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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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30 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Fruits mûrs 1

 

Trente-et-unième étrenne spirituelle

31 Janvier

 

Des fruits mûrs : le bon emploi du temps

 

Offrande

 

Le Roi-Prophète compare l'homme juste et craignant Dieu à un arbre planté sur le bord des eaux, qui produit son fruit au temps voulu. C'est là ce que je voudrais être, ô mon Dieu, et voilà pourquoi, à la fin de ce mois, le premier de l'année, je vous offre mes bons désirs par rapport à la nécessité de bien employer le temps, durant l'année qui commence et pendant tout le reste de ma vie.

 

Méditation

 

Saint Augustin a pu dire, dans son langage vif et hardi, que le temps avait la même valeur que Dieu lui-même ; car, pour nous mériter le temps dont nous devions être justement privés à cause de nos péchés, Notre Seigneur bien voulu accepter la mort. Jugeons dès lors quelle devra être la sévérité avec laquelle ce juge des vivants et des morts examinera l'usage que nous en avons fait, puisqu'il nous demandera compte non-seulement des années, des mois, des semaines et des jours, mais de tous les moments de notre vie.

 

Examinons donc avec soin quel emploi nous faisons du temps, et voyons si nous n'en perdons pas une grande partie. On le perd en différentes manières :

 

1° Lorsqu'on ne fait rien, et qu'on vit dans une oisiveté extérieure et intérieure, comme ceux qui ne pensent à quoi que ce soit, ou qui, ne s'occupant que de pensées inutiles, de vains projets et de desseins chimériques, demeurent en repos, sans se mettre en peine de rien faire.

2° On perd le temps lorsqu'on l’emploie à mal faire, comme font ceux qui passent leur temps dans les médisances, dans les vengeances, dans les injustices, dans mille autres actions défendues par la loi de Dieu et de l’Église.

3° On perd le temps en faisant des actions in différentes sans les rapporter à Dieu, comme sont nos repas, le sommeil, les conversations, les visites, les divertissements et autres choses semblables où l'on n'aurait que des vues humaines et purement naturelles.

4° On perd le temps, lors même que l'on fait de bonnes actions, mais que Dieu ne demande pas de nous.

5° On perd encore le temps, quoique l'on fasse les bonnes œuvres que Dieu demande de nous, si on ne les fait pas avec une intention sainte, comme serait de prier, de se mortifier, de donner l'aumône, de pratiquer d'autres bonnes œuvres pour des fins qui n'auraient aucun rapport avec le salut.

6° Enfin, selon le sentiment des saints et au jugement de Dieu même, c'est aussi perdre le temps que de faire avec une sainte intention le bien que Dieu demande de nous, si on manque à le faire dans le temps, dans le lieu et dans les autres circonstances qu'il désire.

 

Pratique : Je sais, ô mon Dieu, que le temps est bien court, que sa durée est incertaine, que sa perte est irréparable. Quel sujet de gémir pour le mauvais usage que j'en ai fait jusqu'à présent ! Je fais donc une ferme résolution, ô mon Dieu, de mieux employer les moments de vie qui me restent ; moments précieux, que vous m'avez achetés au prix de votre sang, et que votre miséricorde me donne pour faire pénitence, pour obtenir le pardon de mes péchés, pour attirer la grâce, pour mériter la gloire.

 

Fin du Mois des Étrennes Spirituelles

 

eugene-delacroix

 

Pour télécharger l’intégralité des méditation (pdf), cliquer ici

 

Prochain mois de dévotion :

Le Mois de Saint Joseph,

rendez-vous le 27 février

 

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29 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Rose

 

Trentième étrenne spirituelle

30 Janvier

 

Une rose : la dévotion à Marie

 

Offrande

 

C'est principalement à Marie que l’Église se plaît à attribuer le symbole de la rose, et, dans ses Litanies, elle l'appelle la Rose Mystique. Ô mystérieuse rose ! Mystère de grâce et de célestes charmes, vous êtes la parure de l’Église, soyez aussi la parure de mon cœur, et tandis que les impies se couronnent avec des roses qui se flétrissent, donnez-moi l'immortelle beauté qui seule sait plaire aux regards de Dieu.

 

Méditation

 

Tous les fidèles sont obligés d'être dévots à la très Sainte Vierge, et cela non-seulement dans leur propre intérêt, dans l'intérêt de la glorification de Marie, mais encore dans l'intérêt de la gloire de Dieu, qui se complaît dans les honneurs rendus à cette admirable créature.

En nous la donnant pour mère, Dieu nous a commandé de l'aimer. En la faisant Reine des anges et des hommes, il nous a obligés à la servir. En l'honorant lui-même par une infinité de grâces singulières, il a voulu que nous lui rendions des honneurs tout particuliers, supérieurs à ceux qu'on rend aux autres saints.

D'ailleurs, la Sainte Vierge, par la sublime qualité de mère de Dieu, par l'éminence de sa sainteté, par l'étendue de sa royauté et par mille autres titres encore, mérite tous les hommages qui peuvent être rendus une pure créature, c'est donc se rendre coupable d'une véritable injustice que de les lui refuser.

De plus, cette mère de miséricorde favorise de son amour, de sa protection, de son secours et de toutes sortes de grâces, ceux qui la servent fidèlement ; nous ne pourrions donc nous dispenser de la servir sans négliger notre salut.

Persuadons-nous donc bien que manquer d'estime pour la dévotion envers la très Sainte Vierge, c'est en manquer pour la volonté même de Dieu, laquelle se manifeste assez par le désir qu'il a de la voir établie dans tous les cœurs.

Mon Dieu, je me dévoue, selon vos desseins, au service de Celle que vous avez choisie pour épouse et que vous avez voulu rendre notre mère. Donnez-moi, je vous prie, un cœur d'enfant pour elle, afin que, rempli d'amour, de zèle et de respect à son égard, je puisse marcher sur les traces du disciple bien-aimé que l'on peut regarder comme le plus parfait de ses dévoués serviteurs, puisque vous l'avez jugé digne de tenir la place de Jésus auprès d'elle et de lui rendre tous les devoirs d'un véritable fils.

 

Pratique : la vraie dévotion à Marie consiste dans l'imitation de ses vertus.

 

eugene-delacroix

 

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28 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Eucharistie

 

Vingt-neuvième étrenne spirituelle

29 Janvier

 

Le froment et le vin : la dévotion à l'Eucharistie

 

Offrande

 

Quand le prophète Zacharie se demandait : « Qu'y a-t-il de bon dans le Seigneur et qu'y a-t-il de beau en lui ? » il réunissait dans sa réponse les deux symboles que je vous offre en ce jour : « Le froment des élus et le vin qui fait germer les vierges ! » C'est pourquoi, ô mon Die, je veux vivre et mourir dans l'amour de votre divine Eucharistie.

 

Méditation

 

Jésus-Christ habite dans nos églises, il réside sur nos autels, comme un roi dans son palais, élevé sur un trône pour être visité de ses sujets et pour en recevoir les hommages dus à sa majesté royale. C'est là que son amour les appelle tous, les plus petits comme les plus grands, pour leur faire ressentir les effets de sa magnificence et de ses divines libéralités, pour leur faire part des dons qu'il a puisés dans le sein de son Père, et pour leur faire éprouver combien il est avantageux d'aborder souvent un Maître si rempli de tendresse et de bonté pour ses serviteurs.

Qui ne gémirait, ô mon Jésus, de voir les souverains de la terre environnés d'une si grande foule, leurs palais si fréquentés, leur cour si nombreuse, pendant que vos églises sont désertes, vos autels abandonnés et votre personne sacrée bien souvent toute seule, sans aucun adorateur ! Quelle confusion pour des chrétiens qui vous reconnaissent pour leur Dieu ! Ah ! ne permettez pas, mon adorable Maître, que je sois du nombre de ceux qui vous abandonnent de la sorte, mais bien de ceux qui, à l'exemple du Prophète, ne soupirent qu'après vos tabernacles et n'ont de joie qu'au pied de vos autels.

Mais, notre divin Sauveur ne se cache point seulement dans son Sacrement adorable pour y recevoir nos adorations et nos visites, il y est surtout pour se donner à nous dans la sainte communion.

C'est dans la communion eucharistique que son amour infini se donne sans réserve : il nous y donne tout lui-même : son corps, son sang, son âme, ses grâces, ses mérites, sa divinité même. N'est-ce pas là un Dieu qui, dans les transports de son amour, se rend prodigue de lui-même ? Où est donc le cœur, tout ingrat et endurci qu'il puisse être, qui ne s'attendrisse aux approches de ce Dieu d'amour ?

Ô mon Dieu, mon Jésus, mon époux, mon amour, mon bien- aimé, mon unique, que je ne goûte que vous, que je ne me plaise qu'avec vous, que rien ne m'attire que vous ! Vous êtes tout à moi, que je sois à vous, et que mon cœur ne fasse qu'un seul et même cœur avec le vôtre ! Je veux m'approcher souvent de votre table sainte, avec une foi vive, une humilité profonde, un fervent amour, un total abandon de moi-même et un ardent désir d'être tout couronné en vous.

 

Pratique : prouver sa reconnaissance envers Jésus-Christ par l'assiduité à la Visite au Saint Sacrement et par la fréquentation de la sainte Table.

 

eugene-delacroix

 

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26 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Aigle

 

Vingt-septième étrenne spirituelle

27 Janvier

 

Un aigle : la fidélité à la méditation

 

Offrande

 

Ô Jean, vous vous étiez reposé au Cénacle dans le cœur de votre divin Maître. C'est le nid d'aigle que vous aviez choisi ; mais, sortant de votre repos, vous avez pu dire, comme David : « J'ai dormi, et puis je me suis levé ». L'aigle s'est élancé de son nid, et, déployant ses ailes, il est allé se perdre dans les secrets ineffables de la Divinité. De loin, mais à votre suite, je veux m'élever, comme l'aigle, dans les hauteurs de l'oraison : elles reposent des fatigues de la vie et détachent des liens de la terre.

 

Méditation

 

Une âme sérieusement chrétienne regarde la méditation comme un exercice honorable et comme une faveur insigne que Dieu lui fait de la souffrir en sa présence et de l'honorer de sa conversation.

Elle y a recours dans ses tentations, dans ses prières, dans ses faiblesses, comme à un remède souverain, à un asile sûr, à une source féconde de toute sorte de biens. Aussi, va-t-elle à la méditation avec joie et n'en souffre la privation qu'avec douleur.

Elle est bien aise de la prolonger dans certaines occasions solennelles, au pied du Saint-Sacrement exposé, par exemple, ou dans ses jours d'abattement et de souffrance.

Avec les saints, elle la regarde comme la nourriture de l'âme, et, quand elle ne peut pas la faire à l'heure accoutumée, elle s'ingénie à la faire dans un autre moment de la journée, ainsi que les saints docteurs nous le recommandent.

Outre le temps que son règlement marque pour la méditation, elle suit le conseil de l'apôtre, qui nous recommande de faire toutes nos actions en esprit d'oraison, c'est-à-dire avec l'élévation du cœur à Dieu, en sa sainte présence et dans le but de lui plaire.

Voulant nous montrer les grands fruits de la méditation et de l'oraison, pendant qu'il priait sur le Tabor, Jésus-Christ fut transfiguré.

Oh ! qu'ils sont grands en effet les avantages qu'une âme pieuse retire de l'oraison ! Là est tout le secret de sa transformation, du changement et des progrès qu'on s'étonne parfois de voir en elle ! C'est là qu'elle apprend à être plus recueillie et plus unie à Dieu, à agir avec plus de pureté dans ses intentions, à concevoir plus d'horreur pour le péché, à conserver plus de respect pour les choses saintes, à traiter le prochain avec plus de charité, à se renoncer davantage elle-même, à s'éloigner du monde avec plus d'aversion. En un mot, c'est là qu'elle apprend à fuir le vice et à pratiquer la vertu.

 

Pratique : prendre la résolution énergique et persévérante d'adopter la pratique de la méditation et de ne jamais l'abandonner durant tout le reste de sa vie.

 

eugene-delacroix

 

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25 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Lys et les épines

 

Vingt-sixième étrenne spirituelle

26 Janvier

 

Un lys entre les épines : la résistance aux tentations

 

Offrande

 

L'âme sainte est un lys, mais un lys entouré d'épines. Et en effet, dit saint Bernard, quelle est l'âme, unie à une chair mortelle, qui ne demeure au milieu des épines, qui n'ait à souffrir les tentations et l'épreuve ? Mais, ô mon Dieu, pourquoi me plaindrais-je des épines ? C'est parmi elles que fleurit le lys que je vous offre.

 

Méditation

 

Cette vie n'est qu'une tentation et une guerre continuelles. Aussi les âmes chrétiennes s'y attendent, et elles s'en consolent en songeant que c'est la conduite ordinaire dont Dieu se sert pour affermir les vertus et qu'il emploie vis-à-vis des âmes qui lui sont chères.

Elles ne se laissent donc point abattre par la violence ni par la longueur de la tentation, bien persuadées qu'elles ont Dieu pour témoin de leur combat, que son secours ne leur manquera pas et qu'il prendra lui-même soin de les récompenser.

Elles ne donnent pas à la tentation le temps de se fortifier, elles luttent dès le début, et elles ne cessent point de la combattre qu'elles n'aient remporté une victoire complète.

Elles s'humilient toujours dans les tentations, les regardant comme un effet de la corruption de la chair et comme un juste châtiment de leurs péchés.

Sachant que l'artifice ordinaire du démon, quand il veut faire tomber une âme dans de grands crimes, est de commencer par de légères attaques, elles se défient de toutes les attaques, toutes petites qu'elles soient, et les combattent avec autant de soin que si elles étaient plus considérables.

Enfin, elles ne négligent aucun des remèdes que les saints ont employés contre les tentations : défiance de soi-même, confiance en Dieu, union à Notre-Seigneur, recours à la Sainte Vierge, et surtout vigilance et prière.

 

Il est certaines tentations plus fréquentes et plus dangereuses, contre lesquelles il est à propos de se prémunir plus particulièrement, en employant les moyens suivants :

1° Dans les tentations contre la foi, il faut tout d'abord ôter à son esprit la liberté de raisonner et de discuter avec le démon, puis, faire des actes de foi contraires au doute qu'il nous inspire, se confier en Dieu qui est la vérité infaillible, et le prier d'affermir la foi en notre âme.

2° Dans les tentations contre l'espérance, il faut songer à la bonté infinie de Dieu, à son désir de nous sauver et à ses promesses de nous recevoir quand nous reviendrons sincèrement à lui.

3° Dans les tentations d'impureté, fuyez d'abord tout ce qui peut les causer, priez pour obtenir la grâce de Dieu, faites quelque mortification, occupez-vous de quelque sainte pensée et tout de la passion de Notre Seigneur.

4° Dans les tentations contre le prochain, excitons-nous à l'aimer et à lui faire du bien dans la pensée que tous les chrétiens sont frères, enfants de l’Église et membres de Jésus-Christ.

5° Dans les tentations d'orgueil et de vanité, ayons soin de pratiquer quelques actions humiliantes, considérant qu'à Dieu seul revient tout honneur et toute gloire, et que, pour nous, nous ne méritons que du mépris.

6° Dans les tentations contre l'obéissance, rappelons-nous la sécurité dans laquelle vivent les vrais obéissants et que rien n'est agréable à Dieu comme le sacrifice de la volonté propre.

7° Enfin, pour suivre l'exemple des saints, servons-nous des remèdes suivants : de la pauvreté contre l'amour des richesses, de la prière contre la tristesse, de l'abstinence et du jeûne contre la gourmandise, de la fidélité au règlement de vie contre la tiédeur, de la retraite et de la solitude contre le désir de paraître dans le monde.

 

Pratique : se rappeler souvent la grande recommandation de Notre Seigneur contre la tentation : « Veillez et priez ! »

 

eugene-delacroix

 

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24 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Pureté

 

Vingt-cinquième étrenne spirituelle

25 Janvier

 

Une parure de perles : la vertu de pureté

 

Offrande

 

Dans l'office d'une de ses vierges les plus illustres, l’Église chante cette belle antienne qu'elle emprunte aux paroles de la sainte : « Le Seigneur a entouré ma main et mon cou de pierres précieuses, et il a attaché à mes oreilles des perles inestimables ». Que sont ces perles, ô mon Dieu, sinon les trésors de pureté dont il vous a plu d'orner l'âme de vos vierges ? C'est cette parure que je veux vous offrir, puisqu'elle vous plaît si fort.

 

Méditation

 

Une âme chrétienne regarde la pureté comme une vertu toute divine, qui fait que l'âme qui la conserve est un ange et que celle qui la perd est un démon. L'Ecriture et les saints nous apprennent que la pureté ravit le cœur de Dieu qui regarde les âmes pures comme ses épouses, les comble de grâces et de faveurs, et leur réserve ses plus intimes communications.

Dès lors, elle les considère comme une glace de miroir bien polie, mais que le moindre souffle peut ternir. comme une belle fleur, mais si délicate, qu’un rien la flétrit comme un cristal précieux d'un éclat infini, mais qui est extrêmement fragile.

Elle a extrême horreur pour tout ce qui choque cette vertu, ne pouvant souffrir même l'ombre et l'apparence d'une impureté.

Elle en évite les occasions, même les plus éloignées, pour se bien garder d'un poison qui est très subtil.

Elle se tient toujours en garde, à cause de la fragilité de sa chair, même après une longue pratique de la vertu.

Elle veille sur ses sens, sur ses liaisons, sur son imagination, sur son cœur et sur toutes ses facultés.

 

Voici d'ailleurs les moyens indiqués par les saints pour conserver la pureté :

1° l'humilité, qu'ils appellent la gardienne de la chasteté, et qui éloigne l'impureté, laquelle est ordinairement la punition de l'orgueil ;

2° éviter tout excès dans le boire et le manger, et y observer les règles de la tempérance ;

3° aimer le travail et fuir l'oisiveté qui prédispose aux assauts de la chair ;

4° être fidèle à l'oraison qui attire la grâce et remplit l'âme de saintes pensées ;

5° aimer la solitude et fuir les spectacles et les sociétés mondaines, où la voix de Jésus ne se fait plus entendre.

6° embrasser avec courage les jeûnes et les mortifications indispensables à la garde de la pureté ;

7° avoir une dévotion spéciale à la Sainte Vierge, mère, modèle et gardienne de la pureté ;

8° fréquenter les Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie où l'âme se retrempe et se nourrit.

 

Pratique : l’emprunter aux moyens qui viennent d'être suggérés et se proposer d'y être fidèles, coûte que coûte.

 

eugene-delacroix

 

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6 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Encens

 

Septième étrenne spirituelle

7 janvier

 

L'encens : l'amour de Jésus-Christ

 

Offrande

 

En vous présentant l'encens, ô divin Enfant Jésus, les Mages témoignèrent de leur foi en votre divinité. Je vous l'offre avec eux, afin de vous prouver mon entière soumission et mon vif désir d'être un de vos disciples les plus aimants et les plus fidèles.

 

Méditation

 

Dieu le Père nous a tous destinés à être des images parfaites de son fils. Dans ce dessein, il nous le donne pour être le principe, le modèle et l'âme de toutes nos actions. Ô grande et sublime vocation du chrétien d'être appelé à imiter la vie et les actes d'un Dieu, et de les avoir pour modèles !

Une âme chrétienne, qui aime Jésus-Christ, s'attache à faire toutes ses actions en vue de Notre- Seigneur, c'est-à-dire par imitation, par dépendance et par union.

1° Par imitation. Persuadée de la grandeur de sa vocation chrétienne, l'âme dont je parle est fidèle à agir par imitation de Notre-Seigneur et tâche de suivre son exemple.

Pour cela, elle a souvent devant les yeux au divin modèle, elle prend plaisir à en observer les moindres traits pour les imprimer dans son cœur et les exprimer dans ses actes. Elle considère, non-seulement d'une manière générale, mais encore dans le détail, comment Jésus-Christ s'est conduit extérieurement dans tous ses actes, quelle religion il a témoignée à son Père, quelle a été sa charité pour le prochain, son mépris de soi-même, son horreur pour le péché, son éloignement pour le monde ; puis, elle a soin de l'imiter dans son extérieur et de tracer en elle-même une fidèle copie de ce divin exemplaire. Afin de perfectionner cette copie, elle pénètre jusque dans le fond et dans l'intérieur de ce divin modèle pour en découvrir les dispositions, afin d'y conformer les siennes et de régler sur cela toute sa conduite.

2° Par dépendance. L'âme qui aime Jésus-Christ agit toujours par dépendance de Notre-Seigneur, dans la vertu de son esprit et par la force de sa grâce. Pour cela, elle renonce à son esprit propre et à tout ce qui est elle-même, reconnaissant son aveuglement et sa faiblesse ; puis elle s'abandonne entre les mains de Jésus-Christ comme un simple instrument, et elle ne se regarde que comme un membre n'ayant de vie et de mouvement que par l'influence de son chef.

Fidèle à porter Notre-Seigneur en elle-même, cette âme, conserve la vie et les vertus de Jésus-Christ dans son intérieur ; elle garde son divin nom gravé au fond du cœur, elle le reçoit le plus souvent possible dans la sainte communion. Elle donne à ce divin Maître tout ce qu'elle a et tout ce qu'elle est, ne désirant de vivre que pour lui, ne voulant rien posséder que pour lui et pour sa gloire. Elle tâche de n'aimer que ce qu'il aime, renonçant à toute attache déréglée, bannissant même de son cœur les affections purement humaines, regardant uniquement Jésus dans les personnes qu'elle aime.

3° Par union. Il faut unir par désir et par prière ses actions à celles de Jésus-Christ, lesquelles, étant d'une valeur infinie, couvrent les défauts et l'infirmité des nôtres, et les rendent en quelque sorte divines. Saint Paul recommande vivement nous en cette pratique, les saints l'ont tous embrassée avec ardeur ; l’Église donne constamment l'exemple, en faisant toujours ses prières dans cette union, quand elle termine toutes ses oraisons en disant : « Par Notre-Seigneur Jésus-Christ » ; enfin, c'est la grande dévotion des anges et des saints dans le ciel.

 

Pratique : Étudier le grand amour du Père Éternel pour son Fils bien-aimé, en qui il a mis toute sa complaisance, et se proposer cet amour comme le modèle le plus élevé de l'amour que nous devons avoir pour Notre-Seigneur.

 

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eugene-delacroix

 

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19 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Bois vert

 

Vingtième étrenne spirituelle

20 Janvier

 

Du bois vert : la haine du péché.

 

Offrande

 

Seigneur, vous vous êtes comparé vous-même au bois vert maltraité à cause de nos péchés, souffrez que je vous emprunte ce bois sacré, afin de vous le présenter comme un symbole de mon horreur pour le péché qui vous a valu un si cruel traitement.

 

Méditation

 

Un chrétien digne de ce nom regarde le péché comme l'ennemi irréconciliable de Dieu et le cruel meurtrier de Jésus-Christ.

Il le hait comme étant la cause de ce déluge de misères dont toute la terre a été inondée depuis la désobéissance du premier homme.

Il le fuit comme le plus grand de tous les maux, et comme le seul qui peut nous perdre pour une éternité, et que nous devons par conséquent craindre plus que les maladies les plus aiguës, que les roues et les gibets, que la mort la plus cruelle.

Il est prêt à tout perdre et à tout souffrir plutôt que de le commettre, et il en fuit comme la peste toutes les occasions. Il lui déclare pour toujours et sans relâche une guerre mortelle, il le poursuit avec la même ardeur que les ennemis les plus emportés poursuivent leurs ennemis partout où ils les rencontrent.

Il va l'attaquer jusque dans sa source par le crucifiement de sa chair avec toutes ses convoitises qui en sont le funeste principe. Il le combat même dans ses effets, que les saints appellent les restes du péché, faisant tous ses efforts pour détruire les habitudes qu'il en a contractées, pour effacer les idées qui lui en restent et pour en effacer jusqu'au moindre souvenir.

Bien plus, un chrétien vraiment pieux éprouve aussi une grande haine et une profonde aversion pour le péché véniel.

Il a grand soin d'éviter les petits mensonges, les moindres railleries, les plus légères médisances et tous ces péchés véniels auxquels on se laisse aller si aisément dans la conversation.

Il s'y croit d'autant plus obligé que souvent ce qui ne paraît aux yeux des hommes que péché véniel ne laisse pas devant Dieu d'être péché mortel.

Il craint les péchés véniels parce qu'ils disposent toujours aux mortels et que celui qui néglige les petites fautes ne sera pas longtemps sans tomber dans les plus grandes.

Il comprend bien que, quand même ses distractions dans la prière, ses négligences de tout genre, ne seraient que légers et ne le disposeraient point au péché mortel, il doit néanmoins les détester parce qu'elles contristent l’Esprit saint, arrêtent le cours de ses grâces et parce qu'un seul péché véniel est souvent la première source de la réprobation.

Il considère que Dieu a souvent châtié en ce monde le péché véniel par la mort, et le châtie en l'autre par des peines terribles, qui surpassent infiniment toutes celles de cette vie.

Enfin, il hait assez le péché véniel pour en insinuer la haine aux autres, pour n'applaudir jamais à leurs défauts et pour leur faire éviter les moindres dérèglements.

 

Pratique : adopter cette règle de conduite que les saints nous ont donnée : « C'est pour nous une règle de vertu, de nous abstenir des moindres fautes ».

 

eugene-delacroix

 

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18 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Vigne à la Croix

 

Dix-neuvième étrenne spirituelle

19 Janvier

 

Une vigne taillée : L'amour de la croix

 

Offrande

 

« L'hiver est passé, le temps est venu d'émonder la vigne ». Ces paroles de l'Epouse des Cantiques, saint Bernard les interprète en disant : « L'hiver est passé, quand l'amour de Jésus-Christ succède dans notre cœur à une crainte sans amour. Il faut alors émonder la vigne. Taillez-en tout ce qui est mauvais, et votre vertu s'affermira ». Ô Jésus, l'hiver me semble passé pour mon âme, voici ma vigne, taillez-la vous-même, et émondez-la pour qu'elle produise de bons fruits !

 

Méditation

 

Venant au monde pour y faire pénitence de nos péchés, Notre Seigneur se charge, en y entrant, de la croix ; il la porte durant tout le cours de sa vie, et, quelque pesante qu'elle soit sur la fin de ses jours, il la soutient avec courage et y vient avec joie. Cet exemple nous montre l'étroite union qui doit exister entre la pénitence et l'amour de la croix !

Examinons donc si nous avons cet amour de la croix dont brûlent ordinairement ceux qui font profession d'une vraie pénitence.

Avons-nous une dévotion particulière au crucifiement de Notre Seigneur ? Prenons-nous plaisir à nous occuper de ce mystère et à rendre nos devoirs à ce divin Sauveur attaché à la croix, s'abandonnant à la justice de son Père pour nos péchés.

Avons-nous sincèrement désiré que la croix fut honorée par tout le monde ? Y avons-nous contribué par notre exemple, n'en parlant qu'avec admiration, portant toujours sur nous son image, la saluant avec un grand respect dans toutes les occasions, et faisant souvent le signe de la croix en esprit de religion ?

Notre amour pour la croix ne s'est il point borné à ces marques extérieures d'estime et d'honneur ; et, quand nous avons pu nous exercer dans la pauvreté, dans le mépris et les souffrances, toutes choses sans lesquelles cet amour ne saurait être véritable, n'avons nous point négligé de le faire ?

Quand il nous est arrivé quelque fâcheux incident, une perte de procès, la mort d'une amie, une maladie, une humiliation ; quand on nous a calomniés, qu'on nous a fait une injustice, ou que nous avons reçu quelque mauvais traitement, nous sommes-nous estimés heureux d'avoir part à la croix de Notre-Seigneur et de pouvoir boire dans son calice ?

Persuadé que la croix est le principal instrument de notre réconciliation avec Dieu, qu'elle est un remède souverain contre le péché, qu'elle est cet arbre de vie d'où découlent abondamment les grâces, les dons et les vertus, et que l'aimer est le caractère propre d'une âme pénitente, l'avons-nous désirée avec ardeur, recherchée avec empressement, embrassée avec amour, supportée avec joie ?

Loin d'entrer dans ces sentiments n'avons-nous pas tremblé et pâli souvent à ces seules approches, et n'avons-nous point été de ces âmes lâches et délicates qui, voulant faire pénitence sans rien souffrir, apportent tous leurs soins à éviter ce qui leur pourrait pro- curer quelque peine.

Nos croix ne nous ont-elles point été même un sujet de scandale, comme celle de Notre Seigneur la fût aux Juifs et aux Gentils, et n'avons nous point regardé comme une espèce de folie, de vouloir souffrir quand on peut s'en exempter ?

Enfin, au lieu d'être comme ces saints, qui mettaient tout le bonheur de cette vie dans la souffrance, n'avons-nous point été de ces ennemis de la croix, dont saint Paul ne pouvait parler qu'en pleurant ?

 

Pratique : à l'exemple de l'apôtre saint André, se renouveler souvent dans l'amour et le désir de la croix.

 

eugene-delacroix

 

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17 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Cendres

 

Dix-huitième étrenne spirituelle

18 Janvier

 

La cendre : Vertu de pénitence.

 

Offrande

 

Le royal pénitent des Saints Livres mangeait les cendres comme du pain, voulant exprimer ainsi la pénitence qu'il faisait de ses péchés. Coupable comme lui, ô mon Dieu, je veux faire pénitence comme lui, et je vous offre la cendre symbolique, espérant de votre miséricorde que vous m'aiderez à tenir la résolution où je suis de vivre et de mourir pénitent.

 

Méditation

 

L'esprit de pénitence, qui est l'esprit de Jésus-Christ fait pénitent pour expier nos fautes et nous recommander cette vertu essentielle, nous ayant été communiqué dans le baptême, nous met dans l'obligation inévitable de faire une continuelle pénitence. Elle est de nécessité de moyen pour les pécheurs, et sans elle il ne peut y avoir pour eux de salut. Seule, après le baptême, elle peut réparer notre innocence perdue, guérir les plaies que le péché nous a faites, nous tirer du naufrage et nous conduire au port; en un mot, c'est elle seule qui peut remédier souverainement à tous nos maux.

Ô mon Dieu, je ne saurais sans frémir penser à ce malheureux, qui, tout près de rendre l'âme, s'écrie d'une voix lamentable : « Grâce, grâce jusqu'à demain ! » Il crie de toutes ses forces, il crie de toutes ses forces, il crie plusieurs fois, mais vous ne daignez pas l'écouter, et il meurt impénitent. Que je n'oublie jamais, ô mon Dieu ! que c'est le juste châtiment dont vous menacez, par votre Prophète, ceux qui diffèrent à faire pénitence.

Considérons en quoi consiste l'esprit de pénitence.

L'âme chrétienne, animée de cet esprit, ne perd jamais de vue ses péchés, et ne cesse point, à l'exemple du Prophète, d'en gémir et d'en avoir de la douleur.

Il n'y a point de moyens dont elle ne se serve volontiers pour en obtenir le pardon : elle y emploie ses vœux, ses soupirs, ses larmes, et elle est toujours prête à donner son sang et sa vie pour mériter une telle grâce.

Elle se considère comme une criminelle coupable de lèse-majesté divine. Dans cette vue elle ne s'étonne point qu'on la traite avec toute sorte de rigueurs, et que toutes les créatures se soulèvent pour prendre le parti de Dieu contre elle. Toutes les peines intérieures dont Dieu l'exerce, les dégoûts, les sécheresses et les plus grands délaissements lui paraissent un juste châtiment de ce qu'elle a abandonné Dieu la première ; elle regarde comme une grande grâce de n'en être pas abandonnée pour une éternité.

Comme elle a un ardent et continuel désir d'expier son péché et qu'elle sait que la mort en doit-être l'expiation aussi bien que la peine, elle l'envisage avec plaisir, elle ne peut même s'empêcher quelquefois de la désirer avec bonheur, et rien ne la console davantage, lorsqu'elle voit prolonger ses jours sur la terre, que de pouvoir, par ce moyen, prolonger sa pénitence. Son plus grand attrait est pour les pénitences qui ne sont point de son choix, qui sont contraires à son inclination, et surtout pour celles qui sont attachées à son état.

Son zèle va jusqu'à vouloir souffrir pour les autres, et surtout pour celles qui sont sous sa charge et pour celles à qui elle aurait pu être une pierre comme d'achoppement et de scandale.

Enfin, se regardant toujours un membre de Jésus-Christ pénitent, elle n'a pas de plus grand désir que de répondre à la soif immense que ce divin chef a de souffrir dans son corps mystique, ne pouvant plus souffrir dans son corps naturel, et elle est ravie de se mettre en état de pouvoir dire avec l'apôtre : « J'accomplis en ma chair ce qui manque aux souffrances de Jésus-Christ ».

 

Pratique : considérer souvent l'étroite obligation où se trouve le pécheur de faire pénitence pour ses péchés.

 

eugene-delacroix

 

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27 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Parole de Dieu

 

Vingt-huitième étrenne spirituelle

28 Janvier

 

De l'argent épuré : le respect et amour de la parole de Dieu

 

Offrande

 

« La parole du Seigneur, dit le Psalmiste, est comme l'argent éprouvé sept fois ». Je veux aimer, respecter, écouter, méditer votre parole, ô mon Dieu. Agréez donc mon offrande et, m'ayant révélé la vertu de cette divine parole, apprenez-moi les dispositions avec lesquelles il me faut l'écouter.

 

Méditation

 

Cette parole, dit Jésus-Christ, est une semence ; la terre où elle doit être jetée est notre cœur. Voyons donc dans quel état est notre cœur pour recevoir cette divine semence.

1° Il est peut-être comme un chemin battu, ouvert à tout le monde, et où la semence ne saurait germer, parce que les passants la foulent aux pieds ou que les oiseaux l'enlèvent. C'est-à-dire, notre cœur est peut-être endurci, et, dès lors, hors d'état d'être touché de la parole de Dieu, parce qu'il est ouvert à toutes les créatures, rempli de toutes sortes d'affections, imbu des maximes du monde et même sujet à quelque mauvaise habitude. Voilà pourquoi la divine semence, ainsi méprisée, est bientôt enlevée.

2° Peut-être encore notre cœur est-il comme cette terre pierreuse où la semence germe d'abord et pousse au-dehors ; mais elle ne peut y prendre de profondes racines, à cause des pierres qui s'y rencontrent, et elle ne tarde pas à être entièrement desséchée par l'ardeur du soleil. Hélas ! que ce malheur est fréquent ! On reçoit la parole de Dieu sans répugnance, souvent même avec joie, et cependant elle ne fait sur l'âme que de très légères impressions : à peine si elles arrivent à la superficie du cœur. Un levain d'amour-propre, une inclination secrète, une affection cachée, l'attache à sa propre volonté et à son propre jugement, sont comme autant de pierres qui empêchent cette divine semence de pénétrer bien avant dans l'âme. Voilà pourquoi cette semence, se desséchant bientôt, tant d'âmes chrétiennes quittent, aux premières difficultés et aux moindres tentations, le bien qu'elles avaient commencé sous l'impression de la parole de Dieu.

3° Peut-être aussi notre cœur est-il comme cette terre remplie de ronces et d'épines, où la semence jette des racines, et s'élève jusqu'à former l'épi ; mais, comme les épines croissent et montent en même temps, elles finissent par l'étouffer et l'empêchent de porter du fruit. Voilà comment les sollicitudes de cette vie, l'illusion des richesses, les désirs sans nombre de la convoitise étouffent, même dans les âmes qui semblaient plus ferventes, la parole de Dieu, et empêchent les fruits qu'elle leur avait fait produire de devenir des fruits de vie, et d'arriver par la persévérance à leur parfaite maturité.

4° Peut-être enfin notre cour est-il comme une bonne terre, qui produit d'excellents fruits avec abondance, et ainsi, il représente, selon saint Thomas, ces âmes fidèles qui, recevant de bonne heure la parole de Dieu avec de grands sentiments de dévotion, la gardent également dans l'adversité et dans la prospérité, et persévèrent dans ces sentiments jusqu'à la mort.

 

Pratique : Prendre la résolution de profiter mieux à l'avenir des instructions renfermées dans la parabole de l'Evangile que nous venons de méditer et pour cela avoir souvent devant les yeux ces paroles de saint Augustin : « Celui qui écoute avec négligence la parole de Dieu n'est pas moins coupable que celui qui, par sa négligence aussi, laisse tomber à terre le corps de Jésus-Christ ».

 

eugene-delacroix

 

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15 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Froment

 

Seizième étrenne spirituelle

16 Janvier

 

Du froment de vallée : La modestie chrétienne

 

Offrande

 

Les vallées abondent en froment, vous nous le rappelez vous-même, mon Dieu, dans les saints Livres. C'est ce froment que je veux produire dans la vallée de mon âme, ardemment désireux d'imiter cette admirable modestie, qui paraissait si fort dans la personne de votre divin Fils vivant sur la terre, que Saint Paul, voulant obtenir quelque chose des Corinthiens, les sollicite par la modestie de Jésus-Christ.

 

Méditation

 

Rien n'est beau à méditer comme la modestie de Notre Seigneur vivant sur la terre. Cette vertu avait en lui des charmes et des attraits qui le rendaient infiniment aimable, qui ravissaient les anges et les hommes, et qui le faisaient reconnaître, au milieu de tous les abaissements et de tous les états les plus humiliants de sa vie, pour le Dieu d'une souveraine majesté. Il suffisait de le regarder en face pour reconnaître qui il était, tant son extérieur était imprégné d'une modestie qui, au sentiment des saints, est comme un rayon, un rejaillissement et même une portion de la Divinité. Par ses discours et par la force de ses paroles, il attirait l'admiration de tous ses auditeurs. Sa démarche à elle seule était une prédication. Voulant bénir et sanctifier une action commune et dangereuse de la vie, il prenait ses repas avec la plus exacte modestie. En un mot, en toutes choses, il se montrait le modèle le plus parfait de cette vertu.

Une âme véritablement chrétienne regarde la modestie comme une vertu singulièrement digne de son estime, et qui, après avoir été sanctifiée dans la personne de Notre Seigneur, est devenue le partage des chrétiens les plus parfaits.

Il se persuade, avec les saints, que cette vertu fait la beauté et l’ornement de toutes les vertus, que sans elle il manque toujours quelque chose à sa perfection.

Il est bien convaincu que, quelque simple et quelque commune qu'elle paraisse, elle est néanmoins toute céleste et toute divine, puisque le Saint Esprit en est le principe et la source, et que, selon la doctrine de saint Paul, elle en est un des principaux fruits.

Il fait attention qu'il faut que la modestie renferme en elle de grands trésors, puisqu'une âme modeste passe pour riche aux yeux de Dieu, devant qui toutes les richesses de la terre ne sont que pauvreté. Il remet souvent devant ses yeux les quatre grands avantages que l'Ecriture Sainte attribue à la modestie :

1° La crainte filiale et respectueuse qu'elle conserve dans l'âme de la personne modeste et produit parmi les témoins de sa modestie ;

2° Les richesses spirituelles qu'elle attire du ciel en abondance ;

3° La haute idée qu'elle donne de la présence et de la majesté de Dieu ;

4° La vie éternelle qui lui est donnée en récompense.

 

Pratique : bien convaincu de l'excellence de la modestie chrétienne, se persuader, avec saint Bernard, qu'il n'y a rien de plus propre ni de plus convenable à un disciple de Jésus-Christ que cette vertu.

 

eugene-delacroix

 

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13 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Passereau

 

Quatorzième étrenne spirituelle

14 Janvier

 

Un passereau : la défiance de soi-même.

 

Offrande

 

Saint Augustin nous apprend que le passereau est l'image des âmes simples et humbles que le monde ignore ou méprise, et qui, s'attachant au Seigneur, savent prendre vers lui leur essor. Oh ! Combien les passereaux ont raison de placer en vous leur confiance, ô mon Dieu, puisque votre prophète nous apprend que vous avez planté les cèdres du Liban pour y suspendre les nids des passereaux ! Je veux être comme un humble et confiant passereau afin de voler vers vos montagnes saintes et d'y fixer à jamais ma demeure.

 

Méditation

 

L'âme présomptueuse met sa principale confiance en ses propres forces, et elle a toujours trop bonne opinion d'elle-même. C'est à ce signe général qu'on la reconnaît.

Elle ne saurait se persuader qu'elle doive rien craindre pour ses faiblesses : tout lui paraît possible, et, pour peu de talent qu'elle ait, elle croit toujours en avoir assez pour réussir dans ses entreprises.

Dans celles mêmes qui regardent le salut, elle se croit suffisante par elle-même. On a beau lui représenter le sentiment des saints sur la nécessité d'avoir un bon conseil spirituel, elle ne saurait se persuader qu'un tel conseil soit fait pour elle.

Quand elle reçoit de Dieu quelques grâces, elle les attribue ordinairement à ses propres mérites, elle se croit même digne d'en recevoir de nouvelles, et, si elle voit les autres ne recevoir pas les les mêmes faveurs qu'elle, elle s'imaginera que cela vient de ce qu'elle vaut beaucoup mieux que les autres.

De ce qu'elle n'est pas une criminelle et une pécheresse adonnée aux derniers dérèglements elle s'en fait un continuel motif de propre complaisance ; au lieu de se confondre en se voyant encore sujette à mille faiblesses et remplie de mille imperfections, elle n'a nulle crainte des jugements de Dieu, et elle se tient en paix comme si elle avait une entière assurance de son salut.

Si elle remarque chez les autres des talents qu'elle n'a pas, elle se flatte toujours d'avoir certaines qualités qui l'élèvent au-dessus d'eux ; et, si elle est obligée de reconnaître qu'ils sont plus parfaits, elle ne manque pas de l'attribuer à ce qu'ils ont plus de grâces, jamais elle ne l'attribue à ses infidélités.

Elle veut qu'on ait pour elle de grands égards, elle demande toujours des distinctions et des préférences.

Enfin, elle est tellement remplie d'elle-même, qu'elle semble en être idolâtre. Elle n'approuve que ce qu'elle fait, elle n'estime que ce qu'elle dit, elle ne cède presque jamais à personne, et elle se rend, par sa fierté et par son entêtement, insupportable à tout le monde.

 

Pratique : faire un ferme propos de mettre toujours en Dieu son appui, et de ne jamais présumer de soi-même, en dehors de la grâce de Dieu.

 

eugene-delacroix

 

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12 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Hysope

 

Treizième étrenne spirituelle

13 Janvier

 

Un bouquet d'hysope : l'humilité

 

Offrande

 

Voulant indiquer le contraste entre le cèdre, qui est le plus élevé de tous les arbres, et l'herbe, qui occupe la plus petite place dans ce règne créé, l'écrivain sacré nomme l'hysope, qui sort des fentes de la muraille. Je veux être comme l'hysope, ô mon Dieu, et loin d'ambitionner d'être, dans votre champ, un grand cèdre, je ne veux qu'être l'humble plante qui s'accroche aux fentes de la muraille avec laquelle vous entourez votre possession.

 

Méditation

 

L'humilité est une vertu chrétienne qui fait que l'homme, connaissant sa propre misère, ne se traite qu'avec mépris et est bien aise que les autres le connaissent et le traitent de même.

Elle est la source, le fondement et la racine de toutes les autres ; elle est comme le véritable siège de la grâce, la semence de la gloire et le sceau qui distingue les élus, pour employer les expressions mêmes des saints docteurs.

Cherchons donc à nous bien connaître nous-mêmes, et pour cela réfléchissons à ce que nous sommes dans le fond de notre nature : notre véritable origine, c'est le néant, et notre être tendrait au néant, si la toute-puissance de Dieu ne le soutenait. Indigent, faible, abject, vil et méprisable par son propre fonds, l'homme de lui-même n'a rien, n'est rien, ne peut rien, pas même avoir une seule bonne pensée. De plus, ayant offensé Dieu, il est réduit par son péché au-dessous du néant, puisque le pécheur n'est pas autre chose qu'un néant rebelle et armé contre la majesté divine. Dès lors, il mérite d'être privé de toutes les grâces et d'être abandonné aux passions les plus honteuses et à la plus cruelle persécution des démons. Or, Dieu est si bon qu'il ne nous retire point sa grâce, bien que notre nature soit si mauvaise que, même avec la grâce divine, à peine faisons-nous une bonne action où il ne se rencontre quelque défaut.

Voyant qu'elle n'est que néant et que péché, l'âme humble ne conçoit que des sentiments de mépris pour elle-même.

Le peu d'estime qu'elle a d'elle- même en regardant sa propre abjection est accompagné de patience ; celle-ci lui fait regarder le mépris qu'on fait d'elle comme ure grâce. Elle se fait dès lors une règle absolue de ne se préférer jamais à une autre ou de ne chercher jamais aucun applaudissement. Elle est ravie que son humiliation paraisse, et non son humilité. Elle se plaît dans les mépris et les reçoit avec une joie sainte, comme venant de la main de Dieu, qui les permet pour notre bien et pour sa gloire, et elle prie pour ceux qui en sont les auteurs.

 

Pratique : éviter avec soin de jamais parler de soi, se rappelant avec quelle sévérité Notre-Seigneur a condamné le pharisien qui, dans sa prière, ne faisait que parler de lui et de se louer lui-même.

 

eugene-delacroix

 

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23 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Olivier 2

 

Vingt-quatrième étrenne spirituelle

24 Janvier

 

Un rameau d'olivier : la vigilance sur les paroles

 

Offrande

 

Lorsque, après le déluge, la colombe revint vers l'Arche, elle portait dans son bec une branche d'olivier, et le patriarche y vit un signe de l'apaisement de la colère de Dieu. Effectivement, suivant saint Ambroise, l'olivier est l'emblème de la miséricorde, parce que l'huile, qui provient de ses fruits, est un remède pour nos blessures ; et, suivant saint Augustin, il désigne également la paix, parce que l'huile est le symbole de l'onction de la charité, et qu'il n'y a pas de paix sans amour. Je vous offre donc, ô mon Dieu, ce même rameau d'olivier, désireux que je suis de conserver la paix dans mon intérieur par ma vigilance à ne point la perdre par le trop parler, et la paix, avec mon prochain par ma charité dans les conversations.

 

Méditation

 

La vigilance dans les paroles demande qu'on ne parle ni trop ni trop peu.

Elle ne permet pas qu’on interrompe ceux qui parlent, ni qu'on prévienne par une réponse précipitée ceux qui nous interrogent.

Elle veut qu'on règle si bien le ton de la voix, qu'il ne soit ni trop haut ni trop bas, aigre ni doucereux, rude ni efféminé, brusque ni languissant, grossier ni affecté.

Elle ne souffre pas non plus qu'on se serve d'un ton léger, ricaneur, persifleur, pédant, impérieux, méprisant, blessant, passionné.

Elle condamne les paroles de mensonge, de raillerie, de mépris, de bouffonnerie, de flatterie, de vanité, et toutes les autres qui peuvent blesser la bienséance ou faire justement de la peine à ceux avec qui l'on converse.

Elle regarde comme peu convenable à un chrétien, spécialement voué à la piété, de s'entretenir continuellement des nouvelles du monde, de ce qui se dit en ville, ou de s'amuser à discourir de modes, de robes, de toilette, d'équipage, etc.

Elle fait que, dans le désir d'écouter et d'apprendre, on ne s'empresse pas de dire son avis sur les sujets qui se présentent, comme si l'on était plus capable d'en juger que les autres ; et, lorsqu'on le dit, c'est toujours avec simplicité. Mais, si les choses sont douteuses, on n'en parle jamais d'une manière décisive ; ni sur un ton trop hardi et tranchant.

Elle évite toute espèce de contestations et de disputes, et elle aime mieux se laisser vaincre en cédant avec douceur que d'être victorieuse en disputant avec opiniâtreté. Enfin, comme elle sait qu'on s'observe dans toutes ses paroles elle empêche de dire jamais rien qui puisse choquer la bienséance ou dont le prochain ne soit édifié.

 

Pratique : se rappeler souvent cette parole de l'apôtre saint Jacques : « Celui qui ne pèche pas par la langue, celui-là est un homme parfait ».

 

eugene-delacroix

 

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10 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Pureté d'intention

 

Onzième étrenne spirituelle

11 Janvier

 

Une colombe : la pureté d'intention

 

Offrande

 

C'est vous-même, ô Jésus, qui nous avez recommandé le symbole de la colombe, dont vous nous avez proposé la simplicité comme un modèle. Je vous offre, moi aussi, une petite colombe, comptant sur votre grâce pour vous la rendre agréable et fidèle.

 

Méditation

 

Jamais Jésus-Christ n'a agi sans l'intention de plaire à son son Père, faisant toutes ses actions pour sa gloire. C'était l'unique but de ses démarches, où aboutissaient toutes ses pensées, toutes ses paroles toutes ses œuvres. « Je ne cherche pas ma gloire, disait-il, je cherche uniquement la gloire de mon Père, qui m'a envoyé... Je fais toujours ce qui lui plaît ».

Un vrai disciple de Jésus-Christ, voulant imiter fidèlement Maître, rapporte toutes ses actions à Dieu et les fait pour son amour, suivant cette grande règle que Dieu, étant le premier principe de toute créature, doit en être aussi la fin dernière.

C'est manquer à cette règle indispensable, non-seulement que d'agir avec de mauvaises intentions, mais encore de n'en avoir que d'indifférentes, ou bien que d'agir sans en avoir aucune.

Dès lors, en premier lieu, nous rejetterons bien loin de notre esprit les intentions mauvaises ; nous ne ferons rien aux dépens de notre conscience, pour contenter notre orgueil, notre avarice, notre sensualité ; nous ne nous porterons pas à telle ou telle action plutôt qu'à telle autre uniquement parce qu'elle nous plaît davantage et revient mieux à notre honneur. L'éclat, l'applaudissement et l'estime du monde ne seront jamais la fin que nous nous proposerons.

En second lieu, nous ne nous contenterons point d'avoir des intentions indifférentes. Ainsi, il ne faut pas manger seulement pour vivre, il ne faut pas manger seulement pour se récréer, il ne faut pas pratiquer la vertu seulement parce qu'elle est honorable : laissons aux mondains cette vaine satisfaction de n'avoir point d'autre but dans leurs bonnes œuvres que de s'acquérir le vain titre d'honnêtes gens.

En troisième lieu, nous éviterons soigneusement d'agir sans avoir aucune intention. Et, comme les sources ordinaires de ce défaut sont la routine, la paresse, la précipitation et la légèreté, nous tâcherons de faire toutes nos actions, avec attention nous y emploierons tout le temps et nous ferons tous les efforts nécessaires pour nous en bien acquitter.

Enfin, nous demanderons à Dieu la grâce d'avoir de droites et saintes intentions. Quand Dieu nous les donne, nous les recevrons avec une humble reconnaissance et nous les embrasserons avec amour. Nous aurons même assez de ferveur et de circonspection pour choisir celles qui nous paraîtront les plus pures et qui peuvent le plus contribuer à la gloire de Dieu.

 

Pratique : Animer ses actions d'une intention sainte et les dégager le plus possible de tout alliage humain.

 

eugene-delacroix

 

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9 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Allégorie de la Religion

 

Dixième étrenne spirituelle

10 Janvier

 

Une perle précieuse : la vertu de religion

 

Offrande

 

Vous connaître, vous aimer et vous servir, Seigneur Jésus, c'est avoir trouvé cette perle précieuse dont parle votre parabole. Je veux acquérir la perle pour vous l'offrir afin que vous l'accueilliez dans votre trésor et que vous la conserviez pour m'en parer au ciel.

 

Méditation

 

La religion est une vertu qui nous porte à rendre à Dieu et aux choses saintes, intérieurement et extérieurement, le culte et la vénération qui leur sont dus.

Une âme qui possède cette vertu honore Dieu par une souveraine estime, à cause de son excellence infinie ; par un profond respect, à cause de son incompréhensible grandeur ; par une entière soumission, à cause de son souverain domaine sur toutes les créatures.

Elle ne se contente point d'avoir dans son intérieur ces sentiments et ces dispositions, sans se mettre en peine d'en donner au dehors. des témoignages et d'en faire une profession extérieure.

Elle s'exerce surtout aux principaux actes de cette vertu, qui sont l'adoration, le sacrifice et la prière, parce qu'elle a reconnu que Dieu est la source de tout bien, que tous les hommages sans exception lui sont dus, que tout doit disparaître devant lui et que lui seul mérite d'être.

Quand elle se met en sa présence, elle le fait avec tout le respect que mérite une si haute Majesté.

Durant les saints offices, dans le temps de la prière, dans les églises et les lieux saints, elle a toute la modestie et toute la piété qu'inspire l'esprit de religion.

Animée de cet esprit, elle s'inspire du zèle que Notre-Seigneur à fait paraître avec tant d'éclat pour la maison de son Père. Ce zèle la porte à orner les églises, à parer les autels, à n'y rien souffrir qui ne convienne à la sainteté des mystères qu'on y célèbre. Elle vénère les reliques, les vases sacrés, les images et tous les objets que la bénédiction de l’Église a séparés de l'usage profane.

Elle traite les sacrements et les mystères avec respect, et n'en mangue point pour les solennités ; pour les cérémonies et pour tous les pieux usages qui ont été établis par l’Église.

Enfin, elle relève toutes ses actions, même les plus communes, par quelque motif de religion, les offrant toutes à Dieu pour hommage à sa grandeur et à sa souveraineté.

Désirant agir toujours en vue de Dieu, elle s'applique à revêtir chacune de ses actions de certains caractères qui les rendent véritablement méritoires devant le Seigneur. Pour cela, il faut être en grâce, il faut agir avec attention, il faut offrir ses œuvres à Dieu.

Ô mon souverain Maître, vos grandeurs méritent des hommages infinis ; mais, pour vous les rendre, il faudrait que nous eussions une religion infinie. Or, je le sais, cette religion infinie ne se trouve que dans Jésus votre parfait adorateur. Ne souffrez pas que je m'en sépare jamais, puisque c'est par lui, avec lui et en lui seul que je peux vous rendre tout l'honneur et toute la gloire qui vous sont dus.

 

Pratique : Dans une pensée de religion, renouveler tous les matins, à son réveil, la direction de toutes ses actions vers Dieu.

 

eugene-delacroix

 

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30 décembre 2021

Le Mois des Bergers

Le Mois des Bergers

 

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Trente-et-unième jour

Le bercail éternel

31 Décembre

 

« Lorsque le prince des Pasteurs paraîtra, vous remporterez une couronne de gloire qui ne se flétrira jamais ». (Pierre 4, 5)

 

I. Brebis créées par le prince des pasteurs, et conduites par lui à travers notre pèlerinage sur la terre, nous allons sur ses pas sacrés, au bercail éternel, au ciel. C'est là le but de la vie. Tout autre serait indigne de la grandeur de Dieu et au-dessous de nos saintes aspirations. Si Dieu ne nous avait pas fait pour lui, il ne se serait pas si souvent manifesté à nous... Après nous avoir perdus par la désobéissance d'Adam, il ne nous aurait pas recherchés avec une sollicitude si tendre dans nos voies de perdition. Vaine aurait été la création pour le temps, puisque la mort devait l'atteindre et la détruire, vaine l'œuvre de la rédemption, puisque le néant était notre fin... Tout le travail de Dieu se serait résumé en un souvenir dans sa pensée éternelle, après que ses œuvres et ses créatures n'auraient plus été... Quelle mystification que la vie, si elle n'est rien avant le premier souffle et rien après le dernier !... Sans principe ni fin ; nous, des créatures qui par le cœur et la pensée nous élevons jusqu'à Dieu. Nous dont les actes s'accomplissent et les entreprises se poursuivent toujours en vue de l'immortalité et ais en vue de la mort ? Est-ce possible ? Ô mon Dieu, ce serait blasphémer que de le dire ; ce serait mentir à notre conviction intime, au cri de notre conscience, ce serait accuser le Seigneur d'imposture et de cruauté. Mais allons donc, conduits par Jésus-Christ, vers le bercail éternel.

II. Le bercail éternel ! c'est là véritablement la terre promise pour toujours à Abraham et à sa postérité... Israël, c'est-à-dire l'humanité, est errante ici-bas. Tantôt dans le désert, tantôt dans les cités, quelquefois réunie sur divers points ; le plus souvent dispersée ; mais toujours agitée et mue par cette pensée unique : marcher vers ses destinées. Elle a un but, elle le sait, et elle en cherche continuellement le chemin avec inquiétude. De là ce besoin de changement, d'extension, de développement, de progrès, de marche en avant, et ces alternatives sans fin de guerre et de paix, de décadence et de grandeur. La terre promise n'est pas ici-bas. Canaan c'est le ciel, c'est le divin bercail, c'est le pays où coulent éternellement le lait et le miel, c'est-à-dire le pays de la félicité sans borne. Le Seigneur dit par la bouche du prophète Michée ces étonnantes paroles, dont certainement l'application ne peut être faite qu'au bercail éternel. « Ô Jacob, je vous rassemblerai un jour tout entier. Je réunirai les restes d'Israël, je mettrai mon peuple tout ensemble comme un troupeau dans la bergerie, comme des brebis au milieu d'un parc. Celui qui doit leur ouvrir le chemin, marchera devant eux : ils passeront en troupes par la porte, et y entreront ; leur roi sera devant leurs yeux et le seigneur sera à leur tête ». (2, 12-13). Évidemment c'est là le ciel, le bercail final ; le pasteur y devient roi, le roi y trône en seigneur, et les brebis sont la « grande foule des hommes » qui s'y pressent.

III. Saint Pierre, à qui Jésus-Christ avait transmis les paroles de la vie éternelle, nous dit ce que sera le céleste bercail. « Il sera pour nous, quand paraîtra le prince des pasteurs, une couronne de gloire que nous aurons remportée, que le bon pasteur mettra sur nos fronts et qui ne se flétrira jamais... » Retenons bien ces mots : « couronne remportée ». Il faut donc la mériter, la gagner ? Eh ! sans doute... Les couronnes périssables de la terre nous coûteraient tant de travaux et d'efforts, et la couronne du ciel ne serait la récompense d'aucune peine ? Impossible ! Notre Seigneur nous l'a dit : « le royaume des Cieux souffre violence, et les violents l'emportent »... Il est vrai que le sang de Jésus-Christ nous a ouvert la porte du bercail éternel, et que sa grâce nous soutient dans le chemin qui y conduit ; mais il faut des efforts, il ne faut pas perdre de vue celui qui, chargé de sa croix, comme d'un étendard, marche à notre tête dans la voie étroite, c'est-à-dire dans la voie de la justice et de la sainteté. À cette condition, nous parviendrons à la porte du bercail éternel où les anges nous introduiront, où Dieu nous couronnera et où nous régnerons pour toujours. La prophétie de saint Jean sera alors accomplie... Nous verrons « Ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la a première terre auront disparu... Et nous verrons descendre du ciel la ville sainte, la Jérusalem nouvelle qui vient de Dieu... Et nous entendrons une grande voix qui viendra du trône et qui dira : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ; car il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu demeurant lui-même avec eux, sera leur Dieu ». Amen.

 

Résolution : Je me rendrai désormais cette pensée familière : Je suis créé pour aller au ciel ; suis-je sur le chemin du ciel ?

Bouquet spirituel : « Dieu, dans le ciel, essuiera toutes les larmes des hommes, et la mort ne sera plus. Il n'y aura plus aussi là ni pleurs, ni cris, ni afflictions, parce que le premier état sera passé ». (Apocalypse 21, 4).

 

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Enfant Jésus du Carmel de Bordeaux (1)

 

Prochain mois de dévotion

Le Mois des étrennes spirituelles

Rendez-vous dans quelques minutes…

 

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8 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

Amour des ennemis

 

Neuvième étrenne spirituelle

9 janvier

 

Un roseau : L'amour des ennemis

 

Offrande

 

Ô Jésus, l'un des signes prophétiques par lesquels vous vous êtes annoncé au monde est celui-ci : « Il n'achèvera pas de briser le roseau déjà froissé », et vous vous êtes appliqué à vous-même cette parole du prophète Isaïe. Seigneur Jésus ! que votre bonté est touchante ! froissé et meurtri par mes propres fautes, je viens à vous sans crainte. Loin de me briser, vous guérissez mes plaies, et lorsque le vent orageux du mal m'incline jusqu'à terre, soutenu par vous, je relève mon front pour vous louer et vous bénir, tout comme le roseau battu des vents. En reconnaissance, je vous offre ce symbole et les saints désirs et la vertu qu'il signifie.

 

Méditation

 

La charité que Jésus-Christ nous a ordonné d'avoir pour nos ennemis demande que nous les aimions, que nous en parlions avantageusement, que nous priions pour eux et que nous leur fassions du bien, toutes choses que le Bon Maître nous a enseignées sur la Croix, en mourant pour ses ennemis.

1° Dès lors, une âme vraiment chrétienne aime ses ennemis. Pour cela elle ôte de son cœur et de son esprit non-seulement tout désir et toute pensée de vengeance, mais encore toute espèce d'animosité ne conservant pas le moindre mouvement de haine contre eux. Elle se fait toute la violence nécessaire pour les aimer cordialement et avec tendresse ; elle leur donne des témoignages d'affection, sans se contenter de dire qu'elle ne leur veut point de mal. Suivant l'avis que nous donne l'apôtre de n'attendre jamais au lendemain, elle cherche l'occasion de se réconcilier promptement avec eux. Elle les prévient même, sans s'arrêter à cette pensée qu'ayant plus de torts qu'eux, ou qu'étant ses inférieurs, c'étaient à eux à faire les premières démarches et à rechercher son amitié.

2° Elle en parle avantageusement, se gardant bien non-seulement d'exagérer le tort qu'ils lui ont fait, de s'en plaindre jamais et d'en rien témoigner, mais encore prenant soin de les excuser quand on en parle mal, d'en dire tout le bien possible et de se comporter de manière à faire voir, au moins, qu'il ne lui reste aucun ressentiment contre eux.

3° Elle prie pour eux, se ressouvenant devant Dieu de leurs besoins, le sollicitant en leur faveur, employant pour cela non-seulement par ses prières, mais encore ses bonnes œuvres, celles de ses amis, et embrassant leurs intérêts devant la Majesté divine comme s'il s'agissait d'elle-même.

4° Elle leur fait du bien, prenant part à tout ce qui les intéresse, les aidant de ses avis, de son crédit et de sa bourse s'il est nécessaire, et leur rendant, soit pour le corps, soit pour l'âme, tous les services qu'elle rendrait à ses meilleurs amis.

Ô mon Dieu, comment pourrais-je haïr ceux qui m'ont offensé, après que vous m'avez aimé lorsque j'étais votre ennemi ! Mais comment ne les aimerais-je pas, voyant que vous recherchez leur amitié lors même qu'ils vous offensent ?

 

Pratique : Prendre la résolution d'aimer ses ennemis et de ne conserver désormais aucun ressentiment pour toutes les injures qu'on pourrait nous faire, afin de pouvoir demander avec confiance que Dieu oublie toutes celles que nous lui avons faites.

 

eugene-delacroix

 

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26 décembre 2021

Le Mois des Bergers

Le Mois des Bergers

 

7

 

Vingt-septième jour

Gloire à Dieu !

27 Décembre

 

« Au même instant une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'ange et ils se mirent à louer Dieu disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre, aux hommes de bonne volonté ». (Luc 2, 13-14).

 

I. Gloire à Dieu ! Quoi qu'il arrive dans l'ordre surnaturel et de la grâce, disons avec les anges : « Gloire à Dieu ! » Que sommes-nous pour vouloir comprendre ce que Dieu ne nous a pas révélé touchant l'œuvre de la rédemption ! Douterions-nous de sa parole, de ses promesses, de ses prophètes, de sa doctrine, de ses actes ? Cela n'est pas possible. Nous avons été trop instruits des choses de Dieu pour qu'il puisse nous rester un doute, un seul..... Ne nous suffit- il pas, dès lors, de savoir que Dieu a parlé, pour soumettre humblement notre raison à sa parole ; pour croire d'un esprit simple et confiant ce que l'ange nous dit, et ce que la tradition de l’Église nous enseigne ! « Au même instant, une troupe nombreuse de l'armée céleste se joignit à l'ange et ils se mirent à louer Dieu ». Oui, les anges se réjouissent dans le ciel de tout ce qui sur la terre et dans les âmes, tourne à la louange de Dieu, et à la grandeur de son règne éternel. Je crois, Seigneur ; vous savez que je crois dans la simplicité de mon âme, et que si je suis troublé quelquefois par la profondeur de vos mystère, jamais je n'ose et n'oserai les discuter devant vous... Laissez-moi donc, je vous en conjure, entendre comme les bergers l'hosanna de vos saints anges. « Gloire à Dieu ! »

II. Quand les bergers eurent cru, le Ciel tout entier retentit du concert des esprits célestes ; mais une troupe nombreuse de cette armée, joyeuse de ce que leur chef venait d'annoncer à la terre la bonne nouvelle, se détacha et vint chanter au dessus de Bethléem ; et ils disaient : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Ah ! c'était bien le moment de glorifier le Seigneur au plus haut de ses demeures éternelles ! La justice et la paix venaient de se rencontrer ; la miséricorde et la vérité venaient de s'embrasser entre le ciel et la terre... Depuis plus de quatre mille ans, l'anathème de Dieu pesait sur l'homme qui n'était encore, aux yeux de son créateur, qu'un enfant coupable de révolte, qu’un déshérité de la patrie céleste, qu'un sujet de l'ennemi du salut. Rien n'avait encore fait fléchir sa justice, rien ne l'avait désarmée. Aujourd'hui, tout est changé, l'œuvre réparatrice va s'accomplir, le rédempteur est déjà dans ce monde. Ce n'est encore qu'un petit enfant, mais il y a dans ce petit enfant celui dont le sang effacera les péchés des hommes et leur rendra l'amour de leur Père : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! »

III. Les anges ajoutent : « et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». La bonne volonté !... Tout est là... Dieu ne veut pas de nous malgré nous. Quelle gloire en retirerait-il ? Un homme a un esclave qui le sert ; mais le Maître sait bien que la force seule fait agir son esclave ; la crainte du châtiment et le refus de nourriture. Et le maître sait bien aussi que ce serviteur malgré lui, ne prend point ses intérêts, et qu'il ne fait juste que ce qu'on exige de lui. Cet homme se glorifiera-t-il du service qu'il reçoit ? Mais un père a des enfants qui l'aiment, qui font auprès de lui, par amour, plus qu'un travail d'esclave, et qui pensent n'en jamais trop faire pour lui être agréables. Est-ce que ces enfants ne sont pas la gloire de leur père ? Est-ce qu'ils n'en sont pas bénis ? Et bien, le bon Dieu est un père ; il veut, pour sa gloire, des enfants et non des esclaves. Par la volonté et par le cœur nous sommes libres ; et nous possédons là une liberté inaliénable ; une liberté qui défie toute force et tout despotisme. Tout notre être est dans notre volonté ; cette volonté peut être bonne, elle peut être mauvaise : cela dépend absolument de nous. Si elle est bonne, c'est la paix de Dieu que nous goûterons sur la terre et de Dieu que dans les cieux ; si elle est mauvaise, c'est la guerre nous aurons à subir en ce monde et en l'autre : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Ces paroles méritent d'être méditées souvent.

 

Résolution : Seigneur, ma volonté bien arrêtée est de travailler constamment à votre gloire et à mon salut. Que votre grâce seconde ma bonne volonté !

Bouquet spirituel : « Dieu a fait entendre sa parole aux enfants d'Israël, en leur annonçant la paix par Jésus-Christ, qui est le seigneur de tous » ». (Actes des Apôtres 10, 36).

 

Annonce aux Bergers 2-001

 

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5 janvier 2022

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

La Charité

 

Sixième étrenne spirituelle

6 Janvier

 

Un morceau d'or passé au creuset : la Charité envers Dieu

 

Offrande

 

L'or fut le premier présent que les Mages déposèrent en ce jour à vos pieds, ô divin Enfant Jésus, et, selon que l’Église le chante dans son hymne, c'est la charité qui offrit l'or. Enfant de l’Église et héritier de la foi des Mages, je n'ai ambitionné que l'or de la charité de Jésus-Christ, selon le conseil que vous donniez vous-même à une âme : « Je te conseille de m'acheter l'or, car tu ne sais pas à quel point tu es pauvre, misérable, aveugle et nu ». C'est ce même or que je viens vous offrir.

 

Méditation

 

La vertu de charité consiste, c'est Notre-Seigneur qui nous l'a lui-même enseigné, à aimer Dieu par-dessus toutes choses, de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre âme et de toutes nos forces.

1° Il faut aimer Dieu. Dieu est infiniment bon, infiniment parfait, et il mérite infiniment d'être aimé. Il veut que nous l'aimions, il nous le permet, il nous le commande, il nous menace de sa colère si nous ne l'aimons point, il nous promet de grandes récompenses si nous l'aimons, il veut que la terre ait part au bonheur du ciel !

2° Il faut aimer Dieu par-dessus toutes choses. Aucun bien de ce monde, aucune créature, rien, pas même sa propre personnalité ne saurait être comparé à Dieu. Être à lui, le servir, lui plaire, cela vaut mieux que toutes les richesses, toutes les grandeurs et tous les plaisirs de la terre. Soyons donc disposés à nous séparer de tout, de nos parents, de nos amis, plutôt que de manquer de fidélité à Dieu. Sacrifions-lui notre propre satisfaction, notre santé et jusqu'à notre propre vie, plutôt que de perdre sa grâce et que de l'offenser.

3° Il faut aimer Dieu de tout son cœur. Le cœur de l'homme ne saurait manquer à ce rigoureux devoir de n'aimer que Dieu, et tout le reste en Dieu et pour Dieu.

Cette disposition de cour donne à l'âme, qui a la vertu de charité, un désir continuel et très ardent de voir Dieu connu, aimé, servi, loué et exalté par toute la terre.

Jalouse de l'honneur et de la gloire de Dieu, cette âme ne peut voir sans une douleur extrême combien il est offensé dans le monde ; elle répare de son mieux cet honneur par des actes d'amour et d'amende honorable.

4° Il faut aimer Dieu de tout son esprit. L'âme qui se complaît vraiment en Dieu n'a point de plus grande joie que de penser souvent à lui et au moyen de répondre parfaitement à ses desseins, de méditer sur les perfections divines, de s'occuper de ses bontés, de s'entretenir de ses grandeurs, de se reposer en se perdant dans ses saints abîmes, d'admirer combien il est grand et élevé au-dessus de tout être.

5° Il faut aimer Dieu de toute son âme. Cela consiste à lui assujettir ses passions dans l'unique but de lui plaire, en n'usant de ses facultés intérieures et de ses sens extérieurs que pour le service et pour la gloire de Dieu, ne trouvant plus rien de solide en ce monde, en dehors du divin amour.

6° Il faut aimer Dieu de toutes ses forces. Toutes, sans réservé, doivent être employées à servir Dieu, n'en épargnant aucune quand il s'agit d'accomplir sa volonté. Puisqu'il est certain que rien ne peut arriver en ce monde sans l'ordre ou sans la permission de Dieu, soumettons-nous avec amour et avec respect à tout ce qu'il lui plaira de nous ordonner ; adorons sa conduite dans l'adversité comme dans la prospérité, dans le délaissement comme dans les consolations, dans les privations comme dans les jouissances, et confions-nous à sa volonté divine pour le temps et pour l'éternité.

 

Pratique : S'abandonner au Saint-Esprit, afin qu'il grave bien avant dans notre cœur cette loi d'amour et qu'il nous fasse accomplir avec toute la perfection possible, « ce premier et ce plus grand parmi tous les commandements ».

 

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24 décembre 2021

Le Mois des Bergers

Le Mois des Bergers

 

La Nativité

 

Vingt-cinquième jour

Il est né le divin enfant !

25 Décembre

 

« C'est qu'aujourd'hui il vous est né, dans la ville de David, un sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». (Luc 2, 11).

 

I. Une fois rassurés par l'ange, les bergers l'écoutent pour savoir quelle est cette grande nouvelle dont le monde allait tant se réjouir... Alors l'ange du Seigneur reprend : « C'est qu'aujourd'hui il vous est né, dans la ville de David, un sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». Les temps étaient accomplis ; les prophéties avaient désigné la petite ville de David, Bethléem, comme l'endroit où naîtrait le Christ, le Sauveur, le Messie après lequel tant de générations malheureuses avaient soupiré. Eh bien ! C'en est fait ! les prophéties s'accomplissent en ce moment même. La Vierge prédestinée, la fille de la race et de la tribu de David est à Bethléem, et elle vient de mettre au monde le Christ, l'oint du Seigneur, le Sauveur, celui qui doit racheter les brebis de leur longue servitude ; Jésus, le Seigneur, l'Emmanuel... Remarquons bien ces paroles de l'ange : « le Christ le Seigneur ». Il est à la fois l’oint et le consécrateur, le Christ et le Seigneur, l'envoyé et celui qui envoie. Nous pouvons donc aller à la crèche non-seulement pour y admirer notre Rédempteur enfant, mais encore pour y adorer le Verbe éternel incarné pour notre salut. Ah ! c'est bien là la bonne nouvelle, la grande nouvelle, la cause unique de notre espérance et de notre joie !... Il est né le divin enfant !

II. Notre joie est grande, en effet, aujourd'hui ; elle est complète. Le cœur de tout votre peuple bat d'un seul cœur, et c'est un battement d'amour pour vous ô divin enfant de Marie ! Nous sommes plus joyeux que ne pouvaient l'être les bergers. Ils ont vu vos jours ; nous, nous voyons vos siècles ; ils ont vu vos misères et vos souffrances ; nous, nous sommes les témoins des trésors que vous répandez et de la gloire qui vous environne ; ils ont vu la pauvre étable ; nous, nous admirons votre sainte Eglise et tous les temples splendides qu'elle vous a élevés ; enfin, ils ont vu quelques hommes autour de votre pauvre berceau ; mais pour nous, c'est par centaines de millions que nous comptons nos frères, vos adorateurs. Ô féconde et heureuse nouvelle que les anges ont apportée aux bergers !... Nous ne sommes plus des esclaves et des maudits, nous sommes redevenus libres, et, par les mérites du Seigneur notre Christ, nous sommes des fils d'adoption. Dieu nous a reconnus après que nous avons été lavés dans le sang de Jésus-Christ. Terre et cieux, réjouissez-vous : il est né le divin enfant !

III. Les bergers n'étaient point préparés à la grande fête que la naissance du Christ inaugurait pour le monde. Ils ne savaient même pas que ce seraient eux qui en recevraient les premiers la nouvelle et qu'ils seraient chargés de la porter à leurs frères. De là leur frayeur et leur étonnement à l'apparition de l'ange resplendissant... Dieu cependant les à invités à venir à la crèche de son divin fils... Pourquoi ? parce qu'ils avaient la foi en la venue du Messie ; parce qu'ils étaient les descendants des bergers à qui la promesse d'un Sauveur fut faite par Dieu même : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, David, etc., et parce que c'étaient les cœurs les moins imprégnés de la malice des sociétés humaines de ce temps... Mais pour nous, il faut que nous soyons préparés à la solennité de Noël, car nous sommes prévenus de son jour et de son heure... Si les bergers avaient été avertis du moment de l'apparition de l'ange, pour leur faire connaître l'heure et l'endroit de la naissance du Messie, comment auraient-ils passé les jours qui les séparaient de ce moment ? N'y auraient-ils pas songé sans cesse ? ne s'y seraient- ils pas préparés en s'excitant à la reconnaissance envers Dieu à cause de leur élection, et à l'amour envers ce Christ qui venait pour les sauver ?... Prévenus, faisons donc au moins ce qu'auraient fait les bergers, s'ils l'avaient été. Préparons-nous, purifions-nous, excitons-nous à la reconnaissance, à l'amour, et approchons-nous avec  confiance de la crèche de Jésus, de ce véritable trône de la miséricorde et de la grâce. Il est né le divin enfant !

 

Résolution : J'assisterai aujourd'hui avec plus de piété que jamais aux offices de l’Église, et m'attacherai à lire avec attention les prières qui y sont dites ou chantées, afin d'en faire le sujet de mes pensées pendant le reste du mois.

Bouquet spirituel : « Mes brebis habiteront sans crainte dans leur pays, car elles sauront que c'est moi qui suis le Seigneur, lorsque j'aurai brisé leurs chaînes et rompu leur joug, et que je les aurai arrachées des mains de ceux qui les gouvernaient avec empire ». Ézékiel 34, 27).

 

Nativité

 

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21 décembre 2021

Le Mois des Bergers

Le Mois des Bergers

 

Arbre de Jessé

 

Vingt-deuxième jour

Les temps sont accomplis

22 Décembre

 

« Béni soit le Seigneur le Dieu d'Israël, de ce qu'il a racheté et visité son peuple ; de ce qu'il nous a suscité un puissant sauveur dans la maison de David, son serviteur. Selon la promesse qu'il avait faite par la bouche de ses saints prophètes qui ont été dans les siècles passés ». (Luc I. 68, 69, 70).

 

I. Les temps sont accomplis. Le divin berger va descendre du Ciel pour visiter et racheter ses chères brebis. Le puissant Sauveur qui doit être suscité dans la maison de David va naître. Le temps est venu où, selon la prédiction si précise de Daniel, le péché va trouver sa fin, pour « que l'iniquité soit effacée, que la justice éternelle vienne sur la terre », que les visions et les prophéties soient accomplies et que « le Saint des saints soit oint de l'huile sacrée ». C'est bien Dieu, n'est-ce pas, qui vient nous visiter et nous racheter ?... Il va nous venir ! « Selon la promesse qu'il en avait faite par la bouche de ses saints prophètes qui ont été dans les siècles passés ». Terre, prépare-toi à recevoir ton Seigneur et ton Dieu... Ô mon cœur ! appelle-le par des désirs ardents ! Mon âme, celui que les nations ont attendu pendant tant de siècles va venir et descendre en toi-même... Comment recevras- tu et mangeras-tu cette manne céleste ? Avec quelles dispositions ? Avec quels sentiments ? Il va venir ! Tout est-il bien prêt pour le recevoir ?…

II. Les temps sont accomplis : écoutons la voix qui précède le Rédempteur : « Console-toi, console-toi, mon peuple, mon enfant, mon frère ma brebis bien-aimée. Ton salut est là qui vient. Pourquoi te consumer ainsi dans le chagrin et dans les larmes ? Je ne veux pas à ma venue te voir encore plongée dans une semblable douleur. Bannis toute crainte, je te sauverai, comme je l'ai promis. Je suis le Seigneur ton Dieu, le saint d'Israël et ton Rédempteur ». Vous venez pour la miséricorde, pour faire grâce, pour racheter, ô divin Messie ! Quel sujet de consolation pour tout votre peuple ! À cette annonce qui nous rend l'espérance et qui brise nos fers, comment n'essuierions-nous pas nos larmes ? Comment la joie n’envahirait-elle pas notre cœur ? Notre salut vient, et ce salut c'est vous-même. Votre voix nous rassure, que redouter encore ? Ah ! Seigneur, nous vous bénissons et notre âme se réjouit en vous, ô le désiré des nations, ô notre Sauveur et notre Dieu !…

III. Les temps sont accomplis. Le Sauveur du monde vient habiter parmi les hommes. Il vient à l'heure marquée, à l'expiration des soixante et dix semaines d'années indiquées par Daniel ; « après que le sceptre de David s'est échappé des mains de Juda », et à la chute des quatre grands empires de l'antiquité. Il vient en la manière que les prophètes l'ont annoncé. Le Verbe éternel, la seconde personne de la Sainte Trinité, le Fils éternellement engendré par le Père, dans l'unité de l'Esprit va quitter les cieux pour descendre sur la terre, en s'incarnant, en prenant un corps et une âme semblables aux nôtres, dans le sein d'une Vierge qui le concevra par l'opération du Saint Esprit, qui l'enfantera et qui nous donnera l'homme-Dieu, Emmanuel, Dieu avec nous : « Écoutez donc, maison de David, s'était écrié Isaïe. Le Seigneur vous donnera lui-même un prodige. Une Vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel. Un rejeton sortira de la tige de Jessé et une fleur naîtra de sa racine et l'esprit du Seigneur se reposera sur lui ». Voilà les prophéties. voici leur accomplissement. Un ange est envoyé de Dieu à une vierge... et cette vierge s'appelait Marie, et l'ange dit : « Je vous salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous... Vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, et il sera appelé le Fils du Très-Haut »... Jésus est conçu dans le sein de la Vierge immaculée, et bientôt elle l'enfantera... Ô mystère ineffable... les temps sont accomplis.

 

Résolution : Avec quelle tendre piété je vais me préparer à recevoir Jésus pendant la solennité de Noël !

Bouquet spirituel : « Le Saint-Esprit surviendra en vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre : c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu ».

 

Annonce aux Bergers 2-001

 

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31 décembre 2021

Le Mois des Étrennes Spirituelles

Le Mois des Étrennes Spirituelles

 

VISUEL COEUR FRAT-00161

 

Le dernier jour de l’année

31 décembre

 

Exercice tiré des œuvres du P. Nouet

 

Prenez aujourd'hui un quart d'heure, pour vous présenter devant le Saint-Sacrement, ou bien au pied du Crucifix dans votre Oratoire, et faire, en la présence de Dieu, le projet de toutes vos actions et pratiques de vertus de l'année suivante.

 

I. Pensez, premièrement, au remède de vos plus considérables défauts et des passions qui vous portent le plus de préjudice, afin de vous en garantir l'année prochaine. Voyez le déplaisir qu'elles donnent à Jésus-Christ, le mauvais exemple que les autres peuvent en tirer, le tort que vous en recevez vous-même, et le trouble qu'elles vous occasionnent.

II. En second lieu, renouvelez le désir de garder soigneusement toutes vos pratiques spirituelles, et d'avancer dans la perfection.

III. En troisième lieu, choisissez la matière de votre examen particulier pour toute l'année. Oh ! si vous pouviez tous les ans vous défaire d'un vice en particulier et acquérir la vertu qui lui est contraire, que vous feriez grand progrès en peu de temps !

IV. En quatrième lieu, pensez aux moyens de vous bien comporter envers Dieu. Faites un ferme propos de marcher toujours en sa présence ; d'avoir une grande pureté d'intention dans tous vos actes, ne cherchant qu'à lui plaire et ne craignant que de lui déplaire ; de vivre entre les bras de sa Providence, vous confiant en sa bonté, recourant à lui dans toutes vos affaires, et prenant de sa main tout ce qui vous arrivera ; de traiter avec lui dans tous vos exercices spirituels, avec toute la révérence, l'attention, l'application et la perfection qu'il mérite et qu'il vous sera possible.

V. En cinquième lieu, pensez aux moyens de vous bien comporter avec le prochain, et faites une ferme résolution de n'offenser jamais personne, ni en paroles, ni en actions ; de ne prendre jamais plaisir à écouter les médisances ; d'avoir de l'amour et de l'estime pour tous, ne méprisant jamais personne et ne vous préférant à aucun ; d'user de douceur et d'affabilité envers tous, tâchant de gagner les cœurs plus à Jésus-Christ qu'à vous ; de compatir aux personnes affligées et de les soulager de tout votre pouvoir, au moins par des prières et de bonnes paroles, si vous ne le pouvez pas autrement ; et enfin de supporter tous leurs défauts, vous souvenant  que vous ne vivez pas avec des anges, mais avec des hommes fragiles et sujets à pécher.

VI. En sixième lieu, pensez sérieusement aux moyens de vous gouverner vous-même, et faites un ferme propos de retrancher le soin excessif de votre corps et d'augmenter celui de votre âme ; de garder surtout la pureté de votre cœur, en fuyant les péchés les plus légers et les effaçant au plus tôt de vos larmes, lorsque vous y serez tombé ; de conserver soigneusement la paix intérieure de l'âme et de ne donner entrée à aucune chose qui puisse la troubler ; et enfin, de faire réflexion sur vous-même, pour voir si vous reculez ou si vous avancez dans le  service de Dieu, dans la victoire de vos passions et dans l'exercice des bonnes œuvres.

VII. En dernier lieu, offrez ces saintes résolutions à Jésus-Christ dans la crèche, le priant de vous donner sa bénédiction et la grâce de les accomplir parfaitement. Invoquez le secours de la bienheureuse Vierge, de Saint Joseph, de votre bon ange, de votre saint patron, et de tous les saints protecteurs qui doivent vous échoir l'année prochaine. Regardez cette année comme la veille de l'éternité, et faites en sorte que, si c'est la dernière de votre vie, vous ayez en mourant la consolation de l'avoir bien employée.

 

Pratiques : Récitez lentement et pieusement : Le Miserere pour demander pardon à Dieu des fautes commises dans le courant de l'année qui finit. Le Te Deum, pour le remercier des grâces reçues et le Veni Creator, pour implorer les lumières et l'assistance de l'Esprit Saint sur l'année qui commence.

 

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Première étrenne spirituelle

1er Janvier

 

Les vertus : bouquet de fleurs chrétiennes

 

Offrande

 

Jésus, qui vous êtes appelé vous-même, dans vos Saints livres, « la fleur du champ », souffrez que, en ce premier jour de l'année nouvelle, je vous apporte l'offrande des fleurs qui naissent dans le champ sacré de votre Eglise. Je suis, moi aussi, ce champ, puisque je suis de l’Église. Je voudrais produire ces fleurs que vous aimez, les vertus chrétiennes. Je prends la résolution de les cultiver avec plus de soin que par le passé ; à vous de leur donner le rayon de soleil qui leur manque et la sève dont elles ont besoin, en daignant m'accorder votre grâce, sans laquelle nulle âme ne fleurit.

 

Méditation

 

Les vertus chrétiennes sont la divine floraison des âmes, et l’Église est le champ où croissent ces fleurs. « Le juste, dit la sainte liturgie, fleurira éternellement devant le Seigneur ».

Mais, et c'est une remarque importante basée sur l'étude attentive des Livres saints, on ne peut nommer les fleurs sans les fruits, car la Sainte Ecriture se plaît à unir souvent ces deux symboles. Dans l'ordre de la nature, il y a des fleurs qui ne semblent créées que pour le plaisir des yeux et auxquelles on ne demande aucun fruit ; dans l'ordre de la grâce, c'est toujours le fruit qu'on cherche et qu'on aime dans la fleur. Nulle vertu chrétienne, en effet, nulle sainteté ne peut demeurer inactive, elle doit produire des œuvres saintes, et c'est pour cela que, dans les cantiques, l'âme chrétienne est invitée à considérer « si les fleurs produiront leurs fruits ».

Bien plus, ajouterai-je avec l'aimable auteur des Etudes sur le symbolisme de la nature, ces fleurs de l’Église sont tellement fécondes que l'Esprit-Saint les prend déjà pour des fruits : « Mes fleurs sont des fruits », dit-il. Fleurs et fruits, vertus aimables, âmes saintes et angéliques, œuvres sublimes que la religion inspire, c'est vous qui êtes la gloire et l'ornement de l’Église. C'est sur vous qu'elle s'appuie, c'est avec vous qu'elle se console, attendant sa parfaite union avec Jésus-Christ dans le ciel : et telle est, suivant Saint Bernard, l'explication de cette parole de l'Epouse dans les saints cantiques : « Soutenez-moi sur les fleurs et affermissez-moi avec les fruits, parce que je languis d'amour ».

Ainsi que l’Église, chaque âme chrétienne doit avoir ses fleurs et ses fruits, c'est-à-dire, des vertus qui produisent des œuvres !...

Ô mon Dieu, que mon sol est aride ! Je me souviens cependant qu'aux premières années de mon enfance, des fleurs y avaient apparu : la candeur, la simplicité, la foi naïve, la piété que j'avais reçue de ma mère. Mais le souffle des tentations les a bientôt flétries, et elles sont demeurées stériles. O mon Dieu, faites refleurir mon âme, et que ce soit pour porter des fruits.

Pendant ce mois, nous nous proposerons d'acquérir les vertus chrétiennes, dont la floraison surnaturelle est la parure du champ de l’Église. Mais, pour obéir à l'avertissement du Saint Esprit et pour nous orner de vertus véritables, nous étudierons avec soin les caractères pratiques de chacune d'elles en particulier, afin de travailler courageusement à nous en revêtir et de ne point nous borner à des fleurs sans fruits.

Ô mon âme, c'est à toi que s'adressent les paroles du livre inspiré, au début de ce mois : « Fleurissez, ô fleurs, répandez votre parfum, poussez vos branches de grâce et chantez vos cantiques au Seigneur, pour le bénir dans ses ouvrages ». Mets-toi donc à l'œuvre. Le monde, en ces jours, multiplie ses dons, ses offrandes, ses étrennes ; il les prodigue à la porte de tous ceux que l'amitié, les liens du sang, l'ambition ou l'intérêt désignent à ses présents. Le divin enfant Jésus, dans sa crèche, te demande aussi ses étrennes ; offre-lui celles qu'il préfère, les fleurs et les fruits des vertus qu'il est venu assigner à la terre.

 

Pratique : Former la résolution de méditer, chaque jour de ce mois, sur l'une des vertus chrétiennes qui seront proposées à notre attention et s'engager, par un ferme propos sérieux, d'en offrir des actes à Dieu, comme étrenne spirituelle de chaque jour, persuadé que Dieu, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, récompensera largement la bonne volonté de notre cœur.

 

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20 décembre 2021

Le Mois des Bergers

Le Mois des Bergers

 

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Vingt-et-unième jour

Jésus-Christ est Dieu

21 Décembre

 

« Mes brebis entendent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et nul ne me les arrachera d'entre les mains. Mon père qui me les a données est plus grand que toutes choses, et personne ne peut les arracher de la main de mon Père. Mon Père et moi, nous ne sommes qu'un ». (Jean 10, 27, 28, 29).

 

I. Jésus-Christ est Dieu. Comment en douter quand tout le dit et le démontre ?... Il a été annoncé comme Dieu par les prophètes. « Et son nom sera Emmanuel, c'est-à-dire, Dieu avec nous ». « Qu'ils sont beaux, s'écrie Isaïe, les pieds de celui qui annonce la bonne nouvelle, qui prêche le salut et qui dit à Sion : votre Dieu va régner ! » Le prophète met encore ces paroles dans la bouche du Messie : « Prêtez l'oreille et venez à moi ; écoutez-moi et votre âme trouvera la vie ». La vie, n'est-ce pas Dieu ?... Mais il y a plus, c'est Dieu même que son peuple attendait comme Sauveur, libérateur, rédempteur. « Oh ! si vous vouliez ouvrir les cieux et en descendre, les montagnes s'écrouleraient devant vous ! » « Ouvrez-vous, nuées du Ciel, et que le Juste en descende comme il une pluie ! » « Et vous, Bethléem... c'est de vous que sortira celui qui doit régner sur Israël ; et dont la génération est dès le commencement, dès l'éternité ». Il y a une prophétie plus claire encore et plus positive sur la divinité du Christ, du Messie promis. Michée a écrit : « Je mettrai mon peuple tout ensemble, comme un troupeau dans une bergerie, comme les brebis au milieu d'un parc.... Car Celui qui doit leur ouvrir le chemin marchera devant elles.... Leur roi passera devant leurs yeux et le Seigneur sera à leur tête ». C'était donc Dieu même qui nous était promis... et c'est Dieu qui est venu et qui, comme dit saint Paul, « ayant la nature de Dieu, n'a pas cru que ce fût pour lui une usurpation de se dire l'égal de Dieu ».

II. Jésus-Christ est Dieu. Il l'a affirmé lui-même par sa parole et prouvé par ses actes. En parlant de ses brebis, dont il est le bon pasteur, il s'énonce en Dieu : « Je leur donne la vie éternelle, elles ne périront jamais et nul ne me les arrachera d'entre les mains ». S'il s'agit de son Père, il tient le même langage : « Personne ne peut les arracher de la main de mon Père ». « Mon Père et moi nous ne sommes qu'un ». « Seigneur, dit la Samaritaine à Jésus, je sais que le Christ doit venir, lors donc qu'il sera venu, il nous annoncera toutes choses ». Et Jésus lui répond : « C'est moi-même qui vous parle qui suis le Christ ». C'est-à-dire Dieu incarné. N'est-il pas incontestable que Dieu seul lit et voit au fond des consciences, surtout pour les choses qui touchent à la foi ! Eh bien ! Jésus s'adressant aux Pharisiens leur dit : « Je vous connais et je sais que vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu ». Encore une affirmation entre mille autres. Qui peut descendre du Ciel et venir habiter la terre si ce n'est Dieu ? Jésus-Christ dit formellement : « Je suis descendu du Ciel.... Je suis le pain vivant, qui suis descendu du Ciel... Celui qui en mangera vivra éternellement ». N'allons pas au-delà. Les affirmations de la divinité de Jésus-Christ abondent dans ses paroles et dans sa doctrine. Jésus-Christ est Dieu !

III. Jésus-Christ est Dieu. Rappelons-nous tous les prodiges qu'il a semés sur ses pas.... En remettant les péchés, il avait soin de prouver qu'il avait ce pouvoir, en guérissant un paralytique, en ouvrant les yeux à un aveugle, en chassant les démons du corps des possédés. Dans le danger que courent ses apôtres sur la mer, il apaise d'un mot les vents et la tempête : « Taisez-vous, et il se fit un grand calme ». Enfin, s'il faut montrer qu'il est le maître de la vie et de la mort, il ressuscite Lazare. « Lazare, sors du sépulcre ! Veni foras » ; ou bien il rend à une mère accablée de douleur, le fils qu'elle vient de perdre : « Jeune homme, levez-vous ! » Et enfin il se ressuscite lui-même et remonte au Ciel. Ah ! Jésus-Christ, Jésus-Christ c'est Dieu. Après de telles preuves, qui ne se sentirait confirmé dans sa foi, et d'une manière inébranlable ? Qui surtout serait pas pris pour Jésus d'un amour sans borne! Jésus-Christ est Dieu !.... Quel sujet inépuisable de méditations pleines de délices, puisqu'il est Dieu et homme tout ensemble !

 

Résolution : Je ferai le plus souvent qu'il me sera possible une lecture dans les œuvres des saints qui ont le plus aimé Jésus Christ.

Bouquet spirituel : « Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu ». (Saint Thomas).

 

Bergers

 

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