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9 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Voyage-a-Bethleem-St-Sauveur-in-Chora

Dixième jour

Voyage vers Bethléem

 

Le voyage de Nazareth à Bethléem dura dix jours. Le premier jour, au matin, les saints voyageurs arrivèrent à six lieues de Nazareth, dans une plaine appelée Ghinim, où l’ange était apparu à Joseph l’avant-veille. Anne possédait un pâturage en cet endroit, et ses serviteurs vinrent y prendre l’ânesse d’un an que Joseph devait emmener avec lui. Elle courait tantôt en avant et tantôt en arrière de la petite troupe. Anne et Marie de Cléophas prirent ici congé des saints voyageurs et s’en retournèrent avec les serviteurs.

Cependant Joseph et Marie continuèrent leur route par un chemin qui montait vers les montagnes de Gelboë. Ils ne passaient pas dans les villes, et suivaient la jeune ânesse qui prenait toujours des chemins de traverse. C’est ainsi qu’ils gagnèrent une propriété de Lazare, à peu de distance de la ville de Ghinim, du côté de Samarie. L’intendant les reçut amicalement. Il les avait connus lors d’un autre voyage. Leur famille avait des relations avec celle de Lazare. Il y avait là de beaux vergers et des allées. La position était si élevée, qu’on avait du toit une vue très étendue. Lazare avait hérité ce bien de son père. Notre Seigneur Jésus-Christ s’arrêta souvent en cet endroit pendant sa prédication, et enseigna dans les environs. L’intendant et sa femme s’entretinrent très amicalement avec la Sainte Vierge, et se montrèrent étonnes qu’elle eût entrepris ce grand voyage dans la position où elle se trouvait, lorsqu’elle pu rester commodément établie dans la maison de sa mère.

Le surlendemain, les saints Epoux étaient à quelque lieues au-delà de l’endroit que nous venons de citer, se dirigeant, pendant la nuit, vers une montagne le long d’une vallée très froide. Il avait gelé. La Sainte Vierge souffrait beaucoup du froid, et elle dit à Joseph : « Il faut nous arrêter ; je ne puis pas aller plus loin ». À peine avait-elle dit ces paroles, que l’ânesse, qui les devançait, s’arrêta sous un grand térébinthe très vieux qui se trouvait près de là, et dans le voisinage duquel était une fontaine. Ils firent halte sous cet arbre : Joseph arrangea avec des couvertures un siège pour la sainte Vierge, qu’il aida à descendre de son monture, et qui s’assit contre l’arbre. Joseph suspendit à une branche de l’arbre la lanterne qu’il portait avec lui. C’était l’usage des gens qui voyageaient dans ce pays.

Cependant la Sainte Vierge conjura Dieu de ne pas permettre que le froid lui fut nuisible. Au même instant, elle sentit une si grande chaleur qu’elle tendit les mains à Saint Joseph pour qu’il y réchauffa les siennes. Ils se réconfortèrent un peu avec des petits pains et des fruits qu’ils avaient avec eux, et burent l’eau de la fontaine voisine dans laquelle ils mirent du baume que Joseph portaient dans un cruchon. Joseph consola et encouragea le Sainte Vierge. Il était si bon ! Il souffrait tant de ce que ce voyage était si pénible ! Il lui parla du bon logis qu’il espérait lui procurer à Bethléem. Il connaissait une maison appartenant à de très braves gens, où ils seraient commodément à très bon compte. Il lui vanta Bethléem en général, et lui dit tout ce qui pouvait la consoler. Mais hélas ! Les choses devaient se passer tout autrement.

À ce point de leur voyage, ils avaient passé deux petits cours d’eau ; ils avaient traversé l’un d’eux sur un pont élevé, et les deux ânes avaient passé à gué. La jeune ânesse qui courait en liberté avait des allures singulières. Quand la route était bien tracée, entre deux montagnes, par exemple, et qu’on ne pouvait se tromper, tantôt elle courait derrière les voyageurs, tantôt elle allait bien loin. Quand le chemin se partageait, elle reparaissait toujours et prenant la bonne direction. Lorsqu’ils devaient s’arrêter, elle s’arrêtait elle-même, comme lors de leur halte sous le térébinthe. On ne sais pas s’ils passèrent la nuit sous cet arbre, ou s’ils atteignirent un autre gite.

Ce térébinthe était un vieil arbre sacré qui avait fait partie du bois de Moreh, près de Sichem. Abraham venant de la terre de Canaan, y a vu apparaître le Seigneur, qui lui avait promis cette terre pour sa postérité. Il avait élevé un autel sous le térébinthe. Jacob, avant d’aller à Bethel pour y offrir un sacrifice au Seigneur, avait enfoui sous ce térébinthe les idoles de Laban et les bijoux que sa famille avait avec elle. Josué y avait érigé le tabernacle où était l’Arche d’Alliance, et y ayant rassemblé le peuple, l’avait fait renoncer aux idoles. C’est aussi en ce lieu qu’Abimelech, fils de Gédéon, avait été proclamé roi par les Sichémites.

Le troisième jour, Joseph et Marie arrivèrent à une grande ferme, à deux lieues plus au midi que le térébinthe. La maîtresse de la maison était absente, et le maître refusa de recevoir Saint Joseph, lui disant qu’il pouvait bien aller plus loin. Quand ils eurent fait un peu de chemin au-delà, ils trouvèrent une jeune ânesse dans une cabane de bergers, où ils entrèrent aussi. Quelques bergers, qui étaient aussi occupés à la vider, les accueillirent avec beaucoup de bienveillance. Ils leur donnèrent de la paille et des petits paquets de jonc et de ramée pour faire du feu. Ces bergers allèrent à la maison d’où ils avaient été repoussés ; et quand ils racontèrent à la maîtresse de cette maison combien Joseph paraissait bon et pieux, combien sa femme était belle et avait l’air sainte, elle fit des reproches à son mari pour avoir repoussé de si excellentes gens. Puis cette femme se rendit aussitôt près de la cabane où s’était arrêtée la Sainte Vierge ; mais elle n’osa pas entrer, par timidité, et retourna chez elle pour y prendre quelques aliments.

Le lieu où ils se trouvaient était sur le versant nord d’une montagne, à peu près entre la Samarie et le Thebez. À l’orient de ce lieu, au-delà du Jourdain, se trouve Succoth ; Ainon est un peu plus au midi ; toujours au-delà du fleuve ; Salem est en deçà. Il pouvait y avoir douze lieues de là à Nazareth.

Au bout de quelques temps, la femme vint avec deux enfants trouver les saints voyageurs, apportant avec elle quelques provisions. Elle s’excusa poliment et se montra touchée de leur position. Quand les voyageurs eurent mangé et pris quelques repos, le mari vint aussi, et demanda pardon à saint Joseph de l’avoir repoussé. Il lui conseilla de monter encore une lieue vers le sommet de la montagne, lui disant qu’il pouvait y arriver à un bon gite avant le commencement du Sabbat, et y rester pendant le jour du repos. Sur/quoi Joseph et Marie se mirent en route.

Quand ils eurent fait à peu près une lieue en montant toujours, ils arrivèrent à une hôtellerie d’assez bonne apparence, composée de plusieurs bâtiments entourés de jardins et d’arbres. Il y avait aussi là des arbrisseaux qui donnent le baume, rangés en espaliers. Cependant l’hôtellerie était encore sur le côté nord de la montagne.

La sainte Vierge avait mis pied à terre, Joseph conduisait l’âne. Ils s’approchèrent de la maison, et Joseph pria l’hôte de les loger ; mais celui-ci s’excusa, parce que son hôtellerie était pleine. Sa femme vint alors, et comme la sainte Vierge s’adressa à elle et lui demanda avec la plus touchante humilité de leur procurer un logement, cette femme ressentit une profonde émotion, et l‘hôte aussi ne put plus résister. Il leur arrangea un abri commode dans une cabane voisine et mit leur âne a l'écurie. L’ânesse n’était pas là : elle courait en liberté dans les environs. Elle était toujours, loin d‘eux quand elle n’avait pas a montrer le chemin.

Joseph apprêta sa lampe, sous laquelle il se mit en prières avec la sainte Vierge, observant le sabbat avec une piété touchante. Ils mangèrent quelque chose, et se reposèrent sur des nattes étendues par terre.

Le quatrième jour était le jour du Sabbat, et les saints Epoux restèrent dans ce lieu toute la journée, priant ensemble. La femme de l’hôte resta presque toujours près de la Sainte Vierge avec ses trois enfants. L’autre femme qui s’était montrée la veille si compatissante vint aussi la visiter avec ses deux enfants. Elle s’assirent auprès d’elle d’un air très amical, et furent très touchées de la modestie et de la sagesse de Marie.

La Sainte Vierge s’entretint avec les enfants et leur donna des instructions. Les enfants avaient avec eux de petits rouleaux de parchemins. Marie leur en fit lire quelques passages qu’elle leur expliqua avec tant de bonté, qu’ils ne la quittaient plus des yeux. C’était touchant de voir, et encore plus touchant à entendre.

Saint Joseph, dans l’après-midi, se promena avec l’hôte dans les environs, examina les jardins et les champs et tint avec lui des discours édifiants. C’est ce que faisaient toujours les gens pieux du pays le jour su sabbat. Les saints voyageurs restèrent encore en ce lieu la nuit suivante.

Les bons hôteliers de la Sainte Famille avaient pris la Sainte Vierge en affection à un degré incroyable, et ils lui témoignèrent une tendre compassion pour son état. Ils la prièrent amicalement de rester chez eux et d’y attendre le moment de sa délivrance. Ils lui montrèrent une chambre commode qu’ils voulaient lui donner. La femme lui offrit du fond du coeur tous ses soins et toute son amitié ; mais Joseph et Marie reprirent le voyage de grand matin, le lendemain du Sabbat, et descendirent par le côté sud-est de la montagne dans une vallée. Ils s’éloignèrent alors davantage de Samarie, où semblait les conduire la direction qu’ils avaient prise jusque là. Pendant qu’ils descendaient, ils pouvaient voir le temple qui est sur le mont Garizim. On l’apercevait de très loin. Il y avait sur le toit plusieurs figures de lions ou d’autres animaux qui brillaient au soleil.

Ils firent en ce jour environ six lieues. Vers le soir, étant dans une plaine à une lieue au sud-est de Sicham, ils entrèrent dans une assez grande maison de bergers, où ils furent bien accueillis. Le maître de la maison était chargé de surveiller les vergers et des champs qui dépendaient d’une ville voisine. La maison n’était pas tout à fait dans la plaine, mais sur une pente. Ici tout était plus fertile et en meilleure condition que dans le pays parcouru précédemment, car ici ont était tourné vers le soleil, ce qui dans la terre promise, fait une différence considérable à ce moment de l’année. D’ici jusqu’à Bethléem il y avait beaucoup de semblables habitations de bergers, dispersées dans les vallées.

Les habitants de ces vallées étaient de ces bergers dont plusieurs des trois rois mages, restés en Palestine, épousèrent plus tard les filles. D’une de ces unions provenait un garçon que Notre Seigneur guérit dans cette maison, à la prière de la Sainte Vierge, le 31 juillet de la seconde année de sa prédication, après son colloque avec la Samaritaine. Jésus le prit, ainsi que deux autres jeunes gens, pour l’accompagner dans le voyage qu’il fit en Arabie après la mort de Lazare, et il devint plus tard disciples du Sauveur. Jésus s’arrêta souvent ici et y enseigna. Il y avait des enfants dans cette maison, Joseph les bénit avant son départ.

Le sixième jour, Joseph et Marie suivirent un chemin plus uni. La sainte Vierge allait de temps en temps à pied. Ils trouvaient plus souvent des haltes commodes où ils se réconfortaient. Ils avaient avec eux des petits pains et une boisson à la fois rafraîchissante et fortifiante dans de petites cruches très élégantes qui avaient deux anses et brillaient comme du bronze. C’était du baume que l’on mêlait avec de l’eau. Ils cueillaient aussi des baies et des fruits qui pendaient encore aux arbres et aux buissons dans certains endroits exposés au soleil. Le siège de Marie sur l’âne avait à droite et à gauche des espèces de rebords sur lesquels les pieds s’appuyaient, de sorte qu’il ne pendaient pas comme chez les gens de la campagne qui vont à âne dans notre pays. Ses mouvements étaient singulièrement posés et décents. Elle s’asseyait alternativement à droite et à gauche. La première chose que faisait Joseph, quand on faisait une halte ou qu’on entrait quelque part, était de chercher une place où la sainte Vierge pût s‘asseoir et se reposer commodément. Il se lavait souvent les pieds, ainsi que Marie. En général, ils se lavaient souvent.

Il faisait déjà nuit lorsqu’ils arrivèrent à une maison isolée. Joseph frappa et demanda l’hospitalité. Mais le maître du logis ne voulut pas ouvrir; et quand Joseph lui représenta la situation de Marie, qui n‘était pas en état d’aller plus loin, ajoutant qu‘il ne demandait pas à être logé gratuitement, cet homme dur et grossier répondit que sa maison n’était pas une auberge, qu‘il voulait qu‘on le laissât tranquille et qu‘on cessait de frapper, et autres choses semblables. Cet homme intraitable n’ouvrit même pas, mais fit sa grossière réponse à travers la porte fermée. Ils continuèrent donc leur chemin, et au bout de quelque temps ils entrèrent dans un hangar près duquel ils trouvèrent l’ânesse arrêtée. Joseph se procura de la lumière et prépara un lit pour la sainte Vierge, qui l’y aida. Il fit aussi entrer l’âne, pour lequel il trouva de la litière et du fourrage, ils prièrent, mangèrent un peu, et dormirent quelques heures.

De la dernière hôtellerie jusqu’ici il pouvait y avoir six lieues de chemin. Ils étaient maintenant à environ vingt-six lieues de Nazareth et à dix de Jérusalem. Jusqu’alors ils n’avaient pas suivi la grande route, mais avaient traversé plusieurs chemins de communication qui allaient du Jourdain à Samarie, et aboutissaient au grandes routes qui conduisaient de Syrie en Egypte. Les chemins de traverse qu’ils suivaient étaient très étroits ; dans la montagne, ils étaient souvent si resserrés, qu’il fallait beaucoup de précautions pour y avancer sans broncher. Mais les ânes y marchaient d’un pas très assuré. La présente station était dans la plaine.

Joseph et Marie quittèrent ce dernier lieu le lendemain avant le jour. Le chemin redevint un peu montant. Ils durent toucher à la route qui conduisait de Gabara à Jérusalem, et qui formait en cet endroit de limite entre la Samarie et la Judée. Ils furent encore une fois grossièrement repoussés d’une maison. Comme ils étaient à plusieurs lieues au nord-est de Béthanie, il arriva que Marie étant très fatiguée éprouva le besoin de prendre quelque chose et de se reposer. Alors Joseph se détourna de là dans un endroit où se trouvait un beau figuier qui était ordinairement chargé de fruits. Cet arbre était entouré de bancs où l’on pouvait se reposer, et Joseph le connaissait depuis un de ces précédents voyages. Mais quand il y arrivèrent, ils n’y trouvèrent pas un seul fruit, ce qui les attrista. Plus tard Jésus rencontra cet arbre, qui était couvert de feuilles vertes mais ne portait plus de fruits. Il le maudit dans un voyage qu’il fit après s’être enfui de Jérusalem, et l’arbre se dessécha entièrement.

Ils approchèrent ensuite d’une maison dont le maître commença par traiter grossièrement Joseph qui lui demandait humblement l’hospitalité. Il regarda la sainte Vierge à la lueur de sa lanterne et railla Joseph de ce qu’il tenait avec lui une femme aussi jeune. Mais la maîtresse de la maison, étant survenue, eut pitié de la sainte Vierge, leur offrir amicalement une chambre dans un bâtiment attenant à la maison, et leur porta même quelques petits pains. Le mari se repentit aussi de sa grossièreté, et se montra très serviable envers les saints voyageurs.

Ils allèrent plus tard dans une troisième maison, habités par un jeune ménage. On les y accueillit, mais sans beaucoup de courtoisie : on ne s’occupa guère d’eux. Ces gens n’étaient pas des bergers aux mœurs simples, mais comme les riches paysans de ce pays, assez occupés d’affaires, de négoce, et le reste.

Jésus visita une de ces maisons, après son baptême, le 20 octobre, le 1er du mois de Tisri. On avait fait un oratoire de la chambre où ses parents avaient passé la nuit. C’était peut être la maison dont le maître avait d’abord raillé Saint Joseph. Quoi qu’il en soit, on avait fait cet arrangement après les miracles qui signalèrent la naissance du Sauveur.

Joseph fit des haltes fréquentes à la fin du voyage ; car la sainte Vierge en était de plus en plus fatiguée. Ils suivirent le chemin que leur indiquait la jeune ânesse, et firent un détour d‘une journée et demie à l’est de Jérusalem. Joseph connaissait très bien cette contrée, parce que son père y avait possédé des pâturages. Si ils avaient traversé directement le désert qui est au midi derrière Béthanie, ils auraient atteint Bethléem en six heures ; mais ce chemin était montueux et très incommode dans cette saison. Ils suivirent donc l’ânesse le long des vallées et se rapprochèrent un peu du Jourdain.

Le huitième jour, les saints voyageurs arrivèrent à une grande maison de bergers, qui pouvait être à trois lieues de l’endroit où Jean baptisait dans le Jourdain, et à environ sept lieues de Bethléem. C’est la maison où, trente ans après, Jésus passa la nuit la veille du jour où, pour la première fois après son baptême, il passa devant Jean-Baptiste. Près de cette maison, se trouvait une grange séparée où étaient déposés les instruments de labourage et dont se servaient les bergers, Il y avait dans la cour une fontaine entourée de bains qui recevaient par des conduits l‘eau de cette fontaine. Le maître de la maison devait avoir, des propriétés étendues, et il y avait là une exploitation considérable, où l’on voyait aller et venir de nombreux valets qui prenaient la leur repas.

Le maître de la maison accueillit les voyageurs très amicalement et se montra fort serviable. On les conduisit dans une chambre commode et en prit soin de leur âne. Un domestique lava les pieds de Joseph à la fontaine et lui donna d’autres habits, pendant qu‘on nettoyait les siens qui étaient couverts de poussière ; une servante rendit les mêmes offices à la sainte Vierge. Ils prirent leur repas dans cette maison et y dormirent.

La maîtresse de la maison était d’un caractère assez bizarre, et elle resta renfermée dans sa chambre. Elle avait regardé les voyageurs à la dérobée ; et comme elle était jeune et vaine, la beauté de la sainte Vierge lui avait déplu. Elle craignait, en outre, que Marie ne s‘adressât à elle, ne voulut rester dans sa maison et y faire ses couches. Aussi eût-elle l'impolitesse de ne pas se montrer et prit-elle ses mesures pour que les voyageurs partissent le jour suivant. C’est la femme que Jésus, trente ans après, le 11 octobre, trouva dans cette même maison, aveugle et courbée en deux, et qu’il guérit, après lui avoir donné quelques avis sur son inhospitalité et sa vanité. Il y avait aussi des enfants dans la maison. Joseph et Marie y passèrent la nuit.

Le lendemain, vers midi, ils quittèrent le lieu où ils avaient logé la veille. Quelques habitants de la maison les accompagnèrent jusqu‘à une certaine distance.

Après un court voyage d’environ deux lieues, ils arrivèrent sur le soir à un lieu que traversait une grande route, bordée de chaque côté d'une longue rangée de maisons avec cours et jardins. Joseph avait des parents qui demeuraient en ce lieu, peut-être les enfants du second mariage d’un beau-père ou d‘une belle-mère. Leur maison avait beaucoup d’apparence. Ils traversèrent pourtant cet endroit d’un bout a l’autre ; puis, à une demi-lieue de là, ils tournèrent à droite, dans la direction de Jérusalem, et arrivèrent à une grande hôtellerie, dans la cour de laquelle se trouvait une fontaine avec-plusieurs conduits. Il y avait là beaucoup de gens rassemblés : on y célébrait des funérailles.

L’intérieur de la maison, au centre de laquelle se trouvait le foyer avec un conduit pour la fumée, avait été transformé en une grande pièce par la suppression de cloisons mobiles qui formaient ordinairement plusieurs, chambres séparées. Derrière le foyer étaient suspendues des tentures noires, et en face se trouvait quelque chose qui ressemblait à une bière recouverte en noir. Il y avait là plusieurs hommes qui priaient ; ils portaient de longues robes noires, et par-dessus, des robes blanches plus courtes ; quelques-uns avaient une espèce de manipule noir à franches suspendu au bras. Dans une autre chambres se trouvaient les femmes, entièrement enveloppées dans leurs vêtements ; elles étaient assises sur des coffres très-bas et pleuraient. Les maîtres de la maison, occupés de la cérémonie funèbre, se contentèrent de faire signe aux voyageurs d‘entrer ; mais les serviteurs les accueillirent très-bien et prirent soin d‘eux. On leur prépara un logement à part formé avec des nattes suspendues, qui le faisaient ressembler à une tente. Plus tard les gens de la maison visitèrent les saints voyageurs et s‘entretinrent amicalement avec eux. Ils n’avaient plus leurs vêtements blancs de dessus. Joseph et Marie, après avoir pris un peu de nourriture, prièrent ensemble et se reposèrent.

Le dixième jour, enfin, vers midi, Joseph et Marie se mirent en route pour Bethléem, dont ils étaient encore éloignés d‘environ trois lieues. La maîtresse de la maison les engagea à rester, parce qu‘il lui semblait que Marie pouvait accoucher d’un moment à l‘autre. Marie répondit, après avoir baissé son voile, qu’elle avait encore trente-six heures à attendre. Peut-être a-t-elle dit trente-huit. Cette femme les aurait gardés volontiers, non pas pourtant dans sa maison , mais dans un autre bâtiment. Au moment du départ, Joseph parla de ses ânes avec l’hôte ; il fit l’éloge de ces animaux, et dit qu‘il avait pris l’ânesse avec lui pour la mettre en gage en cas de nécessité. Comme les hôtes parlaient de la difficulté de trouver un logement à Bethléem, Joseph dit qu’il y avait des amis et qu’il y serait certainement bien accueilli. Cela fait vraiment peine a l’entendre parler avec tant d’assurance du bon accueil qu"il attendait. Il en parla encore à Marie pendant la route. On voit par là que même d’aussi saints personnages peuvent se tromper ; mais ces douces illusions de la pieuse confiance ne sont-elles pas souvent, comme ici, un effet de la bonté de Dieu ?

 

Considération

Saint Joseph d’après Saint François de Sales

 

Saint François de Sales aimait à entretenir ses Filles de la Visitation du glorieux Epoux de Marie, pour lequel il avait une affection particulière. Voici la doctrine de son Entretien avec elles sur les vertus de notre Saint Patriarche.

Il commence par comparer Saint Joseph au palmier, le roi des arbres, et qui possède, dit-il, les trois propriétés particulières de la virginité, de l’humilité et de la constance ; lesquelles propriété conviennent davantage à Saint Joseph, qui est, ainsi que la Sainte Eglise nous fait dire, semblable à la palme. Oh ! Quel Saint est le glorieux saint Joseph. Il n’est pas seulement Patriarche, mais le coryphée de tous les Patriarches. Il n’est pas simplement confesseur, mais plus que confesseur ; car dans sa confession sont encloses les dignités des évêques, la générosité des martyrs et de tous les autres saints. C’est donc à juste raison qu’il est comparé au palmier qui est le roi des arbres, et lequel à la propriété de la virginité, celle de l’humilité et de la constance et vaillance, trois vertus dans lesquelles le glorieux saint Joseph a grandement excellé ; et si l’on osait faire des comparaisons, il y en aurait plusieurs qui maintiendraient qu’il surpasse tous les autres saints en ces trois vertus.

Dieu, expose-t-il ensuite, ayant destiné de toute éternité, en sa divine Providence, qu’une Vierge concevrait un fils qui serait Dieu et homme tout ensemble, voulut néanmoins que cette Vierge fût mariée, parce qu’il fallait que cette Vierge conçût et enfantât ce doux trait de vie, Notre Seigneur, sous l’ombre du saint mariage, mariage donc qui n’était point selon l’ordinaire tant pour la communication des biens extérieurs que pour l’union et conjonction des biens intérieurs.

Ô la divine union que celle qui existait entre Notre Dame et le glorieux saint Joseph ! union qui faisait que ce bien des biens éternels, qui est Notre Seigneur, fut et appartint à saint Joseph, ainsi qu‘il appartenait à Notre Dame, non selon la nature qu’il avait prise dans les entrailles de notre glorieuse maîtresse (nature qui avait été formée par le Saint Esprit du très pur sang de Notre Dame), mais selon la grâce, laquelle le rendait participant de tous les biens de sa chère Epouse, et laquelle faisait qu’il allait merveilleusement croissant en perfection. Car de même que l’on voit un miroir opposé aux rayons du soleil recevoir ses rayons très parfaitement, et un autre miroir étant mis vis-à-vis de celui qui les reçoit, bien que le dernier miroir ne prenne et ne reçoive les rayons du soleil que par réverbération, les représente pourtant si fidèlement, que l’on ne pourrait presque pas juger lequel c’est qui les reçoit immédiatement du soleil, ou celui qui est opposé au soleil, ou celui qui ne les reçoit que par réverbération ; de même en était-il de Notre-Dame, laquelle , comme un très pur miroir opposé aux rayons du soleil de justice, rayons qui apportaient en son âme toutes les vertus en leur perfection, perfections et vertus qui faisaient une réverbération si parfaite en saint Joseph, qu’il semblait presque qu'il fût aussi parfait, ou qu‘il eût les vertus en un aussi haut degré comme les avait la glorieuse Vierge notre maîtresse.

Et, partant de ce principe, notre bienheureux exalte la virginité de saint Joseph élevée à un si haut degré par son contact avec celle de la sainte Vierge, qu’elle lui fait surpasser tous les Saints, les Anges et les Chérubins mêmes, en cette vertu tant recommandable de la virginité ; sa très sainte humilité, sous l’abri de laquelle il tient cachées ses grandes vertus et ses si hautes dignités d’Epoux de Marie, et de gouverneur, de Père même putatif de Notre Seigneur ; sa vaillance et sa force contre les deux plus grands ennemis de l’homme, le diable et le monde ; sa constance et sa persévérance contre notre grand ennemi intérieur qui est l’ennui dans la continuation des choses abjectes, humiliantes, pénibles, adverses ; son amour si sincère de la pauvreté, son obéissance si parfaite, sa soumission si entière à la divine volonté, laquelle allait toujours croissant et se perfectionnant, parce qu’il la tirait de Notre Dame, comme Notre Dame tirait sa propre perfection de son divin Fils.

Enfin, notre saint auteur s’écrie, après avoir démontré et affirmé que saint Joseph est très certainement au ciel en corps et en âme : « Oh ! combien serons-nous heureux, si nous pouvons mériter d’avoir part en ses saintes intercessions ! car rien ne lui sera refusé, ni de Notre Dame, ni de son glorieux Fils. Il nous obtiendra, si nous avons confiance en lui, un saint accroissement en toutes sortes de vertus, mais spécialement en celles qu’il a eues au plus haut degré que toutes les autres, qui sont la très sainte pureté de corps et d’esprit, la très aimable vertu d’humilité, la constance, la vaillance et la persévérance, vertus qui nous rendront victorieux, en cette vie, de nos ennemis, et qui nous feront mériter la grâce d’aller jouir en la vie éternelle des récompenses qui sont préparées à ceux qui imiteront l’exemple que saint Joseph leur a donné, étant en cette vie, récompense qui ne sera rien moindre que la félicité éternelle, en laquelle nous jouirons de la claire vision du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dieu soit béni.

 

Pratique

Chapelet de saint Joseph

 

Ce qu’on appelle le Chapelet ou Couronne de saint Joseph , se compose de trente grains divisés en trois dizaines, pour honorer les trente années que saint Joseph a passées dans la compagnie de Jésus et de Marie. On le récite plus particulièrement pour demander la grâce d’une bonne mort ; et voici la manière plus ordinaire de le dire :

Sur la croix, après avoir dit « Au nom du Père, etc., » l’on dit : « Vous l‘avez, Seigneur, couronné d’honneur et de gloire, et constitué prince dans votre maison, et sur tout ce qui vous appartient ».

Sur les gros grains : « Que les mérites du chaste Epoux de votre très sainte Mère, ô divin Jésus, viennent en aide à notre insuffisance, afin que par son intercession il nous soit accordé ce qu’il n’est pas en notre pouvoir d’obtenir. Nous vous en conjurons, Seigneur, qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père dans l’unité du Saint Esprit, pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

Sur les petits grains : « Je vous salue, Joseph, fils de David, homme juste. Epoux de Marie, de laquelle est né Jésus. Saint Joseph, Père nourricier de Jésus, priez pour nous, pauvres pécheurs , maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il ».

Si cette méthode paraissait compliquée et présentait quelques difficultés dans la pratique, on pourrait y apporter des modifications, comme de dire le Pater sur la croix, l’Ave, Maria, sur les gros grains, et la Salutation à saint Joseph, sur les petits, etc.

 

Invocation

Bon saint Joseph

 

Bon Saint Joseph, protégez-nous et protégez la sainte Eglise ! Bon saint Joseph ! Nous savons bien que Dieu seul est bon, mais puisque le bon Dieu vous a fait bon aussi, le Père, en vous associant à sa divine paternité, le Fils, en vous admettant pendant trente ans dans une incomparable intimité, le Saint Esprit, en vous unissant comme Epoux à la bonne Vierge Marie, rappelez-vous que vous n’avez été fait bon qu’à cause de nous, et afin que rien ne vienne mettre des bornes à votre bonté pour nous.

Protégez-nous ! Car les temps sont bien mauvais, les jours bien malheureux, les dangers bien pressants, et voilà que toutes les vérités saintes sont diminuées parmi les enfants des hommes. Dans cette extrémité, nous avons recours à votre toute-puissante protection, dans la confiance que vous ne rejetterez pas nos prières, mais que vous nous protégerez dans tous nos dangers.

Et protégez la sainte Eglise ! La sainte Eglise si tourmentée, si éprouvée, si persécutée, si accablée, si écrasée, et qui devrait périr mille fois, si elle n’avait pour elle les promesses de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Mais, malgré ces promesses, elle n’en est pas moins trop opprimée. Protégez-la donc, tout-puissant saint Joseph, et sauvez-la de nos jours, comme vous l‘avez sauvée dans ses premiers jours et les anciens temps.

C’est dans ces sentiments que nous vous disons avec Pie IX indulgenciant cette invocation (50 jours pour les associés du Culte Perpétuel), avec tous les associés du Culte Perpétuel,avec tous vos fidèles serviteurs qui poussent vers vous ce cri de leur détresse et de leur confiance : « Bon Saint Joseph, protégez-nous et protégez la Sainte Eglise ! »

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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8 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Marie-et-Joseph_Capture

Neuvième jour

Départ pour Bethléem

 

Environ 4000 ans s’étaient écoulés depuis la création du monde, 2348 depuis le déluge, 1921 depuis la vocation d’Abraham,1491 depuis la loi de Dieu donnée sur le mont Sinaï, 1005 depuis la dédicace du temple de Salomon, 558 depuis la fin de la captivité de Babylone. On était entré dans la 63e semaine prédite par le prophète Daniel, dans la 194e Olympiade, selon la manière de compter des Grecs, dans la 752e année depuis la fondation de Rome, et l’Empire romain étendait sa domination sur toute la terre. C’est alors que César Auguste ordonna le dénombrement de tous ses habitants. Ce dénombrement fut fait pour la Judée par Cyrinus, gouverneur de Syrie, et l’on vit pendant plusieurs mois le pays parcouru en tous sens par toutes sortes de personnes qui allaient se faire inscrire dans les lieux dont elles étaient originaires.

Cependant la sainte Vierge était auprès de sa mère, sainte Anne, dont la maison était à peu près à une lieue de Nazareth, dans la vallée de Zabulon. Il n’était resté à la maison de Nazareth que la servante qui servait saint Joseph, tandis que Marie était chez sa mère. Du reste, tant qu’Anne vécut, ils n’eurent pas de ménage entièrement séparé ; mais ils recevaient toujours de celle-ci ce dont ils avaient besoin.

Depuis plusieurs semaines aussi, la sainte Vierge était occupée des préparatifs pour la naissance de Jésus-Christ : elle apprêtait des couvertures, des bandages et des langes. Son père Joachim ne vivait plus, et Anne s’était remariée, d’après l’ordre du ciel, à un homme qui avait un emploi dans le Temple, où il inspectait les victimes destinées aux sacrifices ; en dehors du Temple, il restait ordinairement auprès de ses troupeaux, où Anne lui envoyait sa nourriture : c’étaient des petits pains et des poissons qu'elle mettait dans un sac de peau divisé en plusieurs compartiments. Il y avait encore chez sainte Anne une petite fille, d’environ sept ans, qui était souvent près de la sainte Vierge, laquelle lui donnait des leçons. Ce devait être la fille de Marie de Cléophas, qui s’appelait aussi Marie.

C’était donc dans la maison d’Anne que la sainte Vierge passait le temps de sa grossesse, en compagnie de plusieurs autres femmes qui préparaient des effets et des couvertures pour ses couches. Anne avait des propriétés assez considérables en troupeaux et en pâturages. Elle fournissait abondamment la sainte Vierge de tout ce qui lui était nécessaire suivant son état. Comme elle croyait que Marie ferait ses couches chez elle, et que tous ses parents la visiteraient à cette occasion, elle faisait toute espèce de préparatifs pour la naissance de l’Enfant de la promesse. On apprêtait pour cela de belles couvertures et de beaux tapis.

Il y avait une couverture de ce genre, lors de la naissance de Jean, dans la maison d’Elisabeth. Elle était ornée de figures symboliques et de semences tracées à l’aiguille. Au milieu était une espèce d‘enveloppe dans laquelle l‘accouchée se plaçait de telle façon, que, quand les diverses parties de la couverture étaient assujetties autour d’elle avec des lacets et des boutons, elle était là comme un petit enfant dans son maillot, et pouvait facilement rester assise entre des coussins, pour recevoir les visites de ses amies, qui s’asseyaient auprès d’elle sur le bord du tapis.

On préparait aussi dans la maison d’Anne des objets de ce genre, outre des bandelettes et des langes pour l’enfant, dans lesquels on allait jusqu’à faufiler çà et là des fils d‘or et d’argent. Tous ces effets et ces couvertures n’étaient pas uniquement pour l’usage de l’accouchée ; il y avait beaucoup de choses destinées aux pauvres, auxquels on pensait toujours dans ces jours d‘allégresse. La sainte Vierge et d’autres femmes, assises par terre autour d‘un grand coffre, travaillaient à une grande couverture qui était placée sur ce coffre au milieu d’elles. Elles se servaient de petits bâtons où étaient attachés des fils de diverses couleurs. Sainte Anne était très affairée : elle allait ça et la pour prendre de la laine, la partager, et donner leur tâche à chacune des travailleuses.

Cependant Joseph était allé à Jérusalem, où il avait conduit des animaux pour le sacrifice. Il les avait laissés dans une petite hôtellerie située à un quart de lieue en avant de Jérusalem, du côté de Bethléem, et tenue par un vieux ménage sans enfants. C‘étaient des gens pieux, chez lesquels on pouvait loger en toute confiance. Joseph alla de là à Bethléem, mais il ne visita pas les parents qu'il y avait. Il voulait seulement prendre des informations relativement à un dénombrement ou à une levée d’impôts qui exigeaient que chacun comparût dans son lieu de naissance. Il ne se fit pourtant pas encore inscrire, car il avait l’intention, lorsque, le temps de la purification de Marie serait accompli, d‘aller avec elle de Nazareth au Temple de Jérusalem, et de là à Bethléem, où il voulait s’établir. On ne sait pas bien quel avantage il y trouvait, mais le séjour de Nazareth ne lui plaisait pas. C’est pour cela qu’il profita de l’occasion pour aller à Bethléem, où il prit des informations relativement à des pierres et à des bois de charpente, ayant toujours le projet d’y bâtir une maison. Il revint ensuite à l’hôtellerie voisine de Jérusalem, alla offrir son sacrifice au Temple, et se remit en route peur Nazareth.

Mais pendant la nuit, comme il traversait la plaine de Ghinim, à six lieues de Nazareth, un Ange lui apparut et lui enjoignit de partir avec Marie pour Bethléem, car c’était là qu’elle devait mettre son Enfant au monde. L’Ange lui prescrivit aussi ce qu’il devait prendre avec lui. Il devait emporter peu d’effets, et notamment aucune couverture brodée. Il devait aussi, outre l’âne sur lequel Marie monterait, emmener avec lui une ânesse d’un an qui n’avait pas encore eu de petits. Il devait la laisser courir en ‘liberté et suivre toujours le chemin qu’elle prendrait.

Ce soir, Anne se rendit a Nazareth avec la sainte Vierge ; elles savaient que Joseph arriverait. Elles ne paraissaient pourtant pas savoir que Marie irait à Bethléem ; elles croyaient qu’elle mettrait son Enfant au monde dans sa maison de Nazareth, où l’on porta plusieurs des objets qu’on avait préparés. empaquetés dans des nattes. Joseph arriva le soir à Nazareth.

Le lendemain, saint Joseph fit connaître à la sainte Vierge et à sainte Anne ce qui lui avait été dit la nuit précédente. Elles revinrent ensemble dans la maison d’Anne, et firent des préparatifs pour un prompt départ. Anne en était tout attristée. La sainte Vierge savait d’avance qu’elle devait enfanter son Fils à Bethléem, mais elle n’en avait rien dit par humilité. Elle le savait par les prophéties sur la naissance du Messie qu’elle conservait a Nazareth. Elle avait reçu ces écrits de ses maîtresses du Temple, et ces saintes femmes les lui avaient expliqués. Elle les lisait souvent et priait pour leur accomplissement. Ses ardents désirs invoquaient toujours la venue du Messie ; elle appelait toujours bienheureuse celle qui devait mettre au monde le saint Enfant, et désirait seulement pouvoir être la dernière de ses servantes ; elle ne pensait pas, dans son humilité, que cet honneur pût lui être destiné. Comme elle savait, par les textes des prophéties, que le Sauveur devait naître à Bethléem, elle se conforma avec d’autant plus de joie à la volonté divine, et se prépara à un voyage très pénible pour elle dans cette saison, car il faisait souvent un froid très vif dans les vallées, entre les chaînes des montagnes.

Ce même soir donc, Joseph et la sainte Vierge, accompagnés d’Anne, de Marie de Cléophas, et de quelques serviteurs, partirent de maison d’Anne. Marie était assise sur le bât d’un âne qui portait aussi son bagage. Joseph conduisait l’âne. Il y avait un second âne sur lequel sainte Anne devait revenir. Son mari était dans les champs lors du départ de la sainte compagnie.

 

Considération

Saint Joseph d’après Sainte Thérèse

 

Une des gloires de la mission providentielle de sainte Thérèse a été de propager le culte de saint Joseph dans toute l'Église. Par la page céleste qu'on va lire, et dans laquelle sa plume, séraphique a si bien exalté le saint Patriarche, l’illustre réformatrice du Carmel a comme ouvert la carrière aux pieux auteurs qui voudraient publier ses louanges, et donné le signal du culte qui devait lui être rendu. Aussi, depuis lors, que de livres publiés à la gloire de saint Joseph, et qui n’ont été qu’un pieux ou savant commentaire de ce qu’elle a écrit ! Que d‘hommages ont été adressés au glorieux Père nourricier de Jésus, de tous les points du monde catholique ! Et que de ferventes invocations sont sorties des lèvres de tous ceux qui se sont pressés autour de ses autels, et qui n’ont été, à le bien prendre, que l’éclosion des sentiments qu’elle avait fait naître dans tous les cœurs !

« Je pris, nous dit-elle dans sa Vie écrite par elle-même, ch. VI, pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph, et je me recommandai très instamment à lui. Ce tendre Père de mon âme, ce bien-aimé Protecteur m'a toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu’à ce jour qu’il ne me l’ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux, s’il m‘était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m’a comblée, et les dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint !

Le très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais pas expérience, étend son pouvoir à tous, Notre Seigneur veut nous faire entendre par là que de même qu’il lui fut soumis sur cette terre d’exil, reconnaissant en lui l’autorité d’un père nourricier et d’un gouverneur, de même il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel, en exauçant toutes ses demandes. C’est ce qu’on vu comme moi, par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable Protecteur. Aussi le nombre des âmes qui l’honorent commence-t-il à être grand, et les heureux effets de sa médiation confirment de jour en jour la vérité des mes paroles.

Connaissant aujourd’hui par une si longue expérience l’étonnant crédit de saint Joseph auprès de Dieu, je voudrai persuader tout le monde de l’honorer d’un culte particulier. Jusqu’ici, j’ai toujours vu les personnes qui ont eu pour lui une dévotion vraie et soutenue par des œuvres faire des progrès dans la vertu ; car ce céleste Protecteur favorise d’une manière frappante l’avancement des âmes qui se recommandent à lui. Déjà, depuis plusieurs années, je lui demande, le jour de sa fête, une faveur particulière, et j’ai toujours vu mes désirs accomplis. Si, par quelque imperfection, ma demande s’écartait tant soit peu du but de la gloire divine, il la redressait admirablement, dans la vue de m’en faire tirer un plus grand bien.

Si j’avais autorité pour écrire, je goûterai un plaisir bien pur à raconter, dans un récit détaillé, les grâces dont tant de personnes sont comme moi redevables à ce grand Saint. Je me contente de conjurer, pour l’amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas d’en faire l‘épreuve; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux Patriarche et de l‘honorer d’un culte particulier. Les personnes d’oraison surtout devraient toujours l’aimer avec une filiale tendresse. Je ne comprends pas comment on peut penser a la Reine des Anges et à tout ce qu’elle essuya de tribulations durant le bas âge du divin Enfant Jésus, sans remercier saint Joseph du dévouement si parfait avec lequel il vint au secours de l’un et de l'autre. Que celui qui ne trouve personne pour lui enseigner l’oraison choisisse cet admirable Saint pour maître, il n’aura pas à craindre de s’égarer sous sa conduite ».

Et fidèle à ses sentiments à l’égard de Saint Joseph, la bienheureuse avait recours à lui dans ses doutes, ses embarras, ses diverses nécessités. Elle lui dédia la plupart de ses fondations, les mit toutes sous sa garde, et plaça de ses mains à la porte d’entrée de tous ses monastères l’image de la Sainte Vierge et de Saint Joseph fuyant en Egypte. Elle voulut aussi que toutes les religieuses eussent une dévotion particulière envers le Saint Patriarche, et elle leur faisait réciter, croit-on, chaque jour, comme elle les récitait elle-même, les dernières paroles de la prière suivante.

 

Pratique

Litanies de Saint Joseph

 

Les Litanies sont une suite d’invocations que l’on adresse, soit à Dieu, à qui nous demandons,sa grâce en lui disant : « Ayez pitié de nous », « secourez-nous », « pardonnez-nous » ; soit aux Saints, à qui nous demandons seulement d‘intercéder pour nous auprès de Dieu, en leur disant : « Priez pour nous ». Nous ne disons pas autre chose, en effet, même à saint Joseph, même à la sainte Vierge, parce que, quelque puissants qu’ils, soient auprès de Dieu, toute leur bienveillance pour nous se borne à un pouvoir d’intercession, intercession, toutefois que l’on pourrait presque dire infaillible.

Dès 1601, le Souverain Pontife Sixte V attacha 200 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies de la sainte Vierge, et Pie VII, en 1817, éleva cette Indulgence a 300 jours, en accordant de plus à ceux qui les réciteraient chaque jour une Indulgence plénière à gagner aux cinq Fêtes principales de la sainte Vierge.

Le 8 juin 1862, Pie IX, heureusement régnant, accorda, pour leurs diocèses respectifs, aux Evêques qui le lui demandèrent, 300 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies du saint Nom de Jésus.

Le Saint Siège n‘a point attaché, jusqu’à présent, d'Indulgence aux Litanies de saint Joseph ; mais divers Evêques ont enrichi d’une Indulgence de 40 jours celles qu‘ils ont approuvées pour leurs propres Diocèses, et Mgr l’Evêque de Namur a même approuvé une Octave de ces Litanies appliquées a chaque jour de la semaine.

 

Retrouvez le texte des Litanies de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Tirée de Sainte Thérèse

 

Mon bien-aimé Protecteur, que je vous remercie des grâces insignes dont Dieu m'a comblée, et des dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par votre toute-puissante médiation. Je ne me souviens pas, en effet, de vous avoir jamais rien demandé que vous ne me l’ayez obtenu de Dieu ; mais ce dont je me souviens, c’est que vous m’avez toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. M’appuyant donc sur la longue expérience que j’ai faite de votre étonnant crédit auprès de Dieu, soit par moi-même, soit par ceux à qui j‘ai conseillé de recourir à votre incomparable protection, je m‘adresse encore à vous en ce moment, dans la pleine confiance que vous ne me refuserez pas les nouvelles grâces que je viens vous demander.

Et vous, Dieu très bon et tout-puissant, qui, dans votre providence, avez destiné le juste saint Joseph pour Epoux à la Vierge Marie, votre Mère, en en faisant votre Père nourricier, daignez, en considération de ses prières et de ses mérites, accorder le calme et la paix à votre Eglise, et nous faire parvenir nous-mêmes à cette glorieuse éternité où vous vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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7 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Huitième jour

Doute de saint Joseph

 

Saint Joseph avait donc laissé Marie à Jutta, où elle resta jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste. C’est alors trois mois qu‘elle demeura auprès de sa cousine Elisabeth, qu‘elle ne voulut quitter qu‘après la naissance de son Fils, mais avant sa circoncision. Joseph vint à sa rencontre jusqu’à moitié chemin, probablement jusqu'à Dothan, où, en allant chez Elisabeth, ils s’étaient arrêtés chez un ami du père de Joseph«Vraisemblablement aussi, elle fut accompagnée jusque-là par des parents de Zacharie ou par des amis de Nazareth qui se trouvaient avoir le même voyage à faire.

Mais Joseph, en revenant à Nazareth avec Marie, s’aperçut qu'elle était enceinte. Il fut alors assailli par toutes sortes d’inquiétudes et de doutes, car il ne connaissait pas l’ambassade de l’Ange près de Marie. Aussitôt après son mariage, il était allé à Bethléem pour quelques affaires de famille ; Marie, pendant ce temps, s’était rendue à Nazareth avec ses parents et quelques compagnes. La Salutation angélique avait eu lieu avant le retour de Joseph à Nazareth. Marie, dans Sa timide humilité, avait gardé pour elle le secret de Dieu.

Joseph, plein de trouble et d’inquiétude, n’en faisait rien connaître au dehors, mais luttait en silence contre ses doutes. La sainte Vierge, qui avait prévu cela d’avance, était grave et pensive. Ce qui augmentait encore l’anxiété de Joseph.

Quand ils furent arrivés à Nazareth, la sainte Vierge n’alla pas tout de suite dans, sa maison avec saint Joseph, et demeura deux jours dans une famille alliée à la sienne. C‘étaient les parents du disciple Parménas, qui alors n’était pas né, et qui fut plus tard l’un des sept diacres dans la première communauté des chrétiens à Jérusalem.

Ces gens étaient alliés à la sainte famille : la mère était sœur du troisième époux de Marie de Cléophas, qui fut le père de Siméon, évêque de Jérusalem. Ils avaient une maison et un jardin à Nazareth ; ils étaient aussi alliés à la sainte famille, du côté d’Elisabeth. La sainte Vierge resta quelque temps chez eux avant de revenir dans la maison de Joseph : mais l’inquiétude de celui-ci augmentait à tel point, que, lorsque Marie voulut revenir auprès de lui, il forma le projet de la quitter et de s’enfuir secrètement Pendant qu‘il roulait ce dessein dans son esprit, un Ange lui apparut en songe et le consola, en lui disant:  « Joseph, fils de David, ne craignez point de retenir Marie votre épouse, car ce qui est né en elle est l’œuvre du Saint Esprit. Elle enfantera un Fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus, parce que c’est lui qui rachètera son peuple de ses péchés ».

Joseph, à son réveil, fit Ce que l’Ange lui avait ordonné, et ne pensa plus quitter Marie, son épouse.

 

Considération

Saint Joseph d’après Isidore des Iles

 

Isidore d’Isolanis, ou des Iles, que l’on peut appeler le prophète de Saint Joseph, et qui fut au XVIe siècle l’une des illustration du saint et savant Ordre de Saint Dominique, écrivit dès cette époque un ouvrage spécial et considérable sur le Saint Patriarche. Il l’intitula la Somme des Dons de saint Joseph, et le dédia à Adrien VI, en des termes que nous aimons à reproduire, parce qu’ils conviennent, sous beaucoup de rapport, à notre temps et notre immortel Pie IX :

« Très Saint Père, disait-il, l’Italie attendait votre avènement au milieu des larmes. Secouée par les orages des factions, inondée du sang des fidèles, pleurant ses citoyens exilés, gémissant à la vie des maisons monastiques spoliées, affligée de la dispersion des Religieux réduits à la mendicité, elle vous supplie de jeter d’en haut un regard sur tant de maux, et elle désire ardemment de contempler la sainteté, la prudence, la piété et la sagesse de votre pontificat ; car c’est son avènement qui changera en joie notre tristesse.

« Nous y voyons la puissance de Dieu accompagner votre venue, et la sainteté de vos vertus couvrir la terre comme d’une nuée ; mais en même temps, ce n’est pas légèrement que je crois que la paix sera rendue à l’Italie par les saintes prières à Saint Joseph. Je vous supplie donc instamment, très saint père de la société humaine, Abraham par la foi, Moïse par la direction, David par l’onction, Pierre par l’autorité, d’ordonner que, par votre empire, votre commandement et votre loi, l’Église universelle célèbre en l’honneur de Saint Joseph des jours de fête annuels, solennels, joyeux, avec une observance exacte, un profond respect et une vénération apostolique. Par ces grands honneurs, l’empire de l’Église militante recevra une grande puissance d’en-haut ; et quand elle aura recouvré la paix, elle pourra répandre l’eau du Saint Baptême sur les nations barbares et prêcher à tous les peuples le nom du Christ. Par les prières aussi de l’Epoux de la Reine des Cieux, de celui qui a reçu le nom divin, la belle Asie, abandonnant Mahomet, pourra se courber sous votre sceptre, et Jérusalem le vénérer, elle qui a crucifié Jésus notre Seigneur, ce Maître qui a fait trembler dans le Ciel l’armée des Anges devant sa divinité… »

Mais dans l’accomplissement de cette prévision du pieux enfant de Saint Dominique, qu’il n’a pas été donné à Adrien VI et à ses successeurs de pouvoir réaliser, n’a-t-il point été réservé à notre grand Pie IX, qui semble appelé à faire tout ce que l’on peut faire pour la gloire de saint Joseph ? C’est lui, assurément, qu’il a entrevu dans ces paroles que nous trouvons dans le corps de l’ouvrage :

« Le Saint Esprit, dit-il, ne cessera point d’agir sur les cœurs des fidèles jusqu’à ce que l’Eglise universelle honore avec transport le divin Joseph d’une vénération nouvelle, fonde des monastères, érige des églises et des autels en son honneur, multiplie ses fêtes et les fasse célébrer plus solennellement. Le Seigneur enverra sa lumière jusque dans le plus intime des intelligences et des cœurs. De grands hommes scruteront les dons intérieurs de Dieu cachés en saint Joseph, et ils trouveront en lui un trésor d‘un ineffable prix, tel qu’ils n'en ont point trouvé et qu’ils n’en trouveront point dans les Saints ni de l‘ancienne ni de la nouvelle alliance. Bénissez donc, ô peuples, saint Joseph, afin que vous soyez remplis de bénédictions ; car quiconque le bénira sera rempli des plus abondantes bénédictions.

Oui, Jésus Christ, pour la gloire de son propre nom, a destiné saint Joseph à être le Patron particulier et principal de tout l’empire de l’Eglise militante. C’est pourquoi, avant le jour du jugement, tous les peuples connaîtront, vénéreront et adoreront le nom du Seigneur et les dons magnifiques que Dieu a faits à saint Joseph, dons qu’il a voulu laisser presque cachés pendant une longue suite de temps.

La Fête de saint Joseph sera donc un jour célébrée comme une fête principale et vénérable. Le Vicaire de Jésus Christ sur la terre, obéissant à l’impulsion du Saint Esprit, commandera que la Fête du Père adoptif du Christ, de l'Epoux de la Reine du monde, de l’homme très-éminent en sainteté, soit célébrée dans toutes les contrées de l’Eglise militante, orthodoxe et catholique. Et ainsi celui qui dans le ciel a toujours été au premier rang, ne sera point à un rang inférieur sur la terre ».

Et nous, que penserons-nous de ces paroles, après le décret de Pie IX en date du 8 décembre 1870, lequel confère à saint Joseph le titre de Patron de l’Église catholique, et ordonne que sa Fête sera désormais célébrée sous le rite double de première classe ? Qu’en penserons-nous encore après son décret du 7 juillet dernier, qui décerne à saint Joseph, dans le Culte public ecclésiastique, toutes et chacune des prérogatives qui sont particulières aux saints patrons ? N’est-il pas incontestablement le Pontife annoncé et attendu par les Saints comme devant mettre le Comble à la gloire sur terre de saint Joseph ? Que Dieu lui donne d’accomplir toutes ses destinées, que Marie le sauve, que Joseph le délivre de tous ses ennemis !

 

Pratique

Saint Nom de Joseph

 

Après les très Saints Noms de Jésus et de Marie, il n’est pas de nom plus digne de nos louanges que celui de Joseph. Aussi de pieux fidèles ont voulu honorer notre glorieux Patriarche par la récitation de cinq Psaumes dont les lettres initiales composent ce sainte nom. Ce sont les Psaumes Jubilate Deo… servite ; Omnes gentes ; Soepè expugnaverunt ; Exultate Deo et fundamenta, auxquels ont ajoute une Hymne commençant par ces mots : Dei qui gratiam, avec les verset et oraison convenable.

L’Église a tellement approuvé cette pratique, que le Souverain Pontife Pie VII, en 1809, a attaché à la récitation en latin de ces Psaumes, Hymne, Verset et Oraison, une Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque fois, et une indulgence plénière une fois le mois, quand ont les récite tous les jours. En 1815, le même souverain Pontife a concédé cette Indulgence plénière pour le 3e Dimanche après Pâques, si on les récite souvent dans le cours de l’année.

L’on pourrait aussi réciter six Gloria Patri, mais sans gagner d’indulgence, en l’honneur des six lettres qui forment le nom de Joseph.

En 1804, Pie VII avait aussi accordé l’Indulgence d’un an à chaque fois que l’on réciterait l’Hymne Quicumque sanus vivere.

 

Retrouvez le texte de ces Psaumes en cliquant ICI

 

Invocations

Jésus, Marie, Joseph

 

Jésus, Fils éternel de Dieu le Père, et dans le temps, de Marie et de Joseph ; Marie , douce Mère de Jésus et des hommes; Joseph, Père de Jésus et le nôtre, je vous offre, après Dieu, mon cœur et toutes ses affections, mon esprit et toutes ses facultés, ma vie, son passé, son présent, son avenir et sa fin. Elle s’avance, cette vie, et je pressens déjà cette fin. ô Jésus, recevant le dernier soupir de Joseph ; Marie, lui rendant les derniers devoirs ; Joseph, expirant entre les bras de Jésus et de Marie, assistez-moi toujours, mais surtout à l’heure de la mort, en ce moment redoutable de l’agonie, où j’aurai a faire le grand passage du temps à l’éternité. Puissé-je le faire en votre sainte compagnie !

C’est l’unique grâce que je vous demande en ce moment, afin qu'après vous être resté uni pendant la vie, je puisse, sous vos auspices, m’endormir dans la paix du Seigneur et la confiance d’une bonne et sainte mort. C’est dans ces sentiments et pour gagner, avec tous vos fidèles serviteurs, les Indulgences que Pie VII y a attachées (400 jours à chaque invocation que l’on peut séparer), que je ne cesserai de vous adresser les précieuses invocations :

 

Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon cœur, mon esprit et ma vie,

Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi toujours, surtout à l’agonie,

Jésus, Marie, Joseph, donnez-moi de mourir en votre compagnie.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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5 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Sixième jour

Annonciation

Quelque temps après son mariage, la sainte Vierge était restée seule dans la maison de Joseph, à Nazareth. Joseph était parti avec deux ânes, soit pour rapporter quelque chose dont il avait hérité, soit pour prendre les instruments de son métier. Le second mari d’Anne et d’autres personnes avaient été le matin dans la maison, mais ils étaient repartis.

Outre la sainte Vierge et deux jeunes femmes de son âge, qui avaient été sans doute ses compagnes au Temple, il y avait dans la maison sainte Anne avec cette veuve, sa parente, qui était à son service, et qui, plus tard, l’accompagna à Bethléem, après la naissance de Jésus. Sainte Anne avait tout remis à neuf dans la maison. Dans la journée, les quatre femmes allèrent et vinrent dans l’intérieur de la maison, puis se promenèrent ensemble dans la cour. Vers le soir, elles rentrèrent et prièrent debout autour d’une petite table ronde ; après quoi elles mangèrent des herbes qui avaient été apportées. Elles se séparèrent ensuite. Sainte Anne alla encore çà et là dans la maison comme une mère de famille occupée de son ménage. Les deux jeunes personnes allèrent dans leurs chambres séparées, et Marie aussi se retira dans la sienne.

La chambre de la sainte Vierge était sur le derrière de la maison, près du foyer. On y montait par trois marches ; car le sol de cette partie de la maison était plus élevé que le reste et sur un fond de rocher. Vis-à-vis la porte, la chambre était ronde, et dans cette partie circulaire, qui était séparée par une cloison a hauteur d‘homme, se trouvait roulé le lit de la sainte Vierge. Les parois de la chambre étaient revêtues jusqu’à une certaine hauteur d’une espèce de travail de marqueterie faite avec des morceaux de bois de différentes couleurs. Le plafond de la chambre était formé par quelques solives parallèles, dont les intervalles étaient remplis par un clayonnage orné de figures d’étoiles.

La sainte Vierge, en entrant, se revêtit, derrière la cloison de son lit, d‘une longue robe de laine blanche avec une large ceinture, et se couvrit la tête d‘un voile d’un blanc jaunâtre. Pendant ce temps, la servante entra avec une lumière, alluma une lampe à plusieurs bras qui était suspendue au plafond, et se retira. La sainte Vierge prit alors une petite table basse qui était contre le mur, et la mit au milieu de la chambre. Appuyée au mur, elle ne se composait que d‘une planchette mobile repliée sur deux pieds. Marie la releva horizontalement et ramena en avant un troisième pied pour la soutenir. Le côté de la table qui reposait sur ce troisième pied était rond. La petite table était recouverte d’un tapis rouge et bleu au milieu duquel était brodée une figure, qui pouvait être une lettre ou un ornement. Un rouleau de parchemin écrit était sur cette table.

La sainte Vierge l’ayant dressée, entre la place de son lit et la porte, à un endroit où le sol était recouvert d'un tapis, plaça devant un petit coussin rond pour s’y agenouiller. Elle se mit alors à genoux, les deux mains appuyées sur la table. La porte de la chambre était devant elle à droite ; elle tournait le dos à sa couche.

Marie baissa son voile sur son visage et joignit les mains devant sa poitrine, mais sans croiser les doigts. Elle pria longtemps ainsi avec ardeur, le visage tourné vers le ciel ; elle appelait la rédemption, la venue du roi promis au peuple d’Israël, et elle demandait aussi à avoir quelque part à sa mission. Elle resta longtemps à genoux, ravie en extase ; puis elle pencha la tête sur sa poitrine.

Alors, du plafond de la chambre descendit à sa droite, en ligne un peu oblique, une telle masse de lumière, que l’on ne pouvait en supporter la vue. Dans cette lumière était un jeune homme resplendissant, avec des cheveux blonds flottants, qui descendit devant elle à travers les airs : c’était l’ange Gabriel. Il lui parla, et ses paroles sortirent de sa bouche comme des lettres de feu. Marie tourna un peu sa tête voilée vers le côté droit. Cependant, dans sa modestie, elle ne regarda pas. L‘Ange continua à parler. Marie tourna le visage de son côté, comme pour obéir à un ordre, souleva un peu son voile, et répondit. L’Ange parla encore. Marie releva tout à fait son voile, regarda l’Ange et prononça les paroles sacrées : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole ».

La sainte Vierge était dans un ravissement profond. La chambre était pleine de lumière. On ne vit plus la lueur de la lampe qui brûlait ; on ne vit plus le plafond de la chambre. Le ciel parut ouvert. Il y avait au dessus de l’Ange une voie lumineuse, et à l’extrémité de ce fleuve de lumière une figure de la sainte Trinité : c’était comme un triangle lumineux dont les rayons se pénétraient réciproquement. On y reconnaissait ce que l’on ne peut qu’adorer, mais jamais exprimer : Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, et cependant un seul Dieu tout-puissant.

Quand la sainte Vierge eut dit : « Qu’il me soit fait selon votre parole », on vit une apparition ailée du Saint-Esprit, qui cependant ne ressemblait pas entièrement à la représentation ordinaire sous forme de colombe. La tête avait quelque chose du visage humain ; la lumière se répandait des deux côtés comme des ailes, et il en partit comme trois courants lumineux vers le côté droit de la sainte Vierge, Où ils se réunirent.

Quand cette lumière pénétra son côté droit, la sainte Vierge devint elle-même lumineuse et comme diaphane : il semblait que ce qu‘elle avait d‘opaque en elle se retirât devant cette lumière comme la nuit devant le jour. Elle était dans ce moment tellement inondée de lumière, que rien en elle ne paraissait plus obscur ni opaque : elle était resplendissante et comme illuminée tout entière.

Après cela l’Ange disparut, et la voie lumineuse dont il était sorti se retira : c’était comme si le ciel aspirait et faisait rentrer en lui ce fleuve de lumière. Il parut en remontant laisser tomber sur la sainte Vierge plusieurs boutons de roses blanches, chacun avec une petite feuille verte.

Mais en ce moment apparut dans la chambre de Marie un horrible serpent. Ce serpent était à peu près de la longueur d’un enfant ; sa tête était large et plate ; il avait à la hauteur de la poitrine deux courtes pattes membraneuses, armées de griffes semblables à des ailes de chauves souris, sur lesquelles il se traînait. Il était tacheté de diverses couleurs d’un aspect repoussant, et rappelait le serpent du paradis, mais avec quelque chose de plus difforme et de plus horrible. Quand l’Ange disparut de la chambre de la sainte Vierge, il marcha sur la tête de ce monstre devant la porte, et l‘on entendit un cri si affreux, que l’on en frissonnait. L’on vit ensuite paraître trois esprits qui frappèrent ce hideux reptile et le chassèrent hors de la maison.

Après la disparition de l’Ange, la sainte Vierge entra dans un profond ravissement, et, toute recueillie en elle-même, elle contemplait et adorait l’incarnation du Sauveur en elle, où il était comme un petit corps humain lumineux, complètement formé et pourvu de tous ses membres. Ici, à Nazareth, c‘est tout autre chose qu’à Jérusalem : à Jérusalem, les femmes doivent rester dans le vestibule ; elles ne peuvent pas entrer dans le Temple ; les prêtres seuls ont accès dans le sanctuaire ; mais à Nazareth, c’est une Vierge qui est elle-même le temple ; le Saint des saints est en elle, le grand prêtre est en elle, et elle est seule près de lui. Combien cela est touchant, merveilleux, et pourtant simple et naturel ! Les paroles de David dans le Ps. 45 sont accomplies : « Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle ; Dieu est au milieu de lui, il ne sera pas ébranlé ».

Il était à peu près minuit quand s’accomplit ce mystère. Au bout de quelque temps, sainte Anne entra chez Marie avec les autres femmes. Un mouvement merveilleux dans la nature les avait éveillées : une nuée lumineuse avait paru au-dessus de la maison. Quand elles virent la sainte Vierge à genoux au-dessous de la lampe, ravie en extase dans sa prière, elles s’éloignèrent respectueusement.

Au bout de quelque temps, la sainte Vierge se releva et s’approcha de son petit autel, qui était contre le mur ; elle alluma la lampe et pria debout. Des rouleaux écrits étaient devant elle sur un pupitre élevé. Elle se mit ensuite sur sa couche vers le matin.

Cependant Anne avait reçu une connaissance intérieure de ce qui s’accomplissait. La sainte Vierge aussi savait qu’elle avait conçu le Messie, le Fils du Très-Haut ; elle voyait des yeux de l’esprit tout ce qui se passait en elle, mais elle ne savait pas encore que le trône de David, son père, que Dieu devait lui donner, était un trône surnaturel ; elle ne savait pas encore que la maison de Jacob, sur laquelle, d’après les paroles de Gabriel, il devait régner éternellement, était l’Eglise, la société de l‘humanité régénérée. Elle croyait que le Rédempteur serait un saint roi qui purifierait son peuple et le rendrait victorieux de l‘enfer ; elle ne savait pas encore que ce Roi, pour racheter les hommes, mourrait de la mort la plus cruelle et la plus ignominieuse.

Mais pourquoi le Rédempteur devait-il rester neuf mois dans le sein de sa mère et naître enfant ? Pourquoi n’avait-il pas voulu naître homme fait comme notre premier père, se montrer dans toute sa beauté comme Adam sortant des mains du Créateur ? Ce que l’on en peut comprendre, c’est qu’il a voulu sanctifier de nouveau la conception et la naissance des hommes, qui avaient été si dégradées par le péché originel. Si Marie devint sa mère et s’il ne vint pas plus tôt, c’est qu’elle seule était, ce que jamais créature ne fut avant elle ni sera après elle, le pur vase de grâce que Dieu avait promis aux hommes, et dans lequel il devait se faire homme, pour payer les dettes de l’humanité au moyen des mérites surabondants de sa Passion. La sainte Vierge était la fleur parfaitement pure de la race humaine, écluse dans la plénitude des temps. Tous les enfants de Dieu parmi les hommes, tous ceux qui, depuis le commencement, avaient travaillé à l’œuvre de leur sanctification, ont contribué à sa venue. Elle était le seul or pur de la terre ; elle seule était la portion pure et sans tache de la chair et du sang de l’humanité tout entière, qui, préparée, épurée, recueillie, consacrée à travers toutes les générations de ses ancêtres, conduite, protégée et fortifiée sens le régime de la loi de Moïse, se produisait enfin comme la plénitude de la grâce. Elle était prédestinée dans l‘éternité, et elle a ' paru dans le temps comme Mère de l’Eternel.

 

Considération

Saint Joseph d'après Gerson

 

Gerson, le dévot chancelier de l‘Université de Paris, fut une des grandes figures de ce moyen-âge tant maltraité par la mauvaise foi et surtout par l‘ignorance mais qui n’en restera pas moins l’âge de la vraie vie des peuples, parce qu'il fut l'âge de la vie divine descendue sur la terre et passée dans les mœurs particulières et publiques. On l’appela, de son temps, le docteur très chrétien, comme il l’était en effet. Il se distingua surtout par sa dévotion et son amour pour saint Joseph. Il lui consacra un admirable poème qu’il intitula Josephina. Il eût été heureux de voir sa Fête partout solennisée, et il composa une sorte d’Office en vue de l’établissement de cette Fête. Il écrivit plusieurs lettres dans ce but, et, en 1413, il fit une Exhortation spéciale au duc de Barry a ce sujet. Il en parla aussi au Concile de Constance, et, le 8 septembre 1416, il fit dans ce Concile un magnifique Sermon sur le saint Patriarche. C’est dans ce Sermon qu‘il préconisa l’opinion qui tient que saint Joseph a été sanctifié dès le sein de sa mère. Ses ennemis attaquèrent ce Sermon sur quelques points relatifs à la politique ; mais personne n’ayant réclamé contre celui-ci, il s’ensuit que la doctrine de Gerson est devenue pour ainsi dire celle de ce Concile, composé de 4 Patriarches, 47 Archevêques, 160 Evêques et 564 abbés et docteurs. Voici la substance de ce Sermon :

« C’est de Jacob que fut engendré Joseph, l’Epoux de Marie, Mère de Jésus », nous dit l‘Evangile ; et par ces paroles il met en évidence deux grands principes de notre foi : le premier, que Jésus, qui est appelé le Christ, étant né de Marie, Marie est Mère de Dieu, puisque le Christ est Dieu ; le second, que Joseph étant l’Epoux de Marie, en est aussi le chef, puisque le chef de la femme, c’est l’homme, dit l’Apôtre.

Mais de ces deux principes en découlent deux autres qui s’en déduisent naturellement : le premier, que Marie dut, de toute convenance, briller d’une telle pureté, qu’après celle de Dieu, comme dit saint Anselme, l'on ne peut en concevoir de plus grande ; le second, que Joseph dut, de toute convenance aussi, jouir d’une semblable prérogative, pour que la ressemblance et le rapport d‘un tel époux avec une telle épouse fussent plus parfaits. D'où vient que de même que louer Marie. c’est louer le Christ, son Fils ; louer aussi Joseph, c’est louer à la fois Jésus et Marie. Ce qui explique aussi pourquoi la sainte Ecriture ne donne pas plus de détails sur les louanges, les dignités et les excellences, les vertus, les œuvres et les actions de Marie et de Joseph, parce que le monde, si vaste qu‘il soit, ne contiendrait pas tous les livres qu‘on pourrait écrire sur ce sujet.

Recueillons, toutefois, de ces principes quatre considérations qui priment toutes les autres :

La première, qui regarde la noblesse de l’origine de Marie et de Joseph, noblesse qui s‘étend à l’un comme à l’autre. Car, comme Marie était issue de la race royale de David, ainsi en fut-il de Joseph, époux de Marie, que nous lisons dans l’Evangile être issu également de la maison de David.

La deuxième, qui concerne la sanctification de l’un et de l’autre. Car, si Marie fut sanctifiée dès le sein de sa mère, ou peut l'admettre aussi, par une pieuse croyance, de Joseph, son virginal époux, quoique cette sanctification n'ait pas en lieu de la même manière, Marie ayant été tellement prévenue de la grâce, qu’elle ne fut jamais soumise à la tache originelle, et Joseph n’ayant été sanctifié dans le sein de sa mère qu‘après sa conception et par le baptême du Saint Esprit, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

La troisième, qui a trait à la répression du foyer de la concupiscence en l‘un et en l‘autre. Car, de même que Marie ne ressentit point la concupiscence originelle et ne fut point exposée à brûler de l’ardeur des vices, ainsi peut-on l’entendre pieusement de Joseph, son virginal époux, à partir surtout du moment qu‘il fut uni à Marie par les liens du plus saint mariage.

Enfin la quatrième, relative aux diverses naissances du Christ par rapport à Joseph et à Marie. L’on peut distinguer, en effet, en Jésus-Christ trois naissances : l’éternelle, la corporelle et la spirituelle.

Pour l’éternelle, c’est celle par laquelle il est engendré de son Père de toute éternité. A celle-ci, ni Marie ni Joseph n’ont en aucune part.

Pour la corporelle, c’est celle qu'il a prise dans le sein de Marie par la seule opération du Saint-Esprit. A celle-là, il n’y a bien que Marie qui y ait directement contribué, mais en faisant de Joseph, son époux, le père putatif et légal, le père d’adoption et de droit, de Notre-Seigneur.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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4 mars 2019

La Servante de Dieu Chiara Corbella Petrillo

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La Servante de Dieu Chiara Corbella Petrillo

1984-2012

 

Chiara Corbella naît à Rome le 9 Janvier 1984. Avec sa sœur Elisa, de deux ans son aînée, elle grandit dans une famille qui lui apprend à s’approcher de la foi depuis toute petite. Grâce à sa mère Maria Anselma, à partir de l’âge de cinq ans, Chiara fréquente une communauté du Renouveau dans l’Esprit. Ce parcours, où elle apprend à s’adresser à Jésus comme à un ami, lui enseigne surtout à partager la foi avec ses frères en chemin. Avec les années, grandit en elle une certaine autonomie qui la rend plus déterminée dans ses choix. Son tempérament est tranquille, non rebelle, et se révèle dans le service auprès des autres.

 

Ses fiançailles avec Enrico

 

Durant l’été 2002, Chiara passe des vacances en Croatie avec quelques amies du lycée. Vu que sa sœur est à Medjugorje (en Bosnie Herzégovine), et qu’elle s’en trouve proche, elle pense la rejoindre. C’est là que, le 2 août, elle rencontre Enrico Petrillo, un garçon romain de vingt-trois ans, qui est en pèlerinage avec sa communauté de prière du Renouveau charismatique. Chiara, qui a dix-huit ans et n’a jamais été fiancée, a l’intuition de se trouver devant son futur mari.

De retour à Rome, les deux jeunes se fréquentent, se connaissent et se fiancent. C’est une relation, pour certains aspects, tout à fait ordinaire, marquée de disputes, de ruptures et de réconciliations. Pendant les six années de leurs fiançailles, le Seigneur met à dure épreuve la foi de Chiara et les valeurs en lesquelles elle pense croire. Si bien qu’elle parlera de cette période comme celle la plus difficile qu’elle a eu à affronter, plus dure que celle de la maladie.

« Après 4 années, nos fiançailles ont commencé à chanceler jusqu’au point que nous nous sommes quittés – a écrit Chiara dans ses notes personnelles –. Dans ces moments de souffrance et de révolte contre le Seigneur, car je pensais qu’Il n’écoutait pas mes prières, j’ai participé à un Cours Vocationnel (NDLR : semaine de réflexion et de discernement sur sa propre vocation) à Assise, et là j’ai retrouvé la force de croire en Lui. J’ai essayé à nouveau de fréquenter Enrico et nous avons commencé à nous faire aider par un Père spirituel, mais les fiançailles n’ont pas marché ! Jusqu’au moment où j’ai compris que le Seigneur ne voulait rien m’enlever mais au contraire qu’Il me donnait tout, et que Lui seul savait avec qui je devais partager ma vie ; de mon côté, en fait, je n’avais encore rien compris ! »

 

Le mariage, la naissance de Maria Grazia Letizia et de Davide Giovanni

 

Ayant dépassé les peurs, Chiara et Enrico se marient à Assise le 21 septembre 2008. celui qui célèbre leur mariage, c’est le père Vito, frère mineur (franciscain) et guide spirituel des deux fiancés. De retour de leur voyage de noces, Chiara découvre qu’elle est enceinte. Les écographies montrent cependant une grave malformation. On diagnostique à l’enfant, à qui sera donné le nom de Maria Grazia Letizia, une encéphalite. Chiara et Enrico choisissent de poursuivre la grossesse et la petite fille, qui naît le 10 juin 2009, meurt une demi d’heure plus tard. Quelques jours plus tard, ses funérailles sont vécus avec la même paix qui avait accompagné les mois d’attente pour la naissance et qui se communique aussi aux personnes présentes, à qui est donnée la grâce de faire l’expérience de quelque chose de la vie éternelle.

Quelques mois après, Chiara est de nouveau enceinte. On diagnostique malheureusement à ce petit enfant, qui sera nommé Davide Giovanni, une grave malformation viscérale au bassin et l’absence des membres inférieurs. Lui aussi mourra peu après sa naissance, le 24 juin 2010. Ses funérailles seront vécus comme une fête.

« Au cours de notre mariage – écrit Chiara dans ses notes personnelles –, le Seigneur a voulu nous donner deux enfants spéciaux : Maria Grazia Letizia et Davide Giovanni, mais Il nous a demandé de les accompagner seulement jusqu’à leur naissance. Il nous a permis de les embrasser, de les baptiser et de les remettre dans les mains du Père dans une sérénité et une joie bouleversante ».

 

Francesco et le dragon

Il n’y a pas de relation entre les deux pathologies des enfants, ce qu’ont démontré les résultats des tests génétiques auxquels Chiara et Enrico se soumettent, en cédant à la pression de la part d’amis et de la famille. Surtout que le troisième enfant du couple, Francesco, est parfaitement sain ! Cette grossesse arrive peu après la naissance au Ciel de Davide Giovanni. Une semaine après avoir découvert d’être enceinte, Chiara s’aperçoit d’avoir une lésion à la langue. Après avoir compris qu’il s’agit d’un cancer, le 16 mars 2011, Chiara doit faire face, pendant sa grossesse, à la première des deux phases d’une intervention pour enlever la tumeur sur la langue. Pour la deuxième phase de l’opération, il faut attendre que Francesco soit né. Ayant eu la confirmation qu’il s’agit d’un carcinome à la langue, qu’elle appellera le dragon, Chiara choisit de reporter les soins pour ne pas faire de mal au bébé qu’elle porte dans son ventre. Elle choisit même le médecin qui la suit en fonction du temps qu’il lui accorde avant de déclencher l’accouchement.

« Pour la plupart des médecins – écrit Chiara -, Francesco n’était qu’un fœtus de sept mois. Et celle qui devait être sauvée, c’était moi ! Mais moi, je n’avais aucune intention de mettre en danger la vie de Francesco pour des statistiques, en rien certaines, qui voulaient me démontrer que je devais faire naître mon fils prématurément afin de pouvoir m’opérer ».

Francesco Petrillo naît le 30 mai 2011. Finalement, le 3 juin, Chiara, qui se trouve déjà à l’hôpital, fait face à la deuxième phase de l’intervention commencée en mars. De retour à la maison, elle commence, dès que possible, la chimiothérapie et la radiothérapie, mais le cancer est désormais étendu aux ganglions lymphatiques, aux poumons, au foie et jusqu’à son œil droit, que Chiara couvrira avec un bandeau pour limiter les difficultés visuelles.

 

La naissance au Ciel

 

La photo de Chiara souriante, avec son bandeau, est extraordinaire si l’on considère qu’elle a été prise en avril 2012, dix jours après avoir découvert qu’elle était une malade en phase terminale. Dans les semaines suivantes, Chiara vit avec son mari à l’écart, loin de Rome, dans la maison de famille à côté de la mer, et elle se prépare à la rencontre avec son Epoux. Soutenus par les sacrements célébrés chaque jour par le père Vito, qui partage avec eux ce temps intense, Chiara et Enrico sont plus que jamais forts de la fidélité de Dieu, qui les a toujours accompagnés dans une joie mystérieuse.

Chiara meurt à midi, le 13 juin 2012, après avoir salué sa famille et ses amis, un par un, et après avoir dit à tous : Je t’aime.

Ses funérailles sont célébrées à Rome, le 16 juin 2012, dans l’église Santa Francesca Romana all’Ardeatino. Les personnes présentes sont très nombreuses. Le cardinal Agostino Vallini, présent à la célébration, déclare : « ce que Dieu a préparé au travers de Chiara, c’est quelque chose que nous ne pouvons pas perdre ». Comme pour les funérailles de ses deux enfants, cette célébration devient aussi le témoignage chrétien du début d’une nouvelle vie. Chiara est inhumée au cimetière Verano de Rome.

Ouverture de la cause de Béatification de Chiara Corbella Petrillo 

 

Le 13 juin 2017, le temps d’attente dont l’Eglise a besoin pour vérifier si l’enthousiasme qui accompagnait les funérailles de Chiara Corbella Petrillo, et l’intérêt suscité par la façon dont elle a vécu sa brève et intense existence, ont été remplies un feu de paille ou de feu allumé par l’Esprit de Dieu pour réchauffer et éclairer la vie de ses enfants. La cause de béatification de Chiara Corbella Petrillo a été ouverte le 21 septembre 2018 dans le diocèse de Rome.

Le bien qui continue de recevoir les nombreux fidèles qui, de la manière la plus inattendue, viennent à connaître le témoignage chrétien de Chiara sont un signe clair de sa réputation de sainteté. Pour cela, nous nous préparons, en contact étroit avec le vicariat de Rome, à ouvrir la cause de la béatification et de la canonisation de Chiara.

 

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« La chose importante dans la vie n’est pas de faire quelque chose mais de naître et de se laisser aimer ». (Chiara Corbella Petrillo)

« … le Seigneur le dit, la vérité, en chacun de nous. Et il n’y a aucune possibilité de malentendu » (Chiara Corbella Petrillo)

« Le but de notre vie est d’aimer et d’être toujours prêt à apprendre à aimer les autres comme Dieu seul peut vous l’enseigner. » (Chiara Corbella Petrillo)

 

Lettre de Chiara Petrillo à son fils Francesco

« Si Dieu t’enlève quelque chose, c’est pour te donner davantage »

écrite une semaine avant sa mort

 

« Nous sommes nés un jour, et nous ne mourrons plus jamais. Quoi que tu fasses dans la vie, ne te décourage jamais, mon enfant : si Dieu t’enlève quelque chose, c’est pour te donner davantage. Il est beau d’avoir des exemples de vie qui te rappellent qu’on peut atteindre le maximum de bonheur, déjà sur cette Terre, en laissant Dieu nous conduire. L’Amour est la seule chose qui compte. Le but de notre vie sur terre est le paradis, et donner sa vie par amour est quelque chose de si beau. Je m’en vais au Ciel m’occuper de Maria et de David ; toi, tu restes avec Papa. De là-haut, je prierai pour vous. Francesco, le Seigneur t’a voulu depuis toujours et Il te montrera la route à suivre si tu Lui ouvres ton cœur. Fais-Lui confiance, cela en vaut la peine. Chiara, ta maman. »



« Ô Vierge Marie, accueille aujourd’hui mon désir de me consacrer à Toi »

Prière que récitaient chaque jour Chiara et Enrico Petrillo


« Ô Vierge Marie, Toi qui es ma Mère, qui m’aime tant de la part de Dieu, accueille aujourd’hui mon désir de me consacrer à Toi. Je Te donne toute ma personne et toute ma vie, je Te donne mon corps, mes pensées et ce qui m’est cher, ma capacité profonde d’aimer et de connaître la vérité. Tout ce que j’ai est à Toi et T’appartient. Je Te le donne pour pouvoir ainsi appartenir totalement au Christ, Vie de ma vie. Avec confiance et amour je Te le répète : Étoile du Matin qui me mènes vers Jésus, Totus Tuus. Amen. »

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Prière pour demander la Béatification de Chiara Corbella Petrillo

 

« Dieu infiniment bon, qui, dans ta grande miséricorde, as choisi Chiara comme ta fille bien-aimée et qui l’as guidée avec sagesse sur le chemin de l’Evangile, en lui enseignant, à travers Marie, à prendre soin de ton Fils avec un amour passionné et à Le suivre comme épouse et mère sur le chemin de la croix avec une confiance inébranlable, fais que la lumière de l’Evangile du Christ, qui resplendit en Chiara, ravive la certitude de la vie éternelle dans l’âme de nos frères. Par son intercession, accorde-nous la grâce que nous te demandons… et, si c’est ta volonté, fais que Chiara soit proclamée bienheureuse, pour notre bien et la gloire de ton Nom. Par le Christ Notre Seigneur. Amen. »

 

Avec approbation ecclésiastique

 

Les personnes qui recevraient des grâces sont invitée à le faire savoir à la Postulation générale

postgen@ocdcuria.org

 

Pour plus d’information

Site de la cause de béatification de Chiara Corbello Petrillo

www.chiaracorbellapetrillo.it/fr/

 

Bibliographie : « Nous sommes nés et ne mourrons jamais plus : l'histoire de Chiara Corbella Petrillo » Cristiana Paccini et Simone Troisi, aux Editions Artège, Paris, 2015.

 

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

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3 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Quatrième jour

Mariage de saint Joseph

 

Les noces de Marie et de Joseph, qui durèrent sept à huit jours, furent célébrées à Jérusalem, dans une maison près de la montagne de Sion, qu‘on louait souvent pour de semblables occasions. Outre les maîtresses et les compagnes de Marie à l‘école du Temple, il y avait beaucoup de parents d‘Anne et de Joachim, entre autres une famille de Gophna avec deux filles. Les noces furent solennelles et somptueuses. Beaucoup d’agneaux furent immolés et offerts en sacrifice. L‘habit nuptial de la sainte Vierge était si remarquable et si beau, que les femmes qui avaient assisté au mariage aimaient encore à en parler bien des années après.

Voici quel était ce vêtement de fiancée de Marie. Elle avait une robe de dessous en laine sans manches ; les bras étaient enveloppés de bandelettes de laine blanche. Elle mit à son cou une espèce de collerette tombant sur la poitrine et ornée de perles. Elle revêtit ensuite une robe très ample, ouverte par devant avec de larges manches. Cette robe était fond bleu, semée de grandes roses rouges, blanches et jaunes, entremêlées de feuilles vertes, comme les riches chasubles des anciens temps. Le bord inférieur était garni de franges et de houppes, et elle se rattachait par le haut au collet blanc qui couvrait le cou. Sur cette large robe on plaça un scapulaire semblable à celui que portent plusieurs ordres religieux, et entre autres les Carmes. Il était en soie blanche avec des fleurs d’or, large d’une demi-aune et couvert sur la poitrine de perles et de pierres brillantes ; il descendait jusqu’au bas de la robe et recouvrait l’ouverture qui était par devant. Sur le dos pendait une bande semblable, et de plus courtes et plus minces sur les épaules et les bras. Ces quatre bandes formaient une croix autour du cou. Les larges manches sur lesquelles retombaient les parties du scapulaire qui couvraient les épaules étaient rattachées au milieu du bras et de l’avant-bras par des bracelets larges de deux doigts et sur lesquels des lettres étaient gravées. Par-dessus tout cela, elle portait un manteau bleu de ciel qui avait la forme d’un grand drap. Outre ce manteau, les femmes juives portaient encore dans certaines occasions une espèce de manteau de deuil à manches. Le manteau de Marie était assujetti sur la poitrine par un fermoir au-dessus duquel une fraise brodée comme avec des plumes ou de la bourre de soie entourait son cou. Le manteau retombait sur les épaules, revenait en avant des deux côtés et se terminait en queue. Les bords étaient brodés de fleurs d'or.

La chevelure de la sainte Vierge était arrangée avec beaucoup d’art : elle formait une raie au milieu de la tête et se partageait en un grand nombre de filets non tressés qui, liés transversalement avec des cordons de soie blanche et des perles, formaient un grand réseau tombant sur les épaules et descendant jusqu’au milieu du manteau. Elle portait immédiatement sur les cheveux une guirlande de soie ou de laine blanche qui aboutissait en haut par trois rubans a une espèce de bourrelet de même étoffe. Là-dessus reposait une couronne fermée, enrichie de pierres précieuses et large à peu près comme la main, et sur le devant de cette couronne se trouvaient trois perles placées l‘une au-dessus de l’autre, et une autre perle de chaque côté.

Les vierges du Temple arrangèrent la chevelure de Marie : plusieurs d’entre elles s’y employèrent, et cela se fit plus vite qu’on ne pourrait le croire. Anne avait apporté l’habit de noces, et Marie, dans son humilité, ne voulait pas consentir à s’en revêtir après les fiançailles. Ses cheveux furent rattachés autour de sa tête, on lui mit un voile blanc qui pendait jusqu’au-dessous des épaules, et la couronne fut placée sur ce voile.

La sainte Vierge avait une chevelure abondante d’un blond doré, des sourcils noirs et élevés ; de grands yeux habituellement baissés avec de longs cils noirs, un nez d’une-belle forme et un peu allongé, une bouche noble et gracieuse, un menton effilé ; sa taille était de moyenne grandeur ; elle marchait revêtue de son riche costume avec beaucoup de grâce, de décence et de gravité. Elle mit ensuite pour ses noces un autre habit moins magnifique, Elle portait cet habit rayé à Cana. et dans d’autres occasions solennelles. Elle mettait quelquefois sa robe de noces pour aller au Temple. Il y avait des gens riches qui changeaient trois ou quatre fois d‘habits pour leur mariage, Dans ces habits de parade, Marie rappelait un peu certaines femmes illustres d’une époque postérieure, par exemple, l'impératrice sainte Hélène, et même sainte Cunégonde, quoiqu’elle s’en distinguât par le manteau dans lequel s’enveloppaient ordinairement les femmes juives, et qui ressemblait davantage à celui des dames romaines. Il y avait à Sion, dans le voisinage du cénacle, un certain nombre de femmes qui apprêtaient de belles étoffes de toute espèce.

Quant à saint Joseph, il avait pour habit nuptial une longue robe fort ample, de couleur grise, fermée de haut en bas par des agrafes, ou plutôt par des glands. Les larges manches de cette robe étaient aussi fermées sur le côté par des agrafes, relevées au poignet, et garnies de poches à l’intérieur. Autour du cou il avait une fraise brunâtre, ou plutôt une large étole, et sur la poitrine retombaient deux bandes d‘étoffe blanche, assez semblables aux rabats des prêtres, mais beaucoup plus longues.

Nous ne dirons rien des circonstances du mariage de la sainte Vierge et de saint Joseph, du festin nuptial et de tout le reste de la tête ; mais nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui regarde l’anneau nuptial de la sainte Vierge, si célèbre dans l’Église. Cet anneau n’était ni d‘or, ni d’argent, ni d‘autre métal, mais d’une matière brunâtre et chatoyante. Ce n’était pas un petit cercle mince ; il était assez épais, et large d’un doigt. Il paraissait uni, bien que l’on y vit de petits triangles réguliers qui paraissaient enchâssés, et qui supportaient des lettres. De l’un de ses côtés, celui que l’on mettait à l’intérieur, il ne présentait aucun dessin. Cet anneau avait une signification mystérieuse, et il fut conservé plus tard dans une belle église, sous plusieurs serrures. Les personnes pieuses, avant de se marier, lui font toucher leur anneau nuptial.

Ajoutons ici que le saint Époux de Marie, qui avait aussi les cheveux blonds, était grand, grave, avec une singulière expression de douceur, calme, mesuré en toutes choses. Il avait d’excellentes manières et conservait un cachet de distinction jusque dans les rapports les plus familiers. Il avait enfin dans toute sa personne quelque chose qui annonçait une extrême bonté et l’empressement à rendre service.

 

Considération

Saint Joseph dans le moyen-âge

 

Après l’ère des persécutions commence celle des hérésies, qui, attaquant l’une après l’autre les vérités saintes, les dégagent peu à peu de toutes ombres et les font briller à la fin aux yeux des hommes dans tout l’éclat de leur pureté. Déjà la divinité de Notre Seigneur a été affirmée contre Arius, celle du Saint Esprit contre Macédonius, la maternité divine de Marie contre Nestorius, les deux natures et les deux volontés en Jésus-Christ contre les Eutychiens et les Monothélites, le culte des Saints et des Images contre les Iconoclastes et autres, et l’Eglise, ayant ainsi formulé les principaux points de son enseignement, put se livrer avec plus d‘expansion aux développements de son dogme et de son culte.

C’est alors aussi que le dogme chrétien sur saint Joseph commence à se produire comme timidement d‘abord, mais en s'accentuant de jour en jour et de siècle en siècle. Les Pères des premiers âges, les Cyprien, les Grégoire de Nazianze, les Hilaire de Poitiers, les Ambroise, les Jérôme, les Augustin, les Chrysostome, ne font mention de saint Joseph qu’en exposant le mystère de l’Incarnation, mais toujours en exaltant sa justice suréminente, sa virginité associée à celle de Marie, sa grande dignité de Père putatif du Sauveur. Ils n‘en parlent qu‘en passant, mais ils n’en affirment que plus fortement la tradition de l'Eghse. Viennent ensuite le vénérable Bède, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bernard, saint Bonaventure, qui publient bien plus haut les louanges de saint Joseph, et enfin saint Thomas d‘Aquin, qui, partant de ce point que « plus une chose approche de son principe, plus elle participe à l‘effet de ce principe », en conclut « que si la bienheureuse Vierge participe davantage à la grâce du Christ, c’est parce qu‘elle eut des rapports plus directs avec le Christ ». D’où Suarez et les autres théologiens ont conclu à leur tour que « nul, après la Vierge, n’ayant plus approché du Christ, source de la grâce, et de la Vierge, canal universel de la grâce, que Joseph, nul aussi, après la Vierge, n‘a plus participé a la grâce du Christ que Joseph ». Et c’est sans doute pour tirer les dernières conséquences de son principe que le Docteur angélique a déclaré que « s’il a été donné à certains bienheureux de nous venir en aide dans certaines nécessités, saint Joseph a reçu le pouvoir de nous assister en toutes et de nous couvrir tous de sa paternelle protection ».

Et cependant son culte aussi s’établit, et la peinture murale et sur verre, la sculpture et la statuaire aidant, se développe d’âge en âge. Les Bollandistes se sont même demandé, sans oser se prononcer, si son nom ne figurait pas dans le Martyrologe dit de saint Jérôme, mais traduit et abrégé par lui d'Eusèbe de Césarée, qui vivait au VI° siècle. Quoi qu'il en soit, ils assurent que le culte de saint Joseph fut en honneur, dès les premiers temps, dans les laures ou agrégations anachorétiques de Jérusalem, a Antioche, en Syrie, dans toute l’Église d‘0rient, quoiqu’il ne se soit propagé que plus tard dans l’Eglise d‘Occident. Et ne sont-ce point les Carmes de Syrie qui nous l’auront apporté à la suite des Croisades ? Ce qui porterait a le croire, c’est que l’ordre des Carmes fut le premier à honorer singulièrement saint Joseph. Mais une fois qu’il eut commencé, il fut bien vite suivi par les Franciscains, les Dominicains, les Jésuites, et différentes Eglises particulières en Belgique, en France, en Espagne, en Allemagne, et en Italie.

A partir aussi de cette époque, le culte de saint Joseph commence a se propager, et sa dévotion devient populaire. Ce ne fut cependant qu'au commencement du XVIIe siècle que le Pape Grégoire XV permit sa Fête dans toute l’Eglise. Urbain VIII, allant plus loin que son prédécesseur, ordonna que cette Fête serait de précepte. Son décret, du reste, n’eut son plein effet que sous le pontificat d’lnnocent X, son successeur.

C'est dès lors aussi que l’on s‘empressa de lui ériger partout des églises, des chapelles, des oratoires, et de former sous son patronage diverses Confréries, comme celle des Jeûnes Filles, à Avignon, que l’on croit avoir été établie par Grégoire XV lui-même ; des Écoliers et des Gens mariés, en Belgique ; des Artisans, à Sainte Marie de la Rotonde à Rome. L’Eglise favorise, d’ailleurs, ces associations, en leur accordant de précieuses Indulgences, et le ciel lui-même, pour accroître la dévotion des peuples envers le glorieux saint Joseph, intervient par de nombreux miracles rapportés par les auteurs du temps et qui ne vont plus, pour ainsi dire, discontinuer dans l’Eglise.

Qu’il est donc beau, dès les premières fleurs qu‘il donne, le lys de la dévotion à saint Joseph ! Mais maintenant qu’il est éclos, il ne cessera plus de s’épanouir jusqu’à ce qu‘il ait atteint sa dernière efflorescence à la consommation des siècles. Heureux ceux qu‘il attirera à lui et qui accourront à l’odeur de ses incomparables parfums !

Et vous tous, glorieux Pontifes et éminents Docteurs, plus profonds théologiens et plus pieux auteurs, orateurs sacrés et apologistes chrétiens, succédez-vous les uns aux autres pour faire resplendir ce beau lys, dans la suite des âges, de tout l’éclat de ses fleurs si propres à parfumer tous les cœurs de la bonne odeur de toutes les vertus.

 

Pratique

Mois de saint Joseph

 

C’est le nom que prend le mois de mars, que beaucoup de fidèles consacrent aujourd’hui à notre saint Patriarche, parce que c’est dans ce mois, le 19, que tombe sa Fête principale. Née en Italie, cette dévotion s’est développée sous le regard et les bénédictions du successeur de saint Pierre, et répandue ensuite dans toute l’Eglise. Encouragée par les Souverains Pontifes et par les Evêques, adoptée par toutes les âmes fidèles désireuses de plaire à Jésus et à Marie, confirmée par d’éclatants miracles, elle est bientôt devenue pour ceux qui la pratiquent une source inépuisable de grâces et de consolations.

Mais qu‘y a-t-il à faire pour pratiquer cette dévotion ? Rien autre chose que de rendre, chaque jour du mois, des hommages particuliers à saint Joseph. Moyennant cela, l’on peut gagner les mêmes Indulgences que pendant le mois de Marie, c’est-à-dire l’Indulgence de 300 jours pour chaque jour du mois, et l‘Indulgence plénière une fois dans le mois, au jour que l‘on choisit, pourvu que, s’étant confessé et ayant fait la sainte communion, l’on prie selon les intentions ordinaires.

Ainsi l’a décrété le Pape Pie IX, si zélé pour la gloire de saint Joseph, dans son bref du 27 avril 1865, disposant en outre que ces Indulgences pouvaient être appliquées aux âmes du Purgatoire.

 

Prière

Souvenez-vous à saint Joseph

 

Bon saint Joseph, que j‘éprouve de consolation de penser que si depuis longtemps les pieux dévots de Marie, qui sont aussi les vôtres, ont accoutumé de lui redire chaque jour, et chaque jour avec une nouvelle confiance, leur Souvenez-vous, il leur est venu également au cœur de vous adresser la même prière, au souvenir de vos bontés pour nous et de votre immense puissance auprès de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Et voilà que l’Eglise, pour les récompenser de leur dévotion, a fixé elle-même les paroles de cette prière et a attaché à sa récitation de précieuses Indulgences (300 jours, une fois par jour, applicables aux défunts, 26 juin 1863). C’est donc avec cette sainte Eglise, notre mère, avec le Pape Pie IX, avec tous vos fidèles serviteurs, et dans l’intention de gagner ces Indulgences, que je vous dis moi-même :

« Souvenez-vous , ô très chaste Epoux de la vierge Marie, saint Joseph, mon aimable protecteur, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont invoqué votre protection et imploré votre secours, soit resté sans consolation. Plein de confiance en votre pouvoir, je viens en votre présence et me recommande à vous avec ferveur. Ah ! ne dédaignez pas mes prières, ô vous qui êtes appelé Père du Rédempteur, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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2 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Troisième jour

Fiançailles de Marie et de Joseph

 

La sainte Vierge vivait dans le Temple avec plusieurs autres vierges, sous la surveillance de pieuses maîtresses. Ces vierges s’occupaient de broderies et d’ouvrages du même genre pour les tentures du Temple et les vêtements sacerdotaux ; elles étaient aussi chargées de nettoyer ces vêtements et d‘autres objets servant au culte divin. Elles avaient de petites cellules d‘où elles avaient vue sur l’intérieur du Temple et où elles priaient et méditaient. Quand elles étaient arrivées à l’âge mobile, on les mariait. Leurs parents les avaient entièrement données à Dieu, en les conduisant au Temple, et il y avait chez les plus pieux d'entre les Israélites un pressentiment secret que de l’un de ces mariages sortirait un jour le Libérateur promis.

La sainte Vierge ayant quatorze ans et devant bientôt sortir du temple pour se marier, avec sept autres jeunes filles, sainte Aune vint la visiter. Joachim ne vivait plus, et Anne, par ordre de Dieu, avait pris un autre mari. Quand on annonça à Marie qu’elle devait quitter le Temple et se marier, profondément émue, elle déclara au prêtre qu’elle désirait ne pas quitter le Temple, qu’elle s’était consacrée à Dieu seul et n’avait pas de goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu’elle devait prendre un époux.

Elle entra ensuite dans son oratoire et pria Dieu avec ferveur. Puis, se trouvant très altérée, elle descendit avec sa petite Cruche pour puiser de l‘eau a une fontaine ou à un réservoir ; et là, sans apparition visible, elle entendit une voix qui la consola et la fortifia, tout en lui faisant connaître qu’elle devait consentir à se marier. Ce ne fut pas là l’Annonciation, car elle eut lieu plus tard à Nazareth. Cependant apparut dans le Temple un prêtre très vieux, qui ne pouvait plus marcher : ce devait être le grand prêtre. Il fut porté par d’autres prêtres dans le Saint des Saints, et pendant qu’il allumait un sacrifice d’encens, il lisait des prières sur un rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. Puis il fut ravi en esprit. Il eut une apparition, et son doigt fut placé sur le passage suivant du prophète Isaïe, qui se trouvait écrit sur le rouleau : « Une branche sortira de la racine de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine » (Isaïe, 11, 1). Quand le vieux prêtre revint à lui, il lut ce passage et y reconnut une prescription divine.

On envoya ensuite des messagers de tous les côtés dans le pays, et on convoqua au Temple tous les hommes de la race de David qui n‘étaient pas mariés. Lorsque plusieurs d’entre eux se furent rassemblés dans le Temple, en habits de fête, ou leur présenta la sainte Vierge, et il se trouvait parmi eux un jeune homme très pieux de la contrée de Bethléem. Ce jeune homme avait demandé à Dieu avec une grande ferveur l’accomplissement de la promesse, et il conçut dans son cœur un grand désir de devenir l’Époux de Marie. Quant à Marie, elle revint dans sa cellule et versa de saintes larmes, ne pouvant pas s’imaginer qu’elle ne dût pas rester vierge.

Alors le grand prêtre, obéissant à une impulsion intérieure qu‘il avait reçue, présenta des branches à chacun des assistants, et leur enjoignit de marquer chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main pendant la prière et le sacrifice. Quand ils eurent fait ce qui leur avait été dit, on leur reprit les branches, qui furent mises sur un autel devant le Saint des Saints, et il leur fut annoncé que celui d’entre eux dont la branche fleurirait était désigné par le Seigneur pour devenir l’Époux de Marie de Nazareth.

Pendant que les branches étaient devant le Saint des Saints, on continua le sacrifice et la prière. Durant ce temps, le jeune homme dont nous venons de parler cria vers Dieu, les bras étendus, dans une salle du Temple, et versa des larmes brûlantes, lorsque, après le temps fixé, on leur rendit les branches en leur annonçant qu’aucun d’entre eux n’était désigné par Dieu comme devant être le fiancé de cette vierge. Ces hommes furent alors renvoyés chez eux, et ce jeune homme se retira sur le mont Carmel, auprès des anachorètes qui vivaient là depuis le temps d’Élie ; il y vécut aussi depuis lors, priant continuellement pour l'accomplissement de la promesse.

Cependant les prêtres du Temple cherchèrent de nouveau dans les registres des familles s’il n‘existait pas quelque descendant de David qu’on eût oublié. Comme ils y trouvèrent l‘indication de six frères de Bethléem, dont l’un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s‘enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d’une petite rivière, où il habitait au bord de l’eau, travaillant pour un maître charpentier.

Sur l’ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au Temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu’on priait et qu’on offrait un sacrifice ; comme il se disposait à la poser sur l’autel devant le Saint des Saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un lys, et une apparition lumineuse descendit sur lui : c’était comme s’il eût reçu le Saint-Esprit. On comprit alors que Joseph était l’homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. Marie, résignée à la volonté de Dieu, l’accepte humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible à Dieu, qui avait reçu son vœu de n'appartenir qu’à lui.

 

Considération

Saint Joseph dans les temps apostoliques

 

Que saint Joseph soit mort avant la Passion de Notre Seigneur, et même avant son Baptême et sa Vie publique, personne n’en doute. Notre-Seigneur n‘avait plus besoin de lui, ni pour pourvoir à sa subsistance, ni pour évangéliser les Juifs, déjà trop portés à ne voir en lui que le fils du charpentier. Il convenait dès lors de le faire disparaître de la scène du monde et de le soustraire aux regards des hommes, pour lesquels il aurait pu être une occasion de pensées injurieuses à Notre-Seigneur.

Que saint Joseph soit ressuscité et que son corps, loin de subir la corruption du tombeau, soit maintenant glorifié dans le ciel avec ceux de son divin Fils et de son Épouse Immaculée, c’est ce qui parait également hors de doute, d‘autant plus que nous ne possédons point de lui des Reliques proprement dites, mais seulement l’anneau qu’il donna à la sainte Vierge lors de leur saint mariage, des fragments du manteau dans lequel il reçut et porta l’Enfant Dieu, et les pierres que l’on détache de son tombeau resté en grande vénération, quoique vide, à Jérusalem.

Mais s‘il fallait, pour quelque temps au moins, comme effacer saint Joseph dans le souvenir des hommes, ne croyons pas que, de son côté, Notre Seigneur le mette en oubli. Ne lisons-nous pas, en effet, qu’il se fit un devoir de rendre hommage a sa mémoire toutes les fois qu‘il en eut l’occasion, en visitant les lieux où saint Joseph avait séjourné ? N’en aura-t-il pas, d’ailleurs, souvent parlé à ses Apôtres, soit dans ces circonstances, soit dans mille autres, pour le recommander particulièrement à leur vénération ?

Et la très sainte Vierge, qui aimait dans saint Joseph I’Epoux vraiment digne d’elle et le Père choisi de Jésus, comment supposer qu'elle ne leur ait pas fait ses recommandations à son sujet, dans les jours, par exemple, qu’elle a passés avec eux après l'Ascension de son divin Fils au ciel ? Comment. croire qu’en leur donnant ses conseils pour la constitution de l’Église de tous les temps, elle ne leur ait pas inculqué l’estime dans laquelle ils devaient le tenir et le culte que les fidèles auraient à lui rendre dans la suite des âges ?

Et les Apôtres, dont plusieurs avaient dû connaître plus particulièrement saint Joseph, comment n’auraient-ils pas vénéré sa mémoire ? Si, pour ne pas offusquer la foi naissante des premiers fidèles, ils devaient faire de son culte une sorte de question réservée, en étaient-ils moins imprégnés du parfum de cette douce mémoire ? S’ils ne lui rendaient point un culte public et solennel, ne l’honoraient-ils point en leur particulier comme l’auguste Père nourricier de leur Dieu et le très-digne Époux de sa sainte Mère ? S’ils ne l’invoquaient point ostensiblement, ne lui rendaient-ils point leurs hommages en secret, et ne recouraient-ils point à lui dans leurs nécessités particulières ?

Mais ils vont partir pour aller annoncer au monde la bonne nouvelle ; et de même qu’ils ont déposé en germe, comme on l'a dit, dans leur Symbole, le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, ils y ont consigné également la substance de la divine doctrine sur saint Joseph et les premières origines du culte qui devait lui être rendu plus tard. C‘est ce qu’ils ont fait dans leur troisième article, ainsi formulé : Qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la vierge Marie. Oui, qui a été conçu du Saint Esprit, parce que, « quoique Marie eût épousé Joseph, c’est avant qu’ils eussent été ensemble qu’elle se trouva enceinte par l’opération du Saint-Esprit ». Qui est né de la vierge Marie, parce que « Joseph ne l'avait point connue, lorsqu’elle enfanta son Fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus ».

Elles ont, en effet, un sens bien profond, ces paroles de notre Symbole. Inspirés par le Saint Esprit, les Apôtres y ont renfermé toute la divine doctrine sur le mystère de l’Incarnation, ses suites, ses conséquences et ses corollaires pour la sainte Vierge et saint Joseph. Instruits par eux, les fidèles, dans la première ébullition de leur foi, accueillent et professent cette doctrine dans toute sa teneur, et confessent, sans se préoccuper de celui qui peut être appelé le Père de Jésus, que le Fils de Dieu, en se faisant homme, a été conçu par l’opération du Saint Esprit, et est né de la vierge Marie. Mais, le dogme une fois admis, si l’on demande comment cela a pu se faire, puisqu‘il y avait la, visible et incontesté, un Époux de la Mère et un Père de l’Enfant, c’est alors que la foi, continuant de projeter ses splendeurs sur la personne de saint Joseph, le montre à tous les âges comme le virginal protecteur de l’opération du Saint Esprit et de la maternité de la Vierge qui a conçu et enfanté sans cesser d’être vierge.

Et voilà bien cet ineffable mystère de l’Incarnation, qui n’a pu s’opérer que sous le voile du mariage que la Vierge-Mère avait contracté avec saint Joseph, et en vertu duquel elle a donné Joseph pour père réputé et légal à Jésus; qui nous montre la maternité de Marie appelant la paternité de Joseph, puisque l’on ne peut affirmer l’une sans supposer l’autre ; et qui, pour peu que l’on pénètre dans sa méditation, nous met aussitôt en présence de la personne de Joseph, devenue nécessaire et indispensable dans le plan divin.

Pour les Pères apostoliques, marchant sur les traces des Apôtres, ils ne parleront de Joseph qu‘en expliquant cet article du Symbole et exposant le texte sacré. Les fresques, d’ailleurs, des Catacombes ne le représenteront que dans les mystères de la Naissance de Jésus, de la Présentation au Temple, de la fuite en Égypte, de la sainte enfance du Sauveur. Le temps n’est pas encore venu d’en faire davantage pour le saint Patriarche.

 

Pratique

La Dévotion des sept Dimanches

 

La dévotion des sept Dimanches consacrés à honorer plus particulièrement les douleurs et les allégresses de saint Joseph n'est pas toute nouvelle dans l’Église., et les fidèles serviteurs du saint Patriarche, encouragés par les faveurs dont le ciel les récompensait, la pratiquaient bien avant que les Souverains Pontifes l’aient enrichie des plus précieuses Indulgences. Grégoire XVI avait accordé, en date du 22 janvier 1836, 300 jours à la récitation, pendant sept Dimanches consécutifs, dans le courant de l’année, de la prière connue sous le nom des Sept Allégresses et des Sept Douleurs de saint Joseph, et le septième Dimanche une Indulgence plénière. Mais le saint pontife Pie IX a appliqué, le 1er février 1847, l’Indulgence plénière à chaque Dimanche ; et le 22 mars de la même année, il a étendu ces Indulgences à tous ceux qui, ne sachant point lire ou n’ayant pas la prière susdite, réciteraient ces mêmes Dimanches sept Pater, Ace, Gloria, etc., en remplissant les conditions d’usage pour gagner les Indulgences plénières.

Quoiqu’il n’y ait aucune époque déterminée dans l‘année pour gagner ces Indulgences, il semble cependant que l‘on peut choisir de préférence les Dimanches qui précèdent les Fêtes de saint Joseph, ou bien quelques circonstances particulières dans lesquelles on a besoin de grâces plus abondantes. Puis, comme ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, l’on peut encore recourir à cette dévotion après la mort d’un parent ou d’un ami, pour les soulager dans leurs peines, et alléger sa propre douleur.

N’oublions pas surtout de remplir ces pratiques pendant sept Dimanches consécutifs. Une interruption, même involontaire, obligerait de recommencer.

 

Prière

communément appelée efficace

 

Me voici prosterné à vos pieds, ô bienheureux saint Joseph, pour vous adresser la prière connue depuis longtemps sous le nom d’efficace, parce que vous l’avez toujours écoutée et exaucée, et qu’elle a toujours obtenu son effet auprès de vous. Confiant dans vos bontés et certain que vous ne voudrez pas qu’elle soit moins efficace pour moi que pour tant d’autres, je vous l’adresse en ce moment en union avec le Pape Pie VII, qui l’a indulgenciée pour les prêtres (une année à chaque récitation, 23 septembre 1802) ; avec Pie IX, qui l’a indulgenciée pour tous les fidèles (100 jours chaque fois, 3 février 1863) ; avec tous les associés du saint Cordon, qui en ont fait leur prière propre et particulière ; avec tous vos fidèles serviteurs qui sont si heureux d’en recueillir tous les jours les salutaires effets, et je vous dis avec eux tous :

« Ô saint Joseph, père et protecteur des vierges, gardien fidèle à qui Dieu confia Jésus, l’innocence même, et Marie, la Vierge des vierges, ah ! Je vous en supplie et vous en conjure par Jésus et Marie, par ce double dépôt qui vous fut si cher, faites que, préservé de toute souillure, pur de cœur et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie dans une chasteté parfaite. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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1 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Deuxième jour

Jeunesse de saint Joseph

 

Joseph, dont le père s’appelait Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents habitaient en avant de Bethléem un vaste édifice qui avait été autrefois la maison paternelle de David, dont le père, Isa ou Jessé, était possesseur. A l’époque de Joseph, il ne restait plus guère que les gros murs de l’ancienne construction. Sa position était charmante, surtout a cause des cours d’eau qui l'entouraient.

Devant la maison, il y avait, comme devant les maisons de l’ancienne Rome, une cour antérieure entourée de galeries couvertes. Il y avait dans ces galeries des figures semblables à des têtes de vieillards. D’un côté de la cour se trouvait une fontaine sous un petit édifice en pierre. L’eau sortait par des têtes d‘animaux. La maison d‘habitation n‘avait pas de fenêtres au rez-de-chaussée, mais il y avait plus haut des ouvertures rondes. Autour de la maison régnait une large galerie, aux quatre coins de laquelle se trouvaient de petites tours semblables à de grosses colonnes, qui se terminaient par des espèces de coupoles surmontées de petits drapeaux. Par les ouvertures de ces coupoles, où conduisaient des escaliers pratiqués dans les tourelles, on pouvait voir de loin sans être vu soi-même. Il y avait de semblables tourelles sur le palais de David à Jérusalem, et ce fut de la coupole de ces tourelles qu'il arrêta un regard coupable sur Élisabeth. Dans le haut de la maison, cette galerie régnait autour d’un étage peu élevé, dont la toiture plate supportait une construction terminée par une autre tourelle. Joseph et ses frères habitaient dans le haut, ainsi qu’un vieux Juif qui leur servait de précepteur. Ils couchaient autour d’une chambre placée au centre de l’étage qui dominait la galerie. Leurs lits, consistant en couvertures qu’on roulait contre le mur pendant le jour, étaient séparés par des nattes qu’on pouvait enlever. Leurs parents, qui ne paraissaient ni bons ni mauvais, ne s’occupaient guère de leurs enfants et avaient peu de rapports avec eux.

Joseph était d’un naturel fort différent de celui de ses frères. Il avait beaucoup d’intelligence et apprenait très bien ; mais il était simple, paisible, pieux et sans ambition. Ses frères lui faisaient toutes. sortes de malices et le rudoyaient de temps en temps. Ces enfants avaient de petits jardins divisés en compartiments ; à l’entrée de ces jardins se trouvaient sur des piliers, dans des espèces de niches, des figures semblables à des enfants emmaillotés, comme on en voyait dans les oratoires de sainte Anne et de la sainte Vierge ; seulement, chez Marie. cette figure tenait un objet assez semblable à un calice, d’où quelque chose sortait en serpentant. Les figures de la maison dont il est ici question ressemblaient seulement à des enfants au maillot avec des visages tout ronds et entourés de rayons. Il y avait des figures de ce genre dans les ornements du temple de Jérusalem, et l’on en rencontrait jusqu’en Égypte, où elles avaient souvent de petits bonnets sur la tête. Parmi les figures que Rachel déroba à son père Laban, il y en avait de semblables, quoique plus petites ; mais la plupart étaient d‘une autre forme. Il y avait aussi chez les Juifs de ces figures couchées dans de petits coffres ou de petites corbeilles. Peut-être qu’elles représentaient Moïse enfant, flottant sur le Nil, et que l’emmaillotage pouvait indiquer les forts liens dans lesquels la loi enchaînait le peuple israélite. Ils avaient de ces petites figures comme nous avons des Enfants-Jésus.

Dans les jardins des enfants, se trouvaient des herbes, des buissons et des arbustes. Les frères de Joseph allaient souvent en secret dans son jardin. pour y faire des dégâts. Ils le faisaient beaucoup souffrir. Pour lui, on le voyait souvent, sous les galeries de la cour, prier à genoux et les bras étendus ; ses frères se glissaient alors près de lui et le frappaient dans le des. Une fois, pendant qu‘il était ainsi à genoux, l'un d’entre eux le frappa par derrière ; et comme il ne paraissait pas s‘en apercevoir, l‘autre recommença si souvent, que le pauvre Joseph tomba en avant sur les dalles. C‘est qu’il avait été ravi en extase pendant son oraison. Quand il revint à lui, il ne se mit pas en colère, il ne pensa pas à se venger, mais il chercha un coin reculé pour y continuer sa prière.

Aux murs extérieurs de la maison étaient adossés de petits logements où demeuraient deux femmes d‘un âge mûr, qui allaient toujours voilées et paraissaient faire partie des gens de la maison, car on les voyait souvent entrer et sortir pour des commissions de toute espèce. Elles portaient l‘eau, lavaient, balayaient, fermaient les ouvertures des fenêtres avec des grilles qu’elles mettaient devant, roulaient les lits contre les murs et mettaient devant des espèces de paravents en nattes. Les frères de Joseph parlaient souvent à ces femmes, les aidaient dans leurs travaux, ou plaisantaient avec elles. Joseph n’agissait pas ainsi : il restait toujours réservé et aimait à être seul.

Les parents de Joseph n’étaient pas très satisfaits de lui : ils auraient voulu qu’il employât ses talents à se faire une position dans le monde ; mais il n’avait aucune inclination de ce côté. Ils le trouvaient trop simple et trop calme : il n’aimait qu’à prier et à travailler tranquillement de ses mains. A une époque où il pouvait bien avoir douze ans, on le vit souvent, pour se dérober aux taquineries continuelles de ses frères, s‘en aller de l’autre côté de Bethléem, non loin de ce qui fut plus tard la grotte de la Crèche, et passer quelque temps près de pieuses femmes qui appartenaient à une petite communauté d’Esséniens. Elles demeuraient contre une carrière pratiquée dans la colline sur laquelle se trouve Bethléem, et habitaient là des chambres creusées dans le roc ; elles cultivaient de petits jardins voisins de leur demeure, et instruisaient des enfants d’autres Esséniens. Souvent, pendant qu’elles récitaient des prières écrites sur un rouleau, à la lueur d’une lampe suspendue à la paroi du rocher, le petit Joseph cherchait auprès d‘elles un refuge contre les persécutions de ses frères et priait avec elles. Il s’arrêtait aussi quelquefois dans des grottes, dont l'une fut plus tard le lieu de naissance de Notre-Seigneur. Il y priait seul ou s‘exerçait à façonner de petites pièces de bois. Un vieux charpentier avait son atelier dans le voisinage des Esséniens, Joseph allait souvent chez lui et apprenait peu à peu son métier ; il y réussissait d’autant mieux qu’il avait appris un peu de géométrie avec s’en précepteur.

L’inimitié de ses frères lui rendit à la fin impossible la demeure dans la maison paternelle. Alors un ami de Bethléem, qui n’était séparé de l‘habitation de son père que par un petit ruisseau, lui donna des habits avec lesquels il se déguisa, et quitta la maison pendant la nuit pour aller ailleurs gagner sa vie à l’aide de son métier de charpentier. Il pouvait avoir alors dix-huit à vingt ans.

Il travailla d‘abord chez un charpentier, près de Lebonah. Ce fut la qu‘à vrai dire, il apprit son métier. La demeure de son maître était contre de vieux murs qui conduisaient de la ville à un château en ruines, le long d’une crête de montagne. Beaucoup de pauvres gens habitaient là dans la muraille, et Joseph, entre deux grands murs où le jour pénétrait par des ouvertures pratiquées en haut, y façonnait de longues barres de bois. C’étaient des cadres dans lesquels on faisait entrer des cloisons en clayonnage. Son maître était un pauvre homme qui ne faisait guère que des ouvrages grossiers et de peu de valeur.

Joseph était pieux, bon et simple ; tout le monde l’aimait. Il rendait, avec une parfaite humilité, toutes sortes de services à son maître, ramassait des copeaux, rassemblait des morceaux de bois et les rapportait sur ses épaules. Plus tard, il passa une fois en cet endroit avec la sainte Vierge, et dut visiter avec elle son ancien atelier.

Ses parents crurent d‘abord qu’il avait été enlevé par des bandits. Plus tard ses frères découvrirent où il était et lui firent de vifs reproches ; car ils avaient honte de la basse condition à laquelle il s’était réduit. Il y resta par humilité; seulement il quitta ce lieu , et travailla dans la suite à Thanath (Thanach), près de Megiddo, au bord d’une petite rivière (le Kison) qui se jette dans la mer. Cet endroit n’est pas loin d’Apheké, ville natale de l’apôtre saint Thomas. Il vécut la chez un maître assez riche ; en y faisait des travaux plus soignés.

Plus tard encore, à Tibériade, il travailla pour un autre maître. Il demeurait seul dans une maison au bord de l’eau. Il pouvait avoir alors trente-trois ans. Ses parents étaient morts depuis longtemps à Bethléem. Deux de ses frères habitaient encore à Bethléem, les autres étaient dispersés. Leur maison paternelle avait passé en d'autres mains, et la famille était promptement tombée en déchéance.

Joseph était très pieux et priait ardemment pour la venue du Messie. Il était occupé à arranger auprès de sa demeure un oratoire où il pût prier dans une plus grande solitude, lorsqu’un Ange lui apparut et lui dit de cesser ce travail ; car, de même qu‘autrefois Dieu avait confié au patriarche Joseph l’administration des, blés de l’Égypte, de même le grenier qui renfermait la moisson du salut allait être confié à sa garde.

Joseph, dans son humilité, ne comprit pas ces paroles et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au Temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’une prescription d’en haut, l’Époux de la sainte Vierge. Il ne parait pas qu‘il fût marié antérieurement. Il vivait très retiré et évitait la société des femmes.

 

Considération

Saint Joseph d'après l’Évangile

 

Si le Saint Esprit a dit, au livre de Tobie (12, 7), qu’il est bon de tenir caché le secret du Roi et honorable de révéler et de confesser les œuvres du Très-Haut, l’Évangile aussi, qui est sa parole la plus substantielle, nous racontera bien les merveilles de l‘Incarnation du Fils de Dieu, mais ne trahira pas le secret dont le Seigneur a voulu envelopper son glorieux Père nourricier. Il ne parlera donc du saint Patriarche qu’autant qu’il sera besoin pour l’exposition du grand mystère. Pour ce qui le concerne personnellement, à peine s‘il fera allusion. Et toutefois ce qu'il en laissera voir en dira plus que l’esprit humain ne pourra jamais comprendre et que tous les docteurs ne pourront jamais expliquer.

L’évangile d’abord n’a qu’un mot pour exprimer sa sainteté. Comme Joseph, dit-il, était un homme juste, cùm esset justus. Mais comme ce mot, pris ainsi absolument, implique la réunion et la perfection de toutes les vertus, il n’y a plus rien à ajouter après ce mot, qui écarte jusqu’à la moindre objection que l‘on pourrait élever contre une sainteté au-dessus de toutes les atteintes. Il était juste, juste à tous égards, juste sous tous les rapports, juste au point que la moindre obscurité ne pouvait planer sur sa justice, juste comme Dieu se le devait à lui-même pour faire de Joseph un digne Époux de Marie et un non moins digne Père nourricier de Jésus. Comprenne maintenant qui pourra quelle était la justice de Joseph et quelle est la signification de cette parole de l’Évangile : Comme il était juste.

C’est encore d’un mot qu’il exprime la dignité et les grandeurs de saint Joseph. Il l’appelle l’Époux de Marie, de laquelle est né Jésus, virum Mariæ, de quâ natus est Jesus.

L’Époux de Marie ! Simple parole qui transporte tant de suite Joseph à une hauteur de dignité, et en même temps de vertu, de sainteté et de perfection, qui dépasse toutes les conceptions. Car si Marie a été la plus privilégiée de toutes les créatures, et, comme Mère de Dieu, bien élevée au-dessus de tout ce qu’il y a de plus parfait sur la terre et dans le ciel, il faut bien que Joseph, destiné a être l’Époux de Marie, ait été enrichi de dons, de qualités et de vertus semblables en tout point a ceux de Marie, et soit, après elle, l'être le plus privilégié du ciel et de la terre. Et c’est de Marie qu’est né Jésus ! Dont Joseph devient conséquemment le Père, légalement, en droit, aux yeux des hommes et aux yeux même de Dieu, qui lui communiqué, sauf la génération qu’il ne partage qu’avec l’Immaculée Vierge, tous les autres éléments de la paternité, et non-seulement le titre, mais le naturel, l’amour, l’autorité, les fonctions, les devoirs, et tous les droits d’un véritable père.

Aussi est-ce en cette double qualité d’Époux de Marie et de Père de Jésus que l’Évangile lui attribue, que saint Joseph pourvoit a la naissance de l’Enfant Dieu à Bethléem ; lui impose le nom dans sa Circoncision ; le porte ensuite à Jérusalem pour sa Présentation au Temple ; conduit l’Enfant et la Mère en Égypte pour les soustraire à la colère d‘Hérode ; les nourrit de son travail et de ses sueurs durant les rigueurs de l‘exil, et les ramène enfin à Nazareth, où il reste le chef et le pourvoyeur de la sainte famille jusqu‘à la fin de ses jours.

Mais à Nazareth, Jésus, fils de Marie et de Joseph, leur était soumis, et erat subditus illis. Oui, fils de Marie et de Joseph, parce que ces derniers mots sont dits de Jésus immédiatement après que ses parents l’ayant retrouvé dans le Temple, Marie lui eut dit : « Mon fils, pourquoi en avez-vous agi ainsi avec nous ? Voilà que votre père et moi, vous cherchions bien affligés ». Ecce pater tuus et ego quærebamus te. L’Evangéliste avait déjà dit, du reste, à propos du Cantique du saint vieillard Siméon, que « son père et sa mère étaient dans l‘admiration de ce qui se disait de lui ». Et crut pater ejus et mater mirantes super his quœ dicebantur de illo.

Admirable simplicité du récit évangélique qui, dans sa sublime brièveté, montre, dès le principe, à l’Église saint Joseph tel qu’il est en réalité, le saint Époux de Marie, le vrai Père, quoique d‘adoption, de Jésus, et conséquemment de tous les chrétiens, ces autres enfants de Marie qu’il a également adoptés ! Puis, en énonçant si clairement ses relations avec les trois divines Personnes, avec le Père, qui l’a associé à sa divine paternité, avec le Fils, dont il fut le père sur la terre, avec le Saint Esprit, qui l’a constitué ici-bas l’époux de Marie, avec la Mère Immaculée, qui lui a donné sa part dans l’enfantement et la conservation de son divin Fils, comme il établit merveilleusement les fondements du culte que les générations futures auront a lui rendre dans la suite des âges, en reconnaissant qu’il jouit dans le ciel des mêmes dignités et des mêmes prérogatives qu’il posséda sur la terre ! Et voilà bien ce qui ressort, en effet, du texte sacré.

Maintenant donc que les Pères de l’Église, les Docteurs, les Saints, les auteurs ascétiques, s‘emploient à l’envi, et les uns après les autres, à exalter les louanges du saint Patriarche, ils ne feront jamais que développer ce fond inépuisable de lumière que le Saint Esprit a concentré dans quelques paroles. Tout ce qu’ils diront, selon la pensée d’un pieux auteur, sera contenu dans ce qu’il a dit, mais ils n’arriveront jamais à dire pleinement tout ce qu’il a dit en si peu de mots dans l’Évangile.

 

Pratique

Culte Perpétuel de saint Joseph

 

Le Culte Perpétuel de saint Joseph consiste à réunir un nombre suffisant de personnes, 365 au moins, pour pouvoir offrir chaque jour de l’année un tribut de prières et d’hommages a saint Joseph. Mais pour rendre ce pieux exercice plus facile, soit à établir, soit à maintenir, dans les paroisses et communautés, le Pape Pie IX a approuvé de réduire à trente le nombre des associés, de manière qu’en choisissant chacun leur jour dans le mois, ils puissent consacrer à saint Joseph tous les jours de chaque mois, et par conséquent tous les jours de l’année.

Il convient, ce jour-là : 1° d'entendre la sainte messe et d'y communier en l’honneur de saint Joseph ; 2° de penser davantage à lui et de réciter, à l’intention de ses douleurs et de ses allégresses, sept Pater, Ave et Gloria ; 3° de faire quelque bonne œuvre à sa gloire ; 4° de finir la journée par une visite au Saint Sacrement et l’offrande de son propre cœur à saint Joseph.

Saint Pie IX a enrichi cette pratique de nombreuses Indulgences, d‘abord, de sept ans et de sept quarantaines chaque jour où l‘on s‘acquittera de quelqu‘une des pratiques énoncées plus haut, et ensuite, d‘Indulgences plénières : 1° le jour de l‘inscription ; 2° le jour choisi pour les pratiques du Culte Perpétuel ; 3°aux trois principales Fêtes de saint Joseph ; 4° aux fêtes de l’Immaculée Conception, de la Purification, de l'Annonciation, de l‘Assomption et de la Nativité de la très sainte Vierge ; 5° un jour chaque mois ; 6° à l’article de la mort. Toutes les messes dites pour les âmes des Associés défunts jouissent, en leur faveur, des Indulgences de l'autel privilégié.

 

Offrande de la journée

Attribuée à sainte Madeleine de Pazzi

 

Bénie soit la sainte et indivisible Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, que nous bénirons et confesserons à jamais pour les grandes miséricordes dont ils ont usé envers nous !

Bénie soit la Sainte et très auguste Trinité de la terre, Jésus, Marie, Joseph, que nous louerons et glorifierons à toujours, en reconnaissance des grâces qu’il leur a plu de nous faire et de nous obtenir de Dieu !

Oui, ô adorable et glorieuse Trinité du ciel, qui nous avez donné sur la terre l’admirable Trinité de Jésus, Marie, Joseph, et qui l’avez prévenue des bénédictions de votre douceur, en établissant Jésus comme la source, Marie comme la fontaine, et Joseph comme le canal de l’eau qui coule de votre paradis pour arroser et fertiliser la terre desséchée de nos cœurs, faites-nous la grâce de pouvoir puiser à cette source par leur entremise, et participer ensuite en abondance à leurs bénédictions et à leurs mérites, afin qu’après avoir honoré d’un saint culte cette Trinité sur la terre, nous puissions être admis un jour dans le ciel en leur éternelle et bienheureuse compagnie, où il nous sera permis de jouir à jamais de la Trinité parfaite, en vivant toujours en elle, la louant sans mesure, la bénissant sans cesse, et répétant dans les siècles des siècles :

Bénie soit à jamais la très sainte et très adorable Trinité, du Père, du Fils et du Saint Esprit !

Bénie soit à jamais la très sainte et très auguste Trinité de Jésus, Marie et Joseph !

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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28 février 2019

Le Mois de Saint Joseph

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Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

Premier jour

Généalogie de Saint Joseph

Saint Joseph, le Saint parmi les saints, et qui a tellement accompli toute justice, qu’il a été trouvé digne de devenir l’Époux de l’Immaculée Vierge Marie et le Père nourricier du Fils de Dieu fait homme, descendait de la race royale de David, et était cousin germain de saint Joachim, le bienheureux père de sa sainte Épouse, ainsi que le supposent et le constatent les deux généalogies qu’ont données de Notre-Seigneur saint Matthieu et saint Luc.

Le grand-père, en effet, de saint Joseph, descendait de David par Salomon et s’appelait Mathan. Mathan eut deux fils, Joses et Jacob, père de saint Joseph. Mais, Mathan étant mort, sa veuve épousa en secondes noces un nommé Lévi, qui descendait de David par Nathan, et en eut Mathat, père d’Héli, ou Joachim, père lui-même de la sainte Vierge. Joachim et Joseph étaient donc cousins germains du côté maternel.

Voici, du reste, comment cette généalogie fut montrée à Anne-Catherine Emmerich. À partir de David, elle vit l’arbre généalogique du Sauveur se séparer en deux rameaux distincts. Le rameau de droite commençait à Salomon et finissait à Jacob, père de Joseph, époux de Marie. Sur ce rameau étaient les figures de tous les parents de saint Joseph, nommés dans l’Évangile, et qui descendaient ainsi de David par Salomon. Ce rameau avait une signification plus élevée que l’autre ; il sortait presque en entier de la bouche du roi prophète, et était complètement blanc, sans mélange d’aucune couleur. Les figures placées à côté de ce rameau s’élevaient tentes au-dessus des figures correspondantes de l’autre rameau. Toutes avaient à la main une tige longue comme le bras, avec des fleurs palmées à l’entour ; la tige se terminait par une clochette blanche, avec cinq étamines jaunâtres, desquelles tombait une poussière singulièrement fine. Trois membres de ce rameau, avant le milieu en commençant par le haut, étaient détachés, noircis, et semblaient complètement morts. Les fleurs variaient pour la grandeur, la force et la grâce ; celle de saint Joseph était sans une seule tache, et ses feuilles étaient parfaitement fraîches : il avait la plus belle de toutes les fleurs. En plus d’un endroit de ce rameau, les rejetons se trouvaient très écartés. Ces rameaux se touchaient quelquefois, et se croisaient vers leur extrémité. La signification de ce rameau était haute et mystérieuse ; il était plus spirituel et moins charnel que l’autre ; il tenait plus de Salomon. Mais ce sont des choses qu’il est difficile d’expliquer.

Le rameau de gauche allait de Nathan, fils de David, à Héli. Héli était le véritable nom de saint Joachim ; il ne reçut qu’assez tard le nom de Joachim, de même qu’Abraham porta d’abord le nom d’Abram. Tout ce rameau était plus bas que l’autre ; il était coloré, il avait çà et là des taches, puis il retrouvait son éclat resplendissant de rouge, de jaune, de blanc, mais jamais de bleu. Les figures étaient plus petites que celles de l’autre rameau ; elles avaient à côté d‘elles des branches d’arbuste avec des feuilles dentelées. d‘un vert jaunâtre, et au sommet, un bouton rouge, de la couleur de celui de l’églantine. De ces boutons, les uns étaient encore frais, et les autres étaient fanés. Le bouton n‘était pas un bouton à fleur, mais un bouton à fruit, un ovaire, et il était touj0urs fermé. Aux branches se rattachait un double rang de petits rameaux du côté où pendaient des feuilles dentelées.

Les deux lignes se croisaient trois ou quatre générations avant Héli ou Joachim, et aboutissaient l’une et l‘autre à la sainte Vierge. Et c’est a l'endroit où elles se croisaient que le sang de Marie commençait à briller dans le rayon.

Mais c’eût été peu pour les desseins de Dieu sur notre saint Patriarche de le faire descendre d'une si longue suite de Bois et de saints personnages, s‘il ne l'eût appelé en même temps à une sainteté suréminente. et quine fût point au-dessous de sa future dignité d’Époux de la Vierge-Mère et de Père réputé et légal de Jésus. Si sa sainteté ne pouvait égaler celle de Marie, dont aucune autre ne peut approcher, elle devait venir immédiatement après. Saint Joseph devait être la plus sainte créature après l’Immaculée Mère.

Aussi, s’il fut conçu dans le péché comme tous les enfants d’Adam, ne parait-il pas douteux qu’il fut purifié de la tache originelle et sanctifié dès le sein de sa mère, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

L’on tient même généralement que ce glorieux privilège lui fut accordé le septième mois après sa conception, et le deuxième avant sa naissance. Il est donc à croire qu‘il naquit, comme Marie, plein de grâce et singulièrement orné de toutes les vertus.

Le huitième jour après sa naissance, il fut circoncis et reçut le nom de Joseph, nom qui signifie accroissement, augmentation, et dont il devait accomplir la la lettre la signification, non-seulement parce que Dieu allait toujours l’augmenter de ses dons, mais parce que lui-même augmenterait toujours de vertus en vertus, et que, plus tard, d’ailleurs, sa gloire irait toujours en augmentant dans l’Église.

 

Considération

Saint Joseph dans les desseins de Dieu

 

Les temps arrêtés dans les desseins de Dieu pour la Rédemption du genre humain sont accomplis, et le Fils de Dieu va se faire homme pour venir racheter les hommes. Mais du moment qu’il se fait homme, il lui faut une Mère. Quelle sera cette Mère ? Mère du Sauveur des hommes, elle doit être prise d’entre les homme ; mais aussi Mère de Dieu, elle doit approcher de Dieu aussi près qu’il peut l’être donné à la créature. Que fera donc Dieu pour elle ? Pour elle il épuisera en quelque sorte tous les trésors de son infinie munificence, en lui communiquant de sa divinité tout ce qu’il peut en conférer à une simple créature. Comment cela ? En la formant toute sainte, toute pure, mille fois plus pure que les Anges, pure comme lui, dont elle deviendra, d’ailleurs, la Mère par la seule opération du Saint Esprit.

Mais ce n'est pas tout, et il faut, dans l’ordre humain, que le voile du mariage vienne ombrager de ses plis protecteurs l’ineffable mystère. Il faut, dans cet ordre humain, un Époux à cette Vierge Mère, un Père à cet Enfant Dieu ; à la Vierge-Mère, un Époux qui-vénère tellement sa virginité, que Dieu seul puisse être l’auteur de sa maternité ; à l’Enfant Dieu, un Père d’adoption qui, sauf la génération, aura éminemment tous les autres attributs de la paternité. Et quel sera le mortel que Dieu choisira, non pas entre mille, ni entre dix 'mille, mais entre tous les hommes, pour l’élever à cette double et incomparable dignité ? Dieu l’a dit, ce sera Joseph, qu’il fera assez saint et assez pur pour qu’il puisse confier à sa virginité la garde de la virginité de Marie, et assez accompli en toute perfection pour qu'il puisse se décharger sur lui du soin de l’humanité de son divin Fils.

Gloire donc, honneur, louange et bénédiction à l’homme béni entre tous les hommes, comme Marie fut la femme bénie entre toutes les femmes. Car si toutes les générations appellent Marie bienheureuse, parce que le Seigneur a fait pour elle de grandes choses, elles peuvent bien appeler aussi Joseph bienheureux, puisque le Seigneur a fait pour lui des choses également grandes.

Mais comment Dieu introduira-t-il dans le monde cet homme si singulièrement privilégié ? Ce sera sans doute avec splendeur et avec éclat, comme pour le recommander davantage à la vénération des autres hommes ? Loin de là. Il le fera en silence, sans bruit, sans commotion, de la manière dont il opère toutes ses grandes œuvres. Puis, il le tiendra en réserve dans le plus secret de son éternel sanctuaire, jusqu’au jour, jusqu‘au moment, nous ne dirons pas où il aura besoin, mais où il voudra se servir de lui : tout l’Ancien Testament sera plein de Jésus et de Marie, mais sans s’occuper de Joseph, ni dans ses promesses, ni dans ses figures, ni dans ses prophéties, qui, d‘accord avec la tradition des peuples, supposeront toujours une Vierge-Mère. Enfin, quand le moment sera venu de le montrer à la terre, l‘on ne connaîtra rien, ni de sa naissance, ni de son enfance, ni de son adolescence, et il grandira dans une obscurité telle, que l‘on aura peine à le découvrir lorsqu‘il faudra le trouver pour le donner pour époux à Marie. Les Prêtres qui procéderont à leurs épousailles ne le soupçonneront même pas d’abord, et Dieu sera obligé de faire un miracle pour le leur désigner.

Mais les saintes épousailles ont été célébrées, et quelques jours après s’opère, à l’insu de Joseph, dans le sein de Marie, son épouse, l’ineffable mystère. Un Ange vient bientôt l’en avertir, et, à partir de ce moment, il est tout entier à la Mère et à l’Enfant, qui n’ont plus qu’à se reposer sur lui de leurs sollicitudes de chaque jour. C’est ainsi que, fidèle à sa sublime mission, il s’occupe de la naissance de Jésus à Bethléem, de sa Circoncision, de sa manifestation aux Mages, de sa Présentation au temple, de sa fuite en Égypte, de son séjour dans la terre étrangère, de son retour à Nazareth. Quand enfin l’Enfant est devenu grand et a atteint l’âge de l’homme parfait, sa mission étant remplie, Dieu le retire de la terre aussi silencieusement qu’il l’y a mis, et sans que sa mort fasse le moindre bruit, pour le cacher de nouveau dans le secret de sa face, Jusqu’à ce qu’il lui plaise de le glorifier d'une manière plus éclatante à la fin des temps.

Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables ! Que ses pensées sont élevées au-dessus de nos pensées, et que ses manières d‘agir sont différentes des nôtres ! De même qu’il abaisse ceux qui s’élèvent, il élève ceux qui s’abaissent, et il travaille pour eux d’autant plus en secret qu'il veut les honorer davantage. Il les tient d’abord d’autant plus cachés, qu‘il les réserve pour la suite à de plus hautes destinées. Ainsi en a-t-il été de saint Joseph. Ainsi en est-il de chacun de nous, toutes les fois que nous répondons aux desseins de Dieu sur nous.

 

Pratique

Fêtes de Saint Joseph

 

La première des Pratiques par lesquelles nous devons nous empresser de mériter la protection de saint Joseph est naturellement la célébration des Fêtes que l’Église. lui a consacrées, et qui constitue pour tous les fidèles la base du culte que tous ont à lui rendre, mais que doivent surtout lui rendre ceux qui font gloire de l’honorer plus particulièrement, et qui ont à cœur de lui plaire davantage, sans même songer à l’intéresser plus efficacement en leur faveur. Les vrais serviteurs de saint Joseph n’ont d'autre préoccupation , en célébrant ses Fêtes, que de suivre les inspirations de leur foi, de leur dévotion, et de leur amour. Des enfants qui fêtent un père s‘oublient eux-mêmes pour ne penser qu’à lui.

Ces Fêtes sont sa solennité principale, la grande Fête du 19 mars, que le Pape Pie IX, si glorieusement régnant, en proclamant saint Joseph Patron de l’Église Catholique, vient d’élever au rite double de première classe, la mettant ainsi au rang de nos plus grandes solennités ; celle de son Patronage, que, par décret du 10 septembre 1847, il a fixée pour toute l’Église au 3e Dimanche après Pâques ; et celle de ses Épousailles avec la très sainte Vierge, qui se célèbre le 23 janvier.

Des Indulgences plénières sont attachées à ces trois Fêtes dans toutes les Confréries et Associations en l’honneur de saint Joseph, et même dans beaucoup d’autres.

Les pieux dévots au saint Patriarche honorent aussi sa Fuite en Égypte, le 28 décembre ; son Retour d’Égypte en Galilée, le 7 janvier, et son bienheureux Trépas, le 20 juillet.

 

Oraison dédicatoire

Tirée de saint François de sales

 

Très sainte Mère de Dieu, vaisseau d’incomparable élection, élection de la souveraine dilection, vous êtes la plus aimable, la plus aimante, et la plus aimée de toutes les créatures. Mais, ô Mère toute triomphante, qui peut jeter les yeux sur votre Majesté sans voir à votre droite celui que votre Fils voulut si souvent, pour l‘amour de vous, honorer du titre de Père, vous l’ayant uni par le lien céleste d‘un mariage tout virginal, afin qu’il fût votre secours et coadjuteur en la charge de la conduite et éducation de sa divine enfance ?

On mettait jadis les lampes de l’ancien temple sur des fleurs de lys d’or. Ô Marie et Joseph, pair sans pair, lys sacrés d’incomparable beauté, entre lesquels le Bien-Aimé se repaît et repaît tous ses amants, hélas ! vous le savez, si j'ai composé cet écrit, c’est dans la seule fin de vous glorifier de mon mieux l‘un et l‘autre, ainsi que votre divin Fils. Où puis-je alors mieux le colloquer que parmi vos lys, lys entre lesquels le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumière éternelle, s’est si souvent récréé, qu’il y a pratiqué les délices de l’ineffable dilection de son Cœur envers nous ?

C‘est donc a vos pieds que je le dépose, ô Mère bien-aimée du Bien-Aimé, ô Époux bien-aimé de la Bien-Aimée, en vous offrant en même temps mon âme avec toutes ses facultés, mon corps avec tous ses sens, tout ce que j’ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai à jamais. Je vous le consacre et vous le dédie, dans l’espérance qu’à cause de l’hommage que nous vous faisons de tout nous-mêmes, vous nous prendrez tous, auteur et pieux lecteurs, sous votre singulière protection, dont vous nous ombragerez pendant la vie, dont vous nous couvrirez surtout à l’heure de la mort, et que vous daignerez nous continuer pendant l’interminable cours de la bienheureuse éternité.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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29 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Fête de la Sainte Famille

Dimanche

Jésus et sa mère

 

Jésus offrit son coeur à Marie en disant : « Ô Mère très aimée, voici Mon coeur dans la surabondance de sa joie totale. Voici, en lui, cette plénitude de divine tendresse qui depuis toujours m’a fait te préférer à toute créature, te créer, te sanctifier, te choisi pour Ma Mère. En lui, la parfaite douceur et bénignité avec lesquelles Je t’ai caressée, alors que petit enfant tu Me réchauffais sur ton sein et que Tu m’allaitais. En lui, l’entière fidélité de Ma filiale affection qui t’obéissait en tout comme un fils à sa mère, alors que Je régissais le Ciel... » (Héraut de l’Amour Divin V-XXXI, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Prie le Seigneur de t’introduire à l’école d’amour où tu apprendras à connaître et à aimer Jésus : Ô Dieu d’amour, ouvre-moi dès maintenant l’école d’amour afin que là je reçoive ton très très cher enseignement, et par toi j’aie une âme non seulement bonne, mais en vérité sainte et parfaite » (Exercices V).

 

Parole de Dieu : « Les bergers trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une crèche » (Luc 2, 16).

 

Dans ma vie

 

Saint Joseph, absent des Litanies des Saints dans les Exercices n’apparaît qu’une fois dans le Héraut de l’Amour Divin. En une fête de l’Annonciation, « lorsque le Bienheureux Joseph à qui la Vierge a été fiancée, tous les Saints inclinent la tête en son honneur, tandis que leurs regards affectueux lui sourient, pleins de joie pour sa dignité (Héraut IV-XII, 5). Nous qui avons la chance de le vénérer non seulement comme Époux de Marie, mais aussi comme « Protecteur de la Sainte Eglise », n’oublions pas le rôle éminent du « Patriarche du Silence » dans la « garde des mystères du salut ».

 

Résolution : Je cherche à rendre service autour de moi, en famille ou en paroisse. Je me rends disponible pour les autres en les faisant passer avant mes petits impératifs.

 

Avant l’Epihanie

 

Lundi

Ferveur eucharistique

 

Le Seigneur vient de montrer à Gertrude comment la gloire de l’âme s’accroît par la fréquente réception de l’Eucharistie ; aussi soupire-t-elle : « Combien me dépasseront dans la gloire les prêtres qui communient tous les jours ! » Il lui explique alors qu’une ferveur plus grande et la pureté de la préparation compensent une participation moins fréquente au banquet eucharistique. Et que le prêtre qui célèbre les Saints Mystères avec routine ne peut prétendre à la même récompense… La qualité de désir et d’amour de Dieu peut donner à une communion spirituelle la même grâce que par le Sacrement » (cf Héraut de l’Amour Divin III-XXXVI-XXXVIII).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Chaque fois qu’un homme contemple, avec désir et dévotion, l’Hostie où se cache sacramentellement le Corps du Christ, chaque fois il augmente ses mérites pour le Ciel. En effet, quand il verra Dieu dans l’éternité, il goûtera des délices particulières pour toutes les fois où il aura ainsi contemplé le Corps du Christ, ou seulement souhaité le voir » (Héraut de l’Amour Divin IV-XXV, 8).

 

Parole de Dieu : « Je poserai sur toi la force de mon regard » (Psaume 31, 8 Vg).

 

Dans ma vie

 

Au XIIIe siècle, l’exposition du Saint Sacrement n’est pas pratiquée. C’est à la Messe, à la Consécration lors de l’élévation, que Sainte Gertrude regarde l’Hostie et le Calice. Jésus lui explique la puissance de son regard « qui efface toutes les taches de l’âme et la rend plus blanche que neige. Comme la chaleur du soleil amollit la cire, il attendrit l’âme, la disposant ainsi à recevoir les dons spirituels. Son regard suscite en elle la floraison d’une variété de vertus, comme le soleil rend féconde la terre... » Avec pleine confiance exposons-nous à ce regard en adorant le Saint Sacrement.

 

Résolution : Je décide d’aller dans une église prier Jésus au tabernacle où, bien que caché, Il est réellement présent. Je le remercie de tous les bienfaits dont Il me comble.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu

Mardi

Mère de Jésus, Mère de Dieu

 

Lors du chant d’un répons de Noël, « le Seigneur se rappela la condescendance pleine d’amour qui l’avait fait descendre du sein du Père et entrer, par les entrailles d’une Vierge inviolée, en notre misérable exil. Comme liquéfié d’amour à ce souvenir, il fixa sur la Vierge, sa Mère, un regard souriant, doux comme la plus affectueuse caresse et capable de la faire tressaillir jusqu’au plus profond d’elle-même. Puis il lui donna un baiser très doux qui renouvela pour elle, comme en les répétant, toutes les joies dont Sa très Sainte Humanité l’avait comblée sur terre » (Héraut IV-III, 3).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Le sein immaculé de la Vierge glorieuse apparut alors, aussi transparent qu’un cristal très pur à travers lequel ses entrailles, traversées de part en part et toutes remplies de la divinité, en rayonnaient l’éclat. On voyait le tout petit enfant, en son printemps, Lui, l’Unique du Père, trouver ses délices à puiser avidement la vie au coeur de la Vierge sa Mère » (Héraut IV-III, 4).

 

Parole de Dieu : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé Son Fils ; Il est né d’une femme » (Galates 4, 4).

 

Dans ma vie

 

« Très doux ami, daignez souhaiter la nouvelle année à votre chère communauté. – Renouvelez votre esprit et votre pensée, répond le Seigneur. Et Gertrude : « Que votre bonté, ô très miséricordieux, n’oublie pas en ce jour de Votre Circoncision, de retrancher nos défauts à toutes. - Que l’observance de votre règle vous serve de circoncision !… Si quelqu’un, en ce jour de l’An, s’applique à désavouer par une authentique contrition du coeur ses manquements, Je serai pour lui comme un maître très bon qui prend son élève préféré pour lui apprendre à lire » (Héraut de l’Amour Divin IV-V, 3). Bonne année avec l’Evangile pour règle !

 

Résolution : Je vais à la Messe, si possible en famille, pour offrir mon année au Seigneur par les mains de la Mère de Dieu fêtée aujourd’hui.

 

Mercredi

L’ultime appel

 

Gertrude parle de la mort comme du « jour de la vocation ». Elle entend Jésus appeler Sainte Mechtilde, le jour de sa mort, avec les mots mêmes de la grâce spéciale par laquelle Il lui avait fait le don insigne de son coeur ; ses derniers moments furent donc vécus comme un mémorial de sa vocation. Sainte Gertrude relate la mort de son abbesse, Dame Gertrude, comme la fête de la rencontre : « Voici que maintenant je vais te posséder dans le baiser de ma tendresse, lui dit Jésus avant de la présenter au Père. Et aussitôt son âme s’élève dans une jubilation d’incomparable suavité » (Héraut de l’Amour Divin V-I, 23).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Lorsque je vois à l’agonie des êtres qui se sont plu parfois à penser à moi ou ont accompli quelques œuvre méritoire, fût-ce à l’approche de la mort, je me révèle à eux dans tout l’attrait de ma tendre bonté, de sorte que, du fond du coeur, ils se repentent de m’avoir offensé et c’est ce repentir qui les sauve » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 29).

 

Parole de Dieu : « La preuve que Dieu nous aimes, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous » (Romains 5, 8).

 

Dans ma vie

 

En digne fille de Saint Benoît, Gertrude, sans nulle crainte ni tristesse, « a chaque jour la mort devant les yeux » ; elle la perçoit comme l’accomplissement dynamique de son amour du Christ. Dans le livre V du Héraut, recueil de témoignages sur des défunts, elle parle souvent de la nécessité d’une ultime purification ; le Purgatoire, pour elle, n’a rien d’un lieu de torture ! « L’âme, en effet, y attend avec joie sa consommation. Elle ressemble à une jeune fille qui, en voyant dans les mains de sa mère les bijoux qui doivent la parer le lendemain, se réjouit dans l’attente de ce jour.

 

Résolution : J’imite Sainte Gertrude qui aidait les âmes du Purgatoire autant par son intercession que par des bonnes œuvres. Je récite la Prière « Âme du Christ », en disant consciemment « à ma mort, appelle-moi ! » :

 

« Âme du Christ, sanctifie-moi, Corps du Christ, sauve-moi, Sang du Christ, enivre-moi, Eau du côté du Christ, lave-moi, Passion du Christ, fortifie-moi. Ô bon Jésus, exauce-moi. Dans tes blessures, cache-moi. Ne permets pas que je sois séparé de toi. De l’ennemi défends-moi. À ma mort appelle-moi. Ordonne-moi de venir à toi, Pour qu’avec tes saints je te loue, Dans les siècles des siècles, Amen ».

 

Jeudi

La mort de Gertrude

 

Gertrude, pour se préparer à la mort, a pris l’habitude de se retirer le vendredi, à l’heure de None, pour s’approprier la prière des agonisants. « Un vendredi, le Seigneur lui fait voir à l’avance – en une sorte d’extase spirituelle – combien sera béni son passage hors de ce monde lorsqu’il daignera lui faire entendre son appel ». La Sainte Vierge, tous les Saints des Litanies viennent à son devant et, en guise de présents, la comblent avec bienveillance de leurs vertus… Enfin, « le Roi de gloire s’incline lui-même avec une inestimable tendresse comme pour lui donner un baiser... » (Héraut de l’Amour Divin V-XXXII, 8).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« À l’heure de ma mort, secours-moi par toutes les entrailles de Ta Miséricorde, et réjouis-moi d’une grande joie, en me montrant Ton Visage, Seigneur. Au jour du jugement, que mon âme n’ait pas à redouter une parole de reproche ; mais fais-moi entendre Ta voix glorieuse : Venez les bénis de Mon Père » (Exercices III).

 

Parole de Dieu : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l’avenir…. » (Romains, 3, 35, 38).

 

Dans ma vie

 

Une confiance totale en « la libéralité et la tendresse du Seigneur » accompagne la sainte liberté de Gertrude. Elle a l’assurance que « l’amour divin consumera toutes ses forces et que la mort ne triomphera d’elle que par la même violence d’amour qui causa celle de Jésus ». Sa foi pressent la joie de la vie éternelle comme le prolongement absolut de « l’étreinte eucharistique ». N’ayons donc peur que de ce qui peut nous séparer de Dieu ! Regardons, écoutons Jésus, le Fils unique du Père, né à Bethléem pour nous le faire connaître.

 

Résolution : je passe cette journée dans la prière et la Charité. J’aide donc de tout mon coeur la première personne qui me demande un service en suivant ce conseil de l’Evangile repris par Saint Benoît : « à quiconque demande de faire un mille, fais en deux ! ».

 

Vendredi

Pourquoi le Héraut ?

 

Que motif poussa Gertrude à révéler à autrui la confidence de ses « fréquent entretiens avec le Seigneur de Majesté » et des grâces insignes reçues ? « Elle se jugeait complètement indigne des dons de Dieu qu’elle ne pouvait en aucune manière les croire accordés pour elle seule, mais pour le profit des autres » répond sa biographe. « Je t’ai donnée pour être la lumière des nations et pour être mon salut jusqu’aux extrémités du monde » dit le Seigneur à Gertrude pour l’encourager à rédiger le Livre II du Héraut.

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Un jour, en méditant, Gertrude prit conscience de sa misère intérieure… Elle se demandait comment il lui serait possible de plaire à Dieu qui voyait en elle toutes ses souillures ; et là où elle ne se découvrait qu’une tache, le divin et pénétrant regard en apercevait une infinité. Elle fut divinement consolée par cette réponse : « L’amour rend aimable ! » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 30).

 

Parole de Dieu : « Celui sur qui Je jette les yeux, c’est le pauvre et le coeur contrit » (Isaïe 66, 2).

 

Dans ma vie

 

Pour aller à Jésus, passion par le « pont » qu’est Gertrude, puisque c’est le désir du Seigneur. Gertrude n’a rien d’un gourou, sa doctrine est celle de l’Evangile. Lisons-là : par elle nous entendons la voix du Fils, doux et humble de coeur, nous respirons le parfum du bien-aimé. « Si quelqu’un vient à moi d’un coeur humilié, et, par amour de mon amour fait (du héraut) sa lecture, Je lui montrerai en détail dans mon coeur les passages qui lui seront utiles » a promis Jésus à Gertrude. Essayez donc !

 

Résolution : je choisis, selon mon attrait, mon âge et mon état, l’un des exercices de Sainte Gertrude ; je le fais en m’arrêtant là ou cela fait « tilt » et je prie la Sainte « pour goûter la joie de la présence et l’action du Seigneur en moi ». (Retrouvez le texte de ces exercices en cliquant ICI).

 

Samedi

Quelques noms du Seigneur

 

« Il m’est bon, mon bien-aimé de m’attacher à Vous seul ». La prenant dans ses bras, le Seigneur lui dit : « Il m’est doux aussi, toujours, ma bien-aimée, de m’attacher à toi ». Puis elle dit de toute l’ardeur de son désir : « Toute infirme et vile créature, je Vous salue mon très aimant Seigneur ». Et le Seigneur : « Je te salue à mon tour, ma très aimante ». Gertrude comprit alors que si une âme dit à Dieu : « Mon bien-aimé, mon très doux, mon très aimant » et autres titres semblables dans un élan de vive dévotion, Dieu lui répondra dans les mêmes termes. (Héraut de l’Amour Divin III-XXIX, 1-2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Vous êtes Fleur printanière de la Beauté Première,

Ô frère d’infinie tendresse,

Adolescent d’infinie beauté,

Compagnon de gaieté infinie,

Hôte d’infinie munificence,

Diacre d’infinie courtoisie ». (Héraut de l’Amour Divin III-LXV).

 

Parole de Dieu : « Du lever du soleil à son coucher, loué soit le Nom du Seigneur » (Psaume 112, 3).

 

Dans ma vie

 

Jésus est apparu pour la première fois à Gertrude sous l’aspect séduisant d’un adolescent de 16 ans, plein de charme. À cet adolescent très beau, « d’une jeunesse printanière, florissante », elle donne par la suite ces doux noms : « Ô Ami des hommes, Très aimant Sauveur, Ô très doux Amant, Perle vivifiante de divine noblesse, Fleur jamais fanée d’humaine beauté... » Le 3 janvier, nous avons fait mémoire du Saint Nom de Jésus, célébration remise à l’honneur par Saint Jean Paul II. Aimons répéter le Nom de Jésus que lui donna Marie et qu’explicita l’ange à Joseph : « car c’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés ».

 

Résolution : Je récite aujourd’hui les Litanies du Saint Nom de Jésus. Si je n’ai pas sous la main ou trouver, je m’en formule moi-même : « Jésus ma joie, mon amour, désir de mon coeur... » et je les prie, si possible devant la crèche.

 

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Epiphanie du Seigneur

Dimanche

 

En cette fête solennelle, Gertrude offre sur le modèle de l’offrande des rois, en guise de myrrhe le Corps du Christ avec toutes les souffrances de Sa Passion, pour effacer les péchés de tous, depuis Adam jusqu’au dernier des hommes. En place d’encens, l’âme du Christ, pleine de dévotion, pour suppléer aux négligences de tout l’univers. En guise d’or, la très parfaite divinité du Christ, avec les délices dont elle jouit, pour suppléer aux négligences de toutes les créatures. Le Seigneur lui apparaît alors présentant cette offrande, comme des étrennes, à la toujours adorable Trinité (Héraut de l’Amour Divin IV-VI, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Se prosternant ils l’adorèrent et ouvrant leurs trésors… Stimulée par l’exemple des mages, Gertrude se leva dans la ferveur de son esprit et se prosterna avec une très humble dévotion aux pieds très Saints du Seigneur Jésus, l’adorant au nom de toute ce qu’il y a au Ciel, sur terre et dans les enfers » (Héraut de l’Amour Divin IV-VI, 3).

 

Parole de Dieu : « Les rois de Tarsis et des îles emporteront des présents : tous les rois se prosterneront devant Lui » (Psaume 71, 10).

 

Dans ma vie

 

Gertrude en offrant comme présents le corps, l’âme et la divinité du Christ accomplit exactement ce que demande la prière sur les offrandes de cette fête : « Regarde les dons de Ton Eglise, qui ne T’offre plus ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe, mais celui que ces présents révélaient, qui s’immole et se donne en nourriture : Jésus, le Christ ». Une fois de plus, admirons sa sage théologie spirituelle puisée dans la liturgie. Selon un noël : Élevons la pensée, à Dieu qui a conduit nos pas cette journée, voici venir la nuit… Offrons nos corps, nos âmes à notre créateur.

 

Résolution : En l’anniversaire de la naissance de Sainte Gertrude, le 6 janvier 1256, confions-lui tous nos désirs et requêtes ; son intercession si grande à tout pouvoir pour nous combler par le coeur de Jésus !

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

Fin de l’Avent avec Sainte Getrude de Hefta

 

Pour approfondir

Vous pouvez consulter les écrits de Sainte Gertrude, en ligne, sur les liens suivants :

 

Le Héraut de l’Amour Divin, en cliquant ICI

Les Exercices de Sainte Gertrude, en cliquant ICI

 

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Téléchargez le texte des méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

Téléchargez l’intégralité des méditations de l’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta (pdf) en cliquant ici

 

Rendez-vous le 28 février pour le Mois de Saint Joseph...

 

28 décembre 2018

Prier avec Sainte Gertrude de Hefta

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Prier avec Sainte Gertrude de Hefta

Prières extraites des Exercices

 

Prière à l’Ange Gardien

 

Salut, saint Ange de Dieu, gardien de mon âme et de mon corps; par le très doux coeur du Fils de Dieu Jésus-Christ, pour l’amour de Celui qui t’a créée et moi aussi, pour l’amour de Celui qui m’a confiée à toi lors de mon Baptême, reçois-moi en la garde de ta très fidèle paternité : afin que par ton aide, je traverse le torrent de cette vie sans souiller mes pieds, jusqu’à ce que j’arrive avec toi joyeuse à la vue de cette face d’où découle le miel, face que tu vois, toi; à la vue très réjouissante de cette suprême Divinité, dont la douceur surpasse toute suavité. (Exercice 1)

 

Pour renouveler la grâce de son baptême

 

O Jésus, fontaine de vie, fais-moi boire en toi la coupe d’eau vive, afin qu’ayant goûté de toi éternellement je n’aie plus soif de rien sinon de toi. Plonge-moi tout entière dans la profondeur de ta miséricorde. Baptise-moi dans la pureté sans tache de ta mort précieuse. Renouvelle-moi dans ton sang, par lequel tu m'as rachetée. Dans l'eau de ton côté très saint, lave toutes les taches dont j'ai pu souiller l'innocence de mon baptême. Remplis-moi de ton Esprit pour la vie éternelle. (Exercice 1).

 

Signe de croix

 

Par l'amour de ton amour, fais-moi porter sur mes épaules, et toujours, le joug suave et le fardeau léger de tes commandements ; fais-moi porter sur mon coeur, et toujours, le serment de la sainte foi, comme. un bouquet de myrrhe, afin que toi qui as été crucifié pour moi, tu demeures à jamais fixé dans mon coeur. Amen. (Exercice 1)

 

Prière de l’Amen

 

Que le Dieu fidèle, le vrai Amen qui ne défaille jamais, me fasse avoir une soif ardente de ce cher Amen, par lequel il nous fait aimer ; qu’il me fasse goûter suavement ce doux Amen par lequel il nous conforte ; qu’il me fasse être heureusement consommée en cet Amen salutaire, par lequel il nous béatifie, afin qu’en l’éternité je mérite d’un vrai mérite de goûter l’Amen éternel et très suave, par lequel je crois que je verrai le vrai Amen lui-même, Jésus le Fils de Dieu, lequel seul suffit à qui l’aime, et ensemble avec le Père et le Saint Esprit donne tous ses biens, et ne dédaigne pas ceux qu’il a créés. Amen. Amen. Amen. (Exercice II).

 

Prière à la Trinité

 

O Dieu, Trinité sainte, fontaine d’éternelle lumière, par ta divine toute-puissance soutiens-moi, par ta divine sagesse conduis-moi, par ta divine bonté fais-moi selon ton coeur.

 

Prière au Bon Pasteur

 

De grâce, Jésus, bon Pasteur, fais-moi entendre et reconnaître ta voix. Lève-moi sur ton bras. Fais-moi reposer sur ton sein, moi ta brebis, fécondée du Saint-Esprit. Là enseigne-moi à te craindre. Là apprends-moi à t’aimer. Là instruis-moi à te suivre. Amen.

 

Extrait de Litanies

 

O Abraham, mon père, obtiens-moi cette foi, cette obéissance, qui t’a conduit à l’amitié au Dieu vivant.

O Moïse, cher à Dieu, obtiens-moi cet esprit de. douceur, de paix et de charité, qui t’a rendu digne de parler face à face avec la majesté du Seigneur.

O David, vénérable roi-prophète, obtiens-moi cette parfaite fidélité, résolution et humilité, qui a fait de toi un homme selon le coeur de Dieu, afin que tu fusses vraiment cher et agréable - au Roi qui est Dieu.

 

Louange au Verbe Incarné

 

Sois béni pour avoir pris notre humanité, ce qui m’a appelée en la société de ta divinité.

Sois béni par cet exil de 33 ans que tu as enduré pour moi, afin de ramener mon âme qui était perdue, à la fontaine de la vie éternelle.

Sois béni par tous les travaux, les douleurs et les sueurs par lesquels tu as sanctifié toutes mes angoisses, mes souffrances et mes maladies.

Sois béni par ton abondante dilection, par laquelle tu es devenu de mon âme la précieuse rédemption.

Sois béni par toutes et chacune des gouttes de ton très précieux sang, par lesquelles tu as donné la vie à mon âme, et tu m’as rachetée à un si haut prix.

 

ô Amour !

 

Ô Amour, l’ardeur de ta flamme divine m’a ouvert le coeur très doux de mon Jésus.

Ô coeur, source de douleur !

Ô coeur regorgeant de miséricorde !

Ô coeur surabondant de Charité !

Ô coeut distillant de suavité !

Ô coeur plein de tendresse !

Fais-moi mourir d’amour et de dilection pour toi, ô très cher coeur.

Ô très chère perle de mon coeur, invite-moi à ton festin vivifiant. (Exercice VI).

 

Ces prières de Sainte Gertrude dont ses Exercices foisonnent dans la traduction de Dom Emmanuel, Olivétain, 1915

(Pour lire l'intégralité des Exercices de Sainte Gertrude, cliquer ICI)

 

Prières extraites du hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta publié en 2014

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Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

22 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Quatrième Semaine de l’Avent

 

Quatrième Dimanche de l’Avent

« Voici la servante du Seigneur »

 

En entendant cette réponse dans l’Evangile de l’Annonciation, Gertrude salue avec ferveur la Vierge Marie pour la joie de son don total. Celle-ci lui répond avec douceur et affection : « À qui me rappellera avec dévotion cette joie, je ferai expérimenter ce qui est demandé dans l’hymne de la Fête d’aujourd’hui : « Monstra te esse Matrem, Montre que Tu es Mère » (Hymne Ave Maris Stella). Je me montrerai en vérité la Mère du Roi et de son suppliant : du Roi, par ma puissance de suppliant, par la profusion de ma tendre et salutaire miséricorde » Héraut de l’Amour Divin IV-XII, 8).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

Durant la Messe, Gertrude voit la glorieuse Mère ornée de l’éclat des principales vertus par lesquelles elle avait plu au Seigneur : la première, sa pureté attrayante ; la seconde, son humilité féconde ; la troisième, ses fervents désirs ; la quatrième, sa lumineuse connaissance ; la cinquième, son amour inextinguible ; la sixième, sa joie souveraine ; la septième, sa joie inaltérable » (Héraut de l’Amour Divin IV-XII, 6).

 

Parole de Dieu : « Tu seras une couronne de splendeur dans la main du Seigneur » (Isaïe 62, 3).

 

Dans ma vie

 

« Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’hommes ? » le verbe présent montre la résolution de Marie, la profondeur de son propos de virginité. Certes, elle était fiancée à Joseph mais avec la décision de ne pas connaître d’homme, au sens biblique du verbe qui désigne l’amour conjugal. En renonçant aux joies de la maternité par sa virginité, Marie ne s’était-elle pas interdit à tout jamais d’être la mère du Messie ? Le mystère du renoncement peut être le nôtre, « car rien n’est impossible à Dieu ». Pensons-y lors des détachements qui nous attendent sur le chemin de Bethléem, puis de Jérusalem.

 

Résolution : Je médite dans mon coeur l’évangile de l’Annonciation (Luc 1, 26-38) pour découvrir le poids du mystère caché sous les mots. Je rends visite en famille, si c’est possible, à un malade ou à un proche isolé.

 

Lundi

Une veille de Noël

 

Durant les Psaumes de Matines, Gertrude « tend tout son désir vers Dieu, souhaitant qu’en la glorieuse et très douce Nativité de Jésus, tous ses exercices, aussi bien corporels que spirituels, soient un chant de suprême louange à la toujours adorable Trinité. Au signal de Laudes, le Seigneur lui dit : « De même que la cloche annonce la fête de Ma Nativité, ainsi, je t’accorde que tout en cette fête : chants, lectures, prières, méditations et même les exercices corporels, tout enfin, résonne à la louange de la Sainte Trinité en union avec mon amour et désir » (Héraut de l’Amour Divin IV-I, 6).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

En une vigile de Noël, « Gertrude, le coeur gros, que, retenue par la maladie, elle n’avait pu acquitter pendant l’Avent ni dévotions (particulières), ni prières (supplémentaires) pour les offrir à la Vierge Marie. Instruite par l’Esprit Saint, elle lui offrit pour suppléer à toutes ses négligences, le coeur de Jésus, dont la noblesse et la douceur sont infinies » (Héraut IV-I, 16).

 

Parole de Dieu : « Ce soir vous saurez que c’est Dieu qui vous a fait sortir du pays d’Egypte, et au matin vous verrez sa gloire » (Exode 16, 7).

 

Dans ma vie

 

Dans ce chapitre, Gertrude se prépare, d’office en office, à la grande vigile de la nuit de Noël. Comme dans le Seigneur on ne peut rien faire, elle lui demande de préparer son coeur à son bon plaisir. Entouré de tous les choeurs des anges, il préside le Chapitre où est chanté le martyrologe de Noël ; à l’annonce : Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, est né en Bethléem de Judée, ils se prosternent jusqu’à terre pour l’adorer. Suit alors un chapitre des couples ou chacune purifie son coeur de ses manquements extérieurs au bien commun… Confions à la ferveur des notre Noël familial à Sainte Gertrude.

 

Résolution : Prenons le temps en famille d’une vraie prière de Noël et de pardon mutuels ; préparons l’évangile de la Messe en demandant la grâce d’être des artisans de paix.

 

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Mardi

Saint jour de Noël

Noël avec Sainte Gertrude

 

Le jour de Votre très sainte Nativité, je Vous pris dans la crèche, tendre nouveau-né et Vous pressai sur ma poitrine… L’année suivante, je Vous reçus du girons de la Vierge Mère sous la forme d’un enfançon infiniment tendre et délicat… Comme votre Mère s’apprêtait à Vous emmailloter, je demandai à être enveloppée avec Vous. Je compris que Vous étiez enveloppé dans le lange tout blanc de l’innocence, lié de la bandelette d’or de la Charité et que, pour être enveloppée et liée avec Vous, il me fallait m’efforcer sans cesse à la pureté de coeur et aux œuvres de Charité » (Héraut de l’Amour Divin II-XVI, 4-5)

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Si quelqu’un désire recevoir le Seigneur comme hôte ; il doit lui consigner la clé de sa propre volonté, s’en remettant complètement à son bon plaisir et faisant une confiance absolue à sa douce bénignité pour opérer son salut en toutes choses (Héraut de l’Amour Divin IV-XXIII, 10).

 

Parole de Dieu : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1, 11-12).

 

Dans ma vie

 

Gertrude désire faire de son coeur une hôtellerie au Seigneur ; ce dernier lui demande alors la clé de sa liberté, à savoir sa volonté propre. Tous les détachements, petits et grands, consentis durant l’Avent nous ont préparé à la grâce de Noël ; grâce de Foi au Verbe fait chair qui doit resplendir dans notre vie (Collecte de la Messe de l’aurore). À la communion, prenons le temps de faire de nos coeurs un berceau pour recevoir Celui qui vient comme nourriture s’assimiler sa créature. Selon la bonne théologie du noël dans une pauvre étable. Oh ! Oh ! qu’il est beau ! qu’il est beau !

 

Voeu de Noël : « Ah ! Si seulement nos coeurs pouvaient devenir crèche ! Dieu une fois encore sur cette terre deviendrait enfant ! » (Angelus Silesius).

 

Octave de la Nativité

 

Mercredi

Fête de Saint Etienne

Se préparer à la mort

 

Voici un dialogue du Seigneur avec Gertrude qui, en grande faiblesse, lui demande « si elle ne va pas bientôt payer sa dette à la nature ». « Lorsque tu fais l’expérience de la maladie, il convient, de ne rien négliger des préparatifs que tu souhaites faire avant de mourir. - Et comment pourrai-je connaître à l’avance cette heure tant désirée où Vous viendrez me faire sortir de la prison de ce corps ? - J’enverrai deux anges munis de trompettes d’or pour chanter suavement à tes oreilles : Voici l’époux qui vient, allez au-devant de Lui » (Héraut de l’Amour Divin V-XXIV, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Quelle en sera le coursier ? - Tu seras emportée par la puissance du désir divin que Mon amour le plus profond dirigera vers toi… - et en guise de selle ? - la confiance plénière qui te fait attendre tout bien de Mon extrême bonté. - Et la bride ? - L’amour très fervent qui te fait aspirer de tout ton coeur à mes étreintes… Et voilà ce qui fait mes délices : jamais esprit humain n’imaginera un bonheur aussi grand que celui que Je prépare à mes élus » (Héraut de l’Amour Divin V-XXIV, 1).

 

Parole de Dieu : « Tout rempli de l’Esprit Saint, Etienne fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu » (Actes des Apôtres 7, 55).

 

Dans ma vie

 

Chaque année, ne sommes-nous pas étonnés de fêter, le lendemain de Noël, le martyre d’Etienne ? Mais l’Incarnation n’est-elle pas le commencement de la Rédemption ? Expliquent les uns. D’autres : Etienne « à vu les cieux ouvert et la gloire de Dieu » dont Noël est la première manifestation sur terre. Une autre réponse vient des anciens qui appellent la mort dies natalis : « la naissance au Ciel ». La vie sur terre n’est donc qu’un temps de gestation par rapport à la vie éternelle. La mort d’Etienne nous fait regarder le but : l’ouverture des cieux, l’entrée dans la béatitude éternelle.

 

Résolution : Je n’attends pas pour ranger le petit désordre occasionné par les fêtes de Noël ; je mets aussi de l’ordre dans mes affaires, afin d’être prêt !

 

Jeudi

Saint Jean l’Evangéliste

 

« Jean apparut à Gertrude avec des vêtements ambrés, entièrement brochés d’aigles d’or. En effet, durant sa vie mortelle il s’était élevé bien au-dessus de lui-même par la contemplation, tout en s’efforçant de descendre plus au creux de la vallée de l’humilité par un vif sentiment de sa bassesse. Sous les aigles d’or apparut comme un reflet rouge, parce qu’il s’efforçait de commencer sa contemplation par le souvenir de la Passion, le coeur attendrit d’une intime compassion. Sur chaque épuale, il portait un lys d’or, symbole de ses prérogatives de disciples que Jésus aimait et de gardien de la Vierge » (Héraut de l’Amour Divin IV-IV, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Ma mission fut de manifester à la jeune Eglise, par une seule parole, le Verbe incréé de Dieu le Père, capable de satisfaire l’intelligence du genre humain jusqu’à la fin du monde. Quant à la douce éloquence des battements du coeur de Jésus (sur lequel j’ai reposé à la Cène) elle est réservée aux temps actuels pour que le monde, vieilli et engourdi dans son amour pour Dieu, retrouve sa ferveur » (Héraut de l’Amour Divin IV-IV, 4).

 

Parole de Dieu : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4, 8).

 

Dans ma vie

 

Bien avant Sainte Marguerite-Marie, qui eut sa première apparition du Sacré Coeur le 27 décembre 1673, Sainte Gertrude aime s’élancer vers le Coeur de Jésus et y reposer. Jésus lui enseigne que Son Coeur est pour une moniale ce que l’Église est au monastère : le saint des saints, »la cassette sacrée et sans pareille de la divinité ». Il l’invite à venir « se dénicher dans le creux du rocher », la Plaie de Son Côté sacré. Il lui demande de faire passer toutes ses prières par Son Divin Coeur. À l’école de Saint Jean et de Sainte Gertrude, découvrons avec éblouissement que Dieu n’est qu’amour.

 

Résolution : Proposée par Jésus Lui-même en la fête de Saint Jean : « Que tout homme récite chaque jour un Notre Père avec l’attachement et l’affection que ressentit son coeur lorsque Je lui enseignais cette prière ».

 

Vendredi

L’ange gardien de Gertrude

 

Gertrude désire reconnaître, dans le choeur des Anges, l’Ange député à sa garde. « Et voici qu’apparut un prince très brillant, paré d’ornements merveilleux, incomparables. Il se tenait par derrière entre Dieu et l’âme. Un de ses bras entourait le Seigneur, l’autre l’âme, avec un souverain respect et une très délicate tendresse… Elle lui offrit alors de brèves oraisons qu’elle avait spécialement préparées en son honneur. Il les reçut avec une grande joie et les offrit, sous la forme de roses merveilleusement belles, à la toujours vénérable Trinité (Héraut de l’Amour Divin IV-LIII, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

Les Anges disaient : Avec une joie ineffable, nous sommes attentifs, jour et nuit, à te garder avec sollicitude. Nous veillons à ce que tu ne perde rien de ce qui sied à te parer dans l’attente de l’époux… Nous te servirons avec dévouement en tout ce que tu feras. Nous te ferons constamment aller de l’avant et te stimulerons toujours d’avantage » (Héraut de l’Amour Divin IV-LIII, 2,3).

 

Parole de Dieu : « Il a pour toi donné ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies » (Psaume 90, 11).

 

Dans ma vie

 

Le jour de Noël, nous avons chanté : Mille anges divins, mille séraphins, volent alentour de ce grand Dieu d’amour », pensons à prier les Anges. Durant la nuit de Noël, en grande foule, il ont proclamé : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ! » Avons-nous le coeur assez pur pour les entendre, pour les voir ? Qu’importe, la Foi nous assure de leur présence à la Messe dans laquelle l’Église a introduit leur cantique de louanges, le Gloria. Demandons-leur une grâce d’adoration, d’émerveillement devant le Divin Enfant : Toi seul es Saint, Toi seul est Seigneur, Toi seul est le Très-Haut, Jésus-Christ !

 

Résolution : Prenons le temps de reprendre quelques vieux Noëls, en commençant par ceux qui parlent des anges : Bergers écoutez les musique ; En cette nuit ; Les Anges dans nos campagnes...

 

Samedi

La prière d’action de grâces

 

« Fixe-toi, de temps en temps, un jour, pendant lequel tu puisses, sans entrave, vaquer à la louange divine, afin de suppléer à toute la louange et à l’action de grâces que tu as négligée de rendre à ton Dieu pour les jours de ta vie, pour tous ses bienfaits ». Ainsi commence le sixième des Exercices de Sainte Gertrude où, selon Dom Guéranger, « la Sainte unit les accents du remerciement le plus humble et le plus tendre, à ceux de la louange la plus haute et la plus triomphante… Sans attendre l’heure de son entrée au Ciel pour s’unir au concept des créatures glorifiées ».

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Daigne insérer toute l’oeuvre et tout le travail de ma vie dans l’oeuvre de vie de ta vivante dilection afin que toute l’éternité de mon âme te glorifie et que toute ma vie te serve infatigablement, que mon esprit tressaille en toi, mon Dieu et mon salut, que toutes mes pensées et mes œuvres te soient louanges et actions de grâces » (Exercices IV).

 

Parole de Dieu : « Soyez vigilants à la prière ; tenez-y vous vigilants dans l’action de grâce » (Colossiens 4, 2).

 

Dans ma vie

 

La Foi devrait nous conduire au mystère de l’Incarnation comme Sainte Gertrude, à l’admiration, à l a louange d’amour, dont le Magnificat est un modèle indépassable. La liturgie nous y conduit sûrement, elle qui, chaque soir, clôture les Vêpres avec le Cantique de Marie. Le Chant du Magnificat, mémorial de la Miséricorde Divine, deux fois mentionnée, rend présent, réactualise, d’une certaine manière, la Miséricorde que Dieu manifeste depuis la Création, et dont l’Enfant de la Crèche est l’incarnation.

 

Résolution : J’insère dans la prière du soir le Magnificat. Je lis le récit de la Visitation (Luc 1, 39-56) en famille, à trois voix : lecteur, Elisabeth, Marie. Et je propose à tous l’effort de ne pas « râler » jusqu’à l’Epiphanie.

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

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15 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Troisième Semaine de l’Avent

 

Troisième Dimanche de l’Avent

Un dimanche de Gaudete

 

Comme Gertrude, souffrante, ne peut assister à la messe, un troisième dimanche d’Avent, le Seigneur lui propose de lui chanter Lui-même la messe ! « Il entonne à haute voix avec tous les saints l’introït Gaudete… Puis il poursuit d’une voix claire Kyrie eleison. Deux anges conduisent alors l’âme de Gertrude en présence de Dieu le Père. Tombant sur sa face elle se prosterne dans l’adoration. Au premier Kyrie le Père lui accorde la pleine rémission de ses péchés de fragilité ; au second Kyrie elle reçoit le pardon de ses fautes d’ignorance. Puis les anges la conduisent au Fils pour les Christe... » (Missa 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Lorsqu’elle eut communié, le chantre des chantres – Jésus entonna d’une voix pénétrante : Ecce quod concupivi : Voici ce que j’ai désiré... Ô douceur inestimable de la condescendance d’un Dieu. Il désire avec tant de passion trouver sa joie dans l’âme humaine qu’il juge toute la douleur de sa sainte Passion et de sa mort compensée par son union avec une seule (âme)... » (Missa 14).

 

Parole de Dieu : « Réjouissez-vous sans cesse… N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière » (Philippiens 4, 4,6).

 

Dans ma vie

 

Gertrude vit si intensément le conseil de Saint Benoît : « Que notre âme concorde avec notre voix » que c’est au rythme de la mélodie grégorienne des Christe du Kyrie qu’elle connaît, ce même dimanche, la grâce d’échanges d’amour entre son coeur et celui de Jésus : « Cela se faisait par une sorte de merveilleux influx de Dieu en l’âme et d’un reflux de l’âme en Dieu ; par les notes descendantes, le coeur divin s’écoulait dans l’âme avec une ineffable délectation, et, par les notes ascendantes, l’âme refluait vers Dieu, dans une immense joie ».

 

Résolution : À la messe, je m’applique à comprendre ce que je chante : je renouvelle mon attention aux chants de l’ordinaire, pour prier en vérité la supplication du « Seigneur prends pitié », la louange du « Gloire à Dieu », l’acclamation « Saint, Saint, Saint ».

 

Lundi

Sainte Gertrude faisait-elle oraison ?

 

À plusieurs reprises, Gertrude rapporte une grâce obtenue lors d’un temps d’oraison, une fois même durant la nuit. Quand elle le peut, elle aime après les matines, « s’adonner plus à loisir à l’oraison ». « Elle éprouve souvent tant d’ennui en compagnie des créatures que, fréquemment, se retirant soudain, elle se rend, l’âme pleine de ferveur, au lieu de son oraison, disant : « Mon Seigneur ! Voici que toute créature m’est à charge ; je ne veux plus d’autres compagnie et entretien qu’avec Vous seul. Je viens à Vous, unique et suprême bien, joie de mon coeur et de mon âme » (Héraut de l’Amour Divin III-XLVII, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

Consigne de Jésus pour un chrétien cultivé : « Qu’il s’efforce, chaque jour, pendant au moins une heure, de s’abstraire de toute occupation extérieure pour se recueillir intérieurement, tournant vers Moi son attention et cherchant à connaître Ma Volonté. Puis, qu’il suive l’inspiration : soit de Me louer, soit de rendre grâces, soit de prier pour les pécheurs… avec une grande ferveur, pendant le temps fixé » (Héraut de l’Amour Divin III-LXXIII, 12).

 

Parole de Dieu : « Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un endroit désert, et là il priait ». (Marc 1, 35).

 

Dans ma vie

 

Bien avant que Thérèse d’Avila ne nous entretienne de l’oraison, le Héraut de l’Amour Divin nous familiarise avec la prière personnelle, fréquente, de Gertrude. Pour elle, l’oraison est un libre échange, un coeur à coeur très simple avec le Seigneur Jésus. Elle lui confie des intentions, intercède pour autrui… et, ce qu’elle préfère, loue sa beauté, son amour, s’abandonne à sa tendresse et à son bon vouloir, au gré de la liturgie. Prendre un temps d’action de grâce à la fin de la messe est un excellent moyen de « faire oraison » sans le savoir ! Faisons de même pour devenir des âmes d’oraison.

 

Résolution : Sans attendre demain, je prends aujourd’hui même, un moment de prière en silence. Si c’est la première fois, j’implore l’assistance de Sainte Gertrude et je lui demande que cela devienne une de mes joies et de mes priorités spirituelles.

 

Mardi

Travail ou prière ?

 

Gertrude parle au Seigneur d’une sœur cuisinière illettrée qui s’afflige de ne pouvoir vaquer à l’oraison à cause des soucis de son emploi. Il lui répond : « Je n’attends pas d’elle qu’elle Me serve une heure par joue, mais que, pendant toute la journée, elle soit sans cesse en Ma présence ! Et cela en accomplissant continuellement tous ses travaux pour Ma gloire, dans l’esprit même où elle voudrait vaquer à la prière. Qu’elle y ajoute le désir que soient spirituellement entraînés à m’aimer davantage, et affermis dans le bien, ceux qui bénéficient de son travail » (Héraut de l’Amour Divin III-LXXIII, 14).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Toutes les fois que cette sœur cuisinière agira ainsi, elle semblera assaisonner tous les plats qui sont, pour ainsi dire, ses travaux et ses labeurs, d’un sel, à mon goût, d’une exquise saveur ». « J’agréerai comme une suprême démonstration d’amour chaque fois que tu chercheras à rassasier ton coeur de divines méditations, tes yeux de saintes lectures, tes mains de travaux continuels... » (Héraut de l’Amour Divin IV-XLIV, 1).

 

Parole de Dieu : « Que vous mangiez, que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites-le pour la gloire de Dieu ». (1 Corinthiens 10, 31).

 

Dans ma vie

 

À l’époque de Sainte Gertrude, les moniales lettrées s’adonnent plus au labeur de la prière liturgiques qu’aux gros travaux manuels, confiés au sœurs converses – telle cette cuisinière. L’unique nécessaire est, pour chacune, de n’agir que « pour la gloire de Dieu » et de désirer le salut du prochain. Plusieurs fois le Héraut de l’Amour Divin met sous nos yeux un travail en communauté. Jésus fait à Gertrude cet éloge d’une sœur défunte : « Bien que cardiaque, elle ne se dispensait pas des travaux communautaires ; elle travaillait au-delà de ses forces, ne faisant ni grandes plaintes, ni grands éclats, à ce propos ».

 

Résolution : Souvent dans la journée, je renouvelle mon intention de faire mon devoir d’état « pour la gloire de Dieu » surtout ce qui est le moins plaisant. Je l’offre aux intentions du Saint Père dont c’est la devise ignacienne.

 

Mercredi

O Sapientia !

 

Le Seigneur interroge Gertrude : « Ne m’arrive-t-il pas de t’envoyer des épreuves qui ne sont pas faites pour toi ? » - « Nullement mon Dieu, mais je le confesse et le confesserai jusqu’à mon dernier souffle : qu’il s’agisse du corps ou de l’âme, tant de la prospérité que de l’adversité, Vous m’avez gouvernée d’une manière si constamment parfaite qu’on ne pourrait l’attendre d’aucune sagesse d’aucun temps, depuis le commencement du monde jusqu’à la fin, sinon de Vous, mon Dieu, infiniment doux, unique Sagesse incréée » Héraut de l’Amour Divin III-LXX, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Ô Sagesse éclatant de Dieu : la malice du diable n’a pu entraver aucune de tes œuvres magnifiques ; l’ignorance et toute la perversité humaine ont été impuissantes à changer tes miséricordieux conseils ; la grandeur de nos crimes n’a pu prévaloir contre la grandeur de ta miséricorde, l’immensité de ton amour, la plénitude de ta bonté » (Exercices VIII).

 

Parole de Dieu : « La Sagesse s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre et elle gouverne l’univers pour son bien ». (Livre de la Sagesse 8, 1).

 

Dans ma vie

 

Aujourd’hui l’Evangile de la généalogie de Jésus ouvre, à la messe, les derniers jours préparant à Noël. Le Messie n’est pas tombé du ciel, il est issu d’une longue histoire tourmentée où, durant des siècles, les malheur a côtoyé la joie. La sagesse et la fidélité de Dieu ont donc défié les temps et les générations. Chaque jour, à Vêpres, le Magnificat est précédé d’une grande antienne Ô : elle implore de Dieu, invoque sous un titre biblique la venue du Messie. Ce soir : Ô Sagesse du Très-Haut… Viens nous enseigner le chemin de la prudence !

 

Résolution : Je ménage dans mon emploi du temps des moments de calme et de silence pour faire le point sur le mystère de la Nativité. Je récite la prière Louange au Verbe Incarné :

« Sois béni pour avoir pris notre humanité, ce qui m’a appelée en la société de ta divinité.

Sois béni pour cet exil de 33 ans que Tu as enduré pour moi, afin de ramener mon âme qui était perdue, à la fontaine de la vie éternelle.

Sois béni par tous les travaux, les douleurs et les sueurs par lesquels Tu as sanctifié toute mes angoisses, mes souffrances et mes maladies.

Sois béni par ton abondante dilection par laquelle Tu es devenu de mon âme la précieuse rédemption.

Sois béni par toutes et chacune des gouttes de Ton précieux Sang, par lesquelles Tu as donné la vie à mon âme, et Tu m’as rachetée à un si haut prix » (Exercice VI).

 

Jeudi

Garde du coeur

 

Gertrude se demande pourquoi certains retirent de l’Office une abondante nourriture spirituelle alors que d’autres demeurent dans l’aridité. Elle reçoit de Dieu cette lumière : « Le coeur a été créé par Dieu pour contenir la joie spirituelle comme un vase contient de l’eau. Mais si, dans ce vase, d’imperceptibles trous laissent s’échapper l’eau, à la fin, il peut être complètement vide. Il en est de même pour la joie spirituelle, si elle s’écoule par la vue, l’ouïe et les autres sens laissés libres d’agir à leur gré, elle finit par se perdre et le coeur reste vide de toute joie en Dieu » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 36).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Si quelqu’un a envie d’un regard ou d’une parole inutile ou de peu de profit, et qu’il y cède sur le champ, la joie spirituelle tenue pour rien s’écoule comme l’eau. Au contraire, s’il s’efforce de se contenir pour l’amour de Dieu, la joie croît en son coeur au point qu’à peine peut-il en supporter l’excès » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 36).

 

Parole de Dieu : « J'ai dit à Dieu : « C’est toi mon Seigneur, mon bonheur n’est en aucune idole de la terre » (Psaume 15, 2).

 

Dans ma vie

 

« Quand l’homme a appris à se dominer en semblables occasions, conclut Gertrude, la joie divine lui devient familière et plus grand aura été l’effort de sa discipline, plus savoureuses seront les délices qu’il découvrira en Dieu ». Qui n’aspire à devenir « Seigneur lui-même » ? Sainte Gertrude nous en apprend le chemin par la garde du coeur et la vigilance, le premier degré d’humilité de la Règle des moines. Comment y arriver ? En vivant sous le regard de Dieu, en renonçant à notre volonté propre, en demandant constamment « Que Ta Volonté soit faite », répond Saint Benoît.

 

Résolution : Je médite le Notre Père et répète souvent dans la journée sa deuxième demande : « Que Ton règne vienne ! » Le règne de la Sagesse incarnée, le règne de l’Enfant Dieu.

 

Vendredi

Sainteté de Gertrude

 

Un religieux, surpris d’apprendre du Seigneur que ce qu’il préfère en Gertrude est « la liberté du coeur », car elle ne supporte rien qui contredise sa conscience, s’étonne : « Je pensais que votre grâce avait fait parvenir à son âme une très haute connaissance spirituelle et à un amour d’une éminente ferveur ». Et le Seigneur de répondre : « Il en est bien ainsi, mais la voie en est cette grâce de liberté qui la conduit sans détour au sommet de la perfection, puisque ainsi, à tout moment, elle est disponible à l’action de mes dons, ne permettant à jamais à son coeur de s’attacher à quoi que ce soit qui me fasse obstacle » (Héraut de l’Amour Divin I-XI, 7).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Elle est à chaque heure marchant devant Moi avec une attention constante à connaître le bon plaisir de mon coeur. Dès que ma volonté lui apparaît, elle s’emploie de tout son effort à l’accomplir pour revenir aussitôt en quête d’un autre de mes désirs, prête à lui obéir fidèlement. Ainsi toute sa vie se tourne à ma louange et à ma gloire » (Héraut de l’Amour Divin V-XI, 9).

 

Parole de Dieu : « Celui qui se penche sur la Loi parfaite de la liberté (la Parole de Dieu) et s’y tient attaché, trouve son bonheur en la pratiquant » (Jacques 1, 25).

 

Dans ma vie

 

Si rien ne plaît tant au Seigneur que « la liberté de coeur », veillons en cette fin d’Avent à respecter les priorités : Dieu premier servi. Mais comment discerner ce qui est Dieu et ce qui est du monde ? Par les dons du Saint Esprit : ils libèrent les vertus théologales de leur conditionnement humain (la raison) et fortifient les vertus cardinales. Conduits par l’Esprit de Dieu, notre Foi verra plus clair, notre désir de Dieu sera plus joyeux et ardent, notre Charité plus amoureuse et attentive. Là où est l’Esprit, en effet, là est la liberté (2 Corinthiens 3, 17).

 

Résolution : Je fais dans la journée un acte vraiment libre, c’est à dire, fait consciemment pour Jésus seul, un acte d’amour gratuit, vu de Dieu seul.

 

Samedi

En la fête de l’Annonciation

 

En la vigile de l’Annonciation, Gertrude voit le Seigneur Jésus siéger au chapitre, à la première place, avec la Vierge Marie. Il accueille avec une indicible bonté et douceur chaque sœur qui entre. À la lecture du martyrologe qui annonce la fête de Sa Mère, « il se tourne vers Elle, la salue avec beaucoup de tendresse d’une inclination de tête. Il renouvelle en Elle la joie suave ressentie le jour où la divinité que rien ne peut contenir, prenant chair en Elle, daigna s’unir à notre nature humaine dans son sein virginal » (Héraut de l’Amour Divin IV-XII, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Je vous rends grâces, Créateur des étoiles, qui avez revêtu de clarté les luminaires du ciel, et paré de teintes variées les fleurs printanières. Que la Vierge bénie, rose qui sans épine s’épanouit, lys blanc immaculé, en qui fleurit surabondance de vertus, en perpétuelle médiatrice comble notre indigence » (Héraut de l’Amour Divin II-XVI, 6).

 

Parole de Dieu : « Croissez comme la rose… Fleurissez en fleurs, comme le lys, donnez votre parfum… bénissez le Seigneur » (Ben Sirac 39, 17-19).

 

Dans ma vie

 

Gertrude est moderne en sa dévotion à Marie : elle ne la sépare jamais de Jésus, le fruit béni de ses entrailles. Aussi, un jour d’Annonciation, est-elle peinée de ce que le prédicateur n’a magnifié que la Sainte Vierge, sans faire mention de l’Incarnation du Seigneur. Le Seigneur lui explique que ce n’est pas le diminuer que d’honorer Celle qui est à la source de son exaltation. Nous voyons dans ce passage que Sainte Gertrude connaissait la première partie de la Salutation Angélique. Ailleurs elle prie un certain nombre d’Ave pour honorer Marie ; par exemple 66, autant que d’années vécues !

 

Résolution : Aimons le Je Vous salue Marie ; prions-le quand nous avons un petit creux dans la journée. Prenons conscience de qui viennent ces paroles : de l’Ange Gabriel puis d’Elisabeth dans la première partie, la seule connue de Gertrude.

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

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8 décembre 2018

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

L’Avent avec Sainte Gertrude de Hefta

 

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Deuxième Semaine de l’Avent

 

Deuxième Dimanche de l’Avent

Jésus parle de la Messe

 

Ecoutons Jésus entretenir Gertrude de la grandeur inouïe du Sacrement de l’amour qu’est l’Eucharistie : « Je mets mes délices à être avec les enfants des hommes et c’est avec un grand sentiment d’amour que Je leur ai laissé ce Sacrement à accomplir et à soigneusement répéter en mémoire de Moi, M’étant d’ailleurs obligé par lui, à demeurer avec les fidèles jusqu’à la fin du monde » (Héraut de l’Amour Divin III-LXXVII, 1). « La rigueur de Ma justice s’est laissé enfermer dans la douceur de Ma Miséricorde, car c’est celle-ci que, dans ce Sacrement visible, j’aime présenter à tous les hommes » (Héraut de l’Amour Divin III-XVIII, 13).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Avant de communier, Gertrude dit au Seigneur : « O Seigneur, qu’allez-Vous me donner ? » Il répondit : « Tout Moi-même avec l’entière vertu de Ma divinité, comme au jour où m’engendra la Vierge, Ma Mère » (Héraut de l’Amour Divin III-XXXVI, 1).

 

Parole de Dieu : « Je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël : tu comptes beaucoup à Mes yeux, tu as du prix et je T’aime » (Isaïe 43, 3,4).

 

Dans ma vie

 

Nous ignorons à quel rythme communiait Sainte Gertrude, mais nous savons qu’elle s’y préparait plusieurs jours à l’avance. Parfois la maladie l’en empêche ; elle fait alors la « communion spirituelle ». « Fût-ce une préparation de 1000 ans ». Jamais nous ne serons dignes de communier, reconnaît-elle avec réalisme. « Pas de meilleure préparation à la communion que l’assistance à la Messe » dit-elle encore. « Le regard de miséricorde du Seigneur assure une préparation convenable ». Préparons les chemins du Seigneur, préparons-nous à bien communier en confiant notre indignité à l’Agneau de Dieu.

 

Résolution : Je soigne mon action de grâces à la messe : je la fais à genoux. Si j’ai perdu l’habitude de la faire, je demande à Sainte Gertrude de m’aider. Je demande conseil à un prêtre et je cherche dans un missel les prières après la communion.

 

Lundi

Intercession de Marie

 

Un 2 février, on chantait l’antienne : « Toi demeurée vierge après l’enfantement, intercède pour nous ». Aux mots « intercède pour nous », Gertrude voit la Bienheureuse Vierge Marie balayer de son manteau les souillures du coeur et de l’âme de toute la communauté, puis les déposer dans un coin et se placer elle-même devant, comme pour les dérober aux regards de la justice divine… Puis la Vierge de grâce offrir par un baiser au Roi des rois son Fils, tel un présent, la dévotion de toute la communauté unie à sa propre dévotion parfaitement pure (Héraut de l’Amour Divin IX-IX, 3).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Je vous loue, Seigneur, par la douce mélodie de votre coeur dans l’innocence de cette virginité parfaite, en laquelle, Vierge, elle vous a conçu, Vierge elle vous mit au monde, virginité qui demeura inviolée en elle, même après qu’elle eût enfantée… Je vous loue, de cette humilité toute paisible par laquelle la Vierge dans tache a été, chaque jour, digne de vous recevoir... » (Héraut de l’Amour Divin III-XLVI, 2-3).

 

Parole de Dieu : « Tu es toute belle, ma bien-aimée, et sans tache aucune » (Cantique des Cantiques 4, 7).

 

Dans ma vie

 

Sainte Gertrude, qui vénérait tant la pureté éclatante de Marie, ne connaissait pas la Fête de l’Immaculée Conception. Saint Bernard, qu’elle lisait et qu’elle citait, refusait d’enseigner ce privilège marial que la théologie ne pouvait expliquer. Nous qui, depuis 1854, savons que c’est en vue de l’incarnation-rédemption de Son Fils que Dieu a préservé la Vierge Marie de la tache originelle et de tout péché (collecte du 8 décembre), intensifions notre prière à l’Immaculée. Demandons à son Coeur Immaculé la grâce d’un coeur qui se purifie par l’humilité, la lucidité de ses fautes, la vérité, l’adoration.

 

Résolution : Je décide d’aller à la Messe aujourd’hui pour fêter Marie Immaculée, je l’invoque plusieurs fois dans la journée à l’aide des litanies qui louent sa pureté : Mère très pure, Reine des vierges, Reine conçue sans péché...

 

Mardi

La rencontre avec Jésus (Suite)

 

« Les entretiens fréquents qu’elle a avec le Seigneur de majesté ont pour effet de l’enfoncer davantage dans l’humilité » écrit son chroniqueur. Jésus lui-même y veille : « Je t’exclus par moment de mes secrets pour le maintien de l’humilité ; afin que dans ma possession tu découvres ce que tu es par moi et, dans l’indigence, tu reconnaisses ce que tu es par toi-même » (Héraut de l’Amour Divin I-XVI, 1). Gertrude se tient d’ailleurs pour totalement indigne de la moindre grâce. « Considérant la misère multiforme de ses déficiences, elle se jette, avec le pus grand mépris d’elle-même, dans la profonde vallée de l’humilité qui lui est familière » (Héraut de l’Amour Divin III-XXVI, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Le souvenir de toutes ses fautes passées la jetait dans une telle confusion qu’elle ne cherchait qu’à se cacher à jamais, et voilà que le Seigneur s’inclinait vers elle avec révérence… : « Je ne puis absolument pas m’empêcher de rejoindre celle qui, par les cordes solides de l’humilité, tire jusqu’à elle mon coeur divin ». (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 39).

 

Parole de Dieu : « Seigneur, je n’ai pas le coeur fier, ni le regard hautain. Je n’ai pas pris un chemin de grandeur » (Psaume 130, 1).

 

Dans ma vie

 

À Hefta, Gertrude vit sous la Règle de Saint Benoît où le chapitre le plus long concerne l’humilité, vertu monastique par excellence. Chacun des douze degrés d’humilité peut être illustré avec des passages du Héraut de l’Amour Divin. Depuis sa rencontre avec Jésus ressuscité, Gertrude vit une transfiguration de tout son être ; unie à Jésus « doux et humble de coeur », elle réagit sans cesse avec humilité. L’Amour du Christ la purifie et, à son image, elle rayonne les vertus évangéliques de douceur et d’humilité ; vertus d’Avent, vertus du mystère de l’Incarnation célébrée à Noël.

 

Résolution : Je choisis de poser un acte d’humilité dans le sens contraire de la pente de mon orgueil : ne pas répondre, ne pas vouloir avoir toujours raison, laisser parler l’autre en premier...bref céder !

 

Mercredi

La rencontre avec Jésus (Suite)

 

Une vision de l’arbre de la Charité dont bénéficia Gertrude nous apprend que « ses fruits sont les bonnes œuvres, sa floraison, les bonnes intentions, et le feuillage étincelant, les saintes pensées » à l’égard du prochain. Gertrude excelle à prier pour ses sœurs et ceux, nombreux, qui se recommandent à sa prière (Héraut de l’Amour Divin III XV, 1). Jésus lui apprend la délicatesse dans la correction fraternelle ; Il lui explique qu’il ne faut pas « mépriser son prochain à cause de ses défauts, ni dévoiler ses travers, ni le condamner intérieurement avec dureté et encore moins le noircir à l’occasion par quelques médisances » (Héraut de l’Amour Divin III-LXXIV, 2).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Il ne suffit pas à l’homme de vaincre son jugement pour prendre la résolution de faire du bien à son ennemi ; il doit aussi chercher les occasions de passer à la pratique pour faire du bien à ceux qui nous persécutent… La Charité envers les ennemis ne doit pas être séparée de la douceur de goûter Dieu qui rend prêt à subir la mort pour le Christ » (Héraut de l’Amour Divin, II-I, 2).

 

Parole de Dieu : « La Charité ne tient pas compte du mal. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Corinthiens 13, 6-7).

 

Dans ma vie

 

La perfection de la Charité fraternelle, à savoir l’amour des ennemis, a priori semble difficile, voire impossible. Et que dire du support des injures, des injustices ? Pourtant ce sont des exigences de l’Evangile, celles du discours sur la montagne de Matthieu 5-7. Certes, ni le mal, ni la violence ne sont injustifiables. Jésus explique qu’il ne souffrirait aucun mal s’il ne pouvait le faire servir au salut éternel (cf Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 22). Il apprend à Sainte Gertrude de ne pas s’en prendre aux persécuteurs, mais de jeter sur eux un regard de compassion. Pour nous, c’est le commencement de la paix de Noël.

 

Résolution : J’aborde avec un sourire tous ceux que je rencontre dans la journée, amis comme ennemis ! Je relis 1 Corinthiens 13, 4-7 en remplaçant par mon prénom le terme Charité : un bel examen de conscience !

 

Jeudi

La rencontre avec Jésus (Suite)

 

Un jour, alors que Gertrude prie pour ceux qui ont causé de grands dommages et déprédations au monastère, le Seigneur aimant et miséricordieux lui apparaît avec un bras malade, tordu. Il lui dit : « Considère quelle douleur m’infligerait celui qui frapperait à coups de poing sur mon bras. Me causent une telle douleur ceux qui publient mes méfaits et le mal de leurs persécuteurs, en oubliant que ces ennemis sont aussi mes membres. Au contraire, ceux qui implorent ma clémence pour leur conversion oignent mon bras des plus doux onguents » (Héraut de l’Amour Divin III-LXVII, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Quelle raison, Dieu d’infinie tendresse, peut justifier que des personnes si indignes soient appelées votre bras ? » - « Ils sont membres de l’Église dont je suis la tête… Contraint par ma propre tendresse d’en prendre soin, je souhaite, d’un incroyable désir, qu’ils reviennent à moi par la pénitence » (Héraut de l’Amour Divin III-LXVII, 2).

 

Parole de Dieu : « Garde ta langue du mal ; fais-le bien, recherche la paix et poursuis-la » (Psaume 32, 15).

 

Dans ma vie

 

« Le Royaume des cieux subit la violence – dit Jésus dans l’Evangile de ce deuxième jeudi de l’Avent – et des vents violents cherchent à s’en emparer ». La prière de l’homme et de l’Église est la seule « violence » recommandée par l’Evangile. Issue de l’amour, elle hâte l’avènement du Royaume et du « Prince de la Paix » ; miséricorde incarnée, sa mission sera de faire miséricorde et de pardonner. Non seulement l’amour couvre la multitude des péchés, mais, selon l’enseignement de Sainte Gertrude, « l’amour rend l’aimé aimable ».

 

Résolution : En priant la Vierge Marie, je médite les mystères de l’enfance de Jésus, Reine de la Paix, l’arrêt de toutes les guerres et violences injustes dans le monde. Je cherche à devenir un artisan de paix.

 

Vendredi

Abandon dans la maladie

 

Tout en lui manifestant un tendre amour, Gertrude, si souvent et depuis si longtemps malade, demande, une nuit, au Seigneur pourquoi il est indifférents de vivre ou de mourir. Il lui répond : « Lorsque l’époux conduit l’épouse à sa roseraie pour y cueillir des roses afin de les tresser, celle-ci prend tant de plaisir au doux entretien de l’époux qu’elle ne s’enquiert nullement des sortes de roses qu’il a l’intention de cueillir ; promptement et sans autre réflexion, elle dispose dans la guirlande chaque rose que l’époux choisit (Héraut de l’Amour Divin III-LVI, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Ainsi conclu le Seigneur, l’âme fidèle, dont toute la joie est de faire ma volonté et de s’y conduire comme en une roseraie, est à coup sûr indifférente au jeu de mon bon plaisir, pouvant lui rendre la santé ou mettre un terme à sa vie d’ici-bas ; car dans la plénitude d’une absolue confiance, elle s’est tout abandonnée à la conduite paternelle » (Héraut de l’Amour Divin III-LVI, 1).

 

Parole de Dieu : « Pour moi, certes, la vie c’est le Christ, et mourir représente un gain. Cependant… j’hésite à faire un choix » (Philippiens 1, 21-22).

 

Dans ma vie

 

Gertrude demande souvent au Seigneur la guérison ou du moins la force de pouvoir assister à l’office ; mais elle est toujours prête à acquiescer à son bon vouloir. Si, le plus souvent, Jésus juge meilleur pour elle et pour les autres de ne pas atténuer ses épreuves, presque à chaque fois il la console en lui manifestant le bien qu’est l’offrande de ses souffrances pour autrui et en la faisant reposer tendrement sur son coeur. Demandons-lui de ne pas permettre « que la fatigue nous abatte, alors que nous attendons la venue bienheureuse de celui qui nous rendra les forces et la santé » (Collecte du 2e mercredi).

 

Résolution : J’offre toutes les fatigues de la journée pour les malades et je demande pour eux et pour moi une grâce d’abandon à la volonté de Dieu.

 

Samedi

L’attention du coeur

 

La nuit de la fête des 11 000 Vierges, alors qu’on lisait la parabole des Vierges Sages et qu’on la méditait dans plusieurs répons, eut lieu ce dialogue avec le Seigneur : « Où est ta lampe ? » Gertrude répondit : « Voici, Seigneur, que je vous présente mon coeur en guise de lampe ». Le Seigneur : « Je le remplirai jusqu’au bord de l’huile de mon Divin Coeur ». Mais elle : « Et quelle en sera la mèche ? » Le Seigneur : « Cette mèche qui luira doucement pour moi sera cette attention aimante qui te fait tendre tout droit vers moi en toute tes actions » (Héraut de l’Amour Divin IV-LIV, 1).

 

À l’école de Sainte Gertrude

 

« Bien que l’homme par fragilité de nature omette parfois de tendre son attention vers Dieu, celui-ci pourtant, dans sa bonté miséricordieuse, ne néglige pas de tenir toutes nos œuvres pour dignes d’une récompense éternelle, pourvu seulement que nous ne détournions pas délibérément de lui, et que nous nous repentions souvent de tout ce que nous reproche notre conscience » (Héraut de l’Amour Divin III-XXX, 34).

 

Parole de Dieu : « Voici l’Epoux ! Sortez à sa rencontre… Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces ». (Matthieu 25, 6-10).

 

Dans ma vie

 

Dans notre attente de la venue de l’Epoux, retenons la leçon de vigilance de cet évangile lu en la fête de Sainte Lucie. Sommes-nous de ces veilleurs qui, selon la collecte d’hier, « vont à sa rencontre avec des lampes allumées » ? Cette parabole, Jésus l’explique donc lui-même à Sainte Gertrude. La vigilance n’est pas seulement un état physique, celui de ne pas céder au sommeil, puisque les dix vierges se sont endormies. C’est un état de l’âme, attentive à son Dieu toujours en train de venir ; la disponibilité intérieure permanente, « l’attention aimante d’un coeur toujours prêt.

 

Résolution :Pour être prêt, je pense à mon attitude de chrétien. Suis-je fidèle à faire de petites prières à Dieu, un acte quotidien d’humilité ? Je prépare l’évangile de demain pour être plus attentif lors de sa proclamation.

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière « Mon Avent avec Sainte Gertrude de Hefta » publié en 2014

 

Gertrude

 

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24 octobre 2018

Saint Paul VI

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Saint Paul VI

1963-1978

Le Pape écartelé

Fête le 26 septembre

 

Jean-Baptiste Enrico Antoine Marie Montini est né le 26 Septembre, 1897 à Concesio (Lombardie), d'une riche famille de la classe supérieure. Son père, qui avait une formation d'avocat, était éditeur, et un courageux promoteur de l'action sociale. Il fut un enfant intelligent, mais fragile, qui reçut son éducation chez les Jésuites, près de la maison paternelle à Brescia. Après son entrée au séminaire en 1916, il a été autorisé à séjourner à la maison paternelle en raison de sa santé précaire.

Après son ordination en 1920, il fut envoyé à Rome pour étudier à l'Université Grégorienne et à l'Université de Rome, en 1922 il a été transféré à l'Accademia dei Nobili Ecclesiastici afin de poursuivre son étude de diplomate et les études de droit canon à la Grégorienne.

En 1923, il fut envoyé à Varsovie comme attaché à la nonciature, mais il fut rappelé à Rome en 1924, en raison des effets qu'avaient le climat hivernal de la Pologne sur sa santé, là, il fut affecté au bureau de la Secrétairerie d'Etat où resta pendant trente ans. Outre l'enseignement à l'Accademia dei Nobili Ecclesiastici, il fut nommé aumônier de la Fédération des étudiants de l'université catholique italienne (FUCI), cette mission devait avoir un effet décisif sur ses relations avec les fondateurs du parti Démocrate Chrétien de l'après-guerre. En 1937, il a été nommé substitut des affaires ordinaires par le cardinal Pacelli, secrétaire d'État, et il l'a accompagné à Budapest en 1938 à l'occasion du Congrès eucharistique international.

Lors de l'élection de Pie XII en 1939, Pacelli comme Montini ont étés confirmé à leurs postes dans la nouvelle secrétaire d'État, par le cardinal Luigi Maglione. Lorsque ce dernier est décédé en 1944, Montini a continué de s'acquitter de ses fonctions sous le contrôle direct du pape. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a été chargé d'organiser le vaste travail de secours et de soins des réfugiés politiques.

Dans le secret du consistoire de 1952, le Pape Pie XII a annoncé son intention d'élever Montini et Domenico Tardini au Sacré Collège, mais ils avaient tous les deux demandé à en être dispensés. En revanche, à tous les deux, il a conféré à tous le titre de prosecrétaire d'État. L'année suivante, Montini est nommé archevêque de Milan, sans avoir le titre de cardinal. Il a pris possession son nouveau diocèse le 5 janvier 1955 et bientôt, il fut surnommé "l'archevêque des ouvriers." Il a revitalisé le diocèse entier, prêchant le message social de l'Évangile, travaillant pour conquérir toutes les classes sociales, promouvant l'enseignement Catholique à tous les niveaux et soutenant la presse Catholique.

Son impact sur la ville à cette époque était tellement grand qu'il a attiré l'attention du monde entier. Au conclave de 1958, son nom a été souvent mentionné, et au premier consistoire du Pape XXIII, en décembre de cette même année, il a été l'une des 23 prélats élevés à la dignité cardinalice avec son premier nom de la liste. Sa réponse à l'appel du Concile a été immédiate et même avant, il avait déjà été identifié comme un ardent défenseur du principe de collégialité. Il a été nommé à la Commission préparatoire de Vatican II et aussi à la Commission technique et d'organisation.

À la mort du Pape Jean XXIII, Montini a été élu le 21 Juin 1963, pour lui succéder. Dans son premier message au monde, il s'est engagé à une poursuite de l'oeuvre engagée par Jean XXIII. Tout au long de son pontificat, la tension entre la primauté papale et la collégialité de l'épiscopat a été une source de conflit. Le 14 Septembre 1965, il a annoncé la création du Synode des Évêques, appelé par le Conseil des pères, mais certaines questions qui semblait convenir à la discussion par le Synode, ont été réservés à lui-même. La question du célibat a été enlevée du débat de la quatrième session du Concile, a fait le sujet d'une encyclique, le 24 juin 1967); la question de la régulation des naissances a été traité dans Humanae vitae le 24 juillet 1968), sa dernière encyclique. Les controverses nées autour de ces deux discours ont tendance à éclipser les dernières années de son pontificat. Le Pape Paul VI a eu une mauvaise presse et inexplicablement son image de marque en prit un coup en comparaison avec son prédécesseur, Jean XXIII, qui était très jovial.

Ceux qui le connaissaient bien, cependant, l'ont décrit comme un homme brillant, profondément spirituel, humble, réservé et doux, un homme d'une infinie courtoisie. Il a été l'un des Papes les plus voyageurs de l'histoire pontifical et le premier à visiter cinq continents. Son remarquable corpus de pensée devrait être redécouvert autant dans ses lettres apostoliques que dans ses déclarations majeures. Sa conclusion du Concile Vatican II a laissé sa marque sur l'histoire de l'Église, mais l'histoire enregistrera aussi sa réforme rigoureuse de Curie Romaine, son bon accueil à l'ONU en 1965, son encyclique Populorum progressio (1967), Sa deuxième grande lettre sociale Octogesima adveniens (1971) - le premier à montrer une conscience des nombreux problèmes qui ont récemment été en lumière et son exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, sa dernière déclaration majeure qui a aussi soulevé la question centrale de la juste conception de la libération et du salut.

Le Pape Paul VI, le Pape pèlerin, est décédé le 6 août 1978, en la la fête de la Transfiguration. Il a demandé que ses funérailles soient simples, sans catafalque et qu'il n'y ait aucun monument sur sa tombe. Béatifié à l'occasion de la clotûre du Synode des Familles, à Rome, le 19 octobre 2014, Paul VI a été canonisé le 14 octobre 2018. 

 

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Prière pour obtenir des grâces par l'intercession de Saint Paul VI

 

Seigneur, notre misère nous amène à solliciter votre aide. Nous le faisons avec la certitude que le cœur de votre Père est toujours prêt à écouter les demandes de tous ses enfants. C'est par l'intercession du Saint Pape Paul VI, Pape du dialogue, Pape pèlerin, Pape de la civilisation de l'amour, que nous Vous présentons nos intentions. O Seigneur, par son intercession, écoutez les prières que nous vous adressons, et obtenez-nous la grâce de toujours accomplir Votre Volonté et la grâce suivante (...). Amen.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

 

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Les personnes qui obtiendraient des grâces par l'intercession du Saint Pape Paul VI sont priées de le signaler à l'adresse suivante

 

Sanctuaire Notre Dame des Grâces de Brescia

E-mail: papamontini@santuariodellegrazie.brescia.it

 

Renseignements

http://www.santuariodellegrazie.brescia.it

 

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Dernière mise à jour de la page: le 24 octobre 2018

 

31 mai 2018

Le mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trente-et-unième jour

Notre Dame du Bon Conseil, triomphante dans les Cieux

 

Le corps virginal qui avait fourni au Verbe fait chair sa substance humaine, qui par un prodige inouï l'avait conçu et l'avait enfanté sans douleur et sans rien perdre de son intégrité, dont l'âme, par une merveille, plus insigne encore, avait été préservée de la tache originelle et de toute espèce de péché, dont la mort enfin n'avait été qu'un pur effet d'amour, devait-il, pouvait-il subir la corruption du tombeau ? Non certes, « le corps sacré de notre Mère, dit Bossuet, le trône de la chasteté, le temple de la sagesse incarnée, l'organe du Saint-Esprit et le siège de la vertu du Très-Haut n'a pas dû demeurer dans le tombeau ; et le triomphe de Marie serait imparfait, s'il s'accomplissait sans sa sainte chair qui a été comme la source de sa gloire ».

Non, non, la croyance des siècles, les glorieuses solennités de l'Eglise, les enseignements de tous les saints Pères, les traditions antiques de toute la catholicité, attestent, sous le nom d'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, le double triomphe de son corps virginal et de son âme immaculée, et toutes les voix catholiques, tous les âges, répètent avec transport les hymnes prophétiques de l’ancienne loi. « Levez-vous, Seigneur, et entrez dans Votre repos, Vous et l'arche que Vous avez sanctifiée. Quelle est celle qui monte à travers le désert, belle de toutes les vertus, semblable à une vapeur transparente composée des arômes de la myrrhe, de l'encens, et de toute espèce de parfums ». - « Venez du Liban, ô épouse chérie, venez et vous serez couronnée. Les hauteurs d'Amana, de Sanir et d'Hermon, toutes les vertus les plus élevées des hiérarchies célestes seront votre couronne : venez, venez. C'est elle, elle vient, elle monte du désert, comblée de délices, appuyée sur son bien-aimé ».

Lui-même l'a conduite par la main ; avec Lui elle a franchi toutes les hauteurs célestes. Son trône est près du trône de son Fils. Elle est reine, reine de toutes les hiérarchies angéliques, reine de tous les saints. Seule, elle forme, dit Gerson, la première hiérarchie du ciel, n'ayant au-dessus d'elle que Dieu, l'unique, l'infini, le maître souverain du ciel et de la terre ; et le Salomon des cieux lui a répété ce que celui de la terre avait dit à Bethsabée sa mère : « Demandez, ô ma mère, et rien ne vous sera refusé ! » Quelle gloire ! Quel triomphe ! Réjouissons-nous dans toute l'allégresse de nos coeurs, Enfants de la Mère du Bon Conseil. Celle que nous aimons est l'objet de ce triomphe incomparable, triomphe que nous partagerons un jour, nous en avons pour garantie l'image du Bon Conseil, portraits de la Reine du ciel et de son divin Fils, qu’Elle-même nous a envoyée des cieux !

 

Exemple

 

On lit le fait suivant dans le livre intitulé la Vierge Mère du Bon Conseil par Mgr Dillon : « Le 4 septembre 1796, il arriva que le maître de la boulangerie de Compatri, appartenant au prince de Borghèse, eut l'occasion de blanchir sa demeure. Tandis qu'il s'y préparait une image de Notre Dame du Bon Conseil, gravée sur du papier commun, se détacha du mur et tomba dans le bois destiné au feu. On la jeta par inadvertance dans le four avec le bois. Toute la masse s'enflamma ; au bout de quelque temps, quand on supposa que le bois était suffisamment consumé pour avoir chauffé le four, le boulanger regarda à l'intérieur, et à son grand étonnement vit un morceau de papier intact parmi les cendres enflammées. Son premier mouvement fut de le mêler de nouveau avec les matières embrasées. Cependant il fut encore plus surpris de voir tous ses efforts inutiles. Il le retira donc du four et reconnut l'image de la Madone du Bon Conseil, mêlée involontairement au bois. Sa surprise et celle de toutes les personnes qui entendirent parler du miracle, est plus aisée à imaginer qu'à décrire. L'image fut immédiatement placée avec vénération dans la chapelle du cimetière du Vatican où on la voit encore. Il y a pourtant un léger indice de brûlure aux extrémités, et quelques étincelles semblent avoir été projetées sur les figures de Jésus et de Marie. Les pieux Romains continuent à visiter cette image qui repose maintenant sous un tabernacle, et à y prier pour les morts. En mémoire du miracle, ils l'appellent : « La Libératrice des âmes du Purgatoire ». En effet, les pauvres âmes ont bien à remercier N.-D. qui opéra ce prodige en leur faveur ».

 

Prière

 

Ô Vierge du Bon Conseil, qui par un miracle touchant, avez procuré tant de prières à vos enfants retenus en Purgatoire, vous nous montrez par là qu'aucun de nos besoins n'échappe à votre vigilance maternelle. Votre sollicitude, qui nous accompagne pendant notre exil, nous suit au tribunal de notre Juge suprême et ne nous quitte pas dans les flammes expiatrices. Vous inspirez à vos enfants de la terre de prier pour ces pauvres âmes prisonnières de la divine justice, d'offrir pour elles leurs expiations et leurs bonnes oeuvres, et hâter ainsi le moment de leur délivrance. Ô Mère du Bon Conseil, du sein de votre gloire incomparable, prenez pitié de tous nos Frères défunts et en particulier des membres de la Pieuse Union. Ayez aussi pitié de nous, quand notre heure sera venue et faites qu’ayant été miséricordieux à l’égard de nos frères souffrants, nous soyons à notre tour, traités avec miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

Fin du Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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29 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trentième jour

Notre Dame du Bon Conseil, consolatrice des pauvres

 

Pour supporter avec patience les privations inhérentes à son état, le pauvre a besoin d'un soutien ; pour triompher des préjugés vulgaires et se glorifier de sa pauvreté comme d'un titre de noblesse, il a besoin d'exemples. Eh bien ! ce soutien et ces exemples, la Mère du Bon Conseil les offre. Marie naît d'une famille illustre par le nombre et la gloire des ancêtres, mais privée des biens de la fortune. Épouse d’un simple artisan, ouvrière elle-même, elle doit, au moment de la Nativité de son Fils, se retirer dans une grotte affreuse ; l'héritier de David et de Salomon a une crèche pour berceau. Au jour de la Présentation, la fille des Rois offre le sacrifice des pauvres. Qui dira les privations endurées en Égypte ? Rentrée à Nazareth, la Sainte Famille retrouve la pauvreté, l’obscurité, le travail : les voisins ne voient en Marie que la femme d'un charpentier. Quand Jésus sort du silence et de la solitude pour faire entendre aux foules l’Évangile du salut, Marie se tient à l'écart ; elle ne veut pas, semble-t-il, opposer à la doctrine du Fils la simplicité de la Mère : ce Jésus, n'est-Il pas le Fils du charpentier Joseph et de cette femme qui s'appelle Marie ?….

Marie ne paraît ni chez Simon le Lépreux, ni au banquet de Lazare ressuscité, ni à l'entrée triomphante, ni dans aucune manifestation de la vie publique de Jésus, la Passion exceptée. Nous la voyons cependant aux Noces de Cana. Savez-vous pourquoi ? Parce que les invités et les époux sont pauvres.

La pauvreté de Marie ! Quelle source de consolation pour les déshérités d’ici bas ! Quelle pure et suave clarté elle répand sur le délaissement et sur l'oubli auxquels ils sont voués ! Puisque tout homme sent le besoin de se rapprocher de son pareil, Marie doit entourer les pauvres d'une prédilection manifeste. Qu'ils sachent donc puiser dans la détresse de leur Mère un nouveau motif de l'aimer et de la supplier !

Ô vous qui gémissez sous les dures étreintes de la pauvreté, jetez des profondeurs de votre misère, un regard confiant sur la Reine du Ciel. Vous êtes les sujets de Notre Dame du Bon Conseil, ses clients aimés, ses fils de prédilection. Notre Dame du Bon Conseil vous soutiendra, vous guidera, vous consolera. Elle fera comprendre aux riches vos droits et leurs devoirs, leur inspirant de nourrir votre faim des restes de leur superflu. Vous recevrez, par elle, avec patience dans les tribulations, l'intelligence, peut-être même l'amour de votre éminente dignité, et vous tiendrez à rester ce que vous êtes, les confidents du Sauveur, les premiers ministres de Son royaume spirituel.

 

Exemple

 

On écrit de Paris, le 5 février 1892 : « J'étais en butte, depuis deux ans, aux tracasseries de plusieurs membres de ma famille. Ils me réclamaient, à la suite d'un héritage, tout, ce que la loi et la volonté du défunt m'avaient donné. Pendant un demi-siècle, j'avais sué sang et eau pour m'assurer une vieillesse, sinon opulente, du moins paisible et sûre ; et voilà qu’on essayait de m'enlever mes petites économies et de m'envoyer à l’hôpital. J'avais beau exposer ma situation, raisonner mon droit, aller d'avocat à notaire, de maire à avoué, aucune réponse ne me contentait, il me semblait entendre toujours sur le seuil de ma porte, les huissiers et les gendarmes. Si mon état avait duré quelques jours de plus, assurément je perdais la tête. Par bonheur la Providence me fit rencontrer un ecclésiastique fort dévot à Notre Dame du Bon Conseil. Ce digne prêtre me donna une Image de cette Madone et me dit de ne m’inspirer désormais que de ses réponses. Je me mis résolument à I'oeuvre. J’interrogeai chaque matin la divine Conseillère, et ses réponses furent si promptes, si sages, si fidèles que le calme me revint. Ma tactique apprise à l'école de Celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille, déconcerte mes ennemis, eux autrefois si insupportables, si accablants, si avides ; eux qui me harcelaient de leurs attaques et de leurs menaces finissent par me laisser tranquille et je puis jouir en paix des derniers restes de ma vie.

 

Prière

 

Ô Marie, Mère du Bon Conseil, nous vous choisissons comme notre protectrice spéciale dans le difficile pèlerinage de cette vie. Nous vous prenons pour arbitre et souveraine dans nos maisons, nos familles et nos intérêts. Rappelez-vous, ô Mère, que pour vous honorer de plus en plus, nous nous sommes unis dans votre Pieuse Union. Délivrez-nous de tous les dangers, consolez-nous dans nos malheurs, défendez-nous contre les embûches de nos ennemis, préservez-nous du péché et assistez-nous à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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28 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-neuvième jour

Notre Dame du Bon Conseil, modèle de sacrifice

 

Chez nous les impressions nouvelles affaiblissent ou chassent les anciennes ; les chagrins mêmes, s'ils arrivent en foule, se neutralisent les uns les autres jusqu'à un certain point, les grandes affections envahissent ou absorbent les affections légères. Chez Marie, pas de confusion possible. Son esprit transmettait clairement à son exquise sensibilité les nuances des douleurs les plus délicates et les plus multiples. Le glaive de la prophétie de Siméon faisait briller à ses yeux toutes les circonstances les plus douloureuses du supplice de Jésus ; Elle les voyait, les sentait, les souffrait. Et Marie acceptait la douleur avec une générosité d'autant plus gracieuse que cette générosité naissait spontanément, sans effort, de l'abondance du coeur. En Elle, pas de rébellion ; la grandeur de son union avec Dieu écartait tout délai, tout calcul, tout combat. Jésus lui présentait une coupe d’amertume, pouvait-elle lutter avec son Fils. Même un instant ? L'admettre, serait admettre que Marie eût pu déchoir passagèrement de sa perfection et perdre de son intégrité. Marie n'a plus de volonté, ou plutôt sa volonté est pour jamais dans les profondeurs de la volonté divine.

Quelle magnifique leçon, et quels salutaires conseils pour nous ! – Le monde étant plein de Dieu, il semble qu'il ne devrait pas y avoir de douleur ici-bas, car près de Dieu, le bonheur seul peut exister. Et pourtant, sur cette terre, le malheur est réel ; chaque âme est un sanctuaire de secrète affliction. Pour quelques-uns le chagrin est récent, chez d'autres il est ancien ; chez un grand nombre, il ne finira qu’avec la mort. Comment agirons-nous sous les coups de la souffrance ? Nous tiendrons-nous, comme Marie, dans le silence et dans la paix ? Oui, si nous le pouvons.

Mais si cette héroïque résignation dépasse nos forces, nous imiterons l'image du Bon conseil, nous prendrons Jésus dans nos bras le demandant à sa tendre Mère et nous reposerons notre tête fatiguée sur la sienne, tandis que notre coeur déchiré et sanglant, pressera le sien du reste de ses forces. Alors cette ineffable étreinte nous transformera. Nous regarderons notre douleur en face, loin de la maudire, nous l'aimerons, nous lui dirons d'être pour nous un second Ange gardien qui nous défende contre le découragement, une ombre de Dieu qui empêche les rayons du monde de dessécher en nous les sources de la prière, afin que le soir de la vie arrivé, nous trouvions l'éternelle félicité, dans l'éternel repos.

 

Exemple

 

« Gloire et reconnaissance à Notre Dame du Bon Conseil, écrit une Associée de la Pieuse Union. Mon amie, Louise Dallin, souffrait le martyre. Une dysenterie implacable l'avait tellement épuisée que le médecin croyait à une mort prochaine. Que faire ? Implorer Celle que les générations appellent le Salut des infirmes. J'avais maintes fois constaté l'efficacité des images de Notre Dame du Bon Conseil ; c'était donc à elle qu'il fallait remettre le soin de soulager ou de guérir notre malade. Pleine de confiance, j'aborde le mari désolé : « Monsieur, lui dis-je, j'apporte le salut de votre femme ; vous l'aurez ce salut, mais à une condition : il faut réciter trois Ave Maria et trois invocations à N.-D. du Bon Conseil, ensuite faire avaler cette image à votre malade ». Le mari, indifférent en matière de religion, mais honnête et raisonnable, se met à genoux et fait les prières indiquées. Sa femme invoque, elle aussi, la Mère du Bon Conseil ; puis, avec un accent de piété et de foi qui m'ébranle : « Sainte Vierge, s'écrie-t-elle, ce que vous voulez, vous le pouvez ; veuillez donc me guérir ; mon intérieur est totalement délabré, mais quand même vous pouvez encore me sauver ». Ce que ni le docteur, ni les remèdes n'avaient obtenu, Marie l’accorda. Le lendemain, la malade se levait ; elle était complètement guérie ».

 

Prière

 

Ô Vierge Marie, Mère du Bon Conseil, qui doucement attirée par votre gracieux Enfant, inclinez modestement la tête vers Lui pour répondre aux désirs de Son amour ; apprenez-nous à correspondre aux attraits de la grâce de Dieu et aux inspirations de vos bons conseils. Colombe très pure, votre coeur lut toujours en Dieu, vos pensées turent toujours de Dieu, vos yeux et vos oreilles n'eurent qu'un seul but : voir et entendre Dieu. Pour Lui plaire vous avez accepté avec joie les sacrifices les plus difficiles ; pour Lui obéir vous avez enduré avec une admirable patience les souffrances les plus cruelles, pour Lui être fidèle vous avez voulu vous soumettre aux plus dures humiliations. Ô Mère, aidez-nous à vous imiter ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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27 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-huitième jour

Notre Dame du Bon Conseil, modèle de sacrifice

 

De même que dès le premier instant de sa vie humaine Jésus fut Victime, de même à partir de ce moment Marie fut Sacrificateur. Cette fonction de sacrificateur, et cet esprit de sacrifice nous sont dévoilés clairement chez Marie à partir du jour de la présentation de Jésus au temple. A cette heure solennelle, Marie présente au Père céleste son Fils divin en holocauste. Dès alors elle offre son corps, son sang, ses prières, ses mérites, ses vertus, ses travaux, ses souffrances, ses abaissements ; en un mot, elle offre le même sacrifice qui s'achèvera, trente trois ans plus tard, sur le Golgotha.

Marie prend dans le temple une attitude de prêtresse. Sur l'autel de son coeur, plus encore que dans ses bras, elle offre à la justice divine l'adorable Victime et consent à perdre un jour son Enfant pour le rachat du monde. Marie s'abîme dans l'immense holocauste du Christ et s’y unit intimement. Elle joint son coeur à celui du Sauveur et s’immole avec son Fils pour le salut de l'humanité ! N'est-il pas touchant que Jésus ne consente à Se laisser immoler que par les mains de Sa Mère ? Mais dans cette offrande, Dieu le Père posa Sa main sur la tête de l'Enfant Rédempteur, et la Mère eut la consolation pleine d'amertume de voir son Fils grandir pour l'immolation sanglante du Calvaire.

Siméon ne se contenta pas d'exalter la grandeur et l'excellence du Sauveur, d'attester Son humanité, Sa divinité, Sa mort en Sauveur et la place d’honneur qu'il occupe dans la famille humaine comme centre de l'histoire du monde ; il adresse aussi à Marie ces paroles expressives : « Votre âme à vous sera transpercée d'un glaive de douleur ».

Marie aura donc à accompagner de ses souffrances et de son sacrifice la carrière douloureuse, toute d'immolation de son Fils, avant de reprendre sous la croix son rôle de prêtresse... Toute sa vie est une vie de sacrifices continuels ; un martyre ininterrompu. Un glaive doit transpercer son coeur. Cette parole terrible lui met sur les yeux le lugubre tableau du soir de la Vie de son Fils. Qu'elle se trouve, selon le corps, à Bethléem, en Égypte, à Nazareth, son esprit contemple sans cesse la scène sanglante du Calvaire, et ne se détache pas du Golgotha. Dès cet instant, elle ne perd plus le souvenir de la passion du Messie. Mais de même que Jésus a mérité par Ses abaissements et Ses souffrances une exaltation magnifique, ainsi Marie a conquis au prix de ses douleurs et de son sacrifice l’honneur de devenir la Mère de l'Église et de tous les élus. Qu’elles sont belles les deux Victimes, la Mère et le Fils, dans l'image du Bon Conseil ! Marie devait tenir ainsi Jésus en l'offrant dans son coeur au Père éternel.

 

Exemples

 

Une maladie foudroyante surprend un saint prêtre au milieu de son apostolat en faveur de la dévotion du Bon Conseil, et le met sur les bords de la tombe. Le pieux serviteur de Marie ne craint pas la mort ; au contraire, il l'appelle de ses voeux, il parle de l'éternité avec une allégresse rayonnante comme s’il goûtait déjà le bonheur du paradis : « Je suis tout entier à la joie de mourir dit-il en souriant». La bonne Mère du Bon Conseil fortement sollicitée par les amis du malade, impose un sacrifice à son dévoué serviteur qui ne sera supportable pour lui qu'à la condition de servir encore sa tendre Mère... Elle le guérit !

Une famille chrétienne de Béziers se réunit chaque soir, devant l'Image de Notre Dame du Bon Conseil. C’est là que se fait la prière, c'est là que le coeur se dilate et que l’âme s’élève. Sous le regard maternel de la Vierge, tout s'achève, se purifie, se transforme ; comme la joie, la tristesse apporte sa lumière et son parfum, l'épreuve, chrétiennement acceptée, trouve en elle des éléments féconds de consolation et d'espérance. Il semble à cette famille que les Anges ravis par le Ciel à son amour vivent encore, agitant leurs ailes pour avertir de leur présence et faire souvenir de leur bonheur. Que de familles trouveraient la même consolation dans leur résignation, devant la Sainte Image de Notre Dame du Bon Conseil !

 

Prière

 

Brillante étoile du paradis, Mère du Bon Conseil, quel est celui, qui parmi les dangers et les larmes de cet exil, ne vous offre le tribut de ses hommages, de son amour et de sa fidélité ? Le culte de votre Image n'a d'autres bornes que celles du monde. Comme le petit enfant tend les mains vers sa mère, comme l'exilé soupire vers la patrie et le matelot vers le port, ainsi le coeur de l'homme se porte vers vous avec tout l'élan du plus vif amour. Oui, ô Mère du Bon Conseil, aimable et tendre Mère, nous vous aimons ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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26 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-septième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Consolatrice du peuple chrétien

 

Le doux et universel rayonnement qu’exerce la présence de Marie au milieu des chrétiens ne doit pas nous étonner, puisque l'ombre de ses traits, aperçue dans le lointain des siècles à venir, faisait tressaillir d'aise et palpiter d'espérance les malheureux des anciens jours.

Rappelons-nous l'histoire de Jacob. Jacob, poursuivi par la colère d'Esaü, cherche un refuge près de Laban, dans la ville de Charres. Son âme ne s'abîme ni dans la haine, ni dans le désespoir ; elle ne fléchit ni ne rompt sous le poids de l'infortune. Qui donc le soutient ?... Un soir, dans la solitude il a vu une échelle immense, dressée entre le ciel et la terre, avec Dieu au sommet, et des anges qui en montent et descendent les degrés. Cette échelle est la figure de Marie.

Le même Patriarche était seul sur la rive du Jourdain, brisé de fatigue, tremblant de peur. Une vision mystérieuse et prophétique vint alors réveiller son courage. Il luttait contre un inconnu qui ne pouvait le terrasser, lui touche le nerf de la jambe, et aussitôt ce nerf se dessécha. Vaincu par et procédé extraordinaire, Jacob s'écria : « Laissez-moi maintenant, car voici l'aurore ». - « Comment t'appelle-t-on ? répartit le lutteur ». - « Je me nomme Jacob ». - « Désormais tu te nommeras Israël, Fort contre Dieu ». Cette aurore naissante, dont les premiers feux apportent au lutteur la force et la consolation, c'est encore l'image de Marie.

Enfin, sur le point d'aller où sont allés ses pères, Jacob s'attriste. N'a-t-il point laissé ses enfants en Égypte ? Mais il regarde la tête de sa couche et le sommet de la verge qui se trouve dans la main de Joseph, et voilà qu'aussitôt un rayon de joie vient éclairer son front ; cette verge, c'est Marie au sommet de laquelle Jésus s'épanouit comme une fleur. Si l'ombre de la figure de Marie soulageait les patriarches de l’Ancien Testament, si sa présence relevait l'abattement des premiers chrétiens, imaginez la puissance de consolation que la Reine du ciel doit avoir maintenant. « Salut ! S'écrie saint Jean Damascène, ô vous qui dissipez toutes les inquiétudes. Salut ! Ô vous qui guérissez tous les maux du coeur ».

Marie, d'après saint Epiphane, est la Vierge à plusieurs yeux. Dès qu’elle nous voit dans le besoin, elle se hâte de nous secourir. « Vos deux mamelles, lui dit l’Époux du Cantique des Cantiques… » Que signifient ces deux mamelles ? La miséricorde et la clémence de la Mère du Bon Conseil. N'est-ce pas là, en effet que ses enfants vont sucer le lait qui adoucit leurs peines ? Souffrances de l'âme, souffrances du corps trouvent leur soulagement et leur guérison devant la salutaire Image du Bon Conseil.

 

Exemples

 

Un père de famille avait perdu la raison. Les siens l'entouraient d'abord des soins les plus délicats, mais voyant que leur dévouement n'améliorait en rien le sort de ce malheureux, ils le prirent en dégoût. Sa femme cependant eut recours à la Mère du Bon Conseil ; elle lui promit un tableau magnifique si le pauvre fou recouvrait la santé. Quelques heures après, la grâce était obtenue.

« J'étais, depuis trois ans, affligé d'une terrible infirmité, écrit un associé, le mal caduc, quand un de mes amis me prêta l'histoire de la translation de l'Image de la Sainte Vierge de Scutarie à Genazzano. J'y lus avec bonheur que Marie se plaisait en quelque sorte à guérir les malheureux épileptiques. Aussitôt l'espérance réjouit mon âme. Je me mis à invoquer la Madone et à lui promettre, en reconnaissance de ma guérison, un pèlerinage à son pieux sanctuaire. Cette promesse m'établit dans la joie, dans la confiance et dans la paix. Toutes les fois que je sentais venir le danger, je priais Marie et sa main écartait le mal. Trente-sept ans se sont écoulés depuis, et les crises ne sont plus revenues. La guérison fut donc complète ! Aussi, mon coeur n'est pas ingrat, il chante Marie, il la prie, il l'aime, il pousse tout le monde à l'invoquer ».

 

Prière

 

Ô Mère très douce du Bon Conseil, nous espérons toujours en vous, et dans nos peines et nos inquiétudes nous resterons attachés à votre dévotion comme à l'ancre de notre salut. Hâtez votre miséricorde, ô Marie, faites-nous savourer les fruits de la confiance que nous avons placée en vous. Nous bénirons en cette vie et en l'autre cette admirable dévotion qui vous fait appeler notre douce espérance et le plus cher asile de tous les malheureux. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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