Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
4 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

theophany-001

 

Cinquième jour

Cinquième rayonnement

Le Baptême au Jourdain

 

« Ecce Agnus Dei ». (Jn. 1, 29)

 

L'obscurité qui couvrait la vie de Jésus ne commence à se dissiper qu'au jour glorieux de son baptême.

Il avait trente ans. Le rayonnement qui s'échappe de son Cœur arrive à son apogée, et puisque nous avons comparé ce divin Cœur au soleil, nous pouvons dire que les trois dernières années qui commencent en ce jour, sont le plein midi de ce soleil. De la Vie cachée, Jésus-Christ passe soudain à la Vie publique, et c'est tout d'un coup que cet éclat jaillit.

Un jour, Jean qui baptisait depuis un an au bord du Jourdain, eut un pressentiment direct de son approche. À l'instant, son cœur s'enflamma et, d'une voix vibrante comme l'éclat d'une trompette, il s'écria : « Voici, voici l'Agneau de Dieu ». Les multitudes comprirent-elles ce cri ? En tous cas, les eaux du fleuve qui coulaient comme un torrent, durent bondir de joie en voyant l'Agneau qui venait s'y baigner.

C'était à la dixième heure après le lever du soleil, correspondant environ à quatre ou cinq heures du soir, l'heure où les prêtres du Temple immolaient un agneau en offrant le sacrifice du soir ; c'est pourquoi le Précurseur disait : « Voici l'Agneau ». Véritable Agneau, en effet, par la pureté et la douceur.

L'Agneau, cette ravissante image de la douceur et de la sainteté du Cœur de Jésus, deviendra depuis l'appel de Jean, le nom de la Victime sainte : Agnus Dei. Le Cœur de Jésus est la douceur qui endure la souffrance sans plainte ni révolte, l'innocence qui se sacrifie, l'amour qui se donne, l'humilité qui s'abaisse.

Jésus s'avança vers Jean-Baptiste, mais celui-ci, confondu de tant d'humilité, lui dit ces paroles : « C'est moi qui devrais être baptisé par vous, et vous venez à moi ». Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire maintenant, car c'est ainsi qu'il convient que nous accomplissions toute justice ». Alors Jean n'insista plus et Jésus descendit dans le Jourdain.

Ce beau fleuve qui roule ses eaux tumultueuses jusqu'à la mer Morte, et déjà célèbre par le passage des Israélites, allait devenir sacré par le contact divin. Formé des neiges immaculées du Liban, il se précipite en un cours impétueux au milieu d'une végétation luxuriante qui borde ses rives, dans cette plaine maintenant triste et désolée qu'il fécondait jadis comme le Nil féconde l’Egypte par ses inondations. C'est là un ravissant symbole du fleuve de grâce qui s'échappe du Cœur de Jésus-Christ pour arroser la terre aride et ingrate de nos âmes.

Après que Jésus fut baptisé, dit l’Evangile, tout-à-coup le ciel s'ouvrit, on vit l’Esprit de Dieu descendre sous la forme d'une colombe et une voix s'écria : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis mes complaisances ». Ne fallait-il pas en effet, ô Pèlerin, que le rayonnement divin éclatât aux yeux de tous, et que Jésus apparût dès lors au monde comme Verbe de Dieu, dans la gloire de son Père, qui proclamait ainsi sa céleste origine : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Mais au lieu de cette éclatante manifestation de la Trinité, du Père qui parlait dans la nue, du Fils descendu dans le Jourdain, de l'Esprit Saint qui se reposait sur Lui, le Christ gardait le silence. Par ce silence, il confondait l'orgueil humain qui s'élève arrogant, si fier de quelque titre glorieux et terrestre. Sa bouche se taisait, mais son cœur semblait dire : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ». En effet, le degré suprême de l'humilité est de se soumettre à son inférieur ; c'est ce degré qu'a occupé le Cœur de Jésus en s'abaissant devant saint Jean, qu'il exalte en s'humiliant lui-même. « Qui l'eût cru Fils de Dieu, s'écrie saint Bernard ; qui eût soupçonné en lui le Seigneur, et le Dieu de majesté ? Vous vous humiliez trop profondément, Seigneur, vous vous cachez avec trop de soin ; mais vous ne pourrez rester inconnu à Jean ». Puisque Jésus se tait, Dieu parle et l'Esprit-Saint se repose sur le Cœur humble et doux.

Jésus, descendu au milieu du fleuve, purifie les eaux ; il leur donne la force de la régénération, le « droit de baptême », selon le mot de saint Bernard ; puis il nous ouvre, par son baptême, la porte du ciel et les flots de la grâce, jusqu'alors retenue par le péché. En ce jour, le divin Cœur se donne comme source de vie et quels torrents descendent de lui ! Il fera ruisseler la grâce et la vie dans les âmes !

C'est un avant-goût de cet autre baptême qui terminera sa vie mortelle et dont il disait : « J'ai désiré d'un grand désir ce baptême, et pourquoi faut-il que je me voie empêché quelque temps encore de le recevoir ? »

Jésus, en instituant le baptême, épouse l'humanité, qui sera désormais lavée de ses péchés. Aussi l’Église chante-t-elle « qu'en ce jour elle a été unie à son céleste Epoux, parce que Jésus a lavé dans le Jourdain tous les crimes qu'elle avait commis ». En ce jour solennel, l'Agneau a pris sur lui toutes les souillures de sa créature et la faute originelle d'Adam, et les a purifiées dans ce bain régénérateur, devenu par le Christ le premier Sacrement.

 

826_001-001

 

Invocation

 

Ô divin Maître, Agneau chargé de nos péchés, votre amour s'abaisse à suivre la prescription de la loi faite seulement pour les pécheurs, pour nous montrer qu'on ne va pas à Dieu sans l'obéissance. Vous accomplissez merveilleusement le symbole de ce beau fleuve qui porte avec lui la fertilité, parce que vous nous montrez le chemin d'un Sacrement nouveau qui arrosera nos âmes flétries par le péché originel ; vous nous ouvrez toutes grandes les écluses qui retenaient captives les eaux de la grâce et du salut. Ô Seigneur, lavez-nous, purifiez-nous. « Lavez-moi non seulement les pieds, dira saint Pierre plus tard, mais encore les mains et la tête » ; c'est-à dire nos pas, nos actions et toutes nos pensées.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
5 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

Le Mois de Marie, reine de France

 

992_001

 

Sixième jour

L'Armure de Marie

 

L'armure de Marie se compose, si l'on veut, de trois pièces principales : le scapulaire, la médaille, l'image.

Revêtez le scapulaire : il sera pour vous la cuirasse de justice, de foi et de charité dont parle saint Paul. (Ep. 6, 14 ; et I Th. 5, 8). Marie a promis que celui qui mourrait couvert de cette sainte livrée serait préservé des feux de l'enfer : In quo quis moriens æternum non patietur incendium. Si vous lui êtes fidèle, fallut-il un miracle pour vous préserver du péché, ou pour vous en retirer par la contrition par faite ou par la confession, Marie sera fidèle à sa promesse. Mais prenez garde : si vous ne comptez le péché pour rien, si vous vous faites l'esclave de la passion ou du respect humain, si vous vous livrez à l'indifférence, à l'incrédulité, à l'impiété, quel cas ferez-vous du scapulaire ? Vous le laisserez, vous l'oublierez, vous le rejetterez, et vous obligerez Marie à vous laisser et à vous oublier à son tour.

Au scapulaire du Carmel ajoutez celui de l'Immaculée Conception, et priez pour la réforme des mœurs et la conversion des pécheurs. Cette pratique donne droit à gagner les indulgences de Jérusalem, des sept basiliques de Rome, de la Portioncule et de saint Jacques de Compostelle, sans qu'il soit nécessaire de se confesser et de communier, toutes les fois que l'on récite six Pater, Ave et Gloria en l'honneur de la Sainte Trinité et de l'Immaculée Conception et aux intentions du Pape.

Portez sur vous une médaille de Marie, surtout la médaille dite miraculeuse. Elle vous servira de bouclier pour repousser les traits enflammés de l'ennemi. (Ep. 6, 16). Enfin que l'image de Marie soit toujours exposée en quelque endroit où vos yeux puissent facilement la rencontrer. Elle sera comme un étendard dont la présence vous rappellera sans cesse vos engagements.

 

Notre-Dame_statue-notre-dame-couleurs

 

Marie à Paris

 

Sur la rive gauche de la Seine, au milieu des champs, s'élevait, dit-on, un temple consacré à Cérès. On rapporte que saint Denis étant venu prêcher l'Evangile à Paris, purifia ce temple et le dédia au culte de Marie, qui y fut honorée sous le titre de Notre Dame des Champs.

Denis avait vu la très sainte Vierge, et il avait été si frappé de la majesté de sa personne, que si la foi ne l'eut retenu, il se fut prosterné à ses pieds pour l'adorer. Il apportait dans la Gaule un portrait de l'auguste Vierge, qui fut conservé longtemps dans l'église de Notre Dame des Champs. Cet oratoire a perdu son ancien nom, c'est aujourd'hui la chapelle du couvent des Carmélites de la rue d'Enfer. Lors de l'invasion des Francs, Paris se trouvait à peu près tout entier compris dans l'île appelée aujourd'hui encore la Cité. Il y avait là un temple de Druides. Ce fut sur l'emplacement de cet édifice que Clovis, devenu chrétien, posa la première pierre d'une église qui, après plus d'une transformation, est devenue la majestueuse basilique de Notre Dame de Paris. La première construction fut achevée par Childebert.

On peut donc dire que dès lors, Marie avait pris possession de la capitale future de la France. Elle saura la défendre.

En 885, Sigefroy avec trente mille Normands vint assiéger Paris, qui déjà s'étendait sur les deux rives du fleuve. Pour atteindre les murailles, les barbares comblent les fossés avec les cadavres des prisonniers et ils se disposent à passer sur ce pont humain. À cette vue, outré de douleur, l'évêque Gauzelin lève les yeux au ciel, il invoque Marie, puis saisissant un arc il décoche une flèche contre Sigefroy et le renverse mort. Déconcertés par la chute de leur chef, les Normands prennent la fuite. Paris est sauvé. L'image de Marie fut promenée en triomphe dans les rues et reçut les hommages de la reconnaissance publique.

 

ND de France-001

 

 

Pour recevoir par mail les méditations du Mois de Marie Reine de France

ainsi que les prochaines prières et neuvaine,

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

4 mai 2022

Le Mois de Marie, reine de France

Le Mois de Marie, reine de France

 

329_001

 

Cinquième jour

Invocation

 

Allons au Père par le Fils ; allons au Fils par la Mère. Telle est la volonté de Dieu qui a voulu nous avoir tout entiers par Marie : Quia sic est voluntas Dei qui totum nos habere voluit per Mariam. (Saint Bernard).

Mère de Jésus, Marie est toute-puissante pour nous secourir ; mais elle est aussi toute bienveillante, car elle est notre Mère. Elle est bonne, car elle est Mère ; elle est forte, car elle est Reine.

Enfant d'une Mère si tendre, soldat d'une Reine si grande, voulez-vous vous assurer sa protection maternelle et royale ? enrôlez-vous dans son armée, revêtez son armure, et apprenez à manier ses armes.

L'armée de Marie, c'est la Congrégation. On s'y engage par une consécration spéciale à son service et par la promesse de défendre son honneur et ses intérêts contre les attaques de l'impiété et de la licence. Les mécréants et les libertins se sont ligués contre la foi et la vertu. À cette vue les enfants de Dieu se sont unis sous l'invocation de la Vierge immaculée, de la Vierge-Mère, de la Reine des Anges, et la Congrégation s'est formée. Vous comprenez dès lors pourquoi l'impiété honore la Congrégation des poursuites de sa haine et de sa fureur. Mais comprenez aussi ce mot d'un grand Saint des temps modernes : « Quand un laïque me demande ce qu'il doit faire pour être sauvé, je ne puis lui conseiller un moyen plus utile et plus sûr que d'entrer dans la Congrégation. La Congrégation est un moyen qui renferme tous les autres, même les plus infaillibles, pour le salut éternel ». (Saint Alphonse de Liguori).

Faites-vous inscrire sur les registres de l'Archiconfrérie du très Saint et Immaculé Cœur de Marie, établie à Notre Dame des Victoires de Paris pour la conversion des pécheurs. Par cette inscription vous se rez en union de prière avec les vingt millions d'associés de cette ligue pacifique. Ajoutez la récitation d'un Ave Maria, quand ce ne serait que celui de votre prière du matin ou du soir, aux intentions de l'Archiconfrérie : vous avez rempli toutes les obligations qu'elle propose à ses membres.

 

Vierge Noire de Chartres 2-003

 

Notre Dame de Chartres depuis Louis XIII

 

Le fils d’Henri le Grand, Louis XIII, dès les premiers jours de son règne vint lui-même à Chartres mettre sa personne et sa couronne sous la protection de la Vierge. Il préludait ainsi à l'acte solennel qui devait consacrer la France à Marie dans l'église de Notre Dame de Paris.

Comme autrefois Isabelle, et comme Blanche de Castille, Anne d'Autriche descend dans la grotte vénérée pour demander un fils à la Vierge Mère. Enfin, après vingt-deux ans de stérilité, elle donna le jour à un enfant qui sera Louis XIV.

La France doit donc à Notre Dame de Chartres trois de ses rois : Louis le Lion, saint Louis et Louis le Grand.

Louis XIV ne fut pas ingrat. Ce fut à l'assistance de Celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille qu'il attribuait les victoires remportées par ses grands capitaines, et plusieurs fois il fit le pèlerinage de Chartres pour vénérer sa puissante Protectrice et sa Mère bien aimée.

Vinrent les jours de désolation. On ne sait pas comment la cathédrale de Notre Dame de Chartres a pu traverser à peu près intacte cet ouragan destructeur que la Révolution avait déchaîné sur tous les monuments sacrés. Quoi qu'il en soit, Marie n'a point abandonné la cité de ses prédilections. Elle le fit bien voir lorsqu'en 1832 le choléra y commença ses ravages. En quelques jours, cent soixante personnes avaient succombé. Le dimanche 26 août, on porta en procession la chasse qui contient le voile vénéré. Deux particuliers se permirent d'insulter à la piété des fidèles. Ils se riaient aussi du choléra ; mais, soudainement saisis par le fléau, ils expirèrent dans des contorsions affreuses. Ils furent les dernières victimes ; à partir de la procession, pas un habitant ne mourut du choléra.

De tous ces faits et de mille autres que nous passons sous silence, ne serait-il pas permis d'inférer que Notre Dame de Chartres peut se dire aussi Notre Dame de France ? Chartres est comme la capitale de notre auguste Reine, et ce temple, cette merveille de l'art, cette épopée lapidaire, pour emprunter l'expression d'un orateur de ce siècle, est son palais.

Mais à l'exemple des reines de la terre, la Reine du Ciel aime à visiter les provinces de son royaume, et partout elle a des palais, des sanctuaires privilégiés qu'elle honore de sa faveur plus spéciale. Nous la suivrons dans quelques-uns de ces lieux bénis.

 

ND de France-001

 

Pour recevoir par mail les méditations du Mois de Marie Reine de France

ainsi que les prochaines prières et neuvaine,

abonnez-vous à le newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

24 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

tumblr_n45dwt2yHg1qfvq9bo1_1280

 

Vingt-cinquième jour

25 avril

 

« Consummatum est »

 

Prélude : Jésus goûte le vinaigre, et dit : « tout est accompli ! »

 

Méditation

 

Près de rendre l'âme, Jésus regarde tous les travaux, les humiliations, les opprobres et les tourments que la justice divine lui avait ordonné de souffrir pour effacer nos crimes, et, commençant depuis le premier moment de son entrée dans le monde jusqu'à celui de sa sortie, il trouve que tout est accompli. En puis-je dire autant pour le passé et pour l'avenir ? Ah ! je veux persévérer avec constance dans la croix, afin de n'avoir plus rien à souffrir après ma mort !

Jésus regarde l’œuvre que son Père lui avait confiée, les ordres qu'il en avait reçus ; il a prêché les vérités évangéliques, confirmé sa doctrine par les miracles, rétabli le royaume de Dieu, détruit la tyrannie du démon, sanctifié tous les élus par un seul sacrifice, tracé le modèle de toutes les vertus. Il veut dire : « Tout est accompli, ô mon Père, j'ai achevé l'ouvrage dont vous m'avez chargé, j'ai accompli les figures et les prophéties, j'ai fait tout ce qui est écrit de moi ». - Ma vie est-elle conforme à l'Evangile ? ai-je accompli tout ce qui est nécessaire pour mon salut ? N'ai-je pas détruit l'œuvre de Dieu, au lieu de l'achever en moi ?

Jésus regarde tous les biens qu'il voulait faire aux hommes durant sa vie, et il trouve qu'il n'a rien épargné en leur faveur, et leur a tout donné. Son sang est épuisé, ses forces sont à bout, le trésor de ses grâces et de ses mérites est tout ouvert, il est tout épuisé lui-même, tout est accompli ! - Que nous sommes ingrats, si nous ne nous consacrons au service de celui qui s'est immolé pour notre salut ! Que nous sommes lâches, si nous laissons perdre par notre négligence les biens qu'il nous a acquis avec tant de peine.

Près de mourir, Jésus jette les yeux sur ce qui doit arriver à son Eglise jusqu'à la fin du monde ; il en traite avec son père, il dispose avec lui toutes choses, et, comme tout ce qui regardait sa personne est ponctuellement accompli, de même tout ce qui regarde les élus et les réprouvés s'accomplira exactement. Nous le verrons à l'heure de la mort et à la consommation des siècles, lorsque, ayant prononcé l'arrêt contre les réprouvés et emmenant avec lui les prédestinés, il intimera aux uns et aux autres ces mêmes paroles : « Tout est consommé ! » Tout ce qui dépendait du temps est fini, il ne reste que l'éternité, laquelle ne finira jamais.

Pour un moment de plaisir, une éternité de peines.

Pour un moment de peine, une éternité de plaisirs et de délices.

 

Pratique : Accomplir aussi parfaitement que possible les œuvres que Dieu veut que nous pratiquions.

Bouquet spirituel : « Tout est accompli ! »

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

23 avril 2022

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Le Mois de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

1082491_489040384531001_3964185305004175800_o

 

Vingt-quatrième jour

24 avril

 

« J'ai soif ! »

 

Prélude : Un soldat présente à Jésus-Christ, au bout d'un roseau, l'éponge imbibée de vinaigre.

 

Méditation

 

La soif que Jésus endura sur la croix fut un de ses plus grands tourments. Les peines et les fatigues excessives qu'il avait souffertes depuis la veille au soir, sans aucun repos ni rafraîchissement, avaient allumé un feu dévorant dans ses entrailles.

Admirable charité du Fils de Dieu, dont le souvenir doit nous être présent quand nous prenons part à quelque festin !

Souvenons-nous alors de Jésus crucifié et consumé par les ardeurs de la soif. Le Maître souffre et le serviteur ne songe qu'à ses plaisirs !

Souvenons-nous de tant de pauvres qui languissent dans une indigence pire que les maladies et que la mort. Craignons que Dieu ne nous dise un jour : « J'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ».

Souvenons-nous du mauvais riche, qui brûle dans les flammes et demande sans cesse une goutte d'eau qu'on ne lui donnera ja- mais. Craignons de partager ses tourments, nous qui goûtons les mèmes délices.

Jésus se plaint de la soif, non point pour être soulagé, mais pour goûter le vinaigre qu'il prévoyait devoir lui être donné et accomplir ainsi les prophéties qui avaient prédit ce tourment.

Il se contente de déclarer sa soif, sans demander à boire, pour nous apprendre à surmonter nos peines et à exposer nos besoins, avec résignation et sans empressement.

Il ne la déclare qu'à l'extrémité, pour exercer sa patience et pour nous laisser la preuve de ce qu'il souffre pour nous.

Il la déclare d'un seul mot, mais d'un mot qui comprend trois grands mystères touchant la soif spirituelle de son âme, incomparablement plus grande que celle de son corps, savoir : le désir ardent qu'il a d'accomplir toutes les volontés de son Père, le désir qu'il a de souffrir pour nous et le désir qu'il a du salut de nos âmes.

Mais, quand il a parlé de la soif qui le dévore, les soldats, s'approchant de lui, l'insultent et lui présentent du vinaigre.

Hélas ! vous ne satisfaites guère mieux à la soif qu'il endure pour les pauvres, qui sont ses membres. Vos refus et vos paroles dures lui sont plus amères que le fiel et le vinaigre.

Vous l'affligez encore plus dans la soif. spirituelle de son âme. Au lieu des vertus qu'il vous demande vous ne lui donnez que des vices et des défauts. Au lieu des larmes d'un cœur contrit, vous ne lui donnez que la boue d'un cœur charnel et terrestre.

Âmes ingrates, pensez à ce que vous faites, quand vous offensez Dieu : vous lui donnez à boire du fiel et du vinaigre, en récompense de tant de sang qu'il a versé pour vous et de tant de tourments qu'il a endurés.

 

Pratique : Travailler au salut des âmes, en vue d'apaiser la soif de Jésus crucifié.

Bouquet spirituel : « J'ai soif ! »

 

via_crucis

 

Pour recevoir les méditations du Mois de la Passion, ainsi que les prochaines prières, neuvaines,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

Publicité
18 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Bx Reginald d'Orléans 2-001

 

Dix-neuvième jour

L'Habit des Frères Prêcheurs

 

Prélude. - Se recueillir pour écouter le récit, qui nous a été conservé par la Sœur Cécile, des origines de l'habit dominicain.

 

Réflexions et trait historique

 

« Dieu lui avait inspiré (au Bienheureux Réginald, jusque- là chanoine d'Orléans et docteur célèbre de Paris), le désir d'abandonner toutes choses pour la prédication de l'Evangile, et il se préparait à ce ministère, sans savoir encore de quelle façon le remplir , car il ignorait qu'un ordre de prédicateurs avait été institué. Or, il arriva que, dans un entretien confidentiel avec un cardinal, il lui ouvrit son cœur à ce sujet, lui disant qu'il pensait à tout quitter pour prêcher Jésus-Christ çà et là dans un état de pauvreté volontaire. Alors le cardinal lui dit : « Voilà justement qu'un ordre vient de s'élever, qui a pour but d'unir la pratique de la pauvreté à l'office de la prédication, et nous avons dans la ville le maître du nouvel ordre, qui y annonce même la parole de Dieu ».

Ayant ouï cela, maître Réginald s'empressa de chercher le bienheureux Dominique, et de lui révéler le secret de son âme. La vue du saint et la grâce de son discours le séduisirent ; il résolut dès lors d'entrer dans l'ordre.

Mais l'adversité, qui est l'épreuve de tous les saints projets, ne tarda pas de s'en prendre au sien. Il tomba si gravement malade, que la nature paraissait succomber sous les assauts de la mort, et que les médecins désespéraient de le sauver. Le bienheureux Dominique, affligé de perdre un enfant dont il n'avait pas même joui, se tourna vers la divine miséricorde avec importunité, la suppliant, ainsi qu'il l'a raconté lui-même aux frères, de ne pas lui ravir un fils qui était plutôt conçu que né, et de lui en accorder la vie au moins pour un peu de temps. Pendant qu'il priait ainsi, la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu et maîtresse du monde, accompagnée de deux jeunes filles d'une beauté sans mesure, apparut à maître Réginald éveillé et consumé par les ardeurs de la fièvre, et il entendit cette reine du ciel qui lui disait : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai ».

Comme il délibérait en lui même, une des jeunes filles qui accompagnaient la bienheureuse Vierge lui suggéra de ne rien demander, mais de s'en remettre à la volonté de la reine des miséricordes, ce qu'il agréa volontiers. Alors celle-ci, étendant sa main virginale, lui fit une onction sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains, les reins et les pieds, et elle prononçait en même temps certaines paroles appropriées à chaque onction. Je n'ai pu connaître que les paroles relatives à l'onction des reins et des pieds. Elle disait donc, en louchant les reins : « Que tes reins soient ceints du cordon de la chasteté » ; et en touchant les pieds : « Joins tes pieds pour la prédication de l'Evangile de paix ». Elle lui montra ensuite l'habit des frères prêcheurs, en lui disant : « Voici l'habit de ton ordre » ; et elle disparut à ses yeux.

Réginald se trouva aussitôt guéri, oint qu'il avait été par la mère de Celui qui a le secret de tout salut. Le lendemain matin, quand Dominique vint le voir et lui eut familièrement demandé de ses nouvelles, il répondit qu'il n'avait plus aucun mal, et lui raconta sa vision ».

Commentant cette vision le père Lacordaire dit : « Dominique longtemps, chanoine d'Osma, avait continué en France d'en porter l'habit, et l'avait adopté pour le costume de son ordre. Cet habit consistait en une tunique de laine blanche recouverte d'un surplis de lin, l'un et l'autre enveloppés d'une chape et d'un capuce de laine noire. Or, dans le vêtement que la sainte Vierge montra à Reginald , le surplis de lin était remplacé par un scapulaire de laine blanche, c'est-à dire par une simple bande d'étoffe destinée à couvrir les épaules et la poitrine, en descendant des deux côtés jusqu'aux genoux. Ce vêtement n'était pas nouveau. Il en est question dans la vie des religieux de l'Orient, qui l'avaient sans doute adopté pour complément de la tunique, lorsque le travail ou la chaleur les contraignait de se dépouiller du manteau. Né au désert d'un sentiment de pudeur, tombant comme un voile sur le coeur de l'homme, le scapulaire était devenu, dans la tradition chrétienne, le symbole de la pureté, et par conséquent l'habit de Marie, la reine des vierges. En même temps donc qu'en la personne de Reginald, Marie ceignait les siens de l'ordre, du « cordon de la chasteté », et préparait ses pieds à la « prédication de l'évangile de paix », elle lui donnait dans le scapulaire le signe extérieur de cette vertu des anges sans laquelle il est impossible de sentir et d'annoncer les choses célestes. Après ce grand événement, l'un des plus fameux de l'antiquité dominicaine, l'ordre quitta le surplis de lin pour le scapulaire de laine, devenu la partie principale et caractéristique de son habillement. Lorsque le frère prêcheur fait profession, son scapulaire seul est bénit par le prieur qui reçoit ses vœux, et en aucun cas il ne peut sortir de sa cellule sans en être revêtu, même pour aller au tombeau ».

 

Pratique : Se renouveler dans l'estime et l'amour délicat de la belle vertu de pureté.

Invocation : Saint Dominique, vous qui resplendissez parmi les vierges, priez pour nous !

 

2_San Domenico di Guzman (69)-001

 

Pour recevoir les méditations quotidiennes du Mois de Saint Dominique,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

25 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

1_27969_126227627411342_100000723165332_173426_5910552_n-001

 

Vingt-sixième jour

Derniers jours

 

Prélude : Le visage de Dominique s'est transfiguré : il y a déjà un reflet du ciel sur ces nobles traits, empreints de recueillement et de joie.

 

Réflexions

 

L'œuvre du grand patriarche était accomplie. Le petit grain semé avec larmes dans le Languedoc avait levé, il était devenu un vigoureux arbuste, qui, transplanté à Rome, en terre favorable, avait grandi et couvrait maintenant, arbre immense, de ses rameaux protecteurs, le monde entier. Pendant cinq ans, Dieu qui prélude souvent en ce monde aux récompenses éternelles de ses bons ouvriers, avait donné à Dominique cette grande consolation d'assister à l'affermissement de son Ordre, désormais immortel sous la garde de Jésus Christ.

Nouveau Siméon, le fondateur pouvait chanter son Nunc dimittis, parce que ses yeux avaient vu le Christ glorifié et la lumière des nations éclairant l'univers par les fils que Dieu lui donna en si grande multitude. D'autre part, il avait faim et soif du ciel, son âme soupirait après les clartés de la vision béatifique, son cœur avait besoin d'amour infini, et tout son être respirait à la possession divine. Sans doute, ses enfants l'entouraient de beaucoup d'affection, mais l'écho de sa pensée intime résonnait dans d'autres régions que les limites terrestres : Jésus qu'il avait connu et aimé, qu'il avait fait connaître et aimer, Jésus ne se révèle à découvert qu'au ciel, les voiles du sacrement irritaient l'amour de Dominique ; Marie, la reine du très Saint Rosaire, lui avait souvent dévoilé quelque chose de sa maternelle splendeur, mais elle disparaissait vite et le grand prédicateur avait besoin de se jeter à ses pieds dans une contemplation éternelle ; plusieurs de ses fils et de ses compagnons d'apostolat l'attendaient là haut, il voulait partir !

Qui dira ce qu'est cette nostalgie du ciel, s'il ne l'a éprouvée ? Plus rien n'attache à la terre les âmes qui en sont glorieusement atteintes : elles soupirent sans cesse, une tristesse douce fait le fond de leur vie et transpire jus que dans leur extérieur, leurs entretiens sont du ciel, et leur conversation n'en sort pas. Pour un peu, dans l'intimité du moins, elles diraient volontiers, si leur humilité ne les empêchait : « Comme la terre me paraît vile, j'ai vu le ciel ! »

 

Pratique : Entretenir dans son âme, spécialement dans les temps d'épreuves, les saints désirs du ciel.

Invocation : Saint Dominique, vous qu'un ange a appelé au ciel, priez pour nous !

 

Trait historique

L'appel du Ciel

 

Avant de quitter Bologne, Dominique reçut de Dieu l'avis que son exil touchait à son terme. Le bienheureux Jourdain de Saxe raconte qu'un jour qu'il était en prière et soupirait ardemment, comme saint Paul, après la dissolution de son corps, Dominique se sentit saisi d'une puissante émotion et d'un irrésistible désir de voir Dieu. Jourdain, un jeune homme d'une beauté ravissante, lui apparut, et, le nommant avec une douceur infinie, lui dit : « Dominique, mon bien-aimé, viens dans la joie, viens aux noces que je t'ai préparées, viens ». Il connut en même temps l'époque précise du rendez-vous et on remarqua chez lui un changement joyeux, qui indiquait la fin de toute tristesse. À quelques jours de là, étant allé voir quelques étudiants et quelques élèves de l'Université de Bologne qu'il affectionnait, il parla avec sa gaîté ordinaire, les exhortant au mépris du monde et à la pensée de la mort. Puis, se levant pour les quitter, il leur fit cet adieu : « Mes chers amis, vous me voyez maintenant en bonne santé ; mais, avant que vienne l'Assomption de Notre Dame, je serai enlevé de cette vie mortelle ». Cette annonce surprit beaucoup, rien en lui n’annonçait l'affaiblissement prochain de ses forces, et son esprit était plus mâle que jamais. (Vie de saint Dominique, par divers auteurs).

 

IMG_0051-001

 

Pour recevoir les méditations quotidiennes du Mois de Saint Dominique,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

8 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Laterano IV 2-001

 

Neuvième jour

Le concile de Latran

 

Prélude. - Dominique est assis dans ce cénacle nouveau, où l'Église enseignante délibère, sous l'assistance du Saint Esprit, qui plane au-dessus de la vénérable assemblée.

 

Réflexion

 

Le Rosaire était institué. Dominique se recueillit encore longuement devant Dieu, dans la solitude qu'il s'était faite à Toulouse. Là, priant et méditant avec ses six premiers compagnons, il prêtait l'oreille aux bruits du dehors . Les assauts de l'hérésie albigeoise redoublaient de furie. La lutte, engagée entre celle qui a dompté dans l'univers entier toutes les hérésies et l'ennemi qui a juré de perdre les âmes par l'erreur, semblait arrivée à ce paroxysme, où les plus vaillants hésitent et où les croyants eux-mêmes se sentent comme pris de peur. Dominique écoutait, il priait avec larmes, il regardait du côté où l'étoile apparaîtrait. L'étoile apparut, comme toujours , du côté de Rome.

Un grand pape gouvernait alors l'Église, l'oeil fixé sur le monde entier, et ne négligeant aucun devoir de son immense charge. Innocent III vit la plaie profonde qui dévorait le midi de la France, et il entreprit de la guérir définitivement. Le 11 novembre 1215, il ouvrit, à Latran, ce célèbre concile, qui, avec celui de Trente, a eu le privilège d'exciter le plus la haine et les fureurs impuissantes des modernes hérétiques, parce que l'enfer vit avec rage que tout était à recommencer. Le terrain gagné, jusque dans le sein même de l'Église de Dieu, fut reconquis par celle- ci avec d'immenses avantages : les mœurs s'épurèrent, la doctrine s'affirma avec plus de netteté, la discipline resserra ses liens sacrés, l'esprit chrétien se retrempa aux sources pures. L’Église sortit, du concile de Latran, rajeunie et vivifiée.

Dominique fut appelé à prendre part aux travaux du saint concile. Quelles ne durent pas être ses émotions, en revoyant Rome ! Onze ans s'étaient écoulés depuis son premier pèlerinage au tombeau des saints Apôtres. Il se retrouvait au pied du siège apostolique, après avoir consacré de longues années à un travail pénible et solitaire. L'œuvre, dont il avait rapports la pensée de sa première entrevue avec le vicaire du Christ, n'avait point encore de vie propre. Ah ! comme son âme virile eut besoin de se retremper aux sources du zèle pour ne pas être ébranlée ! Quarante-six ans de vie déjà passés, beaucoup de travaux et de fatigues, et un si mince succès ! Ne me parlez plus d'enthousiasme humain, les plus fermes s'y briseraient. Et, quand je vois Dominique se diriger vers la salle du concile à Latran, nourrissant dans son cœur le ferme dessein d'enseigner et de réformer le monde, tandis qu'il n'a laissé derrière lui, à Toulouse, que six compagnons inconnus et sans lettres, seuls instruments dont il dispose pour accomplir son immense projet, je m'écrie qu'il y a là quelque chose de divin !

 

Pratique : Ne jamais se décourager, dans les entreprises faites en vue de la gloire de Dieu et du salut des âmes, quand elles ont reçu la sanction de l'obéissance et l'approbation divine.

Invocation : Saint Dominique, homme de cœur vraiment apostolique, priez pour nous !

 

Trait historique

Les sept étoiles

 

Toulouse possédait alors un docteur célèbre qui y occupait avec beaucoup d'éclat une chaire de théologie. Alexandre, c'était son nom, travaillant un jour, de grand matin, dans son cabinet, fut peu à peu distrait de l'étude par le sommeil, et s'endormit profondément. Pendant ce repos, il vit sept étoiles se présenter à lui, petites d'abord, mais qui, croissant en grandeur et en lumière, finissaient par éclairer la France et le monde. Éveillé par ce songe, au point du jour, il appela ses serviteurs qui avaient coutume de porter ses livres, et se rendit à son école. Au moment où il y entrait, Dominique s'offrit à lui, accompagné de ses disciples tous vêtus de la tunique blanche et de la chape noire des chanoines réguliers. Ils lui dirent qu'ils étaient des frères prêchant l'Evangile aux fidèles et aux infidèles dans le pays de Toulouse, et qu'ils souhaitaient ardemment d'entendre ses leçons. Alexandre comprit que c'étaient là les sept étoiles qu'il venait de voir en songe ; et, étant plus tard à la cour du roi d'Angleterre, lorsque déjà l'ordre des Frères Prêcheurs avait acquis une immense renommée, il raconta lui- même comment il avait eu pour écoliers les premiers enfants de cette nouvelle religion. (Vie de Saint Dominique, par le Père Lacordaire)

 

st-dominique-19-visage

 

Pour recevoir les méditations quotidiennes du Mois de Saint Dominique,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

10 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Beato_angelico,_trittico_di_cortona,_1438,_da_s

 

Onzième jour

Rencontre de deux saints

 

Prélude. - Représentons-nous Dominique en extase, les yeux levés vers une vision qui l'absorbe et semble le ravir au troisième ciel.

 

Réflexions

 

C'est une merveilleuse fraternité que celle qui unit les deux grands ordres, suscités de Dieu, au XIIIe siècle, pour réformer l’Église et régénérer le monde. Cette douce union a son origine dans un fait miraculeux de la vie de notre saint patriarche.

Une nuit, tandis qu'il était en oraison, une vision se déroula devant ses yeux ravis. Au-dessus de sa tête, il vit apparaître l'image de Jésus-Christ comme suspendue en l'air. Le visage du Sauveur était empreint de colère. Dans sa main, il tenait trois flèches qu'il semblait prêt à lancer sur le monde pour le punir de son extrême perversité. Mais Marie, la reine du très Saint Rosaire, se mettant à genoux devant son fils, lui présente deux hommes, dont le zèle devait convertir les pécheurs et apaiser la colère divine. Dominique se reconnut dans l'un de ces hommes : l'autre lui était inconnu. Or, le lendemain, étant entré dans une église pour y prier, il vit cet inconnu, qui lui avait été montré, sous l'humble habit de mendiant, et, le reconnaissant pour son compagnon et son frère, il court à lui, l'embrasse, il le baigne de ses larmes et lui dit : « Vous êtes mon compagnon ; vous serez avec moi : soutenons nous l'un et l'autre, et rien ne prévaudra contre nous ». Telle fut d'après les plus graves historiens, l'origine de l'amitié qui unit François d'Assise et Dominique de Guzman, amitié qui dura autant que leur vie. Dès lors, ils n'eurent plus qu'un cœur et une âme, bien que leurs ordres soient restés séparés et que chacun d'eux travaillât de son côté à la grande tâche que lui avait assignée la Providence. Un lien de charité unit toujours les deux familles religieuses. « Créées en semble pour le service de la sainte Église, dit le Bienheureux Humbert, elles sentirent que Dieu les avait destinées de toute éternité à la même œuvre du salut des âmes ».

 

Pratique : Se garder de l'exclusivisme, auquel on est trop naturellement porté, même dans la religion, et honorer, à l'exemple des saints, toutes les familles religieuses qui travaillent, avec l'approbation de l'Église, au salut du prochain, par la prière ou par l'action.

Invocation : Séraphique saint François, Apostolique saint Dominique, priez pour nous.

 

Trait historique

L'amitié des Frères Prêcheurs et des Frères Mineurs

 

Le baiser de Dominique et de François s'est transmis de génération en génération sur les lèvres de leur postérité. Une jeune amitié unit encore aujourd'hui les Frères Prêcheurs aux Frères Mineurs. Ils se sont rencontrés dans des offices semblables sur tous les points du monde ; ils ont bâti leurs couvents aux mêmes lieux ; ils ont mendié aux mêmes portes ; leur sang répandu pour Jésus-Christ s'est mêlé mille fois dans le même sacrifice et la même gloire ; ils ont couvert de leurs livrées les épaules des princes et des princesses ; ils ont peuplé à l'envi le ciel de leurs saints ; leurs vertus, leur puissance, leur renommée, leurs besoins, se sont touchés sans cesse partout : et jamais un souffle de jalousie n'a terni le cristal sans tache de leur amitié huit fois séculaire. Ils se sont répandus ensemble dans le monde, comme s'étendent et s'entrelacent les rameaux joyeux de deux troncs pareils en âge et en force : ils se sont acquis et partagé l'affection des peuples, comme deux frères jumeaux reposent sur le sein de leur unique mère ; ils sont allés à Dieu par les mêmes chemins, comme deux parfums précieux montent à l'aise au même point du ciel. Chaque année, lorsque le temps ramène à Rome la fête de Saint Dominique, des voitures partent du couvent de Sainte Marie sur Minerve, où réside le général des Dominicains, et vont chercher au couvent d'Ara Cœli le général des Franciscains. Il arrive accompagné d'un grand nombre de ses frères. Les dominicains et les franciscains, réunis en deux lignes parallèles, se rendent au maître-autel de la Minerve, et, après s'être salués réciproquement les premiers vont au chœur, les seconds restent à l'autel pour y célébrer l'office de l'ami de leur père. Assis ensuite à la même table, ils mangent ensemble le pain qui ne leur a jamais manqué depuis six siècles ; et, le repas ter miné, le chantre des Frères mineurs et celui des Frères prêcheurs chantent de concert, au milieu du réfectoire, cette antienne : « Le séraphique François et l'apostolique Dominique nous ont enseigné votre loi, ô Seigneur ! » L'échange de ces cérémonies se fait au couvent d’Ara Cœli pour la fête de saint François ; et quelque chose de pareil a lieu par toute la terre, là où un couvent de dominicains et un couvent de franciscains s'élèvent assez proche l'un de l'autre pour permettre à leurs habitants de se donner un signe visible du pieux et héréditaire amour qui les unit. (Vie de de Saint Dominique, par le Père Lacordaire).

 

st-dominique-19-visage

 

Pour recevoir les méditations quotidiennes du Mois de Saint Dominique,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

4 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Innocent III-001

 

Cinquième jour

À Rome !

 

Prélude. - Représentons-nous Dominique, humblement agenouillé, avec l'évêque d'Osma, aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ, le grand pape Innocent III.

 

Réflexions

 

Rome est le centre du monde chrétien ; rien ne s'y fait de grand et de durable, si Rome ne l'a inspiré, examiné et approuvé. Là est l'âme de l’Église, parce que là est Pierre, et que là où est Pierre, là est l’Église.

Or, en ce temps- là, Pierre s'appelait Innocent III. Poussé par l'esprit de Dieu, Dominique vint s'agenouiller devant Pierre, il l'écouta longuement, il inclina la tête sous sa bénédiction féconde, il se releva transfiguré. Le chanoine d'Osma venait d'être sacré apôtre.

Toutefois, selon l'observation d'un éloquent évêque, ce serait peu comprendre l'action dont saint Dominique vint prendre l'inspiration aux pieds d'Innocent III, que de la borner à lui seul. Quand Dieu marque au front un homme pour agir sur son Eglise, il sait très bien deux choses : que la vie de cet homme sera courte, et que son Eglise durera toujours. Alors il ajoute à cet homme la grâce de la paternité, et il revit dans ses enfants.

Ah ! contemplez maintenant comment la vie de saint Dominique, commencée à Rome près du vicaire immortel de Jésus-Christ, se prolonge à travers les siècles. Il vit, il vit, quand le génie d'un de ses fils écrit la sublime épopée où la science théologique confère avec l'intention des anges. Il vit, quand de toute part il répand sa parole et son sang dans la personne de ses fils. Il vit, quand saint Vincent Ferrier, par le nombre et l'éclat de ses miracles, étonne l'Église elle-même, habituée aux merveilles de Dieu. Il vit, parmi les blanches et virginales phalanges qui accompagnent l'Agneau, guidées par les Catherine de Sienne et les Rose de Lima. Il vit, et parce qu'il a commencé humble et pauvre, Dieu se plaît à proclamer e son nom, à relever sa gloire, à exalter sa puissance. Il vit, et par trois fois il viendra glorieusement s'asseoir sur la chaire de Pierre, cette chaire où il est venu chercher sa mission. Il vit dans le saint pontife qui donne son nom à notre admirable Pape, et qui, comme autrefois Moïse, gagne des batailles en levant les mains au ciel.

Non, dans sa tombe fermée, Dominique n'a pas enseveli la vie qu'il puisa à Rome, quand il y vint se faire bénir et sacrer chevalier de la vérité. Il vit toujours dans la parole et dans les œuvres de ses fils ; dans leur théologie, la plus sûre et la plus exacte gardienne de la vérité catholique. Il vit dans leurs exemples d'abnégation et de sainteté.

Il vit enfin dans cet ordre illustre, que la France a été si heureuse de voir rétabli par un de ses plus grands orateurs, parce que, fidèle aux traditions de son glorieux fondateur, l’Ordre Dominicain continue sa noble mission, toujours attaché à la chaire de Pierre, et par elle à l'Église, et par l'Église à Jésus-Christ.

 

Pratique : Dans tout ce qui touche de près ou de loin à la foi, s'attacher avec fermeté à la chaire de Pierre.

Invocation : Saint Dominique, docteur de vérité, priez pour nous !

 

Trait historique

La foi qu’on rapporte de Rome

 

Quand Dominique eut fixé le but de sa vie auprès du siège in faillible de la vérité, il s'en revint prêcher la vraie foi, celle qu'on enseigne à Rome, et Dieu voulut marquer d'un signe miraculeux l'intégrité de cette doctrine. « Il arriva, dit un historien de sa vie, qu'une grande conférence fut tenue à Fanjeaux, en présence d'une multitude de fidèles et d'infidèles qui y avaient été convoqués. Les catholiques avaient préparé plusieurs mémoires qui contenaient des raisons et des autorités à l'appui de leur foi ; mais, après les avoir com posés ensemble, ils préférèrent celui que le bienheureux homme de Dieu, Dominique, avait écrit, et résolurent de l'opposer au mémoire que les hérétiques présentaient de leur côté. Trois arbitres furent choisis d'un commun accord pour juger quel était le parti dont les raisons étaient les meilleures, et par conséquent la foi plus solide. Or , après beaucoup de discours, ces arbitres ne pouvaient s'entendre sur une décision ; la pensée leur vint de jeter les deux mémoires au feu, afin que, si l'un des deux était épargné par les flammes, il fût certain qu'il contenait la vraie doctrine de la foi. On allume donc un grand feu, on y jette les deux volumes : aussitôt celui des hérétiques est consumé ; l'autre, qu'avait écrit le bienheureux homme de Dieu, Dominique, non seulement demeure intact, mais il est repoussé au loin par les flammes en présence de toute l'assemblée. On le rejette au feu une seconde et une troisième fois ; autant de fois, l'évènement qui se reproduit manifeste clairement où est la vraie foi, et quelle est la sainteté de celui qui avait écrit le livre. (Vie de saint Dominique, par le B. Jourdain de Saxe).

 

Fra_Angelico_052-896x1024

 

Pour recevoir les méditations quotidiennes du Mois de Saint Dominique,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

 

2 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

Osma

 

Troisième jour

Le Sacerdoce

 

Prélude. - Représentons-nous saint Dominique, au moment où il reçoit le caractère sacré du prêtre de Jésus-Christ. Les anges gardiens de son ordre futur assistent à cette ordination, qui donnait à l'Église un de ses plus parfaits ministres, l'apostolique fondateur de l'Ordre Dominicain.

 

Réflexions

 

Les sciences qu'on enseigne dans les universités ne suffisent pas à révéler la beauté des âmes et le prix du sacerdoce destiné à procurer leur salut. Mais, à l'étude de la science, Dominique joignait, nous l'avons vu, la méditation et l'amour de la prière. Jésus-Christ se révéla à lui dans ses entretiens si pieux et si intimes, que le fidèle étudiant de Valencia se plaisait à avoir avec son Maître. Il lui dévoila cette grande chose, qui est son propre sacerdoce divin, perpétué, à travers les âges et les espaces, par le sacerdoce catholique.

Le saint jeune homme fut épris d'amour pour cette beauté surnaturelle que le caractère du prêtre confère à une âme, et, sur les conseils de Diego d'Azévédo, ce prêtre vénérable que l'ordre de son pieux dirigé ne cesse de bénir, comme ayant servi d'intermédiaire et d'instrument de la grâce auprès de son bienheureux fondateur, Dominique devint prêtre, et, tout de suite, désireux de suivre son nouvel état dans toute la perfection des devoirs de la vie ecclésiastique, il embrassa, selon l'esprit de l'Église, la vie commune, favorisée à Osma par l'institution des chanoines réguliers.

Mystérieuse disposition de la Providence, qui ne juge pas comme les hommes ! Jésus, avant de commencer sa vie apostolique, se cache trente ans, dans une inaction apparente, dans la modeste boutique de Nazareth. Dominique, prêtre de Jésus-Christ, avant de s'élancer comme un géant dans sa carrière d'apôtre qui sera courte, demeure neuf ans comme enseveli dans les humbles et cal mes fonctions d'un chapitre canonial. Le Maître, voulant le faire à son image, se réservait ainsi le temps et le calme nécessaires pour former peu à peu cette belle âme, ardente et généreuse, aux grandes choses qu'il lui réservait, l'assouplissant dans les pratiques gênantes de la vie commune et lui imposant cette lente formation des âmes d'élite que la grâce aime à suivre, à l'opposé des vues et des desseins de la nature toujours impatiente. Dieu ne juge pas comme les hommes. Saint Dominique, chanoine d'Osma, en est une preuve de plus, que beaucoup peuvent méditer, en se l'appliquant.

Âmes éprises d'amour pour les choses du zèle apostolique, sachez donc imiter ce grand modèle, sachez attendre l'heure de Dieu ! Elle sonnera, quand le Maître l'aura voulu, et, si elle ne sonnait point, c'est que le Maître se serait contenté de l'intention.

 

Pratique : Modérer l'impatience dans ses désirs, même les plus saints.

Invocation : Saint Dominique, qui aviez soif du salut des âmes, priez pour nous.

 

Trait historique

Le chanoine d'Osma

 

« Dominique commença de paraître, entre les chanoines ses frères, comme un flambeau qui brûle, le premier par la sainteté, le dernier de tous par l'humilité de son cœur, répandant autour de lui une odeur de vie qui donnait la vie, et un parfum semblable à l'encens dans les jours d'été. Ses frères admirent une si sublime religion : ils l'établissent leur sous-prieur, afin que, placé plus haut, ses exemples soient plus visibles et plus puissants. Pour lui, comme un olivier qui pousse des rejetons, comme un cyprès qui grandit, il demeurait jour et nuit dans l'église, vaquant sans relâche à la prière, et se montrant à peine hors du cloître, de peur d'ôter du loisir à sa contemplation. Dieu lui avait donné une grâce de pleurer pour les pécheurs, pour les malheureux et les affligés ; il portait leurs maux dans un sanctuaire intérieur de compassion, et cet amour douloureux, lui pressant le cœur, s'échappait au dehors par des larmes. C'était sa coutume, rarement interrompue, de passer la nuit en prière, et de s'entretenir avec Dieu, sa porte fermée. Quelquefois alors, on en tendait des voix, et comme des rugissements, sortir de ses entrailles émues, qu'il ne pouvait contenir. Il y avait une demande qu'il adressait souvent et spécialement à Dieu, c'était de lui donner une vraie charité, un amour à qui rien ne coûtât pour le salut des hommes, persuadé qu'il ne serait vraiment un membre du Christ que lorsqu'il se consacrerait tout entier, selon ses forces, à gagner des âmes, à l'exemple du Sauveur de tous, le seigneur Jésus-Christ, qui s'est immolé sans réserve à notre rédemption. Il lisait un livre qui a pour titre : Conférences des Pères, lequel traite à la fois des vices et de la perfection spirituelle, et il s'efforçait , en le lisant, de connaître et de suivre tous les sentiers du bien. Ce livre, avec le secours de la grâce, l'éleva à une difficile pureté de conscience, à une abondante lumière dans la contemplation, et à un degré de perfection fort grand ». (Vie de saint Dominique, par le Bienheureux Jourdain de Saxe).

 

Fra_Angelico_052-896x1024

 

Pour recevoir les méditations quotidiennes du Mois de Saint Dominique,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

30 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

san_giuseppe_nella_gloria-1

Trente-et-unième jour

Après la mort de saint Joseph

 

C’est donc à Nazareth que Saint Joseph est mort et a été inhumé dans le tombeau qu‘un homme de bien lui avait donné et préparé. Son corps fut transporté ensuite par les chrétiens à Bethléem, et déposé dans un autre tombeau.

Marie, fille de Cléophas, fut une des premières à se rendre auprès de la sainte Vierge à Nazareth, après la mort de Saint Joseph. Elle avait avec elle l’enfant qu’elle avait eu de son troisième mariage, le jeune Siméon. Elle avait laissé à la maison d'Anne, qu‘elle occupait dans le voisinage de Nazareth, ses serviteurs et tout son ameublement.

Les trois fils que Marie de Cléophas avait eus de son union avec Alphée, et qui étaient établis en leur particulier, vinrent aussi le même jour qu’elle à Nazareth pour consoler la sainte Famille, à l’occasion de la mort de saint Joseph.

Entre autres personnes qui vinrent également visiter la sainte Vierge à cette occasion, il faut encore compter Séraphia, plus connue sous le nom de Véronique, Jeanne Chusa, Marie, mère de Marc, une pieuse veuve, du nom de Léa, et le fils de Véronique, qui fut plus tard au nombre des disciples.

Mais peu de temps après la mort de saint Joseph, notre Seigneur alla s’établir à Capharnaüm, sans toutefois abandonner entièrement Nazareth. La maison de Nazareth resta comme la demeure de la sainte Vierge, et la maison de Capharnaüm devint celle de Notre Seigneur. La sainte Vierge ne faisait que des allées et venues à Capharnaüm.

Pendant son absence, la maison de Nazareth restait fermée, quoique parfaitement lavée, nettoyée et rangée. À la voir en cet état, ou l’eût prise pour une église ou une chapelle : le foyer avait l’apparence d'un autel, et un petit tabernacle, qui le surmontait, portait un vase avec des fleurs. Elle était confiée à la garde d’Esséniens amis de la sainte Famille, et surtout d’un vénérable vieillard, nommé Eliud, neveu de Zacharie, qui, étant devenu veuf, demeurait avec sa fille. Ils étaient tout dévoués à la sainte Famille.

Non loin de là, et en avant des murs de la ville, était l’endroit où Saint Joseph avait travaillé autrefois. Il était habité par des gens pauvres, mais vertueux, qui l’avaient beaucoup connu et dont les fils avaient été au nombre des compagnons d‘enfance du Sauveur. Eliud conduisit un jour Notre Seigneur chez ces braves gens, qui leur présentèrent du pain et de l’eau fraîche. L’eau de Nazareth, du reste, était excellente.

Quant à la maison que Notre-Seigneur habitait à Capharnaüm, elle n’était pas dans la ville même, mais faisait partie d’un groupe de maisons entre Capharnaüm et Bethsaïda. Cette maison appartenait à un nommé Lévi, de Capharnaüm, qui l’avait cédée à Notre-Seigneur par attachement pour la sainte Famille. Des serviteurs de Lévi y demeuraient pour le service des hôtes, et il envoyait de la ville les provisions nécessaires. C’est de cette maison que Notre Seigneur fit sa principale résidence pendant les trois années de ses courses apostoliques en Galilée et en Judée. Mais, au milieu de ces courses évangéliques, il n’oublia pas le culte qu’il avait toujours rendu à saint Joseph, et le lui continua après même que celui-ci eut quitté la terre.

Toutes les fois, en effet, que Notre-Seigneur a trouvé l’occasion de glorifier la mémoire de son saint Père nourricier, il ne l’a pas manquée et s’est fait comme un devoir de la saisir. Il semble qu‘il veuille nous répéter ici, à propos de Saint Joseph, cette parole qui résume toute sa divine vie : « Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez comme j’ai fait moi-même ».

 

Considération

Saint Joseph et la fin des temps

 

Touchons-nous a cette fin des temps, et, comme plusieurs le prétendent, la génération actuelle, c’est-à-dire les plus jeunes d‘entre nous, les derniers-nés de notre époque, verront-ils la destruction et l‘anéantissement du monde visible que nous habitons ? La prophétie dite de saint Césaire sur la dernière restauration, mais pour un temps seulement, du christianisme, va-t-elle avoir son accomplissement, et allons-nous voir apparaître le Pontife saint et le Monarque puissant qu’il annonce, d’après l'Apocalypse ? Notre très Saint Père le Pape Pie IX serait-il vraiment, aux termes de la prophétie attribuée à saint Malachie sur la succession des Papes. le onzième avant-dernier des Pontifes romains, qui doivent, d’ailleurs, se succéder rapidement les uns aux autres dans les derniers temps ? Selon les prévisions et les calculs sur l’Apocalypse du vénérable Holzauser, dont il ne faut pas oublier que les prédictions qu’il a faites se sont réalisées, les unes de son vivant, les autres après sa mort, l’Antéchrist serait-il né et grandirait-il, inconnu jusqu’à présent, dans une bourgade de l’Orient ? Notre plume tremble en écrivant ces lignes, qui pourtant ne manquent pas de vraisemblance.

Quoi qu’il en soit, il est toujours incontestable que nous commençons à être les témoins des signes avant-coureurs du dernier avènement de notre Seigneur. Sans parler des faux Prophètes et des faux Christs, que nous pouvons bien voir dans les chefs de la démagogie et de la Révolution qui se donnent souvent eux-mêmes, et que leurs partisans acceptent, comme les envoyés du ciel et les messies des temps nouveaux, entendons-nous parler d’autres choses que de luttes et de révolutions, de guerres et de bruits de guerre, de soulèvements de peuples contre peuples, de nations contre nations ? La prédication de l’Evangile par toute la terre n’est-elle pas à peu près un fait accompli, quoique la foi aille s’éteignant de jour en jour, et que Notre-Seigneur eût déjà de la peine à en retrouver, s’il revenait dès maintenant ici-bas ? Comme au temps de Noé et de Luth, les hommes ne se livrent-ils pas a toutes les voluptés charnelles et terrestres, sans vouloir rien pré— voir des maux qu’on leur annonce ? L’iniquité n’abonde-t-elle pas partout, et la charité du grand nombre ne se refroidit-elle pas d’une manière effrayante ? Ne se dessinent-ils pas de plus en plus, ces derniers jours prédits par l’Apôtre, où les hommes seront amateurs d’eux-mêmes, avides de biens, fiers, superbes, médisants, sans obéissance pour les parents, ingrats, impies, dénaturés, sans foi et sans parole, calomniateurs, intempérants, inhumains, ennemis des gens de bien, traîtres, insolents, enflés d’orgueil, ayant plus d’amour de la volupté que de Dieu ? Le mystère d’iniquité aussi se forme, et tout ce qui est Dieu, culte, enseignement divin, morale divine, expression de Dieu sur la terre, ne tend-il pas de jour en jour à s’effacer et à disparaître, pour faire place à la grande apostasie de la fin des temps ? Oui, tout annonce le commencement de la fin.

Quoi qu’il en soit encore, un autre signe des derniers temps, signe plus consolant, il est vrai, mais qui n’en est pas moins caractéristique, c’est l’accroissement, le développement et le perfectionnement du culte de Saint Joseph. Selon une opinion que nous a léguée le moyen-âge, et qui, émise par Isidore des Iles, est passée tellement dans les convictions de tous, qu’elle est devenue une sorte de prophétie, ce culte de saint Joseph doit, avant le jugement, arriver à son apogée, parce qu’a la fin des temps, Dieu, dans tout l‘empire de l’Eglise militante, le comblera des grands honneurs et le rendra l’objet de la vénération la plus profonde…, le fera reconnaître pour protecteur particulier de cette Eglise… et inspirera au Vicaire de Jésus-Christ d’ordonner que la fête du grand Patriarche soit solennellement célébrée dans toutes les contrées de l’Église Catholique... Mais puisque cette heure fortunée a sonné, c’est donc que le monde est sur son déclin et doit songer à sa fin.

Ne semble-il pas, d’ailleurs, comme d’autres l’ont remarqué avant nous, que cette apogée du culte de Saint Joseph est le dernier perfectionnement que notre-Seigneur devait donner à sa sainte religion, et que conséquemment le monde se précipite vers sa ruine ?

Mais si Dieu a réservé ce perfectionnement du culte de saint Joseph pour les derniers temps, n’est-ce point pour nous préparer un suprême refuge contre les maux qui nous menacent ? Que tous ceux donc qui veulent se prémunir contre les scandales et les chutes des derniers jours viennent se réfugier sous le manteau de Saint Joseph, sous ce royal manteau qui, pour le soustraire aux fureurs d’Hérode, emporta dans ses plis bénis notre doux Sauveur en Egypte, et avec lui l’Eglise naissante qu’il fallait déjà défendre contre ses ennemis. Laissons-nous donc aussi emporter, avec Jésus et son Eglise, par saint Joseph, et restons à l’abri de sa puissante protection dans les malheureux temps où nous vivons.

Lorsque la famine vint à sévir autrefois dans cette Egypte, tout le peuple accourait à Pharaon pour lui demander des aliments et du pain. Et Pharaon les renvoyait au premier Joseph, figure bien imparfaite du second, qu’il avait établi sur toute la terre d’Egypte, en leur disant : « Allez à Joseph, Ite Ad Joseph ». Une grande famine sévit aussi maintenant dans le monde ; et combien d’âmes périssent, parce qu’elles manquent du pain de la vérité, de la foi, de la justice, de la sainteté, de la vie éternelle ! À qui donc s‘adresseront tous ces affamés du vrai pain des corps et des âmes ? À Dieu, c’est vrai, mais qui les renverra au véritable Joseph, qu’il a constitué le maître de sa maison et le prince de tout son domaine ; le dispensateur fidèle et prudent que le Seigneur a établi sur sa famille pour donner à tous, au temps voulu, la mesure de froment appropriée aux besoins de_leurs âmes et de leurs corps. Ô vous donc tous qui avez faim de la vérité et de la justice, venez à Joseph. Il est assez riche pour répondre aux besoins de tous.

Venez à Joseph, prêtres de Jésus-Christ, dont l’auguste ministère et les saintes fonctions ont tant d’analogie avec les siens. Par lui vous obtiendrez toutes les grâces pour vous et pour les autres.

Venez à Joseph, âmes spécialement consacrées à Dieu pour avoir embrassé la vie religieuse, et, avec la vie religieuse, la bienheureuse vie intérieure. Il est le patron et le modèle des âmes intérieures.

Venez à Joseph, princes et nobles, qui, a aucun point de vue, ne pouvez avoir plus de noblesse que lui. Vous trouverez auprès de lui toutes les grâces nécessaires pour restera la hauteur de votre condition et de votre position.

Venez à Joseph, ouvriers et travailleurs de toutes les classes et de toutes les situations. Il fut aussi l‘homme de la condition ordinaire et du travail manuel, et vous devez recourir à lui dans toutes vos nécessités.

Venez à Joseph, petits enfants, qui serez pour lui autant d’Enfants-Jésus, qu’il chérira de toutes ses affections paternelles.

Venez à Joseph, adolescents de l’un et de l‘autre sexe. Il aime la jeunesse et l‘aide à garder intacte sa virginité.

Venez à Joseph, époux chrétiens, qui avez tant besoin de sa protection pour observer la chasteté de votre état.

Venez à Joseph, parents qui vous préoccupez d‘accomplir tous vos devoirs si nombreux et si difficultueux. Lui seul peut vous aider à les remplir.

Venez à Joseph, fidèles de tous les âges, de toutes les conditions et de toutes les situations. Il n’en est aucune par laquelle il n’ait passé et pour laquelle il n’ait une vraie toute-puissance de médiation auprès de Dieu.

Venez à Joseph, vieillards qui vous acheminez vers votre éternité. En vous mettant et restant sous sa protection, vous aurez, comme lui, une vieillesse sainte, respectée et honorée.

Venez à Joseph, malades, mourants et agonisants. S’il se plaît à faire sentir son assistance à tous, il a grâce surtout pour la rendre efficace envers vous.

Venons tous a Joseph, et tous nous trouverons dans son culte et sa dévotion tous les moyens de nous prémunir, nous le répétons, contre les scandales et les chutes des derniers temps.

 

Pratique

Persévérance dans le culte de Saint Joseph

 

À l’époque où nous sommes arrivés, non-seulement il n’est plus permis à personne de rester indifférent à Saint Joseph et à son culte, mais chacun doit s’employer de son mieux a lui témoigner sa vénération, son amour, sa confiance, et sa dévotion. Ne comptons donc plus avec lui ; mais à lui, après Dieu, Jésus et Marie, tout notre zèle, notre dévouement et nos affections. Et pourvu que nous ne l’égalions pas à eux dans nos sentiments et dans les hommages que nous lui rendrons, nous n’avons plus de réserves à garder avec lui, à l‘imitation, du reste, de Dieu, de Jésus et de Marie.

Mais, comme l’amour est naturellement expansif, loin de nous contenter d’offrir à saint Joseph nos seuls devoirs, nous ne négligerons rien pour lui gagner des cœurs et lui procurer de la gloire. Nous serons maintenant industrieux pour répandre son culte, pour faire connaître les salutaires pratiques approuvées par l’Eglise en son honneur. Quelle que soit la position où la divine Providence nous ait placés, nous pouvons et nous devons, sans sortir de notre sphère, sans négliger les devoirs de notre état, contribuer efficacement à sa gloire, en nous appliquant la le faire aimer et honorer de tous ceux sur lesquels nous pouvons prendre quelque influence. Et à plus forte raison, si vous avez le bonheur d‘être prêtre eu l’honneur d’être père et mère de famille, instituteur ou institutrice.

Enfin, comme dit le P. Jacquinot, employez-vous bien à l’augmentation de la gloire de Saint Joseph, en excitant les autres à lui être dévots, en leur en fournissant les moyens, en n’épargnant, en un mot, ni biens, ni sang, ni vie, s’il en est besoin, pour lui procurer de l'honneur, puisque Dieu, qui s’est rendu très admirable en ce saint, le veut ainsi ; puisque Jésus et Marie le désirent ardemment ; puisqu’il le mérite lui-même par toutes sortes de considérations, et qu’il vous en reviendra de notables avantages en l’esprit et au corps, en cette vie et en l’autre, au temps et en l’éternité. Ainsi soit-il.

84fd5a446b8f2eb1a3e9f852a099ed2a-1

 

Consécration à Saint Joseph

du Vénérable Monsieur Boudon

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph, et vous honore comme le chaste Epoux de la Mère de Dieu, le Chef de la plus sainte Famille qui fût jamais, le Père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle dépositaire des trésors de la très Sainte Trinité. Je révère en votre personne le choix de Dieu le Père, qui a voulu partager avec vous son autorité sur son Fils ; le choix de Dieu le Fils, qui a voulu dépendre de vous et devoir au travail de vos mains sa subsistance ; le choix du Saint Esprit, qui a voulu vous confier son Epouse chérie et vous la donner pour compagne. Je vous félicite du bonheur que vous avez eu de porter Jésus Christ entre vos bras, de l’appuyer sur votre sein, de l’embrasser amoureusement, de l’arroser de vos larmes pendant les saintes caresses dont vous étiez si souvent favorisé par ce divin enfant. Qui pourrait comprendre les trésors de lumières, de sagesse et de grâces, que vous avez acquis, et dont vous avez été comme inondé pendant les trente années que vous avez passées entre Jésus et Marie.

Pénétré de respect et d’amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur. Après Jésus et Marie. vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon père et mon protecteur; daignez me regarder comme votre enfant. Faites-moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu et de votre grande charité pour moi. Obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j’ai besoin pour remplir ses adorables desseins.

Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur, cette confiance a ses volontés, surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier. Prenez, ô grand saint, sous votre protection, les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Enfin, par le privilège de votre très heureuse mort entre les bras de Jésus et de Marie, obtenez-moi, ô grand Saint ! une mort semblable à la vôtre, dans le dénuement parfait de ma volonté à Jésus et à Marie. Ainsi soit-il.

 

Gloire à jamais à Jésus, Marie, Joseph.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

P2560271

 

Téléchargez le texte de cette méditation (PDF) en cliquant ici

 

Fin du Mois de Saint Joseph

 

Téléchargez l’intégralité des méditations du Mois de Saint Joseph (pdf) en cliquant ICI

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois de Marie: Rendez-vous le 29 avril

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie dans votre boite mail

ainsi que les prochaines neuvaines, méditations et prières,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

27 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

858_001

Vingt-huitième jour

Retour d’Égypte

 

Hérode était mort depuis assez longtemps, mais la Sainte Famille ne pouvait encore revenir en Judée, parce qu'il y avait toujours du danger. Cependant le séjour de l’Égypte devenait de plus en plus pénible pour Saint Joseph. Les gens du pays pratiquaient un horrible culte idolâtrique : ils sacrifiaient des enfants mal venus, et ceux qui en sacrifiaient de bien conformés croyaient faire preuve d’une grande piété. Ils avaient en outre un culte secret, plein d’impuretés ; les Juifs mêmes du pays étaient infectés de ces abominations. Ils avaient un temple qu‘ils disaient être comme celui de Salomon mais c’était une vanterie ridicule, car il était tout différent. Ils avaient une imitation de l’Arche d’alliance, dans laquelle étaient des figures obscènes, et ils se livraient à de détestables pratiques.

Ils ne chantaient plus de psaumes. À l’école de Mataréa, Saint Joseph rétablit un ordre parfait. Le prêtre égyptien qui, lors de la chute des idoles dans la petite ville voisine d’Héliopolis, avait pris la défense de la Sainte Famille, était venu s’établir là avec plusieurs personnes et s’était réuni à la petite communauté juive.

Un jour que saint Joseph, occupé de son travail de charpentier, allait le cesser à l’heure ordinaire, il parut très triste, car on ne lui payait pas son salaire, et il n’avait rien à rapporter à la maison, où cependant l’on manquait de tout. Accablé de soucis, il s’agenouilla en plein air, exposa a Dieu sa détresse et le pria de venir à son secours. La nuit suivante, un Ange lui apparut en songe et lui dit que ceux qui en voulaient à la vie de l’Enfant étant morts, il devait se lever et faire ses dispositions pour retourner dans sa patrie par la mute la plus fréquentée. Il l’exhortait à ne rien craindre, parce qu’il serait à ses côtés. Saint Joseph s’empressa de faire connaître cet ordre de Dieu à la sainte Vierge et à l’Enfant-Jésus. Ils obéirent aussitôt et firent leurs préparatifs de voyage avec la même promptitude qu’ils les avaient faits lorsqu’ils avaient reçu l’ordre de s’enfuir en Égypte.

Le lendemain matin, quand on connut leur projet, beaucoup de gens, très attristés de leur départ, vinrent leur faire leurs adieux, et leur apportèrent des présents de toute espèce dans de petits vases d‘osier et d’écorce. Ces bonnes gens étaient sincèrement affligés. Il y avait parmi eux quelques Juifs, mais la plupart étaient des païens convertis. Les Israélites établis dans ce pays étaient, pour la plupart, tellement tombés dans l’idolâtrie, qu’ils n’étaient presque plus reconnaissables. Il y eut cependant des gens qui virent avec joie le départ de la Sainte Famille, car ils les regardaient comme des magiciens, qui avaient à leur service les plus puissants d’entre les mauvais esprits.

Parmi les braves gens qui leur apportèrent des présents, l’on remarqua des mères avec leurs enfants qui avaient été les compagnons de Jésus, et spécialement une femme de distinction de la ville, ayant avec elle un petit garçon, qu’elle avait coutume d’appeler le fils de Marie. Cette femme avait longtemps désiré en vain d’avoir des enfants, et c’était à la prière de la sainte Vierge que Dieu lui avait accordé ce petit garçon. Elle, s’appelait Mira, et son fils Déodatus. Elle donna, de l’argent à l’Enfant Jésus : c’étaient de petites pièces triangulaires, jaunes, blanches et brunes. Jésus, en les recevant regarda sa mère.

Quand, saint Joseph eut chargé sur l’âne leurs effets les plus nécessaires, ils se mirent en route, accompagnés de tous leurs amis. C’était le même âne que Marie avait monté en allant à Bethléem. Pour la fuite en Egypte, ils avaient emmené en outre une ânesse ; mais Joseph l’avait vendue dans au moment de détresse.

Ils passèrent entre Héliopolis et le village juif, et se détournèrent un peu au midi vers la source qui avait jailli a la prière de Marie avant leur première arrivée à Héliopolis ou On. Tout, dans ce lieu, s’était recouvert d’une belle verdure. L’eau de la source coulait autour d’un jardin carré, bordé de baumiers. Ce lieu, dont on remarquait l’entrée, était passablement grand. Il était plein de jeunes arbres fruitiers, de dattiers, de sycomores et autres, et les baumiers étaient déjà presque aussi grands que des ceps de vigne de moyenne taille. Joseph avait fait de petits vases d’écorce d’arbre, enduits de poix à certaines places, et du reste bien polis et d‘une forme élégante. Souvent, quand ils s’arrêtaient dans leurs voyages, il faisait de semblables vases destinés à différents usages. Il arracha aux petites branches rougeâtres des baumiers leurs feuilles, semblables à des feuilles de trèfle ; il y suspendit de ces petits vases d’écorce pour recueillir le baume qui en découlait, et ils l‘emportèrent avec eux pour le voyage. Ils passèrent encore quelques heures en cet endroit après que ceux qui les avaient accompagnés leur eurent fait leurs adieux vraiment touchants. La sainte Vierge lava et fit sécher quelques effets. Ils se reposèrent au bord de l’eau et remplirent leur outre ; puis ils continuèrent leur voyage par la route la plus fréquentée.

Le voyage s’accomplit sans qu’ils aient jamais été exposés au moindre danger. Jésus, Marie et Joseph avaient sur la tête, pour se garantir du soleil, un léger chapeau d’écorce très mince, assujetti sous le menton avec un mouchoir. Jésus avait sa petite robe brune et des chaussures d’écorce que Joseph lui avait fabriquées : elles couvraient les pieds à moitié. Marie n’avait que des sandales. Ils furent souvent inquiets parce que l’Enfant Jésus avait peine à marcher dans le sable brûlant. Plusieurs fois ils s’arrêtèrent et ôtèrent le sable de ses chaussures. Ils le faisaient fréquemment monter sur l‘âne pour le soulager.

Ils traversèrent plusieurs villes et passèrent près de quelques autres. L’une d’elles s’appelait Ramessès. Ils passèrent aussi un cours d’eau qu’ils avaient. dû traverser en arrivant, et qui va de la mer Rouge au Nil.

Joseph ne désirait pas revenir à Nazareth, mais s’établir à Bethléem, sa patrie. Cependant il était indécis, parce qu’il avait appris dans la terre promise que la Judée était gouvernée par Archélaüs, qui était aussi très cruel.

La sainte Famille, arrivée à Gaza, y séjourna trois mois. Beaucoup de païens habitaient cette ville. Un Ange apparut de nouveau a saint Joseph, et lui ordonna de retourner à Nazareth, ce qu’il fit aussitôt. Anne vivait encore, et elle avait eu plusieurs fois des nouvelles de la Sainte Famille depuis son départ, ainsi que quelques-uns de leurs parents.

Le retour d’Egypte eut lieu en septembre. Jésus était âgé de huit ans moins trois semaines.

 

Considération

Saint Joseph d’après M. Louis Veuillot

 

C’est donc par le grand Publiciste que nous allons terminer la chaîne, trop courte à notre gré, des éloquents témoignages que nous avons eu à cœur de reproduire à la gloire de saint Joseph. À la suite des Saints, des Docteurs, et de ceux qui ont qualité pour enseigner dans l’Église, nous en avons appelé à la magistrature et a la politique. C’est bien le moins que nous en appelions également à la presse, cette grande corruptrice du monde, pour qu’elle vienne, dans sa partie saine, et dans la personne de Monsieur Louis Veuillot, déposer son tribut d’hommages aux pieds du Père nourricier de Jésus.

Et qu’elles sont bonnes à lire, les pages que lui a consacrées, dans sa Vie de Notre Seigneur, l’éminent polémiste, qui est vraiment un lion, toujours rageur, nous voulons bien écrire le mot, quelquefois même furieux, lorsqu’il s’agit d’avoir raison du parti pris, de la mauvaise foi, de la méchanceté pure, pour ne pas dire davantage, des ennemis de Dieu et de son Christ, de son Église, de tout ce qu’il y a de saint et de vénérable ici-bas ; mais devenant doux agneau, à la voix pleine de charme et de mansuétude, quand il s’agit de glorifier. Dieu et ses Saints, le Christ et l’Evangile, l’Eglise et ses institutions, les personnes et les choses qui lui appartiennent !

Ce n’est pourtant pas tout d‘abord que l’illustre écrivain a rendu hommage à saint Joseph, qu’il avait un peu oublié dans les premières éditions de son admirable Vie de Notre Seigneur Jésus-Christ ; et c'est par suite des reproches que lui a faits sa conscience chrétienne qu’il en a parlé dans les dernières éditions. Nous aimons ces saints remords, qui sont le partage des nobles âmes, et nous voyons là la conduite de la Providence a l’égard de saint Joseph et de ses pieux serviteurs. Même pour les intelligences supérieures, elle commence par le laisser en quelque sorte dans l’ombre, et ce n’est que par la suite qu’elle le fait resplendir à leurs yeux devenus plus Clairvoyants. Comme si Dieu voulait nous faire comprendre que leurs sentiments pour le grand Saint sont moins l’effet d’un enthousiasme plus ou moins irréfléchi que le résultat d’une conviction sérieuse et approfondie.

Voyons maintenant ces pages non moins admirables que toutes celles que nous avons citées jusqu‘à présent :

« Quand Marie, dit-il, est de retour à Nazareth, un autre personnage se montre ; c’est Joseph, ouvrage non moins merveilleux de la grâce de Jésus.

L'Evangile n’a qu’un mot à sa louange : « Il était juste ». La charge dont il est honoré et la manière dont il la remplit font comprendre l’abondance de cette justice.

Il reçut de Dieu à l’égard de Marie et de Jésus l’affection, la vigilance, et l’autorité de l’époux et du père.

Il est fait sur le modèle de Marie : comme elle, fils de David, vierge comme elle, humble comme elle, et comme elle obéissant, plein de prudence et de courage.

Il ressemble au patriarche Joseph, en le dépassant autant par la perfection de ses mérites que par le caractère de sa mission. Non-seulement instruit, mais inspiré et dirigé de Dieu, Joseph, fils de Jacob, réserve le froment nécessaire pour lui et pour le peuple ; Joseph, époux de Marie, reçoit le pain vivant et le garde pour lui et tout le genre humain.

Il lui est dit : « Prends l’enfant », comme si Dieu lui adressait la parole que le Prophète adresse à Dieu lui-même : « À toi le soin du pauvre ».

Joseph est le type des Apôtres qui porteront le Christ dans tout l’univers. Ainsi s’expriment Saint Jean Damascène, Saint Bernard, Saint Hilaire de Poitiers et d’autres Pères et Docteurs.

Un grand serviteur de Dieu qui a vécu de nos jours, pénètre plus avant de ce beau mystère. Lorsque Joseph, après Marie s’approche pour adorer Jésus à la Crèche, c’est dit le Père Faber, l’ombre du Père éternel qui s’arrête au dessus de la l’enfant, et la naissance temporelle du Fils de Dieu se, complète par cette figure de la nativité sans commencement et sans fin. Joseph était, en face de Jésus, visiblement à la place du Père éternel. L’âme humaine de Jésus l’a regardé non seulement avec l’amour le plus tendre, mais encore avec un respect profond et une soumission ineffable. C’est pourquoi devant l’humble et doux Joseph, le respect surtout nous domine, à cause de cette ombre d’identité avec le Père.

Nous ne pouvons décrire sa sainteté, parce que nous manquons de terme de comparaison. Cette sainteté, plus élevée que celle des autres saints, est encore d’un genre différent.

Joseph a été une apparition dans le monde, une apparition du Père non engendré et éternel.

Il est doux et clément, il est pauvre et obscur ; il est passif et docile, et il est en même temps la forteresse inexpugnable où s’abritent l’honneur de Marie et la vie de Jésus.

Caché comme Dieu, plein d’une tranquillité divine, juste d’une justice tempérée par la miséricorde comme celle de Dieu.

Il communique avec Dieu pendant son sommeil, comme si le sommeil n’était que le repos mystique de la contemplation.

Le premier, après Marie, il adora Jésus, et l’Enfant le sanctifia de nouveau. en l’élevant à une sphère plus éminente de sainteté, afin qu’il pût être le supérieur officiel de son Dieu.

Qui peindra ce moment de la Crèche, lorsque Jésus naissant contemple pour la première fois de ses yeux humains le visage de Marie ? Qui dira la joie et le respect de ses regards tournés vers Saint Joseph, l’homme choisi pour être appelé son père ? Qui méritera cette gloire, qui méritera de vivre plus qu’aucun autre dans son intimité, et qui enfin, nous le pouvons penser, l’aimera le plus ?

Jésus, Marie, Joseph ! Trois royaumes de Dieu dont Dieu était le seul roi. Trois créations et le Créateur était une de ces créations ; trois, et cependant unité merveilleuse par l'amour : Trinité terrestre ».

 

Pratique

Vœux à saint Joseph

 

Qu’est-ce d’abord qu’un vœu ? Un vœu est une promesse que l’on fait à Dieu et par laquelle on s’engage, sans y être obligé, à quelque chose qu’on croit lui être agréable. Dieu a agréé les vœux des hommes sous la loi de nature, sous la loi de Moïse, et sous la loi évangélique. Le vœu, en effet, est un acte d’adoration et un hommage que nous rendons au souverain domaine de Dieu sur nous, en reconnaissant que c’est de lui seul que nous pouvons tenir ce que nous désirons ; et pour le toucher davantage, nous nous engageons à quelque œuvre qui lui soit plus agréable. L’on ne peut donc faire de vœux qu’à Dieu, mais on peut les faire à Dieu en l’honneur des Saints ; et Dieu a tellement pour agréables ces vœux qu’on lui fait en l’honneur des Saints, qu’il les exauce plus souvent, on dirait, que ceux qu’on lui adresse directement à lui-même. Nous en avons la preuve dans tous ces ex-voto que nous voyons appendus aux autels des Saints, et surtout de la sainte Vierge et de saint Joseph, ainsi que dans toutes ces tablettes commémoratives des grâces obtenues par leur intercession, qui garnissent les murs de leurs chapelles et sanctuaires.

Nous ne sommes nullement forcés de faire ces vœux ; mais une fois qu’ils sont formulés et articulés, nous devons les tenir, à l’imitation du pieux matelot qui fait son vœu au moment du danger, mais qui l’accomplit lorsqu’il a touché la terre.

N’oublions pas, d’ailleurs, que convenablement la matière de notre vœu doit être en rapport avec notre position sociale, notre fortune et la grâce que nous désirons obtenir. Il aurait autrement quelque chose de dérisoire et indiquerait une parcimonie qui ne serait guère capable de toucher le coeur de Dieu.

Mais il y a des personnes qui craignent de trop s’engager en faisant des vœux. La chose est pourtant bien simple. Comme la plupart des vœux sont conditionnels, votre promesse vous engagera, si vous obtenez, et ne vous engagera pas, si vous n’obtenez pas.

Quant aux ex-voto, qui consistent le plus souvent dans des tablettes commémoratives du bienfait obtenu, n’hésitez pas à les déposer au plus tôt, surtout si vous les avez eux dans la pensée en formulant votre vœu.

 

Prière pour la France

 

Grand Saint Joseph, illustre Patron de l’Église universelle, ne prendrez-vous point également sous votre protection la nation qu’on appelle la plus belle portion de cette Eglise, la France, notre bien-aimée patrie, et qui doit être aussi votre terre de prédilection ? Puisqu’elle est la nation préférée de Dieu, bénie de Jésus, aimée de Marie, ne doit-elle pas être aussi votre nation privilégiée ? Le royaume de Marie n’est-il pas aussi par suite le royaume de Joseph ?

Et d’ailleurs, n’a-t-on pas dit avec raison que par-dessus toutes les autres Eglises du monde Catholique, l’Église de France vous a toujours rendu le plus d’honneurs dans les temps passés, comme elle vous en rend encore dans le temps présent ? Et aujourd’hui que le grand mouvement vers vous s’est prononcé, la France n’y est-elle pas entrée à pleines voiles pour le provoquer, le diriger et le pousser à ses derniers développements ? Aussi, si l’on a dit que, dans les temps anciens, en récompense de sa dévotion envers vous, une Vierge libératrice lui fut envoyée pour l’arracher à la domination étrangère, qu’en récompense de sa dévotion actuelle, elle soit encore délivrée de ses ennemis du dehors et de ses ennemis plus acharnés du dedans, afin que, rendue à elle-même et à ses instincts chrétiens, elle puisse accomplir les plus nobles destinées que le Seigneur lui a faites.

Nous mettons donc de nouveau toute notre confiance en vous, ô bon Saint Joseph, et nous espérons bien que cette confiance ne sera pas confondue. Vous sauverez l’Église, et avec l’Église, notre France et votre France. Vous verrez nos nécessités, vous entendrez nos prières et vous nous obtiendrez ces jours de paix et de vraie liberté qui nous manquent, ces jours meilleurs dont nous avons tant besoin.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

84fd5a446b8f2eb1a3e9f852a099ed2a-1

 

Téléchargez le texte de cette méditation (PDF) en cliquant ici

 

Pour recevoir pendant le mois de mars,

chaque méditation du Mois de Saint Joseph dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes

 

8 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Marie-et-Joseph_Capture

Neuvième jour

Départ pour Bethléem

 

Environ 4000 ans s’étaient écoulés depuis la création du monde, 2348 depuis le déluge, 1921 depuis la vocation d’Abraham,1491 depuis la loi de Dieu donnée sur le mont Sinaï, 1005 depuis la dédicace du temple de Salomon, 558 depuis la fin de la captivité de Babylone. On était entré dans la 63e semaine prédite par le prophète Daniel, dans la 194e Olympiade, selon la manière de compter des Grecs, dans la 752e année depuis la fondation de Rome, et l’Empire romain étendait sa domination sur toute la terre. C’est alors que César Auguste ordonna le dénombrement de tous ses habitants. Ce dénombrement fut fait pour la Judée par Cyrinus, gouverneur de Syrie, et l’on vit pendant plusieurs mois le pays parcouru en tous sens par toutes sortes de personnes qui allaient se faire inscrire dans les lieux dont elles étaient originaires.

Cependant la sainte Vierge était auprès de sa mère, sainte Anne, dont la maison était à peu près à une lieue de Nazareth, dans la vallée de Zabulon. Il n’était resté à la maison de Nazareth que la servante qui servait saint Joseph, tandis que Marie était chez sa mère. Du reste, tant qu’Anne vécut, ils n’eurent pas de ménage entièrement séparé ; mais ils recevaient toujours de celle-ci ce dont ils avaient besoin.

Depuis plusieurs semaines aussi, la sainte Vierge était occupée des préparatifs pour la naissance de Jésus-Christ : elle apprêtait des couvertures, des bandages et des langes. Son père Joachim ne vivait plus, et Anne s’était remariée, d’après l’ordre du ciel, à un homme qui avait un emploi dans le Temple, où il inspectait les victimes destinées aux sacrifices ; en dehors du Temple, il restait ordinairement auprès de ses troupeaux, où Anne lui envoyait sa nourriture : c’étaient des petits pains et des poissons qu'elle mettait dans un sac de peau divisé en plusieurs compartiments. Il y avait encore chez sainte Anne une petite fille, d’environ sept ans, qui était souvent près de la sainte Vierge, laquelle lui donnait des leçons. Ce devait être la fille de Marie de Cléophas, qui s’appelait aussi Marie.

C’était donc dans la maison d’Anne que la sainte Vierge passait le temps de sa grossesse, en compagnie de plusieurs autres femmes qui préparaient des effets et des couvertures pour ses couches. Anne avait des propriétés assez considérables en troupeaux et en pâturages. Elle fournissait abondamment la sainte Vierge de tout ce qui lui était nécessaire suivant son état. Comme elle croyait que Marie ferait ses couches chez elle, et que tous ses parents la visiteraient à cette occasion, elle faisait toute espèce de préparatifs pour la naissance de l’Enfant de la promesse. On apprêtait pour cela de belles couvertures et de beaux tapis.

Il y avait une couverture de ce genre, lors de la naissance de Jean, dans la maison d’Elisabeth. Elle était ornée de figures symboliques et de semences tracées à l’aiguille. Au milieu était une espèce d‘enveloppe dans laquelle l‘accouchée se plaçait de telle façon, que, quand les diverses parties de la couverture étaient assujetties autour d’elle avec des lacets et des boutons, elle était là comme un petit enfant dans son maillot, et pouvait facilement rester assise entre des coussins, pour recevoir les visites de ses amies, qui s’asseyaient auprès d’elle sur le bord du tapis.

On préparait aussi dans la maison d’Anne des objets de ce genre, outre des bandelettes et des langes pour l’enfant, dans lesquels on allait jusqu’à faufiler çà et là des fils d‘or et d’argent. Tous ces effets et ces couvertures n’étaient pas uniquement pour l’usage de l’accouchée ; il y avait beaucoup de choses destinées aux pauvres, auxquels on pensait toujours dans ces jours d‘allégresse. La sainte Vierge et d’autres femmes, assises par terre autour d‘un grand coffre, travaillaient à une grande couverture qui était placée sur ce coffre au milieu d’elles. Elles se servaient de petits bâtons où étaient attachés des fils de diverses couleurs. Sainte Anne était très affairée : elle allait ça et la pour prendre de la laine, la partager, et donner leur tâche à chacune des travailleuses.

Cependant Joseph était allé à Jérusalem, où il avait conduit des animaux pour le sacrifice. Il les avait laissés dans une petite hôtellerie située à un quart de lieue en avant de Jérusalem, du côté de Bethléem, et tenue par un vieux ménage sans enfants. C‘étaient des gens pieux, chez lesquels on pouvait loger en toute confiance. Joseph alla de là à Bethléem, mais il ne visita pas les parents qu'il y avait. Il voulait seulement prendre des informations relativement à un dénombrement ou à une levée d’impôts qui exigeaient que chacun comparût dans son lieu de naissance. Il ne se fit pourtant pas encore inscrire, car il avait l’intention, lorsque, le temps de la purification de Marie serait accompli, d‘aller avec elle de Nazareth au Temple de Jérusalem, et de là à Bethléem, où il voulait s’établir. On ne sait pas bien quel avantage il y trouvait, mais le séjour de Nazareth ne lui plaisait pas. C’est pour cela qu’il profita de l’occasion pour aller à Bethléem, où il prit des informations relativement à des pierres et à des bois de charpente, ayant toujours le projet d’y bâtir une maison. Il revint ensuite à l’hôtellerie voisine de Jérusalem, alla offrir son sacrifice au Temple, et se remit en route peur Nazareth.

Mais pendant la nuit, comme il traversait la plaine de Ghinim, à six lieues de Nazareth, un Ange lui apparut et lui enjoignit de partir avec Marie pour Bethléem, car c’était là qu’elle devait mettre son Enfant au monde. L’Ange lui prescrivit aussi ce qu’il devait prendre avec lui. Il devait emporter peu d’effets, et notamment aucune couverture brodée. Il devait aussi, outre l’âne sur lequel Marie monterait, emmener avec lui une ânesse d’un an qui n’avait pas encore eu de petits. Il devait la laisser courir en ‘liberté et suivre toujours le chemin qu’elle prendrait.

Ce soir, Anne se rendit a Nazareth avec la sainte Vierge ; elles savaient que Joseph arriverait. Elles ne paraissaient pourtant pas savoir que Marie irait à Bethléem ; elles croyaient qu’elle mettrait son Enfant au monde dans sa maison de Nazareth, où l’on porta plusieurs des objets qu’on avait préparés. empaquetés dans des nattes. Joseph arriva le soir à Nazareth.

Le lendemain, saint Joseph fit connaître à la sainte Vierge et à sainte Anne ce qui lui avait été dit la nuit précédente. Elles revinrent ensemble dans la maison d’Anne, et firent des préparatifs pour un prompt départ. Anne en était tout attristée. La sainte Vierge savait d’avance qu’elle devait enfanter son Fils à Bethléem, mais elle n’en avait rien dit par humilité. Elle le savait par les prophéties sur la naissance du Messie qu’elle conservait a Nazareth. Elle avait reçu ces écrits de ses maîtresses du Temple, et ces saintes femmes les lui avaient expliqués. Elle les lisait souvent et priait pour leur accomplissement. Ses ardents désirs invoquaient toujours la venue du Messie ; elle appelait toujours bienheureuse celle qui devait mettre au monde le saint Enfant, et désirait seulement pouvoir être la dernière de ses servantes ; elle ne pensait pas, dans son humilité, que cet honneur pût lui être destiné. Comme elle savait, par les textes des prophéties, que le Sauveur devait naître à Bethléem, elle se conforma avec d’autant plus de joie à la volonté divine, et se prépara à un voyage très pénible pour elle dans cette saison, car il faisait souvent un froid très vif dans les vallées, entre les chaînes des montagnes.

Ce même soir donc, Joseph et la sainte Vierge, accompagnés d’Anne, de Marie de Cléophas, et de quelques serviteurs, partirent de maison d’Anne. Marie était assise sur le bât d’un âne qui portait aussi son bagage. Joseph conduisait l’âne. Il y avait un second âne sur lequel sainte Anne devait revenir. Son mari était dans les champs lors du départ de la sainte compagnie.

 

Considération

Saint Joseph d’après Sainte Thérèse

 

Une des gloires de la mission providentielle de sainte Thérèse a été de propager le culte de saint Joseph dans toute l'Église. Par la page céleste qu'on va lire, et dans laquelle sa plume, séraphique a si bien exalté le saint Patriarche, l’illustre réformatrice du Carmel a comme ouvert la carrière aux pieux auteurs qui voudraient publier ses louanges, et donné le signal du culte qui devait lui être rendu. Aussi, depuis lors, que de livres publiés à la gloire de saint Joseph, et qui n’ont été qu’un pieux ou savant commentaire de ce qu’elle a écrit ! Que d‘hommages ont été adressés au glorieux Père nourricier de Jésus, de tous les points du monde catholique ! Et que de ferventes invocations sont sorties des lèvres de tous ceux qui se sont pressés autour de ses autels, et qui n’ont été, à le bien prendre, que l’éclosion des sentiments qu’elle avait fait naître dans tous les cœurs !

« Je pris, nous dit-elle dans sa Vie écrite par elle-même, ch. VI, pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph, et je me recommandai très instamment à lui. Ce tendre Père de mon âme, ce bien-aimé Protecteur m'a toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu’à ce jour qu’il ne me l’ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux, s’il m‘était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m’a comblée, et les dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint !

Le très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais pas expérience, étend son pouvoir à tous, Notre Seigneur veut nous faire entendre par là que de même qu’il lui fut soumis sur cette terre d’exil, reconnaissant en lui l’autorité d’un père nourricier et d’un gouverneur, de même il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel, en exauçant toutes ses demandes. C’est ce qu’on vu comme moi, par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable Protecteur. Aussi le nombre des âmes qui l’honorent commence-t-il à être grand, et les heureux effets de sa médiation confirment de jour en jour la vérité des mes paroles.

Connaissant aujourd’hui par une si longue expérience l’étonnant crédit de saint Joseph auprès de Dieu, je voudrai persuader tout le monde de l’honorer d’un culte particulier. Jusqu’ici, j’ai toujours vu les personnes qui ont eu pour lui une dévotion vraie et soutenue par des œuvres faire des progrès dans la vertu ; car ce céleste Protecteur favorise d’une manière frappante l’avancement des âmes qui se recommandent à lui. Déjà, depuis plusieurs années, je lui demande, le jour de sa fête, une faveur particulière, et j’ai toujours vu mes désirs accomplis. Si, par quelque imperfection, ma demande s’écartait tant soit peu du but de la gloire divine, il la redressait admirablement, dans la vue de m’en faire tirer un plus grand bien.

Si j’avais autorité pour écrire, je goûterai un plaisir bien pur à raconter, dans un récit détaillé, les grâces dont tant de personnes sont comme moi redevables à ce grand Saint. Je me contente de conjurer, pour l’amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas d’en faire l‘épreuve; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux Patriarche et de l‘honorer d’un culte particulier. Les personnes d’oraison surtout devraient toujours l’aimer avec une filiale tendresse. Je ne comprends pas comment on peut penser a la Reine des Anges et à tout ce qu’elle essuya de tribulations durant le bas âge du divin Enfant Jésus, sans remercier saint Joseph du dévouement si parfait avec lequel il vint au secours de l’un et de l'autre. Que celui qui ne trouve personne pour lui enseigner l’oraison choisisse cet admirable Saint pour maître, il n’aura pas à craindre de s’égarer sous sa conduite ».

Et fidèle à ses sentiments à l’égard de Saint Joseph, la bienheureuse avait recours à lui dans ses doutes, ses embarras, ses diverses nécessités. Elle lui dédia la plupart de ses fondations, les mit toutes sous sa garde, et plaça de ses mains à la porte d’entrée de tous ses monastères l’image de la Sainte Vierge et de Saint Joseph fuyant en Egypte. Elle voulut aussi que toutes les religieuses eussent une dévotion particulière envers le Saint Patriarche, et elle leur faisait réciter, croit-on, chaque jour, comme elle les récitait elle-même, les dernières paroles de la prière suivante.

 

Pratique

Litanies de Saint Joseph

 

Les Litanies sont une suite d’invocations que l’on adresse, soit à Dieu, à qui nous demandons,sa grâce en lui disant : « Ayez pitié de nous », « secourez-nous », « pardonnez-nous » ; soit aux Saints, à qui nous demandons seulement d‘intercéder pour nous auprès de Dieu, en leur disant : « Priez pour nous ». Nous ne disons pas autre chose, en effet, même à saint Joseph, même à la sainte Vierge, parce que, quelque puissants qu’ils, soient auprès de Dieu, toute leur bienveillance pour nous se borne à un pouvoir d’intercession, intercession, toutefois que l’on pourrait presque dire infaillible.

Dès 1601, le Souverain Pontife Sixte V attacha 200 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies de la sainte Vierge, et Pie VII, en 1817, éleva cette Indulgence a 300 jours, en accordant de plus à ceux qui les réciteraient chaque jour une Indulgence plénière à gagner aux cinq Fêtes principales de la sainte Vierge.

Le 8 juin 1862, Pie IX, heureusement régnant, accorda, pour leurs diocèses respectifs, aux Evêques qui le lui demandèrent, 300 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies du saint Nom de Jésus.

Le Saint Siège n‘a point attaché, jusqu’à présent, d'Indulgence aux Litanies de saint Joseph ; mais divers Evêques ont enrichi d’une Indulgence de 40 jours celles qu‘ils ont approuvées pour leurs propres Diocèses, et Mgr l’Evêque de Namur a même approuvé une Octave de ces Litanies appliquées a chaque jour de la semaine.

 

Retrouvez le texte des Litanies de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Tirée de Sainte Thérèse

 

Mon bien-aimé Protecteur, que je vous remercie des grâces insignes dont Dieu m'a comblée, et des dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par votre toute-puissante médiation. Je ne me souviens pas, en effet, de vous avoir jamais rien demandé que vous ne me l’ayez obtenu de Dieu ; mais ce dont je me souviens, c’est que vous m’avez toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. M’appuyant donc sur la longue expérience que j’ai faite de votre étonnant crédit auprès de Dieu, soit par moi-même, soit par ceux à qui j‘ai conseillé de recourir à votre incomparable protection, je m‘adresse encore à vous en ce moment, dans la pleine confiance que vous ne me refuserez pas les nouvelles grâces que je viens vous demander.

Et vous, Dieu très bon et tout-puissant, qui, dans votre providence, avez destiné le juste saint Joseph pour Epoux à la Vierge Marie, votre Mère, en en faisant votre Père nourricier, daignez, en considération de ses prières et de ses mérites, accorder le calme et la paix à votre Eglise, et nous faire parvenir nous-mêmes à cette glorieuse éternité où vous vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

84fd5a446b8f2eb1a3e9f852a099ed2a-1

 

Téléchargez le texte de cette méditation (PDF) en cliquant ici

 

Pour recevoir pendant le mois de mars,

chaque méditation du Mois de Saint Joseph dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes.

18 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

P1011169

Dix-neuvième jour

Zèle de Vincent pour la gloire de Dieu et le salut des âmes

 

Quoique Vincent se soit étudié d'imiter parfaitement Jésus-Christ en la pratique de toutes sortes de vertus, c'est en celle-ci néanmoins qu'il a excellé d'une manière particulière ayant exprimé en lui-même une vive image du zèle de ce divin Sauveur. Il pouvait bien dire à son exemple que le zèle de la maison de Dieu le dévorait, et que sa vie se consumait dans les flammes de cet ardent désir de procurer la gloire de Dieu, puisqu'il l'excitait continuellement à entreprendre et à soutenir tout, soit pour empêché que Dieu ne fût offensé, soit pour réparer les offenses commises contre sa divine majesté, ou enfin pour procurer l'avancement de son honneur et de son service. Car comme nous enseigne fort bien Saint Augustin répondant à la question qu'il s'était proposée à lui-même : Qui est celui qui est dévoré de zèle pour la maison du Seigneur ? C'est, dit ce saint docteur, celui qui désire ardemment d'empêcher que Dieu ne soit offensé, et lequel, quand il voit quelque offense contre la majesté divine, ne se donne aucun repos, mais s'emploie de tout son pouvoir, pour faire en sorte que cette offense soit réparée ; que s'il ne le peut, il gémit dans son cœur et ressent une grande peine de voir Dieu déshonoré.

Voilà quel a été Vincent, et l'on peut dire avec vérité qu'il n'a pas vécu pour lui-même, mais uniquement pour Jésus-Christ, dont l'honneur et la gloire lui étaient incomparablement plus chers que sa propre vie ; et pour ce qui est de ses œuvres, elles peuvent bien servir de preuve de son zèle, puisque tout ce qu'il a fait et entrepris n'a été que pour détruire le péché, et pour procurer que Dieu fût connu, servi, aimé et glorifié en tous lieux par toutes sortes de personnes ; c'est pour cela qu'il a tant travaillé dans les Missions, établi tant de conférences et de séminaires, assemblé tant de compagnies, en un mot qu'il a fait et souffert tant de choses pendant sa vie, laquelle il a consumée dans les flammes de son zèle. Et pour en dire quelque chose de plus particulier, le zèle de ce grand serviteur de Dieu. lui faisait surtout ressentir vivement les offenses qui se commettaient contre sa divine Majesté ; il ne se peut dire combien il en était vivement louché, quels efforts il faisait pour empêcher ces offenses et quelles pénitences il s'imposait pour les réparer après qu'elles étaient faites. Mais il s'affligeait outre mesure lorsqu'il apprenait que quelque misérable pécheur était mort dans son péché, et qu'une âme s'était perdue, voyant que cette perte était irréparable ; et lorsqu'il en parlait, et qu'il représentait combien valait une seule âme, et ce qu'elle avait coûté à Jésus-Christ, ses paroles tiraient les larmes des yeux de ceux qui l'entendaient.

Or, pour empêcher cette perte des âmes qu'il voyait être si chères à ce divin Sauveur, il n'y avait rien qu'il ne voulût faire et souffrir ; et il exhortait les siens de concevoir et de nourrir dans leurs cœurs le même zèle dont il était animé. Voici en quels termes il leur parla un jour sur le sujet de ce que souffraient les missionnaires qui étaient à Gênes au temps que la peste affligeait cette ville : « Ils souffrent, dit-il, comme il faut, par la grâce de Dieu, et en cela ils sont bien heureux de souffrir, pour rendre service à Dieu, et puis procurer le salai des âmes. Or, nous devons, Messieurs, avoir en nous une semblable disposition et un même désir de souffrir pour Dieu et pour le prochain, et de nous consumer pour cela. Oui, Messieurs et mes frères, il faut que nous soyons sans réserve à Dieu et au service du prochain ; nous devons nous dépouiller pour le revêtir, donner nos vies pour procurer son salut, nous tenir toujours prêts à tout faire et à tout souffrir pour la charité, être disposes d'aller où il plaira à Dieu pour ce sujet. Oh ! que nos confrères qui travaillent dans les pays étrangers sont savants en cette science de souffrir ! Les uns étant exposés aux dangers de la peste en servant les pestiférés; les autres parmi les périls de guerre; les autres dans les incommodités de la faim ; et tous dans les mésaises, les travaux et les souffrances; mais, nonobstant cela, ils demeurent fermes et inébranlables dans le bien qu'ils ont entrepris. Reconnaissons, Messieurs, la grâce que Dieu fait à cette pauvre et chétive Congrégation de se voir composée de telles personnes, et de tels membres si fidèles et si constants à souffrir pour le service et pour l'amour de sa divine Majesté ».

Ces paroles de Vincent font assez connaître le désir qui brûlait dans son cœur de sacrifier sa vie par le martyre, ou de l'aller consumer dans les travaux des missions; ce qu'il aurait exécuté, si ses longues infirmités le lui eussent pu permettre; et en effet, six ou sept ans avant sa mort, étant déjà âgé d'environ quatre-vingts ans, il alla encore en mission pendant le temps d'un jubilé, et il y travailla avec un très-grand fruit et une merveilleuse édification de tous ceux qui voyaient ce saint vieillard dans un âge si avancé et parmi tant d'incommodités, s'employer avec tant de zèle à catéchiser, prêcher, confesser et vaquer à d'autres semblables exercices; quoique son âge et ses indispositions presque continuelles ne lui permissent pas de continuer ce saint exercice, les affaires importantes dont il était chargé ne lui en laissant d'ailleurs pas le loisir, il ne laissait pas pourtant d'en retenir toujours l'affection dans son cœur ; et un jour, écrivant à l'un des siens, et lui déclarant ses sentiments sur ce sujet : « Oh ! que bienheureux, lui dit-il, sont ceux qui se donnent à Dieu de la bonne sorte, pour faire ce que Jésus-Christ a fait, et pour pratiquer, à son exemple, les vertus qu'il a pratiquées : la pauvreté, l'humilité, la patience, le zèle pour la gloire de Dieu, et pour le salut des âmes ! Car ainsi ils deviennent les vrais disciples d'un tel maître, ils vivent purement de son esprit, et répandent avec l'odeur de sa vie le mérite de ses actions pour la sanctification des âmes pour lesquelles il a voulu mourir ».

 

Fleurs Spirituelles

 

Quand l'amour de Dieu se rend maître d'une âme, il produit en elle un désir infatigable d'agir pour celui qu'elle aime. Quoiqu'elle fasse alors pour Dieu, quelque temps qu'elle donne à son service, il lui semble que ce n'est rien, et elle ne cesse point de s'affliger du peu qu'elle fait pour son Dieu. L'amour lui enseigne ce que Dieu mérite; elle voit à l'éclat de cette lumière, tous les défauts et toute l'imperfection de ses œuvres, elle est pénétrée de la plus vive confusion, connaissant combien il est indigne de ne pas agir d'une manière parfaite pour un si grand Dieu. En cet état elle est bien éloignée de se complaire en elle-même et de condamner les autres ». (Saint Jean Chrysostôme).

« Une personne acquiert l'amour divin par une ferme résolution d'agir et de souffrir pour Dieu, et de s'abstenir toujours de tout ce qui lui déplaît ; lorsqu'elle met ensuite cette résolution en pratique dans les diverses occasions qui se présentent, étant très fidèle dans les petites choses pour pouvoir mieux réussir dans les grandes ». (Sainte Thérèse d'Avila).

Pratique : Imposez-vous aujourd'hui quelques mortifications, dans la vue de réparer les offenses commises contre Dieu. Priez pour les Missionnaires Lazaristes.

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

 

5 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

93875614_o

Sixième jour

De l'obéissance de Saint Vincent

 

Nous ne pouvons mieux faire en parlant de l'obéissance de Vincent, que de rapporter les sentiments qu'il avait de cette vertu, lesquels il a déclarés en plusieurs rencontres, mais particulièrement dans les avis salutaires qu'il a donnés à ce sujet à ses chères filles, les religieuses du premier monastère de la Visitation de Paris.

Elles ont témoigné que ce grand Serviteur de Dieu, qui a été leur premier père spirituel, entre toutes les vertus, leur recommandait souvent celle de l'obéissance, et l'exactitude à la règle jusqu'aux moindres observances ; qu'il avait une affection toute particulière pour bien établir ces vertus dans leur communauté, et leur disait que ces vertus étaient celles, qui étant pratiquées avec persévérance faisaient la religion ; que pour s'y exciter il était nécessaire d'en conférer souvent ensemble et de s'entretenir sur leur excellence et leur beauté ; et qu'il fallait s'y affectionner dans la vue du plaisir que Dieu prend dans les âmes religieuses qui s'y rendent fidèles ; et parce que celui qui est leur Divin Epoux aimait tellement ces vertus que le moindre retardement à l'obéissance lui était désagréable ; qu'une âme vraiment religieuse ayant voué cette vertu à la face de l'Eglise, doit se rendre soigneuse d'accomplir ce qu'elle a promis, et que si l'on se relâche dans une petite chose, on se relâche bientôt dans une plus grande ; que tout le bien de la créature consistait en l'accomplissement de la volonté de Dieu, et que cette volonté se trouvait particulièrement dans la fidèle pratique de l'obéissance, et en l'exacte observance de la régularité ; qu'on ne pouvait rendre un service plus agréable à Dieu, qu'en pratiquant l'obéissance par laquelle il accomplit ses desseins sur nous, que sa pure gloire s'y trouve avec l'anéantissement de l'amour-propre et de tous ses intérêts, qui est ce à quoi nous devons principalement prétendre, et que cette pratique mettait l'âme dans la vraie et parfaite liberté des enfants de Dieu.

Il recommandait fort de renoncer à son propre jugement et de le mortifier pour le soumettre à celui de ses supérieurs, et disait que l'obéissance ne consistait pas à faire présentement ce qu'on nous ordonne, mais à se tenir dans une entière disposition de faire tout ce qu'on nous pourrait commander en toutes sortes d'occasions : qu'il fallait regarder ses supérieurs comme tenant la place de Jésus-Christ sur la terre, et leur rendre en cette considération, un très-grand respect ; que de murmurer contre eux était une espèce d'apostasie intérieure ; car, comme l'apostasie extérieure se commet en quittant l'habit et la religion, et se désunissant de son corps, aussi l'apostasie intérieure se fait quand on se désunit des supérieurs, les contredisant en son esprit, et s'attachant à des sentiments particuliers et contraires aux leurs ; ce qui est le plus grand de tous les maux qui arrivent dans une communauté ; que l'âme religieuse évitait ce malheur quand elle se tenait dans une sainte indifférence, et qu'elle se laissait conduire par ses supérieurs.

Il disait encore, sur le sujet de l'obéissance, qu'il fallait pour fondement de la vraie soumission qu'on doit avoir dans une communauté, considérer attentivement les choses suivantes :

1° La qualité des supérieurs, qui tiennent sur la terre la place de Jésus-Christ à notre égard ; 2° La peine qu'ils ont, et la sollicitude qu'ils prennent pour nous conduire à la perfection ; passant quelquefois les nuits entières en veilles, et ayant souvent le cœur plein d'angoisses, pendant que les inférieurs jouissent à leur aise de la paix et de tranquillité que leur apportent le soin et le travail de ceux qui les conduisent, dont la peine est d'autant plus grande qu'ils ont sujet d'appréhender le compte qu'ils sont obligés d'en rendre à Dieu ; 3° La récompense promise aux âmes vraiment obéissantes même dès cette vie ; car outre les grâces que mérite cette vertu, Dieu se plaît à faire la volonté de ceux qui pour l'amour de lui, soumettent leur volonté à celle de leurs Supérieurs ; 4° La punition que doivent appréhender ceux qui ne veulent pas obéir, dont Dieu a fait voir un exemple bien terrible, dans le châtiment que sa justice a exercé sur Coré, Dathan et Abiron, pour avoir méprisé Moïse leur supérieur, et pour avoir par ce mépris offensé grièvement Dieu qui a dit, parlant aux supérieurs qu'il a établis dans son Eglise : que celui qui vous écoute, m'écoute ; et que celui qui vous méprise me méprise ; 5° L'exemple de l'obéissance que Jésus-Christ est venu donner aux hommes, ayant mieux aimé mourir, que de manquer à obéir, et certes, ce serait une dureté de cœur bien grande, de voir un Dieu obéissant jusqu'à la mort pour notre sujet, et nous, chétives et misérables créatures, refuser de nous assujettir pour l'amour de Lui.

Il ajoutait, pour pratiquer parfaitement celte vertu, qu'il fallait obéir : 1° Volontairement, faisant plier notre volonté sous la volonté des Supérieurs ; 2° Simplement, pour l'amour de Dieu, et sans jamais permettre à noire entendement, de rechercher ou examiner pourquoi nos supérieurs nous ordonnent telle ou telle chose ; 3°Promptement, sans user d'aucun retardement, quand il est question d'exécuter ce qui est commandé ; 4° Humblement, sans prétendre ni désirer de tirer aucune louange ou estime de l'obéissance qu'on rend ; 5° Courageusement, ne désistant pas et ne s'arrêtant pas pour les difficultés, mais les surmontant avec force et générosité ; 6° Gaiement, exécutant ce qui est commandé avec agrément, et sans témoigner aucune répugnance ; 7° Avec persévérance, à l'imitation de Jésus-Christ qui s'est rendu obéissant jusqu'à la mort.

Or, il ne faut pas considérer ce que Vincent disait ou enseignait, comme des leçons d'un maître, ou des exhortations d'un prédicateur, qui ne fait pas quelquefois ce qu'il enseigne aux autres, mais comme les pures expressions des sentiments les plus sincères de son cœur, et comme de véritables témoignages de ce qu'il pratiquait lui-même avec une merveilleuse humilité ; car quoiqu'il fût envoyé avec les siens par les Evêques avec plein pouvoir pour travailler dans les paroisses de leurs diocèses, il ne voulait toutefois rien faire qu'avec le consentement et sous le bon plaisir des Curés, ce qu'il observait inviolablement, aussi bien dans les plus petits villages comme dans les autres lieux plus considérables.

Saint Vincent de Paul était toujours le premier à tous les exercices de la communauté, par amour pour la règle. Il ne manquait pas de se mettre à genoux en entrant dans sa chambre et avant d'en sortir, parce que c'était un point de règle, quoiqu'il ne pût le faire les dernières années de sa vie qu'avec beaucoup de peine, à cause du mal qu'il avait aux jambes.

 

Fleurs Spirituelles

 

« L'obéissance est sans doute plus méritoire que toutes les austérités. Quelle austérité plus grande que de tenir sa volonté continuellement soumise et obéissante ? » (Sainte Catherine de Bologne).

« Une simple goutte de parfaite obéissance vaut un million de fois plus qu'un vase entier de la plus sublime contemplation ». Sainte Marie Madeleine de Pazzi).

Pratique : Efforcez-vous aujourd'hui d'obéir avec soumission de volonté et de jugement, pour l'amour de Jésus-Christ. Priez pour les personnes obéissantes.

 

Téléchargez cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Icon, USA, WA, Federal Way

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul

chaque jour pendant le mois de juillet dans votre boite mail,

abonnez-vous à le Newsletter d'Images Saintes

4 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

511_001

 

Cinquième jour

 

Sainte Philomène fait la correction à une petite fille de son nom

 

Les faits relatés précédemment prouvent la prédilection toute particulière de sainte Philomène pour les enfants bien sages. C’est à eux qu’elle semble dire : « Venez à moi, mes enfants, et je vous comblerai de mes faveurs ». Que les parents aient donc soin d’inculquer à leurs enfants le culte et la dévotion à sainte Philomène.

Telle est la protection de sainte Philomène sur ces petites créatures, que plusieurs fois elle a su faire la correction à quelques-unes qui s’écartaient de leurs devoirs ; on remarque que cette attention de la Sainte s’est surtout portée sur les petites filles qui ont le bonheur d’avoir reçu un nom si doux au saint baptême.

La petite Philomène de la famille des Magnotti, âgée d’environ cinq ans, était à prendre son repos.

C’était au mois d’août, et la chaleur l’incommodait beaucoup, de sorte qu’elle oublia les règles de la modestie chrétienne. Vers les dix heures du soir, ses parents, qui la croyaient bien endormie, l’entendirent sangloter et crier. Ils furent surpris…

Laissant là leurs occupations, ils s’approchent du lit de l’enfant et la questionnent. Philomène répond en pleurant : « Eh ! la sainte est venue auprès de mon lit, m’a éveillée, et me regardant d’un air fâché, elle m’a dit : « Philomène, est-ce ainsi qu’on se tient au lit ? Oh ! quelle faute vous y avez commise, n’y retombez plus jamais, si vous voulez que je vous aime et vous protège ».

Puis, l’enfant montrant la porte, ajouta que la Sainte venait de sortir par là au moment où eux, ses parents, venaient d’entrer. La pauvre enfant retint si bien la leçon de sainte Philomène, qu’elle fut toujours très modeste, et il suffisait, quand elle était un peu rétive, qu’on la menaçât de lui ôter quelque vêtement.

Que les enfants, ceux surtout consacrés à sainte Philomène, profitent de cet avertissement salutaire ! Incontestablement, les deux vertus les plus chères à leur auguste et sainte Patronne sont la pureté et la modestie ; ils doivent donc s’efforcer de les reproduire dans leur conduite, et pour cela, éviter avec un grand soin tout ce qui pourrait y porter atteinte.

 

Pratique : Prier tout particulièrement sainte Philomène pour que les enfants qui ont son nom l’honorent par la sagesse de leur conduite.

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

16 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Bon Samaritain 3

 

Dix-septième jour

Dix-septième rayonnement

Le Bon Samaritain

 

« In charitate perpetua dilexi te » (Jr. 31, 3)

 

Le chemin qui conduit de Jérusalem à Jéricho traverse un véritable désert de montagnes arides, sans eau, sans verdure, ni rien qui rafraîchisse le regard ; ce sont les monts de Juda, arrondis au sommet et qui ondulent jusqu'à la Mer Morte comme un troupeau de béliers : « Sicut agni ovium ».

À l'horizon se déploient les grandes chaînes de Moab et d'Ammon qui sont déjà les montagnes d'Arabie, au pied desquelles coule le Jourdain.

Ce sauvage désert, d'une désolation extrême, est entrecoupé de précipices dont le plus remarquable est l'Oued el-Kelt, sillonné par un torrent mugissant, le Nahr-el-Kelt, qui est l'ancien Carrith de la Bible, où le prophète Elie fut nourri par un corbeau. Les rochers, droits sur l'abîme, sont perforés de trous béants, qui servaient autrefois de cellules aux ermites qui peuplaient jadis ces solitudes.

À mi-chemin de cette route de Jéricho, un peu sur la hauteur, on rencontre les ruines d'une ancienne hôtellerie qui servait de lieu de refuge et de protection aux voyageurs attardés qui traversaient ce pays infesté de brigands. C'est ici qu'eut lieu l'épisode du Bon Samaritain, raconté par Jésus lui-même, sous forme de parabole.

Souvent le divin Maître adoptait ce genre d'enseignement si conforme à l'esprit oriental, et rendait ainsi intelligibles les plus hautes leçons de la vie spirituelle. Dans cette admirable parabole, adressée aux Pharisiens qui l'interrogeaient malignement, il va révéler au monde les sublimes maximes de la charité fraternelle.

« Un homme descendant de Jérusalem à Jéricho tombe entre les mains des voleurs, qui le dépouillèrent et, après l'avoir blessé, le laissèrent demi mort. Un prêtre descendit par le même chemin, vit cet homme et passa outre ; un lévite vint aussi, le regarda et passa de même. Mais un Samaritain qui était en voyage s'arrêta et fut touché de compassion. Il s'approcha du blessé, versa de l'huile et du vin sur ses plaies, les banda, le mit en suite sur son cheval, le mena dans une hôtellerie et prit soin de lui.

Le lendemain il tira de sa bourse deux deniers d'argent qu'il donna à l'hôte en lui disant : « Ayez soin de de cet homme et tout ce que vous aurez dépensé de plus, je l'acquitterai à mon retour ».

N'est-il pas, ô Pèlerin, une image plus fidèle de l'humanité et du divin Cœur que l'histoire de cet homme blessé et du bon Samaritain ? L'humanité souffrante, blessée à mort, dépouillée de ses droits par le péché ; Jésus, le Sauveur du monde, grand Médecin des âmes et des corps, venu pour guérir les plaies de l'humanité, y verser l'huile de sa pitié, le vin fort de son amour ! Oui, le bon Samaritain, c'est Lui, Lui, le divin Cœur, car Samaritain veut dire « gardien », et il est le vrai Gardien de nos âmes, le bon Pasteur qui garde ses brebis. Il est écrit : « Celui qui garde Israël ne sommeillera ni ne dormira point ».

« Or ce Samaritain était en voyage ». Jésus fut aussi un voyageur ; il descendit et passa sur la terre, car le but de son voyage était de sauver cette humanité blessée, demi-morte. Il se fit pour cela, non point pécheur, mais semblable à un pécheur : Samaritain, c'est-à-dire pauvre et humble, méprisé des orgueilleux Pharisiens.

« Il le mena dans une hôtellerie ». Venez, ô Pèlerin, et courons à cette vraie hôtellerie, de Dieu, qui est le Tabernacle et nous y trouverons le divin Cœur, guérisseur des âmes, car, remarquez ceci, ô Pèlerin, le Bon Samaritain ne quitte pas le blessé, il demeure et prend soin de lui ; et le lendemain, quand il est obligé de partir, il ne s'en va point sans avoir payé sa rançon et recommandé à l'hôtelier de prendre soin du blessé.

Oui certes, Jésus a payé la rançon du monde ; mais en quittant cette terre, il nous a légué sa divine charité et nous a promis de payer au delà sa dette du bienfait : « Ce que vous ferez au plus petit des miens, c'est à moi-même que vous l'aurez fait ».

Jésus ne nous a pas quittés puisqu'il nous laisse son amour. Que de fois il agit divinement avec nous, comme le Samaritain agit avec le blessé ! Il nourrit l'âme du pain et du vin eucharistique ; il guérit ses plaies avec le baume de sa grâce, la sauve enfin et la porte dans ses bras jusque dans la solitude de son divin Cœur, où s'achèvera sa guérison. Avec quelle sollicitude infinie il prend soin de nous, et avec quelle confiance et quelle foi nous pouvons nous appuyer sur ce Cœur fort comme le diamant, tendre comme une mère !

 

250_001-001

 

Invocation

 

Ô bon Maître, non seulement vous nous apprenez l'amour de votre Cœur, mais vous nous donnez à suivre l'exemple de votre charité admirable. Vous nous montrez qu'elle est vide sans les actes, que les paroles ne servent de rien si les œuvres manquent. Le prêtre et le lévite qui vivaient sous la Loi, n'ont su faire ce qu'ordonnait la Loi, c'est une foi morte ; mais vous, vous êtes la Loi nouvelle, Loi pleine de douceur qui nous apprend à aimer le prochain, à le servir et à prouver ainsi que notre charité est vivante et féconde : In amore Christi.

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

27 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Christ-on-the-Road-to-Emmaus-780x1024

 

Vingt-huitième jour

Vingt-huitième rayonnement

Emmaüs

 

« Nonne cor nostrum ardens erat in nobis ? » (Lc. 24, 32)

 

Le jour de la Résurrection, vers le soir, deux Disciples s'en allaient de Jérusalem au bourg d'Emmaüs, situé environ à soixante stades (trois lieues) de la Ville sainte. Emmaüs est beaucoup moins élevé que Jérusalem ; mais pour y arriver il faut gravir un pays montagneux et rocailleux, traversé par la profonde vallée du Térébinthe, que sillonne le torrent tant célèbre où David ramassa la pierre qui devait tuer Goliath.

Les deux Disciples s'entretenaient des grands évènements arrivés à Jérusalem et dont tous les esprits étaient agités ; mais ils étaient profondément affligés de n'avoir point vu le Seigneur qu'on disait ressuscité. Tout en conversant avec tristesse et gravité et comme ils passaient dans la vallée de Térébinthe, un homme se joignit à eux et leur demanda doucement de quoi ils parlaient et d'où venait leur tristesse.

L'un des Disciples lui répondit : « Êtes-vous donc tellement étranger à Jérusalem, que vous ne sachiez rien des choses qui sont arrivées ces jours ci ? » « Quelles choses ? » dit le voyageur. Ils reprirent : « Au sujet de Jésus de Nazareth qui était un Prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant les hommes. « Ignorez-vous comment les Princes des Prêtres et les Anciens de notre nation l'ont livré et l'ont crucifié ? Nous espérions qu'il était Celui qui doit délivrer Israël ; mais voici maintenant trois jours que ces choses ont eu lieu ».

Alors les Disciples racontèrent avec l'accent du découragement que le Sépulcre était vide et que les saintes Femmes disaient avoir vu le Seigneur vivant et ressuscité ; mais ils appelaient cela délire de femme : deliramenta.

Alors le voyageur inconnu leur dit : « Ô insensés ! Cœurs lents à croire les Prophètes, ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances et qu’ainsi il entrât dans sa gloire ? » Ensuite il leur commenta les prophéties et leur expliqua ce qui était dit du Christ dans les Saintes Ecritures.

Cheminant ainsi tous trois, ils arrivèrent au seuil de la maison de Cléophas, l'un des deux Disciples, et le voyageur parut vouloir les quitter ; mais ils insistèrent pour qu'il restât, disant : « Il se fait tard, le jour est déjà sur son déclin ». L'inconnu entra et se mit à table avec eux, tout-à coup il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur présenta comme au jour de la Cène. À cet instant, leurs yeux s'ouvrirent, ils reconnurent leur divin Maître ; mais aussitôt il disparut. Les Disciples, remués jusqu'au fond de l'âme, se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au dedans de nous lorsqu'il nous parlait dans le chemin et qu'il nous expliquait les Ecritures ? »

Ainsi, ô pèlerin, le divin Cœur de Jésus se trouve partout sur le chemin de notre vie, à tous les passages difficiles, prêt à nous aider et à nous éclairer. Quand une âme livrée à quelque perplexité ou quelque sécheresse doute, s'attriste, désespère, il vient par sa grâce, fortifie et illumine cette âme.

Il est bon de s'entretenir des choses de Dieu ; mais si notre esprit limité se perd, si notre foi s'égare, le divin Voyageur viendra nous remettre dans le droit chemin. Son amour ne peut supporter de voir les siens errants, affligés ; c'est en ami qu'il vient à eux et leur demande doucement de lui ouvrir la porte de leur cœur.

Quand l'âme, médite et prie, le divin Cœur l'écoute et la suit, puis il fait semblant de partir, afin d'être retenu, d’être supplié. Alors il se révèle. Non seulement il attend les âmes, mais souvent il a pitié de la faiblesse de notre foi, il les poursuit de ses sollicitations, leur donne de précieuses leçons jusqu'à l'heure où l'âme éblouie s'écrie : C'était le Seigneur ?

Mais le passage du Seigneur est de courte durée, comme tout bonheur sur terre ; il faut saisir cet instant rapide, car l'on peut manquer la venue divine et repousser la grâce. Il faut pour écouter sa parole, un cœur docile et plein de bonne volonté.

Admirez encore, ô pèlerin, l'humilité très grande du divin Cœur qui se plaît à dévoiler ses plus hauts secrets à ces deux simples disciples. Les orgueilleux ne trouvent jamais assez d'auditeurs pour écouter leurs discours et croient s'abaisser en parlant à des hommes de condition inférieure ; mais le Seigneur converse familièrement avec ses deux pauvres compagnons de route et marche avec eux. Admirez aussi, combien cette manière de se faire reconnaître est touchante : l'Eucharistie : C'est là le grand moyen de Dieu pour s'attirer les âmes, pour fortifier les faibles, pour confirmer les forts ; c'est le signal divin !

Souvent l'âme aveugle reçoit l’hôte céleste d'un cœur indifférent ; mais un acte de bonté suprême, la touche puissante de la grâce, le lui fait reconnaître : le cœur s'échauffe à ce contact sacré, et adore ce Cœur dont les rayons d'amour l'illuminent.

 

975_001

 

Invocation

 

Ô Cœur sacré, protégez-nous en ce passage de la terre et ne nous quittez pas ; ouvrez nos yeux, éclairez nos pas, dissipez nos doutes. Si mon cœur est uni au Vôtre, qui craindrai-je ? Vous l'avez dit, ô divin Maître : « Que votre cœur ne se trouble point et ne craigne point. Comme mon Père m'a aimé, c'est de ce même amour que je vous aime. Demeurez dans mon amour ». Et nous vous le demandons, comme les deux Disciples d'Emmaüs, ô Seigneur, demeurez avec nous, nous voulons habiter avec vous. Hic habitabo, quoniam elegi eam (Ps. 131, 15).

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

25 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Résurrection

 

Vingt-sixième jour

Vingt-sixième rayonnement

La Résurrection

 

« Ego sum lux mundi » (Jn., 7, 12)

 

Il y avait trois jours que le divin Crucifié était dans le tombeau. Ce tombeau, on le voit encore sous le roc taillé qui jadis faisait partie du Jardin de Joseph d’Arimathie, et qui est, aujourd'hui, enclavé dans l'église du Saint Sépulcre. Ce saint édicule, placé sous la grande coupole et qui n'est autre que le rocher lui-même, est divisé en deux chambres ; la première est appelée Chapelle de l'Ange, la seconde renferme le tombeau creusé en forme d'auge dans le roc vif. Le monument tout entier est recouvert de marbres et d'ornements ; mille lampes de couleurs, suspendues tout autour, le font resplendir comme un joyau sous la coupole sombre de la grande basilique.

Quelle indicible émotion saisit le pèlerin lorsqu'il pénètre sous le rocher sacré, lorsqu'à genoux sur les dalles, il baise en pleurant la place où reposait le divin Enseveli ! Un frisson parcourt l'âme entière, frisson de bonheur, de désir, d'amour ! C'est un instant de joie comme il n'en est point sur terre, un instant court comme la minute qui s'envole, rempli comme un siècle. À travers le revêtement de marbre, il semble au pèlerin qu'il voit encore la divine forme du Christ qui repose sur la pierre ! Il lui semble en baisant ce marbre froid comme le froid de la mort, sentir sous les lèvres le saint Corps rigide du Fils de Dieu ! À ce contact sacré, la vie s'accroît et se précipite comme s'il buvait à une source. Ah ! c'est que cette mort a fait jaillir la vie, c'est que cette force toute puissante a ressuscité le corps du Christ et nous ressuscitera un jour avec lui ! Ego sum ressurectio et vita.

Mais revenez, ô pèlerin, à l'immortelle scène qui se passa ici, il y a dix vingt siècles. Les amis de Jésus en pleurs, l'ayant embaumé avec les mille soins de l'amour le plus tendre, se séparèrent enfin de la dépouille sacrée, la transportèrent dans leurs bras jusqu'au sépulcre neuf de Joseph d’Arimathie à cinquante mètres du Calvaire ; et la déposèrent dans une sorte d'auge taillée dans le rocher.

Représentez-vous ce douloureux cortège, le déchirant adieu que ces amis fidèles disent à leur Seigneur et les sanglots qui l'accompagnent. Marie baise en pleurant la tête de son fils, Madeleine appuie ses lèvres sur les pieds sacrés et ne peut plus les en détacher... Pourtant il faut fermer le Tombeau et le laisser, hélas ! sous la garde des soldats Romains.

Voyez-vous à présent, ô pèlerin, le Sauveur enseveli, immobile, glacé ; il veut prendre sur lui l'humiliation du linceul et du tombeau ; mais en y passant lui-même il nous en ôtera l'horreur. N'est-ce point par amour qu'il reste ainsi enchaîné par la mort, et qu'il laisse son saint Corps reposer à l'ombre du tombeau ? Cette mort est une véritable victoire, la victoire de l'amour qui survit à la défaite du corps ! et plus tard ne demeurera-t-il pas ainsi toujours avec nous, dans l'anéantissement eucharistique, seul, obscur et vraiment enseveli dans le Tabernacle ? Du fond de son Tombeau glorieux, Jésus semble nous dire : Je dors, mais mon Cœur veille ! Dormio, sed Cor meum vigilat ! Et l'amour veille, l'amour qui illumine, qui réchauffe, qui console ! L'amour va con soler les saintes âmes des justes retenues dans les Limbes et leur donner l'espérance de leur prochaine entrée dans le ciel ; puis il va aussi consoler sa mère, suivant une touchante tradition, et son âme lui apparaît plusieurs fois. L'amour de Jésus est infatigable, il ne peut se reposer un seul instant, c'est un feu qui se communique et veut être allumé dans tous les cœurs !

Il y avait trois jours que le saint Corps reposait ; les gardes veillaient autour, de peur que les Disciples ne vinssent l'enlever. Pauvres insensés ! Celui qui marche sur les eaux et commande à la tempête saura bien briser les entraves du tombeau !

L'aube éclairait à peine l’horizon, au matin du Dimanche. Soudain, la terre tremble, le roc ébranlé s'entr'ouvre avec un bruit de tonnerre, c'est Jésus-Christ triomphant qui s'élance hors du sépulcre. Les gardes roulent par terre, aveuglés par la lumière éclatante ; aussitôt l’Ange du Seigneur descend comme un éclair et s'assied sur l'énorme pierre renversée.

Contemplez, ô pèlerin, le Soleil éblouissant qui se lève sur le monde ; admirez le nouvel éclat du Cœur transpercé. Et comme ce Corps abîmé par la souffrance resplendit ! Les Anges ont recueilli précieusement les parcelles de sa chair sacrée, tombées sur la terre sous les coups de la flagellation ; ils ont recueilli les gouttes de sang divin qui arrosait le Calvaire tout autour de la Croix, et voilà que la divinité qui toujours réside en ce Corps a mystérieusement réuni ces parcelles ; l'âme du Sauveur revient, et ce Corps soudain reconstitué sort du tombeau par sa toute puissance, semblable au soleil qui s'élève à l'horizon et monte inondant tout de sa clarté. Ses blessures lancent des feux, celle de son Cœur surtout est enflammée. Une beauté divine éclate en son humanité sainte, la beauté sereine du vainqueur.

Vainqueur de la mort et de la souffrance, vrai Vainqueur de l'amour ! Ego sum resurrectio et vita.

Le Cœur de Jésus est pour nous le gage de la résurrection, car il de meure avec nous par l'amour, pour nous ressusciter au dernier jour : « Celui qui croit en moi, je le ressusciterai ». Il est présent sur l'autel dans le Sacrement, afin que nous trouvions, que nous aimions ce Cœur, qui est là pour nous guérir, nous relever, nous purifier, nous ressusciter à la grâce.

La vie ! Ceux que la lumière de la Résurrection n'éclaire pas, les insensés qui détournent la tête pour ne pas être aveuglés de la vérité, ceux-là n'ont point part à la vie. La vie est à ceux qui croient, elle est aux âmes sincères où vibrent ces deux cordes divines ! la foi et l'amour ! Or, le Cœur de Jésus est le foyer de la vie ; allons donc puiser à cette source permanente et intarissable ; nous savons désormais où trouver la régénération et la vie véritable. Ego sum resurrectio et vita !

 

Divine-Mercy

 

Invocation

 

Seigneur, votre beauté est ancienne mais toujours nouvelle, car ce Corps meurtri refleurit d'une jeunesse nouvelle, les blessures de votre Passion sont transfigurées en rayons de gloire. Votre Cœur divin surtout resplendit, donnez- nous de le voir un jour, ce Cœur adorable qui projette sur le monde son éternel amour ; donnez nous de le connaître et de l'aimer sur cette terre d'exil, en attendant la joie de le contempler dans la céleste Patrie !

 

Mirebeau

 

Pour recevoir les méditations du Mois du Sacré Cœur par mail,

abonnez-vous à la Newsletter d’Images Saintes

 

29 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

screen-2

 

Trentième jour

 

Sainte Philomène corrige un esprit fort et le convertit

 

Combien de fois on rencontre de ces esprits soi-disant forts et qui sont très faibles, de ces esprits qui trouvent étrange qu’on attribue des effets merveilleux aux saintes images, et qu’on s’empresse à les honorer avec une si vive piété. Tel était l’individu dont il va être parlé et que sainte Philomène a ramené à la doctrine de vérité. Sachons profiter de la leçon pour le salut de notre âme.

Sa famille avait, en dépit de son incrédulité, une affection marquée pour notre Sainte. Elle en avait l’image dans un petit oratoire domestique, et lui rendait un culte assidu. C’était le fruit de ce qu’elle avait entendu dire à un pasteur fervent et zélé, sur les grâces sans nombre obtenues par l’intercession de sainte Philomène.

On en parlait quelquefois dans la maison. Mais croire à des miracles, et à de pareils miracles, c’était, selon cet homme, l’indice d’un bien petit esprit.

Il persistait à penser et à raisonner de la sorte, quand il lui semble un jour, en dormant, se trouver dans l’église ; et il y voit la sainte Martyre, environnée d’un grand nombre de personnes. Toutes lui demandaient quelque faveur, et toutes s’en retournaient pleinement satisfaites.

Désirant, lui aussi, voir se réaliser une chose qu’il avait fort à cœur, il s’approche et lui adresse sa prière : « Loin d’ici, loin d’ici, lui répond aussitôt la Vierge courroucée ! N’êtes-vous donc plus cet homme qui n’ajoute aucune foi aux prodiges que j’opère ? Quoi ! vous, oser me demander des grâces !... »

Ces paroles, prononcées d’un ton sévère, firent la plus vive impression sur son cœur ; et il se réveilla. Ce n’était plus le même homme. Il jugea, dès ce moment, d’une toute autre manière ; il ne cessait de pleurer son erreur, et par la tendresse de sa dévotion envers la Thaumaturge, il mérita de sa part une distinction marquée dans la distribution de ses faveurs.

Admirons et adorons Dieu dans les merveilles qu’il opère en faveur de ses élus, lors même que nous ne les comprenons pas. Nous mériterons par ce moyen d’en avoir l’intelligence, s’il plaît au Seigneur, devant qui les plus grands esprits ne sont que petitesse, ignorance et ténèbres.

Si nous réfléchissions sérieusement que les saints sont les amis de Dieu, qui tient lui-même à les honorer et les faire honorer par les prodiges de sa puissance souveraine qu’il opère le plus souvent par leur intervention ; que ce Dieu est à leur égard aussi libéral qu’il est tout-puissant ; certes ! nous ne trouverions plus rien d’incroyable de ce que la légende nous rapporte des merveilles divines dans les saints.

Que le peu que nous venons d’exposer de la protection universelle de sainte Philomène nous porte à nous confier en elle, à imiter les vertus qu’elle a pratiquées et à lui adresser avec fidélité et dévotion quelques-unes des prières qui vont être offertes dans la deuxième partie de ce livre. Le patronage de sainte Philomène est un bien si grand, que nous ne saurions jamais trop faire pour le mériter.

 

Pratique : Comme la mesure des faveurs de sainte Philomène sur nous sera celle de notre dévotion pour elle, empressons-nous à l’honorer de notre mieux.

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

28 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

3254415024_4242dd93f0_o

 

Vingt-neuvième jour

 

Sainte Philomène punit un incrédule

 

Il faut sans doute distinguer les vérités ou dogmes de foi d’avec ce qui est opinion purement humaine, le témoignage divin d’avec le témoignage humain. Mais mépriser les faits, les miracles, les révélations qui ne sont pas définitivement reçues de l’Église, par un sentiment de mépris, pour ridiculiser, c’est une faute très grave, et qui ne peut nous attirer que des châtiments de la part de Dieu, qui est jaloux de la gloire de ses saints, et qui aime à manifester par des œuvres merveilleuses le crédit dont ils jouissent auprès de lui. Le fait que nous citons doit bien suffire à le prouver.

Un homme, le plus riche et le plus puissant du lieu où il vivait, se servait de son opulence et de son crédit pour vexer et persécuter toute sa commune.

Il n’y avait personne qui n’eût à se plaindre de sa méchanceté, et quoi que l’on tentât pour le faire rentrer de gré ou de force dans le devoir, ce petit tyran avait toujours assez d’habileté pour se tirer d’affaire.

Sainte Philomène venait d’opérer dans le même endroit un miracle dont tout le peuple et un grand nombre d’étrangers avaient été témoins.

Cet homme n’avait pu l’être avec les autres, en raison d’une absence. Quand il fut de retour, il entend le récit. Mais le voilà qui crie au mensonge et à la superstition.

« Bon, bon, dirent alors dans la simplicité de leur foi les victimes de l’injustice, il s’en prend à la Sainte, nous serons vengés » ; et le bruit se répand, on ne sait comment, que le malheureux ne verra pas la fête de sainte Philomène. Le peuple, le clergé, tous le répétaient d’une commune voix.

La chose arriva, en effet, comme cela avait été prédit. Il mourut subitement, et sa mort, qui eut lieu un mois avant la fête, porta des caractères visibles et frappants d’un châtiment céleste.

C’est ainsi que le ciel punit ceux qui se rient des saints et des prodiges qu’ils opèrent. Prenons donc bien garde à nous.

Mais, me direz-vous, il faut donc, selon vous, croire absolument sous peine d’éternelle damnation tout ce qui se raconte des miracles et des apparitions des saints ? À Dieu ne plaise ! répondrai-je.

Croyez d’abord tout ce qu’enseigne et reçoit l’Église, c’est devoir ; croyez ensuite tout ce qu’elle ne repousse point, tout ce qu’elle tolère en fait de croyance humaine ; c’est humilité, c’est respect, pieux hommage que Dieu a le droit d’attendre de vous. Pour celui qui comprend combien Dieu est bon à l’excès, combien il est puissant à l'infini, celui-là n’a pas de peine à croire les choses merveilleuses.

 

Pratique : Ayons un profond respect pour tout ce qui concerne sainte Philomène et son culte.

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

26 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

295956233_3334337193475495_7384752513290037323_n

 

Vingt-septième jour

 

Sainte Philomène guérit deux dames à la prière du saint curé d'Ars

 

Nous empruntons les deux guérisons suivantes au délicieux ouvrage de monsieur l’abbé Garnier sur sainte Philomène. Le récit en a été fait par une dame de Chalon-sur-Saône, nommée Raymond Corcevray, qui, elle-même, est l’objet de la guérison. Elle dit donc :

« La première fois que je vis le curé d’Ars, c’était au mois de mai 1843, époque à laquelle ce bon père fut atteint d’une maladie qu’on crut mortelle. On me permit d’entrer dans sa chambre. Il fit en me voyant un geste de la main pour me bénir. J’étais très souffrante d’une affection chronique au larynx et aux bronches. Cette bénédiction me guérit à moitié.

À deux jours de là, j’assistai à une messe de trois heures du matin où M. le curé célébrait sa propre guérison et rendait grâce à sainte Philomène. Je le consultai sur mon état et il me dit : « Mon enfant, les remèdes de la terre sont inutiles ; on vous en a déjà beaucoup administré. Mais le bon Dieu veut vous guérir... Adressez-vous à sainte Philomène, déposez votre supplique sur son autel, faites-lui violence, dites-lui que si elle ne veut pas vous rendre votre voix, elle vous donne la sienne ».

Je suivis ce conseil, je courus me jeter aux pieds de la chère petite Sainte. Je m’unis de tout mon cœur au curé d’Ars. L’effet fut instantané. Il y avait deux ans que je ne parlais plus, six ans que je souffrais cruellement. En entrant chez madame Fairer où j’étais logée, je lus à haute voix quelques pages sur la confiance en la sainte Vierge... J’étais guérie. Lorsque je revis M. Vianney, il me dit : « Mon enfant, n’oubliez pas l’action de grâces, et soyez ici le jour de la fête de sainte Philomène ».

Je n’eus garde de manquer à ce cher rendez-vous. Le 10 août, j’étais derrière le bon saint pendant la messe. Je chantai à l’élévation d’une voix forte et soutenue, et lorsque l’office fut terminé, M. Vianney me félicita de ce que la petite Sainte avait achevé ma guérison, me rendant la faculté de chanter aussi bien que celle de parler. Quant à cette dernière, vous savez avec quelle prodigalité j’en use. Toutefois l’abus n’a jamais ramené ces douleurs si vives, si continuelles, que j’éprouvais avant ma guérison ».

Après avoir raconté sa propre guérison, madame Raymond parla de celle d’une amie qui, comme elle, dut la guérison d’une infirmité mentale au saint curé et à sainte Philomène. Voici en quels termes :

« J’ai une parente qui, à la suite d’une grande révolution, a eu pendant trois mois la tête complètement perdue. Les remèdes, les soins, les distractions lui furent inutilement prodigués.

Sa pauvre mère, ne sachant plus quel parti prendre, me l’amena. Elle était désespérée. Je l’adressai à notre bien-aimé saint.

« Ma bonne dame, lui dit ce saint curé, faites une neuvaine à sainte Philomène. Je prierai avec vous. Vous verrez que tout ira bien ».

Tout alla bien, en effet ; et le dernier jour de la neuvaine, il n’y avait plus chez ma jeune parente trace de la maladie.

Aujourd'hui elle est mère de cinq enfants, à la tète d’un commerce très important, qu’elle dirige avec une rare intelligence. Jamais on n’a remarqué depuis dans ses facultés le moindre-affaiblissement.

Rappelons cette belle parole du saint curé d'Ars : « Noubliez pas l’action de grâces ». Beaucoup s’adressent à Dieu et à ses saints pour solliciter leur propre guérison ou tout autre bienfait souvent temporel ; mais hélas ! que le nombre de ceux qui les remercient, après en avoir été gratifiés, est petit !

 

Pratique : Un moyen sûr pour que nos prières soient favorablement accueillies de sainte Philomène, c’est si nous savons employer auprès d’elle l’intervention du saint curé d’Ars. qui lui était si dévoué !

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

21 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

5d8b43416ed5185ee3efc1e4c9b335e3

 

Vingt-deuxième jour

 

Sainte Philomène rend à la santé un médecin dangereusement malade

 

Le fait qui suit montre combien la prière est puissante et efficace quand elle est faite avec la foi et la confiance convenables, et combien les saints, de même que Dieu, aiment à être importunés avant d’accorder les faveurs sollicitées. On y verra aussi que souvent sainte Philomène accorde plus qu’on ne lui demande.

Un célèbre médecin de Naples, nommé Alexandre Serio, avait depuis longtemps une grande dévotion à sainte Philomène, et sa femme la partageait avec lui.

Comme ils avaient de riches domaines dans le territoire de Mugnano, ils y vinrent, en l’année 1814, précisément à l’occasion de la fête, qui, chaque année, se célébrait le jour de la translation.

Don Serio souffrait, depuis bien des années, d’un mal interne, qui allait en le consumant. Sa femme était vivement affligée ; mais espérant tout de la médiation de sainte Philomène, elle lui adressait et lui faisait adresser de ferventes prières pour obtenir la guérison de son mari.

Le jour de la fête, ses instances redoublèrent, et sa confiance était sur le point de finir, lorsque, après la bénédiction du très saint Sacrement, Don Alexandre, alors à l’église avec sa femme, fut attaqué de violentes douleurs, qui firent craindre pour ses jours.

On se hâta de l’emporter chez lui ; et le mal fit en peu d’heures un progrès si rapide et si alarmant, que l’on désespérait de sa vie. Son état ne lui permettait pas même de se confesser.

Accablée de douleur, sa pauvre femme ne pouvait s’empêcher de s’écrier : « C’est donc là, ô sainte Philomène, la grâce que vous m’avez obtenue !... » Puis, par une inspiration de sa foi, saisissant une image de la Sainte, qu’elle trouve sous sa main, elle la jette sur le corps du moribond, en demandant la grâce de le voir au moins avant d’expirer, muni des Sacrements de l’Église. Un vœu suivit cette prière.

Elle s’engagea, au nom de son mari, à faire construire un autel de marbre dans la chapelle de sainte Philomène.

Au même instant, le malade recouvre l’usage de ses sens et de ses facultés intellectuelles. Il proteste qu’il est hors de danger, se confesse avec beaucoup d’édification, et la confession achevée, il se trouve sans douleur, et sans les symptômes ordinaires du mal qui le tourmentait depuis si longtemps.

La grâce avait été obtenue; la promesse s’accomplit ; les deux époux allèrent même au delà de leur engagement ; et, depuis lors, le sanctuaire, si célèbre aujourd’hui, de la grande Sainte, offre à la foule des pèlerins qui le visitent, un spectacle plus consolant pour leur dévotion.

Une chose surtout attire leurs regards et excite leur étonnement, c’est la grande table de marbre qui couvre l’autel, et où l’on voit encore les vestiges d’un miracle. L’ouvrier, en promenant dessus son ciseau, pour l’adapter à sa place, la fendit presque en entier dans sa largeur. Il y avait là un assez grand nombre de personnes ; et l’on peut bien penser quelles plaintes s’élevèrent d’une part, et quelle confusion de l’autre.

Le sculpteur était cependant très habile dans son art. Mais enfin l’humiliation ne pouvant s’éviter, il s’agissait, en attendant mieux, de réparer la brèche ; et c’est ce dont il s’occupa. Elle était, à l’extrémité, plus large d’un doigt ; il s’efforça de rejoindre les deux lèvres de cette ouverture, au moyen d’une plaque de fer ; et cela fait, il remplissait de ciment toute la longueur de la fente, quand le doigt de la Sainte, par un prodige inouï, accompagnant la main de l’ouvrier, rétablit dans son premier état ce marbre, séparé auparavant d’une manière si visible.

Elle laisse seulement à l’endroit même de la fente, une ligne de couleur foncée, que les pèlerins prendraient pour une veine de marbre, si on ne leur racontait comment le miracle fut opéré. Ô que Dieu est admirable dans ses saints et par ses saints !

 

Pratique : Un bon moyen de nous rendre favorable à sainte Philomène, c’est en la priant de nous engager à faire quelque chose pour elle, en cas que nos facultés et notre position le permettent.

 

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

24 août 2022

Le Mois de Sainte Philomène

Le Mois de Sainte Philomène

 

7758fd8ef5e416cdf435979ef02be7e9-001

 

Vingt-cinquième jour

 

Sainte Philomène multiplie les livres écrits en son honneur

 

Nous ne pouvons nous lasser d’admirer les attentions de sainte Philomène pour tous les objets qui la concernent. Non seulement elle a multiplié ses images, mais elle a multiplié ses livres avec des témoignages de sa bienveillance tout à fait surprenants. La merveille paraîtrait incroyable, si elle ne s’était opérée dans les mains pour ainsi dire du plus ardent serviteur de la Sainte, de Don François de Lucia. Et c’est parce que ce grand prodige s’est plusieurs fois répété que nous tenons à en rapporter quelques traits pour l’édification des dévots à sainte Philomène. Ce fut après la seconde édition de la Relation historique de sainte Philomène, ouvrage écrit avec une touchante simplicité, que ce prodige, vraiment inouï, eut lieu, d’abord à Mugnano, et ensuite à plusieurs autres endroits.

Comme les demandes, au lieu d’être adressées à Naples, où le livre avait été imprimé, se faisaient au Custode du saint Corps, à Mugnano, celui-ci fit venir de la capitale tout ce qui restait de cette seconde édition, et mit le dépôt dans sa propre maison pour être plus à portée de satisfaire les demandeurs.

Il disposa ces livres dans une grande corbeille sur cinq piles, composées chacune de quarante-cinq exemplaires, et les couvrit, à l’exception d’une seule, avec beaucoup de soin, pour qu’ils ne fussent pas endommagés parla poussière. La pile qui se trouvait en dehors était destinée à la vente journalière ; et, chose doublement étrange ! quoique depuis la fin de juin jusqu’à la mi-novembre, on ne fit qu’expédier des livres, la pile ne finissait jamais, et jamais non plus le vendeur, bien qu’étonné de cette singularité, n'eut la pensée qu’il pouvait y avoir là dedans quelque miracle.

Vers la mi-novembre, plusieurs personnes étant venues en pèlerinage au sanctuaire de notre Martyre, elles voulurent emporter des exemplaires de cette relation, et Don François les leur céda gratuitement en l’honneur de la Sainte. Il sort ensuite de chez lui, ferme la porte dont il retient la clef sur lui, et ne revient qu’à la nuit close. Le serviteur accourt lui porter de la lumière, et Don François ayant ouvert sa chambre, y entre avec lui.

Sa surprise fut extrême en voyant le plancher couvert de livres qui paraissaient avoir été jetés çà et là, de dessein formé. Ne sachant ni comment cela s’était fait, puisque la porte était fermée et qu’il n’était venu personne à la maison- ni pour quel motif, si par hasard la cause était surnaturelle, un tel accident aurait eu lieu, il hésite, il commence même à craindre que le ciel n’ait, par là, voulu lui faire connaître qu’il n’agréait pas son travail. Ce fut une pensée de son humilité. Voyons ce que lui suggéra sa prudence. Il renvoie au lendemain l'examen de ce fait singulier, et il prend garde, en attendant, à ne toucher à rien de ce qui s’est trouvé dans sa chambre.

À son lever, il considère tout avec la plus grande attention. Après s’être assuré que les piles de la corbeille étaient intactes, il compte les livres parsemés sur le plancher. Leur nombre s’élevait à soixante-deux. Convaincu alors de la réalité du prodige, que sa vertu ne lui avait même pas laissé soupçonner, il sort, ferme de nouveau la chambre, et se rend à l’église. Son intention était de fortifier son témoignage par la déposition de plusieurs autres témoins.

À mesure qu’il voyait entrer dans le temple des personnes de sa connaissance, et qui avaient vu fréquemment le dépôt en question, ainsi que la manière dont il était arrangé, il les priait d’aller chez lui, d’examiner, en se recommandant à Dieu et à la Sainte, les livres répandus sur le plancher ; de ne les toucher en aucune manière, et puis de revenir lui en dire ce qu’elles en pensaient. Tous s’accordèrent à voir un miracle dans cet événement, et il suffisait de réfléchir tant soit peu pour le croire.

1° La toile qui couvrait la corbeille était couverte de poussière et ne portait aucun indice du plus léger mouvement.

2° La pile extérieure, formée comme les autres de quarante-cinq volumes, se montait encore à dix-neuf.

3° Le nombre des exemplaires trouvés par terre était de soixante-deux.

4° Les quatre piles de la corbeille (et c’était tout ce qui restait de la seconde édition) n’avaient point été dérangées.

Que fallait-il donc en conclure ? Ce premier raisonnement fit découvrir un second miracle antérieur à celui-ci. Don François calcula le nombre de livres achetés ou distribués gratuitement, et il se trouva monter au delà de cinq cents exemplaires. Je laisse au lecteur à tirer de ce fait la conséquence qui se présente naturellement, et qui parle bien haut en faveur des merveilles contenues dans ces livres.

Notre vertueux missionnaire, vers les dix heures du soir, s’occupait avec son frère de certains ouvrages manuels, dont sainte Philomène était l’objet. Tout à coup ils entendent dans la chambre voisine, qui était celle de Don François, un grand bruit, dont l’un et l’autre sont épouvantés. Ils se regardent ; ils délibèrent ; ils hésitent; enfin, mettant leur confiance dans leur sainte Protectrice, ils vont droit au lieu d’où le bruit leur semblait être parti.

Aussitôt leurs regards les instruisirent d’un nouveau prodige de la Sainte. Encore une multiplication ; mais la disposition des livres avait quelque chose de si piquant par sa singularité, qu’elle les surprit plus encore que la multiplication elle-même. Il y en avait dont la tranche, ouverte à moitié, s’appuyait sur le plancher, sans que l’intérieur pût être sali par la poussière. D’autres se soutenaient horizontalement sur le dossier des chaises. D’autres sur les barreaux de ces mêmes chaises et sur le mur en même temps. Le tout enfin présentait quelque chose de gracieux et d’aimable, dont nos deux frères se réjouirent saintement. Il est à remarquer que c’est là un des caractères les plus saillants de la plupart des miracles de notre Sainte. Aussi, quand on a le bonheur de la connaître, il est bien difficile qu’on puisse se défendre de l’aimer.

Don François s’abstint, durant plusieurs semaines, de toucher aux livres miraculeux. Une foule de personnes put contempler à loisir ce jeu édifiant et singulier de l’admirable Thaumaturge, et rendre témoignage de la nouvelle multiplication. Il se trouva dix-neuf livres de plus, après l’examen attentif que l’on eut soin de faire ; et ces livres, en tout semblables aux autres,., furent en peu de temps distribués aux personnes pieuses et distinguées, qui s’empressèrent de toutes parts à les demander à Don François.

Ce que nous venons de dire eut lieu à Mugnano. Dieu voulut le répéter encore ailleurs. Don Alexandre Serio, chargé de distribuer quelques-uns de ces mêmes livres, n’en avait plus que six à sa disposition. Comme le débit en était grand à Naples, où ce gentilhomme habitait, l’on vint bientôt lui faire de nouvelles demandes. Recourant à son mince paquet, au lieu d’un, il en trouve deux ; et, dans chacun de ces paquets, le double de ce qu’il savait lui rester de livres.

À Monteforte, un homme, appelé Libérât Tedeschi, venait de recevoir de Mugnano dix exemplaires de la même Relation. C’était une commission qui lui avait été donnée par plusieurs de ses compatriotes. On vient les lui demander. Il court au tiroir, où il les avait enfermes sous clef, et au lieu de dix, il est étonné d’en trouver un nombre beaucoup plus grand. Il compte, et les livres s’élèvent au nombre de trente-quatre.

En 1829 se fit la cinquième multiplication. La troisième édition du même ouvrage avait été donnée au public. Don François ayant un voyage à faire dans la ville d’Ariano, et comptant de là se rendre à Lucera, prit avec soi une quarantaine d’exemplaires de cette troisième édition, et en laissa cent quarante à Mugnano.

Bientôt, dans Ariano seulement, il se vit dépouillé de tout ce qu’il avait apporté. Il écrit sur-le-champ, et on lui fait un premier envoi de cinquante autres, puis un second encore de cinquante, puis un troisième en égale quantité. Et, en lui écrivant alors de Mugnano, Don Angelo Bianco, ecclésiastique zélé, auquel Don François s’était adressé pour ces diverses expéditions, lui mandait qu’il en restait encore quarante.

Ce n’est pas tout. À son retour de Lucera, où les demandes n’en finissaient pas, Don François put en envoyer quatre-vingt-six autres exemplaires ; puis, calculant ce qui lui restait, il s’en trouva encore quatre-vingts ; ce qui fait une multiplication de deux cent trente-six volumes.

Ces quatre-vingts qui restaient furent bientôt demandés. On prenait, on envoyait. Le nombre de ces envois s’éleva, pendant une année entière, au delà de plusieurs centaines. À la fin de l’année, le fonds était encore intact, la source non épuisée. Dans une autre circonstance, Don François se trouva avec dix exemplaires seulement ; on lui en demande neuf ; il les envoie ; et puis, revenant à son dépôt, il en compte dix-neuf.

Telles sont les œuvres de Dieu pour glorifier ses Saints, dans un temps où, pour détruire le règne de Dieu lui-même, l’impiété fait circuler ses poisons dans des livres infâmes multipliés presque à l’infini... Et l’on pourrait se refuser à croire les miracles d’en-haut, tandis que l’on voit les vermisseaux d’ici-bas en opérer, j’ose le dire, de plus étonnants encore!...

Rappelons-nous d’ailleurs que tout est promis à la foi humble et confiante. Combien de semblables merveilles ne lisons-nous pas dans les Actes des Saints ? Mais qu’il suffise de rappeler à notre souvenir les miraculeuses multiplications de pains et de poissons opérées par Notre Seigneur dans l’Evangile. Que dis-je, la nature entière n’est-elle pas aux regards d’un physicien catholique, une suite non interrompue de multiplications, de créations nouvelles ? Croyons, et nous verrons de grandes choses s’accomplir ! Mais pour avoir cette foi si belle, si consolante au cœur chrétien, prions, prions beaucoup.

 

Pratique : Donner à lire la Vie de sainte Philomène, ou distribuer des livres qui parlent d’elle. S’imposer chaque année ; de lui faire une neuvaine au lieu de pèlerinage le plus rapproché.

 

000001hcjpg5x7-001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Sainte Philomène, ainsi que les prochaines neuvaines, prières :

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Retrouvez et suivez Images Saintes sur Facebook

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>
Publicité
Publicité