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22 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Vingt-troisième jour

 

Sainte Philomène guérit des peines d’esprit et multiplie l’huile des lampes qui brûlent en son honneur

 

Nous ne verrions la protection de sainte Philomène qu’à demi, si nous ne la considérions tout particulièrement dans les moindres choses. C’est là surtout que se manifeste le plus la grande bonté de notre Sainte.

Mais, que dis-je ? Nous ne connaîtrons point la Sainte, si nous pensons qu’elle est indifférente à nos pensées, à nos épreuves. Sainte Philomène dans le ciel a tellement à cœur notre félicité éternelle et même celle temporelle, qu’elle se montre très empressée à nous secourir, à nous délivrer dans les peines d’esprit, pourvu que nous la priions avec piété.

Le fait suivant va nous prouver qu’elle est aussi secourable qu’attentive aux hommages qu’on lui présente.

Une de ces jeunes personnes, qui, sous la protection de sainte Philomène, consacrent à Dieu, en vivant au milieu du monde, leur virginité, se trouvait en proie,'depuis quelque temps, à de grandes peines intérieures.

De concert avec ses deux sœurs, également liées à Dieu par le même vœu, elle suppliait la Sainte de mettre un terme à ses angoisses. Voici comment il plut au Seigneur de l’exaucer.

Leur mère, morte depuis quelque temps, apparaît en songe à la personne affligée, et dit à sa Raphaella (c’était son nom), que le vendredi, jour du martyre de la Sainte, elle eût soin d’allumer une lampe devant son image, et qu’elle l’entretînt jusques au samedi.

Cette pieuse fille, n’osant s’en rapporter à un songe, consulte là-dessus son confesseur, et celui-ci, dont elle était parfaitement connue, lui accorda la permission de faire ce qui lui avait été dit.

La lampe est donc préparée. On la garnit ; mais comme la famille était extrêmement pauvre, que le peu d’huile contenu dans la lampe, était tout ce que la pauvre fille pouvait donner, en la plaçant devant l’image, elle dit avec simplicité à la sainte Martyre : « Ma bonne Sainte, contentez-vous, je vous en supplie, de l’huile qu’il y a ici ; vous savez que je ne puis pas davantage : si vous aimez à voir brûler cette lampe, arrangez-vous pour qu’elle brûle jusqu’à demain ».

Elle disait ceci, parce qu’elle savait que la quantité d’huile, contenue dans le vase, était le tiers seulement de ce qu’il fallait pour un jour.

Sa confiance et sa simplicité plurent au cœur de Dieu et de sa glorieuse servante ; car non seulement, après avoir brûlé tout le long du jour, elle se trouva aussi pleine le samedi, qu’elle l’était la veille ; mais le prodige continua durant deux années entières.

La même chose à peu près eut lieu à Lucéra, le 19 janvier 1833. On y célébrait ce jour-là, avec une grande solennité, la fête de la Sainte.

Un homme du peuple, bon chrétien et grand dévot de la Thaumaturge, ayant vu, les jours précédents, les apprêts que l’on faisait pour rendre la solennité plus éclatante, se sentit porté à rendre, lui aussi, quelque honneur particulier à sainte Philomène. Il se proposa de tenir devant son image une lampe allumée, depuis les premières vêpres jusqu’à la fin du jour suivant.

Le vase, dont il se servait ordinairement pour cela, ne contenait d’huile que pour environ cinq heures. Il le remplit, avec l’intention d’ajouter au fur et à mesure le supplément à ce qui aurait été consumé.

Il vient donc à peu près au moment où il croit cette addition nécessaire. Mais quel est son étonnement, quand il voit l’huile à la même hauteur où il l’avait laissée cinq heures auparavant ! Le prodige dura l’espace de quarante-huit heures.

Cet homme n’en fut pas le seul témoin ; mais encore un grand nombre de personnes, qui, le lui entendant raconter, accoururent pour le voir et pour louer avec lui le grand Dieu, qui fait percer les rayons de sa gloire jusque dans l’obscurité la plus profonde, et, pour ainsi dire, jusqu’aux bords du néant.

On célébrait à Mugnano l’anniversaire de la translation de sainte Philomène. L’église était trop petite pour contenir le peuple. Au moment où les musiciens y exécutaient un motet, une paysanne de Serignano se fait passage à travers la foule pour arriver jusqu’à la lampe de la Sainte, et y prendre un peu d’huile bénite.

Son importunité persévérante mit quelque désordre dans l’assemblée ; on murmurait, on résistait, on l’accablait de reproches, mais, enfin, pour éviter une plus grande confusion, chacun finissait par céder.

Comme l’on prévoyait l’embarras où allait se trouver cette opiniâtre villageoise, car la lampe, toujours très basse, était alors éteinte, faute d’huile, tous les regards, à mesure qu’elle approchait, se fixaient sur elle, afin-sans doute de pouvoir au moins sourire à ses dépens.

Mais ce que les autres voyaient, la bonne femme semblait n’avoir pas d’yeux pour le voir ; aussi, avec une assurance, qui épanouissait déjà tous les visages, elle approche son verre de la lampe, et y cherche dans l’eau, qui, seule, en remplissait le fond, l’huile qu’elle voulait pour sa malade... Dieu ! que ne peut la foi ! Cherchez et vous trouverez, dit Notre Seigneur; et un miracle vient appuyer ici sa divine parole.

Il n’y avait plus d’huile dans la lampe ; et cette multitude attentive et étonnée voit le verre de la villageoise reparaître plein d’une huile pure et miraculeuse. Oh ! combien l’on dut s’applaudir alors de la violence que l’on avait soufferte !

Le nom de la bonne paysanne animée d’une si vive foi, vint se mêler à celui de sainte Philomène ; les larmes d’une douce joie coulaient de tous les yeux ; et jusqu’à la fin de la journée, on se montrait la lampe encore éteinte ; on aimait à entendre, à raconter le prodige dont elle avait été l’occasion.

 

Pratique : Dans nos peines d’esprit, quand nous avons besoin de la lumière d’en-haut pour résoudre nos doutes et nous conduire dans la voie du ciel, adressons-nous à sainte Philomène.

 

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11 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Douzième jour

 

Sainte Philomène guérit dans les maladies et les infirmités désespérées

 

Quand les hommes sont insuffisants à nous aider, à nous guérir dans nos maladies, n’est-il pas naturel que nous nous adressions alors aux Saints ! Pourquoi ? Sans doute parce que nous sommes persuadés qu’ils peuvent, par la puissance dont l’Eternel les a investis, nous guérir surnaturellement, sans le concours même des remèdes. C’est ce qui s’appelle miracle, c’est-à-dire intervention directe de la puissance divine. Or c’est ainsi que sainte Philomène a guéri plusieurs causes désespérées. Il serait trop long d’énumérer ici ces guérisons. Nous nous contenterons de rapporter celle surprenante et instantanée qui eut lieu à Rome, en décembre 1833, au couvent des religieuses franciscaines, quartier Trastevere.

Jesual de Garelli, romaine, que des infirmités très graves retenaient au lit depuis le mois d’août précédent, avait reçu les derniers sacrements. Elle était sans parole, elle avait les yeux fermés. Depuis trente-trois heures, elle n’avait pris que quelques gouttes de bouillon. Elle se trouvait donc à la dernière extrémité. Alors le confesseur lui appliqua sur la figure l’image de sainte Philomène, devant laquelle la communauté avait fait des prières pendant trois jours pour la malade.

Tout à coup, cette religieuse demanda du bouillon.

Ses compagnes, surprises de l’entendre parler, le furent bien plus en voyant celle qui,0 un instant auparavant, ne pouvait se mouvoir qu’à l’aide de deux ou trois personnes, s’asseoir d’elle-même sur son lit, et répéter sa demande en ajoutant : « Je suis guérie ».

On lui apporta du bouillon, sa guérison ne fut plus douteuse.

Ses sœurs s’empressèrent d’aller chanter le Te Deum à l’église. La religieuse, auparavant mourante, y alla aussi le lendemain pour rendre grâces à Dieu et à sainte Philomène de son rétablissement.

Ce fait a été constaté à Rome par l’ordre du vicaire de Sa Sainteté, et le cardinal Galeffi l’a affirmé par le témoignage même de la religieuse.

Nous concevons, diront quelques-uns, que sainte Philomène ait guéri une religieuse. La Sainte a pu avoir des égards pour une Vierge qui servait le Seigneur dans toute la piété de son âme ; mais, nous qui vivons dans le monde où nous sommes engagés, voudrait-elle nous aider, nous guérir ainsi ?

Et pourquoi pas, pourvu que ce soit le bon plaisir de Dieu. Tant de faits rapportés dans cet opuscule et dans la Vie complète de la Sainte, sont la preuve la plus convaincante que sainte Philomène soulage et guérit tous ceux qui ont confiance en elle, pourvu qu'ils veuillent se corriger, s’ils sont pécheurs.

 

Pratique : Dans les infirmités corporelles, recourir à sainte Philomène et se résigner. Elle finira par nous accorder ce que nous lui demandons, si notre prière est constante et surtout sincère. « Frappez, frappez, dit l’Evangile, et la porte vous sera ouverte ».

 

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20 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Vingt-et-unième jour

 

Sainte Philomène raccommode sa cloche de Mugnano

 

Le lecteur ne lira pas sans intérêt le prodige que la Sainte a opéré sur la grande cloche de l’église de Notre-Dame des Grâces où est son corps, à Mugnano. Il verra dans ce trait avec quelle tendresse cette bonne Sainte satisfait les désirs louables de ses dévots.

La grande cloche de cette église venait de se fendre, et l’on songeait à lui en substituer un autre.

Le bon peuple de Mugnano, toujours, plein de zèle pour l’honneur de sainte Philomène, n’épargna rien pour que la nouvelle cloche répondît à ses pieuses intentions.

On fit venir les plus habiles ouvriers. Les plus vives recommandations leur furent adressées. On pria le ciel de bénir leur travail. À cette fin et pour intéresser la Sainte, on voulut que son image se trouvât sur l’airain destiné particulièrement à son culte. L’ouvrage se fit au mois de mai 1831.

Lorsqu’il fut achevé et le métal refroidi, on s’empresse de le découvrir, et la première chose qui vient frapper les regards fut une imperfection assez notable, qui rendait le travail complètement inutile.

Faute de matière, une partie des pièces qui servent à enchaîner et à retenir dans le bois cette lourde masse manquait totalement.

Une seconde fonte devenait nécessaire, de là de nouveaux frais, auxquels la pauvreté de ce peuple n’aurait pu suffire. On se prit donc à murmurer, à se plaindre, à menacer, comme il est d’usage dans ces occasions.

Quel dommage ! une si belle cloche !

L’image de la Sainte était si bien venue ! « Mais comment donc, disaient ceux-ci, sainte Philomène n’a-t-elle pas empêché le malheureux accident ». « Eh ! c’est, répondaient ceux-là, pour avoir occasion de faire un nouveau miracle ».

D’autres allaient encore plus loin, ils disaient : « Il faut prier la Sainte de suppléer à ce qui manque ». Devant son autel même, on les entendait proférer ces mots : « Où est donc votre honneur ? Quoi ! la cloche porte votre image, et vous n’en faites pas de cas ! que va-t-on dire désormais de vous ! qu’en sera-t-il de votre nom et de votre gloire ? »

Il y en avait aussi dont le zèle moins éclairé s’en prenait aux ouvriers, en les accusant hautement d’avoir trahi la confiance et les intérêts du peuple. « C’est, leur disaient-ils, pour gagner davantage, en faisant un double travail, que vous nous avez joués de la sorte. Si vous craigniez de ne pas réussir, que ne le disiez-vous ? Pourquoi tant de belles protestations ? et où viennent enfin aboutir ces magnifiques conditions dont, après tout, nous devons être seuls la victime ? »

À ces reproches venaient se joindre les paroles les plus menaçantes, au point que les ouvriers, n’osant pas se montrer en public, crainte de quelque grave insulte, attendaient la nuit avec impatience pour se retirer dans leur pays.

Le reproche qu’on leur adressait n’avait assurément aucun fondement solide. Ces ouvriers avaient de la probité et de la religion. Leur habileté était connue. Mais ne faut-il pas que tout homme suive Jésus-Christ en portant sa croix ? Ils cherchèrent sagement à rendre la leur plus douce, en recourant à la consolatrice des affligés, et en la suppliant de venir à leur secours, par l’intercession et les mérites de sainte Philomène.

Le directeur de l’entreprise surtout, vu qu’il était le plus intéressé et le plus lésé dans cette affaire, priait avec toute la ferveur dont il était capable, et il sentait je ne sais quelle confiance naître dans son cœur. C’était comme l’aurore d’une grande grâce.

Vers la quatrième heure de la nuit, certaine rumeur se fait entendre tout auprès du lieu où nos ouvriers étaient réunis. Ils sont d’autant plus étonnés, qu’il règne partout un grand silence. L’effroi s’empare d’eux. Leur imagination s’échauffant, ils se croient à deux doigts de la mort. Ils se persuadent que, dans un instant, une grêle de pierres va les faire tomber sous les coups de la fureur populaire.

Le directeur seul ne pouvait se rendre à cette pensée. Son cœur semblait lui dire : « Imagination que tout cela ! Va, la grâce est faite, la cloche réparée. Sors, tu le verras de tes yeux ».

Ses compagnons, dont la confiance paraissait mal fondée, jugeaient qu’il valait mieux recommander cette affaire à Dieu.

« Au surplus, lui répondirent-ils, vous pouvez aller voir ce qui en est ; nous serions trop heureux que la bienheureuse Vierge et sainte Philomène nous eussent obtenu cette grâce ». Il va donc, personne ne s’offre à lui sur son passage.

Il arrive, il regarde. « Non, ce n’est point une erreur ; voici les pièces qui manquaient, je les vois, je les touche. Ô Dieu! ô sainte Philomène! »

Et il court, transporté de joie, vers ses compagnons ; ils reviennent ensemble, ils donnent à Dieu et à la Sainte mille bénédictions ; le miracle en un moment a porté l’éveil dans toutes les demeurés ; on accourt, on veut voir, on veut toucher, on veut entendre. Rien de plus certain, de plus admirable, de plus inouï ; ce n’est sur tous les points, dans tous les cœurs, sur toutes les lèvres, qu’un concert spontané de louanges et d’actions de grâce, dont le Seigneur, sa sainte Mère et sainte Philomène sont l’objet.

Une circonstance singulière accompagna ce prodige.

On trouva au-dessus de ces crampons ou anneaux, miraculeusement ajoutés à la cloche, un bloc de mâchefer, du poids d’environ trois livres, comme en signe peut-être de ce qui venait d’être opéré ; et tous, comprenant cet insensible langage, s’unirent le lendemain au clergé de l’endroit, pour transporter dans l’église ce monument sacré de la bonté de Dieu.

En le regardant, ils louaient la céleste puissance ; et leur dévotion à sainte Philomène y trouvait un délicieux aliment.

 

Pratique : Rappelons souvent à notre esprit que ce que nous ferons pour honorer et faire honorer sainte Philomène, tournera réellement à notre avantage. Sainte Philomène, qui est si bonne, aura soin de nos intérêts si nous prenons à cœur les siens !

 

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19 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Vingtième jour

 

Sainte Philomène aime qu’on propage son culte et sa dévotion

 

Sainte Philomène est si désireuse de nous faire du bien, qu’il lui est arrivé de châtier ceux qui refusaient d’employer les moyens à leur disposition, et les talents qu’ils possédaient pour accroître sa dévotion et l’étendre davantage. On conçoit en effet que c’est là une ingratitude inexcusable et que la pureté du motif peut seulement faire excuser. Les châtiments exercés de la sorte par sainte Philomène doivent être mis au rang de ses plus riches grâces, et reçus avec une considération toute particulière. Ainsi l’a compris l’archidiacre d’Ascoli dont nous allons parler.

Une dame, dit ce respectable ecclésiastique, m’envoya de Teramo, une relique de sainte Philomène, en me priant de concourir à propager son culte. La chose n’était pas difficile. La place que j’occupe, les rapports intimes qu’elle établit entre Mgr l’Evêque et moi, me promettaient un plein succès. Mais me persuadant qu’il y avait plus de zèle naturel que de vraie dévotion dans les instances que cette dame me faisait, je résolus de tenir la relique enfermée ; j’allai même jusqu’à la refuser à Mgr, qui me témoigna le désir de l’avoir pour une fête solennelle en l’honneur de la Sainte.

On parla beaucoup de ce refus ; on me fit craindre quelque châtiment de la part de la Thaumaturge. Mais je répondais avec assurance que, si telle était la volonté de Dieu, il me donnerait bien aussi à moi, comme à tant d’autres, des signes de son bon plaisir. Que pour les châtiments dont j’étais menacé, mon cœur n’avait aucune crainte, vu les heureux résultats dont les opérations de Dieu et de ses Saints ont coutume d’être accompagnées. Sainte Philomène me comprit ; et le 3 mai (1833), vers le milieu du jour, elle me donna ce signe et m’envoya un châtiment, qui me causa une bien grande amertume.

J’étais dans mon cabinet à faire une lecture sérieuse, quand tout à coup mes yeux s’obscurcissant, je passai du grand jour aux plus épaisses ténèbres. Tous les objets disparurent à mes regards. Ce n’était point un éblouissement ; rien en moi, ni autour de moi, n’annonçait l’effet d’une cause physique ou naturelle ; c’était quelque chose de plus, et qui tenait du surnaturel.

La première pensée qui me vint alors fut celle de sainte Philomène, de la relique obstinément refusée, du châtiment dont j’avais été menacé. Un mouvement soudain suivit cette pensée. Ma main cherche le reliquaire ; je le trouve, et, me levant, je me dirige, consterné, vers mon oratoire, où j’adresse à la sainte Martyre une prière aussi fervente que possible, et telle que pouvait me l’inspirer mon extrême affliction.

Ma cécité durait toujours ; et accablé par la pensée que ce serait peut-être un mal sans remède, je suspens ma prière, et vais chercher ailleurs quelque consolation à ma douleur. Je me disais alors : « Mais si telle est la volonté de Dieu, ne faut-il pas que je m’y résigne ? Ne dois-je pas même en être content ?... Content ? me répondait mon cœur, plongé dans une amère tristesse ; peut-il donc y avoir encore de la joie pour une créature assise dans les ténèbres, et pour laquelle brille en vain la lumière du ciel ?... »

Une demi-heure et plus se passa dans ces agitations ; ne pouvant les calmer, je retourne dans mon oratoire, et me remets à prier la Sainte, avec la con­ fiance d’en être exaucé. Puis, prenant la relique pour me bénir avec elle, à l’instant même l’obscurité se dissipe, je lis l’inscription du reliquaire, je vois, je distingue tous les objets dont je suis environné. Qui pourrait dire la joie, la reconnaissance, la tendresse, tous les sentiments qui se pressèrent alors en foule dans mon pauvre cœur ? Oh ! avec quels transports je baisai les restes sacrés de ma généreuse bienfaitrice! avec quelles expressions je la remerciai, je la bénis !

Sans différer plus longtemps, je cours auprès de Monseigneur et lui déclare tout ce qui vient de se passer. Il se tait ; mais sur-le-champ il fait dresser un acte en forme de l’événement prodigieux et de ces circonstances... et j’ai la consolation de voir qu’à mon occasion le culte public de la Sainte a pris naissance dans Ascoli, c’est moi qui suis chargé d’en être le premier promoteur, un triduum solennel se fera par mes soins dans l’église d’un monastère ; telle est la volonté, l’ordre exprès de Monseigneur.

Le triduum se fit en effet avec un grand concours de peuple et un pompeux appareil. Mgr l’évêque Zelli voulut être présent à tous les exercices ; le panégyrique de la Sainte fut fait par un célèbre prédicateur ; et depuis ce moment jusqu’à présent (1er juillet 1833), la dévotion et le concours des fidèles ne se sont point affaiblis : de continuelles grâces du ciel en sont la récompense...

Ascoli, dans la marche d’Ancône ; 1er juillet 1833. Signé : Louis Borri, archidiacre.

 

Pratique : Ne reculons jamais devant un petit sacrifice, lorsqu’il s’agit de rendre plus vivant et plus solennel le culte si doux de sainte Philomène. Elle saura nous en ré­compenser.

 

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18 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Dix-neuvième jour

 

Sainte Philomène punit une mère infidèle à sa promesse

 

Il est dangereux de mépriser les petites choses. Gela est vrai principalement en ce qui concerne Dieu et ses Saints et les vœux que nous leur faisons. Nous promettons à sainte Philomène, nous devons tenir à notre promesse, et la remplir selon toutes les conditions renfermées dans la formule de notre promesse. Autrement, la promesse que nous avons faite à la Sainte, bien loin d’incliner sa compassion vers nous, ne nous rendra que plus indigne à ses yeux, comme le démontre l’exemple suivant.

Deux époux vivaient à Montemarano. Se voyant sans postérité, ils eurent recours à sainte Philomène, et lui promirent, si elle leur obtenait une fille, de lui donner au baptême le nom de Philomène, de porter aussitôt l’enfant à Mugnano pour y remercier la Sainte.

Leur désir fut exaucé, la première condition fut remplie, mais, quoi que dit le mari pour l’exécution de la seconde, sa femme faisait toujours la sourde oreille, et n’y voulait pas consentir.

La petite enfant était ravissante et pleine de santé ; et ses parents l’idolâtraient. Dieu ! quel coup leur infidélité leur préparait !…

Le bruit se répand à Montemarano qu’il doit y avoir une fête solennelle en l’honneur de la Sainte, à Castelvetere, ville éloignée de là, et aussitôt la mère de la petite Philomène dit à son mari qu’elle veut y aller pour accomplir son vœu.

Celui-ci répond que telle n’était point la promesse, que c’est à Mugnano et non à Castelvetere qu’il faut porter l’enfant. « Bah! réplique la femme ; comme s’il y avait de la différence entre sainte Philomène d’ici et celle de Mugnano ! allons toujours ». Elle y alla en effet et n’en revint que le soir, croyant avoir ainsi payé sa dette.

Le ciel en jugea autrement, car le soir même, au- moment où l’on allait se mettre au lit, la petite enfant, pleine de santé, donne un baiser au papa et à la maman, les nomme dans son langage et expire entre leurs bras.

Il est inutile de dépeindre ici leur consternation et leur douleur.

Ils se rendirent enfin, mais trop tard, à Mugnano, où ils racontèrent le tragique événement. « C’est bien de notre faute, disaient ces époux. Ce dernier, mais terrible coup avait été précédé de bien des avertissements, et même de peines temporelles. dont nous nous délivrions en renouvelant notre vœu. Nous différions néanmoins toujours, et la patience du Seigneur a fait place à sa justice. Puisse-t-il se contenter de ce douloureux châtiment ».

 

Pratique : Avant de promettre quelque, chose à sainte Philomène, assurons-nous que nous pourrons accomplir notre promesse.

 

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16 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Dix-septième jour

 

Sainte Philomène récompense la foi d’une mère

 

Les femmes qui sont dans le travail de l’enfantement ont grand besoin de la protection du ciel. Qu’elles s’adressent alors à la Vierge immaculée, mère de Dieu, par l’entremise de sainte Philomène et elles se trouveront soulagées dans leurs souffrances. La protection de sainte Philomène s’étend sur toutes les infirmités humaines et sa sollicitude ne connaît pas de bornes. Adressez-vous à elle, mères affligées, vous ressentirez les précieux effets de sa bonté.

En 1831, à Naples, une pauvre blanchisseuse du nom d’Anne Moccia, se trouvait dans les douleurs de l’enfantement. Pour obtenir du soulagement à ses douleurs, elle se proposa de faire brûler, jour et nuit, une petite lampe devant l’image de sainte Philomène ; ce qu’elle exécuta ponctuellement, aussi longtemps que ses épargnes le lui permirent.

Mais un soir, elle se vit sans huile, comme sans argent, elle dit alors naïvement à sainte Philomène : « Ma bonne Sainte, je n’ai rien, ni pour vous, ni pour moi ; nous voilà toutes deux dans les ténèbres ; mais comme il me faut travailler, adieu, permettez que je vous laisse ».

Elle s’en va dans la maison voisine faire son travail à la lumière d’autrui, après avoir fermé sa porte à clef. La nuit était déjà bien avancée, quand elle regagna son logis. En ouvrant, quel ne fut pas son étonnement de voir la lampe allumée, éclairant sa pauvre demeure.

Elle court aussitôt à la fenêtre, appelle les voisins, leur raconte comment la chose s’est passée, et les invite à remercier avec elle sainte Philomène de cet acte touchant de sa bonté. Il n’était que le prélude de bien d’autres.

La bonne femme, malgré ses prières et les sacrifices qu’elle s’imposait, n’allait pas mieux qu’auparavant ; et le terme de la grossesse étant arrivé, elle eut à lutter durant cinq jours contre des douleurs violentes, qui mirent sa vie en grand péril.

Le mal augmentait à chaque instant, la pauvre infirme se fait apporter l’image de la Sainte ; et l’ayant prise entre les mains : « Comment, lui dit-elle, c’est donc là ce que je vous ai demandé ! C’est là tout ce que m’a valu l’huile dont j’ai fait la dépense ! »

Pendant qu’elle s’exhalait ainsi en douces plaintes, elle mit un enfant au jour... mais il était mort.

Dans l’amertume qu’elle éprouva, on lui entendit proférer ces mots : « Belle grâce que vous m’avez faite ! Allez, je ne veux plus de vous dans ma maison. Prenez cette image ; faites la disparaître de chez moi ».

De telles expressions nous choquent peut-être ; néanmoins la vive foi, qui en était le principe, attendrit le ciel, et fut payée d’une bien grande faveur. Car on vit à l’instant même l’enfant se mouvoir ; il poussa quelques vagissements, et toutes les personnes de la maison accoururent le recueillir, en criant : « Miracle ! Miracle ! »

On lui donna le saint baptême ; et après trente-cinq jours, son âme innocente alla se réunir dans le ciel à celle qui lui avait obtenu la double vie de la nature et de la grâce. Ce miracle lit un grand bruit à Naples ; et plusieurs ecclésiastiques doctes et zélés le publièrent de toutes parts à l'honneur de la célèbre Thaumaturge.

Il semble à la conduite et surtout aux paroles de cette mère éplorée à la vue de son enfant privé de vie, que le désespoir s’est emparé de son âme, et que dans son cœur froissé elle dédaigne tout ce qui lui rappelle jusqu’au souvenir de celle qu’elle a invoquée en vain. Non, au milieu de ces reproches que cette pauvre mère adresse à sainte Philomène, on découvre la preuve de la confiance qu’elle avait mise en la Sainte qu’elle invoquait dans les douleurs de l’enfantement. Mais le ciel a toujours ses desseins. Il est dans l’Évangile une parole de consolation, ou mieux d’espérance, que tout chrétien doit graver dans son cœur : « Frappez, a dit le Seigneur, frappez, et il vous sera ouvert. La mère affligée avait déjà frappé en vain, et dans son impatience, causée par son amour maternel, ne se voyant pas assez vite exaucée, elle semblait en quelque sorte importuner maintenant sa protectrice. Sa foi, sa vertu étaient grandes, mais n’avaient point de forme : ce qui prouve que les rayons de la grâce pénètrent au fond du cœur et l’éclairent sans s’arrêter à la surface.

 

Pratique : Faire brûler une lampe ou un petit cierge devant l’image de sainte Philomène, lorsque nous réclamons ses secours. Renouvelons à ses pieds nos prières et nos requêtes, et ne craignons jamais de l’importuner par nos supplications et nos demandes.

 

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13 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Quatorzième jour

 

Sainte Philomène protège et secourt les veuves

 

Les veuves semblent être comme les orphelins, le plus à la merci des bons soins de la Providence, qui ne leur fera jamais défaut si elles savent l’intéresser par la confiance, la résignation et la prière.

Qu’elles recourent assidûment à sainte Philomène. Elle les protégera comme elle l’a fait des veuves dont nous allons parler, dans tout ce qui sera le plus avantageux pour elles.

L’an 1832, un terrible ouragan se fit sentir dans une grande partie de la Pouille, et y causa de grands ravages. Une pauvre veuve, nommée Anne-Marie de Philippo, se trouvait, quand il survint, à la campagne, d’où elle retournait alors pour se rendre à Foggia, qu’elle habitait.

Au moment où elle passait près de l’église de Jésus-Maria, l’un de ces tourbillons qui firent à la même époque périr tant de personnes, vint s’abattre sur cette pauvre femme, l’enleva de terre, puis l’y repoussant avec force, la saisit de nouveau, la fit pirouetter avec violence, la dépouilla de sa chaussure et d’une partie de ses vêtements.

L’infortunée, se voyant en butte à l’ouragan, qui redoublait à chaque instant de fureur, effrayée, hors d’haleine, se recommande à la Mère des douleurs et à sainte Philomène, dont elle se rappelle avoir vu, dans l’église voisine, la chapelle et le tableau.

Le tourbillon lui laisse un moment de repos, elle en profite pour s’élancer vers la porte du temple ; mais la trouvant fermée : « Ah ! Ciel ! S’écrie-t-elle ; bonne sainte Philomène, ayez pitié de moi ! pour l’amour de Dieu, ouvrez-moi cette porte, et que je ne meure pas sans sacrements ! » Elle dit, et la porte s’ouvre d’elle-même, autant qu’il le fallait pour qu’elle pût y trouver un abri. Au même moment, elle entend une voix qui disait : « Anne, Anne, entre ici, entre bien vite ; c’est moi qui t’ai ouvert ».

C’est ainsi que, délivrée d’un si pressant danger, la veuve reconnaissante racontait le miraculeux événement aux personnes dont bientôt elle se vit environnée. La porte dont le sacristain avait alors les clefs, restait ouverte ; on était assuré, par son propre témoignage, qu’il l’avait fermée le matin ; la pauvre femme, mouillée par la pluie jusqu’aux os, avec ses habillements moitié perdus, moitié déchirés, affirmait ce que nous venons de dire en des termes qui ne laissaient aucun doute. Plusieurs autres circonstances concouraient à appuyer la vérité de son récit. Enfin cet admirable événement fut consigné par un notaire dans les archives de Foggia, pour qu’on n’en perdît pas le souvenir.

Autre fait qui montre combien sainte Philomène est secourable envers les veuves qui l’implorent dans leurs chagrins.

C’était en 1831 ; le nom de la Thaumaturge sainte Philomène devenait populaire à Martorano, ville de la Calabre ultérieure, par une relation des miracles de la Sainte que propageait Nicolas Lauza.

Une pauvre veuve, en ce moment bien affligée, entend le récit de tant de merveilles. Elle commence à respirer dans ses douleurs.

Elle avait une belle jeune fille, âgée de dix-sept ans, nommée Rose. Tous les efforts de la médecine n’avaient pu la guérir ni même la soulager. Le mal chaque jour allait empirant. Il arriva à tel point, que la pauvre fille resta muette, Après avoir essayé tous les moyens, la maladie fut jugée mortelle.

La veuve et sa chère enfant étaient consternées. Ô Providence ! tout à coup le nom de Philomène retentit à leurs oreilles. Elles vont trouver le chanoine Lauza, le prient d’être leur médiateur auprès de la Sainte. Il se refuse d’abord.

Cependant, vaincu par les sollicitations pressantes des deux affligées et de la fille surtout, qui en pleurant lui montrait sa langue desséchée, il se décide à intervenir pour elles. Il prend le livre, déploie l’image, l’applique sur la tête de la jeune fille qui était à ses genoux, gémissante. Il demande à la sainte Martyre de la guérir. Puis il dit à Rose : « Depuis quel temps, ne pouvez-vous plus parler ? » Rose de répondre : « Ah ! Ah ! Ah ! depuis tant de jours », et elle indique ce nombre de jours. Depuis lors, elle parla avec une facilité qui étonnait tout le monde.

 

Pratique : Demander à sainte Philomène la prudence et la modestie dans le discours. Priez-la de vous inspirer dans vos projets à venir ; elle est un guide sûr et fidèle.

 

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12 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Treizième jour

 

Sainte Philomène apaise les tempêtes

 

Sainte Philomène est la protectrice des mariniers, parce qu’elle fut précipitée dans les eaux du Tibre avec une ancre au cou. C’est aussi peut-être parce qu’elle a maintes fois apaisé des tempêtes sur les mers, des ouragans sur la terre.

Dans le mois d’octobre de l’année 1832, il s’éleva, sur le golfe Adriatique, une horrible tempête, et deux barques de pêcheurs firent naufrage à la vue même du port.

Aussitôt la nouvelle en court par toute la ville de Vieste ; et l’on se précipite vers le rivage. Le spectacle était affreux.

En vain on essaie de porter du secours à ces infortunés, la fureur des flots ne permet pas d’avancer vers eux ; ils appellent, ils crient ; leurs gémissements percent tous les cœurs ; on ne peut leur répondre que par de stériles désirs, des sanglots et des plaintes.

Mais le souvenir de sainte Philomène vient tout à coup faire renaître l’espoir dans ces âmes consternées. La Thaumaturge peut tout auprès de Dieu ; elle sauvera de la mort ces infortunés qui nous implorent. Un cri part aussitôt de tous les points ; et le nom de sainte Philomène retentit jusqu’aux deux, dont il obtient un miracle.

Car, quelques moments après, ces malheureux naufragés, sans qu’ils sussent comment, se trouvent transportés sur le rivage. Ils bénissent de concert avec leurs compatriotes, celle dont l’invisible main les a sauvés du trépas.

Le prodige n’était pas toutefois si complet, qu’il ne laissât plus d’amertume ni de crainte.

Le patron de l’une des deux barques, nommé Paul d’Aposto, en jetant ses regards autour de lui, ne voit pas ses deux enfants, dont le plus jeune comptait seulement huit années. Les vagues furieuses les avaient rejetés loin du port ; on crut les apercevoir se débattant contre elles ; mais quel moyen de leur porter un prompt secours ?

Le même précisément qui venait d’être employé avec un succès si admirable.

« Sainte Philomène, achevez votre ouvrage ; sauvez ces deux pauvres enfants ! » Ce fut la prière qui se forma dans tous les cœurs, qu’exprimèrent toutes les bouches.

Dieu voulut, pour la plus grande gloire de la Sainte, que la même prière fût faite par l’un de ces deux petits malheureux ; et c’était le plus jeune, qui se souvenant, au milieu du péril, de la statue miraculeuse de sainte Philomène, placée dans l’église des Capucins, recourut à elle avec confiance.

« Vierge nouvelle, s’écria-t-il, qui êtes venue dernièrement chez les Capucins de Vieste, sauvez-nous ; ayez pitié de nous ! »

Et pendant qu’à côté de son frère, il luttait contre les flots, pendant que, sur le rivage, son père se désolait, et que le peuple, animé d’une vive confiance, persévérait dans ses supplications à la Sainte, voilà que tout à coup on voit les enfants sauvés.

Ils sortent du milieu des flots écumants, s’élancent sur le port, à la vue de la multitude étonnée ; et mille cris de joie et de reconnaissance proclament la bonté du Seigneur et la puissance de sa glorieuse Servante.

En pensant au pouvoir de sainte Philomène sur le plus terrible des éléments pour secourir ceux qui y sont en danger de périr, priez-la de calmer aussi les flots qui agitent le pauvre vaisseau de votre cœur qui vogue sur la mer orageuse de ce monde, et de diriger avec sécurité notre âme vers les rivages de la bienheu­ reuse éternité, afin qu’elle entre au port du Paradis.

 

Pratique : Dans les tentations, celles surtout contraires à la pureté, dans la tourmente des passions, priez sainte Philomène, conjointement avec la Vierge Immaculée Marie.

 

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31 juillet 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Premier jour

 

Sainte Philomène est une consolatrice, un guide, une protectrice universelle

 

La vie humaine est un assemblage de tous les maux, un océan de douleurs, une course fatigante vers l’éternité. Quel est le mortel qui pourrait dire : « Je suis parfaitement heureux ; rien ne manque à ma félicité ». Cherchez-le, à coup sûr, vous ne le trouverez pas. Il est donc vrai que depuis l’enfant nouveau-né, jusqu’au vieillard qui se courbe vers la tombe, nul homme n’a parcouru le sentier de la vie sans pleurer au moins quelquefois, sans laisser échapper au moins quelques gémissements. L’Église, dont nous sommes les membres, est toujours comme l’a prédit le divin Maître, dans le douloureux travail et dans la lutte. À notre époque plus que jamais peut-être, elle lève le regard de l’espérance vers le Dieu très-haut qui l’a fondée, et qui la dirige par son Esprit-Saint. Et voilà que Philomène lui apparaît radieuse de gloire, comme l’un des plus puissants avocats, après saint Joseph, après la Vierge immaculée. Et dans cette glorieuse apparition tout est promesse, tout est consolation, tout est gage de victoire non-seulement pour l’Église en général, mais aussi pour son auguste Chef, le saint Pontife Pie IX, et pour chacun de ses enfants pris individuellement.

Qu’est-ce que le monde ? Un aveugle, un ignorant. Il marche comme à tâtons dans les ténèbres de l’erreur, parce qu’il ferme les yeux à la lumière divine, Jésus-Christ Notre Seigneur, qui est venu l’éclairer par sa doctrine et lui montrer le chemin de la vie par ses exemples. La lumière a lui dans les ténèbres, et ces ténèbres n’ont point reconnu la lumière. - Aveugle ! Le monde marche sur l’abîme et ne redoute aucun danger, jusqu’à ce qu’enfin il tombe dans la perdition, si une main bienfaisante ne vient le retirer de la voie de l’erreur, et lever le noir bandeau qui lui dérobait la douce et bienfaisante lumière du vrai soleil de justice, qui doit illuminer ses pas et les diriger dans la voie de la paix. Tel est l’office qu’à son égard exerce sainte Philomène. Le monde est aveugle, est ignorant, parce qu’il est orgueilleux, sensuel, avare et indifférent, et Philomène lui donne l’exemple de la plus profonde humilité, de la plus parfaite mortification, du plus entier détachement, du plus grand zèle pour la gloire de Dieu. Lisez et méditez sa Vie si belle et si touchante, et vous verrez !

Qu’est-ce que l’homme ? L’être le plus indigent, le plus misérable peut-être qui soit au monde. Un retour sur nous-même, et nous avouerons sans peine notre profonde misère, notre extrême dénuement, nos pressants besoins. David a chanté ! « Le pauvre vous est abandonné, Seigneur ». Et avec raison, car c’est la Providence divine qui pourvoit libéralement et universellement à toutes nos nécessités, si grandes, si puissantes qu’elles puissent être. La Providence est pour chacun de nous une mère, la plus tendre des mères, et qu’a-t-elle fait et que fait-elle encore tous les jours par le moyen de sainte Philomène ? Écoutez jusqu’où elle a, porté les soins délicats de son amour.

Admirez d’abord les théâtres de sa magnificence. La chaumière du pauvre, les sillons arrosés des sueurs d’un laboureur indigent, l’obscurité des hameaux, la couche douloureuse où gémit le malade abandonné, le berceau même de l’enfance, la terre, les mers ; voilà où cette aimable protectrice a signalé sa tendre compassion.

Oh ! qui redira combien de cœurs affligés Philomène a consolés, et comment de sa douce main elle a tari tant de larmes que la misère fait verser ?

Interrogeons ceux qui l’honorent et qui se confient en elle : l’un dit avoir vu la Sainte, qui l’a guéri d’une longue douleur ou délivré des portes de la mort. Une mère infortunée présente avec orgueil le fruit qu’elle a mis au jour ; il était mort, et soudain, par l’entremise de Philomène, le voilà rendu à la vie. Cette pauvre veuve a vu, grâce à sa prière à sainte Philomène, son huile se multiplier ; reconnaissante elle s’est servi de cette huile pour faire brûler sa petite lampe devant l’image vénérée de la Sainte. Dans une maison hospitalière, le vin a été sur le point de manquer et soudain, à l’imprévu, les vases sont remplis.

Pauvre femme, qu’emportes-tu là de la maison d’autrui ? - Eh ! un vase d’airain que m’avait pris ma voisine ! - Qui t’a dit que c’était le tien ? - Qui ? sainte Philomène. Elle m’a indiqué le lieu où il était caché. Sans cela, ma pauvre famille aurait été contrainte à jeûner le jour de la fête de la Sainte.

Cette enfant de trois ans à peine, souffrait horriblement d’une colique. Sa mère pieuse lui appliqua une image de sainte Philomène, et soudain la petite s’endormit. Peu après, elle s’éveille : « Maman, j’ai vu la Sainte, elle m’a dit : « Dors, ma chère enfant, et la douleur s’évanouira ».

C’est la petite Angèle qui a perdu sa poule, elle pleure et court s’en plaindre à la Sainte. Console-toi, répond Philomène, la poule perdue se retrouvera. Deux heures après la fin du jour, Angèle entend la poule becqueter à sa porte.

 

Pratique : Dans tous vos besoins de l’âme et du corps, recourez avec confiance et assiduité à sainte Philomène.

 

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8 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Neuvième jour

 

Sainte Philomène étend sa protection sur les familles chrétiennes

 

Personne n’est exclu, s’il le veut bien, de la protection de sainte Philomène. Elle s’empresse de secourir, nous l’avons vu par mille faits, tous ceux qui ont recours à ses bontés. Il semble cependant qu’elle a un soin particulier à combler de ses plus douces faveurs les familles qui lui sont dévouées, qui l’honorent sincèrement dans le but de plaire au Seigneur.

Un jour que Don François entrait dans l’église de Mugnano, pour y célébrer la sainte messe, il vit accourir vers lui sa mère qui lui dit d’un air tout effaré : « Donnez-moi un instant, j’ai quelque chose à vous raconter, je me sens forte­ ment poussée à vous le dire ». - « Parlez donc », lui répondit celui-ci.

Alors elle se met à lui faire le récit d’une vision ou d’un songe qu’elle avait eu la nuit précédente. Je voyais la Sainte comme se préparant à un voyage, et, craignant qu’elle ne voulût nous quitter, je pleurais avec quelques habitants de Mugnano et la suppliais de rester avec nous. Alors, avec l’accent de la bonté la plus touchante, elle nous rassura, nous dit qu’elle serait de retour le lendemain ; mais que la famille Terres, à qui elle avait des obligations, devant se trouver exposée à un grand péril, la reconnaissance exigeait qu’elle y allât pour l’en défendre.

Don François regarda ce songe comme l’effet de l’imagination; il ne put s’empêcher néanmoins, après y avoir un peu réfléchi, d’en écrire à la même famille Terres.

Celle-ci reçoit la lettre, l’ouvre et s’étonne d’y voir décrit un événement qui avait failli la faire périr la nuit précédente.

Des voleurs déguisés en soldats étrangers, dont ils empruntaient le langage, s’étaient présentés pour avoir, disaient-ils, le logement. Comme la porte leur fut refusée, ils se mirent en devoir de l’enfoncer ; ils menaçaient ouvertement de mettre tout à feu et à sang, et déjà le massacre allait commencer, lorsqu’un incident, ménagé par le ciel, vint déjouer leurs projets.

Les Terres ne s’étaient pas plutôt vus en péril, que toute la famille implora le secours de sainte Philomène. Non, non, disaient-ils, la Sainte ne nous abandonnera pas, ayons confiance en elle, nous serons délivrés de ce danger.

Leur espérance ne fut pas vaine. À l’instant où les assassins, après avoir enfoncé les portes, se précipitent vers l’escalier, on entend plusieurs voix bien connues crier en dehors de la maison : « De la lumière ! de la lumière ! vite, vite, portez-nous de la lumière ! » Ces cris plusieurs fois répétés, parvenant aux oreilles des brigands, comme à celles des gens de la maison, rassurèrent les uns et épouvantèrent les autres, en sorte que le danger cessa en un clin d’œil.

Les voleurs ayant pris le fuite, la famille Terres voit entrer chez elle plusieurs de ses amis. On s’étonne, on se réjouit, on rapproche les circonstances diverses de l’événement ; elles paraissent toutes plus singulières les unes que les autres.

Enfin, le lendemain matin, lorsque la lettre de Don François arriva, le mystère se trouva expliqué. La famille Terres et ses voisins, qui, sans trop savoir pourquoi, étaient venus lui rendre visite, reconnurent dans ce qui s’était passé le doigt de la Sainte, et la remercièrent dans toute l’effusion de leur cœur.

 

Pratique : Avoir dans sa maison une statuette ou une image de sainte Philomène et lui rendre ses hommages devant cette image. Rien ne doit coûter pour honorer la mémoire des saints. Renouvelez vos offrandes comme vos prières. Sainte Philomène ne se lasse jamais de venir à votre aide.

 

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7 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Huitième jour

 

Sainte Philomène secourt les époux

 

Nous voudrions bien qu’il nous fût permis ici de traiter longuement des devoirs des époux chrétiens, tant par rapport à eux-mêmes que par rapport à l’éducation de leurs enfants.

Ce serait peut-être le sujet le plus important de cet opuscule. Il suffit de dire que le bonheur mutuel des époux comme le bien-être et la prospérité même temporelle d’une nation reposent tout entiers sur la bonne conduite de ces époux et la bonne éducation qu’ils peuvent donner à leurs enfants. Tout est là ; tout dans ce monde doit converger vers cette fin : l’éducation chrétienne des enfants.

Un des plus affreux désordres, celui qui trouble le plus la paix et l’union sainte des époux, qui scandalise le plus le jeune âge et qui met un obstacle incroyable à son éducation, c’est l’inconduite des époux ou seulement de l’un deux. Or, c’est à sainte Philomène qu’il faut recourir pour obtenir de la divine bonté, un prompt remède à un si grand mal.

Nicolas de Lanze, Italien, s’efforçait de propager le culte de sainte Philomène, au moyen de petites feuilles contenant des prières imprimées qu’il distribuait gratis. Le ciel, par ce moyen, opérait des merveilles.

L’an 1832, une religieuse, sœur de la Conception, fit demander une de ces feuilles. Elle l’envoya de suite à une femme que les désordres de son mari plongeaient dans la plus amère affliction.

Ce malheureux, au mépris des engagements sacrés qu’il avait contractés à la face des autels, et sans égards, ni pour son épouse, ni pour sa famille, que sa conduite infâme déshonorait et appauvrissait en même temps, entretenait de coupables liaisons avec une autre personne du dehors. Rien jusque-là n’avait pu le réduire, et quoique la misère fût entrée dans sa propre maison, il aimait mieux porter ailleurs le fruit de son travail.

Le don de la zélée religieuse parvint à l’épouse de cet homme, à l’instant où celui-ci allait sortir de chez lui pour se rendre au lieu accoutumé. Sans perdre de temps, la femme, pleine de foi, et secondée assurément par la Sainte, dont elle implore le secours, fait glisser la feuille miraculeuse dans la doublure du surtout de son mari, et pendant que celui-ci commence à s’éloigner, elle redouble ses prières à la puissante Thaumaturge.

Ô prodige ! le misérable avait à peine fait quelques pas hors de la maison, qu’il s’arrête. Une foule de pensées viennent se présenter à son esprit ; et, pour la première fois, son âme endurcie devient accessible aux remords. Il rougit ; il s’indigne contre lui-même ; il blâme sa conduite ; il renonce à son dessein ! « Eh quoi, se dit-il en gémissant, serai-je donc toujours le jouet d’une passion insensée et criminelle ? Vivrai-je toujours comme un homme sans conscience ? Je suis en vérité atteint d’une folie bien honteuse » ; et là-dessus, il rebrousse chemin et rentre chez lui.

Dès ce moment, la concorde et la-joie reparurent au milieu de cette famille. Il ne manqua rien au bonheur des deux époux, au triomphe de sainte Philomène.

 

Pratique : Promettez aujourd’hui à sainte Philomène de propager le plus que vous le pourrez son culte dans les familles. Distribuez à l’occasion son image, sa médaille et les prières composées en son honneur : vous aurez la plus large part dans sa protection.

 

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5 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Sixième jour

 

Sainte Philomène est la patronne et la protectrice de la jeunesse

 

Pour les jeunes gens, le culte et la dévotion à sainte Philomène sont le culte et la dévotion de leur âge. Nous voudrions que les pieuses personnes des deux sexes nous comprennent ; assurément, elles s’en trouveraient bien! car elles puiseraient dans le culte si attrayant de cette innocente Vierge, avec les plus douces consolations, les grands secours qui leur sont nécessaires pour triompher des trois redoutables ennemis qui, en mille manières et avec le plus perfide déguisement, tendent de toutes parts des pièges à leur vertu.

Après donc la protection de la Vierge immaculée Marie, on ne saurait en offrir de plus efficace aux jeunes gens que celle de Philomène. Elle s’est toujours montrée très-attentive à les assister dans une infinité de rencontres. Mille faits à l’appui se pressent sous notre plume : relatons-en trois.

C’est une demoiselle pieuse et affectionnée à la Sainte qui rencontrait des difficultés insurmontables à suivre la vocation à laquelle Dieu l’appelait. Ces difficultés venaient du côté de ses parents ; la jeune fille en était vivement affligée ! Dans sa peine, elle courut se prosterner devant une image de Philomène et lui fit part de ses épreuves. Après une prière courte, mais pleine de ferveur et de confiance, elle entendit comme une voix intérieure qui lui disait au cœur : « Va trouver ton père et ta mère, car, maintenant, ils consentent volontiers à ce que tu te voues à Jésus Christ ». Et c’est ce qui eut lieu.

Sainte Philomène, ah ! combien elle est bonne ! et avec quel empressement elle guérit les jeunes gens malades ou infirmes qui l’invoquent avec foi !

Un jeune homme avait mal aux jambes et ne marchait qu’avec peine. Il se rendit à Ars, afin de demander à M. le curé ce qu’il devrait faire pour obtenir sa guérison. Le saint prêtre lui conseilla de recourir à Marie et de faire une neuvaine à sainte Philomène. Il se soumit avec docilité. Sa piété, sa docilité et sa confiance envers la Thaumaturge lui ont valu une entière guérison. Et par un sentiment de reconnaissance, il se fixa à Ars même, où tous les jours il servait plusieurs messes avec une ferveur tout extraordinaire.

Un autre fait de guérison sur une jeune fille âgée de douze ans. Depuis cinq mois elle avait perdu l’usage de ses jambes, par suite d’une grave maladie. S’étant fait conduire à Ars pour obtenir la délivrance de son infirmité, elle se mit tout de suite sous la protection de la Vierge Immaculée, et fit une neuvaine à sainte Philomène. L’innocence et la candeur de ses prières hâtèrent l’accomplissement de ses désirs. La neuvaine terminée, la jeune fille reçut, assise sur une chaise, la sainte Communion avec toute la piété possible. Et, après son action de grâces, elle se leva seule et marcha sans avoir besoin d’appui.

Sainte Philomène ! elle préside en quelque sorte au sort des jeunes gens.

Un gentilhomme italien ne trouvant pas son certificat d’exemption du service militaire, était forcé de partir le lendemain pour le régiment, ou, en cas de refus, devait être mis en prison. Alors sa pensée se reporte vers sainte Philomène, et il implore son secours en ces termes : « Grande sainte ! vous seule pouvez me délivrer de ces angoisses… » Il lui semble voir la Sainte et l’entendre lui dire : « Cesse de t’affliger, ton certificat sera retrouvé. Va-t’en à la chapelle Saint Pierre (distante d’un mille d’Arienzo), tu ouvriras la petite caisse qui est proche du bénitier, et tu trouveras le papier que tu cherches ». Le jeune homme obéit ; il y trouva son certificat et s’écria plein de reconnaissance : « Ô bénie soit ma sainte Protectrice ! » Et, le papier à la main, il racontait à tous la protection signalée de sainte Philomène sur lui.

Parents qui vous affligez au départ d’un fils bien aimé sous les drapeaux, ah ! voyez, sainte Philomène se présente à vous. Recommandez-le donc à cette grande Protectrice ; elle veillera sur lui et le protégera en mille rencontres. Vous, jeunes gens, qui êtes sur le point de tirer au sort, invoquez aussi sainte Philomène, elle vous obtiendra un numéro favorable, ou la résignation, en cas contraire !

 

Pratique : Ne passer aucun jour sans adresser une courte prière à sainte Philomène, ne fût-ce que celle-ci : O bénie soit ma sainte Protectrice !

 

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23 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Vingt-quatrième jour

 

Sainte Philomène multiplie ses images pour la consolation de ses dévots

 

C’est une marque de l’affection bien vive que nous porte sainte Philomène que le soin qu’elle a pris de multiplier ses images. Elle a, sans aucun doute, voulu nous faire entendre par là, combien elle se trouverait satisfaite du zèle que nous apporterions à la vénérer dans ses saintes images, et à propager ces mêmes images de tout notre pouvoir.

L’évêque de Lucera, zélé dévot de notre Thaumaturge, avait plusieurs fois demandé à Don François, qu’il lui fît parvenir une bonne quantité d’images de la Sainte, afin de les répandre parmi ses diocésains.

Don François voulut les lui porter lui-même, et c’est ce qu’il fit en effet. Mais le prélat, informé de son arrivée, et brûlant d’impatience d’avoir ce qu’il désirait depuis longtemps, ne voulut pas attendre sa visite ; il lui envoie sur-le-champ un de ses prêtres, en priant Don François de remettre entre ses mains les images en question.

Celui-ci les remet à l’heure même ; il se contente, sur plusieurs centaines qu’il avait apportées, d’en réserver une quarantaine pour lui.

L’Evêque ayant reçu le paquet, se plaint de voir les saintes images en si petit nombre. Dans la persuasion que Don François en avait une quantité plus considérable, il lui dépêche au même instant un second message, pour en obtenir un second envoi.

La réponse fut, que l’on écrirait à Mugnano. Car, actuellement, ajouta le saint missionnaire, en montrant celles qui lui restaient, il m’est tout à fait impossible de satisfaire Sa Grandeur.

Quelques heures se passent. Don François voulant distribuer ses pieux présents entre certaines personnes de sa connaissance, ouvre la boîte où ses images se trouvaient. À son grand étonnement, au lieu de la quarantaine qu’il y avait laissée auparavant, il voit trois paquets, d’une centaine chacun ; don inattendu, mais précieux, que la Sainte voulait ainsi faire au zélé prélat. Don François le comprit. Il vole au palais épiscopal avec sa boîte miraculeuse.

Il raconte l’événement. Les paquets sont défaits. On confronte les premières images avec les secondes ; elles se ressemblaient parfaitement. Néanmoins il y avait, dans la qualité du papier et dans les traits de la sainte, une différence assez saillante, qui, en mettant à part le miracle, aurait fait préférer celles-ci à celles-là.

Ainsi, dit le prophète, le Seigneur exauce le désir des pauvres, et son oreille écoute la prière de leur cœur.

 

Pratique : Rendre chaque jour une visite à sainte Philomène devant l’une de ses images, ou aller en pèlerinage en quelque lieu où elle est spécialement honorée.

 

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3 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Quatrième jour

 

Sainte Philomène protège particulièrement les petites filles qui portent son nom

 

Si sainte Philomène comble de ses plus douces faveurs les enfants qui l’honorent, c’est principalement sur ceux qui portent avec piété son nom, si glorieux et si vénérable, qu’elle montre jusqu’où vont ses bons soins.

Dominique Moccia, de Castelvetere, est le premier qui donna le nom de Philomène à une petite fille que le ciel lui envoya. Cette attention fut si agréable à la Sainte, qu’elle montra, par les signes les plus sensibles, combien elle aimait à veiller sur cette enfant et à la protéger d’une façon toute particulière.

Comme il y a dans le pays un grand nombre d’insectes ailés qui tourmentent les habitants par des piqûres continuelles, la mère de Philomène avait soin de l’en défendre chaque nuit par un voile dont elle l’enveloppait. Le matin, quand on venait faire la petite toilette d’usage, on ne trouvait jamais le voile autour du corps de l’enfant, mais à l’extrémité du berceau, et plié avec le plus grand soin. Une seconde remarque étonnait encore bien davantage : c’était de voir intactes et la figure et les mains de la petite Philomène, exposée durant la nuit à la persécution des moucherons.

Quelle pouvait donc être l’amie bienfaisante qui, à l’insu de tous, environnait de sa vigilance et de ses soins une créature innocente, qui ne pouvait, ne savait pas même lui en témoigner sa gratitude !

Ses parents le faisaient pour elle ; et ils remerciaient au fond de leur cœur la bonne sainte Philomène. Il paraît même, qu’à cette occasion, ils firent vœu d’aller visiter son tombeau, dès que l’âge de l’enfant lui permettrait de les accompagner. La petite fille avait trois ans lors de l’exécution de la promesse. On arrive ; on s’achemine vers le sanctuaire, mais la châsse est à peine découverte, que l’on voit Philomène, comme saisie d’une subite frayeur. Peu après, elle se met à sangloter et à se débattre. Tous ses efforts tendaient à se soustraire à ceux qui la retenaient, pour s’enfuir hors de l’église.

Don François, les parents de l’enfant et toutes les personnes présentes ne savaient que comprendre à tout cela. Jamais on n’avait vu dans un enfant chose pareille. Au contraire, c’était dans ces âmes pures une joie, des transports, qui édifiaient tous les assistants.

Un voile de tristesse vint couvrir le visage des témoins d’une si grande scène; et bien loin de se dissiper, il ne fit que s’obscurcir davantage, quand on la vit se répéter, la journée d’après, toutes les fois qu’on essaya d’amener Philomène en présence de sa sainte Patronne. Force donc fut de partir, avec cette poignante épine dans le cœur.

Mais bientôt il plut à Dieu de l’en tirer, en ouvrant la bouche delà petite Créature, qui jusqu’alors avait gardé un silence obstiné. Son père lui demanda encore, chemin faisant, pourquoi donc elle n’avait pas voulu rester devant sa Sainte ? « Eh ! papa, lui répondit l’enfant, parce qu’elle voulait me prendre par les mains, et me disait : « Reste avec moi, Philomène ; viens ici ; ne t’en va pas ; et elle voulait m’enlever à maman Justine ; et moi, je ne voulais pas laisser mon papa et ma maman »...

Amabilité touchante ! Bonté, condescendance vraiment propre aux élus ! Où sont les grands du siècle qui daigneraient s’abaisser à caresser de la sorte l’enfant d’un pauvre artisan ?

Voici encore un trait où respire la plus aimable bienveillance. Le fait se passa, en 1830, à Naples, et fut raconté à Don François par un savant ecclésiastique, oncle de la petite Philomène, dont nous allons parler.

La mère de cette enfant avait coutume de placer tous les soirs, avant de se mettre au lit, les vêtements de la petite fille avec les siens sur la même chaise. Il y avait, à une certaine hauteur, au dessus de la chaise, une lampe, qui brûlait continuellement devant l’image de la Sainte Martyre. Jusque-là il ne s’était produit aucun accident ; lorsqu’une nuit il se détache de la mèche, par l’effet sans doute d’un pétillement plus vif, une étincelle, qui tombe sur les habillements de la mère et de la fille.

Ceux de Philomène se trouvaient au dessus. Le feu prend à ces matières si, combustibles par elles-mêmes ; personne ne s’en aperçoit. Le matin seulement, quand les yeux et les mains se portèrent sur la chaise, pour en retirer les vêtements, on vit celle-ci à demi brûlée ; tout ce qui appartenait à la mère était entièrement consumé ; la petite robe de Philomène avait été seule épargnée, quoique, par sa position, elle eût dû, la première, subir l’action du feu, et que la toile de coton, dont elle était faite, la rendît plus susceptible encore de s’enflammer que celle de sa mère. On voyait seulement sur une des manches, la trace d’une brûlure, de la largeur au plus d’un ongle ; signe de ce qui serait arrivé, si la vigilante Protectrice des enfants honorés de son Nom n’avait eu soin d’éteindre elle-même la flamme menaçante.

 

Pratique : Faire porter le nom de sainte Philomène aux enfants, au saint baptême, ou à la confirmation, afin de les placer sous la protection de cette grande Sainte.

 

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2 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Troisième jour

 

Sainte Philomène agrée la prière d’une mère qui lui consacre ses enfants

 

Cette pieuse mère, au dire de M. l’abbé Garnier, venait d’atteindre sa soixante-neuvième année, quand elle raconta le fait suivant qui doit intéresser toutes les mères chrétiennes qui le liront.

Elle avait eu quatre enfants ; les premiers étaient morts à la fleur de l'âge, et le seul qui lui restait avait été marié jeune encore. Il perdit son épouse au bout de dix ans de mariage, et demeura veuf avec plusieurs enfants, dont deux garçons et deux filles. Il mourut quelque temps après, à la suite d’une fièvre muqueuse. La bonne mère fut donc chargée de la petite famille, qu’elle éleva aussi chrétiennement que possible.

Comme cette respectable mère sentait sa fin approcher, elle se tourmentait à la pensée qu’elle allait laisser ici-bas ses enfants chéris sans guide, sans protecteur, sans soutien. Elle eut l’heureuse idée d’aller les recommander à sainte Philomène, et fit à cette fin le pèlerinage d’Ars, où comme il a été dit déjà, il y a une chapelle célèbre sous le vocable de la grande Sainte. Voici son récit :

« Je partis de Dijon à midi, et le chemin de fer me descendit à Villefranche, vers cinq heures et demie. Je voulus, par respect, faire à pied le trajet de cette station à Ars. Il y a environ de huit à neuf kilomètres...

J’arrivai auprès de l’église..., je m’avançai jusqu’au milieu de la nef, et je cherchai avec des yeux impatients le tombeau du saint Curé. Quand j’eus fini ma prière, je me dirigeai du côté de la chapelle Sainte Philomène. Quand j’entrai, elle était pleine de monde. Le recueillement de ces pieux pèlerins, prosternés devant l’autel de la grande Sainte, me saisit. Je m’avançai, et à la lueur des bougies (car il était tard) que la piété des fidèles entretient depuis le matin jusqu’au soir, je pus distinguer une multitude d’ex-voto, qui forment comme la garde d’honneur de sainte Philomène. Ce qui me frappa le plus, ce fut le grand nombre de béquilles qui y ont été déposées, en signe de reconnaissance, pour des guérisons obtenues. Il y en a des deux côtés de l’autel. Il y en a même un monceau sur le confessionnal, et on m’a assuré que beaucoup avaient été déjà enlevées parce qu’elles embarrassaient, selon le terme dont on s’est servi.

Oh ! que la vue de ces béquilles dit de choses touchantes au cœur ! Quelle confiance elles inspirent en la grande Sainte, aux prières de laquelle tant d’infirmes ont dû leur guérison. Je fis ma prière le plus dévotement qu’il m’a été possible. Comme sur la tombe du vénérable prêtre, je demandai à sainte Philomène, les larmes aux yeux, de me procurer à moi une bonne, une sainte mort et de prendre tous mes bien-aimés enfants sous sa puissante protection.

Je dis donc à sainte Philomène : « Vous voyez à vos pieds une mère qui est venue de très loin pour vous recommander les objets de sa tendre sollicitude ; ils sont orphelins ; la dernière est de l’âge où vous étiez vous-même, ô grande Sainte, quand vous avez enduré votre glorieux martyre. Vous n’ignorez pas. combien le cœur, à cette saison de la vie surtout, est faible et impressionnable. Prenez ces chers enfants, je vous les confie. Préservez-les surtout du péché mortel, le plus grand des malheurs qui puissent leur arriver. Vous me promettez, n’est-ce pas, bonne sainte Philomène, de les regarder comme les vôtres ? En ce cas, je mourrai contente et heureuse ».

Mon cœur était encore occupé de ces pensées, quand il me sembla entendre la voix de sainte Philomène, qui me disait : « Bonne mère, je suis sensible à votre confiance et à votre charité si tendre. J’ai compris vos inquiétudes, entendu la prière que vous m’avez adressée et recueilli précieusement vos larmes. Je me charge de vos enfants ; retournez tranquille et heureuse ».

Et voilà qu’aussitôt mes alarmes cessèrent ; la paix me fut rendue. J’eus bien volontiers chanté, comme le saint vieil­lard Siméon, le Nunc dimittis servum tuum, Domine. C’est-à-dire : Maintenant, Seigneur, vous laisserez mourir en paix votre servante.

Je pleurais de joie. Merci, aimable Sainte, disais-je en la quittant, merci mille fois ! On m’avait déjà raconté des merveilles sur vos bontés. Mais, hélas ! comme c'était peu, comparativement à ce que je vois, à ce que j’éprouve moi-même. Ma bonne Sainte, je vous aimais beaucoup avant de venir à votre sanctuaire, maintenant, je vous aime mille fois davantage.

C'est à ses petits enfants que la vieille maman racontait ces choses. Son rapport les avait vivement impressionnés. Marie, qui était la plus jeune, prit la parole à son tour, elle lui dit : « Bonne mère, oh ! que nous vous remercions de l’heureuse pensée que vous avez eue d’aller nous placer sous la protection de la grande sainte Philomène ! Oui, nous en avons la douce confiance, elle prendra désormais soin de nous, et ne permettra pas que nous nous écartions jamais de la bonne voie. Et nous, de notre côté, nous voulons l’aimer fidèlement ».

La protection de sainte Philomène, en effet, se montra toujours visible sur ces enfants.

 

Pratique : Prendre bien garde, en considération de sainte Philomène, de ne pas scandaliser les petits enfants.

 

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6 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Septième jour

 

Sainte Philomène protège et secourt les vierges

 

La prédilection de Philomène pour les vierges est dans la vocation qu’elle inspire au cœur pur et candide des jeunes chrétiennes dé se vouer au Seigneur sous son nom et sa protection.

En même temps qu’il plaisait au Seigneur de glorifier sa servante par de nombreux prodiges, il inspira aussi à de jeunes personnes le désir de retracer en elles ses vertus ; et celle qui les charma le plus fut la virginité dont elles voyaient le symbole fleuri dans les mains de la Thaumaturge.

Ce désir fut pesé, pour ainsi dire, dans la balance du sanctuaire ; et il reçut son approbation de qui de droit.

On dressa une règle ; on détermina un vêtement ; on établit certaines pratiques ; et en un clin-d’œil, les villes et les villages, qui se trouvaient dans la circonférence de Mugnano, se peuplèrent de vierges, consacrées à Dieu par le vœu de chasteté. On les appela dès lors, et on les connaît aujourd’hui en Italie, sous le nom de Monacelle di santa Filomena, c’est-à-dire, jeunes Religieuses de sainte Philomène.

Elles ne vivent pourtant ni en communauté, ni dans l’enceinte d’un monastère. C’est au sein même de leurs familles, au milieu du monde, auquel assurément elles n’appartiennent pas, et confondues avec le reste des fidèles, que ces vierges du Seigneur pratiquent leur règle, et gardent, avec l’édification commune, le vœu qu’elles ont fait.

Léon XII, d’heureuse mémoire, à qui fut présentée la seconde édition de la Relation historique (8 décembre 1827), en entendant le célèbre missionnaire Don Salvatore Pascali, parler de ces jeunes personnes, désira connaître avec quelque détail ce qui les concernait ; et à mesure qu’on les lui donnait, la joie qu’il en éprouvait se peignait sur ses traits d’une manière sensible ; mais, en apprenant, ce qu’il ne pensait point d’abord, qu’elles vivaient au sein de leurs familles, et que leur présence dans le monde était un grand sujet d’édification, il ne put contenir la satisfaction qu’il en ressentit, et il s’écria : « C’est là sans contredit le plus grand des miracles de cette grande Sainte. Quoi ! dans un siècle où la corruption est universelle, dans un royaume où naguère la religion a eu tant à souffrir, il se trouve des âmes pures et généreuses qui osent publiquement fouler aux pieds et la chair et le monde ! Je les bénis d’ici toutes ».

Et le représentant de Jésus-Christ élevant alors ses mains, riches des trésors de la grâce, les bénit en disant : « Qu'elles soient toutes bénies ! »

C’était là donner une approbation bien éclatante à cette salutaire institution, et proclamer hautement les desseins de Dieu dans l’apparition de la nouvelle Sainte.

Ô Vierges ! consacrez-vous intérieurement à sainte Philomène. Il n’est pas besoin que vous fassiez un vœu exprès. Il suffit que vous disiez à la Sainte : « Je vous consacre ma virginité pour Dieu, et je lui promets, avec sa sainte grâce et votre protection jointe à celle de la Vierge Marie, de garder mon esprit, mon cœur et mon corps chastes, de mourir plutôt que de les souiller par la moindre tache du péché ». Puis estimez-vous non-seulement honorées, mais encore heureuses de votre profession : c’est ce qu’a fait Philomène.

Sainte Philomène honorait singulièrement Marie très sainte et les Anges ; imitons-la. Si nous confions notre pureté à ces puissants protecteurs, elle sera sauvegardée, pourvu que nous fassions de notre côté ce qu’il convient.

Enfin, la défiance de soi-même, la fréquentation des sacrements, sont encore deux moyens sûrs de triompher du péché, de l’enfer. Plaise à sainte Philomène, nous obtenir la grâce de Jésus-Christ Notre Seigneur.

 

Pratique : Veiller exactement sur ses sens et s’abstenir de tout ce qui a l’apparence du mal, en l’honneur de sainte Philomène. La modestie, la réserve dans nos vêtements surtout, sont comme autant de voiles qui couvrent nos défauts et ne donnent aucune prise à l’ennemi.

 

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19 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Vingtième jour

20 juillet

 

L'ensevelissement

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux reçoit entre ses mains et baise avec amour, en fondant en larmes, les pieds de Jésus qu'on descend de la croix.

 

Méditation

 

Écoutons saint Bonaventure nous parler du rôle que remplit sainte Madeleine à la descente de croix et à la sépulture du Sauveur.

« Lorsque les clous des mains et des pieds eurent été arrachés, Joseph descendit avec d'infinies précautions le corps du Seigneur que Marie, Jean et Madeleine, reçurent entre leurs bras. Madeleine soutenait ces pieds auprès desquels elle avait trouvé autrefois une si grande miséricorde. Les autres se placèrent autour, et tous firent une douloureuse lamentation sur lui comme sur leur fils unique.

Comme la nuit approchait, ils prièrent bientôt la sainte Vierge de leur permettre d'entourer le corps de bandelettes et de l'ensevelir. Marie tenait toujours la tête de Jésus sur son sein, et elle se réserva de l'envelopper. Madeleine était aux pieds, et, quand on en fut arrivé là, elle dit : « Je vous en prie, laissez-moi arranger ces pieds près desquels j'ai obtenu mon pardon ». Ils le lui permirent, et alors elle les prit ; et paraissant défaillir de douleur, elle lava des larmes de sa compassion ces pieds qu'elle avait jadis lavés des larmes de sa componction. Elle les considérait ainsi, blessés, percés, déchirés et sanglants ; et elle pleurait amèrement. Car, selon que la Vérité en a rendu témoignage, elle avait beaucoup aimé ; aussi pleura-t-elle beaucoup, surtout à ces tristes obsèques de son Maître et de son Seigneur, torturé, flagellé, meurtri, mort et presque réduit au néant. Son cœur pouvait à peine demeurer dans son corps, tant son affliction était grande, et on peut bien penser que, si elle l'avait pu, elle eût volontiers expiré aux pieds du Seigneur. Elle ne voyait pas de remède à sa douleur, et ce n'était pas de semblables soins qu'elle était habituée à lui prêter.

C'est ici, en effet, un nouveau et dernier ser- vice qu'elle lui rend ; et, en l'accomplissant, son âme est dévorée d'amertume, parce qu'elle ne peut le rendre selon ses ardents désirs et comme il serait convenable. Elle voudrait, en effet, laver tout le corps, l’oindre de parfums, le disposer parfaitement ; mais ce n'est ni le temps ni le lieu. Elle ne pouvait pas plus, elle ne pouvait pas autre chose : elle fait ce qu'elle peut. Au moins lave-t-elle les pieds de ses larmes ; puis elle les essuie dévotement, les baise, les enveloppe et les arrange le mieux qu'elle sait.

Joseph eut l'attention de ne fermer le sépulcre qu'après avoir laissé entrer les saintes femmes. Madeleine observa où et comment on avait déposé son Seigneur, de quel côté les pieds, de quel côté la tête, et demanda à Joseph la clé du jardin, où elle se promettait bien de venir souvent et bientôt. L'embaumement, à cause de la proximité du Sabbat et de tant d'autres circonstances, ayant été un peu précipité, elle veut le compléter. C'était d'ailleurs ordinairement un office dévolu aux femmes, et il lui revenait de plein droit. Elle est la dernière à s'éloigner du tombeau, et elle ne le quitterait pas, si elle n'avait un double devoir de piété à remplir, celui de satisfaire à la loi du Sabbat et celui de reconduire et de consoler la mère de son Rédempteur On l'a déposé dans un monument creusé dans le roc, mais elle lui a préparé en elle-même un monument vivant d'où il ne sera jamais ôté. En recevant le corps de Jésus entre ses bras, elle a reçu son esprit dans le sien ; et parce qu'il est mort et enseveli, elle n'a d'autre désir que de mourir et d'être ensevelie avec lui. Ne pouvant plus se tenir debout, et ne voulant pas se retirer, le cœur brisé et les mains lui tombant de faiblesse, « elle se tenait assise, dit saint Matthieu, avec l'autre Marie, vis-à-vis du sépulcre ».

Mais, saint Jean l'ayant priée de venir avec la mère de Jésus, elle répondit : « Vous savez bien que j'irai avec elle, partout où elle ira et que je ne la quitterai jamais ». Madeleine alla donc dans la maison de Jean avec Marie, et, celle-ci, regardant autour d'elle, se prit à dire : « Ô mon fils, où êtes-vous, que je ne vous vois pas ? Jean, où est mon Fils ? Madeleine, où est votre Père, qui vous aimait si tendrement ? Il s'est éloigné de nous, lui, notre joie, notre douceur, la lumière de nos yeux !... »

 

Résolution : Passer dans le recueillement les heures qui précèdent la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Madeleine se tenait assise vis-à-vis du sépulcre » (Matth. 27, 1).

 

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9 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

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Dixième jour

 

Sainte Philomène vient en aide aux ouvriers

 

L’ouvrier est l’enfant de Dieu tout comme le grand seigneur. Souvent il suit mieux sa voie que le premier, parce qu’il travaille pour gagner son pain et celui de sa famille à la sueur de son corps, et que le travail est le lot de l’homme. Dieu a dit : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ». Le riche, le grand seigneur, comprend-il ce précepte ? Pas toujours. Aussi combien souvent il s’enrichit aux dépens de l’ouvrier, soit en ne lui payant pas son salaire, soit en ne le lui payant pas aussi fortement qu’il doit et qu’il le peut faire.

Les Saints ne pensent pas comme les hommes. Ils aiment et honorent l’homme qui sait remplir sa destinée de chrétien ici-bas, quelque esclave qu’il puisse être. Que dis-je, les vrais esclaves sont-ils autres que les riches qui n’en ont jamais assez ? Voyons, par la protection que Philomène a accordée à certains ouvriers, ce que peuvent attendre d’elle ceux d’entre eux qui ont recours à ses bontés.

Un bûcheron de Sirignano, appelé Carluccio Napoletano, favorisé pour sa dévotion envers la Sainte, de plusieurs grâces particulières, avait en elle une vive confiance. Ce brave homme portait toujours sur lui une de ses images, et c’était devant elle qu’il ouvrait son cœur, dans ses divers besoins.

Un jour, se trouvant en voyage, et surpris par la nuit, il entre dans une auberge. Le discours y tomba sur sainte Philomène ; et lui, de tirer son image, pour la montrer à ceux qui étaient là présents. Elle plaît à l’un d’eux ; il lui offre en échange deux pièces de monnaie ; un autre lui en propose trois, puis quatre, cinq, et même jusqu’à douze. Mais Carluccio répond qu’il ne la céderait pas pour un écu romain ; qu’elle lui faisait trop bonne compagnie; et là-dessus, il la remet, dans son portefeuille.

Le lendemain, de très bonne heure, il se lève, dirige ses pas vers un village, dit le Sorbo, où il avait à travailler. En traversant une épaisse forêt, il s’égare ; et bientôt, ne sachant plus ni où il est, ni où il va, son cœur se replie sur la bonne Sainte, à laquelle il se met à parler ainsi : « Comment donc, ma chère Sainte ? hier, je n’ai pas voulu vous céder, même pour une bonne somme d’argent ; j’ai préféré à tout votre compagnie ; et aujourd’hui, vous me voyez égaré dans ce bois, et vous ne venez pas à mon aide ! » Il n’avait pas fini ces mots, que voici venir une jeune personne d’environ treize ans, vêtue d’une robe d’azur, et belle autant que modeste. Elle le regarde et lui dit : « Brave homme, qu’avez-vous ? Que vous est-il arrivé de triste ? » Carluccio s’ouvre à elle de son embarras. « Ceci n’est rien, lui répond-elle ; suivez-moi ; je vous remettrai sur le chemin ; et sans autre discours, elle va en avant, comme pour lui indiquer la route. Chemin faisant, notre bûcheron, un peu étonné de l’aventure, se disait à lui-même : « Voyez donc ; qu’elle est grande, la bonté de sainte Philomène ! À peine invoquée, elle accourt pour m’aider ; car enfin, puis-je douter que ce ne soit elle qui m’ait envoyé cette aimable petite fille ? »

Il allait s’entretenant de ces pensées pieuses, quand la jeune personne s’arrête, se tourne vers lui, et lui dit : « Suivez maintenant cette route, pendant à peu près un mille ; vous rencontrerez ensuite une femme qui aura une corbeille sur la tête ; elle va au lieu que vous cherchez. Vous vous mettrez en sa compagnie, et peu après vous arriverez ». Garluccio la remercie affectueusement, et ils se séparent.

Voulant se retourner ensuite, pour voir de quel côté se dirigeait la demoiselle charitable, il ne l’aperçoit plus ; et sans autre réflexion, il continue sa route. Bientôt le voilà une seconde fois dans l’embarras. Le sentier par lequel il allait vient aboutir à plusieurs autres. Lequel choisira-t-il ? il n’en sait rien. Tout à coup, en levant les yeux, il voit, s’avancer de son côté la femme dont on lui avait parlé ; il la reconnaît à sa corbeille. « Savez-vous, lui crié-t-il aussitôt, lequel de ces sentiers conduit au village de Sorbo ? » - « Le Sorbo ? répond la villagoise ; si j’en connais le chemin ? c’est mon pays ; venez ; je vais vous y conduire ». Ils y arrivèrent en effet, peu de temps après.

Ce fut alors que les yeux de Carluccio s’ouvrirent. Comment cette jeune personne si bien élevée, si modeste, si proprement vêtue, se serait-elle trouvée sur son chemin ? Comment aurait-elle deviné son embarras, et répondu à sa pensée ? Comment prévoir ce qui allait lui arriver, lui dépeindre, avec tant de détails, cette femme, la charge qu’elle portait et le but, où, ainsi que lui, elle dirigeait sa marche ? « Non, non, se disait-il, ce n’est point là un jeu de hasard, c’est sainte Philomène en personne que j’ai vue et qui m’a tiré de ma peine » ; et pendant plusieurs jours, ce brave homme fut comme hors de lui, son cœur s’enflammait d’un amour, d’une dévotion tout extraordinaire pour sa céleste compagne.

Voilà comment le ciel aide le pauvre ouvrier. Mais pour mériter eu quelque sorte ces assistances des Saints, il faut que l’ouvrier vive en bon chrétien, qu’il aime le travail, l’ordre, l’économie, qu’il évite les défauts si funestes de la paresse, de l’ivrognerie, de l’indocilité et du cynisme, qui ruinent à la fois l’âme et le corps et déshonorent celui qui s’y livre.

 

Pratique : Recommandez toutes vos entreprises, vos voyages à sainte Philomène. Confiez-lui vos desseins et considérez-la comme le plus sur Mentor qui guidera vos pas vers le but que vous vous proposez.

 

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4 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Les Larmes de Madeleine

 

Cinquième jour

5 Juillet

 

Elle pleure

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux, inclinée vers les pieds du Sauveur, répand un torrent de larmes.

 

Méditation

 

« Comme une servante accoutumée aux plus vils offices, elle se penche vers les pieds du Sauveur, et, sans les toucher d'abord, elle les arrose de larmes. Jamais, dit Lacordaire, depuis le commencement du monde, de telles larmes n'étaient tombées sur les pieds de l'homme. On avait pu les adorer par crainte ou par amour ; on avait pu les laver dans les eaux embaumées, et des filles de rois n'avaient pas dédaigné, aux siècles de l'hospitalité primitive, cet hommage rendu aux fatigues de l'étranger : mais c'était la première fois que le repentir s'asseyait aux pieds de l'homme, et y versait des larmes capables de racheter une vie ».

Quand je considère les larmes de Madeleine, disait saint Grégoire le Grand, je n'ai pas la force de parler, il faut que je pleure. - Les yeux de la pécheresse avaient bien souvent servi d'instruments à ses perfides séductions. Elle en fait à cette heure l'instrument de sa pénitence, ou plutôt, car, son immense douleur ne lui permet point ce calcul, quelque fondé qu'il soit, elle se laisse aller à toute l'impulsion de son âme repentante. Or, fait remarquer saint Augustin, les larmes de Madeleine furent le sang de son âme, qui s'échappait par ses yeux.

Je ne sais qui admirer le plus, dans cette scène merveilleuse, où l'amour pénitent se répand en larmes amères, et où l'amour miséricordieux éclate dans l'ineffable bonté du Sauveur. C'est une remarque de saint Ambroise : Jésus-Christ ne lave pas ses pieds, afin que nous nous chargions de les laver avec nos larmes. Il arrive chez Simon, encore couvert de la poussière du chemin, et c'est pour permettre à Madeleine de laver cette poussière dans les eaux de sa douleur. Il monte sur la croix et permet aux clous d'ensanglanter ses pieds, mais c'est afin que les larmes de notre contrition viennent les laver.

Ô âmes pécheresses, comprenez ce langage et mettez-le en pratique. Considérez l'action de cette femme. Elle pleure, et ses larmes sont amères. Comme la femme de Moab, elle semble dire : « Ne m'appelez plus Noémi, c'est-à-dire belle, mais appelez-moi Maria, c'est- à-dire amère, car mon cœur se fond en une tristesse incomparable. Mais, ne croyez pas que cette douleur soit sans consolation ». Désormais, le pain des larmes sera la nourriture qu'elle affectionnera, et, au jardin de Gethsémani comme au désert de la Baume, Madeleine recourra souvent à l'amère consolation des larmes. Amères à cause du principe qui les fait couler, combien elles deviennent douces à la pensée qu'elles tombent sur des pieds qui se sont souillés à la poursuivre et fatigués à l'atteindre, sur les pieds de celui qui la sauve et qui lui apporte, avec le pardon, la rédemption de toute sa vie.

Oh ! dites-le moi, croyez-vous qu'à cette heure Marie-Madeleine regrette d'autres larmes qu'elle versa sous l'impression des sentiments qui pouvaient émouvoir son cœur durant le temps de ses désordres ! Celles-là semblaient douces, quand elles naissaient et quand elles commençaient à couler, mais comme elles étaient brûlantes et douloureuses dans les sillons qu'elles avaient creusés ! Celles-ci, au contraire, semblent tristes à leur naissance, mais voici qu'elles laissent sur le parcours une impression délicieuse et remplissent son cœur d'une ineffable consolation !

Plus elle pleure et plus elle veut pleurer. Le torrent devient si abondant, que les pieds de Jésus en sont inondés ! Rien n'est doux comme de pleurer ainsi, devant celui qui pardonne et console ! Chaque larme est un désaveu, une expiation, une perle pour la couronne de l'âme !

 

Résolution : S'exciter à une contrition affectueuse, toutes les fois qu'on se présente au saint Tribunal.

Bouquet spirituel : « Elle commença à arroser de ses larmes les pieds de Jésus ». (Luc 7, 38).

 

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18 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Dix-neuvième jour

19 juillet

 

Au Calvaire

 

Prélude : Marie-Madeleine se tient debout près de la croix. De temps en temps, elle s'approche pour coller ses lèvres sur les pieds ensanglantés de Jésus crucifié.

 

Méditation

 

Jésus est presque seul sur le Calvaire. Mais, parmi les rares fidèles qui l'y ont suivi et qui l'assistent jusqu'à son dernier soupir, mon regard, après Marie, rencontre, avec une vive et reconnaissante émotion, Madeleine, celle qui a le mieux compris combien le premier devoir d'un chrétien est de suivre son Dieu au Calvaire.

Elle était là, quand ils le crucifièrent. Chaque coup de marteau retentit dans son cœur, chaque goutte de sang lui arrache une larme, le bruit de la croix qui retombe dans le trou où on la fixe déchire ses entrailles, et elle souffre en proportion de son amour. Ô vraie martyre, Madeleine, vous aurez eu là, devant Dieu, tout le mérite de la souffrance endurée par amour, et si vous n'avez pas versé votre sang pour lui, vos déchirements sur le Calvaire ont été un martyre bien plus douloureux que celui de la vie ! Ah ! bourreaux, vous ne fûtes pas seulement les meurtriers de Jésus-Christ, vous avez immole aussi sur le Calvaire cette fidèle servante du crucifié, dont les sanglots et les douleurs n'ont pas pu attendrir votre barbarie !

Quand il fut crucifié, elle se tint là, tout auprès de lui, raconte l'Evangéliste. « La mère de Jésus, dit-il, et la sœur de sa mère, Marie Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenaient au pied de la croix ». Elle était là, représentant l'innombrable multitude des pécheurs convertis, qui retrouveront dans la pénitence la robe nuptiale trempée du sang de l'Agneau. Jésus la regardait de temps à autre, et, la voyant si belle dans son innocence reconquise, il puisait dans cette vue le courage héroïque dont il eut besoin pour consommer cette immolation.

Voilà donc, se disait-il, voilà le fruit de mes souffrances ! Voilà les âmes que je rachète ! Voilà les pécheurs pour qui je dois mourir !... Mais elle, ah ! comme elle pleurait amèrement sa conduite criminelle, son passé coupable ! Jésus souffre, et c'est elle qui a contribué à le faire ainsi souffrir ! N'y eut-il eu qu'elle au monde à racheter, elle sait que ce divin Sauveur aurait voulu se laisser encore sacrifier. Marie souffre, et c'est elle qui a contribué à enfoncer dans cette grande âme de mère le glaive douloureux qui la transperce en ce moment. Ô Jésus, ô Marie, pardonnez-moi de vous avoir autant fait souffrir !...

Elle s'approche avec l'effusion de l'amour et d'une incomparable douleur, elle baise avec transport ses pieds cloués, elle regarde Jésus, et Jésus ne lui dit rien; elle prend de son sang et elle s'en baigne avec amour, ivre de douleur et de tendresse ! Enfin, Jésus expire... Ô mon bien-aimé, où êtes-vous allé, loin de celle qui vous a tout donné, son cœur et son âme, sa vie ? Ah ! pourquoi l'avez-vous laissée, seule, et pourquoi ne lui avez-vous pas permis de mourir avec vous ?

Quand Jésus fut mort, « il y avait là, disent les saints Evangiles, plusieurs femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et l'avaient assisté de leurs biens, et encore plusieurs autres venues avec lui à Jérusalem, entre lesquelles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph, et Salomé, mère des fils de Zébédée, et tous ceux qui étaient de la connaissance de Jésus, se tenant à l'écart et regardant de loin ce qui se passait ».

Qui dira la ſerveur de cette contemplation chez Marie-Madeleine, tandis qu'elle regardait ainsi son Dieu, son Maître, son Sauveur, son Ami, mort, suspendu à un gibet infâme, couvert de sang, le coté ouvert, la tête chargée d'épines, les pieds et les mains percés, tout le corps meurtri et insulté ! Ah ! Jésus, tout, en votre sainte et dévouée servante, tout s'unit à vos souffrances, et il ne reste plus rien en elle qui ne soit sacrifié avec vous ! Ô amour ! Ô repentir ! Ô martyre !

 

Résolution : Aimer à baiser les pieds du crucifix, en union avec les sentiments de douleur et d'amour de Marie-Madeleine sur le Calvaire.

Bouquet spirituel : « Madeleine était debout, aux pieds de la croix, avec Marie ». (Jean 19, 25).

 

Vita marie madeleine

 

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10 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Béthanie

 

Onzième jour

11 juillet

 

Béthanie

 

Prélude : Entrons avec un saint respect dans la maison de Marthe, où Jésus s'assied, et où Madeleine vient encore se placer à ses pieds.

 

Méditation

 

« Jésus, dit Lacordaire, avait à Béthanie une famille entière d'amis. C'était là que, venant à Jérusalem, dans la ville où devait se consommer son sacrifice, il se reposait des fatigues de sa prédication et des douloureuses perspectives de l'avenir. Là étaient des cœurs purs, dévoués, amis ; là, ce bien incomparable d'une affection à l'épreuve de tout. Aussi, ce fut de Béthanie qu'il se mit en marche pour faire son entrée triomphale à Jérusalem ; et ce fut à la vue de Béthanie, le visage tourné vers ses murs, du côté de l’Orient, qu'il monta au ciel, presque à égale distance du Calvaire où il était mort, et de la maison où il avait le plus aimé. Aujourd'hui même, quand le voyageur descendant de Jérusalem a passé le torrent de Cédron et gravi la montagne des Oliviers, il découvre sur la pente orientale de ces collines quelques masures parsemées de ruines. On lui montre du doigt, entre ces débris, trois points marqués à peine par des restes informes. « Là, lui dit-on, était la maison de Lazare ; là, celle de Marthe ; là, celle de Marie-Madeleine ».

Le souvenir des siècles a été plus fort que les destructions de la Barbarie, et le nom des amis de Jésus, survivant aux pierres dispersées, frappe encore d'un son ému les solitudes indifférentes… Mais, si, ressuscitant par la pensée ces habitations disparues, nous y pénétrons pieusement à la suite du Maître ; si nous nous asseyons au banquet du soir avec Jésus, Lazare, Marthe et Marie, nous nous demanderons peut-être à qui d'entre ces hôtes si chers le cœur de Jésus s'était le plus donné…

Il y avait dans Marie une humilité plus profonde, une foi plus vive, une plus grande action sur le cœur de Jésus. Elle était aimée d'une préférence que ses vertus révèlent, parce qu'elles étaient à la fois et l'effet et la cause de l'amour du Fils de Dieu ».

Heureuses maisons de Béthanie ! Jésus venait souvent y demander l'hospitalité et s'y reposer de ses fatigues apostoliques. Quel accueil on lui faisait toujours là ! Comme ses trois amis étaient fiers, heureux, enthousiasmes, quand il apparaissait de loin ! Et puis, quand la porte de la maison s'était refermée, quels doux entretiens, quels calmes échanges de parole, quelle bonté d'une part et quelle avidité de l'autre !

Jésus était venu parmi les siens, et les siens ne l'avaient pas reçu ! Mais, à Béthanie, on le recevait toujours avec tant d'empressement et tant d'amour !… « Là, dit un pieux auteur, se trouvaient les confidences amicales autour du foyer domestique, les repas de famille, l'hymne du soir, l'adieu et la bénédiction qui termine la journée, le salut et le bonjour du matin, le mot du cœur, le mot du Bon Dieu, et le Bon Dieu c'était Jésus lui-même ! Cette maison se changeait en temple, devenait un ciel, quand Jésus y entrait ! »

Et Madeleine, comment se conduisait-elle, durant les visites du Sauveur Jésus à Béthanie ! Mon cœur imagine volontiers l'ardeur et les transports de sa joie. Mais, nous n'en sommes pas réduits à de simples conjectures, le Saint Esprit a pris soin de nous décrire cette piété dans l'accueil et cette occupation de l'âme de Madeleine durant l'hospitalité donnée à Jésus.

« Marie, raconte saint Luc, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». Ah ! combien ce texte me touche et m'émeut. Elle savait, par une douce expérience, combien l'on gagne à demeurer aux pieds de Jésus, et pénitente dévouée, disciple fidèle, elle revient volontiers se placer à ces pieds divins. Les autres se placent à côté de Jésus, mais, elle, dans son humilité, elle se met à terre, appuyée contre les pieds adorables du Sauveur, qui venaient de se fatiguer à la poursuite d'autres pécheurs à convertir, d'autres brebis à ramener au bercail, « semblable, dit saint Bernard, à une colombe qui, s'étant une fois blanchie et désaltérée dans un ruisseau de lait, demeure sur les bords pour s'y plonger encore et ne veut plus s'en éloigner ».

Pendant que Marie se plaisait dans un doux repos prolongé aux pieds du Maître, le Maître se complaisait à l'instruire et à l'initier aux secrets de la perfection. Et elle « silencieuse, ravie, respirant à peine, suspendue entre le ciel et la terre, elle tenait ouverts ses yeux, ses oreilles, et plus encore son cœur ; elle recueillait jusqu'aux moindres miettes de cette grande et riche table que son Seigneur étalait devant elle ».

 

Résolution : Écouter la parole de Dieu, en unissant son Cœur aux sentiments de Marie-Madeleine pendant que son Maître l'instruisait.

Bouquet spirituel : « Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39).

 

Vita marie madeleine

 

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30 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

Vierge Franciscaine-002

 

Trente-et-unième jour

Les vertus de Marie

 

Sa charité pour le prochain a été la plus efficace et la plus tendre. Faisant du bien à tous, elle ne fit jamais ni peine ni mal à personne, et ne se plaignit jamais de qui que ce soit, quelque tort et quelque affront qu'on lui fit : aimant sincèrement tout le monde, et tous ses ennemis, dans le Cœur de Jésus.

Sa pureté fut si admirable, qu'elle rougit et fut troublée à la vue d'un Ange qui lui apparut sous la forme d'un jeune homme, et qu'elle eût mieux aimé n'être pas Mère de Dieu, que de cesser d'être Vierge. Si elle fut la plus belle de toutes les femmes, elle fut aussi la plus modeste de toutes les Vierges : modestie si grande, que les Anges même la révéraient, et qu'aucun mortel n'a jamais osé la regarder en face, sans être pénétré d'un respect qui allait jusqu'à la vénération, tant la Majesté de l'esprit de Dieu, qui brillait sur elle, était auguste et divine.

Sa prudence fut incomparable : ne faisant, n'omettant et ne disant jamais que ce qui était à propos. Avant que de parler, elle examinait ce qui pouvait en revenir de gloire à Dieu et d'édification au prochain. Avec de telles précautions, elle disait en peu de mots ce qu'elle avait à dire, et évitait avec discrétion les compagnies du monde.

Son détachement était si entier et ses vues si épurées, qu'elle faisait toutes ses actions, même les plus petites, dans les sentiments les plus nobles et les plus saints. Jamais dans le boire, dans le manger, dans ses conversations, ni même dans ses actes de vertu, elle ne chercha sa propre satisfaction. Dieu seul était la fin, comme il était le principe, de toute sa conduite ; l'intention de lui plaire déterminait et réglait tous les moments de sa vie.

Son sommeil même était un hommage rendu à son Créateur, par le soin qu'elle avait de le lui consacrer ; et pendant son repos qui était court, elle n'eut jamais d'autres idées que des idées de sainteté ; car son esprit veillait toujours à Dieu. En un mot, il n'y eut jamais dans l'âme de la sainte Vierge, dans son imagination et dans sa mémoire, aucune illusion ni aucune pensée vaine ; dans ses paroles, jamais rien d'inutile et de peu réglé ; et jamais, dans toute sa conduite, aucune action, ni dans son cœur, aucun mouvement qui ne fût saint et selon l'esprit de Dieu.

La Très Sainte Trinité l'environnait toujours pour la protéger et la sanctifier de plus en plus. Le Père la regardait comme sa Fille ; le Fils l'aimait comme sa Mère ; le Saint Esprit la chérissait comme son Épouse, et les Anges la révéraient comme leur Reine. Telle est l'idée que nous pouvons avoir de l'intérieur et de la vie de la sainte Vierge.

Elle est, après Jésus-Christ, notre plus parfait modèle ; imitons donc ses vertus. Son nom, après celui de Jésus, est le plus saint de tous les noms ; invoquons-le avec respect. Après Jésus son Fils, elle est notre médiatrice, notre consolation, notre espérance et notre vie, recourons donc à elle avec confiance. On ne peut, dit saint Bernard, arriver au Père céleste que par le Fils, et l'on ne peut arriver au Fils que par la Mère : Allons donc à Marie, et disons-lui souvent avec l’Église : Ô Marie, notre Avocate ! jetez sur nous vos regards de miséricorde ! Ô douce ! Ô tendre ! Ô pieuse Mère ! faites-nous voir un jour votre adorable Fils. Eia ergo, Advocata nostra ! Illos tuos misericordes oculos ad nos converte : Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende. Ô clemens ! Ô pia ! Ô dulcis Virgo Maria ! (Anonyme).

 

Le_Voeu_de_Louis_XIII

 

Lettre de Louis XIV au sujet de l'Immaculée Conception

 

Le roi Louis XIV fut plus heureux que son pieux et digne père. En 1657, il adressa une semblable supplique au pape Alexandre VII , qui répondit favorablement. C'est à l'occasion du Bref du 15 juin 1657 qui, selon le vœu du roi, déclarait de précepte la fête de l'Immaculée Conception, que Louis XIV adressa à l'évêque de la Rochelle la lettre suivante que nous transcrivons en lui donnant l'orthographe en usage de nos jours :

"Mgr l'évêque de Mailleraye. - En héritant de la couronne qui a été portée depuis plusieurs siècles par les rois mes prédécesseurs, du sang desquels je suis descendu, j'ai aussi été héritier de leur piété et de leur dévotion ; en sorte que s'ils n'avaient déjà mérité le titre de Rois très chrétiens et de défenseurs de notre Mère la sainte Eglise, j'oserais me promettre de l'acquérir.

Plusieurs d'entre eux, nommément le feu roi très chrétien mon très honoré seigneur et père, d'immortelle mémoire, ayant eu une dévotion très particulière à la très sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et moi à leur exemple lui ayant recommandé nos affaires, j'en ai souvent senti la protection, et combien ses prières étaient efficaces à l'endroit de son fils ; ce qu'ayant résolu de reconnaître en lui faisant rendre dans mon empire un honneur qui marquât ma reconnaissance, et étant d'ailleurs informé que la fête que l'Église célèbre de son Immaculée Conception n'était point de précepte, et qu'en plusieurs évêchés elle n'était pas chômée, j'ai eu recours à notre Saint Père le Pape Alexandre septième, à présent remplissant la chaire de saint Pierre, pour obtenir qu'il fit un décret portant ordre à tous les évêques et archevêques dont les diocèses sont situés dans l'étendue de mes royaumes, pays, terres, seigneuries de mon obéissance, de faire publier en tous les lieux où la juridiction spirituelle s'étend, que désormais la fête de l'Immaculée Conception serait célébrée, chômée et fêtée.

Et Sa Sainteté ayant eu agréable d'accorder ma demande, ainsi que vous verrez par la copie du Bref qu'il m'a écrit que je vous envoie, je joins ma prière à la liberté qu'il vous laisse à ce que ce qui y est contenu soit religieusement observé, me remettant de plus sur vos soins de faire que mon intelligence soit suivie, à laquelle je me promets, de votre zèle et de votre dévotion envers la sainte Vierge, que vous vous conformerez et que vous n'oublierez pas de faire entendre à ceux que vous commettrez pour annoncer la parole de Dieu le jour de la fête, qu'il faut de mander à la divine Majesté qu'elle m'éclaire des choses qui sont à faire pour sa gloire et pour son service, et me donne la force, comme a déjà fait la volonté, de les exécuter et de les accomplir.

 

Je prie Celui de qui tout bien procède de vous avoir en sa sainte garde.

Écrit le 27 octobre 1657".

Louis.

 

En conséquence du même Bref, les vicaires généraux de Toulouse, en l'absence de Mgr de Marca, publièrent l'ordonnance suivante, qui témoigne de l'antique dévotion de la France en l'Immaculée Conception :

"À tous, abbés, prévosts, doyens, chapitres, archiprestres, curés et autres prestres ayant charge d'âmes dans ce présent diocèse, salut.

La piété de nos roys, depuis qu'ils ont embrassé la foy chrestienne, a esté si grande envers la sainte Vierge, qu'ils ont eu toujours une particulière confiance en ses intercessions, jusque-là qu'ils ont mis leur couronne et tout leur royaume soubs la protection d'une si grande Reine, qui a engendré le Roy de tous les monarques. C'est la raison pour laquelle ils luy ont rendu tous les honneurs qu'ils ont pu rai sonnablementluy attribuer, croyant même parvenir plus facilement à mériter mieux le titre de Roys très chrétiens, en glorifiant Notre Seigneur Jésus-Christ d'un honneur particulier qu'ils ont voulu faire à sa Mére.

Pour cet effect, la feste de la Conception avoit accoustumé d'estre chommée dans ce royaume depuis longtemps jusqu'à la Constitution qu'Urbain VIII fit touchant l'observation des festes de précepte, dans le nombre desquelles il ne mit pas celle-là.

Mais le roy, qui ne veut pas deschoir de la piété de ses prédécesseurs, et qui désire imiter particulièrement celle du feu roy son père, d'immortelle mémoire, envers la sainte Mère de Dieu, ayant ressenti d'ailleurs de puissants effects de sa protection et esprouvé combien ses prières sont efficaces envers son fils, a obtenu un décret de N. S.-P. le Pape Alexandre VII , à présent remplissant la chaire de saint Pierre, par lequel Sa Sainteté, approuvant la dévotion de Sa Majesté envers la sainte Vierge et voulant satisfaire à ses désirs, a osté l'empeschement qu'apportait la constitution du Pape Urbain à l'observation accoustumée de la feste de la Conception de Nostre Dame, et, ce faisant, a laissé l'Église de France en liberté de continuer la possession en laquelle elle estoit de la garder comme feste de précepte.

C'est pourquoi, en vertu dudit décret, suivant l'ordre que nous en avons receu de Mgr l'Archevesque, et voulant seconder les pieuses intentions de Sa Majesté et continuer la coustume qu'avoit ce diocèse de l'observer avant la susdite constitution, nous vous ordonnons par ces présentes de faire chommer, célébrer et fester d'ores en-avant, chaque année, la dite feste de la Conception de la Vierge Mère de Dieu, commençant le huitième du mois de décembre suivant, auquel jour elle tombe, et continuant en semblables jours des an nées suivantes, etc".

 

ND de France-001

 

Fin du Mois de Marie Reine de France

 

Téléchargez l’intégralité des méditations du Mois de Marie Reine de France (PDF) en cliquant ici

 

Prochain Mois de dévotion : le Mois de Sainte Marie Madeleine

Rendez-vous le 30 juin

 

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17 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

Nuée de feu au désert-001

 

Dix-huitième jour

La Colonne de nuée

 

Exode 14, 19, 20

 

Nuée pendant le jour, feu pendant la nuit, la colonne mystérieuse qui accompagne Israël, le défend le jour contre les ardeurs du soleil, la nuit contre les surprises de l'ennemi ; obscure du côté des Égyptiens, elle ne leur permet pas d'avancer contre le peuple de Dieu ; lumineuse du côté des Hébreux, elle les rassure contre les terreurs nocturnes.

Marie est à la fois une mère douce et tendre pour ses enfants, une reine puissante et redoutable contre leurs adversaires. Elle défend ses enfants contre les ardeurs de la passion et contre les surprises de l'ennemi qu'elle arrête et qu'elle aveugle en même temps.

Les sages et les puissants de l'Égypte, les princes du siècle, les prétendus philosophes et les prétendus politiques ont voulu enfermer les enfants de Dieu dans ce qu'ils nomment les idées et les principes modernes ; ils croyaient déjà les tenir dans le dédale et le réseau de leurs lois aussi mesquines que perverses. Mais l'Église, lumineuse pour les intelligences dociles et pour les cœurs purs, arrête par les obscurités de la foi les sages et les prudents de ce monde. Ils étaient dignes de perdre la lumière et d'être enfermés dans les ténèbres ceux qui tenaient enfermés les enfants de Dieu (Sg 18, 4).

Toujours la sagesse de ce siècle et des princes de ce siècle aboutit à la mer Rouge, symbole de ces révolutions sanglantes qui absorbent toujours et leurs auteurs et leurs partisans. Sapientiam vero non hujus sæculi, neque principum hujus sæculi, qui destruuntur. (1 Co. 2, 6).

 

Notre Dame des Grâces de Cambrai

 

Notre Dame de Grâce (Cambrai)

 

On donne à Cambrai le nom de Ville de la Vierge. C'est le nom qui lui sied. L'antique cité gauloise, Cameracum, reçut la foi, au premier siècle, des envoyés même de saint Pierre, compagnons de saint Denis ; et dès le jour où la jeune cité chrétienne fléchit le genou devant la croix, Marie mère du Crucifié étendit sur elle sa main toute puissante.

Après les invasions barbares, la métropole cambrésienne se releva de ses ruines par les soins de son évêque saint Waast, disciple de saint Remy et catéchiste de Clovis. Cambrai ressuscita à la fois dans les mêmes eaux où le fier Sicambre trouva la vie (496) .

Inutile de suivre dans ses détails le rapide accroissement du culte de Marie dans ces contrées. Remarquons toutefois que, dès le XIe siècle, son nom est honoré dans tout le nord de la France ; c'est Notre Dame de Cambrai, Notre Dame la Grande.

Les seigneurs de Cambrésis lui rendent hommage comme à leur reine. Les peuples la saluent comme leur sauvegarde. Saint Bernard, inspiré de l'esprit de Dieu qui répand par ses mains les miracles et les bienfaits, vient la prier et dit la messe à son autel. Saint Louis a appris à l'invoquer, et pour marquer sa confiance et son respect, il lui envoie une couronne d'or enrichie de pierres précieuses. Les drapeaux de Rosebeck sont déposés à ses pieds.

Son culte est un culte politique. Ses monnaies sont frappées à son effigie. Son image, palladium sacré, la représente debout, couronnée, tenant en main le sceptre ; son bras gauche entoure l'enfant Jésus assis sur l'écusson aux trois lions du comté de Cambrésis. La Souveraine s'appuie sur les armes de son royaume. Ainsi la foi pénétrait toutes choses. Jésus-Christ régnait.

L'an du salut 1440, un chanoine de la métropole de Cambrai, Fursy de Bruille, se trouvait à Rome. Il était sur le point de quitter la ville pontificale, lorsque l'un des princes de la sainte Église se présenta à lui, disant que, pour obéir à une révélation venue de Dieu, il voulait faire don à l'église métropolitaine de Cambrai d'un trésor précieux dont il était dépositaire. Ce trésor était l'image de Notre Dame de Grâce telle que nous la vénérons aujourd'hui.

Théodore, lecteur de l'église de Constantinople vers l'an 530, rapporte qu'aux temps qui suivirent la conversion de Constantin, on envoya à l'impératrice Pulchérie, petite fille du grand Théodose, un portrait de la très sainte Vierge Marie, conservé jusqu'à cette époque à Jérusalem, et que la tradition chrétienne de cette ville, où vécut la Mère de Dieu, attribuait au pinceau de l'évangéliste saint Luc.

Pulchérie fit bâtir un temple où elle déposa la sainte Image, qui devint aussitôt l'objet d'une grande vénération pour les fidèles de la cité impériale.

Vers le milieu du XVe siècle, lorsque les armées mahométanes envahirent l'empire romain d'Orient l'on se hâta d'enlever et de transporter en Occident les reliques et les objets précieux. De ce nombre fut l'image de Notre Dame de Grâce. Apportée à Rome, remise entre des mains fidèles, la divine Providence la destinait aux contrées, si pleines de foi et de piété, du nord de la France comme gage de sa divine protection.

Les Cambraisiens furent fidèles à leur mission, ils déposèrent précieusement l'Image sainte dans l'ancienne cathédrale de Cambrai, chef-d'œuvre de l'art gothique, que l'on appelait « la merveille du Nord » et que les séïdes de Joseph Lebon détruisirent, aux jours néfastes de la première République.

On était alors, nous l'avons dit, au milieu du XVe siècle, en l'année 1450. Les Flandres, le Hainaut, la Picardie, l'Ostrevant accoururent aussitôt contempler ces traits copiés sur le divin original lui même.

Dès 1454, Bruges envoie le premier dés peintres de sa célèbre école en prendre trois copies, et le culte de Notre Dame de Grâce se répand dans les provinces belges.

En 1557, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, implore sa protection et lui offre des présents.

Louis XI suspend à la voûte de son sanctuaire une grande couronne ornée de douze flambeaux d'argent, sur laquelle on lit l'inscription suivante : « L'an de l’Incarnation mil quatre cent LXXVIII Louis XI du nom, roi de France OU TOUT HONNEUR LUIT, fonda ici l'an susdit pour décorer la Mère de grâce : prions jour et nuit Jésus qu'il ne périsse de âme ».

En 1529, la Paix des Dames se signe à Cambrai. C'est au pied de l'Image miraculeuse que le traité est ratifié.

Ainsi, tout aboutit à ce sanctuaire béni. Cambrai et Notre Dame de Grace, c'est un même amour, un même patriotisme, un même culte. Son image domine la porte principale de l'hôtel de ville. Quatre des portes de la cité sont placées sous sa protection. Dans les rues, sur les maisons, ses traits apparaissent reproduits par la sculpture et la peinture.

Et lorsque dans les années 1649 et 1657, à deux reprises différentes, Cambrai sans défense est assiégée par des ennemis victorieux, et que soudain nos pères, après avoir passé la nuit aux pieds de leur Patronne, se voient deux fois miraculeusement délivrés, l'enthousiasme alors est à son comble.

Par Notre Dame de Grâce, Cambrai est délivrée, disent les médailles commémoratives frappées à cette époque, avec une profusion que l'élan de la reconnaissance peut seul expliquer : « Condeo Urbem liberanti ; par Notre Dame de Grâce, son altesse Condé Cambrai a délivré » ; Condé , qui, en entrant dans la ville dont il venait de faire lever le siège, ne voulut descendre de cheval qu'au seuil même du sanctuaire de Notre Dame de Grâce.

Et les pays d'alentour accoururent remercier Celle qui en sauvant Cambrai, les sauva eux-mêmes.

Trois mille Valenciennois offrent une lampe d'or sur laquelle se voyaient les patrons des trois paroisses de cette ville, Saint Vaast, Saint Nicolas, Saint Jacques. Une inscription rappelle la cause de ce présent : « En vain, dit-elle, est attaquée par l'ennemi la ville dont Marie est la Protectrice... Les habitants ont fait don de cette lampe à Notre Dame de Grâce, parce qu'en délivrant Cambrai, elle a aussi sauvé Valenciennes des fureurs ennemies ». Sept mille pèlerins viennent de Douai. Bouchain apporte un cierge monumental avec cette devise : « À Notre Dame de Grâce, pour la délivrance de Cambrai, l'an 1657, le peuple de Bouchain ».

De 1649 à 1660, les fêtes, les pèlerinages se succédèrent. Ce fut un long cri de reconnaissance pour Celle dont la main toute puissante avait arrêté les armées victorieuses.

Ainsi qu'Israël délivré chanta la gloire de Judith, ainsi la cité de la Vierge célébra les louanges de la Judith moderne en laquelle, aux heures de danger, elle avait mis sa confiance et son espoir.

L'image de Notre Dame de Grâce était placée dans la chapelle de la Sainte Trinité, au-dessus de l'autel. On a encore la pierre de cet autel sur lequel Fénelon célébrait chaque jour la sainte messe. (Extrait du Pèlerin).

 

ND de France-001

 

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27 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

Le Mois de Marie, reine de France

 

Arche d'Alliance Temple

 

Vingt-huitième jour

L'Arche dans le Temple

 

Au Temple, la place de l'arche était dans le saint des saints où le grand prêtre seul pouvait pénétrer.

Au Ciel, la place de Marie est à la droite du Saint des saints, auprès de son Fils, le prêtre éternel : car au jour du sacrifice, elle se tint debout auprès de la croix.

Enfin, comme l'arche d'alliance, l'Église a sa place marquée dans le saint des saints ; au ciel, dont le Temple fut l'image, elle environnera Jésus, son divin chef et le véritable Saint des saints.

Et vous, âme fidèle, montez, montez encore, élevez-vous de vertus en vertus ; votre place est au ciel, près de Jésus, le Saint des saints, près de Marie, la reine des saints : car il sera donné au vainqueur de s'asseoir dans le trône même du Roi de gloire : Qui vicerit, dabo ei sedere mecum in throno meo (Ap. 3, 21).

 

Béhuard 2a-001

 

Notre Dame de Béhuard

 

Le canton de Saint Georges possède Notre Dame de Béhuard bâtie par Louis XI sur la pointe d'un rocher, dans une petite île au milieu de la Loire, à deux lieues d'Angers. Dès les premiers siècles, il y eut là un ermitage avec une chapelle de la Vierge. C'était le rendez-vous des pèlerins de la contrée. Louis XI, encore dauphin, traversait un jour la Charente, près de Ruffec, avec le roi son père, son oncle Charles, comte du Maine, et Louis de Valory. Le bateau chavira et les quatre passagers tombèrent dans la rivière dont le courant à cet endroit est très fort. Louis invoqua Notre Dame de Béhuard, et tous les quatre furent jetés sur la rive. Louis XI partagea les témoignages de sa reconnaissance entre Béhuart en Anjou et Cléry dans l'Orléanais : il fit construire une belle église à Béhuard et releva celle de Cléry.

 

Notre Dame de Pontron

 

À Pontron, dans la paroisse de Louroux, il y avait autrefois un sanctuaire dédié à Marie et célèbre dans la contrée. Les seigneurs angevins qui se rendirent à la croisade prêchée par saint Bernard, vinrent se mettre sous la protection de Notre Dame de Pontron et ils la prièrent de bénir leurs drapeaux et leurs armes.

 

Notre Dame du Marillais

 

À un kilomètre de l'église de Saint Florent s'élève Notre Dame du Marillais, une des plus grandes et des plus belles chapelles de France. On dit qu'en ce lieu Charlemagne remporta une grande victoire et qu'il l'attribua au secours de Marie, disant : « Marie est là ». De l'inscription latine : Maria illic est, le peuple aurait fait par altération : Marillais. On donne aussi d'autres étymologies. Jadis ce pèlerinage était très célèbre ; on y venait de l'Allemagne même et d'Angleterre. Le 8 septembre, l'affluence était si considérable qu'il fallait plus de cent bœufs pour nourrir la multitude.

 

ND de France-001

 

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26 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

Mary+Ark+of+the+Covenant+Monstrance

 

Vingt-septième jour

L'Arche et les bénédictions

 

2 Rois 6, 10-12

 

Dans la demeure du vertueux Obédédom, l'arche devient une source de bénédictions.

Présente dans un cœur, dans une maison, dans une famille, dans une cité, par les honneurs qu'on lui rend, par les prières qu'on lui adresse, Marie ne cesse d'y répandre le bonheur.

Heureuses les nations, heureuses les familles qui, respectueuses et dociles, reçoivent avec reconnaissance l'enseignement et la direction de l'Église infaillible et immaculée. Dieu les bénira, comme il bénit le vertueux enfant d'Israël qui reçut l'arche dans sa maison.

Heureuses les cités, heureuses les familles qui possèdent dans leur sein un chrétien fidèle et fervent ! S'il y est traité avec le respect que mérite sa vertu, il est pour la famille et pour la cité tout entière une bénédiction continue.

 

Loches 2a

 

La Ceinture de la sainte Vierge à Loches (1)

 

L'antique collégiale de Notre Dame du château de Loches, construite par le Comte d'Anjou, Geoffroy Grisegonelle, et reconstruite presque en entier en 1160 par Thomas Pactius, prieur du Chapitre, est devenue l'église paroissiale de Saint Ours depuis 1802.

L'on y conserve une Ceinture de la sainte Vierge, donnée par le comte Geoffroy, à son église du Château. La tradition et les archives de l'ancien Chapitre de Notre Dame s'accordent à dire que cette insigne relique avait été envoyée de Constantinople à l'Empereur Charles le Chauve, mort en 877 (d'autres disent à Charlemagne), et que depuis sa translation en France jusqu'à l'année 978 (996, selon d'autres), elle fut gardée avec honneur dans la chapelle royale.

Or, Geoffroy Grisegonelle ayant accepté de combattre seul à seul contre un prince allemand qui disputait au roi de France ses droits à la couronne la reine envoya au Comte d'Anjou, comme sauvegarde, la Ceinture de la sainte Vierge, conservée dans la chapelle de son palais. Elle lui recommanda de la porter sur lui pendant le combat, l'assurant que la Vierge Marie, à qui avait appartenu cette Ceinture, lui ferait remporter la victoire. C'est ce qui arriva.

Le roi et la reine, après la victoire de Geoffroy qui leur assurait la tranquille possession du trône, lui firent don de la précieuse relique, qu'il se hâta de déposer dans son église du Château de Loches. Depuis ce moment, la sainte relique y fut l'objet de la vénération universelle. L'histoire de la Collégiale nous a conservé les noms des rois et des princes de sang royal qui vinrent la vénérer. Philippe-Auguste, saint Louis, Philippe le Bel, Jean II, Charles VII, Louis XI, Louis XII et la reine Anne de Bretagne, François Ier et Charles-Quint, Henri II et Catherine de Médicis, Charles IX, Henri III, le petit fils de Louis XIV, Philippe V, se rendant en Espagne pour y prendre possession du trône, vinrent à l'église collégiale, et usèrent du droit que leur donnait leur naissance pour faire exposer à leur vénération la Ceinture de la Mère de Dieu. Chaque année on l'exposait à la vénération publique le 3 mai et le 15 août ; ces jours là le peuple chrétien affluait à l'Église collégiale, et l'on voyait souvent dans ses rangs des personnes illustres par leur naissance ou leur sainteté, telle que la Bienheureuse Jeanne de Maillé. Le reste de l'année, la Ceinture était soigneusement enfermée dans une armoire à double porte, garnie de fer et munie de cinq serrures.

La Ceinture de la sainte Vierge est d'un tissu très fin, de couleur noisette, dont la matière est vraisemblablement du lin. Elle a 2 mètres 10 c. de long, et à peu près 3 centimètres de large. On la conservait avant la Révolution dans un riche reliquaire de vermeil, fait sur le modèle de l'église du Saint Sépulcre de Jérusalem. Elle reposait sur une agathe d'une rare beauté, enrichie de pierres précieuses et d'or.

Quand les révolutionnaires vinrent piller l'église collégiale, le riche reliquaire qui renfermait la Ceinture tenta leur cupidité ; ils le volèrent donc ; mais la sainte relique fut sauvée de leurs mains sacrilèges par M. l'abbé Pierre-René Leduc.

En 1803, elle fut rapportée à l'église du Château et reconnue solennellement, le 7 août, par les anciens chanoines et chapelains de la Collégiale. En 1834, Mgr de Montblanc, archevêque de Tours, permit de l'exposer, comme par le passé à la vénération des fidèles. Elle est maintenant déposée sur un coussin de drap d'or, auquel elle a été solidement fixée par des attaches portant le sceau archiépiscopal, et renfermée dans une chasse de bronze doré, représentant une église gothique.

Le culte de cette Ceinture s'est conservé à Loches, et y attire une nombreuse affluence aux jours consacrés à ses fêtes. Il a donné lieu à un usage qui remonte à une grande antiquité : celui de faire bénir et toucher à la relique des rubans qu'on porte avec confiance dans la protection de la sainte Vierge. Les jeunes filles aiment à porter ces rubans le jour de leur première communion et de leur mariage. Il existe dans plusieurs anciennes familles lochoises de ces rubans qui ont plus de deux cents ans d'existence.

 

(1) Les dimensions de la Ceinture de Loches. (3 centimètres seulement de largeur) permettent de penser que le Comte d'Anjou aura réservé la partie principale pour l'Anjou et qu'il n'aura détaché qu'une bande assez étroite de la précieuse relique pour l'église de son château de Loches.

 

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