Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Images Saintes
Publicité
Archives
Newsletter
Derniers commentaires
Images Saintes
  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
18 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

what-the-bible-says-about-purgatory

 

Dix-neuvième jour


Lecture


Notre Dame de Fatima continue l’œuvre rédemptrice de son Divin, Fils. Elle enseigne aux petits voyants de la Cova d’Iria à demander pardon de leurs péchés, afin que Dieu, dans sa miséricorde, puisse sauver leur âme. Il veut que tous les hommes soient sauvés, sa divine Mère le veut aussi. Notre Dame insiste encore auprès des enfants en leur recommandant de réciter une prière spéciale pour éviter la perdition éternelle : Ô mon Jésus, Pardonnez-nous, délivrez-nous de l'enfer ».

Elle précise avec une évidente intention : « Délivrez-nous du feu de l'enfer ».

Le rationalisme s’est tellement infiltré dans les esprits, sous couleur de science critique et hypercritique, même chez les Personnes les plus orthodoxes, que l’on n'ose plus ni prononcer, ni écrire certains mots.

Notre Dame, fidèle à employer le langage de toute la tradition chrétienne, parle du feu de l’enfer, Preuve manifeste de l’existence de l'enfer où il y a du feu pour châtier les âmes damnées ! C’est Pourquoi Elle enseigne aux enfants le moyen à employer pour éviter l'éternel tourment. Il est facile au libertin de nier l'existence de l'enfer, puisque l’enfer l’embarrasse. On a dit : « Toute cause mauvaise est niable ». Cependant, il serait moins commode au libertin de prouver que l'enfer n’existe pas.

Un jour, l'impie Voltaire vit venir à lui un jeune bénêt de ses disciples, fringant et radieux, lui disant triomphalement : « Maître, je viens enfin de trouver, avec preuves à l'appui, que l’enfer n’est qu'une invention de prêtres pour nous faire peur ! - Combien de temps avez-vous mis à découvrir ces preuves ? - Quelques semaines à peine! répondit joyeusement l’étourdi. - Quelques semaines, mon garçon ? répartit le cynique, eh bien ! moi, j’y travaille depuis des années et je n’ai pas pu encore me prouver qu'il n’y en a pas ».

Une seule parole de Notre Dame à suffi pour fortifier notre croyance à l’enfer et à l’existence du feu dans ce même enfer.

Quelle est la nature de ce feu ?

Il est plus que probable que ce n’est pas un feu matériel, puisque il doit Pénétrer les esprits immatériels. C’est donc un feu immatériel et intelligent pour Torturer les âmes, suivant leur degré de culpabilité.

En affirmant cette vérité, Notre Dame de Fatima ne pouvait pas se tromper, ni ne voulait tromper ses petits confidents. Son ardent désir était de leur enseigner le moyen d'éviter cet immense malheur, surtout à ceux qui veulent se ressaisir sur le chemin de la perdition, pour revenir à Dieu.

Qu'on n’aille pas nous objecter que l'enfer et ses tortures sont des fables du Moyen Age, pour les simples et les crédules. Parlons-en de cette crédulité ?... Nous sommes au 21e siècle, le siècle de la science et de la lumière, et jamais la crédulité publique ne fut si grande !

Que de talismans, de « porte-bonheur », de chiffres 13, de mains de Fatima, arborés sur la poitrine de gens qui se targuent d’être libérés du joug de l’Église ! Que de tireuses de cartes! Que de voyantes translucides pour exploiter cette crédulité …

L’Église agit au grand jour et n’exploite personne. Elle déteste le mensonge, défendu d’ailleurs par le huitième commandement du Décalogue. Elle est la plus grande école de loyauté, et, si elle prêche l'enfer aux chrétiens, c’est surtout afin de leur éviter d’y tomber, au jour du Jugement.

Pie XI ce grand pape à l'intelligence lumineuse, recevant selon l'usage, au commencement du Carême, les prédicateurs des églises de Rome, pour la station quadragésimale, leur demandait quels sujets de prédication ils allaient traiter.

« Saint-Père, répondit l’un a eux, nous allons prêcher les grandes vérités du Salut. - Ne manquez pas surtout, reprit le pape, de prêcher sur l'Enfer. On ne parle pas assez aux fidèles de cette vérité si importante ».

Notre Dame de Fatima a rappelé trés opportunément aux chrétiens de notre siècle, par l’intermédiaire des petits enfants, cette croyance à l'enfer qui date de douze siècles avant le Moyen Age. Cette affirmation est tombée des lèvres mêmes du Sauveur dont les paroles sont éternellement vraies.

Goûtons la prière enseignée par Notre Dame aux enfants de Fatima, et récitons-là avec une vive une grande confiance : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l'enfer cet conduisez toutes les âmes au ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin ».


Réflexions


Notre Dame nous a très opportunément rappelé qu’il y a après la vie terrestre, une autre vie éternelle. Elle sera heureuse si nous avons été fidèles à accomplir la Loi Divine, dans notre vie d’épreuve. Elle sera malheureuse si nous avons été des prévaricateurs. L’éternité bienheureuse, c’est le Ciel. L’éternité malheureuse, c’est l'enfer. Or, Notre Dame veut nous faire éviter l’enfer.

Oui, il y a certainement un enfer et cet enfer est éternel.

1° Il y a un enfer. - C’est une vérité de notre foi chrétienne.

Dans l’Ecriture Sainte, il est question de l’enfer, dans de nombreux passages de l’Ancien Testament : « Les impies doivent aller en enfer ». (Ps. 9, 18 ; 31, 13). Dans le Nouveau, les textes sont clairs : « Le mauvais riche mourut et il fut jeté en enfer ». (Lc., 16, 22). « Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, s’adressant à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges » (Matt., 25, 41).

La tradition est unanime à admettre un lieu de souffrances, où sont expiées les fautes des criminels et injustes, dans un Au-delà, admis même par les mythologies païennes ct les sectes religieuses, ainsi que par les hérétiques et les schismatiques.

La raison nous montre que, puisque la justice humaine possède des moyens de coercition pour forcer l’obéissance des hommes aux lois civiles, il serait étrange de refuser ce même droit au Tout-Puissant.

2° Nature des peines de l'enfer. - D’après la Sainte Ecriture et l’enseignement constant de l’Église, les peines de l’enfer sont de deux sortes :

Puisque le péché est commis par une créature humaine composée de corps et d'esprit, la punition doit saisir l’un et l’autre.

Pour le corps, c’est la peine des sens ; pour l'âme, c’est la peine du dam.

La peine des sens consiste dans le « feu inextinguible, là où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point ». (Mc., 9, 43). Feu intelligent, d’une constitution particulière, pénétrant le corps et l’esprit. Comme les sensations qui affectent les sens sont perçues par l’âme qui les localise dans les sens, les damnés, avant la résurrection du corps, souffriront dans les membres qu'ils n’ont pas encore recouvrés. Ainsi un amputé d’une jambe sent le froid au pied qu’il n’a plus.

La peine du dam est la privation de Dieu. Le damné comprendra alors mieux encore qu'il est un « séparé » de Dieu, et que Dieu est la source de tout bonheur, Le damné est l’exilé du bonheur, puisque le bonheur, c’est Dieu.

3° L’enfer est éternel. - Il ne serait pas l’enfer, s’il devait, un jour, finir, mais un Purgatoire où l’espérance allégerait toute souffrance.

Si l'enfer devait finir, on verrait réunis un jour, ensemble, le vice et la vertu, les martyrs et les persécuteurs, la pureté et la luxure, les insulteurs du Christ et les Saints du Paradis.

Dans la « Divine Comédie », Dante a vu écrit sur le portique d'entrée de l’enfer : « C’est la première justice et le premier amour qui m'ont créé ». Si ce n’était que la Justice, le damné pourrait se tourner vers l’Amour de Dieu, pour implorer son pardon, mais comme c’est aussi l’Amour et que rien n’est plus implacable que l’amour méconnu, le damné n’a plus de recours possible.

Notre Dame de Fatima, par votre maternelle intercession, délivrez-nous des peines éternelles de l’enfer.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
28 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Lucia dos santos

 

Vingt-neuvième jour

 

Lecture


Lorsque la Mère Supérieure de l’ « Asile de Vilar », à Porto, vit entrer dans le parloir Lucie, accompagnée par la dame de Leiria, elle laissa échapper cette réflexion : « C’est une petite sauvage que vous m’amenez madame ? »

En effet, tout plaidait contre la pauvre enfant : ses lèvres grossières. Sa grande bouche, son allure paysanne, Elle n'avait rien de reluisant pour plaire à une Directrice de pensionnat, Cependant, ses grands yeux noirs laissaient percer une vive intelligence. La Supérieure fit ses réserves à Monseigneur pour accepter la jeune fille ; elle ne voulait pas, en recevant une telle campagnarde, s’exposer à compromet discipline de l'établissement.

L’Evêque la tranquillisa : « C’est une âme simple, mais nullement sotte ». À force d’insistance de l’Evêque, la Supérieure finit par céder, non sans regret. Décidément, c'était une fille des champs affreusement rustique !… Cependant, on ne pouvait la renvoyer, l'affaire était trop engagée. La Sœur essaya de limiter les dégâts et fit comparaître Lucie. Elle lui fit la leçon :

« Dorénavant, ma petite, quand on vous demandera comment vous appelez-vous, vous répondrez : Marie des Douleurs. - « Oui, madame la Directrice, répondit Lucie avec une inclination de tête. - Quand on vous demandera de quel pays vous êtes, vous répondrez : je demeure près de Lisbonne. - Oui, madame. - Au sujet des événements de Fatima, vous ne direz rien à personne, vous ne poserez aucune question, vous ne répondrez rien si on vous interroge, vous ferez l’ignorante sur toutes choses. - Oui, ma Sœur, répondit l’enfant. - Maintenant, il est bien entendu que vous ne sortirez jamais de la maison, comme les autres jeunes filles, et sans dire pourquoi. C’est bien entendu ? - Je comprends, madame la Directrice », acquiesça Lucie.

Ces observations étaient faites sur un ton qui n’admettait pas de réplique. Les réponses de Lucie étaient aussi l'expression d’une volonté bien décidée. La jeune fille garderait l’anonymat, ainsi qu’elle l'avait promis. Personne ne connaîtrait sa véritable identité. Pour elle, cela n'avait aucune importance. Notre Dame saurait bien la reconnaître, Elle avait médité les paroles de l’Imitation : « Il vaut mieux être caché et prendre soin de son âme, que de faire des miracles ». (Liv. I, ch. XX, v. 6). « Dans le silence et le repos, l’âme pieuse fait de grands progrès » (Ibid.). « Si je m’abaisse, si je m’anéantis.., si je rentre dans la poussière dont j'ai été formé, votre grâce s’approchera de moi, et votre lumière sera près de mon cœur ». (Imit., liv. III, c. VIII, 1).

La voyante de Fatima fera au Pensionnat l’apprentissage de la vie religieuse, qu’elle conçoit déjà comme le don total de soi-même, dans la solitude, dans le silence et l’oubli du monde. Ces sentiments d’humilité étaient profondément sincères. Dès sa plus tendre enfance, elle avait été formée de l’école de pauvres gens de la campagne, simples dans leurs goûts et dans leurs désirs. Au moment des Apparitions, lorsqu'elle se demandait si elles étaient bien réelles, le sentiment d’humilité dominait tous les autres, au fond de son cœur. Elle pensait : « Non, ce n’est pas possible que ce soit vrai, que la Sainte Vierge se manifeste réellement, il faut être un saint pour La voir. Ce doit être une illusion de mes sens, ou bien une sorcellerie, ou bien une manigance du démon ».

Ces sentiments devaient plaire à la Très Sainte Vierge. Elle-même n’a-t-elle pas chanté, lorsque l’Ange vient lui annoncer qu'Elle avait été choisie pour être la Mère du Sauveur : « Mon âme glorifie le Seigneur... parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Il a dissipé ceux qui s’enorgueillissaient dans les pensées de leur cœur ; il a renversé de leur trône les potentats, et il a élevé les petits ». (Lc, 1, 48-51-52).

C’est parce que Notre Dame a « jeté les yeux sur la bassesse de sa servante », qu’elle l’a vue petite et humble, qu’elle l’a élevée jusqu’à ELLE.


Réflexions

 

L’orgueil est la grande malfaisance de l’humanité, la source de toutes les misères morales et la racine de tous les vices. L’orgueil est le péché originel des anges rebelles, irrémissible pour eux. Il est aussi le péché originel de l’homme : « Mangez de ce fruit de l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, avait dit à Adam et Eve le démon tentateur, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu ». (Gen. 3, 5). Devenir semblable à Dieu, « connaître le bien et le mal », quel orgueil !.. C’est pourquoi Jésus, pour réparer cet orgueil, a été le grand humilié.


1° Raisons d’être humbles.


Ce sont nos faiblesses. Que sommes-nous en effet ? De pauvres êtres bien faibles dans tous les ordres physique, moral et spirituel.

a) Faiblesse physique. Les forces physiques sont variables chez les hommes et limitées. En avançant en âge, elles diminuent. La vieillesse apporte les disgrâces. Les sens perdent peu à peu de leur acuité. Les muscles mollissent. L’homme s’en va par lambeaux.

b) Faiblesse morale. Le poète a dit avec raison : « L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux ! » Par la faute originelle, l’homme a perdu les magnifiques prérogatives du Paradis terrestre. L’humanité a hérité ainsi d’une nature déchue, remplie de désirs malsains, de mouvements désordonnés et d’appels de la sensualité.

La lutte est déchaînée entre les bas instincts et la raison, entre la chair et l'esprit. Or, le vainqueur n’est pas toujours l'esprit.

c) Faiblesse spirituelle. On la constate dans l’intelligence. Quel labeur pour dissiper les ténèbres de notre ignorance ! Elle se fait sentir dans notre cœur. S’il sent en lui une généreuse ardeur, c’est moins pour la vertu et le bien que pour des objets chétifs et coupables.

La même faiblesse affecte notre volonté. Au moindre obstacle, celle-ci se dérobe; un rien la trouble ; une sollicitation du mal la déconcerte.


2° Bienfait de l'humilité.


« L’humilité n’entraîne pas la démission de l'esprit et ne supprime pas son travail ; mais, sans nier la puissance de la raison, elle nous en montre les limites, et nous facilite ainsi l’acquisition de la vérité ». (2e Conf., Carême. Chan. Chevrot). « Connais-toi, toi-même », disait l’adage antique. L’homme humble cherche à se connaître et acquiert la juste notion de ce qu’il est et de ce qu’il peut faire. « Qu’as-tu que tu ne l’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Cor. 4, 7).

Notre Dame de Fatima, obtenez-nous de votre Divin Fils la grâce de mesurer l'étendue de notre misère, pour ne jamais céder à la tentation du démon de l’orgueil.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

27 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

soeur-lucie-carmelite-38-ans

 

Vingt-huitième jour

Lecture

 

L’unique survivante des confidents de Notre Dame, à Fatima, après avoir été interrogée, devant Dieu, par son directeur de conscience, se sentit appelée à une vie plus parfaite, Le cloître l’attirait. Ayant été admise dans l'intimité du ciel, elle ne pouvait se contenter des mesquineries de la terre. Ses oreilles, encore pleines des harmonies paradisiaques, supportaient mal les bruits tumultueux du monde. Elle voulait répondre à la bonté divine qui lui avait tant donné, par le don total d’elle-même à Dieu.

L’Evêque de Leiria, mis au courant de la chose, pensa qu’il était d’abord nécessaire de faire l’éducation de l’heureuse privilégiée. Il était bon également de soustraire Lucie aux nombreux curieux, tournant autour d’elle, l’accablant de questions indiscrètes et la fatiguant. Elle-même d’ailleurs désirait le calme et l’oubli, pour se consacrer totalement à la méditation et à la prière, Notre Dame l’avait choisie, malgré son indignité, pour être l'instrument de Dieu. L'œuvre était suffisamment lancée, elle n’avait plus besoin de secours humain. Lucie pouvait maintenant s’en aller, disparaître et mourir au monde.

Lucie venait de prendre la résolution de ne plus jamais retourner à la Cova d’Iria. Elle s’offrait en holocauste.

L’Evêque approuva hautement l’enfant et lui fit promettre qu’elle ne dirait à personne l’endroit où elle irait chercher la solitude de la vie religieuse. Ainsi son existence même serait ignorée de tous.

« Ma chère enfant, lui dit paternellement l’Evêque, l’on va vous mettre dans un pensionnat pour vous faire donner l'instruction qui vous manque. Vous y serez fort bien, mais promettez-moi que vous ne parlerez à aucune de vos petites compagnes, ni à aucune autre personne, pas même aux religieuses du pensionnat, des apparitions de Fatima ? - À personne, Monseigneur, je le promets ! - Encore une question, mon enfant. Promettez-moi que vous ne dévoilerez à personne votre véritable identité. Désormais, vous ne serez plus Lucie mais Marie. - Oui, Monseigneur, je vous le promets », répondit Lucie, avec une grande assurance.

Ce dialogue avait lieu dans le salon du presbytère, où l’Evêque avait convoqué Lucie.

Les préparatifs du départ furent faits à la maison, dans le plus grand secret. On eut tôt fait de rassembler les quelques bardes de la petite. Une dernière fois Lucie voulut passer à la Cova d’Iria avec Marie-Rose, et s’agenouiller près du bosquet d’yeuses où Notre Dame lui était apparue. En songeant que c'était la dernière fois qu’elle venait dans cet endroit si cher que jamais plus elle ne reverrait ces lieux bénis, un sanglot jaillit de sa poitrine oppressée et d’abondantes larmes coulèrent sur ses joues. C'était, pour la petite fille, son Agonie du Jardin des Oliviers. Elle voulut aller s’agenouiller auprès de la tombe de ses deux petits compagnons morts depuis cinq ans. « Eux, pensait-elle, ne connaissent pas ma tristesse, puisqu'ils jouissent maintenant du bonheur de contempler éternellement Notre Dame ! » Ensuite, elle se rendit à l'église, où elle avait été baptisée et où elle avait fait la première Communion, Elle pria de tout son cœur la Sainte Vierge de lui faire la grâce de se donner complètement au Bon Dieu. Ensuite, la mère et la fille rentrèrent à la maison.

Marie-Rose avait préparé un bon souper, puisqu’on allait passer la nuit en voyage, pour se rendre à Leiria. Elle amenait Lucie chez une dame, chargée par l’Evêque d'accompagner la jeune fille, à Porto, à l’« Asile de Vilar », pour y faire son éducation.

Un voisin complaisant offrit d'amener Marie-Rose et sa fille dans sa carriole, et l’on partit au clair de lune. Il fallait passer par:la Cova d'lria. Lucie descendit avec sa mère, se mit à genoux devant une image de la Vierge qu’éclairait faiblement une petite lampe à huile, et récita son chapelet, versant des larmes cuisantes. Les trois voyageurs repartirent enfin vers Leiria où l’on arriva trop tôt au gré de Marie-Rose, Un dernier embrassement de la pauvre mère, qui remit Lucie entre les mains de la dame et repartit vers Aljustrel. Sur la ligne du Nord, le train emportait Lucie, pauvre petite désolée en compagnie d’une étrangère, par Coïmbra, Aveiro jusqu’à Porto. La pauvre enfant endurait au fond du cœur son agonie, mais, généreuse, elle disait avec Jésus : « Que votre volonté soit faite et non la mienne ».

Le sacrifice était accompli.

Réflexions

La confidente de Notre Dame de Fatima répond généreusement à l’appel de Dieu, D’emblée, elle se donne à Lui sans espoir de retour, dans le sacrifice et l'oubli total d’elle-même. Tout chrétien a la vocation du ciel, mais il y a plusieurs voies pour y aller. À chacun de savoir prendre celle que le Bon Dieu lui a tracée.

Dans la vocation religieuse, deux éléments entrent en jeu, il y a la part de Dieu qui appelle, mais il y a surtout la part du sujet qui généreusement répond : « Me voici, Seigneur, pour faire votre volonté sainte » (He. 10, 9) ; La vocation religieuse est un honneur que Dieu propose mais qu’il n’impose pas.

Conditions à remplir pour la femme dans toutes les vocations

Chacun est appelé par Dieu dans tel ou tel genre de vie qui doit être pour lui la voie du salut. Dans la vie religieuse, dans le célibat, dans le mariage, il faut pratiquer généreusement, pour la femme chrétienne, trois choses : le sacrifice, l’oubli de soi et le don total de soi-même.

a) Sacrifice. - La femme, par sa nature même, est physiologiquement taillée pour souffrir. Qu’elle soit mère selon la nature ou selon la grâce, elle subit la sentence : « Tu enfanteras dans la douleur » (Gen. 3, 16). Dans tous les états de vie, la femme doit s'attendre à être associée aux souffrances de la plus pure des Mères. Elle doit s’entraîner de bonne heure au renoncement de soi, de ses aises, de sa liberté et à la pratique de la douceur, de la patience et du support. Son programme doit être : « Tout souffrir. Ne rien faire souffrir ».

b) Oubli de soi. - L’homme, suivant une définition, serait « égocentriste », c’est-à-dire : ramenant tout à lui, centre universel ; la femme, au contraire, serait « altérocentriste », c’est-à-dire : sortant d’elle-même, s’oubliant, pour se porter vers.les autres. (L'âme de la femme, par G. Lombroso.) La femme doit être une fleur, humble violette cachée, dont le parfum décèle sa présence, une fleur abritée, loin des chemins dont la poussière pourrait ternir l'éclat et les pas des passants l’offenser.

c) Don de soi. - L’Imitation rapporte ces paroles de Jésus à l’âme fidèle : « Tout ce que tu peux me donner hors de toi ne m'est rien, parce que ce n’est pas ton don que je veux, c’est TOI » (Liv. IV, c. VIII, n° 1- 2). Se donner soi-même, c’est offrir son intelligence son Cœur, sa volonté, son temps, sa peine, son dévouement, son amabilité, sa serviabilité. « La femme qui n’a personne pour se passionner et agir, qui na pas de malheureux à soulager... qui ne trouve pas d'emploi à son instinct altruiste, qui n’est pas institutrice ou Sœur de Charité, celle-la s’aigrit et se déforme physiquement et moralement » (Op. cit., G. Lombroso).

Lucie s’est donnée à Jésus par Notre Dame, dans l'esprit de sacrifice et l’oubli d'elle-même. Elle avait quinze ans quand elle a accepté de vivre ignorée. Elle approche aujourd’hui de la cinquantaine et elle n’est jamais revenue à Fatima.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

25 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Pèlerins de Fatima-001

 

Vingt-sixième jour


Lecture

 

L’une des preuves les plus convaincantes de l’authenticité des Apparitions, ce sont les miracles. Ils sont la signature de Dieu et attestent fermement la réalité d’une intervention céleste qui les a produit.

Ainsi, à la Grotte de Lourdes, peu de jours après que Bernadette, sur les indications de l’Apparition, eut creusé avec ses doigts la terre d’où jaillit la source miraculeuse, le carrier Bouriette, aveugle par accident, recouvre la vue en y lavant ses yeux. Depuis ce jour-là, le miracle, peut-on dire, s’est installé aux Piscines et n’a pas cessé jusqu’à ce jour de répandre ses bienfaits sur les malades ou infirmes venant se faire plonger dans l’eau miraculeuse qui n’a jamais cessé de couler depuis bientôt cent ans.

Pendant toute la matinée, sous la direction d’un prêtre, les fidèles ne cessent de faire monter leurs supplications vers Notre Dame et le rosaire est égrené par des centaines de fidèles. Cependant, l’après-midi, vers quatre heures, une grande procession du Sacrement se déroule sur l’Esplanade et l’officiant, ordinairement un Evêque, passe devant les malades alignés des deux côtés de l'Esplanade du Rosaire et trace sur chacun d’eux avec l’ostensoir un signe de croix. Le miracle commence, le matin, sous les auspices de la Divine Mère, se continue, le soir, sous la bénédiction toute puissante de son Divin Fils.

Aujourd’hui, ceux qui sont guéris, suivant la discipline de l’Autorité épiscopale, gardent une sage discrétion et vont se présenter au Bureau des Constatations où siègent en permanence les médecins bénévoles qui sont admis sur présentation de leur carte d'identité, à quelque pays qu’ils appartiennent et sans discrimination de religion. Les examens du malade avant et après la guérison sont très serrés. De certaines maladies d’origine nerveuse, les guérisons ne sont pas retenues. La constatation définitive du cas de guérison n’est proclamée que l’année suivante. C’est assez dire que les miracles sont entourés de toutes les garanties scientifiques.

On m'a demandé : « Avez-vous vu des miracles à Fatima ? » Personnellement, non. Me poserait-on la même question pour Lourdes, je répondrais de la même façon. Je viens de dire pourquoi. Depuis une quarantaine d’années on a interdit toute manifestation extérieure. À certains égards, l’action de grâces de tout un peuple qui chantait le « Magnificat » avec une émotion mal contenue était saisissante. Je n’oublierai jamais la guérison miraculeuse de Michel Gargam et la manifestation de joie et de reconnaissance des soixante mille pèlerins présents à la procession du Saint Sacrement.

Maintenant, à la question : « Y a-t-il des miracles à Fatima ? » je répondrai par une affirmation catégorique : Il y a des miracles à Fatima dûment constatés et enregistrés comme tels, par l’Autorité ecclésiastique. Seulement, entre Fatima et Lourdes, il y a une différence, non pas que la puissance et la miséricorde de Notre Dame s’exerce avec moins d’attention et d’amour à la Cova d'Iria. Lourdes existe depuis près d’un siècle. Fatima date d’une vingtaine d’années officiellement. On a cependant mis sur pied à Fatima une organisation pour la constatation des guérisons. Cependant, les plus grands miracles, ce sont les résurrections d’âmes qui s’opèrent dans le secret des consciences. J’en sais un bien émouvant parmi tant d’autres. Combien d’âmes, en effet, ont trouvé dans la piscine morale de la confession, à Fatima, cette guérison inespérée que, seule, Notre Dame de Fatima pouvait obtenir de la bonté miséricordieuse de son Divin Fils !

Plusieurs malades ont trouvé leur guérison corporelle, sinon à Fatima, pendant le grand pèlerinage du 13 mai, du moins à leur retour, à la maison. Témoin, cette pauvre femme phtisique, mère de trois enfants, crachant les poumons. Elle priait Notre Dame d’avoir pitié des pauvres petits orphelins qu’elle allait laisser. On lui avait donné les derniers sacrements. Ses yeux étaient déjà vitreux. On l’a emportée sur une voiture. En arrivant à la maison, après un acte de foi, elle était guérie, La radioscopie montrait ses poumons absolument sains. Ce fut un beau miracle de Notre Dame de Fatima, obtenu par la grande foi de cette humble chrétienne.

Aux malades qui venaient lui demander leur guérison, Jésus, pendant sa vie mortelle, leur demandait de croire. Au lépreux, il dit : « Lève-toi, va ; ta foi l’a sauvé » (Lc. 17, 19.) À l’hémorroïsse : « Ayez confiance, ma fille, votre foi vous a guérie » (Matt. 9, 22). À la Cananéenne : « O femme, votre foi est grande ; qu’il vous soit fait selon votre désir. Et sa fille fut guérie à l’heure même » (Matt. 15, 28). La foi à la puissance de Notre Dame de Fatima a produit et continue à produire des miracles.


Réflexions


Il devait, arriver pour Fatima qu’on ferait les mêmes attaques, les mêmes critiques, les mêmes objections les plus rebattues, contre les faits extraordinaires qui s’y passent, Toutes ces réunions de milliers de pèlerins, sans aucun souci d'hygiène, peuvent apporter des bactéries et des microbes et engendrer de dangereuses maladies. La presse du Portugal entonnera-t-elle le leitmotiv : « Faut-il fermer Fatima ? » de la même façon qu'il y a trente ans, la presse française : « Faut-il fermer Lourdes ? » L’hygiène n’est qu'un prétexte, a osé écrire courageusement le docteur Fleuret, président éminent du Bureau des Constatations de Lourdes. « Ce que l’on cherche à atteindre en Lourdes, comme en Fatima, c’est le but surnaturel. C’est l'effet miraculeux que, de plus en plus, les foules immenses viennent y Chercher, et cette [hygiène] n’est qu’un tremplin pour les esprits irréligieux, en vue de supprimer un fait religieux positif, palpable, viable, tangible, qui gène leur philosophie... En vérité, ce qu’il faut bien reconnaître, c’est l’existence à Lourdes (comme à Fatima) d’une force, d’une puissance qui dépasse nos connaissances humaines et notre pauvre science encore si bornée, malgré notre orgueil ». Quand le peuple voit guérir dans ces lieux de pèlerinage : Lourdes on Fatima, des maux implacables dont la médecine n’a jamais pu triompher, il salue l’action visible de Dieu. Voilà le pourquoi des miracles de Fatima, comme de Lourdes : ils fortifient la foi du chrétien.

Nous avons donné le témoignage de la science dans la personne du docteur Fleuret, de la Faculté de Bordeaux, s’inclinant humblement devant la puissance de Dieu qui seule explique le miracle. On nous objectera que d’autres savants refusent de s’incliner devant cette transcendance divine, et expliquent ces guérisons de façon naturelle. Les incroyants qui cherchent à échapper au miracle tombent dans des contradictions flagrantes. Ainsi, en présence de maladies réputées incurables, ils ont affirmé qu’il n’y a pas de remède. Si l’une de ces maladies est guérie à Lourdes, ils se retranchent derrière des possibilités de guérison que la nature peut faire surgir, Ailleurs, ils ont prétendu que l’hypnose et l’auto-suggestion n’ont d'action que sur les troubles fonctionnels et nullement sur les troubles organiques. Mais si, par l'effet du miracle, un organe lésé est guéri, ils affirment que le magnétisme des foules et l'enthousiasme de la foi, Pour eux « hypnose en commun », peut avoir un retentissement sur les organes et avoir raison des troubles organiques. Ces gens-là, qui nous reprochent à nous, croyants, notre dogmatisme parce que nous croyons aux dogmes de notre foi chrétienne, sont les plus dogmatiques. Leur dogme philosophique est le suivant : « Il n’y a pas de miracles à Lourdes, ou à Fatima, Parce que. il ne peut pas y en avoir ».

Remercions Notre Dame de Fatima d’avoir aidé notre faiblesse par de nouveaux miracles qui fortifient notre foi chrétienne.


img001

 

(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

24 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

2020-05-11_Manto_de_luz_noticia

 

Vingt-cinquième jour


Lecture


On ne peut imaginer ce qu’est le pèlerinage de Fatima, le jour anniversaire de l’Apparition de Notre Dame, le 13 mai. Il n’est pas possible d'établir une comparaison avec Lourdes. Les pèlerinages à Lourdes se succèdent de façon ininterrompue, pendant toute l’année ; tandis qu’à Fatima, c’est surtout le 13 mai qu'a lieu le pèlerinage officiel présidé par le Cardinal Patriarche, accompagné des évêques et archevêques du Portugal et de la plupart des prêtres. Certainement, les foules sont difficiles à évaluer et il est plausible d’exagérer. Cependant, d’après des renseignements puisés aux bonnes sources et sur le témoignage des photographies, l’on aurait atteint le chiffre de un million pour celui de mai 1951.

Déjà, avant l'aurore, se sont formés des groupes disséminés dans toute l'étendue de la Combe. Après avoir assisté, la veille, au Salut du Très Saint Sacrement, les pèlerins ont passé une bonne partie de la nuit en prières. Chercher un asile dans un hôtel, il n’y faut pas songer. Il n’y a pas d’hôtels, puisque, en dehors de cette date, il y a peu de passagers, ni de touristes, D'ailleurs où pourrait-on loger des milliers d'étrangers ? Lourdes est organisé et facile d'accès. Les trains circulent dans plusieurs directions. Il y a de bonnes routes et des services d’autocars, des hôtels et des pensions de famille pour recevoir des milliers de voyageurs. Fatima est loin de partout et d’accès difficile. C’est pourquoi c’est un lieu de pèlerinage, de pénitence. On se couche où l’on peut, dans les voitures, sur l'herbe, à la belle étoile. Ici, on se sent près du ciel, il n’y a pas de fatigue et personne ne se plaint. Les automobiles déversent sans désemparer des pèlerins, cornent, klaxonnent et repartent pour de nouvelles fournées. Chacun est un peu moulu de fatigue, mais heureux de fouler enfin cette terre bénie.

Quand le soleil commence à dorer la Cova d’Iria et à illuminer peu à peu de ses rayons tout le paysage, la foule s’éveille, s’ébroue et laisse ses yeux s’emplir de la douce vision. Les pèlerins se dirigent alors vers les confessionnaux, vers la chapelle de l’hôpital, sous les arcades et dans les chapelles latérales de la basilique. Des groupes homogènes d'hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards vont vers les endroits où la piété les sollicite. De tous côtés, l’on voit des confesseurs installés, les uns sur un banc, sur une chaise, d’autres sur les marches de la basilique, Sans arrêt, de nombreux prêtres revêtus du surplis et de l’étole, tenant en mains un ciboire, distribuent aux groupes agenouillés la Sainte Communion, pendant des heures. C’est un mouvement ininterrompu de communiants qui s’agenouillent, se lèvent, pour faire la place à de nouveaux arrivants, cela, discrètement, sans une parole d’impatience ou de réclamation. Chacun finit par trouver une place, par s’installer avec l’aide charitable d’autrui, s’agenouille et adore en silence l’Hôte Divin reçu dans la communion. Après quoi, l’on prend une légère collation. C’est une nouvelle arrivée de pèlerins. L’on dirait des vagues de l’océan qui déferlent à l’envi et ce sont des vagues de têtes humaines.

Près de la chapelle des Apparitions, à l'endroit même où s’est produit le miracle de céleste clarté et de mélodieuse harmonie, des centaines et des centaines de pèlerins à genoux, les bras en croix et les mains enguirlandées du chapelet, récitent leurs prières et invoquent Notre Dame du Rosaire.

Les uns, pour accomplir une promesse, offrent des cierges allumés ou des objets en or ou en argent. D’autres font toucher aux arbustes du bosquet sacré des médailles, des images et des chapelets.

La foule est si dense qu’il n’est pas possible de bouger. Toutes les classes sociales sont ici réunies. Ensemble, les provinces du Portugal voisinent dans une fraternité évangélique.

Voici les gens du Haut et du Bas Minho, aux visages allègres et gracieux ; ceux du Tras-os-Montes, plus graves et mélancoliques ; ceux du Douro, plus rudes et trapus ; ceux des deux Beira, au regard franc et énergique ; ceux de l’Estremadure, plus vifs, au teint bronzé, tenant de la race arabe ; ceux de l’Alemtejo, terre brûlée par le soleil, où le blé pousse dru ; ceux de l’Algarve, par moitié de couleur mauresque et blanche.

Ils viennent des villes, des campagnes, des montagnes, de la plaine, du voisinage de la mer où se trouvent tous les pêcheurs de la côte portugaise. Mais quoique d’origine fort disparate, ici, ils ne forment qu’un même cœur et une même âme pour aimer Notre Dame, Jésus et leur pays.

Bientôt commence la messe pontificale avec toute la pompe liturgique. Les séminaristes font les cérémonies et exécutent les chants liturgiques. L'office est célébré en plein air, sous un grand baldaquin, devant une esplanade littéralement noire de pèlerins.

C’est la messe des malades. Les uns sont étendus sur des brancards, d’autres moins impotents sont assis sur des chaises ou des bancs, dans un grand silence. Ensuite, comme à Lourdes, le Saint Sacrement est porté devant les malades et la foule répète les acclamations faites par un prêtre, à haute voix : « Seigneur, nous vous adorons !... Seigneur, nous croyons en vous... nous espérons en vous... nous vous aimons !... »

Les mêmes scènes évangéliques se renouvellent, sous les pas de Jésus, comme autrefois, lorsque les malades, les infirmes venaient lui demander leur guérison. « Seigneur, faites que je voie, que j’entende…, que je marche... » « Notre Dame de Fatima, convertissez les pécheurs ! »

Tous les malades ne sont pas guéris, sans doute ; mais ils repartent réconfortés d’avoir été tout près de l’endroit céleste où Notre Dame est descendue, un jour, du ciel. Ils emportent chez eux un sentiment plus ardent de foi et un renouveau de charité chrétienne.


Réflexion


Sur la terre bénie qu’a visitée la Très Sainte Vierge, à Fatima, il y a comme un parfum de charité fraternelle qui semble se fixer pour toujours, afin que le miracle se perpétue. Cette charité émane du Ciboire, fontaine d'amour, que, pendant des heures, portent les prêtres qui communient les pèlerins pressés autour d’eux. « Dieu est amour... et si Dieu nous a tellement aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres » (1 Jn. 4, 9-11). Jusqu’à la venue du Christ, l’homme trop souvent était un loup pour l’homme et, seule, la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent) réglait les rapports des hommes entre eux. Depuis que le Christ est venu, il nous a apporté son exquise bonté, il a « répandu son amour parmi les hommes et il nous a sauvés par sa miséricorde ». (Ti. 20, 4.) Cet amour de fraternité, ni Rome, ni Athènes, dans leur prétendue haute civilisation, ne la connaissaient pas, puisque on admettait que les deux tiers de la population restent dans l’esclavage pour le service de l’autre tiers ; que le père ait droit de vie et de mort sur ses enfants ; que les vieux soient supprimés comme bouches inutiles ; qu’un esclave soit dépecé par son maître pour le jeter en pâture à des murènes. C’est le Christ qui a prêché la sainte liberté des enfants de Dieu et il a donné cet amour fraternel comme un signe devant les païens, pour que les chrétiens soient reconnus comme ses disciples.

Il y a dans les pèlerinages beaucoup de gênes à s'imposer, soit dans les piétinements inévitables, les compressions de la foule, les intempéries, le vent, la pluie. Or, chacun fait preuve d’une évidente bonne volonté. Personne ne s’impatiente, ne se fâche, ne murmure. Une véritable charité chrétienne règne sur cette terre bénie. Ici, l’on se sent réellement frères dans le Christ. C’est la même allégresse libératrice qui fit tressaillir la terre durant la nuit de Noël, allégresse qui dilate maintenant les cœurs jusque-là comprimés par la crainte. Les visages sont épanouis et traduisent la joie intérieure des pèlerins.

C’est le Christ qui, par son enseignement et son exemple, nous a arrachés aux étreintes de la chair et nous a enseigné à dépasser notre nature (1 Pi. ch. 4), à tuer le vieil homme et à avoir un « ardent amour les uns pour les autres, car l’amour couvre une multitude de péchés ». (id., 4, 8).

Notre Dame de Fatima nous rappelle cette grande leçon de charité chrétienne. Elle se manifeste comme la Mère toute aimable et toute bonne, la Cause de notre joie et la Grande Consolatrice.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

Publicité
23 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

602_002

 

Vingt-quatrième jour


Lecture


La Vierge Marie n’est pas descendue à Fatima pour y recevoir exclusivement des hommages de la part des fidèles. Elle a voulu surtout faire de ce coin de l’Estramadure, comme de celui de Lourdes, un lieu où son Divin Fils serait glorifié par la prière et la prière eucharistique. La Divine Mère continue son ministère Sacré qui est de nous donner Jésus. Elle a commencé dans la nuit de Noël et Elle le terminera seulement à la fin des temps. La liturgie chrétienne chante aux « Saluts du Très Saint-Sacrement » « Nous vous saluons, vrai Corps, né de la Vierge Marie... »

La grande préoccupation de Notre Dame, c’est Jésus. Dans la prière qu'Elle à enseignée aux trois petits voyants, le 13 octobre, Elle leur recommande de réciter le chapelet, tous les jours, en intercalant l’invocation : « O mon Jésus, pardonnez-nous ! »

Notre Dame de Lourdes a dit à Bernadette : Je veux qu’il se bâtisse ici une chapelle ». Pourquoi une chapelle? N’est-ce pas afin que Jésus y fut adoré dans son Eucharistie ?

À Fatima, Elle n’a rien demandé de semblable sans doute, mais le peuple chrétien ne sépare pas le culte de Marie du culte eucharistique. Aussi son premier geste est d’édifier une chapelle, au lieu même des Apparitions de Notre Dame. Chapelle rustique, si l’on veut, faite de planches, mais après que l'Autorité ecclésiastique aura reconnu l’authenticité miraculeuse des Apparitions, le premier acte du culte sera la célébration de la Messe, Un peu plus tard, on élèvera une vraie chapelle, celle des « Pénitents », en attendant la grande Basilique, où des centaines de prêtres viendront célébrer le saint sacrifice et où les fidèles par milliers viendront communier à l’Hostie adorable.

Marie, à Bethléem, nous a donné Jésus ; Marie, à Fatima, comme à Lourdes, nous donne Jésus-Hostie.

Par Marie, à Bethléem, c’est le mystère de la chair prise par le Fils de l’Homme ; par Marie, à Fatima, comme à Lourdes, c’est le mystère de la chair du Fils de Dieu devenue l’aliment de l’homme.

Par Marie, à Bethléem, c’est Jésus qui prend une seule fois la forme d’un homme ; par Marie, à Fatima, comme à Lourdes, c’est Jésus qui s’incarne autant de fois sous la forme de milliers de cœurs qui viennent le recevoir.

Mais si Marie donne Jésus à des milliers de chrétiens, Notre Dame donne des milliers de chrétiens à Jésus, pour l’adorer dans son Eucharistie, pour le supplier, pour lui être agréable.

Ces multitudes, il les plaignait, « brebis errantes sans pasteur pour les conduire » (Matt. 9, 36). Il les appelait : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matt. 9, 28). Il guérissait leurs malades, leurs infirmes, ressuscitait leurs morts, il évangélisait leurs pauvres. (Lc. 8, 22 et suiv.).

À Fatima, comme à Lourdes, c’est Notre Dame qui présente à Jésus-Hostie ces foules errantes, parfois sans pasteur, fatiguées du poids de la vie, aveugles par ignorance religieuse, sourdes à la voix de Dieu, lépreuses du péché, mortes à la vie de la grâce. Elle les lui présente afin qu'il les guérisse, qu’il les alimente du pain des forts, le pain mystérieux de l’Eucharistie.

Si Notre Dame n’était pas venue dans ce coin béni, combien de pauvres pécheurs n’auraient entendu la « Bonne Nouvelle », n'auraient trouvé le pardon de leurs fautes ?

Nous aimons notre bonne Mère du Ciel et nous voulons lui témoigner notre amour. Or, la meilleure manière de faire plaisir à une mère, c’est de témoigner de l’affection à son enfant, et la dévotion envers sa Très Sainte Eucharistie est le grand témoignage d'amour que Jésus attend de nous. En assistant au saint sacrifice de la messe, en participant à la manducation de la Divine Victime, à la communion, nous serons sûrs d’être agréables à Notre Dame et à son Divin Fils.


Réflexions


L’Eucharistie est le centre radieux du culte catholique. Tout est organisé dans l’Église en fonction de l’Eucharistie. Pourquoi ces somptueuses cathédrales que la foi de nos aïeux ont élevées sur notre sol ? Sinon pour abriter un autel où la messe sera célébrée ; et sur cet autel, un tabernacle contiendra les saintes Espèces pour être distribuées aux fidèles. Par la Sainte Eucharistie, Jésus a voulu demeurer au milieu des hommes jusqu’à la fin des temps, pour être leur consolation leur force et leur appui.

1° Bienfait de l'Eucharistie. - C’est la petite hostie que reçoit tous les matins, à la Sainte Messe, la Religieuse, qui la soutient dans son œuvre de charité auprès des malades et des Pauvres, au chevet dés moribonds. C’est elle qui donne au missionnaire le courage et la force de porter, au delà des mers, la lumière de l'Evangile aux peuples plongés dans l’idolâtrie. C’est elle qui fortifie la jeunesse des deux sexes, au milieu des sollicitations du mal de plus en plus effrontées ; c’est elle qui aide les parents à accomplir leur devoir, en illuminant leur vie des splendeurs du sacrifice.

2° Jésus notre nourriture. - Jésus a manifesté sa volonté de demeurer au milieu des hommes : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Matt. 28, 20). Sous quelle forme, va-t-il se cacher ? Son choix est fait déjà, lorsqu'il expose son projet à ses auditeurs, dans la Synagogue de Capharnaüm. C’est Lui-même qui sera la nourriture de ceux qui viendront le manger, sous la forme du pain. C’est Sa chair et son sang cachés sous les espèces du pain et du vin, s'ils veulent avoir la « vie pleine et abondante » (Jn. 6). Un an après, le soir du Jeudi-Saint, Jésus réalise sa promesse, À la fin du repas, il prononce sur le pain et sur le vin ces paroles : « Ceci est mon corps. ceci est mon sang » (Matt. 26, 26-27.) Jésus commence à la Cène le Saint Sacrifice qu'il terminera sur le Calvaire, et il donne aux Apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de renouveler son geste jusqu’à la fin des temps (1 Cor. 11, 26).

3° Nos devoirs envers l’Eucharistie :

a) Sentiment de foi. Nous devons croire à la Présence réelle, parce Dieu est Tout-Puissant et qu’Il réalise ce qu’il veut. Comme Il est la Vérité, Il n’a pas voulu nous tromper et Il n’a pas pu se tromper. « Mon Sauveur, s’écriait Bossuet, vous n’étiez pas venu troubler des hommes par de grands mots qui n’aboutiraient à rien » (Médit. sur l'Evangile, 35e jour).

b) Sentiment d’humilité. Nous reconnaîtrons notre misère, non pas comme un prétexte pour voiler notre respect humain et nous éloigner de la communion, mais, comme le centurion, pour demander à Jésus de dire la parole qui nous guérira.

c) Sentiment d'amour. « Lorsque vous célébrez, ou que vous assistez au Sacrifice de la Messe, il doit vous paraître aussi grand, aussi nouveau, aussi digne d'amour que si, ce jour-là même, Jésus descendait pour la première fois dans le sein de la Vierge, se faisant homme, ou que, sur la Croix, il souffrit et mourut pour le salut des hommes ». (Imit., livr. IV, ch. II).

Enfin, en passant devant une église, nous entrerons pour faire notre visite au Divin Prisonnier de nos tabernacles. N’est-il pas juste que nous fassions au Grand Ami notre visite de convenance, d’amour et de reconnaissance ?

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

22 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Capelinha_das_Aparições_dinamitada,_1922

 

Vingt-troisième jour

Lecture


Nous avons relaté la parodie sacrilège qui eut lieu à Santarem où, à travers les rues de la ville, on promena les ex-votos dérobés au petit oratoire de la Cova d'Iria, offerts par les pèlerins au début des Apparitions. En même temps, les journaux anticléricaux faisaient campagne contre les Apparitions, ridiculisant le clergé, les pèlerins et Notre Dame.

Le Démon, furieux de voir s'élever un nouveau sanctuaire en l’honneur de Marie, se servait de ses suppôts les plus exaltés pour l’empêcher par les moyens les plus violents.

Le 6 mars 1922, un bandit fit éclater une bombe dans l’ermitage et la toiture fut arrachée. Heureusement, il n’y eut seulement des dégâts matériels, et on n’eut pas à déplorer mort d'homme. Mais à quelles aventures serait-on conduits, sinon avec la complicité des autorités locales, du moins avec leur faiblesse déplorable pour réprimer les désordres ? Cet attentat perpétré contre la Très Sainte Vierge, à l’endroit même où Elle était apparue, fit frémir d’indignation le cœur des catholiques.

Une protestation immédiate fut faite auprès de l’Autorité ecclésiastique, qui, non seulement s’associa à la réprobation de tous les gens honnêtes, mais permit de faire une procession de réparation pour laver l’affront de la parodie de Santarem et du sacrilège coup de force contre l’ermitage. Cette procession fut un digne hommage à l'adresse de Notre Dame par le concours de plusieurs centaines de pèlerins qui demandaient pardon avec larmes, pour les profanateurs aveuglés par la haine, On fit la promesse solennelle d'aimer encore un peu plus Notre Dame et de se faire l’apôtre de son culte, puisque le Démon cherchait à l’interdire, Malheureusement, les pouvoirs publics servaient la passion des ennemis de Fatima. Le pèlerinage du 13 mai 1923 fut interdit par le Gouverneur civil de Santarem, et l’on vit ce pénible spectacle des braves de la Garde Républicaine, à la Cova d’Iria, honteux d’être là pour maintenir un ordre que de pacifiques pèlerins ne songeaient nullement à troubler.

L’année suivante, on plaça un autel dans l’ermitage rétabli, et une messe de réparation fut célébrée, le 13 mai, devant une assistance fort recueillie, Cette fois, la Garde Républicaine ne fut pas en service commandé. Mais, comme un pèlerinage était organisé pour le 13 octobre, le Gouvernement, intimidé par, les amis prétendus de l’ordre, et sous la pression de hautes influences, fit preuve de la même faiblesse endémique et le prohiba.

À la Cova d’Iria, sur une propriété privée, les catholiques, avec l’assentiment de l'Autorité ecclésiastique, élevèrent la Chapelle des Pénitents. C'était un nouveau geste de réparation à l’adresse de Marie. Plus les attaques se multipliaient envers Notre Dame, plus les hommages envers Elle lui témoignaient l’amour de ses fidèles serviteurs. L’offense exigeait la réparation.

Aujourd’hui, le pèlerin est saisi d’admiration à la vue de la belle basilique qui se dresse au milieu de l’Esplanade de Fatima, en l’honneur de Notre Dame. Un ouragan de persécution, d’incrédulité et d'impiété sacrilège s'était abattu sur cette terre, Il a été conjuré et le soleil de l'espérance brille dans le ciel du Portugal. Jésus avait annoncé que son Eglise subirait beaucoup d’épreuves : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous clibler comme le froment ; mais j'ai prié Pour toi, afin que ta foi ne défaille point » (Lc, 22, 31 et suiv.). Aussi autant l’offense fut abondante, autant la réparation fut grande. « Où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom. 5, 20).

L’hymne des Vêpres de l'office de Notre Dame jaillit instinct et monte du cœur aux lèvres : « Sanctuaire céleste de Fatima, heureuse vision de paix, construit de pierres vivantes, tu t'élèves jusqu'aux astres, et, comme une épouse, tu es entourée de nues d’anges. Tu es comblée de la grâce de l’Epoux. Tu es la plus belle des Reines unie au Christ, ô brillante cité du ciel ».


Réflexions


La première manifestation publique du culte à la Cova d’Iria fut une procession de réparation, pour expier la parodie sacrilège de Santarem et l'attentat perpétré contre le petit ermitage.

Notre Dame a dit aux enfants cette nécessité de l’expiation : « Demandez pardon de vos péchés et priez Jésus qu’il pardonne aux pécheurs repentants ».

Depuis que le péché est entré dans le monde, l’harmonie était rompue entre la créature et le Créateur.

Dès le commencement, les hommes ont senti que la Divinité était justement courroucée. Pour l4apaiser, ils ont essayé de lui offrir des victimes en sacrifice, mais il était « impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. Alors j'ai dit : « Voici que je viens, Ô Dieu, pour faire votre volonté ». (He., 10, 5 et suiv.). « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’oblation du Corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes » (He. 10, 10). Le Christ-Jésus a été le Pontife idéal, Pontife, en latin, veut dire : Pontum fecit, celui qui fait le pont. Il a ainsi fait le pont entre l’homme et Dieu, Aussi, l’offense faite à Dieu par le péché a été expiée par le sang du Christ. « Sans effusion du sang il n’y a pas de pardon » (He, 9, 22). Mais, diront certains, pour la Réparation, était-il nécessaire que le Christ verse son sang et meure.

Non, ce n’était pas nécessaire, Il lui aurait suffi de dire à son Père : « En considération de l’amour que vous me portez, pardonnez à l'humanité coupable ». Le Christ n’a pas voulu le faire, parce qu’il n’a pas voulu exciper de son titre de Fils de Dieu, mais se soumettre à la loi commune de la « réparation par la souffrance ». Dans tous les domaines, avec une rigueur inexorable, tout désordre, de quelque nature qu'il soit, physique ou moral, pour être réparé, exige de la souffrance ou de l'effort, qui est aussi de la souffrance.

Ainsi, le chirurgien qui enlève une superfétation dans un corps, qui remet en place un membre disloqué, fait souffrir le patient. Même « les rémissions du cœur se font par la souffrance ». Et parce que le péché est pensé par l’esprit et commis par le corps, il fallait que le Christ souffre, et dans son Corps et dans la religion intime de son Cœur, pour que la réparation soit complète.

Le Christ a souffert dans son Corps. Le récit de la Passion nous rappelle par le détail toutes les atrocités inventées par la méchanceté de ses bourreaux. Mais Jésus a souffert dans son Cœur. Nous le voyons au Jardin des Oliviers, dans cette vision horrible des péchés du monde déferlant vers son Père comme un fleuve d’immondices. Il lit dans l’avenir l’inutilité, pour beaucoup, de toutes ses souffrances et il pense alors : « Est-ce bien la peine de souffrir puisque ce sera après comme avant ? »Alors, il s’écrie : « Ô mon Père, s’il était possible d’éloigner de moi ce calice d’amertume ? Cependant que Votre Volonté soit faite et non pas la mienne ! » (Lc. 22, 42). Comme son cœur devait souffrir pour jeter cette exclamation désolée !

Nous sommes des pécheurs et nous avons tant à expier. Comme les frères de Joseph, prisonniers de celui qu'ils avaient vendu et dont ils attendaient un juste châtiment, disons : « Nous méritons de souffrir parce que nous avons péché » (Gn. 42, 22). Cette souffrance supportée avec résignation est la pénitence demandée par Notre Dame de Fatima pour obtenir le pardon de nos péchés.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

29 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Lucia

 

Trentième jour


Lecture


Lucie entra au pensionnat de l’« Asile de Vilar », à Porto. Mais ce ne fut pas, pour cette pauvre enfant de la campagne habituée à la vie simple des gens de son pays, une existence bien enviable. La Directrice avait voulu être agréable à Monseigneur de Leiria en prenant la « sauvageonne » sous sa protection maternelle. Néanmoins, on ne pouvait pas, du jour au lendemain, transformer la paysanne en citadine : Aussi l’on devine sans peine que les jeunes pensionnaires, espiègles comme on l’est à cet âge, se moquaient un peu de cette fille des champs rustaude dans ses manières, dans son langage et dans ses habits. Cependant, sous cette écorce rude, battait un petit cœur sensible. L’enfant se contentait de souffrir en silence et d’offrir à Dieu ce chapelet de sacrifices, à longueur de journée. C'était l'entraînement au don total d’elle-même qu’elle avait résolu de faire, en se consacrant à Dieu, dans la vie religieuse. Quelques mois passèrent pendant lesquels Lucie apprit à écrire à peu près correctement et orna son esprit des notions essentielles pour se guider convenablement dans la vie qu’elle voulait embrasser.

L’Evêque de Leiria, mis au courant de son ardent désir de vie religieuse, la fit entrer dans l’Institut des Sœurs Dorothées de Tuy, en Galice, pour y effectuer pendant deux ans son postulat. Ce temps de probation s’écoula à la satisfaction générale. Au bout de ce temps, elle fit son noviciat à la fin duquel, le 3 octobre 1928, Lucie faisait sa profession religieuse. Quand elle eut seize ans, elle prononça ses saints vœux, et on la plaça, comme Sœur converse, au collège de Notre Dame des Douleurs, à Pontevedra, en Galice, à une cinquantaine de kilomètres de Tuy. Elle s’éloignait de plus en plus de son pays et, au lieu de passer sa vie dans la méditation et la contemplation, comme les Sœurs de chœur, elle la passera au service du prochain, dans le dur travail manuel quotidien arrosé de sueurs et parfois de larmes.

Lucie désirait l'isolement et la solitude, loin des consolations humaines, même celles très pures de la Cova d'Iria. Plus jamais elle ne saura rien de Fatima, ni des triomphes de Notre Dame, ni de l’enthousiasme des pèlerinages, ni des miracles accomplis dans ce lieu privilégié de Marie.

Elle s’est offerte en holocauste et à consenti à toutes les séparations. Auprès du tabernacle, elle épanchera son cœur plein d'amour, puis elle ira au dur labeur auquel on l’a destinée. Tantôt c’est à la cuisine derrière ses fourneaux ; tantôt au lavoir; tantôt à la basse-cour. Partout, elle remplit son office avec un zèle des plus attentifs, on pourrait dire avec ferveur, parce que telle était pour elle la volonté d'En Haut. Faire en tout la volonté de Dieu, c’est la pierre de touche de la vraie piété. C’est bien à tort que certaines personnes s’imaginent que la ferveur est affaire de sentiment. Si, dans leurs exercices de piété, elles ne rencontrent pas de douceur sensible, elles sont complètement déroutées et croient n'avoir plus de ferveur. C’est là une profonde erreur : la ferveur n’est pas affaire de sentiment, mais affaire de volonté, et l’âme qui n’a pas d'autre désir que celui de faire la volonté de Dieu est une âme fervente entre toutes. Lucie voulait faire la volonté de Dieu, dans l’emploi qu’elle remplissait, au couvent de Pontevedra. Elle le remplissait chaque jour de son mieux, sans désirer autre chose que de bien accomplir son devoir. Notre-Seigneur n’a-t-il pas dit que « Sa nourriture était de faire la volonté de celui qui l'avait envoyé et d'accomplir son œuvre ? » (Jn. 4, 34).

« Ce ne sont pas ceux qui disent : « Seigneur, Seigneur », qui entreront dans le royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les Cieux » (Mt. 7, 21).

Ainsi, l’humble petite sœur converse, hier confidente de Notre Dame, en accomplissant son devoir commandé par l’obéissance, pensait qu’elle aimait Dieu de toute la ferveur dont elle était capable. Suivant l'expression de Saint François de Sales, elle ne cherchait pas « les consolations de Dieu, mais le Dieu des consolations ». Elle aurait plu à Saint Vincent, lui qui, dans son langage énergique, recommande d'aimer Dieu « au dépend de nos bras et à la sueur de nos visages ».


Réflexions


Nous serons jugés par Dieu, avant tout, sur notre devoir de chaque jour, que quelqu'un a nommé le « terrible quotidien ». Il est, en effet, terrible, parce qu’il est toujours semblable à celui de la veille et à tous les autres quotidiens, avec les mêmes situations la même monotonie. C’est ce quotidien, ce sont ces mille riens, ces actions communes, obscures et sans gloire, que la Providence nous demande d’accomplir pour faire la. volonté divine, et avec lesquelles nous achèterons le ciel.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, dans sa « Petite voie de l’enfance spirituelle », enseigne à ne rien négliger, ni la plus modeste action, ni la plus simple prière ni le plus petit acte de vertu. « Parce que vous avez été fidèle en peu de chose, je vous établirai sur beaucoup. » (Mt. 25, 21).

De quelle façon accomplir parfaitement notre quotidien :


1° En travaillant, sous le regard de Dieu.


« Marche en ma présence, disait Dieu à Abraham, et tu seras parfait » (Gn. 17, 1). Quand on a la foi, est-il difficile de voir Dieu présent partout et témoin de toutes nos actions ? « Dieu n’est pas loin de chacun de nous, dit l’Apôtre aux Athéniens dans son discours sur l’Acropole, car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Ac. 18, 28). Travaillons sous son regard, pour lui être agréable, sans nous préoccuper des autres, « ne faisant pas seulement le service sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais en serviteurs du Christ qui font de bon cœur la volonté de Dieu. » (Ep. 6, 6).

 

2° En nous donnant entièrement à l’action présente,

 

sans nous laisser distraire par la pensée de celle qui va suivre. Il y en a qui vivent toujours en avant, n'étant jamais à l’action présente. « À chaque jour suffit son mal et sa fatigue » (Mt., 6, 34). « Fais ce que tu fais », disait un Ancien, c’est-à-dire applique-toi tout entier à l’action présente. L’Imitation nous dit : « Celui-là fait beaucoup qui aime beaucoup, celui-là fait beaucoup qui fait bien ce qu’il fait ». Songeons que nous tissons, chaque jour, le vêtement de notre éternité. Il sera fait de la chaîne et de la trame de chacune de nos journées. Ce qui faisait dire à Bossuet : « Il n’y a rien qui soit plus à vil prix que le royaume de Dieu, quand on l’achète, et rien qui ne soit plus précieux, quand on le possède ».


3° En considérant chaque journée comme la dernière.


Il y en a une qui sera la dernière, parce que nous pouvons être frappés soudainement, ou que la maladie, qui sera la dernière, nous aura arrachés à notre travail. Si, chaque matin, nous offrions à Dieu la journée qui commence, avec l'intention de la bien employer pour Dieu, nous aurions, à la fin de nos jours, gagné un trésor de mérites pour acheter notre part de ciel, au lieu de traîner, sans profit pour l’âme, une existence misérable.

Tant vaut l’amour, tant vaut l’action.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les prochaines méditations et prières,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

 

 

1 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

François, Jacinthe et Lucie

 

Deuxième jour


Lecture


La première impression passée, Lucie retrouva tout son courage. La « jeune dame » (elle appelait ainsi l’Apparition) était trop resplendissante de céleste clarté pour pouvoir faire du mal à des enfants sans défense. Mais de là à croire que ce fut la Sainte Vierge, l’enfant s’y refusait. « Pour voir la Reine du Ciel, il faut être tellement saint, pensait-elle, cependant ce doit être un envoyé céleste parce qu’il est trop beau et trop lumineux. En tout cas, ce n’est certainement pas un esprit malfaisant ».

Et Lucie se rassurait et s’enhardissait à converser avec l’Apparition. Elle lui posait des questions et la « jeune dame «  lui répondait avec un visage souriant, provoquant ainsi de nouvelles demandes, Enfin, le colloque ayant assez duré, pour la première rencontre, l’Apparition dit aux enfants : « Me promettez-vous de venir ici, pendant six mois de suite, le 13 de chaque mois et à la même heure ? Je vous promets de vous dire qui je suis et ce que je demande ».

Lucie fait signe qu’elle accepte la proposition, d’une inclination affirmative de la tête, et ajoute les paroles suivantes, en son nom et au nom de ses petits compagnons : « Nous vous promettons de venir tous les trois ».

Pauvres petits enfants, vous ne pouviez savoir, dans votre ingénuité, combien la malice humaine vous ferait payer cher cette promesse !…

L’Apparition regarda Lucie avec un sourire de satisfaction, puis, s’élançant vers le ciel, dans la même attitude, sans bouger les pieds, elle disparut du côté de l'Orient. Les enfants la suivirent du regard et remarquèrent qu’elle devenait de plus en plus petite, jusqu’au moment où la voûte céleste parut s’entrouvrir pour la recevoir. C’est ainsi qu’elle s’évanouit à leurs petits yeux émerveillés.

Les trois enfants demeurèrent un moment silencieux, puis se regardèrent les uns les autres, cherchant visiblement à se consoler, dans leur tristesse de voir s’évanouir tant de Beauté, Un sentiment de profonde solitude les envahissait et, tandis que le soleil brillait si vivement, il leur semblait que la nuit pesait déjà, sombre, sur leurs yeux, privés maintenant de cette lumière céleste qui les irradiait tantôt de sa clarté.

Et pourtant rien n’était changé autour d’eux, dans la nature. Le soleil continuait à briller et à répandre ses rayons brûlants sur la campagne. Les oiseaux psalmodiaient leurs gazouillis au Créateur. Les brebis, que les pastoureaux et les chiens n’inquiétaient plus, s'étaient jetées sur les gazons fleuris et paissaient à l’envi, pressées les unes contre les autres, à l’ombre courte des haies verdoyantes.

Lucie décida ses petits Compagnons à demeurer là, dans cet endroit, où les bêtes pouvaient brouter tranquillement. L’on rentrerait à la nuit tombante, comme à l’accoutumée. Il n’y avait aucune inquiétude à avoir, puisque l’on savait que les éclairs ne provenaient pas du tonnerre. Donc, plus d'orage à craindre, Il restait, bien entendu, qu’on ne soufflerait mot au village de ce qui venait de se passer tout à l’heure. À ce sujet, Lucie fut catégorique :

« Écoutez-moi bien, vous autres, dit-elle impérieusement, personne ne doit rien savoir de ce que nous avons vu et entendu, absolument rien, C’est compris, Jacinthe ? Toi aussi, François ? » Elle accompagnait ces paroles d’un geste impératif, en même temps qu’elle fixait tour à tour, sur ses deux interlocuteurs, pour accentuer son geste irrésistible, un regard de ses yeux noirs si expressifs. « Oh ! moi, se crut obligée de répondre Jacinthe, je ne dirai rien à personne. - Moi, non plus, acquiesça François, à personne ».

Ensuite, les pastoureaux se mirent à parler de choses sérieuses avec une gravité qui contrastait avec les éclats de rire de la matinée, tandis qu’on construisait de petites maisons ou qu'on se lançait les uns aux autres des mottes de terre. C’est que le départ de la lumineuse apparition avait opéré un grand vide et laissé, dans ces petits cœurs, une profonde tristesse.

Comme la nuit s’approchait, il fallait abandonner ces lieux témoins de tant de merveilles. Encore une fois, Lucie répéta à ses petits compagnons la défense de ne rien dire, à âme qui vive, de l'apparition, et leur donna rendez-vous pour le 13 du mois prochain, dans ce même endroit. Puis le troupeau de brebis se mit en marche vers Aljustrel, suivi des trois petits bergers. Seul, le piétinement des brebis sur le chemin, faisant rouler les cailloux, troublait le silence de cette fin de dimanche. Ainsi s’achevait, dans la banalité d’un retour à la bergerie, une journée embellie de splendeurs célestes.


Réflexions


Notre-Seigneur est notre Maître et notre modèle, Dans les litanies, en l'honneur de la Très Sainte Vierge, nous invoquons Marie « Miroir de justice » priez pour nous. Dans les litanies du saint Nom de Jésus nous supplions ce divin « Soleil de justice » d’avoir pitié de nous. Puisque Marie est le miroir de la justice divine, elle reflète parfaitement cette justice plus éblouissante que l’astre du jour.

Première leçon : La délicatesse. Notre Seigneur s’est toujours montré d’une délicatesse infinie à travers tous les récits de l'Evangile. Notre Dame reflète bien cette même délicatesse. Elle aurait pu commander aux enfants de venir à la Cova d’iria, pendant six mois à pareil jour, à pareille heure, et c’eût été même un très grand honneur pour les enfants. Or elle n’impose rien. Elle interroge plutôt : « Me promettez-vous ? »

Comme cela nous change des procédés durs et souvent injustes dont on use envers les pauvres gens. La Vierge Marie nous rappelle cette délicatesse, à Fatima, Politesse, serviabilité, amabilité sont des vertus humaines et sociales que nous devons observer en premier lieu, car elles conditionnent la pratique des vertus surnaturelles. « Je veux, disait une Russe convertie (Mme Swetchine) que mon chrétien soit d’abord et superlativement une créature humaine ».

Deuxième leçon : Le respect de la liberté humaine. Marie, comme Jésus, ne veut forcer personne et ne désire à son service que le libre choix de l’amour. Le Créateur a donné à l’homme le privilège incomparable de la liberté, même avec ses risques inévitables. « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, dit Jésus qu'il se renonce lui-même et qu’il me suive ». (Luc 9, 23). Notre Dame a voulu « essayer le cœur » de ceux qu'Elle prépare déjà à un douloureux chemin de croix. Ils ont accédé à sa demande de venir à la Cova d’Iria pendant six mois consécutifs, Ce service, pleinement consenti ne sera pas sans risques, Car « le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur » (Matt., 10, 24). La malice des hommes va bientôt leur montrer que le service de la Très Sainte Vierge n’est pas de tout repos.

Troisième leçon : La joie profonde d'une âme unie à Jésus et à Marie. Cette joie n’est pas celle des plaisirs du monde, toujours trompeurs et laissant un arrière-goût d’amertume à ceux qui s’en repaissent. C’est la joie des célestes contemplations réservées dans l’Au-delà, et dont Lucie Jacinthe et François viennent d'avoir un avant-goût délicieux. L’Apôtre l’a écrit : « L’œil n’a pas vu, l’oreille n'a pas entendu, le cœur n’a pas senti, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Cor., 2, 9). L’on partage la tristesse de ces enfants d’avoir vu s’évanouir tant de splendeur ravissante, et s’éteindre tant de lumineuse beauté. La véritable joie, l’âme en état de grâce la possède. Elle est « gracieuse » et agréable à Dieu. La joie d’une bonne conscience est un bonheur incomparable.


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

img001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

17 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

359_001 (1)

 

Dix-huitième jour

 

Lecture

 

Il convient de souligner que la grande préoccupation de Marie, aussi bien à la grotte de Lourdes qu’à la Cova d’Iria, a été de toujours orienter ses confidents vers l’Eternité. La pensée du Christ-Jésus, à travers ses discours et ses comportements, durant sa vie mortelle, était d’ailleurs toujours fixée vers la vie future. Dès les premiers jours de sa mission publique, il précise que celle mission dépasse le cadre de la vie périssable d’ici-bas. « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jn. 18, 36).

Notre Dame, comme son Divin Fils, n’a cure du monde qui passe, mais du royaume céleste qu’Elle souhaite rempli d'élus. Elle voudrait voir sauvées toutes les âmes. C’est pourquoi, dans l’Apparition du 13 octobre 1917, Elle enseigne aux enfants le moyen de conduire toutes les âmes au Ciel.

Marie ne veut pas être - ou si peu - la puissante Mère de Dieu, mais surtout la Mère toute bonne des hommes, la Mère qui veut le bonheur de tous ses enfants quels qu'ils puissent être, fussent-ils coupables.

La préoccupation des mortels, c’est d’amasser des biens temporels, d'acquérir des situations honorables, de jouir des plaisirs mondains. Celle de Marie est tout autre et ne diffère pas de celle de Jésus lorsqu'il dit : « Faites-vous des bourses que le temps n’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où les voleurs n’ont point d'accès, et où les mites ne rongent point » (Lc., 12, 33). « Que sert à un homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? » (Matt., 16, 26).

Notre Dame de Fatima rappelle aux trois petits enfants cette affaire du salut de l’âme qui doit primer toutes les autres. Elle leur fait cette importante observation : « Vous réciterez cette prière : Ô mon Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui sont les plus abandonnées ».

À Lourdes, Notre Dame avait dit à Bernadette, pour la consoler de ses souffrances, qu'Elle la rendrait heureuse, « non pas dans ce monde, mais dans l’autre ».

Comme on la félicitait, elle se contenta de répondre : « Oui, Notre Dame m'a promis le ciel, mais à la condition que j'irai droit mon chemin, Le Ciel, je dois me le gagner ».

Lucie, la confidente de Notre Dame de Fatima, ne répondit pas autre chose à ceux qui la complimentaient des grâces que Marie lui accordait. Avec sa franchise un peu brusque, elle répliqua : « Je ne suis pas plus sûre d’aller au Ciel que vous, si je n’en prends pas le chemin ».

Le Créateur divin nous a donné une âme immortelle pour jouir éternellement du Ciel, mais Il a voulu que nous le gagnions nous-mêmes, et c’est pourquoi Il a fait cette âme libre, pour lui laisser l’entière responsabilité de ses actes et, partant, le mérite ou le démérite suivant son comportement ici-bas.

Notre Dame enseigne à Lucie et à ses deux compagnons le moyen de gagner le Ciel : « Demandez pardon de vos péchés et récitez la prière : Ô Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer et conduisez les âmes au Ciel ».

Demander pardon à Dieu comporte deux sentiments : l’un de regret sincère de l’avoir offensé ; l’autre de résolution de ne pas retomber dans les mêmes fautes et d'éviter toutes occasions volontaires de chute. Du reste, n'est-ce pas ce que nous exigeons nous-mêmes, pour pardonner à quelqu'un qui nous a offensé : « Je regrette ce que j'ai fait et je vous promets que je ne recommencerai pas » ? Nous voulons être assurés de cette promesse pour l’avenir.

Dieu veut que nous fassions preuve de bonne volonté par un effort immédiat, et que nous nous aidions d’abord nous-mêmes : « Aide-toi, dit le proverbe, et le Ciel t'aidera ». Alors notre prière sera mieux écoutée. Comment d’ailleurs le Seigneur laisserait-il son oreille fermée à l’invocation enseignée par sa divine Mère ?


Réflexions


Les paroles de Notre Dame aux petits enfants de Fatima fortifient grandement notre croyance à la Vie future de l’Au-delà éternel.

Il est en effet une double question que se pose l’inquiétude humaine : D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Toutes les philosophies ont cherché des réponses, depuis celle du matérialisme qui ne voit dans la vie humaine qu’un frémissement entre deux néants, jusqu'à la thèse spiritualiste d’une transcendance à des destinées éternelles. Ces réponses sont tellement contradictoires que le philosophe Jouffroy a pu conclure son essai philosophique : « L'enfant qui sait son catéchisme en sait plus long sur ces questions que tous les philosophes ».

Notre Dame de Fatima, dans la prière enseignée à ses petits confidents de la Cova d’Iria, proclame, elle-même, l’existence du Ciel, et sa grande préoccupation est d’aider le plus grand nombre d’âmes à y entrer. Donc, il n’y a pas seulement le monde terrestre où nous vivons, finissant à la mort, mais il y en a un autre, celui de l’« Au-delà éternel ». Combien de fois n’avons-nous pas entendu cette affirmation impie : « Quand on est mort, tout est mort » ! Qui sont ceux qui la profèrent ? Les braves gens ? Pas le moins du monde. Cette affirmation se trouve uniquement sur les lèvres des jouisseurs, des gens à moralité douteuse, des cyniques et de tous les gens sans aveu. C’est donc une parole suspecte et trop intéressée pour être sincère. Ainsi l’on ravale la personne humaine au-dessous des bêtes, car si tout devait finir au trou noir de la tombe, nous vaudrions moins que les bêtes dont la mort est profitable à l’homme, soit qu’il se nourrisse de leur chair, soit qu'il utilise leur dépouille.

L'homme est un composé de corps et d'âme. À la mort, le corps, qui est « poussière, retourne à la poussière » (Gn., 3, 19) en attendant la résurrection des corps, « lorsque de nouveau nous verrons Dieu, avec les yeux de notre chair » (Jb., 19, 26). Mais l’âme, étant un élément spirituel, est impérissable. « Ceux qui meurent sont consolés par la promesse de l’immortalité future. Pour ceux qui sont fidèles, Seigneur, la vie n’est pas enlevée, mais changée ». (Préface des Défunts).

Nous, chrétiens, nous ne pleurons pas nos morts comme ceux qui n’ont pas d’espérance, car nous les savons « dans la région des vivants » (Liturgie des Obsèques) où ils nous attendent.

Notre-Seigneur, dans l'Evangile, parle sans cesse de la vie future. « Que donnera un homme en échange de son âme ? Car le fils de l’homme doit venir. et alors il rendra à chacun selon ses œuvres » (Matt., 17, 26). La raison humaine montre dans le cœur de tout homme le sentiment inné de la justice. Or, combien de fois l’on est le témoin attristé de l’injustice ! Les bons ne sont pas toujours récompensés, ni les méchants punis.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ». (Jean de la Fontaine).

Même cette Cour de justice, lorsqu'elle cherche à être vraiment juste, parce qu’elle est composée d’autres hommes, jugeant seulement de l'extérieur, cette justice est forcément bien courte. Il est donc nécessaire, puisque la justice est insatisfaite ici-bas, qu’il y ait une autre vie où elle sera réalisée.

Notre Dame de Fatima a proclamé la réalité de cet Au-delà et a manifesté aux trois petits voyants sa maternelle sollicitude, à l’égard des pauvres âmes en danger de se perdre, et leur a enseigné une prière tout spécialement pour aider celles qui sont le plus abandonnées.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

15 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

034_001_madonna-del-sacro-cuore-ed-infine-il-mio-cuore-trionfera-offerta-della-giornata-del-sacro-cuore

 

Seizième jour


Lecture

 

L’Apparition se montra aux petits bergers, le 13 octobre, avec le même visage rayonnant d’idéale beauté mais empreint d’une douce mélancolie, Sa voix était toujours harmonieuse, mais elle avait un léger tremblement de tristesse, causé par la gravité des paroles contenues dans son message céleste. Message grave en effet puisqu il s'agissait d’éternité, de perdition ou de salut pour les âmes, Message de miséricorde par-dessus tout car Marie connaît mieux que quiconque la pénitence de son Divin Fils. « Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais Il prend plaisir à ce que le méchant se détourne de sa voix et qu’il vive ». » (Ezéch., 23, 11).

Notre Dame enseigne aux petits voyants le puissant de conversion : « Récitez tous les jours le chapelet ; demandez à Dieu pardon pour vos péchés, et ajoutez à la méditation des mystères du Rosaire l’oraison suivante : O mon Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel principalement celles qui sont les plus abandonnées ».

C’est l’apostolat vraiment irrésistible et fécond que recommande la Vierge : l’apostolat de la prière. La parole de Dieu par la prédication peut toucher le coeur du pécheur, parfois même l’émotionner profondément mais elle ne détermine pas la conversion.

Certes, il est nécessaire de prêcher et, par là, d’ensemencer le champ du père de famille, pour dissiper l'ignorance et instruire les âmes. Mais la semence ne germera pas si le terrain n’est pas pénétré de la rosée céleste de la grâce et réchauffé par le divin Soleil de Justice. Or, c’est la prière qui attire cette rosée divine et qui fait briller ce Soleil sur l’âme. Un grand convertisseur d’âmes écrivait à l’un de ses amis : « Si tu avais vu comme moi une âme non touchée de la grâce, tu verrais que rien ne peut pour elle; ni l’éloquence capable de faire pleurer le marbre, ni mille vies données en une heure » (Lettres à un jeune homme, Lacordaire). Saint Augustin a écrit dans ses Confessions : « Ce ne sont pas les sermons d’Ambroise, à Milan, qui m'ont converti, mais les prières mêlées de larmes de ma sainte mère Monique ». Notre-Seigneur, avant de commencer sa vie apostolique, s’est retiré sur la montagne de la « Quarantaine », près de Jéricho, pour y prier durant quarante jours. (Matt., 4, 2).

Notre Dame, connaissant la puissance de la prière, recommande cet apostolat qui est l’un des plus faciles et des plus féconds. L’apostolat par la parole publique, ou en réunion privée, parole parlée ou écrite, demande, pour être bien rempli, des conditions particulières, des connaissances nombreuses et variées, une capacité et un courage qui n’est pas à la portée de tous.

L’apostolat de la prière est, au contraire, à la portée de tout le monde, du savant comme du plus modeste, de l’intrépide comme du timide. Il suffit de savoir son « Pater » et son « Ave » et de dérouler son chapelet, en silence, à l'intention des pauvres pécheurs. La Vierge l’a enseigné aux enfants de Fatima : « Priez principalement pour les âmes qui sont les plus abandonnées ». N'y a-t-il pas des pécheurs qui ont un immense besoin de la miséricorde divine ?

Cette invitation de Notre Dame du Rosaire de Fatima, d'exercer cet apostolat de la prière, est un encouragement pour beaucoup d’âmes pieuses, dévorées par le zèle de la Gloire de Dieu, et qui se plaignent de ne rien faire.

« Nous voudrions bien être des apôtres, comme on nous le recommande, mais comment faire ? Je suis mère de famille, dira l’une, j'ai les soins du ménage, des enfants, de mon mari ». L’autre objectera : « J’ai un commerce, je suis prise du matin au soir, comment voulez-vous que je sois apôtre ? »

Mais n'est-il pas possible, en allant et en venant, en se rendant à son travail, même pendant le travail, d'élever son cœur vers Dieu, de Lui offrir son labeur avec ses fatigues, en sacrifice, pour les pauvres pécheurs ? D'ailleurs, pourquoi mettre une cloison étanche entre le travail et la prière ? Le travail offert, le matin, à Dieu est une prière qui se continue toute la journée. Ainsi, chaque jour, nous pouvons, et nous devons, exercer l’apostolat de la prière si utile pour les âmes, nous serons par la prière des Sauveurs d’âme, plus efficacement que certains beaux parleurs et ergoteurs à longueur de journée, qui négligent leur devoir d'état, pensant qu'il vaut mieux discourir pour être un bon apôtre. Témoin, cette épouse qui faisait de l'apologétique avec un client de son mari, au lieu de préparer le repas du conjoint qui, à deux heures de l’après-midi, attendait patiemment qu’il fût prêt.

Seule, la grâce convertit, et la grâce s’obtient par la prière et le sacrifice qui, lui aussi, est une prière. C’est cet apostolat que Notre Dame du Rosaire a recommandé aux trois petits enfants de Fatima, dans son message de la Cova d’Iria.


Réflexions


La Très Sainte Vierge Marie à voulu surtout mettre en évidence cette si consolante vérité, que la Religion chrétienne est une religion de miséricorde et que, si le péché est le plus grand de tous les maux, Marie est pitoyable aux pauvres malheureux qui le commettent. Ainsi le médecin a horreur de la maladie qui terrasse son malade, mais non du malade qu’il veut guérir. Marie, à l'exemple de son divin Fils, déteste le péché, mais son cœur s’émeut de compassion à la vue du pécheur, comme Jésus, si le pécheur veut s’amender. Marie, qui a tant souffert cependant à cause du péché, se devait, à l'exemple de Jésus, d’être miséricordieuse envers les pécheurs pour plusieurs raisons :

1° Parce qu’Elle est notre Mère, et qu’une mère se doit plus encore à son enfant le plus disgracié et le plus malheureux. Une mère, même de son enfant coupable, a toujours pitié !

2° Parce qu'Elle est notre Avocate. Nous sommes tous plus ou moins pécheurs, puisque l'Ecriture dit : « Le juste pèche sept fois par jour ». (Prov., 24, 16). Sept est un chiffre fatidique qui veut dire : de nombreuses fois. Même lorsqu'un homme est coupable d’un crime ou d’un délit, la loi lui permet de prendre un défenseur qui, plaidant brillamment, peut influencer favorablement ses juges et obtenir l’acquittement du coupable.

Devant le Tribunal du Juste Juge, à qui rien n'échappe de nos fautes, Pourrions-nous trouver meilleure Avocate que Celle qui est à la fois Mère du Juge et notre Mère. Elle est au courant de tout ce qui se passe au Conseil Suprême et Elle saura calmer la juste colère du Juge. Marie interpelle Dieu le Père : « J'avais un Fils, dont vous avez exigé la mort sur le Calvaire. J'étais au pied de la croix et je l’ai vu mourir. Maintenant, ce pécheur pour lequel je plaide est aussi mon fils. Quoique coupable, épargnez-le ». La maternelle Avocate emportera un verdict de pardon.

3° Parce qu'Elle est notre Reine. L'un des privilèges du pouvoir suprême est le droit de grâce. Mème un coupable justement condamné peut voir sa peine commuée en une autre plus légère, ou être amnistié. Certes, si le pécheur, après avoir obtenu cette faveur, s’en autorisait pour recommencer ses offenses envers la Majesté divine, la Reine du Ciel ne voudrait Pas assurer son patronage à de si noirs desseins. Mais, si Elle voit le repentir dans le cœur du pécheur, Elle sera pour lui une Médiatrice de grâce.

Ne soyons pas nous-mêmes trop sévères pour ceux qui sont tombés, Loin de les écraser de notre dédain, comme le monde qui est d'ordinaire si débonnaire pour le péché et sévère pour ceux qui le commettent, détestons le péché, mais aidons les pécheurs de nos prières, Notre Dame du Rosaire l’a demandé aux trois petits enfants de Fatima.

 

img001

 

(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

14 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

nd_de_fatima_-_fatima_-_milagredosol-12-2

 

Quinzième jour


Lecture

 

Notre Dame de Fatima avait demandé aux trois petits bergers qu’ils vinssent pendant six mois de suite à la Cova d’Iria, leur promettant, s’ils y étaient fidèles, de leur dire son nom et ce qu’'Elle désirait. La promesse était accomplie.

Si, jusque-là, certains crurent prudent de réserver leur jugement, maintenant que l’Apparition a dit son nom, le doute n’est plus possible. C’est la Vierge Marie, Elle-même, qui s’est manifestée aux trois petits voyants de Fatima. Toutes les circonstances militent en faveur de la réalité des Apparitions.

Supposons même un instant une imposture, un mensonge de la part des petits enfants, ils n’auraient pas attendu six mois pour nous dire le nom de la prétendue Apparition. Il y a un fait frappant chez les menteurs et les dissimulateurs, c’est qu’ils sont très affirmatifs dans leurs inventions romanesques, et catégoriques, pour enlever toutes les hésitations possibles. D’ailleurs, à mesure que nous serrerons de près les termes du message que Notre Dame leur confia, nous verrons comment leur contenu théologique dépassait, et de beaucoup, la courte compréhension de ces minuscules intelligences de petits bergers.

Il n’est pas possible d’essayer de tromper quelqu'un avec des paroles dont on ne saisit pas le sens soi-même. C’est la réflexion que faisait M. Estrade, receveur de l'Enregistrement, à Lourdes, le jour où Bernadette, ayant reçu la réponse de l’Apparition : « Je suis l’Immaculée Conception », demandait ce que cela voulait dire « Conception » ! Elle prononçait : « Concheption ».

« Après une telle question, note-t-il dans son ouvrage, qui pourrait douter de la sincérité de Bernadette ? On ment avec des mots que l’on connaît, mais non avec des mots dont on ignore le sens ». (Op., p. 151).

Le message de Notre Dame de Fatima est, à la vérité, un monument de la miséricorde divine. Étant même très ferrés sur le catéchisme, les petits voyants n’auraient pu inventer une telle forme d’Apparition. Un théologien, lui-même, l’aurait-il imaginée ?…

Notre Dame avait terminé sa céleste mission. Après avoir dit aux enfants ses dernières paroles, Elle s’envola vers les profondeurs du ciel, sur le blanc nuage où posaient ses pieds nus.

À ce moment, il se produisit un phénomène étrange que virent des quantités de personnes et qu’elles qualifièrent de miraculeux. Le ciel qui, jusque-là, laissait tomber une pluie fine et pénétrante, s’éclaircit soudain pour faire place à un soleil radieux.

Au même instant, le disque solaire se mit à tourner sur lui-même sans arrêt, comme une boule de feu incandescente. Était-ce le soleil lui-même ? Ou bien plutôt une forme de manifestation lumineuse de la Vierge, qu’Elle voulait donner à la multitude de pèlerins ? D'après le discours prononcé au Congrès eucharistique de Nîmes, fin septembre 1951, par le cardinal Micara, légat du pape, ce même phénomène aurait été constaté à Rome par Sa Sainteté Pie XII, le matin du 1er novembre, jour de la proclamation de dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge. Il pleuvait, le matin, l’on se demandait même si la cérémonie pourrait avoir lieu sur la place Saint-Pierre. La pluie s'arrêta soudain et le soleil brilla d’un éclat radieux toute la journée. Mais, seul, le pape aurait joui du phénomène extraordinaire de Fatima.

La liturgie chrétienne, aux fêtes de la Vierge, La salue du nom d’« Etoile de la mer », Mère de Dieu et toujours Vierge, bienheureuse « Porte du Ciel ». (Hymne de Venance Fortunat, Evêque de Poitiers VIIe siècle).

Notre Dame a-t-elle voulu se révéler comme l’« étoile de la mer » ? Peut-être Marie est tout cela : étoile de la mer qui brille au firmament pour nous montrer le chemin du Paradis. Notre-Dame demeure aussi la bienheureuse « porte du Ciel ».

Des milliers de gens furent témoin du prodige. Peut-on dire que plusieurs personnes se sont suggestionnées ? C’est peu probable. Il n’y a pas de suggestion collective. Une personne seule peut avoir des hallucinations ; des milliers de Personnes, dans le même temps, ne peuvent pas avoir une hallucination identique. Au moment où se produisait ce phénomène. extraordinaire, la foule tomba à genoux, sous le coup d’une émotion intense et leva ses mains suppliantes vers le ciel et se mit à prier avec ferveur.

Un des témoins, heureux pèlerin de cette journée mémorable, mû par un sentiment de piété, anonyme mêlé à la foule, lança à haute voix une idée qui reçut l'approbation unanime : « Il faut construire ici un ermitage ».

Ce fut la même exclamation qui jaillit de la bouche de l’apôtre Pierre pendant la scène de la Transfiguration : « Seigneur, il nous est bon d’être ici ; si vous le voulez, faisons-y trois tentes, une pour vous, une pour Moïse, et une pour Elie ». (Matt., 17, 4). À l’appel qui venait d’être lancé, des mains généreuses jetèrent des pièces de monnaie sur l'herbe, devant le bouquet d’yeuses, lieu des Apparitions. Ce fut la première offrande des pèlerins.

D’autres vont suivre. Toutes ces sommes aideront à se procurer les matériaux pour élever l’ermitage : bois poutrelles, plancher, toiture. Des ouvriers bénévoles promirent leur concours et, à la fin de ce même mois d'octobre, une petite chapelle s'élevait à Fatima, sur les lieux où s'était manifestée Notre Dame du Rosaire.


Réflexions


1° D’abord nous avons dans la réalité des Apparitions de Notre Dame de Fatima une raison nouvelle de certitude pour notre foi.

De petits paysans illettrés n'auraient jamais pu inventer eux-mêmes de telles Apparitions. Ce vocable concordait merveilleusement avec le contenu du message de miséricordieuse signification qui échappait totalement à la compréhension des petits confidents de Marie.

2° Autre preuve de la réalité de l’Apparition : le phénomène extraordinaire de cette boule de feu que des milliers de personnes ont pu contempler. C'était probablement un signe céleste que la Providence divine a voulu donner comme preuve d'authenticité de l’Apparition. Cependant, un « signe » n’est pas nécessairement un « miracle ».

Depuis les temps les plus reculés, l'humanité anxieuse a cherché des signes qui lui feraient connaître les manifestations de la puissance divine. Les païens cherchaient des signes dans les astres, dans les entrailles des victimes, dans le vol, dans le chant, dans la manière de picorer des oiseaux. Aujourd’hui, on voit des personnes qui cherchent des signes dans la position des couteaux sur la table, dans le sel renversé sur la nappe, et d’autres rencontres fortuites. Ils ajoutent foi à ces mystifications grossières et ne croient pas l'Evangile.

Dans l’Ancien Testament, les Juifs demandaient souvent des signes à leurs prophètes. Il est donc plausible que le Ciel ait voulu donner un signe de la réalité de l’Apparition de Fatima.

3° Notre Dame est le signe d'alliance entre la terre et le ciel. Elle est la vraie « Arche d’alliance », toujours vivante et efficace.

Elle est Médiatrice de grâce à côté du Médiateur de justice qui nous a réconciliés avec le Ciel. « Marie est le sacrement de la grâce universelle et nous ne pouvons rien obtenir sans passer par elle ». (Vénérable P. Olier) « O femme, s’écrie le Dante, dans son immortel poème, tu es la plus grande parmi toutes les femmes, et celui qui voudrait obtenir quelque chose, sans passer par toi, ressemblerait à celui qui veut s'envoler et qui n’a pas d’ailes.pour voler ». (Divine Comédie) Nous obéissons à la loi de prier notre Père dans les Cieux, et nous Le prions, par l'entremise de son divin Fils, mais l’on ne prie pas le Fils sans passer par la Mère. « Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint ne viennent à nous, sans être portés sur la petite barque sacrée qui assure le passage ». (Mois de Marie de Mgr Dadolle).

 

Notre Dame du Rosaire et Reine de la paix Pour toutes les nations, priez pour nous.

 

img001


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

11 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

892_001 (2)

 

Douzième jour

 

Lecture


La renommée de Fatima augmentait de jour en jour et s’étendait aux contrées les plus lointaines. Ainsi, la presse anti-cléricale contribua, à sa manière, à faire une réclame bien involontaire aux Apparitions. La prison des trois enfants eut un écho retentissant. Les catholiques trouvaient étrange l’usage de cette liberté à sens unique. D’un autre côté, les ignorants (et même - disait-on - les incrédules que le sectarisme n’aveuglait pas) trouvaient ces procédés, vis-à-vis des enfants, quelque peu excessifs et de nature à compromettre leur cause.

Tout ce bruit considérable, autour de Fatima, attira une foule énorme à la Cova d’Iria, le 13 septembre, composée de pèlerins et de curieux pacifiques. Les craintes, manifestées par la presse de l’opposition, d’un conflit possible étaient inconsistantes et sans fondement.

La multitude qui s’écrasait à la Cova d’Iria était bigarrée au possible. C’étaient des campagnards venus du fond de toutes les provinces, avec des costumes d’une étonnante variété et des physionomies pittoresques, mais une même âme vibrait sous tant d'appareils divers : l’âme chrétienne généreuse et loyale du Portugal. Toute cette multitude se tenait agenouillée auprès du bouquet d’yeuses où s'étaient agenouillés aussi les petits voyants. Elle venait communier, dans la prière, avec la Vision céleste dont les trois heureux enfants jouissaient. La Vierge se montrait à eux dans ce même lieu, au-dessus du bouquet d’arbustes. Lucie, François, Jacinthe l’entendaient et la voyaient.

Le peuple n’avait pas ce bonheur, mais il sentait la présence de Notre Dame. Elle était là... tout près, quoique invisible…

Lucie, de sa voix menue, mais claire, récitait à ce moment le Rosaire. Toute l’assemblée, d’une même voix, lui répondait. Que de bras se tendaient vers le ciel, tenant le chapelet que les doigts égrenaient ! Que de douces larmes coulaient le long des joues ! Que de supplications montaient ardentes vers Notre Dame ! Chacun lui confiait ses peines, ses préoccupations, ses besoins.

« Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous », disait Lucie avec assurance… Et tout le peuple répondait avec ferveur : « Sainte Marie…, priez pour nous... pour les parents, pour les enfants, pour les pécheurs. maintenant, mais surtout à l'heure de la mort, qui décide de toute l’éternité ».

À la fin de chaque dizaine, c'était la prière de glorification de la Trinité sainte : « Gloire au Père qui nous a créés, au Fils qui nous a rachetés, au Saint-Esprit qui nous a sanctifiés ».

Ensuite, après l’énoncé de chaque mystère du Rosaire, c'était le « Notre Père » que la petite bergère détaillait avec tout son cœur, l’incomparable prière que Jésus enseigna lui-même, mot par mot, aux Apôtres. Ils lui avaient dit, un jour : « Vous nous parlez toujours de prière, mais enseignez-nous à prier. - Quand vous prierez, vous direz : Notre Père qui êtes aux cieux... » (et le reste).

Lucie, après avoir commencé le « Notre Père », s’interrompit dans une sorte d’extase, saisie d'émotion par l'intensité de la Vision.

À ce moment, les fidèles qui avaient emporté des gerbes de fleurs, en un geste touchant de piété filiale, se mettent à les jeter vers le bouquet d’yeuses, à l'adresse de la Vierge dont ils devinent la présence. Cet envol de pétales était comme le symbole de milliers de cœurs qui se donnaient à Marie. La multitude n’avait pu contenir davantage son enthousiasme.

« Bénie soit la Mère de Dieu ! » lança une voix avec émotion. Toute la foule répéta le même cri. « Bénie soit la Vierge Marie ! » reprit la voix. De nouveau, la foule répéta la même acclamation. Et la litanie se continua, avec l'impulsion d’une vivante foi, s’amplifiant à mesure, tel le flot de l’océan, suivi d’un autre flot, qui le suit, le chevauche, le dépasse et vient déferler sur le rivage, couronné de blanche écume.

La manifestation, spontanée et puissante de la foule, se calma peu à peu, lorsque les enfants, après la fin de la vision, se levèrent pour rentrer à la maison. L’impulsion venait d’être donnée, puissante, irrésistible.

Notre Dame n’aura qu’à accentuer son désir pour que Fatima devienne un centre de prière intense, de méditation et de piété. Le terrain d’action est déjà préparé. Quatre mois à peine sont passés, depuis la première apparition. Déjà, le désir de Notre Dame est devenu une réalité. Elle ne fera que se développer d’année en année.

 

Réflexions

 

Le premier mouvement de la foule qui accompagna la venue des petits voyants à la Cova d’Iria fut de tomber à genoux auprès de l’endroit de l’Apparition et de prier. L'homme est naturellement religieux et, quand bien même il ne serait pas chrétien, il sent qu’il est petit et faible et qu'il doit s'appuyer sur le secours de la Divinité.

1° Il faut prier. - Adorer Dieu est une nécessité de l'âme, pour reconnaître son souverain domaine sur nous et notre entière dépendance à son égard.

L'homme doit rendre grâce à Dieu comme au suprême bienfaiteur, à qui l’humanité est redevable de tous les biens qu’elle a reçus. « Remercions le Tout-Puissant de ses dons inénarrables » (Cor, 9, 15).

Dans la prière, l’homme remplit le triple devoir de la réparation, en reconnaissant ses fautes, en gémissant sur ses faiblesses, et en acceptant généreusement les épreuves de la vie. La prière est en quelque sorte la respiration de l’âme. Par analogie avec le mécanisme de la respiration du corps, dans la prière, l’âme aspire l’air vivifiant de la grâce, et elle rejette tout ce qui serait de nature à l’asphyxier moralement : le péché et les défauts qui sont sources de péchés. Et comme nous avons besoin de Lui, allons Lui demander ce dont nous avons besoin. Prière intéressée sans doute, mais le Seigneur consent à l’accueillir si nous savons la Lui adresser avec humilité et confiance.

2° Il faut prier sans cesse, de la même façon que notre corps respire, constamment, sans arrêt, sinon ce serait la mort. Le Maître divin l’a dit : « Il faut toujours prier et ne jamais se lasser ». (Luc 18, 1).

a) D'abord, assurons l'essentiel de la piété, faisant cadrer nos devoirs religieux avec nos devoirs d'état. En regard de quelques minutes par jour accordées à l'âme, nous accordons des heures aux soins du corps périssable.

b) Offrons à Dieu, tous les matins, notre travail, nos souffrances avec tout notre cœur, et cette journée de travail et de souffrance sera une prière continuelle et un acte d'amour non interrompu, « avec les mêmes sentiments dont Jésus-Christ a été rempli ». (Phil., 2, 5).

3° Conditions d’une bonne prière. - Saint Augustin répond à l’objection de ceux qui se découragent et abandonnent la prière parce que, disent-ils, Dieu fait la sourde oreille à leurs demandes. Ce n’est pas la puissance de Dieu, ni sa bonté qu'il faut accuser, mais plutôt les mauvaises dispositions de l’homme. Nous ne sommes pas exaucés, dit Saint Augustin, pour les raisons suivantes :

1° Parce que nous demandons des choses mauvaises, non pas en elles-mêmes, mais par rapport à nous qui les demandons, ou à ceux pour qui nous les demandons. Demandons ces biens à Dieu, à condition de nous soumettre par avance « à sa sainte Volonté, qui doit être faite en toutes choses ». (Matt., 6, 10).

2° Nous demandons mal, sans attention, de façon routinière, sans humilité ni confiance.

3° Nous sommes mauvais par rapport à Dieu et au prochain ; par rapport à Dieu, quand nous l’invoquons et que nous avons perdu la grâce par le péché. Mauvais par rapport au prochain : n’avons-nous pas manqué bien souvent à la charité fraternelle ? « Si lorsque tu présente ton offrande à l’autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis viens présenter ton offrande » (Matt., 5, 23).

Demandons à Notre Dame de Fatima de nous aider à bien prier son Divin Fils, afin que nos supplications, partant d’un cœur sincère, soient bien agréées par le Seigneur, pour sa plus grande gloire et le bien du prochain.

 

img001


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer l'exercice)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

9 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Sts Francesco et Jacinta Marto

 

Dixième jour

Lecture


Parmi toutes les souffrances intimes de Lucie, la plus douloureuse était d’en arriver à douter elle-même de la réalité du caractère surnaturel des apparitions.

François et Jacinthe sont morts sans avoir pu nous communiquer ce qui se passait dans leur for intérieur. Il est possible qu’ils aient enduré des amertumes secrètes, mais nous n’avons pu le savoir. D'ailleurs, c’est avec la maturité de l’âge que la faculté d’introspection entre en jeu et nous permet d'analyser nos sentiments.

Lucie nous laisse deviner ses impressions durant cette période des apparitions. Elle souffre de toute manière : de l’incrédulité des siens, des critiques ouvertes ou sournoises des petites gens du village, de la souffrance de son père et de son oncle ; mais surtout de désolation intérieure. Ceux qui auraient dû la consoler l’abandonnaient les uns après les autres. Sa mère la traitait d’intrigante. Les personnes pieuses faisaient un détour pour ne pas passer devant sa maison, afin d’éviter un sujet de conversation si brûlant.

D'un autre côté, si quelqu'un acceptait de voir Lucie, c'était pour elle, une source de tentations. On se laissait aller, en sa présence, à un enthousiasme de mysticisme. On entourait sa petite personne de marques de vénération qui pouvaient lui donner des pensées de vaine gloire. Finalement, toutes ces démonstrations lui étaient visiblement à charge. Elle pensait, avec juste raison, qu’il est dangereux de voisiner avec le démon de la vanité. Pour comble, la pauvre petite se vit désavouer ouvertement par son propre curé.

Il manda au presbytère Antonio et Marto et les morigéna sur ce qu’il appelait « la louche aventure de leurs enfants », protestant de toutes ses forces contre cette « mystification » intempestive.

« Et cependant, monsieur le Curé, hasarda Antonio Santos, si c'était vrai ? - Mon pauvre Antonio, s’écrie le Curé, en levant les bras et en regardant son partenaire, les yeux dans les yeux, vous êtes-vous imaginé que le Ciel va se déranger pour venir rendre visite à notre pauvre village ? »

Et avec une pointe de malice, il ajouta : « Et jeter son dévolu sur une bicoque de « potiron » ? - Alors, qu'est-ce qu’il faut faire, monsieur le Curé ? Si nous empêchons les petits d’aller à la Cova d’Iria, ils tomberont malades. - Bah ! fit le Curé, tout ça se tassera. En tout cas, en tant que curé de cette paroisse, je vous interdis d'accompagner là-bas vos enfants ».

Lucie, se voyant désavouée par la plus haute autorité morale de l’endroit, qui représentait l’Evêque, commença à avoir quelque doute sur la réalité de l’Apparition. Elle avait peur d’avoir été induite en erreur. « Et si j'avais été victime d’une illusion ? », songeait-elle, pleine d’angoisse.

Alors, elle éclatait en sanglots. Ensuite, après avoir essuyé ses larmes, elle se mettait à genoux, elle priait de longs moments et puis elle se relevait plus calme, ayant retrouvé sa confiance. « Il n’est pas possible, se disait-elle, que nous nous trompions, tous les trois, puisque François et Jacinthe ont vu Notre-Dame comme je L’ai vue moi-même ».

« Oh ! cette lumière ! cette lumière ! Non, ce n’était pas l’œuvre d’un sorcier, ni d’un démon... O mienne Notre-Dame, venez à mon secours. Si c’est bien vous qui nous êtes apparue, comme je le crois, à la Cova d’Iria, daignez vous faire mieux connaître, afin de dissiper le doute qui envahit mon âme ». Elle repoussait ainsi les tentations d’incrédulité, et elle se donnait ensuite à son labeur. Notre-Dame la soutenait dans ces pénibles tentations qui se répétaient tous les jours, avec des alternatives d’abattement et d’élan. Mais, en fin de compte, Lucie finissait par triompher des attaques qui torturaient son cœur.

Cependant, cette lutte morale ne laissait pas d’influencer le physique. Par ces combats intérieurs, l’enfant s’entraînait à supporter les luttes extérieures qui se préparaient, L’ennemi s’agitait visiblement, pour empêcher que Fatima ne devienne un centre de prière et de missions, selon le désir certain de Notre-Dame. Mais Dieu est plus fort que le démon, serpent infernal, et la Femme bénie entre toutes les femmes saura, une fois de plus, lui écraser la tête.


Réflexions


Lucie fut un moment tentée de douter de la réalité des apparitions. Il ne faut pas s'étonner d’être tenté, puisque les saints l’ont été, Plus ils étaient saints, plus le démon s’acharnait sur eux. La cognée du bûcheron ne s’attaque pas à un arbre vermoulu. Deux pensées sont à retenir : 1° la tentation n’est pas le mal ; 2° elle peut devenir un bien, Nous verrons à quelles conditions.

1° La tentation n’est pas le mal. - Ce qui est mal, ce n’est pas de sentir la tentation, mais de consentir à faire le mal. Saint François de Sales l’exprime nettement dans « l’Introduction à la Vie dévote » : « Notre victoire ne consiste pas à ne pas sentir, mais à ne pas consentir ». Si sentir la tentation était un péché, Notre Seigneur n'aurait jamais voulu que le Démon vienne le tenter, dans le désert, Or, il supporte l’épreuve. Saint Grégoire, dans la seizième homélie sur l'Evangile, ne trouve pas qu'il y eut « inconvenance à ce que notre Rédempteur souffrit la tentation. Il était juste qu’il fut vainqueur de nos tentations par la sienne comme par sa mort, il devait vaincre notre mort ». Le démon le tente par la sensualité, puis par la gloriole, enfin par l'amour des biens et de la gloire. Jésus le repousse et Satan est vaincu. La tentation fut purement extérieure, et son âme n’en fut nullement troublée.

2° La tentation peut devenir un bien : a) par rapport à Dieu qui est glorifié par la résistance de celui qui ne veut pas consentir, montrant ainsi que son amour pour Dieu l’emporte sur tout le reste ; b) la tentation est un bien pour chacun de nous. « Quoique importunes et pénibles, les tentations ne laissent pas d’être souvent très utiles à l’homme parce qu’elles l’humilient, le purifient et l’instruisent ». (Imit., l. I, 13, XIII, 2).

3° À quelles conditions la tentation sera profitables ? Le Divin Maître nous l’a enseigné au Jardin de Gethsémani. « Veillez et priez, dit-il à ses apôtres, afin de ne pas tomber en tentation ». (Mat., 26, 41).

a) Avant la tentation : veiller et surtout prévenir. Le proverbe le dit : « Il vaut mieux prévenir le mal que le guérir ». Ne soyons pas présomptueux. La présomption a perdu le malheureux Pierre qui a renié son Maître. Souvenons-nous du conseil de l’Apôtre : « Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ». (1 Cor., 10, 12). L’Apôtre nous prêche la confiance : « Dieu qui est fidèle ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais, avec la tentation, il préparera le moyen d’en sortir afin que vous puissiez la supporter ». (1 Cor., 10, 13).

Prévenir, c’est éviter les occasions volontaires de pécher : personnes, choses, circonstances, compagnies douteuses, lectures troublantes, divertissements de théâtre ou cinéma, etc., que notre propre expérience ou celle d'autrui nous ont révélés dangereux. Se souvenir que « l’oisiveté, mère de tous les vices », engendre toutes les tentations et s’en fait la complice. (Eccl. 33, 29).

b) Pendant la tentation : il faut résister promptement, sans discuter avec elle, et la fuir comme « on fuit un serpent ». (Eccl., 21, 2). Surtout prier, Tant que l’on prie, on est fort de la force même de Dieu : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ». (Philip., 4, 13). On succombe, si l’on cesse de prier.

c) Après la tentation : si l’on a triomphé, remercier le bon Dieu de cette grâce, qui nous en méritera d’autres pour les combats à venir. Si l’on a été vaincu, ne jamais se décourager, ce qui serait un grand dommage. Ne pas « jeter le manche après la cognée », mais, selon saint François de Sales, « utiliser ses fautes » pour s’humilier dans le sacrement de Pénitence et pour profiter de notre triste expérience afin d’être moins présomptueux et plus prudents à l’avenir. 


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

img001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

5 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Notre Dame de Fatima

 

Sixième jour


Lecture

 

Les apparitions de Fatima, en plein XXe siècle, firent le même effet que la foudre qui tombe sur une foule en délire au milieu d’une fête. Pour beaucoup, en effet, il n’y a pas d'autre réalité que cette vie, qu’il faut embellir du mieux possible et qu’il faut passer dans la joie. Cela s’écrit dans les livres, dans les journaux, dans les publications, dans les romans, dans les pièces de théâtre, dans les chansons, sur les écrans des salles de cinéma. Vive la richesse ! disent les puissants du jour, cherchant par tous les moyens à écraser les faibles pour s’enrichir à leurs dépens. Vivent les plaisirs ! disent les sensuels, la vie est courte, profitons du temps qui passe tant que nous sommes jeunes. Vivent les honneurs ! disent ceux qui espèrent par là acquérir et richesse et plaisirs à la fois. Ainsi les matérialistes qui ne voient seulement dans l’homme qu’un estomac à remplir, des muscles et un système nerveux à satisfaire, prétendent que l’âme s’éteint avec le corps, et que tout finit au trou noir de la tombe, Tout cet échafaudage édifié par la libre pensée, pour satisfaire sans remords les jouisseurs, s’effondre lamentablement à la Cova d’Iria, Notre Dame apparaît aux trois enfants, dans un rayonnement de splendeur céleste et, après avoir conversé avec eux et leur avoir donné rendez-vous, le mois suivant, dans le même lieu, au même jour et à la même heure, elle s’élance au ciel lentement et disparaît vers l’Orient, Les enfants l'ont suivie du regard ensemble, C'était donc une réalité et non pas le fait de l’imagination. On n’imagine pas, quand on est plusieurs, la même chose en même temps. Nous verrons d’ailleurs que, le mois suivant, par un concours de circonstances brutal et imprévu, les enfants n’ayant pu se rendre à l’endroit indiqué, l'apparition a eu lieu quand même dans un autre, Nouvelle preuve de l’objectivité de l'apparition, Tout cela démontre clairement que la réalité de la vie de ce monde n'est pas la seule réalité, que tout dans l’homme ne finit pas avec son Corps, et que l’âme immortelle ira dans un monde nouveau pour y être éternellement heureuse ou malheureuse, selon son comportement ici-bas. Notre Dame est venue, à Fatima, nous révéler l’existence du monde surnaturel, On s’explique dès lors comment, à la nouvelle des Apparitions de la Cova d’Iria, plusieurs personnes furent consternées, et non seulement dans le petit village d’Aljustrel mais dans tous les pays où la nouvelle se répandit. Il y avait surtout ceux qui ne croient qu’à ce qu'ils voient ou à ce qu’ils touchent. Cette philosophie est très commode pour masquer les débordements de la nature dans l’édification des fortunes scandaleuses : dans la déloyauté pour accéder aux places et aux honneurs ; dans la violation de la loi morale par la profanation du Cœur sur tous les chemins de l’aventure, Tous ces gens-là avaient intérêt à nier la réalité des apparitions et à proclamer que la vie présente n’a pas de lendemain.

« Ce n’est pas possible que nous petits compatriotes aient vu Notre-Dame, disaient certains gens d’Aljustrel qui n’avaient pas tout à fait l’âme en paix. Nous connaissons Lucie et ses Parents : les Santos ; Jacinthe, François et Olympia, leur mère. Ces bambins n’ont pas dix ans et ils voudraient nous en faire accroire ? Non, à d’autres ! »

Ainsi parlaient les Nazaréens de Jésus, le jour où il vint prendre la parole dans leur synagogue : « D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles. N'est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas parmi nous ? D’où lui viennent donc toutes ces choses ? » (Mat., 14, 54, 55). Évidemment que pouvait-il sortir de bon du petit village d’Aljustrel et des petits bergers qui n'avaient rien d’extraordinaire, pour ces sceptiques ?

Nous avons vu les efforts d'Olympia pour empêcher François et Jacinthe de parler et la sévérité de Marie-Rose accusant Lucie d’imposture. Le père Antonio évitait de contredire sa femme pour avoir la paix, mais il avait grande confiance en Lucie et, pour couper court à la discussion, se contentait de traiter tout ça de « bavardages de bonnes femmes ». Le père de François et de Jacinthe, homme rude et simple, se contentait de travailler durement ses champs dans le plein soleil de mai qui lui bronzait les bras et le visage. Il prenait le parti de ses enfants et mettait en eux la plus entière confiance, Il était chrétien et pensait qu’un miracle, après tout, était possible.

« Si nous voulions toujours discuter, se disait-il, nous n’en finirions plus. Le bon Dieu peut illuminer l’âme qui lui plaît. On nous a appris cela au catéchisme ».

Et il croyait sans discussion. Les bien pensants ne mettaient pas en doute la possibilité du miracle, sans quoi ils auraient été hérétiques.

Mais il s'agissait de savoir si, en fait, les enfants avaient réellement vu Notre Dame à Fatima. Dans l'affirmative, il n’y avait qu’à s’incliner et à reconnaître la réalité d’un Au-delà éternel pour lequel nous avons été créés, car si nous avons été mis sur la terre, c’est pour connaître Dieu, l’aimer et le servir et, par ce moyen, obtenir la vie éternelle. Le bénéfice de cette vie éternelle a été perdu pour Adam et Eve, et la deuxième personne de la sainte Trinité est venue s’incarner pour pouvoir, par ses souffrances et par sa mort, rétablir le plan divin faussé par la désobéissance où premier couple humain, et nous rendre cette vie éternelle, à condition de la mériter par nos efforts quotidiens. C’est là toute l’économie du salut.


Réflexions


Notre Dame de Fatima se préoccupe par-dessus tout d'aider les âmes à se sauver. Considérons les motifs que nous avons à travailler au salut de notre âme et les moyens que nous devons mettre en œuvre pour gagner le ciel.

1° Motifs :

a) Le salut est une grave affaire dont les hommes oublient trop l'importance, pour donner leur attention et leurs efforts à d’autres affaires.

Sans doute, le responsable d’une famille doit se préoccuper de la faire vivre et d’assurer son avenir. « Ce sont des choses qu’il faut pratiquer sans omettre les autres ». (Mat., 22, 23). Les autres sont trop souvent celles du salut. Or « que sert de gagner l’univers » si l’on perd le ciel. Alors tout est perdu et la vie n’est plus qu’une spéculation manquée.

b) C’est une affaire personnelle qui nous intéresse, tous et chacun, au plus haut point. Trop souvent, dans la conduite de la vie, nous nous préoccupons de ce que pensent les autres.

Préoccupons-nous surtout du jugement de Dieu. L'œuvre du salut demande notre effort personnel. « Dieu, dit saint Augustin, qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous ».

c) Une affaire à ne pas différer. On dit parfois : Ce qui est différé n’est pas perdu. Oui, mais exceptionnellement. Cependant, pour l'affaire du salut, ceux qui remettent à plus tard compromettent souvent leur salut. Plus on diffère, plus on « s’indiffère ». Un proverbe rappelle très opportunément de « ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même ». Qui peut répondre du lendemain, quand la mort frappe à toute heure, et au moment où l’on s’y attend le moins ?

2° Moyens :

a) Il faut y penser toujours, en orientant tout vers l’éternité, ses pensées, ses paroles, ses actes.

b) Il faut surtout vouloir. On a dit que l'enfer « était pavé de bonnes intentions ». Cela veut dire que l’intention ne suffit pas et qu’il faut l’action. Il y a la manière de ceux qui veulent « sans que cela coûte ». Manière désastreuse ! Il y a ceux qui veulent « quoique cela coûte », c’est la bonne manière. Le devoir exige toujours des sacrifices et, seul, ce qui coûte a de la valeur.

c) Avec persévérance. Il ne s’agit pas de bien commencer, mais de continuer et surtout de bien finir. « Celui qui persévère jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé ». (Mat., 10, 22). Combien de jeunes chrétiens ont fait une communion solennelle édifiante et ont ensuite déserté l’Église !

Prions Notre Dame de Fatima de nous aider à sauver notre âme.

 

img001


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

16 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

764_001

 

Dix-septième jour

 

Lecture

 

« L’Apparition, nous dit Lucie, tenait ses mains jointes, à la hauteur de la poitrine, dans l’attitude d’une personne en prières. Suspendu aux deux mains jointes, glissait un rosaire monté avec de grosses perles de nacre ». C’était plutôt un attribut pour la Reine du Ciel qu’un instrument de prière, car, Marie n’a pas besoin de réciter le chapelet.

Pourquoi réciterait-Elle le Credo, Elle qui jouit de la Vision béatifique ? Dans le ciel, on n’a pas besoin d’affirmer la foi, ni l'espérance, seule « la charité ne passera jamais ». (1 Cor., 13, 8).

Pourquoi réciterait-Elle le « Notre Père », puisqu’Elle possède, avec son Divin Fils, la plénitude de tous les biens que l’on demande dans l'oraison dominicale ? Pourquoi se réciter à Elle-même l’« Ave Maria » ? On ne se salue pas soi-même.

La seule partie du chapelet à laquelle Elle pourrait s'associer est la doxologie qui termine chaque dizaine : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ! » et joindre ainsi sa voix au concert angélique pour glorifier la Très Sainte Trinité.

Marie apparut avec un chapelet à la main, aux Roches de Massabielle, à Lourdes. Bernadette, l’heureuse voyante, a fort bien fait la remarque suivante : « L’Apparition égrenait son chapelet entre ses doigts sans mot dire, ses lèvres remuaient seulement au Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ».

L’insistance de la Très Sainte Vierge de se montrer à ses confidents avec un chapelet à la main montre son estime pour cette forme de dévotion. À Fatima, comme à Lourdes, elle tient dans ses mains le chapelet, et remarquons que ce n’est pas avec un chapelet quelconque, mais, nous dit Lucie, un beau chapelet fait avec de grosses perles de nacre. Bernadette nous parle d’une chaîne d’or qui reliait les grains du chapelet de la « Dame ». Pourquoi tant de richesse dans le chapelet des Apparitions ?

Pour nous enseigner à « prier sur de la beauté ». Un des fidèles et auguste serviteur de Marie, le Pape Saint Pie X, dans son « Motu proprio » qui voulait remettre de l’ordre dans l’Art chrétien, nous rappelle d’un mot l’une de ses plus chères préoccupations : « Priez sur de la beauté ! » Le chapelet a toujours été la dévotion de tous les saints. Elle sera toujours la plus belle expression de la piété mariale.

Saint Vincent de Paul, au rapport d’Abelly, son premier historien, et son contemporain, portait toujours un chapelet à la ceinture pour l’avoir à la portée de la main. Il s’écriait un jour : « Oh ! la belle dévotion de dire le chapelet ! Notre Bienheureux Père François de Sales disait que, s’il n’eût pas eu obligation de réciter son office, il n’eût jamais dit d’autre prière. Il l’a dit, trente ans, pour obtenir de Dieu pureté et grâce de bien mourir, par l'entremise de la plus pure des Créatures, la Sainte Vierge ».

Il exhortait ses premières Filles de la Charité sur cette dévotion : « Vous devez être soigneuses à bien réciter votre chapelet, car c’est là votre bréviaire... Comme un prêtre est obligé de dire son bréviaire, ainsi vous devez avoir grand soin de dire votre chapelet. En disant leur bréviaire, les prêtres doivent avoir grande attention, dévotion et révérence : comme eux, vous devez en avoir autant pour votre chapelet, afin d'obtenir de Dieu, par l’intercession de la Sainte Vierge, les grâces dont vous avez besoin pour Lui être agréables ». (Conférence du 8 décembre 1658).

Saint Louis, roi de France, récitait chaque jour le chapelet et s’agenouillait pendant les « Ave Maria ». La récitation du chapelet est très ancienne dans l’Église. Elle existait avant saint Dominique, mais la tradition lui attribue l'introduction du Rosaire qui se compose de trois chapelets avec l'énoncé et une courte méditation sur les mystères joyeux, douloureux et glorieux.

Notre Dame a recommandé aux trois enfants de Fatima de réciter le chapelet, tous les jours. Elle ne leur a pas demandé le Rosaire, mais la troisième partie du Rosaire (que les Portugais appellent « o têrço », qui veut dire tiers du Rosaire). La Sainte Vierge ne voulait pas leur imposer une pratique de piété trop longue.

Certains ont trouvé qu’un chapelet, chaque jour, pour des enfants, c'était encore excessif, Nous avons vu que c'était un usage dans leur famille puisque, le matin, après leur déjeuner sur l’herbe, ils récitent le chapelet. Notons que la Sainte Vierge s’adressait à des enfants privilégiés et que ce n’était pas un ordre, maïs plutôt un conseil. Même auraient-ils fait la promesse de réciter le chapelet, tous les jours, il n’y aurait pas eu faute à le manquer, si un motif valable les avait empêchés de le dire. Retenons le désir très grand que Notre Dame manifeste aux enfants : la récitation quotidienne du chapelet avec la méditation intercalée des Mystères du Rosaire.

 

Réflexions


Le mot de chapelet vient d’un ancien mot français : « chapel », qui désignait une sorte de coiffure. L’on disait indifféremment chapel de roses ou chapeau de roses, parce que des guirlandes de roses ornaient la coiffure. La guirlande est devenue la chaîne et les roses, les grains. Les grains, égrenés entre les doigts, sont les roses effeuillées en l’honneur de Marie. C’est de là qu'est venu d’ailleurs le nom de « Rosaire ». Le chapelet est composé des plus belles prières du chrétien.

Le « Credo », qui est l’affirmation de notre foi ; le « Pater », qui est la prière enseignée par Notre Seigneur ; l’« Ave Maria », qui contient la Salutation de l’Ange ; enfin la doxologie : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit », sorte de refrain, à la louange de la Très Sainte et Très Auguste Trinité.

Le Rosaire comporte quinze mystères : mystères de l’œuvre de la Rédemption où Jésus et Marie tour à tour s'offrent et offrent. Jésus s’offre à son Père et offre sa mère ; Marie s’offre en sacrifice à Dieu et Elle offre Jésus. Pour gagner les indulgences du Rosaire, il n’est pas nécessaire de réciter tout le chapelet et, a fortiori, les trois chapelets. On peut les gagner, même en ne disant qu’une dizaine, à condition d’énoncer un mystère avant la récitation de cette dizaine.

Pour gagner les indulgences, il n’est pas nécessaire de tenir le chapelet à la main, pourvu qu’on le porte dans sa poche. Les indulgences sont attachées aux grains seulement et non au crucifix. L’on peut donc changer le crucifix sans perdre les indulgences.

Avons-nous un chapelet que nous osons arborer comme le grand physicien Ampère ? Ozanam en fut grandement édifié, comme il l’a écrit : « Le chapelet d'Ampère a fait plus sur moi que tous les livres et même tous les sermons ».


Comment le récitons-nous ?


Est-ce avec dignité et révérence, pensant que nous nous adressons à la Souveraine Majesté de Dieu et à la Grandeur de la Reine du Ciel ?

Avec attention, nous efforçant de penser à ce que nous disons et de sentir ce que nous demandons ?

Avec dévotion, ayant le désir d’aimer généreusement le Bon Dieu et la Sainte Vierge, avec la disposition d’accomplir, en toutes choses, la volonté d’ En-Haut ?

Aimons notre chapelet. C’est lui qu’on enroulera autour de nos mains exsangues. Comme il sera bon alors de l'avoir bien récité !…. Cinquante fois par jour, nous aurons dit à Marie : « Priez pour nous... à l’heure de notre mort ». Cette heure venue, Notre Dame se souviendra de nos appels.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

13 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

il_fullxfull

 

Quatorzième jour


Lecture


La sixième apparition, et la dernière, de Notre Dame, en ce jour du 13 octobre, fut la plus féconde en enseignements et laissa dans le cœur des enfants un souvenir profond.

« Venez ici, pendant six mois de suite, leur avait dit l’Apparition, et, à la fin, je vous dirai qui je suis et ce que je demande ».

Le jour est enfin venu, pour les bienheureux confidents de l’Etre mystérieux descendu des hauteurs du ciel, d'apprendre de la propre bouche de la Vision céleste quel est son nom. La petite voyante de Lourdes, durant les apparitions, ne connaissait pas Celle qui lui parlait. C’est sur les instances du curé de la paroisse, tout à fait incrédule, que Bernadette se décida, un jour, à surmonter sa timidité pour demander son nom à Celle qu’elle désignait par ce mot : la Dame, L'abbé Peyramale, à la requête de l’Apparition transmise par Bernadette de faire bâtir une chapelle, à la grotte, avait déclaré à l’enfant qu’il ne ferait rien, sans connaître le nom de la mystérieuse Dame.

« Madame, demanda Bernadette à l’Apparition, M. le Curé m’a chargée de vous demander votre nom ? » La réponse ne vient pas. Une seconde tentative est aussi infructueuse. Une troisième fois, l'enfant réitère sa demande. « Alors, dit Bernadette, la Dame prit un air grave et parut s’humilier, joignit les mains sur sa poitrine, regarda le ciel; puis, séparant lentement les mains et se penchant vers moi, Elle me dit, en laissant trembler la voix : « Je suis l’Immaculée Conception ».

Lucie n’eut pas à interroger l’Apparition, puisque Elle-même avait promis de dire son nom. « Venez ici, avait-elle demandé aux enfants, pendant six mois de suite et je vous dirai qui je suis et ce que je demande ». Ce qu’Elle voulait leur confier, c'était le message de la prière pour les pécheurs. Et puis, elle leur dit son nom : « Je suis la Vierge du Rosaire ».

Désormais, tout doute était levé. C'était Notre Dame du Rosaire qui apparaissait aux enfants de Fatima, ayant choisi le Portugal comme une nouvelle terre d’élection. Notre Dame du Rosaire de Fatima ! Nom à jamais béni, jailli de milliers et de milliers de bouches. Nom de bénédiction et de salut et qui a franchi les frontières du Portugal. L’univers catholique connaît maintenant ce sanctuaire, baptisé : « le Lourdes » du Portugal.

En l’honneur du nom béni de-Marie, nous pourrions transformer les belles strophes de l'hymne que l’Abbesse bénédictine du XIVe siècle avait composées, pour chanter le Nom de Jésus :

 

Doux est le souvenir de Marie ;

Il donne immense joie au cœur,

Bien plus que le miel, l’ambroisie,

Il renferme en lui la douceur.

Aucun nom n’est plus agréable ;

Ni plus grand ni plus délectable

Que le nom si plein de fraîcheur

De la Mère du doux Sauveur.

Espoir du pécheur qui la prie,

Elle est toujours bonne, Marie,

Pour celui qui va la cherchant,

Meilleure à celui la trouvant,

Aucune langue ne peut dire,

Aucune plume même écrire,

Combien il est doux de l’aimer,

Si l’on ne l’a pas éprouvé.


Notre Dame du Rosaire, c’est le nom qu’a choisi Marie, dans ce mois qui lui est consacré, où les chrétiens viennent effeuiller à ses pieds les roses de leurs prières, intercalées du rappel des mystères du Rosaire qui font revivre la vie, la mort et la résurrection de Notre Seigneur, afin d’ « imiter ce qu’ils contiennent et d’obtenir ce qu’ils promettent », pour réaliser notre bonheur sur la terre et la gloire dans l'éternité.

 

Réflexions


Dans ses diverses manifestations, la Très Sainte Vierge se montre à ses confidents, sous le vocable destiné à attirer l’attention du monde chrétien sur un point spécial, qui est comme la raison d’être de son intervention céleste. À la chapelle de la rue du Bac, en 1830, Elle veut préparer la proclamation du dogme de son Immaculée Conception, et Elle apparaît à Sœur Catherine Labouré sous la forme de la Médaille miraculeuse, ayant autour de sa tête l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Vingt-quatre ans après, le pape Pie IX, le 8 décembre, proclame solennellement que « la Très Sainte Vierge a été conçue sans le péché originel ». Quatre ans après, à la grotte Massabielle, à Lourdes, Marie se révèle sous le vocable de l’Immaculée Conception, comme pour confirmer la définition du Dogme de sa Conception immaculée. Elle semble dire à Bernadette Soubirous, sa confidente :

« Le pape a bien parlé, à mon sujet. C’est vrai que j'ai été préservée de la tache originelle. Je suis l’Immaculée Conception ».

Maintenant, la Vierge se nomme aux trois petits voyants de Fatima sous le vocable de « Notre Dame du Rosaire », parce qu’elle a des raisons particulières.

Nous sommes en l’année 1917, Au Portugal, les temps sont troublés. Le culte est menacé, les associations catholiques dissoutes. Le rationalisme règne sur les esprits avec le doute et l'indifférence religieuse. Les consciences sont. troublées. Que va devenir l’Église ?

C'était, comme au XIIIe siècle, l’hérésie des Albigeois, semant en plein Moyen Age ses doctrines subversives parmi les cités et les campagnes, mettant tout à feu et à sang et semant la ruine des corps et. des âmes parmi les populations malheureuses. Notre Dame apparaît alors à saint Dominique, avec un rosaire à la main, et lui suggère une croisade de prières.

Il était nécessaire de faire un rétablissement des valeurs surnaturelles de l'âme, en revivant les enseignements du Christ. Le Rosaire a triomphé de l’hérésie en redonnant le Christ au monde qui l'avait perdu.

Le Rosaire ayant été l’arme véritable et irrésistible qui sauva le Moyen Age de cette désastreuse hérésie, Notre Dame a voulu l’employer contre la même hérésie qui menaçait de faire sombrer le Portugal.

« Les mains levées vers le ciel, a dit Bossuet, enfoncent plus de bataillons que celles chargées d’armes ».

Notre Dame n’a pas dit seulement aux enfants de Fatima, comme au saint religieux : « Faites réciter le Rosaire ! » Elle leur a dit : « Je suis la Reine du Rosaire, du Rosaire tout puissant et vainqueur de toutes les hérésies, de toutes les persécutions, de toutes les négations. Aimez-moi. Priez avec moi mon Fils. Gardez-moi ! Gardez-Le ! Et nous vous garderons ».

 

img001

 


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

12 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

037_001

 

Treizième jour


Lecture

 

Enfin arrivait l’automne, et la douce mélancolie de la lumière mourante, avec la chute des feuilles. Le 13 octobre allait venir, où, pour la dernière fois, l'Apparition se manifesterait aux trois petits voyants. Elle leur avait demandé s'ils consentaient à venir, dans ce lieu, durant six mois de suite. Ils avaient vaillamment tenu leur promesse. Était-il concevable que ce charme qui les avait pris tout entiers puisse être rompu ? que le petit bouquet d’yeuses ne frissonne plus au contact céleste des pieds nus de Notre Dame ?

Beaucoup de personnes se promettaient d’accompagner les enfants, à cette ultime manifestation de Notre Dame et souffraient, au fond de leur cœur, de voir finir ces visites qui les consolaient. Notre Dame était invisible sans doute à leurs yeux, mais quoique cachée sa céleste présence faisait palpiter leurs cœurs doucement émus. Les pèlerins de septembre avaient tellement répandu, aux quatre coins du Portugal, leurs impressions profondes, que la renommée de Fatima était irrésistible. Chacun avait emporté quelques souvenirs rustiques, des feuilles, de petites branches du bouquet d’yeuses. Objets bien simples mais tellement précieux pour ces croyants ! Heureusement, il y eut des gardiens bénévoles pour empêcher sévèrement de cueillir rameaux cet feuilles, sans quoi il ne serait rien resté debout du petit bouquet d’yeuses.

Le 13 octobre, à l’aube, commença à affluer la foule de pèlerins, à la Cova d’Iria. Une émulation compréhensive pour ceux qui voulaient avoir une bonne place, à côté du bouquet d’yeuses, avait précipité la marche du cortège qui s'était massé tellement dense à cet endroit, qu'il fallut ouvrir un passage pour les trois petits voyants. Enfin, ils purent passer. En tête, et un peu plus grande que ses deux compagnons, venait Lucie. On la reconnaissait bien à sa figure brune, à sa grande bouche, à ses yeux pleins de vivacité et à sa démarche campagnarde. Ensuite venait Jacinthe, plus petite et un peu intimidée par tout ce monde. François la suivait, pressant ses petits pas, mais un peu gêné par ses sabots. Petites âmes ingénues, remplies d’une douce confiance en Marie en venant à l'invite de la Reine du Ciel.

S’étant rapprochés du bouquet d’yeuses, les enfants s’agenouillèrent et commencèrent à réciter le chapelet. Lucie fit un beau signe de croix et dit à haute voix : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Aussitôt, tous les assistants tombèrent à genoux et répondirent à la prière qu’elle faisait de sa petite voix bien claire. C'était comme un doux murmure s'étendant jusqu'à l’extrémité de la Cova d’Iria.

Au bout de quelques instants, tout d’un coup, la petite voix s'arrêta, l’Apparition était là. La foule l’avait compris et elle continuait à prier en silence. De nouveau, des milliers de mains s’élevèrent chargées de chapelets, comme pour aider leurs supplications à monter vers Marie, à côté d’eux, invisible au-dessus du petit bouquet d’yeuses.

Combien de larmes ruisselaient le long des joues ! Lucie semblait triste. Elle dira, plus tard, que le visage de Notre-Dame avait une expression de profonde tristesse et qu'Elle lui fit l’instante recommandation de demander pardon à Dieu de tous les péchés qui se commettent et de prier pour les âmes les plus nécessiteuses.

Ne s’agirait-il pas là de celles méritant l’enfer et qu’il faut arracher à cette perspective angoissante ?

Cette tristesse, empreinte sur le visage de Marie, indiquait le besoin de pénitence, pour le rachat des âmes pécheresses. La Mère du Christ n’était pas, hélas ! sans savoir ce que le péché a coûté de souffrances, à son Divin Fils, et à Elle-même, de larmes ! Elle voulait inculquer aux enfants l’horreur du péché, en leur dévoilant sa tristesse.

On pourrait établir un parallélisme étroit entre cette tristesse de Marie, manifestée aux trois petits voyants de Fatima, et celle manifestée à la voyante de Lourdes, le jour du miracle du Cierge, le 21 février 1858, jour de la sixième Apparition. « Le visage de Bernadette prit soudain une expression de profonde tristesse et des larmes glissèrent sur ses joues. Elle venait d'entendre l’Apparition proférer avec un soupir profond : Priez pour les pécheurs ! » (Histoire des apparitions de Lourdes par Henri Lasserre) Ce sera encore un message de tristesse miséricordieuse qu’elle donnera aux voyants de La Salette.

Cette tristesse profonde de Notre Dame manifestée aux trois petits bergers de Fatima montre éloquemment que, pour la Mère immaculée de Jésus, comme pour son Fils, le Divin Soleil de Justice, il n’est pas de plus profonde disgrâce pour l’homme que celle d’avoir offensé Dieu, son Créateur, son Souverain Seigneur et le meilleur des Pères.


Réflexions

 

Marie veut, dans toutes ces apparitions, frapper l’esprit et le cœur de ses confidents pour leur faire bien comprendre que, parmi tous les malheurs qui peuvent s’abattre sur l’homme, il n’y en a pas de plus grand que le péché.

 

I. Pourquoi le péché est-il le plus grand de tous les malheurs ?


Parce que, nous répond Saint Thomas, le péché est le mal de Dieu et le mal de l’homme.

a) Le mal de Dieu, car c’est le néant rebelle et armé qui s'attaque à la Toute-Puissance divine et voudrait l’anéantir. Le pécheur est un fils révolté contre son père ; c’est surtout un ingrat qui se sert de tous les biens reçus du Créateur pour l’outrager. Il profane son esprit, son imagination, son cœur, ses yeux, ses oreilles, sa langue, ses mains, tout son être créé par Dieu.

b) Le péché est aussi le mal de l'homme. - Le péché est l’œuvre de Satan qui « a été homicide dès le commencement » (Jean, 8, 44). Dieu a voulu le bonheur de l’homme, « même dans la vie présente », (1 Tim., 4, 8.) C’est pourquoi, dans sa sagesse infinie, « Il a tout disposé suavement quoique avec force ». (Sag., 8, 1.) Et, à cet effet, il a donné à l’homme des commandements, dont l’obéissance doit lui procurer ce bonheur, non seulement dans l’autre monde, mais même ici-bas. Or, l'erreur du pécheur est de croire qu'il réalisera ce bonheur en lâchant les rênes à la nature mauvaise et à toutes les passions, tandis que l’obéissance aux commandements l’en empêche, Alors, loin de réaliser le bonheur, il forge de ses propres mains la chaîne de son esclavage. Il souffre de son orgueil ; de son avarice ; du péché de la chair et de ses conséquences tragiques ; de l'envie ; de la gourmandise ; de la colère qui détermine, dans les glandes endocrines, des décharges d’adrénaline qui intoxiquent l'organisme ; de la paresse, enfin, génératrice de tous les vices. « Les peuples les plus heureux sont ceux qui observent le plus fidèlement le Décalogue ». (Le Play).

 

II. Comment conjurer le mal du péché ?


a) Moyen thrapeutique. - Le bon usage du sacrement de Pénitence. C’est le bain d’or de la grâce divine où l’âme se purifie de ses taches.

b) Moyen prophylactique. - Il faut éviter toute contagion morbide. Par là, comprenons la fuite de tout ce qui peut devenir une occasion volontaire de pécher. « Celui qui cherche le danger y périra ». Notre-Seigneur nous demande de veiller sur nous. (Marc 14, 38).

c) Le moyen tonique. - Notre-Seigneur nous l’indique : « Priez ! »

La prière est l’adjuvant puissant qui nous rend forts de la force même de Dieu. « Veillez et priez afin que vous n’entriez pas en tentation » (Matt., 26, 41). La vigilance dépend de nous, maïs la victoire dépend de Dieu. Or, par la prière, nous mettons Dieu avec nous, et « si Dieu est pour nous qui pourra quelque chose contre nous ? » (Rom., 8, 31).

 

img001


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

20 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

C_tY4LXXYAA0UEA

 

Vingt-et-unième jour

Lecture


Trois dures épreuves vinrent s’abattre sur le cœur de Lucie et achevèrent de jeter le trouble, parmi les esprits, autour des événements de la Cova d’iria.

L’année qui suivit les Apparitions, le 5 avril 1918, mourait le jeune François Marto d’une broncho-pneumonie, Trois mois plus tard, c’était le tour du père de Lucie, Antonio dos Santos, et, le 20 février 1920, à l’hôpital de Dona Estephania de Lisbonne, la petite Jacinthe Marto mourait des suites d’une pneumonie. Pour certains esprits, ce fut une sorte de scandale.

Ainsi, dans l’espace de quelques mois, mouraient deux des trois voyants de l’Apparition de Notre Dame de Fatima et le père de la troisième, les uns après les autres ! Est-ce que Notre Dame n’aurait pas dû l’empêcher ?

Comment fallait-il interpréter ces catastrophes en série et si rapides ? Deux autres sœurs de François, Florinde et Thérèse, ne tardèrent pas à suivre leur frère dans la tombe, En vingt-sept mois, leur mère, Olympia, avait perdu quatre enfants, Qu'est-ce que tous ces événements pouvaient bien signifier ? Le père Marto, tout résigné à la volonté de Dieu, gardait un profond silence et, tandis que les autres faisaient des interprétations fâcheuses, son esprit de foi lui ouvrait de mystérieuses clartés sur ce qui était arrivé.

La mère Olympia, chaque fois qu’on rappelait quelques-unes de ces tristesses, faisait sur elle-même un signe de croix pour conjurer de nouveaux malheurs. « Voilà le beau travail de nos enfants, à la Cova d'Iria, soupirait-elle, de la malchance et de la ruine ». De son côté, Marie-Rose, voyant disparaître son mari et les deux petits compagnons de sa fille, croyait que viendrait bientôt le tour de Lucie, le sien et celui dOlympe.

Ceux qui ne croyaient pas à la réalité des Apparitions enregistraient avec satisfaction les événements, allant à l’encontre du désir des croyants, Les croyants cherchaient des motifs transcendants et surnaturels pour expliquer ces deuils. Dieu, disaient-ils, est le Maître de la vie et de la mort et ses desseins demeurent impénétrables à la pauvre et bien courte intelligence humaine. Mais les esprits sectaires continuaient à voir partout des manœuvres cléricales. Certains, avec une logique infernale, prétendaient qu'on faisait disparaître les enfants, de peur qu’à force d’être interrogés ils finissent par avouer qu’on leur avait fait représenter à la « Cova d’Iria » une comédie infâme.

Quand l’incroyance, jointe au sectarisme, cherche à donner des raisons pour justifier son attitude, elle interprète les faits naturellement explicables de telle façon qu’elle sombre dans le ridicule !

Lucie éprouvait un immense découragement, en voyant partir pour le ciel ses chers petits compagnons, François et Jacinthe. Avec eux, elle avait vécu des heures si consolantes, elle échangeait tant de douces confidences ! Parmi toutes, il y avait celles du grand secret que leur avait confié l’Apparition. Ensemble, ils avaient vu et entendu Notre Dame, ils en devisaient entre eux dans l'intimité, car personne au monde en dehors d’eux n’en pouvait rien connaître.

Et maintenant, François et Jacinthe étaient partis pour l’Eternité, tous les deux, et elle restait seule à porter le poids de cette confidence de Notre Dame. Elle était finie à tout jamais, cette bonne amitié ! Oh ! qu'elle a été de courte durée ! Quelle tristesse et quelle désolation, de se trouver maintenant toute seule dans cette vallée de larmes !

« Ô Notre Dame de Fatima, s’écriait-elle, alors, dans une ardente prière, prenez-moi tout de suite, et réalisez mon désir d’aller retrouver mes deux compagnons, dans le ciel, près de vous ! » Qui ne comprendrait de tels accents !…

François et Jacinthe avaient terminé leur mission sur la terre, Lucie devait la continuer toute seule. La divine Providence nous mène au but qu’Elle nous a tracé « suavement mais fortement ». (Sg. 8, 1).

À chacun de se laisser conduire docilement par Elle, comme le recommandait saint Vincent qui ne voulait pas « enjamber » sur la Divine Providence, mais toujours la « côtoyer ».

Au ciel, nous saurons tout, nous comprendrons tout ce qui nous paraissait incompréhensible sur la terre. Déjà, au soir de la vie, lorsqu'on embrasse le passé du regard, on se rend compte qu'il a mieux valu que tel événement soit allé, ce jour-là, à l'encontre de nos désirs. Au ciel, nous aurons l'explication de toutes les énigmes, de toutes les incompréhensions et de tous les étonnements d’ici-bas.


Réflexions


Toutes ces épreuves, qui s’abattent sur ces deux familles des petits voyants de Fatima, ne sont qu’une conséquence du péché originel. Le chrétien, loin de se révolter, doit faire bon usage des épreuves, pour la réparation des péchés. Même pardonnés au tribunal de la Pénitence, ils ont contracté une punition temporelle à expier dans cette vie ou dans l’autre. De là, découle la nécessité de la pénitence.

1° Dans la Bible, c’est le thème habituel des prophètes. « Jéhovah déteste les pécheurs, et il est miséricordieux à l'égard de ceux qui font pénitence » (Eccl., 12, 23). Le prophète Jonas parcourt la ville de Ninive en criant : « Si vous ne faites pénitence, dans quarante jours la ville sera détruite ». Le peuple et le roi revêtent des vêtements grossiers et se couvrent de cendres. Ils jeûnent et Dieu leur pardonne (Jonas, ch. 3). La pénitence les a sauvés.

2° Dans le Nouveau Testament, saint Jean-Baptiste prêche la pénitence par sa personne, ses vêtements, sa frugalité et ses discours : « Faites pénitence, voici que le royaume de Dieu est proche » (Matt. 3, 32 ; 4, 7). Saint Paul aux Corinthiens a peur d’avoir « à pleurer sur plusieurs pécheurs qui n’auront pas fait pénitence de leurs fautes ». (2 Cor. 12, 21).

Notre Seigneur prêche le renoncement. Jésus a surtout montré l’exemple, en portant la croix, en souffrant et mourant pour expier les péchés du monde. Ses disciples doivent aussi souffrir, et « compléter dans leur chair ce qui manque à la Passion du Christ » (Col. 1, 24).

3° Les Saints ont été des pénitents volontaires à un degré héroïque. Sainte Catherine Labouré n’a pas été canonisée parce qu’elle a vu la Très Sainte Vierge, mais parce qu’elle a héroïquement pratiqué toutes les vertus et cela suppose beaucoup de sacrifices.

4° La vie chrétienne réclame aussi la pratique de l'acceptation de la souffrance qui nous vient des épreuves. Cette pénitence nous aide à acquérir la sainteté. Pour aller au ciel, il faut avoir l’âme pure, dégagée de toutes les scories. Pour cela, il faut tuer la nature par la lutte contre soi-même, par la mortification, œuvre de pénitence. Le Maître divin nous conseille les grands moyens : « Si la main est une occasion de chute, ou ton pied, ou ton œil, coupe-le, arrache-le » (Matt. 18, 8). Notre-Seigneur ne dit pas ferme l'œil, garotte ta main... mais « arrache, coupe », car « il vaut mieux être mutilé que d’être jeté, avec tous ses membres, dans le feu éternel » (Ibid.)

5° La Raison, elle-même, nous montre l'efficacité de la pénitence. C’est un entraînement moral, comme la gymnastique est un fortifiant pour les muscles. Le sport fait réaliser des performances étonnantes. De même, dans l'ordre moral, le chrétien qui s’entraîne journellement à la mortification des yeux, des oreilles, de la sensualité, de l’imagination, en se privant de certaines satisfactions même permises, finit par acquérir une maîtrise incontestable sur la nature.

Notre Dame de Fatima, priez pour nous, pauvres pécheurs, et aidez-nous à supporter chrétiennement les épreuves de la vie.

 

img001


(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

4 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Cova da Iria

 

Cinquième jour

Lecture

 

La grande nouvelle avait transpiré. De bouche en bouche elle s’était répandue dans le village d’Aljustrel, aux alentours, dans la province, tel un nuage de poussière gonflé par le vent, et jusqu’à l’intérieur du Portugal. Le nom de Fatima jusqu'alors ignoré est maintenant connu partout. À l’envi, les journaux parlaient de l'apparition de Notre Dame aux trois pastoureaux. Sur le devant des portes, dans les voitures publiques, sur les chemins, il était question uniquement de l’événement merveilleux. Chacun l’interprétait à sa manière, selon son opinion personnelle, Les uns étaient dans le doute, les autres tressaillaient d’allégresse chrétienne, en voyant la Très Sainte Vierge jeter des regards maternels sur le pays. Plusieurs personnes désiraient voir l’autorité ecclésiastique se prononcer sans délai, en faveur d’un grand mouvement de piété envers Fatima. Cependant des censeurs sévères rendaient le gouvernement responsable de n’avoir pas empêché ce « mensonge » - disaient-ils - de se répandre. Ils prétendaient défendre l’honneur de la religion, en se refusant d'ajouter foi à ces racontars de bonnes femmes.

En cependant pourquoi ne pas admettre la possibilité d’une apparition et nier a priori, sans chercher à savoir. N'y a-t-il pas eu, en effet, des phénomènes semblables, dans d’autres pays ? En France, par exemple, en plein Paris, le cerveau du monde, de beaux esprits ont dû s’incliner devant la réalité de l’apparition de la Vierge en 1830, dans la chapelle de la rue du Bac. Une autre apparition, en 1846, à deux enfants, sur la montagne de la Salette, avait été confirmée par l’autorité ecclésiastique. Enfin Notre Dame apparaissait à Bernadette, à Lourdes, dans la grotte des Espélugues, sur les bords du gave pyrénéen, le 11 février 1858, et ce lieu est devenu, depuis, un centre mondial de pèlerinages où, chaque année, se pressent plus d’un million de pèlerins. « Il y a huit siècles, a écrit M. Antero de Figueiredo, membre de l’Académie de Lisbonne, que, sous mille noms divers qui sont à peine la gracieuse expression de mille désirs, on invoque, au Portugal, la Femme par excellence bénie entre toutes les femmes. L’énumération harmonieuse de ces noms, comme une longue litanie pleine de fraîcheur et de grâce, remplirait plusieurs pages. Il n’est pas étonnant que Notre Dame ait voulu faire un centre de pèlerinage sur cette terre, où la piété envers Marie a été toujours si vive ».

Du temps où les rois régnaient sur le Portugal, et jusqu’en 1910, où la Révolution proclama la République, Marie était proclamée « Reine de la Lusitanie » et la dernière reine Amélie, fille du comte de Paris, morte en exil, en France, et dont le corps a été transporté, en décembre 1951, à Lisbonne, n’a jamais voulu mettre sur son front la couronne royale, disant que « Marie était la seule Reine du Portugal ».

Qui dira, dans ces dernières années, où se chiffrent par centaines de mille les pèlerins qui vont à Fatima, combien de supplications montent vers la Reine du Ciel, ininterrompues depuis la veille, pendant toute la nuit et durant toute la journée du lendemain ?! Au témoignage de pèlerins de tous les pays qui ont assisté aux pèlerinages de l’année 1951, on a dénombré plus d'un million, Que nous importe, à nous, qui croyons à la toute-puissance divine et à la bonté de notre Mère du ciel, que nous importe, dis-je, l’opinion de ceux qui refusent à Marie le pouvoir et le droit de se manifester à ses trois confidents ? Ce qui importe, c’est d’aimer Notre Dame, de la prier tous les jours, d’imiter ses vertus et d'obtenir de sa miséricordieuse bonté les grâces dont nous avons tant besoin !

 

Réflexions


Il est à remarquer que les mères, vraiment dignes de ce nom, se montrent plus attentives auprès de leurs enfants, surtout aux heures de crises qu’ils traversent : crises morales, crises physiques, crises de croissance, pour leur apporter lumière et réconfort.

Ainsi la Très Sainte Vierge Marie, la meilleure de toutes les mères, se penche avec plus d’attention sur les enfants d’un pays aimé, surtout dans leurs moments de crise, pour les éclairer et leur venir en aide. Nous la voyons, en France, au moment de la crise politique qui renversa Charles X de son trône, venir apparaître à la jeune Sœur de la rue du Bac, Catherine Labouré, et lui annoncer les malheurs qui allaient fondre sur la France, et les victimes parmi le clergé de Paris, mais qu’il fallait « aller auprès de l'autel où des grâces seraient répandues sur tous ceux grands et petits qui en feraient la demande ». C’est alors que fut frappée la Médaille Miraculeuse à des millions d’exemplaires, qui réalisa et continue à réaliser des miracles.

On aime Marie, au Portugal, on l’invoque, et Marie est fidèle à ceux qui lui sont dévots. C’est pourquoi, en 1917, en pleine guerre mondiale, une crise profonde du sentiment religieux faite d’ignorance et d’incrédulité unies à la frivolité des mœurs, semblait vouer le Portugal au naufrage de la foi chrétienne, Ce fut l'heure précisément où brilla dans le ciel le signe magnifique du salut. « Un grand prodige apparut au firmament. C’était une femme revêtue de soleil ». (Ap., 12). L’ « Etoile de la mer » se levait radieuse pour guider le navire dans la tempête et l'empêcher de sombrer.

Notre Dame a voulu apporter la lumière aux esprits qu’obscurcissait la nuit de l'ignorance religieuse. Elle a voulu rénover les cœurs qui s’enlisaient dans la sensualité et le matérialisme, Elle a voulu, selon l’expression du doux évêque de Genève, saint François de Sales, « remonter en Dieu » les volontés qui s'étaient énervées dans le désordre général.

Réjouissons-nous que Notre Dame ait jeté les yeux sur la nation si chrétienne du Portugal pour lui apporter, dans la personne des trois petits bergers, un message de salut, accompagné de nombreuses faveurs, afin qu’à son tour, cette nation « la proclame Bienheureuse ». Peut-être avons-nous un peu oublié le message de prière et de pénitence apporté par Notre Dame à Bernadette de Lourdes ?

Le pèlerinage de Fatima n’est pas une excursion touristique, mais un lieu de prière ininterrompue, en plein soleil, sous la pluie, sans aucun souci du boire ni du repos. Il faut avoir vu ces priants et leur ardente foi pour comprendre que Marie ait voulu de tels hommages à la gloire de son Fils, Remercions Notre Dame de Fatima de nous l’avoir rappelé et contribuons, dans la mesure de nos possibilités, à faire revivre à Lourdes, par notre attitude, l’esprit des pèlerinages comme les a désirés l’Immaculée Conception : « Je veux qu’on vienne ici pour prier. et que l’on fasse pénitence ».

 

img001


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

29 avril 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie
de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

img001

 

La veille au soir

Ouverture du Mois de Marie

 

Pour aider la piété chrétienne envers la Très Sainte Vierge, pendant les Exercices du Mois de Marie, nous ferons le récit des événements qui ont eu lieu, à Fatima, durant l’été de 1917, lors des Apparitions de Notre Dame aux trois petits bergers du village d’Aljustrel, dans le diocèse de Leiria, Lucie 4gée de 10 ans et ses deux petits cousins : Jacinthe âgée de 9 ans et son frère François âgé de 8 ans.

Le récit a été divisé en trente et un jours. Chaque jour comporte une lecture et, à la suite, quelques réflexions appropriées pour la pratique de la perfection chrétienne. Ce travail de perfection est intimement lié a l’oeuvre de notre salut. Ce n’est donc pas une sorte de luxe spirituel obligatoire seulement pour les membres de communautés religieuses et facultatif pour les gens du monde. Sans doute, dans « la maison du Père il y a plusieurs demeures » (Jean, 14, 2), mais chaque chrétien, dans le cadre où la divine Providence l’a placé, doit, pour bien remplir son rôle, travailler à devenir meilleur. C’est la loi du progrès. L’on cherche tous les jours à améliorer les conditions de la vie matérielle, pourquoi n’aurait-on pas la même préoccupation pour la vie morale ? Dans l’ordre spirituel, celui qui n’avance pas recule, comme le rameur qui cesse de ramer contre le courant est emporté par lui. Or, il faut sans cesse remonter le courant de la nature viciée par la faute originelle. Ce perfectionnement, ce dépassement de la nature n’est pas une affaire de libre choix, mais une nécessité vitale.

Certains ont pensé que les évènements de Fatima ont probablement hâté la proclamation du dogme de l’Assomption, comme l’Apparition de la Très Sainte Vierge Sœur Catherine Labouré, sous la forme de la Médaille Miraculeuse, dans la chapelle de la Maison-Mère des Filles de la Charité, rue du Bac, d’après le docte théologien jésuite P. Bainvel, aurait eu une influence sur la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception. Deux cardinaux légats du pape, S.E. le cardinal Micara, au Congrès eucharistique national de Nîmes, fin septembre 1951, et, le mois suivant, S.E. le cardinal Tedeschini, à la clôture officielle de l’Année Sainte, à Fatima, ont répété que le pape Pie XII a vu, dans les jardins du Vatican, se renouveler les prodiges du 13 octobre, à Fatima, où des milliers de fidèles avaient vu le soleil se déplacer dans le ciel et changer de forme.

 

I. - Raisons de suivre fidèlement les exercices du Mois de Marie


a) Notre titre de chrétien. - Le Christ nous a aimés, « c’est pour cela qu’il s’est livré pour nous ». (Gal., 2, 10.) « Il est bien juste que nous l’aimions puisqu’il nous a aimés le premier ». (1 Jean 4, 10). Sinon, nous mériterions l’anathème : « Si quelqu’un n’aime pas N.-S. J.-C. qu’il soit maudit ! » (1 Cor., 16, 22.) Puisque nous devons aimer Jésus-Christ, Fils unique, du Père, né de la Vierge Marie, nous devons aimer aussi la Mère par excellence qui nous l’a donné. Il est doux au cœur d’une mère de voir aimer son enfant, mais il est doux aussi au cœur d’un enfant de voir aimer sa mère. Et lorsque ce fils est Jésus, soyons assurés que les hommages rendus a sa divine Mère lui sont aussi agréables que ceux qu’on lui offre à Lui-même. Ne chantons-nous pas en l’honneur du Sacrement de nos autels : « Je vous salue, vrai corps, né de la Vierge Marie » ?

b) Notre titre de fils aimants de l’Église. - L’Église a établi de nombreuses fêtes en l’honneur de la Très Sainte Vierge et bénit les fidèles qui propagent son culte. Outre les nombreuses indulgences du pape Pie VII pour les chrétiens qui suivent les Exercices du mois de Marie, de nouvelles indulgences ont été accordées par la Sacrée Pénitencerie (28 mars 1933).

On gagne une indulgence de sept ans, chaque jour, et plénière, si l’on a suivi au moins dix exercices et reçu les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Il faut autant que possible suivre les exercices de la paroisse. « Si plusieurs se rassemblent, quelque chose qu’ils demandent ils l’obtiennent de mon Père qui est dans les Cieux. Là où plusieurs sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». (Matt., 18, 19.) Cet hommage collectif plaît à la Sainte Vierge et est un sujet d’édification réciproque pour les assistants.

c) Enfin, parce que c’est le mois de mai. - Ce mois est le mois des fleurs et il est juste d’offrir des fleurs à Celle qui est « la fleur des champs et le lys de la vallée ». (Cant., 2, 1). Pour Elle, « les fleurs doivent fleurir et donner leur parfum ». (Eccl., 30, 19). Il faut « l’entourer d’un amoncellement de fleurs ». (Cant., 2, 5.) Mais l’Église, dans le souci préoccupant des âmes, a choisi le mois de Mai pour prier Marie, à cause de raisons profondes.

Le mois de mai, c’est le réveil de la nature après l’engourdissement de l’hiver ; c’est la montée de la sève dans les plantes, le frémissement mystérieux des êtres et des choses. Tout cela ne manque pas d’influencer profondément la sensibilité humaine et de la troubler. Aussi l’Église nous demande-t-elle de redoubler de vigilance et de prières et nous fait-elle tourner nos regards suppliants vers la Mère de toute pureté.

 

II. - Moyens de profiter des Exercices


a) D’abord, nous devons assister aux exercices de la paroisse et nous faire les apôtres de cette excellente manière d’honorer la Sainte Vierge, nous souvenant que, selon saint Alphonse de Liguori, « le vrai serviteur de Marie ne peut pas périr éternellement ». Si nous sommes dans l’impossibilité de les suivre avec la paroisse, faisons-les en notre particulier.

b) Pendant les Exercices, écoutons la lecture, nous pénétrant des pensées suggérées et formant les résolutions nécessaires pour notre avancement spirituel. Nous imiterons Marie qui « conservait avec soin les paroles d’En Haut, les méditant dans son Cœur ». (Luc, 2, 19). Ce sera une prédication intérieure à l’âme « qui sait l’écouter ». (Ps., 84, 9).

c) Enfin, nous nous unirons à la récitation du chapelet et des autres prières, non pas seulement avec les lèvres, mais avec tout notre cœur, pour éviter le reproche que Jésus adressait aux Pharisiens : « Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi ». (Marc, 7, 6). Sans la prière, « nous ne pouvons rien » (Jean 15, 5) ; avec la prière, nous pouvons tout (Philip., 4, 13).


Oraison du Très Saint Rosaire


Ô Dieu, dont le Fils unique nous a ménagé le bienfait du salut éternel par sa vie, sa mort et sa résurrection ; faites, nous vous en prions, qu’honorant ces mystères au moyen du Très Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie, nous imitions ce qu’ils contiennent et obtenions ce qu’ils promettent. Par le même Notre-Seigneur. Amen.

525_001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

6 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

f54obyz70fisf7jvr7medrnpvf7jvr7medrns

 

Septième jour

Lecture


L'une des caractéristiques des visions célestes est leur incomparable beauté et le ravissement qu’elles procurent à l’âme. Le démon, qui veut singer Dieu dans ses visions diaboliques, n’a jamais pu produire un essai même lointain de cette idéale Beauté, Depuis sa chute lamentable Lucifer, jadis ange de Lumière, a beau s’évertuer à produire quelques pâles rayons de son ancienne splendeur, c’est en vain, parce que la source lumineuse en est tarie à jamais et au lieu du ravissement il produit seulement de l’effroi.

Si les petits voyants de la Cova d’Iria furent comblés d’un bonheur d’extase, ce fut en contemplant de leurs yeux l’incomparable Beauté de l’Apparition et en entendant les mélodieux accents qui s’exhalaient de ses lèvres. Allégresse des yeux éblouis par tant d'éclat ; allégresse des oreilles bercées par une voix suave dont le timbre renfermait toute l'harmonie des anges ; allégresse de contempler un visage plus ravissant que les visages les plus beaux qui se puissent rencontrer ici-bas, plus lumineux que tous les portraits sortis du pinceau des artistes, plus brillant que tous les émaux les plus fins, un visage irradié des propres rayons de la lumière même du Ciel.

« C'était une lumière ! une lumière !… une lumière !!! » répétaient à l’envi les enfants. Cette parole, pour eux, voulait tout dire, et la beauté, et la magnificence, et la grâce, et l’éclat, et la somptuosité, et la splendeur du Paradis.

Pauvres petits enfants d’une campagne déshéritée, logeant dans une maison décrépite dont l'éclairage était fourni par une misérable lampe à huile, Quelle révélation de lumière, pour la première fois, dans l’éblouissement de Apparition. Nos saint Livres essayent de nous donner une idée de la Beauté de la Femme incomparable : « revêtue de soleil, ayant la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête » (Ap., 12, 1.) Le Cantique des Cantiques annonce ainsi la venue de l’Immaculée : « Quelle est Celle qui monte du désert comme l’Aurore, belle comme la lune, brillante comme le soleil et puissante comme une armée rangée en bataille ». (Ct., 6, 10).

Tandis que Lucie conversait avec l’Apparition et que Jacinthe écoutait ses paroles, François n’entendant rien se contentait de jouir de l’éclat radieux de Notre-Dame, et joignant ses petites mains, fixait sur Elle ses yeux émerveillés et murmurait : « Comme Elle est belle ! »

Et lorsque l’Apparition eut disparu dans la profondeur des cieux, les enfants, pour se communiquer leurs impressions, n’eurent qu’une même exclamation jaillie de leur bouche : « Comme Notre Dame est belle ! »

Et François d’accentuer pour son compte : « Oui, C’est bien vrai, comme Elle était belle ! »

Il est facile de s’imaginer la tristesse des petits bergers, au moment où s’évanouit tant de beauté par le départ de la vision. C’est le soir. La nuit tombe. Le clocher sonne l’Angélus, L’on ramasse le troupeau et l’on rentre en silence. Quel contraste ! Tout autour d’eux l'obscurité semble encore plus opaque. La clarté de l’Apparition les a aveuglés.

Ils venaient de recevoir leur Pentecôte comme les Apôtres. Hier, timides ayant peur de subir le sort de leur Maître, ils vont affronter la souffrance et la croix. Ils seront les témoins du Christ jusqu’au don total de leur être. Ainsi les trois enfants seront aussi des apôtres, des témoins de Notre Dame. La souffrance et la croix les attend. C’est le sort de tous les apôtres. Notre Dame les gardera. Elle leur a transmis du ciel toutes les grâces pour être fermes dans leur apostolat et remplir leur mission jusqu’au bout, Ils prouveront à Marie leur amour et leur reconnaissance pour la vision de Beauté incomparable dont Elle a comblé leurs yeux ravis.


Réflexion


« Comme Notre Dame est belle ! s’exclamaient les trois petits bergers de Fatima, comme Elle est belle ! »

Oui, Marie est la Vierge toute belle, la plus belle entre toutes les créatures, à l’image de Jésus-Christ, son Divin Fils « le plus beau fils de l’homme dont la grâce inonde les lèvres » (Ps. 44, 3). La tradition chrétienne tout entière a exalté la beauté de Marie, comme elle a exalté la beauté de Jésus. Déjà les Livres Saints préfiguraient cette beauté sous les traits de la mystique épouse « brunie par le soleil d'Orient maïs belle entre toutes » (Cant., 1, 5). La beauté est un reflet de Dieu, c’est la splendeur de l’ordre, l'éclat de l’harmonie, Ce fut le péché, source de désordre, qui produisit la laideur morale et la décrépitude physique avant-coureur de la mort. L’Apôtre le rappelle : « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rom., 6, 23). C’est dans la splendeur de cette beauté céleste que Notre-Dame apparut aux voyants de Fatima et qui les faisait s’écrier : « Comme Elle est belle, Notre Dame ! Quelle lumière !... »

En effet lumière et beauté vont de pair. La laideur est ténébreuse parce que le mal qui est laideur, aime les ténèbres. « Quiconque fait le mal haït la lumière » (Jn, 3, 30). Les ténèbres, c’est l’impiété. « La lumière du méchant s’éteindra. On le chasse de la lumière » (Jb, 18, 5). Les ténèbres, c’est la mort et l'éternelle séparation. « On jettera le méchant dans les ténèbres extérieures » (Mat., 8, 12). Tandis que la lumière, c’est la « vérité » (Ps., 42, 3), c’est la « sagesse » (Sg., 7, 29), c’est la « joie » (Prov., 13, 9), c’est la pureté. « Toute la beauté de la fille du Roi vient de l’intérieur » (Ps., 44, 4). La Reine du ciel est belle parce que la pureté habite dans son cœur. Trop souvent l’unique préoccupation des mondaines est de faire de leur corps une idole coûteuse, pendant que leur âme, seul trésor appréciable aux yeux de Dieu, est complètement délaissée. Sans doute on ne demande pas à la femme de négliger systématiquement sa grâce féminine. N'est-ce pas saint François de Sales qui, le premier, veut que sa Philothée « soit la mieux habillée de la troupe » (Introduction à la vie dévote). Mais de là à se faire l’esclave d’une mode souvent immorale il y a de la marge. Le devoir de la femme chrétienne est d’opposer une digue à cette invasion de paganisme qui se répand par tous les moyens. La Providence a doté la gent féminine de dons précieux pour mieux remplir son rôle de dévouement dans la société, Mais ce sont prérogatives redoutables dont Dieu leur demandera compte, un jour, car il ne « fait pas de dons inutiles ». Un moraliste a dit : « La femme sème toujours sur ses pas des bénédictions ou des ruines ». À la suite de Notre Dame, elle sèmera toujours sur ses pas des bénédictions, car « si les hommes font les lois, a dit un moraliste, les femmes font les mœurs ». Puissent-elles s’en souvenir pour le salut de l’Église et de la France !


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

img001

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de ND de Fatima,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

3 mai 2020

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

Le_Puy-en-Velay_-_Cathédrale_Notre-Dame-de-l'Annonciation_05

 Quatrième jour

De la construction de la basilique de Notre Dame du Puy

 

Après la mort de saint Georges, l'évêché de Ruessium fut occupé, jusque vers l'année 350, par une suite de saints évêques dont les noms malheureusement ne sont pas tous parvenus jusqu'à nous : nos vieilles chroniques nomment entre autres saint Macaire, saint Marcellin, Rorice, Eusèbe et saint Paulien. Celui-ci fut le dernier qui résida à Saint-Paulien. En mourant il laissa son nom à la vieille métropole, qui n'est plus connue aujourd'hui que sous le nom du saint Evêque, qui l'illustra par sa vie et ses miracles. Malgré le zèle et la piété des différents successeurs de saint Georges, aucun d'eux n'avait pu élever, sur le Mont Anis, le sanctuaire dont la sainte Vierge avait si miraculeusement désigné l'emplacement. Cette gloire était réservée à saint Vosy, successeur immédiat de saint Paulien et premier évêque du Puy. Saint Vosy était un homme d'une grande vertu et d'une fortune considérable. Aussi, à peine fut-il élevé à l'épiscopat,qu'il se préoccupa du soin de construire l'édifice que la pauvreté de ses prédécesseurs ne leur avait pas permis d'élever. Cependant, comme il hésitait encore devant une pareille entreprise, un nouveau miracle de la sainte Vierge, au Mont Anis, vint mettre fin à toutes ses hésitations.

Une dame, originaire de Ceyssac, près le Puy, était attaquée d'une paralysie qui l'empêchait de faire aucun mouvement et d'une fièvre qui lui brûlait les entrailles. Son unique soulagement était la dévotion envers la très sainte Vierge Marie, qu'elle ne cessait d'invoquer avec une entière confiance. Un jour, pendant qu'elle dormait, la sainte Vierge, lui apparut, et lui montrant sur la montagne d'Anis, l'enceinte que Georges avait marquée jadis par une haie, lui ordonna, si elle voulait guérir, de s'y faire immédiatement transporter. A son réveil, la malade n'eut rien de plus pressé que d'obéir. Elle se fit donc déposer sur la grande dalle noire qui était au sommet du mont, et qui déjà, sous saint Georges, avait été l'instrument d'une première guérison. Cette pierre, nous l'avons dit hier, présente aux yeux de l'antiquaire tous les caractères d'un véritable dolmen. Quelques savants ont été jusqu'à penser que ce pouvait être la table d'un autel élevé là jadis, par les païens au Dieu Adidon, génie tutélaire du lieu. Cela n'aurait rien d'étonnant après tout, la sainte Vierge s'étant plu bien souvent à se voir honorée dans les lieux d'où son nom et celui de son divin Fils avaient chassé les fausses divinités. C'est ainsi que la grotte de Lourdes, où Marie est apparue à Bernadette, renferme un menhir ou pierre-levée de granit, qui servait autrefois d'autel aux Druides. Quoiqu'il en soit, c'est sur cette pierre miraculeuse que se fit porter la dame malade de Ceyssac. À peine l'y eût-on déposée, qu'elle s'endormit d'un sommeil mystérieux et qui avait quelque chose d'extatique. Vers le milieu de la nuit, elle se sentit tout à coup éveillée par une harmonie céleste. Une force miraculeuse l'entraîne devant l'humble autel qu'autrefois saint Martial avait érigé en ce lieu, en mémoire de la première apparition que la sainte Vierge y avait faite. En ce moment, une vive clarté illuminait toute la montagne. Notre Dame, entourée d'une légion d'anges et d'un essaim de vierges, resplendissait sur l'autel d'un éclat merveilleux. « Ma fille, dit-elle à la malade, vos prières et vos pleurs sont montés jusqu'au trône de Dieu. C'en est fait, vous êtes guérie ! Allez maintenant trouver mon serviteur Vosy ; dites-lui, de ma part, qu'il ne manque pas de jeter ici au plus tôt les fondements du sanctuaire que n'ont pu m'y élever ses prédécesseurs. C'est ici que, suivant la prédiction qu'en a faite le bienheureux Georges, j'accorderai aux supplications de la piété le soulagement des malades et la consolation des affligés. J'ai choisi cette montagne entre mille pour donner une audience favorable à ceux qui viendront m'y présenter leurs demandes et leurs requêtes ». Ainsi parla la sainte Vierge ; et la malade, subitement rendue à la santé, s'empressa d'aller trouver Vosy.

Informé de cet événement, le saint prélat, pour éviter toute illusion, commença par consacrer, avec tout son peuple, trois jours entiers à la pénitence et à la prière. Dieu, touché de sa bonne volonté, lui envoya un ange pour confirmer ce que la dame de Ceyssac avait vu. Alors Vosy chanta un cantique d'action de grâces, et s'en alla processionnellement au Mont Anis, suivi de son clergé et de son peuple. Là, un nouveau prodige l'attendait : l'enceinte, fermée jadis par une haie vive, était couverte, comme au jour de la première apparition, d'une neige épaisse, tandis qu'on en apercevait à peine quelques flocons à la cime des montagnes les plus élevées. À cette vue, saisi d'un saint transport, l'Evêque se précipite la face contre terre, en s'écriant comme Jacob : « Terribilis est locus iste ! Non est hic aliud nisi Domus Dei et porta coeli ! Que ce lieu est terrible ! ce n'est rien moins que la maison de Dieu et la porte du ciel ! » Puis, inspiré par l'Esprit-Saint, il annonce que ce serait là bientôt le trône de la divine miséricorde, et que de toutes parts on viendrait à ce pèlerinage pour offrir des voeux et recueillir des bénédictions. Il prend même, dès lors, la résolution d'y transporter son siège épiscopal. Mais, pour que cette translation pût être consommée légitimement et pour qu'elle fût acceptée sans contestation par la ville de Saint Paulien qui allait se voir ainsi dépossédée de son titre d'évêché, il fallait le consentement et la sanction du Souverain-Pontife. Dans ce dessein, Vosy vole à Rome, et non seulement le Pape consentit avec joie à ce que le siège de l'évêché du Velay fut transféré de Saint Paulien au Puy, mais il adjoignit encore au saint Evêque, pour rendre son œuvre plus digne du ciel et de la terre, un patricien romain nommé Scutaire, qui était un vertueux personnage et un très habile architecte. Vosy reçut avec reconnaissance celui que lui associait le saint-Père et se bâta de revenir dans le Velay.

Fort, désormais, de l'approbation du Souverain Pontife et de la coopération de l'éminent collaborateur qui lui avait été donné dans la personne de Scutaire, Vosy, à peine revenu de Rome, entreprit généreusement la construction de la cathédrale du Puy. Pour cela, il établit des ateliers sur le Mont Anis, et y fixa sa demeure, afin de surveiller et de presser les travaux. On se mit donc à l'oeuvre ; les coeurs étaient gagnés ; chacun s'associe à l'entreprise ; les riches y contribuent de leur argent, les pauvres et les artisans de leur travail et de leurs sueurs. Marie elle-même, racontent les anciennes légendes, Marie vint souvent encourager, par sa présence, l'ardeur générale. Quelques années suffirent pour consommer cette noble entreprise. Il est vrai que le sanctuaire, tel qu'il se montrait alors aux regards, était loin d'avoir l'étendue qu'il a aujourd'hui ; il ne comprenait que l'abside et la première coupole, c'est-à-dire ce qu'on appelle la chambre angélique. Le reste de la nef et les deux bas-côtés ont été ajoutés beaucoup plus tard, dans les dixième et onzième siècles. Or, à mesure que l'on construisait le sanctuaire, les habitations se groupaient autour de lui et formaient peu à peu sur les pentes escarpées du Mont Anis, les prémices de la ville du Puy. Ville illustre entre toutes, dit un vieux chroniqueur, et qui, déployant ses ailes comme l'aigle des montagnes qu'elle porte en écusson, devait bientôt, par de rapides accroissements, devenir, après Toulouse, la première ville du Languedoc.

 

Viergenoirenotredamedupuy

 

Prière

 

O Marie, que votre sanctuaire est vénérable ! et avec quel respect nous devons l'aborder ! C'est ici le lieu de miracle ! et ce temple est né des prodiges et de l'amour de Marie. C'est Marie qui en a tracé, elle-même l'enceinte ! C'est elle qui après avoir été l'inspiratrice de ce pèlerinage, a voulu être pour ainsi dire l'architecte de ce monument sacré, par ses communications aux saints premiers évêques du Puy. Aussi nulle église peut-être n'inspire aux âmes qui y pénètrent un saisissement religieux aussi grand, une plus profonde vénération ; il semble que votre voix, ô Marie, s'y fasse encore entendre, et qu'elle y dise ce que Dieu lui-même disait du temple de Salomon : « Mes yeux seront ouverts et mes oreilles attentives à la voix de celui qui me priera dans ce sanctuaire, j'ai choisi ce lieu pour y tenir toujours ouverts mes yeux et mon coeur sur ceux qui viendront y prier. C'est là que j'exaucerai du haut du ciel les prières qui me seront adressées, c'est là que je pardonnerai les péchés et que je guérirai la société malade » (Office de la Dédicace). O Marie, combien nous aimons votre église du Mont Anis ! Elle est pour nous le vestibule du Paradis, le heu de rendez-vous de notre Mère du ciel à ses enfants de la terre ! Oh ! Que ne pouvons-nous y faire notre demeure ! Mais, ô Marie, ne pouvant venir corporellement dans votre sanctuaire aussi souvent que nous le voudrions, nous voulons au moins y venir tous les jours spirituellement, à l'exemple de la Vénérable Mère Agnès qui, du fond de son pèlerinage de Notre-Dame du Puy. Nous voulons surtout y venir assidûment pendant ce beau mois qui vous est consacré. O Marie, accueillez nos prières, exaucez-les, et sauvez-nous ! Ainsi soit-il.

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil , obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiae, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evae ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, praeparasti: da ut cujus commemorationo laetamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

viergenoire68

Téléchargez le texte de cette méditation (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de Notre Dame du Puy,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

 

6 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

0gtg2d41bho67haqedr0tae6n9zha5vk4hy

Septième jour

La Visitation

 

Quelques jours après l’Annonciation de l’Ange à Marie, saint Joseph revint à Nazareth et fit certains arrangements dans la maison pour pouvoir exercer son métier ; car il n‘avait pas encore été à demeure à Nazareth, où il avait passé à peine deux jours. Il ne savait rien de l’Incarnation de Dieu dans Marie. Elle était la Mère du Seigneur, mais elle était aussi sa servante et gardait humblement son secret. La sainte Vierge, lorsqu’elle sentit que le Verbe s‘était fait chair en elle, éprouva un grand désir d’aller tout de suite à Jutta, près d’Hébron, visiter sa cousine Elisabeth, que l’Ange lui avait dit être enceinte depuis six mois. Comme on approchait du temps où Joseph devait se rendre à Jérusalem pour la Fête de Pâques, elle désira l’accompagner pour aller assister Elisabeth pendant sa grossesse. Joseph se mit donc en route pour Jutta avec la sainte Vierge.

Leur route se dirigeait vers le midi. Ils avaient avec eux un âne sur lequel Marie montait de temps en temps ; il portait quelques effets, entre autres un sac appartenant à Joseph, où se trouvait une longue robe brune de la sainte Vierge avec une espèce de capuchon. On l’attacha sur le cou de l’âne. Marie mettait cet habit quand elle allait au Temple ou a la synagogue. En voyage elle portait une tunique de laine brune, une robe grise avec une ceinture par-dessus, et une coiffe tirant sur le jaune.

Ils voyageaient assez vite. Ils traversèrent d’abord la plaine d’Esdrelon, dans la direction du midi, puis gravirent une hauteur pour entrer dans la ville de Dothan, où ils s’arrêtèrent chez un ami du père de Joseph. C’était un homme assez riche, originaire de Bethléem. Le père de Joseph l’appelait son frère, quoiqu’il ne le fût pas, mais il descendait de David par un homme qui était aussi roi, et qui s’appelait Ela, ou Eldoa, ou Eldad. Cet endroit était très commerçant.

Une fois ils passèrent la nuit sous un hangar; puis, comme ils étaient encore à douze lieues de la demeure de Zacharie, ils s’arrêtèrent un soir dans un bois sous une cabane de branchages, toute recouverte de feuillage vert avec de belles fleurs blanches. On trouve souvent dans ce pays, au bord de ces routes, des cabanes de verdure ou même des bâtiments plus solides dans lesquels les voyageurs peuvent passer la nuit ou Se rafraîchir et apprêter les aliments qu’ils ont avec eux. Une famille du voisinage a la surveillance de plusieurs abris de ce genre et fournit plusieurs choses nécessaires, moyennant une modique rétribution.

De Jérusalem ils n’allèrent pas tout droit à Jutta, mais ils firent un détour vers le levant pour voyager plus solitairement. Ils contournèrent une petite ville à deux lieues d‘Emmaüs, et prirent alors des chemins que Jésus suivit souvent pendant ses années de prédication. Ils eurent ensuite deux montagnes à franchir, entre lesquelles on les vit une fois se reposer, manger du pain et mêler dans leur eau des gouttes de baume qu’ils avaient recueilli pendant le voyage. Le pays ici était très montagneux. Ils passèrent devant des rochers qui étaient plus larges par le haut que par le bas ; on voyait aussi là de grandes cavernes dans lesquelles étaient toutes sortes de pierres singulières. Les vallées étaient très fertiles.

Leur chemin les conduisit encore a travers des bois, des landes, des prés et des champs, dans lesquels se faisait remarquer particulièrement une plante qui avait de jolies petites feuilles vertes et des grappes de fleurs, formées de neuf clochettes roses fermées.

La maison de Zacharie était sur une colline isolée. Il y avait à l‘entour des groupes de maisons. Un ruisseau assez fort descendait de la montagne.

Ce devait être le moment où Zacharie revenait chez lui de Jérusalem après les Fêtes de Pâques,et Elisabeth, poussée par un désir inquiet, s’en alla assez loin de sa maison sur la route de Jérusalem. Zacharie fut bien étonné, et effrayé de la rencontrer à une si grande distance de chez elle dans la position où elle se trouvait. Elle lui dit qu’elle avait le coeur très agité et qu'elle était poursuivie par la pensée que sa cousine Marie de Nazareth venait la voir. Zacharie chercha à lui faire perdre cette idée ; il lui fit entendre par signes, et en écrivant sur une tablette, combien, il était peu vraisemblable qu’une nouvelle mariée entreprit en ce moment un si grand voyage. Ils revinrent ensemble à la maison.

Elisabeth ne pouvait renoncer à son espérance, car elle avait appris en songe qu’une femme de son sang était devenue la Mère du Messie promis. Elle avait pensé alors à Marie, avait conçu un ardent désir de la voir, et l’avait vue en esprit venant vers elle. Elle avait préparé dans sa maison, a droite de l‘entrée, une petite chambre avec des sièges. C’était là qu’elle était assise le lendemain, toujours dans l'attente, et regardant si Marie arrivait. Bientôt elle se leva, et s‘en alla sur la route au-devant d'elle.

Elisabeth était une femme âgée, de grande taille ; elle avait le visage petit et de jolis traits ; sa tête était enveloppée. Elle ne connaissait la sainte Vierge que de réputation. Marie, la voyant de loin, connut que c‘était elle, et s’en alla en toute hâte à sa rencontre, précédant saint Joseph, qui discrètement resta en arrière. Marie fut bientôt parmi les maisons voisines dont les habitants, frappés de sa merveilleuse beauté, et émus d’une certaine dignité surnaturelle qui était dans toute ; sa personne, se retirèrent respectueusement quand elle rencontra. Elisabeth. Elles se saluèrent amicalement en se tendant la main. En ce moment parut un point lumineux dans la sainte Vierge, et comme un rayon de lumière qui partait de là vers Elisabeth, et dont celle-ci reçut une impression merveilleuse. Elles ne s‘arrêtèrent pas en présence des hommes; mais, se tenant par le bras, elles gagnèrent la maison par la cour placée en avant : à la porte de la maison, Elisabeth souhaita encore la bienvenue à Marie, et elles entrèrent.

Joseph, qui conduisait l’âne, arriva dans la cour, remit l’animal a un serviteur et alla chercher Zacharie, dans une salle ouverte sur le côté de la maison. Il salua avec beaucoup d’humilité le vieux prêtre ; Celui-ci l’embrassa cordialement et s’entretint avec lui au moyen de la tablette sur laquelle il écrivait, car il était muet depuis que l’Ange lui avait apparu dans le Temple.

Marie et Elisabeth, entrées par la porte de la maison, se trouvèrent dans une salle qui me parut servir de cuisine. Ici elles se prirent par le bras. Marie salua Elisabeth très amicalement, et elles appuyèrent leurs joues l’une contre l’autre. Alors quelque chose de lumineux rayonna de Marie jusque dans l’intérieur d’Elisabeth ; celle-ci en fut tout illuminée, son cœur fut agité d’une sainte allégresse et profondément ému. Elle se retira un peu en arrière en élevant la main, et pleine d’humilité, de joie et d’enthousiasme, elle s’écria : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. D’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? Voici qu’aussitôt que la voix de votre salutation est parvenue à mes oreilles, l’enfant que je porte a tressailli de joie dans mon sein. Vous êtes heureuse d’avoir cru : ce qui vous a été dit par le Seigneur s’accomplira ».

Après ces dernières paroles, elle conduisit Marie dans la petite chambre préparée pour elle, afin qu’elle pût s‘asseoir et se reposer des fatigues de son voyage. Il n’y avait que deux pas à faire jusque là. Mais Marie quitta le bras d’Elisabeth qu’elle avait pris, croisa ses mains sur sa poitrine, et commença son admirable cantique. Et Elisabeth répétait tout le Magnificat avec un semblable mouvement d’inspiration. Après quoi elles s’assirent sur des sièges très-bas. Il y avait sur une petite table, peu élevée aussi, un petit verre placé devant elles.

Dans l’après-midi du même jour, Joseph et Zacharie restèrent ensemble, s’entretenant de la venue prochaine du Messie et de l‘accomplissement des prophéties. Zacharie était un grand et beau vieillard habillé en prêtre ; il répondait toujours par signes ou en écrivant sur une tablette. Ils s‘assirent sur le côté de la maison dans une salle ouverte qui avait vue sur le jardin. Marie et Elisabeth étaient aussi assises dans le jardin, sur un tapis, sans un grand arbre, derrière lequel était une fontaine d’où l’eau sortait quand on retirait un fosset. Il y avait tout autour du gazon, des fleurs et des arbres avec de petites prunes jaunes. Elles mangèrent ensemble des fruits et de petits pains tirés de la besace de Joseph. Quelle simplicité et quelle frugalité touchante ! Il y avait dans la maison deux servantes et deux serviteurs, qui allaient et venaient. Ils apprêtèrent sous un arbre une table avec des aliments. Zacharie et Joseph vinrent et mangèrent quelque chose. Joseph voulait revenir tout de suite à Nazareth ; mais il restera huit jours. Il ne sait rien de l’état de grossesse de la sainte Vierge. Marie et Elisabeth se taisaient la-dessus. Il y avait dans leur intérieur comme une entente secrète et profonde de l’une à l’autre.

Plusieurs fois le jour, spécialement avant les repas, quand tous étaient ensemble, les saintes femmes disaient des espèces de litanies. Joseph priait avec elles, et l’on vit ensuite apparaître une croix entre elles. Il n'y avait pourtant pas encore de croix : c’étaient comme si deux croix se fussent visitées.

Le soir enfin ils mangèrent tous ensemble, et restèrent assis jusque vers minuit, près d’une lampe, sous l’arbre du jardin. Puis Joseph et Zacharie se retirèrent seuls dans un oratoire, tandis que Marie et Elisabeth étaient dans leur petite chambre. Elles se tenaient debout, vis-à-vis l'une de l’autre, comme ravies en extase, et disaient ensemble le Magnificat.

Le lendemain, Zacharie conduisit saint Joseph dans un autre jardin séparé de la maison. Zacharie était en toutes choses plein d’ordre et de ponctualité. Ce jardin était abondant en beaux arbres et produisait des fruits de toute espèce ; il était très bien tenu ; il était traversé par une allée en berceau, sous laquelle on était à l’ombre ; à l’extrémité du jardin, se trouvait cachée une petite maison de plaisance dont la porte était sur le côté. Dans le haut de cette maison, étaient des ouvertures fermées avec des châssis ; il s’y trouvait un lit de repos en nattes, recouvert de mousse ou d’autres herbes. Il y avait aussi là deux figures blanches de la grandeur d’un enfant, qui paraissaient ressembler à Zacharie et à Elisabeth, seulement beaucoup plus jeunes.

Cependant, Marie et Elisabeth s’occupaient de concert dans la maison. La sainte Vierge prenait part à tous les soins du ménage ; elle préparait toute sorte d’effets peur l‘enfant qu’on attendait. Elles travaillaient ensemble ; elles tricotaient une grande couverture pour le lit d’Elisabeth lorsqu’elle serait accouchée. Les femmes juives se servaient de couvertures de ce genre : il y avait au milieu une espèce de poche, disposée de façon que l‘accouchée pût s’envelopper tout entière avec son enfant ; elle s’emmaillotait là-dedans, soutenue par des coussins, et pouvait à volonté se mettre sur son séant ou rester couchée. Sur le bord de cette couverture étaient des fleurs et des sentences brodées à l’aiguille. Marie et Elisabeth préparaient aussi toutes sortes d’objets qui devaient être donnés aux pauvres à la naissance de l’enfant.

Pour sainte Anne, pendant l‘absence de la sainte famille, elle envoya souvent sa servante dans la maison de Nazareth pour voir si tout y était en ordre ; elle y alla aussi une fois elle-même.

Le surlendemain, Zacharie est allé avec Joseph se promener dans les champs. Sa maison est isolée sur une colline : c’est la plus belle maison qu’il y ait dans la contrée ; d’autres sont dispersées tout autour. Marie, qui est un peu fatiguée, est restée seule avec Elisabeth à la maison.

La nuit suivante, Zacharie et Joseph la passèrent dans le jardin situé à quelque distance de la maison, tantôt dormant dans la petite maison qui est là, tantôt priant en plein air. Au point du jour, ils reviennent à la maison de Zacharie, que n’avaient point quittée Elisabeth et la sainte Vierge. Tous les matins et tous les soirs, elles répétaient ensemble le cantique Magnificat, dicté par le Saint Esprit à Marie après la salutation d’Elisabeth.

Le jour suivant, Elisabeth et la sainte Vierge se rendirent elles-mêmes au jardin éloigné de la maison de Zacharie. Elles avaient des fruits et des petits pains dans des corbeilles, et voulaient passer la nuit dans cet endroit. Quand Joseph et Zacharie y vinrent plus tard, la sainte Vierge alla à leur rencontre. Zacharie avait sa petite tablette, mais il faisait trop sombre pour qu'il pût écrire, et Marie, poussée intérieurement par le Saint Esprit, lui dit qu’il parlerait bientôt, et qu’il pouvait laisser la sa tablette, parce qu’il serait bientôt en état de s’entretenir avec Joseph et de prier avec lui.

Puis les quatre saints personnages passèrent la nuit dans le jardin : ils s’assirent et mangèrent un peu, marchèrent ensuite deux à deux, s’entretenant ou priant, et entrèrent alternativement dans la petite maison pour y prendre du repos. Après le sabbat, Joseph doit retourner à Nazareth, et Zacharie l’accompagnent à quelque distance. Il faisait ce jour-là un magnifique clair de lune et le ciel était très pur..

La nuit d’avant le sabbat, la sainte Vierge reposa dans sa petite chambre, étendue sur le côté et la tête appuyée sur le bras ; elle était enveloppée dans une pièce d‘étoffe blanche, depuis la fête jusqu’aux pieds. Cependant, sous son cœur, brillait une gloire lumineuse en forme de poire qu’entourait une petite flamme d’un état indescriptible. Dans Elisabeth brillait une gloire moins éclatante, mais plus grande et d’une forme circulaire : la lumière qu’elle répandait était moins vive.

Mais le sabbat était commencé, et on le célèbre dans une chambre particulière de la maison de Zacharie, que l’on éclaira avec une lampe allumée exprès. Zacharie, Joseph et six autres hommes, qui étaient probablement des gens de l‘endroit, priaient debout sous la lampe autour d'un coffre sur lequel étaient des rouleaux écrits. Ils avaient des linges qui pendaient par dessus la tête, mais ne faisaient pas, en priant, toutes les contorsions que font les juifs actuels, quoique souvent ils baissassent la tête et levassent les bras en l’air. Marie, Elisabeth et deux autres femmes se tenaient à part derrière une cloison grillée, d’où elles voyaient dans l'oratoire; elles étaient tout enveloppées jusque par-dessus la tête dans des manteaux de prière.

Pendant toute la journée du sabbat, Zacharie resta avec le même habit qu‘il avait mis au commencement du sabbat. Il avait une longue robe blanche avec des manches qui n’étaient pas très larges ; il portait une large ceinturé qui faisait plusieurs tours, et sur laquelle il y avait des lettres. A cette robe était attaché une espèce de capuchon, qui pendait en plis sur les épaules comme un voile rejeté en arrière. Quand, dans la journée du samedi, il faisait quelque chose on allait quelque part, il relevait cette robe par dessus une épaule ; il l’attachait de l’autre côté, sous le bras, à l‘aide de la ceinture. Il montra ce jour-là à Joseph son manteau de prêtre, qui était très beau. Il était très lourd, de couleur blanche et pourpre, et attaché sur la poitrine par trois fermoirs.

Le soir, le sabbat étant fini, ils mangèrent de nouveau. Ils prirent leur repas ensemble dans le jardin près de la maison. Ils mangèrent des feuilles vertes qu’ils trempaient dans une sauce. Il y avait aussi sur la table des assiettes avec de petits fruits, et d’autres plats, où était, sans doute, du miel, qu’ils prenaient avec des espèces de spatules en corne.

Plus tard, au clair de la lune, par une belle nuit étoilée, Joseph se mit en voyage, accompagné de Zacharie. Joseph avait avec lui un petit paquet où étaient des pains et une petite cruche, et un bâton recourbé par en haut. Ils avaient tous deux des manteaux de voyage qui recouvraient la tête. Les deux femmes les accompagnèrent a une petite distance, et s‘en revinrent seules par une nuit d’une beauté remarquable.

Marie et Elisabeth rentrèrent a la maison dans la chambre de Marie. Il y avait là une lampe allumée, selon ce qui se faisait toujours lorsqu’elle priait et allait se coucher. Les deux femmes se tinrent vis-à-vis l’une de l’autre, et récitèrent le Magnificat.

Cependant Joseph continua sa route et rentra à Nazareth. Il ne parait pas qu’il ait été à Jérusalem, mais il semble s’être rendu directement chez lui. La servante d’Anne prend soin de son ménage, et va et vient d‘une maison à l’autre. A cela près, Joseph resta seul.

A Jutta, Zacharie est aussi de retour, et Marie et Elisabeth y partagent leur temps entre la prière et les différents travaux de la maison. Vers le soir, elles se promènent dans le jardin, où il y avait une fontaine, ce qui n’est pas commun dans le pays. Elles allaient souvent aussi, dans la soirée, quand la chaleur était passée, se promener dans les environs, car ta maison de Zacharie était isolée et entourée de champs. Ordinairement elles se couchaient vers neuf heures, et se levaient toujours avant le soleil.

 

Considération

Saint Joseph d’après saint Bernardin de Sienne

 

Saint Bernardin, dit de Sienne, parce que, né près de cette ville, il en fit son séjour habituel, fut la lumière, comme l’avait prédit de lui saint Vincent Ferrier, et le restaurateur de l’ordre de Saint François, et l’un des plus saints et des plus illustres prédicateurs de son temps. Il nous a laissé sur saint Joseph un Sermon, dont nous donnons ici l'abrégé.

« Quand Dieu appelle, dit-il, un homme à quelque dignité ou a quelque sublime ministère, il le dote avec munificence de toutes les qualités nécessaires pour accomplir dignement la mission qu’il lui impose. C’est une loi générale de l’économie de sa grâce, qu'il a très particulièrement suivie à l’égard de saint Joseph. L’ayant choisi de toute éternité pour être le Père nourricier de Notre Seigneur Jésus Christ et le digne Epoux de la Reine des Anges, il l’a enrichi, avec une libéralité toute divine, de la sainteté et des vertus requises pour une si haute dignité et un si sublime ministère.

La première grâce que Dieu a donnée à Joseph est celle que demandait le titre d’Epoux de la Vierge et le privilège de vivre dans sa société. Mais pour qu’il fût à la hauteur de cette dignité, le Saint Esprit pouvait il ne pas lui donner une âme souverainement ressemblante à celle de Marie pour l’opération des vertus ? Aussi est-il incontestable que saint Joseph a été très pur dans sa virginité, très profond dans son humilité, très ardent dans sa charité, très parfait dans sa sollicitude pour la Vierge son épouse, qui n’a pas peu contribué, du reste, à le rendre encore plus parfait par le contact journalier dans lequel il vécut si longtemps avec elle.

La seconde grâce que Dieu, accorda à saint Joseph fut celle que demandait son titre de Père nourricier du Sauveur, dans la société duquel il devait vivre pendant de longues années. Ce fut avec une libéralité toute divine que le Très-Haut répandit Cette grâce dans son âme, et Joseph la révéla au dehors par la pureté surangélique avec laquelle il traita la personne de l’Homme-Dieu, par la fidélité avec laquelle il le servit, et enfin par l’amour dont il l’aima.

Quelle ne fut pas, en effet,la pureté d’esprit, d’âme, de cœur et de corps, avec laquelle saint Joseph traita le Verbe incarné dans les rapports si intimes, si immédiats, si assidus, qu’il eut avec lui, durant les trente ans qu’il passa en sa compagnie, ne se séparant jamais ni du Fils ni de la Mère, mais les entourant constamment de ses soins, soit dans leur maisonnette de Nazareth, soit en Egypte, soit dans leurs diverses pérégrinations !

Quelle ne fut pas encore la fidélité avec laquelle il servit le Verbe incarné, voyant sans cesse le Verbe dans le Christ enfant, grandissant, homme fait, et ne sortant jamais de l’indicible étonnement que lui causait la pensée que le Fils de Dieu avait daigné se faire son fils, et l’avait choisi pour le nourrir, le porter, le gouverner, veiller à toutes les nécessités de sa vie, et le soustraire à la haine de ses persécuteurs !

Enfin, quelle ne fut pas l'ardente charité qu’il lui voua et lui témoigna, quand, comme un père, il tenait le divin Enfant dans ses bras, il lui apprenait à parler, il lui apprenait à marcher, il échangeait avec lui d'aimantes caresses et de ces si amoureux embrassements auxquels un tel père pouvait se livrer avec un tel fils ! Et ce fils, soit enfant, soit adulte, ne lui fit-il pas savourer d‘indicibles délices, en lui imprimant au cœur d’ineffables sentiments de sa divinité ? La grâce de l’Enfant-Dieu agissait sur l’âme de Joseph par toutes les voies extérieures, par son regard, par son filial sourire, par ses paroles, par ses divines caresses.

La troisième grâce enfin que Dieu accorda à Joseph est celle d‘une mission spéciale dans son Eglise. Car si toute l’Eglise est redevable à la Vierge-Mère parce qu’elle lui a donné le Christ ; certes, c’est à Joseph, après la Vierge, qu’elle doit le plus de reconnaissance et de vénération, puisque l’on peut dire qu’après Dieu, c’est de lui que nous tenons Jésus et Marie.

Et maintenant, si nous passons à l’époque et aux circonstances de sa mort, comme il n’est pas douteux qu’elle arriva avant le baptême de Notre Seigneur, qui pourrait dire les encouragements, les consolations, les promesses, les illustrations intérieures, les sentiments embrasés, les révélations des biens éternels qu’il reçut, à ses derniers moments, de sa très sainte Epou se et du très doux Fils de Dieu, Jésus !

Je le laisse à contempler et à méditer aux âmes pieuses, et, élevant mes pensées au ciel, j’y découvre le faite de la gloire de Joseph. On ne peut douter, en effet, que Jésus-Christ, qui, pendant sa vie mortelle, non content d’avoir admis Joseph à une intime familiarité, lui rendait encore le respect et l’obéissance qu'un fils doit à son père, ne lui ait conservé dans le ciel ses sublimes prérogatives, qu’il ne les ait même admirablement augmentées et perfectionnées.

Si, d’ailleurs, le Dieu Sauveur a voulu, pour satisfaire sa piété filiale, glorifier le corps aussi bien que l’âme de la très sainte Vierge au jour de son Assomption, l’on peut et l’on doit croire pieusement qu’il n’en a pas moins fait pour Joseph, si grand entre tous les Saints, et qu’il l’a ressuscité glorieux, le jour où, après s’être ressuscité lui-même, il en tira tant d’autres de la poussière des tombeaux. Et ainsi cette sainte famille qui avait été unie sur la terre dans les souffrances de la vie et dans les liens de l'amour et de la grâce, règne maintenant en corps et en âme dans l’amour et dans la gloire des cieux ».

 

Pratique

Un Jour de Saint Joseph

 

Les serviteurs de saint Joseph, non contents de lui consacrer un mois dans l’année, ont encore pris la pieuse habitude de lui offrir un jour par semaine, à l’imitation de ce qui s'est fait pour le Sacré Cœur et la très sainte Vierge. Ce jour est le mercredi, et surtout le premier mercredi du mois. Nous voyons dans la Vie de plusieurs Saints qu’ils étaient fidèles à cette pieuse pratique, que Dieu a souvent récompensée en leur accordant de bien précieuses faveurs.

Les Souverains Pontifes, d‘ailleurs, ont approuvé et ene0uragé cette dévotion en accordant des Indulgences plus considérables aux hommages que l’on rend, le mercredi, à l’angélique Epoux de Marie. C’est ainsi, par exemple, que l’on peut gagner une Indulgence plénière, un mercredi par mois, dans l’Archiconfrérie de Saint Joseph de Paris, et dans celles de Beauvais et de Lourdoueix, deux mercredis par mois et tous les mercredis du mois de mars.

Mais que doit-on pour sanctifier ce mercredi ? Chacun peut suivre, à ce sujet, son attrait particulier ; mais tous comprendront qu‘il convient surtout de sanctifier ce jour par la méditation, l’assistance à la sainte messe, la réception des sacrements, et l’accomplissement de quelques bonnes œuvres particulières en l’honneur de saint Joseph.

 

Prière

Tirée de Saint Bernardin

 

Glorieux saint Joseph, que le Seigneur a choisi de toute éternité pour être le Père nourricier de Notre Seigneur Jésus Christ et le véritable Epoux de la Reine des Anges en vous constituant le fidèle gardien de ses deux principaux trésors, son Fils et sa Mère, et qu’il a enrichi avec une libéralité toute divine de la perfection, de la sainteté et de toutes les vertus requises pour une si haute dignité et un si sublime ministère, nous vous témoignons, avec toute l‘Eglise. notre vénération et notre reconnaissance pour la tendre sollicitude dont vous avez entouré la naissance, l’enfance et l’adolescence de notre doux Jésus, et nous recourons à votre grand crédit auprès de celui qui vous rendait sur la terre le respect et l’obéissance qu‘un fils doit à son père, et qui, loin de vous les refuser dans le ciel, ne peut que vous les rendre avec plus de perfection, pour l’avantage de vos élus. Souvenez-vous donc de nous, ô bienheureux Joseph, et, par le suffrage de vos prières, intercédez pour nous auprès de votre Fils adoptif. Rendez-nous aussi propice la bienheureuse Vierge, votre épouse et mère de celui qui, avec le Père et le Saint Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles. ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

 

84fd5a446b8f2eb1a3e9f852a099ed2a-1

 

 

Téléchargez le texte de cette méditation (PDF) en cliquant ici

 

Pour recevoir pendant le mois de mars,

chaque méditation du Mois de Saint Joseph dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’images Saintes.

 

29 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

270_001

Trentième jour

Des motifs contre le désespoir à l’heure de la mort

 

I. Durant la vie humaine, l’ennemi de notre salut s’attache à nous perdre en nous inspirant une confiance présomptueuse dans la Miséricorde de Dieu : à l’heure de la mort il nous attaque par la tentation du désespoir, en nous représentant le nombre et l’énormité de nos péchés. Répondons-lui avec confiance, que nos péchés, quel qu’en soit le nombre, quelle qu’en soit l’énormité, sont propres à faire éclater en nous les richesses de la Miséricorde Divine et la vertu de la Croix du Sauveur. Cette vertu brille avec bien plus d’éclat dans la sanctification des pécheurs pénitents, que dans celle de ceux qui n’auraient pas péché. Jésus-Christ, comme il l’a dit lui-même, n’est pas venu sur la terre pour appeler les justes, mais les pécheurs ; Son Sang est le Sang de l’Agneau qui efface les péchés du monde. Quelques énormes que soient mes péchés, ce Sang précieux a encore plus de vertus pour les effacer et me sanctifier.

II. L’excellence de la Passion de Jésus-Christ serait comme obscurcie, le prix de Son Sang et la vertu de Sa Croix seraient comme éteints, s’il n’y avait eu ni pécheur à convertir, ni péché à expier. Les plus grands pécheurs, quand il se convertissent sont ceux qui contribuent le plus à sa gloire. La célébrité d’un médecin ne dépend pas du régime de santé qu’il prescrit à ceux qui se portent bien, mais de la guérison des maladies les plus compliquées et les plus désespérées. Jésus-Christ est le médecin de nos âmes ; plus je suis malade, plus Il apportera de soin à ma guérison, plus Il me prodiguera le baume de Son Sang précieux. Ah ! Avec un tel médecin, je ne puis périr, à moins que je n’aie pas recours à Lui, que je ne lui découvre pas mes plaies honteuses, ou que je ne mette pas toute ma confiance en Lui.

III. À qui le Sauveur du monde montra-t-il de la préférence, durant le cours de sa vie mortelle ? Aux pécheurs, et aux plus grands pécheurs. Il les prévenait, Il les recherchait, Il mangeait avec eux, Il en usait à leur égard avec tant d’indulgence et de bonté que ce fut un sujet de scandale pour les Pharisiens et les faux zélés. Il se représentait Lui-même sous l’image d’un bon pasteur qui abandonne son troupeau pour courir après une brebis égarée ; d’un bon père qui reçoit avec bonté un fils indigne qui revient à lui après les égarements les plus douteux ; d’un médecin zélé qui se consacre tout entier au soin des malades. Non content de recevoir les pécheurs avec bonté Il les invitait, Il les pressait de venir à Lui. « Venez à Moi, vous tous qui gémissez sous le poids de vos iniquités, et Je vous soulagerai ». Ô mon âme, le Coeur de Jésus n’a pas changé. C’est encore la même compassion pour les pécheurs, la même Miséricorde, le même zèle pour leur salut et Son Sang qui efface les péchés du monde, n’a rien perdu de ses mérites ni de sa vertu.

IV. Quand on présenta au Sauveur une femme adultère, n’aurait-on pas dit qu’Il allait la condamner à subir toute la rigueur de la Loi de Moïse ? Au contraire, Il la délivre de ses accusateurs, Il la console et comme personne ne l’a condamnée, Il ne veut pas être le premier à la condamner, Il la renvoie avec bonté, en lui recommandant de ne plus pêcher. Il vit avec plaisir à ses pieds une pécheresse publique les parfumer et les baigner de larmes. Il devint son défenseur contre ses censeurs indiscrets, et prédit que l’Evangile rendrait sa pénitence célèbre dans tous les siècles. Pleurons et aimons, à l’exemple de cette pécheresse scandaleuse ; et nos péchés, comme les siens, fussent-ils encore plus énormes, nous seront pardonnés.

V. Puis-je douter de la facilité de Jésus-Christ à pardonner les péchés, tous les péchés, et les péchés les plus énormes, lorsque je considère qu’Il a donné à Saint Pierre et à tous les ministres de Son Eglise le pouvoir de remettre tous les péchés sans en excepter un seul ? Ô Miséricorde inconcevable ! Dieu, pour obtenir ma grâce, me renvoie à Son Fils, et Son Fils me renvoie à des hommes faibles et pécheurs comme moi. Ô mon Dieu ! Pouviez-vous me rendre ma réconciliation plus facile ? Et si je me damne, ne sera-t-il pas vrai de dire que ma perte ne vient que de moi seul ? En vain dans l’enfer les réprouvés souffrent les plus affreux tourments, en vain ils poussent des cris et des hurlements ; jamais le feu qui les dévore ne consumera la tache de leurs péchés ; et sur la terre, si nous sommes pénitents, la seule parole d’un homme peut effacer tous nos péchés et éteindre tous les feux de l’enfer, en nous appliquant les mérites du Sauveur, en nous lavant dans son Sang Précieux. Ô mon Jésus ! Si de la conversion des pécheurs dépend Votre gloire, Vous avez de quoi Vous glorifier en moi. Je mets au pied de Votre Croix une vie souillée de mille et mille péchés. Puisque vous n’êtes que le Sauveur des pécheurs, soyez le mien, et que le salut de mon âme pécheresse ajoute à Votre gloire et au triomphe de Votre Croix, qui n’est enrichie que des dépouilles enlevées à l’enfer.

 

232_001

 

Conclusion

Pratiques de piété qui doivent être le fruit des méditations du Mois de la Passion

 

I. Dans tout le cours de ma vie j’imiterai l’exemple de Saint Paul ; et comme cet apôtre zélé de la Croix de Jésus-Christ, je me ferai gloire de ne connaître en toutes choses que Jésus, et Jésus crucifié. Je graverai Sa croix divine dans mon coeur ; je l’imprimerai dans mon âme ; je la porterai sur mon corps ; je ne penserai qu’à elle ; je ne verrai qu’elle ; je ne parlerai que d’elle. Elle éteindra le feu de mes passions impures ; elle sera la garde de mes yeux, de ma langue et de mes oreilles ; elle me consolera dans mes afflictions ; elle me sanctifiera dans mes tentations ; elle me défendra des ennemis de mon salut ; elle soutiendra mes afflictions ; elle me rendra chaste et pur, doux et humble de coeur, elle imprimera à toutes mes actions le sacré caractère de la sainteté de Jésus-Christ.

II. Je n’adorerai pas seulement dans moi-même la croix de mon Sauveur, je l’adorerai dans tout ce qui m’environne ; je prendrai part et au bonheur de ceux qu’elle sanctifie par une vie sainte, et au malheur de ceux qui l’outragent par une vie criminelle. Quand je verrai se multiplier les enfants de Dieu par la vertu du baptême, ou les pécheurs convertis se purifier dans les eaux salutaires de la pénitence, je dirai : « Voici ceux qui ont lavé leur robe dans le Sang de l’Agneau » ; car on ne devient enfant de Dieu que par la vertu de la Croix : on ne peut être purifié de ses péchés que par le Sang précieux qui a coulé sur la Croix. Je m’efforcerai d’honorer la Croix de mon Sauveur en m’opposant au cours du péché, soit en moi-même par une vie conforme à son Saint Evangile, soit chez les autres, par mes exemples, par mes conseils, par tous les moyens qui seront en mon pouvoir ; et rien ne m’affligera plus que de voir le Seigneur renié, trahi, insulté, crucifié de nouveau par tant de péchés.

III. Dans les pauvres, dans les personnes souffrantes et affligées, j’honorerai mon Sauveur souffrant et crucifié ; je les regarderai comme ses membres et ses images vivantes : dans cette vue, je compatirai à leurs peines ; je les consolerai ; je les soulagerai, selon mon pouvoir ; me rappelant que Jésus-Christ nous a dit, qu’il regarderait comme fait à Lui-même ce qui serait au moindre des siens.

IV. Je regarderai toutes mes peines et mes afflictions comme une participation de la croix de mon Sauveur, sur laquelle je veux vivre et mourir ; je ne m’estimerai heureux qu’autant que je souffrirai avec Lui et pour Lui ; et pour que mon coeur ne cesse d’être attaché à Sa croix, j’aurai toujours dans l’esprit ces paroles divines : « Si quelqu’un veut marcher à Ma suite, il faut qu’il se renonce lui-même, que tous les jours il porte sa croix et Me suive ». Pour animer ma foi et soutenir mon courage, dans le plus fort de mes peines, je méditerai souvent ces paroles de Saint Paul : « Jetez les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de notre Foi, qui, au lieu de la joie qu’Il pouvait goûter, a souffert la croix, méprisant l’ignominie, et est maintenant assis à la droite de Dieu ». Représentez-vous donc celui qui a souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez pas et ne manquiez pas de courage. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’à répandre votre sang en combattant contre le péché.

V. Le plus grand soin, la plus douce consolation de ma vie sera de participer souvent et le plus dignement qu’il me sera possible aux Sacrements dans lesquels Jésus-Christ a enfermé le trésor de ses mérites, pour en faire part à ses membres ; j’y recueillerai fidèlement, et avec le respect le plus profond et le plus ardent amour, le Sang précieux qu’Il a répandu pour moi sur la croix. Chaque jour je m’unirai à Lui, comme un membre doit être uni à son chef, pour m’immoler avec Lui dans le Saint Sacrifice de l’Autel. Souvent, avec un coeur contrit et humilié, j’irai me plonger dans la piscine de la pénitence, où Son Sang qu’Il a répandu sur la croix pour effacer les péchés du monde, effacera de plus en plus les taches des mes iniquités. Souvent j’irai me présenter, avec une humble confiance à la table où Il nourrit les enfants de Dieu de Sa Chair et de Son Sang ; je le recevrai comme mon médecin qui me guérira de mes infirmités, comme mon Sauveur, comme l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, et dont le Sang imprimera dans mon âme le sceau du salut. Ma mission ne sera pas une raison de m’éloigner de Lui ; elle en sera une de recourir à Lui, puisque je ne puis cesser d’être misérable que par Lui. En lui disant comme Saint Pierre : « Seigneur, éloignez-Vous de moi qui suis un pécheur » ; je ne cesserai de le tenir embrassé et de m’unir à Lui ; afin qu’Il me transforme en Lui et que je ne vive plus mais que Lui-même vive en moi comme un chef vit dans les membres qu’Il anime.

 

676_001 (1)

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

Téléchargez l'intégralité des méditations (pdf) en cliquant ici

 

Fin du Mois de la Passion

 

A suivre: Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil dans votre boite mail,

abonnez-vous à la newsletter d’Images Saintes

Publicité
Publicité
Publicité