Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
23 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

Rennes_(35)_Basilique_Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle_Tableau_de_la_Vierge_à_l'Enfant

 

Vingt-quatrième jour

Diverses pratiques de dévotion en l’honneur de la très sainte Vierge Marie

 

« Si la dévotion à la sainte Vierge est nécessaire a tous les hommes pour faire simplement leur salut, elle l'est encore beaucoup plus à ceux qui sont appelés à une perfection particulière ». Saint Louis-Marie Grignion de Montfort).

 

I. « Quand le printemps venait, que les fleurs commençaient à paraître, je m'abstenais, dit le bienheureux Henri Suso, d'en cueillir jusqu'à ce que j'eusse fait une belle et brillante couronne à la Mère de mon Dieu. Je me mettais à cueillir des fleurs avec toutes sortes de pensées d'amour pour Marie ; j'allais dans la chapelle poser ma couronne sur la tête de la Sainte Vierge, cette fleur joyeuse de mon cœur, la priant de ne pas dédaigner les prémices que son serviteur lui offrait ».

Un jour qu'il avait ainsi honoré la sainte Vierge, il lui sembla que le ciel était ouvert; il voyait les anges descendre vers lui, et les entendait chanter à la louange de Marie un hymne si ravissant qu'il en mourait de plaisir. Le bienheureux unit sa voix à celles des esprits célestes, et son âme fut inondée de délices et d'amour pour Dieu. Une autre fois, au commencement du mois de mai, il avait dévotement offert, selon sa coutume, une couronne de roses à la Reine du ciel, lorsqu'il se crut transporté au milieu d'un concert céleste. Lorsqu'il fut terminé, la sainte Vierge s'avança vers lui, et lui commanda de chanter ce verset : « O vernalis rosula... » il obéit avec joie, et aussitôt des anges, dont les voix étaient plus admirables et plus ravissantes que tous les instruments de musique réunis, accompagnèrent son chant et le continuèrent longtemps encore après qu'il eut fini le saint cantique.

Le Père François Alain, du couvent de Notre Dame de Bonne Nouvelle à Rennes, eut une grande réputation de sainteté pendant sa vie et après sa mort. Il mérita, par son zèle et son assiduité à faire honorer la sainte Vierge, la qualité de « dévot de Marie et de père du saint Rosaire ».

Un grand nombre de nos saints et de nos saintes jeûnaient au pain et à l'eau la veille de toutes les fêtes de la Sainte Vierge. La Bienheureuse Marguerite de Hongrie, la veille de ces fêtes et pendant leur octave, servait Marie avec un redoublement de ferveur. Elle commença ces pieux exercices dès sa plus tendre enfance. Quand la maîtresse des novices l'envoyait avec les autres à la récréation, elle les engageait à venir avec elle à la chapelle chanter des hymnes à la Reine des Anges.

La Bienheureuse Hélène des Tourelles avait toujours été très dévouée à la sainte Vierge, avant d'entrer au couvent, elle fit bâtir une chapelle en son honneur et y attacha des rentes pour l'entretien du culte divin ; les cloches de cette chapelle sonnèrent toutes seules au moment de sa mort.

La tendre piété de Saint Albert-le-Grand lui mérita de la part de la Vierge Marie, qui récompense au centuple ce que l'on a fait pour Elle, toutes les grâces dont sa longue carrière fut remplie. Marie était à la fois sa mère, sa directrice et son amie. Si l'obéissance à ses supérieurs, la charité pour le prochain et les obligations de sa charge le lui eussent permis, il n'eût voulu faire qu'aimer Marie. Il entonnait ses louanges cent fois par jour, il poussait vers Elle de tendres soupirs, et quand ses devoirs lui laissaient quelque liberté, il allait se jeter avec effusion à ses pieds. Souvent on l'entendait, au milieu de ses promenades solitaires, chanter à sa céleste amie des hymnes ravissantes qu'il avait composées pour Elle, il mêlait souvent à ses chants autant de soupirs qu'il y avait de notes, et de larmes qu'il y avait de paroles. Mais il ne se plaisait pas seulement à parler de Marie, à chanter ses louanges, il faisait toutes ses actions en vue de lui plaire. Il lui offrait ses travaux, ses souffrances et ses consolations. S'agissait-il de donner un conseil, d'écrire, d'enseigner, de prêcher, c'était Marie qu'il appelait à son aide ; partout et toujours il la prenait pour modèle de sa vie, comme à toute heure elle était l'objet de ses affections.

Le Vénérable Père Antoine Lequien s'occupait avec ardeur de l'œuvre si difficile de la réforme des couvents de sa province ; mais bien convaincu que rien ne pouvait lui être plus utile dans cette circonstance que d'intéresser Marie à sa cause, il redoubla de supplications en récitant plusieurs fois par jour le saint Rosaire, pratique pour laquelle il avait une singulière dévotion. Sa confiance envers Dieu et Marie était sans bornes, des plus touchantes et des plus profondes ; aussi obtint-il par ce moyen les grâces les plus signalées. « J'étais, dit-il, convaincu de cette pensée, que Dieu se sert de nos infirmités pour faire réussir ses desseins, pourvu qu'on soit pénétré de confiance en Lui ». Le cœur de ce vertueux Père était plein d'une grande reconnaissance envers Dieu et Marie pour les bienfaits qu'il en recevait. Dès qu'il avait été exaucé, on le voyait aussitôt commencer des neuvaines d'actions de grâces envers Dieu et la sainte Vierge.

Non content de s'acquitter lui-même de ce devoir, il exhortait sans cesse ses religieux à la reconnaissance, leur recommandant surtout de la faire consister dans une plus grande et plus inviolable fidélité pour le service de leur divine bienfaitrice. L'abbé Olier avait un si grand amour pour Marie qu'il s'estimait heureux d'être né d'une mère qui s'appelait Marie, et dans une rue de Paris qui portait le nom de Notre Dame. Dès ses premières études, il ne manquait jamais d'invoquer la Vierge avant de prendre son livre, et il avouait plus tard qu'il ne pouvait rien apprendre qu'à force d'Ave Maria. Dès lors il avait l'habitude qu'il conserva toute sa vie, de lui offrir tout ce qu'il avait de neuf ; il n'aurait osé se servir d'un vêtement sans le lui avoir consacré ; il la priait instamment de ne pas permettre qu'il offensât son divin Fils tant qu'il le porterait. Il ne voulait user qu'en son nom de tout ce qu'il possédait. Quand il se levait ou se couchait, quand il sortait de sa chambre ou y rentrait, il ne manquait jamais de demander à la Sainte Vierge sa bénédiction, et, s'il entreprenait un voyage hors de Paris, il allait la lui demander dans l'église Notre Dame. Au retour, c'est à Elle qu'il allait rendre ses premiers devoirs. Toutes les fois qu'il entreprenait une chose considérable, il allait la lui recommander.

Le Père Schaffhausser, mort en 1860, ne quittait jamais sa cellule sans avoir prié la sainte Vierge de le bénir, en lui adressant à genoux avec ferveur cette invocation : « Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria ! » Il aimait Marie comme un enfant aime sa mère, il lui redisait tous les jours quelques-unes des prières composées en son honneur, et dans ses promenades, pendant son noviciat à Châlais, son plus grand bonheur était de charmer les échos des montagnes en chantant des cantiques à Marie. Après le culte de Jésus, le Rosaire était sa dévotion privilégiée; il connaissait toute la puissance de cette prière sur le cœur de Dieu et sur celui de Marie pour obtenir de leur miséricorde la transformation des âmes ; aussi, non content de réciter le Rosaire, il en faisait souvent le sujet de ses prédications.

Parmi les mille moyens donnés par les auteurs de la vie spirituelle, en voici un peut être peu connu, mais dont les résultats sont efficaces ; c'est d'écrire à Marie ! Oui, écrire à Marie, surtout quand approchent ses fêtes, lui écrire et laisser parler son cœur ; lui exprimer avec naïveté nos misères, nos désirs et nos bons sentiments ; lui faire lire jusqu'au fond de notre âme, et quand arrivera un jour de fête ou de communion, placer cette lettre sur son cœur, et conduit par les mains de Marie, s'approcher de la sainte Table avec amour, afin de sceller par le sang de Jésus les promesses faites à notre divine Madone. La lecture de cette lettre soigneusement conservée, produit dans l'âme les plus heureux effets, et cette lettre doit être répétée plusieurs fois pendant le mois ou la semaine. Ainsi agissait un pieux jeune homme dont nous avons déjà parlé. Battu par la tempête, en proie à la rage de l'enfer, il ne se contentait pas de pousser des cris vers Marie, d'arroser de ses larmes le pied de ses autels, mais il lui exprimait par lettres, en caractères de feu, ce qui se passait dans son cœur, et ce moyen, comme il l'avoue lui-même, a été pour beaucoup dans sa vocation religieuse. Ce moyen, nous le répétons, l'avait puissamment aidé à vaincre le monde et les passions : sous l'habit religieux, il l'employait encore, pour se maintenir dans une continuelle ferveur. Pourquoi n'agirions-nous pas de même ? Notre cœur, habituellement si glacé, notre âme si faible pour le bien, trouveraient là un aliment de vie et de forces inconnues jusqu'à ce jour ». (Couronne de Marie, décembre 1860).

 

II. Vierge sainte, obtenez-moi que, par mes pratiques de dévotion en votre honneur, je moissonne de nombreux mérites pour la vie éternelle que votre Jésus m'a préparée ; que je moissonne la foi, l'espérance, la charité, la patience, la douceur, la persévérance, une sainte mort ! Divine Vierge, nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre, et que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre est le lis virginal, autre l'humble violette; mais avec votre puissante protection, Vierge Marie, nous nous efforcerons tous, selon le parfum ou l'éclat qui nous est donné, de plaire à Jésus, le divin jardinier des âmes. Amen.

 

123211265_o

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
29 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

275_001

Trentième jour

Marie, Reine des Martyrs

 

« La seule présence de Marie sur le Calvaire auprès de son Fils mourant, suffit pour nous montrer quel martyre Elle souffrit, et combien sa patience fut constante et sublime. Ce fut alors que par sa patience, Elle devint notre Mère et nous ses enfants à la vie de la grâce » (Saint Albert-le-Grand).

 

I. Marie n'était pas seulement auprès de la croix, les yeux noyés de larmes, et contemplant les blessures de son Fils, Elle s'y tenait debout !... Les rochers se brisent par morceaux, et Marie ne perd rien de sa force. Son cœur est comme une mer d'amertume dont les vagues montent jusqu'au ciel ; mais elle conserve son calme, résiste à la tempête et ne s'écarte en rien de la volonté du Seigneur. Toutefois cette conformité à la volonté divine ne l'empêche point de sentir une immense douleur quand elle jette les yeux sur son Fils adoré et souffrant. (Vénérable Louis de Grenade, Méditation sur la Passion).

Ah ! Vraiment, Vierge sainte, il n'y a pas de martyre semblable à votre martyre, parce que parmi les créatures, il n'y a pas d'amour semblable à votre amour !

C'est le souvenir de la Passion de Jésus et du martyre de Marie au pied de la croix qui a fait la force de tous les martyrs, et les a rendus supérieurs à la douleur.

Dès l'origine de l'Ordre de Saint Dominique, l'enfer qui prévoyait le grand nombre d'âmes qu'il lui arracherait, se rua sur lui avec tant de rage, que les documents officiels portent à 13 300 le nombre des martyrs de l'Ordre pendant le premier siècle de son existence. Les savants auteurs de l'ancienne Année Dominicaine comptent 26 000 martyrs pendant son quatrième siècle.

À Saint Dominique et à l'arme du Rosaire dont il se servit par l'inspiration de la très Sainte Vierge, appartient la gloire d'avoir perlé à l'hérésie des Albigeois un coup mortel ; mais il fut donné aux religieux de son Ordre d'en éteindre les dernières étincelles dans leur sang généreux. En vingt ans le seul couvent de Toulouse eut l'insigne honneur de fournir douze martyrs à la cause de Jésus-Christ et de sa très Sainte Mère. Les trois derniers furent Guillaume Arnaldi, Bernard de Rochefort et Garcias d'Aure.

Le Bienheureux Guillaume Arnaldi, connu par son zèle pour la foi et le culte de la Sainte Vierge, objet des blasphèmes des hérétiques, avait reçu du pape Grégoire IX l'ordre de s'opposer à leurs tentatives criminelles. Il s'acquitta de ce devoir avec une vigueur apostolique qui fit naître contre lui une haine farouche dans le cœur des sectaires. Un jour qu'il était venu avec Bernard de Rochefort et Garcias d'Aure et trois prêtres à Avignonnet, pour remplir les devoirs de son ministère, ils furent surpris par les perfides hérétiques dans l'église même du lieu. Ils furent massacrés pendant qu'ils chantaient le Te Deum qu'ils avaient entonné en action de grâces de ce qu'ils avaient été jugés dignes de recevoir la couronne du martyre. La cruauté des sectaires s'exerça surtout sur le Bienheureux Guillaume, qui fut criblé de blessures, et à qui les hérétiques arrachèrent cette langue qui avait si souvent proclamé les grandeurs de Marie et les avait si souvent confondus.

À la nouvelle de ce meurtre sacrilège, le pape Grégoire IX frappa d'interdit l'église où il s'était passé. Au bout de quarante années, les habitants, alors tous revenus à la foi catholique, envoyèrent des députés à Rome pour obtenir la levée de l'interdiction. Or, au jour même où cette grâce leur était accordée à Rome, on trouva à Avignonnet l'église miraculeusement ouverte, dès le matin, quoique la porte fût fermée avec d'énormes barres de fer ; et les cloches, muettes depuis si longtemps, sonnèrent d'elles-mêmes, sans aucune impulsion humaine, pendant toute une nuit et un jour.

À l'entrée de l'église, les habitants d'Avignonnet trouvèrent une magnifique statue de la Vierge Marie. La Mère de Dieu, outragée par les hérétiques, défendue par les saints martyrs, manifestait par cette apparition inexplicable et sa propre gloire et celle des intrépides défenseurs de son culte. Depuis lors, les Chrétiens du pays, pleins de reconnaissance pour ce bienfait de Marie, voulurent en perpétuer le souvenir par une fête annuelle, qui se célèbre le premier mardi de juin, et où on porte en triomphe l'image de la Reine du ciel.

Un grand nombre de personnes de toute condition viennent, à cette date, de tous les environs, et, un cierge à la main, parcourent en se traînant sur leurs genoux la nef de l'église jusqu'au tableau du maître-autel, qui représente la glorification des martyrs.

Arrivés là, les pieux pèlerins terminent leur pénible trajet, en baisant une petite image de la Sainte Vierge, que le prêtre leur présente. Cet acte porte le nom de Vœu ; il constitue une double réparation : l'une, envers Marie, horriblement blasphémée par les Albigeois ; l'autre, envers les sains martyrs, dont le sang a été si cruellement répandu dans le lieu même. Les premiers convertis s'engagèrent à cet acte d'expiation en l'honneur de la sainte Vierge et de ses serviteurs. Voilà bientôt six cents ans que leurs enfants sont fidèles à remplir ce vœu de leurs ancêtres.

Un novice du couvent de Sandomir, où le Bienheureux Sadoc était Prieur, lisant, selon l'usage, le martyrologe après les matines, vit, écrites en lettres d'or, ces paroles prophétiques : « À Sandomir, le martyre de quarante religieux de l'ordre des Frères Prêcheurs ».

Le saint religieux et ses frères, saisis d'étonnement, comprirent que Dieu voulait par ce prodige les avertir de se préparer au martyre. En effet, le lendemain, les Tartares prirent la ville d'assaut, se précipitèrent sur le couvent des Frères Prêcheurs et massacrèrent le Bienheureux Sadoc, avec ses religieux, au nombre de quarante, pendant qu'ils chantaient au chœur le Salve Regina, que la fureur impétueuse de leurs bourreaux ne put leur faire interrompre. De là vient, dans l'Ordre de saint Dominique, la coutume de chanter le Salve Regina auprès des religieux mourants.

Un jeune novice, qui s'était caché pour échapper à la mort, entendit une mélodie céleste devenir plus sensible à mesure que les saints confesseurs étaient massacrés. Ne voulant pas perdre sa place dans ce glorieux concert de triomphe et d'amour, il courut rejoindre ses frères et cueillit avec eux la palme du martyre.

Marie est toujours la Reine des martyrs: toujours Elle fortifie et console les martyrs dans leurs tourments ; c'est Elle qui, après son divin Fils, a été la force des nombreux confesseurs de la foi que l'Ordre de Saint Dominique a eu en Cochinchine depuis plusieurs années.

Ces généreux enfants de Marie se réunissaient fréquemment dans les cachots où ils attendaient la mort,pour chanter les louanges de la sainte Vierge et réciter le saint Rosaire, sans que personne, par une permission de Dieu, les en empêchât. Un dominicain indigène, le Père François Du-yet, avait été arrêté par les mandarins qui, après lui avoir fait plusieurs questions, se mirent à vomir les plus horribles blasphèmes contre la pureté virginale de la Mère de Dieu. L'humble religieux, en vrai enfant de Saint Dominique, prit avec courage la défense de la Vierge Marie. L'orgueilleux mandarin, se voyant confondu, le fit fouetter avec cruauté une seconde fois. Le 19 novembre 1859, le défenseur de Marie fut condamné à avoir la tète tranchée ; ce ne fut qu'au septième coup seulement que l'âme du saint martyr quitta son enveloppe pour s'envoler vers son Créateur. Jusqu'au quatrième coup, on l'entendit prononcer les noms de Jésus et de Marie qui faisaient sa force. (Extrait de la persécution du roi Tu-Duc, dans le Tong-King central, par Mgr Valentin Ochoa, dominicain, martyrisé en 1862).

 

II. Pour tous la vie est un combat, pour presque tous un martyre douloureux, plus ou moins long ; aussi élevons-nous tous nos supplications vers Vous, Vierge Marie, qui, par vos douleurs et votre patience au pied de la Croix avez mérité le nom de Reine des martyrs. Rappelez-vous sans cesse que votre divin Fils, pour expier les iniquités du monde, a voulu ressentir toutes les douleurs et les supporter avec une inaltérable patience ! Répétez-nous, ô Marie, que l'acceptation généreuse de la souffrance est une vertu pour l'innocent et la seule voie de salut qui reste au pécheur. Quand, justes ou pécheurs, nous portons notre croix, faites que nos pensées s'élèvent toujours vers la montagne de la grande et sublime expiation !... Et si, en chemin, notre âme si faible, abattue, murmurant sous le poids de son martyre, était prête à succomber, divine Marie, montrez-nous alors la face meurtrie, le corps déchiré, les pieds sanglants et la couronne d'épines de votre Jésus; dévoilez-nous quelques-unes des tortures de votre cœur maternel, et dussions-nous ensuite, comme les martyrs, verser tout notre sang, avec le secours de votre intercession nous le ferons généreusement, et les joies de Jésus, couronné de gloire dans le ciel, deviendront les nôtres, puisque nous aurons partagé sur la terre ses douleurs et les vôtres. Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les prochaines méditations, prières, mois de dévotion dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

11 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

603_001

 

Douzième jour

Dévotion à l’Assomption de Marie

 

« Parmi toutes les fêtes que l’Église à instituées en l’honneur de Marie, on peut dire que l’Assomption est sa fête par excellence » (Père Louis de Grenade).

 

I. Parmi les nombreuses fêtes que la sainte Église consacre à honorer sous divers titres la Mère de Dieu, il est certain que, dans tous les siècles, celui qui est célébré avec le plus de joie et de dévotion, est le, jour de sa glorieuse Assomption. Les fidèles, selon un ancien usage, avaient coutume de se disposer et de se préparer à cette grande fête par des jeûnes et par d'autres saints exercices. Catherine de Sienne ne négligeait pas de se conformer à cet usage, et un jour, quelque temps avant la solennité, la Reine des Anges lui apparut et l'admit à l'honneur de voir comment dans le royaume du ciel, elle était assise sur un trône de gloire magnifique, à côté de son divin Fils. Cette expression à côté, signifie dans les saintes Écritures, la grandeur de la gloire destinée par le Christ à sa très pure Mère. Dans cette vision, elle vit clairement, entre le Fils et la Mère, s'élever une croix teinte de sang. Le jour de la fête arrivé, Catherine se trouva fort malade pour aller à l'église ; cependant le Seigneur voulut la consoler, car il lui fit voir les murs de la grande église qui porte le nom de l'Assomption, et ces murs ne pouvaient sans un miracle être vus de l'endroit où elle se trouvait. Catherine, à cette vue, leva les mains au ciel, rendit grâce au Seigneur d'avoir bien voulu la consoler en lui montrant l'église qu'elle ne pouvait visiter. Mais la bonté divine ne s'arrêta pas à cette faveur, elle lui fit entendre ; malgré l'éloignement, les harmonies des chants sacrés, qui, dans ces jours de fête, rendent plus joyeuses et plus magnifiques nos saintes cérémonies ; et lorsqu'elle entendit, comme si elle avait été présente, le prêtre chanter ces paroles : « Et le in Assumptione Beatæ Mariæ », elle fut tout à coup ravie en extase, et elle vit la bienheureuse Vierge, Notre Dame, qui l'admit à ses doux entretiens. (Vie de sainte Catherine de Sienne, par le Bienheureux Raymond de Capoue).

La très Sainte Vierge daigna aussi se montrer à la même sainte, ainsi qu'à sainte Catherine de Ricci, avec le même cortège d'esprits bienheureux qui l'accompagna au séjour de la gloire, et leur dévotion pour le mystère de l'Assomption s'en accrut grandement.

Le Bienheureux Aymon Taparelli avait toute sa vie honoré l'Assomption de Marie d'un culte spécial, Marie lui accorda la grâce de mourir le jour de cette fête, et il vit sa Souveraine, la divine Vierge, qui venait à sa rencontre, et il s'élança à sa suite pour prendre part à son glorieux triomphe.

À Arles, en 1240, il y avait un religieux nommé Guillaume, qui avait une grande dévotion à l'Assomption de Marie. Il tomba malade au commencement d'août, et son prieur le visitant avec les autres religieux, il leur dit avec une assurance et une confiance admirables : « Je sais bien que je mourrai de cette maladie la veille de l'Assomption ; mais je ne serai pas seul ; le Père Jean,n ce religieux était alors alité, me rejoindra le lendemain de la fête ». « Mais, comment le savez-vous, demanda le prieur ? » « C'est, répondit-il, qu'il me semblait que j'étais dans une grande barque avec d'autres religieux vêtus de blanc, qui me passaient dans l'autre monde. Alors je vis le Père Jean qui courait après moi. en me disant : « Attendez-moi, très cher Père, parce que je dois aller avec vous ». Cela s'accomplit en effet exactement comme il l'avait dit.

En 1698, le jour de l'Assomption, Benoîte Rencurel récitait pieusement dans sa chambre les litanies de la sainte Vierge, lorsqu'elle vit tout à coup apparaître, portée par quatre Anges, l'auguste Mère de Dieu. Pendant qu'elle la contemplait avec un extrême bonheur, elle l'entendit lui dire : « Ma fille, réjouissez-vous ; je vais vous faire voir de belles choses ». En même temps, deux Anges vinrent prendre Benoîte qui se sentit enlevée dans l'espace à la suite de sa bonne Mère. Comme saint Paul elle montait au ciel avec ou sans son corps. Elle ne put le dire... Marie était éblouissante et embaumait les airs, pendant que les Anges chantaient des cantiques ; les litanies de la passion trouvèrent place aussi dans leurs chants. Après un temps qu'elle ne put évaluer, Benoîte était au ciel : elle nageait dans les flots de lumière ; elle entendait d'enivrants concerts, en traversant les phalanges des bienheureux. Ceux- ci étaient tous vêtus de jeunesse, de beauté et de gloire. Ils se levaient par intervalles et se rasseyaient sur leur sièges magnifiques, en chantant les louanges de l'Eternel. Lorsque la Reine du ciel passait prés d'eux, ils la saluaient avec amour, en s'inclinant, et souriaient à sa compagne. Parmi ces bienheureux, Benoîte reconnut les deux directeurs qu'elle avait perdus, et qui venaient de temps en temps la visiter sur la terre. Elle eut aussi le bonheur de contempler dans sa gloire sa pieuse mère, qui la regardait avec une ineffable tendresse. La vue de ces âmes si chères lui fit éprouver le désir d'arrêter sa marche un instant ; elle voulait leur parler, mais Marie l'entraîna plus loin. Bientôt elle vit trois rangs de sièges ruisselants de lumière, et étagés les uns au-dessus des autres. Au rang le plus élevé sont les martyrs vêtus de rouge, lui dit sa divine conductrice ; viennent ensuite les vierges vêtues de blanc; et les couleurs variées distinguent au rang inférieur les autres bienheureux.

Plus loin et au centre du paradis, autant qu'elle put en juger, car tant de splendeurs l'éblouissaient, elle vit un trône plus élevé que tout le reste, et si éclatant, qu'elle ne put distinguer Celui qui y était assis... Marie s'arrêta devant ce trône, qu'une multitude d'Anges entouraient ; elle fit une profonde inclination, adora un moment en silence, et continua sa route dans les régions éternelles. Benoîte vit encore beaucoup de choses admirables, mais elle ne sut comment les exprimer. Cependant la nuit sur la terre touchait à son terme. Le même cortège qui avait enlevé au Laus sa sainte bergère la lui rendit. Benoîte rentra dans sa cellule un instant avant l'aube ; elle était tellement enivrée de consolations qu'elle passa quinze jours sans prendre aucune espèce de nourriture. Sa joie était trop vive pour qu'elle ne fût pas remarquée ; chacun se demandait quelle grande grâce elle avait reçue ; on la suppliait, mais en vain, de s'expliquer, lorsque son directeur, pour la gloire de Dieu, l'obligea de parler. Elle raconta alors, non sans beaucoup d'hésitation et d'embarras, ce qu'on vient de lire. (Vie de Soeur Benoîte).

Marie, à chaque anniversaire de sa glorieuse Assomption, accorde beaucoup de grâces à ses enfants vivants et morts. La veille de l'Assomption, la mère du vénérable M. Dufriche Desgenettes lui apparut et lui dit : « Sois tranquille sur mon sort, Desgenettes ; Dieu m'a fait grâce aujourd'hui. Les saints sacrifices que tu as offerts pour moi à l'heure de ma mort, m'ont beaucoup servi devant Dieu ».

A l'exemple de Saint Dominique, Saint Hyacinthe était un fervent serviteur de la glorieuse Vierge Marie. Prosterné devant son image nuit et jour, il ne cessait d'appeler ses bénédictions sur ses travaux par de ferventes supplications et d'abondantes larmes. Or il arriva qu'un jour il priait avec une dévotion extraordinaire devant l'image de sa bonne Mère, le jour de l'Assomption, dans l'église de Cracovie. Ravi en esprit, le saint contemplait avec bonheur la grandeur du Mystère de ce jour, et la gloire incomparable de l'auguste Mère de Dieu. Inondé de joie et de larmes, il laissait son esprit s'égarer pieusement dans la méditation, et son cœur s'enflammait du désir de l'éternelle béatitude. Pendant que, entraîné par un redoublement de ferveur, il supplie d'une voix mêlée de sanglots la divine Miséricorde de l’admettre au partage de la gloire des élus, tout à coup il voit descendre, du ciel sur l'autel de la Vierge, une éblouissante clarté. Au milieu de cette lumière céleste, le Reine du ciel lui apparaît et lui dit: « Hyacinthe, mon fils, réjouis-toi, car tes prières sont favorablement reçues de mon Fils, le Sauveur des hommes, et tout ce que tu lui demanderas en mon nom, il te l'accordera par mon intercession ». À ces mots, la divine Messagère fut élevée au ciel aux accords de la mélodie des Anges, laissant après elle l'écho d'une suave harmonie et l'odeur d'un parfum exquis, que la langue de l'homme, étrangère aux joies de l'éternité, est impuissante à redire. Profondément réjoui de cette vision céleste et des douces paroles de la sainte Vierge, le bienheureux Hyacinthe sentit sa confiance en Marie grandir d'une manière prodigieuse, à tel point qu'il obtenait de Dieu, sur-le-champ, tout ce qu'il lui demandait. Le saint révéla cette vision à deux de ses frères, sous le sceau du secret, les invitant à une grande dévotion envers la glorieuse Vierge, leur assurant qu'elle est la protectrice de l'Ordre et la consolatrice spéciale des enfants de saint Dominique.

Hyacinthe avait atteint sa soixante-douzième année ; tous ses désirs ne tendaient plus qu'à voir bientôt la dissolution de son corps, pour être avec Jésus Christ. Marie vint elle-même l'assurer qu'il mourrait, selon son désir, le jour de sa glorieuse Assomption, et que, par les mérites de sa sainte mort, elle éloignerait de lui les rigueurs de la condamnation portée contre tous les enfants d'Adam. Le jour de Saint Dominique, il tomba malade ; les progrès du mal furent rapides; la veille de l’Assomption il fit venir près de lui tous ses religieux et leur dit : « Mes bien-aimés fils, demain je vous quitterai pour aller où Dieu m'appelle. Les paroles que j'ai recueillies de la bouche de notre Père Saint Dominique, je vous les lègue comme un héritage sacré. Gardez la douceur du cœur et la mansuétude de l'esprit ; embrassez la charité et la dilection mutuelle, pratiquez la pauvreté ; c'est la le testament de l'éternel héritage. Puis il se tut. Le lendemain, il voulut assister à la récitation des heures canoniales et reçut les sacrements de l'Église, au milieu de tous ses frères qui pleuraient et adressaient à Dieu de ferventes prières.

Le saint avait les yeux fixés au ciel. Arrivé au verset de l'office : « Seigneur, j'ai espéré en vous, je ne serai pas confondu pour l'éternité ». Il versa une grande abondance de larmes, et son âme, pleine de joie et d'amour, s'envola au ciel, soutenue du secours puissant de Marie. Ainsi mourut celui que l'histoire a appelé l'Apôtre du Nord, le thaumaturge de son siècle.

 

II. La foi vive de Saint Hyacinthe lui faisait voir l'entrée glorieuse de Marie au ciel ; il entendait les saints et les esprits célestes s'écrier à sa vue : « Qui est celle-ci, qui s'élève du désert, si brillante de grâces et de vertus, et qui s'avance, appuyée sur son bien-aimé ? » (Cantique des Cantiques). Il voyait toutes les hiérarchies du ciel, tous les patriarches, les prophètes, les martyrs, les vierges, et tous les saints déposer à ses pieds leurs couronnes immortelles, en proclamant sa grandeur et ses louanges ; il voyait Dieu le Père l'appeler à partager sa puissance, le Fils sa sagesse, le Saint-Esprit son amour, et la sainte Trinité couronnant son front pur et radieux d'un diadème de douze étoiles, la proclamer Reine du ciel et de la terre, et ordonner aux Anges et à toutes les créatures de la reconnaître pour telle. Il contemplait dans un transport d'amour et de reconnaissance Marie Reine, mais Reine de clémence et de miséricorde, médiatrice du genre humain après Jésus-Christ et avec Jésus-Christ, intercédant sans cesse pour nous, plaidant pour nous, puisant à pleines mains dans les célestes trésors, et distribuant avec largesse les pardons, les bénédictions et les grâces. Et nous aussi, au souvenir de la gloire et de la puissance accordées à Marie, réjouissons-nous d'avoir au ciel une Mère si bonne et si puissante en même temps, et implorons-la avec une entière confiance. Mais n'oublions point que si la dignité de Mère de Dieu fut quelque chose de bien grand, ce ne fut point la ce que Dieu couronna dans Marie, mais sa fidélité à correspondre aux grâces qu'elle avait reçues ; voilà le moyen par lequel Elle est parvenue à un si haut degré d'honneur et de gloire : et si Saint Hyacinthe reçut de Marie des grâces si particulières, c'est qu'il fut avant tout un fidèle imitateur des vertus de Marie. Marchons sur ses traces, et alors nous pourrons demander à la Reine du ciel et de la terre, avec la certitude d'être exaucés, de nous secourir de tous les besoins de notre âme, de nous obtenir une bonne mort, et que nous quittions notre exil le jour de sa glorieuse Assomption, comme Elle l'a accordé à Saint Hyacinthe et à plusieurs autres Saints de notre Ordre.

Vierge puissante et miséricordieuse, demandez pour tous les grâces célestes ; demandez-les en particulier pour l'Ordre de Saint Dominique et pour votre indigente et indigne servante ; répandez dans mon âme toutes les vertus qui font aujourd'hui votre gloire. Faites que j'aime la vie cachée ; que je devienne humble, douce, modeste, pleine de piété ; que le divin amour possède de plus en plus mon cœur, qu'il le perfectionne, qu'il le sanctifie, et que j'expire dans ces saintes ardeurs. Faites enfin, ma divine Mère, que reçue par Vous dans la cité céleste, je puisse chanter à jamais : « Gloire, honneur, puissance, bénédiction à ma Mère pour jamais ! Amen ».

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

22 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

choeur-de-la-basilique-la-vierge

 

Vingt-troisième jour

Diverses pratiques de dévotion en l’honneur de la très sainte Vierge Marie

 

« Heureux les saints qui ont imaginé en l'honneur de Marie ces pieuses pratiques adoptées par la dévotion catholique. si conformes d'ailleurs à la nature humaine et en même temps si propres à exercer saintement les sens et à exciter les sentiments et les affections intérieures de la vraie piété ! » P. Contenson, Mariologie, chap.II).

 

I. La Bienheureuse Villana vit un jour, dans une vision céleste, la Mère de Dieu sous l'emblème d'une fontaine où l'on venait en foule pour y puiser l'eau de la grâce ; mais qu'arrivait-il ? Ceux qui portaient des vases intacts conservaient en entier les grâces reçues ; mais ceux qui portaient des vases fêlés, c'est-à-dire des âmes chargées de péchés, ne recevaient les grâces que pour les perdre aussitôt.

Si nous voulons que nos pratiques de dévotion envers Marie lui soient agréables et que les grâces qu'elles nous obtiendront ne s'écoulent sans profit pour nos âmes, comme l'eau d'un vase fêlé, nous devons les soutenir par la pureté de notre vie et l'imitation des vertus de Marie; c'est sur ce fondement qu'il faut établir l'espérance de notre salut, et non sur le seul accomplissement de pratiques extérieures, sans néanmoins mépriser ni négliger ces pratiques, qui sont de puissants moyens d'obtenir les faveurs de Marie.

Le Père Ducos nous dit que « nous pouvons honorer Marie par pensée, par affection, par parole et par œuvre ». (Pasteur Apostolique, p. 444). Nous l'honorons par pensée en portant une grande attention aux prières que nous lui adressons, en considérant sérieusement ses perfections, et en ayant une haute estime de sa personne bénie et pleine de grâce.

Nous l'honorons par affection en l'aimant et en la révérant au-dessus de toutes les pures créatures, en nous réjouissant et en rendant grâce à Dieu de son bonheur, en désirant avec ardeur l’accroissement de son culte, en conservant toujours une confiance filiale dans sa bonté maternelle. C'est principalement dans ces sentiments d'amour et de respect que consiste la dévotion à la sainte Vierge. Prions son divin Fils de nous y faire entrer ; travaillons-y nous-mêmes, en poussant souvent de ces sortes d'affections avec toute la ferveur possible.

Le culte de la parole consiste à parler souvent d'Elle, et de ses grandeurs, à porter les autres à sa dévotion et à leur en enseigner les pratiques, à lui adresser avec respect et confiance des prières vocales. La bouche parle de la plénitude du cœur, ainsi c'est témoigner de l'amour pour la Reine du ciel que de parler d‘Elle, d'exhorter les autres à lui être dévots, de la prier souvent; ce qui se fait en récitant chaque jour ses Litanies. son Rosaire, en disant un Ave Maria chaque fois que l'horloge sonne, en invoquant son saint nom, tant dans nos besoins et surtout nos besoins spirituels, que dans nos tentations : remède qui est quelquefois plus prompt et plus efficace que l'invocation du Saint Nom de Jésus, non parce qu'elle est plus puissante, mais parce que le Fils veut par là honorer sa Mère.

Le bienheureux Alain de la Roche, assailli un jour de violentes tentations, allait succomber et se perdre, faute de s'être recommandé à la très Sainte Vierge, lorsque dans ce danger imminent la Mère de Miséricorde lui apparut, et le frappant doucement sur la joue, lui dit : « Si tu m'avais invoquée, tu ne te serais pas trouvé dans ce péril ! »

Entre toutes les œuvres par lesquelles nous pouvons honorer Marie, la plus excellente consiste à nous corriger de nos vices et à imiter ses vertus.

Jeûner en l'honneur de la Mère de Dieu, le samedi et la veille de ses fêtes, s'approcher avec les dispositions nécessaires des sacrements aux jours de ses solennités, visiter ses chapelles et les lieux consacrés à son culte, faire des aumônes et donner des chapelets pour son amour ; avoir son image dans sa chambre et la saluer par un Ave toutes les fois qu'on en sort et qu'on y rentre, voilà sans doute des œuvres qui lui plaisent beaucoup ; mais nous conformer autant que nous le pouvons à ce parfait modèle d'innocence et de sainteté par une fidèle imitation de ses vertus, voilà ce qui lui est infiniment plus agréable,et ce qui nous est à nous-mêmes très salutaire.

 Nous pouvons suppléer à notre tiédeur et à notre négligence dans le service de la Sainte Vierge, en lui offrant le Cœur de son Fils bien-aimé. Elle enseigna elle-même cette sainte pratique à Sainte Gertrude, un jour que ses infirmités ne lui permirent pas d'assister à une procession où son image était portée.

La pieuse pratique, si facile à imiter, de composer un bouquet de toutes nos bonnes œuvres pour les présenter à Marie, est un excellent moyen de les rendre plus agréables à Dieu, puisqu'elles passeront par les mains d'une si tendre Mère, pour arriver jusqu'à son Fils, qui se plaît, à son tour, à faire passer ses grâces et ses bienfaits par celles de sa Mère. C'est ce que faisait si souvent et d'une manière si fervente le Vénérable Père Antoine Lequien, qu'un volume suffirait à peine pour faire le récit de toutes les preuves de vénération, d'amour et de dévouement qu'il donnait sans cesse à la très Sainte Vierge.

Voici comment il s'exprime lui-même à ce sujet dans un de ses écrits : « Pour la Mère de Dieu, elle a été toute mon espérance, je crois que je lui dois le baptême, l'ayant reçu par une protection spéciale de sa part. C'est pourquoi je la regarde comme ma mère de baptême, ma mère de conversion, ma mère de religion, ma mère de salut, par laquelle j'espère obtenir le paradis ; et aussi je me sens si fort obligé à cette bonne Mère que je lui rapporte toutes les grâces et toutes les faveurs que j'ai reçues et que j'espère recevoir de Dieu, ainsi que toutes les bonnes œuvres que je pourrai faire jusqu'à la fin de ma vie ; je remets tout cela à ses pieds et lui en fais un bouquet. O ma Mère, que je sois avec vous éternellement ! Amen ».

Que dirons-nous de l'amour, de la tendresse du Père Marie-Augustin pour Marie, de toutes les pratiques qu'il exerçait en son honneur ! Le monde connaît ses grands travaux, son zèle infatigable pour l'amour et la gloire de Celle qu'il avait choisie pour sa Mère ; mais ce qu'il ignore, ce sont les délicatesses de l'amour le plus naïf et le plus pur, pour qui les petits riens sont de grandes choses.

Il avait toujours une petite statue de la sainte Vierge avec lui ou près de lui ; il la contemplait, il lui prodiguait les plus tendres baisers, il la donnait à baiser à ses frères et aux autres personnes qui venaient le visiter. Il demandait qu'on la lui fît baiser souvent ; il la faisait reposer sur son cœur. Souvent il lui offrait les prémices de sa boisson, en la faisant boite elle-même dans le vase où il buvait lui-même, ou en le lui faisant bénir. « Ce sont des enfantillages, disait-il, mais, Marie aime ces petits témoignages de la tendresse de son petit enfant ».

Pendant sa dernière maladie, il avait fait vœu, s'il se guérissait, de toujours prêcher sur la Sainte Vierge, ou sur le Rosaire et ses mystères ; se dévouant ainsi à être plus que jamais le serviteur, le prédicateur, l'apôtre de Marie, pour engendrer par Elle les âmes à Jésus son fils. Il fit aussi un pacte avec Marie. C'était dans ses plus mauvais jours, alors qu'il se sentait pour la première fois près de sa fin. « J'ai tout donné à Marie, nous dit-il : mon esprit, mon cœur, ma volonté, mon âme toute entière et mon corps aussi ; je lui ai donné mes œuvres, mes mérites, si j'en ai, et surtout mes péchés, et quant à la coulpe, et quant à la peine : maintenant ma cause est entre ses mains, c'est son affaire ; c'est à elle à me défendre ; pour moi, je ne m'en mêle plus ; j'ai toute confiance en Elle. Elle ne m'abandonnera pas... » Il disait encore en ce moment cette parole qu'il répétera plus tard : « In manus tuas, Domina, commendo spiritum meum ».

Mais c'est quand il parlait de Marie doucement, à quelque Frère penché sur son cœur, qu'il disait des choses admirables de Celle qu'il aimait si tendrement. Il suffisait d'entrer en communication un peu intime avec lui ; aussitôt il parlait de la sainte Vierge avec transport ; son doux Nom mêlé à celui de Jésus était sans cesse sur ses lèvres. Son admirable pureté se serait effrayée de tout, si son confesseur ou son supérieur ne l'eussent rassuré souvent. Et où puisait-il cette grande pureté d'âme ? On le devine bien.

Il avait demandé à Marie « un cœur bien pur pour bien aimer Jésus, pour bien aimer Marie » ; sa prière était exaucée : c'était au contact de son âme avec Marie, c'est dans cette union habituelle avec la plus pure des créatures, la Vierge des Vierges, la Vierge Immaculée, qu'il purifiait sans cesse son cœur virginal, et qu'en le purifiant sans cesse, il aimait sans cesse davantage. (Les derniers moments du P. Marie-Augustin, p. 75 et ss).

 

II. Prière de la Bienheureuse Esprite de Jésus

 

Vierge toute pure, Mère de mon Dieu, je viens à vous, je me mets sous votre protection, recevez-moi au nombre de vos servantes ; je vous promets une fidélité inviolable. Soyez, s'il vous plaît, ma Maîtresse et mon Avocate ; je vous donne mon cœur; ne permettez pas qu'il soit à un autre qu'à votre Fils, qui le rendra pur et chaste. Assistez-moi toujours, et surtout à l'heure de ma mort. Si l'ennemi me trouble, et s'il s'efforce, dans ce dernier moment, de me tenter de désespoir. Mère de mon Dieu ! Dissipez par vos deux regards les brouillards de cet esprit de ténèbres, et ne m'abandonnez pas. Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

19 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

our-lady-of-the-rosary-icon-953

 

Vingtième jour

Le samedi

 

« Le samedi tient le milieu entre le jour de la joie qui est le dimanche et le jour de la peine qui est le vendredi ; à ce titre il devait être consacré à Marie qui est la médiatrice entre Dieu qui jouit de la plus entière béatitude et l’homme qui est le jouet de toutes les souffrances » (Père Justin Miechow)

 

I. Dès les temps les plus reculés, le samedi fut comme le Dimanche de Marie ; et au VIIe siècle, il existait déjà un office de la Vierge qu'on aimait à réciter ce jour-là. Au Xe, dit Mabillon, la coutume s'introduisit de faire abstinence le samedi, de dire la messe de Beata, et de réciter l'office de Marie.

Le pape Urbain Il, en 1096, voulut que le samedi fût spécialement consacré à Marie dans l'Église, et qu'on fît son office ce jour-là. Saint Pie V, dominicain, en restreignant l'obligation de réciter le petit office. le conserva pour le samedi, quand il 'ne s'y rencontrerait pas un jour de fête. Saint Pierre Damien, par l'ordre d'Urbain II, composa le petit office quotidien et l'office du samedi en l'honneur de Marie.

Une pieuse tradition porte à croire que le samedi fut le jour béni où Dieu donna Marie à la terre et celui où il l'appela à venir partager au ciel la gloire de son divin Fils.

Ne pourrait-on pas dire aussi que suivant le testament de Jésus mourant sur la croix : « Mère, voilà votre Fils... Fils, voilà votre Mère », le samedi est le jour où, Jésus étant dans le tombeau, nous fûmes, pour la première fois, dans la personne du disciple bien-aimé, l'objet de la sollicitude maternelle de Marie, et où Marie obtint aussi les prémices de notre tendresse filiale ?... Cet usage d'honorer particulièrement Marie le samedi est si ancien dans l'Église, que saint Grégoire le Grand parle dans ses dialogues d'un saint artisan, qui distribuait aux pauvres le samedi tout ce qu'il avait gagné dans sa semaine ; une âme pieuse aperçut en vision un somptueux palais que Dieu préparait au ciel pour ce serviteur de Marie, et qui ne se bâtissait que le samedi.

Marie elle-même sembla accepter le samedi comme le jour privilégié qu'elle choisit pour répandre ses faveurs ; car elle révèle au pape Jean XXII, qu'elle délivrerait des flammes du purgatoire le samedi après leur mort tous ceux qui mourraient revêtus de son scapulaire.

L'Ordre de Saint-Dominique se distingua par sa dévotion à honorer le jour consacré à Marie. Qui ne connaît la dévotion des quinze samedis, pratiquée pendant quinze samedis. consécutifs en l'honneur des quinze Mystères du Rosaire ? Cette dévotion qui prit naissance dans la ville de Toulouse, à la fin de l'an 1600, s'est depuis propagée parmi les fidèles ; l'Église l'a approuvée et enrichie d'indulgences. Des avantages innombrables paraissent attachés à la dévotion des quinze samedis. Par elle, selon des dépositions authentiques, des aveugles ont recouvré la vue, une foule de malades ont été guéris, des pécheurs se sont convertis sincèrement, des affligés ont reçu de douces consolations. On lui doit enfin des vocations extraordinaires à la vie religieuse, la victoire sur ses passions, l'acquisition des vertus, etc.

Le roi saint Louis avait une dévotion si tendre et si vive pour la sainte Vierge, et tant d'amour pour son humilité, qu'afin de l'honorer et de l'imiter, il faisait réunir chaque samedi, jour consacré à Marie, une multitude de pauvres dans son palais. Lorsqu'ils étaient assemblés dans son appartement, il leur lavait les pieds à l'exemple du Sauveur, les essuyait et les leur baisait avec un respect qui faisait bien voir à tous qu'il reconnaissait en eux les membres de Jésus-Christ. Ensuite, pour joindre la charité à l'humilité, il les faisait asseoir à une table copieusement servie, et il les servait de ses mains royales, plus satisfait mille fois de glorifier par là Jésus et sa sainte Mère, que de tous les hommages qu'il recevait de sa cour. Enfin, il distribuait à chacun de ses pauvres convives une riche aumône, toujours en l'honneur de la Reine du ciel et de la terre. Il avait dû la vie à la Sainte Vierge, ayant été donné à sa mère, la reine Blanche, après que celle-ci eût récité et fait réciter par les personnes les plus pieuses le Rosaire, récemment établi par Saint Dominique. Ce saint roi avait désiré mourir un samedi, comme pour couronner par l'hommage de ses derniers soupirs, tous les honneurs qu'il avait rendus à Marie à pareil jour, chaque semaine de sa vie. Il fut exaucé, Marie voulant que ce jour d'honneur pour Elle. fut aussi celui de l'entrée dans la gloire céleste pour son fidèle serviteur.

Le vénérable Père Antoine Lequien jeûnait tous les samedis au pain et à l'eau en l'honneur de Marie. Il prêchait aussi tous les samedis à la même intention, et une foule immense se pressait dans la chapelle du Rosaire pour entendre ses instructions. Un jour qu'il prêchait dans cette chapelle sur les peines de l'enfer, il parla avec encore plus de chaleur et de véhémence qu'à l'ordinaire, et au moment de terminer son discours, il se tourna vers la statue de la Sainte Vierge placée sur l'autel, et s'adressant à elle avec un saint transport, il la pria de bénir elle-même ses auditeurs, afin qu'il n'y en eût aucun de damné. Étant ensuite descendu de la chaire sans donner la bénédiction accoutumée, on vit alors la statue de la sainte Vierge lever les bras et bénir toute l'assemblée.

La très Sainte Vierge fit entendre intérieurement cette parole au vénérable Monsieur Olier : « Fais vœu de dire une messe tous les samedis, pour remercier Dieu de ce qu'Il m'a rendue Mère de son Fils ». Le saint prêtre promit à l'instant. Le samedi était pour lui un jour qu'il sanctifiait comme les fêtes de l'Église, il ne faisait pas même travailler les ouvriers ce jour-là. Son directeur approuva cette pratique, et lui assura qu'elle était très agréable à Marie Tous les premiers samedis du mois, les enfants de la paroisse étaient offerts et consacrés à Marie ; ils assistaient à une messe solennelle, et à une procession en son honneur. Monsieur Olier, dans son ardent amour pour la sainte Vierge, se félicitait d'être né un samedi.

La vénérable Dominica du Paradis allait tous les samedis cueillir les fleurs les plus fraîches pour en faire de belles couronnes, qu'elle offrait à Marie et à son divin Fils. Un samedi matin qu'elle lui offrait des bouquets de roses, en la conjurant de vouloir bien les accepter et les sentir, son admirable et pieuse simplicité fut récompensée par deux miracles: comme elle élevait ses bouquets de roses vers l'image de la Vierge et de son céleste enfant, ils restèrent suspendus en l'air sans soutien naturel, et ensuite Jésus et Marie prirent les bouquets, les odorèrent et les remirent à Dominica, qui, en les baisant à son tour, les trouva embaumés d'une odeur infiniment plus pénétrante et plus délicieuse qu'auparavant.

Un autre samedi que, selon sa pieuse coutume Dominica avait couronné de roses les statues de la très Sainte Vierge et de son divin Fils, ils lui apparurent tous les deux peu après, et eurent avec elle un délicieux entretien qui embrasa son cœur du céleste amour.

Le samedi, la vénérable Hippolyte de Rocaberti offrait à l'honneur de la Mère de Dieu toutes les messes qu'elle entendait. Un samedi qu'elle demandait à Marie avec une grande ferveur ce qu'elle pourrait faire pour être agréable à son divin Fils et à Elle, la divine Vierge lui répondit : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même ». Elle fut en même temps remplie des plus vives lumières.

Persuadée, d'après une pieuse croyance, que le samedi fut le jour de la Nativité de Marie, la bienheureuse Benvenuta vénérait ce jour avec un respect particulier ; elle récitait deux mille Ave Maria en souvenir de cette joyeuse naissance et une fois elle mérita d'entendre les Anges la célébrer dans leurs chants.

Un Frère Prêcheur d'Allemagne, d'une grande réputation de sainteté, avait une dévotion toute particulière pour la très Sainte Mère du Sauveur, et il honorait d'une manière spéciale ce cœur si pur qui crut dans le Christ, et l'aima plus que toutes les créatures ensemble, ces entrailles virginales qui le portèrent, ces mains qui le servirent avec un si entier dévouement, ce sein qui l'allaita et sur lequel il reposa son enfance divine, en faisant chaque fois une prosternation et en récitant autant d'Ave Maria. Son intention était d'honorer par cette pratique, l'humilité, la charité, la chasteté, la patience, et toutes les vertus qui méritèrent à Marie la grâce de devenir la Mère de Dieu. Par la puissance que lui donne cet auguste titre, il la conjurait de lui obtenir la grâce d'imiter ses vertus. Un samedi, la bienheureuse Vierge lui apparut, et Elle répandit dans son âme les plus suaves délices et en même temps l'arôme de toutes les vertus auxquelles il aspirait si ardemment.

Tous les samedis le Père de Montfort allait communier à Notre Dame de Paris, tant que dura son séjour au Séminaire de Saint Sulpice.

Parmi les pratiques de dévotion que le Père Marie-Augustin recommande en l'honneur de Marie dans la Rose Mystique, il dit : « Consacrez au moins un jour par semaine, le samedi par exemple, pour remercier la sainte Trinité des immenses bienfaits dont Elle a comblé la Sainte Vierge, et faites la sainte communion à cette intention si cela Vous est possible. En suite, remerciez la sainte Vierge elle-même de tout ce qu'elle a fait pour vous, car les cœurs qui sont ingrats sont de bien tristes cœurs ».

Lorsqu'on fit remarquer à la Mère Marie-Dominique. atteinte de sa dernière maladie, qu'elle se mettait au lit un samedi : « Samedi, s'écria-t-elle, ah ! Marie ma Mère, venez me chercher ! »..., et elle disait ces mots en étendait les bras, comme si elle eut entrevu Celle qu'elle appelait de tous les vœux de son cœur. Enfin, patiente, heureuse de beaucoup souffrir comme elle l'avait demandé, désirant même souffrir davantage, elle mourut en s'immolant pour l'Église et les pêcheurs, le samedi 28 septembre 1861.

 

II. Ô Marie, ma bonne Mère, jusqu'ici je vous ai trop peu remerciée des grâces sans nombre que vous m'avez obtenues ; mais je veux, pour réparer mes négligences passées, vous offrir dans mon cœur votre Jésus, le jour qui vous est spécialement consacré chaque semaine, faire chaque samedi une légère aumône en votre honneur ; surtout, ô Vierge sainte, je veux vous donner tout mon amour, mes chants et mes prières. À vous, puissante protectrice, je m'abandonne sans retour. Si le monde m'appelle je lui répondrai : à Celle que Dieu nomme sa Mère, que l'Ange vénère, que le chrétien proclame son secours, à l'Astre des mers, à l'Etoile du matin, au doux rayon du ciel qui brille entre les nues, à l'aurore du soleil de justice, à Celle qui m'a si souvent préservée du naufrage, à Marie enfin, j'ai donné tout mon amour. Je lui donne à jamais mes larmes, mes maux, mes combats, mon âme, mes pensées, mes prières et mon cœur pour que, sur les ailes de l'amour céleste, elle les porte à son Jésus. Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
28 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

OL_Vladimir_demonstration_picture__23199

 

Vingt-neuvième jour

Marie, Refuge des pécheurs et Consolatrice des affligés

 

« Il ne nous sied pas d’ouvrir la bouche devant le Seigneur que nous avons tant offensé ; mais c’est Marie qui parlera et intercédera pour nous… Vierge Sainte, vous ne pouvez pas mépriser les pécheurs, puisqu’ils sont causes que vous êtes Mère de Dieu » (Saint Albert-le-Grand).

 

I. Marie assura à la bienheureuse Villana, qu'après le titre de Mère de Dieu, il n'en est point dont elle se glorifie davantage que celui d'Avocate des pécheurs.

La confiance que le bienheureux Égidius avait en Marie, refuge des pécheurs et consolatrice des affligés, lui obtint de recouvrer, après sept années de pénitences sévères et de ferventes prières, une donation qu'il avait eu le malheur de faire de lui-même au démon. Cette Vierge sainte, le refuge des pécheurs repentants et la terreur des démons, obtint à Égidius que la cédule impie par laquelle il avait livré son âme à Satan, lui fût rendue. Par ses ruses, l'esprit de ténèbres voulait nuire, non-seulement à Egidius, mais à beaucoup d'autres; mais, par l'intercession de Marie, la miséricorde de Dieu le sauve, le sanctifie et convertit par lui une grande multitude de pécheurs.

« Oh ! Oui, mon Dieu ! Votre miséricorde surpasse toutes vos œuvres... elle donne la vie, elle donne la lumière qui fait connaître votre clémence à toute créature, dans les justes et dans les pêcheurs; elle brille au plus haut des cieux dans vos saints, et si je regarde sur la terre, elle y abonde ». (Dialogue de sainte Catherine de Sienne).

Marie déclara à sœur Benoîte, l'humble bergère du Laus, que son Fils lui avait donné ce lieu pour la conversion des pécheurs ; et comme Benoîte devait être son auxiliaire terrestre dans cette œuvre sublime, on ne la rencontra plus que le Rosaire à la main, et ses yeux innocents exprimaient la gravité de ses pensées.

Mais ce qui augmenta et dilata encore son zèle pour la conversion des pécheurs fut l'apparition de Notre-Seigneur crucifié et couvert de sang : « Ce que vous me voyez souffrir, ma fille, lui dit le Sauveur, n'est pas ce que je souffre à présent ; mais c'est pour vous faire voir ce que j'ai souffert pour les pécheurs et quel est l'amour que je leur porte ! » Cette vue douloureuse lui ôta la parole pendant deux jours et l'eût privée de vie, si elle se fût prolongée.

L'excès des douleurs qu'elle ressentit à cette occasion lui fit comprendre quelque chose de ce que le Fils de Dieu et sa sainte Mère avaient souffert sur le Calvaire, et combien les âmes leur avaient coûté ; la vive compassion qu'elle avait ressentie lui fit éprouver le reste de sa vie, tous les vendredis, une sorte de crucifiement, et elle fut honorée des stigmates de la passion de Jésus. Elle comprit qu'il n'y a point de barrière plus forte contre le péché que le souvenir d'un Dieu expirant, ni de levier plus puissant pour retirer les pécheurs de la fange du vice. La glorieuse Mère du Sauveur lui apparut peu après cette apparition, la consola et l'avertit de prier beaucoup pour la conversion des pécheurs, puisque c'était pour eux que son Fils s'était soumis à une mort si cruelle.

Qui nous dira les nouvelles ardeurs dont ces grâces enflammèrent le zèle de Benoîte pour la conversion des pécheurs ?

Sauver les âmes, les ramener à leur Dieu était la fin de toutes ses pensées, de tous ses entretiens, de toutes ses bonnes œuvres. Pour elles, Benoîte passait les jours et les nuits en prières ; pour elles, elle offrait à Dieu ses communions, ses jeûnes, ses souffrances, ses macérations,et quand, à force de verser des larmes la source en était tarie, de ses yeux coulait du sang.

Elle employait mille pieuses industries pour les toucher et les gagner, et volontiers elle eût acheté le salut d'une seule âme par l'effusion de tout son sang.

Une fois, pendant une extase, la vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti vit Notre Seigneur irrité contre le monde coupable et résolu de le châtier ; alors la très Sainte Vierge l'engagea à entrer dans la plaie du côté de Jésus pour le conjurer, par cet amour immense qui lui avait fait supporter tant de souffrances et ouvrir son cœur pour tous les hommes, de daigner leur pardonner leurs péchés.

Un jour qu'elle était affligée par un mal d'yeux qui la rendait presque aveugle, elle pria la Mère de bonté de l'assister dans cette peine ; à l'instant celle-ci lui apparut, et rendit à ses yeux la vue et l'éclat de ceux des colombes.

Une autre fois qu'elle était toute triste et désolée, la Vierge Marie la consola par ces paroles : « Tace, ama, spera, taisez-vous, aimez et espérez ».

Un autre jour que le démon l'inquiétait beaucoup au sujet des livres qu'elle composait lui disant que tout cela n'était qu'orgueil et perte de temps, et que, jamais ils ne verraient le jour, espérant ainsi la détourner d'écrire, elle eut recours à la Consolatrice des affligés, et pendant qu'après matines, elle récitait en son honneur le Rosaire, ce qu'elle faisait exactement chaque jour, ces paroles qu'elle avait dites à matines lui revinrent dans l'esprit : « La crainte et le tremblement m'ont saisie, et je me suis trouvée dans l'obscurité ; j'ai dit : « Qui me donnera des ailes comme à la colombe, et je volerai et je me reposerai ».

Dans le même moment, son esprit et son cœur furent ravis au ciel où elle vit la Mère de Dieu dans une grande gloire. La sainte Vierge lui dit : « Venez dans mon sein, ma colombe, et vous y reposerez ». A peine la, vénérable Mère eut-elle entendu ces paroles, qu'il lui sembla voir son âme introduite dans ce sein virginal où elle jouit longtemps d'une paix et d'un repos ineffable, pendant lequel toutes les craintes que le démon avait voulu lui inspirer s'évanouirent entièrement. Depuis ce temps, toutes les fois que le démon voulait la troubler et lui faire de la peine, elle prononçait humblement et avec ferveur ces paroles : « Quis dabit mihi pennas sicut columbæ, et volabo, et requiescam ? » et soudain elle se sentait transportée près de Marie, sur la montagne de Sion, et hors des griffes de son adversaire infernal.

 

II. Ô Vierge Marie, refuge des pécheurs, consolatrice des affligés, c'est en Vous que j'espère et que j'espérerai toujours ! Lorsque j'élève vers vous mes mains suppliantes et mes yeux noyés de larmes, la douce paix qui ne peut venir que de Dieu, descend dans mon cœur. Le souvenir de mes péchés pourrait-il encore me troubler, quand je vois dans vos mains les grâces que vous êtes toujours prête à répandre sur celles qui, prosternées humblement devant vous, vous implorent, le cœur plein d'angoisse, de tristesse et de repentir ?... Vous qui, chaste et Immaculée colombe, triomphâtes du mal et de la mort, et devîntes le bouclier, le refuge, la forteresse imprenable où nous sommes à l'abri des traits enflammés de nos ennemis ! Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

12 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

074_001-001 (2)

Treizième jour

Sur l'Ave Maria

 

« Saluons Marie souvent et sagement souvent, afin que jamais son souvenir ne s'éloigne de notre cœur. et sa louange de nos lèvres ; sagement, afin que notre conduite réponde aux vertus de Celle que nous louons ; car il est convenable que la Vierge ne soit honorée que par une âme vierge, et que cette humble Marie ne soit aimée que par un cœur humble. (Saint Albert le Grand).

 

I. « L'Ange a dit : « Je vous salue, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Sainte Elisabeth a dit : « Le fruit de vos entrailles est béni ». L'Église a ajouté aux paroles de l'Ange : « Marie ». L'Ange n'avait pas prononcé ce nom sacré, dont l'interprétation, du reste, s'accorde on ne peut mieux avec le salut qu'il adressait à la Vierge de Nazareth.

« Depuis la plus haute antiquité, c'était une grande chose que l'apparition des Anges aux hommes. Mais qu'un Ange eût rendu honneur à un homme, jamais on ne l'avait ouï raconter, jusqu'au moment où Gabriel salua la Bienheureuse Vierge Marie, en lui disant humblement : « Je vous salue ».

« L'Ange ne pouvait s'incliner devant l'homme, avant que la nature humaine eût un représentant doué des dons célestes à un plus haut degré que l'Ange. Ce représentant a été la Bienheureuse Vierge Marie, et l'Ange a voulu reconnaître sa prééminence en lui rendant hommage, et en lui disant : « Je vous salue, pleine de grâces ». Aucun des Esprits célestes ne possède la grâce avec la même plénitude que la Bienheureuse Vierge Marie, et l'Ange Gabriel nous insinue cette vérité lorsqu'il la salue pleine de grâces, comme s'il disait : « Voici pourquoi je vous vénère : c'est parce que votre plénitude de grâce surpasse la mienne ». Or, la très Sainte Vierge a été pleine de grâces. comblée de la plénitude de sa grâce, quant à son âme, pour fuir le mal et pratiquer le bien. La très-Sainte Vierge a aussi été pleine de grâces quant au rejaillissement de son âme sur son corps. L'amour du Saint Esprit consumait si passionnément son âme, qu'il opérait des merveilles jusque dans sa chair, tellement que de cette chair naquit le Dieu-Homme : « L'Etre infiniment saint qui naîtra de Vous s'appellera le Fils de Dieu ». Enfin la très Sainte Vierge est pleine de grâces, quant à la diffusion de sa grâce sur tous les hommes. Point de péril dans la glorieuse Vierge ne puisse vous sauver(Cant. 4, 4), pas d'acte de vertu pour lequel Vous ne puissiez obtenir d'elle une aide. C'est pourquoi Elle dit d'Elle-même : « J'ai en moi tout espoir de vie et de vertu ». (Eccl. 24, 23).

« Le Seigneur est avec Vous ». Marie surpasse les Anges par sa familiarité avec Dieu, et Gabriel le reconnaît en lui disant : « Le Seigneur est avec Vous ».Voici pourquoi je vous vénère ; c'est parce que vous êtes plus familière avec Dieu que moi ; car le Seigneur est avec Vous... » « Le Seigneur est avec Vous ! » Nulle parole plus magnifique ne pouvait lui être adressée. Ah ! l'Ange a raison de vénérer la Vierge qui est la Mère de son Seigneur. Cette Vierge est sa Dame ; Elle est notre Dame, selon l'étymologie de ce nom de Marie qui lui convient si bien ! Enfin Marie surpasse les Anges, par la dignité de sa nature, à cause de son admirable pureté. Marie n'était pas seulement pure en Elle-même, elle communiquait encore la pureté aux autres.

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Marie a été exempte de la malédiction portée contre la race humaine ; par conséquent elle est bénie entre toutes les femmes. Seule elle a écarté la malédiction, et apporté la bénédiction ; seule elle a ouvert les portes du Paradis, et c'est pourquoi ce nom de Marie, qui signifie Étoile de la Mer, lui convient. Marie dirige les chrétiens à la gloire, comme l’Étoile de la mer dirige les navigateurs vers le port. « Et le fruit de vos entrailles est béni ». Les Anges soupirent après la vue du Fils des entrailles de Marie. Il est le plus beau des enfants des hommes, et cela parce qu'il est la splendeur de la gloire de son Père. Ce que nous désirons, cherchons-le donc dans ce fruit béni des entrailles de Marie. Fruit béni de Dieu, qui l'a rempli de toute grâce, afin qu'il la transmît à ceux qui l'honoreraient dignement. Bénie soit donc la très Sainte Vierge, mais béni soit davantage le fruit de ses entrailles ! » (Extrait de l'Opuscule de saint Thomas d'Aquin sur la Salutation angélique).

Pour ce qui est de la conclusion de la Salutation angélique, saint Thomas d'Aquin ne la commente pas. L'usage ne l'avait point encore adoptée à l'époque à laquelle il vivait. Elle date de loin cependant, du concile d’Éphèse, et Saint Cyrille en est l'auteur. Le pape Célestin 1er ordonna qu'elle terminerait la Salutation angélique ; ce fut le pape dominicain, saint Pie V, qui l'inséra le premier au Bréviaire romain. Le nom adorable de Jésus n'a été ajouté à la Salutation angélique que par le pape Urbain IV, mort en 1274. lorsque saint Thomas avait déjà composé son commentaire. Ce pape accorda une indulgence de 30 jours à ceux qui ajouteraient à la Salutation angélique les mots Jesus Christus.

Quelle prière, après l’Oraison Dominicale, pourrait être comparée à la Salutation angélique ? La Salutation angélique a été commencée dans les splendeurs du ciel par la très Sainte Trinité elle-même ; elle a été ensuite apportée à la terre par un Archange, Gabriel, la force de Dieu ; elle a été complétée par sainte Élisabeth, mère de saint Jean-Baptiste, et par l'Église. Saint Jacques, frère germain du Seigneur, l'avait insérée dans sa liturgie. et plusieurs Pères de l'Église firent de même. Les apôtres, si nous en croyons le « Mariale » de Canisius, la prononçaient avant de consacrer ; et un dévot serviteur de Marie nous assure, pour l'avoir appris sans doute par révélation, que Notre Seigneur Jésus-Christ aimait, en revenant vers sa Mère, à lui dire ces douces paroles : « Je vous salue, pleine de grâces ».

Saint Thomas d'Aquin était encore entre les bras de sa nourrice, lorsqu'un jour on s'aperçut qu'il tenait serrée dans sa main une toute petite feuille de papier, sans qu'on pût s'expliquer où il l'avait trouvée. Malgré toute la résistance qu'il fit, on ;la lui enleva ; elle ne contenait que ces deux mots : « Ave Maria ! » le salut adressé à la Reine des Vierges ! Ainsi cet enfant prédestiné s'élançait, avant de se connaître lui-même, vers la Vierge Immaculée. Une tendre impulsion dirigea toujours ses vœux et ses soupirs vers la Reine des Vierges, et toute sa vie il fut fidèle à la dévotion du Rosaire qui est en même temps celle des plus hautes intelligences et celle des plus simples enfants de Dieu. Cet amour de saint Thomas pour Marie reçut dès ici-bas sa récompense. Celle qui est appelée le Siège de la Sagesse, la Mère de la Chasteté, se montra à Thomas d'Aquin, ce génie si lumineux et si pur. La Reine du Rosaire daigna dévoiler ses traits divins aux regards de son fidèle serviteur, et faire entendre à son oreille ravie le son de sa divine voix.

À peine sainte Catherine de Sienne commença-t-elle à parler, qu'on lui apprit à prier Dieu et Marie. À cinq ans, elle savait la Salutation angélique, et la récitait presque sans cesse. Quand elle montait ou descendait les escaliers, elle faisait une génuflexion à chaque marche en disant un Ave Maria. Marie, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, récompensa par des faveurs sans nombre les fervents saints que lui adressait la jeune sainte. À l'âge de dix ans elle lui inspira la pensée de choisir Jésus pour le seul époux de son cœur, et plus tard la Bienheureuse Mère de Jésus-Christ présida à ce mariage qui fut célébré miraculeusement.

La ferveur des Ave Maria qui sortaient de la bouche du Bienheureux Jacques Salomon faisait fleurir en hiver les roses du cloître de son couvent. L'arme puissante qu'il employait pour conquérir les âmes était la récitation de l'Ave Maria.

Jésus et Marie apprirent au vénérable Père Michel de Benavidès, troisième archevêque de Manille, à commencer toutes ses actions par la récitation de la Salutation angélique.

Dès l'âge de sept ans, la bienheureuse Bienvenue disait tous les jours, en l'honneur de la très Sainte Vierge 1,000 Ave Maria, le samedi 2,000, et le jour de l'Annonciation 5,000.

La B. Jeanne, infante de Portugal, ne sortait et ne rentrait jamais dans sa cellule sans saluer Marie par l'Ave Maria, qu'elle récitait encore à chaque marche d'escalier.

La sœur Guyomard du Rosaire, qui avait une dévotion très remarquable au Rosaire, vit un jour, à chaque Ave Maria qu'elle récitait, éclore à ses pieds une belle rose.

La sœur Heilrade, des Unterlinden, trouvait une douceur particulière au Pater et à la Salutation angélique ; elle les récitait au moins mille fois par jour, et leur découvrait toujours un charme nouveau. La Vénérable mère Catherine de sainte Marie avait la même pratique.

La très Sainte Vierge dit au Bienheureux Alain de la Roche : « Sache, mon fils, et fais-le connaître à tous, qu'un signe probable et prochain de la damnation éternelle est d'avoir de l'aversion, de la tiédeur, de la négligence à dire la Salutation angélique, qui a réparé tout le monde. Ceux et celles qui ont d'ailleurs de grandes marques de prédestination aiment, goûtent et récitent avec plaisir l'Ave Maria, et plus ils sont à Dieu, plus ils aiment cette prière ».

 

II. « Je ne sais comment cela se fait, dit Saint Louis-Marie Grignon de Montfort ; mais je n'ai pas un meilleur secret pour connaître si une personne est de Dieu, que d'examiner si elle aime à dire l'Ave Maria et le chapelet ».

« Âmes prédestinées, apprenez que l'Ave Maria est la plus belle de toutes les prières après le Pater, c'est le plus parfait compliment que vous puissiez faire à Marie, parce que c'est le compliment que le Très-Haut lui envoya faire par un Archange, pour gagner son cœur, par les charmes secrets dont il est plein, et la décider à donner son consentement à l'Incarnation du Verbe, malgré sa profonde humilité ; c'est par ce compliment aussi que vous gagnerez infailliblement son cœur, si vous le dites comme il faut ». (Traité de la vraie dévotion à. la sainte Vierge).

Ave, Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jesus. Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ. Amen.

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

3 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

076_001

 

Quatrième jour

Dévotion à l'Immaculée Conception de Marie

 

« Et j'invoquerai le nom de Marie, le nom de la Vierge à jamais Immaculée ». (Père Toricelli, Mois de Marie).

 

I. Si nous avions eu le bonheur de conserver le livre qu'écrivit saint Dominique pour réfuter l'hérésie des Albigeois, ce livre qui, jeté trois fois dans un brasier ardent, y demeura intact, nous y verrions la preuve que notre bienheureux Père admettait l'Immaculée Conception, et que Dieu approuva manifestement cette doctrine de son saint serviteur, puisqu'il préserva de la destruction le livre qui l'enseignait.

Dans une collection de pièces sur l'Immaculée Conception publiée à Palerme en 1742, on trouve une lettre du Père Alessandro Santo-Canale, jésuite, qui dit : « Un des Ordres les plus ardents en faveur de l'Immaculée Conception de Marie a été le si saint et si savant Ordre des Frères Prêcheurs, même dès son origine, c'est-à-dire au temps du grand patriarche saint Dominique. C'est ce que nous voyons par la controverse qu'il soutint si glorieusement pour lui-même et pour l'Église, contre les Albigeois, à Toulouse ».

On lit dans une ancienne tablette, datant presque de l'époque de saint Dominique et conservée jusqu'à ce jour pour réfuter ces erreurs : « Saint Dominique écrivit un livre sur la sainte humanité de Jésus-Christ ; et les Albigeois, s'élevant avec fureur contre le bienheureux, dirent que la Vierge était conçue dans le péché originel. Or le bienheureux répliqua, d'après ce qui est écrit sur son livre, que la proposition qu'ils annonçaient était fausse, la Vierge Marie étant celle dont l'Esprit Saint parlait par Salomon quand il dit : « Vous êtes toute pure, ma bien-aimée, il n'y a pas de tache en vous ». En un autre passage du livre de saint Dominique, on trouve les paroles suivantes, tirées des actes de saint André : « Ainsi que le premier Adam fut formé d'une terre vierge, qui n'avait jamais été maudite, de même il était convenable que le second Adam fût formé de la même manière ».

Saint Alphonse de Liguori assure que saint Thomas d'Aquin eut une apparition de la très Sainte Vierge qui lui prédit la définition du dogme de son Immaculée Conception.

Le vénérable Louis de Grenade termine plusieurs de ses ouvrages par la louange de Marie Immaculée, et l'éminentissime cardinal Gaude, mort récemment en odeur de sainteté, a fait paraître un opuscule remarquable sur l'Immaculèe Conception.

Un serviteur de Dieu qui avait dirigé assez longtemps la vénérable Mère Françoise des Séraphins, parle ainsi de sa dévotion à l'Immaculée Conception : « La première chose que j'ai à dire sur cette grande servante de Dieu, c'est qu'elle était convaincue qu'elle tenait sa vocation à la religion des mains de la très Sainte Vierge pure et Immaculée, ce qui la rendit si reconnaissante envers cette Mère de bonté, et la porta à lui rendre un si fidèle honneur pendant toute sa vie, qu'elle me dit, plusieurs fois, avec le zèle d'un vrai Séraphin, qu'elle n'avait pas de plus grande joie que d'être dans un lieu où elle pût, avec treize sœurs, louer incessamment nuit et jour cette aimable Mère, et qu'elle n'avait point de plus grand désir que de donner sa vie pour témoigner en présence du ciel et de la terre, des anges et des hommes, de ces belles vérités : que cette Auguste Reine est la vraie et digne Mère de Dieu ; qu'elle est la Vierge par excellence, et qu'elle a été conçue sans aucune tache... Elle ajoutait qu'elle voudrait que les filles qui servaient dans ce monastère fussent appelées les filles de l'Immaculée Conception de la très pure Mère de Dieu. Elle brûlait du désir de la glorifier, et je ne pouvais jamais la quitter sans qu'elle m'eût obligé de lui en enseigner le moyen. Parfois, dans ses entretiens sur cette divine Mère, elle était si fort transportée d'amour qu'il fallait la faire revenir à elle. Elle se plaignait presque toujours de ce qu'elle ne pouvait contenter son désir de la servir dignement, et bien souvent il fallait la consoler à cet égard, en lui disant que cette Mère de Miséricorde excuse notre faiblesse, et que, pourvu qu'elle voie nos cœurs entièrement à Elle, Elle se contente pour le reste de notre bonne volonté. Elle me pria un jour d'agréer qu'elle lui fît la donation de tout elle-même ; je lui en remis la formule par écrit, et lui dis de la signer de son sang. « Hélas ! me dit-elle, que tout ce que j'en ai dans les veines ne peut-il être répandu pour la gloire de son Immaculée Conception : Je me trouverais bien fortunée si je pouvais en être la martyre ! »

La fête de l'Immaculée Conception se célèbre dans l'Ordre de Saint-Dominique avec la même solennité que les fêtes de l'Assomption et du très Saint Rosaire.

 

II. Vierge Marie ! Le Saint Esprit vous a préservée du péché originel et ornée d'une pureté divine ; votre âme a brillé à ses yeux de plus d'éclat que les plus purs esprits de la Jérusalem céleste et dès votre Immaculée Conception, il a pu prendre en vous ses plus douces complaisances. Vierge Immaculée, le Seigneur Vous a confié les trésors de la science ; il vous a éclairée de sa sagesse, embrasée de sa charité, vivifiée de sa propre vie. Ô Vierge privilégiée, de quelle douce joie nous inonde le souvenir de votre Immaculée Conception ! Que volontiers nous vous reconnaissons pour notre Mère et notre Reine dans ce moment où vous triomphez de l'enfer, où vous écrasez la tête de notre infernal ennemi !...

Vierge sainte, daignez agréer le tribut d'hommages que je vous offre en ce jour, et recevez ma prière. Vous savez combien est lourd le poids de ma misère, combien est rapide la pente qui m'entraîne au mal. Je vous en conjure, venez à mon secours. Par votre Immaculée Conception, purifiez mon esprit et mon cœur; purifiez mes pensées, mes désirs, mes inclinations ; faites qu'en moi, comme dans la Mère Françoise des Séraphins, ne règne plus que le pur amour de Dieu qui, dès votre Immaculée Conception, fut toute votre vie. Vierge pleine de bonté, quand les fils de l’apostolique Dominique bravent tous les périls pour aller porter la foi chez les nations infidèles ; quand, dans nos contrées, infatigables Prêcheurs de la Vérité, ils se dévouent tout entiers au salut des âmes et à la conversion des pécheurs, soyez leur force, leur appui, leur guide, leur consolation ; et qu'alors, aujourd'hui et toujours, les cieux exaltent votre gloire, que la terre tressaille de joie et d'allégresse et se joigne à nous pour répéter sans cesse : Bénie soit la sainte et Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie ! Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

13 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

Lourdes_ND_Rosaire_01

 

Quatorzième jour

Le Rosaire

 

« Les fidèles récitateurs du Rosaire mourront munis des Sacrements de l’Église, et ils ne perdront ni la parole, ni la présence d’esprit avant de les avoir reçu » (La très Sainte Vierge au Bienheureux Alain de la Roche).

 

I. « L'âme tressaille d'allégresse à ce doux nom de Marie ; le cœur s'épanouit comme une fleur au souffle matinal d'une brise embaumée. Ah ! C'est qu'il nous rappelle de si grands mystères d'amour.

Il nous rappelle l'Incarnation du Verbe divin pour le salut du monde. Il nous rappelle le sacrifice d'une Mère au pied de la croix. Il nous rappelle la douce consolatrice des affligés, l'avocate des pécheurs, la protectrice de l'innocence, le refuge assuré de tout ce qui souffre ici-bas.

Marie !... N'est-elle pas notre Mère, notre médiatrice, notre espérance, notre amie, notre bonheur, notre tout après Jésus? N'est-ce pas d'Elle, comme d'une source intarissable, que découlent nos joies et notre salut? Elle est la Mère du Sauveur. N'est-ce pas d'Elle, comme d'un vase précieux, que se répand toute grâce qui convertit et qui sanctifie? Elle est la trésorière de Dieu. C'est bien Elle aussi qui adoucit nos maux, qui essuie sur nos fronts la sueur de l'agonie, nous montrant le ciel dont Elle est la porte éblouissante : Fulgida cœli porta... Ô Mère plus précieuse et plus puissante que toutes les créatures, plus douce que l'harmonie des cieux, plus gracieuse que la grâce elle-même, que votre nom suave et parfumé comme les senteurs de l'Orient soit toujours sur nos lèvres pour les rafraîchir, et votre souvenir au fond de nos cœurs pour les soutenir et les consoler.

Marie !... Les Anges dans le ciel la révèrent, les Archanges et les Trônes sont ses messagers fidèles ; les Dominations devant Elle déposent leurs couronnes, et les Chérubins se font gloire de célébrer ses grandeurs. Sur la terre, les grands génies planant bien haut dans le monde des intelligences, comme l'aigle dans la nue, ont voulu la chanter. Les Augustin, les Bernard, les Thomas d'Aquin et mille autres ont entonné à sa gloire des hymnes d'une ravissante harmonie. D'autres plus petits et plus modestes, comme la fauvette sur l'églantine fleuri, ont cherché à bégayer aussi quelque cantique d'amour. Tous sentaient au fond de leur cœur un entraînement irrésistible qui les portait à chanter Marie. Le chant n'est-il pas le langage de l'amour, et l'amour de Marie, comme celui de Jésus, n'est-ce pas le pain des hommes comme le pain des Anges? Nous aussi, nous voulons chanter Marie, nous aussi nous voulons mêler notre voix, quoique faible, à ce concert solennel qui, depuis dix-huit siècles, s'élève à la gloire de la Vierge Immaculée. Nous la chanterons en effeuillant son Rosaire nous la chanterons en montrant à ses enfants les richesses et les beautés contenues dans cette Rose Mystique que la sainte Église nous fait saluer dans ses litanies : Rosa Mystica, ora pro nobis.

Le Rosaire, c'est la couronne de saphirs qui resplendit autour de votre front, ô Marie ! Le Rosaire, c'est le diadème royal aux diamants précieux qui repose sur votre tête auguste, ô Marie ! Le Rosaire, c'est le vêtement aux mille couleurs qui descend en plis ondoyants de vos épaules saintes, ô Marie ! Le Rosaire, n'est-ce pas la guirlande de roses qui relie le cœur de vos enfants à votre cœur maternel ? N'est-ce pas l'échelle mystérieuse de Jacob qui conduit au ciel ? Le Rosaire, n'est-ce pas la chaîne mystérieuse qui relie la terre au ciel, et dont les mystères sont les anneaux ? N'est-ce pas la harpe sainte du roi David sur laquelle nous chantons vos louanges en méditant votre Rosaire ? Le Rosaire, qu'est-ce encore,qu'est-il dans son essence ? La sainte Église, nous parlant de Marie, lui donne le nom de Rose Mystique, Rosa Mystica.

Cette Rose Mystique, comme toutes les roses, a un cœur qui en forme l'excellence et la beauté, et le cœur divin de cette Rose Mystique, c'est Jésus. Cette Rose Mystique, Marie, s'épanouit en quinze feuilles ou pétales : cinq sont d'une blancheur éclatante comme le lys de la vallée ; elles se nomment : Annonciation, Visitation, Nativité, Purification, et Recouvrement au Temple. Ce sont les mystères joyeux.

Cinq sont tachetées de sang comme la rose empourprée ; elles se nomment : Agonie, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de croix, Crucifiement. Ce sont les mystères douloureux.

Les cinq dernières sont dorées comme les épis d'une moisson que le soleil a mûrie ; elles se nomment : Résurrection, Ascension,Descente du Saint-Esprit, Assomption de Marie et son Couronnement dans le ciel. Ce sont les Mystères glorieux. Voilà donc le Rosaire. Il n'est autre chose dans son essence que l'épanouissement de cette Rose Mystique, dont le divin cœur est Jésus.

Aux quinze Mystères correspondent quinze dizaines d'Ave Maria ; et réciter le saint Rosaire, c'est effeuiller cette Rose Mystique en parcourant de cœur les Mystères, pendant que nos lèvres prononcent les Ave Maria.

Le Rosaire est donc quelque chose de grand, puisque c'est Jésus et Marie s'épanouissant dans le monde en quinze Mystères, et le développement de ces quinze Mystères forme le christianisme tout entier. Méditer votre Rosaire, c'est donc vous honorer, ô Marie! c'est donc célébrer vos grandeurs et chanter vos vertus, divine Reine des Anges (La Rose Mystique effeuillée, par le Père Marie-Augustin). Bénissez-nous donc, ô Mère bien-aimée, et avec nous tous les enfants du Rosaire ! »

 

Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria !

 

II. Le jour de la Pentecôte, dans les églises de l'Ordre, ou bénit des roses pour les distribuer aux fidèles, conformément à un ancien usage qui s'observe encore à Saint Jean de Latran et dans plusieurs autres églises. Cette bénédiction a pour objet : 1° De rendre grâces à Dieu du don qu'il a fait continuellement à l'Église de son esprit d'amour. 2° Elle signifie que ce fut.surtout par Marie, la Rose Mystique, que les Apôtres obtinrent en ce jour, avec tant d'abondance, les dons de l'Esprit Saint. 3° Elle nous rappelle enfin que nous obtiendrons l'esprit d'amour, si nous sommes agrégés et dévoués au saint Rosaire, symbolisé par ces roses.

La très Sainte Vierge elle-même révéla au Bienheureux Alain que des volumes entiers ne suffiraient pas pour enregistrer tous les miracles obtenus par la récitation du saint Rosaire. Des volumes pourraient aussi être remplis des témoignages de la dévotion des enfants de Saint Dominique pour le Rosaire, qui lui fut enseigné par l'Auguste Reine du Ciel, et dont il se servit pour renouveler la face de la terre et obtenir miséricorde en faveur d'un monde coupable.

Un jour que saint Louis Bertrand venait de débarquer sur une plage déserte, il se mit de suite à genoux en oraison. Le capitaine de vaisseau qui l'accompagnait, lui dit : « Venez donc, mon Père, chercher un abri ; que faites-vous là ? » « Je prie, dit-il, Notre Dame du Rosaire, qu'elle nous préserve de l'inondation qui se prépare ». À l'instant, les nuages s'ouvrirent, et les eaux tombèrent avec tant de violence qu'en un instant tout le pays fut inondé ; mais le saint et ses compagnons ne reçurent pas une goutte d'eau. Saint Louis Bertrand fit aux Indes un grand nombre de miracles avec son Rosaire ; quand il revint à Valence, il le donna à une personne distinguée, en lui disant : « Gardez bien ce trésor ! Dieu s'est servi de ce Rosaire pour convertir beaucoup de pécheurs, pour guérir des malades et ressusciter des morts ».

C'était sous le titre de Notre Dame du Rosaire qu'il invoquait le plus souvent Marie, parce que sous ce titre sont compris presque tous ses mystères, ses vertus héroïques et ses grandeurs incomparables. C'était le sujet ordinaire de ses plus douces méditations, de ses prédications et de ses entretiens familiers, car il tâchait de porter tous ceux qui l'écoutaient à cette dévotion, par laquelle il obtenait pour lui-même et pour les autres mille faveurs singulières. Après sa mort, l'attouchement de son Rosaire opéra plusieurs guérisons miraculeuses.

Saint Martin de Porrès se montra toujours un des plus dévots serviteurs de Marie, dont il désirait ardemment se montrer en toutes choses le plus aimant et le plus tendre fils. Non content des pratiques ordinaires et des témoignages de vénération qu'ont coutume de lui rendre conformément aux règles de l'Ordre tous ceux qui lui appartiennent, il se réjouissait grandement d'honorer d'un culte spécial Celle qui daigna, depuis le commencement, s'en intituler la Protectrice et Dame particulière. Il portait un Rosaire au cou, un autre à la ceinture ; il le tenait très souvent en main, répétant à la louange de Marie la prière qui lui est si chère. Après avoir récité avec les Pères, dans le dortoir commun, le petit office de la Vierge, il se rendait à l'église, et là, seul, dans la chapelle du Rosaire, il se prosternait à genoux, se tenant plusieurs heures immobile devant l'image de Notre Dame, l'invoquant avec une douce affection.

La très Sainte Vierge faisait pleuvoir sur lui de nombreuses et remarquables faveurs pour récompenser ses reconnaissants respects. Comme au temps du grand saint Dominique, et du premier-né d'entre ses saints fils Hyacinthe, la Reine des Anges avec son céleste enfant daigna souvent, dans de très joyeuses apparitions à l'heureux Martin de Porrès le favoriser de tendres caresses, et lui donner ainsi un avant-goût des joies du ciel.

Dès sa quatrième année, la bienheureuse Esprite de Jésus commença à honorer les vertus de Marie ; elle récitait son Rosaire avec beaucoup de ferveur, et elle enseignait à ses petites amies à le réciter de même. Elle continua à le réciter toute sa vie avec la plus tendre dévotion, et ses sœurs ont affirmé que les grains de son chapelet étaient tout usés, tellement ils avaient souvent passé entre ses doigts. Elle se préparait à la récitation du Saint Rosaire comme elle aurait pu se préparer à la réception de l'adorable Eucharistie. Elle produisait divers actes de contrition et versait des larmes, afin de parler avec des lèvres toutes pures à la Reine de pureté. Une autre pratique importante est celle que suivait Esprite, d'après l'ordre exprès de son céleste Époux. Un jour, en effet, Notre Seigneur lui dit de faire la Communion spirituelle à chaque dizaine du Rosaire ; Esprite persévéra toujours dans cette sainte pratique, sans jamais la négliger. Qu'est-ce, en effet, que la dévotion du Rosaire si ce n'est une communion spirituelle à tous les mystères de Jésus et de Marie ? En communiant ainsi d'après les désirs de son Bien-Aimé, Esprite entrait pleinement dans l'esprit du saint Rosaire.

Un jour que la Bienheureuse Agathe, de la Croix, pensait à ce qu'elle pourrait faire pour plaire à à Dieu et le servir, elle entendit une voix qui lui dit distinctement : « Prends mon Rosaire ». La Bienheureuse Cécile, religieuse dominicaine, avait le Rosaire en main pendant toute la journée, et après sa mort on remarqua que ses doigts exhalaient l'odeur des roses.

Le Rosaire a empêché la France, au XVIe siècle, de devenir entièrement protestante. Cette nation généreuse accueillit avec empressement la fête du Rosaire, instituée à cette époque, et elle mérita, par la protection de la très Sainte Vierge, de conserver la foi catholique. Plus tard, Louis XIII, par la prise de La Rochelle, abattit la puissance politique des huguenots. Son triomphe fut regardé comme un miracle du Rosaire par tous, et en particulier. par l'Université de Paris, qui en formula une déclaration expresse. Le roi fit bâtir à cette occasion l'église aujourd'hui si célèbre de Notre Dame des Victoires. Aussi pouvons-nous dire en quelque sorte que l'Archiconfrérie du très Saint et Immaculé Cœur de Marie est une fille du Rosaire, d'autant plus que son vénérable fondateur, l'abbé Dufriche Desgenettes, appartenait au Tiers-Ordre de Saint-Dominique.

 

III. Ô Marie, Reine du Rosaire, mère et modèle des Vierges, formez-moi à ces vertus et à cette perfection qui sont le cachet des âmes vraiment intérieures, des fervents apôtres de Jésus, des vraies filles de saint Dominique ; faites-moi produire, durant ce mois, des actes continuels d'union, de dévotion, de sacrifice et d'abandon à Dieu. Faites-moi, à votre exemple. embrasser la vie de renoncement. Apprenez-moi à n'aimer que ce qui plaît à votre Fils, et à prendre en dégoût tout ce qui ne tend pas à cette fin. Oh ! Que je goûte à votre suite l'onction de la croix et le bonheur du sacrifice !...

Notre Dame du saint Rosaire, à cette heure terrible où mon âme faible et isolée paraîtra avec toutes ses misères devant le Dieu qu'elle a si souvent offensé, si peu connu, si mal servi, à cette heure où aucun coupable ne sera, épargné, où le juste sera à peine sauvé, où chacun recevra la peine ou la récompense due équitablement à ses œuvres, où les actions et les pensées seront examinées scrupuleusement, soyez alors mon aide et ma défense contre tous les ennemis réunis pour m'accuser et m'entraîner dans les abîmes éternels. Rappelez-vous, Notre-Dame du Rosaire, combien de fois je vous ai dit : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, maintenant et à l'heure de ma mort », et quand cette heure redoutable sera venue, lorsque je serai en présence de mon Juge, daignez prendre ma défense, paraissez en qualité de Mère, montrez à votre divin Fils le sein qui l‘a porté, demandez et obtenez grâce pour nous, pauvres pécheurs. Amen. (Manuel du très Saint Rosaire, par le Père Pradel).

Permettez-moi, ô Vierge Immaculée, Reine du très Saint Rosaire, de vous prendre aujourd'hui pour ma Mère, ma patronne, mon asile, ma protection ; je veux vous donner mon corps, mon âme, et après Dieu vous aimer par-dessus toutes choses. Je me dévoue donc à votre service, et vous promets une fidélité inviolable.

Ô Reine du très Saint Rosaire, prenez possession de tout mon être, et commandez-y en souveraine. Bannissez de mon corps et de mon âme tout ce qui vous y déplaît ; sanctifiez mon cœur, redressez ses inclinations perverses, et purifiez ses intentions ! Oui, désormais je veux suivre vos inspirations, vivre sous votre regard maternel et n'agir que pour vous plaire. (Rose Mystique effeuillée).

Ô Mère bien-aimée, veuillez me permettre de vous demander en ce moment spécialement trois choses : 1° un cœur bien pur pour vous aimer et bien aimer Jésus ; 2° un jour qui vous soit consacré pour mourir entre vos bras, en prononçant des actes parfaits d'amour ; 3° la grâce de faire partie du chœur privilégié qui dans le Ciel, aux pieds de votre trône, doit à jamais chanter vos louanges. Divine Reine du saint Rosaire, la place d'un chevalier de votre garde royale n'est-elle pas à vos pieds, au ciel comme sur la terre ? Vous me protégerez donc durant cette vie, vous m'assisterez à l'heure de ma mort, vous recueillerez mon âme à son dernier soupir, et vous l'introduirez dans les tabernacles éternels où elle vous aimera et vous louera à jamais, en union avec les Anges et les saints. Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

5 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

f2fb1ce6f63489c685affe49446d61a7

 

Sixième jour

Dévotion à l'Annonciation de la Vierge Marie

 

« La moitié du royaume de Dieu fut donnée à Marie, quand elle conçut et enfanta le Verbe Eternel ». (Saint Thomas d'Aquin, Préface des Epîtres canoniques).

 

I. Le Seigneur révéla à sainte Catherine de Sienne qu'il avait accordé à Marie, en l'honneur de l'Incarnation du Verbe, que quiconque aurait recours à Elle, fût-il même pécheur, ne pourrait devenir la proie du démon. C'est le sentiment de plusieurs théologiens et de Saint Thomas en particulier, que la divine Vierge a obtenu à plusieurs morts en état de péché mortel la suspension de leur sentence et la grâce de revenir au monde pour faire pénitence.

La très Sainte Vierge se montra une fois à sainte Catherine de Ricci le jour de l'Incarnation, et lui fit pénétrer le mystère de sa profonde humilité. La bienheureuse Bienvenue récitait cinq mille Ave Maria le jour de l'Annonciation, pour honorer ce grand mystère d'amour.

L’Angélus, destiné à rappeler le souvenir du mystère de l'Incarnation, se récitait en plusieurs lieux, le soir, avant Benoît XIII, pape dominicain ; mais ce saint pape, « désirant que tous les fidèles, non une fois, mais plusieurs fois le jour, implorassent la protection de la Bienheureuse Vierge Marie, et vénérassent le mystère de l'Incarnation », accorda par un Bref universel et perpétuel des indulgences trois fois le jour à tous les fidèles qui réciteraient l'Angélus au son de la cloche.

Le Père Nicolas de Montmaurel expliquait dans la cathédrale de Narbonne, devant les chanoines, les versets du chapitre XXII de l'Ecclésiastique, lorsque, parlant avec amour de l'Incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la glorieuse Vierge Marie, il s'endormit doucement dans le Seigneur. C'était le vendredi d'avant l'Ascension, le 3 des ides de mai de l'année 1299. Son corps fut déposé dans le cimetière des Dominicains de Narbonne, pour y attendre la résurrection.

Le Père de Montfort recommanda aux serviteurs de Marie de célébrer la fête de l'Incarnation avec une ferveur particulière.

« Pendant les années que saint Raymond de Peñafort passa à Bologne, Saint Dominique ne manqua pas de profiter des assiduités de son savant ami, surtout pour développer dans son cœur la dévotion à la sainte Vierge, qui, au reste, n'avait cessé d'y grandir depuis qu'il avait été témoin du miracle de Balbeza. Saint Dominique avait une grâce toute particulière pour faire croître dans les âmes de pareils germes ; il avait tant fait pour la gloire de Marie ! De retour dans son pays, saint Raymond de Peñafort donna une preuve éclatante de son amour pour la Reine du ciel et de la terre :

Le mystère de l'Incarnation et de la maternité divine est le mystère fondamental de la religion chrétienne ; il avait une importance toute particulière depuis que les disciples de Mahomet avaient couvert de ruines et de sang une partie du monde civilisé, en faisant appel aux convoitises et aux passions brutales des sens. En face des mœurs dissolues, des maximes dégradantes et du paradis infâme des disciples du faux prophète, l'Europe chrétienne s'attachait par le fond de, ses entrailles aux dogmes régénérateurs de sa foi, comme à une ancre de salut. Les adorables prérogatives de l'auguste Mère de Dieu étaient surtout l'objet du culte et de la vénération des peuples. Or, chose étrange ! Le mystère sublime de la maternité divine n'obtenait pas en Espagne tout l'honneur que sa grandeur et sa pureté réclament. La fête de l'Annonciation n'y avait nulle solennité, et l'église de Barcelone, comme toutes les autres, l'avait laissée dans l'obscurité que lui léguait le passé. Saint Raymond sentit ce grave oubli de sa ville ; il entreprit de le réparer. Il consacra une partie de ses revenus à rendre plus éclatante la fête de Marie. Grâce à lui, la ville de Barcelone la vit, la première, briller de la juste magnificence que lui devait la piété des chrétiens. Toutes les Églises d'Aragon et bientôt celles de Castille suivirent cet exemple, et Marie se vit honorée par son pieux serviteur du culte le plus cher à sa gloire. Ce fut, de toutes les œuvres qu'exécuta saint Raymond, la plus magnifique et la plus féconde.

Heureux qui a pu, une fois dans sa vie, être libéral envers quelque gloire régnante de l'empire céleste ! Heureux qui a su créer de la terre vers quelque trône céleste, un nouveau cours d'hommages que les siècles futurs ne doivent jamais laisser tarir ! Celui-là a ouvert sur lui-même et sur bien d’autres une source de bénédictions que l’avenir n’épuisera point.

Mais si cette libéralité élève jamais ses dons jusqu'au pied du trône de Marie, quel fleuve de grâces et de bienfaits n'en débordent pas sur l'homme et la nation dont ils lui viennent ! Comme on moissonne richement ce qu'on a pu semer dans ce sein ! C'est ce qu'éprouva saint Raymond.

Depuis son retour à Barcelone, il n'avait pas manqué d'aller bien souvent visiter les enfants de saint Dominique, arrivés naguère avec lui de Bologne ; cependant il n'avait pu jusqu'alors fixer sa vie où depuis si longtemps était fixé son cœur. Mais dès qu'il eut si magnifiquement servi Marie dans la pompe nouvelle donnée à sa fête, il n'y eut plus pour lui de retard possible, et il dut venir prendre sa place au sein de sa plus chère famille. Ce fut là la première faveur dont Marie paya son zèle et les avances faites à sa gloire: elle fut immense ; pour lui il ne s'en pouvait pas trouver de plus grande. La grâce d'une vocation religieuse n'est-elle pas la plus grande qui puisse se désirer ici-bas ?… » (Année dominicaine, T.I, p. 191 et 192).

Parmi les grands événements dont la religion consacre la mémoire, l'Annonciation de la Sainte Vierge et l'Incarnation du Verbe tiennent le premier rang. C'est comme le premier anneau de cette longue chaîne de merveilles dont se compose la rédemption des hommes ; aussi ne nous étonnons point si Saint Raymond mit tous ses soins à faire célébrer avec solennité dans son pays cette fête qu'un Concile appelle la fête de la Mère de Dieu par excellence (10e Concile de Tolède).

 

II. Félicitons Marie d'avoir si bien correspondu à sa sublime vocation, qu'elle a mérité d'être choisie pour la Mère de Dieu. Prions Marie de nous aider aussi à connaître notre vocation et à la suivre fidèlement. Pour mériter d'entendre la voix de l'Ange du Seigneur, imitons le recueillement, la piété, la modestie de Marie ; offrons à Dieu le tribut de notre reconnaissance pour les grâces qui du mystère de l'Annonciation ont découlé sur la nature humaine et sur chacun de nous en particulier ; et en songeant au sublime honneur où Dieu élève Marie dans ce mystère, réjouissons-nous d'avoir une Mère aussi puissante, laissons notre cœur s'embraser de la plus immense confiance pour Celle qu'on n'implore jamais en vain.

Auguste Vierge, souffrez que je me joigne à l'Envoyé céleste pour vous dire avec le sentiment du respect et de l'amour le plus profond : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». Ô la plus sainte, la plus pure, la plus fidèle de toutes les vierges, faites que mon cœur imite le vôtre ; obtenez-moi qu'imitant votre humilité et votre chasteté, j'adore et je reçoive dignement ce même Verbe que vous avez mérité de recevoir dans votre sein, et que son amour pour nous tient captif dans le plus auguste de nos sacrements. Puissé-je être ce que vous avez été vous-même pendant le temps qu'il a passé dans le sanctuaire de votre cœur, une parfaite adoratrice qui lui offre, ainsi que saint Raymond, des hommages qui lui soient agréables. Puissé-je, parfaitement soumise au Seigneur, lui répondre, en toute occasion, à votre exemple : « Voici votre servante. qu'il me soit fait selon votre parole : » Amen.

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes.

 

1 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

673_001

 

Deuxième jour

Le Très Saint Nom de Marie

 

« La gloire du Nom de Marie est comparé à l’huile dans le Cantiques ; car l’huile cicatrise les plaies, répand de l’odeur, alimente la flamme ; ainsi le nom de Marie guérit les malades, réjouit les coeurs et les enflamme de l’amour divin ; à ce nom Satan s’enfuit et l’enfer tremble » (Bienheureux Alain de la Roche).

 

I. Marie ! c'est le nom qui, dans les conseils du Très-Haut, a été donné à Celle dont les vertus, les perfections, les souffrances et la gloire devaient étonner la terre et les cieux. Marie !... C'est le nom que sur un berceau de Juda, deux vieillards, dans un transport d'amour, imposèrent à l'auguste enfant qui,contre toute attente, leur fut donnée. Marie ! C'est le nom que Gabriel donna à la fille de David lorsque, messager céleste, il salua la Vierge de Nazareth. Marie !... c'est le nom que l'Enfant-Dieu aimait à prononcer quand, sur les genoux de sa Mère, enlaçant son cou de ses bras innocents, il la baisait en souriant. Marie ! C'est le nom qui, dans le premier des conciles, vint se poser sur les lèvres des apôtres ; nom sublime, qu'ils gravèrent, avant de se séparer, dans le symbole de la foi, afin que l'univers crût et s'inclinât à ce nom : Oui, Jésus-Christ est né de la vierge Marie, natus ex Maria Virgine. Marie ! C'est le nom que tous les saints adressèrent dans des transports d'amour et de reconnaissance à la créature prodige de perfections, dont le souvenir les inondait de joie. Marie ! C'est le nom qu'aimaient à prononcer dans l'effusion de leurs âmes les Dominique, les Thomas d'Aquin, les Vincent Ferrier, les Hyacinthe, les Raymond de Peñafort, les Antonin, les Pierre martyr, les Louis Bertrand, les Pie V, les Catherine de Sienne, les Rose de Lima, etc., ils ne se lassaient pas de redire ce nom suave et doux, qui comme un mystérieux incendie d'amour embrasait leurs cœurs.

Marie ! c'est le nom qui, dans la superbe basilique, sous le vocable de la Reine du Ciel, apparaît grand de gloire et de magnificence ; et c'est ce nom aussi qui, dans l'oratoire de la vallée, sous l'invocation de la Mère de Dieu, apparaît grand de modestie et d'humilité. Marie ! c'est le nom glorieux et béni que l'univers catholique proclame ; c'est le nom que les chrétiens, agenouillés sur les dalles de vos sanctuaires, redisent en ce jour, ô Vierge bénie, et vont proclamer durant ce beau mois. Marie ! Et moi aussi, pauvre Vermisseau, je veux le redire sans cesse ce doux nom, je veux le bénir et le chanter. Les innombrables lettres de sainte Catherine de Sienne, écrites sous l'inspiration du Saint Esprit, commencent toutes, non-seulement par l'invocation du très Saint Nom de Jésus, mais encore par celui de la douce Vierge Marie.

Le bienheureux Henri Suso, par l'invocation de ce nom, mettait l'esprit malin en fuite. « Ô Marie, disait-il, qu’êtes-vous donc vous-même, si votre nom seul est si délicieux ? Non, les harpes n'ont pas de si douces harmonies que celles qu'apporte aux cœurs affligés le très Saint Nom de Marie, la Vierge Immaculée. Que tous les peuples s'inclinent et s'agenouillent à ce nom sublime et divin de Marie ! »

Le bienheureux Jourdain de Saxe, de l'illustre famille des comtes d'Ebernstein, avait reçu de Dieu, en outre d'une charité inépuisable, d'une ineffable douceur et du don de calmer les âmes troublées, une tendre dévotion pour Marie. Il nous laissa un mémorial de son amour pour elle en établissant la touchante coutume de chanter tous les soirs le Salve Regina dans les couvents de notre saint Ordre. Il composa cette pieuse salutation appelée Couronne du nom de Marie, dont les prières sont si propres à enflammer les coeurs d'une tendre et solide dévotion envers la divine Mère de Jésus.

À peine la bienheureuse Marguerite de Hongrie put-elle parler qu'elle prononçait les saints Noms de Jésus et de Marie, ajoutant toujours à ce dernier nom : « Mère de Dieu et mon espérance ! »

Le bienheureux Martin de Porrès, après avoir récité avec les frères l'office de la sainte Vierge, se rendait promptement dans la chapelle du Rosaire ; et là, se prosternant dans un angle obscur, il restait plusieurs heures immobile devant l'image de Notre Dame, l'invoquant avec une douce dévotion et répétant son Saint Nom dans les transports d'une pieuse joie. La reine des Anges daigna souvent avec son céleste enfant apparaître alors à l'heureux Martin, et par sa présence et ses paroles lui donna un avant-goût des suaves douceurs du paradis.

À peine le bienheureux Jacques Salomon put-il bégayer quelques syllabes que le nom de Marie fut sans cesse sur ses lèvres ; ses délices et sa joie étaient de célébrer les louanges de Marie.

La vénérable Léonore de Parras étant devenue paralytique ne pouvait pas prononcer d'autres paroles que celles-ci : « Mater Dei ».

Le Père Ange de Jésus-Maria avait une si grande dévotion à ces très Saints Noms, qu'il ne les prononçait presque jamais sans tomber en extase.

La vénérable sœur Virginie d'Afilito, pendant une maladie qui dura deux années, ne put proférer que ces paroles : « Belle Marie ! Belle Marie ! »

Le nom seul de Marie suffisait pour consoler et réjouir Monsieur Olier, fondateur de Saint-Sulpice, qui était membre du Tiers Ordre de Saint-Dominique. C'était un son agréable pour son oreille, un baume très suave pour son cœur. « J'espère, disait-il, que le Nom de Marie Sera béni à jamais dans notre maison. Tout mon désir est de l'imprimer dans le cœur de mes frères ». Les lettres initiales de ce nom chéri furent mises partout dans le séminaire, sur les meubles, les vitres, les serrures ; le linge de la maison en fut marqué. Lorsqu'un pauvre, en demandant l'aumône, prononçait le nom de la sainte Vierge, l'abbé Olier ne pouvait plus le refuser ; c'était un supplice pour lui, s'il n'avait rien en ce moment dont il pût disposer. Il donnait du moins une médaille, un livre, un mouchoir ou tout autre objet. Quelquefois il empruntait à ses compagnons de quoi faire l'aumône, ou bien il conduisait les pauvres chez lui. « Ce nom, disait-il, m'est en si grande vénération que tout en moi est forcé de lui céder ».

 

II. Pour imiter tous nos saints, et ne pas porter en vain le nom d'enfants de saint Dominique, aimons Marie, aimons-la comme tout ce que nous avons de plus cher après Jésus, et, chaque jour, en récitant les prières qui lui sont consacrées, goûtons au fond de nos cœurs les fruits délicieux que produit l'invocation de ce nom béni : efforçons-nous de le faire connaître et aimer ; enfin vivons de l'amour de cette divine Vierge, et désirons de mourir dans ses bras en prononçant son doux nom uni à celui de Jésus. (Méditations de la mère Saint-Dominique, qui fut la fondatrice d’un couvent sous le vocable du Très-Saint Nom de Marie près de Lyon).

La parole ne peut exprimer, l'écriture ne saurait rendre. l'expérience seule fait connaître ce qu'on gagne à aimer Marie ! Glorieux père saint Dominique, bienheureux Jourdain de Saxe, qui avez fait cette heureuse expérience, obtenez-nous d'invoquer toujours le Saint Nom de Marie avec cette foi et cet amour qui furent pour vous la source de tant de grâces !… Quand je pense,Vierge sainte, que par la miséricorde de Dieu j'ai reçu au saint baptême votre nom béni, je me sens pénétrée de reconnaissance ; mais en même temps ma faiblesse s'effraye des devoirs que m'impose ce beau nom, et je crains, avec trop de raisons, de le porter indignement. Ô Marie, ô ma Mère ! venez donc à mon aide ; protégez-moi dans tous les dangers, et faites que je marche si fidèlement sur vos traces que je mérite de voir mon nom inscrit sur le livre de la vie éternelle, avec celui de tous ceux qui pendant leur vie auront invoqué avec amour et confiance votre saint nom. Amen.

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

27 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

207_001 (2)

Vingt-huitième jour

Reine des apôtres, priez pour nous.

 

Après l'ascension de Notre Seigneur au ciel, la Sainte Vierge se retira dans le Cénacle avec les apôtres. Tous l'aimaient comme une mère et lui obéissaient comme à une reine. Les saints docteurs n'hésitent point à dire que la présence de Marie dans le Cénacle, fut un grand sujet d'édification pour les apôtres, et leur mérita une plus grande abondance des dons du Saint-Esprit En effet, c'est au sortir du Cénacle qu'ils commencèrent leur mission, et l'on sait avec quelle intrépidité et quel succès ils la remplirent, en prêchant Jésus-Christ et en portant l'Evangile jusqu'aux extrémités du monde.

Ce ne fut point sans une vive et douloureuse émotion, que les a polies se séparèrent de Marie pour se disperser dans les différentes contrées du monde. De loin comme de près, ils lui restaient dévoués et cherchaient autant que possible, à s'inspirer de ses conseils. Ainsi coopérait-elle avec les apôtres à la conversion de l'univers. Quel bonheur pour eux, lorsque dans leurs courses évangéliques, ils pouvaient, ne fût-ce qu'en passant et pour quelques jours seulement, se rapprocher de leur Reine pour lui faire hommage de leurs succès, se consoler auprès d'elle des persécutions qu'ils enduraient ; et fortifiés par ses encouragements, voler ensuite à de nouvelles conquêtes. Plus privilégié que les autres apôtres, saint Jean le disciple vierge a qui Jésus-Christ avait confié sa mère, ne s'en sépara presque jamais jusqu'à sa mort. Et quand enfin l'heure fut venue pour Marie de quitter la terre pour monter au ciel, par une disposition particulière de la Providence, tous les apôtres se trouvèrent réunis autour de celle qu'ils appelaient du doux nom de mère et de reine. Ils purent lui annoncer que l'Eglise, malgré la rage de l'enfer, était établie dans le monde entier, que l'Evangile avait été porté jusqu'aux extrémités de la terre, que Jésus Christ, son divin fils était adoré et servi partout où il y avait des peuples connus. A cette heureuse nouvelle, Marie sentit son cœur se dilater de joie et d'amour, et ce fut sous l'impression de ce délicieux sentiment qu'elle rendit doucement sa belle âme à Dieu. Avec quel pieux et douloureux respect les apôtres lui rendirent les honneurs de la sépulture ! Mais trois jours après, le tombeau de la Sainte Vierge se trouva vide comme celui de Jésus-Christ son divin fils. Son âme était revenue reprendre sa dépouille mortelle, et Marie escortée par les auges, faisait sa triomphante entrée dans le ciel. Si le ciel a privé la terre d'un tel trésor, n'est ce pas qu'il en était jaloux pour lui-même ? C'est en mémoire de ce glorieux événement qu'a été instituée la fête de l'Assomption.

Apprenons que pour plaire à Marie, nous devons, à son exemple, avoir du zèle pour le salut des âmes et pour tout ce qui touche aux intérêts de l'Eglise. L'apostolat n'est pas seulement l'oeuvre des prêtres et des missionnaires, mais de tous les fidèles quelle que soit leur condition. Le zèle pour le salut des âmes est la flamme la plus pure de ce feu sacré que Jésus-Christ est venu allumer sur la terre et qu'il désire voir embraser tous les cœurs. Mais plus particulièrement, tout père, tout maître, toute mère de famille est apôtre dans sa maison, et doit veiller à ce que ses enfants, et ses serviteurs remplissent leurs devoirs de religion. Si votre cœur est ému de compassion à la vue d'un pauvre qui frappe à votre porte, soutirant du froid et de la faim, couvert de plaies et de haillons ; comment ne serait-il pas plus douloureusement affecté à la vue d'un parent, d'un ami, dont l'âme est dépouillée de la grâce, souillée des plaies hideuses du péché et vouée a une éternelle réprobation. Exercez ce zèle en faveur des âmes que vous voulez ramener à Dieu ; d'abord par la prière, et ensuite par de douces et affectueuses exhortations que vous leur adresserez en temps opportun, plus particulièrement au temps pascal, pendant les missions et à l'heure de la mort. Mais surtout n'oubliez pas d'intéresser la Sainte Vierge à leur conversion, par l'emploi de la médaille miraculeuse, par la récitation du chapelet ou. la pratique d'une neuvaine en son honneur ; et le succès de votre apostolat est assuré.

 

Exemple

Vertu du Scapulaire

 

Dans une grande ville de France, qu'on ne nomme point pour de justes raisons, se trouvait un homme qui vivait depuis plus de cinquante ans dans une haine mortelle contre Dieu et sa religion. Il tomba malade, et par précaution, il avait placé auprès de son lit un poignard pour frapper celui qui oserait lui parler de son âme. Comme la maladie empirait, quelqu'un eut la pensée qu'il n'y avait que la Sainte Vierge qui pût amollir un cœur aussi endurci ; alors on détermina une personne à lui pendre un scapulaire au cou sans qu'il s'en aperçut ; on réussit. Un soir comme il dormait, l'image de Marie lui est appliquée, et le lendemain malin, il ne fut plus question de poignard. Il se réveille en implorant la miséricorde de Dieu, ne sachant, disait-il, ce qui s'était passé en lui ; il demande un confesseur, et il meurt dans le plus grand repentir. Oh ! Que Marie est riche en miséricorde ! Un pieux auteur l'appelle « glaneuse » ; elle mérite ce nom, elle ramène les pécheurs que les prédicateurs, les missionnaires ne peuvent convertir. Il n'est donc rien de mieux que de lui recommander ces malheureux qui ont l'air de tout braver et d'aller à pied ferme dans les abîmes éternels. (Traité sur l'Ave Maria, par M. Bleton).

Pratiques : Pratiquez aujourd'hui quelque œuvre de zèle, à l'intention de tel ou tel pécheur. Répandez les cahiers de la propagation de la foi, et travaillez à augmenter le nombre des associés.

 

34143220

Prière

 

Ô Marie ! Dont la présence seule consolait les apôtres, lorsqu'ils n'eurent plus le bonheur de posséder visiblement leur divin Maître ; vous qui étiez leur lumière et leur guide, quel zèle vous leur inspiriez pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Reine des apôtres, intercédez pour les pontifes et les prêtres qui sont leurs successeurs soutenez le courage des missionnaires qui traversent les mers pour convertir les infidèles ; obtenez-nous à nous-mêmes la grâce de devenir, par nos exemples, par nos discours et nos prières, les apôtres de nos familles et de nos âmes, et qu'ainsi le nom de Dieu soit sanctifié par nous et par tous ceux que nous aimons. Ainsi soit-il.

 

912_001

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

24 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

540_001

Vingt-cinquième jour

Consolatrice des affligés, priez pour nous.

Secours des chrétiens, priez pour nous.

 

Les maux qui font souffrir notre corps sont nombreux ; qui pourrait compter toutes les maladies, toutes les infirmités auxquelles nous sommes exposés ? Les maux qui t'ont souffrir notre âme sont plus nombreux encore ; qui pourrait exprimer toutes les tristesses, tous les chagrins qui viennent assiéger et déchirer notre pauvre cœur ? Nous ne souffrons dans notre corps que de nos propres maux ; nous souillons dans notre âme des maux de nos parents, de nos amis et même des étrangers. L'homme le plus dur peut-il contempler d'un œil sec le convoi funèbre d'une mère, suivi d'orphelins en pleurs ?

Oui, la vie est une suite d'épreuves et de revers. Dans le cours d'une année, les jours sans nuage ne sont pas les plus ombreux. Dans le cours de la vie, si l'on balance les peines avec les plaisirs, il y a plus de jours attristés que de jours embellis par la joie. Nous entrons dans le monde en versant des pleurs, et nous en sortons au milieu des luttes et des douleurs de l'agonie. Le bonheur que nous poursuivons sur cette terre est une illusion continuelle ; il n'y a de réel que les épreuves qui se succèdent et abreuvent sans cesse notre cœur d'amertume. Tantôt c'est la perte de ceux que nous aimons, de nos parents et de nos amis qui nous laissent seuls et isolés dans cette vallée de larmes ; tantôt c'est l'intempérie des saisons ou un revers imprévu qui ruine une famille et renverse une fortune sur le point d'être établie ; tantôt ce sont les événements publics, les guerre ou d'autres fléaux qui viennent attrister nos destinées. Mais que dire des épreuves secrètes, des peines de famille, de ces épines cachées dans le cœur, et qui déchirent d'autant plus que souvent nous ne pouvons les confier à personne. En un mot, comme Job l'a exprimé avec tant d'énergie : « L'homme, né de la femme, vit peu de temps, et sa vie est remplie de beaucoup de misères ». Et qui viendra à notre secours ? Qui nous aidera à porter. ce poids de tristesse ?

Qui en adoucira l'amertume ? Ah ! Si Marie se montre si sensible à nos souffrances corporelles, avec quel empressement plus grand encore ne compatira-t-elle pas à nos souffrances morales, à nos peines de cœur ? La grande école pour apprendre à compatir, c'est d'avoir beaucoup souffert soi-même. A ce titre seul qui doit être plus compatissant que Marie ? Vous souffrez dé l'indigence, vous vivez avec peine de votre travail de chaque jour, vous êtes renvoyé de la maison que vous habitez, du champ que vous cultivez ! Voyez Marie dans sa pauvre retraite de Nazareth, voyez-la repoussée de partout à Bethléem, voyez-la emportant son fils dans ses bras et obligée de fuir en Egypte. Vous souffrez de vos sécheresses et de vos désolations intérieures ; voyez Marie cherchant pendant trois jours son fils qu'elle a laissé dans le temple. Vous pleurez un enfant enlevé à votre tendresse, un fils appelé sous les drapeaux ; voyez Marie au pied de la croix et baignée du sang de son fils.

Oui, Marie est au pied de la croix ; et c'est là surtout qu'elle apprend à compatir à nos peines. N'est ce pas du haut de la croix que son fils nous l'a donnée pour mère ? Et pourquoi Notre-Seigneur voulant que sa propre mère devînt la nôtre, a-t-il attendu ce moment suprême pour nous faire un don si précieux ? C'est que communément, comme les mères n'aiment que mieux leurs enfants lorsqu'elles Les enfantent avec, douleur. ainsi a-t-il voulu que Marie nous enfantât au milieu des douleurs du Calvaire, afin qu'elle eût vraiment pour nous un cœur et des entrailles de mère. Comme nous disons : « Notre Père qui êtes aux cieux » ; nous pouvons donc dire aussi : « Notre mère qui êtes aux cieux ! » Cœurs affligés, souvenez vous-en, et vous éprouverez que l'appel auquel Marie répond le mieux, c'est celui de Consolatrice des affligés, Secours des chrétien ! Recueillons en finissant, pour accroître notre confiance, la parole naïve de notre saint curé. « Je pense, dit il, qu'à la fin du monde, la Sainte Vierge sera bien tranquille, mais tant que le monde dure, on la tire de tous cotés. La Sainte Vierge est comme une mère qui a beaucoup d'enfants. Elle est continuellement occupée à aller de l'un à l'autre ».

 

Exemple

La ville de Rodez préservée de la peste

 

En 1662, la peste ravageait plusieurs provinces du Rouergue, l'alarme était continuelle dans la ville de Rodez, parce que tous les jours s'approchait le terrible fléau. Enfin, le28 novembre, on annonce que la maladie s'est déclarée dans le couvent des cordeliers. Qui était contigu à la ville. Elle y avait été apportée en effet par un frère, qui en faisant la quête avait rapporté des denrées infectées. Les magistrats firent aussitôt fermer les portes du couvent, afin qu'il n'eût aucune communication avec la ville ; et l'épouvante fut si grande, que la foule immense qui était venue à Rodez pour la fête de St André, et une grande partie de la population s'empressèrent de prendre la fuite. Mais les magistrats ne se contentèrent pas de prendre les moyens naturels de sûreté, ils voulurent encore avoir recours aux moyens surnaturels. Le 6 décembre, ils se réunirent à l'hôtel de-ville avec les notables, et tous furent d'avis qu'il fallait se mettre sous la protection de Marie conçue sans péché, d'une manière publique et solennelle. En conséquence, ils invoquèrent son secours au nom de toute la ville de Rodez dont ils étaient les représentants ; et ils promirent déjeûner à perpétuité la veille de la Conception, de se rendre en corps à Notre-Dame de Ceignac avec la chasse de Saint Amans, et de donner ta somme de deux cents livres pour l'ornement de cette église. A peine le vœu fut-il prononcé, que la protection de Notre-Dame se fit sentir d'une manière extraordinaire. Le fléau s'arrêta aux portes de Rodez. Il fit un grand nombre de victimes dans tous les environs) mais il n'atteignit personne dans la ville. Il y a plus ; c'est que les habitants, de Rodez jouissaient, dans cette occasion, d'an privilège tout à fait extraordinaire. Le mal était en eux, et ne pouvait leur nuire. Quelques-uns le communiquèrent à des étrangers qui en furent victimes hors de la ville, tandis que eux et toute leur famille n'en éprouvèrent aucun dommage. (Histoire du bienheureux d'Estaing).

Pratiques : Dans vos peines, au lieu de vous plaindre et de murmurer, allez vous consoler devant l'image de la Sainte Vierge. Quand vous rencontrerez une personne affligée, consolez-la, en lui présentant des motifs surnaturels.

 

13116155_10153466220705863_199503440048533716_o

Prière

 

Ô Marie, c'est au pied de la croix, que je vous apporte aujourd'hui ma prière accoutumée. Si je souffre, c'est que je l'ai mérité cent fois ; mais vous et votre fils, si vous souffrez, c'est sans l'avoir mérité. Cette seule pensée déjà adoucit ma douleur. Puisque vous avez tant souffert, quoique innocente, il faut que la souffrance soit quelque chose de bien agréable à Dieu et de bien méritoire pour le ciel. J'unis mes peines méritées à vos peines innocentes, et j'éprouve un charme secret à souffrir avec vous et avec votre divin fils, parce que c'est l'heureux présage de mon salut. Ainsi soit-il.

 

698_001

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

20 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

Loreto (AN)_Vergine Lauretana 1

Vingt-et-unième jour

Maison d'or, priez pour nous.

Arche d'alliance, priez pour nous.

 

Le temple que Salomon avait élevé à la gloire du vrai Dieu passe à bon droit pour une des plus grandes merveilles du monde. On avait employé à sa construction les marbres les plus riches et les bois les plus précieux ; l'or y brillait de toutes parts. L'arche d'alliance dans laquelle Moïse avait enfermé les tables de la loi, était faite également d'un bois incorruptible et revêtu en dedans et en dehors de lames d'or. Mais le temple de Salomon et l'arche d'alliance n'étaient que la figure d'une autre maison mille fois plus ornée que le fils de Dieu voulait habiter un jour. Cette maison qui devait éclipser la gloire du temple de Salomon et la richesse de l'arche d'alliance ; c'est le sein virginal et immaculé de Marie. Et cependant Marie n'était qu'une pauvre fille du peuple, vivant de son travail et dans la plus grande simplicité. Oui, Marie était pauvre des biens de la terre ; à peine connaissait elle, pour l'avoir vu sans le posséder jamais, ce métal qu'on appelle or, et à la conquête duquel la plupart des hommes consument leur intelligence, leurs forces et leur vie tout entière. En revanche elle était riche d'un trésor devant lequel l'or n'est qu'une vile poussière, elle possédait dans son âme le trésor de la grâce sanctifiante, le trésor de la charité ! Dieu était l'objet de toutes ses pensées, de toutes ses aspirations ; comme l'apôtre, et plus encore que l'apôtre, elle défiait les supplices et la mort de pouvoir jamais la séparer de la charité de son Dieu ! Et voilà pourquoi le fils de l'Eternel a voulu s'incarner dans son sein ; voilà pourquoi elle est devenue la maison d'or du roi des rois.

Nous aussi, lorsque nous avons le bonheur de communier, nous devenons la maison de notre Dieu. Ah ! Faisons de notre âme une maison d'or, une maison digne du roi de gloire. Marie nous a enseigné par son exemple, et Jésus-Christ par sa parole, comment nous devons nous préparer à la divine Eucharistie. « Si quelqu'un m'aime, dit le Sauveur, il gardera ma parole ; mon Père l'aimera, et nous viendrons en lui, et nous ferons en lui notre demeure ». L'amour de Dieu, telle est donc, pour nous présenter à la Table sainte, la disposition par excellence, la disposition qui renferme toutes les autres. Mais prenez garde, l'amour de Dieu, cet amour qui fait de notre âme une maison d'or, n'est pas dans une simple formule qui se borne à dire : « Mon Dieu ! Je vous aime de tout mon cœur ». L'amour qui attire le Fils de Dieu dans notre âme, l'amour qui l'unit à nous et nous unit à lui, se montre surtout par la générosité de nos sentiments, par notre fidélité à observer les commandements de Dieu et de l'Eglise. Pouvez-vous dire que vous aimez Dieu par dessus tout, vous qui ne pouvez supporter sans murmure la moindre contradiction, que le plus léger contre-temps plonge dans rabattement ? Pouvez-vous dire que vous aimez Dieu par dessus tout, vous qui gardez l'abstinence dans l'intérieur de votre maison, et la violez par respect humain, lorsque vous êtes dehors ? Pouvez-vous dire que vous aimez Dieu par dessus tout, vous qui, au retour d'une fêle religieuse, renoncez au bonheur de communier pour ne pas vous priver d'une partie de plaisir ? Vous qui ne pourriez supporter sans jalousie qu'une de vos compagnes fût mieux parée que vous ? Ah ! Si vous aimiez Dieu par dessus tout, vous ne chercheriez pas tant à plaire au monde. Recueillons, en finissant, la doctrine de notre saint curé : « Mes enfants, disait-il, on sait quand une âme a reçu dignement le sacrement de l'Eucharistie. Elle est tellement noyée dans l'amour, pénétrée et changée, qu'on ne la reconnaît plus dans ses actions, dans ses paroles.... C'est une âme capable des plus grands sacrifices... »

 

Exemple

La Maison de la Sainte Vierge à Lorette

 

Quand l'Eglise invoque la Sainte Vierge sous le nom de Maison d'or, elle veut parler de la maison de son âme où le Verbe fait chair a habité pendant neuf mois. Tous nos respects sont dus à ce divin tabernacle. Mais il est une autre maison qui, bien que pauvre et sans ornement, mérite aussi nos respects ; c'est la propre maison habitée par la Sainte Vierge. Cette maison, que Marie avait probablement héritée de ses parents Joachim et Anne, était située à Nazareth sa patrie. Après sa mort, les premiers fidèles l'entourèrent de vénération. Un miracle des plus éclatants est venu accroître encore la gloire de cette relique insigne.

Le pays de Nazareth étant tombé au pouvoir des infidèles, Notre-Seigneur ne voulut pas que la maison où l'ange Gabriel était descendu, où lui même s'était fuit chair et où avait habité sa mère, put être jamais souillée par leurs profanations. Eu l'an 1301, sous le Pontifical de Saint Célestin V, elle fut subitement enlevée de ses fondations et transportée miraculeusement par les anges, de Nazareth eu Dalmalie, puisa Recanati dans la Marche d'Ancone, et enfin à Lorette, au centre de la chrétienté. On peut assigner pour motifs des stations que fit successivement dans plusieurs lieux la maison de la Sainte Vierge, celui d'éveiller l'attention des fidèles sur ce grand événement et de leur apprendre à ne pas craindre de se déplacer eux-mêmes pour aller la visiter. Aussi le pèlerinage de Lorette est-il devenu le plus célèbre et le plus fréquenté du monde catholique, celui où Marie répand ses faveurs les plus abondantes.

Les Souverains Pontifes ne pouvaient manquer de faire un accueil honorable et empressé a la maison de la Sainte Vierge. Aussi l'ont-ils fait enfermer dans une magnifique église, embellie par toutes les magnificences de l'art. C'est une petite maison de forme irrégulière, construite en pierres rougeâtres et poreuses, comme celles qu'on voit encore aujourd'hui en Palestine. Les murs sont posés à nu sur la terre. Les fondations sont restées à Nazareth où elles ont été visitées avec le plus grand soin, par plusieurs commissions qui toutes ont déclaré les avoir trouvées conformes pour les dimensions et la nature des matériaux à la construction de Lorette. Elle se compose d'une chambre principale, dont le plafond, peint d'azur et parsemé d'étoiles, est surmonté d'un petit clocher. Elle est éclairée d'une étroite fenêtre. Ce prodige du transport et de la conservation de la Maison de la Sainte Vierge est consacré par une fête que l'Eglise célèbre le 10 décembre. L'intérieur de la Santa Casa renferme un autel privilégié. Celui qui écrit ces lignes a eu le bonheur d'y célébrer la Sainte Messe, et c'est le plus doux souvenir de sa vie !...

Pratique: Préparez-vous à célébrer la fin du Mois de Marie, par une fervente communion.

 

13116155_10153466220705863_199503440048533716_o

Prière

 

Ô Marie ! Maison d'or que le fils de Dieu a daigné habiter pendant neuf mois ; combien ce privilège insigne relève votre gloire à mes veux et m'inspire de vénération pour vous. Mais surtout ce qui me comble de joie, c'est que ce privilège d'où ressort votre titre de reine, est celui que je puis plus facilement partager avec vous. Mon cœur par la communion devient comme le vôtre par l'Incarnation, la véritable maison de Dieu. Ah ! puissé-je, après avoir reçu Jésus-Christ sur la terre, mériter d'être un jour reçu par lui dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

277001

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

19 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

Mary Icon

Vingtième jour

Tour de David, priez pour nous.

Tour d'ivoire, priez pour nous.

 

Marie n'est pas seulement une rose mystérieuse, c'est-à-dire tout ce qui peut s'offrir de plus gracieux à nos regards ; elle est aussi une tour formidable, c'est-à-dire le refuge le plus assuré contre tous les traits de l'ennemi du salut. La tour construite par David et qui portait son nom, formait un arsenal où les armes étaient mises en dépôt et où les guerriers venaient se munir en temps de guerre pour combattre et repousser l'ennemi. L'Eglise en invoquant Marie, sous le nom de Tour de David, de Tour d'ivoire, a voulu nous apprendre que la vie du chrétien étant une milice sur la terre, c'est à elle que nous devons recourir pour combattre le bon combat. Oui, quelque violentes que soient nos tentations, quelque invétérées que soient nos mauvaises habitudes ; recourons à Marie, et nous trouverons dans sa protection tout le courage et toute l'énergie dont nous avons besoin pour triompher de nos passions, pour sortir de l'état du péché, pour nous maintenir termes inébranlables dans la voie du salut.

Depuis son établissement jusqu'à nos jours, l'Eglise a traversé des épreuves continuelles et soutenu contre les puissances de la terre et de l'enfer les assauts les plus terribles. Pendant trois siècles les tyrans ont voulu la noyer dans son sang, et plusieurs millions de martyrs l'ont défendue victorieusement en mourant pour sa cause. Par qui a-t-elle triomphé et triomphera-t-elle jusqu'à la fin des temps ? Par l'assistance et la protection toute puissante de Marie. De là le surnom glorieux que l'Eglise lui a donné, de Notre-Dame des Victoires, et qui répond à celui sous lequel nous l'invoquons aujourd'hui, de Tour de David, Tour d'ivoire.

Mais ce n'est pas seulement contre la violence des tyrans et la cruauté des bourreaux, que la Sainte Vierge a protégé l'Eglise ; elle l'a défendue surtout contre les erreurs sans nombre et toutes les fausses doctrines qui ont tenté d'altérer son enseignement. L'Eglise catholique, apostolique et romaine a reçu le dépôt des vérités divines que nous devons croire et pratiquer pour être sauvés. « Allez, dit Notre-Seigneur à ses apôtres, et enseignez toutes les nations. Celui qui vous écoute, m'écoute. Celui qui vous méprise et repousse votre enseignement, me méprise moi-même et repousse mon enseignement ». La vérité religieuse qui doit régler notre foi et notre conduite, qui peut seule nous conduire au salut, se trouve donc tout entière dans l'enseignement de l'Eglise. Aussi, qu'a fait Lucifer, cet éternel ennemi du genre humain ? Voyant qu'il ne pouvait pas anéantir l'Eglise par les persécutions sanglantes, il a attaqué sa doctrine et ses enseignements en suscitant les hérétiques qui se sont faits les apôtres du mensonge et de l'erreur. Leurs efforts comme ceux des bourreaux sont restés impuissants. L'Eglise a traversé dix huit siècles sans subir aucune altération dans sa doctrine ; et son enseignement est resté le même qu'au temps des apôtres. Et à qui rend-elle hommage de cette nouvelle et perpétuelle victoire, ô Marie ? « Vous seule, chante-t-elle dans ses hymnes de victoire, avez triomphé dans le monde entier, de toutes les hérésies ».

Tenez vous donc en garde conte toute doctrine qui ne vient pas de l'Eglise ; repoussez les livres, quelle que soit la main qui vous les offre, lorsqu'ils ne sont pas approuvés et recommandés par votre pasteur. Que vos regards soient toujours tournés vers Rome et vos oreilles attentives à renseignement du Souverain Pontife. Le Pape est le chef de l'Eglise, l'oracle infaillible de la vérité. C'est le Pape qui a institué l évêque, premier pasteur du diocèse ; c'est l'évéque qui a donné mission à votre pasteur et l'a institué votre curé. En écoutant votre pasteur vous écoutez votre évêque, en écoutant votre évêque vous écoutez le Souverain Pontife, eu écoutant le Souverain Pontife vous écoutez Jésus-Christ lui-même dont il est le représentant sur la terre.

 

Exemple

Le soldat Vincent

 

Entre le petit port d'Auray en Bretagne et le bourg fameux de Sainte Anne, renommé par son célèbre pèlerinage, vivaient dans une petite cabane, Marc-Thomas et son fils Vincent. Marc n'avait que cinquante-six ans, mais était cassé, souffrant et malade, et quand la conscription vint lui enlever son soutien, il fut bien malheureux. Cependant il se soumit sans murmurer : « C'était un chrétien, il respectait la loi ». Quand Vincent partit, il lui dit : « Mon enfant, n'oublie jamais que je l'ai consacré à la sainte Vierge ; invoque-la toujours, sois fidèle, et tu reviendras sain et sauf. Si lu meurs, elle te recevra dans le paradis, et tu ne regretteras pas la terre ». Vincent fui incorporé dans un régiment qui partit presque aussitôt pour la Crimée. Je ne vous dirai pas ici à combien d'épreuves fut exposé Vincent, mais il se disait : une personne consacrée à la sainte Vierge peut-elle faire cela ? Si c'était non, c'était non pour lui. Ses amis se moquaient de lui, mais leurs plaisanteries ne l'effrayaient pas plus que le feu ennemi. Un jour, un de ses camarades, irrité de ne pouvoir réussir à l'entraîner dans ses parties de débauche, l'accabla d'injures et voulut le forcer à se battre. « Je ne me battrai pas, dit Vincent, parce que nous n'avons le droit ni l'un ni l'autre de priver l'armée d'un soldat, mais demain peut être donnera-t-on un assaut à Sébastopol, et alors là nous verrons si nous craignons le feu ». Le lendemain on donnait un assaut, et près de Vincent le soldat qui l'avait provoqué tombait blessé. A l'instant une sortie des assiégés fait reculer les assiégeants, et le soldat va être abandonné sous les pieds des chevaux des Russes. Vincent s'avance rapidement, enlève le blessé, le charge sur ses épaules elle rapporte an camp. Quand le blessé put parler : « O mon Dieu ! dit-il à Vincent, comment as-tu pu courir assez vite pour nous soustraire tous deux aux armes des Russes ? » « Oh ! répondit Vincent, j'ai invoqué la bonne Notre-Dame, et je me suis senti des ailes ; elle m'a envoyé ses anges, car il fallait bien que je sauvasse la vie ! hier tu voulais me tuer ». « C'est vrai, dit le soldat ; ta vertu m'importunait, et aujourd'hui je lui dois la vie. Mais je suis converti, et je veux comme toi me consacrer à Marie ». (La Miséricorde de Marie, par le R. P. Huget).

Pratiques : Remerciez Dieu de ce qu'il vous a fait naître au sein de l'Eglise catholique. Respectez les personnes consacrées à Dieu, et ne permettez pas qu'on en dise du mal en votre présence.

 

13116155_10153466220705863_199503440048533716_o

Prière

 

Ô divine Marie, terrible au démon comme une armée rangée en bataille, c'est à vous que votre fils adorable a confie la garde de son Eglise ; car c'est à vous que cette même Eglise rapporte la gloire de ses triomphes sur l'hérésie. Vous êtes pour elle un refuge assuré, une tour fortifiée contre tous ses ennemis. Ah ! Protégez-nous contre les assauts du démon ; protégez-nous surtout à l'heure de la mort, et pour nous préparer à la dernière lutte qui doit assurer notre triomphe éternel, obtenez-nous de Dieu une foi vive et inébranlable. Ainsi soit-il.

 

080

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

26 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

817_001

Vingt-septième jour

Reine des patriarches, priez pour nous.

Reine des prophètes, priez pour nous.

 

Les patriarches et les prophètes sont les saints de l'ancienne loi. Ce qui forme le caractère particulier de leur sainteté, c'est la vivacité de leur foi, la fermeté de leur espérance, la pureté et la simplicité de leur vie. Nul n'a pu entrer au ciel avant que Notre-Seigneur ne nous en eut ouvert les portes ; mais dans tous les temps, ceux qui ont connu Jésus-Christ et espéré en lui, ont pu être saints. Adam et Eve ne laissèrent point ignorer à leurs enfants le malheur de leur chute, et pour les consoler leur révélèrent la promesse du Libérateur qui leur avait été faite. Eve en particulier, dans son repentir et son humilité, aimait sans doute à leur rappeler que si elle avait été la première cause de leur malheur, une fille qui descendrait d'elle, serait un jour aussi la première cause de la réparation en devenant la mère du Rédempteur, Marie était donc connue par les siècles qui l'ont précédée, comme elle ne cessera jamais d'être connue et invoquée par tous les siècles à venir. Dès le berceau du monde, tous les regards sont tournés vers elle ; tous les vœux l'appellent sur la terre, tous les cœurs soupirent après le jour heureux de sa naissance. Ainsi, bien longtemps avant qu'elle vînt au monde, elle était l'objet d'un culte anticipé, d'un culte d'amour et d'espérance. C'est par l'attente de Marie comme par la foi et l'espérance en Jésus-Christ, que les justes de l'ancienne loi se sont sanctifiés. Marie est donc la Reine des patriarches et des prophètes, la Reine de tous les saints de l'ancienne loi, comme elle est la Reine de tous les saints de la loi de grâce.

Comme Jésus-Christ a été annoncé et prédit plusieurs siècles avant sa venue, Marie aussi a été annoncée et prédite par les prophètes : « Voilà, s'écrie Isaïe plein d'admiration, qu'une vierge concevra et deviendra mère sans cesser d'être vierge ! »

Comme Jésus Christ a été figuré d'avance par plusieurs saints personnages, Marie aussi a été figurée par plusieurs saintes femmes. Esther et Judith qui, l'une par sa grâce et l'autre par l'énergie de son bras, ont sauvé le peuple de Dieu, ne sont-elles pas la figure de celle qui pleine de grâce et de force a sauvé le genre humain, en lui donnant un Rédempteur. Mais Marie n'a-t elle pas été elle-même le plus grand des prophètes ? Écoutez-la, annonçant et prophétisant, « que toutes les générations la proclameront bienheureuse ». Après dix-huit siècles, le culte et la gloire de Marie ne fout que grandir dans l'Eglise.

Mais comment honorerons-nous dans Marie ce titre glorieux de Reine des patriarches et des prophètes ? D'abord par la vivacité et la constance inébranlable de notre foi. Nous savons que l'Eglise catholique est dépositaire de la vérité, et jamais nous ne nous écarterons de ses enseignements, quoique nous puissions lire ou entendre dire d'ailleurs. Le ciel et la terre passeront, mais la parole de Dieu prêchée par les pasteurs que l'Eglise nous a donnés, demeurera éternellement.

Nous l'honorerons encore en aimant et en pratiquant la vie pure et simple des patriarches ; en préférant, si nous sommes nés dans la campagne, le séjour et les travaux des champs aux travaux et au séjour des villes. Oui, pour le chrétien qui a à cœur son salut, qui veut garder la simplicité des moeurs patriarcales, la vie des champs est préférable à celle des villes. Elle est plus calme, plus unie ; on y rencontre moins de scandales et d'occasions de pécher, tout nous parle de Dieu et nous porte à l'aimer. Nous contemplons sa gloire dans tes rayons du soleil qui dore et mûrit les moissons ; nous admirons sa libéralité dans ce grain de blé qui se multiplie en terre et fait courber les épis ; sa bonté dans la douceur des fruits qui pendent aux arbres. Comme on respire pour la santé du corps un air plus pur au milieu des champs, l'air y est plus pur encore pour la santé de l'âme. Sans une vocation particulière et bien prononcée, ne quittons donc pas le séjour de la campagne pour celui de la ville.

 

Exemple

Les pauvres de Marie

 

Deux pauvres vieillards, le mari et la femme, vivaient à grande peine dans un misérable galetas qu'ils payaient vingt francs par an ; ils habitaient Bruxelles. Souvent ils se couchaient sans souper, et souvent aussi ces jours là, leur déjeuner avait consisté en quelques croûtes dures détrempées dans l'eau ; pourtant ils avaient connu autrefois l'aisance, mais peu à peu il leur avait fallu tout vendre ! Un jour, un iamedi, ils se trouvèrent saris un sou, sans pain, sans aucune nourriture. La femme était impotente, le mari malade et couché.... La journée se passa sans manger, ils pleuraient et priaient : le dimanche fut encore plus affreux. Enfin le soir venu, la femme sortit pour mendier ; la honte la ramena chez elle les mains vides. « Nous allons mourir, dit le vieillard, Dieu nous abandonne ». La pauvre vieille se taisait ; tout-à-coup elle s'écrie : « Invoquons la Sainte Vierge, elle est la consolatrice des affligés, elle nous sauvera ». « Tiens, ajouta-t-elle, il me reste un petit bout de cierge dans le tiroir, faisons-le brûler devant son image, Marie viendra à notre secours ». Le cierge allumé, placé devant une petite statue de la Sainte Vierge qui n'avait point trouvé d'acheteurs, parce qu'elle n'avait aucune valeur matérielle, les deux vieillards se mettent à genoux, et appuyés l'un sur l'autre, appellent à leur aide celle qu'on n'invoque jamais en vain. Une ouvrière qui demeurait en face avait un enfant malade et veillait. Apercevant à cette heure une lumière à la fenêtre des pauvres gens : « Sont- ils malades ? » se dit-elle. Poussée par je ne sais quel instinct, elle monte au galetas. Quel spectacle frappe ses regards : Les deux infortunés haletants défaits, étaient affaissés plutôt qu'agenouillés devant l'image de la mère du Sauveur ! Ils avouent leur position. La charitable voisine court leur chercher quelques provisions,les embrasse, les console. Le lendemain, le curé et le président de la conférence de Saint Vincent de Paul avertis, assurent à ce pauvre ménage une existence sérieuse. Sans ce petit cierge, ou plutôt sans la confiance en Marie qui suggéra à ces vieillards la pieuse idée de le brûler devant son image, la bonne voisine ne fût pas venue à leur aide et les arracher ainsi à une mort certaine. (Petites Lectures, 1re série).

Pratique : N'allez à la ville que pour vos affaires, et revenez-en le plus tôt que vous pourrez.

 

34143220

Prière

 

Ô Marie ! Doux espoir des patriarches et des prophètes, qui avez possédé d'une manière si intime celui qu'ils avaient tant désiré, faites-nous apprécier le bonheur infini que nous avons de le posséder nous-mêmes dans la divine Eucharistie. Puisse notre foi s'animer dans nos cœurs assez vivement, pour nous faire comprendre que le plus grand bonheur du chrétien est de s'unir à son Dieu dans la sainte communion, et que plus nous le recevrons souvent sur la terre, plus nous sommes assurés qu'il nous recevra un jour dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

cure-dars

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

11 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

21665442

Douzième jour

Vierge prudente, priez pour nous

 

Après nous avoir fait honorer dans Marie toutes les prérogatives de sa maternité, l'Église nous la fait célébrer comme Vierge ; et présente d'abord à nos hommages la prudence qui la distingue entre toutes les filles d'Eve, même les plus parfaites. Mais en quoi consiste cette prudence de Marie, proposée tout à la fois a notre admiration et à notre imitation ? Jésus-Christ la définit en deux mots : « Veillez et priez, pour crue vous n'entriez pas en tentation ».

Veillez. Dès l'âge le plus tendre, Marie se retire dans le temple, et se soustrait ainsi aux dissipations de l'enfance et aux séductions du monde. Du temple elle passe dans l'intérieur de sa pauvre maison de Nazareth, qu'elle ne quitte que pour remplir le devoir de sa condition. L'ange la trouve en prière dans sa chambre, lorsqu'il vient lui annoncer qu'elle a été choisie pour devenir la Mère du Rédempteur. Elle est habituée à une vie si solitaire, si pleine de réserve, que « la présence de cet ange qui avait revêtu la forme d'un mortel suffit, dit saint Ambroise, pour lui inspirer une pieuse crainte ». Voilà comment Marie se tient en garde, et redoute le mal, l'ombre même du mal.

« Nous sommes tous comme de petits miroirs dans lesquels Dieu se contemple ». Cette comparaison du saint curé d'Ars, s'applique surtout aux vierges dont la pureté réfléchit tous les rayons du ciel. Mais plus ce miroir est resplendissant, plus aussi est-il fragile. Il suffit d'un souffle pour la ternir, et le moindre choc peut le mettre en pièces. Ainsi en est-il de l'aimable vertu. La vigilance, et une vigilance de tous les instants peut seule la mettre à couvert d'un funeste contact, d'une dangereuse rencontre! Telle fut la vigilance delà Sainte Vierge.

Sachez donc, vierges chrétiennes, si vous voulez marcher sur les traces de votre Reine, que la prudence, gardienne de votre vertu, consiste avant tout à redouter les occasions dangereuses et à vous en tenir éloignées. Oui, votre sûreté est dans la timidité qui vous fait redouter le danger, qui vous éloigne des tête à tête, qui vous tient constamment sous les ailes maternelles. Une mère chrétienne a toujours les yeux sur sa fille, et une fille a cessé d'être vertueuse quand elle redoute les regards de sa mère. Craignez de vous produire dans le monde ; et quand vous y êtes obligées par des devoirs, que la modestie vous suive partout et vous protège comme un rempart. Et si vous veniez à être surprises, rappelez-vous que la fuite, et une fuite précipitée peut seule vous arracher au danger ? Sur le champ de bataille de la vertu, la victoire est à celui qui tourne le dos à l'ennemi. Joseph sauva sa chasteté en laissant son manteau dans les mains d'une femme déshonorée.

Toutefois, la vigilance ne suffirait pas par elles-même, il fait y joindre la prière qui appelle le secours et fait descendre la force d'en-haut. La continence est un don de Dieu, et ce don, Dieu ne l'accorde qu'à ceux qui le désirent et le demandent. Les vierges prudentes tiennent leur lampe garnie, c'est-à-dire qu'elles portent toujours dans leur âme l'huile de la grâce sanctifiante. Autant elles fuient les fêtes mondaines, autant elles aiment les fêtes religieuses. Autant elles dédaignent l'étalage vaniteux du luxe et de la mode, autant elles veillent sur la pureté de leur robe virginale, en la purifiant souvent dans le bain de la pénitence, aussi, qu'elles sont fortes avec l'appui de la grâce qui les soutient. Que la tentation vienne les assaillir ! Elles sauront résister comme Suzanne : elles préféreront mourir plutôt que d'être souillées.

Exemple

Marie n'abandonne jamais celui qui met en elle toute sa confiance

 

Une jeune personne connue sous le nom de Marcelline Trouchin, fille unique, avait été élevée dans une si grande dévotion envers la sainte Vierge, qu'elle en obtenait tout ce qu'elle voulait. Née de parents pauvres, elle fut obligée de travailler dans un atelier de Paris pour gagner sa vie. Son père et sa mère étaient dans la même maison en qualité d'ouvriers. Marcelline faisait la consolation de ses parents, et édifiait par sa piété sincère et solide, toutes les personnes qui la connaissaient. Bien souvent des compagnes avaient voulu l'entraîner dans les plaisirs du monde, elle avait toujours su s'en garantir ; son bonheur était d'approcher des sacrements les saints jours du dimanche, de réciter son chapelet, et de faire quelques lectures sur les vertus de Marie, qu'elle s'était proposé d'imiter.

Dieu réserva à Marcelline les plus terribles épreuves, pour relever son mérite et apprendre ce que peut un enfant de Marié. Le maître qui lui donnait du travail ainsi qu'à son père et à sa mère, ne craignit point dé faire des sollicitations coupables à celle âme innocente. Marcelline eût recours à sa protectrice ; elle lui disait souvent : « Ô Marie, vous voyez mes dangers, priez pour moi, et ne permettez pas que ce cœur qui vous appartient soit souillé ». Elle se sentait de plus en plus fortifiée dans ces heureux sentiments. Cependant, le maître de Marcelline, pour se venger de la résistance qu'elle opposait à ces criminelles poursuites, la renvoya elle et ses parents de son atelier, les privant ainsi de leurs moyens d'existence. La pieuse fille ne se trouble point, elle travaille, et par ses petits gains, nourrit son père et sa mère, comptant sur la Providence et remerciant Marie de l'avoir mise à l'abri de la séduction. Dans cet intervalle, par surcroît de malheur, son père et sa mère tombent malades ; elle était obligée de les soigner et de gagner leur vie. Dans sa misère et ses souffrances, le père de Marcelline fut assez malheureux pour lui reprocher d'être la cause de leur misère. Quel coup sensible pour le cœur tendre et pieux de la jeune fille. Elle pria la sainte Vierge avec une nouvelle ferveur, et le lendemain le médecin, qui visitait sa famille, lui annonça qu'une dame irlandaise puissamment riche, mais atteinte d'une maladie contagieuse, faisait les offres les plus avantageuses à la personne qui voudrait la servir. « Ah ! répond Marcelline, j'accepte volontiers cette place pour donner du pain à mon père et à ma mère ; Dieu fera de moi ce qu'il voudra ». Non seulement Marcelline échappa à la contagion, mais la dame au service de laquelle elle s'était dévouée revint à la santé et lui témoigna sa reconnaissance par une grosse pension qui fournit abondamment à ses besoins et à tous ceux de sa famille le restant de leur vie.

Pratique : Évitez aujourd'hui toute rencontre, qui, de loin on de près, pourrait éveiller dans votre cœur une mauvaise impression. Déchirez ce livre ou celle lettre, dont la lecture peut vous inspirer de mauvaises pensées.

chapelle_de_la_vierge_1024

Prière

 

Vierge très prudente, je ne puis vous invoquer sous ce glorieux titre, sans condamner ma légèreté et ma curiosité. Faites-moi bien comprendre que le moyen le plus sûr de ne pas être vaincu, c'est d'éviter la rencontre de l'ennemi. Celui qui aime le danger y périra. Je ne serai fort dans le combat qu'en l'évitant autant qu'il dépendra de moi. Pour me mettre à l'abri du double et funeste écueil, d'aimer à voir et à être vu, j'imiterai votre vie cachée dans le temple, j'aimerai l'intérieur de la maison, et me tiendrai toujours sous vos regards et sous ceux de ma mère. Ainsi soit-il.

São João Maria Vianney

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à le newsletter d'Images Saintes

7 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

105_001 (2)

Huitième jour

Mère de la Grâce Divine, priez pour nous

Toute grâce vient de Jésus Christ, qui en est le principe et l'auteur. Or, Jésus Christ n'a pu passer neuf mois clans le sein de sa mère, sans y déposer le trésor de ses mérites, c'est pourquoi l'ange en annonçant à Marie qu'elle a été choisie pour devenir la mère de Dieu, la salue pleine de grâce.

Pour comprendre la grandeur de ce. titre, il faudrait connaître et bien comprendre le prix de la grâce. Quand Dieu a voulu créer le ciel et la terre, il n a prononcé qu'une parole ; mais quand Jésus-Christ a voulu nous mériter la grâce, il a dû verser sur l'arbre de la croix, jusqu'à la dernière goutte de sou sang. Aussi la plus petite des grâces est-elle préférable à tous les trésors de la terre. Ce n'est point avec de l'or et des domaines que nous pouvons acquérir le Ciel, mais par la pratique des bonnes œuvres et le fidèle accomplissement des commandements de Dieu et de l'Eglise. Pour expliquer le besoin que nous avons du secours de h grâce, le curé d'Ars se servait de cette comparaison. « Les commandements de Dieu, disait-il, sont les enseignements que Dieu nous donne pour suivre la route du Ciel, comme les écriteaux qu'on pose à l'entrée des rues et au commencement des chemins pour en indiquer les noms. La grâce de Dieu nous aide à marcher et nous soutient. Elle nous est nécessaire comme les béquilles a ceux qui ont mal aux jambes ». Mais si nous ne pouvons rien dans l'ordre du salut sans le secours de la grâce, la grâce aussi ne peut rien sans notre coopération, c'est-à-dire sans le concours de notre bonne volonté. Dieu nous offre le ciel et sa grâce pour y arriver ; mais à la condition que nous ferons valoir cette grâce en suivant les lumières surnaturelles qu'elle nous donne, et les bons mouvements qu'elle nous inspire. C'est comme le soleil dont les rayons versent la lumière et la chaleur sur votre terre ; sans cette lumière et cette chaleur, elle resterait à jamais frappée de stérilité. Cependant, cette lumière et cette chaleur ne suffiraient pas par elles-même pour rendre votre terre fertile ; il faut de plus que vous la travailliez et que vous l'arrosiez de vos sueurs ; c'est la correspondance à la grâce.

Il s'ensuit de là, que plus nous recevons de grâces et plus nous les mettons à profit, plus aussi nous avançons dans le chemin du ciel et nous assurons l'œuvre de notre salut. Qu'il est donc consolant pour nous d'apprendre que Marie est la mère de la divine grâce ; qu'elle en tient pour ainsi dire, le réservoir entre ses mains, et qu'elle l'ouvre à volonté. Il dépend de nous d'y puiser à toutes les heures du jour et de la nuit, dans toutes les circonstances delà vie où nous sentons le besoin que nous avons du secours d'en haut. « Dieu, dit saint Bonaventure, pouvait faire un monde plus grand, un ciel plus grand, mais il ne pouvait pas faire une mère ni plus grande ni plus riche ». Et voilà pourquoi saint Bernard, ajoute : « Que demander la grâce par l'entremise de Marie, c'est entrer dans les vues de Dieu qui veut que tout nous vienne par Marie ». Ne vous plaignez donc plus de la violence de vos tentations, de la difficulté de vos devoirs, de la grandeur des obstacles que vous rencontrez sur la route du salut ; si vous saviez, si vous vouliez recourir à Marie, elle ferait à l'instant même descendre dans votre âme une grâce tellement forte et abondante que vous vous écrieriez avec l'apôtre : « Je puis tout par la vertu de celui qui me fortifie ! »

 

Exemple

Le fruit d'un Ave Maria

 

Un saint missionnaire de nos jours raconte le fait suivant: Un pécheur âgé, dont la vie avait été fort scandaleuse, me fait prier de venir le visiter. Je me rends à son invitation, et je vois un vieillard qui se jette à mon cou en me disant : « Voici, monsieur, un pécheur abominable, sauvez-moi ». Je le rassure, puis je lui demande de me faire connaître ce qui a décidé sa conversion. « Je l'ignore absolument, mon père ». « Avez-vous suivi nos instructions ? » « Jamais ». « Vos amis vous auraient-ils encouragé ? » « Je n'en ai point, et je les eusse choisis tels qu'ils m'eussent plutôt dissuadé de revenir à Dieu ». « Vous alliez peut-être aux offices ? » « Jamais ». En ce moment mes yeux s'arrêtent sur un tableau de la sainte Vierge. « Quoi, lui dis-je, un tel tableau chez vous ? » « Oui. monsieur, reprend le vieillard ; je n'ai respecté que cela, et je me souviens que chaque jour je récite un Ave Maria devant ce tableau, pour obéir aux dernières volontés de ma mère ». « Ah ! réjouissez-vous, monsieur, m'écriai-je tout ému ; c'est à Marie et à ce faible tribut de respect que vous devrez votre conversion et le ciel ».

Pratiques : Mères chrétiennes, apprenez à vos petits enfants à réciter l'Ave Maria. Rendez toutes vos actions méritoires pour le ciel, en les commençant par cette invocation : Je vous salue, pleine de grâce.

 

109708549_o

Prière

 

Marie, mère de la divine grâce, vous réapparaissez comme une fontaine intarissable où chacun vient puiser selon l'étendue de ses besoins. Les miens sont de tous les jours et de tous les instants. J'ai à éteindre le feu de mes passions, j'ai à remplir les nombreux devoirs de mon état, j'ai des vertus à pratiquer. Versez dans le vase de mon âme cette eau pare et fortifiante de la grâce qui dégoûte des vains plaisirs du monde, qui repose et délasse des luttes et des fatigues de la vie, qui donne force et courage pour persévérer jusqu'à la fin dans la voie du salut. Ainsi soit-il.

 

San-Juan-Maria-Vianney

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à le newsletter d'Images Saintes

6 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

maria_ausiliatrice

Septième jour

Mère de Jésus-Christ, priez pour nous.

 

En invoquant Marie, mère de Dieu, nous avons médite dans son premier acte, le mystère de l'Incarnation ; en invoquant Marie, mère de Jésus-Christ, nous allons méditer le même mystère dans la paissance du Sauveur. C'est à Bethléem que s'accomplit cet événement à jamais mémorable et qui va changer les destinées du genre humain ; transportons-nous-y par la pensée. Aucun spectacle n'est plus digne de fixer l'attention du chrétien, n'est plus propre à exciter notre amour envers Jésus-Christ et notre dévotion envers la sainte Vierge sa mère.

En ce temps-là, dit l'Evangile, on publia un édit de César Auguste pour faire le dénombrement des habitants de toute la terre. Auguste était alors empereur romain et commandait au monde entier. En vertu de cet édit, Joseph et Marie son épouse qui était enceinte, durent se transporter à Bethléem, pour s'y faire enregistrer. Or, pendant qu'ils étaient là, il arriva que le temps auquel la sainte Vierge devait accoucher, s'accomplit. Toute la ville était pleine d'étrangers. Ce fut en vain qu'ils cherchèrent un logement, personne ne voulut les recevoir; leur pauvreté les fit repousser de toutes les hôtelleries. Nulle pitié pour une femme jeune, frêle et sur le point d'accoucher. Dans leur détresse, ils cherchèrent quelque réduit abandonné, et ne rencontrèrent qu'une pauvre étable, ouverte à tous les vents, située au milieu des champs. C'est là qu'à minuit, lorsque tout est en silence dans la ville ingrate et dans la nature entière, le Fils de Dieu fait chair, quitta le sein de sa mère pour descendre dans l'humble crèche adossée au mur de l'étable. Comme Marie lavait conçu miraculeusement et sans perdre sa virginité, elle l'enfanta sans douleur et sans cesser d'être vierge.

 Pourquoi Jésus-Christ en naissant préfère t il une étable à un palais ? Pourquoi veut-il que Marie sa mère partage sa pauvreté et son dénuement ? C'est pour relever le courage des pauvres et les consoler dans leurs privations. Si les biens de la terre devaient faire notre suprême bonheur, s'ils méritaient d'exciter toutes nos convoitises, Jésus-Christ en aurait doté sa mère, la créature qu'il a le plus chérie. Il les méprise pour nous apprendre à les mépriser, et pour être en droit de nous dire avec plus d'autorité : « Bienheureux les pauvres ! » Vous tous qui vivez des sueurs de la journée, qui êtes condamnés aux privations sur la terre, en voyant que Jésus et Marie n'ont pas été mieux partagés que vous, oseriez-vous encore vous plaindre de votre condition ?

De plus Jésus a voulu naître non dans une ville, mais dans la campagne. Les premiers appelés à le visiter et à l'adorer clans la crèche où il repose, sont d'humbles et simples bergers, pauvres comme lui. Vous qui cultivez la terre et vivez dans les champs, voyez comme Jésus relève et honore votre condition ! Les rois viendront plus tard à l'étable de Bethléem, parce que personne n'est exclu du bienfait de la rédemption, mais la préférence est accordée aux habitants de la campagne. Quelquefois peut-être, en voyant l'éclat qui brille dans les villes, une certaine aisance plus apparente que réelle, avez-vous été tentés de quitter le toit qui vous a vus naître ? Croyez-moi, ne désertez pas la maison de votre père et le champ qu'il a arrosé de ses sueurs. Ce champ n'est pas épuisé, il fournira à vos besoins et à ceux de votre famille, si vous savez le féconder par votre travail et vos prières. Dans les champs, vous êtes plus rapprochés de Dieu ; tout vous parle de sa puissance, de sa providence et de sa libéralité ; tout vous dit de l'aimer et de le servir.

 

Exemple

Abjuration du Protestantisme

 

Un modeste ouvrier papetier, qui depuis plus de trente ans s'était concilié la confiance de ses maîtres et la bienveillance des nombreux ouvriers de la fabrique.de M M. Montgolfier, sollicité de rentrer dans le sein de la vraie Église, restait dans l'erreur par la crainte de ses parents ; mais touché de l'exemple de ses maîtres, il se sentait toujours attiré à cette religion qui fait pratiquer tant de bonnes œuvres. Enfin, la grâce triompha de son esprit et de son cœur. Il se rendit auprès d'une de ses respectables maîtresses, Mme St Etienne Monlgolfier, et lui dit : « Me voici franchement décidé à devenir catholique ». Cette dame aussi instruite que pieuse et prudente, après lui avoir témoigné la joie qu'elle en éprouvait, lui rappela quelques-uns des principaux articles de notre croyance que les disciples de Luther rejettent ; elle lui dit enfin que les catholiques honorent la très sainte Vierge, mère de Jésus-Christ, qu'ils la prient, qu'ils réclament sa protection auprès de Dieu. « Ah ! oui, madame, répondit-il avec un accent de conviction difficile à rendre, nous ne croyons pas à la sainte Vierge ; mais moi j'y croyais depuis plus d'un an. J'avais toujours entendu dire que Marie était le refuge des malheureux, la consolatrice des affligés ; je me mis à la prier souvent, et avec toute l'ardeur dont j'étais capable, pour qu'elle m'obtint la guérison de mes yeux, qui depuis longtemps me faisaient beaucoup souffrir, et que rien n'avait pu soulager ; je fus bientôt entièrement guéri, et depuis lors je l'invoque toujours, et je crois que c'est elle qui veut que je sois catholique ». Il a été solennellement présenté aux fonts sacrés du baptême, le 26 octobre 1843.

Pratique : Supportez aujourd'hui volontiers vos peines et vos privations, en les unissant aux peines et aux privations de Jésus et de Marie, dans l'étable de Bethléem.

 

109708549_o

Prière

 

Divine Mère de Jésus-Christ, me voici à genoux devant vous, comme les bergers devant la crèche de Bethléem. Montrez-moi votre divin Fils, c'est dans vos bras que je veux l'adorer. Que votre main prenne la sienne pour me bénir ! Bénissez-moi l'un et l'autre, et je me retirerai joyeux et consolé dans le lieu de mon repos. Votre bénédiction, ô Mère de Jésus Christ, c'est le pardon de nos péchés, c'est la force dans les épreuves, c'est la douce paix au fond de lame, c'est l'union au sein de la famille, c'est le paisible sommeil à la fin de la journée, c'est l'espérance du ciel après les travaux de la vie et le bonheur dans l'éternité. Ainsi soit-il.

 

019_001

 

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à le newsletter d'Images Saintes

17 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

281_001

Dix-huitième jour

Vase spirituel, priez pour nous.

Vase d'honneur, priez pour nous.

Vase insigne de dévotion, priez pour nous.

 

Que veut exprimer l'Eglise, lorsqu'elle invoque la Sainte Vierge sous le nom trois fois répété de Vase spirituel, Vase honorable, Vase insigne de dévotion ? Elle veut nous faire comprendre combien a été pur, combien salut, combien digne de tous nos respects, le corps de la Sainte Vierge, devenu par l'Incarnation du Verbe le Vase insigne où a été renfermé pendant neuf mois, le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ Nous honorons, et à juste titre, les vases précieux, les calices et les ciboires où l'Eglise renferme la sainte et adorable Eucharistie. Il est défendu aux fidèles de les toucher, cet honneur étant réservé aux seuls ministres des autels dont les mains sont consacrées par l'ordination. Mais y a-t-il aucune proportion entre cet argent ou cet or, relevé par les ornements les plus magnifiques, et le corps auguste et à jamais vénérable qui a fourni à notre divin Sauveur le sang de notre rédemption. Méditons en particulier chacun de ces titres.

Marie a été un Vase spirituel. Entre l'esprit et la chair il y a une distance plus grande que celle du Ciel à la terre, notre corps est fait avec de la boue, et notre âme créée par le souffle de Dieu ressemble à Dieu lui-même. Marie, conçue sans péché, a été favorisée de tant de grâces et elle y a correspondu avec tant de fidélité, qu'elle a donné à sa chair, exempte de la concupiscence, une pureté qui égale en quelque sorte celle de l'esprit. C'est à elle que s'applique plus particulièrement cette parole de l'Esprit Saint : « Dieu lui a donné un corps qui ne diffère presque en rien de la nature des anges ». Apprenons avec quel soin nous devons purifier non seulement notre âme, mais notre corps, des appétits sensuels et des entraînements de la concupiscence, toutes les fois que nous devons servir de vase vivant à Jésus-Christ dans la sainte communion.

Vase honorable. Jamais corps plus digne d'être honoré, après celui de Jésus-Christ, que le corps de Marie ! L'ange s'inclina de respect en sa présence. Sa vue, loin d'éveiller a concupiscence, purifiait les regards et les cœurs de ceux qui avaient le bonheur de l'approcher et de converser avec elle. Ô vierges chrétiennes ! Si vous pouviez comprendre combien la modestie vous relève non seulement aux yeux de Dieu et des anges, mais même aux regards des hommes ! Vénérez le corps virginal et très pur de Marie, dans ses statues et ses images que vous saluerez toujours avec respect, dont vous ne devez jamais faire l'objet d'un amusement familier.

Mais surtout, Vase insigne de dévotion. La dévotion est la manifestation extérieure des sentiments de foi, d'amour et de piété envers Dieu, dont notre âme est pénétrée. Qui pourrait redire l'exactitude de la Sainte Vierge à remplir toutes les pratiques et tous les devoirs de la religion ! Qui pourrait dépeindre son recueillement dans la prière, son application constante à la présence de Dieu ! Quel sanctuaire que celui de la pauvre maison de Nazareth ! Comme les anges accouaient du ciel, pour admirer le spectacle de cette prière en famille et répétée plusieurs fois le jour.

Admirons et imitons, mais prenons garde ; les pratiques extérieures, comme a visite au Saint-Sacrement, la récitation du chapelet, l'exercice du chemin de la croix, ne sont pas toute la dévotion. Ce n'en serait même que l'écorce, si vous ne joigniez à ces pratiques, l'humilité, la douceur, la patience et toutes les autres vertus qui doivent les vivifier. Ne vous croyez donc pas véritablement dévot, parce que vous communiez à telle fête, parce que vous appartenez à telle confrérie ; si d'ailleurs vous ne remplissez les devoirs essentiels de la religion ; et, si vous ne travaillez à vous corriger de certains défauts, tels que la curiosité, la médisance et la paresse qui prêtent aux libertins le prétexte de tourner la dévotion en ridicule. L'arbre qui ne porte pas de bons fruits, est il un bon arbre ?

 

Exemple

Guérison et Conversion

 

Un homme riche et haut placé vivait dans une profonde indifférence ; quoique environné d'une famille pieuse, il se refusait à toutes les pratiques de la religion, et avouait même n'avoir pas la foi. Retiré dans une maison de campagne en 1855, dans le département de l'Orne, il fut atteint de douleurs si violentes et si continues, qu'on le crut sur le point de mourir. Dans ses grandes souffrances, il ne voulait entendre parler ni de prêtre ni de médecin. Sa pieuse compagne désolée ne peut que recourir à Marie, consolatrice des affligés et refuge des pécheurs. Elle se hasarde à lui présenter une médaille de la sainte Vierge, il la rebute : le mal augmente, elle continue de prier et veut encore une fois lui donner sa médaille ; alors il la reçoit et aussitôt demande un prêtre. Pendant qu'on va le chercher, le malade prie avec ferveur et demande a Dieu la grâce de faire une bonne confession avant de mourir. Il se confesse avec les sentiments de la plus par faite conversion ; le danger n'ayant pas cessé, il reçoit les derniers sacrements, proteste que, si Dieu lui rend la santé, il réparera par une conduite plus chrétienne les scandales qu'il a donnés. Dès lors les douleurs se calment, et le médecin déclare bientôt qu'il est hors de danger. Voici un extrait de la lettre qu'il écrivit à sa soeur quelques jours après, le 10 décembre 1858. « Je puis t'annoncer ma guérison et ma conversion miraculeuses : qui mieux que moi peut en juger ? Aussi je ne veux plus songer qu'à gémir sur ma vie passée et à remercier la divine Providence. Oh ! Que d'actions de grâces j'ai à lui rendre !.... Ma première sortie a été consacrée à aller remercier Dieu à l'église de Champeaux. où j'ai eu le bonheur de communier avant hier, jour de la fête de l'Immaculée Conception, et j'ai été revêtu du scapulaire. Je suis aussi heureux qu'on puisse l'être sur la terre, et j'espère obtenir la persévérance. La grâce qui m'a changé me soutiendra contre le démon et le respect humain » (Cité par Mgr Devie, évêque de Belley).

Pratique : Dans votre dévotion, évitez la singularité. Qu'elle soit sincère, sans ostentation, et sans crainte du respect humain.

 

13116155_10153466220705863_199503440048533716_o

Prière

 

Que je serais heureux, ô Marie ! si mon cœur était comme le vôtre un vase de dévotion. Au lieu de prendre en dégoût les pratiques de la piété, de trouver trop longs et trop fréquents les exercices religieux ; j'en ferais mes délices, je savourerais l'harmonie des divins cantiques, j'éprouverais qu'un jour passé dans la maison de Dieu, vaut mieux que mille au milieu des fêtes du monde. Épanchez dans mon âme cette plénitude de piété qui déborde de la vôtre. Obtenez-moi le remède à mes tiédeurs, à mes lâchetés, à mon inconstance ; et faites revivre en mon âme le feu d'une sainte ferveur pour le service de Dieu et pour le vôtre. Ainsi soit-il.

 

290_001

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

4 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

704685_194054154301474_6766718682766255581_o

Cinquième jour

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

 

Après avoir invoqué la sainte Vierge simplement par son nom, celui de Marie, l'Eglise lui donne aussitôt son titre le plus glorieux, celui de mère de Dieu. Marie Mère de Dieu ! Quelle merveille ! Que de grandeur et de majesté renferme ce titre ; aucune créature n'en a jamais, reçu et n'en recevra jamais un pareil! Dieu, tout puissant qu'il est, ne pouvait faire Marie ni plus grande ni plus noble qu il l'a faite dans sa dignité de mère de Dieu.

Remontons à la cause de la maternité divine et méditons les circonstances qui ont accompagné l'accomplissement de ce grand mystère. En chassant Adam et Eve du paradis terrestre après leur désobéissance, Dieu, pour les consoler, leur promit un Rédempteur, et leur annonça qu'un jour naîtrait une femme dont le pied écraserait la tête du serpent qui les avait perdus. Ce Rédempteur promis, c'était son propre fils qui avait résolu de se faire homme, afin de satisfaire à la justice divine, en prenant sur lui, pour l'expier, le crime de nos premiers parents. Or, le monde attendait depuis quatre mille ans le Messie qui devait le sauver, et la femme qui, en lui donnant le jour, allait devenir la terreur du démon.

Enfin, au temps marqué par la divine miséricorde, un archange est envoyé du ciel pour choisir sur la terre celle qui devra devenir mère de Dieu on devenant la mère du Rédempteur. Où ira s'abattre le vol du céleste envoyé ? Sur les marches d'un trône ? Au seuil d'une riche maison ? Auprès d'une femme célèbre par le rang, et l'éclat de son génie ? Nullement. L'ambassadeur du Très-Haut vient frapper à la porte d'une pauvre maison du village de Nazareth ; il y trouve en prière seule avec Dieu, une jeune vierge, épouse d'un artisan appelé Joseph, à laquelle il adressa ces mots : « Je vous salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous vous êtes bénie entre tontes les « femmes ». Jamais une simple créature n'avait reçu un pareil salut et des éloges aussi pompeux. Aussi l'humble Marie se trouble comme un timide enfant. « Ne craignez pas, lui dit l'ange, vous avez trouvé grâce auprès de Dieu. Vous concevrez et enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et appelé le fils du Très-Haut ». Ces paroles dissipèrent le premier trouble de Marie, mais elles la jetèrent dans de nouvelles inquiétudes. « Comment voulez-vous, répondit-elle l'ange, que ce que vous m'annoncez s'accomplisse en moi, puisque je suis vierge et que j'ai résolu de l'être toujours ? « Rassurez-vous, lui dit encore l'envoyé céleste, car tout en devenant mère, vous ne perdrez point votre virginité. L'enfant que vous mettrez au monde, ne sera point un enfant ordinaire ; il sera conçu par l'opération miraculeuse du Saint-Esprit : c'est pourquoi on l'appellera le fils de Dieu ». Marie éclairée et rassurée s'incline et répond : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». Réponse admirable, où la foi éclate non moins que l'humilité !L'ange qui n'attendait que son consentement disparut aussitôt ; il remonta vers les cieux, sa mission était finie. Mais dans le même instant, ô prodige ineffable ! S'opérait en Marie la plus étonnante de toutes les merveilles, le plus grand de tous les mystères. Le Verbe éternel, le fils unique de Dieu venait de descendre dans son chaste sein, d'y prendre un corps et une âme semblables au nôtre sans cesser d'être Dieu, et Marie devenait véritablement mère sans cesser d'être vierge. C'est ainsi que s'accomplit pour notre salut le mystère adorable de l'Incarnation, et que la plus humble des vierges fut élevée à la sublime dignité de mère de Dieu.

Reconnaissons nous-mêmes la maternité divine de Marie, et comprenons que nos louanges seront toujours au dessous de sa dignité. Mais surtout apprenons à estimer et à aimer la modeste condition dans laquelle la Providence nous a fait naître. Le fils de Dieu n'a point choisi une reine pour être sa mère, mais une humble fille qui s'appelle la servante du Seigneur. Mieux vaut obéir que commander ; un serviteur, une servante qui aime son état et fait son devoir, est souvent plus près de Dieu et de son salut, qu'un puissant monarque assis sur son trône.

 

Exemple

Concile d'Ephèse

 

Nestorius, patriarche de Constantinople, entraîné par l'esprit d'orgueil, voulut ravir à la sainte Vierge le plus beau de ses titres, et osa prêcher publiquement que Marie ne devait pas être appelée Mère de Dieu. Tous les auditeurs frémirent en entendant un pareil blasphème. Bientôt cette nouvelle se répandit avec la célérité d'une calamité publique et arriva jusqu'aux extrémités du monde catholique. L'Afrique, avec le grand Cyrille d'Alexandrie, pousse un cri d'indignation ; l'Europe et l'Asie y répondent ; et trois cent évêques convoqués en concile, accourent à Ephèse pour venger l'outrage fait à Marie. Nestorius qui ne voulut jamais se rétracter, y fut condamné et toutes ses erreurs anathémalisées.

On ne saurait exprimer avec quel enthousiasme cette condamnation fut accueillie. Le jour où l'on devait se prononcer sur la maternité de Marie étant arrivé, tout le peuple se réunit en foule autour de l'église où les évêques étaient assemblés, et attendit depuis le matin jusqu'au soir la décision du concile. Enfin, la porte s'ouvre ; une voix s'écrie : « Anathème à Nestorius ! Marie est mère de Dieu ! » Et mille échos répondent ! « Anathème à Nestorius ! Vive Marie, Mère de Dieu ! » Jamais victoire n'excita un enthousiasme plus vif et des transports plus unanimes. Les pères du concile sont portés en triomphe, on brûle des parfums sur leur passage ; des feux et des flambeaux allumés attestent la joie universelle, et donnent à cette nuit mémorable, l'éclat du plus beau jour. Voilà Marie vengée ; que devient son blasphémateur ? Il va cacher sa honte au fond d'un désert, et par un châtiment terrible de la justice divine, il périt, la langue rongée par les vers.

 

Pratique : Soyez fidèle à la pieuse pratique de réciter l'Angélus trois fois le jour.

 

109708549_o

Prière

 

Ô Marie ! Que j'aime à vous contempler tenant Jésus dans vos bras. Il est votre fils et vous êtes sa mère. Rien ne saurait me donner une plus haute idée de votre puissance et m'inspirer une plus vive confiance en votre protection. Vous commandez au Tout puissant, et le Tout-puissant vous obéit je puis donc tout obtenir par vous, parce que celui qui peut tout est votre fils, et qu'il ne saurait rien refuser à sa mère. Ainsi soit-il.

 

neuvaine-cure-ars-110x6-qtKeNDPy

 

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à le newsletter d'Images Saintes

27 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

IMG_8933

 

Vingt-huitième jour

Vocations révélées par Marie

 

« Quand Marie a jeté ses racines dans une âme, Elle y produit des merveilles de grâce qu’Elle seule peut produire, parce qu’Elle est seule la Vierge féconde, qui n’a jamais eu sa semblable en pureté et en fécondité » (Saint Louis-Marie Grignion de Monfort).

 

I. « Il nous importe souverainement de rechercher quels sont les desseins de Dieu sur nous ; car si nous entrons dans le chemin qu'il nous destine, nous trouverons tous les jours sous notre main les grâces préparées d'avance pour nos besoins, et nous arriverons sans fatigue au terme de notre pèlerinage. Si, au contraire, nous prenons une voie différente de la voie où Dieu nous appelait, par une juste punition de notre désobéissance insouciante, nous serons semblables à une armée qui s'égare dans un désert, et qui périt peu a peu de fatigue et d'inanition. (De la Vocation religieuse, par le P. Ambroise Potion).

Mon Dieu ! Puisque par tant d'exemples vous m'éclairez aujourd'hui d'une si vive lumière, je veux, sans tarder davantage, examiner devant vous avec l'aide de ma Mère céleste, quel est l'état auquel vous m'appelez ; daignez mettre dans mon cœur les dispositions nécessaires pour une recherche si importante à votre gloire et à mon salut !

Le bienheureux Jourdain de Saxe excitait souvent son ami Henri de Cologne à suivre l'attrait qui l'appelait à la vie religieuse, et il rapporte ainsi son entrée dans l'Ordre de Saint-Dominique : « Je lui disais donc : « Quel plus grand mérite, quelle plus glorieuse couronne, que de nous rendre participants de la pauvreté du Christ et de ses apôtres, et d'abandonner le siècle par amour pour Lui ! » Mais bien que sa raison le fit tomber d'accord avec moi, sa volonté lui persuadait de me résister. La nuit même où nous venions de tenir ce discours, il alla entendre matines, dans l'église de la bienheureuse Vierge, et il y demeura jusqu'à l'aurore, priant la Mère du Seigneur de fléchir ce qu'il sentait de rebelle en lui ; et comme il ne s'apercevait pas que la dureté de son cœur fût amollie par sa prière, il commença à dire en lui-même :

« Maintenant, ô Vierge Bienheureuse, j'éprouve que vous n'avez point compassion de moi, et que je n'ai point ma place marquée dans le collège des pauvres du Christ ! » Il disait cela avec douleur, car il souhaitait la pauvreté, quoiqu'il n'eût pas le courage de l'embrasser de lui-même, et il allait se retirer de l'église de Notre-Dame ; triste de n'avoir point obtenu la force qu'il avait demandée. Mais à ce moment Celui qui regarde d'en haut les humbles, renversa les fondements de son cœur ; des ruisseaux de larmes arrivèrent à ses yeux; toute la dureté qui l'opprimait fut brisée, et le joug du Christ, auparavant si dur à son imagination, lui apparut ce qu'il est réellement, doux et léger. Il se leva dans le transport de sa joie, et courut auprès de Frère Reginald, entre les mains duquel il prononça ses vœux ». (Vie de saint Dominique).

Le jeune et illustre Tancrède, favori de l'empereur Frédéric II, s'adressait fréquemment à la sainte Vierge, la conjurant, par son intercession auprès de Dieu, de lui faire connaître l'état de vie dans lequel il serait le plus agréable au Seigneur, bien résolu de le prendre, quel qu'il pût être. Il y avait quelque temps qu'il persévérait dans sa demande, lorsqu'un soir la Mère de Dieu lui apparut, et lui dit : « Tancrède, vous demandez que je vous montre un état qui soit propre à assurer votre salut : allez donc, et entrez dans mon Ordre ». Puis Elle disparut. Tancréde, fort embarrassé, car il ne savait de quel Ordre la sainte Vierge avait voulu lui parler, s'endort l'esprit rempli de ce qu'il avait entendu. Pendant son sommeil, deux Frères Prêcheurs, dont l'Ordre lui était entièrement inconnu, se présentent à lui, et le plus âgé, lui dit : « Vous avez demandé à Dieu, par l'intercession de la sainte Vierge, de vous enseigner une voie sûre pour votre salut ; levez-vous promptement ; il faut que vous passiez le reste de vos jours avec nous ».

Le lendemain matin, en allant à la messe, Tancrède rencontra le prieur des Dominicains de Bologne, et après l'avoir considéré attentivement, il reconnut avec surprise que c'était bien le religieux qu'il avait vu en songe. Il l'aborde. et lui exposa tout ce qui lui était arrivé. Puis ne doutant plus alors de la volonté de Dieu, il renonça sans regret à tous les avantages que lui offrait le monde, pour se consacrer au Seigneur dans l'Ordre de Saint Dominique, où il vécut et mourut saintement.

Un enfant de bonne famille ressuscité par l'intercession de Saint Dominique, et qui, pendant que son âme était séparée de son corps avait en connaissance de la béatitude des saints et en particulier de la gloire de notre bienheureux Père, résolut, lorsqu'il fut devenu grand, de renoncer au monde pour mener une vie mortifiée et d'entrer dans l'Ordre de Saint Dominique, pour mériter d'avoir part un jour au même bonheur que lui. Il cacha longtemps cette grâce, et ne l'aurait peut-être jamais fait connaître, si la charité ne l'y eût obligé dans l'occasion suivante : Il y avait à Paris dans le même couvent que lui un novice fortement tenté de retourner dans le monde ; il lui parla en secret, et lui dit : « Si vous saviez, mon frère, la grâce que Dieu vous a faite en vous appelant à l'Ordre de Saint-Dominique, non-seulement vous ne chercheriez pas à le quitter ; mais vous en chercheriez plutôt un autre encore plus austère. Je vous découvrirai, pour vous en convaincre, ce que je n'ai encore déclaré à qui que ce soit. J'étais enfant, lorsqu'il plut a Dieu de me retirer de ce monde ; mais pendant le temps que je fus, à ce qu'il me semblait, dans le ciel, je vis de si belles choses, surtout sur la gloire admirable de Saint Dominique que Notre-Seigneur avait fait arbitre de ma résurrection, qu'il n'y a pas de peine au monde que je ne sois prêt à souffrir pour y arriver; c'est pourquoi, je vous en conjure, ayez bon courage, le travail est court, et la gloire éternelle ; mais pour en obtenir la couronne, il faut nécessairement l'obtenir par la victoire dans le combat ». Cet aveu dissipa la tentation du novice, et il persévéra avec ferveur dans l'Ordre toute sa vie. Ce religieux qui l'avait soutenu dans la pratique de la mortification, y excellait lui-même ; il était surtout admirablement silencieux, il ne parlait jamais qu'il n'y fût obligé ou même forcé; mais alors il disait tant de choses admirables sur le paradis, la gloire des saints, celle de la sainte Vierge et la nature des Anges, qu'il embrasait les cœurs de tous ceux qui l'écoutaient, du désir du ciel, et les disposait à souffrir toutes les pénitences possibles, en vue de l'immense récompense qui doit les suivre.

Plusieurs docteurs habiles, parmi lesquels était le confesseur de Sainte Rose de Lima, considérant son aversion pour le monde, son dégoût pour le mariage, son attrait pour la solitude, l'oraison et les macérations, jugèrent qu'elle devait entrer dans un couvent cloîtré, et ménagèrent son entrée dans celui des Augustines. Il ne s'agissait pour Rose que d'échapper à sa famille. Le dimanche suivant fut choisi pour le jour de sa fuite ; elle partit en effet, ce jour-là, accompagnée de son frère, confident de son projet, et à l'insu de ses parents.

En passant près de l'église de Saint Dominique, où était la chapelle du Saint-Rosaire, elle voulut y entrer pour se recommander à la glorieuse Vierge, et lui demander sa bénédiction. Mais à peine eut-elle fléchi les genoux au pied de son autel, qu'elle se sentit comme clouée à terre.

Son frère la pria de partir, lui disant qu'elle prierait tant qu'elle voudrait dans le monastère. Rose, ne voulant pas découvrir à son frère l'empêchement qui la retenait, fit tous ses efforts pour se lever et le suivre, mais inutilement. Celui-ci, revenant pour la troisième fois de la porte de l'église, montra quelque impatience, et lui dit qu'elle courait le risque de retomber entre les mains de ses parente. Contrainte alors d'avouer son impuissance, elle pria son frère de la soulever, ce qu'il entreprit de faire, mais sans aucun succès ; on eut dit un rocher enraciné dans le sol, ou une masse de plomb trop pesante pour être mue par un homme. La sainte comprit ce que ce miracle signifiait : « Ou Dieu n'approuve pas, se dit-elle, que je quitte mes parents, ou bien la retraite que j'ai choisie n'est pas celle qu'il me destinait ». Alors, s'adressant à la Reine des Anges, elle lui dit :

« Je vous promets, auguste Marie, de retourner sur-le-champ auprès de ma mère et de rester près d'elle jusqu'à ce que vous me donniez l'ordre d'en sortir ». À peine eut-elle achevé ces paroles, qu'elle put se lever sans aucune difficulté et retourner chez elle. Les tentatives qu'elle fit pour entrer dans le Carmel furent également sans succès. Marie qui réservait cette Rose de vertus pour l'Ordre de son serviteur Dominique, lui fit comprendre par des signes non équivoques qu'elle devait entrer dans le Tiers Ordre de Saint Dominique.

Un jour que la Bienheureuse Agnès de Jésus demandait avec larmes de sortir promptement de ce monde pour aller se réunir à l'Époux céleste, Notre Seigneur lui dit : « Tu m'es nécessaire pour la sanctification d'une âme qui doit servir à ma gloire ». Peu de temps après, la très Sainte Vierge lui apparut, et lui fit entendre ces paroles : « Prie mon Fils pour l'abbé Olier », Agnès ne connaissait point cet abbé ; mais la recommandation de Marie lui inspira pour cette âme une charité incroyable ; elle consacra trois ans de prières, d'austérités et de larmes à lui mériter la grâce abondante du salut et de la sanctification. Elle joignit à ses pénitences excessives les soupirs ardents de son cœur, et d'abondantes larmes.

Après ces trois années, Dieu fit connaître d'une manière prodigieuse à Agnès l'homme qui était pour elle l'objet d'une si vive sollicitude. L'abbé Olier, fervent serviteur de Marie, s'adonnait alors aux exercices d'une sérieuse retraite dans la maison de Saint Vincent de Paul. Il était dans sa chambre en oraison, lorsque, tout à coup, il voit paraître devant lui une personne revêtue de l'habit de Saint Dominique. C'était Agnès, miraculeusement transportée de Langeac à Paris. Une gravité sainte, une douce majesté embellissaient sa pâle figure ; des pleurs coulaient de ses yeux. D'une main elle tenait un crucifix, et de l'autre un Rosaire. Son Ange gardien, d'une beauté resplendissante, portait l'extrémité de sa chape noire ; il tenait de l'autre côté un mouchoir pour recevoir les larmes dont la figure de la vénérable Mère était baignée ; elle ne lui dit que ces paroles : « Je pleure pour toi », et elle disparut.

Ce langage alla au cœur de l'abbé Olier et le remplit d'une douce tristesse. Dès lors il entrevit les grands desseins que Dieu avait formés sur lui et toute la miséricorde de Marie à son égard. Il regarda, après Elle, la Bienheureuse mère Agnès comme sa mère spirituelle, et lui attribua toutes les grâces particulières qui firent de lui l'ornement et la gloire du clergé de France, l'un des plus saints prêtres de l'Église, et l'homme vraiment apostolique suscité pour réformer le clergé, et par lui, le peuple chrétien.

 

II. Ô Marie, vous que l'Église appelle la Porte du ciel et l'Étoile de la mer, brillez à nos yeux, dissipez les nuages épais qui nous environnent, et laissez luire à nos regards une de ces vives lumières qui indiquent la voie à suivre. Mais par-dessus tout, armez-nous de courage pour correspondre à. la voix intérieure et à la vérité connue, car il y en a plusieurs qui ne voient point et qui n'entendent point, parce qu'ils ne veulent point entendre, et parce qu'ils ne veulent point voir. Dieu frappe à la porte de notre cœur; mais si nous refusons de l'ouvrir, il ne s'est point engagé à nous attendre et à frapper plusieurs fois. C'est pourquoi comme Henri de Cologne, Tancrède et tant d'autres, armons-nous de courage, et si nous entendons sa voix n'endurcissons point nos cœurs, (Ps. 44.).

Parlez, Seigneur, votre servante vous écoute. Que voulez-vous que je fasse, ô Marie ? C'est vers vous que j'élève mes regards ; dirigez, Mère de lumière, dirigez mon cœur vers votre divin Fils, afin que j'entre dans la voie où je dois le servir, et que j'obtienne ainsi la fin pour laquelle j'ai été créée, le bonheur de le voir et de le posséder avec vous pendant l'éternité. Amen.

 

123211265_o

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

17 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

563_001

 

Dix-huitième jour

L’Office de la très Sainte Vierge

 

« La prière de l'Église est essentiellement symbolique. D'abord elle cherche li reproduire les adorations de la cour céleste, et puis elle est comme une peinture expressive de l'âme chrétienne ou plutôt elle nous en fait entendre le véritable cri ; ce cri, c'est celui de l'homme soupirant après le ciel, après les biens de l'amour divin, de la paix, et qui sont comme l'avant-goût et l'image de l'éternelle félicité. retrouvant toujours Notre Seigneur au milieu de toutes les impressions religieuses, les lui offrant, et s'appuyant sur lui. Voilà la double inspiration, la pensée de l’0flice divin ». (Année dominicaine, novembre 1862).

 

I. Il est hors de doute que ce sont les Apôtres qui ont les premiers appliqué à la très Sainte Vierge les admirables passages de l'Ecriture sainte qui se rapportent au Verbe incarné, et chanté ou récité les psaumes de David et les Cantiques sacrés en l'honneur de Marie. Les successeurs des Apôtres continuèrent ces prières et y ajoutèrent eux-mêmes sous l'inspiration de l'Esprit-Saint.

Par la suite, l'Église qui recueillait les anciennes prières liturgiques pour en composer l'office divin connu sous le nom de Bréviaire, recueillit également les prières usitées en l'honneur de Marie, et forma ce que nous appelons l'Office de la Vierge, office qui, pour la substance, remonte aux temps apostoliques, mais dont la forme actuelle est bien moins ancienne. Saint Pie V, pour exciter la ferveur des fidèles pour l'Office de la Vierge, accorda de grandes indulgences à ceux qui le réciteraient.

Où pourrions-nous trouver de plus belles prières que celles qui composent cet office ? C'est la Salutation Angélique par laquelle nous commençons et nous terminons chacune des heures de l'office ; et lorsque cette salutation sort de nos lèvres, Marie tressaille de bonheur et les démons s'enfuient épouvantés.

C'est cet élan d'amour envers la sainte Trinité, ce Gloria Patri sorti du cœur embrasé de Saint Jérôme, et que nous ne nous lassons pas de répéter ; ce sont ces belles et tendres hymnes en l'honneur de l'auguste Vierge : Ave Maris Stella... Ô Gloriosa Domina, etc., etc., les riches versets et capitules tirés de l'Ecclésiaste, des cantiques, et appliqués à Marie ; les belles antiennes qui se succèdent selon les différentes époques de l'année, comme les fleurs de nos prairies selon les différentes saisons ; les ferventes prières que nous adressons à nos saints bien-aimés, pour obtenir par leur intercession la grâce d'imiter les vertus qui les ont conduits à la gloire céleste, car les vertus sont les fleurs que doit produire notre dévotion envers Marie.

Que dirai-je de ces cantiques sacrés, de ces psaumes qui composent encore notre office ? Ce sont des chants inimitables, des poésies immortelles où le Prophète-Roi a créé pour le cœur, l'esprit, l'imagination, comme un océan de beautés sans égales, de pensées sublimes, de sentiments divins. Que dirai-je encore ? Tous les siècles, tous les pays chantent avec nous quand nous chantons les psaumes de David. Pendant que je les récite, ces immortels cantiques se répètent par les voix dominicaines, à Rome, à Paris, à Londres, à Mossoul, au Tonkin sous le glaive du bourreau, en Chine, en Californie, au Chili, etc. Le temple de Salomon, les plaines brûlantes de Babylone et de Memphis, les rives désertes du Jourdain et de l'Euphrate, les grottes de la Thébaïde, les catacombes de Home et de Lyon, les basiliques de Nicée et d'Antioche les ont entendus ! Par combien de bouches plus pures et plus ferventes que la mienne n'ont-ils point passé ! Tobie, pendant son exil, Esther à la cour d'Assuérus, les enfants dans la fournaise, Daniel dans la fosse aux lions, Judas Macchabée à la tête des guerriers d'Israël, les ont répétés ; Antoine et Paul les soupiraient au désert, Chrysostome à Antioche, Augustin à Hippone, Bernard à Clairvaux, Dominique partout où le menait l'esprit de Dieu, Hyacinthe dans les steppes glacées de la Tartarie et au Tibet, Louis IX à Paris, Vincent Ferrier dans ses courses apostoliques, Catherine à Sienne, Rose à Lima, Las Casas à Mexico, etc, et après tant de siècles, après avoir exprimé tant de sentiments divers, ces cantiques sont aussi nouveaux qu'aux jours où, pour la première fois, David les fit retentir sur sa lyre harmonieuse. Et cela ne dirait rien à nos cœurs! cela n'agrandirait pas nos idées, et ne nous ferait pas comprendre toute la beauté, toute la grandeur de ce nom incommunicable de ma Mère l'Église Catholique !

La récitation de l'Office de la Sainte Vierge nous fait accomplir en outre ce précepte de la prière si fort recommandé par le Sauveur ; elle nous fait honorer chaque jour les mystères accomplis en Marie : sa Conception immaculée, sa vie, sa mort dans le temps, sa glorieuse Assomption, son Couronnement dans le ciel, et elle nous fait mériter d'avoir part aux grâces de ces différents mystères et d'obtenir une plus maternelle et plus constante protection de Marie qui daigna plusieurs fois témoigner combien la récitation de son office lui est agréable.

Tauler invite ses frères à réciter les heures de la sainte Vierge avec dévotion, leur promettant que cette divine Reine, par son intercession, leur obtiendra les plus grandes grâces.

Saint Louis, malgré les soucis et les occupations que donne le gouvernement d'un grand royaume, assistait chaque jour à l'Office de la Vierge, ou le récitait dans son particulier. Saint Vincent Ferrier le récitait dès son enfance, et continua jusqu'à sa mort. Ce fut aussi la pratique de plusieurs de nos saintes et bienheureuses.

La Bienheureuse Jeanne, infante de Portugal, dès l'âge de neuf ans, disait tous les jours l'Office de la Vierge, qu'elle se fit traduire en portugais, pour le dire avec plus d'attention et de dévotion. La Bienheureuse Marguerite de Hongrie, dès l'âge de cinq ans, savait par cœur l'Office de la sainte Vierge, et le récitait avec une grande ferveur.

La très Sainte Vierge daigna un jour chanter Complies avec la Vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti, et par la douceur et l'harmonie de sa voix, exciter la ferveur et la dévotion de sa servante. Cette sainte religieuse exhortait souvent ses novices à une grande attention, ferveur et modestie pendant les offices divins, et particulièrement celui de la Vierge, voulant que, comme de véritables filles, elles la servissent et l'honorassent comme leur Mère. Un jour qu'elles récitaient son office avec quelque précipitation, elle les arrêta tout court par ces paroles : « Je crois, mes filles, que vous n'avez pas la crainte du Seigneur ». La connaissance qu'elle avait eue du châtiment que Dieu exerce sur ceux qui négligent de se bien acquitter des offices divins, la portait à une grande vigilance sur ce point. Une nuit, elle entendit clairement et distinctement commencer au chœur les psaumes de la pénitence. Plusieurs religieuses les entendirent aussi, et l'une d'elles ayant eu la curiosité et le courage de traverser le chœur fut bien surprise de n'y voir personne, quoique la récitation des psaumes continuât ; alors elle fut saisie d'une telle frayeur, qu'elle tomba comme morte ; les médecins déclarèrent que sa guérison était un miracle qui rendait plus croyable ce qu'elle disait, que ces religieuses faisaient leur purgatoire au lieu même où elles avaient commis leurs fautes. En 1679 on avait vu la même chose dans le couvent de Sainte Croix, à Grenade, où un religieux souffrait dans le Chœur les peines de son purgatoire.

Le Père Vincent Valverd, premier évêque de Cuseo, au Pérou, et martyr, avait une grande dévotion pour Marie. Après lui avoir consacré sa cathédrale, il ordonna en outre que tous les ecclésiastiques de son diocèse récitassent son office les jours de fête.

 

II. Ô Marie, je veux désormais réciter votre saint Office avec toute la ferveur dont je serai capable ; au Venite, je vous saluerai très profondément avec tous les anges et tous les saints. À l'Hymne, je désirerai que vous soyez aimée de tous les cœurs.

Au premier psaume, je me réjouirai de ce ce que le Père Éternel vous a choisie pour sa fille, et je vous supplierai de m'adopter pour votre enfant. Au deuxième psaume, je me réjouirai de ce que le fils de Dieu vous a choisie pour sa Mère, et je vous conjurerai, par cette grâce inestimable, de daigner me regarder comme votre pauvre enfant. Au troisième psaume, je me réjouirai de ce que le Saint Esprit vous a envisagée de toute éternité, pour faire de vous sa digne Épouse, et je vous prierai instamment de m'agréer pour votre humble servante. Aux trois leçons je produirai des actes de foi, d'espérance et de charité, en l'honneur et en union de l'exercice que vous avez fait de ces trois vertus pendant votre vie sur la terre. Enfin, Vierge très pure, je passerai le reste du divin office en m'unissant aux hommages qu'on vous rend dans la cour céleste, en me réjouissant de votre gloire et de votre félicité incomparables, en vous suppliant d'avoir soin de mon âme pour la conduire au terme de Dieu, à l'heure de ma mort. Amen. (Extrait des œuvres de la vénérable mère Françoise des Séraphins).

 

282_001

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

14 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

ncvu4eu9oe8l14hl4ogdkjpgn14hl4ogdkjpi

 

Quinzième jour

Le Rosaire perpétuel

 

« Par le culte de Marie et le Rosaire perpétuel, nous pouvons faire un bien immense dans le monde... Tous les jours, nous apprenons quelques faits miraculeux obtenus par les prières de cette sainte Association. Vive Marie ! » Père Marie-Augustin, Lettre du 22 juin 1860).

 

I. Le Rosaire perpétuel est une association au moyen de laquelle le saint Rosaire se récite jour et nuit sans interruption pour rendre à Marie un perpétuel hommage, et obtenir d'elle un perpétuel secours. Cette association forme ici-bas la garde royale de la Reine des Anges, et les membres s'étant distribué toutes les ‘heures du jour et de la nuit pour la récitation du Saint Rosaire s'honorent du titre glorieux de Chevaliers de Marie (Père Marie-Augustin, Rose Mystique effeuillée).

La première pensée de cette association fut inspirée à un religieux dominicain, il y a plusieurs siècles. Frappé des grandeurs de Marie et de sa toute-puissance auprès de Dieu, ce saint religieux cherchait un moyen de reconnaître ces grandeurs et de mettre à profit cette toute puissante médiation pour obtenir à l'Eglise et au monde des grâces abondantes. Le Saint Rosaire était admirablement propre à remplir cette double fin,car il est tout a la fois une prière et un hymne de louange à Marie. Ce fut donc à cette dévotion plusieurs fois séculaire que recourut ce digne enfant de saint Dominique ; pour accomplir son pieux dessein, il imagina d'organiser le service régulier dont nous parlons, par lequel le Saint Rosaire se réciterait le jour et la nuit sans interruption, par des associés qui, se relevant d'heure en heure, veilleraient comme de fidèles sentinelles pour rendre à Marie un perpétuel hommage et implorer un perpétuel secours.

Cette pieuse pensée fut bénie du ciel ; tous les vrais serviteurs de Marie l'accueillirent avec amour ; sa propagation par le monde fut rapide ; elle devint populaire en peu de temps; les Souverains Pontifes, les cardinaux, les évêques l'embrassèrent eux-mêmes, ainsi qu'un nombre immense de communautés religieuses. Et cependant cette dévotion, comme tant d'autres, avait été emportée par la tourmente révolutionnaire. Les enfants de Saint Dominique, qui lui avaient donné naissance, ont eu la pensée de la faire refleurir et voici à quelle occasion.

Depuis deux ans, les religieux dominicains avaient pris possession de leur couvent de Lyon ; depuis deux ans, le saint Rosaire se récitait régulièrement tous les jours en public dans leur église avec de grands fruits pour les âmes, lorsqu'il leur vint en pensée défaire quelque chose de plus à la gloire de Marie qui les avait protégés d'une manière frappante dans des circonstances difficiles. Marie était attaquée dans leur voisinage, et nous pouvons dire dans le monde entier, avec une recrudescence de rage par les hérétiques et les impies ; ils résolurent donc de rétablir d'une manière régulière et complète l'ancienne dévotion du Rosaire perpétuel pour former autour de la Sainte Mère de Dieu comme une garde royale qui prendrait la défense de son honneur, et la vengerait de ses ennemis. Cette pensée, longuement méditée dans le calme et le silence de la prière fut mise à exécution, et dés le commencement couronnée d'un plein succès. Quelques mots avaient été à peine prononcés en chaire sur le projet de cette œuvre, que les âmes se présentaient en foule, demandant à faire partie de cette sainte association ; deux mois après, l'œuvre était complètement organisée : toutes les heures du jour et de la nuit étaient prises par un grand nombre de personnes de tout âge, de tout sexe, et de toute condition ; des magistrats, des officiers même avaient donné leur nom, heureux de pouvoir faire ici-bas partie de la garde d'honneur de Marie.

Depuis l'inauguration solennelle qui eut lieu à Lyon au couvent des Dominicains, le soir du premier dimanche de juillet 1858, cette œuvre du Rosaire perpétuel est toujours allée en grandissant et en se développant. Lorsque une œuvre chrétienne devient populaire, et que, dès le principe, elle prend un cachet d'universalité, on peut dire que cette œuvre est voulue de Dieu, et qu'elle répond à un besoin ; telle est l'œuvre du Rosaire perpétuel.

Une personne de haute intelligence, émerveillée de ce qu'on lui racontait sur le rétablissement du Rosaire perpétuel, et sur la rapidité de son extension, disait avec admiration : « Quels flots de grâces et de bénédictions doivent résulter de cet immense concert de voix qui chantent perpétuellement les louanges de Marie, de ce courant non interrompu de prières qui s'élèvent sans cesse de la terre vers le ciel ! Si un Ave Maria bien dit a une si grande force sur le cœur de Marie, que sera-ce de ces milliers et milliers de Rosaires qui se récitent, le jour et la nuit, sans interruption, par des âmes ferventes ! Espérons tout de cette œuvre pour notre patrie, car l'histoire est là pour raconter les influences que le saint Rosaire peut exercer sur les destinées des nations ».

Les influences du saint Rosaire se font sentir d'une manière peut-être plus frappante encore dans les âmes en particulier. Nous en avons vu qui ont été véritablement transformées depuis leur affiliation à cette sainte milice.

Ce sont là des grâces bien grandes, et ces grâces ne sont pas rares dans l'Association du Rosaire perpétuel. Dans l'ordre temporel comme dans l'ordre spirituel, nous pourrions citer une multitude de faits bien frappants de l'assistance de la Sainte Vierge (La Rose Mystique, IIe partie).

Saint Dominique offrait à Marie la couronne mystique du Rosaire entier au moins trois fois par jour. Le bienheureux Jean Massias, frère convers, avait aussi cette coutume, dès son enfance. Un Ange en enseigna la pratique à Sainte Catherine de Ricci. Le Bienheureux François de Possadas l'établit à Cordone si universellement, que tous les habitants récitaient le Rosaire entier dans les rues par chœurs alternatifs.

Le Bienheureux Père André de Saint Séverin, du couvent de Saint Dominique à Naples, se distingua par une dévotion singulière envers la très Sainte Vierge. Dès le temps de son noviciat, il s'assujettit, pour l'amour d'elle, à plusieurs pratiques qu'il n'abandonna jamais depuis. Tous les jours il faisait devant ses images plusieurs génuflexions, disant dévotement à chacune : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce... ». Tous les jours encore, quelles que fussent d'ailleurs ses occupations, il récitait son Rosaire. Aux veilles des fêtes, pour lui offrir l'image d'un cœur pur dans un corps mortifié, il jeûnait au pain et à l'eau, et se donnait de sanglantes disciplines. Sans cesse il prêchait la dévotion au Saint Rosaire, comme un des plus puissants moyens de sauver les âmes, et il est manifeste, par l'histoire de sa vie, qu'il convertit par là une multitude de pécheurs.

Ce fut à ce zèle pour le Saint Rosaire que les Napolitains durent pendant longtemps leur merveilleuse dévotion pour Notre Dame, ainsi que l'établissement chez eux de la touchante coutume suivante : Par les soins du Père André, les habitants de Naples élevèrent, dans toutes les rues fermées, des autels en l'honneur de la Sainte Vierge, et une personne pieuse fut chargée de les entretenir. Quand venaient les fêtes de Marie, le Père André se rendait à l'un de ces autels ; convoquait le peuple en plein air, lui faisait un petit discours sur l'Évangile, puis commençait le Rosaire ; et tandis que tous le poursuivaient, il s'en allait à un autre autel recommencer ; le même exercice, et successivement à tous les autres, jusqu'à ce que, de tous les quartiers de la ville, la Salutation angélique fût montée vers Marie comme un encens d'agréable odeur.

Peu à peu, le peuple s'affectionna si fort à cette dévotion qu'il en vint à la pratiquer tous les jours, et c‘était chose à faire pleurer de joie, que de voir les habitants de chaque rue s'assembler d'eux-mêmes aux pieds de leur Madone, pour faire résonner, avec une ferveur admirable, l'Ave Maria (Couronne de Marie, mars 1864). La sœur Benoîte du Laus, récitait chaque jour 15 Rosaires et 15 chapelets. Elle fut comblée en retour des grâces les plus abondantes par l'Auguste Reine du ciel.

En Espagne, une petite fille fut attirée à la dévotion du Rosaire par les promesses et les présents d'un enfant inconnu, qui était peut-être un Ange caché sous une forme humaine. Quoi qu'il en soit, elle se forma dès lors à l'habitude de réciter chaque jour le Rosaire en entier, et selon l'opportunité des circonstances elle y ajouta trois fois cinquante coups de discipline. Plus tard, on la maria, mais elle ne discontinua pas de réciter chaque jour son Rosaire. Dieu bénit son union, et lui donna plusieurs enfants. Elle les éleva dans la crainte du Seigneur, et les instruisit avec soin de tout ce qui concerne la dévotion du Rosaire. Un jour un prédicateur renommé vint prêcher dans son pays ; elle alla lui demander des conseils propres à accroître dans son cœur l'amour de Dieu. « Il est surtout une de mes pratiques, dit-elle, à laquelle je désirerais apporter plus de perfection ». « Et quelle est cette pratique ? demanda le prédicateur ; s'il y a quelque chose à ajouter, je vous le dirai ». « La voici, mon Père; je récite les trois parties du Rosaire journellement ; la première en l'honneur de la sainte Vierge, dont j'honore le cœur si plein d'amour pour Dieu, les yeux qui ont considéré Jésus avec tant de douceur, les oreilles qui ont entendu le salut de l'Ange et les paroles adorables du Fils, les lèvres qui se sont enivrées de baisers divins ; en priant de la sorte, je sens merveilleusement couler en mes membres quelque chose des membres de Marie. J'adresse la seconde partie du Rosaire à la douloureuse Passion de Notre-Seigneur. Jésus crucifié est alors l'objet de ma contemplation : j'honore ses cheveux, puis sa couronne d'épines ; et continuant de la sorte, en parcourant ses plaies douloureuses, je descends jusqu'à ses pieds sacrés. En ce moment, je sens une douceur, plus grande encore qu'au premier exercice, passer du cœur de Jésus-Christ dans le mien ; je me change en lui tout entière, il me le semble, et je suis inondée d'amour et de compassion. Je consacre la troisième partie en l’honneur des saints et je la récite devant une de leurs images, soit à l'église, soit à la maison. Je demande à Dieu de rendre ma vie conforme à la leur. Ici je suis absorbée par l'Esprit divin au point d'en perdre souvent l'usage des sens. À tout cela, mon Père, dit-elle en finissant j’ajoute divers jeûnes et des disciplines ».

Le prédicateur fut saisi d'admiration à la vue d'une si haute piété. « Ma chère fille, dit-il, j'ai vu et entendu de grandes choses, je vous l'assure ; mais votre manière de vivre dépasse tout ce que j'ai connu et pratiqué. Dès maintenant, je veux être votre disciple, votre ami, et prétends faire comme vous ». Aussitôt il plaça un Rosaire à sa ceinture, et le lendemain il commença à prêcher cette dévotion ; ce qu'il continua toute sa vie. Le peuple, entraîné par une autorité si grande, s'adonna avec ferveur au culte du Rosaire, et la piété s'en accrut considérablement. Quant à ce prédicateur, devenu évêque, ses vertus prirent une proportion héroïque. Il mérita d'être averti de l'heure de sa mort par la sainte Vierge, et lorsque ce moment fut arrivé, son âme, entourée d'une multitude d'Anges, fut conduite au trône de la gloire (Vie du Bienheureux Alain de la Roche, Ve partie).

 

II. Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Reine du Rosaire, me voici prosterné a vos pieds pour réparer par mes hommages les outrages que vous recevez, vous et votre Divin Fils, et implorer vos miséricordieuses bontés pour les prévaricateurs des lois divines.

Vous avez eu pitié du monde, ô Marie, quand saint Dominique a paru sur la terre : alors vous avez préservé l'univers d'une ruine imminente, en implorant votre divin Fils et en nous dotant de la céleste pratique du Rosaire. Vous avez en pitié de l'Église au temps de saint Pie V, et par cette même dévotion vous l'avez empêchée de tomber entre les mains sanguinaires des barbares. Ayez encore aujourd'hui pitié de nous ; sauvez de nouveau le genre humain, sauvez encore une fois l'Église par votre Rosaire.

Je n'ignore pas, Vierge bénie, le plaisir ineffable que donne à votre Cœur très pur la récitation du Rosaire, votre couronne de prédilection ; je m'engage à vous en présenter tous les jours le pieux tribut. Daignez, je vous en supplie, accepter ce témoignage de mon dévouement à votre service, et en retour daignez me protéger durant cette vie, m'assister à l'heure de la mort, recueillir mon âme au dernier jour, la présenter accompagnée de votre puissante intercession au Souverain Juge, et l'introduire dans la gloire. Amen. (Manuel du très Saint Rosaire, Père Pradel).

 

 

282_001

 

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque méditation du Mois de Marie dans votre boîte mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

25 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

assisi-basilica-di-s-francesco-cimabue-madonna-degli-angeli-e-s-francesco

Vingt-sixième jour

Reine des anges, priez pour nous

 

Dans notre dernière méditation, nous avons contemplé et laissé Marie au pied de la croix ; aujourd'hui cherchons-la et contemplons-la dans le séjour de la gloire. C'est l'Eglise qui nous y invite, en la saluant du titre radieux de Reine des anges. Le titre de reine exprime, sur la terre, tout ce qu'il y a de plus grand, de plus auguste et de plus respecte. En présence d'une reine, tous les fronts s'inclinent, toutes les bouches expriment leur admiration. Élevons-nous par la pensée jusque dans le ciel, et portons nos hommages à la Reine des anges.

Que rencontrent d'abord nos regards éblouis ? Les trônes des pontifes, ceux des martyrs, ceux des apôtres, ceux des patriarches et des prophètes. De quelle gloire éclatante ils sont couronnés ! Mais là vainement nous cherchons le trône de Marie, moulons plus haut. Voici le choeur des anges, des chérubins, des séraphins ; tous ces milliers d'esprits purs qui rayonnent comme d'inaltérables soleils ; est-ce là que la Vierge par excellence jouit de la béatitude éternelle ? Non, non ; plus haut encore. Au-dessus des anges et des archanges, près du trône adorable de l'Homme-Dieu ressuscité, un autre trône moins élevé que celui de Jésus, plus élevé que celui des autres habitants des cieux, éclipse tout ce qui l'entoure par l'éclat de sa magnificence et la splendeur de ses rayons. C'est là qu'est assise et que règne la Reine des anges, transportée de la terre au ciel par les anges eux-mêmes. Tous les regards des bienheureux sont tournés vers elle, et la contemplent dans un ravissement ineffable. De ce que Marie a été élevée à la dignité de mère de Dieu, tous les docteurs concluent qu'elle est reine des anges. « Comme celui qui est né de la Vierge, dit saint Athanase, est le Seigneur des anges, des hommes et de tout ce qui a été tiré du néant, ainsi la Vierge qui la mis au monde est-elle la souveraine des anges, des hommes et de toutes les créatures ».

Ah ! quelle distance entre le trône radieux qu'occupe aujourd'hui Marie, et l'humble condition dans laquelle elle a vécu sur la terre. L'oracle en était sorti de la bouche de la vérité même : « Celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé ». Marie donc qui, remplie des dons de Dieu, le chef d'oeuvre de sa main, ne semble avoir eu d'autre soin dans tout le cours de sa vie, que de s'humilier, de se faire oublier, de se mettre au dessous de toute créature, devait être placée au sommet des cieux, élevée au-dessus des anges, et offerte à leurs regards comme leur Reine.

Grande et consolante leçon pour nous. La voie de l'humilité dans ce monde est le chemin qui conduit au trône le plus élevé dans le ciel. Pour devenir un grand saint, pour mériter une riche couronne, il n'est donc pas nécessaire d'opérer des miracles, d'occuper une position distinguée, de faire du bruit dans le monde ; loin de là, la condition la plus humble, celle d'une ménagère dans l'intérieur de sa maison, celle d'un serviteur ou d'une servante de ferme, est une voie plus sûre pour arriver au salut. Ô vous qui vivez dans les champs, qui gardez un troupeau, qui arrosez la terre de vos sueurs, sachez donc apprécier Votre état. Un ange, ministre des volontés de Marie, dispensateur de ses largesses, est à vos côtés pour vous soutenir et vous fortifier, pour porter vos prières à sa Reine, et en rapporter les faveurs qu'elle est toujours disposée à répandre sur ceux qui l'invoquent. Sous l'oeil de Marie, cet ange vous suit pas à pas, compte une à une toutes vos actions les plus communes et les plus ordinaires, lorsque vous les faites avec esprit de foi, écrit tous vos mérites dans le livre de vie ; et un jour vous serez ravis de joie et d'admiration en voyant combien Dieu est riche et magnifique dans ses récompenses. Plus vous aurez été pauvres, plus vous deviendrez riches ; plus vous aurez été placés bas sur la terre, plus vous serez élevés en gloire dans le ciel.

 

Exemple

Grâce obtenue le 13 mai 1819, par l'intercession de Notre Dame de Liesse, dans le diocèse de Laon.

 

C'était un dimanche. On chantait la messe avec la solennité ordinaire. A l'offertoire, un pèlerin, tenant entre ses bras un enfant de douze ans, traverse la foule et se présente à l'offrande. La jeune infirme avait un besoin pressant du secours de Marie. Depuis longtemps son état était entièrement désespéré. Elle était atteinte de paralysie, hors d'état de marcher et de prendre des aliments solides. Elle réclame l'assistance de Marie avec une piété qui fait tout espérer pour sa guérison. Le saint sacrifice s'achève. Elle n'avait rien obtenu. Son père, qui n'avait cessé de solliciter le secours de Marie avec tout l'intérêt, toute la ferveur que lui inspirait la vue d'une enfant tendrement aimée réduite à cet état, se retirait tristement, portant toujours sa fille entre ses bras. Mais la Vierge avait entendu les prières de l'innocence et de l'amour paternel. Elle semblait vouloir se ménager le plaisir de procurer à la famille affligée une heureuse surprise. Tout à coup sur la limite de la bourgade, près du Calvaire, la jeune enfant se sent une vigueur inconnue. « Mon père, s'écrie-t-elle, je n'ai plus de mal ». On la met à terre. Aux yeux de son père muet d'étonnement, elle marche et bondit de joie. Qu'on se figure les transports de la famille ! L'enfant augmente encore leur surprise et leur ravissement. Elle demande du pain, elle se croit en état de manger. On lui en donne, et son estomac s'accommode fort bien de cette ,nourriture solide. Il n'y avait qu'une chose à faire, c'était de retourner aussitôt rendre grâces au sanctuaire de Notre-Dame. Mais la famille n'y pense point pour le présent ; elle se livre tout entière à la joie de voir la petite fille courir et faire son repas. Cependant Marie ne fut pas oubliée. Le dimanche suivant, les parents ramenèrent leur enfant au pèlerinage. Alors elle avait cessé d'être pèle et souffrante ! À la procession elle eut la place d'honneur, on la fit marcher à côté du célébrant. Tout le monde était ravi. Cette guérison convertit plusieurs incrédules, et ranima la piété des fidèles. (Pèlerinages aux sanctuaires de la Mère de Dieu).

Pratique : Enfants et serviteurs, obéissez aujourd'hui à vos parents et à vos maîtres, comme les anges obéissent à leur Reine.

34143220

Prière

 

Salut, Reine du ciel, sa lut, Souveraine des anges. Qu'il m'est doux de penser qu'un de vos fidèles sujets, qu'un ange gardien veille à mes côtés. En lui obéissant, c'est à vous que j'obéis. Je lui confie aujourd'hui toutes mes pensées, tous mes sentiments, toutes mes paroles et toutes mes actions, afin que cette offrande présentée par ses mains vous soit plus agréable En retour, envoyez-moi par son ministère les pures impressions de votre cœur, la consolation dans mes peines, et une ardeur nouvelle pour courir dans la voie des commandements et la pratique de toutes les vertus. Ainsi soit il.

3302

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>
Publicité
Publicité