » pour que l’amour soit connu non pas seulement en paroles, mais en acte et en vérité.

Certes, les chrétiens se mobilisent pour vivre davantage le partage avec les pauvres de ce temps et nous en sommes fiers. Mais nous n’oublions pas que même la générosité n’est rien si elle n’est pas animée par l’amour. Nous ne sommes pas appelés seulement à donner de nos biens, nous sommes appelés à nous donner nous-mêmes.Sœur Emmanuelle a souhaité que ses obsèques soient célébrées dans l’intimité de sa famille religieuse. Aurait-t-elle été très à l’aise dans notre hommage national ? Je ne suis pas capable de répondre à sa place, mais il y deux choses dont je suis sûr. Premièrement, elle jubile certainement de voir que sa mort est une occasion de rappeler à tous l’urgence du service des pauvres de ce monde, un temps d’antenne supplémentaire pour ceux dont on parle si peu. Deuxièmement, elle voit certainement avec joie que nous n’essayons pas d’expliquer sa vie en oubliant Celui qui seul lui a donné sens : Jésus de Nazareth qui est passé parmi les hommes en faisant le bien et qui, à la veille de sa passion, nous a donné la clef d’interprétation absolue : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » C’est ce qu’il a fait et ce qu’il fait aujourd’hui dans cette Eucharistie. C’est ce que Sœur Emmanuelle a vécu à la suite et en compagnie de tant de disciples du Christ. C’est ce que nous sommes tous appelés à vivre, car finalement sans l’amour nous ne sommes rien. L’amour seul est digne de foi.

22 octobre 2008

Le Testament spirituel de Sœur Emmanuelle

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Le Testament spirituel de Sœur Emmanuelle

Si chers Amis, Nous le savons, l’Amour est plus fort que la Mort, le lien d’amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d’éternité joyeuse. Aujourd’hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon coeur sont tout près de votre âme et de votre cœur. Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie. J’ai choisi des cantiques pleins d’allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix ! Je tiens à vous dire une merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d’enfants en difficulté à travers le monde. Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L’enfant qui souffre « sensible à vos cœurs » rappelle le mot de Pascal : « Dieu sensible au cœur ». Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie. Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C’est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l’évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons « bénis » par Toi, notre Père des cieux. Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l’éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour. Une petite confidence pour finir. J’ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie. Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu’elle me garde fidèle. Elle l’a fait et comment ! Remerciez là avec moi ! Yalla ! En avant ! C’est passionnant de vivre en aimant !

Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son coeur.

22 octobre 2008

Hommage à Soeur Emmanuelle

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Sœur Emmanuelle

un siècle d'amour

1908-2008

Les chiffonniers du Caire l’appelait Ableti, « grande sœur ». Son prénom ? Madeleine. Mais le monde entier connaît mieux celui que cette perpétuelle révoltée s’est choisi à 22 ans : Emmanuelle. Toute sa vie, la religieuse vêtue de sa sempiternelle blouse de nylon gris s’est battu contre la misère et l’exclusion. Notre biographie. Sœur Emmanuelle s'est éteinte comme une étoile. En laissant un immense rayon de lumière. Une disparition ressentie par tous : à qui n'était-elle pas devenue familière ? Foulard et blouse grise, tennis usés, on reconnaissait sans peine la silhouette. Le visage ridé comme par un appétit de vie et de soleil, le regard bleu scintillant derrière de larges lunettes, et toujours le sourire aux lèvres. Une femme totalement disponible aux autres : « Si on ne s'intéresse pas aux autres, la vie devient monotone », confiait-elle un jour à Paula Boyer. Chacun avait compris depuis son retour d'Egypte que le mot retraite lui était étranger. Elle n'avait jamais semblé aussi présente. Auprès de ses amis de l'association Asmae bien sûr, mais aussi à la télévision et à la radio, dans les écoles, les paroisses, les prisons. Mais encore, et toujours, près des pauvres, des exclus. Les SDF de l'association Paola à Fréjus, par exemple. Certes, elle goûtait la compagnie des religieuses de la maison de retraite du Pradon, dans le village de Callian, au pied de l'Esterel. Elle aimait bavarder de jardinage, mais on la sentait toujours sur le départ, vaillante sur ses pieds ou calée dans un fauteuil roulant, prête à monter dans une voiture, un car ou un train. « Il faut qu'elle aille jusqu'au bout de ce qu'elle peut donner », expliquait un jour sœur Jeanne-Bernadette.

Jusqu’au bout, être utile et efficace

Inaction : autre mot banni de son vocabulaire. La gamine insupportable, la jeune religieuse frondeuse, la révoltée du Caire : comment effacer un tel caractère ? Jusqu'au bout, elle entendait dire ce qu'elle pensait, secouer les dormeurs, ne pas rester les bras croisés. Etre encore utile et efficace, avec cet optimisme qui en désarmait plus d'un, et cette façon de mettre un terme au doute : « C't'évident, non ? » Ne jamais laisser s'éteindre la flamme de l'espérance. Yalla ! Qui n'a perçu l'infatigable volonté derrière cette interjection souvent répétée d'une voix à la fois fluette et ferme ? Le charisme de sœur Emmanuelle reposait sur un sens inné du contact. Tutoyant tout le monde - sauf le pape...-, dotée d'une mémoire d'éléphant pour les noms, elle marquait toujours un intérêt sincère pour celui qu'elle rencontrait. Avec le même égard, mais aussi le même culot, qu'il soit puissant ou misérable. Dans les échanges, elle savait avec intuition ce qu'il fallait dire et faire à chaque instant. Et elle affichait une force de conviction inaltérable : « J'ai opté pour l'amour universel », disait-elle, expliquant que ce n'était pas la pauvreté qu'elle aimait, mais les pauvres ; la justice plus que la charité. On comprend que, dans ses vœux prononcés, le plus dur aura été celui d'obéissance. Et celui de chasteté ? Celle qui fut une jeune fille coquette effaçait d'une pirouette les remords : « Je n'aurais pas pu me consacrer à un seul homme ». A un autre que Dieu.

Au sommet des sondages

Tout le monde s'inclinait devant son obstination et admirait cette femme heureuse de vivre. Elle séduisait, fascinait, ou déroutait avec sa gouaille et son franc-parler. Avouant ses péchés mignons - les glaces à la vanille, les moules-frites, les polars d'Agatha Christie-, rabrouant des ministres dans des directs télévisés, et gardant même sa liberté vis-à-vis du pape. Ce caractère bien trempé, si peu sensible aux normes et aux institutions, partageait pourtant bien des traits communs avec celui de Jean-Paul II. Mais... « il a sa manière de voir et moi la mienne », affirmait-elle. Ce tempérament robuste n'a jamais freiné sa popularité. Au baromètre annuel, elle caracolait, première femme derrière l'Abbé Pierre et les Zidane, Sardou, Noah et Belmondo. Pas de quoi s'enivrer : « Quand j'arriverai devant le Seigneur, il ne me demandera pas quelle place j'ai occupée dans les sondages », écrivait-elle. Toujours les pieds sur terre, en somme, devant l'éphémère. Mais sœur Emmanuelle savait user habilement de ce succès médiatique pour défendre sa cause. Le public français l'avait découverte en 1977, sur Europe 1 avec Philippe Gildas. Elle fut invitée régulièrement par la suite dans les grands rendez-vous des ténors de l'audiovisuel : chez Drucker, Poivre d'Arvor, Cavada, Giesbert ou Fogiel. Tous dressèrent le même constat : sa maîtrise naturelle de l'outil télévisuel. Même en fin de soirée, elle pouvait faire grimper l'audimat. Les qualificatifs n'ont pas manqué : énergique, brillante, drôle, ironique, charmeuse. Mais surtout sincère. Elle disait ce qu'elle pensait, et se moquait de sa popularité. Car telle est la clé du personnage : son authenticité. Personne ne s'y est trompé. Elle avait puisé dans son parcours une harmonie. L'action n'empêchait pas la méditation : elle n'a raté la messe quotidienne « que trois ou quatre fois ». La foi identifiée avec le cœur, pour suivre le philosophe Pascal, ne l'incitait à aucune arrogance. « Avant, je pensais avoir le monopole de la vérité du fait que j'étais catholique, disait-elle ; aujourd'hui, je sais qu'il y a beaucoup de demeures dans la maison du Seigneur.»Sa supérieure à Istanbul interdisait le prosélytisme, mais encourageait les religieuses à « transpirer le Christ ». Sœur Emmanuelle aura été un exemple, tout simplement un témoin. « Je ne suis qu'une petite goutte dans un océan de misère. » Cette goutte vaut de l'or.

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Soeur Emmanuelle en quelques dates


16 novembre 1908
: naissance à Bruxelles de Madeleine Cinquin, d’une mère Belge et d’un père français. Ses parents étaient commerçants en confection et en lingerie fine. Sa grand-mère maternelle était née d’un père juif et d’une mère chrétienne. Sa fille a épousé un protestant suisse. A 6 ans, elle voit son père se noyer : « Je me suis raccrochée à Dieu, et Dieu s’est accroché à moi. »

1929 : Elle rentre dans la congrégation Notre-Dame-de-Sion, à Paris, rue Notre-Dame-des-champs. Le 10 mai 1931 elle prononce ses vœux et prend le nom de Sœur Emmanuelle. Diplômée en philosophe et lettres, elle enseignera successivement en Turquie (1932-1954 puis 1959-1963), en Tunisie (1954-1959) et en Egypte (1963-1971).

1971 : elle s’installe dans un bidonville au Caire. Elle va partager la vie des chiffonniers pendant 22 ans. « Mes 22 ans dans le bidonville ont été l’accomplissement de ma vie. »

1977 : Ouverture du centre Salam. Le centre offre un dispensaire, des ateliers professionnels et de couture, un club social, un jardin d'enfants, une maternité. Le centre Salam est inauguré par Jehane Sadate, épouse du président égyptien Sadate.

1978 : tournée en Europe et aux Etats-Unis : Soeur Emmanuelle et Soeur Sara collectent des fonds aux Etats-Unis et en Europe pour améliorer le sort des chiffonniers. Jardin d'enfants, école et dispensaire voient le jour.

1980 : Elle reçoit l’Ordre du Mérite à Paris et fonde ASMAE "Agir, Soutenir, Mobiliser pour l'Avenir des Enfants". L'association est laïque. Aujourd'hui, elle intervient dans huit pays et auprès de 74000 enfants.

1991 : Tandis qu'elle célèbre ses noces de diamant de vie religieuse avec les chiffonniers du Caire, l'épouse du président Moubarak lui confère la nationalité égyptienne.

1993 : à la demande de ses supérieures, elle rentre en France et rejoint sa communauté en Provence. Toujours au service des plus démunis, elle se rend régulièrement dans les prisons et auprès des SDF. Active, elle donne des conférences et visite les projets ASMAE dans le monde entier.

28 janvier 2002 : elle est promue au grade de commandeur de la Légion d’Honneur.

25 avril 2005 : elle reçoit les honneurs belges en obtenant les insignes de Grand Officier de l'Ordre de la Couronne.

20 octobre 2008 : Soeur Emmanuelle s'éteint

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Soeur Emmanuelle

Elle ne possède ni l'éloquence de Raoul Follereau pour défendre les malheureux ni la fougue emplie de défi et de provocation de l'Abbé Pierre vis-à-vis de tous ceux qui vivent égoïstement. Pourtant, elle peut aussi être rangée dans la lignée des grands prophètes, même si, comme une journaliste l'a dit, elle possède une charité " politiquement correcte ", c'est-à-dire qu'elle ne s'attaque pas de front aux gouvernements et aux institutions publiques ou privées comme l'ont fait les deux célèbres personnages précités, mais plutôt à tous ceux qui possèdent de la haine dans leur cœur. Elle ne risque donc probablement pas d'être prise à partie par des multinationales ou certains responsables politiques du fait de déclarations fracassantes. La seule chose que l'on pourrait lui reprocher, pensent certains, c'est de lutter contre la misère, certes avec conviction, mais de le faire avec trop de douceur, le sourire aux lèvres. Or, cette douceur et ce sourire presque continuels, au moins lorsqu'on est en sa présence ou lorsqu'elle s'exprime à la radio ou la télévision, trompent. Ils ne sont pas le signe de manque de passion, de naïveté ou de timidité, mais ils proviennent de son âme, c'est-à-dire d'une immense spiritualité et, par conséquent, d'un amour d'autrui qui lui permet, en fonction de l'Evangile qu'elle vit constamment, d'une part d'être en communion, dans l'humilité, avec les plus faibles et d'autre part d'aimer son prochain quel qu'il soit, riche ou pauvre. Voilà les qualités qui caractérisent Sœur Emmanuelle et lui procurent sa vraie force et sa joie évidente.


C'est exactement ce que j'ai ressenti lorsque, le 2 avril 1989, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer " la chiffonnière du Caire ", comme on l'appelle aussi. Ce nom lui vient de son travail principal, dans la banlieue de la capitale égyptienne, avec des chiffonniers vivant de détritus triés dans la chaleur étouffante pour les revendre ou en faire de l'engrais, les bénéfices étant reconvertis dans toutes sortes de constructions et d'activités sociales pour rehausser l'hygiène et la santé, scolariser et éduquer enfants et adultes, loger les habitants du bidonville et créer des emplois.


Je l'ai d'abord entendue donner son témoignage dans la petite église du village touristique de Crans (Valais/Suisse), pleine à craquer. Elle y évoqua son travail avec ses amis les pauvres, mais aussi ses voyages sur les routes du monde et du Soudan, en particulier, pour sauver les enfants qui fuient la guerre et la faim. Ce jour-là, j'ai compris, grâce à quelques paroles dont j'ai été le témoin direct, pourquoi l'espérance l'habitait toujours, malgré la misère partagée,. En effet, à la fin de son exposé, son visage, momentanément assombri par la citation des catastrophes et des malheurs qui assaillent les pays du tiers monde, mais aussi nos populations des pays riches, redevenait soudain radieux : " Il nous faut faire passer le Christ dans les autres, ne serait-ce que par un sourire. Notre mesquinerie, notre faiblesse se transforment alors en amour. Chacun de nous est capable de l'exprimer. L'amour doit vaincre la haine. Il est plus fort que la mort."


Et puis, le soir, ce fut ma rencontre personnelle avec elle à la cure de Montana, non loin de Crans. Là, Sœur Emmanuelle évoqua l'apparition que la célèbre voyante Anne-Catherine Emmerich a eue de la Vierge et conclut : " Ce ne sont pas les détails de cette vision qui sont importants, mais bien la lumière dans laquelle baignait Marie. J'aime beaucoup cela. " Et comme si elle s'était imbibée de cette lumière, elle s'en est allée, une fois encore, un sourire sur les lèvres.


Mais quel a bien pu être le détonateur, pour ainsi dire, qui a conduit Sœur Emmanuelle sur ce chemin des Béatitudes au milieu des pauvres, sans se relâcher, sans perdre courage, les défendant sans cesse? J'ai cherché longtemps dans les livres que je possède sur elle les secrets de cette destinée. Je les ai, je crois, trouvés dans ses propres révélations très claires, sous forme d'au moins deux aspects.


D'abord, dans son livre " Chiffonnière avec les chiffonniers ", elle consacre, à la fin, un court mais très important chapitre au chapelet de sa mère qui risque presque de passer inaperçu. Et là, elle dit ceci : " Une chère figure me revient à la mémoire : celle de ma mère à qui je dois le meilleur de moi-même. " Puis, citant quelques petits incidents qui ont marqué sa jeunesse, elle en arrive à un " soir de trouble ", comme elle dit, où elle rencontre, alors qu'elle marche lentement, oppressée dans la nuit, un individu qui la prend par le bras et lui conseille amicalement de rentrer chez elle. A la maison, après cette aventure, elle trouve sa mère - qui est déjà veuve avec trois enfants - endormie, le chapelet entre ses doigts. Il vaut la peine de citer in extenso ce qu'elle écrit :


" J'ai souvent pensé plus tard à ce soir de trouble. Je crois profondément que les grains du chapelet de ma mère glissaient, invisibles, entre cet individu et moi. Une voix murmurait: priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant…Sans savoir qu'il y répondait, l'homme m'a dit : Rentrez chez vous, ma petite. Cet homme-là, dans ma reconnaissance, j'ai souvent prié pour lui. Je le rechercherai dans l'autre monde pour le remercier.


Comment expliquer que, à travers tant de vents contraires qui ont déraciné des cèdres puissants, mon pauvre petit arbuste soit resté debout ? J'en sais rien, moi, la raison. Les racines étaient fortes. Tant qu'elle en a été capable, ma mère s'est rendue tous les jours à l'église, elle y communiait pour ses enfants. Elle m'avait dit : Tu veux vraiment entrer au couvent ? Alors, sois une bonne religieuse. Chaque matin, elle m'en envoyait la force. Ces chiffonniers, comme elle les aurait aimés, comme elle les aime plutôt ! Je sais qu'elle est là, dans mon sourire qui était le sien quand elle allait vers l'autre…

Merci, mon Dieu, de me l'avoir donnée pour mère. "

Il y a aussi ce passage dans son dernier livre " Richesse de la pauvreté " qui révèle la raison de son choix décisif de la pauvreté : " C'est que l'expérience que j'en ai faite reste une des dates importantes de ma vie : le 5 mai 1929, je me suis dépouillée des beaux atours d'une fille coquette pour revêtir la pauvre robe noire d'une petite novice. Ce geste représentait la libération des futilités qui m'asservissaient. Soudain, j'étais devenue légère. J'entrais dans une vie qui deviendrait de plus en plus passionnante. Je renonçais à une humanité égocentrique pour entrer dans une humanité fraternelle. Soixante-douze ans ont passé, j'en goûte encore la richesse. "


Enfin, on peut certainement y ajouter la rencontre qu'elle a faite en 1965 à l'occasion d'un voyage au Caire avec les filles de sa classe de philosophie de l' établissement des sœurs de Notre-Dame de Sion à Alexandrie. Elle raconte : " Dans le train, je fus frappée par des spectacles de misère que je n'avais jamais vus en Turquie : des enfants en haillons, une foule de mères chargées de leurs marmots. "

La famille, les racines, la perception de la misère et de la souffrance et, dans ce contexte, la maman. C'est ce dont nous avons besoin nous aussi et qui peut nous former pour toute la vie. Chaque père et chaque mère de famille devraient en être conscients et se nourrir de la foi et surtout de l'Eucharistie qui nous permet de recevoir en nous Jésus " la lumière du monde ", afin de la transmettre à nos enfants dès leur plus jeune âge. Nous pourrons alors ouvrir leurs cœurs aux autres, particulièrement aux malheureux et aux blessés de toutes sortes, en nous inspirant de l'exemple de Sœur Emmanuelle et nous consacrer, comme elle, à trois choses primordiales.


D'abord ne pas négliger, sous forme d'un secours matériel direct quand nous le pouvons, ceux qui, autour de nous ou ailleurs, sont les moins privilégiés. Mais je ne m'étendrai pas sur le sujet, cette fois-ci, même si cette condition est vitale et si tous les prophètes nous renvoient sans cesse à l'aide concrète au prochain. J'ai déjà développé cet aspect de la charité à maintes reprises, aussi du fait de mon activité sociale durant plus de cinquante années auprès des déshérités et des lépreux..

Ensuite, porter en soi le Christ, " la lumière du monde ", et disséminer dès qu'on le peut une parole, un sourire…J'ai aussi eu la chance dans ce domaine de pouvoir en expérimenter la valeur lors de dizaines de rencontres dans les avions, les trains et les transports en commun, les plus significatives ayant été celles que j'ai eues avec des handicapés, quelques-uns dans le bus qui me conduit de mon quartier en ville. Chaque fois que nous nous revoyons, la joie est de mise dans nos conversations, même lorsqu'un d'entre eux me fait signe ou me parle à haute voix en faisant retourner les têtes et en provoquant même des grimaces ou des étonnements parmi les voyageurs. Chaque fois, j'en rapporte un immense appui et un enrichissement intérieur considérable qui durent souvent des heures.


Enfin, savoir discerner, à côté du péché - auquel nous sommes tous confrontés - aussi les choses magnifiques qui nous entourent, dons du Créateur : les arbres, les fleurs, les montagnes, les gens qui se dévouent pour les autres. Ainsi, Sœur Emmanuelle a écrit : " Quand je tombe dans la ruelle sur un chien crevé, ou des boyaux de porc couverts de mouches, je regarde plus loin les gosses qui se poursuivent en riant. "


Par la prière, demandons à Dieu et à Marie, sa mère, de nous envoyer les grâces qui conduisent à ce chemin de simplicité et de dévotion. En renonçant à nos manières égocentriques et en nous libérant des convenances imposées par la mode, le marché ou les médias, nous entrerons comme Sœur Emmanuelle dans " une humanité fraternelle ", malgré les soucis et les difficultés inhérentes à la vie sur terre. Et puis, finalement, nous aussi nous percevrons de plus en plus le vrai bonheur, celui que Dieu seul peut nous donner et qui se reflète dans une rencontre, dans l'amour profond d'un être ou dans un geste désintéressé vers l'autre.


Marcel Farine

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"Il faut être heureux"

interview avec Soeur Emmanuelle

La voix jeune, l’esprit toujours aussi vif, parfois même espiègle, dans un entretien qu'elle avait donné à Pèlerin, Soeur Emmanuelle revient sur sa vie, évoque sa foi, parle sans détours de la vieillesse et rappelle la force de l’amour. Extraits.

Comment vous sentez-vous, sœur Emmanuelle ?


Pas mal pour 99 ans ! Je crois être lucide, ce dont je remercie le Seigneur. La marche est difficile, mais tout le reste va bien.


C'est difficile à accepter, cette moindre mobilité ?


Se lamenter ne sert rigoureusement à rien. Et puis, je n'ai pas le caractère à regretter. J'ai appris à accepter les choses telles qu'elles viennent, elles ont toujours un côté positif. Il faut regarder ce côté et laisser tomber le négatif. C'est ce que j'ai fait toute ma vie, de telle sorte que je suis contente de ma vieillesse. Bien sûr, je ne peux plus voyager comme avant, je suis forcée de rester dans ma chambre. Maintenant, j'ai beaucoup de temps pour prier.


Vous priez beaucoup ?


Je prie toute la journée ! Comme je suis très fatiguée, je ne peux plus me concentrer comme avant, pour la prière. Dieu merci, j'ai mon chapelet ! Je dis le rosaire. J'ai le temps, c'est très beau, et ça ne me fatigue pas de murmurer : « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous... » Je le répète tout simplement, mais chaque dizaine de « Je vous salue Marie » renvoie à un mystère de la vie de la Vierge et de Jésus. Par exemple, je commence par l’Annonciation de l’ange qui vient dire à Marie qu’elle sera la mère de Jésus. Alors, pendant que je dis le « Je vous salue Marie », je vois cette œuvre du peintre Fra Angelico où l’ange est prosterné au pied de la Vierge qui sourit doucement et je me remémore cette conversation. Ainsi chaque dizaine. Après c’est la Visitation. Marie va voir sa cousine Elisabeth déjà âgée et pourtant enceinte de six mois. Elle trotte, trotte pour voir sa cousine. Alors, moi, je la vois trottant sur la route… C’est très joli ! C’est ravissant de prier comme cela du matin au soir avec le chapelet. Je dis ces prières pour tous ceux que j'aime, pour tous ceux qui viennent me voir, et pour toute l'humanité. Je trouve que c'est très beau, très vivifiant même, de terminer ainsi ma vie. La vieillesse, c'est une grâce que Dieu permet à l'homme. Vous laissez tomber ce qui vous encombre.


Quand on approche, comme vous, les 100 ans, sait-on un peu mieux qui est Dieu ?


Ah, on ne peut pas tout savoir ! Mais avec le temps, la relation avec Dieu Amour se fait de plus en plus intime, douce, profonde. Cela donne du tonus à la vie, c'est comme du champagne, ça fuse ! C'est beau, c'est bon, c'est doux ! Il n'y a rien de meilleur sur terre que la relation d'amour avec Dieu. Et comme disait Thérèse de l'Enfant-Jésus, je reçois d'une main du Seigneur et je donne de l'autre main. Tout ce que Dieu me donne d'amour, j'essaie de le verser sur les hommes et les femmes qui m'écrivent, qui viennent me voir, et puis sur l'humanité entière.


Vous n'avez jamais douté ?


Si, bien sûr ! J'ai eu des années terriblement difficiles... A Istanbul, pendant la guerre de 1939-1945, j'étais enseignante. A l'époque, j'avais seulement l'équivalent du bac en Belgique. Comme je ne pouvais pas aller étudier à Paris, à la Sorbonne, à cause de la guerre, j'ai fréquenté l'université d'Istanbul. Là, j'ai connu des professeurs musulmans et juifs d'une très haute teneur spirituelle, intellectuelle, morale et religieuse. Ils puisaient beaucoup de lumière et de force dans leur religion. C'est alors que j'ai commencé à m'interroger. Je me suis mise à étudier toutes les religions. J'ai trouvé des lumières dans chacune. Arrivée à la religion chrétienne, j'ai trouvé un soleil resplendissant, l'amour du Christ qui est allé jusqu'à la mort pour sauver les hommes. C'était magnifique. Mais quelles preuves avais-je qu'il était « Dieu, né de Dieu, lumière, née de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu », comme le dit le credo ? Quelle preuve avais-je que Jésus était le fils de Dieu ? Je n'en avais aucune. Alors, j'ai commencé à douter, c'était très difficile parce que j'étais « embarquée », comme dit Pascal, j'étais religieuse. Cette période de doute a duré des années.  La guerre finie, j'ai eu la grande chance de pouvoir étudier à la Sorbonne, à Paris. J'ai eu Pascal au programme. C'est lui qui m'a sauvée. Pascal, qui est infiniment croyant, dit que Dieu n'est pas sensible à l'intelligence mais au cœur. Le cœur, c'est le lieu le plus intime de l'homme. Avec l'aide de Pascal, je suis arrivée à la conclusion que tous les biens matériels ne valent pas une seule pensée, que toutes les découvertes scientifiques ne valent pas un seul acte de charité, d'amour gratuit. Grâce à Pascal, j'ai compris que c'est au plus profond de moi-même que je devais chercher Dieu et non pas en lisant les textes des savants et des philosophes. Plus tard, quand je vivais au Caire, j'ai reçu une très grande lumière, une nuit, dans le bidonville. Ce soir-là, comme il faisait très froid, j'avais fermé ma porte, lorsque j'ai entendu une mélopée. C'était ma voisine, Fauzeya, une femme très misérable, qui chantait. J'ai entrouvert ma porte et l'ai vue, assise par terre. Son fils faisait ses devoirs. Nous avions obtenu, elle et moi, qu'il aille à l'école, ce qui était extraordinaire dans le bidonville. Elle faisait du feu avec de vieux cartons. Son mari, qui savait un peu lire, déchiffrait l'Evangile. Quand il s'arrêtait, Fauzeya reprenait la phrase de l'Evangile et la chantait doucement. Son visage était illuminé. Je ne reconnaissais pas cette pauvre malheureuse, souvent battue. Elle n'avait pas étudié comme je l'avais fait, mais elle avait confiance. Elle était sûre que Jésus aiderait son fils à sortir du bidonville. Elle était sûre que Jésus aiderait la petite Teresa qu'elle avait au sein à devenir une femme plus heureuse qu'elle. Dans ma cabane, j'ai demandé au Seigneur de me donner un cœur comme Fauzeya. C'est ainsi que j'ai pu me retremper dans la foi toute simple des enfants et jouir de l'amour de Dieu dont, finalement, je reste sûre. Maintenant, avec le Seigneur, on se comprend. On s'aime, c'est tout.


Voici quatre ans, vous avez publié un ouvrage intitulé Vivre, à quoi ça sert ? Quelle est votre réponse à cette question ?


Vivre, ça sert à aimer ! Et, quand on est vieux, c'est un avantage, on a plus de temps pour aimer, c'est-à-dire pour donner aux autres le meilleur de soi-même en suppliant le Seigneur de les aimer, de les aider. Maintenant, j'ai évidemment plus de temps qu'avant !


Vous avez souvent dit que vous aimiez beaucoup les jeunes. Pourquoi ?


J'ai toujours aimé la jeunesse, parce que c'est l'espoir, l'enthousiasme. Les jeunes, quand on sait leur parler, ils sont passionnants. Quand j'allais dans les écoles, les lycées par exemple, ils restaient vraiment suspendus à ce que je disais. Tout simplement parce que je m'adressais autant à leur cœur qu'à leur intelligence. Les jeunes comprennent très bien qu'il faut s'aider. Malheureusement, une partie de notre jeunesse est sans repère, certains font des bêtises ; à leur place, j'en aurais peut-être fait aussi.


Parce que la société actuelle ne donne pas assez de repères ?


Aujourd'hui, chacun fait ce qu'il veut. Bien sûr, il faut faire ce que l'on veut, mais il faut aussi vouloir le bonheur. Dieu nous veut heureux.


Qu'entendez-vous par là ?


C'est vivre en harmonie. Qu'est-ce que l'harmonie ? C'est regarder les autres avec son cœur, pas avec sa tête, établir des relations simples. Et pour moi, la source est en Dieu. Je vois l'amour qu'il porte aux hommes. Je suis en harmonie avec Dieu, avec les autres et avec moi-même, c'est tout simple.Les jeunes comprenaient très bien lorsque je leur expliquais, exemples à l'appui, qu'aimer, c'est une pratique. Evidemment, beaucoup ne connaissent pas Dieu. Ils ne savent pas ce qu'est aimer parce qu'on ne leur a jamais appris. Il faut savoir aimer. Mais ça s'apprend... Il faut l'apprendre aux jeunes parce qu'ils veulent être heureux.


Comme parler de Dieu et d’Amour aux non croyants qui sont si nombreux dans une société ?


Il suffit d’aimer. Les non croyants comprennent cela très très bien. Quand je parle à des jeunes, je ne leur dis pas d’aller se confesser, cela ne me regarde pas. Ils sont libres. Je leur dis que la vie est passionnante lorsque l’on sait aimer. Et ça ils le comprennent tellement bien. Je leur donne des exemples de gens qui avait tout perdu mais qui n’avaient pas perdu l’amour. Dans des pays très ravagés, j’ai rencontré des tas de gens qui faisaient tout pour aider les autres à en sortir. Ces gens étaient donc passionnés et passionnants.


L'heure tourne. Le jour commence à tomber. Isabelle allume une lampe de chevet qui donne une lumière douce. Elle s'installe au pied du lit de sœur Emmanuelle, lui retire ses chaussures, ses bas, et commence à lui masser les pieds, tout doucement.


A plusieurs reprises, vous avez déclaré : « La religion ne m'intéresse pas, c'est Dieu qui m'intéresse. » Pouvez-vous m'expliquer ?


La religion ne m'intéresse pas en tant que telle. Elle est un moyen, pas un but. La religion, c'est quelque chose qu'on a dans la tête, d'abord. Mais, moi, ce n'est pas la tête qui m'intéresse le plus, c'est le cœur. J'ai des amis athées, j'ai des amis juifs, beaucoup d'amis musulmans. Je ne discute pas religion avec eux ! A mes amis athées, je dis que ce qui compte, c'est qu'ils savent partager leur temps, leur cœur, leur bourse. Je leur dis aussi que s'ils ne connaissent pas Dieu, Dieu les connaît. Qu'ils n'aient pas peur ! Au jour de leur mort, le Seigneur leur dira : « Viens. Quand j'ai eu faim, quand j'ai eu soif, quand j'étais malade, quand j'étais en prison, tu es venu vers moi. » C'est cela, savoir aimer. Ce n'est pas simplement croire.


C'est finalement beaucoup plus exigeant ?


Oh oui, c'est vraiment exigeant, mais c'est passionnant. Quand on sait aimer, on fait de sa vie une aventure merveilleuse.


Si vous deviez faire un bilan de votre vie, quel serait-il ?


Ma vie a été passionnante. Elle l'a été évidemment parce que Dieu m'a permis, partout où je suis passée, d'aimer les autres, de les aimer vraiment, d'essayer de les aider, de sorte que ma vie a été une suite d'actions d'amour. C'est pour cela que je suis ravie d'avoir vécu ce que j'ai vécu et d'être vieille maintenant.


N'avez-vous pas quelques regrets, cependant ?


Non ! Le jour où je suis entrée au couvent, chez les sœurs de Notre-Dame de Sion, j'ai été libérée ! Avant, je n'avais jamais assez d'argent pour mes toilettes. Je voulais aussi danser avec de beaux garçons. Je voulais voyager. Tout cela m'attirait irrésistiblement mais, à la fin, il me restait le vide. A quoi tout cela servait-il ? Il me manquait l'absolu de Dieu et, à la minute où j'ai changé ma robe de jeune fille coquette contre la robe noire de religieuse qui, à l'époque, tombait jusqu'à terre, avec aussi un petit bonnet attaché sous le cou comme une veuve, j'ai été libérée de tout, des garçons, de l'argent et aussi de ma propre volonté. Dès lors, j'ai eu une supérieure à qui j'obéissais et c'était tout.


Vous obéissiez sans difficulté ? Pourtant, vous avez un caractère bien trempé !


J'ai toujours obéi. Même quand je vivais chez les chiffonniers du Caire. Quand j'ai eu 80 ans, mes supérieures m'ont demandé de rentrer en France. J'ai obtenu un délai. Lorsque j'ai eu 85 ans, elles m'ont dit de revenir absolument. Sincèrement, je me suis demandé quoi faire, obéir ou non ? Laisser les chiffonniers qui n'ont rien pour m'installer dans une maison de retraite où j'aurais tout ? Mais sœur Sarah était déjà là et avait toutes les qualités pour prendre la suite. J'ai compris qu'il ne fallait pas rester contre le gré de mes supérieures, j'ai obéi, je ne l'ai pas regretté.


Tout de même, n'avez-vous pas rencontré quelque épreuve ?


Quand j'étais jeune religieuse, j'ai eu un problème. J'étais dans l'enseignement, et il y avait un professeur très intelligent, très bien de sa personne, il savait énormément de choses et en parlait très brillamment, profondément aussi. Un beau jour, je me suis rendu compte qu'il commençait à m'intéresser un peu trop, le professeur ! Alors, je suis allée voir une vieille mère, je lui ai dit que je ne me sentais pas bien du tout. Tout d'abord, elle m'a dit que je pouvais écrire à Rome pour demander à être relevée de mes vœux de célibat. Mais ce n'était pas ce que je voulais. Alors, elle m'a conseillé de ne pas rester braquée sur mon problème, mais de visiter les malades, les pauvres, tous ceux qui souffrent. Petit à petit, m'a-t-elle dit, vous vous rendrez compte que beaucoup sont plus à plaindre que vous. Et puis, naturellement, vous direz le chapelet. Elle m'a donné une planche de salut. Maintenant, je conseille à ceux qui sont en souffrance de s'intéresser aux autres plus qu'à eux-mêmes, c'est radical. Le fait est que, par la grâce de Dieu, j'en suis sortie.


C’est extraordinaire, à presque 100 ans, de se souvenir que vous avez été amoureuse...


Pas un peu, j’ai été terriblement amoureuse. Ca a été vraiment terrible !


Où cela s’est-il passé ? A Istanbul ?


Ca, je ne vous le dirai pas ! Peu importe d’ailleurs. Le fait est que, par la grâce de Dieu, j’en suis sortie. Je suis d’ailleurs persuadée que si, dans les ménages en difficulté, on savait s’arrêter, essayer de résoudre les problèmes au lieu de laisser s’ouvrir la faille, on éviterait bien des divorces.


Mais notre société n’encourage pas ce genre d’effort…


C'est vrai, et nous n’en sommes pas heureux ! Vivre, c’est lutter. Tant qu’on n’a pas lutté dans sa vie, on ne sait pas ce que c’est. Mais quand on arrive à se prendre en main, alors tout change. La vie devient passionnante parce qu’elle est à base d’amour. Ce n’est pas difficile d’aimer. Il suffit de s’attarder, de regarder, d’admirer ce qu'il y a de positif chez les autres et de positif dans les événements qui se succèdent.


Vous avez décidé de publier un livre testament après votre mort. Pourquoi seulement après ?


Ce livre s'appelle Confessions d'une religieuse. J'y parle de moi d'une manière plus intime. Tant que je serai sur terre, je ne veux pas que les gens sachent. J'ai surtout voulu montrer à quel point l'amour de Dieu est quelque chose de merveilleux qui transforme tout dans la vie.


Vous arrive-t-il de penser à la mort ?


Oui, beaucoup, maintenant. Mourir, ce n'est pas triste. Mourir, pour un chrétien, devrait être le plus beau jour de la vie. C'est le jour où l'enfant tombe dans les bras de son père, le jour où la fiancée voit enfin en face celui qu'elle aime. La mort ne me fait pas peur, c'est l'agonie qui me fait peur.


Isabelle, une jeune femme que je prends pour la kinésithérapeute, est avec nous dans la chambre. Sœur Emmanuelle est allongée sur son lit. Isabelle masse les pieds de sœur Emmanuelle, intervient alors :


Mais, vous ne serez pas seule !


Sœur Emmanuelle : La Vierge, que je prie tous les jours avec mon chapelet, sera là et elle m'aidera, ça, je me le dis souvent. Je ne serai pas seule, comme le dit justement Isabelle.


Quelquefois, le passage est facile...


Sœur Emmanuelle : C'est vrai, quand on lâche, c'est plus facile...


Isabelle : Quelquefois, j'ai accompagné des personnes qui sont parties doucement. Ce qui est dur, c'est quand les personnes ne se laissent pas aller. Alors il y a agonie, peur de mourir... Mais si on est accompagné à ce moment-là, si on n'est pas seul, c'est plus facile...


Si vous aviez un message-testament, quel serait-il, sœur Emmanuelle ?


Mon message ? Il faut être heureux, il faut chanter, aussi. Pour cela, il suffit d'aimer. Le dernier mot de tout, c'est l'amour. L'amour vrai, gratuit, ouvert, qui ne va pas s'arrêter à des défauts. Car des défauts, nous en avons tous, c'est évident ! Mais si on s’arrête aux défauts, la vie devient pénible, dure. Si au contraire, on regarde les qualités des autres, la vie est passionnante. Même dans les pires situations, il y a toujours des aspects positifs.


Vous voyez des aspects positifs dans la souffrance ?


Eh bien, la souffrance nous libère un peu de notre égoïsme. Je sais, ce n’est pas facile. Mais c’est peut être libérateur. Surtout quand on s'offre avec le Christ pour les autres. Alors, cela devient très beau de souffrir parce qu’on n’est pas seul. On souffre avec Jésus, on prend la Vierge avec soi et on sait qu’on participe au salut de l’Humanité. Ca c’est passionnant, vous savez.


Vous êtes célèbre dans le monde entier, il y a quelques années, vous passiez à la télévision comme une vedette et maintenant, vous êtes sous assistance respiratoire, abandonnée dans les mains d'Isabelle qui vous masse. Ce n'est pas difficile à vivre, cet abandon ?


Ce n'est pas difficile. Parce que je ne vis plus que d'Amour. Je me laisse couler en Dieu.


Pourtant, vous avez eu une vie exceptionnelle, extrêmement féconde, vous avez vécu avec les chiffonniers du Caire, avec votre association, Asmae, vous avez aidé des milliers d'enfants dans le monde...


Oui, d'une certaine manière j'ai eu 70 000 enfants dans huit pays !


A ce moment-là, Isabelle prend la parole pour faire une « petite parenthèse » . Non, elle n'est pas kinésithérapeute. Elle fait « du massage de réconfort ».

Isabelle : Il s'agit de faire sentir à l'autre, en le touchant avec respect qu'il est unique, qu'il a de la valeur. Ce toucher avec les mains, mais aussi par le regard, par le sourire, est un acte d'amour. Ici, c'est une rencontre intime loin des flashs et des projecteurs. C'est toute la réalité de la vie qui est là sur ce lit. Et la réalité de la vie, c'est l'amour.

Sœur Emmanuelle : Elle est très gentille, Isabelle ! Oh, vous savez, la vie, c'est passionnant, passionnant, passionnant...

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Les hommages rendus à Soeur Emmanuelle

"Elle montrait d’une manière absolue que l’amour envers le prochain, quel qu’il soit, est la valeur essentielle du christianisme. Avec elle, dans les bidonvilles d’Egypte, du Soudan ou du Liban, le Christ devenait présent. Source de dons sans frontière, Soeur Emmanuelle a inspiré ma vie et ma prière." Emile Shoufani, curé de Nazareth.

Marc-Olivier Fogiel, journaliste et animateur


"Sœur Emmanuelle a répondu plusieurs fois à mon invitation, pour mon émission « On ne peut pas plaire à tout le monde ». Elle n’avait pas d’œillères : elle ne faisait pas de distinction entre les émissions « fréquentables » et les autres. Quand on s’est connu un peu mieux, elle me donnait des conseils, du genre : « Tu es quelqu’un de bien, pourquoi laisses-tu paraître cette image rude de toi à la télévision ? » Elle était soucieuse du décalage entre mon image et la réalité qu’elle connaissait. J’avoue que je n’ai guère fait d’effort en ce sens. Si je me suis arrondi, c’est plutôt à cause du temps qui passe... Mais c’est grâce à ce genre de rencontre qu’on mesure le privilège de faire ce métier de journaliste. Et, surtout, que l’on s’interroge de temps en temps sur le sens de ce qu’on fait. Après l’émission que j’ai faite sur RTL, il y a un an, pour ses 99 ans, elle me disait : « Tu sais, je vais bientôt partir. Je sais bien que les médias en feront tout un plat. Mais je ne voudrais pas qu’on oublie les amis de l’association qui travaille, au Caire ou ailleurs sur le terrain. C’est sur eux qu’il faudrait mettre la lumière."


Le Père Guy Gilbert


"On s'écrivait tous les mois. je lui disais souvent : "Plus tu vieillis, plus ton témoignage est resplendissant." Il existait une convergence entre sa foi et ses actes. Dans le monde d'aujourd'hui, il n'y a rien de plus beau. Elle avait un charisme extraordinaire, un charisme de témoin. Elle vivait avec les souffrants, et ce "paquet" qu'elle portait lui donnait une légitimité énorme. Quand elle parlait, elle apportait une grande lumière parce qu'en l'écoutant, on était obligé de se situer au-delà des débats qui agitent l'Eglise. "


Patrick Poivre d’Arvor, journaliste


"J’ai rencontré sœur Emmanuelle pour la première fois, il y a une trentaine d’années, à l’occasion d’un reportage pour Antenne 2, sur les chiffonniers du Caire. A l’époque, elle était encore peu médiatique. Pourtant, elle avait déjà presque 70 ans. Comme elle le faisait toujours, elle m’a tutoyé d’emblée. Et je me suis tout de suite senti en harmonie. J’ai alors découvert cet être d’un optimisme exceptionnel, dont le seul contact rendait heureux. Elle a beaucoup contribué à faire aimer Jésus et la religion catholique.  Nous sommes restés proches. Elle a su être présente aux moments difficiles de mon existence. A la disparition de mes filles, elle était là. Elle gardait toujours près d’elle une photo de Solenn. Souvent, elle se comportait comme la grand-mère que l’on rêve tous d’avoir. Il lui est arrivé de me morigéner parce qu’il y avait longtemps que je n’avais pas appelé mes parents."


Trao Nguyen, président de l’Association Sœur Emmanuelle

"Je ressens un grand vide à l’annonce de la disparition de Sœur Emmanuelle. Nous abordions souvent son départ et elle en parlait avec une grande sérénité. Depuis un accident de santé qu’elle avait eu il y a trois ans, en Belgique, elle avouait redouter la souffrance et l’agonie. Elle s’est éteinte tranquillement, dans son sommeil, comme elle le souhaitait. Pour elle, la mort n’était qu’un passage. Maintenant, elle doit être dans la joie. La dernière fois que je l’ai vu, c’était mardi 14 octobre, lors d’un entretien qu’elle avait accordé à France 3 pour l’émission de Jean-Yves Serrand « Comme un vendredi » consacrée à la solidarité. Sœur Emmanuelle était très fatiguée, aussi essayions nous de la ménager, mais elle insistait pour répondre aux nombreuses sollicitations des médias. Elle tenait à être encore utile, à témoigner. Le 16 novembre, elle aurait eu 100 ans. Un sujet sur lequel nous plaisantions souvent. « Il faut que vous battiez votre sœur (morte à 102 ans, NDLR) », lui disais-je en souriant. « Si tu as le numéro de téléphone du Seigneur, passe le moi, je lui demanderai le jour et l’heure. », me répondait-elle sur le même ton. En fait, elle n’aimait pas beaucoup qu’on lui parle de cet anniversaire. « A mon âge, chaque jour compte », expliquait-elle. De même, elle se fichait pas mal de son image, du fait que depuis des années elle figurait au palmarès des personnalités les plus aimées des Français. « Est-ce que tu crois que lorsque j’arriverai là-haut, mon Seigneur me demandera ma place au classement ? », se moquait-elle. En réalité, la seule chose qui lui tenait vraiment à cœur, c’était son combat pour les plus pauvres et les plus démunis. Le plus beau cadeau que l’on puisse lui faire aujourd’hui et de reporter tout l’amour que nous lui portions sur les gens, en particulier les enfants, dont elle s’est occupé tout au long de sa vie."


Martin Hirsch, haut commisaire aux Solidarités actives


"Le combat de sa vie était de venir au soutien des plus déshérités. Elle l’a fait avec une énergie et un entrain spectaculaires, aussi forts que sa silhouette était frêle. Son message a d’autant plus de sens dans le contexte actuel. Soeur Emmanuelle savait convaincre qu’il y avait beaucoup à apprendre des plus pauvres. Elle répétait inlassablement que ce qu’ils avaient à nous dire devait inciter à modifier le cours d’une société qui faisait la part belle à l’argent facile et aux richesses indécentes. Soeur Emmanuelle avait noué une très forte complicité avec l’abbé Pierre. Ils avaient plaisir à unir leur voix pour porter la cause la plus noble à laquelle ils avaient chacun consacré leur vie, celle de la guerre contre la pauvreté."


Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques de France


"Sœur Emmanuelle a rejoint le Seigneur. Femme de cœur et d'action, elle nous manquera, tout comme elle manquera aux religieuses de sa congrégation et aux bénévoles des associations qu’elle a créées. Sœur Emmanuelle a su mobiliser ses contemporains en faveur des plus déshérités par son franc-parler et sa simplicité. Jusqu’à son dernier souffle, elle a fait preuve, inlassablement, d’une immense énergie et d’une inébranlable foi. Je pense tout particulièrement aux nombreux enfants et familles qu'elle a accompagnés tout au long de sa vie, d'abord comme enseignante, puis en vivant parmi les pauvres des bidonvilles du Caire, enfin dans sa prière quotidienne. Il me revient en mémoire ce propos qu'elle tenait dans l'un de ses ouvrages : « Je garde, quant à moi, une immense reconnaissance pour tous ceux qui (…) m'ont appris que l'amour est plus fort que la mort et porte en lui une semence d'éternité » . À notre tour, nous lui sommes infiniment reconnaissants du témoignage d'amour que fut sa vie, entièrement consacrée à Dieu et aux autres. Suivant son exemple, vivons dans l’Espérance et ne cessons pas d’agir pour les plus pauvres et de témoigner de l'amour de Dieu pour les hommes."


Sylvain Augier, journaliste et animateur radio et télévision


"C'est triste parce que c'est une amie qui nous quitte. Je l’ai rencontrée pour la première fois, en 1993, à son retour du Caire (Egypte), pour la radio. J’avais rendez-vous avec elle, j'étais en retard, et je fonçais sur mon scooter. Tout d’un coup, j’ai vu une religieuse avec des baskets aux pieds qui courait dans la rue. Je lui ai proposé de monter et nous avons fait connaissance comme ça. J'ai été envoûté, pris par son charme. Nous sommes restés amis. Je suis allé la voir plusieurs fois dans sa maison de retraite, avec mes enfants. C’est quelqu’un qui m’a énormément marqué. Nous discutions de tout. Elle m'a fait découvrir la philosophie de Pascal. Un jour, je lui ai demandé : « Madeleine, est-ce qu’on peut vraiment croire en Dieu ? » Elle m'a répondu« Si tu ne l’avais pas déjà trouvé tu ne le chercherais pas » . Elle m’a donné beaucoup de lumière."


Emile Shoufani, curé de Nazareth


"Je l’avais rencontrée en France, il y a cinq ans quand elle donnait encore des conférences. Elle avait choisi de consacrer sa vie à Jésus, et le retrouvait dans chaque visage de ces chiffonniers du Caire, parmi lesquels elle vivait. Elle montrait d’une manière absolue que l’amour envers le prochain, quel qu’il soit, est la valeur essentielle du christianisme. Avec elle, dans les bidonvilles d’Egypte, du Soudan ou du Liban, le Christ devenait présent. Source de dons sans frontière, Soeur Emmanuelle a inspiré ma vie et ma prière."


Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu social de Paris


Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU


"Les éboueurs étaient des petits enfants qui venaient avec des voitures tirées par des ânes. Ils ramassaient les ordures qui servaient de nourriture aux cochons. Ces “zabalines” sont tous des chrétiens coptes, car les musulmans ne s’occupent pas des cochons. Les zabalines étaient des oubliés de Dieu, les damnés de la terre. Nous, la bourgeoisie égyptienne, nous ne nous rendions pas compte à l’époque. Les autorités égyptiennes n’aimaient pas que sœur Emmanuelle montre ce visage misérable de l’Egypte. Elles étaient persuadées, au début, qu’elle faisait du prosélytisme. Or, elle n’a pas essayé de convertir. Le grand problème pour moi est que le fossé entre monde riche et monde pauvre s’élargit. Et l’intérêt que porte le Nord à l’égard du Sud diminue. On a donc besoin d’acteurs non étatiques, avec une spiritualité aussi grande que sœur Emmanuelle, pour essayer de rappeler au monde riche qu’il existe un monde pauvre."


Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères


"Je retiens d’elle une formidable jeunesse. Elle avait ce don extraordinaire de secouer tout le monde, y compris elle-même. Elle était très ouverte. Elle ne plaçait pas les gens dans des catégories. Elle ne disait pas : “Qui es-tu ?”, mais : “Qu’est-ce que tu fais ?” Elle ne se baladait pas une Bible à la main, puisqu’elle était la Bible. Elle était respectueuse de l’Eglise mais ne s’intéressait pas à sa hiérarchie. Seul, peut-être, le pape trouvait grâce à ses yeux. Elle était très spontanée dans ses refus. Elle a dû bousculer toutes les hiérarchies et enjamber toutes les convenances sociales pour pouvoir s’occuper des misérables. Elle dérangeait. Elle n’était ni dogmatique ni doctrinaire. C’était une contestatrice, pas un trublion, une agitatrice, pas un casseur. Si vous ne bougez pas, personne ne vous emm… La loi du tapage, c’est l’Abbé Pierre qui l’a inventée."


Pierre Lunel auteur de "Soeur Emmanuelle - la biographie" chez Anne Carrière et Robert Laffont

Pour une Église servante et pauvre

le Testament spirituel de Soeur Emmanuelle


Si je devais résumer l’essentiel de mon engagement religieux pour le transmettre aux jeunes générations, je dirais que j’ai toujours milité pour une Église servante et pauvre. Dans ma jeunesse, un tel idéal allait contre les idées reçues. Je me souviens d’avoir scandalisé les personnes présentes lorsque, en 1931, à vingt-trois ans, devant le monumental escalier du siège parisien de notre ordre, j’ai demandé à une mère du conseil de Notre-Dame-de-Sion : « Devrons-nous toujours passer par cet imposant escalier de marbre ? » La réponse à ma jeune impertinence fut : « Vous voulez faire sauter cet escalier à la dynamite ? » Et il a fallu attendre des années pour qu’un promoteur rénove tout l’immeuble, déposant le magnifique escalier afin d’aménager des appartements moins somptueux mais plus fonctionnels. Durant le concile Vatican Il, la cause d’une Église servante et pauvre a commencé d’émerger. Elle correspondait au voeu d’une partie de l’Église préoccupée des manifestations de richesse qui existent malheureusement encore ici et là dans l’Église, à côté d’une authentique pauvreté que certains, dont moi, voudraient universelle. Il existe des palais épiscopaux trop fastueux, des monastères trop privilégiés. Mais j’ai aussi visité des évêques dans des HLM, qui avaient voué leur demeure aux oeuvres du diocèse. Et nombre de religieux habitent de modestes appartements dans des quartiers défavorisés. À Rome, comme j’évoquais avec un cardinal les richesses des musées du Vatican, je reçus cette réponse : « Ma soeur , le président Mitterrand a-t-il le droit de vendre la Vénus de Milo ? » Je comprends très bien que, tout comme le Président français – pour lequel j’ai voté en 1981 – n’a pas le droit de vendre les chefs-d’oeuvre du Louvre, le Pape n’a pas non plus le droit de vendre les trésors accumulés par l’Église pendant des siècles grâce aux donations des fidèles. Mais – et c’est ce que je suggérai à mon interlocuteur – le Pape ne peut-il déléguer, par exemple à I’Etat italien, la gestion de ses musées, à charge pour lui de reverser chaque année une somme convenue qui aiderait les pays pauvres ? Le cardinal ne rejeta pas ma suggestion : « Ce n’est pas impossible, dit-il. Prions pour cela, soeur Emmanuelle ! » Le 15 août 2004, j’ai eu la très grande joie de parler une dernière fois à Jean-Paul Il, à Lourdes. Je lui ai lu une supplique que j’ai ensuite remise à son secrétaire. Ma requête était que Jean-Paul II veuille bien écrire une Encyclique insistant sur le fait qu’une Église servante et pauvre serait le plus authentique et le meilleur message à transmettre au monde. Je me trouvais auprès du Pape après la très longue Messe de l’Assomption où il avait été chaleureusement ovationné par plus de cent mille jeunes. Mais il était alors épuisé, trop faible pour parler. II m’a écoutée, puis m’a adressé un sourire, faisant un signe amical de la main. Je ne saurai jamais si c’est seulement sa santé déficiente qui l’a empêché d’écrire cette Encyclique. Cependant je garde espoir et je confie à la jeunesse, afin qu’elle le réalise, mon idéal d’une Eglise servante et pauvre, une Eglise rayonnant l’amour évangélique pour qu’advienne enfin un monde plus juste et plus fraternel.


Soeur Emmanuelle, 15 août 2005

Prières de Soeur Emmanuelle

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Prière pour une journée

Seigneur, accorde-moi cette Grâce : que rien ne puisse troubler ma paix en profondeur, mais que j'arrive à parler santé, joie,prospérité à chaque personne que je vais rencontrer, pour l'aider à découvrir les richesses qui sont en elle. Aide-moi surtout, Seigneur, à savoir regarder la face ensoleillée de chacun de ceux avec qui je vis. Il m'est parfois si difficile, Seigneur, de dépasser les défauts qui m'irritent en eux, plutôt que de m'arrêter à leurs qualités vivantes, dont je jouis sans y prendre garde. Aide-moi aussi, Seigneur, à regarder ta Face ensoleillée, même en face des pires événements : il n'en est pas un qui ne puisse être source d'un bien qui m'est encore caché, surtout si je m'appuie sur Marie. Accorde-moi, Seigneur, la Grâce de ne travailler que pour le bien, le beau et le vrai, de chercher sans me lasser, dans chaque homme, l'étincelle que Tu y as déposée en le créant à ton image. Accorde-moi encore d'avoir autant d'enthousiasme pour le succès des autres que pour le mien, et de faire un tel effort pour me réformer moi-même que je n'aie pas le temps de critiquer les autres. Je voudrais aussi, Seigneur, que tu me donnes la Sagesse de ne me rappeler les erreurs du passé que pour me hâter vers un avenir meilleur. Donne-moi, à toute heure de ce jour, d'offrir un visage joyeux et un sourire d'ami à chaque homme, ton fils et mon frère. Donne-moi un coeur trop large pour ruminer mes peines, trop noble pour garder rancune, trop fort pour trembler, trop ouvert pour le refermer sur qui que ce soit. Seigneur,mon Dieu, je Te demande ces Grâces pour tous les hommes qui luttent aujourd'hui comme moi, afin que diminue la haine et que croisse l'amour, car depuis ta Résurection, la haine et la mort ont été vaincues par l'Amour et la Vie. Ouvre mes yeux à l'invisible pour que rien n'arrive à ébranler l'optimisme de ceux qui croient en Toi
et qui espèrent en l'Homme. Amen.


Soeur Emmanuelle

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Prière des Epoux

Seigneur, nous te confions notre amour pour qu'il ne meure jamais. Fais que sa source soit en toi pour que chacun de nous cherche à aimer plus qu'à être aimé, à donner plus qu'à recevoir. Fais que les jours de joie ne nous enlisent pas dans l'indifférence au reste du monde. Fais que les jours de peine ne nous désemparent pas mais cimentent notre amour. Seigneur, toi qui es la Vie, donne-nous de ne jamais refuser la vie qui voudra naître de notre amour. Seigneur, toi qui es la Vérité, donne-nous de ne jamais refuser la vérité mais de rester transparents l'un à l'autre. Seigneur, toi qui es le Chemin, donne-nous de ne jamais nous alourdir la marche mais d'avancer la main dans la main.

Prière des Bidonvilles

Tu sais bien que les hommes ont besoin d’amis. Qu’ils ne peuvent pas vivre seuls. Alors, Seigneur, veux-tu être mon ami ? Pour cela, chaque jour, je viendrai m’asseoir près de toi. Je te regarderai, tu me regarderas. Il y a tant de choses dans un simple regard ! Tu sais bien que moi, je ne sais pas parler, pas même à toi. C’est tellement embrouillé et compliqué ce qu’il y a dans mon coeur . Apprends-moi seulement à t’écouter dans le silence de mon coeur. Apprends-moi aussi que pour toi, je suis unique au monde. Tu sais bien Seigneur que j’ai besoin de toi pour vivre. Mon coeur a tellement besoin d’amour, Alors accroche-le bien fort au tien parce que toi aussi, tu veux avoir besoin de moi.Et puis, Seigneur, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Je serai pour-toi unique au monde, Tu seras pour moi unique au monde. Partout où j’irai je te trouverai, ce sera merveilleux. J’irai vers les hommes avec toi, ils seront tous mes amis, Tu m’apprendras à les aimer comme toi tu les aimes et j’aurai besoin d’eux parce que toi, tu veux avoir besoin de moi et comment pourrai-je t’aimer si ce n’est à travers eux ! Je serai pour toi unique au monde et tu seras pour moi, unique au monde Si tu m’apprivoises, chaque homme deviendra pour moi unique au monde parce qu’il est pour toi unique au monde. Son étoile, ce sera pour moi une de tes étoiles. J’aimerai les regarder le soir et si je sais bien regarder, avec mon coeur, je verrai qu’aucune ne se ressemble parce que chacune a sa place dans ton ciel et elles seront toutes mes amies. Seigneur, pour que chaque homme devienne pour moi unique au monde, tu m’as donné ton grand secret. Le voici : ’’On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux.’’Seigneur, apprivoise-moi, veux-tu ?

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Prière d’espérance

Seigneur, accorde-moi aujourd’hui Cette grâce que rien ne puisse Troubler ma paix en profondeur, Mais que j’arrive à parler joie, Prospérité, à chaque personne Que je vais rencontrer, pour l’aider A découvrir les richesses qui sont en elle. Aide-moi aussi, seigneur, A regarder ta face ensoleillée Même en face des événements difficiles : Il n’en est pas un qui ne puisse être source de bien encore caché Donne-moi, à toute heure de ce jour, D’offrir un visage joyeux et un sourire d’ami A chaque homme, ton fils et mon frère. Donne-moi un cœur trop large Pour ruminer mes peines, Trop noble pour garder rancune, Trop fort pour trembler, trop ouvert Pour le refermer sur qui que ce soit. Seigneur je te demande ces grâces Pour tous les hommes qui luttent aujourd’hui Afin que diminue la haine Et que croisse l’amour. Ouvre nos yeux à l’invisible, Pour que rien n’arrive à ébranler L’optimisme de ceux qui croient en Toi Et qui croient en l’homme, Qui espèrent en Toi et espèrent en l’homme.

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Elle avait une présence, un contact extrêmement direct avec les gens de la rue qui se sont mis à l’adorer. Elle avait une authenticité, une vérité qui ne trompe pas les gens qui ont tout perdu. Elle n’usait pas de mots compliqués. Elle comprenait et savait ce que valent les hommes. Elle était sans jugement et elle se donnait sans barrières à être découverte. Elle a voulu montrer que l’exclusion, ce n’est pas le grand Autre, seulement là-bas, au loin. Nous vivons une époque où les discours n’ont pas grande audience, parce qu’il y a un bruit de fond où chacun fait de la surenchère : plus humanitaire que moi, tu meurs. Par sa présence dans les médias, elle a montré qu’aujourd’hui le missionnaire y trouve la seule manière de se faire entendre. Chaque fois que quelqu’un s’engage, il doit lutter contre les institutions qui ont tendance à le formater. Il faut être subversif soi-même. »

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"Il y a une trentaine d’années, j’ai passé des semaines avec elle dans le bidonville du Mokattam, au Caire (Egypte) pour écrire sa biographie. Lors de mon premier séjour, j’étais révulsé par la pauvreté, les rats, les odeurs et la saleté. Un chiffonnier nous avait invité. En voyant la couleur de l’eau de cuisson des pâtes, j’ai refusé de manger. J’ai prétexté une fatigue. Soeur Emmanuelle s’est alors tournée vers moi en me disant d’un ton sec: «Si tu ne manges pas, va-t’en ! Tu n’as rien a faire ici.» Elle m’avait donné une vraie leçon, que je n’ai jamais oubliée."

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21 octobre 2008

Prière aux Bienheureux Louis et Zélie Martin

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Prière aux Bienheureux Louis et Zélie Martin

Parents de Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

"Bienheureux Louis et Zélie que le Père a choisis pour père et mère de Sa choisie, vous qui avez puisé dans la vie de l'Église la force et le courage de donner à Dieu votre enfant, apprenez-nous à donner à Dieu ce que nous avons de plus cher, et de recevoir de Lui toute grâce et toute bénédiction nécessaires à l'éducation et à la réalisation de votre volonté à suivre Sa volonté. Que la grâce que vous avez reçue de Lui soit aussi sur nous et nous permette de vivre intensément notre Foi de Baptisé. Merci Louis, merci Zélie, merci à Thérèse, que notre prière soit par vous élevée au Ciel pour y être déposée dans les Mains du Père, par Jésus le Christ notre Seigneur." Amen.

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21 octobre 2008

Litanies de Saint Charlemagne

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Litanies de Saint Charlemagne

Au début de l’année 1875, la Servante de Dieu Marie-Julie Jahenny a reçu de grandes lumières concernant Charlemagne, le grand et pieux Empereur. Elle annonce que l’Église va régulariser sa canonisation et le faire monter sur les Autels. En effet, le pieux Empereur, bien que canonisé notamment à Aix-la-Chapelle, n’a pas eu un procès d’information canonique et que la canonisation régulière va avoir lieu. Marie-Julie a reçu le texte d’une prière à réciter au grand Empereur, le 11 février 1875, car elle annonce qu’il est destiné à protéger spécialement notre France.

Saint Charlemagne, qui avez fait de la France l’Empire et le royaume de Jésus-Christ, vous qui avez

donné la foi à la France... Vous serez notre grand défenseur, notre grand protecteur, vous qui avez

consacré la France à Jésus-Christ dans ses jours de périls et de luttes, ayez pitié d’elle !

Saint Charlemagne, qui étiez un grand guerrier de la foi ... Faites que le Roi des Rois, le Dieu des Armées et de la France, ne nous oublie pas. Bientôt de grands miracles feront voir que vous êtes bien l’ami de Dieu. Aujourd’hui la foi est ébranlée, elle se flétrit, relevez la foi de la patrie française, ayez pitié de la France !

Saint Charlemagne, qui avez rétabli la foi, qui avez donné aux Saints Pontifes.., ayez pitié du Souverain Pontife et de la France et des pauvres Français qui vous demandent la paix.

Ô Saint Charlemagne, ne soyez pas sourd à notre voix. Soyez comme Saint Martin de Tours, venez à notre aide et délivrez le Saint-Père. Il souffre et il gémit. Vous aimez le Saint-Père et tous les Papes, ayez pitié. Venez à son secours, ayez pitié de la France !

Saint Charlemagne, si puissant en France, qui surpassiez tous les grands Chefs qui n’étaient pas chrétiens, qui avez détruit l’idolâtrie, qui avez toujours été conquérant, qui marchiez au devant de ces grands Chefs et les confondiez car le Dieu des Armées était avec vous, ayez pitié de la France !

Saint Charlemagne, qui faisiez partout fleurir la foi, qui portiez votre drapeau au milieu d’un peuple qui ne le connaissait pas, vous marchiez, la Croix sur la poitrine au milieu de tous ces Chefs et des grands qui ne connaissaient pas Jésus-Christ. Aujourd’hui la France est menacée de grands malheurs et sans le secours du Sacré-Cœur, nous tomberions comme des victimes pour le bourreau, ayez pitié de nous !

Saint Martin et vous, vous serez les grands défenseurs de la France avec les autres saints Rois et saintes Reines de France. Du haut du Ciel, priez pour notre délivrance !

Saint Charlemagne, vous qui avez parcouru tant de provinces, faisant bâtir des églises et des chapelles pour faire adorer le Dieu de clémence, vous qui ne craigniez rien pour faire le Signe de Croix sur votre front, faisant ainsi connaître que vous étiez chrétien et aimé de Dieu, ce qui était la cause que les grands se soumettaient à vous. Quelques uns cependant faisaient résistance et vous invoquiez Dieu et vous les gagniez par votre foi...

Ô Saint Charlemagne, la France à grand besoin de renouveler sa foi, elle a besoin .., de ce drapeau blanc, la France est bien noire. C’est une fumée bien épaisse, montrez-lui la Croix que vous portiez sur votre cœur et le courage que vous aviez autrefois, vous exposant pour elle, à perdre la vie.

Ô Saint Charlemagne, vous aviez sur vos lèvres, ce mot "J’ai la foi gravée dans mon cœur". Ayez pitié de la France, de l’Église et des pasteurs de l’Église et des malheureux qui gémissent. Après avoir fait connaître ainsi la religion, vous avez élevé l’étendard de la foi, vous le faisiez porter par vos Officiers sur le champ de bataille. À ceux qui murmuraient, vous disiez : "Mes enfants, ne murmurez pas, j’ai la foi". Faisons-la fleurir, cette foi. Élevons des sanctuaires. Un jour, la France ne vous oubliera pas ; elle dira que c’est vous qui avez fait fleurir cette foi. Je suis chrétien, et il le faisait répéter à ses soldats. Son cœur était bon.

Saint Charlemagne a toujours été vainqueur et il combattra pour nous. Il sera vénéré un jour par tous. La France vous appelle, elle a besoin du bel arbre de la foi et de s’écrier aussi : "Je suis chrétienne" !

Elle a succombé, elle est bien délaissée de la part des hommes. Ayez pitié d’elle !

Saint Charlemagne, remerciait Dieu de sa victoire. Il a implanté la foi dans la France avec bien des peines, des veilles et des jeûnes. Ayez pitié du peuple français. Nous vous appelons, nous vous vénérons avec Saint Martin de Tours, mais bientôt la France vaincra !

Saint Charlemagne, ayez pitié de ceux qui ont perdu la foi. Nous espérons en vous. Faites germer cette belle pureté !

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21 octobre 2008

Litanies de Sainte Clothilde

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Sainte Clothilde

vers 475-545

Fête le 4 juin

Clotilde naquit probablement à Lyon avant 475 dans une période de profonds bouleversements pour l'Europe entière. Elle était la nièce de Gondebaud, roi arien des Burgondes, dont le royaume était situé au sud-est de la France actuelle. L'ensemble des tribus germaniques avait embrassé l'arianisme, hérésie niant la divinité du Christ. Le père de Clotilde, Chilpéric II, aurait dû, conformément au droit germanique, partager l'exercice du pouvoir avec le roi Gondebaud. Sa mère, issue d'un clan Burgonde ayant refusé le joug d'Attila et l'arianisme, était profondément chrétienne. Le roi Gondebaud par peur des rivalités ordonna alors le sacrifice des parents de Clotilde, transformant ainsi le début de la vie de Clotilde en véritable tragédie. Pendant ce temps, sur la rive gauche du Rhin, Clovis, qui règne sur un petit peuple, les Francs saliens, demeurés païens, commence une ascension spectaculaire sous l'œil de ses alliés romains. Ainsi pour neutraliser le roi Gondebaud, son adversaire burgonde, il conclut avec lui une alliance en faisant demander en mariage sa nièce Clotilde dont le renom a survécu au supplice infamant infligé à ses parents. Clotilde fait venir avec elle des prêtres burgondes catholiques afin de ne pas être isolée dans sa foi. Leur mariage présente les caractéristiques d'un mariage chrétien (indissolubilité, monogamie) qui bouleversera le modèle matrimonial germanique. Clotilde va alors jouer un rôle important dans la conversion de son mari, avec le concours de Saint Rémi, évêque, de Saint Vaast, ermite, et de Sainte Geneviève. Implorant souvent le secours du Dieu de Clotilde lors de ces batailles, les promesses de Clovis sont suivies de peu d'effet. C'est lors d'une bataille à Tolbiac contre les Alamans, le roi Clovis en immense difficulté prononce ces paroles célèbres : "O Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et je croirai en toi, je recevrai le baptême". Clovis tergiverse malgré tout, et c'est devant la ferveur d'une assemblée en prière auprès du tombeau de Saint Martin en novembre 498, qu'il décide enfin de se convertir. Son baptême aura lieu à Reims en 499. La politique humaine et pacificatrice qu'il met alors en œuvre sur les conseils de l'évêque Rémi, lui ralliera les populations gallo-romaines. Il faudra attendre près de deux siècles pour que la population franque soit acquise au Christ. A la mort de Clovis en 511, Clotilde, n'arrivant pas à gérer la succession entre ses fils, se retire dans un monastère près de Tours. Elle y meurt en 545 et sera enterrée aux côtés de son époux et de Sainte Geneviève dans la Basilique des Saints Apôtres Pierre et Paul à Paris (Basilique disparue depuis). Elle fit le vœu d’intercéder après sa mort en faveur des enfants malades.

Litanies de Sainte Clothilde

Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez nous

Jésus-Christ, exaucez nous

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, priez pour nous

Sainte Clotilde, humble, patiente et douce, priez pour nous

Sainte Clotilde, inébranlable dans la foi, priez pour nous

Sainte Clotilde, indéfectible dans l’espérance, priez pour nous

Sainte Clotilde, ardente dans la charité, priez pour nous

Sainte Clotilde, persévérante dans la prière, priez pour nous

Sainte Clotilde, missionnaire inspirée auprès de votre époux,

Sainte Clotilde, qui avez obtenu par votre prière et votre exemple la conversion du roi Clovis, priez pour nous

Sainte Clotilde, recours dans les conversions, priez pour nous priez pour nous

Sainte Clotilde, modèle des épouses, priez pour nous

Sainte Clotilde, exemple des mères, priez pour nous

Sainte Clotilde, refuge et consolatrice des veuves, priez pour nous

Sainte Clotilde, qui avez béni le Seigneur dans toutes vos épreuves, priez pour nous

Sainte Clotilde, dont le cœur de mère a été broyé, priez pour nous

Sainte Clotilde, d’une force d’âme héroïque, priez pour nous

Sainte Clotilde, toujours confiante dans la Vierge Marie, priez pour nous

Sainte Clotilde, dévote de Saint Martin et de saint Germain, priez pour nous

Sainte Clotilde, amie et collaboratrice de l’évêque saint Rémi, priez pour nous

Sainte Clotilde, âme sœur de Sainte Geneviève, priez pour nous

Sainte Clotilde, qui avez distribué vos biens à l’Eglise et aux pauvres, priez pour nous

Sainte Clotilde, qui avez fondé des monastères, priez pour nous

Sainte Clotilde, qui avez édifié des églises, priez pour nous

Sainte Clotilde, qui avez été au berceau de la France chrétienne, priez pour nous

Sainte Clotilde, mère de la foi dans notre patrie, priez pour nous

Sainte Clotilde, Reine de France, priez pour nous

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur

V. Par les mérites et les prières de la bienheureuse Clotilde,

R. Soyez favorable, Seigneur, à votre peuple.

Prions

Abaissez vos regards bienveillants, Seigneur, sur le peuple de France, et après lui avoir accordé, sur les fidèles instances de Sainte Clotilde, le don de la foi, inspirez-lui, par son intercession, un attachement sincère à la religion chrétienne. Par Jésus notre Seigneur. Amen !

Prière de Sainte Clothilde

Mon Dieu, si vous jugez que ma présence puisse servir pour adoucir l’aigreur de ces esprits, je n’aurai considération ni de mon âme, ni de ma santé, mais je me sacrifierai en ce voyage pour le public. Mais si je ne puis servir d’autre chose que d’un fardeau inutile, comme je me le persuade assez raisonnablement, je vous conjure, par votre bonté, de recevoir mes humbles prières de faire cesser cette discorde entre mes fils et me conserver dans la tranquillité de mon humble retraite. Ainsi soit-il !

Prière de Sainte Clothilde au tombeau de Saint Martin

Ô, Mon Dieu, vous savez mon cœur, et que ce n’est ni par crainte du travail, ni par manquement de courage que je me suis retirée de la cour de mes enfants ; mais, voyant leur déportement et ne pensant pas leur pouvoir aucunement profiter par mes conseils, j’ai choisi le moyen que j’estimais le plus sortable pour les aider, qui est celui des prières. Et me voici maintenant prosternée au tombeau d’un de vos plus grands serviteurs pour supplier, par ses mérites et par ses cendres, d’apaiser les querelles, de ces malheureux enfants et regarder de l’œil de vos miséricordes accoutumées ce pauvre peuple et cette France à qui vous avez consigné tant d’arrhes de vos fidèles amitiés. Ainsi soit-il !

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Site de la Basilique Sainte Clothilde de Paris

www.sainte-clotilde.com

17 octobre 2008

Litanies de la Bienheureuse Agnès de Langeac

Litanies de la Bienheureuse Mère Agnès de Jésus de Langeac

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Bienheureuse Agnès de Langeac

1602-1634

Fête le 19 octobre

Née le dimanche 17 novembre 1602 au foyer de Pierre Galand et Guillemette Massiote rue de louche au Puy-en-Velay, 3ème de 7 enfants, Agnès reçoit le baptême le lendemain au Baptistère St jean, près de la cathédrale. Pierre Galand est un modeste artisan coutelier, profondément chrétien et membre de la Congrégation de la Sainte Vierge. Sa femme est dentellière. Vers 7 ans, tandis qu'elle monte à la Cathédrale, Agnès pense aux misères d'un homme supplicié qu'elle a vu et qui a bouleversé son cœur. Elle a prié pour lui toute la nuit. Au cours de l'eucharistie, elle entend ces paroles au fond du cœur : " Rends-toi esclave de la Sainte Vierge et elle te protègera. " Nous pourrions traduire : " Donne-toi toute à marie et elle te protègera. " Elle se donne alors tout entière à la Vierge Marie. En signe de cette consécration, elle prend dans l'atelier de son père une chaîne qu'elle, portera autour de la taille. Comme elle entend son maître d'école lui dire qu'il faut toujours aimer Dieu, elle en demande le moyen à son premier confesseur. " Passe de longs moments en silence dans ta chambre et pense à Jésus. " Agnès sait y mettre le prix. Pour arriver au but poursuivi, elle commence sa prière en se mettant en présence de dieu, disant en elle-même : " Allons mon âme, il faut se tenir un petit quart d'heure devant Dieu et être bien attentive à lui. " Et le quart d'heure largement écoulé : " Poursuivons et passons à la demi-heure. " S'entraînant encore, elle arrive à l'heure entière et bien au-delà. Dès l'âge de 8 ans, Agnès est admise à la première communion, ce qui est exceptionnel à cette époque. Jésus Eucharistie devient le Tout de sa vie. Dans la prière, Agnès a son cœur tout près des pauvres. Très inventive elle ne manque pas d'idées pour secourir tous ceux qu'elle rencontre dans les rues du Puy. Très jeune elle donnait son pain ou son goûter. Disposant des petits gains de la dentelle, elle obtient aussi de faire l'aumône au nom de sa famille se servant très largement. Agnès aime particulièrement entourer les jeunes mamans quand naisse leur enfant. Son aide est connue et elle est invoquée pour les grossesses difficiles et par les couples qui désirent un enfant. C'est en 1952 à Langeac par son intercession qu'une maman accouche alors que sa vie et celle du bébé étaient en danger. Le miracle est reconnu et obtient la béatification d'Agnès à Rome en 1994. Les frères prêcheurs se sont installés au Puy au 13ème siècle. St Laurent, l'église du couvent dominicain est proche de la maison d'Agnès. Elle y va fréquemment prier, participe aux offices, rencontre les frères. L'un d'eux, le Père Panassière, devient son Père Spirituel et la reçoit dans le Tiers Ordre Dominicain en avril 1621. Dans le cœur d'Agnès grandit un vif désir de se consacrer à Dieu par le don total d'elle-même dans la vie contemplative. En 1623, à 21 ans, elle quitte le Puy pour la fondation du monastère nouvellement érigé à Langeac sous le vocable de sainte Catherine de Sienne. Le 2 février 1625 Agnès fait profession entre les mains de sa prieure. La Vierge Marie et St Dominique l'accompagnent. Très vite, voyant ses qualités, c'est à Agnès que l'on demande de diriger la Communauté. Agnès entoure ses sœurs d'une grande attention. Elle a été béatifiée à Rome, par le serviteur de Dieu Jean Paul II, le 20 novembre 1994.

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Litanies de la Bienheureuse Agnès de Langeac

Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, ayez pitié de nous

Christ, écoutez-nous

Christ, exaucez-nous

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous

Vierge des Vierges, priez pour nous

Bienheureuse Agnès, chef d'oeuvre et prodige de la grâce,

Bienheureuse Agnès, sanctuaire de toutes les vertus,

Bienheureuse Agnès, trésor des dons du Saint Esprit,

Bienheureuse Agnès, vase de perfection, fidèle épouse de l'Agneau Céleste,

Bienheureuse Agnès, vivante image de Jésus Crucifié,

Bienheureuse Agnès, amante passionnée de l'eucharistie

Bienheureuse Agnès, esclave bien-aimée de la très sainte Vierge,

Bienheureuse Agnès, soeur et amie des anges,

Bienheureuse Agnès, vraie fille de Saint Dominique,

Bienheureuse Agnès, parfaite imitatrice de Sainte Catherine de Sienne,

Bienheureuse Agnès, séraphim d'amour,

Bienheureuse Agnès, admirable contemplative,

Bienheureuse Agnès, exemple de prière continuelle,

Bienheureuse Agnès, fleur de piété et de modestie,

Bienheureuse Agnès, vierge innocente,

Bienheureuse Agnès, lys de pureté,

Bienheureuse Agnès, colombe de simplicité,

Bienheureuse Agnès, abîme d'humilité,

Bienheureuse Agnès, rose de patience,

Bienheureuse Agnès, modèle de pénitence et de mortification,

Bienheureuse Agnès, victime avide de souffrances et de sacrifices,

Bienheureuse Agnès, encens de suave odeur devant Dieu,

Bienheureuse Agnès, foyer de Charité,

Bienheureuse Agnès, ange de douceur,

Bienheureuse Agnès, apôtre altéré du Salut des âmes,

Bienheureuse Agnès, Mère et Providence des pauvres,

Bienheureuse Agnès, lumière de la vie religieuse,

Bienheureuse Agnès, miroir d'obéissance,

Bienheureuse Agnès, gardienne scrupuleuse de la Règle,

Bienheureuse Agnès, Prieure très prudente,

Bienheureuse Agnès, précurseur et prophète de l'Oeuvre des séminaires,

Bienheureuse Agnès, confidente des secrets du Paradis,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Bienheureuse Agnès de Jésus, priez pour nous,

afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions

Seigneur, qui avez daigné faire de la Bienheureuse Agnès de Jésus, notre chère Mère, et une merveille de grâce, accordez-nous par ses mérites et son intercession, de pratiquer à son exemple de solides et généreuses vertus et de croître de plus en plus dans Votre doux Amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Nous appliquons une indulgence de 50 jours à la récitation de la prière et des litanies ci-dessus, Langeac, 17 juin 1934.

Téléchargez le texte des Litanies de la Bienheureuse Agnès de Langeac (pdf) en cliquant ici

Notice biographique sur la Bienheureuse Agnès de Langeac,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-826437.html

Voir aussi: http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2008/09/19/10640040.html

16 octobre 2008

Louis et Zélie Martin

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Les Vénérables Louis et Zélie Martin

"Le Bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre"
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (lettre 261 du 26 juillet 1897)

Prière pour obtenir des grâces par l'intercession des Serviteurs de Dieu et pour leur glorification

Dieu notre Père, je Vous remercie de nous avoir donné Louis Martin et Zélie Guérin. Dans l'unité et la fidélité du mariage, ils nous ont offert le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, en accomplissant leurs tâches quotidiennes selon l'esprit de l'Evangile. En élevant une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et les souffrances, ils ont manifesté leur confiance en Vous et adhéré généreusement à Votre Volonté. Seigneur, faites-nous connaître Vos desseins à leur égard, et accordez-moi la grâce que je Vous demande, dans l'espérance que le père et la mère de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus puissent un jour être proposés en modèle par l'Eglise aux familles de notre temps. Amen

Pour les grâces reçues, pour l'envoi de dons et pour des renseignements, s'adresser à la :

Postulation Générale des Carmes Déchaux
Corso d'Italia, 38
00198 ROMA (Italie)

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Béatification des Parents Martin

le Dimanche 19 octobre 2008

Messe à 10 heure en la Basilique Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à Lisieux, présidée par le Cardinal Saraiva-Martins.

Renseignements

http://therese-de-lisieux.cef.fr

Pour ceux qui ne peuvent s'y rendre,

l'on peut la regarder sur le site de KTO:

www.ktotv.com

15 octobre 2008

Litanies de la Bienheureuse Françoise d'Amboise

Litanies de la Bienheureuse Françoise d'Amboise

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Bienheureuse Françoise d'Amboise

1427-1485

Fête le 4 novembre


Duchesse de Bretagne devenue religieuse carmélite. Elle était encore très jeune que sa famille connaissait toutes les intrigues de la cour de Charles VIII de France. Solennellement fiancée à l'âge de 7 ans à Pierre, prince de Bretagne, elle l'épousera quelques années plus tard. Et tous deux s'établirent au château de Guingamp dans la paix, la simplicité et le bonheur. Des querelles meurtrières frappèrent alors sa famille. Au mois d'août 1450, Pierre et Françoise reçurent la couronne ducale. Ce fut pour la Bretagne, sept années de progrès, de concorde et de rayonnement du bonheur de la famille ducale sur tout un peuple. La mort les sépara. Françoise fonda un monastère de carmélites où elle se retira. Il lui fallut lutter contre Louis XI tout en réglant bien des problèmes de succession. Le monastère des Couëts fut un havre de vie spirituelle. Elle y appela le bienheureux Alain de la Roche qui y établit la dévotion du Rosaire dont il était l'ardent propagateur. Elle mourut tandis qu'on lisait l'évangile de la Passion : " Adieu mes filles, dit-elle, je vais expérimenter à présent ce que c'est que d'aimer Dieu ; je me rends à lui ! " On l'invoque quand la jalousie de l'épouse ou du mari rend la vie conjugale intenable.

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Litanies de la Bienheureuse Françoise d'Amboise


Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, ayez pitié de nous,
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous,
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous


Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous

Sainte Marie, Reine du Mont Carmel, priez pour nous

Bienheureuse Françoise d'Amboise, priez pour nous

Bienheureuse Françoise d'Amboise, très pieuse duchesse des Bretons, priez pour nous

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez foulé aux pieds les grandeurs du monde,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère aimable,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, fournaise de Charité,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Miroir de pureté,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, modèle de perfection,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, exemplaire des Vertus,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, lumière de votre Patrie,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, modèle d'Humilité,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, fleur du Carmel,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Arche de Sainteté,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Refuge des pauvres,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Victorieuse des vices,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère pleine de douceurs et d'un très facile accès,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, arbre fertile en Vertus,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, la joie des Anges,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, fille des prophètes du Mont Carmel,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, nuée pleine de rosée,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez été pure dans la Foi et qui avez toujours eu une Charité ardente,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez châtié votre corps avec des disciplines et de rudes cilices,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, vous qui en quittant tout avez trouvé un parfait bonheur,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, vase plein de Grâces,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, miroir de miséricorde,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, consolatrice des pécheurs,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, sauvegarde des Bretons,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère des veuves,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, protectrice des Vierges,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez donné la santé aux malades,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui consolez les affligés,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui secourez tous ceux qui vous invoquent,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, très fidèle épouse de Jésus-Christ,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, vous qui avez gardé votre monastère comme un chérubin garde le Paradis,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, mère très tendre et avocate de vos religieuses,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez été ornée du don de prophétie,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez eu le don de sagesse,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez éteint les incendies,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez adoré jour et nuit le Saint Sacrement de l'Eucharistie,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez courageusement résisté aux rois et aux princes,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, protectrice de Nantes,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui du monastère des Couëts êtes montée au Ciel,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, dont nous possédons les reliques,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, notre Mère,

Bienheureuse Françoise d'Amboise, glorifiée par de nombreux miracles,



Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


priez pour nous, Bienheureuse Françoise d'Amboise,
Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ


Prions


Seigneur, plein de Miséricorde, éclairez les cœurs de Vos fidèles, et par les Saintes prières de la Bienheureuse Françoise d'Amboise, faites-nous mépriser les avantages du monde, et goûter toujours les consolations du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

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12 octobre 2008

Litanies de Saint François de Paule

Litanies de Saint François de Paule

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Saint François de Paule

Ermite, fondateur de l'ordre des Minimes

1416-1507

Fête le 2 avril

Considéré par ses parents comme l'enfant d'un miracle accompli par le Poverello, Saint François d'Assise, il en reçut le prénom. François Martotelli est né dans le villa de Paola en Calabre d'où son nom. Tout jeune, il entre chez les Cordeliers (une branche de la famille franciscaine). Il s'y distingue bien vite par des grâces exceptionnelles, comme de se retrouver en deux endroits en même temps. Après un pèlerinage, il se retire dans une grotte à quelque distance du couvent. D'autres solitaires le rejoignent : ils deviendront en 1460, l'Ordre des Minimes, religieux voués à l'humilité superlative. François continue bonnement ses humbles excentricités : on dit qu'il traversa le détroit de Messine en marchant sur la mer. Sur injonction du Pape Sixte IV, il se rend à Plessis-lès-Tours, au chevet du roi de France Louis XI. Après le décès du monarque, le fondateur va rester un quart de siècle à la cour de France. Affectueusement surnommé "le bonhomme" par le peuple qui le vénère, ce simple frère-laïc bénit inlassablement cierges et chapelets. Pourtant il gouverne à merveille la vie spirituelle des prêtres, évêques et rois. Il mourut à Plessis-lès-Tours (Indre et Loire), le 2 avril 1507, ou son tombeau s'y trouve toujours dans la chapelle qui lui est dédiée. Saint François de Paule est invoqué dans toutes sortes d'affaires spirituelles et temporelles, mais il est plus spécialement invoqué par les couples qui désirent avoir un garçon.

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Litanies de Saint François de Paule

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous

Saint François de Paule, priez pour nous

Saint François de Paule, fondateur des Minimes,

Saint François de Paule, père de nombreuses Nations,

Saint François de Paule, fruit de la Grâce,

Saint François de Paule, semence de l'innocence,

Saint François de Paule, découvreur de l'amour,

Saint François de Paule, miroir de bonté,

Saint François de Paule, exemple de patience,

Saint François de Paule, miracle de pénitence, modèle d'humilité,

Saint François de Paule, modèle d'abstinence,

Saint François de Paule, fleur de virginité,

Saint François de Paule, vous qui contemplez les Puissances des Cieux,

Saint François de Paule, vous qui opérez des miracles,

Saint François de Paule, vous qui ressuscitez les morts,

Saint François de Paule, vous qui rendez la vue aux aveugles,

Saint François de Paule, vous qui redonnez de la vigueur à ceux qui languissent,

Saint François de Paule, vous qui dominez les éléments,

Saint François de Paule, terreur des démons,

Saint François de Paule, auxiliaire des rois,

Saint François de Paule, protecteur des enfants,

Saint François de Paule, consolateur des affligés,

Saint François de Paule, refuge de tous les malheureux,

Saint François de Paule, vous qui égalez les anges,

Saint François de Paule, vous qui égalez les patriarches,

Saint François de Paule, vous qui égalez les apôtres,

Saint François de Paule, vous qui égalez les vierges,

Saint François de Paule, vous qui égalez les martyrs,

Saint François de Paule, vous qui égalez tous les saints,

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, pardonne-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, exauce-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, aie pitié de nous, Seigneur.

Priez pour nous, Saint François de Paule,

afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

Prions

O Dieu, grandeur des humbles, qui avez élevé le Bienheureux Confesseur, François de Paule, à la gloire de Vos Saints, accordez-nous le bonheur d'obtenir par ses mérites et en suivant ses exemples, les récompenses promises aux humbles. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

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Notice biographique sur Saint François de Paule,

cliquer sur le lien suivant:

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31 juillet 2008

Neuvaine à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

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Neuvaine à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

Dire chaque jour 3 Notre Père, 3 Je vous salue Marie, 3 Gloire au Père. 3 fois Sainte Thérèse, priez pour nous.

Premier jour

Sainte Thérèse, qui n'avez jamais cherché que la Vérité, priez pour moi. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse, accorde-moi de mieux comprendre la fragilité des choses de la terre pour rechercher les valeurs essentielles qui demeurent. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Deuxième jour

Sainte Thérèse, longtemps éprouvée dans votre foi, priez pour moi. Sainte Thérèse, intercédez pour moi, afin que ma foi grandisse chaque jour, que ma confiance dans le Seigneur soit toujours plus forte et inébranlable, sachant que Dieu n'abandonne jamais ceux qui viennent à Lui avec foi et confiance. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant- Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Troisième jour


Sainte Thérèse, qui avez compris l'humilité du coeur, priez pour moi. A votre exemple je veux m'efforcer d'être attentif, accueillant, généreux, principalement envers ceux qui souffrent, je veux chasser de mon coeur l'indifférence et l'égoïsme. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant- Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Quatrième jour


Sainte Thérèse, dans le renoncement à soi-même, priez pour moi. Sainte Thérèse, à votre exemple je veux m'efforcer d'accomplir de mon mieux ma tâche quotidienne, d'accepter sans murmurer les difficultés et contrariétés, pour porter ainsi et offrir à Jésus ma petite croix de chaque jour.Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Cinquième jour


Sainte Thérèse, qui n'avez rien donné au Bon Dieu que de l'amour, priez pour moi. Sainte Thérèse aidez-moi à mieux comprendre la tendresse, l'amour de notre Père des Cieux, afin que toujours, malgré mes fautes et mes péchés, je vienne à Lui sans crainte, avec sincérité, confiant en son infinie miséricorde. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant- Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Sixième jour


Sainte Thérèse, qui êtes restée patiente et joyeuse dans la souffrance, priez pour moi. Sainte Thérèse, vous avez beaucoup souffert physiquement, moralement, priez très fort pour moi dans la maladie, la souffrance, la peine, afin que je ne me décourage jamais, sachant que le seigneur accorde toujours la force et les grâces nécessaires pour supporter et vaincre l'épreuve. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Septième jour


Sainte Thérèse, très fidèle dans les petites choses, priez pour moi. Dieu veut faire de nous tous ses enfants, des saints, heureux avec Lui pour toute l'Eternité. Sainte Thérèse, aidez-moi à tout faire, même les plus petites choses, avec beaucoup d'amour. C'est ce que le Seigneur attend de chacun de nous. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant- Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Huitième jour


Sainte Thérèse, qui avez brûlé du zèle de répandre la foi, priez pour moi. Sainte Thérèse, vous avez beaucoup prié et vous avez offert toutes vos souffrances pour aider les missionnaires. Je veux aussi chaque jour, prier le Seigneur, Lui demander de nous donner de nombreux prêtres pour annoncer l'Evangile et porter à tous la Bonne Nouvelle du salut offert à tous les hommes de bonne volonté. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant- Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

Neuvième jour

Sainte Thérèse, remplie de dévotion envers l'Immaculée, Mère de Dieu, tu aimais beaucoup la Très Sainte Vierge Marie ; comme toi, je veux prier, lui confier toute ma vie, lui parler tout simplement comme à sa maman, car Marie nous aime tellement , elle est notre Mère et veille sur nous. Son grand désir est de nous aider et de nous conduire à son fils Jésus. Seigneur, par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, aide-moi à devenir meilleur chaque jour et daigne m'accorder la grâce que je sollicite de ta grande bonté.

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Téléchargez le texte de la Neuvaine à Sainte Thérèse en cliquant ici

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22 juillet 2008

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

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Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

1873-1897

Fête le 1er octobre

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La naissance de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Thérèse Martin naît au 12 rue Saint-Blaise à Alençon, le 2 janvier 1873. Son père, Louis Martin (1823 - †1894), est horloger et sa mère, Zélie-Marie Guérin (°1831 - †1877), dentellière du fameux point d'Alençon. Tous les deux, de la plus grande piété, font partie de la bourgeoisie aisée d'Alençon. Louis aurait voulu devenir chanoine dans la congrégation des Chanoines Réguliers du Grand Saint Bernard (Valais, Suisse), mais son ignorance du latin l’en empêcha. Zélie-Marie avait voulu entrer au couvent, mais on lui avait répondu qu’elle n’avait pas la vocation. Aussi s'était-elle promis, si elle se mariait, de donner si possible tous ses enfants à l'Église. Louis et Zélie-Marie se rencontrent en 1858 et se marient le 13 juillet, tout en ayant décidé de vivre comme frère et sœur dans une continence perpétuelle. Leur confesseur les en ayant dissuadés, ils ont neuf enfants, mais seules cinq filles parviennent à l'âge adulte. Thérèse est la plus jeune ; c'est elle qui devient en religion « Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face ». Ses quatre sœurs deviennent également toutes religieuses : Marie, née le 22 février 1860, morte le 19 janvier 1940, carmélite (sœur Marie du Sacré-Cœur) à Lisieux, Pauline, née le 7 septembre 1861, morte le 28 juillet 1951, carmélite (Mère Agnès de Jésus) à Lisieux, Léonie, née le 3 juin 1863, morte le 16 juin 1941, visitandine (sœur Françoise-Thérèse) à Caen, Céline, née le 28 avril 1869, morte le 25 février 1959, carmélite (sœur Geneviève de la Sainte-Face) à Lisieux. (sources wikipedia)

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« Je choisis tout »

Un jour Léonie pensant qu’elle était trop grande pour jouer à la poupée vint nous trouver toutes les deux avec une corbeille remplie de robes et de jolis morceaux destinés à en faire d’autres ; sur le dessus était couchée sa poupée. « Tenez mes petites sœurs, nous dit-elle, choisissez, je vous donne tout cela. » Céline avança la main et prit un petit paquet de ganses qui lui plaisait. Après un moment de réflexion j’avançai la main à mon tour en disant : « Je choisis tout! » et je pris la corbeille sans autre cérémonie ; les témoins de la scène trouvèrent la chose très juste, Céline elle-même ne songea pas à s’en plaindre (d’ailleurs elle ne manquait pas de jouets, son parrain la comblait de cadeaux et Louise trouvait moyen de lui procurer tout ce qu’elle désirait). (extrait de l'Histoire d'une Ame)

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La séparation

Je tâchai de bien profiter de ma Pauline chérie pendant les quelques semaines qu’elle resta encore dans le monde ; chaque jour, Céline et moi lui achetions un gâteau et des bonbons, pensant que bientôt elle n’en mangerait plus ; nous étions toujours à ses côtés ne lui laissant pas une minute de repos. Enfin le 2 Octobre arriva, jour de larmes et de bénédictions où Jésus cueillit la première de ses fleurs, qui devait être la mère de celles qui viendraient la rejoindre peu d’années après. Je vois encore la place où je reçus le dernier baiser de Pauline, ensuite ma Tante nous emmena toutes à la messe pendant que Papa allait sur la montagne du Carmel offrir son premier sacrifice… Toute la famille était en larmes en sorte que nous voyant entrer dans l’église les personnes nous regardaient avec étonnement, mais cela m’était bien égal et ne m’empêchait pas de pleurer, je crois que si tout avait croulé autour de moi je n’y aurais fait aucune attention, je regardais le beau Ciel bleu et je m’étonnais que le Soleil puisse luire avec [27r°] autant d’éclat, alors que mon âme était inondée de tristesse !… Peut-être, ma Mère chérie, trouvez-vous que j’exagère la peine que j’ai ressentie ?… Je me rends bien compte qu’elle n’aurait pas dû être aussi grande, puisque j’avais l’espoir de vous retrouver au Carmel ; mais mon âme était loin d’être mûrie, je devais passer par bien des creusets avant d’atteindre le terme tant désiré.. Le 2 Octobre était le jour fixé pour la rentrée de l’Abbaye, il me fallut donc y aller malgré ma tristesse… L’après-midi ma Tante vint nous chercher pour aller au Carmel et je vis ma Pauline chérie derrière les grilles… Ah ! que j’ai souffert de ce parloir au Carmel ! Puisque j’écris l’histoire de mon âme, je dois tout dire à ma Mère chérie, et j’avoue que les souffrances qui avaient précédé son entrée ne furent rien en comparaison de celles qui suivirent… Tous les Jeudis nous allions en famille au Carmel et moi, habituée à m’entretenir cœur à cœur avec Pauline, j’obtenais à grand’peine deux ou trois minutes à la fin du parloir, bien entendu je les passais à pleurer et m’en allais le cœur déchiré… Je ne comprenais pas que c’était par délicatesse pour ma Tante que vous adressiez de préférence la parole à Jeanne et à Marie au lieu de parler à vos petites filles… je ne comprenais pas et je disais au fond de mon cœur : « Pauline est perdue pour moi!!! » Il est surprenant de voir combien mon esprit se développa au sein de la souffrance ; il se développa à tel point que je ne tardai pas à tomber malade. (extrait de l'Histoire d'une Ame)

Circonstances de la maladie

La maladie dont je fus atteinte venait certainement du démon, furieux de votre entrée au Carmel, il voulut se venger sur moi du tort que notre famille devait lui faire dans l’avenir, mais il ne savait pas que la [27v°] douce Reine du Ciel veillait sur sa fragile petite fleur, qu’elle lui souriait du haut de son trône et s’apprêtait à faire cesser la tempête au moment où sa fleur devait se briser sans retour…Vers la fin de l’année je fus prise d’un mal de tête continuel mais qui ne me faisait presque pas souffrir, je pouvais poursuivre mes études et personne ne s’inquiétait de moi, ceci dura jusqu’à la fête de Pâques de 1883. Papa étant allé à Paris avec Marie et Léonie, ma Tante me prit chez elle avec Céline. Un soir mon Oncle m’ayant emmenée avec lui, il me parla de Maman, des souvenirs passés, avec une bonté qui me toucha profondément et me fit pleurer ; alors il dit que j’avais trop de cœur, qu’il me fallait beaucoup de distraction et résolut avec ma Tante de nous procurer du plaisir pendant les vacances de Pâques. Ce soir-là nous devions aller au cercle catholique, mais trouvant que j’étais trop fatiguée, ma Tante me fit coucher ; en me déshabillant, je fus prise d’un tremblement étrange, croyant que j’avais froid ma Tante m’entoura de couvertures et de bouteilles chaudes, mais rien ne put diminuer mon agitation qui dura presque toute la nuit. Mon Oncle, en revenant du cercle catholique avec mes cousines et Céline, fut bien surpris de me trouver en cet état qu’il jugea très grave, mais il ne voulut pas le dire afin de ne pas effrayer ma Tante. Le lendemain il alla trouver le docteur Notta qui jugea comme mon Oncle que j’avais une maladie très grave et dont jamais une enfant si jeune n’avait été atteinte. Tout le monde était consterné, ma Tante fut obligée de me garder chez elle et me soigna avec une sollicitude vraiment maternelle. Lorsque Papa revint de Paris avec mes grandes sœurs, Aimée les reçut avec une figure si triste que Marie [28r°] Ms A Folio 28, r° crut que j’étais morte… Mais cette maladie n’était pas pour que je meure, elle était plutôt comme celle de Lazare afin que Dieu soit glorifié… Il le fut en effet, par la résignation admirable de mon pauvre petit Père qui crut que « sa petite fille allait devenir folle ou bien qu’elle allait mourir. » Il le fut aussi par celle de Marie !… Ah ! qu’elle a souffert à cause de moi… combien je lui suis reconnaissante des soins qu’elle m’a prodigués avec tant de désintéressement… son cœur lui dictait ce qui m’était nécessaire et vraiment un cœur de Mère est bien plus savant que celui d’un médecin, il sait deviner ce qui convient à la maladie de son enfant… Cette pauvre Marie était obligée de venir s’installer chez mon Oncle car il était impossible de me transporter alors aux Buissonnets. Cependant la prise d’habit de Pauline approchait ; on évitait d’en parler devant moi sachant la peine que je ressentais de n’y pouvoir aller, mais moi j’en parlais souvent disant que je serais assez bien pour aller voir ma Pauline chérie. En effet le Bon Dieu ne voulut pas me refuser cette consolation ou plutôt Il voulut consoler sa Fiancée chérie qui avait tant souffert de la maladie de sa petite fille… J’ai remarqué que Jésus ne veut pas éprouver ses enfants le jour de leurs fiançailles, cette fête doit être sans nuages, un avant-goût des joies du Paradis, ne l’a-t-Il pas montré déjà 5 fois ?… Je pus donc embrasser ma Mère chérie, m’asseoir sur ses genoux et la combler de caresses… Je pus la contempler si ravissante, sous la blanche parure de Fiancée… Ah ! ce fut un beau jour, au milieu de ma sombre épreuve, mais ce jour passa vite… Bientôt il me fallut monter dans la voiture qui m’emporta bien loin de Pauline… bien loin de mon Carmel chéri. En arrivant aux Buissonnets, on me fit coucher, malgré moi car j’assurais [28v°] être parfaitement guérie et n’avoir plus besoin de soins. Hélas, je n’étais encore qu’au début de mon épreuve !… Le lendemain je fus reprise comme je l’avais été et la maladie devint si grave que je ne devais pas en guérir suivant les calculs humains… Je ne sais comment décrire une si étrange maladie, je suis persuadée maintenant qu’elle était l’œuvre du démon, mais longtemps après ma guérison j’ai cru que j’avais fait exprès d’être malade et ce fut là un vrai martyre pour mon âme… Je le dis à Marie qui me rassura de son mieux avec sa bonté ordinaire, je le dis à confesse et là encore mon confesseur essaya de me tranquilliser, disant que ce n’était pas possible d’avoir fait semblant d’être malade au point où je l’avais été. Le Bon Dieu qui voulait sans doute me purifier et surtout m’humilier me laissa ce martyre intime jusqu’à mon entrée au Carmel où le Père de nos âmes m’enleva tous mes doutes comme avec la main et depuis je suis parfaitement tranquille.

Description de la maladie

Il n’est pas surprenant que j’aie craint d’avoir paru malade sans l’être en effet, car je disais et je faisais des choses que je ne pensais pas, presque toujours je paraissais en délire, disant des paroles qui n’avaient pas de sens et cependant je suis sûre de n’avoir pas été privée un seul instant de l’usage de ma raison… Je paraissais souvent évanouie, ne faisant pas le plus léger mouvement, alors je me serais laissé faire tout ce qu’on aurait voulu, même tuer, pourtant j’entendais tout ce qui se disait autour de moi et je me rappelle encore de tout… Il m’est arrivé une fois d’être longtemps sans pouvoir ouvrir les yeux et de les ouvrir un instant pendant que je me trouvais seule… Je crois que le démon avait reçu un pouvoir extérieur sur moi mais [29r°] qu’il ne pouvait approcher de mon âme ni de mon esprit, si ce n’est pour m’inspirer des frayeurs très grandes de certaines choses, par exemple pour des remèdes très simples qu’on essayait en vain de me faire accepter. Mais si le Bon Dieu permettait au démon de s’approcher de moi il m’envoyait aussi des anges visibles… Marie était toujours auprès de mon lit me soignant et me consolant avec la tendresse d’une Mère, jamais elle ne témoigna le plus petit ennui et cependant je lui donnais beaucoup de mal, ne souffrant pas qu’elle s’éloigne de moi. Il fallait bien cependant qu’elle aille au repas avec Papa, mais je ne cessais de l’appeler tout le temps qu’elle était partie, Victoire qui me gardait était parfois obligée d’aller chercher ma chère « Mama » comme je l’appelais… Lorsque Marie voulait sortir il fallait que ce soit pour aller à la messe ou bien pour voir Pauline, alors je ne disais rien… Mon Oncle et ma Tante étaient aussi bien bons pour moi ; ma chère petite Tante venait tous les jours me voir et m’apportait mille gâteries. D’autres personnes amies de la famille vinrent aussi me visiter, mais je suppliai Marie de leur dire que je ne voulais pas recevoir de visites ; cela me déplaisait de « voir des personnes assises autour de mon lit en rang d’oignons et me regardant comme une bête curieuse. » La seule visite que j’aimais était celle de mon Oncle et ma Tante. Depuis cette maladie je ne saurais dire combien mon affection pour eux augmenta, je compris mieux que jamais qu’ils n’étaient pas pour nous des parent s ordinaires. Ah ! ce pauvre petit Père avait bien raison quand il nous répétait souvent les paroles que je viens d’écrire. Plus tard il expérimenta qu’il ne s’était pas trompé et maintenant il doit protéger et bénir ceux qui lui prodiguèrent des soins si dévoués… Moi je suis encore exilée et ne sachant pas montrer ma reconnaissance, je n’ai qu’un seul moyen pour soulager mon cœur : Prier pour les parents que j’aime, qui furent et qui sont encore si bons pour moi ! Léonie était aussi bien bonne pour moi, essayant de m’amuser de son mieux, moi je lui faisais quelquefois de la peine car elle voyait bien que Marie ne pouvait être remplacée auprès de moi… Et ma Céline chérie, que n’a-t-elle pas fait pour sa Thérèse ?… Le Dimanche au lieu d’aller se promener elle venait s’enfermer des heures entières avec une pauvre petite fille qui ressemblait à une idiote ; vraiment [29v°] il fallait de l’amour pour ne pas me fuir… Ah ! mes chères petites Sœurs, que je vous ai fait souffrir !… personne ne vous avait fait autant de peine que moi et personne n’avait reçu autant d’amour que vous m’en avez prodigué… Heureusement, j’aurai le Ciel pour me venger, mon Epoux est très riche et je puiserai dans ses trésors d’amour afin de vous rendre au centuple tout ce que vous avez souffert à cause de moi… Ma plus grande consolation pendant que j’étais malade, c’était de recevoir une lettre de Pauline… Je la lisais, la relisais jusqu’à la savoir par cœur… Une fois, ma Mère chérie, vous m’avez envoyé un sablier et une de mes poupées habillée en carmélite, dire ma joie est chose impossible… Mon Oncle n’était pas content, il disait qu’au lieu de me faire penser au Carmel il faudrait l’éloigner de mon esprit, mais je sentais au contraire que c’était l’espérance d’être un jour carmélite qui me faisait vivre… Mon plaisir était de travailler pour Pauline, je lui faisais des petits ouvrages en papier bristol et ma plus grande occupation était de faire des couronnes de pâquerettes et de myosotis pour la Sainte Vierge, nous étions au beau mois de mai, toute la nature se parait de fleurs et respirait la gaîté, seule la « petite fleur » languissait et semblait à jamais flétrie… (extraits de l'Histoire d'une Ame)

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La grâce du sourire

Cependant elle avait un Soleil auprès d’elle, ce Soleil était la Statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui avait parlé deux fois à Maman, et souvent, bien souvent, la petite fleur tournait sa corolle vers cet Astre béni… Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j’étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d’or avec une expression de grande tristesse et lui dit d’écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu’elle guérisse sa pauvre petite fille. Ah ! que je fus touchée en voyant la Foi et l’Amour de mon Roi chéri ! [30r°] J’aurais voulu pouvoir lui dire que j’étais guérie, mais je lui avais déjà fait assez de fausses joies, ce n’était pas mes désirs qui pouvaient faire un miracle, car il en fallait un pour me guérir… Il fallait un miracle et ce fut Notre-Dame des Victoires qui le fit. Un Dimanche (pendant la neuvaine de messes), Marie sortit dans le jardin me laissant avec Léonie qui lisait auprès de la fenêtre, au bout de quelques minutes je me mis à appeler presque tout bas : « Mama… Mama… ». Léonie étant habituée à m’entendre toujours appeler ainsi, ne fit pas attention à moi. Ceci dura longtemps, alors j’appelai plus fort et enfin Marie revint, je la vis parfaitement entrer, mais je ne pouvais dire que je la reconnaissais et je continuais d’appeler toujours plus fort : « Mama… ». Je souffrais beaucoup de cette lutte forcée et inexplicable et Marie en souffrait peut-être encore plus que moi ; après de vains efforts pour me montrer qu’elle était auprès de moi, elle se mit à genoux auprès de mon lit avec Léonie et Céline puis se tournant vers la Sainte Vierge et la priant avec la ferveur d’une Mère qui demande la vie de son enfant, Marie obtint ce qu’elle désirait… Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle…Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge ». Alors toutes mes peines s’évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c’était des larmes de joie sans mélange… Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse… oui [30v°] mais jamais je ne le dirai à personne, car alors mon bonheur disparaîtrait. Sans aucun effort je baissai les yeux, et je vis Marie qui me regardait avec amour ; elle semblait émue et paraissait se douter de la faveur que la Sainte Vierge m’avait accordée… Ah ! c’était bien à elle, à ses prières touchantes que je devais la grâce du sourire de la Reine des Cieux. En voyant mon regard fixé sur la Sainte Vierge, elle s’était dit : « Thérèse est guérie! » Oui, la petite fleur allait renaître à la vie, le Rayon lumineux qui l’avait réchauffée ne devait pas arrêter ses bienfaits ; il n’agit pas tout d’un coup, mais doucement, suavement, il releva sa fleur et la fortifia de telle sorte que cinq ans après elle s’épanouissait sur la montagne fertile du Carmel. (extrait de l'Histoire d'une Ame)

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Pranzini

Afin d’exciter mon zèle le Bon Dieu me montra qu’il avait mes désirs pour agréables. J’entendis parler d’un grand criminel qui venait d’être condamné à mort pour des crimes horribles, tout portait à croire qu’il mourrait dans l’impénitence. Je voulus à tout prix l’empêcher de tomber en enfer, afin d’y parvenir j’employai tous les moyens imaginables ; sentant que de moi-même je ne pouvais rien, j’offris [46r°] au Bon Dieu tous les mérites infinis de Notre Seigneur, les trésors de la Sainte Eglise, enfin je priai Céline de faire dire une messe dans mes intentions, n’osant pas la demander moi-même dans la crainte d’être obligée d’avouer que c’était pour Pranzini, le grand criminel. Je ne voulais pas non plus le dire à Céline, mais elle me fit de si tendres et si pressantes questions que je lui confiai mon secret ; bien loin de se moquer de moi, elle me demanda de m’aider à convertir mon pécheur, j’acceptai avec reconnaissance, car j’aurais voulu que toutes les créatures s’unissent à moi pour implorer la grâce du coupable. Je sentais au fond de mon cœur la certitude que nos désirs seraient satisfaits, mais afin de me donner du courage pour continuer à prier pour les pécheurs, je dis au Bon Dieu que j’étais bien sûre qu’Il pardonnerait au pauvre malheureux Pranzini, que je le croirais même s’il ne se confessait pas et ne donnait aucune marque de repentir, tant j’avais de confiance en la miséricorde infinie de Jésus, mais que je lui demandais seulement « un signe » de repentir pour ma simple consolation… Ma prière fut exaucée à la lettre ! Malgré la défense que Papa nous avait faite de lire aucun journal, je ne croyais pas désobéir en lisant les passages qui parlaient de Pranzini. Le lendemain de son exécution je trouve sous ma main le journal : « La Croix ». Je l’ouvre avec empressement et que vois-je ?… Ah ! mes larmes trahirent mon émotion et je fus obligée de me cacher… Pranzini ne s’était pas confessé, il était monté sur l’échafaud et s’apprêtait à passer la tête dans le lugubre trou, quand tout à coup, saisi d’une inspiration subite, il se retourne, saisit un Crucifix que lui présentait le prêtre et baise par trois fois ses plaies sacrées !… Puis son âme alla recevoir la sentence miséricordieuse de Celui qui déclare qu’au Ciel il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de pénitence !… (extrait de l'Histoire d'une Ame).

Num_riser0064

La grande confidence

Céline devint donc la confidente de mes luttes et de mes souffrances, elle prit la même part que s’il se fut agi de sa propre vocation ; de son côté je n’avais pas à craindre d’opposition, mais je ne savais quel moyen prendre pour l’annoncer à Papa… Comment lui parler de quitter sa reine, lui qui venait de sacrifier ses trois aînées ? Ah ! que (de) luttes intimes n’ai-je pas souffertes avant [50r°] de me sentir le courage de parler!… Cependant il fallait me décider, j’allais avoir quatorze ans et demi, six mois seulement nous séparaient encore de la belle nuit de Noël où j’avais résolu d’entrer, à l’heure même où l’année précédente j’avais reçu « ma grâce. » Pour faire ma grande confidence je choisis le jour de la Pentecôte toute la journée je suppliai les Saints Apôtres de prier pour moi, de m’inspirer les paroles que j’allais avoir à dire… N’était-ce pas eux en effet qui devaient aider l’enfant timide que Dieu destinait à devenir l’apôtre des apôtres par la prière et le sacrifice?… Ce ne fut que l’après-midi en revenant des vêpres que je trouvai l’occasion de parler à mon petit Père chéri ; il était allé s’asseoir au bord de la citerne et là, les mains jointes, il contemplait les merveilles de la nature, le soleil dont les feux avaient perdu leur ardeur dorait le sommet des grands arbres, où les petits oiseaux chantaient joyeusement leur prière du soir. La belle figure de Papa avait une expression céleste, je sentais que la paix inondait son cœur ; sans dire un seul mot j’allai m’asseoir à ses côtés, les yeux déjà mouillés de larmes, il me regarda avec tendresse et prenant ma tête il I’appuya sur son cœur, me disant : « Qu’as-tu ma petite reine?… confie-moi cela… » puis se levant comme pour dissimuler sa propre émotion, il marcha lentement, tenant toujours ma tête sur son cœur. A travers mes larmes je lui confiai mon désir d’entrer au Carmel, alors ses larmes vinrent se mêler aux miennes, mais il ne dit pas un mot pour me détourner de ma vocation, se contentant simplement de me faire remarquer que j’étais encore bien jeune pour prendre une détermination aussi grave. Mais je défendis si bien ma cause, qu’avec la nature simple et droite de Papa, il fut bientôt convaincu que mon désir était celui de Dieu lui-même et dans sa foi profonde il s’écria que le Bon Dieu lui faisait un grand honneur de lui demander ainsi ses enfants ; nous continuâmes longtemps notre promenade, mon cœur soulagé par la bonté avec laquelle mon incomparable Père avait accueilli ses confidences, [50v°] s’épanchait doucement dans le sien. Papa semblait jouir de cette joie tranquille que donne le sacrifice accompli, il me parla comme un saint et je voudrais me rappeler ses paroles pour les écrire ici, ais je n’en ai conservé qu’un souvenir trop embaumé pour qu’il puisse se traduire. Ce dont je me souviens parfaitement ce fut de l’action symbolique que mon Roi chéri accomplit sans le savoir. S’approchant d’un mur peu élevé, il me montra de petites fleurs blanches semblables a des lys en miniature et prenant une de ces fleurs, il me la donna, m’expliquant avec quel soin le Bon Dieu l’avait fait naître et l’avait conservée jusqu’à ce jour ; en l’entendant parler, je croyais écouter mon histoire tant il y avait de ressemblance entre ce que Jésus avait fait pour la petite fleur et la petite Thérèse… Je reçus cette fleurette comme une relique et je vis qu’en voulant la cueillir, Papa avait enlevé toutes ses racines sans les briser, elle semblait destinée à vivre encore dans une autre terre plus fertile que la mousse tendre où s’étaient écoulés ses premiers matins… C’était bien cette même action que Papa venait de faire pour moi quelques instants plus tôt, en me permettant de gravir la montagne du Carmel et de quitter la douce vallée témoin de mes premiers pas dans la vie. Je plaçai ma petite fleur blanche dans mon Imitation, au chapitre intitulé : « Qu’il faut aimer Jésus par-dessus toutes choses, » c’est là qu’elle est encore, seulement la tige s’est brisée tout près de la racine et le Bon Dieu semble me dire par là qu’il brisera bientôt les liens de sa petite fleur Ps 116,16 et ne la laissera pas se faner sur la terre ! (Extrait de l'Histoire d'une Ame).

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Léon XIII

Six jours se passèrent à visiter les principales merveilles de Rome et ce fut le septième que je vis la plus grande de toutes : « Léon XIII… » Ce jour, je le désirais et le redoutais en même temps, c’était de lui que ma vocation dépendait, car la réponse que je devais recevoir de Monseigneur n’était pas arrivée et j’avais appris par une lettre de vous, Ma Mère, qu’il n’était plus très bien disposé pour moi, aussi mon unique planche de salut était la permission du Saint Père… mais pour l’obtenir, il fallait lui demander, Il fallait devant tout le monde oser parler ; « au Pape, » cette pensée me faisait trembler ; ce que j’ai souffert avant l’audience, le Bon Dieu seul le sait, avec ma chère Céline, Jamais je n’oublierai la part qu’elle a prise à toutes mes épreuves, il semblait que ma vocation était la sienne. (Notre amour mutuel était remarqué par les prêtres du pèlerinage : un soir, étant en société si nombreuse que les sièges manquaient, Céline me prit sur ses genoux et nous nous regardions si gentiment qu’un prêtre s’écria : « Comme elles s’aiment ! Ah ! jamais ces deux sœurs ne pourront se séparer! » oui, nous nous aimions, mais notre affection était si pure et si forte que la pensée de la séparation ne nous troublait pas, car nous sentions que rien, même l’océan, ne pourrait nous éloigner l’une de l’autre… Céline voyait avec calme ma petite [62v°] nacelle aborder au rivage du Carmel, elle se résignait à rester aussi longtemps que le Bon Dieu voudrait sur la mer orageuse du monde, sûre d’aborder à son tour sur la rive, objet de nos désirs…) Le Dimanche 20 Novembre après nous être habillées suivant le cérémonial du Vatican (c’est-à-dire en noir, avec une mantille de dentelle pour coiffure) et nous être décorées d’une large médaille de Léon XIII, suspendue à un ruban bleu et blanc, nous avons fait notre entrée au Vatican dans la chapelle du Souverain Pontife. A huit heures notre émotion fut profonde en le voyant entrer pour célébrer la Ste Messe… Après avoir béni les nombreux pèlerins réunis autour de lui, il gravit les degrés du St Autel et nous montra, par sa piété digne du Vicaire de Jésus, qu’il était véritablement « Le Saint Père. » Mon cœur battait bien fort et mes prières étaient bien ardentes pendant que Jésus descendait entre les mains de son Pontife ; cependant j’étais remplie de confiance, l’Evangile de ce jour renfermait ces ravissantes paroles : « Ne craignez pas, petit troupeau, car il a plu à mon Père de vous donner son royaume. » Lc 12,32 Non je ne craignais pas, j’espérais que le royaume du Carmel m’appartiendrait bientôt, Je ne pensais pas alors à ces autres paroles de Jésus : « Je vous prépare mon royaume comme mon Père me l’a préparé. » Lc 22,29 C’est-à-dire je vous réserve des croix et des épreuves, c’est ainsi que vous serez digne de posséder ce royaume après lequel vous soupirez ; puisqu’il a été nécessaire que le Christ souffrît et qu’il entrât par là dans sa gloire, si vous désirez avoir place à ses côtés, buvez le calice qu’il a bu Lui-même ! Ce calice, il me fut présenté par le Saint-Père et mes larmes se mêlèrent à l’amer breuvage qui m’était offert. Lc 24,26 ; Mt 20,21-23. Après la messe d’action de grâces qui suivit celle de Sa Sainteté, l’audience commença. Léon XIII était assis sur un grand fauteuil, Il était vêtu simplement [63r°] d’une soutane blanche, d’un camail de même couleur et n’avait sur la tête qu’une petite calotte. Autour de lui se tenaient des cardinaux, archevêques et évêques mais je ne les ai vus qu’en général, étant occupée du Saint-Père ; nous passions devant lui en procession, chaque pèlerin s’agenouillait à son tour, baisait le pied et la main de Léon XIII, recevait sa bénédiction et deux gardes nobles le touchaient par cérémonie, lui indiquant par là de se lever (au pèlerin, car je m’explique si mal qu’on pourrait croire que c’était au Pape). Avant de pénétrer dans l’appartement pontifical j’étais bien résolue à parler, mais je sentis mon courage faiblir en voyant à la droite du St Père « Monsieur Révérony… » presque au même instant on nous dit de sa part qu’il défendait de parler à Léon XIII, l’audience se prolongeant trop longtemps… Je me tournai vers ma Céline chérie, afin de savoir son avis : « Parle! » me dit-elle. Un instant après j’étais aux pieds du Saint-Père ; ayant baisé sa mule, il me présentait la main, mais au lieu de la baiser, je joignis les miennes et levant vers son visage mes yeux baignés de larmes, je m’écriai : « Très Saint-Père, j’ai une grande grâce à vous demander!… » Alors le Souverain Pontife baissa la tête vers moi, de manière que ma figure touchait presque la sienne, et je vis ses yeux noirs et profonds se fixer sur moi et sembler me pénétrer jusqu’au fond de l’âme. « Très Saint-Père, lui dis-je, en l’honneur de votre jubilé, permettez-moi d’entrer au Carmel à quinze ans!… » L’émotion avait sans doute fait trembler ma voix, aussi se retournant vers Monsieur Révérony qui me regardait avec étonnement et mécontentement, le St Père dit : « Je ne comprends pas très bien. » Si le Bon Dieu l’eût permis il eût été facile que Mr Révérony m’obtînt ce que je désirais, mais c’était la croix et non la consolation qu’Il voulait me donner. « Très Saint-Père, répondit le Grand Vicaire, c’est une enfant qui désire entrer au Carmel à quinze ans, mais les supérieurs examinent la question en ce moment. » « Eh bien, mon enfant, reprit le St Père en me regardant avec bonté, faites ce que les supérieurs vous diront. »M’appuyant alors les mains [63v°] sur ses genoux, je tentai un dernier effort et je dis d’une voix suppliante : « Oh ! Très Saint-Père, si vous disiez oui, tout le monde voudrait bien!… » Il me regarda fixement et prononça ces mots en appuyant sur chaque syllabe : « Allons… Allons… Vous entrerez si le Bon Dieu le veut!… » (Son accent avait quelque chose de si pénétrant et de si convaincu qu’il me semble encore l’entendre). La bonté du St Père m’encourageant, je voulais encore parler mais les deux gardes nobles me touchèrent les mains pour me faire lever ; voyant que cela ne suffisait pas, ils me prirent par les bras et Monsieur Révérony leur aida à me soulever, car je restais encore les mains jointes, appuyées sur les genoux de Léon XIII et ce fut de force qu’ils m’arrachèrent de ses pieds… au moment où j’étais ainsi enlevée, le St Père posa sa main sur mes lèvres, puis il la leva pour me bénir alors mes yeux se remplirent de larmes et Monsieur Révérony put contempler au moins autant de diamants qu’il en avait vus à Bayeux. Les deux gardes nobles me portèrent pour ainsi dire jusqu’à la porte et là, un troisième me donna une médaille de Léon XIII. Céline qui me suivait, avait été témoin de la scène qui venait de se passer ; presque aussi émue que moi, elle eut cependant le courage de demander au St Père une bénédiction pour le Carmel. Mr Révérony d’une voix mécontente répondit : « Il est déjà béni le Carmel : »Le bon St Père reprit avec douceur : Oh Oui ! il est déjà béni." Avant nous Papa était venu aux pieds de Léon XIII (avec les messieurs) Mr Révérony avait été charmant pour lui, le présentant comme le Père de deux Carmélites. Le Souverain Pontife, en signe de particulière bienveillance, posa sa main sur la tête vénérable de mon Roi chéri, semblant ainsi le marquer d’un sceau mystérieux,au nom de Celui dont il est le véritable représentant… Ah ! maintenant qu’il est au Ciel, ce Père de quatre Carmélites, ce n’est plus la main du Pontife qui repose sur son front, lui [64r°] prophétisant le martyre… C’est la main de l’époux des Vierges, du Roi de Gloire, qui fait resplendir la tête de son Fidèle Serviteur, Mt 25,21 et plus jamais cettemainadoréene cessera de reposer sur le front qu’elle a glorifié… Mon Papa chéri eut bien de la peine de me trouver tout en larmes au sortir de l’audience, il fit tout ce qu’il put pour me consoler, mais en vain… Au fond du cœur je sentais une grande paix, puisque j’avais fait absolument tout ce qui était en mon pouvoir de faire pour répondre à ce que le Bon Dieu demandait de moi, mais cette paix était au fond et l’amertume remplissait mon âme, car Jésus se taisait. Il semblait absent, rien ne me révélait sa présence… Ce jour-là encore le soleil n’osa pas briller et le beau ciel bleu d’Italie, chargé de nuages sombres, ne cessa de pleurer avec moi… Ah ! c’était fini, mon voyage n’avait plus aucun charme à mes yeux puisque le but en était manqué. Cependant les dernières paroles du Saint-Père auraient dû me consoler : n’étaient-elles pas en effet une véritable prophétie ? Malgré tous les obstacles, ce que le Bon Dieu a voulu s’est accompli. Il n’a pas permis aux créatures de faire ce qu’elles voulaient, mais sa volonté à Lui… Depuis quelque temps je m’étais offerte à l’Enfant Jésus pour être son petit jouet, je Lui avais dit de ne pas se servir de moi comme d’un jouet de prix que les enfants se contentent de regarder sans oser y toucher, mais comme d’une petite balle de nulle valeur qu’il pouvait jeter à terre, pousser du pied, percer, laisser dans un coin ou bien presser sur son cœur si cela Lui faisait plaisir ; en un mot, je voulais amuser le petit Jésus, lui faire plaisir, je voulais me livrer à ses caprices enfantins… Il avait exaucé ma prière… A Rome Jésus perça son petit jouet, il voulait voir ce qu’il y avait dedans et puis l’ayant vu, content de sa découverte, Il laissa tomber sa petite [64v°] balle et s’endormit… Que fit-Il pendant son doux sommeil et que devint la petite balle abandonnée?… Jésus rêva qu’il s’amusait encore avec son jouet, le laissant et le prenant tour à tour, et puis qu’après l’avoir fait rouler bien loin Il le pressait sur son cœur, ne permettant plus qu’il s’éloigne jamais de sa petite main… Vous comprenez, ma Mère chérie, combien la petite balle était triste de se voir par terre… Cependant je ne cessais d’espérer contre toute espérance. Rm 4,18 Quelques jours après l’audience du St Père, Papa étant allé voir le bon frère Siméon trouva chez lui Monsieur Révérony qui fut très aimable. Papa lui reprocha gaiement de ne m’avoir pas aidée dans ma difficile entreprise, puis il raconta l’histoire de sa Reine au frère Siméon. Le vénérable vieillard écouta son récit avec beaucoup d’intérêt, en prit même des notes et dit avec émotion : « On ne voit pas cela en Italie! » Je crois que cette entrevue fit une très bonne impression à Monsieur Révérony ; dans la suite il ne cessa de me prouver qu’il était enfin convaincu de ma vocation. (Extrait de l'Histoire d'une Ame)

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L’entrée au Carmel

Le lundi 9 Avril, jour où le Carmel célébrait la fête de l’Annonciation, remise à cause du carême, fut choisi pour mon entrée. La veille toute la famille était réunie autour de la table où je devais m’asseoir une dernière fois. Ah ! que ces réunions intimes sont déchirantes!… Alors qu’on voudrait se voir oubliée, les caresses, les paroles les plus tendres sont prodiguées et font sentir le sacrifice de la séparation… Papa ne disait presque rien mais son regard se posait sur moi avec amour… Ma Tante pleurait de temps en temps et mon Oncle me faisait mille compliments affectueux. Jeanne et Marie étaient aussi remplies de délicatesses pour moi, surtout Marie qui me [69r°] prenant à l’écart, me demanda pardon des peines qu’elle croyait m’avoir causées. Enfin ma chère petite Léonie, revenue de la Visitation depuis quelques mois, me comblait plus encore de baisers et de caresses. Il n’y a que de Céline dont je n’ai pas parlé, mais vous devinez, ma Mère chérie, comment se passa la dernière nuit où nous avons couché ensemble… Le matin du grand jour, après avoir jeté un dernier regard sur les Buissonnets, ce nid gracieux de mon enfance que je ne devais plus revoir, je partis au bras de mon Roi chéri pour gravir la montagne du Carmel… Comme la veille toute la famille se trouva réunie pour entendre la Sainte Messe et y communier. Aussitôt que Jésus fut descendu dans le cœur de mes parents chéris, je n’entendis autour de moi que des sanglots, il n’y eut que moi qui ne versai pas de larmes, mais je sentis mon cœur battre avec une telle violence qu’il me sembla impossible d’avancer lorsqu’on vint nous faire signe de venir à la porte conventuelle ; j’avançai cependant tout en me demandant si je n’allais pas mourir par la force des battements de mon cœur… Ah ! quel moment que celui-là ! Il faut y avoir passé pour savoir ce qu’il est… Mon émotion ne se traduisit pas au dehors : après avoir embrassé tous les membres de ma famille chérie, je me mis à genoux devant mon incomparable Père, lui demandant sa bénédiction ; pour me la donner il se mit lui-même à genoux et me bénit en pleurant… C’était un spectacle qui devait faire sourire les anges que celui de ce vieillard présentant au Seigneur son enfant encore au printemps de la vie!… Quelques instants après, les portes de l’arche sainte se fermaient sur moi Gn 7,16 et là je recevais les embrassements des sœurs chéries qui m’avaient servi de mères et que j’allais désormais prendre pour modèles de mes actions… Enfin mes désirs étaient accomplis, mon âme ressentait une PAIX si douce et si profonde qu’il me serait impossible [69v°] de l’exprimer et depuis sept ans et demi cette paix intime est restée mon partage, elle ne m’a pas abandonnée au milieu des plus grandes épreuves. Comme toutes les postulantes je fus conduite au chœur aussitôt après mon entrée ; il était sombre à cause du Saint Sacrement exposé et ce qui frappa d’abord mes regards, furent les yeux de notre sainte Mère Geneviève qui se fixèrent sur moi ; je restai un moment à genoux à ses pieds remerciant le bon Dieu de la grâce qu’Il m’accordait de connaître une sainte et puis je suivis la Mère Marie de Gonzague dans les différents endroits de la communauté ; tout me semblait ravissant, je me croyais transportée dans un désert, notre petite cellule surtout me charmait, mais la joie que je ressentais était calme, le plus léger zéphyr ne faisait pas onduler les eaux tranquilles sur lesquelles voguait ma petite nacelle, aucun nuage n’obscurcissait mon ciel d’azur… ah ! j’étais pleinement récompensée de toutes mes épreuves… Avec quelle joie profonde je répétais ces paroles : « C’est pour toujours, toujours que je suis ici!… » Ce bonheur n’était pas éphémère, il ne devait point s’envoler avec « les illusions des premiers jours. » Les illusions, le bon Dieu m’a fait la grâce de n’en avoir AUCUNE en entrant au Carmel ; j’ai trouvé la vie religieuse telle que je me l’étais figurée, aucun sacrifice ne m’étonna et cependant, vous le savez, ma Mère chérie, mes premiers pas ont rencontré plus d’épines que (de) roses!… Oui, la souffrance m’a tendu les bras et je m’y suis jetée avec amour… Ce que je venais faire au Carmel, je l’ai déclaré aux pieds de Jésus-Hostie, dans l’examen qui précéda ma profession : « je suis venue pour sauver les âmes et surtout afin de prier pour les prêtres. » Lorsqu’on veut atteindre un but, il faut en prendre les moyens ; Jésus me fit comprendre que c’était par la croix qu’Il voulait me donner des âmes et mon attrait pour la souffrance grandit à mesure que la souffrance augmentait. Pendant cinq années cette voie fut la mienne ; mais [70r°] à l’extérieur, rien ne traduisait ma souffrance d’autant plus douloureuse que j’étais seule à la connaître. Ah ! quelle surprise à la fin du monde nous aurons en lisant l’histoire des âmes!… Qu’il y aura de personnes étonnées en voyant la voie par laquelle la mienne a été conduite… (extrait de l'Histoire d'une Ame).

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« Une petite Voie bien droite »

Animée par un fort désir de sainteté, Thérèse s’est heurtée aux diverses manifestations de sa faiblesse. Pour être une sainte, ne faut-il pas être parfaite ? Or Thérèse se savait faible par rapport à son orgueil. Pour être une sainte Carmélite, ne faut-il pas avoir des grâces mystiques un peu extraordinaire ? Or la prière de Thérèse était habituellement aride et sèche. Pour atteindre la sainteté, ne faut-il pas avoir une totale maîtrise de ses émotions ? Or Thérèse était parfois submergée par sa sensibilité très vive. Alors se décourager ? Ce n’était pas son genre ! Elle pria, chercha et comprit. « Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Eternelle : Si quelqu’un est TOUT PETIT qu’il vienne à moi » (Pr 9,4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! » (Is 66,12-13) Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. O mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux « chanter vos miséricordes. (Ps 89,2) » (Ms C, 3r) Nous sommes là au cœur des grandes intuitions spirituelles de Thérèse. Elle y découvre son chemin de sainteté qui peut être aussi le nôtre. Ainsi l’exigence de Dieu se révèle-t-elle faite de compréhension et de tendresse. Comment ce chemin de sainteté peut-il être le nôtre ? Écoutons Thérèse exhorter Sœur Marie de la Trinité, sa novice, à s’y engager. « Vous me faites penser au tout petit enfant qui commence à se tenir debout, mais ne sait pas encore marcher. Voulant absolument atteindre le haut d’un escalier pour retrouver sa maman, il lève son petit pied afin de monter la première marche. Peine inutile ! il retombe toujours sans pouvoir avancer. Eh bien, consentez à être ce petit enfant ; par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l’escalier de la sainteté. Vous n’arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté. Du haut de cet escalier, il vous regarde avec amour. Bientôt, vaincu par vos efforts inutiles, il descendra lui-même, et, vous prenant dans ses bras, vous emportera pour toujours dans son Royaume où vous ne le quitterez plus. Mais si vous cessez de lever votre petit pied, il vous laissera longtemps sur la terre. » (CRM 84-85) Elle écrit à un jeune prêtre qui se prépare à partir pour l’Afrique, l’abbé Bellière. " Ah ! mon cher petit Frère, depuis qu’il m’a été donné de comprendre aussi l’amour du Cœur de Jésus, je vous avoue qu’il a chassé de mon cœur toute crainte (1 Jn 4,18). Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur ma force qui n’est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour. Comment lorsqu’on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l’Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ? Je sais qu’il y a des saints qui passèrent leur vie a pratiquer d’étonnantes mortifications pour expier leurs péchés ; mais que voulez-vous, « il y a plusieurs demeures dans la maison du Père Céleste » (Jn 14,2), Jésus l’a dit et c’est pour cela que je suis la voie qu’Il me trace. Je tâche de ne plus m’occuper de moi-même en rien, et ce que Jésus daigne opérer en mon âme je le lui abandonne. « (LT 247) » Tous les filets des chasseurs ne sauraient l’effrayer car : « C’est en vain que l’on jette le filet devant les yeux de ceux qui ont des ailes » (Proverbes) Plus tard, sans doute, le temps où je suis me paraîtra encore rempli d’imperfections, mais maintenant je ne m’étonne plus de rien, je ne me fais pas de peine en voyant que je suis la faiblesse même, (2 Co 12,5) au contraire c’est en elle que je me glorifie et je m’attends chaque jour à découvrir en moi de nouvelles imperfections. " (Ms C, 15r) (Texte extrait du Site du Carmel de France)

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Thérèse rédige l'Histoire d'une Ame

Au Carmel, elle s’engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l’Évangile, plaçant au centre de tout l’amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l’enfance spirituelle ; elle reçoit comme un don spécial la charge d’accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l’Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l’amour du Christ, son unique Époux. Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu’elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896.

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« J'entre dans la Vie »

Le 3 avril 1896, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d’une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu’elle accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu’à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au coeur de l’Eglise. Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l’épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague ; de nouvelles grâces l’amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l’Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l’infirmerie. Ses soeurs et d’autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s’intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu’à sa mort dans l’après-midi du 30 septembre 1897. « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie », avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l’Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu..., je vous aime ! », scellent une existence qui s’éteint sur la terre à l’âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde. Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927.

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Les reliques de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

par Mgr Bernard Lagoutte, Recteur de la Basilique de Lisieux

La source du mouvement de vénération des reliques de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face a commencé au cimetière de Lisieux peu de temps après sa mort, le 30 septembre 1897. Au Carmel, après le décès des sœurs, une notice nécrologique était rédigée et envoyée aux Amis du monastère. Celle de Thérèse de l'Enfant-Jésus fut composée à partir des trois manuscrits autobiographiques qu'elle avait rédigés par obéissance. Son succès entraîna la première édition de l'Histoire d'une âme, parue le 30 septembre 1898, à 2000 exemplaires, suivie d'une seconde édition en mai 1899 ; 6000 exemplaires en 1900. Les traductions suivirent, d'abord en anglais, en 1901, puis dans les quatre années suivantes, en huit langues. Très vite, les lecteurs de l'Histoire d'une Âme viennent à Lisieux en pèlerinage sur la tombe de Thérèse. Ils écrivent au Carmel pour demander des reliques. Le mouvement va grandissant : un cortège de pèlerins ne cesse de se déplacer chaque jour, montant depuis la gare avec un relais continuel de fiacres vers la tombe, jusque sur les hauteurs de la ville. Des miracles y ont lieu, dont la guérison, le 26 mai 1908, d'une petite fille aveugle, âgée de 4 ans, Reine Fouquet, d'un milieu modeste, que sa mère était allée porter, la veille, sur la tombe. Ce miracle fait beaucoup de bruit. Les pèlerinages sur la tombe sont alors de plus en plus nombreux ; on y prie les bras en croix, on y laisse des lettres, des photographies ; on apporte des fleurs, on dépose des ex-votos : béquilles, cannes, appareils en tous genres (cf. Guide du pèlerin, Descouvemont, p. 44), on allume des cierges… De grands pèlerinages s'organisent. Le corps de Thérèse est exhumé au cimetière de Lisieux le 6 septembre 1910, en présence de l'évêque et de quelques centaines de personnes. Les restes sont déposés dans un cercueil de plomb et transférés dans un autre caveau. Une deuxième exhumation a lieu les 9-10 août 1917. Le 26 mars 1923, a lieu la translation solennelle du cercueil depuis le cimetière jusqu'à la chapelle du Carmel. La béatification de Thérèse aura lieu à Rome le 29 avril 1923. La canonisation a lieu à Rome le 17 mai 1925. A Lisieux, le 30 septembre 1925, le légat du Pape, le cardinal Vico, vient s'agenouiller devant la châsse entrouverte où repose le corps de Thérèse, pour y déposer une rose d'or dans la main du gisant, réalisé en 1920 par le moine Marie-Bernard, de la Trappe de Soligny. Mais comment expliquer cet " ouragan de gloire " qui, en un quart de siècle, fait connaître au monde entier cette jeune fille morte à 24 ans et 8 mois ? (Extrait du Site du Sanctuaire de Lisieux)

Les reliques de Sainte Thérèse à travers le monde

Partout, avec des manifestations diverses, à travers le reliquaire, c'est Thérèse qui est accueillie. Des milliers de kilomètres sont parcourus. Que cherchent-elles ces foules qui viennent de partout, non seulement catholiques, mais aussi venant de diverses Églises chrétiennes, de personnes appartenant à diverses religions (notamment l'Islam) ? qui cherchent-elles ? "L'outil marketing médiatique" (comme le nomme un professionnel du tourisme) est pourtant bien pauvre, malgré la beauté du coffret offert par le Brésil et sa coque protectrice en plexiglas. Les foules manifestent un enthousiasme bon enfant mais n'ont pas une attitude magique. Elles touchent le reliquaire, le fêtent tantôt dans un recueillement silencieux, tantôt avec les signes de la fête, la joie, les fleurs, les applaudissements, les feux d'artifice, les chants, les orchestres, mais elles manifestent surtout prière, vénération, émotion. Elles viennent participer à l'Eucharistie, à la louange. Elles accomplissent les démarches pénitentielles, reçoivent le sacrement de la Réconciliation, vivent de longs moments de prière… Elles cherchent à connaître Thérèse, à lire ses œuvres, à se procurer des images et des médailles qui la représentent. La vénération des reliques est certainement une expérience du croyant devant le sacré (une musulmane au Liban : " c'est une bénédiction de Dieu "). Elle établit une communication avec Dieu. L'important est donc d'éclairer ce qu'elles signifient. (Extrait du Site du Sanctuaire de Lisieux)

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Prière pour demander des grâces par l’intercession de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Dieu Notre Père, tu accueilles près de Toi, ceux qui, en ce monde, te servent fidèlement : nous invoquons Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à cause de son amour pour Toi. Sa filiale confiance lui faisait espérer « que Tu ferais sa volonté au Ciel puisqu’elle avait toujours fait la tienne sur la terre ». Je Te supplie d’exaucer la prière que je t’adresse avec foi en me confiant à son intercession.

Seigneur Jésus, Fils unique de Dieu et notre Sauveur, souviens-toi que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus consuma sa vie ici-bas pour le salut des âmes et voulut « passer son Ciel à faire du bien sur la terre » : parce qu’elle fut ton épouse bien-aimée, passionnée pour ta gloire, nous la prions. Je m’en remets à Toi, afin d’obtenir les grâces que j’implore en me confiant à son intercession.

Je vous salue Marie

Esprit-Saint, source de toute grâce et de tout amour, c’est par ton action que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus fut comblée de prévenances divines et y répondit avec une parfaite fidélité. Maintenant qu’elle intercède pour nous, et ne veut prendre aucun repos jusqu’à la fin des temps , nous l’implorons. Je te demande d’inspirer et d’écouter ma prière, afin que me soit accordée la faveur confiée à son intercession.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

Ô Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, vois la confiance que je mets en toi et accueille mes intentions. Intercède pour moi auprès de la Vierge Marie qui vint te sourire au moment de l’épreuve. Regarde aussi tous ceux qui peinent et qui souffrent et tous ceux qui te prient : je m’unis à eux comme à des sœurs et à des frères. A travers les grâces que nous demandons si telle est la volonté du Seigneur, donne-nous d’être fortifiés dans la Foi, l’Espérance et l’Amour sur le chemin de la vie, et d’être aidés au moment de la mort, afin de passer de ce monde dans la paix du Père et de connaître l’éternité de joie des enfants de Dieu. Amen !

Pour approfondir

voir le site du Carmel de France

http://www.carmel.asso.fr/Therese-de-Lisieux.html

Site de la Maison Natale de Sainte Thérèse à Alençon

http://www.maisondetherese.com/la-maison-de-therese.html

Site du Sanctuaire de Lisieux

http://therese-de-lisieux.cef.fr

Notre Père

"Dans le coeur de l'Eglise ma Mère, je serais l'amour"

19 juillet 2008

Litanies du Christ Roi

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Litanies du Christ Roi

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Christ-Roi, Dieu de Dieu et Lumière de Lumière, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, Image du Dieu invisible, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, en qui toutes choses ont été créées, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, pour qui le monde a été fait, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, né de la Vierge, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, vrai Dieu et vrai Homme, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, adoré des bergers et des mages, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, Législateur suprême, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, Source et Modèle de toute sainteté, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, notre Voie, notre Vérité, notre Vie, que votre Règne vienne.
Christ-Roi, à qui tout pouvoir a été donné au Ciel et sur la terre, que votre Règne vienne.

Christ-Roi, Pontife éternel, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi de l'intelligence, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi de la volonté, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi de douleurs, couronné d'épines, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi d'humilité, vêtu de pourpre par dérision, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi, Époux des vierges, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi, qui en Marie-Madeleine as glorifié la vie pénitente, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi, dont le Royaume n'est pas de ce monde, régnez sur votre peuple.
Christ-Roi, par le don royal de ton amour, la Sainte Eucharistie, régnez sur votre peuple.

Christ-Roi, Chef-d'œuvre de la toute-puissance du Père, régnez sur les familles.
Christ-Roi, qui avez élevé le mariage à la dignité d'un sacrement, régnez sur les familles.
Christ-Roi, qui avez opéré votre premier miracle aux noces de Cana, régnez sur les familles.
Christ-Roi, Ami très aimable des enfants, régnez sur les familles.
Christ-Roi, qui par votre vie cachée à Nazareth avez donné un exemple aux parents et aux enfants, régnez sur les familles.
Christ-Roi, qui avez ennobli et sanctifié le travail par l'ouvrage de vos mains, régnez sur les familles.
Christ-Roi, qui avez ressuscité d'entre les morts et rendu à leurs familles le jeune homme de Naïm, la fille de Jaïre et votre ami Lazare, régnez sur les familles.
Christ-Roi, qui avez pardonné à la femme adultère, régnez sur les familles.
Christ-Roi, par votre amour pour Marie et Joseph, régnez sur les familles.

Christ-Roi des rois et Seigneur des seigneurs, régnez sur les nations.
Christ-Roi des siècles, Immortel et Invisible, régnez sur les nations.
Christ-Roi d'éternelle gloire, régnez sur les nations.
Christ-Roi qui dirigez les batailles, régnez sur les nations.
Christ-Roi, Prince de la Paix, régnez sur les nations.
Christ-Roi, qui portez sur vos épaules le signe de la Principauté, régnez sur les nations.
Christ-Roi, dont le Règne ne prendra pas fin, régnez sur les nations.
Christ-Roi, qui êtes assis au-dessus des Chérubins, régnez sur les nations.
Christ-Roi, par l'amour que vous avez de tout temps témoigné aux peuples qui vous sont fidèles, régnez sur les nations.

Christ-Roi qui renversez les puissants de leur trône, régnez sur vos ennemis.
Christ-Roi, qui brisez les rois au jour de votre colère, régnez sur vos ennemis.
Christ-Roi, qui avez vaincu l'enfer par votre mort sur la croix, régnez sur vos ennemis.
Christ-Roi, qui avez triomphé de la mort par votre Résurrection, régnez sur vos ennemis.
Christ-Roi, qui reviendrez juger les vivants et les morts, au jour de votre force, dans la splendeur de vos Saints, régnez sur vos ennemis.
Christ-Roi, par votre prière pleine d'amour sur la croix: "Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font", régnez sur vos ennemis.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés, régnez sur Vos ennemis.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés, triomphez sur Vos ennemis

Agneau de Dieu qui effacez les péchés, ayez pitié de Vos ennemis.

Son empire s'étendra.
Et la paix sera sans fin.

Prions

Dieu tout-puissant et éternel, qui avez voulu tout renouveler par votre cher Fils, le Roi de l'Univers, accordez dans votre bonté que toutes les familles de peuples, divisées par la blessure du péché, se soumettent à votre autorité très douce. Par le même Jésus-Christ, Notre Seigneur, qui vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Téléchargez les Litanies du Christ Roi (pdf) en cliquant ici

18 juillet 2008

Litanies Sainte Jeanne d'Arc

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Sainte Jeanne d'Arc
Vierge, Libératrice de la France
1412-1431

Fête le 30 mai

Sainte Jeanne d'Arc montre une fois de plus, et d'une manière particulièrement éclatante, deux choses: combien Dieu aime la France et comme il est vrai qu'Il Se plaît à choisir les plus faibles instruments pour l'accomplissement des plus grandes choses. Jeanne d'Arc naquit à Domrémy, dans la Lorraine actuelle, le 6 janvier 1412; ses parents, Jacques d'Arc et Isabelle Romée, étaient des cultivateurs faisant valoir leur petit bien. La première parole que lui apprit sa mère fut le nom de Jésus; toute sa science se résuma dans le Pater, l'Avé, le Credo et les éléments essentiels de la religion. Elle approchait souvent du tribunal de la pénitence et de la Sainte Communion; tous les témoignages contemporains s'accordent à dire qu'elle était "une bonne fille, aimant et craignant Dieu", priant beaucoup Jésus et Marie. Son curé put dire d'elle: "Je n'ai jamais vu de meilleure chrétienne, et il n'y a pas sa pareille dans toute la paroisse." La France était alors à la merci des Anglais et des Bourguignons, leurs alliés; la situation du roi Charles VII était désespérée. Mais Dieu Se souvint de Son peuple, et afin que l'on vît d'une manière évidente que le salut venait de Lui seul, Il Se servit d'une humble fille des champs. Jeanne avait treize ans quand l'Archange saint Michel lui apparut une première fois, vers midi, dans le jardin de son père, lui donna des conseils pour sa conduite et lui déclara que Dieu voulait sauver la France par elle. Les visions se multiplièrent; l'Archange protecteur de la France était accompagné de sainte Catherine et de sainte Marguerite, que Dieu donnait à Jeanne comme conseillères et comme soutien. Jusqu'ici la vie de Jeanne est l'idylle d'une pieuse bergère; elle va devenir l'épopée d'une guerrière vaillante et inspirée; elle avait seize ans quand le roi Charles VII, convaincu de sa mission par des signes miraculeux, lui remit la conduite de ses armées. Bientôt Orléans est délivrée, les Anglais tremblent et fuient devant une jeune fille. Quelques mois plus tard, le roi était sacré à Reims. Dans les vues divines, la vie de Jeanne devait être couronnée par l'apothéose du martyre: elle fut trahie à Compiègne, vendue aux Anglais, et après un long emprisonnement, où elle subit tous les outrages, condamnée et brûlée à Rouen (30 mai 1431). Son âme s'échappa de son corps sous la forme d'une colombe, et son cœur ne fut pas touché par les flammes. L'Église a réhabilité sa mémoire et l'a élevée au rang des Saintes. Jeanne d'Arc demeure la gloire de la France, sa Protectrice puissante et bien-aimée. Elle a été déclarée sa Patronne secondaire par un Bref du Pape Pie XI, le 2 mars 1922.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

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Litanies de Sainte Jeanne d'Arc

Seigneur, ayez pitié de nous!
Jésus-Christ,ayez pitié de nous!
Seigneur, ayez pitié de nous!
Jésus-Christ,écoutez-nous!
Jésus-Christ,exaucez-nous!
Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous!
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous!
Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous!
Trinité Sainte qui êtes un Seul Dieu, ayez pitié de nous!

Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, priez pour nous!
Notre-Dame de l'Assomption, Patronne Principale de la France priez pour nous!
Saint Michel Archange, Patron et Spécial Protecteur de la France, priez pour nous!
Sainte Catherine d'Alexandrie, Vierge et Martyre, priez pour nous!
Sainte Marguerite d'Antioche,Vierge et Martyre, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, docile à l'Appel de Dieu, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, choisie par Dieu à Domrémy, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, avertie par Saint Michel Archange et ses Anges, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, docile à l'Appel de Dieu, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, confiante et soumise à vos Voix, priez pour nous !
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de vie familiale et laborieuse, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de vos compagnes, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, fidèle dévote à Notre-Dame, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc,qui faisiez vos délices de la Sainte Eucharistie,priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de générosité au service de Dieu, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, exemple de fidélité à la vocation Divine, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle d'union à Dieu dans l'action, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, Vierge et guerrière, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de bravoure et de pureté dans les camps, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, modèle de nos soldats, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, compatissante envers tous ceux qui souffrent, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, salut d'Orléans, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, gloire de Reims,priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, libératrice de la patrie, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, trahie et prisonnière à Compiègne, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, pure et patiente dans votre prison, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, héroïque et vaillante devant vos juges, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, seule avec Dieu à l'heure du supplice, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc, martyre de Rouen, priez pour nous!
Sainte Jeanne d'Arc et Sainte Thérèse de Lisieux, patronnes de la France, priez pour nous!
Tous les Saints et Saintes de France, intercédez pour nous !

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur !
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous , Seigneur!
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur !

Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous!

Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ !

Prions

O Dieu, qui avez suscité d'une manière admirable La Vierge de Domrémy, Sainte Jeanne d'Arc, pour la défense de la Foi et de la patrie; faites, nous Vous en prions, que par son intercession, l'Eglise triomphe des assauts de ses ennemis et jouisse d'une Paix durable. Par Jésus Christ, Notre Seigneur. Amen.

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Téléchargez le texte des Litanies de Sainte Jeanne d'Arc (pdf) en cliquant ici

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