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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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26 juillet 2010

Bienheureuse Tarsykia Olha Matskiv

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Bienheureuse Tarsykia Olha Matskiv

Soeur Servante de Marie Immaculée

Martyre

1919-1944


Otha Matskiv est née le 23 mars 1919 à Chodoriv en Ukraine. Elle était la première de quatre enfants nés dans une famille ouvrière très pieuse. Dès sa petite enfance, elle a montré les signes de grandes vertus et d'une vie de piété intense. Elle aimait la prière et allait souvent à l'église. La graine d'une vocation religieuse se développa très tôt dans sa vie. Malgré l'opposition de sa mère, Olha entre dans la Congrégation des Soeurs Servantes de Marie Immaculée le 3 mai 1938. Olha fait rapidement une impression favorable sur toutes les Soeurs. Elle à un caractère excellent et gracieux. Le 4 novembre 1938 elle revêt l'habit et  prend le nom  en religion de Taryskia. Elle prononce ses voeux le 5 novembre 1940. L'on était dans les sombres années de la seconde guerre mondiale, période de privation et de danger. Le 17 juillet 1944, les Soviets ont commencé à attaquer Krystynopil, ville où la Soeur Taryskia était en mission. Les bombardements se déroulaient continuellement, jour et nuit. Les soeurs se réfugièrent alors au sous-sol du noviciat. Le matin du 18 juillet, les Soeurs attendaient qu'un prêtre vienne pour célébrer la Divine Liturgie. Quand la cloche de la porte sonne, la Soeur Taryskia, pensant que c'était le prêtre, est venu afin d'ouvrir la porte. Alors qu'elle était à mi-chemin à la porte, la Soeur a entendu un tir et entendit la Soeur Taryskia tomber morte. Le lendemain, les Soviétiques voulaient tuer toutes les sœurs, mais  quand les pauvres gens sont intervenus, les Soviets se sont adoucis. L'assassin de Soeur Tarsykia, qui était un soldat soviétique, en regardant son cadavre a déclaré: «Je l'ai tué parce qu'elle était religieuse ». La veille de l'attaque soviétique, la Soeur Taryskia avait fait le voeu, avec son confesseur, le Père Volodymyr Kovalyk, obsm, de sacrifier sa vie pour la conversion de la Russie et pour la Foi Catholique. Elle a été enterrée dans le jardin du couvent au pied de la statue de la Bienheureuse Mère, car il était trop dangereux d'aller au cimetière. En 1956, sa dépouille mortelle a été transférée au cimetière Lychakivsky à Lviv. Elle a été Solennellement béatifiée par le Vénérable Pape Jean Paul II le 27 juin 2001 à Lviv en Ukraine.


Prière


Père Céleste! Nous vous rendons grâces pour avoir créé dans notre Église la Congrégation des Soeurs Servantes de Marie Immaculée. Vous l'avez enrichi des vertus et de la sainteté de votre martyre, la Bienheureuse Tarsykia qui, la une prière sur ses lèvres et le courage dans son Cœur, a accepté de mourir pour la Foi Catholique.


Bienheureuse Taryskia! Confiants dans votre intercession, nous vous demandons de tout notre cœur de prier et d'intercéder auprès de la Très Sainte Trinité, pour la grâce que nous vous demandons si cela contribue à la plus grande gloire de Dieu.


Bienheureuse Taryskia priez pour nous!


Merci de signaler les grâces reçues par l'intercession de la Bienheureuse Taryskia à:


Postulation Office

Paschina Street, 8

Lviv, Ukraine

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

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25 juillet 2010

Neuvaine à Sainte Élisabeth de Hongrie

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Sainte Élisabeth de Hongrie

Sainte Patronne du Tiers Ordre de Saint François

1207-1231

Fête le 17 novembre

Sainte Elisabeth, naquit à Presbourg en 1207; elle était le troisième enfant du roi André II de Hongrie, descendant du saint roi Etienne, et de Gertrude, fille du duc Berthold IV de Méranie. Elle quitta la Hongrie à quatre ans, promise en mariage au fils du landgrave Hermann I° de Thuringe (mort en 1217), Louis (né en 1200) qu'elle épousa en 1221.

Elisabeth avait une âme de feu : « Elisabeth, dit sa dame de compagnie, Guta, rappelle fréquemment la présence de Dieu, dans toutes ses actions elle invoque le Seigneur et rapporte tout à lui. » L'influence de son mari, qu'elle aima d'un grand amour, lui apporta un équilibre humain et spirituel durant les années heureuses de leur vie commune dont naquirent deux enfants (Hermann en 1222 et Sophie en 1224) : « Seigneur Jésus-Christ, je vous offre, ainsi qu'à votre chère mère Marie, ce nouveau né, fruit chéri de mon sein. Je vous le rends de tout coeur, tel que vous me l'avez donné. Recevez ce bébé, tout baigné de mes larmes, au nombre de vos serviteurs et amis. Bénissez-le à jamais. » Une lumière éclatante brillait alors dans l'Eglise, celle de François d'Assise. Elisabeth rêvait de vivre en foyer l'idéal franciscain et Louis était apte à partager les aspirations de sa femme. Mais, le 24 juin 1227, Louis de Thuringe dut partir pour la cinquième croisade. Au bout de trois mois, il mourait sur un bateau, en rade d'Otrante, en s'écriant : « Voyez donc toutes ces colombes blanches ! Je vais partir avec elles vers mon Dieu ! »

Encore qu'elle l'avait pressenti (« Malheur à moi, pauvre femme, sur terre je ne reverrai plus mon bien-aimé ! »), le coup fut terrible pour Elisabeth, qui attendait son troisième enfant, Gertrude (née vingt-sept jours après la mort de son père) : « Désormais, j'ai tout perdu sur la terre. O cher ami de mon coeur, mon excellent et pieux époux, tu es mort et tu me laisses dans la misère. Comment vais-je vivre sans toi ? Pauvre veuve abandonnée, faible femme ! Que le Dieu d'amour, celui qui n'abandonne pas la veuve et l'orphelin, me console ! O Mon Dieu ! O mon Jésus, fortifiez-moi dans ma faiblesse ! »

Elle aurait eu besoin alors d'un François de Sales à ses côtés ; or elle avait pour directeur un maître qui la terrorisait et n'hésitait même pas à la frapper. Spoliée de ses biens, elle enfermée par son oncle, l'évêque de Bamberg qui la veut remarier, jusqu'au retour de la dépouille de son mari (1228) : « Mon Dieu, merci de me consoler miséricordieusement par ces restes mortuaires de mon mari. Si grand que soit mon amour envers Louis, vous savez, Seigneur, que je ne me repens nullement de notre commun sacrifice pour le secours de la Terre-Sainte. Si je pouvais ramener à la vie mon cher époux, je donnerais le monde en échange. Pourtant, contre votre volonté sainte, je ne saurais racheter sa vie, ne serait-ce que pour un seul de mes cheveux ! Que la volonté du Seigneur soit faite ! »

Cédant à une recherche fiévreuse de l'abjection et de la pénitence, elle rompit avec sa famille, qui la prenait pour folle, et elle confia à d'autres le soin de ses enfants, tandis qu'elle revêtait l'habit du Tiers-Ordre, à Marburg sur le Lahn, pour se donner au service des pauvres et des malades les plus abandonnés, en qui elle reconnaissait le Christ : « Quelle joie pour moi de servir Notre-Seigneur en ses membres souffrants les plus éprouvés ! » Sa santé ne put résister à toutes ces austérités. Elle mourut le 16 novembre 1231, à minuit, âgée de vingt-quatre ans : « C'est l'heure où Jésus vient racheter le monde. il me rachètera aussi. Quelle faiblesse j'éprouve donc ! Pourtant, je ne ressens pas de douleur. O Marie, venez à mon secours ! Le moment arrive où Dieu m'appelle à l'éternelle noce. L'époux vient chercher son épouse ... Silence ! Silence ! »

Grégoire IX canonisa Elisabeth en 1235 ; elle est, avec saint Louis, patronne du Tiers-Ordre franciscain et, en 1885, Léon XIII la proclama patronne des femmes et des jeunes filles allemandes.

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Neuvaine à Sainte Élisabeth de Hongrie


Avertissement


Tous les maîtres de la vie spirituelle sont unanimes à dire que la lecture de la vie des saints est un des plus puissants moyens d'éveiller en nous le désir de la sainteté et de nous exciter aux efforts nécessaires pour l'acquérir. Ils nous ont été donnés en exemple, dit l'Imitation, et ils doivent avoir une plus grande force pour nous exciter au progrès, que la masse des tièdes pour nous porter au relâchement. » (Imitation de Jésus-Christ liv. 1, Ch. 18.) Mais combien cet exemple est plus puissant encore, s'il est aidé par leur intercession, si nous la leur demandons pieusement en méditant les vertus dans lesquelles ils ont spécialement excellé! Nous espérons que cette neuvaine de méditations, tirées de la vie de sainte Élisabeth, sera d'un grand secours pour ceux qui voudront lui demander la grâce de l'imiter dans la pratique de la sainteté. Et comme sainte Élisabeth s'est sanctifiée dans le monde, nous espérons aussi qu'elle obtiendra des bénédictions efficaces pour les personnes du monde qui voudront l'imiter.

Premier jour

L'oraison de Sainte Élisabeth

La prière, dans toute l'acception du mot, est la première condition à remplir pour arriver à la sainteté. « A mon avis, dit saint Jean Chrysostome, il est absolument évident, qu'il est simplement impossible, sans le secours de la prière, d'acquérir une vertu et de faire aucun progrès dans cette vie ». La chose est évidente, parce que la sainteté est un don de Dieu, mais un don qu'il donne à qui le demande et à qui le demande avec les conditions voulues. Pour recevoir la grâce, il faut se mettre en communication avec Dieu c'est pourquoi la prière est une élévation de l'âme vers Dieu élévation qui se fait au moyen de toutes les puissances de l'âme par la pensée qui considère Dieu en lui-même, dans ses œuvres et dans ses bienfaits, dans les mystères de la vie et dans la mort de Jésus-Christ; par la volonté en s'attachant continuellement à faire la volonté de Dieu, de manière à ce que notre volonté n'en fasse plus qu'une avec la sienne; par le cœur, en aspirant ardemment à la possession de ce souverain bien. C'est la continuité de cette triple action de l'âme qui forme l'état d'oraison permanente, et qui réalise la parole de Notre-Seigneur: « Il fait toujours prier et ne jamais cesser de prier ». (Saint Luc 18: 1.) Mais la sainteté ne regarde pas seulement l'âme elle doit rejaillir  sur le corps, et il faut que ce dernier participe à cette élévation par la prière vocale, par les génuflexions, etc. En un mot, il faut que l'homme prie tout entier, et prie toujours. C'est par cette prière humble et continuelle qu'il arrive à pénétrer les nuées qui lui cachent la vue de Dieu et qu'il sentira son regard bénissant et sanctifiant. (Ecclésiastique 35: 21.)


Sainte Élisabeth est arrivée à la sainteté, parce que, comme tous les saints, elle a commencé par prier. A peine eut-elle l'usage de sa raison naissante qu'elle apprit à élever son âme vers Dieu. Tout enfant, elle méditait les paroles de la sainte Écriture; elle aimait surtout à aller contempler de longues heures Jésus-Christ au sacrement de l'autel. Et cette habitude de tenir sa pensée fixée sur Jésus-Christ crucifié devint tellement forte, qu'elle le voyait pour ainsi dire toujours en elle-même. Dès lors, quelle énergie à faire sa volonté et à conformer en tout sa volonté à celle de son modèle! Mais elle ne se contentait pas de le contempler ainsi en elle-même. Elle passait de longues heures et parfois des nuits entières dans la posture de l'adoration et de la prière. Cette prière ardente et continuelle établissait comme un courant ininterrompu entre Dieu et la Sainte. Du côté de la Sainte, aucune pensée, aucune action, aucun mouvement qui ne fussent méritoires, parce qu'ils étaient tous revêtus de la présence féconde de Dieu; du côté de Dieu, c'étaient des flots de grâces qui coulaient dans l'âme de la Sainte, la remplissant continuellement et augmentant en même temps ses capacités surnaturelles. A ce point de vue, l'histoire de sainte Élisabeth est l'histoire de tous les saints; et cette histoire nous trace d'une façon absolument exacte ce  que nous avons à faire pour arriver à la sainteté. Ce serait une funeste erreur que de prétendre y arriver par un autre moyen, puisque sans la prière nous ne pouvons pas espérer le moindre secours de la part de Dieu.


Sainte Élisabeth, apprenez-nous à prier. Apprenez-nous d'abord la nécessité de prier, ensuite comment nous devons prier. La prière nous ennuie, nous fatigue rapidement, et parce qu'elle nous ennuie et nous fatigue, nous nous persuadons bien vite qu'elle n'est pas nécessaire, et nous inventons une foule d'autres raisons pour nous abstenir de prier. C'est là un grand malheur pour nous, parce que sans la prière nous ne pouvons pas nous sauver. A nous qui aimons relire votre vie admirable, qui admirons vos vertus extraordinaires, qui vous louons d'être arrivée à la céleste paix, d'être entourée d'une gloire qui vous distingue au milieu de l'assemblée des saints, donnez-nous, ô aimable Sainte, votre amour de la prière. Et pour que nous aimions prier, obtenez-nous d'éprouver quelquefois le bonheur de nous sentir en communication avec Dieu. On dit que lorsqu'on a goûté une fois ce bonheur, on le recherche de préférence à tout autre. Quoique nous ne le méritions pas, nous osons pourtant vous le demander, afin d'être entrainés à votre suite dans l'union continuelle avec Dieu et afin d'arriver à cette gloire que vous possédez. Ainsi soit-il.


Notre Père, Je vous salue Marie


Prière tirée de l'Office de sainte Élisabeth


Éclairez, ô Dieu de miséricorde, les cœurs de vos fidèles et, en vertu des glorieuses prières de la bienheureuse Élisabeth, donnez-nous la grâce de mépriser les biens de ce monde et de mettre pour toujours notre joie dans les biens célestes; par Jésus-Christ, notre-Seigneur. Ainsi soit-il.


Sainte Élisabeth, priez pour nous.

Deuxième jour
La dévotion de Sainte Élisabeth envers l'Eucharistie


« Approchez et rassasiez-vous, car c'est une nourriture; approchez et buvez, car c'est une source d'eau vive approchez et remplissez- vous de clarté, car c'est une lumière; approchez et soyez libres, car là où est l'esprit du Seigneur, là est la liberté: approchez et soyez pardonnés, car l'Eucharistie est la rémission des péchés ». (Saint Ambroise.) L'Eucharistie est la possession invisible de Dieu sur la terre, comme la vision béatifique est la possession visible de Dieu dans le ciel. Nul ne peut aspirer à posséder Dieu dans le ciel s'il ne cherche pas à le posséder sur la terre. « Je vous le dis en vérité, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, vous n'aurez pas la vie en vous ». (S. Jean, 6: 54.) La prière par laquelle l'âme s'élève vers Dieu doit être complétée par la communion qui est la possession de Dieu. Tous les saints ont cherché à recevoir la sainte Eucharistie; tous les saints ont eu envers la présence réelle de Notre-Seigneur une grande dévotion. Sainte Élisabeth, tout enfant, aimait à se trouver au pied du tabernacle, à se prosterner sur le pavé devant ce Dieu que son cœur voyait sur l'autel. Quand la chapelle était fermée, elle se prosternait devant la porte et en baisait la serrure. Sa dévotion était amoureuse et humble. Le temps qu'elle passait dans l'intimité avec son Dieu, soit qu'elle le visitât, soit qu'elle le possédât par la communion, se passait en épanchements pleins de tendresse, auxquels Notre-Seigneur répondait par des communications ineffables. Dans la conscience vive qu'elle avait de la bassesse humaine en face de la Majesté divine, elle s'anéantissait le plus qu'elle pouvait en sa présence volontiers elle se serait-dépouillée de tout ornement, de toute marque de distinction ce qu'elle faisait d'ailleurs autant qu'elle pouvait au temps de sa prospérité, et ce qu'elle fit avec bonheur aux jours de l'épreuve et de la retraite. C'est là qu'elle trouva la force, la lumière, la vraie liberté; c'est dans un de ces entretiens qu'elle reçut de Notre-Seigneur l'assurance que tous ses péchés lui étaient pardonnés.



Jésus dans l'Eucharistie est le centre de la vie chrétienne, le foyer de la vraie sainteté. C'est lui qui sert d'intermédiaire entre son Père et nous, et rien ne vient de Dieu jusqu'à nous sinon par Jésus dans l'Eucharistie, rien ne peut aller de nous jusqu'à Dieu sans passer par Lui. La dévotion envers la sainte Eucharistie nous est donc absolument nécessaire. Elle est strictement nécessaire au salut, car celui qui ne la reçoit pas n'a pas la vie; plus on la fréquente, plus on assure son salut, et le travail de la sainteté n'est pas autre chose que l'effort continu pour assurer son salut le plus possible. Mais la sainteté est aussi la participation à la vie divine; elle est comme la déification de l'homme, qui ne peut s'obtenir que par la communication aussi fréquente que possible, et même aussi continuelle que possible de Dieu lui-même communication qui s'opère surtout dans l'Eucharistie en même temps adorée, désirée et reçue. Adorer l'Eucharistie, la désirer et la recevoir tel est le commencement, la croissance et la perfection de la vie chrétienne.


O sainte Élisabeth, qui avez si bien connu la source de la perfection, qui y avez puisé avec tant d'avidité la vie surnaturelle et divine, et qui en. avez reçu cette sainteté qui fait l'admiration du monde et la joie du ciel, obtenez-nous par votre bienveillante intercession l'amour de la sainte Eucharistie. Entraînez-nous à votre suite au pied du tabernacle, et là, apprenez-nous à adorer le Dieu d'amour qui y réside, à le désirer de toutes les puissances de notre âme, et à le recevoir avec tout l'amour d'un cœur pur comme le vôtre, afin qu'après en avoir reçu la force, la lumière et l'assurance que nos péchés nous sont pardonnés, nous puissions le posséder avec vous dans l'éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.


Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)

Troisième jour
La mortification de Sainte Élisabeth

« Le lutteur dans l'arène s'abstient de tout ce qu'il fait pour une couronne corruptible, nous devons le faire pour gagner une couronne incorruptible. (1 Cor. 9, 25.) Pour aller à Dieu, il faut avoir dépouillé son cœur de toute affection aux créatures. « Le renoncement n'est pas autre chose que la rupture de tout ce commerce terrestre et temporel, rupture qui, nous élevant au-dessus des inquiétudes et des préoccupations de la vie humaine, nous rend plus prompts et plus aptes à arriver à la contemplation de Dieu ». (Saint Bernard.) Mais ce que l'on entend proprement par mortification, consiste plus spécialement dans le renoncement à toutes les satisfactions du corps, et son but est de détruire la loi de la chair par l'asservissement et au besoin l'affaiblissement des instruments de cette loi, qui sont les membres du corps et les facultés sensibles. Le corps porte à la mollesse doit être châtie par la douleur, dompté par la fatigue et par le jeûne. En un mot, il faut faire mourir l'homme charnel, afin de faire vivre exclusivement l'homme spirituel. « Plût à Dieu, s'écrie saint Bernard, que je tombe souvent dans cette mort, pour éviter les pièges de la mort, pour ne plus sentir les caresses mortelles de la luxure, pour échapper au sentiment de la passion, à l'ardeur de l'avarice, aux aiguillons de la colère et de l'impatience, aux angoisses des inquiétudes et au tourment des soucis ». Pour suivre Jésus-Christ, il faut être dépouillé de tout et porter après lui la croix de la douleur. « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et me suive ». (Saint Matthieu 26: 24.)


Sainte Élisabeth avait merveilleusement compris les avantages de la mortification. Dès l'enfance, elle s'habituait à se priver de tout ce qui n'était pas absolument nécessaire. Tout d'abord son premier soin fut de se soumettre exactement aux pénitences imposées par les lois de l'Église. Elle fut scrupuleuse observatrice des lois de l'abstinence, et plus d'une fois elle ne mangea, malgré de grandes fatigues, que du pain et de l'eau. Ce qui est imposé par une loi stricte doit être observe par le sentiment de la justice, vertu qui est la base nécessaire de la vie chrétienne. Le sentiment de l'amour de Dieu poussait ensuite la Sainte à des actes de mortification de son propre choix, tels que les jeûnes de surérogation, les longues prières la nuit à genoux, maigre le froid et la fatigue, la discipline et le cilice qu'elle gardait sous ses vêtements d'apparat. Ainsi se mortifiait-elle dans les jours de sa vie prospère. Mais avec plus de joie encore elle accepta les douleurs qui accompagnèrent l'injustice dont elle fut victime; car elle savait que les mortifications qui nous viennent d'une volonté étrangère sont plus méritoires que celles que nous nous imposons par notre propre volonté car il est plus parfait de briser notre volonté que de lui obéir. Dès lors Élisabeth remercia Dieu d'avoir été dépouillée de tout; elle se réjouit vivement des humiliantes brutalités des personnes auxquelles elle avait fait du bien elle se montrait heureuse de mendier son pain et de travailler péniblement pour le gagner. Elle se disait plus riche avec sa quenouille qu'avec un sceptre, dans sa chaumière de Marbourg que dans le château de Wartbourg; elle se nourrissait avec plus de joie du pain des pauvres que des mets de la table ducale.


Sainte Élisabeth, vous avez entendu la parole de l'Apôtre: « La femme qui vit dans les délices parait vivante, mais elle est morte » (1 Timothée 5, 6); et vous avez repoussé toutes les délices de la vie temporelle. Vous avez cherché, à force de mortifications, à accomplir en vous la Passion du Christ; et vous avez accepté avec joie toutes les douleurs de l'âme et du corps, afin de ressembler à Jésus-Christ crucifié. Vous êtes allée à Jésus en rompant tous les liens qui vous rattachaient aux créatures, vous avez voulu en tout mourir au monde pour vivre en Dieu; et maintenant que vous jouissez en paix de la glorieuse couronne que vous avez conquise par vos travaux, entraînez-nous à votre suite dans cette voie de l'abnégation qui vous a conduite à la glorieuse béatitude. Obtenez-nous par votre intercession de comprendre que pour ne pas s'agiter en vain, il faut, comme le dit l'Apôtre, châtier son corps et le réduire en servitude. (I Cor. 9, 27.) Sainte Élisabeth, par vos exemples et par votre intercession, conduisez-nous au séjour de la paix. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)

Quatrième jour

La patience de Sainte Élisabeth


Tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ souffriront la persécution » (2 Timothée 3:12.) Cette parole de l'Apôtre n'est que l'écho de celle de Notre-Seigneur: « Le serviteur n'est pas plus grand que son maître, s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. »  (Saint Jean, 15, 20.) « Je vous le dis en vérité, vous pleurerez et le monde se réjouira tandis que vous serez dans la tristesse ». (Saint Jean, 16: 20). Le monde n'accepte point la leçon que lui donne l'exemple de la vertu. La vue de la sainteté, le spectacle de la vertu excite sa haine, au point que le chrétien qui n'est en butte à aucune persécution ou contradiction de la part du monde peut s'inquiéter au sujet de la réalité de sa vertu. « C'est donc armés de la patience que nous devons courir au combat qui nous est proposé, en fixant notre regard sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi, préférant la croix à la joie qui  lui était offerte, et méprisant la honte de ce supplice ». (Hébreux 12: 1-2.) Mais ce n'est pas seulement la persécution qu'il faut savoir endurer avec patience, ce sont encore les tristesses (1ere Épitre de Saint Pierre, 2: 20) de la vie, les déceptions, les déboires de toutes sortes qui nous viennent des chrétiens aussi bien que des impies, des proches autant et plus que des étrangers; ce sont toutes ces blessures du cœur et de l'âme, bien plus douloureuses encore que celles du corps. C'est en tout ce qui constitue la vie chrétienne que nous pouvons nous appliquer ces paroles de saint Pierre: « Le secret de votre vocation, c'est que le Christ a souffert pour vous, vous laissant un exemple pour que vous marchiez sur ses traces ». (Ibid. 2, 21.)


Sainte Élisabeth a supporté, réunis en elle, tous les genres de douleurs. Jeune fille, elle a vu sa piété tournée en dérision par ceux qui auraient dû l'encourager et s'en réjouir. Plus tard, après de bien courtes années de bonheur terrestre, où elle ne laissa point son cœur s'amollir, elle dut subir les plus grandes douleurs qu'il soit donné à une femme de supporter. Elle est dépouillée de tout ce qu'elle possède, chassée ignominieusement de sa maison, elle est condamnée à entendre les cris de ses enfants souffrant de la faim. Tendant la main pour demander l'aumône, elle éprouve la honte du refus de la part de ceux-là même qu'elle avait comblés de ses bienfaits. Les injures les plus grossières lui sont prodiguées, et pour qu'elle ressemblât davantage à Jésus-Christ, l'époux divin auquel elle avait voué son veuvage, ses proches publient à l'envi qu'elle est tombée dans la démence et la folie. En toutes ces douloureuses épreuves, Élisabeth garde son âme dans la patience. Pensant à celui qui voulut subir la contradiction des pécheurs, elle ne laissa point défaillir son esprit. Au contraire, elle accepta tout avec j oie quelle que fût la source de la douleur, qu'elle qu'en fût la grandeur ou l'ignominie, jamais elle ne l'accueillit autrement que venant de la main de Dieu, et toujours elle se montra heureuse d'avoir été jugée digne de souffrir quelque chose pour son Dieu.


O sainte Élisabeth, quelle distance entre vous et nous. Nous ne pouvons supporter la moindre contradiction, le moindre manque de respect; la moindre douleur nous exaspère, la moindre tristesse nous accable, et le moindre déboire nous décourage complètement. Toute douleur nous fait regimber violemment, et de cette arme que Dieu met entre nos mains pour vaincre la nature rebelle et tuer la concupiscence, nous faisons un instrument de mort en la tournant contre nous-mêmes de ce moyen tout-puissant pour acquérir des mérites et pour nous rendre semblables à notre divin modèle, nous faisons une occasion de démérite et une cause de perte. Donnez-nous une charité plus vraie; car si notre charité était véritable, elle ne craindrait pas le feu de la tribulation. La tribulation purifie et éprouve la charité comme le feu purifie et éprouve l'or. Celui qui aime Dieu vraiment ne craint pas la douleur; il se dit avec vous, ô bienheureuse Élisabeth, heureux d'avoir été jugé digne de souffrir pour le nom de Jésus-Christ. Obtenez-nous cette vraie charité, afin que, mettant à profit les peines de cette vie, nous nous en servions pour parvenir à la gloire céleste. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)

Cinquième jour
La pauvreté de Sainte Élisabeth


« Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux est à eux ». (Saint Matthieu 5, 3.) « Nous n'avons rien apporté dans le monde; il est hors de doute que nous ne pourrons rien emporter. Mais si nous avons de quoi manger et de quoi nous couvrir, nous devons nous en contenter. Car ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans le piège du démon, et dans une foule de désirs inutiles et nuisibles qui submergent les hommes pour leur mort et pour leur perdition » (1 Timothée 6, 8-9.) « Fuis tout cela, ajoute l'Apôtre, et suis la justice, la piété, la Foi, la Charité, la patience, la mansuétude ». Notre-Seigneur l'a dit dans son Évangile on ne peut pas en même temps servir Dieu et l'argent. Le bien infini qui est Dieu, et le bien temporel sont opposés l'un à l'autre, de telle sorte que l'on ne peut rechercher l'un sans s'éloigner de l'autre on ne peut entrer en possession réelle de Dieu qu'après s'être absolument détaché de tout bien temporel et toute âme qui veut arriver à Dieu ne doit plus désirer autre chose que Dieu; il doit regarder Dieu comme son seul héritage et son seul bien. (Psaume 15: 5.) Celui qui cherche les biens terrestres perd son temps et tombe dans le piège du démon qui les fait miroiter pour nous détourner des biens éternels. Mais rappelons-nous toujours que la « vraie richesse est, non pas la fortune, mais la vertu que la conscience porte en elle-même et dont elle s'enrichit éternellement ». (Saint Bernard.)


Sainte Élisabeth comprit de bonne heure la nécessité de détacher son cœur de tout bien terrestre. Les yeux fixés sur Jésus crucifié, objet préféré de ses méditations, elle en remarque bien vite le dépouillement complet. « Contemplant celui qui étant riche s'est fait pauvre pour nous (2 Cor.,8:9); écoutant ce divin Maître dire à ses disciples: « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête » (Saint Matthieu 8: 20) Élisabeth fut prise d'un immense désir de pauvreté. Épouse heureuse, elle rêvait de la pauvreté elle l'aimait dans les autres en attendant de l'aimer en elle-même. Et quand vint le dépouillement complet avec toutes ses rigueurs, elle s'en réjouit grandement, et, selon le mot d'Albert le Grand, heureuse d'être dégagée du souci des choses périssables, elle se confia en Dieu en toute simplicité et sécurité. « La pauvreté du Christ, dit saint Bernard, est plus riche que toutes les richesses, que tous les trésors du siècle.  C'est par elle que l'on achète le royaume des cieux, que l'on acquiert la grâce divine, comme il est écrit « Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux leur appartient ». Tous les saints ne sont devenus des saints que parce qu'ils ont méprisé les biens temporels pour s'occuper uniquement d'acquérir les biens éternels. Dieu lui rendit ses biens, mais alors, elle s'en dépouilla volontairement. Elle n'en retira qu'un privilège, celui de pouvoir enrichir les pauvres de sa pauvreté.  « Qu'aurait-elle cherché de plus, puisque son Créateur était tout pour elle: D'ailleurs quelle fortune suffirait à celui à qui Dieu ne suffit pas ». (Saint Prosper.)


« Bienheureuse celle qui n'est pas allée à la recherche de l'or, et n'a pas mis son espérance dans les trésors de la richesse. Quelle est elle pour la louer? » (Ecclésiastique 31 8-9.) C'est vous, ô Élisabeth, cette femme judicieuse, qui avez cherché le vrai bien là où il est réellement, et qui avez accepté avec joie d'être dépouillée de vos biens, parce que vous aviez une ressource meilleure et permanente » (Hébreux 10: 34.) De cette richesse que Dieu avait mise entre vos mains, vous en avez usé non pour satisfaire des goûts de luxe ou d'ambition, mais pour secourir Jésus-Christ dans la personne des pauvres. Sainte Élisabeth, intercédez pour nous, afin que nous comprenions le néant des biens terrestres obtenez-nous de nous réjouir de manquer de quelque chose, et de nous estimer heureux d'être libres des soucis de la richesse, afin d'être plus agiles à suivre Jésus-Christ dans la voie étroite où l'on ne peut marcher que dépouillé de tout, mais par laquelle on arrive à la possession de la vraie richesse. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)

Sixième jour

L'humilité de Sainte Élisabeth


« En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et si vous ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Celui qui s'humiliera comme ce petit enfant, sera le plus grand dans le royaume des cieux ». (Saint Matthieu 28:4) Les rois des nations les dominent, et ceux qui ont la puissance les hommes sont appelés bienfaiteurs. Mais, pour vous, il n'en sera pas de même! Celui qui voudra être le plus grand parmi vous doit se faire votre serviteur, et celui qui marche devant les autres doit être comme leur administrateur ». (Saint Luc, 22: 25-26.) L'humilité est tellement nécessaire, que, sans elle, il est impossible d'acquérir une vertu solide, impossible d'élever l'édifice de la perfection chrétienne et d'arriver à la sainteté. L'humilité est le fondement de la vraie vie chrétienne. « Celui qui veut construire un édifice élevé, dit saint Augustin, doit d'abord en poser le fondement et plus il veut que cet édifice soit lourd et haut, plus il faut un fondement profond ». Notre-Seigneur nous fait de l'humilité un précepte nécessaire, et il nous en donna un exemple que nous devons suivre: « Apprenez de moi, dit-il, que je suis doux et humble de cœur ».  (Saint Matthieu 11: 29.) Il pratiqua l'humilité de la façon la plus absolue et nul ne l'égalera dans son humilité. Il fut humble envers son Père, car pour réparer l'injure que l'orgueil des hommes avait faite à sa gloire, il s'abaissa jusqu'à se faire esclave. Il fut humble envers lui-même, car il refusa constamment les honneurs et les dignités et n'accepta que la confusion et l'ignominie. Il fut humble envers les hommes, car, dit-il, « voici suis au milieu de vous comme votre serviteur ». (Saint Luc, 22: 27.) La gloire céleste nous est donnée en proportion de notre humilité; et si Jésus-Christ est élevé dans son humanité sainte au-dessus de toute créature, c'est qu'il s'est abaissé plus que toute créature.


Sainte Élisabeth a imité notre divin modèle autant qu'une créature humaine peut l'imiter. Dès son enfance, elle éprouvait les plus vifs sentiments de sa bassesse naturelle en face de Dieu. En voyant Jésus couronné d'épines, elle éprouvait une confusion extrême d'avoir une couronne d'or sur la tête, et ce sentiment allait parfois jusqu'à l'évanouissement. Elle acceptait volontiers d'être comptée pour rien et quand elle fut libre d'agir à sa guise, sa préoccupation constante fut de s'abaisser. Non seulement elle se faisait la servante des pauvres, des malades et des infirmes, les soignant de ses propres mains et leur rendant les services les plus répugnants, mais elle se réjouissait quand ceux à qui elle avait ainsi rendu service la méprisaient ou l'outrageaient. Elle disait: « Si je connaissais quelque genre de vie plus bas et plus abject, je l'embrasserais pour me conformer davantage, pour me rendre plus semblable encore à mon Seigneur Jésus-Christ, qui, étant le premier de tous, s'est abaisse et s'est fait le dernier des hommes, pour nous donner l'exemple que nous devons suivre car c'est en cela que consiste l'achèvement de la perfection ». Elle s'efforça d'être ignorée en tout, jusque dans cet exercice de la charité qui lui était si cher. A l'église, elle était vêtue comme les femmes du peuple, pour être confondue au milieu d'elles elle donnait des offrandes semblables aux
offrandes du peuple, pour que rien ne la fit remarquer et dans ses aumônes, elle se soumit à ne donner que ce que donne la charité du peuple. C'est ainsi qu'en s'abaissant chaque jour davantage, Élisabeth rendait chaque jour sa sainteté plus solide et pouvait élever plus haut l"édifice de son admirable perfection.


Sainte Élisabeth, combien notre conduite est différente de la vôtre. Nous oublions l'exemple de notre divin Maître. Nous avons la prétention d'arriver à la sainteté sans en jeter les fondements; nous bâtissons sur le sable un édifice éphémère que le torrent de la concupiscence, que le vent de la contradiction emportent aussitôt; et, après avoir bien travaillé, souvent, nous nous trouvons dénués de tout au milieu de nos résolutions en ruines. Apprenez-nous par votre exemple que l'édifice de notre perfection et de notre salut n'est pas notre œuvre; obtenez-nous les lumières nécessaires pour bien comprendre que notre rôle à nous est de creuser les fondements le plus profondément possible et que pour l'édification de notre œuvre surnaturelle, il faut laisser agir en nous la grâce sans y mettre obstacle. Notre action à nous consiste à nous mettre le plus bas possible, à la dernière place, comme le dit Notre-Seigneur c'est lui, ensuite, l'hôte divin de notre âme, qui nous fera monter plus haut. Bienheureuse êtes-vous, ô sainte Élisabeth, d'avoir compris cette nécessité; maintenant vous régnez sur le trône de gloire que vous a prépare l'Époux divin dont vous vous êtes faite la très humble servante. Obtenez-nous la grâce de vous imiter dans votre humilité, afin de pouvoir vous suivre dans le ciel où vous régnez. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)

Septième jour

L'obéissance de Sainte Élisabeth


« L'obéissance, dit saint Jean Climaque, est la parfaite abnégation de son âme et de son corps c'est une mort volontaire c'est la marche sans sollicitude, la navigation sans péril, c'est l'ensevelissement de la volonté c'est l'humilité vécue, c'est la route faite comme en dormant. Vivre dans l'obéissance, ce n'est pas autre chose que mettre son propre fardeau sur les épaules d'un autre, que nager porté par les bras d'un autre qui nous empêche de couler dans l'abîme des eaux, c'est traverser sans péril et rapidement la mer de cette vie ». Quelle que soit la mortification à laquelle on se soumette, la pauvreté et le dépouillement que l'on s'impose, on fait encore sa volonté. Or, faire sa volonté, c'est moins parfait et moins sûr que de faire la volonté de Dieu personnifiée en quelqu'un qui est dépositaire de son autorité. Dans la vie religieuse, l'obéissance est imposée comme une condition absolument nécessaire, et le religieux s'y soumet par un vœu strict, trouvant en cela l'élément le plus fécond de sa sainteté et de son progrès dans la sainteté. Dans le monde, celui qui veut arriver à la sainteté n'est pas dépourvu de ce moyen nécessaire entre tous Dieu nous a donné un directeur, et en obéissant à ce directeur, nous avons tous les avantages de l'obéissance. C'est par ce moyen, principalement, que la sainteté est possible dans le monde; car, dans le monde, la sainteté est soumise également à la nécessité d'imiter Jésus-Christ qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix.


Sainte Élisabeth avait compris que, de même que l'humilité est le fondement de toutes les vertus, l'obéissance est comme le ciment qui consolide l'édifice de la perfection. Elle fut obéissante à son mari en tout ce qui regardait la vie temporelle; elle fut obéissante à son directeur en tout ce qui regardait la vie spirituelle. Elle avait si bien saisi la nécessité de cette obéissance, qu'elle n'hésita pas à s'y astreindre par un vœu et, malgré la dureté de ce directeur, elle lui fut fidèle en tout point. Ce directeur cherchait à briser en tout la volonté de sa sainte pénitente, et celle-ci ne se refusait à aucune de ses exigences, même dans les points qui la touchaient le plus intimement. « J'ai voulu obéir à Conrad, disait-elle, qui est pauvre et mendiant, et non à un puissant évêque, afin d'éloigner de moi toute occasion de consolation temporelle ». Elle savait que Dieu donne ses lumières, non pas en proportion de la situation extérieure, mais en proportion de la vertu et du détachement, du confesseur. La sainteté du confesseur en fait comme un miroir fidèle où les âmes peuvent se guider au rejaillissement de la lumière divine. Pour le choisir, sainte Élisabeth s'était assurée que maître Conrad réunissait surtout ces deux conditions que tous les autres maîtres de la vie spirituelle veulent trouver dans un directeur: la science et la sainteté. L'ayant donc choisi avec prudence, et s'étant livrée aveuglément à sa direction, elle ne pouvait faire autrement que de faire de rapides progrès dans la sainteté, et nous ne serons pas étonnés, dès lors, de la rapidité avec laquelle elle est arrivée à l'union avec Dieu.


O bienheureuse Élisabeth, l'histoire de votre vie nous montre que vous avez réalisé en votre personne ces paroles du prophète parlant du Christ votre divin modèle: « Je n'oppose aucun prétexte, je ne suis pas retourné en arrière, j'ai livré mon corps aux soufflets, je n'ai pas détourné mon visage de ceux qui m'outrageaient et me conspuaient » (Isaïe., 50: 6.) Vous avez obéi en tout aux dures pénitences qui vous étaient imposées, aux détachements douloureux; vous avez obéi jusqu'à diminuer l'exercice de la vertu de charité qui vous était si chère et par cette obéissance parfaite, accomplie pour imiter le Christ, vous êtes arrivée avec lui à partager sa gloire. Faites-nous comprendre la nécessité de l'obéissance apprenez-nous à marcher dans ce chemin royal qui nous conduira en toute sécurité au port du salut et de la paix. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)


Huitième jour

La Charité de Sainte Élisabeth


Toute la vie chrétienne se résume dans la charité, qui est comme la somme ou plutôt le produit de toutes les vertus et de tous les actes vertueux. Dieu est charité, dit saint Jean (1ere Épitre 4: 8); et le chrétien doit devenir charité. La charité est le lien de la perfection (Colossiens 3: 14), par laquelle le chrétien doit ressembler à Dieu: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. (Saint Matthieu 5: 48.) Dans son amour infini, Dieu s'aime lui-même et aime en lui-même toutes ses créatures le chrétien doit de même aimer Dieu de toutes les puissances de son être et aimer en Dieu toutes les créatures, dans l'ordre où Dieu les aime. C'est par l'amour que le chrétien marche vraiment vers sa fin et accomplit, autant qu'il est en lui, le devoir qui lui incombe de conduire, dans la mesure de ses forces, les autres créatures vers leur fin en d'autres termes, la vraie charité, le vrai amour de Dieu « est l'effort assidu de toutes les puissances de l'âme pour faire que la volonté de Dieu soit accomplie » (Saint Basile). La charité est donc « la très vraie, très entière et très parfaite justice » (Saint Augustin). Quelle chose précieuse que la charité Quand l'homme donnerait tous ses soins pour acquérir l'amour, il l'achèterait pour rien; et sa vie elle-même serait peu de chose en comparaison de la grandeur de l'amour. (Cantique des Cantiques, 8:7) Mais l'amour est  essentiellement actif. « Jamais l'amour de Dieu n'est oisif, dit saint Augustin quand il existe, il opère de grandes choses; mais s'il refuse d'agir, il n'existe pas ». « Bien plus, dit saint Thomas, l'amour de Dieu opère de grandes choses, et il croit faire peu; son zèle se multiplie et il se croit inactif les plus longs travaux lui semblent courts ». Demandons à sainte Élisabeth de nous enseigner par son exemple comment agit l'amour.

Sainte Élisabeth pratiqua la charité d'une manière sublime. Elle donna son cœur à Dieu seul, et, pour être vraiment à lui, elle renonça à tout. Toute sa vie ne fut qu'un dépouillement continuel, pratiquant à la lettre ce qu'a dit Notre-Seigneur: « Celui qui ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut pas être mon disciple » (Saint Luc 14). Soit que ce dépouillement fût voulu par elle, soit que Dieu lui-même la dépouilla en permettant à la mort et à l'injustice des hommes de l'accabler, soit que le dépouillement lui fût imposé de la part de Dieu, toujours elle l'accomplit en son cœur avec la plus parfaite soumission et en rendant grâces de ce que ces dépouillements la rendaient plus libre pour aller à Dieu seul. Elle ne connut aucune mesure dans sa charité; elle aima Dieu, l'aima d'une façon absolue, d'un amour d'entière préférence. Rien dans sa vie ne fut jamais admis en comparaison avec l'amour de Dieu dans ses moindres manifestations. Elle ne se contenta pas des plus vifs sentiments de l'amour, mais elle savait que l'amour inactif n'est pas un véritable amour. « La preuve de l'amour, dit saint Grégoire, ce sont ses œuvres ». Les œuvres de l'amour sont tout d'abord la réalisation en nous de la ressemblance avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aimer ce qu'il a aimé et comme il a aimé souffrir ce qu'il a souffert, comme il l'a souffert et pourquoi il l'a souffert tel est le programme de la vraie charité. Sainte Élisabeth le réalisa en aimant ce que Jésus-Christ a aimé, c'est-à-dire les hommes et surtout les malheureux, à qui elle a donne tout ce qu'elle avait et à qui elle s'est donnée elle-même, pour soigner leurs corps et guérir leurs âmes. Comme Jésus-Christ, elle a voulu souffrir pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes. De là ses mortifications, ses pénitences, ses humiliations. Élisabeth aima vraiment comme le veut l'Apôtre de la charité: « N'aimons pas en paroles ni avec la langue, mais par nos œuvres, en toute vérité » (1ere Épitre de saint Jean, 3: 18.)


O bienheureuse Élisabeth, que votre charité est admirable Comme vous avez ressemblé à Jésus-Christ! Vous vous êtes donnée à Dieu de la façon la plus entière et vous avez mérité d'entendre le divin Maître vous dire ces paroles de tendresse: « Veux-tu être avec moi comme moi je suis avec toi? » Et une autre fois: « Aie bon courage, ma fille, je suis avec toi ». Heureuse êtes-vous d'avoir mérité ce témoignage de l'amour de Jésus-Christ. Vous avez aimé Dieu de tout votre cœur; mais vous avez compris aussi la parole de saint Jean, le saint que vous avez préféré, que vous avez voulu avoir pour protecteur et pour modèle spécial: « Si quelqu'un dit qu'il aime Dieu et n'aime pas son frère, celui-là est un menteur » (1ere Épitre de saint Jean, 4:20); et votre charité s'est répandue sur les hommes, soulageant toutes les misères. Des peuples entiers ont crié vers Dieu leur reconnaissance vous avez été pour eux la joie et la paix, vous avez été pour eux le salut du corps et surtout de l'âme; et vous avez recueilli la récompense promise à ceux qui ont possède la vraie charité. Bienheureuse Élisabeth, priez pour nous, afin que nous vous suivions dans la voie de la vraie charité, afin que nous méritions, comme vous, d'être avec Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)


Neuvième jour

La mort de Sainte Élisabeth

Après une journée de fatigue, le corps trouve dans le sommeil, frère de la mort, le renouvellement de ses énergies. Après une longue. vie de pénitence et de mortification, le corps des saints s'endort dans la mort pour y retrouver l'éclat de la résurrection et le renouveau de l'immortalité. La mort est la loi universelle. Jésus-Christ est mort mais la gloire a environné son sépulcre; les saints meurent, et tandis que leurs âmes vont jouir de la vision béatifique, leur tombeau devient aussi une manifestation de leur gloire car la mort des saints n'a rien de terrible ni d'effrayant; la mort des saints est le terme naturel de leur voyage vers Dieu; c'est le moment béni où ils trouvent l'objet de leurs longues recherches, où ils atteignent l'objet de leurs ardentes aspirations. Pour eux, la vie est longue et pénible leur cœur, détaché de tout ne trouve sur la terre aucun endroit où il puisse se reposer. Chaque jour il espère que ce sera le dernier de son long pèlerinage, et chaque soir il espère que les ténèbres terrestres où son corps va s'endormir seront illuminées des clartés éternelles où il verra son Dieu. Il dit chaque jour comme saint Paul: « Nous savons que, si notre demeure terrestre est détruite, Dieu nous en construira une autre, non pas périssable comme celles que les hommes construisent, mais éternelle dans les cieux ». (2 Corinthiens., 5:1) « Il faut, dit-il encore, que ce qui est corruptible devienne incorruptible, il faut que ce qui est mortel revête l'incorruptibilité ». (1 Corinthiens 15:53.) Dès lors, n'est-il pas naturel qu'il désire être dissous pour être avec le Christ? Bienheureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur. (Apocalypse 14:3.)


La vie tout entière de sainte Élisabeth fut une longue et assidue préparation à la mort bien plus, on peut dire que sa vie fut une ardente aspiration à la mort. En effet, elle aspirait sans cesse à être unie à son Dieu elle voulait lui être unie d'une façon absolue, indéfectible, irrévocable. Or, vouloir cette union, c'est vouloir, comme saint Paul, la dissolution de son corps pour être avec le Christ. Pour se préparer à la mort, ou plutôt, pour aider la mort, elle a accompli elle-même tout ce que la mort doit accomplir elle s'est séparée de tout ce qu'elle aimait sur la terre, elle s'est dépouillée de tout ce qu'elle possédait, et lorsque, ainsi seule, elle n'eût plus rien qui la rattachât à la vie, elle attendit l'invitation de l'Époux céleste. Répondant enfin aux ardents désirs de cette fiancée qui soupirait sans cesse après l'union finale, Jésus-Christ vint à elle visiblement: « Viens, Élisabeth, ma fiancée, lui dit-il, ma tendre amie, ma bien-aimée viens avec moi dans le tabernacle que je t'ai prépare de toute éternité: c'est moi-même qui t'y conduirai ». Avec quelle allégresse elle fit ses derniers préparatifs pour le départ, et fit ses adieux à tous ceux qu'elle avait aimés pour l'amour de Dieu. et leur donna le céleste rendez-vous. Avec quelle joie elle supporta les douleurs que l'œuvre de la mort faisait éprouver à son corps! Elle chantait déjà sur la terre avec les anges le cantique éternel. Elle chantait en voyant venir le Fiancé chercher sa fiancée. Qui donc n'envierait pas une telle mort? Qui donc ne voudrait pas vivre comme sainte Élisabeth pour avoir le bonheur de mourir comme elle?


O Sainte Élisabeth, combien votre sainte mort est différente de la mort de la plupart des hommes! La pensée de la mort nous remplit d'épouvanté, parce que nous ne la comprenons pas, et surtout parce que nous ne nous y préparons pas. Nous ne la comprenons pas, car nous oublions que la mort est la fin de la peine et le commencement du bonheur, la fin d'un long pèlerinage dans la vallée des larmes et l'arrivée dans la patrie de la paix et de l'allégresse. Nous ne nous y préparons pas, et nous craignons la mort, car elle est accompagnée du redoutable jugement de Dieu. Pour ne pas craindre la mort, il faut suivre votre exemple: il faut faire en nous chaque jour l'œuvre de la mort; il faut surtout aspirer à la possession de ce Dieu que nous devons reconnaître comme notre souverain bien, comme notre seul et unique bien. Sainte Élisabeth, dissipez les ténèbres où nous nous égarons; chassez ces illusions qui nous trompent. Apprenez-nous à mourir par l'exemple de votre mort bienheureuse, et attirez-nous à votre suite auprès de ce Dieu qui vous a reçue entre ses bras et qui vous fait partager sa gloire éternelle. Ainsi soit-il.

Notre Père, je Vous salue Marie

Prière (Comme au premier jour.)

Neuvaine extraite de « Sainte Élisabeth de Hongrie », œuvre de Saint François d'Assise, collection Bibliothèque Franciscaine, 1902

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25 juillet 2010

Litanies des Saints et Bienheureux de la Compagnie de Jésus

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Litanies des Saints et Bienheureux de la Compagnie de Jésus


Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Dieu, notre Père des cieux, ayez pitié de nous.

Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.

Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, un seul Dieu, ayez pitié de nous.


Sainte Marie, Mère de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, priez pour nous.

Sainte Marie, Mère et Reine de la Compagnie de Jésus, priez pour nous.

Notre Dame de Montserrat, priez pour nous.

Notre-Dame du Chemin, priez pour nous.


Saint Père Ignace de Loyola, priez pour nous.

Saint François Xavier, premier compagnon de Saint Ignace et missionnaire, priez pour nous.

Saint François de Borgia, modèle de renonciation, priez pour nous.

Saint Stanislas Kostka, modèle et patron des novices, priez pour nous.

Saints Edmond Campion, Robert Southwell et vos compagnons, martyrs du Christ, en Angleterre, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague et Saint Jean Berchmans, modèles et patrons des novices de la Compagnie de Jésus et des jeunes, priez pour nous.

Saints Paul Miki, Jacques Kisai et Jean Soan de Goto, martyrs du Christ au Japon, priez pour nous.

Saint Pierre Canisius et Saint Robert Bellarmin, docteurs de l'Église, priez pour nous.

Saint Jean Ogilvie, martyr du Christ en Ecosse, priez pour nous.

Saints Bernardin Realino, Jean François Régis et François Jérôme, missionnaires des villes et des campagnes, priez pour nous.

Saint Alphonse Rodriguez, modèle et patron de nos frères, priez pour nous.

Saints. Melchior Grodziecki et Stephen Pongrácz, martyrs du Christ à Košice, priez pour nous.

Saints Roch Gonzalez, Alphonse Rodriguez et Jean del Castillo, martyrs du Christ au Paraguay, priez pour nous.

Saints Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et vos compagnons, martyrs de Jésus-Christ en Amérique du Nord, priez pour nous.

Saint Pierre Claver, défenseur des esclaves en Amérique du Sud, priez pour nous.

Saint André Bobola, martyr du Christ en Pologne, priez pour nous.

Saint Jean de Brito, martyr du Christ en Inde, priez pour nous.

Saint Claude La Colombière, fidèle ami et apôtre du Sacré-Cœur, priez pour nous.

Saint Joseph Pignatelli, lien sacré entre l'ancienne société et sa restauration, priez pour nous.

Saint Léon Mangin et ses compagnons, martyrs du Christ en Chine, priez pour nous.

Saint Joseph Rubio, apôtre de Madrid, priez pour nous.

Saint Alberto Hurtado, agent du changement social au Chili, priez pour nous.


Tous les saints de la Compagnie de Jésus, priez pour nous.


Bienheureux Pierre Favre, premier compagnon de Saint Ignace et apôtre des Exercices Spirituels,  priez pour nous.

Bienheureux Ignace de Azevedo et vos compagnons, martyrisés en pleine navigation vers le Brésil, priez pour nous.

Bienheureux Thomas Woodhouse, Ralph Ashley et vos compagnons, martyrs du Christ en Angleterre, priez pour nous.

Bienheureux Rodolphe Acquaviva, François Aranha et vos compagnons, martyrs de Jésus-Christ en Inde, priez pour nous.

Bienheureux Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrs de l'Eucharistie en France, priez pour nous.

Bienheureux Joseph de Anchieta, apôtre du Brésil, priez pour nous.

Bienheureux Charles Spinola, Sebastian Kimura et vos compagnons, martyrs du Christ au Japon, priez pour nous.

Bienheureux Dominique Collins, martyr du Christ en Irlande, priez pour nous.

Bienheureux Diego Luis de San Victor, martyr du Christ en Micronésie, priez pour nous.

Bienheureux Julien Maunoir et Antonio Baldinucci, prédicateurs zélés de la Parole de Dieu, priez pour nous.

Bienheureux Jacques Bonnaud et vos compagnons, martyrs du Christ en France, priez pour nous.

Bienheureux Jacques Berthieu, martyr du Christ à Madagascar, priez pour nous.

Bienheureux Jean Beyzym, serviteur des lépreux à Madagascar, priez pour nous.

Bienheureux Miguel Pro, martyr du Christ au Mexique, priez pour nous.

Bienheureux François Garate, humble portier qui avez trouvé Dieu en toutes choses, priez pour nous.

Bienheureux Rupert Mayer, apôtre de Munich et courageux témoin de la vérité, priez pour nous.

Bienheureux Tomás Sitjar Fortiá et vos compagnons, martyrs du Christ à Valence, priez pour nous.


Tous les Bienheureux de la Compagnie de Jésus, priez pour nous.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


Saints Pères et Frères, scolastiques et les novices de la compagnie de Jésus,

qui nous avez précédés dans le service du Seigneur,

priez pour nous afin que nous devenions dignes des promesses d notre Seigneur Jésus Christ.


Prions


O Dieu, Père de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, bien que nous soyons pécheurs, Vous nous avez appelés à devenir disciples de Votre Fils et à nous engager dans la lutte cruciale de notre temps, lutte pour le triomphe de la foi, de la justice et de l'amour. Accompagnez-nous dans le travail que vous avez commencé avec Saint Ignace de Loyola et tant de ses saints Fils. Conduisez-nous avec Jésus, Votre Divin Fils, et gardez-nous toujours sous la bannière de la Croix afin que ne nous servions que Vous et Votre Sainte Eglise. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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23 juillet 2010

Prière de Sainte Claire d'Assise aux Saintes Plaies

23 juillet 2010

Le Notre Père

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23 juillet 2010

Le Credo

22 juillet 2010

Message de Marie Reine de la Paix à Medjugorje du 25 juin 2010

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Message de Marie Reine de la Paix à Medjugorje du 25 juin 2010

Prière avant de lire le message

Vierge Marie, Nous te demandons la grâce de ne pas recevoir ton message mensuel d'une manière superficielle. Fais au contraire que nous l'écoutions avec un cœur grand ouvert et avec un amour très intense pour toi et pour Jésus. Fais aussi et surtout que nous le mettions en pratique, de telle sorte que le grain que tu as semé tombe dans une bonne terre et qu'il puisse porter beaucoup de fruit. Amen 

« Chers enfants, avec joie Je vous invite tous à vivre joyeusement Mes Messages; seulement ainsi, petits enfants, pourrez-vous être plus près de Mon Fils. Et Moi, Je désire vous conduire tous uniquement à Lui et, en Lui, vous trouverez la vraie paix et la joie de votre cœur. Je vous bénis tous et Je vous aime d'un amour incommensurable. Merci d'avoir répondu à Mon appel. »


Mot d'ordre


Quelle beauté et quelle bonté dans ces quelques paroles… et encore nous n’entendons pas la voix claire et douce de la sainte Vierge mais nous pouvons l’imaginer comme un tintement de clochette, comme le son d’un cristal pure, comme des gouttelettes d’eau fraîche. Et elle nous dit que son amour pour nous est incommensurable, sans limite, infini. Comment lui résister ? Bien sûr nous ferons ce qu’elle nous demande avec la joie des enfants qui préparent une surprise pour leur maman. Quel bonheur d’avoir la Sainte Vierge!


Frère Ephraïm, Diacre Permanent

Fondateur de la Communauté des Béatitudes

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Trois des six voyants de Medjugorje (Vicka, Marija et Ivan) ont encore des apparitions quotidiennes. Il arrive parfois, mais c'est assez rare, que les messages soient rendus publiques. Voici les derniers que nous connaissons. 

 

Messages reçus par Miriana

La voyante Mirjana, qui a cessé d'avoir des apparitions quotidiennes le 25 décembre 82 et voit désormais la Vierge le 18 mars de chaque année, est régulièrement gratifiée d'apparitions le "2" du mois. Avec Marie, elle prie alors pour les non-croyants. Ces messages ne sont pas toujours rendus publiques, mais voici les derniers que nous connaissons (traductions officielles) :

Le 2 mai 2010

« Chers enfants, aujourd'hui, à travers Moi, votre Bon Père vous invite, afin qu'avec l'âme remplie d'amour, vous vous engagiez dans un cheminement spirituel. Chers enfants, remplissez-vous de grâce, repentez-vous sincèrement de vos péchés et désirez ardemment le bien. Désirez-le aussi ardemment au nom de ceux qui n'ont pas connu la perfection du bien. Vous serez plus chers à Dieu. Je vous remercie ».

Le 2 juin

« Chers enfants, aujourd'hui, à travers le jeûne et la prière, Je vous invite à percer le chemin par lequel Mon Fils entrera dans vos coeurs. Accueillez-Moi comme Mère et comme Messagère de l'Amour de Dieu et de Son Désir de votre salut. Libérez-vous de tout ce qui, de votre passé, vous pèse, de ce qui vous donne un sentiment de culpabilité, de tout ce qui, de votre vie passée, vous a amenés dans l'erreur-les ténèbres. Accueillez la Lumière! Renaissez dans la justice de Mon Fils. Je vous remercie ».


Le 2 juillet

« Chers enfants, l'appel maternel que Je vous adresse aujourd'hui est un appel de vérité et de vie. Mon Fils, qui est la vie, vous aime et vous connaît dans la vérité. Pour vous connaître et vous aimer vous-mêmes, vous devez connaître Mon Fils, et pour connaître et aimer les autres, vous devez voir Mon Fils en eux. C'est pourquoi, mes enfants, priez! Priez, afin de comprendre et, avec un esprit libre, de vous abandonner et de vous transformer pleinement, et d'avoir ainsi le Royaume des cieux dans vos coeurs sur la terre. Je vous remercie ».

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Messages reçus par Ivan

Le 22 janvier 2010

« Mes chers enfants, aujourd'hui votre Mère est joyeuse! En ces temps difficiles, Je demande de renouveler la prière dans les familles. Mes chers enfants, Je veux que Mon Fils naisse à nouveau à travers la prière. Merci de m'accepter ainsi que Mes Messages ».

Le 11 février 2010

« Mes chers enfants, aujourd'hui Je vous demande, en ce temps de grâce, de vous décider à prier plus, d'abandonner quelque chose à quoi vous tenez vraiment et de Me le donner. Mes chers enfants, priez en famille afin que le Saint Esprit puisse se répandre sur vos familles. Priez, mes chers enfants, priez. Merci, mes chers enfants, d'avoir répondu à Mon appel ».

Le 7 mars 2010

« Mes chers enfants, Je veux que vous vous mettiez à genoux devant la Sainte Croix durant ces jours, vous et votre famille, ensemble, et Je veux que vous priiez. Priez devant la Sainte Croix. Je veux que vous méditiez le supplice de Mon Fils. Lisez la Sainte Bible, surtout ces passages qui se rapportent à ces jours. Merci, chers enfants, d'avoir répondu à mon appel ».

Le 14 mai 2010

« Chers enfants, aujourd'hui encore Je suis avec vous dans la joie. Apportez cet amour aux autres. Pardonnez. Chers enfants, priez ensemble avec la Mère. Priez pour les familles et pour la sainteté de la famille. Votre Mère prie avec vous. Votre Mère vous recommande à Son Fils. Merci de vivre les messages ».

Le 15 mai 2010

« Chers enfants, aujourd'hui encore Je suis avec vous dans la joie. Priez pour Mes plans que Je souhaite voir se réaliser. Sacrifiez-vous vous-mêmes. Priez, chers enfants. Merci d'avoir répondu à Mon appel. Allez en paix, mes chers enfants ».

Le 25 juin 2010

« Chers enfants, aujourd'hui encore votre Mère se réjouit et vous appelle à être les porteurs de sa paix. Croyez à mes messages, en ce monde. Chers enfants, Je voudrais que vous soyez mon signe. Prenez mon message, que je vous ai donné aujourd'hui, et vivez-le. Mes chers enfants, votre Mère prie toujours avec vous et Elle vous recommande à Son Fils. Merci d'accepter Mes messages et de les vivre ».

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Apparitions annuelles

Trois des six voyants de Medjugorje n'ont plus d'apparition quotidienne. Toutefois, ils continuent à voir la Vierge une fois par an.

 

Ivanka

Dernière apparition quotidienne : le 7 mai 1985

L’apparition, qui a duré 6 minutes, a eu lieu dans la maison familiale d’Ivanka. Seule sa famille était présente. Après l’apparition, la voyante a dit que la Vierge lui avait parlé du 5ème secret. « Chers enfants, recevez ma bénédiction maternelle ». 

 

Mirjana

Dernière apparition quotidienne : le 25 décembre 1982

Message reçu le 18 mars 2010 : Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées pour la prière à la Croix Bleue. L’apparition a commencée à 13:50 et a duré jusqu’à 13:54. »

« Chers enfants! Aujourd’hui, Je vous invite à aimer de tout votre coeur et de toute votre âme. Priez pour le don de l’amour, car, quand l’âme aime, elle appelle Mon Fils à elle. Mon Fils ne rejette pas ceux qui l’appellent et qui désirent vivre selon Lui. Priez pour ceux qui ne comprennent pas l’Amour, qui ne saisissent pas ce que signifie aimer. Priez pour que Dieu soit pour eux un Père et non un juge. Mes enfants, vous, soyez mes apôtres, soyez mon fleuve d’amour. J’ai besoin de vous. Je vous remercie. »


Jakov

Dernière apparition quotidienne : le 12 septembre 98


Message reçu le 25 décembre 2009 : La Vierge est venue portant l’Enfant Jésus dans ses bras. L’apparition a commencé à 14h35 et a duré 12 minutes. 

« Chers enfants. Pendant tout ce temps où Dieu Me permet de manière spéciale d’être avec vous, Je désire vous guider sur le chemin qui mène à Jésus et à votre salut. Mes petits enfants, ce n’est qu’en Dieu que vous pouvez trouver le salut, et c’est pourquoi, spécialement en ce jour de grâce, avec le petit Jésus dans les bras, je vous invite: permettez à Jésus de naître en vos coeurs! Seulement avec Jésus dans le coeur, vous pouvez vous mettre en marche sur le chemin du salut et de la vie éternelle. Merci d’avoir répondu à Mon appel. »

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Réponses brèves données par les voyants de Medjugorje

aux questions courantes qui leurs sont posées



Dites-moi d'abord: de quelle taille pourrait être la Gospa, telle que vous la voyez?
« Environ 1m 65. - Comme moi ». (Vicka)

Est-ce qu'Elle est plutôt mince, ou...?

Elle est plutôt mince.

On pourrait lui donner combien de kilos?

Approximativement 60 kg.

Quel pourrait être son âge?

Entre 18 et 20 ans.


Quand Elle est avec l'Enfant Jésus, est-ce qu'Elle paraît plus âgée?

Elle paraît comme toujours, identique.

Quand la Gospa est avec vous, est-ce qu'Elle se tient toujours debout ou...
Elle se tient toujours debout!


Elle se tient sur quoi?

Sur un petit nuage.


Quelle est la couleur de ce petit nuage?

Le petit nuage est blanchâtre.


Est-ce que vous l'avez jamais vu à genoux?

Jamais! (Vicka, Ivan, Ivanka)


Votre Gospa a certainement aussi un visage. Comment est-il: rond, ou plutôt oblong, ovale?
Plutôt oblong, ovale, normal.


Quelle est la couleur de son visage?

Normale, plutôt blanche, rougeâtre sur les pommettes.


Quelle est la couleur de son front?

Normale, généralement blanche comme le visage.


Comment sont les lèvres de la Gospa ? Plutôt épaisses ou fines?
Normales, belles, plutôt fines.


De quelle couleur?

Rougeâtre, couleur naturelle.


Est-ce que la Gospa a des petits creux sur les joues (des faussettes), comme cela peut arriver chez nous, les hommes ?

Ordinairement pas, peut-être un peu si elle sourit. (Mirjana)

Est-ce qu'on peut ordinairement remarquer un certain sourire doux sur son visage?

Peut-être, plutôt quelque chose comme une douceur indescriptible, un sourire est visible  comme sous la peau. (Vicka)


Quelle est la couleur des yeux de la Gospa?

Ses yeux sont magnifiques! Explicitement bleus. (tous)


Plutôt grands ou?

Normaux, peut-être un peu plus grands. (Marija)


Comment sont les cils?

Tendres, normaux.

Quelle est la couleur de ses cils?

Normale, pas de couleur particulière.


Plus fins ou?

Ordinaires, normaux.


La Gospa a certainement un nez. Comment est-il: pointu ou…?

Un beau, un petit nez. (Mirjana) Normal, harmonieux par rapport au visage. (Marija)


Et les sourcils de la Gospa?

Les sourcils sont fins, normaux, plutôt noirs.


Votre Gospa, comment est-elle habillée?

Elle porte une robe simple de femme.


Quelle est la couleur de sa robe?

La robe est grise, peut-être un peu bleu-gris. (Mirjana)


Est-ce que la robe est serrée autour du corps ou bien elle tombe librement?

Elle tombe librement.


Quelle est la longueur de la robe en bas?

En bas jusqu'au petit nuage sur lequel elle se tient, elle se perd dans le nuage.


Et autour du cou?

Normale, jusqu'au début du cou.


Est-ce qu'on voit une partie du cou de la Gospa?

On voit le cou, mais on ne voit rien de la poitrine.


Quelle est la longueur des manches?

Jusqu'aux poignets.


Est-ce que la robe de la Gospa a une bordure?

Aucune.


Est-ce que la Gospa est serrée autour de la taille par une ceinture?

Non. Par rien.


Le corps de la Gospa que vous voyez, est-ce qu'il laisse entrevoir la féminité du corps?

Bien sûr que oui! Mais rien de particulier. (Vicka)


Est-ce que la Gospa a encore quelque chose en plus que cette robe que vous avez décrite?

Elle a un voile sur la tête.


Quelle est la couleur de ce voile?

Le voile est de couleur blanche.


Entièrement blanc ou…?

Entièrement blanc.


Qu'est-ce que recouvre le voile?

Il recouvre la tête, les épaules et tout le corps du dos et sur les côtés.


En bas, il descend jusqu'où?

Il descend jusqu'au petit nuage, comme la robe.


Devant, il la recouvre jusqu'où?

Il la recouvre du dos et sur les côtés.

Est-ce que le voile semble plus ferme, plus épais que la robe de la Gospa?

Non, il ressemble à la robe.


Est-ce qu'il y a des ornements sur le voile?

Aucun ornement.


Est-ce que le voile a des bordures?

Aucune bordure.

Est-ce que la Gospa a des bijoux?

Aucun bijou.


Par exemple, sur la tête ou autour de la tête?

Oui, elle a une couronne d'étoiles sur la tête.

Est-ce qu'elle a toujours les étoiles autour de la tête?

Ordinairement oui, oui toujours. (Vicka)


Par exemple, quand elle apparaît avec Jésus?

Pareil.


Combien d'étoiles y a-t-il?

Douze.


Elles sont de quelle couleur?

Dorées.


Est-ce qu'elles sont liées entre elles?

Elles doivent être liées, comment pourraient-elles tenir? (Vicka)


Est-ce qu'on voit si peu que ce soit des cheveux de la Gospa?

On voit un peu des cheveux.


Où est-ce qu'on les voit?

Un peu au-dessus du front, sous le voile, du côté gauche.


De quelle couleur?

Couleur noire.


Est-ce qu'on voit jamais même une oreille de la Gospa?

Non, on n’en voit jamais.


Comment est-ce possible?

Mais, les oreilles sont recouvertes par le voile!


Qu'est-ce que la Gospa regarde ordinairement pendant l'apparition?

Ordinairement, c’est nous qu’elle regarde, parfois autre chose, ce qu'elle montre.


Comment la Gospa tient-elle alors ses bras?

Les bras sont libres, ouverts d'une manière détendue.


Quand est-ce qu'elle tient ses mains jointes?

Presque jamais, peut-être parfois pendant le « Gloire au Père ».


Est-ce qu'elle bouge, est-ce qu'elle fait des gestes avec ses mains pendant l'apparition?

Elle ne fait aucun geste, sauf si elle montre quelque chose.


Quand elle tient ses bras ouverts, dans quel sens sont tournées les paumes de ses mains?
Les paumes de ses mains sont ordinairement tournées vers le haut d'une manière détendue, ses doigts aussi sont détendus.


Est-ce qu'on voit alors ses ongles?

On les voit partiellement.


Ils sont comment, de quelle couleur?

Couleur naturelle, les ongles sont propres, blancs comme la neige.


Est-ce que vous avez jamais vu les pieds de la Gospa?

Non, jamais - ils sont toujours couverts par la robe.


Enfin, est-ce que la Gospa est vraiment belle comme vous l'avez dit?

Mais en fait, nous ne t'avons rien dit là-dessus, sa beauté ne se laisse pas décrire, ce n'est pas cette beauté qui est la nôtre, c'est quelque chose de paradisiaque, quelque chose de céleste, quelque chose que nous ne verrons qu'au Ciel, et seulement dans une certaine mesure.

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Retrouvez l'intégralité des Messages de Marie Reine de la Paix à Medjugorje en cliquant sur le lien suivant:
http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-cat-83937-273707-marie_reine_de_la_paix_et_de_la_reconciliation.html

19 juillet 2010

Les Apparitions de Notre Dame de Lourdes

19 juillet 2010

Sainte Anne d'Auray, le Lourdes de Bretagne

18 juin 2010

Invocations en l'honneur de l'Immaculée Conception

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Invocations en l'honneur de l'Immaculée Conception

Nous vous louons, ô Marie, et nous proclamons avec joie votre Conception immaculée.

La terre et les cieux admirent votre pureté divine, ô Vierge, Mère du Sauveur !

Dans tous les lieux du monde, les âmes coupables ont recours à vous, ô Marie, refuge des pécheurs !

Les Chrétiens de toutes les nations, les cœurs les plus purs s'unissent pour célébrer votre Conception sans tache.

Ô Immaculée, toujours immaculée !

Ô Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu !

Vous êtes aimable comme une aurore naissante ; votre clémence est pour les mortels comme un soleil bienfaisant.

Toute la cour céleste célèbre votre gloire, ô Fille bien-aimée de Dieu le Père !

À votre nom l'enfer tremble, ô Mère admirable de Dieu le Fils !

Vous abrégez la peine des âmes qui souffrent dans le Purgatoire, ô épouse du Saint Esprit !

Tous les enfants de la sainte Église se plaisent à répéter : Salut à vous, Reine des Cieux, Mère de miséricorde !

Bienheureuse est votre mère sainte Anne ; saint Joseph, fidèle gardien de votre virginité, est digne de tout respect.

C'est par vos mains toutes célestes que Dieu répand l'abondance de ses grâces et de ses faveurs.

C'est en vous, Vierge très pure, que le Fils de Dieu est descendu pour racheter tous les hommes.

L'archange vous a saluée pleine de grâces, et le Très-Haut a mis en vous toutes ses complaisances.

C'est près du trône de Dieu même que vous êtes assise, ô Reine du Ciel, et les Séraphins admirent la gloire qui vous environne.

Vous êtes notre Avocate, et vous demandez miséricorde pour les pécheurs.

Daignez donc, ô Marie, nous vous en supplions, daignez nous secourir, nous qui célébrons avec joie et amour votre immaculée Conception.

Obtenez-nous de partager un jour, dans le Ciel, la félicité des Anges et des Saints.

Protégez votre famille chérie, protégez vos enfants.

Comblez-les de vos faveurs, enrichissez-les de vos vertus.

Nous nous réunissons en cette solennité pour vous bénir ; et les siècles futurs rediront vos louanges.

Nous exaltons le nom de Marie, aimable par-dessus tous les noms ; ce nom est la gloire de la terre et des cieux.

Daignez, en mémoire de votre Conception sans tache, nous obtenir une inviolable pureté.

Montrez-vous toujours notre Mère, en vertu des paroles sacrées de votre divin Fils sur la croix.

Qu'à votre prière, Jésus montre à son Père les plaies qu'il a reçues pour nous.

Qu'il montre surtout son cœur percé par la lance en faveur des pauvres pécheurs.

Ô Marie pleine de clémence ! ô Marie notre Mère ! ne nous abandonnez jamais.

Que tous les esprits, tous les cœurs et toutes les bouches s'unissent pour célébrer le privilège de votre immaculée Conception, ô Marie !

Ainsi soit-il.

 

Vous êtes toute belle, ô Marie !

Et la tache originelle ne fut jamais en vous.

Prions

Ô Dieu, qui, par l'immaculée Conception de la Vierge Marie, avez préparé à votre Fils une demeure digne de lui, accordez à tous ceux qui célèbreront cette fête sacrée, la prospérité et la paix en cette vie, et donnez-leur, après leur mort, la félicité et la gloire du Paradis : par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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18 juin 2010

Litanies de la Providence Divine

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Litanies de la Providence Divine

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez nous.

Jésus-Christ, exaucez nous.

Père céleste, vrai dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Providence de Dieu, qui n’êtes autre chose que Dieu même, secourez-nous.

Divine Providence, par laquelle tout à été fait et sans laquelle rien ne subsiste, secourez-nous.

Vous qui avez pourvu aux besoins du premier homme avant qu’il fût créé, secourez-nous.

Vous qui pour réparer sa désobéissance, lui avez promis un Rédempteur, secourez-nous.

Vous qui dans l’attente du Désiré des nations, vous êtes fait connaître à votre peuple par une suite de témoignage et de prodiges, secourez-nous.

Aimable Providence, qui dans l’excès de votre charité pour tous les hommes, leurs avez donné un Dieu pour frère et pour Sauveur, secourez-nous.

Vous qui avez soustrait Jésus enfant à la fureur de l’impie Hérode, secourez-nous.

Vous qui vous êtes manifestée dans le premier miracle de Jésus aux noces de Cana, secourez-nous.

Vous qui vous êtes montré compatissante dans la multiplication des pains, secourez-nous.

Vous qui avez paru avec éclat dans les prodiges de bonté opérés par Jésus, secourez-nous.

Vous qui avez réconcilié le monde avec Dieu par le mystère profond des anéantissements et de la mort de son Fils, secourez-nous.

Vous qui par la grâce des Sacrements, avez pourvu à la guérison et à la sanctification de nos âmes,  secourez-nous.

Vous qui avez mis le comble à vos bienfaits, par l’institution du Sacrifice et du Sacrement par excellence, secourez-nous.

Providence ineffable, qui avez surtout éclaté dans l’établissement de l’Eglise, secourez-nous.

Vous qui avez choisi saint Pierre et ses successeurs pour être le les chefs et le fondement inébranlable, secourez-nous.

Vous qui par l’entremise d’un ange, avez brisé les chaînes du prince des apôtres, secourez-nous.

Vous qui, de saint Paul, persécuteur des fidèles, avez fait une colonne de la Foi, secourez-nous.

Vous qui, par vos apôtres, avez appelez toutes les nations à votre admirable Lumière, secourez-nous.

Vous qui avez affermi votre Eglise naissante et l’avez accrue par le triomphe des martyres, secourez-nous.

Vous qui lui avez promis que les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre  elle, secourez-nous.

Providence immuable qui, dans tous les temps, êtes également sage, puissante et généreuse envers ceux qui se confient en vous, secourez-nous.

Vous dont la tendre sollicitude s’étend sur toutes les créatures, secourez-nous.

Vous qui êtes l’asile des du pauvre, le fond et l’espoir de celui qui souffre, secourez-nous.

Vous qui disposez toutes choses pour le plus grand bien de ceux qui vous aiment et vous implorent,  secourez-nous.

Providence miséricordieuse, pardonnez nous notre peux de foi et de confiance, nous vous en prions exaucez nous.

Pardonnez nos ingratitudes et l’abus de vos bienfaits, nous vous en prions exaucez nous.

Pardonnez nous nos impatiences et nos murmures, nous vous en prions exaucez nous.

Préservez nous de la présomption et de la confiance en nos propres forces, nous vous en prions exaucez nous.

Préservez nous du découragement et du désespoir, nous vous en prions exaucez nous.

Préservez nous des fléaux que nous méritons et de nos péchés qui les attirent, nous vous en prions exaucez nous.

Providence attentive à tous nos besoins, aidez nous à nous détacher nous même et à nous attacher à vous, nous vous en prions exaucez nous.

Ne permettez pas que l’amour des biens périssables nous rende indignes de ceux de l’éternité, nous vous en prions exaucez nous.

Faites nous la grâce de chercher avant tout le royaume de Dieu, nous vous en prions exaucez nous.

Donnez nous la paix avec Dieu, par une parfaite soumission à ses volontés, nous vous en prions exaucez nous.

Donnez nous la paix avec notre prochain, par l’union d’une charité sincère, nous vous en prions exaucez nous.

Donnez nous la paix avec nous même, pour la victoire de nos passions et nos erreurs, nous vous en prions exaucez nous.

Adorable Providence, disposez de nous pour la santé où pour la maladie, que votre volonté soit faite.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Seigneur nous adorons, nous bénissons votre Providence Paternelle.

Et nous nous abandonnons à la conduite de votre sagesse.

Prions

O Dieu infiniment bon, infiniment puissant, qui abaissez sur nous les regards de votre Providence pour nous conduire et pourvoir à nos besoins, faites que nous nous soumettions si parfaitement à vos ordres, parmi les vicissitudes de cette vie passagère que, vous bénissant également dans le bien et dans les maux qui nous arrivent, nous méritions d’obtenir le pardon de nos péchés. Par Jésus Christ Notre Seigneur. Amen.

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17 juin 2010

Saint Expédit

17 juin 2010

L'Apparition de Pontmain

17 juin 2010

Litanies de Saint Louis de Gonzague

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Litanies de Saint Louis de Gonzague

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, mère de Dieu et la nôtre, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, patron de la jeunesse, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui avanciez en âge et en sagesse devant Dieu et devant les hommes, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui fûtes fidèle à Dieu jusque dans les moindres choses, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui désirâtes avec la plus vive ardeur la dissolution de votre corps, pour être réuni à Jésus-Christ, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui avez généreusement exposé votre vie pour soulager le prochain, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, à qui la crainte du Seigneur a fait supporter volontiers de cruelles douleurs, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui vîtes approcher votre dernière heure avec une âme véritablement magnanime, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, patron de la jeunesse , priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, dont la mort a été précieuse aux yeux du Seigneur, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui, dans le court espace de votre vie, avez fourni une longue carrière, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, dont la mort est pour la jeunesse un aiguillon et un modèle continuel de vertu, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, qui même après votre mort nous faites entendre votre voix, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, que le Seigneur a rendu participant de la gloire des Saints, priez pour nous,

Saint Louis de Gonzague, qui suivez en tous lieux l'Agneau sans tache, priez pour nous.

Saint Louis de Gonzague, notre protecteur et notre appui, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

Ne cessez, ô grand Saint, d'invoquer pour nous le Seigneur notre Dieu,

Afin qu'il nous accorde le salut.

Prions

Seigneur, qui, en appelant à vous Saint Louis de Gonzague, n'avez fait que l'élever à une vie plus parfaite, accordez-nous par ses mérites et son intercession, de persévérer si constamment dans la vigilance et la prière, que nous méritions de paraître purs à vos yeux au sortir de la vie, et de nous reposer éternellement avec lui dans le sein de votre miséricorde, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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17 juin 2010

Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague 3/3

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Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague

Cinquième Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de l'amour du prochain

Charité patiente

On n'aime pas son prochain, quand on ne sait pas souffrir patiemment ses défauts et ses imperfections; et c'est par cette raison, que la première qualité de la charité, selon la doctrine de l'apôtre saint Paul, est d'être patiente; la charité, dit-il, est patiente. On peut dire que saint Louis de Gonzague porta cette charité jusqu'à l'héroïsme. Il souffrait non seulement avec patience, mais avec joie, les mépris, les insultes et les outrages. Un des plus sûrs moyens de s'attirer des marques de sa bienveillance, était de lui témoigner peu d'estime et peu d'affection. Ce n'est pas qu'il fût insensible: au contraire, il était naturellement vif et impatient. On s'en était aperçu dans sa première enfance; mais il s'était tellement appliqué à dompter son humeur que, lorsqu'il fut parvenu à l'âge de raison, on n'aperçut jamais en lui aucun mouvement de colère ni d'impatience. Voulez-vous savoir si vous aimez votre prochain? voyez si vous supportez patiemment ses défauts, si vous ne lui témoignez, aucun mécontentement, et si vous ne cessez pas de l'aimer, quoiqu'il vous offense. La vraie charité n'envisage pas, dans son prochain, les qualités naturelles qui peu vent le rendre aimable; elle l'aime parce que Dieu le veut, parce qu'il le commande;elle ne voit que Dieu en lui, et elle couvre d'un voile toutes ses imperfections, parce qu'elle craint de les apercevoir. « La charité, dit l'apôtre Saint Pierre, couvre la multitude des péchés ». Mesurez la vôtre par cette règle, et vous n'y serez jamais trompé.

Une charité industrieuse

La charité est ardente et habile à trouver les moyens de se rendre utile au prochain. Le feu, qui est le plus actif de tous les éléments, est le symbole de cette vertu. Saint Louis de Gonzague ne cessa jamais de travailler au salut, au bonheur et à la consolation de ses frères. Il eut toujours une tendre compassion pour les malheureux, et rien ne le touchait plus sensiblement que le malheur de ceux qui s'égarent et qui se perdent dans les voies de l'iniquité. Etant encore dans le monde, ce jeune prince ne dédaignait pas d'enseigner la doctrine chrétienne au peuple le plus vil et le plus grossier; il l'exhortait à quitter ses mauvaises habitudes. Il employait une partie de son temps à terminer les procès et les querelles. Devenu religieux, il allait dans les rues de Rome instruire les plus pauvres, et les conduisait lui-même à leur confesseur. Ne pouvant encore prêcher dans les chaires, il tâchait du moins d'inspirer l'amour de la piété, par des conversations familières; et il expliquait les vérités éternelles d'une manière si touchante, qu'il convertit dans la ville de Sienne un grand nombre de jeunes gens qui embrassèrent l'état religieux. Songez à tout le bien que vous pouvez faire dans l'état où la Providence vous a placé, en instruisant le prochain au moins par de bons exemples, et par des sentiments de piété que vous tâcherez de leur inspirer à propos, selon les occasions; par là, vous pouvez vous approprier en quelque sorte les vertus et les mérites des autres, puisque vous en recueillerez les fruits et la récompense. Vous ferez valoir le Sang de Jésus Christ, puisque ce sera par vos soins qu'on le verra fructifier. Est-il une vertu plus belle et plus propre à orner une âme, que la charité? Est-il un travail plus noble et plus utile que celui qui a pour objet des biens éternels? Quel malheur si vous veniez à y renoncer par négligence ou par respect humain! Sachez que chacun de vous est chargé par le Seigneur de veiller et de travailler au salut de son prochain.


Une charité généreuse

L'acte le plus généreux et le plus héroïque de la charité chrétienne, est de sacrifier sa propre vie pour le saint de ses frères. La charité de saint Louis de Gonzague s'éleva jusqu'à ce degré sublime de la plu» haute perfection. Il en donna des preuves dans le temps que la ville de Rome fut affligée de la peste. Il demanda et il obtint la permission de se dévouer au service des pestiférés. Il y courut avec une telle ardeur que les autres rougissaient de prendre tant de précautions pour conserver leur vie, tandis que le jeune Louis exposait la sienne avec tant de courage; il s'attachait par préférence à rendre aux malades infectés de la contagion, les services les plus bas et les plus dégoûtants, et ce fut dans ce saint exercice qu'il contracta une maladie de langueur qui le consuma lentement, et qui le conduisit enfin au tombeau : peut-on se figurer une mort plus heureuse? Dès qu'il se vit près de sa fin, il chanta un cantique d'actions de grâces, et répéta plusieurs fois ces paroles du Prophète: « Nous irons avec joie dans la maison du Seigneur ». Il sut l'heure de sa mort par une révélation divine, et pendant une nuit, qui ne lui parut qu'un moment, il fut ravi en extase, et goûta d'avance les délices du paradis. Il rendit ensuite son âme à Dieu, en baisant le crucifix. Fut-il jamais une mort plus belle et plus désirable? Puisse-je, ô mon Dieu! mourir ainsi de la mort des justes! Avez-vous songé jusqu'à présent à vous procurer une mort sainte et précieuse devant Dieu? Pensez-vous que la vie que vous menez et les actions que vous faites soient propres à rendre votre fin heureuse? Nous ne faisons que semer pendant le cours de cette vie mortelle, dont la dernière heure est le temps de la moisson qui se fait par la faux tranchante de la mort. Préparez-vous donc une heureuse récolte par des semences de vertus, puisque vous êtes sûr, selon la parole de l'Apôtre, que l'homme ne recueillera que ce qu'il aura semé.

Prière

Grand saint! qui avez aimé le prochain comme vous-même, et plus que vous-même; s'il est vrai que la chanté qui naît sur la terre s'augmente et se perfectionne dans le ciel, ne puis-je pas espérer qu'étant aujourd'hui élevé dans ce séjour de la gloire, vous me ferez éprouver les effets de cette charité généreuse et compatissante que vous avez toujours exercée pendant votre vie, et que vous ne me refuserez pas une place dans votre cœur? J'ai recours à vous avec une humble confiance, daignez répandre sur moi quelques étincelles de ce feu divin dont vous fûtes embrasé. Je suis chrétien, et je n'aime pas mon prochain comme je le dois; je ne l'aime pas comme Dieu veut que je l'aime; je ne l'aime pas autant qu'il m'ordonne de l'aimer; je ne l'aime pas uniquement pour plaire à Dieu; je me conduis en aveugle,et ne prends point d'autre guide que mes passions. Aidez-moi à réformer le désordre habituel qui règne dans mes affections; et afin que je meure comme vous, de la mort des justes, apprenez-moi à sanctifier toutes les actions de ma vie , et obtenez moi des grâces qui me procureront une heureuse tranquillité à ce moment terrible qui doit décider de mon sort pour une éternité heureuse ou malheureuse. Ainsi soit-il.

Maximes de saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

« Prenez en bonne par tout ce que vous voyez faire aux autres et gardez-vous de trouver en eux plus de défauts que dans vous. Rejetez les pensées de vanité et d'orgueil qui vous portent à vous croire meilleur et plus estimable que les autres. Appliquez vous sans cesse à connaître vos défauts et à ignorer ceux de vos frères. La charité, dit saint Paul, ne pense mal de personne ».

« Celui qui néglige d'aider l'âme de son prochain ne sait pas aimer Dieu, puisqu'il ne cherche pas à augmenter sa gloire. Ne manquez jamais, dans la conversation, de saisir quelque occasion naturelle de blâmer le vice et de louer la vertu; si votre état ne vous met pas a portée de contribuer autrement au salut et à l'instruction du prochain, vous êtes obligé de l'instruire selon votre pouvoir; et si chacun doit parler avantageusement de sa profession, à plus forte raison un chrétien doit-il prendre hautement le parti de la vertu contre le vice ».

« Les entretiens qui ne roulent que sur des choses indifférentes n'ayant rien de contraire à la loi de Dieu, peuvent être permis; mais, dans la dernière maladie, une âme prête à paraître devant son Juge doit oublier toutes les. choses de la terre. Ne perdez jamais de vue cette maxime, quand une maladie dangereuse vous conduira aux portes de l'éternité; et lorsque vous visiterez les malades, tenez-leur des discours convenables à leur état. Que votre conversation soit' édifiante dans le temps de l'infirmité, dit le Sage; tâchez de vous sanctifier de plus en plus jusques au dernier soupir ».

Exemples

On raconte divers miracles opérés par l'intercession de saint Louis de Gonzague, que l'on peut regarder comme des preuves sensibles de sa charité bienfaisante et de sa tendre compassion pour les malheureux. Les religieuses d'un couvent de la ville de Fano, qui se trouvaient réduites à une extrême pauvreté, ayant eu recours à li i par de ferventes prières, une très petite quantité de farine qui leur restait, multipliée sans aucun secours humain, les fit subsister pendant plusieurs mois, et beaucoup de malades furent guéris par cette nourriture miraculeuse. Un pauvre artisan de la ville de Naples éprouva pareillement la charité du Saint dans une pressante nécessité. Il devait une somme de quarante ducats qu'il n'était pas en état de payer, et le terme du paiement étant expire, il sortit de sa maison, accablé de tristesse et réduit au désespoir. En passant devant l'église des Jésuites, il aperçut le portrait du bienheureux Louis de Gonzague qu'il ne connaissait pas, et dont il n'avait jamais entendu parler. C'était le jour où l'on célébrait sa fête; il considéra ce portrait avec beaucoup d'attention, et, dans le trouble où il était: « O saint jeune homme! s'écria-t-il, que cous en coûterait-il de payer mes dettes ». Le lendemain, en allant à la banque des pauvres, il rencontra tous ses créanciers, l'un après l'autre, qui lui apprirent qu'ils avaient reçu tout l'argent qu'il leur devait; qu'une personne inconnue le leur avait apporté de sa part, et qu'il était entièrement quitte envers eux. Il comprit alors que le Saint auquel il s'était adressé avait exaucé sa prière; et après lui avoir rendu grâces d'un si grand bienfait, il résolut de l'invoquer avec confiance et de se mettre sous sa protection.

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Sixième Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de l'amour que nous devons à Dieu

En elle-même

Si saint Louis de Gonzague fut un grand Saint par les autres vertus, il fut un ange et un séraphin par l'amour rie Dieu. Son cœur était embrasé d'un feu céleste, dont les ardeurs produisaient sur son corps des effets prodigieux. Il ne pouvait penser à la bonté divine ni en entendre parler, sans tomber dans un état de langueur et de défaillance. Son cœur était tellement ému qu'il en perdait la parole et la respiration. Son supérieur se crut obligé plus d'une fois de modérer les transports de son zèle, et il consentit, par obéissance, à se priver de la douceur ineffable de ses extases, en disant à Dieu:  « Retirez-vous de moi, Seigneur ». Que dois je penser de moi-même, à la vue d'an si grand prodige de ferveur et d'amour? Quoi! Seigneur, je ne puis me résoudre à vous aimer, vous ne trouvez en moi que froideur et qu'indifférence; cet amour que je vous dois est, de tous les sentiments, celui que mon cœur a le plus de peine à former? Fous ne lui offrez cependant que des objets capable de l'enflammer: une bonté immense et inaltérable, une intelligence sublime, une puissance sans bornes, une beauté parfaite, des perfections infinies; que faut-il donc de plus pour attirer mon amour? N'est-ce pas de vous que nous recevons tous les dons de la nature et de la grâce que vous nous accordez pour nous conduire à la gloire? Hélas! toutes ces vérités sont dans mon cœur: il les croit; mais il ne les sent pas; il n'en est pas enflammé. O insensibilité prodigieuse et incompréhensible! « Un homme, disait le Sage, peut-il donc tenir du feu dans son sein, sans qu'il prenne à ses vêtements? » Jusque à quand des vérités si capables d'allumer toutes les flammes de l'amour divin demeureront-elles ensevelies au fond de mon âme comme un feu caché sous la cendre? N'est-il pas temps qu'il éclate, et que, sans cesse excité par une méditation profonde et continuelle de ces grandes vérités, il produise dans mon cœur un embrasement qui ne finisse jamais?

En Jésus crucifié

La bonté divine ne parut jamais avec plus d'éclat que dans un Dieu crucifié, et c'était par la vue de ce Dieu mourant que saint Louis de Gonzague nourrissait son amour. Rien ne pouvait le détacher d'un objet si touchant: il considérait sans cesse les plaies et les souffrances de son Sauveur, qui lui inspirait un désir ardent de souffrir les opprobres et les douleurs, pour ressembler davantage à un Dieu souffrant et méprisé. Tourmenté cruellement par un violent mal de tête que lui causaient ses longues et fréquentes méditations, loin de vouloir en être soulagé, il cherchait plutôt à l'augmenter, parce qu'il le regardait comme une participation des douleurs de Jésus-Christ couronné d'épines. Il trouvait le secret d'adoucir chaque espèce de souffrance, par la considération de celles de Jésus-Christ, qui lui faisaient verser des torrents de pleurs. Vous n'êtes pas encore parvenu à ce degré d'amour qui nous rapproche si parfaitement d'un Dieu crucifié; vous n'êtes ni touché, ni attendri à la vue de ses souffrances, et vous ne sentez pas toute la reconnaissance que vous lui devez. Quoi donc! n'est-il pas juste que vous souffriez pour lui autant qu'il a souffert pour vous, et ne seriez-vous pas un monstre d'ingratitude, si vous ne l'aimiez pas autant qu'il vous a aimé? Prenez donc la résolution de méditer sans cesse les douleurs de sa passion. Si vous fixez sur lui toutes vos pensées, vous ne pourrez vous défendre de lui donner toutes vos affections, et de dire avec l'apôtre: « Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur Jésus, qu'il soit anathème ».

En Jésus caché dans le Très Saint Sacrement de l'autel

C'est dans le Sacrement de l'Eucharistie que nous découvrons toute l'étendue de la bonté divine; c'est dans ce sacrement que l'amour de Jésus Christ pour les hommes se manifeste par des effets prodigieux. « Ayant aimé les siens qui étaient sur ta terre, dit l'apôtre Saint Jean, les aima jusqu'à la fin ». Dès la première fois que Saint louis de Gonzague reçut la communion des mains de Saint Charles Borromée, il fit de cet auguste mystère l'objet éternel de son amour et de sa reconnaissance. A la vue de Jésus Christ caché sous les voiles eucharistiques, il parut animé d'une dévotion tendre, qui fit une vive impression sur tous les assistants. Il employait les trois jours qui précédaient sa communion à s'y préparer; et les trois suivants, à remercier le Seigneur d'un si grand bienfait. Toutes les fois qu'il participait a ce divin mystère, il fondait on larmes; en recevant le Corps adorable de son Sauveur, il s'abîmait, il s'anéantissait en sa présence. Si vous aviez seulement une étincelle d'amour pour Dieu, avec quelle ferveur ne le recevriez-vous pas dans la communion! Ne vous flattez pas de l'aimer, si vous négligez de vous unir à lui par la participation de son Corps et de son Sang. Quand on l'aime véritablement, loin de le fuir et de s'éloigner de lui, on le recherche avec empressement. « Venez, vous dit il, mes fidèles serviteurs, mangez ma chair et buvez mon sang ». Vous ne l'aimez pas, si Vous ne le recevez dans un cœur brûlant de chanté et d'amour, si vous ne lui rendez pas le plus parfait hommage par des actes de foi, d'espérance et de componction. Peut-être diriez-vous que vous ignorez la manière de former ces actes? cependant vous avez un grand maître qui s'offre à vous en instruire; adressez-vous à Jésus-Christ même, et il vous l'enseignera selon cette parole: « Approchez-vous de lui, et vous serez éclairés ».

Prière

Que n'ai-je, grand Saint, un cœur aussi pur, aussi touché, aussi enflammé que le votre de l'amour de son Dieu! et à qui pourrai-je mieux m'adresser pour changer mon cœur, qu'à vous qui avez imité sur la terre cette charité vive et ardente qui anime le» esprits bienheureux dans le ciel? J'ose donc vous le présenter ce cœur froid et insensible, daignez lui communiquer quelques étincelles de ce feu divin, dont vous avez reçu toutes les ardeurs; apprenez-lui à aimer son souverain bien. Oui, je le dis à ma honte, je manque à la plus essentielle de mes obligations, en refusant à mon Dieu l'amour que je lui dois. Je m'attache à de viles créatures, et je n'aime pas mon Créateur, mon Rédempteur et mon Père. Je vous conjure donc, grand Saint, par tout l'amour que vous portâtes à ce divin Maître, et que vous auriez voulu pouvoir allumer dans tous les cœurs, de m'inspirer d'autres sentiments. Obtenez moi la grâce de vivre et de mourir dans l'amour de mon Dieu; c'est la plus grande faveur que je puisse jamais attendre de votre puissante protection. Ainsi soit-il.

Maximes de Saint Louis de Gonzague, et pratique de vertus

« Celui qui a commencé à goûter combien il est doux d'être uni avec Dieu, de le servir et de l'aimer, se rend coupable d'un grand frime, s'il vient à renoncer à un si grand bonheur. Il est temps de vous unir à lui par les liens de l'amour. Accoutumez-vous donc à faire dans la journée des actes d'amour de Dieu, soit à la Messe, soit en visitant le Très Saint Sacrement. Hélas! un seul de ces actes suffit pour vous mettre en état de grâce, selon cette parole: « Celui qui m'aime sera aimé de mon Père ».

« On commence à ressentir les sentiment de l'amour divin, quand on désire sincèrement de l'aimer, et quand on est affligé de ne L'aimer pas. Ainsi, lorsque vous ne sentirez que de la froideur et du dégoût pour l'amour de Dieu, désirez du moins de l'aimer, et soyez affligé de votre indifférence. Ce désir et cette douleur vous obtiendront la grâce d'un véritable amour, selon cette parole: « Vous avez satisfait le désir de son cœur ».

« Celui qui veut aimer Dieu ne l'aime pas véritablement, s'il n'a un désir ardent et continuel de souffrir pour l'amour de lui. Quelque affliction que Dieu vous envoie, quelque peine, quelque dégoût que vous trouviez dans son service, soyez sûr que c'est par-là qu'il veut éprouver votre amour. Le Seigneur vous éprouve, afin que l'on connaisse si vous l'aimez ».

Exemple

L'an 1634, un jeune religieux de la Compagnie de Jésus , nommé Joseph Spinelli, étudiant en philosophie au collège de Palerme, fut attaqué d'une paralysie universelle, qui lui ôta jusque à l'usage de la parole. Il eût recours à saint Louis de Gonzague, pour lequel il avait depuis longtemps une dévotion particulière, et il fit vœu, si Dieu lui rendait la santé, de jeûner tous les ans, la veille de sa fête. Aussitôt il sentit un désir ardent de servir Dieu parfaitement, et il connut que cette grâce lui était accordée à la prière du Saint qui voulait guérir en même temps son corps et son âme. Quelques jours après, dans le temps qu'il redoublait ses prières avec une nouvelle ferveur, le Saint lui apparut, et lui dit ces paroles: « Joseph, le Seigneur vous rendra l'usage de la parole, quoique  par un juste jugement, vous eussiez dû en être privé pour le reste de votre vie; mais il veut que vous ne vous en serviez que pour travailler à sa gloire. N'en abusez donc jamais pour l'offenser; il faut que cette grâce soit le principe de votre salut, et qu'elle vous conduise au plus haut degré de la perfection religieuse: vous serez obligé de renouveler chaque jour la résolution que vous avez déjà prise de vivre avec plus de ferveur; ne vous laissez pas effrayer par les difficultés, je serai toujours votre guide et votre protecteur ». Le même Saint lui prédit, dans une autre apparition, qu'il serait bientôt en état d'entreprendre un long voyage. Il le guérit ensuite miraculeusement de toutes ses infirmités, et le mit en état de se consacrer aux missions des îles Philippines, où il travailla long-temps et avec fruit à la conversion des idolâtres.

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Pour le jour de la fête de saint Louis de Gonzague

Le 21 juin

Son Innocence

Le premier et le plus noble titre pour parvenir au bonheur du ciel, c'est l'innocence. Cette vertu peut se vanter d'être la plus fidèle au Dieu sanctificateur, la plus docile au Dieu rédempteur , et la plus chère au Dieu rémunérateur, puisqu'elle s'attache constamment et sans interruption à son service, avec une exactitude qui ne se dément jamais. « Qui sera digne de monter sur la montagne du Seigneur, et d'entrer dans son sanctuaire, demande le Prophète, et il répond que ce sera celui qui aura vécu dans l'innocence, ayant les mains nettes et le cœur pur ». Or, qui a jamais possédé cette belle et inestimable vertu dans un plus haut degré que saint Louis de Gonzague? Pénétrez jusque dans son cœur; examinez avec attention toutes les actions de sa vie; à peine y apercevez vous la plus petite tache et la plus légère imperfection: jugez de là quelle récompense il doit avoir reçue de ce Dieu libéral et magnifique, qui chérit si particulièrement les âmes pures. Saint Louis de Gonzague, admis à la participation de sa gloire, n'est-il pas en droit de lui dire: « C'est à cause de mon innocence que vous m'avez reçu dans votre saint tabernacle, pour y goûter à jamais la douceur ineffable de votre présence »? Heureux celui qui conserve son innocence, qui jouit d'une conscience pure et sans tache, et qui n'a point à se reprocher d'avoir violé la loi de Dieu par aucune infidélité. Si vous possédez encore ce rare trésor, remerciez-en le Seigneur, et craignez de le perdre; et si vous avez eu le malheur de souiller votre âme par la tache du péché, songez du moins à la purifier par les larmes de la componction.

Sa Pénitence

Il joignit au mérite de son innocence celui d'une pénitence rigoureuse; et s'il est vrai que le Seigneur nous tiendra compte dans l'autre vie d'un seul cheveu de notre tête que nous aurons sacrifié pour lui, selon cette parole: « Il ne se perdra pas un seul cheveu de votre tête », que sera-ce de tant de sang que ce Saint a versé en déchirant impitoyablement sa chair pour se mortifier? Que sera-ce de tant de veilles, de jeûnes, de macérations et d'austérités qu'il a pratiqués dès sa plus tendre enfance? Ne vous semble-t-il pas qu'il a mérité d'avoir place, dans le ciel, parmi les plus rigides anachorètes, dont la pénitence n'a peut-être pas égalé la sienne? Animez-vous donc sans cesse de la pratique de la mortification par la vue de la récompense qui vous est promise. Quoi de plus avantageux que d'acheter une éternelle félicité au prix de quelques souffrances passagères! « Nos afflictions présentes, dit l'apôtre saint Paul, qui ne durent qu'un instant et qui sont si légères, produisent en nous le poids éternel d'une souveraine et incomparable gloire ».


Sa Charité

Cette vertu sera proprement la mesure de notre récompense dans l'autre vie, puisqu'elle est comme l'âme et le fondement de notre mérite. C'est elle principalement qui lui donne ce prix, cette valeur, cette dignité qui nous attire la bienveillance du souverain Maître. Il nous apprend lui-même dans ses Ecritures, qu'il réserve ses trésors pour ceux qui l'aiment. Mon dessein, nous dit-il, est d'enrichir ceux qui m'aiment. Quel Saint l'a jamais plus aimé que saint Louis de Gonzague? Si vous me demandez quelle fut la durée de son amour, je vous répondrai qu'il l'aima depuis le premier instant qu'il eut l'usage de la raison, jusques au moment de sa mort. Si vous me demandez quelle en fut la mesure, je vous répondrai qu'il l'aima sans mesure; qu'il l'aima plus que tous les plaisirs , toutes les richesses, toutes les grandeurs de la terre, et plus que soi-même. Si vous me demandez quelle en fut la force et la véhémence, je vous répondrai qu'il fut si fort et si véhément qu'enfin il le consuma et le conduisit au tombeau, puisqu'il mourut victime de sa charité. Fut-il jamais un plus beau sacrifice, un holocauste plus agréable à Dieu et plus digne de lui? Faut-il s'étonner si sainte Madeleine de Pazzi, à qui le Seigneur découvrit un jour tout le bonheur dont saint Louis de Gonzague jouissait dans le ciel, s'écria que si elle ne l'avait pas vu, elle n'aurait jamais pu croire que la félicité des bienheureux fût si grande, si parfaite et si digne d'envie; ajoutant avec un transport d'admiration: Oh! qui pourrait dire combien il a aimé son Dieu sur la terre? N'est-il pas Juste que sa récompense soit proportionnée à la plénitude et à la perfection de son amour? Contemplez avec attention une gloire si sublime, si éclatante et si désirable, et prenez une ferme résolution d'aimer votre Dieu, non d'un amour passager, mais d'un amour constant et durable; d'un amour supérieur à tout autre sentiment; d'un amour, enfin, qui ne demeure pas renfermé dans votre cœur, mais qui se manifeste dans vos œuvres. « Aimez de toutes vos forces, dit le Sage, le Dieu qui vous a créé ».

Prière

Permettez-moi, grand Saint, de me prosterner aux pieds de ce trône de gloire, où le Seigneur vous a élevé dans le ciel. Permettez-moi de me réjouir avec vous de ce bonheur ineffable dont vous jouissez pour toujours. Je bénis mille fois la Très Sainte Trinité de la magnifique récompense dont elle a couronné vos vertus: vous êtes devenu l'objet de ses complaisances éternelles par votre innocence, par votre pénitence et par votre charité ; daignez jeter les yeux sur votre serviteur qui attend de votre protection tous les biens qui lui manquent. Etendez votre main sur le pauvre qui implore votre secours, afin d'exercer votre miséricorde et de répandre sur lui votre bénédiction; et que le premier fruit de votre protection soit de m'obtenir la grâce de mener uni: vie véritablement chrétienne, sans être arrêté par les difficulté qui s'y rencontrent. Oh! si je pouvais me résoudre à marcher sur vos traces, à ne rien désirer, à votre exemple, que Dieu et sa grâce! de tels sentiments me procureraient infailliblement le bonheur de régner un jour avec vous dans le ciel. Et alors quelle tendre reconnaissance n'aurais-je pas pour mon saint protecteur qui m'aurait aidé à mériter cette suprême félicité! C'est la grâce que j'espère de votre intercession. Ainsi soit-il.

Maximes de saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

« Les Saints se plaisent à nous voir imiter leurs vertus. Ainsi quand nous voudrons obtenir de Dieu quelque vertu, il est à propos d'implorer la protection d'un Saint qui aura singulièrement excellé pendant sa vie dans la pratique de celte vertu. Les saints ont présentement un plus grand désir de la voir pratiquée, que tous les dévots qui sont sur la terre. C'est pourquoi; lorsque vous voulez imiter telle ou telle vertu de saint Louis de Gonzague, qui a excellé dans toutes, ayez recours à lui, et priez-le de vous obtenir de Dieu les forces nécessaires pour la bien pratiquer. Soyez sûr qu'il n'a point de plus grand désir que de vous exaucer toutes les fois que vous lui ferez une semblable prière. Les Saints sont comme le soleil, à qui l'on ne rend jamais un plus grand hommage que lorsqu'on s'empresse de se réchauffer à ses rayons. Salomon compare la vertu des Saints à la lumière du soleil ».

« Quand vous faites de bonnes œuvres,ne cherchez point à plaire aux hommes. Songez uniquement à plaire à Dieu; les yeux des hommes sont autant de voleurs qui ne cherchent qu'à vous dérober le trésor de vos mérites ». N'ayez donc que Dieu en vue dans toutes vos actions , sans aucun égard aux discours des hommes et à leurs vains jugements. L'approbation du Seigneur doit vous suffire ; celle des hommes ne serait qu'une récompense frivole, incertaine et passagère, qui ne mérite aucune attention. « Je mets mon bonheur, disait le Prophète, à m'attacher à Dieu, et à n'espérer qu'en lui seul »

« Les titres, les honneurs, les dignités, les biens de ce monde, donnent plus de satisfaction à celui qui les quitte pour Dieu qu'à celui qui vient à bout de les acquérir. Le Sage cherche plutôt à se décharger de ceux qu'il a qu'à se charger de ceux qu'il n'a pas. Heureux si vous parvenez à cette science sublime, qui fait regarder les plus grands biens de ce monde comme de pesants fardeaux qui nous abaissent vers la terre, et nous empêchent de nous élever vers le ciel! Pour arriver à ce haut degré de sa sagesse, n'appréciez jamais les objets que sur ce qu'ils sont eux-mêmes. Gardez-vous d'en juger sur les apparences. Ceux qui disaient : Heureux le peuple qui possède tant de richesses, étaient dans l'erreur. « Heureux, au contraire, disait le Prophète, le peuple qui aime son Seigneur et son Dieu ».

 

Exemple

La vie d'un gentilhomme allemand,nommé Wolfang de Asch, fut remplie de merveilles opérées en sa faveur par l'intercession de saint Louis de Gonzague. Ayant eu le malheur de perdre la vue dans le temps qu'il étudiait à Munich, il eut recours au Saint qui lui procura une guérison miraculeuse. Une si grande faveur lui inspira une dévotion tendre pour un protecteur si puissant auprès de Dieu.  Il résolut dès-lors de l'honorer particulièrement et de l'invoquer avec une foi vive et une ferme confiance, et il continua d'éprouver dans toute la suite de sa vie les effets les plus salutaires de son pouvoir. Il fit trois voyages à Rome pour aller visiter son tombeau, et le Saint lui apparut en plusieurs occasions pour l'avertir des dangers dont il était menacé, ou pour le délivrer de ceux auxquels il se trouvait exposé.

Acte de consécration à Saint Louis de Gonzague

Grand saint Louis de Gonzague, vous qu'une pureté angélique a rendu si agréable aux yeux de Dieu et si cher à la Reine des vierges, je me mets spécialement sous votre protection, et je vous choisis aujourd'hui, à la face du ciel, en présence de la bienheureuse Vierge Marie et de toute la cour céleste, pour mon patron et mon intercesseur auprès de Dieu; soyez, je vous en conjure, le défenseur et le gardien de mon innocence, mon guide et mon conseil dans le choix d'un état de vie. O vous qui êtes un modèle accompli de toutes les vertus , obtenez-moi la grâce d'imiter votre ferveur, votre pureté, votre modestie et toutes les vertus que je dois pratiquer dans mon état. Daignez, grand Saint, être l'ange tutélaire de mes jours et mon guide dans les voies du salut. Faites, ô mon aimable protecteur! que, vous étant particulièrement dévoué par cette consécration que je vous fais de moi-même, j'éprouve les effets de votre protection spéciale pendant tout le cours de ma vie, et surtout à ce terrible moment qui décidera de mon éternité. Ainsi soit-il.

Autre acte de consécration

Très Saint Louis de Gonzague, mon aimable patron, je me confie et me remets entièrement sous votre protection, comptant particulièrement sur votre bienveillance. Daignez me mettre au nombre de vos plus chers clients; et que le premier effet de votre singulière protection soit de m'obtenir du Seigneur la grâce d'être toute ma vie le parfait imitateur de vos vertus, et surtout de votre persévérance. Répandez dans mon cœur quelques gouttes de cette tendre dévotion dont le vôtre était inondé, afin que je ne cesse jamais d'aimer mon Dieu et de chanter ses louanges. Obtenez-moi surtout de mon Sauveur et de la Très Sainte Vierge sa mère, ange de mœurs sur la terre , cette pureté angélique qui a fait votre caractère, et qu'elle fasse le mien. Assistez-moi surtout à l'heure de la mort, par une protection particulière, en me préservant de tout danger de mon salut, afin que sous la protection spéciale de la très-sainte Vierge, de mon bon ange et de tous les Saints, je puisse me présenter pur et sans tache, au souverain Juge, avec confiance en sa divine miséricorde, et avoir le bonheur de louer Dieu mon Créateur et mon Sauveur avec vous durant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

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Téléchargez l'intégralité des 6 Dimanches de St Louis de Gonzague (pdf) en cliquant ici

 

17 juin 2010

Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague 2/3

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Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague

Troisième Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de la pureté du corps

Pureté sans tache

On peut dire que saint Louis de Gonzague posséda cette vertu dans le degré le plus éminent. Dès sa jeunesse, ses domestiques et les étrangers ne pouvaient s'empêcher d'admirer l'innocence de ses mœurs. lis ne l'appelaient point autrement que le petit Prince exempt des faiblesses de la chair. D'autres le nommaient un Ange, et ce titre lui a été confirmé par le Saint Siège. On n'eût osé prononcer une parole 'in peu libre en sa présence; on savait que rien n'était plus capable de lui déplaire, et même de l'offenser. Enfin, le sage et savant cardinal Bellarmin, son confesseur, a déclaré que ce jeune homme n'avait jamais commis aucune faute qui donnât l'atteinte la plus légère à cette sublime vertu. Tournez présentement les yeux sur vous-même: quelle précaution prenez vous pour conserver ou pour acquérir une vertu si précieuse et si nécessaire? N'êtes vous point de ceux qui ne se reprochent à cet égard que les fautes les plus graves et les plus grossières? Ah! vous ignorez donc que la pureté est comme un miroir que le moindre souffle ternit, et que la tache la plus légère suffit pour la détruire? Examinez ici avec une attention scrupuleuse vos pensées, vos sentiments, vos paroles et vos actions, et qu'il n'y en ait pas une seule qui ne devienne pour vous un sujet d'alarmes et d'inquiétudes. « Je craignais pour toutes vos œuvres », dit le saint homme Job. Et pourquoi, pour toutes? Parce qu'il est dangereux de se flatter soi-même, surtout dans une matière si délicate; et qu'il ne nous sert de rien d'ignorer nos fautes, si le Seigneur les connaît, s'il les déteste et s'il les punit. « Je craignais, ajoute le saint homme Job, parce que je sais que les moindres fautes que je commets ne sauraient échapper à votre justice ».


Pureté privilégiée

Considérez que Saint Louis de Gonzague, étant encore jeune, fit vœu de chasteté perpétuelle dans la ville de Florence, sous la protection de la Mère de Dieu; et que dès-lors il fut en quelque sorte confirmé dans cette vertu, par une grâce singulière que le Ciel n'accorde qu'à des âmes choisies et privilégiées. C'est ce que la sacrée congrégation a déclaré par un témoignage authentique, en disant qu'il ne ressentit aucune atteinte des aiguillons de la chair, et que son esprit ne fut jamais troublé par aucune pensée contraire à la pureté; ce qu'on ne lit point dans l'histoire des autres Saints. Grâce extraordinaire et vraiment angélique, puisqu'elle semble élever un homme jusqu'à l'état des Anges.  Mettez-vous comme lui sous la protection de la Mère de Dieu; priez-la chaque jour de vous défendre contre les suggestions impures de l'esprit de ténèbres: Vitam prœsta puram. Elle aime, elle écoute toujours favorablement des âmes chastes. Concevez donc aujourd'hui la plus haute estime de cette vertu, chérissez-la particulièrement; elle est d'un si grand prix que nous n'en connaîtrons parfaitement le mérite que dans le ciel, parce qu'il n'y a aucun bien sur la terre auquel nous puissions la comparer. Rien n'est comparable, dit le Sage, à une âme pure. Elle est si belle qu'elle va presque de pair avec les Anges. Heureux celui qui possède le précieux trésor de la pureté, et malheureux, au contraire, celui qui le perd! C'est la pureté qui fait les Anges, dit saint Jérôme.   Celui qui la conserve est un Ange, et celui qui la perd devient un démon.


Pureté conservée par une extrême vigilance

Considérez encore avec quel soin saint Louis de Gonzague conserva cette perle précieuse qui lui était si chère; il voulait que toutes les portes de ses sens fussent toujours fermées et impénétrables à l'ennemi de son salut. Attaché pendant plusieurs années au service de l'impératrice Marie d'Autriche, en qualité de Page d'honneur, il la voyait tous les jours sans jamais la regarder au visage. Il usait de la même retenue à l'égard de sa propre mère, tenant toujours les yeux baissés quand il était auprès d'elle ; il les ouvrait si rarement, que la plupart de ceux qui vivaient avec lui n'auraient pas pu dire de quelle couleur ils étaient. Un jour, étant invité à un bal, il prit la fuite, et se déroba secrètement, pour aller se mettre en prières. Il était toujours en garde et en défiance, comme celui qui marcherait dans un chemin glissant et difficile, tenant à sa main un vase fragile où l'on aurait mis une liqueur précieuse. Est-ce ainsi, Chrétiens, que vous veillez sur vous-mêmes? Sont-ce là les précautions que vous prenez pour vous maintenir dans la pureté que Dieu exige de vous? Hélas! votre vertu faible, chancelante et mal assurée, a encore plus besoin de précautions et de vigilance, puisqu'elle est plus attaquée. N'êtes-vous pas le premier à l'exposer tous les jours aux plus grands périls? Quelle liberté dans vos pensées, dans vos regards et dans vos discours! Ah! songez que tous les objets capables de vous tenter ne sont que des appâts trompeurs, des pièges et des filets tendus par le démon pour vous séduire, semblables à ceux que le chasseur prépare pour surprendre sa proie: n'en approchez pas; le seul moyen de les éviter, c'est de les fuir. Mes ennemis, disait le prophète Jérémie, m'ont attaqué sans aucun sujet ; ils m'ont pris, ils m'ont enlevé comme un oiseau surpris par les chasseurs. Quelle douleur, grand Dieu! sans aucun sujet! à pure perte! pour un plaisir frivole, pour une satisfaction si vile et si passagère, devenir la proie des démons dans l'éternité!

Prière

Grand Saint, dont la pureté angélique ne fut jamais altérée par aucune tache, et qui, par une grâce particulière, avez été exempt, pendant tout le cours de votre vie, des plus légères atteintes de l'esprit impur, j'admire avec respect cette innocence parfaite dont l'éclat, inaccessible au souffle empoisonné du démon, surpasse la blancheur des lis. Mais combien ne dois-je pas m'humilier et me confondre devant une âme si pure et si sainte, moi qui ne puis offrir à vos chastes regards qu'une âme souillée par tant de péchés! Vous pouvez les guérir, j'en ai de la douleur. Soyez mon protecteur auprès du souverain Juge; présentez vous-même à Jésus Christ et à sa sainte Mère mon repentir et mes larmes: obtenez-moi de Dieu une pureté véritable, qui ne laisse pas l'ombre même du crime dans mes pensées, dans mes sentiments et dans mes désirs; imprimez dans mon cœur une haine ardente et capitale pour toute espèce de désordre, en sorte que non-seulement je l'abhorre, mais que je ferme toutes les voies par lesquelles il pourrait se glisser dans mon cœur. C'est ce que je suis résolu de faire, à l'aide de votre protection et de celle de la Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Maximes de saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

« Toute la force d'un chrétien consiste dans la crainte du Seigneur, parce que celui qui craint Dieu n'est susceptible d'aucune autre crainte. Soyez toujours attentif à la présence de Dieu, dans quelque situation que vous soyez, seul ou en compagnie; c'est le moyen de triompher de toutes les  tentations. Comment pourrais-je commettre ce crime et pécher contre mon Dieu? »

« Rien n'est plus dangereux que de. se laisser conduire par quelque affection particulière pour les créatures et pour les biens créés. Ne vous exposez pas à un si grand péril: vous l'éviterez en mettant un frein à toutes vos affections purement naturelles, et en faisant tons les jours un examen exact et scrupuleux de vos sentiments, pour découvrir s'il n'y a pas dans votre cœur quelque attachement tant soit peu déréglé, qui se fait sentir et qui renaît de lui-même lorsque vous croyez en être délivré: faites-en le sacrifice à Bien qui vent être aimé sans partage, selon cette parole: Vous craindrez, le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul ».

« Le malheur de ceux qui vivent sans piété, et qui se livrent sans frein à foutes leurs passions, vient uniquement de leur éloignement de l'oraison mentale. Prenez donc un temps chaque jour pour méditer quelques-unes des grandes vérités de la religion: vous accoutumerez par là votre cœur à mépriser tous les biens de ce monde. Qui jamais, ayant l'éternité devant les yeux, pourra se résoudre a lui préférer, de sang-froid, les plaisirs passagers de la vie présente? « Quelle condition plus misérable, s'écrie Saint Augustin, que celle où le plaisir passe en un moment pour faire place à un supplice éternel? »

Exemple

On ne finirait pas si l'on entreprenait de raconter toutes les merveilles par lesquelles saint Louis de Gonzague s'est déclaré le protecteur spécial de la chasteté: et ce ne fut pas sans raison qu'un cavalier, délivré par son intercession d'une tentation violente, suspendit à son autel un tableau où le Saint était représenté faisant pleuvoir des lis du ciel, comme autant de symboles de cette excellente vertu, sur tous ceux qui imploraient le secours de son intercession', on lisait cette inscription au bas du tableau: « II a ceint mes reins de vertus, et il a donné de la force et de la vigueur à mon bras ». On peut encore en juger par cet autre exemple. Il y avait en Pologne un saint religieux, dont le Seigneur voulut éprouver la vertu en permettant qu'il fût livré, pendant un an et demi, aux plus violentes attaques de la tentation. Il n'omit rien pour en triompher. Il affligea son corps par le cilice et par le jeûne. Il se prosterna mille fois devant le Seigneur, en arrosant la terre de ses larmes, sans pouvoir obtenir d'être délivré d'une si rude épreuve, jusqu'à ce qu'enfin son confesseur jugea que le plus sûr moyen de terminer un combat si pénible et si périlleux, était de le mettre sous la protection de Saint Louis de Gonzague; il lui pendit au cou une relique de ce Saint, et lui conseilla de l'appliquer sur son cœur aussitôt qu'il sentirait les premières attaques de l'ennemi. Il usa de ce remède avec une foi vive et une humble confiance dans la bonté divine, et il ne tarda pas d'en éprouver les heureux effets. Le Seigneur, qui voulait manifester la gloire du Saint, imposa silence au démon, et fit succéder aux troubles et aux orages une douce tranquillité.

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Quatrième Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de la pureté de l'âme

Par son détachement du monde

Il en connut la vanité dès sa plus tendre jeunesse; il méprisa ses pompes et ses honneurs; il eut compassion de l'aveuglement des riches et des grands de la terre, qui se perdent pour acquérir des biens caducs et périssables, lorsqu'ils peuvent mériter et obtenir des biens éternels. Il saisissait toutes les occasions de témoigner le plus parfait mépris pour tous les objets que les hommes charnels ne regardent qu'avec des yeux d'envie. Il paraissait, dans les plus éclatantes cérémonies, avec des habits simples et négligés, pour faire voir qu'il foulait aux pieds les pompes du siècle. Il ne daignait pas seulement les regarder; et qu'aurait-il pu regarder sur la terre, lui dont toutes les pensées et tous les désirs étaient tournés vers le ciel? Dites-vous ici à vous-même, à l'exemple du Prophète: Jusque à quand mon cœur sera-t il appesanti vers la terre? Jusque à quand demeurera-t-il attaché à la vanité et au mensonge? Suis-je donc résolu de persévérer jusque à la mort dans cette illusion? Des biens qui ne sont que vanité et mensonge, sont-ils dignes de mon attachement? Toutes leurs qualités se trouvent renfermées dans ces deux paroles: Vanité et mensonge. « Ils ne sont que vanité, puisque ce sont de faux biens, des biens chimériques et frivoles, sans réalité et sans consistance ». « Ils ne sont que mensonge, puisque n'étant rien eux-mêmes, ils nous éblouissent par un éclat trompeur qui nous persuade qu'ils sont quelque chose: Vanitas et mencdacium ».


Par son renoncement au monde

Son détachement du monde lui fit bientôt prendre la résolution d'y renoncer pour toujours. Il s'adressa d'abord à la Sainte Vierge, le jour que l'on célèbre la fête de son Assomption, et la pria de l'éclairer sur le choix d'un état de vie. Il entendit alors une voix sensible, par laquelle la Mère de Dieu l'invitait à se rendre religieux dans la compagnie de son Fils. Pour lui obéir, il fut obligé de soutenir, pendant trois ans, un rude combat contre les oppositions de son père, et il ne vint à bout de les vaincre que par ses prières, ses larmes, et par le sang que ses austérités lui faisaient répandre. On vit enfin ce jeune prince, quoique l'aîné de sa maison, renoncer publiquement en faveur de son cadet, au milieu des pleurs de tous les assistants, à la principauté dont il avait déjà reçu l'investiture de l'empereur, et passer ensuite de la cour en religion, où il ne fut pas plus tôt entré qu'on l'entendit s'écrier avec une sainte allégresse: « Voici le séjour de mon repos; j'y demeurerai, puisque je l'ai choisi ». Est-ce ainsi que vous obéissez à la voix du Seigneur qui vous appelle à une vie plus fervente? est-ce ainsi que vous surmontez les difficultés que la chair et le monde opposent à votre sanctification? N'êtes-vous pas de ceux qui veulent accommoder les desseins de Dieu à leurs commodités et à leurs intérêts? Ce n'est pas là le moyen de réussir dans l'affaire du salut : à la fin, Dieu est le maître. C'est à lui à nous faire connaître ses volontés. C'est à nous à les exécuter avec fidélité, pour ne pas rompre le fil de notre prédestination: « Que chacun de vous, disait l'apôtre Saint Paul, marche dans la voie où Dieu l'appelle ».

Par son union intime avec Dieu

Cette pureté de l'âme, qui fut si parfaite dans saint Louis de Gonzague, avait sa source dans son union intime avec Dieu. Ce Dieu, selon l'expression de l'Ecriture, est un feu qui purifie comme l'or dans la fournaise; il efface, il détruit en un moment toutes les souillures des âmes qui s'en approchent. Saint Louis de Gonzague lui fut toujours étroitement uni. Etant encore enfant, il passait quelquefois des heures entières dans la contemplation de ses divines perfections, en versant des larmes de tendresse. Il pensait continuellement à Dieu. Son cœur brûlait d'un feu divin, dont l'éclat paraissait sur son visage enflammé; son esprit était tellement fixé sur l'objet de son amour, qu'aucune distraction n'était capable de l'en séparer. C'est de quoi le sacré tribunal de la Rote a rendu un témoignage authentique, en disant qu'il fut exempt des distractions et des égarements de l'imagination dans la prière. Il avoua un jour au directeur de sa conscience, que toutes les distractions qu'il avait eues pendant six mois, réunies ensemble , ne rempliraient pas l'espace d'une minute. Il n'était parvenu à ce parfait recueillement que par un grand effort, puisque, étant à la cour de Madrid, il prenait la résolution de méditer une heure de suite sans aucune distraction; et lorsqu'il lui arrivait de se distraire, ne fût-ce qu'un instant, il recommençait sa méditation, qui durait quelquefois cinq ou six heures, jusqu'à ce qu'il eût réussi à en passer une tout entière à méditer, sans être distrait. Apprenez de là de quelle importance il est pour vous de méditer tous les jours quelques unes des grandes maximes de la religion. La science du salut doit être la règle de votre conduite: vous ne pouvez acquérir une science si nécessaire qu'en la méditant au moins tous les matins avec une attention suivie et constante. « Seigneur, disait le Prophète, je me présenterai à vous tous les matins, et je connaîtrai que vous êtes un Dieu qui ne pouvez souffrir de l'iniquité ». N'imitez pas ces impies dont il est parlé au livre de Job, qui disaient à Dieu: « Nous ne voulons point apprendre la science de vos voies ».

Prière

Fidèle serviteur de Dieu, qui avez bien voulu me prendre sous votre, protection, combien ne devez-vous pas être frappe de l'énorme différence que vous apercevez entre vous et moi: vous dont l'âme fut toujours si pure et si détachée de la terre, et moi qui n'ai que des sentiments terrestres et qui ne désire que les faux biens de ce monde; vous qui fûtes toujours si étroitement uni à Dieu, et moi qui ne cherche qu'à m'en éloigner! Hélas! combien ne dois-je pas rougir rie ma misère et de ma faiblesse, à la vue des frivoles objets dont je suis sans cesse occupé! Vous me direz, sans doute, que ce qui me rend si faible et si misérable, c'est que je ne pense jamais a Dieu. Vous me direz, comme le prophète Isaïe à l'infidèle Jérusalem: « Vous avez oublié votre Sauveur, et vous ne vous êtes pas souvenu du Dieu qui est votre force et votre appui ». Obtenez-moi donc, grand Saint, quelques touches de cette grâce divine qui vous unit si intimement avec Dieu; faites que les vérités éternelles s'attachent en quelque sorte à mon esprit, et que mon esprit demeure toujours fixe et constant dans la contemplation de ces grandes vérités. Faites, enfin, qu'au lieu de suivre, comme j'ai fait jusqu'ici, les fausses lueurs de l'esprit du monde, je ne me conduise que par la vive lumière de l'esprit de Dieu, selon cette parole: « Les justes marcheront à la lumière de votre visage ». Ainsi soit il.

Maximes de Saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

« La perfection évangélique ne s'acquiert que par l'étude de l'oraison, et l'on ne peut devenir un parfait chrétien que l'on ne soit homme d'oraison. Tel a été le sentiment unanime de tous les Saints.  Ayez donc chaque jour un temps marqué pour l'oraison, qui est la nourriture de l'âme, comme vous en avez un pour la nourriture du corps. C'est une chose horrible, disait Gassiodore, de passer un seul jour sans faire oraison ».

 

« De même que l'eau trouble ou agitée par le vent ne peut représenter l'image des objets présents; ainsi l'âme souillée par le vice, ou agitée par les passions, ne reçoit point dans l'oraison l'image des choses célestes. Commencez donc par vous recueillir avant l'oraison, et appliquez-vous tout entier à ce que vous devez faire: en user autrement, c'est tenter Dieu. Ayez soin, dit le Sage, de préparer votre âme à l'oraison , et ne soyez point semblable à un homme qui tente Dieu ».

« Méprisez les couronnes de ce monde, dont l'éclat vous détourne de penser au royaume du ciel, et songez que les sceptres et les ornements des rois ne sont que des habits de théâtre que les uns quittent plus tôt, les autres plus tard. Quand vous voyez quelque bien de ce monde, qui vous paraît digne de votre attachement, accoutumez-vous à le comparer aux biens éternels, et demandez-vous ensuite à vous-même lequel des deux mérite la préférence: Tout ce qui n'est pas éternel n'est rien ».

Exemple

L'admirable pureté de saint Louis de Gonzague a souvent produit des effets merveilleux dans ceux qui en entendaient parler ou qui lisaient sa vie. On a vu plusieurs jeunes gens, touchés de son exemple, quitter tout-à-fait le monde et renoncer à des vains plaisirs, pour vivre dans une grande pureté de cœur; mais parmi toutes les conversions opérées par l'intercession de ce grand Saint, aucune ne paraît plus singulière et plus étonnante que celle d'une dame de Parme qui s'était malheureusement engagée dans un commerce criminel. Elle entendit un jour une prédication dont elle fut si touchée,qu'elle voulut se confesser an prédicateur. Mais lorsqu'il lui déclara qu'elle ne pouvait rentrer en grâce avec Dieu sans rompre ses engagements et sans renoncer à ses anciennes habitudes, elle répondit qu'elle ne se sentait pas assez de force pour faire un si grand sacrifice, et qu'elle ne pouvait s'y résoudre. Il employa les plus puissants motifs de la religion pour l'y déterminer; et la voyant toujours insensible, il lui dit d'aller prier Dieu à l'autel de Saint Louis de Gonzague, et de supplier ce grand Saint, qui avait toujours eu le cœur si pur et si exempt de faiblesse, de lui aider à purifier le sien. Elle se fit une extrême violence pour suivre ce conseil, et à peine eut-elle achevé sa prière, qu'elle sentit un changement total et miraculeux dans toutes les affections de son âme: tout ce qu'elle avait le plus aimé lui devint odieux et insipide. Elle renonça tout à coup au jeu, aux plaisirs et à la vanité des parures. Elle se livra sans ménagement aux saintes austérités de la pénitence, vivant dans la retraite, dans le jeûne et dans la prière, et tâchant d'expier ses fautes passées par de rudes mortifications. Elle passa six mois entiers dans l'exercice de la piété la plus sévère, pendant lesquels, à l'occasion d'un jubilé, elle fit une confession générale de tous les péchés de sa vie, avec tant de douleur et de sincérité, qu'elle dit à son confesseur qu'elle souhaitait de mourir dans la disposition où elle était. Le confesseur l'exhorta à demander cette grâce à Dieu par l'intercession du Saint dont elle avait déjà éprouvé la puissante protection. Elle le lit, et peu de jours après, étant tombée malade, elle ne songea plus qu'à se préparer à la mort; elle dit adieu à sa mère et à toute sa famille, leur demanda pardon du scandale qu'elle leur avait donné dans le temps de ses désordres; et après avoir reçu avec beaucoup de ferveur les derniers sacrements de l'Eglise, en présence de ses parents qui fondaient en larmes, pleine d'une sainte joie et d'une douce espérance, elle expira heureusement dans la paix du Seigneur.

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17 juin 2010

Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague 1/3

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Saint Louis de Gonzague

« Patron céleste de toute la jeunesse chrétienne »

1568-1591

Fête le 21 juin

Louis de Gonzague était le fils de Ferrante de Gonzague et de Marta de Tana Santena, issus de familles illustres où l’on compte nombre d’évêques et de cardinaux. Ferrante, en catholique fidèle, avait refusé une haute dignité offerte par Henri VIII d'Angleterre ; Marta s'adonnait aux œuvres de charité et aux lectures spirituelles. Louis, le premier de leur huit enfants, naquit au château de Castiglione, près de Mantoue, le 9 mars 1568 ; la naissance s'était présentée dans des conditions si difficiles qu’il fut ondoyé immédiatement ; le baptême solennel eut lieu le 20 avril 1568.

Louis fut, dès le berceau, le modèle du calme le plus aimable. Il lui arriva plus tard de disparaître : on le retrouvait dans quelque coin, à genoux et les mains jointes. Sa mère avait le désir qu’il se consacrât à Dieu, mais son père le destinait à la carrière militaire ; il lui avait fait faire un costume de soldat et des armes adaptées à ses quatre ans. Un jour, il l'emmena à la forteresse de Casale où Louis, fort réjoui, chargea lui-même, à l'insu de tous, une petite pièce de campagne ; quand le coup partit, on crut à une révolte, et Louis faillit être tué par le recul de la pièce. Bien mieux, il se mit à employer le langage des soldats.

Quand son père embarqua ses troupes pour Tunis. Louis retourna dans sa famille ; c'était la fin de ce qu'il appela plus tard sa vie de péché, dont il eut toujours une honte extrême. Ferrante, revenu de son expédition en 1577, envoya Louis et son frère Rodolphe à Florence, à la cour du grand-duc ; Louis étudiait le latin et le toscan, cet attique de l'italien, et on le citait en exemple aux princesses Eléonore et Marie de Médicis. Il entreprenait une lutte acharnée contre les défauts qu'il s'était découverts : la colère, l'impatience, le mécontentement intérieur ; il ne connaissait pas encore la prière mentale, mais la lecture d'un petit livre sur les mystères du Rosaire, développait sa dévotion envers la mère de Dieu. C'est à l'église des Servites, devant la Vierge de l'Annonciation, qu'il fit, à cette époque, son vœu de chasteté perpétuelle, et bien qu'il ne subît jamais la moindre tentation, il se livra, dès lors, à une vigilance et à une mortification sévères.

A l'automne 1579, son père l'appela à Mantoue où il fut atteint des premiers symptômes de la pierre ; mis au régime, on obtint une guérison parfaite, mais sa santé générale en fut ébranlée. Quelques mois plus tard, à Castiglione il décidait de continuer les jeûnes où il avait trouvé le bien de son âme. Il passait en contemplation des heures entières pendant lesquelles il fondait en larmes ; un opuscule de méditations quotidiennes, par saint Pierre Casinius, et des lettres de l'Inde, qui tombèrent entre ses mains, lui firent connaître la Compagnie de Jésus. Pendant une absence de son père, il reçut le saint cardinal Charles Borromée qui lui donna, pour la première fois, la communion, le 22 juillet.

Revenu à Casale, il fit de grands progrès dans les langues anciennes, lisant surtout Sénèque, Plutarque et les auteurs spirituels ; il fréquentait le couvent des Capucins et celui des Barnabites, dont il admirait la concorde, la douce gaieté, l'ordre de vie et le mépris des choses d'ici-bas. En 1581, de retour à Castiglione, il ne prenait par jour qu'une once de nourriture ; ses instruments de pénitence étaient des chaînes à chien et des molettes d'éperon ; il passait une partie des nuits en oraison et commençait à souffrir de douleurs de tête qui ne le quittèrent plus. Sans guide spirituel, il aurait pu aboutir à un faux mysticisme, si sa prière continuelle n'avait été : Dirigez-moi, mon Dieu !

Quand, en 1581, Ferrante étant grand-chambellan du roi d'Espagne, Louis fut, à la cour de Madrid, page du prince héritier ; il s’adonnat aux études scientifiques, mais le discours latin dont il salua Philippe II après la soumission du Portugal, montre que sa formation littéraire était solide. Aux heures des leçons de danse et d'escrime, il s'esquivait malgré les remontrances de son père ; il ne semble pas que l'obéissance ait alors été sa vertu dominante. Il lisait Louis de Grenade et réussissait à méditer une heure sans distraction, après avoir lutté parfois pendant trois ou quatre heures. La mort de l’Infant le fortifia dans son mépris du monde qu’il songeait d'ailleurs à quitter depuis Mantoue.

Après avoir pensé aux capucins et à un ordre ancien à réformer, il se décida pour la Compagnie de Jésus qui était dans l'élan de sa première ferveur ; il y était attiré par son goût pour l'éducation de la jeunesse et la conversion des païens ; de plus, il était sûr que, dans cet ordre seul, il ne serait chargé plus tard d'aucun honneur ecclésiastique.

Son père, pour gagner du temps, lui fit visiter les cours de Mantoue, Ferrare, Parme et Turin. Plusieurs évêques essayèrent de le persuader qu'il travaillerait plus à la gloire de Dieu en gouvernant sa principauté, mais en vain. Son père finit par donner son consentement, après l'avoir aperçu, par une fente de la porte, se donner la discipline jusqu'au sang et avoir assisté à un interrogatoire sur sa vocation poursuivit pendant une heure.

Avant de partir, Louis séjourna pendant quelques mois à Milan pour les affaires de son père, tout en poursuivant ses études philosophiques. En juillet 1585, il fit à Mantoue les Exercices de saint Ignace, signa le 2 novembre, en faveur de Rodolphe, son acte d'abdication relativement à sa principauté, et prit, le 4, le chemin de Rome ; il passa par Lorette pour accomplir un vœu de sa mère au moment de sa naissance. Le 25, il arrivait au noviciat Saint-André sur le Quirinal, où son postulat fut abrégé : il avait donné auparavant assez de preuves de la solidité de sa vocation.

Trois mois après, son père mourait dans des sentiments de piété remarquables, regrettant de s'être opposé si longtemps à la volonté de Dieu sur son fils. Louis, bien qu’il éprouvât une grande peine, se réjouissait de cette fin ; depuis qu'il avait quitté Castiglione, il ne pensait à sa famille qu’en priant pour elle. Il ne voulait plus entendre parler de son origine et fréquentait de préférence les frères coadjuteurs ; il sortait avec des vêtements râpés, un sac sur le dos pour recueillir les aumônes. Il écrivit alors la méditation connue sous le nom de Traité des Anges.

Le 27 octobre 1586, il partit pour Naples avec le maître des novices, mais un érysipèle et de la fièvre étant survenus, on le renvoya à Rome, dès le mois de mai, au collège romain où il prononça ses premiers vœux (25 novembre 1587). Il soutint publiquement des thèses de philosophie, puis passa à la théologie. Il discutait toujours avec vigueur, mais avec modération, n'interrompant jamais personne. En février et mars 1588, il recevait les ordres mineurs et s'appliquait de plus en plus à l'obéissance : il avait toujours une tendance marquée à résister lorsqu'on contrariait son zèle pour les pénitences extérieures.

En septembre 1589, le Père général lui ordonna d’aller à Castiglione, pour régler une querelle entre son frère Rodolphe et le duc de Mantoue au sujet du château de Solférino. Louis fit appel à la générosité du duc et le pria pour l'amour de Jésus de se réconcilier avec Rodolphe. Il réussit aussi à faire accepter le mariage secret de son frère qui avait fait scandale. Reçu à la maison des jésuites de Milan, il y eut la révélation de sa mort prochaine ; il aurait voulu revoir Rome où avait débuté sa vie religieuse ; le Père général l'y rappela précisément. A Sienne, invité à adresser une allocution aux élèves du collège, il parla sur le texte : Extote factores verbi et non auditores tantum.

De retour à Rome, il fit encore un discours sur les obligations de l'épiscopat, en présence de plusieurs évêques et sur leur demande. Pour fortifier son amour de Dieu, il lisait les soliloques de saint Augustin, l'explication du Cantique des cantiques par saint Bernard, la Vie de sainte Catherine de Gênes. Quant à son amour pour le prochain, il le manifesta surtout pendant la famine et la peste des années 1590-1591 ; il se dévoua à l'hôpital Saint-Sixte, puis à Santa Maria della Consolazione ; en chemin il rencontra un pestiféré, le porta sur ses épaules, et rentra malade (3 mars). Il resta languissant pendant plusieurs mois. Dans une sorte de ravissement qui dura toute une nuit, il apprit qu'il mourrait le jour de l'Octave du Saint-Sacrement, le 20 juin : ce jour-là il parut justement mieux et dut insister à plusieurs reprises pour obtenir la viatique ; on le trouvait si bien que le Père Bellarmin lui-même, son confesseur, ne fut pas admis à rester auprès de lui le soir ; il n'y avait que deux autres Pères et l'infirmier quand il rendit le dernier soupir entre dix et onze heures.

Son corps fut enseveli dans la crypte de l'Annonciade ; sept ans plus tard, à cause d'une inondation du Tibre, on enleva le cercueil et on fit une distribution de reliques ; les autres furent mises dans une chapelle de la même église, déplacées plusieurs fois, puis déposées dans la nouvelle église de Saint-Ignace, construite à la place de l'Annonciade. La béatification eut lieu sous le Pontificat de Paul V, verbalement le 21 mai 1605, avec confirmation écrite le 19 octobre de la même année. La canonisation fut décrétée par Benoît XIII, le 26 avril 1726, et proclamée solennellement le 31 décembre suivant. Le 21 juin 1925, saint Louis de Gonzague a été déclaré par Pie XI « Patron céleste de toute la Jeunesse chrétienne. »

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Les Six Dimanches de Saint Louis de Gonzague

Avertissement

Louis de Gonzague fut canonisé par le Pape Benoît XIII, dans la vue de donner, principalement à la jeunesse, un modèle d'innocence et de sainteté; c'est ce que porte le décret de sa canonisation, daté du 22 novembre 1729. Mais si les exemples de ce jeune homme si recommandable par la pureté de sa vie n'ont pas fait les mêmes impressions sur tous les cœurs , plusieurs en ont été touchés; l'on a vu des écoles et des universités célèbres le choisir pour leur patron, et ce choix a été confirmé par le Saint Siège apostolique, qui leur a permis de célébrer un Office et une Messe propre du Saint. Clément XII, par un décret du 21 novembre 1767, accorde une indulgence plénière à celui qui visitera son autel le jour de sa fête, ou tel autre autel où cette même fête serait célébrée: et pour exciter de plus en plus les Fidèles à recourir à l'intercession de ce grand Saint, le même Pontife a cru devoir autoriser, par des privilèges particuliers, la pieuse coutume d'employer six Dimanches de suite à implorer le crédit de saint Louis de Gonzague auprès de Dieu, en mémoire des six années qu'il a passées dans l'état religieux, où, se voyant éloigné des dangers du siècle, il regardait sa solitude comme un paradis terrestre. C'est dans cette vue que ce Pontife, d'heureuse mémoire, a accordé une indulgence plénière, pendant les six Dimanches qui précèdent la fête de saint Louis de Gonzague, que l'on célèbre le 21 juin, ou pendant les six Dimanches qui précèdent tel autre jour que Ton voudra choisir dans l'année, chacun selon sa dévotion, à ceux qui, étant vraiment pénitents et après avoir communié, sanctifieront ces jours de salut par de pieuses méditations, par des prières ferventes, et par d'autres exercices de la piété chrétienne, en l'honneur de ce Saint et pour la gloire dit Seigneur. Et comme le Saint Père n'a point spécifié dans son décret les méditations,les prières et les œuvres de piété que l'on peut mettre en usage pendant les six Dimanches qui doivent être consacrés sans interruption au culte et à la gloire de saint Louis de Gonzague, plusieurs personnes ont souhaité d'avoir là-dessus une instruction plus ample et plus détaillée, propre à les conduire dans la pratique. Parmi ces exercices, il y en a cinq auxquels on a cru qu'il serait plus avantageux de se fixer:

1° En recevant les sacrements de Pénitence et de l'Eucharistie avec toutes les dispositions qu'ils exigent, on se mettra spécialement sous la protection de S. Louis de Gonzague.

2° On assistera a quelques prédications ou à quelques Messes de plus, en l'honneur de ce Saint.

3° On récitera, dans l'église qui-lui est dédiée, ou devant son image, six Notre Père, six je Vous salue Marie et six Gloire au Père, avec l'antienne , l'oraison propre, et la prière adressée au même Saint.

4° On emploiera un certain temps à méditer ou à lire posément et avec attention une des considérations suivantes, que l'on terminera par une oraison particulière adressée à S. Louis de Gonzague.

5° On pratiquera dans la journée quelque œuvre de charité, comme aumône, visite d'hôpitaux, ou autre, selon la dévotion de chacun. On a choisi pour sujet des six considérations, les six vertus que Saint Bonaventure appelle les six ailes des Séraphins que le prophète Isaïe aperçut devant le trône de Dieu. Saint Louis de Gonzague les a possédées dans un degré si éminent que l'on peut justement le comparer à un Séraphin ; il en était l'image par la pureté de son cœur et par l'ardeur et la vivacité de ses sentiments. Ces six vertus, que l'on doit regarder comme le précis et l'abrégé de toute la perfection chrétienne sont:

premièrement, la componction du cœur;

deuxièmement, la mortification des sens;

troisièmement, la pureté du corps;

quatrièmement, la pureté de l'âme;

cinquièmement, l'amour du prochain;

et sixièmement, l'amour de Dieu.

Dans toutes ces considérations, Saint Louis de Gonzague sera proposé pour modèle, puisque nous devons employer les mêmes moyens, et nous servir des mêmes ailes qui l'ont élevé jusqu'à Dieu. On joindra à chaque considération quelques pratiques, qui seront d'autant plus agréables au Saint qu'elles sont fondées sur les maximes qui faisaient la règle de ses sentiments et de sa conduite; mais comme nous sommes trop faibles pour arriver sans secours à une si haute perfection, on ajoutera une oraison pour implorer l'intercession du Saint, afin qu'il soit non-seulement notre modèle, mais encore notre protecteur et notre appui dans les efforts que nous sommes obligés de faire pour acquérir ses vertus. On tâchera ensuite d'animer la confiance, en rapportant l'exemple de ceux qui ont ressenti, dans l'exercice de chaque vertu, les effets salutaires de son pouvoir. Heureux si vous pouvez obtenir la protection d'un Saint si charitable et si zélé pour le salut de ceux qui ont recours à lui! c'est le moyen d'engager le Seigneur à répandre sur vous une abondance de grâces, et principalement celle de la prière, qui fait la force et la nourriture de l'âme. Puissiez-vous éprouver, tous les jours de votre vie, qu'il est l'appui de votre faiblesse et le soutien de votre vertu!

Prière commune à dire chaque dimanche

Prière à saint Louis de Gonzague

Que l'on récite après avoir récité les six Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père

Je reconnais, grand Saint, votre crédit auprès de Dieu: et, plein de confiance en votre bonté, je me prosterne humblement devant le trône de votre gloire; je vous honore, je vous admire, et je rends grâces à la bonté divine qui vous a comblé de ses dons, et qui vous a donné dans le ciel une de ces places sublimes que le Seigneur destine à ses plus chers favoris; vous l'avez méritée par ces vertus héroïques qui reçoivent un nouveau lustre des différents prodiges que le Dieu tout puissant accorde à vos prières , pour rendre de jour en jour votre nom plus illustre et plus révéré sur la terre. Je bénis mille fois l'auguste et adorable Trinité qui a orné votre âme d'une innocence si parfaite, et qui l'a enrichie de l'assemblage de toutes les vertus. Je rends grâces au Père céleste qui vous a mis au rang de ses enfants bien-aimés. Je remercie le Fils de Dieu qui a reconnu en vous les fruits les plus exquis de son sang précieux. Je rends grâces au Saint-Esprit, qui a embrasé votre cœur des flammes de l'amour divin; je vous conjure par tous les dons de la grâce que le Seigneur a répandus sur vous avec profusion; par cette innocence, cette pénitence, cette charité ardente, qui vous a rendu si agréable à ses yeux; par cette joie céleste et ineffable que vous goûtez présentement dans le temple de sa gloire, de m'obtenir la grâce d'une contrition vive et profonde de mes péchés passés, et une pureté de cœur qui redoute les moindres fautes, et qui m'éloigne de tout ce qui peut déplaire à mon Dieu. Daignez me conduire et me diriger vous-même dans toutes mes actions, pendant ma vie et à l'heure de ma mort, qui est le temps où je compterai le plus sur votre secours. Je vous demande en particulier telle et telle grâce, que j'espère obtenir par votre intercession et par vos mérites (On exposera ici la grâce que l'on veut demander). Et vous, Reine du ciel, glorieuse Mère de Jésus-Christ, qui avez tant aimé et favorisé saint Louis de Gonzague lorsqu'il vivait sur la terre, interposez aussi le pouvoir spécial que vous avez auprès du Seigneur, pour donner du poids et de l'efficacité à mon humble prière, non en vue de mes mérites, mais par égard pour ceux de ce Saint qui vous fut si cher, et pour lequel vous eûtes toujours une tendresse de Mère. Faites connaître à tout l'univers que vous voulez le glorifier, et que vous protégez singulièrement ceux qui ont recours à lui, afin qu'ils croissent de plus en plus en grâce et en sagesse, en chantant ses louanges et les vôtres, pour le temps présent sur la terre, et dans le ciel pour une éternité. Ainsi soit-il.

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Premier Dimanche

Saint Louis de Gonzague, modèle de la componction du cœur

 

Considérez quel fut l'objet de sa douleur. C'étaient des fautes légères que les mondains regardent à peine comme des fautes. A l'âge de quatre ou cinq ans, lorsqu'il était dans la maison de son père, il prit à des soldats un peu de poudre à canon, et en leur parlant il prononça des paroles grossières qu'il leur avait entendu dire, et qu'il ne comprenait pas. Cependant il pleura ces deux fautes pendant le reste de sa vie. Il se croyait le plus grand des pécheurs; il appelait ces années les années de ses désordres et de sa méchanceté. Que n'a donc pas à craindre de la colère de Dieu celui qui ne sait pas se repentir de tant de fautes graves! Nos péchés nous paraissent légers, et nous ne nous en repentons que faiblement, parce que nous ne faisons aucune attention à la grandeur du Dieu que nous avons offensé , des récompenses du ciel que nous avons perdues, des peines de l'enfer que nous avons méritées. Regardons le péché comme ces poisons mortels, comme ces mets amers et dégoûtants que nous rejetons avec horreur. Il n'y a que la louche des impies qui dévore l'iniquité. Rentrez dans vous-même; pesez avec une attention sérieuse la gravité de vos péchés, et il ne vous sera pas difficile de ressentir toute l'amertume de la componction.


La vivacité de sa douleur

Quoique saint Louis de Gonzague n'eût commis que des fautes légères, il en eut un extrême repentir. Sa douleur fut si vive que, la première fois qu'il s'en accusa dans une confession générale qu'il lit à Florence, la tristesse et les larmes , précédées d'une sueur froide, le firent tomber aux pieds de son confesseur dans une espèce d'évanouissement qui ne lui permit pas de continuer sa confession ce jour-là; et dans la suite de sa vie il ne pouvait se rappeler le souvenir de ses péchés sans verser des torrents de larmes. Et vous, Chrétien, chargé de tant de crimes, vous êtes si peu touché des sentiments de la componction, qu'à peine pouvez-vous former un acte de contrition quand vous vous présentez au tribunal de la pénitence. Ah! malgré toute la dureté de votre cœur, la seule vue de vos péchés ne devrait-elle pas suffire pour vous arracher des larmes? Comptez-vous pour rien le malheur d'avoir offensé Dieu? regardez-vous le péché comme une bagatelle? Celui qui ne pleure pas amèrement sur un si grand mal, en a bien peu de connaissance; il ignore que c'est proprement le souverain mal et le seul qui soit véritablement à craindre. Tâchez donc de vous exciter à la componction, et d'en être pénétré le plus vivement qu'il vous sera possible. Humiliez votre esprit profondément, c'est le seul moyen d'éviter la peine que méritent vos péchés.

La continuité et la persévérance de sa douleur

Saint Louis de Gonzague ne cessa jamais de pleurer ses péchés. Souvent il s'écriait, les larmes aux yeux et le cœur pénétré de la plus vive douleur: « Mon Dieu! vos jugement sont un abîme impénétrable. Qui sait si le Seigneur m'aura pardonné les fautes que j'ai commises dans le siècle? » Il craignait sans cesse d'être du nombre de ceux que Dieu abandonne en punition de leurs péchés. Réfléchissez sur les avantages de cette crainte qui est d'autant mieux fondée, que nul ne sait s'il est digne d'amour ou de haine. Moins on pleure ses péchés, moins on est assuré de sa réconciliation avec Dieu. Il n'y a qu'une componction amère et continuelle qui puisse vous en donner quelque assurance; le Seigneur ne manque jamais de guérir ceux qui ont le cœur contrit. Cette componction est également avantageuse pour le présent et pour l'avenir: dans le présent, elle donne des forces et de la vigueur à notre âme, elle l'anime, elle la soutient, elle lui sert en quelque sorte de nourriture, selon cette parole : Nous serons nourris du, pain de nos larmes, et nous boirons l'eau de nos pleurs. Dans l'avenir elle nous attire l'assistance la plus favorable de la grâce divine: Sur qui jetterais-je des regards propices, dit le Seigneur, si ce n'est sur le pauvre qui a le cœur contrit? Accoutumez-vous donc à remplir votre cœur de cette douleur salutaire. Si la douceur du péché corrompt le goût et détruit les forces de l'âme, elle ne peut être guérie que par l'amertume des larmes, qui lui rend la vie et la santé.

Prière

 

Grand Saint, mon puissant protecteur auprès de Dieu, qui avez pleuré si longtemps et si amèrement des fautes très légères , vous voyez devant vous une âme criminelle qui a mille péchés griefs à se reprocher, et qui a de la peine à en ressentir la moindre douleur; obtenez-moi, je vous en conjure, quelques degrés de cette contrition vive et profonde dont vous fûtes pénétré, et qui peut seule amollir mon cœur insensible; si je ne mérite pas cette grâce, un Dieu Sauveur l'a méritée pour moi, puisqu'il exige de moi cette componction pour la satisfaction de mes péchés: faites que l'énormité de mes crimes soit toujours présente à mon esprit, et que j'en conserve au fond de mon cœur un repentir sincère et véritable, afin que je puisse vivre dans une douce espérance de ce pardon favorable qui ne s'accorde qu'à la pénitence et à la componction. Vous ne mépriserez pas, Seigneur, disait le Prophète, un cœur contrit et humilié. Ainsi soit-il.

Maximes de saint Louis de Gonzague et pratiques de vertus

Plus la vie est longue, et plus on a lieu de craindre pour son salut. C'est pourquoi ne vous persuadez jamais que vous êtes assuré de votre salut, mais travaillez-y avec crainte et tremblement. N'imitez pas ceux à qui le Saint-Esprit fait un reproche de ce qu'ils vivent dans une fausse sécurité, comme s'ils avaient acquis les mérites et pratiqué les vertus des justes.

Il est a craindre que les Anges, qui sont présentement nos guides, ne deviennent nos accusateurs au jour du jugement. Vivez donc dans la crainte; faites tous les soirs, à l'exemple du Saint, un examen sérieux de votre conscience; et pour rendre cet examen plus exact, adressez-vous à votre Ange gardien, qui a été témoin de toutes les fautes que vous avez commises, en œuvres, en paroles ou en pensées, et concevez une nouvelle douleur de vos péchés; demandez-en pardon à Dieu, en lui disant, comme le Roi-Prophète: « Purifiez-moi de plus en plus, Seigneur, de mon iniquité ».

« Celui qui tombe dans une faute, quoique légère, doit aussitôt se relever, s'adressera Dieu, lui en demander pardon, et la grâce de ne plus la commettre ».

Commencez donc par mettre cette maxime en pratique. Imitez celui qui, ayant eu le malheur de tomber dans la boue, se relève promptement pour se nettoyer, et marche ensuite avec plus de précaution. Car si le juste tombe sept fois, il se relève, mais les impies se précipitent dans l'abîme du mal, et ils ne font aucun effort pour en sortir.

Exemple

Il y avait dans le siècle passé une personne nommée Arsilia, qui eut toujours une dévotion particulière à saint Louis de Gonzague et qui obtint du Ciel plusieurs grâces singulières par son intercession. Ce Saint opéra tant de merveilles en sa faveur qu'il faudrait un volume pour les rapporter toutes. Un jour, étant à Tivoli, où elle demeurait, elle crut l'apercevoir, dans le ciel, tout éclatant de lumière, qui offrait au Dieu tout-puissant les prières de ceux qui avaient eu recours à lui, et il lui sembla que le Seigneur agréa plus d'une fois ses prières en prononçant ces paroles: « Vos demandes sont accordées ». Une des principales faveurs qu'elle obtint pour elle-même, fut la vraie componction du cœur. Etant un jour au pied de l'autel du Saint, prête à recevoir la communion, elle se ressouvint des larmes qu'il versait en abondance toutes les fois qu'il participait à ce divin mystère, et elle fit sa prière pour obtenir la même contrition qu'il avait eue lorsqu'il communia pour la première fois. A peine eut-elle commencé cette prière, qu'elle se sentit saisie d'une telle horreur de ses péchés que, succombant sous le poids de sa douleur qui lui faisait répandre un torrent de larmes, elle s'écria: « C'est assez, grand Saint, c'est assez ». Mais elle entendit aussitôt une voix intérieure qui lui répondit que cette douleur n'était pas encore suffisante pour expier ses péchés. Un autre jour, Arsilia étant attaquée d'une fièvre violente, implora le secours de de saint Louis de Gonzague, qui lui fit voir une image sensible des souffrances auxquelles les âmes du purgatoire sont condamnées, et des horribles châtiments que souffrent les damnés dans l'enfer. « Vois, lui dit-il, combien ces âmes souffrent pour l'expiation de leurs péchés; et toi, que souffres-tu? Quelles sont tes peines en comparaison de celles-ci? » Arsilia, fortifiée par ces paroles, cessa de désirer la fin de ses maux; elle pria même le Seigneur de les augmenter, afin qu'ils servissent, en quelque sorte, de contre-poids aux péchés qu'elle avait commis.

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Deuxième Dimanche

Saint Louis de Gonzague modèle de mortification et d'austérité

Mortification de Saint Louis de Gonzague lorsqu'il vivait dans le monde

Tout Chrétien doit marcher dans la voie étroite qui conduit à la vie éternelle. Et par conséquent l'esprit du christianisme est un esprit de mortification et d'austérité. Saint Louis de Gonzague comprit cette vérité dès sa plus tendre enfance. Le Saint-Esprit la lui fit connaître au milieu de la Cour. Quoique enfant, quoique séculier, quoique prince, il se mortifiait par des jeûnes assidus; il retranchait tous les jours de sa nourriture jusqu'à la réduire au poids d'une once; il déchirait sa chair par de dures disciplines; il inventait tous les jours de nouvelles mortifications pour la tourmenter; il mettait sous ses habits des pointes de fer pour suppléer au cilice. Que dites-vous, Chrétien, d'une pénitence si rigide? Comment pourrez-vous excuser votre délicatesse? Etes-vous plus jeune, plus faible, et plus délicat que lui? Oserez-vous dire qu'il vous est impossible de l'imiter? Mais que ne souffrez-vous pas tous les jours pour votre intérêt, pour satisfaire votre caprice, ou pour vous procurer du plaisir! Ne renouvelez-vous pas pour ainsi dire les prodiges de la manne, qui résistait au feu le plus violent, et qui se fondait au premier rayon du soleil? Cependant il sera toujours vrai de dire que la mortification des sens est la marque d'une âme choisie et agréable à Dieu. Ceux qui sont à Jésus-Christ, dit l'Apôtre, ont crucifié leur chair avec tous ses vices et tous ses désirs.

Sa mortification dans l'état religieux

Il pratiqua les mêmes austérités dans l'état religieux, autant que ses Supérieurs voulurent le lui permettre. Aucune action ne lui plaisait, si elle n'était accompagnée de quelque mortification: outre les jeûnes, les chaînes de fer et les disciplines, soit qu'il marchât, soit qu'il fût assis ou qu'il se tint debout, il était toujours dans un état de souffrance. Il disait à ceux qui s'étonnaient de ses austérités, que l'affaire du salut ne réussit que par la pénitence; que le vrai moyen de la rendre douce et facile est de la mettre continuellement en pratique, et qu'elle ne paraît difficile que par le-peu d'usage qu'on en fait. Le corps est destiné, par sa nature, à être l'esclave de l'âme; si on lui laisse trop de liberté, il en abuse. Or, la vraie manière de l'assujettir est d'imiter les Saints qui le traitaient durement, et travaillaient sans cesse à le dompter. Je châtie mon corps, disait Saint Paul, et je le réduis en servitude. Il ne suffit donc pas de l'avoir châtié quelquefois, comme quelques-uns le disent, castigabo; il ne suffit pas non plus d'avoir la pensée de le châtier à l'avenir, comme d'autres s'en flattent, en disant castigabo, je le châtierai: il faut le châtier continuellement comme un esclave toujours rebelle, et ne pas être un moment sans pouvoir dire comme Saint Paul: Je châtie mon corps, et, le réduis en servitude.

Sa mortification au lit de la mort

 

A la vue des étonnantes austérités de saint Louis de Gonzague, plusieurs disaient qu'il aurait du scrupule à l'heure de la mort, d'avoir abrégé ses jours par les excès de sa pénitence : mais qu'arriva-t-il? Ce Saint, après avoir reçu les derniers sacrements de l'Eglise, protesta que non-seulement il n'avait aucun scrupule des pénitences qu'il avait faites, mais plutôt d'avoir omis beaucoup d'autres mortifications qu'il aurait eu peut-être la force de supporter. Il pria ensuite son supérieur de lui permettre de se faire déchirer de coups depuis les. pieds jusqu'à la tête; et n'ayant pu l'obtenir, il demanda au moins d'être jeté sur la terre nue, afin d'expirer en vrai pénitent. Vous vous récriez peut-être contre cette rigueur; et vous demandez si c'est là le véritable esprit du christianisme? mais réfléchissez sur tous les remords que votre excessive délicatesse vous causera infailliblement à l'heure de la mort. Songez combien voua vous croiriez heureux, à ce dernier moment, d'avoir mortifié par la pénitence une chair qui sera sur le point d'être abandonnée aux vers et à la pourriture. « Malheur à vous qui riez présentement, dit le Seigneur; malheur à vous qui avez votre consolation en ce monde! »

Prière

O vous qui avez eu le courage de joindre pendant votre vie une si grande austérité a une si parfaite innocence, combien ne dois-je pas être confus, et humilié, quand je considère les extrêmes rigueurs que vous avez exercées sur vous-même! Qu'il s'en faut, grand Saint! que j'imite votre pénitence, moi qui ai bien plus de raison que vous de la pratiquer! Quoi! vous étiez continuellement occupé à mortifier votre chair, et moi, coupable de tant de péchés, je ne cherche qu'à flatter la mienne et à satisfaire ses goûts par une molle et indigne complaisance! Ah! inspirez-moi plutôt une sainte haine de moi même, afin que je marche dans cette voie étroite qui conduit au ciel. Ne permettez pas qu'en me livrant aux délicatesses de la chair, je m'engage malheureusement dans ce chemin plus large qui est la voie de perdition. Faites-moi comprendre que je n'ai point d'ennemis plus dangereux que moi-même , et que je dois me regarder et me traiter comme tel, en domptant continuellement mes inclinations naturelles et ma volonté propre, aidé de votre protection, animé par vos exemples. Ainsi soit-il.

Maximes de Saint Louis de Gonzague, et pratiques de vertus

 

« On n'a jamais vu personne s'élèvera une haute perfection, sans avoir traité son corps comme un animal indocile que l'on dompte à force de coups. Ayez donc soin de pratiquer toujours quelque pénitence corporelle , comme de porter le cilice, la haire, la chaîne de fer ou autre semblable, et persuadez-vous, à l'exemple des Saints, que la grâce de Dieu ne se conserve pas longtemps au milieu des satisfactions de la mollesse; elle ne se trouve point dans le séjour de ceux qui coulent les délices de la vie ».

« La pénitence volontaire du corps ne doit point se différer jusqu'à la vieillesse, temps où il ne reste plus assez de force pour la soutenir. Il est surtout nécessaire de la pratiquer dans l'âge où la chair ne peut être ménagée que l'esprit n'en souffre. Ne cherchez donc jamais de prétexte pour omettre ou pour adoucir cette pénitence; songez plutôt à la rendre plus pénible et plus rigoureuse dans le temps de la tentation. Résistez au démon avec force, disait l'apôtre saint Jacques, et il s'éloignera de vous ».

« Quand quelqu'un vous exhorte à traiter plus doucement votre corps, il faut répondre que Dieu vous l'a donné en garde, comme un esclave rebelle qui ne cesse de se révolter contre son maître. Animez-vous de plus en plus à la pénitence par le désir de plaire à Dieu: Un esprit abattu et humilié est pour lui un sacrifice agréable ».

Exemple

Le seul récit des pénitences et des mortifications de saint Louis de Gonzague a souvent fait, sur les âmes, les plus vives impressions, et leur a inspiré le courage de les imiter. Un jeune homme, entre autres, ayant lu la vie du Saint le jour qu'on célèbre sa fête, en fut tellement frappé qu'il conçut d'abord un extrême désir de quitter le monde et de s'ensevelir pour toujours dans un cloître; mais de justes motifs l'ayant empêché d'exécuter ce dessein, il prit une ferme résolution de mener dans le monde une vie austère et pénitente: dès lors, il ne mit plus de bornes à ses mortifications. Retiré dans sa maison, il priait sans cesse avec une extrême ferveur, et il traitait son corps avec tant de rigueur que son Confesseur fut souvent obligé d'arrêter les transports de son zèle, et de modérer, par une sage discrétion, le désir qu'il avait d'égaler, et peut-être de surpasser son modèle.

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13 juin 2010

Béatification du Père Jerzy Popieluszko

12 juin 2010

Les Sept offrandes du précieux sang de Jésus-Christ au Père éternel

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Les Sept offrandes du précieux sang de Jésus-Christ au Père éternel

 

I

Père éternel et tout-puissant, je vous offre: le précieux sang de Jésus-Christ, votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour la propagation et l'exaltation de notre sainte mère l'Eglise, pour la conservation et la prospérité de son chef visible le souverain Pontife, pour les cardinaux, évêques et pasteurs des âmes, et pour tous les ministres du sanctuaire.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


II

Père éternel et Tout-Puissant, je vous offre les mérites du sang précieux de Jésus, votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour la conservation de la paix et de la concorde entre les rois et princes catholiques, pour l'humiliation des ennemis de la sainte foi, et pour la félicité du peuple chrétien.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


III

Père tout-puissant et éternel, je vous offre les mérites du sang précieux de Jésus, votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour le retour des incrédules à la lumière de la foi, pour l'extirpation des hérésies et la conversion des pauvres pécheurs.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


IV

Père éternel et Tout-puissant tout-puissant, je vous offre les mérites du sang précieux de Jésus, votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour mes parents, amis et ennemis, pour les pauvres, les malades, les malheureux et tous ceux enfin pour lesquels vous savez que je dois prier, et vous voulez que je prie.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


V

Père éternel et tout-puissant, je vous offre les mérites du sang précieux de Jésus, votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour tous ceux qui aujourd'hui passeront à l'autre vie, afin que vous les délivriez des peines de l'enfer, et les admettiez à la jouissance de votre gloire.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


VI

Père éternel et tout-puissant, je vous offre les mérites du précieux sang de Jésus, votre Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour tous ceux qui savent apprécier ce grand trésor, pour ceux qui sont unis avec moi, dans l'adoration et la vénération de ce sang précieux, et pour ceux qui travaillent à en propager la dévotion.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


VI

Père tout-puissant et éternel, je vous offre les mérites du précieux sang de Jésus, voire Fils bien-aimé et mon divin Rédempteur, pour tous mes besoins spirituels et temporels, pour le soulagement des saintes âmes du purgatoire, de celles surtout qui ont été dévotes à ce sang adorable, et aux douleurs et souffrances de la très-sainte Vierge, notre tendre Mère.


Gloire au Père...

Louanges et grâces à jamais à Jésus, qui par son sang nous a sauvés.


Louons Jésus et Marie,
Louons-les toujours.


Prions


Dieu éternel et tout-puissant qui avez constitué votre fils unique, Rédempteur du monde, et avez voulu être apaisé par son sang, faîtes, nous vous en prions, que, vénérant le prix de notre salut et étant par lui protégés sur la terre contre les maux de cette vie, nous recueillions la récompense éternelle dans le Ciel. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi-soit-il.


Vive le sang de Jésus maintenant, et toujours, et dans tous les siècles des siècles.

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12 juin 2010

Chapelet en l'honneur du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ

Guillaume_Courtois

Chapelet en l'honneur du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ


O Dieu, viens à monde aide,

Seigneur, viens vite à mon secours.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

au Dieu qui était et qui vient, pour les siècles et les siècles. Amen.


Introduction


Sang précieux versé pour moi par tant d'amour et de souffrance, Sang divin, je veux mettre en toi  mon amour et mon espérance. Mon Dieu, pour prix de vos douleurs, Prenez tout mon sang comme offrande, faites que mon cœur répande à vos pieds un fleuve de pleurs. Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

4

Premier Mystère

Jésus a versé son sang dans la circoncision


« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception ». (Luc 2: 21)


D'un Dieu vengeur et tout-puissant

Un enfant Dieu suspend le glaive:

L'offrande de son premier sang

Aux cieux comme un parfum s'élève.

Au ciel près d'un juge en courroux,

Le sang d'Abel criait vengeance,

Le sien prend la voix de l'enfance

Afin de mieux prier pour nous.


Huit jours après sa naissance, notre divin Rédempteur répandit pour nous les prémices de son précieux sang. Ce fut alors que pour se conformer à la loi de Moïse, il se soumit à la circoncision. Rappelez-vous, chrétien, que Jésus a voulu ainsi satisfaire à la divine justice pour tous vos dérèglements; efforcez-vous d'en éprouver une vive douleur, et promettez au Seigneur d'être désormais, avec le secours de sa puissante grâce, plus chaste de corps et d'esprit.


Cinq Notre Père et un Gloire au Père.


Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

6

Deuxième Mystère

Jésus a sué le sang dans le jardin des Oliviers


« Jésus sortit et se rendit comme d'habitude au mont des Oliviers, et les disciples le suivirent. Arrivé sur place, il leur dit: "Priez pour ne pas tomber au pouvoir de la tentation." Et lui s'éloigna d'eux à peu près à la distance d'un jet de pierre; s'étant mis à genoux, il priait, disant: "Père, si tu veux écarter de moi cette coupe... Pourtant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise!" Alors lui apparut du ciel un ange qui le fortifiait. Pris d'angoisse, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient à terre. Quand, après cette prière, il se releva et vint vers les disciples, il les trouva endormis de tristesse. Il leur dit: "Quoi! Vous dormez! Levez-vous et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation! ». (Luc 22-39, 46)


O qu'il est triste et languissant

ce Maître des cieux et du monde:

je vois son front mêler du sang

Avec la sueur qui l'inonde...

Ce sang est ton accusateur,

homme ingrat... c'est là ton ouvrage;

qu'au moins cette cruelle image

attendrisse et brise ton cœur!


Jésus, à la vue des ingratitudes dont les hommes allaient payer ses bienfaits, versa son sang en si grande abondance dans le jardin des olives, que la terre en fut tout arrosée. Oh! chrétien, excitez-vous donc au repentir d'avoir si mal répondu aux ineffables miséricordes du Seigneur; et formez aujourd'hui une résolution sincère de faire un bon usage des grâces célestes et des saintes inspirations.


Cinq Notre Père et un Gloire au Père.


Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

7

Troisième Mystère

Jésus à répandu son sang dans la flagellation


« Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas, puis il livra Jésus, après l'avoir fait flageller, pour qu'il soit crucifié ». (Marc 15-15)


Sur toi les verges les bourreaux

déchaînent un sanglant orage,

pauvre agneau!

Ta chair en lambeaux
ne saurait assouvir leur rage...

Que de sang!... Pourtant tes douleurs

ne sauraient trouver une plainte;

et la haine en nous mal éteinte

ose encore parler dans nos cœurs!...


Pendant sa cruelle flagellation, Jésus répandit son sang pour nous. Sa peau était déchirée, sa chair toute meurtrie, ce sang précieux coulait à flots de toutes les parties de son corps. Alors il l'offrait au Père éternel, en expiation de vos impatiences et de votre mollesse. Comment donc ne pas mettre un frein à votre colère et à votre amour propre? Ah! soyez à l'avenir plus patient dans les tribulations, apprenez à vous mépriser vous-même, et à recevoir avec humilité les outrages qu'on vous fait.


Cinq Notre Père et un Gloire au Père.


Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

8

Quatrième Mystère

Jésus a versé son sang dans le couronnement d'épines


Les soldats du gouverneur, emmenant Jésus dans le prétoire, rassemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils le dévêtirent et lui mirent un manteau écarlate; avec des épines, ils tressèrent une couronne qu'ils lui mirent sur la tête, ainsi qu'un roseau dans la main droite; s'agenouillant devant lui, ils se moquèrent de lui en disant: "Salut, roi des Juifs!" Ils crachèrent sur lui, et, prenant le roseau, ils le frappaient à la tête. Après s'être moqués de lui ils lui enlevèrent le manteau et lui remirent ses vêtements. Puis ils l'emmenèrent pour le crucifier. Matthieu 27-27, 31).


Epines, ô sanglant bandeau

qui d'un Dieu couronne la tête,

offert par la main d'un bourreau!

Fleurons à la poignante arête,

Humide encore du divin sang

où votre dard cruel se trempe,

venez aussi toucher ma tempe

et briser l'orgueil impuissant.


Le sang coula de la tête sacrée de Jésus quand il fut couronné d'épines, pour expier votre orgueil, et vos coupables pensées. Et vous continuerez encore à vous repaître d'orgueil, et à entretenir dans votre esprit des idées perverses, des images déshonnêtes? Ah! plutôt ayez toujours présent à la pensée votre néant, votre misère, votre faiblesse, et résistez avec courage aux iniques suggestions du démon.


Cinq Notre Père et un Gloire au Père.


Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

9

Cinquième Mystère

Jésus a répandu son sang en montant au Calvaire


Comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène qui venait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus. Il était suivi d'une grande multitude du peuple, entre autres de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles et leur dit: "Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. Car voici venir des jours où l'on dira: Heureuses les femmes stériles et celles qui n'ont pas enfanté ni allaité. Alors on se mettra à dire aux montagnes: Tombez sur nous, et aux collines: Cachez-nous. (Luc 23, 26, 30)


Sous sa croix il marche à pas lent,

et chacun des pas qu'il doit faire

va marquer d'un sillon sanglant

les cruels sentiers du Calvaire.

Ce sang! il t'accuse à grands cris,

toi par qui le scandale arrive:

rends-moi, dit cette voix plaintive,

rends-moi les cœurs que tu m'as pris.


Que de sang ne répandit pas notre aimable Sauveur sur le chemin du calvaire? Succombant sous le fardeau de sa croix, il en arrosa les rues de Jérusalem, et tous les lieux par où il lui fallut passer. Voilà, chrétien, ce qu'il a souffert en satisfaction de ces scandales, et de ces mauvais exemples qui devaient entraîner tant d'âmes dans la voie de la perdition. Qui sait si vous n'êtes pas du nombre de ces malheureux? Qui sait combien d'âmes auront été précipitées dans l'enfer par suite de vos mauvais exemples? Et vous ne pensez y mettre aucun terme? Ah! du moins à l'avenir contribuez au salut de vos frères, par vos salutaires avis, par votre vie édifiante, et par l'exemple de bonnes et de saintes œuvres.


Cinq Notre Père et un Gloire au Père.


Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

 

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Sixième Mystère

Jésus a répandu son sang dans le crucifiement


Arrivés au lieu dit "le Crâne", ils l'y crucifièrent ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, et l'autre à gauche. Jésus disait: "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font." Et, pour partager ses vêtements, ils tirèrent au sort. Le peuple restait là à regarder; les chefs, eux, ricanaient; ils disaient: "Il en a sauvé d'autres. Qu'il se sauve lui-même s'il est le Messie de Dieu, l'Elu!" Les soldats aussi se moquèrent de lui: s'approchant pour lui présenter du vinaigre, ils dirent:  "Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même." Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui: "C'est le roi des Juifs." L'un des malfaiteurs crucifiés l'insultait: "N'es-tu pas le Messie? Sauve-toi toi-même et nous aussi!" Mais l'autre le reprit en disant: "Tu n'as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine! Pour nous, c'est juste: nous recevons ce que nos actes ont mérité; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait: "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi."Jésus lui répondit: "En vérité, je te le dis, aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis." (Luc 23-33, 43)


De son Dieu la terre est en deuil,

Et la mort loin d'être assouvie

ose encore dans son orgueil

au combat défier la vie.

Mais le sang fécond de l'Agneau

saura bien lui ravir sa proie;

elle est debout, et dans sa joie,

brise les pierres du tombeau!


Ce fut surtout pendant son crucifiement, que Jésus répandit en abondance son sang précieux. Déjà ses veines étaient brisées, déjà ses artères étaient rompues, déjà ce baume salutaire de vie éternelle jaillissait comme un torrent de son divin corps, pour effacer les crimes et les iniquités du monde. Qui voudra désormais continuer à pécher, et à renouveler ainsi la douloureuse passion du Fils de Dieu? O pleurez amèrement toutes vos fautes, venez les détester aux pieds du ministre sacré, commencez à présent même à vivre en chrétien, en vous rappelant que voire salut a coûté à Jésus tout son sang.


Cinq Notre Père et un Gloire au Père.


Doux Jésus, ma seule tendresse, Ton sang verse en mon cœur une divine ivresse.

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Septième Mystère

Jésus a versé du sang et de l'eau dans la blessure de la lance


Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant ainsi sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère: "Femme, voici ton fils." Il dit ensuite au disciple: "Voici ta mère." Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après quoi, sachant que dès lors tout était achevé, pour que l'Ecriture soit accomplie jusqu'au bout, Jésus dit: "J'ai soif"; il y avait là une cruche remplie de vinaigre, on fixa une éponge imbibée de ce vinaigre au bout d'une branche d'hysope et on l'approcha de sa bouche. Dès qu'il eut pris le vinaigre, Jésus dit: "Tout est achevé" et, inclinant la tête, il remit l'esprit. Cependant, comme c'était le jour de la Préparation, les Juifs, de crainte que les corps ne restent en croix durant le sabbat-ce sabbat était un jour particulièrement solennel, demandèrent à Pilate de leur faire briser les jambes et de les faire enlever. Les soldats vinrent donc, ils brisèrent les jambes du premier, puis du second de ceux qui avaient été crucifiés avec lui. Arrivés à Jésus, ils constatèrent qu'il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. Mais un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est conforme à la vérité, et d'ailleurs celui-là sait qu'il dit ce qui est vrai afin que vous aussi vous croyiez. En effet, tout cela est arrivé pour que s'accomplisse l'Ecriture: Pas un de ses os ne sera brisé; il y a aussi un autre passage de l'Ecriture qui dit: Ils verront celui qu'ils ont transpercé.
(Jean 19: 25, 37)


Mère d'amour et de bonté,

par ce pur sang qu'un fer de lance

a fait jaillir du saint côté d'un Dieu

qui vous doit la naissance,

lancez vers moi des dards de feu,

des étincelles dont la flamme

réveillent enfin dans mon âme

l'amour que je dois à mon Dieu!


Après la mort de Jésus son sang coula encore. Son côté fut entr'ouvert par la lance, et son cœur en fut percé. Il en sortit aussitôt du sang et de l'eau, pour nous montrer que Jésus avait répandu jusqu'à la dernière goutte de son divin sang pour notre rédemption. O bonté infinie de mon Sauveur! qui pourra ne pas vous aimer? Quel cœur ne se sentira pas embrasé d'amour pour vous, après que vous avez tant fait pour nous racheter ? Mais puisque les expressions me manquent, j'invite tous les anges et tous les saints du paradis, j'invite Marie notre Mère à bénir, à louer, à glorifier votre précieux sang. Oui, vive le sang de Jésus, maintenant, toujours, et dans tous les siècles des siècles! Ainsi soit-il.


Trois Notre Père et un Gloire au Père


(Pour indiquer les trois heures que Jésus a passées sur la croix, et pour achever les trente-trois Pater en mémoire des trente-trois années de sa vie terrestre.)


Vous nous avez rachetés, Seigneur par votre Sang,

Et vous avez fait de nous le royaume de Dieu.


Prions


Dieu éternel et tout-puissant qui avez constitué votre fils unique, Rédempteur du monde, et avez voulu être apaisé par son sang, faîtes, nous vous en prions, que, vénérant le prix de notre salut et étant par lui protégés sur la terre contre les maux de cette vie, nous recueillions la récompense éternelle dans le Ciel. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi-soit-il.


Prière Finale


O sang précieux, source d'éternelle vie, prix et rançon de tout l'univers, qui désaltérez et purifiez nos âmes, qui plaidez incessamment la cause des hommes auprès du trône de la suprême miséricorde; je vous adore profondément; je voudrais, autant que cela dépend de moi, réparer les injures et les outrages que vous recevez des hommes, et surtout de ceux qui ont l'audace de vous blasphémer. Qui pourrait ne pas bénir ce sang dont la valeur est infinie? Qui ne se sentira pas enflamme d'amour pour Jésus qui l'a versé? Que deviendrais-je si je n'avais pas été racheté par ce sang divin? Qu'est-ce qui l'a fait couler jusqu'à la dernière goutte des veines de mon Sauveur? N'est-ce pas l'amour? O amour immense qui nous a donné ce baume salutaire! O baume inestimable, jailli de la source d'un amour infini, faites que tous les cœurs, que toutes les langues puissent vous adorer, vous louer et vous rendre grâces, maintenant et pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

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