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  • La beauté élève l'âme... Par ces images volontairement sélectionnées, ainsi que par la récitation de ces prières, puissiez-vous avoir le désir de parvenir à Jésus et à la sainteté, but ultime de toute vie...
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19 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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20 décembre

Marie Mère de Dieu eucharistie

 

« Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l'enfantement. Alors un autre signe apparut dans le ciel : C'était un grand dragon rouge feu. Il avait sept têtes et dix cornes et, sur ses têtes, sept diadèmes. Sa queue, qui balayait le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le dragon se posta devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissanceé. (Apocalypse 12, 1-4)


Combien Marie est élevée par ce titre


Saint Thomas et saint Bonaventure ne trouvent rien de comparable à la qualité de Mère de Dieu, qui appartient à Marie. Dieu seul est grand, mais la Vierge sainte approche des perfections de la divinité ; elle touche à l'infini ! « Écoute, homme ! S'écrie là-dessus saint Anselme, contemple et admire ! Le Père céleste avait un fils unique et consubstantiel ; mais il n'a pas voulu que ce Fils ne soit qu'à lui seul. Il en a fait part à Marie qui est véritablement sa Mère sur la terre, comme il est son Père dans le ciel. Quel mystère ! Quel autre miracle encore que Dieu a pu opérer ? La virginité et la fécondité jointes ensemble ; une Vierge qui conçoit dans le temps le même Fils que Dieu, avant tous les siècles, a produit dans l'éternité ». Qui jamais avant Marie n'entendit rien de semblable ? Une femme disait, en montrant ses enfants : « Voilà ma gloire, voilà ma couronne ». Cependant, la renommée qu'avaient acquise ses enfants n'était que l'écho d'un peu de bruit qu'ils avaient fait dans le monde. Mais l'enfant que Marie nous montre et qu'elle peut justement appeler sa gloire et sa couronne, c'est le vrai Fils de l'Eternel, le Sauveur des hommes. Dieu ! Quelle élévation, quelle gloire pour une simple créature !

Toutefois, en étant enfants de Marie, nous n'avons rien à envier au bonheur de la Mère de Jésus, puisque par la sainte communion nous devenons participants de ce même bonheur. En effet, l'Eucharistie n'est-elle pas une extension du divin mystère de l'Incarnation et chacun de nous, après avoir communié, ne peut-il pas s'écrier : Mon Dieu est à moi, je le possède et ce Dieu, malgré sa puissance, ne peut rien me donner de plus grand que lui-même ! Que mon âme le bénisse à jamais : Magnificat ! Désormais donc, regardons la communion comme le plus sublime honneur auquel nous puissions aspirer, et approchons-nous souvent de l'eucharistique. Sainte Gertrude aurait passé, nous assure-t-elle, à travers des épées pour se rendre à la sainte table. Marie ! Que cet empressement soit aussi le nôtre, au moins aux beaux jours de vos fêtes !

 

Méditation

 

O mon âme ! Comprends-tu ce grand mystère ? Puisqu'il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule personne, Marie est la mère cette personne, et puisque cette personne est la personne du Fils de Dieu, Marie est véritablement Mère de Dieu. A l'instant même où elle acquiesça à la parole de l'archange, le Saint-Esprit forma de sa chair virginale une chair capable de recevoir une âme humaine et, à ce même instant, cette chair, vivifiée par cette âme raisonnable, fut unie substantiellement au Verbe divin. Puisque la nature humaine du Seigneur entra ainsi, dès que formée au sein de Marie, dans la personne du Verbe, cette personne est née de Marie.


Prière


Vierge très sainte et immaculée, ma Mère, ô Marie, à vous qui êtes la Mère de mon Seigneur, le refuge des pécheurs, j'ai recours à vous aujourd'hui, moi, le plus misérable de tous. Je vous vénère, ô grande Reine, et je vous remercie de toutes les grâces que vous m'avez faites jusqu'ici, spécialement de m'avoir délivré de l'enfer, que j'ai si souvent mérité. Je vous aime, ô ma Souveraine très aimable, et pour votre amour, je m'engage à vous servir toujours, et à faire tous mes efforts pour que vous soyez aussi aimée par les autres. (Saint Alphonse-Marie de Liguori)


Résolutions : Je me consacrerai chaque jour à Marie, la Mère de mon Sauveur. A chaque difficulté, j'aurai recours à l'aide de Marie, en lui disant : « Marie, passe devant moi, secoure-moi ».


Un Je vous salue Marie

 

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15 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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16 décembre

Les bergers à Beth Saour

 

« Il y avait dans la même région des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour y garder leur troupeau ». (Luc 2,8)


« Je vois une vaste étendue de campagne. La lune est au zénith et elle cingle tranquille dans un ciel tout constellé. Les étoiles paraissent des clous de diamant enfoncés dans un immense baldaquin de velours bleu foncé. Sur ma droite, je vois une sorte de hangar qui est construit partie en maçonnerie, partie en bois. De là, sort de temps en temps un bêlement intermittent et bref. C'est une clarté, excessive même, tant elle est intense, et qui s'accroît comme si l'astre s'approchait de la terre ou étincelait par suite d'un mystérieux incendie. Un berger s'avance sur le seuil. Il lève le bras à hauteur du front pour ménager ses yeux et regarde en l'air. Il semble impossible qu'on doive s'abriter de la clarté de la lune, mais elle est si vive qu'elle éblouit, en particulier celui qui sort d'un enclos, d'ordinaire ténébreux. Tout est calme, mais cette clarté est étonnante. Le berger appelle ses compagnons. Ils vont tous à la porte. Un tas d'hommes hirsutes, de tous âges. Il y a des adolescents et d'autres qui déjà blanchissent. Ils commentent le fait étrange et les plus jeunes ont peur, spécialement un garçon d'une douzaine d'années qui se met à pleurer, s'attirant les moqueries des plus vieux. « De quoi as-tu peur, sot que tu es ?... » lui dit le plus vieux ».

Mais le pastoureau ne l'écoute plus. Il semble n'avoir plus peur. En effet, il quitte le seuil et s'esquive de derrière les épaules d'un berger musclé derrière lequel il s'était réfugié et sort dans le parc qui se trouve devant le hangar. Il regarde en l'air et marche. À un moment il crie : « Oh ! » et reste comme pétrifié, les bras légèrement ouverts. Les autres se regardent, étonnés. « Là, là » murmure-t-il en souriant. « Au-dessus de l'arbre regardez cette lumière qui arrive. On dirait qu'elle s'avance sur un rayon de lune. La voilà qui approche. Comme elle est belle ! » « Moi, je ne vois qu'une clarté un peu vive ». « Moi aussi » disent les autres. « Non. Je vois quelque chose qui ressemble à un corps» dit un autre en qui je reconnais le berger. qui a donné le lait à Marie. « C'est un ... c'est un ange ! » crie l'enfant. « Le voilà qui descend et s'approche ... Par terre ! À genoux devant l'Ange de Dieu ! » Un « Oh ! » prolongé et respectueux s'élève du groupe des bergers qui tombent le visage contre terre et paraissent d'autant plus frappés par l'apparition qu'ils sont plus âgés. Les plus jeunes sont à genoux et regardent l'ange qui s'approche toujours plus, et s'arrête en l'air déployant ses grandes ailes, blancheur de perles dans la blancheur lunaire qui l'enveloppe, au-dessus du mur d'enceinte. « Ne craignez pas, je ne vous porte pas malheur. Je vous apporte la nouvelle d'une grande joie pour le peuple d'Israël et pour tous les peuples de la terre. » La voix angélique, c'est une harpe harmonieuse qui accompagne des voix de rossignols ». (Maria Valtorta tome 1, chapitre 49)

 

Méditation

 

O mon âme ! Contemple les bergers de Bethléem qui sont l'image des bergers de l'Eglise. Comme ces bergers de Bethléem, ils vont annoncer à tous, la révélation reçue. Ils sont les disciples de Christ, les apôtres qui annoncent l'évangile, l'apôtre Pierre, les évêques, les prêtres, les diacres ou les recteurs de monastères, les prédicateurs, les docteurs de l'église, ceux qui s'occupent au moins de deux ou trois personnes… Les bergers de Bethléem sont évangélisés : ils sont bouleversés par la gloire du Seigneur qui, par son ange, leur annonce l'événement de Noël. Ils vont voir et trouvent Marie, Joseph et l'enfant. Ensuite, ils deviennent évangélisateurs : ils parlent, ils font connaître à tout le monde ce qu'ils ont entendu et vu. Tous s'émerveillent, et Marie garde toutes ces choses en son cœur. Et les bergers repartent louant et glorifiant Dieu. Prie pour tous les bergers actuels de l'Eglise qui donnent leur vie à Dieu pour sanctifier la tienne.


Prière


Établissez et fortifiez en moi, ô mon Dieu ! Cette foi sans foi sans laquelle je ne pourrais opérer ma sanctification ; cette foi qui est la marque distinctive de vos enfants, et comme le signe auquel ils de font reconnaître. Souvent, il est vrai, je me suis montré indigne d'une si grande faveur ; souvent j'ai repoussé les rayons de cette foi céleste lorsqu'ils s'approchaient de moi pour éclairer mon âme. Mais aujourd'hui je sens tout l'importance et la nécessité de ce don pour arriver au salut. Je vous le demande avec sincérité, et je l'attends avec confiance.

 

Résolutions : Dès ce moment, je veux faire profession d'une dévotion particulière au sacrement de l'autel : j'assisterai le plus souvent qu'il me sera possible au saint sacrifice de la Messe et je tâcherai d'avoir plus de ferveur en me persuadant que je suis le témoin de la Cène où l'adorable Eucharistie fut instituée. Je ne jugerai jamais des dispositions intérieures du prochain, sur le rapport d'autrui, ou sur d'autres apparences trompeuses. Lorsque j'entendrai proférer des médisances, je tâcherai de les faire cesser, si je le puis, ou je ne prendrai aucune part à la conversation.


Un Je vous salue Marie

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16 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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17 décembre

Un lumière dans la nuit

 

« Et tout à coup une foule d'anges de l'armée céleste se joignit à l'ange ». (Luc 2,13)


« "...le Sauveur qui est le Christ." L'ange brille d'une lumière plus éclatante. Ses deux ailes, maintenant arrêtées et tendues vers le ciel semblent deux voiles immobiles sur le saphir de la mer, deux flammes qui montent ardentes. "...Christ, le Seigneur !" L'ange replie ses ailes de lumière et s'en couvre comme d'un survêtement de diamant sur un habit de perles, il s'incline comme pour adorer avec les bras serrés sur le cœur et le visage qui disparaît, incliné comme il est sur la poitrine, dans l'ombre du haut des ailes repliées. On ne voit plus qu'une forme allongée et lumineuse, immobile pendant la durée d'un Gloria. Mais voici qu'il bouge. Il rouvre les ailes et lève son visage où la lumière s'épanouit en un sourire paradisiaque et il dit : « Vous le reconnaîtrez à ces signes : dans une pauvre étable, derrière Bethléem, vous trouverez un bébé enveloppé dans des langes couché dans une mangeoire d'animaux, parce que pour le Messie, il n'y a pas eu de toit dans la cité de David ». En disant cela, l'ange devient grave, même triste. Mais des Cieux arrive une foule – oh ! quelle foule ! - une foule d'anges qui lui ressemblent, une échelle d'anges qui descendent dans l'allégresse, éclipsent la lune par leur lumière paradisiaque. Ils se rassemblent autour de l'ange annonciateur, en agitant leurs ailes, en répandant des parfums, en une harmonie musicale où toutes les voix les plus belles de la création se retrouvent, mais portées à la perfection de leur sonorité. » (Maria Valtorta tome 1, chapitre 49)

 

Méditation

 

O mon âme ! Jésus est la « lumière qui éclaire les nations », la « lumière qui luit dans les ténèbres ». Mais pour suivre cette lumière, il ne suffit pas de voir une étoile ou un ange dans le ciel. Il faut aussi ouvrir son cœur à la foi, à la Providence, qui nous guide intérieurement. Par leurs cadeaux et leur présence, les bergers annoncent que Jésus est roi, qu'il est Dieu. C'est seulement avec la Foi que nous pouvons le découvrir. Mon Dieu ! Je n'oublierai jamais tous les témoignages d'amour que j'ai reçus de vous. Tandis qu'une infinité de peuples étaient plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie, vous m'avez illuminé en me faisant connaître votre venue parmi nous. Vous avez fait luire sur moi l'admirable lumière de votre saint Evangile, et vous m'avez admis au nombre de vos enfants chéris.


Prière

 

Soyez béni ô mon Père ! Ne permettez pas qu'après avoir vu les portes ténébreuses de l'enfer fermées par votre main miséricordieuse, je puisse un jour m'y précipiter par ma faute. Donnez-moi aujourd'hui une part aux dons précieux de votre Esprit divin qui réside en vous dans toute sa plénitude, afin qu'étant toujours éclairé sur les volontés de votre Père céleste, je puisse travailler efficacement à accomplir ce qui lui est agréable.


Résolutions : Je prendrai quelquefois des moments sur l'heure de mon sommeil pour prier, afin de réparer les excès et les infamies qui se commettent trop souvent durant les ténèbres. J'estimerai mon titre de chrétien par-dessus tout le reste. Je fêterai spirituellement l'anniversaire du jour de mon baptême. Je renouvellerai souvent aux pieds des autels les engagements et les promesses que j'y ai contractés.

 

Un Je vous salue Marie

 

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23 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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24 décembre

La naissance de Jésus

 

« Et toi, Bethléhem Ephrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. C'est pourquoi il les livrera Jusqu'au temps où enfantera celle qui doit enfanter ». (Michée 5, 2-3).

C'est au cœur de la nuit, au cours de la saison la plus rigoureuse, dans la grotte la plus glaciale, habitation des troupeaux plus que d'une créature humaine, que vint à la lumière, à la plénitude des temps, le Messie promis - Jésus - le Sauveur des hommes. Aucun bruit autour de lui ; un bœuf et un âne réchauffent le pauvre Enfant nouveau-né ; une femme humble, un homme pauvre et fatigué en adoration devant lui. Ne se font entendre que les vagissements et les pleurs de Dieu devenu enfant. Et par ces pleurs, par ces vagissements, il offre à la justice divine la première rançon pour notre réconciliation.

Depuis plus de quarante siècles il est attendu ; c'est avec des soupirs que les Patriarches en avaient invoqué la venue ; les auteurs sacrés avaient prophétisé clairement et le lieu et l'époque de sa naissance… Pourtant tout est silence et il semble que nul ne sait rien de ce grand avènement. Un peu plus tard seulement, des bergers qui gardaient leurs troupeaux dans les champs viennent lui rendre visite. Ils ont été avertis par des esprits célestes de cet avènement grandiose, et invités à se rendre à la grotte où il se trouve. Qu'ils sont nombreux et importants, les enseignements qui partent de la grotte de Bethléem ! Oh, comme notre cœur doit se sentir brûlant d'amour pour celui qui s'est fait toute tendresse pour nous ! Comme nous devrions avoir au cœur le désir de conduire le monde entier à cette humble grotte, refuge du roi des rois, plus grande que tout palais humain, parce que trône et demeure de Dieu ! Demandons à ce divin Enfant de nous revêtir d'humilité, parce que seule cette vertu nous fera goûter ce mystère rempli de tendresse divine. Les palais de l'Israël orgueilleux scintillent, mais ce n'est pas en eux qu'est venue au monde la Lumière ! Mettant leur assurance dans la grandeur humaine, baignant dans l'or : ainsi sont les notables de la nation juive ; les prêtres du temple sont pleins de vaine gloire et de superbe ; à l'encontre du sens véritable de la révélation divine ils attendent un Sauveur rabougri, venant dans le monde selon la grandeur humaine et la puissance.

Mais Dieu, qui a toujours à cœur de confondre la sagesse de ce monde, balaie leurs projets et, à l'encontre de l'attente de ceux qui sont privés de la sagesse divine, descend parmi nous dans la plus grande abjection, renonçant à naître dans l'humble maison de Joseph ou même dans celle d'un parent ou d'une connaissance dans la ville de Juda ; et, en quelque sorte rejeté par les hommes, il demande asile et secours à de vils animaux, choisissant leur demeure comme lieu de sa naissance, leur paille pour réchauffer son petit corps délicat. Il fait en sorte que le premier hommage lui soit rendu par de pauvres et rustres bergers qu'il a lui-même, par l'intermédiaire de ses anges, informés de ce grand mystère.

O sagesse et puissance de Dieu ! Nous sentions le devoir de nous exclamer – entrés en extase avec ton Apôtre – combien tes jugements sont incompréhensibles et insondables tes voies ! Pauvreté, humilité, abjection et mépris entourent le Verbe fait chair ; nous, cependant, nous comprenons une chose de cette obscurité dans laquelle le Verbe fait chair est enveloppé, nous entendons une parole, nous entrevoyons une vérité sublime : Tout cela, il l'a fait par amour ; il ne nous invite qu'à l'amour, il ne nous parle que d'amour, il ne nous donne que des preuves d'amour. L'Enfant céleste souffre et gémit dans la crèche, afin que la souffrance nous devienne aimable et méritoire, afin que nous la recherchions : il manque de tout afin que nous apprenions de lui le renoncement aux biens terrestres, il prend plaisir en ces pauvres et humbles adorateurs, pour nous pousser à aimer la pauvreté et à préférer la compagnie des petits et des simples à celle des grands de ce monde. Ce petit Enfant, qui est tout mansuétude et douceur, veut insuffler en nos cœurs, par son exemple, ces vertus sublimes, afin que dans ce monde déchiré et bouleversé surgisse une ère de paix et d'amour. Par sa naissance il nous indique notre mission : mépriser ce que le monde aime et recherche.

 

Méditation

 

O mon âme ! Transporte-toi à Bethléem ; entre dans la grotte. Qu'aperçois-tu ? Un enfant couvert des lambeaux de la pauvreté, étendu sur la paille, et exposé à l'influence d'une saison rigoureuse. Quel spectacle ! Est-ce bien là le Messie promis depuis tant de siècles, le désiré des nations, le Sauveur d'Israël ? Est-ce bien là le Dieu sans lequel rien de ce qui existe, n'eût été créé ? Le Verbe admis avant tous les siècles aux conseils éternels, lorsque la grande architecture de l'univers y fut arrêtée ? Ces mains délicates qui s'élèvent et retombent faiblement sont donc les mêmes qui travaillèrent à disperser les horreurs du chaos lorsqu'une voix puissante fit jaillir du sein des ténèbres des flots étincelants de lumière ? Sous ces dehors humbles et méprisables, la foi m'ordonne de reconnaître le Dieu qui a le ciel pour trône, et la terre pour escabeau. Le Dieu dont la face fait le ravissement des élus, et devant lequel les célestes intelligences se tiennent en tremblant. Ô prodige d'abaissement et d'abnégation ! Ô amour immense de Jésus pour les hommes ! Qui me donnera de pouvoir sonder vos mystérieuses et adorables profondeurs ? Prosternons-nous devant la crèche, et offrons à Jésus tout notre cœur, sans réserve ; promettons-lui de suivre les enseignements qui viennent à nous depuis la grotte de Bethléem, et peuvent presque se résumer en ceci : Vanité des vanités, tout est vanité.

 

Prière

 

Adorable Jésus, victime volontaire pour les péchés du monde ! Que votre dévouement est digne de l'admiration et de la reconnaissance des chrétiens ! Vous ignorez tous les complots qui s'ourdissent contre vous, toutes les ignominies et toutes les tortures qui vous attendent. Car votre amour pour nous est plus fort que la mort. Vous savez que notre salut ne peut être accompli autrement. Il n'en faut pas davantage à votre charité pour lui faire braver avec joie toutes les douleurs. Ai-je jamais payé de retour, ô mon Dieu ! Cet amour infini que vous manifestez pour les hommes ? Suis-je dans la disposition de tout sacrifier plutôt que de vous déplaire ? Aidez-moi à comprendre le prix des ineffables sacrifices que vous vous êtes imposés par amour pour moi. Que je mette à profit les jours que votre miséricorde me donne encore et que je travaille sérieusement à sortir de l'abîme profond où mes péchés m'ont enseveli. Je vous demande humblement cette grâce, mon doux Rédempteur. J'ai la confiance que vous me l'accorderez puisque vous ne refusez jamais rien à la prière d'un cœur contrit et humilié.

Résolutions : Je vais faire une revue sur ma vie passée, et rappeler dans mon esprit les principales chutes que j'ai faites depuis l'âge de raison, afin que ce souvenir détruise pour toujours en moi cette dangereuse confiance que j'ai trop souvent en mes propres forces. Si je connais des personnes qui sont divisées, je vais tâcher aujourd'hui d'opérer leur réconciliation. Si je ne peux y parvenir, j'adresserai à Dieu de ferventes prières pour qu'il daigne établir dans tous les cœurs le règne de la charité.

 

Un Je vous salue Marie

 

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6 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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7 décembre

Joseph à Nazareth

 

La Vierge Marie nous parle de la Passion de Joseph : « Mon Joseph a eu sa Passion. Elle commença quand il se rendit compte de mon état, et elle dura des jours, comme pour Jésus et pour moi. Et spirituellement elle ne fut pas moins douloureuse. C’est uniquement par la sainteté de Joseph, mon époux, qu’elle s’est maintenue sous une forme tellement digne et secrète qu’elle est passée peu connue à travers les siècles. Oh ! Notre première Passion ! Qui peut en dire l’intime et silencieuse intensité? Qui peut dire ma douleur en constatant que le Ciel ne m’avait pas encore exaucée en révélant à Joseph le mystère... Qui peut dire mon combat contre le découragement qui tentait de m’accabler pour me persuader que j’avais espéré en vain dans le Seigneur ? Oh ! Je crois que ce fut une rage de Satan ! Je sentais le doute me saisir aux épaules et allonger ses tentacules pour emprisonner mon âme et l’arrêter dans sa prière.

Qui pourrait dire avec une exacte vérité la douleur de Joseph, ses pensées, le trouble de ses affections,.. En apparence, c’était un homme trahi par sa femme. Il voyait crouler en même temps son bon renom et l’estime du monde à cause d’elle. Il se voyait déjà montré du doigt et l’objet de la compassion du pays. Il voyait l’amour et l’estime qu’il avait pour moi tomber morts devant l’évidence du fait. Je veux que vous l’aimiez, mon Joseph, cet homme sage et prudent, patient et bon qui n’est pas étranger au mystère de la Rédemption auquel il a été infiniment lié, parce qu’il usa sa douleur et lui-même pour celui-ci, en sauvant le Sauveur au prix de son sacrifice et par sa grande sainteté. S’il avait été moins saint, il aurait agi humainement en me dénonçant comme adultère pour me faire lapider et faire périr avec moi le fruit de mon péché. S’il avait été moins saint, Dieu ne lui aurait pas donné la lumière pour le guider dans une telle épreuve...

Mais Joseph était saint... Et par sa charité il vous sauva le Sauveur, tant en ne me dénonçant pas auprès des anciens, qu’en laissant tout par une prompte obéissance pour emmener Jésus en Egypte. Journées peu nombreuses, mais terribles par leur intensité, celles de la passion de Joseph et de ma première passion... Car je comprenais sa souffrance et ne pouvais la lui enlever aucunement pour rester fidèle à l’ordre de Dieu qui m’avait dit : « Tais-toi ! »... Et moi, seule dans ma maison... je dus résister au découragement, aux insinuations de Satan et espérer, espérer, espérer. Et prier, prier, prier. Et pardonner, pardonner, pardonner à Joseph son soupçon, sa révolte de juste indigné ». (Maria Valtorta, T. 1 chapitre 21)

 

Méditation

 

O mon âme ! Admire l’âme de Joseph, le Juste, si bien ajusté à la présence de Dieu. Que Joseph m’aide à devenir veilleur de cette présence en moi et autour de moi. Cet homme choisi entre tous les hommes pour devenir le père de Dieu, son protecteur, son éducateur, peut me montrer le chemin du silence, de l’obéissance, de l’action pour Dieu.

 

Prière

 

O mon Dieu ! Apprenez-moi à prier avec autant d'intensité que le faisait Joseph qui se coupait de tout ce qui l'entourait pour mieux adorer. Donnez-moi la sagesse de saint Joseph qui non par culture humaine mais par surnaturelle instruction, a su lire dans le livre scellé de la Vierge sans tache. Accordez-moi la « vue » de saint Joseph qui est entré dans les vérités prophétiques en voyant un mystère surhumain là où les autres n’ont vu qu’une grande vertu. Amen.

 

Résolutions : Je demanderai souvent à Dieu qu’il daigne étendre et propager le bienfait de la vraie religion. Je prierai pour la conversion des pécheurs, la persévérance des justes et le retour des pécheurs à la véritable foi. Si je connais des personnes qui sont divisées, je vais tâcher aujourd’hui d’opérer leur réconciliation. Si je ne peux y parvenir, j’adresserai à Dieu de ferventes prières pour qu’il daigne établir dans tous les cœurs le règne de la charité.

 

Un Je vous salue Marie

 

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5 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

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6 décembre

Marie à Nazareth

 

« Et au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, nommée Nazareth, à une vierge, fiancée à un homme dont le nom était Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. » (Luc 1 26-28).

 

Pendant la période qui précéda la naissance de Jésus, Marie et Joseph eurent à vivre une épreuve très douloureuse. Ce fut la première des grandes épreuves communes des nouveaux époux. Entre le moment de l'Annonciation et de l'Incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de Marie, par l'opération du Saint Esprit qui « la couvrit de son ombre », et le moment de la naissance de Jésus, Marie fiançée à Joseph, lui fût donnée comme épouse. Lorsqu'elle vînt habiter chez lui, dans leur demeure commune, au terme de la période des fiançailles, elle était déjà enceinte. Joseph s'aperçut de l'état de la Vierge, sans savoir comment cela avait pu se faire ; quant à Marie, elle ne pouvait dévoiler elle-même la merveille extraordinaire conçue en elle par le Seigneur Dieu. Pourtant Joseph, comme Marie, demeura fidèle à la volonté divine et garda Marie chez lui.

Cette première grande épreuve entre Marie et Joseph, dans les tous premiers temps de leur vie commune dans leur demeure commune, avant même la naissance de Jésus, fut une épreuve majeure pour leur amour réciproque, mais aussi pour leur foi, tout comme l'avait été pour Abraham l'appel au sacrifice de son fils Isaac : folie aux yeux des hommes, sagesse aux yeux de Dieu, ce qui pouvait briser la Sainte Famille dès le début l'a au contraire soudée à jamais, par la Foi. C'est en outre au prix de cette épreuve pour les Saints Epoux, rapportée dans l'Ecriture, que la naissance virginale de Jésus est mise en un relief sans ambiguïté.

 

Méditation

 

O mon âme ! Béni le Seigneur, le Dieu d’Israël qui est le seul qui opère des choses admirables. Quel autre, en effet, peut déroger aux lois de la nature, que celui qui les a établies. Il a pris corps d’une chair de Vierge. Quel autre peut guérir les maladies et ressusciter le morts, que celui qui tient en sa main la santé et la douleur, qui vivifie suivant sa volonté ? Il n’y a que le bras du Seigneur qui ait pu opérer les merveilles dont le monde a été témoin. La religion qui repose sur les miracles éclatants du Fils de Dieu, ne peut avoir pour fondement que la vérité et pour fin le salut.

 

Prière

 

O Marie de Nazareth, Mère de Dieu, Mère de l'Eglise, nous nous tournons vers Vous avec confiance et espérance ; nous Vous offrons les pensées les plus profondes de nos cœurs. Souvenez-vous des êtres qui nous sont chers : ouvrez vos bras pour les accueillir et assistez-les de votre maternelle protection. Recevez favorablement tous ceux qui tournent les yeux vers Vous et Vous demandent de présenter leurs prières à Dieu. Tendre mère de notre Sauveur, nous confions à Votre amour nos enfants, nos jeunes, nos familles. Intercédez pour les parents et leurs enfants, afin que leur amour soit toujours plus fort et fidèle. Par amour de ton Fils, prenez sur Votre Cœur ceux et celles qui souffrent, les petits et les faibles, ceux qui sont découragés, ceux qui vivent sans la misère et la pauvreté. Priez pour nous, Sainte Mère de l'Eglise, afin que nous soyons de fidèles disciples de Jésus, toujours remplis de joie et d'espérance. Obtenez-nous la faveur de vivre en parfaite union avec Votre Fils et avec nos frères et sœurs. Que nos paroles et nos actes rendent gloire et louange au Père, au Fils et au Saint-Esprit ! Amen. (Hervé Aubin, Prières, souffle de vie, Novalis 2001).

 

Résolutions : J’apprécierai à sa juste valeur, la grâce qui a été octroyée à Marie de devenir la Mère du Sauveur afin d’éviter de tomber dans des déviations proches de l’hérésie. Je bénirai le Seigneur d’avoir bien voulu me rejoindre dans ma nature humaine, pour la sauver, en passant par Marie.

 

Un Je vous salue Marie

 

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12 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

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13 décembre

Le bœuf et l'âne dans la crèche

 

« Le bœuf connaît son propriétaire, et l'âne la maison de son maître, mais Israël ne la connaît pas, mon peuple ne comprend pas ». (Isaïe 1,3)

Les Pères de l'Eglise ont vu dans ces paroles une prophétie qui anticipait le nouveau peuple de Dieu, l'Eglise composée de Juifs et de païens. Devant Dieu, tous les hommes, Juifs et Gentils, étaient, comme le bœuf et l'âne, sans raison ni connaissance. Mais l'enfant dans la crèche a ouvert leurs yeux afin qu'ils reconnaissent maintenant la voix de leur Maître, la voix de leur Seigneur.

 

Méditation

 

O mon âme ! En cette nuit, donc, les visages du bœuf et de l'âne nous regardent avec une question : Mon peuple ne comprend pas, mais entendez-vous la voix de votre Seigneur ? Quand nous plaçons les figurines familières dans la crèche, nous devrions demander à Dieu de donner à nos cœurs la simplicité qui découvre le Seigneur dans l'enfant. Car alors, nous pourrions faire l'expérience de ceux qui l’ont visité cette nuit-là et rentrer chez nous remplis de joie.

 

Prière


Seigneur, donnez-moi de savoir écouter votre voix et de la reconnaître. Que je comprenne et suive les directions que vous voulez que je prenne.

 

Résolutions : Lorsque je me sentirai agité par la crainte d’être un jour exclu du ciel, je penserai que Jésus Christ plaide lui-même ma cause auprès de son Père, et je lui renouvellerai ma confiance. J’éviterai de me laisser aller pendant ce jour à une trop grande dissipation. Je m’interdirai toute visite inutile et je chercherai la compagnie de quelques personnes pieuses avec lesquelles je pourrai m’entretenir de l’amour immense que Jésus nous a témoigné.

 

Un je vous salue Marie

 

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10 décembre 2017

Le Mois de Jésus Naissant

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Le Mois de Jésus Naissant

Un mois proposé par l’Etoile Notre Dame

 

11 décembre

Arrivée à Bethléem

« Joseph alla à Bethléem pour se faire inscrire avec sa femme Marie qui était enceinte ». (Luc 2,5).

 

Joseph ne cesse de s’inquiéter de la santé de Marie, de son confort, de ses besoins. Il fait tout pour éviter à Marie les moindres fatigues, au moins autant que cela lui est possible, dans les conditions pénibles du voyage, et surtout lors de la recherche d’un logement pour la nuit. Et pendant les interminables recherches d’un logement à Bethléem : Joseph arrangea à la Sainte Vierge un siège où elle pût se reposer pendant qu’il chercherait à se faire accueillir dans l’une des maisons de Bethléem.

 

Méditation

 

O mon âme ! Considère Joseph : il n’était pas au Golgotha ? Il semble qu’il ne soit pas avec les corédempteurs. Mais en fait il est grand aux yeux de Dieu. Grand par le sacrifice, la patience, la constance dans la foi. Quelle foi plus grande que la foi de celui qui a cru sans avoir vu les miracles du Messie.

 

Prière


Qu’avez-vous donc commis, adorable Jésus ! Pour être ainsi traité ? Quelle est la cause de vos souffrances ? C’est moi qui suis la cause de toutes les douleurs qu’on vous fait éprouver ! On vous rejette de partout et vous continuez à être rejeté par mon indifférence et mon manque d’amour. Ce que mérite l’homme, Dieu le souffre. Ô amour ! Qui pourra jamais te comprendre ? Mon divin Sauveur, je ne suis pas en état de vous rendre tout ce que vous avez fait pour moi : mais du moins, avec le secours de votre grâce, j’entrerai, autant que possible, dans l’esprit de cet adorable mystère : je crucifierai avec vous mes penchants déréglés ; je vous ferai sacrifice de toutes mes pensées, de toutes mes paroles, de toutes mes œuvres.

 

Résolutions : Je ne murmurerai jamais lorsqu’on m’imposera des sacrifices pénibles à ma nature. Je prierai le Seigneur de les accepter en expiation de mes fautes et je m’y soumettrai avec docilité et promptitude. Lorsque je me verrai dans l’affliction, je me pénétrerai de cette vérité : que Dieu nous aime infiniment ; et je me rappellerai le souvenir de mes nombreuses infidélités pour m’exercer à la patience.

 

Un Je vous salue Marie

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28 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-neuvième jour

Dernières années

 

La vie de notre glorieuse Mère fut une suite de longues souffrances. L’amour de la pénitence en avait fait une victime volontaire, la maladie en fit une martyre généreuse. Parmi les dons inestimables que lui avait départis son amour jésus, Notre-Seigneur, n’avait pas omis celui de sa croix. L’épouse du Christ l’estimait au-dessus de tous et l'appréciait plus que tout l’or et toutes les joies du monde. Aussi durant les vingt-huit années de cette vie languissante qu’elle eut à soutenir, Claire nous apparaît-elle sur son lit de souffrance comme une admirable crucifiée. La sainte Mère ne semblait vivre et se soutenir que par miracle tant ses douleurs étaient tenaces et continues. « La fièvre, qui ne la quittait jamais, l’avait desséchée jusqu’aux os, des mortifications perpétuelles avaient énervé toutes ses forces, le pesant fardeau du gouvernement de son monastère et les soucis continuels que lui donnait son Ordre, déjà si répandu, oppressaient son cœur, et néanmoins, c’était précisément quand ses forces semblaient devoir succomber que son esprit apparaissait avec une vigueur nouvelle, semblable au palmier dont la tête s’élève plus verdoyante vers le ciel à mesure que le terrain où s’enfoncent ses racines est battu davantage ». (Vie de Sainte Claire par J. de Madrid).

Il est impossible, ont dit ses historiens, de se faire une idée de la patience de notre sainte au milieu de tant de souffrances. Jamais front plus serein, intérieur plus calme, cœur plus résigné que le sien. Jamais, la plus légère plainte, nl le plus léger soupir ne s’échappait de ses lèvres, au contraire, c'était sans cesse l’hymne de l’abandon et de l’action de grâces qu’elle faisait monter vers le ciel répétant, du fond du cœur, le Fiat le plus entier aux vouloirs divins et se proclamant heureuse, et mille fois heureuse, d'avoir à porter la croix à la suite de son bien-aimé Sauveur.

L’an 1251, l’état de la vénérée malade s'était aggravé sensiblement et l’on crut même que ses derniers jours étaient arrivés.

Les religieuses fondaient en larmes et n'avaient plus aucun espoir, quand, tout à coup, un oracle du ciel, dont l’écho, leur parvint de Saint Ange du Panso, leur annonça, ô bonheur ! que leur bienheureuse Mère ne les quitterait pas encore et qu'elles auraient encore la joie de la posséder quelque temps de plus. Une religieuse bénédictine du monastère de Saint-Ange l’avait appris par une vision qu'elle raconta ainsi : « J’ai vu la sainte abbesse montante et autour d’elle ses filles éplorées... Tout à-coup apparu une dame, belle comme pas une et majestueuse comme une reine. Elle s’est mise à consoler les religieuses en leur disant de ne pas pleurer comme si elle était morte celle qui devait vivre encore quelque temps au milieu d’elles, et la belle dame avait ajouté : « Rassurez-vous donc, chères enfants, votre Mère ne vous quittera pas avant que le Seigneur lui ait apparu avec ses disciples ». En effet, la sainte agonisante revint des portes du tombeau et vécut deux années encore.

A la nouvelle de son état désespéré, le cardinal Raynald s’était empressé d'accourir à Saint Damien, et sur les instances de la Sainte, il lui avait administré les derniers sacrements. Claire, profitant de la présence de l'éminent cardinal auprès de son lit de mort, lui demanda la plus grande faveur qu’elle put désirer ici-bas : celle de voir la règle de son Ordre approuvée solennellement par le Saint-Siège. C'était réclamer le privilège authentique et définitif de la pauvreté absolue. Claire fondait en larmes en renouvelant sa requête, et le bon Cardinal, profondément ému, lui promit de s’en occuper...


Réflexions et Avis


Comme sainte Claire, étudions Jésus souffrant et nous apprendrons à souffrir. La vue de Jésus en croix soutient l’âme au sein de l'épreuve et lui donne la force de tout souffrir pour son amour. « Plantez dans votre coeur Jésus crucifié, dit un pieux auteur, et toutes les croix de ce monde vous sembleront des roses. Voudrions-nous n’avoir rien à mettre au pied de la croix ? Mettons-y du moins un cœur pénitent et résigné. L’aliment de la vertu, c’est la croix. Demandez à Dieu l'amour de la croix et des souffrances. Les souffrances sont le creuset dans lequel l’âme se purifie. Malheur à nous, si nous cherchons une autre nourriture que la croix, ce doit être notre aliment perpétuel. Goûtez avec douceur les amertumes de la croix, immolez-vous a la croix, comme une victime d’amour.

L'amour divin conduit au Calvaire. Heureuse l’âme qui s'y laisse conduire et immoler. Allez reprendre du courage au pied de la croix, là vous trouverez de la consolation, de la paix, du repos ; de l'amour, des forces, de l'espérance. On trouve tout au pied de la croix. Dans la croix est le salut et la vie ».

Si de tels sentiments sont les vôtres, âme pieuse,.vos peines seront consolées et vous trouverez la force de faire bon accueil à l'épreuve de quelque nature qu’elle soit lorsqu’elle s’appesantira sur vous.


Avis des Saints

 

« Pécheurs que nous sommes, nous devons marcher par la voie de la croix et de la passion pour aller au ciel » (Saint François d’Assise). « Si vous souffrez avec Jésus-Christ, vous serez aussi glorifiée avec lui ; si vous pleurez avec lui, vous vous réjouirez aussi avec lui ; si vous demeurez avec lui sur la croix, vous goûterez avec lui les douceurs célestes qu’il vous a promises » (Sainte Claire à Sainte Agnès de Prague). « Commencez par étudier le livre du crucifix. Là vous apprendrez toutes sortes de vertus » (Sainte Véronique Giuliani).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Véronique Giuliani, vierge de son Ordre (1660-1727)


Son enfance et sa jeunesse furent marquées de grâces extraordinaires, préludes des faveurs sans mesure, qu’elle devait recevoir durant le cours de sa vie religieuse. La ferveur de Véronique fut telle, au commencement, qu‘elle pratiqua toutes les vertus religieuses à un degré héroïque. Le Sauveur l‘avait préparée par cette fidélité à recevoir des grâces plus insignes. Peu de Saints ont reçu des faveurs aussi extraordinaires que sainte Véronique Giuliani. Elle a réuni dans sa vie tous les prodiges qui ont illustré sainte Catherine de Sienne, sainte Marie-Madeleine de Pazzi, sainte Thérèse, sainte Catherine de Ricci, sainte Claire de Montefalco et d'autres âmes privilégiées, qui sont la gloire de l'Ordre. Elle eut comme notre séraphique Père saint François, l'empreinte des stigmates de Notre-Seigneur.


Pratique : dans nos peines et dans nos souffrances, chercher farce et courage au pied de la croix.

 

Prière

 

Ô douce sainte Claire, victime choisie et compagne inséparable de Jésus souffrant, rivez à jamais près de lui au pied de sa croix sanglante mon esprit, mon âme et mon cœur. J'aspire comme vous à gravir le calvaire et à y vivre dans la contemplation assidue de notre Amour crucifié. Ainsi soit-il.

 

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14 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Quinzième jour

 

Election

 

Le monastère des Pauvres Dames était pour chacune de ses habitantes un Ciel anticipé. Claire y donnait l’exemple des plus sublimes vertus et tout la désignait au regard de François pour être la supérieure élue de la Communauté naissante.

Longtemps il insista auprès d‘elle pour qu’elle consentit à accepter le titre et la charge d’Abbesse, mais inutilement. Ni les représentations de François, ni les prières de la Communauté, qui joignait ses instances aux siennes, ne furent capables de triompher de son humilité profonde. Le Saint s’étant vu contraint d’user de son autorité, en ce point, lui imposa donc lui- même cette charge importante. L’obéissance avait parlé, Claire s’y soumit.

« Le premier soin de la jeune Abbesse, dit un historien récent, fut de bien remarquer le but qu’elle entendait poursuivre avec ses compagnes. Elle désire que jusque dans le nom par lequel on les désignerait, tout le monde put voir qu'elle étendait à leur sexe la réforme que François avait préparée aux hommes ».

Le titre de « Pauvres Dames » lui semble résumer admirablement ces principes et donner la note précise de sa théorie. Depuis l'aurore de l‘institut, l‘heureuse petite famille de Saint Damien en savourait lès charmes. Ce nom était pour chaque recluse une mélodie à l’oreille, une délectation au cœur. Avoir le nom de Pauvres Dames et le droit acquis de vivre dans une souveraine pauvreté, tel est le privilège étrange mais surnaturellement sublime, que rêvait pour elle et ses filles l’Abbesse de Saint Damien. Elle va le solliciter de l’immortel Pontife qui occupe si dignement la Chaire de Saint Pierre, et ne pouvant se rendre à Rome comme s'y était rendu François pour faire approuver le genre de vie qu’avaient embrassé le Saint et ses compagnons ; Claire, inspirée, saisit sa plume et réclame humblement d’Innocent III l’insigne faveur que son cœur désire.

« Voilà un privilège que personne encore n’avait demandé au Saint Siège », s’écria avec admiration le grand pape, en lisant la supplique la généreuse Abbesse, et, de sa propre main, Innocent écrivit les premiers mots du Bref apostolique, par lequel il accordait le privilège demandé.

L'occasion s’offrit bientôt pour Claire d'affirmer par un acte public ses vues pratiques à l’égard de son cher privilège.

Héritière d’une grande fortune à la mort de son père, survenue peu de temps après, 1’Abbesse de Saint Damien ne voulut pas se réserver la moindre chose de la succession paternelle. Par ses ordres, tout fut distribué aux pauvres et la petite communauté naissante resta après la succession du comte ce qu’elle était auparavant : l’asile du dénuement et de la pauvreté. Faut-il s’étonner qu’un tel amour de la pauvreté religieuse ait mérité à notre chère Sainte cette noble et glorieuse dénomination : Princesse des Pauvres ?


Réflexions et Avis

 

« Dieu ne se sert point des imparfaits, dit un pieux auteur, pour l’exécution de ses grands desseins. C’est de peur qu’ils ne se damnent, car s’il se servait d’eux, ils prendraient de là occasion de s’enorgueillir et leur vanité serait cause de leur perte. Mais travaillez solidement à votre perfection, ajoute le pieux Jésuite, attachez-vous à Dieu, cherchez uniquement à lui plaire : fussiez-vous dans un désert, s’il veut se servir de vous, il saura bien vous trouver et il vous fera faire des merveilles quand même votre état et votre vocation ne vous porteraient pas aux fonctions de la vie apostolique ». (P. Lallemand).

L’important pour une âme est de se tenir humblement, docilement livrée au bon plaisir de Dieu, voulant tout ce qu’il veut et rien de ce qu'il ne veut pas, inclinée de tout cœur sous sa volonté sainte et prête à l’accomplir dès qu’elle se manifeste. Dans ces dispositions, vous serait-il si pénible, âme pieuse, d’acquiescer aux vues de la Providence sur vous, de vous y abandonner pleinement ? Dieu a plus que vous-même à cœur les intérêts de votre âme, et rien de sa part, vous le savez bien, ne saura jamais les compromettre. Que d’âmes cependant agissent comme s’il en était autrement. Tout leur semble perdu et les déconcerte du moment qu'un événement quelconque vient enrayer leurs plans ou les contraindre de les modifier. On rêve une calme et sereine piété que rien ne trouble, un état spirituel qu‘aucune épreuve ne traverse, une atmosphère à l'abri de tout orage, et l’on ne songe pas que le renoncement à soi-même et l’humble soumission d’esprit n'éclatent jamais tant qu'au sein des contrariétés qui surviennent et des choses qui répugnent à notre volonté Disons donc avec sainte Claire : « Seigneur. votre bon plaisir m'est tout et ma joie sera toujours de l’accomplir en toute chose ! ».


Avis des Saints

 

« C’est à Dieu qu'il appartient de nous diriger et cette pensée rend la résignation et l'obéissance faciles » (Sainte Claire). « Il n’y a plus de fruits et de profit pour l'âme à se renoncer qu’à faire ce qui lui plaît » (Sainte Colette de Corbie). « Prenez la voie la plus sûre, obéissez ! Celui qui fait la Volonté de Dieu va au Ciel, celui qui la néglige n’y entre pas » (Saint Alphonse de Liguori).


Couronne de sainte Claire

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La Bienheureuse Marguerite Colonna vierge de son Ordre et fille du comte Odon, seigneur de Palestrina (1284).

 

Sa générosité à renoncer au monde lui mérita, les divines faveurs de l’adorable époux. Un jour, pendant qu‘elle priait, Notre Seigneur déposa sur sa tête une couronne d'épines un autre jour il lui mit au doigt un anneau d’or ses terres le monastère de Palestrina et s’y sanctifia sous la règle de Sainte Claire dans les plus hautes vertus, Durant sept ans, la généreuse vierge endura avec une héroïque patience un affreux ulcère. « Priez Dieu, mes filles, disait-elle a ses compagnes, de ne pas alléger mes souffrances, mais bien plutôt de couper, de tailler, de brûler ici-bas afin que je ne sois pas confondue dans l’éternité ».


Pratique : être soumis à Dieu en tout avec l’intention pure et sincère de le glorifier par ce moyen.


Prière


O Sainte Mère, « que je suis loin encore de cet esprit de foi, de grâce et de sainteté qui agit non par humeur, caprice ou instinct, ni par imagination, préjugé de sentiment, mais par des principes surnaturels et par l’unique motif de contenter Dieu et de le glorifier. Au nom de la charité qui vous animait, obtenez-moi ces dispositions qui donnent tant de prix à nos œuvres et tant d’assurance pour le salut ». Ainsi soit-il.

 

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24 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-cinquième jour

Cœur généreux

 

Parler de la générosité de Claire, c’est revenir en quelque sorte sur les héroïques vertus que nous avons déjà admirées en elle : mais qui pourra s’en abstenir sachant qu'un tel sujet renferme encore tant de merveilles ?

Il faudrait avoir lu au fond de son cœur, comme y lisait François, pour se faire quelque idée des aspirations généreuses de notre aimable Sainte.

Prouver à Dieu son amour, au prix même des plus grands sacrifices fut chez elle une soif toujours inassouvie. L‘amour ne vit pas sans douleurs et Claire n’entendait pas autrement l’amour de son cœur pour Jésus. Aussi quelle admirable énergie lui voyons-nous en face de toute souffrance, de quelle joyeuse âme s‘élance-t-elle au devant de la croix, sous quelles flammes d‘amour se livre-t-elle a celles du sacrifice !

Le sacrifice ! N’est-ce pas à le vouloir et à l'aimer que s'était vouée notre chère héroïne dès le printemps de sa vie ? Quitter une famille chère, briser son cœur dans ce départ, renoncer aux plus légitimes jouissances pour se plonger dans une vie d'austérités et de perpétuel renoncement, qui ne verra dans une telle générosité l'amour du sacrifice poussé jusqu’aux dernières limites, amour du sacrifice jusqu'à la folie de la croix !

Ému d’une telle ferveur, le séraphique Patriarche en témoigne plus d’une fois et son bonheur et son admiration. Claire elle-même le rappelle dans son Testament avec une simplicité touchante comme une exhortation de grand poids pour les disciples de son Ordre.

« Le bienheureux François, dit-elle, considérant que quoique délicates et faibles de corps, nous ne reculions devant aucune privation, besoin, fatigue, tribulation ou mépris du monde et que même nous regardions tout cela comme de grandes délices à l'exemple du Saint et de ses frères, ainsi que lui-même et ses disciples avaient pu souvent s'en convaincre, le Bienheureux. Dis-je, s'en réjouit beaucoup devant le Seigneur ».

Oui, certes, François se réjouissait de la ferveur et de la générosité de Claire, mais il en profitait à merveille pour réclamer de son cœur de nouveaux sacrifices pour le Dieu qu’elle aimait.

La sainte Abbesse tressaillait de joie à son tour en voyant.la générosité de ses filles pour le Seigneur. À Saint-Damien, comme ailleurs, elle n'était autre que le fruit et le développement de la sienne, s’étendant comme le principe d'une sève généreuse et forte de la racine aux rameaux. L’heureuse influence qu'elle exerçait en ce point tant par ses paroles que par ses exemples est restée célèbre, car si chez elle, l’exemple s’ajoutait aux paroles, les exhortations de Claire portaient aussi d'admirables effets.


Réflexions et Avis


La générosité pour Dieu est le caractère des saints. Elle est la note vraie de leur amour pour lui et de leur mépris d’eux-mêmes. « L'homme doit aimer Dieu jusqu‘en mépris de soi ». C‘est bien ainsi que le comprennent les saints et dans ce sens qu‘ils cherchent à lui prouver leur amour. À la générosité d’une âme, à sa générosité manifeste, on peut juger de son esprit d’abnégation pour elle-même, de son amour et de son dévouement pour Dieu. Hors de là toute la vertu est illusoire et suspecte. Quel fond peut-on faire en effet sur un amour qui ne consiste qu’en purs sentiments et qui va rarement peut-être à se prouver par des actes positifs et généreux ?

La générosité est en nous comme un ressort spirituel qui met en mouvement toutes les vertus. Dans l’impétuosité de son ardeur, elle les entraîne, ayant le secret de rendre possibles et même faciles les actes même les plus héroïques, ceux qui paraissent de prime abord les plus rebutants à la pauvre nature timide et faible.

Mais, demanderez-vous peut-être, âme pieuse, où trouver le secret de cette générosité parfaite, dans quel mystérieux principe en puiser la Sève féconde ?

Sainte Claire nous l'explique admirablement dans une lettre à ta bienheureuse Agnès de Prague. cette fille chérie de son cœur. Nous résumons ces données en leur donnant le titre qu’elles méritent et sous lequel les présente ingénieusement la Sainte :

« Le Miroir Mystique de l'âme de celle qui veut imiter jésus-Christ et marcher généreusement à sa suite, c‘est la contemplation assidue des mystères et des vertus du Verbe fait homme. L’âme doit s'y regarder chaque jour afin de se parer au dehors et au dedans de toutes les vertus. Au sommet du Miroir la pauvreté du Christ dans le mystère de la sainte Humilité de sa vie cachée. Au bas, l’ineffable amour de son coeur divinement prouvé durant les trois dernières années de sa vie sur la terre et surtout 'par sa Passion et sa mort. Miroir céleste attaché à la Croix et dans lequel se lisent en caractères de feu l'amour et la générosité du Sauveur pour nous ! ».


Avis des Saints

 

« Regardez-vous chaque jour dans ce Miroir, afin de vous parer au dehors et au-dedans de toutes les vertus » (Sainte Claire). « Répondons à celui qui nous appelle de sa Croix, répondons-lui d‘une même voix et d’un même cœur : je vous aime ! » (Sainte Claire). « Si vous correspondez aux vues de Dieu, il fera de vous un saint » (Saint Paul de la Croix).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Eustochium de Calafato, vierge de son Ordre (1430-1484)


A son baptême, elle reçut le nom de Smaragde qui signifie émeraude, doux pronostic de l’éclat dont elle brillerait plus tard comme une perle précieuse dans l’Eglise de Dieu. Dans le cloître, l‘amour de la pauvreté, l’esprit de pénitence et la dévotion à la Passion du Sauveur furent les vertus dominantes de la chère Bienheureuse L’autorité que lui donnaient ces vertus s‘accrut par le don des miracles. Plusieurs fois dans un moment de détresse, elle multiplie le pain et les autres provisions. Nombre d’hommes et de malades furent guéris de son vivant au contact d'un linge sur lequel avaient perlé ses larmes, larmes d‘amour et de compassion qu‘elle versait au souvenir de la Passion du Sauveur. Un jour de la Portioncule, Notre-Seigneur lui montra une multitude d'âmes délivrées du Purgatoire par les indulgences du grand pardon. Un autre jour, elle reçut la Communion de la main d’un ange.


Pratique : Faire généreusement pour Dieu tout ce qu’il demande.


Prière

 

Ardente et séraphique sainte, ô Claire, obtenez-moi la générosité pour Dieu. Qu’elle anime, guide et embrase mon cœur en communiquant à tous mes sentiments et à toutes mes œuvres sa flamme divine. Ainsi soit-il !

 

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21 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

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Vingt-deuxième jour

Princesse des pauvres

 

La Bulle de canonisation décerna à la sainte Abbesse de Saint Damien un titre inconnu et qui dut sembler bien étrange à la société de ce temps. Alexandre IV l’appela « Primiceria pauperum, Princesse des pauvres ».

« Princesse des pauvres ! s’écrie le pieux Abbé Demore, elle le fut : son coeur était trop vaste, trop noble, trop chrétien pour s’abaisser jusqu’aux misérables satisfactions qu’il faut aller fouiller dans les biens de la terre ; l'immensité de Dieu était seule capable de le remplir. Persuadée que l’on n’est jamais plus riche que lorsqu’on a tout laissé, elle aurait craint de souiller la pureté de son âme par le moindre regard jeté sur ce qui passe avec le siècle. Elle ne trouvait de consolation et de bonheur que dans la pensée qu'elle avait tout quitté pour Celui qui s'est fait si pauvre, afin de nous enrichir par son indigence. Devient-elle la fondatrice d’un nouvel ordre, elle veut que tout jusqu'à leur propre nom, rappelle à ses filles spirituelles la, résolution qu’elles ont prise de vivre et de mourir « Pauvres ». Adresse-t-elle à ses religieuses quelques-uns de ces discours brûlant: qui en faisaient autant de saintes, c’est de la « très haute Pauvreté « qu’elle fait l’éloge. Écrit-elle quelqu’une de ces délicieuses lettres que nous citons ailleurs, c'est l’amour de la sainte et admirable Pauvreté qui l’inspire. Son Institut se propage-t-il au loin, « la bienheureux Pauvreté est toujours la richesse impénétrable qui doit attirer sur ses monastères les regards et les, complaisances du ciel, la muraille impénétrable qui doit les défendre, la tout qui doit les protéger ». Un souverain pontife, aussi grand par le génie que par le cœur, la presse-t-il d'accepter au moins quelques biens fonds, quelques ressources, elle ne veut d'autres fonds que les trésors inépuisables de la Providence, d'autres revenus, que tes privations de tout genre qui la feront marcher de plus près sur les traces de Jésus-Christ. Si on lui donne en aumônes de simples morceaux de pain, elle les reçoit avec joie ; si, au contraire, on lui donne des pains entiers, elle s’afflige, elle tremble de peur de violer en les acceptant le vœu qu’elle a fait de n’avoir jamais rien en propre. Les vêtements les plus grossiers sont ceux qu’elle choisit de préférence, les aliments les plus insipides ceux qu’elle se réserve ; la cellule la plus étroite et la plus incommode celle qu’elle envie à ses sœurs… Oh ! Oui, digne fille de saint François d’Assise, vous êtes véritablement la Princesse des Pauvres ! »

On comprend mieux, d’après cet exposé, quelles délices trouvait la Sainte à savourer dans sa Règle des articles tels que celui-ci : « Que les sœurs ne s’approprient rien, ni maison, ni terrain, ni autre chose, mais comme pèlerine et étrangère ici-bas ; servant le Seigneur dans la pauvreté et l’humilité, qu’elles envoient demander l’aumône avec confiance. Il ne faut pas qu'elles en aient honte, puisque Notre-Seigneur s’est fait pauvre pour nous en ce monde ».


Réflexions et Avis

 

« Bienheureux les pauvres d’esprit, parce que le royaume des cieux est à eux » (Mat 5, 3). Ainsi que François d'Assise, Claire avait compris le sens mystérieux, mais bien réel, de ces divines paroles. L’évangélique pauvreté lui était apparue, comme à lui, sous les charmes célestes que revêt tout enseignement du Sauveur. Tous deux l’entrevirent comme une souveraine ignorée, une reine méconnue, délaissée, abandonnée, mais digne de tout amour... Une telle vision de la pauvreté sublime eut pour effet de les conquérir l’un et l‘autre à son service et à son amour. François, sur l'heure, devint son Chevalier, et Claire, l'heureuse Princesse de sa cour.

« Quelles ravissante légions d'âmes, dit un pieux auteur, ont marché après eux sous l’étendard de la noble et très sainte Pauvreté ! Quel magnifique spectacle elles ont donné au monde en renonçant volontairement aux richesses et aux honneurs d’ici-bas pour embrasser de même la pauvreté et les humiliations de Jésus-Christ ! »

Heureux mille lois ceux et celles qu'un appel spécial de Dieu a fixés dans cet état de perfection, mais tout en réfléchissant à ce bonheur, l'âme chrétienne doit se rappeler quels devoirs sérieux lui tracent à elle aussi les paroles du Sauveur : « Bienheureux les pauvres d’esprit ». Prises en dehors de la pauvreté religieuse, elles proclament le bonheur de quiconque sait vivre détaché des choses périssables de la terre et en écarter l‘amour de son cœur.

Qui ne le sait, tout chrétien doit s’efforcer de détacher son cœur des biens matériels de ce monde sous peine de se voir un jour aux prises avec cette impossibilité effrayant: qu’expriment ces autres paroles de Jésus : « il est aussi difficile aux riches d‘entrer dans le royaume des cieux qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille »( Mat 19, 24).

Les richesses, en effet, seraient au salut un obstacle insurmontable sans l'esprit de détachement, et comment prétendre imiter Jésus dans sa pauvreté, son dénuement, les privations qui en furent la suite lorsqu’on vit dans une abondance où tout satisfait la sensualité et l’orgueil !…

 

Avis des Saints


« Ne nous laissons pas courber vers la terre par le pesant fardeau des richesses. Ne cherchons pas à posséder à la fois le Christ et le monde ; aux biens fragiles et éphémères de cette vie préférons les biens éternels » (SaintJérôme). « Dans cette vallée de malheur, vous ne pouvez rien posséder d‘assez beau, d’assez ravissant pour posséder pleinement votre cœur » (Saint François d’Assise). « Qui devient pauvre de ses propres biens s’enrichit des biens de Dieu ; donc l'homme doit choisir les richesses célestes et mépriser les siennes propres ». (Bienheureux Gilles d’Assise).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Catherine de Bologne, vierge de son Ordre (1413-1447).


A la cour de Ferrare où elle fut élevée, Catherine ravit tout le monde par les qualités de son esprit et de son coeur. Devenue fille de Sainte Claire, elle fait l'admiration de ses compagnes par ses sublimes Vertus. Elle menait une vie toute crucifiée, leur enseignant ainsi par son exemple a ne jamais s'écarter du chemin royal de la croix. Elle se rappelait ce que lui avait dit un jour Notre-Seigneur : « Ma fille, si tu veux faire une chose qui me soit agréable, ne laisse passer un seul jour sans t'associer à mes souffrance en méditant sur ma cruelle Passion et recommande aux autres la même pratique : vous retirerez des fruits inappréciables de cette dévotion ».


Pratique : s'imposer joyeusement aujourd’hui quelques privations positives en esprit de pauvreté.


Prière


Incomparable Amante de la très sainte Pauvreté, révélez-m'en les gloires. Que je l’entrevoie comme vous dans les charmes de ses splendeurs. dans les célestes joies de la béatitude qui lui sont promises. Plus convaincue de ses prérogatives et de ses biens, que je les estime et les désire de tout mon cœur. Ainsi soit-il.

 

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20 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-et-unième jour

Progrès croissants


Claire survivre vingt-sept ans à son bienheureux Père, mais le départ du saint patriarche pour le ciel n’avait fait qu'attiser en son cœur le feu de l’amour sacré. Après la mort de saint François, l’ardeur de Claire pour la perfection s’embrase de plus en plus. L’amour divin qui la consumait prend chaque jour de nouveaux accroissements. Il faut en dire autant de l’esprit de mortification, de son admirable patience dans la maladie, de l‘attrait indicible qu’elle avait pour la très sainte pauvreté. L’amour divin la tenait absorbée en Dieu des journées entières, la douce patience en faisait un angélique modèle au milieu même des plus vives souffrances. Quant à la pauvreté, sa grande vertu de prédilection, d’amour et de fait, Claire la portait si loin qu’elle eût voulu, comme son bienheureux Père, n’y être dépassée par personne et pouvoir même se dire qu’elle ne pouvait aller au delà.

À Saint Damien, tout subissait délicieusement l’heureuse influence de son zèle et de sa ferveur. Sincères admiratrices doses vertus, les filles de Claire rivalisaient d’auteur à les imiter. « Toutes n'avaient qu’une seule volonté et un même cœur. L’humilité, qui est à la fois la gardienne des dons de Dieu et la source des autres vertus, était portée parmi elles jusqu’à l’héroïsme. Saintement détachées de tous les objets de la terre, elles n’avaient d’attraits que pour les biens du Ciel. Ni les contradictions, ni les souffrances n’altéraient la sérénité de leur cœur. Leur vie était une prière continuelle, leur amour de la pauvreté tenait du prodige. leur abstinence était plus étonnante encore. Nulle part vous n’auriez trouvé un silence plus absolu ; jamais dans la Communauté, composée pourtant de cinquante membres, vous n’auriez entendu une parole oiseuse, plusieurs même avaient perdu tellement l’habitude du langage que, lorsque des rapports nécessaires les obligeaient à communiquer leurs pensées, elles avaient peine à en trouver l’expression ». (Vie de Sainte Claire, par Joseph de Madrid).

Tant de vertus et de sainteté répandait au loin son parfum. Le nom de Claire était en Italie en telle vénération que non seulement les évêques et les Cardinaux, mais aussi le Pape désiraient la voir et l'entendre. Le Cardinal Hugolin ne connaissait pas, disait-il, de joie comparable au bonheur d’entretenir la vierge d’Assise. Le Pape innocent IV la visita aussi plusieurs fois en personne. Dans une de ces visites. Claire pria humblement le Saint Père de vouloir bien bénir le pain de la Communauté que la sœur dépensiére venait de poser sur la table. Le Saint Père refusa, disant à la sainte Abbesse qu'il voulait que ce fût elle qui le bénit. L’humble Sainte confondue s'en excusa, alléguant qu'elle serait digne de blâme de donner cette bénédiction en présence du Vicaire de jésus-Christ. Mais le Saint Père le lui ayant commandé par obéissance, Claire a l’instant fit pieusement sur ce pain le signe de la Croix. Ô merveille de l'obéissance et de la sainteté ! À l’instant même le signe de la croix. Parut gravé sur chaque pain ! Innocent IV, témoin de ce prodige, prit un de ces pains et, rendant grâces à Dieu, il partit, laissant Claire avec sa bénédiction.

 

Réflexions et Avis


Comme pour les Saints, il y a pain nous une loi de progrès, la même qu’a intimée Notre Seigneur par ces paroles : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Or, quel travail, quels efforts n’avons-nous pas à faire, misérables et imparfaits que nous sommes, pour arriver à tel point, à telle mesure de perfection. Ah ! Sans doute, vous direz : je ne puis tendre à l’acquisition entière d'une perfection si haute et si étendue, mais nous vous disons que s’il ne vous est pas permis de l’atteindre, au moins vous reste-t-il le perpétuel devoir d’y tendre avec ardeur et de ne rien négliger pour y progresser toujours.

Une âme pénétrée de cette obligation ne saurait perdre la moindre occasion d’y satisfaire. Aucun moyen auxiliaire ne lui paraît indifférent ou superflu. Elle estime, apprécie et tient à mettre en usage jusqu'aux moindres des éléments susceptibles de favoriser sa marche vers l'idéal sublime qui lui est montré. Elle sait qu'en cela rien n’est à négliger ou à dédaigner,car,effectivement, lorsqu'il s'agit de croître en vertu, tout doit être mis à profit avec une sainte ambition puisqu'il n’est rien de si humble et de si petit qui ne soit d‘une merveilleuse efficacité en ce en ce point : L’édifice de notre perfection, a-t-on dit, se ,construit au moyen de gouttes d’eau et grains de sable. Cela veut dire qu’il faut chercher à faire profit des plus petites choses.

Âme pieuse, voulez-vous progresser dans la vertu, avancer dans l’amour ? Témoignez-le comme Sainte Claire, par une fidélité inviolable à vos bonnes résolutions, par votre générosité à souffrir tout ce que Dieu jugera bon que vous souffriez ; Rien n’accélère autant le progrès des justes que leur acquiescement complet aux vouloirs divins. Souscrire volontiers à tout ce qu’il ordonne, à tout ce qu’il désire de nous sera un moyen infaillible de réjouir son cœur d’attirer ses grâces et de marcher à grands pas dans la voie qui conduit à lui.


Avis des Saints

 

« L’homme sera tenu de rendre compte même de la grâce qu’il n’a pas, parce que s'il travaillait avec zèle et sollicitude avec la grâce dont- il a été comblé, il obtiendrait encore celle qu’il n’a pas » (Bienheureux Gilles d’Assise). « Ouvrez donc les yeux et ne perdez pas le peu de jours que vous avez à vivre. Soyez vigilant, fervent, et, en peu de temps vous ferez grand profit dans la voie de la perfection » (Sainte Camilla Battista de Varano). « Ayons constamment le coeur tourné du côté du Ciel » (Saint Paul de la Croix).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte C
olette, vierge et réformatrice de l’Ordre (1381-1446)


D’une humble condition, mais sublime en vertu. Colette fut, choisie par le Seigneur pour rendre à l'Ordre de Sainte Claire sa première splendeur. Elle reçut avec humilité cette grande mission et ne se laissa point décourager par les obstacles. Elle puisait dans l’oraison, l'esprit de pénitence et l’union à Dieu, le secret de sa force et de son courage. En présence de l’adorable captif de nos autels, son âme était embrasée d’ardeurs séraphiques auxquelles ne manquaient pas de répondre les faveurs de Jésus. Un jour que le prêtre oublia à la messe de donner la Communion à la sainte Abbesse qui l’attendait à la grille, Notre Seigneur apparut tout à coup, ouvrit le Tabernacle et donna de sa main la communion à sa sainte Epouse, puis, après avoir replacé le ciboire dans le Tabernacle et donné la bénédiction, il disparut, laissant dans l'admiration les religieuses témoins d'une telle merveille.

Pratique : Sainte ardeur dans la pratique des vertus.

 

Prière


Ayez pitié de ma faiblesse, ô Mère, et que votre âme compatissante me prête son appui. Obtenez-moi la force dont j'ai besoin pour vaincre ma lâcheté et marcher courageusement dans la voie de l’amour qui n’est autre que celle de la pureté, de l’humilité, de la persévérance finale. Ainsi soit-il !

 

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19 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingtième jour

Touchants adieux

 

Un sacrifice cruellement douloureux se préparait pour Claire et ses filles : le séraphique patriarche, leur Père, approchait de sa fin. La vie austère qu’il avait menée, les fatigues d’un apostolat sans trêve et surtout le feu de amour divin, qui brûlait son cœur, en avaient fait un holocauste cher à son Dieu, et le Seigneur maintenant en exigeait le sacrifice.

Le 4 octobre 1226 devait être le dernier jour de François sur la terre. Sentant sa dernière heure arriver, il ordonna qu’on le déposât sur la terre nue, et croisant ses bras, il murmura ces paroles, ineffable accent de son cœur : « Adieu, mes enfants, adieu à tous... je vous laisse dans la crainte et la paix du Seigneur, demeurez-y toujours... Le temps de l’épreuve et de la tribulation approche, heureux ceux qui persévéreront. Pour moi, je vais à Dieu avec un grand empressement et je vous recommande tous à sa grâce ».

Deux frères, Léon et Angelo, vinrent, sur son désir, chanter le « Cantique de Frère Soleil », chant d’ineffables louanges au Créateur, terminé par le plus tendre appel à sa douce et bien-aimée sœur la mort…

François se fit lire ensuite la passion de Jésus-Christ, selon saint Jean. Après cette lecture, il récita d’une voix mourante le chant du Roi Prophète, qui commence par ces mots : « Ma voix a crié vers le Seigneur », et qui finit par ceux-ci : « Voilà que les justes attendent votre jugement sur moi » (Psaume 161). À ces derniers mots, l’âme de François s’échappe de sa prison mortelle ; il avait quarante-cinq ans. Un frère vit son âme sous la forme d’une étoile resplendissante, s’élever au ciel sur une nuée blanche et lumineuse.

On devine l’intense douleur de Claire et de ses filles, en apprenant la mort du séraphique Père, le deuil inconsolable de leurs âmes navrées... François était depuis quinze ans le guide et le père de la petite famille de Saint Damien, sa forte et lumineuse colonne, comme l’a dit sainte Claire, et, après Dieu, sa consolation et son appui. Aussi, éclata-t-elle en gémissements non interrompus, la douleur des Pauvres Dames.

Dieu leur réservait, cependant, la consolation de revoir leur angélique Père avant que sa dépouille mortelle fût déposée dans le tombeau. Le lendemain, en se rendant de Notre Dame des Anges à Assise, pour la cérémonie des funérailles, le convoi funèbre se dirigea vers Saint Damien et l'on introduisit le corps du,Saint dans l’humble chapelle des religieuses. Devant la grille qu’on avait ouverte, chacune put, voir, contempler, vénérer le saint corps... Claire et ses filles ne pouvaient se rassasier d’une telle vision… Les stigmates sacrés que portait le séraphique Père les ravissaient d’admiration, et Claire surtout ne se lassait pas de baiser ces plaies vénérables, incompréhensible récompense de l’amour qui l'avait embrasé ici-bas. Elle eût voulu en retirer un de ces clous merveilleux qu’on voyait aux pieds et aux mains et le garder connue une précieuse relique. Mais la sainte Mère l’essaya en vain… Le clou formé de chair adhérait à la chair et la sainte Abbesse dut se contenter de tremper un linge dans le sang vermeil qui s'échappait de la plaie glorieuse de son côté.

Lorsque la piété des Filles de François eut donné libre cours à ses démonstrations, les magistrats et les Frères Mineurs, qui leur avaient apporté le saint corps, reprirent leur précieux fardeau et continuèrent leur route vers l’église de Saint Georges à Assise, laissant les Pauvres Dames, malgré leur douleur, saintement consolées.


Réflexions et Avis


La vue consolante des restes mortels de François, l'image de jésus crucifié, si fidèlement reproduite sur lui ne fut pas stérile au sein de la pieuse communauté de Saint Damien. Dans son esprit de zèle, Claire sut admirablement en tirer parti pour exhorter ses filles à la reconnaissance envers Dieu, à la générosité dans son amour.

Ce que nous savons des vertus des Saints ne doit pas seulement exciter notre admiration, mais encore nous porter à les imiter en ce que Dieu demande de nous. C'est à cela, avant tout, qu'il faut s’attacher et à ce point de vue surtout que doit se manifester notre culte et notre dévotion pour eux. Qu’il vous serait utile, âme pieuse, de réfléchir chaque' jour sur les exemples des Saints, d’étudier leurs vertus pour ensuite travailler avec plus d'efforts et de persévérance à les imiter. En les voyant si humbles, si défiants d‘eux-mêmes, si détachés du monde, comment ne pas apprécier davantage l‘humilité, la pureté, l‘esprit de renoncement, toutes les vertus enfin que nous voyons briller en eux ?… Que l'exemple de sainte Claire produise en nous ce merveilleux effet ! « Et celui de François, ce bienheureux pauvre de Jésus Christ, quand nous apprendra-t-il, comme il apprit à tant d'autres, à mépriser le monde, à aimer Dieu de tout notre cœur et à vivre uniquement pour lui ? »


Avis des Saints

 

« La sainte contrition, la sainte humilité, la sainte charité, la sainte dévotion, la sainte joie, voilà ce qui rend l’âme sainte et bonne ». (Bienheureux Gilles d’Assise). « Il ne suffit pas de faire de bonnes œuvres, il faut les bien faire. » (Saint Alphonse de Liguori). « Aimez et faites ce que vous voudrez ». (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Félicie Meda, vierge de son Ordre (1378-1444)


A l’âge de douze ans, elle fit vœu de chasteté et ne vécut plus que pour plaire à son céleste époux. Dix ans plus tard. elle entrait chez les pauvres Clarisses de Milan, où elle se distinguer par la pratique de routes les vertus. Le malin esprit ne voyait pas de bon œil le zèle et la ferveur de la chère bienheureuse. Aussi s’efforçait-il par mille stratagèmes de la troubler et de la tourmenter. Il lui apparaissait sous les formes les plus effrayantes, allant même jusqu’à la maltraiter et l'accabler de coups. Mais la patience de Félicie ne faiblissait pas et Satan devait se retirer vaincu devant les armes puissantes auxquelles elle avait recours : La prière et la confiance.

Pratique : S’encourager à la pratique de la vertu par l’exemple des saints.


Prière


Au nom de saint François, votre bienheureux Père et le mien, je vous demande, ô Mère, l’esprit de générosité et de ferveur. Attirez mon âme à l’odeur de vos célestes parfums, entraînez-moi après vous dans le sentier des vertus parfaites : humilité que vous aviez si profonde, charité si tendre, abnégation si entière et si étendue... Que j’y marche à votre exemple d’un pas généreux. Ainsi soit-il.

 

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17 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Dix-huitième jour

Esprit de sacrifice

 

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive ». (Luc 9, 23). Ainsi est formulée dans le saint Evangile la grande loi de l’abnégation chrétienne et la doctrine spirituelle du sacrifice, l’une et l’autre promulguées par Notre Seigneur, corroborées par ses exemples et toujours d’une actualité permanente à travers les siècles. Se renoncer soi-même, prendre sa croix et suivre Jésus-Christ est l’invariable itinéraire tracé par le Sauveur lui-même à toute âme qui veut marcher après lui dans la route qu il nous a frayée.

En s’engageant dans cette voie qui s’ouvrait devant elle, Claire en avait sondé toutes les profondeurs. Elle en avait compris les renoncements, mesuré les sacrifices, accepté généreusement toutes les immolations. Sans parler des points multiples de la Règle et des austérités indicibles qu’y ajoutait sa ferveur, qui dira, par exemple, ce que furent pour notre Sainte les immolations du cœur, le sacrifice des séparations déchirantes qu’un essaimage voulu du ciel ne tarda as à lui demander ?Le parfum de sainteté qu’exhalait Saint Damien se répandait déjà dans toute la péninsule, et.bientôt arrivèrent à Assise de nombreuses suppliques sollicitant pour ailleurs des noyaux de ce merveilleux fruit séraphique, des essaims fondateurs de cette Ruche embaumée. Ce fut d’abord San Severino, puis Spello, Arezzo et Pérouse qui vinrent tour à tour demander à Claire ces sacrifices d'un nouveau genre. Comme le disent ses biographies, la sainte Abbesse sut généreusement y souscrire, mais le départ de sa tendre Agnès, qu’il fallut donner à la fondation de Florence, fut de ceux qui firent le plus saigner son cœur. Ce fut en 1219 que sonne l’heure déchirante de la séparation ; le cœur de la sainte Abbesse, comme nous venons de le dire, en saigna douloureusement dans le silence. Quant à celui d’Agnès, il en garda longtemps une blessure qui semblait presque inguérissable… Que n’ajoutait pas, hélas ! à celle de Claire cette douleur intense d‘Agnès dont l’écho attendrissant est parvenu jusqu’à nous !… Pour voler courageusement au sacrifice leurs cœurs n’en demeuraient pas moins déchirés et meurtris... Mais si leur douleur fut intense, leur courage à la surmonter n'en fut que plus admirable et plus héroïque.

Après le départ d’Agnès, ce fut pour la seconde fois celui d’une nièce chérie, la douce Balbina, puis celui de sa chère Pacifique, tante Bonna, qui fut envoyée à Spello. D'autres filles bien chères furent données aussi à la France, à l’Espagne et ailleurs… L’arbre séraphique, plongeait ses racines au coeur de la sainte Fondatrice et chacun de ses rameaux ne devait germer qu’au prix de larmes et de sacrifices.

Qu’étaient cependant ces sacrifices, comparés à celui que le ciel allait bientôt lui demander ? Claire se le disait elle-même en voyant son bienheureux Père, martyr de l’amour non moins que de la souffrance, s’affaiblir peu à peu comme une lumière qui s’éteint dans le silence et l’ombre...


Réflexions et Avis


Toute vocation et ses devoirs conduisent à des immolations et des sacrifices. Le dévouement le plus empressé, le plus joyeusement traduit n’échappe même pas à cette onéreuse condition. Depuis que le péché a si malheureusement vicié notre nature, l’homme ne peut s‘adonner au bien et pratiquer la vertu sans qu’il lui en coûte. De là ces difficultés renaissantes que nous éprouvons trop souvent en pareils cas et de là aussi, par conséquent, la loi du sacrifice.

Ne vous faites pas illusion. Sans l’esprit de renoncement et de sacrifice, il n’y a pas de vie chrétienne. L'âme.qui refuse de se renoncer elle-même pour éviter ce que Dieu défend, ou de se sacrifier pour accomplir-ce qu'il enjoint, ne saurait être comptée parmi ses enfants... Tout chrétien est donc tenu de satisfaire à cette grande loi du sacrifice; mais l'âme pieuse plus unie et Dieu par l'obéissance et l’amour doit l’observer plus parfaitement. Elle doit sentir le besoin d’aller au delà, de faire quelque chose de plus. Elle se dira donc : Si le simple chrétien peut se contenter de renoncer aux jouissances défendues et d’accomplir les préceptes de mortification qu'impose rigoureusement le saint Evangile, moi je dois faire plus... et malgré ce qu'il pourra m'en coûter, j'embrasserai la mortification chrétienne dans une plus vaste mesure, acceptant volontiers non seulement les sacrifices qu’elle impose formellement, mais encore ceux qu’inspire aux âmes de bonne volonté le désir de plaire à Dieu et qui sont le fruit d’inspirations généreuses.

Vous vous rappellerez alors, chère âme, qu’avec Jésus, vous êtes victime et que votre cœur est son autel choisi. « Le feu sacré doit s' y entretenir avec soin. Mille nouvelles victimes y doivent être immolées chaque jour. Vos sens, vos passions, le monde et ses plaisirs seront la matière du sacrifice et l’amour consumera l'holocauste tout entier ».

Infinies sont les jouissances qu’éprouve l’âme à s’immoler pour Dieu. Nos meilleurs sacrifices découlent des souffrances et il n‘en est pas de plus nobles et de plus excellents à offrir à Dieu.


Avis des Saints

 

« Arrière l'amour-propre ! Ne vous écoutez pas. Que le saint amour vous fasse courir dans la voie qui vous plaît le moins, où vous ne trouverez que répugnance et sacrifice ; là sera la gloire et la volonté du Seigneur ! » (Sainte Véronique Juliani). « On ne devient saint qu’en s'humiliant, renonçant à soi-même, se crucifiant en tout et partout » (Sainte Marguerite Marie). « Si la peine vous effraie, regardez ce qui vous est promis » (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Mathie de Nazzarei, vierge de son Ordre (1234-1300).


Comme la sainte Fondatrice et la douce Agnès sa sœur, la jeune Mathie, pour réaliser sa vocation, eut à soutenir contre ses parents des luttes inouïes. Mais Dieu lui communiqua tant de force et de sagesse qu'elle sut résister aux promesses comme aux menaces. Elle vécut de longues années en religion et exerça dans son monastère la charge d’Abbesse durant quarante ans. A ses derniers moments, une éclatante lumière avait environné la chère bienheureuse et s'était répandue dans tout le monastère. Peu après, les habitants de Melica voyaient une splendide étoile apparaître sur sa cellule, comme pour annoncer la gloire dont elle joui!sait au Ciel.

Pratique : Souscrire volontiers, malgré les répugnances de la nature, aux sacrifices qui nous sont demandés.

 

Prière


Glorieuse Mère sainte Claire, obtenez du Seigneur le pardon de mes infidélités. Quels reproches n'ai-je pas à me faire en ce point, moi si faible, hélas ! Lorsqu'il s’agit de me renoncer et d'écraser la nature. Ô sainte Mère, rendez mon cœur plus fort et plus généreux. Ainsi soit-il !

 

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16 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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 Dix-septième jour

Règle et forme de vie


Parlant des origines de l’Ordre et de la Règle ou forme de vie qui leur fut donnée à elle et à ses disciples, Claire s’exprime ainsi dans son admirable Testament :

« C’est ainsi que par la volonté du Seigneur et de notre Bienheureux Père François, nous quittâmes le monastère où nous avions demeuré pendant quelque temps et nous vînmes nous établir auprès de l’église de Saint Damien, où Dieu nous multiplia bientôt par sa miséricorde et sa grâce, afin d’accomplir ce qu’il avait prédit par son serviteur.

Le saint nous donna ensuite une forme de vie et il voulut que nous fussions toujours persévérantes dans la pratique de la sainte pauvreté. Il ne se contente pas même de nous exhorter à l’amour et à l’observance de cette très précieuse vertu, par ses discours réitérés et par ses exemples, il nous adressa encore plusieurs lettres, de peur que, après sa mort, nous ne vinssions à nous en écarter le moins du monde, et afin que nous fussions fidèles à nos promesses, à l'exemple du Fils de Dieu, qui, tant qu‘il vécut, ne voulut jamais s’écarter de cette sainte pauvreté et à celui de notre bienheureux Père qui, marchant fidèlement sur ses traces, l’avait inviolablement choisie pour son partage ».

« La première règle des Clarisses, dit Mgr Ricard, dut être fort simple, peut-être la seule reproduction des versets que François avait lus d’abord à ses premiers compagnons, avec quelques préceptes sur le travail des mains et les occupations des sœurs ».

Quant à la Règle officielle, dressée par Saint François, elle ne fut donnée aux solitaires de Saint Damien que quelques années plus tard. Ce code vénérable repose tout entier sur les préceptes et les conseils du saint Evangile ; il est en somme l’exacte reproduction de la Règle que Dieu lui-même se plut à donner à François pour son premier Ordre. Le Saint en élimine. seulement quelques articles concernant l’apostolat des Frères Mineurs.

Cette règle des Pauvres Dames est divisée en douze chapitres. Les saints vœux : Obéissance, Pauvreté, Chasteté et Clôture en forment comme la base. Le silence, l’oraison, l’esprit de recueillement intérieur et la douce union fraternelle y tiennent large part. Office divin, travail, pratiques de piété et de pénitence, autres obligations d'une grande portée.

Claire et ses filles rivalisaient d'ardeur dans la pratique de cette règle bénie et François ne pouvait se lasser d’en bénir et remercier le Seigneur. Le trait suivant nous fera voir en quelle estime était Claire au regard du saint Fondateur et quelle entière confiance il avait en sa sagesse, en ses conseils et en ses prières.

Dans l’esprit du saint Patriarche, un doute avait surgi. En raison de son grand attrait pour l‘oraison, François se demandait s’il n'était pas préférable pour lui de renoncer à la vie apostolique pour s'adonner uniquement à la contemplation. Avec une aimable simplicité, il consulta ses frères, mais aucun d'eux n’osa prendre sur lui de trancher la question. Alors, dans son incertitude, il s’adressa à Claire, la priant de consulter le Seigneur et de .lui donner son avis. Il fit aussi la même demande à un saint prêtre qui vivait en ermite dans les environs d’Assise. Claire, absolument confondue d'un message qui blessait tant son humilité, se mit néanmoins en prière aussitôt et le ciel ne tarda pas à lui faire connaître, ainsi qu'à l’humble ermite; la volonté du Seigneur en ce point : « Allez et prêchez fut-il dit à François, c'est l’intention du Seigneur, car ce n’est.pas seulement pour votre salut que vous avez été appelé, mais aussi pour le salut des autres ».


Réflexions et Avis


Claire n’est plus ici-bas, mais notre regard peut la découvrir au ciel, au sein de l’illustre phalange d’âmes que la pratique de sa règle et l'imitation de ses exemples ont si admirablement sanctifiées.

Que d’âmes en effet ont trouvé dans la Règle séraphique de sainte Claire la voie qu’elles devaient suivre et le secret de la perfection qu'elles devaient atteindre pour la rejoindre au ciel !

Cette admirable ligne a été pour ces chères Elues la clef du Paradis, l’espérance du salut, comme le disait saint François, et le pacte d’une alliance éternelle. Mais avant, par quel sentier de croix et de souffrances elle les a fait passer !

Si la règle séraphique est l’espérance du salut elle est aussi le chemin de la croix, la voie sanglante qui conduit l'âme au Calvaire pour l'y crucifier avec Jésus... Les austérités qu'elle impose ne sont-elles pas pour elle les clous bénis qui l’attachent à la Croix, les épines qui l’y couronnent, les souffrances qui l’y font mourir ?... Heureux crucifiement ! Souffrances bénie si Sainte et précieuse mort qu’exaltent et qu‘exalteront éternellement au ciel ces âmes généreuses qui l'ont acquis par ce moyen ! Comme elles s’applaudissent maintenant d'avoir embrassé et fidèlement pratique cette règle austère, d‘avoir préféré la pauvreté aux richesses, le mépris aux honneurs du monde, une vie mortifiée aux jouissances même permises qui leur furent offertes et d’avoir ainsi, à l'exemple de notre Seigneur, fait choix de la souffrance plutôt que de la joie. « Dès le commencement, la joie lui fut offerte, dit saint Paul, mais il a choisi et préféré la Croix » (Héb 12, 2).

Entrons dans les sentiments des saints et marchons comme eux par ia voie étroite qui conduit à la vie des Elus, La voie royale de la Croix s’ouvre également devant nous. Pourquoi refuser d'y entrer ? Embrassons de tout coeur les peines et les mortifications qu'il plaît à Dieu de nous envoyer et faisons au moins de nécessité vertu. En admirant dans l'histoire des saints leur humilité, leur charité, leur patience, leur mortification volontaire de tous les instants, n’aurons-nous pas la force de secouer notre lâcheté et de pratiquer comme eux des actes généreux pour le Seigneur ? Âme pieuse, que le jour ne s’écoule pas sans que vous ayez prouvé à Dieu votre générosité.


Avis des Saints

 

« Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés » (Saint Paul, Galates). « Si vous faites mourir par l’esprit les œuvres de la chair vous vivrez ». (Saint Paul, Romains). « La mortification est le char qui conduit au ciel » (Saint Ephrem). « Gardez à Dieu ce que vous lui avez promis. Il saura bien vous dédommager de vos sacrifices ». (Sainte Claire à Ermentrude).


Couronne de Sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Yolande, religieuse de son Ordre, sœur de la Bienheureuse Çunégonde et nièce, comme elle, de sainte Elisabeth de Hongrie (1235-1298).


Délivrée des assujettissements de sa haute position par la mort de son époux le duc Bolestas, Yolande se dirigea avec la plus jeune de ses filles au monastère de Sandeck où se trouvait déjà sa bienheureuse sœur. Jusqu’à la mort, elle donna à celles qui l’entouraient l’exemple de toutes les vertus. Après la mort de sa sœur, les religieuses l’ayant choisie pour Abbesse, malgré ses oppositions, elle sut les conduire dans la voie des plus héroïques vertus. Après sa mort, elle apparut brillante de gloire à une Abbesse de son Ordre gravement malade et lui rendit la santé.


Pratique : fidélité exacte et pleine de ferveur au règlement de vie.


Prière


Obtenez-moi auguste Mère, cette ferveur incessante qui vous a si merveilleusement sanctifiée. De quelles lumières et de quels secours particuliers ne vous a-t-elle pas rendue digne ? Donnez-moi le courage de me renoncer moi-même, d’embrasser la vertu et de ne rien refuser à Dieu, afin qu'accomplissant exactement et généreusement tous mes devoirs, je puisse le glorifier ici-bas et durant toute l’éternité. Ainsi soit-il.

 

 

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15 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

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Seizième jour

La sainte Abbesse


« Se voyant établie supérieure, et, par conséquent, conseillère et maîtresse des épouses de Jésus Christ, Claire, dit un de ses biographes, se regardait comme strictement obligée de leur servir de guide et de modèle, tant par l’exemple que par des enseignement solides. Afin donc de satisfaire aux obligations de sa conscience, elle les instruisait avec une grande précision de doctrine, elle les consolait affectueusement, elle veillait sur chacune d’elles avec une sollicitude qu’il serait difficile de concevoir et plus difficile d'expliquer. La première règle qu’elle leur donnait. était de tenir leur âme éloignée de tout bruit et de toute préoccupation du siècle, afin d’être plus facilement admises à l’intimité du Roi du ciel, Jésus-Christ, Notre Seigneur. Elle les exhortait à bannir de leur esprit jusqu’au souvenir des vanités du monde, en méprisant par amour pour leur céleste époux1tousles plaisirs, délices et joies terrestres, et en suivant jésus crucifié dans la voie de l’abnégation, de la pauvreté, de la mortification et des souffrances, parce qu'elle est la seule qui puisse nous faire parvenir avec lui à la gloire ». (Joseph de Madrid).

Claire exhortait aussi ses filles à l’abnégation d’elles-mêmes, afin que rien du moi humain ne les retardât dans leur course vers le Ciel. Quant à la belle vertu de pureté, qui lui prêtait son aile, Claire voulait qu'elle resplendît dans tout son éclat en chacune des colombes du petit nid de Saint Damien, et, dans ce but, elle insistait particulièrement sur la nécessité de mortifier les sens et la chair, afin que, dégagée de tout obstacle, l’âme ne pensât plus qu’à Dieu et pût s’unir plus intimement à lui par le recueillement intérieur et la sainte oraison.

Elle leur recommandait surtout l'amour de Dieu et du prochain, une grande fidélité à la règle, la rigoureuse observance du silence, le souvenir habituel des souffrances de Jésus. Elle était même la première à donner l’exemple, de toutes les vertus. Claire n'exigeait rien des autres qu’elle ne le pratiquât elle-même. Son zèle de l’observance et son admirable ferveur la portaient même bien au-delà de ce qui était prescrit.

C’est ainsi que par sa parole et ses exemples, Claire animait perpétuellement ses filles à la pratique de toutes les vertus. Le soin qu’elle prenait de leur âme ne lui faisait pas négliger les besoins du corps, sa tendre sollicitude s’étendait à tout, au matériel comme au spirituel. En l’un comme en l’autre, la plus tendre charité l’inspirait, et le miracle, au besoin, venait à son aide comme vont le prouver les deux faits suivants :

Un jour, Cécile de Spello, l'économe du monastère, ne trouve plus qu’un seul pain pour alimenter le repas de la communauté composée alors de cinquante religieuses. Dans son embarras, elle vient montrer ce pain à Claire, qui lui dit aussitôt : « Partagez le pain en deux. Envoyez-en la moitié aux frères qui habitent hors du monastère, puis faites de l'autre moitié, cinquante parts : une pour chaque sœur ». L’économe, étonnée, allègue aussitôt qu’il faudrait un miracle pour faire tant de parts d'un morceau de pain. « Pourquoi douter, ma fille ? Répartit Claire. Allez et faites avec foi ce que je viens de dire ». La sainte Abbesse alors convie ses compagnes à prier avec elle, et tandis qu’avec une filiale confiance elles disent à Dieu : « Panem nostrum quotidianum da nobis hodie », le pain se multiplie entre les mains de sœur Cécile, tremblante d’émotion « et il y en eut assez pour rassasier pleinement la communauté qui bénissait le Dieu des pauvres ».

Une autre fois, il n’y avait plus d’huile au couvent, Claire prend, entre ses mains le vase de provision qui était vide, et au simple contact des doigts de la sainte, la jarre se remplit miraculeusement.


Réflexions et Avis


« Ce nous est un puissant motif de ferveur, disait le P. Lallemand, de considérer combien de personnes ont intérêt à notre perfection. Notre Seigneur, qui à donné son sang et sa vie pour nous acquérir la perfection que Dieu nous destinait et qui ne veut pas perdre le fruit de sa mort. La sainte Vierge, qui nous obtient tant de grâces pour nous rendre parfaits et qui,attend que nous soyons un jour sa couronne et sa gloire. Nos bons anges, qui s’emploient avec tant de zèle pour nous conduire dans les voies de la perfection afin de nous avoir pour compagnons dans l‘éternité bienheureuse.

Nos saints patrons et les autres amis que nous avons au Ciel, qui désirent avec tant d’ardeur que nous marchions sur leurs traces et qui nous assistent si puissamment de leur intercession. Les âmes du Purgatoire qui recevraient bien plus d'assistance de notre part si nous étions plus parfaits.

La religion, que nous servirions bien mieux si nous avions plus d'amour pour Dieu. L’Eglise, à qui nous serions bien plus utiles si nous étions parvenus au degré de sainteté auquel nous sommes appelés. Combien Dieu nous montrera-t-il d’âmes qu’il aurait sauvées par notre moyen si nous avions été de parfaits instruments de sa gloire. Combien nous-en fera-t-il voir à qui nous aurions aidé à se sanctifier si nous avions été nous-mêmes des saints. Combien d'autres qui seront demeurées longtemps en Purgatoire et qui en auraient été plus tôt délivrées par notre assistance si nous avions été d’un plus grand mérite devant Dieu ».


Avis des Saints

 

« Tendez sans cesse vers cette perfection à laquelle l‘Esprit de Dieu vous a appelée, afin que vous puissiez offrir sans cesse au Très-Haut des vœux qui lui soient agréables et que vous suiviez toujours avec plus de fidélité les commandements du Seigneur » (Sainte Claire a Sainte Agnès de Prague). « Suivez la voie la plus étroite » (Saint Bède). « Si c‘est pour l’amour de Dieu que nous travaillons, nous sommes bien coupables d'être paresseux à son service » (Saint lgnace de Loyola).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Cunégonde, vierge de son Ordre, Reine et patronne de là Pologne et de la Lituanie (l224-1292).


Le Seigneur, qui l'avait prévenue de ses plus douces bénédictions. la conserva vierge dans l'état conjugal. Après la mort de son royal époux, Bolestas V, roi de Pologne, elle revêtit l’habit de sainte Claire et se retira au monastère de Sandeck. Elle y vécut dans l’exercice d'une humilité profonde, cherchant à faire oublier sa grandeur dans le monde et se comportant en communauté comme la plus humble des religieuses et la servante de toutes. Les dernières années de sa, vie furent marquées par un grand nombre de miracles ; elle guérit des aveugles, des sourds, des muets et rendit la santé a plusieurs malades. Elle rappela même à la vie pour quelques heures le prince André son neveu. À ses derniers moments, la bienheureuse Cunégonde fut réjouie par la présence de saint François qui lui apparut et vint l‘assister en personne.


Pratique : s’exciter toujours à mieux faire, ainsi que le recommandait sainte Claire à ses filles.


Prière


Obtenez-moi, ô sainte Mère, le désir d’une perfection toujours plus grande et le courage de travailler à l’acquérir par tous les moyens mis en mon pouvoir. Que rien désormais ne m’arrête lorsqu’il s‘agira de glorifier Dieu, de le contenter et de porter les autres à son amour. Ainsi soit-il.

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13 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Sainte Claire et ses filles

Quatorzième jour

Ruche embaumée

 

Cependant, la vocation de Claire et d'Agnès, même après les merveilles de la vocation de François et de ses premiers compagnons, avait un grand retentissement dans tout le pays. Leur rang, leur jeunesse, le courage qu’elles avaient déployé étaient l'objet d’une admiration universelle.

« En même temps, la pauvreté, pour avoir été embrassée par d'aussi délicates natures, sembla perdre quelque chose de ses rigueurs. Elle apparut à un grand nombre de femmes comme la voie royale où dans l'Eglise Notre Seigneur appelait les cœurs qui voulaient sincèrement le servir. Il se fit parmi elles une émulation de sacrifice, au dire du biographe de Claire. On eût dit que la vertu venait de leur être montrée pour la première fois. Celles qu’un lieu sacré enchaînait au foyer s’appliquaient à vivre plus saintement que par le passé. Les autres quittaient leur famille et venaient se grouper autour de Claire. Grâce à cet empressement à suivre le signal donné par les deux sœurs, Saint Damien compta bientôt toute une famille. L’humble monastère allait devenir en bien peu de temps la ruche bénie du Ciel d’où sortirent comme autant d’abeilles les admirables vierges qui portèrent et répandirent l’esprit de désintéressement et de pauvreté dans toute l'Europe ».

Saluons en passant ces chères bienheureuses, les premières compagnes de Claire que nous connaissons déjà pour la plupart, puisque, à titre de Fleurs Séraphiques, elles brillent les premières à son immortelle Couronne. Tout d’abord, la douce et sympathique Sœur Pacifique, l'une des premières qui vinrent la rejoindre à Saint Damien. Elle n’est autre, on le sait, que la chère Bonne Guelfuccio, la tante aimée de notre Sainte, la très digne confidente des aspirations de son cœur. On se souvient de l'aimable empressement qu’elle mit à l’accompagner auprès de François à sa première visite au saint Patriarche et de son courageux dévouement à favoriser le départ de son héroïque nièce, la nuit de sa fuite.

Après la tante, une charmante nièce, l'aimable Aimée. Ravie à son fiancé de la terre par les charmes divins du céleste Epoux, Aimée renonça joyeuse au brillant mariage qui l'attendait et s’envola à Saint Damien auprès de sa Bienheureuse Tante, aux prières et conseils de laquelle elle se crut toujours redevable de sa chère et sainte vocation.

Agnès de Spello, qui avait grandi candide et pure au sein de la petite famille de Saint Damien. Elle était fille de don Opportule Bernard, protecteur temporel du monastère. Conduite un jour par sa mère à Saint Damien, la petite Agnès s’attacha à la robe de la Sainte qu’elle ne voulut plus quitter… Claire affectionna toujours beaucoup la douce benjamine de son troupeau.

Christine d'Assise, que notre chère Sainte avait en pour amie et confidente intime dans le monde.

Françoise ou Francisca, célèbre par son amour pour la prière et les prodiges qui l’en récompensèrent.

Les deux Sœurs Bienvenue, que l’histoire nous présente comme d’exemplaire admirable d’héroïque patience durant de longues et douloureuses maladies ; Angeluccia et Balbina, autre nièce de sainte Claire, la bienheureuse Bénédicte, Philippa d'Assise, Lucie de Rome, Cécile Gualtieri de Spello et enfin la Vénérable Hortulane, Mère de notre chère Sainte, et sa charmante jeune sœur Béatrix qui s’empressèrent de vernir la rejoindre au cloître après la mort du comte Favorino ainsi que nous l’avons dit déjà.

 

Réflexions et Avis


Semer le bon exemple autour de soi et porter les autres à la vertu est une obligation commune a tous. Excellente manière de glorifier Dieu, et de lui conquérir les âmes que cet apostolat du bon exemple. Chacun dans sa sphère, a devoir et mission de l’exercer Que votre lumière brille devant les hommes a dit Jésus, afin qu'ils glorifient votre Père céleste (Mat 5, 16).

Un tel espoir, à l'avance entrevu avait admirablement inspiré François d’Assise dans l’œuvre de construction de cette pieuse ruche de Saint Damien, la première de l’Ordre des Pauvres Dames, Claire aimait à le rappeler à ses filles pour enflammer leur zèle, et jusqu’à son dernier jour elle le leur redira. Voulant même que les générations futures de ses cloîtres le sachent aussi et comprennent mieux par là l’obligation qui leur incombe d’édifier le monde à leur tour, elle l’insère dans son Testament spirituel :

« Le Saint, dit-elle, n’avait encore ni frères ni disciples, lorsque, rebâtissant cette église de Saint Damien où il avait été comblé de si grandes grâces, et poussé à quitter entièrement le monde, il prédisait de nous, dans l‘excès de la joie et par l'effet d’une lumière surnaturelle, ce que le Seigneur a accompli plus tard, car alors montant sur les murs de ladite église, il disait à quelques pauvres du voisinage. à haute voix et en langue française : « Venez et aidez-moi dans la construction du monastère de Saint Damien parce qu’il doit y avoir ici des Dames dont la réputation et la sainte vie glorifieront notre Père céleste dans toute la sainte Eglise ». Et, partant de Ce principe, Claire exhorte ses filles à répondre aux vues de Dieu et de leur Saint Fondateur en ce point, ajoutant avec une admirable ferveur : « Nous devons donc continuellement bénir le Seigneur, le louer et nous encourager à mieux faire ! »

Aujourd’hui plus que jamais, il faut le bon exemple, car bien moindre hélas ! Est le nombre de ceux qui le donnent. Plus la ferveur diminue, plus serez-vous tenue, âme pieuse, de vous montrer fidèle, empressée et remplie d’une sainte ardeur pour le service de Dieu. Plus le courant du mal semble violent, plus devons-nous lui opposer une digue assurée. Cette digue sera le bon exemple.


Avis des Saints

 

« Nous sommes venus en ce monde seulement pour sauver notre âme et donner au prochain l’exemple des bonnes œuvres ». (Saint François d'Assise). « Appliquez-vous à bien agir et vous serez heureux ». (Bienheureux Gilles d’Assise). « Vous devez, avant tout, mettre Dieu dans vos intérêts. Votre travail ne sera fructueux qu’autant que Dieu le bénira » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Agnès de Bohême, vierge de son Ordre qu'elle affectionna d’une indicible tendresse (1200-l280).


Les lettres de Claire à cette chère et bien-aimée fille de son cœur en font foi. Agnès méritait bien cette prédilection, elle qui avait renoncé généreusement à toutes les grandeurs de la terre pour embrasser la pauvreté et l’humilité de jésus. La sainte Fondatrice accédant a ses désirs, lui envoya comme souvenir, une croix de bois, un voile grossier et l’écuelle de terre qui lui servait de verre à boire. Après la canonisation de sainte Claire, Agnès fit enchâsser dans l’or ces objets précieux. Sainte Agnès fut favorisée du don des miracles. On cite entre autres la résurrection de sa sœur la jeune princesse Ludmille.


Pratique : s’encourager sans cesse à mieux faire par l‘étude de la vie des Saints et des exemples de vertus qu’ils nous donnent.


Prière


O glorieuse Mère sainte Claire, rendez-moi de plus en plus désireuse de plaire à mon Dieu. je veux désormais ne rien chercher hors de lui, afin de concentrer en lui seul toutes les forces de mon esprit et de mon cœur et de le servir jusqu’à mon dernier jour avec ardeur et persévérance. Ainsi soit-il.

 

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12 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Treizième jour

A Saint Damien

 

Non loin d'Assise, la ville natale de François, s'élevait une antique chapelle qu'affectionnait particulièrement notre Saint, l’humble sanctuaire de Saint Damien. Malgré le dénuement de l'intérieur et l‘état menaçant de ses murs qui tombaient en ruines, François y venait souvent répandre son âme devant Dieu. Le prêtre qui desservait la chapelle, si pauvre lui-même qu’il avait à peine de quoi se nourrir, se voyait, à regret, dans l’impuissance absolue de réparer Ie saint lieu. François, lui résolut de s’y dévouer. Une voix mystérieuse, sortie du crucifix de la chapelle, lui avait fait entendre un jour cette injonction formelle : « François, va, et répare ma maison que tu vois tomber en ruines ». Le cher saint, prenant à la lettre cette parole, — bien qu’au fond elle signifiât l'œuvre de renouvellement qu'il devait accomplir dans toute l’Eglise, se mit héroïquement à l’œuvre. Il se fit lui-même ouvrier et quêteur. « Qui me donnera une pierre, disait-il à ses compatriotes, aura une récompense !... Qui m'en donnera deux, en aura deux ! Qui m'en donnera trois, en aura trois!!! » Puis il ajoutait d'une voix prophétique : « Venez et aidez-moi dans le travail que j’ai entrepris car un jour il y aura ici-même un monastère de Pauvres Dames, qui glorifieront le Père céleste dans toute la sainte Eglise ».

Le zèle et l'activité de François eurent bientôt réalisé son œuvre. En 1208, Saint Damien était réparé, et c’est là, à l'ombre de ce béni sanctuaire, que nous allons voir le saint Patriarche abriter les chastes colombes que le Ciel lui envoie.

Si doux que fussent les charmes de leur retraite à Saint Ange, Claire et Agnès n‘oubliaient pas qu’elles n'étaient là qu’en passant. Le couvent de Saint Benoît n’était pour elles qu'un pied-à-terre qu'elles devaient bientôt, quitter. François en effet, s'était mis en devoir de préparer le nid séraphique, nouveau Bethléem de son choix qui devait être le berceau de l’Ordre des « Pauvres Dames ». Un cloître modeste annexé au sanctuaire de Saint Damien ouvrait déjà ses portes aux filles spirituelles de saint François. Tout y était d‘une pauvreté et d’une simplicité touchantes : cellules étroites et basses où tout favorisait le doux recueillement, réfectoire des plus simples avec table grossière, qui se voit encore aujourd’hui, une terrasse de quatre pas de long et là un minuscule jardinet : tel est l'humble monastère de Saint Damien où nos deux héroïnes vinrent dresser la tente séraphique, Arche bénie où s’inaugura la vie solitaire des « Pauvres Dames » et qu‘illustrèrent de si grandes vertus. « Saint Damien est encore aujourd'hui à peu près tel que le virent Claire et Agnès. Les Frères Mineurs ont eu la touchante inspiration de conserver intact ce délicieux ermitage ».

Dans ce cher Bethléem, Claire et Agnès ne songent plus qu’à se livrer à Dieu. Silence recueillement, prière, tel est l'incitable élément dans lequel se plonge leur âme, l’atmosphère de sainteté où va se développer leur vie. L‘oraison est leur occupation principale, et l'attrait d'une irrésistible pénitence en fait bientôt d’héroïques immolées. Quant à ce qui concerne les besoins de la vie. François y pourvu en désignant deux frères « zélateurs » pour le service du monastère. Ceux-ci furent chargés de recueillir pour les pauvres recluses les aumônes charitables de leurs concitoyens.


Réflexions et avis


Que l'exemple de Claire et d'Agnès soit un stimulant à notre teneur. Apprenons de ces âmes généreuses à tout braver pour Dieu, à mépriser le monde, à nous affranchir des veines sollicitudes de la terre pour vivre uniquement en Dieu et pour Dieu. La conversion est une sorte de résurrection. Or, dit saint Paul, si vous êtes vraiment ressuscités, recherchez les choses du Ciel et non celles de la terre... tendez à Dieu avec une sainte ardeur. Sursum corda ! Les cœurs en haut !

La vie des nobles héroïnes de Saint Damien était bien la réalisation parfaite de cette parole. Tout en elles planait au-dessus de la terre. Dans les pensées d'un Sursum corda incessant. Tout en elles s‘élançait vers ces régions sublimes d'où l'âme entrevoit son Dieu de plus près, lui parle plus intimement, en jouit plus suavement.

La vie surnaturelle doit être pour vous aussi, âme pieuse, l’objet d’efforts constants. Avant tout, dit le Sauveur, cherchez le royaume de Dieu et sa justice, le reste vous sera donné par surcroît. Or, ce royaume céleste, ce royaume divin, nous le trouvons dans l’exercice de cette vie surnaturelle tout imprégnée de toi, d‘espérance et d‘amour. Ces trois grandes vertus embrassent tout et, dans la vie d’une âme vraiment chrétienne, tout est par elles facilement et merveilleusement surnaturalisé.

La vie surnaturelle est l‘opposé de la vie des sens, elle ne peut exister qu‘à des conditions onéreuses pour la nature. Comme son nom l’indique, c’est une manière de vivre qui n’a rien de commun avec la nature, une vie qui s'en dégage, la surpasse et ne trouve son complet épanouissement qu'en Dieu. Vie plus céleste qu humaine, plus du Ciel que de le terre, moins plongée dans le temps que dans l'éternité !...Une telle vie devrait être l'objet de nos perpétuelles aspirations et de nos efforts constants. Est-il si difficile à la pratiquer ? N’avons-nous pas au contraire, âme pieuse, tous les moyens d'en tenir les conditions et d'en obtenir les avantages ? Étant, comme vous le voyez, l’opposé de la vie des sens, il nous suffit pour y plonger d'agir à l'encontre de leurs inclinations vicieuses et de veiller sur tous les mouvements de notre cœur pour ne suivre que ceux de la grâce inspirés par le Saint Esprit.


Avis des Saints

 

« Faites comme les saints qui se sont efforcés de réaliser le bien qu’il était en leur pouvoir de faire ». (Bienheureux Gilles d’Assise). « Renouvelons chaque jour la résolution de faire pénitence et de servir Dieu sans relâche ». (Saint Louis de Gonzague). « Qu’une âme vraiment chrétienne est agréable à Dieu, et que sa couronne sera belle au de la de cette vie qui nous échappe sans cesse ». (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienhe
ureuse Isabelle de France, vierge de son Ordre. Fleur filiale et toute céleste épanouie sur les marches du trône (1225-1270).


A l’éclat d'une couronne et aux honneurs de la cour, Isabelle préféra les célestes prérogatives des vierges de Jésus. Elle fonda le monastère de Longchamp sous le beau titre de « L‘Humilité de Notre Dame », et y couronna sa virginale existence par la mort précieuse des saints. A l'heure où la chère Sainte rendait sa belle âme à Dieu, des concerts angéliques se firent entendre dans le monastère, puis une voix qui disait : « Sa demeure a été établie dans la paix ! » Saint Louis, roi de France, son illustre frère, présida les funérailles de sa bienheureuse sœur et consola pieusement la Communauté.


Pratique : Se laisser guider par les inspirations de la grâce et agir en tout par des vues surnaturelles.


Prière


A votre enfant, ô Mère, prêtez assistance et appui. Faites-moi vaincre mes résistances, étouffer mes plaintes, embrasser les sacrifices qu'exige la vertu. Aidée par vous, j’engagerai le grand combat, bien décidée à réprimer toujours et partout les mouvements de la nature pour laisser de même toujours et partout le triomphe à la grâce. Ainsi soit-il.

 

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9 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire

 

Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Dixième jour

Assaut et victoire

 

Le 20 mars au matin, à leur incroyable surprise, les parents de Claire s'aperçoivent de la disparition de leur fille chérie. Où donc la trouver ? Qu‘est-elle devenue ? se demandent-ils avec angoisse... L’amour de Dieu l’aurait-il arrachée à notre tendresse et l’exemple de François en aurait-il fait la proie de la pénitence et de la pauvreté ?...

En quelques heures, le mystère était éclairci : La fille du comte avait quitté le château de son père pour s’enfermer dans un cloître, et c'est à celui de Saint Paul de Chiascio qu’il fallait la chercher.

À cette nouvelle imprévue, Favorino laisse éclater toute sa colère. Hortulane fond en larmes, et tout le château retentit des cris furieux du comte et des sanglots de son Épouse. Favorino appelle - honte, folie, déshonneur l'acte de sa fille... Il s‘en dit humilié, déshonoré, lui et toute sa maison. Sa fille aînée, jusqu'à ce jour son orgueil et sa gloire, la noble fille des Sceffi, se faire pauvresse, et vivre telle, au su de toute l'Ombrie ! Lui, Favorino, proteste qu'il ne supportera jamais pareil déshonneur, et jure par sa brillante épée de ramener sa fille... Hortulane, sa mère, pense l'attendrir par ses remontrances et ses larmes....et, d’un vague espoir quelque peu consolés, ils s'élancent d‘un bond, avec quelques uns de leurs proches, vers le monastère de Saint Paul.

Quel assaut va Subir la jeune recluse ? À quelle scène, à quels reproches doit-elle s’attendre ?... La voici en présence des siens... Le comte, son père, ne dissimule pas sa fureur. Au milieu d'une colère qu'il ne peut contenir, il veut remontrer à sa fille l'irréflexion de son projet, la folie d'une telle conduite, le ridicule d‘une pareille vocation. Il l’accuse de méconnaître son autorité, de déshonorer son nom, d’oublier son rang dans le monde, etc, etc… Hortulane fait entendre le langage du cœur, écoutons-la :

« Claire, ma fille, eh quoi ! Vous nous quittez !... Vous abandonner vos parents, vous, leur joie, leur espérance et leur trésor !... Ne savez-vous pas à quel point vous en êtes aimée et chérie. et croyez-vous qu'ils puissent jamais survivre au chagrin de vous perdre ?... Ô Claire, ma fille, avez pitié de nous ! Que l’affliction de nos cœurs attendrisse le votre. Ne délaissez pas la plus tendre mère pour vous ensevelir dans une retraite obscure !... de grâce, oh ! Revenez moi avec ou je meurs sous le, coup d’un pareil chagrin... »

Mais ce langage du cœur, qui brise le sien, pas plus que celui des reproches sanglants de son père, ne peut ébranler l'héroïque enfant. « Elle ne supporte pas l'idée d'être arrachée au service de Dieu », et pour mieux l’affirmer au regard de tous, elle se lève et court se précipiter vers l’autel... Fou de désespoir, son père alors s‘avance pour l'arracher aux religieuses qui l'entourent, mais Claire se rive à l’autel, « l’embrasse des deux mains, comme pour implorer cet inviolable asile, puis,enlevant son voile d’un mouvement brusque, elle montre aux siens épouvantés sa tête rasée, insigne de sa consécration définitive au Sauveur ». « Je suis à Dieu, s’écrie-t-elle, et personne au monde ne m'arrachera d’ici !... » L'assaut avait été rude, la victoire n'en fut que plus éclatante !

 

Réflexions et Avis


Dieu n’exige pas de tous les même sacrifices. Ce qu‘il voulut de Claire n'est demandé qu’à un petit nombre. mais à tous le Christ a dit : « Prenez sur vous mon joug », « Gardez mes commandements », « Faites pénitence », « Cherchez le royaume de Dieu et sa justice avant tout ! »

Or, que doit inférer l‘âme chrétienne de ces grands principes, sinon qu‘elle est tenue, elle aussi, à servir Dieu aux dépens de la nature et à sacrifier pour lui tout ce qu’il demande ? Avant tout, servir Dieu et sauver son âme ; accomplir ce qu‘il ordonne, éviter ce qu'il défend ; s'assurer une éternité bienheureuse, quels que soient les sacrifices qu’exige une telle fin ! Même en ce monde, l‘homme ne peut être heureux qu’à cette condition. Malheur à qui ne considère le bonheur ici-bas que par rapport à la vie présente et qui ne le fait consister que dans les jouissance des objets sensibles. L‘âme chrétienne doit le considérer, au contraire, par rapport à la vie future et l’établir ici-bas dans les moyens qui nous mènent à l’éternelle félicité.

Claire avait compris cela, et sa résolution d‘être à Dieu restait inébranlable. Se vouer à lui pour toujours, le servir dans la perfection des conseils évangéliques, est chez elle une résolution si forte que rien au monde ne pourra l'en détourner. Quel exemple de fermeté et de courage ! Âme pieuse, sachez en faire profit et demandez à cette généreuse élue la force dont vous avez besoin vous-même pour demeurer fidèles à vos bons propos. Tenir ses résolutions avec le Bon Dieu est-il rien de plus important ? Il y va de sa gloire et de notre bonheur. Oh ! Ne résistons jamais à la grâce. Combien est glorieuse pour Dieu notre fidélité et de quel préjudice peuvent être à sa gloire de coupables résistances ! Si Claire avait faillit dans son entreprise, si elle avait abandonné sa vocation pour condescendre au vue de ses parents, quel malheur ! Quelle perte pour l’Église, pour les âmes, pour le ciel !... L'Ordre Séraphique de Sainte Claire eût-il jamais existé sans la coopération de la fondatrice choisie pour lui donner naissance ?... Soyons fermes comme elle dans les luttes multiples qu’exige la vertu, afin de correspondre aux desseins de Dieu et réaliser en nous ses vues de sanctification.

 

Avis des Saints


« Continuez à marcher avec ferveur dans la voie sainte où vous êtes entrée et persévérez dans les vertus du Christ » (Sainte Claire). « Apprenez du moins à souffrir quelque petite chose pour l'amour de Dieu » (Sainte Thérèse d'Avila). « Dans vos heures d'épreuves et de défaillance, portez vos regards vers le ciel. Qu'elle est belle la couronne réservée à ceux qui combattent jusqu'au bout. Méritez-la au prix de la lutte et ne reculez jamais devant les sacrifices que le devoir impose » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


Sainte Philippa de Mareri, vierge de son Ordre (1236)


Dans son désir d‘être uniquement à Jésus Christ et de ne soustraire aux importunités de son frère qui ne cessait de lui proposer un brillant mariage, Philippa se coupe les cheveux, revêt un habit pauvre et se retire secrètement, accompagnée de quelques pieux amies, sur la montagne de Mareri, où d'humbles cabanes leur servirent provisoirement de cellules. Peu après, un ancien monastère fut mis à leur disposition et c‘est là que se sanctifia merveilleusement notre chère sainte L'estime et l'amour de sa vocation la faisaient éclater en transports de joie. Elle mourut en chantant son bonheur. Sainte Philippa fut la première Clarisse honorée d‘un culte public ; il 1ui fut décerné du vivant même de sainte Claire. Son cœur se conserve encore aujourd‘hui à Borgho-San Pietro. commune de Petrella, aux environs de Rome, ou il est l’objet d'une très grande vénération. Il exhale encore de nos jours un suave parfum.


Pratique : Le courage dans les épreuves, la persévérance dans ses bons propos.


Prière

 

Communiquez à mon cœur, ô puissante Mère. L'ardeur et l’intrépidité de votre amour. Obtenez-moi ce courage, qui triomphe de tout et que les obstacles et les traverses ne peuvent ralentir, je vous le demande au nom de cette force divine, de cette énergie surhumaine que je viens d’admirer en vous. Ainsi soit-il.

 

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18 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

33 BANCHETTO MISTICO

Dix-neuvième jour

Flammes d’amour


Nous allons raconter sous ce titre, aujourd’hui, le merveilleux prodige qui eut lieu à Sainte Marie des Anges, un jour que la bienheureuse Claire s'y était rendue avec une de ses compagnes pour visiter saint François. Cédant au pieux désir de la Sainte, le bienheureux Père voulut bien lui procurer une fois la douce consolation, immense pour son cœur, de revoir ce cher sanctuaire de Notre Dame des Anges dans lequel avait eu lieu, comme on s’en souvient, sa consécration au Seigneur la nuit du Dimanche des Rameaux 1212.

Repassant ensemble les bienfaits sans nombre et les consolations divines dont le Ciel les avait comblés depuis, les saints Fondateurs en bénirent avec effusion le Père de miséricorde, auteur de tout bien, et l’hymne de la reconnaissance ne tarissait pas de leurs cœurs émus.

Après ce libre cours donné à l’action de grâces, François invita Claire et sa compagne à partager le frugal repas de la Communauté. Les saintes moniales acceptent et prennent place humblement à la table modeste des pauvres du Seigneur.

« Or, est-il dit, pour le premier service, saint François commença à parler de Dieu d’une manière si suave, si sublime, si merveilleuse, que la grâce divine descendit sur les convives en abondance et tous furent ravis en Dieu… Et pendant qu'ils étaient ainsi ravis, les yeux et les mains levés au Ciel, les gens d’Assise et de Bettona et ceux des environs, virent Sainte Marie des Anges tout embrasée, ainsi que le couvent et le bois tout ensemble, tellement que ceux d’Assise coururent de ce côté en grande hâte pour éteindre le feu, croyant que tout brûlait. Ils entrèrent et virent saint François avec sainte Claire et toute leur compagnie ravis en Dieu » (Fiorettis).

A cette vue ils comprirent le mystère. Les flammes dont leur avait paru enveloppé le monastère étaient l’indice miraculeux de celles de l’amour divin dont les âmes y étaient embrasées et ils revinrent émerveillés, ravis d’une telle vision.

Longtemps après revenant à eux, les saints extatiques ne songèrent plus guère à la nourriture corporelle. Le Seigneur les avait nourris d'un pain céleste renfermant en soi de pures délices.

Claire et sa compagne, le cœur brûlant, rentrèrent à Saint Damien qu elles ne devaient plus quitter. Laissons-les dans leur chère solitude pour revenir auprès du saint Patriarche, car nous touchons à l'heure où le cœur de François brasier d’amour. va devenir celui d’un séraphin. Écoutons ce miracle. C’est saint Bonaventure qui le raconte.

« Un matin, pendant qu’il priait sur le versant de la montagne, il vit descendre des hauteurs célestes un séraphin ayant six ailes de feu toutes resplendissantes. Conduit bientôt par la rapidité de son vol vers l’homme de Dieu, l'esprit demeura proche de lui sans toucher la terre, Alors entre les ailes du Séraphin apparut un homme crucifié ; ses mains et ses pieds étaient étendus et attachés à une croix. Deux de ses ailes s’élevaient au-dessus de sa tête, deux autres étaient étendues pour voler, et les deux dernières couvraient son corps.

A cette vue, le Saint demeura dans un étonnement indéfinissable, et son cœur éprouva un sentiment de joie mêlée de tristesse. Il se réjouissait d’un aussi admirable spectacle, où le.Seigneur, sous la forme d'un séraphin, contemplait son serviteur, et son âme était transpercée d’un glaive de compassion douloureuse en le voyant ainsi attaché à la Croix.

Une vision si insondable le jetait dans une anxiété profonde; car il savait que l’infirmité de la passion n’était aucunement compatible avec l’immortalité d’un esprit séraphique.

Enfin, il comprit, par une illumination céleste, que la divine Providence l’avait fait jouir d’une telle faveur pour lui apprendre à lui, l’ami de Jésus-Christ, qu’il devait se transfigurer, non par le martyre du corps, mais par un embrasement sans réserve de son âme en la ressemblance du Sauveur crucifié.

La vision, disparaissant, le laissa tout rempli d’une ardeur indicible et imprima sur son corps des traces admirables. Soudain commencèrent à paraître dans ses mains et dans ses pieds tes marques de clous, telles qu’il les avait vues tout a l’heure dans l’homme crucifié offert à ses regards. Ses mains et ses pieds semblaient transpercés de ces clous, leurs têtes apparaissaient,à l'intérieur des mains et au-dessus des pieds, et l’on voyait sortir leur pointe à la partie opposée. Ces têtes étaient noires et rondes, les pointes longues et comme recourbées avec effort après avoir traversé la chair ; elles demeuraient tout à fait distinctes. Son côté droit portait aussi l’empreinte diane cicatrice rouge, comme s’il eût été transpercé d’un coup de lance, et souvent le sang s’échappait de cette plaie avec une abondance telle que tous les vêtements du Saint en étaient pénétrés ».

François avait reçu les stigmates de la Passion, il était en quelque sorte un autre Christ, la vivante image de Jésus crucifié.


Réflexions et Avis


Le degré de perfection et, par conséquent, de sainteté, s'établit en toute âme par celui de l'amour. Plus une âme aime Dieu, plus il y a en elle l’élément de la sainteté, et plus cette âme est agréable à ses yeux et chère à son Cœur. Ce n’est donc point sur la nature des actes que nous accomplissons, non plus que sur leur éclat ou leur multitude qu'en est basé le mérite, mais bien sur le degré d'amour qui les inspire et qui les réalise. Mettons beaucoup d’amour en tout ce que nous faisons et toutes nos œuvres seront des œuvres parfaites. Habituons-nous à agir constamment, par amour, à en produire des actes fréquents et à mesure que les formera notre âme son progrès s'accentuera et sa sainteté grandira.

Un grand moyen de nous exciter à l’amour divin est le souvenir des bienfaits de Dieu à notre égard, des souffrances de Notre Seigneur Jésus Christ et de l’amour qu’il nous a témoigné de mille manières surtout en mourant pour nous sur la croix et en instituant la sainte Eucharistie par laquelle il veut bien se faire notre aliment et le compagnon de notre exil. Nourri de ces grands souvenirs, l'amour généreux se développe rapidement, ainsi que nous le voyons dans Claire et François d'Assise, l’un et l’autre admirables envahis de ce feu sacré.


Avis des Saints

 

« L’amour n’est pas aimé, pleurons » (Saint François d’Assise). « Aimez entièrement Celui qui s’est offert entièrement pour vous » (Sainte Claire). « Dans le Cœur de Jésus, on ne découvre qu‘amour et charité... pénétrez dans ce cœur, âme chérie de Dieu, si vous voulez croître en amour et avancer dans la perfection ». (Sainte Camilla Battista de Varano).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Claire Agolanti de Rimini, religieuse de son Ordre (1282-1346).

 

Célèbre convertie, elle obtient de son mari la liberté de faire pour Dieu autant qu'il lui avait permis de faire pour le monde. Elle s’abandonne sans réserve a son amour pour les austérités, à son amour pour la prière et pour les pauvres. Une nuit, Notre-Seigneur daigna apparaître accompagné de saint Jean-Baptiste et des apôtres, lui montrant la plaie de son sacré côté et lui dit de demander toutes les grâces qu'elle voudrait, La Sainte se contenta de solliciter la conversion des pêcheurs et pour elle-même la grâce de compatir aux douleurs de la Passion.


Pratique : Demander l’amour divin avec instance.


Prière

 

Ô vous dont le cœur brûlait sans cesse de ces divines flammes, obtenez-en au mien une vive étincelle. Je voudrais pouvoir aimer Dieu comme vous de toute l’affection dont sont capables mon âme et mon coeur. Ô sainte Claire, obtenez-moi cette grâce de Celui que vous avez tant aimé. Ainsi soit-il.

 

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31 juillet 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Révérende Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

BBI-13

Premier jour

Mystérieuse Prophétie

 

« Ne crains point, Hortulana, car de ton sein sortira une pure lumière, la joie et le salut des âmes ».

Ainsi avait été mystérieusement consolée dans un moment d'angoisse, Hortulana de Fiumi, la noble épouse du comte de Sceffi, l'heureuse mère de Claire d’Assise, lorsqu‘elle portait dans son sein l’enfant de son bonheur.

Quelle était donc cette voix mystérieuse qui avait trappe l’oreille de la noble matrone et remué délicieusement son cœur ? Était-ce la voix de l‘ange préposé à la garde de cette enfant de bénédiction ou celle d’un séraphin chargé d’en célébrer prématurément les gloires ? L’histoire ne le dit pas, mais à coup sûr, l’écho d‘une telle prophétie, si admirablement réalisée dans la suite, ne pouvait parvenir à l‘heureuse mère que par l‘entremise d‘un envoyé des cieux.

Claire sera le nom de ma fille, se dit incontinent l’heureuse Hortulana, nul autre ne saurait mieux traduire ses destinées futures et en perpétuer la gloire ! Et, comme nous le verrons, à l’heure de son baptême le nom prophétique de Claire fut donné à l’enfant.

Ainsi, avant même d’apparaître au monde, la séraphique Vierge d’Assise ; fut mystérieusement révélée Sous le doux symbole d'une pure lumière. La suite de ses considérations nous fera voir comment sa vie sut en refléter l'éclat et comment sa mort bienheureuse en fait rayonner sur les âmes la joie et les bienfaits.


Réflexions et Avis


En commençant le mois béni durant lequel nous viendrons chaque jour pour honorer Sainte Claire, tirons de cette première considération les réflexions suivantes :

Toute âme chrétienne porte en elle un reflet de l’éclat de Dieu, le Dieu de lumière, créée par lui à son image et à sa ressemblance. C‘est pourquoi, heureuses créatures et vrais enfants de Dieu, nous avons été nommés par l’Apôtre : « Enfants de lumière, filii lucis ».

Ne sommes-nous pas, en effet, d'heureux enfants de lumière, nous qui avons le bonheur d'être éclairés des rayons de la foi, d‘en espérer les promesses, d’en savourer les joies pures ?

Marchons donc aux célestes clartés qui nous illuminent, écoutant la voix du Christ qui nous dit : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie ».

Les saints ont entendu et compris cette voix : ils ont saisi la portée de cette parole, et vraiment désireux, impatients de la voir se réaliser en eux, ils se sont élancés sur les pas du Christ, heureux de marcher après lui dans les voies lumineuses que ses vertus nous ont tracées... Ils ont quitté ainsi les ténèbres pour la lumière, le faux pour le vrai, la voie du malheur pour celle des joies pures, et, dans l'allégresse d'un bonheur indicible, ils ont trouvé dès ce monde la lumière de la vie, cette lumière divine qui jaillit de la grâce, promesse et don du Christ à tout cœur généreux !

Que l’exemple des saints nous anime ! Laissons-nous, comme eux, entraîner par la grâce... Gardons-nous de résister aux bons mouvements qu'elle nous inspire. Sa voix n‘est autre que celle de Dieu. Qu’elle nous inspire ou rappelle ses ordres, qu'elle ait le ton du reproche au de l'encouragement, quelque avis, quelque enseignement qu'elle nous donne, la grâce a droit toujours au meilleur accueil et l’une de nos grandes préoccupations devrait être d'en saisir la portée et d'en retenir jusqu'au moindre de ses ineffables accents.

Âme pieuse ne l‘avez-vous souvent entendue vous murmurer cette parole : « Quittez les œuvres de ténèbres, revêtez-vous des œuvres de lumière », renoncez au mal, au péché, même à tout ce qui en a l'apparence, et armez-vous comme un athlète intrépide pour le combat chrétien qu'exige la vertu !

Nous faire passer du mal au bien de l'imperfection a la vertu, de la tiédeur à une vie fervente, tel est l’ardent labeur de la grâce en nous. Et ce labeur, on le verra d’autant plus actif, réel et fécond que nous saurons nous-mêmes nous prêter d'avantage à son action salutaire.

Le grâce ne peut agir en nous sans une coopération active de notre part. « Celui qui nous a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous ». Le fond de cette parole ne semble-t-il pas la base des principaux motifs qui ont inspiré si héroïquement les saints dans l'œuvre de leur sanctification ? Sainte Claire a dû elle-même se l'appliquer bien des fois. Ses disciples l'ont méditée à leur tour, et voilà peut-être le mystérieux secret qui a semé tant de générosité sur la route frayée par la séraphique Vierge d’Assise et qui nous apparaît tout illuminée encore de l’éclat de ses vertus.


Avis des Saints

 

« Conduisez-vous donc comme des enfants de lumière. Or le fruit de la lumière consiste à marcher dans la voie de la bonté, de la justice et de la vérité ». (Saint Paul). « Dans le ciel la nuit est inconnue... Nous devons aussi faire en sorte qu’il n’y ait point de nuit pour nous ici-bas, mais qu’un jour perpétuel nous éclaire. Pour y parvenir, tâchons de conserver Dieu au milieu de nous ». (Sainte Madeleine de Pazzi). « Admirez donc comme votre âme est près de Dieu, le Dieu de lumière ». (Saint Bonaventure).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

 

Sainte Agnès, son angélique sœur, devenue la première de ses filles en religion (1198-1253).


Elle seconda admirablement la sainte Fondatrice et s'attacha surtout à imiter ses vertus. Agnès s‘était offerte comme une victime au Sauveur immolé sur la croix ; son sacrifice fut de tous les jours, de tous les instants. Elle couvrit son corps d’un rude cilice et se livra aux plus austères pénitences. Son obéissance ponctuelle, son humilité à toute épreuve, sa charité inépuisable. Une nuit, retirée dans un coin du chœur, dans le silence de l’oraison, elle tut ravie en extase, et sa sœur, Claire la vit élevée au-dessus de terre et le front brillant d’une triple couronne. Elle fut aussi favorisée de la visite de l'Enfant Jésus auquel elle avait une tendre dévotion (Auréole séraphique).

Pratique : La fidélité à la grâce correspondre fidèlement à ses inspirations. Quelque peine et quelques difficultés que vous y trouviez, ne vous récriez pas. Dites plutôt du fond du cœur : Quoi qu'il m’en coûte, ô mon Dieu, j'y serai fidèle.


Prière

 

Ô glorieuse Mère sainte Claire, douce et pure lumière, inondez-moi de vos feux, éclairez-moi de vos rayons et ranimez tout dans mon cœur. Que je marche après vous aux clartés lumineuses de l'espérance et de l’amour, dans le sentier d’une fidélité parfaite. Ainsi soit-il.

 

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11 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire

Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Douzième jour

Le petite plante de saint François

Fête de Sainte Claire


Ainsi trouvons-nous qualifiée Sainte Claire dans la splendide liturgie de notre saint ordre. Aussi aimons-nous à la vénérer tout particulièrement sous ce titre au beau jour de sa fête. Saluons donc aujourd’hui notre illustre patronne sous cette dénomination symbolique : « Pia Plantula, la pieuse Petite Plante... » Humble et gracieuse appellation remplie de significations touchantes.

Pia Pantula : Claire, elle-même, dans le sentiment d’une humilité profonde, s'était approprié ce nom : Pia Pantula, la pieuse petite plante. À Saint Ange-du-Panso, où nous la voyons transplantée par le séraphin d’Assise. n’est-elle pas effectivement la plante choisie qu’admirent le ciel et la terre, la délicieuse tige sur laquelle se repose avec une amoureuse complaisance le regard du Seigneur ?

François avait compris à l’héroïsme de la Sainte de quelle sève puissante était douée son âme, quel progrès on pouvait en attendre et de quelle sublime perfection était capable sa vertu. On le devinait aisément aussi au monastère de Saint Ange qu'embaumait si délicieusement déjà la sainteté précoce de la jeune professe. Maintenant qu’elle était au cloître, loin des bruits du monde et toute à son Dieu, Claire ne vivait plus que dans les transports de l'amour divin. Son cœur chantait la joie des célestes fiançailles, son âme exultait comme celle de l'Epouse des Cantiques à la voix du Bien-Aimé : « Anima mea liquefacta est ! » (Cant 5, 6).

Tout en elle appelait le règne du Seigneur ! Tout en elle se livrait ineffablement à Lui, car elle s’était offerte à son Dieu comme épouse et comme victime, et le cœur de l’Epoux divin avait agréé son offrande comme un sacrifice d’agréable odeur, comme un holocauste de suavité.

Au sentiment d’humilité, s‘ajoute en Sainte Claire celui d’une parfaite obéissance. Elle s'intitule humble petite plante de saint François, voulant faire comprendre par là ce qu'elle doit aux soins spirituels de son guide et dans quel état d’absolue dépendance elle demeure vis-à-vis du saint Patriarche. Ajoutons qu'un pareil titre est tout à la gloire de son bienheureux Père, car elle semble dire ainsi, comme saint Paul le disait lui-même de la grâce : « Ce que je suis, c’est par ses soins que je le suis ». Cette humble tige dans le champ séraphique, le Saint l’a plantée, ses mains l'ont arrosée, par lui à Dieu toute la gloire de son accroissement.

Claire s'est dite petite plante dans l’excès de son humilité, voyons comment l'envisage l’Eglise à ce point de vue. Oh ! Le suave Concert d’admiration et de louange qu'elle lui prodigue !

Claire aux yeux de l’Eglise est une de ses plantes choisies, La Bulle de canonisation de la Sainte y fait une glorieuse allusion en disant qu’Hortulane, sa pieuse mère, en la mettant au monde, avait « planté dans le jardin du Seigneur une plante de choix ». Plante éclatante, verdoyante et toujours fleurie ! Plante au céleste feuillage, ornée des fleurs les plus variées ! Plante embaumée dont les parfums s‘exhalent depuis huit siècles et plus dans l’Eglise de Dieu. Sa pureté y fait germer le lys, sa charité la rose, ses ravissantes vertus toute une moisson de fleurs... N'est-il pas dit que l'âme juste, l'âme vierge germera comme le lys et fleurira sans interruption en présence du Seigneur ? Justus germinabit sicut lilium et florebit in arternum ante Dominum ! (Liturgie).

 

Réflexions et avis

 

Notre âme peut se dire, comme Claire la Sainte, une plante mystique entourée de soins délicats, une plante qui doit vivre, croître et fleurir pour le Seigneur. Plus encore ; à la moisson de fleurs doit succéder celle des fruits, car Jésus même l’a déclaré : « Je vous ai choisit, dit-il, pour que vous portiez des fruits et que ces fruits demeurent ». Vivre, croître et fleurir ne suffirait donc pas, âme pieuse, à réaliser votre mission de plante choisie ; il faut de plus reproduire les fruits qui vous sont demandés, c‘est-à-dire pratiquer la vertu. s’adonner aux bonnes œuvres, semer le bon exemple autour de soi... Tels sont les fruits de grâce que le Seigneur attend de nous. Notre amour pour Dieu ne doit pas être un simple amour de tendresse ou de. sentiment, c‘est bien la fleur, mais il doit aussi se traduire par les œuvres qui en sont les fruits.

Qu'une humilité sincère nous tienne toujours plus dans le sentiment de notre bassesse sachons convenir du peu que nous sommes et prions sainte Claire de nous obtenir une véritable humilité. Nous avons bien d’autres raisons qu’elle de nous dire et surtout de nous croire petits, infirmes et misérables... Au point de vue simplement de sa fragilité native, le prophète royal dit : « L’homme est comme une plante qui passe dans une matinée, le matin elle fleurit, elle se fane le soir, elle durcit, elle sèche !... Qu'en dire alors au point de vue de ses funestes tendances ? Oh ! craignons, craignons d‘être dans le jardin de l'Eglise une de ces plantes vicieuses que Dieu n’a pas plantées. Chacun, hélas! Le deviendrait bientôt s‘il venait à suivre la pente de ses indications perverses, car il ne tout pas l‘oublier, l'homme porte en soi le germe vicieux du mal qui peut si malheureusement l'entraîner à sa perte... A nous d'y prendre garde. Vous le savez, âme pieuse, toute plante mauvaise doit être arrachée et jetée au feu ; les meilleures même veulent être émondées. taillées, greffées au besoin. Aidons la grâce à faire cette œuvre en nous, secondons-là de toutes nos forces dans ce labeur. Laissons le divin Jardinier agir à son gré sur notre âme. Tout ce qu’il y fait, même au prix des plus vives souffrances, est inspiré par l'amour. Confions-nous en sa douce bonté. La petite plante a sa goutte de rosée et son rayon de soleil pour vivre croire et germer, rien non plus ne manquera à l‘âme qui s'abandonne à Dieu et qui veut vivre, croire et grandir pour lui.

 

Avis des Saints


« Croissez toujours de bien en mieux avance de vertu en vertu, afin que celui que vous aurez suivi dans toute l'ardeur de votre âme, daigne vous combler de ses plus abondantes bénédictions » (Sainte Claire). « Détachez votre cœur de toutes les choses créées, alors cherchez Dieu et vous le trouverez ! » (Sainte Thérèse d'Avila). « Ayons soin de nous tenir sur notre terrain et en deçà de nos limites. qui sont le néant et le péché » (Saint Paul de la Croix).

 

Couronne de Sainte Claire

Fleur Séraphique


La Bienheureuse Salomée, Vierge de son Ordre (1201-1265)


Princesse de Pologne, par sa naissance et Reine de Galicie par l'élection de son époux au trône, le pieux Coloman, Salomée garda dans l'état conjugal une chasteté parfaite. Dès le premier jour de leur union. les deux jeunes époux avaient fait ensemble le vœu de virginité perpétuelle. Quelques année après la mort du roi, Salomée entra dans la Communauté des Clarisses de Zavichoat où elle vécut de longues années encore, y donnant l'exemple de toutes les vertus. A sa dernière heure, elle fut réjouie par une apparition de la Sainte Vierge et de l'Enfant Jésus. Peu après, les soeurs qui l’entouraient virent comme une petite étoile sortir de sa bouche et se diriger vers le ciel : la Bienheureuse avait rendu sa belle âme à Dieu.


Pratique : La correspondance à la grâce.


Prière


O Glorieuse Mère, Plante bénie et Fleur incomparable du jardin Séraphique, embaumez-nous de vos délicieux parfums, Obtenez à tous ceux qui vous priant en ce jour le don d'une fidélité parfaite, un accroissement de foi, d'espérance et d’amour. Que, répondant pleinement aux vues miséricordieuses de l’adorable Maître, nous méritions, humbles petites plantes, une place à ses pieds dans le royaume céleste et le bonheur d’y fleurir éternellement. Ainsi soit-il.

 

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3 juillet 2017

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, France, Vincent and boy

Quatrième jour

Humilité de Saint Vincent

 

C'est une vérité prononcée par la bouche du Fils de Dieu, que celui qui s'élève sera humilié et au contraire, que celui qui s'humilie sera exalté : cela s'est vérifié eu la personne de Vincent, lequel a été exalté par les grandes choses que Dieu a faites en lui et par lui d'autant qu'il s'est humilié ; et plus il s'est profondément abaissé, Dieu a pris plaisir de l'élever davantage, et de répandre plus abondamment ses bénédictions sur lui, et sur ses saintes entreprises.

Il est vrai que l'on peut dire de ce Saint homme après sa mort ce que plusieurs en ont dit durant sa vie, qu'il n'a jamais été bien connu au monde tel qu'il était en effet, quelque estime qu'on ait eue pour lui : car, bien qu'il ait toujours passé pour un homme fort humble, l'opinion commune toutefois n'a jamais regardé son humilité comme la disposition principale qui a attire sur lui toutes les grâces et les bénédictions dont il a été comblé et comme le fondement et la racine de toutes les grandes œuvres qu'il a faites. Ceux qui en ont jugé plus favorablement ont estimé que c'était son zèle qui le portait à les entreprendre, et que sa prudence les lui faisait conduire heureusement à chef ; mais quoique ces deux vertus fussent excellentes en lui, et qu'elles aient beaucoup contribué aux grands biens qu'il a opérés, il faut néanmoins avouer que c'est sa profonde humilité qui a attiré sur lui cette plénitude de lumières et de grâces, par la vertu desquelles tout a prospéré entre ses mains et sous sa conduite. Mais pour parler encore mieux, nous pouvons dire que son zèle le portait à s'humilier sans cesse ; il répétait continuellement en lui-même cette leçon d'humilité qu'il avait apprise de son divin Maître, disant en son cœur : « Je ne suis pas un homme, mais un pauvre ver de terre, qui rampe ne sachant où il va, mais qui cherche seulement à se cacher en vous, ô mon Dieu ! Qui êtes tout mon désir. Je suis un pauvre aveugle qui ne saurait avancer un pas dans le bien si vous ne me tendez la main de votre miséricorde pour me conduire ».

Il qualifiait sa Congrégation de petite, très petite et chétive Compagnie : il ne pouvait souffrir qu'on dit aucune chose à sa louange, disant qu'il ne demandait rien pour elle à Dieu, sinon qu'il eût pour agréable de lui donner la vertu d'humilité.

Son humilité était si sincère, qu'on la pouvait lire sur son front, sur ses yeux, et sur toute la posture de son corps, et reconnaître par son extérieur que ses humiliations et abaissements venaient du fond de son cœur, où cette vertu était si profondément gravée, qu'il croyait ne pas mériter l'usage d'aucune créature, non pas même de celles qui servent à conserver la vie, et encore moins des autres qui peuvent être utiles ou nécessaires pour avancer la gloire de Dieu.

C'était sa coutume en toutes rencontres, et devant toutes sortes de personnes, même de la plus haute qualité, et surtout quand on témoignait quelque estime de lui, et qu'on lui voulait rendre quelque honneur, de dire et publier qu'il n'était que le fils d'un pauvre paysan et qu'il avait gardé les troupeaux ; ce qu'il prenait aussi plaisir de déclarer aux pauvres, afin qu'ils le considérassent comme ayant été de leur condition ; sur ce sujet, il arriva un jour qu'un homme de village étant venu à Saint-Lazare demander Vincent et le portier lui ayant dit qu'il était empêché pour lors avec quelques Seigneurs, ce bon homme répliqua : « Ce n'est donc plus Monsieur Vincent, parce que lui-même m'a dit qu'il n'était que le fils d'un simple paysan comme moi ? » — Accompagnant un jour un ecclésiastique à la porte de Saint-Lazare, une pauvre femme se mit à crier, lui disant : « Monseigneur, donnez-moi l'aumône » ; à quoi Vincent lui répondit : « O ma pauvre femme, vous me connaissez bien mal, car je ne suis qu'un porcher et le fîls d'un pauvre villageois ». Une autre l'ayant encore rencontré à la porte comme il conduisait quelques personnes de condition et pour le convier de lui donner l'aumône plus volontiers, lui ayant dit qu'elle avait été servante de Mme sa Mère, il lui répondit aussitôt devant tous ceux qui étaient présents : « Ma bonne femme, vous me prenez pour un autre : ma mère n'a jamais eu de servante, ayant elle-même servi, et étant la femme et moi le fils d'un paysan ».

Ayant été une fois visité par son neveu, lequel était venu exprès pour cela de la ville de Dax à Paris, le portier du collège des Bons Enfants, où il demeurait pour lors, l'ayant averti que son neveu demandait à le voir, il ressentit le premier mouvement de quelque peine pour son arrivée, et dit qu'on le lui amenât à sa chambre ; néanmoins son humilité lui fit aussitôt changer de sentiment, et prendre la résolution d'aller lui-même le recevoir en bas : voici en quels termes Mr de Saint-Martin, chanoine de la ville de Dax, qui demeurait pour lors en ce collège, en rendit témoignage : « Je ne puis passer sous silence un acte de vertu de Mr Vincent, dont je suis témoin à l'occasion d'un de ses neveux. C'est qu'ayant donné charge à l'un des siens de l'aller prendre dans la rue où il était, habillé à la mode des paysans de ce pays, pour le mener à sa chambre, ce bon serviteur de Dieu eut un mouvement extraordinaire de se surmonter comme il le fit; car, descendant de sa chambre, il alla lui-même jusqu'à la rue, où, ayant trouvé son neveu, il l'embrassa, le baisa et le prit par la main, puis l'ayant conduit dans la cour, fit descendre tous les Messieurs de la Compagnie, auxquels il dit que c'était là le plus honnête homme de sa famille, et les lui fit saluer tous. Il lui fit faire la même civilité aux autres personnes de condition qui venaient le visiter ; et aux premiers exercices spirituels qu'il fit après, il s'accusa publiquement en pleine assemblée d'avoir eu quelque honte à l'arrivée de son neveu, et de l'avoir voulu faire monter secrètement à sa chambre, parce qu'il était paysan et mal habillé.

Mais non content de parler de la sorte il a toujours tâché par ses exemples d'insinuer cet esprit d'humilité dans sa Compagnie dès ses premiers commencements. Quand il pensait lui être arrivé quelque chose qui ne fut pas tout-à-fait de bon exemple aux siens, il ne manquait pas à chaque fois de s'en humilier et de leur en demander pardon ; ce qu'il faisait même pour les choses secrètes, comme pour les mouvements d'impatience qui n'avaient point paru au-dehors, pour quelques paroles moins douces dites à quelque particulier, et pour les moindres manquements faits par inadvertance ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Une personne humble, quoiqu'elle soit humiliée, s'humilie encore davantage, lorsqu'elle est couverte de mépris ; se réjouit de ce qu'on la méprise, lorsqu'elle est employée à des offices bas et abjects ; reconnaît qu'elle est encore plus honorée qu'elle le mérite, et s'en acquitte avec plaisir ; elle n'abhorre et ne fuit que les charges distinguées et les honneurs ». (Sainte Jeanne-Françoise de Chantal).

« On fait une chose beaucoup plus utile pour sa perfection chaque fois qu'on ne s'excuse pas lorsqu'on est repris, que si l'on entendait avec des dispositions saintes dix sermons. Une marque qu'on n'ambitionne pas l'estime des créatures, c'est quand on agit ainsi ; en s'accoutumant à ne pas se justifier dans de telles circonstances, on parvient à entendre parler de soi, comme si c'était une personne étrangère ». (Sainte Thérèse d'Avila).

 

Pratique : Ne dites rien aujourd'hui qui puisse tourner à votre avantage, et ne laissez passer aucune occasion de vous humilier. Priez pour les religieuses qui craignent les humiliations.

 

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21 mai 2017

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Le Mois de Marie des Madones Nantaises

Abbé Ricordel

Bretagne15

Vingt-deuxième jour

Notre Dame de Toutes Aides


Les Notre Dame de Nantes sont nombreuses. Il en est une, connue depuis longtemps, chère à la piété de nos aïeux, qui ne parait pourtant pas avoir jeté beaucoup d’éclat dans le passé. Mais, depuis une trentaine d’années, elle a primé toutes les autres, et il semble que Marie l’ait choisie pour remplacer dans la vénération du peuple cette collégiale de Notre-Dame, si célèbre autrefois et a jamais disparue. J’ai nommé Notre Dame de Toutes Aides. Est-il besoin de vous rappeler son histoire que vous connaissez tous ?

La légende, restée dans la mémoire des habitants voisins, apporte qu’au moyen âge, vers le Xe ou le XIe siècle, au moment où la guerre désolait continuellement nos contrées, une duchesse de Bretagne, nommée Constance, s’était réfugiée dans un château, situé aux portes de Nantes, sur le territoire de Doulon. Pressée par l’ennemi, la pieuse princesse fit un vœu à Marie, et lui promit une chapelle pour prix de sa délivrance. La duchesse fut exaucée, et elle éleva en l’honneur de sa protectrice la chapelle promise à laquelle elle donna le nom de Notre Dame de Toutes Aides.

Les fidèles de cette époque et des siècles suivants y vinrent implorer l’assistance de la Reine du Ciel, et la ville de Nantes, qui possédait déjà bien des sanctuaires consacrés à Marie, ne dédaigna point celui-là. Dès le début du XIIe siècle, l’évêque Benoît établit une procession annuelle du chapitre de sa cathédrale à l’église paroissiale de Doulon, et peu à peu s'introduisit l'usage de. faire une station à la chapelle vénérée de Toutes Aides. Dès lors, l’Annonciation avait été adoptée pour fête patronale, et de nombreux pèlerins, venus de tous côtés, se rendaient ce jour-là au petit sanctuaire.

Au commencement du XVIIe siècle (1610), la chapelle tombait en ruines. Les habitants de la paroisse de Saint-Clément et spécialement de Richebourg pétitionnèrent auprès du Bureau de ville, afin qu’il la rebâtit à ses frais. La chapelle était sur le territoire de Doulon ; mais les Nantais avaient une telle vénération pour elle, que la municipalité n’hésita pas à faire la dépense de cette reconstruction. Preuve évidente et sans réplique de la popularité de ce pèlerinage. À la suite de cette réfection, on érigea une confrérie de Notre Dame de Toutes Aides.

Le sanctuaire tant aimé possédait un chapelain. En outre, les prêtres irlandais y allaient aussi célébrer la sainte messe, et continuèrent leur service durant les premières années de la Révolution.

Bientôt, comme toutes les autres, la chapelle fut fermée. Elle semblait devoir passer inaperçue, protégée qu’elle était alors par l’éloignement de la ville et par l’amour des habitants voisins. Il n’en fut rien pourtant. Des soldats vinrent un jour la saccager. Ils voulurent porter une main sacrilège sur l’antique statue ; mais Marie défendit son image. L'échelle qu'ils avaient appliquée contre. la muraille se brisa sous le poids du malheureux qui s’était chargé de ce criminel attentat. Ses camarades l'emportèrent dangereusement blessé ; et personne depuis n’osa s’attaquer à la puissante madone. La chapelle fut vendue, il est vrai, mais cinq familles chrétiennes du voisinage s’étaient cotisées pour l’acquérir, et, plus heureuse que celles de Miséricorde et de Bon Secours, elle fut sauvée de la tourmente.

Dès que le calme fut rétabli, on y célébra la sainte messe ; et l’on parle encore de l’éclat avec lequel y fut solennisée la fête de Noël, en 1799. Beaucoup de Nantais étaient accourus pour y prendre part, et cette cérémonie, toujours si touchante et si pieuse, fut plus émouvante encore après un si long deuil.

Cependant l’oratoire ne fut rendu au culte public qu’en 1828. Les pèlerinages reprirent, et c’est à cette époque que des marins nantais, sauvés par l’intercession de Notre Dame de Toutes Aides, vinrent nu-pieds au sanctuaire vénéré, pour témoigner leur reconnaissance et offrir en ex-voto un petit navire que l'on y voit encore.

Le quartier de Toutes Aides fut érigé en paroisse, dans le courant de l’année 1873. Quelques mois plus tard, un grand pèlerinage était organisé, pour le jour de la fête patronale. Mgr Fournier présidait, tout radieux de voir la foule immense et de sentir l’âme de ses chers Nantais à l’unisson de la sienne. « Que vous êtes heureux ! Monseigneur ! » lui dit alors un prêtre étranger qui se trouvait il ses côtés, « quel peuple vous avez ! » A la fin du jour, le prélat enthousiasmé exprimait l’espoir de couronner bientôt solennellement l’antique statue : Il n’y en a qu’une comme cela dans le diocèse, disait-il familièrement.

En trois ans, s’éleva la ravissante église que vous connaissez tous. Mais ceux qui entreprirent cette œuvre eurent la touchante pensée de conserver le pauvre et vieux sanctuaire construit par la Mairie de Nantes. On édifia l’église paroissiale a côté, et l’on ouvrit de solides arcades dans le mur qui les séparait. Puis un artiste au goût délicat transforma délicieusement l‘intérieur de l’ancienne chapelle où la madone, drapée, comme au moyen âge, dans son manteau d’azur, continue de sourire à ses enfants.

Mais Notre Dame de Toutes Aides n‘avait pas encore vu son plus beau jour. Sollicité par Mgr Le Coq, Léon XIII accorda a la chère statue l‘insigne honneur du couronnement solennel. Il vous souvient, mes Frères, de la joie qui fit tressaillir alors le cœur des Nantais, de l’appel enthousiaste adressé par l’Evêque a ses diocésains, des bijoux et des pierres précieuses offerts par la piété de tous pour faire un vrai diadème de reine a la Dame de Toutes Aides ? Il vous souvient aussi de la pompe royale du grand jour ? Une estrade avait été dressée, à l’endroit que marque encore un pétit monument ; la madone rajeunie y fut placée sur un trône : dix évêques, des centaines de prêtres, cent mille hommes formaient son cortège. La messe fut célébrée sous la voûte du ciel, l’éloquence chrétienne retentit par la bouche d’un grand et saint prélat, puis le silence se fit et l’ange de l’Eglise de Nantes déposa le diadème d’or sur le front de la Reine... Quel spectacle ! et quels applaudissements ! Quels vivats !

Le soir, Notre Dame de Toutes Aides, portée sur les épaules de ses fidèles, parcourut la plupart des rues de la paroisse, transformées en allées triomphales ; d’élégants arceaux de mousseline et de fleurs décoraient la longue voie qui conduit a la chapelle, on eut dit une voûte ininterrompue, un de ces cloîtres mystérieux du moyen âge, taillés en dentelle dans le granit, et il semblait que des chrétiens de ces siècles de foi étaient sortis de la poussière des tombes pour acclamer leur Dame : c’était du moins la même foi qui faisait battre les cœurs, le même filial amour qui faisait jaillir des lèvres les acclamations. Notre-Dame, couronne en tête, manteau royal sur les épaules, rentra dans sa maison, purée comme une jeune fiancée pour la recevoir.

Des pèlerinages suivirent, accourus de tous les points du diocèse ; ils ont continué depuis lors et ils continueront longtemps, car la madone de Toutes Aides est bien désormais Notre Dame de Nantes.


Je voudrais vous faire remarquer que notre madone nantaise n’est pas appelée seulement N. D. des Aydes, comme certaines autres, à Blois par exemple, mais N. D. de Toutes Aides. Pourquoi ? Pour nous faire mieux comprendre la bonté de Marie, pour nous mieux révéler la largeur de son cœur.

Ce nom rappelle que Marie est toujours prête à nous aider. Quand Napoléon 1er se fut assis sur le trône de France, il voulut tout enrégimenter, la justice, l’instruction, les cultes, la charité elle-même. Mais ce grand esprit avait su comprendre que ce dernier ministère convenait à la femme, et il en chargea Madame Laetitia Bonaparte, Madame-Mère, comme on disait alors. Puis il multiplia les ordonnances et les décrets pour organiser ce ministère charitable. Il y avait dix-huit siècles que le divin Jésus avait donné cet exemple : il avait gardé pour lui la justice et il avait confié à sa Mère la charité. Mais il n’avait pas eu besoin de lui donner des règlements pour la diriger, il avait fait mieux : il l‘avait proclamée la Mère de tous les hommes et, du même coup, il lui avait donné un cœur de mère pour eux. C’était assez : depuis lors, le Cœur de Marie s’épanche sur ses enfants. Une mère n’est-elle pas toujours prête, et de jour et de nuit, a venir en aide à ses enfants ? Ne suffit-il pas d’un appel, d’un cri, d’un soupir pour qu’elle vole a leur berceau ? Telle Marie : il suffit d’une prière, d’un cri de détresse pour qu’elle accoure; et c’est ainsi qu’elle est d’abord Notre Dame de Toutes Aides.

Ce nom rappelle que Marie donne son aide à tous. Une mère, une vraie mère, prend soin de tous ses enfants, elle n’a de prédilection que pour les plus malheureux et les plus faibles. Ainsi fait Marie. Elle aide tous les hommes, car ils sont, tous, ses enfants ; peut-être cependant incline-t-elle plus volontiers son Cœur et sa main vers les malheureux, les pauvres, les affligés, tous ceux qui souffrent, tous ceux qui pleurent. Bien plus, elle écoute volontiers les saints et les enveloppe de tendresse... On pourrait presque dire que les pécheurs sont ses privilégiés. N’est-elle pas mère et ne sont-ils pas les plus malheureux ?

Ce nom rappelle que Marie donne toutes les aides possibles, c’est-à-dire qu’elle prend tous les moyens pour nous assister, qu'elle nous accorde toutes les variétés de grâces et de faveurs. Passez en revue les ex-voto qui tapissent les murailles de ses sanctuaires ; quel tableau des misères humaines ! Quel tableau des aides apportées par Marie !

Ce nom rappelle enfin que Marie est toute-puissante pour nous aider, qu’elle est l’avocate des causes désespérées, la toute puissance suppliante, omnipotentia supplex. Aimons-donc ce vocable et plaisons-nous à redire chaque jour : « Notre Dame de Toutes Aides, priez pour nous ».

 

ND de Nantes

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