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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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25 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04

Vingt-sixième jour

Précieux avantages de notre amour envers ce divin Sauveur

Voix de Jésus


« O mon fils ! C'est injustice que de ne pas m'aimer: je suis le souverain bien. C'est ingratitude: Je t'ai aimé le premier, et Je t'ai tant aimé ! C'est folie; car ce n'est qu'en aimant ton Jésus, et en t'aimant par-dessus tout, que tu peux trouver le vrai bonheur pour cette vie et pour la vie éternelle. Sans Mon Amour, en effet, que te servira la science ? Que te servira la richesse ? Que te serviront tous les biens de la terre ? Que te serviront même les vertus purement humaines qui attirent le plus l'admiration des mortels ? Mais si tu M'aimes comme tu le dois, ce qui est inutile par sa nature te deviendra profitable et te procurera un gain d'une valeur immense; avec Mon Amour, ce qui est fâcheux, ce que le monde appelle malheur, infortune, tu l'appelleras d'un tout autre nom en tournant vers le Ciel des regards de confiance. Les infirmités, les fatigues, les mépris, l'adversité, la tristesse, les peines de toute sorte qui affligent la nature humaine déchue, et qui parfois semblent l'accabler, cet amour te les rendra supportables; il t'y fera même trouver des consolations d'autant plus précieuses qu'elles seront comme un gage de la possession de cette patrie véritable où tout sera compté, tout payé, tout récompensé au centuple et à jamais. Mon Amour est un bien sans prix: Rien n'est plus doux, rien n'est plus fort, rien n'est plus noble et plus élevé; il n'est rien de meilleur au Ciel et sur la terre. Ah! Si tu le laissais dominer sans réserve dans ton cœur, Il serait ton soulagement, ton soutien, ton repos, ta paix; Il ferait ton bonheur, même dans ce monde. Qu'y a-t-il de plus désirable que cette Paix de Dieu, cette paix si suave qui surpasse tout sentiment, et dont Mon Amour est la source ? Qu'y a-t-il de comparable à ces joies si pures, si délicieuses, que Je me plais à répandre dans les âmes qui ne veulent que Moi, qui ne cherchent que Moi et qui Me consacrent toutes leurs puissances, tout leur être? O Mon fils travaille ardemment à te rendre digne d'en faire l'heureuse expérience: tu pourras t'écrier alors, dans le pieux élan de ton admiration et de ta gratitude, que tu as senti d'avance quelque chose du Ciel ».

 

Réflexion

 

N'est-il pas étrange, en vérité, que le Cœur de Jésus, qui m'est constamment ouvert, m'offrant des avantages si précieux, et n'attendant pour m'en faire jouir, que le retour sincère de tout mon amour, je sois encore dans la même indigence, dans les mêmes misères? Ah! c'est que, pour puiser dans ce trésor avec abondance, il faudrait que ma vie fût comme cachée en Dieu; et loin de là, ma vie est absorbée dans des joies périssables de la terre, dans de vaines satisfactions de la nature ou dans de petites passions que je laisse régner au fond de mon âme. Puissé-je, enfin, renoncer généreusement, irrévocablement à ce qui m'empêche d'être tout à Jésus et de vivre de son seul amour ! Que rien ne vienne dans mon cœur occuper une place au préjudice de cet amour sacré, qui a les promesses de la vie présente et de la vie future; et que je n'aie plus de goût que pour les choses qui sont au-dessus de ce monde.

 

Pratique

 

1° Appliquez-vous à vous faire une pieuse solitude au fond de votre cœur, où vous conserviez, au milieu même des affaires du monde, le sentiment de la présence de votre bien-aimé Sauveur, les jours surtout où vous avez le bonheur de communier. 2° Puisez dans son cœur divin le principe de toutes vos pensées, de toutes vos paroles, de toutes vos actions, en sorte que tout en vous procède de son amour et vous ramène à son amour.

 

Esprit de recueillement d'une âme vraiment pieuse

 

Il est peu d'âmes qui aient su apporter autant de constance et de fidélité au souvenir de la présence de Dieu que Melle Victorine de Galard-Terraube, dont il a été déjà parlé au premier jour. Au milieu des occupations les plus distrayantes, elle conservait une intime union avec le divin époux: « Par obéissance à ses parents, dit a ce sujet Madame la Supérieure des Dames de Chavagnes d'Angoulême, qui la connaissait si bien, elle figurait au milieu d'une société choisie, mais sans interrompre son recueillement habituel: cette âme vraiment intérieure savait même faire, de temps en temps, une retraite de trois ou quatre jours au sein de sa famille et de ses amis, sans que personne pût s'en apercevoir, et sans perdre, pour cela, l'air riant et a gracieux qu'elle conservait toujours ». « Rien, en effet, n'était capable de la détourner de cette douce application, pas même ses longs et fréquents voyages, source ordinaire de tant de dissipation et de négligence, que l'auteur de l'Imitation n'a pas craint d'avancer que a ceux qui voyagent beaucoup, rarement se sanctifient. Elle-même avoue, dans ses notes, que la grâce demandait d'elle un esprit d'oraison continuel; et elle ajoute qu'elle s'efforçait, quoique sans contrainte, de fuir toutes ces distractions d'esprit qu'entraînent les choses de la terre, en donnant à celles-ci seulement l'attention que le devoir pouvait demander d'elle. On voit encore, dans ses notes, qu'elle pratiquait admirablement la pureté d'intention. Vers la fête de l'Assomption de l'année 1831, elle prit la généreuse résolution de consacrer spécialement, chaque jour, à Jésus-Christ, une heure qu'elle appelait l'heure du contentement parfait, et pendant laquelle elle s'efforçait de faire toutes ses actions pour lui plaire, et avec le plus de perfection qu'il lui était possible. Vers la fin de janvier 1832, la grâce la porta à consacrer ainsi à son bien-aimé, « non plus seulement une heure, mais toutes celles de la journée », ce sont ses propres expressions. Au commencement du carême de la même année, elle écrivait: « Jamais je n'ai commencé cette sainte quarantaine avec une aussi forte résolution de répondre enfin tout à fait aux grâces que le bon Dieu ne cesse de m'accorder, et de tout faire, jusqu'aux plus petites choses, dans la plus grande perfection qu'il me sera possible ». (Vie de Victorine de Galard-Terraube, 5e partie).

 

icone do Coeur de Jésus Normal

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24 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-cinquième jour

Titres qu'il se donne pour exprimer sa tendresse envers nous

 

Voix de Jésus

 

« L'amour M'a fait ton ami : ton ami véritable, qui donne tout, qui prodigue tout, qui ouvre tous Ses Trésors, qui supporte tout, qui sait tout pardonner au repentir; ami fidèle et constant, ami dans la prospérité, ami dans l'adversité, ami dans les tribulations, ami dans les infirmités, ami pendant la vie, ami à la mort. Ami au-dessus de tous les amis, Je t'ai aimé plus qu'aucun de tous tes amis ne pourrait t'aimer, plus que tu ne t'aimes, plus que tu ne peux t'aimer toi-même: Je t'ai aimé jusqu'à commander à tous les hommes de t'aimer sous peine de mériter Ma disgrâce; Je t'ai aimé jusqu'à te nourrir de Ma Chair et de Mon Sang, en attendant que dans le Ciel Je te fasse heureux de Mon bonheur, et que Je t'enivre d'un torrent de délices dans le sein de Ma Divinité. L'Amour M'a fait ton frère. Ton frère selon la nature: ne Me suis-je pas rendu en tout semblable à toi hormis le péché? Ton frère selon la grâce: n'es-tu pas devenu enfant de Dieu, par l'application des mérites infinis de Son Fils unique; et quand, après Ma Résurrection, Je disais: Je remonte vers Mon Père et votre Père ne t'avais-Je pas en vue aussi bien que Mes disciples? Ton frère par le droit que Je t'ai donné à Mon Héritage: car tu as été fait cohéritier de ton Sauveur, et ta fidélité à la Grâce peut te mettre en possession de la magnifique Gloire qu'Il a conquise par Ses travaux et par Ses souffrances. L'Amour M'a fait l'époux de ton âme. Vois par quel lien puissant Je l'ai unie à Moi: sur la Croix en donnant Mon Sang pour la racheter, dans l'Eucharistie en M'identifiant avec elle comme l'aliment s'identifie avec le corps qui s'en nourrit. Vois de quelle richesse Je l'ai ainsi dotée, de quels dons précieux Je l'ai couronnée: tous Mes Mérites, tous Mes biens sont devenus son partage; Je suis moi-même à elle tout entier; et Mon Cœur se plaît à lui faire entendre les noms si doux de ma colombe, ma bien-aimée ».

 

Réflexion

 

Jésus, mon ami; Jésus, mon frère; Jésus, mon époux! Quoi de plus touchant pour une âme qui sait aimer, comprendre et sentir! Ah! quel bonheur d'être élevé, du fond de la misère et de la corruption où je suis né, jusqu'à la dignité sublime qui m'est assurée par ces doux titres que le cœur de mon Dieu a daigné prendre pour m'attirer, pour me gagner tout à Lui, tout à Son Amour! Mais que j'ai mal soutenu jusqu'à présent la Gloire qui m'en revient! Que je me suis montré peu digne d'un tel Ami, peu digne d'un tel Frère, peu digne d'un tel Epoux! Oui, j'ai eu trop peu d'horreur pour tout ce qui pouvait ternir à ses yeux la pureté de mon âme; trop peu de zèle pour accroître, en travaillant à ma perfection, la beauté de cette épouse qu'il s'était choisie entre mille. O mon Dieu! puissé-je à l'avenir ne perdre jamais le sentiment de la dignité à laquelle Vous avez daigné m'élever, et correspondre, par toute ma conduite, à Votre immense Tendresse envers moi!

 

Pratique

 

1° Évitez avec soin les plus petits péchés volontaires : chacun affaiblit d'un degré l'amour qui vous unit à Jésus; chacun refroidit d'un degré son amour d'ami, de frère et d'époux envers votre âme. 2° Quand il vous échappe une faute, soyez fidèle à la réparer au plus tôt par un acte de la vertu contraire, ou par un pieux soupir vers le cœur de Jésus.

 

Sainte horreur d'une vierge chrétienne pour les moindres fautes

 

A quatorze ans, Anne-Félicité des Nétumières avait eu pour guide, dans les voies du salut, le célèbre M. Boursoul, curé de Rennes, saint prêtre, puissant dans les œuvres de son ministère. L'homme de Dieu s'était attaché à lui inspirer la plus grande horreur du péché, lui répétant souvent cette maxime: « Veillez continuellement sur vous-même, pour ne point offenser Dieu ». Ses paroles avaient porté leurs fruits: car, peu de jours avant que de mourir, dans cet instant où l'âme du juste ne craint plus rien du souffle contagieux de l'amour-propre, Félicité disait à une amie, en lui rappelant cette circonstance de sa jeunesse: « M. Boursoul m'avait si bien inspiré l'horreur du péché, que, si j'eusse vu l'enfer prêt à m'engloutir, et que, pour l'éviter, il eût fallu commettre volontairement la plus légère faute, je me serais précipitée dans cet abîme plutôt que d'y consentir. Non, non, quand ces sentiments sont une fois bien imprimés dans notre âme, ils ne s'effacent point, et, dès qu'on voit l'ombre d'une faute, on trouve une espèce d'impossibilité à la commettre ». Lorsqu'elle eut pris l'habit de religieuse, elle employait, pour se pénétrer d'une vive indignation contre ses manquements les plus légers, le souvenir continuel de la présence du Dieu trois fois saint, et s'appliquait à se retracer les traits les plus touchants de l'humanité du Sauveur. Tantôt elle l'envisageait comme le divin cultivateur arrachant de son âme ce qui n'était point parfait à ses yeux; tantôt comme un maître qui lui donnait de sublimes leçons; souvent comme un bon père qui corrige son enfant parce qu'il l'aime; d'autres fois, et le plus souvent, comme son bien aimé, son adorable époux. Un jour elle s'aperçut d'une faute que toute autre, peut-être, avec moins de délicatesse, aurait traitée de scrupule, et qui tenait plus à une sorte de méprise qu'à la volonté. Malgré ce témoignage consolant de sa conscience, la vivacité de ses regrets ne pouvait à ses yeux, expier son péché. Plusieurs fois elle s'en accusa, n'épargnant aucune pénitence capable de calmer la colère du ciel, qu'elle craignait d'avoir méritée. Mais comme elle ne sentait plus la même facilité à s'entretenir avec Dieu, l'idée qu'il s'était retiré d'elle la jetait dans l'accablement: elle se croyait la plus ingrate des créatures, et ne voyait plus, dans son divin époux, qu'un juge irrité, ce qui lui causait mille angoisses... Le Seigneur ne tarda pas à la récompenser de tant de zèle, en lui rendant la paix de l'innocence, la joie de l'amour divin et la confiance filiale en son divin cœur. On trouve des sentiments semblables, admirablement exprimés, dans l'extrait suivant d'une lettre à une de ses amies: « Au pied de votre Crucifix, lui disait-elle, réparez votre faute, par les plus tendres protestations: collez votre bouche sur les plaies de votre Sauveur, et dites-Lui: « O mon cher époux! je vous ai donc encore offensé! J'en suis pénétrée d'amertume; mon cœur a été surpris; il n'a point cessé de vous aimer; c'est lui qui vous supplie d'oublier mes torts; c'est de toute la force de ma volonté que je veux me faire violence jusqu'à la mort, plutôt que de consentir à vous déplaire jamais Vous exigez pour réparation ce que vous pourriez m'accorder pour récompense: que je vous répète l'assurance de mon amour, que je vous donne des preuves de ma confiance en venant me jeter dans vos bras... Que vous êtes bon!... Je voudrais passer les jours entiers à vous le dire! Ah! du moins, que tous les battements de mon cœur vous répètent que je vous aime; que j'ai le plus grand regret de vous avoir déplu, et que je voudrais faire connaître vos bontés à toutes les créatures, pour qu'elles pussent m'aider à vous marquer ma reconnaissance ». (Les Héroïnes chrétiennes, par l'abbé Carron).

 

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23 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-quatrième jour

Titres qu'il se donne pour exprimer sa charité envers nous

 

Voix de Jésus


« Après avoir considéré, ô mon fils, les prodiges d'Amour que Mon Divin Cœur M'a fait opérer pour toi: Mes douleurs et mes humiliations depuis le Jardin des Oliviers jusqu'au Calvaire; cet ineffable Mystère de l'Eucharistie qui est le Mémorial spirituel de Ma Charité, après avoir considéré cette Gloire admirable qui est le prix de Mon dévouement et dont Je réserve la participation éternelle à ta persévérance, écoute les titres touchants que Je Me suis donnés, et que Je veux ici rappeler à ton souvenir pour gagner de plus en plus ton cœur. C'est l'Amour qui M'a fait ton libérateur, ô mon fils ! Plein de compassion et de générosité, J'ai payé tes dettes à la Justice Divine; J'ai tout sacrifié pour te racheter. C'est pour ton Salut que Je Me suis imposé toutes les privations, que J'ai subi toutes les amertumes de Ma vie mortelle; pour ton Salut que J'ai livré Mon Corps aux souffrances, et que J'ai expiré sur le Bois de l'infamie. Ainsi, Je fus ta rançon, ta victime, et J'ai voulu l'être non-seulement une fois sur le Calvaire, mais encore tous les jours sur Mes Autels, dans tous les lieux et dans tous les temps, à toutes les heures du jour et de la nuit: le soleil ayant reçu l'ordre d'éclairer successivement toutes les parties de la terre, il n'y a point d'heure où Je ne sois offert quelque part en sacrifice. C'est Mon Amour qui, à la vue de l'état déplorable où t'avaient réduit la faute originelle et tes propres péchés, a ému Mon Cœur et lui a inspiré pour toi cette tendre sollicitude qu'éprouve un médecin dévoué pour celui qui est l'objet de ses soins et de sa plus vive affection. Je suis venu répandre l'huile et le vin sur tes blessures; J'ai pris sur moi tes langueurs; Je Me suis chargé de tes souffrances; pour te guérir J'ai été couvert de plaies et de meurtrissures. Mais J'avais aussi à te guérir de ton ignorance, suite funeste de la chute primitive: c'est pour cela que Je t'ai apporté du Ciel tes paroles de la vie éternelle, que Je t'ai éclairé de Mon admirable Lumière. Je suis venu pour t'enseigner la voie de la Vérité et de la justice; et afin de t'encourager à pratiquer fidèlement mes préceptes, moi-même Je t'ai donné l'exemple. C'est encore l'Amour qui M'a fait ton Pasteur et ton Guide. Je suis le Bon Pasteur, t'ai-Je dit dans Mon Évangile; Je connais Mes brebis, et Mes brebis Me connaissent; Je donne Ma vie pour elles. Je suis le Bon Pasteur: Je te cherche quand tu t'égares ; Je te rapporte au bercail quand tu t'en es éloigné, Je t'y nourris de Ma propre substance; Je Me plais à t'y prodiguer les plus doux témoignages de Ma Tendresse. Je te dis, dans l'effusion de Mon Cœur: Écoute-Moi, brebis chérie, toi pour qui J'ai le dévouement d'une mère: J'ai tout fait pour toi, et jusqu'à la fin Je te sauverai de tes ennemi; Je te porterai dans mes bras comme la mère presse son enfant sur son cœur; Je t'enivrerai de consolations. Une mère peut-elle oublier son enfant? peut-elle être sans pitié pour le fruit de ses entrailles? Quand même elle l'oublierait, Moi, Je ne t'oublierai jamais ».

 

Réflexion

 

J'étais par nature enfant de colère, conçu dans le péché, esclave du démon, condamné à la mort éternelle; et Jésus, plein d'amour, a daigné me délivrer, me racheter, moi, tout indigne, moi qui devais répondre si mal à Sa grande Miséricorde et à Son Amour infini. J'étais esclave de Satan, et il m'a fait enfant de Dieu: que ne dois-je pas faire pour conserver ce titre magnifique! Je méritais la damnation, et Il m'a donné droit à la gloire éternelle: pourrais-je m'exposer jamais volontairement à la perdre? J'étais aveugle, et Il m'a éclairé; j'étais sourd à la grâce, et Il m'a ouvert l'oreille du cœur; j'étais muet, incapable de dire le Nom du Père qui est dans les Cieux, et Il a délié ma langue pour la bénédiction et pour la louange; j'étais hors d'état de faire un pas dans la voie de la vertu, du vrai bonheur, et Il m'y a fait marcher avec assurance; j'étais faible contre la chair et le démon, et Il m'a fortifié pour le combat; j'étais couvert de la lèpre du péché, et Il m'a purifié; j'étais mort et Il m'a ressuscité, en me rendant la vie de l'âme: ô vie que je ne saurais assez estimer, sois-moi toujours précieuse au-dessus de tous les biens! Brebis égarée, j'étais déjà bien loin de mon Divin Pasteur, et je ne trouvais, hélas ! Que des pâturages maudits et des sources empoisonnées, quand Il est venu à moi pour me ramener au milieu de Ses brebis fidèles, qui se désaltèrent à la source de la véritable vie, et se nourrissent des aliments les plus substantiels. Mon Doux Jésus, pour tant de bontés, que Vous rendrai-je? Et qu'est-ce qui me coûtera désormais pour reconnaître tant de Charité !

 

Pratique

 

1° Gardez-vous de penser que, parce que votre Dieu s'est fait votre rançon, votre victime, vous n'avez rien à faire vous-même: Saint Paul vous dit que les membres de ce divin chef doivent accomplir en eux-mêmes sa passion. Mortifiez donc vos inclinations naturelles, réprimez surtout votre amour-propre, votre vivacité, votre vaine curiosité, votre trop grande délicatesse. 2° Au lieu d'écouter la nature qui pourrait vous porter à vous relâcher en quelque chose de vos saintes résolutions ou de vos pratiques pieuses, sachez la contrarier avec une sainte constance par gratitude et par amour envers votre libérateur, envers le céleste médecin de votre âme, envers votre bon pasteur.

 

Fidélité de la Duchesse d'Aiguillon à ses pratiques de piété

 

Monsieur du Ferrier, de la communauté des Prêtres de la paroisse Saint Sulpice, rend, dans ses Mémoires, le plus honorable témoignage aux vertus, et particulièrement à la haute piété de Mme la duchesse d'Aiguillon. Il en cite un trait des plus édifiants, bien capable d'exciter le zèle et la ferveur des âmes qui veulent s'adonner au service de notre divin Maître: « J'aurais une grande matière, dit-il, si je voulais parler des vertus et des libéralités de Madame la Duchesse d'Aiguillon. Je puis dire que sa générosité et sa charité allaient au delà de tout ce qu'on saurait penser: jamais elle ne refusa aucune des bonnes œuvres que nous lui proposâmes. Je me contenterai de rapporter d'elle, ici, une seule action qui fera juger du fond de sa piété. Une nuit, j'allai dans l'église de Saint Sulpice, après avoir pris mon repas, à onze heures environ, comme c'était mon ordinaire; j'étais devant le Saint-Sacrement, et j'entendis qu'on ouvrait la porte de l'église; je ne m'en mis pas en peine, sachant que, dans cette paroisse, on est souvent obligé d'administrer les sacrements aux malades pendant la nuit. Un peu après, quelqu'un vint se mettre à genoux derrière moi fort doucement. Lorsque j'eus achevé mes prières, je me levai, et je reconnus Madame d'Aiguillon. Je lui témoignai mon étonnement de la voir là, à une heure après minuit, et lui en demandai la raison. Elle me dit qu'après avoir été toute la journée dans les affaires, elle n'avait pas pu trouver de temps pour faire son oraison, et que, revenant du Palais-Royal (où était alors la cour), et voulant remplir ce pieux devoir, elle avait prié le sonneur de lui ouvrir l'église, où elle pensait pouvoir être plus recueillie que chez elle. J'honorai, au fond de mon âme, tant de piété, et la laissai continuer son oraison au pied du très Saint-Sacrement ». (Vie de Monsieur Olier, fondateur du séminaire de Saint Sulpice, t. I, p. 612, 613).

 

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22 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04

Vingt-troisième jour

Glorification de son cœur sacré dans le Ciel

Voix de Jésus


« Tu as vu, mon fils, quelle est l'amabilité de Mon Cœur Adorable; tu as vu quel est Son Amour pour les hommes: viens, maintenant, suis-Moi jusqu'au sein de Mon Céleste Héritage, tu verras Sa Gloire. Depuis que J'ai vaincu la mort, et que Je me suis élevé triomphant dans les cieux; depuis que Mon Corps est revêtu, dans les splendeurs des Saints, de cette bienheureuse immortalité qui est la juste récompense de Mes travaux, de Mes souffrances, de Mon Sang répandu pour le Salut du monde, Mon Cœur est inondé d'une joie ineffable, couronné d'un éclat éblouissant. Ce Cœur s'était fait humble pour toi; pour toi ce Cœur avait été saturé d'opprobres; il avait été plongé pour toi dans un abîme d'amertume et de douleur; et maintenant il a le repos après la fatigue, la paix après les tribulations, la joie après la tristesse, le triomphe et la gloire après l'humiliation. De Sa Plaie sacrée qu'environne une éclatante lumière, coulent sans cesse sur les heureux habitants des tabernacles éternels des flots d'amour, de bonheur et de gloire inaltérables; ils viennent s'y unir comme à leur centre; ils Lui font hommage de leurs victoires et de leurs couronnes; ils vivent par ce Cœur, ils vivent pour ce Cœur, ils vivent dans ce Cœur, et ainsi se réalise cette ineffable unité que Je demandais au Père Céleste pour Mes élus, à la dernière Cène, quand Je lui disais: Faites qu'ils soient consommés en un avec nous. Ah ! Si tu pouvais un instant, un seul instant contempler cette merveille!.... Mais c'est encore pour toi le temps de l'exil, et dans cet exil ne peut luire le jour éternel de la cité permanente Adore donc, humblement éclairé par la Foi, ce secret du ciel, et attends en soupirant, appuyé sur l'espérance, que les ombres déclinent et que les collines éternelles s'abaissent. Oui, adore, ô mon fils; espère, désire de voir et de posséder; et reçois avec consolation de Ma bouche cette douce assurance que, du haut de Sa Gloire immense, Mon Cœur pense à toi, Mon Cœur te chérit; et qu'Il ne saurait jamais t'oublier, jamais te délaisser, un seul moment comme un malheureux orphelin ».

 

Réflexion

 

Cette gloire, cette félicité, cette union parfaite avec le Cœur de Jésus, cette consommation qui doit me rendre, en quelque sorte, participant de la nature divine, que n'est-elle l'objet continuel de mes efforts pour la mériter, de mes soupirs pour hâter l'heureux moment qui, brisant les liens de ma mortalité, me fera entrer dans la véritable vie: car ce n'est pas une vie que celle qui peut finir demain, et dont les heures fugitives sont flétries par l'ennui, le dégoût ou la douleur. Oh! qui me donnera d'avoir sans cesse à l'esprit et au cœur la pensée et le désir de ce qui est promis à mon amour et à ma persévérance qui me donnera de concentrer, dès à présent, tout mon être dans le Cœur de Jésus, pour qu'il l'élève au-dessus de ce qui passe, et qu'il m'attache invariablement à ce trésor que la rouille ne dévore point et que le voleur ne saurait ravir ! Amour! Amour Divin ! Ciel ! Beau ciel ! Soyez tout pour moi dans cette triste vie; soyez à jamais ma portion et mon héritage dans l'éternité!

 

Pratique

 

1° Rendez sans cesse honneur et gloire au cœur adorable de Jésus; priez-le souvent de se faire lui-même connaître et aimer des hommes : vous vous attirerez ainsi une récompense éternelle. 2° Regardez-vous sur la terre comme un voyageur sous la tente; dites souvent avec le Psalmiste: Ici mon âme n'est qu'une étrangère... Oh ! Quand arriverai-je au terme de mon exil? Quand verrai-je la face du Seigneur ?

 

Désirs ardents d'un vénérable religieux pour le Ciel

 

« Nous arrivâmes au monastère de Larissa, dit le père Géramb, dans son Pèlerinage à Jérusalem et au mont Sinaï. Nous trouvâmes à la porte un vieillard qui nous attendait. Des cheveux blancs comme la neige, une barbe non moins blanche qui descendait jusqu'au bas de la poitrine, lui donnaient l'air le plus vénérable. Son teint était blanc et rose, son sourire, celui d'un ange. Je l'eusse volontiers pris pour un de ces vieillards qui entourent le trône de l'Agneau, à qui il aurait été permis de venir un moment sur la terre. Il me dit en allemand: « Bon père et cher compatriote, soyez le bien-venu ». C'était le père Vital-Filkuka, né en 1757, à Jamnitz en Sloravie. Il y a quinze années que sa vertu, sa piété tendre, sensible, indulgente, fait l'édification de ce pays... Depuis mon arrivée, je ne me lasse pas d'admirer sa sainte activité. Combien sont pleines les journées du juste! Levé le premier, c'est lui qui sonne l'Angélus; quelques instants après il célèbre le saint sacrifice de la Messe; au sortir de l'église, il est entouré d'une foule de malades accourus de toutes parts pour recevoir de lui les divers genres de secours dont ils ont besoin. II n'en renvoie aucun; il écoute le récit de leurs misères, il les console, il panse avec une pieuse joie leurs plaies, même les plus dégoûtantes; il leur donne des conseils, des remèdes, du pain, des légumes, de l'argent, autant que le lui permet la pauvreté dans laquelle il vit. Dans le cours de la journée il travaille au jardin, veille à l'arrangement, à la propreté de l'église, de la sacristie, entre dans tous les détails du ménage, qu'il dirige avec ordre, économie, etc. Le changement d'occupation est la seule récréation qu'il goûte, et la nuit le surprend toujours en exercice. Il y a deux mois qu'il eut, dans la communauté, une cérémonie touchante. Après cinquante ans de sacerdoce, le bon père célébrait sa seconde messe; il était à l'autel, priant Dieu avec la ferveur d'un ange, et versant un torrent de larmes; tout le monde priait et pleurait avec lui. Il a fait faire le cercueil qui doit recevoir sa dépouille mortelle; il le visite fréquemment, et quand il le considère, c'est avec la même joie qu'un mondain regarderait son palais nouvellement bâti. S'il lui arrive de manifester quelque sentiment de peine, c'est de n'en être pas déjà entré en possession. « Voilà ma demeure », dit-il; et puis, avec la vive ardeur d'un saint: « Mon âme est a trop longtemps étrangère, ajoute-t-il; qui lui donnera des ailes, afin qu'elle puisse s'envoler au lieu de son repos ? » « Toutefois, malgré cette continuelle pensée de la mort, et au milieu de ces brûlants désirs de la vie bienheureuse, il montre, dans ses relations habituelles la gaîté la plus franche, la plus douce et la plus aimable ». (Lettre XLII).

 

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22 juin 2012

La Prière des deux Coeurs d'Amour

La Prière des deux Coeurs d'Amour

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21 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

04

Vingt-deuxième jour

Sa présence continuelle dans les saints tabernacles

 

Voix de Jésus


« Non-seulement J'ai voulu nourrir ton âme de Moi-même pour la fortifier, la consoler, l'aider à conquérir le Ciel; mais encore J'ai voulu résider constamment dans l'Eucharistie, pour y recevoir ta visite et t'y laisser puiser à souhait à la source des grâces, toutes les fois que ton amour et tes besoins t'amèneraient au pied de mon sanctuaire. Ah! c'est là une bien grande faveur que Je t'ai faite, ô mon fils! Un prince qui daignerait fixer sa demeure parmi quelques-uns de ses sujets ignorants, pauvres, accablés d'infortunes, pour les éclairer, pour soulager leur misère, adoucir leurs souffrances, et leur prodiguer son amitié, oh! tu n'aurais pas assez d'admiration pour cette généreuse bienfaisance, pour ce dévouement inouï, pour cette sublime tendresse Et Moi, Seigneur des Seigneurs, Roi des Rois, Dieu béni aux siècles des siècles, J'ai daigné Me choisir une habitation près de toi; Je Me suis fait comme une tente sur la terre pour être l'inséparable compagnon de ton exil, le consolateur de tes peines, le médecin de tes maux, le trésor de ton indigence; Je t'ouvre, à toute heure, un libre accès auprès de Ma redoutable Majesté que Je voile sous les plus humbles espèces; Je t'invite, Je t'appelle à Moi qui suis la source intarissable de la joie, de la consolation, du courage et de la force; je t'offre Mon Cœur si plein d'Amour, pénétré de la plus tendre compassion pour le joug pesant de la mortalité sous lequel Je vois ployer ta faiblesse. Mais ô cieux soyez dans l'étonnement, mon fils a dédaigné Mes Saints Tabernacles, comme si Je lui étais inutile; mon fils n'a que trop ressemblé aux mondains qui se fatiguent à courir après le mensonge et la vanité. Aux palais des rois la foule se presse pour obtenir quelque part des vains honneurs, des biens fragiles de ce monde. Ne trouve-t-on point accès auprès des rois, l'on va demander avec empresseraient à ceux qui ont une puissance quelconque sur la terre, de quoi satisfaire cette funeste convoitise qui dévore l'homme déchu, de quoi oublier, du moins quelques instants, les maux sous le poids desquels on gémit. Et Moi qui suis le souverain dispensateur des seuls vrais biens; Moi près de qui, ô mon fils! tu trouverais la force de porter courageusement toutes les croix de cette vie, et le plein rassasiement de tes légitimes désirs; Moi qui peux t'assurer au delà de la tombe une vie qui n'a plus de traverses, plus de larmes, une vie qui n'a plus de terme, une vie divine, tu Me négliges, tu Me délaisses! »

 

Réflexion

 

Si j'étais faible et chancelant, ne chercherais-je pas un appui? Si j'étais pauvre, au comble de la misère, négligerais-je un trésor?.... Si j'étais souffrant, en proie à des douleurs déchirantes, refuserais-je un soulagement, un remède efficace? Si j'étais affligé profondément, dévoré de chagrins cruels, ne voudrais-je pas un ami, un véritable ami, qui pût répandre dans mon cœur le baume d'une douce consolation? Homme de peu de foi, qu'ai-je donc fait jusqu'aujourd'hui! J'ai cru que Jésus, tout bon, tout-puissant, Jésus qui daigne se faire mon ami, mon ami le plus tendre et le plus fidèle, était près de moi dans l'auguste sacrement de l'autel; et je n'ai pas couru à lui chercher, la vraie force, la vraie richesse, la vraie santé, la vraie joie, comme si j'eusse aimé ma faiblesse, mon indigence et tous mes maux. Ah! l'amour, la reconnaissance et le respect devraient tellement m'attacher à ses pieds adorables, Qu'il fallût me faire une sorte de violence pour m'en éloigner : combien donc mon indifférence et ma lâcheté sont-elles plus coupables, quand mon intérêt seul devrait me faire vivement regretter tous les moments que je passe loin de ce Divin Sauveur.

 

Pratique

 

1° Visitez exactement chaque jour le cœur de Jésus dans son sacrement ; et allez à lui avec une sainte joie et une confiance sans bornes. 2° Quand vous serez obligé de vous priver de cet avantage si précieux, visitez du moins le divin Jésus en esprit, le prophète Daniel, éloigné de la Judée et captif à Babylone, ouvrait, trois fois le jour, la fenêtre de sa chambre, du côté de Jérusalem, et fléchissant pieusement les genoux, adressait sa prière au Dieu d'Israël, comme s'il eût été dans son temple.

 

Tendre dévotion de Saint Alphonse de Liguori pour Jésus résidant dans le Sacrement de l'Autel

 

La dévotion de saint Alphonse de Liguori envers le mystère de nos saints tabernacles, datait des premiers jours de sa jeunesse. Au milieu d'un monde dissipé, il savait dérober à ses études et à ses occupations quelques moments qu'il allait passer au pied des autels, trouvant mille fois plus de plaisir à verser son cœur dans le cœur du Jésus, à s'entretenir avec celui dont la conversation a tant de charmes, qu'à se reposer dans les magnifiques pavillons des pécheurs. Après qu'il eut été élevé au sacerdoce et qu'il eut fondé la congrégation du très-saint Rédempteur, son empressement à aller ainsi goûter combien le Seigneur est doux envers ceux qui l'aiment, devint encore plus grand et plus remarquable. Quand il était dans les maisons de son institut, ayant plus de facilité de satisfaire sa dévotion, il passait plusieurs heures du jour devant le saint Sacrement. Souvent même, la nuit, il se levait doucement, se rendait au chœur, pieds nus, de peur de troubler le sommeil de ses confrères, pour se jeter dans les bras de Jésus, et s'enivrer aux sources sacrées qui coulent dans le sanctuaire. Durant son épiscopat, on le voyait longtemps en adoration dans sa cathédrale ou dans toute autre église, et on allait s'édifier par le spectacle d'un saint, qui semblait converser visiblement avec Dieu. Démissionnaire de son siège et retiré à Saint-Michel, moins distrait par les affaires et par les relations avec le monde, il pouvait se livrer plus librement à sa piété et à sa ferveur. Aussi, employait-il plus de huit heures par jour en longues et fréquentes visites à Jésus Christ. Parfois il se trouvait rempli de si vives émotions, sa prière devenait si fervente, son âme était si ravie dans la contemplation de l'amour d'un Dieu caché dans la sainte Eucharistie, qu'il se levait soudainement, tendait les bras vers le tabernacle comme pour demander à Jésus de pouvoir le presser contre son cœur, afin de le dédommager du délaissement et de l'indifférence des hommes. Lorsque ses infirmités ne lui permirent plus de se rendre au chœur, ce fut pour lui une cruelle privation. Pour le consoler, son directeur lui disait qu'il avait une chapelle et un autel dans ses appartements. « Mais Jésus-Christ n'y est pas », lui répondait Alphonse, les larmes aux yeux. Aussi, dans sa dernière maladie, lorsque le prêtre s'approcha pour lui donner le Saint Viatique, l'entendit-on prononcer, avec un pieux élan, ces mots : « Venez, venez, mon bien-aimé Jésus! » Fortifié par ce pain céleste, il resta longtemps dans une profonde contemplation, et par les soupirs ardents qui s'exhalaient de son cœur, on pouvait comprendre tout ce qu'il éprouvait de reconnaissance et de tendre amour pour son divin maître. (Vie de Saint Alphonse de Liguori, par M. l'abbé Verdier).

 

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20 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Vingt-et-unième jour

Son amour ineffable dans 1'institution de la Sainte Eucharistie

Voix de Jésus

 

« Le plus grand témoignage d'amour qu'un ami puisse donner à son ami, c'est de mourir à sa place, disais-Je à Mes disciples, la veille de Ma mort. Oui, c'est bien là tout ce qu'un homme peut faire en faveur d'un autre homme. Mais pour ton Dieu, ô mon fils, ce n'était point assez: Son Cœur, dans les trésors incompréhensibles de Sa Charité, a su trouver un témoignage d'amour encore plus touchant, plus capable de ravir et d'embraser ton cœur. J'ai voulu, oui J'ai voulu que tu pusses contracter avec Moi l'union la plus intime en Me recevant substantiellement au-dedans de toi-même. Mais comment M'unir de la sorte avec toi, chétif pécheur, si indigne de Mes regards ?... Je Me suis abaissé, je Me suis anéanti jusqu'à Me faire ta nourriture, pour M'identifier, en quelque sorte, avec toi... Oh ! qu'il a fallu d'amour pour opérer cet ineffable mystère, où Je semble m'oublier Moi-même, pour ne Me souvenir que du pauvre exilé racheté de Mon sang! S'il est vrai que je Me suis comme anéanti dans l'Incarnation, qu'ai-Je donc fait dans l'Eucharistie, où, caché sous le voile des espèces sacramentelles, Je ne conserve pas même les dehors de la nature humaine; où Je ne donne d'autre marque sensible de Ma présence que les douceurs d'Amour dont J'enivre les cœurs purs, qui viennent à Moi ayant faim et soif de la justice et ne vivant que de la vie de la foi; où Je supporte en silence les froideurs, les mépris, les outrages, les profanations les plus révoltantes, et cela depuis dix-huit siècles; où, pour donner à mes vrais amis, à mes fidèles, la consolation de s'approcher de Moi sans frayeur et avec une confiance filiale, Mon Amour M'a fait voiler tout l'éclat de Ma gloire, quoique les pécheurs dussent profiter de cet anéantissement de Ma Divine Majesté pour s'asseoir audacieusement à la Table Sainte, et M'y recevoir dans un cœur souillé Prodige ineffable, ô mon fils! Mais Je voulais te donner un témoignage incomparable de Mon Amour, que pouvais-je employer de plus analogue à ta nature que la forme d'un banquet, ce symbole expressif d'union et d'affection intimes, si universellement usité parmi les hommes? Et ce banquet, pour qu'il fût digne de Mon Amour infini, ne devais-Je pas en faire une merveille infiniment supérieure à toutes leurs pensées, à tous leurs désirs? C'est ce que J'ai fait, ô mon fils, en y devenant Moi-même ton breuvage et ta nourriture ».

 

Réflexion

 

Quel déplorable contraste entre le Cœur de Jésus et le mien, entre Son Amour si ardent, si généreux, porté, en quelque sorte, jusqu'à l'excès, et mon amour si faible, si languissant, si inconstant, mon amour si lâche pour les combats et pour les sacrifices, mon amour si peu occupé de ce qui devrait faire le charme de ma vie, absorber toutes mes facultés, tout mon être ! Il est donc vrai, Jésus qui est plein d'attraits puissants, irrésistibles aux yeux de la Foi, a fait, pour conquérir tout mon amour, le plus-étonnant prodige qu'il pût tirer des trésors de Sa Charité infinie; et je puis m'y montrer si peu sensible! Est-ce donc envers Dieu seul que je n'ai point de cœur? O Dieu ! Dieu souverainement et seul aimable, Dieu qui m'avez tant aimé, Vous qui commandez à la nature entière, qui commandez au néant même, ah! de grâce, dites une parole et je serai guéri; et je contemplerai avec attendrissement le chef-d'œuvre de Votre Amour; et Vous serez désormais ma pensée, mon désir, ma joie, aux jours surtout où j'aurai le bonheur de participer à la Divine Eucharistie.

 

Pratique

 

1° Faites vos délices de la sainte communion, qui est pour le vrai fidèle comme un avant-goût du ciel; mais, surtout, efforcez-vous d'apporter à ce sacrement adorable la pureté la plus scrupuleuse, l'humilité la plus profonde et l'amour le plus ardent. 2° Faites tous vos efforts pour vous tenir, la veille, le jour et le lendemain de vos communions, dans un pieux recueillement; ranimez alors en vous les sentiments que vous dûtes éprouver la veille, le jour et le lendemain de votre première communion.

 

Foi admirable d'une jeune Anglaise envers la Sainte Eucharistie

 

Mademoiselle Marie-Anne Fitch était née à Londres, d'une famille protestante qui était fort recommandable par ses vertus morales, quoique engagée dans les sentiers de l'erreur. Ses parents, malgré les préjugés de l'hérésie, avaient confié son éducation à une dame française catholique. La jeune Marie manifesta de bonne heure des désirs de conversion, qu'elle ne put effectuer que beaucoup plus tard, et se montra, longtemps d'avance, digne d'embrasser la vérité par les sentiments de piété les plus édifiants. Voici un trait qui montre le haut prix qu'elle attachait au bonheur qu'a une âme fidèle de recevoir la sainte communion. Elle avait entendu dire que les catholiques considéraient comme un jour de fête celui de leur baptême, et en célébraient l'anniversaire en s'approchant des sacrements. « C'est aujourd'hui l'anniversaire de votre baptême, dit-elle un jour à son institutrice; vous avez sûrement été à confesse ». Celle-ci gardant le silence, son élève la supplia de lui donner une réponse et en reçut une affirmative. « Mais, ajouta-t-elle, avez-vous reçu l'absolution? » La dame, tout en lui reprochant sa curiosité, satisfit encore à ses instances. Alors la jeune questionneuse reprit: « Ma bonne amie, je n'ai plus qu'une seule chose à vous demander: Je vous conjure de me dire si vous avez communié ». Sa maîtresse eut la complaisance de lui répondre: « Oui, j'ai eu ce bonheur ». « Ah ! lui dit aussitôt son élève, vous n'avez pas eu encore le temps d'offenser le Seigneur; il est encore tout en vous; laissez-moi, je vous en conjure, me placer sur vos genoux: je n'ai jamais goûté le bonheur d'être si près de mon Jésus, et j'ai tant de choses à lui dire ! » Elle resta un quart d'heure collée sur le cœur de cette dame, et ne quitta cette situation que pour obéir à sa mère qui, ne se doutant pas même de cet intéressant dialogue, craignait que sa fille ne la fatiguât. On ne saurait exprimer l'allégresse que la jeune Marie témoignait ensuite d'avoir été si près de son divin Sauveur. Que dut-elle donc éprouver lorsque, plusieurs années après, convertie ainsi que ses parents, et devenue fervente religieuse, elle put satisfaire son ardente piété par la fréquente communion! Qu'on en juge par ces lignes qu'elle écrivait, du fond de sa retraite, à une de ses amies qui lui avait mandé qu'elle avait soin d'une chapelle où reposait le Saint des Saints: « Quelle douce occupation! Vous avez occasion de faire tant de visites au Saint-Sacrement! Quand vous allez préparer la chapelle, tous vos mouvements se rapportent au service de notre divin Jésus. Vous êtes cette heureuse servante du Seigneur, qui approche le plus près de sa personne sacrée cachée dans le sacrement de son amour. Dieu a voulu vous attirer plus fortement à lui et prendre une entière possession de votre cœur, puisqu'il vous a donné un emploi dans lequel vous ne sauriez faire, pour ainsi dire, un seul pas qui ne tende à l'honorer dans son auguste sanctuaire ». (Les Héroïnes chrétiennes, par l'abbé Carron, T. II).

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19 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Vingtième jour

Sentiments que la vue du Crucifix doit inspirer au cœur du fidèle

 

Voix de Jésus

 

« Oh! que la seule vue d'un Crucifix devrait t'émouvoir, profondément t'émouvoir et enflammer ton cœur!.... Vois les enfants du siècle, Mon fils; vois comme les images de ceux qui les ont aimés leur sont chères! comme ils les conservent précieusement, comme ils les regardent avec plaisir, comme ils les baisent avec tendresse!.... Il y a eu des cœurs si sensibles aux services qu'ils avaient reçus, qu'après la mort de leurs bienfaiteurs, la source de leurs larmes était intarissable, et qu'après même de longs jours écoulés, ils les pleuraient encore comme au premier jour de leur deuil. Hélas! tel n'est pas ton cœur, ô Mon fils: le Mien a consommé pour toi le plus héroïque des sacrifices, et il l'a fait pour un ingrat; et il l'a fait sans autre intérêt que celui de cet ingrat; et il l'a fait avec des circonstances si douloureuses, si déchirantes, si capables de briser de compassion des cœurs d'airain ! Eh bien! Ce sacrifice a-t-il été compris? cet Amour est-il apprécié? Si Je ne t'avais pas témoigné cet Amour ineffable, si Je n'avais pas montré envers toi cet incomparable générosité, aurais-tu été à Mon égard moins reconnaissant, plus froid que tu ne l'as été ? M'aurais-tu oublié plus que tu ne l'as fait? tes offenses envers Moi auraient elles été plus nombreuses? aurais-tu moins pratiqué les vertus dont Je t'ai donné l'exemple? aurais-tu mis moins de soin à éviter ce qui blesse les regards si purs de ton Jésus? Oh! qu'il en eût été bien autrement, si tu avais su te pénétrer de tout ce que devait te rappeler l'image de l'autel sanglant où s'accomplit Mon Sacrifice! Oui, si tu avais regardé le Crucifix avec esprit de Foi, Mes pieds et Mes mains transpercés par des clous, Mon Côté ouvert par une lance, tu n'aurais pu qu'être saisi d'une pieuse émotion; tu te serais lié à Moi de plus en plus par un amour sincère, généreux; et Mon Cœur alors aurait joui de ton cœur Non que J'aie aucun besoin de ton amour, ni que tes dons ou tes refus puissent rien changer à Ma félicité inaltérable, parfaite; mais Je t'aime, et Je voudrais, pour, ton bonheur, que tu fusses tout à Moi. Que de fois, cependant, tu as permis à l'Ange des ténèbres, à Mon vil ennemi, de prévaloir dans ton cœur sur Mon Amour; et encore aujourd'hui que de fois il te demande et tu lui cèdes, Je te demande et tu résistes! Est-ce donc qu'il veut, comme Moi, ton bonheur? Est-ce qu'il a quelque grande récompense à te donner? est-ce qu'il t'aime? est-ce qu'il est aimable? est-ce qu'il est mort pour toi sur une Croix ? »

 

Réflexion

 

Oui, l'image de Jésus crucifié aurait dû m'animer toujours des plus vifs sentiments de reconnaissance et de fidélité. Quel est l'attrait du péché qui n'eût dû céder devant ce signe auguste de dévouement et d'amour? Quelle est la passion que n'eût dû amortir cette pensée: Mon Dieu est mort pour m'arracher à l'esclavage de ce mauvais penchant Mais, d'autre part, quel est le. sacrifice, quelque pénible qu'il soit, qui ne s'adoucisse à la vue de la croix, mémorial sacré de l'immolation sanglante à laquelle un Dieu s'est dévoué si généreusement pour mon bonheur ? Quoi ! mon Sauveur a daigné subir pour moi les douleurs de la flagellation, du couronnement d'épines, du crucifiement, et je refuserais de lui immoler les goûts et les commodités de la nature! Mon Dieu, ne Suivant que l'élan de son amour, a épuisé pour moi les amertumes les plus cruelles, les souffrances les plus vives, les angoisses les plus accablantes, et je refuserais de suivre la voix de sa grâce et d'accomplir ce qu'il demande de moi! O Crucifix! puissent mes yeux ne plus te quitter, et je marcherai à grands pas dans la voie de la piété la plus pure, la plus ardente, la plus généreuse.

 

Pratique

 

1° Faites toujours, avec une grande dévotion, le signe de la croix; baisez pieusement le crucifix, surtout dans vos heures de tentation, de tristesse ou de souffrance. 2° Toutes les fois que vous apercevrez quelque part l'image sainte de la croix, donnez quelque marque de respect à ce monument auguste de l'amour d'un Dieu pour les hommes; mais ayez soin de l'accompagner "d'un vif sentiment d'amour pour le cœur de Jésus, votre adorable victime.

 

Courage inspiré par la vue de la croix à un ouvrier

 

« Il y a, dans un de nos départements, un tisserand sur lequel il semble que le main de Dieu se soit appesantie. Pauvre, malade, abandonné, il éprouve les douleurs les plus aiguës et les privations les plus pénibles : son épouse, il est vrai, lui parait toujours tendrement attachée; mais les accès d'une mélancolie noire dérangent souvent la raison de cette femme; loin qu'elle adoucisse alors à son mari les misères de la vie, elle ne contribue que trop à les lui rendre plus amères. Au milieu des besoins les plus pressants et des infirmités les plus accablantes, cet homme montre une présence et une force d'esprit tout à fait admirables : rien ne lui fait perdre patience, rien n'abat son courage; il en a tant qu'il ne cesse d'exercer son métier. Que faites-vous, lui dit un jour un de ses voisins? Vous n'avez qu'un souffle de vie; à peine pouvez-vous vous soutenir, et cependant vous travaillez encore? Hélas! de quelle ressource peut être votre travail? Laissez-là ce métier, reposez-vous; et s'il vous reste encore quelque force, allez plutôt essayer si l'exposition de vos peines, faite en secret à quelque riche charitable, ne pourra pas vous procurer ce que vous attendez vainement de votre obstination au travail. Je n'en ferai rien, dit le malade, j'ai découvert un trésor; et tant que j'en jouirai, si je ne suis pas à mon aise autant que votre amitié vous le fait souhaiter, au moins mes peines ne seront-elles pas, à beaucoup près, si grandes que vous l'imaginez. Regardez, mon cher voisin, l'image du Fils de Dieu crucifié, collée contre cette muraille; voilà où est mon trésor; voilà où est mon cœur. La mort ne m'épouvantera pas tant que cette représentation vivifiante fera sur moi l'impression que je sens; je ne manquerai ni de confiance, ni d'espérance, ni de courage, ni même de joie, tant que j'irai les puiser dans les plaies de mon Sauveur. La douleur ébranle quelquefois mes résolutions, mais elle ne les ruine pas : quand je manque de tout, quand je suis abandonné, je considère que j'ai quelques traits de ressemblance avec le Christ expirant; quand le mal augmente, j'ai recours à l'image de la croix, et il en sort une vertu qui me le rend supportable. Qu'il est glorieux à un homme de ma condition, à un homme qui ne peut être regardé que comme un vil rebut du monde, d'avoir le Roi des rois pour consolateur et pour modèle! » (Extrait d'un manuscrit de M. Delauro-Dubez, conseiller à la cour royale de Montpellier, auteur de l'Athée redevenu chrétien).

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18 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Dix-neuvième jour

Consommation de Son sacrifice

 

Voix de Jésus


« Mes disciples M'avaient abandonné: du Jardin des Oliviers jusqu'au tribunal de Pilate où fut prononcé Mon arrêt de mort, J'avais été seul, soutenant en paix le poids de l'ingratitude la plus noire, de l'injustice la plus révoltante, supportant, sans faire entendre la moindre plainte, les souffrances les plus vives, les opprobres les plus cruels. Oui, mon fils, quand on s'oubliait jusqu'à Me couvrir la Face de soufflets et de crachats; quand on jetait par mépris, sur Mes épaules déchirées, quelques lambeaux de pourpre; quand on plaçait dans Ma main droite un sceptre de roseau; quand on couronnait de Sang Mon front divin, en y enfonçant un diadème d'épines, Mon Cœur était calme: Il pensait à toi, Il t'aimait, et Mon Visage était toujours serein. Au moment même où J'eus la douleur d'entendre Pierre protester pour la troisième fois qu'il ne Me connaissait point, Mes yeux n'eurent pour lui que des regards de douceur et d'Amour, qui l'émurent d'attendrissement et de repentir. Cependant, sur la route du Calvaire, des cœurs compatissants donnèrent des larmes à l'Homme de douleurs; et de Mes lèvres tombèrent alors ces paroles où ton Jésus se montre à toi s'oubliant Lui-même, et voulant qu'on l'oublie pour pleurer les malheurs réservés au peuple déicide: « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants ». Et bientôt après, arrivé, au sommet du Golgotha, sur cet autel d'expiation où J'allais consommer Mon Sacrifice, Je Me laissai clouer sur le Bois de l'infamie; de Mes membres transpercés s'échappèrent des ruisseaux de Sang; et durant la torture lente de la Croix on continuait à M'accabler des dérisions les plus amères, des paroles les plus ignominieuses. J'étais en proie aux ardeurs d'une soif brûlante, et il ne fut offert à Mes lèvres desséchées que le fiel et le vinaigre. Et cependant Ma bouche ne prononça sur ce peuple, bourreau de son Sauveur, que ces paroles de Miséricorde: « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Ainsi, Mon Cœur ne savait qu'aimer, et Je priais pour ceux qui se plaisaient à Me faire souffrir et mourir. Enfin, voulant montrer Ma force divine, même dans cette extrémité, voulant annoncer à la terre que Celui qui allait mourir sur la Croix était bien le Maître de la nature, qui se dévouait librement pour la réconciliation des hommes, Je poussai un grand cri, signe frappant d'une énergie, d'une puissance surhumaines, et, inclinant la tête, J'expirai. O mon fils, pourrais-tu jamais oublier ce prodigieux sacrifice consommé sur le Calvaire? Ah! que ce souvenir pénètre ton cœur, qu'il l'échauffe, qu'il l'embrase, qu'il l'anime des élans les plus vifs; qu'il en dirige tous les mouvements vers le Ciel; que ce cœur, enfin, soit sans réserve, et pour toujours à ce Dieu victime de son amour pour toi! »

 

Réflexion

 

Souffrir, expier, telle est la condition qui pèse sur l'humanité coupable depuis la chute du premier homme. Souffrir avec résignation et les yeux tournés vers Dieu, suivre ainsi Jésus qui daigne marcher à notre tête dans la voie de la douleur: c'est là le vrai, le seul remède. Il a voulu, ce divin Maître, se rendre en tout semblable à l'homme: lui qui n'avait aucune faute à expier, il est venu dans le monde, non pour y goûter des joies, mais pour y traverser une vie semée de privations et de souffrances, couronnée par une mort des plus cruelles. Ainsi, s'offre-t-il à moi tout ensemble comme une consolation, un encouragement et un modèle de soumission pleine d'amour à la volonté du Père céleste. Si donc je ne mens pas à mon titre glorieux de chrétien, de disciple de la Croix, je dois, dans toutes mes souffrances, adorer, bénir la justice de Dieu qui me frappe, et, en union avec Jésus, boire courageusement à son calice, quelle que soit la main qui me le présente.

 

Pratique

 

1° Quelques douleurs que vous avez à endurer, considérez et voyez s'il est une douleur pareille à celle de Jésus en croix2, de cet Homme-Dieu dont tout le crime fut de trop vous aimer. 2° Souvenez-vous qu'étant pécheurs, ce n'est qu'à travers les tribulations que nous pouvons entrer dans le royaume de Dieu. Consolez-vous, d'ailleurs, par la pensée que la voie des souffrances, où Jésus a marché le premier, est le vrai chemin du ciel, et qu'an moment de légère tribulation opère un poids éternel de gloire.

 

Visite du Père de Géramb au Saint Sépulcre

 

« J'avais recommandé aux drogmans du monastère de Saint-Sauveur, dit le P. Géramb (Pèlerinage à Jérusalem), d'avertir les Turcs gardiens du Saint Sépulcre, de se trouver, à cinq heures de l'après-midi, à l'entrée du temple, dans l'intérieur duquel je voulais passer la dernière nuit. J'étais à peine descendu de cheval que je m'y rendis. Les portes s'ouvrirent à mon approche, et se refermèrent aussitôt que j'en eus franchi le seuil. Le bruit des gonds de ces portes colossales, celui des clés, des verrous, dont tant de fois cependant mon oreille avait été frappée, sans que j'en éprouvasse d'émotion sensible, me causa une espèce de frisson. Une heure du matin venait de sonner. Les pères Franciscains réunis dans leur chapelle entonnaient le Benedictus Dominus Deus Israël, lorsque je me levai pour oindre le saint tombeau devant lequel j'étais resté longtemps prosterné. L'odeur du parfum se répandit au loin. De là je montai au Golgotha, où je répétai le même acte à l'endroit où la croix fut autrefois élevée. « J'ai ressenti pendant ma vie de profondes douleurs : j'ai fermé les yeux à un bon père, à une tendre mère, à une épouse chérie; j'ai perdu des enfants bien-aimés; j'ai été arrêté à deux cents lieues de la France, et traîné à travers toute l'Allemagne pour être enfermé au donjon de Vincennes, d'où je ne suis sorti que lors de l'entrée des alliés; j'ai éprouvé ce que le monde appelle de grandes infortunes; j'ai été calomnié, persécuté; j'ai fait des ingrats. Eh bien! prenant ici à témoin celui qui sonde les cœurs, et devant lequel je paraîtrai peut-être bientôt, je déclare que jamais douleur n'affecta plus vivement mon âme que celle qui s'en empara au moment où je m'arrachai pour jamais de l'église du Saint-Sépulcre. Tant que je vivrai, elle sera aussi présente à mon esprit que profondément gravée dans mon cœur; toujours son souvenir me fera tressaillir, parce que toujours, et plus qu'aucun autre souvenir, il me rappellera Jésus crucifié pour mon salut, pour le salut du genre humain, et à l'amour duquel nous devons répondre par le plus vif, le plus tendre, le plus absolu de tous les amours; ce Jésus auquel je dois l'ineffable bonheur de comprendre, de sentir cette grande vérité, que je voudrais pouvoir faire comprendre et sentir à tout l'univers entier : que Lui seul est tout, que tout ce qui n'est pas lui n'est rien, n'est que néant ». (Lettre XXXII.)

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17 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Dix-huitième jour

Ses souffrances et ses humiliations dans Jérusalem

Voix de Jésus


« Ton Dieu, mon fils, s'abandonnant à la merci des pécheurs, se livrant aux brutales mains des satellites de l'enfer, se laissant traîner comme le plus indigne des hommes, dans les rues de Jérusalem, et conduire successivement devant Anne, devant Caïphe, devant Pilate, puis devant Hérode, et encore devant Pilate ; bientôt, attaché à une colonne et soumis comme le plus vil esclave à une sanglante flagellation, qui le réduit à un état capable d'exciter la compassion des cœurs les plus insensibles; montré ensuite à une populace furieuse qui lui préfère un malfaiteur souillé de sang, et qui demande à grands cris sa mort, sa mort sur la croix; enfin, mené au plus honteux supplice entre deux voleurs: quel spectacle pour le chrétien qui se dit à lui-même : C'est pour moi que le Dieu de gloire et de majesté se laisse traiter de la sorte! Mais en même temps, quelle source admirable d'instructions touchantes, bien propres à détruire en toi tous les prétextes de la nature, et à exciter puissamment ta volonté! Dans toutes ces différentes scènes si affreusement ignominieuses, si horriblement cruelles, vois-tu le Dieu de la résignation et de la patience, le Dieu de l'humilité et de la douceur, cet agneau plein de mansuétude, qui n'a pas même ouvert la bouche pour se plaindre? Il est insulté, moqué, souffleté, couvert de crachats, et il se tait; il est honteusement châtié comme un vil criminel, et il se tait; il est traité comme un roi de théâtre et accablé de dérision, et il se tait; il est méprisé comme un fou par Hérode, et il se tait; un misérable assassin lui est comparé, préféré, et il se tait; la bouche impie de ceux qu'il a comblés de bienfaits fait entendre contre lui des vociférations de mort, et il se tait; par la plus coupable lâcheté, par l'injustice la plus criante il est condamné au gibet des scélérats, et il se tait encore Eh bien! en est-ce assez pour confondre tes impatiences, tes murmures, tes révoltes dans tout ce que ma Providence permet de contraire à ta délicatesse, à ton humeur, à ton orgueil? J'étais innocent, tu es coupable; j'étais le Saint des saints, tu es pécheur ; j'étais ton Créateur, tu n'es qu'un frêle ouvrage de mes mains, qui n'as su qu'ajouter à ton néant la triste réalité de fautes, hélas ! trop volontaires Contemple donc, ô mon fils, ton divin modèle, et sur ses traces prends enfin le courage de ton devoir ».

 

Réflexion

 

Si le tableau de la passion de Jésus m'était présenté pour la première fois dans l'histoire d'un étranger, d'un inconnu qui n'aurait pour exciter ma sensibilité que sa qualité d'homme innocent, ah! je m'attendrirais, je mouillerais ce tableau de mes larmes. Et si j'apprenais que cette victime d'une haine jalouse et atrocement injuste, a été ainsi saturée d'opprobres pour mes intérêts, combien son nom me deviendrait cher et sacré! comme il ferait battre mon cœur de la plus vive reconnaissance et de l'amour le plus tendre!.... Est-ce là ce que j'éprouve à l'égard de Jésus? Quoi! je puis refuser à mon Dieu ce dont je ne saurais me défendre à l'égard d'un homme! Ah! si mon cœur est froid et mon œil sec en face de ce Dieu brisé 1 par la souffrance à cause de moi, que du moins aujourd'hui je veuille marcher sur ses traces; que je suive les admirables exemples qu'il m'a donnés; que là tendent tous mes efforts: ce sera encore un bien faible retour envers celui qui m'a si prodigieusement aimé...

 

Pratique

 

1° Quand vous aurez l'occasion de souffrir quelque chose dans vos affections, ou dans votre honneur, ou dans votre amour-propre, ayez recours à ce souvenir : Mon Dieu en a souffert pour moi bien davantage. 2° Afin de sanctifier, et de vous rendre méritoires les rebuts, les mépris, les humiliations et les injustices dont vous pourrez être l'objet, unissez-les aux outrages et aux opprobres inouïs qui préludèrent à l'arrêt inique de la mort du divin Jésus; tâchez, à son exemple, de les supporter en silence.

 

Dispositions admirables de Monsieur Olier dans les humiliations

 

Une personne du peuple et d'un naturel extrêmement violent, abusant un jour de la douceur et de la charité dont M. Olier lui avait donné à elle-même les preuves les plus touchantes, l'outragea de paroles dans une grande assemblée et avec tant d'emportement, qu'il n'y eut personne qui n'en témoignât son indignation. M. Olier seul ne perdit rien du calme habituel de son âme, et ne se souvint des mépris qu'il venait de recevoir que pour rendre à cet homme toutes sortes de bons offices. Le premier, fut de s'employer peu dé temps après pour le délivrer des poursuites de la justice: il fit tant par ses sollicitations et ses instances, qu'il obtint enfin la liberté de celui qui s'était montré si peu digne de tant de zèle. A l'époque, où les ennemis du bien le poursuivaient par des vexations continuelles, pour l'obliger à se démettre de la cure dé Saint-Sulpice, et lui prodiguaient les mépris et les moqueries, il se trouva obligé de paraître à la cour d'un prince. Celui-ci prit plaisir à en faire un sujet de risée. M. Olier reçut cette humiliation avec les sentiments de la plus vive reconnaissance et en s'unissant, durant ce temps, aux dispositions intérieures du Sauveur moqué devant la cour d'Hérode. « Je n'eusse jamais désiré un si grand honneur, écrivait-il; je bénis et je loue Dieu, de tout mon cœur pour une telle grâce. Quant à la personne que vous savez, je ne pouvais pas lui avoir plus d'obligation: j'en porterai toujours la reconnaissance dans mon cœur, et je promets à Dieu que je prierai pour elle tous les jours de ma vie ». Dans une autre occasion, l'on avait chargé l'homme de Dieu de la calomnie la plus flétrissante. Une personne qui le connaissait à fond, lui dit de faire connaître la vérité, comme il le pouvait facilement: « Oh! non, répondit M. Olier, buvons le calice de Jésus-Christ tel qu'il lui « plaît de nous le donner; faisons un saint usage de la croix, et n'en descendons point jusqu'à ce que Jésus-Christ lui-même nous en détache ». Il demeura ainsi dans le silence, sans vouloir dire une seule parole pour sa justification. (Vie de M. Olier, t. I, pag. 563, 582).

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17 juin 2012

Nouveau blog

Capture Dessins et Icônes

Un nouveau blog pour mes dessins et mes icônes

 

Pour toutes les personnes qui suivent le site Images Saintes depuis un certain nombre d'années, et pour toutes les personnes qui ont acheté ou qui envisagent d'acheter un dessin, j'ai le plaisir de vous annoncer l'ouverture d'un blog exclusivement consacré aux dessins et icônes que je réalise occasionellement. Les dessins que vous avez pu apercevoir dans les archives, sur la catégorique Mes Dessins sont désormais consultables sur le site "Icônes et Dessins".

 

Voici l'adresse

http://dessinsfranck.canalblog.com

 

A très bientôt, et merci de votre fidélité,

Franck Monvoisin, laîc Franciscain

16 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

04 

Dix-septième jour

Son dévouement pour nous au jardin des Oliviers

 

Voix de Jésus


« Tu as entendu de Ma bouche, ô mon fils, tout ce que l'Amour peut dire de tendre à des cœurs bien-aimés; contemple maintenant ce même Amour à l'œuvre: Il a fait pour toi tout ce que tu peux imaginer de plus généreux, de plus héroïque; Il t'a dévoué ma vie mortelle, et avec les circonstances les plus touchantes, les plus capables d'émouvoir, d'attacher et de ravir. Suis-moi donc, ô mon fils, depuis le jardin de Gethsémani jusqu'au Calvaire; et si tu Me refuses des larmes, donne-Moi, du moins, un peu de compassion et d'amour. Prosterné la Face contre terre dans le jardin des douleurs, où commença Ma longue Agonie, J'envisageai fixement toutes ces scènes d'humiliations et de souffrances qui devaient finir par le cruel supplice de la Croix. Je la voyais devant Moi cette mort, avec tous les raffinements de malice dont mes ennemis allaient l'accompagner; Je la voyais, Je pouvais l'éviter; mais tu avais besoin de ce sacrifice, ô Mon fils, et Je t'aimais J'attendis, baigné d'une sueur de Sang causée par la douleur que Je ressentais à la vue de tes péchés, J'attendis que l'on vînt se saisir de Moi; et quand le baiser perfide de Judas M'eut désigné à Mes ennemis, Je n'adressai à cet apôtre infidèle que ces douces paroles: « Mon ami, qu'êtes-vous donc venu faire ici ? » Et Je Me laissai lier comme un malfaiteur. Mais, mon fils, quand Je me dévouais ainsi à la mort pour toi... (et à quelle mort!...) ignorais-Je donc ce que J'avais à attendre de toi? Ne savais-Je pas toutes les offenses dont tu devais payer un si grand excès d'amour?.. Ah! J'avais tout cela devant les yeux; Je contemplais d'une seule vue toutes tes ingratitudes: des gouttes de Sang s'échappaient douloureusement de Mes veines. Néanmoins J'acceptai le calice tout entier; Je m'offris à Mon Père pour te sauver, avec autant de générosité, avec autant d'Amour que si Je n'avais dû recueillir de Mon Sacrifice qu'un retour constant de la plus vive tendresse. Quel dévouement de Ma part, ô mon fils ! De la tienne, quelle noire ingratitude.

 

Réflexion

 

Refuser mon cœur à celui qui a donné pour moi Son Sang, quelle iniquité! Trahir celui qui m'a donné Son Sang, quoiqu'Il sût bien qu'Il le donnait pour un ingrat, quelle indignité monstrueuse.... Ah! je ne saurais trop m'accuser, me condamner, me punir moi-même d'avoir ainsi payé tant d'amour, tant d'amour de la part d'un Dieu qui ne me devait rien, et qui, en me laissant périr à jamais, n'aurait rien perdu qu'un mauvais cœur plein d'injustice envers son premier principe et sa dernière fin!.... Hé bien, je veux que le reste de ma vie s'use à pleurer mes torts envers Jésus, à les réparer en Lui offrant mon cœur sans partage, et en me dévouant à tout ce qui peut lui être agréable et procurer sa gloire.

 

Pratique

 

1° Que le souvenir de vos ingratitudes passées vous fasse veiller constamment sur vous-même pour éviter les moindres fautes, et vous excite à remplir les plus petits devoirs avec autant de ferveur que d'exactitude. 2° Chaque fois que vous ferez un acte de contrition, ou que vous vous préparerez au sacrement de pénitence, unissez-vous à Jésus au jardin des Oliviers, souffrant une sueur de sang pour vos péchés, et offrant sa vie pour les expier.

 

Visite du Père de Géramb à la Grotte de Gethsémani

 

« La grotte où Jésus fit sa prière, au jardin de Gethsémani, la veille de sa mort, dit le P. de Géramb (dans son Pèlerinage à Jérusalem, lettre XIV), porte le nom de Grotte de l'Agonie. Elle est absolument dans le même état où elle se trouvait au temps de Notre-Seigneur. L'espèce de voûte qu'elle forme s'appuie sur trois pilastres de la même roche. Le jour y pénètre par une ouverture pratiquée par le haut, sur laquelle s'étend une grande grille destinée a repousser les pierres que les Turcs pourraient y jeter. Autrefois on y arrivait de plain-pied; maintenant on y descend par huit ou dix marches. Elle est fermée par une porte dont les révérends Pères Franciscains gardent la clef. Ce fut dans ce lieu, l'un des plus augustes de l'univers, que le Sauveur du monde ressentit les terreurs du trépas, qu'il éprouva des tourments sans mesure, qu'il éleva vers le Créateur ses défaillantes mains, et que de ses yeux s'échappèrent des larmes brûlantes qui, se mêlant à une sueur de sang, inondèrent son corps sacré; ce fut là enfin que Jésus, innocent, supporta pour nous tous toutes les rigueurs de la justice divine... À l'endroit même de l'agonie est un autel surmonté d'un tableau représentant Notre-Seigneur, soutenu par l'Ange qui vient le fortifier. On y lit cette inscription: « Hic factus est, sudor ejus, sicut guttae sanguinis decurrentis in terra ». Un lieu qu'on ne peut regarder sans éprouver un frémissement secret, c'est celui où Judas livra son Maître. C'est un espace de quinze ou vingt pas de long sur deux de largeur, entre deux petits murs. On l'appelle Osculo, de ce passage de l'Ecriture : Juda, osculo Filium hominis tradis ? Le pèlerin, après avoir adoré Jésus trahi et lié, s'éloigne aussitôt saisi d'horreur. Si le malheureux apôtre, après le pacte sacrilège par lequel il s'était engagé à livrer son Maître aux Juifs, leur eût dit: « Celui que je frapperai, c'est lui-même »; qu'ensuite à la tète d'une troupe homicide, l'épée à la main, il fût venu fondre sur Jésus, il y eût eu, après tout, dans cette conduite atroce, mais exempte d'hypocrisie, quelque chose de moins hideux. L'âme se fût moins révoltée à cette horrible idée. Mais où les annales des crimes offrent-elles un plus affreux signal de trahison que celui d'un baiser?... Celui que vous me verrez embrasser, c'est lui; saisissez-le à l'instant, et conduisez-le aux prêtres assemblés ». Quel langage! le signe le plus tendre de l'amour pour vendre un ami, un bienfaiteur, un père, et le livrer à ses ennemis les plus acharnés!... »

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15 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Seizième jour

Sa prière pour nous la veille de sa mort

 

Voix de Jésus


« Vous aurez de grandes tribulations dans le monde; mais ayez confiance, J'ai vaincu le monde. Là finit mon dernier discours; ce fut là Mon dernier encouragement à Mes disciples. Et ensuite, levant les yeux au ciel, J'adressai pour eux à Mon Père une prière toute d'Amour. Ah! puisses-tu, ô Mon fils, en méditer avec ton cœur, encore plus qu'avec ton esprit, les élans divins, que Je vais t'aider à comprendre et à sentir! Mon Père, l'heure est venue : l'heure de mon dernier et sanglant sacrifice; glorifiez Votre Fils par sa Résurrection, afin qu'Il Vous glorifie par l'établissement de Son Église, où soient réunis, de toutes les nations, Vos amis et Vos élus; J'ai fait connaître Votre Nom à ceux que vous M'avez donnés ce doux nom de Père qui n'avait pas été encore parfaitement révélé aux malheureux enfants d'Adam. C'est pour eux que Je Vous prie. Père Saint; conservez en Votre Nom ceux que vous M'avez donnés, afin qu'ils soient un comme nous: qu'étrangers à tout esprit de désunion, d'envie, de jalousie, de vengeance, d'animosité, de soupçon et de défiance, ils aient, comme nous, une même volonté, une même pensée, un même amour. Pendant que J'étais avec eux, Je les gardais en Votre Nom; et maintenant Je viens à Vous. Je ne Vous prie pas de les ôter du monde; je Vous demande de les sauver du mal dans lequel ce monde est plongé. Mais Je ne Vous prie pas seulement pour eux; Je Vous prie encore pour tous ceux qui croiront en Moi par leur parole, afin qu'ils soient tous un comme Vous, mon Père, êtes en Moi et Moi en Vous: que de même ils soient un en nous… Vois, ô mon fils, avec quelle sollicitude je m'intéresse à Mes disciples, à tous les chrétiens; avec quelle ardeur Je leur souhaite des entrailles dilatées, les uns pour les autres, par Mon Amour, en sorte qu'ils soient unis en Dieu comme dans leur centre, et qu'ils se rendent mutuellement heureux par une communauté parfaite de sentiments et de secours. Et puis, entends ce cri d'amour que Je pousse au Ciel avec une indicible tendresse: O mon Père, ceux que Vous M'avez donnés, Je veux que là où je suis ils soient avec Moi. Je veux quelle étonnante parole dans une prière! Mais aussi, ce n'est pas un homme qui prie pour toi, ô Mon fils; c'est ton Divin Médiateur, ton Divin Sauveur: Il veut que tu sois avec Lui au Ciel, afin que tu contemples Son éclat et que tu partages Sa gloire éternelle. Adore, ô mon fils, admire, exalte, bénis, loue, aime surtout et toujours ce trait sublime d'Amour, ce Je veux si déterminé, si absolu, si aimable et si doux à entendre pour ceux qui croient ».

 

Réflexion

 

Ai-je apprécié jusqu'ici tout ce que dit à un bon cœur ce doux nom de père que Dieu daigne prendre à mon égard? Ah ! qu'il faut que ce Dieu soit bon! Lui si grand, si élevé au-dessus de toutes les pensées des créatures même les plus parfaites, Il daigne, malgré ma misère extrême, s'appeler mon père et me donner le doux nom de fils! Que de reconnaissance et d'amour je dois au cœur de Jésus qui, en se faisant frère de l'homme m'a mérité cette glorieuse adoption ! Mais, hélas ! loin d'acquitter envers lui cette dette sacrée, ma conduite ne. déshonore-t-elle pas ce beau titre d'enfant de Dieu et ne me rend-elle pas inutile la prière que le Sauveur fit pour moi la veille de son immolation expiatoire? Jésus, dans cette prière sublime, veut que tous ceux que le Père lui a donnés vivent ici-bas en dignes enfants de Dieu, afin qu'un jour la gloire dont il est revêtu lui-même soit leur gloire, et que sa joie devienne leur joie. Hélas ! et moi je languis dans l'amour des choses de la terre, dans l'amour de moi-même et de tout ce qui flatte mon orgueil Ah ! si je voulais mon bonheur, comme Jésus le veut ! quelle pureté dans mes pensées, dans mes affections, dans toutes mes paroles et dans toutes mes œuvres. Ma vie déjà serait au Ciel.

 

Pratique

 

1° Ne prononcez jamais qu'avec reconnaissance, avec amour, avec une confiance vraiment filiale, les premières paroles de la prière que Jésus nous a enseignée : Notre Père qui êtes aux Cieux. 2° Priez souvent, priez sans cesse: Jésus vous l'a dit lui-même. Unissez-vous à lui priant pour vous la veille de sa mort, afin que tous les soupirs de votre cœur montent ainsi purs et agréables jusqu'au trône de la grâce et de la miséricorde.

 

Fidélité de Monsieur Olier à prier sans cesse

 

« M. Olier, fondateur du séminaire de Saint Sulpice, avait recours à la prière dans toutes les difficultés où il avait le plus de besoin de l'assistance de Dieu et de celle des hommes. Manquait-il de moyens pour soulager les pauvres, il suppliait pour eux dans l'oraison, toujours assuré de ne pas le faire en vain. Il semblait même que Notre-Seigneur prenait plaisir à le mettre dans le besoin, pour lui donner lieu d'exercer sa confiance, et l'obliger de venir déposer ses peines dans son sein. S'il lui survenait quelque tribulation intérieure ou quelque affliction du dehors, la prière était toute sa ressource; et généralement, toutes les fois qu'on lui proposait quelques affaires, il avait soin de les recommander à Dieu. Avant de se déterminer,'il lui demandait la grâce de connaître sa volonté adorable, et, quelque jugement qu'on pût faire de son silence, il était fidèle à ne dire mot jusqu'à ce que Dieu lui eût fait connaître la réponse qu'il devait faire. Pour recommander au Seigneur plus à loisir les choses qu'on lui proposait, et pouvoir mieux discerner sa volonté, il avait la coutume de prendre du temps pour y penser devant lui. Si l'affaire ne pouvait souffrir de délai, il se contentait de se donner intérieurement à Jésus-Christ, et d'élever son esprit vers, lui pour implorer son secours, sans lequel il n'eût pas voulu proférer une parole. Mais quand il le pouvait, surtout si c'était une chose qui fût un peu considérable, il ne répondait jamais qu'après s'être retiré de la conversation, s'être jeté aux pieds de Notre-Seigneur, et y avoir passé beaucoup de temps dans l'oraison: il ne se contentait pas d'y aller une ou deux fois, il y retournait souvent, et même y persévérait jusqu'à ce qu'il fût éclairé sur ce qui lui était proposé. « Il m'est arrivé très-souvent, dit à ce sujet M. de Bretonvilliers, que lorsque le soir je lui demandais conseil sur quelque difficulté que j'avais, il remettait au lendemain à m'en donner la solution, pour avoir le temps de la recommander à Dieu dans l'oraison; et j'ai souvent remarqué la bénédiction très grande que Dieu a donnée à cette pratique ». Le Seigneur se plaisait à le récompenser de sa fidélité à la prière. Il s'y abîmait dans les profondeurs de la charité de son Dieu, ou dans le Sacré Cœur de Jésus, et il commençait à jouir sur la terre des voluptés pures dont le Seigneur enivre ses élus dans le ciel. Aussi le trouva-t-on souvent, au milieu de la nuit, prosterné contre terre en oraison ». (Vie de M. Olier. L'Esprit d'un directeur des âmes, d'après les entretiens et la conduite de M. Olier.)

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14 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Quinzième jour

Encouragement au fidèle dans les peines et dans les tentations

 

Voix de Jésus

 

« Après avoir enseigné à Mes disciples qu'ils devaient demeurer en Moi comme la branche demeure unie à la vigne pour porter des fruits, qu'à cette condition ils pourraient demander tout ce qu'ils voudraient, et que tout ce qu'ils voudraient leur serait donné, Mon Divin Cœur leur renouvela ce précepte qui Lui est si cher: C'est Mon commandement, que vous vous aimiez tes uns les autres, comme Je vous ai aimés. Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous serez Mes amis, si vous faites ce que Je vous commande: ce que Je vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. Oh! quel n'était pas Mon tendre Amour pour les hommes, quand je répétais ainsi jusqu'à trois fois, et en termes si pressants, mon testament de Charité! Si le monde vous hait, ajoutai-Je, sachez qu'il M'a haï avant vous. Puis, Je leur annonçai les persécutions qui les attendaient: Quiconque vous fera mourir croira être agréable à Dieu; et comme Je leur parlais de nouveau de notre séparation prochaine, et qu'ils s'en affligeaient, Je m'empressai de consoler leur douleur. Parce que, leur dis-Je, vous m'avez entendu parler de séparation, votre cœur est rempli de tristesse. Mais Je vous t'affirme, en vérité : votre bonheur veut que Je m'en aille. Maintenant vous êtes tristes, mais Je vous reverrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et nul ne pourra plus vous ravir votre joie. C'est ainsi, ô Mon fils, que mon tendre Cœur prédisait à tous Mes amis, dans la personne des Apôtres, la voie semée d'épines par où ils devaient marcher pour arriver sur Mes traces à une joie inaltérable, afin que, lorsque l'heure serait venue, ils s'en souvinssent; et aussi, afin que la promesse de cette joie divine que nul ne peut ravir, les encourageât à la mériter. Si donc, ô Mon fils, ton âme est chargée de peines, console-toi; ton Divin Maître a bu le premier à ce calice, pour te le rendre moins amer. Que ta misère de pécheur était profonde, puisqu'il a fallu, pour t'en délivrer, les souffrances et la mort d'un Dieu! Que tes tribulations d'aujourd'hui sont précieuses, puisqu'elles te sont un gage de la récompense assurée par ton Sauveur à ceux qu'Il rend participants de Ses Douleurs et de Sa Croix! »

 

Réflexion

 

Ma vie est une vie de combats et de souffrances, non-seulement au dehors, mais encore et surtout au dedans de moi-même. Quels efforts ne faut-il pas pour déraciner mes passions, pour vaincre mes mauvais désirs, pour arracher de mon cœur tout ce qui plaît tant à la nature! Qu'il en coûte de sacrifier ce ressentiment pour rester fidèle au grand précepte de la charité, consigné si solennellement dans le testament de mon Jésus, qui pria même pour ses bourreaux! qu'il en coûte de renoncer à ce plaisir, de pratiquer cet acte d'humilité, du supporter patiemment cette médisance!... Oh! oui, pour le vieil homme c'est bien souffrir. Mais si je me fais ces violences, si je meurs à moi-même, j'aimerai véritablement Dieu, et je vivrai, et j'aurai une joie sans mélange et sans terme. Car aimer Dieu, c'est la vie, c'est la vie éternelle, c'est le vrai et le seul bonheur. Dieu sera mon partage : Il est Lui-même sa félicité, Il sera la mienne. Cette félicité sans mesure, puis-je l'acheter par trop de sacrifices, par trop d'actes de renoncement à moi-même?...

 

Pratique

 

1° Dans tous les sacrifices, dans tous les pénibles efforts nécessaires pour le bien de votre âme, pensez à ce qu'a souffert pour vous le cœur de Jésus, qui vous a aimé autant qu'un ami puisse aimer son ami. 2° Fuyez, fuyez les trompeuses joies du monde : c'est une fleur empoisonnée qui tombe du matin au soir; et poussez souvent de doux et tendres soupirs vers la joie pure de l'éternité.

 

Ardents soupirs d'une âme pour son Dieu

 

« Sur le lit de douleur, où languit plusieurs mois le pieux Calixte Frèze, mort au séminaire de Saint-Sulpice, en 1827, une seule pensée l'occupait constamment, celle-là même qui l'avait occupé toute sa vie, l'amour de son Dieu. A quelque partie du jour ou de la nuit qu'on le visitât, toujours on pouvait remarquer dans ses traits un doux contentement, qui était comme un avant-goût du bonheur éternel dont il allait jouir. Si parfois il sortait de son calme habituel, c'était pour exprimer son désir de participer au banquet eucharistique, ou pour parler de la joie qu'il éprouvait de s'être uni à son Dieu; il recouvrait alors une partie de sa vivacité, et il peignait les sentiments qui l'animaient dans des termes qui ravissaient et attendrissaient tous les assistants; la voix lui manquait quelquefois, et alors ses regards, amoureusement tournés vers l'endroit où avait reposé le corps adorable de son Sauveur, disaient assez quelles douces pensées de reconnaissance occupaient son âme. Dans les jours qui précédèrent sa mort, il parlait très peu: recueilli profondément, il semblait vouloir dérober aux hommes ce qui se passait entre Dieu et lui. Sans doute alors il occupait son cœur de ces saintes affections qu'il avait mises par écrit peu de temps auparavant, et qui peignent si bien tout l'élan d'une âme embrasée d'amour, à l'approche du jour de sa délivrance: « O mon Dieu! déjà je nage en votre sein; ô torrent de délices! plus je m'enfonce, plus je désire m'abîmer. O créatures, que je suis loin de vous! Je vole en des régions lointaines. Je suis comme la nacelle légère perdue dans l'Océan; un vent impétueux m'a poussé bien «loin des plages connues. Courage, mon âme, l'éternité approche! Courage, nous voici au a port; élançons-nous sur le rivage; ou plutôt, ô mon âme, élevons-nous dans les cieux! Ainsi, lorsque la flamme ne trouve plus rien à dévorer, on la voit se détacher légèrement du flambeau et se perdre dans les nues. Tu t'élèveras, ô mon âme, comme la flamme déliée; tu t'élèveras comme la vapeur de l'encens, quand elle forme un nuage odoriférant qui monte vers les cieux; tu t'élèveras comme la légère vapeur qu'exhale lamer, quand le soleil a commencé sa course. O Dieu! paraissez: alors vous absorberez mon âme; quittant ses organes grossiers, elle montera vers vous; vous la recevrez dans votre sein; elle y sera heureuse de votre bonheur. O Seigneur! à vous seul alléluia! alléluia éternel ! éternellement amen, amen ! fiat ! Fiat! » (Vie de Calixte Frèze, par M. d'Exauvillez).

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13 juin 2012

Le Bienheureux Frédéric de Ghyvelde

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Le Bon Père Frédéric

un missionnaire infatigable en Terre Sainte et au Canada

1838-1916

13 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Quatorzième jour

Sa tendresse ineffable envers ceux qui l'aiment

Voix de Jésus

 

« Ce que Mon Cœur ressent, ce qu'Il aime à faire pour les âmes qui se sont égarées, Je te l'ai dit, Mon fils, dans Mes trois paraboles, et dans l'histoire de la Samaritaine. Écoute aujourd'hui comme ce même Cœur qui se fond d'Amour pour ceux qui l'aiment, se crée une langue inouïe pour exprimer l'abondance de sa Divine Tendresse. C'était la veille de Ma Mort : Je venais de célébrer cette dernière Pâque depuis longtemps désirée d'un si grand désir. Je voulus graver, en paroles brûlantes d'Amour, Mon Testament dans le cœur de Mes disciples; et ces paroles, c'est Jean, Mon disciple bien-aimé, que Je choisis pour les recueillir dans son évangile, lui qui avait reposé sur Mon Cœur avant que Je fisse entendre mes derniers et tendres adieux. Chaque mot, ô Mon fils, dans ce testament de ton Sauveur, est une source de vérité et d'Amour inépuisable ici-bas pour l'intelligence des hommes; prête-moi l'oreille du cœur: que Je te redise ici quelques-unes de ces effusions de Ma Charité infinie, et que Je te fasse entrer dans le sens profond qu'elles renferment. Entends d'abord ce premier accent plein de douleur et d'attendrissement: « Mes bien-aimés, Je n'ai que peu de temps à passer encore avec vous ». Comme si Je leur disais: « O vous que Je chéris ainsi qu'une mère chérit son nourrisson, voilà que bientôt il faudra nous séparer. Je vous lègue ici Ma dernière volonté: C'est un commandement nouveau que Je vous donne, de vous aimer mutuellement comme Je vous ai aimés. On connaîtra que vous êtes mes disciples à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. Si Je vous annonce que Je vais vous quitter, que votre cœur ne se trouble point: vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi; Je vous quitte, pour aller vous préparer une place dans la maison de Mon Père; et quand Je vous l'aurai préparée, Je viendrai et Je vous prendrai avec Moi, afin que vous soyez où Je suis. Non, Je ne vous laisserai pas orphelins; Je viendrai à vous... En attendant, Je vous laisse la Paix, Je vous donne Ma Paix: Je ne vous la donne pas comme le monde la donne, une paix trompeuse qui endort l'âme sur le précipice, mais la paix véritable, la Paix de Dieu qui surpasse tout sentiment. Qu'ainsi votre cœur n'ait aucun trouble, n'ait aucune crainte; vous avez entendu ce que Je vous ai dit : Je m'en vais et Je reviens à vous. O Mon fils, n'est-ce pas là le vrai langage d'un cœur qui s'attendrit, qui encourage et qui console?... Ah! nourris tes pensées et tes affections de ces paroles prononcées par ton Sauveur à la veille de monter pour toi au Calvaire; et si tu ne peux d'abord faire autre chose, repose ton cœur sur mon Cœur, et bientôt coulera dans ton âme l'onction de Ma Grâce, rafraîchissante comme la rosée du matin, plus suave que le rayon de miel le plus pur ».

 

Réflexion

 

Voilà donc ce que Jésus a demandé de moi, la veille de Sa Mort : c'est que j'aime les autres comme Il m'a aimé Lui-même. Il semble que ce devait être à Son Divin Cœur une douce consolation dans les souffrances horribles qu'Il allait endurer pour les hommes, d'établir parmi eux cette loi de Charité tendre et universelle, qui ne ferait bientôt de tous qu'un peuple de frères, si tous obéissaient à l'Évangile... Ai-je fidèlement accompli cette dernière Volonté de mon Jésus?... Ai-je fidèlement recueilli cet héritage d'amour qu'Il m'a légué, sans lequel vainement je voudrais être un jour où il est, et goûter dans ce monde Sa Paix, Sa Paix Divine, gage précieux de la paix éternelle? Puis-je me rendre ce témoignage que j'aime tous les hommes comme les enfants du Père Céleste, comme les cohéritiers de Celui qui nous a tous aimés jusqu'à s'immoler pour nous? Puis-je dire que je me plais à leur donner, en toute occasion, les mêmes preuves de Charité que si je voyais Jésus Lui-même en leur personne?...

 

Pratique

 

1° Que ce ne soient ni le goût naturel, ni les liens seuls de la naissance, ni votre propre intérêt qui règlent votre charité pour le prochain; mais aimez-le, obligez-le toujours pour Dieu et en Dieu. 2° Quand vous avez de la répugnance à aimer quelqu'un ou à lui rendre service, souvenez-vous qu'il est comme vous un enfant de notre Père qui est dans les deuxi, qu'il a été racheté par le même sang, et qu'il est destiné à la même gloire dans l'éternité.

 

Paroles touchantes du Comte de Stolberg sur son lit de mort

 

Le comte de Stolberg, grand Seigneur issu d'une maison longtemps souveraine, célèbre par son beau caractère et par ses talents, avait eu le malheur de naître dans les erreurs du protestantisme. L'étude des Pères de l'Eglise lui fit concevoir des doutes sur la légitimité de la Réforme luthérienne, et il chercha la vérité avec la candeur et la maturité d'un esprit droit; puis se démettant de tous ses emplois, s'arrachant, avec tous les déchirements d'un cœur tendre, à ses amis, à ses parents, à un père chéri, il se rendit à Munster, ainsi que sa femme ; et tous deux abjurèrent le luthéranisme en 1800. Sa conversion lui attira des fureurs jalouses, des haines qui ne servirent qu'à mettre au jour la charité admirable dont ce cœur vraiment chrétien était rempli. Dans une lettre écrite d'Eutin (16 août 1800), après une effusion d'actions de grâces à Dieu, il disait: « Il est bien juste que mon bonheur soit mêlé de quelque amertume. La position dans laquelle nous nous trouvons n'en manque pas. On nous fuit, on nous abandonne.... Notre situation est pénible au delà de tout ce que je pourrais dire. Que celui qui a bien voulu se faire couronner d'épines me donne la grâce de recueillir, de celles qu'il m'envoie, des roses immortelles ». Ce vœu fut accompli. Le soulèvement des esprits fut grand : la résignation, la patience et la bienveillance du Comte envers ses ennemis furent plus grandes encore; et la plupart ne tardèrent pas à lui rendre justice. On aime à voir ce grand homme près de la mort, entouré de ses quinze enfants, demandant pardon de ses manques de charité, et priant qu'on oublie tout le mal qu'on a pu lui faire, dans des termes solennels et touchants, comme ceux d'un patriarche des temps primitifs. « Vers une heure après midi (est-il dit dans le récit de sa mort par ses enfants), il nous fit tous appeler. Nous nous agenouillâmes autour de son lit, et il prononça les paroles suivantes d'une voix affaiblie, mais émue et solennelle: « Je suis ici en face de Dieu présent partout, Père, Fils et Saint-Esprit, et je supplie la Sainte Trinité, que j'ai toujours adorée, d'avoir pitié de nous tous, de moi, de ma première femme, de celle qui vit encore, de mes frères et sœurs morts ou vivants, de mes gendres, de mes brus, de mes neveux, nièces, petits-fils et petites-filles, de nous joindre tous en un lien d'amour par la foi, l'espérance et la charité, de manière que personne de ce petit troupeau ne se perde, et que nous soyons tous réunis un jour près du trône de Dieu. Tout misérable pécheur que je suis, je m'en vais pourtant plein de confiance en Jésus-Christ. Je prie mes chers enfants et toutes les personnes avec lesquelles j'ai vécu, de me pardonner les manques de charité dont je me suis rendu coupable à leur égard, et les scandales que je leur ai donnés. Puisse Dieu éloigner d'eux le tort qui aurait pu en résulter pour leurs âmes, et ne pas le leur imputer, mais seulement à moi! Je les conjure tous de prier pour moi, pour ma défunte femme, et pour nous tous, tant qu'ils vivront. Puisse l'esprit de Dieu nous remplir tous de son amour, de sorte que nous soyons un, comme le Père et le Fils sont un! Si l'un de mes enfants ou de mes amis croyait que quelqu'un a eu des torts envers moi, je le supplie de ne pas en conserver de ressentiment, mais de prier pour celui dont il aurait cette opinion. Mes enfants chéris, il y a une chose que je voudrais vous graver dans le cœur. Nous sommes tous hommes, tous pécheurs, mais tenez toujours votre cœur ouvert au Sauveur: n'ayez pas peur de lui, car si nous l'appréhendons, qui n'appréhendrons-nous pas? et si nous n'avons confiance en lui, en qui pourrons-nous avoir confiance? » (Annales de philosophie chrétienne, tome IX ; Raison du Christianisme, tome VII).

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13 juin 2012

Exercice pour entendre la Sainte Messe pendant le Mois du Sacré Cœur

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Exercice pour entendre dévotement la Sainte Messe pendant le Mois du Sacré Cœur

 

On gagne trois cents jours d'indulgence chaque fois qu'on emploie, pour entendre la sainte messe, la méthode de Saint Léonard de Port-Maurice. Ayez l'intention de gagner cette indulgence en vous servant de cet exercice, qui a été rédigé d'après cette méthode et dans l'esprit de la dévotion au cœur adorable de Jésus. La meilleure manière d'entendre la messe conformément à l'esprit de l'Église, est de s'unir aux sentiments du prêtre, qui l'offre pour acquitter les quatre grandes obligations que nous avons à remplir envers Dieu. La première de ces obligations est d'adorer et de louer sa majesté infinie; la seconde est de satisfaire pour tous nos péchés; la troisième, de remercier Dieu de tous ses bienfaits; la quatrième, de l'implorer comme l'auteur et le principe de toutes les grâces. Puisque, toutes les fois que vous assistez à la messe, vous participez, en quelque sorte, au saint office de sacrificateur que le prêtre remplit, vous devez tâcher de vous appliquer à la considération de ces quatre fins qu'il se propose lui-même en la célébrant. Dans ce but, partagez le temps du saint sacrifice en quatre parties, que vous emploierez de la manière suivante: il n'est pas nécessaire de s'astreindre aux paroles, il suffit d'entrer dans les sentiments qu'elles expriment.

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Première partie

Depuis le commencement jusqu'à l'Evangile

Adorer et louer Dieu

 

Lorsque la messe commence et que le prêtre, s'humiliant au pied de l'autel, récite le Je confesse à Dieu, efforcez-vous d'exciter dans votre cœur une véritable contrition de tous vos péchés, en vous unissant au cœur adorable de votre divin Rédempteur. Implorez ensuite l'assistance du Saint-Esprit par l'intercession de la très-sainte Vierge et de son chaste époux, saint Joseph, de vos saints patrons et de votre Ange gardien, afin d'entendre la messe avec tout le respect et toute la dévotion dont vous serez capable. Jusqu'à l'Évangile, adorez et louez la majesté infinie du Très-Haut, qui est digne d'hommages, d'honneurs, de louanges sans bornes. Pour cela, humiliez-vous avec votre adorable médiateur Jésus-Christ; abîmez-vous dans le sentiment de votre bassesse et de toute votre misère; reconnaissez votre néant devant le Créateur et le Maître de toutes choses, et dites-lui, aussi humilié dans le fond de l'âme que dans l'attitude de votre corps (car il faut toujours assister à la messe dans la posture la plus modeste et la plus respectueuse):

« O mon Dieu, je Vous adore de toutes les puissances de mon être, et Vous reconnais pour mon Créateur, mon Souverain Seigneur, mon Maître absolu, mon premier principe et ma fin dernière. Je proteste, anéanti devant Vous, que tout ce que j'ai, tout ce que je suis, c'est de Vous seul que je le tiens; que Vous ne me devez rien et que je Vous dois tout; que mon âme et mon corps, ma vie et tout l'usage que je puis en faire, Vous appartiennent sans réserve: je Vous offre, en un mot, tous les hommages dont je suis capable. Mais Votre Souveraine Majesté mérite un honneur infini; hélas ! et je ne suis devant Vous qu'un ver de terre, indigne même d'être souffert en votre présence ! O Dieu ! dans mon impuissance que ferai-je donc pour Vous offrir une adoration et une louange dignes de Vous ?... Ah ! je Vous offrirai les humiliations, les anéantissements, les hommages de l'adorable Jésus sur cet Autel. Ce que mon Divin Médiateur fait ici, je veux le faire; je veux m'abaisser, m'humilier, m'anéantir avec Lui devant Votre grandeur suprême; je veux m'unir aux admirables sentiments de Son Divin Cœur; je me réjouis, je suis heureux de la soumission infinie qu'Il Vous rend ici pour moi, et dans laquelle Votre Majesté trouve toute Sa complaisance ».

Ici, fermez le livre, et continuez à produire intérieurement des actes semblables, louant le Très-Haut de ce qu'il est si parfaitement honoré par le cœur de l'Homme-Dieu, et répétez avec ferveur à diverses reprises:

« Oui, mon Dieu, je Vous bénis de ce qu'il m'est donné de Vous offrir en Jésus-Christ et par Jésus-Christ un hommage digne de Vous. Je me complais dans l'honneur infini qui revient de cet auguste Sacrifice à Votre Majesté adorable; je voudrais en avoir la joie, la jubilation qu'en éprouvent les Saints et les Anges! »

Ne vous mettez pas en peine de répéter mot à mot ces prières; mais servez-vous librement des paroles que vous suggérera votre piété. Tâchez surtout d'être bien recueilli, bien uni au cœur de votre divin Jésus, bien profondément anéanti avec cet adorable Sauveur devant la majesté infinie à laquelle est offert le saint sacrifice.

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Seconde partie

Depuis l'Evangile Jusqu'à l'élévation

Satisfaire à Dieu

 

Pour vous acquitter de la seconde obligation pendant cette partie de la sainte messe, jetez un coup d'œil sur tous les péchés de votre vie, et à la vue de la dette immense que vous avez contractée envers la justice divine, dites avec un cœur contrit et humilié:

« Voici, ô mon Dieu, cet ingrat, cet indigne a pécheur, qui tant de fois a osé se révolter contre Vous. Couvert de confusion, au souvenir d'une conduite si coupable envers le meilleur et le plus tendre des pères, je me jette humblement aux pieds de votre Divine Majesté, pour Vous demander pardon de mes égarements déplorables; je déteste, de tout mon cœur, mes innombrables fautes, pour lesquelles je dois une si grande expiation à votre sainteté infinie, que j'ai tant outragée. Ah! de moi-même je ne saurais rien Vous offrir en réparation de mes péchés, rien qui puisse être accepté par Votre Adorable Justice; mais le Divin Jésus me donne ici tous ses mérites, que je Vous présente sur cet Autel, en union avec les sentiments qui pénétraient Son Cœur sacré lorsqu'Il se dévouait pour tous les hommes dans toute la suite de Sa Passion. Oui, je Vous offre le Corps et le Sang de Votre Divin Fils, Dieu et homme tout ensemble, qui, en qualité de victime, va renouveler en ma faveur le grand Sacrifice de la Croix: Il va être ici, comme sur le Calvaire, mon médiateur tout-puissant; Il va Vous demander cet instant, ma faible et indigne voix à la voix si pure et si puissante de Son Sang adorable, et Vous demande en Lui et avec Lui Miséricorde et pardon pour toutes mes offenses envers Votre Divine Majesté, pour tout ce qui a pu Vous déplaire en moi jusqu'à ce jour. O Dieu de mon cœur, Vous auriez, sans aucun doute, le droit de Vous montrer sourd à mes gémissements et à mes larmes; mais Vous ne sauriez fermer l'oreille de Votre Clémence à la prière du Cœur de Votre Divin Fils, qui Vous offre pour moi sur l'Autel un Sacrifice propitiatoire, où Votre Justice reçoit abondamment tout ce qui Lui est dû. Ah! j'espère, avec une entière confiance, qu'en vertu de ces mérites de mon Sauveur, vous daignerez me faire grâce pour toute ma vie passée, dont je ne cesserai de pleurer le mauvais usage jusqu'à mon dernier soupir ».

Pendant que le Prêtre lit l'Evangile, vous pouvez, vous représenter Notre-Seigneur vous adressant ces paroles : « Bienheureux les pauvres d'esprit. Bienheureux ceux qui pleurent; ceux qui ont faim et soif de la sainteté, ceux qui sont doux, ceux qui sont miséricordieux. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, ceux qui ont l'esprit pacifique, ceux qui souffrent persécution pour la justice. Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme? Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive. Prenez mon joug sur vous, car mon joug est doux et le fardeau que j'impose est léger, etc.

Puis, ayant fermé le livre, répétez avec ferveur des actes d'une véritable contrition; donnez un libre cours aux affections de votre cœur; dites à Jésus, du fond de votre âme:

« Mon bien-aimé Sauveur, oh ! donnez-moi, je Vous en conjure, donnez-moi les larmes de Saint Pierre, la contrition de Sainte Marie-Madeleine, la douleur sincère de tous les Saints qui, de pécheurs, devinrent des modèles de conversion, afin que j'obtienne, par cet adorable Sacrifice, la grâce de devenir moi-même un véritable pénitent, et la rémission des peines satisfactoires dues à Votre Justice. O Cœur adorable de mon Jésus, daignez me pénétrer d'horreur pour toute espèce de péchés, daignez me faire participer aux sentiments qui Vous animent dans le Mystère adorable de l'Autel ! »

Réitérez ces mêmes actes, tout recueilli en Dieu, surtout pendant l'élévation; et unissez-vous, de toutes vos forces, au cœur de ce bon Jésus qui vous est si admirablement dévoué. En récitant, pendant l'Elévation, la prière suivante : « Loué et remercié soit à chaque instant le très Saint et très Divin Sacrement de l'Autel », on gagne une indulgence de cent jours, applicable aux âmes du Purgatoire.

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Troisième partie

Depuis l'élévation jusqu'à la Communion

Remercier Dieu

 

Dans cette troisième partie de la messe, considérez les précieux et innombrables bienfaits dont Dieu vous a comblé; pensez à toutes les grâces qu'il a répandues sur vous depuis que vous êtes au monde, soit à celles qui vous sont communes avec vos frères en Jésus-Christ, soit à celles qui vous sont particulières et qui doivent exciter à jamais dans votre cœur un amour sans mesure pour le Dieu de toute bonté. Mais sentez en même temps l'impuissance où vous êtes de reconnaître dignement tant de grâces; estimez-vous heureux d'avoir, dans le Saint Sacrifice de l'Autel, de quoi remercier le Seigneur comme Il le mérite; présentez-Lui, pour tous les bienfaits dont vous Lui êtes redevable, le Corps et le Sang adorables de Jésus, victime d'un prix infini; présentez-Lui les remerciements, les louanges ineffables que Son Divin Cœur ne cesse, dans l'Eucharistie, de faire monter vers le Père Céleste; et, dans les pieux élans de Votre gratitude, invitez tous les Anges et tous les Saints à se joindre à Vous pour louer Dieu en union avec ce Cœur Adorable:

« Voici, ô mon Dieu, celui que Vous n'avez cessé de combler de toutes sortes de bienfaits, depuis le jour où, par une grâce ineffable, Vous avez daigné me régénérer dans les saintes eaux du Baptême. Ah ! pour tant de bontés, que Vous rendrai-je?... Et que ne Vous dois-je pas aussi pour les grâces que Votre Divine Providence me destinait et dont j'ai été privé par ma faute ? Oui, je me plais à confesser devant Vous que Vos Miséricordes à mon égard sont véritablement infinies... Cependant, par un prodige admirable de Votre Amour, je puis ici Vous offrir des actions de grâces qui égalent Votre libéralité. En reconnaissance de ce qu'il Vous doit, mon cœur Vous présente par les mains du prêtre cette hostie d'agréable odeur, ce Corps Divin, ce Sang Divin, cette offrande dont le prix est infini comme le prix de vos bienfaits. Ce don, qui est au-dessus de tous les dons, ne vaut-il pas tous ceux que Vous avez daigné me départir, tous ceux que Vous m'accordez à chaque instant ? Et les actions de grâces que le Cœur Adorable de Jésus Vous offre pour nous dans cet auguste Sacrifice, ne compensent-elles pas tout ce que je suis dans l'impuissance de rendre moi-même à Votre Divine Majesté ? Ah ! souffrez, ô mon Dieu, que, tout indigne qu'il est, mon cœur s'unisse à ce Divin Cœur pour Vous bénir, pour Vous louer avec Lui et par Lui ! Et vous, Esprits bienheureux, vous, Saints et Saintes du ciel, unissez vous à moi pour que mon cœur soit moins indigne de s'unir lui-même à celui de mon Jésus ! »

Oh ! avec quelle douce complaisance le Dieu de toute bonté ne recevra-t-il pas le témoignage de votre reconnaissance, unie de la sorte à celle des Anges et des Saints, dans le Cœur et par le Cœur de Son Divin Fils ! A ces pieux et tendres sentiments ajoutez l'invocation de votre Ange gardien, de vos saints patrons et des autres Saints auxquels vous avez une dévotion particulière: dites-leur avec effusion:

« O vous! mon bon Ange, qui, sans cesse, veillez sur moi, ô vous! mes saints patrons, vous aussi que j'ai choisis spécialement pour mes protecteurs, prêtez-moi vos sentiments, afin qu'en union avec le Cœur de mon Jésus, j'offre à Dieu le juste tribut de ma reconnaissance ».

Entretenez-vous dans ces tendres et pieuses affections, et, pour les rendre plus agréables au Seigneur, unissez-vous en esprit à toutes les messes qui se célèbrent en ce moment dans tout l'univers Catholique.

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Quatrième partie

Depuis la Communion jusqu'à la fin

Implorer Dieu

 

Pendant que le prêtre communie, faites la communion spirituelle, si vous ne devez pas avoir le bonheur de recevoir vous-même le divin sacrement. Pour cela faites un acte de foi vive sur la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, un acte d'humilité et de contrition, et un acte de désir de le recevoir:

« Oui, je le crois, ô mon Divin Jésus, Vous êtes ici présent sous les apparences eucharistiques, aussi présent que Vous l'êtes dans le Ciel, où Vous manifestez Votre Gloire aux élus. Je le crois, parce que Vous l'avez dit, et que ce que Vous avez dit m'est enseigné d'une manière infaillible par Votre Sainte Église, que Vous avez promis d'assister dans son enseignement jusqu'à la fin des siècles. Je le crois, et, en témoignage de ma Foi, je Vous rends ici l'hommage d'adoration qui n'est dû qu'à Vous seul. Je suis bien indigne, hélas ! Non-seulement de Vous recevoir dans cet auguste Sacrement, mais de paraître devant Votre souveraine majesté. Je m'humilie donc profondément de toutes mes misères, et Vous demande pardon, par amour pour Vous, de tout ce qui dépare mon âme à Vos yeux, Vous suppliant d'user envers moi de votre suprême indulgence. Oh ! daignez, daignez avoir pitié de moi et venir du moins spirituellement me visiter. Venez, venez, je Vous désire; venez fortifier ma faiblesse, venez exciter ma langueur, venez embraser mon âme de Votre Divin Amour. Je Vous désire comme mon Salut et ma Vie, comme mon unique et souverain Bien. Venez, ô doux Jésus, venez unir Votre Divin Cœur à mon misérable cœur, afin que le mien, comme transformé, vive en quelque sorte désormais de la vie du Vôtre ! »

Puis, recueillez-vous aux pieds de Jésus, comme si vous veniez d'avoir le bonheur de participer au banquet céleste; offrez-vous, donnez-vous tout entier au Cœur Sacré de Votre Sauveur adorable. Ainsi uni à ce Divin Médiateur, du moins par un tendre amour, que votre cœur s'abandonne à la plus grande confiance. Demandez avec une Foi vive toutes les grâces dont vous avez besoin, vous souvenant que c'est Jésus qui prie et demande en vous et pour vous:

« O Dieu de mon âme, je me reconnais souverainement indigne de Vos grâces: j'avoue humblement devant Vous que je ne mérite aucunement d'être exaucé, à cause de la multitude et de la gravité de mes fautes. Mais pourriez-Vous n'avoir pas pour agréable la prière que Votre Adorable Fils vient de Vous adresser pour moi sur cet Autel, où il s'est offert tout entier à Votre gloire?... Au nom et par les mérites infinis de ce Divin Sauveur, daignez donc recevoir favorablement les demandes que j'ose Vous faire. Daignez m'accorder tous les secours dont Vous savez que j'ai le plus de besoin pour réussir dans la grande affaire de mon Salut; oubliant tous mes péchés (je vous en supplie plus que jamais, avec une entière confiance, par la médiation du Cœur de mon doux Jésus), daignez m'accorder la correction de mon principal défaut, l'avancement dans les vertus chrétiennes, la grâce de la persévérance finale dans le bien. J'ose Vous demander encore, ô mon Dieu, la conversion des infidèles, celle de tous les pécheurs, et particulièrement de ceux qui me sont unis par de tendres liens; l'exaltation de la Sainte Eglise et la cessation de tous les maux qui l'affligent; la persévérance des justes et leur progrès continuel dans les voies de la perfection évangélique. Je Vous conjure, enfin, de m'accorder la délivrance de toutes les âmes qui souffrent dans le Purgatoire, et spécialement de celles qui ont des droits particuliers à mes prières. Ah ! par l'efficacité de ce Divin sacrifice, élargissez toutes ces âmes qui Vous aiment et que Vous aimez si tendrement, afin qu'elles vous glorifient dans le Ciel, et qu'elles y intercèdent pour nous, pauvres exilés sur la terre, exposés à tant de dangers qui peuvent nous faire perdre le bonheur éternel ».

Demandez avec assurance, demandez pour vous, pour vos parents, pour vos amis, pour vos bienfaiteurs, pour ceux qui se sont recommandés à vos prières, demandez tout ce que vous voudrez, en union avec le cœur de Jésus, et vous l'obtiendrez.

Invocation des Mérites de Jésus

« Ame très Sainte de Jésus, sanctifiez-moi. Cœur très ardent de mon Jésus, embrasez-moi de Votre Amour ; Corps Sacré de mon Jésus, savez-moi ; Très Précieux Sang de mon Jésus, remplissez-moi d'une sainte ivresse ; Eau très pure, qui sortîtes du Côté de mon Jésus, lavez-moi de toutes mes souillures ; Sueur pleine de vertu, qui coulâtes du Visage de mon Jésus, guérissez-moi de toutes mes misères ; Passion de mon Jésus, fortifiez-moi ; O mon Jésus, daignez m'exaucer ; cachez-moi dans Vos Saintes Plaies ; ne permettez pas que je sois jamais séparé de Vous ; défendez-moi contre la colère de mes ennemis ; appelez-moi à l'heure de ma mort ; ordonnez que j'aille à Vous, et placez-moi près de vous, afin que je Vous loue et Vous bénisse avec Vos Anges et Vos Saints pendant l'éternité. Ainsi soit-il ».

La messe étant finie, faites un acte de remerciement au Seigneur: « C'est de tout le cœur, ô Dieu tout bon et tout puissant, que nous Vous rendons grâces de Vos inestimables bienfaits, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous, dans l'unité du Saint-Esprit, aux siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

Sortez ensuite de l'église aussi touché de pieux sentiments que si vous descendiez du Calvaire, et tâchez, pendant tout le jour, de tenir votre cœur tendrement uni au Cœur Sacré de votre Divin Jésus, sanctuaire adorable, asile chéri du vrai fidèle.

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13 juin 2012

"Abba, Père Bien-aimé", Neuvaine à Dieu le Père

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Abba, Père Bien-aimé

Neuvaine à Dieu le Père

 

Avant-propos

 

Au cours des siècles, de nombreuses neuvaines ont vu le jour: neuvaines au Sacré Cœur, à la Sainte Vierge, à saint Joseph ou à d’autres saints. Pourquoi ne serait-il pas permis de s’adresser pendant neuf jours à notre Père du ciel en suivant les intentions de la prière du Seigneur ? Ceci d’autant plus qu’il ne s’agit pas ici d’une dévotion quelconque: la dévotion au Père était la dévotion de Jésus. Toute la personne de Jésus était comme polarisée par le Père. Sa mission était de nous révéler Dieu comme Père, de nous faire connaître son amour infini et de nous conduire à lui. Ce Père, il l’appelait « Abba », « Papa », comme un enfant, ce qui était révolutionnaire. « Abba, Père bien-aimé ! » s’exclamaient, dans l’enthousiasme de l'Esprit Saint, les premiers chrétiens, expression de leur nouvelle vie d’enfants de Dieu. Et aujourd’hui, sommes-nous vraiment avec Jésus en route vers le Père ? L’humanité est entrée dans le troisième millénaire. La solution de ses problèmes réclamera une solidarité toujours plus grande. L’heure n’est-elle pas venue de faire découvrir le fondement ultime de la fraternité humaine, à savoir la paternité universelle de Dieu ? Tâche immense dans laquelle les chrétiens ont un rôle primordial à jouer. A nous de commencer à vivre mieux notre véritable identité chrétienne et humaine: celle d’être enfants d’un même Père par le Christ dans l'Esprit. Puissent ces prières nous aider à entrer dans le courant d’amour filial du Christ et ainsi servir le dessein grandiose du Père: réunir tous les humains en une seule famille dans le Christ, « à la louange de sa gloire ». (Eph 1, 12)

 

Premier jour

Tu n'êtes qu’amour

 

« Voyez combien grand, est l'amour dont le Père nous a comblés... » (1 Jean 3, 1)

 

Père, que c’est merveilleux ! Avec Vous, tout est si simple. Je peux venir vers Vous comme un enfant. Je peux tout Vous demander, et Vous me donnez tout ce dont j’ai besoin. Je peux Vous dire mes joies et mes peines. Vous m'écoutez, Vous me prenez au sérieux, Vous me comprenez. Jamais Vous ne Vous lassez de moi. Jamais Vous ne Vous détournez de moi. A tout moment, Vous êtes entièrement disponible. Vous ne regardez ni mes avoirs, ni mon savoir, ni mes capacités. Vous m’acceptez tel que je suis. Vous ne regardez pas mes fautes et Vous ne me condamnez pas. Vous me pardonnez tout et Vous ne me gardez pas rancune. Vous me prenez tel que je suis maintenant, et non pas tel que j’ai été. Vous me donnez toujours la chance de repartir à zéro. Je n’ai rien à craindre de Votre part. Vous êtes le Père de tous. Chacun peut venir à Vous, personne n’est exclu. Vous aimez chacun d’un même amour, quel qu’il soit. Vous l'aimez comme Vous aimez Votre propre Fils ! Père, c'est inouï, c'est incroyable ! Pourtant, c'est la vérité. Jésus en est témoin: Vous n'êtes qu'amour, amour infini.

 

Notre Père qui êtes aux cieux,

Que Votre Nom soit sanctifié,

Que Votre Règne vienne,

Que Votre Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel.

Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour,

Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Ne nous laissez pas succomber à la tentation,

Mais délivrez-nous du mal.

Car c’est à Vous sont le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Deuxième jour

Le don le plus grand

 

« Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent... » (Luc 11, 13)

 

Père, c'est Vous que êtes le donateur de tous les dons. Plus un don est grand et précieux, plus Vous êtes empressé à nous le donner. C’est pourquoi, Père très bon, je viens aujourd’hui Vous demander le meilleur don. Je viens Vous demander l'amour, je viens Vous demander l'Esprit Saint. Père, j'ai tellement besoin de l'Esprit Saint ! Je voudrais avoir la joie de vivre et ne pas être angoissé par la mort. Je voudrais rester jeune d'esprit, toujours apprendre, découvrir de nouveaux horizons. Je veux devenir généreux, compatissant, serviable. Je désire être libéré de tout ce qui me pèse, m'entrave, m’enchaîne. J'aimerais vaincre ma tiédeur, ma paresse, mon anxiété, mon découragement et ma tristesse. J'ai besoin de force pour souffrir, pour pardonner, pour prendre un nouveau départ. Je voudrais devenir un homme nouveau et contribuer tant soit peu à ce que le monde devienne un peu plus humain. C’est Vous qui avez mis ces désirs dans notre cœur. Votre joie, c'est de les exaucer en nous donnant l'Esprit Saint. Envoyez Votre Esprit qui fait de nous vos enfants, qui sanctifie Votre Nom en criant en nous : « Abba, Père bien-aimé ! » Faites que je ne cesse d’appeler l’Esprit Saint en redisant souvent: « Veni, Sancte Spiritus, Venez, Esprit Saint ! »

 

Notre Père…

 

Troisième jour

Votre dessein grandiose

 

« Il nous a, d’avance, destinés à devenir pour lui des fils par Jésus-Christ ». (Eph 1, 5)

 

Père bien-aimé, de toute éternité, Vous avez pensé à nous. Votre Cœur Paternel chérissait un plan grandiose: Vous désiriez Vous susciter des enfants pour les aimer en Votre Fils et comme Votre Fils. Avec un saint enthousiasme, Vous avez créé l’univers dans ce but. Vous vouliez constituer une seule et grande famille dans laquelle tous seraient fraternellement unis par l’amour du Christ. Cette communauté d’amour, c'est Votre Eglise: tout en elle est fondé sur l’amour. C’est pourquoi tout en elle doit se faire par amour, avec amour et pour l’amour. Quel rêve ! Une communauté qui ne connaisse que l'amour et qui accueille tous sans discrimination. Père, ce rêve doit devenir réalité ! Je veux commencer là où je me trouve: faites que j’accueille le prochain comme celui que Jésus veut aimer par moi. Rendez-moi patient, compréhensif, généreux. Donnez-moi assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à moi-même et m'abstenir de critiquer sans amour. Que mon esprit ne retienne que les pensées servant l'amour et l’unité et que je sois partout artisan de paix. Père, faites que l'Eglise devienne de plus en plus une communauté d’amour à l’image de la Très Sainte Trinité.

 

Notre Père…

 

Quatrième jour

Seul l’amour compte

 

« S’il me manque l'amour je ne suis rien ». (1 Corinthiens 13,2)

 

Père, Votre Volonté est Amour, car Vous êtes l’amour, amour sans conditions et sans limites; Vous n’êtes qu'Amour. Père, Vous êtes l'origine de tout amour. Remplissez mon cœur d’amour, de bonté, de miséricorde et faites-les rejaillir sur chacun de mes semblables. C’est dans le prochain que Vous voulez être aimé. Je ne suis pas plus proche de Vous que je ne le suis de mon voisin, voire de mon plus grand ennemi. Aidez-moi à aimer comme je veux être aimé moi-même. Accordez-moi la force de rendre le mal par le bien. Donnez-moi de m’aimer aussi moi-même, avec tous mes défauts, faiblesses et limites comme Vous-même Vous m'aimez. Faites-moi considérer toute chose comme une occasion d’aimer et faites-moi répondre à tout par l’amour: à ce qui est sombre et incompréhensible, par la Foi et la confiance, à la maladie et à la détresse, par une aide efficace et la compassion, à la haine et à la méchanceté, par la bonté et le pardon, à l’injustice et à l’oppression, par un engagement courageux pour la justice et la liberté. Seul l’amour compte. L’amour est le sens de ma vie. L’amour est ma vocation. C’est pourquoi je ne Vous demande qu’une chose: l’amour, toujours plus d’amour.

 

Notre Père…

 

Cinquième jour

Vous prenez soin de nous

 

« Votre Père sait de quoi vous avez besoin ». (Matthieu 6, 8)

 

Père, je ne sais pas ce que l’avenir me réservera. Trouverai-je toujours du travail ? Comment sera ma santé ? Quelle sera l’Eglise demain ? Où va la société ? Le monde ? Vous ne voulez pas que nous nous fassions du souci, car Vous prenez soin de nous. En effet, n’êtes-Vous pas notre Père ? Et ne sommes-nous pas Vos enfants ? Un enfant ne peut subvenir à ses besoins. Il ne peut gagner sa vie. Il a besoin que quelqu'un l’aide. Père, que serais-je sans Vous ? Qu’ai-je que je n’aie pas reçu? C’est à Vous, Père très bon, que je dois tout. Vous seul connaissez l'avenir. Vous savez tout, tu pouvez tout, et Vous m'aimez. C’est pourquoi, près de Vous, je suis en totale sécurité. Père, je confie tout à Votre Divine Providence. Vous ordonnez tout pour mon mieux. Je crois en Votre Amour. Je crois que Vous assistez toujours Votre Eglise par Votre Esprit et que, par ses pasteurs,Vous nous guidez sur de bons pâturages. Vous aimez notre terre, c’est pourquoi je suis sûr que Vous garantissez toujours un avenir à l’humanité. Père, je Vous fais entièrement confiance. Je ne désire qu’une chose: répondre à Votre Amour par un amour plein de reconnaissance et Vous réjouir par ma confiance. Tout pour Votre plus grande joie !

 

Notre Père…

 

Sixième jour

Pardonnez-moi

 

« Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». (Luc 23, 24)

 

Père, j'ai manqué à l'amour. J'ai manqué de respect pour les autres, de générosité, de reconnaissance... Je sais que pour Vous nos fautes ne sont pas des fautes de « lèse-majesté ». Ce qui Vous blesse, c'est le fait que par nos manquements à l'amour nous agissons contre notre propre bien. Pour Vous, ce qui compte, ce n’est pas Votre honneur, mais uniquement le bonheur de vos enfants. Père, combien je regrette de ne pas avoir écouté l'appel de Votre Amour ! Cependant, je ne peux demander Votre Pardon si moi-même je ne suis pas prêt à pardonner. Mais mes sentiments négatifs sont toujours là... Père, je sais que Vous ne regardez pas nos sentiments, mais notre volonté. Si j'ai la volonté sincère de pardonner, j’ai pardonné. Père, je veux pardonner à tous ceux qui m’ont fait du mal et prier pour eux. Pardonnez-moi aussi. Votre joie, c'est de pardonner. Père, préservez-moi de juger les autres, de leur faire des reproches, d'être implacable, rancunier. Que je n'oublie jamais que Jésus a excusé même ceux qui l’ont crucifié. Père, je Vous remercie de Votre amour et je loue Votre Miséricorde infinie.

 

Notre Père…

 

Septième jour

Malgré la souffrance, croire en Votre Amour

 

« Nos épreuves du moment présent sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent ». (2 Corinthiens 4, 17)

 

Père, quand il fait sombre dans mon âme, ne me laissez pas croire que Vous n’êtes plus avec moi. Quand je suis frappé d’une maladie ou soumis à une épreuve, ne me laissez pas croire que Vous voulez me punir. Quand je suis tombé dans le péché ou que j’ai commis une faute grave, ne me laisse pas croire que Vous m’en voulez et que Vous ne m’aimez plus. N’est-ce pas justement à ces moments-là que Vous m’êtes particulièrement proche ? Quand je me sens inutile et incapable, ne me laissez pas croire que je ne compte plus pour Vous. En effet, qu’est-ce qui est plus grand: travailler, réaliser des exploits ou accepter sa faiblesse, sa maladie, son incapacité ? Le plus grand exploit, c'est d’assumer sa souffrance, le plus grand acte, c’est d'aimer. Qu'est-ce que Jésus, cloué sur la croix, a pu faire encore ? Rien qu’aimer et souffrir. Ce n’est pas Vous qui avez voulu cette atrocité, car Vous n'êtes qu'Amour. Mais Vous en avez tiré le plus grand bien: Vie et salut pour le monde entier ! Victoire sur le péché et la mort ! Gloire éternelle pour tous ceux qui ouvrent leur cœur à l’amour ! Père, je crois que Vous êtes toute-puissance et Amour. Vous avez tout créé pour le plus grand bien de vos enfants. Tout est occasion d’aimer. Vous pouvez tirer le bien du mal. C’est entre vos mains que je remets tout. Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la Vôtre !

 

Notre Père…

 

Huitième jour

Plus près de Vous...

 

« Si je passe au ravin de la mort, je ne crains aucun mal car Vous êtes avec moi ». (Psaume 22 : 23, 4)

 

Père, le temps passe, je prends de l’âge, mes forces diminuent, je vais vers la mort... Dois-je m’en attrister ? Non ! Tout instant qui passe me rapproche de Vous... Même si l'homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur, Vous le renouvelez de jour en jour par Votre Amour. Cet Amour ne vieillit pas et ne diminue pas; il est jeunesse éternelle, beauté, force et fraîcheur. C’est pourquoi je peux continuer ma route d’un cœur joyeux et confiant. Je n'ai rien à craindre, car Votre Amour m'est assuré. De Vous non plus, je n'ai rien à craindre. Votre Justice ne s'oppose pas à Votre Bonté. Elle n'est pas une justice vindicative comme l'est souvent la nôtre, mais une justice qui rend juste. Elle ne condamne pas, mais redresse. Elle ne paie pas en retour, mais elle conduit sur le chemin du retour vers Vous. Votre Justice est Votre Sainteté. Et la sainteté consiste en l’amour. Père, aidez-moi à ne m’accrocher à rien, sinon à Vous et à n’accorder de l’importance à rien, sinon à l’amour. Faites que je sois toujours plus simple, plus généreux, plus reconnaissant, plus serein jusqu’à cette heure suprême de ma vie où je pourrai Vous offrir tout sans réserve et retourner à Vous !...

 

Notre Père…

 

Neuvième jour

Joie du ciel

 

« Rendez grâce à Dieu le Père car Il vous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint ». (Colossiens 1, 12)

 

Notre Père qui êtes aux Cieux, qu’ils sont peu nombreux ceux qui se réjouissent d’aller au Ciel !... Le Ciel ne semble plus guère intéresser les hommes ou bien, au fond de leur cœur, s’intéressent-ils à autre chose qu’au Ciel ? Tout le monde recherche la paix, la joie, le bonheur. Père, Vous nous avez créés pour la joie car Vous êtes l'Amour. L’amour veut faire plaisir. Qu’est-ce qu’un père peut souhaiter de meilleur que de voir ses enfants heureux ? Dans la joie, Vous nous ouvrez Votre Cœur. La jouissance des biens de cette terre nous fait goûter qui Vous êtes: bonté, infinie bonté... Le Ciel a déjà commencé ! Toutes les joies que Vous nous donnez ici-bas sont un avant-goût du ciel. Tous Vos Commandements sont des poteaux indicateurs pour le Ciel. Dès à présent, nous pouvons répandre autour de nous un « petit ciel » par notre amabilité et notre bonté, nous pouvons nous réjouir de la Très Sainte Trinité et de toutes les créatures et chanter les louanges de Votre Gloire. Oh ! comme ce sera beau un jour dans le Ciel ! Vous essuierez toute larme de nos yeux. Il n’y aura plus de mal. La mort n’existera plus. Une seule chose remplira notre cœur et le comblera de bonheur: l'amour... Louange à Vous, Père très bon, qui avez fait de nous vos enfants. Louange à Votre Fils, joie du monde, dans lequel Vous nous révélez Votre vrai Visage. Louange à l’Esprit, jubilation de l’amour, dans lequel nous pouvons crier: « Abba, Père bien-aimé ! »

 

Notre Père…

 

D'après une neuvaine extraite du site http://catholiquedu.free.fr

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

12 juin 2012

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

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Treizième jour

Suite de son entretien avec la Samaritaine

 

Voix de Jésus

 

« Seigneur, Vous n'avez point de quoi puiser de l'eau, et le puits est profond; d'où aurez-vous donc cette eau vive? Est-ce que Vous êtes plus grand que notre Père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, aussi bien que ses enfants et ses troupeaux?.. ». C'est ainsi qu'elle répondait à l'offre inestimable que Je venais de lui faire. J'écoutai en silence; et laissant tomber ces paroles avec ce qu'elles avaient d'amer, j'expliquai à cette pauvre femme la différence entre l'eau de la fontaine de Jacob et cette Eau Vive dont Je suis la Source, cette eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle. Ensuite, pour l'amener à croire et à se repentir: « Allez, lui dis-Je, appelez votre mari, et revenez »; et sur sa réponse : « Je n'ai point de mari », Je lui parlai, comme lisant à découvert dans son cœur, des secrets les plus intimes de sa vie privée. « Seigneur, reprit-elle alors confondue d'étonnement, je le vois bien, Vous êtes un prophète... » Et bientôt, quand Je lui eus donné lieu de me dire qu'elle attendait le Messie qui l'instruirait de toutes choses, Je lui répondis: « C'est Lui qui vous parle ». Aussitôt elle laisse là son vase; elle court à la ville, et commence à dire à tout le monde : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait : ne serait-ce point Lui qui est le Christ? » Et l'on vint, et l'on crut en Moi, et l'on disait à cette femme: « Ce n'est plus sur votre récit que nous croyons en Lui; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons que c'est Lui qui est véritablement le Sauveur du monde ». Cet avènement du Messie que je révélai à la Samaritaine, tu l'as connu dès l'enfance, ô Mon fils; et cette Eau Vive que Je lui annonçais, tu as pu t'y désaltérer presque dès le berceau. Mais comment as-tu répondu à cette faveur insigne qui t'a été accordée, de connaître, si jeune encore, ce Rédempteur qui fut, pendant tant de siècles, le désiré des nations? Comment as-tu apprécié les consolations de la foi? Quel avantage as-tu retiré des sources inépuisables de grâce que Je t'ai laissées dans le sein de Mon Église?... Et si tu as été assez heureux pour te bien pénétrer toi-même de la beauté, de la sainteté de Ma Doctrine, de la dignité, de l'efficacité de Mes Sacrements, as-tu mis de l'empressement, comme la Samaritaine, à parler de ton Sauveur et de Ses ineffables Miséricordes? En est-il quelques-uns, parmi tes frères, qui, ramenés par ton zèle au pied des saints autels, puissent te dire comme les habitants de Sichar: « Ce n'est plus seulement sur votre parole, c'est par notre propre expérience que nous reconnaissons combien est doux le joug du Seigneur? »

 

Réflexion

 

Jésus est véritablement le Sauveur du monde, je le croyais dès mes premières années, et trop longtemps hélas! je me suis conduit comme si ce divin titre ne m'imposait pas les plus grands devoirs, presque comme si ma foi était vaine... Mais il n'en sera plus ainsi, j'ose me le promettre. Loin d'aller encore souiller mes lèvres dans des eaux troublées qui ne servaient qu'à irriter la soif incessante de mon âme, j'irai puiser à cette source véritablement vivifiante qui jaillit du cœur adorable de Jésus. Non content de jouir seul de ce bonheur, je dirai aux autres, à ceux surtout que j'ai pu égarer par mes conseils ou mes exemples : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux ». Et, désormais, unis ensemble par notre dévouement à Jésus, nous nous plairons à lui dire: O Sauveur bien-aimé, nous sommes à vous pour toujours : comment pourrions-nous encore nous éloigner de vous? Oh ! non, jamais, jamais !...

 

Pratique

 

1° Estimez le don de la foi plus que tous les trésors de la terre; témoignez-en toute votre reconnaissance à Dieu, et tâchez de contribuer, selon votre pouvoir, à ce que les autres l'aiment et le servent fidèlement. 2° Quand vous vous sentez pressé par la grâce, surtout pour une chose importante qui exige de vous un généreux sacrifice, dites-vous aussitôt à vous-même: C'est Jésus qui me parle: si je le voyais de mes yeux, si je l'entendais de mes oreilles, aurais-je le courage de lui refuser ce qu'il me demande, à lui qui a eu tant de bonté pour moi ?... Cette pensée vous donnera la force de tout vaincre.

 

Sublime sacrifice de Madame de Chantal

 

On ne saurait trop admirer la générosité avec laquelle madame de Chantal répondit à la voix de la grâce qui l'appelait a quitter le monde pour être tout entière au divin époux. Le jour où elle devait se séparer du meilleur des pères et d'un enfant tendrement chéri, elle en passa la première partie au pied des autels, demandant à Dieu le courage de l'aimer jusqu'à la fin. Puis, elle se rendit chez son père; elle y trouva son fils baigné de larmes: il faisait entendre les mêmes sanglots que s'il eût vu sa mère au lit de mort. Il se jeta à son cou et la serra si tendrement que le cœur de madame de Chantal en fut brisé, « Je vais donc devenir orphelin,lui dit-il. Une mère que j'adore aura la barbarie de m'abandonner!... » Il disait ces mots en lui prodiguant des embrassements qui n'avaient jamais été si tendres. Madame de Chantal sentit le besoin d'abréger cette scène cruelle: elle courut rapidement aux pieds de son père. Ce vénérable vieillard avait des pleurs dans les yeux, et ses lèvres tremblaient de douleur : il ne put prononcer que quelques paroles entrecoupées par des soupirs. Un instant il leva ses regards vers le ciel et étendit les mains sur la tête de sa fille; mais bientôt il les baissa, comme étonné d'avoir le courage de la bénir. Madame de Chantal lui dit adieu, en posant ses lèvres tremblantes sur son front. Quel tableau l'attendait!... Elle s'était à peine retournée, que son fils se précipita au travers de la porte par où elle devait passer. « Vous ne me quitterez pas, s'écria-t-il, ou vous ne le ferez qu'en marchant sur moi. Une mère osera-t-elle fouler aux pieds le corps de son fils?... » A cette vue, toute la force de madame de Chantal céda aux tristesses maternelles. Elle pencha son front sur ses mains et répandit un torrent de larmes. Dieu vint à son secours: à ce tableau déchirant il opposa dans ses pensées celui de la retraite où elle allait appeler tant de fidèles épouses de Jésus Christ; il lui montra ces saintes femmes la bénissant de leur avoir bâti un lieu de refuge, et de les avoir retirées des dangers et des sollicitudes du siècle. Madame de Chantal se rappela qu'avant d'arriver à la terre promise, les Hébreux avaient eu le Jourdain à traverser. « Voici l'instant, se dit-elle, de montrer à Dieu si je l'aime. Epuisons la coupe jusqu'à la lie: jamais on n'en présenta une plus affreuse aux lèvres d'une mère; mais les justices du Seigneur sont grandes. Après avoir reçu une telle preuve de mon amour, il m'exaucera quand je l'invoquerai pour cet enfant que je lui lègue ». Elle jette encore les yeux sur son fils qu'il était presque impossible d'arracher de la place où il se tenait en gémissant. Elle lui dit adieu d'une voix tendre; puis, comme si Jésus-Christ l'eût appelée, elle s'élance au-dessus de lui, et ne regarde plus derrière elle... Depuis cet instant, Dieu la récompensa, par une effusion de grâces toujours nouvelles, de s'être donnée à lui sans partage. (Vie de Saint François de Sales, par M. Loyau d'Amboise).

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Pour recevoir chaque jour les méditations du Mois du Sacré Cœur, ainsi que des prières, être tenu au courant des mises à jours du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.

11 juin 2012

A propos des publicités sur le site Images Saintes

Capture Images Saintes

A propos des publicités sur le site Images Saintes

 

Il n'est pas dans mes habitudes de me raconter dans les pages du site, mais, toutefois, en réponse suite à un message reçu hier de la part d'un visiteur d'Images Saintes : « Cela est très bien fait sauf que la publicité sur votre pages révèle votre but : "faire du fric" ». Ce n'est pas la première fois que la question des publicités est évoquée. Alors, quelques précisions : les publicités que vous pouvez voir éparpillées sur le site sont indépendante de ma volonté, elles ne sont pas en lien avec les publications d'Images Saintes. Mais elles sont mises par l'hébergeur, la société Canalblog, le blog existe grâce à leur présence, disent-ils. J'ai eu beau signaler le contenu, qui est quelques fois plus que déplacé, mais rien à faire. Je précise au passage que la présence de ces pubs ne me rapporte absolument rien, pas le moindre denier, tant mieux d'ailleurs... Rendons à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu. 

Le site Images Saintes est un site d'évangélisation totalement gratuit et il le restera. Les pages se veulent claire, attractives, net et faciles a comprendre, en tout cas, je fais de mon mieux pour que cela soit accessible à toutes les personnes qui les lisent j'essaie d'aller directement à l'essentiel, sans faire trop de blabla. Je passe plusieurs heures par jours pour rendre accessibles à un plus grand nombre des textes souvent rares, ou introuvables en français ou peu facile d'accès sur le net, et ce, afin d'essayer de participer le plus activement et le plus complèement possible à la proclamation de l'Evangile dans le cadre de la nouvelle évangélisation, si désirée par le Saint Père. « Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement », à dit le Seigneur. Donc point de commerce avec les choses de Dieu, je ne suis pas un marchand du temple... Si le but du site Images Sainte serait de faire du fric, comme vous dites, il n'existerait pas... Je me devais de vous préciser cela afin que les choses soient très clairement établies et que cela ne soit, je l'espère vivement, plus abordé à l'avenir.

 

Très chers visiteurs, amis lecteurs, abonnés (597), je voulais aussi vous remercier pour votre fréquentation toujours plus croissante: à ce jour plus de 3 977 commentaires, 6 453 527 de pages vues par 1 523 337 de visiteurs venant de près de 60 pays à travers le monde... Merci, merci, merci... soyez assurés de toutes mes plus fraternelles salutations et de toutes mes prières,

à Jésus, par Marie,

 

Franck Monvoisin, laïc Franciscain.

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