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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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31 mai 2016

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 

Un Tertiaire Séculier

 

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« Nous avons tous reçu de sa plénitude ». (Jean, 1, 16).

 

 

 

Pratique du Mois du Sacré Cœur

 

 

 

Cet exercice de dévotion au Sacré Cœur de Jésus, établi sur le modèle du Mois de Marie, a pour fin principale d'honorer les trente-trois années que Jésus-Christ a passées sur la terre. Ce mois commence le 1er juin.

 

 

 

Imprimatur

 

+ E.A.Archpus Quebecen

 

 

 

Hommage au Divin Cœur de Jésus

 

 

 

Divin Cœur de Jésus, je Vous offre ce petit livre par l'entremise du Cœur immaculé de Marie, et en union à toutes les intentions auxquelles vous vous immolez sans cesse vous-même sur nos autels. Puisse-t-il contribuer à faire augmenter chaque jour le nombre des soldats qui s'enrôlent dans la sainte ligue de Votre Cœur pour procurer le salut des âmes, le triomphe de l’Église et du Saint-Siège, et enfin le rétablissement de l'ordre social dans le monde. Ainsi soit-il.

 

 

 

Un Tertiaire Séculier

 

Québec, Pentecôte 1872

 

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Dévote offrande au Sacré cœur de Jésus

 

À réciter devant son image

 

 

 

Moi, N., pour Vous témoigner ma reconnaissance, et pour réparer mes infidélités, je Vous donne mon cœur, et me consacre entièrement à Vous, mon aimable Jésus, et, moyennant Votre secours, je me propose de ne plus pécher. Amen.

 

 

Acte de réparation

 

 

 

Dieu trois fois saint, je vous adore, je vous aime, je vous bénis par le cœur sacré de Jésus au Très-Saint-Sacrement de l'Autel, et je Vous offre, par les mains bénies de la Vierge Immaculée, toutes les Saintes Hosties qui sont sur nos autels et dans nos tabernacles, en sacrifice d'expiation, de réparation et d'amende honorable pour tous les sacrilèges, les profanations, les iniquités, les blasphèmes et les crimes qui Vous outragent par tout l'univers. Amen.

 

 

Communion spirituelle

 

 

 

Mon Seigneur Jésus-Christ au Saint-Sacrement, je crois en Vous, j'espère en Vous, je Vous aime, je me repens, je Vous désire, venez dans mon cœur que je Vous donne.

 

 

 

Prière de Saint Ignace

 

ou Consécration de soi-même à Jésus-Christ

 

 

 

Recevez, Seigneur, ma liberté sans restriction ; acceptez ma mémoire, mon entendement, ma volonté ; je n'ai rien, je ne possède rien qui ne soit un don de Votre libéralité ; je vous remets le tout, afin que Vous en disposiez comme il Vous plaira ; l'unique chose que je Vous supplie de m'accorder avec votre grâce, c'est un véritable amour pour Vous. Si je l'ai, je suis assez riche, et je ne demande rien de plus.

 

 

Prière au Sacré Cœur

 

 

 

Souvenez-vous, ô très-doux Jésus, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre Sacré Cœur, imploré son assistance ou réclamé sa miséricorde ait été abandonné ! Rempli et animé de la même confiance, ô Cœur roi des cœurs ! je viens, je cours à Vous, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne devant Vous : ô Cœur Sacré, ne méprisez pas mes faibles prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.

 

 

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Considérations pour tous les jours du mois du Sacré Cœur

 

 

 

Premier jour

 

 

 

Le Cœur Sacré de Jésus, percé par une lance sur la Croix, fut dès lors ouvert à tous les Chrétiens comme un asile inviolable. Mais il était donné au 17e siècle de voir le Sacré Cœur de Jésus, honoré d'un culte spécial. Dieu se servit, pour établir cette dévotion, d'une sainte religieuse nommée Marguerite-Marie. Jésus-Christ lui apparut un jour, et lui dit : « Mon Cœur a tant aimé les hommes qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser pour leur témoigner son amour ; et, pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par les mépris, les irrévérences, les sacrilèges dans le sacrement de mon amour. C'est pour cela que je te demande que le premier vendredi, après l'octave du Saint-Sacrement, soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en lui faisant réparation et amende honorable ».

 

 

Pratique : Engagez les fidèles à célébrer la fête du Sacré Cœur de Jésus.

 

 

Oraison Jaculatoire : Cœur de Jésus, attirez-nous après vous, nous courons à l'odeur de vos parfums.

 

 

 

Deuxième jour

 

 

 

En commençant ce mois, il convient de nous rappeler les promesses que Jésus-Christ, faites à ceux qui embrasseront la dévotion au Sacré Cœur Ce divin Sauveur fit entendre à la bienheureuse Marguerite-Marie que c'était par un dernier effort de son amour envers les hommes qu'il avait résolu de leur découvrir les trésors de son Cœur en lui inspirant cette dévotion, qui doit faire naître l'amour de Jésus-Christ dans le cœur des plus insensibles, et embraser celui des moins fervents. Publiez partout, inspirez, lui dit Jésus-Chris et recommandez cette dévotion aux gens du monde, comme un moyen sûr et facile pour obtenir de moi un véritable amour de Dieu... à tous les fidèles, comme une dévotion des plus solides et des plus propres à faire obtenir la victoire sur les plus fortes passions, à remettre l'union et la paix dans les familles les plus divisées,, et à faire triompher des imperfections les plus invétérées.

 

 

Pratique : Parler quelquefois du Sacré Cœur de Jésus.

 

 

Oraison Jaculatoire : Votre amour seul, ô Cœur de Jésus, et je suis assez riche. (Saint Ignace).

 

 

 

Troisième jour

 

 

 

La dévotion au Sacré Cœur a pour objet le Cœur adorable de Jésus-Christ embrasé d'amour pour les hommes, et outragé par l'ingratitude de ces mêmes hommes. Il est aisé de voir que cette dévotion ne consiste pas à aimer seulement et à honorer d'un culte singulier ce cœur de chair, semblable au nôtre, qui fait partie du corps auguste de Jésus-Christ. L'objet et le motif de cette dévotion, c'est l'amour immense de Jésus-Christ pour les hommes. Christ nous a offert son cœur comme l'objet le plus capable de nous rappeler cet amour qui l'a porté à s'immoler pour nous et à demeurer avec nous dans l'adorable Eucharistie. La fin de ce culte rendu à ce divin cœur est : 1° de reconnaître et d''adorer par un retour d''amour et par un dénouement sans bornes l'amour infini du cœur de Jésus pour les hommes ; 2° de réparer par toutes les voies possibles les indignités et les outrages auxquels son amour l'a exposé durant sa vie mortelle et l'expose encore dans l'Eucharistie.

 

 

Pratique : L'offrande de nos actions à Dieu chaque jour n'est pas seulement une pieuse pratique, mais un véritable devoir, puisqu'il ne nous a donné l'existence que pour le servir ; soyez-y donc fidèle.

 

 

Oraison Jaculatoire : « Aimé soit partout le Sacré Cœur de Jésus ».

 

 

 

Quatrième jour

 

 

 

La dévotion au Cœur de Jésus est différente de celle que Ton rend à son corps dans l'Eucharistie : l'une a pour objet le Cœur seul de Jésus-Christ, l'autre a pour objet le corps entier de notre divin Sauveur sous les espèces sacramentelles, sans aucun rapport spécial à son cœur. Dans la dévotion au Saint Sacrement, le motif est d'honorer lu chair sacrée de Jésus-Christ unie avec le Verbe. Dans la dévotion au Sacré Cœur, le motif essentiel est d'honorer son cœur uni à la divinité, et surtout d'y reconnaître cet amour dont il est embrasé pour les hommes, et de lui faire amende honorable de ce qu'il a souffert dans le sacrement de son amour, l'invention la plus merveilleuse qui soit sortie de son cœur divin.

 

 

Pratique : Dans toutes les communions et les visites au Saint-Sacrement se proposer d'honorer le cœur de Jésus et de lui faire amende honorable pour les crimes des hommes.

 

 

Oraison Jaculatoire : Cœur de Jésus-Christ, vivifiez-moi.

 

 

Cinquième jour

 

 

 

Le Cœur de Jésus est rempli de toutes les richesses de la grâce et de la gloire. Ses mouvements sont si généreux, ses inclinations Si nobles, ses qualités si admirables, qu'il n'y a rien dans tous les cœurs qui en puisse approcher. Il ne s'en trouvera aucun qui nous ait tant aimés, ou qui ait ressenti nos misères avec tant de tendresse, qui ait conçu des desseins si grands pour nous, ou enfin qui ait eu tant de joie de notre bien. Oh ! quand les cœurs de tous les hommes se fermeraient pour vous, ne vous troublez pas, dit un pieux auteur, le cœur de Jésus vous sera toujours fidèle et toujours ouvert.

 

 

Pratique : En vous préparant à la confession, suppliez Jésus qu'il veuille bien recevoir votre cœur dans le sien, pour vous faire quelque part de la douleur amère qu'il ressentit de vos péchés dans son agonie.

 

 

Oraison Jaculatoire : Qui nous séparera de voire amour, ô cœur de Jésus !

 

 

 

Sixième jour

 

 

 

Le Cœur de Jésus est saint de la sainteté de Dieu même ; d'où vient que tous les mouvements de ce cœur, tous ses soupirs, tous ses désirs, toutes ses affections, toutes ses demandes, toutes ses actions, suivant la dignité de la personne qui les opère, sont des actions munies en leur prix et en leur valeur. Il est donc juste qu'il soit honoré d'un culte singulier, puisqu'en l'honorant, nous honorons sa divine personne (Nouët). Si la vénération que nous avons pour les saints nous rend leur cœur si précieux, que devons-nous donc penser de l'adorable cœur de Jésus-Christ, puisque c'est dans ce cœur divin qu'ont été formés tous les desseins de notre salut, et que c'est par l'amour dont brûle ce même cœur qu'ils ont été exécutés.

 

 

Pratique : imitez sainte Claire, et ne laissez passer aucun jour sans honorer le cœur de Jésus.

 

 

Oraison Jaculatoire : Cœur de Jésus, tournez vers vous toutes les affections de mon cœur !

 

 

 

Septième jour

 

 

 

Le Cœur de Jésus est le roi de tous les cœurs par sa grandeur, par son pouvoir, par son mérite. Il est aussi le plus digne de commander l'amour à nos cœurs, parce qu'il est le plus obligeant, le plus aimable et aussi le plus aimant. C'est par amour qu'il a voulu être blessé pour guérir tous les autres cœurs, et leur faire un bain de son sang précieux. Sa plaie est sa couronne ; le droit qu'il a sur nous ne peut donc être plus légitime, et nous ne pouvons lui refuser obéissance sans injustice puisque nous lui devons tout, ni sans folie puisqu'il ne commande rien qui ne soit pour notre bien (Nouët). Ô Jésus ! fermez mon cœur à tous les objets de la terre, pour en diriger toutes les affections vers le vôtre.

 

 

Pratique : Le Cœur de Jésus, dit Sainte Marguerite-Marie, a un désir infini d'être connu et aimé ; il veut qu'on s'adresse à lui avec une grande confiance, et il n'y a pas de moyen plus efficace d'obtenir ce qu'on lui demande, que de le faire par l'entremise du Saint Sacrifice de la Messe.

 

 

Oraison Jaculatoire : Jésus, doux et humble de cœur, faites mon cœur semblable au vôtre.

 

 

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Pour recevoir, chaque semaine, pendant le mois de Juin,

 

les méditations du Mois du Sacré Coeur de Jésus,

 

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14 septembre 2016

Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges

ou

Le Précieux Sang et le Saints

 

« La dévotion à saint Michel est un signe de prédestination ». (Saint Alphonse de Liguori)

 

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Quinzième jour

L'action des démons ici-bas

 

L'action des démons dans l'univers et sur l'homme serait à peu près sans borne, si elle n'était restreinte et dirigée par Dieu. Ainsi, d'après le Rituel et le Pontifical, ils peuvent corrompre l'air, l'eau, répandre la peste, soulever des tempêtes, envoyer des ouragans, des grêles, des foudres, en un mot déchaîner tous les éléments. Ils peuvent attaquer l'homme dans son corps, Se présenter à lui sous forme de spectres et de fantômes : souvent même ils se donnent pour les âmes des morts. Ils peuvent encore communiquer à l'homme leur vertu malfaisante, s'emparer de lui, habiter en lui, infester sa demeure, la hanter et la lui rendre dangereuse. Enfin, ils peuvent le harceler d'une manière terrible à l'heure de la mort, et disputer à son âme, au sortir du corps, le passage à la bienheureuse éternité. Quelle puissance ! Comme elle est propre à nous jeter dans l'épouvante !

L'éclair brille, la foudre éclate... C'est peut-être Satan qui déchire la nue pour atteindre une âme en péché mortel avant qu'elle n'ait le temps de se repentir... Pauvre âme, tremblez... et priez les saints Anges de vous secourir en offrant, en votre faveur, le Sang du Dieu bon qui n'acheva pas le roseau à demi brisé et qui n'éteignit pas la mèche encore fumante ; puis, hâtez-vous de vous blanchir dans l'Onde régénératrice de la pénitence.

Deux cavaliers bien coupables chevauchaient l'un près de l'autre, en un jour d'orage. Tout à coup, une voix formidable, criant : « Frappe ! Frappe ! » se fait entendre. Au même instant la foudre éclate, abat l'un des cavaliers et l'étend sans vie sur le sol. Terrifié, à ce spectacle, l'autre cavalier lance son cheval vers les premières habitations. Il allait les atteindre quand, tout à coup, la même voix terrifiante retentit : « Frappe ! Frappe ! » « Non, non », reprend une voix majestueuse, paraissant sortir de la nue, « épargne celui-là, car, ce matin, il a entendu ces paroles : « Et Verbum caro factun. est ». N'était-ce point la voix de saint Michel couvrant de sa protection l'adorateur du Précieux Sang ?... Ah ! De combien de malheurs nous préserve 'audition de la sainte messe à laquelle les saints Anges assistent par légions !

Comme tous ne peuvent l'entendre chaque jour, la pratique suivante pourrait peut être y suppléer, surtout si, d'esprit et de cœur, l'on s'unit à toutes les messes qui se célèbrent dans l'univers entier.

Un religieux Passionniste de Rome, le P. Fr.-J. Barthélemy, eut, un jour, en célébrant la sainte messe, la révélation que de grands maux allaient fondre sur le monde, et que, quiconque réciterait, avec piété, la prière suivante en serait préservé.

« Ô Jésus, divin Rédempteur, soyez-nous miséricordieux ; miséricorde pour nous et pour le monde entier ! Ainsi soit-il.

Dieu saint. Dieu fort, Dieu immortel, ayez pitié de nous et de tout le monde. Ainsi soit-il.

Grâce et miséricorde ! Miséricorde, mon Jésus ! Pendant les dangers présents, couvrez-nous de votre Sang précieux.

Père éternel, faites-nous miséricorde, au nom du Sang de votre Fils unique ; faites-nous miséricorde, nous vous en conjurons. Ainsi soit-il ».

 

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Seizième jour

Les Tentations du Démon

 

Mais c'est surtout sur nos âmes que Satan et ses légions exercent leur action malfaisante. Perdre l'homme pour l'éternité ; rendre stérile le Sang répandu avec une telle profusion ; anéantir les fruits de la douloureuse Passion de l'Homme-Dieu : voilà ce que veulent obtenir les anges déchus. C'est pourquoi le tentateur rôde sans cesse autour de nous, qu'il épie chacun de nos mouvements ; c'est pourquoi il nous présente la tentation sous ses formes les plus variées, les plus séduisantes, et dans les circonstances les plus dangereuses à notre fragile nature.

Puisque la vie de notre âme est si continuellement exposée, couvrons-nous du bouclier de la vigilance et armons-nous du glaive de la prière, c'est-à-dire ne nous exposons point à la tentation et protégeons-nous contre elle. Si, malgré ces précautions l'enfer nous attaque, invoquons le Sang divin, la Reine des Anges, Saint Michel, notre Ange Gardien, toute la milice angélique, et nous serons victorieusement défendus.

Rendons-nous familières les deux prières suivantes, que l'Eglise a enrichies d indulgences, et qui sont, à la fois un bouclier et une arme contre les démons :

Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au redoutable jugement de Dieu (100 jours d'indulgences).

Ange de Dieu, qui êtes mon fidèle gardien, et au soin duquel j'ai été confié par la bonté suprême, daignez m'éclairer, me garder, me conduire et me gouverner. Ainsi soit-il. (100 jours d'indulgences).

 

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Dix-septième jour

Satan n'est pas plus fort que nous

 

Pauvres combattants de la vie, reprenons courage ! Car il est un asile où Satan ne pénètre pas, une citadelle qu'il ne peut prendre malgré nous : c'est notre volonté.

Quelles que soient les séductions de Satan, eussent-elles comme pénétré toutes les fibres de la partie inférieure de notre âme : nous semblât-il même que toutes les pensées, tous les sentiments de l'enfer sont en nous, pourvu que notre volonté les subisse seulement, pourvu qu'elle ne dise pas ; J'accepte tout cela ; je consens à tout cela, notre âme est triomphante et l'enfer est vaincu : car ce qui fait le péché, c'est le consentement et non la tentation.

La victoire sur les démons est toujours possible à l'homme ; car, ainsi que le dit saint Paul, « Dieu ne permettra pas que nous soyons tentés au delà de nos forces », c'est-à-dire des forces que recevra du ciel l'âme qui les demande, car de nous-mêmes nous ne pouvons rien.

C'est vrai, mon Dieu, vous prêterez toujours votre force à l'âme qui lutte pour protéger en elle le Sang de votre Fils ; toujours vous la rendrez triomphante des ennemis qui veulent lui faire fouler aux pieds ce Sang divin. Vous ne mettez qu'une condition à ce secours : c'est qu'on l'implore avec ferveur. Nous vous en conjurons donc, ô mon Dieu, enseignez-nous à prier de cette manière efficace qui vous fait accourir à notre aide à l'heure de la tentation, et nous en rend victorieux.

Et vous, saints Anges, infatigables lutteurs, soldats intrépides de la milice céleste, venez, sous la conduite de saint Michel, votre chef, venez, à l'heure de la lutte, terrasser et mettre en fuite tous nos ennemis spirituels Ainsi soit-il.

 

 

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Dix-huitième jour

Les Anges des Mères chrétiennes

 

« Le pouvoir des Anges est tel, dit Saint Thomas d'Aquin, que le dernier 'entre eux commande à Lucifer lui-même et s'en fait obéir ». Saint Jean vit descendre du ciel un Ange qui avait la clef «le l'abîme et une longue chaîne à la main. Il prit le dragon et l'enchaîna ; puis, le jeta dans l'abîme, qu'il ferma et scella sur lui.

C'est pourquoi les puissances infernales ne pourront jamais nuire à l'homme qui invoque les saints Anges avec confiance, ceux-ci étant chargés de le protéger et de le défendre. Marie d'Agréda donne sur ce sujet des détails qui intéresseront vivement les mères chrétiennes.

« Dès l'instant, dit-elle, qu'un enfant a été conçu, le Seigneur ordonne aux anges de le garder, ainsi que la mère... De ce moment, les anges ont de grandes disputes avec les démons pour défendre les enfants qu'ils prennent sous leur protection. Les démons allèguent qu'ils ont juridiction sur eux, parce qu'ils sont conçus dans le péché... Les Anges les défendent, mettant en avant que, malgré le péché originel. Dieu les crée afin qu'ils le connaissent, et qu'en vertu de la passion et du Sang de Jésus-Christ, ils puissent mériter la gloire... Si les parents ont reçu le sacrement et la bénédiction de l’Église ; s'ils sont charitables envers les pauvres ; s'ils sont pieux et dévots ; s'ils pratiquent quelques bonnes œuvres, les Ancres se servent de ces vertus et de ces œuvres comme d'armes contre les démons pour défendre ceux qui leur ont été recommandés...

Les démons continuent leur persécution et les Anges leur défense, après la naissance des enfants. C'est alors que le dragon redouble sa fureur contre ceux qui peuvent recevoir le baptême, et qu'il fait tous ses efforts pour l'empêcher... Les saints Anges les gardent avec une sollicitude vigilante, car tous les soins de ceux qui les élèvent ne sauraient prévenir tant de périls qui les environnent dans un âge si tendre... Leurs Anges les défendent quand ils dorment, quand ils se trouvent seuls et en d'autres occasions dans lesquelles un grand nombre d'enfants périraient, si leurs Anges ne les protégeaient.

Quand, parvenus à l'âge de raison, les enfants commencent à pécher, la résistance que font les démons pour empêcher les Anges de les tirer du péché est plus forte. Alors, les Anges mettent en avant les vertus de leurs parents et les bonnes actions des mêmes enfants. N'eussent-ils fait que prononcer le Nom de Jésus ou celui de Marie, lorsqu'on leur apprend à l'articuler, ils l'allèguent pour les défendre ; et s'ils ont d autres dévotions, s'ils savent et récitent les prières chrétiennes, les saints Anges se prévalent de tout cela comme d'armes propres à l'homme pour le défendre du démon ».

Parents chrétiens, pères et mères, aidez vos enfants alors qu'ils ne peuvent s'aider eux-mêmes ; et que votre piété, vos prières, vos bonnes œuvres leur soient une protection contre l'enfer.

O saints Anges, c'est ainsi que vous avez gardé et protégé mon corps et mon âme, dès mon entrée dans la vie Si, du sein de ma mère, je suis passé dans le sein de la sainte Eglise, par l'eau de la régénération baptismale ; si je me suis purifié de mes premières souillures dans le Sang de l'Agneau, c'est à votre protection que je le dois... Merci, saints Anges, de tout ce que vous avez fait pour moi jusqu'à aujourd'hui. Daignez me continuer votre assistance pendant tout le cours de ma vie ; et, lorsque poindra l'aurore de mon dernier jour, accourez par légions, je vous en conjure, afin de veiller sur mes derniers instants, de me rendre victorieux contre tous les assauts de l'enfer et de garder mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

L'enfant et son Ange Gardien

 

L'enfant

 

Aimes-tu Marie,

Mon Ange Gardien ?

Là dans la patrie,

Ne lui dis-tu rien ?

 

As-tu le Rosaire

Pour la saluer?

Dans son sanctuaire,

Vas-tu l'honorer ?

 

Est-ce que tressaille

Pour elle ton cœur ?

As-tu sa médaille

Qui fait mon bonheur ?

 

Est-elle ta mère ?

Es-tu son Enfant ?

N'es- tu pas mon frère,

Toi que j'aime tant ?

 

Fais-tu des guirlandes

Pour son cher autel ?

Que sont tes offrandes

A Marie, au ciel ?

 

Sais-tu le cantique

Où j'apprends ces noms

De Rose mystique,

De Lys des vallons ?

 

L'Ave de louanges

Qu'a dit Gabriel,

Est-il, par les Anges,

Chanté dans le ciel ?

 

Oh ! Dis-moi ces choses

Bel Ange d'amour :

J'offrirai des roses

Pour elle en retour ?

 

L'Ange

 

Ah ! Si je l'aime, Marie !...

Enfant, que demandes-tu ?

Elle est ma Reine chérie,

Pour elle j'ai combattu.

Je suis serviteur fidèle

De cette Vierge plus belle

Que les anges radieux ;

Sa gloire efface ma gloire ;

Elle est un Trône d'Ivoire

Pour le fils du Roi des cieux.

 

Près de ma Reine, ta Mère,

Je suis ton frère en amour ;

Et pour moi, son sanctuaire

C'est tout l'éternel séjour.

Les rosaires angéliques

Ce sont les joyeux cantiques

Chantés sur nos harpes d'or ;

Pour médaille, pour image.

Nous la voyons sans nuage

Dans un céleste décor ?

 

Les fleurs que nos mains recueillent

Pour la Mère du Sauveur,

Enfant, jamais ne s'effeuillent :

Ce sont les vœux de ton cœur.

Elle accepte ces guirlandes,

Et sourit à tes offrandes

Gages d'amour filial.

Elle répète à ses Anges ;

Apprenez-lui mes louanges ;

J'aime son cœur virginal !

 

Exhale encor ta prière,

Tes Ave délicieux ;

Ils se disent sur la terre

Ils se chantent dans les cieux !

L'écho des saintes collines

A ces notes enfantines

Donne un immortel accent ;

Et, comme un lys sur sa branche,

Marie est là qui se penche

Pour écouter ses enfants !

 

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Dix-neuvième jour

Neuvaine en l'honneur des saints Anges

Pour la seule gloire de Dieu

 

Demain commence la Neuvaine en l'honneur de saint Michel Archange le chef de la milice céleste. Ce mot Neuvaine, qui est si usité, n'est peut-être pas aussi généralement connu quant à son origine.

Le mot Neuvaine (neuf jours) est né de la dévotion aux Neuf chœurs des Anges, et c'est cette dévotion qui a présidé à l'institution de ces excellentes pratiques de piété répandues parmi les fidèles et reconnues pour être d'une si grande efficacité.

La Neuvaine que nous plaçons ici est fortement recommandée. On pourra la faire en préparation à la fête du saint Ange Gardien. Dans ce cas elle devra commencer le 23 septembre. Les personnes qui n'auraient pas l'intention de faire cette Neuvaine pourront ne réciter, pour ce dix-neuvième jour, que l'une on l'autre des prières qui suivent :

 

Intentions générales de la Neuvaine

 

Contrition pour les péchés passés. Reconnaissance pour les faveurs reçues. De nouvelles grâces à obtenir. Par dessus tout, le règne et la gloire de Dieu.

 

Prière de la Neuvaine

 

9 Pater, 9 Ave, 9 Gloria Patri, en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, ou le Chapelet Angélique ou la prière suivante :

Saint Michel, saint Raphaël, saint Gabriel, mon Ange Gardien, vous tous Anges, Archanges, Trônes, Dominations, Principautés, Puissances, Vertus, Chérubins et Séraphins, obtenez-moi de la Sainte Trinité la grâce dont j'ai besoin (spécifiez-la) : je vous en conjure par le Sang, la passion et la mort de Jésus, aux mérites duquel vous devez votre bonheur éternel. Ainsi soit-il.

Marie Immaculée, reine des Anges, priez pour nous qui avons recours à vous. Ainsi soit-il.

Le cinquième jour de la neuvaine, recevez la sainte communion en l'honneur des Puissances.

« J'ai vu, dit le pieux Boudon, des merveilles de grâce obtenues par de telles neuvaines : des personnes délivrées des plus terribles tentations, des machinations de l'enfer ruinées et détruites, etc ».

 

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Vingtième jour

Beauté de Saint Michel Archange

 

Au jugement de saint Anselme, « la beauté du dernier des Anges est si éclatante qu'elle est capable d'effacer autant de soleils, s'ils existaient, qu'il y a d'étoiles au firmament « . Quelle est la gloire de l'illustre chef de cette création de lumière ? « Aucune intelligence céleste ne lui est supérieure », dit le même saint Anselme. « Aucune ne l'égale », enseignent saint Basile, saint Alphonse de Liguori, etc. « L'éclat de la beauté et de la puissance de saint Michel serait capable, dit le P. Faber, de nous donner la mort, s'il nous était manifesté dans la chair ». D'après Pantaléon, diacre de l'Eglise de Constantinople, « saint Michel est la plus grande et la plus radieuse étoile de l'ordre angélique ; il occupe le rang le plus distingué parmi ces milliers et myriades d'Anges qui peuplent le fortuné séjour ».

Félicitons saint Michel, et, avec l'abbé Soyer, disons-lui : « Illustre Archange, votre grandeur est sans égalée ! Les limites de votre royaume sont celles du ciel. Vos sujets seront plus nombreux que les étoiles du firmament et que les sables de la mer ; un prophète, qui les a vus, ne parle que de myriades, de légions, de millions et de centaines de millions ; un seul vaut l'armée la plus nombreuse et la plus aguerrie ; sous votre commandement ils ont conquis le ciel où ils jouissent de tous les biens ».

Que je suis heureux de votre gloire, ô illustre Archange ! Avec quel bonheur et quelle gratitude envers Dieu je vous en félicite ! Qu'il m'est doux de savoir que c'est au Précieux Sang que vous devez tous les dons, toutes les prérogatives dont vous jouissez, et qu'avec nous, vous vous écriez sans cesse : « Que Jésus soit à jamais béni et remercié pour nous avoir mérité toute grâce par l'effusion de son Sang précieux ! »

 

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Vingt-et-unième jour

Fidélité de Saint Michel

 

Mais il est quelque chose de plus éclatant, de plus éblouissant, de plus sublime encore que cette beauté dont Dieu a revêtu saint Michel : c'est la cause qui la lui a conservée, sa fidélité à Dieu.

Créature de Dieu, saint Michel fut fidèle à son Créateur jusqu'à l'adoration de la volonté divine dans ce qui lui paraissait être un abaissement de sa propre nature. Sujet du Monarque des cieux, il fut fidèle à son Souverain jusqu'à déserter, combattre, ruiner ceux de ses frères rebelles qui ne voulaient s'élever qu'en abaissant l'Homme-Dieu.

Constamment fidèle, le chef des armées de Dieu ne cesse de protéger la fidélité des âmes que Lucifer veut révolter contre son Souverain.

O Saint Archange, qui n'êtes parvenu si près de la divinité qu'en consentant à abaisser votre nature angélique jusqu'à celle de l'homme, je vous en conjure, par le Sang même de l'Homme-Dieu, obtenez-moi de bien comprendre que le sentier de l'humiliation mène directement à la gloire, quand on y marche par un principe de fidélité à Dieu. Daignez préparer vous-même ma couronne, en ne me laissant manquer aucune occasion d'accepter les anéantissements propres à me rendre conforme à l'Homme-Dieu couvert d'opprobres et de confusions. Ainsi soit-il.

  

Extrait du « Nouveau Mois de Saint Michel Archange et des Saints Anges », publié en 1893 par le Monastère du Précieux Sang, à Saint Hyacinthe (Canada)

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2 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Troisième jour

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Le mystère adorable de la sainte Trinité est le fondement de notre religion, la source de tous les autres mystères et de toutes les miséricordes divines. Sans la connaissance de ce divin mystère, il est impossible d'arriver au salut. C'est pourquoi l'Eglise prend soin de nous le rappeler, et après nous avoir fait invoquer successivement le Père, le Fils et le Saint Esprit, nous fait dire : « Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous ». Mais le mystère de la sainte Trinité n'est pas seulement l'objet de notre Foi, c'est de plus le grand modèle qui est proposé à notre imitation. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnes distinctes, et cependant ces trois personnes sont tellement unies, qu'elles ne forment qu'un, seul et même Dieu. Voilà l'essence de la famille divine, et c'est sur ce grand modèle que doivent être formées toutes les familles chrétiennes.

Quel modèle proposé aux hommes ! Comment leur sera-t-il donné de le copier et de le reproduire ! Des splendeurs du ciel où nous venons de contempler et d'admirer la famille divine, descendons à Nazareth, et nous y trouverons le spectacle édifiant de la même et étroite union qui règne entre tous les membres de la sainte famille. Là aussi on trouve trois personnes distinctes, Jésus, Marie et Joseph ; mais ces trois personnes sont tellement unies de cœur et d'intelligence, qu'on croirait que la famille se compose d'une seule personne. Jésus obéit à Marie et à Joseph, et il ne va jamais au-delà, comme il ne reste jamais en deçà de leur volonté. Joseph gouverne et conduit la famille, mais 1'entente est si parfaite, que les trois volontés semblent renfermées dans une seule. Marie sourit à Jésus et à Joseph, et leurs trois cœurs qui s'embrassent dans une mutuelle étreinte, ne forment qu'un même cœur. Dans cette sainte famille, jamais parole plus haute l'une que l'autre, jamais aucun mouvement d'impatience ou d'humeur, chacun est à son emploi et remplit sa tache ; l'un va et l'autre vient sans choc et sans contestation ; tout s'exécute avec ensemble, et les mouvements sont tellement réglés, que le concert des cœurs et des volontés n'est jamais altéré.

Si pendant ce mois nous voulons plaire à Marie et attirer sur nous d'une manière particulière ses divines faveurs : c'est sur le patron de la sainte famille que nous devons nous composer. Toutes les familles se forment des trois éléments ; du père, de la mère et des enfants. Saint Paul compte les serviteurs parmi les membres de la famille. Enfants et domestiques, apprenez de Jésus l'obéissance ! Pères et maîtres, apprenez de Joseph la sagesse, la douceur et la fermeté du commandement ! Mères et maîtresses, apprenez de Marie 1a grâce et la bonté qui font aimer et respecter l'autorité. Ainsi la paix régnera dans la famille ; les rapports seront prévenants et affectueux, l'ordre réglera tous les mouvements, chacun remplira son emploi sans se plaindre d'être surchargé, le bonheur de chaque membre fera le bonheur de tous Hélas ! La vie de famille s'en va, chacun tire de son côté, et les enfants n'aspirent qu'à se soustraire à la tutelle de leurs parents. Revenons au grand modèle que nous présente la sainte famille. Pères et mères, vous ne pouvez pas tous léguer une grande fortune a vos enfants, mais vous les laisserez assez riches si vous leur léguez l'union et la piété. Une famille pauvre comme celle de Nazareth, où l'on vit dans la prière et l'union, dans le travail et l'économie, vaut mieux, et se trouve plus heureuse, dit l'Esprit Saint, qu'une famille opulente qui est troublée par la discorde. Ce qui prépare et consomme la ruine des familles, c'est la désunion bien plus que les mauvaises récoltes ; ce qui les rend prospères et leur assure un long avenir, c'est la concorde et l'amour mutuel de tous les membres entre eux.

 

Exemple

Enfants qui convertissent leurs parents

 

Une petite fille de treize ans dont le père était menuisier, avait été bien instruite sur la religion chez des religieuses qui faisaient l'école. Cette enfant se disposait à faire sa première communion pendant une mission qui avait lieu dans la paroisse. Elle était fort contente après avoir fait sa confession ; mais elle éprouvait un grand chagrin, parce que son père et sa mère n'assistaient pas aux instructions de la mission, et paraissaient disposés à ne pas s'approcher des sacrements. Elle fit part de son chagrin à sa maîtresse qui lui conseilla deux choses : 1° de rendre compte à ses frères et à ses sœurs devant ses parents, de ce qui se disait aux instructions ; 2° de prier le bon Dieu, par l'intercession de la Sainte Vierge, pour demander la conversion de ses parents. Elle suivit exactement l'un et l'autre conseil ; elle allait tous les jours et même plusieurs fois par jour à l'autel de la sainte Vierge, pour exposer l'objet de sa demande. Ayant fait attention que saint Joseph était représenté sur le tableau de la sainte Vierge, elle s'adressa à ce saint, et lui dit naïvement : « Mon père a le même métier que vous aviez, sur la terre, demandez au bon Dieu qu'il soit aussi sage que vous ». Au bout de quelques jours, le père dit que son voisin l'avait mené au sermon, qu'il l'avait entendu avec plaisir. La petite se lève brusquement, saule au cou de son père, et l'engage à aller se confesser. Il répondit en riant : « Oh ! Oui, je verrai. Et vous, ma mère, dit-elle, est-ce que vous n'y irez pas ? » La mère répondit brusquement : « Mêle-toi de tes affaires ». L'enfant fut déconcertée, mais non découragée : elle raconta à sa maîtresse ce qui s'était passé. Celle-ci lui dit de redoubler ses prières et ses instances, que Dieu aimait les prières des enfants. Ce dernier mot frappa notre petite fille et lui donna la pensée de mener à l'église, pour prier avec elle, son petit frère âgé de six ans, et sa sœur qui en avait cinq. Les trois enfants s'acheminent et prient ensemble. Le père va se confesser, mais la mère résiste encore, alors la petite fille met une médaille miraculeuse dans la poche de sa mère qui, s'en étant aperçue en tirant son mouchoir, fui toute bouleversée. Elle eut l'air de gronder sa fille : mais l'enfant se mit à pleurer, la mère fut attendrie, elle alla au sermon et finit par se confesser. On pourrait citer beaucoup de traits du même genre. Si les enfants savaient combien leurs prières sont efficaces, ils demanderaient et obtiendraient la conversion de toutes les personnes qui les intéressent. (Cité par Mgr Devie, évêque de Belley).

 

Pratique : Appliquez-vous pendant la journée, à ne rien dire et à ne rien faire qui puisse altérer la paix et troubler l'union dans la famille.

 

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Prière

 

Trinité sainte, un seul Dieu en trois personnes, ce que je vous demande pour moi je vous le demande pour tous ceux qui composent la famille à laquelle j'appartiens. Répandez, également sur tous, les dons de votre divine bonté, et accordez-nous de nous aimer et d'être unis, comme vous vous aimez, et comme vous ne faites qu'un, Père, Fils et Saint-Esprit. C'est par Marie, mère de la sainte famille, que nous vous demandons cette grade principale, d'où découleront toutes celles qui doivent assurer notre bonheur dans le temps et pendant l'éternité. Ainsi soit-il.

 

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1 mai 2016

Le Mois de Marie d'Ars

Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Deuxième jour

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

 

Ces invocations au Père, au Fils et au Saint-Esprit, sont une préparation et un nouveau prélude à la prière que nous devons adresser à la Sainte Vierge. L'Eglise, avant de mettre sur nos lèvres le nom béni de Marie, veut que nous nous présentions devant le trône des trois personnes divines pour leur rendre nos hommages et nos adorations. Il ne faut, pas confondre le culte qui est dû à Dieu, avec celui que nous rendons à la Sainte Vierge. Dieu seul doit être adoré, parce que Dieu seul est notre créateur, le principe et la fin de toutes choses. Marie est la plus excellente et la plus privilégiée des créatures, mais elle n'est pas Dieu. Les hommages que nous lui rendons, remontent à Dieu même, de qui elle emprunte sa gloire et sa puissance Les hérétiques sont donc des calomniateurs, lorsqu'ils nous accusent d'adorer la Sainte Vierge et les Saints.

 Mais si nous n'adorons pas la Sainte Vierge, en quoi consiste le culte que nous lui rendons ? Il consiste à la vénérer et à la glorifier, à cause des privilèges ineffables dont elle a été favorisée et des vertus héroïques qu'elle a pratiquées. Marie a été conçue sans péché ! Marie a été saluée pleine de grâce par l'ange Gabriel ! Marie a été élevée à la dignité sublime de mère de Dieu ! Marie enfin a été couronnée Reine du ciel et de la terre ! Pouvons-nous trop honorer et glorifier celle que Dieu a prévenue de faveurs si extraordinaires ? C'est entrer dans les vues de Dieu même, c'est nous associer à ses desseins sur Marie que de lui payer le tribut de nos louanges et de notre admiration.

Aux prérogatives qui honorent Marie, ajoutons les mérites personnels qui lui donnent un si grand crédit auprès du Seigneur. Prévenue des grâces les plus signalées, elle y a toujours coopéré avec une inviolable fidélité. Conçue sans péché, Marie a gardé son âme pure de tout péché actuel, même le plus léger. Jamais son visage ne s'est ému d'impatience, jamais ses lèvres ne fuient souillées par le mensonge ou la médisance. La première elle a élevé dans le monde l'étendard de la virginité, et sa vie tout entière s'est écoulée dans la pratique des plus héroïques vertus. Voyez-la surtout au pied de la croix, baignée du sang de son divin Fils, et s'associant généreusement par amour pour nous, à l'œuvre de notre rédemption. Quels trésors de mérites n'a-telle pas acquis ! En retour, le Seigneur a mis dans ses mains tous les trésors du ciel.

Que faisons nous donc, lorsque nous honorons et invoquons la Sainte Vierge ? Nous nous reconnaissons indignes, à cause de nos péchés, de paraître devant l'adorable Trinité, et nous nous couvrons de ses mérites pour oser lui présenter nos prières. « Lorsque nos mains ont touché des aromates, disait le saint curé d'Ars, elles embaument tout ce quelles touchent ; faisons passer nos prières par les mains de la sainte Vierge, elle les embaumera ». Il n'est rien que nous ne puissions obtenir pendant ce mois, par sa puissante intercession, si nous la prions avec confiance et persévérance. Offrons-lui le parfum de toutes les fleurs écloses clans la campagne, et nous obtiendrons en retour un temps propice à tous les fruits de la terre. Offrons lui surtout un bouquet de patience, de douceur, de dévouement et d'humilité ; car c'est par des actes de vertu non moins que par nos prières, que nous attirerons sur nous les regards et la protection de la Reine du Ciel.

Exemple

Dévouement d'une bergère à Marie

 

Saint Alphonse de Liguori raconte l'histoire d'une pauvre bergère, qui avait une si tendre affection pour la Sainte Vierge, que tout son bonheur était de se retirer dans une petite chapelle de Notre Dame située sur une montagne, où elle demeurait des heures entières à s'entretenir avec sa divine mère. Affligée de voir la statue de la Sainte Vierge sans aucun ornement, elle lui fit un manteau d'une pièce d'étoffe la plus propre qu'elle put trouver. Une autre fois elle cueillit des fleurs dans les champs voisins, dont elle forma une guirlande ; puis montant sur l'autel, elle posa la guirlande sur la tête de la statue, « Ma Mère, dit-elle ensuite à Marie, je voudrait placer sur votre front une couronne d'or et de pierres précieuses ; mais parce que je ne suis qu'une pauvre bergère, je ne puis vous donner qu'une couronne de fleurs ; acceptez-la du moins comme un gage de mon amour ». Ce simple hommage du cœur fut si agréable à la sainte Vierge, qu'elle favorisa la pieuse bergère d'un grand nombre de grâces spirituelles, et qu'au moment de sa mort, qui arriva peu de temps après, elle lui apparut tenant à la main une couronne qu'elle lui mit sur la tête, et la conduisit elle-même dans le ciel.

 

Pratiques : Pour rendre hommage à l'adorable Trinité et pour plaire à Marie, appliquez-vous pendant ce mois, à sanctifier tous les dimanches, par la cessation du travail et une grande exactitude à tous les offices de la paroisse. Récitez de temps en temps, pendant le jour, cette invocation consacrée par l'Eglise : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ».

 

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Prière

 

Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes; je me reconnais indien de paraître devant votre face adorable. Comme un enfant coupable redoute la présence d'un père irrite, et va conjurer sa mère de lui obtenir son pardon; ainsi, Seigneur, je me présente à vous sous les auspices et la protection de Marie que vous m'avez donnée pour mère. Ayez pitié de moi à cause de ses mérites, et accordez moi la grâce de vous aimer d'autant plus que j'ai eu le malheur de vous offenser davantage. Ainsi soit-il.

 

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9 janvier 2014

Kantik Sant Erwann Treger

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 Kantik Sant Erwann Treger

 

Diskan :

Nann, n’eus ket e Breizh, nann, n’eus ket unan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan,

Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan.

 

1. N’eus ket en Argoad, n’eus ket en Arvor,

Koulz ha sant Erwan ’vit an dud a vor (X2)

 

2. Nann, n’eus ket er vro, ’vel ma lavarer,

Hag a ve ken mat ’vit al labourer.

 

3. N’eus ket kaeroc’h skouer d’an dud a lezenn

Evit sant Erwan, skouer ar veleien.

 

4. Evel hon Tadoù, int, tud a gredenn,

Lavaromp d’ar Sant, ’n ur gaer a bedenn :

 

5. Aotrou Sant Erwan, Patron Breizh-Izel,

Bezañ treitour deoc’h, nann, kentoc’h mervel.

 

Cantique à Saint Yves de Tréguier

 

Refrain :

Non, il n’y a pas en Bretagne, non, il n’y a pas un,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves,

Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves.

 

1. Il n’y a pas en Argoat ni en Arvor,

Aussi bon que saint Yves pour les gens de la mer.

 

2. Non, il n’y a pas dans le pays, partout on le dit,

Qui serait si bon pour le paysan.

 

3. Il n’y a pas plus bel exemple pour les gens de loi

Avec saint Yves, prêtre exemplaire.

 

4. Comme nos ancêtres l’étaient, croyants,

Parlons au saint, celui-là est un bon prieur.

 

5. Saint Yves, patron de la Basse-Bretagne,

Être traître envers vous, non, plutôt mourir.

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14 juin 2023

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Le Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte

 

Jésus et Madeleine

 

Quinzième jour

Quinzième rayonnement

Le pardon de Marie-Madeleine

 

« Quis plus diligit, is cui plus donavit ». (Luc 7, 43)

 

Dans le cœur de l'homme, il y a place pour tous les généreux sentiments : l'amour filial, la tendresse paternelle, l'amitié, le patriotisme, la charité envers les malheureux ; mais il est un sentiment que le cœur de l'homme n'avait jamais ressenti, c'est l'immense pitié pour une âme coupable. Ah ! c'est que le cœur humain n'a pas la divine délicatesse qui devine et pardonne, c'est qu'il n'a pas non plus la toute-puissance qui rend la vie à qui l'a perdue. L'homme est toujours un coupable qui juge un autre coupable ; la compassion qu'il ressent pour lui est une compassion indirecte de sa propre misère. La sainteté de Dieu seul a cette puissance qui domine le mal et fait du pécheur repentant un être purifié.

C'est pour perpétuer cette bonté compatissante qui régénère le pécheur que Jésus-Christ a donné à ses prêtres le pouvoir divin de pardonner en son nom. Le Cœur de Jésus a transporté dans le cœur du prêtre quelque chose des mystères infinis d'amour et de pitié enfermés dans le sien.

Voici la scène vivante dans laquelle ce Cœur sacré nous dévoile ses trésors de tendresse. Soyons attentifs, ô pèlerin, aux moindres détails du touchant récit rapporté dans l'Evangile.

Un jour, Jésus est invité à la table d'un riche Pharisien, nommé Simon. Pendant le festin, une femme entre soudain dans la salle, portant un vase d'albâtre qui contient un parfum de grand prix. Elle s'avance dans l'assemblée, ne voyant, ne cherchant qu'un seul homme : Jésus ! Sans songer à l'opinion des convives, à l'audace de sa conduite, ne pensant qu'à ses péchés, à son repentir, à son amour, elle s'approche de Jésus, se prosterne à ses pieds, y verse ses parfums et ses larmes, y pose en pleurant ses lèvres souvent profanées, et essuie avec sa chevelure la trace de ses sanglots. C'était Marie-Madeleine.

Pas un mot n'est prononcé, elle ne lève point les yeux sur Jésus-Christ ; sa bassesse est son éloquence, son amour est sa seule prière. Elle reste toujours prosternée, trouvant sans doute une joie ineffable à baiser ces pieds sacrés ; elle se confie en Lui, le Maître bien-aimé, et cela lui suffit.

Le Pharisien s'étonne de cette action et ne peut comprendre que Jésus la souffre. « »Il ne sait donc pas, se disait-il en lui-même, que cette femme est une pécheresse connue ». Mais Lui, qui lit dans les cœurs, répond à son blâme secret par une parabole qui le confond.

Admirez ici, ô pèlerin, comme le Seigneur sait défendre ceux qu'il aime ; n'est-il pas préférable d'être accusé par les hommes et défendu par Dieu ?

Se tournant vers Marie-Madeleine, Jésus dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison et tu n'as point lavé mes pieds avec de l'eau ; mais elle, depuis qu'elle est entrée, a lavé mes pieds avec ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser ; mais celle-ci n'a point cessé de baiser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête avec de l'huile ; mais celle-ci a oint mes pieds avec un parfum. C'est pourquoi je te dis : beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé, et celui au quel il est moins pardonné, c'est qu'il aura moins aimé ».

Puis il dit à la femme : « Vos péchés vous sont remis, votre foi vous a sauvée, allez en paix ». Madeleine se retira en silence, qu'aurait-elle pu dire à Celui qui sait tout ? En effet, tout le mystère est dans son cœur, et son silence qui est un acte de foi et d'humilité, est aussi le dernier effort d’une âme qui surabonde et ne peut rien de plus » (Lacordaire, vie de Sainte Marie Madeleine). Elle vient de recevoir plus qu'elle n'osait espérer : le Cœur adorable du Maître, ému à cette action repentante et silencieuse, avait versé sur sa pauvre créature les trésors de son amour et de son pardon. Madeleine en silence aux pieds de Celui qu'elle aime, est l'image de l'âme qui vient de communier : elle s'abandonne entièrement à l'amour de son Sauveur et jouit doucement de sa présence. L'éloquence de la forme n'est nullement nécessaire dans la prière ; on entend mieux la parole divine, on reçoit mieux les enseignements précieux dans le silence recueilli du cœur.

Que ce spectacle est beau, ô pèlerin, que cet exemple est consolant, que ce commerce est ineffable entre le péché et la Souveraine Innocence, entre la mort et la Vie ! Ce spectacle s'est renouvelé et se renouvellera jusqu'à la fin du monde. N'est-il pas toujours prêt, le divin Cœur, à répondre à la supplication muette du repentir ; ne se laisse-t-il pas implorer, approcher dans l'union intime de l’Eucharistie, et résiste-t-il jamais à cette voix du cœur qui lui demande pardon le Sauveur venu surtout pour le salut des pécheurs ? Marie-Madeleine a commencé la chaîne des Maries pénitentes qui viendront pleurer sur les pieds de Jésus, et qui entendront un jour cette grande parole qui étonna le monde : Vos péchés vous sont remis, allez en paix.

 

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Invocation

 

Cœur de Jésus, ému de pitié et de tendresse, vous qui avez soudain attiré cette pécheresse à la plus haute sainteté, laissez tomber un regard sur nous, un mot, une parole qui nous guérira, car nous sommes tous coupables. La source du mal est en nous, et si elle n'a pas suivi son cours orageux, c'est que peut-être votre miséricorde a détourné l'occasion, par pitié pour notre faiblesse. Tous nous avons à pleurer sur vos pieds sacrés comme Marie-Madeleine, et à racheter les fautes de notre vie par notre amour en vers vous, ô divin Cœur, car il sera beaucoup pardonné à celui qui vous aura beaucoup aimé !

 

Mirebeau

 

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29 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Trentième jour

30 Juillet

 

La Mort

 

Prélude : Marie-Madeleine est à genoux, en extase, défaillant sous la violence de l'amour. Les Anges s'approchent pour recevoir son âme.

 

Méditation

 

« Enfin, dit le plus ancien biographe de notre sainte, l'heure approchait où la sainte âme de Madeleine devait être affranchie de sa mortelle enveloppe, l'heure où elle allait pénétrer dans les tabernacles éternels à la porte desquels elle frappait depuis si longtemps, l'heure où il lui serait donné de se réunir esprit à esprit, cœur à cœur, et pour toujours, à son Seigneur et Sauveur. Le Fils de Dieu lui apparut, et elle vit le Désiré de son âme, Jésus-Christ en personne, environné d'une multitude d’Anges, qui, dans sa miséricorde, l'appelait à lui et la conviait à la gloire du céleste royaume. « Venez, ma bien-aimée, et je vous placerai sur mon trône, car le roi, beau entre tous les enfants des hommes, est épris de votre beauté ; et Celui qui a reçu de votre piété généreuse, lorsqu'il était sur la terre, ce que réclamaient les besoins de son corps, veut que vous receviez maintenant en retour, de sa divine munificence, dans la société de ses Anges et pour toute l'éternité, les joies et les triomphes de la vie céleste ».

Mais elle, trouvant que la réunion au divin Bien-Aimé tardait trop, soupirait, disant : « Hélas ! que mon exil est prolongé ! Voilà bien des années que j'habite parmi les tristes enfants de Cédar. Il y a longtemps que mon âme est en ce monde comme en un lieu de bannissement... Qui me donnera des ailes comme à la colombe, pour voler vers mon Dieu et y trouver mon repos ?... Comme le cerf altéré soupire après les sources d'eau vive, mon âme, blessée des flèches de votre amour, soupire après vous, ô mon Dieu !... Tirez mon âme de la prison de ce corps, afin que je bénisse votre saint nom. Les justes attendent que vous placiez sur ma tête la couronne de votre justice ».

Ainsi soupirait Madeleine, empruntant les paroles sacrées du royal psalmiste. Son âme se détachait ainsi peu à peu des liens du corps. Oh ! combien cette captivité lui pesait ! Ce corps, qu'elle avait tant flatté autrefois, comme il lui était maintenant à charge ! Tant que le Christ vivait, elle pouvait employer ses sens à l'adoration et au service du Maître : ses yeux contemplaient avec amour l'humanité adorable du Sauveur, ses oreilles entendaient avec délices les harmonies qui tombaient des lèvres divines de Jésus, ses lèvres se collaient avec transport sur ses pieds sacrés, ses mains s'employaient à ce service que les Anges envient. Mais aujourd'hui, il n'est plus là ! Elle ne l'entend plus, elle ne le voit plus, elle ne peut plus le servir dans sa maison.

Comme elle a été longue l'attente ! trente ans, son divin Bien-Aimé l'a tenue loin de sa présence sensible, afin d'épurer son amour et d'accroître ses mérites. Oui, Ô sainte amante de Jésus, c'est votre doux Maître qui l'a dit : « Bienheureux ceux qui ont cru sans voir ! » Longtemps, vous avez vu des yeux de votre corps l'objet de votre amour, maintenant il vous faut croire et aimer sans voir, et, dans ce supplice de tous les jours, mériter la béatitude qu'il vous réserve.

Une dernière fois, Maximin, l’Évêque, l'ami, le guide de Madeleine, vient d'Aix sur l'ordre qu'il en a reçu du ciel. Il arrive là où la sainte martyre de l'amour divin l'attend ; il célèbre une dernière fois les saints mystères pour elle, et lui présente l'hostie.

Avec quel élan Madeleine se précipite vers l'Eucharistie. L'Eucharistie, c'est Jésus sous des voiles, et les voiles tombent !

À peine l'hostie sainte s'est-elle reposée dans le sanctuaire de son cœur, que, sous l'effort de l'amour, Marie-Madeleine expire. Ô bienheureuse mort ! Ô doux martyre !

 

Résolution : Demander souvent à Dieu la grâce d'une bonne mort, par l'intercession de sainte Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « La part que Madeleine a choisie, ne lui sera point enlevée ». (Lc. 10, 42).

 

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13 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

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Quatorzième jour

14 juillet

 

Le Festin

 

Prélude : La réunion est nombreuse. Marie-Madeleine est encore à genoux, aux pieds de Jésus. Elle adore avec amour. Mais son visage est empreint de tristesse.

 

Méditation

 

La scène de la résurrection de Lazare devait s'achever ailleurs que devant le sépulcre d'où la voix émue du Sauveur l'avait tiré, sur un théâtre plus solennel encore, dans une autre maison encore que celle de Lazare, ou, sans doute le divin Maître s'était reposé un instant après le grand miracle. C'est là que les disciples accompagneront Jésus, et que Lazare s'assoira parmi les convives, tandis que Marthe sert et que Marie-Madeleine accomplit cette action dont, selon la prédiction de Jésus lui- même, il sera parlé jusqu'à la fin du monde.

« Dix jours avant la Pâque, dit saint Jean, Jésus vint à Béthanie, au lieu où Lazare était mort et où il l'avait ressuscité, et ils lui firent là un souper. Marthe servait, et Lazare était l'un des convives... C'était, dit saint Matthieu, dans la maison de Simon le Lépreux », probablement le même chez qui Madeleine avait oint pour la première fois les pieds du Sauveur.

Ô festin de la maison de Simon le Lépreux, vous me rappelez le festin Eucharistique ! C'est là que les âmes goûtent, surtout au lendemain de leur conversion, le bonheur d'appartenir à Jésus. C'est là qu'avec Lazare elles partagent sa nourriture, qu'avec Marthe elles apprennent à le servir et surtout qu'avec Marie elles lui vouent un éternel amour, une fidélité immortelle.

Madeleine arriva chez Simon, portant dans ses bras un vase précieux et admirablement ciselé. C'était comme l'image de son cœur pur comme cette pierre transparente dont le vase était fait, tendre comme cette pierre si facile à travailler, docile comme cette pierre sous le ciseau de l’artiste, rempli du plus délicieux parfum, celui de l'amour.

Ce vase, en effet, contenait une livre d'essence de nard que Marie acheta à grands frais. Les Evangélistes ont noté avec soin le mérite de ce parfum. Saint Matthieu, saint Marc et saint Jean l'appellent une essence « précieuse » ; saint Marc dit qu'elle était « tirée de l'épi » même du nard, et saint Jean ajoute qu'elle était « fidèle », c'est-à dire sans mélange En un mot, le parfum apporté par Madeleine était le plus exquis et le plus recherché de tous les parfums.

L'essence que Madeleine répandit seulement sur les pieds de Jésus la première fois n'est pas dite précieuse, car, observe pieusement un récent biographe de la sainte amie de Jésus, c'est l'amour qui décide du prix des parfums, et l'amour qui lui fit répandre le parfum de la componction chez le Pharisien n'égalait pas encore l'amour qui lui fait répandre aujourd'hui celui de la dévotion. Cette essence, qui a été répandue sur tout le corps du fils de Dieu, que Madeleine a regardée comme la plus haute expression de son amour, à laquelle l’Église a attaché de si mystérieuses significations, méritait d'être remarquée.

Mais, je n'oublie point que le festin a lieu six jours avant la dernière Pâque, la veille même du jour où Jésus fera son entrée triomphale à Jérusalem, au début de la grande semaine où il duit mourir.

Quel mélange de sentiments doux et tristes, d'images riantes et lugubres, de souvenirs charmants et d'appréhensions terrifiantes ! Lazare est là, Lazare le ressuscité, à table avec son Rédempteur ; mais Judas aussi y est, Judas le traître, qui a déjà vendu le Maître dans son cœur. La maison est pleine d'amis, d'apôtres, de convertis. mais, à quelque distance de Béthanie, les ennemis de Jésus trament et préparent sa perte.

Les disciples tremblent, parce qu'ils savent combien la colère des Juifs est arrivée à son paroxysme. Madeleine tremble avec eux, et tout son cœur s'émeut, à la pensée que les méchants jaloux de son Maître pourraient l'enlever à son amour.

Ô sainte amie de Jésus, apprenez-moi à aimer comme vous et à trembler comme vous : à aimer, en répandant tout mon cœur aux pieds de Jésus ; à trembler, de peur que ses ennemis et les miens ne m'enlèvent le trésor béni de sa grâce !

 

Résolution : Concourir volontiers à la décoration des temples et des autels de la divine Eucharistie, en union avec les sentiments de Marie-Madeleine, apportant le vase de parfum précieux chez Simon le Lépreux.

Bouquet spirituel : « Pour Marie, elle prit une livre d'un nard excellent et de grand prix » (Jean 12, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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12 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

3scene

Treizième jour

Naissance du Sauveur

 

Il était déjà tard quand Joseph et Marie arrivèrent à 'la grotte. La jeune ânesse, qui, depuis qu’ils étaient entrés dans la maison paternelle de Joseph, avait couru de côté et d’autre autour de la ville, vint alors à leur rencontre et se mit à sauter joyeusement auprès d’eux. Alors la sainte Vierge dit à Joseph : « Voyez, c’est certainement la volonté de Dieu que nous entrions ici ». Joseph mit l‘âne sous l’espèce de toit qui était en avant de l’entrée de la grotte, puis, ayant préparé un siège pour la sainte Vierge, elle s’y assit pendant, qu’il se procurait de la lumière et entrait dans la grotte. L’entrée était un peu obstruée par des bottes de paille, et des nattes posées contre les parois. Il y avait aussi dans la grotte même divers objets qui l’encombraient. Joseph la débarrassa de manière à préparer à la sainte Vierge une place commode du côté oriental de la grotte. Il attache une lampe allumée a la paroi, et fit entrer Marie, qui se plaça sur le lit de repos qu’il lui avait préparé avec des couvertures et quelques paquets. Il s’excusa humblement de n’avoir pu lui procurer qu’un si mauvais gîte ; mais Marie, intérieurement, était contente et joyeuse.

Quand elle se fut installée, Joseph sortit avec une outre de peau qu‘il portait avec lui, et alla derrière la colline, dans la prairie où coulait un petit ruisseau. Il remplit l’entre d’eau et la rapporta dans la grotte. Il alla ensuite a la ville pour y acheter un peu de vaisselle, des fruits et du bois à brûler. Le sabbat était proche, et à cause des nombreux étrangers qui avaient à se procurer des provisions, on avait dressé au coin des rues des tables chargées des objets les plus indispensables.

Joseph revint, portant des charbons allumés dans une espèce de boîte grillée. Il les plaça à l’entrée de la grotte, et allume du feu avec un petit fagot de morceaux de bois sec. Il apprêta ensuite un repas qui se composait de petits pains et de quelques fruits cuits. Quand ils eurent mangé et prié, Joseph prépara un lit pour la sainte Vierge ; il étendit sur une litière de jonc une couverture semblable a celles que nous avons vues dans la maison de sainte Anne, et plaça une autre couverture roulée pour appuyer sa tête. Après avoir fait entrer l’âne et l’avoir attaché dans un endroit où il ne pouvait pas gêner, il boucha les ouvertures de la voûte par où l’air venait, et disposa la place où lui-même devait reposer à l’entrée de la grotte.

L’heure du Sabbat étant arrivée, il se plaça avec la sainte Vierge sous la lampe, et récita avec elle les prières du Sabbat. Après quoi ils prirent ensemble leur modeste repas. Puis Joseph repartit pour la ville, et Marie s’enveloppa pour se livrer au repos. Pendant l’absence de Joseph, la sainte Vierge pria à genoux. Elle s’agenouilla sur sa couche ; puis elle s'étendit sur la couverture, couchée sur le côté. Sa tête reposait sur son bras, qui était posé sur l’oreiller. Joseph revint tard. Il pria encore et se jeta humblement sur son pauvre grabat à l’entrée de la grotte.

La sainte Vierge passa le Sabbat dans la grotte de la Crèche, priant et méditant avec une grande ferveur. Joseph sortit plusieurs fois ; il alla probablement à la Synagogue de Bethléem. Ils ne mangèrent ce jour-là que des aliments préparés les jours précédents et, prièrent ensemble. Dans l’après-midi, temps où les Juifs font ordinairement leur promenade du jour du sabbat, Joseph conduisit la sainte Vierge à la grotte du tombeau de Maraha, nourrice d’Abraham. Elle resta quelque temps dans cette grotte, qui était plus spacieuse que celle de la Crèche, et où Joseph lui arrangea un siège ; elle se tint aussi sous l’arbre qui était auprès, toujours priant et méditant, jusqu’après la clôture du sabbat. Marie avait dit à Joseph que la naissance de l'Enfant aurait lieu ce jour même, à minuit ; car c‘était à cette heure que se terminaient les neuf mois écoulés depuis que l'Ange du Seigneur l’avait saluée. Elle l’avait prié de faire en sorte qu’ils pussent honorer de leur mieux, à son entrée dans le monde, l’Enfant promis par Dieu et conçu surnaturellement. Elle l’engagea aussi à prier avec elle pour les gens au cœur dur qui n’avaient pas voulu lui donner l’hospitalité. Joseph offrit a la sainte Vierge de faire venir pour l’assister deux pieuses femmes de Bethléem qu’il connaissait. Elle ne le voulut pas, et lui dit qu'elle n’avait besoin du secours de personne.

Joseph alla à Bethléem avant la fin du sabbat et aussitôt que le soleil fut couché, et y acheta Quelques objets nécessaires, une écuelle, une petite table basse, des fruits et des raisins secs, qu'il rapporta à la grotte de la Crèche. Il alla de la à la grotte de Maraha, et ramena la sainte Vierge à celle de la Crèche, où elle s’assit sur la couvcrture. Joseph prépara encore des aliments. Ils mangèrent et prièrent ensemble. Il établit alors une séparation entre la place qu’il avait choisie pour reposer et le reste de la grotte, à l'aide de quelques perches auxquelles il suspendit des nattes qu’il avait trouvées dans la grotte même. Il donna à manger à l‘âne qui était à gauche de l’entrée, attaché à la paroi de la grotte ; puis il remplit la mangeoire de la crèche de roseaux et d’herbe ou de mousse, et étendit dessus une petite couverture dont les extrémités retombaient sur les côtés.

Comme alors la sainte Vierge lui dit que son temps approchait et l’engagea à se mettre en prière dans sa chambre, il suspendit à la voûte plusieurs lampes allumées, et sortit de la grotte parce qu’il avait entendu du bruit devant l‘entrée. Il trouva là la jeune ânesse qui, jusqu’alors, avait erré en liberté dans la vallée des Bergers. Elle paraissait toute joyeuse, et jouait et bondissait autour de lui. Il l‘attache sous l‘auvent qui était devant la grotte et lui donna du fourrage.

Quand il revint dans la grotte, et qu’avant d’entrer dans son réduit il jeta les yeux sur la sainte Vierge, il la vit qui priait a genoux sur sa couche, lui tournant le dos, et regardait du côté de l’orient. Elle lui parut comme entourée de flammes, et toute la grotte ; semblait éclairée d’une lumière surnaturelle. Il regarda comme Moïse lorsqu’il vit le buisson ardent ; puis, saisi d’un saint effroi, il entra dans sa cellule et S’y prosterna la face contre terre.

Et la lumière qui environnait la sainte Vierge devint de plus en plus éclatante. La lueur de la lampe allumée par Joseph n’était plus visible. Marie, ayant sa large robe sans ceinture étalée autour d’elle. était à genoux sur sa couche, le visage tourné vers l’orient.

Quand vint d’heure de minuit, elle fut ravie en extase. Elle était élevée de terre a une certaine hauteur. Elle avait les mains croisées sur la poitrine. La splendeur allait croissant autour d’elle ; tout, semblait ressentir une émotion joyeuse, même les êtres inanimés. Le roc qui formait le sol et les parois de la grotte paraissaient s’animer dans la lumière. Mais bientôt la voûte ne fut plus visible ; une voie lumineuse, dont l’éclat augmentait sans cesse, allait de Marie jusqu’au plus haut des cieux. Il y avait là un mouvement merveilleux de gloires célestes, qui, s’approchant de plus en plus, se montrèrent distinctement Sous la forme de chœurs angéliques. La sainte Vierge, élevée de terre dans son extase, priait et abaissait ses regards sur son bien dont elle était devenue la Mère, et qui, faible Enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle. Et Notre Seigneur apparut comme un petit Enfant lumineux, dont l’éclat éclipsait toute la splendeur environnante, couché sur le tapis, devant les genoux de sa Mère. Il semblait qu’il était tout petit et grandissait de plus en plus ; mais tout cela n’était que le rayonnement d‘une lumière ineffable qui échappait, aux regards mortels.

La Sainte Vierge resta encore quelque temps dans son extase. Puis elle mit un linge sur l’Enfant, mais ne le toucha pas, et ne le prit pas encore dans ses bras. Après un certain intervalle, l’Enfant-Jésus commença à se mouvoir et à pleurer ; ce alors que Marie sembla reprendre l’usage de ses sens. Elle prit l’Enfant, l’enveloppa dans le linge dont elle l’avait recouvert, et le tint dans ses bras contre sa poitrine. Elle s‘assit ensuite, s’enveloppa tout entière avec l'Enfant dans son voile, et se mit à l’allaiter. L’on vit alors autour d‘elle des Anges, sous forme humaine, se prosterner devant le nouveau-né et l’adorer.

Il s’était bien écoulé une heure depuis la naissance du Sauveur, lorsque Marie appela saint Joseph, qui priait encore la face contre terre. S’étant approché, il se prosterna plein de joie, d‘humilité et de ferveur. Ce ne fut que lorsque Marie l’eut engagé à presser contre son cœur le don sacré du Très-Haut, qu’ils e leva, reçut l‘Enfant dans ses bras et remercia Dieu avec des larmes de joie.

Alors la sainte Vierge emmaillota le divin Enfant. Marie n‘avait que quatre langes avec elle. Marie et Joseph s‘assirent ensuite par terre l’un pres de l‘autre. Ils ne disaient rien et semblaient tous deux absorbés dans la contemplation. Devant Marie, emmailloté ainsi qu’un enfant ordinaire, était couché le nouveau-né, beau et brillant comme un éclair... Mais quoi ! Ce lieu contenait le salut du monde entier, et personne ne s’en doutait.

Ils placèrent ensuite l‘Enfant dans la Crèche. Ils l’avaient remplie de roseaux et de jolies plantes,v sur lesquels étaient étendue une couverture ; elle était au dessus de l’auge creusée dans le roc, à droite de l’entrée de la grotte, qui s’élargissait là dans la direction du midi. Quand ils eurent mis l’Enfant dans la crèche, tous deux se tinrent à côté de lui, versant des larmes de joie et chantant des cantiques de louange. Joseph arrangea alors le lit de repos et le siège de la sainte Vierge à côté de la crèche. Elle était, avant et après la naissance de son divin Fils, habillée d’un vêtement blanc qui l‘enveloppait tout entière, et elle resta là pendant les premiers jours, assise, agenouillée, debout ou même couchée sur le côté et dormant, mais jamais souffrante ni fatiguée. Quand on venait la voir, elle s'enveloppait encore davantage dans ses vêtements et se tenait assise sur le tapis qui avait reçu le Sauveur à sa naissance.

 

Considération

Saint Joseph d'après le chanoine de Verdun

 

Un pieux auteur du XVIIe siècle, le bon M. Dognon, chanoine de Verdun, a dit des choses délicieuses sur notre saint Patriarche dans un petit ouvrage qu’il publia en 1633, sous ce titre : « Le Modèle du ménage heureux en l'histoire du mariage de saint Joseph ». Entendons-le :

« Dieu, dit-il, tient parfois les grandeurs et les excellences de ses premiers serviteurs cachées sous le sceau de sa providence pendant certain temps et jusqu’à ce que, pour le bien de son service et l’édification de son Église, il les étale et révèle à tout le monde, de l’un en l’un siècle, de l’autre en un autre, et de tous en la saison la plus avantageuse et commode pour l’avancement de sa gloire et de la leur.

Le Saint Esprit, qui a déterminé comme autant d'articles de foi certaines propositions en un siècle, qui au précédent avaient été laissées indifférentes et problématiquement disputées, n’a pas donné une vérité nouvelle à ces propositions, mais a seulement déclaré celles qu’elles contenaient dès le commencement.

Ainsi en est-il, en certain sens, de la gloire d‘aucuns saints, laquelle a demeuré un long temps comme éclipsée et couverte aux hommes jusqu’au jour où il a plu à Dieu la leur découvrir, non comme une excellence dont il les eût nouvellement doués, mais comme un rayon partant naturellement de la gloire qu‘ils possèdent de longtemps et qui était empêchée de se répandre ici-bas, par l'opposition du grand sceau de la sagesse divine pour l’empêcher de nuire en un temps, où il a grandement servi en un autre.

Qui n’avouera que cela est vrai particulièrement au fait de saint Joseph, dont les éminences ayant plusieurs siècles durant été quasi généralement inconnues, viennent nouvellement avec éclat a se manifester tous les jours ; si bien que désormais, avec l’applaudissement de toute l’Eglise, il va être reconnu l’un des premiers chefs d’oeuvre de la nature et de la grâce et le plus élevé de tous les hommes, après la sainte Vierge son Epouse, dans les splendeurs des saints et la gloire des bienheureux au ciel.

Ces prérogatives pourtant que l'on ne fait presque que commencer d’admirer en lui ne sont pas des bienfaits récents de la magnificence de Dieu a son égard. Les perfections qu‘il s’est acquises dans l‘exercice de la vertu et qui servent aujourd’hui à étoffer la couronne de sa gloire, ne lui sont pas des nouveaux acquêts, et le degré de béatitude duquel il jouit à présent est celui même dont le Roi de gloire, son cher nourrisson, le mit en possession dès il y a seize siècles, au jour de Son ascension au ciel.

Ce sont des étoiles qui, quoiqu’elles fussent enchâssées dès le commencement en cette belle contemplation, ont été toutefois (au moins pour la plupart) tenues cachées sous le sceau de Dieu un fort longtemps, ou, si elles ont été aperçues, ce n’a été que par des yeux extraordinairement aigus, forts et pénétrants, de quelque aigles, je veux dire de saint Augustin, de Saint Bernard, de saint Ambroise et autres pareils, qui, levant leur vue et l’arrêtant fixement en la contemplation de ce grand astre, y ont découvert, dès leur temps (mais plus pour leur consolation que pour l’instruction des peuples), beaucoup plus d’étoiles que le commun n’y en voyait. En même façon m‘est-il avis que saint Augustin lui-même dit que ceux qui ont les yeux vifs et perçants font journellement, sans l'emploi des lunettes, de nouvelles découvertes d’un nombre sans nombre d‘étoiles, qui se multiplient et comme se produisent a la foule, à mesure de l’attention et du loisir que l'on prend pendant le serein d‘une belle nuit à les regarder fixement et à les compter.

Mais, comme cette attention et cette force de vue n’a été que pour les aigles, que pour ces grands Docteurs qui ont par la force et la bonté de leur esprit le même avantage sur les autres hommes que l‘aigle sur le reste des oiseaux, aussi ces grandes merveilles de saint Joseph ont-elles été communément inconnues jusqu’à tant que Dieu ait levé le cachet, publié le secret, et rompu le voile (comme parle saint Bernard), pour manifester ces grandeurs à tout le monde...

Dire maintenant pourquoi 1’Eglise a différé si longtemps les honneurs que Jésus-Christ voulait qu’on rendit enfin à son cher nourricier, c‘est un mystère ; duquel nous ne savons pas assurément la raison. L’esprit de Dieu, assistant perpétuel de l’Eglise, le lui ayant ainsi ordonné, parce qu‘ainsi lui a plu et qu’il a jugé meilleur et plus expédient pour la gloire de Dieu et celle de son serviteur qui est avantageusement désintéressé, s’il faut ainsi parler, et reçoit bien les arrérages de ce délai en la grandeur des reconnaissances que l’on a commencées et que l’on continue de lui rendre partout... »

Après quoi le pieux auteur allègue pourtant les raisons de l'honneur de Notre Seigneur et de sa sainte Mère, qui eût pu être compromis, si l’on eût, dans les commencements, tant glorifié saint Joseph, dont il exalte enfin l’excellence, la gloire dans le ciel en corps et et l'âme, l‘estime dans laquelle nous devons le tenir, et les grands biens que nous procure sa dévotion.

 

Pratique

Messes et communions en l’honneur de Saint Joseph

 

La sainte Messe est, comme chacun sait, le sacrifice du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, offert sur la Croix d’abord, mais continué tous les jours sur nos autels pour nous appliquer à tous, jusqu’à la consommation des siècles, les fruits et les mérites de sa rédemption. Ce sacrifice ne s‘offre qu’à Dieu, mais on l‘offre souvent à Dieu en l‘honneur des saints, en le remerciant des grâces qu’il leur a accordées, et lui demandant par leur intercession celles dont nous pouvons avoir besoin. Non, les suffrages des saints n’ajoutent rien à l’infinie vertu du divin sacrifice, mais le parfum de leur mémoire, déjà si précieuse devant Dieu, venant à s‘imprégner de cette vertu infinie, lui devient bien plus agréable, et le dispose à accueillir bien plus favorablement les suppliques que nous lui adressons par leur médiation, médiation d’autant plus efficace, que ces saints occupent dans le ciel un rang plus élevé. Qui dira alors la puissance du saint sacrifice offert soit en l’honneur de la Très Sainte Vierge, soit en l’honneur de saint Joseph ?

Voulez-vous donc vous ménager la puissante intercession de saint Joseph auprès de Dieu, assistez à la sainte messe en son honneur. Assistez-y surtout dans Tes jours qui lui sont spécialement consacrés.

Voulez-vous que cette intercession de saint Joseph devienne encore plus efficace, et, pour ainsi dire, toute-puissante, célébrez ou faites célébrer le saint sacrifice à la même intention. Également, pour plaire à saint Joseph, faites de bonnes et saintes communions a sa gloire.

 

Prières

Récitées dans l’Institut de Saint Vincent de Paul

 

Glorieux saint Joseph, noble rejeton des rois de Juda, héritier des vertus de tous les Patriarches, auguste chef de la sainte famille du Verbe incarné, véritable modèle des âmes intérieures et ferventes, agréez, je vous en supplie, mes vœux et mes hommages. Vous êtes, et vous serez toujours, après Jésus et Marie, l'objet de mes plus profonds respects et de ma plus entière confiance. Je m’unis aujourd’hui à tous ceux qui vous invoquent, qui vous honorent et qui vous aiment, je vous félicite avec eux des grâces et des privilèges dont le Seigneur vous a comblé. Vous êtes mon protecteur et mon père. Je me consacre a votre culte et à votre service, et je veux tous les jours renouveler cette consécration et cet engagement, afin d’obtenir votre puissante intercession pendant,.ma vie, et surtout à l‘heure de ma mort.…

Oui, je vous consacre mon cœur , bienheureux Joseph, céleste Epoux de la Mère de Dieu, Père nourricier de son adorable Fils, confident, imitateur et coopérateur de l’un et de l’autre, mon illustre patron et très parfait modèle, et veux qu’après Jésus et Marie, vous soyez l’objet de mon amour. Que ne puis-je enchaîner mon cœur et celui des autres à votre trône ! Je vous l’offre et le soumets à votre empire. Offrez-le à Jésus et à Marie. Jamais cœur ne fut plus désireux que le vôtre de voir régner leur amour en nous ; enflammez-le dans le mien ; qu’il le possède, qu’il l’embrase, qu’il le consume... Obtenez-moi aussi un cœur contrit, une ferme confiance dans la miséricorde de mon Dieu, l’intelligence de la vie intérieure et du mystère de la Croix. Faites-moi vivre avant tout de l’esprit de Jésus crucifié, et qu’après avoir travaillé par Jésus, avec Jésus, pour Jésus, mes dernières paroles soient : « Jésus, Marie, Joseph ». Ainsi soit-il.

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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28 février 2019

Le Mois de Saint Joseph

St-Joseph (4)

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

Premier jour

Généalogie de Saint Joseph

Saint Joseph, le Saint parmi les saints, et qui a tellement accompli toute justice, qu’il a été trouvé digne de devenir l’Époux de l’Immaculée Vierge Marie et le Père nourricier du Fils de Dieu fait homme, descendait de la race royale de David, et était cousin germain de saint Joachim, le bienheureux père de sa sainte Épouse, ainsi que le supposent et le constatent les deux généalogies qu’ont données de Notre-Seigneur saint Matthieu et saint Luc.

Le grand-père, en effet, de saint Joseph, descendait de David par Salomon et s’appelait Mathan. Mathan eut deux fils, Joses et Jacob, père de saint Joseph. Mais, Mathan étant mort, sa veuve épousa en secondes noces un nommé Lévi, qui descendait de David par Nathan, et en eut Mathat, père d’Héli, ou Joachim, père lui-même de la sainte Vierge. Joachim et Joseph étaient donc cousins germains du côté maternel.

Voici, du reste, comment cette généalogie fut montrée à Anne-Catherine Emmerich. À partir de David, elle vit l’arbre généalogique du Sauveur se séparer en deux rameaux distincts. Le rameau de droite commençait à Salomon et finissait à Jacob, père de Joseph, époux de Marie. Sur ce rameau étaient les figures de tous les parents de saint Joseph, nommés dans l’Évangile, et qui descendaient ainsi de David par Salomon. Ce rameau avait une signification plus élevée que l’autre ; il sortait presque en entier de la bouche du roi prophète, et était complètement blanc, sans mélange d’aucune couleur. Les figures placées à côté de ce rameau s’élevaient tentes au-dessus des figures correspondantes de l’autre rameau. Toutes avaient à la main une tige longue comme le bras, avec des fleurs palmées à l’entour ; la tige se terminait par une clochette blanche, avec cinq étamines jaunâtres, desquelles tombait une poussière singulièrement fine. Trois membres de ce rameau, avant le milieu en commençant par le haut, étaient détachés, noircis, et semblaient complètement morts. Les fleurs variaient pour la grandeur, la force et la grâce ; celle de saint Joseph était sans une seule tache, et ses feuilles étaient parfaitement fraîches : il avait la plus belle de toutes les fleurs. En plus d’un endroit de ce rameau, les rejetons se trouvaient très écartés. Ces rameaux se touchaient quelquefois, et se croisaient vers leur extrémité. La signification de ce rameau était haute et mystérieuse ; il était plus spirituel et moins charnel que l’autre ; il tenait plus de Salomon. Mais ce sont des choses qu’il est difficile d’expliquer.

Le rameau de gauche allait de Nathan, fils de David, à Héli. Héli était le véritable nom de saint Joachim ; il ne reçut qu’assez tard le nom de Joachim, de même qu’Abraham porta d’abord le nom d’Abram. Tout ce rameau était plus bas que l’autre ; il était coloré, il avait çà et là des taches, puis il retrouvait son éclat resplendissant de rouge, de jaune, de blanc, mais jamais de bleu. Les figures étaient plus petites que celles de l’autre rameau ; elles avaient à côté d‘elles des branches d’arbuste avec des feuilles dentelées. d‘un vert jaunâtre, et au sommet, un bouton rouge, de la couleur de celui de l’églantine. De ces boutons, les uns étaient encore frais, et les autres étaient fanés. Le bouton n‘était pas un bouton à fleur, mais un bouton à fruit, un ovaire, et il était touj0urs fermé. Aux branches se rattachait un double rang de petits rameaux du côté où pendaient des feuilles dentelées.

Les deux lignes se croisaient trois ou quatre générations avant Héli ou Joachim, et aboutissaient l’une et l‘autre à la sainte Vierge. Et c’est a l'endroit où elles se croisaient que le sang de Marie commençait à briller dans le rayon.

Mais c’eût été peu pour les desseins de Dieu sur notre saint Patriarche de le faire descendre d'une si longue suite de Bois et de saints personnages, s‘il ne l'eût appelé en même temps à une sainteté suréminente. et quine fût point au-dessous de sa future dignité d’Époux de la Vierge-Mère et de Père réputé et légal de Jésus. Si sa sainteté ne pouvait égaler celle de Marie, dont aucune autre ne peut approcher, elle devait venir immédiatement après. Saint Joseph devait être la plus sainte créature après l’Immaculée Mère.

Aussi, s’il fut conçu dans le péché comme tous les enfants d’Adam, ne parait-il pas douteux qu’il fut purifié de la tache originelle et sanctifié dès le sein de sa mère, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

L’on tient même généralement que ce glorieux privilège lui fut accordé le septième mois après sa conception, et le deuxième avant sa naissance. Il est donc à croire qu‘il naquit, comme Marie, plein de grâce et singulièrement orné de toutes les vertus.

Le huitième jour après sa naissance, il fut circoncis et reçut le nom de Joseph, nom qui signifie accroissement, augmentation, et dont il devait accomplir la la lettre la signification, non-seulement parce que Dieu allait toujours l’augmenter de ses dons, mais parce que lui-même augmenterait toujours de vertus en vertus, et que, plus tard, d’ailleurs, sa gloire irait toujours en augmentant dans l’Église.

 

Considération

Saint Joseph dans les desseins de Dieu

 

Les temps arrêtés dans les desseins de Dieu pour la Rédemption du genre humain sont accomplis, et le Fils de Dieu va se faire homme pour venir racheter les hommes. Mais du moment qu’il se fait homme, il lui faut une Mère. Quelle sera cette Mère ? Mère du Sauveur des hommes, elle doit être prise d’entre les homme ; mais aussi Mère de Dieu, elle doit approcher de Dieu aussi près qu’il peut l’être donné à la créature. Que fera donc Dieu pour elle ? Pour elle il épuisera en quelque sorte tous les trésors de son infinie munificence, en lui communiquant de sa divinité tout ce qu’il peut en conférer à une simple créature. Comment cela ? En la formant toute sainte, toute pure, mille fois plus pure que les Anges, pure comme lui, dont elle deviendra, d’ailleurs, la Mère par la seule opération du Saint Esprit.

Mais ce n'est pas tout, et il faut, dans l’ordre humain, que le voile du mariage vienne ombrager de ses plis protecteurs l’ineffable mystère. Il faut, dans cet ordre humain, un Époux à cette Vierge Mère, un Père à cet Enfant Dieu ; à la Vierge-Mère, un Époux qui-vénère tellement sa virginité, que Dieu seul puisse être l’auteur de sa maternité ; à l’Enfant Dieu, un Père d’adoption qui, sauf la génération, aura éminemment tous les autres attributs de la paternité. Et quel sera le mortel que Dieu choisira, non pas entre mille, ni entre dix 'mille, mais entre tous les hommes, pour l’élever à cette double et incomparable dignité ? Dieu l’a dit, ce sera Joseph, qu’il fera assez saint et assez pur pour qu’il puisse confier à sa virginité la garde de la virginité de Marie, et assez accompli en toute perfection pour qu'il puisse se décharger sur lui du soin de l’humanité de son divin Fils.

Gloire donc, honneur, louange et bénédiction à l’homme béni entre tous les hommes, comme Marie fut la femme bénie entre toutes les femmes. Car si toutes les générations appellent Marie bienheureuse, parce que le Seigneur a fait pour elle de grandes choses, elles peuvent bien appeler aussi Joseph bienheureux, puisque le Seigneur a fait pour lui des choses également grandes.

Mais comment Dieu introduira-t-il dans le monde cet homme si singulièrement privilégié ? Ce sera sans doute avec splendeur et avec éclat, comme pour le recommander davantage à la vénération des autres hommes ? Loin de là. Il le fera en silence, sans bruit, sans commotion, de la manière dont il opère toutes ses grandes œuvres. Puis, il le tiendra en réserve dans le plus secret de son éternel sanctuaire, jusqu’au jour, jusqu‘au moment, nous ne dirons pas où il aura besoin, mais où il voudra se servir de lui : tout l’Ancien Testament sera plein de Jésus et de Marie, mais sans s’occuper de Joseph, ni dans ses promesses, ni dans ses figures, ni dans ses prophéties, qui, d‘accord avec la tradition des peuples, supposeront toujours une Vierge-Mère. Enfin, quand le moment sera venu de le montrer à la terre, l‘on ne connaîtra rien, ni de sa naissance, ni de son enfance, ni de son adolescence, et il grandira dans une obscurité telle, que l‘on aura peine à le découvrir lorsqu‘il faudra le trouver pour le donner pour époux à Marie. Les Prêtres qui procéderont à leurs épousailles ne le soupçonneront même pas d’abord, et Dieu sera obligé de faire un miracle pour le leur désigner.

Mais les saintes épousailles ont été célébrées, et quelques jours après s’opère, à l’insu de Joseph, dans le sein de Marie, son épouse, l’ineffable mystère. Un Ange vient bientôt l’en avertir, et, à partir de ce moment, il est tout entier à la Mère et à l’Enfant, qui n’ont plus qu’à se reposer sur lui de leurs sollicitudes de chaque jour. C’est ainsi que, fidèle à sa sublime mission, il s’occupe de la naissance de Jésus à Bethléem, de sa Circoncision, de sa manifestation aux Mages, de sa Présentation au temple, de sa fuite en Égypte, de son séjour dans la terre étrangère, de son retour à Nazareth. Quand enfin l’Enfant est devenu grand et a atteint l’âge de l’homme parfait, sa mission étant remplie, Dieu le retire de la terre aussi silencieusement qu’il l’y a mis, et sans que sa mort fasse le moindre bruit, pour le cacher de nouveau dans le secret de sa face, Jusqu’à ce qu’il lui plaise de le glorifier d'une manière plus éclatante à la fin des temps.

Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables ! Que ses pensées sont élevées au-dessus de nos pensées, et que ses manières d‘agir sont différentes des nôtres ! De même qu’il abaisse ceux qui s’élèvent, il élève ceux qui s’abaissent, et il travaille pour eux d’autant plus en secret qu'il veut les honorer davantage. Il les tient d’abord d’autant plus cachés, qu‘il les réserve pour la suite à de plus hautes destinées. Ainsi en a-t-il été de saint Joseph. Ainsi en est-il de chacun de nous, toutes les fois que nous répondons aux desseins de Dieu sur nous.

 

Pratique

Fêtes de Saint Joseph

 

La première des Pratiques par lesquelles nous devons nous empresser de mériter la protection de saint Joseph est naturellement la célébration des Fêtes que l’Église. lui a consacrées, et qui constitue pour tous les fidèles la base du culte que tous ont à lui rendre, mais que doivent surtout lui rendre ceux qui font gloire de l’honorer plus particulièrement, et qui ont à cœur de lui plaire davantage, sans même songer à l’intéresser plus efficacement en leur faveur. Les vrais serviteurs de saint Joseph n’ont d'autre préoccupation , en célébrant ses Fêtes, que de suivre les inspirations de leur foi, de leur dévotion, et de leur amour. Des enfants qui fêtent un père s‘oublient eux-mêmes pour ne penser qu’à lui.

Ces Fêtes sont sa solennité principale, la grande Fête du 19 mars, que le Pape Pie IX, si glorieusement régnant, en proclamant saint Joseph Patron de l’Église Catholique, vient d’élever au rite double de première classe, la mettant ainsi au rang de nos plus grandes solennités ; celle de son Patronage, que, par décret du 10 septembre 1847, il a fixée pour toute l’Église au 3e Dimanche après Pâques ; et celle de ses Épousailles avec la très sainte Vierge, qui se célèbre le 23 janvier.

Des Indulgences plénières sont attachées à ces trois Fêtes dans toutes les Confréries et Associations en l’honneur de saint Joseph, et même dans beaucoup d’autres.

Les pieux dévots au saint Patriarche honorent aussi sa Fuite en Égypte, le 28 décembre ; son Retour d’Égypte en Galilée, le 7 janvier, et son bienheureux Trépas, le 20 juillet.

 

Oraison dédicatoire

Tirée de saint François de sales

 

Très sainte Mère de Dieu, vaisseau d’incomparable élection, élection de la souveraine dilection, vous êtes la plus aimable, la plus aimante, et la plus aimée de toutes les créatures. Mais, ô Mère toute triomphante, qui peut jeter les yeux sur votre Majesté sans voir à votre droite celui que votre Fils voulut si souvent, pour l‘amour de vous, honorer du titre de Père, vous l’ayant uni par le lien céleste d‘un mariage tout virginal, afin qu’il fût votre secours et coadjuteur en la charge de la conduite et éducation de sa divine enfance ?

On mettait jadis les lampes de l’ancien temple sur des fleurs de lys d’or. Ô Marie et Joseph, pair sans pair, lys sacrés d’incomparable beauté, entre lesquels le Bien-Aimé se repaît et repaît tous ses amants, hélas ! vous le savez, si j'ai composé cet écrit, c’est dans la seule fin de vous glorifier de mon mieux l‘un et l‘autre, ainsi que votre divin Fils. Où puis-je alors mieux le colloquer que parmi vos lys, lys entre lesquels le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumière éternelle, s’est si souvent récréé, qu’il y a pratiqué les délices de l’ineffable dilection de son Cœur envers nous ?

C‘est donc a vos pieds que je le dépose, ô Mère bien-aimée du Bien-Aimé, ô Époux bien-aimé de la Bien-Aimée, en vous offrant en même temps mon âme avec toutes ses facultés, mon corps avec tous ses sens, tout ce que j’ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai à jamais. Je vous le consacre et vous le dédie, dans l’espérance qu’à cause de l’hommage que nous vous faisons de tout nous-mêmes, vous nous prendrez tous, auteur et pieux lecteurs, sous votre singulière protection, dont vous nous ombragerez pendant la vie, dont vous nous couvrirez surtout à l’heure de la mort, et que vous daignerez nous continuer pendant l’interminable cours de la bienheureuse éternité.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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25 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-sixième jour

Insigne mortifiée

 

L’attrait de sainte Claire pour la pénitence est décrit par tous ses biographes avec l’accent de l'admiration. Citons une page du récit authentique de ses austérités.

« Les Annales de l'Ordre ont gardé le souvenir de trois cilices qu’elle portait alternativement. L'un en poils de chameau tressé avec des nœuds,étonne la piété des fidèles marseillais par son admirable conservation, chaque année durant l’octave de la fête du 12 août, tandis que les Clarisses de Marseille l’exposent à leur vénération. L'autre, en cuir de sanglier, était armé de soies courtes et piquantes qui pénétraient dans les chairs. Le dernier en cuir de cheval entremêlé de nœuds fort durs, se conserve au monastère d’Assise ; c’est celui que la petite sœur Agnès de Spello déroba pieusement un jour et ne put supporter.

L'abstinence était à l'unisson de ces instruments de pénitence. La chair même la plus virginale réclame trop souvent ses prétendus droits, il faut la mater et, Comme disent les saints, la mortifier. Claire mortifia la sienne au point d'obliger François à modérer ses ardeurs pénitencielles. Quelques herbes suffisaient à sa pauvre nourriture. En Carême et durant le long Avent franciscain, elle vivait uniquement de pain et d’eau. Trois jours par semaine même ; durant ces saintes périodes, elle s’abstenait de tout aliment ; c'est cette dernière austérité que saint François et l’Evêque d'Assise durent lui interdire parce qu’elle tendait à ruiner ses forces.

Toujours nu-pieds, sans sandales même au cœur de l’hiver, elle était vêtue d'une simple tunique et d’un manteau dont la lourdeur à elle seule constituait déjà une grande pénitence. « J’ai vu, écrit Barthélemy de Pise, la tunique de saint François et celle de sainte Claire, je les ai comparées l‘une à l’autre, et j'ai pu me convaincre que celle de la pieuse vierge était plus lourde et plus grossière encore que l'habit si lourd et si grossier de son bienheureux Père.

Longtemps, elle couche sur la terre nue ou sur un fagot de sarments avec un billot d'arbre pour oreiller. Ses directeurs l’obligèrent à accepter une natte de cuir avec un peu de paille jusqu’à ce qu’enfin les infirmités la contraignirent à s’étendre sur la paillasse qu’elle se reprochait si fort, comme un excès de délicatesse imposé cependant par l’obéissance qu‘elle fit toujours passer avant le sacrifice.

Avec cela, toujours gaie, contente, le visage rayonnant, d’une aimable joie. « Jamais, dit son premier biographe, on n’aperçut en elle rien de sombre ni de triste. Parmi ces mortifications de tout genre, elle conservait un visage riant, un front serein, un air « de fête » et de joie qui révélait pour ainsi dire malgré elle les douceurs intérieures qu’elle y goûtait ». (Monseigneur Ricard).


Réflexions et Avis


La mortification est de tous les temps parce qu'il n'en est aucun où nous n’ayons besoin de faire pénitence et de crucifier la nature. « Ceux qui ont Jésus-Christ, dit l’Apôtre, out crucifié leur chair avec ses convoitises » (Galates 5, 24). Ce n’est bien qu’a pareille condition en effet que nous pouvons demeurer unis à Jésus-Christ. Sans mortification, pas de persévérance dans la grâce, moins encore de vie intérieure et d’union à Dieu. La pente au mal qui est en nous doit être constamment réprimée. L'âme sans cesse doit y résister : loi de lutte et de combat qui n’est autre que la mortification.

Effectivement, le premier degré de la mortification c'est de résister au mal. Le mal se présente ordinairement sous l’aspect du plaisir, ou nous le commettons pour échapper à quelque souffrance. Dans l’un et l'autre cas, nous ne pouvons y résister que par la modification. Renoncer à toute jouissance défendue, embrasser toute souffrance imposée, c'est là un double et impérieux devoir qui ne peut s’accomplir que par la mortification. En l’un et l'autre cas, se mortifier est une obligation rigoureuse. C’est une pénitence de laquelle nul ne peut s'affranchir, une mortification qu'il faut accomplir sous peine de péché.

Et voyez jusqu'où Notre-Seigneur veut que nous la portions. Écoutez : « Si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le... si c’est votre pied ou votre bras, coupez-le ; il vaut mieux entrer dans le royaume des Cieux avec un pied ou un bras de moins que d’être précipité dans l‘enfer avec tous ses membres ».

Mais la mortification volontaire que l'on embrasse uniquement pour plaire à Dieu, imiter Notre-Seigneur et lui ressembler davantage est d’un mérite bien plus grand et nous vaudra bien une autre gloire. Les saints l'ont embrassée avec joie, heureux de prouver ainsi leur amour pour Dieu. À leur exemple, la mortification pour vous. âme pieuse, sera de chaque instant. Que d’occasions s‘offrent à chaque minute de faire pénitence. N'en laissez s'échapper aucune. Généralement parlant. nous aurons toujours, il est vrai, l'occasion de nous mortifier, mais la grâce qui nous y convie une première fois, sera-t-elle aussi forte, aussi près de nous la seconde ?


Avis des Saints

 

« Sans la mortification, nous ne pouvons ni plaire à Dieu, ni servir utilement le prochain » (Saint François Xavier). « Nous pouvons juger de notre avancement dans la vie spirituelle par les progrès que nous taisons dans la vertu de mortification » (Saint Vincent de Paul). « Non, les saints n'en ont pas trop fait pour mortifier et faire mourir la nature et par ce moyen vivre en Dieu avec Jésus-Christ » (Saint Alphonse de Liguori).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

 La Bienheureuse Louise de Savoie, religieuse de son Ordre (1461-1503)


Cette illustre princesse eut pour père le Bienheureux Amédée IX, duc de Savoie. et pour mère Yolande, fille de Charles VII, roi de France, et sœur de Louis XI. Celui-ci, à la tutelle de qui fut confiée la jeune princesse après la mort de sa mère, lui désigne pour époux le Prince Hugues de Chalon, bien digne en tout d'avoir pour épouse une sainte. Leur union ne devait pas être de longue durée. A l’âge de vingt-sept ans, Louise eut la douleur de perdre le jeune prince son époux, et quelques années plus tard, elle profitait de sa liberté pour entrer au monastère d'Orbe, où elle se sanctifia dans la pratique des plus sublimes vertus.


Pratique : demander à sainte Claire quelque chose de l’esprit de mortification qui l’animait.


Prière

 

Quel esprit de mortification fut le vôtre, ô séraphique Mère, et de quelle honte, de quelle confusion ne doit-il pas me pénétrer, moi si lâche, hélas ! lorsqu’il s’agit de faire pénitence ! Obtenez-moi, je vous en conjure, les forces d'une sainte énergie qui me fasse aller à l'encontre de ma lâcheté en ce point. Ainsi soit-il.

 

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30 juillet 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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La veille du premier jour


L’Ordre Séraphique a consacré le mois d’octobre à honorer tout particulièrement son immortel fondateur saint François d'Assise et le mois d'août à célébrer sainte Claire, cette admirable disciple du saint Patriarche, la plus parfaite imitatrice de ses vertus.

Un tel choix se motive et bien justement, par la fête principale de l'un et de l‘autre celle de saint François fixée au 4 octobre, et celle de sainte Claire au 12 août. Il convenait donc que les exercices destinés à honorer ces glorieux Élus, durant tout un mois, soient fixés pour chacun à celui qui mène leur fête.

C‘est ainsi que le mois d’août est devenu le mois de sainte Claire.

Venez donc, âmes pieuses, vous agenouiller durant ces trente jours.aux pieds de notre illustre Mère Claire d‘Assise. Venez d‘un cœur joyeux lui rendre vos hommages, méditer ses vertus, implorer son secours. Votre empressement à venir l'honorer vous méritera sa puissante intercession.

« Enfant prédestinée, Claire fut attirée à la perfection évangélique par les discours de saint François ; elle voulut, comme cet admirable serviteur de Dieu, n’avoir plus d’autre héritage que Jésus-Christ ; elle se consacra à Dieu, par les mains de son serviteur, le jour des Rameaux de l‘an 1212, et fonda, ce jour-là même, l'Ordre des Pauvres Dames qui rivalisait de ferveur et de pénitence avec celui des Frères Mineurs. Elle reçut un grand nombre de vierges, parmi lesquelles fut sa propre sœur et les saintes Filles vécurent cette vie séparée de la terre, qui aujourd‘hui encore charme et ravit tant d‘âmes. La pénitence, la ferveur, la charité de sainte Claire exaltèrent l‘admiration des temps ou elle vécut elle fut favorisée des grâces les plus éclatantes. Le miracle du Saint Sacrement à ; souvent inspiré les peintres. Ils ont représentés les farouches soldats de Frédéric II, empereur d’Allemagne, qui, pénétrant dans Assise, escaladent déjà les murs du monastère. Sainte Claire saisit la pyxide d’ivoire dans laquelle étaient renfermées les saintes espèces et marcha au devant d’eux. Épouvantés, les soldats s’enfuirent et le couvent tut délivré. Sainte Claire vécut quarante-deux ans dans son couvent ; elle y mourut saintement le 11 août 1253 ».

Telle est en résumé la vie de Claire d’Assise, l’illustre Claire de l’Ombrie, fondatrice des Pauvres Dames, devenue depuis de longs siècles l’aimable et douce Patronne des âmes généreuses.

Nos lectures de chaque jour durant ce mois la feront mieux connaître. Le récit de sa vie, les réflexions qu’elle inspire serviront de sujets à nos pieuses méditations, et la pratique de la vertu venant s’y ajouter, il est aisé de conclure qu’une merveilleuse moisson spirituelle sera l'heureux résultat produit par ces pieux exercices en l’honneur de sainte Claire.


Pratiques particulières à cet effet


1° Exposer dès ce jour dons votre oratoire l’image de sainte Claire et proposez-vous de la saluer pieusement chaque fois que vous l‘apercevrez.

2° Assistez au saint sacrifice de la Messe en l'honneur de sainte Claire et en union de l’indicible ferveur de ses sentiments pour l’adorable sacrement de l‘autel dont elle fut sur la terre l‘une des plus parfaites adoratrices.

3° Fixez une heure dans la journée pour lire avec attention le petit Mois de sainte Claire, la considération sur sa vie et les réflexions qui suivent. Vous y joindrez la récitation pieuse des Litanies de notre Sainte dont les invocations pourront utilement vous servir d’oraisons jaculatoires pendant la journée.

4° Faites chaque jour en l'honneur de sainte Claire un acte de mortification positive. L'occasion n‘en manquera pas. Qui ne peut s’imposer une légère souffrance, tout au moins une simple mais réelle privation ? Sainte Claire est allée si loin dans la pratique de la pénitence volontaire ! Oserions-nous refuser de faire en son honneur et de bon cœur un seul petit acte de mortification prévue ?...

5° Sanctifiez avec une grande ferveur le 12 août, fête de sainte Claire, en faisant ce jour-là une fervente communion. Conjurez-la de vous prendre sous sa protection spéciale et de veiller particulièrement sur vous. L'âme qu'elle protège sera comblée de ses faveurs.

6° En rendant vos devoirs à la séraphique Mère, n’oubliez pas celles de ses filles qui partagent là-haut son bonheur. Chacune est à sa plume une Fleur Séraphique, brillant à sa couronne, un diamant précieux qui en rehausse l'éclat. Nous donnons sous ce titre de couronne de Sainte Claire, le nom des premières compagnes de la Sainte, mortes en odeur de sainteté, et des autres Clarisses, vierges ou veuves, que l’Église a placées sur les autels et qu’elle présente a notre vénération. Unissez-vous à elles pour honorer plus parfaitement durant ce mois leur immortelle et glorieuse Fondatrice.


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Hortulane ou Hortulana, sa glorieuse mère, une des plus pures gloires de son Ordre et la racine bénie qui en a produit la première et la plus éclatante Fleur (XIIIe siècle).

En latin, comme en italien, le nom de Hortulana signifie « Jardinière ». Or, de quelle admirable façon il fut justifié en la vénérable Hortulane, elle qui eut l‘insigne honneur de donner à l’Église une plante choisie ! Son amour pour le Christ immolé pour nous l’avant portée, avant la naissance de Claire à faire le pèlerinage des saints Lieux. Hortulana, ravie, conservait toutes ces choses en son cœur, et sa y piété trouvait un perpétuel aliment. Après la mort de son époux, la noble matrone, en compagnie de sa plus jeune fille, la douce Béatrix, vint rejoindre au cloître ses chères aînées, Claire et Agnès, et y termina ses jours chargés de précieux mérites.

Pratique : la fidélité aux exercices de ce mois.

 

Prière


En commençant votre mois, ô douce sainte Claire, j'implore avec instance votre puissant secours. Ne le refusez pas à ma prière et à mon espoir. Daignez m’aider à sanctifier ce beau mois en préservant de tout péché mon âme si fragile et en facilitant à sa faiblesse l’accès de la vertu. Ainsi soit-il !

 

Litanies de Sainte Claire


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Reine des vierges, priez pour nous

Sainte Claire, Claire de nom et d’effet, priez pour nous

Sainte Claire, plus claire que la lumière, priez pour nousz

Sainte Claire, éclatante de mérites, priez pour nous

Sainte Claire, clarté sans éclipse, priez pour nous

Sainte Claire, éclairée par la lumière éternelle, priez pour nous

Sainte Claire, lumière qui avez honoré le monde, priez pour nous

Sainte Claire, astre nouveau, priez pour nous

Sainte Claire, étoile conductrice, priez pour nous

Sainte Claire, nouvelle aurore, priez pour nous

Sainte Claire, vierge illustre, priez pour nous

Sainte Claire, vierge consacrée, priez pour nous

Sainte Claire, vierge prudente, priez pour nous

Sainte Claire, qui avez donné à l'Eglise une nouvelle famille, priez pour nous

Sainte Claire, image de la Mère de Jésus, priez pour nous

Sainte Claire, reflet de la splendeur céleste, priez pour nous

Sainte Claire, amie de la Croix, priez pour nous

Sainte Claire, colombe gémissante, priez pour nous

Sainte Claire, épouse de Dieu, priez pour nous

Sainte Claire, disciple de Jésus-Christ, priez pour nous

Sainte Claire, cité du Sauveur, priez pour nous

Sainte Claire, vase de pureté, priez pour nous

Sainte Claire, modèle d’obéissance, priez pour nous

Sainte Claire, exemple de patience, priez pour nous

Sainte Claire, miracle d’abstinence, priez pour nous

Sainte Claire, prodige de sainteté, priez pour nous

Sainte Claire, mère de la pauvreté, priez pour nous

Sainte Claire, fleur de virginité, priez pour nous

Sainte Claire, palme de fécondité, priez pour nous

Sainte Claire, source de charité, priez pour nous

Sainte Claire, encensoir d’oraison, priez pour nous

Sainte Claire, ornée de toutes tes vertus, priez pour nous

Sainte Claire, germe de vierges saintes, priez pour nous

Sainte Claire, plante de l'Ordre des Mineurs, priez pour nous

Sainte Claire, maîtresse ineffable, priez pour nous

Sainte Claire, victorieuse du monde et de ses vanités, priez pour nous

Sainte Claire, triomphante des démons, priez pour nous

Sainte Claire, avide de la très sainte Eucharistie, priez pour nous

Sainte Claire, émule du séraphique saint François, priez pour nous

Sainte Claire, amoureuse de la divine parole, priez pour nous


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.


V. Priez pour nous, glorieuse sainte Claire,

R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.


Oraison


Accordez, ô Seigneur, à vos serviteurs, qui renouvellent-la mémoire de la Bienheureuse, sainte Claire, de devenir, par son intercession, participants des joies célestes et cohéritiers de Votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec vous dans tous les siècles, Ainsi soit-il.

 

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2 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Troisième Jour

Jeunesse

 

Heureuse et fière de son trésor, l'enfant des bénédictions divines, la pieuse Hortulane veillait sur elle avec un soin jaloux. Dépositaire émue d'une prophétie touchante, elle n’oublia rien. dans sa sollicitude maternelle, pour former l‘âme de son enfant, l’incliner au bien, la porter vers Dieu et la disposer ainsi à répondre fidèlement aux vues manifestes de son amour.

Comme l'adorable Fils de Marie, la douce petite Claire, en croissant en âge, croissait également en grâce et en vertu. La grâce, de bonne heure, l’avait prévenue de ses bénédictions, son parfum s'était, répandu sur elle, et c’est pourquoi, comme le chante l’Église, le Seigneur l’avait si merveilleusement bénie pour le temps et l'éternité.

« À peine sortie de l'enfance, dit un de ses hagiographes, Claire resplendissait déjà comme une étoile du matin dans l'obscure nuit du monde ». Elle ravissait par son naturel aimable, sa piété précoce, son obéissance pleine de toi, sa charité pour les pauvres et tout ont ensemble de qualités et de vertus qui en faisaient déjà aux yeux de tous la petite prédestinée du bon Dieu.

Au sein du noble foyer, c’était le bouton d‘espérance qui s‘épanouissait dans toute sa fraîcheur.

A l’œil des anges ravis, c‘était la vierge en fleur parée de merveilleux joyaux, la désignant déjà, dès le matin de sa vie, à l’inappréciable honneur des fiançailles divines.

Déjà, petite enfant, Claire trouvait son bonheur à converser avec Dieu dans la prière à faire étinceler devant l'autel de Marie les diamants parfumés de l'Ave Maria. L’histoire et la peinture nous la montrent, ici absorbée délicieusement dans l’oraison, la récitant avec une angélique ferveur ses nombreux Ave qu’elle comptait ingénument au moyen de petites pierres. Partout elle restait l‘enfant prédestinée, docile, pieuse, obéissante et, par-dessus tout, invariablement affectionnée au Dieu de son cœur.


Réflexion et avis


La dévotion à Marie, comme on l’a dit souvent, est une marque de prédestination. Il suffit pour s’en convaincre d'interroger la vie des saints. Tous, nous les voyons unir dans leur cœur l'amour de Marie à l'amour de Dieu, le culte de la Vierge à celui qu'ils rendent à son divin Fils. Claire, bien jeune encore, eut la merveilleuse intelligence de la dévotion à Marie. Dieu et Marie ! Le Christ et Sa Mère ! Voilà quelle double et tendre. affection faisait battre son cœur !

En l’honneur de sa céleste Mère, Claire, tout enfant, multipliait à ses pieds avec une ferveur ravissante sa belle et suave prière de l’Ave Maria.

Dominique cependant n‘avait pas encore pour le chapelet à la main et la fleur des Avé non plus sur le rosier mystique du très saint Rosaire, mais, sans être portée à cette aimable dévotion que par l’inspiration de son cœur, la douce prédestinée d'Assise en répondait avec élan déjà la précieuse semence.

Ce n’était donc point notre couronne fleurie d'Avé, telle que nous la tressons aujourd‘hui, que la sainte enfant venait offrir à sa divine Mère. Les fleurs d'Ave en couronne, elle les offrira plus tard lorsqu‘elles se seront épanouies dans la main du grand ami de François. Pour elle, c'est la délicieuse corbeille de son génie marial qu‘elle vient déposer aux pieds de la Reine du Ciel, une Corbeille de pierres précieuses, qu'elle vient lui offrir chaque jour.

Qui dira la valeur de ces brillants Avé, de ces diamants sans prix ?... la vertu des bénédictions célestes et des trésors spirituels de la grâce dont ils furent la source pour notre aimable Sainte ?...

À l’exemple de Claire, aimons à, réciter l'Avé Maria, cette incomparable salutation à la Vierge toute embaumée d'angéliques parfums. C’est une pieuse pratique de la,réciter à chaque heure du jour et au commencement de ses principale actions. Affectionnons-nous à cette sainte pratique... Un Avé Maria bien dit, quel trésor pour le ciel ! Le savant et pieux Suarez aurait donné volontiers toute sa science, disait-il, pour un Seul de ces Ave... C'est qu’il en avait compris l'inestimable valeur, et dès lors, il eût souhaite tout vendre et tout perdre pour s’acquérir un tel trésor, pour acheter cette pierre précieuse qu’il prisait infiniment plus que toute science et tout bien d'ici-bas.

« Au ciel, dit saint Athanase, les esprits célestes font retentir sans cesse l‘Ave Marin ; ils trouvent leur joie à le répéter » ; « et nous-mêmes, ajoute Saint Jean Damascène, ne suffit-il pas de le réciter pour être comblé de consolation ? ».


Avis des Saints

 

« Dans le danger, dans les angoisses, dans les choses difficiles, invoquer Marie, pensez à Marie : qu’elle ne sorte pas de votre cœur, qu‘elle ne sorte pas de votre bouche, et afin d’obtenir son suffrage, ne cessez pas d‘imiter ses exemples ». (Saint François d'Assise). « Ceux qui ont une grande confiance dans la protection de Marie doivent en remercier Dieu, car cette confiance est un grand gage de leur salut ». (Saint Alphonse de Liguori). « Pour Marie, faites peu si vous voulez, mais faites-le toujours ». (Saint Jean Berchmans).

 

Couronne de Sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Pacifique, se tante, dans le monde Bonne Guelfuccio (XIIIe siècle)


Choisie du Ciel pour faciliter a la Sainte le moyen de répondre à l’appel d'en haut, elle ne tarda pas à le suivre dans sa pieuse retraite où l’Époux divin se plut à la combler de ses grâces. Envoyée à Spello, à titre d'abbesse, Dieu l'y favorisa d’un miracle éclatant. À la suite d'une prière fervente adressée au ciel pour obtenir quelque adoucissement à l‘extrême pénurie d’eau où se trouvait la communauté, une biche, d une merveilleuse beauté, apparut tout à. coup au milieu au cloître, et frappant le sol de son pied gracieux, il en jaillit aussitôt une source abondante qu'on appela « la Fontaine des miracles » à cause des guérisons miraculeuses qui s'y opérèrent.

Pratique : Estimer beaucoup la dévotion envers Marie et ne perdre aucune occasion de l’inspirer aux autres. Ne passer aucun jour sans dire quelques paroles, ne fût-ce qu'un mot à la gloire de Marie.


Prière


Que la ferveur de votre âme embrasée, ô Séraphique Mère, se communique à celle de votre enfant. Je voudrais honorer, aimer et prier Marie comme vous, avec tout l'élan et l'ardent amour de votre cœur pour elle... Chacun de mes pieux Avé aurait ainsi quelque chose des vôtres, un peu de leur brillant éclat. Puissent-ils, à ce titre, figurer avec honneur dans le trésor de ma divine Reine et la glorifier éternellement. Ainsi soit-il.

 

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15 juin 2016

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

Un Tertiaire Séculier

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« Nous avons tout reçu de sa plénitude ». (Jean, 1, 16).

 

Seizième jour

 

Écoutons Saint Bernard nous parler de la plaie du Cœur de Jésus : « Ce Cœur adorable, dit-il, a été percé, afin que par cette plaie visible nous connaissions la plaie invisible que l'amour y a faite. Ah ! comment Jésus pouvait-il nous marquer plus efficacement son amour qu'en voulant que non-seulement son corps fut meurtri de coups, mais encore que son cœur fut transpercé pour nous ». « Ô aimable plaie ! s'écrie Saint Bonaventure, c'est par vous que je suis entré jusque dans les entrailles les plus intimes de la charité de Jésus-Christ. Là je fais ma demeure, là je trouve une si grande consolation que je ne puis l'exprimer ! »

Pratique : Consacrez un jour toutes les semaines, à honorer le cœur de Jésus d'une manière plus spéciale.

Oraison Jaculatoire : Cœur de Jésus ! Que j'ai tardé à vous aimer !

 

Dix-septième jour

 

Quatre flammes très ardentes brûlent continuellement dans le Cœur de Jésus. La première est le désir qu'il témoigna à ses apôtres, le jour de la Cène, lorsqu'il leur dit ces paroles : « J'ai un désir extrême de manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ». La seconde, c'est un grand désir qu'il eut de souffrir et de mourir pour nous ; et ce désir n'était que l'effet d'un troisième, encore plus pressant : il avait soif du salut des âmes : « Sitio ! », dît-il : « J'ai soif ! ». Mais le quatrième, et le plus grand de tous, était de glorifier son père, et de faire régner son amour dans le cœur des hommes.

Pratique : Aidez Jésus-Christ à satisfaire la soif ardente du salut des âmes qui le dévore. Hélas ! Elles se perdent par milliers, tandis que vous avez à votre disposition toutes sortes de biens spirituels. Priez donc pour ces pauvres âmes qui se perdent.

Oraison Jaculatoire : ô amour du cœur de Jésus, allumez-vous dans mon cœur !

 

Dix-huitième jour

 

Le Cœur de Jésus s'est donné tout entier à vous. Que demande-t-il en retour ? une seule chose : votre cœur : cœur pour cœur ! C'est vraiment une chose digne d'admiration que le Cœur de Jésus, la source de tous les biens, ne cesse de poursuivre le cœur de l'homme et de le lui demander sans cesse. « Mon fils, donnez-moi votre cœur... Convertissez-vous à moi de tout votre cœur... »

Pratique : Fixez chaque mois un jour uniquement destiné à réparer les forces de votre âme dans la retraite. « Je conduirai l'âme dans la solitude, et là je lui parlerai au cœur ». (Osée 2, 14).

Oraison Jaculatoire : Cœur agonissant de Jésus, ayez pitié des mourants !

 

Dix-neuvième jour

 

« Venez tous à moi ». « Que ces paroles sont belles, dit saint Basile ! « Venez tous à moi, je ne mets point de bornes à mes promesses : mon cœur est une source inépuisable de bonté qui peut effacer tous les crimes. Venez tous à moi, et je vous soulagerai. À vous les crimes, à moi le remède ; à vous les plaies, à moi la guérison. venez tous à moi, mon cœur est assez grand pour tous... »

Pratique : Un moyen efficace de consoler le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, et qui est à la portée de tous, c'est de travailler à délivrer les âmes du purgatoire.

Oraison Jaculatoire : Cœur de Jésus, miséricorde !

 

Vingtième jour

 

Approchez-vous du Cœur de Jésus en esprit de pénitence, pour pleurer vos péchés et en obtenir le pardon, l'adorant comme l'apôtre Saint Thomas, avec un profond respect ; lui disant d'un cœur contrit et humilié : « Mon Seigneur et mon Dieu, mon unique espérance, souffrez que je cherche le remède à mes plaies dans les plaies de votre Cœur ». O Cœur blessé d'amour et de douleur, qui avez conçu tant de regret de tous les péchés du monde, N'est-il pas juste que je regrette les miens et que je vous aime de toute mon âme !

Pratique : Vous avez entendu mille fois la maxime de notre divin Sauveur : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ». Demandez-lui qu'il vous donne l'intelligence de cette maxime. La douceur et l'humilité, voilà les deux vertus qu'il tirera pour nous des trésors de son cœur.

Oraison Jaculatoire : Ô Amour du Cœur de Jésus qui n'êtes pas point aimé, faites-vous donc connaître et aimer !

 

Vingt-et-unième jour

 

« Il n'y a personne si pauvre qui n'ait quelque lieu où il puisse faire sa demeure. Les oiseaux mêmes ont leur nid et les renards leurs tanières », comme dit Notre-Seigneur. Il ne faut pas qu'un chrétien soit seul sans domicile, errant et vagabond dans le monde. Mais où pourrait-il mieux se fixer que dans le Cœur de Jésus, qui est plus auguste, plus magnifique, plus admirable que tous les palais des rois de la terre ? Les saints le savaient bien ; aussi y établissaient-ils leur demeure. Saint Bonaventure portait une sainte envie au fer de la lance qui nous a ouvert l'entrée de cet aimable cœur...

Pratique : Si vous ne pouvez aller prêcher Jésus-Christ dans les pays lointains, vous pouvez au moins le porter au cœur de vos amis ; c'est là votre mission, et elle est belle et sainte.

Oraison jaculatoire : Aimé soit partout le Sacré Cœur de Jésus.

 

Vingt-deuxième jour

 

Si le Cœur de Jésus ne reçoit pas des blessures et des plaies, il endure des ingratitudes étranges en sa personne depuis qu'il a institué le sacrement de son amour. Peut-on rien imaginer de plus indigne que ce que l'hérétique, l'impie, lui font souffrir depuis tant de siècles et lui feront souffrir jusqu'à la fin du monde ! » (Nouët), Que d'horribles attentats commis tous les jours contre adorable Eucharistie ! O Jésus ! Si tendre, si généreux, si plein d'amour pour nous, pouvons-nous faire une plaie si profonde à votre divin cœur ?

Pratique : Le Fils de Dieu, au dernier jour, dira à ses élus : « J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ». Afin de vous rendre dignes de cette sentence favorable, efforcez-vous de faire quelques sacrifices pour l'ornementation des églises pauvres. Là habite Jésus-Christ dans le sacrement de son amour ; là son Cœur adorable est toujours ouvert pour consoler et bénir...

Oraison Jaculatoire : Par votre Cœur transpercé de douleur, ô Jésus ! daignez transpercer le mien du regret de ses ingratitudes !

 

Vingt-troisième jour

 

Écoutons les plaintes que daigne nous faire le Cœur de Jésus : elles sont une nouvelle preuve de son amour. car il ne se plaint que parce qu'il aime, et nous aime uniquement pour notre bonheur, sans aucune considération du sien propre, qui n'est ni diminué par notre perte ni augmenté par notre salut. « Qu'ai-je du faire pour vous, nous dit-il, ô peuple chrétien, ô mon peuple, que je n'ai-je pas fait? Vous étiez une belle vigne que j'avais plantée moi-même, et vous n'avez, eu pour moi qu'amertume, car, dans ma soif vous m'avez donné dû vinaigre à boire ».

Pratique : C'est dans l'oraison que vous apprendrez jusqu'où a été l'excès de l'amour du Cœur de Jésus pour vous et de quelle ingratitude vous l'avez 'payé. Prenez donc la sainte habitude de méditer un peu tous les jours.

Oraison Jaculatoire : « Cœur de Jésus, miséricorde ».

 

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22 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-troisième jour

Mortifications

 

Prélude : Entendons les supplications des âmes du purgatoire nous suppliant de venir à leur aide.

 

Méditation

 

La plupart des hommes sont si lâches, que le seul nom de pénitence les effraye, et ils ont toujours mille prétextes pour s'en dispenser : les uns s'excusant sur leur âge déjà avancé, les autres sur la faiblesse de leur complexion et sur leur peu de santé.

Mais voici certaines mortifications que, tous, hommes et femmes, peuvent pratiquer aisément, sans rien perdre de leurs forces et sans altérer leur santé. Qu'ils s'abstiennent, par exemple, de quelques divertissements peu nécessaires : de telle conversation, de tel jeu, de tel spectacle ; qu'ils s'en abstiennent, non pas toujours, ni même très souvent, mais de temps en temps, car il faut savoir accorder quelque chose à leur faiblesse et ne pas leur demander de rompre d'abord toute l'attache qu'ils ont au plaisir.

S'ils ne renoncent pas tout à fait au plaisir, qu'ils en modèrent l'excès. Que dans leurs repas, ils se retranchent quelque chose qui est plus à leur goût, mais qui n'est peut-être pas le meilleur pour leur santé et dans tous les cas n'est bon qu'à entretenir leur délicatesse. Qu'ils donnent moins de liberté à leur langue et qu'ils sachent que se taire à propos et réprimer pour un temps la trop grande envie de parler, c'est faire au Seigneur, selon le langage de l'Ecriture, un sacrifice de ses lèvres.

Job avait fait un pacte avec ses yeux pour qu'ils ne s'arrêtassent jamais sur un objet capable de souiller son âme; qu'ils conviennent avec les leurs que, dans les occasions, ils se fermeront pour ne pas voir beaucoup de choses ou vaines ou dangereuses. Qu'ils ne prêtent pas non plus indiscrètement l'oreille à toutes sortes de discours : il y en qu'on ne peut écouter sans crime.

 

Résolution : Être fidèle aux a pratiques qui viennent d'être suggérées.

Bouquet spirituel : « Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins qui êtes mes amis ». (Livre de Jérémie)

 

Exemple

Un oubli

 

Archangèle Panigarola, prieure du monastère de Sainte Marthe à Milan, avait un zèle extraordinaire pour le soulagement des âmes du purgatoire ; elle priait, faisait prier pour elles, et pourtant ne songeait que rarement et sensiblement à l'âme de son père Gothard, bien qu'elle l'eût tendrement aimé pendant sa vie. La pensée lui en venait quelquefois, et alors, elle prenait la résolution de prier plus ardemment, puis l'oubli continuait. Un événement inattendu la tira de cette insensibilité.

Le jour de la fête des morts, étant enfermée dans sa cellule et priant pour eux, son ange gardien lui apparut. La prenant par la main, il la conduit en esprit au milieu du purgatoire, et, parmi toutes les âmes, lui fait voir celle de son malheureux père, plongée dans des souffrances atroces. À peine l'a-t-il reconnue qu'il se soulève vers elle en criant. « Ma fille, ma fille ! comment as-tu pu si longtemps oublier ton père dans les tortures qu'il endure ici ? Tu es animée d'une grande charité pour des âmes qui te sont étrangères : j'en ai vu quitter ce pénible séjour, grâce à tes supplications, et moi, ton père, à qui tu dois tant, tu m'oublies, et tu n'as pour moi aucun sentiment de compassion ! »

Archangèle, interdite en entendant ces reproches qu'elle reconnaissait mériter, se mit à sangloter et promit à son malheureux père de conjurer le Seigneur jusqu'à ce qu'elle eût obtenu sa délivrance. Puis, se tournant vers l'ange, comme pour lui demander l'explication de cet oubli dont elle se reconnaissait coupable, il lui répondit :

« Votre oubli a été puni par Dieu en punition du peu de zèle de votre père à le servir et à travailler à son salut. C'est ainsi que le Seigneur agit envers ceux qui se conduisent de la sorte. Que les âmes qui négligent la seule chose importante qu'elles aient à faire sur la terre, et qui semblent n'avoir d'activité que pour les choses de ce monde, voient donc enfin leur aveuglement, et qu'elles se souviennent que, bien que leurs péchés soient pardonnés, il n'en reste pas moins une peine expiatrice qu'il faudra subir en monde et en l'autre ».

La pieuse religieuse versant des torrents de larmes, redoubla de ferveur et de zèle jusqu'à ce qu'elle eût apaisé la divine justice, et elle eut la joie de voir l'âme de son père lui apparaître toute radieuse de beauté et de reconnaissance. (Vie de sainte Archangèle Panigarola, par le R. P. Octave Juniciati, de la compagnie de Jésus, 1ere partie).

 

Purgatoire 2

 

21 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-deuxième jour

Le jeûne

 

Prélude : Représentons-nous les austérités effrayantes auxquelles se livrent tant d'ordres religieux d'hommes et de femmes dans toute l'étendue de l'église. Il en résulte un trésor de mérites auquel la miséricordieuse justice de Dieu se plaît à faire participer les âmes du purgatoire. Ne voulons-nous pas augmenter ce trésor par notre générosité ?

 

Méditation

 

Nous lisons, au premier livre des Rois, « que les habitants de Jabès et Galaad ayant appris la mort de Saül et de ses trois fils, quelques uns d'entre eux partirent incontinent, marchèrent toute la nuit, prirent les corps, et, les ayant enterrés dans le bois de Jabès, jeûnèrent pendant sept jours ».

Cet exemple montre qu'il y a longtemps que les fidèles jeûnent pour les morts, et nous voyons avec une vive admiration que cette pratique a été de tout temps approuvée et suivie dans l’Église catholique.

Au reste, sous le nom de jeûne, on comprend toutes sortes de pénitences extérieures, comme les cilices, les disciplines, les veilles, etc.

Ô mon Jésus, qui avez dit que « tout le bien que nous faisons au moindre de nos frères, c'est à vous-même que nous le faisons », quel prétexte pourrait avoir ma lâcheté pour me dispenser de secourir les âmes qui sont dans le purgatoire, sachant que le bien que je leur ferai ne sera pas moins agréable que si je le faisais à vous-même ? Je vous offre donc pour elles toutes les mortifications que je prends la résolution de pratiquer à leur intention.

 

Résolution : Secouer sa lâcheté pour embrasser courageusement les pratiques de la pénitence volontaire à l'intention des pauvres âmes du purgatoire.

Bouquet spirituel : « Et, les ayant enterrés, ils jeûnèrent pendant sept jours ». (1 Rois, 22).

 

Exemple

Présence continuelle

 

On lit, dans les annales de la Visitation de Dijon, le trait suivant :

La sœur Marie-Bernarde Chicolier, qui s'est élevée à une si haute sainteté, fut prévenue, dès ses jeunes années, de grâces particulières ; elle conçut de bonne heure le dessein de se consacrer à Dieu. Elle fut admise au saint habit et à la sainte profession sous le gouvernement de notre mère Anne-Lidwine Boulier. La Mère Chahu, qui lui succéda, soutint cette chère sœur au milieu des grandes épreuves par lesquelles il plut au Seigneur de la faire passer. En effet, Dieu imprima dans son cœur l'horreur la plus vive pour les moindres imperfections, en permettant qu'une âme du purgatoire lui apparût et lui fût en quelque sorte toujours présente. Notre mère, à qui notre chère sœur découvrit tout ce qu'elle souffrait, la fit examiner par M. Chaudot, notre supérieur, et par le R. P. Jacquinot, provincial de la Compagnie de Jésus, lesquels jugèrent, après un sérieux examen, qu'il n'y avait en cela ni illusion ni imagination. Il fut donc décidé que la communauté ferait célébrer des messes et réciterait tous les jours un De profundis pour le repos de cette âme, et que la sœur Chicolier aurait la liberté de faire des pénitences particulières à cette intention. Cette chère sœur pratiqua de grandes austérités, offrant d'ailleurs pour cette âme toutes ses bonnes œuvres, qui étaient en grand nombre et ne se permettant pas un seul mouvement naturel ni la plus légère satisfaction. Le prêtre chargé de célébrer les messes était un religieux Capucin d'une grande sainteté qui ignorait complètement ce qui s'était passé. Il vint un jour trouver notre mère Chahu et l'assura que l'âme pour laquelle elle faisait prier depuis longtemps était entrée en possession de la gloire de Dieu.

 

Purgatoire 2

 

2 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Troisième jour

Encore de l'excès des peines du Purgatoire

 

Prélude : de nouveaux cris se font entendre du sein de ces abîmes. L'expiation continue, la justice de Dieu poursuit son œuvre.

 

Méditation

 

Pour bien comprendre combien les peines du purgatoire sont excessives, il faut réfléchir aux deux considérations suivantes : En premier lieu, Dieu veut que le pécheur par ce moyen satisfasse à sa justice pour tous ses péchés. Or, s'il est vrai que, plutôt que de commettre un seul péché véniel, il vaudrait mieux endurer mille morts et qu'il vaut mieux ne pas le commettre, quand même il s'agirait de sauver dix mille mondes et d'empêcher tous les maux imaginables, que sera-ce de nous, qui savons les grandes et nombreuses fautes dont nous nous sommes rendus coupables vis-à-vis de la justice de Dieu !

La seconde preuve que nous avons de l'extrême sévérité dont Dieu use envers les justes condamnés aux flammes du purgatoire, c'est que le moment qui termine notre vie termine le temps de grâce et de mérite. Et ainsi, la miséricorde faisant place à la justice d'un père irrité, il ne faut plus en attendre que des châtiments. « Le juge, disait le Sauveur, vous fera mettre en prison et vous n'en sortirez point que vous n'ayez payé jusqu'à la dernière obole ».

O mon Dieu ! que vos châtiments sont terribles ! Quand je songe à cette rigueur de votre justice et que, d'un autre côté, je me vois chargé des grandes dettes qui m'accablent, je tremble, et mon âme est saisie de frayeur ! Aidez-moi, Seigneur, pendant qu'il est temps encore, et faites-moi profiter des jours de la miséricorde.

 

Résolution : Nous proposer quelquefois de satisfaire à la justice de Dieu en ce monde pour prévenir les expiations du purgatoire, et recourir pour cela aux peines volontaires et aux indulgences.

Bouquet spirituel : « Vous n'en sortirez point que vous n'ayez payé jusqu'à la dernière obole ». (Matthieu 5, 26).

 

Exemple

Une vision du Purgatoire

 

Adélaïde de Rheinfelden, l'une des prieures d’Unterlinden, femme riche et d'illustre naissance, avait épousé Rodolphe, noble et jeune chevalier. Deux enfants leur étaient nés, et les deux époux, inspirés par la foi d'en haut, s'étaient séparés pour emmener avec eux dans leur cloître, l'un son fils, l'autre sa fille....

« Splendide colonne de sainteté, Adélaïde atteignit du premier coup le faite de la perfection ». Le Seigneur la comblait de faveurs miraculeuses ; plusieurs fois il la communia lui-même, et le prodige de lumières extraordinaires accompagnait cette participation eucharistique…

Un jour, elle vit apparaître, au milieu des flammes du purgatoire, Rodolphe, le père de ses deux enfants, fixant sur elle un regard triste et suppliant. Elle redoubla donc de prières et de mortifications, et quelques jours après elle le revit, mais rayonnant de lumières et de bonheur.

Enfin, à quelque temps de là, son ange la conduisit elle-même en purgatoire, lui donnant à contempler le spectacle d'une innombrable quantité d'âmes en proie à d'atroces souffrances. Elle voyait chaque péché rencontrer sous ses yeux un châtiment spécial, et qui se proportionnait avec intelligence à sa nature et à sa gravité ; car toute faute grave ou légère veut être expiée ; ainsi l'exige la justice divine, et les tourments du purgatoire égalent en intensité ceux de l'enfer.

 

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4 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

5

 

Cinquième jour

5 Mars

 

Le départ pour l'Égypte

 

Prélude : La nuit est épaisse et noire : la nature semble se voiler devant les horreurs que médite Hérode. Au milieu de ces ténèbres, une vive clarté illumine la chambre où Joseph prend son repos. Un ange, lui parlant avec une sorte de respect, transmet à ce saint Patriarche, qui les reçoit avec une admirable soumission, les ordres du Très-Haut, dont il représente la paternité sur la terre.

 

Méditation

 

Les Mages, en cherchant Jésus-Christ, apprirent à Hérode, l'ennemi du Sauveur, que le roi des Juifs était né. À cette nouvelle, le prince barbare ordonne de mettre à mort tous les petits enfants qui se trouvaient pour lors à Bethléem ou dans les environs. Mais l'heure de la mort de Jésus n'avait pas encore sonné. Aussi Dieu ne permet pas que les desseins du cruel roi des Juifs s'accomplissent ; il veut délivrer son Fils de la mort, et il songe à aviser Joseph. Ô Joseph ! c'est donc vous qui devez préserver le divin Enfant de la mort !

Un ange lui apparaît, il l'avertit de prendre l'enfant et sa mère, pour s'enfuir en Égypte.

Considérons ici la prompte obéissance de Joseph ! L'ange ne lui a rien fixé par rapport au temps du départ, il ne lui a indiqué aucune heure. Mais l'accomplissement des volontés de Dieu ne souffre aucun retard dans les âmes qui lui sont vraiment unies. Allons ! point d'hésitation, pas d'objection, pas de réplique. L'ange a parlé, Dieu a parlé. Rien n'arrête saint Joseph. Sans laisser à son esprit le temps de formuler aucune objection, quant à l'heure, ni quant au mode de voyage, ni quant au lieu où il se rendra en Égypte, il s'habille et se prépare incontinent à partir. Aussitôt il s'en va prévenir sa chaste épouse, et comme Marie n'hésite pas plus que lui dans l'accomplissement des vouloirs divins, cette nuit-là même, suivant le récit de Gerson, confirmé par les autres historiens, il se met en route pour l’Égypte.

Ô soumission admirable ! Ô obéissance prompte ! Ô sujétion intérieure des cœurs ! Ô union de la volonté souveraine à la volonté divine ! combien peu vous êtes connues, même des âmes que leur vocation appelle à une perfection plus haute et plus conforme à celle de saint Joseph, ce vrai patron des âmes intérieures !

 

Résolution : Accomplir la volonté de Dieu et les ordres de nos supérieurs avec la soumission de l'esprit et du cœur, comme saint Joseph nous l'apprend par son exemple.

Bouquet spirituel : « Prenez l'enfant Jésus et fuyez en Égypte ». (Matthieu 2, 13)

 

Exemple

Une sainte pensée

 

Un chanoine de Chartres, que Gerson avait connu au concile de Constance, fit en mourant un legs considérable à son église, à la condition que tous les ans, le jour anniversaire de sa mort, on ferait mémoire de saint Joseph dans l'église de Chartres et qu'on offrirait le saint Sacrifice de la Messe en son honneur et pour le remercier d'avoir sauvé Jésus des mains de ses ennemis, lors de sa fuite en Égypte, et de tous les soins qu'il prit pour sa très sainte mère, s'oubliant ainsi lui-même pour ne penser qu'à la gloire de saint Joseph. (Gerson, Lettres).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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5 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

12

 

Sixième jour

6 Mars

 

Le voyage de la Sainte Famille

 

Prélude : À l'exemple des peintres chrétiens, représentons-nous le voyage de la sainte Famille pour se rendre en Egypte. Elle traverse un désert où les oasis se rencontrent rarement et à de longs intervalles. Un âne marche, portant les instruments de travail de saint Joseph. Marie tient dans ses bras l'enfant Jésus. Joseph guide ce cortège, que les anges accompagnent invisiblement.

 

Méditation

 

Saint Joseph a réuni en toute hâte les outils de son état, afin de s'en servir en Egypte et d'alimenter, par son travail, Marie et Jésus. Puis la pauvre famille se met en marche, seule, sans guide, pour se rendre en Egypte, à travers les quatre cents milles de distance qui les en séparent, ayant à passer des montagnes, des voies difficiles et arides, des déserts sablonneux.

 

Oh ! quelle ne dut pas être la peine de saint Joseph dans ce voyage ! Il voyait souffrir son épouse bien-aimée, peu habituée à cheminer en portant le saint enfant sur ses bras ! Ils le portaient tantôt l'un, tantôt l'autre, tantôt Marie, tantôt Joseph. À chaque pas de leur fuite, ils tremblaient de rencontrer un soldat d'Hérode ! La saison était rigoureuse : le vent et les neiges leur faisaient endurer mille privations. De quoi devaient-ils se nourrir pendant ce long trajet ? Peut- être d'un peu de pain apporté de Bethléem, peut-être aussi d'un peu de pain qu'on leur donnait en aumône. La nuit, où devaient-ils dormir ? Tantôt sous un toit abandonné, tantôt dans le désert où en pleine campagne, tantôt sous quelque arbre.

 

Sans doute le cœur de Joseph restait uni et complètement uni à la volonté du Père éternel, qui voulait que son Fils commençât dès l'enfance à souffrir, afin de satisfaire pour les péchés du genre humain et de chacun de nous en particulier. Mais le cœur si tendre et si aimant de saint Joseph ne pouvait s'empêcher d'éprouver un sensible chagrin en voyant trembler l'enfant, en entendant les petits cris que le froid lui faisait pousser, en le sachant exposé à tant de souffrances que trahissaient ses larmes.

 

Par quelles alternatives de consolations et de douleurs, d'allégresses et de tristesses, Dieu veut faire passer saint Joseph ! Grande leçon pour nous ! Notre bienheureux père s'est sanctifié en acceptant toutes choses avec résignation et conformité à la volonté de Dieu.

 

Résolution : Dans les moments d'abattement et d'ennui, s'unir à la courageuse résignation de saint Joseph.

 

Bouquet spirituel : « Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère, et partit ». (Matthieu 2, 21).

 

Exemple

Hospitalité miraculeuse

 

Jérôme de Pistole se trouvait une nuit en voyage dans les environs de Venise, quand il eut le malheur de s'égarer. Épuisé de fatigue, il implora le secours de Jésus, Marie et Joseph. Tout à coup une lumière brillante l'attire vers une petite maison habitée par un vieillard, une jeune femme et un enfant. Il y fut accueilli parfaitement. La nuit se passe, et le religieux se réveille plein de force, mais la maison hospitalière avait disparu, et il se trouve dans sa route. Jésus, Marie et Joseph avaient été ses hôtes. (Chronique de l'ordre des Capucins).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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3 mars 2022

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

 

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Quatrième jour

4 Mars

 

Les premiers adorateurs

 

Prélude : Des hommes simples sont agenouillés autour du divin enfant Jésus. Ils le contemplent et l'adorent avec une simplicité touchante. L'enfant leur sourit, Marie contemple l'enfant, et Joseph est muet d'admiration devant cette scène. Des larmes mouillent ses paupières et coulent lentement sur ses joues vénérables... Dans le lointain, on voit apparaître les nobles Orientaux qui viennent offrir à leur tour les hommages de la gentilité au Sauveur.

 

Méditation

 

Joseph marchait d'admiration en admiration. Les anges s'étaient unis à Marie et à lui pour adorer son enfant. Et voici venir d'autres adorateurs. Considérons les mystères de leur venue. Jésus aime par-dessus tout l'humilité de l'esprit et la simplicité de cœur ; voilà pourquoi il appelle les bergers avant les savants et les riches. Il les appelle pendant leur veille, parce que Jésus aime les âmes attentives à trouver l'occasion de faire le bien. Il les appelle pendant qu'ils veillent à la garde de leur troupeau, parce que Jésus aime les âmes soigneuses de dompter leurs passions et de veiller à la garde des affections de leur cœur, selon cette parole des saints Livres : « Gardez votre cœur en toute vigilance, c'est de lui que vient la vie ! » Joseph entre dans tous ces mystères, il étudie les desseins merveilleux de Dieu, qui éclatent autour de la crèche. Il est dans le ravissement, et ce ravissement augmente à l'arrivée des Mages.

« Ah ! se dit le grand saint, voici que le Ciel a parlé aux hommes. Voici les prémices des Gentils. Nous serons tous frères et enfants du même Dieu, parce que nous sommes tous appelés aux mêmes lumières de la foi que Jésus enfant apporte à la terre ! Ô mon Sauveur ! soyez béni mille fois pour le grand bienfait que vous venez apporter au monde. L'esclavage de l'humanité va finir.

« Tous les hommes sont appelés à jouir de ce qui n'était jusqu'ici que le privilège du peuple choisi et bien-aimé auquel j'appartiens ! »

 

Résolution : Chercher souvent à étudier les desseins adorables de la Providence dans les choses et dans les événements de la vie.

Bouquet spirituel : « Nous sommes venus l'adorer ». (Matthieu 2, 2).

 

Exemple

Naïve confiance

 

Nous ne connaissons rien de plus gracieux et de plus naïvement confiant que cette lettre d'une toute petite enfant, qui écrivait à saint Joseph :

« Mon bon père saint Joseph, vous savez bien pourquoi je vous écris et ce que je désire le plus, c'est que tous mes parents fassent leurs Pâques, qu'ils servent bien le bon Dieu pour mériter d'aller le voir au ciel, mais pas encore. Faites aussi, mon bon père, que nos vers à soie aillent bien cette année, que nous ayons des pommes de terre et un peu de blé. Pour obtenir ces grâces, je chanterai tous les jours votre cantique, je dirai vos litanies, et serai toujours votre petite servante ». (La Dévotion à saint Joseph inspirée à la jeunesse).

 

Saint Joseph (Beaulieu)

 

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12 décembre 2021

Neuvaine au Saint Enfant Jésus

Neuvaine au Saint Enfant Jésus

du 16 au 24 décembre

 

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Histoire

 

En 1628, une princesse allemande apporta aux Pères Carmes déchaussés de Prague une statuette de l'Enfant Jésus, en leur disant : « Honorez bien cet Enfant Jésus, et rien ne vous manquera ».

Les religieux qui étaient alors fort éprouvés, placèrent la statue dans leur chapelle et lui rendirent hommage. Dès ce moment, des bénédictions de tous genres affluèrent sur le couvent. Les champs des pères, auparavant frappés de stérilité, produisirent, cette année-là, d'abondantes récoltes. Le même fait se renouvela bien des fois dans la suite, malgré les gelées, la grêle ou les orages qui ravageaient les champs voisins. Des ressources suffisantes arrivèrent aux religieux pour pourvoir à leur entretien et continuer la construction de l'église ou du monastère. En outre, la providence envoya d'excellents novices, heureusement doués pour les aptitudes et la vertu, qui devinrent les plus fervents adorateurs de l'Enfant Jésus.

Chose remarquable : dès que la dévotion à l’Enfant Jésus se relâchait, aussitôt les bénédictions se retiraient et les calamités revenaient. Mais si les pieux exercices reprenaient, la paix rentrait dans la communauté et avec elle la prospérité.

À vous aussi nous disons : « Honorez bien cet Enfant Jésus et rien ne vous manquera ».

 

Introduction

 

Cette dévotion a trois siècles. Tous ceux qui approchent de la statue miraculeuse de l’Enfant Jésus et prient avec foi devant elle, obtiennent assistance dans les périls, consolation dans les tristesses, secours dans la pauvreté, soulagement dans les angoisses, lumière dans les ténèbres (spirituelles ou corporelles), grâces dans les aridités, santé dans les maladies, espérance aux heures de découragement. L'Enfant Jésus apporte un remède et procure la guérison à tous les maux que nous pouvons rencontrer. C'est encore lui qui met la paix dans les familles, termine les procès, délivre les prisonniers et sauve les condamnés à mort, bénit les unions stériles. Ajoutons qu'Il est surtout le céleste médecin des enfants, qu'Il donne aussi le succès aux examens, de l'ouvrage ou un emploi à ceux qui en manquent.

Il fait du bien à tous. C'est principalement à la suite de pieuses neuvaines qu’Il est prodigue de ses bienfaits. Puissent ces quelques pages Le faire connaître et aimer de plus en plus.

 

Enfant Jésus du Carmel de Bordeaux (1)

 

Prières quotidiennes

 

Prière au saint Enfant Jésus de Prague

du père Cyrille, son fidèle serviteur.

 

Ô Saint Enfant Jésus, j'ai recours à vous. Je vous en prie par votre sainte Mère, assistez-moi dans cette nécessité (On expose ici l'objet de sa demande), car je crois fermement que votre divinité peut me secourir. J'espère avec confiance obtenir votre sainte grâce. Je vous aime de tout mon cœur et de toutes les forces de mon âme. Je me repens sincèrement de mes péchés, et je vous supplie, ô bon Jésus, de me donner la force d'en triompher. Je prends la résolution de ne plus jamais vous offenser et je viens m'offrir à vous dans la disposition de tout souffrir plutôt que de vous déplaire. Désormais je veux vous servir avec fidélité. Pour l'amour de vous, ô divin enfant, j'aimerai mon prochain comme moi-même. Enfant plein de puissance, ô Jésus, je vous en conjure de nouveau, assistez-moi dans cette circonstance (nommez-la), et faites-moi la grâce de vous posséder éternellement dans le ciel avec Marie et Joseph, et de vous y adorer à jamais avec les saints anges. Ainsi soit-il.

 

Litanies du Saint Nom de Jésus

 

Seigneur, ayez pitié de nous,

Jésus-Christ, ayez pitié de nous,

Seigneur, ayez pitié de nous,

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.


Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous,

Jésus, fils du Dieu vivant, ayez pitié de nous,

Jésus, splendeur du Père, ayez pitié de nous,

Jésus, pur éclat de la lumière éternelle, ayez pitié de nous,

Jésus, roi de gloire, ayez pitié de nous,

Jésus, soleil de justice, ayez pitié de nous,

Jésus, fils de la Vierge Marie, ayez pitié de nous,

Jésus aimable, ayez pitié de nous,

Jésus admirable, ayez pitié de nous,

Jésus, Dieu fort, ayez pitié de nous,

Jésus, Père du siècle à venir, ayez pitié de nous,

Jésus, ange du grand conseil, ayez pitié de nous,

Jésus, très puissant, ayez pitié de nous,

Jésus, très patient, ayez pitié de nous,

Jésus, très obéissant, ayez pitié de nous,

Jésus, doux et humble de cœur, ayez pitié de nous,

Jésus, qui chérissez la chasteté, ayez pitié de nous,

Jésus, qui nous honorez de votre amour, ayez pitié de nous,

Jésus, Dieu de paix, ayez pitié de nous,

Jésus, auteur de la vie, ayez pitié de nous,

Jésus, modèle des vertus, ayez pitié de nous,

Jésus, notre Dieu, ayez pitié de nous,

Jésus, notre refuge, ayez pitié de nous,

Jésus, père des pauvres, ayez pitié de nous,

Jésus, trésor des fidèles, ayez pitié de nous,

Jésus, bon pasteur, ayez pitié de nous,

Jésus, vraie lumière, ayez pitié de nous,

Jésus, Sagesse éternelle, ayez pitié de nous,

Jésus, bonté infinie, ayez pitié de nous,

Jésus, notre voie et notre vie, ayez pitié de nous,

Jésus, joie des anges, ayez pitié de nous,

Jésus, roi des patriarches, ayez pitié de nous,

Jésus, maître des apôtres, ayez pitié de nous,

Jésus, force des martyrs, ayez pitié de nous,

Jésus, lumière des confesseurs, ayez pitié de nous,

Jésus, pureté des vierges, ayez pitié de nous,

Jésus, couronne de tous les saints, ayez pitié de nous,

Soyez-nous propice, pardonnez-nous, Jésus

Soyez-nous propice, exaucez-nous, Jésus


De tout mal, délivrez-nous, Jésus

De tout péché, délivrez-nous, Jésus

De votre colère, délivrez-nous, Jésus

Des embûches du démon, délivrez-nous, Jésus

De l'esprit de fornication, délivrez-nous, Jésus

De la mort éternelle, délivrez-nous, Jésus

Du mépris de vos divines inspirations, délivrez-nous, Jésus

Par le mystère de votre sainte Incarnation, délivrez-nous, Jésus

Par votre nativité, délivrez-nous, Jésus

Par votre enfance, délivrez-nous, Jésus

Par votre vie toute divine, délivrez-nous, Jésus

Par vos travaux, délivrez-nous, Jésus

Par votre agonie et par votre passion, délivrez-nous, Jésus

Par votre croix et par votre abandon, délivrez-nous, Jésus

Par vos langueurs, délivrez-nous, Jésus

Par votre mort et par votre sépulture, délivrez-nous, Jésus

Par votre résurrection, délivrez-nous, Jésus

Par votre ascension, délivrez-nous, Jésus

Par vos joies, délivrez-nous, Jésus

Par votre gloire, délivrez-nous, Jésus


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Jésus

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Jésus

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Jésus

 

Que le nom du Seigneur soit béni,

maintenant et dans tous les siècles.


Prions

 

Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit : Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez, et l'on vous ouvrira; faites-nous, s'il vous plaît, la grâce de concevoir l'affection de votre amour divin, afin que nous vous aimions de tout notre cœur, en vous confessant de bouche et d'action, et que jamais nous ne cessions de vous louer. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

 

007

 

Premier jour

La naissance de Jésus

 

Je me représente l'Enfant Jésus dans la grotte de Bethléem, enveloppé de pauvres langes, couché sur la paille dans une crèche, entre deux animaux qui le réchauffent de leur haleine... Qu'il est pauvre, qu'il est petit, qu'il est faible et impuissant !

Cependant, Marie et Joseph l'adorent à genoux comme leur Seigneur. Des chœurs d'anges chantent dans les airs sa gloire. La nuit qui le voit naître brille comme le jour, et une étoile miraculeuse annonce sa naissance.

Ma foi de chrétien me dit que cet enfant est mon Créateur, le Tout-Puissant, l’Éternel, l'Infini ; c'est mon Dieu qui vient de se faire homme pour moi. Il a pris un corps et une âme semblables à mon corps et à mon âme, au sein de la Vierge Marie, par un miracle du Saint-Esprit. Sa sainte Mère vient de le mettre au monde. Saint Joseph lui servira de père et de gardien. Il grandira en âge et en sagesse. Il travaillera comme ouvrier à la sueur de son front jusqu’à l'âge de trente ans. Enfin, après avoir, durant trois années, prêché son évangile, fait d'éclatants miracles et établi son Église, Il donnera sa vie pour moi sur la croix, prenant sur lui mes péchés et leur châtiment.

Celui qui croira en lui et aura pratiqué sa doctrine, sera sauvé; celui qui aura refusé de croire, sera perdu pour l'éternité.

 

Acte de foi

 

Mon Jésus, je crois à votre parole : Elle est la vérité même. Vous connaissez toutes choses. Je crois comme certaines toutes les vérités que vous avez enseignées à vos apôtres et confiées à votre Église pour qu'elle me les enseigne à son tour.

Je crois en particulier que vous êtes le Fils unique de Dieu, et Dieu vous-même avec le Père et le Saint Esprit; que vous vous êtes fait homme et avez souffert la mort pour nous racheter de l'enfer. Je crois que Marie est votre mère bénie, qu'elle a toujours été sans péché, et qu'elle est toujours demeurée vierge.

Seigneur Jésus, à cause de votre parole, je crois au ciel, à l'enfer, au purgatoire, à votre présence réelle dans le Saint-Sacrement.

Je crois aussi qu'il est juste et profitable d'honorer la Sainte Vierge et les saints, ainsi que leurs images et surtout les vôtres, ô mon Rédempteur ; je veux particulièrement honorer celle qui vous représente dans votre enfance. Divin Enfant Jésus, conservez et augmentez toujours en moi le don inestimable de la foi. Sainte Marie, Mère de Dieu et ma mère, priez pour moi afin que je ne m'expose pas à perdre la foi en des compagnies ou des lectures imprudentes, et que je conforme toujours ma vie à ma croyance.

 

Prières quotidiennes

 

Deuxième jour

Le Nom de Jésus

 

Le huitième jour après Sa naissance, l'Enfant fut circoncis, et on Lui donna le nom de Jésus... Ce nom sacré fait toute mon espérance…

Le péché m'avait fermé le ciel, mais le Fils de Dieu est descendu sur la terre et a lavé dans son sang divin tous les péchés du monde. Aujourd'hui, petit enfant, Il en répand les premières gouttes sous le couteau de la circoncision. C'est à cause de ce sang répandu que son Père céleste veut qu'aussitôt on lui impose le nom le plus glorieux qui se puisse trouver: le nom adorable de Jésus qui signifie Sauveur. Grâce à ce sang et à ce Nom, tous les hommes de bonne volonté seront sauvés.

Par le nom de Jésus je puis obtenir toutes grâces : le pardon de mes péchés et des secours pour n'y plus retomber, l'amitié de Dieu, le ciel et même les biens de ce monde, s'ils ne sont pas nuisibles à mon salut. Il suffit que je demande tout cela à Dieu avec persévérance et par le nom de Jésus, Son Fils. C'est notre Seigneur lui-même qui l'a déclaré dans l’évangile : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en Mon Nom, Il Vous l'accordera ».

Rien n’est impossible à celui qui invoque le saint Nom de Jésus

 

Acte d’Espérance

 

Dieu de bonté, j'espère fermement surmonter toutes les difficultés de la vie présente et parvenir au bonheur éternel, avec le secours de votre grâce, que vous m'avez promise et qu'a méritée pour moi Jésus-Christ, mon Sauveur.

Même si tous les maux et toutes les peines venaient à fondre sur moi, Vous êtes assez bon et assez puissant pour m’en délivrer, si je vous le demande.

Même si j'avais commis tous les crimes de la terre, Votre miséricorde est si grande, ô mon Dieu, qu'elle pardonnerait encore volontiers à mon repentir, à cause du sang de mon Rédempteur.

Seigneur Jésus, même si j’avais tous les défauts et tous les vices, je me corrigerai certainement avec l'appui de votre saint Nom.

Sainte Marie, Mère de Dieu et ma mère, si une folle présomption venait à m'emporter, retenez-moi par la crainte du Seigneur ; et quand le découragement tentera de m'abattre, relevez mon âme par une confiance sans borne dans le Père des cieux, en Jésus-Christ, mon Sauveur, et en vous ma bonne mère, que je ne veux jamais cesser de prier.

 

Histoire

 

En 1650, un noble gentilhomme, habitant la ville de Prague, était tourmenté de la crainte imaginaire de perdre la haute position qu'il occupait dans l’état. Sa peine devint si grande que, pour échapper à la disgrâce dont il se croyait à tort menacé, il résolut de mettre fin à ses jours. Déjà il avait fait les funestes préparatifs, lorsque le père Cyrille vint frapper à la porte de sa demeure. Le père réussit à lui inspirer confiance en la puissance de l'Enfant Jésus, et l'amena aux pieds de la statue miraculeuse dans la chapelle des Carmes déchaussés. À peine le malheureux eut-il remarqué l'air de bonté et de douceur que respire la sainte image, qu'il fondit en larmes ; son cœur se dilata et le sombre désespoir fut dissipé. Il se confessa, communia et se vit pour toujours délivré de ses mortelles angoisses.

Vous même, lorsque vous serez accablé sous le poids de vos peines, allez à l'Enfant Jésus, à son Image miraculeuse, recourez à son saint Nom et il vous soulagera.

 

Prières quotidiennes

 

Troisième jour

La visite des bergers

 

Je vois les bergers, avertis par les anges, accourir, durant cette nuit brillante, à la grotte solitaire de Bethléem. Ils y pénètrent avec un religieux respect et s'agenouillent autour de la crèche. Avec quelle attention amoureuse, ils contemplent le divin Enfant qui sourit à leurs hommages! Ils Lui disent au moins du cœur: “ Vous êtes vraiment le Messie promis, le Sauveur d'Israël. ” C'étaient des gens simples, mais craignant Dieu et chers à son cœur.

Ces bergers me prêchent le plus grand de mes devoirs: celui d'aimer Dieu. Depuis toujours Il pense à moi avec amour; c'est par amour qu'il m'a créé. D'ailleurs Dieu m'a aimé le premier, afin de me faire jouir de son propre bonheur durant l'éternité. Son amour pour moi a été si loin qu'Il m'a donné son Fils unique et l'a livré à la mort de la croix pour l'expiation de mes péchés. De son côté Dieu le Fils m'a aimé jusqu'à s'anéantir et embrasser la pauvreté, les mépris, les supplices pour toucher mon cœur et m'attirer à Lui. Que me demande-t-il en retour? Que je l'aime et que j'aime son Père de tout mon cœur, de toutes mes forces, plus que moi-même, plus que ma vie, plus que mes proches et mes amis, mes biens ou mon plaisir…

Est-ce ainsi que j'aime Dieu ?

 

Acte d’amour de Dieu

 

O Dieu ! Qui êtes la bonté et la beauté mêmes, la douceur, la sagesse, la puissance et la science, je vous aime et vous estime au-dessus de tout à cause de vous-même. Je vous aime aussi pour les bienfaits sans nombre dont vous m'avez comblé et que je reçois encore à tous les instants de votre inépuisable bonté. Nul bien ne m'arrive qui ne soit de vous. Tant de fois vous m'avez pardonné au lieu de me précipiter dans les flammes éternelles! Seigneur, je suis très heureux de ce que, dans votre royaume, vous jouissez d'une gloire et d'une félicité infinie. Je désire que, sur la terre, toutes les créatures vous aiment, vous louent et vous servent d'une manière parfaite, comme vous le méritez.

Mon Dieu, je veux tout ce que vous voulez, comme vous le voulez et quand vous le voulez.

Saint Enfant Jésus, je vous aime de tout mon cœur ; je regarde votre amitié et celle de votre Père comme mon bien le plus précieux, et je préfère tout sacrifier plutôt que de la perdre. Celui qui pèche n'aime pas, il reste dans la mort et l'inimitié de Dieu.

Sainte Mère de Jésus-Christ, priez pour moi afin que je ne commette pas le péché mortel, que je ne demeure point dans la mort du péché, mais que je vive toujours dans l'amour de mon Dieu. Ô Marie, vous m'aimez comme votre enfant, je veux toujours vous aimer comme ma mère. Obtenez-moi surtout le véritable amour de Votre Fils.

 

Histoire

 

En 1733, un ecclésiastique de Prague s'était chargé de l'éducation de son neveu, devenu orphelin. Sollicitudes incessantes, sacrifices, admonitions, il n'épargna rien pour le former et l'instruire. Peines inutiles. Le neveu ne répondit en rien au dévouement de son oncle. Après deux ans d'études, il ne savait rien et ne pensait qu'à s'amuser. Notre abbé était au désespoir. Il alla célébrer plusieurs fois la sainte messe à l'autel de l'Enfant Jésus miraculeux pour cet enfant revêche, et le décida à réciter tous les jours, devant la sainte image, cette prière : « Écoutez, mon Jésus, les soupirs de mon cœur: pour la vertu, l'étude, inspirez-moi l'ardeur ». Le divin Sauveur se laissa toucher et changea le cœur de l'incorrigible jeune homme, qui devint la consolation de son oncle, tant par sa ferveur que par son application au travail. Il se corrigea si bien que, quelques années après il quittait tout pour suivre Jésus-Christ dans l'ordre des frères prêcheurs.

Demandons le don du divin amour à l'Enfant Jésus. Il en a apporté le feu sur la terre et Il voudrait en enflammer tous les cœurs. Efforçons-nous de l'aimer et de le faire aimer.

 

Prières quotidiennes

 

Quatrième jour

Les présents des Mages

 

Je vois les rois mages quitter leur pays, et guidés par une étoile merveilleuse, venir en Judée pour y adorer le messie nouveau-né, et lui offrir leurs présents.

L'étoile s'arrête au-dessus de la grotte de Bethléem... Eh quoi ! Serait-ce là la demeure du nouveau roi ?... Oui, c'est là ! Ce nouveau roi aime la pauvreté et l'humiliation. Éclairés par la foi, les rois mages pénètrent dans l'étable et reconnaissent leur Créateur dans ce petit enfant couché sur la paille. Je les vois se prosterner, ouvrir leurs trésors et lui présenter de l'or comme à leur roi, de l'encens comme à leur Dieu, de la myrrhe comme au Fils de l'homme qui subira la mort et la sépulture.

À l'exemple des mages, j'offrirai aussi de l'or à Jésus : l’or de mon cœur, mon amour ; je lui présenterai de l'encens : ma prière ; de la myrrhe : des œuvres de pénitence. Mais Jésus veut que je l'aime aussi dans le prochain, et que je lui porte des présents dans la personne des malheureux : car les pauvres, les petits, les faibles, les infirmes, c'est Jésus souffrant. Je dois leur venir en aide autant que je le puis par mes aumônes, mes services, mes conseils, mes prières, pour l'amour de notre Seigneur qui a dit : « Ce que vous aurez fait pour le moindre des miens, Je le tiendrai comme fait à Moi-même ».

Est-ce ainsi que j'ai pratiqué la charité ?

 

Acte de charité pour le prochain

 

Mon Dieu, j'aime mon prochain, c'est-à-dire tous les hommes, comme moi-même, pour l'amour de vous. Comment ne les aimerais-je pas ? Vous les avez créés à votre ressemblance; vous les destinez à devenir vos enfants et les habitants de votre royaume. Pour tous, votre Fils Jésus-Christ est mort sur la croix. Vous voulez le salut de tous. À tous aussi je souhaite tous les biens.

Ô mon Dieu, puissent les pécheurs, les ennemis de votre Église se convertir et mourir dans votre amour. Ah ! Que j'ai compassion de ceux qui vivent dans votre disgrâce et se laissent traîner par les démons dans l'abîme du feu éternel ! Pardonnez à tous, comme vous m'avez pardonné si souvent mes offenses.

Seigneur, je pardonne aussi volontiers à tous ceux qui m'ont offensé. Ô Jésus ! Je veux, en proportion de ma situation et de ma fortune, pratiquer envers mon prochain les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde, et, comme vous, mon Sauveur, passer en ce monde en faisant le bien.

Sainte Vierge Marie, qui avez aimé les hommes jusqu'à laisser mourir pour eux votre très cher Fils dans le supplice de la croix, Vous qui ne repoussez personne, pas même les plus coupables qui ont recours à vous : Obtenez-moi le véritable amour du prochain et répandez l'esprit de charité, de douceur et d'union sur toute la terre.

 

Histoire

 

En 1872, une famille pauvre de Prague est réduite à la dernière misère. Le père est sans ouvrage, la mère est clouée sur son lit par la maladie, les enfants demandent du pain en pleurant et n'en reçoivent point. Le propriétaire inhumain vient de quitter la maison, la menace à la bouche : « Demain, Vous serez jetés à la rue si le dernier terme n'est pas payé ! » Déjà le petit mobilier a presque entièrement disparu. Pauvres gens ! Que fera le malheureux père ? Il sort et va droit dans l'église de Sainte-Marie de la Victoire se jeter aux pieds du saint Enfant Jésus miraculeux. Là, il laisse échapper un torrent de larmes qu'il ne sait plus retenir. Doux et compatissant Jésus, n'écouterez-vous pas de telles larmes ?

Le 30 janvier, un membre de la société de Saint-Vincent de Paul apporte un faible secours, mais il comprend tout de suite que c'est tout à fait insuffisant pour les besoins de cette famille. Ce bon samaritain a une inspiration. Il écrit une lettre recommandée au comte C. de R. pour l'intéresser en faveur de ses protégés ; Vous entendez, une lettre recommandée à l'Enfant Jésus. Vraiment elle était bien recommandée, car le noble comte s'empressa de faire parvenir un secours considérable. La famille était sauvée. Elle remercia ses trois bienfaiteurs: le membre charitable de Saint-Vincent de Paul, le riche généreux, et vous surtout, ô miséricordieux Enfant Jésus, qui savez inspirer aux hommes une si vraie compassion pour les misères de leurs frères.

Vous même, pendant cette neuvaine, faites ou promettez de faire une aumône en l’honneur de l’Enfant Jésus.

 

Prières quotidiennes

 

Cinquième jour

La Présentation au Temple

 

Je vois Joseph et Marie, le quarantième jour après la Nativité, porter l'Enfant Jésus au temple de Jérusalem. Marie, par les mains du prêtre, présente son enfant au Seigneur, et reconnaît par là que ce très cher Fils qu'elle aime plus que sa vie, appartient tout d'abord au Père céleste et qu'il peut le lui reprendre si tel est son bon plaisir.

L'Enfant Jésus, de son côté, offre le sacrifice de sa vie à son Père pour réparer son honneur outragé et opérer notre salut. Dieu accepte cette offrande du Fils et de la mère, mais pour un temps Il rend à Marie son enfant, qu'elle rachète en donnant deux tourterelles, selon les prescriptions de la loi de Moïse.

Je dois aussi m'offrir au Seigneur avec tout ce qui m'appartient, car tout est à lui ; à chaque instant il me conserve avec tout ce que je possède, et c'est son droit de tout me reprendre quand il lui plaira. Je suis sous sa dépendance continuelle et entière. Reconnaître tout cela, c'est l'adorer. Il est de toute convenance que j'adore mon Créateur le matin à mon lever, le soir avant de prendre mon repos. Une obligation grave m'est faite d’aller l'adorer à l'église les dimanches en assistant à la messe.

Est-ce ainsi que j'ai adoré Dieu ?

 

Acte d’adoration

 

Mon Dieu, je reconnais votre excellence au-dessus de tout ce qui existe et de tout ce qui est possible. Vous seul, êtes infini en puissance, en sagesse, en bonté, en sainteté. Vous seul, Seigneur, existez par vous-même et de toute éternité, tandis que tout le reste n'existe que par vous et depuis un temps ; et rien ne peut subsister sans vous. Je me prosterne à vos pieds et vous adore. Je vous reconnais pour mon Créateur et mon souverain maître; Vous avez sur moi droit de vie et de mort. Je suis votre pauvre serviteur obligé de vous servir, de vous louer et d'implorer votre secours.

Mon Dieu, je me soumets de tout cœur à votre volonté; car vous servir, ô grand roi, c'est régner. Ô majesté infinie, mes hommages sont tout à fait insuffisants, je le reconnais; mais je vous offre surtout l'honneur infini qu'il vous rend au saint sacrifice de la messe, où il s'immole pour votre gloire à toutes les heures du jour, dans l'univers entier.

Sainte Mère de Dieu, je vous honore par-dessus tous les anges et les saints ; priez pour moi afin que je ne vous oublie jamais et que je sois toujours fidèle, comme vous, à rendre à mon Créateur les hommages qui lui sont dus.

 

Histoire

 

Les jeunes missionnaires de Bordeaux avaient élevé récemment une chapelle au Saint Enfant Jésus miraculeux de Prague. Dans le voisinage de cette chapelle, vivait un vieux militaire, excellent cœur, mais franc-maçon. Un jour, il vint se plaindre au directeur de l’école apostolique que chaque nuit, à la même heure, il entendait frapper un coup vigoureux sur la cloison de sa chambre. « Ma femme, ajouta-t-il, entend de même ; j'ai invité des amis, anciens soldats comme moi ; ils ont monté la garde dans le corridor, et, eux aussi, ont entendu, à l'heure marquée, le coup mystérieux. Et voilà déjà plusieurs années que ce bruit se renouvelle ainsi tous les jours ». Le père alla bénir la maison, mais le bruit continua de se faire entendre.

Le père fut rappelé près du vieux militaire dont l'état de santé devenait inquiétant. Pendant qu'il s'y rendait pour essayer de ramener cette âme à Dieu, les enfants de l’école allèrent prier à la chapelle de l'Enfant Jésus. A la fin de l’entretien, le Père dit au malade : « Pour retrouver la paix, il faudrait vous confesser. - Je ne dis pas non. - Il ne faudrait pas trop remettre. - Il y a si longtemps que je ne l'ai fait ! - Ce n'est pas difficile. Me promettez-vous que vous vous confesserez ? - Je vous le promets, foi de vieux soldat, et sur l'honneur ». Quelques jours après, en effet, pendant que les élèves priaient encore pour lui dans la chapelle de l'Enfant Jésus, M. T... s'exécutait avec la simplicité d'un enfant. Après la confession, il embrassa le père avec larmes, en disant : « Oh ! Que je suis heureux maintenant ! » Et il avoua que les coups donnés sur la cloison avaient cessé depuis le jour où il s'était engagé à confesser ses fautes. Il put encore aller communier dans la chapelle. L'Enfant Jésus acheva Son œuvre en lui accordant une dernière grâce, la plus précieuse de toutes: quelques semaines plus tard, M. T. fit une sainte mort, après avoir reçu avec édification les derniers sacrements.

Vous même, au moins un jour de votre neuvaine, allez entendre ou faites dire la messe à l'autel de l'Enfant Jésus. Le temps du saint sacrifice est de tous, le plus favorable pour adresser une demande au ciel.

 

Prières quotidiennes

 

Sixième jour

La fuite en Égypte

 

Le roi Hérode veut faire mourir l'Enfant Jésus. Comme il ne le connaît pas, le cruel ordonne le massacre de tous les enfants de Bethléem et des environs, âgés de moins de deux ans. Joseph et Marie, avertis par un ange, se sauvent durant la nuit et sont obligés d'emporter notre Seigneur en Égypte. Sept ans après, Hérode étant mort, ils le ramènent en Judée et vont demeurer à Nazareth.

Dieu éprouve ceux qu'il aime. Il aurait pu faire mourir Hérode, ou le mettre dans l'impossibilité de nuire au divin Enfant. Il a préféré laisser agir cet impie selon sa malice, afin de nous apprendre que les justes doivent souffrir persécution et que ce n'est que par beaucoup de tribulations qu'ils arrivent au ciel.

J'aurai donc des épreuves. Que faire alors ? Comme Marie et Joseph, avoir patience et courage, rester fidèle à mes devoirs et prier. Dieu finira par me délivrer, et Il récompensera éternellement les peines supportées pour son amour en cette courte vie.

Comment jusqu’ici ai-je pratiqué la patience ?

 

Acte de patience

 

Très patient Jésus, je m'efforcerai de supporter avec patience, pour votre amour tout ce que vous m'enverrez de dur et de fâcheux en cette vie. Jamais je ne murmurerai contre votre aimable providence qui dispose tout pour mon plus grand bien. Si je suis moins favorisé que d'autres, je ne laisserai pas aller mon cœur à l'irritation ni à la tristesse, sûr de voir ma résignation récompensée. Votre équité est parfaite, et elle saura me faire meilleure part sinon ici-bas, certainement là-haut. Seigneur, quand la voie de vos commandements me paraîtra rude et que je me verrai poursuivi par les tentations, je veux rester fidèle à mon devoir, et me détourner tout de suite du mal. Si je suis tourmenté par les démons ou persécuté par les hommes, comme vous l'avez été, Saint Enfant Jésus, je supporterai leurs coups avec constance, jusqu'à ce qu'il vous plaise de me délivrer. Dans la souffrance, les travaux, les ennuis, les revers, je porterai courageusement la croix avec mon Sauveur afin de partager sa gloire et son bonheur durant l'éternité.

Seigneur, si vous jugez bon de me reprendre ceux qui me sont chers, ou mes biens, ou les honneurs de ce monde, je veux dire avec votre divin Fils au jardin des oliviers : « Père, s'il est possible, que cela n'arrive pas; cependant que votre volonté se fasse et non la mienne ». Ou bien avec votre serviteur Job : « Le Seigneur me les avait donnés, le Seigneur me les a ôtés : que son saint Nom soit béni ».

Ô Mère la plus douloureuse et la plus éprouvée ! La plus patiente et la plus courageuse des Vierges ! La patience m'est très nécessaire, priez pour moi afin qu'elle ne m'abandonne jamais et que je ne perde point la couronne qui doit en être la récompense.

 

Histoire

 

Notre famille était depuis plusieurs mois livrée aux plus vives angoisses ; les épreuves se succédaient les unes aux autres. Nous avions cependant multiplié nos neuvaines et nos exercices pieux à divers saints, et pas la moindre lueur d'espoir durant ces sombres journées ! Que de larmes versées dans le secret! Que de nuits passées sans sommeil ! Notre situation devint si désespérée que Dieu seul pouvait nous aider. C'est alors que nous apprîmes que la statue du Saint Enfant Jésus miraculeux de Prague allait être bénite solennellement et inaugurée dans l'église des pères Carmes de Gand. Nous reprîmes confiance. Il nous semblait qu'en tel jour le divin Enfant serait prodigue de ses bienfaits. Nous le suppliâmes, en assistant à cette cérémonie, de nous donner, un état prospère et la paix pour notre maison. Nous fûmes exaucés au-delà de toute espérance. Par un revirement soudain, notre demeure, qui était un foyer de douleur, est devenu un séjour de joie et de tranquillité. Nous sommes heureux et ne pouvons assez bénir l'Enfant Jésus de nous avoir délivrés de nos peines. Aussi promettons-nous de ne L'oublier jamais.

Vous même vous aussi, espérez contre toute espérance ; l'Enfant Jésus, touché de votre confiance, saura faire pour vous ce qui vous paraît difficile ou impossible.

 

Prières quotidiennes

 

Septième jour

La maison de Nazareth

 

Je me représente la sainte famille dans l'humble demeure de Nazareth après le retour d’Égypte. Jésus a dépassé la septième année: qu’il est beau, modeste et doux ! Tous les jours il grandit en grâce et en sagesse. Avec quelle piété il prie le matin, le soir avant et après les repas! Tantôt il est à l'atelier réjouissant saint Joseph de sa présence, tantôt il est à la maison prêtant déjà son aide à sa sainte mère dans les petits travaux du ménage; tantôt il va prendre part aux jeux des compagnons de son âge, qui sont ravis de sa douceur. Après les jours d'exil et d'alarmes, quelles joies pour Marie et Joseph ! Qui dira les transports de leur reconnaissance ? Cependant leur joie n'est pas sans douleur ! Ils savent que ce cher enfant doit subir un jour une cruelle passion. Ainsi par un mystère ineffable ils jouissent et souffrent à la fois.

Dieu compatit à la faiblesse de l'homme ; Il fait succéder les joies aux douleurs. Au temps de la prospérité je ne dois pas nourrir une confiance démesurée ; il faut surtout alors que je pratique le devoir de la reconnaissance. Dieu aime et attend qu'on Le remercie de ses bienfaits. Or ses bienfaits sont de tous les jours et de tous les instants, je ne dois donc laisser passer aucun jour sans lui rendre des actions de grâce.

Comment me suis-je acquitté de ce devoir de la reconnaissance envers Dieu ?

 

Acte de reconnaissance

 

Seigneur, que vous rendrai-je pour tous vos bienfaits? Vous m'avez tiré du néant: mon âme immortelle, cette intelligence dont je suis si fier, ma raison, ce corps si admirablement constitué avec ses membres et ses organes divers: c’est vous qui me les avez donnés, qui me les conservez et me donnez puissance de m'en servir... Si vous me retiriez l'usage de tel membre ou de tel sens, je serais beaucoup moins heureux. Le ciel étoilé, la terre avec ses plantes, ses fleurs et ses fruits, les animaux qui la peuplent, les merveilles qu'elle renferme, c'est pour mon utilité ou pour mon agrément que vous les avez formés. Le vêtement qui me couvre, l'air que je respire, la nourriture qui me soutient, sont des dons de votre bonté. Si souvent vous m'avez délivré ou préservé de maladies ou d'accidents fâcheux !... Ces mille facilités de la vie réalisées par les progrès de l'homme ne sont-elles pas dues au jeu admirable de votre providence ?

Que vous rendrai-je, Seigneur, pour tous vos bienfaits dans l'ordre spirituel? Par la grâce du saint baptême, vous avez communiqué à mon âme votre propre vie; je suis devenu votre enfant bien-aimé l'enfant de Votre Église, votre héritier pour l'éternité. Éducation chrétienne, sacrements, sainte messe, Parole de Dieu, bons exemples, assistance des saints anges, lumières intérieures, salutaires excitations au bien: ce sont autant de grâces précieuses et incessantes de votre amour. Ingrat, j'ai répondu à vos bontés par mes offenses... Vous avez pardonné à mon cœur repentant et humilié. Si vous m'aviez frappé de mort pendant que j'étais votre ennemi, je serais maintenant enseveli dans l'enfer ! Vous avez eu pitié de moi. Merci, mon Dieu, merci ! Je vous offre en remerciement les louanges de l'Enfant Jésus avec celles de la sainte Vierge, des anges et des saints. Je vous présente surtout le sacrifice que ce divin Fils fait de lui-même à votre majesté dans la sainte messe, et j'ai un extrême contentement de ce que par cette offrande il vous paie parfaitement de tous vos bienfaits.

Marie que la bonté de Jésus m'a donnée pour mère, combien je vous remercie de votre protection maternelle! Continuez à prier pour votre enfant afin qu'il ne devienne jamais ingrat et infidèle à son Dieu.

 

Histoire

 

Depuis fort longtemps, une personne sollicitait une faveur spirituelle et temporelle ardemment désirée. Elle s'était adressée dans le courant de l'année dernière à la Madone de Pompéi et à beaucoup d'autres sanctuaires, lorsqu'on lui remit au commencement de cette année (1893), une image du Saint Enfant Jésus de Prague. Elle commença une heureuse neuvaine en son honneur, et le neuvième jour elle était complètement exaucée. Elle ne sait comment exprimer sa reconnaissance.

Vous même vous le voyez, Dieu veut distribuer ses grâces par le moyen de l'image du Saint Enfant Jésus de Prague. Priez donc avec confiance devant cette image miraculeuse.

 

Prières quotidiennes

 

Huitième jour

L’Enfant Jésus perdu et retrouvé

 

Je vois l'Enfant Jésus à l'âge de douze ans se rendant avec ses parents et d'autres habitants de Nazareth en pèlerinage au temple de Jérusalem. Je le contemple priant dans le temple avec eux! Je vois de nouveau les pèlerins, après avoir satisfait leur dévotion, se réunir pour le retour : la sainte Vierge s'avance avec le groupe des femmes saint Joseph avec celui des hommes. Les enfants accompagnent indifféremment leur père ou leur mère. Au soir de la première journée de marche, Joseph et Marie se rejoignent, mais l'Enfant Jésus n'est pas avec eux. Où est-il ? Il a disparu. Tous les voyageurs sont interrogés : personne ne l'a vu. Je me représente la grande désolation des parents, désolation cependant contenue dans les bornes de la soumission à la volonté de Dieu. Ils reprennent aussitôt le chemin de Jérusalem et cherchent avec persévérance, pleins d'angoisses et d'ardents désirs, leur très cher Fils, le trésor de leur vie. Enfin le troisième jour, ils le retrouvent dans le temple assis au milieu des docteurs de la loi, qu'Il interroge et étonne par la sagesse de ses réponses.

La perte de Jésus fut pour Joseph et Marie une épreuve voulue par la providence: Ils n'étaient pas répréhensibles. Mais moi, n'ai-je pas perdu Jésus par ma faute ? Oui, lorsque je me suis rendu coupable d'un péché mortel.

En perdant Jésus, j'ai perdu Dieu pour l'éternité, j'ai tout perdu ! Ô le plus grand de tous les malheurs ! Quand ce malheur m'est arrivé, ai-je aussitôt cherché Jésus par mon repentir et mes prières ? Lorsque lui-même est venu frapper à la porte de mon cœur, demandant à y rentrer, n'ai-je pas, cruel, refusé de lui ouvrir ? Qu'il est doux cependant de le retrouver dans une sincère confession !

 

Acte de contrition

 

Mon Dieu, que j'ai été coupable en commettant le péché mortel ! Coupable envers moi-même puisque par là j'ai ôté à mon âme la vie surnaturelle, une vie divine, la vie éternelle, je n'ai plus voulu être enfant de Dieu et je me suis fait esclave de Satan, mon ennemi implacable; j'ai rejeté le ciel et j'ai choisi l'enfer. Coupable envers mon aimable Sauveur : car, par mon péché, ô Jésus, j’ai causé votre mort, je vous ai crucifié avec les Juifs ; disciple infidèle, J'ai manqué aux promesses de mon baptême. Coupable envers votre divinité, ô mon Créateur : j’ai violé les lois que, comme législateur suprême, vous avez posées. J'ai dit, sinon par mes paroles, du moins par ma conduite : Je ne vous servirai pas, bien que vous ayez un droit absolu aux services de votre créature... Je vous ai déshonoré, ô Dieu adorable et trois fois saint ! Je vous ai outragé en face, sous votre regard, puisque Vous êtes partout présent. Voilà comment j'ai payé d'ingratitude le Dieu d'amour et de bonté. Est-il possible, Seigneur que je vous aie mis en balance avec un vain plaisir, une vile satisfaction ! Et j'ai préféré ce vain plaisir, cette boue immonde à l'Infini, au Bien suprême. Je devrais vous aimer de tout mon cœur ; or je me suis fait votre ennemi en commettant ce que savais vous déplaire souverainement.

Combien je rougis maintenant d'avoir été si criminel! Que je voudrais être mort avant de vous avoir offensé! Que je voudrais mourir plutôt que de vous outrager de nouveau! Je me repens de tout mon cœur. J'ai en haine toutes mes iniquités. Pardonnez-les-moi, Seigneur, par les mérites du Sang de mon Rédempteur. Pour tous les biens du monde, je ne voudrais plus les commettre.

Sainte Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheur, afin que Dieu me pardonne et que je ne l’offense plus.

 

Histoire

 

Un malheureux fils méprisait l'autorité de son père et résistait à ses ordres. Il s'obstina dans son péché et résolut de quitter le toit paternel et de renier sa religion. Son père et ses frères profondément affligés firent dire pour lui plusieurs messes à l'autel de l'Enfant Jésus. Qu'arriva-t-il ? Souvent Dieu blesse le corps pour sauver l'âme. Le fils désobéissant fut subitement frappé d'un mal incurable à la jambe. Les médecins consultés déclarèrent qu'il avait à choisir entre l'amputation du membre malade ou la mort. Alors le malheureux commença de rentrer en lui-même ; il reconnut ses torts, demanda pardon à Dieu et aux hommes, et accepta la mort en expiation de ses péchés. Après avoir reçu pieusement les derniers sacrements, il rendit son âme à Dieu.

Vous même, il sera bon de vous confesser et de communier un jour de la neuvaine ou du moins de vous engager à le faire, si vous êtes exaucé.

 

Prières quotidiennes

 

Neuvième jour

Soumission à l’Enfant Jésus

 

Je vois l'Enfant Jésus quitter le temple de Jérusalem et retourner avec ses parents à Nazareth. Il demeure avec eux jusqu'à l’âge de trente ans, et il leur était soumis. L'Enfant Jésus abandonne pendant trois jours ses parents, pour m'enseigner qu'il faut d'abord obéir à Dieu, et, au besoin, pour exécuter ses ordres, laisser tout, même ce qu'on a de plus cher. Il retourne ensuite avec ses parents et il leur est soumis, pour m'apprendre que je dois néanmoins obéissance à mon père et à ma mère ainsi qu'aux supérieurs, parce qu'ils tiennent la place de Dieu. Les écouter, c'est aussi écouter le Père des cieux ; mépriser leur autorité, c'est mépriser le Créateur. De leur côté, les parents et les supérieurs doivent imiter la bonté du Père céleste et ne rien commander qui soit contraire à sa volonté, à ses lois, aux lois de son Église, à la justice, à la raison.

Il coûte extrêmement à notre nature de se soumettre; mais si un Dieu s'est fait enfant et a obéi pendant trente années à l'homme, sa créature, comment pourrais-je refuser d'obéir à mes semblables en vue de Dieu ?

 

Acte d’obéissance

 

Mon Dieu, je reconnais que vous êtes le Maître suprême, à qui tous doivent le plus profond respect et obéissance entière en toutes choses. Comme votre divin Fils à son entrée en ce monde, je viens vous dire: Seigneur, me voici pour faire votre volonté et observer vos commandements. Dieu très sage, je reconnais aussi que vous avez donné une part de votre autorité aux parents et aux supérieurs, et qu'ils ont le droit de me commander en votre nom. Je suis prêt à obéir à leurs ordres pour l'amour de vous... Loin de moi, Seigneur, de résister à aucun de mes supérieurs. Quand même ils seraient remplis de défauts, ils sont cependant toujours dignes de respect et d'obéissance à cause de vous.

Saint Enfant Jésus, qui avez voulu subir la circoncision et vous rendre au temple pour montrer votre exacte obéissance aux lois religieuses, établies au nom de Dieu par Moïse, je veux aussi observer avec fidélité les commandements de la sainte Église que vous avez fondée ; je veux croire tout ce qu'elle ordonne de croire et pratiquer, tout ce qu'elle prescrit : pour le jeûne et l'abstinence, l'assistance à la messe, l'usage des sacrements. Ô divin roi, dès votre naissance, vous avez obéi aux ordonnances de l'empereur Auguste en vous faisant inscrire sur les registres publics; je veux aussi pour votre amour être soumis à l'autorité civile et à ses lois. Comme vous, très doux Jésus, je travaillerai et serai soumis à mes maîtres.

Ô mon Créateur, qui avez été obéissant jusqu'à la mort, jusqu'à mourir sur une croix par obéissance, rendez-moi soumis et obéissant à votre exemple afin que je partage un jour votre gloire.

Grande reine de l'univers, ô Marie, vous qui avez été la plus humble et la plus obéissante de toutes les créatures, priez pour moi afin que je ne m'écarte jamais de la voie sûre de l’obéissance.

 

Histoire

 

Une dame de Bruxelles avait obtenu, après huit années d’ardentes supplications, une charmante petite fille. Mais au huitième mois de sa naissance, l'enfant fut sur le point de mourir, atteinte d'une méningite très grave. Elle gisait inerte, comme un cadavre dans son berceau. Les soins de trois médecins ne parvinrent pas à la ranimer. La mère commença une neuvaine au Saint Enfant Jésus de Prague, en union avec une communauté de Carmélites établie aux environs. Cependant la petite ne donnait toujours aucun signe de vie. Mais une mère espère contre toute espérance. Celle-ci continua de supplier l'Enfant Jésus. Après plusieurs jours, de faibles lueurs de vie apparurent, mais suivis bientôt de présages certains de mort. Un matin, survint une dernière crise ; tout semble fini, l'enfant expire. La pauvre mère affolée par la douleur, se sauve loin de ce berceau et court une dernière fois à la chapelle des Carmélites demander à l'Enfant Jésus la vie de sa fille qui se meurt, qui, peut-être, est déjà morte. À son retour, tremblante sur le seuil béni ! En effet, cette fois l'enfant était sauvée. Quatre ans se sont passés depuis ; la petite a grandi et se porte à merveille.

 

Vous même, persévérez à prier l'Enfant Jésus ; si c'est nécessaire, renouvelez plusieurs fois cette neuvaine. Il finira par vous exaucer dès que vous ne demanderez rien qui déplaise à son Père céleste.

 

Prières quotidiennes

 

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Prière indulgenciée au saint Enfant Jésus

 

Très aimable Jésus-Christ, notre Seigneur qui vous êtes fait enfant pour nous et avez voulu naître dans une grotte pour nous délivrer des ténèbres du péché, nous attirer à vous et nous enflammer de votre saint amour ; nous vous adorons comme notre Créateur et Rédempteur ; nous vous reconnaissons et nous vous voulons pour notre roi et Seigneur, et nous vous offrons comme tribut toutes les affections de notre pauvre cœur.

Bien-Aimé Jésus, notre Dieu et Seigneur, daignez accepter cette offrande, et pour qu'elle mérite d'être agrée par vous, pardonnez-nous nos péchés, éclairez-nous, enflammez-nous de ce feu sacré que vous êtes venu apporter dans le monde pour l'allumer dans nos cœurs.

Qu'ainsi notre âme devienne un sacrifice perpétuel qui brûle en votre honneur ; qu'elle cherche toujours votre plus grande gloire ici-bas, afin qu'un jour elle puisse jouir de vos charmes infinis dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Jésus Roi d'Amour

 

Téléchargez le texte de cette neuvaine (pdf) en cliquant ici

 

10 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Onzième jour

 

Lecture


Nous sommes au 13 juillet. Notre Dame est apparue deux fois aux voyants de Fatima. La nouvelle s’en est répandue au loin, à des lieues à la ronde, et il vient beaucoup de visiteurs à la Cova d'Iria, les uns par curiosité, les autres mus par un sentiment de piété, Plusieurs apportent des ex-votos, en témoignage de gratitude pour les grâces obtenues et les suspendent aux branches des arbustes du lieu des Apparitions, D’autres pèlerins ont construit un oratoire rustique avec des nattes de paille, afin de mettre à l'abri les objets apportés. La dévotion à Notre Dame se développait de jour en pour, mais ce jour-là, 13 juillet, la foule des pèlerins était énorme. Les gens venaient surtout du dehors, car ceux du pays étaient paralysés par le respect humain.

C'était pendant cette époque troublée de la Révolution portugaise qui bouleversa le régime politique du pays.

Les sociétés secrètes avaient travaillé les esprits et semé l’incrédulité. Dans cette atmosphère d’agnosticisme et de laïcisme, disparaissait le respect pour les personnes religieuses et pour toutes les choses saintes. Les pères des petits voyants étaient ridiculisés et déconsidérés. On attaquait l’Église, on la persécutait moralement par de diaboliques intrigues. Le martyre qu’on lui infligeait sans être sanglant n’en était pas moins réel. Les autorités du pays furent considérées comme responsables des prétendues « manœuvres cléricales ». C’était une absurdité, du moment que le curé de l’endroit n’ajoutait pas foi aux Apparitions, et était résolument opposé à toute manifestation à Fatima.

Cependant, sous couleur de rendre service à la bonne cause, les autorités locales firent arrêter par la police Lucie, François et Jacinthe, le matin du 13 août, qui était annoncé pour la quatrième entrevue de Notre Dame, et conduire au Palais de l'Administration du Conseil de Vila Nova de Ourem. Par d’habiles questions et d’alléchantes promesses, les chefs tentèrent d’arracher aux enfants quelques paroles, afin de les faire tomber en contradiction les uns avec les autres. Ce fut peine perdue. Alors, ils employèrent la menace pour terroriser les petits et les obliger à avouer qu'ils avaient inventé l’histoire des Apparitions. Finalement, ils déclarèrent qu’ils voulaient bien s’en tenir là, mais à la condition que les enfants leur disent au moins une parole du soi-disant « Secret ». Mais rien ne put ébranler la courageuse résolution de ces petits enfants de huit, neuf et dix ans. Ils demeurèrent hermétiquement silencieux.

Jugeant inutile de prolonger leur détention, au bout de deux jours, l’Administrateur relâcha les trois petits prisonniers, et fit venir leurs familles. Notre Dame ne put se manifester aux enfants le 13 août, puisqu'il leur était matériellement impossible d’être présents au rendez-vous.

L’Apparition eu lieu, six jours après, à Valinhos, autre bosquet d’yeuses, près d’Aljustrel, où les enfants gardaient, ce jour-là, les troupeaux de brebis.

Les autorités locales venaient de donner un fâcheux exemple, et l'exemple est contagieux, surtout quand il part de haut. C’est pourquoi quelques esprits forts de Santarem pensèrent que tout leur était désormais permis. Quelques jours après l'arrestation des petits voyants, conduits par un déséquilibré, ils s’emparèrent de tous les objets dont la piété populaire avait orné le modeste oratoire, et les portèrent, dans une parodie de procession, à travers les rues de la ville. La police ferma les yeux car elle savait que cette manifestation comblait d’aise les dirigeants politiques, pour qui les apparitions étaient des « mystifications perpétrées sous le manteau de la religion ». Dans le même temps, la presse anti-religieuse faisait campagne contre « l’affaire de Fatima, manœuvre de la réaction qu’il fallait étouffer dans l’œuf, pour ne pas voir ressusciter le gouvernement des cléricaux ». Le leitmotive de tous les journaux anti-religieux se terminait ainsi comme un « delenda » de Caton l'Ancien : « Il faut qu’on interdise toutes ces manifestations de Fatima, sans quoi nous ne répondons pas des désordres inévitables, et peut-être sanglants, qui en seront la conséquence. Les catholiques ont leurs églises. Point n’est besoin de la Cova d’Iria pour aller à la messe ». Ils terminaient ainsi : « Nous le rappelons, pour la sauvegarde de la paix publique ».

Aurait-on jamais pensé qu’un endroit, où des pacifiques chrétiens se réunissaient pour réciter le chapelet, qui n’était point un lieu public, mais un champ désert, pourrait tout d’un coup devenir un lieu tellement dangereux que la paix publique menaçait d’être compromise ?

C’est ce que prophétisaient ces augures à courte vue. Nous verrons comment la Reine du Ciel en décidera bien autrement.


Réflexions


Les persécutions sont dans l’ordre des choses de la Mystique chrétienne. Les grandes causes portent toujours l’empreinte douloureuse du sacrifice. C’est d’ailleurs leur marque la plus authentique. « Le disciple n'est pas au-dessus du Maître » (Luc 6, 40.) Le Maître a été persécuté, torturé et pendu au gibet d’infamie. Ses disciples ne seront pas épargnés.

Lorsque l'Enfant-Jésus fut porté au Temple, le vieillard Siméon le reçut entre ses bras et, après avoir chanté son « Nunc dimittis », le remettant à Marie, il lui dit : « Cet Enfant sera un signe de contradiction, et un glaive transpercera votre âme » (Luc 2, 34). C’est pourquoi Jésus et tout ce qui touche à Jésus ne cessera jamais d’être en butte à la contradiction.

Sans doute, il a eu des amis fidèles, à commencer par ses apôtres et ses disciples. Il a joui de l'amitié de ses intimes, à Béthanie. Il a vu accourir à Lui les âmes avides de l’entendre, les enfants au cœur pur. Mais il a eu des ennemis irréductibles. Leur haine fut cause de sa mort. Il ressuscite et monte au Ciel. Jésus, « signe de contradiction », aura-t-il cessé de l'être ? Pas encore. « Ce signe est placé si haut, dit le P. Rose, qu’il attire tous les regards. Les hommes qui le voient sont appelés à le juger et à se prononcer à ce sujet ».

Jusqu'à la fin des temps, autour de ce signe, l’humanité sera divisée en deux camps : celui des amis et celui des ennemis.

1° Les amis de Jésus, aujourd’hui, comme jadis, ce sont les petits enfants qu’Il appelle. Quelquefois, son regard se pose sur un jeune homme : « Viens, sois mon prêtre ! sois mon apôtre ! » Tantôt, il appelle une jeune fille : « Viens, sois mon épouse mystique ! » Il y a ces chrétiens et ces chrétiennes de nos paroisses qui, par amour pour Lui, sont fidèles à accomplir leur devoir d'état, soumis filialement à sa sainte volonté, se retrempant dans la prière, l’assistance à la Sainte Messe, la pratique de la confession et de la communion fréquente.

2° Les ennemis de Jésus, comme autrefois, se dressent toujours contre lui. Il y a les indifférents dont tous les prétextes sont plausibles, à leur gré, pour refuser l'invitation au festin eucharistique.

Il y a les trembleurs qui ont peur d’être mal jugés ou molestés s’ils se déclarent pour le Christ, en allant à la messe et à confesse, en choisissant, pour leurs enfants, des maîtres chrétiens, Comme Pilate, ils ont peur de n’être pas « les amis de César » (Jean 19, 12). Aussi, pour eux, hélas ! se réalisera la menace de Jésus : « Celui qui n'aura renié devant les hommes, je le renierai devant mon Père ». (Mat., 10, 33).

Il y a les jouisseurs sensuels qui, tel Hérode, se moquent de Jésus en jetant sur ses épaules le manteau blanc des fous, tournent en dérision la Religion et ses ministres, pour se venger des condamnations que leur inflige la Morale chrétienne.

Il y a enfin les haineux, qui, tel Caïphe, voudraient, s'ils le pouvaient, détruire l’Église. Comme les démons « qui croient et grincent des dents » (Jac., 2, 19), ils se les briseront contre le roc infrangible de l’Église.

Prions Notre Dame du Rosaire, qu’elle entende les supplications de millions d’âmes, afin que sa venue, sur ce coin béni de Fatima, devienne pour le plus grand nombre un signe de salut éternel.

 

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(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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7 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Huitième jour

Lecture

 

Notre Dame avait fixé, au 13 de chaque mois, le rendez-vous des petits bergers à la Cova d’Iria. La date prochaine était le 13 juin. Marie-Rose fit remarquer à sa fille l’impossibilité de s’absenter, ce jour-là, de la paroisse, car C'était le jour de la grande fête de saint Antoine, si célèbre dans tout le Portugal, Lucie fit observer à sa mère qu’il était facile de tout concilier. On assisterait à la messe, le matin, ensuite, dans l’après-midi, à l'heure convenue, on irait à la Cova d’Iria. La proposition parut raisonnable et Marie-Rose céda. D’autant que la grande fête de saint Antoine, célébrée dans tout le pays avec tant de dévotion, retiendrait les fidèles dans leurs paroisses respectives et, de ce fait, passerait inaperçue la présence des enfants à la Cova d’Iria. C’est ce qui arriva effectivement. Quelques curieux du village s’en allèrent à Vila Nova de Ourem, pour entendre le panégyrique de saint Antoine prononcé par un prédicateur de talent. Une troupe de musiciens vint même exceptionnellement du dehors, pour rehausser l'éclat de la fête et donner les meilleurs morceaux de son répertoire.

Lucie et ses deux petits compagnons se rendirent à la Cova d'Iria, suivis d’une dizaine de personnes environ. Peu de monde en somme, mais gens de piété sincère.

Comme l’heure approchait, où Notre Dame était apparue, le mois précédent, les enfants se mirent à réciter le chapelet. On était à la seconde dizaine. Tout à coup les assistants virent les enfants entrer en extase. Sans rien voir ni entendre, on comprenait à leur attitude que les enfants étaient en présence de l’Apparition.

L’on pense communément que, ce jour-là, Notre Dame leur confia un secret, en leur demandant de le garder fidèlement jusqu’au tombeau. À cause de cela, l'Apparition du 13 juin a été appelée « l’Apparition du Secret ».

On demandait un jour à Lucie qui, à cette époque, était Religieuse au Couvent de Pontevedra : « Que répondriez-vous à quelqu'un qui vous interrogerait sur certains points de votre vie privée ? - Je lui répondrais, dit-elle, si cette personne avait qualité pour cela. - Vous lui répondriez sur tout ? - Oui, fit-elle, sur tout ce qui me paraîtrait raisonnable. - Et si l’on vous interrogeait sur votre secret ? »

Lucie, d’une voix assurée et avec beaucoup de calme répondit alors : « Personne de ce monde ne peut m’obliger à le dire. C’est un secret et un secret divin. Seulement au Ciel je le révélerai. - Et si Dieu vous y obligeait ? - J'ai dit : Personne de ce monde. Il est certain que nous devons tous obéir à Dieu, en tout, mais, hormis ce cas, je suis prête à garder mon secret toute l’éternité ».

Ce dialogue avait lieu entre Lucie et la Révérende Mère Provinciale, plusieurs années après les Apparitions, dans le parloir de l'Etablissement de Notre Dame des Douleurs, dirigé par les Sœurs Dorothées.

À l’époque qui nous occupe, Lucie et ses deux petits compagnons ne songeaient qu'à s'amuser follement, sous les arbres devant la maison et dans les champs, loin des importuns, dans l’exubérance et toute l’allégresse de leur jeune âge. Mais si d’aventure ils parlaient entre eux du secret divin, aussitôt leur visage, si riant au milieu de leurs jeux, prenait soudain une expression de gravité, Le secret de la Sainte Vierge était bien gardé par de jeunes enfants dont la plus âgée avait à peine dix ans. François et Jacinthe ont déjà emporté leur secret dans l’éternité, à quelques mois de distance, l’année d’après. Lucie, seule survivante, le garde jalousement, au fond d’un cloître, sous l’habit de Religieuse, portant un autre nom et ignorée de tous.


Réflexions


Il convient de remarquer que, dans plusieurs de ses manifestations, la sainte Vierge confie un secret à ses confidents. Ainsi a-t-elle confié un secret à sainte Catherine Labouré des Filles de la Charité. Elle en confia aussi aux enfants de la Salette, à Bernadette Soubirous. Puisque Notre Dame vient encore de confier un secret aux trois petits bergers de Fatima, demandons-nous pour quelles raisons, la sainte Vierge emploie ce moyen et, puisqu'elle a insisté sur la gravité du secret, examinons s’il n’y a pas de secrets, entre les humains, dont la gravité est tout aussi réelle.


1° Pourquoi ces secrets de la Vierge ?


La garde d’un secret extraordinaire est la source de grands avantages pour ceux qui le détiennent. C’est d’abord, un témoignage divin de l’authenticité de leur mission pour les heureux bénéficiaires. Il leur procure de très grands mérites, les obligeant à de nombreux actes de mortification, pour garder constamment le silence devant les questions insidieuses, pressantes cet difficiles souvent à éluder.

Le prochain lui-même est intéressé à cette garde du secret dont la diffusion pourrait troubler sa tranquillité, le bien de sa santé, la liberté de ses décisions et de ses démarches.

Plaignons en passant ceux qui cherchent à connaître l’avenir par l'intermédiaire de prétendus voyants extra-lucides. L’avenir appartient à Dieu seul, est connu de Lui seul, et livré par Lui seul. Le reste n’est qu’exploitation, par les malins, de la sottise de gens crédules.

 

2° Il y a encore d’autres secrets humains à garder.


Violer un secret est en soi une faute grave, au témoignage de saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église. Cependant il y en a qui, en raison de leur charge, ont le droit de découvrir certains secrets. C’est le cas de la Justice poursuivant l’auteur d’un crime, ou délit, ou bien de l'autorité militaire pour dépister l’espionnage.

Certaines personnes de profession libérale, médecins, avoués, notaires, etc., sont tenues au secret professionnel. La violation du secret professionnel est d’ailleurs punie par le Code civil. Le secret de la confession est observé avec une rigueur inviolable. On pourrait citer des martyrs de la confession. L’un des plus connus est saint Jean Népomucène.


3° Le secret de la confession doit être aussi gardé par le pénitent.


Ce serait une grave erreur de penser que, seul, le prêtre est tenu au secret sacramentel. Le pénitent est obligé de garder le silence et de ne communiquer à personne les directives données en confession, ou la solution des cas de conscience personnels, soumis au confesseur et solutionnés par lui. Si l’on n’est pas satisfait de la direction de tel ou tel prêtre, on est libre de s'adresser à un autre. Ainsi agit un malade qui n’est pas content de son médecin habituel. Il va s’adresser à un autre, sans se croire obligé pour cela de noircir la réputation de celui qu’il abandonne. Gardons ce même souci de discrétion sur ce qui doit demeurer secret, comme gardèrent leur secret les trois petits voyants de Fatima.

 

(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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17 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Dix-huitième jour

L'exemption du Purgatoire

 

Prélude : Représentons-nous les tourments du purgatoire et tâchons d'en concevoir une grande terreur pour nous exciter à la dévotion envers les âmes qui y souffrent.

 

Méditation

 

En offrant nos bonnes œuvres et nos satisfactions pour les défunts, nous devons avoir une espérance certaine que nous serons exempts des peines du purgatoire, ou que, si nous y sommes condamnés, nous en seons bientôt délivrés.

Cette espérance se fonde : 1° sur les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, par lesquels il est affirmé que « la charité cache les péchés, qu'elle en cache une grande multitude, qu'elle les cache même tous » ; que « l'aumône délivre de tout péché et de la mort, et ne permet pas que l'âme descende dans les ténèbres » ; que celui « qui considère attentivement les nécessités du pauvre est bien heureux, car le Seigneur le délivrera au mauvais jour » ; qu'on « nous traitera nous aurons traité les autres » ; les miséricordieux sont heureux, parce qu'il leur sera fait miséricorde » ; que, si nous donnons aux autres, « on nous donnera à nous-mêmes une mesure bonne, pressée et surabondante », etc.

D'ailleurs, comme nous l'avons déjà vu plusieurs fois dans le cours de ces exercices, les âmes que nous aurons délivrées sont auprès de Dieu des patrons et des défenseurs qui, nous voyant dans la nécessité d'où nous les avons tirées, viendront nous assister à la mort et ne manqueront pas de faire valoir les bons offices que nous avons à cette heure le pouvoir de leur rendre.

 

Résolution : Nous entretenir dans une grande crainte des peines du purgatoire.

Bouquet spirituel : « Donnez et on vous donnera une mesure bonne, pressée et surabondante ». (Evangile selon saint Luc, 6, 38).

 

Exemple

Bel exemple de générosité

 

Dans ces derniers temps, l'archiduchesse Sophie, mère de l'empereur d'Autriche, a donné un bel et bon exemple de charité chrétienne. Lorsqu'on annonça à cette princesse l'exécution à mort de Lebenyi qui, comme on le suit, avait attenté à la vie du jeune et chevaleresque empereur François-Joseph et l'avait grièvement blessé, elle dit : « Dans ce vaste empire quelqu'un pensera-t-il à prier pour l'âme de ce malheureux ? Eh bien ! je veux prendre sur moi ce devoir que prescrit notre sainte religion ; j'oublie qu'il m'a causé la plus grande douleur qui puisse atteindre le cœur d'une mère inquiète pour la vie de son fils, et, comme chrétienne, j'ai résolu de faire célébrer, à dater d'aujourd'hui, des messes anniversaires pour l'âme de ce malheureux ». (Journal du Peuple).

 

Purgatoire 2

 

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14 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Nativite-du-Christ

Quinzième jour

Autres adorateurs

 

Les pieux bergers, qui, avertis par l’Ange, étaient venus adorer l’Enfant Dieu, rapportèrent à leurs amis et connaissances ce qu’ils avaient vu et entendu. « Et tous furent dans l’admiration de ce qu’ils apprirent de la bouche des bergers, dit Saint Luc ; et plusieurs de ces derniers vinrent à leur tour adorer le Divin Enfant ».

Pour les trois bergers-chefs, ils étaient restés auprès de Joseph, et l’aidèrent tour à tour à tout disposer plus commodément dans la grotte de la Crèche et dans les grottes latérales. Il y avait aussi, près de la Sainte Vierge, plusieurs femmes pieuses qui lui rendaient divers services. C’étaient des Esséniennes qui demeuraient à peu de distance de la grotte de la Crèche, dans une gorge située au levant de la colline.

Elles habitaient, les unes près des autres, des espèces. de chambres creusées dans le roc à une assez grande hauteur. Elles avaient de petits jardins près de leurs demeures, et instruisaient des enfants de leur secte. C’était saint Joseph qui les avait fait venir. Il connaissait cette association depuis sa jeunesse ; car, lorsque, fuyant ses frères, il se réfugiait dans la grotte de la Crèche, il avait plus d’une fois visité ces pieuses femmes. Elles venaient tour à tour près de la sainte Vierge, apportaient de petites provisions et s’occupaient des soins du ménage de la sainte famille.

Mais le surlendemain de la naissance de l'Enfant, il se passa une scène très touchante dans la grotte de la Crèche : Joseph et Marie se tenaient près de la crèche et regardaient l’enfant Jésus avec un profond attendrissement. Tout à coup l’âne se jeta sur ses genoux et courbe sa tête jusqu’à terre. Marie et Joseph ne purent. retenir leurs larmes.

Le soir, on reçut des nouvelles de sainte Anne. Un homme âgé et la servante de sainte Anne, sa parente éloignée, arrivèrent de Bethléem, apportant à la sainte Vierge différents objets, soit nécessaires, soit utiles. Ils furent extraordinairement touchés à la vue de l’Enfant. Le vieux serviteur versa des larmes de joie. Il se remit bientôt en route pour porter des nouvelles à sainte Anne. La servante resta près de la Sainte Vierge.

Le jour suivant, la sainte Vierge, avec l’Enfant-Jésus et la servante, quitta la grotte de la Crèche, et pendant quelques heures, alla se cacher dans la grotte latérale où avait jailli une source après la naissance de Jésus-Christ. Elle resta environ quatre heures dans cette grotte, où plus tard elle devait passer deux jours. Le matin, de bonne heure, saint Joseph l’avait disposée pour que la sainte Vierge pût s’y tenir sans trop d’incommodité. Elle s’y retira pour obéir hutte inspiration divine, car quelques personnes vinrent aujourd’hui de Bethléem à la grotte de la Crèche. Ce devait-être des émissaires d’Hérode. Par suite des propos des bergers, le bruit s’était répandu que quelque chose de miraculeux avait eu lieu en cet endroit, lors de la naissance d’un enfant. Ces hommes échangèrent quelques paroles avec saint Joseph, qu’ils trouvèrent devant la grotte avec les bergers, et le quittèrent en ricanant, lorsqu’ils eurent vu sa pauvreté et sa simplicité. La Sainte Vierge, après être restée environ quatre heures dans la grotte latérale, revint à la crèche avec le divin Enfant.

Après cela, la grotte de la Crèche jouit d’une déli-cieuse tranquillité. Il n'y vient personne de Bethléem : les bergers seuls sont en rapport avec elle. Du reste, on ne s‘inquiète guère à Bethléem de ce qui s’y passe, car il y a beaucoup de mouvement et d’agitation dans la ville à :cause du grand nombre d'étrangers qui s’y trouvent. On vend et on tue beaucoup d‘animaux, parce que plusieurs étrangers paient leur impôt en bétail. Il y a aussi beaucoup de païens qui sont employés comme domestiques.

Cependant les adorateurs arrivent à la crèche. C’est d’abord l’excellent maître de la dernière hôtellerie où Marie et Joseph ont passé la nuit qui envoie a la grotte un serviteur avec des présents. Lui-même est venu dans la journée pour rendre ses hommages à l‘Enfant. L’apparition de l’Ange aux bergers a l’heure de la naissance de Jésus est cause que tous les braves gens des vallées ont entendu parler du merveilleux Enfant de la promesse ; ils viennent maintenant pour honorer l'Enfant.

Ils se succèdent donc les uns aux autres, et la veille du sabbat, entre autres jours, plusieurs bergers et d’autres braves gens vinrent à la grotte de la Crèche et honorèrent l’Enfant Jésus avec beaucoup d’émotion. Ils étaient en habits de fête et allaient à Bethléem pour le sabbat. Parmi ces gens, était la femme qui, le septième jour du voyage de Nazareth a Bethléem, avait réparé la grossièreté de son mari envers les saints voyageurs en leur offrant l’hospitalité. Elle aurait pu aller pour le sabbat à Jérusalem qui était près de chez elle ; mais elle fit un détour jusqu’à Bethléem, afin de pouvoir honorer l’Enfant et ses bons parents. Elle se sentit toute heureuse de leur avoir donné cette marque d'affection.

L’on vit aussi dans l’après-midi un parent de Saint Joseph près de la demeure duquel la Sainte Famille avait passé lé nuit du neuvième jour, venir à la Crèche et vénérer l’Enfant. C’était le père de Jonadab, qui, lors du crucifiement, porta à Jésus un drap pour se couvrir. Il avait su que Joseph avait passé près de chez lui et avait entendu parler des miracles qui avaient signalé la naissance de l’Enfant, et, comme il allait à Bethléem pour le Sabbat, il était venu à la Crèche apporter des présents. Il salua Marie et rendit hommage à l’Enfant. Joseph le reçut très amicalement, mais il ne voulut rien recevoir de lui ; seulement il lui emprunta de l’argent et lui remit en gage la jeune ânesse, à condition de pouvoir la reprendre quand il le rembourserait. Joseph avait besoin de cet argent pour les présents à faire et les repas à donner lors de la cérémonie de la circoncision de l’Enfant.

Quand tout ce monde fut parti pour la synagogue de Bethléem, Saint Joseph prépara dans la grotte la lampe du Sabbat, qui avait sept mèches, l’alluma, et plaça au-dessous une petite table sur laquelle étaient les rouleaux qui contenaient les prières. Ce fut sous cette lampe qu’il célébra le Sabbat avec la Sainte Vierge et la servante de Sainte Anne. Deux bergers se tenaient un peu en arrière de la grotte. Les Esseniènnes étaient aussi là.

Ce même jour encore, avant le Sabbat, les Esseniènnes et la servante préparèrent des aliments. Elles firent rôtir des oiseaux à une branche placée au-dessus du feu. Elles les roulèrent aussi dans une espèce de farine faite avec des grains qui viennent des épis sur une plante semblable au roseau : on la trouve à l’état sauvage dans les endroits humides et marécageux du pays ; on la cultive dans plusieurs lieux ; elle vient souvent sans culture près de Bethléem et d’Hébron. Les pâtres de la tour des bergers en avaient amené à Joseph. Ces femmes firent aussi avec ces grains une espèce de crème blanche assez épaisse et pétrirent des gâteaux avec de la farine. La Sainte Famille ne garda pour son usage qu’une très petite quantité des nombreuses provisions que les bergers avaient apportés. Le reste fut donné en présents et surtout distribué aux pauvres. Le lendemain surtout l’on doit faire d’abondantes distributions à l’occasion du repas de la Circoncision.

 

Considération

Saint Joseph d’après Monsieur Boudon

 

Le vénérable Monsieur Boudon, gloire de l’Église d’Evreux, voilà encore un grand amant de Saint Joseph, d’autant plus sincère qu’il fut l’un des plus fidèles imitateurs du Saint Patriarche dans sa vie cachée. C’est pour cela qu’il en parle si éloquemment. Malheureusement, nous sommes obligés de beaucoup omettre.

« Tout ce qu’il y a de plus saint dans le ciel, dit-il tout ce qu'il y a de plus grand dans l’Empyrée, tout ce qu’il y a de plus beau dans le Paradis, tout ce qu’il y a de plus éminent dans la gloire, tout ce qu’il y a de plus relevé, de plus glorieux, de plus charmant, de plus éclatant, de plus aimable et de plus admirable dans la belle éternité, est tout ce qu’il y a de plus caché avec Jésus-Christ en Dieu, en telle sorte que c’est une vérité indubitable que ceux-là sont les plus grands en l’autre vie, qui ont été les plus cachés en Dieu avec Jésus, pendant qu'ils vivaient ici-bas sur la terre.... Aussi que l’on dise de saint Joseph qu‘il est le Père putatif de l’adorable Jésus, c’est vrai ; que l’on soutienne qu’il est le chaste Epoux de la très Sainte Mère de Dieu, je l’avoue ; mais si saint Augustin a si bien dit que la glorieuse Vierge a été plus heureuse d‘avoir coupa Jésus dans son cœur que de l’avoir porté dans ses chastes entrailles, je puis avancer avec raison que cette qualité de Père putatif de Jésus aurait servi de peu au glorieux saint Joseph, si sa vie n’avait été cachée encelle de Jésus son Dieu... Sa vie a été cachée avec Jésus en Dieu. Voilà toute la vie de Saint Joseph, voilà toutes ses grandeurs, tous ses mérites. C’est là sa vie véritable... Vie, non de paroles, mais d’oraison et d‘admiration, d‘admiration et d'adoration.

Ô quels profonds secrets et quelles merveilles les esprits de Marie et de Joseph n’ont-ils pas pénétrés et sondés dans les abîmes de cette vie ! Quelles lumières n’ont-ils pas reçues de leur soleil qui leur était toujours présent ! Les âmes allaient en enfer, Jésus était venu pour y remédier, il quittait tout pour se tenir caché avec Marie et avec Joseph. Ce que Jésus pouvait faire en ce temps-là et qu’il n’a pas fait, tous les effets qu’il pouvait opérer et qu’il a suspendus, il les a tous produits ; avec une singulière éminence, en Marie et Joseph et il a amplement compensé en eux toutes les privations et suspensions de ses grandes et saintes opérations ; car il était occupé en eux, les sanctifiant et les élevant, de moment en moment, par de nouveau accroissements de grâce et de sainteté.

Et d’ailleurs, quelles communications mutuelles, quelle rencontre de ces lumières du paradis en se regardant de leur cœur, en s’entretenant de leurs volontés et affections Si la communication d‘’n saint avec Dieu,ou sa très Sainte Mère, nous étonne et nous produit véritablement des effets prodigieux de grâce dans l’âme, que devons-nous penser de celle qu’a eue Saint Joseph avec Jésus continuellement pendant environ trente ans ? Que ne peut point faire un regard de Dieu, une parole ? Par une seule parole de Dieu, tout le monde a été fait. Je vous prie, que n’a point opéré l'entretien de Jésus avec Joseph pendant un si long temps ? Qui pourrait expliquer les chastes embrasements, les saints baisers de saint Joseph avec Jésus, avec un Dieu? Y a-t-il un Séraphin qui puisse nous déclarer la grandeur de saint Joseph qui commande à un Dieu ? Et erat subditus illis. Tout ce que le Saint Esprit déclare de la vie cachée de Jésus est qu‘il était sujet à Marie et à Joseph. Voilà ses merveilles, voilà ses grandeurs, voilà ses miracles, voilà ses opérations, voilà la meilleure partie de la vie d’un Dieu. Joseph appelait Dieu, Jésus répondait ; Joseph commandait, Jésus obéissait ; Jésus était envoyé, et Jésus allait, un Dieu aidant au saint à exercer le métier de charpentier. Il balayait et nettoyait la maison, et faisait quantité d’autres choses domestiques, et tout cela pour moi, pour nous : et un Dieu ? Vous pouvez voir de là la facilité que Saint Joseph avait pour l’oraison et sa grande solitude intérieure au milieu de toutes les choses créées ; car quand il aidait Jésus, qu’il lui apportait quelque morceau de bois, il ne cessait de prier Dieu ; quand il mangeait, quand il se reposait, toujours avec Jésus, Dieu incarné, et avec la Reine de tous les Saints du Paradis. Il recevait par la continuelle présence de Jésus et de Marie, tant de rayons d’éclats de lumière du Saint Esprit et de si grands embrasements d’amour en son âme, qu’il ne pouvait plus vivre ni converser avec les hommes sur la terre, qu’il ne pouvait plus rien voir et aimer de toutes les choses créées. Il était toujours en la présence de Dieu, et c’est ce qui le séparait des créatures… et le mettait dans une telle solitude intérieure, qu’il vivait séparé de tout le reste de ces créatures, qu’aucune n’y pouvait avoir de part. Car, comme en la solitude de Jésus personne n’y entre, à cause des charmes ineffables qui résultent de l’union personnelle : non plus dans celle de la Sainte Vierge, à cause de sa maternité divine ; de même Saint Joseph est incommunicable, à cause des qualités de Père de Jésus et d’époux de la très pure Marie.

Ô vie ineffable et cachée en Jésus ! Joseph possédait Jésus et était possédé de Jésus. »

 

Pratique

Œuvres de piété et de miséricorde

 

Notre Seigneur nous a promis de ne point laisser sans récompense le verre d’eau froide donné en son Nom et pour son amour. Ainsi en est-il de la très Sainte Vierge, avec laquelle ses fidèles serviteurs ne sont jamais sans retour. Ainsi en est-il avec Saint Joseph, qui a souvent récompensé des plus insignes faveurs les moindres œuvres que l’on avait faites pour lui. Si donc nous voulons nous le rendre de plus en plus favorable, ne nous contentons pas de le glorifier et de l’invoquer, mais faisons quelques bonnes œuvres en son honneur, et surtout de ces œuvres, soit de piété, soit de charité, soit de miséricorde, dans lesquelles nous rencontrerons des sacrifices à imposer à notre amour-propre, à notre vanité, à notre paresse, à notre amour de nos aises, à nos satisfactions, des œuvres enfin qui nous coûterons à un point e vie ou à un autre.

C’est sans doute pour encourager cette pratique que Pie VII, par un rescrit du 13 juin 1813, a accordé à celui qui donne à manger à trois pauvres en souvenir de Jésus, Marie et Joseph, une Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque fois, et même une Indulgence plénière, si ce même jour il se confesse et communie.

Ceux de la famille qui contribuent à cette œuvre de miséricorde par leurs service, ou même par leur seule présence, gagnent également cent jours d’Indulgence.

 

Prière

Tirée de Monsieur Boudon

 

Grand Saint, le miracle et l’étonnement de tous les Saints, dont la grandeur de la grâce s’élève en sa hauteur incomparablement au dessus de tout ce qu’il y a de plus éminent parmi les saints. Homme plus qu’homme, homme plus qu'Ange, le sujet des admirations de ces esprits sublimes, de ces pures intelligences du ciel, aussi bien que des âmes les plus élevées de la terre, car où est l’Ange dont on puisse dire qu’il a eu la Mère d‘un Dieu pour épouse ; qu’il a été le Père putatif d’un Dieu-Homme ; qu’il l’a nourri, élevé, porté entre ses bras et sauvé de la mort ; et enfin qu’un Dieu lui a été sujet ?

Mais comment, incomparable Saint, peut-on penser aux assistances que vous avez rendues a la Reine du ciel et au petit Enfant Jésus, sans vous en remercier, sans en être touché ? Comment peut-on penser et à l'amour que vous avez eu pour Jésus et Marie, et à l’amour que Jésus et Marie ont eu pour vous, sans en être tout d’amour pour vous ? Je vous aime donc, ô le grand Saint de ma dévotion, le grand Saint que je désire de tout mon cœur honorer le reste de mes jours par un culte très particulier, et que je voudrais faire connaître a tout le monde comme le non-pareil dans ses faveurs, l‘incomparable dans son crédit auprès de Dieu, l’admirable dans ses bontés et miséricordes. Je vous conjure, bienheureux Saint, par la part que vous avez eue au mystère de l’Incarnation, de m’obtenir un vrai et fidèle amour pour le tout aimable Jésus, un amour qui me lie à cet adorable Sauveur inséparablement et pour jamais. Et pour cette fin, impétrez-moi de ses grandes miséricordes la grâce finale, le don de la persévérance. Je vous demande cette grâce, ô Jésus, par les services que le glorieux saint Joseph, votre Père putatif, vous a rendus autrefois sur la terre.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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