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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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4 août 2011

Neuvaine à la Bienheureuse Imelda Lambertini

336_001Vie de la Bienheureuse Imelda Lambertini

Vierge de l'ordre de Saint-Dominique

 

Par le Vénérable Père Marie-Jean-Joseph Lataste

 

Lu et approuvé

le 14 octobre 1865,

Frère Auguste Martin O.P., Maître en Théologie Sacrée des Frères Précheurs.

Frère J.M. Monsabré O.P.

 

Imprimatur

Frère E.C. Minjard O.P.

Provincial de la Province de France.

 

Dédicace

 

C'est à vous que je dédie plus particulièrement ce petit livre, chers petits enfants, qui vous préparez à la première communion, vous que le Sauveur Jésus aimait tant! vous qu'il a tant honorés en la personne d'une de vos compagnes, la petite Imelda; vous enfin qu'il va honorer bientôt d'une grâce presque semblable, en se donnant à vous! Toute communion n'est-elle donc pas un miracle?.. Je n'ose vous souhaiter la mort de notre petite sainte, si belle et si heureuse qu'elle soit! Que diraient vos mères !.. Du moins, je vous souhaite sa vie. Vivez de telle sorte que le bon Sauveur puisse nous dire de vous ce qu'il disait à ses disciples au temps de son passage sur la terre. « Si vous ne devenez semblables à ces petits enfants, vous n'aurez point d'entrée au royaume des cieux ». C'est à vous que je dédie ce petit livre, mais c'est aussi à vos mères, à vos grandes sœurs, à tous vos parents enfin, à toutes les familles chrétiennes. Dieu veuille à cette lecture, retremper leurs âmes dans les souvenirs de leur première communion, elles exciter à vous accompagner bientôt à la sainte table, et y recevoir enfin du Dieu de l'Eucharistie le baiser de la réconciliation et de l'amour.

 

« Achevée en peu de jours, sa vie a rempli beaucoup d'années parce qu'elle a beaucoup aimé ».

 

Il n'est peut-être pas de vie plus angélique ni de mort plus sainte à la fois et plus merveilleuse que celle de la Bienheureuse Imelda, de l'ordre de Saint Dominique. Sa jeunesse, sa douce piété, sa pureté surtout et son amour pour l'Époux des Vierges auraient dû, semble-t-il, en faire la patronne obligée de toutes les congrégations de jeunes filles. Il en est ainsi, dit-on, en Italie et en Espagne; là on la propose pour modèle à toutes les jeunes personnes, particulièrement à l'époque de la première communion; mais dans notre patrie elle n'est pas connue; en dehors de l'ordre des Frères Prêcheurs, où elle est spécialement honorée (1) et où elle a toujours compté de fidèles dévots, il n'est peut-être pas en France un seul cœur qui se tourne quelquefois vers elle et recoure à son aimable intercession. Puissent les quelques lignes qui vont suivre la faire connaître et aimer d'un grand nombre d'âmes! Puissent-elles surtout les porter à l'imiter! Puisse enfin notre Bienheureuse obtenir à tous ceux qui les liront, comme à celui qui les a écrites, un peu de ce sublime amour qui consuma sa vie sitôt écoulée et si bien remplie!

 

I

 

Notre angélique docteur, saint Thomas, un des interprètes les plus éclairés des choses divines, nous enseigne dans ses écrits, que la perfection de la vie chrétienne est toute dans la charité, et il semble que Dieu ait voulu confirmer cette vérité dans les merveilles opérées par lui en la bienheureuse Imelda: une enfant de douze ans à peine, qui, par une charité tout exceptionnelle, est devenue une sainte et a mérité d'être mise sur nos autels! D'une pureté tout angélique, elle a beaucoup aimé, comme Madeleine(2)! Elle a beaucoup aimé! Voilà toute sa vie; voilà comment en peu de jours elle a vécu de longues années.

 

Issue de la noble famille des Lambertini de Bologne, Imelda donna dès sa jeunesse des signes d'une piété rare et d'une maturité précoce. Il est de ces enfants merveilleux qu'on croirait des Anges prêtés un instant à la terre pour l'édifier et la réjouir; ils inspirent à ceux qui les approchent un respect involontaire; ils attirent à eux tous les cœurs; mais leur vie est courte, et leur fin prématurée n'étonne pas. Chacun répète en versant des larmes et des fleurs sur leur tombe: « Cette âme était trop pure pour la terre, elle n'était pas faite pour nous! »

 

Telle fut notre Bienheureuse. Elle était encore tout enfant, et déjà Ton remarquait en elle quelque chose de surnaturel, une délicatesse extrême, une pudeur instinctive et gracieuse, qui jetaient dans l'admiration tous ceux qui avaient le bonheur de la voir de près. Venait-elle à pleurer, au lieu des contes dont on amuse d'ordinaire les enfants, on n'avait qu'à s'entretenir devant elle de choses pieuses, qu'à prononcer les Noms bénis de Jésus et de Marie pour ramener le sourire sur ses lèvres et sécher à l'instant tous ses pleurs. A peine sortie de l'enfance, elle s'était construit de ses propres mains un petit oratoire où, fuyant les jeux ordinaires de son âge, elle récitait gravement les psaumes de David et d'autres dévotes prières. Toutes les séductions du monde, toutes les splendeurs de la maison de son père n'inspirèrent que du dédain à notre jeune vierge; et, dès qu'elle eut commencé à les connaître, dès l'âge de dix ans, elle résolut de s'en séparer au plus vite et d'embrasser pour l'amour de Jésus la pauvreté, l'obéissance et la chasteté dans une maison religieuse où elle pût être toute à lui.

 

Elle obtint de ses pieux parents d'être placée au couvent de Sainte Marie Madeleine, à Valdipietra, près Bologne, et d'y revêtir, selon la coutume du temps, l'habit de notre saint Ordre, en attendant le jour où, plus capable de mesurer la portée de ses engagements, elle pourrait enfin être admise à prononcer solennellement des vœux qu'elle avait déjà prononcés irrévocablement dans son cœur.

 

La plus jeune et la plus inexpérimentée de toutes, elle fut bientôt pour toutes un sujet d'édification autant que d'étonnement. Il n'était pas de point si difficile dans la règle qu'elle n'accomplît avec une scrupuleuse exactitude, pas de si rudes combats à livrer à sa volonté et à ses affections personnelles qu'elle n'en sortît toujours victorieuse, pas de pénitence si austère qu'elle ne voulût l'infliger à son petit corps. S'il faut en croire la tradition, (elle si pure pourtant !) elle pratiqua la mortification corporelle à l'égal de ces femmes longtemps criminelles, célèbres depuis par leurs pénitences expiatoires. Eh! pourquoi donc? Parce que, dit un vieil auteur, quand on porte au cœur un ardent amour, il faut qu'il éclate et se fasse jour en quelque manière. Comme la jeune Agnès, elle eût été bien heureuse de donner sa vie pour l'amour de Dieu; ne le pouvant pas, du moins elle a voulu châtier son corps pour se consoler dans les souffrances de n'être pas, elle aussi, martyre de Jésus-Christ.

 

En peu de temps elle devint un type si accompli des vertus religieuses, que ses sœurs, les plus anciennes elles-mêmes, n'hésitèrent pas à la prendre pour leur modèle. Toutes l'aimaient de cet amour irrésistible qu'engendre dans les âmes pures une véritable vertu. Elle se faisait remarquer surtout par son assiduité à l'oraison, son amour filial pour la Reine des anges et sa dévotion extraordinaire envers la très-sainte Eucharistie. Elle n'avait pas de plus grand bonheur que de passer des heures entières auprès de l'adorable Sacrement de nos autels; elle y goûtait en son cœur la vérité de ces paroles du Prophète : Que vos tabernacles sont aimables, Seigneur, Dieu des vertus!.. Qu'ils sont doux vos autels, mon Seigneur et mon Dieu! Comme un seul jour passé dans votre sanctuaire vaut mieux que mille sous les tentes des pécheurs!.. Chaque jour, pendant le saint sacrifice, elle demeurait absorbée dans la méditation de ce mystère ineffable; son amour alors se trahissait par des larmes, et la violence de ses désirs arrachait à son âme virginale de chastes soupirs qu'elle essayait en vain d'étouffer. Mais c'était surtout au moment de la sainte communion, quand ses compagnes allaient s'asseoir au céleste banquet, intérieurement. Dans ses récréations, indifférente à tout ce qui se passait autour d'elle, une seule question la préoccupait, et elle ne cessait de la poser à ses compagnes, naïve enfant qu'elle était : Oh! je vous en prie, disait elle avec une ingénuité tout angélique, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son cœur et ne pas mourir !..

 

Cependant les supérieurs, moins attentifs à la piété, à la modestie, à la sagesse précoce de la jeune vierge qu'à sa jeunesse même, ne jugèrent pas devoir l'admettre encore à la sainte Table, car c'était alors l'usage dans ces pays de ne pas faire la première communion avant l'âge de quatorze ans. Imelda dut se résigner et attendre.

 

Oh! qui pourra bien dire ce qu'elle a souffert! Quel tourment, s'écrie le vieil auteur espagnol que je citais tout à l'heure, quel tourment, quand on aime et quand on aime Dieu, de désirer l'union, et de ne voir jamais son désir assouvi!.. Aimer Dieu! soupirer après lui, aspirer à le recevoir dans son cœur, à l'étreindre des bras de son âme, et Favoir toujours sous les yeux, et ne l'avoir jamais à soi!.. Quel supplice! Et toutefois, heureux, ô mon Dieu, ceux qui ont ainsi votre amour pour bourreau, continue notre pieux auteur (3), et qu'il serait à désirer que tous les mortels, et moi avec eux, fussions torturés en cette manière. Il dit ailleurs: Sainte Thérèse appelle l'amour divin enfer, suivant ces paroles sacrées: L'amour est fort comme la mort, l'amour est dur comme l'enfer, Fortis est ut mors dilectio, dura sicut infernus œmulatio(C. C. VIII, 6.); mais mille fois heureux, Seigneur, celui qui recevrait ainsi de votre main le coup mortel, et se verrait précipité dans ce divin enfer doit il n'espérerait plus, ou pour mieux dire, d'où il ne craindrait plus de sortir jamais!

 

II

 

Imelda fut donc réduite à attendre. Mais on ne saurait voir longtemps ses espérances frustrées, quand une fois, ô mon Dieu, on s'est mis d'un cœur sincère à la recherche de votre amour; car il n'y a devant vous acception d'âge ni de personne, et l'amour seul est de quelque poids à vos yeux. C'est ce que vous nous avez déclaré vous-même par la bouche du Sage : Ceux qui m'aiment sont aimés de moi, avez-vous dit; et ceux qui me cherchent dès le matin me trouveront infailliblement. Cette parole divine ne pouvait faillir, et celui qui se plaît parmi les lis ne tarda pas de se rendre aux désirs de la pieuse enfant.

 

C'était le jour de l'Ascension, 12 mai 1333, notre petite sainte avait alors douze ans, presque l'âge de Marie quand elle reçut en son cœur la visite du Fils de Dieu. Ses compagnes, heureuses et recueillies, allaient, chacune à son tour, prendre leur place à la table des anges. Imelda seule ne s'y rendit pas. Agenouillée devant sa petite stalle, elle pleurait d'envie en songeant à leur bonheur. Jamais prières plus ferventes, ni larmes plus brûlantes et plus pressées n'avaient accompagné des désirs plus impatients. Les yeux levés au ciel, ses deux petites mains croisées sous son scapulaire blanc, et comprimant sa poitrine comme pour modérer la violence des battements de son cœur qui semblait près de se rompre, elle pressait entre ses doigts l'image de Jésus crucifié qui ne la quittait jamais, et lui disait doucement avec l'âme sainte des Cantiques: « Venez, ô le Bien-Aimé de mon âme! Descendez dans ce jardin qui est tout à vous, et cueillez-en les fruits. Ou cessez d'abaisser vers moi vos regards, ou laissez mon âme s'envoler sur vos traces. Entraînez-moi après-vous, que je coure à l'odeur de vos parfums! Vous m'êtes, ô mon Bien-Aimé, comme un bouquet de myrrhe; votre image bénie reposera toujours sur mon sein; mais que ne puis-je faire davantage et moi aussi vous donner asile aujourd'hui, et vous faire fête dans mon cœur! Venez, Seigneur Jésus, venez, car je languis d'amour et me meurs du désir de votre adorable présence!.. »

 

Mais Jésus ne venait pas; et sachant que tout est possible à une prière opiniâtre, elle ne cessait de l'importuner, pour ainsi dire, de ses cris; son cœur trop plein débordait en ces amoureuses plaintes, C'est ce même auteur pieux qui nous les a transmises; nous les traduirons dans toute leur naïve et aimable simplicité: « Eh quoi! vous plaît-il donc, ô mon Roi, que votre petite servante brûle et se consume toujours ainsi en d'inefficaces désirs? Pardonnez à ma hardiesse, Seigneur; mais je ne vois pas pourquoi, seule, je suis ainsi rejetée de vous? pourquoi, seule, privée de vous presser sur mes lèvres? pourquoi seule enfin, toujours éloignée de votre banquet nuptial! On me dit que je suis une enfant, que je suis trop petite; mais n'avez-vous pas dit à vos Apôtres: « Laissez venir à « moi les petits enfants et ne les empêchez pas d'approcher de moi? » Que je suis trop petite! Mais est-ce bien là une raison? C'est donc en vain que vous vous êtes fait petit vous-même, si leur âge vous est un motif pour vous refuser aux enfants comme moi, même quand ils vous aiment et vous désirent tant! On me dit encore ce que vous répondîtes autrefois à l'un de vos plus aimants serviteurs: « Croîs, et tu me mangeras(4)! Mais, Seigneur, je sais aussi ce que vous répondit la pauvre Cananéenne, que les petits chiens se nourrissent des miettes de pain qui tombent de la table de leur maître. Eh bien! quoique très indigne, n'obtiendrai-je pas comme eux, Seigneur, une miette de votre table somptueuse et royale? Une miette, une seule miette de votre Pain sacré suffirait à votre petite esclave pour rassasier la faim qui la dévore. Accordez-la-moi, Seigneur! Accordez-la-moi, ô le Roi de mon âme, ou bien... vous le voyez, je dépéris, je me meurs! Vous eûtes pitié de la foule qui vous suivait, et elle ne vous avait suivi que trois jours cependant, vous ne voulûtes pas la laisser partir affamée, de peur qu'elle ne tombât en défaillance le long du chemin; vous fîtes un nouveau miracle pour la rassasier; et vous n'auriez pas pitié, Seigneur, de cette pauvre enfant qui est à vous, à vous tout entière et sans réserve; elle qui depuis tant d'années court après vous, soupirant et se mourant du désir de s'asseoir à votre banquet sacré? Vous répandez vos biens à profusion sur toute créature; toutes attendent de vous leur nourriture, et vous la leur donnez à propos; vous ouvrez vos mains, et tous les êtres sont inondés de vos bienfaits: même aux petits des corbeaux vous donnez leur pâture; et moi, vous me laisseriez mourir de faim!.. Non, cela n'est pas possible; cela répugne à votre bonté. Non, vous avez promis d'accorder tout à la foi et à la persévérance, vous ne me refuserez pas aujourd'hui. Ou donnez-moi de ce Pain dont mon âme est affamée, ou bien laissez-moi mourir enfin; car j'ai hâte d'être unie à vous, et si ce n'est dans l'Eucharistie, que ce soit au moins dans la mort! Venez donc, venez donc, ô Jésus! ou donnez-moi les ailes de la colombe, que je m'envole et que j'aille enfin me reposer en vous! »

 

Ainsi gémissait la jeune vierge. Elle demandait l'une ou l'autre de ces grâces, elle les obtint toutes deux. Comme elle pleurait et priait encore, tout à coup, est-ce un rêve? une hostie miraculeuse se détache du saint ciboire, traverse la grille du chœur, et, voltigeant en l'air, s'arrête au niveau de son front. Les religieuses, émues d'un tel spectacle, n'osent d'abord en croire leurs yeux; mais l'illusion bientôt n'est plus possible: le miracle persévère; une clarté subite se répand dans l'église, accompagnée d'une suave odeur; et comme une main invisible et puissante retient le Pain mystique suspendu devant la jeune enfant. Triomphante et timide à la fois, elle demeure partagée entre la joie de se sentir si près de Celui qu'elle aime et la douleur de ne pouvoir s'unir à Lui. On eût dit un ange en adoration plutôt qu'une simple mortelle. Son confesseur, averti de ce prodige, accourt, et voyant dans ce fait une manifestation non équivoque de la volonté divine, recueille respectueusement la sainte Hostie sur une patène et en communie la trop heureuse enfant...

 

III

 

Enfin ses vœux sont accomplis! et, comme si elle n'eût pu dans un corps mortel supporter une telle joie, elle s'affaisse sur elle-même, abîmée dans une contemplation profonde : ainsi la fleur s'incline sous les gouttes de la rosée du ciel, trop frêle pour en soutenir le poids. Les mains toujours croisées sur la poitrine, les yeux doucement fermés, Imelda paraissait livrée à un délicieux sommeil. Comme les heures devaient s'écouler rapides dans cette extase de l'amour! A voir ses lèvres mi-closes, décolorées, mais éclairées d'un sourire tout céleste et comme agitées d'un frémissement léger, on eût cru les entendre murmurer ces paroles du Cantique: « Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à Lui! Il m'a introduite dans ses celliers, il m'a enivrée de son amour... J'ai trouvé Celui que mon cœur aime; je l'ai trouvé, je le tiens, et ne le laisserai pas aller! » Longtemps ses sœurs l'admirèrent en silence. Elles ne se lassaient pas de la regarder, de la voir, de la voir encore, ni de louer Dieu au fond de leur cœur, parce qu'il est bon, et que sa miséricorde s'étend à tous les siècles. Toutefois l'office achevé, la voyant toujours immobile et prosternée, elles ne peuvent se défendre d'une vague inquiétude. On l'appelle; on la prie, on la supplie, on lui commande de se relever; elle, toujours si prompte en obéissance, cette fois n'obéit pas; elle n'a pas entendu...; on la touche, elle n'a pas senti...; on la relève..., elle était morte!....

 

Morte! Morte à douze ans!.. Morte d'amour, et d'amour pour son Dieu! au jour et à l'heure de sa première communion! O l'heureuse mort! Trop heureuse enfant! ) Avec des sens moins imparfaits et 'moins grossiers que les nôtres, on eût pu voir son âme, comme une légère vapeur, s'élever dans les airs à la suite du Sauveur, en ce jour de son Ascension glorieuse, et les Anges auxquels elle allait être à jamais réunie, accourir sur ses pas et, fêtant sa bienvenue, chanter comme autrefois à l'Assomption de leur Reine: « Quelle est celle-là qui s'élève à travers le désert comme un nuage d'encens? Elle s'avance comme l'aurore à son lever, belle et douce comme l'astre des nuits, radieuse comme le soleil... Quelle est celle-là qui s'élève ainsi du désert, tout environnée de délices, et appuyée sur son Bien-Aimé ?.. — C'est notre petite sœur, disaient les Anges (5). Venez, petite enfant, chère au cœur de Jésus, pure comme la colombe, douce comme le miel, quasi mel data, Imelda, petite sœur, venez! venez recevoir la couronne qui? vous est préparée! »

 

Comme Marie, elle avait rendu son dernier soupir dans un suprême élan d'amour. La charité, comme la mort, a ses victimes. L'amour est fort comme la mort. Oh! comment pouvons-nous si souvent recevoir Jésus dans nos cœurs et ne pas mourir! En 1566, les Dominicaines quittèrent leur couvent de Valdipietra pour s'établir à Bologne même. C'est dans leur église que reposent aujourd'hui les restes précieux de la bienheureuse Imelda Lambertini. Un des descendants de cette illustre famille, le cardinal Lambertini, depuis pape sous le nom de Benoît XIV, restaura et embellit de ses propres deniers l'église de nos Dominicaines de Bologne, alors qu'il occupait le siège archiépiscopal de cette ville; il y fit élever une chapelle et un autel en l'honneur de notre jeune sainte, sa parente; d'autres membres de sa famille, pour honorer sa mémoire, firent graver en 1591, sur la pierre de son sépulcre, le trait miraculeux qui termina sa vie et que nous venons de raconter.

 

Petite Sœur Imelda, priez pour nous!

 

Notes

 

(1) Sur l'examen des pièces du procès de béatification, le pape Léon XII, après avoir consulté la Sacrée Congrégation des Rites, a approuvé son culte et autorisé l'ordre des Frères-Prêcheurs à réciter son office et à célébrer la sainte messe en C son honneur. Sa fête a été fixée au 46 septembre.

 

(2) Il semble que Dieu l'ait prédestinée dès le berceau à cette vie toute d'amour. Madeleine fut son premier nom, celui qui lui fut donné au baptême et le seul sous lequel elle fut connue avant son entrée en religion. Dans le cloître on l'a nommée Imelda, sans doute à cause de sa douceur et de son extrême amabilité: Imelda, c'est-à-dire donnée au monde comme du miel, quasi mel data, ? suivant l'étymologie d'un pieux et savant religieux Ç f du Carmel, un de ses plus ardents dévots.

 

(3) Un de nos Pères espagnols, du couvent de Bénavarre (Aragon), auteur d'un « Abrégé de la Vie très-prodigieuse de la Bienheureuse Imelda de Lambertini, Vierge de l'Ordre de Saint-Dominique ».

 

(4) Cresce, et manducabis me. (Saint Augustin, Confessions.)

 

(5) Soror nostra parva. (Cant. C, vin, 8.)

Beata_Imelda_Lambertini

Neuvaine à la Bienheureuse Imelda Lambertini

Vierge de l'Ordre de Saint Dominique

 

Pour se préparer à recevoir dignement la Sainte Eucharistie

particulièrement au jour de la Première Communion

 

D'après un vieux manuscrit espagnol, composé par une religieuse espagnole à l'époque de la Béatification de la Bienheureuse Imelda

 

Tous les jours de la Neuvaine

 

Après avoir fait le signe de la croix, un acte fervent de contrition, et un acte de charité, on dira l'oraison suivante:

 

Seigneur, incompréhensible dans vos voies, Dieu éternel, mon très-aimable Père, en qui je crois, en qui j'espère, et que j'aime de tout mon cœur pardessus toutes choses, prosterné en votre divine présence, je vous adore, vous bénis et vous loue, pour votre Être ineffable , pour vos perfections infinies, et parce que vous vous montrez toujours admirable dans vos Saints. Je vous rends honneur, louange et gloire de ce que, parmi vos autres créatures, vous avez daigné choisir votre très fidèle et très chère Épouse, la Bienheureuse Imelda, pour servir de modèle à toutes les âmes amantes de votre Fils Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie. Je vous supplie de m'accorder, par sa puissante intercession et par les mérites du même Jésus-Christ, mon Rédempteur, le pardon de tous mes péchés; et pour fruit de cette sainte neuvaine, le remède à mes maux, l'amendement de ma vie et l'imitation de ses vertus; afin que, mourant comme Elle en votre sainte grâce, je puisse vous aimer et vous bénir éternellement avec Elle dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

On ajoutera à cette oraison commune une oraison propre à chaque jour, ainsi qu'il est marqué plus loin. Après l'oraison propre on récitera trois Pater, trois Ave et trois Gloria, dans le but d'obtenir de Dieu la grâce spéciale qu'on lui demande dans cette neuvaine, et on les récitera de la manière suivante:

 

Petite Imelda, puisque votre amour attira Jésus en votre âme, obtenez-nous la même flamme; puissions-nous enfin l'aimer sans retour!

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.


 

Si petite encore, de la charité, vous eûtes vraiment la science, vous qu'une sainte impatience unit à Jésus pour l'éternité!

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Enfant, vous l'aimiez comme un séraphin; Il vint, et d'extase ravie en ses bras vous cherchiez la vie: vous eûtes la mort.. mais l'amour sans fin!


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Priez pour nous, Bienheureuse Imelda.

Pour que nous devenions dignes des promesses du Christ.

 

Oraison

 

Jésus Christ, Notre Seigneur, qui reçûtes au ciel la Bienheureuse Vierge Imelda blessée du feu d'une ardente charité et nourrie miraculeusement de l'Hostie immaculée, accordez-nous, par son intercession, d'approcher avec la même ferveur de la Table sainte; faites que nous désirions comme elle la dissolution de notre corps; et qu'affranchis des liens de la terre, nous méritions d'être unis à vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit par tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

On terminera par les oraisons suivantes qui seront récitées chaque jour.

 

A Notre Seigneur Jésus Christ

 

Mon Seigneur Jésus-Christ, qui dans le sacrement de l'Eucharistie êtes vraiment l'Aimant des âmes aimantes, vous qui avez dit que vos délices sont d'être avec les enfants des hommes et qui l'avez bien prouvé dans votre petite Épouse la bienheureuse Imelda, puisque, ne pouvant supporter les retards que les créatures mettaient à son union à vous dans le sacrement de l'autel, vous opérâtes cette merveille inouïe, que, vous donnant miraculeusement à elle, vous l'avez affranchie des liens de la terre et transportée dans vos bras au sein de l'éternelle béatitude où personne plus ne la pourra séparer de votre chaste et ineffable union; nous vous supplions, par les complaisances que vous avez daigné prendre en une si pure créature, de nous donner, au moment de vous recevoir, ces mêmes dispositions et ces mêmes sentiments qui vous la rendirent si chère, afin que nous aussi nous r devenions participants un jour des délices de votre Amour dans la gloire sans fin. Ainsi soit-il.

 

A la Très Sainte Vierge du Rosaire

 

Et vous, ô très-aimable Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Souveraine, Notre Dame du Très Saint Rosaire, par la joie que vous reçûtes le jour où votre divin Fils vous présenta dans ses bras l'âme si gracieuse de sa petite amante Imelda, nous vous supplions de nous obtenir de sa divine Majesté les grâces que nous lui demandons par cette neuvaine, et aussi la conversion des pauvres pécheurs, la force nécessaire aux agonisants et le repos des âmes du purgatoire. Ainsi soit-il.

 

On pourra terminer par un cantique à la bienheureuse Imelda. Ainsi se fera la neuvaine de chaque jour.

 

Oraisons propre

 

Premier jour

Pour demander à Dieu une parfaite correspondance à sa grâce et une grande fidélité à ses commandements

 

O ma Protectrice, bienheureuse Imelda, parfait modèle des servantes de Dieu, épouse très fidèle de l'Agneau sans tâche, mon Seigneur Jésus-Christ, exemplaire nouveau au sein de son Église et gloire de la Famille Dominicaine, je vous vénère et vous aime de tout mon cœur. Attiré par la très suave odeur de votre très éminente sainteté, j'ai recours à vous; à vous qui avez toujours conservé dans votre âme bénie la candeur de l'innocence baptismale, sans la souiller jamais, à vous qui fûtes si parfaite dans l'observance des commandements de Dieu. Je désire ardemment imiter vos exemples, et par là me rendre digne de votre gracieuse intercession auprès du Tout-Puissant. Demandez-lui pour moi une parfaite correspondance à sa grâce, une grande fidélité à ses commandements, et qu'en outre de la faveur toute spéciale que je lui demande par votre entremise, durant cette neuvaine, il m'accorde encore de mourir saintement, afin de le contempler et de jouir de Lui éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Deuxième jour

Pour obtenir le don d'une parfaite obéissance


 

O très obéissante Vierge et ma sœur bien-aimée, Bienheureuse Imelda, digne fille du Dieu de majesté, vous qui, inclinant l'oreille intérieure de votre âme à la douce voix de sa divine inspiration, lui obéîtes si fidèlement, faisant en toutes choses sa Très Sainte Volonté avec la plus parfaite abnégation de la vôtre, l'unissant en tout et partout à celle du Seigneur! par cette admirable conformité vous parvîntes à une si grande perfection que vous eûtes la force de demeurer longtemps privée du Pain des élus, malgré votre ardent désir, pour condescendre au bon plaisir de vos supérieures et au jugement de vos directeurs. Je vous supplie humblement de prier pour moi sa divine Majesté, qu'elle daigne m'accorder et la grâce de vous imiter dans cette vertu comme en toutes les autres, et la faveur spéciale que je lui demande dans cette neuvaine, par votre intercession; afin qu'accomplissant en tout et toujours sa Très Sainte Volonté sur la terre, j'aille un jour l'accomplir mieux encore avec les Bienheureux dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

 

Troisième jour

Pour demander l'esprit de la pauvreté et le détachement des choses d'ici-bas

 

O ma très aimable sœur et vénérée protectrice, Bienheureuse Imelda, fidèle imitatrice de la pauvreté de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour l'amour duquel vous renonçâtes parfaitement à toutes choses, le suivant en nudité d'esprit, et de telle manière que hors de Lui vous n'aimiez rien, vous ne possédiez rien, méritant par là d'être son Épouse choisie et privilégiée, enrichie de l'abondance de ses dons, prévenue de ses plus douces bénédictions et de ses grâces les plus signalées; je vous supplie d'intercéder pour moi auprès du Tout-Puissant; qu'il m'accorde la faveur spéciale que je lui demande dans cette neuvaine; mais surtout qu'il éloigne de mon cœur toute affection aux choses terrestres, afin que l'aimant uniquement et par-dessus toutes choses, durant le temps qui me reste à vivre sur la terre, j'obtienne le bonheur de mourir dans son amitié et dans sa grâce, pour le louer et le bénir éternellement dans la gloire. Ainsi soit-il.

 

Quatrième jour

Pour demander le don d'une inaltérable chasteté

 

O très chaste et très pure Vierge, mon avocate, Bienheureuse Imelda, par votre virginité angélique digne Épouse de l'Agneau sans tache, temple vivant et demeure de l'Esprit-Saint par votre très pure chasteté; terre vierge qui, fécondée par la rosée de la grâce divine, produisîtes des fruits abondants de justice et de sainteté; étoile resplendissante qui embellissez le ciel Dominicain: je vous supplie par cette vertu et toutes celles que vous avez si bien pratiquées, par toutes les grâces dont vous orna votre céleste Epoux, de m'obtenir de sa divine Majesté le pardon de mes péchés, la pratique de la plus inviolable chasteté, la victoire sur toutes les tentations qui lui sont contraires, et qu'en outre de la faveur spéciale que je demande dans cette neuvaine, il m'accorde, après une vie sainte et pure, l'heureuse mort des justes et le bonheur de le voir et de le louer éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Cinquième jour

Pour demander l'esprit de pénitence et de mortification

 

Ma très pénitente et très innocente protectrice, Bienheureuse Imelda, exemplaire vivant de toutes les vertus, qui sûtes unir la rigueur de la plus austère pénitence à une innocence merveilleuse d'âge et de mœurs; qui portâtes dans votre petit corps virginal la mortification de votre Époux souffrant, Jésus-Christ, par les rudes coups dont vous le maltraitiez: je vous supplie de m'obtenir de Dieu un véritable esprit de mortification, qui m'aide à dompter mes passions et' rende mon âme plus libre pour les choses du ciel. Qu'il m'accorde encore la faveur particulière que je désire obtenir, si tel est son bon plaisir, en cette neuvaine, et surtout la grâce singulière de faire durant la vie et à la mort de dignes fruits de pénitence, pour jouir éternellement de sa divine présence dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Sixième jour

Pour demander à Dieu la sainte humilité

 

O ma très humble sœur et ma puissante avocate, Bienheureuse Imelda, trésor très-riche de sainteté enfoui dans le champ de votre humilité héroïque, jardin fermé, mais délicieux par les fruits divins que vous cachiez dans le secret de votre cœur; puits abondant des eaux vives de la grâce et des dons les plus parfaits, profond de la profondeur même de votre abaissement; vous fûtes, par cette vertu, semblable au grain de sénevé de l'Évangile, car votre humilité mérita que le Tout-Puissant fît en vous de grandes choses, vous élevant miraculeusement de cette terre au séjour des Saints: je vous supplie instamment de m'obtenir de la divine Majesté la véritable humilité de cœur, la faveur spéciale que j'attends de cette neuvaine, et particulièrement la grâce qu'il a promise aux humbles, afin que le servant fidèlement dans cette grande vertu durant la vie, j'obtienne, après la mort, de le voir et de jouir de Lui pour toujours dans l'éternelle félicité. Ainsi soit-il.

 

Septième jour

Pour demander la patience et la résignation dans les épreuves de la vie


 

Ma très douce avocate, Bienheureuse Imelda, modèle admirable de résignation et de patience dans la dure impossibilité où vous fûtes longtemps, malgré vos ardents désirs, de vous unir à votre Époux Jésus-Christ dans le sacrement de l'Amour; vous le souffrîtes sans ouvrir la bouche pour vous plaindre, imitant en cela le Prophète royal et Jésus lui-même, dans leurs grandes afflictions; par la très-haute perfection de cette patience où vous conservâtes inaltérable la paix intérieure de votre âme, inaltérable la suavité de votre cœur, effet visible de la parfaite union de votre volonté à celle du bon Maître, je vous supplie de m'obtenir de sa Majesté la faveur que je lui demande dans cette neuvaine, mais particulièrement la patience dans les adversités, la conformité à sa très-sainte volonté dans tous les accidents de la vie, et enfin de mourir dans sa grâce et de jouir de Lui pour toujours dans la béatitude éternelle. Ainsi soit-il.

 

Huitième jour

Pour demander à Dieu l'amour du prochain

 

Ma très douce et très aimable Patronne, Bienheureuse Imelda, parfait modèle de la plus douce et de la plus héroïque charité envers le prochain; charité précoce, puisque, dès vos plus tendres années, ne sachant pas encore parler, vous aviez déjà cette compassion pour les pauvres qui fit de vous plus tard la consolatrice des affligés, l'aide des misérables, le refuge de tous les nécessiteux; je vous supplie, avec toute l'ardeur dont je suis capable, d'exercer envers moi votre brûlante charité en m'obtenant de Dieu une charité semblable; une charité à toute épreuve, comme la vôtre, large, immense, inépuisable, que rien ne rebute, que rien ne fatigue, que rien n'arrête; une charité compatissante à toutes les infortunes et qui, puisant sa source au cœur même de Jésus-Christ, s'étende aussi à tous les hommes, sans distinction d'âge, ni de condition, ni de race, ni de pays, ni de religion même, les aimant tous comme moi-même et pour Dieu seul; aimant les bons pour qu'ils soient meilleurs, les méchants pour qu'ils se convertissent et qu'ils vivent; une charité en un mot comme la veut et l'aime Jésus: bonne, patiente, point envieuse ni téméraire, ni précipitée; sans orgueil, sans ambition; ne cherchant point ses propres intérêts; qui ne se pique et ne s'aigrit point; qui ne pense point le mal; qui ne se réjouit pas de l'injustice, mais se réjouit de la vérité; qui supporte tout, qui croit tout, espère tout, souffre tout. Priez Dieu qu'il m'accorde encore, avec la faveur particulière que je lui demande en cette neuvaine, la grâce d'une sainte mort et le salut éternel de mon âme. Ainsi soit-il.

 

Neuvième jour

Pour demander un ardent amour de Dieu

 

Ma très dévote, très fervente et très aimante avocate, Bienheureuse Imelda, très digne Épouse de l'Agneau immaculé de Dieu, qui efface les péchés du monde, sainte demeure où réside l'Esprit-Saint avec ses dons les plus précieux, aimée et favorisée de Dieu; choisie entre mille pour être les délices du Créateur; fournaise sacrée de la divine charité dont vous embrasez ceux qui contemplent dévotement votre heureux trépas; moi le plus humble de vos dévots, je me mets à présent et pour toujours à l'ombre de votre tout aimable protection. Je vous supplie, gracieuse Imelda, qu'en outre de la singulière faveur que j'ai demandée par votre intercession durant cette neuvaine, vous m'obteniez de la divine Majesté la grâce spéciale de vous imiter dans toutes les vertus que vous avez pratiquées, mais principalement dans votre ardente charité pour Lui. Que je l'aime! Que je l'aime beaucoup! Que je l'aime toujours davantage! Que je l'aime par-dessus tout et par-dessus moi-même! de tout mon cœur, de toute mon âme, de toutes mes forces! Dans quelques jours il va se donner à moi en nourriture! Il va se donner tout à moi, sans réserve! Oh! que je me donne à Lui sans réserve aussi! A Lui dès cette heure! A lui pour toujours! A la vie, à la mort; pour le temps et pour l'éternité! Et si je ne puis mourir, comme vous, dans ses bras et sur son cœur, du moins que ma vie entière s'use et se consume pour Lui! Que ce soit là, ma bien-aimée petite sœur Imelda, le fruit particulier de la dévotion avec laquelle je vous ai vénérée en cette neuvaine et que je vous ai vouée pour toujours! Que ce me soit le moyen de me préparer dès maintenant, par une sainte vie, à la mort qui approche, afin que, mourant embrasé du plus ardent amour pour Dieu, je passe enfin de cet exil à la Patrie où je pourrai le voir et le bénir avec vous toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Elans d'amour de Saint Alphonse de Liguori

Pouvant servir de préparation ou d'action de grâce à la Sainte Communion

 

Mon doux Jésus! vous seul me suffisez. O mon amour! ne permettez pas que je me sépare jamais de vous. Qui suis-je donc, Seigneur, que vous mettez tant de soins à rechercher mon amour? Eh! qui pourrais-je aimer, si je ne vous aimais pas, ô mon doux Jésus? Me voici, Seigneur; disposez de moi selon votre bon plaisir. Donnez-moi votre amour, c'est tout ce que je vous demande. Faites que je sois entièrement à vous avant que je meure. Père éternel, pour l'amour de Jésus-Christ, ayez pitié de moi. Mon Dieu, je ne veux que vous et rien de plus; mon doux Jésus! que ne puis-je me sacrifier pour vous qui vous êtes sacrifié pour moi! Si je venais à mourir en état de péché, je ne pourrais plus vous aimer. Maintenant que je le puis encore, je veux vous aimer autant que je le pourrai. Je vous consacre tout ce qui me reste de vie. Je veux ce que vous voulez, et rien que ce que vous voulez. Faites, ô mon Dieu, que je vous voie apaisé contre moi, la première fois que je vous verrai. Vous ne m'abandonnerez pas; je ne vous laisserai jamais. Nous ne cesserons de nous aimer, ô mon Dieu, dans cette vie et dans l'autre. Mon ingratitude serait trop noire, si, après tant de grâces, je ne vous aimais beaucoup. Vous vous êtes donné tout à moi; je me donne tout entière à vous. Vous qui aimez qui vous aime, je vous aime, aimez-moi donc aussi. Si je ne vous aime pas assez, donnez-moi l'amour que vous désirez de moi. Vous m'avez obligée à vous aimer; donnez-moi la force de tout surmonter pour vous plaire. Recevez l'amour d'une âme qui vous a donné tant de déplaisirs. Faites-moi connaître, ô mon Dieu! quel bien infini vous êtes, afin que je puisse vous aimer autant que je le dois. Je veux vous aimer beaucoup en cette vie, pour pouvoir vous aimer beaucoup dans l'autre. J'espère, ô Dieu éternel! vous aimer éternellement. Que ne vous ai-je toujours aimé ! Que ne suis-je morte avant de vous avoir offensé! Je vous consacre ma volonté, ma liberté; disposez de moi selon votre bon plaisir. Je veux que mon unique contentement soit de vous contenter, ô bonté infinie! O mon Dieu! je me réjouis de votre béatitude infinie! Vous êtes tout-puissant, rendez-moi sainte. Vous m'avez cherchée lorsque je vous fuyais; vous m'avez aimée quand je dédaignais votre amour: ne m'abandonnez pas maintenant que je vous aime et que je vous cherche. Qu'aujourd'hui soit le jour où je me donne tout à vous! Infligez-moi toutes sortes de châtiments; mais ne me privez pas de la faculté de pouvoir vous aimer. Je vous remercie de ce que vous me donnez le temps de vous aimer. Je vous aime, ô mon doux Jésus! je vous aime; et j'espère terminer ma vie en répétant encore: Je vous aime, je vous aime. Je veux vous aimer sans réserve, et faire tout ce que je connaîtrai pouvoir vous plaire. Je préfère à tous les applaudissements du monde le bonheur de vous plaire. Je suis prête à éprouver toutes les peines, pourvu que je vous aime, ô mon Dieu. Oh! puissé-je mourir pour vous, ô mon Dieu! qui êtes mort pour moi! Oh! que ne puis-je faire que tout le monde vous aime comme vous le méritez! O volonté de mou Dieu, vous êtes mon amour! O Dieu d'amour! donnez-moi votre amour. O Marie! attirez-moi tout à Dieu. O ma Mère, faites que j'aie recours à vous. C'est à vous qu'il appartient de me conduire à la sainteté: c'est aussi ce que j'espère de vous. Vivent Jésus notre amour, et Marie notre espérance! Ainsi soit-il.

 

Efficacité de l'intercession de la Bienheureuse Imelda Lambertini

 

Le jour de l'Épiphanie, au moment où l'on termine l'impression de cette Vie, il me vient du fond de la Mésopotamie une lettre qui m'est adressée par un de mes bons frères du noviciat, un juif converti, aujourd'hui ardent apôtre en nos missions de Mossoul, le R. P. Jean-Baptiste Lévy. Cette lettre se rattache de trop près à la gloire de notre Bienheureuse et de nos missionnaires pour que je puisse résister au désir d'en donner ici un extrait, bien assuré d'avance qu'il sera lu par tous avec le plus vif intérêt.

 

Mossoul, 3 décembre 1865.


Bien-aimé frère, père et ami, Le choléra a sévi ici aussi. Nous avons, pourra gloire de Dieu, été les sauveurs de la ville. Le chef politique et le chef religieux, musulmans, sont venus nous remercier, ainsi que les principaux habitants de toutes les sectes. Secours religieux aux catholiques, à tous force morale, ainsi que secours médicaux et pécuniaires, ont été donnés par la mission, motus proprio, car ici, chacun est pour soi et Dieu pour tous. Par la force même des choses, les missionnaires étaient devenus tout à la fois prêtres, médecins, apothicaires, sœurs d'hôpital; nous étions tout. Nous nous étions partagé la ville en quartiers, et nous allions chez tous les malades, accompagnés d'hommes de la police, car il fallait des gardes autour de nos chevaux pour nous préserver de la foule, qui nous aurait arraché les habits sans cette précaution. On nous traquait nuit et jour, sans nous laisser de relâche. Il fallait nous voir dans les rues suivis d'un cortège de suppliants; tous nous bénissaient, les Juifs, les Musulmans, les Arabes, les hérétiques Jacobites ou Arméniens, les Catholiques Syriens et Chaldéens. Tous nous appelaient les Envoyés de Dieu. Les Musulmans, dans leur admiration pour ce dévouement, s'écriaient: « Ce ne sont pas des chrétiens!... Ce sont des Musulmans, fils du Prophète! » Car ces pauvres gens ne peuvent s'imaginer que, pour l'amour de Jésus, on puisse sacrifier sa vie au service des Musulmans! A ce sujet, je vous dirai que, depuis ma venue ici, j'ai inculqué aux enfants des écoles la dévotion à notre petite sainte Imelda. Son image est à l'école. On la prie; on l'aime; et elle fait des prodiges. En particulier, pendant le choléra, une fille nommée Madjouda (la glorieuse), âgée de dix ans, ma pénitente, est atteinte du choléra. On m'appelle; j'y vais. Je lui donne des remèdes pour le corps et pour l'âme. Enfin son mal s'aggrave; elle entre dans la période algide. Que faire? Elle n'a pas fait sa première communion! Elle se rappelle Imelda; elle veut communier le jour de sa mort. Comme les vomissements avaient cessé, je la prépare. Elle s'unit à la bienheureuse Imelda; elle reçoit la sainte communion, les indulgences, etc.. puis elle ferme les yeux! On la croit morte; on pleure! Mais son cœur est encore chaud; il est nuit; on attend le lendemain pour l'enterrer. Le matin, la petite s'éveille et dit à ses parents: « La sainte Vierge veut que je devienne une sainte ! Elle m'a dit: « Sois guérie ! » On crie au prodige. Mais le lendemain, voilà que le corps de la petite fille enfle; elle souffre de grandes et insupportables douleurs. On croit qu'elle va mourir. J'arrive, je ne la reconnais pas, tellement elle est enflée et changée par la fièvre tvphoïde. Je lui demande ce qu'elle veut... Elle me répond: « Jésus! » Je la confesse; elle communie... Sur le champ la fièvre a disparu. Elle redevint maigre comme le choléra l'avait laissée; elle se lève et va se promener au soleil dans la cour de la maison. Aussi la dévotion à notre chère sainte a bien augmenté; et la fille a reçu, à la place du nom de Madjouda, celui plus glorieux d'Imelda, qui j veut dire en arabe un être tendre, jeune (tener en latin). Vous voyez que notre union continue; le même esprit nous anime : pendant que vous écrivez la vie d'Imelda, je la communique à de bonnes petites âmes arabes, portant dans leurs cœurs pour Jésus et Marie les ardeurs du soleil brûlant qui dessèche leurs déserts. J'ai annoncé votre petit livre, car vous me l'avez promis. Je veux le traduire en arabe; peut-être sera-t-il imprimé à Mossoul... Quelle gloire!... A Dieu! Rappelez-moi au souvenir de tous, et croyez-moi pour la vie,

 

Votre fidèle ami et frère

Frère J.B. Levy, Missionnaire Apostolique des Frères Précheurs.

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Le Vénérable Marie-Jean Joseph Lataste

Fondateur des Dominicaines de Béthanie

1832-1869

 

Alcide Lataste est né à Cadillac sur Garonne, en Gironde, dans le Diocèse de Bordeaux, le 5 septembre 1832, après une jeunesse remplie de dévouement au sein de la Société de Saint Vincent de Paul, pour laquelle il fonda des Conférences locales, il entra, en 1857, dans l'Ordre des Frères Précheurs, plus communément appelés Dominicains, où il prit le nom de Père Marie-Jean-Joseph. En 1864, il prêcha une retraite aux détenues de la Centrale de Cadillac, actuellement, le Château des Ducs d'Epernon, et, pendant ces jours, il découvrit en elles les merveilleux effets de la Miséricorde et, en certaines, il discerna un réel appel à se donner au Seigneur dans la vie consacrée. C'est dans cette prison, devant le Seigneur exposé, qu'il reçut l'inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse dans laquelle toutes les Soeurs, quel que soit leur passé, les unes converties, les autres religieuses, seraient unies dans un même amour et une même consécration, témoignant ainsi que « pour se donner à nous, Dieu ne regarde pas ce que nous avons été, mais ce que nous sommes ». Le Père Marie-Jean-Joseph Lataste est entré dans la Vie à Frâsne-le-Château, en Haite Saône. Il repose actuellement dans la maison généralice, qui se trouve à Saint Sulpice de Favière, où il est entouré de la vénération de ses Filles. La décret autorisant sa Béatification a été signé le 27 juin 2010.

 

Pour approfondir

 

« Ces femmes qui étaient mes sœurs » Jean-Marie Gueulette, aux Editions du Cerf. « Le Précheur de la Miséricorde », de Jean-Marie Gueulette, aux Editions du Cerf. « Marie-Madeleine a encore quelque chose a dire », de sœur Emmanuelle-Marie, aux Editions du Cerf/ Nouvelles Cité. « Le Message du Père Lataste et les Dominicaines de Béthanie », de Monseigneur Gérard Daucourt, aux Ed. Le Livre Ouvert.

 

Prière du Père Lataste

 

O mon Jésus, que je Vous aime! Donnez-Vous à mois et donnez-moi à Vous! Identifiez-moi à Vous: que ma volonté soit la Vôtre! Incorporez-moi à Vous, que je ne vive qu'en Vous et pour Vous! Que je dépense pour Vous tout ce que j'ai reçu de Vous, sans en rien garder pour moi-même! Que je meure à tout pour Vous! Que je Vous gagne des âmes! Des âmes, ô mon Jésus, des âmes!

 

Relations des grâces

Dominicaines de Béthanie

91 910 Saint Sulpice de Favières

www.dominicainesdebethanie.org

 

Cette Neuvaine a été publiée à Paris, chez Poussielgue et fils, 27, rue Cassette, 1906.

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

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30 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Trente-et-unième jour

Promesses de Notre-Seigneur en faveur des âmes dévotes à son Sacré Cœur

 

Prélude

 

Représentons-nous Sainte Marguerite-Marie en extase devant une image du sacré Cœur de Jésus.

 

Méditation

 

Nous ne saurions mieux terminer ce mois béni qu'en méditant les promesses faites à la Bienheureuse en faveur des âmes qui seront fidèles à la dévotion à son Cœur sacré. « Je ne sache pas, dit-elle, qu'il y ait nul exercice de dévotion, dans la vie spirituelle, qui soit plus propre pour élever en peu de temps une âme à la plus haute sainteté, et pour lui faire goûter les véritables douceurs qu'on trouve au service de Dieu. Oui, je le dis avec assurance, si l'on savait combien Jésus-Christ a pour agréable cette dévotion, il n'est pas un chrétien, pour peu d'amour qu'il eût pour cet aimable Sauveur, qui ne la pratiquât d'abord ». « Faites en sorte, continue-t-elle parlant à celui à qui elle écrivait, que les personnes religieuses l'embrassent, car elles en retireront tant de secours, qu'il ne faudrait point d'autre moyen pour rétablir la première ferveur et la plus exacte régularité dans les communautés les moins bien réglées, et pour porter au comble de la perfection celles qui vivent dans la plus exacte régularité. Mon divin Sauveur m'a fait entendre que ceux qui travaillent au salut des âmes auront l'art de toucher les cœurs les plus endurcis, et travailleront avec un succès merveilleux, s'ils sont pénétrés eux-mêmes d'une tendre dévotion à son divin Cœur. Pour les personnes séculières, elles trouveront par ce moyen tous les secours nécessaires à leur état: c'est à-dire la paix dans leur famille, le soulagement dans leurs travaux, et les bénédictions du Ciel dans toutes leurs entreprises. C'est proprement dans ce Cœur adorable qu'elles trouveront un lieu de refuge pendant leur vie, et principalement à l'heure de leur mort. Ah! qu'il est doux de mourir après avoir eu une constante dévotion au sacré Cœur de celui qui nous doit juger! Enfin il est visible qu'il n'est personne au monde qui ne ressentit toute sorte de secours du Ciel, s'il avait pour Jésus-Christ un amour reconnaissant, tel qu'est celui qu'on lui témoigne par la dévotion à son sacré Cœur ».

 

Pratique: Inspirer le plus que nous pourrons, autour de nous, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, faites que je vous aime toujours de plus en plus.

 

Exemple

Les flèches d'amour

 

« Quand saint Louis de Gonzague était sur la terre, dit Sainte Madeleine de Pazzi, il décochait sans cesse des flèches d'amour dans le Cœur du Verbe divin, et, maintenant qu'il est au ciel, ces flèches retournent en son propre cœur ».

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Acte de consécration au Sacré cœur de Jésus

Pour terminer les exercices du Mois du Sacré Cœur

 

O Jésus, je Vous consacre mon cœur; placez-le dans le Vôtre. C'est dans Votre Cœur que je veux habiter, et par Votre Cœur que je veux aimer; c'est dans Votre Cœur que je veux vivre inconnu, et connu de Vous seul. C'est dans ce Cœur que je puiserai les ardeurs de l'Amour qui doit consumer le mien, c'est en Lui que je trouverai la force, la lumière, le courage, la véritable consolation. Quand je serai languissant, Il m'aimera; triste, Il me réjouira; inquiet et troublé, Il me rassurera.

 

O Cœur de Jésus! que mon cœur soit l'autel de Votre Amour, que ma langue publie Votre Bonté, que mes yeux soient sans cesse fixés sur Votre Plaie, que mon esprit médite Vos perfections adorables, que ma mémoire conserve à jamais le précieux souvenir de Vos Miséricordes, que tout en moi exprime mon amour pour Votre Cœur, ô Jésus, et que mon cœur soit prêt pour Vous à tous les sacrifices.

 

O Cœur de Marie, après le Cœur de Jésus le plus aimable, le plus compatissant de tous les cœurs, présentez au Cœur de Votre Fils notre amour, notre considération, nos résolutions: Il s'attendrira sur nos misères, Il nous en délivrera, et, après avoir été notre protectrice sur la terre, ô Mère de Jésus! Vous serez notre Reine dans les Cieux. Ainsi-soit-il.

 

Fin du Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

Pour télécharger l'intégralité des méditations du Mois du Sacré Cœur de Jésus (pdf) cliquer ici

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Prochain Mois de Dévotion,

Le Mois des Saints Anges,

rendez-vous le 31 août.

29 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Trentième jour

Le Trône de la grâce et de la Miséricorde

 

Prélude

 

Notre-Seigneur est assis dans le divin tabernacle comme sur un trône d'amour d'où s'échappent des torrents de grâce.

 

Méditation

 

« Le Saint-Sacrement, disait l'ardente épouse du Cœur sacré de Jésus, est le trône de la grâce et de la miséricorde, et c'est pour inviter les pécheurs à venir demander cette grâce et cette miséricorde que Notre-Seigneur demeure toujours dans ce saint mystère; offrez-vous à lui comme une esclave devant son libérateur, comme une criminelle qui a mérité la mort devant son Roi qui l'en a délivrée. A ces deux titres, vous êtes tout à lui et il a sur vous le droit de disposer de votre vie qui est plus à lui qu'à vous-même. Ne vous réservez donc plus d'autre droit sur vous-même que ce qu'il vous faut pour l'aimer par choix ». Mais, au prix de quels sacrifices Jésus Christ a-t-il réalisé ces effusions de l'amour et de la grâce? Il s'est pour cela humilié à un degré inexprimable au Saint-Sacrement. « Il y voile pour nous sa puissance et sa gloire, et s'expose par amour à toutes les insultes des frénétiques et des faux chrétiens ». « Entrez dans le même esprit: offrez-vous devant lui comme le néant devant son tout, comme la boue devant le soleil pour être foulée aux pieds de tout le monde s'il le veut ainsi. Toute votre attention doit être de vous humilier et de trouver votre plaisir à ce que les autres vous aident à y réussir en vous humiliant et vous méprisant. Ne refusez rien de ce qui se présentera à faire, de ce qui pourra vous rendre plus vil et plus abject devant tout le monde. Par là, vous serez plus étroitement unie au Cœur sacré de Jésus ».

 

Exemple

Amour de Saint Léonard de Port Maurice pour le Cœur de Jésus

 

Instruit par la foi que Dieu est le bien suprême et infini, la bonté par essence, renfermant toutes les perfections possibles, sans limite ni mesure aucune, que par conséquent il mérite toutes nos affections, tout notre amour, le bienheureux Léonard se proposa de l'aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, et de lui rapporter, comme à l'objet le plus aimable en soi, toutes ses pensées, toutes ses paroles, tous ses mouvements et toutes ses actions. Il résolut de produire souvent dans son cœur des actes d'amour de Dieu, qu'on nomme amour de complaisance, en se réjouissant et en le félicitant de ses infinies perfections; d'amour de bienveillance, en formant le désir qu'il soit aimé, servi et glorifié par tout le monde; d'amour de préférence, en l'estimant plus que toutes les créatures ensemble, ou plutôt en regardant comme un pur néant tout ce qui n'est pas Dieu.

 

Pratique : Faire quelques actes d'humilité en esprit d'actions de grâces pour la miséricorde du Sauveur.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, et riche à l'égard de tous ceux qui vous invoquent ! (Litanies du Sacré-Cœur).

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28 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-neuvième jour

Les Opérations du Cœur de Jésus

 

Prélude

 

Pénétrons par la pensée dans le secret du Cœur de Jésus: il y règne une activité merveilleuse devant laquelle nous devons nous incliner dans de grands sentiments d'actions de grâces et d'adoration.

 

Méditation

 

Écoutons encore la fidèle servante du Cœur de Jésus dans les enseignements suaves et merveilleux qu'elle prodigue à ses chères filles spirituelles: « Notre-Seigneur, leur dit-elle, vous a choisies pour honorer les opérations admirables de son Cœur sacré dans le Saint-Sacrement. Et, voyez quelles sont ces opérations: Il glorifie son Père, il conduit son Église, il anime ses saints, il invite et appelle les pécheurs, il change les cœurs. Or, vis-à-vis de ces opérations admirables, vous avez des devoirs nombreux à remplir, car, en qualité de servante de Jésus, il vous faut travailler avec lui, comme lui, s'il était possible, autant que lui, comme si vous pouviez le soulager dans les immenses occupations de son cœur. Mais, comment le ferez-vous, pauvre créature, faible, languissante et à demi morte? » Vous le pouvez cependant. Oui, vous le pouvez, par l'amour. L'amour suppléera à tout et l'amour vous dictera ce que vous aurez à faire pour entrer dans les desseins de votre Bien-Aimé. Imitez son action par votre exactitude et votre empressement à tout ce que la règle, la volonté de vos supérieurs, les devoirs de votre état prescrivent. Mais, comme Jésus-Christ, vous irez et vous agirez dans le silence intérieur et extérieur, sans inquiétudes et sans empressements. Vous vous souviendrez de ces paroles si profondes dans leur concision: « Jésus autem tacebat » (« Or Jésus se taisait »).

 

Exemple

Le Sceau divin


 

Un jour que la vénérable Anne-Marguerite Clément approchait de la communion, et qu'elle conjurait avec beaucoup d'instance Notre-Seigneur de lui donner l'humilité et la douceur, la grâce de son étroite union avec Jésus-christ lui fut renouvelée: et comme le Cœur adorable de ce divin Sauveur était toujours le noble instrument dont il se servait pour faire ses plus grandes opérations dans son âme, il unit le cœur de son épouse au sien, se servant de son propre Cœur comme d'un cachet, pour graver l'humilité sur celui de son épouse. Ensuite, elle se sentit pressée de demander la douceur au Cœur même de Jésus-christ, ce qu'elle fit par cette prière: « O Cœur de Jésus, source de douceur, unissez mon cœur à vous-même, afin qu'il soit converti en vous seul. A l'instant, elle sentit que Jésus-christ renouvelait le changement de son Cœur avec le sien, en lui disant: « L'on ne peut avoir la douceur sans avoir mon Cœur, qui en est la véritable source ».

 

Pratique : Être fidèle à faire nos actions en union avec celles du sacré Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, rendez notre cœur semblable au vôtre.

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28 juillet 2011

Petit Office des Saints Anges Gardiens

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Petit Office des Saints Anges Gardiens

 

A Matines et à Laudes

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Seigneur, ouvrez mes lèvres,

R. Et ma bouche publiera vos louanges.

 

V. Dieu, venez à mon aide.

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

 

V. Gloire soit au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,

R. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Hymne

 

Ange saint, à qui, Dieu, commet notre défense,

Qu'il envoie au secours de notre infirmité,

Accourez, aidez-nous à dompter l'arrogance

Du lion rugissant contre nous irrité.

 

Antienne : Saints Anges qui êtes nos gardiens, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne méritions pas d'être repoussés, au redoutable jugement.

 

V. Je chanterai vos louanges en présence de vos Anges, ô mon Dieu!

R. Je vous adorerai en votre saint temple, et je bénirai votre saint nom.

 

Oraison

 

O Dieu grand, qui, par votre ineffable providence, daignez envoyer vos saints Anges pour nous garder, accordez à nos humbles prières, que nous soyons toujours défendus par leur protection, et que nous jouissions de leur éternelle compagnie. Ainsi-soit-il.

 

A Prime

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, etc.

 

Hymne

 

Ce superbe apostat qui, pour sa fière audace,

Précipité du ciel, tomba dans les enfers,

Jaloux de voir qu'un Dieu veut nous donner sa place,

Pour nous perdre avec lui, veut nous charger de fers.

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A Tierce

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Mon Dieu, venez à mon aide;

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Venez, ange gardien, ange saint, frère intime,

Qui prenez soin de nous, et ne dormez, jamais,

Devant nous, renversez, les monstres de l'abîme,

Et tout ce qui concourt à troubler notre paix.

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A Sexte

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent dans toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Jésus à qui la terre et le ciel font hommage, l'Ange adorant son maître, et l'homme son Sauveur, L'un et l'autre, d'un Dieu , partageant l'héritage, Que chacun d'eux, au ciel, ait part à sa faveur!

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A None

 

V. Dieu a commandé pour votre bien à sas Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Michel, ange de paix, pacifiez la terre, Chassez-en la discorde, et finissez nos maux.

Aux enfers, enchaînez, le démon de la guerre!

Poussez-le aux plus bas lieux des antres infernaux!

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

 

A Vêpres

 

V. Dieu a recommandé à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Mon Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir,

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Vous, la force de Dieu, vous, guerrier invincible, Gabriel, pour Jésus combattez ici-bas; Le Dragon vient à nous, chassez ce monstre horrible, Cueillez mille lauriers dans vos heureux combats.

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison comme à matines.

 

A Complies

 

V. Dieu a commandé, pour votre bien, à ses Anges,

R. Qu'ils vous gardent en toutes vos voies. Ainsi soit-il.

 

V. Convertissez nos âmes, ô Dieu notre sauveur!

R. Et détournez de nous, votre indignation.

 

V. Mon Dieu, venez à mon aide:

R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire soit au Père, et au Fils, etc.

 

Hymne

 

Raphaël, ange saint, médecin de nos âmes,

Guide des pèlerins, venez nous secourir! Dressez nos pas au ciel!

Brûlez-nous de vos flammes!

En proie à mille maux, venez tous les guérir!

 

Antienne, Verset, Répons et Oraison, comme à Matines.

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Téléchargez le texte du Petit Office des Saints Anges Gardiens (pdf) en cliquant ici

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27 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-huitième jour

Vie immaculée

 

Prélude

 

La victime se consume lentement et entièrement dans le feu de l'holocauste.

 

Méditation

 

Nôtre-Seigneur, disait la Bienheureuse, veut que vous honoriez sa vie sacrifiée et immolée au Saint-Sacrement. Là, il est la victime de propitiation pour notre salut. Offrez-vous à son Sacré sœur, comme une victime qui veut être immolée avec lui. Il en est en même temps le sacrificateur; abandonnez-vous à lui comme l'agneau entre les mains du prêtre qui va l'immoler. Priez-le qu'il accomplisse en vous tous ses desseins, quelque rigoureux qu'ils dussent paraître à la nature. Sacrifiez-lui vous-mêmes tout le plaisir que vous prenez à aimer et à être aimées, approuvées et estimées des créatures. Vous ne pouvez être associées parfaitement à cet état de victime de Jésus-Christ qu'autant que vous vous dépouillerez entièrement de tout ce que vous affectionnez naturellement. « L'état d'une victime est d'être entièrement consumée par le feu à la gloire de celui à qui elle est offerte. Jésus est au Saint-Sacrement comme la victime de Dieu, et le feu de l'amour l'y consumerait, s'il n'était immortel et impassible. Il n'en est pas ainsi de nous qui devrions languir et dessécher d'amour et y être consumées jusqu'à la mort. « Offrez-vous à Jésus-Christ pour porter cet état, si c'est son bon plaisir, pour être devant lui comme un de ces cierges allumés qu'on brûle en son honneur et qui se consument en servant à la gloire de Dieu. Vous vous abandonnerez sans réserve à Jésus, pour qu'il se serve de vous selon son bon plaisir. La victime est à lui, il l'immolera dans le temps et en la manière que ce souverain prêtre sait devoir le faire. Il vous suffit d'être prête et d'aimer par avance l'espèce de consommation qu'il vous destine. La plus souffrante doit être à vos yeux la plus heureuse. »

 

Exemple

L'attrait d'un cœur immolé

 

Ce fut en 1686 que sœur Marguerite Marie reçut une grande faveur, en ce que Dieu lui donna saint François d'Assise pour protecteur spécial. Il y avait entre ce grand Saint et la servante de Dieu une grande conformité d'attrait pour la pauvreté, l'humiliation et la souffrance; et cet attrait, qui a fait le caractère propre de ce Saint, et qui fait celui de son Ordre, était profondément gravé dans le cœur de sœur Marguerite. Elle en était elle-même étonnée; et en même temps elle l'était de ce qu'elle ne se trouvait ni assez pauvre ni assez souffrante. « Comment se peut-il faire, disait-elle un jour à son directeur, que la pauvreté et les souffrances aient tant d'attrait pour mon cœur, que je les regarde comme des mets délicieux; et que cependant je souffre si peu, qu'il faut le compter pour rien ? ».

 

Pratique : Se tenir quelquefois à la disposition du Cœur de Jésus, dans un état et avec des sentiments de victimes.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, victime d'amour! (Office du Sacré-Cœur de Jésus).

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26 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-septième jour

Vie cachée

 

Prélude

 

Le silence règne autour des divins Tabernacles. Le Cœur de Jésus s'y consume dans le secret du sanctuaire

 

Méditation

 

« Notre-Seigneur, disait Sainte Marguerite-Marie à ses dociles disciples, vous a choisies pour honorer sa vie cachée au Saint-Sacrement, vous participerez à cette vie en vous ensevelissant si profondément dans la solitude de Son Cœur, que vous ne désirerez plus d'être vues que de Lui seul. Votre plus grand soin sera de cacher le bien que vous ferez de peur qu'il ne vous soit dérobé. Aimez à vivre inconnues et oubliées, et, lorsque vous irez devant le Saint-Sacrement, présentez-lui vos pratiques d'anéantissement et de privation pour tout ce qui pourrait vous attirer la vaine estime ou l'attention des créatures ». Dans une autre circonstance, comme les novices lui avaient demandé quelques instructions sur la manière d'imiter la vie cachée et la solitude du Cœur de Jésus dans l'Eucharistie, Marguerite-Marie lui répondit: « Rangeons nos intérieurs et extérieurs comme enfermés dans le Cœur de Notre-Seigneur, et cela par le profond silence que vous leur imposerez. Silence intérieur, par le retranchement de toutes pensées inutiles et de réflexions de l'amour-propre, pour vous disposer à entendre la voix de l'Époux. Silence sur tout ce qui peut vous louer ou vous excuser, blâmer ou accuser les autres. Silence sur les petites saillies auxquelles la nature immortifiée nous porte pour témoigner notre plaisir dans les sujets de joie, notre mécontentement dans les sujets de tristesse. Retranchez toute parole superflue. Votre silence sera pour honorer celui de Jésus solitaire au Saint-Sacrement. Il vous apprendra par ce moyen à converser avec son sacré Cœur, et à l'aimer en silence ».

 

Exemple

La Liberté du cœur

 

Sainte Gertrude évitait avec un soin particulier toute faute, tout empressement, qui pouvaient troubler son esprit et son cœur, ce qui la rendait si agréable à Dieu, qu'un jour se trouvant sollicité par un saint homme de lui découvrir ce qui lui plaisait le plus en sa bien-aimée Gertrude, le Seigneur répondit: « C'est la liberté de son cœur ». « Et moi, Seigneur, repartit tout étonné ce saint personnage, je croyais que ce qui vous agréait le plus en cette âme, c'était la parfaite connaissance qu'elle a de son néant, et le grand amour auquel votre grâce l'a fait parvenir ». « Il est vrai, dit le Sauveur, ce sont là deux admirables perfections; mais cette liberté du cœur, qui tient de l'une et de l'autre, est un don précieux et un bien si parfait, qu'elle élève l'âme au comble de la sainteté; c'est elle qui dispose le cœur de Gertrude à recevoir dans tous les moments de sa vie quelques nouvelles faveurs; c'est elle enfin qui l'empêche d'attacher son cœur à aucune chose qui me déplaise ou qui puisse m'en disputer la souveraineté ».

 

Pratique : S'imposer quelques pénitences, lorsqu'on a manqué à l'une des pratiques suggérées ci-dessus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus qui vous êtes tu, pendant que vos ennemis vous insultaient! (Matthieu 26, 63).

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25 juillet 2011

La Vierge en Pleurs de Bordeaux

La Vierge en pleurs de Bordeaux

Une conférence de Fabienne Guerrero

Site de Fabienne Guerrero

http://fabienne.guerrero.free.fr

 

25 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-sixième jour

Gloire partagée

 

Prélude

 

Notre-Seigneur nous apparaît sur un trône glorieux où il nous invite à monter. Le chemin qui conduit à ce trône et ses degrés mêmes sont parsemés de croix.

 

Méditation

 

Marguerite Marie disait à ses filles spirituelles: « Notre-Seigneur vous destine à honorer sa vie de gloire au Saint-Sacrement. Là, il renouvelle Sa Glorieuse Passion par laquelle il a établi Son Règne sur toutes les puissances ennemies. Il veut vous associer à Sa Royauté, et pour cela il veut que vous fassiez votre trône de la Croix. Vous y serez glorieuses avec Lui, si vous portez comme Lui toutes celles qui vous seront présentées, sans vous lasser ni vous plaindre de leur pesanteur et de leur durée. Vous les prendrez indifféremment et sans choix, mais comme il plaira à la Providence de Vous les présenter. Ainsi, par ce moyen, vous régnerez sur toutes vos promptitudes, vos ressentiments et vos répugnances, et vous triompherez avec Lui dans son Sacré Cœur ». « Pleines d'estime pour la vocation glorieuse à laquelle l'Époux vous appelle, s'écriait dans une autre circonstance l'ardente Épouse du Cœur de Jésus, dites souvent, mes filles, avec le Prophète: « Que rendrai-je au Seigneur pour les grands biens qu'il m'a faits? » Je lui ferai le sacrifice de tout mon être par hommage d'amour. Je le choisis pour être l'unique objet de mon amour, pour le trésor de mon cœur, pour les délices de mon âme. Je n'en veux plus d'autres en la vie que de m'étudier à me conformer à mon Epoux crucifié et à réformer mon cœur sur le Sien par une entière mort à ma propre volonté ». O royauté de mon céleste Époux! O trône glorieux que je suis appelé à partager un jour, tu vaux bien la peine que je fasse quelques légers sacrifices, que je m'impose quelques mortifications pour arriver à cette fin bienheureuse et si digne d'occuper toutes les préoccupations de mon cœur.

 

Exemple

Détachement héroïque de Saint Josaphat

 

Le Prince Josaphat, dont le Martyrologe romain fait mention, le 27 novembre, abandonna librement et par la force de son amour, comme le rapporte saint Jean Damascène, le royaume des Indes, les grands trésors que le roi Abemer, son père, lui avait amassés, les honneurs et les plaisirs que sa naissance pouvait lui procurer, et ne fit pas plus de cas de la pourpre, du sceptre et de la couronne que d'une toile d'araignée. A l'âge de vingt-quatre ans, il sortit de son palais, s'arracha à ses sujets, à son pays, et s'enfuit dans une vaste solitude, où il demeura trente-cinq ans dans les plus grandes austérités, dans la faim, la soif, les veilles, de violentes tentations du démon et toutes sortes de travaux qu'il supportait avec un invincible courage et un ardent amour pour le Cœur sacré de Jésus. Il répétait sans cesse ces paroles: « Mon âme s'attache à Vous, ô mon Sauveur: que Votre main droite me soutienne et me fortifie; mon âme est blessée par l'ardeur de Votre Amour. Elle brûle du désir de Vous posséder, ô Vous qui êtes la fontaine de vie! » Saint Jean Damascène dit encore de lui: « Le prince Josaphat, languissant d'amour, toujours occupé à s'entretenir avec Jésus, oubliait toutes les nécessités corporelles, et vivait dans une extase et un transport d'amour continuels ». Le même Saint ajoute ailleurs: « Jésus-Christ lui tenait lieu de sceptre, de couronne, de royaume, de richesses, de plaisir, de père, de patrie et de tout; il le désirait sans cesse, il songeait à lui en dormant, il croyait le voir partout et contemplait continuellement ses beautés. Il habitait dans son Cœur adorable comme dans un sanctuaire où il lui rendait les plus affectueux hommages ».

 

Pratique : Nous préoccuper quelquefois des pratiques de mortification et des sacrifices que nous pourrons offrir au Cœur glorieux de Jésus, en allant le visiter dans le Sacrement de son amour.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, Roi et Maître de tous les cœurs ! (Litanies du Sacré-Cœur).

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24 juillet 2011

Oblation Eucharistique

 

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Oblation Eucharistique

 

Mon Divin Père, Je suis plus que jamais à votre enfant.

Merci, ô mon Père, de m'avoir donné Jésus, Votre Fils.

Avec toutes les grâces et les dons de l'Esprit Saint qu'il apporte avec lui.

Ce n'est donc plus moi.

C'est Votre Fils bien-aimé qui est en moi.

Père, c'est lui qui Vous parle.

C'est Lui qui Vous prie, c'est Lui qui Vous aime c'est Lui qui Vous implore pour moi et pour tous mes frères du monde.

C'est par Lui que je me laisse prendre, anéantir et mourir à moi-même, pour n'être plus que par Lui, louange, adoration et action de grâce.

Pour que Vous seul, Père, soyez ma vie et mon tout.

Regardez maintenant, ô Père, avec complaisance, votre enfant.

Ne voyez en lui que ce Fils que Vous aimez.

Je ne suis donc plus seul, ô mon Père, je suis dans la Trinité, la Trinité et je mourrais dans le sein de la Trinité.

Oui, Père, tous nous voulons, pour notre vie et notre adhésion à Votre Volonté en tout, être avec Jésus, par la grâce du Saint Esprit, Votre temple, Votre consolation, Vos apôtres, plus que tout cela...

Comme Votre Fils, qui vous aima jusqu'à mourir d'amour pour Vous, et de zèle pour Votre gloire.

O Jésus, nous Vous remercions pour le don que Vous venez de nous faire de tout Vous-même dans cette visite Eucharistique.

Nous Vous aimons de tout notre cœur, en nous mêmes et dans toutes les hosties consacrées du monde entier, simplement, tendrement, fortement, comme vos petits frères et soeurs qui ne veulent plus vous quitter un instant de ce ce jour, mais demeurer dans Votre Amour.

En ce moment, les espèces Sacramentelles disparaissent quand l'Hostie se dissout, mais vous continuez à habiter en nous comme Verbe Divin.

O Fils Adorable du Père, Vous voulez prendre la pauvre humanité de chacun de nous, pour en faire d'autres Christs et, par Votre grâce et Votre Esprit, reproduire, vivre en nous Votre vie filiale pour la gloire du Père.

Nous voici totalement disponibles, sincèrement désireux de ne vivre, penser, agir, vouloir et aimer que sous la mouvance de Votre Esprit, afin que, dans cette journée, de notre labeur apostolique et de toute cette œuvre qui vous est chère, « Par vous, avec Vous, et en Vous », tout honneur et toute gloire soit rendus au Père, dans l'unité du Saint Esprit.

O Marie, Reine des Apôtres et notre Mère, soyez avec nous durant cette journée:

Nous Vous la confions pour que, avez Jésus, dans le Saint Esprit, Votre Bonté nous aide à la rendre agréable à notre Père et riche en mérite pour le salut des âmes.

Père Divin, nous voulons Vous aimer.

Père Divin, nous voulons Vous glorifier.

Père Divin, nous voulons Vous faire connaître.

Père Divin, nous voulons Vous faire aimer.

Père Divin, nous voulons vous faire triompher.

Père Divin, que Votre Règne arrive sur la terre comme au Ciel.

Père Divin, au Nom de Jésus, faites que nos familles, nos communautés, nos sociétés et nos nations, soient unies dans la paix, l'égalité et l'amour. Amen.

 

Mère Eugenia Elisabetta Ravasio

 

Imprimatur

Jean Cardinal Verdier

Archevêque de Paris

le 8 mai 1936

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24 juillet 2011

La Servante de Dieu Maria de la Luz Pena Blanco

 

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La Servante de Dieu Maria de la Luz Pena Blanco

1923-1993

 

Marie de la Luz Pena Blanco, est née à Allariz (Ourense, Espagne), le 16 mars 1923, dans un foyer profondément chrétien. À l'âge de 15 ans, à l'occasion d'une grave maladie, le Saint Esprit lui révèle le Christ. Sa vie change. Elle écrit : « Un désir ardent embrase mon âme: t'aimer sans mesure, de toutes mes forces... » Elle rentre au Monastère Sainte Claire d'Allariz (Ourense), mais, en raison de la maladie, de la pénurie économique et du danger de contagion, les sœurs sont contraintes de la congédier. Rétablie, elle s'oriente vers le Magistère, en s'employant dans l'apostolat auprès des jeunes. Pour le sanctification des prêtres, elle fonde « l'Oeuvre de Santa Maria Oferente », a qui elle a remis toute sa vie. Sa vie a été un chemin vers l'union avec Dieu. « Mon âme te désire et te cherche. Elle te trouve et te désire toujours plus ». Elle est entrée dans la vie le 12 février 1993.

 

Prière pour demander la glorification de Maria de la Luz Pena Blanco

(Seulement pour un usage privé)

 

O Père infiniment miséricordieux, qui avez insufflé à votre Servante Maria de la Luz un ardent désir de s'unir à votre Fils Divin Jésus-Christ et qui l'avez conduit à fonder l'Oeuvre de Santa Maria Oferente, pour la formation et sanctification des Prêtres, nous Vous en supplions, daignez la glorifier dans Votre Sainte Église et accordez-moi les grâces que je Vous demande par son intercession. Par Jésus, le Christ notre Seigneur. Amen.

 

Communiquer les faveurs reçues à

Monasterio de Santa Clara

E- 32600 Allariz (Ourense, Espana).

 

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24 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-cinquième jour

L'Épouse

 

Prélude

 

Jésus-Christ montre à son épouse bien-aimée le Cœur qui a tant aimé les hommes. Sainte Marguerite-Marie est anéantie dans une extase d'amour et de reconnaissance.

 

Méditation

 

« Vous êtes l'épouse bien-aimée de Jésus, disait Marguerite-Marie, honorez Sa vie d'Amour au Saint Sacrement. Pour cela, faites une grande attention à vous rendre toute pure et innocente pour plaire à ce Divin Époux, en tout ce que vous ferez. N'ayez d'autre vue que celle-là, donnez-lui tout sans réserve, si vous voulez qu'il se donne tout à vous ». On lit dans les prophéties d'Osée un chapitre où l'écrivain sacré, après avoir redit les malédictions du Seigneur contre l'épouse infidèle, fait entendre cette consolante promesse que l'Église s'est appliquée depuis, et que nous pouvons nous appliquer, nous aussi, en présence des divins tabernacles: « Je la mènerai, dit-il, dans la solitude et Je lui parlerai au cœur. Je lui donnerai des vignerons pour la cultiver et elle chantera des cantiques comme au jour de sa jeunesse. Ce sera alors qu'elle M'appellera son époux! » Nous reconnaissons bien là les accents du Dieu de l'Eucharistie. C'est bien lui qui nous a attirés dans sa solitude, qui nous a parlé au cœur avec une tendresse dont nous étions ravis. Il nous a donné des prêtres pour cultiver ce jardin fermé où il voulait venir habiter et célébrer ses noces spirituelles. C'est là, dans cette solitude des tabernacles, que nous avons entonné les premiers cantiques de notre jeunesse; c'est là que nous sommes revenus, plus d'une fois, répéter les chants d'allégresse que notre première communion nous avait inspirés. C'est là que nous avons appelé Jésus « mon époux ». Car, c'est là que le Dieu des autels était vraiment l'époux miséricordieux de nos âmes, qu'il s'est fiancées dans une étroite alliance. Cet époux divin est si jaloux de notre amour, qu'il s'écrie dans un transport d'infinie miséricorde: « Je vais fermer (à mon épouse) le chemin avec une haie d'épines. Je la fermerai avec des monceaux d'épines, elle ne pourra trouver de sentier par où elle passe pour aller vers ses idoles, de sorte qu'elle les poursuivra avec ardeur et elle ne pourra les atteindre, elle les cherchera et elle ne les trouvera point, et elle sera privée de tout ce qu'elle désire, jusqu'à ce qu'elle soit réduite à dire: Il faut que j'aille trouver mon premier époux, parce que j'étais alors plus heureuse que je ne le suis maintenant ».

 

Exemple

Amour de sainte Marguerite de Cortone

 

On lit dans sa Vie: « Qu'un jour Notre-Seigneur lui apparut sous la forme de crucifié... et, lui ouvrant la Plaie de Son Côté, il lui fit voir, dans cette Caverne d'amour, Son propre Cœur dans lequel il la tenait gravée. A ce doux spectacle, le cœur de Marguerite, enflammé d'un nouveau désir de s'unir au Cœur de Jésus qui se manifestait à elle, aurait voulu sortir de sa poitrine pour rendre cette union plus étroite: mais, ne le pouvant, il fit ses efforts pour s'unir à ce Cœur sacré par l'amour le plus ardent... En ce a moment, il lui parut que son âme abandonnait son corps, et qu'étant entrée dans la Plaie du Coté que Notre Seigneur lui ouvrait, elle ne vécût plus que dans le Cœur de cet aimable Sauveur ».

 

Pratique : S'imposer un certain temps de silence pour honorer le silence de Jésus au Sacrement de Son Amour.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, époux miséricordieux de nos âmes! (Livre d'Osée.)

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23 juillet 2011

La Prière Simple

23 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-quatrième jour

L'Holocauste

 

Prélude

 

Sur l'autel, devant le tabernacle, le Feu Divin de l'Amour du Cœur de Jésus est allumé. Il dévore les âmes empressées de se confier à Ses ardeurs. Jetons-nous en esprit dans ce Feu qui réjouit la cité de Dieu et qui purifie les cœurs.

 

Méditation

 

Sainte Marguerite-Marie disait à ses chères novices de Paray le Monial: « Présentez-vous au Cœur Sacré de Jésus, comme une victime qui arrive au temple pour y être immolée et qui est présentée devant le Sacrificateur. Ce Divin Prêtre doit, en l'égorgeant spirituellement, faire mourir en elle la vie animale, et ensuite, en la consumant dans le Feu de l'Amour, lui rendre une vie nouvelle et divine. Prenez plaisir à remplir les devoirs de l'holocauste: aimez à mourir au monde et à tout ce qu'il y a de sensible et à être consumée dans l'amour pour honorer Dieu et pour y trouver la vie nouvelle que l'amour seul anime. Heureuses si, après cela, vous pouvez dire avec vérité: « Non, ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Jésus qui vit en moi » et qui y vit par son amour: c'est en Lui et par Lui que j'agis, que je souffre et que j'aime ». « Au reste, ajoutait l'ardente épouse du Sacré Cœur, voulez-vous savoir qui entrera plus avant dans cette demeure sacrée du Cœur de Jésus? Ce sera la plus humble et la plus méprisée. La plus dénuée de tout sera celle qui le possédera davantage. La plus mortifiée en sera la plus tendrement caressée. La plus charitable en sera la plus aimée. La plus silencieuse en sera la mieux enseignée. Enfin, la plus obéissante sera celle qui aura auprès de lui le plus de crédit et de pouvoir ».

 

Exemple

Le diacre Sanctus

 

Parmi les victimes de la persécution qui éclata à Lyon, en 277, on voit paraître au premier rang, avec la vierge Blandine, le jeune diacre Sanctus; et quand l'historien des églises de Lyon et de Vienne se demande comment le jeune martyr put endurer les barres de fer rougies au feu qui convertirent tout son corps en une immense plaie, la seule réponse qu'il puisse trouver est que « le saint diacre fut arrosé et fortifié par la source d'eau vive qui jaillit du Cœur du Christ ».

 

Pratique : Choisir, parmi les vertus que nous venons de méditer dans le paragraphe précédent, celle pour laquelle nous nous sentirons le plus d'attraits.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, tirez-moi plus avant, que Votre Cœur m'engloutisse et que je sois tout abîmé en ses douceurs. (Saint François de Sales).

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22 juillet 2011

Le Cantique de Frère Soleil de Saint François d'Assise

22 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-troisième jour

Tendre Mère

 

Prélude

 

Représentons-nous le Bon Maître sous la figure d'une mère qui presse tendrement son enfant dans ses bras.

 

Méditation

 

Mettons-nous quelquefois au pied de la Croix de Jésus et figurons-nous que la Sainte propagatrice de la dévotion à Son Cœur sacré nous dit, comme elle le répétait autrefois avec tant d'onction à ses chères filles spirituelles: « Considérez, mon enfant, Jésus sur la Croix comme une Mère tendre qui vous y a enfantée dans Son Cœur avec des douleurs infinies. Reposez-vous entre Ses bras et sur Son Cœur comme un enfant se repose dans les bras de sa mère où il trouve sa consolation et son assurance. Abandonnez-vous donc à ce Cœur Sacré sans tant de retour, d'inquiétude et de défiance pour l'avenir. Il le prévoit pour vous, et c'est assez. Bornez-vous à l'aimer avec confiance dans le temps présent, assurée que vous êtes qu'il ne veut pas vous abandonner ». Que j'aime cette pensée de la Sainte Marguerite-Marie: le Cœur de Jésus est semblable à une tendre mère! Une mère! quel touchant et quel admirable point de comparaison ! Tout ce que Dieu a renfermé de tendresse et d'amour dévoué dans le cœur d'une mère, nous le savons pour l'avoir éprouvé et goûté. Et cependant, c'est l'Esprit-Saint lui-même qui nous le dit: quand même une mère pourrait être assez dénaturée pour oublier et rejeter l'enfant qu'elle a porté dans son sein, nourri de son lait, réchauffé sur son cœur, Dieu et par conséquent le Cœur Sacré de Jésus ne pourrait jamais oublier les âmes qu'il a enfantées au milieu des douleurs de la Croix, nourries de Sa Chair et engraissées de Son Sang Divin. O âmes! goûtez donc et voyez combien le Cœur de Jésus est bon et doux. C'est le Cœur de la plus tendre et de la plus aimante des mères.

 

Exemple

Qu'il est doux de contempler le Cœur de Jésus !

 

Saint Camille de Lellis, qui avait une tendre dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, fut on ne peut plus consolé et encouragé, dans sa dernière maladie, par la vue d'une image de Jésus Crucifié, dont lui-même avait conçu le dessin. On y voyait un groupe d'anges recueillir dans des calices le Sang qui coulait des Plaies du Divin Sauveur, et le présenter au Père Céleste. Cette vue procura au Saint un grand soulagement, et le remplit de la plus ferme confiance à ses derniers moments; il expira les yeux amoureusement fixés sur le Cœur Miséricordieux de Jésus.

 

Pratique : S'entretenir dans un esprit d'abandon complet pour tous les événements de la vie, ne se réservant rien que l'amour.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, qui nous avez enfantés avec des douleurs infinies sur la croix ! (Sainte Marguerite-Marie).

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21 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-deuxième jour

L'Ami

 

Prélude

 

La table est dressée. Jésus Christ, Hôte divin, nous convie à nous y asseoir.

 

Méditation

 

« Vous entrerez dans le Cœur de Jésus, continue Marguerite-Marie, comme un ami qui est invité au festin de son ami. Vous y trouverez des délices qui vous sont préparées, et qui surpassent vos désirs et vos connaissances. Vous y serez enivrées du vin délicieux de Son Amour: ce vin charme les amertumes du siècle et inspire le dégoût de toutes les voluptés terrestres. L'ami qui vous reçoit est aussi libéral qu'il est tendre, il vous dira: « Tout ce qui est a moi est à toi: Mes mérites, Mes Plaies, Mon Sang, Mes Douleurs. L'amour rend tous ces biens communs entre nous; mais la libéralité doit être réciproque et Je veux aussi te posséder tout entière sans tant de réserve et de partage ». Jésus est devenu notre ami! et quel ami ! II l'a dit lui-même: « Un ami ne saurait donner une plus grande marque de son amitié à celui qu'il aime qu'en donnant sa vie pour lui ». Il l'a fait et il le fait encore tous les jours. Oui, Jésus est l'ami fidèle auquel nul autre ne peut être comparé, puisque c'est au prix de son sang qu'il nous a faits ses amis ! Et pourtant, parmi les nombreux amis que nous avons sur la terre, Jésus est le plus délaissé ! Ah! je le sais bien, elle parait dure et pénible aux sens et à la nature cette parole de l'Imitation: « Que Jésus seul soit votre ami particulier », mais celles qui précèdent nous en facilitent l'accomplissement. Méditons-les: « Vous ne pouvez vivre heureux sans un ami, et si Jésus n'est pas votre ami par-dessus tous les autres, vous serez accablé de tristesse. Aimez donc tous les autres pour l'amour de Jésus et Jésus pour lui-même. Jésus seul doit être aimé d'un amour singulier, parce que de tous les amis c'est le meilleur et le plus fidèle ».

 

Exemple

La Solitude du cœur

 

Le bienheureux Henri Suso avait une âme ardente et avide de doux épanchements, et il éprouva de grandes peines à s'éloigner de ses anciens amis. Quelquefois, vaincu par la nature, il retournait à eux. Mais, dans leur commerce, il ne trouvait aucune joie, et il les quittait plus triste encore. Son âme souffrait de la solitude et languissait dans l'isolement. Cet état pourtant finit par lui paraître délicieux! (De Malan, Vie du Binheureux Henri Suso)

 

Pratique : Sacrifier les affections qui nous éloignent de l'amour du Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, le meilleur et le plus fidèle de tous les amis. (Imitation de Jésus-Christ).

 

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20 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingt-et-unième jour

Le divin Pilote

 

Prélude

 

Représentons-nous la vie comme une mer orageuse sur laquelle notre âme flotte, battue des vagues.

 

Méditation

 

« Vous entrerez, disait Sainte Marguerite-Marie, dans le Cœur de Jésus Christ comme un voyageur dans un navire. L'Amour en est le pilote, il vous conduira heureusement sur cette mer orageuse par laquelle il faut passer pour arriver au port. Les tempêtes que vous avez à craindre ne viennent que de l'amour-propre, de la vanité, de l'attache à la volonté: le Pilote vous en défendra, si vous Lui êtes fidèle. Il vous fera voguer dans le calme et la tranquillité ». Un poète chrétien s'adressant un jour à Dieu, lui demandait de prendre soin de sa traversée parmi les orages et les écueils de la vie, et s'écriait: « Ma barque est si petite et la mer est si grande! » C'est une excellente pensée qui doit faire naître en nous un vif sentiment de confiance à l'égard du Divin Cœur de Jésus. Notre barque est petite, elle est mal pourvue d'engins de navigation, elle se laisse facilement ballotter et emporter au gré de toutes les tempêtes; et la mer est bien grande, elle est féconde en écueils perfidement cachés sous des apparences de calme trompeur, elle subit des tourmentes pénibles soulevées par l'esprit méchant du prince des ténèbres Mais, n'est-il pas vrai que, si, au milieu d'une tempête, nous voyions tout d'un coup apparaître le Doux Maître de la vie et de la mort, s'asseyant au gouvernail du navire en péril et se levant comme autrefois sur le lac de Génésareth pour commander aux vents et à la mer, n'est-il pas vrai, dis-je, que nous serions rassurés et calmes? Nous pouvons goûter ce calme et cette paix, pourvu que nous nous abandonnions bien docilement à l'action et au gouvernement du Cœur sacré de Jésus! Notre barque, grâce à ce divin pilote, se rira des fureurs de la mer orageuse de cette vie, elle ne craindra ni les vents ni la vague.

 

Exemple

Un Cœur embrasé d'amour

 

Saint Pierre d'Alcantara, entendant un jour, à la troisième Messe de Noël, chanter l'Évangile selon saint Jean: « In principio erat Verbum », se mit à contempler ce grand mystère, et fut tellement enflammé d'amour envers le Cœur de Jésus, que, ravi en extase, il se sentit transporté en l'air à une longue distance, jusqu'au pied du Saint-Sacrement.

 

Pratique : Dans les cas difficiles et dans les épreuves, nous abandonner avec une confiance amoureuse au Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin cœur de Jésus, asile des cœurs pieux! (Prose de la messe du Sacré Cœur)

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19 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Vingtième jour

La divine École

 

Prélude

 

Figurons-nous que, comme Marie-Madeleine, nous sommes aux pieds de Jésus, écoutant ses paroles, recueillant tous ses enseignements.

 

Méditation

 

La Sainte Servante du Cœur de Jésus disait à ses filles spirituelles: « Entrez dans le Cœur de Jésus, comme dans une école où vous êtes disciples. Cette École est celle où l'on apprend la science des saints, la science du pur amour, qui fait oublier toutes les sciences mondaines. Écoutez avec attention la voix de votre Maître qui vous dit: « Apprenez de Moi que Je suis Doux et Humble de Cœur, et vous y trouverez le vrai repos de vos âmes. » Douceur et humilité: tel est le résumé de la vie du Divin Maître, depuis le premier moment de Son Incarnation jusqu'au Calvaire, tel est aussi l'abrégé de la vie Eucharistique de Son Cœur sacré, et c'est dans l'Eucharistie que Jésus-Christ nous enseigne à être doux et humbles de cœur. Entendons ce Cœur divin, notre Maître, nous dire: « Apprenez de Moi, non pas à créer les choses visibles et invisibles, non pas à opérer des merveilles ici-bas et à ressusciter les morts: mais apprenez de moi l'humilité, l'anéantissement, la vie cachée ». Oh! qu'il y en a peu qui comprennent cette parole, qu'il y en a infiniment peu qui, l'ayant comprise, la mettent courageusement en pratique, tant il en coûte à l'homme orgueilleux de se mettre à sa place. Apprenons de l'Eucharistie à nous donner comme elle, avec une douceur dont rien ne puisse nous faire départir. Admirable vertu de douceur! Comme saint François de Sales et sa Bienheureuse Fille, étudions-la à l'École du Cœur de Jésus. Regardons ce modèle parfait. Jésus Christ n'achève point de rompre le roseau à demi cassé, il n'éteint pas la mèche qui fume encore. C'est un Agneau de douceur.

 

Exemple

Heureux Lot d'une épouse de Jésus

 

Un jour que sainte Véronique Giuliani priait avec ferveur devant une image du Sauveur, Marie lui dit: « Ma fille, si tu savais combien Mon Fils t'aime! Prépare-toi à devenir Son Epouse ». Une autre fois qu'elle apportait son offrande sur l'autel, l'enfant Jésus lui dit: « Garde-Moi ton amour, qu'il soit tout à Moi ». « Cher Seigneur, répondit la Sainte, je Vous aime tant! Enseignez-moi comment je dois me conduire pour Vous plaire ». Notre-Seigneur se tourna alors vers Sa Mère et lui dit: « Je veux que notre amie soit dirigée par Vous ». Un matin qu'elle cueillait des fleurs dans le jardin pour orner son autel, l'enfant Jésus lui apparut et lui dit: « Je suis la Fleur des champs ».

 

Pratique : Nous examiner sur les points où nous manquons le plus souvent à la douceur et à l'humilité, ces deux grandes leçons que nous enseigne le Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, doux et humble !

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18 juillet 2011

Mois du Sacré cœur de Jésus

 

Mois du Sacré cœur de Jésus

D'après Sainte Marguerite-Marie

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Dix-neuvième jour

La Prison d'amour

 

Prélude

 

Considérons le Cœur de Jésus comme une prison délicieuse où les chaînes sont des liens d'Amour et où se réunissent les âmes désireuses de réparer pour elles-mêmes et pour les autres.

 

Méditation

 

« Mes chères sœurs, disait la Sainte à ses novices, regardez-vous comme des criminelles qui désirent apaiser leur Juge par le regret de leurs fautes et qui consentent à satisfaire à la justice. Dans cet esprit, entrez dans le Cœur de Jésus pour vous renfermer dans cette prison d'amour, afin d'y participer aux amertumes dont ce Cœur sacré a été inondé. Vous consentirez à y être liées et garrottées si étroitement qu'il ne vous reste, pour ainsi dire, plus de liberté que pour aimer; plus de lumière, de mouvement et de vue que celle de l'amour, cet amour qui le tient lui-même comme captif et sans mouvement dans le Saint Sacrement ». Mais Jésus-Christ ne s'est pas contenté des liens du Sacrement, de la captivité du Tabernacle. Il lui faut une prison pour s'y enchaîner et s'y enfermer plus profondément. Notre cœur ! voilà l'emprisonnement que Jésus souhaite, après lequel il soupire comme une âme ardente soupire après la réalisation d'un souhait longtemps attendu! « Mon Dieu ! s'écriait saint Bernard, mon grand Dieu a voulu se faire l'hôte inséparable de mon cœur ! Heureux geôlier d'un captif que j'aime, nuit et jour je resterai à ses côtés, l'interrogeant, l'écoutant, le regardant et le bénissant de Son Tendre Amour! » Voulons-nous plaire au Cœur de Jésus? Hâtons-nous de nous disposer à satisfaire le désir qu'il a de trouver une étroite captivité en nous-mêmes, dans notre cœur! Le Captif des Tabernacles nous demande d'échanger sa prison de bois contre une prison vivante, il veut que son cœur batte contre notre cœur! O âmes! satisfaites les souhaits de votre Dieu !

 

Exemple

Jésus dans le cœur de Sainte Gertrude

 

Ceux qui veulent connaître en détail de quelles vives Flammes d'Amour le cœur de Sainte Gertrude était dévoré pour le Fils de Dieu, n'ont qu'à lire les Livres de ses insinuations, qui en sont remplis, et qui contribueront même à enflammer leurs cœurs de ce Divin Amour. Sainte Gertrude, dit l'historien de sa Vie, aima si tendrement et si ardemment Notre-Seigneur, que son cœur fondait sensiblement à la chaleur de ce Feu Divin; tous ses soins étaient de Lui plaire, tout son dessein d'imiter ses exemples, tous ses désirs d'unir parfaitement sa volonté à la sienne. C'était le Pasteur qui la gouvernait et de la conduite duquel elle ne se départit jamais; c'était le Flambeau qui donnait la Lumière à son âme, et si constamment, qu'il lui faisait découvrir dans les choses bonnes en elles-mêmes ce qui était meilleur et plus pur, et dans les mauvaises, ce qu'il y avait de plus odieux. Elle s'éleva par là à une telle clarté d'esprit et à une si grande perfection, qu'elle aimait toujours ce qui était le plus aimable et haïssait ce qui était le plus digne de haine.

 

Pratique : Nous renfermer quelquefois en esprit dans la prison du Cœur de Jésus.

 

Oraison Jaculatoire : Divin Cœur de Jésus, qui êtes le nid de la colombe gémissante! (Prose de la Messe du Sacré Cœur.)

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