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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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22 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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23 décembre

La grotte de l'accueil

 

« Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. » (Matthieu 8, 20).

Dans la dépression, en haut et en bas des pentes qui l'entourent, il y a des maisons et encore des maisons. C'est Bethléem. « Nous voici sur la terre de David, Marie. Maintenant tu vas te reposer. Tu me semble tellement fatiguée... » « Non. Je pensais... Je pense... » Marie prend la main de Joseph et lui dit avec un sourire radieux : « Je crois vraiment que le moment est venu ». « Dieu de miséricorde ! Comment allons-nous faire ? » « Ne crains pas, Joseph. Ne te laisse pas troubler. Vois comme je suis calme, moi ! » « Mais tu souffres beaucoup ». « Oh ! Non. Je suis remplie de joie. Une telle joie, si forte, si belle, si irrésistible, que mon cœur bat fort, fort et me dit : Il naît ! Il nait ! Il le dit à chaque battement. C'est mon Petit qui frappe à la porte de mon cœur et qui me dit : Maman, me voici pour te donner le baiser de Dieu. Oh! quelle joie, mon Joseph ! » Mais Joseph n'est pas à la joie. Il pense à l'urgence de trouver un abri et il hâte le pas. Porte après porte, il demande un abri. Rien. Tout est occupé. (…)

« Ohé ! Galiléen ! » lui crie par derrière un vieil homme. « Là au fond, sous ces ruines, il y a une tanière. Peut-être n'y a-t-il encore personne ». Ils s'approchent de cette « tanière ». C'est vraiment une tanière. Parmi les décombres d'un bâtiment en ruines, il y a un refuge, au-delà duquel se trouve une grotte... Pour y voir plus clair, car il y a très peu de jour, Joseph allume une petite lampe qu'il sort de la besace qu'il porte en bandoulière. Il entre. Un mugissement le salue. « Viens. Marie, elle est vide, il n'y a qu'un bœuf ». Joseph sourit : « Ça vaut mieux que rien !... ».

Marie met pied à terre et entre. Joseph a fixé la petite lampe à un clou dans l'un des troncs qui servent de pilier. On voit la voûte couverte de toiles d'araignées, le sol en terre battue et tout disloqué avec des trous, des cailloux, des détritus et des excréments et couvert de tiges de paille. Au fond, un bœuf se retourne et regarde avec ses grands yeux tranquilles pendant que du foin lui pend des lèvres. Il y a un siège grossier et deux pierres dans un coin, près d'une fente. Le noir de ce recoin indique que c'est là qu'on fait du feu.

Marie s'approche du bœuf. Elle a froid. Elle lui met les mains sur le cou pour en sentir la tiédeur. Le bœuf mugit et se laisse faire. Il semble comprendre. De même quand Joseph le pousse plus loin pour enlever beaucoup de foin au râtelier et faire un lit pour Marie. Le râtelier est double : celui où mange le bœuf et par-dessus une sorte d'étagère où se trouve une provision de foin. C'est celle-là que prend Joseph. Le bœuf laisse faire. Il fait aussi une place pour l'âne qui, fatigué et affamé, se met tout de suite à manger. Il sort parce que dehors il y a un ruisseau et revient avec de l'eau pour l'âne. Puis il s'empare d'une botte formée de branches, déposée dans un coin et essaye de balayer le sol. Ensuite il étend du foin, en fait un lit, près du bœuf dans l'angle le plus sec et le plus abrité...

Marie, assise sur un tabouret, fatiguée, regarde et sourit. C'est fini. Marie s'installe de son mieux sur le foin moelleux avec les épaules appuyées sur un tronc. Joseph complète l'ameublement en étendant son manteau qui fait office de tente sur le trou qui sert d'entrée. Un abri très relatif. Puis il offre du pain et du fromage à la Vierge et lui donne à boire de l'eau d'une gourde. « Dors maintenant » lui dit-il après. « Moi, je veillerai pour que le feu ne s'éteigne pas. Il y a du bois, heureusement. Espérons qu'il dure et brûle. Je pourrai épargner l'huile de la lampe ».

Marie s'allonge, obéissante. Joseph la couvre avec le manteau même de Marie et la couverture qu'elle avait d'abord aux pieds. « Mais toi... tu auras froid ». « Non, Marie. Je reste près du feu. Tâche de te reposer. Demain ça ira mieux. » Marie ferme les yeux sans se faire prier. Joseph se rencogne dans son coin sur le tabouret avec des brindilles à côté. Il y en a peu. Je ne pense pas qu'elles durent longtemps. Il se retourne de temps en temps pour la regarder et la voit tranquille, comme si elle dormait. Il utilise peu à peu les branches et les jette une par une sur le feu pour qu'il ne s'éteigne pas, pour qu'il donne de la lumière et pour que ce peu de bois dure. Il n'y a plus que la lueur, tantôt plus vive, tantôt presque morte du feu, car la lampe est à bout de combustible et dans la pénombre se détache seulement la blancheur du bœuf, du visage et des mains de Joseph. Tout le reste n'est qu'une masse qui se fond dans l'épaisseur de la pénombre.

« On ne vous dit rien » dit Marie. « La vision parle d'elle-même. A vous d'en tirer la leçon de charité, d'humilité et de pureté qui en découle. Repose-toi. Repose-toi en veillant comme j'ai veillé en attendant Jésus. Il viendra t'apporter sa paix ». (Maria Valtorta, Tome 1 – P167-168).

 

Méditation

 

O mon âme !  Admire, cet exemple de l'humilité de ton Sauveur. Représente-toi cette grotte où le Dieu du ciel et de la terre va paraître dans ce petit enfant. Cela se passe à Bethléem, ville du pain. Cela préfigure le moment où Jésus réunissant ses disciples, rompra le pain en plusieurs morceaux, en donnera à chacun de ses apôtres, en leur disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps qui est livré pour vous, faites ceci en mémoire de moi ». Il prendra ensuite le calice, rendra grâce à son Père et le donnera à ses disciples, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ». Le voilà consommé, ô mon âme ! Ce grand mystère d'amour, de puissance et d'anéantissement. Le Fils de Dieu ne quittera plus la terre. Il habitera au milieu des siens, même après être remonté triomphant dans le royaume de son Père. Il sera, dans le sacrement de son corps et de son sang, la nourriture, la boisson et le soutien de ses fidèles. Jésus est pour nous toutes choses dans la très sainte eucharistie : si vous voulez guérir vos blessures, il est le médecin ; si vous êtes chargé de péchés, il est la justice ; si vous avez besoin d'assistance, il est la force ; si vous craignez la mort, il est la vie ; si vous voulez au ciel, il est la voie ; si vous fuyez les ténèbres, il est la lumière ; si vous avez faim, il est la nourriture. Goûtez et voyez donc combien est doux Jésus, Notre Seigneur.

 

Prière


O Dieu plein d'amour pour moi ! Comment ai-je pu voir avec indifférence toutes les peines que vous vous êtes données pour m'attirer à vous ? Comment n'ai-je pas été attendri en voyant vos pieds sacrés se lasser à me poursuivre à mesure que je me lassais à vous fuir ? Doux Jésus, aidez-moi à préparer la grotte de mon âme pour qu'elle soit prête à vous accueillir demain. Venez divin Messie, je vous attends au cœur de mon cœur. Venez y faire votre demeure et m'apporter votre joie, votre paix pour que celles-ci soient parfaites en moi.

Résolutions : Je ne différerai plus de mettre à exécution les inspirations salutaires de la grâce. Je regarderai tous les moments que Dieu m'accorde, comme autant de faveurs spéciales et j'éviterai de les employer à des occupations frivoles.

 

Un Je vous salue Marie

 

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18 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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19 décembre

Le saint Nom de Jésus

 

« C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens 2, 9-11).

C’est bien Dieu qui donna ce nom au-dessus de tout nom, puisque c’est l’archange Gabriel qui l’annonça à Marie. Ce n’est pas à Noël qu’il sera révélé au monde mais quelques jours plus tard lors de la circoncision. A Noël, seule Marie connaîtra et savourera ce Nom : Jésus, son fils, mais aussi le Fils unique de Dieu, Dieu qui sauve. Saint Paul précise que le divin enfant reçut à sa circoncision le nom de Jésus, que l’ange lui avait donné avant qu’il fût conçu dans le sein de Marie. C’était ce nom qui devait faire dans la suite des siècles la joie du ciel, la consolation de la terre, la terreur de l’enfer. C’était ce nom qui invoqué devait guérir les malades, chasser les démons, ressusciter les morts. C’était encore ce nom qui devait adoucir l’horreur des déserts, fortifier les confesseurs et faire triompher les martyrs sur les chevalets et sur les échafauds. C’était ce nom qui devait renverser les idoles, réconcilier les peuples, pacifier l’univers. C’était ce nom enfin qui devait être jusqu’à la consommation des siècles le trésor des chrétiens, et le plus précieux héritage que les pères pussent léguer à leurs enfants.

 

Méditation

 

O mon âme !  Combien de fois n’as-tu pas éprouvé toi-même l’efficacité de ce nom adorable ! Combien de fois ne t’a-t-il pas soutenue dans tes tentations, soulagée dans tes douleurs, consolée dans tes afflictions ! Non, je ne m’étonne plus qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse dans le ciel et sur la terre. Je ne m’étonne plus que l’invocation de ce nom sacré ait opéré dans tous les siècles et opère encore aujourd’hui des effets si merveilleux : c’est le nom dont les élus ne cessent de faire retentir les portiques éternels. C’est le nom gravé par la main du Tout Puissant sur les murs de la Cité sainte, et célébré par les concerts des Intelligences célestes. C’est le nom du Messie promis depuis tant de siècles à la maison d’Israël. C’est le nom du Créateur, du Rédempteur, du Sauveur de tous les hommes. Nom si plein de charmes qu’il ferait tressaillir les réprouvés eux-mêmes, s’il était possible qu’un élu le prononce dans les sombres demeures que ces réprouvés habitent avec les démons.

 

Prière


Que l’invocation du nom sacré que vous recevez aujourd’hui me remplisse de force et de courage lorsque je me verrai exposé aux assauts de l’esprit des ténèbres. Que je ne le prononce jamais qu’avec un profond sentiment de respect et de reconnaissance, et que ce nom adorable se retrouve sur mes lèvres lorsque je serai sur le point de mourir.

 

Résolutions : Je travaillerai sans relâche à lutter contre mes inclinations perverses, et je m’imposerai comme une devoir quelques exercices de piété non commandés, pour suppléer aux œuvres obligatoires dont je me suis si souvent dispensé.

 

Un Je vous salue Marie

 

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20 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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21 décembre

Marie Mère du Roi

 

« Le roi se leva à sa rencontre et se prosterna devant elle, puis il s'assit sur son trône, on mit un siège pour la mère du roi et elle s'assit à sa droite ». (1 R 2,19)

L'expression « mère du roi », dans la Bible, fait référence à la mère du roi Salomon assise à la droite du roi. Dès son « Fiat », le Cœur de Marie et de Jésus ont été si unis qu'ils sont devenus Un. La Vierge des vierges, la Toute Sainte, Celle qui allait donner vie au Fils Unique de Dieu, et devenir la Théotokos : Mère de Dieu, porte ce titre de Mère du Roi. Plus tard, lorsque la Sainte Vierge sera montée au ciel avec son corps et son âme, par la puissance du Saint Esprit, Elle sera assise à la droite du « Roi du ciel et Sauveur Jésus Christ » qui est assis à la droite de son Père. Elle est pour toujours être proclamée dans le Ciel comme : Mère du Roi des rois. Du cœur de la mère, les enfants reçoivent la vie naturelle, le premier souffle, le sang vivifiant, les palpitations du cœur. En regardant la dépendance du petit enfant dans les premiers temps de sa gestation dans le sein maternel, nous pourrions presque dire que le cœur de la mère est le cœur de son enfant. Quand Marie a porté dans son sein, le Fils du Père Eternel, son Cœur est, en quelque sorte devenu le cœur d'un nouveau fruit qui est le Christ, le Verbe de Dieu.

 

Méditation

 

O mon âme ! Prends-tu conscience que la vie dans le Christ est aussi une vie par Marie, Parce que Jésus a pris de Marie, son Corps et son Sang. Sois emplie de gratitude, ô mon âme, pour le grand miracle que Dieu a opéré en Marie : le Père a enclos son Fils, comme s'il en était le premier tabernacle. Marie a été le premier ostensoir qui l'a gardé, et c'est le sang de son Cœur Immaculé qui a fourni au Fils de Dieu sa vie et son humanité, lui de qui nous recevons tous « grâce pour grâce » (Jn 1,16). Voilà pourquoi Marie, cette Mère du Roi admirable doit être ton refuge et ton chemin qui mène à Dieu.

 

Prière


Je place en vous toutes mes espérances, tout mon salut. Agréez-moi pour votre serviteur, et recevez-moi sous votre protection, ô Mère des miséricordes. Et puisque vous êtes si puissante auprès de Dieu, délivrez-moi de toutes les tentations ou obtenez-moi la force de les vaincre jusqu'à la mort. O ma Mère, par l'amour que vous portez à Dieu, je vous prie de m'assister toujours, mais surtout au dernier moment de ma vie. Ne m'abandonnez point que vous ne me voyez en sûreté au ciel, occupé à vous bénir et à chanter vos miséricordes pendant toute l'éternité. Ainsi je l'espère. (Saint Alphonse-Marie de Ligori)


Résolutions : Je n'oublierai pas de remercier la Mère du Roi des rois pour toutes les grâces que cette Médiatrice de toutes les grâces m'aura obtenues.


Un Je vous salue Marie

 

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29 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Transitus de Sainte Claire

Trentième jour

Sainte mort


L’heure était venue pour la chère Bienheureuse de déployer ses ailes et de prendre, ravie, son essor vers les Cieux. Que pouvait, bien être la mort pour une telle âme, sinon un joyeux, départ vers l’immortelle patrie ?

Toujours mue, cependant, par une humilité profonde, Claire ne cessait de s'anéantir et de se confondre devant les bontés du Seigneur. Elle se disait indigne, mille fois indigne, des grâces qu’elle en avait reçues, de celles qu’il lui réservait encore... Elle le suppliait de lui faire miséricorde, d’oublier son indignité… À l’entendre on eût cru qu’elle avait à la récompense moins de droit que tout autre, son humilité ne cessant de redire qu’elle n'avait rien fait qui pût mériter le ciel.

C'est dans ces sentiments qu’elle supplie humblement le pape Innocent IV, qui était venu la visiter, de vouloir bien lui accorder l’indulgence plénière. Le grand pontife, qui n’ignorait pas quelle était la sainteté de Claire, ne put s'empêcher de répondre : « Ah ! Ma très chère sœur, que nous serions heureux nous-même si notre âme n’avait pas un plus grand besoin de ce pardon ».

Après le départ du souverain Pontife, Claire ne se lassait pas de remercier le Seigneur. « Quelles grâces j’ai reçues aujourd‘hui, disait-elle à ses filles, Jésus-Christ lui-même est venu à moi et son Vicaire a daigné me visiter. Aidez-moi a remercier le ciel de cette faveur ».

Ayant appris à Florence la fin prochaine de sa sœur, Agnès, en toute hâte et sans qu’on l’attendit, arrive à Saint-Damien. La Sainte en témoigne sa joie par un, ineffable sourire. Mais la tendre Agnès, prés de ce lit de mort, ne pouvait comprimer ses sanglots… Son cœur se brisait de douleur en face de cette sœur chérie, sa Mère selon le cœur, que Dieu lui réclamait…

« Ô Mère, lui disait-elle, puisque vous nous quittez, obtenez-moi la joie de vous suivre »... « Vous l'aurez, sœur chérie, lui répondit la sainte, et même une autre auparavant que vous ne sauriez prévoir... mais que notre Dieu infiniment bon daigne vous réserver ». Elle parlait des miracles qui devaient s’accomplir sur son tombeau et de la grande consolation qu'aurait Agnès d’assister aux premiers honneurs rendus à sa mémoire. Or, tout arriva.comme l’avait prédit la sainte, et trois mois après, Agnès d’Assise allait rejoindre au ciel celle qui l’y avait précédée et dont les vertus séraphiques lui en avaient tracé si glorieusement la voie.

La Bulle de confirmation, tant désirée, arriva de Rome trois jours avant la mort de la sainte Abbesse. Ce fut pour la Fondatrice une indicible consolation.

Claire, sur son lit de mort, dicte son testament spirituel et bénit ses filles, rassemblées autour d’elle. Puis on l’entend parler du Roi de Gloire, de l'adorable Epoux, qui, à cette heure suprême, daignait se rendre visible à ses yeux. « Le voyez-vous aussi, ma fille, dit-elle à une de ses religieuses présentes, voyez-vous aussi le Roi de gloire comme je le vois ?... »

Alors, dans le sentiment d’une confiance sans borne, ses lèvres murmurent : « Partons, mon âme, allons, sache que tu as un bon viatique qui t'accompagne, un excellent guide pour te montrer la voie. Ne crains rien, sois tranquille, car celui qui est ton Créateur t'a sanctifiée et a toujours veillé sur toi avec le tendre amour d’une mère pour son enfant. Vous, ô Seigneur, soyez béni de ce que vous m’avez créée ! »

À ce moment pénètre dans la cellule de la mourante une longue procession de vierges vêtues de blanc et portant sur la tête une couronne d'or. L‘une d’elles, qui semblait en être la reine, les surpassait toutes en éclat et en beauté. Elle approche de la sainte mourante et s’inclinant vers elle la baise tendrement.

Claire avait reçu le baiser de la Reine des Anges, et l’auguste Marie lui avait annoncé le ciel pour le lendemain. La vision disparut aux yeux des religieuses, mais elle resta visible à ceux de la Sainte, qui en jouit illuminée et dans une extase d'amour jusqu’à sa dernière heure. Le lendemain matin, onzième jour d’août 1253, dans les bras et le baiser de Marie, la vierge d’Assise exhala son dernier soupir.

 

Réflexions et Avis


La mort des Saints est précieuse devant Dieu ! (Psaume 165) Qu’elle est belle celle de la vierge d’Assise protégée par la Reine des Anges et illuminée de célestes clartés ! La vie entière de l’admirable Sainte avait été un perpétuel holocauste, un acte d'amour incessant pour le Seigneur, sa mort ne pouvait être que le couronnement d’une telle vie et le commencement des joies sans fin qu’elle lui avait méritées. Douce et heureuse réalisation de cette parole de la Sainte à l'une de ses filles les plus chères, Agnès de Prague : « Oh ! L'heureux échange, ma douce fille, laisser l'ombre pour la lumière, les biens terrestres pour les biens éternels, mériter les choses célestes par le sacrifice des choses du monde, gagner cent pour un et mériter sans fin la vie bienheureuse ».

Pour tous, qui que nous soyons, la mort est l'écho de la vie ! On meurt comme on a vécu. Vivons donc comme les Saints, dans la grâce et l’amitié de Dieu, et nous mourrons comme eux dans le baiser du Seigneur, c’est-à-dire l’âme en paix, le cœur en joie, heureux de quitter la vallée des ombres pour nous élancer vers les régions de l’immortelle Splendeur. Douce et heureuse mort que celle qui n'éteint l’étoile assombrie de la vie que pour la rallumer ardente, brillante et inextinguible au feu de cette lumière divine qui brille éternellement.


Avis des Saints

 

« Travaillons pour la vie, qui ne finit pas » (Saint Augustin). « Souvenez-vous que le temps du travail et des souffrances est court et qu'au contraire éternel est le bonheur qui nous est préparé ».(Sainte Claire d’Assise). « Si nous voulons mourir en paix, que notre vie ne soit plus qu’une mort continuelle » (Sainte Véronique Giuliani). « La vie, songez-y bien, n’est qu’une rapide traversée sur la planche-du temps à l'éternité » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Marie Madeleine Martinengo, vierge de son Ordre (1687-1737)

 

Plus admirable qu’imitable est la vie de cette grande Sainte. Dès les premières années de sa vie religieuse, étant tombée malade, elle demanda à Dieu la santé du corps, non. pour en goûter les précieux avantages mais pour se livrer en secret à des austérités effrayantes, dont la seule pensée fait frémir... Le monde ne comprendra jamais cet amour des souffrances et cette soif d’expiation... Mais la passion de Jésus explique tout !!! car les Saints ont hérité de son zèle pour réparer les outrages commis envers Dieu et de son amour pour le salut des âmes. D’insignes prodiges attestèrent la sainteté de cette vie pénitente et immaculée de la bienheureuse Martinengo, et la communauté entière vit un jour la sainte Hostie s‘échapper des mains du prêtre, lorsqu‘il s’avançait pour distribuer la sainte communion et s’envoler jusque sur les lèvres de la chère Bienheureuse, affamée de ce Pain de Vie.


Pratique : supplier la très sainte Vierge de nous assister à notre heure dernière.


Prière


Céleste Envolée d’ici-bas, Fleur immortelle et bénie, Claire, oh ! de grâce, obtenez-moi une sainte et heureuse mort. Je la demande au nom de celle de jésus et en souvenir des joies et des consolations dont votre âme fut inondée à l'heure de la vôtre. Ainsi soit-il.

 

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Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

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4 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

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5 décembre

Marie, Mère de Dieu, s'abaisse par son humilité.

 

« L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ». (Luc 1, 27-28)

 

Combien elle s’abaisse par son humilité. Saint Bernard s’écrie : « O prodige d’humilité ! Plus la Vierge est élevée, plus aussi elle s’abaisse ». L’archange Gabriel s’incline devant elle, la salue pleine de grâce, et lui annonce que la Sainte Trinité l’a choisie pour être la Mère du Messie. L’humble Vierge de Juda se trouble et ne peut comprendre que le choix de Dieu soit tombé sur sa bassesse. L’ange déroule à ses yeux les magnificences de cette divine maternité et les grandeurs du Fils qu’elle doit enfanter. Elle s’effraie de plus en plus d’une telle dignité ; elle pense aux humiliations du Verbe incarné, et elle se confond dans son propre néant. A tous les éloges qu’on lui donne elle ne fait qu’une réponse qui peint bien le sentiment qui l’anime : « Je suis la servante du Seigneur : Ecce ancilla Domini ». Vous me parlez d’être sa Mère, je ne suis que son humble servante. Et non contente de croire qu’elle n’est rien par elle-même, elle désire que tout le monde soit persuadé de son néant, afin qu’on rapporte à Dieu seul toute louange et toute gloire. Aussi, dans son sublime cantique, nommé par saint Ambroise l’Extase de l’humilité, elle redit à tous les siècles que Dieu abaissa ses regards sur la bassesse de sa servante, et que pour cela toutes les générations l’appelleront bienheureuse. Quelle humilité, qui ravit le Ciel et détermine le Verbe de Dieu à descendre du trône de sa gloire jusque dans les profondeurs de notre néant : « Humilitate concepit ! » Que l’exemple de notre Mère nous persuade que l’humilité est la source de toutes les grâces et la meilleure disposition pour la réception de la divine eucharistie. « Pour être des vases d’élection propres à recevoir Jésus-Hostie, il faut au moins, dit saint Augustin, être vide de soi. Dieu s’éloigne des superbes, mais il se donne aux âmes humbles ». Jésus, Marie, faites qu’à chaque communion nous soyons dans les mêmes dispositions d’humilité qui vous animaient au moment de l’Incarnation.

 

Méditations

 

O mon âme !  Tu as reçu souvent cette semence sacrée de la parole de Dieu. N’as-tu pas de reproches à te faire à ce sujet ? Ne l’as-tu pas presque toujours écoutée avec indifférence, comme s’il s’agissait de choses qui t’étaient étrangères, ou par un motif de curiosité, sans avoir l’intention d’y conformer ta conduite ? O mon âme, malheur à toi si tu profanes les dons de Dieu ! Jésus te dit : « Vous savez ce qui est écrit dans la loi : vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout vos forces ; et voici le second commandement qui est semblable à celui-ci : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Toute la loi et les prophètes sont compris dans ces deux commandements ».


Prière

 

Il n’est que trop vrai que j’ai souvent imité votre apôtre Pierre dans son infidélité. Je vous ai renié plusieurs fois, ô le meilleur des maîtres ! J’ai sujet de trembler lorsque je considère mon indifférence pour le péché, et de l’autre. Permettez, ô mon Dieu ! Que je vous demande encore une fois pardon. C’est maintenant que je sens combien il est amer de vous avoir abandonné.


Résolutions : Dès ce moment, je veux faire profession d’une dévotion particulière envers la sainte Vierge : je réciterai le chapelet, je rejoindrai un groupe de prière en son honneur. Lorsque je serai assez heureux pour être en grâce avec mon Dieu, je ferai tous mes efforts pour ne pas lui déplaire à nouveau. Je résisterai courageusement aux perfides suggestions du démon et je ne cesserai d’implorer le secours du ciel pour y réussir.


Un Je vous salue Marie

 

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2 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

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3 décembre

L'incarnation du Fils de Dieu

 

« Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous. » (Jean 1)

 

Si le mystère de l’Incarnation a été si admirable dans sa préparation, il ne l’est pas moins dans son accomplissement. Sans doute, le Verbe était libre de s’unir à telle nature qu’il aurait choisi. Il a choisi la nature humaine. Et cela, dit saint Léon, parce qu’il fallait que le démon fût vaincu dans cette nature que lui-même avait vaincue.

Le temps prédit par les prophéties étant arrivé, un de ceux qui compose la milice céleste, fut choisi pour porter sur la terre la nouvelle des grandes miséricordes qui allaient s’opérer. Il reçut l’ordre de se rendre auprès de celle que Dieu avait prédestinée de toute éternité pour être la mère de son Fils. Chargée de cette mission incomparable, l’archange Gabriel, (ce nom signifie ‘’Force de Dieu’’) quitte le séjour de la béatitude et descend sur la terre. De quel côté ira-t-il. Va-t-il se diriger vers cette cité orgueilleuse, Rome qui s’arroge le titre de capitale du monde, et chercher dans le palais des Césars, la créature privilégiée qui doit porter dans son sein le trésor du ciel et le salut de la terre ? Vraiment, les desseins de Dieu sont sublimes et impénétrables ! Cette puissance divine est admirable. Elle se sert des instruments les plus fragiles pour opérer les plus grandes merveilles.

L’envoyé du ciel est envoyé vers un humble bourg de la Galilée, vers un village à peine connu. C’est là qu’une Vierge, dérobée au monde, mène une vie retirée. La faveur que le ciel lui accorde ne suscitera pas les applaudissements de ses concitoyens. Personne ne publiera cette glorieuse nouvelle. L’heureuse créature qui vient d’être initiée aux mystères célestes, ne montrera pas le moindre empressement à se faire connaître pour la mère de Dieu. Ce que Jésus Christ apprécie le plus en elle : elle est humble et chaste.

 

Méditation

 

O mon âme ! Quelle leçon pour toi ! Dans l’exécution de ce profond mystère, le Verbe éternel descend du trône qu’il occupe dans le ciel, à la droite du Père. Il vient parmi les hommes et s’enferme pendant neuf mois dans le sein d’une Vierge. Est-ce que je crois à un tel acte d’humilité de la part de mon Dieu ? Que je suis éloigné de la ressemblance que je dois avoir avec mon divin modèle ! Moi qui me crois supérieur aux autres ; qui suis si plein de joie lorsque je m’aperçois que mes talents et mes bonnes œuvres sont connues et publiées ; moi qui savoure avec tant de plaisir les louanges qu’on m’adresse sur des qualités que je ne possède pas.

 

Prière


Quelle leçon pour toi ! Dans l’exécution de ce profond mystère, le Verbe éternel descend du trône qu’il occupe dans le ciel, à la droite du Père. Il vient parmi les hommes et s’enferme pendant neuf mois dans le sein d’une Vierge. Est-ce que je crois à un tel acte d’humilité de la part de mon Dieu ? Que je suis éloigné de la ressemblance que je dois avoir avec mon divin modèle ! Moi qui me crois supérieur aux autres ; qui suis si plein de joie lorsque je m’aperçois que mes talents et mes bonnes œuvres sont connues et publiées ; moi qui savoure avec tant de plaisir les louanges qu’on m’adresse sur des qualités que je ne possède pas.

 

Résolutions : Je m’exercerai particulièrement à acquérir l’humilité, puisque c’est cette vertu qui me rendra semblable à Jésus. Elle est à juste titre appelée le trésor assuré de toutes les vertus. Je me transporterai souvent en esprit dans le ciel, pour y considérer la place qui m’y est préparée, et pour m’animer, par cette vue, à porter ma croix avec courage.

 

Un Je vous salue Marie

 

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1 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

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Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

Le mois de décembre est traditionnellement appelé le « Mois de Jésus Naissant ». Nous allons revisiter tous les épisodes qui précédèrent et suivirent la naissance de Jésus. Ces méditations quotidiennes nous aideront à bien vivre cette période de l’Avent qui a commencé le 4° dimanche avant Noël. L’Avent (du latin adventus, « venue, avènement »), est la période durant laquelle les fidèles se préparent à célébrer simultanément la venue du Christ à Bethléem il y a deux mille ans, sa venue dans le cœur des hommes de tout temps et son avènement dans la gloire à la fin des temps : « Il est venu, Il vient, Il reviendra ! ». L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la Croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché. Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe. Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

 

1er décembre

Pour quelle fin l'homme a-t-il été créé ?

 

« Les humains font des projets, mais c'est le Seigneur qui prend les décisions. L'être humain croit toujours qu'il agit bien, mais le Seigneur juge le cœur. Confie au Seigneur ce que tu fais, et tes projets se réaliseront... Les humains tracent leur chemin, mais c'est le Seigneur qui assure la marche ». (Proverbes16, 1-9)

Dieu voulant créer le ciel et la terre, se proposait une fin qui fut digne de lui, et qui fut conforme à sa puissance, à sa sagesse, à sa bonté, à sa sainteté. Au chapitre 16 des Proverbes, la Parole de Dieu nous dit que Dieu a tout créé pour lui-même, c’est à dire pour son honneur et sa gloire et afin que par la considération des créatures, on puisse parvenir à connaître le Créateur. Dieu a tout créé non seulement par sa toute puissance et par sa sagesse infinie, mais aussi par sa bonté, et pour communiquer les biens aux créatures. Il distribue à chaque créature autant de bien qu’elle peut en recevoir pour être ce qu’elle doit être selon les desseins de Dieu. Avant de créer l’homme, il avait déjà créé un nombre infini d’anges qui étaient capables de connaître leur Créateur, de l’aimer et de le posséder par l’amour. De plus, il avait déjà récompensé les bons anges par la béatitude qui durera éternellement. C’est pour une fin semblable que Dieu a créé l’homme sur la terre.Vous existez, vous vivez pour connaître le Seigneur, votre Dieu, votre Créateur, pour le servir et pour mériter, en le servant, une récompense éternelle !

Considérez que Dieu est notre Seigneur, et que nous lui appartenons entièrement ; qu’il a sur nous un domaine éternel ; car il ne nous a pas seulement tirés du néant, mais c’est encore par lui que notre existence persévère ; c’est par lui que nous vivons et que nous agissons. Chaque moment de notre vie est comme une nouvelle création, et toutes nos actions dépendent de Dieu comme de leur première cause. Il s’ensuit que Dieu pourrait nous obliger à son service sans nous promette aucune récompense. Tout ce qui est autour de nous, nous avertit que nous devons servir Dieu. Nous-mêmes, nous condamnons continuellement tout ce qui ne sert plus à la fin à laquelle il est destiné. Combien de fois ne disons-nous pas : cette chose ne vaut rien, dès qu’elle est devenue inutile à notre usage. Qu’est-ce donc qu’un homme qui ne va pas à Dieu comme à sa dernière fin ? C’est comme un feu qui ne chauffe plus, comme le soleil qui n’éclaire plus. Dieu a créé l’homme pour son honneur et sa gloire. Nous devons parvenir à cette fin afin de le louer éternellement.

 

Méditation

 

O mon âme ! Ce motif ne suffit-il pas pour t’engager à faire tout ce que Dieu te demande ? Mais ce qui mérite ta reconnaissance, c’est que Dieu qui t’a créée pour son service, a voulu par ce moyen te faire parvenir à la vie éternelle du paradis, dans la multitude des anges, où lui-même sera ta récompense. Tous les travaux de cette vie peuvent-ils être mis en comparaison avec cette récompense éternelle ?


Prière

 

Seigneur, Créateur du ciel et de la terre, je Vous appartiens, c’est pour Vous et pour Votre gloire que je suis créé. Pardonnez-moi d’avoir vécu selon mes passions, pour ma vanité ou ma sensualité et aidez-moi à Vous appartenir. Aidez-moi à vivre non pas pour le monde, selon ses règles mais pour Vous et pour Votre Loi. Aidez-moi à servir Votre gloire en donnant de bons exemples à mon prochain.


Résolutions : Je réfléchirai aux moyens d’honorer mon Créateur. Je rendrai grâce à Dieu pour tous les bienfaits qu’il ne cesse de me prodiguer et je lui demanderai pardon pour la créature ingrate que j’ai été en abusant du bienfait de la vie. Je méditerai sur le bonheur que Dieu veut pour moi : Il veut me rendre heureux en lui et par lui.

 


Un Je vous salue Marie

 

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13 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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14 décembre

Joseph prépare le refuge

 

« Samuel fit ce que l'Eternel avait dit, et il alla à Bethléem. Les anciens de la ville accoururent effrayés au-devant de lui et dirent: Ton arrivée annonce-t-elle quelque chose d'heureux ? » (1 Samuel 16,4).

« Il faisait presque nuit quand Joseph et Marie arrivèrent enfin dans la grotte. Joseph se hâta de préparer en dehors un siège pour la Sainte Vierge, afin qu’elle pût se reposer pendant qu’il pénétrerait dans la grotte et la déblaierait... Après avoir allumé une lampe, il y introduisit Marie qui s’assit sur la couche qu’il avait soigneusement disposée au moyen de couvertures. Joseph lui témoigna encore son profond regret de n’avoir qu’un si pauvre gîte à lui offrir ; mais Marie, au fond de son âme, était satisfaite et joyeuse. Après avoir amené l’âne et l’avoir attaché assez loin d’eux pour qu’il ne causât aucune gêne, Joseph étendit, devant les ouvertures de la voûte, des couvertures qui les garantirent de l’air extérieur ; puis il s’arrangea une couche près de la porte de la grotte. Le sabbat commençait. Durant l’après-midi du sabbat, Joseph et Marie allèrent jusqu’à une autre grotte pas très éloignée de la leur et prièrent longuement. Marie avait prévenu Joseph que la naissance de l’enfant aurait lieu à minuit... Elle l’avait prié de ne rien épargner pour recevoir et honorer dignement à son entrée dans le monde, l’enfant promis par le Seigneur et surnaturellement conçu. Elle voulait aussi qu’il priât avec elle pour tous ceux qui avaient si durement refusé de la recevoir... » (Visions d’Anne-Catherine Emmerich,T.1, Chap. XI, Éditions Téqui)

 

Méditation

 

O mon âme ! Considère Joseph dans le refuge qui après avoir fait tout son possible pour aménager l’humble demeure, se met à l’écart et prie. Il est présent, mais discret et toujours efficace. Ô mon âme ! Es-tu, toi aussi, au service ? Cherchant à faire le maximum pour aider, pour servir ? Prends exemple sur Joseph. Ne sois pas effrayée par les difficultés, les conditions parfois difficiles que t’offre la vie. Fais de ton mieux et prie le Seigneur.

 

Prière


Mon doux Jésus ! Quel étrange spectacle s’offre en ce moment à mes yeux ! Je vous vois et vous adore ! O mon divin Rédempteur ! Jusqu’où va donc votre amour pour les hommes ? Était-il nécessaire que vous vous soumettiez à tant de pauvretés ? Je veux apprendre de vous à endurer sans me plaindre les injustices qui pourront être commises envers moi.

 

Résolutions : Je regarderai les pauvres comme les membres vivants de Jésus, et j’augmenterai aujourd’hui la somme de mes aumônes, puisque la Bible dit que la charité couvre une multitude de péchés. Dans la maladie, j’unirai mes souffrances à celles de Jésus, Marie et Joseph. J’éviterai de me laisser aller aux murmures ou à l’impatience, en me rappelant que Jésus a enduré les tourments les plus cruels sans proférer une seule plainte.

 

Un Je vous salue Marie

 

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3 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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4 décembre

Joseph de la lignée de David

 

« Mathan engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle naquit Jésus que l'on appelle « Christ ». » (Matthieu 1,16)

 

Le rôle de Joseph dans le mystère de Jésus est beaucoup plus important que nous ne l'imaginons souvent. Nous pensons à juste titre d'ailleurs que Joseph a été donné par Dieu à Marie et à Jésus pour être leur protecteur. On parle de Joseph comme étant le père nourricier, le chef de la famille sainte tout cela est parfaitement vrai. Joseph a été à côté de Marie pour la soutenir, il a été l'éducateur de Jésus. Mais, derrière ce rôle évident, il y a peut-être des profondeurs auxquelles nous ne pensons pas toujours.

Tout d'abord, et c'est extrêmement important, Joseph n'est pas seulement un père nourricier, ou un père adoptif pour Jésus, il est son père légal. C'est lui qui est le chef de famille et qui, selon la coutume des juifs, donne à Jésus, cet enfant dont il n'est pas le père biologique, mais dont il est le père par la volonté de Dieu, il lui donne son ascendance. En effet, dans la tradition juive, c'est le père légal qui assure l'ascendance à son enfant. Vous n'avez peut-être pas fait attention, mais constamment, dans ces textes qui entourent l'enfance de Jésus, on nous rappelle que Joseph était fils de David. C'est ce que saint Luc nous dit au moment de l'annonciation : « L'ange Gabriel fut envoyé à Marie, une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ». A aucun moment, il ne nous est dit que Marie appartenait à la tribu de David. C'est Joseph qui fiancé, époux de Marie, donne à Jésus cette descendance davidique. D'ailleurs, au moment même de la nativité, toujours saint Luc nous explique que si elle s'est produite à Bethléem, c'est à cause du recensement qui avait été décidé à cette époque-là, chacun allait se faire recenser dans sa ville et Joseph monta de Galilée à Nazareth en Judée, à la ville de David, qui s'appelait Bethléem, parce qu'il était de la maison et de la lignée de David. Saint Matthieu nous rappelle que c'est par Joseph que David est l'ancêtre de Jésus.

 

Méditation

 

O mon âme !  Considère combien cela est important puisque toutes les prophéties, depuis celle adressée au roi David lui-même sont sans cesse renouvelées par les prophètes d'Israël. Il est annoncé un Messie, un sauveur, un roi selon le cœur de Dieu, et ce roi sera le descendant, la descendance par excellence de David, et c'est par Joseph que s'accomplit le lien entre la promesse faite à David et sa réalisation en Jésus.

 

Prière

 

Jésus, Fils de David, ayez pitié de moi. Je suis réduit à l'état le plus affreux et le plus digne de votre compassion : la lèpre du péché a tellement défiguré mon âme, qu'elle n'ose se présenter devant vous. Mais plus mon mal est grand, plus la foi que j'ai en vous devient vive et ardente. Aidez-moi à recouvrer la santé de mon âme. Donnez-moi l'esprit de douleur pour vous être agréable. Dites seulement une parole et mon âme sera guérie.

 

Résolutions : Je ferai ma plus douce occupation de la lecture des livres saints. Je méditerai attentivement les oracles émanés de la bouche de Jésus Christ et je m'appliquerai à rendre ma vie conforme à celle de mon divin modèle. Je regarderai les pauvres comme les membres vivants de Jésus, et j'augmenterai aujourd'hui la somme de mes aumônes, puisque c'est le véritable moyen d'imiter la charité de ceux qui ont enseveli le corps du Sauveur.

 

Un Je vous salue Marie

 

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4 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Cinquième Jour

Un Saint pour guide

 

Or, en ce temps, apparut à Assise un homme choisi du ciel pour en montrer la voie. C’était un jeune converti, enfant de cette cité même, que devaient illustrer son nom et ses vertus. On le nommait François, petit nom familier qu'avaient acquis au jeune assisiate son remarquable attrait et de rares aptitudes peur notre chère langue française, mais Jean était le nom que lui avaient donné ses parents au jour de son baptême. Fils de Bernadone, riche négociant d‘Assise, et de Pica, admirable chrétienne, François vit s'écouler sa jeunesse au sein de la richesse et en donna le meilleur aux attraits et aux amusements de, cet âge... Jusqu'à ses vingt-quatre ans, Jean Bernadone, ou plutôt, François l'aimable, « la Fleur de la jeunesse d'Assise », comme se plaisaient à l’appeler ses compatriotes, François prit bonne part des jouissances de la vie. Au sein du monde, et roi de ses fêtes, tout souriait à ses yeux, tout chantait à son oreille et tout semblait devoir y captiver son cœur.

Mais, sans qu’il put s'en douter, François était attendu par le Ciel au seuil de cette vingt-quatrième année de son âge. A Spolète, la maladie vient terrasser le jeune homme, et des ombres de la solitude où il languit, va briller la lumière. Une Voix mystérieuse l’interpelle soudain : « François, lut fut-il dit, durant une nuit d'insomnie pénible, François, lequel des deux peut faire le plus de bien: le serviteur ou le maître? » « Le maître », répondit-t-il vivement. « Eh bien, alors, reprit la Voix, pourquoi donc abandonnes-tu le mettre pour le serviteur, le seigneur pour le vassal? » « O mon Dieu, s’écria l'ardent jeune homme, que voulez-vous que je fasse ? » « Retourne à ta ville : là il te sera dit ce que tu dois faire ».

A partir de cette époque, date la conversion de François. Il vit en anachorète, tout occupé des pauvres, mais surtout de son Dieu, rêvant sans cesse à tous les moyens de l'aimer et de le servir plus parfaitement.

Deux ans plus tard, François jetait les fondements de son ordre après avoir abdiqué, sur la parole du Saint Évangile, tous les biens dont il pouvait jouir ici-bas et convié ses premiers disciples à s’enrôler, comme lui, sous l'étrange mais si glorieuse bannière de la très sainte et divine Pauvreté.

Tel est l'admirable guide destiné par le ciel à Claire de Sceffi. Dieu l’a choisi pour qu’il montre à la jeune vierge la voie qu’elle doit suivre. L'Esprit Saint, qui parle par sa bouche, va la ravir au monde, et les conseils, les Sublimes exemples d'un tel Saint, l’auront bientôt transportée elle-même aux sommets de cette perfection idéale que rêve son amour.


Réflexions et avis


Nous sommes les enfants des saints, motif incontestable pour nous de les imiter... Ce qu ’ils ont fait, ne le ferions-nous pas ? Sommes-nous d’une faiblesse, d'une fragilité plus grande que ces généreux élus, où furent-ils d‘une nature autre que la nôtre ? Nullement ! Les saints que nous admirons au ciel et qui nous sont donnés pour modèles ne furent point d’une autre nature que nous. Faibles créatures en eux-mêmes, inclinés au mal par la pente fatale qui y porte les malheureux humains, ils eurent, comme nous, cette vie de lutte et de souffrance, qui est le partage,des pauvres exilés d'ici-bas... ils surent ce qu'il en coûte pour résister en mal, faire le bien et remporter à ce prix, par ces pénibles mais glorieux combats, la patine du triomphe.

Saint François d'Assise lui-même, si ardent, si généreux qu il fût, n'échappa point à cette condition malheureuse, qui tend sans cesse à faire prévaloir la nature un détriment de la vertu. Mais s’il dut en éprouver les fâcheuses tendances, il eut, du même coup, les combattre et en triompher. Touchants, nombreux et admirables sont de pareils traits dans sa vie. Sent-il à la vue d’un lépreux le dégoût lui soulever le cœur ? Raison pour lui de courir vers le pauvre ladre et de l'embrasser... Est-ce une humiliation qui lui coûte ? Le voilà s'y enfonçant au double et au triple... Un acte de mortification qui lui pèse ? Il saura s'y livrer et l’accomplir au delà même de toutes ses rigueurs...

Soyons généreux à l’exemple des saints, n’écoutons pas la nature si opposée à l’esprit de Dieu. Il faut tout craindre, hélas ! de ses exigences le sentier est glissant sous nos pas ; cheminons avec précaution ; car nous portons dans des vases bien fragiles le don précieux de la grâce. Le démon, la chair et le monde cherchent à nous porter au mal... et de nous-mêmes, quelle est notre faiblesse pour y résister ! À chacun de se tenir en garde contre la tentation, et toujours l'arme en main pour combattre et nos ennemis du dehors et les mouvements déréglés qui s’élèvent en nous.


Avis des Saints

 

« Songe que l’ennemi a caché ses pièges et tendu ses filets dans le chemin où tu marches ». (Saint Bernard) « Veillez bien sur vous-même de peur de vous laisser écarter de la bonne voie par les enseignements et les conseils de qui que ce soit ». (Saint François d'Assise) « Fuyez le monde et mettez généreusement le respect humain sous vos pieds ». (Saint Paul de la Croix) « Le plus sûr chemin pour arriver au ciel, c'est le renoncement à sa propre volonté ». (Sainte Colette de Corbie).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Christine. dans le monde son amie intime et la pieuse confidente de ses pensées (XIIIe siècle).


Une fois au cloître, Claire ne tarda pas à l'y attirer par ses vertus, et Christine eut l'insigne bonheur de vivre de longues années en compagnie de sa sainte amie. devenue la mère de son âme. Ses historiens font l’éloge de sa grande pureté de cœur. « Elle vécut quarante-trois ans à Saint Damien et y mourut en 1258, laissant de sa longue vie dans le cloître un souvenir embaumé qui garde son sépulcre dans l'église de Sainte Claire à Assise.

Pratique : Choisir pour patron spécial et pour modèle de notre vie intérieure le Séraphin d’Assise, le conjurer de guider nos pas dans le sentier de la perfection chrétienne.


Prière


Comme vous, admirable Mère, j’ai l’ineffable bonheur de cheminer dans le sentier du Ciel, mais que la voie est glissante parfois sous mes pas mal affermis… Comme j’ai besoin alors d’encouragement et de force... Aidez-moi, ô Mère, de votre saint appui, afin que je surmonte vaillamment les difficultés de la route et que j’arrive heureusement au port du salut. Ainsi soit-il !

 

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27 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

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Vingt-huitième jour

Notre Dame de Bon Garant

 

La contrée qui s’étend au nord-ouest de Nantes, et qu’occupait jadis la vaste forêt dont j’ai parlé déjà, compte beaucoup de sanctuaires consacrés à Marie et dont l’origine se perd dans la nuit des temps. (le culte y fut-il porté par les premiers chrétiens que la persécution forçait à s‘y réfugier ? Fut-il un moyen employé pour vaincre les druides dont les pratiques superstitieuses y trouvaient un asile impénétrable ? Nul ne le sait, nul sans doute ne le saura jamais. Ce qui est certain, c’est que Marie possède sur ce territoire plusieurs chapelles vénérées depuis de longs siècles : à Nantes, N. D. de Miséricorde ; à Orvault, N. D. des Anges ; à Treillières, N. D. des Dons ; à Grandchamp. N. D. des Fontaines ; au Temple, N. D. de Toutes Vertus ; à Sautron, N.-D. de Bon Garant. Et une légende populaire prétend que jamais le tonnerre ne tombe dans le triangle formé par N. D. des Anges, N. D. des Dons, et N.-D. de Bon Garant. C‘est de celle-ci que je viens vous parler ce soir.

Les druides ont habité ce pays, et les monuments en témoignent. Les Romains y sont venus après eux et ils y avaient porté le culte de leurs fausses divinités. Où le diable avait été honoré, les chrétiens voulurent honorer le vrai Dieu.

Les traditions rapportent que de pieux ermites s‘y sanctifièrent : ce qui les confirme, c’est que, dans le champ de l‘Ermitage, les paysans heurtent encore du sec de leur charrue les débris d'un très antique monument, et que, dans la chapelle actuelle on vénère toujours la tombe anonyme d'un ermite, mort, il y a bien des siècles, en odeur de sainteté.

Les Normands, vous le savez, avaient saccagé Nantes. Au milieu du XIe siècle, leurs ravages n’étaient pas tous réparés. L'église de Saint Cyr et de Sainte Julitte, située entre la préfecture et le cours Saint-André, restait en ruines. Pour la relever, Budic, comte de Nantes, et sa femme Adoïs donnèrent aux religieuses qui vivaient à l’ombre de ce sanctuaire désolé la terre de Bois Garant. Bientôt Saint-Cyr et Bois Garant passèrent entre les mains des religieuses de N.-D. du Ronceray, à Angers ; le second devint un prieuré.

Une chapelle, si elle n’existait déjà, y fut fondée, et un chapelain ne tarda pas à y accueillir le peuple chrétien. Celui-ci, en effet, aimait la petite chapelle ; le Bois Garant était devenu le Bon Garant, et, encouragé par ce nom plein de promesses, on y venait prier Notre Dame. Marie récompensa par d’éclatants et nombreux miracles, c’est un duc de Bretagne qui en témoigne, la confiance de ses fidèles, et le concours s’en accrut encore. Mais la chapelle était antique, trop étroite et maltraitée parle temps, indigne de Marie par conséquent. Un plus bel édifice allait lui succéder.

Non loin de Sautron, dans le bourg même de Couëron, s’élevait le château ducal de la Gazoire, où François II aimait à résider. La forêt voisine de Sautron était aussi propriété des ducs, et François, ami des fêtes et des plaisirs, y déployait souvent le luxe de ses chasses princières. À deux pas de Bon Garant, il possédait un rendez-vous de chasse, l’antique manoir de Bois-Thoreau. J’ai dit déjà qu’il était très religieux ; non content d’avoir rebâti quelques années auparavant N. D. des Dons, il voulut aussi relever de ses ruines la chapelle de Bon Garant. Était-ce à la suite d’un vœu, comme le rapporte la tradition, et pour remercier Marie de l’avoir garanti à la chasse d’un terrible danger ; et faut-il croire que le taureau sauvage auquel il échappa, grâce à la protection de la Vierge, donna son nom au manoir voisin ? Était-ce, connue l‘affirme un vieil auteur, messire Vincent Charron, pour obtenir de la Vierge qu’elle garantit sa Bretagne contre les entreprises des Français ? Ce qui est incontestable, c’est qu'il fit les choses princièrement. Il rebâtit la chapelle en belles pierres de granit, et il y ajouta, pour le prêtre chargé de la desservir, un manoir qui existe encore. La dédicace de l’église se fit solennellement : le duc, la duchesse, toute la cour étaient la, déployant leurs riches costumes sous les yeux de la foule émerveillée ; et l’évêque de Sinople, coadjuteur de Rennes, procéda à la consécration.

Après ces fêtes, le pèlerinage prit un essor plus grand. Le duc allait a Bon Garant entendre la sainte messe avant de partir pour la chasse : c’était la chapelle ducale, et la tribune réservée à la cour, ainsi que les armoiries et les hermines bretonnes, en témoignent encore. François d‘ailleurs l’aimait beaucoup et lui-même, dans un acte qui subsiste, parle de sa « singulière dévotion » pour elle.

Les pèlerins y accouraient en grand nombre et laissaient de généreuses offrandes. Le chapelain, messire Jehan Charette, les recueillait et, dans sa charité, il voulut en faire bénéficier les pauvres. Il construisit un vaste asile pour héberger les pèlerins et recevoir gratuitement les pauvres gens qui venaient de fort loin invoquer Marie. Le duc lui-même ne dédaignait pas d’y descendre avec les seigneurs de sa suite « toutes et quantes fois » qu’il venait à sa chère chapelle, et le chapelain s’empressait à honorer le prince bienfaiteur. Aussi François, à sa prière sans doute, pour aider les pèlerins « qui y affluent et abondent » à cause des merveilleux et innumérables miracles qui s’accomplissent en ces lieux ; « pour l‘honneur et révérence de Dieu et de la benoiste Vierge Marie Notre Dame » ; pour participer « aux mérites, oraisons, pèlerinages et prières » de la foule chrétienne ; et aussi pour la « singulière dévotion » qu’il éprouve envers ce petit sanctuaire, exempte d'impôts à perpétuité l'asile charitable bâti par le bon prêtre.

Après l’avoir assidûment visitée durant les jours de sa prospérité, François put saluer encore sa chère chapelle a la veille de mourir. Vieilli parle chagrin plus que par les années, attristé par les menaces de la France, et les inquiétudes de l'avenir, le prince s'était retiré avec ses deux filles au château de la Gazoire. Bien que malade et épuisé, il chassait encore dans la forêt de Sautron. Un jour, sans doute, suivant sa coutume, il avait entendu la messe à Bon Garant, il fit une chute de cheval. On le transporta dans son manoir du Bois-Thoreau, d’où il put jeter un dernier regard sur sa chapelle tant aimée, et de là à la Gazoire. Quelques jours plus tard, il y mourait chrétiennement.

Bon Garant ne devait plus voir de ducs ni de cortèges princiers à ses fêtes. Marie cependant continua d’y recevoir les hommages de ses fidèles. Chaque année, le 2 juillet, fête de la Visitation, les paroisses d’alentour s’y rendaient en procession, et l’on comptait ordinairement plus de 15 000 pèlerins. Malheureusement des désordres s’y glissèrent et l’évêque les interdit. Les voisins du moins ne cessèrent pas de visiter la chapelle ; la paroisse de Sautron garda l’usage d’y faire la procession du mois, et chaque vendredi on y célébrait la sainte messe.

Au XIVe siècle, la première chapelle avait essuyé sans dommage le feu des canons anglais (1381) ; et les paysans avaient accumulé dans un Coin du monument, comme un singulier ex-voto, les boulets recueillis aux alentours. La Révolution les transporta à l’arsenal de Nantes, mais là se bornèrent ses déprédations. Et si l’antique pèlerinage n’a plus l’éclat d’autrefois, si le chapelain n’occupe plus son manoir, si l’asile charitable n’est plus ouvert aux pauvres gens, la chapelle subsiste cependant, soigneusement restaurée dans le goût du XVe siècle, et les chrétiens du voisinage y vont toujours prier Notre Dame de Bon Garant.

Le chanoine Vincent Charron écrivait au XVIIe siècle : « Cette chapelle commença dés lors à être fréquentée des peuples non seulement circonvoisins, mais aussi des lieux les plus éloignés de la province, et fut nommée Nostre-Dame de Bon Garant, tant pour ce que le duc François demandait à la Vierge qu’elle le garantit des courses des Français, contre lesquels il avait guerre pour lors, que parce qu’elle garantissait et défendait tous ceux qui la réclamaient sous ce nom-là ».


Marie, gardienne de la patrie, Marie, bouclier des chrétiens contre les dangers qui les menacent, voilà ce que signifiait autrefois Notre Dame de Bon-Garant, voilà à quels titres nous devons encore l’invoquer aujourd’hui. Vous connaissez, mes Frères, le texte du Psalmiste : « Si le Seigneur ne protège un état, c'est en vain qu’ils veillent ceux qui sont chargés de sa garde ». C’est la religion qui est la sauvegarde des Etats ; c’est Dieu seul qui est capable de les sauver. Marie partage cette charge avec lui, et elle protège les peuples qui se réclament de sa protection. Il en est un qu’elle aime par dessus tous les autres. Nous sommes toujours les fils aimants de la Bretagne ; mais nous sommes aussi les fils de la France : et c’est la France qui est la plus aimée de Marie, la France dont on a dit qu’elle est sur terre le royaume de la très sainte Vierge, regnum Galliæ, regnum Mariæ. Ne l’oublions pas, mes Frères, et dans ces jours inquiets, jours de transformations sociales, de dangers extérieurs, de dissensions intimes, aimons à invoquer, comme autrefois François Il, le père d’Anne de Bretagne, deux fois reine de France, Notre Dame de Bon Garant.

Si la patrie court des dangers, nous aussi nous sommes exposés parfois à des malheurs, à des accidents terribles et de toute nature. Pourquoi n'imiterions-nous pas nos pères ? Quand grondait le tonnerre, ils invoquaient sainte Barbe ; quand la peste jetait partout l’épouvante, ils se vouaient à Notre Dame des Langueurs, à Saint Roch, ou bien encore à Saint Sébastien d’Aigne ; dans les dangers de toute sorte, ils recouraient a Notre Dame de Bon Garant : et souvent leur confiance naïve était récompensée. La foudre gronde toujours et, malgré nos paratonnerres, elle fait de nombreuses victimes ; la contagion sévit très souvent encore, et les sérums ne suffisent pas à la rendre inoffensive ; les chemins de fer et les automobiles n’ont pas supprimé les périls des voyages ; la vapeur n’a guère diminué le nombre des naufrages; les fusils n’ont fait qu’augmenter les dangers de la chasse... Comme autrefois, nous courons des dangers, comme autrefois nous sommes exposés à des accidents, comme autrefois mettons notre confiance en Notre-Dame de Bon-Garant.

ND de Nantes

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25 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

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Vingt-sixième jour

Notre Dame du Rosaire

 

Je viens vous parler, ce soir, de Notre Dame du Rosaire. Ce titre nous rappelle une dévotion dont on peut dire, assurément, qu’elle est catholique plus qu’aucune autre, puisqu'elle est répandue partout et que les Papes ne se lassent pas de la recommander ; on peut dire aussi pourtant que c’est une dévotion bretonne, et j'espère vous le démontrer. 

Vous savez que le rosaire nous vient de Saint Dominique, qui le reçut de la Vierge elle-même. Or, ce saint est venu en Bretagne et passa quelques jours dans notre ville de Nantes. Il y venait voir la duchesse Alix, femme de Pierre de Dreux. Cette princesse lui demanda des religieux de son ordre. Le baron de Vitré leur offrait son hôtel « Scitué près l'hôpital de la ville et le chasteau, sur le bord de la Loire, entre les portes nommées alors Drouin Lillard et la porte Briand-Maillard ». Saint Dominique accepta ; mais c'est seulement dix ans plus tard, en 1228, que les dominicains arrivèrent à Nantes. Ils s’établirent dans l'hôtel de Vitré et, sous le nom de Jacobins, ils occupèrent ce couvent jusqu’à la Révolution. Vous avez tous connu les restes de leur église que l’on achève de démolir. La confrérie de N. D. du Rosaire y était établie et y tenait ses registres : peut-être faut-il faire remonter sa première origine, ou du moins la pratique du rosaire chez nous, jusqu’à cette époque. Une légende, plus ou moins fondée, affirmait qu‘un prince de la maison de Bretagne, qui s'en était allé guerroyer en Espagne contre les Wisigoths, avait mêlé son sang a celui des Guzman dont descendait Saint Dominique. Nos ducs étaient fiers de cette parenté problématique et ils favorisèrent toujours les dominicains, ainsi que les dévotions dont leur chapelle était le centre.

En 1416, saint Vincent Ferrier vint à Nantes, où il fut accueilli avec enthousiasme. Il résidait au couvent de son ordre et prêchait en ville : il donna la station de l'Avent à la cathédrale et se fit entendre au cimetière de Saint-Nicolas.

Plus tard, il alla prêcher également au Croisic et à Guérande. Saint Vincent Ferrier était un fervent du Rosaire : il avait donné un pauvre chapelet de bois a la duchesse Jeanne, fille du roi de France et femme de Jean V. Celle-ci le remit en mourant (1433) a Françoise d’Amboise, sa future belle-fille, qui le conserva précieusement et le laissa a ses religieuses des Couëts. Sauvé de la Révolution, il fut donné par Madame de la Salmonière, ancienne carmélite des Couéts, au couvent de la Grande Providence, où il se trouve encore.

La dévotion au saint Rosaire subsistait donc chez nous. Mais elle était tombée en oubli presque partout ailleurs. Marie se servit d’un dominicain breton, Alain de la Roche, pour la remettre en honneur. Sur l‘ordre même de la sainte Vierge, le moine se mit en route ; il parcourut une partie de l’Europe, prêchant partout sa chère dévotion. Il était à Nantes en 1479. La bienheureuse Françoise d’Amboise le fit prier de se rendre à son couvent des Couëts. « Il y vint et prescha des excellences de la Mère de Dieu et de son saint Rosaire ; et, après plusieurs conférences spirituelles, la receut, elle et toutes ses religieuses, en la confrérie dudit saint Rosaire ». La croisade d'Alain de la Roche à travers le monde avait suscité bien des oppositions, et l‘on persécutait le bon Père. Françoise d'Amboise pria le duc, son neveu, de le prendre sous sa protection. François II et Marguerite de Foix, sa seconde femme, se laissèrent aisément persuader. Ils écrivirent a Sixte IV, pour lui demander l’approbation de la nouvelle confrérie. Le pape condescendit a leur désir, il approuva « cette façon de prier Dieu », et il « accorda des indulgences a ceux qui en useraient, par Bulle donnée à Rome, à 1’instance des Duc et Duchesse de Bretagne, le 9 de may l‘an 1479, le huitième de son Pontificat ». Ainsi la bulle qui remettait le Rosaire en honneur, après de longues années d'oubli, la première qui ait accordé des indulgences au simple chapelet, était donnée au monde, sur les instances des princes de la Bretagne, en résidence à Nantes. N'ai-je pas raison de dire que le Rosaire est bien une dévotion bretonne et même une dévotion nantaise ?

Deux siècles plus tard, un autre apôtre du Rosaire faisait refleurir cette antique dévotion. C‘était encore un fils de la Bretagne, et une grande partie de sa carrière apostolique s'écoula dans le diocèse de Nantes. Vous avez tous, avec moi, nommé le bienheureux Père Grignion de Montfort. Il aimait a dire, dans son langage familièrement imagé, que « jamais pécheur ne lui avait résisté, lorsqu'il lui avait mis la main sur le collet avec son rosaire ». Aussi chaque jour, durant le cours de ses missions, il le faisait réciter publiquement tout entier ; dans les processions qu’il organisait pour aller planter triomphalement la croix, il faisait porter quinze étendards, représentant les mystères, dont il donnait lui-même l’explication au peuple ; enfin partout il établissait la confrérie du Rosaire, ainsi que la pratique du chapelet en commun, chaque soir, dans les familles.

Mais c'est surtout à Pontchâteau et à Saint Similien qu’il a exalté le Rosaire. Pendant qu’il élevait la montagne artificielle, sur laquelle il voulait dresser la croix, il le faisait réciter par les travailleurs qui lui arrivaient de dix et vingt lieues a la ronde. Puis il voulut que la montagne elle-même prêchât le Rosaire. Dans le pourtour, qui formait à la base un cercle de 400 pieds, il lit planter 150 sapins, figurant les Ave Maria, et 15 cyprés indiquant les Polar. Sur le chemin en spirale qui conduisait à la plate-forme, il marqua la place de quinze petites chapelles dans chacune desquelles devait être représenté un des mystères ; enfin la plate-forme elle-même était ceinte d’un gigantesque rosaire, long de 80 mètres, et dont les grains, supportés par des piliers, étaient gros comme des boulets de canon.

A Nantes, il n’érigea pas sans doute la confrérie, puisqu’elle y existait depuis fort longtemps et avait son siège chez les Jacobins ; mais il fit connaître davantage le Rosaire. C’était vers 1708, pendant la mission qu’il prêchait à Saint Similien, Montfort résolut d’ouvrir un petit sanctuaire, qui fût le centre de sa dévotion favorite. J’ai mentionné déjà la Cour Cattuy, vieux manoir du XVe siècle, délabré mais intact, que l’on voit sur les Hauts-Pavés, et dont le peuple dit volontiers qu’il appartint jadis aux ducs de Bretagne. C’est de cette maison que Montfort fit choix pour réaliser son projet. Une chambre haute, qui déjà peut-être servait d’oratoire, devint la chapelle du Rosaire et le saint missionnaire y groupait les pieux fidèles qu‘il avait enrôlés. La dévotion inaugurée par le Bienheureux persista dans ce lieu jusqu’à la Révolution. Chaque dimanche, ou s‘y réunissait et, sous la présidence d'un vicaire de la paroisse, on récitait le chapelet. Le grand missionnaire, suivant sa coutume, pour parler au cœur en frappant les yeux, avait fait peindre en noir, sur les murs intérieurs de sa chapelle, un immense rosaire. En 1840, on l'y voyait encore, et, si la piété nantaise avait l'heureuse pensée de rendre au culte le pauvre oratoire sanctifié par notre Bienheureux, peut-être l'y retrouverait-on.

C‘est à raison de ces grands souvenirs que, après la Révolution, la confrérie du Rosaire fut établie, pour toute la ville de Nantes, dans l’église de Saint Similien. Cette belle dévotion y est toujours en honneur, et, chaque année, pendant les jours qui précèdent le premier dimanche d’octobre, on y célèbre le triduum solennel de Notre Dame du Rosaire. Elle est aussi toujours en honneur dans le diocèse de Nantes : elles sont rares les paroisses qui ne possèdent pas la confrérie du Rosaire ; ils sont rares aussi les foyers de nos paroisses rurales où l’on ne récite pas, au moins durant l'hiver, le chapelet en commun.


La conclusion de ce rapide coup-d‘œil sur l‘histoire du Rosaire dans notre pays, c'est premièrement d‘entrer dans cette confrérie. Il n’en est pas aujourd‘hui de plus répandue dans l'Eglise et qui ait été plus exaltée par les Souverains Pontifes. Il n'en est pas, c'est un fait d‘expérience, qui ait produit de plus abondants fruits de salut, il n'en est pas qui doive aller plus sûrement au Cœur de Jésus et a celui de sa très Sainte Mère qu'elle a pour but d'honorer en même temps. Il n‘en est pas de plus simple et de plus facile. Il suffit, en effet, de se faire enregistrer en un centre canonique de la confrérie, à Saint Similien par exemple, pour les fidèles de Nantes ; de posséder un chapelet rosarié ; enfin, de réciter chaque semaine un rosaire, c’est-à-dire trois chapelets, en méditant tour à tour sur les quinze mystères.

C'est, en second lieu, d’établir dans nos familles, autant qu‘il se peut faire, la pratique du chapelet en commun. Ainsi font, durant les longues soirées d’hiver, la plupart de nos familles chrétiennes de la campagne. Et je ne sais pas de spectacle plus beau que celui d’un père ou d'une mère récitant à haute voix cette prière, au milieu de leurs enfants et de leurs serviteurs qui répondent dévotement, tout en se livrant à de petits travaux. Pourquoi donc, à la ville, n’en ferait-on pas autant ? Le foyer domestique serait de la sorte transformé pour quelques minutes en sanctuaire : alors Dieu le regarderait d’un œil plus favorable, les principes chrétiens s‘enracineraient plus profondément dans les cœurs, la famille deviendrait bientôt plus croyante et plus pure. Je suis persuadé que cette pieuse coutume a largement contribué à graver la foi dans l‘âme de nos paysans bretons et vendéens. À cette heure ou la foi est plus que jamais menacée, prenons ce moyen de. la fortifier chez nous.

C’est, enfin, de posséder personnellement un chapelet, de le porter sur nous et de le dire souvent. Louis XIV se faisait gloire de le réciter ; le célèbre Pasteur, tout grand savant qu’il était, aimait à l’égrener pieusement aux pieds de la madone : ne rougissons pas de suivre leur exemple.

C’est d’ailleurs la plus belle des prières, puisqu'elle nous appelle les principaux mystères de notre foi, puisqu’elle met sur nos lèvres, avec le symbole Catholique : le Pater, dicté par Jésus Christ, et l‘Ave, divinement inspiré à l’archange Gabriel et à sainte Elisabeth. Embrassons ces pratiques, et nous pourrons, avec pleine confiance, dire à la sainte Vierge : « Notre Dame du Rosaire, priez pour nous ».

 

ND de Nantes

 

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7 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

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Huitième jour

L'Annonciation

 

Prélude : Dans l'appartement supérieur de la pauvre maison de Nazareth, Marie est agenouillée. L'archange Gabriel se tient devant elle, dans une attitude respectueuse et attentive. Marie donne son consentement à la volonté de Dieu transmise par le céleste messager.

 

Méditation

 

Marie était occupée à appeler de tous ses veux le Messie attendu par Israël, quand Gabriel arriva auprès d'elle. Il la trouva très pure, très parfaite, très sainte, remplie de grâces, et la salua avec un respect infini. La plus humble des créatures se troubla dans son humilité en se voyant saluer d'une manière si nouvelle. Puis, le Seigneur l'éclairant avec une profusion de lumières célestes, elle vit tout ce que Dieu attendait d'elle. De sa réponse dépendaient l'accomplissement des promesses et des prophéties, l'oblation du plus agréable sacrifice qui pût être offert au Très-Haut, l'ouverture des portes du paradis, le triomphe sur l'enfer, la rédemption de tout le genre humain, la satisfaction de la justice divine, l'établissement de la nouvelle loi de grâce, la gloire des hommes et la joie des anges. Marie vit tout cela et, inclinant doucement sa tête, elle prononça ces paroles qui furent le commencement de notre rédemption : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ! » À ce fiat, si doux aux oreilles de Dieu et si salutaire pour nous, le très saint corps de Jésus fut formé du très pur sang de la bienheureuse Vierge, l'âme de Jésus fut créée et unie à son humanité, le corps et l'âme de Jésus furent unis hypostatique ment avec la divinité dans la personne du Verbe.

Ô grandeur de ma Mère ! Je ferme les yeux de mon âme devant cet éclat éblouissant dont je ne puis soutenir la splendeur ! Gloire, gloire à vous, ô Marie ! Vous êtes la Mère de Dieu !!!… la Mère de Dieu ! Langue des anges, prêtez moi vos accents ; cieux, écoutez ; terre, prêtez l'oreille : Dieu n'a pas dédaigné la bassesse de sa servante, il s'est laissé enfermer par amour dans le sein de l'auguste Vierge Marie, il a exalté notre mère au-dessus de toutes les créatures, il est devenu son fils ! Ô Marie, Mère de Dieu et mère des hommes, n'oubliez pas vos enfants de la terre et intercédez pour eux auprès de votre fils du ciel !

 

Résolution : Réciter l'Angélus avec beaucoup de fidélité, dans l'intention de glorifier la maternité divine de Marie.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, abîme de merveilles ! » (Saint Pierre Damien).

 

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Exemple

Marie et Pie IX

 

Le glorieux Pontife qui gouverne l’Église à cette heure a attesté bien des fois que, dès sa plus tendre enfance, rien ne lui a été plus cher et plus précieux que la gloire de Marie. C'est à genoux devant cette image de la Reine des anges que le jeune Mastaï Ferretti fit vœu de consacrer sa vie entière à la gloire de Dieu et à l'honneur de sa divine Mère, et il a déclaré que, c'est à Marie qu'il doit la grâce de sa vocation au sacerdoce et la sainteté nécessaire pour arriver à cette sublime dignité.

 

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4 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

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Cinquième jour

Le Vœu

 

Prélude : L'enfant de bénédiction est agenouillée. Le ciel est entr'ouvert au-dessus de sa tête. Autour d'elle, les anges sont attentifs. Dieu écoute avec une complaisance paternelle les paroles de cette douce Vierge qui a compris de si bonne heure le prix de la virginité.

 

Méditation

 

Le Très-Haut, ayant accepté avec une complaisance infinie la présentation et l'entrée de Marie au temple, confirma l'acceptation de tous les désirs de la bienheureuse Vierge par l'approbation du beau vœu qu'elle fit avec tant de gloire en présence de tous les esprits angéliques.

« Souverain Roi, Dieu incompréhensible, s'écria la douce enfant, qui êtes-vous et qui suis-je pour que vous daigniez regarder celle qui n'est que poussière et qui est si indigne de vos hautes faveurs ?... Je vous prends, mon Seigneur et mon Roi, pour mon Epoux, et je m'offre pour être votre servante. Mon entendement, ma mémoire et ma volonté n'auront plus d'autre fin, d'autre objet ni d'autre désir que vous, qui êtes mon souverain bien, mon véritable et unique amour. Je veux oublier toutes les créatures et ne m'attacher qu'à vous et à ce que votre divine Majesté m'ordonnera.

Seul, ô mon Bien-Aimé, vous serez pour votre Epouse et elle sera uniquement à vous, qui êtes le bien éternel et immuable. Je veux être chaste, et demeurer pure et vierge tout le temps de ma vie, et je ne veux point d'autre époux ni d'autre maître que vous, ô mon divin Seigneur ! »

La très chaste colombe avait re noncé à tous les attachements de la terre. Elle était et voulait être toujours tout absorbée en l'amour le plus pur de ce souverain bien, qui ne manque jamais. Elle agissait, en cela, sous l'influence de cette persuasion dont parlera plus tard sainte Agnès, une de ses plus fidèles imitatrices, qu'elle serait plus chaste en aimant Dieu, plus pure en s'approchant de lui et plus vierge en le recevant.

 

Résolution : Recourir promptement à Marie dans les tentations contre l'aimable vertu.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, porte-étendard et modèle de la virginité » (Richard de Saint-Laurent).

 

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Exemple

Un vœu de virginité

 

À peine âgé de neuf ans, saint Louis de Gonzague se préoccupait beaucoup de ce qu'il pouvait faire de plus agréable à sa divine Reine, et, un jour qu'il se trouvait au pied de son autel à Florence, il fit solennellement, en son honneur, le vœu de virginité perpétuelle. Tant de candeur et d'amour attirèrent sur le saint enfant les faveurs les plus signalées de son auguste protectrice, et il ignora, au témoignage de son confesseur, toutes les révoltes de la chair qui humilient les plus grands saints, et même n'éprouva jamais aucune de ces pensées mauvaises qui importunent sans cesse les âmes et qui font tant de victimes de l'enfer. (Vie de Saint Louis de Gonzague).

 

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3 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Présentation

 

Quatrième jour

La Présentation au Temple

 

Prélude : Au haut des quinze degrés qui conduisent au temple, les prêtres et les jeunes vierges attendent le lys d'Israël. Marie est au bas des degrés, agenouillée humblement aux pieds de Joachim et d'Anne, qui la bénissent en versant des larmes.

 

Méditation

 

Les trois ans que le Seigneur avait déterminés étant révolus, Joachim et Anne, accompagnés de quelques-uns de leurs parents, partirent de Nazareth portant avec eux la véritable arche du Testament, la très pure Marie, pour la consacrer dans le saint Temple de Jérusalem. La douce et ravissante enfant courait par ses ferventes affections après l'odeur des parfums de son Bien-Aimé, pour aller chercher dans le temple Celui qu'elle portait dans son cœur.

Quand la distance qui sépare Nazareth de Jérusalem fut franchie, le cœur de Marie fut ravi de joie. Elle entendait la voix du Bien Aimé lui dire à l'oreille de son cœur : « Viens, ô mon épouse, ma colombe, mon élue, ma toute belle, viens dans mon temple, où je veux que tu m'offres un sacrifice de louange et de bénédiction ».

Ô Marie ! le plus grand bon heur qui puisse échoir à une âme en cette vie mortelle, c'est que le Très-Haut l'appelle dans sa maison et la consacre entièrement à son service. Il la délivre par cette faveur d'une dangereuse servitude et l'exempte des misères de ce monde pervers et tyrannique. Si ce bonheur n'est pas le mien, ô ma divine Mère, empêchez-moi de fermer l'oreille à la voix du Très Haut quand il m'appelle à la solitude du cœur, rendez-moi attentive, obtenez-moi de faire ce qu'elle me dictera et de suivre fidèlement tous ses conseils. Je vous le demande, ô puissante Reine, par cette fidélité avec laquelle vous répondîtes à la voix du Seigneur quand il vous appelait à vivre dans son saint temple.

 

Résolution :S'examiner souvent sur la fidélité à la grâce.

Bouquet spirituel : Je vous salue, Marie, fidèle à courir à l'odeur des parfums de votre Bien Aimé » (Cantique des cantiques 1, 3).

 

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Exemple

La piété envers Marie récompensée

 

Saint Bernardin de Sienne montra dès l'enfance ce qu'il serait un jour, et il dut ces heureux commencements à la dévotion toute particulière envers la sainte Vierge, qu’une vertueuse parente prit soin de lui inspirer. Son amour pour la chasteté, cette vertu si chère à la Reine des anges, était si généralement connue, que sa présence suffisait pour retenir les plus dissolus. « Silence, disait-on, voici Bernardin ! » C'étaient là des présages non équivoques des grands biens qu'il opéra dans la suite par ses prédications et ses écrits. Aussi en fit-il constamment hommage à Marie, et la fête de sa Nativité fut le jour qu'il choisit pour prendre l'habit religieux, pour dire sa première messe, pour faire son premier sermon et généralement pour faire toutes les principales actions de sa vie. (Mois de Marie à l'usage des séminaires).

 

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2 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

LE SAINT NOM DE MARIE SDJ

 

Troisième jour

Le Nom de Marie

 

Prélude : Des anges apparaissent à sainte Anne et lui transmettent la volonté du Père éternel. Joachim, les autres parents de l'enfant, un prêtre, accourent, et, au milieu des concerts angéliques, pour la première fois, la terre et les cieux entendent prononcer le nom béni de l’auguste Vierge, qui devait être la gloire d'Israël.

 

Méditation

 

Le Très-Haut, voulant manifester aux anges le nom que l'adorable Trinité avait choisi pour cette bienheureuse enfant, leur dit : « Notre élue s'appellera Marie, et ce nom doit être merveilleux et magnifique. Ceux qui l'invoqueront avec les sentiments d'une dévotion sincère recevront des grâces très abondantes ; ceux qui l'auront en vénération et le prononceront avec respect seront consolés et réconfortés ; tous trouveront en lui le remède à leurs maux, des trésors pour s'enrichir et la lumière pour arriver à la vie éternelle. Ce nom sera terrible à l'enfer : il suffira pour écraser la tête du serpent et remporter d'insignes victoires sur le prince des ténèbres.

Ô Marie ! votre nom résonne à mon oreille comme une harmonie délicieuse, il laisse sur mes lèvres la saveur du miel le plus parfumé ! Ah ! sans doute, en présence des grâces et des prérogatives dont le Seigneur enrichit ce doux nom, souvent, pendant votre vie, vous vous sentiez excitée à une vive et filiale reconnaissance ! Faites-moi partager ces sentiments de gratitude et, comme la reconnaissance a besoin de se traduire par des effets, obtenez-moi d'entreprendre courageusement ce que le service du Seigneur demande de moi. Un de vos plus dévots serviteurs l'a dit avec la triple autorité de l'expérience, de la sainteté et du savoir : « O Marie ! O nom sous la garde duquel nul ne se désespérera jamais ! » Mère, je veux ré péter toute ma vie, à chaque instant de ma vie, mais surtout à l'heure de ma mort, ce nom si cher et si puissant, afin qu'il éloigne de moi le désespoir que mes misères et les ennemis de mon âme cherchent tant de fois à m'inspirer.

 

Résolution : Invoquer souvent avec une tendre et filiale confiance le doux nom de Marie.

Bouquet spirituel : Je vous salue, Marie, dont le nom est rempli de bénédictions et de grâces divines. (Saint Méthode).

 

Bx Hermann Joseph

 

Exemple

Les Fruits délicieux

 

Le bienheureux Hermann, dont la jeunesse fut si exemplaire et si agréable au Dieu des cœurs purs, prononçait très fréquemment le saint nom de Marie et en ressentait des effets prodigieux. Quand il était seul, il se prosternait contre le pavé de sa cellule, et, dans cette posture, il aimait à répéter sans cesse : « Marie !... Marie !... Marie !... Un de ses amis, qui était aussi fort dévot à la très sainte Vierge, l'ayant trouvé dans un de ces moments qu'il consacrait à honorer le nom de Marie, fut surpris de le voir si longtemps et si profondément abîmé. « Que faites vous donc, dit-il enfin, et quels sentiments vous occupent si fort ?... Je cueille, répondit Hermann, mais avec une consolation incroyable, les fruits délicieux du nom de Marie. Je le prononce, et il me semble que toutes les fleurs, que tous les parfums les plus exquis se réunissent autour de moi pour embaumer les airs, tandis qu'une certaine vertu que j'ignore remplit mon cœur d'une joie toute céleste. Je me délasse ici de tous mes travaux ; j'oublie toutes les amertumes de la vie. Je voudrais, s'il était possible, ne sortir jamais de cette position, ne cesser jamais de répéter le saint nom de Marie !... » (Année chrétienne).

 

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1 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

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Deuxième jour

La Naissance

 

Prélude

 

Les cieux sont attentifs. La terre va être l'heureux théâtre d'une naissance bénie. Dans les enfers, pendant que les démons tremblent et frémissent comme si leur puissance allait leur échapper, les âmes des justes, détenues dans les Limbes, tressaillent d'une joie inconnue.

 

Méditation

 

Le beau jour de la naissance de Marie vient réjouir le monde par l'apparition d'une créature qui avait été sanctifiée et consacrée pour être la Mère de Dieu. Cet événement, qui devait si fort honorer la terre, eut lieu le 8 septembre, à l'expiration des neuf mois qui suivirent la conception très sainte de notre Reine. Elle naissait pure, sans souillure, belle et toute pleine de grâce ; elle naissait exempte de la loi et du tribut du péché. Aussitôt les anges préposés à sa garde et beaucoup d'autres esprits célestes rendirent leurs hommages à cette douce enfant dans les bras de sa mère. Averties par le ministère des bons anges de cette heureuse naissance, les âmes justes qui attendaient dans les Limbes la rédemption d'Israël se joignirent aux concerts angéliques pour louer Dieu et exalter les grandeurs de l'enfant qui venait de naître.

Ô heureux enfantement ! Ô naissance salutaire, qui, pendant tous les siècles, avez été la plus grande complaisance de l'auguste Trinité, la réjouissance des anges, le soulagement des pécheurs, la joie des justes et l'unique consolation des saints qui nous attendaient dans les Limbes ! faites-nous ressentir les heureux effets de votre venue ! Nous aspirons au ciel, mais notre faiblesse et notre misère sont si grandes, que, sans votre aide, ô Marie, il nous semble que jamais nous ne pourrons l'atteindre ! La terre est si semée d'épines et si remplie d'épreuves, que, sans votre secours, l'exil nous parait insupportable ! Le Purgatoire nous épouvante, laissez-nous espérer que vous y viendrez bientôt nous secourir et nous délivrer : enfin, le démon et les abîmes qu'il remplit chaque jour d'infortunées victimes font notre plus juste sujet d'effroi, venez à nous, ô puissante Marie, et faites-nous ressentir tous ces heureux effets de votre naissance.

 

Résolution : Recourir avec un filial empressement à Marie dans toutes nos peines et dans toutes nos épreuves.

Bouquet spirituel : Je vous salue, Marie, aurore du soleil divin qui est Jésus-Christ.

 

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Exemple

Une naissance bénie

 

Saint Louis de Gonzague, cet ange de la terre, fut, dès sa naissance, consacré à Marie. Comme sa venue au monde était pénible et dangereuse, la marquise de Gonzague promit à la sainte Vierge que le jeune enfant lui serait consacré d'une manière toute spéciale, et qu'elle irait le porter elle-même à la sainte maison de Lorette, pour renouveler cette consécration, si la vie de son fils était sauve. Aussitôt après ce vœu, l'enfant naquit, et tout le monde sait comment le le jeune Louis fut fidèle à la promesse de sa pieuse mère. (Vie de saint Louis de Gonzague).

 

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30 avril 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

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Premier jour

Conception immaculée

 

Prélude

 

Un grand prodige apparaît dans le ciel. C'est une femme toute revêtue du soleil comme d'un manteau, la lune se balance à ses pieds, et sur sa tête douze étoiles forment un brillant diadème. Ô Vierge Immaculée, soyez-nous propice.

 

Méditation

 

Au moment de la création de l'âme de la bienheureuse Vierge, la très sainte Trinité tout entière, s'exprimant avec bien plus d'affection et de tendresse qu'au premier chapitre de la Genèse, dit : « Faisons Marie à notre image et à notre ressemblance, rendons-la notre véritable Fille et Épouse, pour en faire la Mère du Fils unique de la substance du Père ». Par la vertu de ces divines paroles et par l'effet de l'amour qui les faisait sortir de la bouche du Tout-Puissant, l'âme bienheureuse de l'incomparable Marie fut créée et unie à son corps et remplie au même instant de grâces et de dons qui l'élevèrent au-dessus des plus hauts Séraphins. Il n'y eut donc aucun moment où elle ait été privée de la lumière, de la faveur et de l'amour de son créateur : aucun moment où la tache et les ténèbres du péché originel aient pu l'atteindre de quelque manière. Elle fut au con traire créée avec une justice parfaite et une éminente sainteté.

Ô Mère immaculée, quand votre vénérable servante écrivait les paroles que je viens de lire, elle ne pouvait ajouter, comme nous, que c'était là un dogme de notre foi et que nous avions le bonheur de pouvoir proclamer comme un article de nos plus chères croyances le dogme de votre conception sans tache ! Les saints ont désiré voir le siècle et le jour béni entre tous les siècles et tous les jours où cette proclamation aurait lieu : nous n'avons ni leurs vertus ni leurs mérites ; faites du moins que nous partagions leur amour et que nous éprouvions les sentiments de reconnaissance et de joie qu'ils eussent éprouvés s'il leur avait été donné d'assister à ce fait si glorieux dans les annales du culte de l’Église envers vous. Bénissez aussi le Pontife auguste, le Père vénéré, auquel vous avez réservé la gloire d'être l'oracle inspiré de cette promulgation dogmatique.

 

Résolution : S'entretenir sou vent dans des pensées d'admiration vis-à-vis des grands privilèges qui ont signalé la vie de notre divine Mère.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, vase de sainteté ! (Saint Ildephonse).

 

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Exemple

L'Ange de l'école

 

Saint Thomas d'Aquin, que l'éclat de sa chasteté autant que la profondeur de sa doctrine à fait surnommer l'Ange de l'École, se trouvant attaqué, dans la prison où sa famille le retenait captif, par une misérable créature qu'on y avait introduite pour ébranler sa vocation en corrompant sa vertu, comprit aussitôt qu'il n'y avait qu'un coup de vigueur qui pût le délivrer du péril ; et, s'armant d'un tison enflammé, il poursuivit et mit en fuite le suppôt du démon. Une victoire si agréable à la Reine des vierges lui mérita de sa part les plus insignes faveurs ; et il a déclaré lui-même, quelques jours avant sa mort, que cette sainte Mère de Dieu l'avait souvent honoré de ses apparitions, et lui avait constamment obtenu ce qu'il avait demandé par son intercession. (Mois de Marie à l'usage du clergé).

 

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19 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingtième jour

La prière

 

Prélude : Unissons-nous aujourd'hui à l’Église entière qui ne cesse d'offrir à Dieu les plus ardentes supplications pour le soulagement et la délivrance des âmes du purgatoire.

 

Méditation

 

Jusqu'ici, nous avons médité les motifs nombreux et puissants qui nous font un devoir rigoureux de la dévotion aux âmes du purgatoire. Mais la fin de ce mois, que notre piété envers les défunts nous a portés à consacrer à leur délivrance, approche, et nos cœurs sont sans doute pleinement résolus à redoubler de zèle pour le soulagement de ces pauvres âmes captives. Hâtons-nous donc d'étudier les moyens par lesquels nous pourrons le mieux les soulager.

Les moyens les plus ordinaires sont la prière, le jeûne et l'aumône. Nous méditerons chacun de ces trois moyens en particulier avec les autres moyens secondaires qui sont compris sous ces trois titres généraux.

Pour aujourd'hui, contentons-nous de remarquer l'importance que l’Église attache à la prière pour les morts. Elle l'a employée depuis le temps des apôtres jusqu'à aujourd'hui, dans toutes les parties du monde.

C'est en vertu d'une coutume très ancienne et très touchante qu'à la fin de chaque heure canoniale ceux qui les récitent chaque jour font cette courte prière : « Que les âmes des fidèles reposent en paix par la miséricorde de Dieu ».

C'est une fête très ancienne et très importante dans l’Église que celle du 2 novembre, dans laquelle cette bonne Mère veut que tous ses enfants qui vivent encore se souviennent de tous ceux qui sont morts et souffrent dans les flammes du purgatoire.

 

Résolution : Renouveler notre attention quand, dans nos prières, nous arrivons à faire mention des âmes du purgatoire.

Bouquet spirituel : « Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix ! » (Office de l’Église).

 

Exemple

La prière pour les morts recommandée par un grand Docteur

 

Saint Augustin, cet incomparable Docteur, prie avec une ferveur très touchante pour l'âme de sainte Monique, sa mère. Non content de ses prières, quoique si ferventes, il demande à Dieu que chaque fidèle y joigne les siennes. « Seigneur, dit-il, inspirez à vos serviteurs, qui sont mes frères, inspirez à ceux qui liront ce que j'écris, de se souvenir à l'autel de Monique, votre servante, afin qu'elle obtienne plus aisément, par les prières de plusieurs, les dernières choses qu'elle m'a enjoint de vous demander pour elle ». (Confessions, IX, 12 et 15).

 

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6 mai 2023

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

Le Mois de Marie avec la Vénérable Maria d’Agreda

 

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Septième jour

Les Épousailles

 

Prélude : Saint Joseph est debout, tenant à la main la tige desséchée qui vient de refleurir miraculeusement. Marie se tient près de lui, les yeux modestement baissés. Les prêtres de la Loi les unissent au nom du Seigneur.

 

Méditation

 

L'ordre que le Seigneur donna à Marie d'accepter un époux sur la terre, sans qu'elle s'y attendît et sans lui découvrir pour lors autre chose de ses des seins merveilleux sur elle, surprit beaucoup le cœur très pur de cette chaste Vierge. Mais le Très-Haut calma les inquiétudes de son cœur, et Marie se soumit avec une résignation admirable à la volonté du Seigneur qui se manifesta d'une manière miraculeuse. Ce fut Joseph, de la tribu de Juda et de la lignée de David, qui fut choisi pour être l'époux de Marie, à cause de sa justice et surtout de sa chasteté admirable. Il reçut avec respect, suivant l'ordre du Seigneur, Marie qu'il considéra dès lors comme sa Reine et son modèle. Mais, quand il eut reconnu, par les lumières du Ciel et les entretiens avec la bienheureuse Vierge, son caractère, sa rare prudence, sa profonde humilité, sa pureté incomparable et l'en semble de toutes ses vertus, il fut de nouveau ravi d'admiration. L'esprit transporté de joie, le cœur tout enflammé par d'ardentes affections, il ne cessait de louer le Seigneur et de lui rendre de nouvelles actions de grâces pour lui avoir fait un si grand don.

Ô homme de Dieu, glorieux Joseph, d'où vous est venu un si grand bonheur qu'entre les enfants d’Adam on ait pu dire de vous seul que Dieu lui-même vous a appartenu au point qu'on l'ait pris pour votre fils unique ! Le Père Eternel vous a donné sa fille, le Fils vous a remis sa véritable mère, le Saint-Esprit vous a confié son Epouse et vous a mis à sa place. La très sainte Trinité tout entière vous donne son élue, son unique, sa toute-belle pour votre épouse. Ah ! daignez agréer les félicitations que le genre humain tout entier vous offre pour tant de faveurs et tant de joies. Souvenez-vous de notre pauvreté et de notre misère, vous êtes si riche et si heureux parmi les anges et parmi les hommes, et favorisez -nous de votre puissante intercession.

 

Résolution : Nous renouveler dans la plus filiale dévotion à saint Joseph.

Bouquet spirituel : « Je vous salue, Marie, Epouse-Vierge ! » (Saint Anselme)

 

Bérulle

 

Exemple

Une sainte Mort

 

Le pieux cardinal de Bérulle, étant allé visiter la sainte maison de Lorette, demanda à la très sainte Vierge que, à l'exemple de son auguste époux, il fût retiré et expirât en Jésus-Christ son fils et en elle. La pensée de cette grâce s'imprima si profondément dans son esprit qu'il la demanda continuellement depuis à Marie et à Notre Seigneur. Quelque temps avant sa mort, il confia à une sainte religieuse que Dieu lui avait fait connaître que cette faveur lui serait accordée et qu'il était assuré d'avoir quelque conformité à la belle et précieuse mort du grand saint Joseph. Le saint cardinal fut exaucé, il mourut à l'autel, en célébrant la messe et après avoir eu le temps de répéter les doux noms de ceux qu'il appelait Trinité de la terre : « Jésus, Marie, Joseph ! » (Vie du cardinal de Bérulle).

 

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29 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Trentième jour

Intentions particulières

 

Prélude : Figurons-nous la joie des âmes que notre fidélité à suivre les exercices du mois des défunts a soulagées.

 

Méditation

 

C'est encore une excellente pratique de demander plus souvent à Dieu la délivrance de certaines âmes pour lesquelles il est raisonnable de s'intéresser davantage, quoiqu'on n'en ait qu'une connaissance un peu générale et confuse. Je m'explique.

Il y a des âmes qu'il importe, pour la gloire de Notre Seigneur, de délivrer au plus tôt ou de soulager, parce qu'elles sont plus capables que les autres de le glorifier dans le ciel. Et ce sont là les premières qu'il faut secourir.

Il y en a d'autres qui ont eu en cette vie une dévotion singulière pour la Sainte Vierge, pour saint Joseph, etc., qui par conséquent leur sont fort chères et dont la délivrance ne peut que leur être très agréable ; il faut aussi avoir pour elles des égards tout particuliers.

Il est encore de la charité chrétienne d'avoir compassion des pauvres, dont les âmes sont le plus souvent abandonnées et dénuées de tout secours.

Enfin, c'est une sainte invention de quelques personnes charitables, de s'employer principalement pour celles qui ont payé presque tout ce qu'elles devaient à la justice divine et qui sont près de sortir de leur prison, en sorte que, pour peu qu'on les secoure, toutes leurs chaînes seront brisées, leur captivité finira et elles s'envoleront au ciel où elles n'oublieront jamais leurs libérateurs. De cette manière, il est aisé d'acquérir en peu de temps de grands amis et de puissants intercesseurs auprès de Dieu.

 

Résolution : Se promettre d'être fidèle chaque année de sa vie à consacrer le mois de novembre aux âmes du purgatoire.

Bouquet spirituel : « C'est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin que leurs péchés leur soient remis ». (2e livre des Macchabées 12, 36).

 

Exemple

Touchante prière

 

Le Père Yves, de l'ordre de Saint Dominique, provincial de la Terre sainte, tenant en main la sainte hostie, priait Dieu en cette sorte : « Mon Seigneur et mon Dieu, si le Turc avait un prisonnier, et que l'un de ses serviteurs le lui demandât, offrant un présent de telle valeur que celui que je tiens en mes mains, assurément il le délivrerait. Ah ! mon Dieu, vous n'êtes pas moins libéral. Donnez-moi donc telle ou telle âme que je vous demande, et la délivrez du purgatoire ». Belle et dévote pratique, qu'on peut faire tous les jours à la messe, lorsque le prêtre élève la sainte hostie.

 

Fin du Mois des Âmes du Purgatoire

 

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Purgatoire 2

 

à suivre : L’Avent avec les saints du Carmel

 

28 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-neuvième jour

Il faut prier pour certaines âmes en particulier

 

Prélude : Pénétrant par la pensée dans le purgatoire, considérons les âmes pour lesquelles la justice nous oblige particulièrement de prier.

 

Méditation

 

Il est certaines âmes pour lesquelles vous avez des raisons particulières de prier. Ainsi vous pouvez avoir promis des prières à l'une d'elles, vous pouvez y être obligés par l'ordre de vos supérieurs, par vos règles ou par une convention spéciale. La raison veut qu'on prie nommément pour ses parents, pour ses amis, pour ses supérieurs, pour ses directeurs, etc. C'est un devoir de reconnaissance de recommander plus souvent et avec plus de ferveur à Dieu ceux de qui l'on a reçu de plus grands biens.

La justice enfin demande qu'on se souvienne tout particulièrement de ceux à qui l'on a pu donner occasion d'offenser Dieu, afin que, si l'on est cause qu'ils brûlent dans le purgatoire, on fasse tout son possible pour les en tirer.

On ne doit donc pas blâmer, comme l'ont fait certains hérétiques, on doit au contraire louer la charité de ceux qui offrent à Dieu leurs prières et leurs bonnes œuvres pour quelques âmes du purgatoire en particulier, car il est certain, comme nous venons de le prouver, qu'on ne doit pas également prier pour tous les défunts, puisqu'on n'a pas les mêmes raisons de le faire indifféremment pour chacun d'eux.

 

Résolution : Prier spécialement pour les âmes de ceux à qui nous devons une assistance particulière.

Bouquet spirituel : « Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins qui êtes mes amis ». (Job).

 

Exemple

Vision de saint Michel des Saints

 

On lit, dans la vie de saint Michel des Saints, le trait suivant : Ses prières et ses mortifications avaient pour objet la délivrance de l'âme de son père, qui pouvait être en purgatoire. Michel n'avait point oublié ce père tendrement aimé ; et, s'il avait été capable de l'oublier, les mauvais traitements, les traverses qu'il avait éprouvés depuis sa mort, n'auraient pas tardé à le faire revivre dans sa mémoire. Il pensait donc souvent à lui. Peut-être, hélas ! ce bon père, malgré ses vertus et ses mérites, était-il encore retenu dans les prisons de la divine justice pour achever de payer sa dette. Michel offrait donc pour cette âme bien-aimée, ses prières, ses larmes et les rigueurs qu'il exerçait contre lui-même. Un jour qu'il était en oraison devant une image de Notre Dame, qu'on vénérait et qu'on vénère encore près de la porte de Garb, pendant qu'il demandait à Marie de tendre une main secourable à l'âme de son père, cette âme lui apparut sous la forme et avec l'air bienveillant et doux qu'avait son père en son vivant. Michel n'osa lui parler, mais il entendit la voix de son père qui lui recommandait de persévérer dans ses pratiques pieuses et dans la résolution de se faire religieux, et qui lui demandait en outre très instamment le secours de ses prières et l'application de ses œuvres expiatoires pour sa délivrance.

 

Purgatoire 2

 

26 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-septième jour

Les indulgences

 

Prélude : Représentons-nous le purgatoire ouvert au moyen d'une clef d'or que la miséricorde de Jésus Christ et la tendresse compatissante de l’Église ont déposée entre nos mains.

 

Méditation

 

Un des moyens les plus efficaces pour soulager et délivrer les âmes du purgatoire est le bon usage des indulgences accordées aux vivants avec la faculté de les appliquer aux morts.

Un pieux auteur, considérant le peu d'estime que la plupart des chrétiens font des indulgences, s'écrie : « Pour concevoir l'estime que méritent les indulgences, il suffit de savoir, ô mon aimable Jésus ! qu'elles sont les fruits de votre précieux sang.

Une goutte de ce sang adorable aurait suffi pour ouvrir le ciel et fermer l'enfer, parce que la moindre de vos souffrances est d'une valeur infinie. Cependant, vous avez voulu passer trente-trois années dans les travaux, les peines, les humiliations et mourir sur la croix au milieu des plus cruels tourments. Telle est la source où sont puisées les indulgences.

C'est parce que vous avez enduré pour nous une surabondance de douleurs que vous voulez nous accorder une  surabondance de grâces. Vous avez mis entre les mains de votre Église les mérites infinis de vos souffrances, et même les mérites que Marie et tous les saints unis à vous ont acquis : c'est dans ce trésor qu'elle puise pour acquitter nos dettes, lorsqu'il nous accorde par l'indulgence la rémission des peines temporelles qui nous étaient dues.

 

Résolution : Nous renouveler dans la dévotion aux indulgences.

Bouquet spirituel : « Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux ». (Matthieu 16, 18).

 

Exemple

La valeur des indulgences

 

Le bienheureux Berthold, de l'ordre de Saint François, après un sermon qu'il fit sur le prix et le mérite de l'aumône, avait accordé dix jours d'indulgence à tous les assistants, selon qu'il en avait reçu le pouvoir du Souverain Pontife. Une dame chrétienne, réduite à une extrême pauvreté, vint lui exposer sa misère. Le bon Père, qui n'avait rien à lui, ne put que lui renouveler le don qu'il lui avait fait de dix jours d'indulgence. Puis il lui dit d'aller chez un banquier qu'il lui indiqua et qui, jusqu'alors, n'avait eu nul souci des biens spirituels. « Offrez-lui, lui dit Berthold, de lui céder le mérite de vos dix jours d'indulgences en échange de l'aumône qu'il vous fera ».

La pauvre femme s'y rendit en toute confiance et simplicité. Le banquier l'accueillit avec assez de bonté et lui demanda combien elle prétendait avoir en échange de ses dix jours. « Autant, dit-elle, qu'ils pèseront dans la balance ». En disant cela, elle se sentait animée d'une force intérieure qui lui donnait confiance. « Eh bien, reprit le banquier, écrivez-les sur ce papier, posez- les sur un des plateaux de cette balance, je mets un réal (1) sur l'autre ». Mais, ô prodige ! le premier plateau ne bouge pas. Étonné, l'homme ajoute un réal, puis cinq, dix, vingt, autant enfin qu'il en fallait à la pauvre femme pour la tirer de l'état précaire dans lequel elle se trouvait.

Le banquier comprit enfin la valeur des intérêts célestes, et ce miracle fut pour lui une précieuse leçon. Mais ce sont surtout les pauvres âmes du purgatoire qui connaissent la valeur des indulgences ! Si nous savions quelle reconnaissance elles ont pour nous quand nous leur appliquons le mérite de quelques œuvres, même simples, courtes, ordinaires, un chapelet, une prière, une aumône, un mot de consolation dit à leur intention, une communion surtout ! Et pourtant nous négligeons tous ces moyens si faciles ! nous ne supportons pas la vue de la souffrance, le spectacle nous en émeut, et nous ne sentons rien à la pensée des tourments du purgatoire !

 

(1) Petite monnaie espagnole valant 24 centimes.

 

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24 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Vingt-cinquième jour

La résignation

 

Prélude : Rappelons-nous l'impression que nous a déjà causée tant de fois, pendant ces saints exercices, la considération des peines du purgatoire.

 

Méditation

 

Nous pouvons encore aider beaucoup au soulagement des âmes du purgatoire en souffrant avec patience les maux que Dieu nous envoie; car il ne nous arrive rien de fâcheux en cette vie qui ne serve à la satisfaction de nos péchés et de ceux de nos frères, si nous le recevons de la main de Dieu avec joie ou du moins sans plainte et sans chagrin.

Si Dieu veut donc que nous soyons affligés par quelque longue maladie, par une perte imprévue, dans nos biens, dans notre honneur du côté de nos parents ; s'il permet que nos ennemis nous persécutent ou que nos amis nous abandonnent, embrassons croix de tout notre cœur et gardons-nous bien d'en murmurer. Nous en retirerons de grands trésors de mérites pour assister dans le besoin ces âmes souffrantes qui nous conjurent d'avoir pitié d'elles.

La résignation est aussi grandement méritoire, lorsque nous endurons les peines de cette vie, ces non pas avec joie, mais du moins sans impatience. Ce n'est pas peu de chose, remarque saint Bernard, de ne point se laisser abattre, quand on tombe dans l'adversité. En effet, l'expérience de chaque jour ne nous fait que trop sentir qu'il est difficile de recevoir une injure et de ne pas se venger, de souffrir beaucoup et de souffrir patiemment.

 

Résolution : Souffrir joyeusement ou du moins avec patience les peines de cette vie, en vue du purgatoire.

 

Bouquet spirituel : « Par la résignation, nous expions si bien nos péchés en cette vie que le feu du purgatoire ne trouve plus ou presque plus de matière en l'autre ». (Saint Augustin, 42e sermon sur la Sainteté).

 

Exemple

Vision de sainte Gertrude

 

Une jeune religieuse du monastère de sainte Gertrude qui, par sa ferveur et sa piété, en faisait l'édification, venait de mourir. Gertrude, très sensible à cette perte, priait un jour pour le repos de son âme, lorsque Jésus lui permit de l'apercevoir devant son trône, couronnée de la plus éclatante lumière, couverte de vêtements magnifiques et de joyaux précieux. Mais quelle ne fut pas sa surprise en remarquant en elle une sorte de préoccupation, lui voyant les yeux baissés, comme si la honte l'eût empêchée de les lever vers l'adorable Majesté.

Émue de voir sa fille spirituelle trembler ainsi devant le céleste Époux, elle se tourna vers lui et lui dit : « Très doux Jésus ! pourquoi votre bonté n'invite-t-elle pas cette âme, qui s'est donnée tout à vous, à jouir sans crainte de la joie de votre présence ? »

Aussitôt le Seigneur, avec un sourire d'ineffable tendresse, fit signe à la bonne religieuse de s'avancer vers lui. Mais, plus troublée encore, elle hésita, trembla, et enfin, après une profonde inclination, se retira.

L'étonnement de Gertrude était à son comble. « Comment, ma fille, lui dit-elle, vous vous éloignez de votre Époux qui vous appelle ? » La bonne religieuse répondit : « Ah ! ma mère, je ne suis pas encore digne de lever les yeux sur l’Agneau immaculé ; il me reste encore quelques taches que vous n'apercevez point. Il faut être si pur pour s'unir au divin Soleil de justice ! »

 

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1 novembre 2022

Le Mois des âmes du Purgatoire

Le Mois des âmes du Purgatoire

 

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Deuxième jour

Le feu du Purgatoire

 

Prélude : du sein de cet abîme ténébreux où les âmes. souffrent pour satisfaire aux exigences de la sainteté et de la justice de Dieu, des jets de flammes noirâtres s'élancent vers le ciel et nous donnent une idée des horreurs de la fournaise qu'elles embrasent.

 

Méditation

 

Imagine-toi, ô mon âme, les tourments indicibles de l'homme à qui un miracle de la Providence permettrait d'être dévoré par les flammes d'une fournaise sans être consumé ! Et quelle différence entre notre feu de la terre et le feu du purgatoire créé par Dieu dans le seul but de punir sévèrement les âmes coupables ! Bien plus, et c'est saint Thomas d'Aquin qui nous fournit cette considération, le feu du purgatoire ne s'arrête pas, comme celui de la terre, au corps et aux parties matérielles de l'être humain, il pénètre jusqu'à l'âme pour la brûler et la tourmenter d'un incendie dont les brûlures corporelles ne sauraient nous donner qu'une faible image.

Ô mon Dieu, m'écrierai-je avec saint Bernard, il est donc vrai que toutes les fautes que je néglige maintenant, que j'excuse avec tant de complaisance, que je me cache à moi-même, et que je néglige d'avouer au saint tribunal, il est donc vrai que ces fautes seront punies rigoureusement pa le feu qu'un Dieu vengeur a allumé pour les consumer ! Ah ! Seigneur, donnez maintenant de l'eau à ma tête et faites couler de mes yeux deux sources de larmes. Ce sera peut-être le moyen d'effacer mes crimes, et le feu si ardent que je redoute n'aurait plus rien à brûler en moi !

 

Résolution : Faire plus d'attention aux fautes vénielles et aux imperfections que nous sommes si portés à atténuer.

Bouquet spirituel : C'est le mème feu qui tourmente les damnés dans l'enfer et les justes dans le purgatoire. (Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, in-4. dist. 21, qu. 3.)

 

Exemple

Un doigt dans le feu

 

Un saint religieux de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, qui avait vécu long temps dans la compagnie intime et sous la direction immédiate de monseigneur de Mazenod, avait retenu des leçons de son père spirituel une pratique à laquelle il resta très fidèle jusqu'à ses derniers moments, celle de prendre souvent le feu du purgatoire comme sujet de son oraison. Nommé directeur au grand séminaire de Marseille, le R. P. Albini ne cessait de prêcher aux jeunes séminaristes cette utile pratique de sanctification.

Un jour, l'un de ses disciples les plus dévoués le vit tenir pendant un assez long espace de temps le doigt au-dessus de sa lampe. La douleur lui arrachait de petits cris que le courageux Oblat faisait taire, en se disant naïvement à lui-même : « Comment, malheureux, tu ne peux supporter le feu de la lampe, et tu veux pouvoir supporter le feu du purgatoire ! »

Le Père Albini est mort en odeur de sainteté, laissant à ses frères en religion les plus beaux et les plus touchants souvenirs de son admirable fidélité à toutes les pratiques de la vie religieuse.

 

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