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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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8 avril 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 4/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

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Quatrième Mardi

Saint Antoine Franciscain

 

Nous sommes arrivés à, l'année 1219, année importante pour le jeune Chanoine Régulier. C'est en cette année que cinq missionnaires franciscains, envoyés par Saint François lui-même, après le chapitre qu'il avait tenu à Assise, passèrent à Coïmbra, se rendant en Afrique pour évangéliser les infidèles. Ferdinand vit et entendit ces Frères Mineurs. C'est de leur bouche qu'il recueillit le récit des derniers entretiens qu'ils avaient eus avec Saint François ; c'est dans leurs paroles qu'il sentit passer, avec un souffle tout enflammé de l'amour de Jésus-Christ, les désirs insatiables de dévouement, de renoncement et d'immolation.

Toutes ces ardeurs étaient déjà dans l'âme de Ferdinand, et il suffisait d'une étincelle pour en faire jaillir un brasier ardent. Les cinq missionnaires furent cette étincelle. Peu de temps après, ces fils de Saint François ayant été mis à mort sur les côtes inhospitalières et barbares du Maroc, leurs restes, par les soins de l'Infant Don Pedro, furent rapportés à Coïmbra, au Monastère de Sainte Croix. Alors, devant les Saintes reliques de ces hommes apostoliques, Ferdinand se sentit remué jusqu'au fond de ses entrailles ; devant ces Martyrs, avec qui il avait conversé avant leur départ pour la mort, son amour pour Jésus-Christ sortait de son cœur en paroles brûlantes : « Ils sont morts pour Vous, ô mon Sauveur, disait-il, et moi, je me contente des douceurs et des consolations que Vous me prodiguez. Ils sont morts pour Vous, ces heureux Martyrs, et moi, qui Vous aime de tout mon cœur, ô mon Dieu, je reste dans les ravissements que me donne la contemplation de Votre Beauté et de Votre Bonté. Vous faire connaître et aimer, souffrir et mourir pour Vous, ô Seigneur Jésus, c'est mon désir le plus ardent, ma volonté ferme et arrêtée ».

C'est pendant que Ferdinand exhalait ainsi son amour devant Notre Seigneur, que, suivant les Bollandistes, Saint François lui apparut. Cette vision combla le jeune Chanoine de bonheur et lui indiqua la voie qu'il devait suivre. Non loin de Coïmbra, au milieu d'une plantation d'oliviers, les disciples du Séraphique François avaient élevé un modeste couvent, et ils l'avaient mis sous la protection du grand solitaire Saint Antoine. Souvent ces amants de la pauvreté allaient mendier leur pain à la porte des monastères ̃et des simples fidèles. Un jour, ils se présentèrent au Couvent de Sainte Croix, et ce fut Ferdinand qui les reçut.

Aussitôt, dans un élan de Charité, son cœur déborda, et il demanda aux Frères Mineurs, si, en entrant dans leur ordre, il aurait le bonheur d'être envoyé au milieu des infidèles pour leur prêcher la Foi et la vérité et pour verser son sang pour Jésus Christ. Les Frères répondirent que leur Saint Fondateur avait toujours exprimé le désir d'envoyer ses Frères prêcher l'Evangile chez les infidèles. Ferdinand leur demanda alors de lui apporter l'habit de leur Ordre, car il désirait s'en revêtir le plus tôt possible. Les humbles Frères n'y manquèrent point, et le lendemain ils se présentèrent de nouveau au Monastère de Sainte Croix. Après bien des récriminations de la part des Chanoines, Ferdinand se revêtit, dans un coin, de l'Habit des enfants de Saint François. Immédiatement après, il partit pour le Couvent de Saint Antoine d'Olivarez. En quittant Sainte Croix, en laissant son costume de chanoine, il quitta aussi son nom et désormais il s'appellera le Frère Antoine.

Remarquons cependant que l'Ordre de Saint Augustin, auquel appartenait le Monastère de Sainte Croix, peut se glorifier à jamais d'avoir donné la première nourriture, la première sève à un arbre que Dieu transplanta dans un autre sol pour le bien de l'Église entière. Et maintenant, nous allons contempler Antoine, l'homme de la prière et l'homme de l'action, comme parle l'un de ses historiens. Nous allons le voir passer sur la terre en semant la vérité et les miracles. « Il dompta la nature, dit le même historien, il consola l'humanité et il s'arrêta, en pleine jeunesse, pour mourir en chantant une hymne à la Vierge Marie ».


Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.


Antienne attribuée au Cardinal Guy de Montfort


Astre de l'Espagne, perle de la pauvreté, Antoine, père de la science, exemplaire de pureté, vous êtes la lumière de l'Italie, le Docteur de la Vérité ; à Padoue, vous êtes comme un soleil brillant par les miracles que vous faites. Ainsi soit-il.

 

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7 avril 2013

Prière de Saint François devant le Crucifix

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Prière de Saint François devant le Crucifix

Par le Jeune Choeur Liturgique, extrait de l'album "Saint François d'Assise", ADF Musique, 2009

1 avril 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 3/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

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Troisième Mardi

Saint Antoine Chanoine Régulier

 

Ferdinand a quinze ans. A cet âge, le jeune homme songe, s'il ne l'a même déjà fait plus tôt, à prendre une carrière. De temps en temps, son front devient soucieux, et il se demande ce que sera pour lui l'avenir. A cet âge, soutenu par les avis et les tendresses de sa mère, éclairé par les conseils de son père, fortifié et guidé par les grâces de Dieu, qui descendent dans son âme attirées par la prière et par la réception fréquente des sacrements, le jeune homme commence à envisager les voies qui s'ouvrent devant lui et à les étudier. Et quand cet adolescent est le descendant d'une noble race, quand dans ses veines coule un sang chaud et bouillant, suivant l'expression de Bossuet, quand dans son cœur, jeune mais vaillant, il n'y a, en dehors des affections de la famille, que deux amours : l'amour de Dieu et l'amour de la Patrie, alors deux voies s'ouvrent devant lui, la carrière des armes et la vie religieuse. Ces deux états, en effet, bien loin de se combattre et de se nuire, se ressemblent, au contraire, par bien des points. Soldat du Christ et soldat de la patrie.

Ferdinand, dont l'âme virginale s'était approchée de bonne heure du Dieu qui réjouit la jeunesse, Ferdinand qui avait goûté les plus grandes délices, durant plusieurs années, dans l'atmosphère de piété et de sainteté de l'École Episcopale, et qui avait trouvé dans la prière, dans la méditation, dans le recueillement, le meilleur aliment pour son cœur et la meilleure occupation pour son esprit, Ferdinand, disons-nous, n'hésita pas un instant, et entre les deux carrières qui s'ouvraient devant lui, il choisit la vie religieuse. Il dit adieu sans peine et sans chagrin, car il était assuré qu'il accomplissait la volonté de Dieu, à la fortune, à la renommée mondaine et aux plaisirs ; il dit adieu au palais de son père et de sa mère, à la haute situation qui lui était réservée dans le monde, et il se retira, au grand mécontentement de plusieurs de ses amis, au mois d'août 1210, dans le monastère des chanoines réguliers, élevé aux portes de Lisbonne sous le vocable de Saint Vincent. « Là, il quitta, dit son historien, les habits de sa noble extraction pour se revêtir avec amour de la robe blanche, du cordon et de l'aumusse, qui lui parlaient de renoncement et de consécration. Quand il se releva des pieds de l'abbé qui venait de les lui donner, il était transfiguré. La solitude venait de fleurir comme un lys ».

Cependant, au bout d'un certain temps qu'il ne nous est pas possible de déterminer, le jeune novice, dont l'âme contemplative se plaisait dans le recueillement qui favorise l'étude et les suaves conversations avec Dieu, trouva que le Monastère de Saint Vincent était trop rapproché de ses amis et du monde qu'il avait quittés pour toujours. Il obtint de son supérieur, dans un élan de ferveur et à force d'instances, de passer au Monastère de Sainte Croix de Coïmbra. « Ce devait être, dit l'historien déjà cité, le Nazareth de cet homme extraordinaire, qui, en peu d'années, devait laisser de son passage sur la terre un impérissable vestige ». A Coïmbra, le jeune chanoine employa son temps à la prière : « Tout entier en vous, ô Dieu, dit l'hymne franciscaine, dès l'aurore il allait à vous et s'absorbait en vous par la contemplation ». Ferdinand se consacra aussi à l'étude de l'Ecriture sainte et des sciences sacrées : « Autant que les circonstances le lui permettaient, il était sans cesse occupé de la science divine. Il travaillait docilement sous l'action de la grâce et il se disposait pour l'avenir auquel Dieu l'avait prédestiné ». Cet avenir, c'est l'apostolat, et nous avons vu que Ferdinand s'y préparait, à Coïmbra, sous le regard de Dieu. Bientôt il aura gravi tous les échelons de la science et de la perfection chrétiennes, et alors le monde le contemplera avec admiration et l'entendra avec reconnaissance, car il sera Antoine, c'est-à-dire « Altè tonans », celui qui se fait entendre au loin.


Réflexions

Le Baptême


Au jour de notre baptême, nous avons été marqués d'un caractère indélébile ; nous sommes devenus chrétiens. A partir de ce jour où pour la première fois, le prêtre, ministre de Jésus-Christ, nous a introduits dans le temple, du Seigneur, où il nous a oints de l'huile sainte et où il a tracé sur notre front et sur notre poitrine le signe sacré du salut, avec injonction à Satan de ne jamais souiller ou flétrir ce signe de la Croix, nous appartenons à Jésus-Christ. Le prêtre, ce jour-là, nous a donné le sel de la sagesse, il a ouvert nos oreilles aux enseignements de la Foi ; il a répandu l'eau sainte sur notre front, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, pour nous laver et nous purifier de la souillure originelle. Ne l'oublions pas. Que notre souvenir revienne souvent sur cette douce aurore de notre vie chrétienne.

O Saint Antoine ! Vous nous aiderez à rester fidèles aux engagements de notre Baptême, et si notre Foi chancelle, si l'indifférence entre dans notre cœur, si le tumulte des passions nous rend sourds aux enseignements du Christ, vous répéterez à l'oreille de notre âme, en nous montrant la Croix : Hoc signum nunquam audeas violare. Vous êtes chrétiens, respectez toujours en vous-mêmes cette dignité et ce signe de la Croix imprimé sur votre âme.


Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.

 

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31 mars 2013

Méditation sur la Résurrection du Seigneur

Méditation sur la Résurrection du Seigneur

Par Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Eglise

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De la garde des soldats autour du sépulcre de Jésus-Christ

 

Ils vous gardent mieux que la vigilance trompeuse des impies, parce qu'ils sont très-habiles dans le combat, et qu'ils savent repousser non-seulement les attraits de la chair, mais encore les puissances de l'air et les craintes de la nuit. Ces soldats qui, semblables à des hommes ivres, entourent votre sépulcre, furent saisis de terreur là où il n'y avait pas à craindre, parce que la puissance des ténèbres ne supportant pas la lumière à l'annonce de la vie, ils devinrent comme morts. Ce ne sont donc point les enfants de la nuit qui vous gardent, ce sont les enfants du jour. Aux uns, l'éclat dont vous brillez inspire une terreur qui les fait fuir loin de vous ; aux autres, une joie qui les attire vers vous. « Quand nous dormions, disent-ils, ses disciples sont venus et ont volé son corps » (Matthieu 28, 13). O menteurs ! Vous avez dit la vérité, mais l'iniquité s'est mentie à elle-même. Des hommes qui dorment ne peuvent pas garder le Christ : ceux qui dès le matin veilleront pour moi me trouveront. En dormant, que voyez-vous, sinon des rêves ? Voici que vous avez dans les mains des sommes considérables si cela vous est possible, gardez-les, dans la crainte que les voleurs ne viennent vous les enlever. Car les disciples de Jésus-Christ garderont leurs trésors. Chacun s'applique à conserver ce qu'il aime. Certainement, Michol, aimait David plus que Saül son père, aussi elle le fit descendre par une fenêtre et lui sauva la vie. Qu'est-ce que cela veut dire ? Michol, fille de Saül, autrefois fille de l'orgueil, après avoir été unie à David, si plein de grâces, se met à haïr son père. Ame généreuse à qui s'appliquent ces paroles du Psaume : « Écoute, ma fille, et vois, prête l'oreille, et oublie la maison de ton père, et le roi désirera ta beauté » (Psaume 44, 11). Aussi, elle fit échapper David par une fenêtre. Par cette fenêtre, entendez celle où passe la main du bien-aimé. Par cette ouverture il est sauvé par son amie, et va vers son amie, c'est-à-dire vers l'âme elle-même ; elle est cachée dans l'homme intérieur, où elle vit en sûreté et est ignorée des méchants. Car elle s'est cachée et est sortie du temple de la perfidie. Parce que, tandis que David joue de la harpe devant Saül, pour faire éloigner de lui l'esprit mauvais envoyé par le Seigneur, cet impie s'efforce de le percer et de le fixer à la muraille. Mais David évite le coup : que veut dire ce détail que le javelot est fiché dans le mur, sinon que la grâce de Jésus-Christ se retirant, l'esprit endurci est percé du trait de sa malice ? Et le roi des ténèbres, Saül, qui déteste-t-il davantage encore aujourd'hui que David son gendre ? C'est pourquoi, en l'absence de ce dernier, il prend sa fille qu'il lui avait donnée en mariage, et la donne à un autre mari sans noblesse : mais quand ce guerrier reviendra, et occupera le trône, il la réclamera parce qu il l'avait obtenue au prix de la chair de deux cents Philistins, retranchant d'elle les souillures de l'esprit aussi bien que celles de la chair.

Malheur aux pécheurs qui entourent votre sépulcre, Seigneur, parce que vous vous éloignez d'eux et ils ne vous trouvent pas dans votre lit agréable et fleuri, mais plutôt ils trébuchent contre une statue entourée des ténèbres de leur cœur, ils ont à leur tête une peau de chèvre, et un souvenir infect de leurs péchés. Bienheureux celui qui veille à côté de votre monument, afin de vous garder, et qui lutte à l'aurore avec l'ange de la résurrection, ne le lâchant que lorsqu'il a appris quelque chose de son nom qui est admirable, afin de changer le titre de Jacob en celui d'Israël, et de faire lever le soleil de justice sur l’âme, de suite après qu'elle a reçu le coup du glaive de douleur.

 

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L'enlèvement de la pierre, l'apparition des anges et la résurrection de Jésus-Christ

 

« Qui nous écartera la pierre qui ferme l'entrée du sépulcre », (Marc. 16, 3). L'ouverture de mon esprit est fermée, Seigneur, la pierre de cette vie mortelle pèse lourdement sur mon intelligence, je suis surchargé du poids de mes iniquités, les forces humaines ne peuvent en aucune manière l'écarter, si votre parole toute-puissante, si l'ange du conseil ne viennent détruire cette muraille d'iniquité, et nous ouvrir le sens, afin que nous comprenions les Écritures et que nous voyons, placés devant nous, les linges, témoignages très-assurés de votre résurrection et du corps humain que nous avez pris. Qui pourra, muni de votre secours, en sentir les réalités divines, goûtera par avance quelque chose de la gloire et de la résurrection que vous avez préparée pour ceux qui vous aiment et dont vous avez ramassé les prémices en votre sein, l'offrant sans relâche à votre Père, après l'avoir consumée par le feu du Saint Esprit. Et l'ange qui annonçait une joie si considérable, qui fit rouler la pierre, et effraya les méchants, défendit avec beaucoup de douceur aux saintes âmes de craindre ; cet ange, dis-je, rendit témoignage à la bienheureuse résurrection, non point seulement, par ses paroles, mais encore par son aspect, son habit et ses actes. Car il enleva la pierre et s'assit dessus, cette pierre qui est encore roulée sur nous, et écrase notre visage. Ce qui a lieu aussi, sans nul doute, dans la première résurrection qui est celle de l'âme, en sorte que, par un heureux retour, l’esprit s'assujettit ce fardeau d'iniquité, et prend en main, comme juge et maître, la conduite de son inférieur.

Que voir dans cette blancheur de neige, dans cette beauté des habits, sinon la chasteté froide et très-pure de notre corps, qui rend hommage et soumission à la chasteté angélique qui règne en elle Or, son aspect intérieur, là où a été imprimée la lumière de votre visage, est terrible et brillant comme l'éclair : terrible, pour terrasser et effrayer les ennemis de l'âme, brillant, afin de se montrer toujours entouré de justice à vos yeux, ô vous qui êtes la véritable lumière. Telle était la face de Moïse lorsqu'il venait de converser avec vous, elle était lumineuse et redoutable, munie de cornes pour combattre les adversaires, et entourée d'une splendeur que ne pouvaient supporter les yeux charnels. Et maintenant, Seigneur, nous savons, et nous nous en réjouissons, que vous êtes vraiment ressuscité d'entre les morts, et vous êtes grandement éloigné de nous autres, vivant encore dans cette région de mort, parce que vous êtes monté au ciel, sur vos chevaux de feu et sur votre char de flammes, multiple comme dix mille. Cependant votre manteau est tombé vers nous, et est resté parmi nous jusqu'à ce jour, c'est-à-dire les linges de votre corps, qui nous font éprouver, dans le temps opportun, le secours de votre puissance, et produisent en nous votre double esprit qui est vous, et nous font aimer Dieu et le prochain, Les douleurs de la mort nous ont assaillis, et les torrents de l'iniquité nous ont ébranlés, le vêtement de notre mortalité nous a entourés, vêtement plein de vers qui me rongent constamment et ne dorment jamais, tourments avant-coureurs de cette extrême douleur qui vient sur nous, comme un guerrier armé, et qui s'efforce de nous anéantir, si nous ne sommes pas sur nos gardes. Et même, quel est l'homme assez vigilant pour en soutenir la terreur ? Cependant,que nous le voulions, que nous ne le voulions pas, il faut certainement la soutenir, il faut la traverser. Mais n'oubliez pas le manteau d'Élie : sans lui les eaux du torrent ne se partageront pas. Car il est d'autres torrents, torrents d'iniquités, l'océan de mes péchés, qui m'entraînent, et plût au ciel qu'il me troublassent de telle sorte, que je crierais avec douleur : « Mon père, mon père, ô char d'Israël et son conducteur » (4Rois 13, 14). Mais ils me troublent et me privent de la lumière de mes yeux, en sorte que je ne puis voir le très-bon Élie, lorsqu'il est ravi à mon amour. Si je le voyais, assurément son double esprit viendrait sur moi et je crierais : « Mon Père, mon Père ! Dieu a envoyé, dit l'Apôtre, l'esprit de son Fils dans nos cœurs, esprit criant, Père » (Gal. IV. 6). Le double esprit crie deux fois : « Mon Père! mon Père ». O Père qui m'avez créé, ô Père qui m'avez recréé, ô mon Père, ô mon Père, ô cri plein d'affection ! Char d'Israël et son conducteur, qui portez et régissez, soutenez et gouvernez. Qui ? Israël qui croit en vous, qui soupire après vous. Voici que vous avez disparu, et votre Élisée ne vous verra plus. Il a gardé cependant en souvenir de votre manteau, afin que sa vue adoucisse en l'augmentant la douleur de votre absence, et l'augmente en l'adoucissant.

« Prenez ceci en mémoire de moi », dit le Sauveur (Luc. 22, 19). C'est le sacrement de votre corps que nous prenons en souvenir de vous, jusqu'à ce que vous veniez. Votre manteau, c'est votre chair, dont vous vous êtes revêtu pour venir vers nous, en laquelle vous vous êtes caché aux méchants et vous vous êtes montré à vos amis fidèles jusqu'à ce jour. Sous ce manteau, se voile votre force, force prodigieuse, ô redoutable Samson; vous n'en avez pas dérobé en dernier lieu le secret, même à celle que vous aimiez sans qu'elle vous aimât, afin de la changer d'ennemie qu'elle était en amie. Cette femme qui ne vous aimait pas et qui vous poursuivait, vous l'avez chérie à un tel point que, pour son amour, votre sagesse devenait folie et votre force, faiblesse. « Mais ce qui est insensé, selon Dieu, est plus sage, et ce qui est faible est plus fort que tous les hommes ». (1 Corinthiens 1, 25). Parce qu'en vous sacrifiant vous-même aux yeux de votre Père, et en mourant par un effet de votre puissance, vous avez ébranlé les princes des ténèbres et brisé leur pouvoir, et votre croix est devenue un scandale pour les Juifs, une folie pour les gentils, mais, pour ceux qui croient, la force et la sagesse de Dieu.

 

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La dévotion de Marie Madeleine pour aller à la recherche de Jésus-Christ, et la vision qu'elle eût

 

« En ce jour-là le Seigneur sifflera à la mouche qui est à l'extrémité des fleuves d'Egypte, et à l'abeille qui se trouve en la terre d'Assur » (Isaïe 7, 18). Sifflez aussi, Seigneur, à mon âme pécheresse, à cette mouche impure : que votre esprit bon la conduise par une voie droite, afin que j'aille à la terre promise, montueuse et élevée, qui est arrosée des eaux qui découlent de ses cimes et qui attend la pluie du ciel, à la différence de la terre d'Egypte qu'un fleuve, débordant de la terre, couvre dans toute son étendue. Car il n'y a pas de montagne, il n'y a pas d'obstacle qui arrête les concupiscences de l'Egypte ; mais telles qu'elles bouillonnent d'un esprit terrestre, elles se répandent sans retard sur la surface abaissée de l'âme, pour l'inonder.

Le fleuve de l'Egypte a sept branches à son embouchure, qui viennent toutes d'une seule source, c'est-à-dire de l'orgueil. La dernière représente la luxure de la chair qui produit les mouches, toujours amies de ce qui est immonde: la grâce surabondante ne méprise pas ce petit animal, mais elle siffle et l'appelle de l'extrémité des fleuves et le réunit à l'abeille qui était dans la terre d'Assur, afin qu'ensemble, elles se reposent au bord des torrents qui coulent dans les vallées, dans les trous des pierres, dans tous les taillis et dans toutes les gorges. L'abeille est vierge, mais tant qu'elle reste dans la terre d'Assur, c'est-à-dire de l'orgueil, elle ne peut produire le miel : dans la terre promise seule, coulent le lait et le miel. Donc, au souffle de la grâce, la mouche et l'abeille accourent, et se reposent ensemble dans les torrents des vallées. Au bord de ces torrents, ces animaux sont purifiés, l'abeille de la tache de l'orgueil, et la mouche de celle de la luxure. Les torrents des vallées sont la règle de l'humilité. Pourquoi, les torrents ? Parce que si pour corriger les vices, on éprouve quelque tristesse et quelque fatigue, tout cela passe vite. Aussi « lorsque la femme enfante, elle ressent de la tristesse » (Jean. 16, 21). Le travail, en effet, se change en amour, l'ennui en désir, et l'amertume en douceur, et ainsi des torrents des vallées on va aux cavernes des rochers. Les pierres très-fermes et très solides dans la foi sont les Pères en leurs souffrances, comme dans leurs modèles la mouche et l'abeille se reposent, semblables à des colombes qui y bâtissent leurs nids. Aussi, leur main ne s'arrête pas, leur pied ne connaît pas le repos, mais constamment en fonction dans ce taillis de toutes sortes de biens, elles arrivent enfin aux ouvertures de la contemplation.

Ce sont là vos œuvres, ô Seigneur Jésus, parce qu'elles sont extrêmement bonnes. C'est ainsi que vous avez sifflé en appelant Marie Madeleine, de qui vous avez chassé non pas un, mais sept fleuves. Voyez comment elle se reposa dans les torrents des vallées ; elle entra dans la salle où l'on mangeait, elle courut aux pieds de Jésus, et les arrosa d'un torrent de larmes : pour laver les pieds de son maître elle ne porte d'autre eau que celte que renferment ses yeux, pour linges. elle emploie ses cheveux. Et alors, quand son affection s'enflamme davantage, et, qu'inondée de larmes, ce sentiment, semblable à un charbon, s'échauffe plus fortement, vous verriez cette généreuse créature imprimer des baisers sans nombre et insatiables sur ces pieds sacrés ; et vous sentiriez toute la maison embaumée de l'odeur du parfum répandu. Que faisait-elle sinon se reposer dans les torrents des vallées, d'où sortaient des fleuves de grâces si nombreux et si abondants ? Aussi, après que beaucoup de péchés lui furent remis parce qu'elle avait beaucoup aimé, elle demeurait auprès de Jésus le long de ces rives débordantes; tandis que Marthe sa sœur se livrait à de occupations multipliées. Pourquoi faire mention de ce devoir d'ensevelissement du Seigneur qu'elle remplissait par avance, des pieds montant vers la tête pour l'oindre, lorsque le disciple, sépulcre fétide d'avarice, frémissait à sa vue, ne pouvant supporter le parfum qu'exhalait cette piété ? Le Christ mourant, un amour si ardent ne peut mourir avec lui: les hommes, c'est-à-dire les apôtres fuyaient et se cachaient, et cette femme intrépide se tenait auprès du tombeau et pleurait ; elle n'avait plus en vie celui qu'elle aimait, et mort, elle brûlait d'affection pour lui. Le corps avait disparu, elle ne pouvait se retirer du sépulcre. Plus il était dérobé à ses yeux et à ses mains, plus son âme volait à sa recherche ; si cela avait été possible, par racheter ce corps sacré, elle aurait rempli le monument de ses larmes. « Elle se tenait debout et pleurait », dit l’Ecriture, c'est tout ce qui lui restait de vous. Le corps avait disparu, mais qui lui enlèvera le bonheur de pleurer ? Ne vous retenez pas, ô âme noble, pleurez sans vous reposer, jusqu'à ce que vous trouviez le Seigneur qui vous est ravi et qui est ressuscité. Courbez-vous encore et encore, regardez bien souvent la place vide où avait été placé votre bien-aimé. Cet endroit vous excite toujours davantage à pleurer, en vous rappelant l'absence de celui que vous cherchez.

Elle vit, dit le texte sacré, « deux anges habillés de blanc et assis l'un à la tête, l'autre aux pieds, à l'endroit où avait été déposé le corps de Jésus. « Femme, pourquoi pleurez-vous, lui disent-ils, Qui cherchez-vous ? » (Jean 20, 11). Vous saviez parfaitement, ô saints anges, pourquoi elle pleurait, et qui elle cherchait. Pourquoi, en lui rappelant ce souvenir, provoquez-vous encore ses larmes ? Mais la joie d'une consolation inattendue était sur le point de se faire sentir, ainsi que toute la force de la douleur et de la tristesse se déploie. « En se retournant elle vit Jésus debout, et elle ne savait point que c'était Jésus ». O doux et délicieux spectacle de piété ! Celui que l'on cherche et que l'on désire, se cache et se montre. Il se cache pour être cherché avec plus d'ardeur, pour être trouvé avec plus de joie, pour être gardé avec plus de sollicitude, pour être retenu avec plus de force, jusqu'à ce qu'il soit introduit pour y rester dans la demeure de l'amour. C'est ainsi que la sagesse joue dans l'univers, et ses délices sont de se trouver parmi les enfants des hommes. « Femme, pourquoi pleurez-vous ? Qui cherchez-vous ? » Vous tenez celui que vous cherchez, et vous ne le savez pas ? Vous avez ici la joie véritable et éternelle, et vous pleurez ? Vous possédez au dedans celui après qui vous courez au dehors. Véritablement, vous êtes au tombeau pleurant au dehors : votre esprit est mon sépulcre. Je n'y suis pas mort, vivant je me repose à jamais : votre esprit est mon jardin. Vous avez eu raison de le penser, je suis jardinier. Je suis le second Adam, je travaille et je garde mon paradis. Vos fleurs sont votre piété, votre désir est mon travail vous m'avez au dedans de vous et vous ne le savez pas, Voilà pourquoi vous me cherchez au dehors. Voici que je me montrerai à l'extérieur pour vous ramener à l'intérieur et pour vous faire rencontrer au dedans ce que vous poursuivez au dehors. « Marie ». je vous connais par votre nom, apprenez à me connaître par la foi. « Rabboni », c'est-à-dire maître, ce qui veut dire : apprenez-nous à vous chercher, enseignez-moi à vous toucher et à vous oindre. « Ne me touchez pas » comme un homme, comme jadis vous m'avez touché et oint comme mortel. « Je ne suis pas encore monté vers mon Père », encore vous ne m'avez pas cru égal, coéternel et consubstantiel à lui. Croyez cette vérité et vous m'avez touché. Vous voyez un homme, ainsi vous ne croyez pas, attendu qu'on ne croit pas, ce que l'on voit. Vous ne voyez pas la divinité, Croyez et vous la verrez. En croyant, vous me toucherez, comme cette femme qui toucha la frange de mon vêtement et fut guérie de suite. Pourquoi ? Parce que par sa foi elle me toucha. Touchez-moi de cette façon, cherchez-moi de ces regards, courant de ces pieds rapides vers moi ; je ne suis pas éloigné de vous. Je suis un Dieu qui se rapproche, je suis la parole dans votre bouche et dans votre cœur. Quoi de plus proche pour l'homme que son cœur ? C'est là que me rencontrent tous ceux qui me trouvent, car tout ce qui se voit est du dehors. Ce sont mes œuvres, mais œuvres passagères, mais œuvres caduques c'est polir moi qui leur ai donné l'être, qui habite dans les cœurs très retirés et très pieux.

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Le Christ est ressuscité !!!

 

30 mars 2013

Samedi Saint: la Sainte Face de Jésus au Sépulcre

Samedi Saint

La Sainte Face de Jésus au Sépulcre

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O Jésus, dont la Face Adorable fut enfermée dans le Sépulcre, ayez pitié de nous !

 

Après avoir été couverte des baisers de Marie, parfumée par Marie Madeleine et enveloppée d'un Suaire, la sainte Face disparaît dans le Sépulcre. Ce suaire Précieux, qui portera aussi, comme celui de Véronique, l'empreinte des traits du Sauveur, va nous fournir une nouvelle méditation.

 

Premier point

La Sainte Face sur le Suaire

 

C'était l'usage chez les Juifs, d'envelopper le corps tout entier de voiles et de bandelettes avant de le déposer ans le roc qui gardait les tombeaux de famille. Joseph d'Arimathie a donné un sépulcre à Celui qui n'avait pas où reposer Sa tête, il a couvert de linceuls la Dépouille Adorable du Sauveur. L'Ange les montrera plus tard pliés avec soin dans le tombeau et portant les traces des Cinq Plaies de Jésus. Pour nous, fidèles amis de la Sainte Face, nous allons vénérer spécialement celui de ces linceuls, qui, comme le Voile de Véronique, garde les traits de Jésus. Dieu n'a point voulu que ce trésor fût ravi à Son Eglise. Il passa des mains de Nicodème à celles de Gamaliel, puis à Saint Jacques, qui le transmit à Saint Siméon, Evêque de Jérusalem. Les Croisés le rapportèrent en Europe, et aujourd'hui la Maison de Savoie conserve à Turin ce mémorial de la Passion du Sauveur. Que de miracles se sont opérés en sa présence ! Saint François de Sales vint y répandre son cœur débordant d'amour ; il ne put retenir ses larmes à la vue des marques produites par les Plaies du Sauveur.

Unissons-nous aux sentiments pieux de tous ceux qui ont prié devant cette vénérable relique. Honorons le Saint Suaire, et attachons-nous plus spécialement à cette partie qui couvrit la Face de Jésus. On a reproduit beaucoup de fac-similé de cette Sainte Relique ; estimons-nous heureux si nous avons le bonheur d'en posséder un, et que sa vue nous excite à la réparation et à l'amour.

 

Deuxième point

Le Chrétien dans le sépulcre

 

Ce n'est pas sans un secret dessein de Dieu que la Sainte Face a été ainsi imprimée sur le Saint Suaire. La couronne d'épines, les ignominies des Juifs nous y sont retracés pour nous rappeler combien Notre Seigneur a souffert pour nous, « depuis la plante des pieds jusqu'aux sommets de la tête, aucune partie n'est restée sans douleur », avait dit le prophète (Isaïe 1, 16). Puisque mon Sauveur a tant souffert, pourquoi ne souffrirais-je pas avec Lui ? Puisqu'Il a voulu être enseveli pendant plusieurs jours dans les ombres d'un tombeau, pourquoi refuserais-je d'être enseveli au monde avec Lui ?

A la vue de la Sainte Face imprimée sur le Saint Suaire, je déteste le péché, je renonce au désir de paraître, d'être honoré, loué, recherché et aimé. Je demande à Dieu, avec l'apôtre de la dévotion à la Sainte Face, Sœur Marie de Saint Pierre, l'auteur des Litanies de l'humilité, avec le vénéré Léon Papin-Dupont (le Saint Homme de Tours »), qui a récité si souvent cette pieuse prière, je demande d'être délivré de la crainte d'être humilié, méprisé, rebuté, calomnié, raillé et injurié. Comme Saint Paul, je ne veux connaître autre chose que Jésus, et Jésus crucifié (Galates 3,1). C'est en Lui que je veux chercher mon bonheur, ma paix et la source de toutes mes joies sur la terre.

Bouquet spirituel : « Pierre étant entré, vit les linceuls déposés dans le sépulcre » (Jean 20, 5).

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Texte extrait du Mois de la Sainte Face, Abbé J.-B. Fourault, aux Editions Saint Jean

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25 mars 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 2/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

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Deuxième Mardi

Enfance et adolescence

 

Au sortir du baptême, le petit Ferdinand fut remis à sa mère, qui, avec bonheur, déposa sur le front de ce nouveau Chrétien un baiser plein de toutes les tendresses de son cœur. Cette mère était de la race de celles qui pensent que la Religion est la seule chose nécessaire, parce que, seule, elle conduit au Salut ; elle était du nombre de ces ferventes Chrétiennes qui vivent dans une atmosphère de piété, et dont le cœur débordant d'amour pour Jésus-Christ, pour Sa Sainte Mère et pour l'Eglise, fait sentir à ceux qui les approchent l'influence bienfaisante de cet amour divin. Et ce fut cette mère qui se chargea de l'éducation du jeune Ferdinand.

A cette douce et pieuse école il puisa cette piété angélique qui, tout d'abord, le fit remarquer entre tous les enfants de son âge, ces élans affectueux pour la Sainte Vierge, élans qui se manifestaient par ces paroles, qu'il avait sans cesse sur les lèvres : « O glorieuse Souveraine, Vous êtes la Porte du Roi des rois, et c'est par Vous que les hommes vont à la vraie Lumière ». C'est cette prière qu'il répéta toute sa vie et même au moment de rendre le dernier soupir ; c'est cette prière que sans doute il adressait à Marie, au pied de Son autel de la Cathédrale de Lisbonne, le jour où Satan, comme pour l'éloigner de ce Saint lieu, lui apparut sous une forme menaçante. A l'instant, l'enfant appuya sa petite main sur le marbre des degrés sur lesquels il était agenouillé, et y traça le Signe de la Croix pour mettre en fuite l'esprit malin. Sa confiance dans le Signe sacré de notre Rédemption fut récompensée, et non seulement Satan disparut, mais, sous son doigt, le marbre s'amollit et, sur ce marbre, la Croix resta gravée. « Aujourd'hui encore, dit un historien de Saint Antoine, les fidèles continuent à baiser avec amour ce premier témoignage de l'empire reconquis par le fils des Bouillon sur la création, révoltée depuis la chute originelle ».

La formation du cœur ne fit pas oublier aux parents du jeune Ferdinand la culture de son esprit, et, de bonne heure, ils le mirent entre les mains des chanoines de Lisbonne, qui dirigeaient et instruisaient avec autant de soin que de sagesse les enfants confiés à leur sollicitude. A l'ombre des Autels, auprès du Tabernacle, fortifié dans l'amour du bien et de la vertu par les paroles et les exemples de ses vénérables maîtres, Ferdinand, comme le Divin Sauveur à Nazareth sous les regards de Marie et de Joseph, avança en âge et en sagesse. Un annaliste, cité par Mgr Ricard, nous semble résumer admirablement bien l'état d'âme de l'adolescent dans les dernières années de son séjour dans cette pieuse école. « Ferdinand faisait marcher de front, dit-il, dans son esprit et dans son cœur, l'obéissance aux lois de sa patrie et aux commandements de ses parents, les sentiments de révérence envers les évêques et les prêtres, le respect pour les vieillards, l'amour de la pureté, de la retraite, de l'humilité, de la souffrance, de la douceur, de la charité, de la tempérance, des jeûnes et l'horreur du mensonge, même joyeux ». Ferdinand n'a que quinze ans. Arrivés à cette époque de sa vie, en contemplant la beauté de son âme, nous sentons que nous allons entrer dans une phase de merveilles. Nous en serons sans doute éblouis, mais nous n'en serons pas surpris. « Le doigt de Dieu est là ».


P
rières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».

 

Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.

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Hymne favorite de Saint Antoine à la Très Sainte Vierge


O Glorieuse Souveraine, Vous êtes élevée au-dessus des astres.

Celui qui Vous a créée, devenu petit Enfant, a été nourri de Votre substance.

Ce qu'Eve coupable nous a enlevé, Vous nous le rendez par Votre Fruit béni ;

pour que les hommes entrent dans les Cieux,

Vous êtes devenue la Porte du Ciel.

C'est par Vous que le grand Roi est venu à nous,

par Vous que nous jouissons de la Lumière :

La vie nous est donnée par la Vierge :

Réjouissez-vous, nations rachetées de l'enfer.

Jésus, gloire à Vous qui êtes né de la Vierge,

gloire au Père et au Saint-Esprit dans les siècles éternels. Amen.

 

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24 mars 2013

La Semaine Sainte avec Sainte Brigitte de Suède

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La Semaine Sainte avec Sainte Brigitte de Suède

Extrait des Quinze Oraisons

 

Lundi Saint

Deuxième Oraison

 

O Jésus ! Vraie Liberté des Anges. Paradis de délices, ayez mémoire de l'horreur et tristesse que Vous endurâtes lorsque Vos ennemis, ainsi que des lions furieux Vous entourèrent, et par mille injures, soufflets, égratignures et autres supplices inouïs Vous tourmentèrent à l'envi. En considération de ces tourments, je Vous supplie, ô mon Sauveur, de me délivrer de tous mes ennemis visibles et invisibles et de me faire arriver sous Votre protection à la perfection du Salut éternel. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Mardi Saint

Quatrième Oraison

 

O Jésus ! Céleste Médecin, élevé en Croix pour guérir nos plaies par les Vôtres, souvenez-Vous des langueurs et meurtrissures que Vous avez souffertes en tous Vos membres, dont aucun ne demeura en sa place, en sorte qu'il n'y avait douleur semblable à la Vôtre. Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, aucune partie de Votre Corps n'était sans tourment; et cependant, oubliant toutes Vos souffrances, Vous n'avez pas cessé de prier Votre Père pour vos ennemis, Lui disant : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». Par cette grande Miséricorde, et en mémoire de cette douleur, faites que le souvenir de Votre très amère Passion opère en nous une parfaite contrition et la rémission de tous nos péchés. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Mercredi Saint

Septième Oraison

 

O Jésus ! Fontaine de Pitié inépuisable, qui, par une profonde affection d'Amour, avez dit sur la Croix : « J'ai soif ! », mais de la soif du Salut du genre humain. Je Vous prie, ô mon Sauveur, d'échauffer le désir de nos cœurs pour tendre à la perfection dans toutes nos œuvres ; et d'éteindre entièrement en nous la concupiscence charnelle et l'ardeur des appétits mondains. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Jeudi Saint

Huitième Oraison

 

O Jésus ! douceur des cœurs, suavité des esprits, par l'amertume du fiel et du vinaigre que Vous avez goûtés en la Croix, pour l'Amour de nous, accordez-nous de recevoir dignement Votre Corps et Votre Sang Précieux pendant notre vie et à l'heure de notre mort, pour servir de remède et de consolation à nos âmes. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Vendredi Saint

Neuvième Oraison

 

O Jésus ! Vertu royale, joie de l'esprit, ayez souvenance de la Douleur que Vous avez endurée, lorsque, plongé dans l'amertume à l'approche de la mort, insulté, outragé par les Juifs, Vous criâtes à hautes voix que Vous aviez été abandonné par Votre Père, disant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-Vous abandonné ? ». Par cette angoisse, je Vous en conjure, ô mon Sauveur, ne m'abandonnez pas dans les terreurs et les douleurs de ma mort. Ainsi soit-il.

 

Notre Père, je Vous salue Marie

 

Samedi Saint

Quatorzième Oraison

 

O Jésus ! Fils unique du Père, Splendeur et Figure de Sa substance, souvenez-Vous de l'étroite et humble recommandation que Vous fîtes à votre Père, en Lui disant : « Mon Père, je remets Mon Esprit entre Vos mains » et Votre Corps tout déchiré et Votre Cœur brisé, et les entrailles de Votre Miséricorde ouvertes pour nous racheter, Vous avez expiré. Par cette précieuse Mort, je Vous supplie, O Roi des Saints ! Confortez-moi et donnez-moi le secours pour résister au démon à la chair et au sang, afin qu'étant mort au monde, je vive en Vous seul. Recevez je Vous prie, à l'heure de ma mort, mon âme pèlerine et exilée qui retourne vers Vous. Ainsi soit-il.

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Sainte Brigitte de Suède

1303-1373

 

« Née du sang royal de Suède, mariée au Prince de Mérici, Brigitte éleva saintement ses huit enfants, parmi lesquels figure Sainte Catherine de Suède. Après la mort de son époux, elle fonda un Ordre Religieux où l'on suit la Règle de Saint Augustin », signale le Missel Vespéral Romain. Elle se confessait tous les jours, passait de longues heures devant le Saint Sacrement, et fut favorisée de nombreuses visions et révélations qu'elle consigna par écrit. C'est à Rome, dans la Basilique Saint Paul-Hors-les-Murs, que le Christ lui dicta quinze Oraisons par la bouche d'un Crucifix toujours visible. « J'ai reçu en mon corps 5480 coups. Si vous voulez les honorer par quelques vénération, vous direz quinze Notre Père, quinze je Vous salue Marie et les quinze Oraisons pendant un an entier, lui déclare le Seigneur. L'année écoulée, vous aurez salué chacune de Mes Plaies » Ces Quinze Oraisons ont été approuvées le 31 mai 1862, par le Bienheureux Pie IX, qui les a recommandées « pour le bien des âmes et pour la pure vérité ».

 

Extrait du Famille Chrétienne N°1836, du 23 mars 2013

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21 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 4/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Vingt-deuxième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse l'amour du silence ».

 

Le silence est un des moyens les plus efficaces de faire des progrès dans la vie spirituelle. Il dispose à l'oraison, nourrit les sentiments de piété, alimente les ardeurs de la charité, facilite la pratique de l'humilité, enfin, il unit l'âme pieuse à Dieu, qui la conduit dans la solitude pour lui parler au cœur et s'entretenir familièrement avec elle. Si j'ai élevé si haut l'édifice de ma perfection, c'est parce que j'ai toujours vécu dans une grande solitude intérieure. Quoique parfaitement instruit des mystères de Dieu, je n'ai jamais communiqué aux autres les secrets divins qui m'avaient été confiés. J'écoutais en silence les Bergers et les Mages qui venaient adorer le Sauveur, et qui s'entretenaient des prodiges qui avaient accompagné sa naissance ; et cependant que de choses admirables j'aurais pu leur dire sur les grandeurs futures de ce Divin Enfant, que l'Ange m'avait révélées ! J'écoutais dans le temple, avec respect, le saint vieillard Siméon, comme s'il m'eût découvert des mystères que j'eusse jusque-là ignorés. Ne vous contentez pas, mon enfant, de pratiquer le silence extérieur, mais soyez fidèle encore à faire taire votre esprit rempli de préoccupations terrestres, et à supprimer une multitude de vaines réflexions qui agitent et dissipent votre âme.

Pratique : Gardez le silence intérieur, évitant avec soin les pensées inutiles.

 

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Vingt-troisième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à l'oraison ».

 

L'oraison est une élévation de l'esprit vers Dieu, un entretien familier de l'âme avec son Créateur, dans lequel elle rend à sa divine Majesté ses hommages et ses devoirs. Il n'y a point de langue qui puisse jamais assez exprimer de quel prix est cette communication de l'homme avec Dieu. L'oraison est incompatible avec le péché. C'est à la fidélité à ce saint exercice que je dois d'avoir correspondu à toutes les grâces du ciel. Je ne perdais jamais de vue Jésus-Christ ; je recueillais toutes ses paroles, toutes ses leçons, et je m'en nourrissais intérieurement ; j'admirais les prodiges de son humilité, son amour de la vie cachée, son obéissance aveugle aux ordres d'un pauvre ouvrier. Les prophéties me fournissaient la connaissance des mystères qui n'étaient pas encore accomplis. Voilà mon enfant, quel doit être le sujet ordinaire de vos oraisons et de vos occupations intérieures. Jésus est votre Pain super substantiel, votre pain de tous les jours, le pain de vie qui doit communiquer à votre âme l'immortalité. Il ne le faut jamais quitter, et si vous prenez quelquefois d'autre nourriture, il faut toujours revenir à celle-ci. La méditation des perfections et des souffrances de Jésus-Christ, est comme le fondement de tout l'édifice spirituel: elle vous remplira de ses lumières et de ses maximes.

Pratique: soyez fidèles à faire tous les jours un quart d'heure de méditation, ou du moins à remplir vos devoirs en esprit d'oraison.

 

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Vingt-quatrième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à me tenir en la présence de Dieu ».

 

Par un insigne privilège, dès cette vie, il m'était donné de goûter la félicité des esprits qui voient sans interruption la Face de Dieu. Si je parlais, si je conversais, c'était toujours avec Jésus et uniquement des choses qui intéressaient la gloire du Très-Haut. Je partageais tous mes repas avec mon divin Fils, assis à mes côtés, comme il est dans le ciel assis à la droite de son Père. Et pendant que je lui donnais le pain matériel gagné à la sueur de mon front, Jésus nourrissait mon âme de sa divine Parole, enflammait mon cœur des ardeurs de sa charité. Si je travaillais, c'était toujours avec Jésus et pour Jésus. Quand je voyageais, c'était dans la compagnie de Jésus, que je portais sur mes bras dans son enfance ou que je tenais par la main pendant son adolescence. Lorsque je me livrais au sommeil afin de réparer mes forces, c'était à côté de Jésus, dont le cœur ne dort jamais, et qui veillait avec amour sur son bien-aimé Père. Le matin, mon premier regard, mon premier amour était pour Jésus qui venait me saluer avec une respectueuse tendresse. Enfin, c'est dans le sein de Jésus que j'ai rendu mon dernier soupir. Mon enfant, de tous les moyens de vous tenir en la présence de Dieu, le plus efficace, c'est d'avoir la Vie de Jésus-Christ, ses mystères et ses Paroles dans votre esprit et dans votre cœur, recevant une lumière de son visage.

Pratique : Ayez votre cœur en Dieu et Dieu dans Votre cœur ; pensant souvent à Lui.

 

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Vingt-cinquième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma Charité envers le prochain ».

 

L'amour naturel, fondé sur la chair et le sang, ou sur des considérations d'intérêt et de plaisir, est aussi ancien que le monde. Mais l'amour dont Jésus veut que vous aimiez votre prochain est un amour nouveau, surnaturel, qui vous fait aimer vos frères en Dieu et pour Dieu même. Voyant tout ce que la Charité de Jésus avait fait, tout ce qu'elle préparait afin de sauver. les hommes, mon cœur, à son exemple était embrasé d'amour pour eux. Après avoir si souvent, pendant ma vie, entendu le Sauveur manifester l'ardent désir qui le brûlait de donner pour chacun de nous jusqu'à la dernière goutte de son sang, comment aurais-je pu demeurer insensible aux besoins de mon prochain ? Rien mon enfant, n'est plus recommandé dans la Sainte Écriture que cette Charité fraternelle. Et il ne suffit point que cette Charité reste renfermée dans le cœur; il faut quelle se prouve par des œuvres en vérité. Vous ne pouvez aimer Dieu sans aimer le prochain, et vous ne pouvez offenser le prochain sans offenser Dieu. Songez que tous les hommes ne sont que les membres d'un seul corps qui est Jésus-Christ.

Pratique : Faites plusieurs fois pendant la journée, des actes de Charité, en pensant aux personnes que vous aimez le moins.

 

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Vingt-sixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon humilité ».

 

L'humilité est le fondement de la perfection ; elle est comme la pierre angulaire sur laquelle repose tout votre édifice spirituel. De toutes les faveurs que le Seigneur m'a accordées, la connaissance et le mépris de moi-même est la plus précieuse : de cette vertu comme d'une source pure et féconde, ont découlé dans mon âme une infinité d'autres. C'est parce que je me suis abaissé, anéanti à mes propres désirs, que le Verbe Divin m'a choisi pour son père nourricier et pour son gardien, que le Seigneur m'a donné pour époux à Marie, la plus humble de toutes les créatures. Les exemples du Sauveur me donnaient des lumières extraordinaires sur la grandeur de Dieu et sur le néant de la créature ; ils me communiquaient sur l'humilité des vues que je ne pouvais avoir auparavant; ils m'enseignaient que, si la majesté divine ne peut-être dignement honorée que par les humiliations d'un Dieu fait homme, tous nos hommages ne sont rien devant lui, et ne sauraient mériter par eux-mêmes que le Seigneur les reçoive. Éclairé des plus pures lumières de la Foi, faites toujours, mon enfant, plus de cas du moindre acte de vertu que de tous les dons célestes, parce que ce ne sont pas ces dons, mais les vertus, dont l'existence coûte à la nature, qui glorifient Dieu et vous sanctifient.

Pratique : Répétez plusieurs fois cette invocation en union avec Saint Joseph : « Jésus doux et humble de Cœur, rendez-moi semblable à Vous ».

 

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Vingt-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma conformité à la Volonté de Dieu ».

 

Le grand secret pour être saint et heureux sur la terre, c'est de se conformer entièrement à la volonté de Dieu. Il n'y a rien de plus élevé et de plus parfait dans les vertus que la Charité. Et ce qu'il y a de plus sublime, de plus pur et de plus exquis dans, cet amour, c'est de n'avoir en toute chose d'autre volonté que celle de Dieu. Toute la conduite du divin Sauveur pendant le cours de sa vie mortelle, a été l'application de ces belles paroles sorties de sa bouche divine : « Qu'il soit fait. Seigneur, non pas comme je veux, mais comme Vous voulez ». « Je suis descendu du Ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui m'a envoyé ». Voilà pourquoi, à l'exemple du divin Maître, dans les divers événements qui ont traversé ma vie, je voyais le doigt de Dieu qui conduit et dispose tout pour notre plus grand bien. Ne trouvant nulle part l'hospitalité à Bethléem, au lieu de murmurer, je disais, en union avec Marie et le Verbe incarné qu'elle portait dans son sein : « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite! » Plus tard, j'ai demeuré huit ans en Égypte, au milieu d'un peuple barbare, sans me plaindre, sans me troubler, sans demander une seule fois au Seigneur d'abréger le temps de mon exil. Ne l'oubliez pas, mon enfant ; votre fidélité à pratiquer cette vertu vous obtiendra les plus grandes grâces ; car Dieu se plaît à combler de ses faveurs ceux qui n'ont d'autre volonté que la sienne.

Pratique : Répétez plusieurs fois, en union avec Joseph: « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite ! »

 

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Vingt-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'esprit de Foi ».

 

La foi est en même temps un don et une vertu. Elle est un don de Dieu, en tant que c'est une lumière qu'il répand dans l'âme ; elle est une vertu, quant à l'exercice que l'âme en fait. La foi ne doit pas seulement vous servir de règle pour croire, mais encore pour agir; votre foi doit passer de l'esprit au cœur. C'est ainsi que je ne me bornais pas à soumettre ma raison aux vérités de la Foi, mais qu'encore je réglais toute ma conduite sur ses divers enseignements, mettant tout mon bonheur à en pratiquer les œuvres. L'esprit de foi était la règle unique de mes jugements sur chaque chose, sur chaque personne, sur chaque événement ; jugements par là toujours équitables, toujours exempts d'erreur et de surprise. Prenez garde, mon enfant, de ne pas juger sur le rapport des sens et de l'imagination, sur ce que vous inspire l'intérêt de vos diverses passions, sur les jugements des hommes sans vertus et sans expérience. Accoutumez-vous à vous faire comme une espèce de conseil entre Dieu et vous ; lisez pour ainsi dire dans ses yeux et sur son visage ce qu'il juge et ce qu'il approuve : « De vultu tuo judicium meum prodeat ». Rien ne vous paraîtra important que ce qui regarde le Salut et l'éternité.

Pratique : Avant chaque action principale, demandez-vous, à l'exemple de Saint Louis de Gonzague : « Quid hoc ad aeternitatem ? A quoi cela me servira pour l'éternité ? »

 

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Vingt-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma correspondance à la grâce ».

 

Par la grâce de Jésus-Christ, l'homme devient participant de la nature divine. La gloire répond à la grâce. La grâce est une gloire commencée, et la gloire est une grâce consommée. En vue de Marie, dont je devais être le gardien et l'époux, et du Verbe incarné à qui je devais servir de père, j'ai été comblé dès ma naissance des faveurs les plus signalées, par l'adorable Trinité. Si j'ai fait de si admirables progrès dans la voie parfaite, c'est parce que j'ai été fidèle aux premières grâces que le Seigneur m'a accordées, cette correspondance à toutes les inspirations de l'Esprit-Saint, à tous les bons mouvements, m'a obtenu de nouvelles grâces plus grandes que les précédentes. C'est ainsi que Dieu peut toujours accroître indéfiniment la perfection de son ouvrage, car plus il s'élève, plus il le remplit, plus il l'agrandit : c'est un océan dont les flots creusent le lit et reculent les rives en les remplissant. Ah ! Ne l'oubliez jamais, mon enfant, chaque augmentation de grâce, quelque petite qu'elle soit, aura une grande influence sur votre bonheur éternel. Par votre fidélité à cette grâce, vous mériterez de connaître et d'aimer Dieu plus parfaitement ; vous embrasserez jésus plus étroitement ; vous serez plus près de Marie dans le Ciel.

Pratique : Examinez-vous sérieusement devant Dieu sur votre correspondance à la Grâce.

 

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Trentième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant Je vous laisse la joie de l'âme ».

 

Une douce paix, une sainte joie régnait dans mon cœur. La conscience toujours pure, toujours en repos, répandait sur toute mon existence une félicité à laquelle rien ne saurait être comparé et jamais, même dans les épreuves les plus délicates et les plus difficiles, je ne laissais, la mauvaise tristesse troubler mon âme. Mon enfant, si vous êtes fidèle à la grâce vous vivrez dans l'allégresse ; car « la lumière est faite pour le juste, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit et pur ». La sainte joie des enfants de Dieu est non-seulement un effet, mais elle est encore une grande marque de la grâce. Quand range Raphaël salua Tobie, il ne lui dit rien autre chose que ces mots : « Que la joie soit toujours avec vous ». Je vous fait le même souhait, mon enfant, car Dieu est un bon Maître, qui ne peut pas être servi avec chagrin et répugnance, mais avec bonne volonté et affection. Ne le servez donc pas comme un esclave sert un tyran ; mais ayez pour lui les sentiments d'un bon fils pour le meilleur des pères. Par là, vous honorerez Dieu, vous édifierez le prochain, vous ferez estimer la vertu, vous donnerez à vos œuvres plus de mérite et de perfection. Enfin, mon fils bien-aimé, vous vous rendrez la persévérance plus facile, et vous arriverez d'un pas ferme et plus généreux à la bienheureuse patrie.

Pratique : A l'exemple de Saint Joseph, soyez fidèle aux inspirations célestes afin d'avoir la paix de l'âme.

 

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Trente-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon espérance ».

 

Ma confiance s'augmentait et se fortifiait à proportion des grâces que j'avais reçues de la bonté divine. Mon espérance reposait sur les mérites infinis de Jésus-Christ, que je nourrissais du fruit de mes labeurs, et sur ma piété envers Marie toute-puissante auprès de Dieu. Aussi, au milieu des plus rudes épreuves et dans les plus grands dangers, jamais la défiance n'a pénétré dans mon cœur, et la pensée du Ciel me consolait de tous les mécomptes de la terre. Destiné à un bonheur infini, votre cœur, mon enfant, ne peut trouver de paix et de véritable contentement que dans la possession et la jouissance de Dieu, qui est le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la vie et le repos éternel des bienheureux. Mais n'oubliez pas que pour posséder cette gloire, il ne suffit pas de la désirer et de l'espérer, il faut encore accomplir fidèlement la volonté du Père céleste. Il n'y a, vous le savez, que ceux qui seront trouvés conformes à Jésus-Christ qui partageront la gloire infinie qu'il a méritée par ses souffrances. Voulez-vous assurer votre persévérance finale, appliquez-vous constamment à imiter Jésus, en demandant avec confiance à Marie cette grâce, marque assurée de votre prédestination.

Pratique : Au milieu de vos épreuves, à l'exemple de saint Joseph, levez les yeux vers le Ciel, où Dieu essuiera toute larme.

 

Ce Mois de Saint Joseph, du R.P. Huguet a été publié à Montréal, chez J.B. Rolland et fils, Libraires-Editeurs, en 1880.

 

Téléchargez le texte de ces méditations (pdf) en cliquant ici

Téléchargez l'intégralité des méditations du Mois de Saint Joseph (pdf) en cliquant ici

 

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Fin du mois de Saint Joseph

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse, rendez-vous le 30 avril.

21 mars 2013

Documentaire: "Marthe Robin, de la souffrance à l'abandon"

Marthe Robin, de la souffrance à l'abandon

Documentaire, 52 mn

18 mars 2013

Documentaire: "Saint Joseph, au nom du père"

 

Saint Joseph, au nom du Père

Un documentaire de 50 mn

18 mars 2013

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue 1/13

Les Treize Mardis de Saint Antoine de Padoue

St Antoine de Padoue

Premier Mardi

Naissance et Baptême de Saint Antoine de Padoue

 

Dans la seconde moitié du douzième siècle et dans la première partie du siècle suivant, il y eut dans l'Église de Dieu une magnifique éclosion de Saints. Au milieu de ce parfum de Sainteté, dans cette chaude atmosphère d'amour pour Jésus-Christ, apparaissent sur le siège de Saint Pierre les grands papes Innocent III, Honorius III et Grégoire IX. Le prédicateur de la seconde croisade, Saint Bernard, vient de s'éteindre, et déjà Saint Etienne, abbé de Citeaux, fait fleurir en lui et autour de lui toutes les vertus monastiques. A Avignon, c'est saint Bénézech, petit pâtre de la montagne, mais vaillant serviteur de Jésus-Christ ; à Tarentaise, c'est Saint Pierre, évêque de cette ville, dont la sainteté impose le respect à Louis VII, roi de France, et à Henri II, roi d'Angleterre; à York, c'est Saint Guillaume, dont la Charité inépuisable opère des prodiges ; en Italie, c'est le séraphin d'Assise, l'amant de la pauvreté, le patriarche béni de la grande famille franciscaine, le Saint stigmatisé du mont Alverne ; en France, c'est Saint Dominique, le défenseur de la Foi, le plus ferme et le plus intrépide ; enfin, car il n'est pas possible de les tous nommer, en Portugal, en Italie, en France, c'est Ferdinand de Bouillon, devenu Frère Antoine, et connu, aimé et célébré sous le nom d'Antoine de Padoue.

Il y avait cent ans que le pape Urbain II avait prêché, à Clermont, la Première Croisade, quand, à Lisbonne, le 15 août 1195, naquit un enfant que Dieu destinait à donner au monde et à l'Église l'exemple des plus grandes vertus. Il était le fils premier-né de Martin de Bouillon et de Thérèse Thavéra. La famille de cet enfant était illustre. L'un de ses ancêtres avait vaillamment dirigé la première croisade, et, après avoir reconquis la ville sainte et le tombeau de Jésus-Christ, il s'était déclaré très honoré de porter le titre de baron du Saint Sépulcre : « A Dieu ne plaise, disait-il, que je porte une couronne d'or dans les lieux où mon Sauveur n'a porté qu'une couronne d'épines ».

Né le jour de la Fête de l'Assomption, le petit enfant fut baptisé dans la cathédrale de Lisbonne, église consacrée à Notre Dame, et il reçut le nom de Ferdinand. Il nous semble qu'à l'entrée de cet enfant dans l'église, les Anges du Sanctuaire, ravis de bonheur en voyant l'eau baptismale couler sur son front, durent accourir autour de lui, l'envelopper, comme un frère, de leurs plus doux regards et de leurs plus suaves caresses; il nous semble que la Souveraine de cette église, la Reine du Ciel, dut se pencher sur cette âme d'enfant et lui sourire avec amour, et il nous semble entendre, au fond du sanctuaire, une voix harmonieuse et céleste adresser la parole au nouveau chrétien et lui dire : « Et toi, enfant, tu seras le prophète du Très Haut ».

Oui, au jour du baptême de Ferdinand, la joie fut grande sur la terre et au ciel, mais de différente manière et pour des motifs différents. Au Ciel, les Anges et les Saints se réjouissaient, non de ce qu'un descendant des Bouillon était né, mais de ce qu'il y avait en lui l'âme d'un Saint, d'un thaumaturge, l'âme d'Antoine de Padoue. Le baptistère, où Ferdinand de Bouillon fut régénéré dans les eaux saintes et salutaires, est toujours conservé avec respect à Lisbonne. Le palais, où il naquit, est devenu une belle église qui est dédiée à Saint Antoine. C'est là, sous ces voûtes séculaires, que vont s'agenouiller les générations de ceux qui souffrent ; c'est là, au pied de l'Autel, que se font entendre les prières les plus confiantes et les supplications les plus touchantes. Ah ! Si les pierres pouvaient parler ! Que de merveilles, que de grâces obtenues, que de miracles elles auraient à nous raconter !

St

Réflexions

Jésus-Christ


Jésus-Christ... A ce Nom adorable, tout genou fléchit au Ciel, sur la terre et dans les enfers, car Jésus-Christ est le seul Seigneur. C'est de Lui que nous viennent toutes les bénédictions, toutes les grâces, toute vertu, tout bien; c'est par Lui que nous avons été régénérés, par Lui que nous avons été rachetés et sauvés. Jésus-Christ, c'est l'Homme-Dieu. En Lui, il n'y a qu'une seule personne, mais il y a deux natures : la nature humaine et la nature Divine. Par conséquent, dans toute Sa vie, doivent apparaître les manifestations propres à ces deux natures.

Au jour de Sa naissance, à Bethléem, nous Le voyons couché, dans l'étable, sur un peu de paille, comme le plus pauvre des enfants des hommes; mais, au-dessus de la Grotte, les anges chantent, et leurs célestes harmonies remplissent le Ciel et la terre : « Gloire à Dieu ! Et paix aux hommes de bonne volonté ». Il grandit à Nazareth, auprès de Sa Mère, la Sainte Vierge, et sous le regard attendri de Son père nourricier, Saint Joseph. Or, une année, la Sainte Famille se rendit à Jérusalem pour y célébrer, suivant les prescriptions mosaïques, la fête de Pâque. Jésus avait alors douze ans. Quand les jours de fête furent passés, et que déjà on s'acheminait vers la Galilée, Marie et Joseph s'aperçurent que l'Enfant n'était pas dans la caravane. Inquiets, ils revinrent à Jérusalem et ils le découvrirent au milieu des docteurs de la Loi. A cette vue, Marie lui dit : « Mon fils, nous Vous cherchions tout affligés ». « Ne saviez-vous pas, répondit Jésus, que Je dois être tout entier aux affaires de Mon Père ? » Voilà l'accent de la Divinité.

Jésus commence Sa vie apostolique. Il descend dans les eaux du Jourdain, pour y être baptisé des mains de Jean, le Saint Précurseur. Il prend la forme du pécheur, mais quand Il sort du fleuve, le Ciel s'entr'ouvre, le Saint Esprit apparaît sous la forme d'une colombe, et une voix se fait entendre, disant : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, c'est en Lui que j'ai mis toutes mes affections ». Il parcourt la Galilée, il parle à la multitude qui l'accompagne, il reçoit l'hospitalité chez des amis, et partout il répand des bienfaits et des miracles. Près de la petite ville de Naïm, il rencontre le convoi du fils unique d'une veuve, et il est touché de compassion. Voilà l'homme. Mais il parle au mort et il lui ordonne de se lever. Voilà. Dieu. Devant le tombeau de son ami Lazare, qui était mort depuis quatre jours, il verse des larmes, dit le Saint Evangile. Voilà l'homme. Mais avec l'autorité souveraine qui commande à la mort, il dit : « Lazare, viens dehors ». Voilà Dieu.

Dans sa Passion, sous les coups de la cruelle flagellation, il gémit, il souffre, de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tète il n'est qu'une plaie ; sur la croix, quand les clous s'enfoncent dans ses pieds et dans ses mains adorables, ses nerfs se crispent, ses os se brisent et une souffrance intense agite violemment tout son corps. Voilà l'homme, l'homme des douleurs. Mais quand il est élevé entre ciel et terre, il jette un regard sur le passé et sur le présent; il voit que toutes les prophéties sont réalisées, que la justice et la paix se sont embrassées sur son gibet, que l'humanité est réconciliée avec Dieu, et d'un mot, d'un cri, il exprime toutes ces choses : « Mon œuvre est accomplie. Tout est consommé! » Voilà Dieu. Détaché de la croix, le corps du Seigneur est mis au tombeau, le sceau de l'État est posé sur la pierre qui en ferme l'entrée et des gardes sont placés auprès du sépulcre. Voilà les précautions qui prouvent bien l'humanité du Sauveur. Mais, au troisième jour, l'ange du Seigneur renverse la pierre, et Jésus-Christ sort vivant et glorieux du sépulcre. Alléluia ! Il s'est ressuscité par sa Toute-Puissance. Voilà Dieu.

O divin Sauveur! nous vous adressons nos plus ferventes prières, et, pour qu'elles vous soient plus agréables, nous demandons à votre grand serviteur saint Antoine de Padoue de vous les présenter. Écoutez, ô Seigneur Jésus! écoutez saint Antoine qui vous prie pour nous, qui intercède pour nous.

Prières : Notre Père, je Vous salue, Si Quaeris, Trois Gloire soir au Père, suivis de l'invocation : « Saint Antoine de Padoue, priez pour nous ».


Oraison


O grand Saint Antoine, vous dont le cœur est si plein de bonté, et qui avez reçu de Dieu le don de faire des miracles, secourez-moi en ce moment, afin que, par votre assistance, j'obtienne la grâce que je demande (nommer la grâce), et que je puisse ainsi glorifier de plus en plus le Seigneur qui opère par vous de si grandes merveilles.

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14 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 3/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Quinzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon obéissance ».

 

L'obéissance est plus agréable au Seigneur que le sang des victimes. Elle est, pour celui qui la pratique, le vrai secret d'avoir la paix de l'âme. Si vous saviez combien il est doux d'obéir à Dieu, de le servir dans toute la simplicité de son cœur et de lui prouver son amour en observant les préceptes de la loi, avec quelle joie vous vous appliqueriez à accomplir ses divins commandements! Fidèle à la grâce, dans toutes les circonstances de ma vie, je disais comme Abraham: « Je suis prêt, Seigneur », comme Isaïe: « Me voici, envoyez-moi », comme Samuel: « Parlez, Seigneur votre serviteur écoute ». En entrant dans ces saintes dispositions, vous attirerez sur vous l'abondance des grâces du Très-Haut. Cette obéissance, mon enfant, doit s'étendre à tous ceux que Dieu à revêtus de son autorité sur la terre, et par-dessus tout à la Sainte Église, qu'il éclaire de son divin esprit, et qu'il a chargée de la conduite de votre âme. Jésus, qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix nous était soumis. Comprenez, mon enfant, toute la grandeur de cette parole: « Le Maître du ciel et de la terre m'obéissait comme à son père ». Il m'était soumis ; Lui, devant qui le Ciel, la terre, les enfers doivent fléchir le genou ! Quel ineffable abaissement ! Quelle leçon donnée aux chrétiens!

Pratique: A l'exemple de Saint Joseph, voyez Dieu lui-même dans la personne de vos supérieurs.

 

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Seizième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'amour de la pauvreté ».

 

Quoique descendant des rois de Juda, je me vis obligé, sans regret, à exercer un état méprisable aux yeux des hommes, afin de me procurer les choses les plus indispensables à la vie. Mais combien j'appréciais davantage l'excellence de la pauvreté, après avoir été témoin du dénûment au milieu duquel naquit le Fils unique de Dieu, qui n'eut jamais un lieu pour reposer sa tête!... Éclairé des plus pures lumières de la foi, sachez-même, mon enfant, à l'exemple de Jésus et de Marie, apprécier les avantages de la pauvreté évangélique. C'est elle qui vous dispose a recevoir les richesses de l'amour divin, en vous délivrant d'une infinité de vaines et de frivoles sollicitudes. La pauvreté est encore un moyen très efficace pour faire des progrès dans la perfection; car, comme la cupidité est la racine de tous les maux, ainsi la pauvreté est le principe et le fondement de toutes sortes de biens. Elle garde l'humilité, elle conserve la chasteté à cause de la mortification qui en est la campagne inséparable. Elle nous aide à pratiquer l'abstinence tempérance. C'est une vertu céleste et divine, parce que dégageant l'âme de tout ce qui pourrait la retenir au milieu du monde, elle lui donne une grande facilité pour s'élever à Dieu et s'attacher uniquement à Lui.

Pratique: Souffrez en esprit de pauvreté les privations que la Providence vous ménage.

 

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Dix-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'amour du travail ».

 

Quoique issu d'un sang royal, j'ai gagné mon pain à la sueur de mon front, depuis ma jeunesse jusqu'à ma mort. Mon travail était obscur, pénible, assujettissant. Chaque jour, j'endurais des fatigues nouvelles, qu'interrompaient à peine un repas frugal pris à la hâte et un court sommeil. Apprenez de mon exemple qu'il n'est d'occupation, quelque basse qu'elle soit selon les préjugés du monde, dont un Chrétien doive rougir; qu'au contraire, il a sujet de s'estimer heureux et bien honoré si son état le rapproche davantage de Jésus et de Marie; mais pour avoir une plus parfaite conformité avec eux, il faut que vous acceptiez par amour le travail auquel votre profession ou votre condition vous assujettit. La paresse ne consiste pas toujours dans cet état d'indolence qui semble la caractériser plus particulièrement; elle s'allie très-souvent avec une activité étonnante, mais cette activité, appliquée à d'autres objets, vous fait mettre de la négligence dans vos devoirs, et vous porte quelquefois à les omettre tout à fait. Pour rendre vos occupations méritoires, ayez le soin de les faire comme moi en Jésus, pour Jésus et avec Jésus. En agissant ainsi, vos œuvres les plus communes seront une source de précieux mérites.

Pratique : Remplissez vos devoirs d'état en union avec Jésus, Marie et Joseph.

 

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Dix-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à sanctifier les actions les plus communes ».

 

La piété, qui vous rend agréable à Dieu et qui vous dévoue tout entier à son service, consiste à tout faire ce qu'Il veut, et a accomplir précisément, dans les temps, dans les lieux et les circonstances ou Il vous met, ce qu'Il désire de vous. C'est ainsi que je suis parvenu moi-même à un degré de vertu si élevé. J'étais toujours, il est vrai, dans la disposition de sacrifier au bon plaisir de Dieu tout ce que je pouvais avoir de plus précieux et de plus cher: mon bien et mon temps, ma liberté et ma vie; mais quand le Seigneur ne me demandait rien d'héroïque, je me contentais d'animer mes actions ordinaires d'un grand esprit de Charité, ne regardant pas le nombre et la qualité de mes œuvres, mais l'honneur qu'elles avaient de plaire à Dieu. Tout ce qui porte l'empreinte de la Volonté de Dieu et de Son bon plaisir est grand, quelque petit qu'il en soit. Si l'Amour de Dieu paraît avec plus de générosité dans les grands sacrifices, Il en montre dans les petits, continuellement réitérés, plus d'attention et de délicatesse. La vie, en général se compose de petites choses, et c'est vraiment par elles que vous vous élevez ou vous dégradez peu à peu; car elles forment les habitudes bonnes et mauvaises, d'où viennent les vertus et les vices.

Pratique: Ayez le soin, en commençant vos principales actions, de les offrir à Dieu.

 

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Dix-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le secret de rendre toutes vos œuvres méritoires pour le Ciel ».

 

Dédaignant les biens périssables de la terre, je mettais toute mon application à me faire un riche trésor de mérites dans le Ciel. J'agissais toujours selon Dieu, en Dieu et pour Dieu. Selon Dieu: je ne faisais rien contre Sa Volonté adorable, tâchant de me conformer en tout à ses moindres désirs. En Dieu: ayant le soin de me tenir en état de grâce, faisant en sorte que la grâce actuelle fût le principe de toutes mes actions. Pour Dieu: je n'agissait que par un motif surnaturel, pour la gloire de Dieu, pour plaire à Dieu, par amour pour Dieu, en la présence de Dieu ; avec beaucoup de ferveur, m'unissant alors à Jésus qui travaillait avec moi. Voulez-vous aussi, mon enfant, ne pas perdre le fruit de vos œuvres ? Rappelez-vous que sans la grâce vous ne sauriez rien faire de méritoire pour la vie éternelle. Voilà pourquoi, en commençant une action importante, vous devez vous adresser à Dieu par une fervente aspiration, pour obtenir le secours de la bien faire, vous tenant uni à Jésus-Christ par la Charité, comme les branches de la vigne à leur cep. Si votre intention est pure, votre action, quoique très-petite, sera élevée au même degré de perfection, comme l'eau qui égale toujours en remontant la hauteur de sa source.

Pratique: Ayez le soin de vous exciter à la contrition parfaite avant vos actions principales, afin de les faire en état de grâce.

 

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Vingtième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon amour de le vie cachée ».

 

La vie chrétienne doit être une vie cachée ; le chrétien véritable doit désirer ardemment de demeurer couvert sous l'aile de Dieu, sans avoir d'autre témoin de, ses bonnes œuvres que le Souverain Juge. Fidèle à l'inspiration de la grâce, je me suis appliqué à dérober avec soin aux yeux des hommes tout ce qui aurait pu donner de l'éclat à ma personne ; je mettais mon bonheur à être inconnu et réputé pour rien. J'étais heureux de pouvoir me dévouer aux intérêts sacrés de Jésus et de Marie sans sortir de l'obscurité d'une vie humble et ignorée. Apprenez de moi, mon enfant, à vous produire le moins que vous pourrez, et vous trouverez comme moi le repos de votre âme. Éloigné du monde, je n'étais point exposé à ses discours ni sujet à ses contradictions. Dans l'étroite enceinte d'une maison pauvre où je me tenais renfermé et où je me bornais à mon travail, je n'étais pas troublé par les passions qui agitaient les autres hommes ; je jouissais tranquillement du silence et des avantages de la solitude ; si je m'entretenais avec quelqu'un, c'était avec Jésus et Marie, dont je recevais les plus saintes et les plus douces communications. Faites de même et vous direz avec un Saint: « O bienheureuse solitude! Seule béatitude! »

Pratique: Évitez, pour honorer la vie obscure de saint Joseph, de vous produire sans nécessité.

 

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Vingt-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma discrétion dans les paroles ».

 

A l'école du Verbe incarné, dont toutes les paroles produisent des fruits de vie, j'appris de bonne heure à mettre une garde de circonspection sur mes lèvres et à ne rompre le silence que lorsque la gloire de Dieu ou le bien du prochain le demandaient. Quoique parfaitement instruit des mystères sacrés, je n'ai jamais entrepris de communiquer aux autres les secrets qui m'avaient été confiés. Voulez-vous, mon enfant, faire des progrès dans la vie intérieure ? Attachez-vous surtout à ne parler qu'à propos. La langue intempérante est la cause de bien des malheurs. Parlez le moins possible du prochain et de ce qui le concerne, excepté pour en dire du bien quand l'occasion s'en présente. Aimez à parler de Dieu et surtout de son amour et de sa bonté. Et cependant défiez-vous encore de vous-même sur ce point ; rendez-vous plutôt attentif à ce que les autres vous en diront, et conservez au fond de votre cœur les bonnes paroles que vous aurez entendues. Pour les autres conversations, laissez arriver seulement jusqu'à vos oreilles le bruit de leurs paroles, et tenez votre esprit uni à Dieu. Ou bien, si vous devez y prêter attention pour y répondre, ne laissez pas de donner de temps en temps quelques pensées au Ciel où réside votre Dieu.

Pratique : Soyez fidèle à garder aujourd'hui le silence pendant quelques instants.

 

Téléchargez le texte de ces méditations (pdf) en cliquant ici

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12 mars 2013

Si Quaeris

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« Si Quaeris »

ou répons miraculeux composé par le Docteur Séraphique Saint Bonaventure

en l'honneur de Saint Antoine de Padoue


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Si vous voulez des miracles:

la mort, l'hérésie, les calamités,

le démon, la lèpre sont mis en fuite,

les malades se lèvent guéris.

 

La mer s'apaise:

les chaînes tombent des mains des captifs;

les jeunes gens et les vieillards demandent et obtiennent l'usage de leurs membre

et le recouvrement des choses perdues.

 

Les dangers cessent;

les nécessités n'existent plus;

que ceux qui ont éprouvé ses bienfaits, les racontent:

que les habitants de Padoue les redisent.

 

- La mer s'apaise...

Gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit.

- La mer s'apaise...

Saint Antoine, priez pour nous.

Afin que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Prions

 

Faites, Seigneur, que, par l'intercession du bienheureux Antoine, votre Confesseur, les enfants de votre sainte Église soient dans la joie, que votre secours ne leur manque jamais dans leurs besoins spirituels, et qu'ils méritent de jouir de la félicité éternelle. Par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

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7 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 2/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à visiter Jésus ».

 

Ma pauvre maison de Nazareth était comme un petit ciel où Dieu résidait en personne. Si j'avais suivi mon attrait, je ne me serais jamais éloigné de ce séjour bien-aimé. Mais, obligé de fournir aux besoins de ma sainte famille, je savais quitter Dieu pour Dieu. Dès le point du jour, avant de me rendre à mon travail, je m'empressais d'aller offrir mes hommages au Verbe incarné ; je baisais avec respect ses petits pieds; je collais ma bouche sur son Coeur adorable. Forcé de partir, je m'arrêtais encore quelque temps debout, contemplant le berceau de Jésus. Son pieux souvenir était comme un baumerafraîchissant au milieu de mes pénibles labeurs. Quand, à la fin de la journée, je revenais le soir au milieu des miens, mon bonheur était de me reposer près du berceau du divin Enfant, en la compagnie de Marie. Le jour du Shabbat, interrompant tous mes travaux, je goûtais plus à loisir le bonheur d'être avec Jésus, de le voir, de l'entendre, de m'entretenir coeur à Coeur avec Lui. Vous le pouvez si vous le voulez, mon enfant, participer à mon bonheur. Jésus est avec vous, comme il était avec moi, dans l'adorable sacrement. Il est toujours disposé à vous recevoir, à vous entendre, à vous consoler dans vos épreuves.

Pratique: Visitez, au moins en esprit, le matin et le soir, Jésus au Très Saint Sacrement

 

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Neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le bonheur de recevoir Jésus »

 

Dès que l'Ange m'eût révélé que le Verbe s'était incarné dans le sein très pur de Marie, je sentis mon coeur empressé du désir de le recevoir entre mes bras et de lui prodiguer mes adorations et mes services. A dater de ce bienheureux moment, je veillais plus attentivement sur tous mes sens, sur toutes mes affections, afin de me rendre moins indigne de toucher de mes mains et de presser sur mon coeur l'Agneau immaculé qui se plaît à reposer parmi les lys. A peine le Sauveur fut-il venu au monde, que Marie, voulant me faire partager son bonheur et préparer à la Crèche, me remit le divin Enfant; prosterné à genoux, je le reçus avec autant d'amour que de respect, et, le couvrant de mes baisers, je lui promis de me dévouer sans réserve à son adorable personne. Par la sainte Communion, il vous est donné, mon enfant, de partager mon bonheur, et de posséder Jésus aussi pleinement que moi. Tâchez de le recevoir avec foi, amour et confiance, et vous en retirerez de grands fruits de salut. Après l'adorable sacrifice de l'autel, rien ne procure autant de gloire à Dieu qu'une fervente communion. Ne ressemblez pas aux habitants de Bethléem qui refusèrent de recevoir Jésus.

Pratique: A l'exemple de Saint Joseph, prenez Maris pour modèle dans vos dispositions à la Communion.

 

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Dixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse les mérites infinis de Jésus-Christ ».

 

Pour suppléer à mon insuffisance, je prenais souvent Jésus entre mes mains, et je l'offrais à Dieu le Père pour la rédemption du monde. Marie unissait ses prières et son amour à cette oblation d'un prix infini, répétant de concert avec moi ces paroles du prophète: « Regardez Seigneur la face de votre Christ ». De toutes les prières offertes à Dieu, il n'en est pas de plus digne de lui, de plus capable de désarmer sa justice et d'attirer Sa Miséricorde que l'auguste Sacrifice de l'autel, parce que c'est un sacrifice plein de Dieu : puisque c'est un Dieu qui en est l'auteur, un Dieu qui en est la victime, un Dieu qui opère en s'immolant les plus étonnantes merveilles. Si vous êtes assuré d'obtenir tout ce que vous demanderez à Dieu, au nom de Jésus, combien plus devez-vous espérer ses grâces et ses faveurs en lui offrant Jésus-Christ lui-même! Vos prières, pour être agréables à Dieu, doivent être faites par Jésus-Christ et au nom de Jésus-Christ, par les mérites duquel elles sont sanctifiées. Jésus-Christ, votre médiateur, les présente à son Père, qui les reçoit favorablement et les exauce. Soyez donc fidèle, autant que vous le pourrez a assister à la Sainte Messe, comme vous auriez assisté au grand sacrifice du Calvaire.

Pratique: A l'exemple des âmes ferventes, unissez-vous en esprit aux Messes qui se célèbrent, dans toute l'Eglise à chaque instant du jour et de la nuit.

 

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Onzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma dévotion à Marie ».

 

Ma dévotion à Marie partait de mon esprit et de mon coeur. Elle venait de l'estime que j'avais pour la Très Sainte Vierge, honorée des plus sublimes prérogatives que Dieu puisse accorder à celle qu'il a choisie pour sa Mère, et de la haute idée que je m'étais formée de ses vertus, dont j'étais l'heureux témoin. Ma dévotion à Marie était pleine de confiance dans la plus sainte, la plus puissante et la meilleure des créatures. J'avais recours à mon angélique compagne dans toutes mes nécessités spirituelles et corporelles, avec beaucoup de simplicité, de foi et d'abandon. Ma piété envers Marie me portait à éviter les plus légères imperfections qui auraient pu contrister cette épouse immaculée. Je m'appliquais avec le plus grand soin à imiter en tout la très sainte Vierge, et à reproduire, dans le détail de ma vie, ses vertus, particulièrement sa pureté angélique, son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa douceur ineffable et sa sagesse suréminente. Cette dévotion sera pour vous mon enfant comme elle a été pour moi une source des grâces les plus précieuses et un gage assuré de prédestination.

Pratique: Ne passez pas un seul jour sans donner à Marie un témoignage de votre piété.

 

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Douzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à saluer Marie ».

 

Heureux témoin de l'amour filial avec lequel Jésus se plaisait à offrir à sa divine Mère la Salutation angélique, principe de toute sa gloire et de son bonheur, je m'unissais moi-même au Verbe incarné, devenu notre Fils, pour saluer Marie. Le matin, lorsque je rencontrais mon épouse immaculée auprès du berceau du divin Enfant, j'aimais à lui répéter ces touchantes paroles qui remplissaient son âme d'une joie céleste: « Je vous salue, Marie, pleine de grâces; le Seigneurs est avec vous, devenue sa fille, son épouse, sa mère; c'est vous qui l'avez donné à la terre ; c'est vous qui m'avez procuré l'insigne honneur de partager vos sollicitudes pour ce cher Sauveur ». Et le soir, avant de me séparer de Marie, je lui redisais encore cette belle Salutation qui renouvelait au fond de son coeur la joie ineffable que lui causa Gabriel, lorsqu'il vint, de la part du Très-Haut, lui annonçant le mystère de l'incarnation du Fils de Dieu dans ses flancs très purs. Soyez heureux vous aussi, mon enfant, de saluer votre tendre Mère. Qu'il soit doux à vos lèvres, plus doux encore à votre coeur, cet Ave Maria qui vous arrive tout parfumé, comme un cantique du Ciel, répété par autant d'échos qu'il a passé de saintes âmes sur la terre.

Pratique: Saluez Marie chaque fois que vous passerez devant son image ou que vous entendrez sonner l'heure ou l'Angélus.

 

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Treizième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon infant, je vous laisse le secours des Saints Anges ».

 

Le Seigneur, dont l'aimable providence veille avec tant d'amour et de sollicitude sur toutes les créatures, avait chargé les plus élevés des Anges de me conduire dans toutes mes voies. C'est un de ces Esprits célestes qui me rassura quand je voulais m'éloigner de Marie, me jugeant indigne d'habiter avec l'auguste Mère de Dieu. C'est un ange qui m'avertit de fuir en Egypte, afin de soustraire le divin Enfant aux fureurs d'Hérode. Enfin c'est encore un messager céleste qui m'engagea à revenir dans ma chère patrie, parce que ceux qui voulaient attenter à la vie de Jésus étaient morts. Soyez fidèle, mon enfant, à vivre dans une grande pureté, aimant Jésus et Marie de tout votre coeur; et les Anges se plairont avec vous ; ils vous conseilleront dans vos doutes ; ils vous fortifieront dans vos faiblesses, ils vous consoleront dans vos épreuves ; ils combattront pour vous contre les démons ; ils présenteront à Dieu vos bonnes oeuvres et vos souffrances ; enfin, après avoir assisté à votre dernière heure, il vous conduiront eux-mêmes au tribunal du Souverain Juge. Ils vous visiteront dans le purgatoire, si vous n'avez pas expié tous vos péchés.

Pratique: Invoquez votre bon Ange gardien soir et matins et dans les circonstances difficiles.

 

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Quatorzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse mon amour pour la pureté ».

 

Fidèle à l'inspiration du ciel, dès ma jeunesse je me consacrai à Dieu sans réserve. Cet amour de la pureté fut pour moi la source des grâces les plus précieuses. Dieu daigna me choisir entre tous pour être l'angélique époux de la Vierge immaculée. Les yeux de Marie distillaient comme une rosée virginale qui purifiait de plus en plus mon coeur où elle tombait. Ayant le bonheur de toucher si souvent de mes mains le Verbe incarné, de le presser avec autant de respect que d'amour sur mon sein, j'en recevais une vertu qui transfigurait tout mon être. C'est ainsi; mon enfant y qu'en recevant Jésus dans la sainte Communion, vous deviendrez toujours plus pur. Aimez la pureté par-dessus toutes choses, parce que, comme le dit le Sage, n'en ne lui est comparable. « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu ». « Ils suivront l'Agneau partout où il ira, et ils chanteront un cantique nouveau qu'aucune autre bouche ne peut chanter. Celui qui aime la pureté du coeur aura le Roi pour ami ». Ne l'oubliez pas, cette vertu est aussi fragile que belle.

Pratique: Pour conserver ce trésor si précieux, soyez fidèle à recourir souvent à Marie, à recevoir fréquemment Jésus dans la sainte Communion, à fuir l'oisiveté et les occasions dangereuses, et à marcher en la présence de Dieu.

 

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6 mars 2013

Litanies de Saint Maximilien-Marie Kolbe

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Litanies de Saint Maximilien-Marie Kolbe

 

Seigneur, ayez pitié de nous

O Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

Reine Conçue sans péché, priez pour nous.

Reine des Martyrs, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, élu de Dieu, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, ami de Dieu, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, don de Dieu, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Témoin de l’Évangile particulièrement semblable au Christ,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Prêtre et adorateur de Jésus-Christ dans l’Eucharistie,

Saint Maximilien, Héraut du Sacré-Cœur de Jésus, priez pour nous.

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Demeure de l’Esprit Saint,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Messager de l’Esprit d’amour,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Louange vivante des Trois Personnes divines,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Chevalier et prophète de l’Immaculée,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Serviteur tout entier consacré à la Mère de Dieu,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Chantre de la Médiatrice de toutes les grâces,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Disciple exemplaire de saint François,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Fils moderne du Poverello,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Héritier et continuateur de la tradition,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Fondateur de la Mission de l'Immaculée,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Apôtre des moyens de communication,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Père des Cités mariales,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Homme de prière et de contemplation,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Exemple lumineux d’humilité et de douceur,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Merveilleux modèle de pauvreté et d’obéissance,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Miroir insigne de pureté et de force,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Image resplendissante de paix et de joie,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Signe éminent de victoire et d’espérance,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Amant passionné de l’Immaculée et de la Sainte Trinité,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Maître d’amour du prochain,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Martyr de la charité,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Maximilien, patron de nos temps difficiles,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Maximilien, lumière et gloire de l’Église,

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Maximilien, céleste protecteur aux deux couronnes,

 

Agneau de Dieu, qui effacez le péché du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, ô Saint Maximilien-Marie Kolbe,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

Seigneur notre Dieu, Vous qui avez mis dans le cœur de Saint Maximilien-Marie Kolbe un ardent amour pour la Vierge Immaculée et un dévouement qui l’a conduit à donner sa vie pour son prochain, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession, de nous dépenser pour Votre gloire au service des hommes, en imitant Votre Fils jusqu’à la mort. Lui qui règne avec Vous et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

 

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3 mars 2013

Neuvaine à Saint Maximilien-Marie Kolbe

Neuvaine à Saint Maximilien-Marie Kolbe

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Saint Maximilien-Marie Kolbe

Frère Mineur Conventuel Martyr

1894-1941

Fête le 14 août

 

Raymond Kolbe naquit en Pologne, à Zdunska-Wola, près de Lodz, en 1894, il entra au Noviciat des Frères Mineurs Conventuels de Lwow en 1910 sous le nom de Maximilien, auquel il ajoutera celui de Marie à sa profession solennelle en 1914. Il poursuivit ses études à Rome à l'Université Grégorienne et au Seraphicum ; en 1917 il y fonda avec quelques confrères la « Milice de l'Immaculée », mouvement marial au service de l'Eglise et du monde. Ordonné Prêtre en 1918, il rentre en Pologne et enseigne la philosophie et l'histoire ecclésiastique au Couvent de Cracovie. Malgré sa santé fragile (il vécut avec un seul poumon à partir de 1921) et l'incompréhension de son entourage, il continue à à propager la Milice de l'Immaculée. Théologien, mystique et apôtre, Maximilien a trouvé l'unité de sa vie dans un culte chevaleresque pour l'Immaculée, qui se concrétise dans le don de soi. En 1922, il lance un bulletin mensuel, « Le Chevalier de l'Immaculée » ; en 1927 il crée à Teresin un centre de vie religieuse apostolique appelé « La Cité de l'Immaculée », qui dix ans plus tard, comptera sept cent soixante religieux. Entre temps il se rend au Japon et fonde à Nagasaki une seconde Cité et prépare d'autres fondations en Asie. Mais il est déporté en Allemagne en 1939, libéré puis de nouveau arrêté en février 1941 ; le 19 mai il arrive au camp d'Auschwitz. C'est là qu'il s'offrit à la place d'un père de famille condamné avec neuf autres prisonniers, à être enfermé dans un bunker pour y mourir de faim ; il est mort le dernier, le 14 août, après avoir réconforté ses compagnons. Il fut béatifié en 1971. Le Bienheureux Jean Paul II l'a canonisé en 1982.

 

(D'après le Sanctoral Franciscain, aux Editions Franciscaines, Paris)

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Neuvaine à Saint Maximilien-Marie Kolbe

« Seul l’amour est créateur »

 

Prières quotidiennes

 

Consécration à Marie

 

O Vierge Immaculée, Mère de Dieu et de l’humanité, je Vous accueille comme le don de Jésus sur la Croix et je me confie entièrement à Vous. Je Vous offre toute ma vie : ce que je suis, ce que j’aime et ce que j’ai, afin que resplendisse en moi la beauté du Christ. Aidez-moi à être docile à l’Esprit et à vivre avec joie ma vocation dans l’Eglise, afin de collaborer à Votre mission maternelle et d’orienter vers Dieu le cœur de tout homme. Vous qui avez guidé Saint Maximilien Kolbe pour aimer sans mesure, enseignez-moi à être témoin de l’Evangile et à faire de ma vie un don. Je Vous confie les personnes que je rencontre et je Vous offre le travail, les joies et les souffrances de ma journée.

 

Prions

 

Seigneur notre Dieu, Vous qui avez mis dans le cœur de saint Maximilien un amour ardent pour la Vierge Immaculée et un dévouement qui l’a conduit à donner sa vie pour son prochain, nous Vous en supplions, accordez-nous, par son intercession, de nous dépenser sans compter pour Votre gloire au service des hommes en imitant Jésus, Votre Divin Fils jusqu’à la mort. Lui qui règne avec Vous et le Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Prière de la Médaille Miraculeuse

 

O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous et pour tous ceux qui n'ont pas recours à Vous, en particulier pour les ennemis de la Sainte Eglise et pour ceux qui Vous sont recommandés.

 

Premier jour

 

Évangile selon Saint Luc 2, 41-52

 

« Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand Il eût douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. Pensant qu'Il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher. C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : Il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-Tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en Te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous M'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez Mon Père que Je dois être ». Mais ils ne comprirent pas ce qu'Il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et Il leur était soumis. Sa Mère gardait dans Son Coeur tous ces événements. Quant à Jésus, Il grandissait en Sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes ».

 

Saint Maximilien, homme de prière et de contemplation, priez pour nous.

 

« La prière fait renaître le monde. Dans tous les soucis et les malheurs (…), peut être le remède le plus efficace est-il la prière »

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Deuxième jour

 

Évangile selon Saint Matthieu 11, 28-30

 

« Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi, Je vous procurerai le repos. Prenez sur vous Mon joug, devenez Mes disciples, car Je suis Doux et Humble de Cœur, et vous trouverez le repos. Oui, Mon joug est facile à porter, et Mon fardeau, léger ».

 

Saint Maximilien, exemple lumineux d’humilité et de douceur, priez pour nous.

 

« Profitons de tout pour exercer notre âme à la patience, à l’humilité, à l’obéissance et aux autres vertus et les croix ne seront pas trop pesantes »

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Troisième jour

 

Évangile selon Saint Luc 22, 39-46

 

« Jésus sortit pour se rendre, comme d'habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé là, Il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation ». Puis Il s'écarta à la distance d'un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, Il priait : « Père, si tu veux, éloigne de Moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas Ma volonté qui se fasse, mais la tienne ». Alors, du Ciel, Lui apparut un Ange qui le réconfortait. Dans l'angoisse, Jésus priait avec plus d'insistance ; et Sa sueur devint comme des gouttes de Sang qui tombaient jusqu'à terre. Après cette prière, Jésus se leva et rejoignit ses disciples qu'Il trouva endormis à force de tristesse. Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation ».

 

Saint Maximilien, merveilleux modèle de pauvreté et d’obéissance, priez pour nous.

 

« Que ta volonté soit faite : voilà en quoi consiste la perfection... Il faut faire le sacrifice de tout. Il faut s’offrir soi-même sous tous les aspects : matériel - par la pauvreté ; spirituel – par le sacrifice de notre raison et de notre amour propre... »

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Quatrième jour

 

Évangile selon Saint Jean 1, 1-18

 

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par Lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans Lui. En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, Lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en Son Nom, Il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s'est fait chair, Il a habité parmi nous, et nous avons vu Sa gloire, la gloire qu'Il tient de Son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, Il a pris place devant moi, car avant moi Il était ». Tous nous avons eu part à Sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est Lui qui a conduit à le connaître ».

 

Saint Maximilien, passionné de l’Immaculée et de la Sainte Trinité, priez pour nous.

 

« Je Vous adore, ô Très Sainte Trinité, ô Dieu Un dans la Sainte Trinité, car Vous avez ennobli l'Immaculée d’une façon tellement divine ».

« La vie à l’intérieur de la Très Sainte Trinité est constituée par le flux et le reflux de l'amour ».

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Cinquième jour

 

Évangile selon Saint Jean 15, 12-17

 

« Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes Mes amis si vous faites ce que Je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, Je vous appelle Mes amis, car tout ce que J'ai appris de Mon Père, Je vous l'ai fait connaître. Ce n'est pas vous qui M'avez choisi, c'est Moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en Mon Nom, Il vous l'accordera. Ce que Je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres ».

 

Saint Maximilien, Martyr de la charité, priez pour nous.

 

« Il y a encore tant d’âmes égarées, trompées, séduites, esclaves malheureuses du Mauvais et qui cherchent... Belle mission pour laquelle il est utile de vivre, de souffrir, de travailler et même de mourir ».

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Sixième jour

 

Évangile selon Saint Marc 14, 22-25

 

« Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu ».

 

Saint Maximilien, Prêtre et adorateur de Jésus Christ dans l’Eucharistie, priez pour nous.

 

« Notre âme devient un tabernacle vivant, et même quelque chose de plus. Car l’âme de Jésus s’unit à notre âme et devient l’âme de notre âme. Nous ne pouvons pas comprendre tout cela, nous ne pouvons qu’en ressentir les effets ».

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Septième jour

 

Évangile selon Saint Marc 13, 5-13

 

« Alors Jésus se mit à leur dire : « Prenez garde que personne ne vous égare. Beaucoup viendront sous Mon Nom, en disant : « C'est moi », et ils égareront bien des gens. Quand vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerre, ne vous laissez pas effrayer ; il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. Car on se dressera nation contre nation, royaume contre royaume, il y aura des tremblements de terre çà et là, il y aura des famines ; c'est le début des douleurs de l'enfantement. Soyez sur vos gardes ; on vous livrera aux tribunaux et aux synagogues ; on vous frappera, on vous traduira devant des gouverneurs et des rois à cause de Moi ; il y aura là un témoignage pour eux. Mais il faut d'abord que la Bonne Nouvelle soit proclamée à toutes les nations. Et lorsqu'on vous emmènera pour vous livrer, ne vous tourmentez pas d'avance pour savoir ce que vous direz, mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est le Saint Esprit. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de Mon Nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu'au bout, celui-là sera sauvé ».

 

Saint Maximilien, patron de nos temps difficiles, priez pour nous.

 

« Il s’agit uniquement d’arracher le plus grand nombre possible d’âmes immortelles aux liens du péché, de les prémunir contre le mal en les affermissant dans le bien. Désirer le bonheur de l’humanité en Dieu par l’Immaculée : voilà ce qui doit occuper le fond de notre pensée ».

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Huitième jour

 

Évangile selon St Jean 19, 25-27

 

« Près de la croix de Jésus se tenait Sa Mère, avec la sœur de Sa Mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant Sa Mère, et près d'Elle le disciple qu'Il aimait, dit à Sa Mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta Mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui ».

 

Saint Maximilien, Serviteur tout entier consacré à l’Immaculée, priez pour nous.

 

« Marie, Marie, Marie : elle est ta vie, avant les activités, au milieu des difficultés, au terme de chaque action ».

« Essaie de recourir à Elle comme un enfant à sa Mère bien-aimée et très bonne, même si tu ne fais qu’invoquer son saint nom ”Marie” au milieu des difficultés de la vie, dans les moments de faiblesse spirituelle (…), et tu sauras par conviction personnelle combien Marie est puissante et qui est son Fils Jésus Christ ».

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

Neuvième jour

 

Actes des apôtres 1, 12-14

 

Alors, ils retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n'est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.) Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères.

 

Saint Maximilien, lumière et gloire de l’Eglise, prie pour nous.

 

« En récitant bien les prières, tu rends gloire à Dieu et tu obtiens de très nombreuses grâces pour la Sainte Eglise, pour les autres… L’office divin et la Sainte Messe, bien célébrés, renouvellent tout un diocèse ».

 

Prier une dizaine du chapelet suivie de la Prière de la Médaille Miraculeuse et la Consécration à Marie.

 

D'après une neuvaine proposée par le site : www.kolbemission.org

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1 mars 2013

Le Bienheureux Daniel Brottier et les Apprentis d'Auteuil

Le Bienheureux Daniel Brottier et les apprentis d'Auteuil

Un Documentaire de 52 mn

 

 

Daniel Brottier rêvait de donner sa vie pour l'évangélisation de l'Afrique. Il ne put rester à Saint Louis du Sénégal où il venait d'être nommé, car sa santé était trop fragile. Il se consacrera à la construction d'une cathédrale du "Souvenir Africain", à Dakar, demandant à tous ceux qui ont été en Afrique de lui payer une ou plusieurs pierres. Quand arrive la guerre de 1914-1918, il est aumônier militaire, risquant sa vie sur le front et dans les tranchées, mais toujours mystérieusement protégé. Après la guerre, l'évêque de Dakar lui révèlera qu'il l'avait mis sous la protection de Sainte Thérèse de Lisieux. Aussi, quand, en 1923, il se voit confier l'Ouvre des Orphelins Apprentis d'Auteuil (fondée le 19 mars 1866 par l'abbé Louis Roussel), il confie l'oeuvre à sainte Thérèse. La chapelle est la première dédiée à la petite sainte qui vient d'être canonisée. L'oeuvre prend une expansion extraordinaire. Il meurt d'épuisement l'année où est consacrée la cathédrale du « Souvenir Africain ». Il a été Béatifié le 25 novembre 1984 en même temps qu'Elisabeth de la Trinité.

 

28 février 2013

Le Mois de Saint Joseph 1/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Premier jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse la vertu de mon nom ».

 

Le Seigneur, dans son amour, révéla Lui-même à mes parents le nom que je devais porter parmi les hommes et parmi les Anges. C'est ce nom, avec celui de Marie, que Jésus a prononcé le premier et qu'Il a répété si souvent pendant les jours de Sa vie mortelle. Pour reconnaître les services que j'eus le bonheur de Lui rendre, le Divin Sauveur a bien voulu communiquer à mon nom, une vertu et une puissance qui ne le cèdent qu'à celui de Marie. Les Anges eux-mêmes, dans la splendeur des Saints, donnent un signe de respect quand ils l'entendent prononcer, et les démons prennent la fuite. Si, pendant que Jésus et Marie vivaient à Nazareth, vous aviez désiré en obtenir une grâce une faveur, vous n'auriez pu invoquer un nom plus puissant que celui de Joseph. Maintenant que je leur suis réuni dans le Ciel, je n'ai rien perdu de mon crédit auprès d'eux. Soyez donc fidèle, mon enfant, dans vos besoins et dans vos épreuves, à invoquer le nom de Joseph. Qu'il soit le premier sur vos lèvres à votre réveil avec ceux de Jésus et de Marie, afin d'obtenir la grâce de les redire en rendant le dernier soupir.

Pratique: Répétez souvent ces invocations, enrichies d'Indulgence : « Jésus, Joseph et Marie, je vous donne mon coeur mon esprit et ma vie ».

 

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Deuxième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le gage de ma protection spéciale à l'heure de votre mort ».

 

Ayant eu le bonheur de mourir entre les bras de Jésus, mon fils adoptif, et sous le regard de Marie, mon angélique Epouse, j'ai été choisi de Dieu pour être le protecteur spécial des agonisants: voilà pourquoi on m'invoque, dans l'Eglise, comme « Patron de la Bonne Mort ». Après avoir veillé sur mes enfants pendant leur vie, je redouble de sollicitude pour eux à la dernière heure, alors que l'enfer multiplie ses efforts pour saisir leur âme au redoutable passage du temps à l'éternité. Père du Souverain Juge, je dispose à mon gré des grâces les plus précieuses en faveur de ceux qui implorent mon secours en ce moment décisif. Reposez-vous, donc en paix sur moi, mon cher enfant, je redoublerai de tendresse et de vigilance pour vous à cet instant suprême; malgré le trouble de votre esprit et la violence du mal, je saurai vous faire entendre le langage du Ciel, afin de vous détacher avec moins de peine de toutes les créatures. Mon amour est mille fois plus puissant pour vous faire du bien, que la haine et la malice des esprits de ténèbres pour vous être nuisibles. Après avoir reçu votre dernier soupir, je vous présenterai moi-même au tribunal du Fils de Dieu comme un de mes fidèles serviteurs, qui n'a rien négligé pour m'honorer pendant sa vie.

Pratique: Ne vous endormez jamais avant d'avoir demandé à Jésus, par Marie et Joseph la grâce d'une bonne mort.

 

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Troisième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse la connaissance de Jésus-Christ ».

 

Cette connaissance est la plus essentielle à un chrétien. Le Sauveur vous dit lui-même qu'il est la voie, la vérité et la vie Sans la voie on n'avance pas ; sans la vérité on ne connait pas ; on ne vit pas sans la vie. Jésus-Christ est la voie qui n'égare pas, la vérité qui ne trompe point, la vie qui ne finira jamais. C'est par lui que vous allez à Dieu le Père et que vous arrivez à la vie éternelle. Je ne suis parvenu à une si sublime perfection que parce que j'ai passé la plus grande partie de ma vie uniquement occupé à étudier et à connaître Jésus-Christ. Depuis le moment où j'eus jusqu'à mon dernier soupir, je ne perdis pas un seul moment de vue Celui qui voulait bien passer pour mon fils devant les hommes. Mon esprit et mon coeur en étaient continuellement occupés. Je m'estimais bienheureux d'avoir continuellement sous les yeux ces divins exemples, et de recueillir les paroles de vie qui sortaient de sa bouche adorable. Que votre principale occupation soit d'étudier ,et de connaître Jésus-Christ. En approfondissant ses mystères, vous y ferez toujours de nouvelles découvertes, et plus vous acquerrez de lumières, plus aussi vous trouverez qu'il y a de nouvelles richesses à découvrir. Les autres études ne vous serviraient de rien pour l'éternité, si elles n'étaient commandées, dirigées ou sanctifiées par celle-là.

Pratique: Méditez en esprit de foi les actions et les paroles de Jésus-Christ rapportées dans le Nouveau Testament.

 

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Quatrième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon amour pour Jésus ».

 

Après Marie, aucun Bienheureux n'a aimé Jésus comme moi, aucun n'a vécu dans une si grande intimité avec lui et n'en a reçu tant de faveurs. Je l'aimais comme mon fils adoptif et comme mon Dieu ; je trouvais dans la personne de Jésus de quoi satisfaire la nature et la grâce, mes plus douces et mes plus saintes inclinations. Mon amour me rendait tout coeur pour n'aimer que Jésus, tout esprit pour ne penser qu'à Jésus, tout oeil pour prévoir ses besoins, tout plein de sollicitude Voulez-vous être heureux, mon enfant, voulez-vous acquérir un riche trésor pour le ciel ? aimez Jésus de tout votre coeur. Le salut est montré à la foi, il est préparé à l'espérance, mais il n'est donné qu'à la charité. La présence de Jésus, ses bienfaits continuels, les exemples de Marie, la Mère du bel amour, ravissaient de plus en plus mon coeur. Le divin Sauveur qui vous a racheté par son sang, désire infiniment que vous l'aimiez, afin que vous soyez éternellement sauvé, afin que vous l'aimiez éternellement, son amour tendant à votre salut, et votre salut à son amour. Un acte de charité parfaite suffit pour effacer tous les péchés les plus graves et sanctifier l'âme la plus dégradée.

Pratique: Faites aujourd'hui plusieurs actes d'amour de Dieu.

 

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Cinquième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à imiter Jésus ».

 

Je m'estimais très heureux de vivre dans une société intime et continuelle avec Jésus ; j'avais toujours les yeux fixés sur Lui ; je considérais non seulement en général, mais en particulier, comment il se comportait dans les diverses circonstances de la vie: quelle religion Il témoignait pour Son Père, Sa Tendresse pour Marie, Sa Charité pour le prochain, Son oubli de lui-même, son horreur du péché, Son éloignement pour la monde. Et je m'appliquais avec soin à L'imiter selon le degré de grâce que j'avais reçu. Mon enfant, afin de reproduire plus fidèlement dans votre vie les exemples de Jésus, pénétrez dans le fond de l'intérieur de ce divin modèle pour en découvrir les dispositions, pour vous conformer et régler sur tout cela votre conduite. C'est ainsi que vous agirez toujours par dépendance de Notre Seigneur, en la vertu de son esprit et la force de sa grâce. Que votre grande occupation soit donc de méditer sur la vie de Jésus-Christ pour l'imiter plus parfaitement. Demandez-vous souvent ce qu'aurait dit ou pensé le Divin Maître dans telle ou telle autre circonstance.

Pratique: Soyez fidèle à unir vos prières, vos pensées et vos actions à celles de Jésus afin de les rendre plus méritoires.

 

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Sixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à invoquer le Nom de Jésus ».

 

Parmi les glorieux privilèges dont le Seigneur a daigné me favoriser, je mets en première ligne celui d'avoir été choisi pour imposer à Son Divin Fils le Nom de Jésus, le plus grand de tous les noms, qui se fait adorer au Ciel, sur la terre et au fond des enfers. Ce Nom sacré était le premier que je prononçais à mon réveil, et le dernier qui s'échappait de mes lèvres le soir, quand j'allais prendre mon repos. Au milieu de mes rudes labeurs et dans mes épreuves, je ne cessais d'invoquer le nom de Jésus ; j'aurais voulu le voir gravé dans le coeur de tous les hommes. Quand il m'était donné de presser le divin Enfant sur mon coeur de père et de recevoir ses caresses, je lui disais, les yeux pleins de larmes : « O Jésus, soyez-moi Jésus! Afin que, fidèle à la grâce, je n aie jamais le malheur de vous déplaire! » Mon enfant, qu'à l'exemple de Saint Bernard, vous trouviez aride toute nourriture spirituelle qui n'est pas assaisonnée du Nom de Jésus. Qu'un entretien ou un livre dans lequel le Nom de Jésus ne revient pas souvent soit pour vous insipide et sans attrait. Enfin, ayez toujours dans le coeur, et souvent sur les lèvres ce Nom salutaire dont les Sacrements tirent toute leur vertu, et dont le mérite infini engage le Père Céleste à exaucer toutes les prières des hommes.

Pratique: Invoquez le Nom de Jésus dès votre réveil, au commencement et à la fin de vos principales actions, et avant de vous endormir.

 

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Septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le soin de de Jésus ».

 

Le Père éternel m'ayant confié le soin de son Fils Unique, descendu dans ce monde pour nous délivrer de la mort, je m'estimais bienheureux de le recevoir dans ma maison, de lui donner des vêtements et de nourrir du fruit de mes sueurs Celui qui a créé le Ciel et la terre. Vous pouvez, si vous le voulez, mon enfant, jouir du même bonheur, acquérir les mêmes mérites ; Jésus réside dans vos églises aussi réellement que dans ma pauvre maison de Nazareth. Il y est souvent dénué de tout. Son existence eucharistique dépend de la générosité des fidèles qui lui ouvrent un abri. Le pain et le vin offerts pour l'adorable Sacrifice contribuent à calmer la soif dont Jésus est brûlé pour le salut des hommes, en lui permettant de se donner à eux, avec ses grâces, dans la sainte communion. Les linges de l'autel sont comme les langes qui couvrirent ses membres dans la crèche de Bethléem. Enfin, vous pouvez aussi secourir le sauveur dans les pauvres qu'il a pour ainsi dire mis à sa place. C'est là le grand mystère de la charité chrétienne : mystère qui nous offre comme une nouvelle Eucharistie, où nous nourrissons Dieu dans les indigents, comme il nous nourrit de lui-même sous les espèces.

Pratique: Faites l'aumône à Jésus dans la personne du premier indigent que vous rencontrerez ou en mettant votre obole dans le tronc d'une pauvre église.

 

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20 février 2013

Saint Vincent Ferrier 1/2

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Saint Vincent Ferrier

Religieux de l'Ordre de Saint Dominique, Confesseur

1357-1419

Fête le 5 avril


« Après les premiers Apôtres, Vincent est de tous les hommes apostoliques celui qui a fait le plus de fruit dans la parole de Dieu ». (Saint Louis de Grenade). « Il fut l'ange de l'Apocalypse, volant au milieu du ciel, pour annoncer le jour redoutable du jugement dernier ». (Pie II, Bulle de la canonisation).

La ville de Valence, en Espagne, très féconde en Saints, donna au monde Vincent, de l'ancienne famille de Ferrier, le 23 janvier 1337. Guillaume Ferrier, son père, et Constance Miguel, sa mère, étaient des personnes fort pieuses, et l'on peut croire que ce fut par les grandes aumônes qu'ils faisaient aux pauvres qu'ils méritèrent d'avoir un tel fils. Notre Seigneur leur fit connaître, avant sa naissance, l'excellence du présent qu'il leur voulait faire. Un religieux, vêtu de l'habit de Saint Dominique, apparut au père et l'assura qu'il aurait un fils du même Ordre que lui, qui brillerait dans l'Eglise par l'intégrité de sa vie, par la pureté de sa doctrine et par la grandeur de ses miracles et, pour sa mère, contre son ordinaire, elle ne sentit aucune douleur en le portant de plus, elle entendit souvent, pendant sa grossesse, comme un petit chien qui aboyait dans ses entrailles ; l'archevêque de Valence, son parent, interpréta ce signe et lui dit que l'enfant qu'elle mettrait au monde serait un excellent prédicateur. Son baptême se fit avec beaucoup de solennité, et il fut appelé Vincent il devait, en effet, remporter d'insignes victoires sur les trois ennemis de notre salut le démon, la chair et le monde.

A peine eut-il l'usage de la raison, que ses parents, qui l'aimaient tendrement et en voulaient faire quelque chose de grand, l'envoyèrent aux écoles ; il y fit des progrès si remarquables, qu'on le jugea capable, à douze ans, d'entrer en philosophie, et à quatorze, d'entrer en théologie ; dans ces sciences, non-seulement il surpassait tous ses condisciples, mais il égalait même ses professeurs et s'acquit la réputation d'un grand philosophe et d'un excellent théologien. On vit paraître dès lors en lui l'inclination qu'il avait pour la prédication car il prenait plaisir à assembler ses compagnons et à réciter devant eux les sermons qu'il avait entendus dans les chaires de Valence. Son amour était encore plus grand pour la piété que pour l'étude. Il fréquentait les églises et y passait tous les jours beaucoup de temps en oraison ; il ne manquait jamais de jeûner le mercredi et le vendredi pratique qu'il observa inviolablement tout le reste de sa vie. Sa tendresse et sa dévotion pour la sainte Vierge étaient extrêmes, et un prédicateur lui semblait toujours avoir bien prêché lorsqu'il avait publié les louanges de cette Reine des Anges. Les larmes qui coulaient alors de ses yeux faisaient voir la joie dont son cœur était rempli. La passion et la mort de Notre-Seigneur étaient un autre objet de sa dévotion il ne pouvait rien lire ni entendre sur ce sujet qu'il ne pleurât d'amour et de compassion ; aussi ne manquait-il jamais de réciter les Heures de la Croix et celles de Notre Dame. Loin de faire tort à ses études, cette régularité lui méritait du Ciel l'ouverture de l'esprit et les lumières nécessaires pour réussir. Il avait aussi une très grande charité pour les pauvres il leur donnait tout ce qui était en son pouvoir, les menait librement dans la maison de ses parents pour y recevoir l'aumône et, ayant reçu de ces mêmes parents la troisième partie de ce qu'il pouvait espérer de leur héritage, il n'employa que quatre jours à tout distribuer aux nécessiteux, et surtout aux maisons religieuses, qu'il regardait comme des compagnies bienheureuses de pauvres évangéliques.

Lorsqu'il eut dix-sept ans, son père lui fit trois propositions. La première, d'entrer dans l'ordre de Saint Dominique, selon la vision qu'il en avait eue avant qu'il vint au monde. La seconde, de se marier, ce qu'il pourrait faire fort avantageusement, ayant beaucoup de biens et les qualités de corps et d'esprit nécessaires pour faire une grande fortune dans le siècle. La troisième, d'aller à Rome ou à Paris, pour y faire valoir les talents extraordinaires que Dieu lui avait donnés. Vincent ne délibéra pas beaucoup sur ces trois choses il dit tout d'un coup à son père qu'il choisissait la première, à laquelle Dieu l'avait destiné de toute éternité. Ce choix causa une joie extrême tant à son père qu'à sa mère ils ne cessèrent tout le jour de lui en témoigner leur satisfaction, bien différents de ces parents cruels qui détournent leurs enfants de la profession religieuse, et aiment mieux les voir dans l'engagement des vices du monde que dans cette condition sainte, où l'on fait état de les combattre et de les surmonter.

Le lendemain, son père le conduisit lui-même au couvent de Saint Dominique, et le présenta au prieur. Toute la communauté le reçut et l'admit au nombre des postulants, et trois jours après, le 5 février 1367, fête de sainte Agathe, il prit l'habit de religion avec un contentement extrême de son âme, et au milieu de la joie générale des assistants on vit bien que sa vocation avait Dieu pour auteur aussi le considéra-t-on comme une lumière qui se levait sur l'horizon de l'Eglise. Son noviciat fut une imitation perpétuelle de la vie de saint Dominique, qu'il lut avec beaucoup d'assiduité et d'application de sorte qu'il n'eut pas de peine, au bout de l'an, d'être reçu à faire profession.

Après ses vœux, comme il savait que, pour réussir dans la prédication de l'Evangile, la fin de sa vocation religieuse et celle de son Ordre, trois choses lui étaient nécessaires l'oraison continuelle, l'étude de la théologie et la lecture de l'Ecriture sainte, il s'y appliqua sérieusement, et amassa, par ce moyen, un trésor de lumières et d'onction qui lui devait servir dans la suite à éclairer toute l'Europe, à toucher et convertir une infinité de cœurs. On l'obligea, quelques années après, à enseigner la philosophie aux jeunes religieux de son monastère et il s'en acquitta de telle sorte que plus de soixante-dix séculiers y venaient aussi pour l'entendre.

Ses supérieurs, admirant de plus en plus son érudition, l'envoyèrent à Barcelone, où les plus savants hommes de leur Ordre étaient alors et de la à l'université de Lérida, où, n'ayant encore que vingt-huit ans, il fut fait docteur par le cardinal Pierre de Lune, en ce temps-là légat en Espagne, et depuis en France, à la cour du roi Charles VI. Ayant été honoré du bonnet de docteur, il revint à Valence, lieu de sa naissance et de sa profession, où il fut reçu avec grand respect par plusieurs personnes de qualité, qui allèrent au-devant de lui, et lui témoignèrent une singulière estime. Quelques jours s'étant écoulés, l'évoque, avec son chapitre et les magistrats de la ville, le prièrent d'exposer publiquement l'Ecriture sainte et de faire des leçons de théologie. Il le fit avec tant de succès, et prêcha au peuple avec tant de zèle et d'édification, qu'on venait de tous côtés pour l'entendre. Etudiant, professeur ou prédicateur, il pratiqua toujours le conseil qu'il donne lui-même dans son admirable Traité de la vie Spirituelle : « Quelque étendue d'esprit qu'on croie avoir, dit-il, il ne faut jamais omettre les pratiques de la dévotion en lisant et en étudiant, on doit toujours élever son cœur à Jésus-Christ, pour lui demander la grâce de l'intelligence et il est nécessaire de retirer souvent ses yeux du livre pour se cacher intérieurement dans les plaies du Crucifix ».

C'était là la méthode qu'il gardait en étudiant, principalement après qu'il se fut entièrement consacré à l'exercice de la prédication, qui était son principal talent; car il composait ordinairement ses sermons aux pieds du crucifix, pour tirer des plaies de Jésus-Christ crucifié la lumière et le feu dont il avait besoin pour toucher ses auditeurs, et, après le sermon, il se mettait encore aux pieds du crucifix pour en rapporter tout le succès à sa gloire et pour renouveler ses résolutions de pratiquer le premier ce qu'il avait enseigné aux autres. Un jour, comme un grand seigneur devait assister à sa prédication, au lieu de suivre cette méthode, il se prépara avec travail, et avec une grande application d'esprit, mais il ne réussit pas à son ordinaire. Se faisant entendre le lendemain devant le même seigneur avec les dispositions qu'il avait coutume d'apporter, il prêcha incomparablement mieux et avec beaucoup plus d'onction et de forcé. Ce prince, qui s'en aperçut, lui en demanda la raison il lui répondit ingénument que c'était parce que Vincent avait prêché la première fois, et que Jésus-Christ avait prêché la seconde. Il ne faut donc pas s'étonner si ce zélé prédicateur faisait tant de bruit par ses sermons, et si l'on n'en sortait jamais qu'avec componction de cœur, et dans le dessein de quitter le péché et de commencer une meilleure vie.

Le démon, ne pouvant souffrir qu'il marchât à si grands pas dans le chemin de la perfection, et qu'il lui enlevât tous les jours un si grand nombre d'âmes dont il croyait être le maître, se servit de divers moyens pour le perdre ou pour l'arrêter dans l'heureux progrès de sa course. Un jour, il lui apparut sous la figure d'un anachorète il disait être un de ces anciens, solitaires qui avaient vécu avec tant de sainteté dans les déserts de la Thébaïde il raconta qu'étant jeune, il s'était donné du bon temps, mais que cela ne l'avait pas empêché d'arriver, dans la suite, à une grands pureté de vie; il lui conseilla de ne pas tant s'affaiblir dans sa jeunesse par les austérités et par les veilles, mais de donner quelque chose à la faiblesse et aux nécessités du corps, d'autant plus qu'il avait besoin de force pour la prédication, et que la discrétion était la mère de toutes les vertus. Il n'y avait rien de plus plausible ni de plus artificieux que cette tentation; mais le Saint, l'ayant découverte, repoussa courageusement le démon, tant par le signe de la croix, qu'en lui disant : « Va, Satan, je ne veux pas moins donner ma jeunesse à Dieu que ma vieillesse ». Une autre fois, cet ennemi des hommes lui apparut sous la figure d'un éthiopien, et le menaça de lui faire une guerre continuelle, dont enfin il sortirait victorieux mais les menaces ne lui réussirent pas mieux que les ruses, et le Saint le confondit en lui répondant que celui qui lui avait donné la force de commencer, lui donnerait aussi le courage de persévérer. Enfin, Vincent ayant lu, dans le livre de saint Jérôme, sur la virginité de la Mère de Dieu, ces paroles du Sage : « Personne ne peut être continent si Dieu ne le soutient de sa grâce », et, s'étant mis aussitôt à genoux devant une image de Notre-Dame, pour lui demander la conservation de sa virginité, ce monstre infernal eut l'effronterie de former une voix du côté de cette image, qui disait qu'il avait été vierge jusqu'alors, mais qu'il perdrait bientôt une fleur si précieuse. On ne peut pas concevoir quelle fut la douleur et la confusion de ce fervent Religieux en entendant ces paroles mais la Sainte Vierge, qui ne le voulait pas laisser longtemps en peine, lui apparut aussitôt avec une beauté admirable, et lui fit connaître que la première voix venait de l'ennemi, et que, pour elle, elle ne l'abandonnerait jamais. L'esprit présomptueux fut couvert d'une telle confusion, qu'il n'osa plus se servir des mêmes armes pour l'attaquer.

Mais comme son orgueil monte toujours et ne se rend jamais jusqu'à notre mort, il prit d'autres mesures pour faire la guerre au Serviteur de Dieu. Il mit dans l'esprit d'une femme de faire la malade, de le mander chez elle pour la confesser, et là, de témoigner pour lui une passion violente et criminelle. Le Saint lui dit qu'elle devait rougir d'une si grande effronterie et, sans se trop appuyer sur ses forces, ni prétendre demeurer auprès du feu sans se brûler, il prit incontinent la fuite, et laissa cette impudente pleine de confusion et de fureur. Cependant, comme elle craignit d'être dénoncée par le saint Religieux, elle voulut mettre son honneur à couvert, en criant de toutes ses forces que son confesseur avait voulu lui faire violence mais Dieu, le vengeur des injures faites à ses serviteurs, permit au démon d'entrer dans son corps, et de la tourmenter avec tant de cruauté, qu'il était bien visible que c'était un châtiment de sa calomnie. Les exorcismes furent employés pour la guérir mais elle ne put l'être que par les prières de saint Vincent.

Certains envieux, irrités des éloges qu'on ne cessait de donner à sa vertu, et poussés par une inspiration diabolique, décidèrent une femme de mauvaise vie, par l'appât d'une grande somme d'argent, à s'introduire secrètement dans la cellule du Saint. Ils l'aidèrent à s'y rendre un soir d'hiver qu'il prolongeait sa prière à l'église. Quand Vincent ouvrit la porte de sa cellule et trouva assise au pied de son lit cette misérable, il crut d'abord à une supercherie du démon qui voulait le tenter sous cette forme sédui- sante. Il fit le signe de la croix, et il s'écria : « Que fais-tu là, Satan, ennemi de Dieu ? » « Je ne suis pas Satan, répondit la courtisane mais une jeune fille qui ne peut plus résister à l'amour qu'elle a pour toi ». Elle allait continuer, mais le Saint l'interrompit, et d'un ton bref et impérieux : « Va-t-en, scélérate, lui cria-t-il, et prends garde qu'une mort soudaine ne te punisse de ton affreuse iniquité ! Comment as-tu osé tenter de souiller mon corps et mon âme, que dès mon enfance j'ai consacrés a Jésus-Christ ? » Soit effroi, soit excès d'audace, la malheureuse demeurait immobile. Alors Vincent répandit à terre des charbons ardents contenus dans un brasier, et, s'agenouillant sur les charbons, il dit à la courtisane : « Viens, si tu l'oses, viens te jeter sur ce feu il n'est pas aussi terrible que celui de l'enfer ». A ce spectacle la femme tomba à demi-morte, pleurant, sanglotant, demandant pardon au Saint, et lui promettant de changer entièrement de vie. Elle lui révéla le nom de ceux qui l'avaient portée à cet acte. Vincent la fit sortir, en lui ordonnant de tenir cachés les noms de ses complices. Mais elle ne promit pas le silence. Dès le lendemain elle raconta tout, et couvrit de honte ceux qui avaient voulu calomnier et déshonorer le Saint. La pécheresse fit une sincère conversion.

Cette double victoire ne lassa point l'esprit tentateur. Il porta un vieux pécheur, que le Saint avait repris, à se déguiser sous l'habit religieux, pour aller ensuite voir, de nuit, une femme mal famée. Celle-ci, avant qu'il repartît, voulut savoir son nom Je m'appelle Vincent Ferrier, dit-il malicieusement, mais je vous conjure de ne parler de notre entrevue à personne. Elle le promit, puis s'empressa de le publier avec des circonstances si particulières que les amis mêmes de Vincent ne savaient qu'en penser.

Le Saint s'était humilié devant le Seigneur il attendait de la miséricorde divine sa justification et se prosternait, plein de résignation, au pied des autels, avec l'espoir que son innocence triompherait de cette odieuse calomnie. En effet, Boniface, son frère, alors magistrat à Valence, profita d'une occasion solennelle pour faire reconnaître le coupable à la personne qui le recherchait. On montra à celle-ci le Père Vincent, mais elle répondit qu'elle connaissait bien le serviteur de Dieu, quoiqu'elle ignorât son nom, qu'elle l'avait entendu prêcher quatre fois, et que celui qu'elle demandait était déjà sur le retour de l'âge. L'imposteur fut découvert, et son infâme stratagème donna un nouvel éclat à l'innocence du Saint. On dit qu'à la fin ce vieillard, frappé de la mansuétude de Vincent, se convertit, et, chose rare, il abandonna dans un âge avancé les habitudes de sa jeunesse qui avaient vieilli avec lui.

En ce temps, Clément VII, qui s'était toujours porté pour successeur de saint Pierre contre le pape Urbain VI, étant mort, le célèbre Pierre de Lune, dont nous avons déjà parlé, fut élu en sa place par les suffrages des cardinaux de ce parti, et se fit nommer Benoît XIII. Une des premières choses qu'il fit après son couronnement fut d'envoyer vers saint Vincent, dont il connaissait les grands mérites, et de l'obliger de venir à sa cour. Lorsqu'il fut arrivé, il le prit pour son confesseur, et lui donna la charge de maître du sacré palais. Le Saint avait en aversion ces honneurs qui le tiraient souvent de son cloître et le détournaient des exercices de l'étude, de l'oraison et de la prédication néanmoins, il les accepta par obéissance, sachant bien que Dieu l'en ferait sortir selon l'ordre invariable de ses desseins, quand il lui plairait: Si l'on s'étonne qu'un homme si saint et si rempli de l'amour et de la lumière de Dieu, ait suivi le parti d'un pape schismatique, et ait même été son confesseur, on doit considérer que Dieu 'n'éclaire ses plus grands serviteurs qu'autant qu'il lui plaît et que dans le temps qu'il lui plaît; d'ailleurs, l'affaire de la légitime succession de saint Pierre était alors extrêmement embrouillée et difficile à résoudre, chacun des trois qui se disaient papes prétendant être le vrai Pape; le parti de Benoît était suivi de la France et de l'Espagne, et jugé le meilleur par un grand nombre de personnes éminentes en savoir et en sainteté. Nous tenons sans doute pour article de foi que, comme il n'y a qu'une Eglise catholique, il ne peut aussi y avoir qu'un seul souverain Pontife la foi ne nous oblige pas néanmoins de croire que ce souverain Pasteur soit celui qui est reconnu pour tel par une partie des fidèles, lorsque les autres fidèles en reconnaissent un autre, lorsque l'affaire est obscure et difficile d'elle-même, et n'a point encore été décidée par le jugement de l'Eglise.

Cependant, un grand nombre de princes et de prélats, ayant inutilement travaillé pour faire cesser ce grand schisme, jetèrent les yeux sur notre Saint pour négocier une affaire de cette importance. Il fit plusieurs voyages pour ce sujet, tant vers l'empereur Sigismond, qui était alors en Catalogne, que vers Charles VI, roi de France, et vers Martin, roi d'Aragon il avait même persuadé à Benoît XIII de renoncer volontairement à cette suprême dignité, et de fouler aux pieds les honneurs du monde pour donner la paix à l'Eglise. Mais ce pape ne persévéra pas dans une si sainte pensée il ne consentit pas plus que ses antagonistes de Rome Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XII; pas plus que les papes du concile de Pise, Alexandre V et Jean XXIII, ou moins encore, à abdiquer, pour l'unité et la paix de l'Eglise, une charge qui, rompue en deux ou trois, mise en lambeaux, usurpée, était bien moins puissante à éloigner l'anarchie et la discorde du corps mystique de Jésus-Christ. Ces malheurs ne cessèrent qu'en 1417, par l'élection de Martin V, comme unique pape.

Quand il vit les efforts inutiles qu'on faisait pour amener le Pape à déposer la tiare, Vincent fut saisi d'une profonde douleur. Le séjour de la cour pontificale lui devint à charge, et il obtint de se retirer dans le couvent des religieux de son Ordre à Avignon. Telle fut sa tristesse qu'il tomba gravement malade la fièvre le dévora aucun remède ne put diminuer l'intensité du mal qui l'épuisait. Il était alité depuis douze jours, et il attendait la mort, qui devait mettre un terme aux amers chagrins qui le consumaient. La veille de la fête de saint François, 3 octobre 1396, il eut une si forte crise, que tous ceux qui entouraient son lit de douleur furent consternés, et crurent qu'il allait rendre le dernier soupir. Mais Dieu voulut alors vérifier en son serviteur ce qu'il avait dit dans le livre de Job : « Quand tu te croiras sur le point de périr sans ressource, alors tu te lèveras comme l'étoile du matin ». Tout à coup la cellule de Vincent fut remplie d'une lumière prodigieuse et d'une céleste splendeur.

Le Sauveur du monde, accompagné d'une multitude d'anges et des glorieux patriarches Dominique et François, se présenta au malade. « Lève-toi sain et sauf, Vincent, lui dit-il, et console-toi le schisme finira bientôt, et ce sera lorsque les hommes auront mis un terme aux nombreuses iniquités dont ils se souillent. Lève-toi donc, et va prêcher contre les vices c'est pour cela que je t'ai choisi spécialement. Avertis les pécheurs de se convertir, parce que mon jugement est proche ». Le Sauveur lui parla encore de trois choses. Il lui dit premièrement que, pour le rendre capable d'entendre et de poursuivre l'apostolat dont il le chargeait, il le confirmait en grâce faveur singulière, qui dut extraordinairement réjouir une âme aussi pleine d'humilité et de crainte. Il ajouta qu'il sortirait victorieux de toutes les persécutions suscitées contre lui et que dans ses combats le secours divin ne lui manquerait jamais, jusqu'à ce qu'après avoir prêché le jugement dans une grande partie de l'Europe, avec un grand fruit pour les âmes, il finît saintement sa vie aux extrémités de cette partie du monde. Enfin il lui donna diverses instructions sur la manière dont il devait exercer son ministère apostolique. Ses historiens ne nous en ont pas transmis les détails, mais il est facile de les deviner à l'ordre admirable invariablement suivi par le nouvel apôtre dans l'exercice de son ministère miraculeux. En cessant de parler au Saint, le Seigneur, en signe d'amour, lui toucha le visage avec sa main droite. « O mon Vincent, lève-toi », lui dit-il une seconde fois puis il disparut. L'attouchement divin avait produit son effet. Soudain Vincent se sentit parfaitement guéri et son cœur fut rempli d'ineffables consolations.

Cette apparition merveilleuse, racontée par les plus anciens biographes du Saint, est d'autant plus digne de foi que le Saint lui-même l'a confirmée dans une lettre qu'il écrivit à Benoît XIII, quinze ans plus tard. La cellule où saint Vincent Ferrier reçut une grâce aussi remarquable et une mission aussi miraculeuse, fut changée en une chapelle qui devint l'objet d'une grande dévotion. Le cataclysme révolutionnaire la détruisit avec le couvent qui la renfermait.

Le lendemain de sa guérison miraculeuse, Vincent se rendit auprès du Pape. Celui-ci fut aussi joyeux que surpris de voir en parfaite santé celui que la veille même, dans une visite bienveillante, il avait vu aux portes de la mort. Il fut plus surpris encore, mais moins joyeux, lorsqu'il entendit le Saint lui demander la permission de quitter la ville, et d'aller prêcher librement et pauvrement l'Evangile de contrée en contrée. Benoît XIII ne crut pas devoir lui donner cette permission pour le moment il avait besoin de lui. Vincent ne voulut pas désobéir il savait que les révélations particulières doivent être soumises au contrôle de l'Eglise de Dieu il se résigna donc à renvoyer à un autre moment l'exécution de son projet. Cette attente fut longue. On le retint deux ans, durant lesquels il servit avec une patience héroïque et une fidélité exemplaire, dans l'office de maître du sacré palais, celui qu'il regardait comme le véritable vicaire de Notre-Seigneur. Enfin il obtint le juste sujet de ses demandes. Pour le retenir et l'attacher à jamais à la cause des papes d'Avignon, on lui avait offert l'évêché de Lérida et le chapeau de cardinal; Vincent avait refusé. « Je dois exécuter, disait-il, l'ordre que j'ai reçu de Dieu, et Dieu m'a commandé d'aller prêcher le jugement à toutes les nations ». Un jour donc que, désolé de la résistance de Benoît XIII ses vœux les plus ardents, il priait avec larmes devant son crucifix, et offrait à Dieu la douleur de son âme, le Sauveur consola sa tristesse, en lui faisant entendre miraculeusement cette parole : « Va, je t'attendrai encore ». Il comprit qu'on ne résisterait plus à ses sollicitations, et, en effet, Benoît XIII lui permit de parcourir le monde en apôtre et de prêcher l'Evangile à tous les peuples de l'Europe. Il lui accorda pour cela les pouvoirs les plus étendus, pouvoirs qui furent confirmés plus tard par le concile de Constance et par le pape Martin V.

Vincent commença à Avignon même son nouvel apostolat le 23 novembre 1398. Puis, il parcourut en peu de temps une grande partie de l'Europe, prêchant en Catalogne, en Provence, en Dauphiné, en Savoie, en Lombardie, à Gênes, en Allemagne, en Lorraine, en Flandre, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande, au royaume de Grenade et presque par toute l'Espagne, en plusieurs autres villes et provinces d'Italie et de France, et enfin en Basse-Bretagne, où nous le verrons finir ses jours, lorsque nous aurons dit quelque chose de ses vertus, pour éviter les répétitions.

Bien qu'il fût muni des autorisations les plus étendues de la part des souverains Pontifes, saint Vincent Ferrier ne prêchait jamais en aucun endroit sans la bénédiction et l'assentiment de l'évêque diocésain, ni la permission des supérieurs de son Ordre. Il s'imposa la règle de marcher toujours à pied, quand il passait de ville en ville et de pays en pays, quels que fussent d'ailleurs l'éloignement, la difficulté des routes et la rigueur des saisons. Ce fut seulement vers les dernières années de sa vie qu'une plaie douloureuse à une de ses jambes le contraignit d'user d'une monture. Mais en cela même il observa l'esprit de simplicité et de pauvreté. Il refusait les chevaux, et il cheminait sur un âne chétif, afin d'avoir un nouveau trait de ressemblance avec le Sauveur des hommes.

Avant d'entrer dans une ville pour l'évangéliser, il se jetait à genoux avec toute sa suite puis, levant les yeux au ciel et versant d'abondantes larmes, il priait pour le peuple à qui il allait prêcher le jugement. Son entrée était ordinairement très-solennelle. Evêque, clergé, magistrats, noblesse, une foule nombreuse, des flots de peuple accouraient à sa rencontre. On le conduisait sous un baldaquin; on l'honorait à l'égal d'un personnage royal, ou plutôt d'un apôtre, d'un ange du ciel. On chantait avec un enthousiasme indescriptible des hymnes, des psaumes, des cantiques sacrés. Quelquefois on faisait des lieues entières pour aller à sa rencontre. L'endroit où on le rejoignait était orné d'une croix chargée de perpétuer le souvenir de ce bonheur. Tel était aussi très souvent le concours du peuple qui se portait au-devant de lui, qu'afin d'empêcher la multitude trop avide et trop agitée, de le presser, de le renverser et de le fouler aux pieds, il fallait l'enfermer dans une solide barrière en bois précaution assez souvent inutile contre la véhémence et l'indiscrétion populaires, tant on désirait le voir, l'entendre et même le toucher. Au milieu de ces ovations prodigieuses, son humilité était parfaite; en ces moments il avait sans cesse dans l'esprit et dans la bouche ces paroles du Psalmiste : « Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à votre nom seul donnez la gloire ».

Quand il y avait dans la ville un couvent de son Ordre, il allait s'y retirer, à moins que l'évêque ne l'obligeât à venir dans son palais pour être plus utile au peuple. Mais dans les villages où son Ordre n'avait pas de maison, il allait loger dans un monastère de religieux ou chez le curé. En se dirigeant vers le lieu choisi pour sa demeure, il chantait avec ceux de sa compagnie les litanies de la Vierge ou quelques prières pieuses. Malgré les fatigues du voyage, le Saint ne se reposait pas en entrant dans la maison qu'il devait habiter. Il continuait ses exercices dans l'ordre accoutumé, jeûnait, gardait l'abstinence, faisait l'oraison, lisait la sainte Ecriture, et prenait une collation très-frugale. On le sait, la Règle des Frères Prêcheurs n'oblige sous aucune peine de péché, et nous ajoutons ceci hors du couvent elle admet une dispense presque générale des observances qui constituent la vie monastique notre excellent religieux y était pourtant aussi fidèle que le plus fervent novice. Il en gardait toutes les austérités il y en ajoutait même d'autres. Ainsi il portait continuellement un rude cilice chaque soir, avant sa collation, il s'administrait une discipline sanglante et quand il était trop faible pour agir lui-même, il priait un de ses compagnons, au nom de la Passion du Sauveur, de lui rendre ce bon office et de ne pas l'épargner.

L'homme de Dieu se couchait tard, et il s'accordait cinq heures de sommeil seulement; son lit ordinaire était la terre ou quelques faisceaux de menues branches. Une pierre ou le livre sacré des Ecritures lui servait d'oreiller. Il se levait toujours à minuit pour dire Matines, et il récitait son office à genoux, très-distinctement et avec beaucoup de dévotion. Sa chasteté était admirable. Jamais il ne regarda de femme en face jamais, durant trente ans, il ne vit de tout son corps que ses mains nues. Il avait un si grand amour pour la pauvreté évangélique, qu'il exhortait tout le monde à l'embrasser beaucoup de personnes fort riches, de toutes sortes de conditions, distribuèrent leurs biens aux pauvres pour suivre Jésus-Christ pauvre, à l'exemple de son serviteur.

Emue par les miracles du Sauveur, et désireuse d'entendre sa doctrine, une grande foule suivait ses pas à travers la Judée et la Samarie, où il allait, prêchant le royaume de Dieu. Ce fut un sentiment semblable qui groupa autour de saint Vincent Ferrier quelques personnes, heureuses de le suivre et de marcher sous sa direction dans les voies du salut. Le Saint crut devoir permettre à ces personnes de s'attacher à lui. Leur nombre ne tarda pas à s'accroître bientôt il fallut compter par milliers les dévots pèlerins qui s'associèrent à ses courses. La troupe de notre Saint comprenait trois catégories principales la première formée de ses coadjuteurs dont le nombre s'élevait à une cinquantaine de religieux ou prêtres la seconde, composée d'un nombre assez considérable de Tertiaires de l'Ordre de Saint Dominique la troisième, réunissant une multitude de pénitents dont le nombre a quelquefois atteint le chiffre énorme de dix mille. Le spectacle des vertus héroïques pratiquées par ces pieux pèlerins était une prédication qui parlait aux yeux avec autant d'éloquence, que les sermons du maître retentissaient aux oreilles. On recevait à la fois le précepte et l'exemple de la piété chrétienne. Ce nombreux personnel accélérait le mouvement religieux. Les uns instruisaient les ignorants, les autres donnaient à chacun en particulier les conseils que saint Vincent donnait à tous en général. Ils excitaient les uns et les autres à une prompte imitation, et ils ajoutaient aux grands exercices religieux une pompe, un enthousiasme qui, de proche en proche, ne tardait pas à gagner tous les cœurs par une salutaire contagion.

Le Saint avait prescrit de très-sages règlements, soit pour l'admission des fidèles dans cette sainte compagnie, soit pour leur manière de vivre. On repoussait ceux qui ne jouissaient pas d'une bonne réputation. Les pécheurs publics devaient faire auparavant une pénitence publique très rigoureuse, et encore ils formaient une section à part, appelée des disciplinants, où l'on voyait des voleurs, des assassins, des courtisanes, des magiciens, des sorcières qui expiaient leurs crimes par des austérités édifiantes. La confession et la communion étaient d'usage au moins une fois par semaine. Cette double pratique contribuait à unir les cœurs à Dieu par des liens plus étroits, et à resserrer entre les membres de la société les nœuds de la charité chrétienne.

Son oraison était continuelle et la présence de Dieu lui était si familière qu'il n'en détournait jamais ni son esprit ni son cœur. Il ne donnait que cinq petites heures au sommeil, encore pouvait-il dire, comme l'épouse, que si ses sens étaient alors assoupis, son cœur ne laissait pas d'être éveillé car il ne cessait point, durant tout ce temps-là, de penser à Dieu et de s'occuper des vérités éternelles. Il avait toujours le crucifix à la main, ou pendu au cou, pour mieux conserver la mémoire de la Passion de son Sauveur et il l'appelait sa grande bible, parce qu'il y trouvait tous les trésors de la science et de la lumière de Dieu, qui sont répandus dans les saintes Ecritures. Il se confessait tous les jours avant de célébrer la sainte messe; et, lorsqu'il était au Canon, l'onction de la grâce dont son âme était remplie se dilatait si fort, qu'il versait des larmes en abondance. La dévotion envers la Sainte Vierge s'accrut toujours en lui avec l'âge, et il travaillait sans cesse à l'implanter dans le cœur de ses pénitents et de ses auditeurs. Lorsqu'il arrivait en un lieu, il ne manquait jamais, quelque heure qu'il fût, d'aller à l'église saluer le Saint Sacrement, comme un enfant bien né qui n'entre point dans la maison de son père sans lui rendre ses devoirs et le saluer. Le plus souvent l'église était trop petite pour contenir son nombreux auditoire. Il choisissait alors une vaste place ou une plaine voisine, et y faisait dresser une estrade assez large pour supporter à droite un autel et à gauche une chaire. Il célébrait tous les jours une messe solennelle, accompagnée du chant de plusieurs clercs habiles et de la musique grave d'un orgue qui le suivait partout.

Après la messe, montant sur la chaire ornée de tapis précieux et d'un baldaquin qui le protégeait contre les rayons du soleil, et en même temps permettait à sa voix d'arriver avec plus de force jusqu'aux extrémités de son nombreux auditoire, Vincent prenait la parole, et se laissant aller à toute l'ardeur de son zèle, il exposait avec une force irrésistible, une éloquence toute divine, les grandes vérités de la religion. Après le sermon, il s'arrêtait quelque temps au pied de la chaire pour donner ses mains à baiser au peuple et bénir les malades qu'on lui présentait en foule. Il récitait sur eux des prières, qui souvent leur rendaient miraculeusement la santé. Une cloche avertissait le peuple de cet instant, et on l'appelait la cloche des miracles.

Quand il avait terminé cette œuvre de charité, notre Saint se rendait à l'église avec d'autres prêtres, ses compagnons, pour y entendre les confessions de ceux qui s'étaient convertis, et il y demeurait jusqu'à midi, heure de son repas. Tout en pourvoyant aux nécessités de la vie par une frugale nourriture, il se faisait faire une lecture de l'Ecriture sainte; son repas terminé, il continuait lui-même cette lecture, ou il méditait en silence pendant une heure. La lecture finie, et Vêpres récitées, il prêchait encore au peuple un grand sermon. Le reste de la journée était employé à écouter les confessions, à prêcher en particulier aux moines, aux religieuses, aux prêtres, à certaines réunions particulières, où l'inspiration divine le conduisait là, souvent il ébranlait les personnes endurcies, réconciliait les adversaires, faisait restituer les biens acquis injustement, et consolait les affligés.

Vers le soir, il disait à un de ses frères de sonner la cloche des miracles. A ce son bien connu, les malades se rassemblaient à l'église pour recevoir la santé. Enfin, à l'entrée de la nuit, il présidait une procession de pénitents qui se donnaient publiquement la discipline, et c'est par cette cérémonie que Vincent terminait les exercices publics de son ministère. Outre les grâces sanctifiantes, il était admirablement avantagé de celles que nous appelons gratuites, et qui sont données pour le salut du prochain. Entre autres, il possédait éminemment celle de parler avec clarté, avec force, avec onction et avec une divine éloquence. Lorsqu'il traitait un sujet de compassion et d'amour, il le faisait avec une si grande douceur et une parole si pathétique, qu'il attendrissait tous les cœurs. Mais lorsqu'il prêchait sur le péché, la mort, le jugement, le purgatoire ou l'enfer, c'était avec un zèle si fort et si foudroyant, qu'il jetait la terreur dans les âmes les plus endurcies. C'est ce qui lui arriva un jour à Toulouse prêchant sur le jugement dernier, et répétant ces paroles de saint Jérôme : « Levez-vous, morts, et venez au jugement », il effraya tellement ses auditeurs, qu'il les fit tous trembler et frémir. Une autre fois, parlant encore sur le même sujet au milieu d'une place publique, plusieurs milliers de personnes qui l'écoutaient furent saisies d'une si grande frayeur, qu'elles tombèrent en défaillance. Pendant la plupart de ses sermons, on entendait les cris et les gémissements d'un grand nombre des assistants, en sorte qu'il était souvent obligé d'interrompre ses prédications et de s'arrêter tout court, jusqu'à ce que les sanglots de ses auditeurs eussent cessé. Ses discours n'étaient pas seulement affectifs il les fortifiait encore de raisonnements si puissants, et do tant d'autorités tirées de l'Ecriture et des Pères de l'Eglise, que l'on aurait dit qu'il savait par cœur ou qu'il avait devant les yeux tous les livres saints. Sa voix était tout à la fois forte et agréable, et quelque grande que fût la multitude de ses auditeurs, les plus éloignés l'entendaient aussi aisément que ceux qui étaient le plus près. Il est même arrivé quelquefois, par un grand miracle, que des personnes éloignées de plusieurs lieues, qui n'avaient pu venir à son sermon, l'ont entendu aussi distinctement que si elles eussent été au milieu de l'assemblée. Il avait si éminemment le don des langues, que celle dont il se servait en chaire devenait intelligible à toutes sortes de nations, et qu'il n'y avait personne en son auditoire, soit Français, soit Italien, soit Allemand, Anglais, Grec ou Barbare, qui ne l'entendît et ne conçût aussi parfaitement ce qu'il disait, que s'il eût parlé la propre langue de tous ces différents pays.

Les prédictions et les miracles qu'il faisait à tous moments montrent assez qu'il avait le don de prophétie, et ces grâces gratuites qui donnent le pouvoir de guérir les maladies et d'opérer toutes sortes de prodiges. Il prédit à la mère d'Alphonse Borgia, lorsqu'il n'était encore qu'un enfant, et depuis à Alphonse Borgia même, qu'il serait Pape, et que dans cette souveraine dignité il lui ferait un très-grand honneur ce qui s'est trouvé véritable car, après la mort de Nicolas V, Alphonse, qui était devenu un grand jurisconsulte, et qui avait été fait évêque de Valence et cardinal, fut enfin créé Pape, sous le nom de Calixte III, et canonisa notre Saint. Un jour, lorsqu'il prêchait à Alexandrie, ville de Ligurie, il s'arrêta tout court au milieu du sermon, et dit à son auditoire : « Je vous fais savoir une bonne nouvelle dont Notre-Seigneur m'a fait part aujourd'hui c'est qu'il y a parmi nous un jeune homme qui sera un jour l'honneur de la Congrégation de Saint-François, et qui, par ses prédications et sa sainteté, rendra de très-grands services à l'Eglise on l'invoquera publiquement par des prières avant moi ». C'était saint Bernardin de Sienne, la lumière de l'Italie et de l'Ordre de Saint-François, lequel fut canonisé par le Pape Nicolas V, l'an 1540, cinq ans avant ce saint Prédicateur. Il avertit deux religieux, l'un de son Ordre et l'autre des Ermites de Saint-Augustin, de se confesser promptement, parce qu'ils mourraient subitement le jour même ils le firent, et, quelques heures après, ils moururent comme il le leur avait prédit. Par le même esprit prophétique, il voyait les choses absentes, quoiqu'elles fussent extrêmement éloignées. Le décès de son père et celui de sa mère lui furent révélés pendant qu'il prêchait, afin qu'il les pût recommander aux prières de ses auditeurs.

Un de ceux qui s'étaient engagés parmi les pèlerins qui suivaient l'Apôtre de Dieu, avait l'esprit assez mal fait pour mettre en doute intérieurement les miracles et les conversions qu'il voyait opérer par le thaumaturge. Il observait toutes ses paroles et toutes ses actions pour y trouver à redire, à la manière des Pharisiens, dont les yeux étaient toujours fixés sur le Sauveur des hommes dans l'espoir et la volonté de le prendre en faute. Un jour Vincent l'accoste, le regarde fixement, et commence à lui découvrir par son discours toutes les pensées de son cœur, toutes les critiques et tous les doutes qui se pressaient en son âme à l'égard de sa conduite apostolique il le fit avec tant de vérité et de force, que le disciple, confus et repentant, se jeta à ses pieds et lui demanda humblement pardon. Vincent le lui accorda de bon cœur; maison même temps il lui adressa un avertissement paternel : « Pensez, lui dit-il, à ce que vous faites vous- même, et non à ce que font les autres ».

Non-seulement Vincent pratiquait cette vertu qui rend l'homme aimable à ceux qui vivent avec lui, mais il l'insinuait aux autres avec beaucoup d'adresse. Un jour, une femme vint le trouver, se plaignant vivement des mauvais traitements qu'elle endurait de la part de son mari. « Enseignez- moi, mon bon Père, ajouta-t-elle, un moyen efficace pour avoir la paix dans la maison, afin que cet homme ne me maltraite pas continuellement de parole et de fait ». Le Saint la laissa parler à son aise il comprit bientôt la cause du mal dont elle réclamait le remède; c'était seulement sa loquacité et sa pétulance elle excitait la colère de son mari par son bavardage et ses répliques insolentes. Alors le Saint lui dit : « Si vous désirez mettre un terme à ces dispositions fâcheuses, allez trouver le frère portier de notre couvent, et faites-vous donner dans un vase de l'eau du puits qui est au milieu du cloître. Lorsque votre mari entrera dans la maison, prenez aussitôt une gorgée de cette eau sans l'avaler, et gardez-la longtemps dans votre bouche. Si vous faites cela, je vous l'assure, votre mari ne se mettra plus en colère et deviendra doux comme un agneau ». Aussitôt la femme s'empressa d'exécuter le conseil du Saint, trouvant que le remède n'était pas difficile. Lorsque le mari entra dans la maison, commençant à s'irriter, elle courut au vase et but sa gorgée d'eau, qu'elle retint aussi longtemps qu'elle put ce qui fit que, ne trouvant pas de réponse, le mari se tut à son tour. Il fut lui-même émerveillé de ce qu'elle ne disait rien, et il remercia Dieu de lui avoir changé le cœur et fermé la bouche, d'où provenaient toutes leurs disputes. Quand le fait se fut produit plusieurs fois, toujours avec le même succès, la femme retourna trouver saint Vincent, et le remercia avec effusion de lui avoir enseigné un pareil remède. Alors le Saint, lui parlant avec douceur, mais avec clarté, lui dit : « Le remède que je vous ai enseigné, ma fille, ce n'est pas l'eau du puits, comme vous le croyez, mais le silence. En vous taisant vous avez mis la paix entre vous et votre mari. A peine dans la maison, vous l'irritiez par des demandes importunes, et il s'en allait en colère c'était votre faute si cette colère allait croissant vos répliques insolentes en étaient la cause. A l'avenir gardez le silence, et vous serez toujours en paix avec votre mari ». De là le proverbe commun à Valence, lorsqu'une femme se plaint de son mari, on lui répond : « Remplissez votre bouche d'eau, et il vous arrivera ce qu'a dit saint Vincent ».

Quand il confessait les pécheurs, Vincent les aidait miraculeusement à découvrir les fautes qui ne leur étaient point venues à la pensée. Mais ce qui est plus singulier encore, c'est que pendant ses prédications il lui arrivait de fixer les yeux sur certaines personnes qu'il n'avait jamais vues et dont il n'avait jamais entendu parler, et alors il entamait la question des péchés dans lesquels elles tombaient ordinairement, et il entrait dans des circonstances si particulières et si individuelles, que les pécheurs avaient coutume de dire de lui : « Cet homme est vraiment un saint, il connaît tout ce qu'il y a de plus caché dans notre intérieur ». Etait-ce un usurier, un adultère, un larron, un assassin, un homme coupable de forfaits abominables ? La parole de Vincent allait si droit à la blessure de l'âme, elle découvrait tellement le secret du cœur, qu'à la fin, aidé par des raisonnements serrés et par une éloquence enflammée de l'amour, il réussissait à les convertir des vices dans lesquels ils étaient plongés, et à les rendre à la voie de la justice et de la pénitence. Dieu avait montré au prophète Ezécbiel les abominations de son peuple au temps où vivait ce prophète, afin qu'il l'exhortât à la pénitence. Il donna à Vincent Ferrier les mêmes lumières. Partout où il allait prêcher, il voyait les péchés du peuple et les plaies des âmes c'est ce qui donnait à sa parole une direction si sage, si prudente, si efficace pour la correction des désordres. S'il n'en avait pas été ainsi en aucun des lieux où s'exerça son apostolat, Vincent n'aurait pu connaître les péchés particuliers, les secrets abominables de plusieurs il n'aurait pu fixer les regards sur eux, les convaincre de leur scélératesse, et les porter efficacement à la pénitence.

Des miracles éclatants appuyèrent sa mission; le nombre en est incalculable. Plus de huit cent soixante sont relatés dans une enquête faite à Avignon, Toulouse, Nantes et Nancy; lui-même, à Salamanque, avoua qu'il en avait déjà opéré plus de trois mille. Dieu semblait obéir à la volonté, et pour ainsi dire aux ordres de son apôtre. Pendant la période de son apostolat, il en opérait régulièrement chaque matin après sa prédication. « Sonne la cloche des miracles », disait-il à un de ses disciples. Parfois, inspiré intérieurement, il ne guérissait pas tous ceux qui se présentaient; mais lorsqu'ils revenaient à l'heure assignée, ce qu'ils ne manquaient pas de faire, il finissait toujours par leur rendre la santé. N'eût-il fait dans le cours de ces vingt ans que huit miracles par jour, on arriverait au chiffre de cinquante-huit mille quatre cents. Mais ce calcul est évidemment trop faible, puisque, c'est un fait constant, notre Saint en opérait non-seulement dans les assemblées publiques et en chaire, mais encore en marchant, en demeurant au logis, à tout instant, pour ainsi dire; d'où cette parole commune parmi les historiens de sa vie : « C'était un miracle quand il ne faisait pas de miracles, et le plus grand miracle qu'il fît était de n'en point faire ». La parole grave de saint Louis Bertrand confirme leur témoignage : « Dieu, dit ce Saint, a autorisé la doctrine de Vincent Ferrier par tant de miracles, que, depuis les Apôtres jusqu'à nos jours, il n'est point de Saint qui en ait opéré davantage. Dieu seul en connaît le nombre, comme seul il connaît le nombre des étoiles qui peuplent le firmament ». Sa vertu était si souveraine en matière de guérisons, qu'il la communiquait aux autres, et même aux objets inanimés qui avaient été à son usage. Souvent le peuple se rassemblait pour lui demander une grâce de ce genre; Vincent se tournait vers un de ses compagnons et lui disait : « Aujourd'hui j'ai assez fait de miracles, et j'en suis fatigué. Faites vous-même ce qu'on me demande; le Seigneur qui opère par moi, opérera aussi par vous ». Quatre cents malades recouvrèrent la santé en se couchant seulement sur le lit où il était mort. Nous rapporterons ici quelques-uns de ces miracles, pour donner à comprendre quelle devait être l'admiration des populations qui étaient les heureux témoins de ces merveilles.

Un des principaux fut la résurrection d'un enfant que sa mère avait tué, mis en morceaux et fait rôtir dans un emportement de frénésie, auquel elle était sujette. Son père, qui logeait le Saint pendant la mission, et qui, en ce temps-là, assistait à son sermon, étant revenu chez lui, fut saisi d'une si grande horreur et d'une douleur si véhémente, qu'il était comme hors de lui-même et ne savait à quoi se résoudre; mais Vincent l'ayant suivi, et étant arrivé à son logis, le consola, l'assurant que Dieu n'avait permis un accident si tragique que pour en tirer sa gloire. En effet, s'étant fait apporter les membres du mort, il les réunit tous les uns aux autres, et par l'efficacité de ses prières et la force du signe de la croix, il rétablit ce corps en entier et lui rendit la vie prodige si singulier, qu'on n'en trouve presque point de semblable dans toute l'histoire ecclésiastique. On dit que cette merveille arriva en Gascogne ou en Languedoc.

A Valence, on présenta à Vincent une mendiante, infirme et muette. Le Saint fit le signe de la croix sur le front et sur la bouche de cette femme et lui demanda ce qu'elle voulait. « Je demande trois choses, dit-elle, la santé du corps, le pain de chaque jour, et l'usage de la parole ». L'homme de Dieu lui répliqua : « De ces trois choses, deux vous sont accordées, la troisième ne vous convient pas pour le salut de votre âme ». La suppliante répondit Amen, et redevint muette comme auparavant.

A Ezija en Andalousie, une juive fort riche vint par curiosité l'entendre prêcher mais ne goûtant pas sa doctrine, elle entra en fureur, puis se dirigea vers la porte. Le peuple s'opposait à son passage. « Qu'on la laisse sortir, s'écrie Vincent, et que tous se retirent du portique de l'église ». A l'instant le portique croule sur la tête de la juive; on la retrouva brisée et morte; mais le Saint, du haut de la chaire, se mit en prière et la ressuscita au nom de Jésus de Nazareth. Les premières paroles de l'Israélite furent qu'il n'y avait de véritable religion que celle des chrétiens. Elle se convertit, et pour perpétuer la mémoire de cet événement, elle établit en cette église une fondation pieuse.

Nous ne marquons point ici en particulier les malades qu'il a guéris, les aveugles à qui il a donné la vue, les sourds qu'il a fait entendre, les muets qu'il a fait parler, les femmes enceintes qu'il a soulagées dans leurs douleurs, ni les paralytiques qu'il a remis en état d'agir et de marcher. Ce qu'il ne faut pas omettre, c'est qu'il a souvent multiplié si prodigieusement un peu de pain et de vin, qu'il s'en est trouvé suffisamment pour nourrir tantôt deux mille, tantôt quatre mille ou six mille personnes après cette distribution le pain et le vin étaient aussi entiers, et même plus abondants qu'auparavant. Cela nous montre que Notre-Seigneur n'opère pas de moindres miracles par ses serviteurs que ceux qu'il a faits par lui-même.

La procession des disciplinants était capable à elle seule d'attendrir les âmes les plus endurcies. Elle se faisait tous les soirs au coucher du soleil, quelque temps qu'il fit, par la pluie même, la neige, le vent, la tempête. On y voyait des gens de toutes les conditions, nobles et roturiers, grands et petits, même des enfants de quatre à cinq ans qui ne craignaient pas de se frapper avec une sainte cruauté, afin d'expier les péchés du peuple. Cette troupe sortait de l'église, divisée en deux parties, celle des hommes et celle des femmes. On marchait deux à deux, pieds nus, le visage voilé, le sac de la pénitence aux reins et les épaules découvertes, de manière cependant que la modestie ne fût point offensée. Chaque pénitent se frappait avec une discipline, en pensant à la Passion du Sauveur. Le sang coulait, et même, emportés par la ferveur, un grand nombre allait jusqu'à entamer la chair et en détacher des lambeaux par la violence des coups. Et toutefois, chose vraiment surprenante, Dieu le permit ainsi jamais aucun de ces austères pénitents ne souffrit dans sa santé à la suite de cet exercice notre Saint l'a fait remarquer lui-même, afin de montrer au peuple combien cette démonstration de pénitence sensible était agréable à Dieu en douze ans il n'était pas encore mort une seule des personnes qui formaient la compagnie spéciale des disciplinants.

Pendant que cette procession traversait les rues de la ville, on rassemblait dans l'église des femmes de mauvaise vie, et un des compagnons de saint Vincent leur prêchait sur le péché, sur la pénitence, sur l'enfer. Beaucoup de ces malheureuses ne résistaient pas aux pressantes exhortations qui leur étaient adressées. On les voyait le lendemain rompre tous les liens qui les attachaient au vice, et faire partie de la procession de pénitence publique. Que résultait-il de tout cela ? C'est que dès l'entrée de Vincent dans une ville, cette ville prenait l'aspect de Ninive alors que Jonas y prêchait la pénitence. On pleurait quand on entendait la messe du Saint, mais surtout on versait d'abondantes larmes quand il exhortait ses auditeurs au repentir. C'était alors des soupirs brûlants, des sanglots profonds, des cris qui retentissaient dans les airs. On eût dit que chacun pleurait la mort d'un premier-né, d'un père ou d'une mère. Les places et les plaines que couvrait son auditoire donnaient une idée du jugement universel c'était, en effet, comme la terreur future et la plainte lamentable de toutes les tribus de la terre dans la vallée de Josaphat. Or, remarque Nicolas de Clémangis, témoin oculaire, l'émotion atteignait les âmes les plus froides, et les cœurs de pierre s'amollissaient au point de fondre en pleurs, en gémissements et en accents déchirants.

 

20 février 2013

Saint Vincent Ferrier 2/2

Saint Vincent Ferrier, deuxième partie

 

Qu'on se figure en outre l'affluence extraordinaire des populations. L'auditoire du Saint n'était pas composé seulement par les habitants de la ville où il prêchait. Il lui arrivait souvent de voir autour de sa chaire plus de cinquante mille personnes, quoiqu'il ne prêchât que dans de petits villages. On faisait volontiers plusieurs lieues pour l'entendre. Pendant qu'il prêchait, tous les artisans abandonnaient leurs travaux, et les négociants leurs magasins. Dans les villes d'étude, les maîtres suspendaient leurs leçons. Le mauvais temps, le vent, la pluie, n'empêchaient pas la foule de se rendre sur les places publiques où le Saint devait parler. Les malades qui avaient assez de force pour marcher abandonnaient leurs hôpitaux, d'autres se faisaient porter tous espéraient que leurs corps seraient guéris en même temps que leurs âmes, et cette espérance était souvent réalisée.

On peut juger en quelque sorte, par le fait suivant, de l'ardeur que la parole du Saint inspirait au peuple pour la pénitence partout où Vincent arrivait, les places publiques étaient envahies par des marchands dont le commerce consistait uniquement en disciplines, en cilices, en chaînes de fer, en sacs de pénitence et en autres instruments de mortification.

Faut-il donc s'étonner si sa parole a produit tant de fruit, et si l'on dit qu'il a converti dix-huit mille Maures, Turcs ou Sarrasins vingt-cinq mille hérétiques ou schismatiques, et des milliers sans nombre de paysans qui n'étaient pas moins grossiers et ignorants dans les choses de la foi que les païens mêmes? Certes, ce grand prédicateur s'abaissait jusqu'à catéchiser et instruire les idiots et les enfants il leur apprenait à faire le signe de la croix, à dire le Pater, l'Ave, le Credo, le Confiteor et le Salve Regina, et à invoquer souvent les très-saints noms de Jésus et de Marie. Enfin il a retiré du vice, dans le cours de sa mission, plus de cent mille pécheurs. Il ne fallait pas craindre, lorsqu'il avait prêché en quelque lieu, d'y voir dans l'église des femmes avec un extérieur contraire à la modestie chrétienne et au respect qu'elles doivent aux anges; car il emportait toujours cet avantage sur les personnes de ce sexe, qu'elles renonçaient au luxe, à la vanité et à tout ce qui n'était pas selon les règles de la pudeur. Saint Vincent prêchant un jour en la ville de Tortose, contre le schisme de Benoît XIII, devant la reine Marguerite, veuve de Don Martin, roi d'Aragon, cette princesse se sentit si vivement touchée de regret d'avoir soutenu cet anti-pape, qu'elle en pleura amèrement devant toute l'assemblée, et entra depuis dans un monastère près de Barcelone, où elle a fini ses jours dans la pratique d'une grande humilité.

Ses exhortations au confessionnal étaient si efficaces, que des pénitents sont morts à ses pieds par l'excès de la contrition qu'il avait excitée dans leurs cœurs. Lorsque saint Vincent Ferrier était en France, il se trouvait à Béziers un homme qui avait commis de grands crimes, entre autres celui de l'inceste, et de plus il désespérait presque entièrement de la miséricorde divine. Le Saint étant allé prêcher dans la ville habitée par ce grand criminel, celui-ci alla l'entendre, et il fut tellement pénétré du feu de ses paroles, qu'il vint, tout contrit et humilié, se jeter à ses pieds pour lui faire l'accusation de ses péchés. Effectivement il se confessa avec une contrition si grande, que saint Vincent, lui ayant imposé sept années de pénitence, il s'écria : « Comment, mon Père pour des péchés si graves une si légère pénitence ! » « Oui, mon fils, répondit le Saint, et je veux même vous la diminuer ». Votre pénitence ne sera pas un jeûne de sept ans, mais seulement de trois jours au pain et à l'eau a. La douleur de ce vrai pénitent s'accrut en entendant le Saint diminuer ainsi une pénitence qui lui paraissait déjà trop faible, et il répondit : « Mais, mon Père, est-il possible que pour des fautes si graves vous m'imposiez une satisfaction si légère ? » A ces paroles saint Vincent répondit avec une sainte résolution : « Allons, mon fils, je ne veux vous imposer d'autre pénitence que celle-ci trois fois la récitation du Pater ». Le pénitent sincère et soumis, inclina humblement la tête, et se mit à réciter ses trois Pater. Mais sa douleur fut si grande, sa contrition si parfaite que, ne pouvant terminer sa pénitence, il tomba mort aux pieds du saint confesseur. La nuit suivante, l'âme glorieuse de ce pénitent apparut à Vincent : « Par la grande miséricorde de Dieu, dit-elle, et à cause de ma contrition parfaite, le Seigneur m'a octroyé son pardon complet, et je suis entré dans le paradis sans passer par les flammes du purgatoire ».

Dans un autre lieu, une femme qui menait une vie scandaleuse était venue à l'église pour entendre prêcher le Saint. Mais comme elle y était allée pour tout autre motif que celui d'entendre la parole divine, elle se mit à une place bien apparente, afin d'être mieux vue de ses admirateurs. L'homme de Dieu monte en chaire, et il se met à prêcher contre les vains ornements des femmes et contre les péchés des sens. Il exhorte avec force ses auditeurs à les détester comme autant d'offenses de Dieu très graves. O puissance admirable de la parole divine les exhortations du Saint pénétrèrent le cœur de la courtisane, au point que la contrition dont elle fut saisie lui fit verser une grande abondance de larmes de repentir sa douleur fut même si vive, qu'elle en fut suffoquée elle tomba morte par terre à la vue de tout l'auditoire. Tous ceux qui étaient présents avaient été témoins de sa douleur et de ses larmes, mais néanmoins ils tremblaient pour le salut de son âme. En la voyant mourir ainsi subitement, ils prirent cette mort soudaine pour un châtiment de Dieu, et ils déploraient sa perte, qui pouvait être éternelle. Mais le saint orateur les consola promptement : « Mes braves gens, leur dit-il, ne craignez pas pour le salut de cette femme, parce que sa contrition parfaite l'a sauvée. Priez pour elle ». A ces paroles, le saint prédicateur fut interrompu par une voix venue du ciel qui lui dit : « Il n'est plus nécessaire de prier pour elle, mais priez qu'elle intercède pour vous, parce qu'elle est déjà en paradis ». Ainsi fut confirmé ce qu'avait annoncé le Saint, que la contrition parfaite avait sauvé cette femme, et que déjà elle jouissait de la couronne de gloire parmi les âmes des vrais pénitents qui sont dans le ciel.

Reprenons maintenant, en peu de mots, le cours de sa vie, depuis la grande maladie qu'il eut à Avignon, où Notre-Seigneur lui apparut, le chargea des fonctions de l'apostolat et lui rendit une parfaite santé (1398). Etant sorti d'Avignon, il parcourut les royaumes de Valence et d'Aragon, où, en moins de deux ans, il fit des conversions innombrables, et rétablit de tous côtés la piété dans les villes, les bourgs et les villages.

Au commencement du XVe siècle, notre saint Missionnaire passa en France. La faiblesse de Charles VI, les divisions scandaleuses des plus puissants seigneurs. de ce royaume, les suites funestes du schisme, avaient réduit l'Eglise gallicane dans un état digne de pitié l'ignorance et la corruption des mœurs y exerçaient les plus grands ravages. Il fallait élever la voix, tonner avec force, ranimer la foi, remuer les consciences, arracher les pécheurs à leur vie criminelle. C'était une rude tâche Vincent s'en acquitta en apôtre.

Il évangélisa d'abord la Provence, le Dauphiné, puis il passa en Piémont et de Piémont en Lombardie partout il produisit les mêmes fruits de salut. Etant dans le Piémont, les habitants de Montcallier se plaignirent que, tous les ans, une tempête ruinait leurs vignes lorsqu'ils étaient près de faire la vendange. Il leur donna, pour remède, d'y jeter de l'eau bénite ce qui eut un si bon effet, que la tempête étant survenue, elle ne put nuire aux vignes qui en avaient été aspergées, tandis qu'elle ravagea celles des maîtres incrédules qui avaient négligé le moyen que le Saint avait donné. Du Piémont il vint en Dauphiné, l'an 1402, qu'il évangélisa plusieurs fois. Trois vallées surtout furent le théâtre de ses travaux et des miraculeux succès de sa prédication l'Argentière, Freyssinières et Yallouise, toutes trois situées sur la rive droite de la Durance, entre Embrun et Briançon. Elles étaient alors peuplées d'hérétiques, renommés par leurs violences, par leur profonde immoralité, et connus sous le nom de Vaudois.

Les récits que l'on fit à notre Saint sur les habitudes dissolues et barbares de ces hérétiques et sur les dangers d'une mission, au milieu des gorges sauvages qu'ils habitaient, loin de le décourager en l'effrayant, enflammèrent son zèle d'une sainte ardeur. Il pénètre donc chez eux il prêche, il s'élève avec force contre les monstrueuses erreurs de leur foi et les infâmes désordres de leur vie. Trois fois ils attentent à ses jours, trois fois il est divinement protégé. Enfin, ces hommes, vaincus par les vertus et l'éloquence du pieux missionnaire, abjurent leurs croyances et rentrent en foule dans le giron de l'Eglise. La transformation fut telle, que l'une de ces vallées quitta son nom de Val-Pute ou Vallée-de-Corruption, et prit le nom de Val-Pure ou Vallée-de-Pureté, nom qu'elle échangea, sous Louis XI, contre celui de Vallouise, qu'elle retient encore.

Du Dauphiné, il entra dans la Savoie. Sa mission de Savoie est des années 1402 et 1403. En 1402 se rencontrait le septième jubilé septenaire ou grand pardon de Notre-Dame de Liesse, à Annecy, qu'il prêcha. On remarque que dans ce pays le Saint eut à combattre le culte du Grand-Orient, probablement déjà une secte maçonnique. A Chambéry, il fonda, un couvent de son Ordre. Il parcourut ensuite le Piémont et le diocèse de Lausanne, où il détruisit le culte du soleil, établi parmi les paysans. Passant sur les frontières d'Allemagne, il se rendit en Lorraine, où l'on voit encore à Toul la chaire où il annonçait la parole de Dieu. A Gênes, l'an 1405, et bien qu'il parlât sa langue naturelle, qui était l'espagnol, le,s étrangers de toutes sortes de nations, qui étaient dans cette ville marchande, ne laissaient pas de l'entendre parfaitement. Il revint en France, où étant passé par Paris, il continua sa mission jusqu'en Flandre, dont il éclaira tout le pays par la lumière de ses prédications. Le roi d'Angleterre l'ayant pressé de venir aussi dans ses Etats, il s'embarqua pour l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande; il les parcourut durant les années 140K et 1407. Ensuite il repassa en France, et prêcha dans le Poitou et la Gascogne jusqu'au Carême de l'année 1408, qu'il employa à prêcher dans l'Auvergne. Ce fut là qu'il reçut des lettres d'Aben-Ava-Macoma, roi de Grenade, qui le suppliait de se transporter dans son royaume, afin de l'instruire des mystères de la foi, qu'il avait dessein d'embrasser. Ce fervent prédicateur, voyant une si belle occasion de combattre l'Alcoran et de bannir le Mahométisme d'Espagne, no manqua pas d'y voler, et, en trois semaines qu'il prêcha devant le roi, il le gagna si bien, qu'il en obtint aussi permission de travailler à la conversion de ses vassaux. Mais les grands de son Etat, animés par le démon, l'ayant menacé de faire soulever tout le peuple contre lui, et de lui faire perdre sa couronne, s'il ne chassait promptement ce nouveau prédicateur, ce roi pusillanime, saisi d'une vaine crainte, congédia saint Vincent sans se faire baptiser, et mourut misérablement, peu de temps après, dans son infidélité.

Le Saint laissant Grenade, vint à Barcelone et dans tout le pays de Catalogne et de Valence, où il fit faire des restitutions et des réconciliations qui paraissaient impossibles. Il dut consoler Don Martin, roi d'Aragon, de la perte funeste de son fils unique, roi de Sicile, mort au sein d'une insigne victoire remportée sur les peuples de Sardaigne. II prédit aussi la mort du même roi d'Aragon, en prêchant à Morelle, près de Valence. Après la mort de ce roi, de grands troubles s'étant élevés en Espagne, pour la succession à la couronne, Vincent passa en Italie, où il prêcha à Florence, à Sienne, à Lucques, à Pise et en plusieurs lieux d'alentour. Mais Jean, roi de Castille, l'ayant appelé pour mettre fin aux divisions dont nous venons de parler, il en vint heureusement à bout tout le monde s'en rapporta à son jugement, sur celui à qui la couronne d'Aragon devait appartenir. Il fut encore assez heureux pour retirer le roi de Castille du parti de Benoît XIII, et pour l'obliger à reconnaître pour Pape celui qui serait nommé par le concile de Constance, que l'on assemblait à cet effet.

On ne saurait croire ce qu'il fit ensuite par toute l'Espagne; car, à peine y eut-il ville, bourg ou village, même jusque dans l'île de Majorque et de Minorque, où il ne portât le flambeau de l'Evangile et la lumière de la vérité. Cette grande mission achevée, il rentra en France, prêcha de tous côtés dans le Languedoc, le Berri et la Bourgogne, et remplit ces trois provinces de la réputation de sa sainteté, par les grands miracles qu'il y fit.

Saint Vincent Ferrier était au Puy-en-Velay, lorsqu'un ambassadeur du duc de Bretagne, Jehan V, lui remit une lettre de son souverain, qui le priait de se rendre dans ses Etats. Il lui disait que plusieurs villes de Bretagne avaient entièrement oublié la doctrine et la loi de Jésus-Christ, au point qu'elles semblaient être habitées par des païens. Ces paroles affligèrent profondément le Saint, toutefois il ne put déterminer l'époque de son passage en Bretagne, parce qu'il voulait auparavant se rendre au concile de Constance. Pendant que, sur sa route, il opérait des prodiges, il reçut un second et un troisième ambassadeur du duc de Bretagne, qui le priait de nouveau de considérer combien sa présence était nécessaire dans ses Etats. Les fidèles n'y connaissaient plus la religion; à peine les ecclésiastiques savaient-ils les cérémonies de la messe. Les séculiers, faute de personne qui les instruisît, ignoraient non-seulement les commandements de Dieu, mais encore la manière de faire le signe de la Croix. Cette ignorance produisait une foule de désordres, jusqu'aux enchantements et sortilèges. Un aussi désolant tableau ne pouvait manquer d'émouvoir le cœur de saint Vincent. Il résolut de se rendre au plus tôt en Bretagne, et vers la fin de janvier 1417, il prit son chemin par le Bourbonnais, la Bourgogne, Dijon, Clairvaux, Langres, Nancy, le Berry, la Touraine dont la capitale était une Babylone d'iniquités. A Angers, ayant prêché contre le luxe excessif des femmes, il fit cesser le scandale. A Nantes, il fut reçu comme un ange et guérit plusieurs malades. A Vannes, où résidait le duc, qui a mérité le surnom de Bon, pour sa singulière douceur, l'évêque, assisté de ses chanoines et de tout le clergé, et le duc même avec la duchesse et tout ce qu'il y avait de nobles, de magistrats et de peuple dans la ville, vint au-devant de lui jusqu'à la chapelle de Saint-Laurent, à une demi-lieue des portes. Il fut conduit de cette manière avec mille acclamations de joie jusque dans l'église-cathédrale, où l'évêque voulut qu'il donnât la bénédiction. Le lendemain, on dressa une grande estrade devant le portail, où il dit la messe; après la messe, il prêcha sur ce passage du chapitre 4 de saint Jean, que l'on avait lu dans l'Evangile : « Recueillez les morceaux qui sont demeurés, de peur qu'ils ne soient perdus », et pressa avec une force merveilleuse ses auditeurs de profiter des restes du festin de la parole de Dieu qu'il apportait, comme s'il eût voulu signifier que sa mission finirait bientôt avec sa vie. Il prédit à la duchesse qu'elle accoucherait d'un fils qui arriverait à la couronne de Bretagne, ce qui s'est vérifié; car, bien que ce prince ne fût pas l'aîné, il n'a pas laissé de devenir duc, François Ier, son frère, étant mort sans enfants.

Quoique le travail de cette mission fût très-pénible, à cause de la corruption des mœurs et des vices invétérés des Bretons, le Saint étendit encore son zèle jusque dans la Normandie. Un pauvre misérable, étant au désespoir pour avoir donné au démon un papier signé de sa main, par lequel il s'abandonnait à lui, le Saint contraignit cet ennemi des hommes de rapporter publiquement ce papier, pour être déchiré et mis en pièces. Il délivra aussi une fille dont le démon s'était emparé, parce qu'elle n'avait pas fait le signe de la croix dans un grand tumulte qu'il avait lui-même excité dans la maison de son père mais s'il le chassa de quelques corps, il le fit sortir d'une infinité d'âmes, qui s'étaient rendues ses esclaves par le péché. Et tous ces pays se sont longtemps ressentis du changement qu'il y avait fait par la force de ses admirables prédications. On dit même que le présidial de Caen, après les prédications de notre Saint, fut plusieurs années sans avoir de procès à juger, la charité chrétienne rendant elle-même la justice, et terminant tous les différends des parties.

Le démon faisait bien tout ce qu'il pouvait pour empêcher ces grands fruits il s'est quelquefois travesti en ermite, et mêlé parmi ses auditeurs pour le décrier, et les détourner de l'entendre; d'autres fois il a excité des tempêtes et fait paraître en l'air des nuages noirs et épais, prêts à se résoudre en pluie et en grêle, afin que le monde qui était au sermon, en pleine campagne, se retirât promptement et allât chercher un abri dans les maisons. Il a pris aussi la figure de chevaux fougueux qui semblaient venir fondre sur l'auditoire, pour en troubler l'attention et interrompre le Saint au milieu de son discours. Mais cet homme admirable a toujours découvert ses ruses et dissipé ses mauvais desseins. Un jour, ce monstre lui dit que c'était avec raison qu'on l'appelait Vincent, puisqu'il était toujours victorieux, et que tout l'enfer ne lui pouvait pas résister.

La persécution des langues médisantes fut beaucoup plus sensible à saint Vincent que celle des démons, et, à dire vrai, ça été ici la pierre de touche par laquelle Notre-Seigneur a voulu éprouver la constance, la fidélité, l'amour du prochain, l'humilité et généralement toutes les vertus qui étaient en lui. En effet, il s'est trouvé des personnes, ayant même quelque apparence de piété, qui l'ont chargé d'injures, et qui l'ont traité de coureur, de bateleur, d'hypocrite et de faux prophète; d'autres disaient que c'était un prêcheur de fables et de rêveries, et qu'il n'entreprenait ces grandes missions que pour fuir la solitude, se soustraire à l'obéissance de ses supérieurs, avoir entrée chez les grands et se faire adorer des peuples. On montre même encore aujourd'hui des prisons que l'on dit avoir été sanctifiées par son humilité et son invincible patience. Mais toutes ces contradictions n'étaient que des fleurons pour composer sa couronne, et le faire paraître devant Dieu comme un or purifié par le feu et exempt de tout mélange. Sa vie, plus austère que celle des plus rigoureux solitaires, son aversion pour les charges et pour les dignités de l'Eglise, ses miracles continuels, et le succès inestimable de ses prédications, faisaient bien voir l'injustice de tous ces reproches, et que saint Vincent était un apôtre extraordinairement envoyé du ciel pour la réformation des mœurs des fidèles. Dieu fit aussi des prodiges pour punir ces langues médisantes; et la plupart, frappées de sa main, furent obligées d'avoir recours au Saint pour être délivrées des fléaux qu'elles s'étaient attirés par leurs calomnies.

Après avoir parcouru la Normandie, il retourna à Vannes, pour y continuer ses travaux. Mais les cinq compagnons qu'il menait toujours avec lui, pour l'assister dans les confessions et pour avoir une sainte compagnie avec qui il pût garder une forme de communauté hors des couvents de son Ordre, voyant que sa santé diminuait notablement, et qu'il ne pouvait pas vivre encore longtemps, le prièrent, avec beaucoup d'instance, de retourner à Valence, afin que cette ville, qui avait été le lieu de sa naissance, fût aussi celui de sa sépulture. Il leur résista quelque temps; mais, enfin, se rendant à leur avis, après avoir exhorté les habitants de Vannes à ne jamais oublier les vérités qu'il leur avait prêchées, il partit de nuit, avec ses confrères, pour prendre la route d'Espagne. Ils marchèrent toujours jusqu'au lever du soleil, et croyaient déjà être éloignés de plusieurs lieues de la ville; mais, le jour étant levé, ils virent qu'ils étaient encore aux portes. Vincent voyant ce prodige, dit à ses religieux qui étaient avec lui : « Rentrons, mes frères, Dieu veut que je meure ici, et jamais Valence n'aura mes os, parce qu'elle n'a pas voulu suivre les avis que je lui ai donnés ».

Ils rentrèrent donc dans la ville, et la joie y fut si grande, que l'on courut aux églises pour y sonner les cloches. Mais elle ne dura guère; car, peu de temps après, Vincent tomba malade et déclara à l'évêque, qui était Amaury de La Motte, et aux magistrats qui le vinrent voir, que dix jours après il partirait de ce monde. Il ne voulut point avoir de médecins on cette maladie, parce qu'il savait qu'elle était ordonnée de Dieu pour le disposer à la mort; mais il se confessait tous les jours, considérant le sacrement de la Pénitence comme un remède souverain contre les maladies de l'âme. Le lundi de la semaine de la Passion, il se fit appliquer l'indulgence plénière que le pape Martin V lui avait envoyée pour l'heure de la mort; il était persuadé que, malgré les travaux que l'on peut avoir entrepris pour la gloire de Dieu, l'on est toujours serviteur inutile et qu'on a toujours besoin de son indulgence et de sa miséricorde. Enfin, après avoir reçu les derniers Sacrements de la main du grand-vicaire de l'église cathédrale, il rendit son esprit à Dieu en présence de la duchesse Jeanne de France et de toutes les dames de la cour, le mercredi 5 avril, l'an de Notre-Seigneur 1419, et de son âge le soixante-dixième. Saint Vincent prêcha de 1398 à 1419. Par les fruits qu'il a produits, on ne saurait dire qu'aucun autre missionnaire l'ait dépassé. Il a été l'homme de la Providence pour maintenir les peuples dans la foi, à l'époque du schisme d'Occident.

Il serait curieux de dresser le tableau de tous les lieux, et spécialement ceux de notre pays, où Vincent laissa, pour ainsi dire, l'empreinte de ses pas nous nommerons quelques localités où a subsisté le plus longtemps le souvenir de son passage. Carpentras conserva avec vénération, jusqu'en 1793, la chaire dans laquelle Vincent prêcha le 14 décembre 1399; on voyait naguère à Clermont, celle où il monta en 1407; on lisait aussi dans une église de Nevers, une inscription qui rappelait ses prédications dans cette ville. A Rodez, la tradition porte qu'il prêcha dans un grand pré du prieuré de Saint-Félix, qui n'en est pas éloigné. A Saint-Omer, on vénéra longtemps son cilice. A Graus, en Catalogne, il institua la procession des disciplinants, et il jeta les fondements de cette compagnie merveilleuse de saintes âmes qui l'accompagnèrent dans ses pérégrinations apostoliques. Dans cette même ville de Graus, il laissa, comme un souvenir, un crucifix qui lui fut demandé par les habitants. Cette image devint l'instrument de plusieurs miracles.

Les anges le visitèrent souvent mais une des plus belles manifestations angéliques faites à notre Saint fut celle de l'ange gardien de Barcelone. En entrant dans la ville il vit, près de la porte, un jeune homme resplendissant de lumière, tenant un glaive d'une main et de l'autre un bouclier. Le Saint lui demanda ce qu'il faisait en ce lieu avec ces armes. « Je suis l'ange gardien de Barcelone, répondit-il, cette ville est sous ma protection ». Dans le premier sermon qui suivit cette vision merveilleuse, Vincent raconta ce qui lui était arrivé, félicita les habitants de Barcelone sur leur bonheur, et les pria de rendre des actions de grâces à l'ange qui les gardait; ce qu'ils firent en construisant une petite chapelle à l'endroit même où l'ange s'était montré au saint prédicateur. Une énorme statue d'ange surmonte encore aujourd'hui (1872) le palais de la douane à l'entrée du port de Barcelone c'est, sous une autre forme, le souvenir perpétué de la vision dont Vincent fut favorisé, et dont le récit dut extrêmement réjouir les cœurs des Barcelonais.

Nous ne savons si l'histoire en images de saint Vincent a été faite il nous semble qu'on pourrait la raconter de la façon suivante :

1° Sorti en procession, pendant qu'il est encore au berceau. Une longue sécheresse désolait Valence. Un jour que sa mère partageant la tristesse commune, exprimait son inquiétude, elle entendit son enfant emmaillotté prononcer distinctement ces paroles : « Si vous voulez de la pluie, portez-moi en procession ». Le petit Vincent y fut porté triomphalement, et à peine la cérémonie était-elle terminée qu'une pluie abondante tomba pendant plusieurs heures sur la terre desséchée telle est la tradition immémoriale des habitants de Valence.

2° Saint Dominique tient le jeune postulant par la main et le présente au prieur du monastère de Valence celui-ci avait eu en effet cette vision miraculeuse la veille du jour où Vincent vint frapper à
la porte des Dominicains, accompagné de son père (2 février 1367);

3° Un pauvre arrête sa mère dans la rue et lui dit : « Madame, pourquoi êtes-vous triste ? » Constance Miguel, en effet, après avoir consenti à l'entrée de son fils chez les Dominicains, alla un jour le solliciter avec larmes d'entrer dans le clergé séculier. Vincent lui rappela ces paroles de saint Bernard Celui qui sort du couvent pour rentrer dans le siècle quitte la compagnie des Anges pour prendre celle du démon. La noble dame étant allée chercher dans la maison une abondante aumône pour récompenser le pauvre, consolateur, de ses bonnes paroles, elle ne le trouva plus, malgré ses recherches; c'était un Ange.

4° A genoux, devant sa table de travail, il exhale vers le ciel une prière ardente car aussi studieux et, aussi savant qu'il était pieux, sa coutume était d'aller de l'étude à la prière, et de la prière à l'étude. Vincent connaissait l'hébreu, l'arabe et le grec.

5° Autre scène qui se rapporte au temps de ses études Une nuit, entre autres, qu'il priait devant le Crucifix des Martyrs, et qu'il méditait sur les douleurs de Jésus en contemplant les plaies de ses mains, de ses pieds et de son côté sacré, il se sentit attendri jusqu'aux larmes, et dans sa vive compassion il s'écria : « O Seigneur, que vous avez souffert sur la croix ». Le crucifix tourna la tête du côté gauche où priait le Saint, et lui répondit : « Oui, Vincent, j'ai souffert toutes ces douleurs et plus encore ». Ce crucifix miraculeux, dont la tête garda la position qu'elle avait prise en prononçant ces paroles, a été religieusement conservé jusqu'à nos jours.

6° Debout sur une borne, au milieu do la place du Brou à Barcelone, alors affligée d'une horrible famine, il représente à ses auditeurs combien l'oubli des lois divines attire de fléaux sur les peuples chrétiens et prédit qu'à l'entrée de la nuit, deux vaisseaux uniquement charges de blé entreront dans le port un murmure accueillit cette prédiction du jeune orateur; mais à la grande surprise de tous ceux qu'avaient irrités sa prophétie, les vaisseaux annoncés purent aborder, malgré la tempête affreuse qui depuis plusieurs jours agitait la mer (1372-75).

7° Un nuage miraculeux le rend invisible à Violante, reine d'Aragon, épouse de Jean Ier. Cette princesse, qui s'était placée sous sa direction spirituelle, eut un jour la curiosité de l'aller voir dans sa cellule, malgré la défense expresse qu'il lui en avait faite. La cellule lui fut ouverte par les religieux ils le trouvèrent à genoux et priant, mais il fut impossible à la reine de le voir, quoiqu'il fût devant elle. « Je suis ici, dit Vincent, mais tant que la reine ne sortira pas, elle ne me verra pas ». Elle sortit enfin, et lorsqu'elle allait sortir. il se rendit visible, mais armé d'un visage sévère.

8° Un autre épisode nous montre que saint Vincent était peu tendre pour les grands de la terre, chez lesquels il ne voulut jamais ou presque jamais loger. Un jour qu'il prêchait sur le marché au bois à Valence, la princesse Jeanne de Prades, sœur de la reine d'Aragon, assistait à son sermon. Or, il arriva qu'une énorme pierre venue l'on ne sait d'où, tomba sur la tête de la princesse et l'étendit à demi morte. « Ce n'est rien, dit Vincent cette pierre n'est pas tombée pour tuer ta princesse, mais seulement pour abattre la tour qu'elle porte sur la tête », il désignait ainsi l'ornement extravagant de sa chevelure. Puis il lui cria Princesse : « Jeanne, levez-vous ». A la grande stupéfaction de tous, elle se releva saine et sauve.

9° Le Sauveur du monde, accompagné d'une multitude d'Anges et des glorieux Patriarches, Dominique et François, lui apparaît, lorsqu'il est malade à Avignon. Nous avons raconté cette vision plus haut.

10° II guérit des malades en leur imposant les mains. On cite spécialement un négociant, nommé Seuchier, habitant du bourg de Bram, dans le département de l'Aude, à qui Vincent rendit la vue, pendant la mission de Montolieu (25 mars 1426) un paralytique des environs de Lérida, que le Saint vit des yeux de l'esprit se traîner à une demi-lieue de l'endroit où il prêchait et qu'il envoya chercher par deux serviteurs du roi d'Aragon;

11° Voici le sujet d'un beau tableau Vincent est près du lit d'un moribond désespéré, qui répond à toutes ses exhortations par ces horribles paroles : « Je veux me damner au déplaisir de Jésus-Christ ». Vincent plein de confiance en la miséricorde de Dieu, se tourne vers le moribond et lui dit : « Malgré toi, je te sauverai ». Il invite les personnes présentes à invoquer avec ferveur la sainte Vierge, et l'on récite le Rosaire. Dieu veut montrer combien lui plaît l'héroïque espérance de son serviteur avant que le Rosaire soit terminé, la chambre du moribond est remplie de lumière la Mère de Dieu apparaît portant dans ses bras le divin enfant, mais tout couvert de sanglantes blessures. Le pécheur témoin de ce spectacle, demande pardon à Dieu et aux hommes;

12° Il ordonne à un enfant encore au maillot de marcher. Une femme venait de mettre un enfant au monde, et son mari, qui cherchait un prétexte pour la quitter, l'accusa d'infidélité. La femme désolée eut recours à Vincent : « Venez à mon sermon prochain, lui dit-il priez votre mari de se mêler à l'auditoire, et ne manquez pas de faire porter votre petit enfant ». Lorsque Vincent eut achevé son discours, il ordonna à la mère de déposer son enfant par terre, et à celui-ci d'aller trouver son père; l'enfant se mit à marcher et démêla, au milieu de la foule, celui qui était réellement son père. Un miracle aussi extraordinaire ne pouvait que faire rentrer la paix dans le ménage;

13° Il met un crucifix sur la bouche d'un ecclésiastique d'Avignon, constitué en dignité. Un jour, on vint lui dire que ce personnage ne vivait pas conformément à la dignité de son état. Il passe toute la nuit en prières, et au point du jour se rend au palais du prélat les mains armées d'un crucifix, entre et arrive jusqu'à la chambre où il était couché : « Mon fils, lui dit-il, Jésus vient vous trouver, faites la paix avec lui », en disant cela, il lui met le crucifix sur la bouche et sort rapidement. Le noble ecclésiastique, frappé de stupeur, rentra en lui-même et alla faire sa confession à Vincent.

14° Il change en statues de marbre deux pécheurs endurcis dans le crime. Prêchant un jour à Pampelune, il est saisi d'un ravissement soudain au milieu de son discours qu'il interrompt. Revenu à lui-même, il avertit son auditoire que Dieu lui ordonne de laisser là sa prédication pour aller empêcher une offense grave qui se commettait en ville. Aussitôt il se dirige, suivi d'une foule curieuse, vers un palais somptueux il touche de ses mains les portes fermées elles s'ouvrent d'elles-mêmes. On entend les voix de deux personnes qui se livrent dans une chambre aux ébats du plaisir. Vincent leur adresse la parole du dehors et les menace d'un châtiment terrible on se moque de lui. Alors Dieu frappa les moqueurs et ils furent changés en deux statues de marbre. Aussitôt Vincent entre et montre à l'assistance les effets terribles de la vengeance divine. Cependant, touché de compassion, il s'approche, et soufflant dans la bouche des deux statues, il leur rend la vie. Les deux malheureux se reconnaissent coupables et se confessent l'un après l'autre. A peine eurent-ils reçu l'absolution sacramentelle, que la véhémence de leur contrition leur donna une seconde mort aux pieds du Saint.

15° Il reçois un papier descendu du ciel. Prêchant un jour en Espagne, il est appelé pour assister un moribond encore plus chargé de péchés que d'années. A toutes les avances de cet ardent chasseur des pécheurs, le moribond ne répond que par des refus. Je vous assure, lui dit Vincent, que Dieu vous a pardonné je prends vos péchés sur moi, et si j'ai quelque mérite je vous en fais l'abandon. L'âme troublée du malade se rassure, et il finit par ajouter Je me confesserai, mais il faut auparavant que vous me mettiez par écrit la demande du pardon et la donation proposée. Aussitôt Vincent écrivit le tout sur une feuille de papier et la mit entre les mains du malade celui-ci entra dans une douce agonie et expira paisiblement. A peine avait-il rendu les derniers soupirs que la supplique disparut pour suivre l'âme au tribunal du souverain Juge. A quelque temps de là, comme Vincent prêchait sur la place publique à plus de trente mille personnes, on vit descendre du ciel une feuille de papier qui se plaça entre les mains du prédicateur c'était celle qu'il avait donnée au moribond. Vincent expliqua alors un mystère qui surprenait tout le monde. Qu'on juge de l'impression produite sur la foule par le récit de ce miracle surprenant une autre fois, appelé à Pampelune, près du lit de mort d'une pécheresse publique endurcie, il lui dit qu'il ferait venir du ciel son absolution, si elle promettait de se confesser. « S'il en est ainsi, je le veux bien, répondit la courtisane ». Alors il traça ces mots : « Frère Vincent supplie la très-sainte Trinité de daigner accorder à la présente pécheresse l'absolution de ses péchés ». L'écrit s'envola au ciel et revint quelques instants après portant tracé en lettres d'or l'engagement suivant : « Nous, très-sainte Trinité, à la demande de notre Vincent, nous accordons à la pécheresse dont il nous a parlé, le pardon de ses fautes nous la dispensons de toutes les peines qu'elle devait endurer, et si elle se confesse, elle sera dans une demi-heure portée dans le ciel ».

16° Il voit sainte Colette, sa contemporaine, en prières aux pieds du Sauveur et entend Jésus-Christ qui lui dit : « Tes pleurs me sont agréables, ma fille; mais les hommes qui blasphèment mon nom, sont bien peu dignes de pitié ».

17° Pendant qu'il célèbre la messe, à Valence,une femme lui apparaît comme sur l'autel entourée de flammes et tenant entre ses bras un enfant meurtri. C'était sa sœur Françoise qui, mariée à un riche négociant, avait commis l'adultère avec un de ses serviteurs, pendant l'absence de son mari. Couverte de honte, elle empoisonna cet homme, et fit périr le fruit de ses entrailles, avant qu'il vînt au monde. Pour comble de malheur, elle n'osa pas avouer ces fautes en confession. Enfin elle rencontra un prêtre inconnu, avoua ses crimes et mourut trois jours après. Elle était décédée depuis longtemps, lorsqu'elle s'adressa à son frère pour obtenir que sa peine fût abrégée. Vincent pria, et au bout de trois jours elle lui apparut couronnée de fleurs, environnée d'Anges et montant au ciel;

18° Entrant dans une maison, il obtient à une femme laide le don de la beauté; à Valence, qui fut bien souvent le théâtre des plus éclatants miracles de notre Saint, il arriva que, passant un jour par une certaine rue saint Vincent entendit sortir d'une maison des voix bruyantes et des cris de rage, accompagnés de parjures, de blasphèmes et d'horribles imprécations. Le Saint, entrant dans cette maison, en vit sortir le chef de famille suffoqué par la colère, et il trouva sa femme qui continuait à le maudire et à vomir d'exécrables blasphèmes. Aussitôt Vincent entreprit de l'apaiser. Il lui demanda pourquoi elle était si furieuse, et pour quelle raison elle proférait des blasphèmes si détestables. La femme répondit en sanglotant : « Mon Père, ce n'est pas seulement aujourd'hui, mais tous les jours et à toutes les heures du jour, que ce malheureux homme, mon mari, vient me persécuter, et il n'en finit jamais de me battre et de me déchirer de ses coups; ce n'est pas une vie, mon Père, c'est une mort continuelle, une damnation de l'âme, et un enfer pire que celui des démons ». « Non, ma fille, ne parlez pas ainsi, répondit le Saint avec une extrême douceur cette colère ne vous avance à rien, sinon qu'à offenser Dieu plus grandement encore, lui qui pour votre amour a souffert sur la croix et sur le calvaire. Mais dites-moi, de grâce, pour quelle raison votre mari vous persécute et vous maltraite de la sorte ? » « C'est que je suis laide », répondit la femme. « Et c'est pour cela, répondit le Saint, qu'il offense Dieu si fort ». Alors, levant sa main droite sur le visage de cette femme, il ajouta : « Allons, ma fille, à présent vous ne serez plus laide mais rappelez-vous de servir Dieu et d'être une sainte ». A l'instant même cette pauvre malheureuse devint la femme la plus belle qui se trouvât alors à Valence. Après cela, l'homme de Dieu l'exhorta avec beaucoup de gravité à servir le Seigneur bien fidèlement et à être sainte, l'assurant qu'à l'avenir son mari n'aurait plus occasion de l'injurier et de la maltraiter à cause de sa laideur. Ensuite il partit, content d'avoir ainsi retiré de cette maison l'occasion d'offenser Dieu aussi grièvement, et d'avoir remédié au sort éternel de cet homme qui maltraitait sa femme avec tant de cruauté. Ce miracle est devenu si célèbre en Espagne, que de nos jours encore, alors qu'on rencontre une femme difforme, on dit en manière de proverbe : « Cette femme aurait bien besoin de la main de saint Vincent ».

19° Chose qui semble incroyable ! un public entier l'a vu au milieu de sa prédication prendre subitement des ailes, s'envoler dans les airs, disparaître pour aller très-loin consoler et encourager une personne malade qui réclamait son assistance, et puis revenir de la même manière après avoir rempli cet acte de charité, pour continuer sa prédication. C'est pourquoi on représente Vincent avec des ailes, comme les anges.

20° Les Anges jouent un autre rôle dans les images de notre Saint. Au moment où son âme très-pure quittait son corps, les fenêtres de la chambre où il expirait s'ouvrirent d'elles-mêmes soudainement, et l'on vit entrer une foule de tout petits oiseaux, pas plus gros que des papillons, très-beaux et plus blancs que la neige ils remplirent non-seulement la chambre, mais toute la maison. Quand le Saint eut rendu le dernier soupir, ces oiseaux merveilleux disparurent, mais ils laissèrent l'endroit embaumé d'un parfum délicieux. Tout le monde fut convaincu que c'étaient des Anges qui s'étaient montrés sous cette forme pour venir chercher le Saint, et conduire son âme en triomphe au paradis;

21° Mais il est un troisième trait dans la vie du Saint qui est la raison principale pour laquelle on lui attribue des ailes. Le Saint, prêchant un jour à Salamanque à plusieurs milliers de personnes, arrêta un moment son discours puis il se mit à dire à la foule étonnée : « Je suis l'Ange annoncé par saint Jean dans l'Apocalypse, cet Ange qui doit prêcher à tous les peuples, à toutes les nations, dans toutes tes langues, et leur dire Craignez Dieu et rendez-lui tout honneur, parce que l'heure du jugement approche ». Saint Vincent, voyant le peuple surpris et paraissant même ne pas vouloir ajouter foi à ses paroles, répéta ces mots : « Je vous le dis encore une fois, je suis l'Ange de l'Apocalypse, et de cette affirmation je veux vous donner une preuve manifeste. Allez à la porte de Saint-Paul, vous y trouverez une morte qu'on conduit à la sépulture amenez-la ici, et vous aurez la preuve de ce que je vous annonce ». Ainsi que l'avait dit le Saint inspiré de l'esprit prophétique, on trouva la morte on la conduisit sur la place, et l'on mit le cercueil de façon à ce que tout le monde pût le voir. Saint Vincent ordonna à cette morte de revenir à la vie. « Qui suis-je? » lui dit-il en lui commandant de parler. La morte se leva aussitôt et dit : « Vous, père Vincent, vous êtes l'Ange de l'Apocalypse, ainsi que vous l'avez annoncé ». Le Saint demanda ensuite à la ressuscitée si elle voulait mourir de nouveau, ou si elle resterait encore volontiers sur la terre. Celle-ci répondit qu'elle désirait vivre encore, et le Saint lui dit : « Vous vivrez encore un bon nombre d'années ». Ce qui arriva effectivement;

22° Un autre prodige non moins extraordinaire que celui de l'apparition des papillons se fit au moment de sa mort, qui peut fournir un motif de plus aux artistes. Jean Liquillic, de Dinan, avait en sa possession plusieurs chandelles qui avaient servi à la messe du Saint, et il les gardait précieusement dans une caisse fermée à clef, en sa propre chambre. Le 2 février 1419 désirant les faire brûler en l'honneur de la Vierge, il va les prendre mais il ne les trouve point. Toutes ses investigations pour savoir ce qu'elles étaient devenues sont vaines. Mais quel n'est pas son étonnement, le 5 avril de la même année, en voyant toutes ces chandelles sur sa caisse, où elles étaient miraculeusement allumées. Il alla chercher sa femme pour contempler cette merveille, mais il n'en comprit pas d'abord la signification. Quand plus tard il sut que ce jour même était celui de la mort de saint Vincent, alors il s'expliqua le prodige ;

23° On pourrait ajouter l'âne. Nous avons déjà dit que, pauvre et humble, le religieux saint Vincent allait dans ses missions et partout à pied, jusqu'à ce qu'enfin, quelques années avant sa mort, ayant une plaie à la jambe, il fut dans la nécessité de se faire transporter. Le pauvre de Jésus-Christ ne voulut choisir d'autre monture qu'un âne chétif, c'est-à-dire l'animal le plus vil et le plus abject. Il en accepta un en aumône il n'avait pas d'argent pour l'acheter; sa pauvreté en outre était si grande, qu'il n'avait même pas de quoi le faire ferrer. Un jour il le conduisit à un maréchal ferrant, le priant par charité de vouloir bien lui ferrer sa bête. Quand l'opération fut terminée, le maréchal, ne pensant nullement avoir travaillé par charité, demanda au religieux le prix de la main-d'œuvre et de ses fournitures. « Je n'ai rien a vous donner, lui dit le Saint, mais Dieu vous récompensera de votre charité ». « Eh Père reprit l'ouvrier, je ne peux travailler uniquement par charité je suis, voyez-vous, chargé de famille. Payez-moi, ajouta-t-il, ou je ne vous rends pas votre âne ». Le bon Saint le pria de nouveau, en l'exhortant à lui faire cette aumône mais le maréchal répondit encore : « Il est certain que je ne peux le faire, et vous n'aurez ni la bête ni les fers que vous ne m'ayez payé ». Alors le Saint, ô prodige inouï! se tournant du côté de la bête, lui dit : « Cet homme ne veut pas donner les fers qu'il vous a mis, parce que je ne peux le payer; allons, rendez-les-lui, et partons ». A ces paroles, l'animal, comme s'il avait compris, secoua ses pieds l'un après l'autre, et jeta miraculeusement les fers que le maréchal lui avait posés. A la vue de ce miracle, l'ouvrier, stupéfait, se précipita aux genoux du Saint, lui demanda pardon de son avarice obstinée, et, ferrant de nouveau l'âne, il lui donna les fers et son travail par charité. Il se contenta de se recommander humblement aux prières du religieux, reconnaissant que si un Saint aussi grand priait pour lui, son intercession lui rapporterait bien plus que tout l'or et tous les trésors du monde ;

24° et la croix. Un jour Vincent se fit introduire dans la synagogue de Salamanque par un Israélite avec lequel il s'était lié d'amitié pour ce motif. Il y entra le crucifix à la main, ce qui mit la confusion et le trouble parmi les assistants. Mais le Saint les tranquillisa en leur disant qu'il était venu pour leur parler d'une affaire importante, et il le pensait bien ainsi, car il ne trouvait point d'affaire plus importante que celle du salut. A ce mot d'affaire importante, les Juifs s'imaginèrent donc que c'était pour leur parler de quelque intérêt public, et ils l'écoutèrent avec une grande attention. Alors, usant de douces et suaves paroles, Vincent commença à leur parler de la sainte foi chrétienne et particulièrement de la Passion et de la mort du Fils de Dieu. Pendant que le Saint prédicateur s'efforçait de persuader aux infidèles les gloires de la croix du Christ Rédempteur du monde, il parut un grand nombre de croix sur les habits de chacun de ceux qui étaient réunis dans cette célèbre synagogue. Mais ce qui est plus prodigieux encore, c'est que les croix qui paraissaient au dehors sur les vêtements des hommes et des femmes pénétraient invisiblement dans leurs cœurs, et, remués par la grâce divine, ils se firent tous chrétiens. La consolation du Saint fut si grande en cette prodigieuse conversion, qu'il voulut les baptiser tous de ses propres mains. Puis il fit consacrer cette synagogue en une église qui fut appelée la Vraie-Croix;

25° Le père Cahier, dans ses Caractéristique, reproduit une très belle figure de saint Vincent Ferrier. Drapé majestueusement dans son ample toge de dominicain, des ailes sont attachées à ses épaules nos lecteurs connaissent maintenant la signification de cet attribut. De la main droite, celui qui s'est qualifié lui-même d'Ange de l'Apocalypse montre le ciel, et sa main gauche tient avec aisance une immense trompette, comme souvenir de ses prédications sur le jugement dernier le même auteur indique les attributs suivants, comme étant plus spécialement caractéristiques du Saint dans l'art populaire le Monogramme du Nom de de Jésus, par allusion à ces paroles qui ouvraient à saint Paul et à tous les missionnaires la carrière de l'apostolat : « Il portera mon nom devant les peuples et les rois », ces mots de l'Apocalypse, tracés sur une banderole : « Craignez le Seigneur, et rendez-lui l'honneur qui lui est dû, parce que l'heure du jugement approche », une chaire, parce qu'on fait remonter à lui, sinon l'établissement, au moins la propagation de l'usage d'invoquer la sainte Vierge, avant le sermon ; un chapeau de cardinal à ses pieds, pour exprimer son refus des dignités ecclésiastiques un drapeau, comme symbole des prédications par lesquelles il enrôlait les pécheurs convertis sous la bannière de Jésus-Christ; l'enfant coupé en morceaux, auquel il rendit la vie une flamme sur le front, comme symbole de l'inspiration (manière peu recommandable) le lis, symbole de la virginité, conservée jusqu'à la mort. D'après le même auteur, saint Vincent Ferrier est le patron des briquetiers, tuiliers, plombiers et couvreurs. Nous n'avons pas découvert le motif de ce patronage. Serait-ce à cause des nombreux morts qu'il ressuscita ? (L'histoire a enregistré quarante résurrections, opérées par saint Vincent, entre autres celle d'un architecte.) Et parce que les hommes de ces diverses professions sont plus particulièrement exposés à des chutes mortelles ?

Terminons par le portrait de saint Vincent. Notre bienheureux Prêcheur était doué de toutes les qualités oratoires capables d'impressionner les multitudes. Un extérieur agréable prévenait d'abord en sa faveur il était de taille moyenne, bien proportionné, dégagé, beau de visage; des cheveux dorés formaient sa couronne ils blanchirent légèrement vers la fin de sa vie son front était large, majestueux, serein; le contour de sa figure était admirablement dessiné ses grands yeux bruns et vifs respiraient l'éclat, non moins que la modestie dans sa jeunesse il avait le teint blanc, coloré d'une rougeur vermeille; ses longues mortifications donnèrent à sa figure une austère pâleur, signe irrécusable de sa pénitence. Sa seule vue, aussitôt qu'il était en chaire, inspirait une merveilleuse componction au cœur de tous, tant la sainteté et les diverses vertus qui l'accompagnent, resplendissaient sur son visage. Sur la fin de sa vie il prêchait avec tant de force et de vigueur, avec tant de vivacité dans le geste, qu'il semblait non pas un vieillard abattu par l'âge et la fatigue, mais un puissant jeune homme échauffé par une impétueuse ardeur et arrivé à peine à sa trentième année. Ce déploiement subit de force pendant sa prédication était comme un miracle quotidien qui ravissait les assistants. Le sermon achevé, il redevenait de nouveau faible, infirme, exténué son visage était pâle, sa marche lente, il avait besoin de s'appuyer sur le bras secourable qui l'avait aidé à monter en chaire; on ne pouvait croire que ce fût le même homme, et on se disait que pendant qu'il prêchait, le Saint-Esprit agissait en lui pour ranimer son corps débile et lui communiquer une miraculeuse énergie.


Reliques et Ecrits de Saint Vincent Ferrier


Son corps fut solennellement déposé dans le choeur de l'église-cathédrale de Vannes, où il a fait un grand nombre de miracles, qui ont porté le pape Calixte III à le mettre au nombre des Saints, le 19 juin de l'année 1455, quoique la bulle de la canonisation n'ait été expédiée que sous le pontificat de Pie II, son successeur, l'an 1458, le 7 octobre. Tout ce qui lui avait servi, comme son habit, son bâton, le matelas où il avait couché pendant sa maladie et l'eau dont on l'avait lavé après sa mort, qui est toujours demeurée incorruptible, a fait quantité de guérisons miraculeuses. Après qu'il a été canonisé, on a relevé son tombeau, et ses ossements sacrés ont été transférés dans une châsse fermée de trois clefs; quelques vertèbres furent hissées dans le sépulcre, et la mâchoire inférieure fût mise dans un riche reliquaire. Les habitants de Vannes se sont vus plus d'une fois exposés au danger de perdre le corps de Saint Vincent. Vers le milieu du XVIe siècle, un corps d'Espagnols envoyé par Philippe II ayant protégé efficacement la ville contre les efforts des hérétiques, le chapitre de la cathédrale voulut témoigner au chef, Dom Juan d'Agnilar, sa reconnaissance, et lui offrit un fragment considérable d'un os des cotes. Mais les soldats formèrent le complot d'enlever le corps tout entier. Heureusement les chanoines furent avertis à temps. Ils cachèrent donc eux-mêmes, pendant la nuit, la châsse qui contenait le corps de saint Vincent, et ils le firent avec tant de secret, que cette châsse demeura inconnue et comme ensevelie dans l'oubli depuis l'an 1590 jusqu'en 1637. A cette époque elle fut découverte par l'évoque de Vannes, Sébastien de Rosmadec. Les saintes reliques furent vérifiées très exactement, et l'on en fit une seconde translation le 6 septembre, jour dès lors consacré pour en renouveler la mémoire tous les ans. La translation solennelle de ces saintes reliques a eu lieu, en effet, le 6 septembre. Jadis la fête se célébrait chaque année le même jour. Mais, depuis le Concordat, elle se célèbre le premier dimanche de septembre. Pendant les troubles révolutionnaires, le peuple de Vannes eut le bonheur de soustraire les reliques de saint Vincent Ferrier aux mains sacrilèges qui profanaient les églises pour s'emparer de leurs dépouilles. Le temps n'a pas diminué la dévot,ion de la Bretagne envers son Apôtre. Chaque année, le premier dimanche du mois de septembre, les reliques insignes de saint Vincent sont portées à travers les rues de Vannes, escortées par les autorités civiles, militaires et judiciaires, et par une foule innombrable; ce sont des prêtres qui ont l'honneur de porter ce gage précieux d'une protection constante. Toutes les maisons sont tendues de blanches draperies. Durant le choléra de 1854, une semblable procession consola le peuple de Vannes et diminua l'intensité du fléau.

Voici le titre des opuscules qu'a laissés saint Vincent Ferrier : « Le Traité des Suppositions Dialectiques ». Il le publia n'étant âgé que de vingt-quatre ans. « Traité de la Vie Spirituelle ». Ouvrage excellent et plusieurs fois traduit; très-utile et propre à consoler dans les tentations contre la foi. Saint Vincent de Paul reconnaissait saint Vincent Ferrier pour son patron spécial. Il étudiait sans cesse sa vie, et sans cesse il avait entre les mains le Traité de la vie spirituelle, afin d'y conformer son cœur et ses actes, et d'y conformer aussi le cœur et les actes des prêtres de son institut. « Traité du nouveau schisme qui a éclaté dans l'Eglise », adressé à Pierre, roi d'Aragon. Ce traité a pour sujet le grand schisme d'Occident qui, à cette époque, désolait l'Eglise. « De la fin du monde et du temps de l'Antéchrist ». Epître écrite à Benoît XIII, résidant à Avignon. « Epitre au Père de Puynois, général de l'Ordre des Frères Précheurs », pour lui donner conaissance de ses travaux apostoliques. « Fragments d'épitres à son Frère Boniface », alors prieur de la Grande-Chartreuse. « Fragment d'Epitre à Jean Gerson, chancelier de l'Université de Paris ». Cette épitre fut écrite pendant la tenue du concile de Constance. « Deux Epîtres à Don Martin, infant d'Avignon », « Epître à Ferdinand 1er, roi d'Aragon ». Tous les ouvrages ci-dessus indiqués sont en latin; excepté les deux lettres à l'infant Don Martin, que nous venons de citer, et qui sont en catalan. « Suffrage pour l'élection de Ferdinand. roi d'Aragon ». « Sentence que neuf hommes choisis portèrent en faveur de l'infant Ferdinand en l'année 1410 ».Tous ces opuscules de saint Vincent furent recueillis par le Père Vincent Justiniano, et publiés en un volume à Valence, en 1591. On attribue encore au même Saint deux autres opuscules; l'un, en latin, a pour titre : « Revue de l'homme intérieur » ; et l'autre, écrit dans sa langue maternelle, traite des cérémonies de la messe.

 

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Texte extrait des « Petits Bollandistes », de Monseigneur Guérin, Volume 4, Paris, 1876

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