Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
10 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

318d2f20fb1e36a3201100ffe025b950

 

Onzième jour

 

Sainte Philomène assiste le pauvre

 

Les Saints sont d’autant plus vivement touchés de la misère du pauvre et d’autant plus empressés à le secourir qu’ils sont grands devant l’Eternel. Le proverbe malheureusement trop vrai et trop commun : « Les honneurs changent les mœurs », ne s’applique pas à ces amis de Dieu. Et si certains pauvres parvenus tout à coup au faite des honneurs et des richesses dédaignent et méprisent, persécutent peut-être le pauvre ; les Saints au contraire, parce qu’ils ne voient que Dieu de grand, aident, favorisent, assistent le pauvre de toutes les manières. Mille preuves sont là sous nos yeux ; citons seulement l’exemple de sainte Philomène.

À Vieste, ville située au pied du monte Gargano, vivait une famille très honnête, mais misérable. L’extrême besoin où elle se trouvait à la campagne l’avait forcée de venir à la ville, pour voir s’il y aurait moyen de gagner quelques sous. Le mari s’appelait Jean Troya, et sa jeune femme, Marie-Thérèse Bovini.

Une chaumière délabrée, autour de laquelle était un modique jardin, formait tout leur avoir et toute leur espérance.

Dans cette situation affligeante, l’avenir leur offrait peu de consolation ; Marie-Thérèse surtout, qui se voyait sur le point d’accoucher, ne pouvait songer à la petite créature quelle allait mettre au jour sans en avoir le cœur inondé d’amertume. Où mettre son enfant? Comment se pourvoir des langes nécessaires ? Mais enfin, dit-elle. Dieu peut tout, et sainte Philomène, si elle veut bien m’aider, peut pour moi aussi faire un miracle.

C’est ainsi qu’elle s’animait à supporter son chagrin, et souvent elle priait la Thaumaturge de ne pas l’abandonner dans sa détresse.

Enfin le moment redouté arriva, mais le secours tant demandé ne paraissait pas encore. L’embarras, soit de la mère, soit de la sage-femme qui l’avait assistée, était on ne peut pas plus grand. Marie-Thérèse se plaignait à notre Sainte ; la sage-femme cherchait de tous côtés un peu de linge, pour en couvrir l’enfant ; mais le dénuement de cette pauvre famille était tel, que pas seulement un misérable haillon ne s’offrait à la vue. Touchée d’un vif sentiment de pitié, celle-ci prend alors un mouchoir qu’elle avait sur les épaules; elle en enveloppe la petite fille, et la mère désolée voyant qu’il manquait une bande pour ajuster le maillot, dit en avoir une, quoique usée et à moitié déchirée.

La sage-femme court ; elle ouvre la boîte où elle était renfermée ; Dieu ! quel est son étonnement, en voyant un petit trousseau, où rien ne manquait, ni pour la propreté, ni pour l’arrangement, ni même pour l’élégance ! Il en sortait une odeur si suave, que l’air en fut embaumé.

Elle prend ce trésor, elle le baise. La mère, au comble de la joie, en fait autant, et ne sait comment témoigner sa gratitude à sa céleste bienfaitrice. L’enfant, ainsi richement emmaillotée, est portée aux fonts baptismaux. La nouvelle du miracle se répand, et l’on vient de tous côtés voir, baiser les langes merveilleux, et respirer le céleste parfum qu’ils exhalent.

La Sainte ne s’en tint pas là. La nuit d’après, Marie-Thérèse est réveillée par les vagissements de la petite créature. À la lueur de la lampe, qui éclairait l’appartement, elle cherche des yeux l’enfant, qui ne se trouve plus à l’endroit où elle l’avait mise. Incertaine, timide, elle se retourne d’un autre côté, et elle voit, ô prodige ! une jeune personne, vêtue de blanc et d’une beauté toute céleste. Ses bras soutenaient la petite fille ; et de ses mains, elle la caressait amoureusement.

Quelle consolation pour la pauvre mère ! Saisie de respect, de joie, de confusion, et de reconnaissance, elle ne peut que s’écrier : « Ah ! sainte Philomène ! » Et sainte Philomène se levant alors de dessus la chaise où elle était assise, donne un baiser à l’enfant, la remet à sa place, et disparaît. Marie-Thérèse, pendant plusieurs jours, en fut dans une espèce d’extase, et nous, qui lisons ceci, pourrions-nous contenir les transports de notre admiration ?

 

Pratique : Recourir à sainte Philomène dans les souffrances et les nécessités de la vie, et quel que soit notre besoin, quelle que soit notre pauvreté, ne jamais désespérer de la puissante protection de sainte Philomène.

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

Publicité
1 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

137265281_2877879029121316_6171168498325428342_n

 

Deuxième jour

 

Sainte Philomène protège les petits enfants

 

Bienheureux les petits enfants qui, consacrés à Philomène dès leurs premiers ans, s’efforcent, quand leur raison commence à se développer, à mériter par leur vénération pour elle, les plus douces faveurs de sa tendresse. Philomène semble avoir pour les enfants innocents une prédilection bien grande, comme le prouveront les faits relatés ci-après. Dès qu’un enfant est placé sous son auguste patronage, elle l’adopte et devient sa protectrice, se montrant à son égard comme une mère bienfaisante et pleine de la plus vive sollicitude.

Chers enfants, je vous le prédis, le bonheur vous sourira, si, dès aujourd’hui, vous vous consacrez sans réserve à Dieu sous le regard protecteur de sainte Philomène. Mais, afin de vous persuader que la Sainte viendra à votre secours dans bien des circonstances souvent imprévues, si vous la priez, écoutez :

On célébrait, en 1830, à Castelvetere, la fête de sainte Philomène, la pompe était magnifique, le concours extraordinaire. Toutes les cloches étaient en branle ; et l’on sait que dans les petits endroits, c’est un plaisir pour la jeunesse de monter au clocher, afin de mettre l’airain sonore en mouvement. La prudence ne les y suit pas toujours, ce qui fut causé de la chute d’un de ces enfants. Il tomba sur le pavé, de plusieurs mètres de hauteur. Ses compagnons le crurent perdu. En voyant leur ami rouler dans l’espace, ils se mirent à pousser des cris qui attirèrent sur le lieu du sinistre la foule éperdue. Tandis que tous s’imaginaient le trouver sans vie, ils le voient, plein de vigueur, se relever, et fier de sa chute, comme d’un triomphe, regagner à toutes jambes le clocher d’où il venait de tomber. Il avait dû son salut au nom de sainte Philomène, qu’au moment de sa chute il s’était empressé d’invoquer.

La veille, il s’était opéré, non loin de la même ville, un miracle semblable. Une petite fille de neuf ans, qui se trouvait sur un roc élevé, tomba, sous les yeux même de ses parents, dans un vallon profond que ce roc dominait ; et quand ceux-ci, volant à son secours, arrivèrent près d’elle, ils la trouvèrent sans connaissance et sans vie. Pénétrés de la plus vive douleur, ils se précipitent à genoux, et appelant à grands cris leur sainte protectrice : « Sainte Philomène, s’écrient-ils, bonne sainte Philomène, ne nous faites pas reporter notre enfant morte au lieu d’où nous l’avons emmenée pleine de vie ! Oh ! de grâce, venez à notre secours ! épargnez-nous ce malheur ! »

Et dans leur affliction, pour toucher le cœur de la Sainte par une mortification d’usage en ce pays, ils se mettent à traîner leur langue sur ces rocs aigus, protestant qu’ils ne cesseront de prier et de souffrir jusqu’à ce que leur demande soit exaucée. L’enfant ne revenait pourtant pas à elle-même, les symptômes devenaient toujours plus alarmants ; en la voyant, en la touchant, on aurait dit un cadavre.

Ces pauvres gens ne perdent pas confiance ; ils poussent de nouveaux cris vers le ciel, ils s'imposent de nouvelles douleurs ; enfin, ils peuvent s’applaudir de leur foi et de leur persévérance. La petite fille se réveille comme d’un sommeil profond, appelle ses parents ; et tandis que ceux-ci accourent, elle se lève, et vient à leur rencontre. En vain chercherait-on sur son corps des indices de sa chute ; elle ne sent rien, elle n’a rien. La bonne Sainte a tout réparé en un clin d’œil. Et la famille à pied va la remercier du bienfait qu’elle doit à son intercession.

Citons une autre marque de la protection de sainte Philomène sur un enfant de sept ans qui lui était fort dévoué. Il venait d’obtenir un morceau de l’enveloppe de papier, dont avait été couverte une statue de sainte Philomène. Sa foi le lui faisait considérer comme une précieuse relique. Il le mit entre sa chemise et sa chair, tout auprès du cœur. Un moment après, le voilà en campagne ; et il ne s’agit de rien moins (le pauvre enfant n’y pensait pas sans doute) que d’aller avec ses compagnons faire sur le territoire d’autrui une excursion dévastatrice.

Le maître de la vigne accourt, et nos petits larrons, épouvantés, piquent des deux pour se dérober à sa vengeance. L’effroi et la précipitation empêchèrent celui dont nous parlons (il s’appelait Dominique Masullo) devoir un fossé profond, dont une herbe haute et fourrée masquait les bords ; il y tombe la tête la première.

La chute fut de plusieurs mètres, et le fossé aboutissait à un bourbier profond. Là se trouvait le danger, et peut-être aussi la mort, si Dominique, en tombant, n’eût imploré sainte Philomène, et si la sainte n’avait également tenu compte de la foi de l’enfant, et du prix qu’il mettait à s’enrichir de ses reliques.

Toute la caravane, témoin de l’accident, se mit à pousser les hauts cris. Bientôt l’éveil fut donné au voisinage. On s’approche. On appelle Dominique. Dominique répond : et vite, vite, on se hâte de lui filer une corde, pour le tirer du fossé. On recommande à l’enfant, mais sans penser ni à sa position ni à son âge, de se lier fortement avec elle, pour ne pas s’exposer, en retombant, à de nouveaux dangers. Et, quand il eut donné le signal de le hisser, on se met vigoureusement à l’œuvre, on le retire. Dominique était crotté de la tête aux pieds, mais plein de santé et de vie.

La corde, qu’on lui avait jetée, et dont il était entouré, fut le premier objet, quand on l’eût vu bien portant, qui attira les regards et provoqua la curiosité de la troupe. Elle leur paraissait si habilement disposée, qu’ils ne pouvaient se persuader que ce fût là l’ouvrage d’un enfant, dont la situation était si embarrassée, si effrayante. On le questionne. Il sourit. Puis il raconte avec la naïveté de son âge sa petite histoire.

Il avait invoqué, en tombant, la bonne Sainte, et celle-ci était venue à son secours. Elle avait une robe blanche, le visage frais et coloré, des cheveux blonds comme l’or, sa taille était à peu près celle de sa grande sœur âgée de quatorze ans.

La Sainte, après l’avoir tiré du bourbier où il se trouvait enfoncé, le tenait de ses mains. Il resta ainsi au-dessus pendant à peu près une heure, en sa compagnie, jusqu’à ce qu’on lui eût jeté la corde. Il ajouta : « C’est la Sainte qui me l’a mise, ainsi que vous la voyez ».

Cette corde le prenait en dessous des cuisses, s’élevait de là en plusieurs contours, qui ceignaient son corps sans le presser, et passant sous les bras de l’enfant, venait se fixer elle-même, par un double nœud, derrière le col, mais de manière à ne pas le blesser.

On fit encore une remarque non moins intéressante. Le morceau de papier que Dominique avait sur lui fut le seul objet respecté, pour ainsi dire, par les eaux fangeuses. Car le pauvre enfant, qui, du reste, n’avait sur le corps qu’une mauvaise chemise, et un pantalon plus misérable encore, en avait été pénétré jusqu’aux os. La relique seulement se trouva parfaitement sèche, et sans la moindre altération. Ce fait a eu lieu à Monteforte, dans le mois de juillet de l’année 1823.

 

Pratique : Recommander à sainte Philomène tous les petits enfants et la supplier de leur obtenir la conservation de leur innocence.

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

28 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

439_001

 

Vingt-neuvième jour

L'intérieur de Marie

 

Emprunté à un auteur inconnu

 

Comme Jésus-Christ a été le parfait et le digne adorateur de Dieu son Père ; aussi Marie a été la plus parfaite adoratrice et la plus digne imitatrice de son Fils. Elle est donc celle de toutes les pures créatures qui a honoré Dieu le plus parfaitement.

Tant qu'elle a vécu sur la terre, elle n'eut jamais la plus légère attache à aucune créature. Son cœur se porta toujours à Dieu avec toute l'ardeur dont elle était capable, sans que rien au monde pût jamais affaiblir la tendresse de son amour : aimant toutes les créatures ; mais ne les aimant qu'en Dieu et pour Dieu.

Son âme sainte, unie au Cœur de Jésus, était comme un temple sacré, où résidait son Dieu, et où elle le contemplait et l'adorait sans cesse. Reconnaissant sa bassesse et son néant, elle se croyait incapable de glorifier dignement cette suprême Majesté ; et dans cet humble aveu de son incapacité, elle le conjurait de daigner lui même s'y louer et s'y glorifier par Jésus-Christ son Fils.

Jamais elle ne détourna son esprit et son cœur de la présence et du sentiment de son Dieu. Quand elle portait son esprit vers cet Être éternel, son âme y demeurait attachée par une contemplation et un amour, qui passent tous les efforts et les expressions de l'esprit humain.

N'étant point assujettie aux impressions des sens, elle recevait la céleste parole et les inspirations divines avec une si abondante plénitude que son âme, dépouillée des sentiments humains, se perdait, pour ainsi dire, dans le sein de la Divinité, et n'était plus qu'un même esprit avec Dieu.

Tout l'intérieur de son âme était donc comme divinisé ; et qui aurait pu voir cette âme pure, y aurait vu la Divinité y habiter comme sur un trône de sainteté. Oh ! qui pourrait dire combien de secrets divins et de mystères profonds lui furent révélés dans ces extases si sublimes, et quels délices elle y éprouva ? Quand on pourrait réunir tout ce qu'il peut y avoir de lumières, de plaisirs et de charmes dans le monde ; tout cela en comparaison de ce que Marie éprouvait, ne serait que ténèbres et qu'amertume.

Exempte du péché originel dès le premier instant de sa conception, elle n'éprouva jamais, comme nous, la rébellion d'aucune passion. Ce privilège était dû à sa dignité et réservé à elle seule. Il n'était pas juste que celle qui devait être la Mère de Dieu, fut un seul instant l'esclave du démon ; ni que le temple que la Sainteté et la Sagesse éternelle s'était choisi, fût jamais souillé de la plus légère tache ; ni enfin que celle qui devait écraser la tête du serpent et détruire le règne de Satan, fût un seul moment infectée de son venin, et soumise à son empire. (Anonyme).

 

La Flèche

 

Notre Dame à la Flèche

 

Dans une partie de l'Anjou qui, aujourd'hui, fait partie du diocèse du Mans, à l'entrée d'un pont jeté sur le Loir, s'élevait jadis une modeste chapelle nommée Notre Dame du Chef du Pont. De nombreux miracles attirèrent en ce lieu d'abord des pèlerins, puis des habitants. Telle est l'origine de la ville de la Flèche. Le vieux sanctuaire de Marie est aujourd'hui une chapelle latérale de l'ancienne église des Carmes.

Au commencement du XVIIe siècle, Henri IV établit à la Flèche un collège de Jésuites et il leur fit don d'une statuette, haute d'environ dix pouces, qui représentait la Vierge portant le divin Enfant sur le bras gauche et un sceptre dans la main droite. Quatre congrégations de la sainte Vierge furent établies dans le collège et embrassèrent toutes les classes de la société : l’une, de la Conception, pour les externes ; l'autre, de l'Assomption, pour les internes ; la troisième, de la Purification, pour les notables ; la quatrième, de la Nativité, pour les ouvriers et les marchands. Puis, les Pères ajoutèrent à l'oratoire de Saint Barthélemy un nouveau sanctuaire où ils placèrent une statue de la sainte Vierge, sous le nom de Notre Dame des Vertus. Ce pèlerinage est encore florissant.

 

ND de France-001

 

Pour recevoir par mail les méditations du Mois de Marie Reine de France

ainsi que les prochaines prières et neuvaine,

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

29 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

 

Le Mois de Marie, reine de France

 

il_1140xN

 

Trentième jour

Les vertus de Marie

 

Quoique Marie fût toujours au dedans unie à Dieu par une continuelle contemplation, qui l'élevait au-dessus d'elle-même, elle n'en était pas moins occupée au dehors à régler, par des actions judicieuses et saintes, toute sa conduite et à remplir tous ses devoirs. Mais elle les remplissait avec une humilité si profonde, avec une dévotion si tendre, avec une foi si vive, avec une confiance si parfaite, avec un amour si ardent et avec des intentions si pures et si saintes, que ses plus petites actions avaient plus de prix devant Dieu que celles de tous les Saints.

Par son humilité elle mérita d'être élevée à la dignité de Mère de Dieu. Humilité si sincère que, au moment où l'Ange lui annonça qu'elle était pleine de grâce et qu'elle serait Mère de Jésus, elle se reconnut si indigne de cette élévation, qu'elle se croyait à peine digne d'être la plus petite des servantes de Dieu. Humilité si grande, qu'elle ne recevait qu'en tremblant les grâces de Dieu, et que jamais elle n'osa demander aucune lumière, ni connaissance, ni faveur, que selon les desseins et l'ordre de Dieu.

Sa foi fut si vive et si soumise, que quoi qu'elle eût l'intelligence des mystères, elle n'osa jamais en raisonner, ni les pénétrer plus avant que Dieu ne l'ordonnait. Elle avait pour tout ce qui était consacré à Dieu et pour tout ce qui regardait son culte, un souverain respect. Elle n'entrait jamais dans le Temple qu'avec un saint tremblement, pour s'y anéantir devant la Majesté du Très-Haut. Dans ses prières, elle s'offrait à Dieu avec toutes ses puissances, en lui consacrant tout ce qui dépendait d'elle. Elle demandait à Dieu, par Jésus-Christ son Fils, ses faveurs et sa miséricorde pour les autres : mais pour elle, se reconnaissant indigne d'aucune grâce, elle demandait seulement à Dieu, qu'il daignât accomplir sur elle ses desseins toujours adorables.

Lorsqu'elle entendait la divine parole (fût-ce dans les termes les plus simples) c'était toujours dans un esprit de foi, imprimant de plus en plus dans son cœur ce qu'elle entendait, avec un désir infini d'en accomplir jusqu'aux moindres points.

Animée de cette foi, la plus parfaite qui ait jamais été, elle ne regardait que Dieu dans toutes les créatures, surtout dans ceux qui étaient revêtus du sacré caractère. Dans tous les différents événements de la vie, heureux ou fâcheux, elle rapportait tout à Dieu, adorant dans tout ce qui arrivait, la sagesse et l'équité de ses divins conseils.

Sa confiance en Dieu fut si ferme que, dans les plus rudes épreuves où elle a passé et dans les plus fâcheuses contradictions, son courage fut toujours inébranlable et son cœur toujours uni et soumis à Dieu, attendant tout de Lui seul.

Son amour pour Dieu a été si ardent, qu'elle seule la plus aimé que tous les Saints ensemble. Elle a éprouvé pendant la vie des peines incroyables ; mais la plus sensible était de voir que Dieu n'était pas aimé, qu'il était inconnu et offensé ; de sorte que sa vie (malgré la paix dont jouissait son âme sainte) a été une vie de larmes et de gémissements, et qu'elle aurait souffert mille fois la mort pour empêcher un seul péché véniel.

On ne peut comprendre jusqu'où elle a porté l'esprit de pénitence. Lorsqu'elle considérait les humiliations et les souffrances auxquelles Jésus-Christ son fils s'était livré pour expier les péchés du monde, elle aurait voulu se placer au dessous du néant, se livrant au mépris d'elle-même, aux pleurs et à la douleur la plus amère. Et loin de demander la fin de ses travaux et de ses peines, elle s'y offrait de tout son cœur ; s'unissant, comme une victime d'expiation, à Jésus-Christ souffrant.

Sa patience a été la plus courageuse : comme elle a été la plus conforme à Jésus-Christ, elle a aussi eu le plus de part à sa croix ! Car après Jésus, personne n'a jamais été plus affligé ni plus persécuté que Marie. Le souvenir de la patience admirable avec laquelle son Fils, cette innocente Victime, avait enduré, sans se plaindre, les tourments de sa Passion, faisait dans Marie une impression si vive, qu'elle embrassait avec ardeur toutes les occasions de souffrir, et qu'elle désirait d'endurer tous les maux imaginables. (Anonyme).

 

CHAMPAIGNE Ph

 

Louis XIII et l'Immaculée Conception

 

Lettre de Louis XIII au Pape Urbain VIII

 

Très Sainct-Père, bien que nous sachions que vostre Saincteté n'est que portée de soy à ce qui est de la piété et de la vénération des saincts et surtout de la glorieuse Vierge, nous avons cru estre de nostre debvoir de luy tesmoigner ce qui est nostre dévotion envers la Mère de Dieu, sinon en procurant une dernière décision de son Immaculée Conception, remettant cela à sa prudence et à ce que le Sainct-Esprit luy dictera debvoir estre cru en son Église ; du moins en suppliant Vostre Saincteté de toute l'étendue de nostre affecțion, d'ordonner que par toute la chrestienté sa feste, soubz le titre de l'Immaculée Conception, soit solemnisée ; elle est déjà célébrée par tout nostre royaume.

 

Signé : Louis.

 

À la suite de cette lettre, la Semaine catholique de Toulouse publie la note suivante : Cette lettre fut remise au Pape Urbain VIII par l'ambassadeur de France à Rome. Elle est datée du 24 novembre 1624. C'était l'année d'après la promotion de ce Pape au souverain pontificat. Un écrivain de Toulouse très estimé, qui veut bien nous honorer de sa bienveillance, a découvert ce document aux Vieilles archives de la guerre (tome XII, pièce 83), et a daigne nous la communiquer. Le bon roi Louis XIII ne fut pas exaucé. Le pape Urbain VIII, en fixant le calendrier ecclésiastique, ne jugea pas à propos de mettre au rang des fêtes chômées celle de l'Immaculée Conception.

 

ND de France-001

 

Pour recevoir par mail les méditations du Mois de Marie Reine de France

ainsi que les prochaines prières et neuvaine,

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

29 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Ensevelissement

Trentième jour

30 avril

 

Funérailles

 

Prélude : Joseph d'Arimathie et Nicodème descendent respectueusement le corps de Jésus et le remettent entre les mains de sa divine Mère.

 

Méditation

 

Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent en des linceuls avec des aromates, selon l'usage des Juifs, Ah ! l'étrange convoi, où l'on porte mort celui qui est l'Immortel et le Tout-Puissant. Qu'elle est grande l'humilité du Fils de Dieu, qui daigne demeurer uni hypostatiquement à un corps mort, lié de cent bandelettes, soutenu par des hommes faibles et enfermé dans un tombeau.

Le tombeau des morts est la meilleure école des vivants. Considérons celui du Fils de Dieu, à l'exemple des saintes femmes, et voyons dans sa sépulture le modèle de nos communions.

Ce tombeau est dans un jardin, parce qu'il renferme un corps crucifié, la plus belle fleur de l'univers ; notre âme doit être comme un jardin délicieux, couvert des fleurs de la vertu.

Ce tombeau est taillé dans le roc : disposez-vous par la mortification qui prépare et taille l'âme pour en faire le tabernacle de son Dieu.

Ce tombeau est tout neuf : renouvelez la force de votre cœur et veillez à ce que Jésus y soit seul.

Ce tombeau est d'emprunt : venez à la communion avec un cœur parfaitement dépouillé et soumis à l'obéissance.

Ce tombeau fournit aux saintes femmes l'occasion d'exercer trois grandes vertus. une attention minutieuse à tout ce qui se porte à ces funérailles ; une grande diligence à préparer les aromates pour l'embaumer ; une large libéralité à contribuer aux dépenses de cet ensevelissement.

À leur exemple, méditons attentivement les enseignements de la foi touchant le mystère de l'Eucharistie, préparons-nous avec tout le soin possible à la communion, n'épargnons rien de tout ce que nous pourrons faire pour recevoir dignement ce dépôt sacré.

Enfin, quand vous l'aurez reçu, fermez soigneusement le tombeau de votre cœur ; mettez des gardes à tous vos sens, afin que votre Seigneur n'en sorte pas.

Ô mon Dieu et mon tout, que ne suis-je tout pour vous, puisque vous êtes tout pour moi ! Si vous êtes mon unique et souverain bien, pourquoi est-ce que je partage mon cœur ? Que peut-il donc désirer qui ne soit en vous ? Que peut-il trouver hors de vous ? Que peut-il perdre quand il vous possède ? Que peut-il gagner quand il vous perd ?

 

Pratique : Faire de l'ensevelissement de Jésus le modèle de notre préparation à la communion.

Bouquet spirituel : « Ils prirent le corps de Jésus ».

 

via_crucis

Fin du Mois de la Passion

 

Téléchagez l'intégralité des Méditations du Mois de la Passion (pdf) en cliquant ici

 

Prochain Mois de dévotion: le Mois de Marie Reine de la FranceRendez-vous demain...

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

Publicité
7 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

Le Mois de Marie, reine de France

 

4311718428_2e1a2576b5_b

 

Huitième jour

Le Chapelet ou Rosaire

 

C'est par le Rosaire que saint Dominique a converti les Albigeois ; c'est par le Rosaire que plus d'une fois l'Église a obtenu le triomphe de ses guerriers sur les plus redoutables ennemis du nom chrétien. La fête du Rosaire en fait foi. Essayons de cette arme contre les ennemis de nos âmes, et la victoire confirmera nos légitimes espérances.

Cette pratique unit les deux genres de prière : la prière vocale et la prière mentale.

Les prières vocales du chapelet sont les plus belles, les plus pieuses, les plus simples et les plus solennelles, en même temps que les plus autorisées de la religion. La profession de foi ou le Symbole des Apôtres ouvre la série. Puis l'Oraison Dominicale, plusieurs fois répétée dans le cours du chapelet. Ensuite la Salutation angélique, revenant d'abord trois fois, après un premier Pater, pour honorer la Trinité sainte, puis se répétant dix fois après chacun des cinq Pater, enfin le majestueux Gloria Patri, terminant chaque dizaine.

Tous ces nombres offrent un symbole.

Trois rappelle les trois Personnes divines ; dix figure les dix commandements du Décalogue, et par conséquent la perfection de la vie chrétienne. Cinq exprime les doigts de la main, organe de l'action. Cinquante, complément de quarante-neuf, qui est le produit de sept multiplié par lui même, rappelle et le jubilé de l'ancienne loi, et la Pentecôte juive et chrétienne, et la multiplication des sept jours de la semaine par eux-mêmes, multiplication des mérites amassés par le bon emploi du temps de la vie présente, qui doit amener le repos et le jubilé du jour éternel figuré par la cinquantième année jubilaire du peuple de Dieu.

Il n'est pas jusqu'au passage d'un grain à un autre qui n'ait sa signification. La main, organe de l'action et de la volonté, s'unit, dans ce pieux exercice, à la langue, organe de la pensée et de l'intelligence, et en même temps, par la méditation, l'esprit repasse les principaux mystères de la vie cachée, souffrante et glorieuse de Jésus- Christ. Le Chapelet est donc, à tout point de vue, un cours complet de religion.

À ces pratiques non moins solides que pieuses ajoutez la célébration spéciale du Samedi, jour consacré à Marie ; la récitation, de temps en temps du moins, du petit Office de la sainte Vierge ; la préparation aux fêtes les plus solennelles, comme l'Immaculée Conception, la Nativité, l'Annonciation, la Purification, et l'Assomption ; les pèlerinages aux sanctuaires célèbres ; enfin la belle et joyeuse dévotion du mois de Marie : vous sentirez votre confiance et votre dévotion se réveiller, se ranimer, s'accroître sans cesse, et après avoir vécu avec Marie, vous mourrez en l'invoquant, et vous irez partager ses joies et ses gloires.

 

Notre Dame des Vertus d'Aubervilliers

 

Les protestants et la Sainte Vierge à Paris

 

Autrefois à Paris chaque coin de rue était orné d'un massif de fleurs au milieu duquel s'élevait une petite statue de la sainte Vierge. Le samedi, la niche était entièrement illuminée, et toutes les nuits une lampe allumée brillait au pied de la statue. Ce fut comme le premier éclairage des rues. Ce pieux usage était du reste commun à la plupart des villes de France.

Un des premiers actes par lequel le protestantisme signala sa présence à Paris avait été de mutiler et de décapiter une statue de la sainte Vierge placée au coin de la rue des Rosiers, près de la petite porte Saint-Antoine (1528). « François Ier ordonna aussitôt de faire une statue d'argent semblable à celle qui avait été profanée. Puis il convoque, dans une église voisine du lieu de la profanation, tous les corps ecclésiastiques de Paris, avec huit évêques, le parlement, la chambre des comptes et le corps de ville, les princes du sang, les ambassadeurs et tous les grands officiers de la Couronne. On y offre le saint sacrifice en expiation de l'attentat commis, et de là on se rend en procession sur le théâtre du crime, le grand aumônier de France portant la nouvelle statue et le roi le suivant un cierge à la main. Arrivé au lieu désigné l'évêque dépose la statue sur un autel préparé ; la musique de la chapelle royale chante l'antienne Ave, Regina cælorum, devant toute l'assemblée à genoux ; après quoi le roi se lève, prend la statue, la baise respectueusement, la place lui-même dans la niche, ferme le treillis destiné à prévenir de nouvelles insultes, se remet à genoux, prie quelque temps avec larmes, et fait porter en grande pompe la statue mutilée dans l'église de Saint Gervais, où elle a été depuis honorée pendant des siècles sous le titre de Notre Dame de la Tolérance ».

« Ce titre ne toucha point les sectaires ; en 1547, ils brisèrent la grille et volèrent la riche statue ; on la remplaça par une statue de bois, et en 1551, ils la brisèrent également. Eux, qui réclamaient la tolérance pour leur culte, étaient les plus intolérants des hommes pour le culte de toute la nation ». (Hamon).

L'hérésie cependant faisait des progrès effrayants. Les Parisiens désirant se préserver du fléau s'adressèrent à Marie. En 1529 , une immense procession partit de Notre Dame de Paris et se rendit à Notre Dame des Vertus à Aubervillers, entre Saint Denis et la capitale. Toutes les paroisses de Paris s'étaient réunies dans cette grande manifestation. Chaque fidèle portait un flambeau allumé et tel fut l'éclat de ces innombrables lumières que des hauteurs de Montlhéry on crut que Paris était en feu.

Marie exaucera ces prières. C'est de Paris que sortira le secours extraordinaire préparé par le Ciel contre la grande hérésie.

 

ND de France-001

 

Pour recevoir par mail les méditations du Mois de Marie Reine de France

ainsi que les prochaines prières et neuvaine,

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

31 mars 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Agonie

 

Premier jour

1er Avril

 

L'agonie

 

Prélude : Transportons-nous par la pensée au jardin des Oliviers, et tenons-nous respectueusement à la distance où Jésus a placé ses apôtres, pour de la le contempler durant son agonie.

 

Méditation

 

Après la Cène, Jésus sort du Cénacle, et comme David persécuté par son propre fils, il quitte Jérusalem ; il traverse le torrent de Cédron, dont les eaux impétueuses lui parlent de la Passion, qui va fondre sur lui, et entre au jardin des Oliviers, pour y faire couler l'huile de ses miséricordes, en s'y soumettant à une pression qui exprimera de ses veines une sueur de sang.

Au pied de la montagne, Jésus fait asseoir ses disciples, pendant qu'il va se livrer au plus dur des labeurs pour salut de leurs âmes et des nôtres. Il emmène avec lui trois apôtres, prédilection qui montre à quel prix et de quelle nature sont les faveurs divines en ce monde. Il leur découvre l'extrême tristesse dont il est saisi, ajoutant que, s'ils veulent le consoler, ils demeureront avec lui et veilleront.

En entrant dans le jardin des Oliviers, Jésus remplit son Cœur de toutes les misères du monde, et le monde de toutes les miséricordes de son Cœur. Il s'attriste à la vue de nos misères spirituelles ; il s'attriste surtout de ce que nous ne ressentons pas autant qu'il faudrait l'extrême misère où nous sommes réduits.

Voulez-vous mesurer l'étendue de cette tristesse du Sauveur, dont il disait lui-même qu'elle allait jusqu'à la mort ? En voyant son Père offensé par tant de crimes et de scélératesses, Jésus s'attrista en proportion des lumières que sa divine intelligence possédait, de l'amour infini de son cour sacré, du nombre et de l'intensité des crimes passés et futurs.

Se voyant chargé de tous, les péchés du monde, il souffre une confusion extrême, parce qu'il est assimilé aux pécheurs, lui, la sainteté infinie ; parce qu'il devient un objet d'horreur pour son Père même ; parce qu'il est contraint de s'humilier en la présence des hommes et des Anges. La crainte s'empare de lui. Le Tout-Puissant consent à trembler pour nous consoler dans nos propres craintes et adoucir les peines que la peur nous donne ; pour que nous nous revêtions de sa propre force, en unissant nos craintes à la sienne ; pour nous rendre intrépides, en réveillant et confirmant en nous la confiance.

Son Cœur est saisi d'ennui et il éprouve dans sa nature humaine une immense répugnance pour la mort violente et ignominieuse qui l'attend. Mais, ce qui redouble son ennui, c'est de voir le peu de fruit que les pécheurs tirent de sa mort, ainsi que l'aveuglement des Juifs, obstinés à le méconnaître. Alors, notre divin modèle recourt à la prière. Les conditions de cette prière doivent nous servir d'exemple : elle fut recueillie, désintéressée, vigilante, respectueuse, confiante, humble, résignée et persévérante.

Pendant que Jésus priait, tout le ciel était attentif. Un des princes de la cour céleste porta sa prière devant le trône de Dieu et en reçut l'ordre de descendre au jardin des Oliviers, pour apparaître à notre divin Rédempteur, au plus fort même de sa douleur, le réconforter et lui apporter les ordres de son Père.

Les paroles de l'ange fortifièrent Jésus, mais elles ne lui donnèrent aucune consolation sensible ni aucun soulagement. Sa douleur s'augmenta même point de le réduire à une affreuse agonie, qui ne l'empêcha cependant pas de persévérer dans la prière, qu'il prolongea avec plus de ferveur encore. Alors une sueur de sang universelle, miraculeuse et salutaire vint baigner la terre où le divin agonisant était prosterné.

Pendant son oraison, Jésus visita par trois fois ses Apôtres. Mais il les trouva toujours endormis. « Pourquoi dormez-vous ? leur dit-il. Ainsi, vous n'avez pu veiller une heure avec moi ! » Puis, après ce doux reproche, il leur donne trois excellents avis contre les tentations : « Veillez et priez, dit-il, afin que vous n'entriez point en tentation, car l'esprit est prompt et la chair est faible ». Veillez donc, priez et dé- fiez-vous de vous-mêmes.

 

Pratique : Unir ses souffrances physiques et morales aux souffrances de Jésus durant son agonie.

Bouquet spirituel : « Se trouvant en agonie, il prolongeait sa prière ».

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

12 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Couronnement d'épines

 

Treizième jour

13 avril

 

Le couronnement d'épines

 

Prélude : Jésus avait repris ses habits. Les soldats l'entraînent dans leur corps de garde, et le dépouillent de nouveau pour le vêtir d'une robe de pourpre par moquerie.

 

Méditation

 

Les soldats ont l'intention de se moquer du Sauveur. Mais, ils accomplissent un secret dessein de Dieu qui veut nous faire honorer, en cette robe d'ignominie, la dignité royale de Jésus-Christ, ses combats sanglants, ses victoires et ses conquêtes.

Pliant ensuite une couronne d'épines, ils la lui mirent sur la tête. Cette couronne fut un des grands tourments de Jésus. Mais, il la subit avec joie, parce qu'il voulait ainsi détruire le péché, l'expier et sauver les pécheurs. Il savait aussi qu'elle serait le gage de la béatitude et de la gloire. Dans les royaumes du monde, les couronnes ne produisent que des épines, mais, dans le royaume de Dieu, les épines produisent des couronnes.

On donna ensuite à Jésus, toujours par moquerie, un roseau à la main droite au lieu de sceptre. Jésus accepta de porter ce roseau pour guérir nos vanités et la folle confiance que nous mettons dans les créatures, lesquelles sont plus faibles et plus blessantes que le roseau, qui se brise dans la main de celui qui s'y appuie et la perce cruellement. Il accepta ce roseau dérisoire pour fortifier notre faiblesse, nous montrer qu'il est seul notre véritable appui et qu'à lui seul nous devons avoir recours contre notre impuissance. Enfin, il accepta ce faible roseau, pour guérir notre légèreté et affermir notre inconstance qui s'emporte à la première occasion. Oh ! si nous savions comme cette infidélité de notre âme déplaît à Jésus-Christ ! Nous l'offensons plus par notre inconstance et notre légèreté, que les soldats en lui assénant des coups de roseaux sur la tête.

Quand les soldats eurent ainsi travesti le fils de Dieu, ils le traitèrent en roi de théâtre et l'accablèrent de leur mépris, s'agenouillant devant lui par dérision, le saluant Roi des Juifs, lui donnant des soufflets et des coups de roseau sur la tête, lui crachant au visage avec une impudence satanique.

Ah ! quel supplice pour la grande âme du Sauveur ! Hélas ! c'est un supplice qu'on renouvelle bien des fois pour lui. Que de personnes s'agenouillent devant Jésus-Christ, et qui n'ont du chrétien qu'une vaine apparence de religion ! Que d'hypocrites sous des dehors même pieux ! Que de traîtres dans l’Église ! Que d'impies et d'insolents dans le temple où il réside !

Les soldats lui crachent au visage. Ainsi font encore tous ces malheureux blasphémateurs qui vomissent contre le ciel de si horribles injures. Ainsi font tous ceux qui prient de bouche, tandis que leur esprit s'égare volontairement en des pensées coupables ou étrangères. Ainsi font les médisants qui déchirent la réputation du prochain, les railleurs qui se moquent des choses saintes, les sacrilèges qui communient indignement.

Mais, il faut encore ajouter la cruauté à l'ignominie, et, après les rires et les affronts, il faut souffleter cette Face divine que les anges adorent, et battre à coups redoublés ce chef auguste qui est le trône de la sagesse incréée, pour enfoncer davantage les épines de sa couronne.

Pardon, ô mon Sauveur, de tant d'opprobres et de douleurs que je vous ai fait souffrir jusqu'ici. Ô Dieu, faites tomber une goutte de pluie, une goutte de ce sang précieux qui distille de vos plaies, une de ces larmes que la violence de vos tourments tire de vos yeux, sur les épines de mon cœur, afin de les changer en fleurs de saints désirs, qui me portent sans délai et généreusement aux exercices de la pénitence et à la pratique des vertus.

 

Pratique : Faire un acte d'humilité en union avec Jésus couronné d'épines.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, ô mon Roi ! »

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

10 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Barabbas

 

Onzième jour

11 avril

 

Barabbas

 

Prélude : Pilate hésite. Les ennemis de Jésus s'animent toujours davantage. Leur visage respire la fureur. Jésus continue à se taire.

 

Méditation

 

L’innocence de Jésus a touché le cour de Pilate et lui fait pitié. Elle éveille ses remords et éclaire sa conscience. Mais le respect humain et la complaisance pour les calomniateurs affaiblissent sa résolution et l'empêchent de suivre parfaitement les mouvements de la grâce. Convaincu de la malice des accusateurs et de la fausseté des accusations, il déclare Jésus innocent. Mais, pour essayer d'apaiser la colère des Juifs, il promet de le châtier, avant de le délivrer.

Cette promesse, lâche et cruellement injuste, n'apaise point la fureur des ennemis du bon Maître. Alors, Pilate a recours à un autre moyen.

Il fait sortir en même temps Jésus de son prétoire et Barabbas de la prison. Il les présente l'un et l'autre au peuple et leur dit : « Qui voulez-vous que je vous délivre, Barabbas ou Jésus ? » Ô spectacle horrible ! Le fils unique de Dieu est comparé à un infâme meurtrier ! Combien l'humilité de Jésus, qui daigne souffrir cette comparaison, nous reproche notre orgueil, qui ne saurait supporter d'être mis en parallèle avec la moindre infériorité de rang, de fortune, d'esprit, de vertu ou de qualités morales !

Or, ce fut Barabbas qu'on préféra à Jésus. Toute la troupe cria en même temps : « « Crucifiez-le et délivrez Barabbas ! » Tous parlèrent en faveur de l'assassin, personne n'ouvrit la bouche pour le Sauveur. Voilà pourtant ce que nous faisons tous les jours, quand nous offensons le bon Dieu. L'orgueilleux délaisse la gloire du ciel pour courir après celle de la terre, qui n'est qu'une ombre. Le colère blesse l'honneur de Dieu, pour venger une injure. L'avare renonce aux richesses éternelles, pour un intérêt temporel et le voluptueux à sa part de paradis, pour un plaisir déshonnête. L'hérétique abandonne la doctrine universelle de l’Église pour suivre son caprice. L'âme mondaine fait aussi de mauvais choix, préférant la vanité au service de Dieu, à la vraie dévotion.

Et, quand on voit les méchants aux honneurs, tandis que les gens de bien sont méprisés ; ceux-là dans les charges honorables, et ceux-ci dans la servitude ; ceux-là dans l'élévation, et ceux-ci dans l'opprobre ; qu'est-ce donc que tout cela, sinon le monde qui préfère Barabbas à Jésus, et le vice à la vertu.

D'où vient ce changement subit dans l'esprit du peuple ? Qui l'a pu si bien corrompre et lui faire abandonner la cause de Jésus qu'il aimait ? C'est d'abord le mauvais exemple des grands que l'envie porte à persécuter l'innocent ; c'est ensuite le mauvais conseil des Pharisiens qui se glissent dans la foule et lui persuadent de préférer Barabbas ; c'est enfin la mauvaise compagnie où les plus sensés ont honte de paraître moins passionnés et moins emportés que les autres.

Fuyez ces trois écueils, où l'on ne heurte jamais sans péril manifeste de faire naufrage : les mauvais exemples, les mauvais conseils, les mauvaises compagnies. Mais surtout, craignez la mauvaise disposition de votre cœur, qui n'a que trop de penchant au vice, sans vous exposer aux occasions qui vous entraîneront comme un torrent, malgré votre résistance.

« Mais, dit Pilate décontenancé, puisque vous préférez Barabbas, que voulez-vous que je fasse de Jésus-Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu'il soit crucifié ! » Quelle inconstance ! Quelle ingratitude ! Quelle fureur ! Quelle obstination au mal ! Ce cri des Juifs qu'il a tant aimés doit être pour le Sauveur un des plus grands tourments de toute sa Passion. C'est un grand tourment en effet d'aimer et de se voir haï par ceux qu'on aime. C'est un grand tourment d'avoir été bienfaisant pour tous et d'être devenu pour tous comme un fardeau inutile et incommode.

Ô mon Sauveur ! Voilà votre douleur : Vous aimez infiniment tous les hommes, vous désirez être aimé de tous, et néanmoins, il y en a tant qui vous haïssent, et si peu qui répondent à votre amour !

 

Pratique : Aimer à être estimé au-dessous de ceux qui vous sont inférieurs.

Bouquet spirituel : « Que ferai-je de Jésus ? »

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

9 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

Jésus devant Hérode

 

Dixième jour

10 Avril

 

Hérode

 

Prélude : Jésus debout se tait devant Hérode, qui se moque de lui.

 

Méditation

 

La crainte de déplaire aux Juifs l'emporte dans le cour de Pilate sur l'esprit de justice. Mais, il voudrait que ce fut un autre qui le condamnât. Aussi, entendant parler de la Galilée, il prétexte la juridiction d'Hérode sur les Galiléens, et lui renvoie Jésus. Durant ce nouveau trajet, les ennemis du Bon Maître, irrités des refus de Pilate et des obstacles mis à leur fureur, déchargent sur lui leur rage et excitent le peuple à l'insulter.

Hérode reçut fort bien le Fils de Dieu et lui fit d'abord un bon accueil, parce qu'il espérait se divertir et repaître sa curiosité en l'entretenant. Mais Dieu ne se communique pas aux esprits curieux et dissimulés. Aussi Hérode eut beau multiplier ses interrogations : Jésus, qui fuit l'ostentation et qui veut nous apprendre à mépriser la faveur et l'estime des grands de ce monde, garda un profond silence.

Le silence, à l'école de Jésus, est une marque de sainteté et de perfection. Mais, aux yeux des mondains, c'est une preuve de sottise. Aussi, Jésus silencieux est-il méprisé comme un homme sans pouvoir, parce qu'il ne fait point de miracles. Il est méprisé comme un homme sans esprit, parce qu'il ne se défend point contre les Princes des Prêtres et les Scribes qui persistaient à l'accuser. Oh ! que l'esprit de Jésus est contraire à l'esprit du siècle ? Comme la folle sagesse du monde est contradictoire avec la sage folie de Jésus !

Piqué du silence de notre divin Sauveur, Hérode le fait vêtir d'une robe blanche, pour faire voir qu'il ne le regardait pas comme un criminel, mais bien comme un fou, lequel s'imaginait être roi.

Contemple, ô mon âme l'humilité avec laquelle Jésus prend cette robe d'ignominie. Avec quelle douceur il supporte toutes les injures qu'on lui prodigue, quand il en est revêtu ! Il sort du palais d'Hérode, vêtu comme un insensé. De nouvelles huées l'accueillent dans les rues. Pilate, le voyant ainsi travesti, le méprise et le traite avec froideur, ne cherchant qu'à se débarrasser de cet importun maladroit.

Admirons et respectons notre Sauveur sous cet habit mystérieux dont le Père céleste se sert pour glorifier son fils. Tandis qu'Hérode, en l'habillant d'une robe blanche, prétend se moquer de la qualité de roi et de tous les titres d'honneur qu'on attribuait à Jésus, le Père Eternel déclare aussi l'innocence de son fils, sa pureté, sa douce simplicité, l'aimable candeur de son âme, sa dignité sacerdotale et royale.

Ne craignons, donc point la moquerie des hommes, ce sont des aveugles qui méprisent ce qu'ils devraient estimer et qui estiment ce qu'ils doivent mépriser. Mais Dieu tirera notre gloire de leur mépris et fera un jour retomber toute la confusion et l'ignominie sur ceux qui nous ont déshonorés.

Ô Roi du ciel, qui avez racheté cette précieuse robe de l'innocence, perdue par Adam, aux dépens de votre honneur et de votre vie, ne permettez pas que je la perde jamais par aucune offense mortelle, ni que je la souille par mes imperfections et mes défaits. Ah ! que je suis confus de l'avoir autrefois perdue avec tant de lâcheté et d'être encore maintenant si peu soigneux de la conserver, en me voyant entouré de tant d'ennemis qui cherchent à m'en dépouiller pour se moquer ensuite de moi. Quel malheur, si je retombais dans leurs mains et si la mort me surprenait, privé de votre grâce ! Ô nudité honteuse ! Ô confusion pire que la mort et plus horrible même que l'enfer !

Hérode et Pilate se réconcilièrent à cette occasion. C'était une figure de l'alliance que les méchants font entre eux contre les bons. Ne vous étonnez donc pas si les méchants se liguent contre vous, lorsque vous tâchez de suivre Jésus-Christ. C'est une marque du bien que Dieu a mis en vous. L'esprit qui vous anime dissipera tous leurs efforts et se moquera de leurs desseins.

Ô Jésus, qui avez bien voulu que votre mort servît à la réconciliation d'Hérode et de Pilate, fortifiez tellement mon âme par votre grâce, que je ne craigne point la conspiration des méchants ligués contre moi, mais que je profite de leur persécution, afin de vous être semblable et d'imiter ce grand exemple que vous m'avez donné de patience et de douceur.

Accordez-moi, mon Dieu, pour l'amour de votre Fils, le pardon de mes péchés, comme je pardonne de bon cœur, pour l'amour de lui, à ceux qui m'ont offensé.

 

Pratique : Supporter les humiliations volontiers, en union avec les humiliations supportées par Jésus chez Hérode.

Bouquet spirituel : « Hérode avec toute sa malice le méprise et se moque de lui ».

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

29 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

Vita de Saint François-001


Trentième jour

La canonisation

30 Octobre

 

Prélude : Entourons avec amour les premiers autels où l'on honore notre bien-aimé Père d'un culte liturgique.

 

Réflexions

 

Cependant, la voix de l’Église manquait à ce concert d’universelles louanges en l'honneur du séraphin d'Assise. De toutes parts, on sollicitait le Souverain Pontife de se rendre aux vœux de l'Italie et de la chrétienté tout entière. Le Pape d'alors était ce cardinal Hugolin, devenu Grégoire IX, qui avait été l'ami, le protecteur de François, ainsi que le témoin de sa vie merveilleuse et crucifiée.

D'autre part, les vertus du séraphique Père étaient si éclatantes, si publiques ; les miracles qui s'étaient opérés et qui s'opéraient chaque jour encore à son tombeau, étaient si nombreux, si beaux, si avérés. que les informations ne furent ni difficiles ni longues. Le Pape en confia l'examen juridique aux cardinaux et prélats qu'il savait le moins favorables à une canonisation aussi prompte ; et lorsque tout fut fini et mûrement discuté en plein consistoire, la canonisation fut résolue à l'unanimité.

Cette canonisation fut si solennelle, que saint Bonaventure s'excuse d'en rapporter toutes les circonstances, parce que le récit en serait trop long. Notre piété filiale est heureuse d'en noter quatre principales :

1° Le Pape, avec toute sa cour, vint exprès à Assise pour la cérémonie, fit le panégyrique du bienheureux Père, et en publia dans les termes les plus touchants diverses particularités qu'une étroite amitié avec le bon saint lui avait apprises.

2° La solennité fut faite dans le lieu même où reposait le corps du saint, ce que l'on n'avait point encore vu jusque-là.

3° Les miracles avec leurs preuves furent lus publiquement, ce qui n'était point d'usage jusqu'alors, car on se contentait de les examiner et de les approuver dans un consistoire secret. Ces merveilles étaient énumérées publiquement par un cardinal, en présence du Pape et de toute sa cour. La plupart des personnes, sur qui elles avaient été opérées, se trouvaient présentes, les attestaient tout haut et disaient : « C'est à moi que cela est arrivé », et elles en montraient les marques. On vit se renouveler alors ce que pratiquait saint Augustin pour les miracles des reliques de saint Etienne, premier martyr : il en faisait lire, dans ses sermons, les mémoires authentiques, produisant aux yeux de ses auditeurs ceux qui en avaient été l'objet et qui étaient bien connus. À Assise, comme à Hippone, la lecture et le spectacle remplissaient de joie le cœur des fidèles, affermissaient leur foi, animaient leur confiance. Tout le monde glorifiait Dieu et lui rendait des actions de grâces.

4° François était déclaré saint, deux ans seulement après sa mort, sur le témoignage d'une infinité de témoins et de plusieurs cardinaux, qui l'avaient vu et connu, et qui ne pouvaient douter de sa sainteté, ni de ses miracles. Aussi, ce fut au milieu de l'émotion générale que l'on entendit Grégoire IX s'écrier, les yeux et les mains levés au ciel : « À la gloire de Dieu tout-puissant, Père, et Fils et Saint Esprit ; à la gloire de la bienheureuse vierge Marie, et des saints apôtres Pierre et Paul, et à l'honneur de l’Église romaine, Nous avons résolu, de l'avis de nos Frères les cardinaux et des autres prélats, d'inscrire au catalogue des saints le bienheureux Père François, que Dieu a glorifié dans le ciel, et que nous révérons sur la terre ».

 

Pratique : Former la résolution de célébrer, chaque année, la fête et le mois de saint François d'Assise.

Invocation : Saint François, grand thaumaturge, priez pour nous !

 

Fioretti

La bulle de canonisation

 

La bulle de la canonisation de saint François, qui avait été dressée à Pérouse, fut expédiée le 19 juillet, trois jours après la cérémonie. Le Pape y admire la providence de Dieu sur son Eglise, le soin qu'il prend de lui envoyer des ouvriers dans tous les temps, et le bien qu'il lui a fait par son serviteur, le bienheureux François, homme selon cœur. Puis, le Saint Père expose, par des figures de l'Ecriture sainte, sa vocation, sa conversion, la générosité de son dépouillement, et sa pauvreté extrême, ses austérités rigoureuses, sa conformité avec Jésus crucifié, son assiduité à la prière, sa vie contemplative et active tout ensemble, le grand fruit de ses travaux, ses victoires remportées sur les ennemis du salut, la science et la sagesse qui l'élevaient au-dessus des savants. Ensuite, il s'exprime ainsi : « Quoique le grand éclat de sa sainteté suffi se pour faire croire qu'il est dans l’Église triomphante, néanmoins l’Église militante ne l'aurait pas encore déclaré saint, parce qu'elle ne juge point de ce qui n'est pas de son ressort. Mais Dieu ayant honoré de plusieurs grands miracles dont nous sommes pleinement informés, une vie si notoirement sainte, et qui nous est si bien connue par les liaisons intimes qu'il avait avec nous, lorsque nous étions dans un moindre rang, de l'avis et du consentement de nos Frères, Nous avons résolu de le mettre au catalogue des saints, ayant cette confiance que, par la miséricorde de Nous, et le troupeau qui nous est confié, serons aidés par ses suffrages, et que nous aurons au Ciel pour protecteur, celui que nous avions pour ami sur la terre ». À la fin de la bulle, le Pape ordonne que la fête de saint François soit solennisée le quatrième d’octobre, jour de sa bienheureuse mort, et recommande aux fidèles de la célébrer en glorifiant Dieu, et en invoquant le saint avec une humble confiance. (La vie de saint François d'Assise, par le Père Chalippe).

 

005 francesco cimabue 1-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

26 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

P9030003

 

Vingt-septième jour

Bienheureuse mort

 

Prélude : Entourons la couche suprême de notre Père et préparons-nous à assister au merveilleux spectacle de sa sainte mort.

 

Réflexions

 

Après avoir dicté son testament, le saint fit venir frère Léon, son confesseur, et frère Ange, auxquels il ordonna de chanter en sa présence le cantique du Soleil, parce que la mort était tout proche. C'est un cantique composé par le bienheureux Patriarche, où il rendait gloire à Dieu pour toutes ses créatures et aussi pour la mort. Assuré par une révélation qu'elle le ferait passer à la vie éternelle, son approche le remplissait de joie : il le témoignait en faisant chanter les louanges du Seigneur.

Le cantique fini, il mit ses bras l'un sur l'autre en forme de croix, signe salutaire qu'il avait toujours aimé, dit saint Bonaventure; et, les étendant sur ses Frères qui étaient autour de lui, il donna pour la dernière fois sa bénédiction aux absents et aux présents, au nom et par la vertu de Jésus crucifié. Ensuite, il prononça, avec une douceur ineffable, ces paroles : « Adieu, mes enfants, je vous dis adieu à tous ; je vous laisse dans la crainte du Seigneur, demeurez-y toujours. Le temps de l'épreuve et de la tribulation approche : heureux ceux qui persévéreront dans le bien qu'ils ont commencé. Pour moi, je vais à Dieu avec un grand empressement, et je vous recommande tous à sa grâce ». Il fit apporter le livre des Evangiles, et demanda qu'on lui lût l'Evangile de saint Jean, à l'endroit où commence l'histoire de la Passion de Notre-Seigneur, par ces paroles : « Ante diem festum Pasc, avant la fête de Pâques ».

Cette lecture achevée, il commença lui-même à réciter, du mieux qu'il put le psaume 141 : « Voce mea ad Dominum clamavi, j'ai élevé ma voix vers le Seigneur », et il le continua jusqu'au dernier verset : « Me expectant justi, donec retribuas mihi ; les justes sont dans l'attente de la récompense que vous me donnerez ».

Enfin, tous les mystères de la grâce étant accomplis en cet homme si aimé de Dieu, sa très sainte âme, tout absorbée dans la charité divine, fut délivrée des liens du corps et il s'endormit dans le saint baiser du Seigneur. C'était un samedi soir, le 4e d'octobre, la 45e année de son âge, la 20e de sa conversion, la 18e de l'institution de son ordre et la 3e commencée depuis l'impression des sacrés stigmates. On mit le corps sur la terre nue, et on l'y laissa quelque temps, comme il l'avait ordonné. Il fut lavé ensuite et revêtu de la tunique apportée de Rome par Jacqueline de Septisoles. Cette pieuse veuve eut alors la consolation de contempler et de baiser les plaies du saint qu'elle avait tant révéré. Elle en fut si transportée qu'après lui avoir fait faire de magnifiques funérailles, elle régla ses affaires, renonça au monde et passa le reste de sa vie en veilles et en prières auprès du sépulcre de son Père spirituel.

Au même instant, le frère Augustin d'Assise, provincial de la terre de Labour, homme juste et saint, qui était malade à l'extrémité, et ne parlait plus, s'écria tout à coup : « Attendez-moi, mon Père, attendez-moi ; je m'en vais avec vous ». Les Frères surpris lui demandèrent à qui il parlait : « Eh quoi ! leur dit-il d'un ton ferme, ne voyez-vous pas François notre Père qui va au Ciel ? » À l'instant, son âme se détacha de son corps et suivit celle de son Père.

 

Pratique : Recommander souvent sa mort à Saint François d'Assise.

Invocation : Saint François, modèle d'une sainte mort, rendez ma mort semblable à la vôtre.

 

SKMBT_C28017092014160_0019-001

 

Fioretti

Le corps de saint François

 

Après sa mort, le corps de saint François était un objet admirable. On voyait dans ses mains et dans ses pieds des clous noirs comme du fer, merveilleusement formés de sa chair, par une vertu divine, et tellement adhérents à la chair, que, quand on les poussait d'un côté ils avançaient de l'autre, ainsi que des nerfs durs et tout d'une pièce. Rien n'empêchait de voir la plaie de son côté, qu'il cachait avec tant de soin pendant sa vie, cette plaie que la main de l'homme n'avait point faite, et qui ressemblait à l'ouverture du côté du Sauveur, d'où sortit le Sacrement de notre Rédemption et celui de notre régénération : sa couleur rouge et ses bords repliés en rond la faisaient paraître comme une très belle rose. La chair du saint, qui était naturellement brune, devint extraordinairement blanche ; elle représentait les robes blanchies dans le sang de l'agneau, dont les saints sont revêtus. Ses membres étaient flexibles et maniables comme ceux d'un petit enfant : signe évident de l'innocence et de la candeur de son âme. La blancheur de sa chair, relevée par le noir des clous aux pieds et aux mains, et par la plaie du côté, qui était comme une rose rouge toute fraîche, présentait aux yeux une variété de couleurs si belle et si charmante, qu'elle ne causait pas moins de plaisir que d'admiration à ceux qui la regardaient. Enfin, son corps était l'image de la Passion de Jésus-Christ par les plaies qu'il portait, et de la Résurrection glorieuse par les qualités qu'il avait reçues. (Description, par Saint Bonaventure).

 

003

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

15 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

Mont Alverne 1

 

Seizième jour

Sur le mont Alverne

 

Prélude : Suivons François, gravissant les pentes de l'Alverne, où l'attire la grâce du ciel, parce que, sur ce mont, s'accompliront pour lui de grandes merveilles.

 

Réflexions

 

L’Alverne est aux confins de la Toscane et s'élève au-dessus des autres montagnes de l'Apennin. Deux rivières passent à ses pieds. Par trois côtés, elle présente des rochers si droits et si unis qu'on les prendrait pour des murailles. À la cime de ce mont, un pieux gentilhomme avait fait élever un modeste couvent pour les enfants de saint François, et ceux-ci en parlaient souvent à leur père, lui vantant le silence et le calme de cette retraite. François s'y rendit et le couvent de l’Alverne ſui plut beaucoup.

Aussitôt, il se mit à parcourir la montagne, pour découvrir les endroits les plus favorables à la contemplation. Il en vit un, où il y avait de grandes ouvertures dans le rocher, de grosses masses suspendues, des cavernes profondes, des gouffres affreux ; et ce qui lui parut plus singulier, une roche fendue de telle manière, que le dedans était comme une chambre, avec un plancher uni et une espèce de plafond, d'où le jour pénétrait par une petite ouverture. Un ange lui apprit que cette disposition des lieux datait de la mort du Sauveur, lorsque la terre trembla et que les pierres se fendirent. Cette circonstance fut un nouvel attrait qui rendit le mont Alverne encore plus cher au serviteur de Jésus crucifié. Depuis, il ne pouvait regarder ces ouvertures, sans penser aux douleurs endurées par son divin Maître sur la croix et sans désirer que la compassion fendît son cœur, comme ces rochers semblaient lui en donner l'exemple. Dès lors, la prière continuelle à laquelle il se livra lui fit éprouver plus fréquemment encore les douceurs de la divine contemplation ; aussi, très souvent, il se trouvait tellement ravi en Dieu, que ses compagnons le voyaient corporellement élevé au- dessus de terre, et dans une extase qui le mettait hors de lui-même. Dans ces extases, Dieu lui révélait l'avenir, et lui donnait la connaissance des plus secrètes pensées et inclinations des frères.

À la prière du bon saint, le propriétaire du Mont Alverne, le comte Orlando, qui avait déjà en grande estime et affection les Frères Mineurs, fit construire, adossée à un hêtre fort élevé, une petite chapelle avec une cellule. Le modèle de cette chapelle fut donné au comte Orlando par saint François, qui confia à ses intimes que la Très Sainte Vierge, saint Jean-Baptiste et saint Jean l'Evangéliste, avaient daigné lui apparaître et lui avaient donné le plan de cette humble église.

À tous ces titres, la retraite du Mont Alverne parut à saint François comme un lieu sacré et il la considérait comme second Calvaire, où il résolut de venir, quand la volonté divine le lui permettrait, méditer et pleurer sur la passion et la mort de Jésus-Christ.

 

Pratique : Aimer à faire souvent l'exercice si salutaire du Chemin de la Croix.

Invocation : Saint François, parfait contemplateur de Jésus crucifié, imprimez profondément dans mon âme les plaies du Sauveur.

 

Fioretti

La prison du frère Loup

 

Un des sommets de l'Alverne était occupé par de dangereux voisins, dont le comte Orlando n'avait jamais pu se défaire. C'était une bande de scélérats, dont le chef, surnommé le Loup à cause de ses brigandages, répandait au loin la terreur. Ce Loup vint trouver un jour l'agneau de Jésus-Christ pour lui intimer l'ordre de quitter l’Alverne, où sa présence le gênait. Saint François le reçut avec tant de douceur et de bonté, la vie angélique des  pauvres religieux qui étaient là auprès du saint lui fit une telle impression, qu'il se sentit tout changé ; il demanda la permission de demeurer quelques jours en leur compagnie, après quoi, se jetant aux pieds du bienheureux et fondant en larmes, il le supplia de le recevoir à la vie de pénitence, et de lui obtenir de Dieu le pardon de ses crimes. Le bon saint François, admirant la toute-puissance de la grâce, recueillit amour ce pénitent d'un nouveau genre ; sans tarder davantage, il le revêtit de l'humble habit de la pauvreté, et, avec cette naïveté charmante qui caractérisait sa sainteté, il donna au Loup ravisseur le doux nom de frère Agneau. Le frère Agneau, merveilleusement converti, changea le repaire de ses brigandages en une retraite de prières et de mortification ; et le rocher, presque inaccessible, où il vécut depuis lors et où il mourut très saintement, se nomme encore vulgairement la prison du frère Loup. (Le séraphique saint François, par Mgr de Ségur).

 

002

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

30 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

basilique-San_Francesco

 

Trente-et-unième et dernier jour

Les reliques

31 Octobre

 

Prélude : Vénérons, en union avec tous les dévots serviteurs de saint François, les reliques de notre séraphique Père, et envoyons de loin nos hommages à ces précieux restes, dans l'église où le pape Grégoire IX les a fait placer.

 

Réflexions

 

Le zèle de Grégoire IX pour le culte de saint François le porta à faire bâtir une magnifique église et d'y transférer le corps de son séraphique ami. Ce précieux dépôt reposait honorablement dans l'église de saint Georges, mais il convenait de remettre le Père entre les mains de ses enfants.

Or, quand on voulut choisir, à Assise, un emplacement pour bâtir une église et un couvent, il ne s'en trouva point de plus propice que l'endroit appelé « la Colline d'enfer », où l'on exécutait les criminels, près des murs de la ville, au-dessus d'un profond précipice. Ce fut l'accomplissement du désir prophétique de saint François, qui avait demandé d'y être enterré comme étant le lieu le plus vil.

Le nom de « Colline d'enfer » fut changé par le pape même en celui de « Colline de paradis ». On creusa aussitôt les fondations de l'église sur le penchant de la colline, et Grégoire IX en posa la première pierre avant son départ, en présence des cardinaux et d'une immense multitude, transportée de joie. Il assigna, pour couvrir les frais de la construction, la plus considérable partie des revenus de la vallée de Spolète.

Dès que la crypte de cette église, qui est l'une des merveilles du monde chrétien, fut achevée, sans plus tarder, en 1230, au milieu d'un immense concours et de fêtes magnifiques, la translation des reliques de saint François y fut opérée.

Cinq ans plus tard, en 1235, cette belle église étant complètement terminée, le saint Pape Grégoire IX, malgré ses quatre-vingt-quatorze ans, revint à Assise pour la consacrer de ses propres mains, le 25 avril, dimanche de Quasimodo. Ce fut une grande solennité. Ce monument gigantesque et charmant tout à la fois, se compose de trois églises superposées : l'une, qui est la crypte inférieure, où repose le corps de saint François, est peu étendue la seconde et la troisième, qui servaient au culte public, et qui ont été profanées en 1871, par la révolution italienne, avaient été décorées par les plus illustres peintres du moyen âge.

 

Pratique : Prendre la résolution de répandre, par tous les moyens en son pouvoir, le culte et la dévotion de saint François d'Assise.

Invocation : Saint François d'Assise, notre bon père, priez pour vos enfants !

 

Fioretti

Le trésor d'Assise

 

Dans l'église souterraine de la basilique de saint François, à Assise, on vénère le corps sacré du saint, dont on aperçoit la chasse en pierre, à travers une puissante grille de fer, au-dessus d'un autel où l'on peut célébrer la Messe. Des lampes sans nombre brûlaient jadis devant la sainte relique ; mais, depuis l'invasion piémontaise, qui a dépouillé la basilique et le grand couvent des Frères Mineurs, il n'en reste plus qu'une, triste et solitaire. Les ossements sacrés du corps de saint François, reconnus et vérifiés en 1821, par une commission spéciale sur l'ordre du Pape Pie VII, reposent tout entiers dans cette châsse. Les reliques du Saint que l'on donne aux fidèles, sont des parcelles de la vénérable poussière qui fut jadis sa chair, ses vêtements, les clous de ses Stigmates et les suaires dans lesquels le Saint fut enseveli.

Dans le Trésor, on voit le plus ancien portrait connu de saint François, dont il est question plus haut, ainsi que l'original de la Règle des Frères Mineurs, et celui de la bénédiction donnée à Frère Léon, tracés tous deux de la main même du Saint. Là on vénère encore deux tuniques portées par saint François, dont l'une, chose remarquable, est en laine blanche et a été tissée par sainte Claire et sa sœur sainte Agnès, de la laine du pauvre petit agneau que le Père François leur avait donné ; il mettait, paraît-il, cette blanche tunique les jours de grande fête. Là se conservent également des reliques qui rappellent ses Stigmates ; entre autres la feuille de parchemin, teinte de son sang et destinée à couvrir la plaie de son côté ; et la paire de sandales en étoupe, que la bonne sainte Claire, touchée des souffrances de son admirable Père, lui confectionna tout exprès pour atténuer les poignantes douleurs des Stigmates sanglants de ses pieds. (Le séraphique saint François, par Monseigneur de Ségur).

 

005 francesco cimabue 1-001

 

Fin du Mois de Saint François d’Assise

 

Pour télécharger l’intégralité des méditations du Mois de St François d’Assise (pdf), cliquez ici

 

Prochain Mois de dévotion, le Mois des Bergers

rendez-vous le 30 novembre

 

Pour recevoir les prochains Mois de dévotions, méditations, prières et Neuvaines,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

23 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

13015559_996706137091048_2011451544221858347_n

 

Vingt-quatrième jour

La souffrance et l'amour

 

Prélude : Serrons-nous autour de notre père, qui va bientôt nous quitter.

 

Réflexions

 

Depuis sa stigmatisation jusqu'à sa mort, dit l'auteur de l’Histoire populaire de saint François, sa vie peut se résumer en deux mots : la souffrance et l'amour. Quand il revint à Sainte Marie des Anges, pâle, défait, cachant en vain les blessures sacrées de ses mains et de ses pieds, ses frères crurent voir un vivant crucifix. Malgré sa langueur et les douleurs incessantes que lui causaient ses plaies, le zèle du salut des âmes le fit bientôt sortir de cette retraite, et pendant une partie de l'hiver de 1224 à 1225, il allait ou plutôt il se faisait porter de ville en ville à travers l'Ombrie, guérissant les infirmes du corps et de l'âme, poursuivi de la vénération des peuples, et se bornant souvent, pour toute prédication, à répéter, d'une voix affaiblie, mais toute brûlante d'une divine charité : « Jésus-Christ, mon amour, a été crucifié ».

Dans son humilité, il croyait n'avoir rien fait pour Dieu et pour le prochain ; il se regardait comme un serviteur inutile et disait à ses frères : « Commençons, mes frères, à servir Dieu Notre Seigneur, car jusqu'ici nous avons fait bien peu de chose ». Depuis plusieurs années déjà, il avait ré- signé ses fonctions et son titre de supérieur général des Frères Mineurs, que ses infirmités rendaient trop pesants pour lui. En conférant son autorité au frère Pierre de Catane d'abord, et ensuite au frère Elie, il leur avait dit, avec cette simplicité céleste, qui lui venait directement du cœur doux et humble du Sauveur : « Mon père et mon très cher frère, je vous reconnais pour mon père et mon seigneur : je confie à vos soins la garde de mon âme, et je vous promets humblement tout respect et toute obéissance comme à mon vrai ministre. Je vous prie et je vous conjure, par le Dieu vivant et véritable, de vouloir bien confier à un de nos compagnons la charge de me commander et de prendre soin de moi : je lui obéirai inviolablement en tout comme à vous- même ; car, à cause du grand profit et du mérite de l'obéissance, je désire avoir toujours avec moi mon supérieur et être sans cesse en sa présence ». Et, comme il avait dit, il fit jusqu'à sa fin.

Son amour pour son Sauveur Jésus-Christ semblait croître avec ses souffrances ; ses ravissements étaient continuels ; sa vue achevait de s'éteindre dans les larmes brûlantes que lui arrachait la Passion de Notre Seigneur, et son bien-aimé se montrait également si plein d'amour pour lui, qu'il semblait jouir sans interruption de sa présence. Il communiait fréquemment et avec tant de dévotion qu'on le voyait devenir semblable à un homme enivré après avoir reçu l'Agneau sans tache, et souvent son action de grâce s'achevait en une ardente extase.

Sa tendresse pour ses frères, sa miséricorde pour les pécheurs, étaient sans bornes. Plus il participait aux souffrances et à la sainteté de Jésus-Christ, plus il participait aussi à sa bonté : la lettre, adressée par lui au frère Elie, et lui donnant des conseils pour le gouvernement de l'ordre, est un monument admirable de cette charité toute divine.

Sur les instances de frère Elie, le saint consentit enfin à se reposer. On le transporta dans une cellule très pauvre, près de Saint Damien, où sainte Claire et ses sœurs lui préparaient de leurs mains les remèdes indiqués par les médecins. Il y demeura pendant quarante jours avec les frères Massee, Ruffin, Léon et Ange de Rieti, ses ordinaires compagnons. Puis il revint à Sainte Marie-des-Anges, où il resta languissant et malade pendant toute la fin de l'année 1225. Ses frères, voyant ses forces décliner et sachant qu'ils allaient le perdre prochainement, le contemplaient avec une vénération et un amour toujours croissants. « Oh ! s'écrie l'un d'entre eux, Thomas de Celano, son premier historien, comme il leur apparaissait beau, splendide et glorieux, dans l'innocence de sa vie, dans la simplicité de ses paroles, dans la pureté de son cœur, dans son ardent amour de Dieu et de ses frères ! » Sa patience était inaltérable, et il répondait à ceux qui lui demandaient comment il pouvait supporter d'un cœur et d'un visage joyeux les douleurs cuisantes de ses yeux et de tout son corps : « La gloire que j'attends est telle, que toute peine, toute maladie, toute humiliation, toute persécution, toute mortification devient pour moi une cause de joie ». C'est pourquoi, dit saint Bonaventure, il ne considérait pas ses souffrances comme des peines, mais il les appelait ses sœurs.

 

Pratique : Invoquer saint François dans les maladies, pour les supporter avec résignation et d'une manière méritoire.

Invocation : Saint François, modèle de patience, aidez et soulagez les pauvres malades.

 

Fioretti

L'heureuse aventure

 

Vers la fin de 1225, il profita d'un court moment de convalescence, pour se faire transporter en quelques endroits de l'Ombrie et des provinces voisines, afin d'y gagner encore des âmes à Dieu. C'est dans cette dernière course apostolique qu'il guérit à Bagnolo, en Toscane, un petit enfant de quatre ans atteint d'une maladie mortelle. Quand il l'eut guéri, il s'écria, dit-on, en rendant grâces à Dieu : « O buona ventura ! O l'heureuse aventure ! » L'enfant, qui s'appelait Jean, en garda le nom : il devint plus tard saint Bonaventure. (Histoire populaire de saint François d'Assise, par le marquis de Ségur).

 

003

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

21 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

815_001-002

 

Vingt-deuxième jour

La Portioncule

 

Prélude : Saint François priait une nuit dans sa cellule, voisine de l'église de la Portioncule, quand il fut révélé que dans l'église même étaient Notre Seigneur Jésus-Christ et sa Sainte Mère, avec une grande multitude d'anges. À cette nouvelle, pénétré d'une joie indicible, il se leva, et, plein d'un religieux respect, il entra dans l'église. Dès qu'il aperçut la majesté et la gloire ineffable du Fils de Dieu, il se prosterna en sa présence et l'adora avec la soumission et la dévotion la plus profonde. Notre-Seigneur Jésus-Christ, abaissant sur lui un regard plein de bonté, lui dit de demander quelques grâces pour le salut des hommes. Alors saint François, aidé du patronage de Marie qu'il avait invoquée avec ferveur, demanda que tous ceux qui viendront en ce lieu et visiteront cette église obtinssent pardon de tous leurs péchés, après s'en être confessés. Le Seigneur répondit à saint François que cette demande lui était agréable, mais il lui ordonna en même temps d'aller trouver son vicaire pour lui demander cette indulgence en son nom. Le Souverain Pontife fit d'abord quelques difficultés, mais il finit par accéder à cette demande.

 

Réflexions

 

Saint François avait obtenu cette indulgence au mois d'octobre de l'année 1221. Le jour auquel les fidèles pouvaient la gagner n'avait point été fixé. Or, quinze mois plus tard, pendant une de ces longues nuits d'hiver si propres à la contemplation, le saint patriarche priait dans sa cellule près de l'église de la Portioncule. Le démon lui suggéra de ne pas tant veiller et de ne pas tant prier, parce qu'à l'âge où il se trouvait, le sommeil était nécessaire. Aussitôt le saint reconnaît le tentateur et se souvient du moyen employé par saint Benoît pour le vaincre. Sortant donc de sa cellule, il va dans le plus épais du bois, ôte son habit, déchire son corps à travers les ronces et les épines, voit couler son sang de ses nombreuses plaies et s'écrie : « Il vaut mille fois mieux pour moi endurer ces douleurs avec Jésus-Christ que de suivre les conseils de l'ennemi qui me flatte ». En ce moment, une vive lumière remplit le bois. François s'arrête, étonné et ravi. Les ronces étaient transformées en roses rouges et en roses blanches, quoique l'on fut dans la saison la plus rigoureuse. Ces rosiers toujours verts et sans épines donnent encore des fleurs en toute saison ; on les appelle les rosiers de Saint François.

Pendant qu'il admire ce prodige, plusieurs anges éclatants de blancheur et de gloire l'entourent, et l'un deux lui adresse les mêmes paroles qui lui furent portées du Ciel, quinze mois auparavant : « François, allez à l'église, Jésus-Christ vous y attend avec sa sainte mère ». En même temps, il se voit revêtir miraculeusement d'un habit blanc ; et suivant l'inspiration qui le presse d'en agir ainsi, il cueille douze roses rouges et douze roses blanches, et les porte à l'église dont le chemin lui semble richement orné. En y entrant, il se prosterne et dit, avec une grande expression de foi et de confiance : « Père très saint, Seigneur du ciel et de la terre, Sauveur du genre humain, daignez, par votre grande miséricorde, déterminer le jour de l'indulgence que votre infinie bonté a bien voulu accorder en ce saint lieu ». Notre Seigneur lui répondit : « Je veux que ce soit depuis le soir du jour où l'apôtre saint Pierre fut délivré de ses liens, jusqu'au soir du lendemain ». Et comme saint François demanda encore de quelle manière cette indulgence devait être publiée, et si on ajouterait foi à sa parole, Notre Seigneur lui ordonna d'aller trouver son vicaire, de lui porter quelques roses rouges et blanches comme preuve de la vérité du fait, et d'emmener avec lui quelques-uns de ses frères, qui rendraient témoignage de ce qu'ils avaient entendu. Les anges entonnèrent ensuite le Te Deum, et la vision disparut.

Saint François prit trois roses de chaque couleur, en l'honneur des trois personnes de la Très Sainte Trinité, et il choisit, dans la même pensée, trois de ses religieux, pour l'accompagner à Rome. Dès le lendemain, il se mettait en marche avec eux. Arrivé à Rome, il rendit compte au Souverain Pontife des merveilles qui venaient de se passer à N.-D. des Anges, et lui présenta pour preuve les roses miraculeuses conservées dans toute leur fraîcheur, malgré la longueur de la route. Le Pape, surpris de voir des roses si belles, si fraîches et si odorantes, dans une saison si rigoureuse et après une si longue marche, reconnut la vérité de ces témoignages ; et, après avoir pris l'avis des cardinaux, il confirma l'indulgence et ordonna à sept évêques de la contrée de se réunir à Assise le 1er août de la même année, pour la publier solennellement à Sainte-Marie des Anges.

Au jour marqué, les évêques s'y assemblèrent ; le concours des fidèles était immense. Saint François prêche avec une ferveur et une onction angéliques. Les évêques ne voulaient pas que cette indulgence fut accordée à perpétuité. Ils jugeaient qu'une concession aussi extraordinaire ne pouvait être dans la pensée du Pape ; ils résolurent donc de ne l'annoncer que pour dix ans. L'évêque d'Assise se leva le premier pour publier l'indulgence ; mais il la déclara perpétuelle, sans qu'il lui fut possible d'y mettre aucune restriction. Les autres évêques essayèrent successivement de l'annoncer pour dix ans, mais, par une permission particulière de Dieu, ils furent obligés de publier une Indulgence perpétuelle, ils reconnurent ainsi la volonté manifeste de Dieu.

Cette indulgence, nous devons le remarquer, n'est point, comme les autres, une simple concession faite par le Souverain-Pontife, elle a l'inappréciable avantage d'avoir été accordée par Jésus-Christ lui-même, sur la demande de sa divine Mère. Depuis sa promulgation solennelle, vit affluer chaque année, à N.-D. des Anges, un immense concours de fidèles qui venaient participer au grand pardon d'Assise. Les pèlerins étaient obligés de loger sous des tentes dressées dans la campagne, autour de l'auguste sanctuaire. Le nombre en est encore très considérable, malgré les désastres que la révolution a accumulés dans ces pays qu'elle a envahis.

Toutefois, quelque immense que fut le nombre des pèlerins de la Portioncule, dès l'origine de cette indulgence, c'était peu auprès des fidèles qui, répandus sur toutes les parties du monde, ne pouvaient participer à cette grâce précieuse. Persuadés que cette sublime expansion de la miséricorde divine était un bienfait général et que ce pardon s'adressait à tous les fidèles, plusieurs Souverains Pontifes ont étendu cette indulgence à toutes les églises de l'ordre de saint François.

Quand une église a été abandonnée par les Franciscains. elle perd ce privilège. Il y a néanmoins une exception pour la France. Le Pape Pie VII a concédé de nouveau ce privilège à toutes les églises ayant appartenu aux Franciscains ou aux Franciscaines. L'indulgence de la Portioncule a l'insigne privilège de ne pas être suspendue par l'année du Jubilé. On peut la gagner autant de fois qu'on visite l'église à laquelle elle est attachée, depuis l'heure des premières vêpres jusqu'au soir du 2 août, après le coucher du soleil.

Pour y participer, il faut trois choses, outre la visite de l'église : 1° la confession, 2° la communion, 3° prier aux intentions du Souverain Pontife. Pour la confession, on suit la règle ordinaire des autres indulgences. La communion peut se faire dans quelque église que ce soit. On croit que la récitation du Miserere ou cinq Pater et cinq Ave suffit pour les prières aux intentions du Souverain Pontife. On peut s'appliquer une de ces indulgences, et même plusieurs dans le cas où on ne les aurait pas gagnées plénières, et appliquer les autres, par la voie de suffrage, aux âmes du Purgatoire.

 

Pratique : Bénissons la Reine des Anges qui nous a obtenu de son divin Fils une grâce si précieuse. Rendons nos actions de grâces à Notre-Seigneur qui met à notre disposition un moyen si facile de payer nos dettes à sa divine justice, de nous racheter du Purgatoire et de recouvrer l'innocence baptismale. Coopérons à tant de grâces, devenons meilleurs et enrichissons-nous pour le Ciel.

 

Invocation : Saint François, notre bon père, obtenez-nous la grâce de Jésus.

 

003

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

20 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

42 La fondazione del Terz Ordine

 

Vingt-et-unième jour

Le Tiers-Ordre

 

Prélude : Représentons-nous les premiers Tertiaires aux pieds du saint fondateur, recevant de ses mains bénies l'habit religieux et écoutant ses pieuses exhortations.

 

Réflexions

 

C'était en 1221. Déjà, le premier des trois ordres du séraphique Patriarche comptait douze années d'existence. La fondation du second ordre avait suivi de près celle du premier, à la grande admiration du peuple, émerveillé de la sainteté des pauvres Clarisses. Mais, les simples fidèles, retenus dans le monde par des liens qui les empêchaient de suivre cet entraînement universel vers le sacrifice, s'affligeaient de ne pouvoir suivre ce mouvement de la foi et de l'amour. De là vint la fondation du troisième ordre.

Saint François rencontra un jour sur sa route un de ses anciens amis de jeunesse, le marchand Luchesio. Cet homme, autrefois renommé pour son avarice et ses passions politiques, s'était converti et édifiait tous ses concitoyens par une vie exemplaire. Plus d'une fois, sa compagne et lui avaient supplié François de leur tracer une règle de perfection appropriée à leur état. Le saint entra chez eux et leur dit : « J'ai songé depuis peu à instituer un troisième ordre où les personnes mariées pourront servir Dieu d'une manière parfaite ; et je crois que vous ne sauriez mieux faire que d'y entrer ». Luchesio et Bona Donna furent les premiers tertiaires franciscains. Le fondateur leur fit prendre un habit simple et modeste, de couleur cendrée, avec une corde à plusieurs nœuds pour ceinture, et leur prescrivit la pratique de différents exercices de piété, en attendant une règle spéciale. Il la composa l'année suivante, et un grand nombre de laïques fervents s'inscrivirent parmi ses religieux observateurs.

Approuvé d'abord verbalement par Honorius III, le Tiers Ordre reçut de ce même Pontife une approbation solennelle, qui combla de joie le séraphique Père.

Dès lors, sans se détourner de sa vie de continuelle oraison et des soins que réclamaient le premier et le second ordre, il s'employa avec zèle jusqu'à la fin de sa vie à développer et à affermir cette grand œuvre. Il formait aux vertus de leur nouvel état les Frères et les Sœurs, déjà revêtus du saint habit Tertiaire ; il les réunissait et présidait leurs assemblées. À la tendre sollicitude dont il les entourait, il était aisé de voir qu'il les confondait dans une même affection avec les nombreux disciples que Dieu lui avait donnés dans ses deux premiers ordres. Au milieu des nombreuses souffrances et des angoisses de ses longues maladies, il les recommandait sans cesse au Seigneur, et, à l'exemple de Jésus-Christ, son modèle, il priait, avec la tendresse d'un père, non-seulement pour les tertiaires, ses contemporains, mais aussi pour tous ceux qui dans la suite des siècles viendraient prendre place au sein de l'innombrable famille dont il était le patriarche. Il les bénit encore une fois de son lit de mort ; et mesurant alors d'un regard prophétique les trésors de grâce et les immenses ressources de salut que ces trois ordres devaient assurer aux générations à venir, il en rendait grâces à Dieu et se réjouissait en quittant la terre d'y laisser après lui une arche sainte à trois compartiments, où viendraient se réfugier de véritables enfants de Dieu, pour se dérober au déluge d'erreurs et d'iniquités qui couvre et souille le monde, et se préserver plus efficacement de la perdition éternelle.

 

Pratique : Favoriser autour de soi l'entrée dans le Tiers Ordre.

Invocation : Saint François, père du Tiers Ordre, priez pour tous les Tertiaires Franciscains.

 

Icône de l'Engagement Franciscain

 

Fioretti

Jésus et le Tiers Ordre

 

Notre séraphique Père François d'Assise s'était retiré sur le mont Alverne, pour s'y appliquer plus librement à la contemplation. Le Frère Léon, dont il ne se séparait jamais, vit un soir la cellule de notre saint éclairée d'une brillante lumière. Une flamme très pure ceignait la tête de François d'une éclatante auréole. Il entendait comme un colloque entre deux ou plusieurs personnes, et il voyait ce séraphin de la terre mettre par trois fois la main dans son sein et l'étendre ensuite vers la flamme. Désireux de connaître le sens caché de cette mystérieuse vision, il pria son bienheureux Père de lui en donner l'explication. « Dieu, dit alors François, m'est apparu au milieu de la flamme que vous avez aperçue. Dans son infinie bonté, il m'a développé d'impénétrables mystères, et m'a donné une très profonde connaissance de lui-même, en me demandant de lui offrir quelque chose en retour de toutes les faveurs dont il me comblait. Ah ! Seigneur, lui disais-je, ma pauvreté est extrême ; je n'ai rien à mon usage, si ce n'est le pauvre habit qui me couvre ; mon corps et mon âme sont à vous, dès longtemps je vous en ai fait le sacrifice. Alors il me pressait de lui offrir ce que j'avais dans mon sein ; y portant la main, grande a été ma surprise d'en retirer une belle pièce d'or dont je lui ai fait aussitôt hommage, j'y en ai trouvé deux autres encore, et, comme la première, je les lui ai offertes avec bonheur. Tout cela se passait au moment où vous m'avez vu étendant le bras vers la flamme. Pendant que je remerciais le Seigneur de tant de bienfaits, il a daigné me faire connaître que les trois pièces d'or dont je venais de lui faire hommage étaient le symbole des trois ordres établis par moi, depuis peu, avec le secours de sa grâce, et qu'il les avait pour agréables ». (Manuel du Tiers Ordre de la pénitence de saint François d'Assise, par le Père Salvator d'Ozieri).

 

003

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

19 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

St François et le Sultan V

 

Vingtième jour

En Egypte

 

Prélude : Suivons le grand missionnaire sur la terre infidèle, où son zèle ardent le pousse à gagner des âmes et à chercher le martyre.

 

Réflexion

 

Emporté par son zèle et accompagné de onze religieux miraculeusement désignés par le Ciel, François se dirigea vers l'Egypte. Il envoya ses compagnons, deux par deux, à Saint Jean d'Acre, et se rembarqua avec le seul Frère Illuminé pour aborder à Damiette, en juillet 1219.

Or, on était en pleine croisade. François passa entre les deux armées en présence et, rencontrant. sur sa route deux brebis : « Ayons confiance au Seigneur, ait-il tout plein de joie, la parole de l'Evangile s'accomplit en nous : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ». Presque aussitôt, les musulmans se jetèrent sur lui et sur son compagnon comme des loups furieux, et les emmenèrent; en les rouant de coups, devant le Soudan, leur maître.

« Qui vous envoie ? et pourquoi venez-vous ici ? » demanda le Sultan Malik El-Kamil. - « C'est le Dieu très-haut qui nous envoie, lui répondit hardiment François, pour vous montrer, à vous et à votre peuple, les voies du salut ». Et il se mit à lui prêcher, avec une ferveur toute céleste, un Dieu en trois personnes et Jésus-Christ, vrai Dieu et Sauveur du monde.

Rempli d'admiration, le Sultan l'écouta et l'invita à demeurer près de lui. « Si vous et votre peuple, dit alors l'homme de Dieu vous voulez vous convertir, je demeurerai de grand cœur avec vous pour l'amour de Jésus-Christ, mon Seigneur ; que si vous balancez entre sa divine loi et celle de Mahomet, faites allumer un grand feu, et j'y entrerai avec vos prêtres, afin que vous voyez par là quelle est la foi qu'il faut suivre. - Je ne crois pas, répondit le Soudan qui voyait les prêtres s'esquiver prudemment à cette proposition, qu'aucun de mes Imams veuille entrer dans le feu ni souffrir quelques tourments pour sa religion. - Eh bien ! reprit saint François, si vous me promettez, vous et votre peuple, d'embrasser la religion chrétienne dans le cas où je sortirai du feu sain et sauf, j'y entrerai seul. S'il me dévore, qu'on l'impute à mes péchés, et non à ma foi ; mais si Dieu me conserve au milieu des flammes, vous reconnaîtrez Jésus-Christ pour le seul vrai Dieu et pour le Sauveur de tous les hommes. - Je n'ose accepter, répondit Malik El-Kamil, de peur d'une sédition » et il lui offrit de riches présents, que le saint repoussa avec mépris.

Puis, voyant l'inutilité de ses efforts auprès de ces infidèles aveugles et endurcis, François prit le parti de les abandonner, et le Sultan le fit reconduire avec honneur, ainsi que le Frère Illuminé, au camp des chrétiens, où son retour fut accueilli avec les plus touchantes marques de vénération. Mais le saint les quitta bientôt pour aller visiter les Saints Lieux et s'y retremper dans son amour pour Jésus crucifié.

Or, il y avait dans les environs d'Antioche un beau monastère de Bénédictins, dont l'abbé, mort depuis peu, avait prédit à ses Frères qu'il viendrait bientôt un saint homme pauvrement vêtu et de chétive apparence, mais très vénérable et patriarche d'un grand Ordre. Aussi, à la venue de François, les moines sortirent processionnellement au-devant de lui et le reçurent avec grand honneur. Sa sainteté les ravit tellement qu'ils embrassèrent la vie franciscaine et que, plusieurs autres monastères ayant suivi leur exemple, François, avant de rejoindre ses autres enfants, eut la consolation de compter une province de l'Ordre en Syrie.

 

Fioretti

Saint François et le Sultan

 

Avant de le quitter, Malik El-Kamil avait dit en secret à François : « Priez pour moi, afin que Dieu me fasse connaître la vraie religion et que je puisse l'embrasser ». Les prières de saint François furent exaucées, au dire de plusieurs historiens, vingt ans après, vers 1228. Malik El-Kamil étant près de mourir, François, déjà mort et canonisé, apparut à deux de ses Frères, en Syrie, et leur ordonna d'aller l'instruire, le baptiser et l'assister à ses derniers moments. Ce qui est certain, c'est qu'à partir du jour où le Sultan Malik eut connu le saint, il se montra constamment favorable et doux envers les chrétiens, et que les Frères Mineurs commencèrent dès lors à prêcher l'Evangile en Terre Sainte et en Syrie, comme nous l'avons vu plus haut. (Histoire de saint François, par divers auteurs).

 

002

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

18 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

linvio

 

Dix-neuvième jour

Le merveilleux Chapitre Général

 

Prélude : Contemplons le Saint entouré de ses enfants.

 

Réflexions

 

Le fidèle serviteur du Christ voulut alors réunir un Chapitre général de son ordre, et il y réunit plus de cinq mille de ses frères. Le cardinal Hugolin, nommé protecteur par le Pape, y vint. Il visitait chaque jour le Chapitre. À la vue de ces frères assis dans la plaine autour du couvent de Sainte Marie des Anges, et partagés par groupes de quarante, de quatre-vingts et de cent ; à la vue de ces hommes occupés à s'entretenir de Dieu, adonnés à la prière, aux larmes et aux exercices de la charité ; à la vue de cette réunion qui se tenait dans un si profond silence et dans une si grande modestie qu'on n'y entendait pas la moindre rumeur, le moindre mouvement qui pût distraire ; à la vue d'une multitude si considérable et réglée par une discipline si exacte, il se sentait ravi d’admiration, et, versant des larmes, il s'écriait, dans la ferveur de son âme : « Oui, c'est vraiment ici que se trouve le camp et l'armée des chevaliers de Dieu ». Dans une si grande assemblée, on n'entendait pas un mot léger, pas une plaisanterie ; quelques frères se réunissaient-ils, c'était pour prier, réciter l'office, pleurer leurs péchés et ceux de leurs bienfaiteurs, et s'entretenir du salut des âmes.

La terre nue servait de lit aux frères, quelques-uns seulement prenaient un peu de paille ; une pierre ou un morceau de bois leur tenait lieu d'oreiller. On accourait de toutes parts pour contempler ce merveilleux spectacle, mais surtout le chef très saint de cette pieuse milice, celui qui avait ravi au monde une si belle proie, rassemblé un troupeau si saintement composé, pour le faire marcher à la suite de Jésus-Christ, le vrai pasteur.

Le Chapitre général une fois réuni, saint François, le Père et le Ministre, dans la ferveur qui l'animait, se mit à expliquer la parole de Dieu et à prêcher ce que l'Esprit-Saint lui inspirait. Voici les paroles qui firent le sujet de son discours : « Nous avons promis à Dieu de grandes choses, mais il nous en a promis de plus grandes encore: gardons les unes, soupirons après les autres. Le plaisir est court, la peine est éternelle : les souffrances sont légères, et la gloire est infinie ». Ces paroles qu'il développait avec ferveur excitaient les frères à l'obéissance et les y confirmaient. Elles les portaient au respect pour la sainte Eglise leur mère, à la charité fraternelle, à la prière pour tous les pécheurs, à la patience dans les afflictions, à la modération dans la prospérité, à la modestie, à la chasteté, à la paix et à la concorde avec Dieu, avec le prochain et avec sa propre conscience, enfin à l'amour et à l'observance de la sainte pauvreté.

Saint François ajouta encore : « Par le mérite de la sainte obéissance, je vous ordonne, à vous tous qui êtes ici rassemblés, de n'avoir aucune sollicitude au sujet de votre subsistance et des autres besoins temporels ; appliquez-vous uniquement à prier et à louer Dieu, laissez-lui tout le soin de subvenir à vos nécessités corporelles, et soyez sans inquiétude, car ce bon Père a pour vous une sollicitude toute spéciale ». Cet ordre fut reçu de tous les frères, l'allégresse dans le cour, la joie sur la figure ; et quand saint François eut cessé de parler, tous se mirent en prière. L'événement justifia la confiance du saint, car les provisions apportées par les habitants du pays dépassèrent tous les besoins.

 

Pratique : Se confier avec un filial abandon à la bonne Providence.

Invocation : Saint François, père de la famille franciscaine, veillez sur vos enfants.

 

Fioretti

Les cilices et les cercles de fer

 

Ce fut au temps de ce Chapitre que saint François connut, par révélation, qu'un grand nombre de frères portaient sur la chair des cilices et des chaînes de fer, ce qui occasionnait une multitude d'infirmités qui mettaient la plupart d'entre eux dans l'impossibilité de vaquer à la prière, quand ils avaient assez de force pour ne pas succomber entièrement. Aussitôt, comme un père plein de discrétion, il ordonna, au nom de l'obéissance, à tous ceux qui portaient ces instruments de mortification de les retirer et de les déposer devant lui. Les frères obéirent et l'on compta jusqu'à cinq cents cilices et un bien plus grand nombre encore de cercles de fer que l'on avait portés au bras ou ailleurs ; tout cela formait un énorme monceau. Saint François défendit aux frères d'en rien reprendre. (Légendes du Moyen-âge, traduites par l'abbé Riche).

 

002

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

17 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

15 Francis Meets Dominic

 

Dix-huitième jour

Le Cordon séraphique

 

Prélude : Assistons à la première entrevue des deux Saints Fondateurs.

 

Réflexions

 

Les deux hommes, dont les destinées offraient au ciel et à la terre de si admirables harmonies, dit Lacordaire, ne se connaissaient pas. Tous deux habitaient Rome au temps du 4e concile de Latran, et il ne paraît pas que le nom de l'un eût jamais frappé l'oreille de l'autre. Une nuit, Dominique étant en prière, selon sa coutume, vit Jésus-Christ irrité contre le monde, et sa Mère qui lui présentait deux hommes pour l'apaiser. Il se reconnut pour l'un des deux ; mais il ne savait qui était l'autre, et, le regardant attentivement, l'image lui en demeura présente. Le lendemain, dans une église, on ignore laquelle, il aperçut, sous un froc de mendiant, la figure qui lui avait été montrée la nuit précédente, et, courant à ce pauvre, il le serra dans ses bras avec une sainte effusion, entrecoupée de ces paroles : « Vous êtes mon compagnon, vous marcherez avec moi, tenons-nous ensemble, et nul ne pourra prévaloir contre nous ». Il lui raconta ensuite la vision qu'il avait eue ; et leur cœur se fondit l'un dans l'autre entre ces embrassements et ces discours.

Il fut même question un instant de fondre en un seul les deux ordres naissants ; mais, saint François crut préférable de s'en tenir à l'étroite union qui animait déjà les deux fondateurs. Alors, Dominique lui demanda, en témoignage de cette union, de lui donner sa corde, symbole de pénitence, de pauvreté et de chasteté ; et, jusqu'à la fin de sa vie, le bienheureux Dominique porta toujours, sous sa robe blanche de Frère Prêcheur, cette corde de saint François. Il fut ainsi, en dehors de la famille franciscaine, le premier qui porta la corde de saint François d'Assise Son exemple fut suivi d'une multitude de pieux fidèles, désireux de porter ainsi une marque de leur amour envers saint François.

Telle fut l'origine de l'Archiconfrérie du Cordon séraphique, dont Mgr de Ségur a admirablement décrit les merveilleuses richesses dans un opuscule spécial, qu'il faut lire et répandre.

 

Pratique : Éviter avec soin jusqu'aux plus petites désunions entre familles et personnes pieuses.

Invocation : Saint François et saint Dominique, priez pour nous !

 

Fioretti

Saint Dominique et Saint François

 

Dominique eut à Rome une joie bien vive. Il n'était pas le seul que la Providence eût élu, dans ces temps critiques, pour arrêter la décadence de l’Église. Pendant qu'il ravivait aux saintes et profondes sources de son cœur le fleuve de la parole apostolique, un autre homme avait reçu la vocation de ressusciter, au milieu d'une opulence corruptrice des âmes, l'estime et la pratique de la pauvreté. Ce sublime amoureux de Jésus-Christ était né sur le penchant des montagnes de l'Ombrie, dans la ville d'Assise, d'un riche et avare marchand. La langue française, qu'il avait apprise dans l'intérêt du négoce de son père, fut cause qu'on lui donna le nom de François, qui n'était point le nom de sa naissance ni celui de son baptême. À l'âge de vingt-quatre ans, au retour d'un voyage de Rome, l'Esprit de Dieu, qui l'avait souvent sollicité, s'empara de lui tout à fait. Conduit par son père devant l'évêque d'Assise pour qu'il renonçât à tous ses droits de famille, l'héroïque jeune homme se dépouilla des vêtements qu'il portait, et les mit aux pieds de l'évêque, en disant : « Maintenant je pourrai dire avec plus de vérité que jamais : Notre Père qui êtes aux cieux ! » À quelque temps de là, assistant au saint sacrifice de la messe, il entendit lire l'Evangile où Jésus-Christ recommande à ses apôtres de ne posséder ni or,  ni argent, de ne point porter de monnaie dans leurs ceintures, ni une besace par le chemin, ni deux tuniques, ni des souliers, ni une baguette. Une joie indicible se répandit en lui à ces paroles ; il ôta ses souliers de ses pieds, déposa son bâton, jeta avec horreur le peu d'argent qu'il avait, et tout le reste de sa vie il n'eut plus pour couvrir et ceindre sa nudité qu'un caleçon, une tunique et une corde. Encore eut-il peur de cette richesse, et, avant de mourir, il se fit mettre nu sur le pavé devant ses frères, de même qu'au commencement de sa parfaite conversion à Dieu il s'était mis nu devant l'évêque d'Assise. Tout cela se passait pendant que Dominique évangélisait le Languedoc au péril de sa vie, et accablait l'hérésie du spectacle de son apostolat. Une merveilleuse correspondance avait été établie, à son insu, entre ces deux hommes, et la fraternité de leur carrière subsista jusqu'en des événements qui suivirent leur mort. Dominique était l'aîné de douze ans ; mais, préparé d'une manière plus savante à sa mission, il fut rejoint à temps par son jeune frère, qui n'avait pas eu besoin d'aller aux universités pour y apprendre la science de la pauvreté et de l'amour. Presque à la même époque où Dominique posait à Notre Dame de Prouilhe au pied des Pyrénées, les fondements de son ordre, François jetait les fondements du sien à Notre Dame des Anges, au pied des Apennins. Un sanctuaire antique de la bienheureuse Vierge, mère de Dieu, avait été pour tous deux l'humble et douce pierre angulaire de leur édifice. Notre Dame de Prouilhe était le lieu chéri entre tous par Dominique ; Notre Dame des Anges était le coin de terre auquel François avait réservé une place d'affection dans l'immensité de son cœur détaché de toute chose visible. L'un et l'autre avaient commencé leur vie publique par un pèlerinage à Rome ; l'un et l'autre y retournèrent pour solliciter du Souverain Pontife l'approbation de leurs ordres. Innocent III les rebuta d'abord tous les deux, et la même vision le contraignit de donner à tous deux une approbation verbale et provisoire. Dominique, comme François, renferma sous la flexibilité austère de sa règle les hommes, les femmes et les gens du monde, faisant de trois ordres une seule puissance combattant pour Jésus-Christ par toutes les armes de la nature et de la grâce : seulement Dominique commença par les femmes, François par les hommes. Le même souverain Pontife, Honorius III, confirma leurs instituts par des bulles apostoliques ; le même encore, Grégoire IX, les canonisa. Enfin les deux plus grands docteurs de tous les siècles pleurèrent ensemble sur leurs tombeaux : saint Thomas sur celui de Dominique, saint Bonaventure sur celui de François. (Vie de saint Dominique, par le Père Lacordaire).

 

002

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

16 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

7

 

Dix-septième jour

À Rome

 

Prélude : Représentons-nous saint François d'Assise aux pieds du Souverain-Pontife, vénérant dans sa personne sacrée le vicaire de Jésus-Christ.

 

Réflexions

 

Dans son ardent et filial amour pour le pape, le saint patriarche des Frères Mineurs vint à Rome, au moment où Innocent III se disposait à ouvrir le 4e concile de Latran, convoqué pour l'extinction des hérésies, la réforme des mœurs, le règlement de la discipline et le recouvrement de la Terre Sainte par une sainte ligue ou croisade entre les princes chrétiens. Il y vint pour prier le Souverain-Pontife de déclarer publiquement qu'il avait approuvé sa règle. Innocent III satisfit aux pieux désirs de François, comme nous l'avons raconté dans le Mois de saint Dominique.

C'est à la suite de cette visite au Pontife suprême que le séraphique père tint le premier chapitre général de l'ordre, où l'on établit des ministres provinciaux et où l'on choisit des ouvriers évangéliques pour les diverses nations. François se réserva la France, qu'il aimait de prédilection, et Paris, « l'endroit, disait-il, où le Saint-Sacrement est le plus vénéré et aimé ».

Quand ces hommes apostoliques furent réunis aux pieds de leur père pour recevoir ses ordres, il leur adressa ce paternel discours, dont rien n'égalera jamais l'éloquente simplicité : « Au nom du Seigneur, marchez deux à deux modestement et avec humilité, gardant un silence très exact depuis le matin jusqu'après tierce, et priant Dieu dans votre cœur. Qu'on n'entende parmi vous aucune parole oiseuse et inutile. Quoique vous soyez en voyage, votre conduite doit être aussi humble et modeste que si vous étiez dans un ermitage ou dans votre cellule ; car, en quelque endroit que nous allions, nous avons toujours notre cellule avec nous. Notre frère le corps est notre cellule, et l'âme est l'ermite qui y demeure pour penser à Dieu et pour prier. Si une âme religieuse ne demeure pas en repos dans la cellule du corps, les cellules extérieures ne lui serviront guère. Comportez-vous de telle sorte parmi le monde, que quiconque vous verra ou vous entendra, soit touché de dévotion et loue le Père céleste, à qui toute gloire appartient. Annoncez la paix à tous, mais ayez-la dans le cœur comme dans la bouche, et encore plus. Ne donnez occasion à personne de colère ni de scandale ; au contraire, par votre douceur, portez tout le monde à la bénignité, à l’union, à la concorde. Nous sommes appelés pour guérir les blessés, consoler les affligés et ramener les errants ; plusieurs vous paraissent être les membres du diable, qui seront un jour les disciples de Jésus-Christ ».

Puis, les enfants du saint patriarche reçurent sa bénédiction, et s'étant recommandés aux prières de leurs compagnons, ils partirent pour se rendre où l'obéissance les envoyait, bien résolus à mettre en pratique tout ce qu'ils venaient d'entendre.

 

Pratique : Se rattacher, du fond de son cœur, aux enseignements et aux ordres du Saint Siège.

Invocation : Saint François, parfait disciple de Jésus, apprenez-nous à obéir à ceux qui ont mission de nous diriger en son nom.

 

Innocent III-002

 

Fioretti

L’Église Romaine

 

Pendant que les nouvelles attaques dont son ordre était l'objet préoccupaient saint François, Notre Seigneur daigna le consoler en lui envoyant la vision suivante : François vit en songe une poule qui tâchait de rassembler sous ses ailes tous ses poussins, pour les protéger contre un oiseau de proie ; elle avait beau faire, elle ne réussissait pas à les couvrir tous. Mais voilà qu'au dessus d'elle vint se placer un autre grand oiseau, couvrant et protégeant de ses ailes la poule et les poussins. À son réveil, le bon François pria naïvement Notre Seigneur de lui expliquer ce que cela voulait dire ; et ayant su, dans l'oraison, que la pauvre poule le représentait lui-même, que les poussins étaient ses enfants, et que le grand oiseau figurait un Cardinal-Protecteur qu'il fallait demander au Pape, il appela ses frères, leur dit ce qu'il avait vu, et ajouta ces mémorables paroles : « L’Église Romaine est la mère de toutes les Eglises, et la souveraine de tous les ordres religieux. C'est à elle que je m'adresserai pour lui recommander mes frères, afin qu'elle réprime par son autorité ceux qui lui veulent du mal. Quand ils seront sous sa protection, aucun ennemi ne pourra les inquiéter, ni les empêcher de s'avancer tranquillement dans la voie du salut éternel. La sainte Eglise Romaine aura du zèle pour la gloire de notre pauvreté ; elle ne souffrira pas que l'humilité, qui est si digne d'honneur, soit obscurcie par les nuages de l'orgueil. C'est elle qui rendra indissolubles parmi nous les liens de la charité et de la paix, punissant avec rigueur les auteurs des discussions. Que les enfants de cette sainte Eglise soient donc bien reconnaissants de ces douces faveurs qu'ils recevront de leur Mère et qu'à jamais ils lui soient inviolablement attachés ». (Le séraphique saint François, par Mgr de Ségur).

 

002

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

22 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

19

 

Vingt-troisième jour

Les stigmates sacrés

 

Prélude : Recueillons-nous pour contempler ce grand prodige.

 

Réflexions

 

C'était sur le mont Alverne. Un ange l'avait averti de se disposer, avec humilité et patience, à recevoir un don spécial de Dieu. Pendant qu'il persévérait dans la prière, il se mit à méditer pieusement sur la Passion du Sauveur et sur son infinie charité. La ferveur de la dévotion s'accroissait tellement en lui, qu'il demeurait entièrement transformé en Jésus-Christ par l'amour et la compassion. Il était dans toute l'ardeur de cette divine contemplation, quand soudain il vit descendre, du haut des cieux, un séraphin qui avait six ailes éclatantes et toutes de feu. Il se précipitait d'un vol rapide vers lui ; et bientôt le saint put voir, entre ses ailes, la figure d'un homme crucifié. Ses ailes étaient disposées de telle sorte qu'il en avait deux sur la tête, deux autres lui servaient à voler, et les deux dernières lui couvraient tout le corps.

À la vue de ce séraphin, saint François demeura saisi d'étonnement ; une joie mêlée de tristesse et de douleur se répandit dans son âme. La douce contemplation du Christ, qui lui apparaissait si familièrement et qui daignait jeter sur lui de si tendrez regards, le remplissait de joie ; mais le douloureux spectacle de son crucifiement le pénétrait de compassion, et il en avait le cœur transpercé comme d'un glaive. Il admirait surtout profondément que l'infinité des souffrances du Sauveur parût sous la forme d'un séraphin, sachant bien qu'elle ne s'accorde pas avec l'état de gloire et d'immortalité. Mais bientôt le séraphin lui-même lui apprit que Dieu l'avait permis ainsi, pour lui faire connaître que ce n'était pas par le martyre de la chair, mais par l'embrasement de l'amour, qu'il devait être transformé tout entier en une parfaite ressemblance avec Jésus-Christ crucifié.

Après un long et mystérieux entretien, l'admirable vision disparut, laissant dans le cœur du saint une ardeur excessive et la flamme de l'amour divin, et sur son corps l'image merveilleuse et les traces de la Passion du Sauveur, Alors, ses pieds et ses mains furent transpercés par des clous semblables à ceux qu'il avait vus dans les mains et les pieds du Christ qui venait de lui apparaître. Les têtes de ces clous, qui étaient rondes et noires, se trouvaient dans le creux des mains et au-dessus des pieds, et les pointes ressortaient du côté opposé, recourbées et rivées de manière qu'on aurait pu sans peine y passer le doigt comme dans un anneau. Au côté droit du saint, apparut aussi une plaie rouge, comme s'il eut été transpercé d'une lance, et souvent elle jetait un sang sacré qui trempait sa tunique et ce qu'il portait sur les reins.

Il mit un tel soin à cacher ces blessures que ses frères les ignorèrent longtemps. Seulement, ils remarquèrent qu'il ne découvrait plus ni les pieds ni les mains, et qu'il ne pouvait même plus poser à terre la plante des pieds.  

Le saint pape Alexandre, dit saint Bonaventure, prêchant au peuple, affirma devant un auditoire considérable de frères où j'étais moi-même, que ces saints stigmates, il les avait vus de ses propres yeux durant la vie du saint. Enfin, à sa mort, plus de cinquante frères, la vierge de Dieu très pieuse, Claire, avec ses sœurs, et d'innombrables séculiers les virent également, et la plupart d'entre eux les baisèrent avec vénération, et les touchèrent de leurs mains, afin que rien ne manquât à la force du témoignage.

 

Pratique : Vénérer souvent, avec une ardente et affectueuse dévotion, les cinq plaies de Jésus crucifié.

Invocation : Saint François, image fidèle de Jésus crucifié, imprimez profondément, dans nos âmes, les plaies du Sauveur.

 

00 Christ Séraphin

 

Fioretti

L'entretien mystérieux

 

Dans cette apparition séraphique, le Christ lui-même daigna communiquer à saint François des choses secrètes et mystérieuses qu'il ne voulut jamais rapporter dans sa vie ; ce ne fut qu'après sa mort qu'il en fit la révélation. Or, voici quelles furent les paroles du Christ : « Sais-tu, disait-il au saint, le prodige que je viens d'opérer en toi ? Pour que tu sois mon gonfalonier, je t'ai donné les stigmates, qui sont les marques de ma Passion. Et, de même que, le jour de ma mort, je suis descendu aux Limbes, et qu'en vertu de mes plaies, j'en ai retiré toutes les âmes qui s'y trouvaient pour les introduire au Paradis, quand tu auras quitté la terre, tous les ans, le jour de l'anniversaire de ta mort, je t'accorde aussi de pouvoir descendre au Purgatoire, et, en vertu des stigmates, d'en retirer toutes les âmes de tes trois ordres, des Mineurs, des Sœurs et des Continents, et même de tous les autres qui auront eu pour toi une grande dévotion et que tu trouveras dans ce lieu d'expiation. Tu les introduiras toi-même au Paradis ; et c'est ainsi qu'après m'avoir été conforme pendant ta vie, tu le seras encore après ta mort ». (Considérations sur les stigmates de saint François, traduites par l'abbé Riche).

 

003

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

2 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

2 Francesco del francula

 

Troisième jour

Le Nazareth de François

 

Prélude : Entrons, avec un saint respect, dans cet intérieur où l'enfant de Bernardone et de Pica grandit, comme le fils de Marie et de Joseph, en grâce, en âge et en sagesse.

 

Réflexions

 

C'est à une des plus belles pages de l'historien populaire de notre bon saint que nous empruntons aujourd'hui notre sujet de méditation.

« Les premières années de François s'écoulèrent tranquilles et cachées près de ses parents, comme celles de l'Enfant Jésus à Nazareth. Sa mère formait son cœur ; de bons prêtres d'Assise formèrent son intelligence et lui donnèrent une instruction en rapport avec la fortune de son père. L'enfant apprit avec goût et facilité les belles lettres : plus tard, il ne parla si souvent de son ignorance que par humilité. La langue latine et la langue française lui étaient familières ; si dans sa vie il se servit peu de livres, c'est qu'il lisait dans le livre toujours ouvert pour lui, et qui renferme toute science, de Jésus crucifié. Bientôt Bernardone associa son fils à ses opérations de commerce ; l'enfant apporta à cette occupation le zèle et l'intelligence qu'il avait mis à s'instruire.

Mais, dès ses premiers temps, il différa grandement de son père par sa manière d'envisager la richesse. Généreux jusqu'à la prodigalité, il se plaisait plus à dépenser l'or qu'à l'amasser, et, montrant une grande âme jusque dans les défauts de sa folle jeunesse, il semblait un fils de roi plutôt qu'un fils de marchand. Il aimait l'éclat des fêtes, la beauté des vêtements, la splendeur des repas ; il donnait aux plaisirs du monde et à la société de ses joyeux amis tout le temps que lui laissait le négoce paternel, et, sans mener une vie coupable, il menait une vie dissipée.

Une grâce spéciale de Dieu et l'élévation naturelle de son âme le préservèrent toujours des mauvaises mœurs : son cœur demeura pur, et quand plus tard Dieu marqua son corps des stigmates de sa Passion, il les imprima sur une chair virginale. Le doux adolescent avait d ailleurs une autre sauvegarde puissante contre les tentations des sens et les embûches du démon, c'était l'amour des pauvres qui précéda en lui l'amour de la pauvreté, et qui, de degré en degré, le porta jusqu'aux sommets les plus sublimes de la sainte charité. Il chérissait les pauvres comme frères, se plaisait à les secourir et se sentait particulièrement touché quand ils lui demandaient l'aumône pour l'amour de Dieu. Ces mots d'amour de Dieu remplissaient dès lors son âme, encore mondaine, d'une mystérieuse émotion. Une seule fois, préoccupé d'une affaire de son négoce, il rebuta un mendiant qui l'implorait avec cette divine formule. Mais aussitôt, rentrant en lui- même, il se repentit amèrement, courut tout en pleurs après le pauvre repoussé, lui fit une large aumône, et prit de ce jour la résolution, à laquelle il ne faillit point, de ne jamais refuser l'aumône à personne.

Ce mélange de vertus naissantes et de qualités naturelles, le charme de sa jeunesse, vivacité, son ardeur, sa générosité d'âme, gagnèrent à François, dès son adolescence, les sympathies de tous : ses compagnons le choisissaient volontiers pour chef et maître de leurs jeux ; son père, tout en regrettant ses prodigalités, était secrètement flatté de ses succès et du prestige qui déjà l'entourait, et Pica, sa pieuse mère, entrevoyait avec joie, sous ses qualités et ses défauts mêmes, le germe de célestes vertus et l'espérance d'un grand amour de Dieu ».

 

Pratique : Concourir, dans la sphère de son influence, à l'éducation chrétienne de la jeunesse.

Invocation : Saint François, qui avez passé la jeunesse dans l'innocence, priez pour les jeunes gens dont la vertu est exposée à faire naufrage.

 

Fioretti

Les deux étudiants

 

Un jour que saint François prêchait à Bologne, ses paroles avaient une onction si merveilleuses qu'elles paraissaient plutôt sortir de la bouche d'un ange que de celle d'un homme : c'étaient autant de flèches aiguës qui transperçaient le cœur de ceux qui les écoutaient. Aussi produisirent-elles la conversion d'une multitude de personnes. De ce nombre se trouvèrent deux étudiants distingués de la Marche d'Ancône, dont l'un s'appelait Pellegrino et l'autre Rinieri. Intérieurement touchés de la grâce en entendant les paroles du saint, ils vinrent le trouver aussitôt après sa prédication, lui protestant qu'ils voulaient entièrement renoncer au monde et entrer dans son Ordre. Connaissant alors, par révélation, que c'était Dieu lui-même qui les lui envoyait et qu'ils devaient se sanctifier dans son Institut, voyant aussi la grande ferveur dont ils étaient animés, saint François les reçut avec joie et leur dit : « Pellegrino, vous suivrez dans l'ordre la voie de l'humilité ; et vous, frère Rinieri, vous vous dévouerez au service des religieux ». Les nouveaux frères se montrèrent fidèles à ces recommandations. (Légendes du Moyen-âge, traduites par l'abbé Riche).

 

2 (3)-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

12 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

130

 

Treizième jour

Les pauvres Clarisses

 

Prélude : Représentons-nous l'illustre fondatrice des Pauvres Dames d’Assise, entourée de ses filles spirituelles qui l'écoutent avec amour et respect.

 

Réflexions

 

C'est en suivant, avec un intrépide courage, la voie douloureuse, que Claire, par l'odeur de ses vertus, attire à elle des femmes célèbres et qu'elle fonde le monastère des Pauvres Dames. Quelle magnifique protestation contre l'amour déréglé des biens périssables et contre les folies du luxe ! Établie supérieure, elle révèle des qualités rares pour le gouvernement de la communauté. Elle y dépose, dès le principe, des germes qui seront un jour des arbres majestueux chargés de bons fruits. La règle, expression de la volonté divine, elle la fait observer avec autant de prudence que de douceur. Les biens qu'elle pouvait légitimement retenir au profit de ses religieuses, elle les a versés dans le sein des pauvres, elle ne veut que la chétive aumône qui lui vient de l'extérieur. En tout, elle donne l'exemple. Les offices les plus bas, les plus opposés à notre délicatesse, elle se les réserve, elle les remplit dans toutes les circonstances. Grégoire IX, effrayé de tant de rigueurs dans une réunion de femmes, se propose d'y apporter quelques adoucissements. Claire, par ses prières, par ses instantes supplications, obtient du pape qu'il ne sera rien changé aux premières dispositions de l'établissement.

Que ceux qui ne connaissent pas assez la puissance de la grâce viennent contempler le spectacle que nous leur présentons. Voici une jeune vierge distinguée par sa noblesse et par ses agréments ; elle a brisé tous les liens qui l'attachent à la terre ; elle prend pour partage la croix, mais la croix dans ce qu'elle a de plus redoutable et de plus opposé à nos convoitises. Elle voit se grouper autour d'elle d'autres jeunes filles. À celles-ci elle montre un asile où l'on ne trouve que la pauvreté et les humiliations, une cellule où les ornements ne sont que des instruments de pénitence et de guerre à toute espèce de sensualisme : elle ne leur permet, pour le soutien de leur vie corporelle, qu’un peu d'eau avec un morceau de pain et quelques légumes. Les bruits du monde ne viendront jamais troubler le silence du cloître. Vous diriez un enterrement d'êtres vivants. Eh bien ! Ce projet ne reste pas à l'état de rêve, il se réalise par une institution qui s'implante solidement dans le sol de la foi, et qui s'étend dans toute l'Europe. Aux premières filles de Sainte Claire succèdent d'autres filles qui continuent, sous l'œil de l’Église, l'œuvre admirable de la Fondatrice.

Ici, la raison reste muette d'étonnement. Le fait sublime et merveilleux qui l'accable ne peut s'expliquer que par une surhumaine, dont la force est infinie. Le temps a effacé bien des inscriptions qui devaient perpétuer la mémoire de certains hommes ; il n'effacera pas, quoiqu'il arrive, l'empreinte du passage de sainte Claire en ce monde ; elle est gravée sur une matière cause plus durable que le marbre et l'airain.

On se tromperait étrangement si l'on prétendait que sainte Claire, absorbée dans la contemplation et dans les souffrances, demeurait étrangère à tout ce qui se rapporte aux grands intérêts sociaux. Il est impossible que Celle qui vivait dans le cœur de Celui qui a tant aimé les hommes, n'ait pas aimé les hommes. Un jour, ayant devant elle le Saint Sacrement, elle fait reculer les Sarrasins. Cet acte de courage sauve la ville d'Assise. Dans une autre circonstance, au moment d'un péril extrême, elle pense aux habitants de qui elle recevait des secours. Aussitôt, elle se couvre la tête de cendres, elle veut que ses religieuses en fassent autant. Toutes sont en prières, et l'armée ennemie est en déroute. Le Pape, les cardinaux, les évêques, les théologiens qui la visitaient, et qui avaient pour elle la plus haute estime, n'étaient pas des esprits faibles. Ils voyaient dans l'œuvre de sainte Claire une d'immenses avantages pour l’Église et pour la société.

L'institut de Sainte Claire existe depuis plus de huit siècles, et il a d'innombrables ramifications dans tous les pays de la chrétienté. Comptez toutes les victimes qui s'y sont immolées ; comptez toutes les prières, toutes les mortifications, toutes les austérités qui s'y sont renouvelées à chaque heure du jour et de la nuit ; comptez ensuite toutes les personnes qui sont venues y chercher des conseils, des consolations dans le malheur, y demander des suffrages pour une multitude de cas et d'intentions qui sont le secret des familles ; croyez-vous que toutes ces choses ne sont pour rien auprès de Dieu dans l'intérêt des hommes ? Mais ce serait outrager la Providence ; ce serait nier, ce serait renverser les plus beaux sentiments, les meilleurs instincts, qui nous portent invinciblement à regarder ceux qui sont purs et parfaits, comme pouvant, comme devant nous être utiles, quand nous les implorons. Fermons les yeux de la chair, ouvrons les yeux de la foi, élevons-nous, sursum corda, nous comprendrons que la réversibilité est une loi du gouvernement divin ; nous saurons que les ardentes supplications, que les âmes saintes et privilégiées font monter vers le ciel, retombent sur la terre comme une abondante rosée de bénédictions spirituelles et temporelles.

Du haut de son trône, sainte Claire, sans nul doute, contemple et protège son institut. Elle voit avec bonheur qu'il a traversé mille révolutions, et qu'il est resté debout au milieu des ruines d'une foule d'empires et d'institutions qu'on croyait immortels. Elle voit avec non moins de bonheur que, toujours plein de sève dans sa racine et dans ses branches, il continue de condamner vigoureusement notre sensualisme, d'exalter l'excellence de la pauvreté, de l'humilité, et la puissance des sacrifices imposés à la nature. Non, il n'est pas besoin que les filles de sainte Claire puissent se rendre compte à elles- mêmes des titres ou des mystérieux rapports, par lesquels leur vie se rattache dans notre intérêt à l'ordre surnaturel. Mais il est nécessaire, pour nous, qu'elles s'affermissent de plus en plus dans l'esprit de leur mission; il est nécessaire qu'elles pleurent, qu'elles gémissent, qu'elles souffrent et qu'elles redoublent d'efforts, pour apaiser le courroux du ciel, et pour désarmer le bras de la Justice irritée.

 

Pratique : Ne parler jamais qu'avec respect et vénération des couvents et spécialement des couvents adonnés à la contemplation.

Invocation : Saint François, qui avez guidé sainte Claire et ses premières compagnes dans les voies de la perfection religieuse, priez pour les monastères qui attirent les bénédictions d'en haut sur l’Église et sur la société.

 

Fioretti

Le second Ordre

 

Les vertus de la sainte épouse de Jésus-Christ, comme un parfum précieux, attirèrent des âmes pures et innocentes, qui firent de la maison de Saint Damien, un nombreux monastère, et l'origine de l'Ordre nommé des Pauvres Dames, ou des Pauvres Sœurs, ou de Sainte Claire, le second des trois qui furent institués par saint François. Il établit Claire, abbesse de Saint Damien, malgré l'humilité qui la portait à n'être que la servante des autres, et qu'il ne put vaincre que par l'obéissance qu'elle lui avait promise. Ce fut dit que cette sainte abbesse demeura renfermée quarante-deux ans, dans la pratique d'une éminente perfection. (Vie de saint François d'Assise, par le Père Chalippe).

 

001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

11 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

2-bmp

 

Douzième jour

Sainte Claire d'Assise

 

Prélude : Représentons-nous Claire à genoux, devant le Séraphique patriarche qui coupe les cheveux de l'héroïque jeune fille et la consacre à Jésus-Christ.

 

Réflexion

 

Les magnifiques considérations, qui vont passer aujourd'hui et demain sous les yeux des pieux enfants de saint François, sont empruntées à un des meilleurs écrits du saint évêque de Versailles, Mgr Mabile.

Saint François d'Assise, obéissant à son zèle de feu, avait conçu et organisé contre les désordres du siècle une croisade, qui devait perpétuer au milieu des chrétiens le mépris des plaisirs et l'amour de la pauvreté et de la mortification. Or, les femmes devaient avoir leur place et leur action dans cette croisade. L'une est le complément de l'autre. Sainte Claire sera l'instrument dont Dieu va se servir pour ajouter de nouvelles perles, de nouvelles fleurs à la couronne monastique et pour apprendre aux mondains ce que peut l'être le plus délicat, le plus faible, quand dans un élan de ferveur il s'abandonne aux mouvements de la grâce.

Née dans une condition où les richesses, les plaisirs, les honneurs s'offraient à elle sous les images les plus séduisantes, Claire pouvait, sans aucune peine, se procurer une existence très-heureuse selon le monde. Mais, prévenue de la grâce et s'élevant tout d'abord par la foi aux clartés célestes, elle dédaigne tout, elle méprise tout ce qui vient de la terre. Aimer Dieu, se consacrer à Dieu, vivre pour Dieu, souffrir pour la gloire de Dieu et pour l'expiation des péchés qui se commettent chaque jour : voilà ce qu'elle veut, voilà la part qu'elle choisit comme la meilleure part qui ne lui sera point enlevée. Une parole de Saint François d'Assise est pour elle un trait de lumière, un jet de flamme, dont son intelligence et son cœur ressentiront éternellement les effets. L'heure est venue. À dix-huit ans, elle court à l'autel, et le sacrifice qu'elle y consomme avec des transports de joie, elle le renouvellera toute sa vie, jusqu'à son dernier soupir.

Claire n'aspirait pas à une sainteté commune ; son ambition, ambition bien permise en pareil cas, allait beaucoup plus loin. Il fallait donc qu'elle eût à traverser, dès le début, des épreuves non communes. Ses parents, le monde, le démon, dans l'espoir de la vaincre, s'unissent pour l'attaquer et pour essayer de flétrir les palmes qu'elle veut cueillir à tout prix. Le combat sans doute est rude et terrible, mais la jeune vierge a mis Dieu dans ses intérêts et la victoire n'est pas douteuse. Elle fait taire la voix du sang ; elle prend le monde en horreur ; elle terrasse le prince des ténèbres. Jésus-Christ est définitivement, irrévocablement, son époux. Elle ne voit que lui, elle ne respire que pour lui, elle se croirait souverainement ingrate et malheureuse, si elle don ait quoi que ce soit de son cœur et de sa vie à un autre qu'à Jésus-Christ.

Il est à propos de bien remarquer que Sainte Claire ne se consacre pas à Dieu comme beaucoup d'autres ont pu et peuvent s'y consacrer. Elle a une vue supérieure des choses, nous dirions volontiers une théologie transcendantale : elle pénètre par les dons du Saint-Esprit jusqu'aux entrailles de l'ascétisme le plus effrayant pour la nature ; elle y découvre des trésors dont la possession coûte d'immenses sacrifices. Son époux c'est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ pauvre, humilié, délaissé, souffrant ; Jésus-Christ outragé dans sa prison et dans son amour pour les hommes. À cet époux qu'elle aime avec tant d'ardeur, elle ne demande que l'honneur d'une place dans la vie caché, où elle puisse souffrir, s'humilier et s'anéantir en union avec lui. Les plus rudes pénitences, les mortifications qui nous révoltent et nous font trembler, sont ses aliments quotidiens ; elle y trouve une suavité inexprimable et des joies dont son cœur surabonde. Après avoir parcouru le cercle des austérités en usage dans les monastères les plus sévères, elle se creuse l'esprit et l'imagination pour en trouver de nouvelles, tant elle brûle de témoigner son amour à Jésus-Christ, tant elle voudrait le dédommager de la gloire qui lui est ravie et réparer les outrages dont il est l'objet dans le Saint Sacrement. Oh ! comme elle peut s'écrier avec Saint Paul : « J'accomplis dans ma chair ce qui reste à souffrir à Jésus-Christ, en souffrant moi-même pour son corps qui est l’Église ». (Col. 1, 24).

 

Pratique : Se garder de blâmer, comme on le fait si souvent dans le monde, les vocations religieuses dont on est le témoin.

Invocation : Saint François, père de Sainte Claire, priez pour les âmes que Dieu appelle à la perfection évangélique.

 

11_saint-francois-d-assise_belles-histoires_pages-to-jpg-027

 

Fioretti

Le repas de sainte Claire

 

Claire désirait vivement prendre un repas avec saint François, et plusieurs fois elle lui en avait fait la demande, mais il avait constamment refusé. Ses compagnons, qui connaissaient le désir de la sainte, lui dirent un jour : « Père, il nous semble que la rigueur doit vous usez envers Sœur Claire n'est pas inspirée par la divine charité… - Vous croyez donc, répondit le saint, que je dois me rendre à ses désirs ? - Oui, Père, répondirent les Frères, Sœur Claire mérite que vous lui accordiez ce qu'elle vous demande. - Eh bien ! Répliqua saint François, votre avis est le mien, je consens ; et, pour procurer à notre sœur une plus grande consolation, je veux qu'elle vienne prendre ce repas à Sainte Marie des Anges. Depuis longtemps déjà, elle est renfermée à St-Damien ; ce sera pour elle un bonheur de revoir ce couvent où elle a déposé les livrées du siècle pour se faire l'épouse de Jésus-Christ ; c'est là que nous mangerons ensemble au nom de Dieu ». Au jour convenu pour ce repas, sainte Claire sortit de son monastère avec une de ses compagnes, et, conduite par quelques-uns des frères, elle se rendit à Sainte Marie des Anges. Lorsqu'elle y fut arrivée, elle alla se prosterner au pied de l'autel devant lequel on lui avait coupé les cheveux et donné le voile ; puis, en attendant l'heure du repas, on la conduisit visiter le couvent. Pendant ce temps-là, saint François faisait tout préparer ; et, suivant son usage, il voulait que les mets fussent posés à terre. Enfin, à l'heure indiquée, lui-même avec un de ses compagnons, et la Sainte avec sa compagne, se rangèrent auteur des mets qu'on avait disposés, et les autres frères prirent aussi humblement leur place. Au premier mets, le saint se mit à parler de Dieu, avec tant de suavité, de profondeur et d'éloquence, que l'abondance divine descendant bientôt sur ceux qui l'écoutaient, tous se sentirent ravis en extase, et ils se tenaient les mains et les yeux levés vers le ciel. En ce moment, les habitants d'Assise, de Bettone et des environs virent l'église de Sainte Marie des Anges, tout le couvent et le bois tellement enflammés, que tout paraissait en proie à un immense incendie. Dès qu'ils aperçurent les flammes, les habitants d'Assise s'empressèrent d'accourir pour les éteindre ; mais, arrivés près du couvent et se voyant trompés, ils entrèrent et trouvèrent saint François, sainte Claire et tous ceux qui les accompagnaient ravis en Dieu par la contemplation et assis autour de quelques pauvres mets. Ils comprirent alors que c'était un feu divin et non pas un feu matériel que Dieu avait fait apparaître miraculeusement, voulant signifier, par là, les flammes du divin amour dont étaient embrasées ces saintes âmes. Ils se retirèrent édifiés et le cœur rempli de consolation. Après une longue extase, sainte Claire, saint François et tous les autres convives revinrent à eux et se sentirent tellement rassasiés de la nourriture spirituelle qu'ils venaient de recevoir, qu'ils ne songèrent plus aux mets grossiers qu'on avait disposés. Ainsi se termina ce repas béni. (Fioretti, traduction de l'abbé Riche).

 

001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de St François d’Assise

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>
Publicité
Publicité