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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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22 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Quatrième semaine

Grandir dans la foi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 39-45)

 

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

Méditation pour la quatrième semaine

« grandir dans la foi »

 

« La foi et l’amour, nous dit cette semaine saint Jean de la Croix, sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit ». Quelles images étonnantes ! Serions-nous en train de marcher à l’aveuglette, au cours de cette retraite d’Avent ? Pourtant, nous savons bien ce que nous faisons : nous nous dirigeons vers Bethléem, nous allons à la rencontre du Sauveur ! Alors, allons-nous vers l’inconnu ? Pas vraiment, car si nous n’avions aucune idée au sujet de Celui qui nous appelle, nous n’aurions même pas entamé ce chemin. Mais nous ne devons pas oublier pour autant que le Seigneur dépasse toujours ce que nous pouvons imaginer ou découvrir de lui. Le Seigneur se manifeste à nous, il se donne à connaître à nous… mais il est toujours au-delà de ce que nous pouvons saisir de lui. C’est pourquoi nous cheminons par la foi, dont Jean de la Croix nous dit dans un autre de ses ouvrages qu’elle est « le seul moyen adapté et approprié pour que l’âme s’unisse à Dieu », car elle nous met en contact avec le mystère de Dieu, avec le mystère qu’est Dieu.

Ce dynamisme de la foi, nous le reconnaissons dans l’épisode de la Visitation que la liturgie nous donne à méditer en ce quatrième et dernier dimanche de l’Avent. Comme ses contemporains, Élisabeth, la cousine de la Vierge Marie, attendait la venue du Messie d’Israël. Comme nous, elle avait une relation avec le Seigneur Dieu dans la prière et elle connaissait les Écritures : elle pouvait ainsi un peu se représenter comment le Seigneur s’y prendrait pour sauver son peuple. Pourtant, lorsqu’elle reçut la visite de la Vierge Marie, elle fit l’expérience d’une immense surprise. En effet, l’Évangile nous dit qu’elle fut alors remplie de l’Esprit Saint et qu’elle s’écria : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Jamais elle n’aurait pu imaginer que le Sauveur viendrait à elle de cette façon. Et d’ailleurs, que s’est-il produit lors de cette rencontre ? Elle n’a rien vu d’autre que sa jeune cousine enceinte qui venait lui rendre visite. Mais elle a laissé son cœur s’ouvrir et recevoir la grâce de l’Esprit de Dieu. Elle s’est laissée bouleversée jusqu’au plus profond d’elle-même : « L’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi ».

Depuis le début de cette retraite, d’une façon ou d’une autre, c’est l’amour pour Dieu qui nous a fait entreprendre notre chemin d’Avent. C’est cet amour qui nous pousse vers Bethléem, où nous allons bientôt découvrir le Sauveur. Nous aussi, comme Élisabeth, c’est par la foi que nous allons le rencontrer. Car le Sauveur ne ressemblera peut-être pas – sûrement pas ! – à ce que nous aurions imaginé... Qu’attendons-nous de lui ? Voulons-nous qu’il soit un magicien qui va, d’un coup de baguette magique, faire disparaître tous nos soucis ? Rêvons-nous pour Noël d’un personnage de conte de fées qui va combler toutes nos frustrations ? En fait, Dieu ne vient pas nous arracher à notre condition humaine. Tout au contraire, pour nous sauver, il vient partager notre humanité. C’est certain, le Sauveur ne ressemblera à aucun des super-héros que nous pourrions imaginer : Dieu vient à nous en se faisant enfant… Comme un enfant, il est déroutant, bouleversant : alors, laissons Dieu nous surprendre en cette nuit de Noël ! Le cadeau qu’il nous fait, ce n’est rien de moins que lui-même. Alors, pour Noël, n’attendons rien de moins !

 

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Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 11)

 

Voilà, ô âme, ce que tu dois faire pour trouver l’Époux dans la retraite de ton cœur. Mais si tu veux écouter encore, voici une parole pleine d’une substance et d’une vérité inaccessibles : Cherche-le dans la foi et l’amour, sans te satisfaire d’aucune autre chose, sans goûter ni comprendre au-delà de ce que tu dois savoir. La foi et l’amour sont les conducteurs d’aveugle qui te guideront par un chemin que tu ne connais pas, là où Dieu est caché. La foi, qui est le secret dont nous avons parlé, ce sont les pieds avec lesquels l’âme va vers Dieu, et l’amour est le guide qui la conduit. Et l’âme, en contemplant et en approfondissant ces mystères et ces secrets de la foi, méritera que l’amour lui découvre ce que renferme la foi, à savoir l’Époux qu’elle désire, dès cette vie par une grâce spéciale – l’union divine avec Dieu, comme nous avons dit – et, dans l’autre vie, par une gloire essentielle, en jouissant de lui face à face, sans qu’il soit caché en aucune manière. Mais, jusque-là, bien que l’âme arrive à cette union qui est l’état le plus élevé auquel on parvienne en cette vie, l’Époux est malgré tout, pour l’âme, caché dans le sein du Père, comme nous l’avons dit. Et comme c’est là que l’âme désire en jouir dans l’autre vie, elle répète toujours : « Où t’es-tu caché ? »

 

Maria di Nazaret

La compagne de route de la semaine : la Vierge Marie

 

Qui, mieux que la Vierge Marie, peut nous accompagner en ces dernières heures du temps de l’Avent ? Elle a « cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Bientôt, elle va découvrir le visage du Fils de Dieu, de son enfant, qu’elle porte depuis neuf mois et qu’elle a tant désiré voir... Marchons vers Bethléem en sa compagnie ! Qu’elle nous enseigne à rester attentifs à la venue du Seigneur ! Demandons-lui de soutenir notre persévérance dans la prière : que nous continuions à réserver, dans nos journées, des espaces de silence afin de nous tourner vers la présence intérieure du Seigneur qui vient à nous ! À son école, apprenons aussi à ouvrir notre cœur aux nécessités des autres, et à leur porter la Bonne Nouvelle du salut !

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 23 décembre

 

Songe à cet infini savoir et à ce secret caché. Quelle paix, quel amour, quel silence est dans ce Cœur divin ! quelle science élevée celle que Dieu enseigne là ! (Maxime 190).

Seigneur, prépare mon cœur à cette merveille inouïe : la puissance de Dieu dans un petit enfant !

 

Lundi 24 décembre

 

Oh ! Seigneur mon Dieu ! C’est toi qui te montres le premier et qui viens à la rencontre de ceux qui te désirent (Maxime 7).

Je t’ai cherché, Seigneur, et voici que tu me cherchais toi aussi ?

 

Gesù e la Passione

Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

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18 décembre 2012

Film sur le Bienheureux Jean Duns Scot

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Film sur le Bienheureux Jean Duns Scot

Biographie et prière du Bienheureux Jean Duns Scot: Voir http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2010/09/03/18974524.html

17 décembre 2012

Litanies de Notre Dame du Folgoët

Litanies de Notre Dame du Folgoët

 

L'histoire merveilleuse de Notre Dame du Folgoët

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Salaün, le Fou du bois

 

Vers le milieu du XIVè siècle vivait dans une clairière de la forêt lesnevienne, un homme nommé Salaün. Les habitants le nommaient familièrement "Le Fou du Bois" (Fol ar Coat). Considéré comme un « innocent », Salaün mendiait son pain de ferme en ferme. Il demandait l'aumône, en répétant inlassablement : « Ave Maria ! Salaün mangerait bien un morceau de pain ! » (Salaün a zebfre bara !) Il aimait à se balancer sur la branche d'un arbre, au-dessus de la fontaine, et il chantait à pleine voix : « Ô Maria ». En même temps, il se plongeait dans l'eau jusqu'aux épaules. Sa mort survenue vers 1358 (à 48 ans) laissa les gens indifférents. Il fut enterré au village de Lannuchen qui occupe l'ancien emplacement du cimetière et de l'église d'Elestrec (ancienne paroisse du Folgoët), près du manoir de Kergoff. Aujourd'hui encore on peut voir le calvaire encadré des quatre pierres ovoïdes qui proviennent de son tombeau. Mais peu de temps après sa mort, on découvrit sur sa tombe, près du chêne où il se balançait et de la fontaine où il trempait son pain, un lys sur lequel on lisait ces mots écrits en lettres d'or : « Avé Maria ». En ouvrant la tombe, on constata que ce lys avait pris racine dans la bouche du défunt. Le miracle attira rapidement les foules et on voulut bâtir une chapelle sur la tombe de "l'innocent".

Averti des merveilles qui se déroulaient au Folgoët, Jean IV de Monfort, pour se faire pardonner les exactions commises par ses alliés  dans tout le Léon durant la guerre : pillages d'églises, de monastères, et pour accomplir son vœu d'édifier un sanctuaire à Notre-Dame, favorisa la construction de l'église actuelle. Dès 1365, il vint au Folgoët et posa la première pierre de l'édifice. Mais les guerres qui survinrent à cette époque firent suspendre les travaux. Jean IV mourut en 1399 en recommandant à son fils Jean V de continuer son oeuvre. Il vint au Folgoët en 1404 et les travaux recommencèrent. En 1419, Monseigneur de La Rue, évêque de Léon, bénit le sanctuaire qui fut érigé en Collégiale par Jean V en 1423.

 

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La Basilique

 

Au début du XVè siècle, le sanctuaire du Folgoët est le témoin  à la fois de la piété populaire, et des périodes de calme et de troubles que la Bretagne a traversées. Avec tant d’autres édifices religieux, il dit l'architecture religieuse qui fleurit un peu partout dans la région avec la paix retrouvée.

La façade, qui manifeste une grande sobriété, frappe en même temps par la disparité des deux clochers : celui du nord, ouvragé et fignolé comme une châsse, lance vers le ciel sa flèche dorée avec ses clochetons et ses galeries ajourées ; celui du sud paraît avoir été chapeauté par des gens à bout de ressources. Autant la façade nord montre de dépouillement, autant le côté sud de l’édifice brille par la richesse de son ornementation. Que ce soit la galerie en festons trilobés qui court au bord du toit, que ce soient les clochetons débordant de ce toit, ou les gargouilles avec lesquelles l’imagination de l’artiste s’est donné libre cours, ou la profusion des feuillages.

 

A l'intérieur, le regard est tout de suite attiré par cette merveille de ciselure qu’est le jubé, les dentelles de pierre de Kersanton qu’on retrouve dans les arcatures et les guirlandes des autels de l’abside, et la statue de la Vierge vénérée au Folgoët. Et depuis 2002, un nouveau mobilier d’un tout autre style, en laiton et châtaignier, est venu s’intégrer à cet ensemble. Il traduit la foi des chrétiens d’aujourd’hui, et il dira aux générations futures comment nous concevions la façon de pratiquer la religion en ce début du troisième millénaire.

 

Texte extrait du site : http://notre-dame-folgoet.cef.fr

 

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Litanies de Notre Dame du Folgoët

 

Seigneur ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, Dieu unique en trois personnes égales ayez pitié de nous.

 

Notre Dame du Folgoët, Mère de Jésus-Christ, Sauveur du monde, priez pour nous.

Notre Dame du Folgoët, Vierge sans tâche,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Puissante,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Clémente,

Notre Dame du Folgoët, Vierge Fidèle,

Notre Dame du Folgoët, Arche de l'Alliance du Seigneur,

Notre Dame du Folgoët, Dispensatrice des grâces célestes,

Notre Dame du Folgoët, Reine du Ciel et de la terre,

Notre Dame du Folgoët, Joie du Paradis,

Notre Dame du Folgoët, notre Mère et notre Espérance,

Notre Dame du Folgoët, notre Refuge et notre Défense,

Notre Dame du Folgoët, Force des Prêtres,

Notre Dame du Folgoët, Guérison des malades,

Notre Dame du Folgoët, Santé des infirmes,

Notre Dame du Folgoët, Refuge des pécheurs,

Notre Dame du Folgoët, Consolatrice des affligés,

Notre Dame du Folgoët, Assistante des Chrétiens,

Notre Dame du Folgoët, Espérance des désespérés,

Notre Dame du Folgoët, Protectrice de la Bretagne,

Notre Dame du Folgoët, qui sauverez Rome et notre Saint Père le Pape,

Notre Dame du Folgoët, qui sauverez la France,

 

Afin que Vous gardiez l'innocence de nos plus jeunes enfants, nous Vous prions, ô Notre Dame du Folgoët.

Afin que Vous redoubliez Vos prières pour les jeunes gens exposés aux séductions du monde,

Pour notre pays,

Pour nos parents, pour nos familles,

Pour nos amis, pour nos ennemis,

Pour les infidèles et pour les pécheurs,

Pour nos parents et amis absents,

Pour nos chers défunts,

 

Agneau de Dieu, faites miséricorde à tous les fidèles en terre, ayez pitié de nous,

Agneau de Dieu, faites miséricorde aux âmes des fidèles trépassés qui reposent en vous, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, accordez la paix aux vivants et aux morts qui règnent en Tous, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Notre Dame du Folgoët, ô Marie conçue sans péchés,

Priez pour nous qui avons recours à Vous.

 

Oraison

 

Souvenez-Vous, ô Sainte Mère de Dieu, qui avez daigné faire éclater aux yeux de tous la sainteté de Votre Serviteur Salaün, qu'on a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à Vous dans Votre Sanctuaire du Folgoët, ait été abandonné. Animés de la même confiance et prosternés à Vos pieds, nous implorons Votre protection. Souvenez-Vous, ô puissante Reine de la Bretagne, que notre pays a toujours été fidèle à Votre culte. Gardez au cœur des Bretons la Foi des anciens jours, et que jusqu'au dernier moment de notre vie, nous marchions sous votre bannière : Catholiques et Bretons ! Ainsi soit-il.

 

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Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

17 décembre 2012

Saint Job

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Saint Job

Fête le 10 mai

 

Job était un homme juste, droit et craignant Dieu, et, quoique vivant parmi les païens, il devint l'un des plus grands Saints de l'Ancien Testament. Il avait une nombreuse famille, possédait de grands biens et d'immenses troupeaux : c'était le plus riche de tout l'Orient. Et soudain, il perd tous ses enfants et tous ses biens ; il est atteint de la lèpre, son corps est tout couvert d'ulcères. Il passe ses jours et ses nuits à souffrir et à gémir. Mais, malgré les reproches de sa femme et les excitations de ses amis, il ne voulut jamais murmurer contre Dieu. Il conservait sa Foi en la Providence et savait que Dieu le délivrerait de ses maux et ferait briller son innocence... Ce qui arriva en effet. Après quelques temps, Dieu le guérit, lui rend tous ses biens et même d'avantage : le Démon qui l'avait tenté est confondu. Quel enseignement pour tant de chrétiens, qui de nos jours murmurent si facilement contre la providence !

 

Prière

 

O Dieu, qui après avoir éprouvé Votre Serviteur Job par tant d'afflictions, avez fait briller son innocence en lui rendant tous ses biens : accordez-nous, par son intercession, de supporter avec patience les épreuves de cette vie et à cause de cette patience, d'obtenir la guérison de nos infirmités et d'arriver par les bonnes œuvres à la récompense éternelle du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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16 décembre 2012

Saint Tugen et son Sanctuaire de Primelin

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Saint Tugen de Primelin

Abbé de Daoulas et Recteur de Brasparts

+ au 5e siècle

Fête le 26 janvier

 

Première partie

La vie de Saint Tugen

 

Nous ne savons que très peu de choses sur la vie de Saint Tugen, nommé aussi Tujan. Bien qu'il soit pourtant un Saint très populaire. Saint Tugen fait partie de la pléiade des Saints Bretons, locaux, qui n'ont d'autres biographies que celles des traditions et des légendes.

Les traditions disent qu'il serait né pour les uns en Angleterre, pour les autres en Basse Bretagne et qu'il était le fils d'Arastagn, seigneur de Cornouaille, qui vivait au château de Kerraouré entre Hanvec et Irvillac, devenu orphelin quand il était jeune, il se fit moine, il était le tuteur attentif de sa sœur, Sainte Brigitte qui vivait avec lui dans le monastère, il l'avait vouée à la virginité, mais la vertu de la femme est une fleur bien délicate... Le souffle même de l'homme peut en ternir l'éclat. Notre Saint, réfléchissant à ces choses, reconnut que son vœu était bien téméraire. Mais la promesse qu'il avait faite à Dieu, il voulait la tenir jusqu'au bout. Pour cela, il prit toutes les dispositions qu'il était humainement possibles. Voilà ce que fit notre saint.

Jour et nuit, il gardait près de lui sa sœur. Il ne laissait aucun homme que ce fût s'approcher d'elle, et encore moins lui parler. Lorsqu'il était obligé de quitter le monastère, il se faisait accompagner par elle. S'il rencontrait un homme, il la prenait sur ses épaules. Lorsqu'il était fatigué, il s'asseyait et ne laissait la jeune fille s'écarter qu'après s'être assuré qu'il n'y avait aucun homme dans les alentours. Pour ce faire, il frappait de son bâton dans les broussailles et jetait des pierres par dessus les fossés. Si un oiseau s'envolait d'un champ, il permettait à sa sœur d'y aller, persuadé que là où se tenait un oiseau, ne pouvait se trouver un homme.

Cependant la sœur du Saint était belle. Un jeune homme des environs la vit passer avec son frère et tomba amoureux et décida de la rencontrer. Ne pouvant lui parler tant le Saint était sur ses gardes, le jeune homme usa de ruse. Connaissant la manière de procéder du Saint, il captura deux grives, les mit en cage, et alla se cacher sur le passage de Saint Tugen et de sa sœur, à l'endroit où ils avaient l'habitude de s'asseoir. Arrivés en ce lieu, le Saint s'arrête et lance des pierres autour de lui. A la première qui tomba dans son champ, le jeune homme libère les grives qui s'envolent et le Saint permit à sa sœur de s'éloigner. Aussitôt le jeune homme s'avança vers Brigitte et se mit à lui parler. Aux premières paroles qu'il prononça, notre Saint, surpris d'entendre une voix étrangère, s'élança sur le fossé et, voyant que toutes ses préoccupations avaient été inutiles, s'écria dans un transport de sainte colère : « Mieux vaut commander une bande de chiens enragés que garder une seule femme ! » Il entendit alors la voix de Dieu, qui lui répondit : « Ta sœur est plus sage que toi, laisse-la ici et, puisque tu le dis si facile, pars en Bretagne Armorique protéger les Bretons des crocs redoutables des chiens enragés ! »

Tugen, contrit, laissa sœur, traversa la mer, puis la pointe de Bretagne, et vint se fixer sur un territoire déjà évangélisé par Saint Primel et vivant en ermite pieux, sage et savant et faisant pénitence. Saint Pol de Léon vieillissant lui demande de remplacer son neveu, Saint Jaoua, qui voulait en faire son successeur comme Abbé de Daoulas et recteur de Brasparts. C'est à ce titre que le Pape lui octroya une clé contenant un peu de la limaille des fers de Saint Pierre et Saint Paul. Plus tard, Saint Tugen deviendra le Saint Patron de la Paroisse de Brasparts. Voilà tout ce que nous savons actuellement, sur la vie de Saint Tugen.

Après sa mort en odeur de sainteté, les paroissiens de Primelin demandèrent des reliques et ils reçurent un poinçon de fer, sans doute le tau abbatial, qu'ils placèrent dans un étui en forme de clé, et ils bâtirent sur l'emplacement de l'ermitage une chapelle, puis une vaste église. Depuis des temps immémoriaux, ils fabriquent aussi des petites clés en plomb bénies le jour du pardon, le dimanche suivant la Fête de Saint Jean Baptiste, qui sont le signes d'une grande dévotion pour Saint Tugen, et sont considérées comme de précieuses reliques, clés que l'on peut toujours se procurer en la chapelle de Primelin.

Saint Tugen est traditionnellement représenté en abbé mitré, avec la crosse abbatiale dans la main droite, et dans la main gauche repliée, repose un livre ouvert et à ses pieds un chien la gueule béante, avec un pèlerin agenouillant tenant un chapelet dans les mains. A Primelin, sur sa statue statue, se trouve une longue clef pendant du côté droit. Saint Tugen est tout naturellement invoqué pour se prémunie ou guérir de la rage, à l'instar de Saint Hubert, mais aussi contre les rages des dents.

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Deuxième partie

Les clés et le culte de Saint Tugen

 

Saint Tugen, comme Saint Hubert, a pour attribut de son pouvoir, la clé. Sur la foi des guides, beaucoup de pèlerins prennent pour la clé du saint la grosse clé de la porte de son église. Ils en font souvent des croquis. La véritable clé du Saint, la clé miraculeuse, se trouve au presbytère de Primelin. Elle a plutôt la forme d'un poinçon. Elle est conservée dans un reliquaire en argent de la forme d'une vraie clé. D'où vient, à notre saint, cet attribut de son pouvoir ? Les légendes répondent encore à cette question. D'après l'une la clé a été apportée du Ciel par un Ange : « An alc'hue-ma, Christenien, a so digacet da Sankt Ugen. Gant un ael ar firmamant par voa e peden ar sant » (« Cette clé, chrétiens, a été apportée à Saint Tugen par un ange du firmament, quand le saint était en prière »). Cette légende a été introduite par guerz ancien, ce guerz est exotique ; nous ne nous y arrêterons pas. Une autre légende, toute locale, donne une autre explication. Elle se rapporte à la construction même de la chapelle.

L'église de Saint Tugen a été, dit cette légende, construite par les Anglais. Ceux-ci avaient parmi eux, un architecte émérite qui avait taillé et disposé, par terre, toutes les pierres du monument, avant d'en commencer les fondations. Lorsqu'ils se mirent à bâtir, ils s'aperçurent que le sol était mou du côté sud, et le monument penchait. Alors que faire pour le redresser et ne pas perdre une seule des pierres taillées par leur grand architecte ? C'était bien simple : au lieu de mettre un clocher sur la tour, ils le mirent à côté. C'est pourquoi l'église de Saint Tugen, accolé à sa tour massive, possède un léger contrefort figurant une flèche hexagonale. Cette flèche bien proportionnée avec le reste du monument, ferait un digne couronnement de l'édifice.

Lorsque les Anglais furent chassés du pays, ne pouvant emporter leur église dont ils étaient si fiers, ils en enlevèrent du moins la clé. En traversant la baie du Cabestan, la clé tomba à la mer. Tout le monde, dans le Cap, ignorait ce fait, lorsqu'un jour on prit un lieu de grande taille. Le pécheur qui l'avait pris se sentait attiré, malgré lui, vers l'église de Saint Tugen. Après avoir ouvert son poisson, il trouva dans son ventre une clé toute rouillée. Frappé d'inspiration, il présenta cette clé devant la porte de l'église. La clé entra toute seule dans la serrure. Miracle ! Criait-on, c'était la clé du Saint qui ne voulait pas que son culte disparût du pays. On fit alors, de la clé, l'emblème de la puissance de Saint Tugen et son église où le miracle eût lieu fut appelée « Ilis Sankt Ugen an Alfe ».

 

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Usages de la clé

 

Dans beaucoup de chapelles dédiées à Saint Hubert, il est d'usage d'appliquer la clé du Saint, chauffée au feu, sur les morsures faites par des chiens enragés. Ce sont ordinairement les maréchaux qui sont chargés de cette opération. A Saint Tugen, bien que la clé, en forme de poinçon aigu, soit plus appropriée que celle de Saint Hubert, pour une cautérisation profonde, nous n'avons rien trouvé qui indiquât une pratique semblable. Il est vrai que notre Saint ne passe pas pour guérir la rage, mais plus pour la prévenir.

La clé du Saint servait beaucoup autrefois à piquer de petits pains, de la longueur de la main, que l'on vendait le jour du pardon. Ces pains, ainsi bénis, se conservaient indéfiniment sans moisir. On les appelait « Bara an Alve ». Ils avaient la propriété de guérir la rage des dents. Cet usage est presque tombé en désuétude. Aujourd'hui, pour guérir les maux de dents, il faut, par soi-même ou par tierce, balayer la chapelle ou vider la fontaine du Saint. Cette pratique est très usitée.

Mais le principal emploi de la clé du Saint est de bénir par attouchement les petites clés en plomb, dites « Clés de Saint Tugen ». Des marchands de Pont Croix et d'Audierne les fabriquent et viennent les vendre, sur la place, le jour du pardon. Ces clés portent, de côté et d'autre du panneton : S.T. Bénies, elles préservent des chiens enragés.

 

Traditions de la rage

 

Dans toute l'étendue du Pays que Dieu lui a donnée a garder, le Saint oblige tous les chiens enragés à accourir vers son église avant de:mourir – alors que Saint Hubert, au contraire, passe pour éloigner les bêtes enragées des lieux de cultes où il est honoré – les chiens ont a rendre compte à Saint Tugen de leur conduite, afin que le Saint prévienne le mal qu'ils auraient pu occasionner. Les chiens, pour se soustraire à cette force surnaturelle qui les attire dans une même direction, vont, viennent, écumant, exerçant leur colère et leur rage sur tout ce qu'ils trouvent. Malheur à qui les rencontre dans cet état, s'il n'est porteur de la petite clé bénie, emblème du pouvoir du Saint. Vite, il faut jeter la clé devant l'animal. Le chien enragé s'accroupit dessus, la broie entre les dents et donne le temps de se sauver. C'est ainsi que la clé du Saint préserve des chiens enragés. On ne cite aucun exemple du contraire. Mais le pouvoir du Saint ne s'arrête pas là, il prévient aussi, après la morsure, la rage non déclarée.

Les chiens mentent à Saint Tugen, le plus qu'ils peuvent, cherchant à cacher leurs méfaits pour éviter le châtiment qu'ils ont mérité. Vite, il faut les devancer, pour avertir soi-même le Saint. Tout homme mordu doit courir immédiatement à la Chapelle, en invoquant Saint Tugen. Pas de temps à perdre ! Sitôt arrivé, faire trois fois le tour de la fontaine et regarder au fond de l'eau. Si l'eau reflète la figure de l'homme, rien à craindre ! Le chien n'est pas encore venu ; le Saint a entendu la prière et exercé son pouvoir. Au contraire, si l'eau reproduit l'image d'un chien, c'est que l'animal a déjà passé et caché ce qu'il a fait. Saint Tugen n'a pu prévenir le mal et la patient tombe en rage à l'instant.

D'après la tradition, les gens atteints de la rage étaient enfermés dans la « Prison du Saint ». C'est une chambre obscure, aux étroites fenêtres, sans air, ni soleil, aux murs nus, suintant l'humidité, à gauche du grand portail. On y mettait les personnes enragées pour y attendre la mort. Entre leurs accès de rage et de désespoir, elles priaient le Saint d'intercéder pour adoucir leurs derniers moments. Des prières publiques se faisaient en même temps dans la chapelle. Elles étaient souvent interrompues par les vociférations de ces malheureux.

La tradition parle encore d'une coutume plus barbare. Ces misérables, liés sur la place du village, recevaient le Saint Viatique, qu'on leur proposait, au bout d'une latte. Puis lorsque les spasmes répétés du mal les avaient rendus conscients de leurs actes, on les étouffait entre deux couettes de balles surchargées de corps lourds. Cet usage nous a été confirmé par le récit de plusieurs faits qui semblent tous avérés. Il a encore été pratiqué au début du 19e siècle dans une famille de Goulien. C'était les gens de Saint Tugen, les parents même parfois, qui se chargeaient de cette lugubre exécution. Ils étaient mus par un sentiment de piété, allié à une sorte d'instinct de défense personnelle. Là ou le Saint, pourtant si puissant, ne pouvait plus rien, ils croyaient faire œuvre pie en mettant eux-mêmes un terme aux souffrances des malheureux qui étaient susceptibles de communiquer leur mal.

D'après les croyances, la rage se déclare dans l'espace de neuf lunaisons, no laoriad, à partir du jour de la morsure. Nous n'avons trouvé, nulle part, trace de l'emploi des remèdes spécifiques de la rage, en même temps que l'invocation à Saint Tugen.

 

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Un chien enragé à Saint Tugen

 

Voici un article qu'on ne lira pas sans intérêt. Il a cependant été produit par trois journaux de la région de Primelin, en octobre 1919 :

Dans la journée du 13 octobre de ce mois (1919), un lundi, et dans la nuit suivante, un chien enragé, venu de Guilers, a causé de grands ravages à Primelin, aux villages de Castel, Kerdugazel, Landisquenna, Kerrounou... Mordant un mouton, une dizaine de chiens, qu'il a fallu tuer, décapitant une oie. Le lundi matin, vers huit heures, il allait entrer dans la cour du village de Saint Tugen, sans doute pour faire la visite de règle, que tout chien enragé doit faire à la fontaine du Saint, quand les enfants, allant à l'école, l'ont chassé à coups de pierres. Mais le lendemain matin, encore vers huit heures, on le trouvait couché près d'un tas de paille, dans un petit champ, à l'extrémité sud du village. Quand on l'a aperçu, et qu'on a voulu le chasser, il pouvait choisir entre sept routes, soit pour s'éloigner du village, soit pour en sortir, une fois entré. Il choisit la plus longue, traverse le milieu du village, au petit trot, sur trois pattes, traînant l'autre au vu de tout le monde, et passe devant la fontaine. Quelques pas plus loin, il passe tout à côté de deux porcs, d'un chien et d'un homme, les regarder et quitte le village. A un quart de lieue de là, il mordait encore un chien.

 

Préservation des maux de dents par la dévotion à Saint Tugen

 

En général, les personnes guéries, même à Lourdes, ne vont point obligatoirement au bureau de constatations. A Saint Tugen, le bureau n'existe pas ; mais nous avons appris d'une personne digne de foi qu'elle avait été guérie par la mandication des petits pains, dont nous avons parlé précédemment, petits pains qu'elle avait conservé plus de 4 ans, sans moisissure. Mais ce qui ne paraît pas rare, c'est la guérison qu'obtiennent les personnes qui viennent à cette fin, balayer l'église du Saint, ou qui la font balayer par d'autres à leur place. Cet usage date de temps immémoriaux, et a la croyance de toute la contrée. J'ai à ce sujet, le témoignage de plusieurs personnes, absolument dignes de foi, qui m'ont affirmé, même devant leur famille, avoir été guéries. Un touriste s'en étonnait un jour, et me demandait, avec une pointe de malice, s'il n'y avait pas de dentiste dans le pays. On lui répondit : le dentiste guérit, il est vrai, mes en arrachant violemment les dents, et en se faisant payer cher... Saint Tugen guérit en vous les conservant, pour un simple balayage de son église... Lequel vaut mieux ? Ici comme dans l'Evangile, la Foi est nécessaire... « Si potes credere... » « Si vous pouvez croire... » (Saint Marc 9, 22).

 

Culte du Saint

 

Le culte de Saint Tugen, à Primelin, est très ancien. L'église actuelle, partie ogivale, partie renaissance, des 15e et 16e siècles, n'est que la chapelle des anciens Seigneurs de Ménez-Lézurec. L'un d'eux est inhumé dans une crypte sous le maître autel. Sur la porte de la Prison du Saint se trouve l'inscription : « Masson, 1593 ». Certaines parties, reconstruites, portent des dates bien plus récentes. Mais avant cette église, existait un autre monument indiqué par les soubassements nord de la chapelle, et par les cordons de petites pierres de la partie est. Cet ancien édifice devait être sous le même vocable.

Le pardon a lieu le dimanche qui précède la Saint Jean. Il commence la veille au matin. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté. Un guerz ancien dit que l'on y venait de toute la Bretagne. Nous y avons remarqué, tous les ans, surtout les costumes de Fouesnant, Coray, Châteaulin et quelques uns du Morbihan. Autrefois, ceux-ci étaient plus nombreux. On peut évaluer à plus de 12 000 le nombre de personnes (Cela en 1891) qui défilent chaque année devant la chapelle. Le nombre des pèlerins augmente les années où l'on a signalé des chiens enragés.

Souvent des rivalités existaient entre ces étrangers. Des luttes s'engageaient pour établir la prédominance de chaque pays. Il a même été d'usage que chaque paroisse y amenât ses lutteurs attitrés. Les luttes étaient mises sous la protection du Saint qui passe également pour modérer la rage des combattants. Plusieurs fois on l'a vu paraître au milieu des combats, étendant sa crosse entre les deux armées. Plus souvent encore, au milieu des troupeaux menacés par des chiens enragés. Alors, il est accompagné d'une bande de chiens écumants de rage, qu'il mène avec son bâton, comme un troupeau de moutons.

Sa puissance se manifeste surtout à l'approche de sa fête. Quelques jours avant le pardon, la cloche de son église change de son. Elle change plus gai. De jour en jour, son carillon devient plus clair, plus joyeux, si bien que l'on répète, en manière de dicton : « Bravaed a ra son clonc'h Sankt Tugoa, tostaad a ra ar pardon », « Le son de la cloche de Saint Tugen devient plus beau, son pardon approche ». La cloche annonce l'arrivée du Saint. Le jour de sa fête le vent souffle toujours du nord-ouest, c'est à dire d'Angleterre. En commémoration de sa venue dans le Cap Sizun, le Saint monte sur sa barque, et, poussé par ce vent, vient, chaque année, assister à la procession de son pardon.

Saint Tugen est en grande vénération dans tout le Cap Sizun. C'est le Saint le plus populaire de la contrée. Ses actions merveilleuses, ses miracles, ses apparitions, se racontent à toutes les veillées. Son nom se prononce avec le plus grand respect, et presque toujours ainsi : « Aotrou Sankt Tugen beniguet ! » « Saint Tugen le béni ».

 

Bibliographie et Sources : « Notice de H. Le Carguet, du 29 juillet 1891, dans le tome XVIII, du bulletin de la société archéologique du Finistère » consultable sur le site internet (http://www.capsizun.com), dont ce texte est largement inspiré, ainsi que « Saint Tugen et son église » de l'Abbé Velly, Brest, Imprimerie de la Presse Libérale, 1922. Ainsi que le site http://www.forum-breton.com sur lequel l'on trouve des pages remarquables sur la chapelle de Saint Tugen.

 

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Prière à Saint Tugen

 

O très glorieux Saint Tugen, par la gloire dont Dieu vous à comblé, Il nous fait a fait voir combien Il est admirable dans Ses saints, puisque depuis tant de siècles Il ne cesse de renouveler tous les jours, dans votre sanctuaire de Primelin, cette merveille singulière, de préserver du mal et de la rage tous ceux qui ont recourt à vous par l'usage des clés bénies en votre honneur. Ce même Dieu, a permis que nous nous retrouvions en besoin de votre intercession. Nous serions en danger de périr misérablement, si vous nous refusiez votre protection dans le danger dans lequel nous nous trouvons. Mais, à la vue des innombrables grâces vous avez déjà eu la bonté d'accorder à un si grand nombre de personnes, que cela nous donne une certaine confiance de ne pas nous la voir refuser. C'est pourquoi, nous vous supplions, ô notre très cher Saint patron, de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin, auprès de la Miséricorde Divine, et de nous obtenir la grâce de nous approcher Sacrements avec les dispositions requises, de toujours nous préserver de la rage du péché, et de nous obtenir une parfaite santé de l'âme et du corps. Nous nous proposons fermement de vous témoigner de notre gratitude et de notre reconnaissance toute notre vie durant, et de vous regarder désormais comme mon Avocat particulier, et comme notre puissant auprès du Dieu trois fois Saint, afin que nous vivions de façon à ce que nous puissions parvenir un jour parvenir à l'état de félicité dans lequel vous vous trouvez, afin de louerons Dieu pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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Télachargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

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14 décembre 2012

Film sur Saint Maximilien-Marie Kolbe

Film sur Saint Maximilien-Marie Kolbe

14 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Troisième semaine

S’ouvrir à la joie

 

Lettre de saint Paul, Apôtre, aux Philippiens (Ph 4, 4-7)

 

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

 

Méditation pour la troisième semaine

« S’ouvrir à la joie »

 

Dans la liturgie, ce troisième dimanche de l’Avent s’appelle dimanche de « Gaudete ». Ce mot latin est contenu dans la deuxième lecture de ce jour, tirée de la lettre de saint Paul aux Philippiens : « Réjouissez-vous (« Gaudete ») dans le Seigneur ! Soyez toujours dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie ! » Ce dimanche est donc le dimanche de la joie ! C’est précisément la grâce de la joie que nous demandons dans la prière d’ouverture de la messe dominicale, que nous pouvons redire au Seigneur tout au long de cette semaine : « Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère : pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau ».

Mais qu’est-ce que cette joie ? Ne la confondons pas avec l’euphorie d’un moment de rigolade ! Il s’agit évidemment de quelque chose de bien plus profond… En méditant les versets de la lettre aux Philippiens, nous pouvons découvrir que la joie dont saint Paul nous parle provient de notre relation au Seigneur. La raison de cette joie ? « Le Seigneur est proche ». Une de ses conséquences pour nous ? « Ne soyez inquiets de rien, mais faites connaître à Dieu vos demandes ». Autrement dit : « En toutes circonstances, prenez vos responsabilités, et faites aussi confiance au Seigneur qui agit dans votre vie ». De là découle un appel à laisser déborder cette joie sur les autres : « Que votre sérénité soit connue de tous les hommes ». Cette sérénité, ce n’est pas une simple question de bien-être ou de tranquillité d’esprit. C’est plutôt le résultat de notre union confiante au Seigneur : « Seigneur, j’ai confiance en ta présence et en ton action dans ma vie ». Si le fondement de notre vie, c’est cette relation au Seigneur, il en transparaitra quelque chose auprès des autres, à un moment ou un autre. Sans fanfaronnade, avec des paroles ou simplement par notre attitude, nous serons des témoins de la présence de Dieu dans notre vie. Pour nous qui, pendant ce temps de l’Avent, marchons vers Bethléem, tout cela prend un relief particulier : oui, le Seigneur est proche, il va bientôt venir pour nous dans la nuit de Noël. Dans la prière que nous nous efforçons de vivre pendant cette retraite, nous expérimentons même que déjà il est proche de nous, que déjà il est en nous.

Mais pourtant, tout en entendant saint Paul nous parler de joie, nous pourrions avoir envie de lui répondre que, dans notre vie, tout n’est pas si joyeux que cela. Nous avons des préoccupations bien légitimes qui viennent de notre travail, de nos responsabilités, de notre famille... Et puis nous avons aussi nos lieux de véritables souffrances : le mal que nous subissons, le mal que nous faisons, pourrait parfois plutôt nous enlever toute joie ! Oui, c’est certain, tout n’est pas rose dans notre vie. Mais justement, la joie dont parle saint Paul, c’est autre chose que d’avoir une vie facile. La joie dont il nous parle, c’est celle qui provient de la présence du Seigneur dans notre vie. Présence souvent discrète, mais bien réelle : à nous de nous rendre attentifs à cette présence, d’en demander la grâce. Saint Jean de la Croix, cette semaine, nous dit même qu’il faut que nous nous cachions pour rejoindre cette présence de Dieu en nous. Il ne s’agit pas de fuir la réalité, il ne s’agit pas de nier nos problèmes et nos difficultés. Mais notre chemin de prière peut nous faire découvrir que le Seigneur vers qui nous nous tournons dans la prière silencieuse, dans l’oraison, nous accompagne tout au long de nos journées. La joie qu’il nous donne ne fait pas disparaître nos souffrances. Mais elle est le signe que nous ne les vivons pas seuls, puisqu’il nous accompagne.

Alors, cette semaine, demandons au Seigneur la grâce de vivre avec lui, en sa compagnie, en sa présence, tout ce qui fait la trame de notre vie : ses joies et ses douleurs, ses réussites comme ses échecs. Quand nous marchons dans la rue, quand nous prenons le métro, où que nous soyons, tournons notre cœur vers lui, qui est présent au-dedans de nous, et disons-lui que nous désirons vivre chaque instant de notre vie en communion avec lui. Rendons-lui grâce pour le bien que nous voyons en nous, et confions-lui le mal qui nous fait souffrir : il désire que nous lui offrions tout, afin qu’il puisse agir dans toute notre vie. Sa présence en nous : là est la source de la joie véritable, que rien ni personne ne peut nous enlever !

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 9)

 

Mais tu dis encore : Puisque celui qu’aime mon âme est en moi, comment se fait-il que je ne le trouve, ni ne le sente ? C’est parce qu’il est caché et que tu ne te caches pas aussi pour le trouver et le sentir ; car celui qui doit trouver une chose cachée doit se cacher lui-même et pénétrer jusqu’à l’endroit où elle est et, quand il l’a trouvée, il est caché comme elle. Donc, étant donné que ton Époux bien-aimé est le trésor caché dans le champ de ton âme, pour lequel le sage marchand a donné tous ses biens, il te faudra, pour le trouver, oublier tout ce qui t’appartient, t’éloigner de toutes les créatures, te cacher dans la retraite intérieure de ton esprit et, fermant sur toi la porte, c’est-à-dire renonçant à ta volonté en toutes choses, prier ton Père dans le secret. Ainsi, restant cachée avec lui, tu le sentiras alors en secret, tu l’aimeras et tu en jouiras en secret, et tu prendras plaisir avec lui en secret, c’est-à-dire au-delà de toute parole et de tout sentiment.

 

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Le compagnon de route de la semaine : L’Apôtre saint Paul

 

Depuis sa rencontre avec le Christ sur la route de Damas, le chemin de l’apôtre Paul a été une marche continuelle vers le Seigneur, pour le connaître et l’aimer toujours davantage. Dans un autre passage de la lettre aux Philippiens, il parle de ce dynamisme incessant de son itinéraire spirituel. Déjà, il a rencontré le Seigneur. Mais il sait que le mystère de Dieu est toujours plus grand, et qu’il faut donc toujours avancer vers lui, sans jamais s’arrêter : « Oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus » (Ph 3, 13-14). Nous qui marchons sur le chemin de l’Avent, nous pouvons demander à saint Paul de nous communiquer quelque chose de son dynamisme spirituel. À sa prière, que le Seigneur enracine aussi en nous cette conviction de foi que rien ni personne ne peut nous séparer de l’amour de Dieu : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? (…) Qui nous séparera de l’amour du Christ ? la tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? En tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 31-39).

 

Prier chaque jour de la semaine

 

Dimanche 16 décembre

 

Seigneur Dieu, mon Bien-Aimé, si tu te souviens encore de mes péchés pour ne pas accomplir ce que je te demande, fais en eux ta Volonté, c’est ce que je désire le plus : exerce ta bonté et ta miséricorde, et tu seras connu en eux (Maxime 35).

Seigneur, mon péché ne m’empêche pas de venir à toi, pourvu que je te le présente !

 

Lundi 17 décembre

 

Qui pourra se libérer de ses pauvres manières et de ses pauvres limites, si toi-même ne l’élèves jusqu’à toi en pureté d’amour, mon Dieu ? (Maxime 39).

Dieu de miséricorde, fais-moi revenir à toi, et je serai sauvé !

 

Mardi 18 décembre

 

Tu ne m’ôteras pas, mon Dieu, ce qu’une fois tu m’as donné en ton Fils unique Jésus-Christ. En lui, tu m’as donné tout ce que je désire. C’est pourquoi je me réjouirai de ce que tu ne tarderas pas, si, moi, j’attends (Maxime 40).

Jésus, tu es mon Sauveur : j’ai confiance en toi !

 

Mercredi 19 décembre

 

L’âme qui aime est douce, humble et patiente (Maxime 45).

Je confie au Seigneur une difficulté face à laquelle je suis tenté par le découragement.

 

Jeudi 20 décembre

 

L’âme qui chemine dans la voie de l’amour ne fatigue pas, et ne se fatigue pas (Maxime 144).

Dans mes relations avec les autres, est-ce bien l’amour qui me pousse à agir ?

 

Vendredi 21 décembre

 

Dieu, pour aimer une âme, ne regarde pas sa grandeur, mais la grandeur de son humilité (Maxime 150).

Seigneur Dieu, tu m’aimes tel que je suis : aide-moi à m’aimer tel que je suis, confiant en ton amour !

 

Samedi 22 décembre

 

Efforce-toi toujours d’avoir Dieu présent et de conserver en toi la pureté que Dieu t’enseigne (Maxime 193).

Au milieu de mes activités de la journée, je fais une pause de quelques instants : « Béni sois-tu, Seigneur, pour ta présence dans ma vie ! »

 

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Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

7 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Deuxième semaine

Entrer au-dedans de soi

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (3, 1-6)

 

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, prince de Galilée, son frère Philippe, prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : « À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. »

 

Méditation

« entrer au-dedans de soi »

 

Voici une semaine que nous sommes entrés en retraite pour ce temps de l’Avent. Il s’agit maintenant pour nous d’avancer sur la route. Mais quelle route allons-nous emprunter ? En citant le prophète Isaïe, Jean Baptiste, dans l’Évangile de ce dimanche, nous parle d’une route qui est « le chemin du Seigneur », c’est-à-dire le chemin sur lequel nous allons marcher pour parvenir jusqu’à la rencontre du Seigneur. Cette route, c’est la route de notre vie : nous pouvons rencontrer le Seigneur ici et maintenant, là où nous sommes. Il n’est pas étranger à notre vie, il n’est pas loin de nous. Cette route peut cependant sembler bien encombrée, car Isaïe nous dit qu’elle a besoin d’être « aplanie ». Dans ma vie, qu’est-ce qui a besoin d’être aplani, rectifié, redressé ?

Il y a d’abord des déformations dans le sens vertical : au lieu d’être bien plane, la route est interrompue par des « ravins », et aussi par des « montagnes » et des « collines ». Dans la méditation et la prière silencieuse, découvrons ce que sont les ravins et les montagnes de notre propre vie. Peut-être s’agit-il par exemple des erreurs d’appréciation que je porte sur moi-même. Tendance à me déprécier moi-même, à trop écouter la mauvaise petite voix qui me répète que je ne suis qu’un incapable, et que je ne mérite que de sombrer dans un ravin… Ou bien, à l’inverse, tendance à faire valoir de façon écrasante – à mes yeux et aux yeux des autres – mes qualités et mes talents : ceux-ci risquent alors de devenir des montagnes qui m’empêchent d’aller plus loin, à la rencontre des autres et de l’Autre… Difficile de porter un juste regard sur nous-mêmes, ni complexé ni orgueilleux ! Pourtant, comme l’écrit Christian de Chergé dans son testament spirituel, « ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre, elle n’en a pas moins non plus ». Ni plus, ni moins : ma vie a juste la valeur qui est la sienne, un trésor aux yeux de Dieu ! Ni plus, ni moins : cette justesse si difficile à atteindre, c’est ce que Jean de la Croix nomme « le centre de l’humilité ».

Mais sur la route de notre vie, il y a aussi des déformations dans le sens horizontal : au lieu d’être bien droite, la route est « tortueuse », « déformée ». C’est que, comme le dit le prophète Jérémie, « le cœur de l’homme est malade et compliqué ». Et il poursuit : « Qui peut le connaître ? Le Seigneur, qui scrute les cœurs et les reins ». Quant au texte de notre Évangile de ce dimanche, il affirme que « tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ». Nous pouvons alors nous demander qui réalisera ces immenses travaux de terrassement ! Comme toujours dans l’Écriture, quand le complément d’agent d’un verbe n’est pas exprimé, c’est que le Seigneur lui-même se cache derrière cette formule discrète. C’est lui-même qui nous attire à sa rencontre, c’est lui-même qui nous délivre de nos entraves, pourvu que nous le lui demandions, pourvu que nous ayons confiance en lui. Ayons le courage, pendant cette semaine, de lui présenter nos voies sans issue, nos voies de perdition, afin qu’il nous en libère.

Enfin, la tradition carmélitaine insiste sur le fait que cette route de la rencontre du Seigneur passe au-dedans de nous. C’est ce que nous dit saint Jean de la Croix dans le texte du Cantique spirituel proposé cette semaine à notre méditation. Il est impossible de passer un seul instant de notre vie sans que le Seigneur ne soit présent en nous, puisqu’il est notre créateur. S’il en était autrement, nous cesserions à l’instant de vivre. Eh bien, puisque le Seigneur est là, il faut nous tourner vers l’intérieur, nous recueillir, afin de le rencontrer au-dedans de nous. Profitons du temps de cette retraite pour nous réserver chaque jour un moment (choisir sa longueur selon nos disponibilités, quitte à sacrifier un loisir ou une activité moins utile !) de prière silencieuse où nous allons nous tourner vers cette présence intérieure du Seigneur en nous. Il faudrait un cadre propice, un endroit silencieux et calme, où nous allons pouvoir nous « poser » un moment. À chacun de choisir aussi un moyen pour orienter le regard intérieur vers le Seigneur : regarder une icône, répéter lentement un verset d’Écriture qui nous a touchés, dire tout simplement au Seigneur ce que nous voulons lui dire… bref, entrer en relation avec lui, qui est présent au-dedans de nous. Une fois ce moment passé, les activités trépidantes du quotidien vont reprendre le dessus et nous faire oublier ce temps de grâce ? Peut-être. Mais en prenant l’ascenseur, en attendant le métro, en passant à la caisse du supermarché, pourquoi ne pas faire une « piqûre de rappel » ? Rien ni personne ne peut m’empêcher alors de fermer les yeux, de me recueillir un instant, et de me tourner silencieusement vers sa présence : « Seigneur, je crois en ta présence en moi. Béni sois-tu pour ta présence en moi ! Découvre-moi ta présence… »

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 6-8)

 

Et pour que cette âme altérée trouve son Époux et s’unisse à lui par union d’amour, autant que cela se peut en cette vie, et pour qu’elle entretienne cette soif par cette goutte qu’elle peut goûter de lui en cette vie, il sera bon, la prenant par la main au nom de son Époux, puisqu’elle le lui demande, que nous lui répondions en lui montrant l’endroit le plus sûr où il est caché, pour qu’elle le trouve sûrement avec la perfection et la saveur qu’on peut avoir en cette vie, et qu’ainsi elle n’erre pas sur les traces des mercenaires.

Il faut donc remarquer que le Verbe Fils de Dieu, avec le Père et l’Esprit Saint est, par essence et par présence, caché dans l’être intime de l’âme ; par conséquent il faut que l’âme qui doit le trouver sorte de toutes choses, selon l’affection et la volonté, et entre en elle-même dans un très grand recueillement, considérant toutes les choses comme si elles n’existaient pas. C’est pour cela que saint Augustin, parlant à Dieu dans les Soliloques, disait : « Je ne te trouvais pas au-dehors, Seigneur, parce qu’au-dehors je te cherchais mal, puisque tu étais au-dedans. »

Dieu est donc caché dans l’âme et c’est là que le bon contemplatif doit le chercher avec amour en disant : « Où t’es-tu caché ? »

Ô âme, la plus belle d’entre toutes les créatures, toi qui désires tant connaître le lieu où se trouve ton Bien-Aimé pour l’y chercher et t’unir à lui, voilà qu’on te dit que tu es toi-même la demeure où il habite, la retraite et le lieu secret où il est caché ; c’est un sujet de grand contentement et de grande joie pour toi de voir que celui qui est ton bien et ton espérance est si près de toi qu’il est en toi ou, pour mieux dire, que tu ne peux exister sans lui. Voici – dit l’Époux – que le royaume de Dieu est au-dedans de vous, et l’apôtre saint Paul, son serviteur, dit : Vous êtes temple de Dieu.

C’est pour l’âme une grande satisfaction de comprendre que Dieu ne s’éloigne jamais de l’âme, même si elle est en péché mortel, à combien plus forte raison si elle est en grâce.

Que peux-tu vouloir de plus, ô âme, et que cherches-tu de plus en dehors de toi, alors qu’au-dedans de toi tu as tes richesse, tes délices, ta satisfaction, ton rassasiement et ton royaume, c’est-à-dire ton Bien-Aimé que désire et recherche ton âme ? Puisque tu le possèdes si proche, réjouis-toi et sois dans l’allégresse avec lui en ton recueillement intérieur ; désire-le là, adore-le là et ne vas pas le chercher loin de toi car tu te distrairais et tu te fatiguerais et tu ne le trouverais ni n’en jouirais plus sûrement, ni plus rapidement, ni plus intimement qu’en toi-même. Il y a seulement une difficulté, c’est que, bien qu’il soit en toi, il est caché. Mais c’est une grande chose que de connaître le lieu où il est caché, pour le chercher avec certitude. Et c’est ce que toi aussi tu demandes ici quand tu dis, avec l’attachement de l’amour : « Où t’es-tu caché ? »

 

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La compagne de route de la semaine

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)

 

Née dans une famille juive, Édith Stein perd la foi pendant son adolescence. Devenue une philosophe de renom, elle fait de la « recherche de la vérité » son unique prière. La lecture du Livre de la Vie de sainte Thérèse d’Avila achève de lui donner la réponse désirée depuis longtemps : la vérité a un Visage, celui de Jésus-Christ. Elle reçoit le baptême en 1922, entre au Carmel de Cologne en 1933. Elle y prend le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Face à la montée du nazisme, elle doit se réfugier dans un Carmel des Pays-Bas, en 1939. Elle y arrêtée en 1942, avant d’être déportée au camp d’extermination de Auschwitz-Birkenau.

Édith naît l’année du troisième centenaire de la mort de saint Jean de la Croix (1891). Elle entre dans la Vie l’année du quatrième centenaire de la naissance de celui-ci (1942). Elle a consacré au Père du Carmel thérésien un ouvrage intitulé Science de la Croix. Passion d’amour de saint Jean de la Croix. Pour accompagner notre propre méditation du Cantique spirituel pendant ce chemin d’Avent, en voici un extrait, dans lequel Édith cherche à nous faire mieux comprendre ce que peut signifier, dans la vie spirituelle, le fait de parler de Dieu et de la personne qui prie comme d’un époux et d’une épouse :

« La tonalité fondamentale du Cantique [spirituel] est caractérisée par la tension qu’éprouve l’âme partagée entre le désir douloureux et l’heureuse découverte de son Bien-Aimé. Ce trait de base a trouvé son expression dans l’image qui domine en même temps le tout, sans considération pour la foule des images particulières qui lui sont ordonnées et subordonnées. Cette image est celle de l’épouse à qui il tarde de voir son Bien-Aimé, qui s’apprête à le chercher et finalement le trouve avec un immense bonheur (…)

Cette image n’est pas une allégorie. Si l’âme est appelée l’épouse de Dieu, il n’y a pas seulement là une relation de ressemblance qui autoriserait de désigner l’une par l’autre. Il existe entre l’objet et son image une unité si étroite qu’il peut à peine être encore question de dualité. C’est précisément ce qui caractérise le symbole dans le sens propre et le plus étroit du terme. La relation de l’âme avec Dieu, telle qu’il l’a prévue de toute éternité comme fin de sa création ne peut en vérité être désignée de façon plus frappante que par l’union matrimoniale. Réciproquement, ce que signifie le terme d’épousailles ne trouve nulle part une réalisation aussi appropriée et aussi parfaite que dans l’union d’amour de Dieu avec l’âme. (…) En se basant sur cette image, les relations matrimoniales des êtres humains peuvent exprimer symboliquement celles de Dieu avec l’âme. Mais contrairement à cette donnée, ce qu’elles sont, en tant que purs rapports humains dans la vie réelle, passe au second plan. La réalité du mariage trouve sa plus haute raison dans le fait qu’il est capable de traduire un mystère divin. »

 

Prier chaque jour cette semaine

 

Dimanche 9 décembre

 

Une œuvre pour petite qu’elle soit, faite en secret, sans désir qu’elle soit connue, est plus agréable à Dieu que mille autres, faites avec l’envie que les hommes en aient connaissance (Maxime 26).

 

Sous le regard du Seigneur, je repense à mes actions : Pour qui est-ce que j’agis ? pour qui est-ce que je vis ?

 

Lundi 10 décembre

 

Une seule pensée de l’homme est plus précieuse que tout l’univers : de là vient que Dieu seul en est digne (Maxime 51).

 

Il y a tant de pensées inutiles qui peuvent envahir mon esprit… Aujourd’hui, je m’efforce de leur dire « Stop ! » et de tourner mes pensées vers le Seigneur…

 

Mardi 11 décembre

 

À la fin du jour, c’est sur l’amour que l’on t’examinera. Apprends donc à aimer Dieu comme Il désire l’être, et laisse là ce que tu es (Maxime 80).

 

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs ! Viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles !

 

Mercredi 11 décembre

 

Ne pense pas de quelqu’un qu’il n’est pas agréable aux yeux de Dieu, sous prétexte que tu ne vois pas éclater en lui les vertus auxquelles tu penses : car il peut l’être pour ce à quoi tu ne penses pas (Maxime 82).

 

Je demande au Seigneur de convertir mon regard sur telle personne vis-à-vis de qui j’éprouve des difficultés.

 

Jeudi 12 décembre

 

Prends Dieu comme époux et comme ami, et marche continuellement avec Lui ; par ce moyen tu éviteras le péché, tu sauras aimer, et les choses nécessaires te réussiront heureusement (Maxime 88).

 

Seigneur Dieu, fais-moi la grâce de te choisir pour Ami !

 

Vendredi 13 décembre

 

Considère que Dieu ne règne que dans l’âme paisible et dénuée de la recherche de soi-même (Maxime 91).

 

« Seigneur Jésus, tu nous as dit : ‘Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix’. Donne-nous toujours cette paix ! »

 

Samedi 14 décembre

 

Le Père n’a dit qu’une parole : ce fut son Fils. Et dans un silence éternel il la dit toujours : l’âme aussi doit l’écouter en silence (Maxime 147).

 

Seigneur Jésus, apprends-moi à entendre ta Parole dans l’Écriture, dans les événements, dans les autres…

 

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Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

2 décembre 2012

L'Avent avec les Carmes

L'Avent avec les Carmes

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Première semaine

Du 2 au 8 décembre

« Se mettre en marche »

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (21, 25-28 ; 34-36)

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »

 

Méditation pour la première semaine

« se mettre en marche »

 

Ce dimanche marque le commencement du temps liturgique de l’Avent, qui est la préparation à la fête de Noël. Il marque aussi le début de l’année liturgique : à partir d’aujourd’hui, et pendant un an, la liturgie va nous faire célébrer l’ensemble des mystères de la vie du Christ. Sa naissance occupe évidemment la première place, du point de vue chronologique. Aussi, nous pourrions tout à fait – avec un peu d’humour ! – nous souhaiter en ce dimanche : « Bonne année ! » Oui, bonne année : qu’elle soit « une année de bienfaits accordée par le Seigneur » (Lc 4, 19) !

Pour nous, cette année, le premier dimanche de l’Avent marque aussi le début d’une retraite spirituelle. En effet, nous avons choisi saint Jean de la Croix comme guide et, avec lui, nous allons cheminer vers la lumière de Bethléem. Sans quitter notre milieu quotidien, nous allons, chaque jour, prendre le temps de méditer la Parole de Dieu, de faire silence sous le regard du Seigneur, de lui confier nos soucis, nos désirs, nos joies. Efforçons d’être fidèles à notre engagement à suivre cette retraite : il en va de la liberté et de la responsabilité de chacun de nous. Sachons que, sans nous voir, nous serons nombreux à suivre ce chemin ensemble : ne manquons pas de prier les uns pour les autres. Cette mystérieuse communion entre nous est un soutien sur lequel nous pouvons nous appuyer.

En ce premier jour de retraite, la liturgie nous offre un extrait de l’Évangile selon saint Luc (Lc 21, 25-28 ; 34-36). Il a peut-être de quoi nous surprendre. Le Seigneur Jésus y parle en effet de cataclysmes terrifiants : signes dans les astres, malheurs s’abattant sur le monde, ébranlement des puissances célestes. Nous voulions nous préparer à Noël, et le Seigneur nous parle de la fin du monde ! En fait, il emploie dans ce discours un langage particulier, que l’on trouve à de nombreuses reprises dans les Écritures. Il s’agit du langage que l’on appelle « apocalyptique ». Ce langage n’est pas celui des scénarios-catastrophe ! « Apocalypse », littéralement, signifie « dévoilement », « révélation ». Le langage apocalyptique sert à nous dévoiler quelque chose de ce qui arrivera à la fin des temps, dans le but de stimuler notre espérance, surtout en temps de crise. C’est comme si le Seigneur nous disait : « Oui, vous aurez bien des difficultés à affronter, mais n’oubliez jamais que je suis votre Sauveur, et que je viens à vous ! » Ainsi, ce passage de l’Évangile oriente notre regard vers la venue du Seigneur, dans sa gloire, à la fin des temps. Sa venue à Bethléem, dans l’humble nuit de Noël, en est l’écho par anticipation.

Alors, nous comprenons mieux pourquoi nous entendons ce difficile passage de l’Évangile au début de notre chemin d’Avent. Le but du chemin de notre vie chrétienne nous y est dévoilé, la raison de la venue du Seigneur à Noël nous y est révélée. Il vient pour notre salut : « Votre rédemption approche ». Et cela ne doit pas nous terroriser, bien au contraire ! Le Seigneur, en nous révélant ainsi le sens de notre existence, nous indique l’attitude à adopter pour nous préparer à accueillir sa venue : « Redressez-vous et relevez la tête », « tenez-vous sur vos gardes », « restez éveillés et priez en tout temps ». Autant de conseils, autant d’appels à la vigilance, que nous pouvons faire nôtres au début de cette retraite d’Avent. Car le Seigneur vient à nous, toujours ! À Noël, nous n’allons pas seulement commémorer le fait que Jésus est venu autrefois. Célébrer Noël, ce n’est pas souffler les bougies du gâteau d’anniversaire de Jésus ! C’est plutôt célébrer sa venue, au présent : cette année, à Noël, Jésus va naître pour notre salut. Aujourd’hui, chaque jour, le Seigneur vient à moi, dans ma vie, là où je suis. Il n’a même jamais cessé de venir vers moi, de m’appeler à le rencontrer. Mais est-ce que je suis attentif à sa venue, à sa présence dans ma vie ? Est-ce que je désire le rencontrer ?

Dans son Cantique spirituel, saint Jean de la Croix nous parle de la prise de conscience douloureuse que « l’âme » fait de ce mystère de la venue de Dieu. Elle prend conscience de sa propre responsabilité dans cette rencontre avec Dieu. Rappelons que « l’âme », dans le langage de Jean de la Croix, c’est la personne humaine, considérée dans sa capacité à se tourner vers Dieu, avec tout ce qu’elle est (corporéité, sensibilité, intelligence, mémoire, volonté, etc. : tout mon être). Pour m’appliquer à moi-même ce que dit Jean de la Croix dans son texte, il me suffit de remplacer « l’âme » par « je » : « Prenant conscience de ce que je dois faire, je vois que brève est la vie… » Eh bien, de quoi est-ce que « l’âme » est en train de se rendre compte, dans ces premières lignes du Cantique spirituel ? En fait, c’est très simple : elle est en train de se rendre compte que sa vie est quelque chose de sérieux, parce que Dieu l’a créée, parce qu’il l’a sauvée. Il en va de sa responsabilité à elle de se tourner ou pas vers Dieu. Et, dès ces premières lignes, le mot le plus important apparaît sous la plume de Jean de la Croix : il s’agit du mot « amour ». « Au seul prix de lui-même, Dieu l’a rachetée, pour cela elle lui doit tous ses efforts et la correspondance d’amour de sa volonté ». Dieu nous aime et désire être aimé de nous. La naissance du Fils de Dieu à Noël n’est motivée que par l’amour qu’il a pour chacun de nous.

La Parole de l’Évangile et la voix de Jean de la Croix s’accordent pour nous interpeller en ce début de retraite. En nous mettant à leur écoute, commençons, cette semaine, par prendre le temps de regarder notre vie sous le regard du Seigneur. Puisque nous avons décidé de suivre cette retraite, il est clair qu’il y a en nous un désir de nous tourner vers le Seigneur, qui est déjà présent dans notre vie. Sous le regard du Seigneur, voyons donc les richesses et les pauvretés qui habitent notre vie en ce moment, ainsi que les désirs et les aspirations qui sont les nôtres. Tout cela, c’est ce qui fait le tissu de notre existence, c’est ce qui se trouve dans notre bagage au moment de partir en retraite pour l’Avent. Maintenant, puisque le Seigneur nous attend, ne perdons plus de temps : mettons-nous en marche !

 

Le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix (1, 1)

 

L’âme, prenant conscience de ce qu’elle doit faire, voit que brève est la vie, étroit le sentier de la vie éternelle, que le juste a bien du mal à se sauver, que les choses du monde sont vaines et trompeuses, que tout a une fin et s’épuise comme l’eau qui court. Les temps sont incertains, les comptes à rendre rigoureux ; la perdition est très facile, le salut très difficile. Elle reconnaît, d’autre part, la grande dette qu’elle a envers Dieu qui l’a créée pour lui seul, ce pour quoi elle doit le servir sa vie entière. Au seul prix de lui-même, il l’a rachetée, pour cela elle lui doit tous ses efforts et la correspondance d’amour de sa volonté. Elle reconnaît mille autres bienfaits pour lesquels elle se sait l’obligée de Dieu dès avant sa naissance. Une grande partie de sa vie s’en est allée en fumée et de tout cela elle doit rendre compte et raison, du premier acte jusqu’au dernier, sans faire grâce d’un centime, quand Dieu scrutera Jérusalem avec des flambeaux allumés. Déjà il est tard et peut-être est-ce la fin du jour. Pour porter remède à tant de maux et de dommages, et surtout parce qu’elle sent que Dieu s’irrite et se dérobe à elle qui, parmi les créatures, a tant voulu l’oublier, frappée jusqu’au cœur de douleur et d’effroi à la vue d’une telle ruine et d’un si grand péril, elle renonce à toute chose, laisse de côté toute autre affaire, sans tarder ni d’un jour, ni d’une heure. Avec un désir ardent et un gémissement jailli de son cœur déjà blessé d’amour de Dieu, elle se met à implorer son Bien-Aimé :

 

Où t’es-tu caché, Bien-Aimé ?

Tu m’as abandonnée dans les gémissements ;

comme le cerf tu as fui

m’ayant blessée.

Je sortis à ta poursuite en criant, et tu étais parti.

 

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Le compagnon de route de la semaine : Saint Jean de la Croix

 

Chaque semaine, un aîné dans la foi nous rejoindra sur le chemin de notre retraite, afin de nous accompagner. Pendant cette première semaine, il est bon de nous familiariser un peu plus avec celui qui sera notre guide jusqu’à Noël : saint Jean de la Croix. C’est un homme d’une autre époque que nous, c’est un homme d’une autre culture que nous. Mais surtout, comme nous, c’est un croyant qui a désiré rencontrer le Seigneur plus en profondeur, et qui s’est mis en route pour cela. Les différentes étapes de sa vie montrent que cette recherche de Dieu est le dynamisme de son existence (voir le résumé biographique). Quand il le fallait, il fut même capable de faire des choix radicaux pour que le Seigneur soit toujours à la première place dans sa vie. Chaque jour de la semaine, une « maxime spirituelle » tirée de ses œuvres nous sera donnée. Que la méditation de celles-ci, accompagnées de pistes de réflexion, nous éclairent sur la route ! Laissons-nous inspirer aussi par ce premier extrait de son Cantique spirituel, riche de sens spirituel et tellement imprégné de la Parole de Dieu ! Reprenons par exemple, dans notre prière quotidienne, tel passage qui nous aura plus particulièrement touchés, ou l’un des versets de l’Écriture, qui viennent si spontanément sous la plume de Jean ! Que saint Jean de la Croix nous accompagne sur notre chemin d’Avent et intercède pour nous !

 

fr. Anthony-Joseph Pinelli, ocd

 

Prier chaque jour

Maximes de Saint Jean de la Croix pour chaque jour de la semaine

 

Dimanche 2 décembre

 

« Dieu requiert plus de toi le moindre degré de pureté de conscience, que toutes les autres oeuvres que tu puisses faire » (Maxime 18).

Pendant cette retraite, qu’est-ce que je désire demander au Seigneur ?

 

Lundi 3 décembre

 

« Toi, Seigneur, tu reviens, avec allégresse et amour, relever celui qui t’offense ; et moi, je ne reviens pas relever et honorer celui qui n’irrite que moi ! » (Maxime 65).

Je te rends grâce, Seigneur, pour ta miséricorde envers moi ! Apprends-moi à pardonner aussi à ceux qui m’ont fait du mal !

 

Mardi 4 décembre

 

« Seigneur mon Dieu, tu n’es pas distant, toi, de celui qui ne se rend pas distant de toi. Comment peut-on dire que tu t’absentes ? » (Maxime 68)

Béni sois-tu, Seigneur, pour ta présence et ton amour dans ma vie !

 

Mercredi 5 décembre

 

« Ne crois pas que plaire à Dieu consiste en beaucoup d’oeuvres, mais plutôt en ce que les oeuvres se fassent avec une volonté droite » (Maxime 79).

Viens Esprit Saint, en mon coeur ! Rends droit ce qui est faussé !

 

Jeudi 6 décembre

 

« Dans la tribulation, recours promptement à Dieu avec confiance, et ainsi tu seras conforté, illuminé et instruit » (Maxime 86)..

Délivre-moi, Seigneur de ce qui m’entrave et m’empêche d’avancer vers toi ! (Osons confier telle ou telle difficulté particulière au Seigneur).

 

Vendredi 7 décembre

 

« Dans les joies et les goûts, recours promptement à Dieu avec crainte et vérité, et tu ne seras pas trompé ni empêtré de vanité » (Maxime 87)

Quelle est la place que je donne au Seigneur dans ma vie ? Où en suis-je de ma relation avec lui ?

 

Samedi 8 décembre

 

« Celui qui ne cherche pas la croix du Christ, ne cherche pas la gloire du Christ » (Maxime 149).

Quel est le sens que je donne à ma vie ? Quel est le but que je poursuis ?

 

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Retraite proposée par les Pères Carmes de Paris : http://www.carmes-paris.org/retraite-en-ligne/retraite-avent-2012/

 

30 novembre 2012

Saint Hubert de Liège

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Saint Hubert de Liège

Evêque de Maëstricht et de Liège, Saint Patron des chasseurs

657-727

Fêtes le 30 mai et le 3 novembre


La noblesse, la sainteté, le zèle apostolique et le don des miracles ont rendu ce grand homme un des plus illustres prélats des premiers siècles de la monarchie française. L'Aquitaine le reconnaît pour un de ses seigneurs la plus ancienne race de nos rois, pour un de ses princes, et le pays des Ardennes, pour son apôtre. Il eut pour père Bertrand, que Molan et Baronius font duc d'Aquitaine, et que quelques autres font descendre de Clotaire 1er, roi des Francs, et pour mère Hugberne, ou Afre, sœur de Sainte Ode, femme d'une naissance proportionnée à celle de son mari. On l'éleva dans les lettres et dans tous les autres exercices d'une personne de sa qualité, et il y devint si adroit, qu'il était estimé comme un des jeunes seigneurs les plus accomplis du royaume. Lorsqu'il fut en âge de paraître à la cour, ses parents l'envoyèrent à celle de Thierry III, fils de Clovis II il s'y rendit si recommandable par sa prudence, son honnêteté et ses manières agréables, qu'il mérita d'être élevé à la dignité de comte du palais. Cette haute fonction lui fournit l'occasion de montrer la sagesse et la probité qui le distinguaient et qui relevèrent bien haut dans l'estime de ses compagnons de cour. Ici encore il fut témoin des plus beaux exemples de piété, d'abnégation et de dévouement.

Plusieurs de ces nobles soigneurs quittaient la cour, et renonçaient aux honneurs et à l'éclat du monde pour se vouer aux travaux apostoliques, ou s'enfermer dans un monastère. Mais Hubert n'imita pas d'abord ces beaux exemples de vertu qu'il avait sous les yeux. Vivant à la cour, entouré des séductions qui en font un séjour si dangereux, même pour le plus sage, sa jeunesse fut enveloppée dans les troubles de ces fréquentes révolutions qui, grâce à l'indolence des rois fainéants, bouleversèrent si souvent le trône de France, et permirent tantôt aux factions, tantôt à l'intrigue de se mettre au-dessus des lois.

Le jeune Hubert passa quelque temps à la cour de Thierry; cependant la tyrannie du ministre Ebroïn rendit odieuse la domination du maître. Les sujets se révoltèrent et en vinrent jusqu'à déposer leur roi. Celui-ci ayant remonté sur le trône quelque temps après, Hubert passa encore plusieurs années à la cour de ce roi, son protecteur. Là sa vie, sans être celle d'un prince déréglé, se ressentit néanmoins du tumulte au milieu duquel il était obligé de vivre. A la vérité on ne remarquait pas en lui des vices grossiers ni des actes bien répréhensibles mais toute sa religion se bornait à observer ce que dictent les principes de la probité naturelle. Ses vertus étaient purement humaines c'était dans le christianisme un honnête homme selon le monde. Il ne connaissait pas encore cet esprit d'humilité pratique, de mortification et de prière qui est la base du christianisme, et sans lequel le chrétien ne l'est que de nom et d'apparence.

Il aimait la chasse avec passion, et il y perdait un temps précieux qu'il aurait dû consacrer au service de Dieu. Il se livrait aveuglément aux plaisirs d'une vie mondaine, lorsque tout à coup le cruel Ebroïn s'échappe de sa prison, recouvre sa dignité de maire du palais, et en exerce tyranniquement le pouvoir. Rien ne l'empêche de suivre ses mouvements d'avarice et d'oppression contre les grands et les évêques il pille les églises et les couvents, et donne un libre cour à ses vengeances impies et cruelles. Une sorte de migration, causée par les cruautés d'Ebroïn, s'établit de la Neustrie vers l'Austrasie. Pépin de Herstal ou d'Héristal, qui exerçait dans ce dernier pays les fonctions de maire du palais sans en avoir le titre, recevait les transfuges à bras ouverts. Le jeune comte Hubert, voulant se soustraire à la tyrannie d'Ebroïn, quitta la cour du roi de Neustrie, et se retira en Austrasie, auprès de Pépin, son parent, qui l'accueillit favorablement. Il lui donna des emplois et le créa grand-maître de sa maison. Hubert dut suivre son protecteur dans les différents voyages qu'il faisait, tantôt à son château de Landen et de Jupille, et à sa terre d'Amberloux, tantôt dans les guerres qu'il avait à soutenir contre les princes, ses voisins ce qui donna à Pépin l'occasion de reconnaître le mérite et la valeur du jeune Hubert. Il voulut alors qu'il s'établît dans le pays par les liens du mariage. C'est en effet vers cette époque (682), qu'eut lieu son mariage avec Floribanne, fille de Dagobert, comte de Louvain, princesse recommandable autant par ses vertus que par ses rares qualités.

Cependant Hubert, lancé dans la dissipation de la cour, continuait à se livrer aux folles joies d'une vie mondaine. Ce n'est pas qu'il manquât, à la cour, d'avis salutaires et d'exemples édifiants de piété chrétienne. Saint Lambert y prêchait avec force les saintes maximes de la religion catholique Plectrude, femme de Pépin, pratiquait les plus héroïques vertus elle vivait, il est vrai, au sein des grandeurs mais elle avait à déplorer la vie criminelle de son mari, et tâchait de dissiper par des voyages et par son éloignement de la cour, les affronts qu'elle recevait à cause de la belle mais ambitieuse Alpaïde, mère de Charles-Martel.

Il ne fallait rien moins qu'un coup extraordinaire de la grâce pour ramener Hubert d'une vie toute mondaine à une vie plus chrétienne. Ce coup arriva. Dieu, qui avait sur lui des desseins secrets, et touché sans doute par les prières de tant de saints parents d'Hubert, l'arrêta dans la plus grande impétuosité de son aveugle passion. Il le transforma de chasseur de vils animaux, en apôtre zélé qui devait porter la lumière de l'Evangile dans ces contrées mêmes, devenues le théâtre de ses vains amusements. Ainsi, un jour de fête solennelle, que les fidèles s'assemblaient en foule dans les églises, pour y entendre la parole de Dieu et y assister aux saints mystères, ce jeune seigneur, accompagné de ses gens et précédé d'une meute de chiens, s'en alla dans la forêt d'Ardennes pour y chasser; mais Notre-Seigneur se servit de cette occasion pour lui toucher le cœur et le gagner entièrement à lui. Pendant qu'il chassait, un cerf d'une beauté remarquable se présenta devant lui, et à son grand étonnement il aperçut un crucifix entre les branches de son bois, et il entendit une voix qui lui dit: « Hubert, Hubert, jusqu'à quand poursuivrez-vous les bêtes dans les forêts? Jusques à quand cette vaine passion vous fera-t-elle oublier le salut de votre âme ? Ignorez-vous que vous êtes sur la terre pour connaître et aimer votre Créateur et ainsi le posséder dans le ciel ? Si vous ne vous convertissez au Seigneur, en embrassant une sainte vie, vous tomberez dans les abîmes de l'enfer ». Ce spectacle et cette voix le remplirent en même temps d'admiration et de frayeur il descendit de cheval, se prosterna contre terre, adora la croix de son Maître que le cerf lui présentait, et protesta qu'il abandonnerait le monde et se consacrerait entièrement aux saints exercices de la religion.

Après ces protestations, il alla trouver Saint Lambert, évêque de Maëstricht, dont les vertus et la sainteté lui étaient d'ailleurs bien connues il le choisit pour maître dans les voies du salut. Saint Lambert le reçut avec une grande bonté, le retint auprès de lui plusieurs jours, pour l'instruire plus parfaitement dans la perfection chrétienne, et pour lui parler de Dieu et des choses célestes. Quoique le miracle de la grâce eût changé le cœur d'Hubert, et qu'il aspirât aussitôt à quitter le monde et ses folles joies, des liens consacrés par la religion et la justice, l'y retinrent encore quelques années (683-685). Il lui fallait d'ailleurs encore ce temps d'épreuve pour correspondre à la grâce, pour crucifier le vieil homme, pour en détruire tous les sentiments, et pour préparer la voie à l'accomplissement des desseins que Jésus-Christ avait sur sa nouvelle conquête. Sous la direction de Saint Lambert, il fit des progrès rapides dans la vocation qu'il avait reçue du ciel. Il travaillait et priait sans cesse pour faire régner Dieu dans son âme. Il aurait volontiers fait le sacrifice de ses biens, si cela eût été possible dans le moment pour suivre saint Lambert dans le ministère de la Parole de Dieu et la sanctification des âmes.

Au moment où Hubert, ne faisant qu'obéir à l'influence de la grâce divine dans son cœur, concevait la pensée et le violent désir d'une vie plus parfaite, arriva la mort de Floribanne. Cette princesse mourut (685) en donnant le jour à Floribert, qui succéda à saint Hubert sur le siège épiscopal de Liège. Affranchi par son veuvage de l'obligation de paraître dans les assemblées des seigneurs, Hubert évitait avec soin les pompes et les jouissances de son rang. Son cœur en était déjà détaché, mais cela ne suffisait pas à son ardeur; son âme avait encore trop de points de contact avec le monde, et ce monde lui faisait mal. L'exemple et les paroles de Saint Lambert l'enflammaient tellement de l'amour divin, qu'il en vint jusqu'à former le projet d'abandonner le monde et d'embrasser la vie monastique, afin de mener une vie plus parfaite, et plus rapprochée de Dieu. Il se sentait le même courage que son maître, le même amour de Dieu, le même zèle pour le salut des âmes. Il voulut devenir son disciple. Il renonce à toutes ses dignités et dépose les insignes militaires, pour se revêtir de l'insigne sacré de la religion. Il remet au roi Thierry le collier et la ceinture de soldat il ne pense plus qu'à fouler aux pieds par quelque action généreuse, la gloire et les appâts du monde. Devenu héritier du duché d'Aquitaine par la mort de son père (688), il cède ses droits à son frère Eudon, et lui confie son fils Floribert âgé de trois ans. Il renonce ainsi aux affections les plus légitimes.

Rempli de mépris pour les richesses et les biens du monde, Hubert distribua aux pauvres ce qu'il possédait il trouvait que c'était acheter à bon compte le salut éternel de son âme, que de lui sacrifier ces périssables richesses. Il ne retint du monde qu'une haire et un corselet dont il se revêtit, pour se retirer dans la solitude. Voilà donc son sacrifice accompli et son divorce avec la vie consommé, par un de ces efforts qui vont même au-delà des prescriptions du devoir chrétien. Les mondains le poursuivent de leurs attaques et de leurs railleries mais, à l'exemple d'autres nobles contemporains, ses modèles, il ne répond aux invectives dont on l'accable, que par ces paroles « O heureux affronts que de déplaire avec Jésus-Christ ».

Hubert avait vaincu son premier ennemi, le monde, en le fuyant. Il lui avait été assez longtemps dévoué il en avait connu les attaques et les innombrables pièges il avait été victime de ses fausses hontes, de ses préjugés, de ses mensonges. C'en était trop. Maintenant il lui dénie ses prétendus droits sur lui il désobéit à ses lois il brave ses calomnies; il méprise ses faux raisonnements. Il se retire loin de son ennemi à jamais terrassé et va jouir du prix de sa victoire au sein des mystérieuses joies de la pénitence. Il avait arrêté le projet de vivre dans la retraite, à l'exemple de tant de ses contemporains et d'autres nobles compagnons de cour. Mais avant d'agir, il consulta Dieu et prit l'avis de Saint Lambert, à qui il était parfaitement soumis. Ce fut par les conseils du saint évêque qu'il se conduisit dans cette affaire. Il choisit pour séjour de sa pénitence volontaire les lieux mêmes qui avaient été le théâtre de son divertissement favori; voulant désormais expier sur les lieux, par une vie pénitente, l'attache trop violente qu'il avait eue aux plaisirs de la chasse. Il alla donc (689) fixer sa demeure dans la grande forêt d'Ardennes, dans un endroit non éloigné du monastère d'Andage (aujourd'hui Saint-Hubert), où, pendant plusieurs années, il mena la vie la plus austère. D'autres prétendent que saint Hubert se retira au monastère de Stavelot, qui est aussi dans la forêt d'Ardennes mais qu'après un certain temps d'épreuve de fidélité, profitant du privilège qu'accorde la Règle de Saint-Benoît, il put quitter cette maison, et aller mener dans une solitude complète un genre de vie plus austère.

Attentif à veiller sur lui-même et à joindre la solitude de l'âme à celle du corps, il ne craignait rien tant que de tomber dans la lâcheté et de perdre par là les avantages qu'il s'était procurés. Après avoir vaincu le monde, il travailla à se vaincre lui-même. Sachant que Dieu agrée principalement le sacrifice du cœur, et que les sacrifices qu'il avait faits jusque-là seraient défectueux et sans mérites, qu'ils seraient même un acte d'hypocrisie, s'il n'y joignait la pratique des vertus et le renoncement intérieur, il commença par s'établir solidement dans l'humilité et le mépris de soi-même il employa toute l'activité dont son âme était capable à examiner le dérèglement de ses affections, à veiller sur ses sens et sur tous les mouvements de son cœur. Dès lors, la prière, les veilles, les macérations devinrent les délices de ce héros de la pénitence. Son vêtement était plutôt un instrument de supplice, qu'un abri contre la rigueur du climat qu'il habitait. Sa nourriture, comme celle d'autres pénitents qui l'avaient précédé, consistait en un peu d'herbes et de racines l'eau pure était sa boisson. Il cherchait ainsi à briser les liens de sa prison de chair, et à se rapprocher de Dieu. Si, dans les combats incessants que le vieil homme livre au nouveau, sa pensée se reportait malgré lui au milieu des joies et des pompes d'une vie mondaine, cette voix qui l'avait une première fois appelé résonnait encore dans son coeur, et cela suffisait pour étouffer le cri de la nature.

Quoiqu'il fût caché au sein de la solitude, il ne laissa pas que d'éprouver les assauts du tentateur. On a beau fuir le monde, le démon nous suit partout, et lors même que nous nous sommes retranchés sous la protection du Très-Haut, toujours il entretient des intelligences secrètes avec cet ennemi domestique qui réside dans notre propre cœur, qui ne mourra qu'avec nous et qui cherche à lui livrer la place. C'est par son exacte vigilance sur ses sens, par ses austérités continuelles, son humilité profonde, sa confiance en Dieu et sa prière fervente que notre Saint triomphait des tentations violentes du démon. Les fréquentes attaques et les ruses nouvelles de l'ennemi du salut ne l'empêchèrent point de vivre dans la plus intime union avec Dieu, et dans une inaltérable tranquillité d'âme avantages précieux que ne manque pas d'obtenir l'homme qui est accoutumé à mortifier ses sens et à maîtriser ses passions. Cette sainte vie lui rendait comme sensible la présence de Dieu et de ses anges.

Nous apprenons de Gilles d'Orval, dans ses additions à la vie de notre Saint, composée par Anselin, chanoine de Liège, que saint Lambert, désirant qu'un si cher disciple reçût de nouveaux accroissements de grâces par les mérites des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, lui persuada de faire un voyage à Rome pour y rendre honneur à leurs cendres et y implorer, au pied de leurs tombeaux, la faveur de leur assistance et de leur protection. Hubert obéit au désir de son maître. Il quitta sa solitude, se rendit à Rome et y honora les dépouilles sacrées de ces fondateurs de la religion. Pendant qu'il y était, saint Lambert fut martyrisé pour le sujet et de la manière que nous l'avons dit en sa vie, et à la même heure un ange apparut au pape Serge 1er qui, après l'office des Matines et une longue prière, prenait un peu de sommeil, et lui présentant le bâton pastoral de ce glorieux martyr, il le pressa d'ordonner en sa place Hubert qu'il découvrirait le matin à certains signes dans l'église de Saint-Pierre. Sa Sainteté eût pu douter de cette révélation si elle n'eût été accompagnée d'un signe extérieur qui l'eût rendue indubitable; mais il en connut évidemment la vérité, lorsqu'à son réveil il trouva auprès de lui cette précieuse crosse qui avait été la marque de la vigilance et de la fermeté intrépides de ce grand martyr.

Il ne fut plus question que de trouver cet excellent homme que le ciel voulait lui donner pour successeur. On observa diligemment tous les étrangers qui entraient dans Saint-Pierre, et aux marques que l'ange avait données on le reconnut facilement. Le Pape, l'ayant fait venir devant lui, lui fit savoir le martyre de son maître et lui exposa comment Dieu lui avait révélé qu'il devait lui succéder. Il lui présenta en même temps le bâton pastoral dont il s'était servi et qu'Hubert pouvait aisément reconnaître, et l'exhorta à plier le cou sous ce fardeau que la divine Providence voulait lui imposer. Alors Hubert, se prosternant en terre, protesta de son indignité et pria instamment le souverain Pontife de l'exempter de cette obéissance. La révélation qu'il avait eue ne l'obligeait point de passer outre ce n'était peut-être que pour l'éprouver et pour voir s'il savait se tenir dans le dernier rang que la vie trop libre qu'il avait menée dans le monde lui devait faire garder jusqu'à la mort. Tandis qu'il était dans cette contestation d'humilité, l'ange de Dieu, pour confirmer son élection surnaturelle par un nouveau prodige, apporta au Pape, en sa présence, les habits pontificaux de Saint Lambert, et comme il y manquait une étole, il en présenta une de soie blanche qu'il dit avoir été envoyée au Saint par la sainte Vierge. Ces miracles lui ôtèrent tout moyen de résister et l'obligèrent enfin de se rendre. Le Pape lui conféra tous les ordres qui lui manquaient et, lui mettant ensuite en main la crosse de saint Lambert, il le consacra évêque de Tongres et de Maëstricht. On dit que, pendant cette consécration, il arriva une autre merveille saint Pierre lui apparut et lui présenta une clef d'or, comme il avait fait autrefois à saint Servais, l'un de ses prédécesseurs et celui qui avait transféré l'évêché de Tongres à Maëstricht. Dieu lui donna en même temps, par infusion, les sciences qui lui étaient nécessaires pour l'instruction de son peuple, avec la grâce des guérisons et surtout un don particulier de guérir les malheureux atteints de fureur et de rage.

Etant comblé de tant de faveurs et même de la bénédiction apostolique, il partit de Rome et se rendit au plus tôt à son siège épiscopal. Les habitants de Maëstricht n'eurent nulle peine à le recevoir, et, bien qu'ils n'eussent point contribué à son élection, reconnaissant néanmoins qu'elle venait du ciel, et que c'était pour cela que les habits pontificaux et la crosse de Saint Lambert étaient disparus et avaient été transportés à Rome, ils se soumirent avec joie à son autorité pastorale. Hubert, sachant la différence qui doit exister entre l'évoque et le peuple, s'étudia plus que jamais à donner en sa personne des exemples de toutes les vertus évangéliques. Il était humble, sobre, chaste, vigilant, modeste, retenu dans ses paroles, assidu à la prière, fervent en toutes ses actions, patient dans les injures, ennemi des délices et grand ami de la croix. Sa vie était une mortification continuelle il avait un désir extrême du martyre et ne pouvait assez exalter le bonheur de son prédécesseur d'avoir donné son sang et sa vie pour la défense de la justice et de la piété. Il était l'asile des pauvres et des affligés tous les malheureux étaient bienvenus chez lui, il les recevait comme ses enfants, il les secourait de toutes les manières qu'il lui était possible et les soutenait de sa protection enfin, il a mérité le surnom glorieux de Refuge des Veuves et de Père des orphelins.

Une des actions les plus mémorables de saint Hubert, c'est l'invention et la translation des reliques de Saint Lambert. Il fut porté à faire cette translation, d'abord par les grands miracles qui se faisaient à son tombeau, ensuite par diverses révélations. Pour être encore plus certain de la volonté de Dieu, il ordonna un jeûne général par tout son diocèse. Lorsqu'il fut certain que la divine Providence l'ordonnait ainsi, il convoqua les évêques ses voisins, savoir ceux de Cologne, de Reims, de Tournai, d'Arras, d'Amiens, de Thérouanne et d'Utrecht et, en leur présence, il fit l'ouverture du saint tombeau. Il trouva le corps du saint martyr aussi frais et aussi entier que le jour de son décès et exhalant une odeur très agréable puis, assisté de ces vénérables prélats, qui portaient tour à tour le cercueil, il fit la cérémonie de cette translation. On ne peut exprimer l'honneur avec lequel cette précieuse relique fut reçue dans toute la marche. Aussi elle fit partout de grands miracles et elle apporta à Liège une grande abondance de bénédictions. Saint Hubert fit bâtir en ce lieu une église magnifique sous le nom de la Sainte Vierge et sous celui de Saint Lambert, pour lui servir de sépulture et pour faire retentir jusqu'à la fin des siècles les cantiques de louanges que l'on donnerait à sa mémoire.

Depuis, ne pouvant demeurer séparé des dépouilles de son bienheureux maître, il transféra le siège de son évêché en ce petit bourg. Il avait déjà été transféré de Tongres à Maëstricht par saint Servais mais Dieu voulut aussi priver Maëstricht de cet honneur, pour le donner à Liège qui par ce moyen est devenue une des plus riches et des plus puissantes villes de la Belgique. Ce fut saint Hubert qui commença de la faire accroître par de nouveaux bâtiments, qui lui donna le nom et les privilèges de ville, qui en régla les poids et les mesures pour le pain, le vin et les autres marchandises, qui voulut qu'elle eût pour sceau l'image de saint Lambert, avec cette inscription : « Sancta Legia, Romanae, Ecllesiae filia », « Liège la sainte, fille de l'Eglise romaine ». Peut-être prévoyait-il dès lors que Maëstricht tomberait un jour sous la puissance des hérétiques et boirait le calice de l'infidélité qui lui serait présenté par cette femme prostituée de l'Apocalypse, et que Liège, au contraire, demeurerait constante et inébranlable dans la véritable religion, sans jamais souffrir que le Wicléfisme, le Luthéranisme, ni le Calvinisme fussent reçus au dedans de ses murs. Il y fit bâtir une seconde église en l'honneur de saint Pierre, prince des Apôtres, pour lequel il avait une extrême dévotion, et y mit quinze chanoines dont la conversation lui était très-agréable. Mais depuis elle a été donnée à des chanoines et changée en collégiale. Enfin, il ennoblit encore cette ville par la translation de Saint Théodat, l'un de ses prédécesseurs, et de Sainte Madelberte, vierge, qu'il plaça dans une même châsse, auprès de Saint Lambert. Mais rien n'égalait la tendre dévotion de notre saint évêque envers la sainte Vierge. Il l'honorait d'un culte plein d'une pieuse reconnaissance. Pendant sa résidence à Maëstricht, il allait fréquemment passer les nuits dans l'église dédiée à la très-sainte Vierge, entièrement occupé à la prier et à l'honorer.

Sa piété ne se borna pas là. Il donna publiquement des marques éclatantes de son amour affectueux pour la Mère de Dieu. Il chercha à allumer et à entretenir dans les fidèles confiés à ses soins, cette dévotion si agréable à Dieu, si nécessaire aux hommes. La première église qu'il bâtit, fut dédiée, comme nous l'avons dit, à la sainte Vierge il lui en consacra une seconde (712) au hameau d'Emal, non loin de Maëstricht. Il exigeait que ceux qui lui demandaient quelque grâce recourussent à la toute-puissante intercession de la Reine du ciel et il a voulu que la mémoire de sa dévotion envers elle fût attachée au bienfait signalé qu'il nous a légué avec son étole miraculeuse, et se perpétuât avec lui pour nous être plus sûrement transmise. Et aujourd'hui encore, le répit se donne au nom de la très sainte Trinité et de la sainte Vierge la neuvaine prescrite se fait aussi en son honneur tant il est vrai que dans tous les siècles on a toujours reconnu dans l'Eglise catholique que la sainte Vierge est remplie de toutes les grâces, qu'elle est la dispensatrice des bienfaits et des grâces que le Seigneur veut accorder aux hommes Dieu voulant que tous les bienfaits et toutes les grâces que les hommes attendent du ciel passent par les mains de Marie et soient dus à son intercession.

Ces actions si solennelles l'ont fait appeler, par quelques auteurs, le fondateur et le premier évêque de Liège, quoique en considérant cet épiscopat comme une continuation de celui de Tongres et de Maëstricht, il n'en ait été que le trentième. Dès lors, il ne pensa plus qu'à étendre la foi de Jésus-Christ dans tous les endroits de son diocèse et aux environs, en détruisant ce qui restait des superstitions du paganisme. Il parcourut pour cela la grande forêt des Ardennes et le pays du Brabant, qui avait alors d'autres limites qu'aujourd'hui, et y fit partout tant de conversions qu'il a mérité d'être appelé l'Apôtre de l'un et de l'autre. Les merveilles qu'il opérait à tous moments contribuaient beaucoup à cet heureux succès. Faisant la visite de son diocèse, il rencontra dans un village, nommé Vivoch, une femme qui, pour avoir travaillé le dimanche, avait perdu l'usage des mains; ses doigts et ses ongles s'étaient tellement serrés contre les paumes qu'il n'était pas possible de les en séparer. Il pria donc pour elle et, sur la promesse qu'elle lui fit d'avoir désormais plus de respect pour les fêtes, il commanda à ces mains de se dénouer et, par ce seul commandement, il les remit en leur premier état. La Somme étant extrêmement basse et ne pouvant commodément porter les bateaux chargés qui servaient à quelque édifice qu'il avait entrepris, il leva les yeux au ciel, qui se couvrit aussitôt de nuages, et au bout de quelques jours, les eaux avaient repris leur niveau ordinaire. Par la vertu du signe de la croix, il chassa du corps d'une femme un démon qui s'en était emparé, pour troubler une procession qu'il faisait faire dans la campagne avec les châsses des Saints. Il éteignit, par le même signe de la croix, un grand feu qui avait pris à son palais et qui le menaçait d'un embrasement général. Il délivra du naufrage, bien qu'il fût absent, plusieurs de ses disciples qui étaient déjà presque submergés en mer et qui implorèrent son assistance. Il rendit aussi la santé à quantité de malades, par ses prières et par d'autres moyens qui étaient toujours efficaces. Il apprit à son peuple à recourir aux processions et à porter les reliques des Saints pour avoir de la pluie, pour obtenir la sérénité, pour nettoyer les champs des insectes qui les gâtent et pour toutes sortes de nécessités publiques.

Jamais les prodiges que Dieu opérait par ses mains ne le firent devenir infidèle à cette profonde humilité qui le rendait si agréable devant le Seigneur. Toujours occupé de l'abîme de son néant, il rapportait à Dieu la gloire du bien qui était en lui et qu'il opérait en faveur des autres. Il ne se glorifiait que dans ses infirmités; en même temps qu'il mettait ses complaisances dans son abjection, il se réjouissait que Dieu seul fût grand dans lui et dans toutes les créatures. Au milieu des bienfaits éclatants que Dieu répandait par ses mains, il n'attendait que d'en haut le succès de son ministère. Sa ferveur, loin de diminuer, augmentait de jour en jour et se manifestait par la continuité de ses jeûnes, de ses veilles et de ses prières.

Pour donner à sa prière la force invincible dont elle était douée, Hubert n'avait pas trouvé de meilleur moyen que l'exercice continuel de cette précieuse vertu. Du lieu de son exil, il entretenait un commerce habituel avec son Père céleste. Dans toutes les circonstances de sa vie, il invoquait avec confiance son secours tout-puissant, et il en recevait tous les jours de nouvelles grâces et de nouvelles faveurs, pour prix de sa fidélité et de sa persévérance. Malgré ses nombreuses fonctions et ses courses lointaines, pour porter à son peuple le pain de la parole sainte, il savait trouver au milieu de ses fatigues, de longues heures pour la méditation et la prière; il savait unir avec un rare bonheur la vie active et la vie contemplative. Après avoir pourvu, comme son divin Maître, avec une laborieuse sollicitude, aux besoins de son peuple, il se retirait comme lui dans la solitude pour se perdre dans la contemplation de ses grâces et de ses miséricordes. Il priait tantôt sur le tombeau de saint Lambert, afin de nourrir sa piété par le souvenir du courage qui avait éclaté dans le martyre se vouant à la défense de la vérité et de la chasteté tantôt c'était dans la forêt, où la voix de son Bien-Aimé l'avait appelé, afin de déplorer le malheur de ne pas avoir aimé plus tôt cette beauté toujours ancienne et toujours nouvelle. D'autres fois, c'était dans les champs, pendant la nuit, sous la voûte du ciel, au milieu de cette nature dont chaque détail lui rappelait la grandeur et la clémence du Créateur. Tous les objets qui l'environnaient lui servaient admirablement pour élever son cœur vers son Dieu, centre unique de son amour. Son âme élevée au-dessus des sens découvrait un nouveau monde, dont les richesses et les beautés la ravissaient hors d'elle-même. Les grandeurs et les plaisirs de la terre, dont les prestiges trompeurs séduisent leurs malheureux partisans, ne lui paraissaient plus que néant les affections, les délices terrestres n'avaient plus de charmes et ne pouvaient pas même arriver jusqu'à la région élevée où l'esprit de la prière et de la méditation l'avait porté.

Pendant qu'il avait tant de douceur et d'indulgence pour les autres, il n'avait de la sévérité que pour lui-même. Un ouvrier lui ayant par hasard écrasé la main sur un pieu de bois, il souffrit cette douleur et cette peine avec une constance merveilleuse et sans en demander la guérison il répétait seulement ce verset du psaume : « Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde ». Son mal lui ayant donné un peu de relâche, il s'endormit, et, pendant son sommeil, il aperçut Jésus-Christ qui, lui montrant le beau palais de l'éternité bienheureuse, lui dit : « Tu vois plusieurs demeures dans la maison de mon Père, mais voilà celle que je t'ai préparée en particulier. Dans un an, je dénouerai le lien de ta tribulation, je te délivrerai, et tu me glorifieras ». Cet avertissement lui donna de nouvelles forces pour travailler au grand ouvrage de son salut. Il redoubla ses veilles, ses prières et ses aumônes, et se rendit plus attentif à faire toutes ses actions avec perfection. Souvent il baignait le sépulcre de saint Lambert de ses larmes, et de là il passait dans l'église de Saint-Pierre, où il se prosternait contre terre devant l'autel qu'il avait consacré en l'honneur de saint Aubin. Un jour qu'il avait fait une longue prière accompagnée de larmes et entrecoupée de sanglots, il se leva en prononçant ces paroles : « Le juste sera dans une mémoire éternelle ». Ensuite, se tournant vers la paroi, en mesurant avec ses bras la grandeur de son sépulcre, il dit : « Voilà l'endroit où je serai bientôt placé ».

Cependant il fut prié par plusieurs personnes considérables du Brabant devenir chez eux faire la dédicace d'une nouvelle église. Il ne voulut pas les refuser, quoiqu'il s'aperçût bien de la proximité de sa mort, et il s'acquitta de cette fonction avec son zèle et sa piété ordinaires; mais, comme il remontait sur la rivière pour s'en retourner à Liège, la fièvre le saisit avec tant de violence, qu'il fut contraint de s'arrêter dans une de ses métairies appelée Tervueren (Fura Ducis), entre Bruxelles et Louvain. Le saint prélat, pressé des douleurs de l'agonie, vit paraître au milieu de la nuit l'ennemi des hommes qui s'efforçait de l'effrayer par des figures horribles mais il le repoussa vigoureusement en récitant le psaume: « Qui habitat in adjutorio Altissimi », et par le moyen de l'eau bénite qu'il se fit apporter par un de ses domestiques. Le jour commençant à paraître, il fit venir son fils Floribert et tous ceux de sa famille, et leur dit un dernier adieu. Ensuite, étant muni des saints sacrements de l'Eglise, il récita devant tout le monde le Symbole de la foi, et comme il voulait aussi réciter l'Oraison dominicale, à ces paroles : « Notre Père qui êtes aux cieux », il termina sa vie terrestre et mortelle pour en aller posséder une éternelle et immortelle dans le ciel, le 30 mai 727.

 

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Culte et reliques

 

Le corps de saint Hubert fut transporté à Liège, dans l'église de Saint-Pierre, où il demeura exposé quelque temps à la vénération des fidèles puis il fut déposé au lieu que le Saint avait désigné, prés de l'autel Saint-Aubin, dans l'église collégiale de Saint-Pierre, ou Dieu ne tarda pas à manifester par plusieurs miracles la sainteté de son serviteur. En 743, saint Floribert procéda à l'exaltation de ses reliques en présence d'un concours nombreux de fidèles. Le roi Carloman voulut assister à cette cérémonie avec toute sa cour. Le corps fat trouvé sans aucune altération et exhalant une agréable odeur. Plein d'admiration pour ce gage de la miséricorde divine, le roi voulut retirer lui-même de la fosse, avec l'aide des grands de sa cour, ce corps sacré et odoriférant, et le porta processionnellement dans l'église. On plaça les restes du Saint dans un nouveau cercueil, et on le déposa devant le maitre-autel, où ils furent révérés pendant quatre-vingt-deux ans. Le roi fit à cette occasion de riches présents à l'église de Saint-Pierre, et lui légua par testament des terres et de nombreux revenus. Cette exaltation eut lieu le 3 novembre on fixa à ce jour la fête de saint Hubert dans toute l'Eglise catholique.

Le 21 septembre 825, l'évêque de Liège, Walcand, ouvrit la tombe du Saint en présence de Louis le Débonnaire et d'une foule innombrable de fidèles. Le corps du saint Pontife fut retrouvé dans le même état de conservation qu'on l'avait trouvé lors de la première translation. Sa chair s'était conservée aussi intacte que le jour de son inhumation. Ce corps sacré fut ensuite transporté au milieu d'une pompe extraordinaire à l'église de Saint-Lambert, où il demeura de nouveau exposé pendant trois jours à la vénération des fidèles. Après ce temps, t'évoque remit ce précieux dépôt entre les mains des moines d'Andage, qui le transportèrent solennellement à leur monastère.

Arrivés à leur destination les moines ouvrirent le cercueil et s'assurèrent de nouveau que le corps saint y était en entier ils en ôtèrent l'étole miraculeuse, la crosse d'ivoire, une sandale, le peigne et le cornet tous deux d'ivoire; tous objets que l'on montre encore aujourd'hui, à l'exception de la sandale. La précieuse dépouille fut ensuite déposée dans une chapelle ardente de l'église, relevée par Bérégise et réparée par Walcand. A peine le corps de saint Hubert fut-il arrivé à Andage, que les peuples vinrent en foule prier sur les lieux sanctifiés par sa pénitence et par la présence de ses augustes reliques cette tendre confiance des fidèles fut récompensée par de nombreux miracles. Les guérisons éclatantes obtenues par son intercession et l'emploi de son étole miraculeuse, dans des maladies graves et pour des morsures dangereuses, attirèrent à Andage une foule de pèlerins si grande, que ce pèlerinage fnt bientôt mis au nombre des plus célèbres pèlerinages du monde chrétien. Le nom d'Andage disparut comme par enchantement devant l'amour des peuples pour le nom de Saint-Hubert.

 

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La Sainte Etole

 

La relique principale, celle qui attire surtout l'attention et le respect, c'est l'étole qui a appartenu à saint Hubert et qui opère tous les jours des effets merveilleux. Elle est renfermée dans une petite boite d'argent qui a succédé à un reliquaire d'or d'un travail admirable. D'après des documents anciens parvenus jusqu'à nous, il est constaté que la sainte étole fut employée, dès le IX° siècle, comme remède infaillible contre la rage, pourvu que le patient eût une vraie foi et qu'il observât les prescriptions ordonnées pour cette guérison. Aussi voyons-nous dès lors la coutume établie d'aller en procession à Saint-Hubert coutume contractée à l'occasion de nombreux miracles. Plus le bruit de ces prodiges se répandait au loin, plus on voyait s'accroître la foule des malheureux de tout genre qui venaient solliciter la guérison de leurs maux. L'étole du Saint était connue partout pour ses effets miraculeux. Sa vertu consiste principalement à préserver des suites du venin de la rage ceux auxquels il a été communiqué, soit par la morsure d'un animal atteint de cette terrible maladie, soit par sang, par bave, haleine, nourriture infectée, soit de toute autre manière.

La médecine n'a aucun remède certain contre la rage elle se borne à indiquer des précautions préventives pour empêcher que le virus rabique ne soit absorbé et porté dans la circulation du sang. On y va plus simplement à Saint-Hubert pour accorder infailliblement la guérison de la rage, quelle que soit la manière dont le virus soit absorbé. Voici comment s'obtient cette guérison. Dès qu'une personne se croit infectée du venin de la rage, elle se rend à Saint-Hubert si elle a été mordue à sang par un animal enragé, elle subit l'opération qu'on appelle la Taille; si elle n'a pas été mordue à sang, elle reçoit ]e Répit. Après quoi la personne retourne chez elle, accomplit une neuvaine. Elle est assurée de sa guérison.

 

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La Taille

 

Voici comment se fait l'opération de la Taille L'aumônier fait une petite incision au front de la personne qui a été mordue l'épiderme étant légèrement soulevé à l'aide d'un poinçon, il introduit dans l'incision une parcelle exiguë de t'étoffe de la sainte étole, et l'y maintient à l'aide d'un étroit bandeau de toile noire, qui doit être porté pendant neuf jours, c'est-à-dire pendant une neuvaine qui est prescrite à Saint-Hubert.

 

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La Neuvaine de Saint Hubert

 

Voici les dix articles de la neuvaine de Saint-Hubert : la personne, à qui on a inséré dans le front une parcelle de la sainte étole, doit observer les articles suivants : 1° Elle doit se confesser et communier sous la conduite et le bon avis d'un sage et prudent confesseur qui peut en dispenser 2° elle doit coucher seule en draps blancs et nets, ou bien toute vêtue lorsque les draps ne sont pas blancs 3° elle doit boire dans un verre ou autre vaisseau particulier et ne doit point baisser sa tête pour boire aux fontaines ou rivières, sans cependant s'inquiéter, encore qu'elle regarderait on se verrait dans les rivières ou miroirs 4° elle peut boire du vin rouge, clairet et blanc mêlé avec de l'eau, ou boire de l'eau pure 5° elle peut manger dn pain blanc ou autre, de la chair d'un porc mate d'un an ou plus, des chapons ou poules aussi d'un an ou plus, des poissons portant écailles, comme harengs, saurets, carpes, etc.; des œufs cuits durs; toutes ces choses doivent être mangées froides; le sel n'est point défendu 6° elle peut laver ses mains et se frotter le visage avec un linge frais, l'usage est de ne pas faire sa barbe pendant les neuf jours; 7° il ne faut pas peigner ses cheveux pendant quarante jours, la neuvaine y comprise 8° le dixième jour, il faut faire délier son bandeau par un prêtre. le faire brûler et en mettre les cendres dans la piscine 9° il faut garder tous les ans la fête de saint Hubert, qui est le troisième jour de novembre 10° et si la personne recevait de quelques animaux enragés la blessure ou morsure qui allât jusqu'au sang, elle doit faire la même abstinence l'espace de trois jours, sans qu'il soit besoin de revenir à Saint-Hubert 11° elle pourra enfin donner répit ou délai de quarante jours, à toutes personnes qui sont blessées ou mordues à sang ou autrement infectées par quelques animaux enragés.

On trouve cette neuvaine établie de temps immémorial. On l'observe depuis qu'on recourt à saint Hubert. Depuis le IXe siècle, depuis le temps de saint Hubert même, l'usage constant et établi était de pratiquer ce que cette neuvaine prescrit, pour obtenir le bienfait signalé qui a toujours été accordé à ceux qui l'ont demandé par cette pratique. N'est-il pas légitime de conclure que cette neuvaine exprime les dispositions que saint Hubert demandait de ceux qu'il guérissait pendant sa vie? Si l'observance de la neuvaine est une condition de la guérison, c'est parce que l'humilité et l'obéissance qui font embrasser des pratiques qui, loin d'avoir rien de répréhensible, ne contiennent que des actes de piété, de prudence et de pénitence, disposent l'âme à une confiance plus vive et mieux fondée, et ainsi aux bénédictions de Celui qui regarde les humbles avec amour et détourne les yeux des superbes et des dédaigneux.

 

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Le Répit

 

Le Répit consiste à assurer contre la rage les personnes mordues, ou autrement infectées par des animaux enragés, jusqu'à ce qu'elles puissent se rendre à Saint-Hubert pour y être définitivement assurées. La tradition historique fait remonter l'origine du pouvoir de donner le Répit jusqu'à Saint-Hubert. Ajoutez à cela que les faits continnels viennent confirmer tons les jours cette tradition. Les aumôniers, desservant la chapelle de Saint-Hubert et les personnes taillées peuvent seules donner ce Répit.

Les aumôniers, attachés à l'œuvre de saint Hubert, peuvent donner Répit à terme ou à vie. Les personnes taillées peuvent le donner seulement pour quarante jours, comme leur instruction le porte au n°11 mais elles peuvent le répéter de quarante en quarante jours. On a vu des personnes mordues à sang se contenter d'aller demander le Répit tous les quarante jours, pendant trente-huit ans, à une personne taillée demeurant à plusieurs lieues de leur endroit, et venir après cette époque se faire tailler à Saint-Hubert.

On accorde le Répit aux personnes mordues par un animal qui ne donne que des indices douteux d'hydrophobie, ou auxquelles la morsure n'a pas été jusqu'à faire couler le sang, on encore aux personnes qui se croient infectées du venin de la rage de quelque manière que ce soit. On l'accorde encore aux enfants qui n'ont pas fait leur première communion, et qui ne sont pas préparés à la faire, quelle que soit leur blessure. De deux enfants mordus à sang par le même animal enragé et dans les mêmes circonstances, l'un est taillé parce qu'il peut remplir les conditions de la neuvaine; l'autre, trop jeune, reçoit le Répit à terme, et jamais la confiance au Répit n'a été trompée. Avant l'expiration du terme, il doit revenir à Saint-Hubert pour être taillé, ou recourir au Répit de quarante jours. Les parents demandent le Répit pour les petits enfants cette pratique était déjà usitée dès 1550.

Enfin on donne Répit aux personnes prises de la peur. On connaît assez les tristes effets que la peur entraîne dans le corps et les désordres intellectuels qui en résultent. Le Répit ne manque jamais de remonter le moral du peureux, de bannir entièrement de son esprit la maladie de la peur et de le rassurer contre le danger de la rage quelque imminent qu'il lui paraisse. Les esprits forts pourront ne voir dans ce Répit qu'une vaine cérémonie, qu'une pratique puérile et déraisonnable, mais nous n'en pouvons rien. Les résultats obtenus tous les jours sont là debout cornue des murs inébranlables contre lesquels viennent se briser tous les raisonnements.

L'effet produit par la Sainte-Etole sur la rage déclarée, c'est que les personnes taillées ont le pouvoir, mille fois reconnu, d'arrêter, de calmer et de faire périr les animaux enragés sans en être inquiétées.

On bénit à Saint-Hubert des Clefs ou « Cornets » qu'on touche à la Sainte Etole C'est un fer conique d'environ dix centimètres de longueur et de cinq millimètres de grosseur, terminé par un espèce de sceau représentant un cornet. L'usage de ces clefs ou cornets est suffisamment indiqué dans l'lnstruction suivante : « Dès qu'on s'aperçoit qu'un animal a été mordu ou infecté par un autre, il faut faire rougir le cornet ou clef au feu et l'imprimer sur la plaie même, si cela se peut commodément, sinon sur le front jusqu'à la chair vive, et tenir ledit animal enfermé pendant neuf jours, afin que le venin ne puisse se dilater par quelques agitations immodérées. (...) Les animaux sains seront aussi marqués au front, mais il ne sera pas nécessaire de les tenir enfermés. (...) Cela fait, quelqu'un de la famille, soit pour un ou plusieurs bestiaux, commencera le même jour à réciter, pendant neuf jours consécutifs, cinq Pater et Ave, à l'honneur de Dieu, de sa glorieuse Mère et de saint Hubert. Pendant tout ce temps on donnera tous les jours audit animal, avant toute autre nourriture, un morceau de pain ou un peu d'avoine bénits par un prêtre, à l'honneur de saint Hubert ». (…) « La vertu merveilleuse de ces cornets pour les bestiaux est suffisamment constatée par l'expérience journalière, et quand même. malgré cette précaution, la rage se communiquerait à un tel animal, on voit qu'il crève sans nuire aux autres. (...) Ce serait un abus, et ces clefs seraient profanées, si on s'en servait pour marquer des hommes, ou si on les imprimait sur du bois ou autre chose, lorsqu'elles sont rougies au feu, puisqu'elles ne sont bénites que pour marquer les animaux. (...) Ce serait un abus de croire qu'elles sont profanées lorsqu'on les laisse tomber à terre, ou qu'on les touche avec la main. (…) C'est un abus criminel de se servir des cornets ou clefs de Saint-Hubert pour gagner de l'argent, ou tout autre présent. La seule intention d'en recevoir rend ces cornets inutiles, pour obtenir l'effet qu'on en espère, et par conséquent, ils sont profanés ».

C'est un fait attesté par des milliers de témoins que les animaux marqués au front de la clef de Saint-Hubert, s'ils sont mordus par d'autres animaux enragés, ne sont nullement craindre; car dans le cas même où la rage leur serait communiquée, on les voit mourir sans nuire ni aux personnes ni aux autres animaux. Afin de se préserver de la rage, on porte dévotement sur soi des objets bénits et touchés à l'Etole miraculeuse de Saint-Hubert, comme des croix, des bagues, des chapelets, médailles, etc.

 

Texte extrait des Petits Bollandistes, de l'Abbé Guérin, Volume XIII, Paris 1876

 

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30 novembre 2012

Neuvaine à Saint Hubert

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Neuvaine à Saint Hubert

 

Pratiques de dévotions pour tous les jours de la Neuvaine

 

Dire cinq fois le Notre Père, le Je Vous salue Marie, puis ajouter: « Dieu, soyez-moi propice. Seigneur, exaucez ma prière ». « Gloire, honneur, et bénédiction soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, à présent et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

 

Prière à Saint Hubert

 

Très glorieux saint Hubert, Dieu fait bien voir à votre égard qu'il est admirable dans ses saints, puisque depuis tant de siècles il ne cesse de renouveler tous les jours, dans l'église où votre saint corps repose, cette merveille singulière, en guérissant et préservant du mal de rage ceux dans le front desquels on insère une parcelle de votre Etole, et qui exécutent fidèlement la neuvaine prescrite. Ce même Dieu, en punition de mes péchés, a permis que je fusse dans le cas d'avoir besoin de ce remède miraculeux; je serais en danger de périr misérablement, si vous me refusiez votre intercession dans le danger où je me trouve. Mais vous avez déjà eu la bonté de l'accorder à un si grand nombre de personnes, que cela me donne une confiance certaine de ne pas me la voir refuser. C'est pourquoi, je vous supplie, mon très saint patron, de m'obtenir, auprès de la miséricorde divine, la grâce de m'approcher pendant cette neuvaine des sacrements avec les dispositions requises, d'exécuter fidèlement les mortifications qui me seront prescrites, et d'obtenir par ce moyen une santé parfaite. Je me propose fermement de vous en témoigner ma reconnaissance pendant toute ma vie, et de vous regarder désormais comme mon patron particulier, et mon intercesseur auprès de Dieu; et même de vivre de façon que je puisse un jour parvenir à cet état de félicité où vous vous trouvez, et louer Dieu avec vous pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Premier jour

 

Prière

 

Seigneur, Dieu tout puissant, rien ne peut résister à Voire Volonté; le pécheur le plus endurci abandonne toutes les vanités du monde, renonce à toutes les affections criminelles, quitte les mauvaises habitudes les plus enracinées, et devient un tout autre homme, dès que vous avez la bonté de lui accorder Votre Grâce victorieuse. J'ai très grand besoin d'une pareille grâce pour être délivré du fardeau de mes péchés; mon cœur, affaibli par la dépravation de ses affections corrompues, a besoin de Votre secours tout-puissant pour se diriger vers Vous, ô Source de Bonté et de Sainteté! Car comment pourrais-je m'adresser à Vous pour obtenir ce que je demande, si, par mes prévarications continuelles, je Vous empêche de me l'accorder, me rendant indigne d'être exaucé. Mais comme je ne puis rien sans Vous, ô mon Dieu, je Vous supplie de me pardonner les péchés que j'ai commis contre Votre Divine Majesté, je m'en repens de tout mon cœur, et je me propose fermement de m'amender. Accordez-moi Votre Sainte Grâce à cet effet, afin qu'étant ainsi agréable à Vos yeux, je puisse obtenir l'effet de ma demande par les mérites infinis de mon Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne éternellement avec Vous et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Glorieux Saint Hubert, miroir et modèle des pénitents, dans le moment même que la voix de Dieu, qui vous exhortait d'abandonner les vanités du monde, et de vous engager dans le sentier difficile et étroit de la perfection, fut parvenue dans votre cœur, vous n'avez pas hésité de la suivre, et comme un autre Abraham, vous avez quitté vos parents et toutes les délices de la cour pour faire pénitence, et pour vous exercer dans la pratique des vertus les plus sublimes: intercédez, mon cher Patron, pour moi auprès de Dieu, afin qu'Il me donne la grâce d'être désormais plus fidèle à Sa Voix, par laquelle Il me rappelle incessamment les désordres de ma vie passée, et m'exhorte, par Ses Saintes inspirations, à changer de vie, à abandonner le vice, à pratiquer la vertu, pour que je n'aie pas le malheur d'être surpris par la Justice Divine dans l'impénitence finale; mais que j'aie le temps de pratiquer, à votre imitation, une pénitence sincère et constante pour le grand nombre de péchés dont je me sens coupable. Ces mêmes péchés, hélas! me font trembler et je crains de ne pas obtenir l'effet de ma demande auprès de Dieu; aussi très Saint Patron, je vous supplie de la vouloir appuyer par votre intercession que j'implore de tout mon cœur. Ainsi soit-il.

 

Deuxième jour

 

Prière

 

Dieu tout puissant et éternel, que Vos Jugements sont bien différents de ceux des hommes! Ceux-ci n'estiment et n'exaltent que ce qui a quelque vaine apparence d'un éclat passager; Vous au contraire, Vous Vous plaisez à exalter ceux qui se rendent les plus vils et les plus abjects pour l'amour de Vous. Pour plaire aux hommes, il faut se manifester par quelque talent trompeur; pour trouver grâce devant Vous, il faut s'ensevelir dans une sainte obscurité: les hommes oublient aisément ceux qui se cachent; et Vous les exaltez par-dessus les autres, lorsqu'ils le font pour l'amour de Vous. Je Vous confesse, ô mon Dieu, à ma confusion, que la vaine gloire et le désir d'être estimé des hommes n'a que trop occupé mon cœur jusqu'à présent; et cependant qui suis-je pour me faire tant valoir? Certes, lorsque sérieusement je rentre en moi-même, j'ai tout sujet de sentir que je suis la plus vile et la plus misérable de Vos créatures, ne voyant en moi qu'un abime de néant. Accordez-moi donc la grâce, mon Seigneur et mon Dieu, d'être toujours intimement persuadé de cette vérité: ce sera le seul moyen d'espérer Votre faveur pour la demande que je Vous fais dans cette Neuvaine que j'entreprends; car Vous êtes un Dieu qui résiste aux superbes, et qui donne Sa Grâce aux humbles. C'est aussi par cette humilité que j'aurai tout lieu d'espérer d'obtenir un jour la Gloire Céleste, dans laquelle Vous vivez et régnez pendant toute l'éternité, Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Très Saint Patron, exemple d'humilité, il ne fallait pas moins qu'un ordre exprès de la part de Dieu pour vous induire à quitter votre chère solitude, où, inconnu aux hommes, et connu de Dieu seul, vous avanciez tous les jours à grands pas dans le chemin de la perfection avec un désir ardent d'y persévérer jusqu'à la fin. Mais, lorsque Dieu, en récompense de votre fidélité, vous destina à conduire un grand troupeau dans la voie du salut cette même humilité vous fit accepter un fardeau qui vous parut si pesant, et que vous avez néanmoins porté avec tant de gloire, tant par votre propre sanctification que par le fruit et l'utilité qu'en a retirés tout votre peuple. O glorieux Saint, je vous supplie très instamment de m'obtenir par votre intercession puissante cette humilité qui me manque, sans laquelle néanmoins je sais très bien que je ne puis être agréable à Dieu, ni obtenir te que je lui demande. Cette même humilité pourra aussi me rendre plus docile que je n'ai été à la voix de mes supérieurs temporels et spirituels, auxquels Dieu m'a soumis, afin que par ce moyen je puisse obtenir un jour la béatitude éternelle destinée aux humbles de cœur et d'esprit C'est la seule récompense que je désire, ô mon saint patron, si je puis obtenir cette vertu par votre intercession, dussé-je passer tout le reste de ma vie vilipendé comme le dernier des hommes. Mon unique consolation sera de pouvoir imiter mon Sauveur Jésus-Christ, qui s'est humilié jusqu'à la mort de la croix, et d'être participant avec vous de la gloire céleste que votre humilité vous a pareillement procurée. Ainsi soit-il.

 

Troisième jour

 

Prière

 

Seigneur, Dieu tout-puissant, que vous êtes merveilleux dans vos saints! Vous ne vous contentez pas de récompenser par une Gloire éternelle la fidélité de ceux qui correspondent aux grâces que Vous leur donnez pour parvenir à la perfection, Vous faites encore servir ces mêmes Grâces au bonheur des autres, en leur accordant des faveurs extraordinaires par les mérites et l'intercession de ces Saints. Par conséquent, outre les remèdes naturels que Votre Divine Providence nous fournit contre ce grand nombre de maladies et d'infirmités auxquelles nous sommes assujettis, Votre Bonté ineffable nous en procure encore de surnaturels, tant pour le corps que pour l'âme, lorsque, pour les obtenir, nous employons l'intercession de Vos Saints. C'est donc avec une entière confiance que je m'adresse au Trône de Votre Miséricorde, pour obtenir la grâce que je Vous demande par l'intercession de Saint Hubert, que Vous avez bien voulu distinguer par tant de miracles pendant sa vie et après sa mort. Etendez aussi, Seigneur, sur moi Votre bras tout-puissant, pour me préserver de la fureur de mes désirs criminels, qui troublent si souvent le repos de mon âme, et pour anéantir la tyrannie de la chair, qui ne cesse de se révolter contre l'esprit, et qui offusque souvent la lumière de la raison. Accordez-moi cette tranquillité et cette paix intérieure qui ne peut venir que de Vous seul, afin que le tumulte de mes passions étant calmé, je puisse avancer de jour en jour dans le chemin de la vertu, et enfin parvenir à Vous louer et bénir dans toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Glorieux Saint Hubert, l'étole miraculeuse qui vous a été envoyée du Ciel le jour de votre consécration épiscopale, vous dut être un témoignage très assuré que cette nouvelle dignité serait suivie de grâces et de faveurs ultérieures, non seulement pour votre propre sanctification, mais aussi pour le Salut de tous ceux qui voudraient suivre votre exemple, et pratiquer vos saintes instructions; aussi Dieu, par une faveur singulière, vous a accordé spécialement le don de délivrer les possédés, de tranquilliser ceux qui, par quelque accident, se trouvaient dans quelque dérangement de l'esprit et de la raison, enfin et particulièrement ceux qui étaient infectés des animaux enragés. Et non-seulement pendant votre vie, mais aussi jusqu'à présent la Miséricorde Divine continue ses merveilles par votre intercession, et par le moyen de cette étole miraculeuse qui existe encore. Je ne puis mieux m'adresser qu'à vous, ô grand thaumaturge des Ardennes, pour obtenir l'effet de ma demande, et pour acquérir, par votre intercession auprès de Dieu, la grâce de pouvoir réprimer la fougue et l'impétuosité de mes passions déréglées, qui m'excitent continuellement au péché, afin d'être toujours préservé de toute rage et trouble d'esprit; pour que je puisse servir Dieu avec un cœur débarrassé de ces mauvais désirs, et avec une tranquillité d'esprit parfaite. Ce sera le moyen qui pourra enfin me conduire à la Gloire éternelle, pour vous y louer et adorer sans cesse, conjointement avec la Miséricorde Divine. Ainsi soit-il.

 

Quatrième jour

 

Prière

 

Dieu tout-puissant, arbitre de l'univers, vous ne punissez jamais plus rigoureusement un peuple, que lorsque vous permettez qu'il soit toujours soumis à des supérieurs et directeurs mauvais; aussi est-ce une marque singulière de votre bonté, lorsque vous lui préposez des hommes selon votre cœur. Accordez-nous donc, Seigneur Dieu, ce témoignage de votre miséricorde : remplissez ceux qui nous gouvernent de votre Saint-Esprit, éclairez-les par les rayons de votre grâce, pour qu'ils puisssent régir leur peuple selon les règles de l'équité et de la justice, et lui procurer tout ce qui peut être utile au corps et à l'âme. Accordez-moi aussi en particulier la grâce de les considérer comme tenant votre place sur la terre, de les honorer, de les aimer, de leur obéir, et d'éviter tout ce qui pourrait leur occasionner quelque déplaisir, et les troubler dans l'exercice de leur ministère. Car puisque vous avez dit vous-même dans vos saintes Ecritures, que ceux qui les écoutent vous écoutent, et que ceux qui les méprisent vous méprisent, je ne puis douter que ce ne soit un moyen infaillible de vous plaire que de leur obéir; aussi, Seigneur, ferai-je mon possible pour accomplir en cela votre sainte volonté, dans l'espoir que vous m'en accorderez la grâce, de même que celle que je vous demande par cette neuvaine, ô vous qui vivez et régnez pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

0 mon glorieux patron, saint Hubert, exemple d'un bon pasteur et pontife selon le cœur de Dieu, combien de peines et de travaux n'avez-vous pas endurés pour nourrir le troupeau que le Ciel vous avait confié par le pain fortifiant de la parole de Dieu, pour le conduire dans le chemin du salut par l'éclat attirant de la sainteté de votre vie et de la pureté de vos mœurs! Vous étiez la ressource de la veuve et de l'orphelin, la consolateur des affligés, le refuge des pauvres, le médecin miraculeux des infirmes, en un mot le père de votre peuple. Accordez-moi, je vous en supplie, votre intercession charitable auprès de Dieu , pour obtenir la grâce que je lui demande à présent, de même que celle d'écouter avec attention et de pratiquer avec fidélité les instructions salutaires de ceux qui me sont préposés pour me conduire à la voie du salut; de leur témoigner tout le respect, l'obéissance et la vénération que je leur dois ainsi qu'à tous les autres supérieurs et souverains auxquels la divine providence m'a assujetti; je vous prie aussi, ô mon saint patron, de m'obtenir .de la miséricorde divine un cœur tendre et docile aux inspirations de la grâce, pour embrasser fidèlement les moyens qu'elle m'inspire, pour me conduire à l'extirpation de mes affections criminelles et des habitudes dépravées, et à la pratique constante des vertus nécessaires pour me rendre digne d'être agrégé à votre société, pour vous adorer, vous louer et bénir pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Cinquième jour

 

Prière

 

Dieu tout puissant et Miséricordieux, en créant l'homme à Votre image et ressemblance, Vous l'avez en même temps doté de lumières suffisantes avec lesquelles, pour peu qu'il veuille réfléchir sur les misères de sa condition et sur cet ordre admirable qui règne dans toute la nature, il peut aisément reconnaître un Dieu auteur de toutes ces merveilles. Malgré ces avantages, l'homme s'aveugle tellement qu'il Vous abandonne, ô Créateur de l'univers, qu'il s'attache à la créature jusqu'à lui rendre un culte sacrilège, et l'invoquer même vainement dans ses nécessités. Mais, Seigneur Dieu, si je veux réfléchir sur ma conduite, je suis bien plus coupable que ces gens qui marchent dans les ténèbres de l'ignorance et de l'idolâtrie. Car, outre les connaissances naturelles que Vous avez déposées dans mon esprit dès ma naissance, Vous m'avez accordé des instructions suffisantes qui ne me laissent pas ignorer que Vous êtes l'objet et la fin à laquelle je devrais rapporter toutes mes pensées, mes paroles et mes actions; que ce n'est que par Vous que je puis obtenir mon salut, que tout ce que j'ai, vient de Votre bonté. Mais, Seigneur, le maudit penchant que j'ai pour le mal m'aveugle tellement, que j'agis comme si Vous ne me voyiez pas; mes inclinations déréglées m'entraînent vers la créature, que je préfère souvent au Créateur. Je suis donc souvent dans le cas de cette idolâtrie spirituelle, qui me rend d'autant plus criminel devant Vous, qu'elle est plus volontaire et moins excusable. Détournez donc de moi, Seigneur Dieu, cet aveuglement de mon esprit, corrigez cette dépravation de mon cœur, et faites-moi mépriser courageusement dans la créature tout ce qui m'éloigne de Vous, ô mon Créateur. Réglez par votre grâce puissante mes affections, pour que je devienne agréable à Vos yeux, et que je me rende digne d'obtenir la grâce que je Vous demande par Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous dans l'unité du Saint Esprit, pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Pontife selon le Cœur de Dieu, glorieux Saint Hubert, votre ardente Charité pour le Salut des âmes ne se borna point à votre évêché; les peuples de votre voisinage se trouvant encore dans les ténèbres de l'idolâtrie, votre zèle pour eux vous fit surmonter de gaité de cœur la difficulté des chemins, l'intempérie des saisons, la rigueur des climats, le danger même de votre vie, pour les instruire, les éclairer de la lumière de la Foi, et pour les associer à la communion de la Sainte Eglise. Je vous supplie, grand Saint, d'employer votre charitable intercession pour moi auprès de Dieu. Car, nonobstant la grâce que j'ai reçue de Lui d'être né et d'avoir été élevé dans la vraie Religion, je suis bien éloigné de m'être comporté selon Ses Saintes Maximes. Le dérèglement de ma volonté offusque les lumières de mon esprit, et m'égare de la route que je devrais tenir pour plaire à Dieu, et pour parvenir à mon Salut. Obtenez-moi donc, ô glorieux Saint, la grâce d'observer fidèlement la résolution que j'ai prise, d'être, à l'avenir, plus exact à veiller sur les égarements de mon esprit et sur la dépravation de mon cœur, d'aimer Dieu au-dessus de toutes choses et de faire toutes mes actions à Sa plus grande Gloire. Joignez aussi, glorieux Saint, votre intercession en faveur de la grâce que je Lui demande: car quoique j'en sois indigne, j'ai lieu de l'espérer de Sa Miséricorde Divine, qui aura plutôt égard à vos mérites qu'à mon indignité, ayant toujours accordé tant de grâces et de faveurs, à ceux qui ont eu recours à votre puissante protection. Ainsi soit-il.

 

Sixième jour

 

Prière

 

Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, l'homme s'étant volontairement précipité dans l'esclavage du démon par sa première désobéissance à Vos commandements, Votre Bonté l'a préservé de la perte inévitable de son Salut, en lui procurant un libérateur dans la personne de Votre Fils unique, qui s'étant fait homme l'a délivré de cet esclavage et lui a rouvert le chemin à la Félicité éternelle. Encore tous les jours, Dieu de Miséricorde, Vous étendez Vos bras vers ceux qui se remettent de nouveau sous la puissance de l'Enfer par les péchés les plus énormes, Vous leur octroyez, libéralement de Vous en demander la grâce, Vous leur accordez Votre secours tout-puissant pour revenir de leurs égarements et pour récupérer Votre amitié, Vous leur donnez des forces suffisantes et nécessaires pour surmonter toutes les attaques que livrent le Démon, le monde et la chair. Je suis, Seigneur, cet homme auquel Vous avez déjà accordé tant de fois Votre Protection toute-puissante, et qui est retombé tant de fois dans l'abîme d'où Vous l'aviez tiré si miséricordieusement. Je suis ce misérable pécheur qui s'est livré de nouveau aux instigations du Démon et de la concupiscence. O Seigneur, j'implore encore une fois Votre Miséricorde, je Vous promets que je ferai tout mon possible pour ne plus en abuser. Accordez-moi donc Votre secours contre les attaques des puissances des ténèbres, éloignez de moi cet ennemi juré du genre humain, brisez ses armes, humiliez son orgueil, pour qu'il ne puisse prévaloir contre mon corps ou mon âme; anéantissez tous les desseins pernicieux qu'il trame contre moi, afin que je puisse travailler avec plus de facilité au grand œuvre de mon Salut et me rendre digne de la grâce que je Vous demande à présent, comme aussi de la Gloire où Vous régnez éternellement avec le Fils et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Mon très cher Saint Patron, entre toutes les grâces et les faveurs célestes dont Dieu vous a comblé pendant votre vie, en récompense de votre fidélité et de ce zèle ardent avec lequel vous avez travaillé à votre propre sanctification et à celle des autres, une des plus singulières est ce pouvoir miraculeux sur les démons, que vous avez exercé si souvent envers ceux qui, de votre temps, ont eu le malheur d'en ressentir les effets pernicieux. Même depuis que vous êtes dans la gloire céleste, vous continuez, par votre intercession auprès de Dieu, ce même pouvoir, et grand nombre de personnes en ont senti les effets salutaires: c'est ce qui me donne la confiance, grand Saint, d'implorer pour moi cette intercession puissante. Hélas! par mes infidélités envers Dieu, par le consentement malheureux que je donne souvent aux instigations de l'ennemi de mon Salut, je me trouve soumis à sa puissance et à sa tyrannie. Or, puisque je me trouve dans le cas de demander une grâce particulière à Dieu par votre puissante intercession, accordez-la moi en même temps pour ôter le plus grand obstacle qui pourrait m'empêcher de l'obtenir. Soyez mon bouclier contre les embûches que me dresse continuellement le démon: obtenez-moi la grâce d'être préservé de toutes les illusions infernales, qui pourraient nuire à mon corps ou à mon âme. Intercédez pour moi, glorieux Saint, afin que je n'aie pas le malheur de commettre le péché, qui seul peut lui donner sur moi un pouvoir absolu, afin que me reposant avec une conscience pure et tranquille à l'ombre de la protection divine, je puisse être en état de mépriser toute la puissance infernale, et de jouir enfin avec vous de la gloire céleste, pour y louer Dieu pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Septième jour

 

Prière

 

O Dieu, juge Souverain et équitable des vivants et des morts, Vous avez irrévocablement prononcé la sentence de mort sur tout le genre humain: Votre cher et unique Fils, Dieu comme Vous de toute éternité, n'en a pas même été exempt dès qu'Il s'est fait homme. C'est ainsi, ô juge sévère, que Vous traitez chacun selon ses mérites, que Vous jugez selon les œuvres et non selon la personne ou la dignité. Lorsque je considère ma vie passée, le peu de bonnes œuvres que j'ai faites, le nombre de péchés que j'ai commis, Seigneur, comment soutiendrais-je Votre présence, si Vous me citiez dans ce moment devant Votre Tribunal redoutable? Quelle excuse pourrais-je Vous alléguer, si Vous me remettiez devant les yeux l'abus que j'ai fait de tant de grâces que Vous m'aviez accordées? Si Vous vouliez me faire rendre compte de tout le bien que j'ai omis, et de tout le mal que j'ai fait? Quel repentir n'aurais-je point d'avoir si mal employé le temps le plus précieux de ma vie, et de Vous avoir servi avec tant de nonchalance? Puis donc que Vous m'accordez encore le temps, Dieu Miséricordieux, de satisfaire à Votre Divine Justice par une pénitence sincère, accordez-moi, je Vous en supplie, la grâce de le mieux employer que par le passé, et de m'exercer dans la pratique des vertus qui Vous seront les plus agréables, enfin d'accomplir en tout Votre Sainte Volonté, et pour qu'à la fin de ma vie je puisse paraître avec confiance devant le Trône de Votre Justice, et entendre sans appréhension une sentence qui me procure le bonheur de Vous louer et bénir toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Glorieux Saint Hubert, en considération de votre pénitence très austère, d'une vie féconde en bonnes œuvres et en mérites, et des travaux apostoliques que vous avez supportés, pour l'amour de Dieu et de votre prochain, la Miséricorde Divine a bien voulu vous donner des assurances positives de votre Salut, en vous faisant voir la demeure éternelle qui vous était destinée pour la récompense de vos travaux. Quelle consolation pour vous, grand Saint, quelle joie ineffable de voir approcher la dissolution de votre corps mortel qui devait vous unir pour toujours à Jésus-Christ! De vous voir mourir de la mort des justes, qui est plutôt un sommeil doux et pacifique, et l'entrée du bonheur éternel! Après une faveur si signalée de la Bonté Divine, je ne puis avoir qu'une confiance certaine d'obtenir par votre intercession ce que je demande à Dieu. Je vous invoque donc à ce sujet, ô mon Saint Patron; obtenez-moi, je vous en supplie, cette grâce, de même que celle de vous imiter dans votre glorieux trépas. Je l'avoue, il eût fallu imiter votre vie, pour pouvoir mourir d'une mort si sainte: c'est aussi ce que je me propose fermement de faire. Si vous vouliez bien joindre votre intercession à ma bonne volonté, cela me mettrait en état de corriger mes mauvaises habitudes, de modérer mes plaisirs dépravés, de réprimer ma délectation sensuelle, de mépriser la pompe du monde, et les instigations du démon: par ce moyen, mon âme ornée de vertus et enrichie de mérites, soutiendra avec joie la venue de son juge à l'article de la mort, et pourra espérer de jouir avec vous éternellement de la Gloire Céleste. Ainsi soit-il.

 

Huitième jour

 

Prière

 

Dieu de Miséricorde, malgré la distance infinie qui se trouve entre Votre Divinité incompréhensible et le néant misérable de la nature humaine, Votre bonté pour l'homme est si considérable, que pour un petit hommage qu'il Vous rend dans ce monde, Vous lui donnez une gloire ineffable, et Vous le mettez en possession de Vous-même en l'autre. O source inépuisable de bonté et de félicité! Cette considération a servi de puissant aiguillon à une infinité de personnes, pour abandonner le monde et toute sa pompe, pour mépriser les délices de la chair, pour résister aux attraits de la concupiscence et aux attaques réitérées de toute la puissance infernale, pour souffrir les tourments les plus cruels, et la mort même. Hélas! J'ai bien la témérité d'espérer la même gloire de Votre Bonté; mais, misérable que je suis, lorsque je considère ma vie passée, je me trouve bien éloigné d'avoir fait ce qu'il fallait pour y parvenir, dans le temps même que je devais encore me croire, trop heureux de ce que Vous voulussiez bien m'accorder une récompense si grande pour si peu de peines! Hélas! Seigneur, accordez à mon cœur endurci une sainte ardeur pour mériter Votre possession, donnez-moi un désir sincère de faire tout ce qui convient pour l'obtenir, et la grâce d'accomplir ce même désir: car je sens bien que je ne puis rien sans Vous, et qu'avec Vous je puis tout. Je Vous supplie pareillement, ô Dieu infiniment bon et aimable, de vouloir m'accorder la grâce que je Vous demande pendant cette Neuvaine, principalement si cela peut contribuer à la sanctification de mon âme et à la possession de Votre Gloire éternelle, dans laquelle Vous vivez et régnez pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons clignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Très glorieux Saint Hubert, vous jouissez à présent pour toute l'éternité du fruit de vos travaux après avoir passé le temps de votre vie passagère à renoncer à tout, à souffrir des peines et des adversités pour l'amour de Dieu et pour le Salut du prochain, et à vous élever au comble de la sainteté, par un exercice continuel dans la pratique de la vertu et de la perfection Chrétienne. Dieu vous a maintenant élevé au comble de la gloire et de la félicité éternelle: ce Dieu infiniment Bon vous accorde même actuellement des grâces et des faveurs singulières, lorsque vous employez votre intercession pour ceux qui vous invoquent dans leurs peines et leurs nécessités; c'est ce qui m'engage, grand Saint, à implorer votre protection dans la demande que je fais à Dieu pendant cette Neuvaine. J'implore cette même protection pour obtenir la grâce de vivre en sorte que je puisse aussi mériter la participation de cette gloire éternelle et ineffable que vous possédez à présent. A cet effet, ô mon Saint patron, faites-moi participant de votre zèle qui vous a déterminé à mépriser les choses terrestres, pour acquérir la joie et la Béatitude Céleste; obtenez-moi une étincelle de cette flamme pure de l'Amour Divin dont votre cœur se trouve embrasé, afin que je puisse supporter avec gaité de cœur toutes les adversités, les contradictions et les peines par lesquelles je dois nécessairement passer pour acquérir cette gloire, que Dieu n'accorde qu'à ceux qui, pour son amour, ont été les imitateurs des souffrances de son Fils unique, notre Sauveur Jésus Christ. Ainsi soit-il.

 

Neuvième jour

 

Prière

 

Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, je ne dois attribuer qu'à mes péchés cette affliction où je me trouve, et pour la délivrance de laquelle j'ai eu recours pendant ces neuf jours à Votre Bonté infinie, invoquant en ma faveur l'intercession de Votre fidèle Serviteur le Glorieux Saint Hubert, pour obtenir par ses mérites ce que je ne puis espérer de moi-même. Je Vous supplie donc de nouveau, Seigneur, de m'accorder cette grâce. Il est vrai, et je le confesse à la face du Ciel et de la terre, que j'ai très justement mérité l'affliction et la peine dans laquelle je me trouve: même, Seigneur, je dois Vous remercier de ce châtiment passager; car c'est un effet de Votre infinie Miséricorde de punir en ce monde pour pouvoir être propice en l'autre. Mais Vous connaissez aussi, Dieu Tout-Puissant, la grandeur de ma fragilité. Ma faiblesse est assez grande pour succomber sous la pesanteur de Votre bras qui me châtie, si en même temps celui de Votre Miséricorde ne me soutient efficacement pour supporter avec patience Votre châtiment paternel. Souvenez-Vous donc, grand Dieu, de ce Précieux Sang que Votre Fils unique, mon Sauveur Jésus-Christ, a répandu pour moi; et en sa considération accordez-moi cette grâce que je ne puis mériter par moi-même. Vous êtes l'unique refuge des pécheurs, j'ai tout sujet de m'adresser à Vous en cette qualité, et d'espérer néanmoins que Votre infinie Miséricorde m'accordera l'objet de ma demande, par les mérites de mon Sauveur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous et le Saint Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Très Saint Pontife et fidèle Serviteur de Dieu, votre puissante intercession auprès de Sa Divine Majesté procure du soulagement à tant de personnes qui vous invoquent dans leurs afflictions et guérit tant d'infirmes qui implorent votre secours salutaire, que me trouvant dans le cas d'avoir besoin d'un Patron auprès de Dieu pour obtenir la faveur que je lui demande, je m'adresse à vous pour vous prier de vouloir vous intéresser en ma faveur auprès de sa divine Majesté. Offrez-lui donc, je vous en supplie, très Saint Patron, tout ce que vous avez souffert pour son amour, tous les soupirs et les affections pieuses de votre cœur, toutes ces ferventes exhortations par lesquelles vous gagniez les âmes à Dieu, enfin toutes vos vertus et tous vos mérites, pour suppléer à ce qui me manque, et pour pouvoir me mériter d'être exaucé auprès de Dieu. De mon côté, glorieux Saint, je ferai ce que je pourrai pour vous témoigner ma reconnaissance pendant toute ma vie: et je me propose aussi d'être, dans la suite, plus fidèle à accomplir les devoirs que m'imposent mon état et ma condition, d'imiter, autant qu'il me sera possible, la sainteté de votre vie, et les exemples de vertu que vous m'avez donnés, afin que je puisse un jour avoir le bonheur de vous être réuni dans la Gloire Céleste, et de louer, bénir et adorer conjointement avec vous ce Dieu infiniment Bon et Miséricordieux, pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

A la fin de la Neuvaine

 

Action de grâce à Dieu

 

Seigneur Dieu, source inépuisable de toute bonté, je loue et je bénis Votre Miséricorde infinie, et du fond de mon cœur je vous rends mes très humbles actions de grâces, pour ce bienfait signalé que Vous venez de m'accorder, en me garantissant du cruel mal de rage par le moyen de l'Etole miraculeuse et l'intercession du Glorieux Saint Hubert. Je voudrais seulement avoir assez de mérites, pour vous rendre mes actions de grâces avec la même ardeur et la même affection, que le pourraient faire Vos Anges et Vos Saints dans la Gloire Céleste. Mais comme la chose m'est impossible, jetez, Seigneur, un regard favorable sur ma bonne volonté, et accordez-moi, je Vous en supplie, la grâce de vivre désormais de façon que je ne mérite plus une pareille punition pour mes péchés, et d'employer le reste de la vie que Vous m'avez miséricordieusement prolongée, à Vous servir plus fidèlement que je ne l'ai fait jusqu'à présent, et à me sanctifier par l'accomplissement de Votre Sainte Loi, afin que je puisse mériter de Vous bénir et louer éternellement. Ainsi soit-il.

 

Action de grâce à la Bienheureuse Vierge Marie

 

Très Glorieuse Vierge Marie, Protectrice de tous ceux qui ont recours à Vous dans leurs peines, soit corporelles, soit spirituelles, quelles actions de grâces n'ai-je pas à Vous rendre d'avoir eu compassion d'un pauvre misérable pécheur comme moi, et de m'avoir enrichi par Votre intercession d'une parcelle de cette Etole merveilleuse, que Vous avez envoyée à votre fidèle Serviteur Saint Hubert. C'est par l'efficacité de cette intercession, que j'ai achevé heureusement ma Neuvaine, et que je me trouve délivré de tout risque et inquiétude. Quoique je ne sois pas en état de Vous en témoigner une reconnaissance convenable, néanmoins, ô Mère de Miséricorde, la volonté de le pouvoir faire ne me manquera jamais, souhaitant de tout mon cœur que l'effet pût y correspondre. Aussi, Vierge très glorieuse, comme je n'ai rien de moi-même qui puisse Vous être agréable et digne de Vous être offert pour cette faveur singulière dont je Vous suis redevable, je Vous offre Votre très Cher et unique Fils, mon Sauveur, que je viens de recevoir sur le fin de ma Neuvaine, Vous suppliant de me continuer Votre puissante Protection et de me préserver désormais du même malheur qui m'est arrivé, et de m'obtenir la grâce d'employer le reste de ma vie, que la Miséricorde Divine m'a prolongée, à me rendre digne de posséder un jour avec Vous la Gloire éternelle. Ainsi soit-il.

 

Action de grâce à Saint Hubert

 

Très Glorieux Pontife et Serviteur de Dieu, Saint Hubert, je viens d'achever heureusement ma Neuvaine; votre intercession a produit ses effets. Après Dieu et Sa Sainte Mère, c'est à vous que je suis redevable de la santé et de la tranquillité dont je jouis; sans égard à mon indignité, vous m'avez obtenu auprès de Dieu une prolongation de la vie, que j'étais en risque de perdre malheureusement, et par ce moyen j'ai encore du temps pour faire de dignes fruits de pénitence. Je souhaiterais de tout mon cœur de pouvoir accomplir en tout ceci la volonté de Dieu; mon bonheur éternel en dépend. Mais, hélas! je connais trop ma fragilité, lorsque je me trouve dans l'occasion de péché, et, dans ces circonstances critiques, j'ai souvent fait la triste expérience, que l'effet ne correspond pas toujours à la bonne volonté. C'est pourquoi, ô mon Bienheureux Patron, je vous supplie de m'en obtenir la grâce auprès de la Miséricorde Divine; tant que je respirerai, je vous en témoignerai ma juste reconnaissance. Votre bonté m'a déjà accordé tant de faveurs, j'espère que vous ne me refuserez pas encore celle-ci, qui pourra me procurer le comble du bonheur, en me procurant la gloire éternelle, dans laquelle, conjointement avec vous, je pourrai louer et bénir Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Neuvaine extraite de « Dévotion à Saint Hubert », de Dom Robert, Paris, Ed. Casterman, 1866

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29 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Trentième jour

Conclusion

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

« Vous avez sauvé une âme, dit Saint Augustin, vous avez prédestiné la vôtre ». Et le Saint Esprit nous fait cette promesse dans Isaïe: « Si vous assistez les pauvres avec effusion de cœur, et si vous remplissez de consolation l'âme affligée, le Seigneur vous tiendra toujours en repos, il remplira votre âme de ses splendeurs ». Aussi Saint Paul plaçait tout l'espoir de son salut éternel en ce qu'il procurait le salut des autres; ce qui lui faisait écrire à ses disciples de ThessaIonique: « Quelle est notre espérance et la couronne de notre gloire? N'est-ce pas vous qui l'êtes devant le Seigneur Jésus-Christ ». Or, ne pouvons-nous pas appliquer ces divers textes au zèle pour la délivrance des âmes du Purgatoire? Quand par nos efforts, par nos prières, par nos aumônes, nous aurons hâté l'entrée dans le Ciel de quelqu'une de ces âmes chéries de Dieu, ne sera-ce pas pour nous un motif puissant d'espérance? N'est-ce pas à nous que s'adressent ces paroles du Sauveur: « Heureux ceux qui sont miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde »? Cette dévotion est le fruit de cette sublime charité dont parle Saint Paul: « Sur toutes choses revêtes-vous de la Charité, qui est le lien de la perfection. Quand j'aurais une foi capable de transporter les montagnes, quand je parlerais le langage des anges, si je n'ai pas la Charité, je n'ai rien ». Pesez bien ces dernières paroles: « Si je n'ai pas la Charité, je n'ai rien ». Or , si nous négligeons, si nous délaissons les âmes du Purgatoire, avons-nous la Charité? Si, après avoir lu cet ouvrage, qui, malgré ses nombreux défauts, nous donne une idée des souffrances de ces âmes, des motifs et des moyens de les soulager; si, après avoir acquis ces lumières, dont la privation nous rendait peut-être excusables, nous continuons à ne rien faire pour nos frères souffrants, pouvons-nous nous rendre le témoignage que nous avons la charité? Pouvons-nous, la main sur la conscience, nous flatter que nous aimons Dieu de toutes nos forces, que nous aimons notre prochain comme nous-mêmes? Où donc serait la preuve de cet amour, si l'œuvre la plus agréable à Dieu et la plus utile à notre prochain nous trouve insensibles; si, pouvant si aisément procurer la gloire de Dieu et le plus grand soulagement à nos frères, nous n'en faisons rien?... Mais ne nous appesantissons pas sur cette pensée; c'est sans doute inutile, puisque tous les lecteurs de cet ouvrage n'ignorent plus les immenses avantages attachés à la dévotion pour les âmes du purgatoire; l'intérêt de la gloire de Dieu, l'intérêt de ces saintes âmes, et notre propre intérêt; la Charité, la justice, la reconnaissance; tout se réunit pour faire aimer et pratiquer cette dévotion. Le peu de développement donné à ce sujet, si intéressant et si vaste, suffit pour inspirer à tout fidèle la résolution de s'occuper fréquemment de la pensée du Purgatoire, dans le double but d'y porter du soulagement et de s'instruire à la vue de ces tourments infligés par un Dieu Juste et Saint, pour la satisfaction des moindres péchés. La prière pour les morts et la méditation des peines du purgatoire doivent nous faire prendre la ferme résolution de profiter de ce temps de Miséricorde, de ces jours de propitiation que nous accorde la Bonté Divine, pour expier les peines temporelles dues à nos péchés: expiation si facile en cette vie! tandis qu'en l'autre la Justice seule régne, et exige une satisfaction entière avec la dernière rigueur; le coupable ne pouvant plus ni mériter, ni rien offrir qui puisse adoucir sou malheureux sort.

Nous seuls, nous pouvons venir à son secours; et, n'oublions pas qu'en satisfaisant pour ces âmes souffrantes, nous n'y perdons rien pour nous-mêmes, puisque par là nous nous préparons des protecteurs, des amis près de Dieu, dont il nous obtiendront les secours qui nous sont nécessaires dans cette terre d'exil et de combats. Offrons donc tous les jours, pour ces frères de l'Eglise souffrante, le Sang du Divin Rédempteur, qui est répandu encore tous les jours sur nos autels pour eux. Recourons sans cesse au moyen si efficace des indulgences que l'Eglise permet d'appliquer à ces saintes urnes: prions et faisons des bonnes œuvres avec l'intention de satisfaire pour ces membres souffrants de Jésus-Christ : oh! de quelle reconnaissance ne seront-ils pas pénétrés après leur délivrance? Notre Charité pour eux ne serat-elle pas récompensée au centuple?

Tous les motifs présentés dans cet ouvrage ne suffisent-ils pas pour faire embrasser à tout chrétien cette dévotion? hé bien! en voici un dernier à la portée de tout le monde, et qui doit lever tout doute et ne laisser aucun prétexte à l'esprit le plus opiniâtre, au cœur le plus insensible. La prière la plus digne de notre vénération, la plus agréable à Dieu, est sans doute l'Oraison Dominicale, puisque c'est Jésus-Christ lui-même qui l'a composée et l'a apprise à ses disciples. Or, voici les trois premières demandes de cette prière du Sauveur: « Que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive, que Votre Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel ». N'entrons-nous pas dans l'esprit de ces trois demandes en priant pour les âmes du Purgatoire? En travaillant à leur obtenir quelque soulagement, à hâter le moment où elles pourront glorifier Dieu dans le Ciel, ne travaillons-nous pas à faire sanctifier Son Nom, à avancer l'époque de l'établissement de son règne dans ces àriles comblées de ses grâces, et à procurer l'accomplissement de la volonté divine? Et, si ces demandes ne sont pas une simple formule, mais nous imposent l'obligation de faire tout ce que nous pouvons pour produire ce qu'elles expriment, ne devonsnous pas en conclure que l'Oraison Dominicale contient un précepte, pour ainsi dire formel, de prier pour les âmes du Purgatoire? Du moins cette dévotion est un moyen sûr et infaillible de prouver à Dieu que nous désirons que Son Nom soit sanctifié dans ces saintes âmes, en leur procurant la gloire céleste; que Son Règne arrive pour elles, et que Sa Volonté Divine s'accomplisse, en les faisant jouir du bonheur pour lequel elles ont été créées, et en unissant par cette prière l'Eglise de la terre, l'Eglise militante avec les deux autres Eglises, souffrante et triomphante. « Qu'il est bon, qu'il est doux à des frères d'être unis », s'écrie le Psalmiste: union en Dieu, établissement de Son Règne, gloire de l'Adorable Trinité: telle est la fin de la prière pour les morts; tel est le but que nous nous proposons en la faisant; et tel est, par conséquent, un des moyens efficaces de prouver à Dieu que nous ne nous bornons pas à exprimer machinalement les désirs que contiennent les trois premières demandes du Pater, mais que nous voulons travailler réellement à procurer Sa Gloire en hâtant, par tout ce que nous faisons pour les morts, le moment où ils jouiront du bonheur éternel. Tàchons donc, chacun comme nous le pourrons, d'entrer dans l'esprit des trois premières demandes de l'Oraison Dominicale, en secourant les âmes du Purgatoire par le Saint Sacrifice de la Messe, par la prière, par les indulgences, par les bonnes œuvres: souvenons-nous qu'en travaillant pour elles, c'est pour Jésus Christ que nous travaillons, puisqu'Il nous dit: « Je vous le dis en vérité, autant de fois que vous avez rendu ces devoirs à l'un des moindres de mes frères, soit sur la terre, soit dans le lieu d'expiation, c'est à moi-même que vous les avez rendus ». Et quelle sera la récompense de cette Charité? Tressaillez, âmes touchées de compassion pour vos frères souffrants, tressaillez de joie; car voici la sentence que votre juge suprême prononcera: « Venez, vous qui êtes bénis de Mon Père, possédez le Royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde! »

Exemple

Nous sommes heureux de pouvoir, en finissant ce mois, offrir à la jeunesse un modèle qu'elle s'empressera sans doute de suivre: c'est l'intéressant et pieux Hyacinthe Lecudon, mort en 1819 à l'âge de 16 ans: sa vie a été publiée dans les « Souvenirs des Petits Séminaires », ouvrage dont on ne saurait assez recommander la lecture aux jeunes gens. « Le soulagement des âmes détenues dans le Purgatoire avait toujours été pour Hyacinthe une de ses plus chères dévotions; il s'en occupa dans sa dernière maladie, jusqu'à s'oublier entièrement lui-même en faveur de ces pauvres âmes. Un de ses amis étant venu le voir lui demanda s'il voulait qu'on fit pour lui des prières particulières. « Non, répondit-il, je ne crains pas la mort; mais qu'on prie pour les âmes du Purgatoire ». Un autre jour, quelques congréganistes lui apprirent qu'on avait récité pour lui l'office de la sainte Vierge: « Qu'on a grand tort! s'écria-t-il. On ferait bien mieux de prier pour les âmes du Purgatoire. Je n'y souffre pas encore; et peut-être avant que je meure pourriez-vous en délivrer quelqu'une. Il sera temps de penser à moi quand je serai à leur place ». Quelques heures avant sa mort, il entretenait encore ses amis de l'état douloureux où sont les âmes du purgatoire. En parlant des flammes qui les tourmentent et les purifient, « Je mériterais bien, d'y être précipité, disait-il, mais (en montrant avec un air de satisfaction l'image de la sainte Vierge qui était sous ses yeux) la bonne mère... ah ! elle est si bonne qu'elle me fera sauter par-dessus ». Regardez et faites selon ce modèle.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

Fin du Mois des Ames du Purgatoire

 

Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois des Ames du Purgatoire (pdf) en cliquant ici

 

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Prochain Mois de Dévotion, le Mois de Saint Joseph, rendez-vous le 28 février 2013.

 

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28 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-neuvième jour

Le Purgatoire considéré comme motif de patience dans les maladies

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Le premier fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du Purgatoire est la haine et la détestation du péché. Car, si l'on peut juger de l'horreur que nous devons avoir de la plus petite faute, par la grandeur de la peine que Dieu nous impose pour la punir, qui ne sait que les peines du Purgatoire sont en cela semblables à celles de l'enfer; qu'elles surpassent, non seulement tout ce que nous pouvons souffrir en cette vie; mais encore tout ce que nous pouvons penser? Rappelons-nous tout ce que nous avons médité sur ce sujet les premiers jours de ce mois, pendant l'octave des morts. Mais surtout pensons à la privation de Dieu: c'est sans doute le comble de leurs maux, tant à cause de l'amour que ces âmes Lui portent, que parce que la possession de Dieu doit être leur béatitude; c'est la où tendent leurs plus ardents souhaits, et néanmoins elles s'en voient éloignées par leur faute, avec la perte de tant de degrés de gloire qu'elles pouvaient acquérir si facilement, et dont elles se sont rendues indignes pour de si basses et si légères occasions. O péché! que tu es un cruel poison et une funeste source de maux! ô sainteté divine! que vous haïssez l'iniquité, puisque vous punissez si rigoureusement les moindres fautes dans vos amis!

Le second fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du Purgatoire, est la patience dans leurs peines, et le désir de faire leur purgatoire en ce monde plutôt qu'en l'autre. C'est un acte de prudence d'écouter les gémissements des fidèles trépassés, et d'apprendre d'eux à ne point tomber en de semblables tourments. Comme ils ont plus de charité que le mauvais riche, ils enverraient volontiers des messagers aux malades pour les avertir charitablement, et pour les exciter à souffrir les incommodités de leur maladie avec tant de résignation et de vertu, qu'il ne leur reste rien à payer en l'autre monde. Un jour de fièvre, une tristesse d'une heure, une douleur, un ennui passager qu'ils endureront volontiers pour l'amour de Dieu, abrégera leur séjour dans le Purgatoire, parce que le temps de l'autre vie est un temps de justice, où Dieu fait payer en rigueur tout ce qu'on lui doit, au lieu que cette vie est un temps de grâce et de Miséricorde, où il se contente de peu pour le payement d'une grande dette; en sorte qu'on peut dire qu'il a mis le Purgatoire de sa douceur et de son amour dans la maladie, mais qu'il réserve celui de sa sévérité après la mort; et, ce qui est très important, les peines qu'il fait souffrir après la mort sont pures peines sans mérite, et sans aucun accroissement de grâce, tandis que, dans la maladie, un acte de patience pratiqué comme il faut, n'est pas seulement un payement ou un acquit, mais encore un profit et une acquisition qui nous apporte un trésor inestimable de grâce et de gloire. C'est pourquoi Saint Augustin avait raison de faire cette prière, que le malade doit souvent répéter: « Seigneur, purifiez-moi en cette vie, et me rendez tel que je ne sois point obligé de passer par le feu d'expiation, que je désire éviter, non tant pour m'exempter de la peine, que pour être plus tôt uni à mon souverain bien et à ma dernière fin ».

Le troisième fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du Purgatoire, est la Charité qui les porte à offrir à Dieu leurs souffrances, pour délivrer quelqu'une de ces âmes saintes qui sont détenues dans les flammes. On ne peut douter que cette œuvre de miséricorde spirituelle ne soit fort agréable au Fils de Dieu. Le cardinal de Vitry rapporte, dans la vie de Sainte Christine, que cette admirable fille étant morte dans la fleur de son âge, se releva du cercueil, lorsqu'on disait la messe sur son corps, et qu'elle tint ce discours: « L'Ange du Seigneur m'a menée dans le Purgatoire, où j'ai vu de si horribles tourments que je croyais certainement que ce fût l'enfer. De là, il m'a conduite au trône de Jésus-Christ qui m'a donné le choix de demeurer au ciel, ou de retourner au monde pour soulager les âmes du purgatoire par mes prières et par mes souffrances; ajoutant que, si je faisais ce dernier choix, je lui ferais plaisir ». On sait les tourments incroyables qu'elle endura depuis pour plaire à son Epoux Céleste, qui mérite bien sans doute que nous suivions son inclination, en renonçant à nos propres intérêts pour le contenter. C'est aussi ce qu'ont fait plusieurs Saints, qui ont pris sur eux de satisfaire pour les membres de réalise souffrante: il serait facile de citer des traits des plus authentiques et des plus merveilleux. Mais nous aimons mieux rappeler au souvenir des lecteurs une contemporaine, dont plusieurs d'entre eux connaissent sans doute les méditations sur la passion de Jésus-Christ, la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, religieuse Augustine, en Westphalie morte en 1824. L'ouvrage intitulé: « La douloureuse passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ », d'après les méditations de cette religieuse, contient l'abrégé de sa vie: on y lit: « une grande partie de ses maladies et de ses douleurs (elle fut 20 ans continuellement souffante) provenait de ce qu'elle prenait sur elle les souffrances des autres. Elle avait donc à supporter des maladies qui lui étaient propres, des maux qu'elle prenait à autrui, certaines douleurs pour expier les fautes des autres,... et très-fréquemment des souffrances de satisfactions fort diverses pour les âmes du purgatoire ».

Résolution

Lorsque la maladie nous accablera, ou lorsque nous visiterons et consolerons des malades, appliquons-nous à trouver, dans la pensée du Purgatoire, un puissant motif de patience. En outre sans cesse mille autres occasions se présentent de pratiquer la vertu depatience; recourons donc sans cesse au même moyen, à la pensée du Purgatoire, pour rendre méritoires toutes ces pénibles circonstances de notre vie.

Prière

Pères des Miséricordes, qui avez autrefois retiré Isaac du bûcher, et Votre serviteur Loth de l'embrasement de Sodome, ayez, s'il Vous plait, mon Dieu, la même Bonté pour ces âmes qui sont privées de Votre Gloire, et qui attendent le temps où il Vous plaira de les en faire jouir. Ne différez pas plus longtemps le bonheur après lequel elles soupirent. Ne regardez pas ce qu'elles méritent, mais ce que Votre très cher Fils a souffert pour les rendre dignes du paradis. Appliquez-leur le mérite de son Précieux Sang; et, si Votre Justice exige encore d'elles quelque satisfaction, recevez par Votre Souveraine Clémence le désir que j'ai d'y satisfaire, et vengez sur moi les offenses qu'elles ont commises contre Vous. Que si mon indignité empêchait l'effet de ma demande, mettez mon âme dans un état qui Vous soit agréable, afin de hâter le bonheur de ces Saints et aimables prisonniers, dont le seul désir est de Vous aimer, de Vous voir, de Vous louer et de Vous posséder dans l'éternité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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27 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-huitième jour

Nous pouvons éviter le purgatoire en endurant en esprit de pénitence les afflictions que Dieu nous envoie

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

La Religion m'apprend que si j'ai encore à ma mort des dettes à acquitter envers la Justice Divine, je les acquitterai dans le Purgatoire, prison passagère, il est vrai, mais d'où l'on ne sort qu'après avoir satisfait jusqu'à la dernière obole; et où, en attendant une satisfaction complète, réglée par la Justice de Dieu, on endure les plus grandes souffrances. Saint Césaire d'Arles dit que la moindre peine qu'on y souffre est plus grande que la plus terrible qu'on puisse même imaginer. Il est rare qu'après la mort on ne descende dans ce lieu d'expiation. Il y a néanmoins des moyens de n'y point aller, ou du moins d'y demeurer peu de temps. Parmi ces moyens je dois mettre les afflictions. La religion m'apprend encore que, supportées avec patience et en esprit de pénitence, elles peuvent servir à acquitter dès cette vie toutes mes dettes. Dieu ne tire pas une double vengeance du même péché. Il m'envoie des afflictions dans le dessein que je lés accepte avec humilité et avec résignation comme une punition de mes iniquités; que si je me conforme à ce dessein de Miséricorde, après cette vie il exigera de moi beaucoup moins. Otez la rouille de l'argent, dit le sage (Proverbes 25.), et on en fera un vase très pur. C'est ainsi qu'il faut que mon âme soit purifiée de ses taches, avant de paraître au festin éternel du Roi des cieux. Si elle l'est aujourd'hui par le feu de la tribulation , elle n'aura pas besoin des flammes du purgatoire.

De deux maux il faut toujours choisir le moindre, dit l'auteur de l'imitation de Jésus-Christ; si vous dites que vous ne pouvez pas tout souffrir, comment, ajoute-t-il, pourrez-vous supporter les peines du purgatoire? Il est vrai que je souffre depuis bien des années; mais ces années, si je sais en profiter, valent peut-être pour moi des siècles que je passerais à souffrir dans l'autre vie. Car, à présent Dieu use toujours de clémence, il pardonne aisément; mais le jour viendra où il faudra satisfaire en toute rigueur; d'autant plus qu'il ne tenait qu'à moi, lorsque j'étais sur la terre, d'acquitter beaucoup avec peu de travail. Daignez donc, Seigneur, dirai-je souvent avec Saint Augustin, daignez effacer par tous les moyens que vous jugerez convenables tout ce qui resterait encore de souillures à mon âme, afin qu'après la mort, il ne lui reste plus rien à expier. Si je suis rempli de l'esprit du christianisme, mon âme, semblable à l'épouse sacrée, doit être dans une sainte impatience de voir le Bien-Aimé. Or, pour savoir si j'ai lieu d'espérer que je le verrai aussitôt, ou du moins bientôt après que j'aurai rendu le dernier soupir, je n'ai qu'à interroger mes afflictions. Elles me diront que, servant à me purifier toujours davantage de mes péchés, elles contribuent à me procurer le bonheur de le voir après la mort, beaucoup plus tôt que je ne l'aurais vu, si je passais aujourd'hui ma vie dans le calme et la tranquillité.

Dans quelle affliction n'est pas en cette vie une âme à qui l'on diffère la jouissance d'un bien qu'elle regarde comme sa félicité! Qu'est-ce cependant que ce bien où tendraient ses avides désirs! Fût-il question d'un trône, c'est au fond un néant. Mais je dois juger de là quelle sera la douleur aiguë de mon âme dans le Purgatoire, si j'ai le malheur d'y être détenu, quand elle se verra privée, pour un temps, de la jouissance du seul bien qui soit désirable, et qui mérite le nom de bien, de la possession de vous-même, ô mon Dieu! Souveraine Félicité, pour laquelle je suis créé. Un seul instant de délai paraîtra un siècle. Cette seule peine sera plus dure mille fois que toutes les autres. Vos Saints, lorsqu'ils étaient encore sur la terre, auraient acheté par tous les supplices le bonheur de jouir, pour quelques moments, de votre présence. O mon Sauveur! plutôt que de permettre qu'après la mort le bonheur de Vous voir me soit différé, envoyez-moi aujourd'hui toutes les souffrances que je suis capable d'endurer; je les accepte d'avance avec plaisir et avec reconnaissance; mais je Vous demande la grâce de les supporter avec cet esprit de soumission et de pénitence qui les rend méritoires à Vos yeux.

Si j'avais de Dieu, de ses grandeurs, de ses perfections une juste idée, si je comprenais bien ce que c'est que le péché, le caractère de révolte et d'ingratitude qu'il porte avec lui, loin de me plaindre de ce que je souffre, je trouverais que je souffre trop peu pour réparer, par la souffrance, autant qu'il est en moi, les outrages que j'ai faits à Dieu; pour lui rendre, par la souffrance, autant de gloire, s'il se pouvait, que je lui en ai enlevé par le péché; et je dirais avec Saint Bernard: « Toutes les afflictions sont faciles à supporter, quand je pense à mes péchés passés qui m'ont été remis ». Oui, ces péchés m'avaient mérité l'enfer: la Bonté Divine a daigné me les remettre par les mérites infinis du Sang de l'Homme-Dieu répandu pour moi: mais je dois payer les peines dues à ces péchés; la Justice Suprême l'exige, et, si je meurs sans les avoir payées, le Purgatoire sera ma demeure aussi longtemps que je n'aurai pas entièrement satisfait, car rien de souillé n'entrera dans la Céleste Jérusalem. Or les souffrances, les plus petites souffrances, sont pour moi un moyen certain d'éviter ce terrible séjour dans le lieu d'expiation; ainsi elles peuvent me donner de quoi payer en peu de temps jusqu'à la dernière obole. Ne perdons donc point le fruit de ces précieuses souffrances, et pour ne pas le perdre, pensons souvent au Purgatoire qu'elles nous feront éviter, en nous en faisant faire un sur cette terre, mille fois plus doux que celui qui nous était réservé dans l'autre vie. Disons donc avec le Sage: « Les maux que Dieu nous envoie sont moins des traits de Sa Colère que de son amour ». (Sagesse 8.) Et reconnaissons la vérité des paroles de Saint Jacques: « Mes frères, regardez comme le sujet d'une joie parfaite les diverses afflictions n qui vous arrivent ».

Résolution

Prenons la résolution de nous occuper de l'idée du Purgatoire dans nos afflictions, nos maladies, etc., afin qu'elle nous les fasse supporter chrétiennement et que nous amassion un trésor de mérites pour payer en ce monde toutes les dettes dont notre âme est accablée.

Prière

O Dieu Miséricordieux, accordez-moi la grâce de profiter de toutes les afflictions de cette vie pour faire mon Purgatoire en ce monde, « sachant quel est celui à qui j'ai cru, et tenant cette espérance au fond de mon cœur, que le moment, si court et si léger, des afflictions que nous souffrons en cette vie produira dans nous le poids éternel d'une gloire souveraine et incomparable » (Saint Paul). Faites, ô mon Dieu, que je n'oublie pas non plus cette maxime de vos saintes Ecritures: « Le Seigneur corrige celui qu'Il aime; et, en le corrigeant, Il a pour lui une vraie tendresse de père; Il le regarde comme l'objet de ses plus chers délices » (Prov. 3). Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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26 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-septième jour

La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, en expiant leurs péchés en ce monde

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

Quel est celui qui pourrait sans frémir se voir exposé à la torture, aux chevalets, aux ongles de fers, aux grils ardents, aux huiles bouillantes et aux autres supplices inventés par des tyrans persécuteurs, par le génie féroce des peuples barbares, ou par les suggestions infernales des ennemis de la vérité, et de la vertu? L'horreur de ces tourments fait trembler les hommes et les porte à supplier Dieu de les en préserver: c'est la pensée de Saint Augustin. Mais parce que l'apôtre Saint Paul annonce que celui dont l'ouvrage sera brûlé ne laissera pas d'être sauvé, quoiqu'en passant par le feu, l'on s'inquiète peu d'y passer, d'y rester même un temps proportionné au peu de cas qu'on en fait rquià dicitur: ô stupide insouciance! ô aveuglement dont les suites sont si déplorables! Car enfin ce feu sera incomparablement plus insupportable que tout ce qu'on peut souffrir en ce monde. « Eh quoi! s'écrie Saint Bonaventure, vous ne sauriez maintenant endurer patiemment les moindres atteintes de la douleur; que ferez-vous donc, quels seront vos regrets, vos lamentations, quand vous vous verrez livrés à cet effroyable incendie, totalement absorbés dans cet abîme de douleurs ».

Ces réflexions toutes simples de Saint Augustin et de Saint Bonaventure conviennent encore aujourd'hui à un nombre presqu'innombrable de Fidèles, vivant, il est vrai, dans la crainte de Dieu, mais dans une crainte trop bornée à quelques égards. Ils ont peur de l'enfer, on le voit; quant au purgatoire, il ne paraît pas qu'ils en aient la moindre appréhension. Pourvu que je sois sauvé, dit-on, je ne m'inquiète pas du traitement fait à mon âme au moment de la séparation de son corps. Pesons bien tous ces termes; ils méritent attention. Quoi! vous ne vous inquiétez pas si Dieu, par un jugement rigoureux, vous exclut de sa vue béatifique pour de longues années, pour des siècles peut-être! Ah! c'est que vous ne comprenez pas encore ce qu'est un Dieu, vous n'avez pas la plus petite idée de l'empressement avec lequel l'âme, dégagée de ses liens terrestres, se portera vers son Créateur, son centre unique, sa dernière fin, son vrai tout; vous ne songez pas qu'un seul instant de la pure jouissance du Souverain-Être, au séjour de sa gloire, vaut mieux que mille ans dans un paradis terrestre. Avez-vous jamais éprouvé une seule étincelle de la divine charité dont la flamme dévore l'âme du juste en l'autre vie où elle est consommée? qu'auraient pensé les Saints du langage de ces chrétiens si insouciants sur le délai de la vision intuitive d'un Dieu en trois personnes? Ignorez-vous donc que, comme dans l'enfer la peine du dam est incomparablement plus intolérable que celle du sens, ainsi dans le purgatoire, la privation de Dieu, quoique passagère, est sans contredit plus cruelle, plus douloureuse que toutes les autres expiations de ce lieu de souffrance. La peine d'une âme faite pour posséder Dieu, et qui s'en voit repoussée, éloignée jusqu'à un terme qu'elle ignore, et qu'il n'est plus en son pouvoir de rapprocher, ne souffre aucun parallèle, parce que rien dans la nature ne ressemble au bonheur infini qu'elle voit, qu'elle touche et qui lui échappe.

Vous ne vous inquiétez pas du traitement fait à votre âme au moment de la séparation de son corps! Y pensez-vous? Si vous n'avez pas assez de foi pour pressentir l'effet du délai plus ou moins long de la félicité suprême, peut-être serez-vous plus affecté des peines sensibles qu'il faut subir dans ces prisons de la justice divine. Eu conséquence, je vous le demande: voudriez-vous, pour l'empire de l'univers, souffrir seulement pendant un jour, le feu qui dévore les réprouvés, ce feu allumé par la Colère du Dieu des vengeances contre ses ennemis: ce feu dans lequel sont rassemblés, réunis, concentrés tous les maux, toutes les espèces de tortures? Or le feu du Purgatoire est le même ou de même nature que celui de l'enfer: comment ne pas trembler à la seule pensée d'un si horrible tourment? Mais admirez la bonté de Dieu; il connaît votre insouciance, votre peu d'inquiétude sur le traitement qui sera fait à votre âme; il daigne en quelque sorte s'en inquiéter lui-même pour vous. Il sait combien il vous importe de prévenir les jugements de sa justice. Ce n'est qu'à regret que Sa Miséricorde infinie consent à porter au juste des coups si terribles. Aussi réfléchissez un instant: sans cesse ici-bas Sa Tendresse vous sollicite, vous presse d'épargner à son cœur plus que paternel la douleur de vous punir; et vous l'y forcez par votre indifférence pour son amour, par votre insensibité sur vos propres intérêts. En vain est-il plus jaloux que vous-même de hâter votre bonheur; en vain Sa Miséricorde vous fournit-elle cent moyens d'acquitter promptement vos dettes sous son règne si doux, si favorable; en vain sa grâce toujours prévenante offre-t-elle à votre discrétion l'immense trésor des mérites du Rédempteur; en vain sa sainteté incompatible avec les moindres taches de l'âme vous engage-t-elle par les avertissements de l'Esprit Sanctificateur à vous purifier de tout ce qui peut ternir l'éclat de votre innocence baptismale, à faire pénitence de vos péchés; en vain son incompréhensible bonté attache-t-elle sa gloire à vous couronner au plus tôt dans les cieux: cruel envers vous-même, vous vous refusez aux empressements d'un Dieu, et vous l'obligez, pour ainsi dire, de comprimer ou de retarder les effusions de son amour. Ah! la mort vous apprendra combien dans l'autre vie il en coûte d'avoir si mal répondu aux avances, aux promesses de l'amour le plus généreux, d'avoir négligé de satisfaire en ce monde à la Justice Divine; satisfaction qui vous est si aisée, si courte; puisqu'une larme, qu'une sincère pénitence nous fait verser, peut effacer tous nos péchés, tandis que la pénitence de l'autre vie est longue et pénible; en un mot, elle est celle des damnés. Laquelle des deux préférez-vous embrasser? Se décider pour la seconde, pour l'horrible pénitence que la justice divine exige dans le Purgatoire, n'est-ce pas une véritable folie?

Résolution

Satisfaites dès-à-présent à la Justice Divine plutôt que d'attendre à le faire dans ce douloureux séjour d'expiation. Dites avec Saint Augustin: « Mon Dieu, brûlez, coupez, tranchez, purifiez-moi en cette vie, afin que vous me pardonniez en l'autre ». Payez ici-bas par le moyen si facile des bonnes œuvres les dettes qui vous coûteront tant à acquitter dans le Purgatoire.

Prière

Les Cieux mêmes ne sont pas purs en votre présence, ô Dieu de toute sainteté! rien de souillé ne peut y entrer. Accordez-moi donc la grâce, Seigneur, de travailler à purifier mon âme par la pénitence, la soumission, la résignation dans les peines de la vie, par la pratique des bonnes œuvres: que j'évite avec le plus grand soin les moindres fautes qui pourraient me retenir dans le séjour des souffrances, afin que le moment de jouir éternellement de la vue de mon Dieu ne soit pas retardé. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

 

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25 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-sixième jour

Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

L'on entend souvent des chrétiens, peu fervents et n'ayant nulle idée du bonheur du Ciel, dire fort sérieusement: Qu'il craignent bien l'enfer, mais que, quant au Purgatoire, ils ne pensent pas à l'éviter: ils sont tout décidés à y faire quelque séjour, parce que, ajoutent-ils avec une humilité feinte, ils ne sont pas assez saints et n'ont pas envie de se donner la peine de le devenir, pour entrer tout de suite après leur mort dans le séjour de la gloire. Tous les auteurs sont d'avis qu'un pareil langage doit faire trembler sur la destinée de ceux qui le tiennent: il prouve tout au moins une indifférence bien coupable, et l'ignorance la plus impardonnable de la sainteté de Dieu et de sa haine souveraine pour le péché. Réfléchissons aujourd'hui sur la vie qu'ont menée sur la terre les âmes qui vont en purgatoire, et nous reconnaîtrons que de semblables dispositions ne sont guères propres à introduire ces chrétiens indifférents dans ce lieu d'expiation.

D'abord, nous savons tous que le nombre de ceux qui se sauvent est petit: « Il y a beaucoup d'appelés, dit le Sauveur, et peu d'élus ». C'est une vérité que l'Écriture nous marque expressément, et qu'elle nous rend sensible par des figures et des comparaisons. Il n'y eut que très-peu de personnes, dit l'Apôtre, c'est-à-dire huit, qui se sauvèrent dans l'arche. La seule famille de Loth fut préservée des flammes qui détruisirent cinq grandes villes. De la prodigieuse multitude d'Israélites qui sortirent d'Egypte pour la terre de promission, il n'y eut que Josué et Caleb qui y entrèrent. L'Écriture compare le nombre des élus à ce peu d'olives qui restent sur l'arbre après qu'on l'a secoué, à ce peu de grappes qui restent sur la vigne après la vendange, à ce peu d'épis qui échappent au moissonneur. C'est ce chemin rude et étroit où très peu de gens s'engagent, et où cependant il faut s'engager, même pour parvenir en Purgatoire; c'est cette petite porte par où il n'y a que très peu de personnes qui puissent entrer; c'est cette ville située sur la montagne, où peu ont le courage de monter. Si les âmes qui vont en Purgatoire n'ont pas fait les derniers efforts pour gravir cette montagne, ce sentier escarpé qui conduit au Ciel, du moins elles ne l'ont point fui; et, si elles s'en étaient écartées, elles y sont rentrées et ont fait des efforts pour ne plus le quitter, et surmonter les obstacles qu'elles y rencontraient. Or, est-ce là la conduite des chrétiens lâches et indifférents? Et peuvent-ils espérer avec quelque fondement partager le sort de ces âmes et être comptés au nombre des élus? qu'ils raisonnent un instant et ils comprendront leur erreur et le danger de leur indifférence.

En effet, pour se sauver il faut croire l'Évangile, se régler sur ses maximes, suivre Jésus-Christ, conformer sa vie à la sienne, imiter ses exemples; sans cela point de Salut, c'est un article de Foi: or est-ce là ce que font ces chrétiens? Pour se sauver il faut se renoncer soi-même, porter sa croix, se faire violence, haïr son âme, c'est-à-dire mortifier ses sens, ses passions, ses inclinations naturelles et sensuelles; y pensent-ils ces gens qui crient bien haut qu'ils ne veulent pas être des Saints? Ne font-ils pas le contraire? De sorte qu'une règle sure pour connaître ce que l'Évangile nous enseigne et ce que nous devons pratiquer, c'est de faire le contraire de ce que font la plupart des chrétiens, et en particulier ceux dont nous parlons; et n'est-ce pas une règle sûre pour juger qu'il y en aura peu de sauvés, c'est-à-dire qui iront en Purgatoire? Il n'y a que deux routes pour aller à Dieu, pour être sauvé. Ces deux routes sont l'innocence et la pénitence. Dès qu'on est sorti de la première, c'est sans espérance d'y pouvoir rentrer; il ne reste que la seconde, qui nous est toujours ouverte; ressource unique pour la plupart des hommes. Or les chrétiens qui ne veulent pas suivre cette dernière route; qui, sentant la nécessité de faire pénitence de leurs péchés, ne veulent pas se gêner en cette vie, et laissent à satisfaire à la justice divine dans les flammes expiatrices; ces chrétiens sontils des disciples de Jésus-Christ? Suiventils la voie qu'ont suivie les âmes du Purgatoire? Celles-ci, touchées de l'offense faite à Dieu par leurs fautes, se sont converties à lui de tout leur cœur, et ont évité le péché et toute attache au péché avec le plus grand soin; et, si elles ne sont pas entrées immédiatement après la mort dans le Ciel, c'est qu'elles n'avaient pas encore entièrement satisfait à la justice divine, ou qu'enfin, malgré leur vigilance continuelle, elles ont offensé le Très-Haut, mais plutôt par fragilité que par malice. En un mot, c'a été sur la terre de saintes âmes, occupées toute leur vie, ou du moins depuis leur conversion, à plaire en tout à leur Créateur, travaillant à imiter leur Sauveur. C'étaient des âmes fidèles, suivant la voie de la justice et de la sainteté, auxquelles on n'a pu reprocher que ce qu'il est bien difficile à l'homme d'éviter; exemptes de tout ce qui fait les grands vices, il ne leur a manqué que peu de ce qui fait les grandes vertus. Leurs péchés ont été des péchés de faiblesse plus que de volonté; ou, si ce furent des péchés griefs, ils ne sont point descendus dans le tombeau avec le pécheur; ils ont été détestés, ils ont été pleures, ils ont été lavés dans le sang de Jésus-Christ. Par conséquent, dans le purgatoire, ce sont des âmes qui n'ont plus de péchés, sur lesquelles il ne demeure que la trace, que l'ombre du péché. Ces pénitents du purgatoire, ce sont des justes qui se sont endormis du sommeil de paix; ce sont des justes dont la grâce et la charité ont formé les derniers soupirs; ce sont des âmes que Dieu aimait et dont il était aimé, lorsqu'encore sur la terre, elles faisaient de grands efforts pour obtenir le pardon de leurs fautes, et pour ne plus l'offenser.

Maintenant, chrétien lâche, vous, qui vous flattez d'aller en Purgatoire, si nous tracions votre portrait, nous fournirait-il quelque trait de ressemblance avec celui de ces saintes âmes? Vous voulez vous dispenser de faire le moindre effort pour parvenir à ce degré de justice et de sainteté, et cependant jouir de leur sort qui, quoiqu'extrèmement douloureux, doit toutefois avoir pour terme le Ciel et ses délices! Sur quoi donc fondez-vous votre espoir? vous ne pouvez, dites-vous, éviter le Purgatoire, parce que vous ne voulez pas être un saint? Mais n'est-ce pas pour devenir un saint, n'est-ce pas pour tendre à la sainteté que vous existez? N'est-ce pas pour connaître, aimer et servir Dieu, et parvenir au ciel que vous avez été créé? Jésus-Christ ne vous dit-il pas, à vous comme à tous ses disciples: « Soyez parfaits, de même que votre Père céleste est parfait »? Et vous osez proclamer, sans trembler pour votre salut, que vous ne voulez pas être un saint? Et vous vous flattez en même temps que vous irez en Purgatoire? Illusion, illusion, lâche chrétien! le Purgatoire n'est point pour vous; ce séjour des âmes chéries de Dieu, des âmes pénitentes, ne sera jamais votre séjour; mais l'enfer, oui l'enfer, s'ouvrira seul pour les contempteurs de la sainteté; pour ceux qui méprisent la perfection recommandée par Jésus-Christ à ses disciples; pour ceux qui abusent des grâces et de la Miséricorde d'un Dieu infiniment Bon; pour ceux enfin qui bravent Sa Justice et qui négligent, pour ainsi dire de propos délibéré, de l'apaiser pendant le cours de la vie, Examinez si telle n'est pas votre conduite, vous qui vous vantez niaisement de vouloir vous contenter du Purgatoire. Si vous êtes prudent, si vous voulez assurer votre Salut, ne bornez pas ainsi vos vues; rappelezvous la fin pour laquelle vous avez été créé; travaillez à parvenir au Ciel, trop heureux si votre lâcheté et votre tiédeur vous donnent entrée dans le lieu d'expiation. Enfin, méditez attentivement ces paroles des Livres Saints: « Je vous ai appelés pendant la vie, et vous n'avez pas voulu venir; je rirai et je me moquerai aussi de vous à votre mort ». (Proverbes) Répondez dès maintenant à la voix de Dieu qui vous appelle, et imitez les âmes qui n'ont mérité d'aller en purgatoire que par une vigilance soutenue et des efforts continuels.

Considération

Si la mort me frappait aujourd'hui, dans l'état de tiédeur où peut-être je languis depuis si longtemps, quel serait mon sort?... Pourrais-je me flatter d'être admis en purgatoire?... O mon âme! médite, tremble et change une bonne fois de vie, puisque tu sais que le Purgatoire même s'ouvre difficilement pour les chrétiens tièdés et lâches.

Prière

O Dieu bon et magnifique en sainteté, mon cœur est l'ouvrage de Vos mains; il est le prix de Votre Sang: les vœux et les soupirs qu'il vous adresse en ce moment au pied de Votre Croix sont l'effet de Votre Grâce; qu'est-ce qui l'empêche, ô mon Sauveur! Qu'il ne soit rempli de Votre Saint Amour? Je Vous l'offre et Vous le consacre dès cet instant; préparez-le Vous-même pour en faire une hostie digne d'être consumée à Votre Gloire par le Feu de la Charité. Otez-en tout ce qui Vous déplaît: lavez-le des taches du péché: purifiez-le de toute affection terrestre: rendez-le saint et agréable à Vos yeux, afin qu'il ne vive plus pour lui-même, mais pour Vous et de Vous qui régnez dans la gloire de Votre Père, à jamais. Ainsi soit-il.

Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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24 novembre 2012

Prière litanique pour demander une bonne mort

 

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Prière litanique pour demander une bonne mort

Cette prière a été composée par une protestante convertie et morte à l'âge de 18 ans.

 

Jésus, mon Seigneur, Dieu de Bonté et de Miséricorde, je me présente devant Vous, couvert de confusion, avec un esprit humilié et un cœur contrit; je Vous recommande ma dernière heure, et tout ce qui doit la suivre.

Quand mes pieds immobiles m'avertiront que ma course dans ce monde est près de finir, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mes mains engourdies et tremblantes ne pourront plus tenir contre mon cœur le Crucifix, et que, malgré moi, elles le laisseront tomber sur le lit de douleur, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mes yeux, obscurcis et troublés des approches de la morts, porteront leurs regards tristes et mourants vers Vous, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mes lèvres froides et tremblantes prononceront pour la dernière fois Votre Adorable Nom, Miséricordieux Jésus, ayez, pitié de moi.

Quand mes joues pâles et livides inspireront aux assistants la compassion et la terreur, et que mes cheveux baignés des sueurs de la morts, s'élevant sur ma tête, annonceront ma fin prochaine, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mes oreilles, prêtes à se fermer pour toujours aux discours des hommes, s'ouvriront pour entendre Votre Voix, qui prononcera l'arrêt irrévocable qui doit fixer mon sort pour l'éternité, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mon imagination, agitée de fantômes sombres et effrayants, sera plongée dans de tristesses mortelles; que mon esprit, troublé par la vue de mes iniquités, et par la crainte de Votre Justice, luttera contre l'Ange des ténèbres qui voudrait me dérober la vue de Vos Miséricordes et me jeter dans le désespoir, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mon faible cœur, accablé par la douleur de la maladie, sera saisi des horreurs de la mort, et épuisé des efforts qu'il aura faits contre les ennemis du Salut, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand je verserai mes dernières larmes symptômes de ma destruction, recevez-les en sacrifice d'expiation, afin que j'expire, comme une victime de la pénitence, et dans ce terrible moment, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mes parents, mes amis, assemblés autour de moi, s'attendriront sur mon état, et Vous invoqueront pour moi, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand j'aurai perdu l'usage de tous mes sens, que le monde entier aura disparu pour moi, et que je serai dans les oppressions de ma dernière agonie, et dans le travail de la mort, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand les derniers soupirs de mon cœur presseront mon âme de sortir de mon corps, acceptez-les comme venant d'une sainte impatience d'aller à Vous, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Quand mon âme, sur le bord de mes lèvres, sortira pour toujours de ce monde, et laissera mon corps pâle, glacé et sans vie, acceptez la destruction de mon être, comme un hommage que je veux rendre à Votre Majesté, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

Enfin, quand mon âme paraîtra devant Vous et qu'elle verra, pour la première fois, l'éclat de Votre Majesté, ne la rejetez pas de devant Votre Face; daignez me recevoir dans le sein de Votre Miséricorde, afin que je chante éternellement Vos louanges, Miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.

 

Prions

 

O Dieu, qui, en nous condamnant à la mort, nous en avez caché l'heure et le moment, faites que, passant dans la Justice et la Sainteté tous les jours de ma vie, je puisse mériter de sortir de ce monde, avec la paix d'une bonne conscience, et mourir dans Votre Amour; par Notre-Seigneur Jésus Christ, qui vit et régne avec Vous, dans l'unité du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

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Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

24 novembre 2012

Le Mois des Âmes du Purgatoire

Le Mois des Âmes du Purgatoire

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Vingt-cinquième jour

La pensée du Purgatoire nous instruit sur la grièveté du péché véniel

 

Préparation : 1° Faites un acte de foi sur la présence de Dieu qui vous voit, adorez-le, consacrez-vous à lui. 2° Demandez pardon de vos péchés, qui sont le plus grand obstacle aux fruits de l'oraison; insistez sur quelques uns en particulier. 3° Invoquez les lumières de l'Esprit-Saint, le secours de la sainte Vierge, de votre bon Ange et de quelque Saint auquel vous avez plus de dévotion.

La pensée du Purgatoire doit nous préserver d'une erreur bien commune parmi les chrétiens, et cependant bien funeste et très souvent la cause de la damnation éternelle. Cette erreur consiste à n'attacher pour ainsi dire aucune importance, ou du moins très peu d'importance, aux fautes légères, au péché véniel. On traite de bagatelle ce qui cependant est une offense de Dieu aussi bien que le péché mortel, quoique moindre; et ce qui convient au péché mortel lui convient aussi, mais d'une autre manière. Nous ne nous étendrons pas ici pour prouver que souvent le peché, que nous appelons véniel, est mortel, puisque ce qui fait la différence du mortel et du véniel, en beaucoup d'occasions, c'est le plus ou moins de matière, l'attention et la connaissance plus ou moins grande, le consentement plus ou moins parfait. Supposons qu'en effet tous les péchés que nous commettons soient véniels: est-ce une raison d'être parfaitement tranquille et de dire: « Ce n'est rien, c'est une petite faute que Dieu pardonne aisément? » Chrétiens, qui tenez ce langage, je vous demanderai d'abord: Croyez-vous encore à l'Évangile? hé bien! qu'y lisez-vous? Celui qui méprise les petites fautes, dit le Sauveur, tombera peu à peu dans les grandes. Remarquez qu'il ne dit pas celui qui les commet par hasard et par fragilité, aucun saint n'est exempt de ces fautes; mais celui qui les méprise, c'est-à-dire celui qui les commet par principe et par habitude. Vous ne connaissez donc point ces deux autres textes de l'Ecriture sainte: Dieu a en horreur le pécheur et son péché. Abstenez-vous de tout ce qui a l'apparence de péché. Ces dernières paroles de l'Apôtre Saint Paul sont remarquables; il veut que nous évitions jusqu'à l'apparence du mal; il n'est pas question pour lui de distinguer entre les grandes et les petites offenses: il sait, et nous devons tous savoir, qu'il n'y a rien de petit dans ce qui a rapport à un Dieu, si grand et si parfait, et dans ce qui peut lui plaire, ou lui déplaire. Le premier et le plus grand de tous les préceptes est celui d'aimer Dieu. Or, est-il croyable qu'on ait beaucoup d'amour pour Dieu, quand on consent librement à l'offenser? quelque légères qu'on suppose ces offenses, sont-elles compatibles avec une sincère tendresse, avec un attachement réel? Non-seulement ce n'est pas avoir pour Dieu l'amour qu'il mérite que de se permettre, de propos délibéré, une multitude de fautes, sous prétexte qu'elles sont vénielles, ou réputées légères; c'est de plus manquer au respect qui lui est dû, et se rendre digne du même reproche qu'il faisait autrefois au peuple d'Israël par un de ses Prophètes: « Vous m'appelez tous les jours votre père, votre maître: où est donc le respect, la crainte filiale que le titre de père exige? où est donc la soumission, l'obéissance entière et parfaite qu'un maître a droit d'attendre de ses serviteurs ? »

Mais ne combattons aujourd'hui cette erreur que par la vue du Purgatoire. Nous y distinguons deux sortes d'habitants: les uns, après avoir péché mortellement dans le cours de leur vie, se sont convertis et ont reçu la grâce de la justification ou dans le sacrement de Pénitence, ou par la contrition parfaite avec le désir du Sacrement. La peine éternelle leur a été remise, mais ils n'ont pas expié la peine temporelle due à leurs péchés; ils l'expient dans le Purgatoire. Les autres expient des péchés véniels non effacés, ou la peine temporelle due à ces péchés. Oh! qui pourrait comprendre les tourments qu'ils endurent! Les Saints Pères ne sont-ils pas d'avis qu'il vaudrait mieux souffrir les plus cruelles maladies, les douleurs les plus aiguës pendant des siècles que de passer un jour en Purgatoire? Et vous oseriez dire que le péché véniel est peu de chose! Les peines du Purgatoire nous prouvent au contraire le fondement de l'opinion des théologiens qui trouvent, jusqu'à un certain point, dans le péché véniel, les deux caractères d'insolence et d'ingratitude qu'on remarque dans le péché mortel. De là l'embarras d'expliquer la différence qu'il y a entre l'un et l'autre. En effet, il semblerait d'abord que toute offense de Dieu, toute désobéissance à ses lois devrait exciter sa colère, son indignation, sa haine et, par conséquent, être mortelle de sa nature. Ainsi la raison, guidée par les lumières de la Foi, nous porterait plutôt à augmenter l'énormité du péché véniel, qu'à la diminuer; et le purgatoire, en nous découvrant les supplices réservés au péché véniel, nous apprend qu'ils ne diffèrent des supplices de l'enfer, réservés au péché mortel, que par leur durée. Écouterons-nous donc encore notre amour-propre, qui voudrait nous persuader que le péché véniel n'est rien d'important, et que Dieu ne peut, ni ne doit s'en tenir offensé?

La vue du Purgatoire ne nous prouve-t-elle pas d'une manière certaine que le plus léger des péchés renferme toujours un fond de malignité très odieux en lui-même; odieux à un tel degré que toutes les bonnes œuvres de l'âme qui l'a commis, que dis-je? que toutes les bonnes œuvres que pourraient faire toutes les créatures, ne plairaient pas tant à Dieu, ne le glorifieraient pas tant que ce seul péché véniel lui déplaît et le déshonore: tellement odieux que s'il ne fallait qu'un péché véniel, fût-ce le plus léger, pour tirer de l'enfer tous les démons et tous les damnés, il faudrait les abandonner à leur malheureux sort, plutôt que de commettre un simple péché véniel. Voilà ce que tous les Saints ont pensé et enseigné. Aussi avec quelle douleur, avec quelles larmes abondantes ne s'accusaient-ils pas dans le sacré Tribunal de la Réconciliation, même des fautes les plus légères, échappées à la fragilité humaine! Ayant sous les yeux la satisfaction exigée par la justice divine dans le purgatoire, avec quelle rigueur ne se punissaient-ils pas des plus petites fautes! Ils auraient mieux aimé souffrir toutes les humiliations, tous les outrages, tous les supplices imaginables, que de commettre, de propos délibéré, le moindre péché véniel. C'est qu'ils savaient combien il déplaît à Dieu, combien il s'en tient offensé! Et peut-on douter, en effet, de l'énormité du péché véniel aux yeux de Dieu, non-seulement lorsqu'on promène des regards attentifs sur les supplices du Purgatoire, mais même lorsqu'on réfléchit sur la manière terrible dont il l'a si souvent puni? Les Saints Livres nous offrent mille exemples de la vengeance éclatante que le Seigneur a tirée des fautes les plus dignes de pardon en apparence. Citons-en quelques-uns; ils sont propres à détruire en nous toute espèce de doute, d'incrédulité sur la peine due à ce que nous appelons faute légère, notre esprit ne pouvant comprendre l'infinie justice du Dieu trois fois saint. Méditons ces divers traits et tremblons. Un Israélite est surpris ramassant un peu de bois le jour du sabbat. Ce péché nous paraît sans doute bien léger. On consulte le Seigneur; il ordonne que ce malheureux soit lapidé.

Osa, voyant l'Arche du Seigneur au moment d'être renversée, y porte la main pour la soutenir. Nous serions tentés de louer son zèle; mais ce zèle paraît au Seigneur, indiscret ou trop peu respectueux: il frappe Osa, et l'étend mort au pied de l'Arche Sainte. Les Philistins renvoient cette même Arche du Seigneur aux Israélites, à qui ils l'avaient enlevée. Dès qu'elle arrive au pays des Bethsamites, ce bon peuple, ravi de revoir le gage précieux de la protection du Seigneur, se livre au plaisir de la contempler. Cette joie ne semble-t-elle pas juste? Ne provenait-elle pas d'un principe louable? On peut, il est vrai, reprocher aux Bethsamites une curiosité trop libre et trop hardie; c'en est assez: l'arrêt de mort est prononcé et exécuté contre une grande partie du peuple et des chefs. Ezéchias reçoit une ambassade du roi de Babylone. Pour témoigner aux envoyés sa satisfaction et leur faire honneur, il leur montre tous ses trésors. Il est probable qu'il entra un peu d'ostentation, ou de vaine complaisance dans cette action; que l'œil de Dieu, auquel rien n'échappe des plus secrètes pensées, aperçut ici quelque tache d'amour-propre. Mais qui de nous se croirait fort coupable, s'il était tombé en pareille faute? Cependant Dieu lui envoie le prophète Isaïe pour lui déclarer, de sa part, que tous les trésors qu'il vient d'exposer aux regards des ambassadeurs étrangers, seront transportés dans leur ville; et que ses propres enfants deviendront les esclaves du tyran de Babylone.

Un Prophète ayant reçu ordre du Seigneur de faire sa route sans se détourner ni s'arrêter nulle part, est engagé, chemin faisant, par un autre prophète, à prendre chez lui quelque nourriture. Celui-ci feint qu'un Ange lui a donné commission de l'inviter et de le conduire dans sa maison. Trompé par ce discours non suspect, il se rend à l'invitation. Qui ne croirait que Dieu lui pardonnera une désobéissance presque involontaire? Écoutez-en la punition: à peine s'est-il remis en route qu'un lion sort de la forêt et l'étrangle. Des enfants rencontrent le prophète Elisée, dont le front chauve les frappe; ils crient après lui et l'insultent. Ce sont des enfants, et il semble que l'âge doit excuser ou diminuer leur faute. Cependant deux ours fondent sur eux tout à coup et en dévorent quarante-deux. Tels sont quelques-uns des exemples rapportés par l'Écriture sainte : peuvent-ils nous laisser le moindre doute sur la sévérité avec laquelle Dieu punit le péché véniel? Et, s'il ne le punit pas en cette vie, ne le fera-t-il pas dans l'autre? Remarquez que ces exemples visibles de la Justice Divine n'ont eu lieu que pour un seul péché véniel; qu'en sera-t-il donc de la punition de ces péchés que nous multiplions pour ainsi dire à l'infini? Ne devons-nous pas dire, avec l'Évangile: « Si on traite ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec? » Descendez un instant en esprit dans le lieu d'expiation, dans le Purgatoire; et demandez à ces âmes, qui sur la terre méprisaient ces petites fautes, ce qu'elles souffrent dans les flammes expiatrices et qu'elles souffriront peut-être encore longtemps pour ces prétendus riens, qu'elles reconnaissent, mais hélas! trop tard, avoir été autant d'offenses contre Dieu, dont la justice exige une sévère satisfaction.

Résolution

Il n'est pas trop tard pour nous de réfléchir sur la grièveté du moindre péché. En nous faisant un devoir de secourir les âmes du Purgatoire, le premier fruit de cette dévotion sera de nous instruire sur l'offense que nous faisons à Dieu en commettant la plus petite faute. En conséquence nous regarderons le péché le plus léger comme un très-grand mal, et nous l'éviterons avec le plus grand soin. « Celui qui craint Dieu, ne néglige rien. » (Ecclésiaste) « Peut-on appeler léger, un péché qu'on ne peut commettre sans quelque mépris de Dieu ». (Saint Eucher.)

Prière

Vierge Sainte, conçue sans péché, c'est à Vos pieds que je me jette aujourd'hui: je compte avec confiance sur Votre protection pour obtenir la grâce de concevoir la plus grande horreur du péché; qu'en méditant sans cesse la manière terrible dont Dieu le punit dans le Purgatoire, j'en reconnaisse la grièveté, et que je l'évite avec le plus grand soin. O Marie! ô ma mère! protégez-moi et secourez les toutes âmes du Purgatoire. Ainsi soit-il.

 Conclusion : 1° Remerciez Dieu des grâces qu'Il vous a faites, des bonnes pensées qu'Il vous a inspirées. 2° Demandez-lui pardon des négligences que vous avez eues. 3° Renouvelez les résolutions prises au début du mois des Ames du Purgatoire.

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24 novembre 2012

Le Bienheureux Antoine Chevrier

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Le Bienheureux Antoine Chevrier

Prêtre, Tertiaire Franciscain, Fondateur de l'Oeuvre du Prado en faveur des enfants pauvres et de l’Association des Prêtres du Prado.

1826-1879

Fête le 3 octobre

 

Issu d’une famille de condition modeste (son père était employé de l’octroi et sa mère tissait la soie à domicile), ordonné prêtre en 1850 après un parcours classique au Petit Séminaire de l’Argentière, puis au Grand Séminaire Saint-Irénée de Lyon, Antoine Chevrier fut envoyé dans une paroisse nouvellement créée de la banlieue lyonnaise sur la rive gauche du Rhône, Saint-André de la Guillotière. Comme la Croix-Rousse et Vaise, La Guillotière était alors une commune indépendante, peuplée essentiellement d’ouvriers, réputée turbulente, dirigée par une municipalité de gauche, qui allait être, pour des raisons d’ordre public, annexée à la ville de Lyon par le décret impérial du 24 mars 1852.

Antoine Chevrier y découvrit la misère ouvrière sous toutes ses formes. Dans un sermon sur l’amour des pauvres, il n’hésitait pas à parler du "spectacle toujours de plus en plus effrayant de la misère humaine qui croit. On dirait, à mesure que les grands de la terre s’enrichissent, à mesure que les richesses se renferment dans quelques mains avides qui les recherchent, [que] la pauvreté croît, le travail diminue, les salaires ne sont pas payés. On voit de pauvres ouvriers travailler depuis l’aube du jour jusqu’à la profonde nuit et gagner à peine leur pain et celui de leurs enfants. Cependant, le travail n’est-il pas pour tous le moyen d’acheter du pain ?" (Ms IV,57,1) Le vicaire de Saint-André dénonçait les conditions inhumaines et dégradantes, dans les ateliers et les fabriques, du travail des enfants, dont on faisait "des machines à travail pour enrichir leurs maîtres" (Ms III,2,2).

Au cours de l’été 1857, Antoine Chevrier rejoignit Camille Rambaud (1822-1902), un ancien associé de M. Potton, riche soyeux de Lyon, qui, hanté par les problèmes sociaux, venait de fonder une "cité ouvrière" sur la rive gauche du Rhône destinée à reloger les victimes de l’inondation catastrophique de mai 1856. Le Père Chevrier, comme on le désigna dès lors, se consacra principalement, avec l’aide de quelques bénévoles, à l’instruction religieuse de garçons et de filles qui n’avaient fréquenté ni les écoles ni les catéchismes.

En 1860, il se sépara de Camille Rambaud et loua, puis acheta quelques années plus tard, une vaste salle de danse dénommée le Prado, dans l’un des quartiers les plus déshérités de la Guillotière. Il y prenait avec lui, pour une durée d’un peu moins de six mois, "des jeunes adolescents de chaque sexe errants et abandonnés que leur âge et leur ignorance exclu[ai]ent de la participation aux leçons de l’école et à celles de la paroisse" (Rapport de l’Académie de Lyon du 23 février 1861, A.M.L., Q3 : établissements de bienfaisance). Il les préparait à leur première communion sous la forme d’un catéchisme intensif et accéléré. L’Inspection académique du Rhône l’ayant autorisé à ouvrir une école, ils recevaient en outre un enseignement élémentaire en matière de lecture, d’écriture et de calcul. Dans ce "petit pensionnat pour les pauvres" (Ms X,15a), du 10 décembre 1860, jour où le Père Chevrier fit l’acquisition du Prado, jusqu’au 2 octobre 1879, jour de sa mort, furent accueillis de 2300 à 2400 enfants, dont les deux tiers de garçons et un tiers de filles environ.

A la différence d’autres établissements du même type, le Père Chevrier se refusait à ce que l’on fît travailler les enfants qu’il accueillait. En l’absence de tout revenu régulier, il ne voulait compter, comme il le disait, que sur la Providence et la générosité des pauvres à l’endroit de ceux qui étaient encore plus pauvres qu’eux. Si le gros œuvre de l’aménagement du Prado bénéficia du concours d’Edouard Frossard, directeur des Chantiers de la Buire, ce furent surtout les gens du peuple qui assurèrent l’existence quotidienne des enfants du Prado. Mlle Chapuis, qui était maîtresse d’atelier sur les pentes de la Croix-Rousse, a expliqué comment, dans "un assez grand nombre d’ateliers d’ourdissage ou de dévidage", "les ouvrières mettaient tous les jours un ou deux sous de côté sur leurs salaires quotidiens ; à la fin de la semaine, cela faisait une somme qu’une d’entre elles portait le dimanche au Père Chevrier" (Procès de béatification, déposition de Françoise Chapuis, art.37). De nombreux humbles gestes quotidiens de ce genre permettaient au Prado de survivre au jour le jour. Constatant qu’aucun prêtre n’était préparé sérieusement à exercer un ministère du type de celui qu’il pratiquait quotidiennement au contact des pauvres, le Père Chevrier se décida, en 1866, à fonder au Prado même une "école cléricale". La même Mlle Chapuis a raconté comment le Père Chevrier lui avait dit un jour : "Françoise, j’ai envie de faire une pépinière de prêtres qui soient élevés avec mes enfants, pour qu’ils les comprennent bien" (Procès de béatification, déposition de Françoise Chapuis, art 15). A la mort de celui-ci en 1879, cette "école cléricale" avait fourni au Prado ses quatre premiers prêtres ; elle comportait alors, avec son annexe de Limonest, une cinquantaine d’élèves ; ce fut le point de départ de l’Association des Prêtres du Prado.

On ne trouve pas dans les écrits d’Antoine Chevrier, qu’il s’agisse de ses lettres, de sa prédication, de ses commentaires de l’Evangile ou encore du Véritable Disciple, le livre qu’il a écrit pour la formation de ses prêtres, une analyse de la condition ouvrière ; mais on constate, à leur lecture, qu’il existait chez cet homme une vraie connaissance des contraintes qui pesaient alors sur les travailleurs, une réelle sympathie pour eux et une grande souffrance devant des comportements de gens d’Eglise qui les tenaient injustement à distance. Le Véritable Disciple contient une peinture cruellement lucide des moeurs ecclésiastiques du temps telles qu’elles étaient perçues par le peuple ouvrier des villes. Antoine Chevrier n’hésita pas à écrire que "Dieu envoie les révolutions" pour punir les prêtres de leur avarice et de leur attachement excessif aux biens de la terre : "C’est la première chose que font les révolutionnaires, nous dépouiller, nous rendre pauvres" ; Dieu veut "nous forcer par là à pratiquer la pauvreté, puisque nous ne voulons pas la pratiquer volontairement" (Le véritable Disciple, éd. Prado, Lyon, 1968, p.316).

Les funérailles du P. Chevrier, le lundi 6 octobre 1879, manifestèrent de façon éclatante l’estime portée au fondateur du Prado par le peuple ouvrier de la Guillotière qui avait reconnu dans cet humble prêtre l’un des siens. "Je n’ai jamais rien vu de semblable à ses funérailles, déclara l’un de ses anciens compagnons. Le corps était à l’église Saint-Louis qu’on défilait encore au Prado. Les trottoirs ne pouvaient contenir la foule sur tout le parcours. Les ouvriers dominaient, soit au défilé, soit sur les trottoirs ; presque point d’habit fin. Le P. Chevrier était le prêtre des pauvres" (Déposition de l’abbé C. Ardaine au procès de béatification, int. 27). "Toute la Guillotière était sur les trottoirs", précise un autre témoin (Déposition de Marguerite Viannay, int. 27). "Le recueillement de tout le monde était remarquable. Même les ateliers qui se trouvaient sur le parcours ont cessé de battre pendant le défilé" (Déposition de Claudius Chabert, int. 27).

Le journal lyonnais Le Progrès, alors peu enclin à sympathiser avec l’Eglise, écrivait dans son édition du jeudi 9 octobre 1879 : "Il n’est jamais trop tard pour rendre hommage à la mémoire des hommes de bien, et à quelque parti qu’ils appartiennent nous oublions les dissensions politiques pour ne plus voir en eux que le côté digne de respect et d’admiration. M. l’abbé Chevrier, fondateur de la Providence du Prado, était un de ces hommes dont le souvenir mérite de ne pas être effacé par le temps. Il a eu pitié des petits vagabonds qui couraient les rues sans être protégés contre les tentations du vice par aucune utile surveillance et a consacré toute son activité persévérante à l’éducation de ces enfants. Tel a été son but en fondant cette Providence à la Guillotière. La foule qui se pressait aux funérailles de l’abbé Chevrier et qu’on a évaluée à près de 5000 personnes (Le Nouvelliste donne le chiffre 10.000) est une juste manifestation de la reconnaissance publique. Quant à nous, qui ne sommes point suspectés de sympathie pour le clergé, nous saluons avec d’autant plus de respect que cela nous arrive rarement, la mémoire de ce prêtre qui a fait œuvre de bon citoyen".

 

Prière pour demander la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Dieu Notre Père, Vous avez choisi le Bienheureux Antoine Chevrier pour annoncer l’Evangile aux pauvres et pour former des apôtres habités par Votre Esprit. Nous Vous rendons grâce pour tout ce que Vous nous avez déjà accordé par son intercession. Le Père Chevrier nous guide pour suivre de plus près Votre Fils à travers les mystères de la Crèche, du Calvaire et du Tabernacle,nous faisant découvrir la beauté de Votre Amour. Permettez qu’il soit auprès de Vous le porteur de notre prière, afin d’obtenir de plus grandes grâces encore (en particulier…) Nous Vous en prions, Vous qui êtes vivant pour les siècles des siècles. Amen !

 

Oraison de la Messe du Bienheureux Antoine Chevrier

Prêtre du Tiers Ordre de Saint François

Pour que la Bonne Nouvelle soit annoncée aux pauvres, Vous avez appelé, Seigneur, Antoine Chevrier à se faire disciple de Votre Fils. Accordez-nous de suivre les exemples du Christ Pauvre et Crucifié, afin que nous puissions ainsi Vous glorifier. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 D'après le Missel Franciscain, Ed. Franciscaines, Paris, 2000

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24 novembre 2012

Neuvaine avec le Bienheureux Antoine Chevrier

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Neuvaine avec le Bienheureux Antoine Chevrier

 

Préface

Toute neuvaine rappelle le temps de prière des disciples et de la Vierge Marie au cénacle attendant la venue de l’Esprit Saint. La neuvaine de prière que nous vous proposons s’appuie sur le Père Antoine Chevrier, béatifié en 1986 par le Pape Jean Paul II. Ce prêtre diocésain de Lyon et fondateur du Prado est associé, au ciel avec tous les saints, à Jésus Christ lui-même « toujours vivant pour intercéder en notre faveur » (Epître aux Hébreux 7, 25). Nous pouvons donc prier le Père Antoine Chevrier, lui demander des grâces pour les gens que nous connaissons ou pour nous-mêmes. C'est aussi l’occasion de demander à Dieu qu’il nous accorde la canonisation de ce prêtre, ami du Christ et des pauvres.

Antoine Chevrier (1826-1879), tout jeune prêtre, a été nommé vicaire à la Paroisse Saint André, dans le quartier de la Guillotière. Il vivra toute son existence apostolique dans ce lieu où s’entassait une population pauvre, venant des campagnes pour chercher du travail aux portes de la grande ville. La nuit de Noël 1856, méditant devant la crèche de l’Enfant Jésus, il comprend que pour vivre son ministère, il lui faut mener une vie évangélique semblable à celle de Jésus Christ. Appelé à suivre l'Envoyé du Père de plus près, il se décide à vivre pauvrement et à travailler quotidiennement la Parole de Dieu, ce qu’il nomme « l’Étude du Saint Évangile ».

En 1860, il prend possession d’une salle de bal mal famée qui se trouve à louer. Elle est dénommée « le Prado ». Le Père Chevrier conservera cette appellation. Désormais ce lieu va lui permettre de vivre son sacerdoce dans deux orientations complémentaires, l'éducation chrétienne et humaine d'adolescents parmi les plus démunis et la formation de jeunes destinés à devenir prêtres pour évangéliser les pauvres. Il écrira lui-même un livre intitulé « Le Prêtre selon l’Evangile, ou le véritable disciple de Jésus Christ ».

Dès les origines, le Père Chevrier fut entouré de diverses personnes qui partageront le même appel missionnaire, notamment des laïcs. Quelques jeunes femmes s'engageront dans la vie consacrée. Le témoignage du Père Chevrier nous rappelle la dignité des gens qui souffrent ou qui connaissent des situations difficiles. Ils sont dans le coeur de Dieu et ont le droit de se savoir aimés et sauvés par Jésus Christ. L'apôtre de la Guillotière nous montre le chemin qui invite à connaître, aimer et à suivre de près le Sauveur. Pour cela, il ne cesse de nous faire méditer l'oeuvre de Dieu à travers l'agir de son Fils Jésus Christ, à la crèche, au calvaire et au tabernacle. Ainsi chacune de nos existences se trouve transformée de l’intérieur par l’Esprit Saint que nous communique le Christ ressuscité.

Prière pour demander la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

A dire chaque jour de la Neuvaine

Dieu Notre Père, Vous avez choisi le Bienheureux Antoine Chevrier pour annoncer l’Evangile aux pauvres et pour former des apôtres habités par Votre Esprit. Nous Vous rendons grâce pour tout ce que Vous nous avez déjà accordé par son intercession. Le Père Chevrier nous guide pour suivre de plus près Votre Fils à travers les mystères de la Crèche, du Calvaire et du Tabernacle,nous faisant découvrir la beauté de Votre Amour. Permettez qu’il soit auprès de Vous le porteur de notre prière, afin d’obtenir de plus grandes grâces encore (en particulier…) Nous Vous en prions, Vous qui êtes vivant pour les siècles des siècles. Amen !

Premier jour

Ce beau mystère de l'Incarnation qui a touché votre coeur

« Ce beau mystère de l'Incarnation qui a touché votre coeur est bien vraiment le fondement de notre zèle; de nos actions et un grand motif de nous humilier devant Dieu. C'est ce mystère qui m’a amené à demander à Dieu la pauvreté et l'humilité et qui a fait que j'ai quitté le ministère à Saint-André pour pratiquer la Sainte Pauvreté de Notre Seigneur. Je demande tous les jours à Dieu qu’il veuille bien remplir les prêtres de l'esprit de Jésus Christ et que nous ressemblions de plus en plus à Jésus notre Divin Modèle, le grand modèle des prêtres. Oh ! Si nous étions conformes à Jésus Christ notre Sauveur, que de bien, que de bonnes oeuvres se feraient dans la Sainte Église de Dieu ». (Lettre à l’abbé André Gourdon, 1865)

« Il leur dit : Venez et voyez. Ils vinrent donc et virent où Il demeurait, et ils demeurèrent avec Lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. » (Saint Jean 1, 39)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

 Deuxième jour

Connaître Jésus Christ c’est tout

« Connaître Jésus-Christ c’est tout. Tout est renfermé dans la connaissance de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ. La connaissance de Jésus-Christ produit nécessairement l'amour et plus nous connaissons Jésus-Christ, sa beauté, sa grandeur, ses richesses, plus notre amour grandit pour Lui et plus nous cherchons à lui plaire, et plus nous rejetons loin de nous tout ce qui ne va pas à Jésus-Christ. Dans une horloge, il y a un ressort qui fait mouvoir tous les rouages et donne l’heure. C’est Jésus-Christ qui doit être en nous ce ressort invisible, caché, et nous faire montrer toujours Jésus-Christ Lui-même. Là où est notre trésor, là aussi sera notre coeur (Mt 6,21) ». (Véritable Disciple, p. 113-117)

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. La lampe du corps, c’est l'oeil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière ». (Saint Matthieu 6, 21-22)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Troisième jour

Sentez-vous naître cette grâce en vous ?

« C'est-à-dire, sentez-vous un attrait intérieur qui vous pousse vers Jésus-Christ ? Un sentiment intérieur qui est plein d’admiration pour Jésus-Christ, pour sa beauté, sa grandeur, sa bonté infinie, qui le porte à venir à nous. Sentiment qui nous touche et nous porte à nous donner à Lui. Un petit souffle divin qui nous pousse et qui vient d'en haut, ex-alto, une petite lumière surnaturelle qui nous fait voir un peu Jésus-Christ et sa beauté infinie. Si nous sentons en nous ce souffle divin, si nous apercevons une petite lumière, si nous nous sentons attiré un tant soit peu vers Jésus-Christ, ah ! Cultivons cet attrait, faisons-le croître par la prière, l'oraison, l'étude, afin qu’il grandisse et produise des fruits ». (Véritable Disciple, p. 119)

« Jésus apprit qu'ils avaient jeté dehors l'aveugle qu'il avait guéri. Le rencontrant, il lui dit: « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit: « Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? » Jésus lui dit: « Tu le vois, Celui qui te parle, c'est Lui ». Alors, il déclara: « Je crois, Seigneur ». et il se prosterna devant Lui ». (Saint Jean 9, 35-38)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Quatrième jour

Si un peintre se regardait toujours lui-même…

« Il faut penser davantage à Notre-Seigneur qu'à nous et à nos propres misères; si un peintre se regardait toujours lui-même au lieu de regarder son modèle, il n'arriverait jamais à le copier; c’est ce que vous avez à faire, regardez Notre-Seigneur souvent, souvent, et ne vous considérez pas trop vous-même, et alors vous aurez plus de vie; appliquez-vous à imiter Notre-Seigneur et cela sans trouble, sans peine, considérez-le avec amour et avec le désir de l'imiter, voilà tout; vos fautes, vos misères, laissez-les dans l’océan de Sa Miséricorde, quand on aime Jésus il faut peu s'inquiéter du reste ». (A Soeur Marie-Mathieu, 1873)

« Je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis, parce qu’elle a montré beaucoup d'amour. » (Saint Luc 7, 47)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Cinquième jour

Et puis il y a tant de travaux divers dans son champ!

« Mais, mon bon ami, quand on y est, ce n’est plus le temps de reculer, il faut forcer le bon Dieu à nous donner ce qu'il nous manque; et puis le bon Dieu a tant besoin d'ouvriers qu'il les prend bien un peu où il peut, il n’en trouve pas toujours comme il voudrait; sa vigne est grande; et puis il y a tant de travaux divers dans son champ! Contentons-nous du moindre, et nous serons toujours plus tranquilles sur notre sort et sur celui de ceux sur lesquels nous travaillons. Ayons toujours courage; si jamais je forme une société de décrotteurs, je vous prendrai avec moi, nous ne ferons pas mal ensemble, seulement je ne pourrai guère courir, parce que je transpire de suite, mais je resterai au coin pour garder la caisse, et vous, vous ferez les courses; en attendant, continuons notre petite mission ». (Au Père Jean-Claude Jaricot, 1877)

« Va chez toi, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde ». (Saint Marc 5, 19)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Sixième jour

C’est là notre vie et notre amour

« Qu’il est triste de voir tout ce monde ne s'occuper que de choses étrangères à celles auxquelles nous devrions nous consacrer entièrement. Ne sommes-nous pas là pour cela et pour cela seul: connaître Jésus-Christ et Son Père et le faire connaître aux autres, n’est-ce pas assez beau et n'avons-nous pas là de quoi nous occuper toute notre vie sans aller chercher ailleurs de quoi occuper notre esprit; aussi est-ce là mon désir d’avoir des frères et des soeurs catéchistes. J’y travaille moi-même avec joie et bonheur; savoir parler de Dieu et le faire connaître aux pauvres et aux ignorants, c'est là notre vie et notre amour ». (A Soeur Véronique Lhéraud, 1873)

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » (Saint Jean 17, 3)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Septième jour

Demandons donc d'abord l'esprit de Dieu

« Comme nous avons besoin de prière! Quand nous aurons l'esprit de Dieu ça ira bien; quand nous aurons l'esprit de Dieu, les approbations ne nous manqueront pas, mais si nous n’avons pas l'esprit de Dieu, à quoi nous serviraient-elles? A rien, elles ne serviraient qu’à notre honte et à notre condamnation; demandons donc d’abord l'esprit de Dieu, que l'Esprit Saint nous communique sa Charité, son humilité surtout, sa douceur, son zèle, et tout ira bien, mais sans cela nous ne serons jamais rien et nous ne ferons jamais rien. L'esprit de Dieu, oh ! Demandons-le toujours et tous les jours, ne cessons pas de le demander, c'est là la recommandation que je vous fais à toutes et à tous, travaillons à acquérir l'esprit de Dieu et tout ira bien ». (A Soeur Véronique Lhéraud, 1877)

« Jésus ressuscité se tint au milieu d’eux et Il leur dit: « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Ayant dit cela, il souffla et leur dit: « Recevez l’Esprit Saint ». » (Saint Jean 20, 21-22)

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Huitième jour

Quels sont ceux qui ont l’esprit de Dieu ?

« Ce sont ceux qui ont prié beaucoup et qui l’ont demandé longtemps. Ce sont ceux qui ont étudié longtemps le Saint Evangile, les paroles et les actions de Notre-Seigneur, qui ont vu comment les Saints agissaient et comment ils conformaient leur vie à celle de Jésus-Christ, qui ont travaillé longtemps à réformer en eux ce qui est opposé à l'esprit de Notre-Seigneur. Celui qui a l’esprit de Dieu, il ne dit rien de lui-même, il ne fait rien de lui-même; tout ce qu'il dit, tout ce qu'il fait repose sur une parole ou une action de Jésus Christ qu’il a pris pour fondement de sa vie; Jésus Christ est sa vie, son principe, sa fin. « Ce n’est pas moi qui vis, c’est Jésus Christ en moi » (Galates 2, 20) ». (Véritable Disciple, p. 227-228)

« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! » (Saint Luc 11,13).

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Neuvième jour

Comme la flamme du bois

« L'esprit de Dieu n'est ni dans une règle positive, ni dans les formes, ni dans l’extérieur, ni dans les habits, ni dans les règlements; il est en nous, quand il nous est donné. On entend ce son, mais on ne sait ni d'où il vient, ni où il va, il souffle où il veut. Il nous vient au moment où nous nous y attendons le moins. Quand nous le cherchons, nous ne le trouvons pas; quand nous ne le cherchons pas, nous le trouvons; il est indépendant de notre volonté, du moment, du temps et de l’heure; il vient quand il veut, à nous de le recevoir quand il vient. Il a la liberté d’action, et il est indépendant de nous, mais il se communique à nous quand nous y pensons le moins; il n’est pas dans le raisonnement, ni dans l’étude, ni dans les théories, ni dans les règles; il est un feu divin qui bouge toujours, qui s’élève en haut de manière irrégulière, il se montre et il disparaît, comme la flamme du bois; il faut le prendre et s’en réjouir quand il se montre… et le conserver toutes les fois qu’il se communique à nous ». (Véritable Disciple, p. 511)

« Mais lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler et que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous ». (Saint Matthieu 10, 19-20).

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père, prière demander pour la Canonisation du Bienheureux Antoine Chevrier

Prières

O Verbe ! O Christ

O Verbe ! O Christ ! Que Vous êtes beau ! Que Vous êtes grand ! Qui saura Vous connaître ? Qui pourra Vous comprendre ? Faites, ô Christ, que je Vous connaisse et que je Vous aime. Puisque Vous êtes la Lumière, laissez venir un rayon de cette Divine Lumière sur ma pauvre âme, afin que je puisse Vous voir et Vous comprendre. Mettez en moi une grande Foi en Vous afin que toutes Vos Paroles soient pour moi autant de lumières qui m'éclairent et me fassent aller à Vous, et Vous suivre, dans toutes les voies de la Justice et de la Vérité. O Christ ! O Verbe ! Vous êtes mon Seigneur et mon seul et unique Maître. Parlez, je veux Vous écouter et mettre Votre parole en pratique. Je veux écouter Votre Divine Parole, parce que je sais qu’elle vient du Ciel. Je veux l’écouter, la méditer, la mettre en pratique, parce que dans Votre Parole il y a la Vie, la joie, la paix et le bonheur. Parlez, Seigneur, Vous êtes mon Seigneur et mon Maître et je ne veux écouter que Vous. Amen.

« Pauvreté, que tu es belle ! »

« O pauvreté, que tu es belle ! Jésus Christ, mon Maître, t'a trouvée si belle qu'Il t'a épousée en descendant du Ciel, qu'Il a fait de toi la compagne de Sa Vie et qu'Il a voulu mourir avec toi sur la Croix. Donnez-moi, ô mon Maître, cette belle pauvreté. Que je la prenne avec joie, que je l'embrasse avec amour, pour en faire la compagne de toute ma vie et mourir avec elle sur un morceau de bois, comme mon Maître ! » (VD, p. 323).

L’origine du Prado

La Conversion de Noël 1856

« C’est en méditant la nuit de Noël sur la pauvreté et l'humilité de Notre Seigneur que j'ai résolu de tout quitter et de vivre le plus pauvrement possible. Je me disais: « Le Fils de Dieu est descendu sur la terre pour sauver les hommes et convertir les pécheurs. Et cependant que voyons-nous ? Que de pécheurs il y a dans le monde ! Les hommes continuent à se damner ». Alors, je me suis décidé à suivre Notre-Seigneur Jésus Christ de plus près, pour me rendre plus capable de travailler efficacement au salut des âmes, et mon désir est que vous-mêmes, vous suiviez Notre-Seigneur de près » (Antoine Chevrier).

 

Association des Prêtres du Prado

13, rue Père Chevrier – 69007 Lyon

04 78 72 41 67

Mail: ap.prado@wanadoo.fr

www.leprado.org

 

Le texte de cette neuvaine est extrait d'un livret édité par Bayard Service Édition, en collaboration avec l’Association des Prêtres du Prado en Mars 2012

 

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