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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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17 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Mercredi des Cendres

18 février 2015

Réconciliation

 

« Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Ce texte est tiré de la deuxième lecture de ce mercredi des Cendres, qui est le premier jour du Carême. Nous vous proposons cette année, à l’occasion de l’année jubilaire des 350 années des apparitions de Notre Dame du Laus, de vivre ce Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel et dans la grâce du Laus, comment ne pas remarquer que cet appel de Saint Paul coïncide avec l’appel de la Vierge Marie à Benoîte ?

« J’ai destiné ce lieu pour la conversion des pêcheurs… Beaucoup viendront ici se convertir. » Se convertir, n’est-ce pas se réconcilier avec Dieu ? C’est la raison des apparitions de la Mère de Dieu à Benoîte. Tous les jours de ce Carême, nous essaierons d’éclairer les textes de l'Ecriture à la lumière de la grâce du Laus et de l’expérience de Benoîte. Tout au long de sa vie, Benoîte a travaillé au service de la conversion et de la réconciliation sous la conduite de Marie. Dès ce premier jour, mettons-nous avec Benoîte sous la conduite de Marie et laissons-nous toucher par cet appel à la réconciliation.

 

Jeudi après les Cendres

19 février

Aumône

 

Dans l’Evangile du Mercredi des Cendres que nous reprenons en ce deuxième jour de carême, Jésus nous dit : « Quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues pour se faire valoir devant les hommes. Vraiment je le déclare, ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fais ta main droite, afin que ton aumône reste invisible. Ton Père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

Quand Benoîte travaillait chez la veuve Astier, qui avait six enfants en bas âge, elle partageait tous les jours sa nourriture aux enfants de sa patronne à l’insu de leur mère, disant que c’était assez qu’elle mange la semaine suivante chez son autre maître… Ce qu’elle fait auprès des enfants de sa maîtresse, elle l’a pratiqué aussi en d’autres temps avec ses compagnes, leurs portant le pain qu’elle portait en gardant ses moutons ». Le prêtre Jean Theyssier, son confesseur écrit : « Il faut que je dise que Benoîte a beaucoup de charité, comme on le connaît… par la distribution qu’elle fait des aumônes qu’elle reçoit et qui serait nécessaires pour sa subsistance : elle a une adresse merveilleuse pour les cacher aux yeux des hommes ». Que Benoîte nous aide à vivre, à notre manière, comme elle, le partage discret pendant ce carême.

 

Vendredi après les Cendres

20 février

Prière

 

En ce troisième jour de Carême, dans le même évangile du Mercredi des Cendres, à la suite de l’aumône, Jésus nous invite à vérifier notre manière de prier. « Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour se montrer aux hommes. Vraiment je le déclare, ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi quand tu pries, retire toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton père qui est là, invisible ; ton père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

« Dans le commencement de la dévotion, écrit le chanoine Pierre Gaillard dans son manuscrit, Benoîte passait souvent toute la nuit en prière dans la petite chapelle… Elle se cachait, parfois, dans un champ de blé pour prier. » Durant l’hiver 1664-1665, après la première apparition à la chapelle de Bon Rencontre, elle montait chaque jour à la chapelle du Laus, y restant deux à trois heures, toute seule avec la Vierge. Elle prie parfois des nuits entières en simple chemise sur le sol de sa chambre. Durant trente ans, elle va prier pendant la nuit à la chapelle de la Croix d’Avançon, nu-pieds, même en hiver, y restant de trois à quatre heures, trois fois par semaine. Qu’elle nous aide à mieux vivre la prière pendant ce temps de carême.

 

Samedi après les Cendres

21 février

Le jeûne

 

En ce Samedi après les Cendres, quatrième jour de ce temps de Carême, nous continuons à méditer sur le même Evangile du Mercredi des Cendres. C’est une invitation à nous interroger sur notre manière de jeûner. « Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle ; ils se composent une mine défaite pour bien faire connaître aux hommes qu’ils jeûnent ; Vraiment, je vous le déclare : ils ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume toi la tête et lave toi le visage : ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton père qui est là, invisible ; ton Père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

Benoîte fait parfois des jeûnes de six à huit jours pour ramener des pécheurs à la pénitence. Son repas solitaire est souvent un peu de pain dans sa soupe, quelques noix et un peu de fruit. Ses directeurs lui ordonnent en 1710 de prendre un peu de vin à cause de la faiblesse de son estomac. Elle jeûne surtout les mercredis, vendredis et samedis. Aux jeûnes d’obligation elle prend pain et eau, parfois un peu de soupe, mais parfois elle ne se contente que de l’eau, parce qu’elle a donné son pain à des pauvres. Les jours d’affluence, elle reste de l’aube à la nuit à parler aux uns et aux autres sans prendre le temps de manger. Et pourtant, les pèlerins étaient marqués par la sérénité qui émanait de son visage. Quand la Vierge lui apparaissait, elle était comme un soleil, nous disent les manuscrits.

L’exemple de Benoîte ne nous invite pas forcément à l’imiter mais à trouver notre manière de jeûner, compte tenu de notre santé et de nos moyens, « car l’homme ne se contente pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Le Droit Canon nous indique (canon 1249) que tous les fidèles sont tenus de faire pénitence chacun à sa façon… (canon 1251). L’abstinence et le jeûne seront observés le mercredi des Cendres et le vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ. L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture tous les vendredis de carême.

 

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25 janvier 2015

Reprise d'Images Saintes

Reprise de l'apostolat d'Images Saintes

 

Très chers amis visiteurs et abonnés d'Images Saintes

 

Paix et joie !

 

Après quelques mois de repos et de vacances bien méritées, car Images Saintes existe et tourne régulièrement depuis un peu plus de 10 ans, un temps de pause était nécessaire afin de recharger les batteries, car outre que je n'avais plus grand chose à publier, il a fallu glaner des textes, et je désirais me ressourcer, car comme vous le savez certainement, l'heure à sonné pour moi de répondre à l'appel du Seigneur en officialisant ma vocation de laïc consacré au sein de l'Ordre Franciscain Séculier, il y a un peu plus d'un an, à Lourdes, en prononcant la consécration à la Très Sainte Trinité, par les mains de Marie, au sein de la Mission de l'Immaculée.

Etant en accompagnement spirituel, il me fallait nécessairement me centrer et réfléchir sur ma vocation, quel sens lui donner et comment concrètement oeuvrer à son entier accomplissment et aussi me former dans la spiritualité de Saint Maximilien Kolbe, fondateur de la Mission de l'Immaculée. Puis il y a les activités autour, nombreuses, services pour la Famille Franciscaine du Sud Ouest, préparation de la Fête de Saint François et des prières mensuelles, prestations de chants avec la chorale Hent ar Garantez, les dessins, nombreux à réaliser... Cela m'a donc donné beaucoup de travail. Il fallait donc nécessairement faire une pause quelque part. Le choix a été fait, mais provisoirement.

Au vu le nombre considérable de demandes reçues de la part des nombreux visiteurs qui m'ont beaucoup touché et encouragé à persévérer dans cet apostolat, nous allons donc reprendre les publications à compter du mois de mars, avec le mois de Saint Joseph, qui est habituellement publié une année sur deux, mois qui est habituellement très suivi, et qui sera ensuite suivi du traditionnel Mois de Marie, qui rassemble chaque mois de mai, jusqu'à plus de 4000 visites par jour... Pour les autres mois... Cela viendra en son temps...

 

Je vous donne donc rendez-vous le 28 février pour le Mois du Coeur de Saint Joseph.

 

Pour recevoir les méditions du Mois de Saint Jospeh chaque jour du mois de mars, inscrivez-vous dans la liste de diffusion d'Images Saintes, en entrant votre adresse mail dans la case "Newsletter" située dans la colonne gauche, en dessous de la rubrique "Catégorie".

 

Merci de votre fidélité et de votre soutien,

 

Loué et adoré partout soit le Coeur Sacré de Jésus!

 

Fraternellement,

 

Franck Monvoisin,

rédacteur du blog.

25 janvier 2015

Sainte Jeanne de Valois

Villeneuve-sur-Lot-Jeanne

Sainte Jeanne de Valois

Reine de France et Fondatrice de l'Ordre de la Vierge Marie, dit de de "l'Annonciade"

Protectrice des foyers chrétiens

1464-1505

Fête le 4 février

 

Jeanne de France (ou de Valois) naquit le 24 avril 1464, de la race de Saint Louis. Son père, Louis XI avait providentiellement préparé les voies à la future fondatrice de l'Annonciade, en instituant en l'honneur de la Vierge de l'Annonciation, Pacificatrice souveraine, les sonneries de l'Angélus.

Délaissée par son père, séparée de sa mère, elle apprit de bonne heure à comprendre toutes les souffrance et à la rendre surnaturellement fécondes. Après l'annulation par le Saint Siège de son mariage avec Louis XII, à qui elle n'avait cessé de prodiguer les témoignages touchants de son fidèle dévouement, elle consacra sa charité à la prospérité matérielle et spirituelle, dans l'administration de son Duché de Berry et par la fondation de l'Ordre de la Vierge Marie.

La Règle de cet Ordre, rédigée avec l'aide du Bienheureux Gabriel-Maria, Franciscain, établit chacun de ses dix chapitres sur un passage de l'Evangile relatif à la Mère du Sauveur et offre à l'imitation des religieuses dix Vertus de la Vierge Marie qui résument toutes ses perfections : la Pureté, la Prudence, l'Humilité, la Foi, la Piété, l'Obéissance, la Pauvreté, la Patience, la Charité, la Compassion.

L'Ordre, très florissant jusqu'à la Révolution Française a vu renaître plusieurs de ses monastères, dont deux en France, l'un à Villeneuve sur Lot et l'autre à Thiais. À l'Ordre de l'Annonciade se rattache l'Ordre de la Paix, réorganisé par Léon X et destiné aux personnes du monde.

Le tombeau de Jeanne devint bien vite le but d'un pèlerinage fréquenté, en Benoît XIV, faisant droit à la dévotion populaire, confirma et approuva le culte public rendu à la Bienheureuse. La célébration de sa fête fut fut autorisée pour toute la France par Pie VI, qui proclama l'héroïcité de ses vertus. Mais la Révolution Française interrompit le procès de Canonisation, qui fut repris conformément aux désirs de beaucoup de prélats et de fidèles, avec la bienveillance de Rome.

Il est à noter que Sainte Jeanne fut un jour favorisée d'une vision au cours de laquelle le Divin Maître lui fit don de Son propre Cœur. La France a besoin plus que jamais de l'aide céleste. Sainte Jeanne de France, servante privilégiée de l'Immaculée, restauratrice de l'Ordre de la Paix doit être comptée avec Jeanne d'Arc, parmi les protecteurs nationaux les plus clairement providentiels que l'Eglise puisse proposer à notre confiance. Elle a été canonisée en 1950.

 

Oraison

 

Faites, nous Vous en prions, Seigneur, que nous imitions ce que nous honorons, de sorte que nous apprenions à aimer les Vertus de Jésus et de Marie, en célébrant la mémoire de Sainte Jeanne de France, mère des vierges Annonciades, exemple parfait pour nous des vertus de ces très saints modèles. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

St

 

Prière pour demander des grâces par l'intercession de Sainte Jeanne de France

 

O Dieu, qui avez dans le cœur de la très humble Sainte Jeanne de France un très ardent amour pour la Vierge Immaculée et avez institué par elle un Ordre de vierges qui, consacrées au Seigneur sous le vocable de l'Annonciation, ont assumé la tâche spéciale d'honorer et d'imiter les Vertus de la Mère de Dieu, et d'attirer ainsi doucement, par leur exemple, beaucoup d'âmes, à Jésus par Marie : accordez-nous par Votre Bonté par des signes merveilleux, afin que soit manifestée toute la puissance dont elle jouit après de vous, afin que le peuple Chrétien de France désormais, par le céleste patronage de la fille des rois, reprenne plus fidèlement dans Votre Eglise, rehaussée elle-même par ce lumineux exemple de Sainteté, la place qui lui revient, et puisse, en retrouvant le zèle de ses ancêtres, refaire vraiment de la France le royaume de Marie. Ainsi soit-il.

 

JoanaValoisSepulcre

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

25 janvier 2015

L'Angelus Breton

 

L'Angélus Breton

 

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V. Angelus Domini, nuntiavit Mariae
R/ Et concepit de Spiritu Sancto.

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie,
R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

 

Ni ho salud gant karantez Rouanez ar Sent hag an Aelez !

C'hwi a zo benniget, o pia ! Hag a c'hrasoù karget ! Ave Maria !

 

Nous Vous saluons avec amour Reine des saints et des anges !

Vous êtes bénie! O pieuse ! Et pleine de grâces ! Ave Maria !

 

(Me ho salud, Mari), leun a c'hras, An Aotrou Doue a zo ganeoc'h, benniget oc'h dreist an oll gwragez, Ha benniget eo ar frouez euz ho korv, Jezuz.

Santez Mari, Mamm da Zoue, Pedit evidom pec'herien, bremañ ha da eur or maro. Evel-se bezet graet.

 

(Ave Maria), gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.

Sancta Maria mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen.

 

(Je Vous salue Marie), comblée de grâce, le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de Votre sein est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

  

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V. Ecce ancilla Domini.
R/ Fiat mihi secundum verbum tuum.

V. Voici la Servante du Seigneur
R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

 

Ra vezo benniget Jezuz ! ar frouezh eus ho korf eürus !

Kanomp gant an aelez, o pia ! e veuleudi bemdez, Ave Maria !

 

Que soit béni Jésus ! Le fruit de votre corps bienheureux !

Chantons avec les anges ! O pieuse ! Ses louanges chaque jour, Ave Maria !

 

(Me ho salud, Mari), leun a c'hras, an Aotrou Doue a zo ganeoc'h, benniget oc'h dreist an oll gwragez, ha benniget eo ar frouez euz ho korv, Jezuz.

Santez Mari, Mamm da Zoue, Pedit evidom pec'herien, bremañ ha da eur or maro. Evel-se bezet graet.

 

(Ave Maria), gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.

Sancta Maria mater Dei, ora pro nabis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen.

 

(Je Vous salue Marie), comblée de grâce, le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de Votre sein est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

  

 

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V. Et Verbum caro factum est.

R/ Et habitavit in nobis.

 

V. Et le Verbe s'est fait chair.

R/ Et il a habité parmi nous.

 

Ni ho ped, Mari, gwerc'hez c'hlan pa vezimp war hon tremenvan

Da c'houlenn ouzh Jezuz, o pia ! Deomp ur marv eürus, Ave Maria !

 

Nous vous prions, Vierge pure ! À notre dernière heure,

De demander à Jésus, O pia ! De nous obtenir une mort heureuse, Ave Maria !

 

(Me ho salud), Mari, leun a c'hras, an Aotrou Doue a zo ganeoc'h, benniget oc'h dreist an oll gwragez, ha benniget eo ar frouez euz ho korv, Jezuz.

Santez Mari, Mamm da Zoue, pedit evidom pec'herien, bremañ ha da eur or maro. Evel-se bezet graet.

 

(Ave Maria), gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.

Sancta Maria mater Dei, ora pro nabis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen.

 

(Je Vous salue Marie), comblée de grâce, le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de Votre sein est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

 

V. Ora pro nobis, sancta Dei Genetrix.

R/ Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

 

Oremus

 

Gratiam tuam, quaesumus, Domine, mentibus nostris infunde ; ut qui, Angelo nuntiante, Christi Filii tui incarnationem cognovimus, per passionem eius et crucem, ad resurrectionis gloriam perducamur. Per Jésus Christum Dominum nostrum.

R/ Amen.

 

Prions

 

Que Votre grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l'ange, Vous nous avez fait connaître l'Incarnation de Votre Fils bien aimé, conduisez-nous, par Sa Passion et par Sa Croix jusqu'à la gloire de la Résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

R/ Amen.

 

Annunciation (2)

 

Chant extrait de l'album

« Pèlerinage à Sainte Anne d'Auray, chants et cantiques populaires »

interprété par la Chorale du Petit Séminaire de Sainte Anne d'Auray,

Un album disponible en téléchargement

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

Téléchargez la partition de cette prière (pdf) en cliquant ici

2 septembre 2014

La Prière de Saint Patrick

 Prière de Saint Patrick

Par Hélène Goussebayle

 

Je me lève aujourd'hui grâce à une force puissante :

L'invocation de la Trinité, la Foi en la Trinité,

La confession de l’Unité du Créateur du monde.

 

Je me lève aujourd'hui,

Par la force de Dieu pour me guider,

La puissance de Dieu pour me soutenir,

La sagesse de Dieu pour me diriger,

L'œil de Dieu pour regarder devant moi,

L'oreille de Dieu pour m'entendre.

 

La parole de Dieu pour parler pour moi,

La main de Dieu pour me garder,

Le chemin de Dieu pour me précéder,

Le bouclier de Dieu pour me protéger,

L'armée de Dieu pour me sauver,

Des tentations et de l'ennemi.

 

Christ avec moi, Christ devant moi, Christ derrière moi,

Christ en moi, Christ sur moi, Christ sous moi,

Christ à ma droite, Christ à ma gauche,

Christ en la largeur, Christ en la longueur, Christ en la hauteur,

Christ dans le cœur de qui pense à moi,

Christ dans tout œil qui me voit,

Christ dans toute oreille qui m'écoute.

 

Christ avec moi, Christ devant moi, Christ derrière moi,

Christ en moi, Christ sur moi, Christ sous moi,

Christ à ma droite, Christ à ma gauche,

Christ en la largeur, Christ en la longueur, Christ en la hauteur.

 

Je me lève aujourd'hui grâce à une force puissante :

L'invocation de la Trinité, la Foi en la Trinité,

La confession de l’Unité du Créateur du monde.

 

Au Seigneur est le salut,

Au Christ est le salut.

Que Ton salut Seigneur soit toujours avec nous.

 

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Chanson extraite de l'excellent album « Louanges Celtiques »,

Disponible en téléchargement sur I Tunes et en écoute sur Deezer

et également sur le site d'Hélène Goussebayle : http://helenegoussebayle.fr/accueil/

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3 août 2014

Notre Dame des Dunes de Dunkerque

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Notre Dame des Dunes de Dunkerque

 

En 1403, les ouvriers qui travaillaient à la reconstruction des remparts de Dunkerque découvrirent en creusant dans le sable, au bord de la mer, une source d'eau douce et une statuette de la Sainte Vierge. Une chapelle fut élevée en ce lieu, et, depuis plus de cinq siècles, Notre Dame des Dunes n'a cessé d'y combler de bienfaits signalés les populations des Flandres et les marins de la Mer du Nord qui ont eu recours à sa protection.

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Prière

 

O Dieu, qui avez trouvé bon de présenter à notre dévotion la statue vénérable de la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame des Dunes, Votre Mère, et qui avez si souvent voulu qu'Elle soit d'un puissant secours pour les marins aux prises avec les tempêtes de la mer, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, nous Vous en supplions, donnez à votre peuple, constamment aux prises avec les difficultés de la vie de parvenir heureusement au port du Salut. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

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Prière à Notre Dame des Dunes

 

Ô Notre Dame des Dunes, brillante Etoile de la Mer, source inépuisable de Bonté et de Miséricorde, nous nous prosternons à Vos pieds pour Vous offrir l'hommage de notre vénération, de notre confiance et de notre amour, et nous nous mettons sous Votre puissante protection. Souvenez-Vous que nos pères ont réclamé Votre intercession dans toutes leurs nécessité et que Vous les avez toujours secourus avec une grande sollicitude. De grâce donc, Sainte Mère de Dieu, ne rejetez pas les prières que nous Vous adressons dans nos besoins et nos périls, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.

Soyez éternellement bénie, louée, aimée et invoquée, Notre Dame des Dunes, notre Mère, notre Patronne, notre Avocate et notre Souveraine. Oh ! Soyez toujours notre secours, notre consolation, notre espérance et notre joie, protégez-nous bénissez-nous et sauvez-nous ! Ainsi soit-il.

Notre Dame des Dunes, priez pour nous

 

Vu et approuvé

Cambrai, le 30 mars 1903

J. Carlier, V.G.

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Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

3 août 2014

Neuvaine à Saint Josse

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Saint Josse

Roi de Bretagne et Ermite en Ponthieu

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Fête le 13 décembre

 

« Un homme sage sait abandonner propos un royaume terrestre pour obtenir d'être admis dans le royaume des cieux ». (Saint Eucher de Lyon)

 

Josse, ayant été appelé à succédera son frère Judicaël, dans ses Etats de Bretagne, parce que ce prince, s'ennuyant des embarras du gouvernement, avait résolu de rentrer dans le cloître qu'il avait quitté pour monter sur le trône de son père, demanda huit jours comme pour délibérer sur la proposition de son frère mais il ne se servit de ce délai que pour fuir les honneurs dont il voulait se décharger sur lui ; ce qu'il exécuta en se joignant à quelques pèlerins qui allaient à Rome, et qu'il vit comme ils passaient devant la porte du monastère de Saint-Maëlmon, où il se trouvait à ce moment. Ces pèlerins l'admirent volontiers dans leur compagnie et l'emmenèrent avec eux. Saint Josse ayant ainsi renoncé à la royauté pour s'attacher au service du Seigneur, se rendit à Chartres avec ses onze compagnons, et de là tes suivit à Paris, capitale de la monarchie française, où il séjourna quelque temps avec eux. De Paris, les compagnons de Saint Josse, au lieu de se mettre en chemin pour Rome, où ils avaient eu d'abord l'intention d'aller, prirent une route contraire, et se rendirent à la ville d'Amiens en Picardie. Le Saint Prince les suivait toujours, car il n'avait aucun dessein particulier, et n'aspirait qu'à servir Dieu de tout son cœur en quelque lieu que ce pût être, pourvu qu'il y fût inconnu. Sortis d'Amiens, les pèlerins s'avancèrent jusqu'à la rivière d'Authie, la passèrent, et arrivèrent dans un lieu nommé Villa Sancti Petri, où demeurait ordinairement le duc ou comte du pays de Ponthieu, qui s'appelait Haymon, et qui était un seigneur de grande vertu. Il reçut les douze pèlerins, et les traita pendant trois jours avec beaucoup de charité.

Il distingua facilement notre Saint, parce qu'il portait sur son visage un air de grandeur que les autres n'avaient point, et que ses actions et ses paroles se sentaient de la splendeur de sa naissance et de l'éducation royale qu'il avait reçue d'ailleurs, il avait une modestie et une douceur angéliques, lesquelles, jointes au port majestueux que la nature lui avait donné, le rendaient parfaitement aimable et lui conciliaient l'estime et le respect de tous ceux qui le regardaient. Ce prince le pria donc de ne point le quitter, et, ayant obtenu de lui cette faveur, il laissa les onze autres pèlerins continuer leur voyage ; il donna à Josse un appartement dans son palais, lui fit recevoir les Ordres sacrés, et le nomma prêtre de sa chapelle ; puis, pour lui témoigner davantage l'estime qu'il avait de sa vertu, il l'obligea de tenir sur les fonts de baptême un de ses fils qu'il nomma Ursin, en mémoire de Saint Ursin, archevêque de Bourges.

Ce n'était guère l'inclination de Saint Josse de demeurer dans cette cour ; car, quoique sainte et très bien réglée, elle ne laissait pas de le dissiper aussi, après y avoir passé sept ans, il supplia Haymon de lui permettre de se retirer dans une solitude où il pût s'occuper plus tranquillement dans la contemplation des vérités éternelles. Non-seulement le duc ne s'y opposa pas mais voulant favoriser de tout son pouvoir le désir d'un si saint prêtre, il le conduisit dans un lieu désert, sur la rivière d'Authie, que les anciens appelaient Brahic et nommé présentement Raye, où il lui donna une place suffisante pour bâtir un oratoire et un ermitage. Le bâtiment étant achevé, Josse s'y renferma avec un seul disciple qui l'avait suivi do Bretagne, nommé Wurmar ou Wulmar, et commença d'y mener une vie toute céleste, n'ayant d'autre occupation que de célébrer les saints mystères, de chanter les louanges de Dieu, de méditer les paroles de l'Evangile et de converser avec les anges et les saints. Sa conduite et son innocence parurent bientôt par des miracles ; car on dit que les oiseaux et les poissons se familiarisaient avec lui comme ils eussent fait avec Adam dans le paradis terrestre, et qu'ils venaient prendre leur nourriture de sa main avec la même confiance que les poussins la prennent du bec de leurs mères.

Il était aussi extrêmement miséricordieux envers les pauvres, et il ne pouvait leur refuser l'aumône, tant qu'il y avait un morceau de pain dans sa cellule. Un jour qu'il était en oraison dans sa chapelle, il entendit la voix d'un pauvre qui demandait la charité il s'informa de son disciple s'il avait encore quelque provision : « Je n'ai plus, lui dit-il, qu'un pain qui ne peut servir que pour notre nourriture d'aujourd'hui ». « Allez, lui répliqua Josse, coupez-le en morceaux et donnez-en le quart à ce malheureux ». A peine l'eut-il fait, qu'il vint un autre pauvre exposer encore sa misère et demander de quoi soulager sa faim. Le Saint ne voulut pas non plus l'éconduire il dit à Wurmar de prendre un autre quart de ce pain et de le lui porter. Celui-ci n'obéit à ce nouvel ordre qu'en murmurant, craignant de n'avoir pas de quoi nourrir son maître et se nourrir lui-même. Cependant un troisième pauvre, aussi nécessiteux que les deux précédents, arriva peu de temps après Josse le vit, et, sans presque attendre qu'il ouvrît la bouche, il ordonna à Wurmar de lui donner un des deux morceaux qui restaient : « De quoi donc voulez-vous que nous vivions, répliqua le disciple est-ce qu'il faut que nous mourions de faim pour nourrir ces pauvres qui peuvent aller mendier ailleurs ? » « Ne vous troublez pas, mon enfant, lui dit le Saint, faites seulement ce que je vous commande, et Dieu aura soin de nous ».

Dès qu'il eut obéi, et que ce pauvre se fut retiré, on en entendit un quatrième sonner à la porte et demander l'aumône avec encore plus d'instance et d'importunité que les précédents. Que fera Josse ? Le morceau qui lui reste est trop petit pour être partagé entre lui, son disciple et ce pauvre ; le donnera-t-il tout entier ? Il n'aura donc plus rien pour subsister, et il faudra qu'il passe le jour et la nuit suivante sans nourriture. Le retiendra-t-il ? La Charité l'emporta encore alors sur sa propre nécessité et, ne pouvant laisser aller ce mendiant sans assistance, il lui fit donner le reste du pain. Wurmar renouvela ses plaintes, mais il lui fit encore trouver bonne cette disposition, et elle fut bientôt suivie d'une ample récompense car, incontinent après, la divine Providence fit arriver au bord de leur ermitage quatre barques chargées de toutes les choses nécessaires à la vie. Cela fait croire que les quatre pauvres qui s'étaient présentés successivement à Josse pour avoir l'aumône étaient Jésus-Christ même, qui avait pris ces quatre formes différentes pour éprouver la charité de son serviteur.

Il demeura huit ans dans cette solitude mais, se voyant extraordinairement tourmenté par les démons qui lui dressaient sans cesse des embûches, il résolut enfin de se retirer ailleurs il témoigna son dessein au duc Haymon, qui le visitait quelquefois, et ayant obtenu de lui un autre lieu, nommé Runiac ou Rimac, sur la petite rivière de Canche, il y bâtit un oratoire en l'honneur de Saint Martin, et y passa treize autres années Cependant, le malin esprit ne cessant point de le poursuivre, il eut encore recours à ce bon duc pour avoir une autre retraite. « Allons ensemble, lui dit Haymon, et nous vous chercherons un lieu qui vous soit propre ». Dans ce voyage Saint Josse fit sourdre une fontaine dans un lieu sec, en enfonçant son bâton en terre, pour soulager la soif de son bienfaiteur ; cette fontaine a, depuis, donné des eaux en abondance et servi à la guérison de plusieurs malades. Le lieu qu'ils choisirent pour ce nouvel ermitage fut dans une épaisse forêt, entre Etaples et Montreuil, dans un endroit situé entre la rivière d'Authie et celle de Canche. Il leur parut fort commode en ce qu'il était arrosé d'un ruisseau provenant de deux fontaines, dont l'une est nommée la fontaine des Bretons et l'autre la fontaine du Gard. Le duc le fit défricher, et le Saint y construisit aussitôt, de ses propres mains, et avec du bois seulement, deux oratoires l'un en l'honneur de Saint Pierre, prince des Apôtres, l'autre en l'honneur de saint Paul, docteur des Gentils.

Quelque temps après, il voulut faire le pèlerinage de Rome, pour y visiter les tombeaux des saints Apôtres et en apporter des reliques. En ayant obtenu le consentement du duc, il fit tout ce voyage à pied, le bâton à la main et en demandant l'aumône. Le Pape le reçut fort honorablement, lui donna sa bénédiction apostolique et l'enrichit de plusieurs reliques de martyrs. A son retour, comme il se trouvait sur la colline de Bavémont, éloignée d'une lieue de son ermitage, une jeune fille nommée Juyule, aveugle de naissance, eut révélation qu'elle obtiendrait la vue si elle se lavait avec de l'eau dont le Saint prêtre se serait lavé les mains. Elle demeurait avec son père au château d'Airon, qui n'est éloigné de Saint-Josse que d'une demi-lieue elle lui en parla, et son père, ne voulant point négliger une occasion si avantageuse, la conduisit aussitôt sur la montagne où le Saint était arrivé. La fille prit l'eau qui lui avait servi, elle s'en lava le visage, et, par ce remède, elle obtint l'heure même de très-beaux yeux avec l'usage de la vue. Les habitants du lieu firent mettre une croix à l'endroit où cet insigne miracle avait été fait, et pour cela on l'a toujours appelé la Croix, jusqu'à ce que ce monument commémoratif ait été transporté ailleurs.

Dès que le duc Haymon sut le retour du serviteur de Dieu, il fut au-devant de lui et le reçut avec de nouveaux témoignages de respect et d'amitié. Il avait fait bâtir en son absence, auprès de sa cellule, une église de pierre, sous l'invocation de Saint Martin. Elle fut bénite, et Saint Josse y déposa les reliques qu'il avait apportées de Rome. La cérémonie de cette translation se fit le 11 juin et, pendant qu'il célébrait la messe, en présence du même duc et d'un grand concours de seigneurs et de peuple, une main céleste parut visiblement sur l'autel, bénissant le saint Calice et les Oblations, et l'on entendit en même temps une voix qui lui disait : « Parce que vous avez méprisé les richesses de la terre et refusé le royaume de votre père, pour mener en cette solitude une vie pauvre, cachée et éloignée de la demeure des pécheurs, je vous ai préparé une couronne immortelle en la compagnie des Anges ; je serai le gardien et le défenseur perpétuel de ce lieu vous y mourrez, et ceux qui vous invoqueront avec révérence, y recevront l'effet de leurs demandes ». En effet, le Saint y passa le reste de ses jours d'une manière plus angélique qu'humaine, et il mourut le 13 décembre 669.

Son corps virginal fut enseveli dans son propre ermitage mais on ne le couvrit ni de terre ni de pierre, parce qu'il n'avait aucune marque de corruption, et qu'au contraire les cheveux, la barbe et les ongles lui poussaient comme s'il eût encore été en vie de sorte que Winoc et Arnoc, ses neveux, qui lui succédèrent dans la possession de sa cellule, et avaient la clef de son cercueil, étaient obligés de les lui couper de temps en temps, comme on fait à un homme vivant. Le plus ordinairement, on représente Saint Josse en habit de pèlerin, un bourdon à la main et deux clés croisées sur son chapeau, pour indiquer son voyage à Rome. Le sceptre et la couronne qui gisent à ses pieds rappellent la royauté qu'il a refusée. Parfois il porte suspendu à une écharpe l'escarcelle des reliques que lui donna le souverain Pontife. Ce détail, mal compris par quelques peintres, a été plus d'une fois défiguré l'écharpe s'est changée en baudrier, et la cassette en aumônière. On le représente aussi faisant jaillir une source avec son bâton, ou bien partageant son pain avec un pauvre. C'est à tort qu'on lui donne parfois une mitre, puisqu'il ne fut jamais abbé.

Dans l'église de Saint-Josse-sur-Mer, récemment construite, on voit, outre un vitrail moderne, une statue du Patron, haute de deux mètres. Le Prince Breton, en habit royal, foule aux pieds la couronne et le sceptre. Il y a aussi des statues du Saint Ermite dans les églises de Tortefontaine, de Mouriez (1836), de Saint-Josse-au-Val à Montreuil, et dans la chapelle de Saint-Josse-au-Bois (1861). Une ancienne image de Saint Josse, qu'on distribuait jadis aux pèlerins, nous le montre revenant de Rome, sur la colline de Bavémont, avec un coffret de reliques suspendu par une écharpe. On voit dans le lointain l'abbaye qui doit illustrer cette contrée. M. Guénebault, dans son Dictionnaire iconographique, indique les gravures suivantes 1° Saint Josse à genoux devant un autel et embrassant un crucifix d'où sortent trois branches de lys, une de la partie supérieure et les deux autres des bras des anges lui apportent la couronne du triomphe ; 2° le même, refusant la couronne que lui présente son frère ; 3° le même, tenant un crucifix. 

 

Culte et reliques

 

Le culte de Saint Josse était déjà si célèbre au XIe siècle, que des pèlerins se rendaient à son sanctuaire de toutes les contrées de la France et même des pays étrangers. Quelques historiens prétendent que Charlemagne y alla en 793 et que ce fut alors qu'il conçut le projet de reconstruire une hôtellerie monastique dont il devait donner l'administration à Alcuin. il existait dès lors de nombreuses Confréries de Saint-Josse, répandues en France et en Allemagne. Clément X, par une bulle datée de 1673, accorda une indulgence plénière à tous ceux qui, le jour de Saint Josse, visiteraient son église à Dommartin et y feraient la sainte communion. Le village de Parnes (Oise), qui croit posséder des reliques de Saint Josse, rend à son patron un culte tout spécial. Le 13 décembre, on distribue aux paroissiens de petits pains bénits, en souvenir de celui qui fut partagé entre quatre pauvres dans l'ermitage de Brahic. Saint Josse est le patron de Béhen, dans le doyenné de Moyenneville. Il l'était jadis des deux abbayes qui portaient son nom de Saint-Josse-au-Val et d'une ancienne chapelle castrale à Montreuil de la paroisse Saint-Josse à Paris.

D'après les croyances populaires, le saint ermite serait le fondateur d'un certain nombre de paroisses des environs de Dommartin et d'un monastère dont on montre encore quelques vestiges à Mayocque. Nous ignorons pour quel motif Saint Josse est honoré à Javarin (Autriche) et à Ravenshurg (Wurtemberg). Une commune de Farrondissement de Dinan porte le nom de Saint-Judoce. Saint-Josse est le nom d'une rue à Hesmond et à Dompierre et d'un faubourg de Bruxelles. Le nom du saint ermite est inscrit au 13 décembre dans le martyrologe romain, dans quelques martyrologes amplifiés de celui d'Usnard, dans ceux de Bède, de Wandalbert ce qui prouve que, an IXe siècle, comme de nos jours, on invoquait notre Saint pendant les tempêtes. Son nom figure aussi dans les litanies amiénoises du XIIIe siècle.

On célébrait jadis, à l'abbaye de Saint-Josse-sur-Mer, cinq fêtes du patron le 11 juin, apparition de la main miraculeuse (665). On célèbre encore aujourd'hui cette fête à Saint-Josse-sur-Mer, Où on la désigne sous le nom de Saint-Barnabé, à cause de la coïncidence de la fête de cet Apôtre ; le 25 juillet, invention du corps de Saint Josse (977) le mardi de la Pentecôte, procession à Bavémont (La Croix). le 25 octobre, translation des reliques (1195) elle est marquée à tort le 9 janvier dans le Martyrologue Anglican ; le 13 décembre, déposition de saint Josse, elle est mentionnée à tort au 4 août dans quelques anciens calendriers. Le jour de leur fête patronale, les habitants du village de Saint-Josse devaient donner au comte de Ponthieu une vache écorchée quand la fête tombait un jour maigre, cette redevance était changée en un cent d'oaufs et une livre de poivre.

La fête de Saint Josse est marquée au 25 juillet dans le bréviaire amiénois de 1528 ; au 2 décembre, dans ceux de 1746 et 1840 au 13 décembre, dans ceux de Paris et de Beauvais, et dans le Propre actuel d'Arras ; au 14, dans celui de Saint-Valéry ; au 18, dans celui de Sainte Riquier. Depuis l'introduction de la liturgie romaine, on ne fait plus qu'une simple mémoire de Saint Josse, au i3 décembre, dans les diocèses d'Amiens et d'Arras.

L'an 977, le corps de saint Josse fut découvert, au coté droit de l'autel de Saint-Martin, élevé de terre, et déposé sur l'autel de Saint-Martin le 25 juillet. Cette même année, on .commença à bâtir un monastère dans ce lien, et Sigebrand en devint le premier abbé. Dans la suite, ce saint corps fut remis en terre pendant des troubles qui survinrent dans ce royaume, et demeura si bien caché que les religieux mêmes ignoraient où il était. Un simple laïque fit connaître, par révélation, l'endroit où il se trouvait, et ayant été reçu par les religieux, en reconnaissance de ce bon service, il fut établi gardien de ces saintes reliques, par l'abbé qui vivait alors. Mais un autre abbé, ayant succédé à celui-là, n'eut pas pour ce gardien tous les égards qu'il eût du avoir. Cette conduite fit prendre à cet homme la résolution d'enlever la plus grande partie des reliques de Saint Josse, et de les porter en France. Geoffroi, seigneur de Commercy, le reçut avec honneur et lui donna la première dignité de la collégiale du château, où il y avait quatre chanoines. Quelque temps après, le roi Henri assiégea Commercy, le prit et le brûla. Pendant que les flammes dévoraient les édifices, un chanoine enleva les reliques de Saint Josse, et s'enfuit avec son trésor. Il fut rencontré sur le pont par Robert Meflebran, de la dépendance de Raout de Chauldré, l'an des principaux chevaliers de l'armée du roi. Robert demanda au chanoine quel était le paquet qu'il perlait. Le chanoine répondit que c'étaient des ornements et des. livres d'église. On lui ôta tout, et ces précieuses reliques ayant été trouvées, on les mit dans l'église de Saint-Martm de Parnes, dans le Vexin, assez près de Magny. L'église a changé de nom et a pris celui de Saint-Josse ; on y expose ces reliques (tête et os du bras) à la vénération des peuples, tous les ans, le lundi de la Pentecôte elles sont enfermées dans un buste en argent. Le reste est dans l'église paroissiale du village de Saint-Josse, à l'embouchure de la Canche. L'abbaye ayant été supprimée quelque temps avant la Révolution, on transporta les reliques du Saint dans l'église paroissiale. Elles s'y trouvaient à l'époque de la Révolution, et furent alors soustraites à la profanation par le zèle de quelques pieux habitants du lieu, qui les rendirent ensuite, lorsque la tranquillité fut rétablie. Elles furent reconnues, le 3 mai 1805. par Monseigneur l'évêque d'Arras, dans le diocèse duquel se trouve maintenant la paroisse de Saint-Josse-sur-Mer. Le prélat retira de la châsse un os du bras, dont il accorda une partie à l'église de Saint-Saulve de Montreuil. C'est de cette relique qu'on a détaché une parcelle, en 1835, pour la donner à l'église paroissiale d'Yvias, située dans le diocèse de Saint-Brieuc, et dédiée à Saint Josse. Celle de Paris possédait aussi un petit os du Saint, et une partie de vertèbre qui lui fut donnée en 1705. Ces précieux restes sont aujourd'hui perdus. Il y a encore quelques ossements de Saint Josse à la cathédrale d'Arras et à l'Eglise d'Oignies (Pas-de-Calais), à celle de Corbie, etc.

 

(Texte Extrait des Petits Bollandistes volume XIV)

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Neuvaine en l'honneur du Bon Saint Josse

 

Bienheureux Saint Josse, serviteur fidèle de Jésus-Christ sur la terre, joignez à nos prières votre pieuse intercession, afin que, délivrés du poids de nos péchés, nous puissions, par les mérites de votre gloire et l'imitation de vos vertus, obtenir nous-même l'éternelle félicité.

 

Priez pour nous ô Bienheureux Saint Josse,

Afin que nous devenions dignes des promesses qui vous ont été faites par Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Prions

 

O Dieu qui avez daigné promettre, à ceux qui imploreraient la protection de Saint Josse, de ne pas laisser leur demande sans effet, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession le courage de détacher nos cœurs des biens d'ici bas et de nous attacher à Vous pour toujours. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Imprimatur

P. Hoguet, Vicaire Général

Arras, le 5 mai 1929.

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3 août 2014

Litanies de Notre Dame de Bon Encontre

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Notre Dame de Bon Encontre

Consolatrice des Affligés

Patronne de l'Agenais

 

En 1422, au lieu dit « La Croix-des-Chemins », ancien village de Pau, aujourd'hui Bon Encontre, un petit oratoire était déjà dédié à la Très Sainte Vierge Marie. Cette petite chapelle protégeait une croix qui avait la particularité d'être creusée dans sa partie verticale. On avait déposé dans cette cavité une statue, de style gothique, de la Mère du Seigneur, dont la légende rapporte que Jacmes Frayssinet, qui était gardien d'un troupeau, étonné par le comportement d'un bœuf qui était en arrêt devant un buisson d'épines. Jacmes s'approche du buisson et y découvre ce qui deviendra la statue miraculeuse, une terre cuite représentant une vierge tenant dans ses bras un enfant. La Reine de Navarre, Marguerite de Valois, fut rapidement mise au courant de la dévotion entourant cette statue ainsi des nombreux miracles obtenus en la vénérant. Le 25 août 1584, elle décida la construction d'une église qui sera consacrée en 1604. La statue est conservée dans un reliquaire de la basilique. Le pèlerinage a toujours attiré de nombreux fidèles venus du Lot-et-Garonne, mais aussi de régions plus lointaines.

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Litanies de Notre Dame de Bon Encontre

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Saint-Esprit, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Notre Dame de Bon Encontre, priez pour nous.

Notre Dame de Bon Encontre, honorée par un animal sans raison, priez pour nous.

Notre Dame de Bon Encontre, invoquée par nos pères, priez pour nous.

Notre Dame de Bon Encontre, source de la piété de nos aïeux,

Notre Dame de Bon Encontre, miraculeuse en votre sainte image,

Notre Dame de Bon Encontre, visitée par les princes de la terre,

Notre Dame de Bon Encontre, notre sécurité dans les périls,

Notre Dame de Bon Encontre, consolatrice dans les afflictions,

Notre Dame de Bon Encontre, notre refuge dans les malheurs,

Notre Dame de Bon Encontre, notre libératrice dans les tentations,

Notre Dame de Bon Encontre, notre santé dans les maladies,

Notre Dame de Bon Encontre, soutien des faibles,

Notre Dame de Bon Encontre, protectrice des étudiants,

Notre Dame de Bon Encontre, soutien du soldat,

Notre Dame de Bon Encontre, salut du nautonier,

Notre Dame de Bon Encontre, tutelle des orphelins,

Notre Dame de Bon Encontre, espoir des mères,

Notre Dame de Bon Encontre, secours des enfants,

Notre Dame de Bon Encontre, lumière des aveugles,

Notre Dame de Bon Encontre, ouïe des sourds,

Notre Dame de Bon Encontre, espérance des désespérés,

Notre Dame de Bon Encontre, refuge des pécheurs,

Notre Dame de Bon Encontre, trésor des pauvres,

Notre Dame de Bon Encontre, gardienne de la France,

Notre Dame de Bon Encontre, qui défendez le Saint Siège,

Notre Dame de Bon Encontre, qui avez écrasé l'hérésie,

Notre Dame de Bon Encontre, qui nous avez délivré de la peste,

Notre Dame de Bon Encontre, si chère aux pèlerins,

Notre Dame de Bon Encontre, Reine du clergé,

Notre Dame de Bon Encontre, conçue sans la tache originelle,

Notre-Dame de Bon Encontre, notre secours pendant la vie et à l'heure de la mort,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Notre Dame de Bon Encontre, priez pour nous,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Prions

 

Mon Dieu, qui par vos prophètes avez annoncé au monde la Vierge qui doit enfanter le Désiré des Nations, accordez-nous par l'intercession de Notre Dame de Bon Encontre les grâces que nous sollicitons de Votre Bonté Paternelle, et formez dans nos cœurs Jésus-Christ, Votre Divin Fils, qui vit et règne avec Vous dans les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.

 

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Prière et consécration à Notre Dame de Bon Encontre

 

O Notre Dame de Bon Encontre ma Mère et ma souveraine, avec quel bonheur je me prosterne à Vos pieds ! Nul ne peut dire tous les prodiges que Vous opérez chaque jour en faveur des âmes qui Vous invoquent, aussi, quelle confiance et quel amour animent vos enfants !

O Vierge aux miracles, comme Vous appelaient nos pères, guérissez ceux qui souffrent, consolez ceux qui pleurent, préservez les familles, protégez les enfants, veillez sur les justes pour les soutenir, sur les pécheurs pour les convertir, sur les Prêtres pour les fortifier, sur les fidèles pour les sauver.

O Mère aimable et pleine de bonté, ayez pitié d'une âme qui se fait gloire de Vous appartenir. Détournez les dangers auxquels je suis exposé ; dispersez mes ennemis, soutenez ma faiblesse, assistez-moi dans tous les moments de ma vie, dirigez-moi jusqu'à la fin de la course sur la mer orageuse de ce monde et conduisez-moi au port de la bienheureuse éternité, où j'espère Vous voir, Vous louer et Vous aimer avec tous les élus pour les siècles et les siècles. Ainsi soit-il.

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Prière à Notre Dame de Bon Encontre

 

Vous, que nos pères ont tant aimé et que nous chérissons tendrement à leur exemple, veuillez nous donner comme à eux, des témoignages de votre sainte protection. Secourez-nous dans tous nos besoins, consolez-nous dans toutes nos peines et après nous avoir aidés pendant la vie, assistez-nous à l'heure de la mort. Amen.

 

Site internet de la Basilique et de la Paroisse de Bon Encontre

http://paroissenotredamedebonencontre47.over-blog.com

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24 juillet 2014

Les Sept Paroles de Jésus en Croix

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Les Sept Paroles de Jésus en Croix

Un texte de Saint Bonaventure, docteur de l'Eglise

 

Première Parole

« Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent que ce qu'ils font ! »

 

Jésus, Hostie, Sacrifice, Bienfait et Grâce de Salut ; Jésus, confiance assurée, refuge inébranlable : pour racheter le genre humain de sa captivité, pour anéantir les crimes dont nous étions coupables, pour nous unir à Dieu et nous combler de ses dons, Vous n'avez point refusé de souffrir les chaînes, les fouets, les meurtrissures. Vous avez accepté la Croix et ses ignominies, ses tourments et ses plaies. Et alors qu'elle vous recevait, alors que vos ennemis frémissaient contre Vous, que le marteau frappait et que les clous déchiraient Votre Chair, que la douleur se faisait sentir plus atroce, que Votre Sang adorable coulait en abondance, que la souffrance Vous oppressait et que Votre angoisse s'aggravait, Vous avez supplié Votre Père de pardonner à Vos ennemis, à ceux qui Vous attachaient ; Vous l'avez conjuré en faveur de leur ignorance, et Vous lui avez dit : « Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ».

 


Prière

 

O douce patience ! Ô mansuétude ineffable, clémence infinie, bénignité sans limites ! Comme une brebis pleine de douceur, Vous ne laissez échapper aucune plainte ; comme une mère pleine de tendresse, Vous excusez l'injure dont on Vous couvre ; comme l'âme dont la bonté est inépuisable, Vous gardez toute Votre bienveillance ; comme celui dont la Volonté est d'une tendresse sans bornes, Vous ne mettez en avant que la Miséricorde. L'espérance de nos cœurs se tourne vers Vous ; vers Vous montent nos soupirs, vers Vous coulent nos larmes, vers Vous s'élèvent nos désirs, et nous crions avec confiance : « Seigneur, daignez nous pardonner ».


Seconde Parole

« Je vous le promets, vous serez avec moi dans la gloire ! »

 

Jésus, auteur de tout pardon, consolation de ceux qui pleurent ; Jésus, gloire de notre repentir, espoir des pénitents : alors que, suspendu sur la Croix, Vous étiez associé au supplice de deux scélérats, l'un d'eux s'élevait contre Vous, Vous blasphémait injurieusement, et Vous disait : « Si Tu es le Fils de Dieu, sauve-Toi et sauve-nous en même temps ; exerce à Ton égard la puissance que Tu montras en sauvant les autres ». L'autre le reprenait, lui montrait sa folie, se déclarait coupable et Vous suppliait en disant : « Souvenez-Vous de moi lorsque Vous serez parvenu en votre Royaume, en ce Royaume plein de douceur, lorsque Vous vous montrerez Roi ». Et Vous, Seigneur, qui aimez le repentir et y attirez les cœurs par Votre Grâce, Vous ne vous êtes point contenté de lui promettre un souvenir, mais Vous l'avez assuré de Votre Gloire, et Vous lui avez dit : « Oui, Je vous le promets, vous serez avec moi dans la gloire ».


Prière

 

O Charité empressée de mon Dieu ! Miséricorde diligente, libéralité sans retard, munificence vraiment prompte, c'est vers Vous que s'élance notre ferveur, vers Vous que se tourne notre pensée, devant Vous que nous confessons nos fautes et que nous ouvrons le fond de nos cœurs. Nous Vous supplions avec confiance, Vous qui, seul, êtes sans péché et pur de tout crime, et nous Vous disons : « Souvenez-Vous de nous, Seigneur, dans Votre patience ».


Troisième Parole

« Femme, voilà votre Fils ! »

« Fils, voilà votre Mère ! »

 

Jésus, Lumière éclatante, Roi de gloire, Fils de Dieu et Fils de l'homme ; Jésus, Fleur de la pureté virginale, Fils de la Vierge Marie ; cette Vierge Très Sainte, cette Vierge accablée d'amertumes, cette Mère pleine d'Amour et brisée par tant de douleurs, Votre Mère bien-aimée, qui entoura Votre enfance de soins si diligents, se tenait inondée de ses larmes et anéantie par ses sanglots au pied de Votre Croix, Vous y voyait suspendu, contemplait Vos tourments, et, dans l'excès de son affliction, Elle semblait prête à défaillir. Mais Vous, Seigneur, Vous avez abaissé un regard sur cette Mère dans les pleurs, en proie à l'amertume, Votre Mère vénérable, digne de la suprême béatitude ; Vous avez considéré Votre Disciple bien-aimé, ce Disciple si digne de Votre Amour, Jean, le serviteur fidèle de Dieu, l'homme dont la vie est demeurée sans tache, et votre parole s'est adressée, pleine de douceur et avec un accent prophétique, à Marie et à Jean ; Vous avez recommandé tendrement Votre Mère au Disciple, et Vous avez dit : « Femme voilà votre Fils » ; et ensuite au Disciple : « Voilà votre Mère ».


Prière

 

Oh ! Quel changement ! Quel partage inégal ! Quelle désolation ! Quelle tristesse profonde pour une mère, alors que pour soutien c'est le Disciple qui lui est donné à la place du Maître, alors qu'au lieu de Dieu c'est un homme qui devient son appui ; qu'au lieu du Roi, c'est un simple serviteur qui demeure à Marie ! Et moi aussi, ô Jésus ! Je me recommande humblement à Votre Grâce, et je m'abandonne pour toujours à Votre Providence, afin qu'aidé des prières que la Vierge Vous adressera pour moi avec amour, je puisse être en tout temps à l'abri des orages du péché.


Quatrième Parole

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi M'avez-Vous abandonné ? »

 

Jésus, vertu, sagesse du Père incréé ; Jésus, force et soutien de toute créature : par Votre puissance admirable Vous aviez multiplié les pains ; avec une force non moins grande, faible enfant, Vous aviez conduit l'étoile qui guidait les Mages ; vous aviez rappelé les morts à la vie, Vous aviez opéré des merveilles sans nombre, Vous aviez guéri les malades, Vous aviez tiré le monde du néant, Vous aviez chassé les démons par la terreur de Votre Parole, Vous aviez, au Jardin des Oliviers, renversé Vos ennemis par la force de cette même Parole ; et voilà que Vous êtes attaché à la Croix pour obéir à Votre Père ; voilà que Vous êtes, par Sa Volonté, en proie aux angoisses ; voilà que, pour accomplir Ses ordres, Vous êtes enchaîné et Vous souffrez comme un Criminel, et qu'il ne Vous permet point de faire usage de Votre puissance pour Vous soustraire aux tourments. Alors, Vous inclinant sous le poids des douleurs qui Vous oppressent, Vous faites entendre un cri, et Vous dites, en pleurant, d'une voix lamentable : « Eli, Eli, lamina sabachtani », c'est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? »


Prière

 

O cri miraculeux, qui opère le salut du monde ! O Cœur innocent et humble ! Vous pleurez les peines méritées par nos crimes ; la compassion m'entraîne vers Vous ; je sens que vous souffrez pour moi ; je me prosterne devant Vous, je mêle mes pleurs aux Vôtres ; et ces pleurs me sont avantageux : ils me consolent, car ils seront pour moi une source de récompense et de joie éternelle.

 

Cinquième Parole

« J'ai soif ! »

 

Jésus, dont le souvenir est si doux et dont l'amour pénètre d'ardeur ; Jésus, ma tendre confiance, Vous qui êtes la nourriture qui réjouit mon âme/ alors qu'étendu sur l'Autel de la Croix, Vous accomplissiez, en Vous immolant, la rédemption des hommes, le monde Vous contemplait nu et dépouillé comme un objet de spectacle ; la terre faisait entendre contre Vous un cri de mort ; vos ennemis Vous lançaient leurs injures ; vos proches Vous fuyaient ; les clous perçaient Vos membres ; vos nerfs se contractaient sous l'excès de la douleur ; Vos Plaies se gonflaient ; Votre Sang coulait à grands flots ; Votre Chair devenait palpitante ; vos forces s'épuisaient. Alors, Seigneur, Vous avez été embrasé d'une soif dévorante, d'une soif qui languissait d'amour, d'une soif désireuse des vertus et avide de notre salut. Vous avez dit avec tendresse : « J'ai soif : Je désire la Foi chez tous les hommes, Je soupire après leur Salut, et Je m'offre encore à de nouveaux tourments, afin de l'obtenir ».


Prière

 

O soif vraiment salutaire qui ne demandez que notre amour ! Ô soif intime du Cœur qui brisez nos ardeurs perverses ! Faites, ô mon Dieu, que j'aie soif de Vous, que je brûle de cette soif, que je fuie la soif du mal, jusqu'à ce que j'arrive à la Fontaine de Vie, que je m'y désaltère, que j'y sois heureux toujours, et, qu'entré dans la Sainte Patrie, j'y contemple mon Dieu à jamais.


Sixième Parole

« Tout est consommé ! »

 

Jésus, notre Rédempteur, sauveur de tous les hommes ; Jésus, notre Amour, Salut de ceux qui croient : alors que Vous accomplissiez avec un zèle ardent par le mystère de la Croix l'oeuvre de notre rachat, afin d'être ainsi notre libérateur ; alors que Vous vous soumettiez au supplice pour nous en arracher, consommant le sacrifice de Votre Chair et de Votre Sang, en même temps que le combat terrible qui devait mettre le sceau à notre paix ; terminant la course passagère de cette vie fugitive et achevant le grand acte de notre Rédemption, au moment où l'heure de la mort approchait, où la vie Vous abandonnait, où Vous touchiez au terme de Vos souffrances, et où tout allait se trouver conduit à sa fin, pour exprimer toutes choses en un mot, Vous vous écriâtes : « Tout est consommé ! » En effet, Jésus est crucifié, l'Agneau est immolé, Son Sang est répandu, le prix du Salut est payé, le démon est vaincu, la guerre est terminée, la sentence de condamnation est détruite et l'homme est racheté.


Oraison

 

O bon Jésus ! Bonté suprême qui êtes notre justice ; ô vrai Jésus ! Vérité souveraine qui êtes notre Science ; ô nous Jésus ! Charité ineffable et notre rédemption ; ô Saint Jésus ! Sainteté sans tache et notre sanctification ; consommez en nous la grâce, consommez la justice, consommez notre conscience, consommez notre joie.


Septième Parole

« Mon Père, je remets mon âme entre vos mains ! »

 

Jésus, Voie de toute droiture et Porte du Salut ; Jésus, Refuge inébranlable et protecteur de tous les hommes ; Jésus, Vérité Salutaire et Lumière brillante des âmes ; Jésus, Félicité de la vie et Douceur enivrante des cœurs : alors que Vous livriez les derniers combats, afin de détacher Votre âme de Votre Corps Sacré, et que Vous abandonniez cette terre pour descendre aux enfers, voulant nous montrer la voie que nous devions parcourir, instruire les hommes formés d'une vile poussière, et nous faire reconnaître le défenseur en qui doivent se confier ceux que la mort environne, Vous avez recommandé Votre âme vénérable à Votre Père Très Saint et Vous Lui avez dit en gémissant dans un langage d'Amour : « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains ». Et ensuite, inclinant la tête, toujours attaché au gibet de la Croix, couvert de plaies cruelles, honteuses et injustes, Vous avez rendu l'esprit. Mais en même temps Vous imprimâtes à l'univers un tel frémissement que tous ceux qui furent témoins de Vos tourments versèrent des larmes abondantes ; que les éléments se troublèrent, les rochers se fendirent, les sépulcres laissèrent aller leurs morts, la terre trembla, le voile du temple se déchira, le soleil se couvrit de ténèbres, le monde gémit, et la nature désolée s'écria : « Hélas ! Voici mon dernier jour, ou bien le Dieu qui m'a créée est à cette heure en proie aux souffrances ».


Prière

 

O mort digne de larmes, que toute créature a pleurée ! O mort lamentable, sur laquelle les êtres insensibles se sont désolés ! O mort admirable, où les morts ont puisé la vie ; O mort toute aimable, qui as exalté le courage des forts ; O mort sacrée, O mort glorieuse, qui as été la ruine des crimes ; O mort pieuse, O mort profitable, en qui nous avons trouvé des récompenses, fais que ton souvenir ne nous abandonne jamais ; qu'il excite notre âme et transperce en tout temps notre cœur ; qu'il verse la lumière en nos pensées et nous dirige en toutes nos démarches ; qu'il nous délivre de nos fautes et nous accorde le bienfait de la vie céleste. Ainsi soit-il.

 

Bonaventure (4)

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21 juillet 2014

O Anna mamm Mari

O Anna mamm Mari

 

Diskañ. O Anna Mamm Mari, ha galon ni ho ped,

Doh peb droug gouarnet ni, groiet ma vel oll salvet.

 

Refrain. Ô Anne, Mère de Marie, de tout cœur, nous te prions,

Garde-nous de tout mal, donne-nous le salut.

 

1. Joachim, Anna,um rejoeiset, reit zo deoh ur hrouèdur hep par,

Ho merhig e zo benniget, dreist en oll dud zo ar en douar.

 

Joachim, Anne, réjouissez-vous, vous avez une enfant incomparable,

Votre petite fille est bénie entre toutes les femmes.

 

2. Saùet ho penn ged leuiné, tud ag en douar, ne ouilet ket,

Rag a pe splann er goleu-dé e ma tost en héol de zoned.

 

Redressez la tête avec joie ! Ne pleurez pas, habitants de la terre,

Car lorsque se lève l’aurore, le soleil n’est pas loin.

 

3. Er verhig-man e zo choéjet, de voud Mam de salvér er bed,

Ha ged en oll é vo anùet, rouanéz en dud hag en Eled.

 

Cette petite fille est choisie pour être mère du sauveur du monde,

Par tous, elle sera nommée reine du monde et reine des anges.

 

4. O Mari, rozenn mistérius, nen des ennoh meid braùité ;

stirenn dreist en oll hugernus, hui e zigor splanndèr er dé.

 

O Marie, Rose mystique, il n'y a en toi que beauté !

Etoile rayonnante entre toutes, tu apportes la lumière.

 

5. Santéz Anna, inour deoh-hui, ar en douar èl é lein en né,

Inour eué d’ho merh Mari, gwerhiez berped ha Mamm de Zoué.

 

Sainte Anne, honneur à toi sur la terre comme au ciel,

Honneur aussi à Marie, ta fille, toujours Vierge et Mère de Dieu.

21 juillet 2014

Sainte Anne, ô mère de Marie

Sainte Anne, ô mère de Marie

 

Sainte Anne, ô mère de Marie,

Conduis nos pas vers Jésus-Christ,

Il est la source de la Vie,

lumière au creux de notre nuit.

 

1. Tu vois les jeunes, les enfants qui ne savent où tourner les yeux,

Dis-leur que Dieu est père aimant, qu'ils ont un avenir aux Cieux.

 

2. Regarde les parents inquiets pour leurs enfants qui ne prient plus,

accorde-leur de vivre en paix, pour le Seigneur, rien n'est perdu.

 

3. Aux grand-parents qui te supplient, accorde paix et espérance,

Après de toi, ils trouvent appui, qu'ils soient toujours dans la confiance.

 

4. Regarde toutes les familles, accorde-leur toute bonté,

Ecoute celles qui te prient de les garder dans l'unité.

 

5. Réponds toujours aux cris d'appel des couples qui n'ont pas d'enfant,

Qu'ils puissent vivre ce Noël qui mettra fin à leurs tourment.

13 juillet 2014

Jezus dré er garanté

Jezus dré er garanté

Un cantique eucharistique Breton

 

Diskañ

Kanamp a vouéh ihuél,

Gloér de Jézus, roué hor halon,

E zichenn 'eidom ken izél.

 

Chantons à pleine voix,

gloire à Jésus, roi de notre cœur,

qui descend si bas pour nous.

1- Jézus dré er garanté souéhusañ kent ''eit merùel,

E venn rein deomp 'eit magein hon énéan é gorf santél.

Présiuset un donézon !

 

Jésus, par un amour stupéfiant, avant de mourir,

veut nous donner, pour nourrir notre âme, son corps saint.

Ô don précieux !

 

2- Én overenn er bara 'zo chañjet é korf Mab-Doué ;

Er gwin e za de vout é wæd sakret é gwirioné.

Doué mem er lar ; taù, me rézon.

 

Pendant la messe le pain devient corps du Fils de Dieu ;

le vin devient son sang sacré, réellement.

Dieu lui-même le dit, il n'y a pas à raisonner.

 

3- Sèl gwéh m'en deus er béleg konsakret, o burhud kær !

A-benn éma hor Salvér dichennet àr en aotér.

Sentein e ra doh péherion.

 

A chaque fois que le prêtre a consacré, ô beau miracle !

aussitôt notre Sauveur est descendu sur l'autel.

Il obéit à des pécheurs.

13 juillet 2014

Neuvaine à Sainte Anne

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Neuvaine à Sainte Anne

Mère de la Bienheureuse Vierge Marie

Du 16 au 25 juillet 2014

 

Avis préliminaires

 

Quoique dans plusieurs paroisses l'on ait coutume de faire la Neuvaine à sainte Anne dans la semaine qui précède sa fête, cependant les besoins particuliers de certaines personnes les portent à  recourir plus souvent cette puissante protectrice et à faire les exercices de la Neuvaine en son honneur dans d'autres mois de l'année. Nous avons cru devoir consigner ici la suite des exercices dont elle se compose. Les personnes qui craignent quelques fléaux et qui appréhendent quelques châtiments de Dieu ou qui ressentent quelque affliction pénible, doivent, avant de commencer les exercices d'une neuvaine, mettre ordre à leur conscience ; et pour être soulagés dans leurs peines ou pour écarter les épreuves qui les atteignent, se résigner à la volonté de Dieu y qui les assistera selon qu'il le trouvera utile à sa gloire et avantageux à leur salut.

La persévérance dans la prière et la ferveur de la foi plaisent à Dieu. Aussi les exercices, de la Neuvaine de Sainte Anne se composent de pratiques courtes et affectueuses, qui ne peuvent pas fatiguer la piété des malades, des affligés et des autres nécessiteux qui s'adressent à l'Auguste Mère de Marie, mais elles peuvent donner plus de temps à leurs méditations ou revenir plus souvent aux pratiques qu'elles goûteront davantage. Les personnes qui ont plus de temps à donner à ces occupations pourraient chaque jour faire quelque lecture spirituelle en rapport avec les considérations que nous indiquons, réciter quelque prière en l'honneur de Sainte Anne. Autant qu'il se peut, l'on devrait faire ces neuvaines au pied des saints autels, dans l'église de sa paroisse ; mais lorsque la distance des lieux ou quelque inconvénient en empêche, il suffit de les faire dans ses appartements, devant une image de sainte Anne que l'on invoque comme sa protectrice auprès de Dieu.

Les exercices que nous indiquons ne sont pas rigoureusement imposés, chacun pourra les remplacer par d'autres pratiques approuvées ou même y en ajouter d'autres, selon l'avis de son directeur, qu'il est toujours avantageux de consulter quand on prend quelque mesure extraordinaire pour obtenir les dons du ciel. Il est fort avantageux de faire quelque promesse à la bonne Mère et Protectrice sainte Anne, comme de réformer sa conduite, de pratiquer quelque vertu, de faire quelques aumônes ; et, enfin, de communier en son honneur à la fin de la neuvaine. N'omettons jamais, après avoir reçu quelque faveur du ciel par l'entremise de sainte Anne, de continuer à l'honorer par quelque pratique de piété qui soutiendront notre ferveur et nous aideront aussi à nous perfectionner.

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Prières pour chaque jour de la Neuvaine

en l'honneur de Sainte Anne, Mère de la Bienheureuse Vierge Marie

 

Prière à Jésus-Christ

 

Très adorable Jésus, dont l'âme a été triste jusqu'à la mort, je viens avec confiance vous adorer et vous demander la soumission à la volonté de Dieu. Je viens vous exposer mes peines et mes souffrances, afin que par votre sainte Passion vous me fassiez miséricorde. Aidez-moi à détester mes fautes et à me reconnaître coupable, afin que je puisse rentrer en grâces avec vous et que je puisse vous être toujours intimement uni par les liens d'un amour pur et sans bornes. Je vous demande ces faveurs par l'entremise de la glorieuse Vierge Marie, qui a toujours été si sensible à nos misères et par l'intercession de Sainte Anne, que j'invoque particulièrement en ce jour. Ainsi soit-il.

 

Prière à Sainte Anne

 

Très Sainte et très miséricordieuse mère de Marie, ô sainte Anne, faites que, fortifiés par vos exemples, nous soyons résignés à la volonté de Dieu. Votre nom est partout honoré, tous les enfants de l'Eglise célèbrent vos louanges, et, pleins de vénération pour vous, exaltent vos bontés et vos miséricordes. Accordez-nous la faveur que nous réclamons en ce moment afin que nous puissions nous aussi redire votre compassion et ajouter au nombre de vos serviteurs reconnaissants. Obtenez-nous une protection assurée dans les causes difficiles, la consolation dans nos douleurs extrêmes, un accroissement d'amour et de paix, afin que nous soyons plus adonnés à ce qui tient à la gloire de Dieu.

O très Sainte Mère de la divine Marie, abaissez du haut du ciel vos regards maternels sur de pauvres suppliants qui vous vénèrent et qui mettent leur confiance en votre intercession. Veuillez nous accorder les grâces que nous sollicitons, humblement prosternés à vos pieds. Faites, ô Dieu Tout-Puissant, qu'étant délivrés de toute souffrance par l'intercession de la glorieuse protectrice que nous invoquons, nous bénissions toujours votre saint Nom. Ainsi soit-il.

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Exercices de la Neuvaine à Sainte Anne

 

Premier jour

Humilité de Sainte Anne

Enfant des Patriarches

 

I. Considérez, que, quoiqu'elle descendît des Rois de Juda, cette grande servante de Dieu, sainte Anne, demeura toujours dans une condition humble, satisfaite de la position que lui assigna la Providence. Elle s'est sanctifiée dans son état. Chacun de nous peut parvenir à la sainteté dans l'état où il est engagé. Hors de cet état, quoique nous fassions, ce n'est plus la volonté de Dieu. Nous pouvons faire du bruit, nous distinguer même par des œuvres louables, mais, après tout, c'est notre propre volonté que nous faisons. Dieu donne les grâces nécessaires par rapport à la fonction à laquelle il nous appelle. Quand nous sortons de notre condition, nous nous refusons les secours de Dieu, puisque nous nous engageons indiscrètement dans un emploi où la volonté de Dieu ne nous appelle pas.

II. Considérez que les Saints qui ont eu l'ambition d'assurer leur place au ciel ont su borner leurs désirs, modérer leurs convoitises et se contenter du rang où Dieu les avait placés. Beaucoup d'autres ont renoncé aux honneurs et aux dignités pour vivre loin des regards des hommes, dans une abnégation plus grande, et pour pratiquer un détachement plus absolu de toutes choses. A leur exemple, cherchons à nous humilier... D'ailleurs, nous sommes les enfants de Dieu, ne faisons rien qui ne soit digne de notre noblesse.

 

Résolutions

1° Offrir nos prières, nos affections, nos actes de piété et de mortification à Sainte Anne, afin qu'elle les présente elle-même à Dieu et qu'elle nous obtienne la grâce de lui plaire.

2° Nous offrir nous-mêmes à son service. Ne rien négliger pour en être dignes et renouveler souvent le désir de l'aimer et de le servir.

 

Prière

Soyez-nous propice, ô Sainte Anne, obtenez-nous les faveurs que nous sollicitons, et, par dessus toutes choses, la grâce d'aimer Dieu de plus en plus.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, vase rempli de grâces, priez pour nous.

 

Deuxième jour

Sainte Anne, protectrice de la Jeunesse

 

I. Considérez que l'inexprimable amour que sainte Anne a pour Dieu ne peut manquer d'être très utile aux jeunes personnes qu'il a daigné créer pour son héritage, et que le Seigneur Jésus a bien voulu regarder comme ses frères. Quel enfant ne voudrait pas marquer son respect et son dévouement à une protectrice aussi puissante et aussi compatissante ?... Celle qui a été la protectrice des premières années de la glorieuse Vierge Marie accorde sa protection à tous ceux qui veulent sanctifier leur enfance et leur jeunesse, conserver leur innocence et surmonter les tentations que leur présente l'ennemi du Salut.

II. Considérez que la grande sainte que vous désirez honorer veut que, pour plaire à Dieu, vous conserviez soigneusement la pureté de l'âme et du corps ; que vous devez dompter vos passions et expier vos fautes par une salutaire pénitence des péchés pour lesquels vous êtes redevable à la justice divine. Enfin, considérez que cette expiation vous rendra plus vigilant sur les mouvements de votre cœur.

 

Résolutions

1° Ecouter la voix de sainte Anne dans les lectures et dans les méditations ; puis, se conformer avec zèle à ce qu'elle nous inspirera.

2° Renouveler souvent le bon désir d'être surtout fidèle aux inspirations de la grâce.

3° Placer tous les jours ses résolutions sous la protection spéciale de Sainte Anne et de la Sainte Vierge.

 

Prière

O Dieu, qui avez accordé à Sainte Anne la faveur d'être la Mère de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de notre Rédempteur, accordez-nous la grâce d'honorer sa mémoire, afin que nous puissions dès ce moment éprouver les effets de sa puissante intercession auprès de votre divine Majesté.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Vigne féconde, Mère de la Bienheureuse Vierge Marie, priez pour nous.

 

Troisième jour

Sainte Anne, modèle des mères chrétiennes

Vie intérieure et dévouement

 

I. Considérez que le monde spirituel offre d'immenses avantages à l'âme chrétienne. L'esprit de Dieu y répand une lumière douce et pure. La vie intérieure est toute opposée à la vie extérieure, qui est la vie des sens, toute dissipée, toute livrée aux inutilités et aux frivolités. La vie intérieure est la vie de l'âme qui se tient unie à Dieu, et qui pour cela s'éloigne des objets extérieurs et sensibles. Morte à elle-même, à la nature et aux sens, l'âme ne vit que de la vie de la grâce et ne s'occupe que des grands objets de la foi. Elle est heureuse de chercher Dieu au pied de la croix et plus heureuse de le trouver dans son cœur. Qu'elle est solide ! Il est impossible de s'égarer en suivant ses voies. Qu'elle est sublime ! Elle élève l'âme au-dessus d'elle et l'associe aux esprits célestes. Qu'elle est féconde ! Puisqu'elle fait germer les fruits du salut et qu'elle est la source des vrais mérites et de la pure vertu.

II. Considérez qu'une âme dégagée des choses extérieures se donne plus profitablement aux devoirs de son état. Elle les remplit avec plus de perfection, avec plus d'affection, avec plus de constance. Elle aide le prochain ; elle dirige, elle console même le plus petit ; et ce zèle, cette charité est le caractère distinctif des vrais amis de Dieu. Faisons-nous un honneur d'être dévoués hautement aux intérêts du prochain, surtout aux intérêts spirituels des personnes dont nous sommes chargés.

 

Résolutions

1° Gardons-nous d'exposer au danger notre faible vertu.

2° Compatissons aux misères d'autrui.

3° Profitons de toutes les circonstances où nous pourrons nous rendre utiles.

 

Prière

Faites, ô Sainte Anne, que nous nous occupions dans le silence et dans la retraite à méditer vos vertus et vos exemples, et que nous nous acquittions de tous nos devoirs avec courage et avec amour. Demandez pour nous cette grâce au Seigneur, afin que nous puissions répondre plus fidèlement à ce qu'il demande de nous. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Vase rempli de grâces, priez pour nous.

 

Quatrième jour

Sainte Anne, modèle des époux

Fidélité en toutes choses

 

I. Considérez que la véritable fidélité consiste dans la soumission entière à la volonté de Dieu, dans la pratique des vertus et dans l'acquit des devoirs de notre état. Fidélité exacte, donc, en toutes choses, dans l'adversité comme dans les jours heureux ; fidélité que rien n'altère, que rien ne rebute. Au contraire, rappelons-nous que la fidélité doit nous porter à être, en tout temps, bienveillants, doux, empressés envers tout le monde, surtout envers ceux auxquels nous sommes attachés.

II. Considérez que la fidélité ne se plaint point de ses devoirs, ni de ses obligations ; qu'elle ne blâme personne, qu'elle ne déprécie pas ce que font les autres, mais bien qu'elle les encourage, les redresse avec douceur, ferme les yeux sur leur défauts et qu'elle cherche en tout à agir par l'impulsion de la grâce, puisqu'on ne peut être à Dieu si l'on rapporte tout à ses goûts et à ses commodités.

 

Résolutions

1° Ne pas chercher ses propres avantages, puisque le sauveur a dit : « Celui qui ne veut pas se renoncer lui-même n'est pas digne de Moi ».

2° Se rappeler souvent que la couronne de vie est promise à celui qui sera fidèle jusqu'à la fin.

 

Prière

Accordez-nous, Seigneur, par les mérites de votre passion et par l'intercession de Sainte Anne, que nous honorons particulièrement aujourd'hui, une grande fidélité à votre service, afin que nous ne nous occupions que des choses qui peuvent vous plaire et faire descendre sur nous vos bénédictions. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Miroir de Patience, priez pour nous.

 

Cinquième jour

Sainte Anne, protectrice des familles

La vigilance

 

I. Considérez que si nous aimons notre prochain et surtout les personnes que le ciel a confiées à notre sollicitude, nous devons veiller sur leurs intérêts, écarter d'elles avec soin tout ce qui les porterait au mal, les lectures frivoles, les compagnies, les promenades, et les divertissements dangereux, comme aussi tout ce qui peut entretenir l'orgueil, la curiosité, l'immodestie, la jalousie. Mettons le même zèle à protéger leur vertu, leurs biens spirituels que l'on mettrait à défendre leurs intérêts temporels si nous étions mus par une sincère amitié.

II. Considérez qu'une vigilance bien entendue ne se contente pas d'éloigner des périls et de défendre des accidents les personnes qui nous sont chères, mais que nous devons encore être empressés à leur procurer tous les moyens possibles d'avancer dans la perfection. Notre zèle pour leur sanctification nous portera donc à leur rendre facile l'accomplissement de leurs devoirs, à stimuler leur zèle pour les bonnes œuvres, à les engager à se rendre agréables à Dieu.

 

Résolutions

1° Veiller soigneusement sur ses regards, sur ses paroles. etc., pour ne jamais autoriser les fautes d'autrui ; chaque soir s'examiner avec soin sur ses paroles, sur ses actions, etc.

2° Offrir avec ferveur à la Sainte Vierge et à Sainte Anne notre constante disposition à veiller sur notre esprit.

 

Prière

Je vous salue, glorieuse sainte Anne, amie constante et directrice des personnes qui désirent amender leur vie et avancer dans la perfection. Veillez Sur moi, bénissez-moi et donnez-moi à tout instant votre assistance. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Miroir d'obéissance, priez pour nous.

 

Sixième jour

Sainte Anne, espérance des navigateurs

Désirs du Ciel

 

I. Considérez que vous êtes exilé en ce monde et que notre vraie patrie est le ciel. Nous devons y tendre continuellement, malgré les ruses de l'ennemi du salut, malgré ces charmes du monde et les séduisantes passions qui embarrassent notre marche. Les naufrages sont fréquents sur les écueils multipliés de la mer où nous voguons. Hélas ! Nos chûtes devraient nous humilier, mais non pas nous abattre. Il n'y aura de sauvés que ceux qui savent se relever avec courage ; et ceux-là sont perdus qui cessent d'espérer.

II. Considérez qu'il ne faut pas seulement désirer vaguement aller au Ciel, mais que toutes nos actions servent à accélérer notre passage à la vie éternelle. Que nous devons faire tourner à notre profit les tentations qui nous éprouvent, les misères que nous supportons et les occasions auxquelles nous résistons. Prions Dieu qu'il nous aide à nous relever chaque fois que nous avons le malheur de succomber. Évitons les naufrages ; et, pour cela, veillons et prions, mais si nous éprouvons du malheur, sachons nous relever avec promptitude, avec confiance et avec générosité.

 

Résolutions

1° Ne fondez votre espérance que sur la Providence.

2° Espérons sans présomption et ne négligeons rien.

3° Résistons aux tentations de découragement et réparons nos négligences passées.

 

Prière

Par vos mérites, Sainte Anne, obtenez-nous les lumières et l'assistance dont nous nous sommes rendus indignes par nos faiblesses et par nos fautes journalières. Vous que l'on invoque comme l'espérance des navigateurs, exaucez-nous, aidez-nous et consolez-nous. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Ancre dans les périls, priez pour nous.

 

Septième jour

Sainte Anne protectrices des voyageurs

Le détachement des choses du monde

 

I. Considérez que la Divine Providence veille sur nous dans toutes les entreprises qui ont pour but la gloire de Dieu, notre salut, ou la charité envers le prochain. Elle nous fournit les forces, la santé, les moyens d'accomplir ce que nous tentons dans ces nobles desseins. Que rien donc ne nous rebute, que rien ne nous lasse quand il s'agit de pratiquer quelque œuvre de charité. Sachons tout quitter quand il s'agit de glorifier Dieu ou d'aider le prochain.

II. Considérez que les biens de la terre ne sont rien en comparaison des récompenses que le seigneur réserve à ceux qui se donnent généreusement à son service. Ne considérons donc jamais ce que nous sacrifions, ce que nous endurons pour seconder les vues de Dieu. Oublions tout pour ne nous occuper qu'a mériter la félicité promise à ceux qui savent de bon cœur tout quitter pour Dieu.

 

Résolutions

1° Nous associer à ceux qui travaillent au salut du prochain, en les aidant de nos prières et de nos aumônes.

2° Remercier souvent Dieu de ce qu'il a fait pour nous, et lui faire, en retour, l'offrande de tout ce dont nous pouvons disposer.

 

Prière

Nous vous conjurons, ô bonne et compatissante sainte Anne, de guider nos pas et d'éclairer nos démarches afin que nous ne nous écartions pas en cette vie du sentier du devoir et que nous marchions d'un pas assuré vers la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Chemin des Pèlerins et Port assuré dans les naufrages, ayez pitié de nous.

 

Huitième jour

Sainte Anne, consolatrice des affligés

Prix des souffrances

 

I. Considérez que le ciel n'envoie ses afflictions que pour punir nos fautes, pour augmenter nos mérites et pour nous porter à Dieu. Les Saints intercèdent pour nous auprès du trône de la miséricorde pour nous obtenir la grâce de nous soumettre aux épreuves, de pratiquer la patience et la persévérance. Pour obtenir de si grands biens sachons souffrir avec une résignation parfaite. Adorons Dieu, le maître de nos forces et de notre santé, qui ne nous éprouve que pour nous faire sentir le prix de la vie, de la santé et du bonheur. Enfin considérons que ce bon maître ne frappe que pour corriger.

II. Considérez le prix des souffrances que le meilleur des pères nous envoie pour nous faire mériter davantage et pour l'édification du prochain. Ceux qui vivent dans les plaisirs ne reconnaissent pas le prix des afflictions qui les ramèneraient à Dieu. Combien d'autres par ces épreuves sont préservés des compagnies et des occasions dangereuses et sont même disposés à pratiquer la vertu. D'ailleurs, ce n'est que par la croix que l'on peut arriver à la vie glorieuse.

 

Résolutions

1° Utilisons nos peines, nos infirmités, nos douleurs en les présentant à Dieu avec le désir de nous conformer à sa volonté.

2° Visitons 1es pauvres, les malades, les affligés, et ne nous lassons pas d'écouter leurs plaintes, leurs récits et de les consoler autant qu'il est en nous de le faire.

 

Prière

Puisque Dieu veut que nous souffrions et que nous éprouvions des afflictions, ne permettez pas, Sainte Anne que nous perdions le mérite des souffrances et de nos épreuves. Fortifiez-nous, soutenez-nous et faites qu'après avoir reçu force et consolations, nous puissions bénir et glorifier Dieu dans l'éternelle joie.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Modèle de patience, consolatrice des affligés, priez pour nous.

 

Neuvième jour

Sainte Anne, refuge des chrétiens

Le repos éternel

 

I. Considérez que bon nombre de pieux serviteurs de Dieu mettent leur confiance dans leur Ange Gardien, dans l'invocation de leurs Saints Patrons ou encore dans l'intercession de la glorieuse Vierge Marie, Mère de notre Rédempteur, afin d'avoir leur assistance auprès du Souverain Juge, Sainte Anne est à bon droit appelée « Refuge des Chrétiens », puisque dès les premiers siècles de l'Eglise les personnes qui éprouvaient des afflictions, des tribulations et des persécutions ont eu recours à elle, comme l'attestent les monuments de leur gratitude répandue dans le monde. Pourquoi donc négligeriez-vous de l'intéresser à vous et à ce qui vous concerne ?

II. Considérez que pendant toute notre vie nous serons exposés à des tentations, à des luttes et à des épreuves et que pour en faire notre profit nous avons besoin de secours ; que le ciel sera notre repos, notre récompense, si nous luttons courageusement contre les tentations, si nous supportons nos misères avec courage et persévérance. Chacun recueillera à la mort ce qu'il aura semé dans le temps ; faisons-donc le bien tandis que nous le pouvons. Nos patrons, les élus de Dieu, qui connaissent nos embarras, nos misères, nos combats, nous aideront pendant cette vie et plus particulièrement à l'heure de notre mort.

 

Résolutions

1° Tous les jours faire quelque chose en l'honneur de Sainte Anne : assister les pauvres les plus abandonnés, instruire les enfants.

2° Honorer, pour lui plaire, la Sainte Vierge et Saint Joachim.

 

Prière

Sainte Anne, que Dieu nous a donnée pour modèle de patience et de résignation, faites que nous marchions constamment sur vos traces, afin qu'après vous avoir imité tous les jours de notre vie, nous puissions vous louer et vous remercier clans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Invocation : Sainte Anne, Aide de tous ceux qui vous invoquent, priez pour nous.

 

Imprimatur

29 mai 1873,

+ E. A. Archpus Quebecen.

 

Neuvaine publiée à Québec, sur les presses de la Typographie d'Augustin Coté et Cie, en 1872

107_001

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8 juillet 2014

Da Feiz on tadou kozh, un cantique traditionnel Breton

Da Feiz on tadou kozh

"La Foi de nos ancêtres"

Cantique traditionnel Breton

 

Diskañ:

Da feiz on tadou kozh ni paotred Breizh-Izel ! Ni 'zahlc'ho mad atao!
'Vid feiz on Tadou kozh hag endro d'he banniel ni holl en-em stardo!
Feiz karet on Tadou! Morse ni n'ho nac'ho !
Kentoc'h ni a varvo ! Kentoc'h ni a varvo ! Kentoc'h ni a varvo !

1.-D'ar chrouadur bihan, e kichennig e gavel!
E lakit eur vamm vad, zn deiz evel an noz!
Er boan hag en añken, hi a daol buan eur zell,
War groaz santel Jezuz, he soñj er baradoz!

2.-D'ar paotr, d'ar plac'h yaouank, c'hwi ziskouez hent ar furnez !
C'hwi lavar: « it gantañ heb krena dirag den!
Bezit tud yaouank Breizh, bezit e-pad ho buhez,
Atao gwir gristenien! Treitourien birviken! »

 

Traduction

 

Refrain:

A la foi de nos vieux Pères, nous, enfants de la Bretagne, nous serons toujours fidèles!
Pour la foi de nos vieux pères, autour de cette bannière, nous serons tous unis!
Foi bien aimée de nos pères Jamais, nous vous renierons!
Plutôt mourir! Plutôt mourir! Plutôt mourir!

1.-Du petit enfant, Tout à côté de son berceau !
Que veille une mère de jour comme de nuit !
Dans la peine et l'angoisse, elle jette un rapide regard,
Sur la sainte croix de Jésus, et pense au paradis !

2.-Au garçon et à la jeune fille, vous montrez le chemin de la sagesse !
Vous dites : « Allez avec lui Sans aucune crainte !
Soyez, jeunes de Bretagne, Soyez, votre vie durant,
Toujours de vrais chrétiens ! Jamais des traîtres ! »

30 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Trente-et-unième méditation

Action de l'Eglise sur la société au moyen des institutions monastiques

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Par institutions monastiques nous entendons ici les corps religieux considérés en général, et c'est en ce sens que nous allons méditer sur les avantages immenses que la sainte Eglise a su recueillir de leurs travaux et de leur dévouement. Ici ce n'est plus un moyen d'action essentiel à la constitution de la société chrétienne, tel que ceux dont nous avons parlé jusqu'à présent, et sans lequel l'Eglise ne puisse subsister ni triompher de ses ennemis. Mais les institutions monastiques n'en sont pas moins l'un des plus puissants leviers qui ait été et qui soit encore entre les mains de l'Epouse de Jésus-Christ, pour l'accomplissement de son œuvre de régénération, et l'histoire n'a cessé de montrer qu'il existait une glorieuse solidarité entre la prospérité de l'Eglise et celle des ordres religieux. Le monde le sait bien, et toutes les fois que l'on a voulu frapper la Religion au cœur, c'est toujours aux institutions monastiques que l'on a porté les premiers coups.

I. Le plus éminent service que les ordres religieux aient rendu à l'Eglise, et celui que l'on vante le moins parce que le défaut de foi ne permet pas de l'apprécier, c'est d'avoir servi de sanctuaire permanent à la pratique des conseils évangéliques; c'est d'avoir été le théâtre le plus glorieux et le plus éclatant de la lutte engagée entre l'homme déchu et la régénération que lui apporte l'Evangile, entre la chair et l'esprit, entre la servitude des sens et la liberté morale. C'est dans ces asiles sacrés que l'on voit d'une manière saisissante comment l'homme peut reconquérir son ancienne dignité, son antique noblesse, en disciplinant son âme, et en la transformant par la chasteté, l'obéissance, le sacrifice et l'humilité. Devant ce ravissant spectacle, tout prétexte d'impossibilité tombe et s'évanouit, à la confusion complète de la sensualité et de la lâcheté. Quelle belle leçon la vie religieuse n'a-t-elle pas donnée à la terre en lui montrant des hommes naturellement faibles comme tous les autres, et devenant pourtant assez puissants, avec le secours de la foi, pour se vaincre eux-mêmes et pour pratiquer avec constance les vertus héroïques qui conduisent à la perfection chrétienne ! Quelle prodigieuse influence un pareil exemple ne doit-il pas exercer sur la société chrétienne ! Au milieu de la corruption du siècle, des chrétiens ont conservé les traditions et les vertus si pures et si justement célèbres de la primitive Eglise. L'Evangile d'une main et la mortification de l'autre, ils pratiquent avec une rigueur effrayante ce précepte qui est la mort de la nature dépravée : « Si votre œil vous scandalise, arrachez-le, et jetez-le loin de vous... Si votre main droite est encore pour vous une occasion de scandale, coupez-la, et débarrassez-vous-en, car il vaut mieux perdre un de vos membres, que de souffrir que votre corps entier soit précipité dans l'abîme ». (Saint Matthieu 5, 29, 30). Quoique ce ne soit après tout que ce que pratiquent chaque jour le commun des hommes pour la conservation de leur santé et de leur vie temporelle, un pareil sacrifice paraît une folie aux yeux du monde, lorsqu'il s'agit de l'âme et de la vie éternelle. Il était donc nécessaire qu'il y eût toujours au sein de l'Eglise non-seulement des individus obscurs et ignorés, mais encore des réunions plus ou moins nombreuses de fidèles assez fervents, pour protester contre l'aveuglement général par la profession publique d'une guerre ouverte de l'esprit contre la chair. C'est ainsi que les ordres religieux sont devenus le sel de la terre, qu'ils ont perpétué l'esprit de l'Evangile dans toute sa pureté et qu'ils montrent encore au monde étonné à quelle innocence, à quelle perfection l'homme peut prétendre et parvenir ici-bas, malgré la corruption et la faiblesse de sa nature. Sans doute, ce n'est pas uniquement à l'ombre des monastères que les vertus éminentes peuvent éclore, et que la doctrine céleste des conseils évangéliques s'est conservée intacte. Mais les exemples isolés et disséminés ont une action toujours moins efficace, que ceux donnés par une société de chrétiens unis par les liens de la charité, et que l'Eglise semble placer sur le chandelier comme des phares destinés à guider notre course vers le port de la bienheureuse éternité.

II. L'une des plus grossières erreurs et peut-être des plus communes qui ait cours parmi les gens du monde au sujet de la vie religieuse, c'est de se persuader qu'elle est à peu près uniquement l'asile des âmes tristes, fatiguées, mécontentes de leur condition, incapables de tenir la place que les circonstances leur ont faite au sein de la société, consumées par les désenchantements ou brisées par la douleur. On se figure que les monastères sont, les invalides du monde moral. Quelquefois, il est vrai, des cœurs meurtris dans les combats de la vie et du siècle ont été chercher dans la retraite d'un monastère des remèdes à leurs maux; mais ils n'y ont trouvé la paix qu'à la condition de nouveaux combats. Il n'est pas d'état qui demande plus d'énergie, de courage et de ténacité. Comment, en effet, en concilier les devoirs avec l'indolence, la paresse, le laisser-aller ? Une condition où à chaque instant il faut faire violence à tous les penchants de la nature ; où l'abnégation la plus complète de soi-même, de sa volonté et même de son propre jugement, devient une loi rigoureuse ; où les sens doivent être constamment sacrifiés; où la santé et la vie même ne doivent pas être épargnés si les circonstances le demandent : une telle condition ne peut être embrassée que par des cœurs grands et héroïques, et en général par des âmes encore neuves ; c'est-à-dire, à cet âge où l'homme n'ayant pas encore été abâtardi par le souffle corrompu du monde est en possession de toute sa force ; où il sent bouillir dans ses veines les élans les plus nobles et les plus généreux ; où enfin il éprouve le besoin de se dévouer pour autrui. Voilà pourquoi la vocation religieuse est si souvent le partage de l'élite de la société : une éducation élevée et chrétienne, une grande droiture de vues montrent bientôt le mensonge perpétuel de la vie du siècle, l'injustice presque toujours triomphante et la vanité des choses humaines ; alors on dit facilement adieu aux trompeuses chimères des richesses, des honneurs, des plaisirs et d'un glorieux avenir ici bas, pour embrasser par un choix libre, spontané et volontaire, la pauvreté, la chasteté et l'obéissance. L'homme qui a la conscience de sa dignité ambitionne les grands sacrifices ; et alors, ou il se dévoue à Dieu et à ses frères, dans la vie religieuse, ou il prend les armes pour se dévouer à sa patrie. Deux milices qui demandent le même don de soi ; c'est-à-dire, l'obéissance aveugle à la discipline la plus minutieuse, le renoncement à la satisfaction des sens, et souvent le sacrifice de son sang et de sa vie. Faut-il donc s'étonner si quelquefois les religieux se laissèrent entraîner à prendre les armes pour défendre de saintes causes ; et surtout, si plus souvent encore le soldat quitte l'épée pour revêtir le froc ?

Toutefois, tous les cœurs ne sont pas aussi vigoureusement trempés, lorsqu'ils franchissent pour la première fois le seuil du monastère. Mais, bientôt soumis à cette gymnastique spirituelle de la discipline religieuse, qui sait développer les forces de l'âme, on voit les caractères s'affermir, l'énergie prendre de jour en jour plus d'essor, les efforts se multiplier, et le novice devenir un vrai soldat de Jésus-Christ ; de même que sous le régime de la discipline militaire vous êtes tout surpris de trouver un vaillant guerrier à la place de ce conscrit que vous aviez estimé d'abord timide et grossier. C'est là le second service que rendent à l'Église les institutions monastiques : elles lui forment ses plus courageux et ses plus dévoués athlètes.

III. Grâce à la miséricorde infinie du Réparateur de l'humanité, les liens qui unissaient le ciel à la terre, et que le péché du premier père avaient rompus, ayant été rétablis, la prière fut l'un des plus puissants moyens donnés à la société chrétienne, pour renouer ces liens sacrés, et pour entrer de nouveau en communication avec la Divinité. Aussi, depuis le jour où les apôtres abandonnèrent aux diacres le soin de distribuer les aumônes, estimant, contrairement aux jugements du monde, que la prière et la prédication étaient des fonctions plus importantes qu'ils devaient spécialement se réserver, la sainte Eglise a toujours regardé la prière comme l'un de ses devoirs les plus graves, et l'une de ses ressources les plus assurées. C'est cet auguste ministère qui, en lui donnant une puissance irrésistible et divine, et en lui imprimant un cachet angélique et céleste, la rend si vénérable aux yeux de ses enfants. Ce ministère sublime de l'intercession frappa si vivement les fondateurs d'ordre, que quelques-uns crurent ne pouvoir mieux employer le temps de leurs religieux, qu'en le consacrant presque uniquement à ce saint exercice ; et que tous, du moins, placèrent la prière au premier rang des services que la vie religieuse pouvait rendre à la société chrétienne. De là, ces longs offices qu'ils chantaient solennellement en chœur, et dont le bréviaire, que récitent chaque jour les prêtres, n'est qu'un court abrégé, comme l'indique le nom même de ce livre mis entre leurs mains ; de là, ces veilles prolongées au milieu des nuits. Qui pourrait faire connaître au monde ces torrents de prières, dont les flots sans cesse renaissants s'élèvent nuit et jour, de tous les points du globe, jusqu'au trône des miséricordes, pour remplir les vides laissés par ceux qui ne prient pas, et pour suppléer à l'infirmité de ceux qui prient mal ? Qui pourrait dire surtout les fléaux et les châtiments arrêtés dans la main de Dieu, et les grâces sans nombre descendues sur la terre par la vertu de ces légions de religieux prosternés et suppliants ? Les hommes estiment davantage le ministère de Marthe, l'Eglise avec Jésus-Christ donne la préférence à celui de Marie, et c'est ce qui la rend si reconnaissante pour les prières des religieux qui attirent la rosée des bénédictions divines sur ses innombrables travaux.

Mais les institutions monastiques ne se bornaient pas à ce seul ordre de bienfaits. Elles savaient aussi pratiquer la charité active : ce sont elles qui, dans les siècles de tyrannie, se sont chargées de protéger l'innocence et le malheur contre l'oppression et l'injustice avec une sainte liberté et un indomptable courage ; depuis Saint Benoît qui ne craint pas de résister à Totila. jusqu'à ses moines qui soutenaient par leur énergie les chrétiens obligés de lutter contre les abus du régime féodal ; car, alors, l'impiété n'allait pas encore jusqu'à se rire de la malédiction de Dieu et de celle des hommes consacrés au service des autels. Jamais l'aumône ne fut répandue avec plus de libéralité ni d'intelligence que par les moines : n'avaient-ils pas parmi leurs dignitaires les infirmiers des pauvres ? Qui a jamais offert une aussi généreuse et aussi continuelle hospitalité à la foule indigente, témoin entre autres les religieux du Saint-Bernard ? En temps de guerre, leur monastère n'était-il pas l'abri et la sauvegarde des vaincus ? Personne mieux que les institutions monastiques n'a compris l'esprit de charité, et n'a plus mérité de l'Eglise par sa tendresse pour les faibles et pour les pauvres.

Toujours les ordres religieux ont été les défenseurs les plus intrépides de l'Eglise, et lui ont fourni ses plus illustres pontifes ; toujours le clergé régulier l'a emporté en science, en sainteté, en courage et en dévouement, sur le clergé séculier ; car il avait sur ce dernier l'inappréciable avantage de la retraite, du silence, de la discipline et de la vie commune. C'est de ses rangs que sont toujours sortis et que sortent encore les missionnaires les plus ardents aux fatigues, aux dangers de toute espèce et même au martyre, pour répandre l'Evangile sur les plages les plus lointaines, les plus barbares, les plus inaccessibles. Ils n'ont jamais cessé d'être pour l'Eglise une réserve d'élite, prête à marcher et à se dévouer au premier signal, au premier cri d'alarme.

On dit qu'un jour le plus grand général des temps modernes, et en même temps le plus intelligent législateur de notre siècle, étant parvenu au faîte du pouvoir, fit appeler la supérieure générale des sœurs de charité, et lui parla du projet qu'il avait formé de simplifier l'organisation religieuse, en réunissant en un seul ordre et sous une seule règle cette variété infinie de congrégations et d'institutions monastiques : « Alors, Sire, répliqua la sœur avec finesse. Votre Majesté réduira pour la même raison tous les corps de son armée à une même arme ! » C'est assez dire pourquoi cette diversité d'instituts religieux au sein de l'unité. Pourquoi les uns se consacrent au ministère sacerdotal des âmes, tandis que les autres armés en chevaliers soutiennent le choc des hordes musulmanes prêtes à envahir l'Occident. Pourquoi ceux-ci vont briser les chaînes des captifs, ceux-là veillent au chevet des malades, et d'autres instruisent les ignorants. Ne fallait-il pas que chacune des misères humaines eût ici-bas, par la miséricorde infinie de Dieu, sa consolation et les remèdes particuliers qu'elle réclame ?

Conçoit-on qu'après tant de dévouement et de services rendus, on ne puisse trouver autre chose à alléguer en faveur des institutions monastiques, pour leur faire trouver grâce aux yeux des hommes de nos jours, que les travaux inouïs auxquels ils se sont livrés pour le défrichement des forêts, la mise en culture des landes et des déserts ; pour la transcription et la conservation d'une multitude prodigieuse de monuments historiques et littéraires ? On veut bien encore leur tenir compte de leur érudition merveilleuse, et de ces ouvrages d'une effrayante étendue, que plusieurs générations de moines, animés d'un même esprit, pouvaient seuls entreprendre et conduire heureusement à leur terme. On devrait, surtout dans notre siècle plus que dans tout autre, admirer leur culte désintéressé de la science. On ne peut pas non plus se refuser de convenir que, sans esclaves et sans pressurer les peuples, comme le firent les Egyptiens et les Romains, que sans avoir jamais rien pris à personne, mais avec la seule ressource de l'aumône, de leur patience et de leur constance inépuisables, ils ont couvert le monde d'édifices gigantesques dont le goût exquis le dispute à la solidité et à la durée. Tous ces services, pourtant, n'étaient pour ces prétendus fainéants que l'accessoire de ces travaux d'une bien autre portée, qui les ont rendus les auxiliaires les plus utiles à l'Eglise, et que nous avons placés en première ligne, puisqu'ils avaient pour but la réhabilitation de l'humanité, la restauration de l'âme, en lui rendant sa première dignité, c'est-à-dire, son empire absolu sur la chair et les sens.

 

Élévation sur l'action de l'église sur la société au moyen des institutions monastiques

 

I. Vous aviez dit, Seigneur : « Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous possédez, et donnez-le aux pauvres ; vous aurez alors un trésor dans le ciel; puis, venez et suivez-moi ». (Saint Matthieu 19, 21). Vous aviez conseillé ailleurs la sainte virginité, en faisant entendre que ceux-là seuls en comprennent l'excellence et ont le courage de la pratiquer, auxquels Dieu en fait la grâce. Votre apôtre, à son tour, déclare que la virginité n'est pas un précepte, mais qu'en la conseillant il croit être animé de votre esprit. (1 Corinthiens 7, 25, 40.) C'est sur ces principes divins que vous avez fondé l'état religieux ; et pour engager les chrétiens fervents et généreux à embrasser cette voie de la perfection, vous avez promis à « tous ceux qui quitteraient leur maison, ou leurs frères ou leurs sœurs, ou leur père ou leur mère, ou leur femme ou leurs enfants, ou leurs propriétés, par amour pour vous, pour se consacrer plus entièrement à votre service, qu'ils recevraient le centuple et auraient la vie éternelle ». (Saint Matthieu 19, 29.) Détacher l'âme de tout ce qui est matériel, briser même les liens que la nature a formés, pour donner la préférence au bien suprême, pour s'attacher uniquement à vous, ô mon Dieu, et n'aimer que vous, n'était-ce pas le moyen le plus efficace de rappeler l'homme à sa dignité primitive ? N'avez-vous pas le droit de demander à vos créatures toutes leurs affections à l'exclusion de tout autre, puisque vous avez même celui de leur demander le sacrifice de leur propre vie ? Vous n'avez voulu, ô divin Sauveur, au nombre de vos serviteurs d'élite, que des âmes généreuses, détachées de toutes les choses de la terre et prêtes à tous les sacrifices; des âmes dont la seule ambition fût de marcher sur vos traces avec autant de fidélité que le permet la faiblesse humaine, de souffrir et de mourir pour vous. Qui donc aurait le droit de le trouver mauvais ? L'apôtre Saint Jean nous a révélé les trois principes du mal et de la perdition : l'amour des richesses, l'amour des plaisirs et l'orgueil. A votre tour, vous nous faites connaître les trois vertus destinées à leur servir d'antidote : la pauvreté, la chasteté et l'humilité. La pratique de ces vertus portées à un degré de perfection héroïque, voilà ce que vous demandez à ceux qui veulent se consacrer particulièrement à votre divin service dans la vie religieuse, et voilà aussi ce qui fera de ces hommes déjà assez courageux pour marcher sous un pareil drapeau, les plus vaillants soldats et les plus intrépides défenseurs de votre sainte Eglise.

II. Que votre sagesse est profonde et mystérieuse, ô mon Dieu, et combien elle se plaît à humilier la sagesse humaine en lui donnant à chaque pas les plus désespérants démentis ! Je ne m'étonne plus d'entendre votre grand apôtre s'écrier : « Ce ne sont pas les sages selon la chair, ni les puissants, ni les grands du siècle, que Dieu a appelés à la foi, mais ceux qui étaient réputés insensés, afin de confondre les sages ; il a choisi de préférence les faibles pour être ses disciples, afin de confondre les forts ; et ceux qui étaient un objet de mépris, afin d'humilier ceux qui croient être quelque chose ». (1 Corinthiens 1, 26 et ss). Et votre mort cruelle, ô divin Jésus, n'a-t-elle pas été la preuve la plus éclatante de cette sublime doctrine ? En vous ôtant la vie, vos ennemis croyaient éteindre en vous la lumière céleste de la vérité, qui démasquait leurs vices ; ils pensaient anéantir votre puissance en l'étouffant dans votre sang, et faire cesser les miracles qui affaiblissaient leur autorité ; ils étaient convaincus que les opprobres et les humiliations qu'ils vous faisaient subir seraient la ruine de votre nom, de votre doctrine et de vos œuvres; et voilà que par un prodige qui déconcerte tous les calculs de leur prudence et de leur sagesse, c'est précisément votre mort qui rend la vie à l'humanité mourante, qui met le dernier sceau à vos célestes enseignements, et en fait la lumière du monde ; c'est elle qui devient la cause de votre résurrection, le plus grand de tous vos miracles; et votre ignominieuse passion est pour vous la source d'une gloire éternelle. Après cela, comment être surpris que ceux qui veulent marcher à votre suite emploient également les moyens les plus opposés à la sagesse humaine, pour parvenir à l'héroïsme de la vertu ? Comment s'étonner de voir des hommes vendre leurs biens, les distribuer aux pauvres, pour s'enrichir; renoncer aux affections les plus légitimes, pour satisfaire plus complètement le besoin qu'ils ont d'aimer ; se soumettre au joug de l'obéissance la plus minutieuse, pour conquérir la vraie liberté et la fécondité d'action ; s'étudier avec persévérance à apaiser tous les élans de la nature, pour brûler d'un zèle plus ardent et plus pur ; se refuser tous les plaisirs du monde, accabler leur corps sous le poids des austérités et du travail, pour établir dans leur âme la joie la plus parfaite et la plus durable ; trouver la grandeur d'âme au sein des humiliations, et la force morale en s'isolant de tous les secours humains ; enfin, jouir de la paix la plus profonde au milieu d'une guerre à outrance et des combats les plus rudes et les plus multipliés ? C'est bien là, en effet, « la folie de la croix aux yeux de ceux qui marchent dans la voie de la perdition ; mais « pour ceux qui aspirent au salut, c'est l'esprit de Dieu ». (1 Corinthiens 1, 48). Et que peut-il y avoir de plus sage et de plus raisonnable que le sacrifice de tout ce qui passe en faveur de ce qui est éternel, que de dompter ses passions pour ne pas en devenir le jouet et l'esclave ? D'être quelques jours le dernier sur cette terre ingrate et trompeuse, à la condition d'être exalté et glorifié à jamais dans le royaume des cieux? en un mot, de préférer la réalité à l'illusion, la vérité au mensonge ? Oh ! Qu'ils sont heureux, Seigneur, ceux qui ferment l'oreille aux révélations hypocrites de la chair et du sang, et qui n'ouvrent les yeux qu'aux clartés divines de la foi !

III. Oui, dès ce monde, Seigneur, vous voulez confondre les impostures de la sagesse du siècle ! Le bonheur, ce don si rare et si désiré ici-bas, où le trouverons-nous ? Pour qu'on puisse lui donner ce nom, il faut qu'il soit profond et durable, à l'abri de l'inconstance de la fortune et des vicissitudes humaines ; il faut surtout, pour sauvegarder votre justice, qu'il soit à la portée de tous, et qu'il dépende uniquement de la volonté de chacun. Or, si je prête l'oreille, je n'entends s'élever de toute part que des plaintes et des gémissements. Je ne connais qu'un seul état où règne le bonheur le plus parfait qui puisse exister sur la terre, parce qu'il réunit, autant que le comporte la condition humaine, toutes les conditions et les qualités que nous venons de signaler : c'est l'état religieux. Au sein de cette vie qui paraît si triste, si monotone et si austère, particulièrement à ceux qui ferment les yeux aux lumières de la foi, toujours, Seigneur, vous avez daigné répandre, dans les cœurs qui se sont dévoués sincèrement à votre service, la joie et la félicité à un degré inconnu au reste des hommes. Le témoignage unanime et constant de vos fidèles serviteurs ne doit-il pas trouver plus de créance auprès de nous, que les déclamations amères de ceux qui, sans avoir jamais bien su ce qu'étaient les monastères, les ont qualifiés de prisons ? Il faudrait, pour se convaincre davantage de l'excellence et de l'étendue de ce bonheur réservé à la vie religieuse, lire les écrits que nous ont laissés les Pères, les docteurs, les historiens monastiques ; mais outre cette suavité délicieuse et surnaturelle que vous accordez, ô mon Dieu, comme un avant-goût de la céleste félicité, aux âmes qui vous ont choisi pour leur unique partage, vous leur faites goûter ce charme et cette paix que vous avez attachés au témoignage de la bonne conscience et aux victoires remportées sur les passions. A l'abri des agitations du monde, des troubles et des inquiétudes qui sont le cortège obligé de l'ambition et de l'intérêt, le Religieux vit insouciant des besoins de la vie matérielle et domestique, et réserve toute son activité pour l'appliquer sans partage aux œuvres qui lui sont confiées. Quelle que soit la nature de celles-ci, peu lui importe, parce qu'elles sont dans l'ordre de l'obéissance et surnaturalisées par la prière. Il est privé des spectacles bruyants du siècle ; mais il a ceux de la nature, il les admire et en jouit comme d'un reflet de la beauté divine ; son cœur se dilate en les contemplant, et le recueillement qui entoure son existence lui permet d'entendre les concerts de louanges que toutes les créatures célèbrent à la gloire de leur auteur. Dieu sait trop bien que l'amour est la loi du cœur, pour la flétrir dans l'âme de ceux qui, afin de se donner à lui, ont brisé tous les liens des plus tendres affections: la religion discipline les passions et les purifie sans les anéantir, ni même les amoindrir. Aussi, faut-il aller dans les monastères pour y apprendre, avec la science du vrai bonheur, celle d'aimer saintement, fortement et fidèlement ; parce que les Religieux, surtout, aiment Dieu, et qu'ils aiment les hommes en lui, de cet amour qui est fort comme la mort. Ce sentiment sublime qui, de sa nature, tend comme le feu à se dilater et à tout embraser de ses divines ardeurs, est le foyer du bonheur personnel de ces hommes de Dieu, et devient aussi le germe fécond des bienfaits sans nombre qu'ils ne cessent de répandre autour d'eux. Leurs portes et leurs cœurs sont ouverts à toutes les infortunes; ils ont des consolations et des remèdes pour toutes les peines de la vie. Aussi jamais institution ne fut plus populaire, c'est-à-dire plus goûtée et plus aimée par les classes inférieures et indigentes, dont elle est la providence. Comment les Religieux ne seraient-ils pas aimés, eux qui aiment si bien ! Le bonheur d'être utiles à leurs semblables, s'ajoutant à celui qu'ils goûtent déjà derrière les murs de leur cloître, supprime, pour ainsi dire, chez eux les tristes années de leur vieillesse, en donnant à leur cœur une jeunesse perpétuelle ; car l'amour est la vie du cœur, et ils aiment Dieu et leurs frères jusqu'au dernier soupir. Telles sont, ô divin Maître, les célestes douceurs dont vous inondez ces prétendues victimes sur lesquelles le monde ne s'apitoie que pour miner et renverser, s'il le pouvait, l'état religieux, l'un des plus sûrs boulevards de votre église. Ah ! Si ce genre de vie est une source intarissable de tristesse, de chagrins et de regrets amers, comment verrait-on toujours la sérénité, l'affabilité et la joie empreintes d'autant plus profondément sur les traits de ceux qui l'ont embrassé, que leur vie est plus austère et qu'ils sont plus fidèles à en remplir les devoirs ? Comment se ferait-il que, quoique voués à la sainte chasteté, les ordres religieux se multipliassent avec une merveilleuse fécondité ; et qu'il ne fallût rien moins pour les disperser, qu'une autorité jalouse et ombrageuse qui ose porter une main sacrilège sur leurs modestes demeures, et sur les aumônes pieuses dont l'administration leur est confiée ? D'où vient que, lorsque l'impiété va jusqu'à violer ces sanctuaires et à ouvrir par la violence les portes de ces soi-disant prisons, il faille employer la force brutale pour en arracher ceux qui les habitent ? Ah ! Seigneur, nous devons le dire et nous l'avouons avec douleur : oui, parmi ces légions innombrables de fidèles disciples, il s'en est trouvé quelques-uns qui ont été prévaricateurs, qui ont renoncé à l'honneur d'être pauvres, mortifiés et humbles avec vous , pour retourner lâchement aux richesses, à la volupté et à l'orgueil de la vie, auxquels ils avaient d'abord généreusement renoncé. Mais la trahison de Judas ne fit pas des traîtres de tout le reste des apôtres, et celle de Luther ne saurait affaiblir l'éclat du zèle de Xavier, ni celui de la charité de Vincent de Paul. Laissons à Cham son impudence et ses railleries insolentes : pour nous, ô mon Dieu, nous nous joindrons aux autres fils bénis de Noë pour couvrir du manteau de la décence et du respect les souillures dont votre Eglise est innocente, et nous dirons à ceux qui ne savent pas faire la part de l'infirmité humaine : Que celui qui est sans péché jette la première pierre à ces institutions fondées par l'esprit de Dieu et célébrées par la reconnaissance des faibles, des petits, des pauvres et des malheureux !

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Conclusion du Mois de Saint Pierre

 

Nous pensons qu'il ne sera pas inutile de faire suivre les méditations et les élévations que nous avons développées, d'un sommaire qui fasse mieux saisir l'ensemble du plan divin qui a présidé à l'établissement de l'Eglise, et qui fasse mieux comprendre comment les différents principes sur lesquels l'Eglise de JésusChrist est fondée se lient aux moyens qu'elle emploie pour accomplir sa mission. Les numéros correspondent à chaque méditation et élévation.

I. L'Église universelle renferme le monde entier des esprits ; elle ne se borne pas à la terre, elle renferme encore le Ciel et le Purgatoire.

II. Le ciel, c'est le trône suprême de Dieu le Père, la résidence glorieuse du Fils, le temple spécial de l'Esprit-Saint ; la demeure de Marie, des anges, des saints de tout âge, de tout sexe et de toute condition. C'est le centre d'où rayonne sur l'Eglise universelle tous les secours célestes et toute la félicité, dont Dieu est la source unique. Le ciel est en même temps le centre où convergent tous les vœux, toutes les espérances et toutes les louanges.

III. Le Purgatoire est le lieu d'expiation pour les âmes qui sont encore souillées de quelques fautes légères, ou qui n'ont pas encore acquitté toutes leurs dettes envers la justice divine. Toutefois, l'Eglise militante est la pierre angulaire, qui touche d'une part au ciel par les grâces qu'elle reçoit de l'intercession des saints qui jouissent de la gloire éternelle ; et qui, d'autre part, communique avec le purgatoire, en soulageant par ses suffrages, par le saint sacrifice de la messe et par le trésor des indulgences, les âmes soumises à l'expiation. Le sang de Jésus-Christ, par l'application duquel l'Eglise de la terre reçoit des secours du ciel, et vient en aide elle-même au purgatoire, est comme le ciment qui unit ces trois demeures pour n'en faire qu'un seul édifice, l'Église universelle.

IV. L'Eglise de la terre ou l'Eglise militante est la société éprouvée ici-bas, le berceau des âmes. Le ciel y trouve des élus : donc le ciel suppose l'existence de l'Eglise de la terre, puisque c'est dans ce lieu d'épreuve qu'il recrute ceux auxquels il sert de récompense. Le purgatoire suppose à son tour, d'abord, l'existence de l'Eglise militante, et ses fragilités qu'il fait expier ; et ensuite l'Eglise triomphante, à laquelle il rend les âmes, renouvelées et purifiées. Mais toute société doit être régie par des lois et par un gouvernement. Dieu, qui est l'ordre par essence, après avoir créé l'admirable harmonie qui règne dans le ciel et dans le purgatoire, et qui les unit entre eux, devait nécessairement ne pas abandonner la terre au hasard, et y établir des lois : d'abord, pour régler la société qui l'habite, et ensuite pour la mettre en rapport avec l'Eglise du ciel et avec celle du purgatoire, qui ne forment avec l'Eglise de la terre qu'un seul et même corps : il devait y établir un gouvernement pour la diriger et pour veiller à l'exécution de ces lois ; et il l'a fait en établissant son Eglise. Ce gouvernement devait être naturellement tout à la fois temporel et spirituel, pour répondre à l'organisation humaine, qui est tout ensemble corps et esprit. Il fallait, en effet, que ce gouvernement pût atteindre des êtres qui n'ont de perception que par les sens, et qu'il élevât par ce moyen leur esprit jusqu'à l'ordre surnaturel.

V. Or, comme un gouvernement n'est établi que pour assurer le maintien de l'ordre, il s'en suit qu'il doit nécessairement avoir une influence efficace sur tous les actes de ceux qui lui sont soumis, d'autant plus qu'aucun de ces actes ne saurait être indifférent à cet ordre et à la fin que Dieu se propose.

VI. Au reste, les faits historiques viennent à l'appui de ces indications de la simple raison. L'Eglise, c'est-à-dire une société régie par des lois et par un gouvernement spirituels, a existé dès l'origine du monde et de la société, et elle a pris des normes diverses et successives jusqu'à l'époque fixée dans les desseins de Dieu, pour la restauration de l'humanité par la rédemption divine. Dès lors, son organisation a été complète, définitive et immuable.

VII. Ces faits providentiels étaient les préambules, la figure, la préparation et comme l'ébauche de l'Église que devait établir Jésus-Christ.

VIII. Aussi, Dieu a-t-il réglé et disposé dans le monde tous les événements de manière à préparer les esprits à l'avènement du Messie, à l'établissement de l'Eglise et à la propagation de l'Evangile.

IX. Ensuite, suivant toujours une marche progressive, Dieu fait prédire positivement l'institution et l'établissement de l'Eglise.

X. Puis, il marque d'un sceau frappant et facile à reconnaître de tous celui qui doit en être le fondateur ; il réalise, pour le manifester, tout ce qui a été promis, figuré et prédit à son sujet.

XI. Enfin, après tous ces préparatifs, le Fondateur de l'Eglise apparaît au monde, et établit d'abord les premiers rudiments de l'Eglise qu'il voulait fonder, dans des conditions diamétralement opposées à la sagesse humaine.

XII. Jésus-Christ emploie toute sa vie à préparer les éléments de son Eglise : il commence par annoncer sa doctrine en la pratiquant lui-même le premier; il la prêche ensuite et l'enseigne à ceux auxquels il veut en confier plus lard la prédication, et les forme à ce ministère sacré. Mais comme il ne suffisait pas de faire connaître la vérité aux hommes, s'ils restaient trop faibles pour la pratiquer, il institue des moyens par lesquels tous pourraient obtenir la force de faire passer sa doctrine dans leurs œuvres.

XIII. Il couronne enfin ses travaux par l'établissement définitif de son Eglise, à laquelle il confère des pouvoirs divins et donne définitivement un chef, afin d'assurer l'accomplissement de la mission qu'il lui confie, c'est-à-dire afin qu'elle puisse continuer jusqu'à la consommation des siècles l'œuvre de régénération qu'il a commencée.

XIV. Il veut qu'un prodige éclatant serve à publier solennellement en face de l'univers entier l'installation de l'Eglise ; et le Saint-Esprit descend en forme de langues de feu sur les apôtres le jour de la Pentecôte.

XV. Théorie divine de la manière dont Jésus Christ lui-même et le Saint-Esprit continuent à entretenir la vie dans la société chrétienne par l'entremise de l'Eglise.

XVI. Moyens principaux que Jésus-Christ a établis et confiés à son Eglise pour que cette vie divine découle du chef, qui n'est autre que lui-même, dans les membres, c'est-à-dire dans chacun des fidèles. Le premier de ces moyens est l'enseignement de sa doctrine, dont il n'a laissé le dépôt qu'à son Eglise. Cette doctrine divine renferme : 1° des dogmes, ou principes qui servent de base à toute la religion chrétienne ; 2° des mystères, qui ne sont autre chose que les dogmes et la morale chrétienne mis, en quelque sorte, en action dans les faits les plus saillants de la vie du Sauveur ; 3° la morale, ou les règles pratiques de toutes les vertus.

XVII. Mais, afin que cette doctrine admirable pût devenir pour l'Eglise une base inébranlable, sur laquelle elle pût reposer avec assurance jusqu'à la fin des temps, il fallait qu'elle fût immuable comme l'œuvre de réparation que Jésus-Christ venait établir avec l'aide de l'Eglise.

XVIII. Il fallait, par conséquent, que l'Eglise fût dotée du privilège divin de l'infaillibilité dans ses décisions doctrinales ; sans cette prérogative, en effet, jamais elle n'aurait pu conserver intact et pur le dépôt sacré de la vérité qui lui était confié.

XIX. La doctrine et les moyens de salut dont l'Eglise est dépositaire étant immuables, ils devaient être toujours les mêmes qu'aux temps apostoliques : l'Eglise devait donc être apostolique.

XX. L'indispensable nécessité de l'unité de sa doctrine découle nécessairement de son immutabilité; et l'Eglise devait aussi posséder l'unité de ministère et de gouvernement, car un corps ne peut avoir deux têtes : donc l'Eglise devait être une.

XXI. Comme l'Eglise a été fondée par Jésus Christ, le Saint des saints ; que ses premiers apôtres ont été des saints; qu'elle a été instituée pour la sanctification des hommes; que sa doctrine, ses mystères, sa morale et les moyens qu'elle emploie pour accomplir sa mission, sont marqués au sceau de la sainteté ; qu'elle a formé des saints dans tous les siècles, et que seule elle possède les principes et les moyens indispensables pour conduire les hommes à la sainteté : il s'en suit que la sainteté est un de ses attributs les plus éminents.

XXII. La persécution sera encore l'un des caractères essentiels et divins de l'Eglise, parce que la nature de son œuvre est de combattre sans cesse l'erreur et les passions humaines qui, à leur tour, conspirent et luttent sans cesse contre elle.

XXIII. Enfin, elle est catholique, puisque, répandue sur tous les points du globe, elle est revêtue partout des mêmes propriétés et des mêmes prérogatives ; et qu'elle est destinée à conduire tous les hommes à Dieu, leur dernière fin.

XXIV. L'Eglise romaine réunit seule tous ces caractères divins.

XXV. Outre le dépôt de la doctrine divine et immuable que Jésus-Christ a confié à son Eglise, comme un moyen de régénérer l'humanité et d'y entretenir la vie, deux autres sources intarissables de restauration et de perpétuité lui ont été laissées encore par son céleste Fondateur pour la seconder dans sa sublime mission: d'abord, le sacerdoce, que le Sauveur a revêtu de la magistrature nécessaire pour le gouvernement de la nouvelle société chrétienne; et qu'il a chargé exclusivement de la garde de la législation et de la doctrine évangéliques.

XXVI. En confiant au sacerdoce le gouvernement des âmes et la législation renfermée dans l'Evangile, Jésus-Christ l'a établi le juge des consciences, et lui a donné, pour compléter les pouvoirs nécessaires à l'exercice de ces fonctions, la faculté de lier et de délier, c'est-à-dire, de refuser le pardon et d'absoudre.

XXVII. Par la parole divine, le sacerdoce éclairait les intelligences, il purifiait les cœurs et leur rendait la vie par le sacrement de la réconciliation ; il lui fallait encore un puissant auxiliaire, pour désinfecter, si je puis m'exprimer ainsi, les âmes corrompues par le péché d'origine, pour y entretenir cette vie divine et pour les unir intimement à Dieu. C'est l'Eucharistie que Notre-Seigneur a instituée pour atteindre ce triple but, et qui opère tous ces prodiges entre les mains des prêtres de la nouvelle loi, par l'auguste sacrifice des autels et par la sainte communion.

XXVIII. A la doctrine évangélique et au sacerdoce, confiés à l'Eglise pour rendre son action plus efficace sur l'humanité, le Sauveur a joint le sacrement de mariage ; et c'est ainsi qu'après avoir tracé lui-même les lois de ce saint état, il y a attaché des faveurs et des secours surnaturels destinés à régénérer la famille en la sanctifiant jusque dans sa source.

XXIX. De tous ces moyens d'action résulta le culte extérieur et public. Celui-ci, tout en étant la manifestation naturelle du culte intérieur, devenait entre les mains de l'Eglise un moyen puissant d'exercer sa salutaire influence sur les âmes, pour les éclairer, les toucher et les attirer à la pratique des vertus. D'ailleurs, la nature de l'homme, composé d'un corps et d'une âme, réclamait ce double culte. Tous deux devaient à Dieu leurs hommages pour le bienfait de la création, tous deux avaient besoin de la grâce de la régénération, puisque c'était pour atteindre ce double but que le Verbe s'était incarné.

XXX. La loi nouvelle, destinée à la restauration du genre humain, avait pour principe fondamental l'amour de Dieu et l'amour du prochain par rapport à Dieu. Or, l'Eglise seule ayant reçu le dépôt de cette loi céleste, et possédant seule l'Eucharistie ou la source intarissable de l'amour divin, pouvait donc seule aussi exercer les œuvres inspirées par la charité, et en posséder le monopole ; c'est-à-dire, qu'il n'appartenait qu'à elle de convertir une œuvre de bienfaisance purement naturelle et humaine, en un acte surnaturel de charité, et qu'il n'y avait qu'elle qui pût se dévouer perpétuellement,en tout temps, en tout lieu, pour tous sans exception, avec le désintéressement le plus complet, sous l'inspiration de l'amour divin devenu le mobile dominant de tous ses actes. C'est avec ce levier puissant de la charité chrétienne, dont elle seule a reçu le don précieux, qu'elle agit avec tant de force et de douceur sur l'univers entier, et qu'elle gagne tous les cœurs.

XXXI. Enfin, l'Eglise a su former dans son sein des institutions spéciales, où la pureté de sa doctrine et de sa morale, où la perfection évangélique se conservent intactes, comme dans un sanctuaire impénétrable à la corruption du siècle. Ces institutions précieuses renferment l'élite de ses enfants, et sont encore pour l'exercice de son importante mission une ressource incomparable. Là, elle montre au monde étonné les triomphes héroïques que l'esprit peut remporter sur la chair, avec le secours de la grâce ; là, sa charité trouve les auxiliaires les plus intelligents et les plus dévoués pour répandre ses bienfaits ; et c'est encore dans ces espèces de forts détachés, que l'on appelle monastères, qu'elle est sûre de rencontrer, au moment de l'épreuve et des combats, les hommes les plus fortement trempés et les plus vaillants défenseurs : les institutions monastiques sont donc devenues entre ses mains un moyen d'action des plus puissants.

 

Conclusion

 

Telle est l'Église, cette société chrétienne dont la nature et le plan général sont si peu connus. Ses fondements divins se trouvent au premier âge du monde ; ses formes anciennes et successives n'étaient qu'une préparation à sa forme actuelle et définitive, qui est l'œuvre du Verbe fait chair ; sa mission réparatrice lui a été donnée par Jésus-Christ lui-même, et ne finira qu'avec les siècles. Enfin, les moyens d'action qu'elle a reçus pour travailler à la restauration de l'humanité tout entière, auront toujours la même efficacité, parce que leur source vient de Dieu, dont la Toute-Puissance n'a pas de borne et qui, par conséquent, ne saura jamais rencontrer d'obstacle invincible.

L'Eglise n'est donc pas l'œuvre des hommes : une œuvre précaire, sujette au changement selon le caprice de l'humanité, selon le génie des nations, selon les différents esprits qui animent les peuples arrivés à tel ou tel degré de civilisation. Faite de toutes pièces par Jésus-Christ lui-même, dont toutes les œuvres sont parfaites dès le premier jet, parce qu'étant Dieu il sait tout et prévoit tout, elle n'a pas à suivre, comme les institutions humaines, les diverses phases et les divers degrés du progrès : elle n'aura donc jamais rien à changer, et elle n'a même pas le pouvoir de rien changer au plan divin de son Fondateur, ni aux principaux moyens d'action qui ont été placés entre ses mains, non comme une propriété, mais comme un dépôt inviolable. Elle restera immuable jusqu'à la fin des temps, et l'humanité devra se plier à ses lois, si elle tient à se régénérer et à reconquérir sa dignité originelle ; si elle refuse de se soumettre à ce joug si doux, elle retombera infailliblement dans la barbarie, victime de son orgueil et de ses passions déchaînées. Jésus-Christ étant Dieu, la lumière et le Sauveur du monde, il n'appartenait qu'à lui seul ici-bas de régler sans contrôle et d'imposer d'une manière absolue les conditions auxquelles il entendait restituer au genre humain ses titres de noblesse et lui accorder la félicité éternelle. Il a chargé l'Eglise de faire connaître aux hommes ses volontés, et de les aider à les accomplir ; il ne nous reste donc qu'à admirer sa bonté et sa miséricorde infinies, qui le font descendre si bas, à adorer ses décrets divins, et à lui témoigner notre profonde reconnaissance, en nous soumettant avec amour à la direction pleine de tendresse de celle qu'il veut que nous appelions notre mère.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Fin du Mois de Saint Pierre

 

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Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois de Saint Pierre (pdf) en cliquant ici

 

 

Très chers amis d'Images Saintes,

 

Paix et joie !

 

Voilà bientôt 10 ans qu'a débuté l'aventure Images Saintes, ainsi, au fur et à mesure du temps, c'est une vraie vocation qui a vu le jour : accompagner votre vie spirituelle, et vous êtes toujours plus nombreux à venir puiser dans ces pages... Vous êtes environ près de 5000 personnes par jour à venir, du monde entier, puiser dans ces pages qu'il faut toujours plus remplir avec et par de bons textes et de belles images... Afin de poursuivre cet apostolat riche et fécond, de nouveaux Mois de dévotion sont en cours de frappe et viendront prochainement accompagner votre prière. Si toutefois vous aviez des textes et des images a proposer, pour le blog, je suis bien volontiers preneur, merci donc de les adresser à franck.monvoisin.33@gmail.com Et ils seront publiés dans les temps à venir...

Images Saintes vous donc donne rendez-vous très prochainement, afin d'accompagner toujours plus votre méditation et votre prière.

 

Merci de votre fidélité et que les Cœurs Unis de Jésus et de Marie vous bénissent !...

A très bientôt...!!!

 

Le rédacteur du blog,

Frank Monvoisin, laïc consacré.

 

 

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29 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Trentième méditation

Action de l'Eglise sur la société par l'exercice des œuvres de Charité

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Jusqu'à la venue du Messie, l'égoïsme le plus complet régnait au sein des sociétés. Les pauvres et les petits, les ignorants et les faibles étaient opprimés par les riches et les grands, par les savants et les forts ; les enfants estropiés ou contrefaits, les infirmes et les vieillards étaient considérés comme des charges inutiles, et par conséquent ruineuses pour l'État, et trop souvent une mort violente était l'expédient dont on se croyait autorisé à faire usage pour en débarrasser les familles et la patrie. Les femmes elles-mêmes étaient réduites à une sorte d'esclavage, comme nous l'avons dit ailleurs ; elles devenaient un objet de mépris pour l'homme dès qu'elles avaient cessé de lui plaire, et l'époux avait droit de vie et de mort sur elles. Le souverain Réparateur du genre humain déchu ne pouvait tolérer plus longtemps une semblable tyrannie. Pour relever la femme de son abjection, il en choisit une pour être sa mère ; il voulut un vieillard pour père nourricier ; l'un et l'autre étaient pauvres, et lui-même se fit ouvrier afin d'ennoblir la pauvreté ; enfin, au lieu d'entrer dans le monde comme le premier Adam à l'âge de l'homme parfait, il y vint avec toutes les misères et les faiblesses de l'enfance pour que désormais l'enfance fût respectée et devînt l'objet même d'une sorte de culte. A sa naissance, il choisit une étable pour demeure, une crèche et un peu de paille pour reposer ses membres délicats ; et ce furent des pauvres qu'il appela pour être les premiers informés de l'avènement du Sauveur du monde et pour être ses premiers adorateurs. A peine commençait-il à annoncer sa doctrine que déjà il exaltait les pauvres, ceux qui pleurent et ceux qui souffrent persécution, et qu'il promettait toutes ses miséricordes aux cœurs miséricordieux. Mais, comme ses enseignements n'étaient, pour ainsi dire, que le commentaire de ses propres exemples, nous le voyons prendre de préférence pour ses apôtres des pauvres et des ignorants, des hommes grossiers et sans influence ; plus tard, il confond l'orgueil de ceux qui voulaient être les premiers dans son royaume céleste, en faisant approcher de lui de petits enfants, que l'on repoussait avec mépris : il les embrasse, il les bénit et s'écrie : « C'est à ceux qui leur ressemblent qu'appartient le royaume des cieux ». (Saint Matthieu 19, 14.) Puis, il proclame « que les derniers seront les premiers, et que les premiers seront les derniers ». (Saint Matthieu 20, 16.) Enfin, tout le reste de sa vie se passe à répandre des bienfaits sur tous ceux qui se pressent autour de lui, et les pauvres et les malades en recueillent la meilleure part.

II. Soit la nouveauté de cette doctrine et de sa réalisation, soit que la reconnaissance eût survécu dans le cœur de l'homme à tous les sentiments d'humanité qui s'y étaient éteints, l'exercice des œuvres de charité fut peut-être dans la vie du divin Maître ce qui fit sur les peuples la plus profonde impression, et ce qui attira davantage à lui ces foules si empressées de l'entendre. Aussi, saint Pierre voulant faire connaître Jésus-Christ à Corneille et à tous ceux qui, avec lui, avaient demandé à être instruits dans la foi, leur dit, comme pour peindre le Sauveur d'un seul trait : « Il a passé en faisant du bien ». (Actes des Apôtres 10, 38). La pratique des œuvres de charité était donc l'un des plus puissants moyens d'action que Notre-Seigneur pût laisser à son Eglise pour exercer son influence salutaire sur l'humanité. Sans doute la bienfaisance peut être pratiquée même en dehors de l'Eglise catholique; mais il n'en est pas ainsi des œuvres de charité, dont Jésus-Christ a réservé le monopole à sa sainte Epouse, comme étant seule digne de lui succéder dans l'accomplissement de cet auguste ministère ; l'expérience apporte tous les jours un nouveau degré d'évidence à cette vérité. La bienfaisance, en effet, est une œuvre purement humaine, qui ne procède que d'une sensibilité naturelle plus ou moins vive, et aussi variable que les tempéraments ; il en résulte qu'elle subit les conséquences de son principe. Les secours matériels sont à peu près l'unique objet de sa sollicitude, parce que les souffrances physiques sont ce qui frappe et ce qui touche le plus la sensibilité humaine ; ils sont accordés, non pas toujours en proportion des besoins réels, mais dans une mesure relative à l'impression plus ou moins sensible qui a été reçue ; il y a des malheureux auxquels la nature a départi des qualités et même des traits qui excitent plus vivement l'intérêt, tandis que d'autres, complètement déshérités, sont repoussants à quelque point de vue qu'on les considère. Les uns sont reconnaissants, d'autres au contraire sont exigeants, et trouvent qu'on est injuste à leur égard en ne pourvoyant pas à tout ce qu'ils jugent leur être nécessaire. La bienfaisance humaine entoure les premiers de tous ses soins, et délaisse les derniers ; car, avant tout, elle cherche sa satisfaction personnelle, elle s'aime elle-même avant d'aimer les pauvres ; aussi est-elle inconstante, et s'arrête dans ses bonnes œuvres dès qu'il s'agit de privations, de sacrifices personnels, et de vaincre les répugnances de la nature.

La Charité chrétienne part d'un tout autre principe : elle prend sa source dans le Cœur même de Dieu ; la foi est l'unique règle de sa conduite ; tout dans ses œuvres est surnaturel et céleste. Elle aime tous les malheureux, quels qu'ils soient, et les secourt tous, sans autre distinction que celle commandée par la sagesse et la prudence chrétiennes; mais elle les aime et les secourt en se donnant et en se dévouant elle-même à leur service, en sacrifiant ses goûts, ses aises, sa fortune, son temps, sa vie même s'il le faut, sans attendre aucun retour de la part de ses obligés ; car, dans chaque malheureux, elle voit un membre souffrant de Jésus-Christ, et elle sait que c'est à ce divin Sauveur qu'elle se sacrifie, selon cette parole du divin Maître : « Tout ce que vous ferez au plus petit des miens, je le regarderai comme fait à moi-même » (Saint Matthieu 25, 40). Aussi, son amour pour tous ceux qui ont besoin de son dévouement est sans borne, et elle semble répéter avec celui qui nous a aimés le premier jusqu'à mourir pour nous : « Personne n'aime davantage que celui qui donne sa vie pour ceux qu'il aime ». (Saint Jean 15, 13). Outre ces principes fondamentaux de la charité chrétienne, l'Eglise catholique possède seule le précieux trésor, où il est donné à tous ses enfants de puiser la force de l'exemple et le courage nécessaires à l'accomplissement généreux et constant des œuvres charitables : la sainte Eucharistie. Quel modèle admirable, en effet, que celui de Jésus-Christ se donnant tout entier, tous les jours et à chaque instant à tous ceux qui le demandent, pour répandre dans leur cœur toutes les richesses de sa grâce ! Quel amour et quel dévouement pour le prochain ne doit-il pas communiquer aux âmes qui s'unissent à lui en participant aux saints mystères, lui qui a tant aimé les hommes !

III. Dès son berceau la sainte Eglise comprit toute la puissance de ce moyen d'action pour accomplir la sublime mission que le Sauveur lui avait confiée. Elle était à peine constituée, que déjà elle prêchait le soulagement des pauvres. Sa voix est entendue : les néophytes mettent leurs biens en commun ; les aumônes affluent aux pieds des apôtres ; ceux-ci ne peuvent bientôt plus suffire à les répandre, et ils établissent des diacres et des diaconesses pour les aider dans ce touchant ministère. Des quêtes s'organisent dans les différentes chrétientés qui surgissent de toute part, et on envoie des secours aux pauvres de Jérusalem. L'Eglise naissante ne se contente pas de soulager les infortunes, elle entoure de sa vénération ceux qui en sont victimes : le grand apôtre les appelle les saints, et il demande qu'on prie pour lui, afin que les aumônes qu'il va distribuer leur soient agréables. L'Eglise est encore à son début, et déjà l'empire de sa charité a tellement subjugué les âmes, que les païens eux-mêmes, témoins des merveilles qu'elle opère, s'écrient avec admiration en parlant des chrétiens : « Voyez comme ils s'aiment ! » Partout où la foi pénètre, la charité l'accompagne, car ce sont des sœurs inséparables ; le Sauveur n'avait-il pas proclamé que l'amour de Dieu et du prochain n'était pour ainsi dire qu'un seul et même commandement ? Il ne pouvait donc pas y avoir de christianisme sans la charité et sans les œuvres qui en sont le rayonnement nécessaire. Que l'on juge maintenant de l'influence immense que doit donner à l'Eglise l'exercice de cette céleste mission ? Elle lui ouvre les palais des riches pour solliciter au nom de Jésus-Christ l'abandon d'une partie des biens que la Providence leur a accordés avec tant de libéralité, et l'Eglise leur dit comme l'apôtre Saint Paul aux Romains : « Si vous voulez entrer en participation des biens spirituels des pauvres, vous devez secourir ceux-ci de vos biens temporels ; car vous êtes leurs débiteurs ». (Romains 15, 27). Puis, ce sont les cœurs des pauvres, dont la charité est la clef, qui s'ouvrent à leur tour pour recevoir avec les secours matériels les consolations incomparables que la religion seule peut leur donner ; car elle leur montre la croix du Sauveur pour leur apprendre à souffrir comme lui avec résignation ; et elle leur répète avec le divin Maître : « Bienheureux les pauvres... bienheureux ceux qui pleurent... (Saint Matthieu 5, 3-5). « Vous êtes maintenant dans la tristesse, mais vous verrez un jour » Jésus-Christ, « et votre cœur sera dans la joie, et personne ne pourra vous ravir cette joie ». (Saint Jean 16, 22). C'est la ce qui explique ce crédit immense qui a toujours été ouvert à la sainte Eglise, et qui lui a permis d'élever à la pauvreté et aux souffrances de toute espèce des asiles dont l'étendue, dès le quatrième siècle, était comparée par saint Grégoire de Naziance à celle d'une nouvelle ville ; et dont la magnificence était telle qu'on les décorait du nom remarquable d'Hôtel-Dieu. Personne n'ignore les fruits admirables que produisirent pour la propagation du christianisme les œuvres de charité exercées par les matrones romaines dans la capitale du paganisme ; et dans tout le monde connu, par ces milliers de vierges qui, autrefois, se consacraient au service de Dieu, sans quitter pour cela le toit paternel. Ce fut toujours par l'exercice de la charité que l'Eglise, à l'exemple de son divin Epoux, étendit ses conquêtes et qu'elle affermit dans la foi les peuples qu'elle lui avait gagnés. Plus ingénieuse que le malheur, elle sut toujours en triompher par les formes intelligentes et multipliées auxquelles elle plia ses œuvres, de manière à venir en aide à toutes les infortunes. En amollissant et en touchant les cœurs par ses bienfaits, elle soumet bientôt les esprits au joug de la foi qui l'inspire, et bientôt aussi elle a remporté de nouvelles victoires. On peut bien la persécuter, fermer ses temples, abattre ses autels, faire couler le sang de ses prêtres et de ses pontifes, mais il n'est pas de puissance sur la terre qui puisse l'empêcher d'aimer et de secourir les malheureux, et par conséquent anéantir l'irrésistible et salutaire influence des œuvres de sa charité : « La charité ne périra jamais ». (1Corinthiens 13, 8).

 

Élévation sur l'action qu'exerce l'Eglise sur la société par les œuvres de Charité

 

I. O Dieu, vous êtes la Charité par essence ; comment votre sainte Epouse ne participerait-elle pas à celle de vos perfections que vous avez le plus à cœur de manifester aux hommes ? Il n'est pas un seul de vos commandements dont le principe fondamental ne soit l'amour, puisque vous avez dit vous-même que ce mot descendu du ciel renfermait toute la loi et les prophètes. Lorsque vous avez chargé votre Eglise de prêcher votre doctrine divine et de la faire observer, vous avez demandé à celui que vous en aviez établi le chef, s'il vous aimait, et s'il vous aimait plus que les autres ; et il fallut qu'il vous assurât d'une manière solennelle et par trois fois qu'il vous aimait de toute son âme, pour que vous le jugeassiez digne de paître vos agneaux et vos brebis, et de conduire votre troupeau dans les voies du salut. Mais, d'après la parole même du disciple que vous chérissiez entre tous les autres, ô divin Maître, « celui qui dit qu'il aime Dieu et qui n'aime pas son frère, est un menteur. Car, ajoute-t-il, celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? C'est Dieu lui-même qui nous a fait ce commandement : pour aimer Dieu, il faut aimer son frère ». (Saint Jean, Ep. 4, 20, 21) Aussi, Seigneur, à peine vos apôtres commencèrent-ils a annoncer les vérités de la foi, qu'ils publièrent en même temps que les œuvres de charité étaient aussi nécessaires pour le salut que la foi elle-même : « La foi, disait saint Jacques, est une foi morte, si elle n'est accompagnée des œuvres qui en sont les fruits... L'homme ne peut être justifié par la foi sans les œuvres... de même qu'un corps sans âme est mort, ainsi la foi sans les œuvres est une foi morte ». (Jacques 2, 17, 24, 26.) Et il dit ailleurs : « A quoi vous servira, mes frères, que vous proclamiez que vous avez la foi, si vous n'en faites pas les œuvres? la foi seule pourra-t-elle vous sauver? Si votre frère où votre sœur sont nus, et qu'ils manquent du pain de chaque jour, et que vous vous contentiez de dire : Allez en paix, je vous souhaite de trouver de quoi vous réchauffer et de quoi vous rassasier; si vous ne leur donnez pas ce qui leur est nécessaire, pensez-vous que cela vous servira beaucoup pour votre salut ? » (Jacques 2, 14-16.) « Voici, disait encore saint Jacques, en quoi consiste la religion pure et sans tache aux yeux de Dieu : c'est à visiter les orphelins et les veuves dans leur malheur, et à conserver l'innocence au milieu de la corruption du siècle. (Jacques 1, 27.) Votre apôtre bien-aimé, ô divin Sauveur, répéta à ses disciples jusqu'à son dernier soupir : « Mes enfants, aimez-vous les uns les autres ». Et il écrivait dans sa première épître : « Celui qui possède les biens de ce monde, et qui ferme son cœur lorsqu'il voit son frère dans le besoin, comment pourrait-il avoir en lui la charité divine ? Mes enfants, n'aimons pas en paroles ni en vains discours, mais prouvons par nos œuvres la sincérité de notre amour » (3, 17, 18).

II. L'amour du prochain ou les œuvres de charité sont donc, Seigneur, le sceau divin auquel vous avez marqué votre Eglise ; et lors même que toutes les autres preuves de sa céleste origine et de sa mission sacrée viendraient à lui manquer, ou ne frapperaient pas tous les esprits de leur évidence incontestable, il suffirait de voir son front couronné du diadème de la charité pour reconnaître qu'elle est votre ouvrage, et que seule elle est dépositaire de la vérité, puisque seule elle possède les trésors de votre amour. C'est, en effet, le caractère particulier et infaillible auquel vous assurez vous-même que tous les siècles pourront la distinguer de toutes les sociétés religieuses enfantées par l'erreur et le mensonge : « Tout le monde vous reconnaîtra pour mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres ». (Saint Jean 13, 35). N'est-ce pas aux fruits que l'on reconnaît l'arbre ? Or, quelle est la religion qui pourrait rivaliser avec la foi catholique au point de vue des œuvres de charité ? Où trouvera-t-on ailleurs que chez les peuples qui vivent sous le joug si doux de votre sainte Église, autant d'hôpitaux, d'asiles ouverts à toutes les misères, et desservis non par des mercenaires, mais par des chrétiens qui se dévouent gratuitement pendant toute leur vie au service de leurs frères ? Où trouvera-t-on autant d'associations laïques qui chaque jour se multiplient avec les nouvelles misères et les nouveaux besoins, et qui ne se contentent pas d'y pourvoir parleurs libéralités, mais encore en visitant personnellement les victimes du malheur, jusque dans les réduits les plus infects et les plus obscurs, pour honorer les membres souffrants du Sauveur, et pour leur porter avec l'aumône matérielle les consolations spirituelles et morales, souvent plus nécessaires même que le pain de chaque jour ? Enfin, comme il y a dans les misères humaines une multitude de formes et d'événements imprévus, irréguliers, qui défient toutes les combinaisons systématiques, qui échappent à toutes les organisations les plus sagement établies, et qu'aucune classification ne saurait complétement embrasser, il fallait en dehors des fondations et des associations charitables la charité libre et individuelle, qui pût suivre et secourir le malheur dans tous ses détails et ses péripéties les plus inattendues : ce sont ces œuvres spéciales de la charité chrétienne auxquelles, Seigneur, vous avez donné pour règle : « Que votre main gauche ne sache pas ce que fait votre main droite ». (Matthieu 6, 3.) Ce sont ces œuvres qui demeurent cachées dans le sein du pauvre, et qui n'étant consignées sur aucun registre ne sont écrites que dans le livre de vie, parce qu'elles ne relèvent que de la conscience de chaque individu ; or, quelle est la secte qui pourrait avoir la prétention de disputer à l'Eglise catholique la supériorité des moyens qu'elle seule possède pour ouvrir les cœurs au sentiment divin de la charité ? N'est-ce pas à elle seule, ô divin Sauveur, que vous avez laissé l'incomparable trésor de vos exemples, de votre doctrine et de la sainte Eucharistie ? Oui, c'est vous, ô sainte Eglise de Jésus-Christ, qui depuis plus de dix-huit siècles avez pris l'initiative et qui avez été l'âme de tous les bienfaits répandus sur l'humanité. C'est vous qui avez commencé à prêcher la fraternité, à prendre le faible sous votre protection, à assister tous les êtres souffrants ; votre voix puissante et la persévérance de vos exemples ont triomphé des vieilles institutions politiques, sociales et domestiques : les coutumes les plus barbares, la tyrannie et les injustices les plus criantes ont été vaincues ; la vie et la personne de l'homme, son âme et sa conscience surtout, ont obtenu par votre dévouement un degré de respect et de liberté inconnu avant les inspirations de votre charité. Ah ! Puisque la Charité est la reine des vertus, ne devait-elle pas être la première dans votre cœur ?

III. A cette sollicitude si intelligente et si tendre qui ne reconnaîtrait, ô mon Dieu, celle que vous nous avez donnée pour mère dans cette vallée de larmes ? Mais, pour qu'elle eût droit à ce titre de mère, si touchant et si doux, il ne suffisait pas qu'elle nous eût engendrés à la grâce : il fallait encore qu'elle nous entourât de ses soins les plus assidus et les plus constants pendant notre vie entière, et surtout aux jours de l'épreuve ; il fallait qu'avec ce tact exquis qui n'appartient qu'à l'amour d'une mère, elle devinât nos souffrances, et sût les soulager sans blesser l'orgueilleuse susceptibilité de ses enfants ; et n'est-ce pas la lâche délicate et difficile qu'elle a si admirablement accomplie ? Elle faisait son apparition dans ce monde dépourvue des richesses de la terre et de toute puissance temporelle ; mais que ne peut pas le cœur d'une mère et la charité divine qui l'anime ! Moïse, profondément touché des besoins du peuple qu'il était chargé de conduire à travers le désert, ne fit-il pas jaillir une source abondante d'un rocher aride, et ne fit-il pas pleuvoir la manne pendant quarante ans ? Votre Eglise, ô divin Sauveur, à laquelle vous aviez confié non plus un seul peuple, mais l'humanité entière pour la régénérer, aurait-elle été moins puissante ? Et après avoir vu les pains se multiplier entre vos mains pour nourrir des multitudes affamées, pouvait-elle douter que les miracles de votre charité viendraient jamais à lui manquer ? Pour les obtenir, avait-elle d'autre prière à vous adresser que celle que vous fit votre auguste Mère Marie, aux noces de Cana : « Ils n'ont pas de vin ? » (Saint Jean 2, 3). Aussi, à peine votre Eglise vient-elle de commencer sa mission, que déjà, par votre inspiration divine, elle possède à son plus haut degré de perfection tous les ressorts et les industries de la charité. Elle n'exige rien, elle n'impose personne ; comme la très-sainte Vierge, elle se contente d'exposer aux riches les besoins des malheureux ; elle se contente de prier. Et dès qu'elle a parlé, comme une mère sait parler pour ses enfants, les cœurs les plus durs s'attendrissent, et ses greniers sont remplis. De toute part on accourt pour établir avec elle un saint commerce entre les biens de la terre et les richesses du ciel. Grâce à son ingénieuse économie, les ressources les plus modestes semblent se multiplier entre ses mains ; elle soulage toutes les souffrances, pourvoit à tous les besoins, et, sans user d'autres moyens que de ceux de la foi et de la persuasion, elle parvient pacifiquement à rétablir une sorte d'égalité entre les différentes conditions sociales : le superflu des uns adoucit l'indigence des autres. Les pauvres et ceux que le malheur éprouve la regardent comme la plus tendre des mères; les riches et les heureux du siècle la bénissent parce qu'elle leur apprend à se détacher des biens périssables, et à poursuivre ceux que l'aumône peut seule leur conquérir. En vain la philanthropie, les communions hétérodoxes et même l'Etat chercheront à se substituer à la charité que vous avez uniquement léguée à votre Eglise, ô divin Maître ; en vain ils s'efforceront de la contrefaire, de lui enlever les institutions qu'elle a fondées pour se les approprier et pour faire croire qu'elles sont l'œuvre de leurs mains : l'humanité ne s'y trompera pas. Si l'agneau sait reconnaître sa mère à travers les nombreuses brebis d'un grand troupeau, le chrétien riche ou pauvre saura bien aussi distinguer, au milieu de cette confusion, celle qui seule mérite son amour, et qui est la mère que le Seigneur lui a donnée.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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28 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-neuvième jour

Action de l'Eglise sur la société par l'exercice du culte extérieur et public

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

I. Lorsque Dieu conçut le généreux dessein de régénérer l'humanité déchue, il ne voulut pas que son Verbe prît seulement une âme semblable à la nôtre, mais bien aussi un corps matériel comme notre corps. Il voulait restaurer l'homme tout entier, et par conséquent agir sur sa chair aussi bien que sur son âme : les liens étroits qui unissent l'une à l'autre dans notre nature rendaient nécessaire cette action complexe et commune, pour atteindre le but que se proposait la divine miséricorde. Aussi, le Sauveur apparut-il au monde, non comme un pur esprit, mais revêtu de notre humanité tout entière, afin d'exercer une action efficace et salutaire sur nos sens comme sur notre esprit. C'est cette double action que Jésus-Christ a communiquée et confiée à son Église, pour continuer et perpétuer son œuvre de réparation au sein de l'humanité. Nous avons vu la puissance toute spirituelle et sans borne dont le Sauveur a revêtu sa sainte Epouse pour qu'elle pût agir directement sur les âmes et sur vie morale de la société, au moyen de la prédication de la doctrine évangélique et de l'administration des sacrements ; il nous reste à méditer l'influence religieuse que son divin Fondateur lui a donné mission d'exercer extérieurement par le culte public auquel elle préside. Sous le spécieux prétexte de professer un respect plus profond, et une plus haute estime pour le culte divin et pour l'action surnaturelle de la Religion sur le monde des âmes, certains philosophes reprochent amèrement à l'Eglise d'user de moyens extérieurs et matériels pour accomplir son œuvre. Ils voudraient que, pour être digne de la sublimité de ses fonctions, elle se dégageât complètement de tout ce qui est sensible, pour s'appliquer uniquement à la contemplation et au culte exclusivement spirituels. Mais, malheureusement pour eux, la sagesse divine en a jugé autrement. Sans doute, l'Église répudie des hommages purement extérieurs et auxquels l'âme ne prendrait aucune part ; parce que « Dieu est esprit, et il veut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité » (Saint Jean 4, 24); mais comme il a donné à l'homme un corps tout aussi bien qu'une âme, il exige que l'un et l'autre lui rendent leurs devoirs par un culte tout à la fois intérieur et extérieur. Créateur de la nature humaine, il connaissait les lois qui enchaînent l'esprit à la chair, et il a voulu en quelque sorte s'y soumettre lui-même, en se communiquant à nous par les moyens ordinaires qui sont propres à notre nature. En un mot, il a voulu que nous allassions à lui, et venir à son tour à nous par tous les éléments de notre être, par les sens et par l'esprit.

II. Déjà, au temps des Patriarches, il avait exigé des sacrifices ; Moïse lui avait dressé un tabernacle, et avait élu une tribu pour le service des saints autels; plus tard, sous son inspiration, David et Salomon lui élevèrent un temple célèbre, auquel le peuple juif accourait en foule, de toutes les parties de la Judée, afin d'y rendre à Dieu l'honneur qui lui est dû. Jésus-Christ fut à peine entré dans le monde, que l'étable où il naquit devint un sanctuaire. Les bergers s'y pressaient pour l'adorer, et les mages y venaient pour lui offrir de la myrrhe, de l'or et de l'encens. Plus tard, le Sauveur est présenté an temple, et c'est là qu'à l'âge de douze ans il fait entendre pour la première fois ses divins oracles. C'est lui qui nous enseigne la prière vocale par excellence. Il prie lui-même en se tenant à genoux et en se prosternant jusqu'à terre. Au lieu de faire ses miracles par un pur acte de sa volonté, il emploie toujours quelque signe extérieur et sensible : tantôt de la salive, tantôt de la boue ; d'autrefois il guérit subitement les malades et ressuscite les morts, en criant avec force ou en touchant de sa main sacrée ceux auxquels il accorde ces faveurs. Enfin il établit les sacrements, et il veut qu'une matière sensible en soit le signe et indique la grâce spéciale qui leur est propre. L'Eglise, chargée par son divin Fondateur de poursuivre son œuvre réparatrice, n'aurait-elle pas manqué au respect profond qu'elle devait aux institutions et aux exemples de Jésus-Christ son Maître, si elle eût osé changer le plan qu'il lui avait tracé, et suivre une marche différente de celle qui lui avait été enseignée ? Elle y a toujours été fidèle, et depuis dix-huit cents ans elle n'a pas cessé d'en recueillir des fruits merveilleux. Qui pourrait redire, en effet, les impressions profondes et salutaires produites par la majesté et la sainteté de ses temples, par l'édification de ses pieuses assemblées, par la gravité et l'harmonie de ses chants religieux, par ses cérémonies si imposantes et si touchantes? L'impiété ne reconnaît que trop l'influence immense que peut exercer l'Eglise en faveur de la Religion et du salut des âmes par l'éclat de son culte extérieur ; c'est pour cela que, semblable aux Juifs, qui reprochaient à Madeleine la profusion des parfums dont elle couvrait les pieds du Sauveur, prétendant que leur prix serait mieux employé si on le distribuait aux pauvres, elle reproche à son tour à l'Eglise le luxe avec lequel elle décore ses temples et les richesses qu'elle y consacre ; le temps passé dans les assemblées saintes est du temps perdu, et qui serait mieux employé à ses yeux par quelque occupation lucrative ; les cérémonies sacrées ne sont pour les ennemis de l'Eglise que des superstitions et de vains spectacles offerts à l'ignorance et au fanatisme ; et ils redoutent tellement l'empire qu'elles exercent sur les masses, qu'ils leur défendent de franchir le seuil du sanctuaire et de se montrer au sein des villes, même pour en bénir les rues et les demeures. Et si la haine contre la foi va jusqu'à la persécution, le premier de ses exploits est d'abattre les autels et de fermer les temples. Peut-on proclamer d'une manière plus éclatante la puissance prodigieuse que le Sauveur a confiée à l'Eglise dans la pratique du culte extérieur et public ?

III. Sans doute Dieu n'a pas besoin de nos temples pour lui-même, comme un monarque a besoin d'un palais pour en faire le siège de sa grandeur et de sa puissance ; sans doute encore la majesté infinie remplit l'univers entier de sa présence, et partout elle peut entendre nos vœux et nos prières ; mais c'est nous qui avons besoin de ces lieux spécialement consacrés au culte de la divinité. Il est des hommes, nous le savons, qui pour se distinguer de la foule et du vulgaire, pour se faire considérer comme artistes ou comme philosophes, ne voudraient dans nos églises que la pierre nue, de la beauté et de la gravité de laquelle, à leur dire, aucun ornement ne saurait approcher ; qui s'extasient devant la simplicité touchante des pauvres églises de nos campagnes. C'est là, prétendent-ils, qu'ils prient avec le plus de ferveur. Mais nos temples n'ont pas été précisément élevés pour ces exceptions de l'espèce humaine ; c'est aux masses qu'ils sont destinés, et l'on a dû choisir pour les orner ce qui impressionne plus vivement le commun des hommes. Pauvre peuple ! pourquoi vous serait-il refusé de venir de temps en temps sous les lambris dorés de la maison de votre Père, qui est aussi la vôtre, reposer vos yeux fatigués et attristés par le spectacle continuel de la misère qui vous entoure, et contempler les splendeurs religieuses dont la sainte Eglise veut réjouir votre âme désolée ? Pourquoi cette Eglise, votre tendre mère, si quelquefois elle est obligée de vous demander des sacrifices, ne vous convierait-elle pas aussi de temps à autre à ses solennités, pour y dilater vos cœurs, si souvent flétris par les chagrins et les privations de toute espèce ? Quelle est la société qui n'a pas ses fêtes populaires ? Vous ne possédez pas de livres, et le temps d'ailleurs vous manquerait pour les feuilleter ; accourez donc dans le lieu saint : tous les arts y ont été convoqués pour éclairer votre esprit et consoler votre cœur. L'Eglise a mis à la portée de toutes les intelligences les plus sublimes mystères, l'histoire de la religion et celle du divin Sauveur qui a tant aimé les pauvres et les petits. Les sculptures, les peintures sacrées qui couvrent les murailles de ses temples, vous retracent et vous redisent toutes les vérités et les touchantes traditions de notre foi dans un langage saisissant; elle va jusqu'à essayer de vous donner une idée du ciel, où elle veut vous conduire, par ces vitraux admirables, où se pressent une multitude de héros chrétiens, que le soleil rend lumineux, comme pour vous révéler la gloire dont ils jouissent dans le séjour de l'éternelle félicité. L'architecture même de nos édifices religieux sait leur imprimer un caractère particulier qui saisit de respect celui qui en franchit le seuil ; tout y est disposé pour instruire ceux qui y pénètrent : les fonts baptismaux, qui rappellent la régénération de nos âmes ; les tribunaux de la pénitence, qui révèlent les miséricordes infinies de Dieu pour le pécheur ; la table sainte, où tous sont invités sans distinction pour y puiser des forces dans le pénible chemin de la vie; enfin l'autel,où se renouvelle chaque jour le sacrifice auguste de la rédemption.

Mais c'est surtout lorsque nos temples se remplissent de cette foule pieuse, où tous les âges et toutes les conditions se trouvent fraternellement confondus, que l'Église exerce avec plus de succès sa céleste et salutaire influence. Outre l'édification mutuelle et l'entraînement du bon exemple, qu'on y trouve, qui pourrait dire les fruits précieux que la parole divine produit alors dans les âmes, et les glorieuses conquêtes qu'elle fait à la foi et à la vertu, les préjugés et les illusions qu'elle dissipe, les solides doctrines qu'elle établit dans les intelligences, les ennemis qu'elle réconcilie, la paix qu'elle met dans les âmes, les douces consolations qu'elle répand dans les cœurs ? C'est ainsi que l'Église adoucit les mœurs et civilise les peuples les plus barbares, d'une manière bien autrement efficace que ne peuvent le faire les arts, les sciences et l'industrie que la multitude ignore et qu'elle ignorera toujours. Les cérémonies sacrées viennent à leur tour prêter à la sainte Eglise le concours de leur précieuse influence. Si les hommes n'étaient que de pures intelligences, étrangères aux impressions des sens, on devrait sans doute rejeter comme inutile tout l'appareil et la pompe du culte chrétien. Mais nous savons tous, par notre propre expérience, combien les choses sensibles ont d'empire sur le cœur de l'homme, combien l'esprit, naturellement volage, a besoin d'être captivé ; et voilà pourquoi la religion chrétienne déploie devant nous un ordre et une suite de cérémonies qui parlent à nos sens, et qui par leur intermédiaire nous instruisent et nourrissent notre piété. Aussi, tout dans nos rites sacrés est symbolique, et frappe encore plus notre esprit que nos yeux. Quel est, en effet, le dogme ou le précepte qui ne soit retracé, et presque rendu sensible par quelque point du culte public ? Assurément, si l'on considère chaque cérémonie isolément, en dehors des mystères dont elle est pour ainsi dire le langage, dépouillée de la foi qui en est l'âme, il est facile de déverser le ridicule sur ce qu'il y a de plus saint ; mais alors on cesse d'être sincère, et on se met en dehors de la question. Au reste, il suffit de consulter nos souvenirs, de nous rappeler quelqu'une de ces grandes solennités où la religion déploie toutes ses pompes, et où nous étions mêlés à la multitude. Malgré peut-être nos préjugés nous avons été émus, touchés même jusqu'à sentir ce frémissement qui se traduit souvent par des larmes, et nous sommes sortis meilleurs, ou du moins mieux disposés à le devenir. Aussi, là où les pieuses cérémonies de la religion sont négligées ; là où les temples sacrés sont dépouillés de tout ornement, et tombent presque en ruines sous le souffle empoisonné de l'indifférence ; là où le prêtre est forcé de monter au saint autel avec des lambeaux de vêtements sacrés, la foi est bien près de s'éteindre, et avec elle le respect de l'autorité, la justice et la civilisation tout entière; là où il n'y a plus de culte public, Dieu est méconnu ; et quand un peuple n'a plus de Dieu, c'est un corps sans âme et sans vie, qui tombe en dissolution : il retourne à la barbarie.

 

Élévation sur l'action de l'Eglise par l'exercice du culte extérieur et public

 

I. Vous aviez annoncé, Seigneur, par la voix solennelle de vos prophètes, que votre Eglise serait comme la « maison de Dieu élevée sur le sommet des montagnes, au-dessus des collines, à laquelle devaient se réunir toutes les nations » (Isaïe 2, 2 ) ; comme une « haute montagne » qui se montre à toute la terre (Daniel 2, 34). Suivant les Livres Saints, elle devait être une cité qui, étant « placée sur la hauteur », ne peut être cachée (Saint Matthieu 5, 44) ; une société où il y a des « pasteurs et des docteurs chargés d'un ministère public pour l'édification du corps de Jésus-Christ » (Ephésiens 4, 11), « qui est l'Eglise » (Colossiens 1, 24). Enfin, les saintes lettres la montrent comme un troupeau confié à la sollicitude des « évêques, établis par le Saint-Esprit pour gouverner l'Eglise de Dieu » (Actes des Apôtres 20, 28), et pour « prêcher /'Evangile à toute créature » (Saint Marc 16, 15). La société chrétienne devait donc manifester son existence et sa vie autrement que par un culte purement spirituel ; son culte devait être visible comme elle. Son but était de régénérer l'humanité dans toute l'étendue de sa nature, puisque l'homme tout entier avait été corrompu par le péché d'origine ; et c'est pour cela, Seigneur, que vous lui avez donné des moyens d'action qui peuvent atteindre tout à la fois l'âme et le corps. Non, vous n'avez pas voulu que votre Eglise se bornât à la contemplation de vos perfections infinies et de la sagesse de vos divins préceptes ; mais vous l'avez créée pour être la réformatrice et l'âme de toutes les œuvres humaines qui remplissent l'existence des individus et des sociétés ; vous l'avez chargée de suivre l'homme depuis le berceau jusqu'à la tombe, et de présider sans relâche à ses destinées; aussi, vous lui avez donné un corps aussi bien qu'un esprit, afin de perpétuer en elle et par elle les fruits précieux de votre incarnation et de la rédemption. Ainsi, vous continuez par sa bouche la prédication de votre Evangile ; vous offrez encore par ses mains l'auguste sacrifice de la croix; vous dites toujours par son organe aux pauvres pécheurs : « Vos péchés vous sont remis » ; et vous renouvelez sans cesse, par la puissance ineffable dont vous l'avez revêtue, les mystères adorables de la Cène.

II. Mais, ô divin Sauveur, qu'est-ce que le culte extérieur et public de votre Église, si ce n'est l'exercice de ces sublimes fonctions que vous lui avez confiées ? Toutes les cérémonies qui concourent à ses solennités n'ont-elles pas uniquement pour but d'instruire les hommes de votre sublime doctrine, de les conduire peu à peu à la source de la régénération, pour les unir ensuite à vous par la participation a votre divin banquet ? Pourquoi ses temples ? Et ne fallait-il pas à la société chrétienne, comme à toute autre, une maison commune, un lieu consacré aux réunions solennelles, où le législateur suprême pût faire entendre ses oracles ? Ne lui fallait-il pas un palais où la justice divine pût prononcer ses sentences de miséricorde, et acquitter nos dettes ? Le roi de gloire, celui qui a promis d'être avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles, aurait-il été le seul monarque qui n'eût pas eu de trône, le seul Dieu auquel on n'eût pas élevé de sanctuaire, ni d'autel ? Mais cette croix qui couronne le faîte de nos temples, qui domine le tabernacle, qui marche toujours à la tête du peuple chrétien, dont le signe se retrouve partout et se mêle à tous les mystères qui s'opèrent dans le lieu saint, n'est-elle pas une voix éloquente qui rappelle sans cesse à l'homme qu'il ne peut y avoir de salut pour lui qu'autant qu'il sera marqué au sceau du sang divin qui a coulé sur l'arbre de vie ? Quelle leçon salutaire que cette eau lustrale, qui se trouve au seuil du temple ! La prière, semble-t-elle dire, ne peut plaire au Seigneur que lorsqu'elle part d'un cœur pur ou qui désire se purifier. Puis, c'est la tribune sacrée du haut de laquelle tombent ces paroles divines qui éclairent, qui touchent les âmes et les conduisent au tribunal de la miséricorde et de la justification. Mais à peine le miracle de la résurrection spirituelle s'est-il opéré, que je vois le pieux fidèle se diriger vers le sanctuaire : le sacrifice auguste commence. Il y trouve une victime qui s'offre pour l'expiation de ses fautes; une victime qui supplée par ses mérites infinis à l'infirmité de ses adorations, à la froideur de ses prières, à la faiblesse de sa reconnaissance. Il s'unit étroitement au sacrificateur et devient en quelque sorte prêtre avec lui. Voilà pourquoi un admirable colloque s'établit entre eux : tous deux d'abord avouent leurs misères au pied du saint autel, et implorent mutuellement leur pardon ; et lorsque celui qui est revêtu du caractère sacerdotal a franchi les degrés qui montent au tabernacle, il ne cesse pas pour cela, tout en parlant à Dieu, d'adresser encore la parole à ses frères : « Le Seigneur soit avec vous », leur dit-il a plusieurs reprises ; et les assistants s'empressent de lui répondre : « Et avec votre esprit ». A chaque prière les pieux fidèles montrent par une parole d'approbation : « Ainsi soit-il », la part qu'ils prennent aux supplications du prêtre. Plus tard, celui-ci les prie de demander que son sacrifice et le leur devienne agréable à Dieu ; et enfin avant d'entrer dans cette contemplation profonde qui précède immédiatement l'accomplissement du plus saint des mystères, il les exhorte à élever leurs cœurs jusqu'au ciel ; puis, il ne leur parle plus ; car lui-même n'est plus sur la terre. Toutefois, lorsque le sacrifice eucharistique est consommé, le chrétien qui s'est purifié dans les eaux vivifiantes de la pénitence ne s'en tient pas à une simple participation de prière, il veut aussi participer à la victime adorable. Alors, le prêtre reprend la parole, lui déclare quelle est la grandeur et la bonté de celui qu'il va lui donner, et lui rappelle avec douceur combien il est peu digne de le recevoir. Il lui livre enfin le corps du Seigneur, en souhaitant à l'âme fidèle qu'elle sache y trouver une sauvegarde assurée pour la vie éternelle. L'union de l'homme avec Dieu est accomplie, et le but du culte extérieur et public est obtenu !

III. Oh ! Je conçois, ô mon Dieu, les admirables transports du saint roi qui s'écriait : « Que vos tabernacles sont aimables, Seigneur, Dieu des armées : mon âme soupire et elle est prête à tomber en défaillance lorsqu'elle pense au bonheur de se trouver dans votre sanctuaire ! Mon cœur et ma chair font éclater par des transports de joie l'amour qu'ils ressentent pour le Dieu vivant. Le passereau a une retraite, et la tourterelle a un nid pour y mettre ses petits ; pour moi, vos autels seront ma demeure, ô Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent votre maison, Seigneur; ils vous loueront dans tous les siècles !... Car un seul jour passé dans votre sanctuaire l'emporte sur mille autres jours de ma vie. Ah! combien j'aime mieux être regardé comme le dernier dans la maison de mon Dieu que d'habiter sous te toit des pécheurs ! » (Psaume 83). Lorsque le Temple de l'Ancien Testament et les cérémonies qui s'y passaient faisaient naître des sentiments si tendres et si embrasés, comment pourrait-on douter de la puissante influence que doit exercer sur les cœurs la réalisation des saints mystères qui s'opèrent dans nos églises, et dont le culte antique n'était qu'une figure bien imparfaite ? Ah ! Seigneur, si le ciel et la terre et les merveilles qu'ils renferment publient votre gloire, et forcent les plus incrédules à reconnaître la puissance souveraine de leur auteur, quels seront les fruits qu'il faudra attendre des prodiges de miséricorde que nous révèlent les cérémonies du culte chrétien ? Est-il surtout rien de plus imposant que le spectacle touchant d'un Dieu descendu du ciel et réellement présent sur nos autels, qui bénit ses enfants avec l'amour le plus tendre et le plus désintéressé ? Le parfum de l'encens qui embaume le temple, les saints cantiques qui retentissent de toutes parts, le profond recueillement et le religieux respect de la multitude réunie sous les voûtes sacrées : tout semble dire à l'âme que le ciel s'est abaissé pour un instant jusqu'à la terre. Ah ! malheur à celui qui resterait insensible en présence de cette scène ravissante ; si sa foi n'est pas entièrement éteinte, elle est bien près de l'être.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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27 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-huitième jour

Action de l'Eglise sur la société par le Sacrement de Mariage

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Le mariage chrétien, ou le sacrement de Mariage, est le troisième principe de régénération et de perpétuité que Jésus-Christ a donné a son Eglise. Le premier est la doctrine évangélique ; le second est le sacerdoce. Le sacerdoce et le mariage, à eux seuls, tiennent entre leurs mains, non-seulement les destinées des familles, mais encore celles des peuples de l'humanité tout entière. Aussi, sont-ils les seules professions que le divin Maître ait élevées à la dignité de sacrement. Le but qu'ils devaient atteindre demandait, en effet, une action toute-puissante capable de triompher de la corruption générale et des maximes mensongères du siècle. Il fallait encore que ces deux états fussent revêtus d'une autorité et d'une majesté divines pour commander le respect dont ils doivent être entourés. Enfin, ceux qui s'y dévouent avaient besoin de grâces spéciales pour être à la hauteur des devoirs si graves et si importants que leur condition leur impose. L'institution de ces deux sacrements pourvoit à toutes ces nécessités.

I. Pour bien comprendre l'influence immense qu'exerce sur la société le mariage chrétien, ou le sacrement auguste établi pour sanctifier et consacrer l'union des époux, il est important de remonter à l'institution primitive de ce saint état, et de bien comprendre le but du Créateur lorsqu'il le fonda. Lorsque le livre de la Genèse nous parle de la création des animaux, il nous rapporte que Dieu se contenta de leur dire: « Croissez et multipliez », sans rien ajouter qui pût faire entendre qu'il s'agît d'autre chose, sinon de perpétuer leur espèce et de se multiplier matériellement avec leurs instincts aveugles. Mais, quand le texte sacré nous entretient de l'homme, son langage est tout autre: « Dieu, dit-il, créa l'homme à son image, et il le créa à l'image de Dieu; il fit l'homme et la femme, il les bénit, et ce fut après qu'il ajouta : « Croissez et multipliez, et remplissez la terre ». (Genèse 1, 27- 28). Créé à l'image de Jésus-Christ, suivant l'interprétation des Pères, l'homme devait multiplier sa postérité, non pas seulement en la formant d'hommes semblables à lui sous le rapport physique et intellectuel, mais encore en la formant d'hommes à l'image de Jésus-Christ. Dieu l'ayant en quelque sorte associé à l'œuvre de la création, l'homme devait donc contribuer aussi pour sa part à la création morale de ses descendants, et s'efforcer de reproduire en eux le divin modèle sur lequel il avait été lui-même formé. Or, c'est dans ce travail, qui consiste à former des descendants à l'image de Jésus-Christ, c'est-à-dire, à les former à toutes les vertus morales, religieuses et sociales, travail imposé aux parents, que se trouve le but principal que Dieu se proposa en instituant le mariage et en bénissant lui-même les deux premiers époux. Telle fut l'influence immense que le Seigneur voulut donner au mariage sur l'avenir et les destinées des familles et des sociétés.

II. Mais, le péché du premier père ayant corrompu le sens primitif de l'institution du mariage, les hommes oublièrent la fin sublime de ce saint état, et la catastrophe terrible du déluge universel fut le solennel châtiment de cet oubli criminel. Le souvenir de cette épouvantable punition, les communications intimes de Dieu avec les patriarches, et plus tard la loi mosaïque entourèrent de nouveau le mariage, chez le peuple de Dieu, d'assez de respect, d'honneur et de dignité, pour que les Juifs aient pu conserver pendant plus de quinze cents ans encore l'esprit de famille et leur nationalité, fruits ordinaires des mariages contractés selon l'esprit de Dieu. Ce fait est d'autant plus frappant, qu'autour du peuple juif s'agitaient de toute part les philosophes, les sages et les législateurs païens, qui, ayant parfaitement compris la haute influence du mariage sur la destinée des empires, s'efforçaient de forger des lois capables de maîtriser le torrent des passions et de rétablir l'ordre complètement détruit dans les familles, et dans les états qu'ils gouvernaient. Les Lycurgue, les Périclès, les Platon en Grèce ; les Romulus, les Numa, les décemvirs,les Auguste pour l'Empire romain, sentaient si vivement l'influence que peut exercer le mariage sur le bonheur des peuples et sur la prospérité des nations, que tous usèrent les ressources de leur génie et de leur sagesse, pour s'efforcer d'inventer des lois qui pussent replacer le mariage dans des conditions capables de sauvegarder les bonnes mœurs, et de garantir l'unité de la famille et de la société. Mais tous échouèrent et tombèrent dans les excès les plus monstrueux, pour éviter ceux dont l'expérience avait fait justice. Dieu seul, en effet, qui avait créé les cœurs, pouvait trouver ce secret impénétrable à l'intelligence humaine ; et lui seul surtout pouvait communiquer aux hommes la force nécessaire pour être fidèles aux règles qu'il allait leur révéler et leur imposer.

III. Après tous les vains efforts des sages et des savants du siècle, apparut donc le souverain Législateur, le divin Réparateur qui devait réhabiliter la race humaine déchue. Lorsqu'on veut relever un édifice qui tombe en ruines, on le reprend par la base. Aussi, l'un des premiers soins du Sauveur fut-il de rétablir le mariage sur ses fondements primitifs, en lui rendant l'unité et l'indissolubilité. C'est ainsi qu'en deux mots il résolut ce problème inextricable, devant lequel les meilleurs esprits et les plus hautes intelligences avaient été forcés d'avouer leur incapacité, depuis quarante siècles. Sans l'unité, la famille, qui est essentiellement un corps organisé et monarchique, devenait impossible. Sans l'indissolubilité, il fallait admettre le divorce qui n'est qu'une polygamie mal déguisée, et dont une triste expérience a fait justice, comme étant la ruine de la famille. Aussi, dans les pays où il est encore toléré, la législation l'a-t-elle entouré de tant de difficultés, qu'elle l'a rendu presque inabordable. D'ailleurs, l'unité et l'indissolubilité étant corrélatives ne devaient former qu'une seule et même loi. C'était l'indissolubilité qui devait rendre à la femme la dignité que la polygamie païenne et le divorce lui avaient ravie. Grâce à cette loi si sage du mariage chrétien, elle ne pouvait plus être le vil jouet de la brutalité de l'homme; elle redevenait, comme au premier jour de la création, la compagne de son époux, et non son esclave; elle avait voix délibérative dans les affaires intimes de la famille, et elle pouvait être souvent l'utile conseillère et la consolatrice de celui qui partageait sa destinée, en soutenant son courage quelquefois chancelant dans les jours mauvais de la vie. Ainsi, l'homme lui-même aussi bien que la femme allait recueillir les heureux fruits de cette législation divine. Il n'était plus seul sur la terre; il avait retrouvé, selon la parole de l'Ecriture, « une aide semblable à lui, l'os de ses os, la chair de sa chair ; c'est pour cela que l'homme abandonnera son père et sa mère pour s'attacher à son épouse, et ils seront deux en une seule chair ». (Genèse 2, 21 et ss). Texte sacré qui démontre à l'évidence que l'institution primitive du mariage renfermait l'obligation rigoureuse de l'indissolubilité. Cette indissolubilité devenait surtout une loi de stricte justice vis-à-vis des enfants; car ils avaient droit à autre chose qu'à ce pain amer de la séparation, que leur garantissaient les législateurs du divorce, et dont chacun des époux qui se quittent peut, en effet, leur donner la moitié ; on leur devait autre chose que les leçons des maîtres qui se paient à prix d'or ; ils avaient droit à cette éducation de tous les jours et de toutes les nuits, pour laquelle Dieu n'a pas cru que ce fût trop de réunir les deux vies d'un père et d'une mère ; ils avaient droit à cette société de la famille que la mort même ne peut rompre, sans que l'époux survivant se sente jamais capable de réparer l'absence de l'autre. Le mariage n'a que des conséquences irréparables, aussi la famille qu'il créa ne peut avoir que des liens indissolubles. L'indissolubilité fait donc la force de la famille ; et comme les sociétés ne se forment que de l'agglomération des familles, et qu'elles ne peuvent trouver de meilleur modèle pour leur organisation que la famille elle-même, il en résulte que le mariage chrétien en réhabilitant la société domestique, en y rétablissant l'ordre, la dignité, l'unité et la stabilité, exerce l'influence la plus salutaire, la plus efficace et la plus considérable sur la société tout entière.

 

Élévation sur l'action de l'Eglise vis-à-vis de la société par le Sacrement de Mariage

 

I. Pouviez-vous, Seigneur, contempler d'un œil indifférent le désordre et la corruption dont les plus viles passions de l'homme avaient infecté l'institution primitive et fondamentale de la société ? Votre divine Providence, qui veille avec tant de sollicitude sur la conservation et le bon ordre des œuvres sorties de vos mains, pouvait-elle, en entreprenant la restauration du genre humain, ne pas pourvoir à la réparation d'un mal si profond, et dont les conséquences funestes avaient perverti l'humanité tout entière ? Oh ! Non, Seigneur, votre miséricorde infinie, et l'ardent amour que vous aviez pour le salut du monde,vous ont inspiré le moyen puissant et radical qui seul pouvait purifier à jamais la source des générations futures, en instituant le sacrement de Mariage. Aussi, Saint Paul appelle-t-il ce sacrement grand par excellence, puisqu'il est le symbole de l'alliance que Jésus-Christ a daigné former avec notre humanité et avec son Église. Mais si l'union intime contractée entre le Verbe divin et la nature humaine, et si celle que sa grâce et sa charité ont consommée avec l'Église son épouse, sont irrévocables et indissolubles, ces caractères essentiels devaient être également ceux des unions auxquelles le Sauveur voulait imprimer le sceau de son sang précieux par l'auguste sacrement de Mariage. Toutefois, pour adoucir ce que cette loi rigoureuse pourrait avoir de dur pour l'inconstance humaine, vous avez voulu que le sentiment le plus doux, c'est-à-dire l'amour, en fût le principe et le fondement. Vous avez voulu que la fidélité a cet amour fût sacrée et inviolable. Pouviez-vous mieux entrer dans les dispositions que la nature elle-même a gravées dans le cœur de l'homme qui a encore quelque respect pour son honneur ? Quel est, en effet, celui qui n'est pas jaloux d'un premier amour, d'un amour fidèle et constant ? Et la loi de l'indissolubilité est-elle autre chose que la consécration de ce sentiment si noble, si pur et si juste ? Il est vrai que les passions humaines s'élèveront, dans leurs excès, contre ces règles si naturelles pourtant de l'ordre, de l'honnêteté et du vrai bonheur ; l'homme aura des luttes quelquefois terribles à soutenir contre lui-même. Mais c'est pour cela, Seigneur, que votre miséricorde et votre bonté ont daigné élever le mariage a la dignité de sacrement ; vous vouliez ainsi non-seulement purifier et sanctifier l'amour légitime, mais encore ouvrir aux époux chrétiens une source inépuisable de secours surnaturels, qui seuls pouvaient leur donner la force de triompher de la corruption, et de garder religieusement leur promesse sacrée de fidélité mutuelle.

II. L'amour vrai ne peut exister, en effet, sans le sacrifice : aimer, c'est se donner, se sacrifier. Le sacrifice est la pierre de touche de l'amour ; c'est vous, ô divin Maître, qui nous l'avez dit vous-même : « Personne n'aime autant que celui qui fait le sacrifice de sa vie pour ceux qu'il aime » (Saint Jean 15, 13), et c'est ainsi que vous avez voulu nous prouver combien vous nous aimiez. Il y a donc dans le mariage plus qu'un simple et froid contrat ; il y a un double sacrifice qui ne connaît ni bornes, ni conventions, lorsque l'amour en est véritablement l'âme et le principe. Aussi, est-ce pour cette raison que chez tous les peuples le mariage a voulu des autels pour témoins et des dieux pour vengeurs ; et que, chez les chrétiens, le sang d'un Dieu, versé par l'amour, en est le sceau. Oui, dans le mariage, vous avez voulu, Seigneur, qu'il y eût deux sacrifices qui en formassent le lien indissoluble. La femme sacrifie ce que Dieu lui a donné d'irréparable, ce qui faisait l'objet de la sollicitude de sa mère. Elle sacrifie sa première beauté, cette fleur pleine de fraîcheur qui embellit tous les ouvrages qui sortent de la main du Créateur ; souvent elle sacrifie sa santé, et toujours ce premier élan d'amour qui ne se donne pas deux fois, ce charme que le veuvage en lui rendant la liberté ne saurait lui restituer. L'homme en retour sacrifie sa liberté et son repos pour se charger de la responsabilité d'une famille. L'homme arrivé au terme de son éducation, dans toute la force de son corps et de son esprit, maître de lui-même, se lasse bientôt de s'appartenir. Il est tourmenté d'un besoin infini de se donner, et s'il ne se donne pas tout entier à Dieu dans le service de la prière, ou à la société dans le service des armes, un inexorable ennui ne lui laisse pas de paix, qu'il n'ait trouvé au monde une créature à laquelle il puisse se donner, non pas à demi, ni pour un temps, mais tout entier et pour toujours. Rien, en effet, ne rendra plus à l'homme ces incomparables années de la jeunesse, cet essor d'imagination capable de tout, excepté de désespérer, et cet effort d'un premier amour qui peut tout vaincre pour faire à autrui un sort glorieux et doux. S'ils savent ce qu'ils font, les deux époux sacrifient toutes ces choses, et ils sont heureux de les sacrifier.

III. Mais, ce double sacrifice, les deux époux ne se le font pas seulement l'un à l'autre. Il entrait dans les vues de votre infinie sagesse, ô mon Dieu, qu'il ne fût que le prélude et le noviciat de celui qu'ils devaient faire aux enfants à naître, en faveur desquels ils consentent à subir toutes les charges et toutes les douleurs de la vie domestique, à donner jusqu'à la dernière veille de leurs nuits, jusqu'à la dernière goutte de leurs sueurs et de leur sang. Car les enfants nés ou à naître sont les créanciers perpétuels de l'association conjugale. Elle leur doit premièrement la vie, l'éducation jusqu'à la majorité et les moyens d'existence, des aliments à tout âge s'ils deviennent infirmes ou malheureux, et assurément des conseils et des exemples. Elle leur doit ce que des époux séparés plus ou moins légalement ne pourront plus tenir, lors même qu'ils ont fait de leurs enfants un partage impie ; parce que chacun des époux n'a qu'une partie de ce qu'il faut pour payer la dette que le mariage a contractée envers eux, et que-vous n'avez pas moins voulu, Seigneur, la réunion et l'unité des époux pour les élever, que pour leur donner la vie, comme l'atteste votre divine parole : « Que l'homme se garde de séparer ce que Dieu a uni ». (Saint Marc 10, 9.) Les enfants sont des tiers intéressés qui n'ont pas pris part au contrat qui a fixé leur sort ; on ne peut donc rien changer à ce contrat sans blesser la justice à leur égard ; d'autant plus que, ne pouvant pas être rendus à la paix du néant, ils peuvent encore moins que les parties contractantes être remis au premier état en entier. Vous avez voulu, ô mon Dieu, que le sacrifice et le dévouement fussent la condition essentielle du mariage chrétien, pour que la famille, devenant l'école du sacrifice, préparât ainsi, sous l'œil et la direction de l'Eglise, des citoyens prêts à se dévouer au bien de tous, et éminemment propres à former une société robuste et capable de résister aux plus rudes épreuves. C'est, en effet, aux côtés de sa femme trop faible pour se suffire à elle-même, c'est au berceau de son enfant qui a besoin de tout, que l'homme apprend à se priver, à se contraindre, à supporter un travail dur et continuel ; qu'il apprend à se dévouer, à vivre pour autrui, c'est-à-dire, qu'il apprend tous les devoirs et les vertus de la vie civile. Oh ! Je comprends maintenant, Seigneur, que vous ayez réservé à votre Église, destinée à perpétuer sur la terre l'œuvre de la réparation du genre humain, une source de grâces toute spéciale pour exercer son action bienfaisante sur les sociétés ; et qu'à l'aide du sacrement de Mariage elle puisse transfigurer un amour purement naturel en un dévouement et un esprit de sacrifice tout divins, capables des plus nobles et des héroïques vertus.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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26 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-septième jour

Sur l'action du Sacerdoce par le Sacrement de l'Eucharistie

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

L'Eucharistie et le sacerdoce sont corrélatifs : toute religion doit avoir des sacrifices et par conséquent des prêtres pour les offrir. D'où il suit, pour le dire en passant, qu'à proprement parler, le protestantisme ne devrait pas être regardé comme une religion, puisque la plupart de ses sectes n'ont ni sacrifice, ni sacrificateurs. C'est, en effet, le pouvoir d'offrir à Dieu des victimes ; d'être, par l'accomplissement de cette auguste fonction, l'intermédiaire entre Dieu et les hommes, qui constitue le sacerdoce. C'est pour cela que l'obligation la plus étroite et la plus éminente du sacerdoce chrétien est l'oblation du sacrifice eucharistique, qui n'est autre chose que la continuation de celui de Jésus-Christ sur le calvaire. Le Divin Maître, la veille de sa mort, prit entre ses mains du pain, le bénit et le donna à ses disciples, et il dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps ». Puis, prenant le calice, il rendit grâces, le leur donna, et il dit : « Buvez-en tous, car c'est mon sang, le sang du nouveau Testament, qui sera répandu pour la rémission des péchés de tous les hommes ». (Saint Matthieu 26, 26-28). « Faites ceci en mémoire de moi » (Saint Luc 22, 19). Dès lors, le sacrement auguste de l'Eucharistie fut institué, et le sacerdoce fut investi du pouvoir sublime de consacrer le pain et le vin, c'est-à-dire, d'en changer la substance, de telle sorte, qu'après les paroles sacramentelles et par leur vertu, ce pain et ce vin, dont il ne reste plus que les apparences, sont réellement et substantiellement le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tel est l'admirable et puissant élément que le Sauveur a placé entre les mains de ses prêtres pour rendre plus efficace leur action sur l'humanité et pour assurer ainsi le succès de leur importante mission. Le sacerdoce, fidèle aux enseignements de son Divin Fondateur, exerce de deux manières cette influence céleste que lui donne le précieux trésor qui lui a été confié : d'abord, en offrant lui-même l'adorable sacrifice de l'Eucharistie, et en conservant celle-ci dans ses sanctuaires pour y être l'objet de la vénération du peuple chrétien ; ensuite, en faisant participer les fidèles à cet auguste sacrement par la sainte communion, pour entretenir en eux le principe et l'aliment de la vie spirituelle et surnaturelle, qui consiste essentiellement dans l'union de l'âme avec Jésus-Christ.

I. L'action du sacerdoce sur la société chrétienne par l'Eucharistie s'exerce donc, premièrement, par le culte public, dont le saint sacrifice de la messe, et la présence réelle offerte à l'adoration des fidèles, sont l'âme, l'aliment et la vie. Tout, en effet, dans nos temples comme dans notre liturgie, est subordonné au sanctuaire, et tout y converge. Nous parlerons plus tard de l'influence du culte public en général, qui n'est, pour ainsi dire qu'une introduction et une préparation à l'acte principal de ce culte, le sacrifice eucharistique. Chez tous les peuples et dans toutes les religions, les sacrifices offerts publiquement en l'honneur de la Divinité produisent toujours sur les masses de vives et salutaires impressions. Ils leur rappellent l'autorité souveraine et toute-puissante du Créateur et du Maître de l'univers, et leur inspirent un sentiment de crainte et de dépendance religieuses, qui les retient dans le devoir et qui adoucit leurs mœurs. C'est au pied des saints autels que les hommes apprennent qu'il y a au-dessus d'eux une force irrésistible qui-préside aux destinées des individus, des familles et des empires. C'est ce qui explique pourquoi de tout temps, même dans le paganisme, on a offert des sacrifices pour attirer les bénédictions du ciel sur les entreprises et les affaires importantes des états et des fortunes privées. Mais l'action exercée sur les esprits par les sacrifices a toujours été proportionnée à la valeur et à la dignité des victimes immolées : tantôt, les fruits de la terre et les aliments dont les hommes se nourrissent en font tous les frais ; tantôt ce sont des animaux, des tourterelles, des agneaux et des béliers, des chèvres et des boucs, des génisses et des taureaux. Toutefois, l'insuffisance de ces victimes pour apaiser la justice divine, jointe à la cruauté et à l'esprit de vengeance, inspira les sacrifices humains. Il semblait, en effet, plus convenable et plus juste que les crimes des hommes fussent expiés par l'effusion du sang de leurs semblables, que par l'immolation des animaux; la dignité de notre nature réclamait des victimes qui ne lui fussent pas inférieures en noblesse. « Il était impossible, dit saint Paul (Hébreux 10, 4) que le sang des taureaux et des boucs pût expier les péchés ». L'homme même était impuissant à laver ses frères de leurs iniquités, puisque son propre sang n'était pas exempt de souillure. Il fallait bien, pour racheter l'humanité, une victime humaine ; mais pour obtenir grâce devant Dieu, il fallait encore qu'elle fût sainte, innocente, sans tache ; qu'elle n'eût rien de commun avec le péché, et qu'elle l'emportât en noblesse et en dignité sur toutes les créatures, afin de n'avoir pas besoin de solliciter son pardon avant de demander celui du peuple. C'est pour cela que le Fils de Dieu s'est fait homme, et qu'il s'est ensuite offert en victime sur la croix pour le salut du monde. Qui pourrait contester à cet auguste sacrifice l'action prodigieuse et toute-puissante qu'il a exercée et qu'il exerce encore sur les peuples de l'univers entier ? Mais la foi nous enseigne qu'à part la scène sanglante du calvaire, le sacrifice eucharistique offert tous les jours sur nos autels est le même que celui de la croix : il n'est donc pas surprenant que sa féconde influence perpétue les fruits produits par l'arbre de vie sur lequel le Sauveur s'est immolé la première fois. Aussi l'Eucharistie est-elle pour l'Eglise ce que le soleil est à la nature : chaque jour cet astre bienfaisant se lève successivement sur toutes les parties du globe pour y répandre la lumière, la chaleur, le mouvement et la vie ; et chaque jour aussi le Soleil de justice apparaît partout dès l'aurore sur nos autels dans la sainte Eucharistie, afin d'éclairer les intelligences, d'embraser les cœurs du feu sacré de la charité, d'enflammer le zèle et d'établir le règne de Jésus-Christ dans les âmes, dont il est la vie.

II. Aussi, le divin Maître, dans son amour infini pour les hommes, ne s'est pas contenté de confier à ses prêtres l'honneur insigne d'immoler la victime sainte; il a voulu, pour atteindre son but plus sûrement encore, qu'elle fût distribuée par leurs mains à ses fidèles serviteurs. C'est là le second moyen d'action que fournit au sacerdoce le sacrement d'amour. Le sacerdoce, en effet, trouve dans cette manne céleste une double ressource pour agir sur les âmes : elle les nourrit d'abord ; puis elle neutralise, autant qu'il est possible ici-bas, les tristes et funestes suites du péché d'origine. La vie de l'âme consiste dans son union avec Dieu, comme la vie du corps consiste dans son union avec l'âme. L'âme comme le corps a besoin de nourriture pour vivre, et si Dieu a si largement répandu sur la terre les aliments nécessaires pour entretenir la vie dans la partie matérielle de notre être, comment aurait-il négligé de pourvoir à la subsistance de la partie spirituelle qui est la plus noble sans contredit ? Non certes, il ne l'a pas oubliée, puisque c'est lui-même qui veut être la nourriture de notre âme ! Et il ne pouvait même en être autrement. D'après l'ordre naturel établi par le Créateur, toute créature trouve, dans le sein qui lui a donné l'existence, l'aliment dont elle a besoin pour entretenir sa vie : la plante puise dans la terre qui l'a enfantée les sucs nourriciers qui lui sont nécessaires; les animaux et l'homme lui-même rencontrent le lait qui doit les nourrir, dans le sein de la mère qui les a portés ; l'âme ayant reçu l'être immédiatement de Dieu, comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin, doit donc aussi trouver en lui son aliment. Mais, comment Dieu peut-il nourrir de lui-même l'âme de l'homme ? D'abord, le divin Maître nous dit, dans le saint Evangile, que « l'homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». (Saint Matthieu 4, 4). Ainsi, Dieu commence à se communiquer à notre âme par sa parole renfermée dans les divines Écritures, ou annoncée par ses apôtres, qu'il a chargés de l'enseignement chrétien des nations. Il faudrait maintenant lire tout le chapitre sixième de l'Evangile selon Saint Jean pour voir avec quelles délicates précautions le divin Sauveur arrive à révéler à ses disciples que c'est lui-même surtout, c'est-à-dire, son corps, son âme et sa divinité, qui seront désormais la nourriture de nos âmes : il leur déclare d'abord l'insuffisance de la manne du désert, qui n'était que la figure de l'aliment céleste qu'il nous préparait ; puis il proclame hautement qu'il est le pain vivant descendu du ciel, et que celui qui mangera de ce pain vivra éternellement. Et pour qu'aucun doute ne puisse s'élever sur la nature de ce pain venu du ciel, il ajoute que ce pain est sa chair même qu'il doit sacrifier pour donner la vie au monde : « Ma chair, dit-il, est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. En vérité, en vérité, je vous l'affirme : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous ». (Saint Jean 6, 56, 54). Il ne restait plus qu'à préciser comment nous pourrions manger sa chair et son sang adorables, et c'est ce qu'il a fait la veille de sa mort à la sainte Cène, lorsqu'il institua définitivement le sacerdoce et la sainte Eucharistie, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut. C'est ainsi que Dieu lui-même devient la nourriture de nos âmes.

Mais étudions maintenant les effets prodigieux de cet aliment céleste, et comment il a la vertu de nourrir notre âme et de neutraliser jusqu'à un certain point, dans notre humanité déchue, les suites déplorables du péché de nos premiers parents. La vie existe pour notre corps, lorsque étant uni à l'âme, toutes ses fonctions s'opèrent régulièrement selon l'ordre établi par le Créateur : la vie existe donc également pour l'âme, lorsque étant unie à Jésus-Christ, toutes ses facultés agissent selon l'ordre établi par la loi divine. Or, rien ne contribue plus puissamment à faire régner cet ordre dans l'âme, et par conséquent rien n'y répand plus de vie, que la réception de la sainte Eucharistie. Celle-ci agit d'abord sur les sens qui, depuis la chute originelle, sont devenus indociles et l'un des principaux obstacles à l'accomplissement de nos devoirs envers Dieu. Outre que ce sacrement exige, comme préparation à le recevoir, le repentir des fautes passées et la mortification de la chair ; l'humilité et la foi, qui sont la mort des sens ; enfin l'amour, dont le propre est le détachement et le sacrifice de soi-même pour l'objet aimé ; il donne encore à la partie matérielle de notre être par l'attouchement de la chair sacrée et du sang adorable de Jésus-Christ, que l'on reçoit dans la sainte communion, plus de souplesse et de docilité ; il y apaise la révolte, en éloigne la corruption, en fortifie la faiblesse. Dans la sainte Eucharistie, Jésus-Christ nous communique encore sa divinité, son esprit et son âme avec toutes les vertus dont il est la source première, et paralyse ainsi, ou du moins affaiblit les vices héréditaires de la partie spirituelle de notre être. Mais ce n'est pas tout : non-seulement la chair devient moins rebelle, et l'âme reprend sur celle-ci quelque chose de cette autorité absolue dont elle jouissait avant la déchéance de notre nature; mais bientôt l'âme unie à Jésus-Christ par la communion entraîne, dans le torrent de la circulation de la vie divine qui l'anime, tous les éléments de cette vie commune ; elle spiritualise et divinise en quelque sorte les occupations et les travaux les plus matériels ; c'est ainsi que, par son action, un verre d'eau est changé en une couronne de gloire éternelle, et les fonctions les plus viles sont surnaturalisées et ennoblies. Devenue médiatrice à son tour entre le monde matériel et le monde spirituel, comme Jésus-Christ entre la nature humaine et la divinité, cette âme fait chanter, pour ainsi dire, par toutes les créatures, un cantique de gloire et de reconnaissance au Créateur, et démontre d'une manière palpable que l'Eucharistie est l'âme de la vie pratique. Bien plus, la vertu divine, dont le fidèle qui a communié est pénétré et qui rayonne autour de lui, ne s'arrête pas à vivifier pour ainsi dire les créatures passives ; mais elle va même jusqu'à entraîner après elle les créatures libres, par le charme céleste de la beauté morale qui resplendit en lui. C'est un aimant qui attire, c'est une sorte d'autorité pleine de douceur qui subjugue sans tyrannie ; on l'admire, on obéit à sa séduisante influence, sans effort et comme naturellement. De là les conquêtes sans nombre que peut faire à Jésus-Christ celui qui communie saintement, et par conséquent l'action puissante qu'il exerce sur la société. Si nous remontons à la source de cette régénération des âmes, nous trouvons l'Eucharistie, et derrière elle le sacerdoce catholique qui seul en a reçu le dépôt des mains du Sauveur, avec le privilège insigne de la consacrer et de s'en servir comme du moyen le plus puissant, pour rétablir le règne de Dieu sur l'humanité, et pour travailler au salut des individus et des peuples.

 

Élévation sur l'action du Sacerdoce par le Sacrement de l'Eucharistie

 

I. O Seigneur ! Que votre sacerdoce me paraît grand lorsque je le contemple au saint autel, placé entre Dieu et les hommes, comme médiateur entre le ciel et la terre ! lorsque je le vois offrant l'adorable sacrifice de l'Eucharistie en expiation de tous les crimes et de toutes les iniquités qui se multiplient chaque jour dans le monde et qui semblent braver votre justice. Qu'on insulte un homme, qu'on lui cause quelque tort dans les biens de la fortune ou de la réputation, on poursuit le coupable et on exige de lui la réparation de ses méfaits. Si l'on venait à manquer au respect que l'on doit à l'autorité, ou à celui qui la représente, si on en parlait avec mépris, si on en secouait le joug avec dédain, la juste punition ne s'en ferait pas longtemps attendre.Vous seul, ô mon Dieu, pourriez-vous être outragé impunément ? Vos lois saintes seraient-elles violées et foulées aux pieds sans que votre justice fît sentir ses rigueurs ? Le châtiment terrible des anges prévaricateurs, la catastrophe épouvantable du déluge, le feu et le soufre qui tombèrent sur Sodome et Gomorrhe, sont des preuves frappantes du contraire ; puis, les tourments éternels de l'autre vie dont vous menacez, dans votre Evangile, ceux qui refuseront ici-bas d'obéir à vos commandements, démontrent assez que, quoique votre bonté soit infinie, votre justice pourtant doit aussi avoir son cours. D'où vient donc, Seigneur, que de nos jours les châtiments les plus éclatants ne fondent pas sur nous ? Ah ! Certes, ce n'est ni la multitude, ni l'énormité des iniquités qui font défaut : le monde en a-t-il jamais été plus souillé ? Ah ! Seigneur, c'est le sacrifice auguste offert par votre sacerdoce, qui arrête votre bras ! C'est ce prêtre si calomnié, si méprisé, qui en vous sacrifiant chaque jour l'Agneau sans tache, et en vous montrant les plaies sacrées de votre divin Fils, renouvelle sans cesse l'immolation du calvaire, et obtient grâce et miséricorde pour vos ennemis et les siens. Qui pourra jamais comprendre toute la puissance du sacerdoce sur votre cœur, ô mon Dieu, lorsqu'il tient entre ses mains consacrées Jésus-Christ lui-même comme victime, et qu'il vous adjure on son nom, non-seulement de pardonner, mais encore d'accorder des faveurs à ceux qui vous ont outragé ? A la vue de ce sang adorable vous frémissez en quelque sorte, vous reconnaissez votre propre sang, celui de Jésus mort sur la croix pour le salut du monde ; vous êtes désarmé, vous pardonnez et vous ouvrez le trésor de vos grâces pour les répandre avec la libéralité dont un Dieu seul est capable. Mais, le prêtre n'offre pas seul la victime sainte : les pieux fidèles, vos enfants, accourus pour unir leurs supplications à celles du ministre sacré, entourent l'autel de toute part, et font monter jusqu'à vous ce faisceau de prières, auquel le cœur d'un père ne saurait résister. Ah ! Sainte Eglise romaine ! Avec le sacrifice de l'Eucharistie je m'explique votre force; je comprends que tous les efforts de l'enfer viennent se briser à vos pieds ! Vos victoires et vos conquêtes ne m'étonnent plus ! Quand je pense que du couchant à l'aurore vos ministres sacrés ne cessent de lever les mains par milliers vers le Tout-Puissant, et commandent, pour ainsi dire, à sa miséricorde et à sa bonté de pardonner et de bénir, en offrant pour gage les mérites infinis du Sauveur, je ne suis plus surpris de l'influence immense du sacerdoce sur la société. On pourra bien le persécuter, lui enlever tous ses biens, abattre ses autels et renverser ses temples. On pourra faire quelques martyrs, enchaîner quelques prêtres ; mais il en restera toujours assez pour pouvoir trouver un peu de pain et un peu de vin, et offrir le sacrifice eucharistique au milieu des forêts s'il le faut, ou dans les cavernes cachées des déserts ; il n'en faut pas davantage pour assurer à jamais le triomphe du sacerdoce sur l'impiété et la corruption. Mais au milieu de cette lutte acharnée du bien et du mal qui ne doit finir qu'avec les temps, permettez, Seigneur, que j'aille me reposer un instant à l'ombre de vos autels. Si j'entrais dans un temple de la réforme, à la vue de ce mobilier muet, tel qu'on le rencontre dans tous les amphithéâtres des facultés, ne trouvant ni autel, ni aucun signe qui m'indique la divinité qu'on y adore, si ce n'est des voûtes et une architecture qui révèlent que des étrangers sont venus s'emparer de la demeure du maître qui l'habitait, après l'en avoir chassé ; dans cette solitude nue et désolée, mon cœur se sentirait vide et glacé, et ne pourrait se défendre d'une profonde tristesse. Oh! qu'il en est bien autrement dans nos églises ! À peine ai-je foulé le seuil du lieu saint, que l'eau de la purification se présente à moi et semble me dire qu'il faut être pur pour avancer plus loin. En effet, je lève les yeux et déjà j'aperçois au fond du sanctuaire le signe du salut arboré sur le tabernacle, et il me dit à son tour : « Ton Dieu est là, il te voit, il f attend, il t'écoute ». Dès l'abord j'avais senti frémir autour de moi une atmosphère de vie qui réjouissait mon âme, je comprenais que je n'étais pas seul dans le temple, et que celui qui est l'hôte par excellence y résidait. Mais dès que mes regards se sont portés sur la porte du tabernacle, et que je les y ai fixés, mon cœur s'est ému ; il avait en quelque sorte entendu palpiter, derrière ce voile impénétrable aux sens, celui qui a dit : « Je suis la vie ». Une lampe solitaire brûle et veille auprès de lui comme une prière continuelle, image vivante de celles que la sainte Eglise ne cesse de lui adresser. C'est à vos pieds, Seigneur Jésus, qu'il fait bon, et que l'on comprend les sentiments qu'éprouvèrent les apôtres sur le Tabor, lorsqu'ils voulaient y dresser leurs tentes. Toutefois, qu'est-ce encore que ces audiences privées, en comparaison de ces réceptions solennelles, aux jours où, sortant de vos tabernacles, vous apparaissez aux yeux de la multitude sur un trône plus ou moins brillant, mais toujours entouré d'une douce majesté ? Ah ! Quel doux moment que celui où le prêtre, ouvrant le saint tabernacle, cette prison volontaire où vous vous renfermez par amour pour nous, semble rompre vos chaînes pour vous montrer aux fidèles assemblés, et leur dit en votre nom : « Venez à moi, vous tous qui travaillez, et qui portez le poids de la vie, et je vous donnerai force et courage ». (Saint Matthieu 11, 28.) Qu'il est beau devoir alors les foules immenses, accourues de toute part, tomber à genoux, se prosterner, vous adorer dans le plus profond recueillement ! Puis, lorsque tout est terminé, chacun se retire en silence, le cœur embaumé, emportant au foyer domestique et au milieu du monde les douces et salutaires influences reçues des mains du sacerdoce, et la vie est conservée au sein de la société.

II. Oui, Seigneur, vous êtes la vie de nos âmes, et depuis la création de l'homme vous n'avez jamais cessé de le nourrir de vous-même. Dans l'état primitif, c'est-à-dire avant la chute originelle, cette vie sublime de l'âme s'entretenait naturellement et sans effort par la vue de votre majesté infinie, par les communications intimes et directes qui existaient entre vous et l'homme, par la connaissance qu'il avait de vos divines perfections et par l'amour qui embrasait son cœur. L'intermédiaire des sens n'y était pour rien ; leur domaine ne s'appesantissait pas alors sur l'âme et ne l'attirait point vers la matière ; l'âme pouvait aisément s'élever jusqu'à Dieu, parce qu'elle dominait les sens. Mais cet ordre primitif une fois brisé et renversé par la désobéissance de nos premiers parents, les sens prirent le dessus, l'âme fut abîmée dans la chair : la vue de cette beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, que vous aviez daigné lui montrer, ô mon Dieu, avec tous ses célestes attraits, cette vue qui lui était naturelle avant le péché, ne fut plus, après ce malheur, du ressort de sa nature corrompue ; elle devint pour elle d'un ordre surnaturel. Ah ! Seigneur, nous ne comprendrons jamais assez l'étendue de ce terrible châtiment ! Deux choses vinrent mettre obstacle à cette vue, et à cette communication directe ou immédiate de l'âme avec votre divinité, qui était sa vie : d'un côté, elle ne put plus rien voir qu'à travers les sens, et vous ne tombez pas sous les sens, puisque vous êtes un pur esprit; de l'autre, en rendant les sens complices de son péché, elle les révolta et les déchaîna contre elle, de telle sorte qu'au lieu d'en être la souveraine, elle devint l'esclave de leur tyrannie qui ne cessa depuis lors de la détourner des choses du ciel. C'en était donc fait de la vie de l'âme ; et la mort éternelle eût été son infaillible et triste partage, si dans votre miséricorde et votre bonté infinies vous n'eussiez trouvé un moyen de vous communiquer à l'âme humaine, même à travers la barrière grossière des sens. Pendant quatre mille ans, hélas ! Temps de justice et de rigueur, un seul peuple fut éclairé de vos lumières divines, et des hommes inspirés, des patriarches, des législateurs, des rois, des prophètes furent chargés de les lui transmettre. Mais votre amour immense pour l'humanité ne pouvait s'en tenir à ce faible moyen, et se borner à ne faire luire le soleil de la vérité qu'aux yeux d'un si petit nombre de vos enfants. Aussi, après quarante siècles, les larmes, les prières et les vœux embrasés des justes de tous les temps obtinrent que le grand mystère de l'incarnation s'accomplît : le Verbe se fit chair, en prenant un corps et une âme semblables aux nôtres. Vous vîntes donc, ô mon Dieu, en la personne de votre adorable Fils, renouveler votre alliance avec les hommes, et les rappeler à la vie. Toutefois, ô divin Maître, vous ne deviez passer que quelques années sur cette terre, et vous vouliez pourtant apporter à nos âmes un secours digne de votre munificence, qui s'étendît non-seulement à la Judée et aux hommes privilégiés qui auraient pu vous contempler pendant votre vie mortelle; mais un secours qui, traversant toutes les mers et toutes les générations, pût rendre la vie à tous les peuples, et aux hommes de tous les temps jusqu'à la consommation des siècles. Que seriez-vous donc venu faire sur la terre, ô foyer sacré de la vie de nos âmes, si, après y avoir passé quelques jours, vous vous étiez retiré dans le fond de votre éternité, ne laissant d'autres traces de votre passage que quelques souvenirs fugitifs et quelques rayons échappés a votre divinité ? Puisque vous aviez daigné épouser notre humanité pour arriver à nos âmes au moyen des sens, et pour devenir ainsi pour elles le seul foyer possible de leur vie : ce foyer devait donc rester au sein de l'humanité pour la vivifier perpétuellement. C'est pour cela, divin Sauveur, que vous avez voulu donner une extension infinie à votre incarnation, selon le langage des Pères, en établissant la sainte Eucharistie, qui, sous l'apparence d'une nourriture matérielle, nous fît comprendre que vous vouliez être l'aliment et le principe de la vie de nos âmes. Et pour qu'il ne nous restât aucun doute à cet égard, vous nous avez déclaré que, si nous ne mangions la chair du fils de l'homme, et que si nous ne buvions son sang, nous n'aurions pas la vie en nous. (Saint Jean, 6, 54.) Cette manducation, matérielle et spirituelle tout à la fois, de votre personne adorable devenait le moyen de traverser la barrière des sens pour pénétrer jusqu'à notre âme et pour lui donner la vie en s'unissant à elle.

Ah ! Divin Sauveur, c'est parce que la sainte communion est la nourriture essentielle de l'âme, et qu'il y va de sa vie, et de sa vie éternelle, que vous en avez fait aux hommes un précepte aussi formel, comme l'atteste le texte sacré que nous venons de lire ! Faut-il donc s'étonner que la sainte Eglise à son tour soit venue préciser vos ordres, en commandant à tous les fidèles de vous recevoir au moins une fois par an, aux solennités pascales ? Que l'on vienne maintenant nous faire l'éloge de ces banquets tumultueux où, sous prétexte dé fraternité et d'égalité, on réunit quelquefois des hommes dont les passions déchaînées font trembler la société. Depuis dix-huit siècles la sainte Église réunit tous les jours autour du banquet eucharistique, sans distinction de sexe, de rang et de fortune, dans le silence et le recueillement, l'élite de l'humanité, c'est-à-dire, tout ce qu'elle renferme dans son sein de plus pur, de plus charitable et de plus vertueux. Toutefois, ce n'est pas encore assez pour votre amour, ô divin Jésus, de convoquer à votre table tous les chrétiens sans distinction de position sociale ; vous voulez encore que l'on vous porte à ceux qui vous désirent, et qui ne peuvent aller à vous. Vous voulez que vos ministres aillent consoler sur leur lit de souffrances ceux de vos enfants que vous appelez au lieu du repos éternel, pour qu'ils puissent recevoir le pain des forts, ce viatique si nécessaire pour soutenir notre faiblesse au moment du grand voyage, et surtout le gage de la vie bienheureuse, c'est-à-dire de l'union divine qui ne finira jamais. Mission admirable du sacerdoce auquel il est réservé de consacrer le pain des anges, et de le distribuer aux enfants de Dieu; d'unir ainsi le ciel avec la terre, et de verser des torrents de vie au sein de la société !

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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25 juin 2014

Le Mois de Saint Pierre

Le Mois de Saint Pierre

ou dévotion à l'Eglise et au Saint Siège

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Vingt-sixième jour

Sur l'action du sacerdoce par le Sacrement de pénitence

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

 

Le cadre restreint que nous nous sommes prescrit ne nous permet pas de nous étendre sur tous les moyens que le divin Fondateur de l'Eglise a placés entre les mains du sacerdoce pour féconder son action sur la société, qu'il était chargé de gouverner et de régénérer. Sans doute il eût été utile et consolant de montrer la puissance irrésistible de la parole divine dans la bouche du sacerdoce ; d'autant plus que c'est par elle qu'il jette la première semence de la foi dans les cœurs. Mais nous en avons déjà  parlè dans plusieurs méditations et notamment dans la sixième. Au reste, l'efficacité de la parole divine est facile à reconnaître : depuis Saint Pierre qui convertit trois mille personnes la première fois qu'il la fit entendre, jusqu'aux prédicateurs de nos jours qui en recueillent des fruits si prodigieux et si nombreux, toujours la parole de Dieu a éclairé et touché les cœurs, bien moins par les talents oratoires plus ou moins éminents de ceux qui l'annoncent, que par la grâce spéciale qu'elle porte avec elle, et qui pénètre dans le sanctuaire le plus intime de l'âme. Quant à la prière, elle est un moyen si puissant entre les mains du sacerdoce, que l'Eglise lui en a fait une obligation rigoureuse en lui imposant le devoir quotidien de la récitation du saint office, et en lui permettant de monter tous les jours au saint autel. C'est à l'aide de la prière que le sacerdoce obtient du ciel les bénédictions divines qui fécondent les efforts de son zèle, et qui préparent les cœurs à recevoir les douces et salutaires influences de la grâce. Ce qu'il nous importe surtout de bien méditer d'abord, c'est l'action qu'exerce le sacerdoce sur les individus et sur la société pour la régénérer, par le pouvoir prodigieux qu'il a reçu de Jésus-Christ de remettre les péchés, c'est-à-dire par le sacrement de pénitence.

I. Si Dieu lui-même n'avait revêtu l'homme de cette auguste et miséricordieuse fonction de réconciliateur, jamais il ne serait venu à l'esprit de qui que se soit de s'arroger le droit de pardonner les injures faites au souverain Seigneur de toutes choses, et surtout d'y mettre pour condition l'aveu humiliant des fautes les plus secrètes et des désordres les plus honteux et les plus intimes de l'âme. La charité infinie de Dieu pour l'humanité pouvait seule trouver un moyen de traiter avec elle de son pardon ; il n'appartenait qu'à sa toute-puissance d'établir les hommes pour être les intermédiaires de sa miséricorde et pour prononcer en son nom l'absolution des coupables ; enfin, il n'y avait qu'une sagesse divine qui pût trouver les conditions les plus convenables pour sauvegarder l'honneur du Très-Haut qui pardonne, et pour ménager les intérêts spirituels du pécheur qui est absous. Aussi, rien de plus positif dans l'Evangile que ces paroles du Fondateur de l'Eglise : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (Saint Jean 20, 22, 23) ; paroles solennelles par lesquelles le Sauveur donna aux apôtres et à leurs successeurs le droit et le pouvoir de briser les chaînes du pécheur et de lui rendre l'amitié de Dieu. Dans toute société bien ordonnée, il y a des magistrats et des juges préposés par le souverain pour veiller à l'exécution des lois ; il y a des tribunaux auxquels sont cités les délinquants ; des sentences sont prononcées au nom du chef de l'Etat, qui les ratifie. Pourquoi la société des âmes, où règne l'ordre le plus admirable, n'aurait-elle pas à sa disposition des ressources analogues pour faire respecter les lois imprescriptibles de Dieu, et pour se gouverner ? Sans doute le tribunal de miséricorde où siège le sacerdoce par l'ordre de Jésus-Christ est un tribunal uniquement spirituel et pour le for intérieur ; mais il est en rapport avec la nature de la société qu'il est appelé à administrer. Il est vrai que l'on n'y prononce jamais d'autre sentence que celle du pardon ; on n'y est point cité par la force brutale, ni malgré soi ; il n'y a d'autre témoin, ni d'autre accusateur que le coupable lui-même qui se présente librement ; les débats, loin d'être publics, ont lieu à huis-clos et dans le plus profond secret ; mais qu'importe, si la société se trouve bien de ce système judiciaire, et si les pécheurs s'en accommodent volontiers ? Depuis dix-huit siècles rien n'a été changé ni au fond, ni à la forme des jugements rendus par le sacerdoce, et jamais société n'a marché avec plus de régularité que la société chrétienne.

II. Quelle influence peut donc exercer le sacerdoce sur les individus et sur la société dans un tribunal si indulgent ? Il console d'abord et encourage le pécheur qu'il reçoit avec la bonté d'un père plutôt qu'avec la sévérité d'un juge. Il examine avec soin l'étendue et la profondeur des plaies de l'âme malade qu'il veut guérir ; il éclaire ses ténèbres, lui découvre ses illusions ; il fait briller d'un nouvel éclat, à ses yeux, les vérités graves et importantes qu'elle a oubliées ou qu'elle n'a pas méditées assez sérieusement ; il lui indique les remèdes à employer, les précautions à prendre ; il l'exhorte avec tendresse et entraînement ; il lui rend le sentiment de sa dignité, en l'arrachant à la dégradation de ses passions ; et en la réconciliant avec Dieu, il lui donne la paix et le bonheur. Une grâce toute spéciale, essentiellement inhérente au sacrement de pénitence, vient joindre l'efficacité infaillible de sa vertu à l'action du ministre de Jésus-Christ, et lorsque le pénitent sort du tribunal de la miséricorde, il se sent tout autre qu'il n'y était entré : il était couvert de confusion, et maintenant il peut lever ses regards vers le ciel avec confiance et appeler Dieu son père ; il était faible, découragé ; le péché semblait l'enlacer dans une étreinte fatale qui l'entraînait presque malgré lui d'abîme en abîme ; il ne voyait devant lui les sacrifices à faire pour sortir de ce déplorable état, que comme des remèdes impossibles ; à présent tout est changé : il espère, non dans ses propres forces, mais dans l'assistance divine ; le charme qui le tenait enchaîné au péché est rompu, son penchant au mal est comme paralysé, et les sages conseils qui lui ont été suggérés ne lui paraissent plus impraticables ; il se décide à mettre la main à l'oeuvre, à rentrer dans la voie des commandements divins et dans le sentier de la vertu. Il était mort à la vie surnaturelle, et il est ressuscité ; il était une branche desséchée séparée du tronc qui est Jésus-Christ, la grâce du sacrement l'en a rapproché et a rétabli la circulation de la sève vivifiante ; il vit et il va désormais porter des fruits pour la vie éternelle. Après cet aperçu, il est facile de comprendre l'influence immense qu'exerce le sacerdoce sur les passions humaines auxquelles il impose un frein salutaire, et sur les individus qu'il réhabilite après les chutes les plus déplorables, et qu'il fortifie contre de nouvelles faiblesses. L'expérience ne vient-elle pas confirmer tous les jours ces indications de la raison ? Un jeune homme est-il docile, soumis à ses parents, modeste dans ses discours et ses actions, laborieux, chaste et d'une vie régulière : on est sûr qu'il s'approche du tribunal de la pénitence. Au contraire, lorsqu'on voit ces jeunes gens au ton fat, aux manières importantes, sans respect pour leurs parents, sans pudeur dans leurs discours, ennemis du travail, sans règle dans leur conduite et surtout dans leurs mœurs, on peut être certain qu'ils ne se confessent plus. Où trouvons-nous les hommes consciencieux, qui ont de la loyauté, qui ont des mœurs réglées, qui combattent sérieusement leurs mauvais penchants ; les hommes désintéressés et dévoués au service du prochain ? Dans les rangs de ceux qui se soumettent à la direction habituelle du sacerdoce. Ce tribunal sacré peut seul régénérer les âmes, dans toutes les conditions et même dans les plus humbles, de telle sorte qu'il les élève jusqu'à la hauteur des plus grands et des plus nobles caractères, et même jusqu'à l'héroïsme. Qu'on nous montre, si l'on peut, hors de là, un saint Vincent de Paul, ou seulement une Sœur de Charité ! Nous n'en faisons pas toutefois un crime à l'humanité : elle est trop faible, sans ce secours divin, pour lutter avec succès contre sa propre corruption ; et c'est pour cela que Jésus-Christ a fait un précepte de se présenter au tribunal de la société des âmes, et de soumettre l'état de sa conscience à la juridiction du sacerdoce. Sans doute l'homme docile qui obéit à cette loi ne sera ni sans défauts, ni impeccable, la perfection n'étant pas de ce monde ; mais il sera meilleur, ou du moins, moins mauvais que celui qui refuse d'user de ce secours surnaturel, pour se conduire d'après ses propres lumières, et avec les seules forces de sa nature déchue.

III. On pourrait dire que l'influence exercée par le sacerdoce au tribunal de la pénitence est incontestable, mais qu'il n'y a qu'un bien petit nombre d'individus qui en recueillent les heureux résultats, puisqu'il n'y en a que bien peu qui s'y présentent ; et que, par conséquent, cette influence doit être fort bornée et presque imperceptible. D'abord, en supposant le nombre de ceux qui fréquentent le sacrement de pénitence, aussi peu considérable qu'on le prétend, nous répondrons que s'il se fût trouvé sept justes dans Sodome et Gomorrhe, ces villes auraient trouvé grâce devant Dieu et n'auraient pas été détruites. Aurait-on regardé comme nulle l'influence qu'auraient pu produire ces sept justes, en sauvant ainsi ces deux malheureuses cités, et en les empêchant d'être anéanties ? Or, nous ne craignons pas de le dire, le salut de notre société moderne est dû à ceux qui vont puiser la sainteté au saint tribunal de la pénitence ; quelque rares qu'on les suppose, c'est la ferveur de leurs prières, ce sont leurs vertus héroïques qui détournent les châtiments dont la justice divine frapperait infailliblement sans cela le monde, à cause de son impiété et de sa corruption. C'est donc en définitive au sacerdoce que la société moderne est redevable de la miséricorde dont le souverain Maître veut bien user à son égard. Toutefois, nous sommes bien loin d'accorder que le nombre de ceux qui se présentent au saint tribunal soit aussi petit qu'on se l'imagine. En effet, il n'existe peut-être aucune famille qui ne compte au moins un de ses membres parmi les pieux fidèles qui réjouissent l'Eglise par leur assiduité à accomplir les devoirs que la religion impose ; et il n'y a peut-être pas non plus de villes, même dans les pays où l'hérésie domine, qui ne renferme quelques-uns de ces fervents catholiques. Or, qui est-ce qui pourrait contester l'influence qu'exerce dans une famille un bon chrétien ou une bonne chrétienne qui se trouve dans son sein ? l'impiété la reconnaît assez, puisqu'elle s'efforce, partons les moyens en son pouvoir, de bannir du foyer domestique toute pratique religieuse. Que n'a-t-on pas dit encore dernièrement dans certains livres sur l'autorité absolue et tyrannique que doit exercer un époux sur sa femme pour l'empêcher surtout d'approcher du saint tribunal de la pénitence ? Comme si un mari avait quelque autorité sur la conscience de celle qui partage sa destinée ! Où serait donc cette liberté des cultes, cette liberté de conscience dont on fait aujourd'hui tant de bruit ? On craint l'influence du prêtre : cette influence existe donc. Ainsi, elle ne s'exerce pas seulement sur ceux qui se mettent directement en rapport avec le sacerdoce au tribunal sacré, mais encore sur leur famille et même sur leur entourage. Elle est par conséquent bien plus étendue qu'on ne le pense communément ; et c'est un grand bonheur pour la société moderne, qui ne tarderait pas sans cela à tomber en dissolution, comme il arriva pour l'Allemagne au temps de Charles-Quint, lorsque le protestantisme eut aboli la confession. Il faut donc conclure que le saint tribunal de la pénitence est un des plus puissants moyens placés par le divin Fondateur de l'Eglise entre les mains du sacerdoce, pour l'aider à accomplir la céleste mission de régénération qu'il lui a confiée en lui disant : « Vous êtes le sel de la terre » (Saint Matthieu 5, 13).

 

Élévation sur l'action du sacerdoce par le Sacrement de Pénitence

 

I. Que vos miséricordes sont infinies, ô mon Dieu ! Vous connaissiez toute l'étendue de la faiblesse humaine ; vous saviez que, quelque léger que soit votre joug, il y aurait pourtant des âmes assez lâches pour s'y soustraire et pour enfreindre les lois que vous ne leur donniez que pour les conduire à la véritable félicité ; et alors, dans votre ineffable bonté, vous avez daigné préparer à ces âmes coupables une piscine salutaire où elles pussent se laver de leurs souillures, un tribunal de miséricorde où la justice et la paix pussent se donner le baiser de la réconciliation. Dans votre amour immense pour les hommes, vous n'avez pas voulu que leurs fautes fussent irrémissibles et sans remède, que la perte de la vie spirituelle fût irréparable. Vous avez largement répandu sur la terre les simples et les spécifiques nécessaires à la guérison des corps ; les âmes vous auraient-elles été moins chères, pour que vous ne leur préparassiez pas aussi des moyens de les rendre à la santé et à la vie ? Vous avez donné à l'humanité des hommes savants qui étudient avec soin les souffrances de leurs semblables, et qui s'appliquent avec un dévouement incomparable à les soulager et à en triompher. Gomment n'auriez-vous pas aussi établi, pour les âmes flétries et blessées par le péché, des hommes doués d'une science toute divine et assez puissants pour les réhabiliter et pour cicatriser leurs plaies ? Ce sont, en effet, les augustes fonctions que remplit le sacerdoce au tribunal sacré de la pénitence, dans lequel vous daignez nous appliquer par son sublime ministère les fruits précieux de la rédemption. C'est là où chaque jour coule ce sang adorable que vous avez répandu sur la croix, et qui ôte les péchés du monde. Quel prodigieux pouvoir que celui que vous avez confié à votre sacerdoce ! Il tient entre ses mains les clefs du ciel ! Il pardonne au nom du Très-Haut ! Il purifie les âmes, il leur rend l'éclat de l'innocence, il les ressuscite !... Et toutes ces merveilles, par quelles mains les opérez-vous ? Assurément par celles de vos ministres sacrés qui ont reçu l'onction sainte et qui sont revêtus d'un caractère divin ; mais encore ? ces ministres, quelque sublimes que soient leur dignité et leurs fonctions, sont des hommes fragiles et sujets aux mêmes misères que le reste de l'humanité ; et c'est en cela. Seigneur, qu'apparaissent davantage votre sagesse et votre infinie bonté. Oui, ce sont des hommes faibles comme nous, pour qu'ils puissent croire à notre faiblesse et compatir aux maladies de notre âme ; des anges, à leur place, n'auraient jamais pu comprendre nos chutes, ni notre ingratitude. Mais, ô mon Sauveur, ces hommes pourront-ils jamais être dignes de l'autorité divine que vous leur confiez ? et ne pourra-t-il pas arriver, hélas ! Que des pécheurs, parmi eux, soient assis à votre place pour absoudre d'autres pécheurs en votre nom ? Votre amour pour les âmes n'a point été arrêté par de semblables considérations. Non, après avoir immolé pour elles votre majesté et votre gloire avec tant de générosité dans votre passion, il vous coûtait peu de perpétuer ce sacrifice, dès qu'il pouvait contribuer à leur salut éternel.

II. Tant de dévouement pour nous, ô divin Maître, restera-t-il sans résultat ? Le dogme de la rémission des péchés demeurera-t-il dans l'Evangile une lettre morte ou stérile ? Se pourrait-il qu'une institution fondée par votre toute-puissance n'atteignît pas le but que vous vous étiez proposé ? C'est, hélas ! Ce que soutiennent ceux qui, redoutant les humiliations de la confession, et plus encore les sacrifices qu'impose la fréquentation du sacrement de pénitence, s'éloignent du saint tribunal. Pour nous, Seigneur, nous n'avons qu'à consulter notre propre expérience pour être convaincus de l'efficacité de ce moyen de salut entre les mains du sacerdoce. Lorsque nous repassons dans l'amertume de notre cœur les années de notre vie qui ont déjà  fui derrière nous, nous reconnaissons que celles où nous avons le moins d'égarements à déplorer, celles où nous avons joui davantage du bonheur et de la paix d'une bonne conscience, sont celles où nous étions le plus exacts à approcher de la confession. Que de courage, que de force, que de consolations n'y avons-nous pas puisés ? Il est, dans la vie, des moments critiques où les charmes de la vertu disparaissent, où les horreurs du vice se changent en attraits séduisants : tout, au dehors et au dedans semble conspirer à pervertir notre cœur : les sens sont amollis, l'âme est sans force et résiste à peine ; l'esprit d'accord avec le cœur ne condamne pas, il se tait ; que dis-je ? il semble approuver. Dans ces circonstances si délicates et si terribles pour les âmes qui vivent encore aux lumières de la foi, c'est aux pieds du prêtre qu'elles retrouvent l'énergie prête à les abandonner ; et elles n'en sont jamais sorties sans se sentir plus calmes, plus ardentes au combat et plus sûres de la victoire. Aussi, si nous avons des chutes à pleurer, rarement les retrouvons-nous dans les jours qui ont immédiatement suivi celui où nous sommes allés chercher des armes pour le combat au tribunal sacré ; car, ô mon Dieu, vous n'y donnez pas seulement la réconciliation et la paix, mais vous en faites encore un arsenal mystérieux, où vous tenez en réserve les secours spirituels les plus puissants contre les ennemis de notre salut. Dans nos doutes sur la foi, dans les anxiétés et les perplexités de notre conscience, dans nos scrupules, une parole, une bénédiction de notre père spirituel suffisent pour les faire évanouir à l'instant. Mais, Seigneur, que n'est-il donné aux pécheurs invétérés qui ont goûté enfin les douceurs de cette institution miséricordieuse, de protester hautement eux-mêmes contre ceux qui prétendent que, dans le tribunal de la pénitence, le sacerdoce n'exerce qu'une influence stérile et sans résultats importants ? Que de remords déchirants ont été calmés ; que de désespoirs, que de fardeaux intolérables pour l'âme coupable ont disparu pour faire place à la paix la plus profonde et aux plus ineffables consolations, dès que le prêtre a eu prononcé ces paroles sacramentelles : « Je vous absous! »... « ô mon âme, bénissez le Seigneur, s'écrient ces pécheurs réconciliés, à l'exemple du saint roi David, que toutes vos facultés louent son saint nom ; n'oubliez jamais tous ses bienfaits : il à pardonné toutes vos iniquités, il vous a guérie de tous vos maux ; il vous a arrachée à la mort, et vous à rendu la vie : oh ! Combien le Seigneur est rempli de tendresse et de miséricorde ; que sa longanimité est grande ! oh ! Oui, il est bien miséricordieux ! Sa colère et ses redoutables menaces ne sont pas éternelles. Il ne nous a pas traités comme le méritaient nos péchés... Sa miséricorde pour ceux qui le craignent ne peut se comparer qu'à l'espace qui sépare le ciel de la terre ; et la distance qui existe entre l'orient et l'occident peut seule donner une idée de celle qu'il a mise entre nous et nos iniquités. Il a pitié de ceux qui veulent le servir, comme un père a pitié de ses enfants ; car, il connaît le limon dont nous sommes formés ; il se rappelle que nous ne sommes qu'un peu de poussière. La vie de l'homme n'est, à ses yeux, que comme un brin d'herbe, et s'effeuille comme la fleur des champs... » (Psaume 102). Tels sont aussi, ô mon Dieu, nos sentiments et les douces émotions que nous éprouvons, lorsque nous venons de nous réconcilier avec vous. Enfin, tous les jours ne voyons-nous pas ceux qui veulent se convertir et devenir meilleurs, commencer l'Å“uvre de leur retour au bien en se rapprochant du tribunal sacré de la pénitence ; tandis que ceux qui veulent donner un libre cours à leurs penchants déréglés s'en éloignent ?

III. Que les familles seraient heureuses ! Quelle harmonie admirable régnerait entre tous les membres qui les composent, si tous se soumettaient régulièrement à ce jugement de miséricorde, que vous avez établi. Seigneur, dans l'effusion de votre bonté infinie pour les hommes, non-seulement afin de leur fournir un moyen facile d'éviter les jugements redoutables de votre justice, mais encore afin d'éteindre dans leur foyer le plus intime toutes les causes de discorde et de désunion ! Un conseiller, un ami ordinaire n'y saurait parvenir ; il serait notre égal, et n'aurait aucune autorité pour faire taire nos passions. Au tribunal de la pénitence, c'est bien aussi un conseiller sûr et charitable, l'ami le plus dévoué, c'est même un père, mais ce n'est plus seulement un homme comme nous, ce n'est plus notre égal. Il est revêtu d'un caractère sacré, il nous parle en votre nom, ô mon Sauveur ! Il a le droit d'imposer silence à nos révoltes ; bien plus, il a reçu de vous le pouvoir de nous conférer une grâce divine qui fortifie et féconde nos bons désirs et nous donne le courage de les mettre en pratique. En faisant le bonheur des familles, au moyen du tribunal de la miséricorde, le sacerdoce fait aussi celui des peuples ; car tous les vices y trouvent leur tombeau, et toutes les vertus y puisent le suc céleste de la grâce qui les soutient et les développe. L'injustice y rencontre un juge impartial qui lui fait rendre impitoyablement le bien mal acquis ; le vindicatif ne peut obtenir le pardon de ses offenses envers Dieu, qu'autant qu'il a pardonné lui-même du fond du cœur à ses frères ; l'homme emporté apprend à mettre un frein à sa colère ; l'orgueilleux est forcé de s'humilier par l'aveu de ses fautes ; l'avare se détache peu à peu des biens de la terre, en rachetant ses péchés par les aumônes qui lui sont prescrites ; celui qui est intempérant s'exerce à la mortification ; le libertin, surtout, trouve dans cette institution salutaire les moyens les plus puissants pour dompter sa chair, et cette grâce que Dieu seul peut donner, et qui seule est capable de donner la victoire ; l'ambitieux, enfin, reçoit cette utile leçon : à savoir, que les premiers sur la terre seront les derniers dans le royaume des cieux, et que les derniers seront les premiers. (Saint Matthieu 20, 16). Qui oserait soutenir que le ministère de celui qui modère ainsi et enchaîne même toutes ces passions, tous ces excès, est inutile à la société ? D'où viennent ces révolutions qui bouleversent de nos jours tout l'ordre social, et qui font couler tant de sang ? Ne serait-ce pas de ce que tous les mauvais penchants de l'homme ont arboré l'étendard de l'indépendance, en secouant dès le jeune âge le joug de ce tribunal bienfaisant, où l'on apprend à les combattre et à en triompher ? Est-il plus honorable pour la liberté humaine de n'être arrêtée dans ses débordements nuisibles à la société, que par des agents de police et des gendarmes, par la cour d'assises, les galères ou la prison ; plutôt que par l'aveu volontaire de ses faiblesses, par les conseils charitables des ministres de Jésus-Christ et par les secours divins que le Ciel envoie ? Ah ! Seigneur ! Quelle admirable école pourtant, que celle du tribunal de vos miséricordes ! C'est là que, dès la plus tendre jeunesse, l'homme apprend à se vaincre lui-même ; c'est là le noviciat le plus parfait de cet esprit de dépendance, de soumission et de respect pour l'autorité, qui forme les bons citoyens, et qui est la plus sûre garantie de l'ordre publie. L'homme est trop grand, la liberté lui est trop chère, pour qu'il puisse faire plier sa volonté rebelle devant des lois et sous une puissance purement humaines, en d'autres termes, pour qu'il puisse obéir à ses semblables ; quels que soient d'ailleurs les titres imposants dont ceux-ci se prévalent, il n'y verra jamais que des égaux. Dieu seul a le droit de mettre un frein à la volonté et à la liberté qu'il a créées ; il n'appartient qu'à lui de les diriger par ses commandements vers la fin pour laquelle il nous les a données. Aussi, dans le tribunal sacré, n'est-ce plus un homme qui parle et qui ordonne, mais Jésus-Christ lui-même, qui a dit : « Celui qui vous écoute m'écoute, celui qui vous méprise me méprise » (Saint Luc 10, 16) ; et lorsqu'on se soumet, c'est à Dieu seul qu'on obéit. C'est ainsi que le sacerdoce a formé et forme encore ces chrétiens héroïques de toutes les classes, de toutes les conditions, de tous les âges, de tous les sexes, parmi lesquels on trouve, à peu près uniquement, les cœurs chastes, désintéressés, et surtout ceux qui se dévouent au service de toutes les misères humaines, et qui paient de leur personne et de leurs biens pour se rendre utiles à la société. Renoncent-ils pour cela à leur liberté ? Oh ! Non, Seigneur, ils apprécient trop ce don incomparable de votre libéralité ; ils apprennent seulement à n'en pas abuser, et à régler, selon les lumières divines que vous daignez leur communiquer par le ministère sacerdotal, l'usage qu'ils doivent en faire. Quelle ingratitude, ô mon Dieu, et quel aveuglement de la part des hommes, de repousser et d'abandonner la pratique d'une institution si sage et si propre à faire le bonheur des individus et de la société dans ce monde, et à assurer leur félicité éternelle dans l'autre ! Permettez qu'en expiation de tous les blasphèmes que l'impiété vomit sans cesse contre ce tribunal sacré où vous vous montrez si miséricordieux pour les hommes, je vous bénisse et vous rende grâce à jamais ; puisque c'est là seulement où je puis trouver la paix de la conscience, la vie de mon âme, le gage le plus certain de ma réconciliation avec vous et des récompenses que vous réservez à ma fidélité.

 

Je crois en Dieu...

Saint Pierre et tous les saints Souverains Pontifes, priez pour nous !

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