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28 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingt-neuvième jour

Jésus au milieu des Docteurs

 

La Sainte Famille, rentrée a Nazareth, ne s’occupe plus qu’à chercher en toutes choses l’accomplissement pur et simple de la divine volonté par la pratique de cette vertu de subordination et d'obéissance qui doit faire, à le bien prendre, notre bonheur et notre salut à tous,dans quelque situation que nous nous trouvions. Tous, en effet, obéissaient à Nazareth : Joseph, qui seul avait la mission de commander, obéissait à Jésus et à Marie, dont il prévenait jusqu‘aux moindres désirs ; Marie obéissait à Joseph, son époux et le chef de la Sainte Famille, et à Jésus, dont la volonté était la règle de sa propre volonté ; Jésus obéissait à l’un et à l’autre, puisque toute l’histoire de ces trente premières années de sa vie se résume dans ces mots : « Et il leur était soumis ». Tous trois enfin obéissaient à Dieu, parce que leur volonté était en tous points conforme à la sienne. Notre Seigneur nous en donne un exemple, en se rendant tous les ans, dès sa première enfance, à Jérusalem, selon les prescriptions de la loi. L’Evangile ne nous cite que le voyage qu’il y fit à l’âge de douze ans, et dans lequel il enseigna les Docteurs a-vec une sagesse et une science qu‘ils ne purent s’expliquer, traitant avec eux de toutes les sciences dites humaines. Ce qui ne doit pas nous étonner, parce qu’il veut nous apprendre que non-seulement aucune n’est étrangère à la Religion, de même que la Religion n’est étrangère à aucune, mais encore que toutes viennent de Dieu et doivent nous conduire à Dieu.

Notre Seigneur avait huit ans quand il se rendit pour la première fois à Jérusalem, à l’occasion de la Fête de Pâques. Il continua à y aller les années suivantes. Dès ces premiers voyages, il excite l’attention des amis chez lesquels descendaient ses parents, ainsi que celle des prêtres et des docteurs. L’on parlait souvent à Jérusalem de la piété extraordinaire et de l’intelligence merveilleuse du fils de Joseph, comme chez nous l’on remarque, dans les pèlerinages qui se font tous les ans, un enfant qui donne de grandes espérances, un jeune homme qui se distingue des autres par son bon sens ou sa piété, et c’est avec bonheur qu’on les revoit chaque année. Notre-Seigneur était donc déjà connu à Jérusalem quand il s’y rendit avec ses parents, à l’âge de douze ans, en la compagnie des autres familles de Nazareth.

Joseph et Marie, qui se joignaient ordinairement à leurs compatriotes, savaient par expérience que Jésus se tenait habituellement avec ceux de ses compagnons qui allaient à la fête. Pour cette fois, il s’était séparé de ses jeunes amis aux environs du Mont des Oliviers, et eux-mêmes avaient supposé qu’il les avait quitté pour rejoindre ses parents qui étaient restés en arrière. Cependant, se dirigeant vers la partie de la ville la plus rapprochée de Bethléem, il était entré dans l’hôtellerie où sa sainte Mère s’était arrêtée avant la Purification. Joseph et Marie supposaient donc que le Sauveur était en avant avec les jeunes Nazaréens, et ceux-ci qu’il venait derrière eux avec ses parents. Mais quand les deux petites troupes se furent réunies à Gophna, Marie et Joseph furent bien déconcertés en n’apercevant pas le Divin Enfant. Ils retournèrent immédiatement sur leurs pas, demandant partout de ses nouvelles, mais inutilement, parce qu’il n’était point allé chez les personnes qu’ils visitaient d’ordinaire, et où naturellement ils étaient allés le chercher.

Pour Jésus, il passa la nuit dans l’hôtellerie de la porte de Bethléem, dont les maîtres le connaissaient, ainsi que Joseph et Marie ; puis, se réunissant à quelques jeunes gens qu’il y avait rencontrés, il visita avec eux deux écoles différentes, l’une le premier jour, l’autre le second. Le troisième jour, il se rendit à une autre école voisine du Temple, et l’après-midi, au Temple, où ses parents le retrouvèrent. L’enseignement n’était pas le même dans ces trois écoles et dans la troisième on formait les lévites et les prêtres.

Cependant les questions et les réponses de l’Enfant Jésus avaient tellement étonné et irrité les docteurs et les rabbins de ces différentes écoles, qu’ils résolurent, le troisième jour dans l’après-midi, de le faire interroger publiquement par les docteurs les plus célèbres, afin qu’ils pussent l’embarrasser par leurs questions captieuses. Ce complot fut formé par les scribes et les docteurs, qui, s’ils avaient commencé par applaudir à la science du jeune Enfant, n’avaient pas tardé à ressentir contre lui une secrète jalousie. Il y avait dans le Temple, au milieu du portique et en avant du Saint, une grande salle ronde dans laquelle notre Seigneur enseigna souvent dans la suite : c’est là qu’on se réunit. Il s’y assit dans une grande chaire qu’il ne pouvait occuper tout entière. Autour de lui étaient un grand nombre d’anciens du peuple et de prêtres qui paraissaient furieux, tout en l’écoutant avec une grande attention. On craignait même qu’ils ne se portassent contre lui à quelque acte de violence. La partie supérieure de la chaire sur laquelle il était assis était ornée de tête bronzées, semblables à des têtes de chiens, et dont les sombres reflets inspiraient un effroi dont on ne pouvait se défendre. Il y avait des figures de ce genre sur plusieurs longues tables placées dans le Temple, non loin de cette salle, et sur lesquelles l’on voyait des offrandes. Il eût été difficile, d’ailleurs, de reconnaître un lieu consacré au service du Seigneur, dans cette grande salle où la foule se pressait confusément.

Comme, les jours précédents, le Sauveur avait souvent fait usage, dans ses réponses, de comparaisons empruntées à la nature et aux différents arts, on avait eu soin de convoquer des maîtres habiles dans les différentes sciences. Ils n’eurent rien de plus pressé que de proposer toutes sortes de questions à l’Enfant Jésus, qui leur dit que les sciences profanes ne formaient pas l’objet propre de l’enseignement du Temple ; mais que cependant il leur répondrait, parce que telle était la volonté de son Père. Ils ne comprirent pas qu’il parlait de son Père qui est dans le Ciel, et supposèrent que Joseph lui avait recommandé d’étaler devant eux tout ce qu’il avait de connaissances.

Répondant donc à leurs questions, notre Seigneur parla d’abord de la médecine, et décrivit le corps humain d’une façon qui excita l’admiration des plus savants. Il traita ensuite plusieurs points relatifs à l’astronomie, à l’architecture, à l’agriculture, à la géométrie, à l’arithmétique, à la jurisprudence, et sur si bien ramener ces différentes questions à la Loi, aux promesses, aux prophéties, aux mystères du culte et des sacrifices, que ses auditeurs, surpris et confondus, passèrent successivement de l’étonnement et de l’admiration à la fureur et à la honte. Ils s’arrêtèrent enfin à ces dernières impressions, ne pouvant supporter qu’un enfant leur apprit des choses qu'ils ignoraient, et qu’il expliquât mieux qu’ils ne pouvaient le faire les mystères de la loi.

Il y avait à peu près deux heures qu’il parlait, quand Joseph et Marie se présentèrent au Temple et s’informèrent de lui aux lévites qu’ils connaissaient. Ceux-ci leur apprirent qu’il était avec les docteurs ; mais comme ils ne pouvaient pénétrer au lieu où il était, ils prièrent les lévites de lui dire de venir. Jésus leur fit répondre qu'il devait avant tout.terminer ce qu’il avait commencé. Cette réponse contrista la sainte Vierge : c’était la première fois qu’il faisait entendre à ses parents qu‘il avait à exécuter des ordres différents des leurs. Il continue donc a parler encore pendant une heure, et quand il eut réfuté et confondu tous ses adversaires, il quitta la salle et vint rejoindre ses parents dans le parvis d'Israël et des femmes. Saint Joseph, étonné, garda un humble silence ; mais la sainte Vierge, s’approchant de Jésus, lui dit : « Mon fils, pourquoi en avez-vous agi ainsi avec nous ? Voilà que votre père et moi, vous cherchions, bien affligés et bien inquiets ». Mais Jésus lui répondit, d’un ton plein de gravité : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe de l’oeuvre de mon père ? » Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait, et se disposèrent à quitter Jérusalem.

Pour ceux qui les entendirent, ils semblèrent étonnés et regardèrent l’Enfant et les parents. Il y eut même à craindre un instant qu’ils ne lui fissent quelque mal, car plusieurs d’entre eux paraissaient furieux. Mais voilà qu’ils laissent la Sainte Famille traverser tranquillement la foule, qui s’ouvrit devant eux pour les laisser passer. Les réponses de l’Enfant Jésus firent une grande impression sur les docteurs de la Loi. Ils notèrent la chose comme une curiosité dont on parla beaucoup ; mais il se gardèrent bien de reproduire la scène comme elle s’était passée en réalité. « Il ne s’agissait, disaient-ils, que d’un enfant présomptueux à qui on avait donné une bonne leçon : il ne manquait pas de dispositions ; mais il était important qu’elles fussent bien cultivées ».

La Sainte Famille s’éloigna ensuite du Temple, et se réunit, non loin de la porte par laquelle ils sortirent, à un groupe formé de trois hommes, de deux femmes et de quelques enfants, qui paraissaient être de Nazareth. Ils se rendirent tous ensembles en différents lieux voisins de Jérusalem : c’est ainsi qu’ils allèrent à la montagne des Oliviers, parcoururent les massifs de verdure qui s’y trouvaient, et s’arrêtèrent en plusieurs endroits où ils prièrent, les mains croisées sur la poitrine. Ils traversèrent aussi un ruisseau sur un large pont. Ils semblaient faire une sorte de pèlerinage.

Quand la Sainte Famille fut de retour à Nazareth, l’on célébra dans la maison d’Anne une grande fête à laquelle on avait invité un certain nombre de jeunes gens, parents ou amis du Sauveur. Cette fête avait-elle lieu tous les ans au retour de la Pâque, ou bien était-elle destinée à marquer l’entrée dans l’adolescence du divin Enfant, ou bien encore avait-elle pour but de célébrer le bonheur qu’on avait eu de le retrouver ? L’on ne saurait le dire ; mais, quoi qu’il en soit, notre Seigneur en était le héros. On avait dressé au-dessus de la table des berceaux de feuillage auxquels étaient suspendues des couronnes faites d’épis et de feuilles de vigne. Les enfants avaient devant eux des grappes de raisins et de petits pains. Il y avait à cette fête trente-trois jeunes gens qui devaient tous devenir, dans la suite, disciples du Sauveur. Ce nombre se rapportait aux nombre d’années qu’il a passées sur la terre. Dans cette fête, notre Seigneur raconta à ses compagnons une belle parabole, qu’ils ne parurent pas trop comprendre, d’une noce dans laquelle l’eau devait être changée en vin, et les convives indifférents en des amis fidèles ; puis d’une autre noce dans laquelle le vin serait changé en sang et le pain en chair, pour rester aux convives, jusqu’à la fin du monde, comme une consolation, un aliment, un lien vivant d’amour.

Il dit aussi au jeune Nathanaël, son parent, qu‘il assisterait un jour à ses noces.

 

Considération

Saint joseph et le Concile du Vatican I

 

Lorsque Dieu se plaît à accomplir dans son Eglise un dessein éternel de son amour pour nous, au temps convenable fixé dans sa divine sagesse, il prépare et il dispose tous les moyens nécessaires pour atteindre son but. Il choisit des hommes dont il veut faire les coopérateurs et les instruments de son œuvre, et il charge ses Anges, ses ministres fidèles, de veiller à l’exécution de ses vues et de diriger toutes choses vers la fin qu’il se propose. C’est ce qu’il a fait tout particulièrement pour la glorification de saint Joseph par le Concile de Vatican I.

Il est visible, en effet, que l’Esprit Saint a tout dirigé ici avec une admirable sagesse divine. Son intervention est manifeste.

Au moment ou l‘idée du saint Concile était inspirée à Pie IX. des lumières célestes révélaient à deux âmes pures, en Italie, le dessein du ciel de faire proclamer saint Joseph Patron de l’Église militante. Un examen approfondi donna la confiance que ces deux âmes étaient dirigées par l’Esprit de Dieu, et l’on partit de là pour former une société d’ecclésiastiques séculiers et réguliers destinée à obtenir ce but par tous les moyens qui seraient en son pouvoir. Elle prit le nom de Société promotrice du Culte de saint Joseph, et s’établit d’abord à Ferrare ; d’où elle s’est étendue avec rapidité en tous lieux. Et du sein de toutes les nations catholiques, en France, en Espagne , en Autriche, en Belgique, au Canada, des vœux s’exprimèrent avec un caractère d’enthousiasme et d’unanimité, qui ne saurait être comparé qu’à celui que le monde entier montra pour obtenir la définition dogmatique de l‘Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie.

Vers le mois de juin 1869, deux prêtres de. Ferrare, l’un religieux et l‘autre séculier, se firent présenter par le Révérendissime Père Général de l’Ordre séraphique de Saint François d’Assise au Souverain Pontife, qui leur répondit par ces étranges paroles, tenant à la fois de l’encouragement et de la prophétie : « Il paraît que Saint Joseph va devenir grand dans la sainte Eglise : Pare che san Guiseppe e par diventare un pezzo grasso nella santa Chiesa ».

Paroles qui étaient bien propres à soutenir et à exciter le zèle de la pieuse société fondée pour obtenir la glorification de Saint Joseph. C’est ce qui la détermina à faire imprimer, en vue d’exposer son but et les raisons propres à produire la conviction dans tous les cœurs, le petit opuscule : « Ad Patres Vaticanos », et à faire auprès de ces Pères du Vatican toutes les démarches nécessaires et utiles pour arriver à ses fins. C'est ce qui la détermine encore à faire rédiger par le Révérend Père Marchesi, un des consulteurs éminents de la Congrégation des Rites, son Postulatum, qui obtint tout d’abord la signature de deux cent seize Pères, parmi lesquels figuraient les noms les plus célèbres du Concile. Vingt-deux des membres de la Commission de la Foi eurent à cœur de le signer.

À ce chiffre si considérable il faut ajouter ceux qui avaient donné leur nom à deux autres Postulata déjà émis. Les Ordres religieux désiraient si vivement la glorification de Saint Joseph, que les vingt-deux Généraux qui avaient droit de vote au Concile avaient résolu de rédiger un Postulatum en leur nom et au nom des membres de leurs familles religieuses. Proposé par les soins du Révérendissime Général des Franciscains, qui prit l’initiative, il n’y eut qu’un cœur pour souscrire, et le Postulatum obtint l’adhésion de tous les Ordres religieux.

En même temps que les Ordres religieux rédigeaient leur Postulatum, le pieux directeur de l’Archiconfrérie de Saint Joseph de Beauvais, tant au nom de son Archiconfrérie qu’en celui de ses nombreuses affiliations, recueillait à Rome les signatures des Pères pour faire proclamer le grand patriarche Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle. Il obtint environ cent quinze adhésions.

De leur côté, les Evêques italiens, français, espagnols, irlandais, et autres, s’occupaient aussi de la rédaction d’autres Postulata dans le même but d’obtenir que le glorieux Saint Joseph fût déclaré Patron de l’Eglise universelle.

Et que demandaient donc ces divers Postulata, auxquels il faudrait en ajouter beaucoup d’autres émanés de plusieurs Evêques en particulier, de différents diocèses, et des nombreuses Confréries et Associations en l’honneur du saint Patriarche ? Plusieurs ne demandaient que plus de solennité dans la célébration de ses Fêtes ; mais la plupart, d’accord avec le Postulatum de Ferrare, et considérant que « le bienheureux Joseph, par une providence spéciale de Dieu, a été jugé digne d'être choisi parmi tous les hommes comme Epoux de la Vierge, Mère de Dieu, et Père du Verbe incarné, non par voie de génération, mais par affection, par adoption, et par les droits sacrés de son mariage... » demandaient :

« 1° Que le Bienheureux Joseph, c’est-à-dire le Père de Jésus-Christ, ayant obtenu la grâce d’être supérieur à toutes les créatures, comme celle d’avoir un nom au-dessus de tous les noms, soit admis à recevoir, par l’organe de la sacrée Congrégation des Rites, dans l’Eglise catholique et dans la sainte liturgie, un culte public de dulie au-dessus, après celui de la très Sainte Vierge, de tous les autres habitants du ciel ;

2° Que Saint Joseph, à qui Dieu a confié la garde de la sainte Famille, soit établi Patron principal, après la bienheureuse Vierge Marie, de l’Eglise universelle ».

Cependant, Pie IX, qui avait aussi à cœur la glorification de l’incomparable Epoux de Marie, avait, antérieurement même à la réunion du Concile, chargé la sacrée Congrégation des Rites de faire émettre un Votum sur cette affaire. Et ce Votum fut élaboré par le pieux et savant Père Marchesi avec une science et une logique qui ne laissaient plus de place à la moindre contestation sur la prééminence, les grandeurs et la puissance d’intercession de Saint Joseph.

C’est sur ces entrefaites que le saint Concile s’est séparé, après avoir été ajourné par le grand Pontife, à qui il semble avoir laissé le soin de promulguer lui-même, dans son infaillibilité, le décret si ardemment désiré.

Ce qu’il a fait, du reste, aux applaudissements des pieux serviteurs de saint Joseph, et à la grande joie de tous les fidèles du monde catholique.

 

Pratique

Pèlerinages

 

La dévotion des pèlerinages est très ancienne dans le monde ; elle tient a un sentiment naturel à l’homme. Tous les peuples ont eu des lieux consacrés, où ils se sont fait un devoir de se rendre peur se pénétrer plus vivement des bienfaits de la Divinité, en visitant les sites qu’ils ont cru sanctifiés par sa présence ou par ses miracles. Personne ne l’ignore, les prodiges de tout genre abondent dans les sanctuaires de pèlerinage. Les guérisons miraculeuses. les soulagements vainement cherchés ailleurs, les conversions inespérées, les grâces d‘élite obtenues, consacrent, a travers les âges, cette forme de dévotion qui accueille et comprend toutes les autres, puisque toutes y sont pratiquées, sinon avec pompe, du moins avec amour.

Les pèlerinages, quand ils sont faits avec foi et piété, produisent toujours d’excellents fruits. Peu de personnes, il est Vrai, peuvent faire des voyages lointains, mais il n’en est point qui ne puissent se rendre quelquefois a ces lieux de dévotion disséminés, pour ainsi dire, dans toutes les contrées, et Où Dieu se plaît à signaler sa puissance par des grâces insignes.

À mesure que le culte de saint Joseph s’établit et se développe, des pèlerinages aussi s’établissent en son honneur, et Dieu témoigne par les plus éclatants prodiges combien il a pour agréables ces hommages rendus au saint Epoux de Marie. Voulons-nous donc solliciter quelque faveur du ciel, allons en pèlerinage aux sanctuaires consacrés à Marie, le secours des chrétiens ; puis à ceux de Joseph, l’autre dispensateur des biens de la maison de Dieu. Aujourd’hui surtout, il y a de ces sanctuaires dans toutes les contrées, et nous citerons en particulier Saint Joseph des Champs, près Laval ; Saint Joseph du Chêne, au diocèse d’Angers ; et ceux du Buisson et de la Pérusse, aux diocèses de Séez et de Digne. Mais nous pouvons aussi nous faire des lieux de pèlerinage des églises, des chapelles, des autels où nous savons que saint Joseph est plus honoré.

N’oublions pas, d’ailleurs, que la meilleure manière de faire ces pèlerinages est de s’y préparer par la componction du coeur, et de les sanctifier par la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie.

 

Prière pour l'Église

 

Bienheureux Joseph, auguste Chef de la Sainte Famille, Protecteur dévoué de l’Eglise naissante, que vous avez sauvée des fureurs et de l’hypocrisie du cruel Hérode, du haut du ciel où vous jouissez d’un crédit tout puissant auprès de Jésus, votre Fils et de la Reine des Vierges, votre Epouse immaculée, assistez encore cette sainte Eglise dans les jours si mauvais que nous traversons. Bien qu’elle n’ait rien à redouter pour son immortelle existence des puissances de l’enfer, la tempête qui s’est déchaînée contre elle n’en est pas moins tellement effrayante que les âges passés n’ont rien vu de semblable. Humainement parlant, il semble qu’elle doive disparaître de ce monde, parce qu’il n’y a plus de place pour elle au soleil d’ici-bas.

Mais, ô Joseph, si le sol s’effondre sous ses pieds, et si tous les appuis humains lui font défaut, n’est-ce point le temps où les appuis divins doivent se montrer ? N’est-ce point le moment de faire voir que ce n’est point en vain que le saint Pontife qui la gouverne vous a proclamé Patron de l’Église Catholique, et qu’infaillible avant le temps de la proclamation solennelle de son infaillibilité, il nous avait déjà dit ces consolantes paroles : « Les soutiens de l’Eglise naissante, Marie et Joseph, reprennent dans les cœurs la place qu’ils n’auraient jamais dû perdre. Encore une fois, le monde sera sauvé ». Ces paroles, tout puissant Protecteur de l’Eglise, engagent votre honneur de Père de Jésus et des hommes, et vous ne pouvez pas être plus longtemps sans venir la secourir dans sa détresse. Hâtez-vous donc de lui obtenir des jours meilleurs, afin que nous puissions tous, au sein de cette Eglise, vous adresser nos actions de grâces sur la terre, jusqu’à ce que nous allions vous les offrir éternellement dans les cieux. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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Téléchargez le texte de cette méditation (PDF) en cliquant ici

 

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23 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingt-quatrième jour

Stations en Judée

 

La Sainte Famille, dans la nuit de son départ, traversa plusieurs endroits et se reposa le matin sous un de ces hangars que l‘on rencontrait sur les routes pour la commodité des voyageurs. Vers le soir, comme ils ne pouvaient pas aller plus loin, ils entrèrent dans un petit endroit appelé Nazara, qui renfermait une population à part et qu’on traitait avec un certain mépris. Elle n’était ni juive ni païenne ; mais sa religion était un mélange de paganisme et de judaïsme. Ils allaient adorer au temple du mont Garizim, près de Samarie, dont ils étaient éloignés de quelques lieues, par un chemin difficile et montueux. Ils étaient accablés de charges de toute nature, comme de travailler comme des esclaves au Temple de Jérusalem et faire d’autres travaux publics.

Ces pauvres gens accueillirent très amicalement la Sainte Famille, qui passa chez eux tout le jour suivant, qui était le jour du sabbat. Lors du retour d'Egypte, la sainte Famille visita de nouveau ces bonnes gens ; et aussi, plus tard, lorsque Jésus alla au Temple dans sa douzième année, et lorsqu’il en revint. Dans la suite, ces braves gens se firent baptiser par saint Jean, puis se réunirent aux disciples de Jésus.

Mais le jour même du sabbat, après sa clôture , la sainte Famille quitta Nazara et voyagea toute la nuit. Puis, tout le dimanche et la nuit suivante jusqu’au lundi, elle resta cachée près de ce grand vieux térébinthe sous lequel elle s‘était arrêtée en allant à Bethléem, lorsque la Sainte Vierge avait tant souffert du froid. C'était le térébinthe d’Abraham, près du bois de Moreh, à peu de distance de Sichem, de Thenat, de Siloh et d’Arumah. Les projets d’Hérode étaient connusdans ce pays, et la Sainte Famille n’y était pas en sûreté. C‘était près de cet arbre que Jacob avait enfoui les idoles de Laban. Josué rassembla le peuple près de ce térébinthe, sous lequel il avait dressé le tabernacle. Où était l’Arche d‘alliance, et il l’y fit renoncer aux idoles. Ce fut la aussi qu’Abimelech, le fils de Gédéon, fut salué roi par les Sichémites.

Le lundi matin, de bonne heure, la sainte Famille, se trouvant dans une contrée fertile, se reposa près d’une petite source ; à côté d’un buisson de baume. L'Enfant Jésus avait les pieds nus ; il était sur les genoux de la sainte Vierge. Ces arbrisseaux de baume étaient couverts de baies rouges ; il y avait à quelques branches des incisions d’où sortait un liquide qui était recueilli dans de petits vases. Personne ne songeait à les voler. Saint Joseph remplit de cette liqueur les petites cruches qu’il avait avec lui. La Sainte Famille mangea des petits pains et des baies cueillies sur les arbrisseau voisins. L’âne buvait et paissait dans le voisinage. L’on voyait à leur gauche , dans le lointain, les hauteurs sur lesquelles était Jérusalem. C‘était un tableau très touchant.

Le mardi, Zacharie et Eiisabeth ayant appris aussi le danger qui les menaçait par un» messager de confiance que la Sainte Famille leur avait sans doute envoyé, Elisabeth porta le petit Jean à un lieu très retiré dans le désert, à deux lieues d’Hébron. Zacharie les accompagna jusqu‘à un endroit où ils traversèrent un petit cours d’eau sur une poutre ; puis il se sépara d’eux et se dirigea vers Nazareth par le chemin que Marie avait suivi lors de sa visite à Elisabeth. Probablement il voulait prendre des informations plus précises auprès de Sainte Anne. Plusieurs amis de la Sainte Famille à Nazareth sont très attristés de son départ. Le petit Jean n’avait sur lui qu’une peau d‘agneau. Quoiqu’il eût à peine dix-huit mois, il pouvait déjà courir et sauter. Il portait dès lors à main un petit bâton blanc avec lequel il jouait à la manière des enfants. Il ne fait pas voir dans ce désert une immense étendue de pays sablonneuse et stérile, mais plutôt une solitude avec des rochers, des défilés, des grottes, des bosquets, des arbres et divers arbrisseaux produisant des baies et des fruits sauvages.

Elisabeth porta le petit Jean dans une caverne où Madeleine séjourna quelques temps après la mort de Jésus. L’on ignore combien de temps Elisabeth s’y tint cachée cette fois avec son enfant, si jeune encore. Elle y resta probablement jusqu’au moment où la persécution d’Hérode ne parut plus à craindre. Elle revint alors avec son fils à Jutta ; mais elle se retira encore dans le désert avec le petit Jean, lorsque Hérode convoqua les mères qui avaient des enfants de moins de deux ans, c’est à dire près d’un an plus tard.

Après que la Sainte Famille eut franchi quelques uns des sommets de la montagne des Oliviers, elle alla au-delà de Bethléem, dans la direction d’Hébron, et à deux lieues environ du bois de Mambré, entra dans une grotte spacieuse, placée dans une gorge sauvage, au-dessous de laquelle se trouvait un endroit dont le nom ressemble assez à celui d’Ephraïm. Ce devait être la sixième station de leur voyage. Ils arrivèrent accablés de fatigue et d’ennui. Marie était triste et pleurait. Ils souffraient de toute espèce de privations, car ils devaient suivre des chemins détournés, évitant toutes les ville et les hôtelleries fréquentées. Ils se reposèrent ici tout un jour. Plusieurs grâces miraculeuses leur apportèrent un peu de soulagement. Une source jaillit dans la grotte, à la prière de la Sainte Vierge. Une chèvre sauvage vint à eux et se laissa traire. Un Ange leur apparut aussi et les consola.

Un prophète avait souvent prié dans cette grotte. Samuel, à ce que l’on croit, s’y arrêta quelques fois. David garait aux environs les troupeaux de son père. Il pria ici et y reçut des ordres apportés par un Ange, et entre autres, l’ordre de se présenter au combat contre Goliath.

En quittant cette grotte, nos saints voyageurs firent sept lieues au midi, laissant toujours la mer Morte à leur gauche, et, à deux lieues au-delà d’Hébron, se trouvèrent dans le désert ou s’était réfugié le petit Jean-Baptiste. Ils passèrent à une portée de trait de la grotte où où il était. Et la Sainte Famille, fatiguée et épuisée, s’avança dans le sable du désert. L’outre qui contenait l’eau et les petites cruches de baume étaient vides. La Sainte Vierge était en proie à une vive inquiétude ; elle avait soif et Jésus aussi. Ils se détournèrent un peu de la route, vers un enfoncement où il y avait des buissons et un peu de gazon desséché. La Sainte Vierge descendit de l’âne et s’assit par terre. Elle avait son Enfant devant elle ; elle était toujours inquiète et priait. Pendant que la Sainte Vierge demandait de l’eau comme Agar dans le désert, il survint un incident singulièrement touchant. La grotte dans laquelle Elisabeth avait caché le petit Jean était tout près de là, au milieu de rochers élevés, et le petit Jean se mit à errer à peu de distance parmi les broussailles et les pierres. Il semblait plein d‘un désir inquiet, comme s’il eût attendu quelque chose. La vue de ce petit enfant, courant d’un pas assuré dans le désert, faisait une vive et touchante impression. De même qu’il avait tressailli dans le sein de sa mère comme pour aller à la rencontre de son Seigneur, il était excité cette fois par le voisinage de son Rédempteur souffrant de la soif. Il avait une peau d’agneau jetée sur les épaules et attachée autour des reins ; il tenait à la main son petit bâton, au haut duquel flottait une banderole d'écorce. Il sentait que Jésus passait, qu’il avait soif ; il se jeta à genoux et cria vers Dieu les bras étendus. Puis il se leva vivement, courut, poussé par l’esprit, jusqu’à une haute paroi du rocher, et frappa le sol avec son bâton. Il en sortit aussitôt une source abondante. Jean courut en toute hâte à l’endroit où elle descendait. Il s’y arrêta et vit dans le lointain la sainte Famille qui passait. En ce moment, la sainte Vierge éleva l’Enfant Jésus en l’air et le tourna de ce côté en disant : « Voilà Jean dans le désert ! » Et Jean tressaillit de joie près de l’eau qui se précipitait. Il fit un signe en agitant la banderole de son bâton, puis il s’enfuit dans la solitude.

Cependant la source ne tardait pas à se rapprocher du chemin que suivaient les voyageurs. Ils passèrent outre et s’arrêtèrent, pour se reposer, en un endroit assez agréable et ombragé par quelques arbres. La sainte Vierge descendit de l'âne avec le divin Enfant. Elle était profondément émue, ainsi que saint Joseph. Marie s’assit sur l’herbe. Joseph creuse à quelque distance, un petit bassin que l'eau vint remplir. Quand elle s’y montra tout à fait limpide, ils en burent tous. Marie baigna l’Enfant ; et ils se lavèrent les mains, les pieds et le visage. Joseph amena aussi l’âne, qui se désaltéra, et il remplit son outre. Ils étaient pleins de joie et de reconnaissance. Le gazon desséché s‘imbiba et se redressa. Le soleil se montra brillant ; tous étaient ranimés et consolés. Leur halte en cet endroit fut bien de deux à trois heures.

La dernière halte de la sainte Famille dans les Etats d’Hérode fut à peu de distance d’une ville, sur la frontière du désert, à deux lieues environ de la mer Morte. La ville s’appelait comme Anam, Anem ou Anim. Ils s’adressèrent dans une maison isolée : c’était une hôtellerie à l’usage des gens qui voyageaient dans le désert. Il s’y trouvait des cabanes et des hangars appuyée contre une éminence, et à quelque distance des arbres fruitiers à l‘état sauvage. Les habitants paraissaient être des chameliers, car ils avaient plusieurs chameaux qui erraient dans des pâturages entourés de haies. C’étaient des gens de mœurs assez farouches, et qui s’étaient livrés au brigandage. Cependant ils reçurent bien la Sainte Famille et lui donnèrent l’hospitalité. Dans la ville voisine, il y avait aussi beaucoup de gens à la vie désordonnée, qui s’étaient établis à la suite, de guerres. Il se trouvait entre autres, dans l’hôtellerie, un homme d’environ vingt ans, qui s’appelait Ruben.

Le jeudi suivant, les étoiles brillent au ciel, et la Sainte Famille traverse durant la nuit un endroit sablonneux où l’on ne trouve que des arbustes desséchés. Il présentait de grands dangers, à cause d’une multitude de serpents qui étaient cachés dans les broussailles où ils se tenaient roulés en cercle sous le feuillage. Ils s’approchèrent en sifflant et dressèrent leurs têtes contre la Sainte Famille, qui passa tranquillement, tout entourée de lumière. Il s’y trouvait encore des animaux malfaisants d’une autre espèce. Ils avaient un long corps noirâtre, avec des pieds très courts et des espèces d’ailes sans plumes, ressemblant à de grandes nageoires. Ils passaient rapidement comme s’ils eussent volé : il y avait dans la forme de leur tête quelque chose qui tenait du poisson. C’étaient peut-être des lézards volants, La Sainte Famille arriva comme au bord d’un chemin creux ou d’une profonde excavation dans le sol. Ils voulaient se reposer là, derrière des buissons.

La Sainte Famille fit ensuite deux lieues vers l’orient en suivant la grande route ordinaire. Le nom du dernier endroit où ils arrivèrent, entre la Judée et le désert, était quelque chose comme Mara. Ce qui faisait penser au lieu d’où Sainte Anne était originaire ; mais ce n’était point lui. Les habitants étaient sauvages et inhospitaliers, et la Sainte Famille ne reçut d’eux aucune aide. Ils entrèrent ensuite dans un grand désert de sable. Il n’y avait plus de chemin ni rien qui leur indiquât la direction à prendre, et ils ne savaient comment faire. Après avoir un peu marché, ils gravirent devant eux une sombre chaîne de montagnes. Ils furent un instant très inquiets, mais ils se mirent à genoux et appelèrent Dieu à leur secours. Plusieurs grands animaux sauvages se rassemblèrent autour d’eux. Il semblait d’abord qu’il y eût du danger ; mais ces animaux n’étaient pas méchants. Au contraire, ils les regardèrent d’un air amical, et il fut bientôt visible que ces bêtes étaient envoyées pour leur montrer le chemin. Elles regardaient du côté de la montagne, couraient en avant, puis revenaient, comme fait un chien qui veut conduire quelqu’un. Enfin la Sainte Famille suivi des animaux, et arriva à travers les montagnes à une contrée triste et sauvage.

 

Considération

Saint Joseph d’après Dom Guéranger

 

Voici ce que dit de Saint Joseph et de son culte le docte et pieux dom Guéranger, abbé de Solesmes, restaurateur de l’Ordre des Bénédictins en France, dans le dernier volume de son Année liturgique :

« La bonté de Dieu et la fidélité de notre Rédempteur à ses promesses s’unissent toujours plus étroitement de siècle en siècle, pour protéger en ce monde l’étincelle de la vie surnaturelle qu’il doit conserver jusqu’au dernier jour. Dans ce but miséricordieux, une succession non interrompue de secours vient réchauffer, pour ainsi dire, chaque génération et lui apporter un nouveau motif de confiance dans la divine Rédemption. À partir du XIIIe siècle, où le refroidissement du monde commença à se faire sentir, ainsi que l’Eglise nous en rend témoignage, chaque époque a vu s’ouvrir une nouvelle source de grâces. ce fut d‘abord la Fête du Très Saint Sacrement, dont les développements ont produit successivement la procession solennelle, les expositions, les saluts, les quarante heures. Ce fut ensuite la dévotion au Saint Nom de Jésus, dont saint Bernardin de Sienne fut le principal apôtre, et celte du Via Crucis ou Chemin de la Croix, qui produit tant de fruits de componction dans les âmes. Le XVIe siècle vit renaître la fréquente communion, par l’influence principale de saint Ignace de Loyola et de sa Compagnie. Au XVIIe, fut promulgué le culte du Sacré Cœur de Jésus, qui s’établit dans le siècle suivant. Au XIXe, la dévotion à la très Sainte Vierge a pris des accroissements et une importance qui sont un des caractères surnaturels de notre temps. Le saint Rosaire, le saint Scapulaire, que nous avaient légués les âges précédents, ont été remis en honneur ; les pèlerinages en l’honneur de la Mère de Dieu, suspendus par les préjugés jansénistes et rationalistes, ont repris leur cours ; l’Archiconfrérie du Saint Cœur de Marie a étendu ses affiliations dans le monde entier : des prodiges nombreux sont venus récompenser la foi rajeunie ; enfin notre temps a vu le triomphe de l’Immaculée Conception préparé et attendu dans les siècles moins favorisés.

Mais la dévotion envers Marie ne pouvait se développer ainsi sans amener avec elle le culte fervent de Saint Joseph. Marie et Joseph ont une part trop intime dans le divin mystère de l’Incarnation, l‘une comme Mère du Fils de Dieu, l’autre comme gardien de l’honneur de la Vierge et Père nourricier de l’Enfant Dieu, pour que l’on puisse les isoler l’un de l'autre. Une vénération particulière envers saint Joseph a donc été la suite du développement de la piété envers la très Sainte Vierge. Mais la dévotion à l’égard de l’Epoux de Marie n’est pas seulement un juste tribut que nous rendons à ces admirables prérogatives, elle est encore pour nous la source d’un secours nouveau d’une immense étendue qui a été déposé entre les mains de saint Joseph par le Fils de Dieu. Écoutez le langage inspiré de l’Eglise dans la sainte Liturgie : « Ô Joseph, l’honneur des habitants du ciel, l’espoir de notre a vie ici-bas, le soutien de ce monde ! » Quel pouvoir dans un homme ! Mais aussi, cherchez un homme qui ait eu avec le Fils de Dieu des rapports aussi intimes que Joseph. Jésus daigna être soumis à Joseph ici-bas ; au ciel, il tient à honorer Celui dont il voulut emprunter le secours, et à qui il confia son enfance avec l‘honneur de sa Mère. Il n’est donc pas de limites au pouvoir de Saint Joseph, et la sainte Eglise nous invite à recourir avec une confiance absolue à ce tout-puissant Protecteur. Au milieu des agitations terribles auxquelles le monde est en proie, que les fidèles l’invoquent avec foi, et ils seront protégés. En tous les besoins de l’âme et du corps, en toutes les épreuves et les crises que le chrétien peut avoir à traverser, dans l'ordre temporel comme dans l’ordre spirituel, qu’il ait recours à Saint Joseph, et sa confiance ne sera pas trompée. Le roi d'Egypte disait à ses peuples affamés : « Allez à Joseph ». Le Roi du ciel nous fait la même invitation, et le fidèle gardien de Marie a plus de crédit auprès de lui que le fils de Jacob, intendant des greniers de Memphis, n’en eut auprès de Pharaon.

La révélation de ce nouveau refuge préparé pour les derniers temps a été d’abord communiquée, selon l’usage que Dieu garde pour l’ordinaire, à des âmes privilégiées auxquelles elle était confiée comme un germe précieux ; ainsi en fut-il pour l‘institution de la Fête du saint Sacrement, pour celle du Sacré Cœur de Jésus-et pour d’autres encore. Au XVIe siècle, sainte Thérèse, dont les écrits étaient appelés à se répandre dans le monde entier, reçut dans un degré supérieur les communications divines à ce sujet, et elle consigna. ses sentiments et ses désirs dans sa Vie, écrite par elle-même. On ne s’étonnera pas que Dieu ait choisi la réformatrice du Carmel pour la propagation du culte de Saint Joseph, quand on se rappellera que ce fut par l’influence de l’Ordre des Carmes, introduit en Occident au XIIIe siècle, que ce culte s'établit d‘abord dans nos contrées. Voués depuis tant de siècles à la religion envers Marie, les solitaires du Mont Carmel avaient découvert avant d’autres le lien qui rattache les bonheurs auxquels a droit la Mère de Dieu à ceux qui sont dus à son virginal Epoux. Sur cette terre où s’est accompli le divin mystère de l’Incarnation, l’œil du fidèle plonge plus avant dans ses augustes profondeurs. Entouré de tant de souvenirs ineffables, le chrétien arrive plus promptement a comprendre que le Fils de Dieu prenant la nature humaine, s’il lui fallait une Mère, il fallait à cette Mère un protecteur ; en un mot, que Jésus, Marie et Joseph forment, à des degrés divers, l’ensemble de relations et d‘harmonies sous lesquelles l’ineffable mystère devait se produire sur la terre... Et Pie IX, à la veille des grandes tribulations de l‘Eglise, par un instinct surnaturel, a voulu appeler au secours du troupeau qui lui est confié le puissant Protecteur qui n’a jamais eu tant de maux à combattre, ni tant de fléaux a détourner.

Mettons donc désormais notre confiance dans le pouvoir de l’auguste Père du peuple chrétien, Joseph, sur qui tant de grandeurs n’ont été accumulées qu’afin qu’il répandit sur nous, dans une mesure plus abondante que les autres saints, les influences du divin mystère de l’Incarnation, dont il a été, après Marie, le principal ministre sur la terre ».

 

Pratique

Saintes Conventions

 

Le secret de cette pratique, nous dit le Père Huguet, consiste à déclarer à nos saints de prédilection que, quand nous produirons certains signes extérieurs, comme des génuflexions ou des inclinations de tête devant leurs images, certaines paroles, des mouvements de cœur, ou autres choses semblables, à leur endroit, nous aurons l’intention de leur rendre tel ou tel honneur, ou de leur dire telle ou telle autre chose, en les priant que chaque fois que nous produirons ces signes avec l’intention déjà formulée, ils tiennent pour fait ou pour dit ce que notre faiblesse ne nous permet pas de faire ou de dire actuellement, comme nous le désirons de tout notre cœur.

Quoique nous n’ayons pas leur consentement ou leur agrément exprès sur ces pratiques, il est certain néanmoins que les bienheureux ont pour agréables ces actes de piété en leur honneur, qu’ils exaucent nos bons désirs, et secondent nos intentions en nous obtenant ce que nous leur demandons. Mais si cette doctrine s’applique à tous les saints, elle s’applique bien d’avantage à saint Joseph, à qui Dieu a accordé une puissance de médiation à laquelle ne peut être comparée celle des autres saints. Arrêtons donc avec lui de ces pieuses conventions qui lui seront si agréables, et qui, sous tous les rapports, nous seront si utiles à nous-mêmes.

Et, pour rendre plus sacrées ces saintes conventions, choisissons un jour de fête pour lui en faire, après une fervente communion, la déclaration solennelle, en présence de Jésus-Christ, son Fils adoptif, que nous posséderons dans notre cœur, de la bienheureuse Vierge Marie, son épouse immaculée, et de tous les Saints du Paradis qui se réjouiront en nous voyant nous engager ainsi avec celui à qui le Père éternel, le Roi de gloire, et la Reine Mère de Dieu, ont rendu et rendront à jamais des honneurs plus éclatants et plus doux que toutes nos dévotions.

 

Prière

Tirée de Dom Guéranger

 

Père et protecteur des fidèles, glorieux Joseph, nous bénissons notre mère la Sainte Eglise, qui, dans ce déclin du monde, nous a appris à espérer en vous. De longs siècles se sont écoulés sans que vos grandeurs fussent encore manifestées ; mais vous n’en étiez pas moins au ciel l’un des plus puissants intercesseurs du genre humain. Chef de la Sainte Famille dont un Dieu est membre, vous poursuiviez votre ministère paternel à notre égard. Votre action cachée se faisait sentir pour le salut des peuples et des particuliers ; mais la terre éprouvait vos bienfaits sans avoir encore institué, pour les reconnaître, les hommages qu’elle vous offre aujourd’hui. Une connaissance plus étendue de vos grandeurs et de votre pouvoir, ainsi que la proclamation de votre protectorat sur tous nos besoins, était réservée à ces temps malheureux où l’état du monde aux abois appelle des secours qui ne furent pas révélés aux âges précédents. Nous venons donc à vos pieds, ô Joseph ! Afin de rendre hommage en vous, à votre puissance d’intercession qui ne connaît pas de limites, à une bonté qui embrasse dans une même adoption tous les frères de Jésus et les enfants de Marie.

Mais en notre qualité de frères de Jésus et d’enfants de Marie, nous sommes aussi vos enfants, ô Joseph. Soyez alors notre bon père, et daignez accepter nos instances que la sainte Eglise. encourage et qui montent vers vous plus pressantes que jamais. En ces temps où les saints manquent et où les vérités sont diminuées, nous savons qu’il vous faut peser de tout le poids de vos mérites, pour que le plateau de la divine balance n’incline pas du côté de la justice. Daignez, ô Protecteur universel, ne pas vous lasser dans ce labeur : l’Eglise de votre Fils adoptif vous en supplie aujourd’hui. Le sol miné par la liberté effrénée de l’erreur et du mal est, à chaque instant, sous le point de fondre sous ses pieds. Ne vous reposez pas un instant, et, par votre intervention paternelle, hâtez-vous de lui préparer une situation plus calme. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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4 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

Nativité de Marie

 

Cinquième jour

Dévotion à la Nativité de la Vierge Marie

 

« Ô Vierge Marie, jamais en ce monde ne naquit une femme semblable à vous ; votre berceau est tout fleuri de roses et tout parfumé de lys » (Bréviaire Dominicain)

 

I. « ...Et je le suivis.... Au fond d'une grande chambre reposait l'heureuse Mère. Ses parents se tenaient réunis à l'entour ; sur leurs visages se peignait une joie silencieuse et paisible. Au bruit de nos pas, ils se retournèrent ; et comme j'approchais avec Joachim, ils me saluèrent gracieusement et m'ouvrirent passage. Et je vis près du lit maternel, dans son petit berceau la Vierge d'Isaïe, la tige de Jessé, la fleur de nos vallées ! Mon Dieu, qu'elle était donc belle ! Son doux visage s'épanouissait comme une petite rose de mai entre les lys. Ses yeux semblaient purs et profonds comme l'azur du ciel ! On aurait dit deux lacs paisibles sous une brise endormie, deux océans d'amour, tout pleins de Dieu ! Ah ! Que je sentis alors délicieusement la vérité de la parole du Cantique : « Ma bien-aimée, par l'un de vos yeux vous avez blessé mon cœur ! » Elle me blessait par tous deux et mon âme s'y perdait et je la sentais descendre aux profondeurs de l'amour céleste et elle allait se reposant en Dieu ! Mais surtout quel doux sourire! quel parfum dans le souffle naissant de sa poitrine virginale comme ses lèvres étaient bien les bords entr'ouverts d'un vase plein de tous les arômes !... Je me penchai à l'oreille de Joachim et je lui dis : « Père, quel sera son nom ? » « Le nom de la sœur de Moïse : Marie ! » et avec un respect infini, je m'inclinai sur le berceau de la Vierge, et bien bas, bien bas, mais d'un cœur enivré, je lui dis : « Marie ! Marie ! » Marie ! Ah ! Ce nom, je l'aurais redit un siècle ! Marie ! Nom plus doux que l'huile des parfums répandus ! Nom que toutes les vierges devraient aimer ! Nom que tous les Anges se jettent éternellement comme un cri d'amour ! Mais elle, comme si elle m'eût compris, elle fixa ses yeux, ses grands yeux sur moi, et elle me sourit comme à un ami. Ô sourire ! Ô regard ! Non, je vivrais mille ans que je ne les oublierais jamais !

Je demeurais là, immobile, ravi, ne sachant plus où j'étais. Et tandis que je contemplais ainsi dans l'extase de l'amour, j'entendis un chant : c'étaient les Anges répandus autour de son berceau qui s'essayaient par leurs chants à réjouir leur petite Reine. Et moi, pauvre jeune homme, je me jetai aux genoux du vieillard. « Accordez-moi, lui dis-je, de rester sous votre toit ! acceptez-moi pour le petit serviteur de votre fille ! »

Le père la regarda comme pour l'interroger. « Eh bien oui, dit-il, en me tendant la main, soyez des nôtres ».

Depuis lors, j'ai compté bien des années ; j'ai vu la délicieuse enfant grandir; je l'ai vue épouser Joseph ; je l'ai vue devenir Mère sans cesser d'être Vierge ! Elle m'a permis de jouer avec son Fils, de le porter dans mes bras, de le baiser au front ! c'étaient là ses joies et les miennes... Après, les douleurs sont venues, et je les ai partagées. Au pied de la croix, devant son Fils expirant, je l'ai vue debout, pleurant, abîmée dans l'amour, et j'ai souffert avec elle ! Sur la montagne des Oliviers, quand ce même Fils ressuscité montait au ciel, je l'ai vue encore lui donner le dernier baiser, et puis, lui parti, je me suis retrouvé seul avec Elle, comme aux jours de son enfance. Ah ! Divine exilée ! depuis ce moment, que de soupirs, que de pleurs silencieux, que de regards vers le ciel !... Enfin elle est morte, morte d'amour, et l'amour l'a ressuscitée, et l'amour la portée triomphante au ciel, et l'amour l'a fait asseoir sur un trône, et elle vit éternellement dans l'amour. Et moi, maintenant vieux pèlerin, j'ai vu toutes ces choses et je n'ai pu mourir ; et voilà des années et des années que, privé du Fils, privé de la Mère, je chemine tout seul dans mon long exil. Ah ! Parfois c'est bien dur. Mais pourtant j'y trouve encore une consolation ; chaque année ressuscite mes vieux souvenirs, chaque mois de septembre renouvelle mes premières joies ; et ainsi, plus je vieillis, plus mon cœur s'attendrit, plus je me prends à aimer ma petite Vierge d'autrefois, plus je reprends courage, plus je marche d'un pas joyeux vers le terme de ma course. vers le ciel où Marie m'attend »...

Et maintenant que le pèlerin a fini son récit, devinez-vous qui il est ? Enfants du Rosaire, c'est le genre humain. Il errait tristement dans les ombres de l'erreur et du mal, quand naquit Marie. Par Elle, il a retrouvé la lumière, le courage du bien, la paix, le bonheur ! par Elle il a reçu Jésus, son salut, et depuis que Jésus et Marie sont montés au ciel, le genre humain, rentré dans la maison de Dieu et devenu par amour serviteur de Dieu et de sa Mère, s'en va courageusement à travers les siècles dans l'espoir d'atteindre un jour à la bienheureuse demeure qu'ils habitent. Là, plus de ténèbres ; là, une joie sans fin ; là, le parfait bonheur avec Jésus et Marie !

Voilà le pèlerin ! Et le pèlerin, c'est encore toute âme ; c'est vous qui me lisez, si vous le voulez, car c'est pour vous que Marie est née, comme c'est pour vous qu'est né son Fils ; et votre vie doit se passer à méditer tous les mystères de leur vie, et à désirer leur chère compagnie au ciel.

Ô âmes chrétiennes, ô enfants du Saint Rosaire, voyez donc si vous voulez aimer cette chère petite enfant qui est née pour vous, pour votre amour ; voyez si vous voulez vous dévouer à son service. Vous me demanderez comment ?... Ce qu'il lui faut pour le moment, c'est un lieu où se reposer; oui, à cette nymphe céleste, il faut son alvéole de miel, à cette goutte de rosée son calice de rose, à cette colombe son nid, à cette enfant Vierge son berceau ! Donnez-lui donc un berceau ; donnez-lui votre cœur, dans l'humilité, dans la pureté, dans l'amour; et quand la Vierge y reposera, ornez-le de guirlandes de roses; qu'elles s'épanouissent au-dessus de sa tête, qu'elles se penchent sur son front, qu'elles s’effeuillent sur son sein ; qu'elles parfument ses pieds. Autour de cette Rose, qu'il y ait partout des roses ; c'est-à-dire, que notre Rosaire la salue dès son entrée dans le monde ; qu'il devance près d'Elle l'archange Gabriel, et que, pour charmer les longues heures qu'elle passe sans sommeil dans son berceau, il lui répète sans cesse : Ave Maria ! » (Couronne de Marie, septembre 1862).

La sainte Vierge, le jour de la Nativité. apparaissait au bienheureux François de Possadas, se montrant à lui comme elle était dans son berceau, au moment de sa naissance.

« Mon Père, écrivait un associé du Rosaire, la fête de la Nativité de Marie a été pour moi un vrai jour de fête. Quand on aime sa mère. comment ne pas se réjouir lorsque arrive l'anniversaire de sa naissance ? Et Marie n'est-elle pas notre Mère, plus que notre Mère ? Il m'a semblé qu'elle prenait mon âme et qu'elle l'emmenait avec Elle au ciel... Oh ! Qu'il fait bon dans le ciel, tout près de Marie, aux pieds de Jésus ! J'aurais voulu n'en plus sortir ; mais il m'a semblé entendre sa voix me dire : « Il faut encore souffrir et pleurer pour l'Église... souffrir et pleurer pour cette Église qui a coûté le sang de mon Fils, et que l'enfer attaque avec rage aujourd'hui »... Ô mon Père, comme Marie était triste en me disant ces paroles ! Soyons donc sa consolation par un dévouement sans bornes, et avec Elle souffrons et prions pour l'Église ». (Couronne de Marie, octobre 1860).

 

II. Vierge bienheureuse, à votre entrée dans le monde, nous avons relevé nos fronts abattus, parce que votre naissance annonce celle du Rédempteur, comme l'aurore annonce l'arrivée du jour. Je vous salue, brillante et pure étoile du matin; le soleil de justice va se lever, le jour de la grâce va luire, et c'est vous qui aurez hâté sa venue. Vos désirs, plus ardents que ceux des patriarches et des prophètes, attireront le véritable Emmanuel dans votre sein. Ah ! Jésus, fils de Marie, daignez allumer pour Elle dans mon cœur l'amour le plus tendre, le plus filial, le plus respectueux. Faites, Seigneur, qu'entraînée par mon amour, je marche pas à pas sur les traces de Marie, et que, par Elle et avec Elle, avec tous les enfants de saint Dominique, je ne vive que de Vous, qu'en Vous et pour Vous, de telle sorte que nous méritions d'arriver à la vie éternelle. Amen.

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21 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingt-deuxième jour

Rentrée à Nazareth

 

Cependant la sainte Famille arriva, le soir même de la Purification, à la maison d’Anne, à une demi-lieue de Nazareth, du côté de la vallée de Zabulon. L’on y fit une petite fête de famille du genre de celle qui avait en lieu lors du départ de Marie pour le Temple. Joachim ne vivait plus, et le second mari d’Anne était le maître de la maison. La fille aînée d’Anne, Marie d‘Héli, était présente. L’âne était déchargé, et l’on voulait rester ici un certain temps. Tous accueillirent l‘Enfant-Jésus avec une grande joie ; mais cette joie était grave et retenue. En général, l’on ne vit jamais rien de très-passionné chez tous ces saints personnages. Il y avait aussi là de vieux prêtres. On fit un petit festin. Les femmes mangèrent, comme toujours, séparées des hommes.

Quelques jours après, la sainte Famille était encore chez Anne. Il s’y trouva aussi plusieurs femmes : la fille aînée d‘Anne, Marie d’Héli, avec sa fille ; Marie de Cléophas ; puis une femme du pays d'Elisabeth, et la servante qui s’était trouvée près de Marie à Bethléem. Cette servante, après avoir perdu son mari, qui ne s’était pas bien conduit envers elle, n’avait pas voulu se remarier : elle était venue à Jutta, chez Elisabeth, où Marie l‘avait connue lors de sa visite à sa cousine ; de là, cette veuve était venue chez Anne. L’un de ces jours aussi, Saint Joseph fit plusieurs paquets chez Anne et alla avec la servante à Nazareth, précédant des ânes qui étaient au nombre de deux ou de trois. Il y fut bientôt suivi de la sainte Vierge, qui y vint, accompagnée de sa mère, et portant l’Enfant Jésus dans ses bras. Le chemin qu’elle parcourut était très agréable ; il avait environ une demi4ieue de long, et passait entre des collines et des jardins.

Anne envoie aussi des aliments à Joseph et à Marie dans leur maison de Nazareth. Et combien tout est touchant dans la Sainte Famille ! Marie est comme une mère et en même temps comme la servante la plus soumise du Saint Enfant ; elle est aussi comme la servante de Saint Joseph. Joseph est vis-à-vis d‘elle comme l’ami le plus dévoué et comme le serviteur le plus humble. Ce qui touchait encore, c’était de voir la sainte Vierge remuer et retourner le petit Jésus comme un enfant qui ne peut s’aider lui-même. Quand en songe que c’est le Dieu de Miséricorde qui a créé le monde, et qui, par amour pour nous, se laisse ainsi mouvoir en tous sens, combien on est douloureusement affecté de la dureté, de la froideur et de l’égoïsme des hommes !

Rentrée à Nazareth, la sainte Vierge s’y occupait à tricoter on a faire au crochet de petites robes. Elle avait un rouleau de laine assujetti à la hanche droite, et dans les mains deux petits bâtons en es, avec de petits crochets à l‘extrémité. L’un d’eux pouvait être long d’une demi-aune, l’autre était plus court. Elle travaillait ainsi debout ou assise près de l’Enfant Jésus, qui était couché dans un petit berceau d’osier.

Pour saint Joseph, il tressait différents objets, comme des cloisons et des espèces de planchers pour les chambres, avec de longues bandes d’écorce jaunes, brunes et vertes. Il avait une provision d’objets de ce genre, placés les uns sur les autres dans un hangar près de la maison. Il semblait ne pas prévoir qu‘il lui faudrait bientôt s’enfuir en Egypte. Sainte Anne, de son côté, venait presque tous les jours de sa maison, située à peu près à une lieue de là. Elle était souvent accompagnée de sa servante, que l’on vit un jour entre autres le paquet sur l’épaule, une corbeille sur la tête et une autre a la main. C’étaient des corbeilles rondes, dont l’une était à jour. Il y avait dedans des oiseaux. Elles portaient des aliments à Marie, car celle-ci n’avait pas de ménage, et recevait tout de chez sa mère.

Dans les derniers jours de février, sainte Anne et sa fille aînée se trouvent encore chez la sainte Vierge. Marie d’Héli avait avec elle un petit garçon fort robuste, de quatre ou cinq ans : c’était son petit-fils, le fils aîné de sa fille, Marie de Cléophas. Joseph était allé à la maison de Sainte Anne. Pendant son absence, les femmes sont assises ensemble, causant familièrement, jouant avec l’Enfant Jésus, l'embrassant et le mettant dans les bras du petit garçon, et l‘on se disait : « Les femmes sont pourtant toujours les mêmes ! » Tout cela se passait, en effet, comme de nos jours.

Marie d’Héli demeurait dans un petit endroit, à environ trois lieues de Nazareth, du côté du levant. Sa maison était presque aussi bien arrangée que celle de Sainte Anne. Elle avait une cour entourée de murs, avec un puits à pompe. Quand on mettait le pied sur un certain endroit, l’eau jaillissait en haut et tombait dans un bassin de pierre. Son mari s’appelait Cléophas ; sa fille, Marie de Cléophas, mariée à Alphée, demeurait à l’autre bout du village.

Un soir, les femmes prièrent ensemble. Elles se tenaient devant une petite table placée contre le mur, et sur laquelle était une couverture rouge et blanche. Sur cette table était un rouleau que la sainte Vierge déroula dans le sens de sa longueur et fixa à la muraille. Il y avait dessus une figure brodée, de couleur pâle : elle ressemblait à un mort, enveloppé, comme un enfant au maillot, dans un long manteau blanchâtre qui était relevé sur la tête ; elle tenait quelque chose à la main. L‘on avait déjà vu cette figure lors de la cérémonie qui eut lieu dans la maison d’Anne quand Marie fut conduite au Temple. La lampe était allumée pendant la prière. Marie était debout devant sainte Anne, et sa sœur près d’elle. Elles croisaient les mains sur la poitrine, les joignaient et les étendaient. Marie lut dans un rouleau placé devant elle, et elles récitèrent leurs prières sur un ton et un rythme qui rappelaient la psalmodie du chœur aux monastères et aux couvents.

 

Considération

Saint Joseph d’après Mgr de Beauvais

 

Mgr Gignoux, évêque de Beauvais, avait pris pour sujet de son Mandement de Carême 1863 le Culte de saint Joseph, et n‘en parlait ni autrement ni moins éloquemment que Mgr Angebault. Nous ne pouvons qu’abréger.

« Il semble, disait-il dès cette époque, que c’est de nos jours que le culte de saint Joseph est appelé à se répandre et a devenir vraiment populaire. Mais admirons ici la merveilleuse sagesse de l’Eglise notre mère. À l’incrédulité froide et railleuse du dernier siècle, elle opposait la dévotion affectueuse et compatissante envers le Cœur adorable de Jésus. Aux négations audacieuses de notre temps touchant la chute originelle, à cette tendance qui s’efforce de réhabiliter les instincts les plus grossiers de notre chair coupable, elle opposait naguère, aux applaudissements du monde Catholique, le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, qui est à lui seul un trésor des plus précieux enseignements. Et voilà qu’à la vue d‘une génération avide de lucre et de plaisir, ne travaillant que pour jouir, faisant parade de tout, même de sa bassesse, elle va prendre dans son obscur atelier de Nazareth Joseph, l’homme juste, chaste, dévoué, désintéressé, laborieux, modeste, pauvre et soumis, et elle nous le présente en disant : « Voyez, et instruisez-vous ». À peine élevé sur le trône de saint Pierre, Pie IX, chef et organe de l‘Eglise, ordonnait que, dans tout l’univers, la Fête du Patronage de saint Joseph fût célébrée le troisième Dimanche après Pâques, afin que les fidèles retenus par leurs travaux le 19 mars, Fête principale de notre saint Patron, puissent plus facilement invoquer son assistance et étudier ses vertus dans un jour consacré au Seigneur. Dernièrement encore, cet illustre Pontife, entouré de trois cents Evêques et élevant la voix en présence du monde entier, recommandait, dans son immortelle allocution, l’Eglise catholique et ses immenses besoins à la puissante intercession de saint Joseph...

Entre les deux Testaments, dit plus bas l'illustre zélateur de saint Joseph en parlant de son excellence, quand l’ancienne loi va finir et la loi d’amour commencer, s’élève une figure simple, douce, grave et majestueuse. Saint Joseph nous apparaît comme le trait d’union qui relie l’ancien monde et le nouveau. Il clôt la série des Patriarches et ouvre la longue et admirable série des Bienheureux enfantés par l’Evangile. Mais en lui, quel mélange de simplicité et de grandeur ! Il est le fils des rois de Juda, le sang de David coule dans ses veines ; et pourtant ce n’est qu’un pauvre artisan, gagnant à la sueur de son front le pain de chaque jour. Témoin des plus ravissants mystères, confident du Très-Haut, instruit directement par le ministère des Anges, associé aux desseins de Dieu pour la rédemption du genre humain, saint Joseph contemple en silence ces grandes choses ; il s’enveloppe dans une obscurité volontaire et se tait, laissant à ceux qui en seront chargés le soin d’annoncer au monde les merveilles de Dieu... Sa mission, à lui, est de servir de voile à la maternité virginale de Marie et à l’incarnation du Verbe, afin de tenir ces mystères cachés jusqu’au jour fixé par la volonté du Seigneur. Il semble n‘être placé au troisième plan de ce ravissant tableau que pour faire ressortir plus vivement les traits adorables de Jésus-Christ et la douce figure de la très Sainte Vierge. Le Père éternel lui a délégué une paternité véritable sur son divin Fils ; il l’a honoré comme jamais ne le fut un mortel ; il l’a placé à une telle hauteur, qu’après la dignité de l’auguste Marie, il n’est pas de grandeur comparable à la sienne... »

Après quoi le pieux Prélat exalte avec une grande éloquence de cœur l’éminente justice de saint Joseph et sa double qualité d'Epoux de Marié et de Père adoptif de Jésus, et ajoute en s’appuyant Sur les témoignages de Gerson, de saint Bernardin de Sienne et du Docteur angélique :

« D’après ce que nous venons de dire, jugez du crédit dont jouit auprès de Dieu le chaste Epoux de Marie, le Père adoptif du Sauveur, le chef de la sainte Famille, aujourd’hui qu’il règne dans la gloire. Les martyrs prient par leurs plaies, les élus de tout genre parles sacrifices et les vertus de leur vie mortelle ; Marie, au témoignage de saint Bernard, par le sein qui allaita le Sauveur et par les entrailles qui le portèrent ; saint Joseph, indépendamment des mérites accumulés durant une vie passée auprès du Fils de Dieu, ne peut-il pas élever vers lui ses mains durcies au travail pour le nourrir et pourvoir à sa subsistance ? Ne peut-il pas lui montrer cette poitrine sur laquelle sa divine enfance goûta si souvent les douceurs du repos ? Ne peut-il pas, afin d’enrichir notre indigence, nous distribuer les grâces dont l’auguste Marie, son épouse, est dépositaire ?…

La bonté, d’ailleurs, de saint Joseph pour les hommes égale sa puissance. Pour avoir reposé quelques instants sa tête sur la poitrine du Sauveur, saint Jean est devenu l'apôtre de la dilection. Quels trésors de charité saint Joseph n’aura-t-il pas puisés dans ses rapports intimes avec le divin Maître, lui qui si souvent le porta dans ses bras, le serra contre sa poitrine ; lui qui reçut ses filiales caresses et lui prodigua les témoignages de son paternel amour ! Le Cœur de Jésus-Christ, cœur aimant jusqu’à l’infini, s’épancha dans celui de saint Joseph et lui communiqua pour la pauvre humanité cette indulgence, cette miséricorde dont il surabonde lui-même.

De son côté, la divine Marie, dont nous sommes les enfants d’adoption et qui nous a aimés au point de nous donner son Fils unique, a fait partager à son saint Epoux ses sentiments de mère à notre égard. Saint Joseph est vraiment un père pour tous ceux qui l’invoquent. Autant il est grand devant Dieu, autant il est compatissant à nos misères...

Mais puisque saint Joseph, dit-il en terminant, est le favori du Roi du Ciel, le dispensateur de ses richesses ; puisque sa bonté pour nous est si paternelle, venez à lui, prêtres du Seigneur, vierges consacrées à Dieu, braves ouvriers, pauvres pécheurs, chrétiens de tous les âges et de toutes les conditions, pour lui demander surtout une bonne mort ».

 

Pratique

Cierges en l'honneur de saint Joseph

 

Il en est des cierges comme des lampes. S’ils sont d’antique usage dans l’Eglise, c’est qu’ils sont une manière d’honorer Dieu, devant lequel ces cierges, en se consumant, prennent pour ainsi dire notre place et lui expriment le désir que nous avons de nous consumer pour son amour et pour sa gloire. Ainsi en est-il, toute proportion gardée, des cierges que nous mettons brûler devant les images ou les statues des Saints. C’est une manière de les invoquer, de les implorer, de nous rappeler plus spécialement à leur souvenir. Ces cierges prient pour nous, parlent pour nous, intercèdent pour nous. Et c’est pour cela, sans nul doute, que, d’instinct chrétiennement préconçu, les fidèles de tous les temps et de tous les lieux ont en recours à ces cierges pour faire intervenir plus efficacement la médiation des Saints en leur faveur dans leurs nécessités plus pressantes.

Apportons donc, tous tant que nous sommes, dans toutes les nécessités qui peuvent nous survenir, après comme avant les grâces reçues, de ces cierges aux autels du bon, du tout puissant Saint Joseph. Outre les autres avantages attachés à ces offrandes, les petits sacrifices d’argent qu’elles nous occasionneront toucheront son cœur et le disposeront favorablement à notre égard. Ne dit-on pas quelquefois qu'à l’occasion de telle ou telle faveur obtenue, telle personne lui doit vraiment un beau cierge ? Et cependant, si l’on est empressé de lui apporter le cierge de la demande, n’oublie-bon pas trop souvent de lui apporter le cierge de la reconnaissance ? Non, n’y manquons pas, quand ce ne serait qu’en nous rappelant que la reconnaissance est le meilleur moyen d’obtenir une autre fois de nouveaux bienfaits.

Ne dit-on pas encore que, dans ses fêtes, c’est par milliers que les fidèles apportent leurs cierges dans ses sanctuaires, et particulièrement à son autel de Notre Dame des Victoires, à Paris ? Dans ces jours, apportons au moins les nôtres à l’autel de saint Joseph qui se trouve dans notre église paroissiale.

 

Prière aux diverses fins de l’Archiconfrérie de Beauvais

 

Digne et saint gardien de l’Enfant Dieu, vous qui avez veillé sur ses jours avec tant de sollicitude et l'avez soustrait au glaive du cruel Hérode, couvrez de votre plus tendre et plus puissante protection l’Eglise notre mère, cette sainte Epouse que Jésus-Christ s’est choisie, qu‘il s‘est acquise par son sang, qu’il conduit de son esprit et qu’il s’unira éternellement dans sa gloire. Veillez sur son auguste chef, le Souverain Pontife ; assistez-le de votre puissance, fortifiez-le des consolations célestes, dissipez ses ennemis. Éloignez le sanglier dévastateur de la vigne du Seigneur. Changez les loups ravisseurs en brebis fidèles. Faites luire le soleil de justice sur les nations encore assises dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Convertissez les pauvres pécheurs en renversant les idoles auxquelles ils prostituent leur cœur. Rendez la vue à tant d‘aveugles qui ferment les yeux aux vérités divines et aux espérances éternelles. Rendez l’ouïe à ceux qui restent sourds aux menaces de la colère de Dieu. Redressez ceux qui boitent dans les voies de la justice et de la vertu. Comblez de vos bénédictions et de vos grâces ceux de vos serviteurs qui ont mis en vous leur confiance, et que, par vous, au dernier jour, nous soit propice Celui qui vous a honoré du titre de Père et prononcera en souverain juge sur nos destinées éternelles. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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19 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingtième jour

Départ de Bethléem

 

L’Ange avait averti les rois à temps, car les autorités de Bethléem avaient le projet de les faire arrêter aujourd’hui, de les emprisonner dans les souterrains qui étaient sous la synagogue, et de les accuser auprès d’Hérode d’avoir troublé le repos public. Mais ce matin, lorsqu’on apprit leur départ à Bethléem, ils étaient déjà près d’Engaddi, et la vallée où ils avaient campé était calme et solitaire comme leur séjour, dont il ne restait plus d’autres traces que le gazon foulé et quelque pieux qui avaient servi pour les tentes. Dans le fait, cependant, l’apparition de la caravane avait produit beaucoup d’effet dans Bethléem. Bien des gens se repentaient ne n’avoir pas donné l’hospitalité à Saint Joseph ; d’autres parlaient comme des rois d’aventuriers conduits par d’étranges imaginations ; d’autres, enfin, rattachaient leur arrivée aux bruits de l’apparition qu’avaient eue les bergers. C’est ce qui porta les magistrats de l'endroit, peut-être sur une invitation d’Hérode, a prendre certaines mesures. Tous les habitants de Bethléem furent donc convoqués sur une place où se trouvait un puits entouré d’arbres, devant une grande maison à laquelle on montait par des degrés. Du haut de ces degrés en lut un avertissement ou une proclamation, par laquelle on les engageait à se tenir en garde contre les nouvelles fausses et superstitieuses, et on leur défendait de se porter dorénavant à la demeure des gens qui avaient donné lieu à tous ces propos.

Quand la foule ainsi rassemblée se fut retirée, saint Joseph fut mandé dans cette même maison et interrogé par de vieux Juifs. Il revint ensuite à la crèche et se rendit encore une fois au tribunal. La seconde fois, il prit avec lui un peu de l’or qu’avaient apporté les rois, et il le leur donna ; après quoi ils le laissèrent aller sans l’inquiéter. Tout cet interrogatoire aboutit donc a une escroquerie. Ensuite les autorités firent barrer, par un tronc d’arbre mis en travers, un chemin qui conduisait aux environs de la crèche sans passer par la porte de la ville, mais qui, en partant de la place où Marie s’était arrêtée sous un grand arbre, franchissait une colline ou un rempart. Ils placèrent une sentinelle près de l’arbre dans une cabane, et firent tendre sur le chemin des fils qui aboutissaient à une sonnette dans la cabane, afin qu’on pût arrêter ceux qui voudraient prendre ce chemin.

Dans l’après-midi, une troupe de seize soldats d‘Hérode vint trouver Joseph, avec lequel ils s’entretinrent. Ils avaient probablement été envoyés à cause des trois rois, qu’on avait accusés de troubler la paix publique ; mais comme le silence et le repos régnaient partout et qu’ils ne trouvèrent dans la grotte que la pauvre famille, comme d‘ailleurs ils avaient l’ordre de ne rien faire qui pût attirer l‘attention, ils s’en retournèrent tranquillement et rapportèrent ce qu’ils avaient vu. Joseph avait porté les présents des trois rois et ce qu’ils avaient laissé en outre après eux, dans la grotte de Maraha et dans d'autres grottes cachées de la colline de la Crèche, qu’il connaissait depuis sa jeunesse pour s’y être souvent dérobé aux persécutions de ses frères. Ces caveaux solitaires existaient dès le temps du patriarche Jacob. A une époque où il n’y avait qu’une couple de cabanes a la place de Bethléem, il y avait dressé une fois ses tentes sur la colline de la Crèche.

Ce soir, Zacharie d’Hébron, visita pour la première fois la sainte Famille. Marie était encore dans la grotte. il versa des larmes de joie, prit l’Enfant dans ses bras, et répéta, en y changeant quelque chose, le cantique de louanges qu‘il avait chanté lors de la circoncision de Jean-Baptiste.

Le lendemain, Zacharie est reparti, mais Sainte Anne est revenue près de la sainte Famille avec sa fille aînée, son second mari et la servante. La fille aînée d’Anne était plus grande que sa mère et paraissait presque plus âgée. Le second mari d’Anne était plus grand et plus vieux que ne l’était Joachim ; il s’appelait Eliud, et avait un emploi dans le Temple, où il était chargé de l’examen des victimes destinées aux sacrifices. Anne avait de lui une fille, qui s’appelait aussi Marie. Elle pouvait avoir déjà six ou huit ans lors de la naissance de Jésus. Cet Eliud mourut peu de temps après, et Anne dut se remarier une troisième fois pour obéir à la volonté de Dieu. Elle eut de ce mariage un fils, qui fut souvent appelé le frère de Notre Seigneur.

La servante qu’Anne avait amenée de Nazareth huit jours auparavant était restée près de la sainte Vierge. Quand celle-ci habitait encore la grotte de la Crèche, elle se tenait dans le petit caveau latéral ; mais depuis que Marie est dans la grotte voisine de celle de la Crèche, la servante loge sous un auvent que Saint Joseph a placé devant cette grotte. Anne et ceux qui l’ont accompagnée passent la nuit dans la grotte de la Crèche.

Une grande joie règne maintenant dans la Sainte Famille. Anne est au comble du bonheur : Marie lui met souvent l’Enfant Jésus dans les bras et le laisse soigner par elle. Ce qu’elle n’a jamais fait pour aucune personne. Mais ce qui était singulièrement touchant, c’est que les cheveux de l’Enfant, qui étaient blonds et bouclés, avaient à leur extrémité de beaux rayons de lumière. Aussi en prenait-on un grand soin ; car on frottait souvent sa petite tête lorsqu’on le lavait, et on lui mettait pour cela un petit manteau sur les épaules. Il y a toujours dans la Sainte Famille une pieuse et touchante vénération pour l’Enfant Jésus ; mais tout s’y passe simplement et naturellement, comme à l’égard des enfants qui sont bénis de Dieu. L’Enfant a une affection et une tendresse pour sa Mère que l’on a jamais vues chez des enfants si jeunes.

Marie raconta à sa mère tout ce qui s’était passé lors de la visite des trois rois, et Anne fut extraordinairement touchée que le Seigneur eut appelé ces hommes de si loin pour leur faire connaître l’Enfant de la promesse. Elle vit les présents des rois, qui étaient cachés dans une excavation pratiquée dans la paroi : elle aida à en distribuer une grande partie, et à mettre le reste en bon ordre. Tout était tranquille dans les environs : les chemins menant à la grotte qui ne passaient pas par la porte de la ville, étaient barrés par ordre des autorités.

Joseph n’allait plus faire ses emplettes à Bethléem : les bergers lui apportaient ce dont il avait besoin. La parente chez laquelle Anne est allée, dans la tribu de Benjamin, est Mara, la fille de Rhode, sœur d’Elisabeth. Elle était pauvre, et eut dans la suite plusieurs fils qui furent disciples de Jésus.Un d’eux s’appelait Nathanaël et fut le fiancé des noces de Cana.

Ce même jour, Anne renvoya son mari Eliud, avec un âne chargé, et la servante sa parente, avec un gros paquet. C’était une partie des présents des trois rois : des étoffes diverses et quelques vases d'or qui servirent plus tard au culte chez les premiers chrétiens. Ils emportèrent tout cela secrètement ; car il y avait toujours des espions qui rôdaient çà et là. Ils ne durent porter toutes ces choses qu’à un endroit peu éloigné sur le chemin de Nazareth, car on vit de nouveau Eliud à Bethléem, lors du départ de sainte Anne, qui eut lieu peu de temps après.

Anne resta donc seule avec Marie dans la grotte latérale, où elles travaillèrent ensemble à une couverture grossière, brodée ou tricotée. La grotte de la Crèche est, du reste, débarrassée. L’âne de saint Joseph est toujours caché derrière des claies. Encore aujourd’hui des agents d‘Hérode vinrent à Bethléem, et prirent des informations dans plusieurs maisons relativement un enfant nouveau-né. Ils accablèrent spécialement de questions une Juive d’un rang distingué qui, peu de temps auparavant, avait mis au monde un enfant mâle. Ils ne vinrent pas à la grotte de la Crèche. Comme précédemment ils n‘y avaient trouvé qu’une pauvre famille, ils ne supposèrent pas qu’il pût en être question.

Cependant deux hommes âgés, qui devaient être deux des bergers qui avaient adoré l’Enfant Jésus, vinrent trouver Joseph, et l’avertirent de ces perquisitions. La sainte Famille alors et sainte Anne se réfugièrent avec l’Enfant dans la grotte du tombeau de Maraha. Dans la grotte de la Crèche, il n’y avait plus rien qui indiquât un lieu habité : elle paraissait tout à fait abandonnée. Puis, pendant la nuit, ils traversèrent la vallée, à peine éclairés par une lanterne sourde. Anne portait l’Enfant Jésus dans ses bras, Marie et Joseph marchaient a côté d’elle ; les bergers les conduisaient, portant les couvertures et tout ce qui était nécessaire pour former la couche des saintes femmes et de l’Enfant.

Mais l’on vit, à cette occasion, autour de l’Enfant Jésus une gloire formée de sept figures d’Anges placées les unes au-dessus des autres ; plusieurs autres figures paraissaient dans cette gloire. L’on vit aussi près de sainte Anne, de saint Joseph et de Marie, des formes lumineuses qui semblaient les conduire par le bras. Quand ils furent entrés dans le vestibule, ils fermèrent la porte et allèrent. jusque dans la grotte du tombeau, où ils disposèrent tout pour y prendre leur repos.

Le lendemain, la sainte Vierge raconta de nouveau à sa mère tout ce qui s’était passé lors de la visite des saints rois, et elles parlèrent aussi de la manière dont elle avait été laissée dans la grotte du tombeau de Maraha. Puis, tout à coup, arrivèrent deux bergers qui venaient trouver la sainte Vierge et l’avertir qu’il venait des gens chargés par les autorités de s’enquérir de son enfant. Marie ressentit une vive inquiétude, et l’on vit bientôt après saint Joseph entrer, retirer l'Enfant-Jésus de ses bras, l’envelopper dans un manteau et l’emporter.

Et alors la sainte Vierge, livrée à ses inquiétudes maternelles, resta seule dans la grotte sans l’Enfant Jésus pendant l’espace d‘une demi-journée. Quand vint l’heure où on devait l’appeler pour allaiter l’Enfant, elle fit ce qu‘ont coutume de faire des mères soigneuses lorsqu’elles ont été agitées violemment par quelque frayeur ou quelque vive émotion. Avant de donner le sein à l’Enfant, elle en exprima le lait, que ses angoisses avaient pu altérer, dans une petite cavité de la couche de pierre blanche qui se trouvait dans la grotte. Elle parla de la précaution qu’elle avait prise a un des bergers, homme pieux et grave, qui était venu la trouver, probablement pour la conduire auprès de . l’Enfant, et cet homme, profondément convaincu de la sainteté de la Mère du Rédempteur, recueillit plus tard avec soin le lait virginal qui était resté dans la petite cavité de la pierre, et le porta avec une simplicité pleine de foi a sa femme, qui avait alors un nourrisson qu’elle ne pouvait pas satisfaire ni calmer. Cette bonne femme prit cet aliment sacré avec une respectueuse confiance, et sa foi fut aussitôt récompensée, car son lait devint aussitôt très abondant. Depuis cet événement, la pierre blanche de cette grotte reçut une vertu semblable ; et de nos jours encore, même des infidèles mahométans en font usage comme d’un remède, dans ce cas et dans plusieurs autres.

Depuis ce temps, cette terre passée à l’eau et pressée dans de petits moules a été répandue dans la chrétienté comme un objet de dévotion ; c’est d’elle que se composent les reliques appelées le Lait de la très sainte Vierge. Dans les jours qui suivirent, saint Joseph prit divers arrangements qui annonçaient le prochain départ de la sainte Famille. Chaque jour il amoindrissait son mobilier : il donna aux bergers les cloisons mobiles, les claies et les autres objets a l’aide desquels il avait rendu la grotte habitable, et ils les emportèrent aussitôt.

La veille du Sabbat, un assez grand nombre de gens qui allaient à Bethléem pour le sabbat, vinrent à la grotte de la Crèche ; mais, la trouvant abandonnée, ils passèrent outre. Cependant Sainte Anne, qui doit retourner à Nazareth après le Sabbat, met tout en ordre et fait des paquets. Elle prend avec elle et charge sur deux ânes plusieurs choses données par les trois rois, spécialement des tapis, des couvertures et des pièces d’étoffe. Le soir, la Sainte Famille commença le Sabbat dans la grotte de Maraha et l’y continua le lendemain. La tranquillité régnait dans les environs. Après la clôture du Sabbat, on prépara tout pour le départ de Sainte Anne et d’Eliud.

Mais cette nuit, pour la seconde fois, la Sainte Vierge sortit au milieu des ténèbres de la grotte de Maraha, et porta l’Enfant Jésus dans celle de la Crèche. Elle le déposa sur un tapis à l’endroit où il était né, et pria à genoux près de lui. Toute la grotte fut alors remplie de lumière céleste, comme à l’heure de la naissance du Sauveur.

Le lendemain, de très grand matin, Sainte Anne fit de tendre adieux à la Sainte Famille et aux trois bergers et partit pour Nazareth avec son mari et ses gens. Ils emportaient sur leurs bêtes de somme tout ce qui restait des présents des trois rois.

Comme on approchait, du reste, du jour où la Sainte Vierge devait présenter son premier-né au Temple et le racheter suivant les prescriptions de la Loi, tout fut préparé pour que la Sainte Famille pût d’abord aller au Temple, puis retourner à Nazareth. Dès ce même jour, d’ailleurs, les bergers avaient pris tout ce qu’avaient laissé après eux les serviteurs de sainte Anne. La grotte de la Nativité, la grotte latérale et celle du tombeau de Maraha avaient été débarrassées et nettoyées. Saint Joseph les laissa dans un parfait état de propreté.

Dans la nuit du dimanche au lundi, Joseph et Marie visitèrent encore une fois avec l'Enfant la grotte de la Crèche, et prirent congé de ce lieu à jamais consacré. Ils étendirent d’abord le tapis des trois rois a la place où Jésus était né, y déposèrent l'Enfant et prièrent ; puis ils le placèrent à l’endroit où avait eu lieu la circoncision, et s’y agenouillèrent aussi pour prier.

Le lundi, au point du jour, la sainte Vierge se plaça sur l’âne, que les vieux bergers avaient disposé et amené à l’entrée de la grotte. Joseph tint l’Enfant jusqu’à ce qu’elle se fût placée commodément, et le lui donna. Elle était assise sur un siège : ses pieds, un peu relevés, reposaient sur une planchette. Elle tenait sur son sein l’Enfant, enveloppé dans son grand voile, et le regardait avec bonheur. Ils n’avaient près d’eux, sur l’âne, que deux couvertures et deux petits paquets, entre lesquels Marie était assise. Les bergers leur firent de touchants adieux et les conduisirent jusqu‘au chemin. Ils ne prirent pas la route par laquelle ils étaient venus, mais passèrent entre la grotte de la Crèche et celle du tombeau de Maraha, en longeant Bethléem au levant. Personne ne les aperçut.

 

Considération

Saint Joseph d’après Monseigneur de Luçon

 

Entendons maintenant les Evêques de notre temps publier les louanges de saint Joseph, et nous exhorter à lui rendre le culte qui lui est si justement dû. Nous commençons par Mgr Baillès, ancien évêque de Luçon, résidant actuellement à Rome, où il fait partie de la congrégation de l’Index.

« L’incomparable patriarche Saint Joseph, dit-il, fils de David, honoré du titre de Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, Epoux de la très Sainte Vierge Marie, a été associé d’une manière si ineffable au mystère de l’Incarnation du Verbe et de la Rédemption du monde, qu’il résume en lui des prérogatives, des faveurs, des grâces, des gloires dont les esprits créés ne pourront jamais pénétrer toute l’étendue. Il entre avec Jésus et Marie dans l’accomplissement des décrets éternels de Dieu pour le salut du genre humain ; il est préparé, dès l’origine du monde, pour ces hautes destinées ; et la suradorable Trinité, en formant le cœur de Jésus et en façonnant le cœur de Marie sur le modèle de son divin Fils, fait le cœur de Joseph aussi ressemblant à celui du Fils et de la Mère que peut le permettre la gloire divine du Fils et la gloire incomparable de la Mère. Bien plus, le Père éternel verse par torrents dans ce grand cœur la pure et sainte fécondité de son adorable paternité, les virginales et intimes communications de la société incompréhensible des trois personnes divines, afin que, par le plus grand des prodiges, la virginité de saint Joseph devienne féconde, que son ineffable pureté soit la gardienne de la pureté même, et qu’il soit le Père de Jésus et l’Epoux de Marie...

Raisonnant d’après ces principes, et distinguant en Marie la maternité spirituelle et la maternité corporelle, mais de telle sorte que la première est incomparablement au-dessus de la dernière, c’est ici que nous trouvons le plus grand et le plus solide éloge de notre saint Patriarche. Car s’il a été dépourvu, comme il le fallait, de la paternité corporelle, il a été doué merveilleusement de la paternité spirituelle, qui est la plus excellente. De sorte, dit saint Augustin, que si Marie fut la Mère de Jésus et par l’esprit et par la chair, Joseph, comme Epoux de Marie, en fut aussi le Père, quoique par le seul esprit.

Réunissons donc tout ce que nous pourrons imaginer de grâces, de grandeur, de gloire, pour former en saint Joseph une paternité spirituelle qui soit en rapport avec la maternité spirituelle de Marie, et nous parviendrons à nous faire une idée bien grossière, il est vrai, mais un peu moins incomplète des sublimes perfections de celui qui devait être appelé le Père de Jésus-Christ ; car si Marie est au-dessus de tout ce qui est créé, comme Mère de Dieu, quelle ne doit pas être la gloire de Joseph, à qui Jésus donnait le doux nom de Père, et qui pouvait, d‘une manière aussi prodigieuse qu vraie, lui donner la qualité de Fils !

Il me semble aussi voir toutes les hiérarchies célestes contempler, avec respect et combler d’honneur et de gloire dans l’éternité cet heureux Père, cet heureux Epoux, à qui le Fils et la Mère de Dieu ont été soumis et obéissants. Les Séraphins trouvent dans son coeur embrasé d’amour des ardeurs qui augmentent la flamme dont ils sont eux-mêmes consumés ; les Chérubins contemplent la plénitude et la perfection de la science et des lumières de ce saint Patriarche, découvrant dans ce chérubin de la terre des clartés qui semblaient ne pouvoir rayonner qu’au plus haut des cieux ; les Trônes ne cessent point d’admirer celui qui, encore placé sur la terre, y a porté et soutenu son Dieu avec le plus complet détachement de toutes choses, et dans l’exercice continuel de la plus sublime contemplation… Les Dominations sont ravies de rencontrer un si grand empire au-dessus de toutes les choses terrestres en celui qui a été investi de si peu d’autorité aux yeux des hommes ; les Vertus célèbrent l’énergie et la force d’âme inébranlables de celui qui, au sentiment de plusieurs saints docteurs, sanctifié avant sa naissance, fut dès ce moment solidement affermi dans la pratique des plus héroïques vertus ; les Puissances bénissent Dieu d’avoir réuni tant d’autorité et de modération, de force et de douceur, de pouvoir et d’obéissance dans le même coeur ; les Principautés ne se lassent point d’admirer de quelle dignité, de quel bonheur, de quelle prérogatives est investi auprès de Dieu celui qui fut si peu considéré, si peu estimé des hommes ; les Archanges se prosternent devant le chaste et virginal Epoux de Marie, et Gabriel ne pénètre point sous le toit béni de la maison de Nazareth sans envier le bonheur de celui que Dieu a si intimement uni à la Reine des Hiérarchies Angéliques… ; les Anges sont dans l’étonnement, à la vue des services que Joseph a en le bonheur de rendre, pendant toute sa vie, à Jésus et à Marie...

On se perd vraiment au milieu de tant de mystères, on est ébloui de tant de gloires, et l’on comprend que ni le langage des hommes ni celui des Anges ne peut s’élever à des hauteurs aussi inaccessibles a tout ce qui est créé.

Joignons-nous donc aux hiérarchies célestes que le Fils a établies dans la maison de son Père, et qu’il a chargées de former la cour de Celui à qui il a voulu se rendre soumis et obéissant, et offrons par elles à l’Epoux de Marie, à ce glorieux prince du ciel, nos prières, nos vœux, nos supplications et nos hommages...

Joignons-nous à Marie, occupée à contempler la perfection ineffable de son Epoux, qui n’a rien de nos faiblesses ni de nos tristes vicissitudes dans la ferveur.

Joignons-nous à Jésus se communiquant à Joseph, son Père, avec toutes ses grâces et sa vérité, lui ouvrant tous les trésors de son cœur et l’assistant lui-même avec Marie, à son heure dernière, afin que sa mort fût le plus doux des sommeils et le passage de la contemplation de la terre à la contemplation céleste qu'il lui avait préparée pour les jours mêmes de l’attente.

 

Pratiques

Sanctuaires de saint Joseph

 

« Comme ce serait une affection plus somptueuse, dit notre bon chanoine de Verdun, aussi serait-elle plus a louer et à récompenser, si l’on érigeait des églises, des chapelles, des autels sous l‘invocation de saint Joseph, Ou que l‘on mit soit de ses statues, soit de ses tableaux, dans toutes les églises, pour insinuer par cette industrie dans le cœur des peuples la volonté de le servir et de lui être dévot ». Ce qui donnerait droit, en effet, à une double récompense, et pour l’honneur qui en reviendrait à notre Saint, et pour l’édification que les fidèles y trouveraient. Comme on serait la cause et l'0rigine première de toutes les bonnes œuvres qui s’y opéreraient et de toutes les grâces qui en découleraient, il est évident que l‘on y aurait la première, nous allions dire la meilleure part.

Vous êtes donc bien heureux, si votre fortune vous a mis en état de pouvoir ériger de ces sanctuaires à saint Joseph. Vous ne pouvez en faire un meilleur usage; et, comme le saint Patriarche s’occupe également de nos intérêts temporels, vous pouvez avoir la confiance qu‘il vous obtiendra la graisse de la terre avec la rosée du ciel, c’est-à-dire les prospérités d’ici-bas avec les grâces d’en haut. C’est un bon et sûr banquier que saint Joseph, et on l’a vu plus d’une fois, servir de gros intérêts à ses clients.

Mais vous qui, comme lui, ne vivez que du travail de vos mains, ou ne jouissez que d’une modeste aisance, faites les sacrifices qui sont en votre pouvoir, soit pour la construction, soit pour la décoration de ces sanctuaires, de ces chapelles, de ces autels, et, comme son divin Fils, il saura bien apprécier ce que vous aurez fait pour lui, et vous tenir compte de ce que pour lui vous aurez prélevé sur votre indigence. voire même sur votre nécessaire.

 

Prière

Pour les circonstances difficiles de la vie

 

Bienveillant et débonnaire saint Joseph, qui, dans les desseins de Dieu, avez été tant éprouvé en cette vie, soit pour que v0us fassiez en tout conforme à Jésus et à Marie, soit pour que vous puissiez mieux compatir à nos misères, c’est a vous que je viens m’adresser dans la détresse où je me tr0uve réduit. Vous aussi vous avez ressenti toutes les peines de l‘esprit au temps de votre doute sur ce qui s’était passé dans votre sainte Epouse ; toutes les peines du cœur, lorsque vous n’eûtes que la pauvre étable de Bethléem à offrir à Jésus naissant et à Marie qui nous l‘enfantait ; puis, dans la fuite et le séjour en Egypte, toutes les misères qu’entraînent l’éloignement de son pays, l’isolement dans la terre étrangère, le dénuement de toutes choses, la pauvreté, le manque de travail ; et enfin, quoique saint, tous les tourments intérieurs de la perte de Jésus par le péché, lorsque vous le perdîtes vous-même à l’âge de douze ans. Vous avez donc titre, qualité et grâce pour nous secourir dans toutes nos douleurs.

Vous en avez aussi, je le sais, la volonté. C‘est ce qui me porte à recourir à vous en toute confiance. Vous connaissez tout ce que je souffre aussi dans mon esprit et dans mon cœur, toutes mes nécessités spirituelles et temporelles. Ô vous dont la puissance sait rendre possibles les choses les plus impossibles, venez-moi en aide dans l’embarras oh je me trouve, et prenez sous votre charitable conduite l’affaire si ardue que je vous recommande (la spécifier ici). Vous seul pouvez me tirer et me tirerez de l’extrémité où je suis réduit (la préciser de nouveau...).

Si toutefois l’objet de ma demande pouvait être contraire a la gloire de Dieu et à mon salut, obtenez-moi la grâce de me résigner avec amour a la volonté de Celui qui a pour nous un cœur de père, et qui, dans les afflictions qu‘il nous envoie comme dans les grâces temporelles qu‘il nous accorde, ne veut jamais que notre plus grand avantage et notre éternel bonheur. Mais non, la grâce que je sollicite n’est point opposée à sa gloire et à mon salut, et vous ne me refuserez pas ce que je vous demande avec tant de confiance.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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18 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Dix-neuvième jour

Retour des Mages

 

Le lendemain matin, de bonne heure, les pieux rois et quelques personnes de leur suite visitèrent successivement la Sainte Famille. Ils s’occupèrent ensuite, pendant la journée, près de leur campement et de leurs bêtes de somme, de diverses distributions. Ils étaient dans la joie et le bonheur, et faisaient beaucoup de présents. C’est qu’alors on en agissait toujours ainsi lors des événements heureux. Les bergers qui avaient rendu des services à la suite des rois, reçurent des présents considérables. Ils firent aussi des gratifications à beaucoup de pauvres, et c’est ainsi que l’on mit des couvertures sur les épaules de quelques pauvres vieilles femmes, toutes courbées, qui s’étaient glissées jusque-là. Il y avait plusieurs personnes de la suite des trois rois qui se plaisaient dans la vallée, près des bergers, et qui voulaient y rester et contracter des alliances avec ces bergers. Ils firent connaître leur désir aux rois, et en reçurent la permission de rester, avec de riches présents, tels que des couvertures, des effets, de l'or en grains, et les ânes qu’ils avaient montés. Les généreux rois distribuèrent aussi beaucoup de petits pains plats, semblables à du biscuit, qu’ils préparaient aux endroits où ils campaient, au moyen de leur provision de farine, dans des formes de fer qu‘ils portaient avec eux, et qu’ils mettaient ensuite sur leurs bêtes de somme, entassés dans de légères boîtes de cuir. Il vint aussi aujourd’hui beaucoup de gens de Bethléem, qui se pressaient autour d’eux pour avoir des présents, et.qui se faisaient donner,quelque chose sous divers prétextes.

Le soir, ils allèrent à la crèche pour prendre congé de la sainte Famille. Mensor s’y rendit seul d’abord. Marie lui mit l’Enfant-Jésus dans les bras : il pleurait et était rayonnant de joie. Après lui vinrent les deux autres, qui firent également leurs adieux en versant des larmes. Ils apportèrent encore beaucoup de présents : des pièces de diverses étoffes, des tissus de soie sans teinture, d’autres tissus de couleur rouge ou à fleurs; puis de magnifiques couvertures. Ils voulurent en outre laisser leurs grands manteaux d'un jaune pâle, qui semblaient faits d’une laine extrêmement fine : ils étaient très légers, et le moindre souffle d’air les agitait.

Ils offrirent encore à la Sainte Famille plusieurs coupes placées les unes sur les autres, des boites pleines de grains, et dans une corbeille des pots, aussi placés les uns au-dessus des autres, et où étaient de beaux bouquets d’une herbe verte, chargée de jolies fleurs blanches, dans laquelle on reconnaissait facilement la myrrhe. Ils donnèrent aussi à Saint Joseph de longues cages avec des oiseaux bons à manger qu’ils avaient en grand nombre sur leurs dromadaires.

Tous versèrent des larmes abondantes quand ils quittèrent Marie et l’Enfant. La Sainte Vierge était debout à côté d’eux, au moment où elle reçut leurs adieux. Elle portait sur son bras l’Enfant Jésus enveloppé dans son voile, et elle fit quelques pas pour reconduire les rois vers la porte de la grotte ; puis elle s’arrêta, et pour donner un souvenir à ces bons rois, elle détacha de sa tête le grand voile d’étoffe jaune transparente qui l’enveloppait ainsi que l’Enfant Jésus, et le donna à Mensor. Ils reçurent ce don en s’inclinant profondément, et une joie respectueuse fit battre leurs coeurs quand ils virent devant eux la Sainte Vierge sans voile, tenant le petit Jésus. Quelles douces larmes ils versèrent en quittant la grotte ! Le voile fut pour eux dès lors la plus sainte relique qu’il possédassent.

La Sainte Vierge, en recevant les présents, ne semblait pas attacher de prix aux choses qu’on lui offrait, et pourtant sans sa touchante humilité, elle montrait une véritable,reconnaissance pour celui qui donnait. Pendant cette merveilleuse visite, l’on ne vit chez elle aucun sentiment de retour complaisant sur elle-même. seulement, au commencement, par amour pour l'Enfant Jésus et par compassion pour Saint Joseph, elle se laissa aller en toute simplicité à l’espérance que dorénavant ils trouveraient peut-être de la sympathie à Bethléem, et ne seraient plus traités d’une manière aussi méprisante qu’à leur arrivée ; car la tristesse et la confusion de Saint Joseph l’avaient beaucoup affligée.

Quand les rois prirent congé de la sainte Famille, la lampe était, déjà allumée dans la grotte : il faisait sombre, et ils se rendirent aussitôt avec leurs suivants sans le grand térébinthe qui surmontait le tombeau de Maraha, pour y faire, comme la veille au soir, les cérémonies de leur culte. Une lampe était allumée sous l’arbre. Lorsque les étoiles se montrèrent, ils prièrent et entonnèrent des chants mélodieux, Les voix des enfants faisaient un effet très agréable dans le chœur. Ils se rendirent ensuite dans leur tente, où Joseph leur avait encore préparé un petit repas, après lequel quelques-uns s’en retournèrent à leur hôtellerie de Bethléem, tandis que les autres se livrèrent au repos dans la tente.

Mais vers minuit, au beau moment où les rois reposaient tranquillement dans leur tente sur leurs couvertures étendues par terre, apparut auprès d’eux un jeune homme resplendissant. C’était un Ange qui les éveillait et leur disait de partir en toute hâte, et de ne pas s’en retourner par Jérusalem. mais par le désert, en contournant la Mer Morte. Ils se jetèrent promptement à bas de leur couche, et leur suite fut bientôt sur pied. L’un d’eux alla à la crèche éveiller saint Joseph, qui courut à Bethléem pour avertir ceux qui s’y étaient logés ; mais il les rencontra avant d’y arriver, car ils avaient eu la même apparition. La tente fut pliée, les bagages furent chargés, et tout fut enlevée avec une rapidité étonnante. Pendant que les rois faisaient encore de touchants adieux à Saint Joseph devant la grotte de la Crèche, leur suite partait en détachements séparés pour prendre les devants , et se dirigeait vers le midi pour longer la mer Morte en traversant le désert d’Engaddi.

Les rois firent des instances pour que la sainte Famille partit avec eux, parce qu‘un danger la menaçait certainement ; ils demandèrent ensuite qu’au moins Marie se cachât avec le petit Jésus pour n‘être pas inquiétée à cause d‘eux. Ils pleurèrent comme des enfants, embrassèrent saint Joseph et lui parlèrent avec une grande effusion de cœur ; puis ils montèrent sur leurs dromadaires légèrement Chargés, et s’éloignèrent à travers le désert. Et l’Ange se tenait dans la plaine près d’eux. leur montrait la direction du chemin. Bientôt ils disparurent. Ils,suivirent des routes séparées à un quart de lieue les uns des autres, se dirigeant pendant une lieue vers l’orient ensuite vers le midi, dans le désert. Ils passèrent une contrée que traversa Jésus en revenant d’Egypte dans sa troisième année de prédication.

 

Considération

Saint Joseph d’après Saint Alphonse de Liguori

 

Le dernier des saints canonisés qui nous ait parlé, à titre spécial, de Saint Joseph, est Saint Alphonse de Liguori, aussi illustre par ses vertus et son savoir que par les grandes choses qu’il a faites dans l’Église, ainsi que par son ardent amour pour Notre Seigneur et sa tendre dévotion envers la très Sainte Vierge et son saint époux. Nous ne pouvons que résumer ici ce qu’il pensait de Saint Joseph.

« Que ce soir pour nous, dit-il, un devoir d’honorer Saint Joseph qui peut en douter, après que le Fils de Dieu Lui-même a voulu l’honorer du nom de Père ? Nom, dit Saint Basile, qu’aucun Ange ou aucun Saint n’a jamais mérité de porter. Par ce nom de Père, Joseph a été plus honoré de Dieu que tous les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres. Ils ont tous le nom de serviteurs, Joseph seul a celui de Père.

Il en a de plus le titre et la qualité, il est le chef de cette petite Famille, petite par le nombre, mais grande par les deux incomparables personnes qu’elle contient, la Mère de Dieu et le Fils de Dieu fait homme, qui lui est soumis comme un fils à son Père. Aussi, dans cette Famille, c’est Joseph qui commande et le Fils de Dieu qui obéit, de sorte que tous ses pas, ses démarches, sa nourriture, s'en repos, toutes ses actions ne sont réglés que par les ordres de Joseph, selon ce qui a été révélé à sainte Brigitte.

C’est pourquoi, dit saint Jean Damascène, Dieu a donné à Joseph l’amour, la vigilance et l‘autorité du père : dedit ei affectum, sollicitudinem, auctoritatem patris. Il lui a donné l’affection d’un père, afin qu’il veillât sur Jésus-Christ avec une grande tendresse ; il lui donna la sollicitude d'un père, afin qu’il l’environnât de toutes les précautions possibles ; et enfin l’autorité d’un père, pour lui donner l’assurance qu’il serait obéi dans toutes les mesures qu’il pourrait prendre touchant la personne de son Fils.

Mais, de savoir que saint Joseph fut élu de Dieu pour remplir les fonctions de père auprès de Jésus-Christ, cela suffit, dit ailleurs notre bienheureux, pour nous faire apprécier la sainteté de Joseph. Car, comme, selon saint Thomas, Dieu n’appelle jamais quelqu’un à une fonction sans lui donner toutes les grâces qui le rendent apte à la remplir, on doit tenir pour certain qu’il accorda à Joseph tous les dons de sagesse et de sainteté qui convenaient a une pareille charge. On ne doit donc pas douter qu’il ne l’ait enrichi de toutes les grâces et les privilèges accordés aux autres saints.

Joseph était déjà saint avant d’être élevé à la dignité d’Epoux de la Vierge ; mais il fit encore de bien plus grands progrès dans la sainteté, après que Dieu lui eut accordé cet insigne honneur. Les seuls exemples de sa sainte Epouse suffisaient pour le sanctifier. Mais si Marie, comme parle saint Bernardin de Sienne, est la dispensatrice de toutes les grâces que Dieu accorde, aux hommes, avec quelle profusion devons-nous croire, qu'elle en aura enrichi son Epoux, qui lui était si cher et à qui elle était si chère ! Puis, comme la sainteté de Joseph s’accrut encore par le commerce continuel et la familiarité qu’il eut avec Jésus-Christ tout le temps qu’ils vécurent ensemble ! Si les deux disciples qui allaient à Emmaüs se sentiront enflammés de l’amour divin pour le peu de moments qu’ils accompagnèrent le Sauveur et l’entendirent parler, quelles vives flammes de pure charité ne durent pas s’allumer dans le cœur de Joseph, pour avoir conversé pendant trente années avec Jésus-Christ, pour avoir entendu les paroles de vie éternelle qui sortaient de sa bouche, et avoir observé les admirables exemples d‘humilité, de patience et d‘obéissance qu'il donnait en se montrant si prompt à l’aider dans tous ses travaux, à le servir dans tout ce qui était nécessaire pour l‘intérieur de la maison ! Quel incendie de divin amour devaient opérer tous ces traits enflammés de charité dans le cœur de Joseph ! N’en doutons pas, Joseph, tant qu’il eut le bonheur de vivre avec Jésus-Christ, accrut ses mérites et sa Sainteté à tel point, que nous pouvons bien dire qu’il a surpassé les mérites de tous les autres saints.

Or, si Dieu, suivant l’Apôtre, doit rendre à chacun selon ses œuvres, quelle gloire devons-nous penser qu‘il ait préparée à saint Joseph, qui lui a rendu tant de services, et dont il a été tant aimé, tandis qu’il vécut sur la terre ? Et cette vie de la gloire de saint Joseph dans le ciel ne doit-elle pas accroître notre confiance en sa protection ?

Supplions alors ce grand saint de nous obtenir trois grâces en particulier : le pardon des péchés, l’amour de Jésus-Christ et une bonne mort.

Le pardon des péchés. Voici une pensée qui doit nous encourager. Lorsque Jésus-Christ vivait sur la terre dans la maison de Joseph, s‘il y avait eu un pécheur qui eût désiré recevoir du divin Maître le pardon de ses péchés, aurait-il pu trouver un moyen plus sûr d'être exaucé que l’intercession de Saint Joseph ? Si donc nous voulons que Dieu nous pardonne, recourons au même Saint Joseph, qui maintenant dans le ciel est plus aimé de Jésus-Christ qu’il ne l‘était sur la terre.

L’amour de Jésus-Christ, demandons-le aussi à Saint Joseph. Je tiens pour assuré que la grâce la plus singulière que saint Joseph obtient à ceux qui l’honorent est un tendre amour envers le Verbe incarné, en récompense de toute la tendresse qu’eut Saint Joseph pour Jésus en ce monde.

Enfin, demandons-lui une bonne mort. C’est une chose connue de tous que Saint Joseph est le protecteur de la bonne mort, ce grand saint ayant eu le bonheur de mourir entre les bras de Jésus et de Marie. Aussi tous ceux qui implorent son secours et mettent leur confiance en son crédit auprès de Dieu doivent-ils espérer que saint Joseph, au moment de leur mort, viendra les assister, accompagné de Jésus et de Marie ».

 

Pratique

Statues de Saint Joseph

 

Autre engouement de notre siècle, le besoin d’ériger des statues à ceux qu’on appelle grands hommes, quoiqu’ils ne le soient pas tous assurément devant Dieu, et qu’il en est plus d’un dont on peut dire que, s’ils sont glorifiés là où ils ne sont pas, ils sont bien crucifiés là où ils sont. Et nous, dévots de Saint Joseph, n’aurons-nous pas aussi à coeur de lui ériger des statues, soit pour satisfaire notre piété, soit pour soutenir et exciter celle des autres ? D’autant plus que les statues parlent plus à l’esprit et au coeur de tous que les tableaux et les gravures. Et n’est-ce point pour cela que, dans les âges de Foi, nos pères les mettaient dans les églises de préférence aux autres images ?

Mais qui ira les avantages particuliers des statues de Saint Joseph ? Il n’a fallu souvent que l’érection d’une de ces statues dans une église de paroisse, dans une chapelle de communauté, dans une maison, dans une localité, pour raviver la foi dans les coeurs et attirer sur ces lieux les faveurs d’en-haut et la singulière protection de Saint Joseph. Les hommages qu’on rend à ces statues touchent son coeur et le disposent à exaucer les prières qu’on dépose à leurs pieds. Vous serez donc bien heureux, si vous pouvez donner de ces statues à Saint Joseph, ou au moins contribuer par tous les moyens qui seront en votre pouvoir à lui en procurer.

Puis, vous en aurez une dans votre maison, dans votre chambre, dans votre oratoire, devant laquelle vous serez empressé de faire vos prières et de venir vous agenouiller dans vos moments de fatigues, d’ennui, de nécessité, de tentation.

Quand aux statuettes portatives, ayez toujours la vôtre sur vous, et, en vous gardant de toute idée superstitieuse, faites-vous en un saint talisman qui vous protège des dangers de l’âme et du corps, comme cela est arrivé plus d’une fois.

 

Prière

Tirée de saint Alphonse de Liguori

 

Grand Saint Joseph, mon bien-aimé Patriarche, vous qui avez été jugé digne de commander à Celui qui commande à l’univers et d‘être servi par un Dieu, je viens, a mon tour, me mettre à votre service. Dorénavant je veux être votre serviteur, en vous honorant et vous aimant comme mon maître. Recevez-moi sous votre patronage, et commandez-moi tout ce qu’il vous plaira. Je sais que tout ce que vous m’ordonnerez sera pour mon bien et pour la gloire de notre commun Rédempteur. Priez-le aussi pour moi. Il ne vous refusera rien, lui qui a obéi sur la terre à tous vos commandements. Dites-lui qu’il me pardonne toutes les offenses que je lui ai faites ; dites-lui qu’il me détache des créatures et de moi-même ; qu’il m’enflamme de son saint amour, et ensuite qu'il fasse de moi selon son bon plaisir.

Je vous choisis aussi, mon saint Patriarche, pour mon principal avocat et protecteur, après Marie. Je vous promets, pour le reste de ma vie, de vous honorer chaque jour par quelque hommage particulier, en restant ainsi sous votre patronage. Je ne le mérite pas, mais, par l'amour que vous portez à Jésus et à Marie, agréez-moi pour votre serviteur perpétuel. Et, par la douce compagnie que vous tinrent Jésus et Marie sur la terre, ne cessez de me protéger, afin que je ne me sépare jamais de Dieu, en perdant sa sainte grâce. Et, par l’assistance que vous reçûtes de Jésus et de Marie à votre bienheureuse mort, protégez-moi spécialement à ma dernière heure, afin qu’en mourant dans votre compagnie et celle de Jésus et de Marie, j’aille ensuite vous en remercier éternellement dans le paradis. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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19 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingtième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Vierge très prudente

 

Le cinquième acte de la prudence, c’est de modérer ses discours. En cela Marie nous est aussi un parfait modèle. A qui parla la Sainte Vierge ? À l'Ange de l'Annonciation, et de choses qui intéressaient l'humanité ; à son fils, et des craintes que Son séjour au Temple pendant trois jours lui avait inspirées ; à Élisabeth, elle adressa des paroles de félicitations et chanta un hymne de reconnaissance ; aux serviteurs des noces de Cana elle dit ce qu'il fallait pour manifester la gloire du Verbe. Ô Admirable leçon ! Elle nous enseigne à nous abstenir des conversations stériles pour ne parler que de choses utiles ou capables d'édifier le prochain et de procurer la gloire de Dieu. Si nous parlions un peu plus souvent avec les Anges et avec Dieu dans l'oraison et un peu moins avec le monde ; si, dans nos conversations nous mettions plus de respect, de charité et de réserve, notre vie s'écoulerait limpide comme le cristal, dans le calme, la pureté, le bonheur et la paix.

Où parla Marie ? Marie n'alla point bavarder sur les places publiques ; elle parla, dans sa chambre, à l'Ange ; dans le Temple, à son fils ; dans la maison du grand-prêtre, à Élisabeth ; au milieu de noces honnêtes, aux serviteurs. Ainsi d'après l’Évangile, à l'Ange, elle parla deux fois, deux fois à son Fils, deux fois à sa cousine et une fois aux serviteurs ; en tout sept fois seulement. Elle parla peu dans la salutation et dans la demande, alors qu'il s'agissait d'elle plus directement, tandis qu'elle parla beaucoup, dans le cantique d'actions de grâces, parce qu'il s'agissait de la gloire de Dieu. Cette sobriété de paroles ne doit pas nous étonner. Comment pourra-t-elle se répandre en conversations inutiles avec la créature l'âme qui se plaît à contempler, à prier, à écouter son Créateur.

Quand parla Marie ? « L'interrogation, dit l'abbé Pasteur, est la clef du silence ». Marie observa mieux que personne cette règle de conduite : elle n'ouvrit jamais les lèvres sans motif, attendant pour parler d'avoir été interrogée ou prévenue. Jetons encore les yeux sur l'Image de Notre Dame du Bon Conseil : quel mystérieux entretien de la divine Mère avec Jésus son Fils ! Entretien silencieux et cependant si éloquent ! Ce spectacle n'est-il pas pour nous le conseil le plus convaincant ?… Ne nous contentons pas de dire à notre divine Conseillère que nous l'aimons, prenons d'elle un exemple dont nous trouverons l'usage et l'application bien des fois dans notre vie : la modération dans nos paroles et la pratique du silence.

 

Exemple

 

Vers le milieu du siècle dernier vivait à Rome, dans l'exercice de la charité et la pratique des bonnes oeuvres, André Bacci, chanoine de la Basilique de Saint Marc. Tourmenté dans son esprit et dans son âme, ce pieux ecclésiastique ne savait où se tourner pour trouver un remède. Le 7 décembre 1734, il alla visiter une jeune fille en proie depuis huit ans à de violentes contractions nerveuses. C'était là que la Sainte Vierge l'attendait. Il trouve sa malade parfaitement guérie !... Stupéfait, il s'informe comment s'est opéré un changement pareil et apprend qu'il est l'oeuvre de la Madone de Genazzano. En même temps naît en lui le pressentiment que ses maux spirituels disparaîtront sous les regards de la Madone vénérée. Il se met en route pour Genazzano. Chemin faisant il rencontra un pauvre enfant grelottant de froid et les pieds meurtris, il le fait monter dans sa voiture et tous les deux récitent le chapelet. La prière finie l'enfant lui adresse ces paroles : « Vous allez à Genazzano demander à Notre Dame du Bon Conseil une grâce dont vous avez grand besoin, ayez confiance, vous l'obtiendrez ». Le chanoine fut d'autant plus étonné que l'enfant ne pouvant savoir humainement le but ou le motif de son voyage. On arrive aux environs de Genazzano, le chanoine voit son compagnon disparaître. De plus en plus surpris il est obligé de continuer sa route, et il arrive à l’Eglise de Notre Dame du Bon Conseil. On lui découvre la Sainte Image, elle paraît sourire ! Bacci le voit : plus de doute, sa prière est entendue. Il revient à Rome complètement transformé ; il a retrouvé la paix, la sérénité, la joie, et s'estime le plus heureux des hommes. Il est devenu un des plus insignes apôtres de Notre Dame du Bon Conseil et a voulu être enterré près de la Sainte Image à Genazzano.

 

Prière

 

Avec la grâce de votre conseil maternel, ô Marie, vous veillez sur les Justes, vous les exhortez à la perfection, et vous soutenez leur persévérance. Vous recevez avec amour les pauvres pécheurs : vous les encouragez à suivre la voie du salut par une humble et sincère pénitence. Vos conseils maternels écartent tous les malheurs, éclairent tous les doutes, éloignent tous les dangers et surmontent toutes les difficultés. Vous êtes vraiment notre Mère, puisque vous êtes la Mère du Bon Conseil. Nous avons, il est vrai, mille fois mérité de perdre votre grâce, et, comme des fils ingrats, nous avons méprisé vos bons conseils. Ne nous repoussez pas cependant de votre présence, car vous n’avez pas cessé d'être notre Mère ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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25 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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Vingt-sixième jour

 

Notre Dame du Bon Conseil, Consolatrice du peuple chrétien

 

 

 

Non seulement Marie assiste de ses conseils l'Eglise naissante, qu'elle ne doit jamais abandonner, mais aussi elle la fortifie, la console et lui assure une glorieuse immortalité. La Passion de son divin Fils ne doit pas finir au Calvaire. Là elle ne fait que commencer, pour se perpétuer dans les frères du Verbe incarné, sur tous les points du globe, jusqu’à la fin des siècles.

 

Le ferme et courageux diacre Étienne est arrêté jugé, condamné à mort. Marie ne l'abandonne pas plus qu'elle n'avait abandonné son fils montant au Calvaire. Descendue au fond de la vallée de Josaphat, non loin du torrent du Cédron, où le jeune diacre doit être lapidé, la douce Vierge, accompagnée de saint Jean, se met à genoux et les prières de la Reine des martyrs obtiennent la palme de la victoire au premier des martyrs.

 

Le feu de la persécution s'allume de plus en plus : les apôtres ont besoin de conseils, les fidèles de consolations. Marie se fait toute à tous ; l'Eglise de Jérusalem est une famille dont elle est la mère. Autour d'elle se réunissent ses enfants ; chacun lui expose ses douleurs et ses craintes. Nul ne la quitte sans être éclairé et consolé. Heureux entretiens ! Dont une heure s'achèterait au prix d'une vie de quatre-vingts ans.

 

Ce que saint Augustin dit de sa bonne mère, doit à plus forte raison se dire de Marie : « Elle était, ô mon Dieu ! La servante de vos serviteurs, elle prenait soin d'eux, comme si tous avaient été ses fils, et elle se prêtait à leurs désirs comme si de tous elle avait été la fille ». La mission de consoler l'Eglise, de l'encourager, de la protéger, ne finit pas avec la vie mortelle de la sainte Vierge. Impérissable comme la parole qui en est le titre, elle durera autant que les siècles.

 

Voilà votre enfant, lui dit le Sauveur mourant. Tant que cet enfant voyagera dans la terre d'exil, exposé aux attaques du prince de la cité du mal, il aura besoin de vous ; vous lui tiendrez lieu de Mère. Notre Dame du Bon Conseil n'a jamais failli à ce divin mandat et sa fidélité à le remplir est écrite dans toutes les pages de l'histoire. Saluons donc notre divine Mère, devant sa douce Image du Bon Conseil, saluons-la avec tout l’amour de nos coeurs comme la suprême consolatrice du peuple chrétien.

 

 

 

Exemple

 

 

 

Au commencement du siècle dernier, Don Étienne Rodota, prêtre du rite grec et albanais de nation, alla visiter Notre Dame de Genazzano. Ses dévotions terminées il se rendit à Rome enflammé d'un tel amour pour la Mère du Bon Conseil qu'il résolut de propager son culte en tous lieux et principalement en Calabre. San Benedetto Ullana, qui fut le premier théâtre de son apostolat, en constata bientôt les résultats glorieux et féconds. Le pays changea complètement. On y vit fleurir la paix, croître la charité, régner les vertus sociales et chrétiennes. Des temples magnifiques s'élevèrent en l'honneur de Notre Dame du Bon Conseil et ces temples furent le centre des manifestations de la miséricorde puissante de Marie. Mais Don Étienne rêvait une grande entreprise ; il voulait ériger à San Benedetto un collège pontifical avec un évêque du rite grec comme président. Il partit donc pour Rome et se remit en pèlerin sur le chemin de Genazzano. Il célébra la messe devant la Sainte Image dévoilée à ses yeux. C’est alors qu'il la vit changeant gracieusement de couleur, devenir vermeille et fleurie comme une rose ; c'est alors aussi qu'il entendit une voix lui dire intérieurement : « Prenez courage, comme votre demande tend à la gloire et à l'honneur de mon Fils, elle sera exaucée ». Don Étienne mourut chargé de mérites, riche de vertus. Peu après un collège pontifical s'élevait à San Benedetto, et Don Samuel, frère de Don Étienne, était nommé premier évêque président grec, avec le titre d'archevêque de Borea. De ce collège partirent, comme d'une ruche parfumée, des essaims de jeunes apôtres qui répandirent à travers les colonies albanaises la dévotion envers la Très Sainte Mère du Bon Conseil.

 

 

 

Prière

 

 

 

Ô très aimable Mère du Bon Conseil, souvenez-vous de votre peuple, de vos serviteurs fidèles qui tendent humblement vers vous leurs mains suppliantes : voyez nos dangers et nos besoins et secourez-nous ! Avec le puissant secours de votre protection, nous recouvrons nous-mêmes, nos familles, nos biens, notre patrie. Ne dédaignez pas, ô Mère très Miséricordieuse, les prières que nous vous adressons dans nos besoins, mais délivrez-nous de tous les dangers ; préservez-nous des châtiments que nous méritons et gardez-nous toujours sous votre patronage, ô Vierge glorieuse et bénie en tous les siècles. Ainsi soit-il.

 

 

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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21 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-deuxième jour

Notre Dame du Bon Conseil, notre douce conseillère

 

Que de délicatesse dans la bonté de Marie ! Combien affectueuse est sa tendresse ! Elle ne refuse ses conseils à personne et sa générosité les communique avec un désintéressement tout à fait maternel. La continuité de nos demandes ne la fatigue point, l'instance de nos prières ne saurait l'importuner ; ce n'est pas elle qui nous reproche les bienfaits accordés, pour s'exempter du souci de nous en accorder d'autres. Que ses grâces profitent à notre avancement spirituel, à la sanctification de notre âme voilà ce qu'elle veut et rien de plus. Souverainement riche des divins trésors, elle désire nous faire participer à l'abondance de ses dons et nous communiquer de la plénitude de sa félicité. Se rencontrerait-il un chrétien assez ennemi de lui-même pour refuser les faveurs d'une mère si tendre ! Que personne ne s’éloigne de Marie ! Que personne ne ferme le coeur à sa parole et à ses libéralités ! Allons tous à elle, allons-y avec une piété confiante et humble, avec le dési sincère de demander à la grâce de ses conseils guide, soutien, protection, salut, et nous trouverons près de la charité de cette bonne Mère une aide favorable, nous verrons nos prières exaucées, nos périls éloignés, nos besoins secourus.

La Vierge Marie s'offre à nous, comme notre conseillère. Elle se proclame notre Mère, la Mère du Bon Conseil, et cela, afin que nous lui ouvrions notre coeur en toute confiance. « Mes fils nous dit-elle, mes fils, soyez à moi, vous faire du bien, vous rendre heureux, vous sauver, voilà mon unique désir. Mes conseils vous guideront à travers les incertitudes d'ici-bas et vous assureront l'éternel héritage du Paradis. Mes bien-aimés, appliquez votre esprit à mes paroles, et faites-vous un trésor de mes préceptes. Oh ! Ne les perdez jamais de vue ; si vous gardez la loi divine et mes conseils, votre âme possédera la vie et le salut ». Recourons donc chaque jour avec une grande piété, à la Mère du Bon Conseil, demandons-lui sa protection, prions-la de se constituer notre guide et de nous aider à conquérir le ciel. Bienheureux celui qui veille constamment à la porte de cette Mère de miséricorde et d'amour !

 

Exemples

 

Un ecclésiastique avait besoin d'une assez forte somme. Il fait avec les siens le mois de Notre Dame du Bon Conseil. Quelques jours après on lui envoie, au nom de cette Mère généreuse entre toutes, 500 frs et une magnifique chasuble.

Une soeur tourière désirait arracher à l'école laïque et impie une enfant qu'elle aimait. Tout semblait conspirer contre ce désir : en demander la réalisation, c'était demander un miracle. Peu importe ! La Sainte Vierge se plaît à exaucer les demandes extraordinaires, quand la foi les soutient et que la charité les anime : notre religieuse le savait. Plus les difficultés s'accumulent, plus aussi grandit sa confiance. Elle commence une neuvaine en l'honneur de Notre Dame du Bon Conseil ; à la fin, le miracle se fait tout naturellement.

Un vieillard était sur le point de mourir. En vain sa vertueuse épouse le suppliait de songer au salut de son âme et de revenir, par la confession, au Dieu qu'il avait depuis longtemps abandonné. Le vicaire de la paroisse se présente, mais le moribond refuse poliment son ministère. Sur ces entrefaites passe dans la localité un membre de la Pieuse Union ; il envoie au malade une image de Notre Dame du Bon Conseil. Le malade regarde l'image, la baise, la prie et demande un confesseur. Il meurt le lendemain après avoir reçu les derniers sacrements avec une piété qui émeut et console les siens.

 

Prière

 

Ô Mère très aimable du Bon Conseil, qui, sinon vous, m'arrachera au danger de la mort éternelle, et par la voie de la sainteté me conduira au ciel ? Que votre nom est admirable ! Il me revêt de force, me pénètre de confiance, me remplit de courage. Ce nom délicieux entre tous, est comme l'huile répandue. Il cicatrise et guérit les blessures, il rend la vigueur et la santé, il inonde l'âme d'une joie divine. Oui, tendre Mère du Bon Conseil, je veux à chaque instant, invoquer votre saint nom : ce nom si agréable à Dieu, je veux le graver au fond de mon coeur. Quand les afflictions et les chagrins m'accableront sous leur poids, il sera mon seul repos, mon unique trésor ; à l'heure du combat suprême, j'en ferai ma grande force. Invoquer la Mère du Bon Conseil, et puis... partir ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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22 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Vingt-troisième jour

Notre Dame du Bon Conseil, notre véritable amie

 

Parce que le péché, avait détruit l'amitié qui existait entre le Créateur et la créature, le divin Conseiller résolut de rétablir cette amitié et de la cimenter sous une rosée de grâces et de bénédictions.

Au temps prescrit, le Fils de Dieu, le Verbe du Père, descendit en Judée, conversa et vécut en familiarité avec les hommes et les instruisit non moins par ses exemples que par Sa parole ; il choisit au milieu d'eux Ses disciples pour en faire Ses intimes, leur révélant et leur livrant les conseils de Son Père éternel. Ces disciples, Il ne les traitera pas comme des serviteurs, mais comme des amis. « Je ne vous appellerai plus mes serviteurs, dit-Il, parce que le serviteur ignore ce que fait le maître ; Je vous ai appelés mes amis, parce que tout ce que J'ai appris de Mon Père, Je vous l'ai confié ».

Telle nous apparaît la divine Mère de cet Ange du grand Conseil, de cet excellent ami des hommes. Elle est pour nous notre amie la meilleure, nous entourant de l'affection qu'elle porte à Jésus. Cette Mère, au coeur souverainement tendre, nous appelle à ses genoux, devant la chère Image du Bon Conseil. Écoutez son langage, expression de l'amitié la plus compatissante : « Venez donc à moi, nous dit-elle, venez à moi vous tous qui désirez goûter les fruits de mon amour, c'est-à-dire mes conseils ; rejetant les fruits du monde, les inspirations du siècle, approchez-vous de moi, profitez de ma parole et rassasiez-vous de mes fruits, suaves entre tous ; fruits du bel et saint amour, fruits de la pure et sainte crainte, fruits de la science divine qui fait les bienheureux, fruits de la sainte espérance qui pousse l'âme au désir de ces biens célestes que l’oeil ne peut voir et que le coeur ne peut comprendre. En moi vous avez l’amie la plus dévouée, parce que je suis pour vous la mère la plus tendre ; avec moi se trouvent le conseil et la droiture, avec moi la prudence et la force, avec moi la fortune et la gloire pour enrichir tous ceux qui m'aiment et remplir leurs trésors ».

Notre piété filiale voudra se hâter de répondre à un amour si profond et soutenir par des actes sa dévotion à la vénérable et tout aimable Image du Bon Conseil.

 

Exemple

 

Un missionnaire de Birmanie écrit en ces termes au Directeur des Annales de Notre Dame du Bon Conseil : « Avec quel plaisir, j'ai reçu l'Image de N.-D. du Bon Conseil que vous avez bien voulu m'envoyer !... Dès que m'apparaît la noble figure de Marie, je tombe à genoux pour l'admirer ; puis ému jusqu'aux larmes, je la prends et je l’installe sur le trône que je lui avais préparé. Mes yeux ne peuvent se lasser de la contempler : une vision céleste ne les aurait pas captivés avec plus de puissance. Cinq ou six jours après, je partis en voyage. Le souvenir de ma douce madone m’accompagna partout, et, à mon retour, mon premier sourire et mon premier salut furent pour Elle. Il serait trop long de vous raconter les grâces qu'elle m’a accordées. Un fait seulement entre mille. Nous avions à l'école un jeune homme que les parents nous avaient abandonné. Ses parents ne songeaient qu'à mal dire et à mal faire. Revenir au milieu d'eux, c'était courir au devant de tous les dangers et de toutes les tribulations. Malgré sa promesse de rester avec nous voilà que notre élève demande à rentrer dans sa famille ; le jour même de l'arrivée de l'image de Notre Dame du Bon Conseil, il vient renouveler sa demande. Je prends une médaille et la mets autour du cou du jeune homme, ajoutant : « Chaque fois que le démon te poursuivra d'une tentation semblable, baise cette médaille, invoque cette Vierge et la tentation se dissipera ». Tout se passa comme je l'avais annoncé. La mère du Bon Conseil secourut son enfant et le maintint dans la persévérance ».

 

Prière

 

Ô bienheureuse Vierge Marie, digne Mère de Dieu et fidèle dispensatrice de toutes les grâces qu’Il veut nous distribuer en cette vie, je vous supplie, pour l'amour de votre cher Fils, de m'obtenir de votre divin Époux, le Saint-Esprit, une lumière céleste et un bon conseil, pour connaître ce que je dois faire et comment je me dois conduire en telle chose, pour la plus grande gloire de Dieu et pour l'avancement de mon salut. J'espère, ô Sainte Vierge, recevoir par votre moyen cette faveur du ciel, car après Dieu, j'ai mis toute ma confiance en vous. Et de crainte que mes péchés m'empêchent l’effet de ma prière, je les déteste autant que je puis, parce qu'ils déplaisent infiniment à votre Fils, et je me repens de tout mon coeur, pour l'amour de Lui, de les avoir commis, me proposant, moyennant Sa sainte grâce, de ne plus L'offenser à l'avenir, et de m'en confesser au plus tôt. Ainsi soit-il. ‘Saint François de Sales).

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

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14 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Quinzième jour

Notre Dame du Bon Conseil, Mère de la Charité

 

Nous lisons ces paroles aux premières Vêpres de l'office de Notre-Dame du Bon Conseil : « Moi, la Sagesse, je suis la Mère du pur et bel amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance ». Ces biens dépendent l'un de l'autre : l’amour de Dieu produit l'adoration, l'adoration l'intelligence des mystères de la nature ou de la grâce, et cette intelligence remplit l'âme de confiance en la justice, la miséricorde et la bonté de notre Père des cieux.

Un jour qu’il entendait lire ce verset, le Bienheureux Henri Suso, de l’Ordre de saint Dominique, entra en extase. La Sagesse lui apparut au loin, élevée sur une colonne de nuée et sur un trône d'ivoire, avec une majesté plus brillante que le matin, plus éblouissante que le soleil ; sa couronne était l'éternité ; son voile et son vêtement la félicité ; son langage la douceur et ses embrassements l'abondance et la possession de tout bien ; elle paraissait à la fois éloignée et proche, sublime et humble, évidente et cachée, simple et pourtant incompréhensible, plus élevée que les hauteurs des cieux, plus profonde que les abîmes de la mer ; c'était comme une reine qui régnait avec puissance, jusqu'aux limites de la terre, et qui gouvernait toute créature avec douceur ; tantôt elle lui semblait une pure et charmante vierge, tantôt un jeune homme d'une exquise beauté ; tantôt c'était une maîtresse savante en toutes choses, tantôt une tendre amie qui se tournait doucement vers lui et lui souriait avec grâce et majesté, en disant : « Mon fils, donne-moi ton coeur ! » Alors il se précipitait à ses pieds et lui rendait les plus humbles, les plus amoureuses actions de grâces... Ainsi s'agitait et se tourmentait l'âme de Henri, en présence de la divine Sagesse, tout enivré qu'il était par le torrent des consolations célestes. Un matin qu'il saluait son étoile d'amour, la Souveraine du ciel, il entendit une voix mélodieuse lui dire : « Voici Marie, l'étoile de la mer qui se lève ». Puis cette douce Mère, se penchant avec bonté vers son enfant, lui dit : « Plus tu m'embrasseras amoureusement sur la terre, plus je t'embrasserai tendrement en paradis ; plus ton âme m'aura poursuivie d'un amour chaste et dégagé des sens, plus aussi, au jour de l'éternelle clarté, tu régneras uni et attaché à mon coeur ».

C'est le langage que nous tient la Mère du Bon Conseil. Elle est la Mère du Bel Amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance : Mère du bel amour contre l'impureté, de la crainte contre l'audace orgueilleuse et superbe qui engendre l'incrédulité, de la science contre l'ignorance et l'ingratitude, de l'espérance contre la confusion du désespoir. Hâtons-nous d'aller à Elle et de la choisir comme la Souveraine de notre coeur. Prions-la de nous entourer de sa tendresse, de nous soutenir de sa puissance et de nous éclairer de ses lumières.

 

Exemples

 

Un membre de la Pieuse Union écrit de Bordeaux au directeur des Annales de Notre-Dame du Bon Conseil : « Je suis heureux de vous communiquer plusieurs grâces nouvelles accordées par Notre-Dame du Bon Conseil depuis le commencement de cette année 1892 ; les voici, telles que je les ai constatées moi-même ; je vous les expose simplement et franchement :

Une petite enfant se mourait ; je lui fais servir dans une potion une image de Notre-Dame du Bon Conseil. « Maman, dit la malade, je viens d'avaler la Sainte Vierge et la Sainte Vierge va me guérir ». Effectivement, deux ou trois jours après, elle était en parfaite santé.

Joséphine Delrien est arrivée à l'âge de 18 ans sans éprouver le moindre malaise ; tout à coup une fluxion de poitrine se déclare et semble devoir être mortelle. Nous recourons à Notre-Dame du Bon Conseil et nous administrons son remède ; aussitôt les souffrances diminuent et le lendemain la chère malade entre en convalescence.

Une vieille femme se trouvait à toute extrémité : sa vie s'était passée dans l'abandon presque total des pratiques religieuses. Notre-Dame lui accorde, sinon la santé du corps, du moins la santé de l'âme, le repentir et la paix de la dernière heure, la gloire de l'éternité.

Mme Victorine Duchêne attendait, au milieu d'atroces douleurs, son premier-né. On lui donne une image de Notre-Dame du Bon Conseil ; aussitôt après, une charmante enfant vient au monde. La joie est d'autant plus épanouie que la crainte avait été vive et l’anxiété profonde ».

 

Prière

 

Ô Mère du Bon Conseil, vous la mère de Celui qui nous aime, vous qui L'avez porté dans votre sein et nourri de votre lait, pourrez-vous ne pas nous obtenir Son amour et votre amour ?... Refusez-nous plutôt de le demander !... Ah ! Que mon esprit vous révère, ô Jésus, ô Marie, autant que Vous le méritez ; que mon coeur Vous aime autant que Vous en êtes dignes ; que mon âme Vous soit attachée autant que son bien l'exige ; que mon être tout entier Vous serve autant qu'il le doit et qu'ainsi ma vie se consume jusqu’au jour où je chanterai le cantique éternel: Béni soit le Seigneur à jamais ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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30 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Trente-et-unième jour

Reine conçue sans péché, priez pour nous.

 

Les Litanies sur lesquelles nous venons de méditer pendant trente jours, renferment tous les titres de gloire de Marie et forment le plus bel éloge en son honneur, la plus riche couronne qu'on puisse déposer sur son front. L'Eglise a mis pour ainsi dire dix-huit siècles à les composer. Et bien qu'il semble qu'il ne fût plus possible d'embellir cette couronne, elle vient d'y ajouter un nouveau fleuron dont l'éclat l'emporte sur tous les autres ; elle vient de donner à la Sainte Vierge un nouveau titre au nom duquel elle veut surtout qu'on l'invoque, et auquel la Sainte Vierge elle-même semble attacher désormais toutes ses faveurs. Ce nouveau rayon de gloire descendu du ciel sur le front de Marie, c'est la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception. Jusque là, c'était une pieuse croyance, mais non un article île foi, que Marie par un privilège unique, avait été préservée du péché originel. En face de besoins plus grands qu'à une autre époque, l'Eglise voulant appeler la Sainte Vierge à son secours par un cri en quelque sorte irrésistible et qui fit jaillir de son cœur des trésors de grâces plus abondants, a défini solennellement et infailliblement que cette pieuse croyance serait élevée à la certitude d'une vérité dogmatique, vérité qu'il ne serait plus permis de nier sans se rendre coupable du crime d'hérésie. Le ciel et la terre ont applaudi à cette définition. À l'autorité et à la piété du grand pape Pie IX, revient la gloire d'avoir rendu ce suprême honneur à la Sainte Vierge, le 8 décembre 1854 ; à nous qui écrivons ces lignes, la consolation d'avoir assisté à cette fête uni que, et joui de ce spectacle le plus beau qu'il puisse être donné aux hommes de contempler sur la terre.

Oui, Marie a été conçue sans péché ! Dieu ayant prévu de toute éternité la chute du premier homme et la punition qu'il infligerait à ses descendants en suite de sa désobéissance, a décrété aussi de toute

éternité, que Marie destinée à devenir la mère du Rédempteur, serait mise à l'abri de l'anathème qui allait frapper Adam et sa malheureuse postérité. Et c'est dans ce sens, l'heure étant venue où le fils de Dieu avait résolu de se faire homme, que l'ange Gabriel put lui adresser ce salut que ne mérita et ne méritera jamais aucune autre créature : « Je vous salue, pleine de grâce ». Oui, Marie, vous êtes pleine de grâce ! Ce n'est pas un homme, mais un envoyé du ciel qui le déclare. La grâce dont vous êtes comblée â précédé le cours des siècles. Tandis que tous les autres hommes, infectés par le venin du serpent tentateur, sont conçus et naissent dans le péché, Marie par un privilège spécial est entrée dans la vie, non seulement sans souillure mais toute rayonnante de la grâce sanctifiante. Écoutons le beau langage de notre saint curé : « Le bon Dieu pouvait créer un plus beau monde que celui qui existe, mais il ne pouvait donner l'être à une créature plus parfaite que Marie.... Tenez, mes enfants, une faible comparaison. Vous savez ces œufs qui sont dans la mer, dont on voit sortir des petits poissons, qui fendent les eaux avec une si grande vitesse !... De même la Sainte Vierge aussitôt créée, a la plénitude de la vie et se promène dans le grand océan de la grâce ».

Nous ne pourrons jamais assez méditer et comprendre la grandeur du privilège de l'Immaculée Conception. Pour Marie comblée de tant de faveurs, c'est la plus grande entre toutes les autres. Son titre de Mère de Dieu la place au-dessus des anges et des archanges, l'établit reine du ciel et de la terre, et cependant elle préfère et s'estime plus heureuse d'avoir été conçue sans péché, de n'avoir jamais été sous l'empire du démon. Oh ! Quel enseignement pour nous ! Puissions-nous le bien comprendre et le mettre fidèlement en pratique. Il ne dépend pas de nous d'être riche et savant, mais il est en notre pouvoir de combattre nos tentations, d'éviter le péché, et de nous conserver purs aux yeux de Dieu. L'Esprit-Saint nous l'a révélé : Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles. Comme le péché est le plus grand de tous les maux, la grâce est le plus grand de tous les biens. Apprenons donc de Marie Immaculée à estimer la grâce sanctifiante autant qu'elle la estimée elle-même ; à la préférer à tous les trésors de la terre, à la vie même, si nous ne pouvions la conserver qu'à ce prix. La grâce, c'est l'amitié de Dieu ! La grâce, c'est le principe et la condition de tous nos mérites ! La grâce, c'est la paix de l'âme, le gage et l'avant-goût du paradis. Confions à Marie la garde de ce trésor au-dessus de tous les trésors, en nous réfugiant dans son sein maternel, en nous plaçant sous sa protection, et en nous consacrant pour toujours à son service.

Pratiques : Résumons les enseignements du Mois de Marie, par quelques pratiques générales qui s'appliquent à toutes les personnes, à tous les temps et à tous les lieux. 1° La première et la plus essentielle, c'est que, pour rester chers à Marie, nous devons concevoir une nouvelle et plus vive horreur du péché. Fuyons-le, quelque léger qu'il soit, comme on fuit à la vue d'un serpent. 2° Marie est le miroir de justice que nous devons avoir sans cesse sous les yeux. Avant de parler ou d'agir, adressons-nous intérieurement cette question : « Que dirait ou que ferait Marie si elle était à ma place ? » 3° Dans tous nos besoins et toutes nos tentations, invoquons Marie par son titre le plus cher et le plus glorieux : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

 

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Consécration

 

Ô Marie, ce n'est pas sans regret que nous voyons arriver la fin de ce beau mois qui vous est consacré. Chaque jour, réunis devant votre Image vénérée, nous vous avons invoquée avec amour et confiance, et chaque jour vous nous avez reçus avec bonté, vous avez daigné nous bénir. Après l'exercice de chaque soir, notre sommeil de la nuit a été plus paisible et le travail du lendemain moins lourd à porter. Il nous semble maintenant que nous sommes devenus meilleurs, que la vertu a pour nous plus de charmes et que le péché nous inspire plus d'horreur. Affermissez dans nos cœurs ces saintes dispositions qui sont le fruit de votre maternelle bonté.

Aujourd'hui, ce n'est point un adieu que nous venons vous adresser. Plus que jamais nous voulons nous tenir rapprochés de vous ; plus que jamais nous voulons vous avoir sans cesse présente à l'esprit et au cœur ; plus que jamais nous ne saurions faire un pas dans la vie sans que vous nous tendiez la main. Nous vous reconnaissons, nous vous proclamons Mère de la famille, maîtresse et gardienne de la maison (de la paroisse). De votre côté couvrez-nous de votre protection comme la poule abrite ses petits sous ses ailes. Écartez tout ce qui pourrait nuire à notre âme et à notre corps ; protégez-nous, fortifiez-nous contre nos passions qui sont nos ennemis du dedans, et contre les scandales du monde qui sont nos ennemis du dehors.

Nous ne vous demandons pas pour la famille, la fortune et les honneurs ; vous avez dédaigné tous ces biens. Obtenez-nous ce qui vaut mieux, la modération des désirs, l'amour du toit qui nous a vus naître, la patience dans les souffrances, le courage et la générosité dans les épreuves, et par dessus tout les vertus de Nazareth, la piété filiale, le respect de la paternité, la concorde et cette douce union des cœurs qui fait la richesse et assure la prospérité des familles. Si nous désirons quelque chose au-delà de nos besoins, c'est pour pouvoir soulager les malheureux ; si nous demandons à être affranchis des privations et des sollicitudes de la vie, c'est pour pouvoir remplir avec plus d'empressement et de liberté d'esprit, tout ce qui regarde le service de Dieu.

Veillez, ô divine Marie, sur la sainte Église catholique notre mère. Vous l'avez assistée dans ses premiers combats, soutenez-la dans ses luttes qui durent depuis dix-huit siècles et dont la violence va toujours croissant. Protégez le souverain Pontife, les évêques et tous les pasteurs qui ont mission de nous conduire dans les voies du salut. Du trône de miséricorde ou vous êtes assise, abaissez vos regards compatissants sur les âmes de nos parents et de nos amis qui souffrent dans les flammes du purgatoire ; et hâtez l'heure de leur délivrance. Veillez sur la France notre chère patrie, afin qu'elle montre toujours digne de son titre glorieux, de fille aînée de l'Église. Veillez sur nos malades et nos vieillards, sur les veuves et les orphelins, sur les voyageurs et sur ceux de nos enfants qui sont sous les drapeaux, surtout sur ceux qui souffrent persécution pour la justice et qui pleurent, dans celte vallée de larmes; obtenez à tous et à chacun de nous ce qui lui est nécessaire pour combattre le bon combat et mener une sainte vie. Le temps marche avec rapidité, bientôt nous toucherons à l'heure de la mort. C'est surtout pour ce moment suprême, que nous vous appelons à notre aide, que nous implorons votre secours. Quand notre âme se sera envolée de notre corps avec notre dernier soupir, ô Marie ! Marie ! Recevez-la dans vos bras et donnez-lui asile près de vous, dans le sein de la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

 

Bouquet spirituel du Mois de Marie

Répétez souvent cette courte et pieuse invocation : « Bénie soit la sainte et Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie ! ».

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Fin du Mois de Marie

 

Téléchargez l'intégrale des méditations du mois de Marie d'Ars (pdf) en cliquant ici

 

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Ce livre, datant de 1866 a été réédité par les Editions Saint Jean, pour vous le procurer cliquez ici

 

Prochain mois de Dévotion :

Le Mois du Sacré Coeur de Jésus,

rendez-vous demain.

29 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Trentième jour

Reine des Vierges, priez pour nous.

Reine de tous les Saints, priez pour nous.

 

Si nous pouvions interroger les saints du paradis, tous peut-être nous répondraient qu'ils sont redevables à Marie de la gloire dont ils jouissent. Nous pouvons invoquer le témoignage du curé d'Ars. « Tous les saints, disait-il, ont une grande dévotion en la Sainte Vierge ; aucune grâce ne nous vient du ciel sans passer par ses mains ». Ce qu'il y a de Certain et d'assuré, c'est qu'il n'y a aucun saint dans le ciel, qui pendant sa vie n'ait été dévot à la Sainte Vierge, ne se soit mis sous sa protection. Ouvrez et lisez le livre si édifiant de la vie des saints, et vous en trouverez la preuve à chaque page. Ce qu'il y a de certain et d'assuré, c'est que plusieurs saints sont aujourd'hui dans le ciel, qui sans la protection de la Sainte Vierge, n'y seraient jamais parvenus. Ils ont prié ou on a prié pour eux la Sainte Vierge ; et la Sainte Vierge les a retirés de l'état du péché et les a réconciliés avec Jésus-Christ son divin fils. Ce qu'il y a de certain et d'assuré ; c'est que si le démon pouvait parler et s'il osait l'avouer, il déclarerait qu'il ne redoute rien tant que la Sainte Vierge, qu'elle lui a arraché une foule d'âmes sur lesquelles il comptait comme sur une proie assurée. Combien de pécheurs endurcis, convertis tout à coup par un miracle de la protection de Marie ! Nous en avons cité quelques exemples dans nos lectures de chaque jour, mais il faudrait plusieurs volumes pour les contenir tous. Ce qu'il y a encore de certain et d'assuré, c'est que nous tous qui lui avons payé chaque jour .de ce beau mois, le tribut de notre amour et de nos louanges ; si nous continuons à l'honorer, à l'invoquer, a l'imiter, nous pouvons compter que sa protection ne nous fera jamais défaut, qu'elle nous .assistera dans toute l'étendue de nos besoins pour le présent, et surtout à l'heure de notre mort.

Marie est donc appelée ajuste titre la Reine des saints, puisqu'elle a concouru à la sanctification de tous, et qu'il n'en est aucun qui, après Dieu, n'ait mis en elle toute sa confiance. Mais elle porte à bien d'autres titres encore, le diadème incomparable qui rayonne sur son front. Les saints du ciel ressemblent aux étoiles qui dans le firmament brillent avec plus ou moins d'éclat. La gloire dont ils jouissent est en raison et en proportion de leurs mérites. Chacune de leurs vertus forme un rayon de leur couronne. On admire la pureté des vierges, le zèle brûlant des apôtres, la constance des martyrs, la foi des patriarches, l'humble dévouement des saintes femmes, et enfin l'amour de la vie cachée dans ceux qui se sont sanctifiés par la fidélité aux devoirs de leur état, et plus particulièrement au milieu des humbles mais rudes travaux de la campagne. Or, Marie a été ornée de toutes les vertus à la fois, et a porté leur pratique au plus haut degré de perfection. Aussi sa gloire éclipse-t-elle la gloire de tous les saints, ou plutôt tous les saints sont autant de diamants qui embellissent et relèvent l'éclat de sa couronne. Avec quelle reconnaissance ils se prosternent à ses pieds ! Tous lui rendent grâces et chantent ses louanges dans les. transports d'une éternelle admiration !

Ah ! Puissions-nous être un jour du nombre de ces fortunés habitants des cieux, et chanter avec eux les gloires de notre Reine ! Cela dépend de notre bonne volonté. Pendant ce beau mois, nous avons goûté le bonheur qu'il y a d'aimer et de servir Marie. Que notre dévotion envers elle, loin de cesser et de se ralentir, persévère et aille toujours croissant. Récitons au moins chaque jour une dizaine de chapelet ; communions aux principales fêtes en son honneur ; appelons-la à notre secours dans toutes nos peines et nos tentations ; et enfin, resserrons les liens qui nous unissent, et aimons-nous tous comme les membres de la Sainte Famille. Voilà les fruits que nous devons recueillir du Mois de Marie. À ces conditions très faciles à remplir, la Reine des saints nous protégera pendant tout le cours de notre vie, et après notre mort nous ouvrira les portes du ciel.

 

Exemple

L'heureux empressement

 

Demain ! Demain ! Un jeune apprenti avait fait depuis quelque temps sa première communion. Il avait pris une seule résolution, mais il l'avait prise sérieusement : « Si je viens à tomber dans le péché mortel, j'irai me confesser avant de me coucher, le jour même ». Ce malheur lui arriva : c'était un samedi ; il faisait mauvais temps. Le prêtre était loin ; il se dit d'abord : « J'irai me confesser demain ». Mais sa promesse lui revenait en la mémoire, et quelque chose lui disait : « Fais ce que tu as promis, va te confesser ». Il hésitait. Dans ce combat intérieur, il se met à genoux et récite un Ave Maria pour connaître la volonté de Dieu. Aussitôt il se relève et se met en chemin. À son retour, il est rencontré par sa marraine, qui lui demande d'où il vient ; il le lui raconté, la joie sur le visage, et lui dit qu'il va dormir en paix, ayant recouvré l'amitié de Dieu. Sa mère avait coutume de le laisser au lit un peu plus de temps le dimanche que les autres jours. Selon son usage donc, elle ne l'éveilla qu'à sept heures, en frappante la porte de sa chambrette et en l'appelant, un quart-d'heure après, Paul dormait encore. Sa mère l'appela de nouveau, et, impatientée de n'avoir pas de réponse, elle entre dans la chambre et s'approche de son enfant, qui ne bougeait pas. Elle lui prend la main qu'elle trouve glacée. Effrayée, elle regarde, et poussant un cri affreux, elle tombe par terre sans connaissance. L'enfant était mort, et son cadavre déjà froid !... Heureux jeune homme, de n'avoir pas remis sa confession au lendemain ! Heureux nous-mêmes si, avertis par cet exemple, nous mettons à profit sans retard toutes les bonnes résolutions que la Sainte Vierge nous a inspirées pendant ce mois ! Suivre à l'instant même le mouvement de la grâce, c'est tout le secret de la sainteté. (Nouveau Mois de Marie, par Ed. Terwecorem).

Pratiques : Faites votre confession comme si elle devait être la dernière de votre vie, pour vous préparer à la communion de demain. Si vous ne le faites déjà, prenez la résolution de lire en famille, la vie du saint de chaque jour.

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Prière

 

Reine de tous les saints ! C'est surtout sous ce nom glorieux que j'aime à vous honorer et à vous invoquer. Puissé-je être compté au nombre de vos plus fidèles et dévoués sujets. Pour couvrir mon insuffisance, je m'unis en ce moment aux âmes les plus ferventes qui vous ont honoré et servi pendant ce mois qui vous appartient, et sur lesquelles vos regards reposent avec le plus de complaisance. Je m'unis en particulier à l'un de vos plus grands serviteurs, que l'Eglise a placé dernièrement sur ses autels, et avec saint Alphonse je m'écrie : « Si je persévère, ô Vierge Sainte, à vous servir, à vous aimer, à vous prier. je suis assuré de mon salut. Ce que je crains, ô ma sainte mère, ce n'est pas que vous m'abandonniez la première, mais que moi malheureux et ingrat, je ne vienne peu à peu à quitter votre service ». Mais non, il n'en sera pas ainsi. Je vous jure aujourd'hui une inviolable fidélité, ratifiez vous-même mon serment, et soyez à jamais ma reine sur la terre et dans le ciel. Ainsi soit-il.

Dans les pas de St Jean-Marie Vianney

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9 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Dixième jour

Mère aimable, priez pour nous

 

Deux qualités principales rendent aimable, la beauté et la bonté. Que pourrait-on imaginer de plus aimable que Marie! Elle est le chef d'œuvre des mains de Dieu. Le Père l'appelle sa fille, le Saint-Esprit son épouse, et le Fils sa mère. Nulle créature n'a été comblée de plus de grâces que Marie, et toutes les grâces sont des rayons de la gloire divine qui s'attachent à une âme. C est par ses charmes qu'elle a attiré le fils de Dieu dans son sein, et l'on peut dire que sa beauté dont les anges du ciel sont ravis, se confond avec celle de son divin fils.

Mais c'est par la bonté du cœur surtout qu'on est aimable. Le secret d'être aimé consiste à aimer beaucoup ceux dont nous voulons nous concilier l'amour. Ainsi, rien n'est plus aimable qu'une mère, et son enfant la préfère, ne fût-elle couverte que de haillons, à une reine éblouissante de diamants, parce qu'il connaît la tendresse de son cœur. Et c'est ce dernier trait, qui caractérise plus particulièrement l'amabilité de Marie. Si sa beauté éclipse celle des anges, sa bonté ne peut être surpassée que par celle du divin Rédempteur dont elle est la mère.

« Le cœur de Marie est si tendre pour nous, disait notre saint curé, que ceux de toutes les mères réunies ne sont qu'un morceau de glace auprès du sien ». En effet, quelque grand que fût l'amour qu'elle portait à son divin fils, l'amour qu elle a eu pour nous semblerait plus grand encore. Sachant que nous ne pouvions être sauvés que par le sacrifice de ce fils si cher à son cœur, elle a par amour pour nous consenti à sa mort sur la croix. Voilà pourquoi la dévotion à la sainte Vierge fait nos plus chères délices ! Voilà pourquoi dans toutes les circonstances heureuses ou malheureuses de la vie, nous sommes attirés vers ses autels pour lui confier nos joies ou nos peines. Nous savons que son cœur répondra toujours aux épanchements de notre cœur. Oh ! Qu'ils sont à plaindre ceux qui ne connaissent pas les amabilités de Marie. Leurs douleurs restent sans consolation, parce qu'ils ne savent pas les partager avec leur divine mère.

Apprenons tous de Marie à aimer pour être aimés. Aimons les pauvres qui sont les membres souffrants de Jésus-Christ, et les témoignages de compassion que nous leur donnerons, doubleront à leurs veux le mérite de notre aumône. Enfants et serviteurs, aimez vos parents et vos maîtres, servez-les avec dévouement, et l'obéissance vous deviendra douce et facile. Parents et maîtres, aimez vos enfants et vos serviteurs, et vous n'aurez pas besoin de recourir à la rigueur du commandement, parce qu'ils vous obéiront par amour plus que par crainte. Oui, qu'il est beau ! qu'il est ravissant le spectacle d'une famille où l'amour chrétien enchaîne tous les cœurs. Point de parole aigre et dure, point d'humeur acariâtre, point de plainte par derrière. C'est là le triomphe d'une mère qui règne par l'amour dans l'intérieur de sa maison; sa puissance est dans la bonté de son cœur. La piété qui ne rend pas aimable déplaît à Dieu autant qu'elle déplaît aux hommes. Les saints ont tous été des hommes aimables, parce qu'ils ont tous beaucoup aimé Dieu et les hommes.

 

Exemple

L'orpheline se consacrant à Marie

 

Une jeune espagnole, dont la sainteté devait rendre le nom célèbre, sainte Thérèse, se fil remarquer dès son enfance par sa naïve confiance envers la sainte Vierge. Elle avait douze ans, quand un coup affreux l'atteignit : elle perdit sa mère, qui mourut, laissant une famille de douze orphelins en bas âge. « J'entrevis, dit la sainte, la grandeur de la perte que je venais de faire. Dans ma douleur, je m'en allai au sanctuaire de Notre Dame, et, me jetant aux pieds de son image, je la conjurai, avec beaucoup de larmes, de me servir désormais de mère. Ce cri d'un cœur simple fut entendu ; j'avais une mère dans la Reine du ciel. Depuis ce moment, jamais je ne me suis recommandée à cette Vierge souveraine sans éprouver d'une manière visible, son tout puissant secours ». On conserve encore dans la ville d'Avila cette image dite Notre Dame de la Charité - elle est toujours l'objet de la vénération des fidèles ; ils aiment à venir s'agenouiller et à prier, en quelque sorte, à côté de la candide orpheline, devant cette même Vierge qui, touchée de ses larmes, l'adopta pour sa fille et l'abrita pour toujours sous son manteau maternel. Consacrez-vous ainsi à Marie, et vous, pauvre enfant, qui, comme Thérèse, seriez, sans mère en ce monde, confiez votre jeunesse à la tendre Mère de Jésus ! Oh ! Qu'elle sera bien gardée !

Pratiques : Appliquez-vous, pendant la journée, à plaire par votre politesse et vos bonnes manières à tous ceux avec qui vous vivez. Supportez, sans murmurer, les défauts du prochain.

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Prière

 

Mère aimable, mon cœur est blessé par votre amour. Je sens en moi le désir d'être aimé, et votre exemple m'apprend que le secret de gagner les cœurs, consiste tout entier à aimer beaucoup le prochain et surtout les pauvres et les malheureux. L'amour de Dieu et du prochain, c'est l'Évangile dans deux mots. Si vous avez été la plus aimable des mères, c'est que personne n'a mieux compris et mieux pratique que vous ce double commandement auquel se rapporte toute la loi. Faites donc passer dans mon cœur l'amour divin dont le vôtre a été embrasé ; et comme vous je serai aimé de Dieu et des hommes. Ainsi soit-il.

 

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21 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-deuxième jour

Porte du ciel, priez pour nous.

Etoile du matin, priez pour nous.

 

Le ciel nous était fermé, et nous savons pourquoi. En même temps qu'Adam et Eve furent chassés du paradis terrestre, Dieu plaça à la porte un chérubin armé d'une épée flamboyante pour leur défendre d'y rentrer. Ils s'éloignent en pleurant et le cœur bien triste. A la place des fleurs et des fruits qu'ils rencontraient partout dans les beaux jours de leur innocence, ils ne trouvent plus sous leurs pas qu'une terre stérile et hérissée d'épines, une terre qui ne leur fournira leur pain de chaque jour qu'autant qu'ils l'arroseront de leurs sueurs. Nul doute qu'ils auraient succombé à la douleur, s'ils n'avaient emporté la promesse d'un Rédempteur, et l'assurance que ce Rédempteur serait donné au monde par une femme dont le pied écraserait la tête du serpent qui les avait perdus.

Mais quand viendra cette mère du Rédempteur, celle qui comme l'étoile du matin précédera et annoncera l'arrivée du Soleil de justice ; celle dont le bras puissant doit nous rouvrir la porte du ciel en désarmant le chérubin qui en ferme l'entrée ? C'est le secret de Dieu. Le monde l'attend depuis quatre mille ans. Enfin, le Seigneur touché par les larmes et les soupirs des patriarches, des prophètes et des saints de l'ancienne loi, va accomplir sa promesse. C'est à Nazareth petite ville de Galilée, que vient au monde la sainte Vierge, celle qui était l'attente du genre humain et que Dieu avait prédestinée avant le cours des siècles à devenir un jour la mère du Sauveur. La voila ouvrant les yeux à la lumière, couchée clans son berceau comme un enfant ordinaire ; et tandis que les anges accourent du ciel pour la contempler et la vénérer, l'Eglise la salue des doux et glorieux noms de porte du ciel ! d'étoile du matin !

Porte du ciel, quel nom merveilleux ! Marie n'est pas la rédemption, mais elle est la mère du Rédempteur ; Marie n'est pas le ciel, mais elle en est la portière. Marie porte du ciel ! Comprendrons-nous jamais tout ce que ce nom glorieux nous apporte de joie et d'espérance ? Toutes les méditations de ce mois béni nous ont fourni un sujet particulier de consolation, mais il n'est aucune prérogative de Marie, qui, bien méditée et bien comprise, doive dilater notre cœur comme son titre de porte du ciel. Nous sommes pécheurs et de grands pécheurs, qu'allons-nous devenir ? Ecoutons et recueillons la parole saisissante de notre saint curé : « Dieu, dit il, nous a aimés jusqu'à mourir pour nous ; mais dans le cœur de Notre-Seigneur, il y a la justice qui est un attribut de Dieu ; dans celui de la très Sainte Vierge, il n'y a que la miséricorde... Son Fils était prêt a punir un pécheur, Marie s'élance, arrête le glaive, demande grâce pour le pauvre coupable : « Ma mère, lui dit Notre-Seigneur, je ne puis rien vous refuser. Si l'enfer pouvait se repentir, vous lui obtiendriez sa grâce ».

Marie, porte du ciel ! Ah ! Ne nous lassons jamais de l'invoquer sous ce beau nom. Il y a, dans le cours de la vie, des jours bien lourds à porter : c'est la maladie qui nous cloue sur un lit de douleur, c'est la mort qui nous enlève un enfant ou un parent chéri, c'est la grêle qui nous ravit en une heure le fruit de toute une année de travail... Portons nos regards en haut ; Marie nous montre le ciel et nous offre en échange des épreuves passagères de cette vie, un bonheur qui n'aura point de terme. Les années s'accumulent sur notre tête, la vieillesse avec le cortège de ses infirmités met sur nous sa main froide ; c'est le soir de la vie, ce sera demain la nuit du tombeau. Ah ! Ne regrettons pas les jours écoulés : par delà la tombe commence un jour nouveau. C'est Marie, l'étoile du matin, qui illumine nos pas sur le seuil de l'éternité, qui plaide notre cause devant le tribunal du souverain juge, et nous ouvre la porte du ciel.

 

Exemple

Un souvenir à Marie

 

Vers 1842, dans un village du diocèse de Beauvais ; un vieillard mourut dans des circonstances extraordinaires qui émurent toute la contrée. Né au milieu de la Révolution, élevé en dehors de toute habitude chrétienne, cet homme avait vécu complément éloigné de toute, pratique religieuse. A peine l'avait-on vu quelquefois à l'église. Usurier de profession, il avait amassé par ses trafics une fortune énorme pour la campagne. Étant tombé malade, il appelle son curé et réclame les consolations que la religion donne aux mourants. Le pasteur consent à recevoir la confession du malade, mais à la condition qu'il promettra devant témoins de restituer un bien manifestement mal acquis, afin de réparer ainsi le long scandale de sa vie. Le malade consent à tout, rend une somme considérable, et, après avoir reçu le Dieu qui visita Zachée le publicain, s'éteint paisible et heureux. Le pasteur ému, et les témoins de cette fin touchante et inespérée, se demandaient à quelle cause attribuer une conversion si frappante. Le malade questionné révéla un fait qui permit d'admirer une fois de plus la toute-puissante miséricorde de Marie. Ce pécheur, oublieux de Dieu, de son âme et de la justice, ne s'était jamais couché sans réciter une prière apprise d'enfance : « Je vous salue, Marie ». Marie se souvint de lui et. ainsi qu'il l'avait si souvent demandé, elle intercéda pour lui à l'heure de la mort. Si elle ne lui avait ouvert la porte du ciel, que serait-il devenu ?

Pratique : Demandez souvent à Jésus et à Marie la grâce de mourir en prononçant leurs noms sacrés. Pensez que Marie vous suit partout, et conservez autant de retenue quand vous êtes seul, que si vous étiez en nombreuse compagnie.

 

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Prière

 

Porte du ciel, dont Eve nous avait fermé l'entrée ; c'est par vous que toutes les grâces en descendent ; c'est par vous que nos prières y montent et sont favorablement accueillies ; c'est par vous que tous vos serviteurs y parviennent infailliblement. Étoile du matin, heureux ceux qui ont toujours les yeux et le cœur tournés vers vous, sur la mer orageuse de cette vie. Vous les conduisez sûrement à Jésus et au port du salut. C'est par vous que je veux servir Jésus sur cette terre, parce que c'est par vous que je veux arriver à lui dans la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

 

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18 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Dix-neuvième jour

Rose mystique, priez pour nous

 

La fleur la plus gracieuse, la reine des jardins, c'est la rose. L'Eglise donne ce beau nom à Marie, la fleur de l'humanité, la créature la plus privilégiée qui soit sortie des mains de Dieu Deux qualités particulières donnent à la rose sa supériorité sur les autres fleurs ; l'éclat de son coloris et la suavité de son parfum. L'éclat de son coloris nous représente l'ardente charité de Marie, sa pureté virginale, son inviolable intégrité, son éloignement de tout péché, par où elle captive les regards et les faveurs du Très-haut. Le parfum de la rose nous représente la douce et suave influence des bons exemples de Marie, l'édification qu'elle répandait partout sous ses pas. Personne ne pouvait approcher d'elle sans se sentir embaumé par ses vertus. Voyez en sa présence et au seul son de sa voix; les transports d'Elisabeth, les tressaillements de Jean-Baptiste !

Apprenons donc deux choses de Marie : premièrement à nous tenir purs et sans tache sous les yeux de Dieu, à fuir tout ce qui pourrait blesser la sainteté de ses regards. La beauté qui lui plaît, n'est pas celle du corps rehaussée par l'éclat de la parure, mais bien celle d'une âme embellie par la grâce sanctifiante. Apprenons que la vie chrétienne ne consiste pas à produire seulement quelques actes de vertus, mais qu'elle doit être, comme la rose au milieu d un parterre, un épanouissement de toutes les vertus, qu'une vertu ne va pas sans l'autre, la douceur sans l'humilité, la charité sans la patience. Apprenons, en second lieu, à répandre autour de nous le parfum de l'édification. Nous sommes tous liés par les liens de la charité et nous devons nous porter mutuellement au service de Dieu. Comme le vice est contagieux de sa nature, la vertu aussi a un charme, qui gagne les cœurs et les captive. Marie a été une rose sans épines. A son exemple ne blessez personne. Arrière donc ces dévotions chagrines et. Maussades ; arrière ces esprits étroits, ces caractères anguleux qui sous prétexte de zèle, sont sans cesse à récriminer contre les défauts du genre humain. La véritable vertu est indulgente et patiente. Elle repousse le mal, elle l'a en horreur : mais elle compatit au malheur des coupables, elle les relève avec bonté et les gagne à Dieu. Toute vertu qui se fait haïr est une fleur vénéneuse. Si vous êtes un vrai serviteur de Marie, soyez aimable comme elle.

Rose mystique, c'est à ce symbole gracieux, que le chapelet ou rosaire emprunte son nom. On sait que le chapelet ut donné à saint Dominique par la Sainte Vierge elle-même, et que c'est en prêchant la dévotion du rosaire que ce grand Saint convertit un si grand nombre a hérétiques et de pécheurs. Cette dévotion n'a rien perdu de son efficacité. Dans toutes les paroisses où la confrérie du rosaire est florissante, on y voit aussi fleurir la piété. Cette confrérie est elle-même, par le choix des personnes qui la composent, un par terre planté de fleurs et émaillé de roses. Les regards de Marie s'y reposent avec délices et elle se plaît à y répandre ses faveurs les plus abondantes. Montrez du zèle pour la confrérie ; d'abord par votre zèle à en remplir toutes les pratiques, et ensuite, par le soin avec lequel vous ornerez la chapelle de la Sainte Vierge. Dans une église, il suffit de voir avec quel soin l'autel de la Sainte Vierge est orné, pour juger de la piété des jeunes personnes de la paroisse.

 

Exemple

Trait frappant de l'assistance de Notre-Dame du Rosaire

 

Vers ces derniers temps où, par la cessation du travail, la misère était devenue si grande dans la classe ouvrière, une pauvre mère de famille nourrissait avec son travail ses cinq enfants ; le père était mort depuis peu, ne laissant à son épouse d'autre héritage que celui du travail et de la confiance en Dieu. Malgré ses sollicitudes et ses fatigues, cette mère chrétienne ne laissait passer aucun jour sans réciter le Rosaire avec ses enfants. « Mes enfants, disait-elle souvent, si nous avons Marie pour nous, nous aurons Dieu aussi ». C'est ainsi que par ses paroles et ses exemples elle nourrissait l'intelligence et le cœur de sa jeune famille. Mais Dieu éprouve ceux qu'il aime ; or, il arriva qu'un jour cette mère rentra au logis la tristesse peinte sur le front et les yeux baignés de larmes. Calomniée auprès du maître qui lui fournissait du travail, elle avait été traitée par lui d'hypocrite et de voleuse, puis éconduite avec défense de reparaître jamais. Tout moyen d'existence était brisé pour cette famille. Les faibles ressources furent bientôt épuisées, et avec la disette, se faisait sentir la faim : Un soir la mère, plus abattue que de coutume, réunit autour d'elle ses enfants, et, après leur avoir partagé son dernier morceau de pain, elle leur dit en essuyant ses larmes : « Pauvres petites créatures, qu'allez vous devenir ? Je n'ai plus rien à vous donner à manger, plus rien pour aujourd'hui, plus rien pour demain, plus rien pour après demain ; je suis sans travail et rejetée de tous.... Cependant ayons confiance ; vous avez une autre mère plus riche que moi ; c'est Marie, votre Mère du ciel, et cette mère n'abandonne jamais ceux qui espèrent en elle. Mettons nous à genoux pour réciter notre Rosaire habituel, et Marie, je vous assure, aura soin de ses enfants ». Toute la famille se prosterne et répète avec sa mère : « Sainte Marie, priez pour nous maintenant que la misère nous accable ; priez pour nous maintenant, et hâtez-vous de nous secourir ». Le lendemain, de grand matin, un inconnu frappait à la porte ; cet inconnu était un homme de commerce qui venait faire des offres de travail des plus avantageuses. Quelque chose d'invincible, disait-il, l'avait poussé à se présenter dans cette maison. L'inconnu sortait à peine, qu'un second personnage parut ; c'était l'ancien maître qui avait traité si durement la mère quelques jours auparavant. Il avait reconnu son erreur,et venait rendre à cette pieuse famille sa protection avec le pain de chaque jour. On devine la reconnaissance et la joie de la mère et des enfants. (R. P. Augustin, directeur du Rosaire perpétuel).

Pratique : Renouvelez aujourd'hui les fleurs de votre oratoire, et offrez à Marie une couronne de rose, en récitant au moins une dizaine de chapelet.

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Prière

 

Ô Marie, Rose mystérieuse, la plus belle fleur du paradis ! Quand pourrai je vous contempler dans le ciel. Dans celle douce espérance, je prends en dégoût tous les plaisirs et toutes les beautés de la terre, je n'aime et n'admire que vos vertus. La joie qu'on goûte à les pratiquer, est pure et sans épine. Faites que je marche à l'odeur de vos parfums, dans la voie immaculée des vrais enfants de Dieu, pour avoir un jour le bonheur de vous voir et de glorifier votre Fils de toutes les faveurs dont vous avez été comblée. Ainsi soit-il.

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28 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-neuvième jour

Reine des martyrs, priez pour nous.

Reine des confesseurs, priez pour nous.

 

Quelle couronne sur le front de Marie que celle de Reine des martyrs ! C'est dire que ses épreuves et ses souffrances ont surpassé celle des martyrs, de ces héros invincibles qui ont affronté les plus affreux supplices et versé leur sang pour la foi. Dans cette grande et vaillante armée des soldats de Jesus-Christ, plusieurs millions ont eu la tête tranchée par le glaive ; d'autres ont été livrés à la dent dévorante des tigres et des lions ; ceux-là ont été jetés dans des fournaises embrasées ou plongés dans des chaudières d'huile bouillante ; à ceux-là on arracha non seulement la barbe et les cheveux, mais les ongles et la peau. Tout ce que la cruauté la plus raffinée a pu inventer, tout ce que la rage de l'enfer a pu inspirer, a été mis en œuvre pour ébranler la constance des martyrs, et les rendre apostats.

L'Eglise en compte plus de 14 millions qui ont préféré la mort la plus cruelle à la honte et au crime de fouler aux pieds la croix et de renoncer à Jésus-Christ. Et cependant le supplice d'aucun de ces martyrs ne peut être comparé aux douleurs de Marie leur reine. Le supplice de plusieurs d'entre eux n'a duré que quelques jours, et souvent même quelques heures ; celui de Marie a duré autant et plus que la vie de Jésus-Christ son divin fils. Appelée à coopérer au grand mystère de la Rédemption, elle a partagé, dans un degré qu'on ne peut définir, les douleurs infinies de l'Homme- Dieu. Nous avons déjà considéré plusieurs fois Marie sur le Calvaire, mais ne nous lassons pas de revenir à ce spectacle douloureux qui met dans tout son jour la générosité de son cœur et l'héroïsme de son sacrifice. Lorsque les apôtres ont pris lâchement la fuite, Marie est là debout au pied delà croix, témoin de toutes les cruautés et de toutes les ignominies qu'on fait endurer à son divin fils, savourant jusqu'à la lie le calice d'amertume qu'on lui fait avaler. Mais pourrait-on dire : la main des bourreaux n'a pas frappé Marie et son sang n'a pas coulé ! Quoi donc ? La chair de Jésus en lambeaux, n'est-ce pas la chair de Marie ? Le sang que Jésus verse par torrents ne sort-il pas des veines de Marie ? Jésus-Christ meurt sur la croix, et ses souffrances cessent avec son dernier soupir ; mais le martyre de Marie continue avec un surcroît de douleur. Contemplez la recevant dans ses bras le corps de son divin fils, froid, inanimé et couvert de plaies encore saignantes. Comme elle l'arrose de ses larmes ! Comme elle le presse sur son cœur ! L'âme du Sauveur a quitté son corps, mais l'âme de Marie, dit saint Bernard, y est encore pour recevoir le coup de lance, pour souffrir par toutes ses plaies sur lesquelles ses lèvres restent collées. Voyez s'il est une douleur comparable à la sienne, et si ce n'est pas à juste titre qu'elle marche à la tête des martyrs ! qu'elle est appelée N.-D. de Pitié, N. D.-des-Sept-Douleurs ! Qu'elle nous est représentée avec sept glaives qui s'enfoncent dans sa poitrine et s'abreuvent de son sang.

Voilà le grand témoignage d'amour que Notre-Seigneur a donné à sa mère. Il l'a associée a ses souffrances plus qu'aucune autre créature. Ainsi en agit il pour l'ordinaire avec ceux qu'il aime. Il les appelle à partager ses souffrances pour accroître leurs mérites et enrichir leur couronne. Le plus souvent c'est en troublant la prospérité des pécheurs, c'est en leur envoyant des maladies ou d'autres épreuves qu'il leur ouvre. le sein de sa miséricorde. Ne murmurez donc pas, ne vous laissez pas aller à rabattement, lors que la main de Dieu vous touche à l'endroit sensible. Ou souffrir ou mourir, s'écriait sainte Thérèse. Vivre toujours pour souffrir toujours, s'écriait une autre sainte plus héroïque encore. Mais Dieu ne demande pas que vous vous éleviez tous à ce degré de perfection. Les instruments qui servent à votre profession, que vous baignez de vos sueurs, qui usent vos forces et votre vie, ne sont-ils pas pour vous de véritables instruments de martyre ? Prenez vos maladies et les fatigues de votre état en esprit de pénitence, supportez-les patiemment par amour pour Dieu ; et vous mériterez de participer à la gloire de la Reine des Martyrs.

 

Exemple

Lyon préservé du choléra

 

En 1832 et 1838, Lyon menacé par le choléra, leva les yeux vers la sainte Montagne de Fourvière. La contagion avait faillie si grands ravages dans la capitale ! Elle semblait s'attacher de préférence aux grandes cités. En 1835 surtout, elle se montrait presque aux portes de Lyon, et la ville était pleine de fugitifs qui, s'échappant à la hâte des lieux infectés, portaient le germe du mal dans leur sein. Tout faisait croire que le fléau destructeur allait se répandre et envahir un lieu où dans de semblables circonstances, l'ange de la mort avait autrefois frappé de si terribles coups. Le sage administrateur Mgr de Pins, archevêque d'Amasie, à qui la Providence, attentive aux besoins de son peuple, avait confié les enfants des martyrs, excita les fidèles à recourir à leur protectrice ; sa voix retentit jusqu'au fond des cœurs. Le concours à N.-D. De Fourvière fut grand, les vœux furent ardents, les œuvres de piété multipliées. Marie entendit les supplications de son peuple. Le ministre des vengeances divines eut ordre de respecter la cité qu'elle avait prise sous sa défense, cl le zélé prélat ne fut que l'interprète de la voix de ce même peuple, lorsqu'il ordonna deux fois des prières d'actions de grâces dans le sanctuaire protecteur. Depuis, le fléau destructeur a reparu plusieurs fois en France, et a éprouvé cruellement la population de nos principales villes. Lyon, la seconde capitale de l'Empire, bien que renfermant tous les éléments qui semblent appeler et favoriser le choléra, a toujours été épargné, grâce à la protection de celle qui veille à son salut du haut de la sainte Montagne. Aussi dans quelle autre ville la fête de l'Immaculée Conception est elle célébrée avec une ferveur plus générale et une plus brillante illumination. (Pèlerinages aux sanctuaires de la Mère de Dieu).

Pratiques : Évitez, pendant la journée, toute plainte et tout murmure au milieu des contradictions de la vie et des peines de votre état. Considérez les instruments qui servent à votre profession souvent si pénible, comme les instruments de votre martyre.

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Prière

 

Ô Reine des martyrs et des confesseurs ! Votre vie n'a été qu'une longue suite de souffrances dont la rigueur a égalé la durée. C'est à cause de nous et par amour pour nous, que vous avez été associée à toutes les douleurs de votre divin Fils. Faites-nous bien comprendre le mérite et la gloire des peines inséparables de la vie. Il faut passer par l'épreuve des mystères douloureux avant d'arriver à la joie des mystères glorieux. Le chemin du Calvaire est la route qui conduit au ciel. Tendez-nous une main secourable pour y marcher à votre suite et pour mériter de partager un jour avec vous la couronne des Martyrs. Ainsi soit-il.

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14 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Quinzième jour

Miroir de justice, priez pour nous

 

L'Eglise, ayant comme épuisé tous les titres qui pouvaient lui servir à honorer dans Marie la Vierge et la Mère, passe à un autre ordre d'idées afin de lui offrir de nouvelles louanges. Elle l'invoque sous le nom radieux de Miroir de justice. Ce titre vous paraît peut être singulier et au dessous de la dignité de la sainte Vierge. Vous comprendrez bientôt qu'il renferme une grande gloire pour elle, et une grande leçon pour vous.

Posez un miroir en face du soleil, il en reçoit les rayons et les renvoie avec un éclat presque égal à ceux du soleil lui-même. Tel est le cœur de Marie ! C'est un miroir véridique qui réfléchit tous les rayons du soleil de justice, qui rend et reproduit toutes les vertus du fils de Dieu dont elle a été le divin tabernacle. Le fils de Dieu est descendu sur la terre pour nous enseigner et pratiquer toute justice ; il nous a donné dans sa personne le modèle de la plus haute perfection ; il s'est posé en notre présence et nous dit à tous : « Je vous ai donné l'exemple, afin que Tous agissiez en toutes choses comme j'ai agi moi-même ».

Or, qui a étudié de plus près et plus longtemps ? qui a le mieux copié et reproduit ce divin modèle ? Son miroir le plus fidèle, c'est Marie. On retrouve effectivement en elle, autant qu'une simple créature est capable de reproduire les perfections de l'Homme-Dieu, même humilité, même douceur, même patience, même dévouement, même abnégation, même héroïsme dans l'amour et la pratique du sacrifice. Si l'Evangile qui contient la vie et les enseignements de Jésus-Christ pouvait être anéanti, nous trouverions, en quelque sorte, dans les exemples de la Sainte Vierge, toutes les vertus et toute la doctrine du Fils de Dieu. Elle a rempli la loi et toute la loi, sans faire défaut à aucun point ; et l'on peut dire que sa vie tout entière est l'Evangile mis en pratique.

Marie miroir de justice, Marie reproduisant les vertus de son divin fils, nous rappelle l'obligation que nous avons d'imiter Jésus-Christ, nous montre qu'il est possible de marcher sur ses traces. Ne descend-elle pas d'Adam et d'Eve comme nous ? N'est-elle pas du même sang et de la même nature que nous ? Ce qu'elle a été comme enfant, comme vierge, comme épouse, comme mère, comme veuve, nous pouvons l'être aussi avec le secours de la grâce. Faisons donc, pour plaire à Dieu, ce que font les personnes vaniteuses qui veulent plaire au monde. Elles ont sans cesse le miroir devant les yeux pour composer leur parure et découvrir les taches qui souillent et enlaidissent leur visage. Notre miroir à nous, c'est la vie de Marie comparée à la nôtre. Dans nos prières, dans nos actions, dans nos conversations, tout ce qui ne ressemble pas à la manière de faire de la Sainte Vierge, indique une laideur, une difformité dans notre âme. Il y a cette différence entre le miroir de la vanité et le nôtre, que le premier montre les taches sans les faire disparaître ; que Marie au contraire, en nous faisant connaître nos défauts, nous aide à nous en corriger. S'il est une faveur que nous soyons plus particulière ment autorisés à demander à notre divine mère, c'est de marcher sur ses traces et de devenir des enfants qui lui ressemblent.

Oui, tenons toujours nos cœurs et nos regards tournés vers Jésus et vers Marie, c'est là tout notre espoir, c'est a quoi nous exhorte notre saint curé. « Le cœur, dit-il, se porte vers ce qu'il aime le plus. L'homme était créé pour le ciel, le démon a brisé l'échelle qui y conduisait. Notre-Seigneur, par sa passion, nous en a forme une autre, il a ouvert la porte La très Sainte Vierge est au haut de l'échelle, qui la tient à deux mains, et qui nous crie : Venez, venez ! Ô la belle invitation ! Que l'homme a une belle destinée : voir Dieu, l'aimer, le bénir, le contempler pendant l'éternité ! »

 

Exemple

L'imitation de la Sainte Vierge

 

Une jeune personne du nom de Léonie avait eu, comme tous les enfants prédestinés, une grande dévotion à la Sainte Vierge dès l'âge le plus tendre. Encore toute jeune, comme sa mère lui racontait un jour comment la Sainte Vierge s'était consacrée à Dieu dans le temple, à l'âge de trois ans : « Et moi aussi, s'écria-t elle avec vivacité, je veux me donner à Dieu comme la Sainte Vierge ». - «Mais, reprit la mère, la Sainte Vierge pratiquait dans le temple la patience, la douceur, l'humilité ; elle ne raisonnait pas quand on lui commandait, mais elle obéissait promptement et sans murmurer ; et souvent tu te fâches, tu prends de l'humeur, tu murmures, tu raisonnes. Dans le temple, disait encore la mère, la Sainte Vierge offrait à Dieu toutes ses pensées et toutes ses actions, et toutes ses prières étaient pleines de ferveur et de recueillement ». « Ah ! Donnez-moi aussi une prière que je puisse adresser à Dieu et à la Sainte Vierge, demanda l'enfant, et je la dirai tous les jours ». La prière fut bientôt trouvée, et Léonie ne manquait pas un seul jour de la réciter avec une tendre dévotion. Plus cet enfant de bénédiction croissait et avançait en âge, plus elle cherchait à imiter les vertus de celle qu'elle s'était choisie pour modèle. Ses oraisons jaculatoires à Marie étaient presque continuelles ; elle s'adressait à elle en tonte rencontre avec une confiance toute filiale. Parmi les tableaux et les statues, qui ornaient sa chambre, ceux de la Mère de Dieu occupaient le premier rang. Les sacrifices qu'elle pouvait lui offrir devenaient pour sa piété de véritables jouissances. Elle ornait sa chapelle, elle faisait tout pour lui plaire ; et non seulement Léonie consacra son enfance à Marie, elle lui consacra encore sa jeunesse ; elle passa sa vie tout entière dans son amour et celui de son divin Fils. Pressentant sa fin prochaine, elle alla passer quelques jours dans une pieuse solitude consacrée à Marie. Elle en sortit avec une paix profonde et une résignation entière à la volonté de Dieu, et quoiqu'elle n'eût encore que vingt-sept ans, elle vit approcher la mort sans crainte et sans regret, et s'endormit tranquillement entre les bras de Marie comme un entant sur le sein de sa mère. Oh ! Que la mort est douce, quand on a eu le bonheur d'aimer, de servir et d'imiter la Sainte Vierge pendant sa vie ! (Abbé Michaud, Mois de Marie de la Jeunesse Chrétienne).

Pratiques : Avant d'agir ou de parler, adressez-vous intérieurement à vous-même cette question : « Que ferait ou que dirait la Sainte Vierge, si elle était à ma place ? »

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Prière

 

Ô Marie, le miroir de vos vertus me couvre de confusion. Je ne me reconnais ni dans votre modestie, ni dans votre pureté, ni dans votre obéissance, ni dans votre patience, ni dans votre charité, ni dans votre mortification. Daignez par votre douceur corriger mes vivacités et mes impatiences ; par votre humilité mes vaines prétentions et mon orgueil; par votre pureté ma passion pour les plaisirs et les fêtes du monde. Daignez surtout par votre protection, m'établir et me maintenir dans l'état de grâce, et m'aider à devenir de plus en plus conforme à votre divin fils, en vous imitant, ô vous qui en êtes l'image vivante. Ainsi soit-il.

 

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13 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Quatorzième jour

Vierge clémente, priez pour nous.

Vierge fidèle, priez pour nous.

 

La clémence est le pardon qui descend d'en haut, c'est la bonté des grands envers les petits. Les souverains s'honorent par leur clémence plus que par leurs victoires. Mais sur quel front vit on jamais briller la clémence, comme sur le front de Marie ? Bien qu'elle soit notre Reine, nous sommes ses frères : comme nous elle descend d'Adam. Bien plus, c'est à nous en quelque sorte qu'elle doit sa grandeur et son élévation. Car, d'après une opinion bien autorisée, elle ne serait jamais devenue la mère du Rédempteur s'il n'y avait eu des pécheurs à racheter. Elle ne peut donc abaisser ses regards sur la terre, sans se dire à elle même, c'est à la misère des hommes, que je dois la gloire d'être devenu la mère de Dieu. Et voilà pourquoi son cœur est plein de clémence pour nous ; voilà pourquoi elle plaide sans cesse la cause des pécheurs auprès de son fils. Patience, lui dit elle, ne le frappez pas encore, il rentrera en lui même et réparera les désordres de sa vie passée. « On compare souvent la Sainte Vierge à une mère, disait notre saint curé, mais elle est encore bien meilleure que la meilleure des mères ; car la meilleure des mères punit quelquefois son enfant qui lui fait du chagrin, même elle le bat; elle croit bien faire. Mais la Sainte Vierge ne fait pas comme ça : elle est si bonne qu'elle nous traite avec amour et ne nous punit jamais ».

Pères et mères, maîtres et maîtresses, imitez cette clémence de Marie. Montrez-vous fermes et énergiques pour repousser de votre maison tous les abus, toute espèce de désordres ; mais ensuite soyez indulgents envers vos enfants et vos serviteurs quand ils se repentent sincèrement et vous demandent pardon du mal qu'ils ont fait. Faites la part de la légèreté naturelle à leur âge, et n'aigrissez pas leur caractère par des récriminations auxquelles ils finissent par devenir insensibles, quand elles sont sans cesse renouvelées. Une trop grande sévérité désespère souvent le coupable, la bonté le touche et le ramène. Traitez-le comme vous voulez que Dieu vous traite vous-même.

Au titre de Vierge clémente, nous avons joint celui de Vierge fidèle. Vierge Fidèle ! Comprenons nous la grandeur de cet éloge ? II fait ressortir la générosité avec laquelle Marie a toujours correspondu à la grâce et aux desseins de Dieu sur elle. Prédestinée à devenir la mère du Rédempteur, Marie correspond à cette grâce en se retirant dans le temple. Avertie par l'ange que le mystère de l'Incarnation va s'accomplir en elle, Marie réserve sa virginité et répond humblement qu'elle est a servante du Seigneur. En se rendant à Bethléem, elle prévoit les conséquences de ledit qui l'oblige à se déplacer; mais elle n'hésite point : dans l'ordre du souverain temporel elle voit la volonté de Dieu qui commande. Même fidélité quand l'ange vient l'avertir de fuir en Egypte. Toujours et jusqu'à la fin, Marie est fidèle à Dieu, fidèle à son époux, fidèle à tous ses devoirs.

La première leçon que nous donne la fidélité de Marie, c'est de correspondre avant tout à la grâce de notre vocation. Il ne nous est pas libre d'embrasser, au gré de notre caprice, tel ou tel état Dieu appelle les uns à l'état du mariage, les autres à l'état religieux, et notre salut dépend en grande partie du choix que nous aurons fait. Domestiques, apprenez de Marie à servir vos maîtres avec dévouement et fidélité, et à tenir leurs intérêts comme vos intérêts personnels. La perte de votre temps est un vol que vous leur faites, et vous êtes obligés à restituer le temps perdu comme un argent que vous auriez volé Qui que vous soyez, rappelez-vous que le salut se fait surtout en détail, par le fidèle accomplissement des devoirs communs et journaliers. « Courage, bon et fidèle serviteur, dira le Seigneur à ses élus ; vous m'avez été fidèles dans les petites choses, entrez dans la joie de votre Dieu ».

 

Exemple

Une commission pour la sainte Vierge

 

Un jeune homme, depuis longtemps oublieux de Dieu, partant pour Paris, alla par politesse demander à une dame, amie de sa famille, ses commissions. « J'en aurais bien une, dit la dame, une petite, mais peut-être vous gênerait-elle ? » « Dites, madame, je suis à vos ordres ». « Eh bien, ayez la bonté, à votre arrivée a la capitale, d'aller dire pour moi un Ave Maria à Notre Dame des Victoires ». (C'est l'église où a été établie l'archiconfrérie du saint cœur de Marie). Par convenance, le jeune homme s'inclina ; mais la commission n'était guère de son goût ; il ne se piquait pas de dévotion. Après un séjour d'un mois employé à visiter les merveilles de Paris, le jeune voyageur, prêt à repartir, se rappela l'Ave Maria promis.... « Tant pis, se dit-il, je n'irai pas... pourtant, si, j'y vais... j'ai promis... » II court à Notre Dame des Victoires, s'agenouille à demi sur un prie-Dieu, et, de l'air dont on fait une corvée, il cherche dans un coin de sa mémoire la prière à Marie, presque oubliée ; enfin il la retrouve et la récite... Et soudain, comme le charbon brûlant embrase le bois desséché, cette douce invocation pénètre tout d'un coup jusqu'aux entrailles ce jeune pécheur ; il verse des larmes qu'il ne se connaissait plus. Le vénérable curé de Notre Dame des Victoires, habitué à ces conversions subites, s'approche de ce prodigue dont il devine le trouble. Le jeune homme se confesse, retarde son départ, communie, et, de retour dans son pays, sa première visite fut pour la dame à l'Ave Maria, que ce changement n'étonna pas trop, car elle s'y attendait presque. (Mois de Marie des Enfants).

Pratiques : Appliquez-vous aujourd'hui à remplir tous les devoirs de votre état, et en particulier les plus communs et les plus ordinaires. Obéissez au premier commandement, et n'excitez pas, par votre indolence, l'impatience de vos parents et de vos maîtres.

 

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Prière

 

Vierge clémente, Vierge fidèle, avec quel ravissement mes regards se portent vers le trône de miséricorde où vous êtes assise ! Je vois que tous les trésors du ciel passent par vos mains. Une foule de malheureux vous implorent, et vous avez pour chacun un regard de bonté et de protection. Comptez-moi parmi ceux qui tendent vers vous des mains suppliantes. Ce que je vous demande aujourd'hui, c'est d'être fidèle comme vous à toutes les inspirations de la grâce et à tous les devoirs de ma condition ; devoirs de respect et de soumission envers mes parents et mes maîtres ; devoirs de déférence et d'indulgence envers mes inférieurs ; devoirs de charité envers tous. Ainsi soit il.

 

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12 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Treizième jour

Vierge vénérable, priez pour nous.

Vierge digne de toute louange, priez pour nous.

Vierge puissante, priez pour nous.

 

Tous les jours du mois de Marie ne peuvent suffire à méditer en particulier chacun de ses titres de gloire. Nous la saluons aujourd'hui des noms augustes de Vierge vénérable ! Vierge digue de toute louange ! Vierge pleine de puissance ! Et en effet qui mérite plus que Marie nos hommages et notre vénération? L'ange s'est incliné de respect en sa présence, et Jésus-Christ lui-même a reconnu sa puissance en lui obéissant.

Vierge vénérable ! Vierge digne de toute louange ! Marie elle-même, dans l'effusion de sa reconnaissance, avait prédit que toutes les générations la proclameraient bienheureuse. Cette prophétie ne s'est-elle pas accomplie, et ne continue-telle pas à s'accomplir à la lettre ? Est-il un siècle qui ne soit rempli de sa gloire ? Où son culte n'ait été en honneur ? Où on ne lui ait élevé des monuments ? Où les prédicateurs les plus distingués n'aient célébré ses louanges ? Si nous voulons y prendre garde, Marie partage ce respect et cette considération dont son nom est couronné, avec toutes les vierges chrétiennes qui marchent sur ses tracés. Voyez, dans une paroisse, dans une famille, une jeune personne exemplaire, pieuse, modeste et retenue, ne se concilie-t-elle pas l'estime de tout le monde ? Ne fait-elle pas la gloire et la consolation de ses parents ? Sa seule présence imprime le respect, on n'oserait en sa présence tenir des propos libres et inconvenants. Oui, vierges chrétiennes, sachez vous respecter, et on vous respectera. Pour l'ordinaire, la femme à laquelle on manque de respect, a provoqué elle même l'effronterie des libertins, par son manque de modestie, par la liberté de ses regards ou de ses paroles.

Mais parmi les nombreux et glorieux titres de Marie, un de ceux qui nous intéressent le plus, c'est la grandeur de sa puissance, c'est le crédit sans bornes dont elle jouit auprès de Dieu. I1 nous importe de savoir selon quelle étendue de nos besoins nous pouvons faire appel à soit cœur maternel, et jusqu'à quel point nous pouvons compter sur sa protection. Or, la puissance de Marie doit se mesurer a la puissance de Dieu-même. L'Evangile nous en fournit la preuve authentique. Nous lisons que Jésus, pendant sa vie mortelle, était obéissant à Marie et à Joseph ; que c'est à la prière de sa mère, qu'il a fait son premier miracle aux noces de Cana. Mais si Jésus Christ s'est montré si empressé d'accorder à sa mère tout ce qu'elle lui demandait, lorsqu'elle était sur la terre, que pourrait-il lui refuser, maintenant qu'elle règne avec lui dans la gloire ? Salomon entouré de sa cour et voyant paraître sa mère, descendit de son trône, la fit asseoir à ses côtés et lui dit : « Parlez, ma mère, je n'ai rien à vous refuser ». Jésus Christ sera-t-il moins généreux pour la sienne, qu'il a fait asseoir à ses côtés sur un trône mille fois plus éblouissant que celui de Salomon, lorsqu'elle viendra lui demander des grâces, pour nous tous qui sommes les membres de sa grande famille ? Le saint curé d'Ars comparait la puissance de la prière de la Sainte Vierge, à la puissance de la prière de son fils. « Tout ce que le Fils demande au Père, s'écriait-il, lui est accordé. Tout ce que la Mère demande au Fils lui est pareillement accordé ». Marie a donc en main la toute-puissance de Dieu parce qu'elle peut tout demander, et que rien n'est plus agréable à Jésus-Christ que de complaire à sa Mère en faisant passer les trésors de sa grâce par ses mains divines et maternelles. Oui, quelle que soit l'étendue de nos besoins, recourons à Marie; et si nous ne sommes pas exaucés, ce sera par défaut de confiance de notre part, mais jamais par défaut de puissance du côté de la Sainte Vierge.

 

Exemple

Puissance du nom de Marie

 

Un officier supérieur, se trouvant dans l'Algérie avec sa famille, fut rapporté blessé dans sa maison à la suite d'un violent combat, et bientôt son étal parut désespéré. Son fils, qui était un des médecins de l'armée s'empressa de lui prodiguer tous les secours de son art, bornant là sa sollicitude; mais sa mère et sa sœur, qui ne quittaient pas- le chevet du malade, formaient les vœux les plus ardents pour sa conversion. En vain elles conjurèrent le jeune médecin d'avertir son père du danger où il se trouvait et de lui proposer uu prêtre; elles ne purent rien obtenir; il était retenu par le respect humain. Pendant qu'ils étaient tous tristement réunis, une douleur aiguë survient tout-à-coup au blessé et lui fait pousser les hauts cris. Les deux dames, tremblant que ce ne soit sa dernière heure, se jettent à genoux en invoquant le nom de Marie, Le jeune homme, entraîné lui-même par ce mouvement spontané, tombe à genoux et s'écrie aussi : « Marie ! Marie ! » A ce moment, les douleurs du malade s'étant calmées, il porte sur son fils un regard étonné et lui dit : « Quel nom viens-tu de prononcer ? » Aussitôt le malade découvre sa poitrine et montre à sa famille une médaille de la sainte Vierge. « Je la porte, dit-il, depuis ma première communion ; mon curé en me la donnant me fit promettre de ne jamais la quitter. Engagé bientôt après dans les armées de l'Empire, je courus de grands dangers. Un jour, dans une bataille, j'entendais siffler les balles tout autour de moi, et je voyais à chaque instant tomber un de mes compagnons. Effrayé du péril, je promis à la sainte Vierge que, si j'échappais, j'accorderais la première demande qui me serait faite en son nom. Depuis ce jour, il ne s'est présenté aucune occasion de remplir ma promesse ; mais je viens de l'entendre prononcer le nom de Marie ». « Mon fils, aurais-tu formé quelque demande ? » « Oui, s'écria le jeune homme, touché jusqu'au fond de l'âme, je vous conjure de vous Réconcilier avec Dieu, devant qui vous paraîtrez bientôt, peut être ». Les deux dames s'empressèrent de faire venir un prêtre. Le malade se confesse en versant un torrent de larmes, et il meurt quelques jours après, en donnant tous les signes de la prédestination. Quant au fils, il entra dans la compagnie de Jésus, et mourut dans les missions d'Amérique. (Mois de Marie des jeunes filles).

Pratique : Mettez aujourd'hui à l'épreuve la puissance de Marie, en lui demandant deux faveurs : une pour le prochain et l'autre pour vous. Comprenez, si vous voulez que Marie vous tire du danger, que vous ne devez pas vous y exposer volontairement.

 

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Prière

 

Accablé de besoins spirituels et temporels, et me reconnaissant indigne de comparaître devant la majesté divine, qu'il m'est doux, ô Marie, de penser que je puis implorer en ma faveur votre puissante protection. Si jusqu'à ce jour j'ai si peu obtenu, c'est que je n'ai pas assez demandé. Vous serez donc désormais, pour toujours et à jamais, ma ressource dans tous mes besoins, ma consolation dans toutes mes peines, ma force dans toutes mes tentations. Je suis certain d'être exaucé, parce que votre puissance de Reine du ciel égale votre bonté de Mère de Dieu et des hommes. Ainsi soit-il.

 

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3 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Quatrième jour

Sainte Marie, priez pour nous.

 

Le premier titre d'honneur que nous donnons à la très sainte Vierge, en l'invoquant, c'est son nom même de Marie, nom qui, après celui de Jésus, fait la gloire de l'Eglise et les délices de toutes les âmes pieuses. Elle le reçut de ses parents, quelques jours après sa naissance, et l'on croit pieusement qu'il fut apporté du ciel par un ange. « Ce sont les trois personnes de la sainte Trinité qui vous ont donné ce beau nom de Marie, ô Vierge sainte ! s'écrie un pieux auteur, afin qu'à ce nom vénérable tout fléchisse le genou dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ». En effet, le nom de Marie veut dire reine ou souveraine, il veut dire encore étoile de la mer, astre bienfaisant ; et la sainte Vierge a parfaitement rempli toute l'étendue de ce nom mystérieux. Elle est notre reine, elle est la reine du ciel et de la terre, la reine des anges et des hommes. Elle est aussi notre étoile, elle est, selon saint Bernard, cette étoile brillante qui nous éclaire et nous guide à travers les mille dangers dont nous sommes environnés de toutes parts sur la mer orageuse de ce monde. Elle est cet astre bienfaisant qui nous conduit au port du salut.

Voilà pourquoi il n'est presque pas de famille chrétienne, où quelqu'un des membres qui la composent ne réponde au doux et glorieux nom de Marie. La piété d'une mère tient à ce que l'une de ses enfants soit appelée Marie, afin que ce nom béni soit une protection sur sa fille, en même temps que sur elle et sur toute sa maison. Ô vous, heureuse enfant qui portez le beau nom de Marie, possédez aussi sa modestie, sa pureté, sa sainteté. Si vous portez le nom, sans aspirer aux vertus qu'il rappelle, vous le profanez, vous faites injure à Marie.

Il est deux noms de femme qui se rencontrent dans l'histoire du genre humain, et auxquels se rattachent nos destinées. Notre première mère s'appelait Eve, la seconde s'appelle Marie. La première nous a perdus, en mangeant du fruit défendu ; la seconde nous a sauvés, en nous donnant Jésus, le fruit béni de ses entrailles. Nous tenons de la première concupiscence et tous les penchants désordonnés qui nous portent au mal ; nous avons reçu de la seconde Jésus-Christ, l'auteur de la grâce avec le secours de laquelle nous pouvons toujours résister à la tentation, éviter le mal et faire le bien. Voyez maintenant de qui vous êtes enfant ! Si vous ne recherchez que les convoitises de la chair, les plaisirs, les modes, la sensualité, vous êtes enfant d'Eve ! Si au contraire, vous repoussez la vanité, si vous aimez l'intérieur de votre maison et la pratique des devoirs de votre état, si vous allez puiser aux sources de la grâce dans la fréquentation des Sacrements, vous êtes un enfant de Marie ! Choisissez : Eve vous mène à la mort, marie vous conduit à la vie. « Le cœur de Marie est si tendre pour nous, disait notre Saint Curé, que ceux de toutes les mères réunies ne sont qu'un morceau de glace auprès du sien, voyez comme la Sainte Vierge est bonne ! Son grand serviteur Saint Bernard lui disait souvent : « Je vous salue Marie.... » Un jour cette bonne Mère lui répondit : « Je te salue, mon fils Bernard... »

Exemple

Dévotion du Bienheureux Herman, pour le Nom de Marie

 

Le saint nom de Marie était autrefois en si grande vénération dans certains pays, qu'il était défendu de le porter. On aurait craint de profaner le nom de la Mère de Dieu, si on l'avait donné à d'autres personnes. Cet usage ne subsiste plus ; au contraire, c'est par dévotion pour l'auguste Vierge, et pour se mettre sous sa protection d'une manière spéciale, que tant de personnes prennent aujourd'hui le nom de Marie. Heureuses si, non contentes de porter le nom de la Reine du ciel, elfes s'efforcent d'en imiter les vertus. Le bienheureux Herman, au rapport de Surins, prononçait très fréquemment le saint nom de Marie, et en ressentait des effets prodigieux. Quand il était seul, il se prosternait contre le pavé de sa cellule, et répétait sans cesse : « Marie !... Marie !... » Un de ses amis qui était aussi fort dévot à la très sainte Vierge, l'avant rencontré dans un de ces moments qu'il consacrait à honorer le nom de son aimable Mère, lui demanda, tout surpris ce qu'il y trouvait de charmes. « Je cueille, répondit Herman, mais avec une consolation incroyable, les fruits délicieux du nom de Marie. Je le prononce, et il me semble que toutes les fleurs, que tous les parfums les plus exquis se réunissent autour de moi pour embaumer les airs, tandis qu'une certaine vertu que j'ignore remplit.mon cœur d'une joie toute céleste. Je me délasse de tous mes travaux ; j'oublie toutes les amertumes de la vie ; je voudrais ne sortir jamais de cette position, ne cesser jamais de prononcer le saint nom de Marie ».

 

Pratique : Faites une petite inclination de tête, quand vous prononcez ou entendez prononcer le saint nom de Marie.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Votre nom seul est une prière, et la plus excellente prière que je puisse faire monter vers le trône de Dieu. Marie ! Si je sais prononcer votre nom avec amour, respect et confiance, je puis tout obtenir du ciel. Marie ! Votre nom est la terreur du démon et Fait accourir les anges à mes côtés. Marie ! Votre nom fait germer la vertu dans mon cœur, comme un rayon de soleil fait épanouir les fleurs et mûrir les moissons. Marie ! Si je meurs en prononçant votre nom hem, je serai sauvé. Je veux le prononcer souvent pendant ma vie, pour être plus assuré de ne pas l'oublier à l'heure de ma mort. Ainsi soit-il.

 

Vianney (21)

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26 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Vingt-septième jour

Amour envers Marie

 

« Aimons toujours davantage Notre Seigneur ! Aimons Marie ! Aimons Jésus jusqu'à l'ivresse ! Aimons Marie jusqu'à la passion !… » (Lettre du Père Schaffausser)

 

I. Albert le Grand applique à Marie ces paroles de la Sagesse : « Je préviens ceux qui me désirent et je me montre à. eux la première. Oh ! Qu'il est facile, ajoute-t-il, de trouver Marie quand on l'aime ! » Le Saint en avait fait la douce expérience ; on peut dire qu'il ne vivait que de Marie, que pour Marie, qu'avec Marie !

Un matin que le bienheureux Henri Suso était assoupi, il entendit sonner les fanfares qui annonçaient le retour du jour ; il se prosterna aussitôt contre terre en saluant son Étoile d'amour, la Reine souveraine du ciel ; il lui chanta dans son âme un cantique délicieux, avec cette effusion de joie que font paraître pendant l'été les oiseaux des champs quand ils saluent l'aurore. Une voix mélodieuse lui répondit intérieurement par ces mots : « Maria, stella Maris, hodie processit ad ortum ». Alors son allégresse n'a plus de bornes ; il chante avec Marie, qui chante dans son cœur. Il répète les paroles qu'il a entendues, et tout entier à Celle qui lui parle, il s'efforce de s'unir tout à Elle par ses adorations, par ses aspirations les plus fortes et les plus passionnées ; et Marie se penchant avec bonté vers son serviteur lui dit : « Plus tu m'aimeras sur la terre, plus je t'aimerai tendrement dans le ciel, et plus aussi, tu me seras uni au jour de l'éternelle clarté ».

Ces paroles anéantirent d'amour le jeune homme, et de ses yeux coulaient deux fontaines de larmes. Des grâces semblables lui étaient accordées pendant ses prières du matin, lorsqu'à l'aurore il se prosternait trois fois en embrassant la terre et en saluant ainsi l'éternelle Sagesse : « Mon âme a soupiré après vous toute la nuit, et dès le matin mon esprit s'est empressé de vous louer du plus profond de son être ». Ensuite il s'adressait à la chère étoile de lumière et d'amour, à Marie, la Mère du Verbe incarné, et il activait tellement son amour pour Dieu et Marie qu'il devenait comme un foyer d'amour, et que ses paroles étaient des flammes qui embrasaient tous les cœurs.

Le bienheureux Henri de Caltris prit l'habit religieux fort jeune au couvent de Louvain, il avait un grand amour pour la Reine des anges, qui, pendant son noviciat, lui apparut tout étincelante de lumière. Elle lui demanda son cœur, et depuis il eut un si grand amour pour Elle qu'aucun saint ne l'a surpassé dans cet amour. Aussi Marie venait elle à son secours toutes fois qu'il l'invoquait dans ses tentations.

Pendant que la bienheureuse Esprite était en pension, elle se levait ordinairement à minuit et priait pendant une heure devant un tableau de la Vierge qui était prés de son lit. Une de ses compagnes qui l'observait en secret, a dit plus d'une fois qu'Esprite, après avoir récité son chapelet, les litanies de la Mère de Dieu et plusieurs autres prières en son honneur, s'abandonnait à des transports d'amour pour la sainte Vierge, pendant lesquels elle lui donnait les plus tendres noms, l'appelant sa dame, sa maîtresse, sa souveraine, sa protectrice, sa Mère, sa toute belle; toute puissante, tout aimable princesse ; et faisant une inclination à chaque titre d'amour qu'elle lui donnait, elle s'efforçait d'inspirer des sentiments d'amour pour Marie à ses jeunes campagnes ; elle leur parlait sans cesse de ses perfections avec tant de force et d'onction, que ces jeunes coeurs en étaient tout attendris. Elle avait la Mère de Dieu si présente à son souvenir que toutes les fois qu'elle avait à monter les degrés qui conduisent à la tribune intérieure de l'église du monastère, on la voyait s'arrêter à la porte et faire de profondes révérences, accompagnées de ces petites façons que l'on fait à ceux qu'on prie par honneur d'entrer les premiers. Elle avait sans doute dans ce moment une pensée vive de la présence de la Mère de Dieu. et c'était là ce qui l'obligeait à lui rendre ces marques d'honneur et de respect.

Le bienheureux Jacques Salomon, ayant perdu de bonne heure les appuis de son enfance, prit Marie pour mère et lui consacra sa vie entière. « À peine peut-il bégayer quelques syllabes que le nom de Marie est sans cesse sur ses lèvres. Ses délices et sa joie sont de célébrer les louanges de Marie ; la plus précieuse récompense de ses travaux, c'est un regard de Marie ; son repos, son délassement dans les exercices d'une vie austère et pénitente, c'est d'aller répandre son cœur au pied de l'autel de Marie ; l'arme puissante qu'il emploie pour conquérir les âmes, c'est le Rosaire de Marie, et la ferveur des Ave Maria qui sortent de sa bouche fait fleurir en plein hiver les roses des cloîtres de son couvent ; enfin son espérance à l'heure de la mort, c'est Marie Mère de miséricorde qu'il invoque avec l'amour d'un enfant et la foi d'un prédestiné ». (Méditations sur la vie et les vertus des saints et des bienheureux de l'Ordre de saint Dominique).

 

II. Votre gloire immense, Vierge sainte, n'a nul besoin de mes humbles hommages et de mes louanges imparfaites, et si je n'écoutais que le profond sentiment de mon incapacité et de ma misère, je ferais silence, car mon âme ne peut décrire cet amour qu'elle sent si bien. Mille fois j'ai senti que rien ne peut rendre l'immensité de mon amour pour vous, ô Marie !

Je puis décrire l'océan et la vague qui bouillonne et se brise sur le roc, les hautes futaies qui gémissent sous le vent qui tourbillonne, l'éclair qui dissipe une seconde les ténèbres, pour en mieux faire sentir l'horreur ; je puis chanter le parfum des fleurs nouvelles, le ruisseau qui murmure, les pics neigeux qui portent jusqu'au delà des nuages le témoignage de la puissance de Dieu ; la beauté de l'aurore naissante ; mais qu'est auprès de vous, divine Vierge, ravisseuse des cœurs, tout ce que la terre renferme de beau, de suave, de doux !... Mais, ô profond mystère qui nous confond et nous ravit d'amour ; vous nous dites, vous nous prouvez, ô Mère si tendre ! Que vous aimez les louanges et les hommages de vos enfants quand ils sortent d'un cœur tout à vous, et que vous cessez d'écouter l‘harmonieux concert des archanges, pour prêter l'oreille aux humbles accents d'amour de la plus obscure de vos filles. Aussi, mon âme enivrée d'amour et de reconnaissance pour vous, auguste Mère de Dieu, vous offrira toujours ses hommages sur la terre, en attendant qu'elle puisse aller vous aimer sans fin, au ciel avec les esprits bienheureux. Amen.

« Vous êtes, ô ma bien-aimée Marie ! La plus belle de toutes les Vierges ; on ne vit jamais sur la terre une plus pure créature que vous ! Votre visage est un paradis plein de grâce et de pureté ; jamais ne parut ici-bas beauté plus parfaite après celle de Dieu. Vos yeux qui respirent l'amour, sont deux étoiles brillantes et belles; vos regards sont des traits qui blessent les cœurs. Vos mains sont des perles ; en les voyant, on les aime ; elles sont pleines de faveurs et de biens pour les âmes qui sont à vous ! Oh ! quand irai-je vous voir ! quand m'en irai-je vers vous, ô Marie, en soupirant d'amour ». (Couronne de Marie, octobre 1860).

 

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26 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Vingt-septième jour

Mataréa

 

Après un séjour d’à peu près dix-huit mois, Jésus ayant environ deux ans, la Sainte Famille quitta Héliopolis par suite du manque d’ouvrage et de beaucoup de persécutions. Ils se dirigèrent au midi, vers Memphis. Comme ils passaient par une petite ville peu éloignée d’Héliopolis, et qu’ils se reposaient dans le vestibule d’un temple d’idoles, l’idole tomba et se brisa. Elle avait une tête de bœuf, avec trois cornes, et dans le corps plusieurs ouvertures dans lesquelles on déposait et on brûlait les victimes. Il s’ensuivit un grand tumulte parmi les prêtres idolâtres, qui arrêtèrent la Sainte Famille et la menacèrent. Mais l’un d‘entre eux représenta aux autres qu’il valait mieux se recommander au Dieu de ces gens, et rappela les fléaux qui avaient frappé leurs ancêtres lorsqu’ils avaient persécuté le peuple auquel-ceux-ci appartenaient, notamment la mort des premiers-nés de chaque famille dans la nuit qui avait précédé la sortie de ce peuple. Sur ces observations, on laissa aller la Sainte Famille sans lui faire de mal.

Ils allèrent alors jusqu’à Troya, endroit situé sur la rive orientale du Nil, en face de Memphis. C’était un bourg considérable, Où il y avait beaucoup de boue. Ils avaient l'idée de s’y fixer, mais on ne les reçut nulle part. On refusa même de leur donner de l’eau à boire et quelques dattes qu’ils demandaient. Memphis était située sur l’autre rive du Nil. Le fleuve était large en cet endroit, et il y avait quelques îles. Une partie de la ville était aussi de ce côté du Nil. Il s’y trouvait du temps de Pharaon un grand palais avec des jardins et une haute tour, sur laquelle montait souvent la fille de Pharaon. On y voyait aussi la place où Moïse enfant avait été trouvé au milieu des roseaux. Memphis formait comme trois villes des deux côtés du Nil, et il semblait que Babylone, une ville placée sur la rive orientale, plus en aval du fleuve, en fit aussi partie. Du reste, à l’époque de Pharaon, la contrée du Nil entre Héliopolis, Babylone et Memphis, était tellement couverte de hautes dignes de pierres, de canaux et d’édifices voisins les uns des autres, que tout cet ensemble ne paraissait faire qu’une seule ville. Au temps de la Sainte Famille, ces mêmes villes étaient isolées et même séparées par des ruines immenses.

De Troya, les saints exilés revinrent au nord, en descendant le cours du fleuve, dans la direction de Babylone, qui était dépeuplée, mal bâtie et fangeuse. Ils la contournèrent, passèrent entre le Nil et la ville, et firent un peu de chemin dans la direction opposée à celle qu’ils avaient d’abord prise. Ils suivirent, en descendant le Nil, une chaussée sur laquelle Jésus passa plus tard lorsqu’il alla en Arabie et en Egypte après la résurrection de Lazare, avant de rejoindre ses disciples à Sichar, près du puits de Jacob.

Ils firent environ deux lieues le long du Nil. La route était bordée çà et là de bâtisses en ruines. Il leur fallut traverser encore un canal et un petit bras du fleuve, et ils arrivèrent à un endroit qui plus tard s’appela Mataréa. Il était voisin d’Héliopolis. Cet endroit, situé sur une langue de terre, en sorte que l’eau le bordait de deux côtés, était assez dépeuplé ; les habitations y étaient très dispersées et mal bâties ; elles étaient faites avec du bois de dattier et du limon desséché, et couvertes en roseaux. Joseph y trouva de l’ouvrage. Il bâtit des maisons plus solides en branches entrelacées, et construisit au-dessus des galeries où l’on pouvait se promener.

Ils se logèrent en cet endroit sous une voûte sombre, dans un lieu isolé, à peu de distance de la porte par laquelle ils étaient entrés. Joseph disposa en outre une construction légère en avant de cette voûte. Ici aussi une idole, qui était dans un petit temple, tomba à leur arrivée, et plus tard toutes les idoles de l’endroit. Ce fut encore un prêtre qui calma le peuple en rappelant le souvenir des plaies d’Egypte. Plus tard, quand une petite communauté de Juifs et de païens convertis se fut rassemblée autour d’eux, les prêtres leur abandonnèrent le petit temple dont l‘idole était tombée à leur entrée, et Saint Joseph en fit une synagogue. Il devint comme le père de la communauté et leur apprit à chanter régulièrement les psaumes, car ils avaient oublié en grande partie le culte de leurs pères.

Il y avait là quelques Juifs très pauvres, vivant dans des fosses et des trous creusés dans la terre. Dans le village juif situé entre On et le Nil demeuraient, au contraire, beaucoup d’Israélites qui avaient un temple à eux, mais qui étaient tombés dans l’idolâtrie : ils avaient un veau d’or, une figure avec une tête de bœuf, et à l’entour de petites figures d‘animaux ressemblant à des putois, avec de petits baldaquins au-dessus. Ce sont des animaux qui défendent l’homme contre les crocodiles, des ichneumons.

Ils avaient aussi une imitation de l’Arche d'alliance, dans laquelle étaient d’affreuses choses. Ils pratiquaient un culte abominable, qu’ils exerçaient en se livrant à toutes sortes d’impuretés dans un passage souterrain, croyant amener par là la venue du Messie. Ils étaient très endurcis et ne voulaient pas entendre parler d’amendement. Plus tard, plusieurs d’entre eux vinrent ici de cet endroit, qui était éloigné de deux lieues au plus. Ils ne pouvaient pas venir directement, a cause des canaux et des chaussées, mais il leur fallait faire un détour autour d‘Héliopolis.

Ces Juifs du pays de Gessen avaient déjà fait connaissance avec la Sainte Famille lorsqu’elle était à On, et Marie faisait pour eux tentes sortes d’ouvrages de femme, comme du tricot et des broderies. Elle ne voulait pas faire des choses inutiles et des objets de luxe, mais seulement des choses d'un usage habituel et des habits qu’on mettait pour prier. Lorsque certaines femmes lui commandaient des ornements a la mode pour satisfaire leur vanité, Marie les refusait, quelque besoin qu’elle eût d’avoir de l’ouvrage, et malgré les injures qu’elles pouvaient lui dire.

Au commencement, la position des fugitifs fut pénible à Mataréa. Il n’y avait là ni bois ni eau potable. Les habitants brûlaient de l’herbe. desséchée ou des roseaux. La sainte Famille ne mangeait la plupart du temps que des aliments froids. Joseph trouva du travail ; il mit les cabanes en meilleur état. Seulement les gens du pays le traitaient presque comme un esclave ; ils lui donnaient ce qu’ils voulaient ; quelques fois il recevait un salaire pour son travail, quelquefois il ne recevait rien. Les habitants étaient très peu industrieux dans la construction de leurs cabanes. Il n’y avait pas de bois en cet endroit, sauf quelques souches que l’on rencontrait çà et là ; mais ils n’avaient pas d’instruments pour les façonner. La plupart n’avaient que des couteaux de pierre ou d’os. Ils gagnaient leur vie à extraire de la tourbe. Joseph avait apporté, lui, les plus indispensables de ses outils.

La sainte Famille s’installa bientôt assez bien. Joseph divise son habitation en compartiments à l’aide de cloisons en clayonnage ; il disposa un foyer et fabriqua des escabeaux et de petites tables. Les gens du lieu prenaient leur repas par terre.

La Sainte Famille vécut là plusieurs années, dans cette habitation ainsi disposée. Dans le mur de la voûte où Marie prenait son repos, Joseph avait pratiqué une cavité où était le lit de Jésus. Marie dormait a côté, et priait souvent la nuit à genoux devant la couche de l’Enfant. Joseph dormait dans un autre endroit.

Il y avait aussi un oratoire disposé par Saint Joseph dans l’habitation. Il était dans un couloir séparé. Joseph et la sainte Vierge y avaient leurs places distinctes ; il y avait aussi pour l’Enfant Jésus un petit coin où il priait debout, assis ou agenouillé. La sainte Vierge avait une espèce de petit autel devant lequel elle priait : c’était une sorte de table couverte en blanc et en rouge ; on la tirait comme d'un compartiment pratiqué dans le mur et qui pouvait se fermer. Il y avait dans l’enfoncement du mur une espèce de reliquaire, avec de petits bouquets dans des vases en forme de calice, et de plus le bout du bâton de saint Joseph, avec la fleur qui l’avait fait désigner dans le Temple comme Epoux de Marie. Il y avait une autre relique, mais on ne peut bien préciser ce que c‘était, dans une boîte transparente, comme cinq petits bâtons blancs de la grosseur d’un fort tuyau de paille; ils étaient croisés les uns sur les autres et comme attachés par le milieu; ils paraissaient plus larges et arrondis par en haut : c’était comme une petite gerbe.

A Mataréa encore, où les habitants n‘avaient d’autre eau potable que l'eau trouble du Nil, Marie, en priant, trouva une fontaine. Ils souffriront donc d‘abord de grandes privations, n’ayant que des fruits à manger et de mauvaise eau à boire. Il y avait longtemps qu’ils n’avaient eu de bonne eau, et Joseph voulait aller avec son âne en chercher dans le désert, à la fontaine du jardin de Baume, lorsque la sainte Vierge, étant en prière, vit un Ange qui lui dit qu’elle trouverait une source derrière sa demeure. Elle alla alors de l’autre côté du mur, où était son habitation, jusqu’à un espace libre placé plus bas, parmi des décombres où se trouvait un vieil arbre très gros. Elle avait à la main un bâton au bout duquel était une petite pelle, comme en portent souvent dans ce pays les gens qui voyagent ; elle en frappa la terre au pied de l’arbre, et il en sortit aussitôt un filet d’eau limpide. Pleine de joie, elle appela aussitôt Saint Joseph, qui, creusant la terre en cet endroit, découvrit la source qui avait été autrefois maçonnée, et qui depuis avait été bouchée et encombrée. Joseph la dégagea et la restaure à merveille. Il y avait aussi près de cette fontaine, du côté par où Marie était venue, une grande pierre assez semblable à un autel, et qui avait dû en servir autrefois.

Ce fut là que la sainte Vierge, par la suite, lava souvent et fit sécher au soleil les vêtements et les linges de l’Enfant Jésus. Cette fontaine resta inconnue et fut exclusivement à l’usage de la Sainte Famille jusqu'au temps où Jésus fut assez grand pour rendre divers petits services, comme de puiser de l’eau pour sa mère. Il amena une fois d’autres enfants à la fontaine, et leur donna à boire dans le creux d’une grande feuille. Les enfants ayant raconté cela à leurs parents, d’autres personnes vinrent à la source, qui pourtant resta principalement à l’usage des familles juives.

Un jour que Marie priait à genoux sur la route où elle habitait, Jésus se glissa jusqu’à la fontaine avec une entre, et y puisa de l’eau ; c’était la première fois. Marie fut profondément émue lorsqu’elle le vit revenir, et, toujours agenouillée, elle le pria de ne plus faire cela, pour ne pas courir le risque de tomber dans l’eau. Jésus lui dit qu’il prendrait garde, mais qu’il désirait puiser de l’eau pour elle toutes les fois qu'elle en aurait besoin.

Le petit Jésus rendait à ses parents des services de tente espèce, et il se montrait très attentif et très soigneux. Ainsi le voyait-on, quand Joseph ne travaillait pas trop loin de la maison, lui porter l’outil qu’il pouvait avoir oublié. Il faisait attention à tout, et la joie qu’il leur donnait compensait, et bien au delà, tout ce qu’ils avaient à souffrir. Plus d’une fois aussi, Jésus alla au village des Juifs, qui était bien à un mille de Malaréa, porter l’ouvrage de sa mère et rapporter du pain. Les vilaines bêtes qui se rencontrent fréquemment dans ce pays ne lui faisaient pas de mal et se montraient familières avec lui. On l’a même vu jouer avec des serpents.

La première fois qu’il alla seul au village des Juifs, dans sa cinquième ou dans sa septième année, il portait une petite robe brune, bordée de fleurs jaunes, que la Sainte Vierge lui avait faite. Il s’agenouilla pour prier sur le chemin, et deux Anges lui apparurent et lui annoncèrent la mort d'Hérode. Il ne le dit pas à ses parents, soit par humilité, soit parce que les Anges lui dirent de n’en rien faire, soit parce qu’il savait qu’ils ne devaient pas encore quitter l’Egypte. Une autre fois il alla au même village avec d’autres enfants juifs ; et lorsqu’il revint à la maison, il pleura amèrement sur l’état de dégradation où étaient tombés les Israélites qui habitaient ce lieu.

La fontaine de Mataréa existait avant la sainte Vierge, qui l’a seulement retrouvée. Elle était cachée sous des décombres, mais la maçonnerie ancienne existait encore. Job, qui vint en Egypte avant Abraham et qui habita précisément en ce lieu, avait découvert cette source et sacrifié sur la grosse pierre qui se trouvait auprès. Abraham, lors de son séjour en Egypte, planta aussi ses tentes près de cette fontaine, et y instruisit le peuple.

Déjà à l’époque de la Sainte Famille, les lépreux faisaient usage de son eau comme ayant une vertu particulière. Beaucoup plus tard, lorsque déjà on avait élevé sur l’habitation de Marie une petite église chrétienne, avec une entrée près du maître-autel pour descendre dans le caveau où avait longtemps demeuré la Sainte Famille, on vit la fontaine entourée d’habitations, et son eau employée comme remède contre différentes espèces de lèpre. On vit aussi des gens qui s’y baignaient pour être délivrés de certaines maladies de peau. Cela avait encore lieu lorsque les mahométans furent maîtres du pays. On vit aussi les Turcs entretenir une lampe toujours allumée dans l’église qui avait servi de demeure à Marie. Ils craignaient qu’il ne leur arrivât malheur s’ils négligeaient de l’entretenir. Dans les temps modernes, la source resta isolée, à une assez grande distance des habitations. Il n’y avait plus de ville en cet endroit, et l’on n’y voyait plus que des arbres à fruits sauvages.

 

Considération

Saint Joseph d’après M. Pierre Pradié

 

M. Pierre Pradié, l’un de nos Représentants catholiques, est avant tout un philosophe chrétien qui, en 1863, à la vue de notre société en décomposition, disons le mot, en vraie putréfaction, publia sort Monde nouveau, ou le Monde de Jésus-Christ. Il intitule un des chapitres de son livre : Ou le Monde nouveau, ou la Fin du Monde. Il eût pu donner ce titre à tout le livre, puisque c’est l’inévitable alternative dans laquelle il nous voit comme fatalement placés ; qu’il discute avec autant de foi que de science ; et dont l’issue lui paraît remise entre nos mains, en ce sens que le Christianisme ne peut pas avoir accompli toutes ses destinées, et que, si les catholiques ont confiance en Dieu et travaillent en conséquence, ils peuvent encore sauver le monde et amener l’apparition du Monde nouveau. Monde nouveau, dans lequel saint Joseph occupera la place qui lui convient, et à l’occasion duquel M. Pradié nous a donné sur lui de magnifiques pages, que nous sommes heureux de reproduire ici.

« Saint Joseph, le charpentier, dit-il, est le père du Monde nouveau, dont Marie est la mère, et Jésus le grand monarque. Cela veut dire que le Monde nouveau sera le monde de l’artisan affranchi par le travail, le sacrifice et l’amour : par le travail, Saint Joseph ; par le sacrifice, Jésus ; par l’amour, la Vierge.

Jésus entre Joseph et Marie. Le travail, le sacrifice, l’amour. Le travail du peuple, le sacrifice du riche, l’amour de tous. Jésus-Christ donnant son cœur à tous, et devenant par ce don du cœur l‘époux de l’humanité et le grand monarque, le monarque pacifique, régnant par le cœur sur tous, entre Joseph et Marie, entre le travail et l’amour par le sacrifice. Tout est dans ces quelques mots !

C'est le règne du Père, du Fils et du Saint Esprit, avec un caractère spécial, le caractère de l’amour, ou du Saint Esprit qui, étant l’expression de toutes les tendances divines, sera plus spécialement l’expression du monde des derniers temps, ou l’expression des dernières tendances divines à l’égard de l’humanité. Ce sera l'accomplissement de la prière que l’humanité fait tousles jours à Dieu depuis près de deux mille ans : Que votre Règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Ce sera le triomphe !

« Dieu, dit-il plus bas, premier type des êtres, s’est constitué en famille et en société, dans le temps et dans l’éternité. Dans l’éternité, sa famille est le Père, le Verbe et l’Esprit. Dans le temps, sa famille est Joseph, Marie et Jésus-Christ. Sa société céleste, c'est l’Eglise des Anges et des Saints dans la gloire ; et sa société terrestre , c’est l’Eglise marchant vers la gloire.

Ces divers éléments, premiers types du monde, sont fortement liés et combinés entre eux. Le Père est, dans les profondeurs de l’Etre divin, ce qu’est Joseph dans les profondeurs de la famille de Dieu sur la terre. Le Père est le grand inconnu de la famille divine dans le ciel; Joseph est le grand inconnu de la famille divine sur la terre. Qui pourrait souder les profondeurs mystiques d’un époux-vierge, gardien de la plus belle et de la plus pure des vierges, vivant dans l‘intimité de cette créature privilégiée entre toutes les créatures ; pénétrant au fond de son être par une méditation permanente, constamment éclairée des lumières de la grâce ; s'associant, sans rien dire, au rôle divin de la Mère de Dieu; souffrant des labours de la multitude, la nourrissant du produit de ses sueurs, toujours sans rien dire; ayant toutes les gloires du dévouement et de l’esprit de sacrifice de la multitude, vivant et mourant, comme elle, sous le poids de ses vertus, inconnu à tout autre qu’à Dieu ?

Joseph, le charpentier, est donc le premier type et le modèle du prolétaire, de l‘homme du peuple, mourant, tout aussi inconnu sur les champs de bataille ou sur son grabat, plein de gloire souvent, mais d'une gloire que tout le monde ignore, excepté Celui qui voit tout, et qui, sur tout, ne perd jamais de vue le pauvre.

Mais si, du côté de la terre, Joseph, le charpentier, est le modèle du peuple, de l’artisan, du prolétaire, il est, du côté du ciel, l’Epoux de la Mère de Dieu, et le Père adoptif de Celui qui relie toutes les créatures entre elles et à Dieu.

Comme père et chef de la famille divine, Joseph est le chef et le père des hommes, le père et le chef des multitudes.

La Vierge est le premier type et le modèle de l’autre moitié de l’humanité, et se relie à Dieu comme Fille du Père, Epouse du Saint-Esprit, Mère du Verbe. Mère du Fils de l’homme, elle est la mère des hommes ; fille, épouse, mère de l’homme ; fille, épouse, mère de Dieu.

Entre ces deux personnages divins, le Christ nous apparaît, les dépassant de toute la hauteur de sa personne divine ; si, comme homme, il leur est soumis, le Christ, Fils de Dieu, fils de l’homme, ayant le corps et l’âme de l’homme unis à la personne de Dieu, relie la terre au ciel, la matière à l’esprit, l’homme a la femme, Joseph à Marie, centre de la famille divine, centre de la famille humaine, trait d’union entre le Père et le Saint-Esprit, entre Joseph et Marie, le Christ est le trait d’union de tous les êtres, ou le médiateur, par le sacrifice, de toutes les unions naturelles et surnaturelles.

Et ces deux familles, la famille de Dieu dans le ciel, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et la famille de Dieu sur la terre, Joseph, Marie, Jésus, sont le premier type de l’Eglise, épouse mystique de Jésus-Christ, premier type elle-même de toutes les autres sociétés ».

Mais le Monde nouveau que M. Pradié appelle de toutes ses espérances et de tous ses vœux, et qui doit être « le monde de saint Joseph, le monde du charpentier..., modelé sur le type de la sainte Famille..., où tout sera constitué sur ce type de la sainte Famille, Joseph, Marie, Jésus..., » quand surgira-t-il ? Puisse-t-il se lever bientôt sur nos têtes et nous apparaître à tous dans la merveilleuse splendeur de ses réalités ? En l’attendant, et le bâtant de toutes les aspirations de nos âmes et de nos besoins, retenons toujours les magnifiques enseignements qu’on vient de nous donner sur le glorieux saint Joseph.

 

Pratique

Saint Joseph, patron de la bonne mort

 

Il est dans notre vie un moment suprême, moment qui ne se présente qu’une fois, moment qui décide de notre sort éternel ; c’est le moment de notre mort. Mais si nous voulons être efficacement assistés dans ce terrible moment, adressons-nous à saint Joseph, qui, ayant eu la faveur insigne de mourir entouré des soins de Jésus et de Marie, entre leurs bras, dans leurs divines mains, qui lui fermèrent les yeux et lui rendirent les derniers devoirs, a fait la plus précieuse mort qui fût et qui sera jamais, et qui par suite a reçu de Dieu grâce particulière pour aider les mourants, secourir les agonisants, et obtenir à tous une sainte mort.

N’est-il pas, d’ailleurs, le Père de notre Juge, et n’a-t-il pas tout pouvoir pour adoucir la rigueur de ses arrêts ? D’autant plus que, si le souverain Juge prononce en toute justice, il prononce aussi en toute miséricorde, cherchant avant tout à la faire prévaloir sur la justice. Ils sont donc bien heureux, ceux qui mettent saint Joseph dans leurs intérêts et qui l’ont pour avocat auprès de Jésus. Ils peuvent avoir la confiance de n’être pas condamnés.

Telles sont les grandes raisons qui ont porté les fidèles à invoquer saint Joseph comme patron de la bonne mort. La grâce d‘une bonne mort, c’est l’objectif, on dirait, de toutes nos dévotions envers lui. C’est ce que tous les auteurs qui ont écrit sur le saint Patriarche nous recommandent toujours à la fin de lui demander. C’est ce que nous lui demandons nous-mêmes, comme d’instinct, en terminant nos divers exercices en son honneur. C’est ce que toutes ses Confréries et Associations se proposent ordinairement comme but principal, de même que toutes les Associations pour la bonne mort ont choisi saint Joseph pour leur principal patron.

Invoquons-le donc, implorons-le, conjurons-le, afin qu’il nous obtienne et nous procure une bonne mort. Prions le tous les jours à cette intention. Enrôlons-nous dans les Associations instituées à cet effet ; et si nous l’avons bien prié, invoqué et servi pendant la vie, soyons persuadés que, loin de nous abandonner, il viendra puissamment, au contraire, à notre secours, à l’heure de la mort.

 

Prière pour obtenir la grâce d’une bonne mort

 

Bienheureux Joseph, ce n’est pas sans raison que, de préférence à tant d’autres saints ; on vous honore comme patron des agonisants, comme protecteur Spécial de tous ceux qui veulent faire une bonne mort. La vôtre a été si douce, si belle, si précieuse, qu’elle est l’objet de l’envie de tout ce qu’il y a de justes sur la terre. Vous aviez continuellement à votre chevet Jésus et Marie, Jésus soutenant de sa main divine votre tête languissante, Marie essuyant la sueur qui baignait votre front pâle et décoloré, tous deux empressés à vous rendre les services que vous leur aviez prodigués pendant votre vie. Ah ! Pouviez-vous ne pas mourir d’amour en vous voyant, dans votre agonie, soutenu par un Dieu qui s’était fait votre fils, consolé par la Mère d’un Dieu dont vous étiez l’époux? Puis donc, ô Saint Patriarche, que votre mort a été si douce, si glorieuse, si précieuse aux yeux de Dieu, j’implore aujourd’hui votre protection pour l’heure de la mienne. Obtenez-moi, je vous en conjure, pour ce moment si redoutable au pécheur, de détester sincèrement tous les péchés de ma vie ; d'espérer fermement en la miséricorde infinie de ce Dieu sauveur qui, pour mon salut, a commencé par la crèche et fini par la croix ; enfin, de mettre ma confiance en Marie et en vous.

J’avoue, mon tout-puissant protecteur, que par mes péchés je me suis rendu indigne de la grâce que je vous demande. Vous, vous aviez bien droit à une sainte mort, puisque toute votre vie avait été sainte ; moi, j’aurais bien droit de ne m’attendre qu’à une mort malheureuse, puisque je l’ai méritée par ma mauvaise vie ; mais si vous me défendez, je ne puis me perdre. Non-seulement vous avez été le grand ami de mon Juge, mais encore son gardien et son père nourricier ; si vous me recommandez à lui, il ne pourra pas me condamner. Il ne me condamnera donc pas, et c’est à vous et à votre puissante intercession que je devrai mon salut et ma bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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4 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus et Anne 2

 

Cinquième jour

5 Avril

 

Anne

 

Prélude : Saint Jean Damascène dit que les Juifs, ayant tiré Jésus du jardin des Oliviers, le traînèrent à travers le torrent de Cédron, et que le torrent étant semé de pierres aiguës, il en sortit tout ensanglanté et le visage meurtri. Le Saint ajoute que, Jésus étant obligé d'aller à grands pas, parce que les soldats le pressaient de peur qu'il ne leur échappât, et marchant près d'une lieue, tantôt sur les épines et tantôt sur les cailloux, au milieu des ténèbres de la nuit, il avait les pieds tout déchirés au point que le sang en sortait de toutes parts et marquait le chemin par où le Sauveur passait.

 

Méditation

 

Oh ! combien cette sortie qu'on fait faire à Jésus du jardin des Oliviers est ignominieuse : elle rappelle l'expulsion du premier homme chassé du Paradis terrestre ! Combien elle est violente, chacun de ses accompagnateurs s'exerçant à lui infliger quelque outrage !

Voilà donc Jésus rentré dans la ville de Jérusalem. Il passe par la même porte que le jour des Rameaux. Mais les deux entrées sont bien différentes ! Quel changement dans les esprits ! et lui demeure toujours le même. Les hommes le traitent ignominieusement, après lui avoir fait peu de jours auparavant un triomphe, mais lui, il est toujours leur sauveur, il ne change nullement son dessein de les sauver.

Pendant que Jésus passe dans les rues, le bruit réveille le peuple. Notre Divin Rédempteur peut alors répéter avec Job : « La multitude de la cohorte du peuple qui me regarde ne me trouble point ; je souffre sans impatience le mépris de mes amis et de mes proches ; je ne me défends point, je ne dis mot, et je me retire en moi-même, sans faire sortir au dehors un seul rayon de ma divinité ».

Jésus fut présenté d'abord à Anne. On lui amène Jésus par honneur, soit parce qu'il était beau-père de Caïphe, soit parce qu'il était associé dans la charge du souverain sacrificateur qu'ils exerçaient tour à tour, soit parce que Caïphe était bien aise de l'avoir pour complice de son crime.

Anne reçoit cet honneur avec plaisir, parce qu'il était le plus grand ennemi de Jésus et le principal auteur d'une conspiration, dont le succès le remplit de joie, et l'oblige à donner des éloges aux ministres de son injustice, et à Judas la récompense qu'il·lui avait promise.

Quel bonheur pour Anne, s'il eût connu la visite de Jésus et adoré son Sauveur ! Il suffisait de le voir dans l'état pitoyable où il était, pour être touché de compassion. Mais Anne étouffe tous les sentiments de piété ; et, après avoir satisfait sa passion et repu yeux d'un spectacle qu'il avait attendu avec impatience, il ses envoie aussitôt son prisonnier à Caïphe, qui était pontife cette année-là.

Considérons déjà, avant de passer plus avant, comment Jésus se laisse mener partout où l'on veut. Il fut traîné par dix fois en divers lieux le jour de sa Passion : du Jardin des Oliviers à Anne, d'Anne à Caïphe, puis en prison toute la nuit; de la prison au conseil, du conseil à Pilate, de Pilate à Hérode, d'Hérode à Pilate ; de là, dans la salle du prétoire pour être fouetté à la colonne ; de la colonne sur le perron, pour être montré au peuple ; du perron en bas, pour être enfin charge de la croix et conduit au Calvaire, où il consomma son obéissance par l'ignominie de son supplice.

Quel exemple ! Comme il nous apprend à suivre avec douceur l'inclination des autres et à nous laisser conduire par les supérieurs qui nous gouvernent.

 

Pratique : Se laisser conduire par les voies ordinaires de la Providence dans le choix de sa position.

Bouquet spirituel : « Ils l'amenèrent à Anne et Anne l'envoya lié chez Caïphe ».

 

via_crucis

 

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26 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Mattino Resurrezione dorata Messina

 

Vingt-septième jour

Vingt-huitième rayonnement

L'apparition à Marie-Madeleine

 

« Anima mea liquefacta est, ut locutus est » (Ct. 5, 6)

 

Depuis la mort du Sauveur, Marie Madeleine ne pouvait s'éloigner du Tombeau où reposait son unique amour. Dès que le jour, à peine levé, lui permettait de sortir, elle courait seule ou accompagnée d'autres saintes Femmes, vers le Saint Sépulcre.

Le Dimanche, à l'aurore, elle devança ses compagnes et, les mains chargées de parfums nouveaux qu'elle voulait verser sur son Maître adoré, elle se dirigea vers le Tombeau. Elle s'approcha très près, car les gardes n'étaient plus là. Tout en pleurant, elle se baissa pour regarder dans le Sépulcre dont la porte est très basse ; elle vit la pierre écartée et le Tombeau vide. À cette vue, Madeleine alarmée court en toute hâte à la maison où étaient Pierre et Jean et s'écrie : « Ils ont enlevé le Maître et je ne sais où ils l'ont mis ».

« Pierre et Jean sortirent de la maison et vinrent au Tombeau. Ils couraient tous deux ; mais le disciple que Jésus aimait courut plus vite que Pierre et l'ayant devancé, il arriva le premier au sépulcre. Là s'étant incliné, il vit les bandelettes détachées du corps et posées à terre. Le suaire, dont on avait recouvert la tête de Jésus , était placé à part, roulé séparément ». Jean vit ces signes certains de la Résurrection et crut aussitôt, alors il s'en retourna avec Pierre.

Madeleine, elle, ne pouvait quitter un lieu si cher. Elle était toute noyée dans ses larmes, toute languissante d'amour : Christi amore languida ; elle chercha de nouveau à regarder dans le Sépulcre et se baissant :

« Elle vit deux Anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête, l'autre au pied, là où avait été placé le corps. Lesquels lui dirent : « Femme, pourquoi pleurez-vous ? » Elle leur répondit : « Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l'ont mis ».

Ayant dit ces mots et absorbée dans l'unique pensée qui l'occupait, elle se retourna et fit quelques pas en avant comme égarée par la douleur : ses longs cheveux tombaient en désordre autour d'elle, et elle ne savait où elle allait. Soudain, elle vit devant elle un homme qu'elle prit pour un jardinier du jardin de Joseph d'Arimathie ; aussitôt elle s'écria avec impétuosité : « Seigneur, si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis et je l'emporterai ».

Quelle vaillance dans cette femme ! il n'y a point de borne à son amour : seule contre tous, elle disputera son Seigneur, elle l'enlèvera s'il le faut, et, faible femme, elle l'emportera dans ses bras !

Mais Jésus, car c'était lui sous les habits d'un jardinier, lui dit ce seul mot : « Marie ! » Aussitôt elle se retourne à la voix du Maître, et s'élance à ses pieds : « Rabbouni ! » s'écrie-t-elle. Oh ! quel accent dans ces deux mots ! Quel doux appel dans ce nom de « Marie ! » Quelle harmonie céleste dans la voix du Sauveur, que de tendresse et de révélation dans ce seul mot : « Marie ! » Qui ne voudrait entendre son nom prononcé par un telle bouche ; qui ne voudrait le voir inscrit au fond du Cœur de Jésus-Christ !

Le mot de : « Maître ! Rabbouni ! », résume tout chez Madeleine, la joie intense du revoir, la possession enfin retrouvée, l'adoration, l'amour ! Rabbouni !

Est-il, en effet, une révélation plus touchante, plus directe de l'amour du Cœur sacré, que cette consolante apparition ? Ce n'est point le salut du monde qui excite aujourd'hui ses ardeurs, ni la pensée des pauvres pécheurs qui l'enivre de dévouement comme au jour de la Passion ; c'est une âme, une seule âme qui l'occupe et l'attire, et qui, à cette heure, l'adore dans l'extase du bonheur. Tout disparaît, le Cœur de Jésus rayonne sur cette âme, il se donne à elle avec une infinie tendresse.

Le divin Maître ne peut résister à l'appel d'une âme, il est tout prêt, maintenant comme alors, à répondre au cri désolé d'un cœur qui le cherche avidement, à répandre sur lui les trésors de son Cœur divin ; caché sous les voiles eucharistiques, il est toujours là, présent avec nous depuis la merveilleuse invention de son amour !

Il se manifeste par la grâce, la paix, la consolation, à l'âme fidèle qui le cherche et qui le trouve au fond de douleurs. Si dans l'affliction elle l'invoque : tout bas, dans le silence du cœur, l'âme entend la voix divine qui l'appelle par son nom et c'est fini ! l'angoisse disparaît, le courage revient plus fort, la résignation plus grande, et la coupe de douleur semble épuisée, parce que l'Ami souverain a paru.

Mais en cette vallée de larmes, la joie est toujours de courte durée, Jésus le rappelle à Madeleine et par elle nous donne à tous une grande leçon ; il ne veut point qu'elle baise ses pieds sacrés comme autrefois : « Ne me touche point, dit-il, en arrêtant son élan, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père ». Il lui rappelle, en ce moi, le grand mystère accompli, la résurrection de son corps qui doit habiter le ciel désormais ; mais s'il veut rester encore avec nous, ce sera invisiblement par l'amour de son Cœur, et par le Sacrement.

La possession visible et sans fin, ô pèlerin, est donc réservée pour le ciel. La possession eucharistique contente, il est vrai, notre âme, mais non point nos sens. La plénitude de la joie n'est pas faite pour la terre. Il faut tendre plus haut, il faut que la foi, cette flamme céleste, s'alimente surnaturellement, et que notre amour plus austère s'éprouve loin de la présence du divin Maître… Madeleine le comprit ; consolée et ravie, elle quitta le Seigneur et chercha par une prodigieuse austérité à mériter de le revoir face à face, sans jamais craindre de le perdre. « Il faut mourir avec Jésus, dit le P. Lacordaire, pour toucher de nouveau Jésus ».

 

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Invocation

 

Ô bon Maître ! Rabbouni ! Nous vous retrouvons enfin après l'absence du tombeau ; le rayonnement de votre Cœur resplendit à nouveau et la mort est vaincue par votre triomphant amour. Il vit et vivra toujours avec nous, ce Cœur sacré qui se dévoile à ses plus chers amis, pressé de consoler leur angoisse mortelle. Apprenez-nous donc à vous chercher : comme Madeleine éplorée, car l'amour appelle l'amour, et vous viendrez à nous, ô divin Cœur, vous vous montrerez par les signes de votre grâce jusqu'au jour de la possession éternelle.

 

Mirebeau

 

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